Le devoir, 25 septembre 1999, Cahier D
L E I) E V ü I R , LES S A M EDI 2 5 ET D I M A X l' Il E 2 li S E l> T E M B K E I !• !) SI ?LE DEVOIR ?Lettres québécoises Page D 3 Romans étrangers Page D 4 Essais québécois Page D 5 ?La couleur du confort Page D 11 Formes Page D 12 ARTS VISUELS t 1 Iff t mm .e»**.v mm?*• M ,H mm Ml M M M M| 'MM MM, Mmm au- 51*r, > St-.SdaÉü m&C» ¦'•y, r- RENCONTRES Poèmes pour tous Festival international de poésie de Trois-Rivières DAVID CANTIN Depuis maintenant plusieurs années, le Festival international de poésie de Trois-Rivières est devenu une véritable institution culturelle.Chaque automne, durant la première semaine d’octobre, un nombre considérable de poètes venus du Québec et d’ailleurs déferle dans les cafés, les théâtres, les écoles et les restaurants de la ville.C’est alors que le grand public peut voir la poésie dans tous ses états: de l’écoute attentive ou distraite à la fête la plus bruyante.Qu’on apprécie ou non cette approche démocratique, il faut pourtant en saluer le dynamisme et l’envergure.Encore une fois, on compte plus de 335 activités afin «d’amener les poètes là où sont les gens», pour reprendre les mots de Gaston Bellemare, qui coordonne l’ensemble de la manifestation.De plus en plus, l’avant-première du festival donne lieu au dévoilement de nombreux prix.Après Paul Chanel Malenfant l’année dernière, c’est Nicole Brassard qui remporte les honneurs du prestigieux grand prix du festival cet automne.A ce titre, il faut souligner la parution de deux recueils marquants dans spn œuvre, soit Au présent des veines (Ecrits ties Forges) et Musée de l'os et de l'eau (Editions du Noroît).Selon les membres du jury, ces livres «nous convient à un voyage, à une réserve aux textures poétiques pourtant denses [.].Par ces deux recueils se répondant, Nicole Brassard revisite les lieux de la langue qui l’ont fascinée (langue obsédante, langue de vie et de mort) en en proposant de nouveaux; paroles marquées par un certain lyrisme, rarement présent dans ses œuvres précédentes».Ainsi, durant toute la durée de l’événement, les organisateurs souligneront la présence de Nicole Brassard grâce à une série de lectures et d’entretiens autour de ce travail de synthèse comme de recommencement.Autres attributions importantes, les grands prix Société Radio-Canada 1999 ont récompensé des suites VOIR PAGE D 2: POÈMES PAUL CHAMBERLAND f %, qu ’il y a de H M I : „ J*.mm Un recueil de poèmes, un autre d’essais: l’automne est à nos portes et ramène Paul Chamberland sur le devant de la scène littérairei Deux bouteilles à la mer, comme il le dit si bien, qu’il a lancées dans un désir de communion intime entre deux êtres humains, entre le poète et le lecteur.Mystique, Paul Chamberland?Il l’affirme lui-même.Entre les Psaumes et L’Apocalypse, entre espoir et désespoir, entre poésie et essai, l’homme au sourire paisible confirme qu’à l’écrit, «l’afficheur hurle» encore.Ce sont des aquarelles?», demande le photographe en indiquant le mur où se détachent quelques cadres foisonnant de couleurs.«Non, ce sont des dessins de ma fille quand elle était enfant», répond le poète avec un sourire paisible.«Elle a été élevée dam un milieu très libre, où les enfants faisaient des dessins érotiques», enchaîne-t-il après une pause.Le photographe et le journaliste s’approchent pour mieux voir.Le dessin représente en effet un couple nu, enlacé de façon explicite, dans une orgie de couleurs enfantines.Au téléphone, Paul Chamberland avait suggéré de sa voix douce que l’entrevue se déroule chez lui.Quelques jours plus tôt, l’attaché de presse de l’une des deux maisons d’édition qui le publient cet automne fies poèmes aux Noroît, les essais à l’Hexagone) s’était refusé â fixer autre chose que l’heure du rendez-vous: «Je ne voudrais pas choisir un lieu qui ne cadre pas avec ses idées», avait-il expliqué.De toute évidence, on ne rencontre pas Paul Chamberland dans un McDo.C’est très bien comme ça: l’écrivain ouvre son petit intérieur et laisse ainsi entrevoir une facette de lui-même qu’on ne pourrait trouver dans ses écrits.Son bureau ressemble à tant d’autres bureaux d’écrivain: au mur, de larges bibliothèques en bois blanc accueillent les ouvrages qu’il cite abondamment dans ses essais (Adorno, Baudrillard, Finkiel-kraut), dans sa poésie (Pasternak, Tsve-taïeva, Jaccottet) et dans ses réponses (tous ces auteurs réunis).Assis confortablement dans une chaise ergonomique, grillant une à une ses cigarettes américaines, l’homme de lettres se réfère constamment à ces livres, d’un geste ou d’un regard, comme pour mieux VOIR PAGE I) 2: CHAMBERLAND plus fort dans l’être humain réside dans ses faiblesses» L'OEIL DE LA I DU QUÉBEC REGARDS INÉDITS JQ PHOTO-JOURNALISTES INTERNATIONAUX UN COLLECTIF PHOTOGRAPHIQUE 120 PHOTOS ILLUSTRANT LA MÉTROPOLE, PRISES EN 60 HEURES réalisé par PRODUCTIONS DE L’OÈIL EXPOSITION du 15 septembre au 5 décembre 1999 et du 15 janvier au 27 février 2000 Centre d'histoire de Montréal 335, place d'Youville Vieux-Montréal Information : 514.872.3207 www.ville.montreal.qc.ca/chm/chm/htm ?Gouvernement du Québec Ministère des Affaires municipales et de la Métropole Ville de Montréal i LE DEVOIR.LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 20 SEPTEMBRE 1 9 !» !» D 2 -^ Livres ^ CHAMBERLAND POÈMES SUITE DE LA PAGE I) 1 étayer son propos par ce savoir imprimé.De l’autre côté, derrière l'ordinateur — un iMac dont la carcasse bleutée tranche sur la sobriété ambiante —, un paravent dissimule en partie une chambre qui, à bien y penser, rappelle le dépouillement d’une cellule monacale.Ceux qui connaissent Paul Chaïq-berland ne s’en étonneront guère.A la fin des années 50, bien avant la Révolution tranquille, le poète avait voulu devenir prêtre.*Staline avait été séminariste, compare-t-il pour sa défense.Les révolutionnaires sont souvent de grands mystiques.» Cette fibre révolutionnaire, ce rôle de cerbère qu’il a si souvent accepté lui aura tout de même épargné les ordres: «J’étais en révolte contre ce qu’était devenue l'Eglise.» On ne l’a pas jugé apte à prononcer ses vœux.La voie mystique de Paul Chamberland a dû emprunter d’autres chemins.Mystique ou non, cet automne, la voix du poète se fera entendre de double façon sur la scène littéraire.Paul Chamberland aura deux livres en librairie: d’abord un recueil de poèmes, Intime faiblesse des mortels, publié aux éditions du Noroît; et un recueil d’essais, En nouvelle barbarie, publié chez l’Hexagone.«Un effet du hasard», explique-t-il au sujet de ces sorties simultanées.L’écrivain, qui enseigne la création littéraire à l’UQAM, a,profité d'une année sabbatique pour iijettre la touche finale aux deux ouvrages, en plus de commencer un essai sur la création poétique, nourri des séminaires qu’il anime à l’université.: • Le don du poème ! «J’aime beaucoup écrire et la poésie est-rare», confiera cet homme qui se dit attiré par la dimension objective de Ig prose.Ainsi l’écriture d’En nouvelle barbarie a-t-elle précédé celle des poèmes d’intime faiblesse des mortels: «line pourrais jamais faire un essai de ] amjurc Renaud-Bray — dHWWLiifc—(garîileau—w — PALMARÈS ^0?du 16 au 22 septembre 1999 1 5PIRITU.L'art du bonheur * 27 Dalaï-Lama R.Laffont 2 DICTION.Petit Larousse illustré 2000 10 XXX Larousse 3 ROMAN Stupeur et tremblements * 4 Amélie Nothomb A.Michel 4 ROMAN Q.La petite tille qui aimait trop les allumettes * 47 Gaëtan Soucy Boréal 5 SANTÉ Recettes et menus santé 49 M.Montlgnac Trustar 6 ROMAN L'Africaine « 14 F.Marciano Belfond 7 PSYCHO.Le harcèlement moral 47 M-F Hlrlgoyen Syros B ROMAN Une veuve de papier 21 John Irving Seuil 9 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.01 « 99 N.Walach Ariane 10 ROMAN La maladie de Sachs * 34 M.Wlnckler POL 11 ROMAN Geisha 32 A.Golden Lattes 12 PSYCHO.Les hommes viennent de Mars, les femmes de Venus * 99 John Gray Logiques 13 ROMAN Q.Le pari V 31 D.Demara Q.-Amérlque 14 PSYCHO.L'estime de soi 21 André / Lelord Odile Jacob 15 SANTÉ Je mange, je maigris et Je reste mincel 24 M.Montlgnac Flammarion 16 FLORE Les champignons sauvages du Québec * 15 SIcJLamoureux Fldes 17 ROMAN Océan mer 9 81 A.Barlcco A.Michel 18 PSYCHO.2 Michel Dorala VIctor-Levy 19 POLITIQUE Quand le jugement fout le camp 2 J.Grand' Maison Fldes SOCIO.3 Catherine Fol Stanké ROMAN L'équilibre du monde 9 32 R.Miatry A.Michel il »î ÉCONOMIE Mondialisation de la pauvreté 9 42 Chossudovsky Écosoclété THRILLER Et nous nous reverrons.17 Hlgglnga Clark A.Michel il THRILLER Apocalypse sur commande 4 Ken Follet R.Laffont is ROMAN Q.1 Antonlne Maillet Leméac 28 ROMAN L'enfant de Bruges 9 » Gilbert Sinoué Gallimard v PSYCHO.Le petit livre de la sérénité 4 Jean Gaataldl Ed.du Rocher 28 ROMAN Q.Homme invisible à la fenêtre 6 M.Proulx Boréal 29 ROMAN O.La cérémonie des anges 9 44 M.Laberge Boréal 80 ROMAN Les particules élémentaires 53 M.Houellebecq Flammarion il ROMAN 1 Peter Berllng Libres Expr.3ï ÉSOTÉRISME 2 Éric P.Sperandlo Québécor li ROMAN 1 N.Bissoondath Boréal #4 ROMAN La première gorgée de bière * 99 Philippe Determ Arpenteur à?ri ROMAN Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles 9 32 Melissa Bank Rivages ?» SOCIOLO.! Les identités meurtrières V 39 Amin Maalouf Grasset 3?CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires 9 99 Daniel Pinard Boréal 38 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.03 37 N.Walach Ariane 3» BIOORAPH.La prisonnière 22 ;M.Outklr Grasset 4Û BIOGRAPH.13 Bernard Claval A.Michel *y ROMAN Q.Taxi pour la liberté 30 G.Gougeon Libre Expr.42 ROMAN O.Les gens fidèles ne font pas les nouvelles 21 Nadine Bismuth Boréal .43 ROMAN Q.4 L.Lacourslére Libres Expr.44 ROMAN Sous le soleil de Toscane 9 57 F.Mayas Quel Voltaire 45 PSYCHO.L'Intelligence émotionnelle (Tome tt 2) 28 Daniel Goleman R.Laffont I ^ .0 i », ., .„ .* NOMBRE DF.SEMAINES 1 f Coups de coeur Renaud-Bray ¦¦¦¦ 1 * semaine sur notre liste DEPUIS LEUR PARUTION longue haleine en période d'activité intense.Mais la poésie, c’est particulier.C’est toujours soudain.Il y a un côté rapide et instantané.Pour l’essentiel, le poème est donné: le poème passe, il est à prendre ou à laisser.» Même en périodes de travail professionnel intense, au milieu des corrections de travaux d’étudiants, Paul Chamberland écrit, s’abandonne aux poèmes qui s’offrent à lui.«Il y a un côté délinquant à la poésie, s’amuse-t-il, comme si on volait le poème au temps qui passe.Le poème vient par accident.» Est-ce là ce qu’on appelle l’inspiration?«Voilà un très vieux mot auquel on revient sans cesse, soupire Paul Chamberland.Je parlerais plutôt d’un état de création, d’une disponibilité au souffle, au sens premier d'“inspiration”, mais sans l’exaltation que connote le mot.C’est comme si le poème préexistait à lui-même: il y a surgissement, irruption.Le poète doit être disponible, apte à lui donner forme, sans la lui imposer.C’est un étrange aveuglement lucide.» Cet état que le poète aime à décrire, la maturité le lui fait mieux entrevoir, si, aujourd’hui, Paul Chamberland peut s’étendre sur l’écriture poétique, voire lui consacrer son prochain essai, le jeune homme qu’il a été ne percevait que très peu ces considérations de vieux sage.«Quand j’étais jeune, j’étais en proie à un état vif d'emportement.Il ne m’avait fallu que quelques mois pour écrire L’afficheur hurle [Parti pris, 1965].Ma poésie émanait d’un désir, d’une volonté d’émancipation et d’affranchissement, sans oublier le narcissisme inévitable de la jeunesse.» La maturité ne règle pas tout.11 aura quand même fallu quelque temps pour que Paul Chamberland revienne à la poésie.«Mon investissement dans la poésie est très fort, préci-se-t-iL Alors, depuis le dernier recueil, le champ poétique était en jachère.Je ne faisais que me répéter, puis, un jour, c’est enfin reparti.» Le résultat est là, sous le titre d’intime faiblesse des mor- LOCATAIRES ET SOUS-LOCATAIRES He lia S.Haasse Traduit du néerlandais par Annie Kroon I c u inps il I l'sp.icc.le bien cl le nul.le réel et l'iin.ijpn.iirc sdmi .mi.un de notions qui.i lu/ elle, n expriment leur vériulilc dimension que dans l .imliipuué et dans le jeu des pervertissements réciproques.( tlml.iin ( !n(toii./ l'Xpnn \CTFSSll) LEMEM Corps et science Enjeux culturels et philosophiques •ou» lu il/rriilan île | Ida-En ni lin nie/mu ri SebiiAiIrn ( 'luirien CORPS ET SCIENCE laijcux culturels cl |ihtlm>iiphl(|uri> Liber 208 pages, 25 dollars Léo-Paul Bordeleau Laurent Bove Sébastien Charles Carol Collier Gabor Csepregi Rose Goetz David Le Breton Erin McCarthy Pierre Pascual Colette Quesnel Georges Vigarello Florence Vinit tels, et, pour en parler, l’auteur reprend l’image de la bouteille à la mer, dont le véritable destinataire n’est nul autre que celui qui la trouve.Paul Chamberland évoque à ce propos une «adresse à l’inconnu»: «Comment un être humain est-il dans un rapport nu avec l’autre, dans un élan de fraternité, pas de promiscuité, dans la distance?», demande-t-il.«C’est un humain qui parle à un autre humain dans ce qu’il a de plus intime, en rejetant ce qui nous défigure.Il s'agit de faire entendre la voix de quelqu'un dans le poème en éliminant tout ce qui est poudre aux yeux.» Attention, mots piégés: en littérature, on serait tenté de décrire cette attitude avec les mots «authenticité» ou «sincérité», par exemple.Paul Chamberland leur préfère ce qu’il appelle le «dire vrai du poème» et qu’il traduit, «en langage universitaire», par le mot «véracité».«Etre capable de porter, d’assumer sa personne sans les grimaces, les sparages ou les contorsions, et ce, quels que soient le caractère ou le style du poème, parce que ça n’empêche pas de tomber dans le baroque le plus somptueux, si on veut.» Cet esprit de communion des êtres ne va pas sans rappeler les élans .mystiques de Paul Chamberland.À cet égard, son recueil d’essais, qu’on trouve sur les rayons depuis peu, fait figure de sermon sur la montagne.Car il s’agit moins de plaidoyers structurés que de harangues empreintes d’émotivité, où la logique argumentaire cède aux hauts-lecœur et aux emportements légitimes.La référence à saint Jean et à L’Apocalypse, qu’on retrouve ailleurs dans ses écrits, ne déplaît pas au poète: ne l’ap-pelle-t-on pas le «Book of Revelations» dans la langue de Shakespeare?Paul Chamberland confirme avoir fait une œuvre au noir, lui qui fustige en près de deux cents pages la dégradation sociale qu’il constate depuis des années.Mammon, le dieu argent et la nouvelle religion du marché sont désignés comme des idoles à abattre, ainsi que ce qu’il appelle la «technoscience», qui ravale l’homme au rang d’esclave de la machine à produire.«Ce sont des réflexions basées sur l’observation, la critique et le discours délibéré, estime Paul Chamberland.L’angle est plus spécifiquement politique que dans mes poèmes.» À lire ces essais à saveur apocalyptique, qui dénoncent les sombres avenues que prend la société d’aujour-d’hui, qui annoncent «le degré zéro de l’existence sociale», on serait tenté de voir en Paul Chamberland un homme déçu, confronté aux lendemains qui déchantent après la période utopiste qu’on lui connaît, de Parti pris à Mainmise en passant par la vie en communauté.«La déception est une motivation insuffisante, réplique-t-il II s’agit plutôt d’indignation, d’angoisse et de désespoir, qui sont les mobiles les plus puissants qui m'ont animé.Mais je ne suis pas amer, quoiqu'il y ait un dégrisement certain, avec ce qu’il comporte de salubre.Au lieu de rejeter ce qui désespère, j’ai choisi d’aller en son centre pour voir ce qui résiste.Ce qu'il y a de plus fort dans l’être humain réside dans ses faiblesses.» La lecture d’£« nouvelle barbarie plonge le lecteur au cœur de ces faiblesses humaines, mais Paul Chamberland confie qu’il garde encore espoir dans le possible humain.Certes, il estime être revenu des rêves d’une autre époque: «Mais j’ai encore la prescience, le pressentiment du possible.J’en porte des visions, laisse-t-il entendre.Pourtant, proposer une utopie serait faux, à mon sens.Je n’ai pas envie d’être un illusionniste.Alors, je me contente d’une proposition de lecture, à travers laquelle je témoigne.C’est toujours un peu ça, publier un livre.» Le Festival de Trois-Rivières accueille aussi plusieurs voix étrangères SUITE DE LA PAGE I) 1 poétiques de deux écrivaines québécoises singulières.Tout d’abord.Ma Sisyphe, de Denise Desautels, a valu à son auteur la première place grâce à «un remarquable tombeau poétique [.] fluide, nuancé, foisonnant d’images justes et émouvantes».La seconde lauréate, Louise Warren, s’est distinguée avec La lumière, l’arbre, le trait, qui donne à entendre un entrecroisement de voix, de rythmes vocaux et de polyphonies.Des voix de femmes Au fil de l’éclectisme des nombreux récitals, ces choix illustrent néanmoins une certaine tangente prise par l’édition 1999 du festival.Une manière de saluer une sensibilité féminine qui confronte l’expérimentation du langage, le dépouillement émotionnel ainsi que les différentes pratiques artistiques.Peut-être veut-on aussi souligner par là certains tournants majeurs qu’ont pris ces œuvres issues de la poésie moderne québécoise?Quoi qu’il en soit, de telles distinctions témoignent aussi d’une présence accrue de voix féminines de différentes époques et de l’extérieur du Québec.Il n’y a qu’à parcourir le programme oit l’on voit apparaître les noms de Louky Bersia-nik, Marie Savard, Suzanne Jacob, Louise Dupré, Hélène Dorion, Claudine Bertrand, Marie-Claire Corbeil et Denise Brassard, tel un lien fécond d’une génération poétique à une autre.Du côté des poètes internationaux, Magda Carnici, de la Roumanie, Nadine Fidji, de la Réunion, Colette Nys-Mazure, de la Belgiquç, ainsi qu'Andrea Moorhead, des Etats-Unjs, sont parmi les têtes d'affiche.À première vue, il s’agit là d’une façon de voir et de parcourir le Festival de poésie de Trois-Rivières cette année.Encore une fois, la poésie n’a pas qu’à passer uniquement par l’entremise des lectures publiques: bien sûr, elles composent une grande partie de la programmation.Mais il y a aussi d'autres moyens de découvrir ou de se laisser surprendre par la richesse des voix de la poésie contemporaine.Dans certaines librairies du centre-ville de Trois-Rivières, les rencontres offrent un échange, parfois stimulant, entre les poètes et les lecteurs qui cherchent à confronter un aspect différent dans le processus de création.Egalement, les expositions-poésie et une douzaine de vernissages permettent de voir les œuvres de 80 artistes en relation avec la poésie et l’œuvre de poètes fort différents.Ce croisement propose un autre accès à l’imaginaire des mots avec ses correspondances visuelles.Il approfondit la lecture du poème tout en surprenant d’autres regards extérieurs.En guise d’exemple, on peut mentionner la collaboration entre la sculp-teure Ginette Trépanier et le poète Jean-Paul Daoust au Musée des arts et traditions populaires du Québec.Ou encore les toiles de Michel Madore, qui s’inspirent des poèmes d’Emile Martel.Les ateliers de création, le cinéma de même que des hommages à Michel Beaulieu, Pierre Perrault et Alphonse Piché complètent ce parcours libre en poésie.De la poésie du monae entier Malgré un nombre toujours important de poètes québécois, le Festival de Trois-Rivières accueille aussi plu- SOURCE FESTIVAL DE TROIS-RIVIERES Le monument au poète inconnu, à Trois-Rivières.sieurs voix étrangères.Avec le temps, ces rencontres sont devenues de plus en plus fructueuses.Elles donnent lieu à des échanges, à des découvertes, ouvrant ainsi des brèches entre des imaginaires communs dans le monde.Parmi les présences à surveiller, on souligne d’abord celle du poète français André Velter, également responsable de 1?collection «Poésie» chez Gallimard.À Québec, dans le cadre des rendez-vous des poètes de l’Amérique française, ses lectures de Zingaro suite équestre (Gallimard, 1998) et du Septième Sommet (Gallimard, 1998) ont déjà séduit les amateurs de poésie en début d’année.Ce retour traduit un engouement pour les recueils qui portent les marques d’une oralité très sensible.Autre nom à mentionner, l’Argentin Rodolfo Alonso est reconnu comme l’un des chefs de file de sa génération avec une vingtaine de livres derrière lui.Faisant suite au passage remarqué de Jaime Sabines, c’est au tour du diplomate mexicain Hugo Gutiérrez Vega de prendre la relève.Traduit par Bernard Noël en France, Israël Eliraz commence à faire entendre sa voix à l’extérieur d’Israël.En Suède, Fredrik Ekelund est aussi un poète majeur en cette fin de siècle.Sans compter d’autres noms venus de la Finlande, de la Turquie, de l’Espagne et d’aussi loin que l’Islande.Après ce festival, ce sera au tour de certains poètes québécois de se diriger vers Lyon, le Mexique et l’Afrique.Comme quoi ces rapports entraînent aussi des liens intéressants pour nos auteurs.N’oubliant pas la relève actuelle, le prix Alphonse-Piché de poésie a souligné les premiers pas d’Anne-Marie Cizeau-Lemercier.Une mention a aussi été attribuée aux textes de Julie Dorval.On découvrira, sans doute bientôt, ces suites de 20 poèmes dans le livre Poèmes du lendemain 8.Dernière attribution, le prix Félix-Antoi-ne-Savard de poésie est allé à Bruno Roy pour un long poème sur l’identité paru dans la revue Le Sabord.Dans cette situation liée aux enfants de Duplessis, des lectures et des déclarations médiatiques sont à prévoir.Dans un avenir rapproché, Gaston Bellemare imagine un grand banquet d’ouverture qui réunirait tous les poètes à Trois-Rivières.Du, tpème coup, l’administrateur des Ecrits des Forges envisage encore' plus d’échanges internationaux.Cçt-, te volonté de s’ouvrir aux poésies étrangères a toujours été un facteur primordial de la manifestation.Daps un désir d’ouverture et d’accessibilité, le Festival de poésie de Trois-Rivières arrive toujours à surprendre grâce à ses multiples initiatives.Au fil des ans, rien n’arrête la passion de ses organisateurs.Sur le coin d’un; édifice ou d’un commerce, une; strophe arrête le regard.A l’heufe du dîner, dans certains restaurants,: on peut y entendre lire quelques; poèmes venus du Maroc ou de la, Macédoine.Encore une fois, du 1er au 10 octobre, c’est la voix desj poètes qui encercle la ville et sa mé-; moire infaillible.FESTIVAL INTERNATIONAL DE POÉSIE DE TROIS-RIVIÈRES Lectures, rencontres, expositions Du 1" au 10 octobre 1999 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 5 ET D 1 M A N (' H E 2 tl S E 1’ T E M R R E I 9 9 !» Les Intouchables CHRONIQUE D’UNE SORCIÈRE DE VENT Antonine Maillet " |.| un roman qui tient en haleine et qui se lit si une seule traite.¦ Sophie Douter, Femme Fini LEM H AC HEOBtS BOUGES Prix Alain-Grandbois Aoadlmii dis i il nus du Qoi-bk Un regard lucide sur la qualité de notre vie démocratique et sur les dérives qui la menacent vlb éditeur / / T E M B R E I !» !» !» Livres LE FEUILLETON Y a-t-il déjà eu un âge d’or ?LES PAROLES LA NUIT Francesco Biamonti Traduit de l’italien par,François Maspero Éditions du Seuil Paris, 1999,220 pages n Italie, on a souvent comparé Biamonti au poète hermétique Eugenio Montale (1896-1981).L’àpreté de sa prose.sa densité, son sens du raccourci, son lyrisme retenu, son pessimisme aussi, en font en effet davantage un poète qu’un romancier à proprement parler.Né en 1933 dans l'arrière-pays de la Ligurie (comme Montale), où il rit toujours dans le moulin à huile de son aïeul qu’il a aménagé, Biamonti est de cette sorte d’homme qui rit et écrit la nuit, entre lectures et musique, qui n’a pas de téléphone et qui a toujours pris le temps de faire les choses, laissé le temps à la mémoire de se rappeler à lui.car, se plait-il à dire, «en s'acharnant, on obtient l'effet contraire».-Ainsi n’est-il arrivé à l'écriture qu’à lage de cinquante ans avec un premier roman, L’Ange d'Avrigue (1981), dont Italo Calrino remarqua aussitôt la nouveauté en le décrivant comme un «roman-paysage».Reconnu dès son apparition dans les lettres italiennes, Biamonti n’a pourtant jamais songé à une carrière littéraire, préférant la culture des arbres fruitiers et des mimosas, l'élevage des abeilles à la gloire fragile et un peu abstraite de l'homme de papier.Je vous avais parlé en ces mêmes pages (Le Devoir, 29 octobre 1996) de son dernier livre, Attente sur la mer (Seuil), un livre dense et très beau où la description des lieux, des actions, passait essentiellement par le paysage et sa lumière.Je vous disais qu’en fait tout était chez lui paysage et lumière (Biamonti s'est beaucoup intéressé à Cézanne, et on le comprend à l’importance qu'il accorde aux rochers et à la nature, belle dans son austérité).Mais non pas paysage-décor que l’écrivain aurait peint dans le détail pour accroître la beauté de son roman ou en augmenter l'effet spectaculaire (ses descriptions sont toujours extrêmement brèves), mais paysage comme on dit d'un paysage intérieur, toujours à la jointure d'une réalité trop forte, trop insaisissable pour être traduite, et d’une mémoire qui en creuse le temps et la perception.Que ce qui parlait dans ce paysage, c’était le «lieu» et son histoire humaine, et que les personnages qui y évoluaient souffraient autant de ce que ce lieu avait perdu que de ce qu'ils avaient perdu en leur lieu fleur part d'humanité, c’est-à-dire leur inscription dans un sol, une lumière, un espace sensible).D'où cette teinte mélanco- Jea n-Pie rre Den is lique qu’on trouvait dans tous les récits de Biamonti.Cela est encore vrai pour son dernier roman, Les Paroles la nuit.La fin d’un monde Comme dans ses précédents romans, c’est encore la Ligurie qui en est l’acteur principal, c’est-à-dire la victime.Envahie peu à peu par la canaille, la mafia, les spéculateurs qui développent la côte, une jeunesse désœuvrée, turbulente et qui ne sait plus vivre; sillonnée la nuit par des clandestins qui fuient leur pays (des Bosniaques, des Africains, des Arabes, des Albanais) pour se rendre en France (qu’ils croient encore mie terre d’accueil), et qui s’entretuent parfois; désertée par ses habitants, dépaysée par ses nouveaux arrivants., la Ligurie est à l'agonie.Elle est en train de perdre et son âme et son histoire.Leonardo, qui est ici le héros principal, est revenu au pays.Maintenant il a peur et se sent surveillé.On lui a tiré dessus une nuit.Il s'en est heureusement tiré avec une simple blessure à la jambe.Après son rétablissement, on le retrouve fréquentant quelques étrangers venus s’installer aux alentours, sans doute parce que chacun d’eux est venu y chercher quelque chose du passé, ou y saisir ?quelque chose d’un temps infini.On y traverse les saisons, entre la montagne, le ciel et la mer, les rochers, les oliveraies, les mimosas et les lichens.On assiste à • des aventures éphémères et simples, souvent faites de lumière et de mer, de bribes de vent.Mais on sent bien que tout cela est fini.Que c’est la fin d’un monde.D’un monde antique.«Dans le ciel, des agonies lumineuses.» J’aurais aimé pouvoir vous dire que j’ai autant apprécié son dernier roman que le précédent, que j’y ai retrouvé le même éblouissement.Malheureusement, ce n’est pas le cas.Malgré la beauté de certains passages, j'ai plutôt eu l’impression de me retrouver devant du Biamonti remâché, du moins se montrant incapable de se renouveler.Certes trouve-t-on toujours chez lui de superbes phrases; «Il y tombait des feuilles laminées de rayons»; «Que restera-t-il un jour de mes oliviers et de leur pureté franciscaine?De leurs lichens, de leurs moisissures?Ils travaillent jour et nuit, sous le soleil et sous les étoiles, pour atteler la terre au ciel»\ «Pour lui la beauté évoquait toujours un sentiment de privation.Elle lui donnait envie de blasphémer.Elle évoquait un ailleurs».Mais elles ne suffisent plus à soutenir l’édifice romanesque.Elles s'offrent plutôt comme de belles échappées se plaquant sur un paysage que nous n’arrivons Assia Djcbar ers VOIX uyi M'ASSI ÈtîfcNT .en Je n*i fmtHopbemt LES PRESSES DE L'UNIVERSITE DE MONTREAL et la LIBRAIRIE GALLIMARD vous invitent à un Entretien entre Assia Diebar et Pascale Navarro Assia Djebar a remporté le Prix de la revue Études françaises 1999 pour son essai CES VOIX QUI M'ASSIÈGENT La rencontre aura lieu le vendredi 1" octobre 1999 à 17 h 00 Librairie 'fa* ¦ TOT Francesco 2 /J) 1 il i I 1 V i} IL l’Hpahen parFrançais M, M I k.' ¦ ti IV Y» 3700, Saint-Laurent, Montréal Métro Sherbrooke (514) 499-2012 plus à voir tellement il est convenu, prévisible (surtout pour qui aurait déjà lu Biamonti).«Des agonies lumineuses» — comme l’observe le narrateur dans son ciel?.Force est d'admettre que le récit souffre d’un flou poétique qui n’aide ni à comprendre ni vraiment à croire à son histoire.De ses paroles j’ai donc surtout ressenti la nuit, traversant son roman comme si j’étais aveugle, qu'il faisait toujours nuit (alors qu’une bonne partie du roman se passe le jour).Et tous les personnages que j’y ai croisés n'y ont rien changé.Ils apparaissent sans crier gare, venus de nulle part, tombant dans le récit pour échanger quelques mots ou nous livrer quelque petit secret, des bribes de leur passé ou de leur sagesse, disparaissent de nouveau avant d'être retrouvé quelques pages plus loin, sans jamais prendre racines ou atteindre leur densité.C’est très agaçant.Par là, je ne veux aucunement laisser entendre qu’un roman doive exposer clairement son intention, se construire de manière linéaire ou éviter tout «flou poétique».Il est des réalités qui trouvent difficilement leur langage ou leurs mots, qu’on ne peut souvent que suggérer, laisser entendre à travers des images sonores, par approximations successives, par un décousu apparent mais qui a son sens.Là n’est pas la question.Je me demande plutôt si Biamonti n’est pas trop pris, trop englué dans le paysage de son enfance, s’il ne manque pas parfois du courage de celui qui, sans oublier son passé, est prêt à accueillir le présent avec tous SALON DU LIVRE ANCIEN 25 et 26 septembre 1999 Samedi : midi à 18h • Dimanche : 11h à 17h UNIVERSITÉ CONCORDIA Pavillon McConnell -1400, bout, de Maisonneuve O.LE DEVOIR ADMISSION : 5,00s pour les deux journées G REND CHOIX DE LIVRES ANCIENS F.T RARES.ILLUSTRÉS, PREMIÈRES ÉDITIONS, BELLES RELIURES.ses outrages, toutes ses folies, toute sa cruauté.Ce qui ne le conduirait d'ailleurs nullement à l’admettre «tel quel» (s'il se doit d’ètre un interprète de son temps, une sorte de chroniqueur, l’écrivain le mesure souvent à l’aune de ses valeurs, du monde qu’il voudrait voir exister autour de lui), mais au moins à ne pas lui opposer une sorte d’àge d’or où les choses, les hommes «étaient».Et c’est précisément l’impression qu’on a à la lecture: qu'un monde a disparu et que celui qui le remplace est d’une laideur absolue.Bien loin de moi l'idée que nous allons vers un mieux-être ou que ce que le monde nous offre aujourd'hui comme spectacle nous promet des lendemains radieux.Quiconque observe le monde actuel et y réfléchit ne peut, hélas, que constater la fin d’une certaine histoire, du sens du politique, de ce qui pouvait encore subsister d’humanisme, l'absence de mémoire et d’expérience sur quoi l’on juge aujourd'hui de la force, de la vitalité, le gâchis du progrès, la souillure de ce qui reste encore de beauté en ce monde; et puis, une sorte de vulgarité générale qui n'est qu’une énergie pure, barbare, soutenue par le commerce qui voudrait que nous soyons tous acéphales et éternellement jeunes parce que le désir y est plus modelable, plus influençable, plus énergivore aussi (la jeunesse a besoin de brûler du carburant, de tous les carburants).En revanche, comme l’admet Leonardo à la fin du récit, le «calme des villages [qui protège] des délires», cela n’a peut-être «jamais été» non plus!.denisjp@mlink.net -S-C- RABAIS DE 1,00$ À L’ADMISSION AVEC CETTE ANNONCE.ROMANS AMÉRICAINS Bonsoir, là, bonsoir.David Haynes devrait peut-être écrire pour la télé ?BONSOIR MISS NITA David Haynes Traduit par Philippe Loubat-Delranc Libre Expression Montréal, 1999,315 pages Nous aimons dire du mal», écrivait Réjean Duchar-me.Encore faut-il avoir de bonnes raisons.Parfois, le chroniqueur éprouve une certaine lassitude lorsque, cerné par quelque queue d’ouragan au fond d’un rang de campagne, il se sent en quelque sorte obligé de justifier son ennui.Bonsoir miss Nita est un très mauvais livre, du moins dans sa version française.Aucun doute là-dessus.On a le choix entre le jeter au bout de ses bras ou tenter d’expliquer pourquoi le lecteur, après avoir tourné quelques pages, se trouve en présence d’un ratage complet.Il faudrait d’abord obliger les traducteurs à signer une sorte de convention internationale dont le premier article dirait à peu Louis près ceci: on ne remplace //„ e / „ pas un argot par un autre.L’argot est un langage rigoureusement enraciné dans le milieu qui l’a vu fleurir et qui lui est propre.Il décrit une réalité dont il est inséparable.Autrement dit, entendre parler de «rediff» et à.'«heures sup» dans un studio de télévision situé à Saint Paul, au Minnesota, aura toujours sur moi le même effet: celui de me faire crouler de rire.Si le baragouin était exportable, Claude Meunier serait, dans sa profonde débilité, parfaitement international.Article second: dans le doute, le traducteur s’abstiendra de truffer le texte d’expressions dialectales obscures et s’en tiendra à une relative neutralité, garante de clarté hors des faubourgs parisiens.Autre chose: pourquoi lit-on un roman?Certains, paraît-il, ne demandent qu’à se laisser raconter une histoire.Mais est-ce bien suffisant?La télé et le cinéma font tout ça bien mieux de nos jours, et ils le servent le plus souvent tout cuit dans le bec, avec des images en prime.Je connais des gens qui, quand ils ouvrent un livre, sont à la recherche d’une «écriture».Une pensée, une vision du monde transmises à l’imagination par l’entremise de la page imprimée.Je sais que ça fait vieux jeu.Mais alors qu’au-jourd’hui tout est «écriture», et que le parolier de Lara Fabian peut, avec les idéateurs humoristiques et les rédacteurs publicitaires, rêver au prochain prix Nobel de littérature, il convient de se méfier plus que jamais de ces écritures dites «cinématographiques» qu’on a vu se multiplier depuis quelques années et qui servent le plus souvent de paravent commode à la pauvreté générale de la faculté d’expression.Comme si le roman allait se régénérer en copiant les enchaînements mécaniques des scripts hollywoodiens.Concierge et étudiante Bonsoir miss Nita, de l'Américain David Haynes, est d’ailleurs conçu plus ou moins comme un roman-savon.Il n’y manque que les applaudissements en boîte.Même enfilade de clichés tous plus prévisibles les uns que les autres.On a à peine commencé de lire, on a déjà tout vu le présentateur de nouvelles membre d’une minorité visible dans une station régionale qui en arrache; sa collègue arrivée à lage ingrat de la speakerine, son maquilla ge ne réussissant plus à masquer du temps l’irréparable outrage (bonne pour la poubelle, allez, hop!); et, pour coiffer le tout, le jeunot qui de-barque, inculte et arrogant à souhait, délégué par la maison-mère pour botter le cul de tout le moçde.Le sujet, convenons-en, n’est pas mauvais en soi.Et cette dame Nita, mère de trois enfants, concierge, vendeuse et étudiante inscrite à des cours du soir de son état, aurait même pu devenir attachante si l'auteur lui en avait laissé la moindre chance, au lieu d’assommer d’entrée de jeu le lecteur de bonne volonté avec une avalanche de situations convenues que (attention, je vais me répéter.) le langage employé, massacré à la chaîne par la traduction, n’arrive jamais à sauver.«Je suis venu ici au pied levé, sans idées préconçues, t’vois.J'ai maté comment ça se passait dans c'te boite de merde en plein milieu de cette putain de toundra, et je me suis dit: Dexter, c’est pas possible.» Non, Dexter, c’est vraiment pas possible.Et ce n’est sans doute pas entièrement la faute de Haynes.11 paraît faire ce qu'il peut avec les moyens du bord, c’est-à-dire une prose d’ècolier tout juste revampee par quelque atelier de création capable d’insuffler des «techniques d’écriture, oui, mais pas cette étincelle de vie que dans un roman on appelle ironie, pas la clarté du regard dépeçant impitoyablement la réalité.On ne rencontre pas Vargas Llosa tous les jours, c’est entendu.Mais il aurait fallu, il me semble, une verve un peu plus décapante, un peu de cette bukofskyenne méchanceté capable d’ébranler la bêtise communicationnelle et ses grands mythes et monuments, plutôt que de simplement conforter, à la manière d’un calque, leur culte de la médiocrité.L’univers du petit écran, coupable d’agression quotidienne, appelle une telle entreprise de démolition.Au fond, Haynes devrait peut-être écrire pour la télé.: D A V I D U A Y N I S Bonsoir MiâSr AA A N U S C R I T S NON PUBLIES Faites connaîtra vos manuscrits non publlSs (ou refusés) par l'entremise de notre revue littéraire spécialisée, intitulée La fureur d'écrire.(Aucuns frais).Adresse: 303 - 290 rue Nelson, Ottawa, ON., Can., KIN 733.Tôl.1-613-235*3608.De plus, vous pouvez les déposer A notre Fonds de conservation de manuscrits, Le fureur de lire, Jusqu'A ce qu'ils soient découverts par las éditeurs et le public.Bibliothèque de Saint-Malo /g*; Fonds de conservation de manuscrits 228, Rte 253 Sud, Saint-Malo (Québec) JOB 2Y0 Tél.1-819-658-2124 SAUVEGARDE DU PATRIMOINE CULTUREL CU ' 'UI1J U U /s NOROIT Nicole Brossard Musée de l’os et de l’eau Grand Prix du Festival International de la Poésie Muwt «k I n* cl de I rau I- E I) E V II U.L E S S A M EDI 25 ET D I M A X l 11 E 2 (i S E P T E M B RE I !l !l !» «• Livres -*— ESSAIS QUÉBÉCOIS La mémoire et nous LA MÉMOIRE À LA B.ARRE Laurent Laplante Ed.Ecosociété 1999,264 pages Parce qu’il vise à faire mouche dans l’instant, à convaincre sur-le-champ par la seule puissance d’ébranlement que peut dégager la combinaison explosive d’un propos urgent avec un style tout tendu vers l’efficacité immédiate, le journalisme d’opinion est un genre exigeant qui insuffle de la nécessité dans l’éphémère.Quand la postérité se nomme tantôt ou demain, dire l’essentiel se fait pressant et le messager, prestidigitateur de l’argumentation ad hoc.J’admire, on l’aura compris, les esprits téméraires et généreux qui consacrent leur vie à ce sacerdoce trop souvent négligé et, avec la modestie que m’imposent certains d’entre eux, je les appelle mes frères.Laurent Laplante parta-ge-t-il mon enthousiasme envers le métier qu'il a pratiqué une bonne partie de sa vie?Je l’ignore, mais je sais que sa fidélité à une telle pratique l’inscrit, qu’il le veuille ou non, dans la confrérie version québécoise.Journaliste indépendant depuis plusieurs années, Laplante persiste et signe, au gré des événements et de son évolution personnelle.Auteur, en 1996, d’un fort efficace et pertinent Pour en finir avec l'olympisme (prix Genève-Montréal), il a entrepris, l'année dernière, une réflexion singulière avec La Personne immédiate.Essai présenté comme une critique plutôt radicale de nos myopies individuelles, collectives et sociales, ce livre se démarquait surtout par son argumentation déployée en cercles concentriques.A partir d’un sujet central de départ — la notion de personne immédiate —, il s’agissait d’explorer tous les angles possibles, en commentant par surcroît la réflexion à mesure qu’elle était menée.La Mémoire à la barre a recours au même procédé.Plaçant en son centre le projet «de réfléchir aux fragilités de la mémoire», cet essai rayonne dans plusieurs directions et finit par servir de prétexte à Laplante pour se prononcer sur une foule de sujets en apparence assez éloignés les uns des autres.Notre époque, écrit-il, est narcissique, refermée sur elle-même, aveugle au passé, indifférente quant à l’avenir.Notre rapport à la mémoire, dans ces conditions, devient pour le moins ambivalent sinon trouble, et c’est la définition même de notre humanité qui s’en trouve remise en question.Laplante parlera d’abord des «assauts que subit la mémoire de la part de tous ceux qui souhaitent la domestiquer et l’asservir, lui faire porter plus que sa responsabilité ou la transformer en incorruptible garde-chiourme».Ces assauts, ce sont les contes traditionnels, porteurs de mémoires nationales, que l'homogénéisation dis-neyenne lamine au profit de contrefaçons qui vident «tous ces récits de leurs caractéristiques propres».Le journaliste s'inquiète: «Et une homogénéisation déferlant sur des tout-petits en train de s’endormir.Qui dit pire?L’assaut est si puissant qu’Onvell en serait peut-être confondu.» Sont aussi visés, dans cette catégorie, ces mémoires biaisés et complaisants que rédigent certaines figures publiques au mépris des faits, de même que ce genre hybride qu’est l’autofiction, capable du meilleur comme du pire, mais trop souvent érigé sur le travestissement cynique de la mémoire.Les malentendus 11 y a, aussi, les malentendus.C’est notre système pénal, par exemple, qui conscrit la mémoire en persistant à lier ordre social et peur du châtiment, alors que, pourtant, «même si la présomption d’une mémoire intervenant comme frein à la criminalité tonitrue depuis des siècles, rares en sont les preuves».C’est la croyance selon laquelle «mémoire et horreur auraient partie liée», la première étant considérée comme nourricière de haines séculaires, alors que, pourtant, «d’autres logiques interviennent» et que «la mémoire ne déclenche rien.Elle suit».Que dire, aussi, de cette mémoire sélective placée au service de certaines fiertés nationales un peu trop suffisantes ou encore de la fabrication d’une insignifiante mémoire précipitée vers l’aval qui accorde une gloire de nature posthume à des vivants (des centres sportifs désignés par des noms d’athlètes de vingt ans, par exemple)?Laplante refuse pourtant de laisser à la déprime le fin mot en ce domaine.La mémoire, écrit-il, serait aussi une faculté qui résiste.Notre époque est peut-être celle des générations cantonnées et des savoirs dépréciés aussitôt apparus, mais sa logique ex-clusiviste risque de se retourner contre elle-même en créant des alliances surprenantes: «D’autre part, le clivage propre à notre temps défranchiserait et regrouperait sur la même rive la jeunesse désavantagée et les nombreux ainés négligés par la cadence du changement.» Mises en garde La frénésie réformiste n’échappe pas non plus au regard du journaliste, qui formule des mises en garde.Oui, écrit-il, les institutions-outils, les organigrammes appellent parfois un changement nécessaire, mais les institutions-principes doivent être manipulées avec beaucoup plus de prudence: «La mémoire collective, c’est autre chose.Sa sédimentation se voit dans les institutions.Peut-être fout-il la voir plus encore dans les valeurs qui fondent les institutions.On prend alors conscience, théoriquement du moins, du tort irréparable que certaines myopies causent ata fondements sociaux.» Une conclusion qui s’applique, mot pour mot, au rapport entre la patrie et la mémoire.Cette dernière, écrit Laplante, ne mérite pas d'être déconsidérée au profit d’une citoyenneté transparente et sans fil à la patte.Après Dumont, Laplante parle ici d’une alliance entre mémoire et pro- jet: «La seule citoyenneté qui puisse durablement et démocratiquement civiliser les relations entre les humains, c'est celle qui consent à harmoniser patiemment les visions collectives, pas celle qui prétend en foire abstraction.• Cela ferait déjà beaucoup, mais Laurent Laplante, fidèle à une démarche qui prend tout son sens à ratisser large en multipliant les interrogations plutôt que les réponses, ira encore ailleurs, sur le terrain de ce qu'il appelle des «enjeux encore incertains».Ce sera une réflexion sur les dérives potentielles des technologies nouvelles, d'Internet, qui menacent l’autonomie humaine: «Il fut un temps où l'arbitraire patronal suspendait l’épée de Damoclès au-dessus d’employés interchangeables; nous en sommes au stade où la mémoire de la machine rend obsolète la mémoire humaine et jette même un œil gourmand sur le raisonnement humain.» Ce sera, aussi, une critique féroce de ceux qui se servent de la généreuse notion d’éthique («l'autre existe, l’autre a le droit d’exister») pour mieux ignorer autrui: «Il faut, en somme, que l’éthique démocratique ait perdu tout souvenir de ses origines pour servir aujourd'hui de masque ou de caution aveugle au déferlement des appétits corporatifs, professionnels ou nationaux.» Pour tout résumer, il me faudrait, à mon tour et comme Laplante le fait, parler des rapports de la mémoire avec l’esthétique, la langue française, la laïcité, la retraite, la descendance, la tradition orale et les droits de la personne.Je laisse aux curieux le soin d'y aller voir.J'ajoute, cependant, que cette lecture ne devrait pas décevoir les amateurs d’essajs au sens traditionnel du terme.A l’heure de conclure, mais on sait bien que c’est provisoire, Laplante avoue: «C’est ma vérité que je cherche.» N’est-ce pas là la motivation ultime même de ceux qui se font un point d'honneur de convaincre les autres?La Mémoire à la barre est un fort beau livre parce que c’est l’œuvre d’un journaliste d’opinion devenu essayiste et qui sait que la vérité de la maturité s’appelle modestie.et mémoire.Ion iscoriiellier’ h» M trrmn* pits M AtrW LOGIQUE Planifiez maintenant Y2K Le burnout Questions et réponses Jacques Lafleur.psychologue ISBN 2-89381 -639-8 - 288 pages 18,95 $ Pour comprendre la dynamique de l’individu, du groupe et de l’entreprise Vivre avec la peur, c’est assez! Diane Prud'homme et Dominique Bilodeau ISBN 2-89381-622-3 - 304 pages 18,95$ Comment choisir sa vie -une belle vie! ^TROIS-RIVIERES K5 M lÿjS'l ^ /A au lu octoore îvvv http^/www.aiqnet.com/fiptr ACTIVITES tous les jours ou presque SUGGESTIONS PARMI LES 335 ACTIVITES REPAS-POESIE ICTW'l'.TJ.re-rWTniTT 91.H hOO-1 ~h00 Colloque Alphonse 1U H00 Dîner-poésie 12h00 Dîner-poésie 12h00 Dîner-poésie Angéline Ristorante, Resto Chez André Le Lupin 513 A.des Forges, 1140.St-Prosper 576, St-Georges (819 ) 372-0468 (S19) 376-5811 (819) 370-4740 2-10 octobre 4,5,6.7,S octobre 2-10 octobre 19h00 Souper-poésie 19h00 Souper-poésie 19h00 Souper-poésie Angéline Ristorante Bistro St-Germain Le Lupin: 3,4,11 oct 515 A, des Forges 401, St-Roch 376, St-Georges (819) 572-0468 (819) 372-0607 (819) 370-4740 2-10 octobre 3,4,5,6,7,8,10 octobre 2-10 octobre APÉRO-POÉSIE îrhOO Apéro-poésie 17h00 Apéro-poésie 17K00 .Apéro-poésie Bar L Hexagone-Delta Café Bar Zénob Le Maquisart 1620, Notre-Dame 171, Bonaventure 325, des Forges (819) 576-1991 (819) 378-9925 (819) 579-0235 2-10 octobre / sans fumée 2-10 octobre 2-10 octobre RENCONTRE- POÉSIE CINÉ-CAMPUS lôhOOet 19h30 20h00 Un poète raconte, I4h00 3,10 octobre Librairie Morin Libr.1 Histoire sans fin 19H50 1,5,8 octobre 4000 des Forges 1574 Hart 20h00 2,9 octobre (S 19) 694-1116 (819) 374-8453 85S Laviolette 2-10 octobre 6-7-8 octobre (S 19) 376-4459 RÉCITAL-P OÉSIE 20h50 Café B;u- Zénob 20h30 Le Maquisart 20h00 L'Eskabel 171, Bonaventure 525 des Forges 563 Bureau (819) 378-9925 (819) 379-0235 (819) 376-2428 1,3,4.5,6,7,8,10 oct.2,3,4,5,6,7,8 octobre 2,3,6,7.9 octobre 25h00 Poèmes de nuit 1 23hOO Poèmes de nuit 2 Café Bar Zénob Le Maquisart 171.Bonaventure 323 des Forges (S 19) 578-9925 (819) 379-0255 2-10 octobre 2-10 octobre Piché.Université du Québec à Trois-Rivières.Atrium Paul-Émile Borduas.pavillon Ringuet.3351 Bd des Forges Coordination : Cécile Cloutier (Québec).boul.des Forges.(S19) 376-5122.Poètes : Jean-Erik Riopel.Martin Pouliot.Guvlain Pouliot et Cari Poulin, leunes poètes du Québec.98.18h00 Souper-poésie.Calé Marie- Monde.1281 Principale, St-Étienne-des-Grès.(818) 555-5228.Poètes Fredrik Ekelund (Suède), Israël Eliraz (Israël), Hassan Meimi (Maroc).Gil Jouanard (France), Roméo Savoie (Acadie).Marie Imjeon Park (Corée), Jean Portante (Luxembourg), Luis-Filipe Sarmento (Portugal).Bousnll Salah (Maroc).225 20h00 Soirée de poésie.Resto-Bar Le Somnambule, 599, 8e rue.Shawinigan, (818) 537-5718.Poètes : Fredrik Ekelund (Suède).Israël Eliraz (Israël).Stefan Psenak (Ontario).I.vne Richard (Québec) 228 20K00 Poètes des Editions du Noroît.L’Eskabel.Poètes : Pierre Barette.Rachel Leclerc, Martin Thibault.Mireille Cliche.Nicole Brassard (Québec).Vermillon (Ontario): Lucille Roy.Andrée Christensen et Jacques Flamand (Ontario).292.19h00 Séance de signature : livres et de : Claude Péloquin, poète.Archambault.5760 bd Des Forges.(819) 5.ti-1015 295 20h0Ü “Poètes vos papiers" L'Eskabel.363 Bureau.(S 19) 3, 6.2828.Poète invité : Hassan Meimi (Maroc).105.20h00 "Poètes vos papiers".L'Eskabel.Poète invité : Rodolto Alonso (Argentine).106.20h30 Soirée de poésie : Ecrits des Forges.Le Maquisart.Poètes : Hugo Gutiérrez.Yega (Mexique).Denis Payette, Francis Catalano, Micheline Boucher.Émile Martel.Dominique Lauzon.Claudine Bertrand.Bernard Pozier (Québec).Thor Stefdnsson (Islande).Andrea Moorhead.Nancy Ellen Du Plessis (États-Unis), Luis-Filipe Sarmento (Portugal).225.20h00 L n poète se raconte.Librairie 1 Histoire sans fin.Poète : André Yelter (France).228 21 h30 Claude Péloquin chante Tout le monde au ciel.Le Pub-en-ville.1820 Notre-Dame, (S 19) 372-5578.Coût 7.00 $ - taxes imanche o oct 110.11 hOO Brunch-poésie.Le Salon du livre de Trois-Rivières reçoit Nicole Brassard, lauréat(e) du Grand Prix de Poésie du Fl P.Hall d'entrée du Musée des arts et traditions populaires du Québec, 200.Ut-violette.(819) 372-0806.Coût: 18.00 S TTC.151 17h00 Vernissage : Michel Madore chez le poète Émile Martel : oeuvres : Michel Madore.poèmes : Emile Martel.Mouvement socio-culturel de La Tuque.525.rue St-Eugène.La Tuque.Tel.: (819) 525-9280.LJ3j3JSUJküiSSSS 287 17h00 Apéro-poésie.Revue Estuaire les 15 premiers gagnants du Grand Prix du Festival International de la Poésie.Calé Bar Zénob.Poètes : Jean-Marc Desgent.André Roy, Nicole Brassard.Renaud Longchamps, Pierre Morency, Louise Dupré.Normand De Belleteuille, Paul Chanel Malenfant.André Brochu, François Charron.Denise Desautels, Serge Patrice Thibodeau, Claude Beausoleil et le regretté Michel Beaulieu (Québec).253.17h00-20h00 Gala Péloquin Vernissage de poèmes manuscrits, lecture et séance de signature : livres et cd : Claude Péloquin.Galerie d Art Gala.1260, rue Notre-Dame, (S 19) 372-5557 296 20h00 L’n poète se raconte Librairie L Histoire sans fin.1378 rue Hart, Trois-Rivières, (818) 374-8-153.Poète : Hélène Dorion (Québec).287 20h30 Soirée de poésie de 1 1 NEEQ Café Bar Zénob.Poètes : Raoul Duguay.Michel Garneau, Stéphane Despatie.Marie Savard (Québec).29S.20h50 Pierre Barouh et Gérard Ansaloni chantent.Le Maquisart.323.rue des Forges.Coût d'entrée : 20.00 S.Réservations : (819) 379-0235.iraETOTT.wjEmflira 309.13h00—17h00 Poèmes sur-cordes-à- linge.Exposition de tous les poèmes des concours faits dans les écoles et les groupes de l'Age d'or, sur des cordes à linge.Tous les poètes présents y accrochent un poème.Place de l'Hôtel de ville.ACTIVITÉ FAMILIALE.305.13h00 Tirer les vers du ciel.Création de cerf-volants, poèmes et dessins.Activité 260 20h00 Un poète se raconte.Librairie 1 Histoire sans fin.Poète : Suzanne Jacob (Québec).familiale.Parc Portuaire de Trois-Rivières.(Reporté au lendemain, en cas de pluie).307 15h00 Café-poésie-Librairie Morin- Café Morgane, 4000.boul des Forges.(819) 579-4153 Entrevue animée par Gérald Gaudet: poète: Claude Péloquin (Québec).OCTOBRE OCTOBRE SERONT PRÉSEXIS LE 01 ’ IIS UÜÜEJÜÜUUÜU tes international!: iiircr 001 Alonso Rodolfo (Argentine) 001*.Arbeleche Jorge (Uruguay) 003.üoriilavov h an (Bulgarie) l\H.Carnéeî Magda (Roumanie) 005.Dagens Jean-Marc (France) 006.l>u PIcjsu Nancy Ellen (É-L'nis) DÛT.Ekelund Fredrik (SuècW) 008.Eliraz Israel (Israel) 009.Fidji Nadine (Lt Réunion» 010.Guuenrr Vega Hugo (Mexique) 011 Helminger Xico (Luxembourg) 012.Jouanard Gil (France) 013.Joris Pierre (Luxembourg» 0H Kiukinen Jyrki (Finlande) 015.Klein ikov Hitim (Macédoine) 016 1-ighoiuti Abselharaid (Algérie) 01 •*.Bousriff Salah (Maroc) 018 Montnuneix François (France) 01° Moorhead Andrea (États-Unis) 020 Nasser Amjad (Palestine) 02 : Ndiaxr Sada Weindé (Sénégal» 022 N\>-Marurc Colette (Belgique) 023 Patifio Rafael (Colombie) 02*».Park lm-Jeon (Corée) 025.Portante Jean (Luxembourg) 02o Sarmento Lun Ftlipe (Portugal) 02*.Slade Jo (Irlande) 028.Stcfinsson Thor (Islande) 02° Subira na Jaume (Espagne) 050 Tanvol Tugrul (Turquie) U31.Vciter André (France» 052 : 054.055.056.05* 058 059.0o0.061.062.063.064.065 066.067.068.m 070.on.a*2 075.L2JSHEÏS32ÜS oètnes manuscrits do Claude Péloquin, Galerie d'Art Gala.1260, rue Notre-Dame.(819) 372-5557 25.1 -30 octobre, Anumreuses.œuvre?de Nicole N’igncauit.poèmes de Pierre ChAtillon.Centre d exposition sur l industne des pâtes et papiers, 8(X).Parc Portuaire.(819) 372-4653.26.1-30 octobre, Heureux d’un Print cm fie : visions du Québec : œuvres et textes des murales et poèmes-affiches : jeunes québécois ayant participe au concours de l’Office trancivquébecois pour la jeunesse.Cafe I jc Xéno.Séminaire St-Joseph, 858, laviolette.(81 °» 376-4459.LK DEVOIR Les Arts 2 du Maurier ( ; T'Vf X f A .DH CHLN550 fnn Consulot Gc'crol de Fronce o Quebec $4'VH» q^« »t 0» Cooperrttoë* # » O * ÿS> (GOUVERNEUR BUROMAX (Ci COGECO © '400* Gazoduc TQM PR# HELVETIA ¦ r Hm chaîne culturelle Radio-Canada DlFFUSfUH ornciti National rc riCDEN Le Nouvelliste Bœjow' gTJ Toun*m« I K l) K V (I I H .I h S A M K l> I I ! P I M \ \ i II F ¦_* (i S F I’ I I NI K H F i î) WF' I r P V L \ n I.L 1 T T K K A T IKK J E I N E S S K Henriette Major, doyenne juvénile Elle était sur la scène du Salon du livre lors de la gaffe d'un certain animateur: -Mesdames et messieurs, à ma gauche, les auteurs pour enfants, à ma droite.les vrais auteurs.» C’était dans les années 60, mais l'anecdote court toujours.Son premier album, l ii drôle de petit cheval, fut l'un des quatre livres pour enfants publiés au Québec en 1967, une année à marquer d’une pierre noire (quatre livres seulement!) dans l’histoire de la littérature jeunesse.Depuis, Henriette Major n’a pas cessé d'écrire pour les enfants.A l'occasion de la parution de 100 comptines, aux Editions Fides.une entrevue avec la doyenne des auteurs jeunesse.(, i s i: ci i) i SK oc il i s Henriette Major lut des toutes premières luttes pour la reconnaissance de la littérature jeunesse, l ue anecdote en témoigne.Au début des années 70, au Salon du livre de Quebec.îxai après la formation tie Communication-Jeunesse.elle esi estomaquée de ne trouver aucun livre québécois sur les étagères de la bibliothèque idéale installée, pour l'occasion, a l'entree du Salon par le ministère de l'Education.Se voyant repondre un Isfarien icitte!" par le fonctionnaire charge du projet, elle lui présente fièrement la liste des récentes publications québécoises pour la jeunesse, l’as du tout ébranlé, le fonctionnaire lui jette: dsfh-lien d'bon icitte '" Faut-il ajouter qu'elle a protesté?C'est dire combien les choses ont change.-Aujourd'hui.les éditeurs publient beaucoup de Unes pour les jeunes — il y en a peut-être même trop —.les enfants lisent beaucoup plus, affirme la pionnière; et ce n 'est pas la tele qui les empêche de lire! [,.| J'ai reçu tellement de lettres d'enthnts leeteuis dans ma carrière!- Lettres auxquelles elle répond toujours.Elle entretient ainsi depuis jAcijcrs oKi su k i r nrvoiK Henriette Major peut se vanter d’avoir écrit pour presque trois generations de lecteurs et touché un peu à tout.cinq .ms une correspondance avec une jeune Marocaine de Casablanca, aujourd'hui âgée de 14 ans, et avec une autre de Haiti.D’autres lecteurs encore lui parlent de leurs problèmes, l'n garçon (environ le tiers de ses lecteurs sont des gars) suggère le clonage des bonbons, l'n autre commence par se comparer a Sophie: - "Je suis aussi méchant qu'elle!" Comment ne pas repondre à ça!" Cette grand-mère pleine d’élan peut se vanter d'avoir écrit pour presque trois generations de lecteurs et touche un peu a tout.Lorsqu'on décidait de vivre de sa plume dans ces années-là.Henriette Major compte une centaine de titres a son actif, dont Ixi Surprise de dame Chenille, qui lui a valu, en 1971.le prix de la Canadian Library Association.dont aussi la populaire série Sophie (Sophie et l'apprentie sorcière.Sophie et le supergarçon.) dans la collection -Pour lire- quelle a dirigée pendant de nombreuses années.Elle a de plus collabore etroitement avec Claude Infortune, pour des projets aussi divers que l.'Evangilc en papier (prix Ahine-Bélisle pour la version imprimée).L• Corps humain.Chez les Inuits, la' Règne végétal et les Insectes.Lr Magie du maquillage.Des manuels scolaires (Les Mots apprivoises) aux marionnettes, des entrevues insolites réalisées pour le magazine Perspective aux articles pour Châtelaine.du théâtre (leux de rêves, entre autres, fut joue sur plusieurs scenes du monde) à la television (scénariste a Radio-Canada et TA'.Ontano).Henriette Major est présenté sur tous les fronts.Des projets pour adultes?Dans ses tiroirs, oui, pas encore eu le temps d'y voir.I n lancement Aujourd’hui, samedi, a 1-th.a la li-brairie Champigny.a Montreal, aura lieu le lancement de son petit dernier 1(X) comptines, publie par les editions Fides.De ci' très joli recueil a la couverture coussinet' de 128 pages, accompagne dim CD.Fauteure declare s.ms hésiter qu'il s'agit de son plus beau livre, esthétiquement parlant.Pas moins tie cinq illustrateurs, et non des moindres, y ont collaboré avec brio: Daniel Sylvestre, Luc Melanson.Celine Male part.Pastille Constantin et Christiane Beauregard.Le plus joli de l'affaire, c'est qu'il s'agit pour la plupart de comptines populaires qui ont peut-être accompagne vos propres jeux: / leux petits oiseaux sont sur une branche.I n elephant sa trompe sa trompe, l'ne araignée sur le plancher.Turlututu chapeau pointu.Fais pipi sur le gazon, etc.A celles-ci, fauteure a ajoute quelques chansonnettes, des comptines origi naires de la France ou d’ailleurs dans la Francophonie, et quelques textes de son cru.I n index des thèmes et îles mots clés, la liste des gestes traditionnels accompagnant certaines comptines ainsi que quelques suggestions d'exploitation pédagogique font partie du recueil.D'Henriette Major, trois autres livres pour jeunes sont attendus cet automne: l'un chez Pierre Tisseyre.tute nouvelle sérié dans laquelle des grands-parents oie oie se disputent l'attention de leurs petits-enlants: l'autre chez Boreal.Lr l allée des entants, destine à un public de 8 a 12 ans environ: le troisième aux l(X) coups, un conte illustré intitule Un arbre.»fai plus d'idées que je peux en utiliser", dit celle qui écrit pour s'amuser.-Dans mes livres, il y a beaucoup d'action et de l'humour: C'est génial quand c'est tint! J'aime ce qui est farfelu, absurde.Je n ai pas la fibre pedagogique très développée.D'ailleurs, je suis allergique aux tele-romarts!» Dans une boite a chaussures vide rebaptisée -Boite à idées-, Henriette Major conserve sur de petits bouts de papier les idées qui lui viennent.Lime d’elles a ete directement inspirée par sa petite-fille Marion.-Je lui ai demande ce qu elle dessinait.— i 'n orphelinat.— .Ah oui?Et e\st quoi, un orphelinat?— Une maison pour les parents qui n'ont pas d'enthnts." L'orphelinat pour parents s'est bien sûr retrouve d.ms la boite à idees.Dette tille de musicien voulait etudier les beaux arts.Ses parents, horrifies, ont refuse Pensez-vous! Des fuites perdues! des nu* dèles nus! Henriette Major a donc fait l'Ecole normale, mais aussitôt qu'elle fut financièrement autonome, elle s'est inscrite aux cours du soir des beaux arts A-t-elle une idee?Elle passe a 1 action.-Un printemps, raconte-t-elle.trois de nus livres sortaient< n même temps èi Paris, chez trois éditeurs differents ( h toutes les maisons ont des eonnotatums politiques, hi-bas.Par exemple.Fayard est associe aux catholiques et La Farandole aux communistes.Mais moi.je ne m'occupe pas de ça.Je prends le telephone et rejoins le Centre culturel québécois éi Paris pour leur proposer un lancement.Il y a plein de monde.I n journaliste me dit: — .Alors, madame, on mange a tous les râteliers?Je lui réponds du tac au tac: — Son.monsieur.Moi.refais plutôt comme Imivussi ./< sème à tous vents!- l’ourle lancement de 1(M comptines.la jeune doyenne a refuse de rester sagement assise a attendre les demandes de signature.Je ne suis pas Celine Dion, dit-elle presque offusquée, les gens ne viendront pas à moi comme à une vedette' Il faut errer un événement!" Elle a alors propose une l'été de la comptine, un programme d'animation d'une heure en presence des illustrateurs.Ceux-ci exécuteront sur place des dessins pour les participants qui viendront dire une comptine au micro.La tète est évidemment gratuite.- Tu peux amener tis parents", precise l'invitation.u memovu Lettres québécoises la revue de l’actualité littéraire Mm Recevez en prime La memoria de Louise Dupré \ (valeur 16 $) avec un abonnement d’un an à Lettres québécoises Abonnement 1 an / 4 numéros 20$ (T.T.C.) en prime : La memoria Entrevue : Louise Dupré Dossier: Sogides, ou l’histoire d’un empire JLEDITORIAL Louise ùtipré^m la rurtlgv da i'i/amMB DOSSIER Sogides, ou t’hstoae d’un empèe NOM ADRESSE VILLE CODE POSTAL________________ CI-JOINT: Q CHÈQUE [J NO_________________________ TÉL.| | ______ EXP./ SIGNATURE DATE 18 CONSEIL DESERTS Li Con&iu.t>»» Ann ou Canada nam» ifJ7 CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUEBEC RETOURNER À : Lettres québécoises 1781, rue-Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone: (514) 525.21.70 • Télécopieur: (514) 525.75.37 • Courriel : xyzed@mlink.net L’ère des monopoles D 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 5 ET DI M A X (’ 11 E 2 1» SEPTEMBRE l î! 9 9 ARTS VISUELS Pot-pourri photographique Plusieurs se demandent s’il sera possible de tout voir dans ce généreux Mois de la photo à Montréal (MPM).Pourtant, il n’est pas arrivé le jour où le MPM se fera aussi gros que son cousin parisien, dont le programme en novembre 1998 comprenait près de 80 numéros.Afin de contribuer à l’œuvre de marathonien que demande le ratissage de l’événement, voici quelques recommandations.SOURCE MOIS DE LA PHOTO The Physiognomy of Dementia, de Paul Lowry •* * ! .'A-, .Chasse-galerie.BERNARD LAMARCHE LE REGARD PERPÉTUEL PHOTOGRAPHIES, 1969-99 Arnaud Claass Maison de la culture Plateau-Mont-Royal 465, avenue Mont-Royal Est Jusqu'au 3 octobre Une exposition à ne pas rater est sans contredit la rétrospective du photographe français Arnaud Claass.L’accrochage très sensible du commissaire Franck Michel fraye, par une sélection de quatre-vingt images, dans 30 ans de production de Claass.Ce dernier, comme le rapporte fort à propos le commissaire, évolue dans «le sillage de la rupture produite par l’œuvre de Robert Franck» et cherche, depuis le début des années 70, à renouveler le genre du documentaire par une photographie plus sobre.Son objectif obéit aux règles libres de la flânerie plutôt que de se braquer sur l’événement.Claass est un photographe influent de l’histoire récente de la photographie française, comme en témoigne ce numéro entier que lui consacrait en 1988 la défunte revue Les Cahiers de la photographie.L’accrochage permet de se familiariser avec neuf séries du photographe.11 permet de bien saisir deux manières distinctes avec lesquelles Claass a travaillé au cours d’une carrière toujours active.Le re- gard photographique vagabonde, captant au hasard des moments la vie de proches qui se déroule, s’attardant à l’environnement immédiat du photographe, comme pour les séries Continuités (1982-85), Silences (1985-88) et Enfances (1988-90).Ailleurs, ce sont les règles de la composition qui exigent du photographe un regard davantage informé.Dans les Paysages miniatures et les Paysages minutieux, réalisés de 1977 à 1982, le petit format ouvre des fenêtres aussitôt saturées par des végétations denses, sans échappatoire, sans ligne d’horizon, sortes de coupes à blanc dans un paysage que les pouvoirs de la photographie cherchent à régénérer.Parmi ces séries, la première, Contretemps (1968-77), donne des images saisissantes de New York et de Paris, parfois des perspectives vertigineuses, ailleurs des étendues à couper le souffle.Jamais ici, comme dans les autres séries, le regard ne tente d’imposer une quelconque forme d’objectivité.De-ci de-là, à travers la rigueur de ces séries, quelques images ressortent: ce visage émergeant d’eaux dont on ne sait rien de l’étendue, cette enfilade d’espaces troubles prise dans des ruines où la lumière se fait trompeuse, d’immenses ombres articulant le paysage, etc.Dans cette exposition qui n’est faite que de fragments, il faut également saluer l’initiative de Franck Michel de ne pas avoir eu peur des murs vides.Ce dernier a su réserver quelques plages nues, autant de silences qui suggèrent l'absence d’autres images, d’autres moments.L’EMPREINTE DU VIDE (1997-99) André Jasinski Centre de diffusion Clark 1581, rue Clark, 2?étage Jusqu’à dimanche Galerie Trois Points 372, rue Sainte-Catherine Ouest, local 520 Jusqu’au 2 octobre Les expositions en plus d’un lieu sont toujours délicates à mener.Celle-ci l’a été d’une main de maitre par la commissaire Jennifer Couëlle, qui n’en est pas à ses premières armes en ce qui concerne Je paysagiste belge André Jasinski.A la galerie Clark, ce sont de grands paysages rigoureusement composés que la commissaire a réunis.Ici, l'accrochage impeccable tire à lui la froideur analytique des paysages urbains que propose Jasinski.Dans ces images, le photographe se penche sur des lieux où l’homme s'est imposé non sans heurt aux forces de la nature.Ainsi, des lieux «impurs» sont dépeints, où la présence de l’homme s’est autrefois fait sentir et où ses interventions irréversibles sont depuis laissées à l'abandon.Ces images prises en Belgique et à la pointe de Lévis, au Québec, malgré le travail appréciable de la commissaire, en dépit de la technique du photographe qui nous semble irréprochable et bien que des atmosphères et des affects aient été soigneusement mis en scène par Jasinski, peuvent lasser.Le souci de documenter ces sites hybrides semble soumis aux impératifs de la composition.Il en résulte à nos yeux de$ images quelque peu affectées.A la galerie Trois Points, le photographe pose son regard sur des paysages dévastés de la Tchéquie.Le résultat?Des images oscillant entre l’abstraction, grâce aux détails foisonnants ravalés par le noir et blanc, et un «exotisme un peu lunaire», écrit Couëlle.Le photographe retient davantage notre attention par des paysages urbains, des nocturnes.Dans une immobilité menaçante, Jasinski prend des lieux ready-made et les rend tels des décors fantastiques.Des façades de fenêtres s’illuminent comme si elles avaient été aménagées en vue de la photographie.Les blancs de ces nocturnes se confondent à la blancheur du papier, ajoutant à un effet d’artificialité.Envoûtant.COMMEDIA: THE PHYSIOGNOMY OF DEMENTIA Paul Lowry Galerie B-312 372, rue Sainte-Catherine Ouest, local 403 Jusqu’au 9 octobre Dans un tout autre ordre d’idées, mais alors là tout à l’opposé du spectre des affects, les œuvres réellement fascinantes de Paul Lowry remontent au vieux fantasme dix-neu-vièmiste de pouvoir saisir, par une science obscure et désormais obsolète — la physiognomonie —, le carac- Bonsccoui ¦urttrri- - «£capqft.4e9 le mois de la photo à montréal présente en collaboration avec , le MARCHE BONSECOU trois expositions dans le cadre' du volet thématique LE SOUCI DU DOCUMENT JUSQU’AU 17 OCTOBRE OUVERT TOUS LES JOURS DE 10 H A 18 H LE MERCREDI OUVERT JUSQU’À 20 H Marché Bonsecours 350, rue Saint-Paul bst Montréal, Québec Info : (514) 390-0382 www.cam.org/~vpopull Les Arts du Mourier Nos partenaires : Programme d'intégration des arts du Cirque du Souii L'Ambassade royale des Pays-Bas A Otta» a Association française d'action artistiqie The Brittsh Council The Setedlsh Embassy Frame.Finnish Fund for Art Exchange ?^otuiay &VJ\ L évocation du commissaire Pierre BLACHE \abiter le présent de la commissaire Marie-Josée JEAN vi Donigan Camming : Moving StillsY htghtS in the city, une intervention d'Alfredo dans la coupole du Marché pour les Journées de la des visites commentées par les commissaires les 24, 25, 26 septembre à 14 Kiosque d'information générale du Mois de la Photo à Montréal Jusqu’au 2 octobre Henry Moore Œuvres sur papier, 1970 - 1983 GALERIE DOMINION I43S.rue Sherbrooke Ouesi.Montreal X45-747I Du mar.au sam.île 10h à I7h Les artistes Mila armata |ean Brillant art Brut Burt Covit CHARLES DAUDEL1N SUSAN EDGERLEY PAUL FENNIAK RANDALL FlNNERTY TOM HOPKINS PETER KRAUSZ MARK LANG MILAN 8 EVA Lapka David Moore Richard Morin Louis Muhlstock Frank Mulvey Jean-Pierre Perrault Dina Podolsky Lev Podolsky BRUCE ROBERTS BENOIT S.A1TO SEYMOUR SEGAL TOONOO SHARKEY }ori smith Denis St-Pierre Tobie Steinhouse Andrea szilasi Francis D Torres Irene F Whittome Barbara Zakrzewska CONFERENCE LE 27 SEPTEMBRE À 1?H L'EXPOSITION SE POURSUIT JUSQU'AU 3 OCTOBRE LES IMPATIENTS IOO.Sherbrooke F.st.4' étage tel : 514*938*0731 • 514*0424043 tère et la psychologie des gens tels que révélés par les traits de leurs visages.Les physiognomonistes croyaient ainsi pouvoir identifier les criminels par leur seul faciès.Remontant à cet épisode de l’histoire du mysticisme, Lowry reprend l’idée, discutable, que la surface des choses porte les signes de ce qui se trame sous elle.Ainsi, l'artiste se fait le chasseur , de réalités dont le visage se ferait le relais.Ses images sont à la croisée des voies poursuivies par les portraits du photographe Joel-Peter Witkin, lequel affiche un goût prononcé pour le grotesque et le monstrueux, et la peinture d’Arnulf Rainer, qui manipule et tord sa propre figure dans l'effusion de cruelles expressions.La plupart des images violentes de Lowry sont des autoportraits.Partant du principe que la physionomie du visage serait porteuse de réalités cachées, Lowry s’évertue, avec une virtuosité dont on n’a pas idée, à transformer violemment sa propre figure.Les chairs sont étirées, déchirées même, le corps devient le produit de conduits machi-niques aux fonctions innommables.De cette manière, c’est le corps de la photographie qui se voit attaqué, criblé de sutures, devenu l’objet de multiples tortures.Lowry ajoute un chapitre au livre de la représentation de la démence, dont la rédaction a débuté dès l’invention de la photographie, semble-t-il, et à laquelle la fin du dix-neuvième siècle a largement contribué, avec les images prises par Albert Londe à l’hôpital de la Salpétrière.Ainsi, Lowry s’incruste au cœur de la question maintes fois soulevée par la photographie, une conception centrale dans l'histoire du portrait, cette idée que la photographie peut faire accéder à des réalités intérieures, psychologiques ou spirituelles.Par ses manipulations, Lx>-wry se construit une personnalité repoussante, pour laquelle son visage trituré et ravagé est posé, tel un écran.Les tourments de l’âme sont retournés comme autant de gants et le visage se moule aux douleurs ainsi matérialisées.Cette exposition des plus intéressantes ajoute une dimension cruciale au thème du Mois de la photo, en retournant à un volet obscur de l'histoire du documentaire, proposant des images souvent brutales mais combien fondamentales.A Montréal, Lowry est l’un des rares photographes à fouiller avec autant d’aplomb les côtés sombres de la psyché.A voir.Malheureusement pour nous, les images de Lowry sont diffusées au compte-gouttes.EXPOSITION JACK Uv V -ièY.-N * o • ¦ vV^T-kX C'r » UÀÎ4' i\- - «I BUSH 1 909 - 1 977 LES ANNÉES 60 DU 25 SEPTEMBRE AU 30 OCTOBRE 1999 WADDINGTON & GORCE 1446, rue Sherbrooke Ouest Montréal H3G 1K4 Tél.: S47-1112 Fax:847-1113 Du mercredi au samedi de 10 h à 17 h S E-mail : wadgorce@lotal.net I Web : http://www.total.net/~wadgorce Espace o ® et d'essai ^TOmoorains 10' anniversaire Joan Fontcuberta Fauna sécréta Musée Reopath Hémogrammes Occurrence Jusqu'au 17 octobre Remise des dossiers T pour saison 2000-2001 4 octobre CJ ( \ Information : W Lili Michaud.514-397-0236 b 460.RUE STE-CATHERINE OUEST.ESPACE 307 MONTREAL (QUÉBEC) H3B IA7 TÉL.: 1514) 397-0236 TÉLÉC.(5141 397-8974 COURRIEL: OCCURRENCE@VIF.COM ID Institut de Design Montréal 390, rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 31 Montiéal (Québec) Canada H2Y IH2 Téléphone 1514)866-2436 Télécopieur 15141866-0881 Cournel idm@idmqcca Sile Web htip //www idm qc ca L’IDM assure une présence québécoise à Sydney resign '99 Ou 27 au 29 septembre prochain se tiendra le Sydney Design '99.un des événements les plus attendus sur le plan international en design El l'Institut de Design Montréal sera de la partie! À l'approche du nouveau millénaire.Sydney Design '99a pour but de favoriser les échanges et la réflexion sur le design Plus d'une cinquantaine de conférences et une importante exposition sauront monopoliser l'attention de tous les intervenants du milieu On attend effectivement des délégués de 50 pays le Design Institute of Australia (DIAI et la Australian Graphic Design Association.hOtes de l'événement, accueillent par la même occasion les congrès de trois organisations internationales de design -International Council ol Graphic Design Association (ICOGRADA).-International Council of Societies of Industrial Design (ICSID).•International Federation of Interior Architects/Interior Designers (IFI).Dans le cadre de sa mission, qui consiste à piomouvoir le design en tant que valeur économique et à taire de Montréal un centre de design de calibre international, quoi de plus naturel pour l'IDM que de participer à des manifestations de l'envergure de Sydney Design '99 pour favoriser le rayonnement des designers d'ici sur les scènes locale et internationale.l'IDM assurera donc une présence québécoise à Sydney Design ’99 par une participation active aux congrès et à l'exposition Des créations québécoises ayant reçu des distinctions Internationales seront présentées au public australien.On compte entre autres le tapis roulant multimédia (Aerobic Technologies inc ), un appareil de conditionnement physique qui intègre la technologie multimédia dans son mode de fonc-tiennement AngelCareMC (Angel & Co ).un moniteur de son pour nouveau-nés équipé d’un détecteur de mouvement qui emet un signal d'alarme dès que l'enfant arrête de respirer, le système ÀudiSee Audisoft Techologies inc ).un appareil audiovisuel destiné à améliorer la compréhension en classe des malentendants, et le Système JardibacMC (Plastique DCN Inc ).constitué de boites en plastique moulé représentant une alternative à l'environnement naturel dans le domaine de l'horticulture.OBJETS DESIGN.POUR VOUS! Heures d'ouverture de la Galerie de l'IDM du samedi au mercredi, de 10 h à 18 h.du jeudi au vendredi, de 10 h à 21 h.f SnfKKbflQ Depuis décembre 1980 ¦SOUP.Cmxoutt, «MROX S CCTSKR Bri «SH îfi isiomutî » ?v>‘ '«il le mois de la photo à montréal 6e édition 1999 Jusqu’au 24 octobre 1999 Une installation du réalisateur du Violon rouge Musée d’art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Montréal (Québec) Métro Place-des-Arts Renseignements : (514) 847-6226 www.macm.org/laparesse.htm Une présentation de Lis A k t s a ^ du Maurier MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉi Chroniques du banal 1 U COI LEI R Dl CONFORT Galerie Vox, espace 320 et espace 705 460, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu’au 3 octobre BERNARD LAMARCHE Chaque Mois de la photo de Montreal à l’instar de plusieurs inanifes-| tâtions de la même amplitude dans le ! monde, fournit un espace de visibilité important aux pratiques émergentes, aux artistes et aux photographes dits de la relève.L’actuelle édition ne fait pas exception à la règle.Sans quelle soit i nommément présentée comme privile-| giant la relève, l’exposition La Couleur \ du confort réunit des jeunes photographes ayant grandi dans les aimées 60 et 70 et dont la pratique s’est épanouie dans les années 90.Contrairement à l’habitude dans ce genre de manifestations, alors que la relève est regroupée sous la bannière «morceaux choisis», avec la fragmentation et la discontinuité comme principes rassem-bleurs, l’exposition mise sur pied par la photographe et commissaire Elène Tremblay propose une approche thématique.Autour de considérations sociales, La Couleur du confort convie en deux espaces les productions de neuf photographes: Karin Bubas, Susan Dobson.Karin Geiger, Chris Gergiev, .¦Man Hoffman, Eric Lamontagne, Juîe de Niverville, Maureen Rodrigues-La-brèche et Caroline Sweeling Teo.L’axe Montréal-Vancouver Par un effet curieux qui ne peut être uniquement dû au hasard, l’exposition polarise la scène des arts visuels au Canada sur un axe Montreal-Vancouver.Tout se passe comme si, afin de sortir de l’habituel panorama géographique qui pendant des lustres a tenu lieu d’histoire de l’art canadien, Tremblay avait fait se mouler la pratique des arts à la devise du pays.Tous les artistes de l’exposition vivent ou pratiquent à Vancouver ou à Montréal, à l’exception de Susan Dobson, établie à Oakville, en Ontario.Celle-ci se révèle l’un des participants les plus intéressants, avec ses alignements de maisons identiques en cours de construction, des images qui rendent la ruine des boisés autrefois existants dans ces sites maintenant livrés au sabotage de l’architecture «fast track».Maigre son approche thématique et la permission plus que salutaire que Tremblay s’est donnée de faire des choix (quitte à laisser en plan certaines tendances, fussent-elles fortes), la commissaire contribue implicitement à la reformulation du fantasme géographique imificateur de la scène des arts canadiens, au moment oii l’axe Montreal-Vancouver se substitue à la géographie expansive mise en récit par lTris-tôire.Doit-on rappeler que celle-ci commence habituellement par le très nationaliste Groupe des Sept et son mythique nord de l’Ontario avant de compléter son périple du côté de Victoria, de s’élargir à Montréal, de s’arrêter à London, etc.?Lliistoire de l’art canadien, sous sa forme traditionnelle, est calquee sur un des mythes fondateurs du Canada, le fameux coast to coast et le credo régio-naliste qui le sous-tend.A cet egard, la lecture d’un article de l’historienne de l’art Johanne Lamoureux, dans un ancien numéro de la revue Parachute (ne 81, janvier-février-mars 1996), permet de bien saisir les enjeux politiques de cette épineuse question, en même temps qu’il fournit une belle réflexion sur les paramètres en acte dans la manière insistante qu’ont certains historiens de l’art canadien de construire lliistoire.Or.il ne s’agissait pas de produire ici un panorama de la pratique de la photographie canadienne émergente- Rien n’annonce un désir d’exhaustivité dans ce projet.D demeure qu’un sous-texte géographique se dégage nettement, ce qui autorise à soulever quelques interrogations quant à la méthode de la commissaire.La couleur, le confort Le choix des artistes de la présentation semble justifié, du moins en partie, par un profond désir de jeter un regard sur l’urbanite, plus précisément sur les contrecoups de la vie métropolitaine.C’est peut-être pourquoi Montréal et Vancouver, première métropole du pays et celle qui lui souffle dessus à l’aube du nouveau millénaire, se trouvent mises en rapport par la commissaire.Ceci n’explique forcément pas cela, mais ces deux aspects résonnent de considérations communes.On ne peut pas dire que l’exposition soit particulièrement enlevante, néanmoins, pour des raisons qui nous tracassent encore, son effet est persistant.Beaucoup des artistes de la sélection témoignent réellement, comme l’écrit la commissaire, d’une «curiosité informée» et possèdent une «très grande cidture de l'image et de ses procédés».Il n’empèche que le fait de réunir ces productions a pour consequence de niveler quelque peu leur discours plutôt que de mettre en évidence leurs particularités.Sauf exception, par exemple -¦Man Hoffman et ses jeux inquiétants sur la mise au point dans l’image et, peut-être, Eric Lamontagne et ses boites lumineuses, ce qui varie dans ces représentations se réduit essentiellement aux sujets abordés par les artistes.D en résulte un télescopage entre le fait de montrer et l’effet de cette mise en image.Le regard photographique se poserait sur les sujets, tous à saveur sociale — les banlieues-champignons, la domesticité, l’opulence de la consommation, les devantures répétitives des édifices à appartements, les adolescents, l’errance de «jeunes gens en mal d’activités», etc.—, selon un impératif de suspension du jugement, du commentaire ou du point de vue des photographes.Ces images semblent montrer des décors dont il n’existe pas d’envers.On ne photographie pas pour exacerber l’artificialité des décors et des situations.MONTREAL TELEGRAPHE 1999 Septembre Octobre Novembre Décembre 2000 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Cynthia Girard Jean-Pierre Séguin Roland Poulin Diane Gougeon Jean-Pierre Gilbert Stéphane La Rue Raymond Lavoie Guy Pellerin Dominique Blain Monique Régimbald-Zeiber Jean-Pierre Gauthier Raymond Gervais John Heward Jocelyne Alloucherie Éva Brandi 206.rue de l’Hôpital Vieux-Montréal H2Y 1V8 Métro Place-a Armes Lots 1-12, de la série Home Invasion, 1998, de Susan Dobson Au contraire, ces photographies ne modifient pas le regard que nous portons autour de nous, elles ne le décapent pas, ni ne cherchent à montrer ce que nous oublions de voir quotidiennement Dans la majorité de ces images, la photographie se fait volontairement transparente, essentiellement descriptive, très peu analytique ou narrative.Comme si le seul fait de montrer était de teneur politique, une conception de plus en plus en vogue dans le champ de l’analyse de l’image mais qui n’est pas sans comporter quelques problèmes.Ici, la banalité des sujets s'accorde à celle des procédés de l'image.Reste alors un regard informé sur le monde, mais qui n'informe à son tour que très peu.L’effet est retors: plutôt que de tenter de produire des images qui se démarquent les unes des autres, les artistes en proposent qui deviennent remarquables de banalité.C'est peut-être la raison pour laquelle on ressort perplexe de la visite d'une exposition qui est peut-être plus efficace que ce qu'on aurait cru au départ.La critique de la profusion des images devait-elle passer par la phagocytose de ses procédés les plus éculés?Les images ici présentées conservent une facture amateure, mais précisément dans ce que la photogra-pliie d’amateur tente souvent de réaliser, à savoir la séduction par une sophistication accrue, à en juger par l'évolution technique de cette pratique au cours des dernières aimées.Comme si ces artistes cherchaient à ne pas produire d'images particulières, plus mordantes.montrant volontairement ce qu'on sait déjà.D’où la perplexité de notre regard.Il se dégage de ces images un terrible sentiment d’alienation.Celui de gens et de situations documentées par les photographes, mais aussi celui de l’image, prisonnière des codes qui la déterminent dans ses divers usages, qu'ils soient publicitaires, prives ou documentaires.Cette seconde realite n’est pas des plus commodes pour qui- conque cherche les traits singuliers d’une image.Ainsi, l'exposition soulève moult interrogations: insistante, elle fait lentement son travail.A n d r é Hé n a u 1 t Art A c t u e 1 M 1C H E L F ) | M P A R É juste a va nt le hasard ve rnissage : le samedi 2 o ctobre dès 14 h du 2 au 30 octobre 1999 du mer.au sam.de 1 ! 2 h à 18 h Afin de souligner Une simple collection.Oeuvres photographiques.Histoire de coups de cœur.Projet in situ réalisé par Martin Lord et Daniel Mireault tapisserie morcellée en photographies couleurs d'un mur mémoire" Angelo B.irsctn Je.in-Francors Bérubé Catherine Bolduc Marik Boudreau.Geneviève Cadieux.Marie-Josét* Desrochers.Jules De Niven/ille, Suzanne Girard.Jennifer Gordon.Angela Grauerholz.Michel Lamothe Dominique Malaterre.Jacques Perron 302 rue Ontario Est, Montréal 514.842.2040 rr: I Jacques île îimnancmir | Tatiana Montoya I Rolxuto Pauxli I Carlos UiïImî ¦ Maria Anna Pamlin I Lihby Hague Saint-Jérôme ” Laurentides MM DEUIEUXI ¥ ^ Art contemporain et multidisciplinarité du 11 au Z6 septembre 1999 Pince de In Gnrc Réalisation jflSKiV?FONDAI » O N Se* DK ROI UN \ Centre ||V d'exposition ill- du Vieux-Palais et la Ville de Saint-Jérome Paul (Tré«foin* I Collectif TCIIOU I.Guy Nadeau Pâle chinois I Nicnl» Brossant I Guy HuneauM I Jocelyn Bénibé et Louis Letieeq L| 'm 'ft * PARADE ET MISE A FEU DES ŒUVRES DU SYMPOSIUM samedi 25 septembre de 19 h à 21 h En cas de pluie, remis au dimanche 26 septembre Samedi, 25 septembre de 19 h à 21 h, à la Place de la Gare, Saint-Jérôme • Parade des sculptures reolisces per des artistes de Colombte.du Venezuela.du Mexique, de l'Alberta, de l'Ontano et du Quebec lors du symposrum Mythologie des lieux- • Spectacle de morronneltes gconles • Grond leu du symposium, mise a leu des sculptures en bois et en papier par un abasourdissant crocheui de leu • Danse contemporaine sut la mythologie du leu par la troupe Inslant Danse • Spectacle de Jocelyn Berube, musicien el conteur Dimanche.26 septembie de 13 h à 17 h, à la Place de la Gaie, Saint-Jerome • Pique nique et rencontre avec les artistes du symposium • Danse contemporaine sur lo mythologie du leu par la lioupc Instant Danse • Conceit pertormonce de musique actuelle par le duo Pole chinois (Guy Pelletier el Julien Grégoire Infonmilions : ( ISO) Init-rmi : www.laurnilides.in'l/cevp D |V-Vi*tér* Ml r*lltOè| du Qv>éb*C a* Hydro Québec BANQUE I NATIONALE JW LE DEVOIR LE DEVOIR.L E S S A M EDI 2 5 ET DI M A X (' H E 2 li S E P T E M B R E 1 9 9 9 irnii Conférence internationale FERDIE sur le design d’intérieur La conférence se tiendra à la salle Ernest-Cormier du pavillon principal de l’Université de Montréal.2900, boulevard Édouard-Montpetit.Entrée libre, aucune réservation.Métro Université de Montréal.Stationnement payant au 2900.boulevard Édouard-Montpetit.Renseignements : 514.272.2777 Aldo ZoliDinAssaciates o dom oo Antrorr m canada -it bdc manaffla Klfl V1B« 04 Montrai le fonds d’études et de recherches en design mté*euf de i Est -entercie ses commanditaires DOMCO DUPONT ANTftON AIR CANADA BANQUE DE DÉVELOPPEMENT OU CANADA INTÉRIEURS UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL VILLE DE MONTRÉAL ARC COM FABR'C BEAULIEU CANADA BOUTY BUREAU SPEC BUROPlAN BUROViSION CONSTRUCTION ANJINNOV CONSTRUCTION AV1C0R COUVRE PLANCHERS IABR0SSE FORMiCA CANADA GROUPE AMEUBLEMENT FOCUS GROUPE LAÇASSE HARBINGER HAWORTH HERMAN MILLER ISAMAX MOBILIER DE BUREAU J.C B ENTREPRENEURS GÉNÉRAUX KNOLL LE CHASSEUR BRUCE CHARBONNEAU LE GROUPE GLOBAL LE GROUPE OFFICINA LES MOULINS DE TAPiS CROSSlEY LES TAPIS ASPECT MANNINGTON MARFOGLIA CONSTRUCTION MENUISERIES MONT RQVAL PATELLA MANUFACTURIER PELUCANO SPEC P&R DESJARD'NS CONSTRUCTION S'CO SOiaEX CANADA STANDARD DESK STEELCASE STONIX TAPIS NATIONAL TAPtTEC/SHAW GROUPE COMMERCIAL TAPIZ TEKNION TRIUM MOBILIER DE BUREAU Une eu luuvrté de DuPrt Je vous en avais parlé comme de l’événement alternatif de la rentrée, le pow-wow de la récupération du patrimoine industriel urbain, la voici la voilà: Utopia, la nomade.Une porte ouverte sur l’utopie dans un monde qui en manque terriblement: Utopia, la belle.Applaudissons, car peu d’événements auront à ce point stimulé les neurones et proposé un regard prospectif aussi incisif sur l’art de vivre la ville.J A C Q l K S M A R TI N Utopia, c’est en fait un laboratoire de recherche-création sur ce que ses créateurs appellent tout bonnement «l'art du trou».lequel n’a rien à voir avec l’art du trou de.vous savez quoi.En réalité, l’affaire est sérieuse et prend ses racines dans l’activisme culturel urbain amorce il y a quelques années par le collectif Farine orpheline cherche ailleurs meilleur.L’acte vise à dénicher, «dans un trou du tissu urbain».des non-lieux culturels, des espaces abandonnés et à reinterpréter les traces d'un passé oublié, transformant au passage chaque artéfact de la culture industrielle en véritable «icône contemporaine».La poésie contenue dans chacune de ces reinterpretations joue de plus l’incroyable rôle de catalyseur communautaire.Rôle auquel la SID AC de la rue Ontario et la ministre de la Métropole.Louise Harel, n’ont pas hésité à s’associer.soutenant derechef les Marie-France Bojanowski, Christophe Flam-bard, Martin Pelletier, Pierre-André Vézina et Marc Paradis, protagonistes d'Utopia et de Farine orpheline.L’appel des genres Plusieurs expérimentations ont lieu dans le cadre d'Utopia.Des parcours à suivre, des installations et des mises en son et en lumière, des maquettes virtuelles et matérielles proposant des idées pour la revalorisation de cette friche industrielle, des installations paysagères, architecturales et picturales viennent encadrer les performances de plusieurs artistes, dont celles du groupe Mobile Home.Tètes de porc et de cheval au rendez-vous.Depuis mercredi et jusqu’à demain soir donc, c’est une vingtaine de miniévénements plurimédias qui se déroulent à Montréal, sur le site même et autour de l’ancienne usine de papiers peints de la Watson & Foster.Comme geste de récupération du patrimoine industriel, il n’y a pas d’exemple plus séduisant et moins réducteur.Au rôle traditionnel d’espace pour lofts «à vendre» auquel on confine inévitablement nos anciens édifices — quand ce n’est pas pour les démolir tout simplement —, Utopia oppose la mixité des genres et la créativité productive.L’art de voir et de montrer La fiction, consubstantielle à l'utopie, n’a jamais eu autant de moyens de s’exprimer qu’en cette fin de siècle.Tout est possible, et pour pas cher, à ceux qui veulent diffuser leurs idées.Le collectif Utopia souhaite donc explorer toutes les facettes du geste diffuseur plurimédiatique: archivage des pièces à conviction, vitrine virtuelle d'Utopia sur Internet (wuiw.farineorpheline.qc.ca), lancement de la TéléUtopia, témoignages photo et vidéo des coulisses de la cité utopique, publications imprimées et numériques à venir et création de laboratoires de recherche-création en art techno et en art médiatique.Même une piste d'atterrissage pour ovnis a été installée a proximité de l'immeuble.Tout est fin prêt pour accueillir la crème de la crème des cerveaux de l’univers lors d'une table ronde historique tenue en différé sur le §ite même de TéléUtopia.A elle seule, TéléUtopia constitue un événement incontournable où l'on pourra expérimenter la mise en réseau simultanée et condensée de tout Utopia en liaison avec son quartier, sa ville, sa planète et l’univers.Acte provocateur de vulgarisation médiatique dans un cadre de globalisation des communications, de l'art vidéo et de l’art électronique, TéléUtopia cherche entre autres à rejoindre la population de son quartier, soif celui d’Hochelaga-Maisonneuve.A elle seule, cette intention lui confère toute sa légitimité.LE DEVOIR FORME SOURCE UTOPIA L'art de mettre en valeur La présence d'Utopia et le travail de nettoyage et de revalorisation des espaces ont eu un impact certain sur la valeur du bâtiment, à tout le moins aux yeux de leur «mécène» et proprietaire actuel des lieux, M.Perlmut-ter, qui, après avoir permis à notre troupe d’illuminés d'investir les lieux pendant les six mois que dura le projet, est en train de reconvertir ce magnifique espace en condos (à vendre, bien entendu).Farine orpheline.ne sait d'ailleurs pas si elle devra se chercher «un ailleurs encore meilleur» à la fin de l’événement ou si son mécène saura voir la richesse présente dans cette cohabitation des genres.Choc du paradoxe pour l’équipe d'Utopia?Seuls les extraterrestres le savent Mais comme le fait remarquer Marc Paradis, directeur du collectif Utopia: «Quand on est arrivés ici il y a six mois, il n'y avait rien.Ou plutôt, c’était tellement plein, qu'on n’y voyait rien.On a fait la preuve qu’il peut y avoir des notions de coût, d'intérêt et de valeur associées à des gestes de mise en valeur du patrimoine au profit d'une communauté généralement en difficulté.Utopia nous permet de réfléchir à la dynamique de l'immobilisation et il est clair qu 'un geste comme le nôtre accélère la gentrification et la valorisation des lieux abandonnés.L'expérience doit se poursuivre.D'ailleurs, on aimerait bien que la Watson & Foster devienne notre “quartiergénéral", une rampe de lancement pour des interventions ponctuelles similaires à plus vaste échelle.» 11 faut espérer que le bon sens lui donne raison et qu’Utopia continue d'investir plus massivement encore notre pâle et grise urbanité.Utopia se déroule jusqu’à demain soir au 2055, PieIX, à Montréal.Juste à côté du Village des valeurs.traditions néerlandaises, mauresques et égyptiennes.Malgré tout, dom Bel-lot demeure un adepte convaincu du modernisme.«Si, pour les Français, dom Bcllot a “innové dans la tradition", pour le Québec il a plutôt contribué à l'avènement de la modernité en architecture, privilégiant notamment l'utilisation de la structure en béton et les panneaux de fibrociment dans des bâtiments religieux.On sent l'intérêt profond pour les techniques constructives et une architecture rationalisante chère aux modernes.mais à un niveau plus humain, où la couleur devient un élément essentiel de l'architecture.De plus, il y a une présence de l'enveloppe, une matérialité qui est omniprésente dans tous les projets de dom Bellot.» «Dom Bellot était un architecte européen avant la lettre, continue la pro-fesseure France Vanlaethem, commissaire invitée, et je dirais même un des premiers architectes internationaux.Dans ce contexte, il est grandement intéressant de mettre ses deux réalisations québécoises, le dôme de l’oratoire Saint-Joseph et l’abbaye de Saint-Benoit-du-Lac, dans la perspective de son œuvre.Son intérêt pour les nouveaux matériaux et son impact sur le renouvellement de l'art religieux au Québec se sont avérés fondamentaux.» Ajoutons que le dôme de l’oratoire Saint-Joseph, œuvre méconnue des Québécois, s’est révélé, avec son système de double coupole, tout à fait innovateur pour l’époque.L’exposition Dom Bellot.moine et architecte - Son œuvre européen et ses réalisations au Québec est présentée au Centre de design de l’UQAM, en collaboration avec FIFA de Paris, jusqu’au 10 octobre.Des conférences seront données par Claude Bergeron, professeur et historien, et Dan Hanganu, architecte bien connu à qui l’on doit notamment la realisation de l'abbatiale à l’abbaye de Saint-Benoit-du-Lac, dernière pierre du plan d'ensemble conçu par l’architecte dom Bellot avant sa disparition en 1944.Enfin, exceptionnellement ce weekend, il est possible de visiter l'exposition en bénéficiant des visites commentées dans le cadre des Journées de la culture.Pour renseignements: (514) 987-3396 Jacq martin @mlink.net Bellot, SOURCE NORMA EDITIONS Enfant, mes parents m'amenaient tous les dimanches à l’église Saint-Benoit.Rien d'extraordinaire à cela, direz-vous.Mais cette église, mon église, avec son bel extérieur en pierres de taille grises et son imposant clocher recouvert d'un petit chapeau pointu, avait un air plutôt sympathique.Et ce n’est qu'à l'intérieur qu’on pouvait en découvrir l’incroyable richesse.Des milliers de briques aux tons de brun, d’ocre et de blanc en recouvraient les parois, du sol jusqu’à l’extrémité de ses grands arcs ogivaux.Une intrigante beauté émanait de ces assemblages géométriques et de ces multiples frises rythmées.L’émerveillement était total.Du reste, la fascination exercée sur mon parrain, briqueteur de son métier, par l’église Saint-Benoit de Granby m'avait beaucoup marqué, car l'église transpirait du métier et de la technique de l'œuvre.De la «dentelle de brique».m’avait-il soufflé à l’oreille.Sans le savoir, toute ma jeunesse avait ainsi été imprégnée par l’œuvre d’un des plus importants architectes religieux de notre siècle: dom Bellot.Cela dit, l’église Saint-Benoît de Granby n’était pas l’œuvre du maître mais celle, moins maîtrisée, ai-je appris par la suite, de dom Côté, son bras droit, et de l'architecte Edgar Courchesne, lesquels furent, avec Adrien Dufresne, parmi les plus ardents défenseurs de la pensée architecturale de dom Bellot.Paul Bellot est né à Paris en 1876 et devint moine bénédictin dès l’obtention de son diplôme d'architecte en 1900.Son ordre religieux ayant été expulsé de France, dom Bellot se réfugie avec les membres de sa communauté à Oosterhout, aux Pays-Bas.Il bâtira en France, mais ailleurs surtout: aux Pays-Bas, en Angleterre, en Belgique, au Portugal, en Argentine et au Canada, chaque fois pour différentes communautés religieuses.Sa fascination pour la puissance décorative de la brique, matériau pauvre, correspond bien aux idéaux dominicains tout en s’inspirant des
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