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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-11-14, Collections de BAnQ.

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Salon du livre de Montréal II Vous en avez?Vous en vouiez plus?Vous le méprisez?zr ïS%4*: en § BERTE 239 'i *& octobre 1998 136 pages 6$ Mais si l'argent était surtout cela : un objet.À commenter.À comprendre.x Dans notre numéro d'octobre.m Disponible dans toute bonne librairie * ns LE DEVOIR I K S SA M K I) I) I M A X ( X 0 V K M K I! K I !t !l s I) 2 I.K I) K V (III!.I r» / i U adultes.6 $ n étudiants, aînés -p et membres de la FADOQ.3 $ up enfants de moins de 12 ans jfj accompagnés d’un adulte.gratuit administration: 845-2365 .’ du 17 au 24 novembre: 397-4800 du 19 au 24 novembre: 845-7119 http://www.sim.qc.ca Emile Bondi Un enfant de la grande dép Lev qui qu* et 1« q«c que /*} If rilTf-M '«YIWÏ t •r IAM.KM fini«u» Lenanliotrope tnmul Jacques Keable LIBRAIRIE , MlHTOtnti O'UN MOUVEMENT CcANlJf HTiN i ni n if* Jean-Me Genwin LE AUX TARTUFFES Un charivari québécois JEAN- CLAUDE GERMAIN Le miroir aux tartuffes AU SALON DU LIVRE DE MONTREAL, VENEZ RENCONTRER NOS AUTEURS DANS LE GRAND ENSEMBLE DE PROLOGUE : PASCAL- ANDRÉE RHEAULT L’éuantiotrope JACQUES KEABLE Le monde selon Marcel Pepin LOUIS FOURNIER FLQ : histoire d’un mouvement clandestin JEAN- SÉBASTIEN LAROUCHE Rose et rasoir AUDREY BENOÎT Sylvie PIERRE GOBEIL Sur le toit des maisons EMILE BOUDREAU Un enfant de la grande dépression GEORGES DOR Les qui qui et les que que ou le fronçais torturé à la télé Marcel Pepin et Jacques Keable, Michel Chartrand et Fernand Foisy, Audrey Benoît, Pierre Gobeil, Raymond Cloutier, Martine Pratte, Zoomba, Georges Dor.Yvon Deschamps, Émile Boudreau, Yves Robillard, Louis Fournier, Jean-Claude Germain, Pascal-Andrée Rheault, Raymond Lévesque, André D’Allemagne, Jean Marcel, Emmanuelle Turgeon, Claude Jasmin, Jean-Sébastien Larouche, Pierre Légaré, Guy-A.Lepage, Dominic Lévesque, Yves Pelletier, Michelle Allen, Dany Laferrièrc./ IANGTOT tl DITI'IIR la netite la petite maison de la grande littérature r 8 1.i; I) Y.V 0 I R .I.I' S S A M Y RI I I K T I) I M A N ( Il K I X 0 V i: M li I! !•: I !) !) 8 i) 3 w L 1 V R E S SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL -Iran Laiosc Le penseur d’images MARIE-ANDRÉE CH O III NARD LE DEVOIR Nous n aurons pas d’enfants, dit François, !e héros de Première Jeunesse.Nous n'aurons que des images.» Avec ce roman qu’il propulse dans l’arène littéraire, Jean Larose contredit son personnage principal: il accouche d’une fiction, une première pour cet habitué de l’essai, en même temps qu’il apprivoise au bercail la venue d’un vrai nourrisson, en chair et en os.«Ça fait trente ans que je'y pense à ce roman.» Trente ans que le projet de fiction germait en lui, l’idée lui étant venue d’écrire sur cette période «incroyable» que fut la Révolution tranquille alors qu'il y avait lui-même les deux pieds.«Alors que je vivais cette explosion, je me disais: “Mais c'est incroyable!" Et j’ai toujours eu l'impression qu’il était en train de se produire quelque chose d'extraordinaire.“Mais eit-ce possible?” que je me demandais."Je rêve?"» , Tout jeunot qu’il était, il fut incapable d’écrire alors le roman de rêve; celui qui aurait repris à coups d’images, d’impressions et de sensations le vent de liberté explosive qui a caractérisé les années (>0 et 70.Jean Larose remise donc l’intention de goûter à la fiction et s’adonne, dans la poursuite de projets universitaires, à la rédaction de quelques essais pour lesquels on le reconnaît d’ailleurs.Il voudrait bien qu’on puisse remplir cette page sans faire allusion, ou à peine, à l’essayiste qu’il est, celui-là même qui a signé Im Mythe de Nelli-gan, Im Petite Noirceur, L'Amour du pauvre et 1m Souveraineté rampante.Souhaiterait qu'on n’insiste pas sur la figure intellectuelle qu’il est et qui a parfois été au centre de quelques échanges de nature polémique.«Je sais que c’est presque inévitable et qu’on va continuellement me ramener à l’essai, continuer à lire le roman à travers mes travaux théoriques; ça me désole, mais je n’y peux rien, c’est comme ça.» Ces essais, il les a faits bien sûr parce qu’il y trouvait un plaisir certain, aussi parce que cela correspondait à un élan théorique et intellectuel entamé dans le vent d'études supérieures, à Paris par exemple.Mais si l’on ne devait retenir qu’un seul morceau de cette pyramide littéraire, Jean Larose ne garderait que ce roman, qui a été l’objet de pensées continues, intimes, pendant trois décennies.«Tout ce temps où j’ai fait les essais, dans le fond, je n’étais pas là.J’étais dans ce lieu secret où je préparais le roman.» L’essai et la fiction Sous la photo de l’auteur, au tout début du livre, une phrase brève mais lourde de sens: «Essayiste, Jean iMrose fait ici ses débuts dans la fiction.Son pari est que le roman, mieux que l’essai, peut répondre à la question: comment en sommes-nous arrivés là?» Que répond-il à cette interrogation?«Par rapport aux travaux savants, la fiction donne une vérité autre, une vérité littéraire riche en termes d'indications, de sens profond des choses et des événements présents, mais aussi à venir.» A la différence de l’essai, qui constitue une écriture d'idées, le roman permet la construction d'une histoire tout en images.Larose a choisi une période riche de symboles et d’images pour raconter l’histoire de François, jeune dramaturge en puissance, qui explore les limites de la liberté pendant son passage au collège Saint-François, en compagnie de son dmi Aurélien, mais aussi des charmantes et tout aussi libérées Solange ;et Claire.L’histoire aurait pu être sienne, et Test sans doute par moments, souvenirs obligent, mais il s'évertue à Convaincre l’interlocutrice du contraire.«Il serait très appauvrissant de lire té.livre en imaginant que j'en suis le héros, ce serait une lecture réductrice.Toutes sortes de choses me sont arrivées .pendant cette période, des bien pires, ¦des bien meilleures, mais j'ai essayé de donner une représentation de l'esprit de J;époque, en en faisant ressortir le sens.» Et encore, histoire d’aller plus Join dans l’effort de conviction: «Une fiction, c’est la construction, l'élaboration de quelque chose qui n'a pas eu liçu, mais qui est plus vrai que ce qui a eu lieu.» • i Révolution tranquille, bouillon sexuel, éradication de la religion pour plusieurs, «première jeunesse» en totale explosion de tous ses sens.«Mon Dieu! se pouvait-il quAurélien eut raison?demande François.Que pour voir la beauté du monde, il fallût se taire et abdiquer ce désir de la dire, que je sentais en moi si ambitieux, si allègre, si fou de sa propre force — comme on dit de quelqu'un qu’il est fou de son corps?Au miracle contraire d’un jour ordinaire, les choses refleurissaient.Je me trouvais si éveillé que je croyais rêver.» Cœur et corps Roman conjugué à la réflexion de l’essai, Première jeunesse ne relate pas la trame chronologique de i’après-èflèy boom, mais pénètre plutôt dans les pensées de ce jeune François, que l’on voit aux prises avec les vertiges de l’amour, tout affairé qu’il est à dissocier les sentiments du cœur de ceux du corps.Jean Larose marie les deux genres — et saupoudre même le tout de poésie, une pratique à laquelle s’adonne son héros — de façon très naturelle, ce qui donne à ce roman une couleur très particulière.Parfois, après l’évocation d’une scène, l’essayiste en l’auteur prend le dessus pour apposer une théorie à la pratique.«Im jeunesse est l'époque moderne de la vie: on revient sans cesse au brouillon de soi-même, songe François, écrit Larose.On se reprend dans l'œuf— assez souvent pour ne pas se rendre compte que la personnalité s’édifie quand même à ce jeu de se défaire de soi.Im contracture du sexe ne fait que semblant de chasser les contradictions du cœur.On efface, on passe l'éponge.On croit que la vie n'a pas commencé, qu’on vit ce qu’on vit en attendant, un jour, plus tard, de vivre pour de bon.Ims cœurs aux contradictions les plus insolubles exigent les jouissances les plus dissolvantes.Il y a bien dans le portrait que nous renvoie, d’une fois à l’autre, le miroir des plaisirs quelques défauts insistants, mais il suffit encore d'y passer l'éponge pour se croire toujours un homme avec la vie devant soi.» On pourrait ainsi s’étendre, et s’épandre, pendant des phrases, des paragraphes, des pages entières.Jean Larose regarde ce livre d’un œil incertain.Content, oui.Satisfait, non.«Comme pour le reste, parce qu'il faut dire que je place la barre très haute en ce qui a trait à ta perfection en littérature.Et il faut s’arrêter un jour ou l’autre», explique l’auteur.Double naissance Ce livre, auquel il songeait donc depuis des années, il l’a écrit dans un sentiment d’urgence, incertain de l’avenir de son travail à cause de ce nouvel et merveilleux élément qui est venu bouleverser le cours de sa vie il y a désormais huit mois.«J'ai écrit le livre alors que mon bébé n’avait que quatre mois.Cette naissance a tellement bouleversé ma vie intérieure, parce qu’elle me ramène constamment à la vie, alors que j'ai toujours pensé qu'écrire était une façon d’aller vers la mort.Ecrire, c’est préparer son tombeau de son vivant.Mais un bébé ne veut rien savoir de ça, alors il vous empêche d'écrire en quelque sorte, même si ce qu 'il procure est merveilleux.C’est pour ça que je dis que je ne sais pas à quel avenir mon travail d’écrivain est voué.» Mais dans le puzzle qu’il s’était construit au moment où l’idée du roman a germé, il n’y avait pas un livre, mais bien plusieurs.«J’ai deux autres tomes en marche», confie-t-il.Parallèlement à l’écriture d’essais, qu’il avait encore dans ses tiroirs, l’écrivain s’y consacrera peut-être un peu, beaucoup, à la folie, selon la direction où le mènera cette «jeunesse» qui a chamboulé sa vie, quelques mois à peine avant son 50 anniversaire.«Ce qui m'a décidé à écrire, c’est l'arrivée d’un grand amour, mais c’est surtout l’âge je crois.Parce que je vais avoir 50 ans, et qu’un jour on doit accoucher, même si la nature n’a pas prévu de terme dans le cas des livres comme dans le cas des bébés.» La mise au monde du livre, en même temps que celle du bébé, n’est d'ailleurs pas le fruit d’un pur hasard.«Il y a certainement une concurrence de fécondité entre les hommes et les femmes qui explique sans doute le besoin d'accoucher de mon manuscrit presque au moment de l’arrivée de l'enfant.» » ‘I LISE BISSONNETTE TOUJOURS LA PASSION DU PRÉSENT JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean Larose Jongler avec les images après avoir été surtout habilité à le faire avec des images ne s’est tout de même pas fait sans mal.«Je suis entré dans un long détour réthorique et intellectuel, et c’est très long d’en revenir.Pour moi, retourner à la pensée par symboles n ’est pas naturel, et il a fallu que je défasse quelque chose de profond en moi.J’ai eu du mal à tirer de moi le penseur d'images.Ce qui fait qu'avec ce livre, j'ai appris à écrire.» PREMIÈRE JEUNESSE Jean Larose Leméac éditeur, Montréal, 1998 307 pages «Une fiction, c’est la construction de quelque chose qui n’a pas eu lieu, mais qui est plus vrai que ce qui a eu lieu.» Iai Fondation du Devoir et Les Éditions du Boréal vous invitent à rendre hommage à Madame Lise Bissomiette pour sa contribution remarquable aux destinées du quotidien Le Devoir et à célébrer la parution de son nouveau livre Toujours la passion du présent Venez rencontrer Madame Lise Bissonnette au Salon du livre de Montréal.Elle sera présente au kiosque des Éditions du Boréal lors de séances de signatures: • le samedi, 21 novembre de l6h à 17h.- le dimanche, 22 novembre de 15h à l6h.LE DEVOIR Boréal ;! i L.T_ A M I l> I II I I I) I M A \ ( Il K I ,'i I) i \ o V I M U II I I • ' * Dans l.a Cérémonie de Laborge d Marie mtfes mort de leur fille détresse de deux être (|ui tentent de survivre .• ' * >V:V 4v>*j (;.\r 1AN SOIK'Y v jj; LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TROP LES ALLUMETTES québécois.livre exceptionnel.fascine, nous désarçonne.place à l'espoir.Magistral ! étrange, parfaitement réussie.Un roman touffu sur la perte tragique d'un enfant SALON DU LIVRE 1>I MON I LI AI I.I T T É K A T U K V.Je n’ai réussi que ça, mais je pense avoir réussi à créer cette "petite musique” qui fait que l’on me recommit.Je crie vois pas d'écrivain québécois qui ait une voix qui ressemble à la mienne.» Le ton intimiste adopté par le romancier, de même que la vision pessi-miiste proposée par ses récits, où un ' anti-héros tente tant bien que mal de répondre aux questions existentielles que sont la relation à l’écriture, la pa-i ternité, les relations de couple, sont au-> tant d’éléments qui constituent un univers propre à l’auteur, un univers où régnent, côte à côte, le pessimisme le i plus noir et un constant émerveille-t nient devant les beautés de la vie: «Je pense que le pessimisme ne m'a jamais quitté, ne me quittera jamais et que, en ¦«poussant à bout quelque optimisme que ce soit, on aboutit toujours à un pessimisme.À l'heure actuelle, je ne pense plus qu’en couple: imaginez donc un -( couple qui a atteint presque la perforation de l’épanouissement.Il y a forcément la mort au bout.Ixi mort est partout dans mes livres, mais c’est ainsi que •' la vie s’est imposée à moi.Pour moi qui tuai toujours envisagé la matière romarin esque et la vie sous un angle qui est cc-iui de l à-quoi-bon?”, je réduis au maxi-»mum mon espace d'écriture dans cet “à-quoi-bon?".C’est dans cette petite marge que je veux placer mes enthousiasmes, mes émerveillements devant la vie.Parce que plus je vieillis, plus il y a place, en l'émoi, pour l'émerveillement.» mm.; >-A < t MALADRESSES DU CŒUR JACQUKS G RK N IKK I.K DEVOIR «Plus je vieillis, plus il y a place, en moi, pour l’émerveillement.»», dit Gilles Archambault.Une œuvre unique Si le choix posé par Archambault de s’exprimer dans une langue classique mais épurée, de mettre son talent au profit de la description d’un monde fondamentalement régi par l’échec, et de celle, sans cesse approfondie, de la psychologie des perdants a de quoi dérouter plus d’un lecteur, il n’en reste pas moins que cette œuvre s’est imposée comme l’une des plus substantielles de la littérature québécoise contemporaine.Dans les années 80, alors qu’Archam-bault en est à son neuvième roman, sans parler de ses autres publications, arrive enfin la reconnaissance de l’institution: le prix David pour l’ensemble de son œuvre en 1981 et le prix du Gouverneur général en 1987 pour le recueil de nouvelles L’Obsédante Obèse et autres agressions.Une sorte de sommet sera atteint en 1994, lorsque les éditions du Boréal lanceront, au cours d’une même semaine, la réédition du Tendre Matin (paru pour la première fois en 1969), une nouvelle édition des Plaisirs de la mélancolie, la reprise en format compact du récit Un après-midi de septembre, ainsi que la parution de Nouvelles Chroniques matinales et du recueil de nouvelles Tu ne me dis jamais que je suis belle, ce qui amènera d’ailleurs plusieurs critiques à parler de «la semaine Archambault», événement plutôt paradoxal pour un auteur qui confesse n’assister, et encore par amitié, qu’à un seul lancement par an.Ce que ces honneurs, pour aussi tardifs qu’ils soient, sont venus souligner, c’est la place incontestable occupée par l’œuvre d’Archambault dans la production romanesque contemporaine au Québec.Écrivain «têtu, persévérant, il apporte quelque chose de nouveau à la littérature québécoise», affirmait Pierre Turgeon, premier éditeur d’Archambault.Et en effet, si l’on cherche à déterminer les éléments qui font la qualité de cette œuvre ro- manesque, la rigueur de l’écriture, la profondeur de l’analyse des «maladresses du cœur» (d’après le titre de son dernier roman) et la lucidité du regard posé sur les êtres et le monde s’imposent d’elles-mêmes.Mais tout cela, Gilles Archambault l’a gagné sur le doute, un doute qui, comme le pessimisme, ne le quitte jamais et qui oblige le romancier à se re-|X)ser, sans cesse, la question de la vanité de l’écriture: «Toute mon entreprise est placée sous le signe du doute: je ne suis pas persuadé qu 'il soit nécessaire décrire des romans.Curieusement, je suis rendu à une période de ma vie, je viens d’avoir soixante-cinq ans, où je me suis dit que le temps fuit, et que si j'avais quelque chose à dire, il fallait que je le dise au plus tôt.Alors que ce n était pas du tout la même chose qui se produisait quand j'avais trente ou trente-cinq ans.J’étais, là encore, sous l’emprise du temps, mais je pensais que j'avais encore le temps.Aujourd’hui, ce n’est plus mon sentiment.» Le temps fuit, voilà ce que nous dit, sur le ton de la confidence, l’œuvre romanesque de Gilles Archambault.Une affirmation aussi banale qu’essentielle, qui rejoint la vie elle-même.‘ I Le témoignage d’une carrière exceptionnelle et d’une voix singulière LISE BISSONNETTE 280 pages • 24,95 $ TOUJOURS LA PASSION DU PRÉSENT use «Minuit Toujours la passion du présent Venez rencontrer Lise Bissonnette au Salon du livre de Montréal samedi 21 novembre de 16 h à 17 h dimanche 22 novembre de 15 h à 16 II au Stand Boréal • 547 I) î) L’histoire sous toutes ses facettes IROQUOISIE: Iroquoisie Léo-Paul Desrosiers Ouvrage monumental du journaliste et écrivain Léo-Paul Desrosiers, Iroquoisie retrace l’histoire mouvementée des relations entre les Iroquois, les autres Amérindiens et les Européens.Petit peuple de 20 000 individus, les Iroquois pratiquaient déjà la démocratie et ont marqué l’histoire de l’Amérique jusqu’à nos jours.2 tomes.Tome 1: 358 pages, tome 2: 344 pages.Tomes 3 et 4 à paraître.I l I.RKt Mil ! I ( U WHIU nWUII lAMHiUM Pierre Millet en Iroquoisie au xvii” siècle Le sachem portait la soutane Daniel St-Arnaud Missionnaire, diplomate et politicien, son habileté fut telle qu’une nation iroquoise fit de lui un de ses chefs civils.Les écrits du jésuite PierTe Millet constituent un témoignage privilégié sur les rouages internes de la société iroquoise à une période particulièrement mouvementée de son histoire.rents et marte 1 l»i IAV\IU> IK S.MVI l.u «J.vt MAI '// y* J La Fédération des Sept Feux de la vallée du Saint-Laurent Jean-Pierre Sawaya Wendake, Odanak Wôlinak, Pointe-du-Lac, Kahnawake, Kanehsatake et Akwesasne sont des villages de la vallée du Saint-Laurent qui ont en commun d’avoir accueilli des Amérindiens, convertis par les missionnaires et alliés des Français.Le lecteur découvrira des gens animés d’un profond désir d’indépendance, capables de solidarité.La Côte-Nord contre vents et marées Pauline L.Boileau Napoléon-Alexandre Comeau est un nom légendaire sur la Côte-Nord.Cet autodidacte, qui donna son nom à Baie-Comeau a vécu pleinement sa vie; visionnaire et pionnier, il a excellé dans toutes ses entreprises.C’était une véritable force de la nature qui a su maîtriser des situations exceptionnelles.FAIRE DE L’HISTOIRE AU QUÉBEC Faire de l’histoire au Québec Ronald Rudin Un historien anglophone explique comment ceux qui ont fait de l’histoire au Québec au xx- siècle ont été influencés à la fois par des forces à l’œuvre au sein même de cette société et par des fluctuations conceptuelles au sein de la profession d’historien.1*JS-|#55 JOURNAL D’UN FILS DF.LA LIBERTÉ Journal d’un Fils de la Liberté 1838-1835 Amédée Papineau Le Journal d’un Fils de la Liberté d’Amédée Papineau qui débute pendant la Rébellion de 1837 révèle un jeune homme qui a le sens de l’histoire, le goût de conserver le passé et de l’expliquer.Texte établi et annoté par Georges Aubin.Lcî ancienne diüçemes do Ûuébe E S Venez rencontrer nos auteurs t un roman sans prétention, maisljl n’empêche qu’il aurait pu et du êtjje plus soigné.C’est un livre qui n’a p OFFREZ-LUI L’EMCyCLOPÉDIE DE L'INFOROUTE ! co\( i pi At rm\ tel.(514) 866-0434 http://www.concopt-action.com 4^" L I V R K S SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL ESSAIS QUÉBÉCOIS Conte original de Sonia Sarfati inspiré de l'univers fabuleux du grand artiste québécois Alfred Pellan.Une rencontre entre la magie des mots et l'univers de l'art.Album de 48 pages (plus 4 transparents), impression en couleurs, couverture cartonnée et laminée.19,95$.En vente dans toutes les librairies (distribution: Les Publications du Québec).Le cueilleur d'histoires au Salon du livre de Montréal : • Séance de signature par Sonia Sarfati au stand du Musée du Québec (n“ 776) le dimanche 22 novembre, de 14 h à 15 h et le lundi 23 novembre, de 11 h 15 à 12 h.• Lecture d'un extrait du conte par la comédienne Kim Yaroshevskaya à place Loto-Québec, le lundi 23 novembre, à 11 h.MUSÉE DU QUÉBEC (418) 643-2150 Le Musée du Québec est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Qué L’émotion de la connaissance Une voix fascinante de la poésie québécoise LEÇONS D’ORAGE Michaël La Chance L’Hexagone, coll.«poésie», Montréal, 1998,160 pages DAVID CANTIN Il arrive que le philosophe s’interroge à partir des lieux sensibles du poème.Des Fragments d’Héracli-te jusqu’aux dernières œuvres de Maria Zambrano, ces livres témoignent d’une non-séparation accomplie entre l’expression poétique et la réflexion philosophique.Suivant ces chemins de la pensée, les nouveaux livres de Michaël La Chance et de Michel Deguy entreprennent ce risque nécessaire que suscite la connaissance intuitive du langage.Contrairement à bien des poètes de sa génération, Michaël La Chance a pris le temps voulu avant de rassembler et de faire paraître les multiples fragments de son œuvre.Réparties sur une période de 15 ans (de 1982 à 1996), les poésies des Leçons d’orage sont d’ailleurs tirées d’un ensemble d’écrits, beaucoup plus vaste, colligés sous le titre In-8°.Huit livres d’inquié-tation des mots.Ce recueil annonce une des voix les plus fascinantes de la poésie québécoise contemporaine dans la continuité des œuvres de Fernand Ouellette à Jacques Brault, de Louise Bouchard à Serge Patrice Thibodeau.Né à Neuilly (France) en 1952, Michaël La Chance s’est d’abord fait connaître grâce à ses critiques et ses réflexions dans diverses revues sur les arts visuels au Québec.D’une certaine manière, ce regard accompagnateur tisse le parcours d’un poète qui questionne l’ultime commencement du monde et du poème.Dans Leçons d’orage, on assiste à un véritable trajet de la pensée qui s’anime autour de neuf segments où s’intégrent la prose, le vers, le drame lyrique ainsi que l’art poétique.Tout s’entame à partir d’un dialogue autour d’une strophe de René Char, affirmant qu’«z7 nous faut construire (.) avec notre propre saveur».Interrogeant la dimension métaphysique et spirituelle du langage poétique, c’est sur cette constellation d’échos successifs que nous entraîne La Chance afin de «sonder l’inconnu».À travers chacune des sections du livre, l’image contribue à nuancer l’approfondissement des zones philosophiques qui s’articulent.Ainsi, on traverse ces passages de solitudes, de destins et d’habitations possibles que le poème accueille dans son geste retenu entre le dit et le non-dit: «Le poids du balancier est parfois plus lourd, il est parfois lancé de plus haut.Mais il bat toujours la même cadence — ce que nous disons se substitue à ce qui était.Qu 'importe, ce que nous disons est plus lourd que profond, plus léger que vif.Réfugiés dans un ëcoinçon de notre être, nous sommes à l'écart des vie comme un battement d’ailes.À mimer la mort dans un costume de joie, nous trouvons la plus grande concentration pour accueillir l’instant.» Profondément vécu, Leçons d’orage de Michaël La Chance s’impose déjà comme un très grand livre de poèmes.L’ÉNERGIE DU DÉSESPOIR Michel Deguy Presses Universitaires de France, Paris, 1998,120 pages Après A ce qui n’en finit pas: thrène (Seuil, 1995), L’Énergie du désespoir de Michel Deguy reprend le projet d’une insaisissable «critique de la raison poétique».Telle une suite de ruptures et de variations, ces fragments d’un carnet ouvert sur lui-mème tentent de reproduire le «chaos naturel» (Novalis) d’une vie.En réponse au titre de son ouvrage, Deguy illustre le paradoxe d’une existence prise au piège de l’absurdité de certains événements inattendus.Sur le plan individuel et universel, on pense au décès tragique de l'épouse de l’auteur mais aussi à la menace qui guette notre époque fragile.Rapidement, l’ensemble de ces écrits passe d’un sujet à l’autre pour mieux comprendre notre errance vers la signification de la mort: nos échecs et nos réussites face à l’inévitable.Dans cette évocation d’un passé toujours présent, la mémoire devient l’enjeu «d'une poétique continuée par tous les moyens» où l’art de vivre se transpose en un art du dire: «Le voyage c’est comme une rasade / qui n’étanche pas.Ai-je rêvé?/ S’ils demandent une preuve, dis: / la mort est celle du monde / L'amphibraque tâtonne en pleine page / il aimerait se cogner à des murs / heurter sa canne blanche / pour rebondir / Prosopopée qui envisage / le poème panse / le pansement d'un visage sur l’aphane / Je placerai / le bâillon d’un poème sur le monstre / Tendresse du non / sens / mensonge à un vivant / et qui le sait.» Le périple de Michel Deguy nous montre ainsi qu’il est possible d’observer,en philosophe ,1e devenir du poète.À ce niveau, L’Énergie du désespoir demeure à la fois un essai subtil et inclassable.Le recueil de Michaël Lachance annonce une des voix les plus fascinantes de la poésie québécoise contemporaine dans la continuité des œuvres de Fernand Ouellette à Jacques Brault, de Louise Bouchard à Serge Patrice Thibodeau MUSÉE OU GUÉ8SC Un frère siamois JACQUES G RE N IKK LE DEVOIR Pour John Saul, un référendum, par le choix binaire qu’il propose aux citoyens, constitue une négation de la complexité du réel (surtout au Canada).arme corporatiste qui mériterait d’être combattue.Celui de 1995, écrit Saul, a surtout servi à mettre en lumière l’absence totale de sens historique des leaders québécois et canadiens, égarés dans la propagande au mépris de la communication.D’un côté, en présentant la souveraineté comme «un événement naturel et inévitable», on a procédé à une mystification servant à gommer le fait que l’éclatement des structures (Saul s’appuie sur plusieurs exemples pertinents) débouche sur un inconnu potentiellement explosif.De l’autre, en oubliant l'histoire des réussites canadiennes dues au principe de réconciliation, on s’est enfermé dans une rhétorique pathétique, affairiste, indigne de la situation: «Les dirigeants fédéralistes ont prononcé des discours qu’on aurait pu entendre à Pittsburgh à l’occasion d’un congrès des Shriners.» La complexité en a pris pour son rhume.Une consolation: le vote partagé des citoyens aurait signifié, selon Saul, leur refus de la démarche référendaire.Vivant, un Hubert Aquin aurait probablement évoqué plutôt une certaine «fatigue culturelle» (ainsi que l’a fait André D’Allemagne récemment) et il est regrettable que Saul n’intègre pas à ses références (pourtant nombreuses) l’apport majeur (et fidèle à l’esthétique de la complexité) de cet écrivain au débat national.Dans la géographie mentale canadienne On le voit, les Réflexions d’un frère siamois peuvent s’avérer déroutantes.Sa critique du corporatisme des élites, en revanche, thème qu’il développe de manière obsessionnelle depuis quelques années, risque de faire plus facilement consensus dans les milieux de gauche.Quand il affirme que l’incompétence des élites se manifeste principalement dans leur attitude qui consiste à sacrifier la recherche du bien public (en sabrant dans l’éducation, en appuyant la démagogique croisade anti-impôt) au profit d’intérêts particuliers (surtout ceux de la classe d'affaires) et que, ce faisant, elles détournent les débats de fond en retirant aux citoyens leur droit de participer à la chose publique, Saul adopte une vision que les esprits progressistes, au delà de leurs divisions sur la question nationale, partagent.Cela dit, je vous l’annonce, le reste, c’est-à-dire cet éloge appuyé d’un Canada que Saul dit réel mais qu’on dira ailleurs fantasmé, soulèvera les passions.Fédéraliste atypique et par là intéressant, le frère siamois, en bousculant les idées reçues et les «solutions imaginaires» qui occupent tout le paysage politique et culturel, s’avère un grand styliste de la géographie mentale canadienne.Saura-t-il convaincre ses compatriotes de la nécessité de renouer avec la réconciliation?Son invitation à la «modération opiniâtre», attitude qui consiste à pratiquer la chicane qui tient compte (je l’autre, sera-t-elle entendue?A court terme, on peut en douter, mais cette réserve ne devrait pas nous dispenser d’accepter l’épreuve de la réflexion.S’il y a une chose qui m’a toujours profondément irrité, c’est la tendance de certains nationalistes québécois et canadiens à considérer les Etats-Unis (ou la France, ou l’Angleterre) comme leurs alliés et modèles alors qu’ils se considèrent les uns les autres comme de méprisables empêcheurs de tourner en rond.Réflexions d’un frère siamois souhaite briser cet esprit colonial en affirmant que le Canada «est avant tout sa propre invention».Mais où sont les frères siamois contemporains à la hauteur de cette invention telle que réinventée ici par John Saul?Je ne ferai pas simple, je souhaiterai la réponse complexe.louis, coriiellierfitcollanaml.qc.cç RÉFLEXIONS D’UN FRÈRE SIAMOIS Le Canada à l’aube du XXI’ siècle John Saul Traduction de Charlotte Melançon Boréal, Montréal, 1998,516 pages Les esprits simplistes qui carburent aux idées réduites à leur plus simple expression n’ont qu'à bien se tenir: le frère siamois John Saul vient de débarquer chez nous avec un imposant paquet de réflexions qui risquent de semer tout un émoi dans les rangs de la pensée unilatérale.Son nouvel essai, enfin un qui soit exclusivement conçu pour ses compatriotes, se présente comme un vibrant plaidoyer atypique en faveur d’un pays, le Canada, qu’il dit malade de ses élites actuelles, égarées dans un corporatisme destructeur d’une grande idée.Cette idée, c’est celle du Canada lui-même, un pays non conformiste, un État en perpétuel devenir, une «réalité triangulaire•• (francophone, anglophone et autochtone) dont la caractéristique essentielle se résume à un mot qui recouvre une réalité: complexité.«La plupart des pays, écrit John Saul, ont tenté de gérer leur complexité croissante en créant une apparence de simplicité — une seule langue, une seule culture, un groupe ethnique unique ou dominant.Tout cela a été maquillé pour créer des mythes centralisateurs.» Le Canada, lui, ferait exception, ce que d’aucuns considèrent comme la preuve (je son échec.Pas le frère siamois: «A mes yeux, cet échec constitue notre plus grande réussite.Une preuve d’originalité que nous refusons de considérer comme un avantage.» Psychologie de la victime Et ce refus de la réalité canadienne, il en trouve l’illustration la plus pathétique dans la «psychologie de la victime» qui a cours partout au pays (et pas seulement au Québec!) et qui entretient une fausse lecture de l’histoire afin de nourrir un nationalisme négatif fermé à la réalité de l’autre parce que convaincu de sa supériorité dans le martyre.Ce refus sape les fondements du noble projet commun qui devrait être le nôtre.La démonstration de John Saul, foisonnante et développée avec force détails puisés aux sources culturelles et politiques, adopte une logique binaire.D’un côté, avec pour ancêtres les mouvements ultramontains et orangistes, se trouvent les tenants d'un nationalisme négatif, fermés à l'autre, aveugles à l’originalité canadienne, jouant à la victime et enfoncés dans un corporatisme préjudiciable aux citoyens qu’on tente de mystifier en leur niant leur capacité de participer au bien public.Les Partis québécois et réformiste, mais aussi les Klein, Harris et consorts y oeçupent le devant de la scène.A l’opposé, avec pour ancêtres les vrais réformistes Lafontaine et Baldwin, nos premiers frères siamois, donnant naissance en 1842 au Canada chanté par l’essayiste, se trouvent les tenants d’un nationalisme positif, conscients du fait que le principe de réconciliation constitue le «fondement de la sensibilité canadienne» parce qu’il porte en lui l’acceptation de l’idée de bien public et capables de tirer de l’expérience canadienne un modèle de société qui trouve sa grandeur dans son tiraillement perpétuel.Situés au centre-gauche du spectre politique, quand les autres sont à droite, ils ont inventé un projet national unique qui combine, avant l’heure internationale, la démocratie sociale aux forces du marché.Aux mystifications des premiers, ils opposent des mythologies positives respectueuses de notre réalité.Les pages dans lesquelles John Saul présente ses «quelques propositions mythologiques» sont les plus belles du livre.Sensible, original et brillant tout à la fois, le frère siamois nous offre là un portrait poétique de l’univers mental canadien dans une envolée qui mériterait de figurer dans une anthologie des meilleurs morceaux nationaux.Je résume en simplifiant, parce qu’il le faut bien, mais que le lecteur en soit averti: il y a là une originalité et une profondeur qui se laissent difficilement réduire.Un pays de minorités Une idée avant un fait: le Canada, écrit John Saul, est un pays de minorités assumé comme tel.Caractérisé par une pauvreté relative (surtout due au manque de densité de population), il repose depuis toujours sur la conviction que le principe de l’éducation gratuite et l’intervention du gouvernement à peu près à tous les niveaux sauraient seuls assurer son succès en compensant cette pauvreté.Rejetant un culte de l’héroïsme peu compatible avec sa situation, le Canada doit son existence à ceux des siens qui ont su faire de la «métaphysique pratique» leur stratégie en inventant une société fondée sur la classe moyenne et, par conséquent, sur l’idée que l’égalité des chances sans l’égalité des conditions relevait de l’injustice.Pays nordique, enfin, il a su reconnaître que son courant naturel allait d’est en ouest et vice versa, contre les obsédés du libre-marché qui ont toujours défendu l’axe nord-sud, et il est marqué par une certaine conception animiste du monde, imposée par l’immensité d’un territoire non maîtrisable.J’en oublie, mais l’énumération me semble suffisante pour indiquer l’ampleur du propos.John Saul aime la complexité et celle qu’il retrouve au Canada lui inspire des réflexions qu’il a délibérément choisi de dépeindre avec un enthousiasme pour le moins débridé.Cela dit, ce déploiement amoureux se voit assombri par une contrepartie susceptible de tempérer la beauté de la chose.Les amants de la complexité, par les temps qui courent, se font plutôt rares et le Canada de John Saul se voit ébranlé de toutes parts.Le référendum de 1995, présenté ici comme un «moment existentiel», sert d’exemple pour illustrer les écueils qui guettent le pays de l’essayiste.Le référendum de 1995 Les souverainistes recevront ces pages comme un affront injustifié.Li charge est sans appel: un référendum.par le choix binaire qu’il propose aux citoyens, constitue une négation de la complexité du réel (surtout au Canada) et représente une L o ii i s Cor nellier ?Saul adopte une vision que les esprits progressistes partagent I.K I) K V 0 I I! I.K S S A M K I) I II K T D I M A X (' Il K I fi X (I V V.M li li i: I î I ! J «s I) ,) w L 1 V R E S SALON DU LIVKIC DK MONTREAL Denis Vaugeois Deux fois plus d’histoire Le Septentrion fête ses dix ans en publiant Iroquoisie de Léo-Paul Desrosiers RÉMY C 11 A R E ST La question amérindienne, au Québec comme ailleurs au Canada et partout en Amérique, n’est pas une mince affaire.Ce n’est pas d’hier, se dira-t-on, d’ailleurs, en voyant paraître au Septentrion les deux premiers (ornes (.YIroquoisie, la monumentale histoire des relations entre les Iroquois et les Français laissée inachevée par Léo-Paul Desrosiers (1896-1967), journaliste, écrivain et chercheur dont les travaux, connus d’un public d’experts, méritaient pleinement de devenir accessibles à un krand public.; Le récit de Desrosiers, pour traverser la période allant de 1534 à 1701, c’est-à-dire de l’arrivée de Cartier à l’établissement d’une paix plus durable entre Français pt Iroquois, occupera au total, quand les tomes 3 et 4 baraîtront au début de 1999, près de 1400 pages, éditées à partir d’un manuscrit de quelque 2000 pages qui reposait jusque-à paisiblement aux archives de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, Léo-Paul Outremont.«Il ne faut Desrosiers as lire ça trop pressé, convient Denis Vaugeois, éditeur du Septentrion, qui avait été mis au courant de l’existence du manuscrit il y a blnq ans par son confrère Denys De-Çge- Le survol de la question, ce n'est pas là qu’on va le trouver.Par ailleurs, (.’est formidable quand on veut comprendre les sociétés, les gens.» Attention aux détails L’exposé de Desrosiers — dont le rbman Les Engagés du Grand Portage, publié rien de moins que chez Gallimard en 1938, avait partagé le prix de la Province de Québec avec le Me-naud maître dravetir de Félix-Antoine Savard — a de quoi fasciner par son attention aux détails, par sa préoccupation d’écrire l’histoire de tous, autant sinon plus des personnages méconnus que des héros établis.Très fouillé, presque trop, le récil avance à petits pas en montrant au lecteur des aspects du paysage qu’auraient négligés bien d’autres historiens.- Les scènes de torture, souvent insoutenables, sont décrites dans leurs moindres détails, tout comme les diverses étapes des négociations de traités ou les nombreuses escarmouches qui, en créant un climat de terreur, en sont venues à compromettre, entre 1650 et 1660, la survie Aie me de la Nouvelle-France.Soucieux d’être fidèle à ses sources, dont i il compare les mérites respectifs.Desrosiers s’arrête parfois à discuter le nombre de canots présents, l’heure du jour où survient une négociation.Bien que le rythme de lecture s’en trouve compromis par moments, donnant sérieusement envie de sauter plus loin pour voir comment se dénoue un épisode, on comprend aisément pourquoi Vaugeois, qui a donné jusqu’en Inde et un peu partout en Europe et en Amérique des conférences sur les questions amérindiennes, dit avoir trouvé là sa «meilleure école pour la compréhension des Indiens».L’histoire de Desrosiers permet entre autres de s’étonner de la rapidité des communications sur le territoire de la Nouvelle-France entre Français, Anglais, Hollandais et nations indiennes, et elle permet surtout de cerner un aspect fondamental de la question indienne à l’époque coloniale: «Les Indiens sont très contents de voir arriver les Européens, à l’origine, car ils veulent tous être des intermédiaires pour le commerce des pelleteries, explique l’éditeur d’Iroquoisie.Les Iroquois, eux, veulent être LES intermédiaires de ce commerce très lucratif.» Di façon dont ce petit peuple de 20 000 à 25 000 individus réussira à prendre une position incontournable dans les jeux intercoloniaux dénote un sens politique admirable, appuyé par la diplomatie comme par la guerre, dont Desrosiers rend compte avec des pointes d’admiration.L’histoire de l’histoire Si elle permet de mieux saisir les enjeux des relations franco-indiennes à l’époque de la Nouvelle-France, l’œuvre de Desrosiers, écrite essentiellement dans les années 40 et 50, constitue également un formidable document historique en soi puisqu’elle nous instruit de façon assez saisissante sur la façon dont l’histoire s’écrivait il y a quarante ou cinquante ans.L’utilisation du terme '•sauvage» que Léo-Paul Desrosiers, journaliste au Devoir dans les années 20, tire directement de ses sources a de quoi surprendre je lecteur d’aujourd’hui, qui ne sait plus lequel des termes amérindiens, autochtones ou premières nations utiliser pour être «politiquement correct».Si son regard peut, par ce genre de détails de style, nous sembler parfois suranné, il oblige aussi les historiens d’aujourd’hui à une certaine déférence vis-à-vis de quali- AHCHIVES I.E DEVOIR L’éditeur du Septentrion, Denis Vaugeois, rappelle qu’on est loin d’en avoir fini avec la question indienne.tés de recherche qui tendent parfois à se perdre.Par exemple, l’auteur d'Iroquoisie cite avec minutie toutes les sources d’époque sur lesquelles il a pu mettre la main, des Relations des Jésuites aux lettres de Marie de l’Incarnation en passant par les écrits de Jean Talon, de Champlain, des gouverneurs hollandais ou anglais, les lettres de personnages presque inconnus, etc.«On se rend compte que Desrosiers a une connaissance profonde et intime de ses sources, souligne Vaugeois.Aujourd’hui, on est trop pressé.On passe vite aux archives, les hôtels coûtent cher, alors on photocopie tout.Les professeurs ont recours à des étudiants pour retranscrire des sources.Et Desrosiers a donc un avantage, par rapport à aujourd’hui, puisque, quand on copie à la main, quand on réécrit, on s'approprie naturellement le texte, on se rapproche de ceux qui l’ont écrit.» C’est peut-être là la qualité dominante de cette foisonnante Iroquoisie en quatre tomes, une œuvre qui se distingue déjà par l’originalité de son sujet, pour l’époque.L’auteur sait à merveille communiquer le climat qui pouvait régner dans les bourgades françaises, la nature des relations entre les parties, les enjeux individuels et collectifs qui se jouaient d’année en année, le tout d’une manière clairement perceptible pour tout lecteur, expert ou non, qui prend le temps de s’y plonger.Et de ses décennies de distance, Iroquoisie garde une pertinence contemporaine très grande, comme le rappelle Denis Vaugeois: «Im question indienne, on n’a pas fini.En fait, on n'a pas commencé.Après une période de crise, dans les suites d'Oka, les gens veulent comprendre.» Dix ans de folie Au delà de ses doubles qualités historiques, Iroquoisie est aussi une sorte de cadeau que s’offre la maison d’édition Septentrion pour ses dix ans.Un cadeau exigeant puisqu'il est aussi une entreprise un peu folle — les profits tirés du succès de L’Histoire populaire du Québec de Jacques La-coursière y ont essentiellement été engagés.Ce genre d’aventure, la maison a su s’en offrir régulièrement, au fil des ans, en publiant la majorité de ses 225 livres au catalogue dans un domaine, l’histoire, qui produit peu de gros vendeurs et, plus précisément, peu de tirages dépassant les 1000 exemplaires.«On est timbrés sur toute la ligne, rigole Denis Vaugeois, mais on tire toujours notre épingle du jeu.» L’éditeur de Septentrion se félicite beaucoup de s’être trouvé un coéditeur exceptionnel en la personne de Gaston Deschênes, avec lequel il partage en souplesse — et sans salaire — la gestion de la maison, dans ce qu'il appelle «une véritable osmose».Fier du travail accompli, l’éditeur du Septentrion exprime tout de même des inquiétudes pour l’avenir.Au beau milieu de la campagne électorale provinciale, il se désole de l’attitude du gouvernement du Parti québécois dans le domaine du livre, en particulier pour ce qui est du soutien aux libraires indépendants.Pour Denis Vaugeois, le réseau des libraires québécois offre à l’éditeur la chance unique de susciter un service personnalisé, au point de vente, pour les ouvrages qu’il publie, un service qui a une importance particulièrement cruciale pour les livres à petit tirage.Dans un système de chaînes et de grandes surfaces, le produit qui sort le moindrement des grandes lignes commerciales a des chances de survie à peu près nulles.Et dans le cas du livre québécois, c’est la grande majorité des ouvrages, à petits tirages, qui ne survivraient pas à une logique de supermarchés de l’édition.Comme cadeau d’anniversaire de sa maison d’édition, on souhaitera à Denis Vaugeois que la question se règle avant de devenir aussi complexe que la question indienne.IROQUOISIE 1534-1651 1652-1665 Léo-Paul Desrosiers Septentrion, Sillery, 1998,2 tomes, 324 et 342 pages Venez rencontrer les auteurs d’XYZ éditeur au Salon du livre de Montréal • Stand 847 cm I/OCCIDENT IMAGINAIRE l* dilnidtl'ABUritun U wgwJrwt plititpr.aratu v» h> L'OCCIDENT IMAGINAIRE La vision de l'Autre dans la (onsuence politique arabe Nassib Samir Et-Husseini Les perceptions, les attitudes et les réactions du monde arabe face à l’Occident.1998,238 pages 39s Presses de l’Université du Québec Pour commander : 1-800-859-7474 • Internet : http://www.uquebec.ca7puq * ** -i- ’•Site* Aude Jean-Philippe Beaulieu Yves Boisvert Gaëtan Brulotte Anne Élaine Cliche Hugues Corriveau Claire Dé Jeanne Demers Pierre Drapeau Mario G.Bertrand Gervais Louis Hamelin Sergio Kokis Claude Le Bouthillier Yann Martel Nycole Paquin Jacques Pelletier Daniel Pigeon Hélène Rioux Bruno Roy Michel Saint-Denis Louis-Martin Tard Adrien Thério Pierre Tourangeau André Variasse éditeur Éditions TROIS ¦ Salon du livre de Montréal SEANCES DE SIGNATURE Vendredi 20 novembre 88 pages, 15,00 $ 164 pages, 20,00 S 1 ES SEN I IM EN I ' PREMIERS 222 pages, 20,00 $ 78 pages, 13.00 $ 233 pages, 22,00 $ Claire Varin 19h-20h Mona Latif-Ghattas 19h-20h Samedi 2 J novembre Jean Duval 13h-14h Anne Claire 16h-17h 19h-20h Dimanche 22 novembre Claire Varin 12h-13h André Brochu 13h-14h Notre stand est le # 163 Diffusion Prologue Les Editions LOGIQUES icz rencontrer les t tuteurs des Éditions LOGIQUES.Venez leur serrer la main, leur demander une dédicace et piquer une petite jasette.Jacques CANTIN et Michèle OUIMETTE La collection « La troisième vague » Apprivoiser l’ordinateur Apprivoiser Internet Vendredi, de 13 h à 15 h Guy CORNEAU Conférences sur audiocassettes Samedi, de midi à 14 h Claude DAIGNEAULT L’enfant qui rêvait d’être un arbre Samedi, de 18 h à 20 h Dimanche, de 18 h à 20 h Nelson DUMAIS Le guide du PC Samedi, de 16 h à 17 h 30 Dimanche, de 15 h à 16 h 30 Corinne DE VAILLY Le Web des femmes Pour jeunes internautes seulement Samedi, de 10 h 30 à midi Dimanche, de 11 h à midi Lundi, de 11 h à 13 h Mardi, de 11 h à 13 h Serge GABOURY Gaboury sous pression Atelier BD Samedi, de 10 h 30 à midi Marc-André GENDRON Sculpter des ballons Dimanche, de 10 h 30 à midi Lundi, de 10 h 30 à midi -de 13 h 30 à 14 h 30 Mardi, de 10 h 30 à midi -de 13 h 30 à 14 h 30 Les Éditions LOGIQUES — Salon du livre de Montréal, Place Bonaventure - Les Éditions LOGIQUES, 1225, rue de Condé, Montréal (Québec) H3K 2E4 Tél.: (514) 933-2225 - Fax : (514) 933-2182 Roland LECLERC Agenda 1999 Le Jour du Seigneur Vendredi, de 15 h à 17 h Bruno GUGLIELMINETTI Les 1 000 meilleurs sites en français de la planète Samedi, de midi à 15 h Dimanche, de 13 h à 15 h - stands nosE13-15 logique@cam.org • http://www.logique.com Denis MONETTE L’ermite Samedi, de 14 h à 16 h Dimanche, de 13 h à 15 h Danny J.SOHIER Le guide de l’internaute 1999 Jeudi, de 19 h à 20 h 30 I) 16 I.K I) K V 0 I It .I.K S S A M K I) I I I K T I) I M A X < Il K I "» X 0 V K M H It K I !) Il 8 MU' Livres SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Coup d’œil sur le Québec Pour comprendre révolution d'une société POÉSIE Morcellement de la foi Iconographie religieuse et révolte de l'âme TOUTE L’ANNÉE POLITIQUE ECONOMIQUE SOCIALE CULTURELLE FIDKS-U: DEVOIR QUÉBEC 1999 Sous la direction de Roch Côté Editions FIDES-Le Devoir, 1998, 400 pages JOCELYN COULON LE DEVOIR Ly annuaire Fides-Le Devoir est de i retour pour une quatrième année consécutive avec quelques changements qui l’enrichissent de références de premier plan sur l’état du Québec.En quelque 400 pages bien serrées, l’équipe de journalistes réunie autour de Roch Côté jette un coup d’oeil aiguisé sur les affaires politiques, sociales, culturelles, économiques et municipales québécoises.La recette, simple et efficace, a déjà fait le sucçès d’ouvrages similaires, comme L'Etat du monde.En quelques pages, chaque collaborateur, souvent un journaliste du Devoir ou du Soleil, saisit la problématique de son sujet, la décortique et expose les grandes lignes de force qui ont rythmé son évolution au cours de l’année passée.Les textes se déclinent sur le ton de l’analyse, mais sans jamais verser dans l’éditorial, puisque l’objectif est d’informer, non de dicter.Des encadrés, des portraits de ceux qui ont fait ou qui font toujours l’actualité (comme le ministre Jean Rochon) et des tableaux statistiques dégagent un angle ou mettent en relief une tendance qui façonnera l’avenir.Enfin, un index, toujours le bienvenu dans ce genre d’ouvrage, permet au lecteur de s’y repérer rapidement.r Evénements et régions Comme le souligne le directeur de la publication, deux sections de cet ouvrage attirent particulièrement l’attention: celle des événements et celle des régions.Dans l’ancienne formule, rappelle-t-il, des chronologies ouvraient chacune des grandes parties de l’annuaire.Cette façon de procéder ne tenait pas compte de certains événe- ments généraiLX, souvent des faits divers, comme le sort de Gerry Roufs par exemple, qui marquent le cours de l’actualité.Une nouvelle section intitulée «Les événements» a donc été créée, qui englobe toutes les chronologies et consacre des t.extes à la tragédie des Éboulements et à la crise du verglas.L’autre innovation est la place considérable consacrée aux régions.Quinze journalistes de quinze régions nous présentent leur coin de pays où le développement économique, social et culturel peut en surprendre plusieurs qui voient trop souvent le Québec à travers la seule région métropolitaine.Pour mettre le lecteur en appétit, l’annuaire Fides-Le Devoir s’ouvre sur les grandes tendances du changement social au sein de la société québécoise.Le sociologue Simon Langlois traite successivement de démographie, d’éducation, d’emploi, de revenus, de pauvreté.et d’inégalités, de consommation.A ce tableau traditionnel, il a ajouté cette année des données sur les langues, les modes de vie, les autochtones.Comme la portion statistique de cette analyse risquait d’ètre trop lourde pour le lecteur, Simon Langlois a eu la bonne idée de donner l’adresse Internet pour une consultation de l’ensemble des données.Actualité religieuse Fidèle à sa tradition, l’annuaire propose une étude sur un aspect particulier de la vie québécoise.Cette année, Stéphane Baillargeon, qui a suivi l’actualité religieuse pendant quelques années pour Le Devoir, fait la synthèse des données disponibles sur l’état de la religion au Québec.Le journaliste s’interroge.Que peut-on dire actuellement du fait religieux dans la belle province?D’abord, un mythe rapidement démoli.Dans le passé, des sociologues tenaient pour moribondes les religions.«Au contraire, elles reviennent lianter les sociétés contemporaines avec une vigueur certaine», écrit l’auteur, qui en veut pour preuve le redéploiement des intégrismes et des fondamentalismes, la naissance de formes nouvelles de religiosité et la multiplication des sectes.Selon Baillargeon, la situation religieuse au Québec se cristallise autour de trois idées phares: affaiblissement des pratiques traditionnelles mais persistance d’une religiosité culturelle: rupture entre les grandes institutions et la masse des croyants: enfin, expansion d’un marché du sens multiforme et combinatoire.La recette, simple et efficace, a déjà fait le succès d’ouvrages similaires GALLIMARD Les petites heures de Jean de Berry, vers 1390 DAVID CANTIN Par l’intensité spirituelle de son geste, l’expérience poétique se rapproche parfois de l’expérience mystique.Bien sûr, il ne s’agit pas ici de confondre, rapidement, ces quêtes des plus complexes.Toutefois, de manière fort différente, les derniers recueils de Jean-Marc Fréchette et de Pierre Ouellet témoignent d’une relation toujours fiévreuse envers Dieu.On peut même dire qu’ils s’affrontent en soi dans l’abandon et la révolte divine.LA LUMIÈRE DU VERGER Jean-Marc Fréchette Arfuyen/Le Noroît, Paris/Montréal, 1998,83 pages Profonde et rigoureuse, l’œuvre poétique de Jean-Marc Fréchette n’hésite jamais à s’élever parmi les plus grandes.Dans La Lumière du verger, on entend certains échos de La Vie de Marie de Rainer Maria Rilke ou encore de L'Echelle des anges de Rina Lasnier.Pourtant, n’est-ce pas les multiples références bibliques qui empêchent qu’on donne à Jean-Marc Fréchette toute la place qui lui revient?Car voilà un cycle exceptionnel où se condensent l’inspiration et l’accueil d’un regard attentif.En fait, La Lumière du verger prolonge l’éveil au christianisme qui anime déjà Le Psautier des rois (Arfuyen/Le Noroît, 1994).Des plus épurés, chaque poème reflète la précision de l’iconographie religieuse et de la richesse de ses symboles.Tel un récit initiatique, ces fragments versifiés retracent, en partie, le drame spirituel de François et Claire d’Assise.Autour de cette évocation, les mots de Fréchette disent l’émerveillement d’une joie tragique, aussi intense dans sa retenue: «Luc / Prit Marie comme sujet de sa distraction angélique: / Elle lui confia ses images les plus pures./ C’était à Jérusalem, / En l'an de neige./ Gabriel se penchait sur la Mère / Et sur le confident ému./ Les pommiers alors avaient donné leurs fruits / Qui embaumaient la chambre./ Luc écoutait avec l’oreille d'un enfant / Et les clairs fragments se peignaient en lui / Tels des paysages à venir.» Ce tableau ne possède-t-il pas tout l’art poétique de Fréchette?Un lieu discret où l’exigeante simplicité de la foi s’abandonne en elle-même.Les miettes d’une méditation intérieure, à partir du chemin qu’annonce la Passion du Christ.Ainsi, on comprend pourquoi tout le recueil semble transmettre l’atmosphère isolée d’un cloître.Bien sûr, tout cela progresse dans une écriture poétique des plus vivantes.C’est d’ailleurs ce qui distingue Jean-Marc Fréchette d’une certaine spiritualité douteuse chez d’autres.Car il y a dans La Lumière du verger une parole naturelle qui s’élève à la hauteur de son contenu divinement humain.DIEU SAIT QUOI Pierre Ouellet Editions du Noroît, Montréal, 1998,125 pages Avec une exigence semblable, Dieu sait quoi de Pierre Ouellet se lit plutôt comme une insoumission existentielle.On croirait même entendre le narrateur de la IJgende dorée (L’instant même, 1997, prix Ringuet 1998), achevant sa plainte colérique envers Dieu.Loin de ce drame, on revoit les lamentations de Job qui s’efforce d’évoquer la scène ontologique du mal.Ainsi commence une prière de l’âme et du corps, où surgit un lyrisme prêt à rompre avec la scansion de ses rimes et de ses obstacles.Tel un verset que la langue malmène, tout le sens de cette révolte se déroule dans l’oralité très particulière des couples de mots; «dieu / descend de sa croix / cloués / aux bras de l’homme / ses bras retombent: / l’étreinte / lâche sa proie [.] âme de peu/le dieu te prend /pour une bête / montée à cru dans la tempête / rue le: ce poids de plus / comme la mort / qui est sur ton dos / depuis l’aurore / —fardeau de trop.» A voix haute, on distingue une étrange tension poétique entre le dépouillement extrême du vers et l’élan furieux que provoque la phrase continue.Ce contraste met d’ailleurs en évidence une émotion spirituelle qui oscille sans cesse du déchirement à la plénitude.En cours, laissant entendre une sorte de mémoire gnostique d’un monde abandonné par Dieu.Envers l’artifice de la parole, une lutte individuelle s’exerce contre le malaise d’être dans ce corps et cette voix.A l’image d’une nécessité intérieure, tout est remis en question face au paradoxe de vivre.Le poème cherche comme celui qui revendique sa présence dans cette «infection verbale» (Moreau) où s’entame la crainte d’une solitude éternelle.Dans le prolongement de Consolations (Le Noroît, 1996), Dieu sait quoi creuse un parcours métaphysique tout à fait singulier.±J -J AI-BIN MICHEL JHAN-CHRI! JEAN-CHRISTOPHE GRANGÉ au Salon du Livre de Montréal ALBIN MICHEL Les Rivières pourpres Jean-Christophe Grangé SÉANCES DE SIGNATURE jeudi 19 novembre -19h à 20h vendredi 20 novembre -19h à 20h samedi 21 novembre -14h à 1 5h dimanche 22 novembre - 14h à 15h Nouveautés d’automne Salon du livre de Montréal St£tnd 676 tDUOUER POUR RENDRE HEUREUX ISBN2-92205(M0.ISBN 2-922050-13-0 '*¦ ’ TES_ ÉDITIONS DU CRAM, ,Yvr< Chtvrhrr L’insécurité affective Pour soumettre vos manuscrits : tel.514-598-8^47 fax 514-598-8788 Dtsttjb ution : W'cbftelivws 45PJML° -L'ORIGINE CACMKH PROBLÈMES 524,95 523,95' SOLUTION 519,95 $22,95 Puur l’instant, elle se méfie de l’amour.Les Crus de l’Esplanade Marguerite Andersen Nouvelles Éditions Prise de parole 19$ m.A Regroupement des éditeurs canadlens-français LE DEVOIR LIVRES PRATIQUES r Education par l’art tlclùni* lU’iiucliump Editio'fR ! jIQUE LE THÉÂTRE ADOLESCENT , Hélène Beauchamp Les Editions Logiques, Montréal, 1998,268 pages Si le théâtre est un art de la scène accessible, dont l’invention a pour seuls guides l’imagination et la sensibilité créatrice des individus qui en éprouvent le désir, il est légitime de penser que les adolescents peuvent créer le leur, accéderaient par des chemins compatibles avec leur énergie créatrice.Cet ouvrage vise donc à favoriser citez les adolescents leur affirmation et le développement de leur autonomie créatrice; il s’adresse à ceux et celles qui souhaitent mettre de l’avant une pédagogie qui stimule la créativité des jeunes.L’auteure est cofondatrice de la Maison Théâtre.L’INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE AU TRAVAIL Flendrie Weisinger Traduit de l’américain par Jacinthe Lesage Les Editions Transcontinental, Montréal, 1998 Ce livre est publié dans la collection «Ressources humaines».L’auteur, psychologue et consultant dans plusieurs grandes entreprises, nous apprend â maîtriser les compétences fondamentales de l’intelligence émotionnelle pour parvenir à gérer nos émotions et améliorer nos relations avec autrui.Les gens les plus performants au travail possèdent une intelligence émotionnelle supérieure.Ils accordent une grande importance à leurs émotions et à celles des autres, indique-t-il.Les explications sont claires, fondées sur une longue expérience en entreprise; l’ouvrage fourmille d’exemples, de conseils judicieux et d’exercices pour développer ses compétences émotionnelles et progresser.LES ARTS PLASTIQUES À L’ÉCOLE Collectif sous la direction de Monique Richard et Suzanne Lemerise Les Editions Logiques, Montréal, 1998,354 pages Les arts plastiques à l'école Le» édition» LOGIQUES • éê Des praticiens et des chercheurs explorent de nouveaux territoires des arts plastiques â l’école et font un survol des préoccupations actuelles du monde scolaire, communautaire et universitaire.Une réflexion conjointe, signée par Monique Rivard et Suzanne Lemerise, propose un survol théorique et historique du post-modernisme en éducation artistique et du récit de pratiques québécoises qui déjouent les interdits du modernisme.En guise de conclusion, elles proposent un modèle ouvert de pédagogie artistique.POUR MIEUX COMPRENDRE LA LECTURE ET L’ÉCRITURE Collectif sous la direction de Clémence Préfontaine, Lucie Godard et Gilles Fortier Les Éditions Logiques, Montréal, 1998,369 pages Ce collectif d’auteurs, non seulement d’universités québécoises mais aussi d’universités françaises, jette un nouveau regard sur des aspects théoriques et pratiques reliés à l’enseignement et à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.Aspect original de l’ouvrage: on y aborde en même temps lecture et écriture, deux domaines fondamentaux; on y explore les liens qui les unissent en tenant compte des plus récents résultats de recherche.Renée Rowan I.K I) E V 0 I It .I.K S S A M EDI II K T I) I M \ X < Il E I X Il V E M 15 II K I II II K I) 17 -W' L I V E E S -% SALON DU LIVRE DE MONTREAL Daniel Jacoby Les droits de tous Le citoyen ignore les lois qui le protègent VINCENT DESAUTELS CORRESPONDANT DU DEVOIR A QUEBEC Le protecteur du citoyen a le regard serein et l’attitude décontractée de celui qui a vu l’eau couler sous les ponts.Daniel Jacoby vient de signer un livre, simplement intitulé U Protecteur du citoyen, et il en parle sans affectation, posément, comme d’une corde supplémentaire à un arc déjà bien garni.Assurément, on n’a pas affaire ici à un mandarin qui brigue secrètement la carrière littéraire; assis dans son bureau au lendemain du lancement, il grille cigarette sur cigarette en expliquant patiemment le contenu de son livre comme la nature de son travail, intrinsèquement liés.L’idée d’une publication n’est pas la sienne, se défend-il d’entrée de jeu.Cela, l’éditeur l’avait confirmé la veille.C’est en lisant les extraits d’interventions publiques de maître Jacoby, dans la page Idées du Devoir ou ailleurs, que Victor-Lévy Beaulieu s’est pris de curiosité pour ses réflexions sur le citoyen dans la société d’aujourd’hui.Il n’en fallait pas plus pour que l’écrivain éditeur demande à lire les écrits intégraux qui l’intéressaient et que l’idée lui vienne ensuite d’en publier une sélection.253 discours L’ouvrage que signe Daniel Jacoby se veut un recueil d’une douzaine de textes récents, discours, rapports annuels ou autres, que le protecteur du citoyen a commis dans les dernières années et qui recoupent des thèmes qui lui sont chers.«Depuis le début de mon mandat en 1987, j’ai fait le compte de 253 discours ou allocutions, estime Daniel Jacoby, chiffre qui n’inclut pas les rapports annuels et autres mémoires que je rédige régulièrement.Mes allocutions sont souvent destinées à des groupes ciblés; j’apprécie donc qu’elles puissent bénéficier d’une diffusion plus large.» Tout ce papier noirci, témoin d’un rôle que le protecteur du citoyen prend à cœur, trouve donc une voie autre que les adresses circonstancielles pour que se propage la réflexion.le livre trace en filigrane un portrait de l’homme et de sa mission mais il lui permet surtout de dresser le constat de onze années d’observation neutre et de dégager des tendances utiles des «grandeurs et vicissitudes» de l’administration publique.En début d'ouvrage, une dédicace confirme son intention de faire profiter de son expérience: «Je dédie ce livre à tous les citoyens», écrit Daniel Jacoby.Parce que son rôle, évidemment, est orienté vers le citoyen et que ses observations touchent nécessairement tous ceux qui forment la société.Iœs thèmes chers au protecteur du citoyen concernent d’ailleurs l’ensemble social: inégalité et exclusion, ses deux principaux chevaux de bataille, reviennent inlassablement.Daniel Jacoby insiste aussi sur l’éducation, un élément à son sens essentiel dans l’élimination des disparités sociales: «Un des problèmes de notre société, rappelle-t-il, vient du fait que les gens ignorent leurs droits.Or, s’ils les ignorent, ils ne les exercent plus et de là vient l’exclusion.» LE DEVOIR Daniel Jacoby sent le besoin d’expliquer ce qu’est un protecteur du citoyen.À travers les quelque 350 pages bien tassées de l’ouvrage, on ne peut que constater que Daniel Jacoby, fort de sa formation juridique, en connaît un rayon sur les législations diverses qui codifient les droits et devoirs du citoyen.Ses textes s’appuient sur ces connaissances pour nourrir l’argumentation; ils témoignent d’une conscience large des frictions dans les rapports entre la machine étatique et le simple citoyen.Le recours aux droits Ces réflexions le rejoindront-elles pour autant, ce simple citoyen?Daniel Jacoby ne s’est jamais fait d'illusion sur son rôle de médiateur: «Les citoyens ne s'intéressent à leurs droits que lorsqu’il y a problème», constate-t-il sans amertume.Si les concepts qu’il aborde sont à la portée de tous, les applications pratiques et les cas d’espèces qui en découlent peuvent paraître arides au non-initié, Pourtant, la lecture d’un tel ouvrage devrait être obligatoire au moins pour cette catégorie de citoyens qui œuvre dans l’administration publique: ils trouveraient là des balises concrètes pour un juste équilibre entre impératifs de gestion et service au citoyen.Daniel Jacoby prend d’ailleurs plusieurs pages pour définir le rôle d’un ombudsman, terme qu’il n’affectionne pas particulièrement, lui préférant de loin celui de protecteur du citoyen, et son origine historique.Tout le premier chapitre est consacré à cette mise en perspective et plusieurs mises au point plus brèves reviennent épisodiquement.«Je sens le besoin d’expliquer ce qu’est un protecteur du citoyen, justifie Daniel Jacoby.Mon râle est mal compris, tant par les citoyens que par les pouvoirs publics.Ces derniers préfèrent parfois ne pas le comprendre, parce que je suis nécessairement dérangeant pour l’État.Les citoyens, par contre, me voient comme un justicier, une sorte de Zorro.Le ter- Les corps en sursis Stefan Psenak Roman Éditions du Nordir 15$ J’ouvre un œil.Inès est à quelques pus de moi.Elle se rhabille lentement.y at m, ÀfË./v Regroupement des éditeurs canadiens-français LE DEVOIR me “protecteur du citoyen"crée en effet des attentes et le citoyen s’attend à ce qu’on lui donne raison quand il fait appel à nous et s'étonne quand on lui pose des questions ou qu’on consulte son dossier.» Lui qui s’estime doté d’un «certain idéalisme doublé d'une forte dose de réalisme» en profite aussi pour rappeler certains de ses combats actuels, par exemple le fait que les réseaux de la santé et de l’éducation échappent encore à sa juridiction.«Le droit de l’usager d’être entendu par une personne indépendante n’existe pas en santé: en bout de ligne, il risque de ne pas avoir une décision juste, équitable et objective, s’il n'est pas épuisé avant par les recours.Et ça n’a pas l’air de déranger ceux qui font l’opinion», soupire Daniel Jacoby.«Mais je reste confiant.Je sais que ça viendra», ajoute-t-il aussitôt avec le sourire de celui qui connaît le pouvoir de la patience.Son livre, comme le reste, n'est qu’un autre pas dans la bonne direction.ESSAIS Histoire d’A.Le drame dans une œuvre inachevée QUI EST LE CHEVALIER?Pierre Vadeboncœur Leméac, 1998,90 pages MARCEL JEAN Au fil des ans, l’œuvre de Pierre Vadeboncœur a connu une profonde mutation, abandonnant la sphère politique pour se recentrer sur des thèmes plus vastes comme l’art, les sentiments humains et la mort.En parallèle, l’écriture même de l’auteur des Deux royaumes s’est épurée, les envolées stylistiques de ses écrits polémiques faisant place à une prose sobre, sans artifice, d'une pauvreté qui est essentiellement affaire de morale.Qui est le chevalier?, dernier opus de Vadeboncœur, s’inscrit tout à fait dans ce mouvement.Ce livre très court, composé de notations laconiques sur les dessins d’un certain A., se place en fait dans la suite immédiate de Dix-sept tableaux d'enfant, publié en 1994 chez Bellarmin.On se souviendra que, dans ce livre, Vadeboncœur étudiait la métamorphose à l’œuvre dans les dessins d’une petite fille, l’enfance s’effaçant progressivement de ses dessins pour faire place au tempérament artistique.Dans Qui est le chevalier?, l’auteur de Im Ligne du risque observe d’abord un mouvement semblable, puis s’attarde sur la destinée entravée d’un artiste qui, a la suite d’un échec inattendu,abandonne pour ainsi dire le dessin.Autour de ce moment, l’ouvrage prend donc une tournure biographique, A.se trouvant devant la nécessité de chercher sa voie ailleurs qu’à travers l’art.En marge de l’institution Dans ses chroniques publiées dans Liberté, Pierre Vadeboncœur a souvent fait porter ses réflexions sur l'art, en restant toujours en marge de l’institution.Son dernier livre illustre parfaitement cette tendance, les dessins ici commentés ne jouissant d’aucune reconnaissance de la part du milieu de l'art.De plus, il s’agit d’œuvres de jeunesse, réalisées par un individu en pleine mutation, par un artiste faisant l’expérien- / Votre mari vous parle d’ comme s'il était \ wmm* un expert IW * a ***£.Internet!*5^® j'SZp ONCEPT ACTION tel.(514) 866-0434 http://www.concept-action.com OFFRFZ-LUI L’EncyCLOPÉDIE DE L'INFOROUTE ! LES HERBES ROUGES AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL STAND 857 RENCONTRES AVEC LES AUTEURS CLAUDE BEAUSOLEIL Le Chant du Voyageur Samedi 21 novembre de 15 h à 16 h NICOLE BROSSARD Journal intime Samedi 21 novembre de 15 h à 16 h FRANÇOIS CHARRON Éloge de l'inconnu i/endredi 20 novembre de 18 h à 19 h BIANCA COTE Carnets d'une habituée Samedi 21 novembre de 15 h à 16 h JEAN-MARC DESGENT Les Paysages de l'extase Samedi 21 novembre de 16 h à 17 h CAROLE DAVID La Maison d'Ophélie Samedi 21 novembre de 16 h à 17 h ANDRE ROY Vies Samedi 21 novembre de 18 h à 19 h CAROLE MASSE L’Ennemi Samedi 21 novembre de 15 h à 16 h PIERRE SAMSON Un garçon de compagnie finaliste au prix du Gouverneur général 1998 Vendredi 20 novembre de 18 h à 19 h FRANCETHEORET Une mouche au fond de l'œil Samedi 21 novembre de 18 h à 19 h ce de divers styles.Par conséquent, les notes de Vadeboncœur autour de ces œuvres juvéniles induisent une question qui, sans être formulée directement, plane sur l'ensemble de l’ouvrage.Cette question concerne la fragilité du talent et la facilité avec laquelle on peut l’étouffer.Cette question dépasse l’histoire d’A.et dépasse même la pédagogie de l’art pour embrasser l’enseignement dans son ensemble.Cette question vaste, diffuse, qu’on médite en scrutant quelques dessins particulièrement réussis (citons La Fille ainsi que Im Cavalière), revient nous hanter bien après la lecture du livre.C’est là un signe de la valeur du texte de Pierre Vadeboncœur, qui parvient à nous faire vraiment regarder les dessins de A., alors qu’au départ tout nous disposait à n’y jeter qu’un coup d’œil rapide.Dans l'œuvre inachevée du jeune artiste s’inscrit un drame que l’écrivain révèle, sans emphase ni amertume, sur un ton presque clinique.Vadeboncœur est aujourd’hui un écrivain serein, qu’aucune mode ne peut affecter.Attentif, il regarde là où personne d'autre ne regarde.- >.-«ï55 signe de son indépendance et de sa singularité.Habile, il nous interroge: «Qui est le chevalier?» La réponse est entre les lignes, tout comme l’essentiel de la réflexion qui nous habite paradoxalement une fois le livre refermé.Ii NOS AUTEURS INVITES BISSONNETTE sam.19 h à 21 h Andrée BOUCHER ven.13 h à 17 h sam.10 h 30 à 13 h 30 Dre Marie-Andrée CHAMPAGNE sam.14 h à 16 h François CHARTIER ven.19 h 30 à 21 h sam.19 h à 21 h dim.14 h 30 à 17 h Luc CHARTRAND ven.18 h 30 à 20 h dim.12 h 30 à 14 h Arlette COUSTURE jeu.18 h 30 à 20 h 30 ven.14 h 30 à 17 h sam.14 h à 16 h dim.12 h à 14 h Marc DAUPHIN ven.18 h 30 à 20 h sam.16 h 30 à 18 h Francine DESLONGCHAMPS Marie-Josée LONGCHAMPS Patricia TULASNE sam.16 h 30 à 18 h Benoit DUTRIZAC sam.16 h 30 à 18 h Georges-Hébert GERMAIN, ven.12 h à 14 h sam.-10 h 30 à 12 h Jacques LANGUIRAND dim.12 h 30 à 14 h 30 Christine MARTIN ven.12 h 30 à 14 h sam.14 h 30 Michel MICHAUD dim.10 h 30 à 12 h Michèle MORGAN sam.12 h 30 à 15 h Florence NICOLE ven.10 h à 12 h lun.13 li à 15 h Jean O’NEIL dim.10 h 30 à 12 h Claude PAQUETTE ven.20 h 30 à 22 h sam.11 h à 13 h dim.12 h 30 à 14 h 30 Fernand PATRY ven.16 h 30 à 18 h sam.19 h à 21 h dim.14 h 30 à 16 h Lise PAYETTE jeu.18 h 30 à 20 h 30 ven.14 h 30 à 16h et 18 h 30 à 20 h sam.13 h à 16 h dim.13 h à 16 h Johanne POULIN GAGNON ven.16 h 30 à 18 h sam.10 h 30 à 12 h dim.10 h 30 à 12 h Bernadette RENAUD ven.14 h 30 à 16 h sam.18 h 30 à 20 h 30 Louise SIMARD dim.15 11 à 17 h Salon du LIVRE de Montréal stand 147 m m I) IS !•: b I-; \ nil!, i i s s \ m i ni il i:i h i m ,\ \ i ii i i \ o \ i: \i n n i: î» !l S l 1 V I! K S K 1 1 V K K I) K I> () C 11 K W' I i i v Ia h \ SALON DU I .IVUK UK MONTRÉAL L 1 T I É R A I II K K Q U É » É CO I S K I Les poings dans mes poches crevées Peinture des sentiments Des personnages livrés à leur mémoire M A K C K I .1 K A N Au fil des ans.la poésie n'a pas occupé beaucoup de place dans cette chronique.Il est donc temps de nous racheter, d'autant plus que l’actualité nous v itilie de deux importantes anthologies, qui ont en commue de se tourner vers une poésie ancienne.LA POÉSIE QUÉBÉCOISE AV ANT NELL1GAN Anthologie de Yolande Grisé Bibliothèque québécoise, Montréal, 1998,376 pages Pour qiijcoiKji: i;:s un1'Vi' M'te de la poesie québé- coise, cette anthologie t st un bit n stimulant voyage.On y croise des écrivains reconnus (Octave Crémazie, Louis Préchett .etc.), mais aussi bon nombre de politicien- t " ¦ tivisn >.comme Louis Riel, Joseph-''ha.' •orge-l.tien- ne Cartier et Ja< a eu son maire poète av;uit d’avoir si am, ¦ iticulteur).Essayistes (Arthur Buies) et hi-r ns (François-Xavier Garneau) sont aussi de : .ce qui fait de cette anthologie une petite K l'histoire du Québec a travers sa littérature.Dans ce esprit; on appréciera aussi le fait que V>l a ¦ ('rise ait truffe son anthologie de généreuses notices biogr plaques LA POÉSIE DI PASSÉ Anthologie de Paul Eluard Bouquins, Robert Laffont, Paris, 1998,593 pages 11 s'agit de la troisième edition de la célèbre anthologie d’Eluard, qui couvre la période allant du XII au XVII siècle, soit de Chrestien de Troyes à Cyrano de Bergerac .comme l'indique le sous-titre de l'ouvrage.Éluard ne s'est lie ici qu'a son goût, avec pour seul objectif la volonté de communiquer son amour de la poésie.S'y retrouvent Rutebeuf, François Villon.François Rabelais et Clément Marot.mais aussi quantité de textes anonymes, parmi lesquels plusieurs chansons populaires (En passant par la Lorraine, Le Conju-rateur et le Lmp).Eluard n’a annoté que ties brièvement ses choix, laissant a la poésie toute la place.PASCAL DURANT) COMMENTE POÉSIES DE STÉPHANE MALLARMÉ Pascal Durand Foliothèque, Paris, 1998,248 pages La poésie de Mallarmé, c’est le moins qu’on puisse dire, appelle le commentaire.L’œuvre est gigantesque; on n’y accède pas sans effort et on n’a pas trop d'une vie pour essayer d’en faire le tour.Pascal Durand, sommité dans le monde des études mallarméennes, offre ici quelques pistes d’analyse.Son commentaire doit être lu, faut-il le préciser, en parallèle avec Poésies de Mallarmé.publiée chez Gallimard, dans la très relevée collection «Poésie».ARAGON «COMMENCEZ PAR ME LIRE!» Jean Rist.it Découvertes Gallimard, Paris, 1998 128 pages Ce livre consacré à l’auteur d7/ n'y a pas d'amour heureux et de Est-ce ainsi que les hommes vivent?est une splendeur.Aragon se prête en effet à merveille à la formule de la collection -Découvertes» de Gallimard, car l’iconographie le concernant est abondante et révélatrice.Quant au texte de Jean Ristat, il est à la hauteur de son projet qui consiste à raconter Aragon au plus grand nombre.On ne peut pas résister à l’envie de lire Aragon quand on a parcouru ce petit ouvrage qui raconte aussi le surréalisme et le communisme français.Un fort joli tour de force.LES LAIS DE MARIE DE FRANCE Transposés en français contemporain par Gaston Laurion Petite collection Lanctôt, Montréal.1997,158 pages 11 y a environ un tin était publiée cette transposition de l'œuvre la plus célèbre de Marie de France, première poétesse de langue française (elle a vécu dans la seconde moitié du XII siècle).Nombreux sont les étudiants en littérature qui ont trébuché sur ces poèmes narratifs, désignes ici sous le nom de lais (le terme est employé au pluriel, au singulier on l’écrit lai).En effet la langue française a bien change depuis le règne d’Henri II Plantagenêt (a la cour duquel vivait Marie de France, mais qui était roi d’Angleterre, ce qui explique que Marie ait tenu à préciser son origine).Gaston Laurion, professeur à l’université Concordia, a procédé à la transposition en adoptant la forme de la prose.dans l'intention de ménager une plus grande accessibilité».lœs jeunes lecteurs apprécieront certainement que le professeur leur épargne l'épreuve de l’ancien français, et ils découvriront par la même occasion les récits de passionnantes légendes bretonnes.l,e théâtre u Québec Le réalisme ' au théâtre m La Maison ^ Amérique Cahiers de théâtre il .n-;f Kollo conic J .une rL’sntM/vvH.David Gaucher, scénographe Dramaturges Editeurs La nouvelle Maison Théâtre Carole Nadeau, metteure en scène Une saison a Paris (1996-1997) Le théâtre au secours des maths ! Entretiens avec Gérard Poirier, Lev Dodine et Michel Vinaver Portrait de Huy-Phong Doàn Les 20 ans de la 1 NI Pendant le Salon du livre de Montréal, nos plus récentes parutions seront en vente aux stands 376, 378 et 380 de la SODEP.Pour information : (514) 2SS-2S0S TkIMESTRIKI-, 192 P.III.14 S + TAXES LE SEUL TRIMESTRIEL DE LANGUE FRANÇAISE AU QUÉBEC CONSACRÉ AUX ARTS DE LA SCÈNE JOURS D’ÉTÉ Célyne Fortin Editions de la Pleine Lune, Lachine, 1998,138 pages DAVID 11 INC K Malgré la diffusion relative qu’a connue le milieu de la poésie au Québec, depuis les dernières décennies, il est de ces auteures dont l’œuvre s’est élaborée patiemment, presque discrètement au fil des années, et dont les mérites gagneraient pourtant à être plus largement soulignés.Avec ses plaquettes de poésie et ses livres d’artiste, sans oublier ses publications dans des revues souvent introuvables (son œuvre poétique et picturale, publiée chez Noroît, se poursuit depuis 1982), Célyne Fortin peut sans aucun doute être comptée parmi celles et ceux dont le travail d’écriture, hors les modes — et par là jugé insaisissable, à tort —, fera date dans l’histoire littéraire québécoise.Il tant se rassurer ici: point de coups d’éclat hermétiques ou d’expériences formalistes et abstruses dans ces textes.Si ceux-ci se voient relégués dans le silence médiatique de la marge, c’est au contraire parce que cette marge se tient en plein cœur du vivant et à des lieues de la lettre morte.Cinq ans après son dernier recueil de poésie.Les Intrusions de l'oeil (Noroît, 1993), Fortin prend les chemins de traverse pour nous surprendre avec un premier ouvrage en prose, ou plus exactement un recueil de contes et de récits.Seize courts textes comme autant de petites variations sur le sentiment amoureux (ainsi que l’annonce la quatrième de couverture), sentiment trompeur s’il en est puisque, pour les personnages mis en scène, celui-ci revêt le plus souvent le masque endeuillé des amours en bout de piste, de ces attachements qui s’usent le temps de quelques étés pour un jour s’extirper de leur matrice, prendre le large et s’éteindre dans les premiers froids de l’automne.Jeux de l’amour Le ton est donné dès le départ: ne peut-on écrire sur les jeux de l’amour qu’avec la distance de ceux qui se rappellent?On peut lire cette contrainte jusque dans le litre, Jours d’été, lequel implique inévitablement — si on s’y arrête — le souvenir, le signe d’un temps déjà passé et qui revit en soi.On ne parle pas de l’été quand on s’attarde à le vivre.Iœs mots ne viennent jamais qu’après coup.Ainsi que l’évoquait récemment le poète polonais Maciej Niemiec dans Poésie 98 (n° 73): «Jours d'été, ils sont déjà nôtres — sont souvenir, / la canicule ne reviendra pas cette année.» Les récits auxquels nous convie Fortin procèdent de cette même fugacité, de ces éphémères rencontres avec des êtres ou des animaux que notre vide intérieur a élus, au hasard d’une saison chaude ou d'un long ennui, pour devenir les pourvoyeurs de cette fragile sensation d’exister à travers la compagnie d'up autre.Etrangement, de même que l’expression «jours d'été» semble ne se conjuguer que sur le mode du souvenir, la confusion des sentiments ne prend place que lorsque les protagonistes sont seuls avec eux-mêmes, bien que l’homme dorme à proximité dans le lit ou s’amuse plus loin avec les enfants.Les person- CELYNE FORTIN «j&Üjjj v>'$t ¦fgjj: ¦ CONTES ET RÉCITS atteaifoai nages que l’auteure esquisse en deux ou trois pages sont livrés a leur mémoire et à un monologue intérieur qui suffit à dire toutes les présences qui s’y sont incrustées avec le temps.Oublions les dialogues d'amour partagé, si ce n'est la communion avec la nature, rendue omniprésente par ces fines descriptions, quasi japonaises dans leur minutie, et les confidences sans répartie à ces animaux, accompagnateurs fidèles dans l'incompréhension de ce qui nous émeut et nous blesse.Si les personnages arrivent enfin a se dire, c'est cependant toujours trop tard, sur un lit d’hôpital ou au moment de partir.Ils restent muets sous le poids des mots, se laissent couler comme des pierres.Tout cela ne va pas sans une certaine ironie, mi-douce mi-amère, distillée à même le discours de certains personnages, quand ce n’est pas carrément dans l’approche narrative empruntée par Fortin, qui met en relief tel aspect d’une situation, apparemment «idyllique», pour en faire ressortir le tragique à travers la banalité des sentiments.Ainsi, cette femme au bord de la mer, lasse mais pourtant heureuse d’être enfin seule, de pouvoir goûter à la solitude retrouvée, et qui peu a peu s’enlise chaque jour dans une conversation avec un crabe, adoptant malgré elle le ton fragile de l’amoureuse, pitoyable face a l’attente d’un signe, d’un mouvement dans le sable qui lui donnerait l'impression d’être entendue.Impuissance et humour Oscillant donc entre l’impuissance devant certaines questions impossibles à résoudre (pourquoi es-tu parti?pourquoi ai-je le sentiment de ne plus t’aimer comme avant?) et un humour distancié face aux désirs toujours maladroits, voire étouffants, les protagonistes se révèlent au lecteur non pas dans la pleine lumière de juin, mais à travers le clair-obscur des orages d’été.Parfois graves, parfois naïves, les métaphores sur la condition humaine acquièrent sous la plume de Fortin, des résonances que l’on ne reconnaît que trop bien.Aussi, ce récit du mainate, arrêté dans sa course par le mirage d'une vitre et qui agonisera sous les yeux de cette femme, livrée au soleil et au sentiment de plénitude, parvient à rendre en deux pages tout le désarroi qui nous guette, tapi derrière chaque instant furtif de bonheur.Aucun repos pour celles qui se souviennent et qui pourtant n’aspirent qu’à aimer ou à oublier.Seule issue pour les femmes dépeintes ici: le sommeil, celui qui vient après l'amour, après la vie.dans le bercement de la mer ou dans les bras d’un proche.Le genre du conte a connu un regain de popularité ces dernières années, mais souvent on y retrouve tant de tons et de styles divergents que l’appellation de «conte» a quelque chose d’un peu galvaudé.Notre auteure développe dans Jours d'été un registre poétique qui renoue non pas avec l’oralité et l’aspect mythique habituellement associés au conte, mais avec le style presque pictural et contemplatif des Pierre Morency, Jean-Aubert Loranger et Élise Turcotte.C’est en goûtant la justesse et la limpidité des descriptions d’un bord de mer, d’un coquillage ou d’une hesitation amoureuse que l’on peut reconnaître le brio et l’acuité expressive de Fortin, dont le talent de* peintre des sentiments est rare et indéniable.I ni Wm la Mu r.ri / J jmmL un i.iKtStrj -, Alberto Mangue! UNE HISTOIRE DE LA LECTURE Claude Meunier LE MONDE DE LA PETITE VIE Monique Durand EAUX Michel Tremblay ENCORE UNE FOIS, SI VOUS PERMETTEZ Elise Turcotte LE BRUIT DES CHOSES VIVANTES David Homel UN SINGE À MOSCOU Michel Marc Bouchard LE CHEMIN DES PASSES- DANGEUREUSES Martine Desjardins LE CERCLE DECLARA Des situations abracadabrantes, des personnages plus vrais que nature.Un univers d'absurde et d'humour.«[.| chaque texte se déroule harmonieusement dans une tension croissante qui nous laisse pantelan 11.Camp! L'auteur rend hommage à celle qui fut l'un des principaux moteurs de son inspiration littéraire et théâtrale.«[.] de l'érudition qui vous met tout simplement l'eau à la bouche».L.Benoît, Lu Presse «[.I une langue parfaite, robuste, et capable de toutes les nuances».Lettres québécoises «[.] une histoire tragique et magnifique [.,.] le plus étincelant des romans de David Homel».Vf.-C.Fortin, Voir Trois frères confrontés à leur heure de vérité.Une douloureuse cérémonie des aveux.«[.] une offrande à laquelle il est bon, très bon, de s'abandonner».Plie Québec Le Devoir Sera présent le vendredi 20 novembre de 1% à 21 h, ( le samedi 21, de 16li à 18h et de 19h à 21 h, te dimanche 22, de I4h.à 18h et de 19h i 21h • Sera présent le samedi 21 novembre de I4li à !6h • Sera présente le dimanche 22 novembre de 16h à 17h le samedi • Sera présent le samedi 21 novembre de 17h30 à I8h30, le dimanche 22, de I6h à 17li Sera présent le dimanche 22 novembre de 14 h à 15 h • Sera présent le vendredi 20 novembre de 19h à 20h, le dimanche 22, de !9h à 20h Sera présente le samedi 21 novembre de 16h n I7h • Sera présente 21 novembre de 17h à I8h LEMÉAC ÉDITEUR \ (i v r: m U is i i si si s I) I!) 1 \T l> i; 1À 1 \ 11 L I LI YKI I )!•: MONTRKAL Marc Dauphin Petites gens dans la tourmente de l’Histoire Un médecin québécois de 40 ans raconte l’Allemagne d’il y a 80 ans KO ni: K T CHAR T K A M I) Qu’est-ce qui a pu pousser tin médecin québécois, urgentologue fini pratique à Sherbrooke, à écrire un roman sur l’Allemagne de l’enlre-t|eux-guerres.dédié à un de ses Oncles de nationalité hongroise?L'Anneau de Gabriele est raboutissement d'une série de hasards et de nécessités, d'une conjonction de circonstances fortuites dans la vie du docteur Marc Dauphin et de son attachement a des convictions profondes.Mais pourquoi, a quarante ans, S cire mis a l’écriture?l'aime ma profession, mais j’ai aussi unejibre artistique.El j’ai toujours sa qu'au jour j'écrirais.Combien défais ai-je dit à ma femme ( 'Itrisline: Attends que je me mette à écrire, ta verras que je feux faire quelque chose de bien.Et puis, j'ai décidé de faire des romans farce que j'écris mieux que je ne feins.Je ne suis fas un vilain coloriste, mais je reste étonfiné à la technique, incapable d'exprimer mes émotions sur une toile.» Marc Dauphin ne prétend pas être un médecin-écrivain pour autant, il tic se compare pas non plus a certains de ses illustres prédécesseurs, (pomme Jacques Perron, et plus longuement que ce dernier, il a été dans l’armée canadienne, -mais c'était four payer mes études de médecine, tout simplement".Kl c’est l’armée qui lui a donne l'occasion de connaître FAllemagne, ou se situe l’essentiel de l’action de son roman.«J’ai séjourné i>n Allemagne à deux refrises au cours des années 70.Comme j'avais appris la langue du pays, on m a demandé de servir d'agent de liaison avec les Allemands.C’est ainsi que j'ai connu des .t fait m i'i imh "i< uiiuM, r iLdiio i< entre eux — bien des gens l'ignorent — sont restés prisonniers des Russes longtemps après la fin de la guerre; il y en a,qui ne sont rentrés chez eux qu'en 1005! Ils m'ont raconté mille anecdotes, tragiques ou savoureuses, que je niai pas reprises dans mon livre mais qui m ont permis de les voir très différents des stéréotypes que la propagande et l'Histoire officielle ont colportes s\tr eux.C'est aussi ce qui m'apprit mon oncle, Fâl Szénds, a qn j'ai dédié mon roman.Il avait été lui même étu-djant en médecine dans l'ai née hongroise.Il était donc dans l’aun e camp.U m'a raconté son histoire avant de qiourir, lout récemment.L’homme à moustaches t| Marc Dauphin sait fort bien que djéjà, en 11-18, l’Allemagne a eu de grands torts.Mais on l’a dépeinte cpwnie une nation d'êtres sanguinaires, et on a profite de cette caricature, après 11-18, pour affamer littéralement le pays: un million d'Allemands en sont morts! Et on s'est étonné ensui-tf, qu'a près avoir été maintenus dans Iq misère pendant quelque vingt ans après la guerre, ils aient suivi un petit pomme a moustache i/ui leur promettait du travail, la prospérité et leur fier-lé retrouvée.» ,t Le titre du roman de Marc Dauphin et les grandes divisions, notn-giées Ouverture», »Acte I» et «Acte //¦>, sont un coup de chapeau à Wagner et a sa fameuse tétralogie L'Anneau des Niebelungen: l’auteur prévoit fl ailleurs une suite de trois volumes à ijon roman.Mais on est loin, chez Mare Dauphin, des mythes germaniques.L’anneau de (iabriele.plus modestement, c’est l’alliance que Josef Kempfe, un Allemand de petite condition, avait offert a sa femme Gabriele; c’est le symbole des liens du couple, mais aussi de la famille qu’ils forment avec leurs quati e tils, de 1 adversité qu’il doivent affronter, de leur dignité menacée.C’est la famille et son entourage qui sont au centre du roman; c est leur existent e d AIL mandsordinaires.de 11)18 à 1940, qui nous est racontée, avec ses joies et ses peines.«Ixi première mouture du livre était beaucoup plus vaste.J'avais mis en scene trois familles: une anglaise, une française, une américaine.Fuis, j’ai décidé de concentrer mon récit sur un seul pays et une seule famille; cela a donne un manuscrit de mille pages.J'en ai supprimé quelque trois cents.Mais je ne peux pas abandonner mes personnages dans la situation où ils se Iron vent à la fin.D’où les trois antres tomes que j’ai déjà prevus.» Port des témoignages qu'il a recueillis et d’une documentation importante, Marc Dauphin a écrit un récit intimiste qui reconstitue avec exactitude la vie de ses personnages d'Allemands ordinaires.Le début lies! pas sans rappeler le célèbre A l'Ouest rien de nouveau, du romancier allemand P rich Maria Remarque, qui relate l’histoire d’un simple soldat pendant la Grande Guerre.Mais Dauphin tenait a ce que l’Ihistoire soit aussi présente dans LAnneau de Gabriele: Je voulais être absolumentfidèle a la vérité historique, ri qne les grands événements comme la "nuit de cristal" et la “nuit des longs couteaux", où l’Ilistoire a basculé, y apparaissent.Mais ils sont vécus par des citoyens ordinaires.» lac visage de la guerre Pt si les quatre fils de la famille Kempfe jouent des rôles 1res importants dans le roman, c'est que Dauphin espère y intéresser notamment de jeunes lecteurs d'aujourd’hui, pour qu'ils aient mu perception moins simpliste de l’Histoire et du peuple allemand.Voila pourquoi le romancier remercie', à la lin (le son livre, le cinéaste Steven Spielberg qui.dans Schindler’s List et Saving Frirate Ryan, a su montrer «que tous les Allemands n'étaient pas pareils et presenter la guerre sons un visage fins vrai».lit dérive nazie, dans L'Anneau de Gabriele, est relatée au quotidit n.Bien des citoyens ordinaires, dans cette Allemagne de l’entre-deux-guerres, n’étaient pas au fait des monstruosités qui se préparaient.Marc Dauphin, par l’entremise de certains personnages, nous le rappelle: jusque vers la lin de la guerre, de nombreux Allemands ne savaient rien des camps d’extermination.«Ces camps sont (h im tirés tellement secrets que meme de nombreux juifs, interviewés a la fin de la guerre, ont dit qu’ils en avaient ignore l'existence.» Loin de Mari I fauphin l’idée de céder a quelque négationnisme: l.'Anneau de (iabriele illustre plutôt l’ignorance de certains Allemands ordinaires qui ne pouvaient pas savoir, et encore moins prédire, ce qui allait se produire.11 relate également la situation explosive d'une nation humiliée.Iit-dos-stis, Marc Dauphin craint que l’Histoire ne se répète.«Us Russes, actuellement, ont des conditions de vie semblables à (elles des Allemands après la guerre d< 11-18.La Russie d'aujourd'hui est un grand pays humilié; il ne faudrait pas que quelque petit moustachu se présente comme leur sauveur.» Il y a aussi dans ce roman, donnés à sentir avec une sorte de pudeur, les sentiments et les émotions des divers personnages: lici te, honte, colère devant l’injustice.Marc Dauphin lui-mème s’est permis de les éprouver et de les écrire, ce qui ne lui est pas coutumier.«Four moi, la littérature, c’est l'envers de la médecine d'urgence.Dans mon travail, je vois des choses épouvantables.des gens qui m'arrivent dans des états à peine dcscriptibles.Je dois me barder, ne pas laisser mes émotions m 'atteindre, même en rentrant à la maison, sinon on n’y retournerait pas le lendemain.En littérature, il faut au contraire aller voir où et pourquoi on a mal, identifier et nommer ses émotions.C'est parfois difficile, mais essentiel si on vent écrire un roman qui rejoigne les gens.» I In plaidoyer discret L’Anneau de Gabriele est une fresque historique solidement construite, écrite sans recherche d’effets.C’est l'œuvre d’un homme engagé dans son époque, préoccupé par elle, un plaidoyer discret contre le simplisme et l’intolérance.«J'ai toujours été révolté contre l'injustice.J’ai eu des coups durs, comme tout le monde, mais j'ai la tête solide, une bonne famille, ri je suis médecin; je sais qu’il y a des gens qui font bien moins d’argent que moi, qui se font blesser à cause d’un travail dangereux.qui se font exploiter par leur cm- I Marc Dauphin ne prétend pas être un médecin-écrivain.ployeur.Alors je m'occupe des ouvriers, je travaille pour les petits, pas pour les gros.J’essaie de les défendre, de les aider de mon mieux.» Cette sympathie sans paternalisme de l’auteur pour les humbles, il a su la rendre dans son roman.«Je crois que la vraie misère, la peine profonde, n’est pas celle qu'on étale sur la place publique.Les gens qui souffrent, mais qui continuent d'agir, de travailler malgré Irais malheurs me touchent bien davantage que ceux qui se contentent de pousser les hauts cris » sonRci-.t-miTioNs i.ittut: rxi'Krssiox L’ANNEAU DE GABRIELE Marc Dauphin Libre Expression, Montréal, 1998 740 pages MARIE-CELIE AGNANT finaliste au Prix du Gouverneur général LOUISE CARTIER Premier roman SÉANCES DE SIGNATURE L'AGENDA DES FEMMES 1999 D’UNE ARTISTE À L’AUTRE Des textes de • Marie-Célie Agnant • Paule Baillargeon • Elizabeth Bourget • Myra Créé • Susanne de Lotbinière-Hqrwood • Brigitte Haentjens • Francine Laurendeau • Marie-Thérèse Lefebvre • Viola Léger • Hélène Monette • Michka Saàl • Louise Warren.Illustré » reliure spirale • formai pratique • boliln de ressources • I2.9.r> $ lirai wii si w„.„ cm.r Les enjeux de la lutte au cancer du sein Sam.21 novembre de 13 h à 14 h Louise Cartier Du sel sur la peau Sam.21 novembre de 14 h à 15 h Dim.22 novembre de 15 h à 16 h Marie-Célie Agnant Le Silence comme le sang Sam.21 novembre de 15 h à 17 h Dim.22 novembre de 13 h à 15 h ï jl'J'MH'lJfïï SJ Imwu du Lvjj‘2 du Muulréul uïiincl Claude Peloquin LE FLAMBANT NU Louise Desjardins DARLING Archambault 15 SECONDES Michael Delisle LE DÉSARROI DU MATELOT Vadeboncœur LE CHEVALIER?Marie-Andrée Lamontagne édfiOSf îXmnaû «[.] histoires du quotidien parlant directement au cœur» M.l.abrccquc, Voir Sera présenté le vendredi 20 novembre de 19h à 20h, le samedi 21, de 20h à 21 h, le dimanche 22, de 16h à I7h et de 19h à 20h «[.] pour le plaisir de retrouver la verve et la démesure de ce jouisseur .impénitent».S, Péan, Ici Sera présent le vendredi 20 novembre de 20h à 21 H, le samedi 21, de 20h à 21h, le dimanche 22, de 14h à 15h et de 20b à 21 b «[.] une œuvre qui est une vaste tentative d'élucidation romanesque du Québec de la Révolution tranquille».R.Martel, La Presse Un cri d'amour, celui de jeunes gens qui n'arrivent pas à être tout à fait désespérés.Michael Delisle «trempe sa plume à même notre quête de sens, à même notre besoin de fraternité».Jean Fugère «[.] une triste et touchante méditation sur les liens entre l'art et l'existence».P.M„ Voir Sera présent le samedi 21 novembre de I9h à 20b, le dimanche 22, de I5h à I6h Sera présent le vendredi 20 novembre 4 Sera présent le vendredi 20 novembre • Sera présent le samedi de 20b à 21 h, le dimanche 22, de 19h à 20h, le samedi 21, 21 novembre de 19h à 20h, de 14b à 15h de 16h à 17h et de 20h à 2 ! h le dimanche 22, de 15h à il6lr «[.] la lecture^1**^ de ce roman à la fois lucide et tout en nuance fait remonter à la surface de la conscience des réminiscences que l'on croyait englouties», h B.Campion, Le Devoir t Sera présente le vendredi 20 novembre de 20h à 21 h, le samedi 21, de l-9h à 20h, le dimanche 22, de 15h à 16h LEMÉAC ÉDITEUR N DU TEXTE IMPRIME SUR FOND GRIS OU DE COULEUR _______________________________________ ^ mm&i mm I f 11 &*§£ ww Ipsl MSSSvYY '¦ >?vI •< ’> SHlS?jjcfSlfflgp,' V -tV ;• * •» Kp?V& >fr: ?v 4- x&X s(aP »feV.Aajfefsj mkiïïïyâ': ¦mæ& mm® mm sæ»3m ¦ft* !ri?ï*'ï mmm La femme furieuse MK» Ufm ¦'Y • **: $W-W $j8|$j3K8| Quoi, déjà l] Be®»** JMWM pfw ViSftSfca» Ji > ¦JtXSm'SA mm#* Wmt wÆÊMv *> • v- ÏF*®» '&m.- :¦¦(- :: \ :’¦ OT « iiw fA'tÇm mm «ÂE îyIwIm M MRS fSPSSl§ ¦hé isfet » ims.iiii k Mil ib i I I U misS()|«;iKHS ‘i'J: *»:>$ Le teinj VIE® RIZEAU «bk ¦n •¦**?* »•* ORRELIEU Un hommage a la poesie étonnante d’un grand maître de la modernité au Québec.Animatrice: Marie-Andrée Beaudet.Avec Madeleine Gagnon, Roland Giguère, Michel van Schendel, Denise Desautels Claude Beausoleil, Yves Préfontaine, Normand de Bellefeuille, Louise Desjardins, Robert Melançon, Paul Chamberland et Isabelle Courteau.Le vendredi 20 novembre, de 21 h 00 à 22 h 00 Place Loto-Québec MM sm mim RENCONTRE AVEC MICHEL DESAUTELS L’animateur bien connu a obtenu le prix Robert-Cliche 1998 pour son roman Smiley.Une heure en sa compagnie.Animateur: Stanley Péan.Le samedi 21 novembre, * les éditions # ecomete I )iflusem / K'fhmon I )i •>111-: TH K M K I.,\ y II.O K V OIK Voici (|ii arrive au bout du couloir Diure Adler avec sou regard rempli de curiosité et de sensibilité, si élégante, l'esprit en mouvement comme le mercure.Ça fait plaisir de la voir se promener a Montreal.Pour tout dire, on commençait a s ennuyer d’elle un peu.Son Cercle de minuit puis se> entretiens avec des écrivains, des cinéastes, des artistes appartiennent désormais aux souvenirs du passe.Ou ne la voit plus au Petit écran de I Vf», la brillante dame.Pourquoi?Allez savoir.Idle affirme ne pas comprendre elle-même comment elle fui écartée des ondes, a ai> pris (irritée) la mort de l’émission en lisant la nouvelle dans l.e Figaro, poursuit la chaîne en cour.Sale affaire.Mais laure Adler disparaît ici pour mieux réapparaître là.Hile en a des cordes a son arc, Cercle de minuit ou lias.Ldilrico (chez (basset), journaliste littéraire, historienne, écrivain aussi.Ia- bon vent qui l’emmène aujourd'hui est le Salon du livre de Montreal ou elle accompagne sa biographie (remarquable) de Marguerite Duras publiée chez (iallimard.Ce livre a ressuscité I Juras, ses livres du moins, redevenus bons vendeurs des librairies, redécouverts par des jeunes fascinés.Seconde vie pour l’auteur de L'Amant et la cinéaste d'india Song, donc.La femme-énigme laure Adler jure très vite dit qu’elle n’en écrira plus jamais de biographies.F-I-N-I.Cçlle de Marguerite l’habite encore.Hmerger du inonde Duras après avoir plongé dans ses zones noires, c’est y demeurer un peu prisonnière, la biographie l’a entraînée a la rencontre d’une femme-énigme, une Duras qui réinventait allègrement sa vie mais fut aussi un témoin privilégie de l’Histoire du siècle.Hile fut l’enfant mal aimée sur le bord du Mékong, la jeune fille vendue a l’amant chinois, la révolutionnaire romantique, la résistante aux mains sanglantes devenue en lin de parcours La Duras, noyant son mythe dans l’alcool.Partie sur les traces de la romancière, Adler l’a traquée dans tous ses sanctuaires, sur k s rives du Mékong où elle a retrouve la tombe de l’amant chinois, dans le manoir de Wauphle quelle avait transformé en refuge, sur la côte normande aussi, dans des livres où la romancière avait réinventé son passé.Aujourd’hui.Laure Adler ne se console pas de la mort de Duras.¦J’aurais voulu lui donner le litre.J’ai l’impression qu'elle l'aurait accepté.» L’auteur de ht Douleur ne laissait personne d’autre qu’elle même écrire sur sa vie, mais faisait confiance en Adler en tant qu’historienne.[•.Iles s’étaient rencontrées de loin en loin.Au début des années 80, bouleversée par son roman autobiographique Un barrage contre le Pacifique, Laure Adler avait écrit à Duras, un brin timide, avant de la découvrir rieuse cl chaleureuse.«Mais jamais je n'avais pensé écrire un jour un livre sur elle." Peut-être etaienl-elle faites l’une pour l’autre, après tout, toutes deux élevées en la moiteur d’une enfance dans les colonies, toutes deux multiples.Laure Adler, comme Marguerite Duras, est une femme à tiroirs ayant eu plusieurs vies.Lu plus d’être journaliste littéraire, éditrice, produc-trice/animalrice au défunt Cercle de Minuit, Adler fut conseiller culturel de François Mitterand de 1989 à 1992.Historienne mais avec une premiere formation de philosophe, elle a passe son enfance en Afrique noire, redécouverte des années plus tard auprès d’un mari ethnologue.parcours des femmes I Jevenue historienne, laure Adler s'est passionnée pour le parcours des femmes, rédigeant plusieurs ouvrages sur le sujet dont L'Histoire des femmes à l'aube du féminisme.Les Fi nîmes politiques, ht Vie quotidienne dans les maisons closes.Ses années dans le sillage de Mitterand ont culmine avec la publication de L'Année tics adieux qui témoignait de la lin de sa présidence.Après avoir lu les Comfanfm fohoat Bavardages d'un vieux pmi avec soif petit-tils V e r ii i e r e Laure Adler JACQl'r.S (iHKNlKK LE DEVOIR 5out la dueitbn de Corinne Ctndron tl le an Cuy Vciillontouri 1 T.ncrgie au Québec Quels sont nos choix?gy il iju L’Energie au Québec Quels sont nos choix ?Collectif sous lu direction de Corinne Gendron et Jean-Guy Vaillancourt Un livre-choc sur la politique énergétique du Québec 22,95 S épreuves, Mitterand lui a demandé: «Maintenant que vous m'avez épuise en tant que sujet, qu est-ce que vous allez faire?—Ça fail longtemps que j’ai une dette envers Duras.• , répondit I autre en songeant au choc éprouvé a la lecture d’Un barrage contre le Pacifique .«Marguerite, essayez de comprendre quelque chose à Marguerite'-.lança Mitterand, vieille connaissance d’une Duras rencontrée au sein de leur mouvement de Résistance.Diure Adler croyait partir a ht rencontre d’un destin unique, elle a réalisé que Duras la ramenait a tout ce quelle avait exploré auparavant: le passé de Mitterand, la place des femmes dans l’Histoire, le rôle de la sexualité, de la prostitution comme monnaie d’échange.Duras ne s'ôtait elle pas prostituée a l'amant chinois?La vie de Marguerite fut aussi le parcours du siècle:,la France Coloniale, l'Occupation, l’Lpuration, la Ou erre d’Algérie, le rêve communiste, la révolution romanesque de mai 68.Toujours Duras apparaissait comme un témoin-clé, en des rôles parfois troubles, parfois absurdes, parfois grands aussi.Documents inédits Laure Adler eut plusieurs entretiens avec Marguerite, avant que celle-ci ne commence a s’exprimera travers la voix de son dernier compagnon, Yann Andrea, qui assurait le relais.À la mort de Marguerite, Laure Adler avait déjà rédigé les trois quarts de sa biographie.Idle a tout jeté aux poubelles après avoir mis la main sur des documents inédits que le (ils de Duras a légués à un institut universitaire: 17 cartons régorgeant de carnets intimes, de feuilles volantes, d'inédits, de projets abandonnes, etc.«Ns entretiens privés que j'eus avec Duras ne disaient pas grand-chose, révélé Adler.En experte du mensonge, elle m'avait raconté des bobards, et s’est révélée davantage morte que rivante.' Ht qu'a-t-elle révélé, cette Duras qui n’était plus?La vraie nature de l’amant de son enfance, l'épisode vaguement pétainisle de son passé d’auxiliaire au département des Colonies, son implication corps et âme plus tard au sein du Parti communiste.Ht le rôle crucial de l'alcool dans sa vie, et sa façon de réécrire.Tant d’autres choses.Diure Adler s’est remise au travail, redécouvrant une autre Marguerite Duras qu’elle affirme aimer davantage même si elle ne la comprend pas tout à fait, une femme fuyante ayant revêtu tous les masques.Comment prendre congé de celte fascinante héroïne?Impossible.Diure Adler songe à écrire un roman tiré d’une histoire (vraie?) que Duras lui a racontée, tins' du récit d'un autre.Fiction a la troisième génération qu'Adler entend tisser sur le lil durassien.Telle est la dernière fécondation littéraire d’une Marguerite venue d'outre-tombe inoculer le virus du roman à sa biographe.MARGUERITE DURAS Diure Adler NRL (iallimard, coll.'Biographies», Paris, 1998,627 pages La Mondialisation de la pauvreté par Michel Cbossudovsky Une analyse percutante de la crise économique mondiale 24,95$ Bavardages d’un vieux pro! avec son petit-fils Une révolution non violente en éducation par Constantin Fotinas Une éducation libre, des êtres épanouis et responsables 24,95$ Michel Choswdovsky La Mondialisation de la pauvreté 1) zz 1.E D E V O 1 1! , 1.K S S A M 1 •; d i i 1 E T l> 1 M A L i V \\ I » II’ 1 K I X O V K M It I! K I !l !> S SALON DU LIVRE DK MONTREAL L ITTÉRATURE FRANÇAIS F F F II I I.L F T O N Fiction et réalité La mémoire des lieux LE PROCES DE JEAN-MARIE LE PEN Mathieu Lindon Éditions RO.L Paris, 1998,138 pages MA RI E - H É L E N E A LA R I E LE DEVOIR Il y a des fictions qu'on voudrait réelles, il y a la réalité que, souvent, on voudrait fiction.Le Procès de Jean-Marie L° Peu est, à proprement parler, pure œuvre de fiction.Par contre, Jean-Marie Le Pen et le Front National, eux, sont bien réels.Dans combien de temps la réalité rejoindra-t-elle la fiction?Comment combattre le racisme, comment combattre Le Pen?Mathieu Lindon pose la question.Polémiste, Mathieu Lindon?Oui, mais si peu au fond.Quand, en entrevue au Figaro, on lui demande s’il n'a pas peur d'un procès en citant nommément le président du Front National, Lindon répond simplement: «Je ne vois pas ce qu’il [Le Pen] peut trouver de répréhensible dans les déclarations que je lui fais tenir, sinon peut-être qu'elles sont trop modérées.» Tout n’est pas noir ou blanc dans Le Procès de Jean-Marie Le Pen.bien au contraire.Un colleur d’affiches du Front National est accusé du meurtre d’un jeune «beur».Lors de son procès, Me Mine est choisi pour le défendre: «Fils d'avocats juifs, maître Mine a les cheveux longs, il est élégant, il a trente ans.Ronald Blistier, son client, a le crâne tondu, l'air brut et maladroit, portrait-robot d'un militant du Front National tel qu’on le caricature.» «Pour expliquer son geste, il dit qu’il n’aime pas les Arabes, que tout le monde se porterait mieux s’ils rentraient chez eux.» Des déclarations comme celle-là, Blistier en pondra tout au long de son procès.Mais l’opinion publique réclame plus qu’un coupable, on veut un responsable.C’est alors que le procès de Ronald Blistier devient rapidement le procès de Jean-Marie Le Pen.Le but principal d’un procès est d'arriver à comprendre les circonstances d’un meurtre, les motivations du tueur, et ultimement à comprendre ses agissements, «mais on ne peut pas comprendre l’affaire si on ne comprend pas le racisme de l’accusé», répond M' Mine.Pourtant, le racisme dont il est ici question est borné, brutal, déconcertant — peut-il en être autrement?Nous sommes incapables d’y faire face parce qu’il dépasse les limites de notre entendement.Le Pen tire d’ailleurs son éloquence de cette incompréhension.«[.[ il a une jouissance grammaticale à toujours retomber sur ses pieds.C’est comme une perversion sadique: dire en public le minimum de mots pour provoquer le maximum de mal.» Quelles sont les raisons qui ont poussé M' Mine à s’impliquer dans ce procès?Tout au long du roman on lui pose la question, mais jamais il ne donnera de réponse satisfaisante.Des groupes antiracistes se forment et tous sont contre lui.voyant en Me Mine un ami du parti.Pourtant, il semble être le seul à vouloir élargir le débat et tenter de coincer le Front National et son président.Peut-on tendre un piège à Jean-Marie Le Pen?Doit-on interdire le Front National?Comment lutter contre le racisme?«Il y a mille manières de lutter contre le Front National, et il faut même espérer au moins mille et une parce que, jusqu'à présent, aucune n'a été radicale», dira Mahmoud, le compagnon de Mine.Le racisme, un mal nécessaire?Mathieu Lindon va plus loin encore en faisant dire à Mahmoud — qui est un peu le Jiminy Cricket de Mine —: «C'est comme s’il y avait aussi un seuil de tolérance pour le racisme, que tuer des Bougnoles et Négros, vraiment, c’est trop, c’est intolérable, et qu'il faut faire cesser cette atteinte à la démocratie, cette exagération, pour mieux revenir à une vie quotidienne où la France quasi entière est d'accord que ce sont de moindres avanies qui doivent s’abattre sur les Blacks et les Beurs.» On n’a pas l’esprit tranquille en tournant la dernière des 138 pages de ce petit roman.Une heure passée en compagnie de Mathieu Lindon nous laisse matière à méditer pour les quelques jours qui suivent: «Mais qui est alors le plus coupable: celui qui parle, celui qui laisse parler ou celui qui écoute?» IA SOURCE CACHEE Hella S.Haasse Traduction du néerlandais par Anne-Marie de Both-Diez Actes Sud, Arles, 1998,141 pages (,.)Je suis l’un de ceux qui croient toujours entendre, sous le sol, le murmure d'une source cachée.» Ainsi s’achève ce roman aux accents romantiques, à une époque — le roman date de 1950 — où aucun artiste ou écrivain ne pouvait sans doute plus y croire (au romantisme) sans vouloir en même temps s’en défaire, comme d’un cadeau empoisonné, emprisonnant, faux.Car le romantisme, en plein après-guerre, appartient plus que jamais à une esthétique qui a perdu ses raisons d’être et, surtout, son authenticité, son élan premier, nécessaire.Sa naïveté.Jean- Pierre Den is Un très beau I-e soupçon L’ère du soupçon s’est installée, et avec lui le désir d’absolu a trouvé son maître, c’est-à-dire sa mauvaise conscience.Que faire alors du romantique dans l’âme sinon lui demander d’être un peu plus réaliste et de miser un peu moins sur le mystère de la femme qui, de toute façon, a toujours été là à la place d’autre chose.Ainsi la modernité pense-t-elle les égarements romantiques et ses effluves sentimentaux — bien qu’on croise encore aujourd’hui des gens, parmi nos contemporains (surtout à l’âge tendre), pour se sentir appelé par ce souffle des voix meurtries, ce spasme de vivre près de la mort, au point de rupture de tout équilibre intérieur, tout près de l'extase, dans le désir fusionne!.Pour la beauté du geste, son absolue inutilité.La littérature n’est ici jamais loin, tout comme le geste théâtral sans quoi elle manquerait à leurs yeux d'intensité et de véracité.Dans ce dernier roman paru en français de Hella S.Haasse — mais roman suranné qui nous parle encore qui est un de ses tout premiers —, il y a en arrière-fond cette question qu’on trouve souvent chez elle et qui ne cesse de la hanter depuis qu’elle est revenue de l’île de Java où elle a passé sa jeunesse (elle est arrivée en Hollande en 1938, à l’âge de 20 ans) : l’esprit des lieux, la mémoire attachée aux objets, au décor, au ciel, à la nature environnante, à tout ce qui peut être perçu en un point donné par une sensibilité.disons artiste.Haasse n’accorde cependant pas d’importance aux seuls lieux et à leur mémoire.11 lui faut aussi un «événement» qui pousse ses personnages à descendre en eux-mêmes afin de renaître à une réalité nouvelle.Pour Haasse, il n’y a pas de découverte qui ne passe par cette descente, cette plongée en soi, dans son passé, afin de resurgir à la fois ébloui et troublé au présent — qui est le lieu où la vie se décline.C’est ce que va vivre le narrateur, Jurgen, lors d’une période de convalescence qu’il vient passer dans la maison des grands-parents de sa femme, les Breskel, au cœur d’un domaine plongé au sein d’une végétation luxuriante, entouré d'une épaisse et sombre forêt (le décor romantique par excellence).Quand Jurgen arrive seul en ce lieu (nous sommes en 1937), la maison est inhabitée depuis longtemps, presque en ruine.Sa femme elle-même n’y a jamais mis les pieds.Dès son arrivée, pourtant, il a immédiatement le pressentiment qu’une découverte le guette qui pourrait bien changer sa vie et celle de sa femme.En fait, de leur couple.Car nous l’apprendrons, Jurgen est un homme que le ménage n’a pas rendu heureux, un être extrêmement sensible, un rêveur qui a choisi pour épouse une femme dure et rationnelle, exagérément pragmatique.Un homme qui a aussi des velléités d’écrivain.Haasse est ici très habile dans la conduite du récit, car elle nous fait comprendre que les NOUVEAUTES K ÉDITIONS SAINT-MARTIN Le tissage créateur Louise Lemieux Bérubé Ouvrage haut en couleur et complet qui explore les techniques du tissage tout en révélant des œuvres remarquables de créateurs et de tisserands.Abondamment illustré.ütissage cimKur Vivre en harmonie une famille recomposée Un programme en huit étapes Traduction de Florine Collin Vivre en harmonie une famille recaqr.' Livre unique qui présente des moyens concrets pour favoriser l'intégration harmonieuse de tous les membres de la famille.%tkrï Pauvreté et nouvelles solidarités Repenser l’intervention Nérée St-Amand et Michèle Kérisit ’*16 ‘S1-*- , V A' ‘â & Outil indispensable présentant de nouvelles stratégies d'intervention auprès des familles victimes de la pauvreté.’ • - r i in e ii La f)(ISSi()H du livre.R o m a \ s Qr i -: b l c o i s 1- LI CÉRÉMONIE DES INGES.Marie l.ahc-rgi-.Boreal 2- I.A PETITE EII.I.E ÇU 1 VIM VII CROP LES M.U M FITES.(iaoian Smio.Boréal 3- SMII.EV.Miihi'l Di'sautds.17/# I S S A I N O U É II ! ( O I S I - l VE lion EII.I.E V LA MER?, Jacques Pari/ean.VLB l- EN EFEEl II.LVNT I.A \l \KGl ERITE.Margueiile l esenp.I.escop 3- AVIONS.HÔTELS ET U OKIEl \.Mathias Hrnnei Quebec Amérique 1.I \ K E S III \ i: S S F Ol 1 II FCOIS 1- LA CHAMBRE D'EDEN 1.2.\nii|iie I’oitras.Québec Imérique 2- NT IT D’ORGE.Michèle Lemieux.Seuil jeunesse 3- CON I ES l'Ol K ENFANTS.Calmelle Rm.Boréal r O É NIE Ol F II F C O I s F 1- L'ARMOIRE DES .101 RS.(lilies Vianeaull.\nitivlles éditons de l'An 2- LE SACRE, Paul-Marie Lapointe.Hexagone R O M \ \ s F FR \ \ Ci I R s 1- LA VILLE DES FRELONS.Patricia Cornwell, C'aliiiun-Lén 2- LES PARTICl LES ÉLÉMENTAIRES.Michel llotielleheC(|.ftammarion 3- MERCI RE, Amélie Nothomh.Mbin Michel E SS \ I S F.T R A \ G F R S 1- l NE HISTOIRE DE LA I.ECTl RE.Alberto Manguel.U7e.vSud 2- M VRtil ERITE Dl RAS.Lattre Adler.6'tillinuml 3- OISE VI V MERVEILLEUX OISEAl \.Hubert Reçus.Seuil Le coup de coeur Que reçois I- LA CEREMONIE DES ANGES.Marie Laberge.Boréal ARCHAMBAULT Archambault Musique, 8A9-6206 • Librairie Cliampigny, 844-258" • Librairie Clément Morin, 1819) A"9-iIAA Librairie du Soleil.(613) 2-11-6999 • librairie du Square.Stv'bl' • Librairie Gallimard.499-2012 Librairie Ganieau Inc.384-8'60 • Librairie GG Caza.(819) 366-0344 • Librairie Hermes Inc.2'4-3669 Librairie Le Fureteur Inc.(430) 463-339' • Librairie Le Parchemin.845-3243 • librairie Oliveri.'39-3039 Librairie Pantoute.(418) 694-9*48 • Librairie Kenaud-Brat Inc.342-1510 • Librairie Yaugcois.1418) 681-0254 DES ÉDITEURS DE LIVRES EN COLLABORATION \\ F.C ASSOCIATION NATIONALE ROI Tl SCAUR INI IMI’RIMI l R SELLERS r;' Livrez-vous a vos ¦ passions Salon du livre de Montréal du 19 au 24 novembre 1998 Place Bonaventure Jeudi : 17 h à 22 h Vendredi : 9 h a 22 h Samedi : 10 h a 22 h Dimanche : 10 h a 22 h Lundi : Mardi : 9 h a 22 h 9 h à 18 h Adultes : 6 $ Étudiants, aînés et membres de la FADOQ : 3 $ (taxes incluses) http://www.slm.qc.ca 1*1 a du Maurier poter ?rNISDhi v t SRC il» V )S loin fjufbiM I F S s a M F DI II K T D I M A X C II K I f) X II V F M I! I! F I !l 11 S X 0 V K M II I! !•: I !» !» S W' li 1 V R K S SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL.LIVRES I* K A T 1 (i U E S Entre elles Du fait d'aimer à la capacité d'apprendre L’AMOUR ENTRE ELLES Claudette Savard Les éditions de l’Homme Montréal, 1998 127 pages Une réalité méconnue, l’amour entre les femmes?Oui.Par pudeur, par discrétion, par peur du rejet?Un peu de tout cela, mais les lesbiennes, tout comme les homosexuels, veulent sortir de l’ombre et parler de leurs différences.L’auteure, psychotérapeute, mère de deux jeunes adultes, vit depuis plusieurs années une relation amoureuse avec une femme.Convaincue qu’il est possible de combler le fossé qui sépare encore les lesbiennes du reste de la société, l’auteur témoigne de sa propre expérience en employant le «je».Tout en invitant le lecteur à réfléchir sur ce qu’el-le appelle une «normalité différente», elle raconte avec simplicité comment les femmes qui aiment d’autres femmes vivent entre elles.DES MÉTIERS POUR LES FILLES! Les éditions Ma carrière Montréal, 1998 160 pages Le titre est racoleur et malhabile alors qu’en 1998, on trouve des femmes dans tous les métiers, dans toutes les carrières! A preuve, les quelque 35 témoignages de femmes présentés en première partie de cet ouvrage, des femmes qui font carrière dans des professions et des métiers non traditionnels.De fait, il s’agit d’un guide d’exploration des carrières d’avenir issues de la formation professionnelle.de la formation technique et de la formation universitaire.L’initiative est bonne.De plus, l'ouvrage présente des dossiers traitant du marché de l’emploi au féminin, de la santé et sécurité des femmes au travail, de la conciliation entre travail et vie de famille.On y trouve également la liste de tous les programmes d’études menant à l’exercice d’un métier non traditionnel du secondaire, du collégial et de l’université ainsi qu’un répertoire téléphonique des principales ressources du milieu.Un guide pratique, informatif, mais dont il faut changer le titre.ACCOMPLISSEZ VOTRE DESTINÉE Wayne W.Dyer (.i a i- p i i ; y > a v \ r r , < 'amour entre elles Liu* réalité nuvoiimii’ Traduit de l’américain par Paule Pierre Les éditions Carte blanche Outremont (Québec), 1998 L’auteur, docteur en psychologie de l'orientation, livre ici ses neuf principes sacrés pour obtenir tout ce qu'on veut! Chaque être possède le pouvoir d'attirer à lui et de matérialiser tout ce qu’il désire, affirme-t-il, ajoutant que nous avons tous en nous-mêmes le pouvoir de matérialiser nos désirs et de concrétiser nos espoirs.L’ouvrage explore le principe ancien de la matérialisation par l’art séculaire de la méditation et enseigne les principes pour y arriver.PARTIR OU RESTER?Peter D.Kramer Traduit de l’américain par Jacques Vaillancourt Les éditions de l’Homme Montréal, 1998 342 pages Cet ouvrage, écrit par un professeur en psychiatrie qui exerce également en cabinet privé, peut vous aider à prendre des décisions qui vont modifier le cours de votre vie: divorcer, changer de partenaire, rester et tenter de ressouder une relation.Partir ou rester est à la fois une évaluation de l’art et de la science psychiatrique et un guide pratique pour la résolution des dilemmes du cœur.On y traite de thérapie conjugale, des relations entre hommes et femme's, des conflits conjugaux.De nombreuses histoires de cas et des exemples illustrent les propos de l’auteur.\A PERSONNE EN ECHO J ean-Charles C rombez Publications MNH Beauport (Québec), 1998 201 pages L’auteur du livre La guérison en ECHO, qui a obtenu un grand succès tant auprès du public que de la critique, récidive en poursuivant sa réflexion théorique et pratique sur les phénomènes de la guérison.11 aborde cette fois la zone d’écho comme méthode de connaissance et lieu d’action.Les raisons avancées par les personnes guéries pour expliquer leur guérison sont innombrables, complexes et souvent insaisissables.Chacune d’elles l’attribue à une cause qui lui est propre.Le champ fouillé ici est celui de la maladie, de la souffrance et de la relation d’aide.Un ouvrage dont certains chapitres sont techniques, mais dont chacun de nous peut retirer quelque chose.CHOISIR D’APPRENDRE William Classer Traduit de 1 américain par Jqan-Pierre Laporte Les Éditions Logiques Montréal, 1998 161 pages Dans cet ouvrage sous-titré «La psychologie du choix en classe», l’auteur qui est consultant auprès des enseignants, des conseillers scolaires et des directeurs d'école depuis 1965, estime qu’un jeune travaille en classe uniquement s’il en retire satisfaction.Du même coup, il constate que la moitié des élèves réussissent à l’école sans travailler suffisamment pour faire fructifier pleinement leurs talents et leurs aptitudes, courant ainsi le risque de devenir, tout en poursuivant leurs études, une autre sorte de décro-cheurs.L’auteur présente une nouvelle approche pour amener davantage d’élèves à travailler en classe.Il explique comment parents et enseignants peuvent conduire les jeunes à aimer apprendre tout en comblant leurs besoins psychologiques essentiels.Il insiste également sur l’importance pour les élèves de l’apprentissage en équipe.Un livre qui arrive à point en ce début d’année scolaire.Renée Rowan ESSAIS La queue du diable La relation trouble de l'homme avec l'animal SI LES LIONS POUVAIENT PARLER Essais sur la condition animale Sous la direction de Boris Cyrulnik Quarto, Gallimard, Paris, 1998 1534 pages ROCH CÔTÉ Le diable est un être velu, moitié bête, moitié homme, avec des cornes, des oreilles pointues, une queue en forme de flèche et, par-des-sus tout, il est doté d’une insinuante malignité.Lorsque Darwin publie De l’origine des espèces, en 1859, et La Descendance de l’homme, 12 ans plus tard, c’est comme s’il se livrait à la réhabilitation du diable.Insérer l'homme dans la descendance animale imposait à celui-ci une blessure narcissique insupportable.L’homme n’avait-il pas été créé par Dieu à son image et à sa ressemblance?Lui rappeler son insertion dans la nature, sa parenté animale, c’était raviver un douloureux secret de famille: on ne parle pas de «ça».Comme l’aurait dit une lady anglaise à qui on venait d’apprendre les théories de Darwin sur son origine simiesque: «Mon Dieu, si c’est vrai, qu'au moins cela ne se sache pas!» Il se trouve, dans le riche rassemblement de 170 textes réalisé par Boris Cyrulnik sous le beau titre (inspiré de Wittgenstein) Si les lions pouvaient parler, un chapitre sur la honte des origines.Cyrulnik, professeur d’éthologie à l’université de Toulon-Var, situe bien le problème dans le texte d’introduction: «Quand un homme croit parler de l'animal, il ne se rend pas compte qu’il est en train de lire la place qu’il s'attribue parmi les êtres vivants.» Cette place n’a cessé de se dégrader.Copernic apprit à l'homme qu’il n’habitait pas le centre de l’univers.Darwin le remit dans le rang des primates.Freud lui révéla les cloaques de son psychisme: l’homme n’était plus au centre de lui-même.Et ça continue.L’astrophysique nous enseigne maintenant que nous habitons à la périphérie d’une galaxie moyenne, elle-même à la dérive au milieu de milliards d’autres galaxies ou amas de ce genre.Perdus.La perte des repères, voilà bien le sentiment qu’éprouvèrent les premiers détracteurs de Darwin.Cet univers-là, c’était celui de l'homme, chargé de pouvoir de la puissance divine.Faire de cet agent des deux le plus récent rejeton d’une lignée de larves et de quadrupèdes, en passant par quelques in- Humanitaô Des rencontres à faire, des auteurs et des livres à découvrir Stand 450 Makombo Bamboté Que ferons-nous après la guerre Samedi, de 14h à 16h; Lundi, de 18h à 19h Réal-Gabriel Bujold Le Chaud Lapin Samedi, de 10h à midi; Dimanche, de 16h à 17h Usa Carducci La Chine telle que je la vis Vendredi, de 13h à 15h; Samedi, de 21 h à 22h; Dimanche, de 11 h à midi Gilbert Choquette Azraël ou L’Ange exterminateur Vendredi, de 16h à 18h; Dimanche, de midi à 13h; Lundi, de 19h à 20h Nadine Decobert Lettre à Franca (Journal d'une enseignante) Samedi, de 16h à 18h; Dimanche, de 18h à 19h; Lundi, de 20h à 21 h Marie Desjardins, Marc Hébert Les yeux de la comtesse Vendredi, de 18h à 20h; Samedi, de 20h à 21 h; Dimanche, de 21 h à 22h Gérard Étienne L'Injustice! Désinformation et mépris de la loi Martine L.Jacquot Des oiseaux dans la tête Gary Klang L'adolescent qui regardait passer la vie Vendredi, de 20h à 21 h; Dimanche, de 9h à 11 h Cauvin L.Paul Les Sédentaires Sylvain Rivière Chanter sans avoir l'air Vendredi, de 9h à 11 h; Samedi, de 21 h à 22h; Lundi, de 14h à 16h Paul-Émile Roy Rêveries dans les Laurentides Vendredi, de 11 h à midi; Dimanche, de 19h à 20h Lenous (Nounous) Suprice L'Ile en pages Samedi, de midi à 14h; Dimanche, de 17h à 18h Shulamis Yelin Une enfance juive a Montréal Vendredi, de 15h à 18h; Lundi, de 10h à midi 990 Croissant Picard, Ville de Brossard, Québec, Canada |4W 1S> Téléphone/Télécopieur: (450) 460-9717 • humanitasfecybcrglnbe.net vous prend pour un Ifyigcird ?m yfcgp! tel.(514) 866-0434 http://www.concept-action.com OFFREZ-IWS L'ENCyCLOPEDIE DE LIMFOROUTE Conversations Herménégilde Chiasson Poésie Éditions d’Acadie 16$ Un jour, il va bien falloir s’attaquer à l’inquiétant désordre du monde.)€ m.A Regroupement des éditeurs canadiens-français LE DEVOIR SI LES LIONS POWAIEM PtRlER sous la direction de Iforis Cyrulnik Essais sur la condition animale termédiaires à branchies, c’était ni plus ni moins qu’un sacrilège.Darwin fut traité par les autorités religieuses comme un suppôt de satan.On voyait poindre la queue du diable.Procès d’animaux Le Moyen-Âge savait déjà que le diable a partie liée avec les animaux.Qu’il peut en prendre possession comme il le fait avec les hommes.Une récolte était-elle détruite à cause d’une invasion de sauterelles?Il fallait instruire le procès de ces sauterelles habitées par le Malin.L’époque est remplie de ces procès d’animaux coupables d’avoir pactisé avec les forces du mal.Le serpent, qui incita Ève à la faute, fut évidemment le premier d’une longue lignée d’animaux sataniques.Nos écologistes modernes, grands défenseurs des «droits des animaux», ne sont-ils pas proches de cette conception ancienne de l'animal doté de responsabilité?L’un des aspects les plus troubles de la relation de l’homme avec l’animal, c’est celui de la cruauté.Peut-être s’agit-il même du trait dominant de la longue et douloureuse histoire de leur cohabitation.Il y a dans ce livre des histoires de crapauds à faire frémir, comme celle que raconte Victor Hugo dans son poème Le Crapaud.L’homme n’aime pas le crapaud.Associé depuis toujours aux sorcières, le crapaud est considéré comme le symbole même de la laideur.Il subit tous les supplices, sans avoir droit à un rituel comme le taureau qu’on immole au cours de véritables messes sacrificielles.Le crapaud périt sans gloire sur les chemins boueux, écrasé, empalé, éborgné, mutilé, jeté agonisant dans les fossés.Cet animal mal aimé est le symbole même de la cruauté humaine, de la fascination que l’homme a toujours éprouvée pour le spectacle de la souffrance.Des auteurs soulignent le lien qui relie la fête et le sacrifice, l’ivresse de la cruauté, «le trouble qui accompagne l’horrible gaspillage de la vie battante» (Florence Burgat).Civilisés, les défenseurs des anij maux?Attendez voir! Quel pays a ins-; crit dans son code |rénal des sanctions contre «les actes cruels infligés aux animaux dans le souci de préserver la mot raie publique, écœurée et indignée pat les brutalités et les mativaiè traitements»?le 111 Reich, en 1933.D; même régime allait faire subir! quelques années plus tard à des mill lions d’hommes, de femmes et d’en] fants un sort qu’il trouvait indigne des animaux.Méfions-nous aussi do l’amour débridé des bêtes.« Un espoir les animaux, nous commençons à peine à y entendre quelque chose! On le comprend mieux a la lecture dq cette véritable anthologie qu’a constij tuée Boris Cyrulnik pour la belle collection Quarto de Gallimard.Tout s’)/ trouve: la poésie (Hugo, La Fontaija ne.), la littérature (Montaigne, Zola Flaubert, Camus, Maupassant.), k philosophie (Aristote, Descartes Bergson.), la théologie (Jean-Pau II), la psychanalyse, la sociologie* l’histoire, l’anthropologie et surtout L) science, heureusement.«B On a beaucoup écrit pour les chef! vaux, les lions, quelque fois pour leaf crapauds.Mais qui peut écrire vrai-B ment jxnir les animaux?Nous en avons B fait des porte-parole, dit Cyrulnik,! «alors, nous avons cru ce que nous leur faisions dire».Pourtant,«un lion poui\ rait parler, nous ne pourrions le conu prendre».Cet aphorisme de Ludwijj I Wittgenstein apparaît bien en évidence au début du livre.L'histoire de l’homme et de l'animal en est une de fureur et d’incompré» hensicn.Mais Boris Cyrulnik croit qu’il y a de l’espoir: «C’est la première fois dans l’Histoire de l’Homme qui nous sommes capables de découvrir à de comprendre les mondes mentaux des animaux».«Im naissance d’une anthropologie naturaliste constitue probablement l’iiir dicateur d’une nouvelle attitude dï l’Homme face au vivant et au langage».Il était temps.ouveaute DICTIONNA1W IIISTORIQUI DU FRANÇAIS QUÉBÉCOIS Ci MIM POtH»« TqIIPi I» "M3 V • .> • : 'QffQ-, Un ouvrage attendu j Une mine exceptionnelle de renseignements Plus de 660 monographies de québécismes Des commentaires sur plus de 3000 mots caractéristiques du français du Québec 704 pages, 59,95 $ ,,S rx.-'t' l'KNIV.K»l.< l'V.I Séances de signature au Salon du livre de Montréal samedi le 21 de 15h à 16h et de 19h à 20h.Venez, au stand 546, rencontrer Claude Poirier LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL Bolle(e) en français Participez à LA GRANDE DICTÉE (JL'arbitre / a,'Ç«iS ass$g£gp %» , K ' ’-v^SïÉl » L'humain contre la machine.Après la puissance et la vitesse, voici le nouveau défi : l'orthographe.Avec son correcteur grammatical avancé, son dictionnaire de 100 000 mots et 360 000 définitions, sa grammaire interactive a de 250 articles et son conjugueur de 8000 verbes, Antidote peut dénicher toutes les erreurs dans le texte de la dictée ci-dessous.Si vous pouvez en faire autant, vous sauverez l'honneur de l'humanité.et vous courrez la chance de gagner l'un des prix ci-dessous dans notre grand tirage.Surtout, prenez tout le temps qu'il vous faudra.Bonne chance ! 1000$ EN PRIX! 'I Bulletin de participation Encerclez chaque mot mal écrit dans le texte suivant.Reportez ici î le nombre de mots encerclés.Chers électeurs, chères électrices, I Je n'irai pas par quatres chemins: le pays est à un carrefour.Un chomâge presqu'exponentiel favorise ressort des zones défavorisées.Celles-ci phagocytent les quelques ilôts où survivent des nantis aggrippés aux privilèges qu'ils se sont arrogé aux dépends des gagne-petit.Les difficultés pécunières frappent même les bénéficiaires des centres pénitentiaires.Quand à l'éducation, nos rejettons ne savent plus écrire décemment ! * Puisqu'on parle de français erronné, tentez de déchifrer le programme électoral des prétendument « grands » partis: un galimatias traditionaliste et suranné ! Des citoyens se seront aussi laissés séduire par les discours sensationnalistes et extravaguants qu'auronttenus les tiers-partis.Méfiez-vous du racolage tape-à-l'œil et des promesses partisannes de tous ces porte-paroles.Rappelez-vous le syndrome de Pinocchio, ce symptôme que manifestent plus d'un élu ! Assez de cette vacuité et des serments à demi-reniés ! Je me sens interpelé, voire illuminé, par les défis passionnants qui demandent a être résolument relevés pour que l'apocalypse soit évité.Ma plaidoierie sera sans ambages et sans ambiguité; je ne vous cacherez donc pas que, si vous votez pour moi, l'an mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf sera parfait en tous points; ce texte en fait fois.Merci de votre attention et de votre prosélitisme.Élie Hélu, candidat du Parti jusqu'au-boutiste Nom ________________________________________ Prénom ________________________ Adresse ____________________________________________________________________ Ville______________________________________Province__________ Code postal Tél.résidence ____________________________ Tél.travail___________________ Courriel _________________________________ Télécopieur_____________________ Déposez votre bulletin au Salon du livre : Diffulivre Kiosque 435 Salon du livre de Montréal Place Bonaventure Du 19 au 24 novembre 1998 Ou faites-le parvenir avant le 2 décembre 1998 à : informatique 5515 chemin de la Côte-Saint-Luc Montréal (Québec) H3X 2C6 Les règlements du concours sont disponibles chez Druide informatique inc.ainsi que sur son site Web (www.druide.com).Les noms des gagnants ainsi que le corrigé de la dictée seront publiés sur le site Web de Druide le 3 décembre 1998.500 $ de livres au choix du gagnant parmi tous les titres du catalogue des ÉDITIONS DU TRÉCARRÉ La collection automne 98 des livres publiés par les Éditions Québec Amérique (une valeur de 350 $) QUÉBEC AMÉRIQUE 3e PRIX 3 encyclopédies sur cédérom (une valeur de 150$) TLC-Edusoft Toute La Connaissance LA GRANDE DICTEE ANTIDOTE AU SALON DU LIVRE ! Avec la participation sur scène de Michel Désautels, Jean-Claude Germain, Francine Grimaldi, François Massicotte, Stanley Péan, François Vignes et Marie-Eva de Villers ! De nombreux prix de présence (dont des exemplaires du logiciel Antidote) seront distribués parmi les personnes qui assisteront à la GRANDE DICTÉE ANTIDOTE au Salon du livre de Montréal (Place Bonaventure, les 20, 21 et 22 novembre 1998 à midi sur la Place Alcan).Visitez notre site web : www.druide.com I) 2 (S I I I) I V 01 I! .I I S S \ M K I) I II I I I) I M \ \ t || K | ;, \ (I \ | \| |: I! | | II II s 1 Y |) i; \i \ h W s SALON OU LIVRE 1>H MONTREAL H I O « K A I* Il I K Lénine, comme un monstre Carrère d’Encausse trace un portrait critique I I I I K K A T U R K É T K A N (i K K K Vie de couple Des êtres à la surface d’eux-mêmes LÉNINE Hélène Carrère ri’Fncausse Éditions Fayard, Paris, 1998, (LSI pages .1 () C E IV N CO I LON LE DEVOIR Comment un homme, isolé, autoritaire et sectaire, parvient-il à prendre le pouvoir dans le plus grand empire du monde et a y établir un système politique qui durera plus de 70 ans?C’est la question a laquelle répond avec brio Hélène Carrère d’Encausse dans cette biographie sur Lénine.Un avertissement au lecteur.L'ouvrage de la célébré académicienne est avant tout un regard porté sur son action politique, tant comme révolutionnaire que comme chef d'Etat.Bien entendu.Mme Carrère d’Encausse évoque l'enfance du fondateur de l’empire soviétique, ses études, ses relations avec sa famille ou quelques-uns de ses proches, sa santé, même sa vie sexuelle.Mais ces aspects de la vie de Lénine ne sont qu’effleurés, par petites touches, comme si l’autcure.aussi pudique que son sujet, hésitait a forcer le trait, à en dire un peu plus sur un homme qui aura marqué l'histoire d’une idéologie, le communisme.de la Russie et du monde jusqu'à tout récemment.En ces temps de médiatisation extrême de la vie privée de ceux et celles qui nous gouvernent ou nous divertissent, on aurait voulu en savoir plus.Mais, bon.ce qui compte, c'est son action publique.Elle en dit suffisamment sur le personnage, un veritable monstre.Confort et indifférence Ne en 1870 dans une famille aisée et unie, où on aime les idées et le travail, Vladimir Oulianov grandit dans le confort et l'indifférence par rapport aux événements politiques et sociaux qui troublent alors l'empire russe.Le petit Vladimir poursuit ses etudes en toute quiétude malgré les agissements de plus en plus violents de son frère, Alexandre.Celui-ci, engage dans la lutte révolutionnaire contre l'autocratie, sera finalement pendu.Contrairement à la légende fabriquée par sa sieur.Anna, et les thuriféraires du régime soviétique, Vladimir ne sera jamais troublé par la mort de son frère.Il va changer au contact des milieux étudiants de Saint-Pétersbourg.Vladimir commence a s'intéresser au monde qui l'entoure.Sa rencontre avec Nadejda Kroupskaïa, qui deviendra sa compagne pour le reste de sa vie, accélère son intérêt, tout relatif, pour la classe ouvrière.A vingt-cinq ans, il quitte la Russie pour la Suisse dans l'objectif de rencontrer les révolutionnaires russes exiles sur cette terre de liberté.Sa rencontre avec Plekhanov, Axelrod, Vera Zassoulitch le fascine.Ce n'est pas le cas pour ses interlocuteurs.Ils le trouvent étroit d’esprit, autoritaire, cynique.De retour chez lui, Vladimir est emprisonne, puis relégué en Sibérie.Là encore, contrairement à la légende, l’exil intérieur est confortable.Lui et ses conjures peuvent se réunir librement, voyager comme ils l’entendent.Arrêtés, ils sont relâchés sans problème, exiles avec mansuétude.Rien à voir avec la cruauté dont feront preuve les bolcheviks et le régime soviétique envers leurs ennemis.Le tsarisme est une autocratie, mais la douceur de la répression laisse pantois.Jusqu’en 1917, Vladimir Oulianov, qui est devenu entre-temps Lénine, forge son arme, le parti, à coups d'unions, de ruptures et d’exclusions avec les révolutionnaires russes et de pillages exercés par des hommes de main pour remplir les coffres de son organisation et de ses journaux.Lénine, écrit Hélène Carrère d’Encausse, ne recule devant rien, au risque d'y laisser sa santé.Il a toujours raison, même si cela le conduit à la plus profonde des solitudes et à la crise nerveuse qui l’ébranlera durant ses années de pouvoir et finira par le tuer.Action révolutionnaire Pour Lénine, l’action révolutionnaire est l’air qui lui permet de respirer, même si, personnellement, il risque rarement sa vie.Au contraire.Il choisit souvent l'exil.Vingt ans, ou son contact avec la réalité russe se fera d’abord par l’intermédiaire des exilés et des journaux.Pendant cette période, il raffine ses idées sur la révolution, le rôle du parti, les instruments qu’il faut utiliser pour conquérir le pouvoir.Ainsi, il acceptera sans remords l’aide allemande pour retourner en Russie au début de 1917.Il hait la spontanéité des foules, de la classe ouvrière.Il déteste les sociaux-démocrates allemands et les mencheviks russes qu'il accuse de collaboration avec l’ennemi.11 salit tout, dans le seul but d’affirmer son autorité sur la mouvance révolutionnaire et gouverner la Russie.Selon l’académicienne française, les propos qu’il tient sur la littérature donnent déjà le ton a la pratique totalitaire de l’Etat bolchévique.-ixi littérature doit être partisane, écrit-il.Pille Hélène Carrère d’Encausse il< lAudor.u hur.lt'C -Ÿ doit être mie partie de la cause du prolétariat.la roue et la ris de la grande mécanique sociale-dénwcrate [.) Les journaux doivent être aux mains des Partis.Les littérateurs doivent entrer dans les organisations partisanes |.| Ce dont il s'agit, c'est de la littérature du Parti, et du contrôle que le Parti doit exercer sur elle.» Lénine ne sera pas plus tendre envers ses compagnons de route, ses collègues, tous les autres, c’est-à-dire le peuple tout entier qu’il entend pourtant délivrer de l’autocratie des Romanov et faire le bonheur.Trotski, avant de se rallier à lui, va le surnommer Robespierre.11 place en exergue de son Que faire l'injonction d’«épurer».Au pouvoir, ses directives sont ••Tuez, fusillez.déportez!», écrit l'auteure.Hélène Carrère d’Encausse n’a pas que de mauvaises choses à dire sur son sujet.Brillant tacticien, travailleur acharné, aimable, sinon doux avec sa femme, Lénine est un génie politique.Après tout, il prend le pouvoir en profitant des événements plus qu'en les provoquant.Mais ce qu’il laisse en héritage est un système plus sanguinaire, plus terrible encore que le tsarisme qu’il abat.Il est aussi le précurseur des horreurs staliniennes.Il ouvre le premier camp de concentration, fait assassiner la famille impériale et une partie de la noblesse et de la bourgeoisie, organise la terreur, annihile les cosaques, détruit les structures paysannes, ce qui entraîne des famines catastrophiques, ostracise les intellectuels qu’il méprise.I-énine a longtemps échappé au jugement sur la contradiction entre son discours humaniste et une pratique déshumanisante.Il a évité la condamnation parce que Staline a poussé les entreprises criminelles léninistes a son paroxysme.Aujourd’hui, la poussière est retombée, et il est plus facile de faire la part des choses.L’ouvrage de Mme Carrère d’Encausse nous y aide.DIVORCE Torgnv Lindgren Traduction du suédois par Marc de (iouvenain et Lena (îrumbach Actes Sud, Arles, 1998, !!()2 pages MICHÈLE MALENFANT Divorce est l'un des premiers romans de Torgnv Lindgren, auteur suédois qui a reçu plusieurs prix littéraires, dont le prix Ecmina étranger pour son roipan Bethsabée (Actes Sud, 198(5).Ecrit en 1981, Divorce n'avait encore jamais été traduit.l.e roman, qui traite de la difficulté de comprendre parfois où se trouve notre bonheur, met en scène deux personnages, Viveka et Eolke, mariés depuis une trentaine d’années, dont le couple, bien qu'il semble tout avoir pour être heureux, «sans parler de tout ce qu'ils avaient presque et tout ce qu'ils étaient presque», bat de l’aile.Dans l'espoir d’améliorer leur situation, ou a tout le moins de provoquer quelque chose — elle n’arrête pas de répéter qu’il faut qu’il se passe quelque chose, qu’il va se passer quelque chose —, Viveka réussit à convaincre son mari de consulter un conseiller conjugal.Précisons d’abord que cette histoire de couple qui s’effrite n’est pas racontée de façon dramatique.Le ton est léger et les personnages, même s’ils veulent sincèrement trouver une solution à leurs problèmes, s’engagent dans leur thérapie comme s’il s’agissait d’un jeu, leur attitude faisant d’ailleurs douter leur thérapeute du sérieux de leur démarche.On est ainsi des le début intrigué par les personnages de Viveka et de Eolke, tout à fait hors du commun, et aussi différents l’un de l’autre que la vie l’est de la mort.Elle et lui Elle, c’est la vie, toujours heureuse de se lever le matin, de commencer une autre journée, de bouger, pour se sentir exister, de jouer a changer de personnalité (elle change de peau selon son humeur ou les circonstances, s’habillant et se maquillant pour ressembler aux femmes auxquelles elle veut s'identifier).Son mari dit d’elle qu’elle est le mensonge incarne.Elle ment effectivement tout le temps, préférant s'inventer un passé, une réalité, afin de rendre la vie plus intéressante ou de donner «une image plus fidèle» de leur vie.Lui, c’est la mort, hypocondriaque et obsédé qu’il est par les catastrophes et les souffrances humaines (il se fait un devoir d’écouter toutes les émissions d’informations afin de regarder la vérité dans le blanc des yeux» et de compatir avec le monde).Dans ses moments libres, il s’occupe à dessiner les plans de son monument funéraire, semblable en cela à Verner von Heidenstam, un célébré poète suédois dont il se croit la réincarnation.Enfin, contrairement à Viveka, éprouve, lui, toutes les misères du monde a sortir de son sommeil.«adversaire coriace et têtu [„.| qui n'abandonnait pas sans dur combat».Mais en dépit de ce que dit Eolke sur sa lucidité, lui aussi craint la réalité lorsqu’elle peut le blesser et préfère alors faire l'autruche.Un passage amusant du livre révèle ce trait présent chez les deux person- nages: quand ils se rendent complique leur fils, Niklas, fait durer son séjour a la maison familiale, alors qu'il est censé étudier la médecine à Stock holm, ni l’un ni l’autre n’ose le questionner de peur de ce qu’il pourrait répondre.«NiFolke ni Viveka n'osait, nefiit-cc qu 'en silence, formuler la moindre peti te question tâtonnante sur ses études, sa vie à Stockholm et son avenir.Il était en effet capable de répondre n im porte quoi et ni l'un ni l'autre ne sait rait se protéger de sa franchise et de sa sincérité impitoyable.Une question, et il répondait, voilà ce qui était effrayant avec Niklas.» Ampleur De légers au début du roman, les personnages, vers la fin du récit, prennent plus d’ampleur, révélant même un côté tragique dans leur difficulté à comprendre leur situation et à trouver ce qu’ils cher client.Devenant plus lucide, Viveka réalise à un cer tain moment, avec angois se, que toute sa vie elle «n'avait jamais existé autre ment que dans son imagina tion.File avait seulement essayé de se comporter coin me si elle existait».Landis que Eolke, pour sa part, se renferme toujours plus en lui-même, de plus en plus absent à la réalité, ne s’exprimant presque plus, même, sinon par des citations du poète Heidenstam — qui a réellement existé (1859-1940) —, celui dont il se croit la réincarnation.Mais si la personnalité et la quête des personnages font tout l'intérêt du roman, paradoxalement leur côté su perficiel le dessert également.U‘s personnages vivent à la surfaci d’eux-mêines, étrangers à ce qui les motive, à ce qu’ils ressentent réelle ment.Et bien que le narrateur soit ex terne, le point de vue narratif se limite à celui des personnages, et l’on ne peut apprendre plus que ce qu’eux-mêmes savent et comprennent.On demeure ainsi également à la surface des personnages— et ce, malgré leur évolution — qui restent insaisissables et auxquels il est difficile, donc, de s’identifier et de s’attacher.Cela dit, la lecture du roman demeure agréable, intéressante, et elle nous permet, en prime, de découvrir un poète suédois dont le roman est truffé de citations.HACHETTE Animations ^TîTW au Salon du livre de Montréal Kénizé Mourad Le Jardin de Badalpour Fayard • 19 nov.de 19h a 20h ¦20nov.de I4h30àl5h et I8h a I9h • 21 nov.de I4h30 ù 15h • 22 nov.de I3h a I4h Pierre Billon Un bâillement du diable Stock ¦ 19 nov.de 18h a I9h • 20 nov.de I7h à 18h Jean Bédard Maître Eckhart Stock ¦ 21 nov.de I5h ù I6h • 22 nov.de I4h a I5h Venez rencontrer nos auteurs, fureter dans la section jeunesse et bandes-dessinées et participer au concours Guide Hachette des vins 1999.Vous pourriez gagner une magnifique cave de vieillissement d'une valeur de 2000 S n Votre père est à la retraite et a décidé de faire partie des jeunes branchés.l ( >\< I I I AC"I ION tel.(514) 866-0434 http://www.concopt-action.com OFFREZ-LUI L'EfiCyCLOPEDIE DE L'IfIFOROUTE ! MISS Torgny Line DIVORC •A- sM2BÜ roman t rat lu it du • |Ltr Mart4 de (louvca*in et Fayard Cette histoire de couple qui s’effrite n’est p.ts racontée de façon dramatique ’écriture Pho,o*.»pM«< v 21,95$ La vie québécoise sous toutes ses facettes Un bilan complet, illustré et chiffré Une rétrospective des événements marquants Une analyse des grandes tendances sociales, démographiques, culturelles et économiques Un survol de l'actualité dans toutes les régions Un dossier spécial sur l'évolution de la criminalité Une synthèse des plus récentes données sur les pratiques religieuses zjoo pages inédites Tout ce qu’il faut savoir pour comprendre le Québec d’aujourd’hui i — ïAon»quC 12 000 Filmé répertoria M t TW 4 Lisez, lisez, Wl o n d « | i ! IM T o u * repose un peu.BOITE'NOIR * - iAüâza .¦ ¦¦ EDWARD 0.HOCH .ROI DE LA NOUVELLE = TOUR OU MONDE OU PQIAR CANADA -TRENTE AUTEURS BLACK A >'4- u Pour une fois, vous ne pourrez pas dire que le livre est meilleur que le film.FIDES NEDIAFILN 380 rue Laurier Ouest, Outremont 277-6979 • 4450, rue St-Denis, Montréal 287-1249 • http://www.boitenoire.com W' L I V SALON DU I.IVR1 Daeninckx fait court Tout est dans la nouvelle It.\\ S •; I)K MONTRKAL AQUAGYM LA Case Tniduit de l’anglais piu-Dominique Leblanche Les éd.Vigot, Paris, 1998, 163 pages r Ecrit par un leader mondial de la gymnastique aquatique, ce guide propose 60 exercices et programmes ainsi que des recommandations pratiques.On y trouve des conseils pour débuter et évaluer son niveau de forme ainsi que des exercices avec code couleur correspondant à six zones de facile à très difficile, ce qui devrait vous permettre de vous entraîner à votre rythme et pendant la durée que vous souhaitez.L’auteur donne aussi des échantillons de programmes qui vous aideront à établir vous-même votre propre programme d’entraînement.I- I V K K S P K A T I (i l) Loisirs LE PLAN DE COMMUNICATION Bernard Dagenais L“s Presses de l’Université Laval Sainte-Foy (Québec), 1998 372 pages Le sous-titre indique clairement le but visé par cet ouvrage: l’art de séduire ou de convaincre les autres qu’il s’agit de faire connaître un nouveau produit (volet information), de le faire accepter (volet attitude) et de le faire adopter (volet comportement).Cet ouvrage rassemble donc les principes qui doivent guider toute démarche qui vise à réaliser un plan de communication efficace et il présente les étapes à suivre pour y arriver.Selon l’auteur, professeur au Département d’information et de communication de l'Université Laval, un bon plan de communication doit être réaliste et mesurable.L’ÉDUCATION DU CHIEN Dr Joël Déliassé Le jour, éditeur, Montréal, 1998,288 pages Vous avez acheté ou reçu un chien en cadeau?Ce livre, écrit par un médecin vétérinaire, vous explique comment acheter un chien, comment communiquer avec lui et vous rendre mutuellement heureux.Ouvrage pratique, il vous guide pas à pas dans son évolution, vous montre ce qu’il faut faire et vous met en garde contre les choses à éviter.Un code vous indique les conseils à retenir, ce qu’il convient de lire à titre informatif, les choses à éviter et celles à mettre en pratique.R.R.PASSAGES D’ENFER I).Daeninckx Denoël, Paris, 1998,249 pages le Devoir Depuis qu’il a -tué» l’inspecteur Cadin, Didier Daeninckx consacre bien de son temps de travail à la nouvelle.Comme dirait La Palice dans ce qui est devenu une lapalissade parce qu’il laissa tomber un jour que «quinze minutes avant sa mort, le roi était toujours vivant», Daeninckx fait désormais dans le court.11 ne fait plus dans le détail.Avant, il y avait un mauvais coup, un mort, puis il y avait enquête.Aujourd’hui, les petits faits du jour sont sa matière.Lorsqu’on dit les petits faits on pense, c’est bien obligé, à ces faits que l’on qualifie de divers parce qu’ils ne sont pas des faits susceptibles de modifier l’histoire du monde-mondial.De-que-cé?De rien.Passages d'enfer, titre de son nouveau recueil de nouvelles, tient au fond du journal.Du quotidien.Avant de poursuivre, peut-être laut-il mentionner que cet écrivain à la libre contestataire est un lecteur avide des journaux.II lit.11 découpe des articles.Il les conserve.Puis hop! Un beau jour, il transforme le tout en fiction pour composer ce que Jean-Patrick Manchette appelait des «polars d'intervention sociale».Déclics urbains Le recueil cpi'il nous propose aujourd'hui est peut-être bien une mise en scène des déclics urbains.Tout au long de ces nouvelles, il y a un fil conducteur.Celui qui coupe une vie.Celui qui rompt les habitudes.Il y a beaucoup de hasards dans ces Passages d'enfer.Prenons, pour l’exemple il va sans dire, la nouvelle intitulée Le Gros Lot.Ije personnage principal de ce bref récit est un commissaire à l’identité jamais dévoilée.Il officie dans un petit commissariat de Paris.C’est Noël.«Ixi première fois que ça m’est arrivé, c'était sans nécessité.Les jouets de Noël, à la Samaritaine.Un garage télécommandé pour mon plus petit, Iùi-bieit, et une console de traduction, miniaturisée, pour la grande Élodie.» Puis?Au commissariat, un flic de rue ramène menottes au poignet un polit malfrat.Celui-ci avait piqué un carnet de chèques et une carte d’identité.«Et c'est en voyant la photo de ce type, une photo qui aurait pu être ma propre photo, que la petite ampoule s’est allumée, dix centimètres au-dessus de ma tête.» C'est cette ampoule.«Pour être tout à fait franc, il a bien fallu que je les mette dans ma poche, le carnet et la carte.Ce qui prouve bien que c’est moins simple qu'on ne croit.On fait des choses contre soi, comme poussé par une force invisible.» Le commissaire garde pour lui le carnet de chèques et la carte.Il commence à faire des achats.Puis, il va dans une grande surface.Il commande une chaîne stéréo.Il se rend à la caisse.Et c’est le drame.Lequel?Non mais.On ne va tout de même pas faire le boulot à votre.Bon.Mettons que Passages d’enfer c’est pour ainsi dire un quotidien, un journal, consacré aux faits divers.POLAR N ° 20 Rivages, Paris, 1998,213 pages Made in Canada, fabriqué au Québec L’excellente revue trimestrielle Polar, revue fondée et dirigée par François Guérif, vient de publier son 20e numéro.Au sommaire, il y a tout un dossier consacré à l’écrivain Edward D.Hoch qui aurait signé pas moins de 800 nouvelles.D’où le titre du dossier: Roi de la nouvelle.Puis, il y a un dossier consacré au polar.Made In Canada! Avec un article portant sur le polar.Fabriqué au Québec! L’auteur de ces deux articles est Norbert Spehner.Celui-ci est professeur de littérature au Collège Edouard-Montpetit.A son actif, il a fondé la revue Solaris.Spehner est au- Avant, il y avait un mort, aujourd’hui les petits faits du jour sont sa matière tant un érudit de la chose policière que de la science-fiction.Et alors?Sur le polar québécois, Spehner souligne: «Ne soyons pas trop pessimiste: le roman policier québécois mérite d’être connu, du moins certains auteurs.Malheureusement, dans l’état actuel des choses, il faut parfois lire dix ou vingt navets avant de trouver la perle rare, ce qui est pénible et harsardeux.H faut être un peu missionnaire pour lire du polar québécois.Et ce ne sont pas les André Smith, Carole Tremblay, Ludovic Simard, Marc Lessard et d’autres patriciens occasionnels du récit criminel qui feront oublier qu’au Québec le bon roman est encore à (ré) inventer!» En ce qui concerne le polar qui se fait au Canada anglais, Norbert Spehner écrit: «On se doit de clore ce panorama provisoire en soulignant la grande diversité des œuvres.En plus de récits policiers de facture traditionnelle, roman d’enquête ou de procédure policière, le lecteur un peu curieux découvrira des polars fantastiques \.] Il ne reste plus qu’à espérer (cela semble en bonne voie) que les éditeurs européens sachent exploiter le filon.Après tout, n’est-ce pas au Yukon ou dans le Klondike que l’on trouve les veines les plus riches.» En vente chez votre libraire Après L'Arme Fatale 4 et Halloween 20, voici le Guide Vidéo 99, la bible de tous les films disponibles en vidéo, revue et améliorée.Cette année, le répertoire compte plus de 12 000 titres répertoriés et une nouvelle section: les 50 meilleures nouveautés de l'année.Pour chaque film, vous trouverez des cotes d'appréciation, des résumés et les commentaires critiques de Médiafilm.À cela s'ajoutent une sélection f^ar genre, des filmographies d'acteurs et de réalisateurs ainsi qu'une section spéciale signée Téléfilm Canada: la Collection Cinéma d'ici.Le Guide Vidéo 1999, un outil pour ne pas choisir vos films en accéléré mais bien de façon pausée.Un instrument pour mieux jouer - play- vos goûts ciné.Et à 14,95 $ -stop-il faut arrêter se le procurer.Confiteor de Monique Bosco Ces rappels de la mémoire constituent une «confession» où l'immense talent de Monique Bosco se révèle une fois de plus.ÉDITIONS HURTUBISE HMH I) in !¦: I) K V (11 I! S S A M K I) I T I) I M A X < r» X 0 V K M I! I! !» S LA VIE LITTERAIRE À l’écoute des livres Magnétothèque, Publiphone: récrit devient parole À l’approche du Salon du livre de Montréal, où le livre sur support papier sera déployé en quantité impressionnante, un petit oublié de l’univers littéraire avoisinant le monde de l’audio va bon train: des mannes de mots, pigés dans les livres et ailleurs, et enregistrés sur bobines pour le bénéfice des lecteurs.non voyants.M a r i e - A il d r é c C h o u i n a r d Le I)c voir La semaine dernière, l’au-teure Automne Maillet a fait un petit détour par la Magnétothèque pour.y enregistrer sur bobine un de ses plus grands succès, Pélagie la charrette.Bibliothèque spécialisée pour les personnes aveugles du Québec, la Magnétothèque compte désormais quelque 5400 de ces livres qu’on a rnis en paroles, et au-delà rie 2000 abonnes qui “écoutent'- quand bon leur semble le livre de leur choix.I À Montréal aussi, le Publiphone déploie tous les jours le contenu de ses multiples boites vocales pour le plaisir des personnes non voyantes qui ont accès à la lecture téléphonique de certaines rubriques de leurs quotidiens préférés, mais aussi des télé-horaires, des circulaires contenues dans le Publisac et du calendrier des Canadiens, par exemple! À la Magnétothèque, on annonçait il y a quelques semaines,une en-fente significative avec les Editions Quebec / Amérique et selon laquelle tous les livres jugés intéressants par la bibliothèque de l’organisme seront acheminés gracieusement, rapidement mis en cassette» ensuite par un des bénévoles-lecteurs pour l'ajouter enfin au catalogue de titres de la Magnétothèque.5400 titres Ce catalogue compte aujourd’hui 5400 titres — essais, biographies, littérature québécoise et étrangère —, environ 300 nouveautés s’ajoutant chaque année.Cette année, An-nabelle de Marie Laberge.Est-ce que je te dérange?d’Anne Hébert, C’est pas moi.je le jure! de Bruno Hébert, ou encore le célèbre Céline de Georges-Hébert Germain sont allés gonfler le lot de titres disponibles.La semaine prochaine, on s'apprête -ii s’attaquer a un volumineux morceau de littérature avec l’œuvre intégrale de Victor Hugo, la Magnétothèque ayant comme mandat de présenter une variété de titres, des classiques jusqu’aux best-sellers.Il y a au Québec 45 000 personnes handicapées visuelles, et qui ont accès depuis plus de vingt ans aux services de la Magnétothèque.Service voué essentiellement à la clientele universitaire au départ — enregistrement des notes de cours, etc.—.l’organisme s’est transformé au fil des ans et des demandes des usagers en service de bibliothèque ou 200 bénévoles-lecteurs défilent régulièrement pour enregistrer quelques pages.Les abonnés appellent a la Magnétothèque, demandent qu’on leur envoie par exemple La Mémoire de l'eau, de Ying Chen, dont ils ont entendu parler.Iœ courrier postal leur achemine la bobine, et apres l’avoir écoutée, ils réexpédient à leur tour la marchandise.Notre présidente me confiait récemment avoir l’habitude d'écouter ses livres-cassettes tout en faisant son repassage».explique Louise Bleau, directrice des programmes a la Magnétothèque.Une illustration plutôt juste d’un des moyens de joindre l’utile a l’agréable.En 1997 seulement, le service de bibliothèque a été utilisé quelque 32 000 fois, le livre le plus en demande étant Le Second Violon, de l’auteur Yves Beauchemin.La semaine prochaine, dans l’ébullition du Salon du livre de Montréal, l’on connaîtra le nom du deuxième récipiendaire de la Plume d'Aronde, destinée a l'auteur ayant été le plus réclamé au service de prêt de la Magnétothèque.On y connaîtra aussi la nature d’une deuxième en- tente avec un «éditeur québécois d'importance», assurant le don des exemplaires choisis pour fins d’enregistrement.Toutes les chroniques À côté des services de la Magnétothèque, le Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain (RAAM) offre aussi depuis maintenant.quatre ans un service téléphonique — le Publiphone — où les usagers peuvent choisir parmi une quantité appréciable de chroniques de tout genre: par l'entremise des boîtes vocales, et directement à partir de leur téléphone, les gens ont en effet accès à des lectures de type consommation (circulaires d’épicerie, de quincaillerie, de pharmacie par exemple), à une rubrique culturelle et aux loteries.au contenu choisi des journaux, de certains magazines ou à des informations sur la Ville de Montréal.Allons-y faire un tour pour mieux comprendre.Menu principal du Publiphone du RAAM, sélection rubriques de consommation.Choix: circulaires d'épicerie.Choix: Métro.Rubrique: viandes et charcuteries.C’est Louise — une lectrice bénévole — qui fait la lecture du contenu de la circulaire de Métro — «Bon magasinage!» — et annonce que le tournedos de poulet enrobé de bacon est vendu à 99 C l’unité, le souv-laki de porc surgelé à 59 C l’unité, la longe de porc frais tni-désossée.«C'est la rubrique la plus fréquentée par nos usagers, explique Luc Fortin, coordonnateur du Publiphone au RAAM.Parce qu'elle est incroyablement utile et permet des économies.Avant, lorsque j'appelais à l’épicerie du coin pour demander une boite de pâtes, le commis m'acheminait généralement la plus chère! Maintenant, nous connaissons les prix réduits, comme l'ensemble de la population.» Destiné d’abord à mettre l'information en disponibilité pour les handicapés visuels, le Publiphone vise aussi à améliorer la qualité de vie de cette population, leur permettant d’avoir à portée de la main une variété d’informations de divers domaines susceptibles de faciliter ou enjoliver le quotidien.Au cours des cinq dernières semaines seulement, 88 000 chroniques ont été écoutées par les usagers, a raison d’environ 2000 appels par semaine.Pour les adeptes du Devoir, par exemple, une possibilité de neuf boîtes vocales donne accès à la lecture de la colonne Perspectives, des actualités du jour, de la page éditoriale, du courrier des lecteurs, des pages Idées et Planète, de l’entrevue du lundi, de la page Horizons, de Plaisirs et tourisme, du cahier Arts, et de la chronique Hors-Jeu du collègue Jean Dion — lue par l'auteur, s’il vous plait, merci! John Saul en conférence L'auteur de Réflexions d’un frère siamois, le Canadien John Saul, concocte une série de causeries-conférence autour de l'objet de ses dernières réflexions.Dans cet essai ou il sonde la perception qu'ont les Canadiens d’eux-mémes et de leur pays, il compare le Canada a une entité composée de frères siamois à deux têtes et un seul corps.Pour parler du livre, la librairie montréalaise Olivieri organise une causerie demain, 15 novembre, a 14h.La journaliste Françoise Guénette animera l'entretien.John Saul est à Chicoutimi le mardi 17 (Université du Québec à Chicoutimi, a midi) et a Québec le lendemain, a l'Institut canadien (plein cœur du Vieux-Québec), à 19h30.L’entrée est libre pour toutes ces activités.V « s U I » I» I.O "% SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL K N C Y C I.O.l* é; d i E S Le Canada en chiffres Photographies et présentation visuelle complètent une information de qualité ANNUAIRE DU CANADA 1999 Sous la direction de Jonina Wood Statistique Canada, Ottawa, 1998 563 pages (i I L L E S P A K E LE DEVOIR Statistique Canada — organisme du gouvernement fédéral — conçoit et diffuse de nombreuses parutions statistiques à l'usage des gouvernements, économistes et spécialistes de tous les domaines.Ces périodiques utilitaires présentent les résultats deludes ou de compilations statistiques d’une valeur inestimable, mais d'un abord aride.Oubliez photos, illustrations et fantaisies graphiques.Quelques parutions font brillamment exception dans cet univers peuplé de chiffres et de graphiques: les Tendances sociales canadiennes (11-008 XPF), un prolongement trimestriel pourrait-on dire de XAnnuaire du Canada (AC) (11-402 XPF).Cette dernière publication annuelle — on l'aura deviné ! — de Statistique Canada s’adresse d’abord et avant tout à un large public.Un compendium en quelque sorte de toutes les publications de Statscan.La première édition remonte à la Confédération (1867).Avec les années, ce document de présentation austère a évolué considérablement.Au fil des ans, on a soigné de plus en plus sa présentation, son graphisme, ses illustrations et photos.L’édition 1999 de l’AC étonne de p;ir sa qualité remarquable.Livre de grand format, imprimé sur papier glacé, il comporte 15 chapitres qui résument la vie socioéconomique du pays ;iinsi que À -v t .4* $£.*•••• \i3wu jUJ,ky.r&l'i ^Pü L;Zi.V “•'•.ÏK Ce
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