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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 1999-07-13, Collections de BAnQ.

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Culture Page B 8 Économie Page B 2 Les sports Page B 6 Télévision Page B 7 ?HORIZONS COUPE DU MONDE DE FOOTBALL L’avenir du foot est-il féminin?Selon les estimations, la moitié des huit millions de joueurs de football aux États-Unis sont des joueuses, ce qui en fait le phénomène sportif de la fin de la décennie Avec leur victoire, samedi, contre l’équipe chinoise, les joueuses américaines ont remporté la Coupe du monde de football.et ont contribué à relancer le débat concernant la création d’une ligue professionnelle féminine.Plus de 90 000 spectateurs se sont massés au Rose Bowl de Pasadena et 40 millions de téléspectateurs ont suivi la finale: l’avenir du football est-il féminin?EMMANUELLE RICHARD LIBÉRATION Iéchaînant des cris de préadolescentes dignes d’un mégaconcert des Spice Girls, les footballeuses américaines ont remporté cette fin de semaine la 31r Coupe du monde féminine au Rose Bowl de Pasadena, dans l’agglomération de Los Angeles.Après celui de 1991, c’e§t le second titre mondial pour les Etats-Unis.Titre obtenu à la faveur d’une victoire en finale face à la Chine 54 aux tirs au but, après deux mi-temps sans but mais haletantes.L’équipe «des queues de cheval», épuisée par trois semaines de tournoi, de frénésie médiatique et un soleil de plomb, s’est heurtée jusqu’au bout à une défense chinoise parfaitement rodée, sous les encouragements d’un stade habité par 92 000 fans scandant «USA! USA!».Des filles, surtout, un drapeau américain peint sur le visage, portant des tee-shirts à l’effigie dçs stars de l’équipe, Mia Hamm et Julie Foudy.A leurs côtés, des mères photographiant sans relâche l’événement.Et enfin, des garçons et leurs pères, venus compléter la plus grande foule jamais rassemblée par un événement sportif féminin aux Etats-Unis — et dans le monde, si l’on en croit les organisateurs.Clinton et marché noir Bilan, le «girl power» scandé par les fans a porté ses fruits: la finale féminine a attiré au moins 10 000 spectateurs de plus que la finale de la Coupe du monde masculine de 1994, dans le même Rose Bowl.Un match Brésil-Italie qui n’avait pas laissé de souvenirs éclatants aux revendeurs de billets au marché noir.En revanche, la finale féminine a vu des billets à 40 dollars US changer de main pour 800 dollars.Le match a même réussi à agiter les lanceurs de paris de Las Vegas.Et tandis qu’il avait envoyé Al Gore assister à la finale des hommes il y a cinq ans, Bill Clinton a tenu à assister au couronnement de ses «giris», leur rendant même hommage dans les vestiaires à l’issue de la compétition.En l’espace de trois semaines de Mondial, les Américaines ont suscité un enthousiasme inédit pour le football féminin, qui dépasse toutes les espérances des organisateurs.Témoin, cette réflexion du président de la FIFA (fédération internationale), Sepp Blatter «J’ai vu le futur du football et le futur du foptball est féminin.» Aux Etats-Unis, le football est déjà féminin.C’est même le phénomène sportif de la fin de la décennie: selon les estimations, 40 % à 50 % des huit millions de joueurs de soccer sont des filles, de plus en plus nombreuses à pratiquer dès l’école primaire.Quand les jeunes garçons admirent les stars du basket Michael Jordan ou Kobe Bryant, beaucoup de filles affichent dans leur chambre des posters de Mia Hamm, 27 ans, la meilleure buteuse internationale.Avec sa désormais célèbre queue de cheval, elle apparaît sur la boîte de la poupée Barbie Foot, ainsi que dans une publicité pour une boisson de l’effort avec Michael Jordan.Les deux stars s’affrontent à toutes sortes de sports, Mia Hamm dominant à chaque fois la légende du basket sur le refrain: «Tout ce que tu peux faire, je peux le faire mieux.» Sport chic L’essor du football, populaire chez les immigrés latinos, est surtout ancré dans les banlieues proprettes de la classe moyenne blanche et repose en grande partie sur les soccer moms.Ces «mamans foot», des mères libérales qui conduisent sans relâche leurs enfants aux entraînements de foot (sport jugé plus chic, plus européen) et deviennent éventuellement entraîneuses elles-mêmes, ou créent des sites Internet pour expliquer les règles de ce sport méconnu.Les joueuses de l’équipe américaine plaisent aux bonnes familles américaines: sympathiques, drôles, saines et pas arrogantes pour un sou beaucoup sont mariées — deux sont mères de famille — et fréquentent l’université.«Elles sont de si bons modèles à suivre!», confiait ainsi Tim La Maccliia, un père de famille venu de Miami suivre la finale à Los Angeles avec ses deux petites filles.«Au fur et à mesure qu’elles grandiront J’espère qu'elles garderont ce jour-là en souvenir, et que cela les motivera.» Mais si ce Mondial a écoulé 650 000 billets pour 17 matchs et aurait rassemblé un total de 16 millions de téléspectateurs, le football féminin revient de très loin.Les Etats-Unis restent connus pour leur dédain de la discipline au ballon rond, comme celui des sports d’équipe joués en majorité par des femmes.Et les clameurs de ce week-end marquent un contraste terrible avec les bâillements qui avaient salué la première Coupe du monde de l’équipe féminine, remportée en Chine en 1991.A leur descente d'avion, de retour aux Etats-Unis, les girls avaient été accueillies par un seul journaliste, envoyé — elles l’avaient appris plus tard — par la Fédération de football.De même, lors des Jeux olympiques d’Atlanta, peu d’Américains avaient remarqué que l’équipe de soccer féminine américaine avait remporté la médaille d’or.La retransmission des rencontres avait même été abandonnée, les directeurs d’antenne craignant que leur public mâle de couch potatoes zappent.Machisme Le dernier coup de sifflet du Mondial féminin ayant à peine retenti, le futur est déjà enterré par certains commentateurs sportifs hommes, agacés par ce succès qu’ils n’avaient pas vu venir et dont ils ne sont aucunement responsables.L’exploit va retomber comme un soufflé, prédit Douglas Looney, le commentateur sportif du respecté Christian Science Monitor de Boston, qui ose une comparaison avec un groupe de rock vétéran: «C'est comme les concerts des Rolling Stones.Ils partent en tournée tous les quatre ans et génèrent de l’attention.S’ils donnaient des concerts tout le temps, peu de gens viendraient.» Avant d’ajouter, visiblement à bout de patience: «Sans l’obsession des États-Unis pour le politiquement correct, le football féminin n'existerait pas.» Certains, comme le Los Angeles Times, glissent des commentaires machos.Le journal californien expliquait jeudi que les footballeuses américaines plaisent parce qu’elles sont athlétiques et sexy.L’une d’entre elles, Brandi tl 1 NM ^ * ¦sis» S- MiKE BLAKE REITERS La joueuse-étoile Mia Hamm est pourchassée par les Chinoises Yunjie Fan et Ailing Liu lors du match de la finale de la Coupe du monde, samedi.Quand les jeunes garçons admirent les stars du basket Michael Jordan ou Kobe Bryant, beaucoup de filles affichent dans leur chambre des posters de Mia Hamm, 27 ans, la meilleure buteuse internationale.Avec sa désormais célèbre queue de cheval, elle apparaît sur la boite de la poupée Barbie Foot, ainsi que dans une publicité pour une boisson de l’effort avec Michael Jordan.Chastain, a même posé nue, fière de montrer ses muscles «plus gros que ceux de papa».D’autres médias, enfin, cherchent vainement une explication au succès phénoménal de la Coupe du monde féminine.Professionnelles?Pour les championnes, la question du futur du football féminin aux Etats-Unis réside surtout dans la création d’une ligue professionnelle.«Nous exigeons une ligue, a décrété Brandi Chas-tain.On ne peut pas nous dire non sous prétexte qu’il n’y a pas assez d'intérêt pour le foot.Nous savons qu’il y en a.» Reste toutefois à convaincre la Fifa.Son porte-parole Keith Cooper fait remarquer que seulement quelques pays ont des ligues professionnelles de football féminin Capon, Allemagne, Suède et Italie, entre autres), lesquelles fonctionnent modestement avec un statut semi-professionnel.«Vous devez vous souvenir que le football féminin au niveau international a à peine dix ans, a déclaré Keith Cooper.Il ne faut pas oublier la considération commerciale.Ça n’a pas beaucoup de sens défaire une ligue, pour la laisser mourir ensuite et entendre les gens vous dire: «Je vous l’avais bien dit!»» Au final, la décision reviendra certainement aux commanditaires.«La ligue est une possibilité plus réelle aujourd’hui qu’il y a trois semaines, au début de la Coupe du monde», a déclaré l’entraineur de l’équipe américaine, Tony DiCicco.La star Mia Hamm constatait pour sa part plus prosaïquement: «Nous savons que nous devons apprécier ce qui nous arrive, parce que c’est très spécial et cela peut très bien ne jamais se reproduire.» En l’espace de trois semaines, les Américaines ont suscité un enthousiasme inédit pour le football féminin.Témoin, cette réflexion du président de la FIFA, Sepp Blatter: «J’ai vu le futur du football et le futur du football est féminin.» h nous ' Construction de 2 gares fluviales, Route 138, Baie-Ste-Catlierine et Tadoussac (Québec).Garantie de soumission : 45 000 $ Clôture : 99-08-24 à 15 h à Sainte-Foy.à 15 h à * Les documents seront en vente à compter du 22 juillet 1999.Vente des documents CIEC 1-800-482-2432 (construction) et MERX 1-800-964-6379 (biens et services).Les documents de soumission peuvent être consultés aux associations de la construction régionales (projets de construction) et aux adresses suivantes : b) Bureau des soumissions, 1200, route de l’Église, bur.3.01, Ste-Foy (Québec), G1V 4Z1, (418) 643-5484.VI Bureau des soumissions, 190, boul.Crémazie Est, 1er étage, Montréal (Québec), H2P 1E2, (514) 873-5485, poste 5622.VI Direction régionale Abitibi-Témiscamingue - Nord-du-Québec, 1, nte du Terminus, 2' étage, Rouyn-Noranda (Québec), J9X 3B5, (819) 763-3146. _/ri n /c\ /*7\ Sportsdesk Classification des films: (1) Chef-d'œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon (4) Bon (5) Passable (6) Médiocre (7) Minable NOS CHOU CE SOIR .¦ ! Stéphane Baillargeon STALINE ET LES PRISONNIERS DE : L’ARCTIQUE Encore une triste histoire soviétique, présentée dans le cadre des Histoires d’aventure.En 1933, Staline a eu la brillante idée d’envoyer un navire franchir le passage du Nord-Ouest Le bateau a coulé.Les survivants, hommes, femmes et enfants, ont dérivé pendant deux longs mois sur un' ; banc de glace avant d’être secourus.* Canal D, 19h L’ÉGYPTE APRÈS LOUXOR Depuis qu’une soixantaine de touristes ont été assassinés par des terroristes sur le site de Louxor, en , Egypte, l’industrie touristique est au plus bas.Avant ce massacre, le tourisme faisait vivre environ trois millions' d’Egyptiens.RDI, 20h THE COLA CONQUEST Première émission d’une série de trois sur l’histoire de la compagnie Coca-Cola, créée par John Pemberton, il y a plus d’un siècle.CBC, 21 h BIOGRAPHIES: CHURCHILL La vie et l’œuvre de ce cher Winston, étudiant médiocre, correspondant de guerre héroïque, ministre de la mari; ne pendant la der des ders et surtout premier ministre pendant la Deuxième Guerre mondiale.r Canal D, 21h D1C ARTS VISUELS Ulysse Comtois n’est plus Figure importante de l’histoire de la sculpture québécoise, artiste dont la critique a souvent apprécié le caractère «éclectique» de la pratique, Ulysse Comtois est décédé samedi dernier au terme d’une longue et pénible maladie.BERNARD LAMARCHE Comtois n’a jamais ces§é de bouger.Il est né, en 1931.A 20 ans à peine, il quitte l’École des beaux-arts de Montréal, où il ne restera qu’un an, préférant fréquenter le groupe encore nouveau des automatistes.Én 1954, il participe à l’exposition La matière chante, jugée par Claude Gauvreau à la fois comme «la fin» mais aussi «l’apothéose de la vie collective automa-tiste».L’année suivante, il participe à Espace 55, exposition qui ouvre la voie aux mouvements postautoma-tistes et plasticiens québécois.En 1963, il obtient le second prix de sculpture au Concours artistique de la province du Québec.En 1967, il réalise la murale du Pavillon Administration and News Building de l’exposition universelle de Montréal.L’année suivante, il est choisi pour représenter le Canada à la prestigieuse Biennale de Venise, édition XXXIV.La consécration la plus importante du Québec lui est décernée en 1978, avec le Prix Borduas qui souligne annuellement le parcours d’un artiste senior québécois.En 1983, le Musée d’art contemporain consacrait à Comtois une grande rétrospective.En 1996, en trois lieux d’expositions sur la Rive sud de Montréal, à la galerie Plein sud (Longueuil), au centre Expression à Saint-Hyacinthe, et au Haut 3' Impérial, à Granby, où l’artiste était né, la critique d’art et commissaire d’exposition Mona Hakim avait organisé une exposition résumant les avenues que le sculpteur et le peintre avait empruntées jusque-là.Comtois a consacré une partie de sa vie à l’enseignement des arts.D’abord, de 1965 à 1972, à l’École des beaux-arts, intégrée à l’Université du Québec en 1968; ensuite à l’Université Laval, jusqu’en 1976; puis à l’université Concordia, où il a notamment été responsable du programme de maîtrise en arts plastiques.Dans les années 60, en se tournant vers des formes et des matériaux industriels, Comtois avait donné une contrepartie locale, avec les Henry Saxe, Jean Noël, et autres Charles Daudelin, à un mouvement d’ampleur internationale.En sculpture, son œuvre se caractérisait par l’imbrication de modules articulés que les visiteurs pouvaient manipuler.Comtois a participé de manière éloquente à la création d’une sculpture cinétique où l’intervention du public était déterminante, en ce qu’elle redéfinissait perpétuellement le profil mouvant des œuvres.Ainsi, Comtois a-t-il contribué au Québec au renouvellement de la sphère artistique, à partir des remous du social.Quelques-unes de ses sculptures, sortes de squelettes métalliques, sont actuellement présentées au Musée d’art contemporain de Montréal, fort à propos, dans une exposition, Déclic, qui jette un regard rétrospectif sur l’art des années 60 et 70 et sur la fusion de l’art, du social et du politique.En sculpture, Comtois a expérimenté plusieurs matériaux: le fer, la pierre, comme le bois laminé.De la peinture Comtois avait débuté sa carrière par le rejet de l’enseignement académique.D s’était mis à explorer le vocabulaire de la peinture abstraite, du tachisme postautomatique.En peinture, il était revenu ces dernières années à la figuration puis, de nouveau, à la peinture abstraite, foulant des sols artistiques autrefois arpentés par Mondrian.Auparavant, l’artiste, au milieu des années 70, s’était rapproché d’une forme de pointillisme.Comtois appréciait l’ouverture d’esprit et l’engagement social des automatistes.Il n’avait jamais baissé les bras à ce sujet, n’ayant pas la langue dans sa poche.«C’est l’illusion d’une culture que nous vivons», déclarait-il, il y a quelques années, déplorant le manque de culture du Québec.Son art était fait un de curiosité, vertu qu’il a toujours défendue, alors qu’il se frottait volontiers à plusieurs manières, plusieurs styles, pour mieux en comprendre les mécanismes.Il aura refusé fermement de se cantonner à une seule pratique, un seul style, une seule discipline.Dans les années 60, oscillant entre sculpture et peinture, il avait frayé du côté de la sculpture polychrome.Il aura exercé le métier de photographe et, de 1954 à 1962, celui de monteur de films à Radio-Canada, où il aura travaillé également en étroite collaboration avec le service de nouvelles.Ulysse Comtois laisse dans le deuil son épouse, madame Louise Masson.Une cérémonie commémorative aura lieu, mais la date et le déroulement n’en sont pas encore arrêtés.JACQUES GRENIER I.E DEVOIR Ulysse Comtois E N Les Francofolies se déplacent (Le Devoir) — Les Francofolies se voient dans l’obligation de déplacer des spectacles pour cause de débrayage à la Place des Arts.Sept spectacles de la série Les Événements HydroQuébec seront relocalisés au Théâtre Saint-Denis et au Théâtre Olympia, sans changement de dates.Le spectacle d’ouverture avec Diane Dufresne, Claude Dubois et Kevin Parent, le spectacle 1x5 Nouvelle génération et les deux Carte BREF blanche à Isabelle Boulay seront présentés au Saint-Denis.Le Théâtre Olympia accueillera la Carte blanche à Claude Léveillée, la Fête à Michel Rivard et le spectacle de Jacques Higelin.Les détenteurs de billets pour l’un ou l’autre des spectacles pourront obtenir de nouveaux billets le soir même des représentations à la porte de la salle désignée ou pourront les échanger dès le jeudi 15 juillet, à midi, en se présentant, billets en main, au guichet de la Place des Arts.Toute information peut être obtenue par la ligne Info-Franco Bell au (514) 876-8989.-?LE DEVOIR «- CULTURE SOURCE CINÉMATHÈQUE QUEBECOISE Om JskÉM Laissez passer les clowns La Cinémathèque présente une rétrospective Charlie Chaplin REVOIR CHARLIE CHAPLIN Cycle Charlie Chaplin présenté à la Cinémathèque québécoise, du 13 au 25 juillet 1999, dans le cadre du Festival Juste pour rire.18 courts, moyens et longs métrage au programme.Pour connaître l’horaire: (514) 842-9768 ANDRÉ LAVOIE Le regretté Pierre Perrault se plaisait à dire que le cinéma ne l’intéressait pas et qu’il se méfiait beaucoup de la fiction, véritable machine à manipulation.Par contre, il éprouvait une affection particulière pour Charlie Chaplin, qualifiant sa démarche de «plus poétique que cinématographique».Nous pourrons en juger par nous-même puisque la Cinémathèque québécoise, à compter d’aujourd’hui, nous propose de rigoler de manière intelligente (tout en versant quelques larmes.) avec cette rétrospective de l’œuvre du créateur du plus célèbre vagabond du monde, le dénommé Chariot.Derrière sa moustache, son petit chapeau melon, ses grandes chaussures et son inséparable canne, Chariot a longtemps dissimulé un cinéaste de talent doublé d’un véritable touche-à-tout, possédant à la fois une bonne oreille musicale (il a composé la musique de plusieurs de ses films) et un prodigieux sens des affaires.Dès 1919, avec la fondation de la United Artists, il s’assure du contrôle quasi total de son œuvre mais n’est pas l’abri des revers du destin malgré sa notoriété mondiale et des cachets impressionnants: mariages ratés et divorces tapageurs, campagnes de dénigrement dans les médias et surveillance étroite du FBI, de 1922 (après la sortie du Kid) jusqu’au début des années 70, alors qu’il vit en Suisse depuis 1953, autre charmante initiative du grand patron de l’agence à cette époque, le redoutable Edgard Hoover, qui voyait des communistes partout, jusque dans sa soupe.Cette rétrospective ne se veut certes pas exhaustive, avec en tout et pour tout 18 films alors que le cinéaste en a tourné plus d’une soixantaine, dont de nombreux courts métrages coréalisés, entre 1914 et 1915, par Mack Sen-nett, Mabel Normand et Henry Lerh-man.La Cinémathèque propose les longs métrages qui ont rendu Char- Charlie Chaplin dans City Lights lot et Chaplin aussi célèbres l’un que l’autre, comme The Kid, The Gold Rush, The Circus, Modem Times et City Lights.S’y greffent quelques courts et moyens métrages des années 10 et 20, correspondant à une période d’activité particulièrement fébrile pour Chaplin: A Dog’s Life, Sunnyside, A Day’s Pleasure et The Idle Class.Mais ce panorama permettra aussi à ceux qui l’ignoraient (et ils sont nombreux) de découvrir d’autres personnages, tout aussi loufoques et pathétiques, que le cinéaste incarna à l’écran, la figure de Chariot les ayant parfois éclipsés.C’est ainsi qu’ils pourront faire connaissance avec l’énigmatique Henri Verdoux (Monsieur Verdoux), Shahrov, roi déchu et ruiné (A King in New York), Calvero, célèbre clown vieillissant et alcoolique qui ne fait plus rire personne (Limelight) et surtout avec la double figure du barbier et du dictateur sanguinaire Adenoid Hynkel (The Great Dictator).En plus de se moquer du pitoyable Aldolf Hitler, ce film annonçait, dès 1940, les ravages qu’il causerait en Europe.De leur côté, les Américains accueillirent l’œuvre avec froideur, n’y voyant que le pamphlet d’un «communiste» (Roosevelt lui-même ne portait pas Chaplin dans son cœur après la sortie du film, dans lequel il voyait un obstacle gênant à ses relations amicales avec l’Allemagne nazie.), non l’œuvre d’un visionnaire.D’après Georges Simenon, à leur grand désarroi, les Américains «ont découvert l’anarchiste!».Pour cette rétrospective, tous les grands films de Chaplin sont au rendez-vous, sauf peut-être The Immi- grant, alors que s’amorce un véritable tournant dans l’univers de Chariot, ses pitreries s’inscrivant dorénavant dans un contexte plus tragique.S’y ajoutent, à titre de curiosités, quelques courts métrages dirigés par le Canadien Mack Sennett, à l’époque où il est embauché par la Keystone.Les spécialistes de Chaplin signalent également une série documentaire de Kevin Brownlow et David Gill réalisée pour la télévision britannique, Chaplin inconnu, et qui, grâce à un minutieux travail de recherche, contient des nombreuses scènes inédites, dont plusieurs tirés de The Circus.En attendant que la Cinémathèque ou un télédiffuseur mette la main là-dessus, courez voir le cinéaste et l’acteur le plus drôle, le plus intelligent et le plus engagé de toute la programmation du Festival Juste pour rire.Fortement conseillé aux humoristes québécois.Le CCA récompense Peter Eisenman L’architecte propose la création d’un nouveau parc à New York STÉPHANE BAI LLARGEON LE DEVOIR La Fondation internationale du Centre Canadien d’Architecture (FICCA) a remis son premier prix à l’architecte américain Peter Êisen-man.Le lauréat a proposé un plan d’aménagement pour le secteur de Midtown, à New York, une section isolée et peu accessible de l’île de Manhattan.Son projet comprend un parc et plusieurs nouveaux édifices, dont un nouveau Madison Square Garden et un grand stade.Une bourse de 100 000 dollars américains a été remise au lauréat le 28 juin dernier, par Phyllis Lambert, fondatrice du CCA, pendant une cérémonie organisée à New York.La récompense de la FICCA, attribuée tous les trois ans, cherche à encourager de nouvelles contributions à l’aménagement des villes contemporaines.Le premier concours demandait aux participants de proposer un plan de développement urbain pour une partie de l’ouest de Pile de Manhattan.Cinq bureaux d’architectes, parmi plus d’une centaine de candidatures, avaient été retenus par le jury interna- tional en février dernier Ben van Ber-kel et Caroline Bos (Amsterdam), Thorn Mayne (Santa Monica), Cedric Price (Londres), Jesse Reiser et Nana-ko Umemoto (New York) et bien sûr Peter Eisenman (également de NY).Le jury a retenu le projet de ce dernier proposant notamment de transformer une grande partie de Midtown en parc.L’espace naturel en plan suivrait la 30' rue, de la rivière Hudson à la huitième avenue.L’architecte a décrit ce parc virtuel comme «un rempli dans le tissu urbain».À l’ouest, cette bande naturelle serait reliée au Hudson River Park, permettant ainsi aux piétons de passer au vert des berges au centre de Midtown.Ce n’est pas tout.Le plan d’aménagement d’Ei-senman imagine plusieurs édifices multifonctionnels et deux complexes sportifs.Le plus imposant du lot serait érigé Huitième Avenue, sur le site présentement occupé par le Madison Square Garden.Le centre sportif serait reconstruit au sud du nouveau parc, près d’un agrandissement du centre des congrès Jacob Javits.Idéalement, le métro de la ligne 7 serait prolongée jusque là.Un autre complexe sportif, incluant un stade, serait érigé près le rivière Hudson.Eisenman propose de le développer à temps pour promouvoir l’éventuelle candidature de New York pour l’organisation des Jeux olympiques en 2012.La Grosse Pomme est en lice avec six autres villes pour devenir la candidate américaine officielle à ces Jeux d’été.On nage évidemment dans la spéculation pur jus.Rien n’assure non plus que le projet primé sera réalisé en entier ou même en partie.Mais l'objectif du prix de la FICCA n’est pas d’abord de stimuler les réalisations concrètes, mais bien de «stimuler l’expression de pensées nouvelles, [.] d’inciter les architectes à réexaminer avec audace l’aménagement des villes existantes et de susciter parmi les populations une demande de nouveaux «Les participants ont établi les termes dans lesquels nous devrons dorénavant penser la ville» départs», comme le dit un document du CCA «La qualité des travaux soumis par les cinq concurrents était extraordinaire», a d’ailleurs déclaré Phyllis Lambert en dévoilant le nom du lauréat, il y a trois semaines, osant même une petite allégorie sportive, bien de circonstance.«Tout comme l’an dernier la course au record du plus grand nombre de circuits entre Mark McGwire et Sammy Sosa a élevé le baseball dans son ensemble, les inscriptions au prix de la FICCA ont rehaussé l’ensemble des discussions sur le rôle de l’architecture dans la cité.Avec leurs analyses, les participants ont établi les termes dans lesquels nous devrons dorénavant penser la ville.Leurs propositions représentent un gain important pour New York.La ville va vouloir les examiner toutes et relever ce défi.» La présidente du jury de la FICCA a été particulièrement élogieuse pour le projet de Peter Eisenman, un architecte auquel le Centre Canadien d’Architecture a déjà consacré une exposition.L’architecte lui-même a décrit sa proposition comme «un livret pour un opéra», en rappelant que c’est finalement la performance sur scène qui décide de sa véritable valeur.^ publié le samedi 28 août 1999 ) culturelle Date de tombée: le vendredi 20 août 1999 ie devoir! , i 1
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