Le devoir, 27 mai 1999, Cahier A
F 0 N I) E 19 10 LE DEVOIR V » I.• X e.- N " I I (i PERSPECTIVES A Oter le dernier mot aux juges Depuis l’enchâssement de la Charte des droits et libertés dans la Constitution canadienne, les juges ont-ils trop de pouvoir?La question hante littéralement le Canada anglais.Et si le problème n’était pas le pouvoir des juges mais bien la résignation des élus.Le dernier jugement de la Cour suprême dans l’affaire M.contre H.a relancé, dans les gazettes du Canada anglais, un débat larvé sur l’activisme judiciaire.Dans plusieurs quotidiens, on reproche à la cour d’avoir imposé à la législature ontarienne une règle de droit qu’une majorité de députés avait rejetée en 1994, qui consiste à étendre l’obligation alimentaire aux conjoints de même sexe.La même indignation avait surgi lorsque, l’an dernier, la cour «avait fait l’usage le plus spectaculaire de son pouvoir de rectification, dans l’arrêt Vriend, en ajoutant à la loi albertaine sur la protection des droits individuels l’orientation sexuelle comme motif interdit de discrimination.Le tribunal a statué que l’omission de ce motif dans la loi violait le droit à l’égalité protégé par la charte.En fait, chaque fois que la cour empiète sur le domaine législatif, des groupes s’insurgent.Mais il est remarquable de constater, avec le juge en chef Antonio Lamer, le «silence écrasant du Parlement».Dans un texte remarquable publié dans le numéro printanier de la revue Argument, Marc Chevrier, qui prépare une thèse de doctorat sur ce sujet, déplore ce monologue et reproche «aux élus d’avoir abdiqué leur pouvoir de remettre en cause les décisions judiciaires.Aux yeux de M.Chevrier, un «papisme légal» est en vigueur au Canada depuis 1982.Depuis l’entrée en vigueur de la charte, les tribunaux ont invalidé plus de 70 lois ou articles de loi au Canada, dont une cinquantaine p«ar la Cour suprême.Dans tous les cas, la balle revient au législateur qui, jusqu a présent, a adopté dans 75 % des cas une loi de remplacement, conforme au jugement de la cour, moins de deux ans après la décision.«Les corps législatif au Canada, déjà réduits à enregistrer les volontés de l'exécutif, tombent cois devant les oracles judiciaires», écrit M.Chevrier.Connue l’avait dit le juge Jackson de la Cour suprême des Etats-Unis en 1953: «We are not final because we are infallible, we are infallible because we are final.» Pour M.Chevrier, il s’agit d’ôter le dernier mot aux juges.Celui-ci ne s’oppose pas au contrôle judiciaire.Si un jugement donne des raisons de croire que des principes sur lesquels les citoyens se sont mis d’accord pour vivre ensemble ont été enfreints au delà de toute limite raisonnable, il mérite respect, écrit-il.Mais pourquoi faudrait-il que les Parlements soient muselés par les tribunaux?Il n'y a aucune raison, surtout pàs au Canada.Car le législateur a inclus, dans la charte, une clause dérogatoire (dite nonobstant) qui donne aux parlementaires le pouvoir formel de suspendre pendant au moins cinq ans une décision judiciaire qui annule une de leurs lois.En théorie, donc, ce pouvoir de dérogation met en place les conditions permettant d’enlever aux juges le dernier mot en matière constitutionnelle.Mais dans les faits, observe M.Chevrier, cette clause est en train de tomber en désuétude depuis que l’Assemblée nationale du Québec l’a invoquée en 1988 pour maintenir, avec la loi 178, l’affichage commercial unilingue français.La clause dérogatoire rend possible ce que le professeur à l’école de droit Osgoode H«t11 de l’université York à Toronto, Peter W.Hogg, appelle le «dialogue» entre les juges et les élus.Malgré les réticences des législateurs à utiliser la clause dérogatoire, M.Hogg prétend, dans un article publié dans le numéro d’avril de la revue Options politiques, que ce dialogue existe.Le professeur donne en exemple le débat provoqué en Alberta par l’arrêt Vriend en 1998.Pendant un certain temps, le gouvernement a songé à faire fi du jugement de la Cour suprême en invoquant la clause dérogatoire.11 s’en est finalement «abstenu.Mais M.Hogg prétend que le gouvernement albertain n’a pas été «forcé» d’accepter la décision du tribunal.Il a agi de son propre chef.Informée par le jugement et par le débat qui s'ensuit dans la société, la législature est libre de décider elle-même de la voie à suivre.L’un des plus farouches opposants à l’activisme judiciaire au pays, le politologue Ted Morton, de Calgary, se rit de cette thèse.Pour lui, la charte a créé un nouveau lieu de pouvoir, la Cour suprême, que des groupes féministes, des homosexuels, des militants autochtones et les minorités linguistiques utilisent avec succès pour obtenir des changements politiques qu'ils n’auraient jamais eus par l’entremise du processus électoral et parlementaire habituel.Une étude publiée par le professeur de droit Patrick Monahan amène ce dernier à conclure que la cour ne dispose pas de pouvoirs déraisonnables.En général, lorsque la cour invalide une loi, les législateurs conservent une marge de manœuvre qui leur permet d’atteindre quand même leurs objectifs.Quoi qu’il en soit, l'ex-juge à la Cour suprême Bertha Wilson fait remarquer qu’en adoptant la Charte des droits en 1982, ce sont les députés légitimement élus qui ont conféré à la cour non seulement le droit mais le devoir d'interpréter les lois.MicheI Ve n ne ?M É T É 0 Montréal Québec Ciel variable.Nuageux Max: 18 Min: 8 avec éclaircies.Max: 18 Min: 8 Détails, page B 4 Annonces Avis publics.B 6 Culture.B 8 Economie.B 2 Editorial.A (i Le monde.B 5 Les sports.B t> Montréal.A 3 Mots croisés.B I Politique.A 4 1 N D E X .B 4 Horizons.B 1 Télévision.B 7 www.ledevoir.com M 0 X T 11 É A L .1.E -I E U DI 2 7 M AI I 9 » 51 HORIZONS La chronique de Jean Dion: C’est à nous, ça ! page B 1 LES ACTUALITÉS Une population scolaire de plus en plus pauvre, page A 4 «S 7 e + T A X K S = I $ / T 0 It l) N T 0 I $ LES ACTUALITÉS Radio-Canada se défend devant le CRTC, page A 8 «Une île, une ville»?¦ Le maire de Montréal, Pierre Bourque, relance son projet de fusion ¦ Les maires des autres municipalités rejettent en bloc sa proposition KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR C* est avec le poids politique que lui confère un million de citoyens que le maire de Montréal, Pierre Bourque, a réactivé hier sa demande, faite au gouvernement il y a deux ans, de faire de l’île de Montréal une seule ville.Mais cette fois-ci, il interpelle toute la société québécoise, tout en étant confronté à une levée de boucliers unanime dans la région (voir autre texte en page A 3).Dans la mouvance des changements fiscaux et de structures qu’entend apporter Québec au cours des prochains mois dans le Grand Montréal, M.Bourque a proposé un plan d’action en trois volets: la fusion des 29 municipalités de l’ile de Montréal, l’élargissement de la Communauté urbaine de Montréal (CUM) aux 111 municipalités de la région et le regroupement de municipalités sur les rives nord et sud.«Les divisions est-ouest et francophones-anglophones ont assez duré; le temps de la maturité et du partage est arrivé.[.] Aurons-nous la sagesse d’utiliser Montréal comme la locomotive dont tout le Québec a besoin pour réaliser son plein potentiel économique et culturel?», a lancé M.Bourque en guise de réflexion aux participants au VOIR PAGE A 8: BOURQUE Le grand départ REUTERS L’astronaute canadienne Julie Payette devait s’envoler ce matin à 6h48.La fabuleuse aventure d’une première de classe Le compte à rebours marquait les secondes depuis lundi.Mais c’est à 6h48 ce matin, dans l’habituel grand fracas de décibels, de flammes et de fumée, que la navette spatiale Discovery, abritant l’astronaute montréalaise Julie Payette, devait quitter le Kennedy Space Center, à Cap Canaveral, spatiale internationale.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Une mission de dix jours doit mener la navette spatiale Discovery, avec à son bord l’astronaute Julie Payette, à s’anit'irrer à la station spatiale internationale ISS, à 400 kilomètres au-dessus de la Terre.Là-haut, en apesanteur, l’astronaute Julie Payette, 35 ans, première Canadienne à participer à ce projet, se chargera en Floride, pour s’envoler vers la station entre autres du transfert de l’équipement de la navette à la station spatiale.La nouvelle idole québécoise aux yeux bruns et aux cheveux bouclés y maniera le Bras canadien en plus de coordonner la marche extravéhiculaire des scaphandriers dans l’espace.Julie Payette y sera accompagnée de six autres astronautes, dont cinq Américains et un Russe, l’équipe comptant en tout trois femmes et quatre hommes.VOIR PAGE A 8: AVENTURE Le TPI inculpe Milosevic L’OTAN intensifie ses opérations A G E N C E F RANG E -PRESS E La Haye — Le président Slobodan Milosevic a été inculpé hier par le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie, une décision vue par certains diplomates comme un nouveau moyen de pression sur Belgrade, tandis que l’OTAN a intensifié ses bombardements.De nouveaux entretiens diplomatiques ont eu lieu hier sur la crise au Kosovo, apparemment sans résultat concret, alors que l’afflux des réfugiés s’est soudainement interrompu en Macédoine.Un mandat d’arrêt international a été délivré à l’encontre du président de la Yougoslavie.Cette inculpation porte sur «le Kosovo, pas sur la Bosnie-Herzégovine», a-t-on précisé hier soir de source fiable au siège du TPI à La Haye.Aucun détail n’a en revanche pu être obtenu sur la nature de l’acte d’accusation retenu contre M.Milosevic: crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocide?Le procureur du TPI, la magistrate canadienne Louise Arbour, doit tenir aujourd’hui une conférence de presse au cours de laquelle elle fera «une annonce importante», a indiqué le tribunal dans un coiqmuniqué publié hier soir.L’inculpation du chef de l’Etat yougoslave, si elle risque de compliquer la tâche des alliés, représente un nouveau moyen de pression sur Belgrade, ont souligné des diplomates à Bruxelles, tandis que Washington a estimé qu’elle n’était pas un obstacle à un accord.VOIR PAGE A 8: MILOSEVIC POLITIQUE Magazines : Copps défend l’entente avec les Américains Ouvrir ime partie du marché publicitaire canadien aux éditeurs de magazines étrangers était le prix à payer non seule-ipcnt pour éviter une guerre commerciale mais pour voir les Etats-Unis reconnaître pour la première fois de leur histoire le droit d’un pays de protéger et de promouvoir sa culture par le truchement d’une politique commerciale.Par conséquent, le Canada peut crier victoire, a soutenu hier la ministre du Patrimoine canadien, Sheila Copps, aux Commîmes, peu après avoir rendu publics les dé-tails de l’entente intervenue mardi.Lire, page A 4 Un document confidentiel révèle les «vraies bases» de la politique énergétique du gouvernement du Québec L O U I S - G I L L E S FRANCŒUR LE DEVOIR Cy est essentiellement pour éviter une situation économique difficile, voire la faillite de la Churchill Falls (Labrador) Limited Corporation, qui fournit annuellement à Hydro-Québec 30,3 'IWh d’énergie et 4934 MW de puissance, que Québec a décidé de s’engager avec Terre-Neuve dans le développement de la Basse-Churchill sans avoir à remettre en question — à la hausse — les tarifs convenus dans le contrat historique de mai 1969.Cet objectif méconnu mais omniprésent depuis dix ans de la politique énergétique du Québec explique non seulement l’accélération récente des négociations entre Québec et Terre-Neuve mais aussi, du moins en partie, la mise en place d’une Régie de l’énergie, l’ouverture du marché québécois au transit d’électricité et la mise en place d’un règlement dit de «timbre-poste» qui garantit un tarif uniforme à l’électricité, quelle que soit la distance parcourue sur le réseau hydro-québécois.Ce qui avantage tout particulièrement les sources de production éloignées.C’est ce que révèlent diverses sources au ministère des Ressources naturelles (MRN) et chez Hydro-Québec, que corrobore explicitement un document hautement confidentiel préparé à l’intention de l’ancien premier ministre québécois, Jacques Parizeau, obtenu par Le Devoir dans le cadre de cette enquête sur les vraies bases de la politique énergétique actuellement poursuivie par le gouvernement québécois.Ce document, daté d’octobre 1995, a été préparé par la Direction des politiques, des études et de la recherche du MRN en vue d’une «rencontre de Jacques Parizeau, premier ministre du Québec, avec Clyde Wells, premier ministre de Terre-Neuve».La rencontre en question n’a jamais eu lieu, Jacques Parizeau ayant démissionné le mois suivant à l’issue du référendum sur la souveraineté, et Clyde Wells ayant lui aussi quitté ses fonctions le 29 décembre suivant «Il est prévisible, révèle le résumé des enjeux de la rencontre projetée, que CF(L)Co connaîtra des difficultés financières au cours de la période se situant entre 2000 et 2020 VOIR PAGE A 8: DOCUMENT + i 778313000672 LE DEVOIR.LE JEUDI 27 MAI I !) !) il A 2 -LES ACTUALITES* Les pharmaciens iront jusqu’au «On a tout fait en toute bonne foi» ISABELLE PARÉ LE DEVOIR '.O' Les moyens de pression exercés depuis mardi par les 1000 phar-; raaciens œuvrant en établissements ; île santé connaîtront une escalade ! 2fes la semaine prochaine si Québec ’M toujours la sourde oreille à leurs /demandes.S 'Après avoir boycotté la préparation Éfes médicaments dans tous les hôpi-Jàux cette semaine, les pharmaciens, / réunis en journée d’étude hier, ont 'décidé d’augmenter la pression d’un cran lundi prochain en se retirant complètement des équipes médicales .en milieu hospitalier.Le gros du travail des pharmaciens (70 %) consiste en effet à visiter les patients avec les médecins pour participer aux décisions prises par les équipes soignantes sur le choix des traitements à administrer, a affirmé •nier Manon Lambert, directrice générale de l’Association des pharmaciens : en établissements de santé (APES).La ctistributidn et la préparation de médicaments ne représentent qu’environ $0 % des tâches effectuées par les - pharmaciens œuvrant dans les hôpi-' taux.Même si la ministre de la Santé, ; Pauline Marois, a qualifié hier à l'As- semblée nationale «d’inacceptables» les moyens de pression exercés jusqu’ici ; par les pharmaciens, la directrice géné-• râle de TAPES, Manon Lambert, a vertement défendu le bien-fondé de ces actions.«Il n’y a aucune négociation à l’heure actuelle et nous n’avons reçu aucune offre.Nous ne négocions pas l'entente de 1998 mais celle échue depuis 1995.On est quatre ans derrière tout le monde.On ne peut pas nous taxer d'impatience.On a tout fait en toute bonne foi», a-t-elle insisté.Pour l’instant, la ministre dit vouloir laisser la chance aux négociations et n’entend pas sévir par le biais d’une injonction.Même si, de toute évidence, les malades font les frais du mécontentement des pharmaciens qui négocient intensivement avec l’Association ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Le président du Collège des médecins, le D'Yves Lamontagne, presse Québec de lever sans plus tarder certains plafonds et même d’obliger certains médecins à dispenser des soins médicaux prioritaires si Ton veut contrer une pénurie d’effectifs médicaux sans précédent au Québec.«Même si on prenait dès tmintenant des solutions urgentes, on va être dans le trou pour les quatre ou cinq prochaines années au Québec», a tranché hier le Dr Lamontagne, qui dans une lettre publiée aujourd’hui en page A 7 invite Québec à agir de façon urgente.Préoccupé par les pénuries de médecins qui n’épargnent plus aucune région du Québec, le Dr Lamontagne affirme que plusieurs communautés risquent d’être privées des services de santé de base si des mesures immédiates ne sont pas prises.Le président du Collège des méde- des hôpitaux et les régies régionales de la santé.«Cette journée d’étude risque d’avoir un impact sur les malades, et en ce sens, c'est inacceptable», a-t-elle déploré en affirmant, contrairement aux pharmaciens, que «les négociations ne sont pas rompues».De leur côté, les pharmaciens du réseau de la santé, qui exigent un rattrapage salarial de 17 %, se défendent bien de porter atteinte aux soins don- cins propose notamment de lever dès maintenant les plafonds salariaux dans les disciplines médicales gravement en pénurie.«H est absurde que des médecins aillent travailler au Nouveau-Brunswick parce qu’ils ont atteint leurs plafonds alors qu ’on a grandement besoin d'eux au Québec, notamment en Abitibi», tonne le Dr Lamontagne, qui cite en exemple le cas de certains radiologistes.Plus encore, le Dr Lamontagne va jusqu’à proposer que certaines activités médicales soient imposées à l’ensemble des médecins pour éviter des ruptures de services.A l’heure actuelle, seuls les médecins pratiquant depuis moins de dix ans sont tenus de participer à des «activités médicales particulières» dans les urgences et les cliniques des hôpitaux.«Il faut changer notre façon de travailler.S’il y a une pénurie, il faut que tout le monde se serre les coudes, plutôt qu’un petit groupe se tue à la tâche», plaide-t-il, opposé à ce que seuls les jeunes médecins soient obligés de s’exiler ou nés aux patients.«Aucun produit ne sera servi sans qu'un pharmacien n’ait donné sa validation», a tranché Patricia Lefebvre, présidente de TAPES.«Les pharmaciens sont dans les établissements et assument leurs responsabilités professionnelles.Les patients ont leurs médicaments [mais] ils sont distribués de façon différente», a ajouté Mme Lambert, qui exclut le recours à une grève générale illimitée.d’effectuer des tâches obligatoires.Pour dénouer la crise actuelle, Québec doit rappeler au travail certains spécialistes qui ont récemment pris leur retraite, comme cela fut fait pour les infirmières, pense le Dr Lamontagne.La ministre Marois a déjà emboîté le pas en demandant à six radio-oncologues retraités depuis 1995 de reprendre du collier.Lors d’une récente rencontre avec-la ministre de la Santé, le Collège a aussi proposé de hausser dès septembre de 30 places le nombre d’entrées en médecine, dont dix seraient réservées à des médecins étrangers.Plus encore, le Dr Lamontagne estime que Québec devra à l’avenir se fixer des priorités pour décider des soins prioritaires et rémunérer les médecins en conséquence.«Pourquoi un médecin qui travaille comme un fou à l’urgence fait-il le même salaire que celui qui traite des rhumes dans la clinique d’en face, soutient-il.Il faut décider de l'endroit le plus utile où mettre les ressources publiques.» Pas de plafond pour certains médecins bout Cette dernière croit d’ailleurs que les hôpitaux exagèrent les impacts de ces moyens de pression et feraient des lits pour des raisons budgétaires davantage que pour des raisons cliniques.Mardi, le CHUM annonçait en effet la fermeture de 168 lits en raison des moyens d’action déployés par les pharmaciens.Privés d’augmentation de salaire depuis 1991, les pharmaciens des établissements de santé affirment que leurs conditions de rémunération ont entraîné un exode dans la profession.Dans certaines régions comme la Gas-pésie, le tiers des postes de pharmacien en établissement sont vacants, faute de candidats, et une pénurie similaire frappe les hôpitaux universitaires de la région de Montréal, où 43 postes ne sont toujours pas pourvus.«Il y a urgence parce que nous sommes une profession en pénurie.Le nombre de diplômés ne comble pas le nombre de ceux qui partent à la retraite ou quittent pour travailler pour l’industrie phannaceutique, où les salaires sont beaucoup plus élevés», a affirmé Patricia Lefebvre.Les pharmaciens, titulaires d’un baccalauréat et d’une maîtrise, touchent entre 37 500 et 57 500 $ par année.Selon Mme Lefebvre, en région, plusieurs peuvent espérer gagner beaucoup plus en allant travailler dans une pharmacie Jean-Coutu que dans un hôpital.De son côté, l’Ordre des pharmaciens du Québec a adopté hier une position quelque peu mitigée, se disant à la fois inquiet des conséquences possibles sur les patients mais convaincu que les pharmaciens exerceront leurs moyens de pression avec diligence.Dans toute maison 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intérimaire de la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ), Monique Richard, en dénonçant les propos tenus par M.Bouchard le 28 avril.Ce jour-là, le premier ministre avait prévenu qu’il ne priverait les contribuables de baisses d’impôts pour satisfaire les exigences salariales des juges et des syndiqués du secteur public.«Aucun premier ministre n’a fait de déclaration officielle aussi prématurément dans le processus de négociation depuis René Lévesque en 1982», a lancé Mme Richard hier devant 250 délégués réunis en conseil général et qui, samedi, devraient élire Mme Richard a la tête de la centrale jusqu’au prochain congrès général en juin 2000.Comme plusieurs autres délégués syndicaux, Mme Richard sent «un vent souffler de l’Ontario» et rappelle que malgré des impôts moindres en Ontario, il vaut mieux vivre ici si on appartient à la classe moyenne.Mme Richard a prévenu que dès la rentrée scolaire de septembre, tout serait en place pour le déclenchement rapide de moyens de pression.D’ailleurs, un conseil général spécial aura lieu dès le début du mois de septembre.Tous les syndiqués du secteur public revendiquent 11,5 % d’augmentation salariale pour les trois prochaines années.Le gouvernement a offert 5 %.La présidente de la CEQ a reconnu que les syndiqués avaient un défi à relever, celui de faire comprendre aux parents notamment «que ce qu’on va leur donner d’une main [avec des baisses d’impôts], on va le reprendre de l’autre».On peut prévoir une campagne de publicité insistant sur le fait que moins le gouvernement investit dans l’éducation, plus les parents doivent recourir au secteur privé pour obtenir du soutien pour leur enfant.Le vrai défi sera de pousser encore plus loin et de convaincre la population que la qualité de l'éducation passe par des hausses de salaire.Donohue s’entend avec les Innus MARIO CLOU TIER DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Les Innus de La Romaine, sur la Côte-Nord, obtiendront d’ici 2003 une lucrative pourvoirie de pêche au saumon appartenant en ce moment à la compagnie forestière Donohue.Le gouvernement du Québec, les Innus et Donohue ont signé hier une entente prévoyant cet échange qui accordera à Donohue, à la suite de négociations avec le ministère des Ressources naturelles, de nouvelles terres de coupes de bois appartenant au gouvernement.L’entente prévoit une acquisition «progressive» de la pourvoirie Etamamiou de Donahue par les Innus, une pourvoirie où les droits de pêche coûtent en ce moment la jolie de somme de 1000 $ par jour.Dès ce printemps, la composition du conseil d’administration de la pourvoirie sera modifié pour y faire siéger au moins 50 % de membres du Conseil des, Innus d’Unamen Shipu.L’acquisition sera complétée par les autochtones d'ici le 31 mars 2003.D’ici là, la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) agira comme conseiller de gérance de la pourvoirie.Deuxième du genre en 16 ans après un accord similaire signé à Na-tashquan, l’entente survient à la suite de pressions exercées Tété dernier par les Innus, qui avaient menacé d’ériger des barricades sur la route 138 au sujet de la pourvoirie d’Etama-miou.Ils réclamaient alors l’abandon d’accusations contre cinq des leurs qui avaient défié l’interdiction de pécher sur la rivière.En parallèle de l’entente d’hier, Donohue a remis une lettre aux Innus mettant fin à ces procédures judiciaires.La compagnie entreprendra plus tard des négociations avec le gouvernement sur l’obtention de terres de coupes de bois appartenant à la Couronne, probablement dans la région de Baie-Comeau.Sinon, cette négociation pourrait déboucher sur un règlement financier dont le montant n’a pas été dévoilé hier.De leur côté, les Innus se disent satisfaits du contrat d’acquisition signé hier avec Donahue et le gouvernement.Ils demandent toutefois à ce qu’on retrouve dans l’entente finale une mention portant sur un engagement du gouvernement à éponger les éventuels déficits de la pourvoirie d’ici 2003.Chez Donahue, on indique qu’il s’agit d’une pourvoirie «rentable» lors d’une saison normale de pêche.4 « M AI 19 9 9 I, K I) K V «IR.I.K .1 K I" I) 1 2 A A LE DEVOIR MONTREAL JP ^ Journée des Musées rtnmB&ifjuti'tai American Express ZZZÏEL le W mai 1999 Information: Info-Arts Bell 790-ARTS Le projet du maire Bourque «Une île, une ville» est accueilli froidement «C’est une solution qui appartient à une autre époque» Rejeté en bloc par les autres maires de l’île de Montréal, le projet d’«une île, une ville» du maire de Montréal, Pierre Bourque, a été plutôt froidement accueilli par le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, alors que la présidente de la Communauté urbaine de Montréal (CUM), Vera Danyluk, préférait simplement lui opposer son silence.ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Le inonde municipal montréalais a froidement accueilli, hier, l'appel du maire de Montréal, Pierre Bourque, à la fusion de l’ensemble des villes de l’ile de Montréal.«Ça fait 50 ans que les maires de Montréal demandent la même chose», a réagi le président de l’Union des municipalités de banlieue sur l’île de Montréal, George Bossé.«C'est une solution qui appartient à une autre époque.Si les fameuses économies d’échelle fonctionnaient, ça fait longtemps qu’on aurait dû en voir ies résultats à Montréal.» Citant l’exemple de nombreuses villes nord-américaines, dont Boston, San Francisco et Atlanta, George Bossé, également maire de Verdun, croit qu’il est désormais clairement établi que l’avenir appartient non pas aux grandes villes centres mais plutôt aux agglomérations qui auront su se rallier autour d’un projet commun de développement.«Si les villes de banlieue se sont tellement développées au cours des dernières années, a-t-il déclaré, c’est parce que les gens ne voulaient pas vivre dans les villes centres.Ce qui manque à la région de Montréal, c’est une structure décisionnelle légère qui nous permette de travailler ensemble à la réalisation d'une vision commune du développement.» Une nouvelle structure régionale qui correspondrait au ter- ritoire de la «CUM élargie», demandée par Pierre Bourque, qu’il est maintenant urgent de créer et que Québec devra si nécessaire imposer.Même son de cloche du côté de Saint-Léonard, dont le maire, Frank Zampino, croit que le maire Bourque aborde la question du mauvais angle.«La fusion des municipalités n’apportera pas la vision nécessaire au développement de Montréal et sa région.» Voyant venir une réforme de la fiscalité qui transférera des responsabilités aux municipalités, il ajoute: « Devant l’augmentation des coûts, plusieurs municipalités décideront probablement d’elles-mêmes de se fusionner.» Pour sa part, le maire de Dorval, Peter Yeomans, a averti Pierre Bourque et le gouvernement québécois que le jeu de faire et défaire des villes n’est pas sans risques.«Solutions à gogo» De plus, il doute fort que ses électeurs acceptent la fusion de leur municipalité dans un grand tout montréalais.«H n'y a pas de solution magique, a-t-il déclaré.Je pense que l’on devrait plutôt chercher à améliorer la collaboration qui existe déjà.» Qualifiant de «solutions à gogo» les propositions de Pierre Bourque, le maire de West-mount, Peter Trent, a à son tour prévenu que ses électeurs rejetteraient en bloc l’idée de la fusion.Que le maire Bourque souhaite voir fusionner les villes de l’île de Montréal ne surprend guère le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, qui préside la destinée d’une ville née justement à la suite d'un exercice semblable.Que Pierre Bourque vise à étendre le territoire de la communauté urbaine de Montréal à Laval ainsi qu’aux villes des rives sud et nord l’inquiète toutefois davantage.«L’impression que me donne M.Bourque, a confié Gilles Vaillancourt, c’est qu’il essaie de donner à Montréal une capacité de veto sur l’ensemble du développement de la région.» Loin de favoriser la concertation, pense-t-il, une pareille situation forcerait chaque ville à négocier directement avec Montréal.Reconnaissant que la Ville de Montréal avait récemment fait un effort de rationalisation de ses finances et qu’elle était confrontée à des problèmes sociaux importants, le maire de Laval a toutefois fait remarquer qu’elle a été moins touchée par l’étalement urbain que bien des villes nord-américaines et qu’il y a sans doute place à quelques efforts supplémentaires de sa part.Comme plusieurs autres acteurs municipaux, il croit que le temps est venu pour le «véritable maître du jeu», c’est-à-dire le gouvernement du Québec, de mettre un terme à son processus de consultation et de réflexion et de passer à l’action.Très critique à l'endroit de l’idée d’une fusion des villes de l’île de Montréal, aussi partisane de l’établissement d'un nouveau gouvernement supramunicipal élu (une idée rejetée hier par Pierre Bourque), la présidente de la Communauté urbaine de Montréal, Vera Danyluk, a préféré, hier, ne pas commenter le discours du maire de Montréal.Mœurs électorales municipales Chevrette promet de faire le ménage «Avec tout ce qui sort, on n’a pas le choix» ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Le gouvernement québécois s'apprête à faire le ménage dans les mœurs électorales du monde municipal parfois empreintes de fraude.C’est ce qu’a annoncé, hier, le ministre responsable de la Réforme électorale, Guy Chevrette.«Avec tout ce qui sort, on n'a pas le choix», a-t-il dit en conférence de presse.En collaboration avec la ministre des Affaires municipales, Louise Harel, le ministre Chevrette mettra sur pied un comité pour revoir les règlements électoraux propres aux municipalités.En outre, M.Chevrette a rappelé qu’il apportera un amendement à son projet de loi numéro 1 sur l’identification des électeurs en créant une commission permanente chargée d’améliorer la liste électorale.Cette liste pourrait servir au niveau municipal même si des ajustements devront y être apportés, comme y inclure des propriétaires fonciers qui n’ont pas de bâtiments mais qui ont qualité d’électeurs dans les municipalités.Selon M.Chevrette, la grande difficulté de régir les mœurs électorales au niveau municipal, c’est la constitution de la preuve.«Il faut trouver des moyens plus appropriés.Un des secrets réside quand même dans l’amélioration de la liste électorale», a-t-il dit.A l’heure actuelle, les pratiques électorales ayant cours dans les municipalités tombent dans un no man’s land.En vertu de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités, le Directeur général des élections (DGE) n’a d'autorité que sur le financement P SI Bsvjjj ARCHIVES LE DEVOIR Guy Chevrette des candidats et leurs dépenses.Tout le reste, notamment les manœuvres frauduleuses lors d'élection, relève du ministère des Affaires municipales.Or, à cet égard, «la ministre a moins de pouvoir qu'un simple citoyen», indique-t-on au cabinet de Mme Harel.La ministre n’a aucun pouvoir d’enquè-te, ni de destitution, sur les élus municipaux.Elle n’a même pas le pouvoir d’imposer aux élus municipaux de respecter les règlements de la vie démocratique, comme le quorum et la production des procès-verbaux.Tout au plus peut-elle les inviter, par lettre, à se plier aux règlements quand les élus ne s’y conforment pas.C'est au procureur général de porter des accusations, ce qu’il fait sur réception de plaintes seulement, précise-t-on au cabinet de la ministre de la Justice, Linda Goupil.Si la plainte n’est pas assez étoffée, c’est au ministère de la Sécurité publique qu’il revient de faire enquête.Hier, M.Chevrette a reconnu qu’il avait écouté la «cassette» venant de la candidate défaite à la mairie de Terrebonne, Lorraine Bégin.Cet enregistrement, fait à l’insu d’un organisateur politique de Terrebonne durant la campagne électorale de l’automne de 1997, montre comment il est facile de voter par anticipation plusieurs fois sous une fausse identité.L'organisateur comptait offrir de l’argent pour ce «service».Selon nos informations, Mme Bégin a rencontré, munie de l’enregistrement incriminant, le Directeur général des élections intérimaire, François Casgrain, un enquêteur et un conseiller juridique de la DGE.Au bout de quelques semaines, la DGE informait Mme Bégin qu'elle n’avait aucune autorité en la matière et lui suggérait de s'adresser au ministère des Affaires municipales, ce quelle n'a pas fait.En revanche,elle a fait circuler des copies de l'enregistrement parmi la classe politique, si bien que M.Chevrette a pu l’écouter.Or, dans cette affaire, le ministère de la Sécurité publique n’a pas fait enquête et le procureur général n’a entamé aucune procédure.En cinq ans, le procureur général n’a reçu aucune plainte concernant des fraudes électorales touchant les municipalités.mi'1*' UERIN Pour une lecture des 512 pages 55,50 $ P3US3QBS.Les Editions En uente dans toutes les iiûrairies 842-3481 Pierre PAGE Les grandes glaciations ^ «S3 ¦JÉÏ t JACQUES NADEAU 1.E DEVOIR Diane Dufresne donnera un grand spectacle avec Michel Rivard, les Colocs et Dubmatique.Une Fête nationale sans politiciens PRESSE CANADIENNE La Fête nationale des Québécois sera soulignée par deux jours de célébrations, les 23 et 24 juin.Au programme: défilé de nuit dans le Vieux-Montréal suivi d’un feu d’artifice et d’un grand spectacle mettant en vedette Diane Dufresne, Michel Rivard, les Colocs et Dubmatique.Mais contrairement aux années passées, les politiciens n’ont pas été invités à la fête.Un des temps forts de cette grande fête, qui dispose d’un budget de deux millions de dollars — dont le tiers provient du gouvernement du Québec —, sera certainement le défilé de nuit, le 23 juin, qui empruntera la rue Notre- Dame, dans le Vieux-Montréal, de la rue McGill à la rue Papineau.«Cest une rue pleine d'histoire, riche, forte, puissante», a déclaré hier le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Guy Bouthillier, qui dit avoir choisi cette rue étroite du Vieux-Montréal pour favoriser «la convivialité» et s’assurer qu’il y ait «fusion entre les acteurs et les spectateurs».Traditionnellement, des personnalités politiques et d’autres milieux prenaient part au défilé, en prenant place dans des voitures décapotables ou en suivant à pied le cortège, qui sera formé cette année de quelque 2000 marionnettistes, clowns et musiciens.Mais ce ne sera pas le cas cette fois-ci, le comité organisateur ayant préféré occulter le volet politique de la fête nationale pour laisser toute la place «à sa dimension festive», a déclaré M.Bouthillier.Dès la fut du défilé, vers 23h30, les spectateurs devraient s’en mettre plein la vue en regardant, de la rue Notre-Dame à l'est du pont Jacques-Cartier, le feu d’artifice qui se poursuivra jusqu’au coup de minuit.Le lender main, le clou de la journée sera le* grand spectacle qui aura lieu au parc Maisonneuve, à compter de 21h.Les Diane Dufresne, Michel Rivard, Dubmatique et Colocs chanteront tour à tour ou tous ensemble lors de cet événement, dont la direction artistique a été confiée à Dominic Champagne.; Saviez-vous qu'il existe plus d'un grand cimetière sur le mont Royal ?Il existe en effet deux grands cimetières sur la montagne, dont l'un occupe le versant nord: le Cimetière Mont-Royal.Son entrée principale est située près du boulevard Mont-Royal à Outremont alors que sa deuxième entrée est accessible par la voie Camillien-Houde.CôteSte-Ca^^jj Edouard- Montpetit CIMETIÈRE MONT-ROYAL On l'appelait autrefois le Cimetière Protestant.Sa clientèle s'est diversifiée beaucoup avec le temps.Depuis de nombreuses décennies, des familles de toutes les confessions viennent nous consulter.Nos salles d'exposition et de réception, nos chapelles.et tous nos aménagements extérieurs sont conçus de telle sorte que les gens de toutes les croyances s'y sentent bien et s'y recueillent dans la paix et l'harmonie.SERVICES COMMÉMORATIFS MONT-ROYAL Pour apprivoiser le lien inextricable qui unit la t ie à la mort 1297, Chemin de la Forêt, Outremont H2V 2P9, Tél.:(514) 279-7358, Téléc >51-U 279-0049 www.mountroyalcem.com CIMETIÈRE MONT-ROYAL • COMPLEXE FUNÉRAIRE MONT-ROYAL RÉSIDENCE FUNÉRAIRE BLYTHE BERNIER • COMPLEXE FUNÉRAIRE DES TREMBLES I À 4 L E D E V 0 I R .L E .1 E U 1) I 2 7 M Al I !) !) îl LE DEVOIR POLITIQUE Nouvelle carte scolaire de la pauvreté Elle permettra de revoir le financement des écoles Le ministère de l’Éducation a élaboré une nouvelle carte scolaire tenant compte du fait que les populations scolaires de l’île de Montréal sont les plus pauvres du Québec.Elles le sont davantage que celles des banlieues, mais aussi que celles des régions éloignées.MARIO CLOUTIER DE NOTRE 3U R E A U DE QUEBEC Les populations scolaires de l’ile de Montréal comptent parmi les plus pauvres du Québec.Les familles ayant des enfants d’âge scolaire à Montréal se rapprochent davantage du seuil de pauvreté que celles vivant en banlieue, mais aussi en régions éloignées.C’est ce qu’indique la nouvelle carte scolaire québécoise qui servira au gouvernement pour revoir complètement le financement des écoles et des commissions scolaires d’ici deux ans.Au cours des 28 dernières années, la pauvreté des populations scolaires s’est nettement déplacée vers les centres-villes des villes-centres.Et contrairement à la croyance populaire, l’indice de pauvreté est plus élevé à Montréal qu’il ne l’est en région, par exemple en Gaspésie.La nouvelle donne de la pauvreté des famille ayant des enfants à l’école a été dévoilée hier par le ministre de l’Éducation François Legault.Devant cette nouvelle réalité basée sur les données du recensement canadien de 1996, le gouvernement investira dès l’an prochain ses surplus budgétaires dédiés à l’éducation en priorité dans les écoles que fréquentent les enfants de familles vivant près du seuil de la pauvreté.D’ici là, le ministre Legault encourage les commissions scolaires à répartir leurs budgets en favorisant ceux des écoles dont les populations sont les plus défavorisées.Elles peuvent répartir notamment les 13,5 millions de fonds nouveaux destinés aux enfants en difficulté d’apprentissage.«Les commissions scolaires peuvent se servir de la carte dès maintenant, elles sont en train, justement, d'établir comment répartir leurs ressources entre les différentes écoles.» Le ministre François Legault a pris ces engagements en vertu de la nouvelle carte scolaire qui démontre que les commissions scolaires (CS) contenant les populations les plus pauvres sont, dans l’ordre: la CS de Montréal, Engiish Montreal School Board, les CS de l’Est et de l’Ouest de l'île de Montréal ainsi que celle de la Capitale à Québec.Le phénomène de la pauvreté au centre-ville touche également les autres villes-centres du Québec: Hull, Laval, Longueuil, Sherbrooke et Trois-Rivières.«On se donne l’outil [la nouvelle carte scolairel pour travailler dans les prochains mois, a déclaré M.Legault, donc essentiellement à partir de l’année prochaine, à injecter des fonds où on en a le plus besoin.» Le ministre de l’Éducation n’a pas précisé hier les montants supplémen- ARCHIVES l.K DEVOIR François Legault taires que son gouvernement pourrait attribuer à son portefeuille dès l’an prochain.Il a indiqué que file de Montréal recevait déjà près de 80 millions dans le cadre de différents programmes venant en aide, entre autres, aux enfants ayant des besoins particuliers et aux écoles en milieux •défavorisés.Avec la nouvelle carte, souligne le ministre Legault, Québec sera en mesure de revoir «toutes les règles de financement» en collaboration avec les commissions scolaires afin de mieux cibler les populations défavorisées.Quant aux nouvelles règles, il préfère parler d’équilibre plutôt que de contraintes.«On va revoir le fonctionnement des règles pour s'assurer justement qu’on ait un équilibre entre des montants qui sont ciblés pour des actions ciblées et, aussi, une latitude nécessaire pour les commissions scolaires.» Très précis Cçs nouvelles cibles, le ministère de l’Éducation les a obtenues par une refonte de la carte scolaire selon les données les plus récentes (1996) de Statistiques Canada.Très précis, se basant sur les revenus dans les divers quartiers délimités par les codes postaux, les calculs du ministère prennent en compte les familles avec enfants d’âge scoiaire ayant des revenus annuels se situant près du seuil de pauvreté (41 000 $ à Montréal et 28 000$ en région).Ainsi, le quart des familles québécoises ayant des enfants à l’école primaire ou secondaire vit près du seuil de pauvreté.Dans le territoire de la CSDM, ce pourcentage atteint 50 %, à la commission scolaire English Montreal, 42 %, à Pointe-de-l’Ile, 40 %, à Marguerite-Bourgeoys, 3$ % et dans celle de la Capitale, 30 %.À l’inverse, on retrouve les populations scolaires les plus aisées, possédant un indice socioéconomique de pauvreté moins élevé, dans les régions de Belœil, 12,8 %, et de Vaudreuil, 14,4 %.La nouvelle carte scolaire souligne que les populations scolaires des régions comme la Gaspésie, l’Abitibi et la Côte-Nord ne peuvent plus être considérées comme pauvres, contrairement à ce que pouvaient laisser croire les données précises utilisées par le ministère de l'Éducation jusqu’ici, soit depuis le recensement de 1971.la première année LES OBLIGATIONS D'ÉPARGNE DU QUÉBEC Encaissables en tout temps, sans pénalité, même durant les trois premiers mois.LES OBLIGATIONS À TERME DU QUÉBEC À TAUX PROGRESSIF Taux progressifs garantis pendant 10 ans.Remboursables chaque année, sans pénalité, à leur date anniversaire.Québec:::: Le ministre des Finances peut modifier les taux qui seront offerts sur les prochaines émissions.la dixième année HÂTEZ-VOUS ! DATE LIMITE : 1er JUIN 1999 Pour vous procurer vos Obligations d'épargne du Québec et vos Obligations à terme du Québec à taux progressif, appelez dès aujourd'hui un de nos agents d'investissement au 521-5229 pour la région de Québec ou au 1 800 463-5229 (sans frais), du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et tous les samedis de mai, de 10 h à 16 h.1 800 463-5229 PLACEMENTS QUÉBEC NOTRE INTÉRÊT À TOUS www.placementsqc.gouv.qc.ca CHOISISSEZ VOTRE TAUX AVANT QU'IL SOIT TROP TARD.«Le ministre nous rejoint» PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Le président du Conseil scolaire de l’île de Montréal, Jacques Mongeau, se réjouit de voir que la carte de la défavorisation que le ministre François Legault a rendue publique hier «va exactement dans le même sens que notre carte».«Le ministre nous rejoint.Sa carte confirme ce que nous disons depuis 25 ans, à savoir que la pauvreté est avant tout à Montréal.Il ne lui reste plus, maintenant, qu'à donner plus d'argent pour aider les enfants dans le besoin», a dit M.Mongeau.Cela faisait 20 ans que le gouvernement du Québec n’avait pas mis à jour sa carte de la population scolaire.A Montréal, le CSIM refait la sienne à tous les cinq ans.Celle qu’il a rendue publique en janvier dernier trahit une intensification des zones de pauvreté et a conduit le conseil à réckuner plus d’argent pour les milieux défavorisés.Jusqu’à présent cependant, le ministre de l’Éducation n’a pas bronché.Son ministère verse un peu plus de 20 millions de dollars, dont la moitié est distribuée par le CSIM, aux écoles défavorisées, où ont d’ailleurs lieu de vifs débats sur les meilleures manières d’utiliser ces sommes.Hier à Québec, le ministre de l’É- ducation a laissé entendre que les commissions scolaires pourraient sans doute verser plus d’argent aux écoles pauvres.en en versant moins aux écoles situées dans des quartiers mieux nantis.M.Mongeau estime que cela serait difficilement réalisable compte tenu de l’ampleur des compressions qui ont frappé toutes les écoles au cours des quatre dernières années.«C'est le genre de chose qui est plus facile à dire qii’ç faire», a résumé M.Mongeau.A la Commission scolaire de Montréal, qui abrite à elle seule environ 72 % des zones défavorisées de l’île de Montréal, la présidente Diane De Courcy estime que la carte du ministre «remet les pendules à l’heure».«Cette carte reconnaît que Montréal traverse de grandes difficultés.La publication de la carte est en soi un geste courageux, mais il faudra agir.» Faisant écho aux propos de Jacques Mongeau, Mme De Courcy a dit qu’«;7 faudra qu’il y ait de l’argent à court terme».La pauvreté a tellement augmenté au cours des cinq dernières années à Montréal que plusieurs écoles qui faisaient partie des zones admissibles aux fonds d’aide ne le sont plus même si leur situation reste inchangée parce qu’elles ont été déclassées par d’autres établissements scolaires.Copps défend l’entente sur les magazines M A N ON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Ouvrir une partie du marché publicitaire canadien aux éditeurs de magazines étrangers était le prix à payer, non seulement pour éviter une guerre cojnmerciale, mais aussi pour voir les États-Unis reconnaître pour la première fois de leur histoire ie droit d’un pays de protéger et de promouvoir sa culture par le truchement d’une politique commerciale.Par conséquent, le Canada peut crier victoire, soutenait hier le gouvernement fédéral.«Nous avons signé une entente qui reconnaît pour la première fois la protection de notre culture dans une entente de commerce international.C'est déjà un pas en avant.Deuxièmement, au lieu d’avoir toute la tarte (du marché publicitaire], ce que recherchaient les Américains depuis deux ans, ils vont avoir 18 % du marché.On a pensé que ce serait un prix à payer pour éviter une guerre commerciale», a insisté la ministre du Patrimoine canadien, Sheila Copps, aux Communes, peu après avoir rendu publics les détails de l’entente intervenue mardi entre les deux gouvernements.Aucun ministre, y compris le ministre des Finances Paul Martin, n’a pu préciser l’ampleur d’une autre facture que devront payer les contribuables, c’est-à-dire de futures mesures d’ajustement pour les éditeurs canadiens affectés par les compromis d’Ottawa.Aucun parti d’opposition n’était content et tous s’en sont pris avec vigueur à Mme Copps.Leurs critiques aillaient des accusations de capitulation face aux Américains au manque de transparence à l’endroit des citoyens.Les éditeurs canadiens, qui ont rencontré la ministre dès hier matin, cachaient mal leur dépit devant l’importance de l’exemption accordée.«L’industrie canadienne est en péril.Le premier ministre et la ministre du Patrimoine le réalisent puisqu’ils vont chercher des moyens pour contrecarrer cette concurrence déloyale des Américains», a confié le président de l’Association des éditeurs de magazines canadiens, François de Gaspé Beaubien.Il a fait remarquer que 18 % de l’espace publicitaire de certains magazines américains peut représenter plus de 50 % de l’espace publicitaire d’un concurrent canadien.Les pertes de certains secteurs, comme celui des magazines féminins, pourraient donc NOUVEAU ORIGINAL LOGIQUE Les douleurs musculaires et/ou articulaires ce n'est pas une fatalité! Lorsque les douleurs ou les problèmes articulaires deviennent chroniques malgré différents traitements, il est temps de prendre en compte l'intégrité de votre système postural.En effet, toutes les pathologies musculo-squelettiques récidivantes sont directement reliées à un dérèglement de votre système postural! Ce système, peut être corrigé très simplement, en modifiant ou en corrigeant ses différentes portes d’entrées.Exemple: Des pieds asymétriques avec une jambe plus courte provoque une bascule et une rotation du bassin: cela peut auto-entretenir une sciatique, des problèmes de genoux, des douleurs de dos ou des problèmes cervicaux! En effet pour des résultats efficaces à long terme, il faut traiter des causes, et regarder la globalité de notre système musculaire.Clinique Posture b Équilibre à Outremont 1280 Bernard suite i 02 Tél: 514-277-7007 Thierry Pautrot B.Sc dP, diplômé en podologie (Paris France équivalent de la podiatrie USA) et certifié en posturologie, naturothérapeute reconnu par les assurances.Orthèse plantaires, semelles orthopédiques posturales ou mécaniques, disponibles après évaluation.Au plaisir de vous rencontrer ! RKimCRS Sheila Copps: «en péril» être importantes.Ix‘ marché publicitaire canadien est évalué à environ 600 millions.La ministre Copps déposera lundi, au Sénat, des amendements au projet de loi C-55 qu’elle espère voir adopter avant les vacances d’été.Le but original de cette législation était de fermer le marché publicitaire canadien aux éditeurs américains de tirages dédoublés.Il s’agit de revues ciui ont fait leurs frais chez elles et qui, sans modifier leur contenu, se présentent comme canadiennes une fois distribuées au Canada pour solliciter, à bon prix, les annonceurs locaux.Par le passé, il existait des mécanismes de protection, mais les Américains les ont contestés avec succès devant l’Organisation mondiale du commerce, üi ministre Copps a répliqué avec le C-55, qui a conduit les Américains à crier au protectionnisme et à menacer le Canada de représailles contre plusieurs industries, dont celle de l’acier située dans le comté de Sheila Copps.Des négociations ont alors démarré pour aboutir au compromis de mardi.Mme Copps et le ministre du Commerce international, Sergio Marchi, étaient ravis de dire, en conférence de presse, que les Américains s’étaient engagés par écrit à ne pas contester le projet amendé.La version revue et corrigée du C-55 permettra la présence de publicité canadienne dans les tirages dédoublés.Dès l’adoption de la loi, 12 % de l’espace publicitaire de ces magazines pourra être occupé par des annoncés publicitaires destinées au marché canadien.Ce seuil passera à 15 % dans 18 mois et à 18 % dans trois ans.Pour dépasser ce seuil, un éditeur étranger devra se plier à des conditions précises: établir une entreprise au Canada et produire un contenu majoritairement canadien.i notre avenir commun Créer une seule ville sur l’île de Montréal r Elargir la Communauté urbaine de Montréal Un regroupement nécessaire Un regroupement s’impose.Il faut consolider les forces vives de l’île de Montréal.Il faut mettre fin au morcellement stérile qui affaiblit le Québec.Montréal dans le monde ide ___ - Les grandes métropoles sont au coeur des échanges économiques mondiaux.Montréal joue déjà ce rôle essentiel à l’économie du Québec.Pour demeurer concurrentielle sur les marchés internationaux, la métropole doit posséder les dimensions et les moyens requis.c A l’avantage du Québec Le Québec a besoin d’une métropole renforcée pour s’épanouir.Refuser cette réalité, c’est hypothéquer notre avenir.Le gouvernement du Québec doit agir rapidement.Autrement, des mégavilles comme Toronto prendront toute la place.Pour une plus grande équité sociale On ne peut éliminer les iniquités sociales en demandant aux seuls contribuables montréalais d’en assumer la responsabilité.Ce que nous voulons, c’est investir dans les quartiers et créer de la richesse pour toute la communauté.Des quartiers distinctifs Montréal encourage le sentiment d’appartenance des citoyens à leur communauté, à leur quartier.C’est une valeur essentielle qui donne à la ville ses dimensions humaines.0 Vers une société harmonieuse Francophones, anglophones et membres des communautés culturelles, le temps est venu de partager nos rêves et nos espoirs, de mieux nous connaître.Le temps de la maturité et du partage, c’est aujourd’hui.i * * tegp* — Les villes-centres : un projet de société La relance du Québec dépend de la vitalité des villes-centres que sont Montréal, Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières, Chicoutimi et Hull.Au moment où nous entrons dans le III1' millénaire, le dynamisme des villes-centres passe par une véritable politique urbaine.www.villc.montrcal.qc.ca (une communauté urbaine élargie^ U y a peu de temps, plusieurs municipalités de la région étaient en pleine campagne.Ces villes ont grandi et doivent offrir de nouveaux services.Cette réalité exige un nouveau partage des responsabilités au sein d’une communauté urbaine élargie.« 11 nous faut être solidaires.11 nous faut évaluer les retombées d’une île, une ville en fonction des bénéfices collectifs.Il nous faut dire oui à une île, une ville.L’unification de l’île de Montréal est le plus beau cadeau que nous puissions faire à nos enfants.» Pierre Bourque Maire de Montréal i j Ville de Montréal è L K I) E V 0 I R .I, E .1 E IJ I) I 2 7 M A I I it it it A (i EDITORIAL Pénuries.planifiées Qui est responsable de la pénurie d’omnipraticiens, de spécialistes et d’infirmières au Québec?Evidemment, c’est le gouvernement et son obsession du déficit zéro, répondent en chœur médecins, infirmières et collègues journalistes.Vraiment?Allons donc! Jean-Robert Sansfaçon ?O ?n 1986, le comité Gobeil créé par le gouvernement Bourassa pour étudier les structures de l’État en était arrivé à la conclusion que pour contrôler les coûts en santé, il fallait notamment réduire le nombre de médecins et fermer une des quatre facultés de la province.Quatre ans plus tard, en 1991, le ministre libéral de la Santé, Marc-Yvan Côté, publiait un document de réfléxion important dans lequel il était aussi écrit qu’il importait de «ramener l’accroissement du nombre de médecins à un rythme compatible avec l’évolution sociodémographique par une réduction d’entrées en faculté de médecine».Plus près de nous, en 1995, le Conseil de la santé et du bien-être, un organisme gouvernemental consultatif de tendance plutôt progressiste, publiait une analyse dans laquelle on observait «une pénurie dans certaines spécialités et certains territoires», tout en ajoutant qu’il fallait quand même «s’interroger sur la pertinence de maintenir quatre facultés de médecine» .La même année, c’était au tour du président de la Fédération des omnipraticiens, le docteur Clément Richer, d’attirer l’attention du ministre Jean Rochon sur le problème.«S’il y a trop d’omnipraticiens et de spécialistes, déclarait le docteur Richer, il faut avoir le courage de fermer une faculté de médecine.» Lui-même refusait de conclure à un tel surplus d’effectifs médicaux, mais étant donné la chute du nombre d’admissions observée dans les facultés (de 600 à 450 en quelques années), il en venait tout de même à dire que la fermeture complète d’une des quatre facultés valait mieux que la poursuite des compressions dans chacune d’elles.Il faut dire que pour les médecins, l’enjeu en était aussi un de rémunération: étant donné la politique gouvernementale des enveloppes budgétaires fermées, moins il y aurait de médecins au Québec et plus le salaire de chacun pourrait être maintenu à un niveau raisonnable en ces temps difficiles.Du côté des infirmières, c’est en 1996 que la ministre de l’Éducation, Pauline Marois, décidait d’imposer une réduction d’autant que 50 % des admissions dans les collèges.Une décision bien accueillie par l’Ordre des infirmières qui publiait à la même époque une étude prévoyant un surplus extraordinaire de 15 000 infirmières pour l’an 2000.Une seule petite année plus tard, en 1997, au pire moment de la lutte contre le déficit, le ministre Jean Rochon entrait brutalement dans la danse en signant des ententes avec toutes les fédérations syndicales de médecins et d’infirmières, grâce auxquelles des milliers de professionnels eurent droit à la retraite anticipée.On nous promettait que nulle région, nulle spécialité ne souffrirait de ces départs massifs étant donné le surplus de médecins et d’infirmières.On connaît maintenant le résultat: pénurie de spécialistes et d’omnipraticiens, surtout en région, et pénurie d’infirmières partout au Québec.À tel point qu’on parle d’embaucher des médecins étrangers, de transporter des patients vers les hôpitaux américains et d’accroître les admissions en facultés de médecine.Quant aux infirmières, leurs représentantes lançaient récemment un cri d’alarme: il faut fermer plus de lits que normalement cet été dans certains hôpitaux et d’ici cinq ans, «on prévoit une pénurie systémique» d’infirmières pour le Québec.Ce qui, bien sûr, justifie des demandes d’augmentation de salaire pour attirer des jeunes dans la profession.Avec de telles prévisions aussi vicieusement influencées par les intérêts corporatistes et politiques que par les erreurs de calcul des fonctionnaires, comment ne pas s’indigner en apprenant que des milliers de patients sont aujourd’hui pris au piège de ce système de santé publique si parfait sur papier et si défaillant dans la réalité?jrsunsfacon@ledevoir.ca Chaos colombien I [ Guy Taillefer ?O ndrés Pastrana a été élu président de la Colombie en août dernier en faisant promesse de s’asseoir avec la guérilla pour mettre fin à la guerre civile vieille de 34 ans.Les progrès ont été minimes mais le simple fait que, début mai, les parties aient enfin décidé, après des mois de contacts piétinants, d’ouvrir des négociations formelles en présence d’observateurs internationaux a instillé un peu d’espoir dans cette Colombie où la violence banalisée, produit de la pauvreté et du narcotrafic, fait 30 000 morts pas an — un record mondial.Aussi, au moment oû doivent s’engager ces jours-ci ces «véritables négociations» avec les communistes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la démission hier de l’influent ministre de la Défense, Rodrigo Lloreda, vient-elle fragiliser ces petites avancées de paix.M.Uoreda n’a jamais été, il est vrai, un inconditionnel du processus lancé par la présidence, ayant toujours estimé que pour la guérilla, qui est en position de force, il ne s’agit que «d’un jeu et non d’une chose sérieuse».Il a jugé hier que M.Pastrana était allé trop loin en acceptant de proroger «pour une période indéfinie» la «démilitarisation» d’une zone de 42 000 kilomètres carrés cédée aux FARC dans le sud du pays en novembre dernier contre engagement de négociation.M.Pastrana a fait, en effet, des pieds et des mains pour rapprocher la guérilla de la table des discussions.De la réussite de ces pourparlers, il a fait l’aune à laquelle il faudra mesurer le succès de sa présidence.«Créer un espace de confiance, puis de dialogue et enfin de négociation», martèle le président Le défi est gigantesque, pour ne pas dire insurmontable, compte tenu que la Colombie est un État faible qui n’a même jamais exercé son autorité sur de larges portions du territoire national et que ses élites se sont, dans l’histoire, montrées singulièrement allergiques à toute réforme sociale et politique d’envergure.Prioritairement, la création de cet espace de confiance passait par la lutte contre les groupes paramilitaires qui, fréquemment aidés par les forces armées, sèment en Colombie une innommable terreur.L’organisation Human Rights Watch attribue aux ACU (Autodéfenses unies de Colombie) de Carlos Castano une centaine de massacres collectifs pour la seule année de 1998.A ce chapitre, M.Pastrana a marqué des points en forçant d’abord à la retraite deux généraux accusés de collaboration avec les ACU, puis en obtenant la fermeture d’un laboratoire tenu par des paramilitaires et capable de produire huit tonnes de cocaine par mois.Deux événements qui sont venus signaler, ont dit la plupart des analystes, un changement pour le mieux au sein des forces armées.Le départ du ministre de la Défense vient toutefois modifier la carte des pouvoirs en Colombie — et l’équilibre des terreurs.Le risque est maintenant que le soutien des militaires aux démarches de M.Pastrana, un soutien qui reste ambigu, s’effrite dans la foulée de la démission de M.Lloreda.Une quinzaine de généraux menaçaient hier de lui emboîter le pas, par solidarité.Puisqu’il est déjà entendu qu’ils participeront aux négociations, les observateurs internationaux doivent partir à la rescousse du processus de paix.Il appartient à la «communauté internationale» d’assumer un rôle actif de médiation.M.Pastrana n’y arrivera pas seul.LE DEVOIE FONDÉ FAR HIÎNRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, PIERRE CAYOUETTE, NORMAND THERIAULT Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ >ifcifZ*V/0US LA mARîJuAAM V/bu5 AiPE utd PEU, BtAuCouPou PMSDuTouT 'A tfÇ £ff£TS SCCONpAiZfî !>k VôTR£ TRAïTE/HCnÎ Courut Lt CANCBfc?ÇA Ait>£ BEAUCOUP '4 QuButR LA ?£SÜRiE PE MêDBCiMS, tfS LiSTCf P'ATTDvTf, L& HÔPITAUX AmÉMCAiHS, LA ôRÏVt PE* mitMACi£MS, Lt AAAWüi ViNffcMlitltS, LA F£ftMÏTütt H uiT$ Pour LEE VACANCtS., » i» Les gens de l’UQAM savent que depuis plus de 20 ans, un nombre inacceptable de départements et de modules ont dû être mis sous tutelle pour des périodes de deux ans et plus.un mandat de deux ans, renouvelable une seule fois, afin de préserver cette collégialité désirée.C’est dans l'euphorie de cette rhétorique que nous nous sommes tous engagés, coips et âme, à faire de l’UQAM un modèle d’organisation de l’université de demain.Comme l’a si judicieusement dit Léautaud, «la rhétorique sociale n’a jamais pris sur moi.Ni aucune rhétorique.Je n’aime pas les phrases.Je n’aime que les faits».Regardons les faits.Examinons si cette prise administrative par les professeurs a répondu à nos rêves de véritable collégialité.Malheureusement, non.Il est vite apparu que ces postes administratifs s’interchangeaient entre collègues, sans égard aux compétences requises, tout en y ajoutant, pour le directeur, le privilège de priorité dans la répartition annuelle des congés sabbatiques.Ainsi, nos rêves de collégialité se sont rapidement transformés en quête de pouvoir pour certains, en lieux de connivences et de privilèges pour d’autres et en cauchemars pour plusieurs.Ce climat malsain ne pouvait que conduire à une prise d’autorité par une personne extérieure au département ou au module: la nomination d’un tuteur par l'administration.Les gens de l’UQAM savent aussi bien que moi que depuis plus de 20 ans, un nombre inacceptable de départements et de modules ont dû être mis sous tutelle pour des périodes de deux ans et plus.La souveraineté départementale était alors abolie.Aujourd’hui, mes ex-collègues montent aux barricades parce que c’est par ces cadres, nommés par la direction, qu'ils voient fuir la démocratie et la collégialité.Il m’est difficile de comprendre comment ils peuvent encore s’enfermer dans une rhétorique que les faits désapprouvent.Créer des instances responsables qui devront répondre de leur fonctionnement à l'administration pour remplacer des modes de fonctionnement que l’administration devait se résoudre à mettre sous tutelle après des mois de dysfonctionnement, cela constitue à mes yeiuc de l'assainissement et de la saine gestion, là où eux ne voient qu’un accroc à la démocratie.Si, aujourd'hui, l’administration de l’UQAM doit prendre ces mesures, c’est parce que le SPUQ n’a pas pris ses responsabilités.11 connaît depuis longtemps les difficultés de fonctionnement des départements et des modules dans leur mode actuel.Pourquoi a-t-il attendu si longtemps?Ce n’est tout de même pas par faute d’analystes, avec ses membres sociologues, politologues, pédagogues et administrateurs.Comment le SPUQ peut-il encore aujourd’hui défendre un fonctionnement qui a prouvé son inefficacité et n’a pas rempli, dans les faits, les buts de la belle rhétorique qui a conduit à son implantation?Sans scrupules, mes ex-collègues veulent conserver la parité et ne veulent pas que l’on réduise le poids symbolique des professeurs.Et les étudiants dans cet affrontement?L’attitude du syndicat les a poussés à lui écrire: «Quand le mépris se nomme SPUQ».C’est pourtant pour eux que les professeurs sont engagés.C’est pourtant pour eux, par et pour mes ex-collègues que le SPUQ devrait s’affairer.Et la population, par ses taxes, paie les salaires des professeurs.Elle est en droit d’attendre l’excellence à tous les niveaux, quel que soit le mode de fonctionnement choisi.Le rôle d’un syndicat universitaire n’est pas de défendre aveuglement les intérêts de tous ses membres ou de préserver des acquis obsolètes mais de voir à ce que tous ses membres remplissent et concourent aux buts premiers de leur engagement comme professeurs: la formation de la relève, le développement et le rayonnement du savoir.C’est pour atteindre ces buts, et uniquement pour ces buts, qu’une université doit développer ses modes de fonctioimement.C’est pour cette excellence que professeurs, étudiants, employés et chargés de cours devraient faire front commun.C’est pour cette excellence que l’administration et le syndicat devraient faire front commun.Une signature républicaine § j==jj eu avant les élections provinciales oiitji- Priennes de 1995, je reçus un coup de fil d’une amie néo-démocrate domiciliée à Toronto.J’étais en poste à Washington à l’époque.Elle me confia qu’on avait aperçu un associé du IL=^===J consultant politique américain Mike Murphy portant un veston dont le dos était couvert d'inscriptions, comme les vestes des fans de rock.Cependant, il ne s'agissait pas des villes d'une tournée d'un groupe rock mais de campagnes électorales: Christie Whitman, New Jersey, 1993; Oliver North, Virginie, 1994; Mike Harris, Ontario, 1995.L’idée qu’un tueur à gages politique républicain comme Mike Murphy puisse travailler à des élections ontariennes semblait incongrue aux yeux de mon amie et aux miens.Je me mis donc au travail afin de vérifier cette rumeur.Durant plusieurs jours, je laissai des messages au bureau de M.Murphy, sans obtenir de réponse.En désespoir de cause, je transmis l’anecdote du veston à un collègue qui rédigeait le carnet quotidien dé la campagne électorale.Moins d’un an plus tard, j’étais au New Hampshire pour couvrir la campagne présidentielle de 1996; c'était l’étape cruciale de l’élection primaire dans cet Etat baromètre.Lamar Alexander, l’ancien gouverneur du Tennessee, se promenait le long de la rue principale d’un petit bled enneigé, poursuivi par une douzaine de caméras.Quelques mètres à côté, les journalistes suivaient le consultant Mike Murphy, spécialiste des stratégies conservatrices et de la réclame politique mordante.Je m'identifiai et lui posai une question.Avant de me répondre, il m'examina attentivement et dit: «Ah, oui, on n'a pas pu se joindre pendant un certain temps!» En effet.Lors de la campagne provinciale de 1995, les conservateurs voulaient à tout prix cacher cette intlucnce américaine sur le déroulement de la campagne.Quatfe mis plus tard, on ne pourrait plus, même en insistant, masquer une influence aussi évidente.Chaque annonce que font les conservateurs porte la signature des campagnes républicaines: un candidat souriant, en couleur, appuyé simultanément par des électeurs heureux et des chiffres positifs.Par contraste, l’adversaire est peint en noir et blanc pour mieux souligner des prédictions sombres et pessimistes.Afin d’enfoncer davantage le message, des mots comme «taxes!», «dépenses!» et «déficit!» ornent le panneau-réclame.En finale, l’insulte: Dalton McGuinty: il n’est pas à la hauteur («He’s not up to the job»).Bien sùr, il ne s’agit pas ici de la première réclame négative au Canada.Mike Murphy, qui se spécialise dans les messages teintés d’agressivité que les Américains appellent «attack ads», fondés sur une recherche fouillée contre l’adversaire, ou «oppo research», n’est pas le premier Américain à servir de conseiller dans une campagne canadienne.Depuis les années 60, tous les partis fédéraux ont fait l’essai de conseillers américains.Les libéraux ont commencé avec Lou Harris, qui faisait des sondages pour les partisans de Lester Pearson.Les conservateurs utilisaient Robert Teeter, sondeur de la mouvance républicaine, pendant les années 70.Et les néo-démocrates ont engagé Vie Fingerhut au cours des années 80.A cette époque, l’électeur canadien semblait réticent envers la stratégie américaine de l’attaque.Les partis se servaient de techniques de cueillette et d’analyse de données, c’est vrai, mais lorsqu’ils s’aventuraient carrément dans une attaque en règle, l’électeur signifiait son rejet.Les attaques conservatrices visant Trudeau en 1980 ou Chrétien en 1993, de même que les messages anti-Québec du Reform Party en 1997, eurent alors un effet boomerang.On pourrait faire l'hypothèse qu’une telle formule semble de nos jours plus acceptable.Mike Murphy utilise les mêmes thèmes pour Harris (contre McGuinty) qu'il utilisait il y a cinq ans pour Christine Todd Whitman (contre Jim plorio) dans la course pour désigner un gouverneur de l’Etat du New Jersey.Il a su modérer les excès de la campagne d’Oliver North contre Charles Robb (où il exhumait un scandale sexuel touchant son adversaire), campagne qui n’était de toute façon pas destinée à triompher.Mike Harris se vend donc à la télévision d’ici comme n’importe quel gouverneur américain.Les thèmes récurrents — contre les taxes et les dépenses — sont les clichés que chérissent les républicains.Ce qui n’est pas étonnant.Depuis dix ans, on a vécu un processus graduel, mais de plus en plus marqué, d’américanisation du mouvement conservateur au Canada.La, base traditionnelle de ce mouvement — la tradition, l’Église anglicane, la monarchie, le rejet du changement en faveur du respect des institutions, un sens de solidarité collective pour les plus démunis — a été minée ou transformée.La révolution du gros bon sens de Mike Harris rejette non seulement le consensus social-démocrate et libéral de Bob Rae et de David Peterson, elle oppose une fin de non-recevoir à la tradition tory, incarnée par 42 ans de gouvernements modérés et pragmatiques (conservateurs) en Ontario, depuis l’élection de George Drew en 1943 jusqu’à la démission de Bill Davis en 1985.Comme Preston Manning, Mike Harris puise dans des valeurs d’un autre ordre: la veine se nourrit de réflexes d’envie, de matérialisme, de ressentiment libertaire antiétatique, de la peur des pauvres et du mépris des traditions et des institutions.Le sentiment d’appartenance à la collectivité, l'une des facettes importantes de la tradition conservatrice au Canada, est introuvable.Ce ne sont pas des conservateurs qui pensent et agissent ainsi, mais des républicains.Voilà une transformation qui fait de Mike Murphy l’artisan idéal dans cette pratique contemporaine d’une politique conservatrice applicable à l’Ontario.Graham Fraser est correspondant parlementaire du Globe and Mail à Ottawa.gfraser@globeandmail.ca L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Ixniis Lapicrre (adjoint au directeur de l'information).Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urbaine).Yves d'Avignon (sports)-, Paule des Rivières (éducation).Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement).Judith Lachapelle, Louise Leduc, Kathleen lévesque (actualités politiques municipales).Caroline Montpetit, Isabelle Paré feinté), Jean Pichette (justice); Odile Tremblay (Horizons): Michel Garneau (caricaturiste) : Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques); Martin Duclos et Christine Duma/et (relecteun)-, Jacques (cinéma), Jean-Pierre Ix-gault, Clément Trudel (musique) : à l’information écono- Picrre O’Neill, Manon 1 Jerome, Serge Laplante ainville, Micheline Ruelland, “antara, Richard Des Cor- miers.Christian GotdeÆiric-Josée iiüdon! Christian Viêii.Yanick Martel.Olivier Ztiida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle).Hélène Gervais.Evelyne labonte (responsable à la promotion des abonnements).Monique L’Heureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel {responsable des services comptables), Jeanne-d’Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy.Patrick Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). I, E D E V 0 I R .L E .1 E U I) I 2 7 M Al I !» !» !» -* LE' ?-—- ACTUALITES BOURQUE SUITE DE LA PAGE 1 dîner de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Parmi les quelque 700 personnes venues entendre le maire de Montréal répondre officiellement au rapport de la Commission nationale sur les finances et la fiscalité locales (rapport Bédard), on en dénombrait près du tiers dont la place était payée par la Ville de Montréal ou par l'intermédiaire du parti Equipe Bourque/Vision Montréal.«H n’y a pas seulement un slogan là-dedans, il y a une réalité [.] Je ne pense pas qu’il faudra convaincre les citoyens, mais certaim maires, oui», a reconnu Pierre Bourque, qui souhaite élever le débat au-dessus des guerres de clochers.À Québec, la réaction n’a pas été aussi tranchée que celle des deux dernières années devant l’idée d’«une Ûe, une ville».La ministre des Affaires municipales et de la Métropole, Louise Harel, n'a pas claqué la porte.«C’est impossible d'être contre ça, mais ce n’est pas quelque chose qui se fait du jour au lendemain», a-t-elle indiqué.Hier, elle a présenté au conseil des ministres divers scénarios de restructuration de la région métropolitaine dont elle rendra compte publiquement avant l’été.Quant au discours de M.Bourque, il ne comportait que très peu d’éléments nouveaux.Au printemps 1997, Montréal et cinq autres villes centres (Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières, Hull et Chicoutimi) avaient déposé au premier ministre Lucien Bouchard un mémoire réclamant la fusion des municipalités formant l’agglomération urbaine de chacune d’elles.«Les communautés urbaines et les MRC échouent lamentablement lorsqu'il s'agit de dégager une vision commune susceptible d’ériger l'intérêt de l’ensemble au-dessus des égoïsmes locaux», pouvait-on y lire.Hier, M.Bourque a donc repris les grandes lignes de cette première démarche vers «une île, une ville» qu’il a testée à travers la province lors de sa récente tournée du Québec.Il y a ajouté l’idée, déjà émise par le précédent ministre des Affaires municipales, d’étendre le territoire d’action de la CUM.Mais M.Bourque voit grand et désire que la nouvelle CUM englobe non seulement Laval et la Rive-Sud mais bien les 111 municipalités de la région, soit 3,3 millions d'habitants.Du même souffle, il rejette la proposition de créer un nouvel ordre de gouvernement pour gérer entre autres le développement économique et le transport en commun.«Nous sommes déjà surgouvernés», a-t-il tranché.Pierre Bourque donne toutefois son appui à la recommandation du rapport Bédard de regrouper les municipalités des rives sud et nord pour n’en faire qu’une dizaine.Outre ces remarques, il aura fallu attendre la conférence de presse qui a suivi le discours pour connaître les détails du projet d’«une île, une ville» du maire Bourque.Ce dernier a alors garantit qu’il n’y aurait aucun choc économique.Le plan de Montréal est constitué d’une période de transition de cinq ans pendant laquelle les contribuables des 29 municipalités de l’ile seraient assurés de payer le même taux de taxe qu’actuellement.Pendant ces cinq années, Montréal pourrait réclamer la subvention prévue pour les municipalités qui procèdent à des fusions (100 $ par habitant), soit une somme totale de -^.180 millions.M.Bourque proposera plutôt à Québec d’accorder à la nouvelle mégacité une aide décroissante de 100 millions (30 millions pour geler la taxation et 70 millions pour l’équipement, entre autres).En contrepartie, le nouveau Montréal s’engagerait dans une réduction des dépenses estimée à quelque 100 millions.Cela ne représenterait donc qu’un maigre 3 % d’un budget total de trois milliards (la Ville de Montréal a actuellement un budget annuel de deux milliards).La fusion entraînerait de facto des baisses de dépenses administratives, ne serait-ce que parce que les 934 conseillers municipaux élus actuellement en poste ne seraient plus qu’au nombre d'une soixantaine, selon la proposition de M.Bourque.«La croissance des villes de la banlieue s’est clairement faite au détriment de Montréal.Et pourtant, sans Montréal, aucune de ces municipalités n’aurait vu le jour», a souligné M.Bourque, qui croit que «cette fois-ci, c’est la fois où l'on va faire des changements.C’est le temps des décisions».M.Bourque a rappelé sa demande d’obtenir des changements majeurs au Code du travail.Le maire de Montréal souhaite des relations de travail «adaptées à la réalité», ce qui implique le recours à la sous-traitance et l’accès au droit de lock-out.L’île de Montréal compte 21 500 employés et 88 conventions collectives.«C'est dire que la fusion laisse entrevoir des difficultés réelles», reconnaît M.Bourque.Mais celui-ci se montre confiant «La seule ville sur Hie qui a une âme, c’est Montréal, à cause de son passé, de son histoire et de son avenir.Plus on va émasculer le cœur, plus on risque de perdre cette culture», a-t-il soutenu.Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 EU Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) I* pevoir est publié du lundi au samedi par I/* Devoir Inc.dont !»• siège social 8.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.La SRC rejette les accusations de ses concurrents PAUL CAUCHON LE DEVOIR Radio-Canada rejette les accusations de ses concurrents ayant trait à des pratiques commerciales «déloyales» et la chaîne n’a aucunement l’intention de devenir une chaîne «complémentaire» au secteur privé, comme le souhaite ce secteur.Mais pour demeurer une grande chaîne «généraliste et populaire», Radio-Canada a besoin de fonds.et elle en manque.La télévision française était au cœur des discussions hier pour la deuxième journée d’audiences de Radio-Canada devant le CRTC.La vice-présidente à la télévision française, Michèle Fortin, a fait valoir que Radio-Canada doit demeurer une chaîne généraliste, c’est-à-dire «non confinée à un genre», dit-elle, et populaire, «qui rejoint les gens».Donnant plusieurs exemples d’émissions différentes du secteur privé, Radio-Canada a également brandi des statistiques pour prouver que l’ensemble des secteurs information-documentaire, dramatiques, jeunesse, culture et arts d’interprétation occupe 70 % de sa grille-horaire, comparativement à 38 % pour TVA et 27 % pour TQS.Quant au directeur général de l’information, Claude Saint-Laurent, il a soutenu que Radio-Canada «fait plus que tous les autres télédiffuseurs réunis pour rendre compte des réalités canadiennes» en guise de réponse aux groupes qui remettent en question la représentation des régions sur les ondes radio-canadiennes.Mais la télévision française a également refusé hier de promettre d’augmenter à 90 % ou même à 100 % son contenu canadien en ondes, par manque d’argent.Michèle Fortin a montré du doigt les compressions gouvernementales ainsi que les nouvelles règles du Fonds canadien de télévision pour expliquer, par exemple, qu’on devra réduire le nombre d’heures de dramatiques en soirée.«Si la moitié de l’argent que nous avons livré à Paul Martin nous était remis», on pourrait faire plus, a-t-elle dit.«Nous avons besoin de plus de flexibilité, a-t-elle fait valoir, donnant comme exemple que pour le prix de l’émission Découverte, «je peux acheter 50 films».«Si nous voulons commander des séries lourdes, développer la relève, investir dans le cinéma d’ici, investir en région, on doit le faire avec un budget qui n’est pas en croissance», a-t-elle expliqué.Dans ce contexte, «il est plus important de faire des choses différentes et originales qui auront un impact auprès de la population que d'être canadien à tout prix.Et il est important de montrer que comme francophones, on peut faire de grandes séries internationale's.Mais cela se fait avec des dollars».A compter de l’année prochaine, Radio-Canada ne disposera plus de sommes réservées dans le budget du Fonds canadien de télévision.L’impact de cette décision, a expliqué Mme Fortin, c’est qu’alors que Radio-Canada pouvait commander des projets de séries dramatiques et les inclure dans sa grille-horaire, «nous n’aurons maintenant plus le choix des projets qui seront retenus [par le Fonds canadien de télévision]».Les dirigeants de Radio-Canada ont fait valoir qu’ils présentent des émissions différentes des chaînes privées, que ce soit Virginie, Watatatow, la future mégasérie sur l’histoire du Canada ou les informations qui font une grande place aux réalités internationales, et ont rappelé que contrairement à CBC, la chaîne française a considérablement réduit la place accordée au sport.Par ailleurs, Radio-Canada avait dans ses cartons hier un projet de grille-horaire pour l’année 1999-2000.Ce projet peut encore être modifié en profondeur mais il est clair que Radio-Canada ne prévoit pas cet automne de changements importants dans sa programmation.«Les plus importants changements ont été faits l’année dernière en décidant d’abandonner le cinéma du vendredi soir», a dit Michèle Fortin.La future grille-horaire propose essentiellement connue nouveautés le retour quotidien du jeu-questionnaire Les Détecteurs de mensonges, la mise en ondes de la comédie de situation Catherine, qui était prévue cette année, et les suites de trois miniséries importantes, L’Ombre de l'éper-vier, Réseaux et Radio.La grille prévoit évidemment le retour des principales émissions actuelles.Avec la Presse canadienne DOCUMENT MILOSEVIC SUITE DE LA PAGE 1 en raison de l’insuffisance de ses revenus par rapport aux dépenses d’opération.» On se rappellera que Terre-Neuve tente depuis des années de faire relever les tarifs du contrat de 1969, ce qu’Hydro-Québec a toujours refusé.Terre-Neuve, qui n’a pu faire annuler ce contrat par la Cour suprême, a aussi tenté mais en vain d’obliger Québec à faire passer son électricité vers d’autres acheteurs au Canada ou aux Etats-Unis.Mais les tarifs convenus en 1969 en échange des investissements alors risqués consentis par le Québec sont toujours en vigueur et doivent même baisser en 2016, passant alors de 2,94 C à 2,54 C du KWh.Même si «plusieurs mécanismes protègent actuellement Hydro-Québec contre les difficultés financières éventuelles de CF(L)Co», précise la note adressée à Jacques Parizeau, Terre-Neuve pourrait toujours rembourser «par anticipation» la dette à long terme de la société productrice.«Ainsi, la faillite de l’entreprise impliquerait la mise à terme du contrat d’énergie, qui sera renouvelé automatiquement en 2016, poursuit le document De plus, une clause contenue dans le bail législatif de CF(L)Co, qui exempte la compagnie de toute nouvelle taxe, ne serait plus en vigueur à partir de 2016.» «L’intérêt du Québec, conclut le MRN, est donc d’assurer la viabilité financière de CF (L) Co à long terne.Cette viabilité financière permet d’assurer le respect de l'entente de renouvellement en 2016 du contrat liant Hydro-Québec à cette dernière jusqu'en 2041.» Une priorité d’autant plus évidente que ce contrat rapportera environ 100 millions de profil à Hydro-Québec annuellement à son renouvellement Le document inédit précise que le gouvernement Bourassa avait failli en venir à une entente avec Terre-Neuve en 1992 pour développer 3248 MW sur trois autres sites de la Churchill (Gull Island, Muskrat Falls et Lobstick), soit globalement l’équivalent du projet Grande-Baleine, à la baie d’Hudson.Le contrat ébauché prévoyait un achat ferme de 2400 MW par Hydro-Québec à son début, une énergie qui aurait été réduite à 1500 MW avec le temps selon les besoins de Terre-Neuve.«La négociation s’est butée à des désaccords concernant les liens entre les ententes du Bas-Churchill et du Haut-Churchill et les bonifications du contrat de 1969 pour en assurer l'intégrité jus- qu’en 2041», précise la note envoyée à Jacques Parizeau.Si les pourparlers ultérieurs, menés cette fois par Brian Tobin et Lucien Bouchard, ont abouti à l’entente de principe du 9 mars 1998, c’est parce que Terre-Neuve a accepté de renflouer CF(L)Co par de nouveaux projets plutôt que par une réouverture du vieux contrat de 1969.Plusieurs autres raisons militaient en faveur d’une stratégie donnant la priorité au développement du bassin Churchill, a précisé au Devoir le ministre des Ressources naturelles de l’époque, François Gendron.D’une part, dit-il, le développement de nouveaux mégaprojets par Hydro-Québec, comme celui de Grande-Baleine, «alourdissait indûment le passif de la province», qui garantit les emprunts d’Hydro-Québec alors que «le développement de Churchill n'a pas cet effet, étant le fait d'une société privée» même si elle appartient en réalité aux deux gouvernements.Hydro-Québec y détient 34 % des actions.L’abandon retentissant du projet Grande-Baleine par Jacques Parizeau en décembre 1994, trois mois après son élection, «n'a pas été étranger aux possibilités qui s’offraient du côté de Churchill même si ce n’était pas la raison principale», ajoute François Gendron.Grande-Baleine, dit-il, fournissait 3500 MW à un moment où la demande en électricité amorçait un sérieux ralentissement En contre-partie, le développement de la Basse-Churchill était plus modeste, ne fournissant dans un premier temps que 1500 MW.Le nouveau prix de revient des futurs projets terre-neuviens demeurait par ailleurs fort intéressant Hydro l’aurait obtenu de CF(L)Co à 3,2 C du KWh, «ce qui, additionné au coût de transport, donnait un prix, livré à Montréal, de 46 $/MWh en dollars de 1991» (soit 4,6 C du KWh en 1991).En dollars d’aujourd’hui, on parlerait d’un prix de revient de 5,2 C, soit un prix se situant à 75 % au-dessus de la politique d’achat à 3 C du président d’Hydro-Québec, André Caillé, ce qui montre l’ipiportance cruciale pour la société d’Etat de consolider le contrat de 1969 en améliorant indirectement la santé financière de CF(L)Co.La note des hauts fonctionnaires du MRN à Jacques Parizeau touche enfin plusieurs questions encore brûlante d’actualité.Par exemple, il indique que, si Québec laissait passer de nouveaux blocs d’électricité terre-neuvienne sur son territoire, il lui faudrait ouvrir l’en- semble du réseau de transport d’élec-tricjté, jusque-là monopolisé par Hydro-Québec.Il faudrait aussi soit établir un mécanisme d’arbitrage pour fixer le tarif de transport, soit créer une autorité indépendante, dont l’autorité serait reconnue par les «entreprises américaines» comme on en trouve dans d’autres provinces.«Au Québec, cependant, l’absence d’une régie de l’électricité rend la situation plus délicate», précise la note.Bien évidemment la création d’une Régie de l’énergie dans la foulée du débat public sur l'énergie viendrait régler ce problème», dont la solution apparaît dès lors cruciale pour l’issue heureuse d’éventuelles négociations avec Terre-Neuve.Québec devait non seulement créer ultérieurement la Régie de l’énergie mais, pour faire bonne bouche dans les négociations avec Terre-Neuve, il devait aller jusqu’à mettre fin au monopole d’Hydro-Québec sur le transport de l’électricité avant même la nomination des régisseurs et l’avis prévu par la loi sur une éventuelle déréglementation du marché québécois.Une hâte incompréhensible pour plusieurs, jusqu’à présent.Québec était d’ailleurs très conscient, dès l’automne 1995, que des entreprises québécoises ou américaines, tout comme d’autres provinces, pourraient s’inspirer des précédents créés p;ir un nouveau contrat avec CF(L)Co pour obtenir des services et des tarifs similaires en matière de transit.Le gouvernement savait aussi dès 1995, malgré les démentis officiels, que «la libéralisation des marchés pourrait remettre en cause les politiques d’uniformité des tarifs sur le territoire québécois ainsi que celles d’efficacité énergétique et de protection de l’environnement».Le gouvernement souverainiste savait enfin qu’il jouait aussi avec le feu sur les plans juridique et constitutionnel, ce qui a aussi été nié jusqu’ici.«L’introduction d’un service de transit visant l’exportation d’électricité hors Canada présente cependant un certain nombre de problèmes, lit-on dans le document confidentiel.Le premier porte sur la nature et l’étendue de la juridiction qu’aurait le gouvernement fédéral sur ce type d'activité à partir du moment où des installations de transport seraient explicitement consacrées à l'exportation.À la limite, une utilisation conjointe de certaines installations pourrait amener à terme l’extension de l’autorité fédérale sur l'ensemble du réseau» québécois.SUITE DE LA PAGE 1 Officiellement, l’OTAN s’est refusée à tout commentaire, soulignant la nécessité d’attendre une décision officielle du Tld.Le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, et le secrétaire d’Etat adjoint américain, Strobe Talbott, se sont rencontrés à Moscou, mais aucun progrès vers un règlement de la crise n’a été signalé.Le responsable américain a notamment exclu la présence de troupes ou de policiers serbes au Kosovo dans le cadre d’un règlement du conflit, qui prévoit notamment le retour des réfugiés.Après ces entretiens, M.Ivanov, qui a écarté l'hypothèse d’une partition de la province, s’est rendu à Stockholm pour des discussions avec le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan.M.Ivanov a souligné le «rôle pivot» de l’ONU et du Conseil de sécurité.Il a reconnu qu'il y avait «encore beaucoup de questions à régler» et qu’un règlement n’était «pas encore en vue».Eqtre-temps, de nouvelles négociations tripartites Rus-sie-E.-U.-Finlande ont débuté dans l’après-midi à Moscou, qui devaient se prolonger tard dans la nuit.L’émissaire russe pour la Yougoslavie, Viktor Tchernomyrdine, le secrétaire d’Etat adjoint américain Strobe Talbott et le président finlandais Martti Ahtisaari, représentant des Occi-dentamx pour le Kosovo, se rencontraient pour la troisième fois afin de tenter d’avancer vers un règlement.M.Tchernomyrdine a annoncé qu’il se rendrait aujourd’hui à Belgrade.M.Ahtisaari pourrait l’accompagner en cas de progrès.Bombardements records Les avions de l’Alliance ont effectué ces dernières 24 heures des bombardements qui sont parmi «les plus intensifs» depuis le 24 mars, selon un communiqué de l’OTAN.Quelque 650 sorties ont eu lieu, dont 284 ont visé diverses cibles et 74 des positions de la défense antiaérienne serbe.«Le nombre de sorties avec frappes a atteint un nouveau record», affirme le texte.Dans la région de Belgrade, l’OTAN a visé pour la deuxième nuit consécutive la villa présidentielle de Dobanovci, qui «abritait un bunker de commande et de contrôle», selon l’Alliance.Parmi les cibles touchées, selon l’OTAN, figurent également des relais et des émetteurs radio, des casernes, des sites de stockage de munitions et des dépôts de carburant.L’intensité des bombardements de l’OTAN a été confirmée de source serbe.Mardi soir, l’OTAN a lancé plus de 40 projectiles sur le Kosovo, selon l’agence Tanjug.Depuis le 24 mars, les frappes de l’OTAN ont tué plus de 2000 civils et en ont blessé 6000 autres, selon le ministre serbe de la Santé, Leposava Milicevic.Les membres de l’OTAN sont parvenus à un accord pour lancer une opération de contrôle naval, sans caractère contraignant, destinée à empêcher l’entrée en Yougoslavie d’armements et de pétrole, selon des sources diplomatiques.Le dirigeant modéré des Albanais du Kosovo, Ibrahim Rugova, a réaffirmé hier sa légitimité devant les réfugiés installés dans des camps et les représentants de la communauté internationale, lors de sa première visite en Macédoine depuis le début de la guerre en Yougoslavie.Applaudi par quelques centaines de réfugiés dans le camp de transit de Blace, à la frontière entre le Kosovo et la Macédoine, Ibrahim Rugova a exprimé son souhait de pouvoir lui-même, comme tous les Albanais du Kosovo, rentrer bientôt dans la province serbe.AVENTURE «Dans l’adversité jusqu’aux étoiles» SUITE DE LA PAGE 1 A Cap Canaveral, le compte à rebours qui égrène les heures séparant les astronautes de leur départ a été interrompu sciemment, à plusieurs reprises avant le lancement, pour des vérifications d’usage.C’est à 3h30 la nuit dernière que les astronautes devaient prendre place à bord de la navette.Mais pour Julie, infatigable et ambitieuse travailleuse, athlète et ingénieure accomplie, le compte à rebours est en marche depuis très longtemps déjà.Un rêve d’enfance Maintes fois, l’astronaute québécoise a confié à la presse que ce premier vol dans l’espace était le rêve de sa vie, choisi dès l'enfance.Nul effort, nul sacrifice n’étaient trop grands pour y arriver.Diplômée de l’université McGill et de l’université de Toronto, l’athlète pratique la course à pied, le ski, les sports de raquette et la plongée sous-marine.Elle est titulaire d’une licence de pilote professionnel et est également pianiste et choriste.Elle converse en plusieurs langues, dont le russe et l’italien.«Dans l'adversité jusqu’aux étoiles» est sa devise.Cette ténacité ne lui a pas été inutile puisque l’entraînement des astronautes est extrêmement astreignant.Fendant toute sa formation, l’astronaute a accumulé 120 heures de vol en microgravité.Son emploi du temps est très chargé.Aussi l’équipe n’a-t-elle pas regretté de gagner un peu de temps quand l’envol de la navette, pour des raisons techniques, a été reporté du 20 au 27 mai.«Il se peut bien que ce retard s’avère très profitable pour la mission puisque nous avons plus de temps pour nous perfectionner.Un temps précieux que nous avions souhaité», écrivait Julie dans son journal de bord le 13 mai dernier.«Les dernières semaines ont été extrêmement remplies à cause des nombreux changements de dernière minute dans nos objectifs de vol et de l’ajout de réparations.Nous n’avons eu aucun répit et des sessions d’entrainement supplémentaires étaient même prévues pendant notre période de quarantaine — qui permet habituellement à l’équipage de se reposer et de se concentrer avant le vol.Nous n’aurions donc eu que très peu de temps pour nous reposer et pour rassembler nos esprits.» Neuf minutes avant le départ de Discovery ce matin, les directeurs de la salle de contrôle de Cap Canaveral devaient tous lever le pouce dans les airs pour indiquer que la navette était prête à partir.Sept secondes après le départ de la navette, le contrôle de ses opérations devait être pris en charge par la base de la NASA à Houston, au Texas.Là-bas, le Canadien Chris Hatfield, qui a déjà visité l’espace en 1995, assure les communications entre l’équipage en orbite et l’équipe au sol.Le père de Julie Fayette, un ingénieur, sa mère, directrice d’une troupe de théâtre, ainsi que son frère et sa sœur sont en Floride pour assister à l’événement, la belle Julie au regard pétilkuit pourra leur envoyer des messages par courrier électronique à partir de Ja navette.A bord de la navette, «les astronautes ont peu de temps libre, dit Stéphane Corbin, responsable des relations publiques pour l’Agence spatiale canadienne.Chacune de leurs minutes est comptée.Mais malgré un horaire excessivement chargé, ils doivent prendre le temps de manger, de dormir, de faire de l’exercice et de vaquer à quelques occupations personnelles».Fuisque tout flotte dans l’espace, y compris les aliments, la nourriture doit être contenue dans des contenants fermés, et il faut la déplacer lentement dans une cuillère pour la porter à sa bouche afin d’éviter qu’elle se disperse, expliquait hier l’astronaute canadien Marc Garneau, qui doit aussi repartir dans l’espace sous peu.L’aventure n’est pas sans risques.On se souvient de la sinistre explosion de la navette Challenger, qui avait fait sept morts en 1986.Mais à l’heure actuelle, avec la technologie de pointe utilisée, les risques s’amenuisent.Un vaste projet scientifique international Le tout s’inscrit dans le vaste projet de construction de la station spatiale internationale, le plus important programme scientifique international jamais entrepris.Déjà, on peut observer cette station à l’œil nu d;ins le ciel canadien, écrit l’Agence spatiale canadienne sur son site Internet.C’est en novembre 1998 que les Russes en ont placé le premier élément, un module nommé Zarya, qui signifie «soleil levant» en russe.En décembre, on arrimait ce module à un second, baptisé Unity.La mission de Discovery vise à équiper la station afin de la rendre habitable pour des séjours à long terme.On y déposera entre autres un silencieux, des casiers de rangement, de l’équipement de communications, des caméras, des vêtements pour les astronautes et deux grues.La station devrait être habitable dès le printemps 2000 mais ne devrait être terminée qu’en 2004.Une fois complétée, la navette devrait atteindre la taille d’up terrain de football et peser 450 tonnes.La Russie, les Etats-Unis, le Canada, le Japon et 11 pays d’Europe participent à ce projet.Au cours de séjours prolongés, de plusieurs mois ou d’un an, les astronautes y procéderont à des expériences médicales et biomédicales en microgravité.Ces expériences prépareront le terrain pour une exploration plus systématique de l’univers, encore mal connu de l’homme.A1C
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