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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-03-20, Collections de BAnQ.

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I K i) K V (I I It .I.E S S A M EDI 2 0 E T I) I M A N (' Il E 2 I M A K S I !> !> !» LE m 1___ Sc: « / DOSSIER: IA VALSE DES COPRODUCTIONS PAGE B 3 THEATRE: CHIENNE DE VIE PAGE B 7 PETEUX DE BROUE PAGE B 10 Cinéma page B4 DISQUES page B 8 MUSIQUE pageB12 !/v \ X ! v -* \ V / X ( ¦ i; V* m .y • 6» V .yx.; ir'.y t Diffuseurs et producteurs s’entendent pour le dire: le Québec possède une excellente télévision pour enfants.«Sur le plan international, on est en avant de la parade», proclame même une responsable de programmation.Dommage que le produit ne soit pas plus aisément exportable.CAROLE TREMBLAY Depuis l'imagination débridée de La Boîte à surprises et la vague pédago-édulcorée de Passe-Partout, la télé pour enfants a fait du chemin et le paysage actuel de la télévision jeunesse est plus riche et plus diversifié qu il ne l’a jamais été.Jeu, comédie de situation, magazine, fiction dramatique: pratiquement tous les genres sont représentés, déclinés de différentes façons selon la tranche d’âge à laquelle ils s’adressent Un des grands facteurs qui expliquent le «baby-boom» de fa télévision pour enfants au Québec est sans contredit l’avènement de deux chaînes spécialisées, Canal Famille et Télétoon, qui diffusent à cœur de jour des émissions destinées auxjeunes.Avec l’avènement de ces canaux spécialisés, Radio-Canada a definitivement perdu son titre de chef de file du secteur, déjà émoussé par le Passe-Partout de Télé-Québec.Stéphane Turcotte.1a directrice des émissions jeunesse à la SRC, sans revendiquer le statut de télé éducative, entend proposer du divertissement intelligent, comme c’est le cas avec Bêtes pas bêtes, une émission sur les animaux dont le succès ne §e dément pas.La télévision d’Etat ne produit maintenant que le quart des émissions qu elle présente.Sur ce lot, 1a majeure partie est constituée d’émissions qui «emballent» 1a production privée d’ici et d’ailleurs.Stéphanie, l’animatrice des Chatouilles, accompagne les enfants pour le bloc préscolaire, qui a quitté la grille-horaire du matin pour se joindre à celui du retour de l’école, encadré celui-là par Elyse Marquis à bord du 0340.Les dessins animés du samedi matin, une tradition aussi solidement établie au Québec que 1a tartine au beurre d’arachides, s encastrent dans Bouledogue Bazar, qui propose sketchs, concours et animation.VOIR PAGE B 2: TÉLÉ TOUT-PETITS mars au 5av r i 1 _ www.les400coups.com tél.:(514)499-2929 CLICHÉ RÉPÉTÉ A ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT.EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR A1C » ?ï LE DE V 0 [ R , L E S S A M EDI 2 0 E T I) 1 M A N C H E 21 M A It S I !» !» » B 2 TELE TOUT PETITS Les grands réseaux n'exercent plus la même mainmise qiïauparavant sur les émissions jeunesse: les gros joueurs se retrouvent maintenant sur le câble avec l'arrivée de Canal Famille et de Télétoon SUITE DE LA PAGE B 1 «% ¦ « te * • Télé-Québec est le seul diffuseur 'à assumer franchement sa vocation pédagogique auprès des jeunes.Cornemuse, le dernier-né de la maison, -Çst le résultat d’un appel d’offres au-Cprès des compagnies de production.^Treize maisons ont proposé des projets correspondant aux critères du diffuseur, à la recherche d’une émission à la fois éducative et amusante, favorisant l’estime de soi.Le succès de l’opération démontre qu’il existe ^encore une demande pour le genre.IÇelon les récents sondages, 55 % du ^public d’âge préscolaire est rivé à ; «cette dramatique, en ondes depuis ;Cjanvier seulement.Pas de pub, pas de bonbons Chez les diffuseurs privés, la part accordée aux jeunes est mince.Il est d’ailleurs tout à fait compréhensible que ceux-ci boudent un public auquel la publicité, leur principale source de financement, n’a pas le droit de s’adresser.Les émissions : jeunesse se résument donc à peu de ; -choses: quelques reprises pour les • Itout petits et des émissions visant ; les.ados, une zone floue de la pub.; I ¦ À TVA, Décibel, animé par Natha-! ;lie Simard, est une sorte de version ;-fajeunie et actualisée des Jeunes Talents Catelli.On y danse le hip-hop ! plutôt que la claquette et on y rappe au lieu d’y pousser la chansonnette.Cyberclub est un magazine traitant du multimédia, d’Internet et autres bidules branchés ravissant le «pubère cible».On semble assez satisfait des résultats: 800 000 auditeurs en plein samedi après-midi.A Canal Fa- mille, on tâte aussi du multimédia avec Génération W.Ces deux émissions possèdent d’ailleurs leurs propres sites Internet.Tout comme nombre d’émissions à Radio-Canada, qui pousse même le zèle multimédia jusqu’à développer des sites Web autonomes, sans rapport avec la programmation.ZD6, en ligne depuis décembre, propose un site interactif alimenté par une équipe d’auteurs et de créateurs majson.ATQS, l’autre réseau privé, on présente Le Petit Journal, une demi-heure de chroniques et d’informations sur le quotidien des ados, mais aussi de l’information sur les événements de l’actualité locale, nationale et internationale.En ondes depuis 1985, l’émission, conçue pour les 9-12 ans à ses débuts, a connu une cure de «vieillissement» en 1995, année où la formule a été renouvelée au profit d’un public légèrement plus âgé.Déjà lauréat de trois prix Gémeaux, Le Petit Journal est utilisé par le ministère de l’Education pour son programme de câbloéducation.De tout pour tous Les plus gros joueurs se retrouvent sur le câble.Canal Famille, en ondes depuis une dizaine d’années, propose une programmation à demi canadienne, dont environ la moitié est fabriquée au Québec.Le réseau, qui coproduit une bonne partie de ses créations, se définit comme une télé généraliste, s’adressant à différentes classes d’âges, dans tous les genres, du magazine à la comédie de situation en passant par l’animation.«Nous ne sommes pas une télé éducative mais nous ne proposons pas pour autant des calories vides», affirme Monic Lessard, vice-présidente à la programmation du réseau.La vocation de cette chaîne entièrement consacrée à la famille est d’abord de divertir en offrant des valeurs positives.Considéré à ses débuts comme l’écran des petits, une sorte de gardienne d’enfants électronique, la télé de Canal Famille a pris une tangente un peu plus délinquante au cours des dernières années.Mme Lessard est fière de souligner que son réseau a mis en ondes la toute première comédie de situation pour jeunes: Radio Enfer.Contrairement à Watatatow (SRC), qui s’adresse à la même tranche d’âge, l’émission ne cherche pas à mettre le doigt sur les bobos de la société.«Nous, on s’adresse à une population d'enfants qui sont sains.Nous ne voulions pas faire la promotion de l’école, mais tant mieux si l’émission donne envie aux jeunes d'y aller.» Devant le succès de cette comédie, Canal Famille a ajouté à sa grille-horaire Dans une galaxie près de chez vous, une délirante parodie des séries se déroulant dans l’espace et qui joue sur l’absurde, à cheval entre Star Trek et LXE-13.L’absurde est d’ailleurs la clé qui ouvre la porte des cotes d’écoute du public adolescent.L’inusité, l’insolite demeurent des valeurs très prisées et on arrive à en saupoudrer un peu partout, même dans les émissions à contenu plus informatif.Toujours à Canal Famille, Zone de turbulence est un magazine éclaté qui aborde le thème quotidien par une multitude de lorgnettes.Informations, sketchs, reportages sur des aspects inusités, discussions à bâtons rompus entre les quatre animateurs qui se racontent souvenirs et anecdotes, la formule est neuve, fraîche, et tranche avec l’habituelle série de sketchs servant à masquer la teneur pédagogique du contenu.Mme Lessard proclame encore haut et fort que le Québec produit la meilleure télé jeunesse au monde.4 4* SOURCE CINAR La version dessin animé de Caillou Lauréat de trois prix Gémeaux, Le Petit Journal est utilisé par le ministère de l’Éducation pour son programme de câbloéducation seulement! VERT1 VIE QU lBAT CHOREGRAPHIE!]INI! I I C LAURIN MUSIQUE DRUMMING >e STEVE REICH DIRECTION MUSICALE WALTER BOUDREAU AVEC LES DANSEURS D’O VERTIGO ET LES MUSICIENS DE L’ENSEMBLE DE LA SMCQ DU 31 MARS AU 3 AVRIL 1999 À 20 h rencontre avec les artistes après la représentation du 2 avril Centre Pierre-Péladeau 3oo, boul.de Maisonneuve est - Réservations : (514) 987-69 I 9 S .1 I I (• • I’ i (¦ T I ( M c r ( II TC Prix spéciaux étudiants, aines, membres du RQD et de la Guilde des musiciens J &R Coproduction O Vertieo/SMCQ HOUR joint Adventures/Lc Palace de Granby www.cam.org/~overtigo SOURCE CANAL FAMILLE La joyeuse bande de Radio Enfer loéfiHissaBLe [¦•¦]• le devoir Mce est marvel.• nue tHéâtRaLl.]ewmge Àt POIgNflNt.» S’exporter par la bande Canal Famille a dû établir des stratégies pour contrer la concurrence fqroce du nouveau joueur Télétoon.A la différence du dessin animé, qui n’a pas d’ancrage géographique précis, Canal Famille concentre sa production originale autour de réalités bien de chez nous.On tente de développer des «vedettes locales» auxquelles les jeunes pourront s’identifier.Cette optique locale constitue cependant le principal obstacle à l’exportation.L’accent et le contenu québécois traversent mal les frontières.D’autant plus que le marché anglophone semble allergique à l’idée même du doublage.C’est pourquoi les producteurs d’ici doivent trouver de nouveaux moyens de financer leurs entreprises.La coproduction en est un.Le développement d’un secteur anglophone en est un autre.Chez SDA, une des plus vieilles maisons de production télé, on aura mis près de 40 années de télé jeunesse à se décider à développer des projets directement dans la langue de l’oncle Sam.La machine est en marche depuis le début des années 90, avec une petit poussée d’adrénaline depuis deux ou trois ans, sous la houlette de Michel Lavoie, qui dirigeait autrefois le secteur jeunesse de Radio-Canada.Plus d’une dizaine de projets mijotent dans ses chaudrons.Il s’agit parfois d’émissions en français refaites en anglais.Dans une galaxie près de chez vous, par exemple, pourrait subir cette transformation.SDA crée aussi de nouveaux concepts, comme Yaa! To the max! et Super-Mécanix (diffusée en français à Radio-Canada), une émission sur le thème «comment ça marche?».Entièrement produite au Québec, en collaboration avec le SOURCE CINAR La famille de Ouimzie et ses envahissants amis géant américain Hearst, l’émission est tournée en anglais, diffusée au Canada anglais (Global) et exportée fivujci namv.L i uv-rvj- rvv_ uvj ii en Amérique latine, en Italie, en Suisse, en Belgique, en Afrique du Sud et aux Etats-Unis, où elle a déjà gagné de nombreux prix.Une véritable success story qui entame sa troisième saison cette année.Le marché anglophone pourrait ouvrir la porte à l’exportation de l’expertise québécoise dans le domaine.A quoi peuvent s’attendre les prochains jeunes?À en croire ce que disent les spécialistes: du pré-pré-scolaire genre Télétubbies — maintenant que le tabou de s’adresser au porteur de couches est levé, la porte est grande ouverte —, du girl power, c’est-à-dire des héroïnes fortes en pleine action, un peu d’écologie, mais aussi du multimédia.Selon Cécile Bellemare, de Télé-Québec, dans les colloques internationaux, il n’est plus maintenant question des enfants et de la télévision mais bien des enfants et des médias.Quelque part, au loin, les types d’écran?se fondent et se confondent.Selon elle, à l’instar du théâtre et de la littérature, le secteur est un milieu très dynamique, innovateur et audacieux.Pin-Pon, par exemple, une émission destinée aux enfants d’âge préscolaire, met en scène deux pompiers, et donc deux hommes.Ce qui va pratiquement à l’encontre de toutes les règles en ce qui concerne ce groupe d’âge, qui privilégie normalement la présence plus maternante d’une femme.c’est L’HistoiRe D’um femme iNteRpRètes - éRic BeRNieR, aNNik HameL et aNNe Le Beau cHORégRapHes - wajDi mouawaD, josé Navas, pauLa De vascoNceLos écl.aiRages - maRC paReNt costumes et maçuitl.ages - aNgeLo BüRsetti RépétitRice - katHy casey du 17 au 20 et du 24 au 27 maRS 1999 à 20H 1111111 mini Prix De gRoupe 525-3595 LE DEVOIR L’AGORA DE LA DANSE mftiii ¦ P WM H M ¦ M 840, RUECHERRIER MÉTRO SHERBROOKE 525-1500 Admission 790-1245 +9» H4N()l 11 I Al HINIUNM (c/ean~ < feôustien Ûflac/t n&pouvait 1-800-267-UdeS .www.usherb.ca 1 UNIVERSITÉ DF/ SHERBROOKE : i I il il il M A It S I) I M A N C 11 K 2 (I K T S A M K I) I I) E V (I I H I.K S DOSSIER Coproductions, un bilan qui reste à faire Produire ou coproduire?Telle est la question qui se pose de manière toujours plus cruciale dans un univers cinématographique en mutation.Il semble que la réponse soit coproduire, les statistiques canadiennes indiquant en effet une forte hausse des œuvres fabriquées par plus d’un pays.ock Demers est une figure incontournable quand vient le temps ; de causer coproduction.Le fondateur | des productions La Fête est un expert ?en la matière, un homme ayant su ti-' rer profit de la collaboration avec [ d’autres pays avant tout le monde.; Cet artisan du cinéma, qui a porté tous les chapeaux (producteur, administrateur, distributeur et exploitant), l’admet sans ambages: sans la coproduction, il n’aurait pu mettre au monde la plupart des «Contes pour tous», qui ont contribué à sa renommée.«Si j’étais resté uniquement au Québec, les Contes pour tous n’auraient pas pu exister, sauf peut-être les cinq ou six premiers», affirme M.Demers.La collection compte aujourd’hui 16 films.Au fil des ans, M.Demers a coproduit des œuvres avec six différents pays (Pologne, Tchécoslovaquie, Roumanie, Hongrie, Argentine et France) et : il se prépare à travailler sous peu avec ; des homologues de la Nouvelle-Zélan-; de, de l’Allemagne et du Sénégal.Mais Rock Deniers n’est pas seul en ce royaume.À travers le Canada, la co-;.production croît à un rythme fou depuis quelques années (voir tableau 1).«C’est une augmentation très impressionnante, reconnaît Deborah Drisdell, directrice des relations internationales à Téléfilm.C’est devenu un phénomène incontournable.» La Croissance a d’ailleurs incité Téléfilm à préparer un guide complet à l’intention des producteurs étran-gers désireux de s’associer à leurs ; homologues canadiens.BRIAN MYLES LE DEVOIR Comment expliquer cette croissance?«On se rend de plus en plus compte que les marchés ici sont étroits, explique Rock Demers.Donc, il faut trouver des sujets qui se prêtent mieux à la coproduction.Les réseaux de contacts qu’ont les producteurs canadiens sont également de plus en plus développés et de plus en plus mondiaux.» Un pays de leaders La coproduction désigne les films produits par plus d’une maison.Les coproducteurs se partagent les aspects créatifs, artistiques et financiers de même que les recettes selon un prorata convenu.Cette méthode de travail est appliquée aussi bien en long métrage qu’en documentaire ou en animation, à la télévision comme au grand écran.Dans ce jeu, explique Mme Drisdell, le Canada est nettement avantagé en raison de sa vaste expertise.«On est un leader dans ce domaine parce qu’on le fait depuis longtemps.Quand c’est devenu un phénomène mondial, on était très bien placé pour en bénéficier.» A l’heure actuelle, 80 maisons de production au pays sont impliquées dans la coproduction.Le Canada a signé des ententes de coproduction avec une cinquantaine de pays.Ces accords sont d’une importance capitale.Une fois signés, ils permettent au producteur canadien et à son partenaire étranger d’accéder aux sources de financement public dans les deux pays, d’obtenir pour le film la double nationalité, le double accès aux marchés domestiques, etc.«Pour tourner un film comme Le Violon rouge, nous avions vraiment besoin du statut de film canadien, parce que ça nous donnait l’accès aux fonds de Téléfilm.Ça nous a aussi permis d’avoir accès à plus d’argent en Italie», illustre Daniel Iron, le coproducteur du film de François Girard, l’une des coproductions les plus visibles des dernières années.L'implication de Rhombus Media, une petite compagnie de Toronto, se situait à 80 % pour la production du Violon rouge, le 20 % restant étant assumé par un producteur italien.Cela a permis de gonfler le budget à 13 millions de dollars, ce qui aurait été impensable si Rhombus s’en était remis uniquement aux sources canadiennes de financement public.Alors que la coproduction gagne en importance au Canada, la situation reste sensiblement la même au Québec.Le plus récent Statistiques sur l’industrie du film, de la SODEC, fait même état d’un recul (voir tableau 2).Entre 1988 et 1997, le quart des longs métrages québécois étaient réalisés en coproduction.Mais entre 1995 et 1997, cette proportion est tombée à 16 %.Les Français restent le principal partenaire des producteurs québécois.Michel Coulombe, coauteur du Dictionnaire du cinéma québécois, estime que les producteurs québécois «n’ont pas réussi à établir un rapport d’égal à égal» avec les étrangers.Il souligne que les producteurs québécois ne voyagent pas souvent dans le monde pour tisser des contacts.En outre, la langue joue comme une barrière pour les Québécois.Le Québec «n’est pas parvenu souvent à affirmer un projet artistique qui s’affirme et se défend dans une cinématographie» par le truchement de la coproduction, estime Michel Coulombe.Les producteurs locaux n’ont pas plus réussi à «asseoir des partenariats durables» avec les étrangers, en obtenant un rôle de premier plan, poursuit M.Coulombe.Evidemment, il existe des exceptions, dit-il.Des Léa Pool, François Girard et Denis Arcand; ce dernier tournant par ailleurs en coproduction 15 moments, un film en anglais sur l’univers des médias.Pour l’art ou l’argent Les producteurs se tournent vers la coproduction essentiellement pour deux raisons.D’un côté, il y a l’argument économique.C’est connu, le cinéma coûte cher.La coproduction se présente comme un excellent moyen de répartir les risques de l’aventure filmique sur plus d’un partenaire.Au Québec et au Canada, cette recherche d’investisseurs prend une importance toute particulière en raison de la faiblesse des budgets de tournage.Tableau 1 Évolution de la coproduction au Canada (1993-1998) Année Nombre de projets Total des budgets (en dollars) Participation canadienne 1993 11 81 millions 64% 1994 11 64 millions 58% 1995 11 51 millions 61% 1996 17 78 millions 43% 1997 26 213 millions 51% 1998 21 203 millions 58% TOTAL 97 690 millions Source: Téléfilm Canada Tableau 2 Nombre de productions et coproductions (longs métrages) au Québec (1993-1997) Total Productions québécoises Coproductions Majorité qc Majorité étrang Total 1993 31 23 3 5 8 1994 32 24 5 3 8 1995 21 19 1 1 2 1996 33 26 5 2 7 1997 28 21 3 4 7 Source: SODEC BERNARD VALLÉE Rock Demers Denise Robert, de Cinémaginaire, qui produit présentement 15 moments, cite en exemple le cas du Confessionnal, le premier film de Robert Lepage, qu’elle a coproduit avec l’Angleterre et la France.«C’est un film qui a pu se faire avec un budget beaucoup plus confortable, dit-elle.Habituellement, pour un premier long métrage, les budgets qu’on réussit à avoir se situent autour de un ou 1,5 million.Le Confessionnal, on a réussi à le faire pour quatre millions parce qu’on est allé chercher de l’argent à l’étranger.» De l’autre côté, il y a le souci artistique.Coproduire un film, d’accord, mais à condition que le scénario y invite.«Si on veut percer des marchés étrangers, ça ne peut se faire qu’avec de bons produits.Et le bon produit ne peut s’obtenir d'une coproduction que lorsque le sujet s’y prête», affirme Rock Demers.Daniel Iron, coproducteur du Violon rouge, partage cet avis.«Nous avons réalisé beaucoup de coproductions au fil des ans.Mais nous le faisons uniquement quand c’est dicté par le contenu.Sinon, ça peut devenir une erreur.» Mais il y a plus.La coproduction, si elle est rondement menée, permet d’avoir un accès privilégié aux marchés étrangers pour la distribution.«Le jour où j’ai coproduit Le Jeune Magicien avec la Pologne, ça m’a ouvert la Pologne pour les Contes pour tous», raconte Rock Demers.Michel Ouellette, de Ciné qua non films, va coproduire un film adapté d’un roman de Leonard Cohen avec un budget de trois millions.Ciné qua non, qui existe depuis 16 ans, réalise des films d’auteur et essaie de présenter un traitement audacieux et original des arts à l’écran.Ce qui veut dire que la maison vise un public plutôt restreint.Grâce à la coproduction, M.Ouellette explique qu’il peut avoir accès, avec ses produits spécialisés, à plusieurs petits marchés sur la boule.«Si tu es dans les projets spécifiques et moins commerciaux, tu ne peux éviter la coproduction, dit-il.Les marchés sont trop petits.Si tu essaies de rentabiliser au Québec, tu n’es pas capable.Mais à travers le monde, tu finis par avoir une masse critique pour y arriver.» De l’identité nationale La coproduction risque-t-elle de diluer le caractère «national» de la production québécoise?Les avis sont partagés.Denise Robert voit dans la coproduction l’«avenir» du cinéma québécois.«Le cinéma, c’est un médium de création et de créateurs, affirme Mme Robert Et un film ne peut que bénéfi- cier du talent.La richesse culturelle n’a pas de frontière.Quand on commence à mettre des frontières dans la création, c'est là à mon avis qu’on va mourir, qu’on va s’étouffer.» Rock Demers plaide pour sa part en faveur d’un équilibre entre cinéma national et coproduction.«L’un aide l’autre, estime-t-il.Un cinéma qui est financé seulement par l’État est voué à l’asphyxie.Mais une cinématographie qui n’irait que vers la coproduction est vouée à la nullité.C’est le cinéma national qui vient revigorer l’ensemble d’une cinématographie, et la coproduction permet aussi d’aider le cinéma national.Pour moi, c’est intimement imbriqué.» Michel Coulombe souligne enfin qu’il faut jouer de prudence.«Le Québec ne peut devenir avec l’argent de l’État un gros joueur mondial.On revient toujours aux sources de financement étatiques.» Il estime que le bilan de la coproduction reste à faire.Un double bilan, à la fois économique, en mesurant les coûts et les retombées, et artistique pour la suite de notre cinématographie.«La coproduction, c’est un train dans lequel on avance toujours plein d’espoir, et en ne regardant pas souvent en arrière pour faire le bilan», conclut-il.*lO «H >i i i* > fn Et • r i I i i Chantal Beaupré, son amie, et les invités que Normand a proposés: Elizabeth blouin brathwaite, Nancy dumais, paule Magnan, Patricia deslauriers, Julie massicotte, Claude dubois, Gilles valiquette, Suzanne Lévesque, lou lou Hugues, le groupe skalène, Mathieu benoit René Richard Cyr accueille Normand Brathwaite Le plaisir croît e vec usa Télé-Québec r>4Nk, Télé-Québec SAQ blanquette-crêmant DE UMOUX CUVÉE STLAUREhtt *•¦•>•¦11 JMt ARCHAMBAULT HHtrBolptr CONCEPTION ET DIRECTION ARTISTIQUE: / René Richard cyr et Dominic Champagne DIRECTION MUSICALE: ALAIN LEBLANC ET CHARLES BARBEAU RÉALISATION: JEAN-JACQUES SHEITOYAN PRODUCTEURS: GUY LATRAVERSE ET BERNARD SPICKLER SI vous désirez assister à l’enregistrement de l’émission Le plaisir croft avec l’usage, téléphonez au (514) 526-7090 poste 564 diman f che—de 20h00 sereine Jounwi de Moidréal ÉRIC ROHMER UN FILM DE | SELECTION OFFICIELLE FESTIVAL DE VENISE 98) SëM ÿSWi- >¦< du rneilki T*rC t .w*!**"*-’’ 19 mars 20 et 21 www.onf.ca/erreur_boreale s.imlrim; MonnalRj |.ia|iii'Siijiinliiin| ¦ \.ikn:iBiüit! IcJihIi; Limntin .ii Lï'i’iik •» r au V ./VA, Ll I.Mensonge mi «fini dt Claude Chabrol Uirntirri Vi-rh-y llullr O^irr l'irrrr Manm S»ri,.,nii ri 480 i.ACOitDAiKi: 324-9227 Les rebondissements ne manquent pas.Cette commissaire me fait songer à cette femme inspecteur J de « Fargo » des frères Coen.Luc Perreault, LA PRESSE ?Du grand Chabrol servi par d'excellents dialogues.Le Parisien Une oeuvre d'atmosphère troublante, bien servie par la qualité de ses comédiens.Odile Tremblay.LE DEVOIR Construit sur des moments épatants de férocité.Un bon cru Chabrolien.Marie France REMBpra I i I l i i I I T I I I La mafia russe dans le viseur ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Le cinéma nous sert parfois de drôles de cocktails.Mélangez la mafia russe, le FLQ, l’extrême droite, le trafic de plutonium, le Montréal multiethnique et l'Amérique profonde, vous aurez un léger aperçu des directions multiples que prend Le Dernier Souffle, ce polar québécois réalisé par Richard Ciupka.Le film sort la.semaine prochaine en un mélange épicé, donc, comportant un face-à-face entre Luc Picard et Julien Poulin en relation père-fils.Quête du père?Ça vous dit quelque chose?Notre septième art québécois n’en finit plus de rouler sur ce thème.Tout a commencé par un projet de minisérie sur la mafia russe.Ciupka et sa scénariste sont allés voir la police de Montréal pour se renseigner sur l’allure de la bête.La mafia russe, c’est la plus dangereuse, leur a-t-on répondu.Parce qu’elle n’a rien à perdre.La Cosa Nostra italienne s’est casée, désormais presque bourgeoisement installée dans la légalité.De minisérie en scénario de polar, le projet a fait son chemin et de véritables Russes à la mine patibulaire jouent ici les méchants de service.L’action se déroulera entre Montréal et l’Arkansas, un faux Arkansas d’ailleurs, tourné dans le coin de Saint-Hilaire.3,8 millions de budget, ce n’est pas le pactole.On tourne dans sa cour.Le rythme et l’effet Ciupka est ce directeur photo ayant travaillé notamment pour Chabrol et Louis Malle.Il s’est depuis converti à la réalisation pour la télé (10-07, L’Affaire Kafka) et le cinéma (Coyote).Le cinéaste affirme préférer les films de genre parce que rien ne lui apparaît plus difficile à réussir.Ciupka vient de la pub, sait ce que signifie la quête du rythme et de l’effet.Mais le réalisateur voulait cette fois se colleter au thriller.Le problème du genre à ses yeux, c’est son côté trop souvent prévisible.«Garder le public rivé sur son siège dans un polar, c’est ce qu’il y a de plus difficile à faire.Comme on n’a pas de tradition de thriller ici, les spectateurs s’identifient aux polars américains.Ils réclament une intrigue à la fois complexe et facile à comprendre.C’est le défi qu’on s'est donné.» L’histoire sera celle d’un policier (Luc Picard), fils d'un ex-fel-quiste (Julien Poulin) et frère d’un activiste d’extrême droite, dont la vie se décompose.Sa fem- me le quitte, son frère se fait assassiner d’étrange manière.Et de Montréal à l’Arkansas, v’ià le flic qui part eq enquête chez les red necks des États-Unis tout comme dans le fief des Russes du côté de la mafia de Montréal.«J'ai voulu faire un film à la fois local et éclaté», explique le cinéaste.Joanne Arseneau, la scénariste, avait Luc Picard en tête en écrivant son histoire.Le policier sensible et entêté, c’était lui.Tellement qu’elle conservait une petite photo de l’acteur au-dessus de sa table de travail.Le hic, c’est que pendant tout ce temps-là, Picard n’était au courant de rien.Or il est fort couru, le comédien.Il émergeait de son rôle de Misanthrope sur les planches après une grosse année de séries télé: L’Ombre de l'éper-vier et Omertà 2.Il se préparait à commencer la série Chartrand, à entrer dans la peau de Lorenzac-cio au théâtre.Et puis, Ciupka est arrivé avec son polar sous le bras.«C’est le scénario qui m’a conquis, précise l’acteur.Les intrigues bien ficelées ne courent pas les rues.Sans compter que j’avais toujours rêvé de travailler dans un vrai polar, avec l’enquêteur solitaire sur la trace d’une bande de criminels en une sorte de “road movie”.» «J’ai voulu jouer mon rôle avec sobriété, explique-t-il.Quand tu es acteur principal et narrateur, tu ne peux imposer une trop forte présence.J'incarne ici l’homme du milieu, dans tous les sens du terme.» Un des éléments les plus insolites (et les plus choquants) du film, ce sont les femmes-tables dans un club privé russe de Montréal, jeunes filles à moitié nues sur le dos desquelles on dépose une plaque de verre.Les messieurs y fument allègrement le cigare et boivent leur scotch.«Ces femmes-tables existent à Moscou.On peut les apercevoir sur certaines photos clandestines prises dans des clubs privés», explique le cinéaste en jurant n’avoir rien inventé dans son intrigue mais plutôt attrapé des éléments ici et là, trafic de plutonium, femmes-tables et compagnie.Richard Ciupka tient la caméra dans tous ses films, pour le cadrage du moins.Il se sent plus proche des acteurs ainsi, gagne du temps.Mais il refusait d’arriver avec des images trop léchées, cherchant à rendre un parfum de réalité, loin des jeux de style.«J’ai visé volontairement l’économie de moyens, réservant la complexité au traitement sonore.» Tous les jours: 1:40 - 4:20 - 6:50 - 9:20 MARTIN BILODEAU BULWORTH ?Réalisateur, producteur, coscénariste et finalement interprète, Warren Beatty incarne Jay Bulworth, un sénateur gravement dépressif qui, à la veille d’un week-end de campagne intensive, engage quelqu’un pour le tuer.Son geste d’abandon lui fera tenir des propos d’une telle crudité, énoncer des vérités d’une telle violence, que sa franchise suscitera un nouvel engouemeftt, notamment auprès de la population noire, réduite à quelques supporters qui le suivent à la trace, dont la troublante Nina (Halle Berry), qui réveillera en lui le play-boy qui sommeille.Tonifié par son succès soudain, Jay Bulworth voudra reporter ses imminentes obsèques et continuer à dénoncer, devant les médias plus que jamais attentifs à ses propos, le scandaleux système de financement des partis politiques, système dont les moins favorisés font les frais.Or la machine est déjà mise en branle, et différents lobbys, qui ne voient pas d’un bon œil les agissements de ce mauvais joueur, s'apprêtent à lui emboîter le pas.profondir les enjeux de son scénario.Ainsi, la grille féministe, appliquée avec force sur ce récit frivole, n’est pas très convaincante et se révèle aussitôt à court d’arguments.Cela dit, l’aspect gentiment ludique de la mise en scène qui s’applique à reconstituer les décors du passé et force dans le bon sens certaines caricatures, ajoutée au jeu pétillant des comédiennes, Gaby Hoffmann en tête (on dirait la jumelle de Chiara Mastroianni), rachètent ses prétentions et assurent l’efficacité de ce divertissement qui repose, en une variation sublime, sur une guerre des sexes vieille comme le monde.BEYOND SILENCE ?Rien de bien original à l’horizon de cette bluette allemande.Elle raconte les difficultés de la jeune Lara (Sylvie Testud) à prendre son envol à l’extérieur des murs de la maison familiale, pourtant chaleureuse, alors que ses parents atteints de surdité (l’Américain Howie Seago et la Française Emmanuelle Laborit, tous deux sourds dans la vie), pour qui elle sert de lien avec le monde extérieur dont elle leur traduit les mots et les bruits, éprouvent de la difficulté à comprendre et accepter son désir, éveillé par sa tante (Sibylle Canonica), de devenir clarinettiste.N’empêche, Lara ira déployer ses ailes à Berlin, auprès de sa tante déterminée à l’aider à passer l’examen du conservatoire.Les intentions de la cinéaste (dont celle de réaliser une parabole sur l’incommunicabilité) sont fort louables, et le scénario, au premier abord, les catalyse assez habilement.Or le dérapage survient à cause d’une abondance de petits conflits maquillant les grandes fêlures, et de bons sentiments prenant le relais des émotions véritables.La construction téléfilmique, de même que les personnages unidimensionnels plongés dans des situations qui n’arrivent pas à transcender l’a b c du mélo, empêchent Beyond Silence de décoller, de déchirer les vrais silences et de communiquer aux spectateurs la détresse de l’héroïne.et ses esquives programmées, ses élans et ses répits planifiés, tout ça monté sur rails par une mise en scène entraînante et fantaisiste qui fait parfois écran au propos du cinéaste-acteur qui confond délinquance et infantilisme.STRIKE (Les filles font la loi) ?1/2 Nous sommes au début des années 60.Parachutée dans un pensionnat pour filles de bonne famille après que ses parents ont appris qu’elle allait perdre sa virginité, Odie (Gaby Hoffmann) se joint à un groupe d’outsiders.Apprenant que leur école sera bientôt annexée à un pensionnat de garçons, celles-ci décident de semer la pagaille et de solliciter le refus de leurs consœurs envers ce qu’elles considèrent comme la menace masculine.Une opinion que partage la directrice de l’établissement (Lynn Redgrave), qui entreprend de faire le nécessaire pour préserver l’existence de cette dernière escale avant l’entrée de ses ouailles dans un abominable monde d’hommes.La cinéaste déplace sans arrêt son foyer d’un personnage à l’autre, de sorte qu’il donne davantage l’impression d’enfiler les instantanés que d’ap- BEATRICE ROMAND • MARIE RIVIERE • DIDIER SANDRE • ALAIN LIBOLT ALEXIA PORTAL • STÉPHANE DARMON • AURÉLIA ALCAIS -CÎnIpÏËX ODEON- COMPLEXE DESJARDINS À L'AFFICHE! Tous les jours: 1:20 - 3:45- 6:45 - 9:1 ( Outre le déballage orchestré de vérités bonnes à dire et séduisantes à entendre, notamment en ce qui a trait à la pauvreté endémique de la population afro-américaine, Beatty assure un sp>ec-tacle étincelant, semblable à tant de campagnes électorales, avec ses feintes FRANCE FILM présente une production CITÉ-HMÉRIQUE f49c FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE BERLIN * EMPORTE-MOI SÉDUIT L’EUROPE, DÉJÀ VENDU À 12 PAYS !!! WARREN HALLS BEATTY BERRY Q FRANCE FILM présente une production NANOUK FILMS uand je serai parti.vous vivrez encore un film de Michel Brault Une coproduction de l'ACPAV et de l'Office national du film du Canada S L’Erreur, Doreale Un do de Richan et Robert Prix Ji 18 h 18 h 30 et 21 h VIRUS V.F.(13) BABE 2 V.F.(G) TAXI V.F.(G) LES ENSEIGNANTS (13) LES PROS DU COLLÈGE (13) et autres ! c :< >nnui:h;x ILS I lORAIIU.S C INI.MA RELACHE MER., jEU.(.r.imli sTrairics «Un film IMPORTANT !» • Franco Nuovo, Journal de Montréal «Un film QU’IL FAUT VOIR et mettre dans sa mémoire.» • Claude Langlois, Journal du Montréal «Des scènes restent en mémoire.Un film COURAGEUX.Un film NÉCESSAIRE.» • Normand Provenchcr, Le Soleil «Francis Reddy est ATTACHANT et ÉMOUVANT.Film COURAGEUX et ESSENTIEL.» enise .Martel, Journal de Québec «ON VA PAS LES MOYENS dans un pavs ou l'histoire s'oublie l)E MANQUER CETTE FRESQUE de .Michel Brault.» • Claude Deschênes, Radio-Canada «UNE (EUVRE À NE PAS MANQUER.Pour son dernier grand coup de fiction Michel Brault mira réussi sur toute la ligne.• • Christian Côté, Le Droit «Un film soigné, SENSIBLE et INTELLIGENT.des personnages MÉMORABLES.» • Georges Privet, Voir I* RANCIS.Rj-DliY * I) yii) Rociiv Mh'iii.iim l m i«>i Ci i iu G\riifiiii i h- tmmim f: fsi II It'iM.Syi l < t.in Pu.iTtl >t)ki Pu h pi li in.' H-.iVi Bot vi» h ko-, I iok.um JimsnC m,', J mi- I — pawisiTn ~~7 CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS VERSAÏlIJS | IciNTR» LAVAL | [ÏÜÎÔÜirÛSmÎ2*.'.11 ¦OUCHÉrvÏLLI J\rsTt-TMtwüst’ë~â] fta'RMo'NMt~01 ST-HYACINTHE>/| [ OPUMMOliPv'iui7 I STt-AOEH ¦/! fc*»»»50»'è« LttîSi ] y SON mgitAL [G] PRODUIT PAR LORRAINE RICHAUD KARINE VANASSE M1K1MANOJLOVIC PASCALE BUSSIERES ALEXANDRE MÉRINEAU NANCY HUSTON BBÜ SAQ Unibroui u W IN hlUllMN CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS - rAMOUS PLAYERS -, PARISIEN Prix spécial du Jury œcuménique COMPÉTITION OFFICIELLE BERLIN 1999 •Aucun des films de Léa Pool ne m'a procuré autant de plaisir que EMPORTE-MOI.Un récit d'une merveilleuse fraîcheur.Une PERFORMANCE SPECTACULAIRE de Karine Variasse.» -THE TIMES, LONDRES •Le public de Berlin touché en PLEIN COEUR par le film de Léa Pool.» ¦BERLINER M0N6ENP0ST •Karine Variasse, avec une FRAiCHEUR DÉSARMANTE, porte littéralement le film sur ses épaules dans une performance qu'on a comparée à celle de Charlotte Laurier dans Les Bons Débarras.» -Normand Provencber, LE SOLEIL •Karine Vanasse : d'une profondeur, d'un dynamisme et d'une sensibilité renversante.QUEUf COMÉDIENNE ATTACHANTE I» Louise Blanchard-LE JOURNAL DE MONTRÉAL •EMPORTE-MOI est le film le plus ACCESSIBLE, le plus VIVANT, le plus GÉNÉREUX de Léa Pool.» Éric Fourlanty-VOIR | I |l DOW | .CINEMA LE CLAP ¦ STE-FOY 13 ANS + ciKwruui Toute vérité est-elle bonne à dire?60 1, E I) E V 0 1 11 .I.E S S A M E 1) I 2 0 Ë T I) I M A X 1 HE 2 1 M A K S I !» !» !» B 5 ) TO \.CINÉMA Robert Morin s’acharne à distiller le doute One rétrospective de l’œuvre vidéo de Robert Morin roulera à la Cinémathèque de 23 au 31 mars.Belle occasion de radiographier son inonde.Ses vidéos ne ressemblent à nul autre, mais il ressemblent à Morin, ça c’est sûr, môme s’il se montre le premier surpris par sa propre cohérence.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR LJ univers de Morin est peuplé ’ d’obscurs, de sans-grade, de marginaux de toutes catégories, de paumés, de lloués, en crise souvent et parfois de folie pure.Au milieu apparaît un œil qui regarde, transforme le tout.Mais réel il y a.Entre le documentaire et la fiction, mêlant les deux, déroutant le spectateur à qui il fait perdre ses repères, Morin, c’est le Deus ex machina qui crie Coucou! ou ne le crie pas, c’est selon, et laisse alors le public dans le flou.A quel moment la vérité insidieuse vient-elle perturber la fiction, ou vice-versa?A vous d’esquisser des frontières.«Un œil, ça vole toujours, explique Morin.Tout dépend de ce qu’on fait avec son butin.» Certains le connaissent davantage à travers ses longs métrages.Requiem pour un beau sans cœur at Windigo.Mais Morin a fait ses classes dans la vidéo et ne l'a jamais laissé tomber.Sa dernière œuvre, Quiconque meurt, meurt à douleur (qui récoltait le prix de la meilleure oçuvre de fiction aux derniers Rendez-vous du cinéma québécois), fut tqurnée en vidéo avec d’anciens toxicomanes s’incarnant eux-mêmes dans des rôles fictifs.Comme ce sont des ex-prisonniers qui, à travers La Réception, retournaient dans leur peau de prisonniers en une intrigue collée aux Dix petits nègres d’Agatha Christie.Tracer une ligne , «Réalité, fiction, qu'est cela?Tracer me ligne, comment faire?demande-t-ij'l Même les documentaristes qui prétendent traduire le réel le pervertissent par leur regard.Mon but à moi, c’est (le distiller le doute dans l’esprit du public.Doute sur la forme, doute quant du fond.» ;, La vidéo lui permet de pasticher le réel là où le cinéma affiche des repères trop marqués.Elle lui permet aussi de travailler en toute liberté, souvent sans subvention aucune, gardant une œuvre en chantier durant plusieurs années, comme ce Tes Sir Madame, où le «je» du narrateur est lui sans être lui en somme.Même principe pour le vidéo auquel il travaille à ses heures perdues depuis deux ans: l'histoire d’un riche devenu pauvre qui observe dans son immeuble résidentiel tous ces baby-boo-mers ayant cru jadis pouvoir changer îe monde, demeurés accrochés à leurs rêves.\ Robert Morin vous expliquera qu'il n’avait pas rêvé au départ réaliser ses propres œuvres, juste tenir la caméra pour les autres.Il a été photographe, a tâté de la peinture.«Je ne savais ¦même pas que j’avais quelque chose à dire, alors.» ï C’est d’ailleurs comme caméraman, à ta fin des années 70, qu’il est plié à Mississauga filmer pour l’ONF le rôle des ambulanciers dans l’ar-3née.Avec les chutes du film et des jjmages attrapées le soir dans la caser->ne, il a fait son propre montage pour ïmuser ses amis.S’en est suivi Gus ÿsf encore dans l’armée.Et les amis lui «ont dit: «C'est bon, ça.Tu devrais en faire d'autres.» j En 1977, il fonde la coop vidéo avec des amis pour avoir les coudées franches avec ses œuvres.«Jm vidéo ça ne coûte pas cher et c’est lsouple, constate Morin.Et puis ça 'rend justice au réel quand le cinéma l'amplifie.Je me suis mis à jouer [avec le vrai, le faux, le mensonge.» •C’était parti.Marginaux et détraqués ; Il n’aime pas se voir enfermé dans Sla case de celui qui montre l’aliénation $our mieux la dénoncer.«Je ne suis *par un Robin des Bois.Si je mets en 4scène des marginaux, c’est souvent à Icause du potentiel dramatique de leur foie.J’essaie de les expliquer, pas de les •défendre.Et puis les riches sont moins jouverts, moins généreux que les Le vidéaste Robert Morin.pauvres.Eta m’accueillent, travaillent avec moi.» Ça lui a pris beaucoup de temps, à Morin, avant de s’apercevoir qu’il ne filmait que des paumés.Un journaliste le lui a fait remarquer un beau jour.Il a sursauté, avant de finir par admettre que, oui, c'était vrai.Tiens donc! «Mais ce n'était pas intentionnel.Chaque fois que je touche à un sujet, la dénonciation sociale s'impose ensuite d'elle-même.» Comme ce Mauvais mal filmé à Moncerf, un village où il a sa cabane de chasseur-pêcheur.Les gens là-bas voulaient jouer dans un de ses films.Il a dit: «O.K.On va imaginer une chasse au loup-garou en motonei-ge.» Puis avec les réflexions apportées par tout un chacun, le film est devenu une métaphore du chômage en région éloignée, avec une étrange poésie en prime.Ne lui parlez pas de On se paye la gomme, ce vidéo de 1984 dans lequel il suit quelques «tabarnacos» à Acapulco en cherchant à les placer devant leurs contradictions, leurs comportements insultants pour les Mexicains.«Mais j’ai échoué et ils n’ont jamais vu l’ironie de la situation.Le film a dérapé.Voilà!» Parfois, Robert Morin se dit qu’il aimerait cesser de tourner pour se contenter d’écrire.En ce moment, il & 9 m Charlie ParHer ne pouvait pas 1 non plus 1-800-267-UdeS www.usherb.ca pjM UNIVERSITÉ DE EJ SHERBROOKE JACQUES GRENIER LE DEVOIR rédige un projet de télésérie genre polar qui l'amuse beaucoup (une sorte de Midnight Express québécois basé sur un fait réel).Il prépare aussi un autre polar en long métrage, en plus de travailler sur sa vidéo.Il pense même à rédiger un roman.Longtemps, pourtant, Morin a rédigé ses projets de scénario sur des paquets de cigarettes, laissant les acteurs improviser quant au reste.Le goût d’écrire lui est venu il y a une douzaine d’années d’un petit ordinateur qui est entré dans sa vie.Il a l’impression d’avoir un peu fait le tour au cinéma d’un certain type de langage, celui des fictions filmées à la façon des documentaires, avec l’ambiguïté volontaire.«Le pastiche du reafity show, j’ai jugulé la veine.J’ai 50 ans et ce serait l’fun de me dire: “Dans une vie j’ai fait deux affaires: des images, puis des mots.” Après tout, je lis beaucoup plus que je ne vois de films.» Robert Morin croit au destin.Le sien, entre autres, hélas, est de faire des films sur le vrai monde pauvre et paumé et de les voir projetés à des intellectuels dans des «festivals d’élite», comme il dit.«Ce n’est pas ce que je souhaitais, soupire le vidéaste.Télé-Métropole m’aurait acheté ça pour une cenne que j’aurais bondi de joie, mais.» Le Théâtre de La Manufacture présente «>r de .loiin MLtrc Dalpé ¦Ht., *2, * H mise en scène de I omit 11(1 Kitiiit illo avec l«*«in D.ilpc - Itouliii - Pierre* .run Ontario Est Métro Berri-UQAM SI4 790-I24S Mélro.Shorbrooke 1800 361 1595 Sale l,K DlvVOIIÎ WTVA 1 1.E I) E V OIK.I.E S S A M EDI 2 O K T I) I M A X < HE 21 M A R S I !) !) I) B 7 3 i .a.— + 1 — ¦ ¦ ~ THÉÂTRE Chienne de vie Ça devient une habitude pour le Théâtre d’Aujourd’hui de créer une pièce de Larry Tremblay.Cette fois, la salle montréalaise accueille Les Mains bleues.L’histoire d’un homme maltraité et d’une bête compatissante.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Drôle de bête.Larry Tremblay s’est fait tout seul et occupe en solo un créneau rien qu’à lui.Comédien autodidacte, il a développé une passion pour le kathakali, une forme indienne du théâtre dansé, qu’il a appris à maîtriser auprès de grands maîtres du sous-continent.Et depuis une dizaine d’années, le professeur de théâtre de l’UQAM écrit des textes sans pareils {Le Crâne, La Leçon d’anatomie, The Dragonfly of Chicoutimi.), poétiques et éclatés, souvent des monologues, où le thème du corps occupe une place centrale.«Quand j’écris, c’est aussi un geste», répète souvent le fondateur du LAG, le Laboratoire gestuel, expérimental à souhait.La nouvelle pièce de l’auteur de 44 ans ne fait pas exception.Elle s’intitule Les Mains bleues, un programme encore dans le ton.La description des deux personnages en rajoute.Il y a Jérémie, qui «présente une malformation du visage.S’exprime par saccades.S'immobilise souvent, comme s’il s’absentait mentalement pour se reconstruire de l'intérieur», Il y a Princesse aussi, un «personnage mixte», mi-femme, mi-chien-rte, belle et bête toutes en une.Ces deux monstres racontent une histoire sur la violence.Sur sa transmission surtout.Sur ce germe de haine et de méchanceté que l’on plante en certains êtres, qui leur bouffe ensuite l’âme et le corps, toute leur vie durant • Les Mains bleues débute cette semaine à Montréal.Les rôles principaux ont été confiés à Hugues Frenet-te et Sylvie Drapeau, la mise en scène à Martin Faucher.Mais cette fois, pour cette quatrième création maison d’un Larry Tremblay, le Théâtre d’Aujourd’hui (TdA), le lieu de la création québécoise, comme dit le slogan, s’est fait scooper par un «théâtre de poche» On raconte ici une histoire sur la violence.Sur sa transmission surtout parisien.La pièce y est présentée depuis une dizaine de jours, en programme double, avec Le Déclic du destin, que Larry Tremblay jouait lui-même dans les années 80.L’auteur-comédien ira d’ailleurs bientôt constater le résultat sur place.11 en profitera bien sûr pour faire un petit saut du côté du Salon du livre de Paris puisque Les Mains bleues paraît chez l’éditeur européen Lansman.La pièce a aussi été adaptée en ra-diothéâtre, en France, il y a quelques semaines.«Pour bien des auteurs, c'est difficile de se faire produire ici et encore plus compliqué de percer là-bas, alors je ne vais pas me plaindre de ma situation privilégiée», confie le chouchou du TdA rencontré sur place plus tôt cette semaine.«La réception spectaculaire n’est pas la même.En Amérique, on aime bien les rôles émotifs, bien incarnés.En France, on préfère les rôles plus rationnels, cérébraux.Je crois que l’intérêt des pièces québécoises est de proposer un alliage des deux tendances, un travail formel sur la langue et des personnages bien ancrés.» Amour et désamour En tout cas, ses propres pièces condensent de manière exemplaire cette position en porte-à-faux, entre le corps et l’esprit.Avec Ogre, sa pièce de l’année dernière, montée en pleine crise du verglas, Larry Tremblay parlait du vide social et médiatique à l’aide d’un personnage lui-même tout en surface, sans identité, sans substance.Les Mains bleues traite de l’amour et de la violence, du manque de l’un qui mène à l’autre, en mettant en scène un jeune homme sans âge, accaparé par ses souvenirs violents, torturé par une peur et une douleur viscérales qui le rendent incapable d’être humain.«Comme d’habitude, je me suis laissé mener par l’écriture, dit l’auteur.J'ai écrit une phrase et le reste a déboulé.Pour moi, Jérémie, c’est quelqu'un qui vient de la rue, un itinérant; c’est aussi quelqu’un qui n’a pas été aimé, quel- qu’un de rejeté par sa famille autant que par sa société.» Ce qui donne par exemple ceci: «Tu vas y goûter à mon manche de balai / attends que je le passe sous le lit / quand tu vas sortir de ta cachette / tu vas pas avoir juste la face brisée / tiens mon petit calvaire mon paquet de troubles / essaie donc de mordre le manche /tu vas te péter toutes les dents dessus.» Parfois, Jérémie est même incapable de s’exprimer dans sa poésie brute.Il bloque, comme une machine survoltée.Le sous-titre de la pièce annonce un texte «cruel et drôle».Franchement, à la lecture du moins, la première caractéristique l’emporte largement sur la seconde.«Je pense que l'amour a un pouvoir d’unification, dit Tremblay.Le désamour fragmente, disloque la personnalité humaine et l’éparpille dans le malheur et la tristesse.» En fait, avec son discours cruel, hachuré et éparpillé, Jérémie finit par se raconter, par se recentrer.Au total, Les Mains bleues ne broie pas que du noir.Pièce sur l’atavisme de la violence, elle porte aussi sur le bonheur de la délivrance, apportée dans ce cas précis par Princesse, chargée d’amour et de consolation.Ces éléments fondamentaux des Mains bleues (un jeune, un animal et la violence) peuvent d’ailleurs rappeler ceux de L’Histoire de l’oie, de Michel Marc Bouchard.«C’est une pièce que j’ai beaucoup aimée, mais je n’y ai pas du tout pensé en écrivant Les Mains bleues.En fait, je le répète, comme je ne planifie pas du tout mes textes, comme je ne travaille pas autour d’un thème en particulier, quand j'ai écrit cette nouvelle pièce, j'ignorais même être en train d’écrire sur la violence.» 11 sait par contre qu’il n’a pas écrit une pièce pour la jeunesse, ne serait-ce qu’en raison de la narration très fragmentée, difficile à proposer à des enfants.«Les spectateurs me demandent parfois si je suis torturé, tourmenté, perturbé, comme certains de mes personnages, commente Larry Tremblay, auteur atypique.Je dois répondre: non, absolument pas.J’ai eu une enfance heureuse.J’écris dans la joie.J’ai peut-être un côté noir, obscur, mais franchement, je ne me transpose pas de cette manière dans mes textes.Mes personnages ne sont pas mes doubles parce que le théâtre est lieu de l’imaginaire et de l’altérité.» 7 Michel Tremblay Mise en scène: Martine Beaulne Du 9 mars au 3 avril 1999 Serge Mandeville Raymond Legault Linda Sorgini Henri Chassé Christiane Pasquier Maude Guérin Isabel Richer Assistance à la mise en scène : Carol Gagné Décors: Richard Lacroix Costumes: François Barbeau Éclairages: Stéphane Mongeau Musique: Silvy Grenier Accessoires: Marc-André Coulombe Réservations : (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca Service de garderie le samedi ET LE DIMANCHE EN MATINÉE, SUR RÉSERVATION SEULEMENT.4664, rue Saint-Denis Métro Laurier publicis ncr SPEXEL Omni i; ' ’Æ supplémentaires Nouvelles AVRIL Photomontage d’après l’affiche de Les Mains bleues de Larry Tremblay SOURCE THÉÂTRE D'AUJOURD Hlfi LORENB ACCIO D’ALFRED Du 17 rriars au 10 avril jeudis et vendredis jà 20 h, samedis à 16 h (matinées en semainè, 10 h 30 ou 13 h 30) THEATRE DEfflSE-PEliiTIER 4353, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, ESpapineau ou Vlau, autobus 34; 55Pie IX|putobus 139 O fiinfmmwtWIf • Billetterie ' 514 253-8974 en coproduction avec * CBNTMi NATlpNAt DES ARTS NATIONAL ARTS CBNTRB _ \ fig lilIjilMill mra-usi a « de iMküm .1 filnéeUII uunum tourne.».DE /WUSSET VUSl l N S( I NI : Claude Poissanf AVI ( Luc Picard Jean-Louis Roux Bobby Beshro, Benoît Dagenais, David Savard, Sophie Vajda, Maxim Gaudette, Hedwige Herbiet, Nathalie Naubert, Myriam Poirier, Denis Roy Real Bosse.Denis Gravereaux, Denis Lavalou, Francois-Etienne Pare, Robert Vézina, Marc Belanger.Christian Brisson Dargis, Luc Charcst, Dominique Côté, Josée Guindon, Sylvain Marcel, Julie Perreault et Jean-Nicolas Verreault.( ( V\( I I I i l RS : Carmen Alie et Denis Lavoie, Raymond Marius Boucher, Florence Cornet, Catherine Gadouas, Alain Lortie, Alain Roy, Patricia Ruel.'J ÉE Alu Groupe de la Veillée ÇM‘/ -SV.; ™ du 16 mars r .f au 3 avril W99 / / Tankred Dorst Traduction de Bernard Lortholary avev Gabriel Arcand, Mariusz Sibiga et Frédérique Collin mise en scène de Téo Spychalski Réservations 526-6582 Réseau Admission 790-1245 1371 rue Ontario E.THÉÂTRE ESPACE LA VEILLÉE He théâtre a rarement été aussi nrès de la réalité, rarement aussi près de la Vérité.C’est du théâtre neuf, jamais dépoussiéré, jamais joue, I jamais osé.» .1 Jean Bcaunoycr, to Presse [ « Rarement on peut voir des performances aussi saisissantes.\ on se sent bouleverse du debut à la fin.» «Si vous n’avez jamais vu en action sur une scène le génie d’interprète de Gabriel Arcand, ne ratez pas cette occasion ! * Isabelle Mandalian, Voir « Vous avez une certaine image de Gabriel Arcand.Pour cette pièce, attendez-vous à voir un tout autre homme.C est vraiment du grand art.» Carmen Montessuit, Journal de Montréal .J’ai eu l’impression d’assister véritablement à une transfigu-ration de l’artiste.Avis a ceux qui sont intéressés par un grand moment de théâtre.» Myra Créé, L'Embarqucment/SRL « It’s a harrowing evening of theatre about theatre andI ArcarnL has himself a grand old time.Hem one of the most generous performances I’ve ever seen.,.» r.adtan Chotlcbois.Mirror BANQUE »A« LAURENTIENNE Hydro .Québec LDFVnili Telè.Québec I’.iilt'ium m.ijtti L K I) E V OIK, I, E S S A M E I) I 2 O E T I) I M A N C HE 21 M A II S I 9 !» !) MIS Mais où est donc le Corona ?L’affiche géante du spectacle de Jean-Pierre Ferland, clouée sur les contreplaqués noirs qui tiennent lieu de façade au vénérable théâtre de la Petite Bourgogne, ne fait que masquer une question de plus en plus inéluctable: a-t-on rouvert le Corona trop tôt pour son bien?SYLVAIN CORMIER V i Le coup d’œil, du trottoir d’en face sur la rue Notre-Dame, est désolant.Remplissant le regard, une affiche gigantesque a été posée sur le mur de moins en moins temporaire de contreplaqué: on dirait de l’affichage sauvage sur les palissades des chantiers de construction, mais en plus gros.La réalité n’en est que plus désespérément signifiée: le Corona est encore et toujours sans façade, c’est-à-dire sans vitrine.Sans marquise pour annoncer ce qui se passe en dedans.Comme s’il ne s’y passait rien.Que s’y passe-t-il donc, de fait?On vous en parlait hier, Dan Bigras y présente ces jours-ci son Chien show, intense et généreux spectacle qui vaut le déplacement.On a même annoncé une prolongation pour la fin de semaine prochaine.Prolongation un [jeu arrangée avec le gars des vues, remarquez: on ne remplit en vérité que le parterre, sauf afflux imprévu de spectateurs.On espère ainsi laisser le temps aux bouches d'atteindre suffisamment d’oreilles pour créer un engouement Manœuvre sans gravité qui témoigne d’un fait patent: le Corona demeure quasi invendable, sinon par une mégavedette qui mirerait ses fans n’importe où.S Malgré les articles-fleuves parus lors !l B 9 BACK TO TOP Van Morrison Pointblank (Virgin/EMI) Il y a de belles et rassurantes certitudes à trouver dans le cycle naturel des choses: la parade de la Saint-Patrick, par exemple.Ou un nouvel album de Van Morrison.Fête pour les disciples, hausse de sourcils pour d’autres: encore un Van Morrison pareil aux autres Van Morrison?Oui et non.Oui, c’est encore le même Van The Man qui mâchouille les mots comme du vieux tabac à chiquer, et il s’agit encore d’archétypales chansons à la Van Morrison, avec le même indispensable Brian Kennedy aux harmonies en tierce, le même orgue Hammond enveloppant, le même piano jazzy, les mêmes fines touches de guitare acoustique.C’est dans le propos que, non, ce n’est pas exactement comme d’habitude: Back On Top est à l’Irlandais, dans une moindre mesure, ce que Time Out Of Mind fut à Dylan.Un lieu de profonde noirceur.Notre homme, symbole de l’éternel lonely guy traînant sa vie comme un boulet, se sent mille fois plus esseulé que d’habitude, presque au bout de son rouleau: When The Leaves Come Falling Down, Reminds Me Of You, Philosophers Stone sont autant de balades désespérément sans issue qui hachent le cœur menu.«It’s a hard road daddy-o», résume-t-il: c’est indéniablement vrai.Aussi indéniablement vrai que ce paradoxe: plus Van souffre, plus c’est beau.Rouler dans la nuit en sa compagnie, alors qu’il chante In The Midnight, donne presque envie d’être seul et malheureux.Vous ne trouverez pas meilleur disque pour nourrir votre spleen.Sylvain Cormier NO EXIT Blondie Beyond (BMG) Blondie à nouveau?Eh bien oui, c’est le (re)tour de piste obligatoire du quatuor new-yorkais et sa fameuse fausse blonde de chanteuse.Chaque groupe fétiche de chaque génération a ainsi droit à la revoyure nostalgique sur disque et à la mégatournée des guichets automatiques qui s’ensuit, des Eagles aux Sex Pistols.La seule question qui compte, en fait, est qualitative: le disque-réunion est-il bon?(Et, si oui, question corollaire, l’est-il seulement pour le fan fini?) Le fan répond: oui oui, merci mon Dieu.Le critique répond: non merci, sans façon, qui veut d’une new wave ancienne?Je suis quelque part entre les deux positions, content de quelques titres réussis, un Boom Boom In The Zoom Zoom Room, jazzy-lounge du meilleur mauvais goût, la jolie ballade quasi country The Dreams Ijost On Me, une chanson-titre juste assez hip hop pour exister au présent, la reprise inspirée de 1 ’Out In The Streets des Shangri-La’s (groupe-culte des Même la Bolduc ne pouvait pas ! 1-800-267-UdeS www.usherb.ca RII UNIVERSITÉ DE bJ SHERBROOKE Studio de musique ancienne de Montréal 25‘ saison Un son qui défie les siècles Directeur artistique Christopher Jackson l'église Saint-Léon de Westmount 4311 de Maisonneuve ouest (métro atwater) Le 28 mars A 20 h Nations Chorales Du Miserere o’Allegri ¦ AUX CHŒURS AbÉNAQUIS Chefs-d'œuvre a cappella ' POUR CHŒUR Billets de 14$ A 33$ Ifl* Radio-Canada COMMANDITAIRE PRINCIPAL 3F" ¦DeSerres Miltitf tfi'tltf» H fri r*P**l* RE N S C l ti N f M r II I s (514) 861-2 626 VAN MORRISON mauvaises filles, surtout connu pour l’essentielle Leader OfThe Pack).Mais il y a aussi beaucoup de clonage du Blondie première époque (Nothing Is Real But The Girl, Maria, Under The Gun), qui dénonce l’impossible but visé par tout disque du genre: l’oblitération du temps qui passe.Il vaut toujours mieux laisser à l’histoire ce qui appartient à l’histoire et se procurer une bonne compilation.Celle de Blondie, à titre indicatif, s’intitule Atomic Blondie.S.C.SKAFROCUBANJAZZ Yeska Aztlan-Koch MOCOS LOCOS Los Mocosos Aztlan-Koch Le soleil de Californie a le don de faire pousser plus encore que des raisins dodus: la récolte ramenait récemment de Los Angeles deux formations qui fleurent bon le terroir nourri de plusieurs engrais.Ces deux groupes, Yeska et Los Mocosos, mêlent joyeusement leurs racines latines aux rythmes trépidants du ska, ce style musical jamaïcain d’origine qui revient régulièrement faire trémousser la jeu- nesse dorée.Deux groupes, deux résultats, une constatation: abscons sur papier, convaincant sur disque.Le premier, Yeska, concocte un mélange explosif qu’on désespère de voir sur scène tant c’est réussi.Plus salsa que ska, le groupe n’en emprunte pas moins la rythmique abrupte et l’énergie inépuisable du ska, ce qui pousse l’auditeur à sautiller à la suite de ce métissage entraînant.Ce n’est rien de moins que la filière latino qui passerait à New York en pleine heure de pointe: il y a une urgence dans cette musique, une urbanité plus quç fébrile qui naît du crash des styles.A l’instrumentation attendue de la musique afro-cubaine (piano, cuivres, orgie de percussions) se superposent quelques solos de guitare bien rugueuse et la mentalité du ska hyperactif décidé à ne rien laisser en place.Epoustouflant.Avec Los Mocosos, c’est autre chose.On quitte déjà le tronc du jazz afro-cubain pour traîner vers des formes plus hybrides qui frôlent le hip-hop, le funk ou l’inspiration du moment dans une mouture de pop hispanophone.Leur pièce King of Ska pencherait même vers le swing.On est plus éclectique, plus «moderne» dans le traitement et on a un sens de l’humour pas piqué des vers: pas une, mais deux reprises du sirupeux Volver, volver.Plus une reprise du thème jamesbondien de Thunderball.Et, en prime, la fierté latine scandée bien haut sur Wetback ou sur Brown and Proud.Plus inégal que le premier, bien qu’on lui soupçonne une influence—au moins des airs—de la Mano Negra.Vincent Desautels EDDIE HARRIS The Battle OfThe Tenors Etiquette Enja Le saxophoniste Eddie Harris était un drôle d’oiseau.Il jouait du ténor.Il en jouait gros.A sa façon, il était la facette fière de l’instrument inventé par le Belge Adolphe Sax.Stylistique-ment, il aimait mieux les notes plutôt grasses ou épaisses que les notes contraires.Bref, il était beaucoup plus Coleman Hawkins que Lester Young.Dans les années 60, il eut beaucoup de succès.Cela, grâce à une prestation enlevée lors du Festival de Montreux.Puis, ce fut la disgrâce.Cela, à cause du succès évoqué.Après, ce fut cahincaha; comme ci, comme ça.Il en fut ainsi jusqu’à ce que la firme Enja, après la firme danoise Steeple Chase, lui propose un contrat.Pour faire court, mentionnons qu’un beau jour, c’était en 1994, Eddie Harris se produisit au Montreux-Detroit Jazz Festival en compagnie d’un autre saxo, soit Wendell Harrison, un dur, un tatoué.La prestation fut enregistrée.Le fier Harris combiné au dur Anderson, cela donne une musique très dense.Cet album est un bon exemple des batailles de saxos qu’aiment bien mener de temps à autres les descendants d’Adolphe Sax, histoire de titiller l’atmosphère du temps présent.Serge Truffaut 11 LDDie HARRIS IM MEMORY r;n, fUËKB DOCTOR ROSS I Want All My Friends To Know JSP Records Doctor Ross est né le 21 octobre 1925 à Tunica, au Mississippi.Deux choses sont importantes à retenir de ce qui précède: le lieu et la date.Parce que l’un comme l’autre indiquent que le bonhomme en question ep connaît long, très long, sur le sujet.A savpir le blues des campagnes.Élevé dans une famille de onze enfants, Ross, ce n’est pas misérabiliste de le signaler, connut toutes les affres du racisme.Partisan de la théorie que jouer seul évite des maux de tête, Doctor Ross se transforma en homme-orchestre (huis les années 40.Au cours des années 50, Sam Philips, alors producteur pour Chess, l’enregistra.Et c’est ainsi que le monde des Blancs découvrit certaines beautés du blues des champs et des ruisseaux.Dans les années 60, il participa aux divers American Folk Blues Festival à plusieurs reprises.Puis, il fit cavalier seul.En 1991, il participa au Burnley Blues Festival.Il fut enregistré.Aujourd’hui, la bande est disponible.Doctor Ross y chante quoi?L’éternel féminin.Il chante cela, histoire de rappeler à qui l’aurait oublié que le blues naquit au moment où Dieu mis Adam et Eve à la porte parce que.Le blues de Ross, c’est le blues pur.Celui des origines.S.T.100 % COLOMBIAN Fun Lovin’ Criminals (Virgin-EMI) Il y a deux ans, Les Criminels S’Amusent avaient fait leur marque avec un premier succès, la chanson Scooby Snacks, hip hop inusité, mené par un riff de guitare irrésistible et un sens de l’humour évident.De retour avec son troisième album, 100 % Colombian — tiens, je me demande bien ce qu’ils veulent dire par là.—, le trio new-yorkais poursuit sur une belle lancée, avec un album chaleureux, maîtrisé et métissé.Marqué surtout par de belles sonorités soul et r’n’b (JJp on the Hill et Love Unlimited, irrésistible et souriant hommage à Barry White), 100 % Colombian sait aussi jouer de la guitare rude et rock (Southside), du blues et du métissage culturel (Korean Bodega).Il y a là des chansons de fête (l’excellente Big Night Out) comme de plus sentimentales, pour un ensemble très vivant, à l’écoute (et réécoute) facile.Rémy Cliarest ISOLA Kent (RCA-BMG) En Suède, Kent est un grand groupe, certifié platine et passé par le sommet des palmarès de son pays avec chacun de ses trois albums: deux chantés entièrement en suédois et ce troisième, Isola, en anglais, mondiali: sation oblige puisqu’il s’agit également du premier album lancé sur les marchés internationaux.Paru ici à la toute fin de l’année dernière, Isola commence à récolter certains succès américains qui ont poussé la compagnie à relancer la promotion de l’album.Avec raison, puisque Kent a de quoi jouer du coude à coude avec Ra-diohead, avec son rock inventif, oscillant entre le musclé et le mélodique, empreint de solitude et de spleen nordiques, aux textures sonores riches.Le groupe de Joakim Berg — un équivalent de Thorn Yorke, sans toute la profondeur — a aussi la belle idée de prendre son temps, de laisser filer les chansons le temps qu’il faut.Seules déceptions, cette façon qu’a Kent de laisser sentir une attitude de rocker un peu typée et le fait que l’aplatissement culturel mondial n’ait même pas laissé un mot de suédois sur l’album.Le rock n’a pas tant de place pour la différence.R.C.21 mars a a a 777 Journée / , internationale i i.contre.,.la .discrimination racia 1 © Le gouvernement du Québec poursuit ses efforts pour la promotion des droits de la personne et la lutte contre la discrimination sous toutes ses formes.La Charte québécoise des droits et libertés de la personne témoigne de son engagement à cet égard.Article 10 de lu Charte québécoise des il roils et libertés de la personne Tonie personne a droit à la reconnaissance et à l'exercice, en pleine égalité, des droits cl libertés de la personne, sans distinction, exclusion on préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état ci ni, l'âge sauf dans la mesure prérue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un inogcu pour pallier ce handicap.Il g a discriiidniation lorsqu'une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce droit.La Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale a été décrétée par les Nations Unies en 1966.Québec ei n El El 9 B 10 L E I) E V OU.L E S S A M E I) 1 2 0 E T I) I M A N (’• Il E 2 I M A II S I !) !» !) DISQUES CLASSIQUES Expériences nouvelles sur des sujets connus , FRANÇOIS TOUSIGNANT MAHLER - BOULEZ v Gustav Mahler: Symphonie n° 1 en - ré majeur, dite «Titan».Orchestre symphonique de Chicago.Dir.: Pierre Boulez.Durée: 52 minutes 47.DGG 459 610-2 Quand Boulez se met à Mahler, on écoute toujours.Mieux encore, quand Mahler est interprété par Boulez, l’oreille est captive de ce que ces sorciers lui infligent, comme des chaînes, pour la garder captive.Les Ve, VIe et VII' symphonies ont toutes été des réussites.Œuvres relativement abstraites, le pouvoir de concentration et la retenue efficace du chef en faisaient sinon des monuments d’émotion brute, du moins des objets plastiques d’une beauté saisissante et d’une redoutable efficacité.On quittait le Mahler larmoyant et pompier dont aime à se contenter un public en mal de frissons faciles par les climax fortissimo de l’orchestre pour atteindre au message plus élevé que l’artiste Mahler tentait d’inclure dans ses symphonies.De voir ainsi Boulez se livrer à une composition de jeunesse fait prendre pleine conscience de la grandeur de Mahler et du fait que le chef n’a enfin plus peur des éléments «émotifs» inclus dans le vocabulaire, lui qui y était hautement réfractaire.On pourrait qualifier cette version, si nouvelle et différente, de parangon de la forme, de la structure rendue nécessaire, audible et expressive.Voilà, les grands mots sont lâchés.On parle souvent de forme ou de structure quand on ne sait pas quoi dire.Pourtant, ces mots ont bien un sens, que les définitions des dictionnaires nç font souvent qu’embrouiller.Ecoutez attentivement cet- uwac.vinwout dicuvxjs Une boîte de Pandore vocale et sonore.PHANTS "Powerful and disturbing.” CHANTS LIBRES I n n r S Wlth "s minimalist apocalyptic set, cool five-man guitar ________ _____orchestra and bloody Gothic subtext, Down Here on Ear tit CmiLowctAIABTBTOia captures the pomo-chic look needed to revitalize opera .” - Now Magazine presente OPERA POUR TROIS VOIX ET CINQ CUITARES ELECTRIQUES PREPAREES Down Here .Production de Autumn Leal Performance ^ mrAIa UÜ tQi'ïli Musique Rainer Wiens Livret Victoria Ward Mise en scene Thom Sokoloski SCENOGRAPHIE ET COSTUMES Vikki Anderson Éclairages Bonnie Beecher Richard Armstrong baryton Fidcs Kruckcr mezzo-soprano Susanna Hood soprano Musiciens John Gzowski Rainer Wiens Bill Parsons Nilan Percra Monte Horton 2 soirs seulement à Montréal MERCREDI 24 et JEUDI 25 MARS, 20 h ÉCHANGE ENTRE LES ARTISTES ET LE PUBLIC APRÈS LE SPECTACLE 4890, BOULEVARD SAINT-LAURENT CAI I E (ANGLE BOULEVARD SAINT-JOSEPH| 'î—, RENSEIGNEMENTS R DU THEATRE RESERVATIONS :(514) 845-4890 ADULTE 20 S ETUDIANT 15 S '¦ 5» (HA % K V’ ne ($&'¦ Jbotwiiif /mis CharlieParher % nonplus Fas même f, la Bolduc ! MAIS VOUS VOUS POUVEZ Venez parfaire vos connaissances musicales.à L'ÉCOLE DE MUSIQUE DE L'UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Une formation en quatre temps pour tous les passionnés, du débutant au professionnel Baccalauréat en musique Baccalauréat en musique cheminement en interprétation cheminement en musicale classique interprétation musicale jazz Baccalauréat en musique cheminement général en musique.Certificat de culture musicale Nouveau, aussi ollerl à Longuetul (//i>m/ciJ (819) 821-8040 1 -80.0-267-UdfS www.usherb.ca 0 IMVI KSI II DI SHEKBROOKL MAHLER-SYMPHOHIE N0.1 (hkogo Symphony Ottheslro • Pierre Boulez te version (n’ayez crainte, il est impossible de faire autrement en ce cas-ci) et à bon volume (tant pis pour les voisins), et vous allez tout comprendre.Chaque élément a sa place, attendue ou non, et sa raison d’être, comme la surprise, la percée adornien-ne, que la nécessité, la logique implacable du discours rendent imprévisible tout autant qu’inéluctable.Boulez arrive à s’emparer du texte et à lui restituer son originelle nouveauté.Cela choque, brasse la cage et remue le tréfonds.Au delà du propos programmatique, il va chercher la nouvelle façon de composer que Mahler s’est inventée, qui consiste à nous faire sentir qu’une chose doit revenir mais qu’elle revient toujours transformée, comme on ne l’attendait pas.Le point de repère du «retour obligé du thème» à la César Franck ou à la Bruckner est dépassé, voire rendu caduc par cette vision fulgurante du déroulement du psychologique mis en musique.La réflexion ayant mûri avec l’élaboration, l’œuvre trouve un parallèle avec l'évolution de l’interprétation.Oui, des motifs, des thèmes, des notes reviennent, mais chargés du poids — et de l’énergie vitale — d’un vécu.Boulez n’a pas peur de monter toujours plus loin dans le dosage des effets, dans l’échafaudage du triomphe optimiste, tout cela sans éclat toc, uniquement avec un naturel désarmant d’idoineté entre l’intention, sa réalisation et son expressivité sonore.La fameuse déchirure dont parlait Adorno se trouve ici consacrée comme entité essentielle de la musique.La symphonie veut aller quelque part et le geste volontariste du compositeur, ressenti par son interprète, le détourne de la facilité convenue pour l’amener là où elle se doit d’aller.La fanfare de trompettes est en cela un véritable triomphe sur le goût d'une époque: au lieu de consacrer l’accomplissement sonore de l’aboutissement d’une montée, Boulez la rend comme le coup de poing qui réveille l’âme tant elle éclate avec ce je-ne-sais-quoi d’arrogance qui dit que la complaisance, ce n’est pas pour ce genre d’esprit affamé de vie.En plus, servi par une merveilleuse prise de son, l’orchestre de Chicago donne une transparence étonnante dans les contrepoints.Sous la baguette de Boulez, le moindre petit élément des Lieder eines fahrenden Gesellen (la source mélodique de la symphonie) est pris avec amour avant d’être désarticulé puis reconstruit.Début d’aventure cosmogonique qui, s’il flatte moins le sentiment cutané, a au moins le mérite de faire délirer la raison du bonheur de la liberté retrouvée, voire conquise.Une grande expérience, donc, qui change de l’habituel menu de l’interprétation littérale pour, accéder à l’interprétation globale.A l’écoute, vous aller voir se construire, brique par brique, cette symphonie; et, lorsqu’un mur est terminé, le contempler avec fierté procure une impression qui fait que, même si on est ému, on a en plus l’impression d’avoir compris.Et d’être grandi.SZENEN AUS GŒTHES FAUST Robert Schumann: Szenen aus Goethes Faust pour solistes, chœur et orchestre, sans numéro d’opus.Faust, Doctor Marianus, Pater Sera-phicus: William Dazelay (baryton); Gretchen (Marguerite), Not, Una Pœnitentiam: Camilla Nylund (soprano); Mephistopheles, Boser Geist, Pater Profundus: Kristinn Sig-mundsson (basse); Sorge, Magna Peccatrix: Simone Nold (soprano); Mangel, Mater Gloriosa, Mulier Sa-maritana: Ingeborg Danz (alto); Marthe, Schuld, Maria Ægyptiaca: Louise Mott (alto); Ariel: Hans-Peter Blochwitz (ténor); Pater Ecstaticus: Christian Voigt (ténor); La Chapelle royale, Collegium vôacle, RIAS-Kam-merchor, Orchestre des Champs-Élysées.Dir.: Philippe Herreweghe.Coffret de deux disques.Durée: 2 h 02 min 06.Harmonia Mundi (France) HMC 901661.62 IwmJl» owo SCHUMANN Szenen aus Goethes Faust MHanDatctey KrtKkm SkTUtfMon CM» Nylund CoMdunVKate LnCtupefl» Royal* RUSBanfflwcler du Champi Oyttca PHum HERREWEGHE Difficile de ne pas rester perplexe devant une telle réalisation.Faust est une manifestation de l’esprit occidental peu commune.La littérature s’en est emparée avec un bonheur certain — Goethe, Mann et Lenau en sont la preuve.La musique romantique aussi.Du tout jeune Schubert (Marguerite au rouet - Gretchen am Sprinnrad — 1814, il avait 17 ans!) au mûr Mahler de la Symphonie des mille (1906) en passant par l’Italien Boïto, sans oublier les tentacules que les deux pièces du chevalier de Weimar ont lancés au XX" siècle (notamment Pousseur et Busoni), cette histoire de la destinée humaine, voire de la raison d’être de l’homme dans un monde façonné par la pensée hellène et chrétienne, a travaillé bien des compositeurs.En bon romantique allemand, Schumann ne pouvait pas passer en reste.Surtout après les huit scènes de Faust de Berlioz (qui deviendront La Damnation de Faust), où la France s’appropriait cette poésie.Pour Schumann, c’est moins l’histoire du premier Faust, celle traduite par Gérard de Nerval, qui importe: c’est le second Faust.On entend donc une musique forcément moins spectaculaire, au sens théâtral du terme, et qui a fait le bonheur de Berlioz, au profit d’une partition qui se veut plus réfléchie, plus poétique dans son attitude face au sujet, ne craignant pas d’oser la philosophie.Posant donc d’irréductible problèmes d’interprétation, ces scènes restent une œuvre assez marginale de Schumann, une œuvre où se côtoient j’inspiration la plus élevée et les truismes d’écriture chorale et voca-ie les plus banals.Quand un compositeur sait quoi en faire, et Mahler en est un bel exemple, cela tombe juste.Quand, comme Schumann, l’inexpérience domine l’ambition, on risque d’entendre des trous.C’est le piège qu’évite Philippe Herreweghe dans cette nouvelle et étonnante version.Bien sûr, il y a des pages où l’on s’ennuie ferme, notamment dans la première partie.C’est qu'elle fait plus appel au théâtre, et Schumann, poète, n’a absolument pas le sens dramatique extraverti.Comme Herreweghe lui, l’a, le choc est d’autant plus grand.En bon artiste se consacrant principalement à la musique baroque, il cherche toujours le théâtre latent.Et ce, pour nous faire entendre un vide presque désolant dans les épisodes de Marguerite.Comme le compositeur,*il ne nous fait pas croire à l’idée concrète de l’héroïne, non plus qu’à l’amour entre elle et Faust.Oublions vite cela pour arriver à la partie la plus philosophique de l’ouvrage, toute tirée du Second Faust.Ici, Schumann fait de véritables efforts d’orchestration, de ceux à faire mentir les critiques qui ne lui accordent généralement qu’une pauvre fantaisie en ce domaine.Et Herreweghe s’y attache avec soin, voire avec spontanéité, pour donner, par la seule couleur sonore, du relief à ces pages dont certaines sont magnifiques.Les moments tirés de la fin de la deuxième «pièce» sont en effet ce qu’il y a de plus réussi.Le chœur, malgré une tendance à exagérer les consonnes sifflantes, prend mieux possession de son «rôle» et, surtout, comme les voix d’homme prédominent, on est moins gêné par la bien ordinaire qualité des voix de femmes.Pourtant, ce qui ressort le mieux — et ce que les adeptes de découvertes ne voudront pas manquer —, c’est l’enthousiasme du chef et de son orchestre à faire cette musique.On dirait un Don Quichotte qui, contre vents et marées, cherche a convaincre et y parvient.La foi missionnaire de cet enregistrement est contagieuse; si elle ne fera jamais croire au chef-d'œuvre, au moins entend-on une vraie œuvre.BERNSTEIN: REACHING FOR THE NOTE Compilations d'extraits de diverses œuvres de L Bernstein, A Copland.L van Beethoven, G.Gershwin, R Schumann, G.Mahler et I.Stravinski.Coffret de deux disques.Durée; 2 h 33 min 33.DGG 459552 Ce coffret double va réjouir trois types de discophiles.Ceux qui, d’abord, veulent posséder tout Bernstein.Ceux qui, avant de s’acheter quoi que ce soit de ce grand chef et compositeur disparu, veulent se faire une idée de son style, de ses forces et de ses faiblesses.Et les autres, ceux qui auront été charmés par le film de Susan Ucy présenté dans le cadre du Festival international du film sur l'art, à Montréal, et qui voudront poursuivre l’expérience sur leurs haut-parleurs — comme ceux qui, frustrés de n’avoir pu être en salle, voudront entendre le panorama des musiques utilisées dans le film.On a une sélection d’enregistrements d’extraits d’œuvres, parfois assez coupés — on ne mise ici que sur le sentimental et le spectaculairement efficace —, seulement avec des orchestres et des chanteurs de premier plan.Il faut accepter de n’entendre que les trois dernières minutes du formidable finale de la Ile de Mahler, la Résurrection, ou que le chœur final de l’hymne à la joie.Cela, c’est pour le répertoire plus «standard».Car il y mieux: les extraits d’œuvres écrites par Bernstein lui-même, qui nous permettent de saisir l’éclectisme de ses penchants de compositeur américain et l’aisance avec laquelle il manie presque tous les styles et arrive à trouver des réponses personnelles à ses interrogations O’Amérique populaire, la judaï-té, la foi, la tradition, le sérialisme et l’avant-garde.).Ce n’est donc pas un grand disque mais un produit discographique bien fait, malgré un ton apologique qui laisse parfois songeur.Pour en savoir plus, les internautes parmi vous n’ont qu’à aller à uiwui.leonard-bernstein.com.Bonne visite.r\ Hydro loL Quet Société Pro Musica 50'' SAISON Série «Émeraude» Bell La CHOROVAYA AKADEMIA de Moscou Billets : m nt no le lundi 5 avril a 20 h le mardi 6 avril à 20 li dans le cadre du Gala annuel du Centre Pierre-Péladeau 1 4 Delta Montréal Église du Gesù Lundi, 22 mars 1999, 20h Musique religieuse des COMPOSITEURS SUIVANTS: Rachmaninoff, Bortniansky, Ippolitov-Ivanov, Izvekov, Chesnokov Billets : 25 $, 12 $ (étudiants), Taxes incluses, redevances en sus, en vente à la billetterie de l’église du Gesù: (514) 861-4036 et par le Réseau Admission cosy n Dtsyiim iiiiimLiMUiin Église du Gesù, 1200 rue Bleury ltiliHHB.ttirl.iaillA-M.UJHl-11 TÎTïTl ri» Will» r A*A t-Tiri 11y ( en tri* Pirrre-IVlrtclcuu Le TRIO FONTENAY, cordes et piano Théâtre Maisonneuve Salit- Itlcf rr Mi-rç lin ¦';M )< i.r **•• » * ' '"•••>< *!,,r£Xtl*lH* *1 ' £aaü*aa ¦ .«*• * * * • *• *?••Mm »‘M» /iff HÉP »rfoi W* • * • ?îî! ?• * «w#f# ¦¦«a «*•••»**** »»»»?»?#! frf## «• * »» » ¦"¦•/rism iîi:; w;éÆmmh fri::* màmim H % t • « *»«¦*?• » » • * * .*» » *«?«?****?*•* •ffffj «MM* ***îfti «••/?fl >*»W ,iM4*^***«M#* iM» *+**fhh fcS&îîî mm^^sssîî; -> a a » a a * » « .,aaaa««i •'ÏJÎ* *»!«?* 94*ppptth îjîîîî A*jW * * r/*?# tîf**«#/A*1 *• **».••M» V/fl HH::;:;:::.îîîlîfïtî* ~ * AV/// ,W/ •MMI» //// !*»»» **/::**' * ••a,***, .* • «**» *M.Il« » MMf ?m» V * * * MfMj *»i*M •*»# ;* * * # « a ?* * • • a a A*1.* a Vyvtvv, « a ia a ''a*'.'.* »*••»»* DU CASINO a » a’v> '^SHEFFIELD ENTERPRISES INC Phancuf •-?a5.a.a •, de MONTREAL ¦ R [ H [ H B [ R [ D LE SPECTACLE ' Présenté par Les Productions Phaneuf avec la collaboration de Tina Sinatra Spectacle : 37 $ / 47 $ / 57 $ Souper-spectacle : 59 $ / 69 $ / 79 $ Billets en vente à la billetterie du Casino de Montréal et sur le réseau ADMISSION* au (514) 790-1245 ou au 1 800 361-4595.Groupe de 20 personnes et plus : (514) 935-5161 OU 1 800 263-5161.* Moyennant les frais de service.i il üfili SS .vvxk'&irH '»àÿs Accès réservé aux personnes de 18 ans et plus./ L K I) E V OIK, L E S S A M EDI 20 E T I) I M A N (' Il E 2 1 MARS I !) 9 9 B 12 ¦ou ORCHESTRE rHAaimrarron- Sallo Wilfrlrl-PcOt.-titM Billets Place ties Arts OSM 790 1245 842 2112 concerts /r, Odile Trent blay JV ous prenez un chanteur frisé et célèbre, un chanteur dont la voix s’égosille en ce mo-j «v ment sur Tout écartillè dans un wagon du métro de Paris, à l’heure où fleurit le Printemps du Québec.Vous le prenez donc et lui demandez au préalable d’écrire un roman, un premier qui plus est, appelé à sortir — tiens donc, le hasard fait bien les choses — juste avant ce Salon du livre de Paris où le Québec tient la barre.Charlebois, c’est gros en France, c’est du symbole, du Québécois pur broue, pur Lindbergh, pur Olympia.Il a tant fait danser les bougalous post-soixante-hui-t^rds au cours des nuits chaudes de Montparnasse que la France a solidement vissé le nom du Garou au panthéon de ses superstars.Et un nom, ça peut tout faire vendre, n’est-ce pas: les chansons, la bière et les livres.Pourquoi se défriser les cheveux à peiner longtemps dessus, je vous le demande.’ Donc, il a commis sa prose.Mission accomplie.Si bien que le quidam parisien, au sortir de la forêt boréale où castors et orignaux assurent la couleur locale, déambulant dans un méandre du Salon, pourra tomber au kiosque Stanké sur On dirait ma femme.en mieux.Un roman de Charlebois, ah! bon! Et de sortir ses francs ou ses euros virtuels pour s’offrir en bouquet d’exotisme, par-dessus le sapin et la feuille d’érable, le roman du chantre de Dolorès.Dans le meilleur des cas, le badaud en question magasinera en cours de route quelques ouvrages de vrais auteurs.C’est la grâce, du moins, qu’on lui souhaite.Du Gaétan Soucy, peut-être, avec sa fascinante Petite fille qui aimait trop les allumettes, aux envolées de poésie et de mystère.De bons écrivains, le Québec en engendre bel et bien.C’est d’ailleurs à trois d’entre eux, aux Soucy, La-londe et Laferrière, que Pivot ouvrira son plateau de chaises.Comme quoi il n’y en a pas que pour les fumistes.Souvent, mais pas toujours.Mince consolation.Charlebois a rédigé cette chose très très vite, sur un parce que lui-même est un chanteur connu.Des scrupules, en a-t-il vraiment besoin, ce Vigneault qui cisèle chaque phrase, les charge de sens, les couche comme des enfants avec amour dans leur lit?Mettons qu’il aurait pu refiler quelques-uns de ses scrupules à Charlebois.Le statut de vedette, c’est vrai que ça fait vendre.On s’entend là-dessus.D’ailleurs, Stanké ne s’arrêtera pas en si bon chemin.Après la prose du chanteur, il entend publier celle de Nanette Workman, de Pierre Lé-garé, de Jean-Luc Mongrain (une autobiographie), de Jean Cournoyer, etc.Vendre, soit! Mais vendre quoi?Là est la question.Prenez Richard Desjardins.Il en réalisait, des documentaires, avant de gagner ses galons comme chansonnier-vedette, mais ceux-ci avaient moins d’impact qu’aujourd’hui.Forcément, eh! Quand il s’est attaqué au scandale des coupes à blanc dans une forêt boréale en perdition, il savait bien que sa voix porterait.Une couverture médiatique digne d’un blockbuster, allez rêver de mieux pour appuyer une juste cause.Regroupement par-ci, concert de protestation par-là.Si jamais notre forêt cesse de perdre du volume comme peau de chagrin, on en donnera quelque crédit à cette percutante Erreur boréale.Le même film sans Desjardins en porte-flambeau aurait sans doute fait chou blanc, tout comme les mines antipersonnel, sans le souvenir de lady Di en mortaise, horrifieraient moins la galerie, que les jambes et les bras sautent ou pas.À chacun sa croisade.On se doutait bien que Charlebois n’était ni Vigneault ni Desjardins.Mais vendre tout croche sa broue dans le toupet en se foutant du public, ça le mène où, au juste?Peut-être réussira-t-il à écouler un premier roman par la seule vertu de son gros nom, mais qui se penchera ensuite pour cueillir le deuxième?«Ail brew, no beer», comme disent les Américains.otremblay@ledevoir.com Péteux de broue MUSIQUE La corde nationaliste trente sous de toute évidence, entre deux éructations de Blanche de Chambly et trois baignades sur une plage de Basse-Terre.Puis, le chanteur devenu romancier a été interviewé ici sur toutes les tribunes.On a vu sa bouille ad nauseam, la machine promotionnelle a fait ses devoirs et ses leçons, les critiques dudit roman se sont montrées plus rares que les entrevues.Silence poli, ou presque, au chapitre de la qualité.Mort de rire, le Garou.Jusqu’à maintenant, du moins.Car en France, ça commence à râler.Libération et Le Nouvel Obs écra-poutissaient «l’œuvre» cette semaine.Le premier titrait «Charlebois dérape» en varlopant «un roman qui sent mauvais».Et d’évoquer l’horreur, l’épouvante, le haut-le-cœur qu’une telle lecture suscite.Le second résumait l’affaire: «Un roman mi-figue, mi-cul, écrit vite par un chanteur pas ordinaire qui croit qu’y peut tout se permettre.» Et pan dans les gencives! Tu parles! C’est tellement mauvais, ce roman, qu’on se demande pourquoi il a osé le signer.Entre le Harlequin pour le style et les dialogues pornos pour l’image de marque du bum de service, il s’est bien foutu de la littérature, le Robert, roulant sur son gros nom comme sur une autoroute à quatre voies.On dirait ma femme .en mieux.Le titre seul jette l’effroi.Pas flatteur pour l’épouse, ça.Bon! En guise de résumé, disons que le narrateur, une vedette de la chanson québécoise, microbrasseur par surcroît, Sam-son Micreault de son petit nom, rencontre dans un vol agité, destination Guadeloupe où il a sa cabane (toute ressemblance avec un personnage ayant déjà existé.), une belle dame érotomane avec qui il partagera fantasmes et jeux érotiques.Et d’évoquer entre deux étreintes leurs vies et carrières respectives, pendant que des raseurs de toutes sortes viennent téter la célébrité au passage.Il ne recule devant aucun cliché, Charlebois, ni devant l’avalanche de jeux de mots plus que douteux.On plogue la bière Maudite ça et là dans le texte.Pub pour pub.Allons-y gaiement.Place aussi aux gémissements d’usage: «Oh! Quelle chaleur! Je m'enflamme! Je suis en feu! Ah! je jouis! Quel plaisir!» etc.Harlequin hard, vous dis-je, en pure salade de mâche poivrée: «Laura, vous êtes folle, et vous me rendriez fou si je ne Tétais déjà.J’en perds la tête et mes chaussettes.Vous êtes une femme que tout homme a envie de séduire, rêvant égoïstement qu’il pourrait être Tunique et le dernier.» Oh! Oh! Oh! C’est original, ça! Il a voulu, semble-t-il, être à la fois drôle et romantique, cynique et grivois.Echec sur toute la ligne.S’enfile ici une série de lieux communs mal liés, mal digérés, mal écrits surtout.Pas écrivain pour deux sous, Robert Charlebois.Et brouillon quant au reste.Il aurait quand même pu soigner un peu la marchandise, je ne sais pas, moi, travailler le style, plonger en lui-même pour rendre un son quelque peu authentique, prendre l’aventure au sérieux, ne serait-ce qu’un instant.Et la fin! La fin! Avec cette ouverture politique sur les velléités d’indépendance de la Guadeloupe, qui tombent à plat sans prévenir et sans s’expliquer.Allons donc! Fallait-il vraiment prendre les lecteurs pour des valises?Quand je pense à Vigneault avouant ne pas trop savoir si ses livres se vendent parce qu’ils sont bons ou CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Il y a 100 ans, Jean Sibelius donnait Finlandia en première.Le but avoué de l’œuvre était de hâter l’émancipation de son peuple de l’empire des tsars, à un moment où l’on remettait en valeur le Kalevala, épopée dont le contenu aida grandement à redonner son identité à la Finlande dont Sibelius se fit le por-te-étendard.Finlandia est devenue l’hymne national officieux d’un pays qui a acquis son indépendance en 1917.Musique et nationalisme font-ils toujours bon ménage?On ne parlait pas encore de décolonisation à l’aube du XX' siècle, mais déjà, divers mouvements nationaux s’étaient affirmés au point de forcer un rééquilibrage des répertoires, tant à Prague qu’à Budapest.Pourquoi en effet laisser un quasi-monopole aux œuvres en provenance d’Allemagne, d’Autriche, de France, d’Italie?La Pologne ressuscitée, en 1919, sera dirigée par un pianiste de réputation mondiale, Ignace Paderewski, à une époque qui vit également la musique polonaise reprendre du panache — peu de noms avaient percé depuis Chopin — avec Szymanowki.Exacerber la «fibre» La musique, on en convient généralement, est un excellent outil pour désamorcer la méfiance entre nations, pour faciliter les dialogues.L’Hymne à la joie ne retentit-il pas chaque automne à la reprise de la session de l’Assemblée générale de l’ONU?' Oui, mais.en mai 1871, Wagner dirige lui-même en concert sa Kaiser-march devant le kaiser Guillaume 1"; il s’agit de célébrer dignement la conclusion heureuse (pour les Alle-tnands) de la guerre franco-prussienne.Wagner n’avait sans doute pas oublié que La Marseillaise avait d’abord eu pour titre Chant de guerre pour l’armée du Rhin et que son auteur, Rouget de Lisle, était un officier qui avait aus-$i commis Le Chant des vengeances.On joue assez fréquemment d’ailleurs, de Tchaikovski, L’Ouverture 1812, qui célèbre la déroute des armées napoléoniennes, mais un peu moins Guerre et Paix, de Prokofiev, d’après l’œuvre de Tolstoï.Se rappelle-t-on que Tchaikovski fit partie de ces créateurs que le groupe des Cinq — Rimski-Korsakov (La Grande Pâque russe), Balakirev, Moussorgski (Boris Godounov), Cui et Borodine — accusait de «gallomanie»?Les Cinq ont d’ailleurs produit des œuvres qui puisent abondamment dans les traditions russes en réaction contre l’engouement pour les courants «étrangers».Ironie de la chose, un récent article du Monde de la musique (février 1999) se demande pourquoi les orchestres français ne jouent pas davantage de musique française.L’auteur trouve le cas d’Honegger «désespéré» et se lamente sur le purgatoire où semble le confiner sa terre natale.Et qu’advient-il de Dukas, de Milhaud et de Roussel, qui ont heureusement, hors de France, des adeptes chez les directeurs d’orchestre?Qui, parmi les contemporains, songe à reprocher à Aaron Copland sa tendance «américaniste»?Ou à de Falla de traiter de ce qu’il connaît à fond, soit les chants et les danses des gitans (El Amor bruio)?On connaît Kossuth, «symphonie patriotique» de Bartôk, et les Rhapsodies roumaines d’Enesco.Une bonne partie de l’œuvre de Grieg se construisit autour de thèmes norvégiens.Même si l’on reconnaît à Grieg un penchant schumannien, il arriva à se sentir responsable de la musique de son pays après la mort prématurée du plus nationaliste de ses collègues musiciens, Richard Nordraak.Son association avec Ibsen mena à la suite Peer Gynt, tirée du terroir norvégien.On pourrait multiplier ainsi les cas de drapeaux fichés sur les tables de compositeurs.Il y eut en contrepartie des rebuffades pour certains créateurs qui s’éloignaient de la ligne orthodoxe, n’épousant pas la ligne de parti comme ce fut le cas en ex-URSS avec Chostakovitch, dans les années 30, lorsque le Kremlin bouda sa Lady Macbeth du district de Mzensk.Le siège de Québec.L’un des cas les plus patents de nationalisme en musique se vérifie chez les Tchèques, particulièrement avec Smetana et Dvorak.Lorsque Smetana s’exile en Suède en 1856 — où il restera cinq ans —, la raison principale en est la sévérité de la répression autrichienne, selon L’Histoire de la mu-sjque occidentale (Fayard, page 881).A son retour, Smetana s’occupe de théâtre et de musique; il devient l’un des meneurs de l’effervescence nationaliste, de la mise en valeur d’un terreau sur lequel pousseront La Fiancée vendue (1866) et, surtout, les poèmes symphoniques Ma patrie (Ma Vlasty, cette œuvre à programme décrit histoire et paysages tchèques comme la Vltava (ou Moldau en allemand), rivière de Bohème, ou encore Tabor, lieu de résistance des hussites contre les croisés germaniques au XV' siècle.Pour Anton Dvorak, rien n’empêche de déceler des affinités avec Brahms ou Liszt.Pour l’essentiel, et c’est ce que retiennent les Tchèques, Dvorâk se situe dans la continuation d’un Smetana considéré comme le premier représentant du «style national tchèque» en musique.Il a puisé abondamment dans le folklore, comme l’attestent deux séries de Danses slaves, et l’on sait que son séjour à New York lui inspira cette 9f Symphonie dite «du Nouveau Monde», où il incorpore un des negro spirituals les plus connus (GoingHome), mais dans un style qui reflète sa Bohème.Un oratorio (Sainte Ludmilla) et plusieurs œuvres d’inspiration religieuse (Requiem et Stabat Mater), qui peuvent avoir un attrait universel, sont reçues par le public pragois comme illustration de valeurs propres aux Tchèques.Avançons que les louanges à l’égard d’Edward Elgar viennent probablement du rôle qu’il a pu jouer pour contrer dans son pays le postromantisme allemand, dans un pays, l’Angleterre, pourtant très perméable aux courants venus de partout Mais, souvent, les sentiments patriotiques prennent des détours, se déguisent, comme chez Verdi (Don Carlo) qui se montre favorable au soulèvement des Flamands sous Charles Quint pour mieux transmettre aux Italiens le message de ne pas accepter de férule étrangère.Cependant, cette fibre nationaliste continue d’affleurer chez un Kodâly (Psalmus Hungaricus) ou chez Casella avec sa rhapsodie symphonique Italia.Peut-être faudra-t-il revenir un jour sur le nationalisme dans le répertoire d’ici.Mais signalons qu’un musicien tchèque, Frank Koczwara (mort à Londres en 1791), a dédié son Siege of Quebec pour clavecin ou pianoforte aux «officiers engagés dans ce glorieux service le 10 septembre 1759».Il vaudrait la peine qu’on nous en facilite l’audition pour pouvoir juger sur pièce.Jean Sibelius Ç^Hydro Québec présente À IVSM en 1999-2000 Il y a une séné pour moi! Il y a un prix pour moi! Il v a des concerts pour moi! Abonnez-vous ! (514) 842-9951 Demandez notre brochure de la saison Les Grands Concerts Mardi 30 et mercredi 31 mars 1999, 20 h Jârvi à Montréal.un événement! Neeme Jârvi, chef Lars Vogt, piano Kodâly Hàry Jànos, suite Mozart Concerto pour piano n° 20 Brahms Symphonie n° 4 Soirée du 30 commanditée par Soirée du 31 commanditée par EGaz Comité des bénévoles Métropolitain de l'OSM N.B.A LA CHAÎNE CULTURELLI DE RADIO-CANADA www.radio-canada.ca L'OPÉRA DU METROPOLITAN présente Tosca, de Puccini, avec Carol Vaness, Luciano Pavarotti et James Morris, sous la direction de Nello Santi.Vous pouvez venir écouter l'opéra au studio 12 de la Maison de Radio-Canada à Montréal.Anim.Jean Deschamps Réal.Maureen Frawley Aujourd'hui à 13 h 30 Pour conclure la série Faust ou les métamorphoses d'un mythe, nous vous proposons Faust à l'aube du prochain millénaire en compagnie de penseurs venus de divers horizons : Gérard Mendel, Hubert Reeves, Dominique Lecourt, Jean-François Peyret et Jean-Didier Vincent.Lecteur : Michel Keable.Idée originale : Guy Marchand Présentation : Stéphane Lépine Réal.Anne Dubois Mardi à 22 h À RADIO-CONCERTS : Le Quatuor de Berlin dans le cadre des concerts Pro Musica dans des oeuvres de Beethoven, Mendelssohn et Brahms.Anim.Michel Keable Réal.Daniel Vachon et Richard Lavallée Mardi à 20 h L'Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction de Kent Nagano, interprète la Symphonie n° 9 de Mahler en direct de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts à Montréal.Anim.Françoise Davoine Réal.Odile Magnan Jeudi à 20 h Trois oeuvres marquantes des années 60 : L’Avalée des avalés, de Réjean Ducharme, Salut Galarneau, de Jacques Godbout, et Le Ciel de Québec, de Jacques Perron, au ROMAN DU QUÉBEC.Collaborateur : Jacques Allard Une émission de Mario Proulx Vendredi à 15 h 101,9 ALLARDVILLE • 100,9 CHICOUTIMI • 95,3 LAMÈQUE • 98,3 MONCTON • 100„7 MONTRÉAL • 102,5 OTTAWA-HULL • 95,3 QUÉBEC • 101,5 RIM0USKI • 90,7 ESTRIE • 90.3,TORONTO • 104,3 MAURICIE-CENTRE DU QUÉBEC pal
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