Le devoir, 12 juin 1999, Cahier B
L e |) E V 0 I R .L E S S A M E I) I 12 ET DIMA N CHE 13 JUIN 1 ?LE DEVOIR ?CINÉMA: L’ÉTÉ DES TOURNAGES.PAGE B 3 THÉÂTRE: DES MASQUES TOUT NEUFS PAGE B 6 CROISSANTS EN FÊTE PAGE B 9 Disques page B 7 MUSIQUE page B9 Arts visuels pageBlO FORMES pageB12 personne aile • • • Après les expositions Les Années 20: l’âge des métropoles (1991) et Paradis perdus: l’Europe symboliste (1995), le Musée des beaux-arts de Montréal ajoute la semaine prochaine un nouveau volet à une série grandiose d’expositions avec Cosmos: du romantisme à l’avant-garde.Le thème?Celui qui a dominé les grandes épopées avant-gardistes des deux derniers siècles, avec ses irrésistibles percées vers l’avant: la dernière frontière.BERNARD LAMARCHE De la dernière frontière aux «frontières du réel», la télévision nous a habitués à voir repoussées les frontières de l’infini dans les confins de l’espace intergalactique.Par contre, il y eut un temps où monter en ballon dans les airs pour découvrir un pays causait l’effroi.Au menu de Cosmos donc, les pas qu’ont pu faire ensemble les sciences et les arts dans le but d’appréhender de nouvelles frontières.L’Amérique, l’Ouest, l’Arctique et son pôle glacé, la terre entière refermée sur elle-même, puis la Lune, ce cher satellite riche en inspirations de toutes sortes, et finalement l’espace interplanétaire sont arpentés par les œuvres et les objets historiques réunis pour cette exposition.Celle-ci se présente comme les carnets de voyage des grands explorateurs du Nouveau Monde et des artistes qui, sur leurs traces, en ont conservé des impressions durables.Glissant d’un champ à l’autre, l’exposition convoque l’histoire des idées par le truchement des développements techniques d’observation de notre environnement, de même que l’esthétique et ses bonds dans l’histoire.L’histoire de l’art se fera cousine de celle de la science, liées l’une à l’autre par les connivences que cette présentation, au titre reprenant celui d’un ancien ouvrage de géographie comparée datant de 1855-1859, cherche à établir entre l’art et la science dans l’exploration d’espaces sans cesse plus vastes et plus éloignés.Une grande source d’inspiration L’exposition Cosmos: du romantisme à l’avant-garde a été mise sur pied par un comité scientifique sous la direction de Pierre Théberge, ancien directeur du Musée des beaux-arts de Montréal et maintenant directeur du Musée des beaux-arts du Canada, et de Jean Clair, directeur du musée Picasso à Paris et commissaire général de l’exposition.Les commissaires de l’exposition sont Didier Ottinger, conservateur au Musée national d’art moderne, Centre Georges-Pompidou, VOIR PAGE B 2: COSMOS D’après une toile de Vincent Van Gogh : Route avec un cyprès et un ciel étoilé, 1889-1890 (MBAM) I LL B 2 DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 JUIN I !) !) !) m I A gnl 1 w À QUÉBEC Décortiquer l’image L’Italien Silvio Wolf remet en question les paramètres de l’art photographique NATHALY DUFOUR disciplinaire, entamait une réflexion sur l’image, il s’applique à décortiquer les les paramètres de l’art photographique, composantes spécifiques au langage Vers la fin des années 70, l’Italien Sil- Remettant en question les modes tradi- photographique.S’attardant périodique- vio Wolf, photographe et artiste multi- tionnels de création et de perception de ment à certaines notions, ses explora- I lrfarr^htior\h( J?/\Jouve((e Hï'-i \ Forfaits en pré-vente du 5 au 23 juin seulement billetterie centrale Agora de la danse 840, rue Cherrier Réductions jusqu’à 45% Hâtez-vous pour les meilleurs sièges! info-danse 514.990.3031 Billets individuels en vente dès le 5 juin à partir de 15$ taxes incluses Place des Arts >514-842-2112 ou www.pda.qc.ca Monument-National >514-871-2224 Découvrez des échos d’Afrique à travers cette programmation exceptionnelle et déroutante! > 23 spectacles »11 pays > 9 créations > 10 premières nord-américaines! 28 SEPT.> 9 OCT.1999 Ballet de l’Opéra national de Lyon Mathilde Monnier Rosas Fondation Jean-Pierre Perreault Karas Compagnie De Brune Métaspora Danse Harold Rhéaume Cas Public Cia Clara Andermatt Susanne Linke Alias Compagnie Compagnie Danse Nyata Nyata Compagnie Salia ni Seydou Dominique Porte Le Carré des Lombes Ruth Cansfield/Mirjam Bos Peter Chin/Vincent Mantsoe Tchétché ® ©WÜIISG Compagnie Sylvain Zabli 0-Zone > fête multimédia ca Plus de détails dans la brochure du Festival ou sur notre site Web CONSEIL DES>fPTS æsr* UM A» « «• ta Itétropo 0Qo •t d«l C RFNAIKANCI.HÔTll OU PARC |4| MnUMWWi Ctnmd» «cooomèc ¦ ¦ AeontMTitqu* Canada Canada S3ty M«ntreal.ville de Montréal CBC & Radio-Canada dons le mènent au delà des frontières conventionnelles de ce médium.Tel un chercheur minutieux, Wolf dirige son objectif sur chaque aspect du vocabulaire pertinent, en dégage les configurations les plus significatives et précise de plus en plus son orientation.Pour les fins de l’exposition La Zone d’ombre, présentée au Musée du Québec jusqu’au 7 septembre 1999, Michel Martin, conservateur de l’art contemporain et commissaire en l’espèce, a demandé à Sylvie Parent de recenser le parcours de l’œuvre de Silvio Wolf.«Son intérêt pour la question du cadrage en photographie fCambri d’Oriz-zonte, 1977), pour l’étendue limitée de l’image que celui-ci implique (Tunti Cardinali, 1979) et pour la mise en abyme spatiale qui en découle se fait sentir dès les débuts de sa production.La double temporalité qui caractérise l’image photographique (Tre Cabine, 1978), le passé de l’image et le présent du regard posé sur elle est également un concept au centre des préoccupations de l’artiste.La photographie, par les modes de fonctionnement liés à sa technique, comme son caractère séquentiel (Passi, 1979), le décalage et la variation (BAC.H., 1982-83) qui peuvent en résulter, est en mesure de créer une mise en abyme, cette fois de nature temporelle (Argentina, 1979).» Lieu d’inscription Au fil des expérimentations, le procédé photographique même—l’obtention d’image par l’action de la lumière — se retrouve au cœur de la création de Silvio Wolf De façon concomitante, le contexte de présentation des œuvres comme lieu d’inscription devient partie intégrante de son travail.Ce sont ces deux réalités qui se conjuguent dans le projet d’installation in situ La Zone d’ombre.De passage à Québec en 1995, Silvio Wolf visite le pavillon Charles-Baillargé du Musée du Québec.Aujourd’hui partie intégrante du musée, l’ancienne prison — dont la construction date de 1861 — a conservé de son passé carcéral deux blocs de cellules.Frappé par la dualité de cet endroit à forte charge symbolique, l’artiste manifeste son désir d’investir les lieux.Après s’être imprégné de l’ambiance du bloc cellulaire, Wolf repart à Milan d’où, à l’aide des souvenirs et documents emportés dans ses bagages, il élabore l’exposition des leone di Luce (portraits de lumière) qui composent l’exposition.Dans chacune des six cellules de SOUKCK MUSEE DU QUEBEC Une des cellules dont Wolf s’était inspiré.cette partie du bloc, Wolf a enfermé une épreuve photographique de tableaux québécois des XVIII'' et XIX' siècles illustrant des personnages reliés à la fondation de la Nouvelle-France.Les toiles, qui proviennent de la galerie de portraits du château Ramezay à Montréal, ont été photographiées de manière à superposer volontairement une tache de lumière à la figure peinte.L’image représentée par le tableau disparaît en partie alors que sa texture première ressort de façon plus nette.Le cadre du tableau délimite les contours de l’épreuve exposée, mais la perspective proposée est fonction de la position que le photographe a adoptée afin de prendre la photo.L’effet de distorsion renvoie directement aux notions de subjectivité du regard posé sur le réel.Double subjectivité, en fait, puisque se superpose au regard de l’artiste celui du spectateur qui, investi à son tour dans la représentation, tente de rattacher sa perception à l’insaisissabilité de ce qui lui est présenté.L’absence de référent oblige le visiteur à se placer hors de la, perception traditionnelle d’une œuvre » d’art.Six voix féminines, qui relèvent de l’identité culturelle de Silvio Wolf, ajoutent au mystère de l’installation.Sortes de mélopées lentes récitées en allemand, triestino, hébreu, hongrois, italien et polonais, elles enveloppent le tout d’une aura incantatoire qui a pour effet d’accentuer l’impression de télescopage temporel et spatial.L’histoire des lieux, sa vocation première de détention, refont surface.Cette fois-ci, ce sont les œuvres qui y sont en quelque sorte emprisonnées.• > L’artiste remet ainsi en question la circulation des œuvres et leur mise en réserve dans des musées qui implosent sous leur masse.Enfermées, elles entament avec elles-mêmes qne conversation sur l’aliénation.Silvio Wolf s’est fait archéologue du social, du spirituel et de l’intellectuel, dans une juxtaposition qui suscite chez le spectateur une réflexion sur la relativité'du temps qui passe.L’architecture du musée devient symbole en soi, abolissant ainsi la frontière entre genre et support Le mariage s’avère porteur d’une poétique qui permet à la photographie de dire l’indicible, balayant ainsi toute présomption d’obsolescence de cet çrt.ZONE D’OMBRE il Silvio Wolf, Musée du Québec < COSMOS 11 L’exploration de l’espace a été parmi les grandes sources d’inspiration des artistes des deux derniers siècles SUITE DE LA PAGE H 1 à Paris, Constance Naubert-Riser, professeure d’histoire de l'art à l’Université de Montréal, Christopher Phillips, rédacteur principal A'Art in America et spécialiste de la photographie du XX1' siècle, Mayo Graham, ancienne conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal, directrice du rayonnement national et des relations internationales au Musée des beaux-arts du Canada, et Rosalind Pepall, conservatrice de l’art canadien (1915-1970) au Musée des beaux-arts de Montréal.Plusieurs de ces collaborateurs avaient participé aux expositions Les Années 20: l’âge des métropoles (1991) et Paradis perdus: l’Europe symboliste (1995).La présentation des œuvres est divisée en sept thèmes: Nature et cosmos; La terre promise; Le voyage aux pôles et la planète close; Au-delà de la Terre: la Lune; L’imaginaire des cosmologies; Les fondations: la Nouvelle Jérusalem; Cosmographies; vers l’infini, aller-retour.L’exposition cherche à démontrer que la quête de nouvelles frontières et l’exploration de l’espace ont été parmi les grandes sources d’inspiration des artistes des deux derniers siècles, grâce à la réunion de 380 objets issus de 17 pays et de la collection de 150 prêteurs.Fidèle à cette ligne de pensée de l’ancien directeur du Musée des beaux-arts de Montréal, Pierre Thé-berge, l’exposition inaugurée la semaine prochaine ne fera pas l’économie de considérations métaphysiques ou spirituelles.«Projet religieux avant que d’être politique», la conquête de la nouvelle terre promise, l’ouest de l’Amérique, est abordée à travers les toiles grandioses des peintres paysagistes tels que Frederic Edwin Church, Thomas Cole, Thomas Moran et Albert Bierstadt, cherchant à traduire l’âme des lieux à travers la lumière ambiante.Le sentiment du sublime s’empare de cette nouvelle contrée «découverte» à travers les panoramas que propose la peinture américaine du siècle dernier, de même que par les photographies de majestueux massifs rocheux dans le parc national Yosemite, par Edward Muybridge ainsi que Carleton Watkins notamment.L’exposition pose l’art comme un terrain sismique, ébranlé chaque fois par les doutes soulevés par les frontières ardemment repoussées par les expéditions scientifiques.Aux visions issues des rocs et des vallées sans fin de l’Ouest, à la conquête de l’Ouest, se substitue celle, également de nature artistique, des glaces du Grand Nord, qui ont broyé plusieurs des expéditions parties à sa recherche.De là des études terrifiantes d’espaces engloutissants.Aux représentations picturales se succéderont dans l’exposition les graphiques et photographies qui ont arrêté, puisant souvent dans les mythes, les configurations de ce monde dont l’ossature change constamment.La dernière portion de l’exposition réunit plusieurs artistes avant-gar-distes qui, au XX* siècle, ont tenté de découvrir des espaces picturaux inédits, par exemple par l’intermédiaire de l’abstraction, puis ont songé aux infinis espaces qui entourent la sphère close sur laquelle ils vivent.De plus, aux côtés de joyaux rarement disponibles, telle la célèbre Route avec un cyprès et un ciel étoilé de Van Gogh, obtenue de chaude lutte du musée Krôller-Müller, aux Pays-Bas, l’art contemporain ne sera pas en reste.Art et territoire La peinture de paysages telle qu’on la connaît au Canada depuis l’avènement du Groupe des Sept a établi dès le début du présent siècle la métaphore dç l’identitaire par le géographique.A la quête de la modernité picturale se rattachait une quête des grands espaces du nord de l’Ontario et de ses pouvoirs évocateurs.La peinture de cette illustre machine de l'histoire de l’art canadien.La relation entre les spécificités fauniques d’une région donnée et la constitution de son identité comme territoire était le principal moteur de la pratique du groupe des Sept.De fait, des membres du G7 seront de l’exposition (de même que d’autres artistes canadiens: Betty.Goodwin, Jean-Paul Riopelle, Paul-Emile Bor-duas, Joyce Wieland, Paterson Ewen, Emily Carr).Cette «émergence d’un art national» commettait quelques ostracismes fort spécifiques: femmes réduites à des rôles secondaires, réduction du «territoire» canadien au nord ontarien, etc.Cette dépiction de la nature canadienne typique avait forcément comme corollaire l’exclusion de l’atypie.Or, à topte conquête correspond une dimèn-sion colonisatrice.Les grands ès-paces évoqués sont chaque fois domestiqués par les exploratpjns scientifiques.L’entreprise de cette exposition aurait pu devenir une ode terrible au colonialisme.Si le thème de l’exposition, implique des visées essentiellement modernistes et progressistes, la figure de proue non artistique du projet permet d’éviter les trop rapides appels au colonialisme.En effet, un des champions de l’exposition est le savant du début du XIX' siècle, le baron prussien Alexander von Humboldt (1769-1859), «le dernier à jeter sur ce monde [.] un regard d’homme universel», écrit Jean Clair daps le catalogue d’exposition.Tenté par la géographie et la cartographie, géologue, volcanologue, botaniste, sociologue, «il invente, selon Clair, la climatologie, la statistique et l’économie politique».11 appert que le «dernier des encyclopédistes», «maîtrisant tous les savoirs du monde», condamne l’esclavage, dont il traite du problème dans son Essai politique sur l’île de Cuba, de 1826.Il est l’auteur de Cosmos: essai d’une description physique du monde, dont le dernier volume sera publié après sa mort, en 1859.Le génie du découvreur sera fort présent dans les œuvres de Church, notamment, et son esprit dans les œuvres de Jules Verne.A leur suite, plusieurs artistes et écrivains mettront au jour leurs inquiétudes spirituelles, mystiques et scientiste^.En écho à Paradis perdus, Clair et son équipe sont en train de formuler une piste moins formaliste f>our aborder la modernité, une voie qui serait davantage tournée vers l’«idée» de l’art.Un travail de friche important.COSMOS: DU ROMANTISME À L’AVANT-GARDE Musée des beaux-arts de Montréal Pavillon Jean-Noël Desmarais 1380, rue Sherbrooke Ouest Du 17 juin au 17 octobre 1999 Après Montréal, l’exposition sera présentée au Centre de Cultura Contemporània de Barcelone (Espagne), du 23 novembre au 20 février 2000.La présentation nord-américaine de l’exposition aura lieu exclusivement à Montréal.¦¦¦¦¦¦¦¦ L E I) E V 0 I R .I K S S A M EDI 12 E T I) I M ANCHE 1 3 .1 U I N I it it it f.de BESIEGED ven u i n DU REALISATEUR, GAGNANT D'UN OSCAR, DE «LE DERNIER EMPEREUR,» BERNARDO BERTOLUCCI FlHtliNE FiAium MEouser , ¦g A»«S VALLEYFIELO^ ciné •» Nt»« h«f ST-BASILE ?» STI-ADÈLE ?VERSION ORIGINAL C ANGLAISE * PRÉSENTÉ EN /DO/ï.n* ?PRÉSENTÉ EN 8 PRÉSENTÉ EN BS ?PRÉSENTÉ EN Wrtî/ PRÉSENTÉ EN SON : FAI >Thx CINE PL» * -XJ» ON FAUBOURG « t TMX CINfPlf X OOfON I POINTE-CUURE ?• » THXj * PRÉSENTÉ EN /DO/Ç.'ZZ ?PRÉSENTÉ EN Wnl ?PRÉSENTÉ EN CH » PRÉSENTÉ EN T£ COUPONS RABAJ8 ET LAISSEZ -PASSER REFUSES ;iNf n » x oex GRIGORI SOKOLOV, piano programme à déterminer_ Un; mtsw Kilion de 4ss®** fais., Le mardi LS janvier 2000 JAIME LAREDO, violon V LAlVLUU, VlOUMl j.programme Stravinski.Rorem.Busoni.Copland et Ravel ' Le lundi 11 janvier 2000 BARBARA HENDRICKS, soprano , au piano, Staffan Scheja programme à venir r — Le lundi 28 février 2000 LE QUATUOR DE TOKYO procramme Dfbussy.Wetem et Schumann -frûicontinemal Le lundi I 1 mars 2000 HELENE MERCIER, piano avec LE QUATUOR DE LEIPZIG programme Mozurt.Mendelssohn et Dvorak g ufllwiM tJr.'S?La série TOPAZE, 5e Salle, Place des Arts, 20 h Le lundi I < décembre looo SHELLEY KATZ, piïïïo programme Les Variations Goldberg de IS Bach Le lundi I 7 avril 2000 Le QUATUOR ARTHUR-LEBLANC et JAMES CAMPBELL, clarinette * programme Scnuhert.Zemltnshi fl Francalt HORS SERIE Le dimanche I < lévrier 2000, 20 h UN PIANISTE DE RÉPUTATION MONDIALE DONT LE NOM SERA DÉVOILÉ EN SEPTEMBRE TOUS LES PROGRAMMES SONT ANNONCÉS SOUS RÉSERVE DE MODIFICATION Parterre Série Émeraude Corbeille A-B Corbeille C-O-E Etudiants & 1er abonnement 135$ ; 100$, 65$ Os •H 2e abonnement 130$ 100$; 65$ Z BMslà l'unité 25$ 20$: 12$.î Série Topoze Seulement 40$, 18$ Abonnés Émeraude 30$ i Billetls) à l'unité 22$: 10$ * Concert Hors série 50$ 45$ 45$ TéL (514) 845-0532 Téléc: (514) 845-1500 Site Web : www.ptonnBito.qc.co / Courriel : conter1s@promusito.co Tant de belles symphonies.en e Le Chœur de l'OM e DVSK! Anton Kuerti piano Henriette Schellenberg soprano Quartango Karina Gauvin soprano Yannick Nézet-Séguin direction et tant d'autres.lr nru\ ,'N Pi h 'R ri ri -* j i \ \i nr rN vntis tr.i'NN\M wwrn 20 srrmiRRi Idée) H .S DISQUES CLASSIQUES Des «A» pour deux grands B BEETHOVEN - LORTIE Ludwig van Beethoven: Sonates pour piano n° 13, en mi bémol majeur «quasi una fantasia», op.27 n° 1, n° 14, en do dièse mineur «quasi una fantasia», op.27 n° 2 (dite «Clair de lune») et n° 15, en ré majeur, op.28 (dite «Pastorale»).Louis Lortie, piano.Durée: 60 minutes 19.Chandos CHAN 9736 FRANÇOIS TOUSIGNANT Voici donc la suite de l'intégrale des sonates pour piano de Beethoven par Louis Lortie; il en est au sixième volume, dans lequel il s’attaque à des œuvres assez expérimentales de Beethoven, notamment les deux sonates «quasi una fantasia» qui constituent l'opus 27.Qu’ont-elles de particulier pour que Beethoven ait jugé bon de prévenir son interprète — et son public — par cette mention à l’époque pour le moins farfelue?Et, en dehors du succès facile de la seconde sœur de ce diptyque, celle nommée Clair de lune, pourquoi des pianistes s’y attardent-ils toujours?C’est que ce défi est de taille! Chacune des deux œuvres pousse plus avant un principe que Haydn — à l’instar de ARCHIVES LE DEVOIR Louis Lortie est roi dans l’art de relever des défis artistiques et arrive encore à épater par sa virtuosité et l’intensité de son jeu.Il maîtrise la moindre nuance du piano beethovénien sans aucune difficulté.Louis Lortie s’attaque ici aux œuvres expérimentales de Beethoven, et le défi est de taille Cari Philippe Emmanuel Bach — avait déjà pressenti dans certaines de ses propres sonates, à savoir l’unification des trois ou quatre mouvements habituels en un seul torse musical qui se suffit à lui-même.On connaît la postérité romantique de cette conception.Il faut se remémorer que le défi est double.D’abord, il y a la question de l’unité organique de l’œuvre.Pourquoi en effet vouloir lier — et comment?— différents mouvements sans qu’on sente de disparité, mais plutôt une nécessité, une urgence.Pour comprendre comment cela est important, remettez-vous en mémoire les deux derniers mouvements de la 5' symphonie.Puis, en ces temps, l’habitude voulait qu’on joue les œuvres par mouvements, intercalant des airs entre des mouvements de sonates ou de symphpnies, des morceaux galants.Ecrire une œuvre en un seul tenant sans effaroucher le public tenait de la gageure et montrait l’ambition du compositeur à vouloir livrer un message entier.BEETHOVEN LOUIS LORTIE THE PIANO SONATAS Op.77 Ko.I .Op 27 Ko.2 •Uxrtçf f Op 28 ¦Paüofâf C’est là la plus grande innovation qui s’affirme; une sonate, voire un opus de sonates (les trois sonates de l’opus 31 qui vont suivre vont montrer cette même intelligence de Beethoven), se met à constituer une entité qu’on ne saurait séparer sans en perdre le sens.Pour s’assurer que cela sera bien compris, Beethoven renverse l’ordre d’importance de poids des mouvements.Dans chacune des sonates de l’opus 27, c’est le fi- nale qui porte en lui tout le potentiel dramatique de la composition (une idée que Mozart avait déjà utilisée avec génie et brio dans ses dernières symphonies).Ainsi, l’opus 27 n° 1 débute par une série de variations plutôt que par la forme standard de la sonate.Les variations étaient habituellement réservées pour la fin, sauf exception rarissime, comme la sonate en la majeur K 331 de Mozart, qui pourrait se prévaloir du titre de «modèle» dans ce cas précis.Clair de lune, quant à elle, commence par un adagio dont la recherche harmonique, pour osée qu’elle soit, ne fait que préparer la formidable explosion du finale, trop souvent négligé des pianistes amateurs car.beaucoup plus ardu et difficile à jouer.Sans parler de l’interprétation: le pianiste ne peut pas se détendre coquettement dans un rondo de bon aloi: il doit maintenir la tension jusqu’au bout, physiquement comme psychologiquement; un genre d’exploit peu commun à l’époque et encore assez exigeant pour une certaine part du public, qui «décroche» devant ses exigences.Lortie, on le sait, est roi dans l’art de relever des défis artistiques et arrive encore à épater par sa virtuosité et l’intensité de son jeu.Poussé par son travail de sonorité chez Chopin, il maîtrise la moindre nuance du piano beethovénien sans aucune difficulté et, mieux encore, se montre souverain dans la résolution des problèmes posés par ces pages.Plus que du piano, c’est de la musique qu’on entend.Lortie s’inscrit avec un orgueil de grand dans la plus pure tradition allemande de ce répertoire, en faisant redécouvrir ce que la génération qui l’a précédé — et la sienne aussi — a un peu trop oublié: deux mots prétentieux qui se nomment respect et morale.Cela conduit en droite ligne à l’idéal d’autorité dont rêvait Beethoven.Si celui-ci s’est mis à mépriser une bonne part de son public (et de ses interprètes), Lortie possède le grand art de réaliser ce que le compositeur demandait à son interprète.Il débroussaille le chemin qui peut paraître compliqué et commande une attention formidable.Peut-on comparer avec d’autres interprétations?Oui, et comme toutes les grandes, la sienne se révèle plus que satisfaisante: enrichissante.C’est la magie de ce répertoire qui ne connaîtra jamais d’interprétation «définitive».On nage entre les bonnes et les moins bonnes; Lortie nous en propose une excellente! En ce qui concerne la sonate Pastorale, quel souffle de fraîcheur après l’orage qui vient de déferler.Lortie sait aussi nous faire sourire et communiquer l’importance de la joie de la musique de Beethoven.On est à des lieues des «versions d’école» (cette sonate est assez facile et était conçue comme devant bien se vendre afin de faire de l’argent) car le pianiste n’oublie pas que, même dans une langue plus accessible, il y a toujours du vrai.Une belle continuation de cycle Beethoven.BARTÔK - QUATUOR HONGROIS Béla Bartok: intégrale des six quatuors à cordes (n° 1, op.7, Sz 40; n° 2, op.17, Sz 67; n° 3, Sz 85; n° 4 Sz 91; n° 5, Sz 102; n° 6 Sz 114).Quatuor hongrois (Zoltân Szekely et Michael Kuttner, violon; Denés Korom-zay, alto; Gabriel Magyar, violoncelle).Boîtier de deux disques, durée totale: 2 heures 38 minutes 7.DGG The Originals 457 740-2 La carrière du Quatuor hongrois est intimement liée à l’exécution des six quatuors de Bartok.Fondé dès la fin de la guerre pas Sândor Vegh, rapidement remplacé au premier violon par Zoltân Szekely, il se fait le porte-parole presque agressif de la musique de Bartok — qui vient de mourir à New York — dans une Hongrie encore archi-conservatrice et hostile à ce répertoire «barbare».Par ses tournées, le Quatuor hongrois a réussi à imposer ces œuvres, aujourd’hui comptées comme parmi les plus importantes du répertoire pour quatuor à cordes.L’enregistrement que ressort la série de réédition The Originals de la DG a été réalisé en 1962.C’était une époque où le disque ne se contentait pas d’être le témoignage factuel de l’état d’une pensée en évolution.Un disque, c’était plus important qu’une carte de visite provisoire.On le voulait représentant exactement ce qu’une photographie pouvait dire au siècle précédent: une attestation de la vérité, d’un accomplissement longuement et intimement mûri.C’est peu dire la grande humilité au service d’une œuvre et le meilleur de tout ce qu’avait une formation pour réaliser cet enregistrement.On l’a fait sur une courte période d’une vingtaine de séances, le soir, voire la nuit, dans une concentration complète et une liberté totale.Si vous lisez les catalogues et les dictionnaires de disques, on en pense encore grand bien.Et avec raison.il C’est que pour le Quatuor ho££: grois, ces partitions en sont de première génération.Il n’existe pas pour, eux de modèle; tout est à comprendre ( par soi-même, sans espoir d’être gui-., dé par quelque tradition d’interprqta-, tion que ce soit.Seulement celles fie parentés d’âme et de cœur avec les sommets du répertoire que représentent les quatuors de Beethoven et la musique contrapuntique de Bach, les modèles de Bartok.Dans chacun des quatuors on, sent la fièvre qui les anime, cette fièvre dont vous parle toute une génération de musiciens, celle qui a entre soixante et quatre-vingts ans aujourd’hui.Les vocations, les passions suscitées par ce corpus ont été infinies et les répercussions s’en font encore entendre.Bartok avait la rage d’une nouvelle beauté, cela le Quatuor hongrois nous le fait bien partager.C’est ce qui rend cette intégrale attachante.On entend maintenant des jeunes formations qui sont plus libres du texte (je pense aux Quatuors Emerson ou Colorado) et qui s’y adonnent avec-un plus grand spectaculaire.Naturellement, on entend chez elles une vision qui a été formée par ce qu’elles ont entendu, pas par ce qu’elles ont dû imaginer entendre.Alors on se prend à trouver, sans nostalgie — le mot ne convient pas à la musique de Bartok —, que la vision du Quatuor hongrois est plus «sensuelle» que l’agressive motoristique plus en vogue aujourd’hui.St»1-' Les tempos aussi me semblentuB peu sages parfois, comme si on vou,-lait si bien tout mettre en placé qu’on hésitait à plonger.Cela, c’est de l’ordre de l’effet extérieur.Cette version, sans gêne aucune, plonge dans l’intériorité des quatuors, lui refusant parfois son côté plus extérieurement virtuose pour en impôt-ser la profonde valeur humaine ej spirituelle; la retenue du tempo né sert donc qu’à mieux tout mettre eij place pour mieux tenir la tension im terne.Les musiques «nocturnes» et les mélodies lentes, ainsi prises' sont de la plus grande poésie.Le$ élans lancinants de dissonances des envolées plus allègres trouvent un caractère poignant à fendre un cœur de pierre.Un quatuor à cordes, ce n’est pas a mettre en n’importe quelles mains, cela Bartok et le Quatuor hongrois l’ont compris.Il faut un effort de la part de tous pour créer une chaîne compositeur interprètes-auditeurs, une chains dans laquelle chaque maillon se voit grandir.On ne peut donc que chaleureuse: ment recommander cette version, au néophyte comme au connaisseur.Les intégrales de qualité de ce corpus sont, somme toute, assez rares; il serait bête de se priver de celle-ci, à la fois pour sa valeur historique et pour ses richesses musicales.De plus, le nettoyage est fort bien fait et rend justice à une prise de son qui témoigne du grand métier et de la grande sensibilité acoustique des ingénieurs du son d’alors, plus des artistes eux-mêmes que des techniciens formés aux oscillateurs et aux ordinateurs.Le son primait et cela s’entend.A prix modique, on ne sait résister.Duo pianoforte Samedi, 26Juin 24$ 19 juin I Emmanuel Pahud, flûte Éric Le Sage, piano œuvres de MOZART, REINECKE, WEBER ET HINDEMITH PAUL BADURA-SKODA « Uti miracle de sérénité et d’intériorité.» - Le Monde LUDWIG SEMERJ1AN « (.) une intelligence musicale supérieure.» — The Gazette PAUL BADURA-SKODA ET LUDWIG SEMERjlAN JOUENT MOZART sur î>cux pi.\nofortc Anton WAltcr CircA 1785 répliques cxACtcs î>c l’instrument î>e concert 0e CDozArt St-lrénée, Charlevoix pp*ji James Sommerville, cor Les cuivres du Domaine Forget Direction Vincent Cichowicz Louise Cauffopé, piano, le Quatuor Arthur-LeBlanc et les professeurs du Domaine Forget œuvres de TCHAIKOVSKI, FORSYTH, DEBUSSY, BOZZA, ^ POULENC, BEETHOVEN, SCHUMANN et MOZART fl DONOHUE Vendredi, 2 5 juin 24$ _____________Ricardo Morales, clarinette Quatuor Arthur-LeBlanc œuvres de JANACEK, HERRMANN, MORAWETZ et MOZART ill1 Lis Arts ^ du Maurier 24$ œuvres de Francis Poulenc Éric Le Sage, piano Francis Dudziac, baryton André Papillon, pote, Philippe Magnan, hautbois Robert Spring, Marie Picard, clarinettes Richard Gagnon, Whitney Crockett, bassons Guy Carmichael, cor et le Quatuor Arthur-LeBlanc O Les Bronches-Musique Tous les dimanches de 11 h à 14 h 24,50 [ 13 juin Marie-Andrée Paré, voix l( etjeannotThrcotte, piano Au cœur des chansons 20 juin Les Mandolines de Québec Sérénades italiennes, danses espagnoles, airs tziganes , ÎTSbtStZ BILLETS • «r-®»» £c nurôi I5 juin A 20 I) .ADMISSION.U.I ’ Diffuseur officiel riulill chaîne culturelle •iff K.idio C.m.id.i RÉSERVATIONS : (418) 452-3535 poste K72 ou (sans frais) 1-888-DFORGET poste 872 Visitez notre site : www.cite.net/dforget 8 L E DE V OIK.L E S S A M EDI 12 ET I) I M A N C Il E 1 3 .1 II 1 N 1 9 !) !» B î) Croissants en fête Le peintre Jean Dallaire, vous connaissez?Si vous répondez non à cette question, consolez-vous car vous n’êtes pas les seuls.Classé éternel méconnu des beaux-arts québécois, apprécié des collectionneurs et d’un cénacle d’amateurs, orphelin de la reconnaissance populaire: tel est le destin injuste de ce virtuose du pinceau, inclassable donc inclassé.Mais les dénominateurs communs sont une chose, les parcours individuels une autre.Parfois, les deux ne coïncident guère.Dieu merci, d’ailleurs, car on s’ennuierait ferme à marcher au pas tous en cadence.L’inconnu des uns est pour moi une vieille connaissance, côté gouache et côté légende.Conquise depuis belle lurette que je suis par ses couleurs folles et son humour souverain.De passage en fin de semaine dernière dans ma ville natale, j’ai bondi au Musée du Québec pour voir la rétrospective qui lui est consacrée tout l’été, me rinçant l’œil avec les 128 tableaux et dessins venus témoigner de son délire et peut-être du mien en écho, un coup partie.Aussi bien l’avouer d’entrée de jeu avant que des voue ne s’indignent pour dénoncer le conflit d’intérêts: mon initiation aux arts plastiques s’est faite à travers une gouache de Jean Dallaire.D’aussi loin que me ramène ma mémoire, je vois celle-ci trôner dans le salon de mes parents.On l’appelait entre nous Le soleil a rendez-vous avec la lune, mais son vrai titre, je l’appris plus tard, était Croissants en fête.Certains tableaux sont comme les asperges, on ne les apprécie qu’à l’âge adulte.Avant, c’est le pur dégoût.L’avantage précieux de l’univers de Dallaire, si coloré, fantaisiste, poétique et transparent, est d’être directement accessible à un esprit enfantin.Comment ça se forge, une première impression artistique?Un peu comme un jeu, parfois.Sur la toile, une grappe de raisins vous désaltère tout à coup, un morceau de melon vous accroche l’œil, une guitare ahurie vous susurre que c’est la fête.Et voilà, c’est Od il e Trent blay fait! Soudain, la porte s’ouvre sur un monde farfelu et pourtant tendu qui vous happe dans son orbite.La douce folie du peintre est désonnais la vôtre.La gouache que j’aimais avait un petit côté bande dessinée assez coquin qui faisait ma joie.On y apercevait des personnages à tête de croissant de lime attablés pour faire bombance sous l’œil courroucé d’un soleil.Image paternelle au demeurant fort sévère que ce soleil, évoquant à mes yeux les interdits et la censure (concepts dont on comprend le sens très tôt dans la vie), d’autant plus que des bouteilles de vin jonchaient le sol et que l’ébriété semblait au programme.D’où le sourcil froncé de l’astre réprobateur en question.Mon père, alors célibataire, avait acquis ce Dallaire en 1946 avec deux autres: une seconde gouache représentant une femme nue (qui m’apprit l’existence des poils pubiens) et un beau grand portrait de mon père au crayon.Ces acquisitions s’étaient faites en d’étranges circonstances qui me laissaient un vague arrière-goût d’injustice, face à l’artiste s’entend.Tous deux habitaient dans le même immeuble au cœur du Vieux-Québec, rue des Remparts, enseignant chacun dans leurs institutions respectives, prenant ensemble à l’occasion un verre au bar du coin.Dallaire, à l’époque professeur à l’École des beaux-arts, buvait comme un trou sans fond.Il dispensait d’ailleurs une partie de ses cours à la chic taverne Chez Baptiste, au grand dam de la direction collet monté de l’école dont le courroux n’avait d’égal en intensité que le plaisir de ses étudiants.Éternel fauché, les gens lui payaient souvent la tournée, et quand sa dette lui semblait excessive, il offrait, bon prince, des œuvres en guise de remboursement.Combien de collections «dallairiennes» se sont bâties sur l’insouciance prodigue de l’artiste?On les dit fort nombreuses.Sa taverne de prédilection, Chez Baptiste, eut même droit, pour effacer l'ardoise du peintre, à un avant-bras soigneusement dessiné poil par poil, apparemment destiné à indiquer le chemin des toilettes.Nos trois tableaux familiaux témoignaient donc également de cette troublante alchimie de l'alcool en œuvre d’art, dans laquelle il était passé maître.Le fils de l’artiste, Michel Dallaire, me résume aujourd’hui le principe paternel d’un trait net: «Un verre de rouge: un dessin.Deux verres de rouge: deux dessins.» Et d’évoquer le poulet à rabais et le bœuf haché, qui furent les éternels menus d’une enfance passée à l’ombre de son bohème de père, dans l’insécurité et la fantaisie les plus débridées.Vraie cigale, ce peintre, image d’Épinal de l’artiste révolté, imprévoyant et passionné, semant son œuvre à tous vents comme la dame du Larousse, détruisant parfois ses tableaux sur un coup de tête, mais vraiment doué tant au dessin qu’à la couleur, et prolifique connue pas un.Il aurait signé au moins 2500 œuvres.Un millier à peine d'entre elles sont retracées.Quand on sème à tous vents, il y a des graines qui se perdent.Né en 1916 à Hull, Dallaire a roulé sa bosse un peu partout, bientôt à Paris avec une petite bourse, quatre ans interné dans un camp de concentration français durant la guerre en tant que sujet britannique.Il enseigna ensuite la peinture à Québec puis à Montréal, travaillant un temps comme dessinateur à l’ONF pour mieux nous léguer l’ado- rable Cadet Rousselle, animation sur dessins fixes chantée par Félix Leclerc, devenue un classique du genre.C’était avant qu’il ne s’expatrie définitivement à Vence, dans le sud de la France, pour y mourir à 49 ans, consumé par les deux bouts comme une chandelle trop pressée.Alors, en fin de semaine dernière, déambulant parmi les gouaches et les huiles de ce peintre si imaginatif, son histoire en tête, j'admirais le fameux et fringant Coq Licor-ce, devenu un peu l'œuvre fétiche du Musée du Québec, le délicieux Patati et Patata, dédié à la France bavarde, son Jardinier façon Van Gogh, ses œuvres inspirées de Dali, de Braque ou de De Chirico, car il aima longtemps suivre à sa façon les traces des maîtres.Ai-je dit que mes Croissants en fête étaient de la noce?Non?Alors voilà, c’est fait.Ai-je ajouté que j’en étais désormais propriétaire, mon père m’ayant légué cette gouache à sa mort?Non plus?Vraiment, vous me voyez sans excuse.Mais retrouver mes croissants en si bonne compagnie, ça me faisait quand même tout chose.Sont-ils si jolis que ça?, me suis-je demandé, assaillie par le doute.C’est que la concurrence était féroce, ma petite gouache de dimension somme toute modeste rivalisant avec des tableaux plus majestueux, plus majeurs qu’elle.Dur moment! Proust estimait que les œuvres les plus précieuses, au delà de leur valeur objective, sont celles qui ont marqué notre sensibilité lointaine pour la première fois.Sans doute a-t-il raison, me suis-je dit en lui lançant un reconnaissant coup de chapeau.Alors, je suis retournée sur mes pas devant ces Croissants en fête, songeant que tout est relatif et subjectif ici-bas.Qu’importait au fond la gloire des solennelles merveilles?Force fut de le constater: cette porte colorée qui m’avait propulsée tout enfant dans un univers d’artiste avec ses lunes et son soleil demeurait vraiment la seule qui résonnait encore dans mon cœur.otremblay@ledevoir.com À l’occasion du 50‘ anniversaire des Jeunesses musicales du Canada (JMC), Fides lançait hier Terre des jeunes.Gilles Lefebvre y livre ses réflexions sur uû demi-siècle consacré à la belle musique, tant aux JMC qu’au Centre d’arts Orford: «Je n’ai jamais cessé d’être un promoteur J et un entremetteur au service ides arts», confie celui dont le même éditeur avait fait paraître, en 1993, La Musique d’une vie.CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR T1 se fait tout discret dans ce récit au-1 tobiographique, le violoniste Gilles Lefebvre, qui, très tôt, se sent doué pour l’organisation, sachant se faire rassembleur, désireux de faire partager sa passion.Il nous montre sa phase de carabin, l’ancien aviateur-musicien, lors de son stage d’études à Paris où il participe aux activités d’un «conservapoire» regroupant quelques étudiants canadiens.Mais il ne faut pas s’y méprendre.Ce jeune stagiaire, rompu à l’austérité — que de nuits sous la tente et de voyages en auto-stop pour éviter de gonfler les frais d’une organisation balbutiante comme les JMC le furent dans les années 50! —, avait déjà le flair pour s’adresser à la crème des formateurs et des interprètes.C’est à lui que l’Université Laval rend hommage, demain, en lui décernant un doctorat honoris causa.Gilles Lefebvre transcrit dans Terre des jeunes un court texte rédigé au moment où il pressentait l’abîme vers lequel se dirigeait le pianiste André Mathieu (1929-1968), dont il était devenu l’ami: «Prodige, j’ai peur pour toi, et, hélas, je ne peux rien contre ton destin, je voudrais te prévenir, je voudrais te montrer le précipice.mais hélas tu ne regardes pas» (page 246).Mathieu, c’est ce compositeur éblouissant et pianiste virtuose duquel le critique Emile Vuillermoz avait écrit (Mathieu venait d’avoir dix ans): «Si le mot génie a un sens, c’est ici que nous pourrons le déchiffrer.» La suite a montré qu’André Mathieu en vint à se plaire dans des pianothons et dans les effets faciles et décevants, même s’il laisse plusieurs compositions remarquables dont on s’inspira pour la musique des Jeux olympiques de 1976.Rêves réalisés D’un autre de ses grands amis, Henryk Szeryng, comme lui violoniste, Gilles Lefebvre révèle comme à contrecœur quelques tics et manies j de vedette; mais c’est plutôt l’attache-tnent au grand artiste qui ressort lorsque l’auteur évoque l’abnégation de Szeryng, qui consacrera trois mois à une tournée avec les JMC en un temps où les cachets ne devaient pas dépasser 50 $.Il y eut surtout cette messe de minuit à Sainte-Angèle-de-Monnoir — pour plaire au curé Lemieux, les violonistes y avaient joué quelques extraits de Bach.«Ce fut l’une de mes dernières performances publiques au violon.» On sent dans ce laconisme à la fois la complicité avec un être admiré et, en filigrane, un regret de n’avoir pas poursuivi une carrière de violoniste.Lefebvre choisit dans son livre, dont la publication précède de peu le congrès de la Fédération internationale des Jeunesses musicales (en août prochain à Chicoutimi), de s’attarder davantage sur les faits encourageants plutôt que sur les lacunes.C’çst là le reliquat de son passage dans la diplomatie, mais cela corres- MUSIQUE Notes de lectures Gilles Lebfebvre JACQUES NADEAU LE DEVOIR bien à l’origine de quelques chalets de guingois; rien à voir avec les lieux qui s’apprêtent à recevoir, du 2 juillet au 14 août, une palette de musiciens (André Laplante et Anton Kuerti sont du nombre).Dans ce livre de Gilles Lefebvre, on apprend sa réticence à accepter les structures autoritaires et son goût pour l’efficacité.Il y exprime sa rage contre «l’arbitraire d’une machine bureaucratique» — le Conseil des arts du Canada, en 1972, refusa une subvention spéciale pour le Journal des Jeunesses musicales du Canada, qui dut abandonner sa parution — et contre ces bureaucrates qui lui créèrent des ennuis à Ottawa lorsqu’il voulut consolider les liens entre la politique et la culture.Sept ans durant, Lefebvre avait dirigé le Centre culturel canadien à Paris, mais son passage dans la haute fonction publique à Ottawa ne lui inspire aucunement, avec le recul, l'enthousiasme qui le caractérisa dans tous ses autres postes.Cet homme qui a connu tant d’êtres exceptionnels nous sert des aphorismes qui ne risquent pas de s’affadir: «Vivre avec la musique, c’est vivre heureux» et «Seul le temps permet au beau d’émerger».PAVILLON 3± DES ARTS DE STE-ADÈLE présente en collaboration avec OGILVY RENAULT AVOCATS Ran ee Lee pond aussi à la sincérité de cet homme qui aime chanter le mérite de collaborateurs effacés (Simone Turner, notamment, qui, à Saint-Hyacinthe, assuma sans rémunération le secrétariat des JMC).Il exalte maintes fois les talents découverts (Michel Dussault, dont un film de l’ONF fit une vedette dès 1955, mais c’est Ronald Turini qui jouait sur la bande sonore!), vante maints artistes associés aux JMC — il fut en quelque sorte le premier à déceler le talent de Maureen Forrester — et s’excuse de ne pas être exhaustif dans la liste des personnages remarquables avec lesquels il fut à même de partager des rêves, le plus souvent avérés.Deux exemples de rêves dont il n’a jamais pensé qu’ils étaient utopiques: le festival de musique présenté à l’oc- casion de l’Exposition universelle de 1967 (Terre des hommes) et la réalisation du camp musical d’Orford, initiative que les Belges et les Allemands n’ont pas tardé à imiter.Lefebvre mit trois ans à préparer le «festival de la démesure», dont il fut le maître d’œuvre principal à l’Expo 67.Il s’attarde sur les hauts faits de son équipe (trois ans de préparation) et des centaines de personnes qui permirent cette «apothéose»: le festival mondial de musique qui valut à Montréal de recevoir la Scala, l’Opéra de Vienne et le Bolchoï, entre autres.Gilles Lefebvre signale l’insigne honneur conféré aux JMC d’animer le pavillon L'Homme et la Musique, rôle qui pouvait équivaloir à celui d’un «pays sans frontière autre que celle du plaisir de la musique».Sur les étapes qui menèrent à ce qui est maintenant connu comme le prestigieux Centre d’arts Orford (qui a sa salle Gilles-Lefebvre et dont le directeur actuel est Yuli Turovs-ky), l’ancien directeur du Conseil des arts de la CUM ne manque pas de souligner l’ampleur du projet, non plus que la vision de l’architecte Paul-Marie Côté et la fragilité de la structure administrative au tout début.Un coup de fil de Maurice Duplessis vint par exemple rassurer la banque sur un découvert de 6500 $.Mais l’affluence de grands maîtres dans ce décor sauvage de l’Estrie a tôt fait de lui assurer une réputation jamais démentie.Lorsqu’un quatuor à cordes est formé de «vedettes» de ce festival, on lui donne le nom de Quatuor Orford.Mais il s’agissait Prélude au Festival de Jazz The musicals - Jazz on Broadway Samedi 19 juin à 20 H Billet:25$ (incluant vin & fromage après le concert) RÉSERVATION: (4 50) 22 9-2 5 86 ^ journal « montreal 1364, chemin Pierrc-Péladeau (sortie 69 de l'autoroute des Laurentides) encore la Chaîne culturelle vous offre encore plus.98,3 FM Moncton 101,9 FM 101.5 FM Allardville Rimouski 3 FM Laméquc 'ifb Radio-Canada www.raduxanada.ca LE NAVIRE « NIGHT > présente Sagesse pratique Le projet Sagesse pratique de Diane Labrosse est un collage, à partir de proverbes, d'une cinquantaine de chansons miniatures réunies sous cinq thèmes : la philosophie, les vérités de La Palice, amour/désir, « soyons pratiques » et la morale.Une émission d'Hélène Prévost André Laplante et l’Orchestre Métropolitain à RADIO-CONCERTS Sous la direction de Joseph Rescigno, l'Orchestre Métropolitain propose les Métamorphoses de Joachim, le Concerto pour piano n" 2 de Bartok avec André Laplante au piano, et la Symphonie n" 3 en la mineur, op.56, dite « Ecossaise », de Mendelssohn.Animation : André Vigeant Réalisation : Anne Dubois % REDI Concert de clôture du festival Musiques au présent RADIO-CONCERTS présente Des voyages et des mémoires, un spectacle de l'Orchestre symphonique de Québec, sous la direction de Walter Boudreau et Denys Bouliane Œuvres de Jean Lesage, Gya Kancheli, Walter Boudreau et Michel Longtin.En solo : la violoniste Julie-Anne Derome.Animation : Catherine Perrin Réalisation : Chantal Bélisle cl Dominique Soutif Wb30 Roméo et Juliette se retrouvent à RADIO-CONCERTS Sous la direction d'Eliahu Inbal.l'Orchestre philharmonique et le Chœur de Radio France vous offre Roméo etJuliette d'Hector Berlioz.En vedette : la contralto Iris Vermillion, le ténor Éric Huchet et le baryton Jean-Philippe Courtis.Présentation : Martine Kaufmann, Radio France, à Paris 100,9 FM Chicoutimi 95,3 FM 90,7 FM 104,3 FM 100,7 FM Québec Estrie Mauricie- Montréal Centre du Québec 102,5 FM 90.3 Ft Ottawa-Hull Toront « L E I) E V OIR.L E S S A M EDI I 2 E T I) I M A N C Il E I 3 .1 U I N I !» !) !) SOURCE MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Aii.iiir la folle Edgar Dogas, Edgar Deçà* V ?K'> LA REALITE A TOUJOURS BESOIN DE LTMAGINAIRE L’été Van Gogh BERNARD LAMARCHE LJ été qui vient sera celui de Van f Gogh.Une de ses toiles les plus convoitées, Route avec un cyprès et un ciel étoilé, qui orne la page couverture de ce cahier, sera à Montréal dans le cadre de l’exposition Cosmos (voir texte de une).Il faut savoir que, pour obtenir que le musée Kroller-Müller, aux Pays-Bas, confie le Van Gogh au Musée des beaux-arts de Montréal, Jean Clair, le directeur du musée Picasso de Pans et commissaire général de l’exposition montréalaise, a dû promettre de prêter quatorze de «ses» Picasso en échange! Par ailleurs, le Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa (MBAC), dont le directeur, Pierre Théberge, est le principal instigateur de l’épopée Cosmos, accueille une sélection pointue de toiles de l’artiste mythique.Depuis hier, donc, et jusqu’en septembre, le MBAC présente un programme double constitué de l’exposition rétrospective des œuvres d’Hono-ré Daumier, présenté ici comme le «Michel-Ange du peuple», et d’une sélection de tableaux concentrée sur le motif des iris.Sept tableaux et deux œuvres sur papier fournissent à cette exposition son contenu.L’exposition Van Gogh, dont les œuvres proviennent de divers musées internationaux, joue de prestige ce qu’elle perd en quantité, rappelant en cela l’exposition Monet présentée à l’hiver par le Musée des beaux-arts de Montréal, une exposition sous la responsabilité de l’ancien directeur du musée.Pierre Théberge.Le musée a voulu rassembler ce petit échantillon «pour étudier l’importance et l’évolution du motif de l’iris dans l’œuvre de Van Gogh au cours de l’hospitalisation de l’artiste en 1889 à Saint-Rémy, dans le sud de la France».L’accrochage est centré sur le chef-d’œuvre appartenant au MBAC, Iris, datant de 1889.Les billets pour ce programme d’été sont en vente depuis près d’un mois.D est préférable, afin d’être sûr d’avoir sa place, de la retenir le plus tôt possible.Les billets donnent droit à des visites aux heures et dates préétablies, comme c’est le cas pour toute grande exposition d’une aussi grande popularité.L’exposition Les Iris de Van Gogh.Pleins feux sur un chef-d'œuvre est une exclusivité du MBAC.• i Paysages revisités Paysages étalonnés Farley présente huit photographies de paysages rompus à la présence humaine.Dans chacune de ses images d’échelle variable, on retrouve la présence d’un corps métamorphosé en borne qui permet de jauger l’étendue de pays couvert par le point de vue photographique.Ce corps, celui de l’artiste, est inscrit dans chacune de ces images, de dos pour résonner avec celui du spectateur et du manipulateur de l’appareil ayant capté l’image et vêtu du même costume au carrelage rouge et blanc.Ainsi, par la récurrence du personnage et son accoutrement qui suggère l’idée d’une mesure, d’un étalon, pour reprendre les mots de l’artiste, un rituel s’élabore, mettant aux prises le corps et le paysage.Dans certaines images, la disparition presque totale de ce personnage omniprésent pose les compositions comme des jeux où le regard se fait scrutateur.Au delà de cette indéniable dimension ludique, les Paysages étalonnés de Farley renvoient à quelques-unes des traditions liées à la photographie comme pratique, à l’histoire de l’autoportrait, à celle du paysage, bien sûr, et à la peinture par ce carrelage dont la fonction régulatrice et le motif ne sont pas sans rappeler les orthogonales de la perspective classique.En ce qui nous concerne, il nous semble difficile d’isoler cette production du contexte canadien d’où elle émerge.Il serait possible de regarder ces images autrement moins mystiques en fonction de l’imagerie produite au début du siècle par le Groupe des Sept.Les toiles caractéristiques du G7 érigent la majestueuse présence de l’arbre esseulé, évincent toute présence humaine et célèbrent le sublime des contrées sauvages du nord de l’Ontario afin de définir la modernité picturale canadienne.Or tout se passe comme si Farley répondait au contraire par l’ins- PROFITEZ DE NOTRE FORFAIT SEJOUR ET MUSEE HÔTEL Loews le concorde QUÉBEC • CHAMBRE AVEC VUE SUR LE FLEUVE • PETIT DÉJEUNER BUFFET • BILLETS POUR LE MUSÉE À partir de 99 S par personne, par nuit, en occupation double.Taxes non incluses.Chambre en classe Hospitalité.L'HÔTEL OFFICIEL DE L'EXPOSITION, A PROXIMITÉ OU MUSÉE DU QUÉBEC, INFORMATION / RÉSERVATION 1 800 463-5256 DU COMPAGNONNAGE Natalie Roy et Denis Farley Musée d’art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu’au 5 septembre g: BERNARD LAMARCHE * |A n appelle “compagnonnage”, ¦»;" VJ dans l’art du jardinage populai-Z.n, cette relation étroite qu’entretiennent £ certaines espèces qui vivent à proximité « ~Vyne de l’autre.Ces rapports qu’elle établissent entre elles peuvent ainsi prendre 'la forme d’entraide, d’influence réciproque, de mise en valeur mutuelle.» Ce ^préambule, vous pourrez le lire dans -Lies salles du Musée d’art contemporain de Montréal (MACM) en introduction au duo inusité que l’exposition Du com-*Zpagnonnage propose.£*! Les conservateurs de l’exposition, •tGilles Godmer, du MACM, et Cari * -Johnson, du Musée régional de Ri-Z mouski, ont choisi ensemble de •Imettre en relation les productions - ^photographiques du Montréalais De-~'nis Farley et des sculptures-installa-' Ttions de Nathalie Roy, de Québec, qui avait participé à l’exposition De fougue et de passion, en 1997, au MACM.Signe des temps, le MACM, avec l’exposition Déclics, en collaboration avec le Musée de la civilisation de Québec, fait lui aussi dans le compagnonnage, cette exposition ayant été inaugurée à Rimouski.L’aventure en vaut la chandelle.Si rien ne permettait de croire, de prime abord, à la justesse de ce rapprochement au demeurant étonnant, les résultats, appuyés par une mise en espace intimiste, sont concluants.La rencontre est produite sous le signe du paysage et suscite des recoupements qui informent réellement la perception de ces deux productions.Paysage étalonné, carrière de marbre, Pyrénées, détail d’une photographie de Denis Farley Renseignements 450.638,1522 et 450.536.3033 Sortez des sentiers battus! cription de son personnage dans des paysages déjà arpentés par l’homme, ce qui donne l’idée de la grandeur, de l’éloignement ou de l’envoûtement de ces paysages que l’artiste doit lui aussi, comme le G7 autrefois, parcourir pour créer ses images.Ainsi domestiqués par l’«étalon-neur», les paysages photographiés reprennent aussitôt leur présence qui, dans certains cas, tient d’une forme de dépassement proche du sublime.Ainsi, il s’agit en quelque sorte d’une réappropriation du paysage, de sa mise au carreau, pourrait-on dire sans jeu de mots, qui ne rabat en rien la mesure de ces environnements.L’art vestimentaire De son côté, non moins percutante mais jouant sur des registres de séduction différents, Natalie Roy propose quatre œuvres d’une tout autre facture.L’artiste évoque également le paysage.Pour confectionner ses œuvres, Roy DEGAS et PISSARRO Alchimie d’une rencontre Cette exposition conçue par le Cabinet cantonal des estampes de Vevey (Suisse) compte 87 eaux-fortes, lithographies et monotypes réalisés par deux des plus grands graveurs impressionnistes, Edgar Degas et Camille Pissarro.Heures d'ouverture: Tous les jours de 10 h à 17 h 45; le mercredi de 10 h à 21 h 45.Droits d’entrée: Adultes: 7$; Aînés (65 ans et plus): 6$; Étudiants: 2,75$; Jeunes de 12 à 16 ans: 2$; Moins de 12 ans et Amis du Musée du Québec: entrée gratuite.Renseignements: (418) 643-2150 www.mdq.org Parc des Champs-de-Bataille, Québec 1857 Eau-fort® Camtfl® Ptoarro.La Mesure, et pcdnt®-8Ôcha.impression 1879 Aquatinte, eau-forte, monotypée.3* état CoHection verms mou et émeri impnmé Josefowitz en couleur» 6* état Colection Josefovrttz Le Musée du Québec : L’Art de passer à l’an MUSÉE DU QUÉBEC SS 17 juin 22 août 1999 Le Musée du Québec est subventionné par le ministère de la Culture et des Communications du Québec utilise le tissu.Dans Les Dentelles de Montmirail (1995), ce sont des tissus bleus et verts chiffonnés et disposés dans une boîte à l’horizontale qui suggèrent des courbes montagneuses immenses.Avec son verre dépoli par endroits, l’œuvre panoramique rend même l’atmosphère laiteuse des hautes cimes.Le travail de Roy procède par accumulation.11 passe par la «mise en boîte» d’éléments répétés.Dans ces contenants qui donnent forme aux sculptures en même temps qu’ils sont la vitrine des objets qu’ils renferment, l’artiste élabore des lieux fantasmatiques en détournant le sens des objets de départ.Dans À fleur de peau (1995), ce sont plus de 300 jupons entortillés que l'artiste dépose dans leur caisse, évoquant le corps par l’étalement de ces nombreuses roses étalées.Ailleurs, un simple tissu à motif floral, sous acrylique dépoli, trompe la banalité du mo- tif.Une dernière œuvre, plus monumentale, se présente sous la forme d’un caisson monolithique rempli de dizaines d’oreillers entassés.La Courtepointe bleue (1996) poursuit le travail de Roy sur les vitrines oniriques (on pense plus particulièrement aux Dentelles.).Réduits à une dimension géométrique, au rang de motif, ces objets n’en perdent pas pour autant leur capacité connotative.A la stratification des oreillers ainsi présentés répondent les diverses couches de sens que peut supporter l’œuvre fie corps ne rôde pas loin).En ce sens, il serait possible d’y voir une métaphore archéologique, relançant les rapprochements entre les deux productions.En effet, le travail de Farley active la question du flâneur en proie à ses déambulations, figure par excellence de la métaphore archéologique.Dans le catalogue, les conservateurs traitent des recoupements entre les deux productions: le corps, le vêtement, le faire — chacune de ses productions renferme une dimension performative, Farley par ses sorties à la recherche des sites à photographier, Roy par le labeur associé à l’accumulation et la mise en pli des étoffes qu’elle manipule —, sans mentionner le plus évident, autour de la notion de paysage.Accessible, intelligemment rendue, cette modeste exposition parvient à mettre en relief de façon satisfaisante les particularités de ces productions invitantes.18h Une nuira vim?absolument! des//Uusées en Montérégie Centre d'interprétation du patrimoine de Sorel Maison nationale des Patriotes Canal de Chambly Musée d'art de Mont-Salm-Hllalre Muséobus, le musée communautaire de l'Enfance et de la Jeunesse Musée du Haut-RIchellcu, musée d'histoire et de la céramique québécoise Musée Marsil • Musée ferroviaire canadien de Delson/St-Conslanl • Musée régional de Vaudreulf-Soulangcs j* - 4 V GERARD DANSEREAU Félins, fusées et espace t a b I e .1 n x r c cent s /ibi/it' juin — GALERIE SIMON BLAIS ® 4521, rue Clark Montréal II2T 2Î3 514.849.1165 Ouvert du mardi au samedi de 10 h on a 1/ h to EXPOSITION ANN McCALL ŒUVRES RÉCENTES JUSQU’AU 30 JUIN 1999 WADDINGTON & GORCE 1446, rue Sherbrooke Ouest Montréal H3G 1K4 Tél.: 847-1112 Fax : 847-1113 Du mercredi au samedi de 10 h à 17 h S E-mail : wadgorce@tolal.nel p Web : http://www.total.net/~wadgorce la galerie d'art Stewart Hall Centre culturel de Pointe-Claire 176, Bord du Lac, Pointe-Claire, 630-1254 Jusqu’au 9 juillet L’Exposition nationale de papier Exposition d’œuvres d’art en papier fait à la main, sélectionnées par un jury organisée par The Prairie An Gallery et Installation commémorative Susan Fowler et œuvres sur papier Entrée libre • Accessible au» fauteuils roulants Du fun.au itndr., delthi It h, lun.et merer, to 1rs, de 19b 4 21 h ¦irai s-; (fermé les fins de semaine durant l’été) .#?*•» «*»•••••••«*••««•#*?«§»»* H«« ?• • ?••••«• *••• t»9**««»»*0*+#8 «»***«< • ••*••• «••?• •*#•*«*#•**•?444 ?*?444 4 4 4 4* ?4*4*44 4* 4.4 -4 ?444 4 f4 4 4 4 4 4.4*4 4 4 4 4 4 Fictions culturelles «Mai» veut refléter la dimension interculturelle du milieu des arts visuels montréalais Du 15 juin au 2 juillet 1999 Kamila WOZNIAKOWSKA Impostures : peintures récentes GALERIE DOMINION 143S.rue Sherbrooke Ouest.Montréal 845-7471 Du lun.au ven.île I Oh a I7li ACADIE ET MUSIQUE BAROQUE du 28 juillet au 2 août Une expérience unique! Concerts au réputé Festival de Lamèque, conférences, auditions préparées, visites des jardins de Métis, du village acadien, de l’aquarium marin, de l'église Sainte-Cécile.QUÉBEC ET GROSSE-ÎLE les 5-6-7juillet et LE SAGUENAY du 10 au 13 août J#' JW Le St beaux detours IRCUITS CULTURELS (514) 276-0207 Période d’inscription prolongée En collaboration avec Nadcau et Rouleau L’autre voyage inc.Détenteur d’un permis du Québec „ AUX COLLECTIONNEURS ET AMATEURS D'ART .ENCAN BÉNÉFICE 1999 Mercredi 16 juin dès 19 h Les intéressés pourront s’inscrire et voir les œuvres ilu lundi 14 juin au mercredi 16 juin de 11 It a 1 h.plus de 30 artistes participants dont MONTPETl I, DfROUIN, I RUDEAU, Va'ZAN, VALADE Au Centre des Arts Contemporains du Québec à Montréal 4247, rue St-Dominique (angle Rachel) Informations : 842-4300 DeSerres mie lUTsriilalion «I* Benson & Hedges People, d’Alfredo Abeijon.PAUL I.ITHERLAND DÉROUTÉS La galerie du Mai 3680, rue Jeanne-Mance, bureau 103 Jusqu’au 20 juin raison de son ambiguïté, suggère également la multiplicité des routes qu’il est possible d’emprunter sur cette voie des cultures plurielles.De façon plus prosaïque, il est possible d’y voir une approche de la manière avec laquelle le spectateur est sollicité dans maintes productions contemporaines, il s’agit moins ici de productions régissant les codes d’une pragmatique de la réception — une œuvre qui prévoit d’amener le spectateur à produire tel raisonnement ou à faire tel geste, programmé à même ses dispositifs — que de productions donnant lieu à un brouillage des significations, du moins pour la plupart.C’est l’un des buts avoués de la plupart de ces œuvres que de faire référence à des réalités sociopolitiques claires afin de mieux déstabiliser le visiteur.L’exposition regroupe les productions de sept artistes montréalais: Alfredo Abeijon, Diane Borsa-to, Marcel Chouinard et Robert Morin, Ramona Ramlochand, César Saëz et Yudi Sewraj.Figures de l’autre Tendus sur des pôles qui plient sous leur poids, plusieurs mètres de ruban adhésif rouge, qui rappelle les cordons de sécurité des policiers, accueillent le visiteur avant même qu’il ne mette les pieds dans la galerie, bloquant l’accès au regard.La pièce, spectaculaire et efficace, recoupe de près ce que nous disions plus haut de la pragmatique de la réception.Placée ainsi près de l’entrée de la galerie, cette Ligue divisante implique nécessairement les déplacements du visiteur et incarne, pour l’artiste, «la structure de divisions» de la culture, qu’il faut contourner.Outre la vidéo de Sewraj, qui présente sur un mode documentaire des personnages fictifs excentriques, le clou de cet accrochage est sans contredit la vidéo de 1984 de Robert Morin et Marcel Chouinard, On se paye la gomme.Éloquent quant aux rapports des cultures entre elles et en ce qui a trait à la perception des cultures étrangères, la bande met en scène — bien qu’à un certain moment on ne soit plus siir de qui joue la fiction, ni des séquences qui pourtant BERNARD LAMARCHE Pour l’inauguration de la galerie du nouveau Centre Strathearn, rebaptisé depuis «Mai» (pour Montréal, Arts interculturels), le duo-vedette de commissaires d’exposition, David Liss et Marie-Michèle Cron, a été invité à produire la première exposition à marquer la nouvelle orientation du centre.La difficulté est double.Non seulement il s’agit de composer avec la configuration du lieu d’exposition, particulièrement ingrate avec sa surface de murs limitée, ses colonnes, et les fioritures qui garnissent l’espace, mais les commissaires avaient à tenir compte du mandat que s’est donné le centre, à savoir refléter la dimension interculturelle du milieu des arts visuels montréalais.L’affaire n’est pas mince.Il y a tout lieu de se questionner sur les paramètres qui définissent l’interculturalisme.«Vague et contesté», précise le communiqué de presse émis pour l’occasion, le terme «suggère une interdépendance com-• plexe et croissante entre les conditions sociales, économiques, politiques et culturelles d’un monde en passe de devenir un village planétaire».Nous voilà donc en terrain connu.Toutefois, pour cette exposition inaugurale, les commissaires y • vont d’un titre, Déroutés, qui connoté, par sa forme adjectivale, l’état de • surprise qu’il est difficile de dissocier du contexte de production des * œuvres ou encore de la réception des œuvres en galerie, l’un n’allant pas sans l’autre.Pour ce qui est de l’interculturalisme, les références fusent de toutes parts dans l’exposition, tant par les diverses communautés culturelles représentées dans les rangs de cette présentation „ .que par les renvois que les œuvres jTSJtablissent en ce qui a trait à diverses réalités culturelles.ç> De plus, le titre, sur lequel il est ^pertinent de s’attarder un peu en Jusqu'au 31 octobre 1999 Renseignements : (514) 817-8228 Dciiy expositions .sur un même thème présentées simultanément au .Musée de la civilisation à Québec (jusqu'au 24 octobre) et au Musée d'art eontemporain de Montréal (jusqu'au 21 oetolire).185.rue Sainte-Catlierine Ouest Montréal (Québec*) métro Plaee-des-Arts C * 5 IVntacoin SCtsR PAUL I.ITHERLAND Vue d’ensemble de l’exposition Déroutés.À droite, l’œuvre de César Saëz: plusieurs mètres de ruban adhésif rouge, qui rappelle les cordons de sécurité des policiers, accueillent le visiteur avant même qu’il ne mette les pieds dans la galerie, bloquant l’accès au regard.nous semblaient clairement prises sur le vif — une soirée vidéo d’une famille qui rejoue son voyage à Acapulco.Gommant les limites entre la vidéo amateur et le documentaire présenté en début de programme à la télé portant sur la dure réalité du tourisme pour les habitants du Mexique, la bande exploite les différences de perception entre les diverses réalités que peut soutenir le rapport à l’exotisme.Le tout prend une tournure cynique lorsque la soirée festive est interrompue par l’arrivée de Mexicains (impossible de dire s’il s’agit d’acteurs professionnels ou de passants réellement dans le pétrin) dans le home douillet (sic) de cette famille, qui rejoue à l’envers les souvenirs de voyages que nous regardions, nous joignant aux fêtards.Une visite impromptue qui laisse perplexe.Par ailleurs, la pièce sur les boat people d’Abeijon, qui donne une belle idée de la dérive des existences, Le clou de cet accrochage est sans contredit la vidéo de Robert Morin et Marcel Chouinard explorant les divers rapports à l’exotisme semble perdre en force en comparaison avec sa présentation à la galerie Clark l’an dernier, perdue dans un espace trop grand qui supporte mal son théâtre intimiste.Pour compléter le parcours, Borsa-to y va d’une table dont le centre est fait de salamis découpés et crochetés.Une œuvre dont les registres personnels passent mal, mais qui ajoute à la problématique soulevée par l’exposition en introduisant une dimension affective, liée aux odeurs.Un retour à une pratique typée des années soixante-dix, et dont il n’est pas sûr qu’elle ne charrie pas des clichés colonialistes sur des valeurs traditionalistes.Quant à la pièce de Ramlochand, un monolithe blanc qui diffuse de l’intérieur une bande vidéo perceptible par un hublot-cadre aménagé sur l’une de ses faces, elle joue tellement de codes ar-chi-connus — voyeurisme, trous de serrure ici rendus tel un miroir réfléchissant, projections fantomatiques sur le corps — que sa portée en est li- mitée.L’œuvre joue sur les réminiscences de lieux de voyages, dissoutes dans l’immatérialité de l’image.Hormis le problème provoqué par la coprésence de pièces sonores fies bandes vidéo et le craquement de la pièce d’Abeijon), un parasitage déplorable, l’exposition fournit un cadre de lecture intéressant pour ces œuvres très inégales.Du biographique Dernier constat, plusieurs des œuvres déploient des métaphores très personnelles, qui passent très peu, à moins de lire les commentaires des artistes (disponibles à l’entrée).Il semble se produire ces dernières années un retour à des problématiques proches du «vécu» des artistes, lequel est mieux soutenu par les recours à des théories issues des cultural studies, qui permettent de donner une assise à l’expression de l’individualité en guise d’universel.Va pour la théorie.Ceci dit, souvent ces œuvres, où un «je» très personnel s’étale, restent relativement opaques si l’on ne détient pas de clé biographique.Et il n’est pas certain qu’il y ait toujours matière à soutenir une œuvre, comme s’il s’agissait par exemple d’abord et avant tout de mettre en relief la mémoire d’un individu en vue de la partager avec un autre individu, par un transfert artistique parfois forcé.Théoriquement, cela tient.Mais une solide réflexion sur le statut du biographique dans l’art comme dans la littérature peut facilement remettre tout cela en question.Un vieux débat, en somme.VERNISSAGE LE DIMANCHE 13 JUIN 1999 Jusqu'au 11 juillet Variations sur.UN COLLECTIF GALERIE Linda Verge MUSEE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Québec li 1 9 juin J999 ( -2 W- - Tombée publicitaire le vendredi 11 juin 1999 Bonne fête Québec B 12 L K 1) E V (IIH.LES S A M EDI I 2 E T I) I M A N C II E I 3 ,1 U I N |
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