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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1999-04-21, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR V () !.X C - N - 8 (i PERSPECTIVES Le Far West patrimonial La culture de l’impunité en matière patrimoniale n’est pas dans l’air.Elle est dans nos murs.Elle fait partie de nos mœurs municipales.L’abattage de plus d’une trentaine d’arbres dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce n’en est pas qu’une simple illustration, mais bel et bien une confirmation.Vendredi dernier, le promoteur immobilier Gescor a rasé le boisé attenant à l’ancienne maison des dominicains.Il avait obtenu un permis des services de la Ville pour la coupe d’un certain nombre d’entre eux.Plutôt que de s’en tenir à cela, le promoteur en question a décidé de ne pas faire dans le détail en optant, si l’on peut dire, pour la table rase.Pour cette offense, cette entreprise devra éventuellement payer une amende de 600 $.Permettons un trait de mauvais esprit: grâce à la vente du bois coupé, l’auteur de cette saignée devrait être en mesure de faire l’appariement, comme on dit en langue économique, entre l’amende imposée et le gain réalisé à la faveur de la vente du bois coupé.Dans le cas qui nous occupe, on se souviendra qu’après la construction de l’autoroute Décarie on avait consommé bien des deniers publics pour recouvrir d’une dalle la tranchée effectuée afin que l’intégrité architecturale, que l’harmonie des lieux soit préservée.Après coup, la dalle avait été recouverte de verdure.Peu avant cette coupe, l’hôpital Royal Victoria avait également abattu des arbres pour agrandir une aire de stationnement.Dans ce cas, c’est à préciser, les arbres mis à bas étaient enclavés dans le site du mont Royal.Un site dont la qualification de «protégé» s’avère théorique.Peu après ou peu avant, le comité exécutif avait donné son aval à la transformation d’un ancien bâtiment ayant appartenu aux sulpiciens en une ribambelle de condominiums.Il y a quelques mois de cela, un commerçant s’est confectionné une terrasse en acier sur l’immeuble qu’il occupe à l’angle de la rue Crescent et du boulevard Maisonneuve sans avoir daigné demander un permis.Ce faisant, l’intégrité architecturale de l’endroit a quelque peu été défigurée.Il y a quelques années de cela, un promoteur, immobilier évidemment, avait demandé et obtenu la permission de raser l’ilôt Overdale malgré une vive opposition des citoyens qui habitaient les lieux.On passe et on retient que rien, absolument rien, n’a été construit Pitoyable! Des années auparavant alors que Jean Doré était maire, un permis avait été accordé à un promoteur, immobilier naturellement Le projet de ce dernier consistait alors à édifier une tour à bureaux et autres babioles dans le secteur situé à l’angle des rues Guy et Sainte-Catherine.Dans ce cas, on se rappellera que toute l’enclave à la fois commerciale et résidentielle avait été vidée contre la volonté, la ferme volonté, de ses occupants.Rien n’y fit.Tout fut démoli, rasé, mis à terre.Puis, faute d’avoir loué l’espace nécessaire à l’amorce de la construction comme telle, le promoteur effectua, comme ça, mine de rien, une retraite.Et alors?Pendant plus d’une dizaine d’années, les Montréalais ont eu droit, en plein cœur de la ville, à un trou.Un trou immense.Un trou entouré d’une palissade jusqu’à l’an dernier.Aux arbres de la semaine dernière, à ceux des semaines précédentes et aux autres cas évoqués, il faudrait ajouter le couvent Saint-Isidore, la gare Jean-Talon, les prolongations en verre et en aluminium brun qui sont autant de baffes à la richesse patrimoniale; il faudrait ajouter, et surtout ne pas oublier, que nous voici noyés dans la culture de l’impunité, ainsi que l’a constaté Gérald Beaudet, président d’Héritage Montréal et professeur d’urbanisme à l’Université de Montréal.Selon ce dernier, nous sommes tellement plongés dans cette culture de l’impunité que le «comité exécutif de la Ville de Montréal est devenu le lieu d’absolution de toutes les dérogations, de toutes les magouilles les plus injustifiables qui soient».Si l’on en croit le président d’Héritage Montréal, tous les gestes faits en matière patrimoniale par l’actuelle administration sont autant de symboles de la mise au pas, si l’on peut dire, du domaine public pour le bénéfice du privé.On brade le bien public au mépris de la démocratie la plus élémentaire.«Le maire Bourque agit ainsi, et a toujours agi ainsi, parce que la société civile est pour lui une abstraction.Elle n’existe pas.Pour lui, il n’existe que le bien privé.Actuellement, nous sommes confrontés à ceci: une incapacité d’assurer le bien collectif.S’il envisage de réduire le site du patrimoine du Mont-Royal, c’est que par définition ce site est un droit de regard public sur des propriétés privées.» Comparativement à ce qui prévaut ailleurs, le cadre réglementaire qui a cours ici est extrêmement lâche.Dans bien des villes européennes, a indiqué Dinu Bumbaru d’Héritage Montréal, lorsque les balises patrimoniales ne sont pas respectées, on oblige le fautif à reconstruire à l’identique.A rétablir les conditions originales.A New York, les pouvoirs alloués à une commission indépendante des autorités ont fait qu’obligation a été récemment faite à un promoteur immobilier, qui avait construit un édifice à condos sur la fameuse Madison Avçnue, de détruire une douzaine d’étages.A croire qu’ici, pour ce qui est du patrimoine, nous sommes en plein Far West.Serge Truffaut ?mm MÉTÉO Montréal Québec Ensoleillé le matin.Ennuagement.Des nuages Max: 15 Min: 3 en après-midi.Max: 13 Min: 1 Détails, page B 4 INDEX Annonces.B 4 Le monde.A 5 Avis publics.A 4 Les sports.B 6 Culture.B 8 Montréal.A3 Économie.B 2 Mots croisés.B 4 Éditorial.A 6 Politique.A4 Horizons.B 1 Télévision.B 7 www.ledevoir.com M 0 N T 11 É A L , I.K M E It C It K I) I 2 1 A V It I I.I !» !» !» MONTRÉAL Taxes: le Centre Molson gagne line manche, page A 3 HORIZONS La chronique de Josée Blanchette: Secte symbole, page B 1 8 7c + T A X K S = 1 $ / T 0 11 0 X T 0 1 $ > >4 ACTUALITÉS Garderies : cap sur la grève illimitée, page A 2 Le rapport Bédard sur la fiscalité municipale Un gouvernement de plus ¦ De nouveaux élus et de nouveaux K Le monde municipal réagit impôts pour renforcer le palier régional mal aux recommandations MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC La commission Bédard sur la fiscalité municipale recommande la création de nouveaux gouvernements régionaux au Québec.La nouvelle structure supramuni-cipale envisagée serait composée de dirigeants élus directement par la population et posséderait des pouvoirs de taxation.Ce renforcement du palier régional pourrait éventuellement absorber la gestion des commissions scolaires et des services de première ligne en santé offerts par les CLSC et des centre hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD).Réuni depuis moins d’un an pour élaborer un nouveau pacte fiscal entre Québec et les municipalités, le groupe de neuf personnes dirigé par Denis Bédard convie donc le gouvernement Bouchard à une véritable refonte du monde local et municipal.VOIR PAGE A 8: IMPÔTS MARIO CLOUTIER ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Le rapport sur les finances et la fiscalité locales reçoit un accueil très mitigé de la part du monde municipal québécois.Les représentants des municipalités estiment que les recommandations de la commission Bédard signifieront ultimement des hausses de taxes pour le contribuable.Les transferts de responsabilités aux municipalités et la création d’un gouvernement supramunicipal n’augurent rien de bon à leurs yeux.Le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Mario Uiframboi-se, av:üt du mal à garder son calme hier en affirmant que le rapport Bédard démontrait beaucoup de «méconnaissance» du monde municipal.Il croit que la commission a outrepassé son mandat tout en étant trop gentille avec les syndicats municipaux.VOIR PAGE A 8: MONDE MUNICIPAL • " Carnage dans une école JACQUES NADEAU LE DEVOIR DES ELEVES attendaient avec angoisse et horreur la sortie de leurs amis restés à l’intérieur de l’école secondaire Columbine, hier à Littleton, en banlieue de Denver au Colorado, après qu’une fusillade y eut éclaté.Au moins 25 personnes n’auraient pas pu échapper aux balles de leurs agresseurs et sont décédées.Deux des trois adolescents masqués et vêtus d’imperméables noirs qui ont ouvert le feu dans la cafétéria et la bibliothèque de l’école se seraient par la suite ôté la vie.Nos informations en page A 5.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Alain Finkielkraut au Devoir La maladie du présent JEAN DION LE DEVOIR Notre époque est ingrate.Toute à elle-même.Oublieuse.Terriblement immodeste.Convaincue de sa supériorité, convaincue qu’elle a tout compris alors même qu’en son sein germe et prospère l’inexplicable horreur.Comme au Kosovo.Le constat, ici paraphrasé, est celui d’Alain Finkielkraut, l’un des grands philosophes du temps présent, dont il est aussi un observateur d’une rare lucidité.Finkielkraut dont un recueil de conversations avec le journaliste Antoine Robitaille vient d’être publié, L'Ingratitude (Québec Amérique), réflexion sur nos démons, sur l’oubli, sur «l'impudence des vivants».De passage à Montréal, il s’est entretenu avec Le Devoir hier.L’ingratitude?«De notre présent à l’égard de toutes les périodes antérieures de l'histoire humaine.L’absence sidérante d’humilité de notre époque, qui se suffit à elle-même, qui pense avec l’idéal de tolérance qu’on proclame urbi et orbi avoir accédé à la sagesse ultime.Qui pe>ise avoir le dernier mot de l'histoire», répond-il.«Nous ne disons pas que notre époque est paradisiaque mais nous disons que nous savons mieux que toutes les périodes antérieures caractériser le mal.Quand nous convoquons le passé, c’est le plus souvent pour mettre l’accent sur ses lacunes, ses préjugés, ses crimes et ses tares.Nous nous enchantons de combattre toutes les formes d’ethnocentrisme mais nous succombons à sa modalité la plus bête, qui est précisément l’ethnocentrisme de l’actuel.» Dans son essai, Alain Finkielkraut tente de réhabiliter le conservatisme, une idée honnie par la modernité qui ne jure que par le changement, à tel point qu’elle a fait du changement une tradition.Il parle de «l’art d’hériter», de ce contact avec le passé essentiel à la compréhension du monde et que nient les valeurs contemporaines de démocratie et d’égalitarisme radicaux, le tout-est-pareil, tout-se-vaut auquel notre époque adhère.VOIR PAGE A 8: FINKIELKRAUT ACTUALITÉS Vains efforts pour déjouer l’économie au noir ¦ À lire en page A 2 Envoi de troupes dans les Balkans Le Canada se ralliera à l’OTAN MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Le Canada ne fera pas la promotion de l’envoi de troupes de combat dans les Balkans mais il se rangera derrière ses partenaires de l’OTAN s’ils en viennent à cette solution, a dit le premier ministre Jean Chrétien hier soir, dans deux entrevues distinctes accordées aux télévisions française et anglaise de Radio-Canada.Les leaders des 19 pays membres de l’OTAN se réuniront vendredi, à Washington, pour leur sommet biennal.La situation dans les Balkans a bouleversé les plans de la rencontre destinée, surtout, à célébrer le 50' anniversaire de l’Alliance.M.Chrétien s’attend dans ce contexte à ce que certains de ses homologues soulèvent la question du déploiement de troupes terrestres pour imposer la paix au Kosovo.Pour sa part, il refuse de considérer cette option.«Pas à ce moment-ci.Je ne pense pas qu’on doive changer le plan qui consiste à poursuivre les bombardements aériens.On doit inte>isifier cela», a-t-il indiqué sur les ondes de CBC.En après-midi, le ministre des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, a dit que le Canada avait une seule position sur l’utilisation d’éventuelles troupes au sol.«La position du gou VOIR PAGE A 8: CANADA David Cronenberg Le mutant gentilhomme Le cinéaste canadien David Cronenberg était hier de passage à Montréal pour présenter son saisissant film eXistenZ, qui sort vendredi dans nos salles.Il est également auréolé du prestige de cette présidence du jury de Cannes qui lui échoit cette année.Entre monde virtuel et cinéphilie, entre le bon bourgeois qu’il assure être et les œuvres angoissantes et visionnaires qu’il nous sert, il balance, insaisissable comme ses films.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR David Cronenberg assure qu’il n’est pas fou, comme son œuvre inquiétante pourrait le laisser croire à certains esprits égarés.Même qu’il se décrit comme un bon bourgeois, marié depuis 21 ans et aussi doux que tendre.Pour un peu, on le canoniserait.D’autant plus qu’en entrevue autant qu’en conférence de presse, sous ses éternelles lunettes rondes et son sourire très légèrement narquois, la cinquantaine séduisante, il se révèle courtois comme tout.Manifestement, le cinéma constitue l’exutoire parfait pour l’univers grouillant, sanglant, mutant et déstabilisant qui l'habite.Et quand on émet l’hypothèse de la catharsis par le septième art, il opine du bonnet.VOIR PAGE A 8: CRONENBERG JACQUES GRENIER LE DEVOIR 778313000665 A 2 L K |) E V OIK, 1.K M K U C K E I) I 2 1 A V R I I, I !) !l !) LES ACTUALITES Rapport du Vérificateur général Les efforts d’Ottawa pour dejouer l’économie au noir sont vains D'APRES LA PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les efforts du gouvernement fédéral pour combattre l’économie au noir ont eu beaucoup moins de succès que le ministère du Revenu le laisse entendre, soutient le Vérificateur général Denis Desautels dans son rapport présenté ;hier à la Chambre des communes.- De plus, contrairement à ce qu'il s’était engagé à ïaire, le ministère n’a mené aucune campagne de ^sensibilisation publique sur les méfaits de l’écono-.'mie clandestine.Depuis 1993, année où une initiative spéciale avait été lancée, le ministère prétend avoir récupéré 2,5 milliards de dollars en impôts et taxes impayés.Plus de 1200 employés ont été affectés à cet effort.Or, constate le vérificateur, le montant réel serait tout au plus de 500 millions.La différence s’explique en ce qu’on a incorporé à ces 2,5 milliards le résultat d’activités régulières des contrôleurs de l’impôt.Signalons que le ministère s’est même attribué la récupération de 100 millions au Québec en TPS impayée alors que c’est le ministère québécois du Revenu qui est allé chercher cet argent.Le Vérificateur général Desautels estime que la situation est troublante.«Des données inexactes pourraient mettre en danger le processus de prise de décision et compromettre la lutte que mène le gouvernement contre l'économie clandestine», affirme-t-il.On évalue que chaque année au Canada, les gouvernements perdent 12 milliards en taxes et impôts non payés.Dans le cadre de son initiative spéciale, le ministère du Revenu devait également faire de la publicité.«Or le ministère n'a même pas encore effectué les recherches nécessaires pour déterminer si les activités de marketing social, comme la publicité à grande échelle, pouvaient constituer un outil valable pour lutter contre l’économie clandestine», écrit-on dans le rapport du Vérificateur général.Gestion des pêches Par ailleurs, le ministre fédéral des Pèches et Océans pourrait être en train de répéter les erreurs du passé dans sa gestion des crustacés et des mollusques du golfe du Saint-Laurent, estime le Vérificateur général.M.Desautels constate que ces espèces marines risquent de subir le même sort que les poissons de fond, aujourd’hui décimés, si le ministère ne révise pas et n’établit pas clairement ses priorités.«Nous avons constaté des problèmes de gestion des stocks de mollusques et de crustacés qui non seulement sont de même nature que les problèmes de gestion des stocks de poissons de fond mais qui doivent être pris au sérieux», souligne M.Desautels.Ses préoccupations concernent le homard, le pétoncle, le crabe des neiges et la crevette.Comme dans le cas du poisson de fond, leur survie est mise en danger par une mauvaise connaissance de leur biologie, par une augmentation impressionnante de la capacité de pêche des bateaux et par un manque de surveillance des activités de pêche.M.Desautels note que, par exemple, l’exploitation du crabe des neiges à Terre-Neuve et du pétoncle dans la baie de Fundy a été ouverte à tous et sans limites, sans que cela ne se traduise par des revenus intéressants pour les pêcheurs, trop nombreux à se partager ces territoires.A ses yeux, la gestion du ministère des Pêches et Océans poursuit des objectifs économiques qui n’ont rien à voir avec la survie de la ressource.En outre, il estime que les décisions sont «prises au cas par cas et de façon décousue plutôt qu’en fonction d’un cadre global».Le rapport de M.Desautels révèle également qu’Ottawa n’a pas consacré beaucoup d’efforts pour administrer les fonds destinés à aider les pêcheurs des Maritimes affectés par la disparition de Jeur gagne-pain.A son avis, on a mal dépensé les 150 millions destinés à la réadaptation professionnelle des pêcheurs et des travailleurs d’usine, somme qui était contenue dans la Stratégie du poisson de fond de l’Atlantique.Parmi les abus rapportés, M.Desautels signale que le tiers des projets n’était pas appuyé par une demande, que dans 83 % des cas, il a été impossible de déterminer comment les critères de sélection ont été appliqués et que plusieurs des demandes acceptées ne répondaient tout simplement pas aux objectifs du programme.Dans un cas relevé dans le rapport, une compagnie non identifiée aurait reçu 500 000 $ et ensuite déclaré faillite.Finalement, le vérificateur rappelle qu’il faut continuer à être vigilant à l’égard des 3,6 milliards versés chaque année aux 600 conseils de bande autochtones du Canada.Dans un rapport précédent, en 1996, on constatait que le tiers des fonds était potentiellement mal géré.Médicaments Retour à la gratuité écarté Québec (PC) — Les Québécois ne doivent pas espérer un retour à la gratuité des médicaments, a fait comprendre la ministre de la Santé, Pauline Marois, hier.Mme Marois étudie cependant des scénarios qui permettraient à certains groupes de personnes âgées et aux personnes ayant des problèmes de santé mentale de ne pas payer leurs médicaments.Critiquée par l’opposition libérale, la ministre avait admis que le régime d’assurance médicaments comportait «certains aspects négatifs», qu’il lui fallait corriger.«Des hypothèses sont à l’étude au ministère et, tel que prévu, d'ici quelques semaines, j’arriverai avec des propositons concrètes», a déclaré Mme Marois.L’assurance médicaments permet depuis 1996 à tous les Québécois d’obtenir leurs médicaments moyennant le paiement d’une franchise.Avant l’instauration de ce régime, 1,5 million de Québécois n’avaient aucune couverture d’assurance médicaments.Mais le régime n’implique pas la gratuité et demande un effort financier que certains ne peuvent assumer.Marie-Victorin gardera son programme de sciences de la nature onteregie PARTICIPEZ AU CONCOURS LA DICTÉE TROUÉE LE DEVOIR / LA QUINZAINE ET COUREZ LA CHANCE DE GAGNER UN LIVRE DE VOTRE AUTEUR PRÉFÉRÉ.Extrait tiré du nouveau roman de Gilles Gauthier, L'ÉTONNANT LÉZARD D'EDGAR, La courte échelle, 1996.Auteur de romans, de pièces de théâtre et de dessins animés pour les jeunes, Gilles Gauthier a reçu plusieurs prix (prix Alvine-Bélisle, prix du livre M.Christie, liste d'honneur de l'IBBY).Ses romans sont traduits en cinq langues.- — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — LA DICTÉE : Je réfléchissais en regardant le plafond de ma chambre.(1).soudain, tout s’est (2).À partir du centre, là où se trouve mon plafonnier, de grandes failles (3) .sont creusées.Mort de peur, j'ai cru que le ciel allait me (4) .sur la tête.Mais le plafond n'a pas bougé.L' (5) .là-haut s'est éteinte peu à peu et elle a pris l'aspect d'une petite porte.Une petite porte ronde semblable (6) .une (7) .de poisson.À mon grand étonnement, j'ai alors senti mon (8).tout léger, monter vers ce point mystérieux.Et le’.tement, la petite porte (9) .ouverte.Devant moi se trouvait un trou noir qui m' (10).avec la force d'un aimant gigantesque.Sans pouvoir opposer la moindre résistance, j'ai été (11) .À la vitesse de l'éclair, j'ai glissé dans un souterrain sans fin.Et je me suis retrouvé d'un seul (121).sur le bord d'une plage, au crépuscule.L'endroit était inhabituel, sauvage, rocailleux.Il me semblait (13) .jusqu'à ce que (14) j'.quelque chose sur un rocher.Je me suis approché (15).et j'ai pu distinguer finalement de quoi il s'agissait.Sur le rocher, aux aguets, se tenait un lézard comme je n'en avais jamais vu.Un lézard d'une inquiétante étrangeté.LES RÉPONSES : (1): Quand, Quant.(2): lézardé, lézarder.(3): ce, se.(4): tombé, tomber.(5): ampoule, empoule.(6): a, à.(7): écaille, écale.(8): corp, corps.(9): c'est, s'est (10): m'attirais, m'attirait.(11): aspiré, aspirer.(12): cou, coup.(13): inabité, inhabité.(14): aperçoive, apperçoive.(15): doucement, doussement.POUR PARTICIPER : Faire parvenir le bulletin de participation complété, sans oublier d'inclure ses coordonnées, avant le 5 mai, à l'adresse suivante : Quinzaine du livre en Montérégie, 305, rue Saint-Jean, Longueuil (Québec) J4H 2X4 Indiquer CONCOURS DE DICTEE sur l'enveloppe.NOM :.ADRESSE :.NO.DE TÉLÉPHONE :.NOM DE L'ÉCOLE :.INFO quinzaine (450) 651-0694 Pour la programmation détaillée, consulter noire site Internai www.ael.ca/-ccm/qulnialne.hlml luiuiBmiffliwiwiiuiimmi ORGANISÉ PAR : CONSEIL MONTÉRÉOIEN DE LA CUL TURE ET DES COMMUNICATIONS O (WAA MU.) FM U «.(//* M LE DEVOIR ERIC DESROSIERS LE DEVOIR Le cégep Marie-Victorin gardera son programme de sciences de la nature, du moins pour quelque temps encore.Après plus de cinq heures de débats devant le conseil d’administration du collège montréalais, la direction de l’institution a préféré retirer sa demande de fermeture du programme plutôt que de risquer de la voir battue au vote et promis de lui présenter dans les meilleurs délais un plan de relance.Selon le président du syndicat des professeurs, Yves Jalbert, les membres du conseil d’administration se sont rapidement montrés mal à l’aise à l’idée d’assumer la responsabilité de faire du cégep le premier au Québec à fermer l’un de ses programmes préuniversitaires.Ils auraient également été choqués de voir la direction avoir recours à un avis juridique pour exclure du vote les représentants des employés.Une centaine de personnes, dont de nombreux étudiants et anciens étudiants, étaient venus exprimer leur opposition au projet de la direction.Le directeur général de l’institution, Gilles Lépine, n’a pas eu d’autre choix que d’accepter la tâche qui lui a été Moins de victimes sur les routes Québec (PC) — La route fait de moins en moins de victimes au Québec.En fait, le nombre de morts dans des accidents de la circulation a baissé au point qu’on se retrouve, à l’aube de l’an 2000, avec sensiblement le même nombre de décès qu’il a 40 ans et ce même si il y a cinq fois plus d’automobiles en circulation sur les routes québécoises.Ainsi, en 1998, on dénombrait 717 morts sur les routes du Québec, soit le même nombre de victimes qu’en 1955.De plus, on a réussi à atteindre, deux ans plus tôt, l’objectif fixé pour l’an 2000, soit réduire le nombre annuel de décès à moins de 750 par année.En 1997, il y avait eu 805 décès.Pour mesurer le progrès établi, rappelons que 1973 lut Le Centre McGill d’études sur le vieillissement vous invite à une CONFÉRENCE PUBLIQUE le dimanche 25 avril 1999 intitulée «L’ostéoporose: il faut en parler!» Conférencière: Docteur Line Duchesne Rhumatologue - Hôpital Maisonnouve-Rosemont Endroit: HÔTEL DELTA MONTRÉAL 450, rue Sherbrooke ouest (475, rue Président-Kennedy) métro McGill Collège Heure de 14h à 16h Entrée Libre (calé et thé seront servis) Pour de plus amples renseignements, téléphonez au (514) 766-2010 Commanditée par: O MERCK FROSST ^Dcllü 1 Montréal confiée.Un comité de relance sera mis sur pied, promet-il.Il devra identifier une stratégie de relance avec des objectifs et un échéancier précis qui pourrait s’échelonner sur trois ans.«On va se donner une dernière chance», a déclaré M.Lépine, qui s’est toutefois dit «très pessimiste».Le défi consistera, selon lui, à permettre au collège de se distinguer de ses concurrents, notamment grâce à ses programmes de diplômes d’études collégiales doubles, dits «DEC doubles», qui associent le programme de sciences de la nature à une formation en arts plastiques ou en musique.Le nombre d’inscriptions au programme de sciences de la nature est en baisse constante depuis que l’ancien collège privé est devenu public en 1993.Cette année, seulement 34 étudiants se sont inscrits.Il en faudrait entre 120 et 150, dit Gilles Lépine, pour que le programme soit viable financièrement et soit en mesure d’offrir une formation de qualité.Paradoxalement, le collège a vu, en six ans, le nombre total de ses étudiants passer de 800 à 3350, principalement grâce au succès de ses programmes de formation technique, notamment dans le domaine de la mode et en réadaptation physique.une véritable année de l’hécabombe avec un record de 2209 morts accidentelles sur les routes.Le nombre de blessés graves dans les accidents routiers s’est maintenu l’an dernier par rapport à 1997, soit 5924.Le nombre de blessés légers, c’est-à-dire dont l'état n’a pas nécessité l’hospitalisation, a diminué de 2 % pour atteindre 41 000.Une seule catégorie d’accidents a augmenté considérablement: ceux impliquant des motocyclistes.Le nombre de décès en motos a grimpé à 57, soit 18 de plus que l’année précédente.La hausse est attribuable notamment à l’augmentation du nombre de motos et au climat exceptionnel de l’été dernier, qui a favorisé l’utilisation de ce type de véhicule.Lapierre et Maynard libérés LE DEVOIR Le président des cols bleus de Montréal, Jean Lapierre, et le secrétaire-trésorier, Denis May-nard, ont été libérés, hier matin, après avoir purgé près d’un mois de prison, soit le sixième de la peine qui leur avait été imposée, le minimum requis pour une libération conditionnelle.Une délégation de syndiqués, à la tête de laquelle se trouvait le président de la FTQ, Henri Massé, s’est rendue à la prison de Bor-deau pour saluer le retour des deux hommes reconnus coupables de «complot en vue de commettre une introduction par infraction à l’hôtel de ville de Montréal» et de «participation à une émeute» en septembre 1998.¦ ~:r-_____________________________________(Ha JACQUES NADEAU LE DEVOIR La journée de demain sent la plus difficile s’il y a grève.i Cap sur la grève illimitée en garderies LOUISE LEDUC LE DEVOIR \ A moins d’une entente in extremis avec le gouvernement du Québec, les quelque 2800 éducatrices affiliées à la CSN déclencheront une grève illimitée demain, paralysant du coup environ 200 garderies à travers le Québec.Dans un ultime appel pour éviter le pire, la CSN réclame toujours la mise en place d’un «lieu de négociations», précisait hier Mireille Bénard, vice-présidente des travailleuses en garderie de Montréal.«1m ministre [Nicole Léger, ministre déléguée à la Famille et à l’Enfance 1 sait très bien que la grève peut être évitée par la seule mise en place d’une telle table de négociations.» La CSN y mettrait de l’avant ses trois principales revendications: l’instauration d’une échelle salariale unique, partout au Québec, avec des taux horaires variant entre 13,25 $ et 18,55 $ (le salaire moyen des travailleuses en garderies affiliées à la CSN est actuellement de 11,41 $ l’heure), la création d’un comité chargé d’étudier les questions d’équité salariale et la possibilité de cotiser à une caisse de retraite.«Des années pourraient s’écouler avant que nous voyions des résultats sur la base de l’équité salariale», poursuit Mme Bénard.«Le redressement salarial doit se faire à beaucoup plus court terme.» Une question demeure cependant: pendant combien de temps les grévistes pourront-elles tenir le coup?En prévision de ce débrayage illimité, la CSN a bien un petit fonds de grève, mais qui ne permettra pas aux travailleuses de vivre richement.Elles disposeront chacune de 35 à 50 $ par jour, comparativement à leurs revenus habituels de 70 $ à 75 $ par jour, salaire net actuel à la CSN.Si les menaces de grève se concrétisent, la journée de demain sera la plus difficile, puisque les 2800 éducatrices de la CSN seront alors rejointes par leurs 8(X) collègues affiliées à la Centrale de l’enseignement du Québec.«Quoique nous n’excluons pas éventuellement la grève illimitée, nos membres ont opté dans l’immédiat pour une autre journée isolée de débrayage», a expliqué «C’est à Québec de dénouer l’impasse» CAROLINE MON T P E TIT LE DEVOIR Les représentants de 18 centres de la petite enfance syndiqués de Montréal ont témoigné hier leur appui aux revendications salariales des travailleuses en garderie mais indiqué que seul Québec peut résoudre ce problème.En conférence de presse, France Cantin et Luc Grégoire, deux porte-parole de la Table patronale de Montréal pour les négociations regroupées, ont sommé le gouvernement du Québec d’éviter la grève imminente en mettant sur pied rapidement une table de négociations.En effet, disent-ils, les garderies n’ont plus de marge de manœuvre pour offrir de meilleurs salaires à leurs employés, et ce, particulièrement depuis que le gouvernement a mis en œuvre son programme de garderie à 5 $ par jour.D’ailleurs, a souligné Mme Cantin, le ratio enfants-éducateur a augmenté depuis l’adoption de cette politique, passant de une éducatrice pour huit en-fanls à une éducatrice pour dix enfants.Leur charge de travail en est donc alourdie.Dès septembre prochain, ce programme s’appliquera aussi aux enfants de deux ans, trois ans et quatre ans, c’est-à-dire à presque toute la clientèle des garderies, puisque la clientèle de ces centres a essentiellement 18 hier en entrevue la présidente de la CEQ, Lorraine Pagé.Pour elle, ce sont plutôt entre 14 $ et 20 $ l'heure que devraient recevoir les éducatrices, après comparaisons de leurs salaires avec d’autres métiers masculins.«Nous avons notamment suggéré à la Commission de l’équité salariale de comparer le salaire des travailleuses en garderie à celui de métiers masculins équivalents, comme les techniciens en loisirs ou même les cuisinieis des secteurs public et parapublic.» ¦ Le redressement salarial devra, se Ion Mme Pagé, profiter à toutes les éducatrices.«Le plus grand nombre de places Ù5$ sera créé en milieu familial.Le danger, c’est que le gouvernement considère ces femmes comme des mères au foyer, ce qui n’est pas le cas: elles offrent un service, comme les autres.» - Si la CSN a un peu adouci le ton et ne demande plus, dans un premier temps, que de sérieuses négociations avec Québec, la ministre Nicole Léger, elle, durcissait hier le sien.Comme le premier ministre Lucien Bouchard, dans ses déclarations du 1er avril, elle qualifiait à son tour le débrayage d'*i«-justifié».«Les éducatrices savent que je travaille à une solution, pour ce printemps», a-t-elle souligné, se montrant inquiète pour les parents qui seront pénalisés par ce conflit.Alors que le ministre Lucien Bouchard n’a pas manqué d’insister sur le succès de sa politique familiale, avec places à 5 $, lors de sa campagne électorale, il n’en oblige pas moins la ministre Léger à gratter les fonds de tiroirs.Elle ne peut en effet compter sur aucun crédit spécifique du Conseil du trésor pour améliorer les conditions salariales en garderie.A tout le moins, la CSN, la FTQ et Québec s’entendent sur une chose: il n’est pas question de (aire des éducatrices des employés d’Etat.lit ministre Léger préconise l’octroi de subventions aux conseils d’administration des garderies, tout en leur conservant toute la marge de manœuvre.Précisons que seules les éducatrices syndiquées seront en grève demain.Elles représentent environ 20 % de toutes les travailleuses en garderie au Québec et gagnent des salaires supérieurs à ceux de leurs consœurs non syndiquées, encore moins fortunées.mois et plus.En 2001, c’est toutella clientèle qui aurait accès à ce programme.Or la table patronale reconnaît que les travailleurs en garderie sont soijs-payés, qu’ils n’ont aucun régime de retraite et que leur salaire moyen tourbe autour de 11,50 $ de l’heure alors quïls ont une formation de niveau collégilal, voire universitaire.Rappelons que les travailleur en garderie réclament une échelle jsâja-riale variant entre 14 et 18 $ l’heuCd-l Et la grève sérail catastrophique pour les parents des enfants qui fréquentent les garderies puisque 20 OjJO enfants se retrouveraient ainsi désoeuvrés, la menace de grève concernant quelque 200 garderies.Les parent?y enregistreraient des pertes de retenus, peut-être des pertes d’emploi, mentionne le regroupement En ce qui a trait aux autres revendications des travailleurs en garderje, la Table patronale de Montréal estime qu’elle peut y répondre à $a propre table de négociations.«Le gouvernement du Québec est le bailleur de fonds en ce qui a trait aux salaires des travailleurs en garderie, nous n’avons donc pas les moyens nécessaires pour négocier ce chapitre important de la convention.C’est donc au gouvernement à dénouer l’impasse.Nous sommes coincés entre l'impatience des salariées et les délais du gouvernement», ont dit les porte-parole.I t 1 1, E I) K V fl I I! .1.E M E If < U E I) I 2 I A V K I I.I !» !l !l A 3 -?LE - MONTREAL Dossier de contestation de la valeur financière de l’amphithéâtre Molson gagne une première manche La bataille du droit du public à l’information commence Molson a remporté hier la première manche devant le Tribunal administratif du Québec: la valeur du Canadien sera analysée.Mais ; une autre bataille vient de commencer, celle du droit du public à l’information.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Molson tient un double discours quant au controversé dossier de contestation de la valeur foncière ; du Centre Molson: un pour les tribu-; naux, un autre pour la population.; Devant le Tribunal administratif du ; Québec (TAQ), l’avocat représentant ‘ Molson, Pierre Galardo, a plaidé lundi que «la valeur de l’entreprise est liée à la valeur de l'immeuble» et vice-versa.11 existerait même, selon ses propres termes, une «relation symbiotique» entre le Centre Molson et le Club de hockey Canadien.D’ailleurs, le rapport d'experts déposé devant le TAQ établit Ain lien entre l’amphithéâtre et le salai- r » * • re des joueurs, la renommée de l’équipe, la qualité des gestionnaires et la diversité des sources de revenus, entre autres.Or le président du Centre Molson et du Club de hockey Canadien, Ronald Corey, contredit M' Galardo et les experts payés par Molson.Dans un texte rendu public hier, notamment par The Gazette, M.Corey ne voit pas cette même intimité.«Le Centre Molson ne serait pas justifié de réclamer une baisse de taxes parce que les économies ainsi réalisées pourraient servir à payer les augmentations de salaire aux joueurs du Canadien.Bien entendu, ce raisonnement n’a aucun sens car il n’y a aucun lien entre les taxes du Centre Molson et les salaires des joueurs du Canadien», écrit M.Corey.Par-delà cette contradiction, Molson a gagné hier une première manche importante dans sa démarche juridique pour voir son fardeau fiscal réduit Le TAQ a donné raison à Molson dans sa volonté de présenter comme preuve la valeur marchande du Canadien, qui devrait être déduite de la valeur foncière de l’amphithéâtre (177,6 millions selon la CUM, 35 millions selon l’estimation de Molson).La Ville de Montréal et la Communauté urbaine de Montréal (CUM) ont contesté en vain la compétence du TAQ à juger de cet élément de la cause, qui devrait s’étendre sur plus de six mois.Par la suite, Ml Galardo a plaidé la nécessité de maintenir la confidentialité de la quasi-totalité des renseignements contenus dans les rapports d’expertise.Il a également demandé le huis clos pour certains témoi- gnages.Molson voulait faire entendre hier le témoignage de deux dirigeants de la Ligue nationale de hockey.Mais le plan de match de Molson a été bousculé alors que Radio-Canada (SRC) est intervenue pour défendre les principes de la liberté de presse.C’est que Molson souhaitait que le débat juridique permettant aux commissaires de statuer sur la valeur confidentielle des documents et la nécessité du huis clos lors de témoignages se tienne à huis clos.A la suite de l’opposition de la SRC à cette procédure, surtout utilisée lors de procès au criminel, le TAQ a demandé aux procureurs des différentes parties de lui remettre leur argumentation par écrit le 30 avril.Les audiences ont donc été suspendues jusqu’au 3 mai.Si tous ces préliminaires peuvent sembler fastidieux, la décision qui en découlera sera lourde de conséquences pour le droit du public à l’information.L’UQAM courtise Pepsi et Coke La pauvreté serait insoutenable à la CSDM .PAULE DES RIVIÈRES * ¦ ' LE DEVOIR Université du Québec à Mont- ’ réal (UQAM) cherche à conclure un contrat d’exclusivité avec Pepsi ou Coke, contrat qui pourrait lui rapporter entre huit et dix millions de dollars en redevances sur une pério-> de de dix ans.«Nous voulons profiter de la manne mais sans vendre notre âme», a résu-, mé Alain Dufour, vice-recteur à l’administration et aux ressources humaines.¦ i En demandant récemment à Coke et Pepsi de ¦leur faire une offre, .l’UQAM imite l’Universi-1 té de Montréal, devenue, .l’an dernier, la première i université québécoise à conclure une entente d’exclusivité avec un fournisseur, en l’occurrence Pepsi.Cette entente rapportera dix millions en dix ans à l’Université de Mqntréal.A l’UQAM, le journal étudiant Montréal Campus consacre un dossier à cette histoire dans son édition qui paraît aujourd’hui.Le vice-recteur de cette constituante du réseau de l’Université du Québec se promet tout de même d’apprendre des erreurs des autres.«Nous passons en deuxième.Nous voulons gérer cette bombe correctement et traiter cela comme il se doit avec les étudiants.» C’est donc dans le but d’apaiser ces derniers que la direction a récemment fait part de ses projets aux principales associations étudiantes du campus montréalais.La plus importante, l’Association des étudiantes en sciences humaines, arts, lettres et communications, s’oppose à toute augmentation du volume de publicité sur le campus ainsi qu’à une multiplication effrénée du nopibre de machines distributrices.A l’Université de Montréal, le nombre de distributrices sur le campus a triplé peu après la signature de l’entente.«Nous ne sommes pas contre l’argent mais nous sommes contre une augmentation de la publicité sur le campus.Il y en a déjà assez, déjà trop», commente le responsable général de l’association, Daniel VigneaulL Pour obtenir l’appui des associations étudiantes, la direction leur fait miroiter des centaines de milliers de dollars, dont une partie irait aux associations et une autre en bourses.Ce sont d’ailleurs des conditions similaires qui ont fait pencher la balance en faveur de l’entente au sein des associations étudiantes de l’Université de Montréal, même si certaines n’ont jamais accepté que l’arrivée de Pepsi sonne le départ de boissons plus «santé», moins sucrées.L’UQAM entend également contrôler le prix et le format des contenants de boissons.En effet, Pepsi s’était engagée, à l’Université de Montréal, à maintenir le prix du millilitre à son niveau actuel.Mais cela n’a pas empêché le fournisseur d’augmenter le format des contenants, qui font maintenant 600 millilitres.L’UQAM s’attend à recevoir des offres de Pepsi et de Coke vers la fin du mois de manière à pouvoir signer une entente à l’automne.L’Université du Québec à Trois-Rivières envisage aussi une entente similaire.«Nous voulons gérer cette bombe correctement et traiter cela comme il se doit avec les étudiants» INFO uinzaine |.lNii l> -|Ml nh lli i ii.uli llr Iti il.nul (450) 651-0694 Pour la programmation détaillée, consultez noire elle Internet www.ael.caZ-ccm/QuInzalne.htmI PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Même si ses commissaires ont refusé la semaine dernière de s’engager dans la voie du déficit lourd, la présidente de la Commission scolaire de Montréal, Diane De Cour-cy, reviendra à la charge ce soir en invoquant l’insoutenable pauvreté des écoles montréalaises.La CSDM reçoit déjà quelque quatre millions du Conseil scolaire de l’île de Montréal, somme que tous jugent insuffisante.A tel point que la semaine dernière, en votant leur équilibre budgétaire, les commissaires ont adopté la mise sur pied d’un fonds d’urgence de 1,2 million expressément pour venir en aide aux écoles des milieux défavorisés.Mais hier matin, les membres du comité de coordination de l’Opération Solidarité de la commission scolaire, formé de commissaires mais aussi de syndicats, cadres, parents et autres partenaires, estimaient que ce sont non pas 1,2 million mais quatre millions additionnels qui seraient nécessaires.Il ne fait aucun doute, en effet, que la pauvreté a augmenté sur le territoire couvert par la CSDM, fait amplement démontré avec la publication d’une nouvelle carte de la pauvreté par le Conseil scolaire il y a quelques mois, carte qui s’appuie sur le dernier recensement Ainsi, certaines des écoles qui étaient les plus pauvres ont été repoussées par d’autres encore plus démunies et ne sont donc plus admissibles aux subventions auxquelles ellçs avaient droit auparavant.A cette commission, 65 écoles primaires révèlent un indice de défavorisation égal ou supérieur au plancher de l’an passé.En 1998-99, la dernière école subventionnée dans la catégorie des plus défavorisées affichait un indice de défavorisation de 38 %.En 1999-2000, une école ayant le même indice de défavorisation devrait être considérée comme favorisée.Les commissaires regroupés autour de Mme De Courcy privilégieront, lors de l’assemblée publique de ce soir, d’engager des dépenses même sans avoir obtenq l’assentiment du ministère de l’Education.Ils feront valoir qu’un geste semblable avait été fait l’automne dernier, lorsque les fonds avaient manqué pour le lait dans les écoles, et que les sommes ont été ultérieurement remboursées.Le commissaire dissident Robert Cadotte, membre du comité de l’Opération Solidarité, estime que le comportement de Mme De Courcy est «disgracieux» parce qu’à son avis, elle utilise «un problème extrêmement grave [la pauvreté] pour faire de la politi-caillerie» en cherchant à faire adopter un déficit important, avenue rejetée la semaine dernière.Trois directeurs généraux reçoivent le Prix D’EXCELLENCE DE L’ASSOCIATION DES DIRECTEURS GÉNÉRAUX DES SERVICES DE SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX DU QUÉBEC.On reconnaît, dans l’ordre habituel, M.Raymond Carignan (president de l’Association) en compagnie des titulaires M.Réjcan Cantin, Mme Colette Tracvk et M.Michel Assclin.À l’occasion de son congrès annuel, l’Association a rendu un hommage particulier, le 8 avril dernier, à trois directeurs généraux qui se sont signalés tout au long de leur carrière par la constance d’une gestion remarquable et la réalisation d’activités significatives pour le réseau ou pour leurs pairs en leur décernant le Prix d’excellence de l’Association.Il s’agit de: • Monsieur Réjean Cantin du Centre hospitalier Robert Giftard (Québec) • Madame Colette Tracyk de l’Institut universitaire de Gériatrie de Montréal • Monsieur Michel Asselin du CLSC-CHSDL de la Pommeraie (Montérégie) L’Association honore ainsi, à chaque année, quelques directeurs généraux choisis par le conseil d’administration.l’anociatton des directeur! généraux de! servtcei de santé et dos services sociaux du quôt>oc Nouvel hôpital feMSi- Mï t; »* ' •¦d'- - - t  ¦'-ao iStf-iLL JACQUES NADEAU LE DEVOIR LE NOUVEL hôpital chinois de Montréal a été inauguré hier par la communauté chinoise, accompagnée du maire Pierre Bourque.Les soins de longue durée seront dispensés à l'angle des rues Viger et Hôtel-de-Ville et viendront remplacer les installations actuelles, sises sur la rue Saint-Denis, angle Jean-Talon.Conflit à Bell Canada Manifestants en colère PRESSE CANADIENNE Une manifestation d’employés de Bell Canada en grève et en lock-out a failli mal tourner, hier au centre-ville de Montréal, lorsqu’une fourgonnette de Bell qui passait près de là par hasard a soudainement été encerclée et endommagée par des manifestants.Dans le brouhaha, deux pneus ont été crevés, l’échelle sur le toit a été déboulonnée et décrochée, des œufs ont été cassés sur le pare-brise, des autocollants «scabs» ont été apposés et la fourgonnette, avec deux personnes à bord, a été quelque peu secouée, sous le regard des policiers et des caméras.Un pneu a été crevé, puis un autre, un œuf, un autre œuf, jusqu’à ce que l’escouade antiémeute arrive au pas de course pour encadrer la fourgonnette et ses deux occupants, restés à l’intérieur.Le véhicule a alors pu redémarrer et rouler, cahin-caha, avec ses deux pneus crevés.FESTIVAL LI T T É METROPOLE BLEU du 21 au 25 avril 1999 Billets d’entrée: Les billets sont en prévente chez Chapters (1171, rue Sainte-Catherine Ouest) puis, pendant le festival, ils seront en vente à l’Hôtel Europa.Événements individuels 5 $ Admission quotidienne 12 i Laissez-passer pour la durée du festival 45 S Billets pour le gala d'ouverture 25 S m Imasco BANQUE ROYALE ROYAL BANK Canada Inc The British Council CONSEIL desXrts r.ir.’Vi viiie (te Montres GOEIHE #0 INSTITUT M Misa L trConn Mi-mW ! Ih« ( »eff fer LM free* lafQtfct GVfcfIEL rarurapbe T WRITERS’ TW SI EUROPA "wvjC Qutfcr WrtSTfV W/.Mène*- £ltr (ôairttr Cette année, le printemps littéraire de Montréal débute le 21 avril, avec l'avènement de Metropolis Bleu - le premier festival littéraire international de Montréal, qui se déroulera en français et en anglais.Plus de 70 écrivains du monde entier réunis durant cinq jours de festivités pour participer à des lectures, des tables rondes, des séances de signature, des ateliers de poésie, une soirée de traduction en direct et plusieurs autres événements spéciaux.Avec Russell Banks.Amitav Ghosh, Denise Bombardier, Ican-Claude Germain, Suzanne lacob, loveue Marchessault Monique ProuU, Evelyn Lau, Nicole Brassard, Dany Laferrière, Loma Crozier, Hélène Dorion, Louise Dupré, Neil Bissoondath, Louis Hamelin, Marco M icône, Louise Latraverse.Bernard Assiniwi, Maggie Siggins, Nathalie Petrowsld, Piene Nepveu, François Charron, David Homel, France Théoret Annie Goldmann, Patrice Desbiens, Bany Callaghan, Roger Des Roches, Yves Préfontaine, Lothar Baier, Pierre Turgeon, Naïm Kalian, Régine Robin, Paul Marchand, Michel Désautels, Silver Donald Cameron, Verena Stefan, 4 jeunes écrivains de l'Irlande du nord, une table ronde animée par lean Fugère, une entrevue sur scène avec Christiane Charette.Pour de plus amples renseignements : tel.(514) 487-9856 www, blue-met-bleu.com Vous cherchez un constructeur de maisons neuves ?0 un rénovateur?0 D1C 6 L K I) K V OIK.L K M K l< (' R E |) | 21 A V RII, I !) il il A 4 =-* Le devoir ?- POLITIQUE Concept des deux peuples fondateurs Bourses du millénaire Il ne faut pas nier l’histoire, dit Ryan «Ce serait bien dommage» Bouchard accuse Charest d’être «complice» d’Ottawa PIERRE O’NEILL LE DEVOIR De l’avis de Claude Ryan, rejeter le concept des deux peuples fondateurs, c’est nier l’histoire.L’ancien chef du Parti libéral du Québec estime que la proposition mise de l’avant en fin de semaine par le Bloc québécois fait abstraction de la réalité, celle des Canadiens français et des Canadiens anglais qui sont à l’origine du Canada.«Ça fait partie de notre histoire et on ne peut nier l’histoire.» Au cours d’un entretien téléphonique avec Le Devoir, il s’est étonné que les auteurs de cette remise en question invoquent le caractère eth-nicisant du,concept.«C'est bien beau dé rêver et de parler de manière abstraite, mais on ne peut pas faire abstraction de l’ethnie.» Selon lui, il n’y a pas là de fondement ici à craindre l’ethnicisme, puisque nous ne sommes pas en présence d’une ethnie majoritaire ui prétendrait, avoir le droit absolu e contrôler l’Etat et les institutions politiques.Rejeter le concept des deux peuples fondateurs, c’est en outre, souligne-t-il, mettre tous les Canadiens sur le même pied d’égalité sans tenir compte des origines historiques, c’est s’aligner vers une remise en question de la loi sur les langues officielles.Après le biculturalisme disparu dans le multiculturalisme de Pierre Trudeau, ce serait alors au tour du bilinguisme d’être sacrifié.Et les premières victimes, fait-il observer, seraient évidemment les francophones hors Québec.«Il me semble que c’est écrit dans le ciel et que ça ne prend pas beaucoup de sagacité pour comprendre cela.Ce serait bien dommage.» Il y a une trentaine d’années, Pierre Trudeau a reconnu le bilinguisme mais il a préféré le multicultura- lisme au biculturalisme.De l’avis de M.Ryan, ce fut une erreur, parce qu’en séparant la langue de la cultu- LE DEVOIR Le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, a déclaré hier à l’Assemblée nationale que «ce n'est pas un débat, au Québec, de savoir qui est Québécois».«Tout le monde est Québécois», a-t-il ajouté.«On n’a pas à se lancer dans une grande définition étymologique de l’appartenance québécoise pour savoir que les Québécois, ce sont tous des Québécois sans aucune espèce de distinction, aucune nuance.Il n’y a aucune restriction.Il faut avoir la conception la plus large possible de ce que sont les Québécois», sans faire de distinction selon la langue, la religion ou l’origine ethnique ou nationale.Plus tard, devant des journalistes, M.Bouchard a tout de même soutenu que le débat lancé par le Bloc québécois était «utile» et «sain».Il croit «important de parler d'identité québécoise».Cependant, il ne souhaite pas que l’on cherche à adopter «des formulations trop précises».Lui-même ne se «sent pas capable» de faire de telles formulations.Il appelle ceux qui vont débattre de ce sujet de faire preuve de «tolérance et d’ouverture d’esprit».Interrogé par le chef libéral Jean Charest qui voulait savoir si, dans l’esprit du premier ministre, il fallait être d’accord avec le gouvernement pour être considéré comme un bon Québécois, M.Bouchard a répondu: «Je n'entrerai pas dans ce débat dans lequel re, on l’affaiblit graduellement, on en fait une affaire individuelle.«Et aussi parce que la langue et la cultu- ARCHIVES LE DEVOIR Lucien Bouchard: pas un débat.veut nous entraîner le chef de l’opposition.Je suis convaincu que nous sommes un parti très ouvert.On aime projeter l'image d'un Parti québécois qui ne le serait pas, mais nous multiplions les engagements de programme, les déclarations, les réponses aux questions, pour rappeler que ce n’est pas un débat au Québec de savoir qui est Québécois.» M.Bouchard est resté prudent sur la question de la monnaie d’un Québec souverain et la notion de peuple fondateur.L’idée de M.Parizeau d’adopter le dollar américain va «faire carrière au sein d’un débat», ce qui est très bien à ses yeux.Et il croit impossible d’établir une équivalence entre le peuple québécois lorsqu’il a participé à la fondation du Canada et celui d’aujourd’hui.re ensemble créent des sociétés.» Bien sûr que les peuples autochtones étaient là quand les Européens se sont amenés au Canada, mais ce ne sont pas eux qui l’ont construit.Tout en déplorant leur marginalisation, M.Ryan rappelle que ce sont les anglophones et les francophones qui ont bâti ce pays.«Et le Québec est l'élément qui tient à cette interprétation de la réalité canadienne.» S’adapter à la réalité du pays Il lui paraît également évident que, si le Québec renie cette réalité, on ne pourra s’attendre à ce que le Canada anglais y tienne mordicus, surtout pas les Canadiens des provinces de l’Ouest peuplées en bonne partie de néo-Canadiens arrivés au pays au XXe siècle.Tout en comprenant que ces gens ne ressentent pas le même attachement que les autres Canadiens à l’histoire de leur pays d’accueil, il lui semble que c’est à eux qu’il revient de s’adapter à la réalité du pays.Il y a quelques mois, Claude Ryan a reçu un doctorat honorifique de l’université d’Alberta et il y a prononcé une allocution dont le thème posait la question suivante: «Dualité et diversité sont-elles conciliables?» Le message qu’il a alors livré aux Canadiens de l’Ouest demeure d’actualité au moment où s’amorce au Québec ce débat sur les deux peuples fondateurs.«La société dans laquelle chacun est appelé à vivre, déclarait-il, ne saurait être un univers abstrait et impersonnel.Elle doit avoir pour base un territoire précis.Elle doit avoir sa propre histoire.Elle doit être formée de membres qui, tout en étant différents à plusieurs égards, sont reliés entre eux par une même adhésion à des valeurs communes.Elle doit en d'autres termes être une nation.» Québec (PC) — Le premier ministre Lucien Bouchard a accusé hier Jean Charest de se faire le «complice» d’Ottawa dans le dossier des bourses du millénaire.Le chef libéral reprochait au premier ministre «l’obsession de son parti pour l’ethnicité des Québécois» et tenait pour preuve les récentes attaques dont a été l’objet le président de la Fondation des bourses du millénaire, Jean Monty, ci-devant président et chef de la direction de Bell Canada Enterprises.Le chef du PLQ a poussé plus loin en accusant le gouvernement Bouchard de «couillonner et de diviser les Québécois» en se référant constamment à leur appartenance.Il a rappelé les déclarations de Jacques Parizeau sur l’impact du «vote ethnique» sur le résultat du référendum de 1995, les réflexions de la bloquiste Suzanne Tremblay sur Céline Dion et les attaques dont il a lui-même été la cible durant la campagne électorale.«Qui est un bon Québécois?», a demandé Jean Charest.«Au Québec, tout le monde est Québécois, et on ne fait pas de nuance», a répondu M.Bouchard, décidé à tuer dans l’œuf le débat explosif sur l’identité québécoise lancé par le Bloc québécois de Gilles Duceppe et dont veulent tirer profit les libéraux.Si la sortie de Jacques Parizeau a fait du bruit, celles de Bernard Landry et de François Legault ne sont pas à ranger dans le même tiroir, a fait comprendre M.Bouchard, car ni le, ministre des Finances ni celui de l’Education ne cherchent à décerner des «certificats de grand Québécois» dans le litige qui oppose Québec et Ottawa sur les bourses du millénaire.Le ministre Landry disait la semai- i ne dernière que Jean Monty est un «grand Québécois et, à ce titre, il ne peut tolérer le gaspillage de fonds publics» que serait le programme de bourses fédérales.Le ministre Legault a répété hier que le monde des affaires et la population en général désapprouvent ce «dédoublement d’un champ de compétence exclusive» au Québec.Il a invité à nouveau Jean Monty et la direction de la fondation à démis:.sionner ou «de vivre avec les cotisé- : quences de leur choix».«Ils doivent choisir entre appuyer, leur ami Jean Chrétien et son testament, politique ou appuyer la population québécoise», a insisté François Legault.Jean Charest flaire la menace dans ces propos.Ce que désapprouve le premier ministre Bouchard, qui n’y voit que «sémantique».«M.Ijandry a peut-être simplement rappelé à M.Monty que, s’il voulait être un grand fédéraliste, il fallait qu’il respecte la Constitution», a-t-il ironisé.Il a soutenu que le gouvernement fédéral avait créé un «écran entre son gouvernement et lui-même» de mahiè-re à contourner la Constitution; un' stratagème duquel le chef libéral se «fait le complice», a lancé Lucien Bou-’ chard.Jean Monty et la direction de Bell Canada ont d’autres raisons de s’in-.quiéter du débat qui fait rage à Québec.Le ministère du Travail évalué «des scénarios» qui permettraient d’amender le Code du travail de manière à protéger les emplois des 8000 téléphonistes dont les services sont vendus à une entreprise américaine.La ministre Diane Lemieux dit s’être «activée à évaluer tous les effet?d’un projet d'amendement» qu’eflp soumettra au conseil des ministrpR incessamment.I t • 11» r TT Téléphone: 985-3344 Télécopieur: 985-3340 AVIS PUBLICS Sur Internet: www.offres.ledevoir.com «Tout le monde est Québécois» AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s’il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immédiatement toute anomalie qui s'y serait glissée.En cas d’erreur de l’éditeur, sa responsabilité se limite au coût de la parution.CORPORATION ’HÉBERGEMENT DU QUÉBEC D’OI’ER IN CHSLD CHAMPLAIN-MARIE-VICTORIN MONTRÉAL DOSSIER 06176A-01 APPEL D'OFFRES PUBLIC POUR LE CHOIX DES PROFESSIONNELS Le ministère de la Santé et des Services sociaux, par l'entremise de la Corporation d'hébergement du Québec, projette des travaux d'agrandissement et de rénovation fonctionnelle au CHSLD Champlain-Marle-Victorln à Montréal situé dans la Communauté urbaine de Montréal.La Corporation d'hébergement du Québec, en collaboration avec Le Groupe Champlain inc., procède à un appel d'offres de services professionnels par spécialité.Les firmes choisies se verront mandatées pour rendre les services professionnels jusqu'aux plans et devis préliminaires avec la présentation d'un coût estimé des travaux et d’un échéancier.Les professionnels doivent présenter leur candidature pour les spécialités suivantes : • architecture • mécanique-électricité • structure de bâtiments • ingénierie des sols et des matériaux De plus, la firme devra se conformer aux exigences contenues dans le document intitulé >• Instructions à respecter pour la présentation d'offres de services ».lequel est fourni avec les documents d'appel d'offres, notamment en ce qui concerne les critères d’admissibilité, les exclusions, les limitations, la constitution des firmes et la non-conformité des offres.Toute firme ayant cinquante (50) employés ou plus depuis au moins six (6) mois précédant la date du présent appel d'offres devra se conformer à la politique gouvernementale relative à l'emploi et à la qualité de la langue française dans l'administration et fournir, avec son offre de services, une attestation d’inscription ou d'application à un programme de francisation ou encore un certificat de francisation conforme.Aucun contrat de services professionnels ne peut être adjugé à une firme qui n'aura pas fourni les attestations et certificat exigés ou dont le nom apparaît sur la liste des firmes non conformes établie par l'Office de la langue française.Si la firme choisie compte plus de cent (100) employés et que le contrat à adjuger est de 100 OOO $ et plus, la firme devra être détentrice d'une attestation émise par le Conseil du Trésor, à l'effet qu'elle s'engage à implanter un programme d’accès à l'égalité conforme à la Charte des droits et libertés de la personne.Le choix des firmes sera fait d'après les recommandations d'un comité de sélection, selon les critères d'évaluation préétablis.Ne sont admises à présenter une offre de service que les firmes ayant leur principale place d'affaires au Québec Les documents nécessaires à la présentation des candidatures seront disponibles à partir du 26 avril 1999 aux endroits suivants au: 1005, chemin Sainte-Foy, 2* étage Québec (Québec) G1S 4N4 Tél.: (418) 646-7999 ou au : 3700, rue Berri, 6‘ étage Montréal (Québec) H2L 4G9 Tél.: (514) 873-4344 Les candidatures devront être remises AVANT 16 H, heure locale du lieu de la remise, le 19 MA11999, â la Corporation d'hébergement du Québec à l'attention du secrétaire des comités de sélection, à l’endroit ci-dessous désigné, soit au : 1005, CHEMIN SAINTE-FOY, 2- ÉTAGE QUÉBEC (QUÉBEC) G1S4N4 ou au : 3700, RUE BERRI, 6- ÉTAGE MONTRÉAL (QUÉBEC) H2L 4G9 La Corporation d'hébergement du Québec n'est tenue d'accepter aucune des candidatures reçues.Le directeur général de la construction, Herman Bigraa Québec ::: PROVINCE DE QUÉBEC VILLE DE LAVAL APPEL D’OFFRES AVIS est par la présente donné qu'on recevra à l'hôtel de ville, des soumissions pour l’exécution des travaux suivants: No 7912 Travaux de réhabilitation du réseau d'égout, de remplacement de conduite d'aqueduc désuète et de réfection de fondation et de chaussée sur une partie de la rue Lebrun (règlement numéro L-9835-M) Seules les soumissions identifiées clairement sur l'enveloppe extérieure quant au numéro de la soumission et au nom de l'entrepreneur, présentées sur les formules préparées à cet effet et remises sous pli cacheté au Greffier de Ville de Laval, au 1, Place du Souvenir, Chomedey, Ville de Laval, avant la 11' heure du mardi 11 mai 1999 seront ouvertes à 12 h (midi) ce même jour en la salle du Conseil de l'hôtel de ville.Seront considérées toutes soumissions préparées sur les formules fournies par la Ville de Laval et qui seront trouvées conformes aux conditions énumérées audit cahier des charges.Les plans, cahiers des charges et formules de soumissions, de même que tout autre renseignement d'ordre technique pourront être obtenus au Service de l’ingénierie, 3, Place Laval, bureau 300, Chomedey, Ville de Laval, du lundi au jeudi inclusivement entre 8h15 et 12 h (midi), et ce, moyennant un dépôt de 40 $ non remboursable.La Ville de Laval se réserve toutefois le privilège de n'accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions et de n'encourir aucune poursuite ou réclamation pour frais ou pertes subis par les soumissionnaires.Donné à Laval ce 21 avril 1999 Me Chantal Sainte-Marie, greffière adjointe Ville de Assurance générale 1999-2000 Dossier numéro 20110102-00011 Chibougamau Province de Québec APPEL D’OFFRES Toutes les conditions du présent APPEL D’OFFRES sont contenues dans un document, « CAHIER DES CHARGES », lequel est disponible et qui peut être obtenu durant les heures de bureau à l’endroit suivant: Ville de Chibougamau Bureau du Greffier 050,3' Rue Chibougamau (Québec) G8P1P1 Sont admises ÉDITORIAL Guy Taillefer O ?Instabilité indienne Et tombe encore un gouvernement indien.Pour la quatrième fois en trois ans.La démocratie la plus populeuse du monde souffre d’instabilité politique chronique, sans espoir de guérison rapide.Que la discrète Sonia Gandhi accepte ou non de monter au front.iffîcile à lire, l’avenir politique de l’Inde.Un éminent leader du vieux parti du Congrès l’a bien résumé qui, suivant la chute samedi dernier du gouvernement de coalition, conseillait à ceux qui s’interrogeaient sur l’avenir immédiat de l’Inde d’«aller consulter leur astrologue local».La démission du gouvernement emmené par les (ultra) nationalistes du BJP après avoir été mis en minorité par un petit parti de l’Etat du Tamil Nadu était pourtant attendue depuis plusieurs semaines, sinon p usieurs mois.Il coulait de source que la coalition d’une vingtaine de partis qui soutenait le premier ministre Atal Behari Vajpayee était trop hétéroclite pour survivre jusqu’aux prochaines élections prévues pour 2003.N’en reste pas moins que son effondrement hâtif, survenu à peine plus d’un an après les élections générales de mars dernier, est le symptôme d’une maladie grave qui gangrène le sous-continent depuis que le Congrès, qui a presque toujours gardé le pouvoir depuis l’indépendance, a amorcé sa décroissance, il y a environ dix ans.Cette décroissance a facilité, d’abord, la montée du BJP, ce «Parti du peuple indien» issu, paradoxalement, des hautes castes.Mais elle a aussi ouvert la voie à l’apparition d’une multitude de petits partis régionaux qui, fractionnant l’électorat, ont fait entrer de force l’Inde dans l’ère des gouvernements de coalition.Avec le résultat que le fonctionnement de la démocratie indienne se voit de plus en plus tenu en otage par ces partis régionaux.Le défi pour la classe politique indienne, par ailleurs grevée par la corruption et le népotisme, est majeur: il demande que soient rassemblées des coalitions disparates qui ne perdent pas de vue, pour autant, l’intérêt national.La quadrature du cercle?Le score pour le moment est de zéro en quatre.Et rien n’indique que les politiciens, que l’urgence de la situation devrait interpeller, auront sous peu appris à s’adapter.Les zones de danger sont pourtant nombreuses: pour l’Inde comme entité nationale, dont l’unité testée historiquement par ses différences culturelles et religieuses doit maintenant subir l’épreuve additionnelle des régionalismes politiques et partisans; pour son économie encore enferrée dans ses vieux travers «nehruviens», dont le nécessaire dépoussiérage est freiné par cet état incessant de paralysie politique; pour ses relations avec ses voisins, réchauffées par une certaine détente face au Pakistan; et pour la sécurité nucléaire régionale, enfin, car la chute du gouvernement Vajpayee compromet les chances que l’Inde, qui a procédé en mai dernier à cinq tests nucléaires dans le désert du Rajasthan, entérine rapidement le Traité d’interdiction des essais nucléaires.L’Inde emprunte à l’Italie ses accents d’instabilité politique.Ce qui convient aux circonstances, ont noté des journalistes indiens, compte tenu que la leader du Congrès, Sonia Gandhi, veuve d’origine italienne du premier ministre assassiné Rajiv Gandhi, risque d’être invitée à former le prochain gouvernement II n’est pas certain qu’elle acceptera, la vie publique lui répugne.En outre, la tâche qui l’attendrait serait extrêmement difficile puisqu’il lui faudrait théoriquement pour former son gouvernement, obtenir l’appui de 26 partis.Y compris, probablement, de celui-là même qui a précipité la chute du gouvernement Vajpayee.Cela aussi répugne à Mme Gandhi qui aurait l’impression «d’aller au lit avec un anaconda».En tout état de cause, même dans l’éventualité où serait formée une nouvelle coalition sur la base de la donne actuelle, cela n’offrirait pas, sur le fond, de clé durable à l’état de verrouillage de la scène politique indienne.Tout au plus y aurait-il lueur de rémission.Aussi, la sortie de crise semble nécessairement passer par la tenue de nouvelles élections générales, à plus ou moins brève échéance.Dans l’espoir qu’en émergent les ingrédients d’une coalition gouvernementale moins bancale.Le jardin de Pierre Bourque e maire Pierre Bourque avait promis au moment de son élection en 1994 de faire de Montréal un jardin.Nous avions tous conclu, probablement trop rapidement, que la protection de l’environnement serait sa priorité.Certains craignaient même qu’il en fasse trop.Le nouveau maire écologiste s’est rondement mis à .l’œuvre.Il créa d’abord les éco-quartiers, obtint des cols bleus qu’ils nettoient les rues du centre-ville le week-end et créa même une brigade anti-graffittis.Puis, il multiplia les bacs à fleurs qui sentent bon et plaisent à l’œil du touriste.Mais depuis ce temps, quelque chose a changé puisque dans son jardin, M.Bourque semble vouloir le moins d’arbres possible.Comme sous Jean Drapeau, peut-on croire à la lumière du saccage des arbres de la Maison des Dominicains, on peut en couper autant qu’on veut.La chose importe peu au maire, du moins lorsqu’il s’agit d’arbres situés sur une propriété privée.Il était pour le moins renversant, en effet, de l’entendre reconnaître lundi son ignorance de ce règlement municipal qui exige d’obtenir un permis avant de couper un arbre sur une propriété privée.De la part d’un homme qui est maire depuis 53 mois et qui, au surplus, a passé toute sa vie au sein de l’administration montréalaise comme fonctionnaire botaniste, cela est révélateur de l’importance réelle accordée par Montréal à la protection du patrimoine arboricole privé.Il ne faut pas s’étonner dès lors que ce règlement soit ignoré de tous, des fonctionnaires chargés de l’appliquer comme des citoyens et des promoteurs immobiliers qui peuvent agir comme bon leur semble, d’autant plus allègrement que le règlement en question n’a aucune dent Pierre Bourque n’est tout de même pas devenu, espérons-le, à ce point insensible à l’environnement qu’il ne réagira pas devant l’absurdité de la situation.Il faut revoir ce règlement, lui donner des dents et voir à ce qu’il soit mis en application.Si le maire a besoin d’inspiration, il pourrait demander conseil à sa petite voisine, Outremont, qui fait de la protection de son patrimoine arboricole une priorité.Le règlement sur la coupe des arbres prévoit une amende minimale de 300 $ pour chaque arbre abattu ou endommagé.Et encore, le juge peut fixer l’amende en fonction de la valeur de l’arbre que des évaluateurs établiront en vertu des critères établis par la Société internationale d’arboriculture.S’il avait commis son forfait à Outremont, le promoteur Gescor aurait payé une amende, non pas de 600 $ comme il lui en coûtera, mais de quelques dizaines de milliers de dollars! Les Montréalais ont montré ces dernières semaines qu’ils tiennent à leur patrimoine, les arbres y compris.Aussitôt a tournée des régions terminée, M.Bourque devrait prendre le temps de retourner dans les quartiers en discuter un peu avec ses concitoyens, à moins, les élections étant chose du passé, qu’il n’estime maintenant cela de peu d’intérêt.bdescoteauxt5 ledevoir.eu L Bernard Descôteaux ?-0- ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA I.E 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, PIERRE CAYOUETTE, NORMAND THÉRIAULT Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ C'tsr tfs \ / C'&TtSS \ QO' 1 I l OHÎ SiKlVAlUt Y y 1 W**WoOfft,) V V 5AVASi, RuÔwîkY,/ Ambiguïté ou confusion Il faudrait s’entendre sur la définition des mots.Depuis quelques semaines, les journaux québécois sont remplis de textes sur la religion.La grande majorité des Québécois ne savent plus où donner de la tête devant autant d’ambiguïtés concernant le sens du vocabulaire employé.Par exemple, on voit les évêques se servir du mot «christianisme» pour désigner le «catholicisme», et vice-versa.Un autre exemple: on emploie «écoles laïques» au lieu d ’«écoles neutres».Un troisième exemple: on se sert du mot «Eglise» pour désigner le «clergé», etc.Est-ce qu’il y a quelqu’un dans l’ombre qui profite de ces ambiguïtés (récupération) pour se faire unç nouvelle crédibilité?A qui peut bien servir cette confusion au niveau du langage?Ces deux questions ne sont peut-être pas très subtiles mais elles ont fie don) la qualité de contenir déjà un début de réponse.Claude Lemoine Théologien Trois-Rivières, 15 avril 1999 La sécurité du sang À la suite de sa lettre parue le 1" mars dernier, je veux remercier Michel Giguère de l’intérêt qu’il porte envers Héma-Québec et de son désir de donner du sang.Je le remercie surtout pour son honnêteté.La mission d’Héma-Québec est de mettre tout en œuvre pour assurer à la population du Québec un approvisionnement sécuritaire en composants sanguins.Le questionnaire et l’entrevue sont les premières étapes d’un processus de sécurité qui vise à protéger au maximum les receveurs de produits sanguins, c’est-à-dire les patients qui ont besoin d’une transfusion.Car c’est d’abord de cela qu’il s’agit ici: la santé des patients.Les analyses virolo- LETTRES -?- giques constituent la seconde étape de ce même processus.Nous sommes conscients qu’il se trouve de très bons donneurs qui se voient refusés à cause de nos critères de sélection.Mais quand il s’agit de la sécurité d’un produit injectable comme le sang, nous ne devons prendre aucun risque.Et c’est ce que nous faisons par notre questionnaire, par la vérification des réponses à celui-ci, par l’infirmière et par nos analyses.De plus, afin d’obtenir et de maintenir sa licence d’exploitation, Héma-Québec se doit de respecter les directives et les normes édictées par le Bureau des produits biologiques et radiopharmaceutiques (BPBR) du Programme des produits thérapeutiques de Santé Canada.Le BPBR, tout comijie la FDA (Food and Drug Administration) des Etats-Unis, ont dû franchir et établir des normes.Certaines personnes sont plus à risque et, selon les statistiques, être un homme ayant eu des relations sexuelles avec un autre homme, depuis 1977, fait partie de ce groupe.Si on regarde la dernière étude sur le VIH et le sida faite par Santé Canada et publiée en novembre dernier, les hommes ayant eu des relations de ce type comptent encore pour 74 % des tests positifs pour le VIH depuis 1985 et pour 80,4 % du nombre total de cas de sida déclarés (Le VIH et le sida au Canada, rapport de surveillance en date du 30 juin 1998, novembre 1998).Héma-Québec applique les nonnes nationales et nord-américaines, et veille à fournir à la population des composants sanguins sécuritaires, de qualité optimale et en quantité suffisante pour répondre aux besoins des hôpitaux.S’il y a une leçon à tirer du passé, c’est qu’il ne faut pas qu’il y ait de laxisme dans le système de sécurité du sang.La commission Krever a clairement établi que la «sécurité du système d’approvisionnement en sang est primordiale» et qu’en conséquence «le principe de la sécurité doit primer sur les autres principes et politiques» (Commission d’enquête sur l’approvisionnement en sang au Canada, rapport final, volume 3, juge Horace Krever, Editions du gouvernement du Canada, Ottawa, 1997).Nous adhérons entièrement à ce principe.Francine Décary Directeur général d’Héma-Québec Montréal, 16 mars 199 Les amis des Serbes?Depuis le début des frappes aériennes de l’OTAN, M.Clinton, Mme Albright, M.Blair, M.Chirac, M.Chrétien et M.Solana disent qu’ils ne mènent pas la guerre contre le peuple serbe, qu’ils sont les amis du peuple serbe.Grâce aux images, on voit les ponts, les routes, les chemins de fer, les raffineries, les usines, les écoles, les monuments, les monastères, tous détruits.Dans les hôpitaux, il y a des dizaines de blessés, de plus en plus de morts.Et tout cela, à une époque où personne ne mène la guerre contre le peuple serbe! Imaginez ce qui pourrait arriver au pauvre peuple serbe s’il n’avait pas d'amis aussi puissants comme ceux mentionnés plus haut! Goran Bénie Sherbrooke, avril 1999 Le courrier des lecteurs Nous publions dans cette section de la page éditoriale une sélection de lettres des lecteurs.Les lettres sont envoyées à l’adresse suivante: Courrier des lecteurs, Le Devoir, 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal H3A 3M9, ou encore, si par courriel, à: lettres@ledevoir.ca.Toutes les lettres doivent être signées et comporter l’adresse et le numéro de téléphone où le signataire peut être joint Elles doivent éviter les attaques personnelles.Nous retenons en priorité les lettres courtes et dactylographiées.LIBRE OPINION -?- La Ferme sous les noyers: un site historique d’importance nationale FRANCE GAGNON PRATTE Présidente du Conseil des monuments et sites du Québec DENISE CARON Vice-présidente de l’Association des amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec La couverture médiatique entourant le projet de construction de maisons unifamiliales et de condos de luxe sur le site de la Ferme sous les noyers montre bien à quel point les Montréalais s’inquiètent du sort réservé à leur montagne.A travers l’histoire, le mont Royal a toujours été un lieu emblématique pour eux.Maisonneuve y planta une croix en 1643, un parc y fut créé en 1876 à la suite de pressions des citoyens et, en 1987, il fut érigé en site du patrimoine.Ce site englobe la Ferme sous les noyers.Le mont Royal a connu plusieurs étapes de développement très souvent liées à celles de grandes institutions montréalaises: les universités de Montréal et McGill, les cimetières et l’oratoire Saint-Joseph, pour n’en citer que quelques-unes, s’y sont installés depuis très longtemps, ajoutant ainsi à la valeur symbolique et identitaire du mont Royal.Parce que la montagne a toujours été convoitée par les développeurs de toutes sortes, les Montréalais ont entretenu une longue tradition de jirotection à son égard en cherchant à la rendre le plus accessible possible à tous les citoyens.Toutefois, le litige entourant la Ferme sous les noyers interpelle l’ensemble des Québécois.Cette propriété des sulpiciens était autrefois intégrée au grand Domaine du Fort de la montagne.On ne dira jamais assez combien les messieurs de Saint-Sulpi-ce ont été importants dans l’histoire de Montréal et du Québec.Au début de la colonisation, l’île de Montréal était la seigneurie-frontière de la Nouvelle-France, se caractérisant par son dynamisme économique, son esprit d’aventure et ses activités commerciales intenses.C’est à titre de seigneurs de lîle que les sulpiciens ont investi le site du Fort de la montagne pour y installer un de leurs domaines seigneuriaux dès le XVII'' siècle, l’aménageant au fil des siècles.C’est sous leur direction qu’on a modelé ce terrain à la.manière des propriétés monastiques du Moyen Âge, travaillant la montagne en terrasses, créant des espaces de culture, de recueillement, de villégiature, de récréation et de contemplation esthétique.La Ferme sous les noyers faisait partie de cet ensemble.C’est ainsi que les messieurs ont établi la première institution montréalaise à flanc de montagne, donnant le ton pour les siècles à venir.Bien que l’avenue Atwater ait divisé le site, la relation historique entre les bâtiments et les espaces aménagés a été préservée et est toujours visible dans ce secteur qui inclut, en continuité, le collège Mariano-polis, autrefois le séminaire de philosophie.En le classant site historique en 1982, le gouvernement du Québec a jugé le site du Domaine du Fort de la montagne d’intérêt national.Malheureusement, il n’a pas cru bon, à l’époque, d’y adjoindre la partie actuellement convoitée par le Groupe Lépine qui veut la privatiser à des fins résidentielles.Ce projet propose le démantèlement d’une partie du site du Domaine des messieurs de Saint-Sulpice en détruisant le lien du bâtiment avec son paysage aménagé, le réduisant à des façades de pierre, abritant des condos et des résidences privées.En raison de son histoire et de son lien avec le Domaine des sulpiciens, le site de la Ferme sous les noyers et de l’ancien collège de philosophie doit être considéré comme un bien culturel national.Par ailleurs, afin que le paysage associé à la Ferme sous les noyers ainsi que son bâtiment soient protégés, il nous apparaît clair que ce dossier patrimonial est trop important pour le laisser à la merci des décisions des seuls élus municipaux qui semblent n’en faire qu’un simple exercice comptable.En effet, en donnant le feu vert à ce projet résidentiel, et ce, malgré les nombreuses protestations de ses citoyens, la Ville de Montréal fait fi de ses engagements en matière de conservation du patrimoine, pris en 1987 au moment de la constitution du site du patrimoine du mont Royal.Au nom de la conservation de ce précieux héritage et de sa transmission aux générations futures,, le ministère de la Culture et des Communications se doit de prendre la relève là où la Ville a failli.Nos deux organismes, appuyant la démarche d’Héritâge Montréal, réitèrent donc leur demande à la ministre de la Culture et des Communications el à la Commission des biens culturels d’inclure ces deux propriétés dans le titre historique du Domaine du Fort de la montagne.1 L K I) E V 0 1 R .1- K M K R (’ R K DI 2 1 A V RII.1 !» !» !» A 7 IDEES Baisse de la recherche dans les cégeps Dégager une voie d’avenir pour le Québec Depuis 1996, le gouvernement n'accorde plus les conditions nécessaires pour que la recherche puisse suivre son cours normal dans les collèges ARCHIVES LE DEVOIR pr j & a & & / • .r à a ' > Soutenir et développer largement le goût de la recherche et des sciences chez nos jeunes, n’est-ce pas une nécessité?Nous avions déjà en main des outils remarquables; pourquoi ne pas les remettre en place en rétablissant l’effort de recherche dans les collèges?PATRICK MERRIEN Président de l'Association québécoise de pédagogie collégiale un des fleurons du réseau collégial est grandement menacé dans son existence même.En effet, la recherche dans les collèges est en chute libre.Bien sûr, les collèges d'enseignement général et professionnel sont d’abçrd mandatés par le ministère de l’Éducation pour mettre en œuvre des programmes de formation et c’est là leur mission principale.Cependant, depuis leur création, les cégeps ont mené bien d’autres activités pour leur communauté environnante, leur clientèle et le Québec tout entier.La recherche sous toutes ses formes est une activité importante dans les collèges et elle a été rendue officielle, entre autres, par la Loi des collèges, qui lui reconnaît sa légitimité et sa complémentarité par rapport à la mission même des collèges.C’est pour répondre à des besoins bien réels d’ailleurs que plusieurs programmes de recherche spécifiques au réseau collégial, notamment en ce qui concerne la pédagogie, ont été créés il y a un certain nombre d’années et qu’un réseau de 23 centres collégiaux de transfert technologique a été développé.Depuis une génération, les activités de recherche au collégial ont rapidement couvert de vastes champs de sa-'voif et les chercheurs se sont multipliés pour le plus grand bien des institutions, de leurs partenaires et des régions.Près de 5000 enseignants du réseau collégial sont titulaires d’une maîtrise ou un doctorat.Cependant, depuis 1996, on a constaté une baisse dramatique de la recherche au collégial.Non pas parce que les objets de recherche n’existent plus ou encore parce qu’il y a désaffection de la part des chercheurs mais parce que, dans les faits, le gouvernement du Québec n’accorde plus les conditions nécessaires pour que la recherche dans le réseau collégial puisse suivre son cours normal.Les statistiques sur le nombre de dégagements parmi les enseignants affectés à des projets de recherche (en équivalences à temps complet, ou ÉTC) parlent d’elles-mêmes.Par exemple, dans le cadre du programme PARÉA (enseignement et apprentissage), en 1996-97, il n’y a eu que 9,4 ETC investies tandis qu’en 1994-95, il y en avait eu 28,7.De même, dans le cadre du programme PART (technologie), en 1996-97, il n’y a eu que 7,1 ETC investies tandis qu’en 1994-95, il y en avait eu 28,2.Si on ajoute la recherche fondamentale ou disciplinaire et les infrastructures de recherche, il s’agissait alors d’un budget global de près de sept millions de dollars qui a fondu comme beurre au soleil et qui est tombé, dans le temps de le dire, à moins de 30 % de ce qu’il était dans les meilleures années.Il est donc urgent d’assurer à nouveau un financement adéquat pour la recherche au collégial.Il ne s’agit pas de financer quelques savants Cosinus qui négligeraient leurs élèves.Il s’agit de maintenir, voire de développer un modèle original de recherche qui a porté fruits et dont le Québec a besoin pour croître dans le monde actuel.Nous pourrions alors la considérer comme une «recherche de proximité».En effet, la recherche universitaire a sa mission, ses règles et ses standards, mais la recherche au collégial, qui peut s’y associer et la compléter, doit répondre, entre autres, à des interrogations et des besoins qui sont propres à ses programmes de formation et qui découlent de ses caractéristiques originales.En pratique, cette recherche est liée à des réflexions, des problématiques ou des solutions issues du milieu collégial et, à chaque fois, c’est l’entourage des collèges, à savoir les élèves, la région ou le Québec, qui en récoltent les retombées.Pour un investissement qu’on peut estimer à huit millions de dollars, le Québec pourrait continuer à obtenir des résultats remarquables de cette recherche de proximité qui permettraient de répondre avec souplesse aux besoins du marché du travail, de développer une pédagogie appropriée et efficace pour mieux dynamiser l’enseignement et l’apprentissage tout en favorisant la collaboration avec les équipes de recherche universitaires.Dans le Québec contemporain, soutenir et développer largement le goût de la recherche et des sciences chez nos jeunes, n’est-ce pas une nécessité?Nous avions déjà en main des outils remarquables; pourquoi ne pas les remettre en place en rétablissant l’effort de recherche dans les collèges?En 1993, Nuala Beck, une économiste de Toronto qui conseille plusieurs gestionnaires de portefeuilles, affirmait que «le Québec est un terrain fertile pour la nouvelle économie.Cela s’explique d’abord par les efforts investis par le gouvernement au milieu des années soixante en éducation.Les écoliers de l'Ontario et des autres provinces qui ne vont pas à l’université terminent leurs études à la fin du secondaire alors que les cégeps forment des milliers de travailleurs mieux instruits».Or il faut savoir que depuis trois ans, les cégeps forment ces travailleurs «mieux instruits» pour la nouvelle économie avec une main attachée dans le dos en ce qui concerne l’effort de recherche puisque, dans les autres provinces, les enseignants des collèges communautaires bénéficient de dégrèvements et de ressources reliées à la recherche universitaire.Il y a donc là, en gestation, un nouveau problème d’équité entre les provinces du Canada et le Québec, celui de l’accès à la recherche pour le réseau collégial québécois.Réplique à Cholestaction Le mythe du cholestérol En 1992, on savait déjà que les recommandations nutritionnelles encore proposées ici étaient non seulement inutiles et mal venues mais risquaient de mettre en péril la santé publique JACQUES GRENIER LE DEVOIR I ¦ -itO* En 1992, le magazine Science et vie rapportait le cas des Néerlandais qui, en suivant les conseils de leur gouvernement, ont fait chuter non seulement leur taux de «mauvais cholestérol», mais aussi leur taux de «bon cholestérol».DANIEL PINARD Animateur de l’émission Ciel mon Pinard Deuxième d'une série de trois textes f^====j| e retrouve dans mon dos- Jsier «cholestérol» un article du Devoir en date du jeudi 20 février 1992, sous un titre-choc: «Vaste offen-sive de la Fondation des maladies du cœur du Québec contre la désinformation publicitaire».Sous la plume d’Isabelle Paré, cette fondation rappelait d’entrée de jeu d'abord que les maladies cardiovasculaires constituaient la première cause de mortalité au Québec, emportant bon an mal an quelque 19 000 Québécois.Pas de quoi convoquer une conférence de presse puisqu’il faut bien, après tout, qu’on meure de quelque chose.Iœ taux de mortalité par maladies coronariennes avait-il augmenté?Eh! bien, non.Ce qui inquiétait la fondation, c’était une hécatombe à venir, une véritable catastrophe appréhendée.Armée d’une étude de Santé Québec datant du printemps précédent, le I)1 Véronique Déry s’inquiétait en effet de constater que le taux de cholestérol des Québécois avait atteint un niveau franchement «inacceptable» puisque «plus de la moitié des Québécois affichent un taux de cholestérol qui dépasse le seuil critique au delà duquel le risque de maladie cardiaque est doublé».Une véritable hécatombe en perspective 'qu'il fallait à tout prix éviter.’ ’ ' Aussi allait-on «amorcer auprès des ’industries de l’alimentation des discus-' rions pour les amener à proposer aux consommateurs des produits plus sains».On promettait en même temps ’de'répondre du tac au tac à la désin-.fdfmation publicitaire de ceux qui 1 ûrdposent des produits sans cholesté-1 rôlen omettant de mentionner qu’ils regorgent de gras saturés «tout aussi nocifs pour le cœur et les artères».Il fal-! lait surtout amener les Québécois à modifier leurs habitudes alimentaires.1 Un tel changement suffirait pour faire baisser de moitié le taux de maladies cardiovasculaires.Voilà en tout cas ce qu’affirmait, sans craindre le ridi-.cule et en toute possession tranquille de la vérité, le Dr Véronique Déry, responsable auprès de la fondation de l’éducation du public.Mais il y avait un hic.Et un hic de taille puisqu’on savait par sondage que les Québécois adultes ne font pas le lien entre le cholestérol alimentaire et les maladies cardiovascul^ires.Pourquoi une telle ignorance?A cause des désinformateurs qui colportent des mensonges sur le cholestérol.Aussi la fondation promettait-elle de confondre publiquement ceux qui menacent la santé publique.La fondation n’allait pas affronter l’ennemi les mains vides.Aussi le Dr Véronique Déry annonçait-elle fièrement que le budget annuel d’éducation de la fondation «financé à partir de commandites allait doubler pour passer à 1,5 million de dollars pour les deux prochaines années».Pour présider à l’épuration idéologique, la fondation annonçait la mise sur pied d’un vaste regroupement, la Coalition Cholestaction Québec.On annonçait en même temps la formation d’un comité scientifique présidé par le Dr Jean Davignon, de l’Institut de recherche clinique de Montréal, qui allait s’assurer de la justesse des données transmises au public sur la question cruciale du cholestérol.En somme, une sorte de Congrégation du Saint Office présidée par le Grand Inquisiteur et ses fervents acolytes.Que personne ne se soit étonné de voir la fondation réclamer pour elle seule le monopole de la vérité n’étonna semble-t-il personne.Qu’on ait laissé ces pourfendeurs de la désinformation proférer pareilles inepties sans soulever chez les journalistes l’ombre d’un doute démontre bien l’ampleur du contrôle idéologique exercé alors chez nous par l’establishment nord-américain de la cholestérophobie.J’en sais quelque chose puisque j’avais moi-même, quelques mois plus tôt, dans le cadre de l’émission Consommaction à Radio-Québec, osé faire une sortie en règle contre ce que j’avais appelé «le mythe du cholestérol».Une sortie d’autant plus nécessaire qu’il m’apparaissait déjà évident que les tactiques d’intimidation propres à cet establishment visant à censurer toute forme de contestation sont, par leur nature antidémocratique, contraires à la liberté de recherche et d’expression nécessaire au progrès scientifique.Aussi l’annonce, quelques mois plus tard, de la mise sur pied de cette Coalition Cholestaction Québec ne me surprit en rien, pas plus que l’ampleur des moyens qu’elle allait mettre en place pour défendre le dogme.Seul le nom de la coalition me fit sourire d’aise.Consommaction.Cholestaction.Qui a dit que l’imitation est la plus basse forme de flatterie?Mais revenons à cette conférence de presse pour en tirer quelques leçons toujours bien nécessaires ici.Soulignons d’abord qu’en février 1992, le dogme avait déjà, c’est le moins qu’on puisse dire, du plomb dans l’aile.Aussi la monomanie cho-lestérophobique qui sévit toujours en Amérique du Nord avait-elle fait place dans le reste du monde à une bonne dose de scepticisme.Comment expliquer par exemple qu’en 20 ans, de 1970 à 1990, les Américains ont vu leur taux de maladies cardiaques diminuer de 40 96 alors qu’au cours de la même période, leur taux moyen de cholestérol n’avait diminué que de 3 % chez les hommes et à peine un peu plus chez les femmes?Comment expliquer qu’au cours de la même période, les Japonais aient vu leur taux de maladies coronariennes diminuer de 30 96 alors qu’au cours de la même période, ils avaient augmenté de 130 % leur apport en graisses, de 10 % leur apport en acides gras saturés et de 70 96 leur apport en cholestérol?Comment expliquer que les Français puissent manger aussi gras que les Américains, que leurs apports en acides gras saturés soient essentiellement les mêmes alors que leur taux de mortalité par maladies coronariennes est de 2,5 fois inférieur à celui des Américains?De paradoxe en paradoxe, on en était déjà venu, à l’époque, à remettre le méchant cholestérol à la place qui lui revient de droit.Non pas un premier rôle, mais un rôle de soutien parmi les facteurs de risques des maladies cardiaques.A la même époque, le professeur Jean Paccalin n’hésitait pas à affirmer (Science et vie, n° 182, hors série, «Les aliments et la santé») que «la prévention nutritionnelle de la maladie coronarienne est en fait sans objet pour les enfants, les femmes et les personnes âgées.Seuls les hommes jeunes (21 % de la population) peuvent être concernés, à condition qu’ils soient dépistés très tôt, vers la trentaine, et qu'on s’intéresse prioritairement à leur taux de HDL cholestérol».Or, justement, on savait déjà que les recommandations nutritionnelles telles que proposées encore ici par l’establishment de la cholestérophobie étaient non seulement inutiles et mal venues, elles risquaient même dç mettre la santé publique en péril.A preuve, le cas des Néerlandais, qui, conformément aux recommandations de leur gouvernement, avaient considérablement réduit leurs apports en gras, voyant ainsi chuter non seulement leur taux de LDL (le «mauvais cholestérol») mais aussi celui de HDL (le «bon cholestérol»), ce dernier à un taux dangereusement bas, au point où le gouvernement se vit forcé de faire marche arrière pour recommander à la population de revenir à ses anciennes «mauvaises habitudes».Voilà qui amenait, en 1992, le professeur Paccalin de conclure son survol de la question en affirmant haut et court que «plutôt que d’envisager une prévention de masse de l'athérosclérose sur des bases nutritionnelles mal établies, il nous semble raisonnable de porter notre effort sur des recommandations générales d’hygiène de vie.Ne pas focaliser sur l’alimentation (la réduction des apports énergétiques est à elle seule efficace) mais accentuer la lutte contre le tabagisme, l’alcoolisme et la sédentarité».L’ÉQUIPE DU DEVOIR Enseignement religieux Le rapport Proulx n’est pas une bible PIERRE GAUDETTE Faculté de théologie et de sciences religieuses Université Laval 0lr=======ïj n ne peut qu’admirer la cohérence formelle du rapport Proulx.Il part d’un principe clair en s’appuyant sur les chartes des u==J droits et déroule son raisonnement de façon implacable.Tant et si bien que si l’on est tenté par une conclusion différente, on craint d’être rejeté du côté de ceux «qui ont peur de la démocratie» et qui tolèrent que soient brimés des droits fondamentaux.La laïcité promeut les droits, la confessionnalité les nie! Devant un tel choix, comment ne pas être mal à l’aise?Mais au lieu de se raidir dans des extrémismes parfois violents qui font des procès d’intention inacceptables aux rédacteurs du rapport ou avant de conclure que le débat est clos, ne conviendrait-il pas d’entreprendre une démarche de réflexion?Car des questions très réelles se posent! Ainsi, on peut se demander si l’interprétation que le rapport donne des chartes et des droits de la personne est la seule possible.N’y a-t-il pas des courants de pensée qui critiquent l’application que l’on fait des chartes comme étant liée à une conception universaliste et abstraite du droit qui ignore les situations concrètes et his-toriques des communautés?Summum jus, summa injuria: comble de justice, comble d’injustice.Ce vieil adage du droit romain est-il susceptible de se réaliser dans les aménagements proposés?Y a-t-il place dans l’application des lois à une jurisprudence qui apprécie les situations concrètes et permette de tenir compte du contexte historique?La charte québécoise qui reconnaît le droit des parents à réclamer un enseignement religieux conforme à leurs convictions (article 41) n’est-elle pas plus représentative de notre identité québécoise que la charte canadienne liée à une constitution à laquelle nous n’avons pas adhéré?Le droit à l’égalité implique-t-il l’obligation pour l’Etat de supprimer toutes les différences?Autre champ d’interrogation: on parle beaucoup du besoin de s’ouvrir à d’autres religions.N’est-ce pas plutôt un besoin pour nous, pères, mères, grands-pères et grands-mères que nous sommes, qui avons vécu dans une société homogène?Le besoin des jeunes d’aujourd’hui n’est-il pas plutôt de se former une identité personnelle au milieu des morales éclatées et des religions diverses dans lesquelles ils baignent constamment?N’ont-ils pas besoin de découvrir leur propre enracinement tant sur le plan de l’histoire du Québec que sur celui de leur tradition religieuse?Par ailleurs, n’a-t-on pas une vision abstraite de ce qui convient ou non à des immigrants qui sont en général beaucoup plus religieux que nous?Le rapport Proulx n’est pas une bible mais il soulève des questions qui sont essentielles.Nous pourrions être tentés de les mettre sous le tapis, soit en acceptant ses conclusions les yeux fermés, soit en les rejetant émo-tivement en bloc.11 porte une vision de société qui touche aux fibres mêmes de la collectivité québécoise.Il est important d’y réfléchir avec la plus grande sérénité possible.Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 7000 signes (y compris les espaces) ou 1000 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Le besoin des jeunes d’aujourd’hui n’est-il pas plutôt de se former une identité personnelle au milieu des morales éclatées et des religions diverses dans lesquelles i ils baignent?IA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'information), Sylvain Blanchard.Jean Chartier (vie urbaine), Yves d’Avignon (sporis): Paule des Rivières (éducation), Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Judith Lachapelle, Louise • Leduc Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales), Caroline Montpctit, Isabelle Paré (santé).Jean Pichette (justice): Odile Tremblay (Horizons): Michel Carneau (caricaturiste) : Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Ducloset Christine Dumazet (relecteurs): Jacques Gfeniér et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre, danse), Paul Cauchon (médias).Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles).Brian Myles (cinéma).Jean-Pierre Legault, Clément Trudel (musique) ; à l’information économique • Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'infi>rmation).Benoit Munger, François Normand.Serge Truffaut, Claude Turcotte ; à l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information).Guy Taillefer (éditorialiste).Claude Lévesque ; à l’information politique : Pierre O’Neill, Manon ¦ Cornellicr (correspondante parlementaire à Ottawa).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec): Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) : Julie Tremblay, Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante 1 (Québec) Rachel Rochefort (Ottawa) IA PUBLICITÉ FT LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint).Jacqueline Avril, Jean de Billy, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Louane Lavoie, Christiane Legault.Jacques A Nadeau, Claire Paquet, Chantal Rainville.Micheline Ruelland, ’ Sébastien Saint-Hilaire (publicitaires)• Manon Blanchette-Turcotte, Geneviève Landry, Sylvie Laporte, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Jocelvn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard Philippe Borne Johanne Brunet Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Christian Goulet, Marie-Josée Hudon, Christian Vien, Yanick Martel, Olivier Zuida.SERVICE À IA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), Hélène Gervais, Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Monique • L’Hpureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d’Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy.Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Danielle Nantel (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).4 ACTUALITES ï KOSOVO M SUITE DE LA PAGE 1 II vemement canadien est et était la suivante: nous appuierons settlement [l’envoi] de troupes terrestres en tant que membres d’une force de maintien de la paix destinée à mettre enœuvre un accord de paix», a-t-il dit aux Communes.ue premier ministre est cependant prêt à se rallier si les ajfitres pays de l’Alliance privilégient l’envoi de troupes de combat pour imposer la paix.«Si tout le monde est d’accord, je ne voudrais pas être le seul à ne pas être d’accord et je pense (piece peut être le problème de chaque dirigeant», a-t-il répondu à Stéphan Bureau.D nie toutefois être à la remorque des Américains dont il reconnaît toutefois l’influence.«Nous prenons des décisions collectives.Ce t\e sont pas des décisions des Américains.Évidemment, les États-Unis ont un poids proportionnel à leur importance dans les attaques, mais tout se décide sous une jùfme de consensus.» ¦ M.Chrétien ne doute pas de la légitimité de l’intervention de l’OTAN ou de la participation du Canada.Il a de nouveau évoqué des raisons humanitaires, la nécessité de défendre certaines valeurs et l’obligation pour le Canada de respecter ses engagements en matière de sécurité européenne.Il a reconnu, cependant, que l’afflux de réfugiés l’avait surpris.Confronté à cette situation et aux atrocités commises au Kosovo, «je me demande parfois si nous n’avons pas attendu trop longtemps avant de commencer les bombardements», a-t-il dit en anglais.M.Chrétien s’attendait à ce que le président yougoslave Slobodan Milosevic cède devant les bombardements aussi rapidement qu’il l’avait fait en Bosnie quelques années plus tôt.Le premier ministre a admis qu’il ignorait la force de l’attachement culturel et religieux que ressentent les Serbes pour le Kosovo.Il avait donc sous-estimé la résistance du gouvernement serbe.Il croit toujours à une solution diplomatique et se réjouit de l’entrée en scène de l’ancien premier ministre russe Viktor Tchernomyrdine, nommé envoyé spécial par le président Boris Elstine.M.Chrétien lui a parlé dès lundi et s’est dit encouragé par sa détermination à en arriver à une résolution rapide du conflit.Le premier ministre n’a pas eu à expliquer pourquoi il refuse de promettre un vote aux Communes sur l’envoi éventuel de troupes terrestres.Mais sa position n’a pas changé comme l’ont montré ses députés qui ont défait, à 146 voix contre 119, une motion bloquiste exigeant du gouvernement qu’il s’engage à ne pas envoyer de troupes terrestres dans les Balkans sans tenir un vote en ce sens au Parlement La participation du Canada à l’opération de l’OTAN demeure d’un coût imprécis.M.Chrétien a lait état de coûts oscillant entre un et deux millions de dollars par jour mais le ministre de la Défense, Art Eggleton, a dit à la presse, plus tôt dans la journée, que la facture atteignait 32,4 millions depuis juin dernier, date du déploiement des premiers CF-18.De cette somme, environ 12 millions ont été dépensés depuis le début des bombardements, le 24 mars dernier, a-t-il dit M.Chrétien a de nouveau nié la présence sur le territoire de la fédération yougoslave de soldats canadiens, membres d’un groupe tactique spécial.Son démenti s’ajoutait à ceux de son ministre de la Défense qui, pour la deuxième journée consécutive, a catégoriquement rqjeté les allégations du député conservateur David Price.A ce dernier qui revenait à la charge aux Communes, M.Eggleton a répliqué «de se la fermer», soutenant qu’il mettait la sécurité de certains Canadiens en danger.Le chef conservateur Joe Clark était furieux.«Plutôt que de faire un excès de colère aux Communes, M.Eggleton aurait dû respecter la tradition canadienne et inclure les députés, les représentants élus du peuple, dans ses discussions.» Selon lui, les libéraux récoltent ce qu’ils ont semé en refusant d’informer adéquatement les députés, les obligeant à interroger publiquement le ministre.M.Price, de son côté, a rejeté les affirmations du ministre Eggleton, notant que plusieurs médias internationaux avaient fait état de groupes d’opération spéciaux de l'OTAN actifs en Yougoslavie.Il a rejeté du revers de la main les démentis du ministre et des autorités militaires, les accusant carrément de mentir.Selon lui, sa seule source est suffisamment crédible pour qu’il persiste à croire que des soldats canadiens menaient encore des opérations secrètes au Kosovo, la semaine dernière.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 EU Place-des-Arts Us sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courrier électronique redaction ©ledevoir .com Pour l’agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, 9" éta«e, Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, I^val.Envoi de publication — Enregistrement n’0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.IMPÔTS MONDE MUNICIPAL SUITE DE LA PAGE 1 La commission Bédard favorise les fusions «obligatoires» des municipalités québécoises pour en arriver, par exemple, à un maximum de cinq villes sur lile de Montréal.Dans la région métropolitaine de Montréal, la commission suggère une limite de 20 municipalités.Egalement dirigée par des élus disposant de revenus autonomes, l’instance régionale montréalaise remplacerait éventuellement la CUM et l’Agence métropolitaine de transport Le président de la commission, Denis Bédard, affirme que l’idée des fusions municipales n’est pas de créer des économies mais d’assurer une meilleure efficacité de la gestion municipale.Il croit que forcer les municipalités à fusionner est non seulement possible mais souhaitable.«C’est faisable politiquement.Il s’agit de vouloir le faire», a-t-il déclaré hier aux journalistes en rendant publiques les 108 recommandations du rapport de 400 pages intitulé Pacte 2000.La ministre d’Etat aux Affaires municipales et à la Métropole, Louise Harel, a accueilli positivement le rapport Bédard hier.En répondant aux questions de l’opposition libérale à l’Assemblée nationale, elle n’a pas caché son appui à l’idée des fusions municipales.«Il y a dans l’ensemble des pays industrialisés un mouvement de find.C’est un courant mondial en faveur d’un regroupement de municipalités.» Qualifiant le travail de la commission Bédard de «considérable et rigoureux», Mme Harel affirme que l’objectif de son gouvernement est d’améliorer l’efficacité de la gestion des villes.Elle a toutefois refusé l’invitation de l’opposition libérale de tenir une commission parlementaire sur le rapport Bédard.La ministre Harel rencontrera lundi les représentants des unions municipales et quelques maires afin de connaître leurs réactions.Par la suite, elle compte présenter les orientations qu’elle aura retenues au conseil des ministres pour approbation.La commission propose donc de renforcer le palier régional sur la base des actuelles MRC, des instances métropolitaines de Montréal et de Québec et des municipalités d’agglomération qui serait le résultat de la fusion des municipalités entourant les villes de Sherbrooke, Chicoutimi-Jonquière, Trois-Rivières et Hull.Ces nouvelles instances régionales seraient dirigées par des personnes élues directement par la population.Leur budget proviendrait de revenus autonomes au lieu des quote-parts actuellement versées par les municipalités aux MRC.Au total, précise M.Bédard, il y aurait moins d’élus que maintenant.Même si de nouveaux élus siégeaient aux organismes ré- gionaux ou supramunicipaux, il y aurait toutefois moins de municipalités et donc moins de maires.Ceux-ci auraient un rôle de plus en plus local a assumer, notamment pour offrir les services directs à la population: voirie locale, loisirs, zonage.Les instances supramunicipales récupéreraient de nombreuses responsabilités, notamment en matière de développement économique.Plusieurs autres secteurs d’activité tomberaient sous la gouverne de ce palier renforcé: les services policiers et les pom-' piers, la sécurité civile, les routes régionales, le transjxirt en commun, le transport ambulancier et adapté, le logement social, l’environnement et l'hygiène du milieu.La commission Bédard suggère des changements à la fiscalité municipale, dont la diversification des revenus: 20 % des recettes sur la TVQ et sur,les redevances des ressources naturelles.À Montréal et à Québec, le gouvernement effectuerait un nouveau partage régional de l’assiette foncière au profit des deux villes centres.Ce programme serait ensuite pris en charge par les instances supramunicipales.Le rééquilibrage de la taxation entre les villes centres et la banlieue est nécessaire, selon le président de la commission.Il ne s’agit pas de transférer le fardeau fiscal des grandes villes vers les banlieues, affirme M.Bédard, mais de «corriger une situation d’iniquité qui existe à l’heure actuelle».Le rapport recommande la prise en charge, gestion et financement, par le palier supramunicipal, des équipements régionaux à portée régionale.A Québec et à Montréal, le rapport Bédard propose une prise en charge similaire des équipements relevant du gouvernement En outre, les villes obtiendraient le pouvoir d’instaurer des taux de taxation distincts pour les secteurs résidentiel et non résidentiel.Sur ces derniers immeubles, le rapport propose d’ailleurs l’abolition de la taxe et de la surtaxe.On suggère d’accorder aux municipalités le pouvoir de taxer les terrains et les bâtiments en fonction de leur superficie.Quant aux commissions scolaires, le rapport Bédard recommande leur prise en charge éventuelle par les instances régionales.Pour l’instant il suggère le maintien des limites de l’impôt foncier scolaire mais la reprise en charge par le gouvernement du financement des activités de base.Le document aborde très brièvement les relations de travail dans le monde municipal en souhaitant que les articles 45 et 46 du Code du travail ne s’appliquent plus aux cas de sous-traitance.Le rapport suggère une uniformisation des conventions collectives et l’abolition des planchers d’emplois.Une loi spéciale devrait également corriger la «surrémunération des employés municipaux».SUITE DE LA PAGE 1 Il déplore la comparaison que fait le rapport avec la fiscalité municipale ontarienne.«Si l'intention du gouvernement est de récupérer le 12 milliard d’écart avec l'Ontario, personne ne va gagner, y compris Montréal.Tout le monde va payer plus dans le milieu local.» Sans proposition ferme pour modifier les règles des relations de travail entre les élus municipaux et leurs employés, M.Laframboi-se estime inacceptable d’envisager un maintien d’une contribution financière du monde municipal.Selon lui, la possibilité de hausser la taxe foncière, «la pire des taxes» et qui ne tient pas compte des revenus des familles, n’annonce pas de gain pour le contribuable.Devant un rapport qui préconise le renforcement des MRC, la présidente de l’Union des MRC du Québec (UMRCQ), Jacinthe Simard, a été un peu plus positive.Elle a parlé d’un rapport «timide et audacieux à la fais».Mme Simard déplore le frit que la facture de 375 millions transmise aux municipalités en 1997 par Québec ne soit pas disparue.Elle se réjouit toutefois de voir émerger l’idée d’un gouvernement supramunicipal élu et doté de pouvoirs de taxation.Mais elle prévient le gouvernement de ne pas se laisser tenter par une diminution du nombre de MRC selon la nouvelle carte des commissions scolaires.«Il ne faudrait pas, en alourdissant le fardeau fiscal, éloigner les services des citoyens.» Pour le président de la Fédération des commissions scolaires, André Caron, le rapport Bédard relève parfois de la science-fiction.Il salue toutefois la reconnaissance du rôle des commissions scolaires dans la gestion et le financement des équipements et du transport d’écoliers.À Montréal Réservant ses réactions officielles pour le mois de mai, le maire de Montréal, Pierre Bourque, n’a cependant pas manqué de mentionner son étonnement de voir la commission Bédard affirmer que les municipalités disposaient encore d’un potentiel de taxation foncière inexploité.«Ce n’est pas notre perception de la situation, a-t-il précisé, et ce qu’on souhaite vivement, c’est de réduire le fardeau fiscal des Montréalais et des entreprises à Montréal.» Il s’est toutefois réjoui de l’ouverture annoncée en matière de relations de travail, notamment en ce qui concerne la sous-traitance et les planchers d’emplois et d’équipements.Tout en reconnaissant que la fusion de certaines municipalités se révélait inévitable, il s’est gardé de porter un jugement sur les fusions proposées par la commission.Il a néanmoins répété son opposition à toute forme de superstructure régionale dont les membres seraient élus directement par la population.Terminant cette semaine sa tournée de sensibilisation dans les régions du Québec, Pierre Bourque a dit devoir encore mener le même exercice dans la région de Montréal puis compléter son travail de consultation et d’analyse avec les différents leaders de la région avant de pouvoir se prononcer formellement sur le rapport de la commission Bédard et sur le type de réformes susceptibles de renforcer véritablement le statut de métropole de Montréal.Il a réitéré son intention de continuer à négocier directement avec le gouvernement du Québec et écarter l’idée de mener d’ici là des consultations publiques formelles à ce sujet La présidente de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), Vera Danyluk, aura été l’une des seules représentantes du monde municipal à se réjouir franchement des conclusions de la commission Bédard.Sur le plan fiscal, elle voit dans le repartage des recettes de la taxe de vente ainsi que dans la révision de la question des paiements en lieu de taxes des façons de donner au futur gouvernement régional les moyens de ses responsabilités.Vera Danyluk croit qu’il est maintenant important pour le gouvernement d’agir rapidement «Après tous les exercices de consultation qui ont été réalisés ces dernières années, les gens veulent que ça bouge.Us n’accepteront pas qu’on les laisse en plan encore une fois.» Détectant chez le premier ministre Bouchard et la ministre Louise Harel une volonté ferme d’aller de l’avant elle affirme que les besoins sont aujourd’hui tellement pressants, dans le monde municipal, que les opposants sauront se rallier aux réformes proposées plutôt que de risquer le statu quo.Le maire de Verdun et porte-parole de l’Union des maires de banlieue, Georges Bossé, pense que la commission Bédard apporte une contribution intéressante au débat sur la fiscalité mais qualifie d ’«illogique» l’idée d’une nouvelle structure paramunicipale.«Le Grand Montréal a besoin d’une structure légère, pas de fusions forcées», soutient-il.A Québec, le critique libéral en matière d’affaires municipales, Christos Sirros, pense que la création d’une nouvelle structure supramunicipale entraînera inévitablement des hausses de taxes pour le contribuable.Il ajoute que l’idée de forcer les fusions de municipalités enlèverait de la crédibilité à tout le processus de réforme municipale.Le chef dp l’Action démocratique, Mario Dumont, note que si l’impact de la réforme proposée est neutre pour le contribuable, elle ne «servira à rien».SUITE DE LA PAGE 1 Précisons que le cinéaste torontois de The Fly, Naked Lunch, Crash et autres œuvres où le gore se marie tantôt au surréalisme, tantôt à l'anticipation, monte avec eXistenZ un cran plus haut dans la démonstration qui est la sienne: par la technologie, par la mutation des corps, une transformation de l’esprit se dessine.Son œuvre, à ce titre, se révèle d’une remarquable cohérence.eXistenZ, qui donne la vedette à Jennifer Jason Leigh, met en scène une nouvelle génération de jeux virtuels directement branchés sur le système nerveux des participants et dont la matrice est constituée d’organes d’animaux mutants.Mais tout est mutation dans cette affaire.La créatrice des jeux est menacée de mort, et l”idée du scénario est venue à Cronenberg à travers l’affaire Salman Rushdie, qui le scandalisait Puis, les jeux virtuels ont pris le pas sur la littérature.On,ne se refait pas.A ses yeux, le futur est déjà parmi nous et les transformations psychiques sont bel et bien en cours.«Les jeunes branchés sur des jeux vidéo depuis leur tendre enfance ont des systèmes nerveux différents du mien et du vôtre, me dit-il.L’être humain continue à évoluer mais nous n’en avons pas le contrôle et nous en sommes en grande partie inconscients.Les simples développements de la médecine qui prolongent la vie modifient la trajectoire de l'homme.» Il déclare ne pas être effrayé par le phénomène de ces mutations; excité, fasciné, ça oui.Cronenberg attend la suite de l’aventure humaine, ou plutôt l’anticipe dans ses films.Numéro un au box-office parisien où eXistenZ tient l’affiche depuis une semaine, le film a ses fans et ses détracteurs.Mais Croqenberg est apprécié en France, bien davantage qu’aux Etats-Unis où il est distribué au compte- SUITE DE LA PAGE 1 «Je ne plaide pas pour la supériorité des périodes antérieures par rapport à la nôtre; je m’interroge sur notre rapport au passé, explique-t-il.Je constate que notre mémoire étant exclusivement accaparée par les crimes, il n’y a pas de place en nous pour l’humilité suffisante, pour les œuvres.Les œuvres demandent un peu d’humilité pour être reçues.Si nous petisons tout savoir, nous n’avons pas besoin de lire; or nous pensons tout savoir, donc nous ne lisons pas ou nous lisons mal.» «Je ne me rabats pas sur le passé; je pense en termes de liens.Je pense aussi que des œuvres présentes sont menacées.Ixs classiques et les modernes sont datis le même sac aujourd’hui.Ce qui me fait peur, c’est l’incapacité d’admirer caractéristique de l'égalitarisme radical.» "Ija tolérance dont nous nous enorgueillissons, que nous applaudissons tous les jours, ce respect égal pour toutes les formes de vie et tous les individus, ce respect s’oppose en apparence au mépris, à l'exclusion, mais en fait, son ennemi intime, c’est aussi l’admiration.Je m’interroge sur la place du ressentiment dans notre société; je me demande si nos démocraties ne sont pas entrées dans l'âge du ressentiment, comme l’avait prévu Nietzsche.» Ressentiment Difficile, à cet égard, de ne pas évoquer la question du Kosovo.Alain Finkielkraut s’est beaucoup intéressé, ces dernières années, au sort des «petites nations», objets et non sujets de l’histoire, et l’ex-Yougoslavie s’est révélée dans l’abomination un terrain propice à la réflexion.Au moment où la guerre interpelle l’humanité, le philosophe dit comprendre la «stupeur» manifestée par le monde qui, «pour la première fois, est convoqué au spectacle du crime en direct».«Et la stupeur est aggravée par la capacité qu’ont les Serbes de mener à bien cette entreprise alors même que le monde leur fait CRONENBERG gouttes en tant qu’auteur d’œuvres inclassables, donc suspectes.Il en a su quelque chose avec Crash, son controversé film précédent sur fond de sexe et d’accidents d’auto.La sortie américaine fut retardée, quasi bousillée.Et ça continue.MGM n’a pas voulu du projet d’eXistenZ.Pas assez linéaire.«Hollywood est plein de règles et de restrictions», soupire le cinéaste, qui n’y a décidément pas la cote.eXistenZ est une production canadienne d’Alliance Viva-film et a reçu le tout compte fait modeste budget de 31 millions.D’ailleurs, il trouve courageuse l’actrice américaine Jennifer Jason Leigh d’avoir plongé dans son film.Depuis longtemps, ils voulaient travailler ensemble.«Elle est une crack de l’informatique et elle adorait le scénario, alors.» Il avoue avoir de la difficulté à recruter des stars, lesquelles protègent souvent leurs arrières pour s’éviter des lendemains difficiles.Si Jennifer Jason Leigh n’est d’ailleurs pas de la distribution d’Eyes Wide Shut, le dernier Kubrick, c’est parce que ce dernier lui réclamait trois semaines de tournage alors qu’elle travaillait sur eXistenZ.La vie est parfois remplie de choix difficiles.A ceux qui s’inquiètent des goûts éventuels de ce cinéaste à l’heure d’évaluer les films présentés à Cannes, où il présidera le jury, il répond d’abord par une boutade.«Une belle histoire d’amour, disons qu’elle serait mal barrée avec En privé, Cronenbeig dé- clare pourtant avoir des goûts très éclectiques et apprécier un tas de films différents des sens, avec un faillie pour les oeuvres originales et excessives.H affirme craindre par-dessus tout les considérations politiques qui peuvent influencer un jury.«En tant que président, si je veux exercer une influence, ce sera pour tâcher de convaincre les membres d'ignorer ces aspedslâ » Mais revenons à cet eXistenZ gorgé de réalités virtuelles à paliers.«Toute réalité est virtuelle, tranche le cinéaste, et la technologie est devenue une composante de l’être humain.FINKIELKRAUT la guerre pour tenter de les en empêcher.Ni l’image ni les bombes n'ont la capacité d’intimider les Serbes.Au contraire, ils utilisent la guerre pour aller plus vite.C’est à mon avis ce qui explique l'effarement du public.» Cela dit, si l’homme reconnaît assister à «une sauvagerie à laquelle je n’étais pas plus préparé que quiconque», il déclare aussi que «le nettoyage ethnique en plein XX siècle, je ne vois pas bien en quoi cela devrait nous étonner.Le XX siècle a été le plus criminel de l’histoire de l’humanité, un siècle qui devrait nous guérir définitivement des illusions du progrès».Cette fois, le blâme de la tragédie rerient largement aux dirigeants politiques occidentaux qui ont «accepté trop tard de traiter les différents acteurs en sujets adultes et les ont perçus comme des pions».Ressentiment N’est-il pas paradoxal d’appeler à une plus grande conscience du passé quand on voit le Kosovo faire les frais d’une histoire qui remonte à plus de 600 ans?N’y aurait-il pas, parallèlement à un devoir de mémoire incontournable, une nécessité de l’oubli en certaines circonstances?«Toutes les nations sont fondées à la fois sur la mémoire et sur l’oubli, répond Alain Finkielkraut Le prix de la paix civile, souvent, c’est l’oubli.L’amnistie exige en tout cas une certaine forme d’amnésie: il faut tourner la page.Cest la raison pour laquelle, d’ailleurs, je ne suis pas absolument sûr que l’arrestation et l’extradition du général Pinochet soit vraiment une idée géniale.Nous ne pouvons pas choisir à la place du Chili son propre destin.Si le Chili a décidé que la transition démocratique ne pouvait s'opérer que dans l’oubli, c’est son droit, et nulle instance n'est habilitée à lui refuser ce droit.» «Donc, quand je plaide pour un rapport plus riche avec le passé, ce n 'est pas du tout au nom du devoir de mémoire.C’est avec l'idée que le crime ne devrait pas exercer un monopole absolu sur notre mémoire.Il y a une mémoire incriminatrice, certes, nmis il y a aussi toutes sortes de mémoires.Il y a la dette que nous avons Quant à la sexualité, elle se révèle également en changement.Elle n’est plus liée à la procréation et s'affranchit, se réinvente.Pourquoi n'apparaîtraient pas de nouveaux organes sexuels?Pour mon film, le Québécois Stéphane Dupuis, aujourd’hui à Hollywood, a créé le “gamepod”, un objet doté d'une espèce de peau qui procure des sensations tactiles et peut évoquer n’importe quoi: des mamelles, un utérus.» Dans eXistenZ, les joueurs se sont fait percer un trou au bas de la colonne vertébrale pour y introduire les cordons qui les relient au gamepod.Pourquoi la colonne vertébrale?Il sourit.«Un trou dans la tête aurait été moins esthétique.» Cronenberg se dit fasciné par le dégoût qu’éprouvent plusieurs personnes pour leur corps, l’intérieur de celui-ci surtout avec des organes qu’il a de son côté envie de montrer.L’action d'eXistenZ se déroule dans un futur indéterminé où les villes n’existent plus, mais est-ce vraiment un univers du futur?«Il s'agit plutôt d'un présent parallèle et aussi d’un rêve, répond Cronenberg.Pas de ville à la Blade Runner.J'ai fait sauter un tas de références contemporaines.On ne trouve ni téléviseurs, ni ordinateurs, ni montres, ni horloges, pas même de miroirs.J’ai voulu construire un monde privé fie certains repères mais néanmoins proche de nous.» A son avis, les adolescents s’y retrouveront en premier chef.«Ils ne sont pas effrayés par eXistenZ.Ils entrent dans le jeu naturellement, en connaissent déjà les règles.» Cronenberg ne croit pas que ses films soient des œuvres terminées, empaquetées et prêtes à servir.«Hitchcock se voyait comme un montreur de marionnettes qui manipulait son audience.Moi, j’estime que les gens rêvent les films à leur manière, leur apportent leurs projections, les saisissent à leur tour.» contractée envers des institutions qui nous ont permis d’être ce que nous sommes Cest de cette dette-là que je parle.» Par ailleurs, si le Kosovo accapare l’attention de l’Occident, il n’en reste pas moins que d’autres conflits, parfois beaucoup plus sanglants, sévissent sur la planète sans que nous n’ayons trop de scrupules à les balayer sous le tapis.Ramener l’horreur à un endroit particulier, près du nôtre, n’est-ce pas aussi de l’ethnocentrisme?Pour Alain Finkielkraut, «nous ne devons pas oublier que nous sommes des créatures terrestres et non des habitants de l'univers.C'est vrai que le journal télévisé nous donne l'illusion de considérer la Terre sans en faire partie.Mais nous sommes forcément de quelque part, et étant de quelque part, étant moi-même Européen, je suis particulièrement sensible à ce qui se passe au Kosovo.Je ne suis pas Superman, je ne peux pas fondre sur tous les endroits de la misère humaine».«Il est dommage qu'on soit à ce point indifférent à la famine en Corée du Nord, mais je sais que nous ne pouvons pas agir simultanément sur tous les lieux de la Terre, ü ne faudrait pas que la rhétorique des droits de l'homme, débouchant sur le sentiment d'une responsabilité illimitée, puisse ensuite induire un vœu de toute-puissance.L’homme n’est pas Dieu, et quand il se prend pour Dieu, les choses tournent nml.» «Plutôt que de fustiger au nom d’une morale authentiquement planétaire notre finitude, nous devons l’accepter et faire avec, c'est-à-dire: j’interviens, je me préoccupe d’une injustice, je ne suis pas capable de me préoccuper de toutes, mais l’illimité, c’est l’inhumain.» ?Alain Finkielkraut prononcera une conférence intitulée L'Érosion de la langue ou la culture menacée demain soir, à 19h30, au Musée de la civilisation de Québec.
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