Le devoir, 23 novembre 1998, Cahier A
V (I I.I, X X XIX N ' 2 (i le vote adéquiste en allant convaincre des Québécois hésitants ou qui auraient tout simplemen' tendance à s’abstenir lors du scrutin du 30 novembre.Le vote par anticipation se poursuit PRESSE CANADIENNE Entrepris hier, le vote par anticipation se poursuit aujourd’hui de 14h à 21h.Il est ouvert aux membres du personnel électoral, aux personnes handicapées ou aux personnes qui seront dans l’impossi- bilité de voter le 30 novembre.Tout électeur qui demande à voter par anticipation doit, avant d’être admis à voter, déclarer sous serment qu’il satisfait aux conditions requises.La liste électorale que les Québécois ont reçue à domicile indique l’emplacement des bureaux de scrutin.Québec et les Jeux d’hiver de 2010 Bouchard a un rire olympien sur l’incertitude politique GUERIN ODYSSEES INTIMES DES HISTOIRES DE CAS I)’UN CHANGEMENT DE VIE 396 pages, 29.30 S James F.T.Hugental Traduit par Jeanne Bourdon Ce livre présente la narration captivante et éclairante d’un thérapeute et cinq patients entreprenant une odyssée intime vers la découverte de soi.dévoilant du chagrin, de la souffrance, de la croissance et de la joie en cours de thérapie.James F.T.Bugental.docteur, a été reçu Visiting Professor à la California School of Professional Psychology, professeur émérite du Saybrook Institute, et conférencier clinique émérite à la Stanford University Medical School.Il a pratiqué et enseigné la psychothérapie pendant plus de quarante ans et a écrit quatre livres professionnels standard dans le domaine.Un maître thérapeute dans la tradition de May, Maslow, Rogers et Kelly, il habite à Novato en Californie.Jeanne Bourdon, psychothérapeute-sexologue, détient une maîtrise en sexologie clinique.Fille exerce en bureau privé, et en thérapie (individuelle, de couple, de groupe) elle pri\ilegie l'approche existentielle-humaniste.Madame Bourdon anime des conférences et ateliers et supervise des professionnelles qui interviennent en thérapie de groupe.Ses nombreuses années en enseignement l'amènent à faire de l'éducation et de la prévention en sexualité humaine et face à la violence faite aux femmes.Siège social : GUÉRIN, éditeur Itée, 4501.rue Drolet.Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone : (514) 842-3481 Télécopieur : (514) 842-4923 Adresse Internet : http://www.guerin-editeur.qc.ca KATHLEEN LEVESQUE LE DEVOIR Québec — Lucien Bouchard se rit de l’incertitude politique que Jean Charest présente comme la menace liée à la réélection du Parti québécois.Dans la capitale qui tente d’obtenir les Jeux d’hiver de 2010, il l’a transformée hier en incertitude olympique.M.Bouchard s’en est donné à cœur joie pour ridiculiser les libéraux, sortant de son texte officiel au plus grand plaisir de la foule enthousiaste et profitant de la politisation du dossier olym- pique.L’Association olympique canadienne a choisi samedi dernier la candidature de la ville canadienne qui bataillera au plan mondial pour recevoir les athlètes en 2010, alors que le résultat ne sera connu qu’au lendemain des élections après l’intervention politique de la ministre fédérale Sheila Copps.Du coup, les gens de Québec sont plongés dans l’incertitude olympique jusqu’au premier décembre sur le sort de leur candidature, estime M.Bouchard qui a raillé: «Mais je peux les rassurer, les bulletins de votes ont été placés dans une urne hermétiquement scellée.Pour plus de sécurité, il y a même des gens qui pensent envoyer les boîtes chez Mme Copps.» Un brin cabotin, le chef péquiste a ensuite raconté l’incertitude qui pour- rait assaillir un sauteur à ski au moment où il plane et voit tout en bas les gens l'attendant aux abords de la piste.«C’est là que le sauteur risque une crise aiguë d'incertitude olympique.Qu’arrive-t-il, se dit-il, si la piste d’atterrissage quitte le Canada avant que je puisse me poser?», s’est amusé Lucien Bouchard.Toujours sourire en coin, il a soumis aux militants «d’autres questions angoissantes»: Dans un Québec souverain y aura-t-il encore de la neige?; si la loi de la gravité devrait s’appliquer malgré la souveraineté, qu'en est-il des remonte-pentes?Depuis le début de la campagne, Lucien Bouchard exploite régulièrement cette tactique de l’humour pour vilipender son adversaire.Un style élégant, très personnel |.].Un bonheur d’écriture qui devient pour nous, jusqu’à la{fin dramatique et inattendue, bonheur de lecture.Lise Lachance, Le Soleil Un grand cru [.J.Un coup d’envoi fort réussi.Stanley Péan, Ici vlb éditeur DÉBAT POLITIQUE CONCERNANT LES TRAVAILLEURS AUTONOMES en présence des représentants des partis politiques du Québec dont Madame la Ministre Rita Dionne-Marsolais pour le Parti Québécois Modérateur Marc Laurendeau Mardi, le 24 novembre de lOhres à I Hires 30 au Centre St-Pierre 1212, rue Panel Montréal Thèmes abordés Mesures de soutien pour les travailleurs autonomes Protections sociales Mesures fiscales Gratuit organisé par le Réseau des travailleurs autonomes Grand Plateau/Centre-Sud Pour information (514) 281-2943 «L’heure des décisions est.arrivée» LE DEVOIR I* jy nu *!î! La tenue d’un Sommet de la jeunes-1 • se ne devrait pas servir à reporter! : les décisions urgentes.Tel est le rap pel fait hier au premier ministre Lin den Bouchard par Force jeunesse): (FJ), organisme regroupant desq jeunes travailleurs et professionnels.Le président de FJ, François Rebello; j; précise dans un communiqué qiifc j| «dans plusieurs dossiers, l'heure des déi \! cisions est arrivée».Ce serait paie?j exemple le cas en ce qui a trait auk ’ clauses discriminatoires pour les-} quelles toutes les consultations dési- ; râbles ont déjà eu lieu.Ix* CA de For-1; ce jeunesse tenait hier une réunion-d’où il ressort que le PQ et le PLQ éprouvent de la difficulté à voir les choses à long terme.FJ croit qu'un débat doit se tenir et qu’il importe de mesurer les impacts sur les jeunes générations avant de décréter des;: baisses d’impôt ou une augmentation-, des dépenses.Quant au parti de Mao rio Dumont, FJ croit qu’il n’est pas!' évident que c’est l’ADQ qui propose les meilleures solutions, même si son1, discours est centré sur les problèmes! des jeunes.)’¦¦ " Le suicide, un fléau à combattre : PRESSE CANADIENNE ;f \ .i: A l’invitation de l’organisme Suicir de-Action Montréal, des candidats des trois principaux partis politiques au Québec ont assisté hier après-midi à une rencontre de sensit bilisation au problème du suicide» particulièrement chez les jeunes.Le libéral William Cusano, le pé+ quiste André Boulerice et l’adéquistti Jacques Hébert ont tous reconnu que la prévention du suicide devait être une priorité d’intervention ot qu’il fallait débloquer des rest sources.Aucun d’entre eux n’a toutefois chiffré les fonds qui devraient être ah loués aux organismes qui luttent contre ce fléau.>d Le président de Suicide-Action' Montréal, Pierre Giard, a qualifié la rencontre de positive.La lutte sera serrée aux r) îles de la Madeleine Ci j’1 Cap-aux-Meules (PC) — In lutteseriu serrée aux îles de la Madeleine am scrutin du 30 novembre prochain.> < i Le chef libéral Jean Charest a attiré; hier quelque 500 personnes au centre civique local, dans la même salle où le chef du Parti québécois, Lucien Bouchard, avait attiré une foule de même; importance le 10 novembre.1 i a M.Charest est venu appuyer le député libéral sortant, Georges Farrah,i qui fait face au péquiste Maxime Arsq-: neau dans ce qui parait être une luttç dé; titans.M.Charest est arrivé aux îles! tard hier pour sa brève visite.11 était de retour à Québec le soir même.¦:> M.Farrah a profité de l’occasion1 pour vanter son expérience de 13 ans comme député, une expérience qui lui-permet, croit-il, de bien défendre ses-commettants.Ir député Farrah a aussi' averti son chef qu’il réclamerait des avantages pour les étudiants insulaires obligés de poursuivre leurs études siv périeures ailleurs au Québec.Encore en train de courir après le cadeau idéal ?Voici les 10 raisons principales qui font du téléphone SCP Clearnet le cadeau que tout le monde veut.1 C’est le téléphone SCP bimode le plus vendu au pays.2 Seul Clearnet offre un forfait de temps d’antenne illimité la fin de semaine.Cela représente plus de 11 000 minutes à partir de seulement 30 $ par mois (on pourra vous dire merci mille fois I) 3 Seul Clearnet offre la messagerie vocale, l’afficheur et l’appel en attente sans supplément.4 Seul Clearnet facture à la seconde pour tout type d’appel.5 Pas de frais d’itinérance au Canada.6 Pas de frais de mise en service ni de micropuce à acheter.7 Aucun contrat à signer.8 Une garantie de satisfaction de 30 jours sur votre appareil Sony.9 Appels locaux gratuits le jour de votre fête.10 Et si vous achetez un SCP Clearnet dès maintenant, vous obtiendrez gratuitement, au choix, un Walkman'' Sports de Sony, un radio-réveil Dream /” Machine” de Sony ou quatre billets de cinéma Cinéplex.le futur est simple1* • www.clearnet.com • 1 888 CLEARNET" Offert chez les marchands participants.v Marques do commerce u?1 Vjes avec fautorisation de( /carnet Comrrxjnications inc.__ i % LU Z c5 Q) o sep * 1 1 X (( V V.M II I! !•: I !» !» M EN CAMPAGNE Pep Talk CM était jour pour fouetter * les troupes.Samedi chez les libéraux.Hier au Parti québécois.Chaque chef à sa manière et selon la culture de leurs partis respectifs.Chez les libéraux, parti de pouvoir, où les militants sont compétitifs et opiniâtres, M.Charest a joué sur l’image des manches retroussées.Samedi, il a jeté la veste et tout en continuant de parler, il a replié les manches de sa chemise bleue et martelé ses thèmes.Ces discours d’encouragement, ils sont adressés aux militants plus qu’aux électeurs.Certes, ils sont repris par les médias.Mais le chef tente de dire aux partisans quels arguments utiliser pour convaincre leurs voisins, leurs collègues, leur famille, de voter du bon côté.Samedi M.Charest leur a suggéré d’adopter une approche défensive face aux péquistes.L’argument clé c’est que si le PQ est élu, toute l’action gouvernementale sera subordonnée à l’objectif d’un référendum sur la souveraineté.Le gouvernement deviendrait une immense cage à homards, pour reprendre l’expression de Jacques Parizeau.Il multiplierait les astuces.Il soumettrait tous ses projets et toutes ses décisions à une clause BPR : Bon Pour le Référendum.Chez Bouchard, c’est autre chose.Au PQ, quand on veut fouetter les militants, il ne faut pas leur faire miroiter le pouvoir.Ce n’est pas suffisant.Il ne faut pas leur faire des peurs avec les conséquences d’une victoire de l’adversaire.On en a vu d’autres.Il faut leur servir la carotte de la souveraineté, un objectif qui, pour beaucoup de péquistes est la seule raison valable de faire de la politique.C’est drôle que l’union sociale, un objectif si urgent vendredi, n’ait pas même été mentionnée une seule fois dans le pep talk péquiste d’hier.Plutôt, M.Bouchard, faisant d’ailleurs digression par rapport à son texte, a parlé du peuple québécois qui veut son pays.Les militants étaient debout et ils scandaient: «On veut un pays!» M.Bouchard leur a répondu, en quelque sorte: si vous en voulez un pays, il faut d’abord se faire élire et pour se faire élire, il faut, le 30 novembre, que vous emmeniez avec vpus, au bureau de scrutin, au moins cinq électeurs.«Acceptez-vous» leur a-t-il demandé?«OUI» ont-ils hurlé en brandissant des drapeaux.Ce qu’il y a de remarquable chez les péquistes dans cette campagne, c’est qu’ils ont l’air de vouloir agir, comme Jacques Parizeau, en «bons soldats».M.Parizeau disait que pour faire avancer l’idée de souveraineté «tout est bon dans l’poulet».Même l’union sociale, dirait-on.Car M.Bouchard a beau parler de négociations constitutionnelles, on n’a vu aucun militant souverainiste s’en inquiéter publiquement.?Des lecteurs continuent de m’écrire leurs impressions quant aux sujets oubliés de cette campagne.Faites de même (mven-ne@qbc.clic.net) J’ai reçu quelques communiqués officiels; d’une coalition pour l’accès à la justice qui voudrait que les partis s'expliquent sur la réforme de l’Aide juridique, laquelle restreint l’accès à un avocat pour les petits salariés; d’un regroupement d’organismes communautaires qui aurait voulu savoir ce que les partis politiques feront pour soutenir l’action communautaire autonome qui est de plus en plus appelée à suppléer aux services publics.Sujets oubliés?J’ai reçu le message de Michel Gatignol : «depuis le début de cette campagne, aucun des partis en présence n'a avancé de solution au problème de l’analphabétisme, qui affecte près d’un citoyen sur sept au Québec.C'est pourtant une entrave majeure au développement socio-économique de rfotre société.Mais, j’imagine que ce thème n’est pas «porteur» pmr les stratèges néolibéraux des trois partis en présence, puisqu'une vigoureuse intervention de l’état serait nécessaire pour résoudre le problème».Richard Tunnel de Québec a dressé une liste de préoccupations négligées par les politiciens: le partage de la richesse; le pouvoir policier; la surveillance vidéo; le système électoral actuel qui favorise le bipartisme et empêche l’émergence de tiers partis; les Services bancaires aux démunis.«On parle beaucoup d’économie, ajoute M.Tunnel, mais jamais de la façon de mettre l’économie au service des citoyens.On parie d’éducation tuais pas de la façon de préserver l’indépendance de nos institutions qui satisfont de plus en plus la logique néoUbérulc au lieu de ftmner des citoyens.En résumé, c’est la question de la citoyenneté et de la démocratie, qui est totalement çvacuée du discours public au Québec à une époque où le citoyen perd de plus en plus de pouvoir face à la machine étatique 'et face aux grandes entreprises.» M i c h e / Venue ?K V O I lî I.K I.I \ |) | f; i, i c t ions o.il i; ii i; ( S 4- Devant 3000 partisans survoltés à Québec «Un mandat aussi fort que possible» Lucien Bouchard ne précise pas le pourcentage espéré A 3 ¦W£Vr I N (I V E M I! I! E I !» Il S A «S D I T U E Jean-Robert Sansfaçon ?ÉLECTIONS 1998: ÉCONOMIE ET FINANCES PUBLIQUES L’équilibre et remploi S’il est un objectif qui n’est jamais remis en question dans cette campagne malgré quatre années de compressions douloureuses, c’est l’objectif du déficit zéro.Tant le Parti québécois que le Parti libéral et l’Action démocratique ne veulent tenter le diable.Ce qui ne doit pas empêcher le prochain gouvernement de s’attaquer au chômage, à la pauvreté et l’amélioration des services publics.n matière de finances publiques, les dernières années ont été marquées par un tournant significatif qui, malgré ses conséquences parfois dramatiques, semble avoir assez peu troublé l’électorat.Au cours de la campagne qui se poursuit comme au cours de la campagne fédérale de l’an dernier, à peu près personne n’a remis en cause la nécessité de maintenir le cap sur l'objectif de l’équilibre budgétaire avant de s’engager dans tout autre programme.Au Québec, les promesses des partis ont été scrutées à la loupe pour savoir si elles respectaient l’objectif du déficit nul.Le fait que l’opposition accepte l’échéancier fixé par le gouvernement Bouchard est même d’autant plus surprenant qu’il procure un avantage stratégique aux auteurs du calendrier budgétaire.Tout au plus, l’équipe libérale croit-elle être en mesure de parvenir au même but malgré des promesses électorales plus coûteuses qu’on espère remplir grâce à une croissance énergique qui résulterait de son élection.Est-ce la preuve qu'on a cessé de croire à la capacité d’un gouvernement de petite taille d’influencer sérieusement le cours des cycles économiques?Pourtant, qui niera que les dépenses de l'État aient encore de fortes incidences sur l’évolution de la croissance?Même l’emploi s’en est ressenti, le Québec étant toujours en retard par rapport à la moyenne canadienne.Depuis la ré-YÇ cession, 1994 fut la seule vraie bonne année avec la J _ création de 76 000 nouveaux emplois.mais un défi- V ***•' ) i cit de 5,6 milliards.Dans l’ensemble, la performance québécoise fut, au pire, ridicule ( 8 000 emplois en 1996), et au mieux, très moyenne ( 55 000 emplois cette année).Heureusement pour le gouvernement Bouchard, les dernières données mensuelles de Statistique Canada sont tombées en pleine campagne électorale, faisant voir une première baisse du chômage sous la barre de 10 % depuis la décennie précédente.Malgré le fait qu’on en ait très peu parlé pendant la campagne, le défi de l’emploi demeure le plus important pour le prochain gouvernement.C’est de la création d’emploi que dépend le succès de la lutte contre la pauvreté, et c’est aussi de la création d’emploi que découle la réussite de la lutte contre le déficit et l’amélioration des services publics: plus le nombre de Québécois au travail ira en augmentant, plus l’État récoltera les fruits de cette prospérité sous la forme d’impôts et de taxes.?Entrent en jeu les programmes économiques des partis.Si tous s’entendent pour respecter l’objectif et l’échéance fixés par le gouvernement sortant pour l’atteinte de l’équilibre budgétaire, là s’arrête la belle unanimité.Quoi qu’en disent les plus déçus après ces quatre années de compressions difficiles, des différences persistent entre les programmes des deux grands partis.D’ailleurs, dès le début de la campagne, Jean Cha-rest s’est fait fort de le souligner : le temps est venu de remettre en question les orientations héritées de la Révolution tranquille.Déclaration assez malhabile qui abandonnait le centre et la gauche de l’éventail politique à son adversaire.Devant la réception assez froide à laquelle il a eu droit, le chef du PLQ est par la suite revenu sur son analyse, mais son programme est toujours là qui propose un désengagement de l’État de son rôle d’investisseur.De la super-SGF, M.Charest propose qu’on utilise les deux milliards d’investissements annoncés à d’autres fins que celle de courtiser les entreprises étrangères; des lois du travail, les libéraux souhaitent qu’elles soient revues dans l’optique louable mais souvent problématique de briser la rigidité du marché; des entreprises qui sont la propriété du gouvernement, le même Parti libéral suggère qu’elles soient vendues «de façon ordonnée» avec je dessein de laisser les capitaux privés prendre la place occupée par l’État; et de l’impôt sur le capital des sociétés, Jean Charest en promet l’abolition pure et simple au cours d’un premier mandat.Partout dans le programme du PLQ se lit en filigrane cette volonté de faire appel au partenariat public-privé, une formule que ne dédaigne pas d’emblée Lucien Bouchard, mais avec laquelle les libéraux se sentent nettement plus à l’aise.?Quant au Parti québécois, après quatre ans d’une gestion marquée au sceau de l’austérité pas toujours joyeuse, on sait mieux où loge l’équipe de Lucien Bouchard en matière économique.Elle s’inscrit dans la lignée des grands partis centristes d’Occident, à la fois soucieux de création de richesse et de redistribution sous la forme de services accessibles au plus grand nombre.Les réformes de la politique familiale, de l’aide sociale, de l’assurance-médicaments et de la fiscalité ont surtout favorisé les ménages à revenus modestes ou moyens, aux dépens des mieux nantis, mais aussi des plus pauvres à qui on a voulu faire comprendre les avantages de s’inscrire dans un processus de retour à la vie active.Au chapitre du développement, le gouvernement Bouchard a misé avec succès sur les industries de haute technologie, mais dans l’ensemble, le Québec accuse toujours un retard important que certains attribuent à l’incertitude politique alors que d’autres montrent du doigt la fiscalité des entreprises et des particuliers.D’où la promesse du Parti québécois de partager à part égale les éveiv tuels surplus budgétaires entre le réinvestissement en éducation et en santé et la baisse des impôts des particuliers.C’est vrai que le Québec n’est pas compétitif lorsque vient le temps d’attirer ou de retenir ici une main-d’œuvre hautement qualifiée.Une faiblesse typique des pays dirigés par des gouvernements socio-démocrates et que les libéraux de Jean Charest ont eu tôt fait d’identifier en promettant dès les premiers jours de la campagne d’aguichantes et rapides baisses d’impôt.L’énorme avantage dont disposerait le Parti québécois s’il était reporté au pouvoir pour un second mandat, ce serait de profiter de la conjoncture favorable qu’il a lui-même suscitée depuis quatre ans pour achever sou travail, tant en matière de finances publiques que d’intervention dîr\S le c ors de l’activité économique.Des dizaines de projets sont en chàrxtwr auxquels il serait regrettable de mettre fin prématurément.Aprév ces années d’austérité, le Québec n’a surtout pa^ besoin de reprendre tout a zéro, pas plus en économie qu’en santé ou en éducation.Contrairement au gouvernement fédéral qui a pu compter sur l’assuran-ce-emploi pour enregistrer des surplus considérables, le gouvernement qui sera élu a Québec la semaine prochaine devra donc concilier des objectifs antagonistes: poursuivre l’objectif commun du déficit zéro tout en réinvestissant dans les services et en réduisant les impôts.La quadrature du cercle, ou presque.jrsanttfacondùjedevoir.ca Même si on en a peu parlé, le défi de l’emploi demeure le plus important iæ devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LK 10 JANVIER 1910 FAIS CK QU K l>< MS Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur (le l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information I’IERRE CAYOUETPE PIERRE BEAULIEU, NORMAND THERIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique CHRISTIAN T1FFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ \ e S ic m'a V» \,t flîotrUAAMWt y -y.ni V./ ïv 0 m Le seul choix réaliste M.Bouchard devrait cesser de jouer l'imbécile et de nous prendre pour des idiots.Qu’il dise les choses telles qu’elles se doivent: le Québec a le taux de chômage le plus élevé au Canada, après les provinces maritimes! En effet, il y a de quoi se péter les bretelles et il en est responsable.Le gouvernement péquiste procède à des compressions imjiortantes dans tous les domaines, dont celui de l’éducation.Est-ce là une manière de former sa jeunesse et de la préparer au marché du travail?Se rend-il compte que c’est le développement de tout le Québec qu’il met en péril.Et avec un taux de chômage aussi élevé, ne pense-t-il pas que l’incertitude politique clans laquelle son parti et lui nous plongent depuis tant d’années a assez duré?Les jeunes ont droit à un avenir tout aussi prometteur que celui duquel il a tiré son premier emploi.A cette époque, les employeurs s’arrachaient les finissants.On faisait des pieds et des mains pour qu’ils choisissent leur entreprise plutôt qu’une autre.De nos jours, les jeunes en arrachent pour trouver un travail, point à la ligne.Ils en arrachent aussi pour rembourser ces frais de scolarité leur permettant prétendument d’ouvrir les portes du succès et d’atteindre de nouveaux défis.Les temps ont bien changé, mais les idéaux demeurent.Voilà pourquoi je voterai libéral pour la premiè- R K S re fois de ma vie.Je crois, en toute honnêteté, que c'est le seul choix réaliste pour moi, celui qui me permettra de voir enfin la lumière au bout du tunnel.Mes priorités passent celles de M.Bouchard.Je m’en excuse mais c’est un choix tout réfléchi.Naomi Arpin Rondeau Montréal, 13 novembre 1998 Une marche de santé.payante La chute Montmorency est un site touristique réputé, un joyau de la ville de Beauport et de toute la région de Québec.C’est aussi, selon une tradition centenaire, un parc où les gens du voisinage et d’autres piétons ont l’habitude d’entrer librement.Ils y savourent le panorama, y allongent leur petite marche de santé, y parlottent un brin.Les Beauportois aiment bien leur chute et leur parc.Mes grands-parents, mes parents, mes voisins ont aimé et fréquenté ce lieu, je m’y promène souvent.Je suis l’un de ceux qu’on appelait autrefois les gens du haut du Sault.Les temps changent.Les gens du haut du Sault, beaucoup d’autres Beauportois familiers de ces lieux, sont vexés.Nous nous sommes réjouis au cours des dernières années de la mise en valeur du manoir Montmorency et de son parc.Voici que la Société des établissements de plein air du Québec se fait rappeler sa mission de rentabiliser ses opérations et ses investissements.On révise actuellement la tarification concernant l’accès.Ejle existe concernant l’automobile et l’autocar.Élément nouveau du projet: les piétons qui viendront dans le parc y prendre un peu d’air, eux qui depuis toujours s’y sentaient invités, devront peut-être désormais s’arrêter au guichet et payer leur petite marche de santé.Le principe de la tarification de la promenade à pied dans ce bon vieil espace vert est fort discutable.On y a toujours donné libre accès aux piétons, favorisé le bon voisinage.Le gouvernement du Québec semble maintenant y pousser la SE-PAQ vers la tarification de la marche à pied.Cela illustrerait plutôt tristement la tendance actuelle du gouvernement québécois à tout rendre monnayable.Dans le présent cas, il s’agirait de déloger les fidèles et paisibles promeneurs d’un parc qui pratique un véritable accueil depuis plus de 100 ans! Quels principes le ministère des Ressources naturelles applique-t-il ici?Le moment est propice à une explication.Alors peut-être emboîterons-nous le pas à l’administration.Ou alors, acceptant des inconvénients, roulerons-nous plutôt vers des parcs magnifiques eux aussi et de surcroît encore sympathiques.Tels à Québec, Maizerets, la terrasse Dufferin, les plaines d’Abraham et beaucoup d'aptres sites, petits ou grands.A Beauport, ma voisine, la Dame blanche, ne se laissera peut-être plus approcher! Michel Giroux Beauport, 6 novembre 1998 R E V I! K I) E I* R.E S S E La faim, le fusil et la banane La presse i*.La faim devient une arme dans les conflits, quand l’aide humanitaire est détournée au profit des belligérants.La banane, fruit charnu et républicain, devient objet de guerre commerciale.CLAUDE LÉVESQUE Le Devoir La faim continue de faire des ravages dans le monde.Deux organes de presse nous le rappellent à la une.L’Express, édition internationale, fait le point sur la situation au Soudan, où une guerre civile sévit depuis quinze ans et une famine, depuis.curieusement, si l’on prend le mot famine dans le sens de famine cyclique, depuis environ quinze ans.Y aurait-il donc un rapport, une anguille sous la roche proverbiale?Il semble que oui.L’Express écrit d’entrée de jeu: «.les caprices du ciel ont bon dos.Pour décimer les Dinkas, cette lignée d’éleveurs, et les autres peuplades chrétiennes et animistes du Sud, il leur fallait un puissant allié: la guerre, celle qui oppose grosso modo le pouvoir islamiste de Khartoum, son armée et ses milices, à l’Armée de libération des peuples du Soudan de John Garang, guérilla mieux connue sous son sigle anglais, SPU\.Le bilan est effarant: plus de 1,5 million de morts depuis 1983, date de la reprise des combats, et quatre millions de déplaces, paysans et citadins jetés sur les chemins de l exil intérieur.Déboussolés, ballottés au gré des scissions brutales et des ralliements au plus offrant, les affames fburnissent aux ennemis le contingent d’otages si précieux a l’heure de quémander l’aide internationale.» Au Soudan, la famine a tué cette année des centaines de milliers de civils et en menace encore 2,6 millions, ajoute L’Express.Une trêve, conclue en octobre entre les principaux belligérants, permet aux organisations internationales de limiter les dégâts.Lifeline Sudan, un gigantesque pont aerien orchestré depuis dix ans par le RAM et I UNICEf* et au sein duquel œuvrent une quarantaine d’ONG, porte enfin ses fruits, constate \'Express.Malgré cette trêve qui touche les principaux belligérants, la reprise des combats sur des fronts dans l'est et l’extrême sud du pays, et qui opposent diverses eth- & > dtp du monde i H Rii H ffw E;ïE promet ce répit précaire, au risque de disloquer localement le dispositif humanitaire.Le Monde diplomatique élargit la perspective.Dans un éditorial un peu plus succinct que ceux dont il a l’habitude de gratifier les lecteurs de ce vénérable mensuel de centre-gauche, Ignacio Ramo-net écrit: «Les denrées alimentaires n’ont jamais été aussi abondantes, et les disponibilités devraient permettre à chacun des six milliards d’habitants de ta planète de disposer d'au moins 2700 calories par jour.[Pourtant | chaque année, 30 millions de personnes meurent de faim.Et 800 millions souffrent de sous-alimentation chronique [.[ parce que la faim est devenue une arme politique [.[ En Somalie, au Soudan, au Liberia, en Corée du Nord, en Birmanie ou en Afghanistan, des responsables gouvernementaux ou des chefs de guerre prennent en otage des innocents, les affamant pour atteindre des objectifs politiques.Parfois avec une extrême cruauté, comme en Sierre Ixo-ne, où les hommes du Rebel United Front de l’ex-ca-poral Eoday Sankoh mènent depuis un an une effroyable Le Monde diplomatique campagne de terreur, en amputant systématiquement, à la machette, les mains des paysans pour les empêcher de cultiver.'’ En conclusion, Le Monde diplomatique cite le dernier prix Nobel d'économie, Amarlya Sen: «L’un des faits les plus remarquables de la terrible histoire de la faim, c'est qu’il n'y a jamais eu de famine grave dans aucun pays doté d’une forme démocratique de gouvernement et possédant une presse relativement libre.» ?FINANCIAL TIMES Affamer pour mieux faire la guerre, mais aussi faire la guerre (commerciale) pour mieux gaver un marché lucratif qu’on convoite.Le Financial Times évoque un tel conflit, qui fait rage depuis des années entre les États-Unis et l’Union européenne au sujet de la banane.Pas de quoi rire.Ix* combat est mené par le roi de la banane, le propriétaire (républicain) de Chiquita, le plus gros producteur mondial de la denrée.Carl Lindner a réussi à transformer le traitement présumément discriminatoire fait à des tiers (les républiques ba-nanières d’Amérique centrale) en un, enjeu de principe et un combat national pour le Etats-Unis.Certains y voient un cas-type de la façon dont les lobbies fonctionnent à Washington.Républicain, M.Lindner est un des plus gros contributeurs aux deux grands grands partis partis politiques américains.Cet octogénaire de l’Ohio a d’abord fait fortune dans la crème glacée, l’assurance, la finance et l’immobilier.En 1984, il a réussi une OPA hostile sur United Brands (le successeur corporatif de la United Fruit Company) grâce aux junk bonds (obligations de pacotille) de la maison de courtage Drexel Burnham La mbert.En 1993, rappelle le ET, l’UE a introduit des nouvelles règles commerciales favorisant les bananes produites dans les Antilles, au détriment des bananes «dollarisées» de l’Amérique centrale et de M.Lindner, qui a réagi en suscitant une coalition bi-partisane de politiciens fédéraux, dont Bob Dole, Trent Lot et Newt Gingrich du côté républicain, mais aussi John Glenn et Richard Gephardt.L’enjeu est de taille: le marché européen de la banane représente des profits potentiels de un milliard par année.Ixs cyniques rappellent que la United Fruit Company entretenait de si bonnes relations avec-la CIA dans les années 1950 que l’age,nce de renseignements lui a préparé un coup d’Ètat sur mesure au Guatemala en 1954.Plus cynique encore, un observateur anonyme dit au FT: «[Les gens comme Lindner] achetaient [alors] des pays comme le Honduras et le Costa Rica; aujourd'hui, ils achètent les Etats-Unis.» m i I.E I) K V OIK.I.K I.T \ I) I X O V K M 15 It E I il il 8 A 9 IDÉES Économie québécoise Les errements de PInstitut Fraser L’industrie de pointe se serait-elle développée autant sans l’intervention de l’Etat?PIERRE-PAUL PROULX Professeur (l'économie à l'Université de Montréal aisons état (k* quelques éléments du modèle de développement que nous prônons avant d’examiner sommairement la critique récente que l’Institut Fraser a faite de la performance du gouvernement du Québec.Nous vivons maintenant dans une société et une économie informationnelle, et notre ère de capitalisme mondialisé, caractérisée par la mobilité des biens, des services, du capital et de l'information, donne lieu à des effets d’agglomération, d’où un développement inégal ainsi qu’une régionalisation et une concentration de la croissance, de l’emploi et de la richesse dans un nombre restreint de pays, de régions et de villes.Dans le nouveau contexte, l’identité devient fondamentale car nous vivons une période caractérisée par la déstructuration et la délégitimisation de nombre d’institutions, l’affaiblissement de certains mouvements sociaux majeurs et la manifestation de nombre d’expressions culturelles éphémères, bt compétitivité et la productivité dépendent de plus en plus de notre capacité à générer, à traiter et à appliquer efficacement et avec flexibilité les connaissances nouvelles.Il nous faut aussi reconnaître l’importance donnée à la personnalisation, à l’interactivité, aux réseaux et à la recherche incessante d’innovations technologiques dans ce nouveau contexte.Un État-réseau sans lequel on ne peut conserver notre culture; des activités résiliâmes locales et régionales denses entre entreprises, individus et gouvernements, certaines étant non médiatisées par le marché, voilà des éléments du modèle que le Québec se doit de tenter de renforcer et de développer pour favoriser les activités d’innovation, de formation, d’information et les synergies et collaborations si essentielles à sa survie comme entité politique dans un monde d’intégration économique.La mé-tropolisation, la spécialisation accompagnée de diversification, l’information sur les marchés, les technologies et les «best practice», voilà des réalités que nous devons favoriser dans la nouvelle économie.Et il nous faut évidemment tenir compte de l’importance des industries culturelles, sportives, des loisirs et du tourisme dans notre modèle.I Dans son examen de la résorption du déficit au Québec, l’Institut Fraser conclut que la méthode québécoise se révèle à la fois encourageante et inquiétante.Il trouve encourageant la démarche vers le déficit zéro, mais s’inquiète de lia façon de diminuer les dépenses.La réforme de l’impôt des particuliers en 1997-1998 i (baisse de 6 % de l’impôt et déclaration de revenu simplifiée), la réduction en 1998-99 de la taxe sur la masse salariale, les mesures fiscales dans le secteur du multimédia 'afin de permettre l’atteinte d’une masse critique et l'adoption de la Loi sur l’élimination du déficit et l’équilibre budgétaire adoptée en décembre 1996, voilà des mesures qui motivent une évaluation plus élevée que celle ide l’Institut pour ce volet de la politique québécoise.Un tjiux d’endettement qui passe de 43,8 % du PIB en 1994-95 à 43,1 % en 1998-99 et à 41,8 % en 1999-2000, une diminution de la part des revenus budgétaires consacrée au paiement des intérêts de la dette qui passe de 15,9 % en 1994-95 à 14,9 % en 1999-2000, voilà des résultats dont même un néoclassique strict devrait se réjouir.Que l’écart sur le taux de rendement des obligations du gouvernement du Québec et du gouvernement fédéral, de 86 points de base en moyenne entre 1990 et 1994 soit -passé à 41 points de base entre janvier et septembre 1998 ¦et que les agences Moody’s et Standard and Poor’s aient m ARCHIVES LE DEVOIR La compagnie Ubisoft, spécialiste du multimédia.L’Institut est-il réellement convaincu cette industrie aurait atteint son niveau de développement actuel sans intervention gouvernementale, et ce le plus souvent comme partenaire d’entrepreneurs qui prennent l’initiative de demander son intervention?augmenté la perspective associée à la cote du Québec, voilà des résultats qui relativisent ce qu’il faut retenir de la critique de l’Institut Fraser.L'Institut indique que le Québec est une des provinces où l’importance relative des entreprises gouvernementales par rapjxjrt aux entreprises privées est la plus élevée.Connaître l'histoire récente de l’économie du Québec permet de comprendre le rôle essentiel qu’ont joué ces entreprises dans notre développement économique durant et après la Révolution tranquille.Ix* vent de privatisation, de déréglementation et d’intégration qui souffle ainsi que la proximité des Etats-Unis font que le Québec participe à ce mouvement.Selon notre confrère Ixic Bernier de l’ENAP, la valeur des privatisations au Québec aurait été de 1,58 milliard de dollars durant la période 1986-1994.Au cours des quatre dernières années, le gouvernement a réalisé 14 transactions de privatisation qui ont rapporté plus de 1,15 milliard de dollars.L’influence de la Federal Energy Regulatory Commission se fait sentir, et Hydro se met au pas de l’Amérique du Nord.Dans l’évaluation de la politique de main-d’œuvre et d’emploi, l'Institut parle de «corporatisme à l’européenne (nos sommets).L’importance que nous avons donnée à la synergie, à l’acceptation largement partagée d’objectifs socioéconomiques indique que nous sommes aux antipodes du modèle de l’Institut Fraser.Il est largement accepté que le calendrier des investissements a été avancé grâce à ces sommets.Que le climat de travail au Québec soit maintenant enviable (9,1 % du total de jours-personne perdus dans des conflits de travail au Canada en 1997) témoigne de l'efficacité du modèle québécois.Que nous ayons pu échapper au déclip substantiel dans les salaires réels qui a été observé aux États-Unis témoigne aussi de l’existence d’un modèle différent et plus redistributif et équitable que celui prôné par l’Institut.L’Institut propose au gouvernement du Québec de s’inspirer de l’Ontario dans ses efforts de décentralisation vers les municipalités.Présentement, les administrations municipales du Québec se financent à 91 % à partir de sources de revenus autonomes et à 9 % à partir de subventions gouvernementales.Après la réforme Harris, les municipalités ontariennes devront compter sur les paliers supérieurs de gouvernement pour le quart de leur financement.L’Institut Fraser voit d’un mauvais œil les subventions aux entreprises et à la R&D.L’Institut est-il réellement convaincu que les industries de l’aéronautique et de l’aérospatiale, des technologies de l’information et du multimédia et de la pharmaceutique, entre autres, auraient atteint leur niveau de développement actuel sans intervention gouvernementale, et ce le plus souvent comme partenaire d’entrepreneurs qui prennent l’initiative de demander son intervention?Comment expliquer que le Québec a créé 23 % des emplois créés au Canada depuis un an alors que depuis 1960 sa proportion était dans les 20,3 %?Comment expliquer une hausse des investissements de 44 % depuis trois ans, celle de l’Ontario étant de 37,1 % et la moyenne canadienne s’établissant à 36,5%?Comment expliquer des intentions d’investissement qui augmenteraient en 1998 de 11,6 %, celles en Ontario s’établissant à 2,1 %?L’intégration économique nous impose l’obligation d’avoir un souci de tous les instants pour l’innovation, l’information, la compétitivité, la productivité et la qualité des ressources humaines.Le «faire-faire» dans la poursuite des objectifs publics et un rôle inévitable pour une fonction publique efficace auprès des «groupes» qui œuvrent au Québec, voilà aussi des caractéristiques du modèle québécois du prochain millénaire.Besoins essentiels et droits humains Que faire pour Pélimination de la pauvreté ?Depuis l’arrivée du gouvernement péquiste à Québec, l’écart entre le seuil des besoins essentiels et le montant des prestations de la sécurité du revenu a augmenté IR.in BILL CLENNETT Association pour la défense des droits sociaux L e 27 mai dernier, le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, et plusieurs autres députés de l’Assemblée nationale ont signé une formule d’engagement affirmant: «Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que les droits de l’Iiommc deviennent une réalité partout dans le ¦monde.» Moins d’un mois plus tard, M.Bouchard a renié cet engagement lorsqu’il a voté en faveur du projet de loi J86 sur la réforme de l’aide sociale.Celte année est le cinquantième anniversaire de l’adop- lion par les Nations unies de la Déclaration universelle des .droits de l'homme.La grande majorité des gens associent à juste titre ce document au progrès social accompli depuis un demi-siècle dans le domaine des droits civiques et ¦politiques.Il existe cependant un autre volet de droits humains tout aussi important.Il s’agit des droits sociaux, économiques et culturels.Cette partie de la Déclaration univer-uselle des droits de l’homme est moins connue et moins valorisée, ce qui ne veut pas dire qu’elle est moins importante.En 1993, la Conférence mondiale des Nations unies a réaffirmé: «Tous les droits de l’homme sonj universels, indissociables, interdépendants et intimement liés.» On ne peut donc pas choisir parmi ces droits ceux qui font notre affaire et mettre les autres de côté.¦ r i C’est pourtant ce que fait le gouvernement du Québec en ce qui concerne l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.Cet article affirme que «toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son • bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté».En effet, depuis 1989, la politique officielle au Québec en matière de sécurité du revenu est d’assurer que le montant des prestations accordées aux personnes considérées aptes au travail soit insuffisant pour couvrir leurs besoins essentiels.L’augmentation du recours aux organismes charitables de dépannage au cours des dernières années est une conséquence directe de ce choix politique.La logique de ce régime, développée par des libéraux et poursuivie par les péquistes, voudrait que le manque à gagner dans la couverture des besoins essentiels soit comblé par des gains de travail.Rencontrée récemment par l'ADDS à Campbell’s Bay, la ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Mme Hard, a réitéré cette idée absurde voulant que de tels gains, hypothétiques et le plus souvent fictifs, puissent être comptabilisés dans le calcul de la couverture des besoins essentiels.Ixiin d’assurer le respect du droit à un minimum vital, cette approche punitive est plutôt le garant du contraire.La carence budgétaire des centaines de milliers de personnes au Québec est clairement le résultat d’une volonté politique de bafouer les droits des pauvres.Depuis l’arrivée du gouvernement péquiste à Québec, cet écart entre le seuil des besoins essentiels et le montant des prestations de la sécurité du revenu a augmenté, et ce malgré une période de croissance économique et ses propres critiques envers le gouvernement de Robert Bou-rassa justement pour avoir porté atteinte à la couverture des besoins essentiels.le gouvernement {louchard a réduit les prestations de la sécurité du revenu à coups de centaines de millions de dollars jusqu’à l’abolition de la gratuité des médicaments.En plus des coupes, les prestataires considérés comme aptes au travail se sont appauvris davantage étant donné la non-indexation de leurs très maigres prestations depuis 1993.Avec l’adoption du projet de loi 186, le 19 juin dernier à 3h30 du matin, le gouvernement du Québec a réaffirmé cette politique de non-couverture des besoins essentiels et de non-respect des droits humains, tout en accentuant le caractère coercitif du régime de l'aide sociale.Selon l’Association pour la défense des droits sociaux (ADDS), une société riche comme la nôtre a suffisamment de ressources pour assurer la couverture des besoins essentiels de toute sa population et ainsi respecter ses engagements internationaux en matière de droits humains.La campagne électorale qui bat son plein va déterminer qui va gouverner le Québec au cours des quatre prochaines années pour l’élimination de la pauvreté.Lors de cette campagne électorale, l’ADDS demande aux partis politiques de se prononcer clairement sur la question de la couverture des besoins essentiels.Jean Charest a accepté de rencontrer l'ADDS, mais il a refusé de répondre à la question.Quant à M.Bouchard, l’ADDS est toujours dans l’attente de sa réponse.Il est totalement inacceptable qu’à la veille du cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme les partis politiques qui voudraient conduire le Québec au prochain millénaire n’aient pas la franchise et le courage de donner l’heure juste à la population concernant ses droits.Ce n'est pas trop demander que les personnes à faible revenu du Québec puissent savoir, avant d’aller voter, si oui ou non les différents partis politiques croient que tout le monde a droit à trois repas par jour, à un toit au-dessus de leur tête ainsi qu’à toutes les autres nécessités de la vie.G i Iles A rc II a ni ha nit / - Une certaine gêne J' Nous semblons vivre une autre époque.Comme s’il y avait une certaine gêne à revendiquer une appartenance québécoise.aime la nouvelle toilette de ce journal.Je me sens plus à l’aise à l'extérieur de la page éditoriale.En retrait mais tout contre.On pourrait arguer que la désignation «Idées» qui coiffe la chronique dont je suis le titulaire ne me convient pas tellement non plus.Mais enfin, on a agrandi ma photo.Je me sens devenir important.Pourvu que je n’aie pas la grosse tête un de ces jours.Sait-on jamais avec les écrivains?Surtout les romanciers dans mon genre qui ne s'habituent jamais à l'aspect trop raisonnable de leurs succès.Ils ont beau prétendre dans des colloques n’attacher que peu d'importance à la taille modeste de leur lectorat, ils ont eux aussi soif de renommée.Sinon, pourquoi écriraient-ils?Je sors peu.Il est normal toutefois que lorsque je me commets à fréquenter le monde j’aie plutôt tendance à rencontrer des écrivains.J’en connais de forts charmants et leur commerce me parait plus agréable que celui que j’aurais avec des plombiers ou des électriciens, gens sûrement admirables mais dont la conversation ne m’est pas proche pour des raisons évidentes.Je peux à peine visser une ampoule et m’imagine savoir écrire des livres.La dernière fois que je me suis rendu à un lancement, j’ai été happé par un essayiste.Je n’ai rien contre les essayistes.Celui-là, pas un deux de pique croyez-moi, m’a bassiné pendant une heure.Combien cle fois n’ai-je pas souhaité qu'on nous interrompe |>our une photo de groupe, un appel «au feu» ou un discours de l’éditeur qui nous recevait?En vain.Il causait, causait.J’opinais de la façon la moins ennuyée possible.Il parlait bas, je suis sourd comme un pot.Et puis il y avait un tel murmure ambiant que je ne saisissais qu’un mot sur les cinq qu’il prononçait de sa bouche molle et (faut-il le dire?) un peu répugnante.La conversation me paraissait terminée lorsqu’il ajouta en guise de conclusion: «Je vous trouve bien radical.Vos prises de position dans Le Devoir.» Jetais déjà rendu un peu plus loin, me joignant par la manière forte à un trio d’universitaires discourant sur la carrière de Céline Dion.Étaient-ils pour ou contre la femme du manager que vous savez?Je l’ignore encore et m’en soucie autant que du sort réservé à mes livres chez les soldeurs.À vrai dire, j’étais impoli.Je ne connaissais que l’un d’entre eux, qui avait jadis dit du mal de l’un de mes romans.Mais s’il fallait que j’en veuille à tous ceux qui m’ont battu froid tout au long de ma carrière littéraire qui n’en finit pas, je vieillirais en ermite.Mais me voilà-t-il pas que ce fesse-mathieu me lance, sourire de pisse-vinaigre en coin: «Comment va ton Parti québécois?» J’aurais dû — c’est certain — retrouver mon essayiste.Il était seul et cherchait désespérément une proie.Son verre était vide.J’aurais pu le diriger vers le serveur qui proposait un mauvais vin (blanc ou rouge) et des amuse-gueules (insipides).Mais non.Après avoir répliqué: «Des nouvelles de Trudeau, dernièrement?», je me suis réfugié auprès d’une romancière qui, chaque fois que je la vois, me rappelle qu’elle a bien aimé mon deuxième roman.Les autres l’ont-elle déçue?Je n’ose pas lui demander.Pas très en forme ce soir-là, elle m’a demandé si j’ai-majs sa coiffure (affreuse).À côté de nous, on se moquait d’un historien (trop) nationaliste.Je ne prise pas tellement l’auteur incriminé, mais il me semblait qu’il y avait là une injustice.On brûlait un peu légèrement ce qu’on avait aimé naguère.Én me dirigeant vers la sortie, tout entier à la hantise que quelqu’un ne me retienne, j’ai entendu quelques bouts de phrases, donné une ou deux poignées de main.Restait l’épreuve du vestiaire.Qui n'en fut pas une.Un ami dont la présence en ces lieux était surprenante.Je n’eus pas de peine à l’entraîner dans un restaurant tout proche.Habituellement nos conversations sont décousues.Nous éprouvons un tel plaisir à nous retrouver que nous oublions d’être exigeants.Nous passons allègrement d’un livre lu à un film raté sans oublier la maladie et la mort qui ne manquent jamais de se signaler à notre attention.Ce soir-là, nous nous sommes étendus sur un sujet particulier.Il nous semblait à tous les deux que les écrivains et les intellectuels québécois avaient bien changé en vingt ans.Beaucoup d’entre eux avaient commencé par être des zélateurs convaincus d’une certaine idée du Québec.Ils en étaient même lassants parfois.Intransigeants, sûrs de leur fait, comme si le Québec un jour pouvait être un phare pour un quelconque Occident.Nous semblons vivre une autre époque.Comme s’il y avait une certaine gêne à revendiquer une appartenance québécoise.D’écrivains convaincus un peu trop naïvement parfois, ils étaient passés à un état voisin de la honte.Us se mettaient à avoir mal au Québec.Le Canada leur apparaissait souvent comme un Etat à vocation internationale alors que le Québec, vous savez.Pas tous, bien sûr.Nous en sommes convenus aisément.Nous sommes aussi tombés d’accord sur la grande misère qu’il y a à rougir (ou à blêmir, c’est selon) de ses origines.Cela tient toujours plus ou moins d’une certaine médiocrité du cœur et de l’esprit.J’espère que nous avons raison.Ecrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères ou moins (incluant les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi, si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Même si vous utilisez le courriel (redac-tion@ledevoir.com ) ou un autre support électronique, n’oubliez pas d'indiquer vos coordonnées complètes, incluant votre numéro de téléphone.É Q 11 I D U I) E V O I K JA RÉDACTION loiirinlistrs A l'Information générale et métropolitaine : l-ouis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urbaine), Yves d’Avignon (pupitreur): Huile des Rivières (éducation).Jean Dion, louis-Gilles Francœur (environnement) Judith Lachapelle.Louise I ,„l„.Au., .t ." 1-, ,, ,,, unliiinue, munieibalcs).Caroline Montpetil.Isabelle Paré (santé).Jean lichette (justice).Serve Truffant (Questions urbaines) ; Michel Carneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages edi tonales, responsable des pages thématiques): Martin Ducloset l hnstmc Dumaze (relecteurs): CornellicT (correspondante parlent! hhum u -.•.-«.j.v-.< lilies Pan* (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome.Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITE ET LE MARKETING Myrtu Jacques A.Nadeau Claire Paquet, Chantal Rainville.Micheline Ruelland (publicitaires) ; Manon Blanchette-Turcotte.Geneviève hindry.Sylvie Importe.Micheline Turgeon .MartineBerubé (secrctaireYJ A I R()I)l C 1ION Jou*l\ n Ai>enaiil( (directeur de.app ™ »*»»»' Turgeon (responsable de la production).Claudine Bedard.PhilipiJe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Christian Goulet, Marie-Josée lludon.Christian \ ton.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.