Le devoir, 13 octobre 1999, Cahier B
Culture Page B 9 Economie Page B 2 Les sports Page B 6 Télévision Page B 8 ?HORIZONS SOCIÉTÉ Du temps à loisir On manquerait de temps tout simplement parce qu’on en aurait davantage ! C’est une hypothèse que soulève Gilles Pronovost, professeur à l’UQTR.L’autre richesse Les Loisirs, Fernand Léger, 1948-49.Tiré de L’Aventure de l’art au XX‘ siècle, Chêne-Hachette.Contrairement aux mythes tenaces sur les workaholics, l'ensemble de la population active a de plus en plus de moments libres Il n’y a pas si longtemps, les «logues» de toutes sortes - psychologues, sociologues, anthropologues, récréologues - annonçaient la venue prochaine de la société des loisirs, que plusieurs semblent toujours attendre d’ailleurs.«On travaille plus que jamais», peut-on entendre à tous les coins de rue.Entre le mythe et la réalité.FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR e lieu commun veut que la technologie, qui devait contribuer à notre mieux-être en nous permettant de moins travailler, a plutôt eu l’effet inverse.Entre le cellulaire, le portable, l’agenda électronique, le modem, le télécopieur et le téléavertisseur, a-t-on même le temps de s’arrêter quelques secondes pour réfléchir au loisir?Il semblerait que oui, selon Gilles Pronovost, professeur au département des sciences du loisir à l’Université du Québec à Trois-Rivières.Dans un article du magazine Loisir et Société de 1993, il nous apprend que, somme toute, on passe moins d’heures au boulot, malgré l’opinion répandue voulant le contraire.«On a observé au Québec, comme dans la plupart des pays occidentaux, une réduction indéniable du temps consacré au travail au cours des années 60 et 70», écrit-il.Mais alors, pourquoi diantrë croit-on travailler de plus en plus?«C'est une petite vague de la conjoncture», affirme Jofffe Dumazedier, cet éminent professeur français qui a introduit la sociologie du loisir à l’Université de Montréal en 1963.«Les médias ne voient que ça, c’est idiot.C’est vrai qu’il y a des forcenés du travail, mais ils ne foment qu’une minorité.» Une conclusion à laquelle fait écho M.Pronovost: «Ce sont souvent des intellectuels qui verbalisent davantage ce sentiment de Thomme moderne’’.et qui travaillent générale- ment plus que la moyenne de la population.» L’intellectuel est donc le grand coupable.En se regardant le nombril, il a posé les échafauds d’un mythe tenace dans notre société, celui du workaholic quasi omniprésent.Mais nul n’est besoin de le clouer au pilori.Un mythe à la charpente aussi solide ne se construit pas seul.D'autres éléments viennent infirmer la thèse voulant que nous soyons tous devenus de véritables bourreaux de travail.La précarité des emplois, par exemple, vient également alimenter ce mythe.Les changements que connaît le marché du travail sont à montrer du doigt puisqu’ils ont de lourdes conséquences.Seulement 50 % de la population active est aujourd'hui constituée de travailleurs à temps plein.Les autres, habituellement, sont sur appel ou s'accommodent d'horaires flexibles.Certains ont même leur bureau à domicile, ce qui leur permet de travailler à n’importe quelle heure du jour.ou de la nuit.Dans de tels cas, les sorties culturelles ou sportives, voire les vacances, sont reléguées à tantôt, puis à plus tard et finalement à une date indéterminée.On a alors l’impression de travailler tout le temps, ce que démentent toutefois les études.Les statistiques sont claires à cet effet: la durée moyenne du travail a diminué pour l’ensemble de la population active.Gilles Pronovost soulève une autre hypothèse fort intéressante.On manquerait de temps tout simplement parce qu’on en aurait davantage! «Dans l’enquête du ministère des Affaires culturelles de 1989, ce sont ceux qui participent le plus à la vie culturelle et désirent également accroître leur participation culturelle qui, bien évidemment, clament leur manque de temps.En d’autres termes, poursuit-il, nous avons le sentiment de manquer de temps non pas parce que généralement nous travaillons plus qu 'autrefois, mais parce que nous trouvons maintenant.le temps de faire encore plus de choses dans nos temps libres et que nous sommes de plus en plus exigeants en fait de qualité et de diversité de nos activités de loisir» Un gaspillage éhonté Exit les idées préconçues, bonjour le sombrero et la chaise longue! On a de plus en plus de temps libre.Mais sait-on au moins quoi en faire?Joffre Dumazedier, conférencier invité au Forum québécois du loisir qui aura lieu vendredi à l'UQAM, considère que trop souvent, ces heures supplémentaires sont mal utilisées, donc peu satisfaisantes pour les individus.Rejoint à Ussy-sur-Marne, en banlieue de Paris, celui qui étudie depuis 40 ans les problèmes du loisir dans les sociétés postindustrielles en a beaucoup à dire.Entendu que le temps de loisir occupe les trois quarts du temps libéré du travail professionnel et des tâches familiales ou scolaires.Entendu que le temps libéré est devenu aujourd’hui plus long que le temps de travail.Entendu également, selon M.Dumazedier, que la société gaspille cette «richesse» abondante.«La société du temps libre a une dynamique très forte, ce qui ne l’empêche pas d’être ignorée du politique et des éducateurs, déplore-t-il.Chez vous comme ailleurs, il y a encore cette illusion libéraliste voulant que le loisir soit une affaire personnelle et que l’école n’a pas à s’en charger.C’est idiot! On laisse les grosses machines médiatiques commerciales se charger de fabriquer l’opinion de la majorité.Seule une minorité peut ainsi être sauvée.Pour qu’une majorité s’en tire, il faut qu’on lui enseigne à l’école comment mieux gérer son temps libre afin de mieux se réaliser et participer aux responsabilités sociales.» Persistant dans cette veine, le sociologue trouve le système d’éducation actuel plutôt ridicule.«Pourquoi garde-t-on la population sur les bancs d’école pendant dix ans, sinon pour lui imposer une culture imbécile qui ne lui sera jamais utile au cours de sa vie?Il faut lui apprendre à lire, écrire et compter, et après, on ne l’emmerde plus avec ces tonnes d’autres connaissances qui rentrent par une oreille et qui sortent par l’autre.» La solution de M.Dumazedier à cette lacune du système d’éducation étonne par son audace.Il propose de mettre sur pied un système permanent d’autoformation pour toutes les classes sociales, accessible par le truchement des médias.11 suggère aussi que l’école fournisse à la population les outils nécessaires pour participer au marché du travail, pour s’acquitter des tâches familiales et surtout pour profiter de son temps libre.Plutôt que de tendre vers ça, déplore-t-il, le gouvernement fait aveuglément confiance au marché.«Il faut se rendre compte qu’on est déterminés par une société démocratique à forte tendance commerciale dont il faut se libérer pour comprendre l’importance d’un temps social à soi.» Il estime que c’est l’équilibre de tout un peuple dans sa vie quotidienne qui est ici en cause.En 1979, Claude Charron, alors ministre délégué au Haut-Commissariat à la Jeunesse, aux Loisirs et aux Sports, publiait le livre blanc sur le loisir intitulé Un monde à récréer.«Croire que le loisir est désormais au cœur des préoccupations de qualité de vie des Québécois, croire qu'il s'agit d’un désir légitime et important des citoyens, croire que ceux qui veulent prendre le temps de vivre, de rire et de s’amuser à travels leur vie quotidienne de travail et de soucis, sont ceux qui ont raison.Le gouvernement auquel j'appartiens le croit», peut-on y lire, sous la plume de M.Charron.Il avait la foi, le gouvernement de René Lévesque.A l’époque, on pensait dur comme fer que l'importance du loisir irait sans cesse grandissant.Malheureusement, les années s’écoulèrent et l’intérêt du gouvernement s’amenuisa, au point où aujourd'hui encore, le livre blanc demeure la référence en la matière.Certes, il y a eu en 1997 la publication du Cadre d’intervention gouvernementale en matière de loisir et de sport, qui a démontré que le gouvernement avait une certaine volonté de faire avancer les choses.Malheureusement, ils étaient peu nombreux à être satisfaits des conclusions de ce document, qui avait pourtant pris appui sur une large consultation.C’est justement pour faire le point sur la question qu’aura lieu vendredi à l’UQAM le Forum québécois du loisir 1999, sur le thème «Le loisir l’autre richesse».On peut lire dans le communiqué de presse qu’en tant que «droit et service social, le loisir n’est ni un luxe, ni une simple action de consommation.Pourtant, malgré sa contribution indéniable, la question de sa véritable reconnaissance semble plus que jamais d'actualité.» Pourtant, les manchettes ne font que très rarement cas de nouvelles ayant trait au loisir.Vingt après le livre blanc qui a placé le loisir parmi les priorités du gouvernement, où en sommes-nous donc?«Lorsque les organisateurs du Forum m’ont dit que le livre blanc était encore aujourd'hui une véritable référence, raconte Claude Charron, je suis tombé en bas de ma chaise.Ils m’ont même dit qu'ils s’en servaient quotidiennement dans l’application de leur travail», a ajouté celui qui sera président d’honneur du colloque.Avons-nous quitté la base de lancement que constituait en quelque sorte ce document ministériel?La question est pertinente puisqu’à la suite du passage remarqué de M.Charron dans les sphères du loisir, à la fin des années 70, les choses semblaient vouloir prendre leur envol.Malheureusement, il n’a fallu que cinq ans pour démantibuler l’appareil.qui est resté au sol.En effet, en 1985, le gouvernement de Pierre Marc Johnson a scindé la responsabilité du Loisir entre plusieurs ministères - Affaires culturelles, Municipalités, Chasse et Pêche -, au grand désarroi des acteurs du milieu.«Ily a un réel manque de leadership, indique M.Charron.Quand tu veux parler de loisir avec le gouvernement du Québec, il faut à tout coup faire une table ronde ministérielle», ironise-t-il.Le ministre d’État à l'Éducation et à la Jeunesse, François Legault, peut tout de même se targuer, malgré l’évident éparpillement de cette responsabilité, d’avoir le titre de ministre responsable des loisirs et des Sports.Tant mieux, pensaient certains, qui voyaient en lui un homme d’envergure ayant une influence certaine au conseil des ministres.«Il est certainement fort dans le milieu du gouvernement, constate M.Charron, sauf que quand il intervient avec le chapeau du Loisir, on sait tous que c’est à peu près son quatrième chapeau.Avec les négociations dans le secteur public, où est-ce que le loisir se situe?» Le Devoir a tenté de communiquer avec M.Legault pour lui poser la question, mais il n’a jamais rappelé./ LIVRES Biblionef à Montréal Après s’être établi en Europe et en Afrique, l’organisme Biblionef international, qui s’est donné pour tâche de distribuer des livres neufs aux jeunes des pays en voie de développement, est à la veille d’installer son siège social à Montréal.Les éditeurs québécois et canadiens pourraient donc être désormais sollicités pour tirer à part des exemplaires de livres destinées spécifiquement à des enfants et des adolescents isolés et démunis du Rwanda, de la Géor- THÉÂTRE Échos et résonances gie ou du Nicaragua.Caroline Mo ntpetit Le Devoir Cf est pour faciliter l’accès à la lecture, au delà de l’envoi de manuels scolaires usagés, que l’organisme a été fondé en 1989 par Max Vegelin van Claerbergen, alors ambassadeur des Pays-Bas.En plus de faire imprimer et d’acheminer des livres neufs, l'organisme, qui est reconnu par 1TJNESCO, encourage également l’édition locale dans les pays qu’elle dessert et participe à des éditions spéciales.Il favorise l’édition de certains titres, tels les contes et les légendes, qui font partie du patrimoine mondial.Biblionef a aussi proposé des livres en langues maternelles zoulou, sotlio, xhosa, venda et afrikaan, en organisant l’acquisition, la coédition et la distribution, ü s’intéresse aux livres de lecture ou de culture générale plutôt qu’aux ouvrages académiques.En tout, il a expédié et distribué 550 000 livres, dans 46 pays, depuis 1992.Biblionef France a fait des dons de livres en Albanie, au Cambodge et en Mongolie, mais aussi en Açadie, au Canada et en Louisiane, aux Etats-Unis.«Ce qui les distingue, c’est qu’ils veulent que ce soit des livres neujs», explique Lise Bissonnette, présidente-directrice générale de la Grande Bibliothèque du Québec et membre du conseil d’administration de l’organisme.Mme Bissonnette ajoute que le Québec fait très bonne figure dans le domaine de la littérature jeunesse, ce qui justifie peut-être le choix de Montréal comme hôte du siège social.On pense entre autres qux activités des éditions La Courte Echelle de par le monde.C’est dans les locaux de Montréal international que Biblionef installera ses bureaux.Parmi les nouveaux bénéficiaires de Biblionef, on compte le Niger, la Namibie, l’Algérie et le Pakistan.Biblionef international est notamment soutenu par la fondation Hachette.Il reçoit des livres des éditeurs mais en achète aussi à l’aide des dons qu’il reçoit.L’organisation non gouvernementale est implantée en France, au Portugal, aux Pays-Bas, en Belgique, en Afrique du Sud et au Surinam.De la poésie dans l’air Pour écouter chanter la poésie, la librairie-bistro Olivieri, en collaboration avec les éditions Le Noroît, a réuni une fois de plus quelques poètes invités à lire leurs œuvres en public.Les amateurs de lectures publiques pourront y entendre, le dimanche 17 octobre à 16h, les mots de Paul Chamberland, Hélène Dorion, Germaine Mornard et Martin Thibault, respectivement auteurs d'intime faiblesse des mortels, Pierres invisibles, Inclinations et Les yeux sur moi.Ce soir, Roland Giguère lira ses poèmes, accompagné d’un chœur de poètes et musiciens, à la chapelle historique du Bon-Pasteur, rue Sherbrooke, à Montréal, à 20h.Cette lecture accompagne une exposition d’œuvres poétiques et plastiques, intitulée Lyrisme et Rythmes, qui y est montée jusqu’au 31 octobre, avec des œuvres de Léon Bel-lefleur, Claude Gauvreau, Albert Dumouchel et Gérald Tremblay.L’exposition célèbre les 50 ans de la maison Erta, première maison d’édition de livres d’art au Canada.L’Abécédaire y est exposée en entier dans un présentoir de 32 pieds de long.«Ce sont des poètnes sur chacune des lettres de l’al-pliabet», dit Gaétan Dostie, de la fondation Mediateq, qui organise l’événement.Les poèmes, de Roland Giguère, y sont illustrés par Gérald Tremblay.On peut aussi y observer Faire naître, le premier livre de Roland Giguère, et 52 planches de poésie illustrées par Albert Dumouchel qui n’ont jamais été reproduites.Le poète franco-ontarien Patrice Desbiens vient 4e voir son œuvre gravée sur disque.Epaté du talent du poète, le musicien montréalais René Lussier a en effet produit et réalisé l’album Patrice Desbiens et les moyens du bord.Le disque rassemble 22 poèmes écrits et lus par Patrice Desbiens, sur des musiques originales de Jean Derome, Guillaume Dostaler, René Lussier et Pierre Tanguay.«À force de tomber en bas de ma chaise, j’ai fini par me rendre à l’évidence: Patrice Desbiens est un poète immense», dit René Lussier.Le nouveau monde raconté C’est officiel.C’est Pierre Nepveu, auteur d'intérieurs du nouveau monde, publié chez Boréal, qui recevra le prix Jean-Ethier Blais de critique littéraire, le 27 octobre, à la Fondation Lionel-Groulx.Ce prix, assorti d’une bourse de 3000 $, honore une critique littéraire.Intérieurs du nouveau monde, publié en 1998, propose une quinzaine d’essais, des rencontres avec des écrivains des deux Amériques, de «Marie de l’Incarnation à Émilie Dickinson, d’Alain Grandbois à William Carlos Williams».D a déjà reçu le prix du Gouverneur général et le prix Gabrielle-Roy., Par ailleurs, la Fondation EmileNel-ligan, et son nouveau président, Michel Dallaire, décernera le prix Gilles-Corbeil au Salon du livre de Montréal le 19 novembre.Décerné tous les trois ans, le prix Gilles-Corbeil compte une bourse de 100 (MX) $.A ce jour, il a été offert successivement aux écrivains Réjean Ducharme, Anne Hébert et Jacques Brault.Enfin, le prix Félix-Leclerc de poésie a été remis, lors du Festival international de poésie de Trois-Rivières, à l’auteur Anne Peyrou-se pour son recueil Dans le vertige des corps, avec une bourse de 1000 $.Des œuvres pour la liberté Dans la série «Radiofictions en direct», les auditeurs de la chaîne culturelle de Radio-Canada pourront entendre Les Sœurs du hasard, de Carol Shields, adapté par Christine Ouvrard, lu en direct de la Maison de la culture Frontenac par Utilise Marleau, Elyse Marquis et Denis Richard.L’événement a lieu le 25 octobre à 20h.Auparavant, à la boîte à chansons Les Deux Pierrots, à Montréal, aura lieu l’événement Ad litteram, destiné à soutenir l’Hébergement Saint-Denis, une auberge du cœur venant en aide aux jeunes en difficulté ou sans abris.Une brochette d’auteurs et d’artistes, dont Francis Cabrel, Marie Uiberge, Pierre Foglia, Raymond Lévesque et Hubert Reeves, y signeront des œuvres vedues à l’encan et toutes inspirés par le thème de la liberté.Le coût des billets est de 20 $.LES RENDEZ-VOUS DRAMATURGIQUES Théâtre Niveau Parking sous la direction de Michel Nadeau Au Théâtre Périscope à Québec du 14 au 17 octobre DAVID CANTIN Avant d’entamer sa quinzième saison avec Celle-là de Daniel Danis, le Théâtre Périscope de Québec s’associe avec Le Niveau Parking afin de présenter ses premiers Rendez-vous dramaturgiques du 14 au 17 octobre.Sous la direction de Michel Nadeau, ces mises en lecture d’œuvres dramatiques contemporaines répondent à un besoin pour le milieu et le public de Québec., Selon le directeur artistique du TNP, cet événement vise certains objectifs très précis: «Avant tout, le but de ces lectures est d'abord de faire connaître de nouveaux textes et de nouvelles voix aux gens de Québec.Il y a, derrière cette pratique, un espoir de susciter des rencontres pour que le théâtre contemporain puisse élargir son champ d’horizon.De manière inattendue, la lecture publique doit prendre le risque d’introduire des auteurs moins connus dans le milieu théâtral.» À la tête de ce projet, Michel Nadeau a aussi eu la dure tâche de choisir les pièces afin de donner une cohésion à l’ensemble de ces soirées: «Parmi une quinzaine de pièces soumises par le Centre des auteurs dramatiques, j’ai voulu en regrouper sept et mettre à l’épreuve des imaginaires solides ainsi que des écritures différentes.S’il existe SOURCE PERISCOPE Michel Nadeau Vol d’idées ou plagiat chez Henson?(AP) — Les auteurs Wanda et Christopher Cavalier poursuivent en dommages Jim Henson Company, qui détient la marque de commerce des Muppets.Les plaignants se disent victimes du pillage de leurs idées par la société intimée, dans la publication de livres pour enfants comme Good Night Ernie et Good Night Elmo.La poursuite des Cavalier vise Children Television Workshop, filiale de Henson qui produit Sesame Street, ainsi que Simon & Schuster, propriété du groupe Viacom.Cet éditeur aurait copié un de leurs personnages dans un dénominateur commun à toutes ces œuvres, c’est peut-être un manque d’amour chez les personnages; un malaise intérieur causé par une forme d'affection qui n’a pas été reçue.Tout cela nait d’une violence, d'une sécheresse dans les rapports humains.Bien sur, comme il s’agit de lectures publiques, chaque spectateur doit faire sa propre mise en scène.Pour les interprètes, leur rôle est de traduire avec force les émotions en jeu.» Des liens Autour de ce groupe, on note donc la présence de quatre auteurs québécois, un Franco-Ontarien, un Catalan et une Française.Avec un peu plus de recul, Nadeau distingue des liens ainsi que des rapprochements entre les œuvres proposées: «Un souffle beaucoup plus poétique se démarque dans trois des pièces.A partir d'un affrontement brutal entre un père mort et son fils.Requiem de Michel Ouellette nous guide vers une langue très dure, que coordonne Gill Champagne.Avec ses longs monologues étourdissants, Les Mains bleues de Larry Tremblay (que dirige Bruno Marquis) met en scène les échanges violents entre un enfant handicapé et sa mère où un travail sur la parole se fait bien sentir.Sous un tout autre registre.Chanson d’amour de Micheline Parent avec sa Reine-mère totalitaire adopte des traits felli-niens, que rehausse l'approche de Marie-Josée Bastien.Dans un deuxième temps, Point à la ligne de Véronique Olmi (mis en lecture par Marie Damais) et Sarah et Lorraine de Marc Is-raël-Le Pelletier (mis en lecture par Marie-Thérèse Fortin) tissent des réseaux plus près du drame psychologique.On trouve dans ces pièces une grande profondeur dans la qualité des rapports humains.Pour terminer, Après la pluie de Sergi Belbel (que je dirige) et Terrewar city de Patrie Saucier (que coordonne Frédéric Dubois) se rangent plutôt du côté d'un réalisme fantastique.Alors que la première pièce est une comédie grinçante sur l'univers des bureaux, le texte de Saucier propose une réflexion plus âpre sur la guerre.» Il y a donc dans ces Rendez-vous dramatiques une place pour le risque ainsi que la découverte.Présent à Montréal depuis une dizaine d’années, sous le signe de la Semaine de la dramaturgie, ces lectures répondent désormais à un besoin nécessaire à Québec.Il ne reste qu’à espérer que cette initiative de Michel Nadeau et du Niveau Parking provoque de nouveaux dialogues dans la Vieille Capitale.Bear in the Big Blue House, sorti en mai.Le romancier Carlos Fuentes honoré (AP) — Le romancier Carlos Fuentes vient de recevoir la plus haute distinction civile du Mexique.Le président Ernesto Zedillo lui a ainsi remis la médaille Belisario Dominguez.Agé de 71 ans, auteur notamment de Diana et Old Gringo, il a déjà été ambassadeur de son pays en France et a aussi enseigné en littérature dans des universités américaines.Carlos Fuentes est également chroniqueur politique.EN BREF PRÉCÉDÉ DU COURT MÉTRAGE: -LA RAGE» ® À L’AFFICHE j rCENTRE-VILLi~| T Art I distribution inc.fluhmr de Jospin contre «l’imiformisation culturelle» Le premier ministre français veut aussi protéger les mineurs AGENCE FRANCE-PRESSE Le premier ministre socialiste Lionel Jospin a réaffirmé hier le «combat» de la France pour la «diversité culturelle» dans l’audiovisuel, assurant de sa détermination à le «poursuivre» dans le cadre des négociations commerciales de l’OMC.«Nous revendiquons le droit de soutenir notre production car il y va pour nous d'un enjeu essentiel: celui de la diversité culturelle.Rien ne serait plus dangereux qu'un univers où mondialisation rimerait avec uniformisation», a déclaré le premier ministre devant les membres du Conseil international du Musée de la télévision et de la radio (MTR) de New York.«L'Europe, et la France en particulier, sont extraordinairement ouvertes au cinéma et aux œuvres audiovisuelles venant du reste du monde, et particulièrement des Etats-Unis.Nul ne peut de bonne foi nous taxer de protectionnisme», a-t-il souligné à l’occasion d’une réception à Matignon, le siège du gouvernement.Pluralisme ILa veille, devant la même instance réunie à Paris, le président gaulliste Jacques Chirac avait déjà fait la leçon aux Américains, refusant que les produits culturels soient considérés comme une simple marchandise et plaidant en faveur de la diversité cul-j turplle dans le monde.Evoquant la «profusion de créa- tions, d’innovations et d’échanges», Lionel Jospin estime qu’elle n’est «positive que si elle reste facteur de pluralisme.Pluralisme des programmes qui doivent rester riches de la diversité des cultures et des traditions», a ajouté le chef du gouvernement en affirmant lui aussi que les œuvres audiovisuelles «ne peuvent pas être traitées comme de simples marchandises».M.Jospin a aussi plaidé en faveur de l’établissement au niveau international de «règles» pour la «protection des mineurs contre la violence ou la pornographie», la «protection des consommateurs» et la «déontologie de l’information».«Nous savons qu'internet ne permet plus ce type de régulation», a-t-il dit en affirmant qu’il ne fallait «pas pour au- tant baisser les bras».claviste avec un fonds de 90 000 pro- Le MTR, créé en 1975, a une fonc- grammes couvrant 75 années d’his-tion à la fois de collectionneur et d’ar- toire de la télévision.UNE PRODUCTION OU SlUDIO 301 EN COLLABORATION AVEC TANCENTE El LE NAVIRE NICHE estival A rt Action A ctuel du 13 au 17 octobre 1999 tyn*rgi« org'f«3 html Josée Tremblay (comminaira) Philippe Côté Nathalie Derome Suzanne Joly Benjamin Muon Michel Smith John Berndt Luc Boisclair Louis Veillette Constanza Camelo Aude Moreau Sylvette Babin Leah R Vineberg Stephen O'Connell Victoria Stanton j Juan Ybarra cl 11 Jî ® Il t C | , .- Gisèle Houle Charles-Éric Billard JK 840 Cherrier Montréal 514 525.1500 I ._ .•« j L #1 un# participation spécial* d# Entree : 12 S * ~K , Doyon/Demers ¦ .^J*~*7***- U.f -^1 J et plusieurs autres.13 octobre de 16h a 22h * 14, 15, 16 octobre à 20h30 • 17 octobre à 19h30 ________ — _ .,., Soirée d'ouverture.^ mercredi le 13 octobre .» w- , - - sous le pont Jacques-Cartier.HSSFw ^ i ***~ | | Départ du métro Papineau I si EEEsana ¦ : % jusqu'au lieu de la performance.,jga Radio Canada ^ - irfTJjTTf», Suivre les indications.840 Cherrier Montréal 514 525.1500 ¦»59 t '« mî .TB» ¦fff Radio Canada *Ë***imm& (Entrée libre) UNE FÉÉRIE RAVEL AU CENTRE MOLSON JACQUES CKKNIKK I I DI VOIR HEUREUSE ALLIANCE.L’OSM et le Théâtre sans Fil combineront leur savoir-faire pour transformer en féerie une soirée consacrée à Maurice Ravel le vendredi 22 octobre au Centre Molson.Boléro et L’Enfant et les Sortilèges y seront présentés en multimédia grâce au travail du metteur en scène André Viens (à gauche) et à la participation d’un chœur de 32 voix et des huit solistes invités qui exprimeront par la voix, dans une scénographie de Michel Deniers, ce que les sept marionnettistes du Théâtre sans Fil recréeront visuellement.Les deux pièces de Ravel seront précédées d'Alboruda del Gracioso dans un style que Charles Dutoit a su peaufiner tant pour le disque que sur scène.L’OSM marque ainsi son désir de trouver un type de concert autre que celui qui jalonne la saison régulière (en cela, l’expérience des concerts donnés dans les parcs de la métropole, l’été, a confirmé le désir de collaborer avec d’autres créateurs que ceux du monde musical).Notons qu’en 1984, l’OSM est devenu le premier ensemble classique canadien à obtenir un disque platine, ayant franchi le cap des 100 000 disques pour le célèbre Boléro de Ravel.MSI CKAC 730 La radio de l'information ^ www.ckac.com L'émission de radio la plus écoutée au Québec est le plus amical des « Face à face » tournoyer» Lapierre Dès 9 h 30 » i (> K) L K I) E V 0 I K .L K MERCREDI I 3 0 C TORRE I !t !» !» radio L'horaire détaillé de la Chaîne culturelle Radio-Canada »»» njJfcKlIUdl AA samedi, en page 8 de L’agenda du Devoir CULTURE Toute la littérature québécoise à la librairie Gallimard! 3700 boul.Saint-Laurent, tél : 499-2012 MEDIAS Qui fait quoi ?Amuseur public ou journaliste sérieux?Depuis une semaine, le comportement de Simon Du-rivage au Poing J soulève des débats dans la profession journalistique.Paul Cauchon Le Devoir Tout au long de l’automne, Julie Snyder laisse régulièrement la barre du Poing J, à TVA, à des animateurs invités, pour cause d’explorations parisiennes.Le 4 octobre, Simon Durivage était l'animateur invité de l’émission et recevait le premier ministre Lucien Bouchard.Une entrevue très soft, non pas pour parler des dossiers chauds de l’heure ou pour remettre en question les politiques gouvernementales, mais pour parler de l’«hom-me» et de ses sentiments.En arrière-plan, les spectateurs dans la salle applaudissaient aux bons mots de Lucien Bouchard ou aux tirades sur l’avenir du Québec.Rien de très propice, donc, au travail journalistique serré.La prochaine étape serait de mener l’entrevue à l’intérieur d'une assemblée de partisans péquistes pour que le journaliste se fasse bien huer aux moments délicats.Depuis cette date, le milieu journalistique est divisé.Dans un forum de discussion diffusé sur Internet par la Fédération professionnelle des journalistes, des dizaines de messages provenant de plusieurs journalistes du milieu discutent des mérites de cette opération.Ces messages traduisent tous le même malaise, celui des frontières sans cesse abolies entre information et divertissement.Le reproche principal fait à Simon Durivage n’est pas de s’être associé au Poing ].Plusieurs journalistes-vedettes sont invités depuis belle lurette dans le cadre d’émissions plus légères, y compris à Radio-Canada, sans qu’il y ait rien à redire.Ce qui est reproché, c’est non seulement le fait que Simon Durivage, journaliste sérieux, ait animé Le Poing J mais qu’il y ait reçu le premier ministre dans une entrevue très peu politique, ce qui susciterait la confusion dans l’esprit du téléspectateur.Le journaliste Marc-François Bernier résume ainsi l’enjeu: «Lorsque des journalistes de cette notoriété jouent ce jeu qui ne sert que leurs intérêts immédiats [et ceux de leur employeur], ils minent la crédibilité de la profession auprès d’une catégorie du public qui ne nous prend déjà plus très au sérieux.[.] Ils affaiblissent notre légitimité à poser des questions difficiles et à exiger des réponses sérieuses à des gens en [position d’]m
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