Le devoir, 1 mai 1999, Cahier A
LE DEVOIR Exigez votre Télé choix! V o i.X < N " l aux témoins qui auraient des données sur l'assassin présumé de l'animatrice de Crimeuiatch, décédée dans le transport vers l'hôpital après qu’un voisin l'eut trouvée dans une mare de sang.Ocalan, le 31 mai Ankara (AFP) — Ix* procès du chef rebelle kurde Abdullah ( fcalan s’ouvrira le 31 mai sur l'ile-prison d'Imrali, en merde Marmara (ouest), a,décide hier la Cour de sûreté de l'Etal (I )GM) d’Ankara, selon l’agence Anatolie.La cour a pris cette décision lors d’une audience à Ankara dans un procès intenté en 1997 contre le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK.séparatiste).en son absence.Ocalan, qui comparaîtra pour la première lois depuis sa capture, mi-février au Kenya devant ses juges, est accusé de «trahison cl atteinte à l'intégrité territoriale de la Turquie» suivant l'article 125 du code pénal turc qui prévoit la |X‘ine capitale.Jeudi, deux procédures en cours contre ( fcalan ont été réunies par la I )(ÎM d'Ankara, un procureur de la cour ayant fait valoir quelles avaient été lancées sur la base du même article de loi, l’article 125, et sous les mêmes chefs d'accusation.Nouvelle offre floue de Belgrade L’OTAN est passible du TPI pour ses bombardements de civils Le plus haut responsable des droits de l’homme de l’ONU a averti hier que l’OTAN aussi serait passible du Tribunal international pénal sur l’ex-Yougoslavie si ses bombardements meurtriers de civils étaient jugés des crimes de guerre.Le haut-commissaire aux droits de l’homme, Mary Robinson, a souligné qu’elle ne plaçait pas sur un même pied l’épuration ethnique délibérée commise par les forces serbes au Kosovo et les morts de civils dans des raids d’avions occidentaux.D’APRÈS REUTERS ET AFP Belgrade — La Yougoslavie a laissé entendre hier qu’elle n’écartait pas l’idée d’une présence non armée des Nations unies au Kosovo, mais les conditions d’un tel déploiement restent floues après une série d’annonces contradictoires émanant de Belgrade.Cette proposition est en deçà des conditions posées par la communauté internationale pour cesser les frappes contre les forces serbes, a expliqué le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, David Leavy.Cette mise au point yougoslave survient au moment où l’OTAN annonce avoir mené sa plus intense nuit de bombardements contre les forces serbes et alors que l’émissaire russe dans les Balkans, Victor Tehernomyr-dine, arrivait à Belgrade pour une nouvelle tentative de médiation.Après 37 nuits consécutives de frappes contre les forces serbes, on a appris hier que le président Clinton se rendrait la semaine prochaine, sur le chemin des bases américaines en Allemagne, au siège de l’OTAN à Bruxelles, où il «entend [.) rencontrer la direction de l'OTAN et réexaminer l'état de cette opération».Parallèlement à ces raids aériens, le conseil des ministres de TUE a annoncé hier que l’embargo sur les livraisons de pétrole à la Yougoslavie serait effectif aujourd’hui et qu’il s’était assuré de la participation a l’embargo de tous les pays candidats à l’adhésion.En marge des opérations militaires et diplomatiques, la situation des réfugiés reste toujours préoccupante.Près de 5000 Kosovars sont arrivés dans la matinée en Macédoine, par le poste-frontière de Blace, et plus de 4000 autres sont arrivés dans la région de Kukes, en Albanie.Ixirs d’une conférence de presse à Belgrade, prié de dire si la Yougoslavie acceptait le déploiement d'une force internationale armée au Kosovo, Nebojsa Vujovic, porte-parole du ministère yougoslave des Affaires étrangères, avait répondu: «La Russie et la Chine sont elles aussi membres du Conseil de sécurité, et si le Conseil de sécurité se dirige dans cette voie, on le soutiendra.» Quelques minutes plus tard, sur la chaîne américaine CNN, Vujovic admettait que cette présence n’était envisageable qu’à condition d’être non armée.«Nous faisons allusion à une mission internationale des Nations unies non année, pas à une force», a- t-il déclaré.Porteur de «propositions concrètes pour régler la crise des Balkans», Viktor Tchernomyrdine est arrivé a Belgrade pour sa deuxième mission en moins d’une semaine auprès des autorités yougoslaves.Jeudi soir, il avait fait état de «rapprochements» entre Moscou et les Occidentaux vers une solution politique au conflit au terme de ses entretiens avec les autorités allemandes et italiennes.Une demi-heure seulement après son arrivée, l’alerte aérienne a été de nouveau déclenchée dans la capitale yougoslave, lourdement frappée dans la nuit par les bombes alliées.Jamie Shea Dans la matinée, le porte-parole de l’Alliance, Jamie Shea, avait annoncé que les appareils avaient effectué 600 «sorties» au cours des dernières 24 heures, touchant le «coeur de la machine militaire» yougoslave à Belgrade: deux bâtiments du ministère de la Défense, dont le siège de l’armée yougoslave, un quartier général des forces spéciales de police et un émetteur de télévision en banlieue de la capitale.L’agence serbe Beta fait état d’un mort, un policier, et de 37 blessés lors de cette série de raids sur la capitale.De plus, l’agence yougoslave Tanjug a rapporté qu’un tremblement de terre de faible intensité avait secoué Belgrade et Novi Sad, la capitale de la Voïvodine, en tout début de matinée.Selon la radiotélévision serbe (RTS), au moins huit personnes ont été tuées dans la nuit lors d’un bombardement dans le nord de la Serbie, près de Kragujevac, et une femme a péri à Trstenik, dans le centre de la Serbie, alors quelle se trouvait sur un pont de la ville bombardé par l’aviation alliée.Par ailleurs, le haut-commissaire aux droits de l’homme, Mary Robinson, a souligné quelle ne plaçait pas sur un même pied l’épuration ethnique délibérée commise par les forces serbes au Kosovo et les morts de civils dans des raids (l’avions occidentaux.Mais elle a averti l’Alliance atlantique, qui venait de mener ses plus violents pilonnages de la RFY depuis leur début il y a cinq semaines, qu’elle ne se situait pas au-dessus du droit international.«Je ne tire pas un trait d'égalité entre les violations des droits de l'homme des Albanais du Kosovo, les actes effroyables et délibérés de violence perpétrés contre eux, les tueries, disparitions, viols de femmes, destruction des identi- CORAN TOMASEVIC REUTERS Agé de 25 ans, cet Albanais du Kosovo a été tué lors d’un raid aérien de l'OTAN dans la nuit de jeudi à vendredi, à une vingtaine de kilomètres au sud de Pristina, la capitale du Kosovo.Au total, quatre Kosovars auraient été tués par ces bombardements.U' X x'A?erson-nelles ou corporatistes prétendent qu’il s’agit d’un concept d’une autre époque.Pourtant, l’appauvrissement de la population, le chômage endémique, l’exclusion sociale et la misère en général sont toujours des problèmes bien actuels.L’action syndicale doit éviter les pièges que tend l’émergence de tous ces courants qui se veulent nouveaux et «au goût du jour».Fn effet, le prétendu nouveau rapport travail-capital, au-dessus des classes et: promouvant la «paix sociale», coïncide avec une offensive sans précédent d’un capitalisme de plus en plus sauvage.Iæs profits records des grandes entreprises et des transnationales, conjugués aux mises à pied massives visant à satisfaire encore davantage l’appétit vorace des financiers, ne peuvent que sceller la rupture entre le patronat et le milieu syndical.Pourtant, on parle encore de partenariat et de participation aux bénéfices, ces mêmes bénéfices qqi sont le fruit de l’exploitation du travail des autres.A la lutte contre un système qui soutient les lois inhumaines du marché, on semble tenter de substituer une intervention de lobby ou un siège aux «prestigieux» conseils d’administration, ou encore la mise sur pied de fonds d’investissement.Cependant, tous ces sommets socioéconomiques des dernières années, qui nous rappellent les sombres organisations trilatérales, n’ont prouvé qu’une chose: les «maîtres» veulent régner sans partage et sans restriction.Le mouvement syndical est essentiel, oui.Il a joué et il jouera un rôle de premier ordre pour le progrès et l’évolution de la société.Ft c’est en s’affranchissant de tous liens qui le font dévier de ses objectifs fondamentaux de défense des intérêts sociaux, économiques et politiques de la classe ouvrière qu’il remplira adéquatement ses obligations envers l’histoire.Le 1" mai: journée de lutte, journée de victoire pour toutes les travailleuses et tous les travailleurs du monde.Richard Ioindry Président, Fédération autonome du collégial Montréal, 27 avril 1999 R E V U E I) E P R E S S E Du nationalisme à la violence ANTOINE ROBITAILLE Discours du président tchèque Vaclav Havel à la Chambre des communes, jeudi.Plusieurs commentateurs, dont Paul Wells du National Post et Jeffrey Simpson du Globe and Mail, ont beaucoup aimé.D’abord, Havel avait envie de communiquer des idées.Comme le fait remarquer Wells, un président qui est aussi écrivain rédige lui-même ses discours.Bref, pas de mornes salamalecs ici.De la substance, des analyses, des idées.«Avec lesquelles on peut être en désaccord, mais il faut avouer qu’elles étaient stimulantes», écrit Wells.Ce dernier résume ainsi le discours: l’Ftat-nation se fait actuellement vider de ses compétences par le haut, c’est-à-dire par les institutions internationales; et par le bas, la société civile.Wells raconte que «Pierre Pettigrew et Stéphane Dion lancèrent des regards satisfaits ata députés du Bloc québécois» lorsque Havel affirma que l’idée de «l'État-na-tion comme aboutissement ultime de toute communauté nationale est déjà dépassée».«Il fut très profitable d’entendre M.Havel faire l’éloge de l’Etat civique», écrivait pour sa part Jeffrey Simpson.Car le président parle d’expérience: Havel, rappelle Jeffrey Simpson, s’était opposé à la dissolution de la République fédérale des Tchèques et des Slovaques, mais n’a pas pu (’empêcher.Or, poursuit Simpson, il avait raison: l’Etat qui a émergé en Slovaquie est devenu «le dépositaire d’un sentiment nationaliste slovaque».«Et comme dans tous les mouvements du genre, écrit Simpson, des griefs ressentis ou perçus contre un groupe différent — en l’occurrence les Tchèques — ont motivé le nationalisme ethnocentrique des Slovaques.» «Les sécessionnistes québécois tentent de faire La presse f mousser, de la même façon, leur sentiment d'humiliation, pourtant imaginaire, contre un système fédéral dominé dans leur esprit par un autre groupe: les “Canadiens anglais".» Simpson rappelle ensuite que c’est après tout ce type de nationalisme qui «a disloqué la fédération yougoslave dans sa forme “titoesque” et c’est celui-ci qui est en train de détruire ce qui reste de la Serbie du dictateur Milosevic.Le nationalisme a plongé l’Europe dans deux terrifiantes guerres.Même dans l’Europe de l’Ouest, des pays comme l'Espagne, le Royaume-Uni et, dans une moindre mesure, l’Italie, vivent avec des minorités nationales qui réclament encore des Etats.» Pratiquement disparu de l’univers des chroniques du ROC {rest of Canada) de-clu Canada puis les dernières élections québécoises, le président d’Alliance Québec, William Johnson, a effectué un retour, hier, dans le Telegraph Journal du Nouveau-Brunswick.Son texte portait sur la visite au Canada, prévue pour septembre, du président français Jacques Chirac.Rappelant «l’infâme provocation» du général de Gaulle, Johnson affirme que dans les années 50 et 60, plusieurs Français, dont le journaliste Pierre-Louis Malien et le diplomate Bernard Dorin, ont mené des activités au Canada en faveur de la «sécession du Québec».Johnson s’indigne qu’«aucun gouvernement français n’ait jamais répudié officiellement ne serait-ce que le premier acte de subversion» qu’a été la déclaration gaullienne.«Au contraire, affirme Johnson, ses successeurs ont poursuivi, sur le mode discret, la même politique.» Conclusion: en visite chez nous, «Jacques Chirac devrait répudier toutes les actions et déclarations hostiles, faites par des Français, actuellement, et dans le passé.Sinon, il se révélera lui-même être un ennemi du Canada.» Et que Chirac se le tienne pour dit! ?La semaine dernière, l’équipe éditoriale du Imdon Freee Press (LFP) avait insisté pour écrire que le Canada n’était pas à l’abri d’une tuerie comme celle qui venait d’avoir lieu à Littleton, dans le Colorado.Désolé que le meurtre d’un étudiant, mercredi, à Taber, en Alberta, lui ait donné raison, le LFP écrivait hier que «nos lois sur les armes à feu, qui nous procurent un contrôle plus serré, ne finit pas de nous, de ce côté de la frontière, une ile protégée de la violence, du désespoir, de la dépression ou de l’angoisse des adolescents».Alors que faire?Les solutions, souvent contradictoires, pullulaient hier dans les journaux du ROC.«Réduire la violence dans les médias», suggérait le Calgary Herald.Stephens Lautens, du Calgary Sun, écrivait que par les livres il a passé sa jeunesse, comme beaucoup d’hommes de son âge, en compagnie de personnages peu recommandables comme Jack the Ripper, Ivan le Terrible et Caligula.«Ça n’a pas fait de nous des assassins pour autant.» Ne tirez pas sur les médias, imploraient pour leur part les éditorialistes du National Post.Ceux qui disent que les couvertures télévisées intensives sont la cause de l’assassinat de Taber «dénient tout libre arbitre ou toute moralité individuelle» à ces jeunes.«Mais les tueurs sont aussi des victimes», faisait remarquer Heather Bird, du Toronto Sun.Vrai, «il faudrait travailler moins et passer plus de temps en famille», semblait enchaîner le LFR Rick Bell, du Calgary Sun, croit que le problème réside d;uis le déclin, partout, de l’autorité noyée notamment par les discussions psychologiques.«Il faut arrêter de parler et agir.» Sur quoi?Sur les tribunaux, par exemple.«Les jeunes qui commettent de mauvaises actions éclatent de rire en voyant nos tribunaux.» I.K I) E V II I li , I.K S S A M E I) I E T I) I M A N (' Il E I M Al I il il !» A 9.K T IDÉES Intégration des communautés culturelles Pour en finir avec le mythe L’idée que les communautés immigrantes auraient choisi l’école anglaise parce que l’école catholique les refusait est l’un des clichés les plus persistants depuis 20 ans ROBERT GAGNON Professeur au département d'histoire de P UQAM Auteur de Histoire de la CECM, Boréal, 1996 Premier d’une série de deux textes e c e m ni e n t, dans les pages du Devoir, la question du prétendu refus des écoles catholiques d’ouvrir leurs portes aux immigrants a été soulevée.Un journaliste a tout d’abord fait écho aux paroles de l’historien Gérard Bouchard, qui semblait regretter cette page d’histoire.En réponse aux malaises de Bouchard, Denis Vaugeois tentait de situer cet épisode d;uis le contexte de l’époque.Daniel Baril, dans son commentaire sur la question de l’enseignement religieux dans les écoles, laissait entendre, quant à lui, que les évêques catholiques avaient, en 1894, interdit aux juifs de fréquenter les écoles catholiques.Cette idée que les communautés immigrantes auraient choisi l’école anglaise parce que les écoles catholiques les refusaient est l’un des clichés les plus persistants des vingt dernières années.La consultation des archives nous révèle pourtant des relations beaucoup plus complexes entre les écoles publiques catholiques et les communautés culturelles et, surtout, infirme totalement l’idée que les écoles catholiques ou francophones aient refusé les enfants des immigrants catholiques ou non.Pour bien comprendre la situation, il faut toutefois mettre en lumière le rôle central joué par la taxe scolaire dans la dynamique des relations entre les catholiques, les protestants et les immigrants.En 1869, une taxe scolaire est instaurée pour la première fois à Montréal.Elle est prélevée annuellement par cotisation sur la propriété foncière.Chaque propriétaire doit s’enregistrer sur l’une des trois listes proposées (catholique, protestant, corporations).Les taxes des particuliers catholiques et protestants sont versées respectivement aux commissions catholiques et protestantes, tandis que celles des corporations de même que celles des propriétaires non catholiques et non protestants sont allouées aux commissions catholiques et protestantes dans une proportion égale à celle de leur poids démographique.Ce mode de répartition et de prélèvement de la taxe scolaire privilégie beaucoup la Commission protestante.Dans l’ensemble, les anglophones protestants sont plus riches que les francophones et les anglophones catholiques.En 1899, par exemple, le partage de la taxe scolaire fait en sorte que la Commission protestante, qui ne représente qu’un quart de la popu-lation scolaire, reçoit le même montant que la Commission catholique.Malgré un mode de financement qui laisse peu de ressources à la majorité catholique, on trouve, dans leurs écoles publiques, des classes anglaises où sont instruits les enfants de la communauté irlandaise, récemment implantée.Dans la plupart des écoles catholiques, on trouvait, à cette époque, des classes anglaises, françaises et bilingues.Au contraire, les écoles de la Commission protestante étaient alors unilingues anglaises.Les juifs à la CECM Di question de l'instruction des enfants de confessions religieuses autres que protestante ou catholique n’avait pas posé problème au cours des premières décennies de la mise en place des structures scolaires au Québec.Or elle va s’imposer peu à peu à la fin du XIX' et au début du XXe siècle.Auront-ils droit à l’instruction publique dans les écoles des réseaux protestant et catholique?La réponse est oui.Des amendements à la loi scolaire leur garantiront l’accès aux écoles publiques.Ainsi, dès 1870, la loi est amendée pour permettre aux propriétaires juifs de choisir la liste sur laquelle ils désirent être inscrits (protestante ou catholique).C’est au cours des années 1880 que la CECM se trouve pour la première fois aux prises avec le problème de l’instruction des immigrants non catholiques.Rappelons que, parmi les immigrants britanniques arrivés au Québec dès la première moitié du XIX' siècle, on comptait des membres de la communauté juive.La plupart d’entre eux vivaient en Angleterre depuis plus d’un siècle et il était donc naturel pour eux de conclure une entente avec la Commission protestante, plus riche et plus «britannique».Les propriétaires juifs, membres de la Congrégation portugaise (malgré sa dénomination, aucun juif espagnol ou portugais ne fait partie de cette communauté), s’inscrivent alors sur la liste des propriétaires protestants et leurs taxes servent à subventionner leur école dirigée par le révérend Abraham ARCHIVES 1.E DEVOIR de Sola.Dans les années 1880, l’arrivée à Montréal d’une communauté juive en provenance d’Allemagne et de Pologne va mettre fin à celte belle entente entre la Commission protestante et l’école juive de De Sola.Les juifs polonais et allemands sont très pauvres.Ils ignorent l’anglais et constituent donc une communauté économiquement et culturellement beaucoup plus démunie que celle de la Congrégation portugaise.Quand les juifs allemands et polonais demandent à la Commission scolaire protestante de faire partie de l’entente qu’elle a conclue avec la Congrégation portugaise, la Commission protestante accepte naturellement.Les juifs allemands comptent alors pour la moitié des écoliers de l’école juive, mais leurs taxes constituent seulement 15 % de la somme totale des taxes versées par les propriétaires juifs à la Commission protestante.En 1886, J.L.Samuel, de la Congrégation portugaise, demande la permission à la CECM de faire placer les propriétés des juifs de sa Congrégation sur la liste des contribuables catholiques.En transférant ainsi du côté catholique leur communauté, ces propriétaires juifs n’ont plus à finan- cer l’éducation des juifs allemands et polonais moins fortunés.La Commission protestante s'insurge toutefois contre cette pratique.lot communauté juive fait également pression pour les ramener dans le giron protestant.Et après un certain temps (huit ans), ils réussissent à convaincre les juifs de la Congrégation portugaise de revenir au bercail.Les juifs considérés comme protestants En 1903, un pas de plus est franchi dans l’intégration des juifs à la commission protestante.Une importante délégation juive, présidée par Maxwell Goldstein, convainc les représentants des commissaires protestants de proposer au gouvernement d’amender la Loi sur l’instruction publique afin d’assimiler les juifs aux protestants pour des fins scolaires.Une fois cette loi adoptée, la taxe des propriétaires juifs de Montréal va tout entière à la Commission protestante, qui verra à l’instruction des enfants de cette confession religieuse.Ces derniers vont d'ailleurs constituer une portion ini|x>r-tante des élèves dans les écoles protestantes.En 1916, ils sont un peu plus de 10 000 alors que les protestants comp tent à peine plus de 12 100 élèves.Au début des années 1920, les commissaires protestants vont tenter vainement d’écarter les juifs de leur juridiction, eux qui revendiquent désormais des sièges au conseil de la Commission, qui justifie son attitude en affirmant: «It is not fair that the protestant tax payers should bear the burden of educating these 13 000foreigners (Jews) at present in our schools and enjoying every privilege that our protestant children enjoy.» Une commission scolaire juive est créée en 1930 pour régler le problème des juifs à la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal (CEPGM).Les dissensions au sein de la communauté juive vont cependant tuer dans l’œuf cette troisième commission scolaire à Montréal et ramener les enfants juifs à la Commission protestante, qui bénéficie de la situation.En effet, dans les années 50, les enfants juifs ne représentent plus que 27 % de l’ensemble des écoliers dans les écoles protestantes, mais cette communauté fournit 60 % de l’ensemble des taxes scolaires qui va à la Commission protestante.Cette histoire des relations entre les juifs, les protestants et les catholiques est rarement racontée.Pourtant, il suffit de consulter les archives pour découvrir que la réalité historique est assez éloignée des images que, pour des raisons idéologiques, on ramène sur la place publique au gré des controverses politiques.Lundi: L’école anglaise: le choix des immigrants catholiques Jeunes contrevenants Répondre aux besoins des collectivités Notre nouveau projet de loi permettra non seulement au Québec de conserver son approche préventive, mais de la renforcer ANNE Mi LE ELAN Ministre fédérale de la Justice aimerais répondre à cer-tains commentaires récents parus dans les journaux sur le projet de loi du gouvernement du Canada en matière de justice pour les jeunes.J Nous travaillons à l’établissement d’un système axé sur la prévention, qui fait la distinction entre les crimes violents et les crimes non violents.Ce système favorise la responsabilisation des jeunes et les conséquences significatives pour les jeunes qui commettent des crimes.Notre stratégie repose sur une approche souple afin de permettre au système de justice pour les jeunes de mieux répondre aux besoins des adolescents, des collectivités et des provinces qu’il dessert.Le nouveau projet de loi sur le système de justice pénale permettra non seulement au Québec de maintenir son approche préventive, il lui permettra de la renforcer.Le Québec trouve important d’intervenir rapidement avant qu’un adolescent ne commette des infractions sérieuses.Nous sommes d’accord et nous encourageons cette approche.Le projet de loi permettra une intervention rapide grâce à des mesures et sanctions ex- trajudiciaires et la participation d'organismes communautaires et de professionnels qui ne font pas partie du système de justice pénale.Le procureur général de la province aura une grande latitude dans l’établissement clés programmes de mesures extrajudiciaires et d’un programme d'examen préalable à l’inculpation.Le projet de loi prévoit qu’on impose à l’adolescent une peine proportionnelle à la gravité de l’infraction tout en lui offrant les meilleures chances de réadaptation et de réinsertion sociale.Laissez-moi illustrer la souplesse de la nouvelle loi.Si un adolescent de 15 ans commet un meurtre dans des circonstances où le procureur général du Québec considère qu’il ne devrait pas recevoir une peine à vie ou parce que la maturité et la compréhension dont l’adolescent fait preuve ne le justifient pas, le procureur peut renoncer à l’application de la présomption de peine applicable aux adultes.En ce cas, le juge imposera une peine d’au plus dix ans et interdira la publication du nom de l’adolescent.De même, pour que la présomption applicable aux infractions graves avec violence commises à plus de deux reprises s’applique, il faudra que le procureur général de la province ait obtenu de la cour la détermination préalable de la perpétration d’une «infrac- tion grave avec violence».Ces dispositions accordent une grande discrétion aux procureurs généraux des provinces dans l’application des présomptions de peine pour adultes.L’un des objectifs de la réforme est de réduire le taux d’incarcération en limitant l’emprisonnement aux cas les plus graves.Bien que le taux au Québec soit l’un des plus faibles au pays, il est possible que l’application de la nouvelle loi permette de le réduire encore davantage.Le projet de loi propose aux juges une liste de peines qui constituent une solution de rechange au placement, soit, entre autres, les services dans la collectivité, la restitution et l’indemnisation de la victime, la probation, et l’obligation de suivre un programme d’assistance et de surveillance intensive.La législation prévoit également qu’un adolescent doit être placé dans un établissement pour adolescents, à moins que cela ne soit pas dans son intérêt ou qu’il menace la sécurité d’autres adolescents.Cette règle est valable, qu’il s’agisse d’une peine applicable aux adultes ou d’une peine pour les jeunes.Ce n’est que lorsqu'un adolescent atteint l’âge de 18 ans et devient un adulte que le directeur provincial peut demander au tribunal pour adolescents qu’il soit transféré à un établissement correc- tionnel pour adultes; et ce n’est qu’à l’âge de 20 ans qu’il peut être transféré à un établissement pour adultes sans l’autorisation du tribunal.On a dit craindre que le projet de loi force l’uniformisation des peines imposées au Québec avec celles imposées dans le reste du pays.Il faut comprendre que le projet de loi encourage la cohérence entre les peines mais ne requiert pas des peines identiques.Une disposition similaire existe dans le Code criminel et cela n’empêche pas une certaine disparité régionale dans les peines imposées aux adultes, qui reflète les valeurs des différentes régions du pays.La situation devrait être la même pour les adolescents.En ce qui a trait à la publication des noms de jeunes contrevenants qui reçoivent une peine d’adulte, le projet de loi offre une meilleure protection de la vie privée aux jeunes qui ne sont pas déclarés coupables de l’infraction dont ils sont inculpés.En effet, la nouvelle loi n’autorisera pas la publication du nom avant le verdict de culpabilité.La loi actuelle, elle, permet la publication du nom de tous ceux qui sont transférés à la cour des adultes, qu’ils soient acquittés ou reconnus coupables.On a déclaré que le régime actuel pour adultes ne peut être imposé qu’aux contrevenants de 16 et 17 ans.Or la Loi sur les jeunes contreve- fV liants prévoit déjà que les jeunes peuvent se voir infliger des peines d’adulte dès l’âge de 14 ans.Ce qui est nouveau, c’est que la présomption de peine d’adulte s’appliquera aux jeunes de 14 et 15 ans.Comme je l’ai mentionné, le procureur général de la province pourra en toutes circonstances renoncer à l’application de cette présomption.Le gouvernement du Canada croit fermement que les jeunes impliqués dans les crimes devraient bénéficier du soutien dont ils ont besoin à chaque étape pour changer leur vie et que leurs familles et leurs collectivités devraient participer directement à ce processus.Pour cette raison, le gouvernement consacrera une première tranche de plus de 200 millions de dollars additionnels sur trois ans à cette fin.La plus grande partie de cette somme sera transférée aux gouvernements des provinces et territoires pour la mise sur pied de programmes de mesures extrajudiciaires et de solutions de rechange à l’incarcération.Je comprends que les Québécois soient fiers de l’approche préventive de leur système de justice pénale pour les adolescents qui est basé sur la prévention, la réadaptation et la réinsertion social.Loin de vouloir changer cette approche, mon projet de loi devrait la renforcer.Fête des travailleurs - i Les bons choix pour le monde COALITION MONTRÉALAISE POUR LE 1>“ MAI jfrÇ\ CEQ, CSN, FTQ, CSD, SPGQ, SFPQ, FEUQ, FECQ, groupes populaires de la région de MontrédFZ L e 1" mai 1886, 300 000 t&Ç vailleuses et travailleurs, lancent à Chicago un mouvement de grève afin d’obtenir la journée de travail de huit heures.Une ré*, pression policière sanglante suit le mouvement de grève: des militantes , et militants syndicaux sont arrêtés et' condamnés à mort.Quatre d’entre eux sont pendus.Six ans plus tard, ilà ' seront exonérés de tout blâme.Ces • événements ont érigé en symbole la lutte et le sacrifice de ces travailleuses et travailleurs pour l’amélioration des .' conditions de travail et de vie.Depuis! la Journée internationale des trai vailleuses et travailleurs est devenud l’occasion privilégiée d’affirmer avec fierté notre projet de société: Les bons choix pour le monde.Les batailles actuelles sont cruciales et déterminantes pour l’avenir._ Le 1" mai représente l’occasion d’affirmer nos choix aux gouvernements et aux entreprises, de leur dire que nous refusons les prétextes de la mondialisation de l’économie et de Ta flexibilité des capitaux.Faire les boris choix, c’est se mobiliser contre lé comportement sauvage des entreprises qui jettent à la rue des travailleuses et travailleurs dans l’unique but d’accroître leurs profits.C’est aussi se mobiliser contre le démantèlement des services publics et des programmes sociaux entrepris par les gouvernements.Le 1" mai, c’est aussi l’occasion de dire au gouvernement québécois actuel de retourner l’ascenseur à celles et ceux qui ont subi les compressions ¦ des dernières années.Avec l’atteinte du déficit zéro un an avant l’an 2000 et, l’excédent de 3,9 milliards de dollars • sur deux ans, les Québécoises et QuA bécois sont en droit de s’attendre à des investissements beaucoup plus importants, notamment dans les secteurs de la santé, des services so- + I ciaux, de l’éducation et de l’aide socia;.le, afin de réparer, consolider et déve lopper des services de qualité pour lès prochaines années, tel que l’avait promis le premier ministre Bouchard lors de la dernière campagne électorale.;.Après plusieurs années de compres-’ sions budgétaires et, de réduction des services publics, l’État doit changer ' ses pratiques.La santé, l’éducation et' les services sociaux ressortent éclo-1 • pés des politiques d’austérité des dçr-;, nières années.Nous avons aujourd'hui les moyens d’appliquer l’équité salaria-; le pour toutes les femmes.Nous avons les moyens de créer et de maintenir des emplois durables et de qualités avec des conditions de travail et de vie décentes.Nous avons les moyens de.«retricoter» notre filet de sécurité sociale pour qu’il protège tout le monde.Nous avons aussi les moyens d’éviter que notre jeunesse continue d’affir cher le taux de suicide le plus élevé; des pays occidentaux.Un trop grand nombre de jeunes vivent de l’incerÜ- ' tude par rapport à leur avenir et la dé-' tresse de la pauvreté.Nous devons-leur faire une vraie place dans une so-, ciété qui ait à cœur leur épanouisses ment et qui reconnaisse l’importance de leur contribution.De plus, l’État doit être un modèle à l’égard de ses propres salariées et salariés et cesser de rogner dans les conditions de travail.La politique, ça nous appartient, le gouvernement, c’est nous, citoyennes et citoyens, et ' c’est notre responsabilité de claire-1 ment imposer nos choix.Nous devons nous mobiliser pour arracher à celles et à ceux que nous avons élus les bons choix pour le monde.Mouvements syndicaux, populaires, communautaires, hommes et femmes de toutes professions et de tous les coins du Québec, le 1er mai, c’est l'occasion de s'unir et de bâtir une solidarité.r , Ecrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les analyses de se^ lecteurs et lectrices.Etant donne l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 1000 mots.Inutile de nous télé1 phoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser lç courriel (redaction@ledevoir.com).N’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L ’ É Q U I I* E l) U I) E V O I K IA RÉDACTION lournalistrs à l'information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l'infirmation).Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urbaine).Yves d'Avignon (sports); Pauledes Rivières (éducation).Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement), Judith Lachapelle, Louise leduc Kathleen I/vesaue (actualités pulitiiiucs municipales), Caroline Montpetit, Isabelle Paré (santé).Jean Pichette (justice); Odile Tremblay (Horizons); Michel Carneau
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