Le devoir, 14 juillet 1999, Page(s) complémentaire(s)
Vol.X C n " i 5 r> ?-?FONDE EN 1910 ?- LE DEVOIR Les vérités qui consolent doivent être démontrées deux lois (Jean Rostand) M O N T R É AL.L E M E R C R E I) I I l .1 U I L L E T 1 9 9 9 8 7 C + T A X E S = I $ / T O R O X T O 1 $ PERSPECTIVES Pauvre avec emploi La réforme de l’aide sociale aux Etats-Unis, une porte sur l’emploi?Oui, mais au salaire minimum.La statistique la plus frappante au sujet des bénéficiaires américains de l’aide sociale est la vitesse à laquelle leur nombre a chuté.Suspect.Elles étaient plus de cinq millions de familles américaines à toucher des prestations en 1994; elles sont aujourd’hui moins de trois millions.Le résultat combiné d’une Amérique hypnotisée de prospérité, qui n’a par ailleurs cessé, par toute une série de mesures législatives et présidentielles, de resserrer les critères d’accès aux mesures d’aide sociale depuis quelques années.Dérangeant paradoxe.Comme à l’échelle internationale, les pays riches n’arrêtent pas de réduire leur aide aux pays pauvres.Aux Etats-Unis, des bureaux de l’aide sociale sont élégamment rebaptisés «centres d’emploi», comme ici on est passé de l’assurance-chômage à l’assurance-emploi.Question: où sont-ils donc allés, tous ces ex-prestataires?Au travail, pour la plupart, selon une récente étude déposée au Congrès et dans laquelle était brossé le tableau de la situatipn dans sept Etats américains.Les Etats-Unis aiment se vanter d’avoir Ie taux de chômage le plus faible en vingt ans.Mais c'est aussi un retour au travail à des salaires — le salaire minimum est de 5,51 $ US l’heure — qui ne permettent pas à une large V W proportion d’entre eux de sortir de i I la pauvreté, de payer le loyer, le chauffage, l’électricité.et de man-t L_l| ger à leur faim.Résultat; une recon-Guy figuration pour ces Américains de la Taille fer faç°n de remédier à leur indigence.Autre statistique, très parlante: ?* ?comme le nombre de prestataires de l’aide sociale, le nombre de personnes touchant des bons d’achat alimentaire (ce qu’on appelle les food stamps) a lui aussi chuté massivement, passant de 28 millions à moins de 19 millions au cours des quatre dernières années.En même temps, les rangs des soupes populaires et des comptoirs alimentaires n’ont cessé, eux, de grossir.C’est en Arizona que l’adéquation est la plus parfaite: la diminution du recours aux bons d'achat correspond exactement à l’augmentation de la demande enregistrée auprès des organismes caritatifs.Si bien que les soupes populaires ont vu leur clientèle se modifier.Leurs utilisateurs deviennent des clients réguliers, là où il y a vingt ans une personne qui y avait recours le faisait plutôt pour cause d’urgence ponctuelle.Une étude de Second harvest, le réseau privé de secours le plus grand des Etats-Unis, indique que 40 % des 21 millions d’usagers ayant utilisé ses services en 1997 provenaient d’un foyer où au moins une personne travaillait Comme si la chasse à la nourriture devenait pour plusieurs une sorte d’epiploi secondaire.L’urgence devient permanente.A New York, dans certains «centres d’emploi», des fonctionnaires zélés ont commencé l’année dernière à suggérer explicitement aux demandeurs de se rendre dans les soupes populaires plutôt que de réclamer les food stamps auxquels, disent les groupes de défense, plusieurs auraient pourtant normalement droit Dans un jugement rendu en janvier dernier, un juge fédéral est d’ailleurs parvenu à la conclusion que les demandeurs faisaient l’objet de restrictions excessives.La Ville s’est amendée.C’est pourtant la tendance, à l’échelle du pays.Ce désengagement étatique est du reste admis dans l’opinion publique américaine, animée par un sentiment anti-welfare.Les groupes conservateurs qui ont façonné la «réforme» estiment que l’aide sociale est une responsabilité de nature fondamentalement privée, non publique, et que le transfert de cette responsabilité aurait dû avoir lieu il y a longtemps.La charité, disent-ils, n'est pas affaire de gouvernements.C’est une opinion admise au point que le candidat républicain à la présidence américaine, George W.Bush, tenant d’un «conservatisme de compassion» et meneur dans la course à la Maison-Blanche, en a fait très ouvertement un thème principal de sa campagne électorale.Élu président, il recomposerait le filet de sécurité social en mobilisant contre la pauvreté les Églises et les organisations caritatives, ces «soldats de l’année de compassion» dont il juge les ressources sous-utilisées.Acteur de cette réforme de l’aide sociale, Bill Clinton vient, lui, de promettre que, pendant les dix-huit derniers mois de sa présidence, il s’emploierait à faire partager la richesse ambiante aux 35 millions d’Américains qui vivent toujours sous le seuil de pauvreté.Il était dans le Kentucky la semaine dernière pour le dire, en sirotant du Mountain Dew.Il voudrait voir les investisseurs privés injecter 15 milliards dans les régions urbaines et rurales pauvres au cours des cinq prochaines années.Ambitieux.Ses détracteurs trouvent que, renouant en fin de mandat avec l’image d’un président aux préoccupations sociales (il voudrait aussi, en allant puiser dans les immenses excédents budgétaires de l'État, s’entendre avec le Congrès sur une réforme des régimes de retraite et du système d'assurance-maladie pour les personnes âgées), le président s’y prend un peu tard pour que ce soit crédible.Difficile à croire, ce monsieur Clinton?Le nombre de «pauvres avec emploi» qui se bousculent aux portes des soupes populaires donne à le penser.M É T É 0 Montréal Ensoleillé.Max: 28 Min: 15 Québec Ensoleillé.Max: 28 Min: 13 Détails, page B 4 a a c O o- I N Annonces.B 4 Avis publics.A4 Culture.B 7 Economie.B 2 Éditorial.A 6 Horizons.B 1 D E X Le monde.A 5 Les sports.B 6 Montréal.A 3 Mots croisés.B 4 Politique.A 4 Télévision.B 7 www.ledevoir.com HORIZONS Les cauchemars d’un soldat serbe, page B1 CULTURE Le Cirque Éloize au Festival d’Édimbourg, page B 8 ÉCONOMIE La SGF injecte 12 millions: Métaforia choisit le Stade olympique, page B 2 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une pancarte sans grévistes devant l’hôpital Notre-Dame.Les négociations ont repris tel que prévu hier.HP* La trêve des infirmières Des négos bien amorcées Les hôpitaux ont fonctionné hier selon l’horaire d’été normal MARIE-CLAUDE DUCAS LE DEVOIR Les négociations ont repris à 9h hier matin entre la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec et le gouvernement, aux bureaux montréalais du Conseil du trésor.Les deux parties ont toutefois convenu de ne rien laisser filtrer de la façon dont se déroulent les négociations, pour ne pas risquer de compromettre leur développement.Les négociations étaient toutefois bien amorcées hier, et on prévoyait, en fin de soirée, qu’elles se dérouleraient jusque tard dans la nuit Les infirmières ont levé les piquets de grève hier matin, à 8h.La trêve doit cependant prendre fin 48 heures plus tard, c’est-à-dire demain matin, à 8h, quelle que soit l’issue des négociations.Les 600 délégués régionaux de la FIIQ tiendront ensuite, dans la journée de demain, un conseil fédéral spécial à Laval afin de discuter du résultat de ce blitz de négociations.En attendant, on avait repris hier dans les hôpitaux le rythme de travail qui prévalait avant le déclenchement de la grève, le 26 juin dernier.«Les hôpitaux fonctionnent selon l'horaire d’été normal, c’est-à-dire à 60 % de leur pleine capacité, indique François Mardi, porte-parole de l’Association des hôpitaux du Québec (AHQ).Les cliniques externes sont ouvertes, les urgences aussi, et tout fonctionne à plein.Les gens en profitent.» VOIR PAGE A 8: INFIRMIÈRES Freiner le saccage du paysage architectural L’historien de l’art Michel Lessard dénonce la détérioration du patrimoine des villages Il est loin le temps où les colons recrutés par les seigneurs défrichaient les premières terres cultivées le long du Saint-Laurent Mais comme il serait bon pourtant de trouver, le long des routes québécoises, des échos du passé dans les lieux préservés de jadis.Historien de l’art et passionné du Québec, Michel Lessard part à la rescousse du patrimoine et dénonce le saccage du paysage architectural traditionnel dans les villages du Québec.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Au Québec, c’est la débandade depuis une trentaine d’années», lance l’historien Michel Lessard de son bureau de l’UQAM.Partout, sur les routes de campagne du Québec, les maisons, qu’elles soient de l’âge français ou victorien, que leur toit soit abrupt, en accent circonflexe, mansardé ou plat, ont été rénovées, transformées, sans le moindre égard pour leurs matériaux d’origine, leur époque.Des bâtiments de caisses populaires ou des bureaux de poste, construits sans considération pour l’environnement, jurent dans l’ensemble architectural et institutionnel traditionnel de l’église, du cimetière et du presbytère.«On assiste à une détérioration de nos paysages», constate Clément Bourget, un urbaniste qui travaille depuis dix mois au programme Villes et villages d’art et de patrimoine.Des garages ou des commerces en tous genres, bâtis à la diable, peuvent venir entacher des paysages autrement grandioses, sans autre forme de procès.Un ami de Michel Lessard, historien comme lui, voyageant régulièrement entre La Malbaie et Ottawa, lui a même confié qu’il traversait désormais le Québec de nuit pour ne pas contempler le saccage du patrimoine.VOIR PAGE A 8: SACCAGE •;V - ' WES LAFRAMBOISE.VILLAGES PITTORESQUES DU QUEBEC Une entrée du village de Frelighsburg, en Montérégie.Les anglophones ont une sensibilité développée en matière de patrimoine, constate l’historien de l’art Michel Lessard.Le français des fiiturs profe est déficient Un rapport du CLF propose un test obligatoire pour tous les étudiants des sciences de l’éducation PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Tous les étudiants des sciences de l'éducation, les futurs professeurs, devraient être tenus de réussir une épreuve de français écrit et oral pour l’obtention de leur diplôme.Cette recommandation émerge d’une étude réalisée pour le compte du Conseil de la langue française, avec la collaboration d’une vingtaine d’experts en la matière, sous la coordination de l’éminent linguiste Jacques Morais.Intitulé La qualité de la langue: un projet de société, le volumineux rapport pose un diagnostic sur l’amélioration de la qualité du français au sein de la société québécoise pour conclure que c’est d’abord à l’école que revient la mission d’améliorer les pratiques langagières et d’amener les jeunes Québécois à utiliser «la langue standard, c’est-à-dire le français correct».En rappelant que la compétence des enseignants est à l’origine de tout le processus d’amélioration de la qualité du français, les auteurs de l’ouvrage constatent l’échec relatif des dernières années.L’on y évoque notamment l’avis d’un membre de la Commission de terminologie de l’Office VOIR PAGE A 8: FRANÇAIS Prendre aux pauvres pour donner aux riches Ly Institut C.D.Howe, de Toronto, juge très sévèrement ’ le système de péréquation intergouvememental canadien.Une récente étude conclut que l’un des effets pervers du système actuel fait en sorte que l’on prend aux pauvres pour donner aux riches.Dévastateur, le document constate que le fonctionnement des transferts gouvernementaux est désuet et qu'en conséquence, il doit être revu de fond en comble.Une analyse qui tombe à point nommé pour le premier ministre québécois Lucien Bouchard.® Nos informations en page A 2 778313000665 LE DEVOIR.LE MERCREDI 14 JUILLET 1 !) 9 !) A 8 —-?LE DEVOIR ?— ACTUALITES EN BREF Hydro-Québec en appelle au Conseil des services essentiels (Le Devoir) — HydrœQuébec a décidé, hier, de faire appel d’urgence au Conseil des services essentiels afin que les avaries qui affectent le poste de distribution Hertel, à Laprairie, soient réparées dans les plus brefs délais.Selon Radio-Canada, la situation serait à ce point «délicate et critique» au poste Hertel que l’alimentation électrique du centre-ville de Montréal, de l’ouest de la ville et d’une partie de la RiveSud en serait menacée.Une panne de courant due à un bris d’équipement au poste Hertel avait affecté lundi 145 000 abonnés dans la zone concernée.C’est la première fois quHydro-Québec établit un lien entre ce type de panne et la grève des opérateurs et des employés d’entretien de la société d’Etat Les moyens de pression ne devaient en principe viser que les équipements destinés à l’exportation.Défections chez Bell (Le Devoir) — Des 1000 téléphonistes de Bell Canada qui avaient conservé leur emploi à la suite de la restructuration de l’hiver dernier, 362 ont quand même décidé de partir.Désillusionnées, ces employées ont refusé de se soumettre aux nouvelles conditions de travail qui leur étaient offertes, a révélé hier Radio-Canada.Alors que 1372 téléphonistes avaient été finalement congédiées au printemps, les autres avaient jusqu’au 30 juin pour choisir de rester ou de quitter moyennant des indemnités allant de six à seize mois de salaire, selon l’andenneté.Certaines démissionnaires ont expliqué leur décision par le fait que les événements des derniers mois les avaient complètement démotivées, les ayant privées du plaisir d’accomplir leur tâche.Liaison rétablie (Le Devoir) — Interrompu en pleine heure de pointe, lundi après-midi, le service sur la ligne de trains de banlieue Montréal-Blainville, avait été rétabli hier matin.Cette panne impromptue a obligé l’Agence métropolitaine de transport (AMT) à mettre en place un service alternatif d’autobus.FRANÇAIS Le rapport du CLF contient 70 SUITE DE LA PAGE 1 de la langue française, Robert Dubuc: «La formation de nos maîtres en matière de langue est très déficiente.Si nos maîtres enseignent mal le français, c'est qu’ils le connaissent mal parce qu'ils n’ont pas reçu une formation adéquate pour le bien enseigner.» Professeur de didactique des langues à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, Gilles Bibeau évaluait ainsi en 1996 les compétences linguistiques de ses étudiants: «Seulement 15 % d’entre eux sont très bons en français et mériteraient un A; 30 % sont bons avec un B; 15 % sont moyens (C) et les autres sont carrément médiocres (D) et (E).» Le rapport contient plusieurs autres suggestions visant à renforcer la compétence linguistique en milieu universitaire: que les textes et ouvrages destinés à l’enseignement universitaire soient révisés par les terminologues et linguistes de l’Office de la langue française; que les universités adoptent l’épreuve de la note de synthèse pour les étudiants du premier cycle, à l’instar de l’Ecole des hautes études commerciales de Montréal et des grandes écoles françaises; que l’on impose, sous peine de renvoi, une «connaissance pratique» du français à toute personne au service d’une université francophone depuis plus de deux ans.Dans la préface qu’elle signe, la présidente du Conseil de la langue française, Nadia Brédimus-Assimo-poulos, ne s’engage pas à mettre de l’avant le plan d’action défini dans le rapport Maurais, même si elle y voit des pistes de réflexion intéressantes: «On souscrira probablement d’emblée à certaines, on pourra vouloir en approfondir ou en critiquer d’autres, voire les remettre en question.» Quoi qu’il en soit, dans cette œuvre majeure l’on peut lire quelque 70 recommandations réparties en une douzaine de têtes de chapitres.En voici les plus significatives: L’école: ¦ Que le ministère de l’Éducation s’assure que les exigences linguistiques soient élevées envers les élèves; ¦ que l’on donne des orientations claires quant à la responsabilité des enseignants d’autres matières dans l’utili- sation d’une langue correcte, spécialement à l’écrit; que non seulement l’ensemble du corps enseignant mais aussi les administrateurs scolaires assument leurs responsabilités tant en langue écrite qu’en langue orale; ¦ que l’on entreprenne une recherche d’envergure pour évaluer l’état actuel de la langue parlée par les jeunes dans les écoles.Le collège: ¦ Que l’évaluation des travaux d’élèves dans toutes les disciplines considère la langue comme un élément fondamental; ¦ que les élèves des collèges écrivent plus de textes et que, pour atteindre cet objectif, l’on réévalue la tâche des enseignants de français.L’université: ¦ Que les universités procèdent à une description de la situation du français, sur le modèle de l’analyse linguistique que doivent faire les entreprises; cette étape franchie, que les universités adoptent une politique linguistique.L’Administration : ¦ Que les organismes de l’Administration (le gouvernement) veillent à ce que leur affichage soit correct du point de vue de la langue; que leurs appareils présentent des inscriptions en français; que leurs logiciels soient en français; ¦ que l’on corrige enfin les lacunes en matière de qualité de la langue dans la signalisation routière; ¦ que l’Administration cesse d’incorporer à ses règlements des normes techniques rédigées uniquement en anglais; ¦ que l’Administration veille à corriger en priorité les textes normatifs, c’est-à-dire les textes comme les lois, les règlements, les conventions collectives, qui régissent la vie et les conditions de travail de dizaines de milliers, voire de millions de citoyens et qui influencent aussi leurs usages linguistiques; que pour atteindre cet objectif l’on crée un comité chargé d’établir la liste des termes fautifs les plus fréquents dans les textes de lois et que l’on étudie la possibilité d’adopter une loi pour corriger d’un coup ces erreurs fréquentes.recommandations Les communications: ¦ Que l’on entreprenne des recherches sur la langue des médias, portant en particulier sur le respect des règles de grammaire et de syntaxe, sur le vocabulaire et sur les anglicismes; ¦ que l’on améliore la formation linguistique des communicateurs et que l’on perfectionne le personnel en place dans les entreprises de presse.Les langagiers: ¦ Faire comprendre aux gestionnaires que c’est un mauvais calcul de toujours faire effectuer les traductions au plus bas coût possible, car cela se fait souvent au détriment de la qualité.Le monde du travail: ¦ Que l’on étudie la possibilité d’introduire dans la procédure d’enregistrement des raisons sociales la délivrance d’un «visa linguistique»; qu’ainsi, il ne soit plus possible d’enregistrer une raison sociale sans obtenir au préalable par écrit l’approbation linguistique de l’Office de la langue française; ¦ que l’OLF se penche sur l’utilisation dans les entreprises de logiciels anglais courants, notamment dans les activités de gestion; ¦ que l’on étudie la possibilité d’accorder la parité à la représentation des travailleurs au comité de francisation et que l’OLF contrôle le mode de nomination des représentants de travailleurs.La langue des services: ¦ Que l’Office de la langue française intervienne auprès des propriétaires de restaurants qui, surtout à Montréal, «sont souvent des immigrants», pour leur expliquer la Charte de la langue française et leur fournir des conseils dans la rédaction de leurs menus; qu’une intervention soit faite auprès des principaux imprimeurs de menus.La langue parlée: ¦ Que l’on crée un comité pour étudier la problématique de la langue parlée au Québec, de son évolution et de la définition d’un modèle de prononciation destiné en particulier aux enseignants; que le Conseil de la langue française se charge de cette initiative.Pommiers endommagés Dunham (PC) — Epargnés par le verglas en 1998, les producteurs de pommes de la région de Dunham et Frelighs-burg n’ont pu échapper aux orages du 5 juillet De 15 à 20 % des pommes ont été rabattues au sol et jusqu’à 40 % de pommiers nains et semi-nains ont été partiellement déracinés ou cassés par les vents violents.Les pommes tombées si précocement sont donc perdues et la fragilité des racines pourrait fortement influencer la prochaine récolte.Les dommages infligés aux arbres par le vent n’étant pas inclus dans les contrats d’assurances agricoles, les producteurs font free à des pertes importantes, ce qui les amène à se tourner vers les différents paliers gouvernementaux.Selon le député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, les producteurs de pommes sont soumis aux mêmes évaluations que les acériculteurs.Les programmes d’aide peuvent couvrir jusqu’à 90 pour cent des dommages encourus.Protestation autochtone Kamloops, C.-B.(PC) — Les Indiens Shuswap envisagent de constituer une milice pour protéger des ressources naturelles qui sont, à leur avis, vendues illégalement par le gouvernement de Colombie-Britannique.Le chef Richard LeBourdais, de la bande Whispering Pines-Clinton, estime qu’un groupe de défenseurs autochtones devrait être formé et chargé de protéger et de surveiller le bois d’œuvre, les pêches et autres ressources naturelles.Quelque 400 autochtones protestaient contre le gouvernement, hier, sous l’étroite surveillance d’agents de sécurité et de la Gendarmerie royale du Canada.’¦P-** WES LAFRAMBOISE, VILLAGES PITTORESQUES DU QUEBEC La rue principale du village de Deschambault, dans les environs de Québec.La route est bordée des deux côtés de belles demeures témoignant de l’opulence de jadis.Toute cette mémoire risque de disparaître si un effort n’est pas consenti dans la sauvegarde du patrimoine.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Us sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction ©ledevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue de Bleury, 9' étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.B est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SACCAGE Le développement architectural du Québec témoigne d'un manque de culture, dit Michel Lessard SUITE DE LA PAGE 1 Perdre son caractère distinctif Yves Laframboise, historien de l’art qui vient de signer un ouvrage intitulé Villages pittoresques du Québec, a fait les mêmes constatations.«Reflets de notre société, les villages en portent les contradictions.Notre sélection, qui dépasse à peine la quarantaine, montre à quel point beaucoup ont été transformés, écrit-il.L’urbanisation intense à laquelle le territoire québécois a été soumis à partir des années 50 en a fait disparaître plusieurs, les faisant accéder rapidement au statut de villes.D’autres ont vu leur structure modifiée à un point tel que, même en gardant le statut de village, ils en ont perdu les caractères distinctifs».Le tout relève d’un vaste défi d’éducation populaire, selon Michel Lessard.Si une certaine réglementation existe pour protéger le patrimoine, les propriétaires de maisons, comme les municipalités, ont besoin d’information pour effectuer ou ordonner des rénovations ou des constructions respectueuses de l’intégrité du paysage.Présentement, c’est le règne du vinyle et de la tôle émaillée, gracieusement distribués par des quincailliers, rénovateurs en herbe, sans égard aux matériaux d’origine de ces maisons.Le développement architectural du Québec témoigne d’un manque de culture, dit-il.Et dans certains cas, le mal est irrémédiable.Le début d’une prise en charge Dans d’autres cas, ime intervention est urgente.On observe d’ailleurs à quelques endroits le début d’une prise en charge.Depuis dix mois, le programme Villes et villages d’art et de patrimoine prévoit la formation d’animateurs qui orchestreront les projets de mise en valeur des municipalités régionales de comté (MRC).Dans cette foulée, les MRC du Haut-Saint-Laurent, de Beauharnois et de Salaberry ont comme projet de tracer le circuit des ponts sur la rivière Châteauguay.«Ils ont découvert que dormait là une richesse patrimoniale», souligne M.Bourget La région de Port-Neuf, pour sa part, en est à l’établissement du circuit des églises de la région.«La culture, dit M.Lessard, cela n’est pas limité à la langue.» Les paysages architecturaux relèvent aussi de l’histoire et de la culture, ajoute-t-il.Se transportant dans le temps, l’historien parle des manoirs, des moulins, des églises et des presbytères qui témoignent des premiers temps de la colonie, au cours desquels le seigneur recevait sa seigneurie du roi moyennant quelques devoirs.Après avoir recruté des colons à qui il cédait des terres découpées en lanières de trois par trente arpents, le seigneur devait céder à l’Eglise un terrain pour y ériger un lieu de culte, un cimetière et un presbytère.Il devait faire construire un moulin banal, à scie et à carde, pour les besoins de la colonie, et tenir «feu et lieu», c’est-à-dire demeurer dans son manoir toute l’année durant.Un traité, écrit par Pierre Boucher, le fondateur de Boucherville, dans le but de recruter des colons en France, témoigne «sans fard» de la réalité du Québec du XVHr siècle, avec ses saisons, ses forêts, ses maringouins et ses Amérindiens, raconte M.Lessard.Quelque 200 seigneuries ont ainsi été distribuées jadis sur le territoire, jusqu’au milieu du XK siècle, tant sous le régime français qu’anglais.Au chemin du bord de l’eau, balisé par les berges du fleuve, se sont ajoutés progressivement les chemins du Roy, précurseurs notamment des routes 132 et 138, puis les rangs intérieurs.Et parmi ces terres se trouvait généralement un boisé, qui fournissait du bois debout, ou encore, lorsque c’est une érablière, du sucre aux habitants de la colonie.Le cas beauceron Le village québécois est très particulier, dit M.Lessard, en cela qu’il se déploie généralement en ligne, le long de la route.Si les terres sont vastes, les maisons sont rapprochées, souvent face à face le long de la route, de façon à former un réseau de voisins solidaires, notamment durant les rudes hivers.Or, toute cette mémoire, ou ce qu’il en reste, pourrait fondre comme neige au soleil si un effort n’est pas consenti dans la sauvegarde du patrimoine.Déjà, en septembre 1998, l’Association des plus beaux villages du Québec voyait le jour, sous la tutelle du ministère des Affaires municipales.A ce jour, 19 villages seulement y sont inscrits.C’est peu si l’on calcule que le Québec compte plus de 1500 paroisses.M.Lessard est particulièrement dur à l’égard de la Beauce, qu’il a fréquentée durant son enfance.Dans ce pays où on s’émerveille du «miracle beauceron» et de son réseau de PME, Michel Lessard ne conseillerait plus à personne d’aller y passer des vacances.Des villages comme Sainte-Mariende-Beauce, Valley Junction, Saint-Joseph ou Beauceville, entre autres, sont en perte d’identité.Au Québec, dit M.Lessard, on pratique un «libéralisme outrancier» en matière de protection du patrimoine.Ce n’est pas dans notre tradition de légiférer en cette matière, renchérit M.Laframboise, au pays de la totale liberté individuelle.Et là où le bât blesse, c’est que les anglophones qui nous entourent, qu’ils soient du Vermont ou des Cantons-de-l’Est, ont, en matière de protection du patrimoine, une sensibilité plus développée que celle des francophones.«Ils ont un meilleur sens de la conservation, une meilleure éducation à cet égard, et une plus grande sensibilité aux valeurs du passé», reconnaît M.Lessard.INFIRMIÈRES L’AHQ estime qu’entre 600 et 700 chirurgies d’un jour pourront être faites pendant la trêve SUITE DE LA PAGE 1 Les urgences faisaient déjà partie des services essentiels, maintenus à 100 % par les infirmières depuis le début de la grève.Pendant la courte trêve, les hôpitaux ont surtout concentré leurs efforts sur les chirurgies d’un jour, qui avaient été presque complètement interrompues.L’AHQ estime qu’entre 600 et 700 chirurgies d’un jour pourront être faites pendant les 48 heures de la trêve.«Pour le reste, tout le monde tient pour acquis que la grève reprend dès jeudi à 8h, indique François Mardi.Il n’y a pas d'hospitalisation, et pas de lit rouvert.» Ainsi, au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), on a ouvert 15 des 18 salles d’opération, alors que quatre seulement fonctionnaient pendant la grève.Le CHUM regroupe l’hôpital Notre-Dame, l’hôpital Saint-Luc et l’Hôtel-Dieu.«Plusieurs médecins ont interrompu ou remis leurs vacances pour pouvoir s'occuper de leurs cas», a dit le Dr Richard Clermont, directeur adjoint des services professionnels au CHUM.Au Centre hospitalier de l’université McGill, par exemple, les sue salles d’opération fonctionnent, alors que seulement trois étaient ouvertes depuis le début de la grève.Le Centre hospitalier de l’université McGill comprend l’hôpital Royal-Victoria, l’Hôpital géqéral de Montréal et l’Hôpital de Montréal pour enfants.A l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, on a ouvert les neuf salles d’opération, alors qu’on n’en maintenait que trois pendant la durée de la grève.Toutes les interventions sont cependant planifiées en tenant pour acquis que la trêve prendra fin comme prévu jeudi matin à 8h.«L’épée de Damoclès est toujours sur notre tête: après jeudi, la grève continue, explique le Dr Richard Clermont.77 faut penser à ce qui arrivera ensuite.» «On fait des chirurgies d’un jour autant qu’on peut en faire, indique Chantal Beauregard, porte-parole du Centre de santé de l’université McGill.Mais on ne fait aucune intervention qui demanderait un séjour par la suite.» Choix difficiles Les interventions pour les cancers urgents faisaient aussi partie des services considérés comme essentiels par la FIIQ, et le personnel infirmier y est maintenu à 100 % depuis le début de la grève.Dans la plupart des hôpitaux, au moins une salle d’opération demeurait en tout temps réservée aux cas graves et urgents.«Les médecins ont quand même des choix difficiles à faire», indique Chantal Beauregard, du Centre de santé de l’université McGill.Même chose au CHUM.«La trêve nous permet de procéder soit à des chirurgies mineures, soit à des chirurgies sur des patients déjà hospitalisés, dit Richard Clermont.C'est le cas pour certains cas de cancers qui, en demeurant sérieux, étaient moins urgents qu'une appendicite aiguë, par exemple.On pourra traiter plus de cas aujourd’hui et demain, c’est merveilleux, mais le retard accumulé reste.» Les membres de la FIIQ avaient voté à 93 % en faveur de la trêve, une proposition émise par les délégués lors d’un précédent conseil fédéral, vendredi dernier.Jennie Skene, la présidente de la FIIQ, avait néanmoins souligné lundi, en dévoilant les résultats, que la décision n’avait pas été prise de gaieté de cœur et que ces négociations étaient vues, par les infirmières, comme celles de la dernière chance.En plus de la négociation de certaines clauses touchant les conditions de travail qui sont toujours en suspens, la FIIQ s’attend à négocier des clauses salariales même si le gouvernement s’est toujours montré, jusqu’ici, inflexible à ce chapitre.Les infirmières veulent une augmentation de 6 % sur deux ans, en plus d’un rattrapage de l’ordre de 10 %, afin de compenser, souligne la FIIQ, le déséquilibre salarial entre la profession d’infirmière et d’autres occupations comparables.Le gouvernement a jusqu’ici refusé d’accorder autre chose qu’une augmentation de 5 % sur trois ans, ce qui correspond à l’offre faite à tous les employés du secteur public.Le premier ministre Lucien Bouchard a souligné à maintes reprises, en entrevue, qu’accorder des privilèges aux infirmières reviendrait à le coincer pour les négociations qui doivent s’amorcer à l’automne avec les quelque 400 000 autres syndiqués de la fonction publique.
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