Le devoir, 13 novembre 1999, Cahier D
i.E I) E V IIIK, LES S A M EDI 13 E T I) I M A N (' HE 11 X O V E M B R E I !) t) il Jean Rouaud Page D 17 Le Devoir r L’Etat du monde Page D 20 AJJÏ5 It Annuaiie économique ^gé^o^jque^oiidijl â fs*®?/rs\ Didier van Cauwelaert Page D 9 Marie-Danielle Croteau Page D 10 Meubles anciens du Québec PageD 12 Ç=>len du livre d« Me«tr MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR Ils ne seront pas tous là, mais ils y seront en grand nombre.Où?Au Salon du livre de Montréal, qui ouvre ses portes jeudi.Qui?Les lecteurs, certes, mais aussi les livres: ceux que l’on dévore, que l’on emprunte aux amis, que l’on prête sans qu’ils soient toujours rendus, que l’on achète en se privant du superflu, que l’on dévore, que l’on ouvre avec un bonheur anticipé, que l’on referme avec humeur, que l’on trouve à la bibliothèque, ou que l’on n’y trouve pas, parce que quelqu’un d’autre est passé avant, pour ne rien dire des rares, des pavés, des denses, des drôles, des terribles, des très beaux.Vers 8h du matin l’autre jour, un «être humain» (ainsi s’exprime la rectitude politique) traversait la rue en lisant un livre, dans une superbe indifférence aux voitures et aux autres piétons, pressés ou déjà au téléphone.Tournez la page.Les résultats d’un sondage vous y attendent.L’«être humain» devient une femme; pour son plaisir, elle lit un roman qu’elle a acheté dans une librairie grande surface et qu’un ami lui a recommandé.Elle lit 12 livres par an, et lirait bien davantage si elle en avait le temps.Qui a dit que les statistiques étaient désincarnées?À l’occasion du Salon du livre, voici donc le profil du Québécois lecteur, un drôle d’animal, aux mœurs qui n’ont rien d’archaïques.Que lit-il?Où se procure-t-il ses livres?Et pourquoi?On trouvera dans ces pages les résultats d’un sondage réalisé en octobre par la firme Sonda-gem, pour le compte de l’Association nationale des éditeurs, avec la participation du Devoir et l’appui de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEQ).Il est passionnant et offre une mine de renseignements pour les gens du livre, pour les lecteurs.et pour ceux qui font profession de le vendre.Car le livre, c’est aussi un commerce, même s’il est d’une espèce qui ne saurait être entièrement soumise aux lois du marché.Plutôt au principe du plaisir, comme en font foi les quelques «Plaisirs d’écrivain» demandés aux écrivains invités d’honnneur du Salon et qui parsèmeront la lecture de ce copieux supplément.Tout de même quelques chiffres: aux États-Unis, en 1997, les ventes totales des livres se sont élevées à 21 milliards de dollars.En France, pour la même période, elles étaient de 14,4 milliards de francs.Au Québec, en 1996, selon des statistiques recueillies et vérifiées par la SODEQ, les ventes brutes des livres ont représenté 600 millions de dollars, tous genres et tous éditeurs confondus.De ce montant, le marché du livre scolaire, qu’occupent à 90 % les éditeurs québécois, a représenté 198 millions de dollars.Le reste — tout le reste, du polar au livre de cuisine, en passant par la plaquette de poèmes — a représenté 400 millions de dollars.La part du marché des éditeurs québécois se situe alors entre 30 et 40 %.Mais trêve de statistiques: lisons.En ce moment, sur les tables de nouveautés de certaines librairies, le flâneur apercevra un petit livre.Sous une couverture aussi peu racoleuse que possible, il trouvera le récit d’une existence vouée à la défense d’un certain type d’édition — exigeante, casse-gueule, intuitive, idéaliste aussi —, jetée malgré elle, ces dernières années, dans la résistance contre le tout-à-l’ar-gent.L’auteur?André Schiffrin, longtemps éditeur chez Pantheon Books.Fondée en 1941 à New York par des émigrés européens, cette maison a porté haut en Amérique le flambeau d’une édition littéraire réputée peu compatible avec la logique commerciale des grands groupes.Le titre?L'Édition sans éditeurs Cil est emprunté à Jérôme Lindon).Les éditeurs québécois, qui chaque jour se retrouvent au four et au moulin pour mener ce qu’il faut bien appeler le combat du livre, font la preuve que cette perspective, à juste titre ici combattue par Schiffrin, ne deviendra jamais réalité.qui êtes-vous ?Gauthiet Glane Mafri' Matt Cote François Anna Coté Le Dog La p'a8* ;s songe* Les bons ICS en format de poch En vente chez votre libraire Catalogue complet : www.livres-bq.com ILLUSTRATION DE CHRISTIAN TIEFET • EN FILIGRANE: FAC-SIMILÉ D’UN MANUSCRIT I)E CÉLINE.ÉDITIONS GALLIMARD 1.E I) E V OIK.L E S S A M EDI 1 3 E T I) I M A N C II E I l N O V E M B R E I !) !» !» I) 2 r Livres SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Sondage PANEIVLe Devoir Vous lisez ?Qui êtes-vous : 7 Les Québécois qui lisent des livres en dévorent en moyenne un par mois.Ils lisent surtout par plaisir, déplorent manquer de temps pour s’offrir davantage de lecture et, s’ils sont influencés dans le choix de leurs bouquins, se fient d’abord aux avis exprimés par les membres de leur entourage.Ces quelques constatations ressortent d’un sondage sur les habitudes de lecture réalisé par la firme Son-dagem pour le compte de l’Association nationale des éditeurs, en collaboration avec Le Devoir, avec l’appui de la SODEQ, et dont les résultats sont rendus publics à l’occasion du Salon du livre de Montréal.Vivisection.JEAN DION LE DEVOIR De manière assez étonnante, les Québécois lecteurs sont légèrement plus nombreux à préférer, pour une somme d’argent équivalente, acheter des livres plutôt qu’investir dans toute autre forme de divertissement.Us privilégient les romans mais ne dédaignent pas les guides pratiques et les biographies, tous ouvrages qu’ils achètent surtout neufs, au plein prix.Il est à noter que le sondage l’ANEL/Le Devoir, réalisé à la mi-octobre auprès de 1085 répondants âgés de 15 ans et plus, s’est restreint aux personnes qui ont déclaré lire au moins occasionnellement des livres en français, et que, par conséquent, sa population d’étude diffère de l’ensemble de la population québécoise.Sa marge d’erreur statistique est de 3,2 %, 19 fois sur 20.Qu’est-ce qui incite les gens à lire?Pour la moitié des gens — la majorité relative des répondants (49,9 96) —, le simple plaisir sert de motivation.Moins nombreux sont ceux qui plongent dans les livres par soif de GROUPE Renaud- o PALMARES du 4 au 10 novembre 1999 Brav ?—éarneau— 1 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous * 106 I.Nazare-Aga Homme 2 ROMAN Stupeur et tremblements * 11 Amélie Nothomb A.Michel 3 ROMAN Q.Gros mots 3 Rcjean Ducharme Gallimard 4 SPIRITU.L'art du bonheur 9 34 Dalaï-Lama R.Laffont 5 POLAR Le dernier coyote * 2 M.Connelly Seuil 6 ROMAN Je m'en vais (Prix Goncourt 1999) 4 Jean Echenoz Minuit 7 ROMAN Autobiographie d'un amour 6 Alexandre Jardin Gallimard 8 ROMAN Q.Les émois d'un marchand de café 5 Y.Beauchemin Q.-Amérique 9 JEUNESSE Harry Potter à l'école des sorciers 9 50 J.- K.Rowling Gallimard 10 ESSAI L'Etat du monde 2000 4 Collectif Boréal 11 NUTRITION 1 Collectif Institut de Cardiologie 12 LOISIR Le guide de l'auto 2000 6 Duval/ Duquette Homme 13 ROMAN Un parfum de cèdre 9 6 A.-M.Macdonald Flammarion Q 14 HISTOIRE 1 Collectif La Presse 15 ESSAI Q.1 F.Bastlen Boréal 16 CUISINE Les sélections du sommelier, Éd.2000 2 F.Chartier Libre Exprès.17 MÉDECINE Un vétérinaire en colère * 4 Charles Danten VLB 18 ROMAN Q.Lettres à mademoiselle Brochu 9 2 M.-O.Moutier Effet Pourpre 19 ROMAN O.La petite fille qui aimait trop les allumettes 9 54 Gaëtan Soucy Boréal 20 B.D.Largo Winch - Et mourir 8 Rarcq/V.Hamme Dupuis 21 JEUNESSE Harry Potter et la chambre des secrets 9 26 J.- K.Rowling Gallimard 22 ROMAN Q.Légendes.le long du St-Laurent 2 André Croteau Henri Rivard 23 B.D.Géronimo l'apache n°26 2 Charller Dargaud 24 POLAR 2 John Grisham R.Laffont 25 ESSAI O.2 Collectif Trécarré 26 PSYCHO.Le harcèlement moral 54 M.- F.Hirigoyen Fldion 27 CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires 9 260 Daniel Pinard Boréal 28 POLAR Death du jour 2 Kathy Reichs R.Laffont 29 JEUNESSE 1 J.- K.Rowling Gallimard 30 CUISINE 4 Ryuichi Yoshii Soline 31 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.1 » 138 N.Walsch Ariane 32 ROMAN Q.La conjuration des bâtards 2 Francine Noël Leméac 33 ROMAN O.2 Guy Moreau VLB 34 ROMAN Geisha 9 39 A.Golden Lattes 35 ROM.HETO 9 J.- C.Rufin Gallimard 36 PHOTOGRA.Enfermés dehors 2 : Durocher/ Jones Stanké 37 GESTION Dépensez tout, vivez heureux 5 Stephen M.Po«an Cherchfrmidi 38 POLAR Single & Single 4 John Le Carré Seuil 39 PHILO.Lés grands penseurs du monde occidental 9 32 J.- M.Plotte ^ Fides 40 PSYCHO.Les hommes viennent de Mars, les femmes de Venus 9 297 John Gray Logiques 41 POLAR Q.Inspecteur Specteur et la planète Nète 4 G.Taschereau Intouchables 42 SPIRITU.Le grand livre du Feng Shui 4 GUI Haie Manlse 43 NUTRITION 4 groupes sanguins, 4 régimes 6 Peter J.DAdamo Ed du Roseau 4 A CUISINE 1 Michel Phaneuf Homme 4Î PSYCHO.|Le courage d'être soi 25 J.Salomé Ed.du Relié .Coups de coeur Renaud-Bray 1 • semaine sur notre ksle NOMBRE DE SEMAINES DEPUIS LEUR PARUTION Q u’est-ce qui vous empêche de lire davantage?Q uels genres de livres lisez-vous?>» le manque de temps 82,3% > > le coût des livres 22,5 % > > le choix limité de livres offerts en bibliothèque 11,5 % *> le manque d'intérêt 10,9% »> l'absence de librairie à proximité de chez soi 6,7% C f >> des romans >> des ouvrages pratiques ¦ > des biographies >> des ouvrages de croissance personnelle >> des essais >• des bandes dessinées >* de la poésie ou du théâtre 56,9% 42,7% 40,8% 33,0% 30,2% 19,7% 13,6% omment obtenez-vous vos livres?connaissances (28,3 96) ou par curiosité (11,3 %).A peine une personne sur dix affirme tire parce que ses études ou son travail l’y obligent On notera à cet égard que les femmes (59,8 96) sont beaucoup plus guidées par le plaisir que les hommes (37,7 96), tandis que ces derniers se (lisent davantage mus par le désir d’accroître leur savoir.Près de deux tiers des gens interrogés (62 96) affirment par ailleurs qu’ils souhaiteraient tire plus et, encore une fois, l’un des maux du monde moderne, l’horaire surchargé, est à blâmer.Ainsi pas moins de 82,3 % des répondants invoquent-ils des moments libres insuffisants pour expliquer leur «manque à tire».Ce facteur dépasse largement un autre élément fréquemment montré du doigt, à savoir le coût des livres (22,5 % lisent moins à cause de cela), de même que le peu de choix de bouquins disponibles en bibliothèque (11,5 %), le manque d’intérêt pour les livres publiés (10,9 %) et l’absence de librairie à proximité (6,7 96).Dans cet ordre d’idées, on remarque que plus on vieillit, plus le prix des livres a tendance à être un V.>* par achat *> par emprunt à la bibliothèque >> par emprunt auprès de votre entourage >> en cadeau >> autrement 49,6% 31,8% 11,6% 4,4% 2,7% Pc ourquoi lisez-vous?r facteur dissuasif: les personnes de 55 ans et plus sont deux fois moins enclines à s’en procurer que les plus jeunes pour cette raison précise.Mais les lecteurs québécois achètent: en moyenne, ils consacrent quelque 167 $ par année aux livres.Près de la moitié des répondants (49,6 96) affirment que les livres qu’ils lisent sont «habituellement» achetés, contre un peu moins du tiers qui sont empruntés à la bibliothèque et 11,6 % qui sont prêtés par des amis, des parents ou des collègues de travail.Ces livres sont du reste acquis au prix fort, près des trois quarts des personnes interrogées (72,3 %) déclarant se procurer «rarement» ou «jamais» des bouquins en solde.par plaisir pour apprendre par curiosité pour les études pour le travail 49,9% 28,3% 11,3% 8,0% 2,5% Sur le front du commerce Où ces livres sont-ils achetés?La lutte est plutôt serrée dans ce domaine.Si on jumelle les réponses «assez souvent» et «très souvent», la librairie du centre commercial se faufile en tête avec 34,4 % des appuis.Elle est suivie de la grande librairie (31 %), de la librairie de quartier (26,2 %), de la librairie d’occasion (20 %).L’achat par correspondance, dans un grand magasin ou un Idosque à journaux est moins prisé.VOIR PAGE D 3: SONDAGE « r f ARCHIVES LE DEVOIR À peine une personne sur dix affirme lire parce que ses études ou son travail l’y obligent.On notera à cet égard que les femmes (59,8 %) sont le plaisir que les hommes (37,7 %), tandis que ces derniers se disent davantage mus par le désir d’accroître leur beaucoup plus guidées par savoir.www.renaud-bray.com Attends une minute ! Il faut venir rencontrer les créateurs des éditions Les 400 coups au Salon du livre de Montréal ! arts visuels, cinéma, jeunesse, photo Steve Beshwaty • Kittie Bruneau Henri-Paul Chevrier.Suzanne Dubuc Cécile Gagnon • Pierre Hébert Dominique Jolin • Stéphane Jorisch Daniel Kieffer.Marc Mongeau Ninon .Charles Perraton Isabelle Pilon .Stéphane Poulin Nicole Thérien .Anne Villeneuve stands # 209 et 213 Les 4oo coups Les Editions TROIS Venez nous rencontrer au Salon du livre de Montréal stand Prologue 647 O Samedi 20 novembre de 14 h à 15 h NICOLAS Samedi 20 novembre de 15 h à 16 h iitr.moi D Anne Claire Les nuits de la Joconde roman 249 p.22 $ Mona Latif-Ghattas Nicolas le fils du Nil roman poétique 220 p.20$ Louise Warren Interroger l'intensité essais 177 p 23$ iwt mai* OTwrr Samedi 20 novembre de 18 h à 19 h France Théoret, Michelle Allen, Bianca Côté, Charlotte Gingras, Hélène Léplne, Germaine Mornard et Maryse Pellerin Manifeste d'écrivaines pour le 21‘ siècle essai III.de Betty Goodwin 60 p.12$ MVWttmMtfHVMM* N»l ii :¦ « acheter un livre >» aller à un spectacle *> autres loisirs >> aller au restaurant >> assister à un match sportif 25,8% 22,9% 21,4% 17,5% 12,3% Ce qu’on dit dans la rue JACQUES GRENIER LE DEVOIR FABIENNE LOCK, étudiante en comptabilité: «Le dernier livre que j’ai lu?Fiscalité 2.A part ça, je n’ai pas trop le temps de lire autre chose.Je ne me rappelle pas le titre du dernier livre que j’ai lu pour le plaisir, mais je lis un peu de tout comme du Régine Desforges, Stephen King.Je lis facilement environ une vingtaine de livres par année.Pour ce qui est du prix.En fiscalité, les livres sont très chers.Pour un roman, je payerais jusqu’à 30 $.mais je serais prête à débourser davantage pour certains livres, à cause de l'auteur par exemple.» Venez rencontrer les auteurs d’XYZ éditeur au Salon du livre de Montréal • Stand 223 Aude Donald Alarie André Brochu Hugues Corriveau Guy Demers Danielle Dubé Bertrand Gervais Mario Girard Sergio Kokis Suzanne Mainguy Yvon Paré Marguerite Paulin Jean Pelchat Daniel Pigeon Bruno Roy Catherine Saouter André Vanasse l\YZ| «_’-.Dimanche 21 novembre Place Marcel-Couture ¦ llh - Gilles Archambault s’entretient avec Gaétan Soucy pour La petù tf fille qui aimait trop les allumettes, Editions du Boréal.¦ llh45 - Méridien propose le jeu L’Histoire du XX' siècle en questions.Avec Raymond Lebrun, Jacques Du-fault, Yvon Valnais, François Lavallée.Animé par Michel Desrochers.¦ 12h45 - Novalis présente une table ronde sur l’hypnose: thérapie ou supercherie?Le recours à l’hypnose pour contrôler la peur, atténuer la douleur ou cesser de fumer est une théorie qui exerce autant de séduction qu’elle soulève de craintes.Avec le Dr Maurice Bourassa et Clément Leclerc, de la Société québécoise d’hypnose.Animé par Pierre Maisonneuve.¦ 13h45 - Le Groupe Ville-Marie littérature nous fait découvrir les passions de nos écrivaines avec Pauline Gill, Suzanne Gagné, Nicole La-vigne, Marie-Paule Villeneuve, Abla Fahroud.Animé par Chantal Jolis.¦ 15h - Multimondes présente un atelier sur le patrimoine, l’identification, la conservation des livres et papiers anciens.¦ 16h - Le Salon du livre propose la table ronde «Autour du monde» animée par Suzanne Giguère avec Marie-Danielle Croteau, Pierre Sam-son, Ahmadou Kourouma, Gilles Gougeon, Christiane Duchesne.¦ 17h - Promo 9’ Art propose une impro de création d’une BD avec Michel Grant, Bruno Laporte, Makoel-lo, Caroline Merola, Raymond Parent, Samuel Parent.Animé par Gilles Laporte.¦ 18h - Bouquiner sans bouder -Comment cultiver l’amour de la lecture chez les jeunes?Animé par Bruce Huard (Les témoins de Jéhovah).Place Loto-Québec ¦ 10h30 - Le Salon du livre présente L’heure du conte en pyjama avec Lucie Papineau, Papaye le panda (Dominique et C"), Monsieur Flo, Le$ Contes plein la bûche (Le Tracteur volant) et Carole Tremblay, Cruelle Cruellina (400 Coups).f l ¦ 12h - Fides propose des comptines à dire et à chanter pour les jeunes enfants.¦ 13h - Gilles Archambault s’entretient avec Neil Bissoon.dath pour Tous ces mondes en elle, Éditions du Boréal.¦ 14h - Hurtubise HMH présente le Bescherelle et met à l’épreuve votre maîtrise de l’art de conjuguer! Animé par Suzie Côté.¦ 15h30 - Gilles Archambault s’entretient avec Jean-Marie Poupart pour On a raison de faire le caméléon, Le-méac Éditeur.¦ 16h - Boréal présente La retraite.et après?Jean Carette, professeur de gérontologie et auteur de L’Âge dort?, propose une réflexion sur la vieillesse, avec Monique Vézina, du Bureau québécois de l’Année internationale des personnes âgées.Animé par Francine Plourde.¦ 17h - Gifles Archambault s’entretient avec Élisabeth Voparburg pour Le Silence de la cité, aux Éditions Alire.[ • Place des Médias ¦ 10h30 - jeunes journalistes en herbe s’entretiennent avec Chrystine Brouillet.¦ llh - Jeunes journalistes en herbe s’entretiennent avec Alexandre Jardin.¦ 12h - Radio-Canada présente Un dimanche à la radio, présenté par Francine Moreau - 100,7 FM.¦ 14h - Le Salon du livre présente la table ronde «L’enfance inépuisable».Francine Moreau reçoit Jean Rouaud, Jean Bédard, Gaétan Soucy, Émile Olivier, Robert Lalonde.Tous les samedis dans L’agenda L E [) EVOIR.L E S S A M EDI I II ET D I M A N CUE I 1 N O V E M B R E 1 !) 9 9 I) 7 ?r Livres SALON DU LIVRE DE MONTREAL a-ABPT; ji -v —’TT—v 1 1 CL 1 ’ÿ 'y «T.: ; - jv, ri ¦dj* — * «Li 1 •L tt il 1 r mmi ¦ 5 r h t?: a r-l ; Lundi 22 novembre Place Marcel-Couture ¦ lOh -Le jeu de la bonne définition Larousse, un jeu amusant sur les mots de la langue française.¦ llh - Communication-Jeunesse propose son jeu, teste tes connaissances des titres de sa sélection.Mardi 23 novembre Place Marcel-Couture ¦ lOh - La Courte Échelle propose le jeu Ma vie est un vrai roman.Jeu costumé à partir de personnages et des histoires des romans de La Courte Échelle.¦ llh - Hurtubise HMH présente le jeu Trouve et gagne.Associe les titres aux illustrations et gagne des romans de la collection Atout! Animé par Suzie Côté.¦ 13h - Communication-Jeunesse propose son jeù-questionnaire.Teste tes connaissances des titres de sa sélection.¦ 14h - Médiaspaul vous propose d’explorer le monde des étoiles avec l’illustrateur Jean-Pierre Nor- mand qui montre aux jeunes la manière dont il réalise les illustrations des livres.Animé par Francine Pelletier.¦ 15h - Les Éditions Michel Quin-tin proposent des histoires pas comme les autres avec l’auteur Daniel Laverdure, qui raconte des histoires aux enfants et les met en situation dans l’histoire.¦ 17h - Cérémonie de clôture.¦ 13h - Le Vermillon présente le jeu-questionnaire Découvre un auteur.Animé par Suzie Côté.¦ 14h - Remise du prix Cécile Gagnon 1999 présentée par l’Association des écrivains québécois pour la jeunesse.¦ 14h45 - Les concepts de jeux Caipe Diem présentent Geographix El Ninô, qui permet d’identifier des pays à partir d’indices.¦ 17h - La mission Québec-Angoulê-me 2000 présente la délégation des auteurs québécois en conférence de presse.y ¦ 20h -Trois-Pistoles présente les acteurs de la série Le Retour.Victor-Lévy Beaulieu et les auteurs Anne Boyer, Michel D’Astous et Roger Des Roches raconteront le cheminement du scénario au roman.Suivront des lectures avec Angèle Cou tu, Rita Lafontaine, Julien Poulin, Sylvie-Catherine Beaudoin, Sophie Prégent et Pierre Rivard.Place Loto-Québec ¦ lOh -Trécarré présente l’ours Patou, qui chante pour les petits.¦ llh- Lucie Papineau s’entretient avec Élizabeth Vonarburg.¦ llh30 - Lucie Papineau s’entretient avec Charlotte Gingras.¦ 12h - ASTED remet le prix Alvine-Bélisle qui couronne la meilleure œuvre d’expression canadienne-fran-•çaise pour la jeunesse.‘11 ¦ 13h - Lucie Papineau s’entretient avec Anne Villeneuve.¦ 13h30 - Lucie Papineau s’entretient 'avec Marie-Louise Gay.¦ 14h - Les Éditions Michel Quin-tin vous invitent à partager la passion de l’auteur Benjamin Simard 'pour la nature."*t ¦ 14h45 - Hurtubise HMH propose Le Jeu Orange, un jeu-questionnaire parents-enfants pour un apprentissage fimusant.Animation: Suzie Côté.¦ 19h - Lescop présente C'est mon fils 1qui m’édite! Les joies et les aléas d’une petite et jeune maison d’édition dont les actionnaires sont une mère et son ‘fils- Un vaste choix de livres d'occasion ACHAT ET VENTE 1246, rue Saint-Denis libraire LIVRES RÉCENTS ET ANCIENS ® UQAM Tél.: 845-7307 Michèle Gazier LE MERLE BLEU roman « J’ai adoré Le merle bleu.Une jolie réussite.» Bernard PIVOT Fiction « SIW.N u.iiùuin SATAN BUJIIMUR MOI PIERRE LEROY.PROPHETL MARTYR ETUNPEUrtli: DU CHAUDRON *4T _ ” ' " .Les œuvres crtrïipiew Une entreprise unique !e VLB Québec! Anne Beyer, Michel d'Astous et Roger Des Roches mie Bov(*r • Michel (I Astons Rouer Des Roches ?iStQlRfi D’RttRUlBOt RUe VRUR i Victor-Lévy Beaulieu VICrOR-l 1YY Bl:AUI.11:1' UN LOUP NOMMÉ YVES THERIAULT Renaud tongehamps Sylvain Rivière SYLVAIN RIVIÈRE Une boussole À LA PUCE DU CŒUR CBGAI: Nicole Filion NICOLE FILION MORCEAUX ÉPARS SUR L'ATLANTIQUE Vendredi, samedi, dimanche et lundi: de 14 h à 17 h et de 19 h à 22 h Vendredi, samedi,- et lundi: de 14 h à 17 h et de 19 h à 22 h Venez rencontrer les auteurs du roman tt RETOUR, Anne Royer, Michel d'Astous et Roger Res Roches, ______ et les comédiens du téléroman, ^ Angèle Coutu, Rita Lafontaine, Julien Poulin.Sylvie-Catherine Beaudoin, Sophie Prégent et Fier sur la grande scène de la place Marcel-Couture, J le lundi 22 novembre, de 19 h 45 à 20 h 45! ________j 19 h à 22 h ISHWIW* et de 19 h à 22 h Dimanche: de 14 h à 17 h LES ÉDITIONS TKOIS-PISTOLES - 400, nu- Jean-Rioux, bureau 272, Trois-l’istoles (Québec) COI, 4K0- (418) 851-8888 -Ht L 1 V L ^ SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Littérature jeunesse De grands auteurs pour de petits lecteurs nécessaires pour devenir chevalier (mardi de 10h45 à llh45 ainsi que de 14h à 16h).Les ados trouveront plaisir à rencontrer Richard Blaimert alors que paraît la suite de La Liberté des loups, prix Cécile-Gagnon 1998: La Naissance de Marilou.L’auteur confirme son talent de romancier et entraîne ses lecteurs sur le long parcours de la maladie qui mine la mère de Marilou.Il réussit à dire très jus- tement l’ambivalence de l’adolescence, les nœuds, les hésitations, les blocages.Écrit avec force et sensibilité, le récit contient plusieurs belles images qui restent.C’est chez Vents d’ouest, où vous trouverez le livre, à défaut de l’auteur, qui ne sera pas présent au Salon.Pour rencontrer Robert Soulières, auteur d’Un cadavre de luxe, le roman policier le plus drôle en ville, ce ne sera pas très compliqué.Il sera au stand de son éditeur (cherchez Mirabel) de lOh à 15h et de 19 à 21h tous les jours.Soulières est le seul qui se paie le luxe de déconner à ce point tout en soutenant une trame dramatique potable, de faire de constantes digressions, d’inclure un résumé (erroné) de chaque chapitre à l’intention des élèves paresseux, de glisser parmi les très sérieux crédits du générique: «chaque livre est vendu séparément» ou encore «stationnement à l’arrière pour nos clients seulement».S’il n’est pas au stand, vous le trouverez peut-être chez Bayard, à signer Les Petits Dé-brquillards.Au çhoix.A la Courte Échelle, il y aura un tas d’autres auteurs populaires.Entre autres: Christine Brouillet y sera pour La Disparition de Baffuto, autre roman policier de la série An-dréa-Maria et Arthur.Denis Côté rajoute un épisode à sa série Maxime: JOURS us ARAH .V Dominique (•lin Mtends mie mwmteï réjouissant.Je vous laisse les surprises et le plaisir de rencontrer l’au-teure, qui sera d’ailleurs à d’autres stands, vérifiez les horaires.Tibo avec sa toute nouvelle Noémie, La Nuit des horreurs, sera également au stand dimanche, de 15h30 à 17h ainsi que lundi de lOh à midi.Maryse'Rouy, cette auteure de romans historiques remarquables tels que Azalaïs ou la vie courtoise, a donné rendez-vous aux jeunes lecteurs de onze ans et plus, que le moyen-âge et l’époque des chevaliers intéresse.Dans une langue vivante et avec un souci du détail, Jordan apprenti chevalier, édité par Hurtubise HMH, captive du début à la fin et réveille par le fait même notre intérêt pour l’histoire.Le récit met en relief sans complaisance les inégalités sociales de l’époque ainsi que les valeurs et les apprentissages La Machine à rajeunir, Anne Le-gault pour Un message d’Étamine Léger et Louise Leblanc pour Sophie veut vivre sa vie signeront également des autographes.Je rappelle que Lucie Papineau, elle même auteure d’un très bel album chez Dominique et compagnie: Gon-trand et le croissant des cavernes, interviewera plusieurs auteurs jeunesse à la scène Loto-Québec lundi et mardi.Surveillez les horaires! Les auteurs dont la séance de signature est prévue en semaine ne risquent pas une crampe de la main Lors des journées traditionnellement réservées aux élèves, les jeunes visiteurs du Salon, habituellement préparés et accompagnés par les enseignants, savent souvent, aymit même d’arriver, quels auteurs ou quelles nouveautés ils veulent voir.Cette année, les auteurs jeunesse dont la séance de signature est prévue lundi ou mardi pendant les heures de classe ne risquent ni le surmenage ni une crampe de la main.Ce sera sans doute plutôt tranquille.En fin de semaine par contre, plusieurs personnages des émissions enfantines de Télé-Québec seront au Salon samedi et dimanche.C’est pourquoi, si nos «jeunesses» prévoient venir au Salon en dehors des heures de classe, peut-être s’éviteront-elles de cruelles déceptions en planifiant leur parcours.Voici donc quelques «incontournables» de l’automne que je n’ai pas encore eu l’occasion de signaler.D’abord, pour les plus jeunes, aux 400 coups (cherchez stand 209 chez Dimédia), l’espiègle Dominique Jolin, auteure et illustratrice, sera présente pour signer son dernier album: Attends une minute.Inspiré d’une situation que tous les enfants ont vécue un jour ou l’autre, une attente qui se prolonge, le récit en images folles et éclatées relate les aventures géniales et périlleuses du jeune Camilien qui ne réclamait pourtant que de l’eau (vendredi de 17 à 18h, dimanche même heure, ainsi que lundi de 13 à 14h).Ensuite, faites un tour chez Dominique et compagnie fie château Héritage) pour rencontrer Marisol Sar- razin.Son petit chien Flox, de l’album Pépé, Flox et le facteur, est à croquer.Pépé-Sait-tout enseigne à son petit fils Flox comment accueillir le facteur afin que le voisinage sache que la maison est bien gardée.Humour coquin et petites phrases ri-mées accessibles à des débutants en lecture (séances de signatures: sam., 10h30 à midi, et de 14 à 15h; mardi de llh à midi et de 13h30 à 15h).Si vous êtes sensibles à la poésie et cherchez un texte joli en prose pour enfants de sept ans et plus, ou encore si vous connaissez un enfant immobilisé par la maladie, le détour par Loup de Gouttière (qui fête son 10e anniversaire cette année) s’impose.Sylvie Nicolas, l’auteure de Les Jours de Sarah, n’y sera malheureusement pas, mais vous pourrez passer au stand 871 pour en Ûre des extraits.C’est un livre exceptionnel, plein de petits silences qui sautillent et de sourires dessinés, de jours qui n’habitent pas avec les autres jours de la semaine et de visites d’oiseau-oreiller.Peut-être rencontrerez-vous dimanche matin une animatrice avec un masque de loup qui vous présentera la collection Les Petits Loups.Les enfants de huit ans et plus voudront sans doute passer chez Québec/Amérique (25 ans cette année!) rencontrer Dominique De-mers (dimanche de midi à 14 h).En effet, sa fascinante et mystérieuse mademoiselle Charlotte est de retour dans Une bien curieuse /actrice.Cette naïve originale prend son rôle très à cœur à un point tel qu’elle voudra bientôt ouvrir une lettre, juste une par jour, elle a un sens de l’éthique tout de même, pour y ajouter du bon, précise-t-elle à sa complice Léonie.Vous voyez déjà apparaître les complications.Tout à fait Rouy Jordan apprenti chevalier C’est clair et net! www.gallimardmontreal.com i «S' ROLAND GIGUERI- LOUISE WARREN Mwm, .«#•' m,NOCES ROUGES ¦LVVur HENRI LAMOUREUX LES CHEMINS DE LA MER PAUL CHAMBERLAND SERGE PATRICE THIBODEAU PIERRE FALARDEAU GERARD BOUCHARD L'enlnnt ngcinei PAULINE GU I :d\ki> iar l'auteur Gabr:«l'PtCf»e OueJeDç s ( Vi flammes noire Prix France-Québec 1999 > rHEXAQOME in Roieit-Cliche DU PIUMIER ROMAN 1999 # l’HEXAGONE - rlb éditeur TYPOH www.eclhexagone.comwww.edvlb.comwww.edtypo.com 11' uKPUT VU.Lt-MARIF UnfRAÏLKK * rHEx^jcer d(is- MAITRE ECKHART 0 (L présente au Salon au stand 263 l'IKKRK IIKSRUISSKAUX grailltes ou le rasoir d’Occam • I HtXAQONC laa valse des immortels CHARLES DANTEN Un vétérinaire en colère le samedi 20 novembre de 13 h 30 à 15 h 00 et de 19 h 30 à 21 h 00 le dimanche 21 novembre de 13 h 30 à 15 h 00 PAULINE GILL La Jeunesse de la cordonnière le samedi 20 novembre de 15 h 00 à 16 h 30 en table ronde le dimanche 21 novembre de 13 h 30 à 14 h 45 sur la Grande Scène NICOLE LAVIGNE Les Noces rouges le samedi 20 novembre de 15 h 00 à 16 h 30 le dimanche 21 novembre del5h00àl6h30 en table ronde le dimanche 21 novembre de 13 h 30 à 14 h 45 sur la Grande Scène PIERRE BOURGAULT La Résistance le samedi 20 novembre de 15 h 00 à 16 h 30 le dimanche 21 novembre del5h00àl6h30 ANDRÉE DANDURAND Les Chemins de la mer le samedi 20 novembre de 16 h 30 à 18 h 00 le dimanche 21 novembre del3h30àl5h00 GUY LALANCETTE Il ne faudra pas tuer Madeleine encore une fois le samedi 20 novembre de 16 h 30 à 18 h 00 JEAN BÉDARD La Valse des immortels le samedi 20 novembre de 16 h 30 à 18 h 00 le dimanche 21 novembre de 15h00à 16h30 LUC ASSELIN Phénix le samedi 20 novembre de 16 h 30 à 18 h 00 GÉRARD BOUCHARD La Nation québécoise au futur et au passé le samedi 20 novembre de 18 h 00 à 19 h 30 ANDRÉ PAYETTE Un journaliste se raconte le samedi 20 novembre de 18 h 00 à 19 h 30 JACQUES CÔTÉ Les Montagnes russes le samedi 20 novembre de 18 h 00 à 19 h 30 MICHEL DORAIS Éloge de la diversité sexuelle le samedi 20 novembre de 19 h 30 à 21 h 00 le dimanche 21 novembre de 13 h 30 à 15 h 00 entrevue avec Louise-Andrée Saulnier le samedi 20 novembre de 17 h 30 à 18 h 15 sur la Grande Scène ALAIN BORGOGNON L’Explosion le samedi 20 novembre de 19 h 30 à 21 h 00 JACQUES MARCHAND Les Vents dominants le dimanche 21 novembre de 12 h 00 à 13 h 30 ROGER FOURNIER Le Stomboat le dimanche 21 novembre de 12 h 00 à 13 h 30 MARY SODERSTROM Robert Nelson, le médecin rebelle le dimanche 21 novembre de 12 h 00 à 13 h 30 PIERRE PERRAULT Nous autres icitte à l’île hommage à l’auteur le vendredi 19 novembre de 19 h 30 à 21 h 00 à la Place Loto-Québec I1MR1.ES DANTEN MICHEL SEYMOUR La Nation en question le jeudi 18 novembre de 19 h 00 à 20 h 30 le samedi 20 novembre de 18 h 00 à 19 h 30 NAÏM KATTAN L’Amour reconnu le jeudi 18 novembre de 19 h 00 à 20 h 00 SUZANNE GAGNÉ Léna ou la Société des petits hommes le jeudi 18 novembre de 19 h 00 à 20 h 00 le samedi 20 novembre de 12 h 00 à 13 h 30 le dimanche 21 novembre de 12 h 00 à 13 h 30 en table ronde le dimanche 21 novembre de 13 h 30 à 14 h 45 sur la Grande Scène ROLAND GIGUÈRE Illuminures le vendredi 19 novembre de 17 h 30 à 19 h 00 GABRIEL-PIERRE OUELLETTE Les Oriflammes noires le vendredi 19 novembre de 17h30à 19h00 le samedi 20 novembre de 12 h 00 à 13 h 30 Hkmu Doua ÉLOGE * DE U DIVERSITÉ SEXUELLE -tr * ms vlb éditeur.Un vétérinaire en colère *ur U n md il Ion animale vlb éditeur PIERRE DESRUISSEAUX Grajfites ou le Rasoir d’Occam le vendredi 19 novembre de 17 h 30 à 19 h 00 ELIAS LETELIER-RUZ Histoire de la nuit le vendredi 19 novembre de 17 h 30 à 19 h 00 REED SCOWEN Le Temps des adieux le vendredi 19 novembre de 19 h 00 à 20 h 30 le samedi 20 novembre de 15h00à 16h30 PIERRE FALARDEAU Les bœufs sont lents mais la terre est patiente le vendredi 19 novembre de 19 h 00 à 20 h 30 MIREILLE LA FRANCE Pierre Falardeau persiste et filme! le vendredi 19 novembre de 19 h 00 à 20 h 30 HENRI LAMOUREUX Les Dérives de la démocratie le vendredi 19 novembre de 19 h 00 à 20 h 30 PAUL CHAMBERLAND En nouvelle barbarie le vendredi 19 novembre de 19 h 00 à 20 h 30 le samedi 20 novembre de 19 h 30 à 21 h 00 LOUISE WARREN Suite pour une robe le samedi 20 novembre de 12 h 00 à 13 h 30 SERGE PATRICE THIBODEAU La Disgrâce de l’humanité le samedi 20 novembre del2h00àl3h30 MARIE-PAULE VILLENEUVE L’Enfant cigarier le samedi 20 novembre de 13h30à 15h00 le dimanche 21 novembre de 15h00à 16h30 en table ronde le dimanche 21 novembre de 13 h 30 à 14 h 45 sur la Grande Scène ABLA FARHOUD Le bonheur a la queue glissante le samedi 20 novembre del3h30àl5h00 en table ronde le dimanche 21 novembre de 13 h 30 à 14 h 45 sur la Grande Scène GUY MOREAU L’Amour Mallarmé le samedi 20 novembre de 13 h 30 à 15 h 00 le dimanche 21 novembre de 13 h 30 à 15 h 00 Abla Farhoud Le bonheur a la queue glissante Romjn REED SCOWEN LE TEMPS DES ADIEUX ?H éditeur I Laurent Laplante Craig KMburgtr o*K h tofaàoreto* â* Kt*y> llqfot Libérez les enfants ! ipwuMB: 'r'iUfKa Mat hit Warkanogritt WiKkmt trti Notre empreinte écologique iff»**] Libérez les enfants ! par Craig Kielburger Un périple au cœur de l’Asie du Sud, où la bêtise humaine côtoie le courage et l’espoir de milliers d’enfants esclaves.29,95 $ La Mémoire à la barre par Laurent Laplante La place de la mémoire dans une époque qui ne parvient pas à se situer dans le temps, où seul le présent n’a d’importance.19,95$ Notre empreinte écologique par Mathis Wackernagel et William Rees Comment mesurer et réduire les conséquences du capitalisme sur la Terre.24,95 $ De la réflexion.y tu éditions • Si * ecosociete Diffuseur: Diffusion Dimédia inc.La Mémoire à la barre Jean Rouaud On vient quelque LE DEVOIR k livre je Avec son dernier roman, Jean Rouaud solde son héritage familial et littéraire SOURCE EDITIONS DE MINUIT Entretien CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS Il y a six mois, Jean Rouaud est retourné donner un petit coup de main au kios-quier pour lequel il vendait des journaux avant de remporter le prix Goncourt, en 1994, et d’être catapulté au centre de la vie littéraire parisienne.Le kiosque avait déménagé sur le boulevard Jean Jaurès, il y avait de nouvelles publications, mais Rouaud n’avait visiblement pas perdu la main.Quant aux clients, ils n’y ont vu que du feu.C’est que, dans sa vie comme dans ses livres, l'écrivain aime revisiter les lieux de sa mémoire, ceux qui lui ont donné vie et dont il a conscience de transporter l’héritage.«On vient toujours de quelque part», semble dire et répéter jusqu’à plus soif cet auteur dont l’œuvre est tout entière consacrée à l’autopsie minutieuse de sa famille nantaise.Jean Rouaud a d’abord dressé le portrait de son grand-père (Les Champs d’honneur), puis celui de son père (Des hommes illustres), avant de raconter sa mort à 40 ans (Le Monde à peu près) et d’explorer la figure de sa mère (Pour vos cadeaux), qui était vendeuse de trousseaux de mariage.Lorsqu’on découvre la silhouette de l’écrivain au quatrième étage (sans ascenseur!) des bureaux des Editions de Minuit, on s’attend à rencontrer un de ces auteurs vieille France venu du fond de sa province.On découvre plutôt un passionné de littérature américaine, qui voue une admiration sans bornes à Jack Kerouac et à Henry Miller et n’hésite pas à qualifier Réjean Ducharme de «plus grand écrivain francophone contemporain»! «Ce sont les auteurs américains qui m'ont le plus aidé à réapprendre à raconter des histoires et à réintégrer le personnage dans le récit, dit-il, notamment Kerouac et Miller.Ducharme aussi, qui réussit dans tous ses livres à exprimer la modernité de la Beat Generation avec une naïveté et ce désespoir sans plainte qui le caractérise.H a des personnages incroyables.Ses livres ont été pour moi la confirmation qu’on pouvait aujourd’hui raconter des histoires avec cet humour et cette légèreté qu’on retrouvait chez Kerouac, mais sans le dogmatisme de tout le laboratoire littéraire des années 70.C’est d’ailleurs dans Kerouac que j’ai puisé l’idée du récit d’un fils accompagnant son père dans son agonie, le sujet de mon troisième livre.» Il aura fallu dix ans à Jean Rouaud pour achever sa quête des origines.Soit à peu près le temps qu’il faut pour faire une analyse, dit-il en souriant Cette «thérapie» fut pour l’auteur un long voyage solitaire dans le temps.Le périple s’achève aujourd’hui avec Sur la scène comme au ciel.Jean Rouaud y renoue le dialogue avec sa mère en racontant son décès et en l’invitant à commenter, parfois avec humour, tout ce qu’il a écrit depuis dix ans sur les siens.L’épilogue prend la forme d’un exorcisme.Celui, bien sûr, de la mort de la mère, que l’auteur avait inconsciemment effleurée dans le roman précédent.« C’est après que j’ai compris qu’en évoquant l’image des enragés d’avant la vaccination, qu’on étouffait sous l’édredon pour les faire mourir, je parlais inconsciemment de ses dentiers moments.» Mais l’exorcisme est aussi littéraire et l’écrivain en profite pour solder son héritage.Digne représentant d’une génération qui a cru pouvoir faire table rase de tout, Jean Rouaud a mis du temps à découvrir qu’il fallait tout de même s’accrocher à un petit quelque chose.Avant de s’attaquer à l’histoire de sa famille, le kiosquier du XIX' arrondissement parisien écrivait des textes hermétiques qui ne le menaient nulle part, dit-il.«Les années 70 ont produit une réflexion très riche sur la création littéraire, mais elles jurent aussi un frein à la création.On y trouvait beaucoup d’interdits.À force de considérer le texte comme une fin en soi, on a décrété la mort de l’auteur.La seule référence était le texte et non plus le réel.On a ainsi évacué tous les fondamentaux du roman.Quand vous traversez de tels mouvements sismiques, il faut apprendre à en garder les acquis, mais aussi à s’en dégager.» Jean Rouaud dit en avoir conservé l’idée qu’un texte est une machine qui se construit comme un meccano et dans laquelle il y a une part intentionnelle et une forme inconsciente.«Quand on connaît cette structure, on essaie de jouer avec et non pas de la combattre.» Jouer, c’est ce que fait plus qqe jamais Jean Rouaud dans son dernier livre.À travers le récit de la mort de sa mère, il s’amuse à lui faire commenter ses propres textes.Bref à faire le récit dp récit, à imaginer le souvenir du souvenir.À créer des personnages auxquels on ne croit plus mais qui deviennent malgré tout plus réels que la réalité.«Tous ces jeux littéraires viennent de cette époque qui, entre l’Oulipo et Tel quel, a rendu ce regard possible.J’ai essayé d’en faire un sujet moins dogmatique en redonnant sa place à l’émotion, qui a longtemps été en France l’ennemi numéro un.» Peu importe qu’un livre parle du passé ou du tutur, c’est la forme qui parle du temps, dit-il.«Des histoires de pères et de mères qui meurent, il y en a plein la littérature.Ce dont je rends compte, c’est moins de ce qui s’est passé que de la façon dont fonctionne ma mémoire maintenant par rapport à ces événements.Si ce qui est évoqué relève du passé, l’état de la mémoire appartient au présent.» Mais de la mémoire et des racines, Rouaud en a parfois aussi plein le dos.Dans le ventre de la bête littéraire parisienne, il rêve à l’occasion qu’il est loin de cette capitale et de ses intrigues qui créent un poids terrible sur les épaules des jeunes auteurs.C’est peut-être pourquoi il s’est exilé à Montpellier sitôt après avoir remporté le Concourt «Quand vous écrivez en français et en France, vous avez huit siècles sur les épaules.Le handicap quand on écrit en français ailleurs, comme Ducharme, c’est celui de la reconnaissance par le centre.Mais, en écrivant à la périphérie, le poids de l’héritage littéraire est dilué.» Pour Rouaud, la langue de la littérature française se compare parfois à celle des lettrés de la Grèce ancienne ou des pays arabes.Les enquêtes montrent que les étudiants français essaient toujours d’adopter le «beau langage», contrairement à leurs collègues anglais ou américains.«Il y a ici une prépondérance de la formulation.C’est elle qui dit le réel, sans qu’on essaie de mettre ce dernier en mots.Dans mes romans, j’ai essayé de mettre le réel en forme pour en faire un matériau poétique.Ce n’est pas au réel de se conformer à la phrase.» Reste qu’il y aura toujours dans l’idée de la langue celle de la durée.Qu’il le veuille ou non, chaque écrivain est comptable de celle-ci.Le renouvellement même de la forme romanesque est destiné à faire perdurer une certaine idée de la littérature française.«Se condamner à la rupture permanente: c’est se condamner à ne plus communiquer.A un moment, la langue elle-même ne dit plus rien.C’est alors le symptôme d’un moment de crise.Mais ce n’est pas avec ça qu’on fait une littérature.La littérature, c’est ce qui permet qu’on lise des textes qui ont 800 ans, voire plus.» Les deux grandes utopies du siècle auront finalement été celles de «l’homme nouveau» et du «self made man», dit Jean Rouaud.Si la première a été meurtrière, «un homme qui se fait tout seul» reste probablement pour l’écrivain ce qui se rapproche le plus d’un monstre.Pour marquer la fin de cette psychanalyse littéraire, Jean Rouaud n’a pas qu’écrit Sur la scène comme au ciel.Il a aussi mis la hache dans le grand placard massif que son père avait construit de ses mains dans la maison familiale de Nantes et qu’il surnomme la Bastille.Question de faire l’inventaire et de solder l’héritage.Au propre comme au figuré. ]) 18 I.E I) E V DIR, LES S A M EDI I 3 E T I) I M A N CME 11 N () V E M B R E I i) !» !» «r Livres ^ SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL ESSAIS QUÉBÉCOIS SOCIÉTÉ Du rock et de Fernand Dumont L’expérience irremplaçable d’une parution aux voix multiples Une défense ambiguë REVUE ARGUMENT Volume 2, n° 1, automne 1999 Les Presses de l’Université Laval Sainte-Foy, 1999,156 pages Argument, la plus jeune des multiples revues d’idées au Québec, en est à son troisième numéro.Ambitieuse et éclectique, elle propose, cet automne, des dossiers consacrés au phénomène du rock et à la responsabilité des intellectuels contemporains de même qu’un débat plutôt corsé au sujet de l’héritage de Fernand Dumont, deux ré-llexions sur la nation et ses rubriques permanentes (éditorial et autres).Stimulantes ici, assommantes et prévisibles là, les contributions regroupées cette saison forment un ensemble inégal dans lequel les lecteurs puiseront à leur guise.Du rock comme culture Au moment où l’imminence de la fin du siècle titille la fibre récapitulative des esprits nostalgiques qui multiplient les palmarès bidon au sommet desquels figurent les niaiseries des Beatles, des Stones et autres Pink Floyd, se questionner sur la valeur du rock s’avère on ne peut plus pertinent.Culture ou imposture, demande le présentateur Antoine RobitaiUe?Le romancier Gaétan Soucy, aussi professeur de philosophie, se fait tranchant: culte de la subversion sans finalité, incapable de réflexivité, fermée à tout «effort de dépassement», l’idéologie rock consacre «un enfermement dans le même», une jouissance de l’immédiateté et de la sensation qui l’excluent par le fait même du champ de la culture.Critique en règle du phénomène rock menée au nom d’une culture humaniste, l’entrevue qu’accorde Gaétan Soucy à Isabelle Jubinville insiste sur le caractère aliénant d’une telle idéologie.Il n’y a là, il faut en convenir, rien de bien nouveau, les propos de Soucy reprenant pour l’essentiel des thèses déjà émises par Allan Bloom, Kundera et Finkiel-kraut.Qu’importe, la charge reste nécessaire, même si on aurait souhaité la voir ici complétée et enrichie par un regard sociologique qui manque cruellement à ce dossier.Essayiste, parolier (pour Richard Séguin, entre autres) et lui aussi professeur de philosophie, Marc Chabot, tout en discrétion, adopte un point de vue plus prudent.«Petite culture peut-être», écrit-il au sujet du rock qu’il confond volontairement avec le pop, «prière toute croche pour raconter sa solitude ou son histoire» mais qui recèle parfois une vérité qu’il serait sot et dangereux de rejeter hors de la culture.Chabot ne convainc pas, mais il touche.Pierre 'fliibeault, enfin, qu’on pré- L o il i s Cor nellier MICHEL LEFEBVRE -srStei MICHEL LEFEBVRE Les Avatars de Bertin Lespérance L’insatiable besoin des femmes et des hommes de se raconter des histoires et d’y croire.LES HERBES ROUGES / NOUVELLES ALAIN FISETTE La vie est pratique pour ranger des souvenirs Entre lyrisme et rigueur, cynisme et lucidité.LES HERBES ROUGES / POESIE Argument Nliliqu» «orliK 9i Muait* ROCK, PUNK, RAP :L culture ou imposture ?APRE DEBAT SUR l HÉRITAGE DI FERNAND DUMONT Om attiqsn de Serge C-mun, Kko* Gtgnun ti Damttelftnrh* iNtèjrtTTjw LA CHARGE de (LtcLui Souia UN PLAIDOYER de lierre Thibcauli LES NUANCES de Marc UIi.iIkiI du HnIijiw Vorrrn Jean Larose et Jean Plchette sur Uir"s|**tSdlNl'!t' île.•fvln.tit'k cont-mpo»*»».I U 9 J ut ht âpre* le totftlitariur « , : > h .Oiwy«ncet mr I* Mt'ca • : Los Presses de i'Univcrsilé Laval sente comme journaliste (à Ici), auteur et chanteur, prend le contre-pied de Soucy.Spéculant sur la faillite des systèmes d’éducation des sociétés occidentales, sur l’indigence des médias électroniques (sans lesquels le rock, pourtant, faudrait-il ajouter, n’aurait jamais connu l’essor qui fut le sien), il conclut au caractère formateur du phénomène: «En ce sens, le rock et plus particulièrement certains de ses mouvements — notamment le punk — ont su permettre à de jeunes gens de s’éveiller à la vigilance, au doute et, finalement, à la résistance.» Qu’on me permette d’en douter, même si Thibeault, avec l’exemple de Bérurier Noir à l’appui, tente de faire la démonstration de la compatibilité entre le punk et l’éveil de la conscience politique.Les membres de ce groupe étaient peut-être fort intègres, ainsi qu’il l'affirme, mais cela ne justifie pas d’élever leur tapage au rang de maïeutique.Les héritiers de Fernand Dumont Le débat, par moments hargneux, autour de l’héritage intellectuel de Fernand Dumont constitue le véritable moment fort de ce troisième numéro d'Argument.Invités à commenter le remarquable ouvrage que Jean-Philippe Warren consacrait l’an dernier à l’œuvre de Dumont (Un supplément d’âme, Presses de l’Université Laval, présenté ici même le 6 février 1999), Nicole Gagnon, Danièle Letocha et Serge Cantin en profitent, surtout les deux premières, pour s’adonner à la polémique.Dans son essai d’herméneutique brillant et sensible jusqu’au lyrisme, Warren partait à la recherche des «intentions primordiales» de l’œuvre de Fernand Dumont en passant au peigne fin les écrits de jeunesse (1947-70) du sociologue.Sa conclusion, qui situait le noyau dur de l’œuvre dans le «drame de Montmorency», est ici résumée par Daniel Jacques: «Il s'agit de montrer comment l’ensemble de ses écrits procède d’intuitions initiales qui sont demeurées, pour l’essentiel, inchangées parla suite.(.] Toute la pensée ultérieure de Dumont serait présente — pour qui sait entrevoir ses premières amorces sous le langage maladroit de l'intellectuel naissant — dans l’expérience de l’exil qui a conduit le jeune Dumont de la chaleur de la communauté familiale à la froide société des hommes.» Warren, en effet, parle de la «mauvaise conscience», des «remords», comme d’une inspiration et d’un moteur pour la pensée dumontienne, une pensée déchirée dont la parole «doit être à l’écoute d’un silence».La sociologue Nicole Gagnon s’insurge.Elle accuse Warren de psy-chologiser l’intellectuel, de l’enfermer dans les drames de sa génération, lui faisant ainsi perdre son caractère universel.Elle ajoute que Y «irritante mauvaise conscience» qui obsède Warren est un détail insignifiant, absolument inutile, voire nuisible, à la réception des travaux scientifiques de Dumont.Faisant preuve d’une rare mauvaise foi, Danièle Letocha en rajoute en qualifiant d’«inutile» et de «dangereux» le livre de Warren.Ses arguments, à mon humble avis, ratent totalement leur cible.Ainsi, le livre de Warren serait inutile en ce que son projet entrerait en compétition avec les mémoires (Récit d’une émigration) de Dumont lui-même, publiés précédemment.Elle écrit: «M.Warren et son éditeur n’ont apparemment pas vu quelles difficultés soulève le projet de vouloir mieux exprimer que Dumont lui-même l’intention prétendue unique et simple qui sous-tendrait l’ensemble de son corpus.» Mais qui parle d’«exprimer mieux» et depuis quand, surtout, juge-t-on de la pertinence intrinsèque des travaux herméneutiques de l’un (Warren) à partir des mémoires de l’autre (Dumont)?L’auteur comme seql interprète autorisé de son œuvre?A ce compte, la littérature, la philosophie et les sciences humaines n’auraient pas d’histoire! Ensuite, le livre de Warren serait dangereux en ce qu’il réduirait le penseur à l’homme, niant par le fait même le processus d’objectivation qui caractérise la pensée moderne.Letocha écrit: «Ni lui [Dumont], ni Riopelle, ni Perrault, ni Miron, ni Marcel Rioux, ni les esprits structurés en général, ne travaillent sous l’empire d’une nostalgie/angoisse d’ordre éthique et personnel.L’esprit rompt d’abord avec le vécu et transforme en impératif de pensée la fracture au prix de laquelle il accède à l’émancipation et à l’objectivité.» Que sait-elle de l’angoisse des autres, pourrait-on rétorquer, et qui parle d ’«empire» au sens d’un enfermement?A Letocha qui ne jure que par Dumont s’interprétant lui-même, Warren a raison de répliquer par une citation du sociologue qui remet les choses au clair: «À ceux qu’ont agacés mes rappels épisodiques de Montmorency, je dois avouer une faute plus grave encore: même mes livres théoriques ne parlent pas d’autre chose.Les questions qui m'ont occupé, de l’épistémologie à la sociologie de la connaissance et de la culture, n’ont pas d'autre foyer.» Serge Cantin, pour sa part, plutôt que de jouer les censeurs, ouvre un dialogue.Là où Warren parle d’unité et de continuité de l’œuvre dumontienne, Cantin opte plutôt pour la reconnaissance de deux Dumont, le scientifique et le légendaire, qu’il s’agirait de distinguer sans nier l’un ou l’autre.L’herméneutique romantique de Warren, écrit Cantin, étendrait le Dumont légendaire à l’ensemble de l’œuvre, ce qui lui ferait manquer en partie son projet.On pourrait appliquer à cette critique l’énoncé de Warren selon lequel «les interprétations, lorsqu’elles sont appuyées, soignées et documentées, s’enrichissent mutuellement plutôt qu’elles ne s’excluent».Force est de conclure, devant la vigueur de cette première passe d’armes, que le débat sur l’héritage dumontien ne fait que commencer.Des voix multiples Ce troisième numéro consolide la position d’Argument dans le paysage intellectuel québécois.La revue lance des débats, en poursuit d’autres; les idées y circulent.Elle a, bien sûr, ses irritants.Ici, Daniel Jacques et Laurent-Michel Vacher reprennent leurs thèses respectives, souvent exprimées, sur la nation et le nationalisme, et n’évitent donc pas la redondance.Sur la responsabilité des intellectuels, Jean Larose, dans une mise en page agaçante, assène ses convictions mais reste néanmoins évanescent, alors que Jean Pichette est inutilement abscons.D’autres que moi, pourtant, trouveront peut-être ce qu’ils cherchent dans ces textes.C’est cela, l’expérience irremplaçable d’une parution aux voix multiples.louisconiel lieiiuparroinfo.net ÉLOGE DE LA DIVERSITÉ SEXUELLE Michel Dorais VLB éditeur, collection «Des hommes et des femmes en changement» Montréal, 1999,168 pages ANDRÉ ROY En droite ligne des gender studips qui prolifèrent depuis une dizaine d’années aux États-Unis et au Canada, Michel Dorais, ex-travailleur social et actuellement professeur à la faculté des sciences sociales de l’Université Laval, remet en question, dans son Eloge de la diversité sexuelle, les dichotomies homme-femme, masculin-féminin et hétéro-homo, et entend prendre parti, comme il l’écrit, «pour une intégration de l'ambiguïté et la pluralité des sexes, des genres et des érotismes».Son approche constructiviste de la dualité sexuelle est de nature polémiste.On ne sera donc pas surpris par le ton du livre, plus proche de la harangue que de la glorification en tant que telle de la diversité sexuelle.Michel Dorais n’y va pas par quatre chemins: la classification binaire de la sexualité est pour lui dépassée.Étriquée, restrictive et désuète, elle n’arrive plus à rendre corppte de la diversité humaine.Érigée en absolu, elle conforte une société ségrégationniste, sexiste et hétérosexiste, reproduisant les mêmes préjugés, les mêmes stéréotypes et les mêmes conceptions de la marginalité.Ainsi, sont encore catégorisés en déviants, pervers ou anormaux les androgynes, les entre-deux (les ambisexuels), les hommes féminins, les femmes masculines, les transgenrés fies travestis), les hermaphrodites, les transsexuels, les homosexuels, les bisexuels et les queers, tous victimes de ce que l’auteur appelle les intégrismes (ou fondamentalismes) identitaires qui séviraient dans notre culture.Leur cas a toujours relevé de la biologie, de la psychologie, de la médecine et de la loi, avec thérapies, réclusions, réadaptations et autres prescriptions conséquentes.Toute une machine a été — et est encore — mise en place pour normaliser les conduites, amenant dans son sillon les ostracismes de toutes sortes, les punitions, les refoulements et les interdits.Ce qui est postulé dans ce livre est la facticité de la différence sexuelle binaire; il y aurait plus que deux sexes, selon l’auteur, et il n’existerait pas de corrélations à sens unique entre le sexe, son identité, son orientation et sa représentation.Pour une nouvelle typologie En trois copieux chapitres («Évadés de la prison du sexe», «Le masculin et le féminin comme ghettos» et «Toutes tendances confondues»), M.Dorais illustrera les trois grandes topiques que sont le sexe, le genre et l’érotisme, et tentera de les déconstruire en soulignant leur inanité actuelle.Le sexe biologique auquel on appartient n’est pas, selon lui, une donnée naturelle et évidente; la dichotomie homme-femme est pernicieuse, parce qu’elle engendre le sexisme et la discrimination; et les hermaphrodites et les transsexuels montrent bien que l’appartenance à un sexe n’est pas fatale.Le genre est une construction naturelle; d’une époque à l’autre, les définitions du masculin et du féminin ont varié; et les travestis, les entredeux et les transgenrés bouleversent nos repères quant à ces deux genres; l’androgynie n’est-elle pas en elle-même une transgression des genres?L’identité érotique est le sentiment d’appartenance à une collectivité; inclusive et exclusive, elle signe l’orientation sexuelle; et les homosexuels, les lesbiennes, les bisexuels et les queers ont montré l’imprévisibilité de cette orientation; le couple n’est pas nécessairement affaire de complémentarité entre personnes opposées dans leur sexe et dans leur genre.Telles sont, résumées succinctement, les thèses de M.Dorais.C’est à un nouveau programme de vie sexuelle, à fortes répercussions psychosociales, qu’il en appelle.Un programme ambitieux et utopiste, avoue-t-il lui-même.Un programme politique que pourraient faire leur tous les marginaux du monde — mais, ne l’oublions pas, les marginaux n’existent pas pour cet auteur.Comme tout programme, celui-ci souffre d’approximations, de raccourcis, d’exemples péremptoires et d’un style déclaratoire et irréfragable qui l’apparentent à un petit manuel rouge du parfait terroriste de la cause de la diversité sexuelle.Tout à son combat mené au pas de charge, l’essayiste veut en finir avec ce qu’il nomme les fondamentalismes identitaires (chez lui toujours au pluriel), hydre aux mille têtes qu’il faut éradiquer.Mais on ne sait jamais ce que recouvre ce terme à la symbolique lourde et menaçante.Les institutions?Les idéologies?Les pouvoirs?Les religions?Quoi qu’il en soit, l’enfermement d’une sexualité dans une identité immuable ne peut être réduit aux seuls effets nuisibles de ces prétendus fondamentalismes.Mais ce qui fait véritablement problème dans cet essai est l’emploi même de la notion de diversité.Vague et fourre-tout, elle n’est guère porteuse de radicalisme et de subversion comme peut l’être la notion de différence, dont le potentiel opératoire demeure encore aujourd’hui dérangeant, une notion qu’on doit continuer d’approfondir au regard des nouvelles sexualités qui émergent.Sous la bannière rassembleuse de la diversité, cet éloge n’est en fait qu’un autre avatar du discours politiquement correct qui fait florès aujourd’hui, aussi régressif et réducteur qu’il paraît libéral et libérateur.FSnivre Montrée Monopolisons la place ! Expositions • Hommage aux artisans de l'édition • La nuit à lire debout • Reliure d'art La Tranchefile • Prix Genève - Montréal - rue des lecteurs • Prix littéraires - Salon de lecture Loto-Québec • Quelques coins de lecture -Anne Dandurand • Une histoire de la bande dessinée en France • La bande dessinée en France aujourd’hui • Prix Gilles-Corbeil .et à ne pas manquer, Le Carrefour de la BD Programme complet au Salon du livre de Montréal et sur le site Internet Heures d'ouverture Jeudi 17 h à 22 h Vendredi 9 h à 22 h Samedi et dimanche 10 h à 22 h Lundi 9 h à 22 h Mardi 9 h à 18 h Du 18 au 23 novembre 1999 Place Bonaventure Adultes : 6 $ Étudiants, aînés et membres de la FADOQ : 3 $ (taxes incluses) http://www.slm.qc.ca Les Arts £3 du Mourier S°°Sr.Canada 'ALCAN' O loto-quOlwc l I * I i L E I) E V 0 I R .LES S A M E I) I 3 E T I) 1 M A N C II E 1 I N (I V E M B H E 1 !» !) !» w Livres ^ SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL LE FEUILLETON Secrets intimes d’un orage qui guette SECRETS Nuruddin Farah Traduction de l’anglais , par Jacqueline Bardolph Éditions Le Serpent à Plumes Paris, 1999,441 pages é en Somalie, à Baidoa, en 1945, Nuruddin Farah, à l’âge de 20 ans, part en Inde faire des études de philosophie.C’est à Londres où il se rend faire des études théâtrales au début des années 70 qu’il fait cependant paraître son premier roman, A Naked Needle, en 1974 (non traduit en français à ce jour).Ce roman le rend aussitôt indésirable dans son pays, où règne alors en maître le dictateur Siyad Barré.Comme on le sait, les choses ne se sont guère améliorées depuis.Au début des années 90, après le renversement du dictateur, le pays a basculé dans la guerre civile et les luttes claniques.Comme tout bon romancier, Farah n’a jamais eu peur de dire ce qu’il savait ou ce qu’il avait vu, quitte à rendre impossible son retour dans la patrie (il vit aujourd’hui en Afrique du Sud après être passé par l’Italie, l’Angleterre et le Nigeria).Après Né de la côte d’Adam, paru chez Hatier en 1987, où il aborde le sujet de l’excision (sujet tabou dans son pays), il fait paraître une trilogie sur le thème d’une dictature africaine: Du lait aigre-doux, Sardines et Sésame ouvre-toi, tous parus aüx éditions Zoé (1994,1995 et 1997).Son dernier livre et huitième roman, Secrets, s’inscrit lui aussi dans une trilogie, après Territoires et Dons (Le Serpent à Plumes, 1995 et 1998).Soulignons auprès de ceux que cela pourrait intriguer que ce dernier roman, tout comme les précédents, est traduit de l’anglais, précisément la langue du colonisateur.Pourquoi ne pas avoir choisi la Somalie alors que tous ses romans se passent sur sa terre natale?Sans doute parce que l’écrivain a besoin de distance, qu’il souffrirait de se voir enfermé dans le vaste piège clanique qui enserre son pays et oblige chacun à prendre parti, du moins à ressentir quotidiennement les limites qui tracent le destin de l’individu aussi bien que celui de la collectivité.Aussi préfère-t-il affirmer que ses histoires «ne sont pas soma-liennes, elles sont humaines, tout simplement».Mais cela sonne bien étrangement dans les oreilles de celui qui lit ce roman car, sauf la langue et les expressions idiomatiques qui manquent (ce qui n’est tout de même pas rien quand on considère qu’une bonne partie de l’identité d’un peuple et de sa culture passe par sa langue), tout le reste est éminemment somalien: les contes auxquels l’auteur fait référence, la tradition orale à laquelle il emprunte, les mythologies et les légendes qu’il rappelle, l’importance du rêve dans la conduite de la vie quotidienne, les personnages et leurs motivations, bref, un faisceau de valeurs et de pratiques propres à sa culture et à ce qui la fonde.Le mystère des origines On se trouve au début des années 90 (le régime de Siyad Barré vient d’être renversé), confronté aux premières manifestations de ce qui va bientôt se transformer en guerre civile.Kalaman, le héros de ce livre, est un jeune informaticien (un «travailleur indépendant», précise-t-il) de 30 ans à qui ses parents ont donné à la naissance un bien curieux nom.Ce nom, en effet, n’évoque rien, ne prend place dans aucune structure onomastique, comme si on lui avait donné un nom qui n’existait pas (ce qui n’est pas insignifiant dans une communauté où l’appartenance familiale et clanique est primordiale).Dans son enfance, il est tombé amoureux d’une jeune fille de quatre ans son aînée, Sholoongo, «dont les pouvoirs animaux étaient plus forts que les [siens]», ce qui le faisait bégayer.Comme lui, cette jeune fille porte un lourd secret concernant ses origines.Elle est née duugan, c’est-à-dire bébé destiné à être enterré.Marquée par cette disgrâce, elle n’a eu d’autre choix que de se tourner vers la sorcellerie, ou du moins de passer aux yeux d’autrui pour une sorcière.Le temps,a passé, Sholoongo a émigré aux États-Unis, pratiquant le Jean-Pierre Den is chamanisme pour subvenir à ses besoins.Mais voilà qu’après 20 ans d’absence, elle revient, réclamant de Kalaman qu’il lui fasse un enfant.Pourquoi, et qu’attend-elle vraiment de lui?Sa mère, Damac, a toujours détesté cette jeune fille qui avait initié son fils aux premiers rites sexuels; qui avait sans doute aussi soutiré de son mari, Yaqut, quelque faveur du même ordre.Pas surprenant, pense-t-elle, puisqu’elle a des pouvoirs de sorcière.Sont-ce les vraies raisons de sa haine et de son acharnement à l’éloigner de son fils?Et puis, pourquoi Kalaman ne porte-t-il pas les mâles et puissants attributs de ses père et grand-père, Yaqut et Nonno, dotés de sexes grandioses?Est-ce là un nouveau secret, une nouvelle énigme pour celui qui se met en quête d’apprendre la vérité sur ses origines pour enfin en finir avec les secrets derrière lesquels chacun se réfugie?Et quel est le secret de cet énigmatique grand-père qui, à 80 ans, parle toujours par symboles et allégories et est encore capable de satisfaire la plus exigeante des femmes?Enfin, qu’est-ce donc qui plane sur ce pays, menacé à tout instant d’éclater en mille morceaux sous la férule de son nouveau dictateur?Un autre secret?.Les lieux de l’identité Ce roman agit habilement, ne nous donnant qu’au compte-gouttes les éléments de réponse à toutes ces questions.Et vous me pardonnerez de ne pas vous les dévoiler.Elles sont suffisamment longues à venir (parfois un peu trop longues) et suffisamment surprenantes pour que je vous laisse le plaisir de cette découverte.Disons en revanche que ce roman, qui joue abondamment du rêve et des états intermédiaires, ne s’en sert pas seulement pour exprimer des états diffus de la conscience individuelle quand elle aborde les contrées secrètes des sources de l’identité, mais aussi pour réfléchir aux causes du malheur qui s’est abattu sur la Somalie et a vaincu son peuple.Pour les Occidentaux que nous sommes, le recours aux mythes, aux symboles ou aux allégories n’est pas toujours très convainquant.Nous avons perdu l’habitude de parler par images, par métaphores, et préférons les «saines» explications rationnelles (qui excluent d’ailleurs généralement toute dimension inconsciente).m Æ m uruddin Farah Secrets Le Serpent à Plumes A Pour un Africain, même occidentalisé, ce langage demeure parlant.On n’est jamais loin de la puissance du rêve et de sa force d'immixtion dans la réalité.Quand Nonno explique ce qu’il est dans les yeux d’autrui, il ne peut s’empêcher de recourir à une série d’images qui montrent la complexité de l’identité humaine.«Pour Kalaman, par exemple, je suis un lieu, un vase capable de recevoir l’affection dont il le remplit.Pour Yaqut, je suis le seuil avant l’obstacle imaginaire qui l’empêche de s’estimer, je suis le sentier que prend le fils pour traverser la face d’une énorme montagne, entreprise très risquée, surtout là où il n’y a pas de prises.Pour la mère de Kalaman, je suis un serpent d’eau, noir comme les mystères qu’il protège.Pour Kathy, je suis membré, mon corps sinusoïdal est une pierre précieuse, de couleur ocre.Pour Fidow, j’étais peut-être un corbeau, celui qui pousse un cri prophétique que personne n’entend.En bref, je suis plusieurs en un seul, et je suis aussi autre.» Ma plus grande réserve à l’égard de ce livre — et elle est bien mineure quand on considère la qualité générale du récit —, c’est de ne pas y avoir trouvé suffisamment présente cette langue qui aurait pu rappeler le réseau de métaphores propre à la culture de l’auteur.Par exemple, quand Kalaman (le narrateur principal) , prenant des précautions en parlant à sa fiancée, utilise l’expression «je ne voulais pas faire se dresser chez elle les antennes du soupçon», il utilise là une métaphore beaucoup plus concrète, beaucoup plus imagée que la nôtre (éveiller les soupçons), et il le fait à l’intérieur même des balises de sa langue, de son imaginaire.Mais on peut aussi comprendre que l’auteur, pour mieux saisir la complexité du récit de sa culture et en rendre compte, ait préféré se donner un point d’appui en dehors d’elle, choisissant une langue (l’anglais) qui lui donne prise, une langue de la distance.denisjp@mlink.net Salon du livre de Montréal • Kiosque 300 Séances de signature • Venez rencontrer les auteurs Rouge, Bleu La saga des Prévost et des Nantel SERGE LAURIN samedi le 20 novembre, de 13 h à 14 H et de 15 h à 16 h Les congrégations religieuses De la France au Québec, Tome 2 • 190M904 GUY LAPERRIÈRE samedi le 20 novembre de 14 h à 15 h et dimanche le 21 novembre de 14 h à 16 h Vie littéraire au Québec Tome IV LÉQUIPE DE LA VIE LITTÉRAIRE vendredi le 19 novembre de 18 h à 19 h Jacques Rousseau, 1905-1970 Bio«bibliographie CAMILLE LAVERDIÈRE NICOLE CARETTE dimanche le 21 novembre de 14 h à 15 h Le Bas-Saint-Laurent (Les régions du Québec.histoire en Bref) Histoire de la Gaspésie (Les régions du Québec) La métaphysique - Son histoire, sa critique, ses enjeux ,ÿfl< pin j fort dt in fournir ntt 1901 1904 Les congregations lisrU-uses ¦* ’il M kt»e> SMMvÙl» hinunwn'ri La pratique ut* i« philosophie UVUC ittu enfanta LA MKTA 'HYSIOIJK Les Presses de P Université Laval • Les Éditions de l’IQRC Bonheur parfait D I I) I K R VAN C A UW E LA K R T Si le malaise qui naît de la déception est plus fort, plus «physique» dans un théâtre que dans un cinéma, pour peu qu’on respecte les acteurs, leur travail, les risques qu’ils prennent chaque soir devant le public, l’enthousiasme que parfois l’on éprouve lors d’une représentation est l’un des plus précieux qui soient.Cela m’est arrivé cet automne à Paris avec Bonheur parfait, la comédie de Françoise Dorner, mise en scène par Alain Sachs à la Pépinière-Opéra.Rien n’est plus fragile, aléatoire ou miraculeux que la vie reconstituée sur scène.On nous demande d’accepter ce qu’un décor suggère, de vibrer au rythme d’un temps réinventé, de croire sur parole aux personnages — que dire alors lorsque l’un de ces personnages, Raphaël, est invisible?Clémentine exerce les fonctions épanouissantes de chef de rayon luminaire dans un grand magasin.A 20 ans, elle vendait des fruits et légumes dans un marché et éprouvait une passion torride pour Raphaël, qui lui achetait cinq kilos de poires chaque semaine pour les immortaliser sur ses tableaux.Trois mois d’amour fou, suivis d’un incendie dans l’atelier: le peintre a péri au milieu de ses toiles.Alors elle a fini par épouser un pompier.Pour faire plaisir à sa sœur Grenouille, qui vit à ses crochets depuis toujours et qui voulait la réinstaller dans la «vraie vie».Parce que ce Raymond est gentil, concret et rassurant.C’est le choix de la raison.Mais l’amour n’est pas soluble dans la mort, et peu à peu Clémentine fait revenir Raphaël au présent dans son esprit.Comme un écran à une réalité sans issue.Problème: les fantômes sont comme certains vivants: si on les appelle par amour, par détresse, ils s’incrustent pour se nourrir du besoin qu’on a d’eux.Et Clémentine, un jour, «décroche» pour de bon: elle cesse de «cacher» Raphaël et ne reconnaît plus son mari, le prend pour un ancien soupirant de sa sœur.La voici installée 10 ans en arrière, dans ses trois mois de bonheur parfait où elle a eu le sentiment d’exister pour vrai.Le psychiatre alerté par Grenouille dit qu’il n’y a rien d'autre à faire que d’entrer dans son jeu, pour lui éviter un nouveau traumatisme.Alors Grenouille entreprend de mettre en scène le passé de sa sœur: elle parle à Raphaël et lui répond comme si elle le voyait aussi, dirige son beau-frère, qui «n’existe pas encore en tant que Raymond», dans un rôle inédit qui va lui donner des ailes.Imposture ou révélation des personnalités secrètes qu’on porte en soi?Tous deux étaient coincés dans une existence sans espoir, exclus par la société, re» pliés sur leurs élans brisés.Et voilà qu’une autre vie s’ouvre devant eux.Sortir de soi pour devenir celui qu’on aurait pu être.Le rire provoqué par les situations ne masque jamais la profondeur du propos, car la pièce traite d’un sujet essentiel: la manière dont des gens simples réagissent devant l’irrationnel.Comment l’acceptation du surnaturel transforme la réalité subie en vérité des sentiments.Comment l’imposture généreuse permet de redevenir soi-même.Comment le fait d’entrer dans le rêve d’un autre — et d’épouser la logique de sa folie — grandit un être humain en lui permettant de repousser ses limites, ses peurs, ses interdits: ce qu’il croit être la «raison», et qui n’est en fait que l’héritage de l’éducation, du conformisme et de la résignation.D’où vient la légèreté, l’euphorie qu’on éprouve en sortant du théâtre de la Pépinière?Du jeu subtil et désopilant des trois comédiens, Françoise Dorner, Cerise et Franck-Olivier Bonnet (même le fantôme donne l’impression de jouer très bien.).Du mariage réussi entre le rire et l’émotion.Mais, plus encore, ce qui nous enchante et nous transporte, c’est l’union libre entre la lucidité sans concessions sur le monde qui nous entoure et la magie du rêve qui abolit les frontières, le temps, la résignation, l’intolérance et les faux-semblants.Le message de la pièce n’est pas seulement que la vraie vie continue après la mort; c’est surtout qu’il n’est jamais trop tard pour qu’elle commence sur terre.D’une situation forte et grave, l’auteur a tiré un pur moment de bonheur.LES HERBES ROUGÉS AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL STAND 315 RENCONTRES AVEC LES AUTEURS JOSÉ ACQUELIN ¦ Là où finit la terre Samedi 20 novembre de 18 h à 19 h ALAIN FISETTE La vie est pratique pour ranger des souvenirs Samedi 20 novembre de 15 h à 16 h MICHEL LEFEBVRE Les Avatars de Bertin Lespérance Dimanche 21 novembre de 21 h à 22 h CLAUDE PARE Exécuté en chambre Dimanche 21 novembre de 19 h à 20 h ANDRE ROY Voyage au pays du cinéma Samedi 20 novembre de 17 h à 18 h PIERRE SAMSON Il était une fois une ville Vendredi 19 novembre de 17 h à 18 h Dimanche 21 novembre de 17 h à 18 h ÉLISABETH VONARBURG Le Lever du récit Samedi 20 novembre de 19 h à 20 h Dimanche 21 novembre de 18 h à 19 h f MÉMOIRES D’UNE BATAILLE INACHEVÉE LA LUTTE POUR L’AVORTEMENT AU QUÉBEC LOUISE DESMARAIS La lutte épique des féministes québécoises pour faire reconnaître leurs droits a avoir les enfants qu'elles voulaient 442 pages - $34.95 - Éditions Trait d’union (314) 985-0136 MEMOIRES D'UNE BATAILLE INACHEVEE lAlUITI POUR U AVORTE Ml NI L AU QUÉBEC Entre la page et vous (.L A II 1)1 I» I 1 I I II I.UCIIA I RANCOI UR LOUISE DESMARAIS EDITIONS TRAIT D’UNION www.pierreturgeon.net/traitdunion NE CHERCHE RIEN AILLEURS QU ICI «s , NE CHERCHE RIEN AILLEURS QU’ICI CLAUDE PÉLIEU LUCIEN FRANCOEUR Lucien Francoeur, le prince des poètes rockers du Québec.Claude Pélieu, le plus éminent représentant de la contre-culture en France.Deux voix qui s'éraillent semblablement.Nostalgique, ce livre?Et pourquoi pas?119 pages - $19.95 - Éditions Trait d'union (514) 985-0136 I .Méridien ÉDITIONS DU MÉRIDIEN 101 an< #Mstoire 1900-2» 1 Le 20^ siècle etréponsi PIF.RRB PUHAtJUI |QO* Le 2(K siècle Sous la direction de Gilles Boileau 1, LE SAGUENAY 1 LETTRES lotleau ETIENNE CHARTIER RUEDUSANC mmmm Georges AubirV FIE UK» DU'Mll.l JEU QUESTIONNAIRE de Montreal } Méridien I 1)1! IONS 1)11 Ml MIDIEN Stand Salon du livre de Montréal Participants 2 volontaires du public Animateur Michel Desrochers L'HISTOIRE DU 20e SIÈCLE EN QUESTIONS Dimanche, 21 novembre à 11 h 45 Scène Marcel-Couture Invités François Lavallée Raymond Lebrun Jacques Dufault Yvon Vadnais Dr Claude Sarrazin Le vrai visage de LA RÉUSSITE La psychologie des gagnants I Dimanche 115 h 30 à 16 h 30 Vendredi 19h à 20h 11 Samedi 14h à 15h Pierre Vennat Les Poilus québécois de 1914 À 1918 Vendredi 17h à 18h Samendi 15h à 16h l'IKKKK Vfc.NNAT US POILUS GüiBtCQIS fri'.ar.'i: Pierre Dufault Le 20e siècle en 10001 questions et réponses Jeudi 18h30 à 19h30 Dimanche 13h à14h h 20 I, K I) E V 0 I R .LES S A M E D I l 11 ET I)l M A N CHE I 1 N 0 V EMBUE I B B B w' Livres SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL / Le monde dans tous ses Etats L’annuaire fêtera ses 20 ans en l’an 2000 wm ndiat Drs Clément SEANCES DE SIGNATURE AU j Didier -van Cauwelaert du Centre de recherches et d’études internationales (CERI), signe la première.Ce genre d’analyse d’un siècle en quatre pages tombe habituellement dans un ou l’autre des catégories suivantes: «nous entrons dans un monde neuf» ou «rien de nouveau sous le soleil».M.Bayart opte plutôt pour cette dernière posture.Alors que nous nous apprêtons à sortir du XX' siècle, le politologue doute que nous soyons vraiment sortis du XIX'.Pire, «l'éclatement de la Yougoslavie, quel que soit l’avenir dans lequel il nous projette, procède bien d’une problématique politique vieille de deux siècles et de sa sinistre ingénierie».Pour entrer dans l’avenir, il eût sans doute fallu que la Yougoslavie reste une et indivisible.Et ce, même si elle prenait de plus en plus la forme d’une dictature serbe.Plus loin, Bayart cite une phrase douteuse de l’historien britannique de gauche Eric Hobsbawm, selon lequel Hitler «a été un nationaliste wilsonien logique».Et là, on se dit qu’il ne faut pas comprendre grand-chose au siècle actuel pour faire cette sorte de rapprochement fautif et malhonnête entre le pire tyran de l’histoire et un président américain père d’un idéalisme international à l’origine de l’ONU.Ceci procède d’une erreur trop courante sur la responsabilité de l’idée de nation dans les dérapages historiques.La nation, ce n’est pas la race.Or l’idée qui fascinait Hitler, c’était la race.Et si ce dernier a agressé l’Europe, puis le monde entier, c’est qu’il croyait que la race devait dominer les nations, avec lesquelles il voulait en finir.En revanche, Hitler se présentait comme un «révolutionnaire».C’est d’ailleurs ce qu’il a en commun avec ses opposants communistes.Or, justement, n’est-ce pas davantage l’idée de forger un «homme nouveau», au cours d’une grande révolution définitive, qui est à la racine des carnages de ce siècle?Non, pour Bayart, la garantie d’un avenir sain passe par l’abandon de ce qu’il appelle «l’illusion identitaire».Comme si lé vrai problème ne résidait pas aujourd’hui dans une définition strictement économiste de l’homme.D’accord pour traquer le racisme ou l’impérialisme là où ils sévissent encore, que ce soit en Serbie ou au Rwanda: d’accord pour créer de grands ensembles; mais, de grâce, ne désactivons pas la nation, terreau de la démocratie, en lui imputant les crimes du racisme.Car c’est peut-être elle, au prochain siècle, qui nous permettra de faire contrepoids aux pouvoirs des entreprises mondiales.Quant à «l’homme nouveau», de nouvelles idéologies, génétiques notamment, s’appuyant sur l’économisme, reprennent l’idée.Ils appellent ça le post-humain.Cyber-État du monde Par ailleurs, en terminant, les coordonnateurs de YÉdM promettent dans leur présentation le lancement d’un site Internet.Il faut s’en réjouir.On sait à quel point les ouvrages de référence gagnent en efficacité lorsque transposés dans le virtuel.La ruée vers Britannica.com, l’encyclopédie virtuelle, le démontre bien.Cela ne devrait toutefois pas signifier la fin de la version papier, petite et pratique, presque virtuelle par son organisation interne.Surtout que l’édition 2000 contient une section où sont proposés des liens Internet classés par pays.Méridien I DU IONS DU ME MIDI!.N SEANCES DE SIGNATURES DÉBAT DU LIVRE DE ibre : 14h30à 15h30et 18h30 ô 19h30 3 21 novembre : 14h30 o 15h30 ALBIN MICHEL Dimanche - 12 h45 - Grande scène L'hypnose: thérapie ou supercherie?Invités: Dr Maurice Bourassa, ex-professeur titulaire de psychologie médicale et Dr Clément Leclerc, docteur en médecine dentaire Animateur: Pierre Maisonneuve Stand SALON DU LIVRE * dr Monhvtd L’ÉTAT DU MONDE 2000 La Découverte - Boréal Paris-Montréal, 675 pages ANTOINE ROBITAILLE L1 État du monde (ÉdM), c’est un peu «l’almanach du peuple des sciences sociales et humaines», lequel regroupe étudiants, profs des collèges et universités; mais aussi des journalistes ainsi que toute personne intéressée par l’économie et la géopolitique.Bref, beaucoup de monde pour qui c’est une tradition, depuis 20 ans, à ce même moment de l’année où l’on reçoit un autre annuaire (téléphonique celui-là), de voir arriver sur les étalages de nos librairies ce petit livre cartonné.Ouvrage de référence de quelque 700 pages, regorgeant d’information sur tous les Etats du monde.Des réflexions L’annuaire se veut exhaustif, ce qui n’est pas une mince affaire compte tenu des 225 pays que compte maintenant la planète, compte tenu aussi de tous les problèmes qui les affligent.Et c’est pourquoi, contrairement aux autres annuaires mentionnés plus haut, on ne l’enverra pas au recyclage une fois l’année terminée.Il y a là une tranche d’histoire universelle, d’une «d’actualité décantée», des plus informatives, à consulter avec intérêt a posteriori.On prendra par exemple conscience, en feuilletant les premières livraisons de YEdM (la première datant de 1981), à quel point la guerre froide marquait la donne internationale sous une chape de «réalités militaro-stratégiques».Avant 1989, tout était pensé, analysé, interprété en fonction des «superpuissances».Le contraste est frappant avec le monde d’aujourd’hui.La dernière livraison s’est donné, comme il se doit, un petit air de fin de «millénaire».Bien sûr, les rubriques essentielles y sont, c’est-à-dire le «journal de l’année» par continent, les articles consacrés à chacun des pays, des statistiques complètes, des analyses économiques, un index très utile, etc.Mais pour marquer le coup de minuit du siècle, l’annuaire «s’ouvre sur deux réflexions s’inscrivant sur le temps long», tel que l’écrivent les coordonnateurs de rédaction, Serge Cordellier et Béatrice DidioL L’identité Jean-François Bayart, directeur IYPN0SE f* «fdto*.tn isMainr deitm d n ftfhhjft L'hypnose en médecine, en médecine dentaire et en psychologie Dimanche 14h à 15h30 Perla Serfaty-Garzon Psychologie de la maison Archéologie de l'intimité Maurice Bourassa PSVC L w u MAISON I I ».h»-.!*,» h | m%»n Jeudi 19h30 à 20h30 Samedi 16h à 17h Leclerc et h L E l> E V II I R , LES' SA M EDI I 3 ET I) 1 M A X C HE II X 0 V E M B R E I !) !) !) I) 21 w' Livres ^ SALON DU LIVRE DE MONTREAL L Quand le TTÉRATURE JEUNESSE livre devient aventure DU RIFIFI À LA BIBLIOTHÈQUE Texte de Cliristine Molina Illustrations d’Olivier Tossan Milan poche cadet, 39 pages Dès 8-9 ans UNE HISTOIRE À DORMIR DEBOUT Texte de Frédéric Lenormand Illustrations de Gwen Keraval Milan poche Cadet, 39 pages Dès 8-9 ans ROMAIN GALLO CONTRE CHARLES PERRAULT Gérard Moncomble Milan poche junior, 221 pages Dès 11-12 ans LA PETITE FILLE DU LIVRE Nadja, L’école des loisirs Lutin poche, 35 pages Dès quatre ans L’AVENTURE DES LIVRES Encyclopédie des jeunes Larousse, 96 pages Pour les 10-15 ans CAROLE TREMBLAY La citation, la mise en abyme, le commentaire, tous ces procédés littéraires qui multiplient les couches de fiction entre le lecteur et son livre, ne sont pas le privilège des grands.Nombre d’histoires pour enfants placent le livre, l’écrivain ou les personnages fictifs célèbres au cœur de leur fiction.Quand la lecture ne devient pas carrément une aventure dangereuse.Chez Milan, on adore visiblement s’amuser avec ces procédés.Trois des petits romans de la nouvelle collection «Milan poche» situent la littérature au centre de l’action.Dans Du rififi à la bibliothèque, deux garçons plongent littéralement dans les livres.Pierrot et son copain ont l’habitude d’aller prendre la collation chez l’oncle de Pierrot, un vieux monsieur original, champion de la confection de gâteaux au chocolat.Un jour, ils surprennent le vieil homme dans sa bibliothèque, en train de se faire aspirer par le livre des Trois Mousquetaires.Prêts à tout pour vivre l’aventure, les deux copains décident d’essayer à leur tour.Pour leur première visite intra-libro, ils choisissent Robinson Cru-soé.Le naufragé les reçoit à bras ouverts, les baptisant illico Mercredi et Jeudi.A partir de ce moment, adieu télé, les voilà devenus de fervents adeptes de la «lecture».Chaque soir, après l’école, les deux loustics s’installent confortablement et plongent dans une histoire à la rencontre d’un décor enchanteur, de personnages colorés ou d’aventures excitantes.Tout se passe bien jusqu’au jour où Pierrot emprunte un livre dans la bibliothèque de l’oncle sans regarder le titre.Leur visite dans Dracula — un ouvrage pour adultes — finirait en catastrophe sans l’intervention in extremis de l’oncle, furibard qu’on ait découvert son secret.Toujours dans la même collection et pour le même groupe d’âge, Une histoire à dormir debout se veut une dérive pleine d’humour à partir de l’histoire de La Belle au bois dormant.Angélique reçoit un gros livre de contes pour son anniversaire.Bien qu’un peu déçue de recevoir un cadeau farci d’histoires horribles, elle en entreprend tout de même la lecture.Mais la jeune lectrice s’endort avant la fin de La Belle au bois dormant et le conte s’insinue dans son sommeil pour s’y déployer en toute liberté.Le procédé est un peu usé, mais l’inventivité de la relecture nous fait oublier cette banale entrée en matière.Si on considère Du rififi dans la bibliothèque comme un hommage à la lecture, Une histoire à dormir debout serait plutôt une ode à l’imagination.Une façon colorée de démontrer qu’on peut créer à partir de n’importe quelle matière, aussi usée soit-elle.Dans la même collection, mais pour les plus vieux, un polar humoristique intitulé Romain Gallo contre Charles Perrault.Le détective Romain Gallo est bien décidé «à remettre le conteur à zéro» en dépistant toutes les erreurs judiciaires qui ont pu se glisser dans les rapports du policier corrompu, Charles Perrault.C’est ainsi qu’on découvre, dans un style parodiant les polars de série B, que Monsieur Leloup a été accusé injustement.Il n’a jamais dévoré Mère-Grand, pas plus que le petit Chaperon rouge d’ailleurs.Le pauvre Leloup n’est pas un cannibale.Il s’avère même, en fait, être un boucher végétarien qui camoufle ses goûts alimentaires pour ne pas nuire à son commerce.En réalité, les deux supposées victimes ont été cachées par le bûcheron qui misait sur l’assurance-vie de la Mère-Grand.Barbe-Bleue, La Belle au bois dormant et plusieurs autres classiques sont ainsi revisités.Dans un style plus poétique, La Petite Fille du livre raconte l’histoire d’une écrivaine qui, s’ennuyant toute seule dans sa maison, décide de commencer un nouveau conte avec la forêt voisine comme décor.Elle y imagine une petite fille, prisonnière d’une femme cruelle qui la maltraite et l’oblige à accomplir les tâches les plus difficiles.L’enfant réussit à s’échapper, mais la sorcière la rattrape et la ramène à la chaumière.Après avoir mis au point cette fin dramatique, l’écrivaine se glisse entre ses draps.Mais voilà que des rêves la hantent.Des voix la supplient de tirer la petite fille des mains de la sorcière.Dès le lendemain matin, l’écrivaine se remet au travail et invente une suite qui permet à l’enfant de s’échapper.La fillette se sauve et va frapper à la porte d’une maison éclairée.L’écrivaine ouvre et son personnage entre, la rejoignant dans sa réa- lité.Les illustrations de Nadja, des acryliques sombres dans des tons de gris, ont quelque chose à la fois de malsain et de tendre.Chose certaine, leur intensité dramatique confère à cette histoire simple un accent fantastique indéniable.Finalement, on quitte la fiction pour la réalité documentaire avec le plus récent ouvrage de l’encyclopédie des jeunes de Larousse qui s’intitule L’Aventure des livres.Cette encyclopédie thématique, abondamment illustrée, est extrêmement bien faite.Les textes, conçus par des spécialistes, mais révisés par des auteurs habitués à s’adresser à un jeune public, sont donc à la fois pertinents et faciles d’accès.L’aventure des livres retrace l’histoire de la littérature, de Gilgamesh à la science-fiction.Elle traverse les grandes époques, anciennes, classiques et modernes, en abordant autant le théâtre que le roman ou la poésie.Tous les courants importants y sont décrits et expliqués: romantisme, réalisme, surréalisme, policier, science-fiction, de même qu’un rapide survol de la bédé.Un ouvrage complet, donc, si ce n’était qu’il n’est fait nulle part mention de littérature pour la jeunesse.Ce qui est tout de même un comble dans un ouvrage s’adressant aux jeunes.Perrault •>-.ç Jacques Salomé amour est quoi?\Il*ii» Mii lu l nui I tu I II >NS ?lit AM Ht ROBERT LAITONT obert Laffont * Jeanne Bourin Régine Deforges Deux femmes, l'une, sage et traditionnelle, l'autre, sulfureuse et rebelle, se racontent à travers la passion qu'elles partagent, l'écriture.SÉANCES DE SIGNATURE AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Vendredi 19 novembre : 18h30 a 19H30 Samedi 20 novembre : 14h30 à I5h30 et 18h30 à 19H30 Dimanche 21 novembre : 14h30 à 15h30 ALBIN MICHEL NOVALIS Séances de signatures JEAN MONBOURQUnïï sa mission • Ocv.it Hviprf*; r,.Jean Monbourquette À CHACUN SA MISSION Découvrir son projet de lie Samedi - 14 h 30 à 16 h Dimanche - 14 h 30 à 16 h Michel Dumont Michel Dumont -Grandeur nature Samedi - 13 h à 14 h 30 Pierre Maisonneuve Collection Les grandes entrevues Pierre Maisonneuve et Michel Dumont-Grandeur nature Dimanche - 13 h à 14 h 30 Htrnnint want Normand Provencher Dieu, le Vivant Vendredi - 15 h à 16 h 19h à 20h b* tojs ê jQM André-Philippe Côté De tous les.Côté 99 Recueil de caricatures Vendredi 14h à 15 h 17 h 30 à 18 h 30 Samedi 16h à 17 h ANIMATION Vendredi -17 heures Place Loto-Québec La caricature: un lieu de créativité pour les jeunes avec André-Philippe Côté, caricaturiste au quotidien Le Soleil de Montréal Stands 523-622 I i SYMPTOMES -OBSESS v LeX/lolon % Rouge B.B.U.S r^yrnJmr «nn)u5»V 4 Tépf ru>y K V 0 I H .L E S S A M EDI I 1$ E T I) I M A N C Il E 11 N 0 V E M 15 15 E I !) !) !> I) 23 «m Livres ^ SALON DU LIVRE DE MONTREAL Évuu ni Christine Angot JOHN FOLKY/OPALE Les colères d’Angot L’INCESTE Christine Angot Stock Paris, 1999,218 pages GUYLAINE MASSOUTRE Parler de la littérature, quel que soit l’angle par lequel on l’aborde, n’échappe pas aux conditions de son élaboration: un écrivain participe à la lutte pour la reconnaissance de sa consécration.Or, lire Angot, depuis ses interventions télévisées, remarquées pour leur agressivité, et l’abondant discours que la presse lui a consacré, est devenu uhe activité bruyante: l’intimité du lecteur face à son livre est battue en brèche par un fort bruit de fond.Que devient, dans ces conditions, l’exercice critique qui consiste à rendre compte d’un livre, fortement précédé de sa rumeur de scandale?Il est rarement aussi pertinent, pour poser un regard serein et juste sur un tel objet, traité par les médias comme le point focal de l’actualité littéraire, de remettre le livre sur l’étagère et d’attendre que le train passe.Mais un lecteur friand de sensations fortes veut savoir si oui ou non l’objet brûle, si la rumeur de soufre qui le précède est celle des autodafés et si sa vertu provocatrice a la force des manifestes et des avant-garde.Celle qu’on ne voudrait rater pour rien au monde, car elle conduit directement à ce que sera demain.Des pompes et des œuvres Objectivons.Dans un roman, il y a en gros l’histoire, le style et la parole.L’Inceste raconte deux histoires: une passion homosexuelle, suivie d’un inceste entre un père et sa fille.Le premier récit est relié au second par un fil logique, très crédible et cohérent: un discours psychanalytique se dévoile, émaillé de moments forts où les émotions confirment le bien-fondé de la théorie, conformément aux vertus d’une cure.Le lien entre l’histoire personnelle, prise dans les menus faits de la vie quotidienne, et la théorie psychologique générale, guidé par l’interaction du psychanalyste et l’action conjuguée de l’écriture, permet à Angot d’accéder à un statut d’identité acceptable: être femme, publique et i écrivain.Sur le plan de l’histoire, si le débat commence, c’est parce que les règles de consommation du roman sont pas- sablement brouillées de nos jours.Angot n’est pas la première à mettre son intimité sulfureuse sur la place commune.Authentique, parée de tous les accents de la sincérité, souvent troublante même, Angot démasque sa liaison malheureuse avec des effets d’hyper-réalisme, par exemple en utilisant son nom.Elle justifie, Lacan entre autres et son avocate à l’appui, le passage des données référentielles, vraies, à l’économie de la fiction.Elle convainc.Voilà effacée toute démarcation entre récit et roman: la rie est romance, jetez-y de la poudre aux yeux, attrapez en retour des mensonges et des illusions: faites-en le récit, l’écriture sera vraie, bonjour la vie.Du style à la parole, donc, toute distinction devient inutile.C’est assez clair pour devenir commercial.Littéraire, non littéraire, qui fait aujourd’hui la différence?Angot s’appuie sur cette réalité de la culture de masse.Tout parcours singulier ne se constitue-t-il pas, sous l’effet publicitaire, comme parcours exemplaire?«Se mettre à ras de terre, c’est étouffant.Les femmes hétéros n’y sont pas habituées.La littérature a vocation universelle heureusement.Je vais me faire exciser, peut-être infibuler, des morceaux de ma chair, de mon sexe, sécheront au soleil pour le prochain livre.» Il y a un sujet Angot, un ton Angot, mais aussi un simple usage de soi.De ce type d’universalité, à laquelle la littérature d’Angot se restreint, une lecture critique permet de discuter.Usages de soi et dévoilement Du drame personnel au récit graveleux, sentimental et mélodramatique, Angot passe par toutes les catégories du choc émotionnel dans L’Inceste.L’usage littéraire du spectacle de soi, relayé par l’usage social du spectacle du monde proposé par la presse, s’offre comme pratique signifiante.La valeur littéraire serait toute là.Or la parole d’Apgot ne manque pas d’authenticité.Ecorchée vive, attachée à explorer l’insupportable en se qualifiant au passage de sadomasochiste, le récit est crédible.Son témoignage sur le dégoût de soi, poignant.Pourtant, son déshabillage lasse, et on cherche ailleurs que dans son témoignage le goût de lire et de tout savoir sur les «relations sexuelles inabou-ties» de Christine Angot, auteure et personnage, ponctuées de force «j’en ai marre, marre, marre».«Des muscles du sphincter et du périnée sollicités pour écrire certaines pages», est-ce cela qui rebute, la bonne vieille morale malmenée, comme par les cadavres de Serrano et les nus de Mappelthorpe, il y a dix ans de cela?N’est-ce pas plutôt l’exigence de participation, à la mesure de la foi de l’auteure, qui sature le lecteur consommateur?Amateurs d’une écriture moins réaliste, moins motivée par une forme extérieure à la littérature, vous demeurerez réfractaires aux stratégies d’appropriation de la valeur littéraire, chez Angot, même si sa rhétorique du pathos a pour effet de remettre les mœurs en question.Sous prétexte d’éviter «le flou artistique», Angot porte des diagnostics.Sur elle-même.Lovée dans sa matrice et plus coupée du monde que dans un donjon.Agressée, agressante.Brandissant ses définitions et ses dictionnaires.«Pour faciliter la lecture j’ai souligné certains mots.Du même coup c’est plus fort.Finalement ça se construit.»*Uabsen-ce de transposition littéraire explose.«Le plus destructeur, chez moi, il s’exerce essentiellement dans le langage.» Certes, Mme Angot, personne ne conteste votre détresse.Mais le thème ne fait pas la subversion.La littérature n’est pas uil piège.L’Amant de Duras existe indépendamment de l’enquête pour en délimiter la vérité que Laure Adler a menée.La modernité, raplatie au prosaïsme bien ordonné, laisse très loin en avant les métamorphoses littéraires d’un Joyce, désintégrant le quotidien dans une nouvelle odyssée.Il existe tant de manières de digérer littérairement les monstruosités, réputées insoutenables, des comportements humains.La voix d’Angot s’emploie à atteindre une physicalité dans l’écriture.Mais sa violence la défigure.L’œuvre d’Angot existe.Ses colères multiformes aussi.Philippe Sollers: «Angot, au dix-huitième siècle, c’étaient des femmes prêtes à tout pour réussir.» C’est clair, la machine est lancée.Mais qui voudrait y monter.Littérature française Retour au passé SA MAJESTÉ LA MORT Myriam Anissimov Le Seuil Paris, 1999,279 pages N A ï M KATTAN En 1943, Myriam Anissimov naissait en Suisse, dans un camp de réfugiés.Ses parents, des juifs polonais fuyant les nazis et leurs collaborateurs de Pologne et de France, avaient franchi clandestinement la frontière helvétique.Ainsi, née dans la tourmente et l’angoisse, ayant perdu dans les camps de concentration des membres de sa famille, Myriam Anissimov découvre un jour une liasse de lettres en yiddish, rédigées par un oncle interné à Bergen-Belsen et qui, libéré en 1945 par les forces britanniques, décrit l’ancien camp de concentration transformé en camp de réfugiés.Avant de se rendre en Argentine, c’est là qu’il attendit pendant deux ans le visa d’un pays d’accueil.Ces lettres, peu nombreuses, éveillèrent chez Anissimov une mémoire qui n’était jamais endormie.Tout lui rappelleune enfance douloureuse, d’autant plus que la fillette ne se sentait pas aimée de ses parents.En lisant ce récit, on a l’impression qu’avec les années une certaine hostilité s’est installée entre Myriam Anissimov et le monde.Dans Sa Majesté la Mort, les faits de la rie d’adulte se mêlent aux souvenirs d’enfant.Invitée à New York pour donner une conférence, Myriam Anissimov voit les circonstances se liguer contre elle.Elle est mal logée, et l’amie qui l’accueille est absente.Son conjoint, qui est musicien, lui confie un archet en lui demandant de le revendre à un fabricant américain.Les choses se passent mal.Ayant oublié d’insérer le précieux objet dans la valise, il le lui expédie par messager.Pour éviter les frais de livraison, Anissimov décide de le récupérer à l’aéroport.Mal lui en prend.Elle accumule les déboires, prend le car un vendredi après-midi et tombe en plein embouteillage, doit convaincre le chauffeur, moyennant des frais supplémentaires, de la conduire, de nuit, au bureau de la douane.Un demi-siècle s’est écoulé depuis la naissance de Myriam Annisimov dans un camp de réfugiés et la disparition de membres de sa famille dans les camps de la mort.Cependant, son court séjour à New York et la vente de l’archet lui rappellent une enfance en lambeaux.Elle décide de revisiter les lieux de souffrance et d’attente en Suisse.Le récit de Myriam Anissimov est une quête de libération.En évoquant le passé, la présence insistante d’un incompréhensible, d’un inacceptable malheur, elle fait état d’une mémoire lourde d’ombres.Au delà du souvenir, Anissimov affirme sa loyauté aux disparus.Parler d’eux, citer des lettres anciennes, jaunies, est une manière de leur faire justice, celle-là même dont ils furent privés de leur rivant.AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Kiosque 871 GABRIEL LALONDE LE TEMPS MANGEUR D'HOMMES Œuvres Gabriel Lalonde MICHEL PLEAU L'AVEU TOUT SIMPLE D'UN VISAGE Œuvres Jacques Hudon ALBERT MARTIN L'HOMME ET L'ENFANT MAURE Œuvres Louise Latraverse SYLVAIN ROBERT UN ALLER SIMPLE VERS L'OUBLI Montage photos Francine Vernac éditei-ir félicite Régine Robin finaliste au prix Raymond-Klibansky 1999 (Fédération canadienne des sciences humaines et sociales) MARC GAGNE LES VERDI MONIQUE LAFORCE LES SPECTATEURS DU SILENCE Œuvres Françoise Catellier I ANNE PEYROUSE DANS LE VERTIGE DES CORPS Œuvres Anne-Marie Robert ROLLANDE BOIVIN L'OISEAU DE MALIKA Illustrations Anna Budzynska-Lonc LISE-ANNE PILON-DELORME L'ENFANT QUI N'AVAIT PAS DE NOM Illustrations Geneviève Giasson ROXANNE LAJOIE LE PETIT HOMME BLOND Illustrations Ginette Morneau i Régine Robin Le Golem de l'écriture De l autofiction au fi?LES PRESSES DE L’UNIVERSITE DE MONTREAL Le rouge et le bleu Une anthologie de la pensée politique au Québec, de la Conquête à la Révolution tranquille CHOIX DE TEXTES ET PRÉSENTATION PAR YVAN l A M O N DE ET CLAUDE CORBO Cette anthologie composée de 79 textes, parfois inédits, souvent méconnus, rend compte des idées politiques qui ont façonné la société québécoise depuis la Conquête jusqu'à la Révolution tranquille.I a* muge cl le bleu 3» U H-"*» Coll.Anthologies, 584 pages • 34,95 $ VOIX M ASSIKiENT 272 pages • 29,95 $ PRIX 1999 DE LA REVUE ÉTUDES FRANÇAISES Ces voix qui m'assiègent .en marge d’une francophonie ASSIA DJEBAR Dans les accents vivants et touchants d’une francophonie mouvante, Assia Djebar explore des voix de femmes, en arabe dialectal et en berbère, quelle restitue dans son français à elle, tissé de ce marmonnement multilingue.Barcelone ou comment refaire une ville BÉATRICE SOKOLOFF Abondamment illustré en couleurs, ce livre remarquable met en relief les forces d’une démarche urbanistique désormais considérée comme un modèle à l’échelle internationale.I ' :à?\ Volume relié, 218 pages • 39,95 $ Le mythe du progrès artistique Étude critique d’un concept fondateur du discours sur l’art depuis la Renaissance OLGA HAZAN « L’ouvrage constitue une réelle contribution à la discipline, un ouvrage indispensable au chercheur et qui, par son style clair, ne rebutera pas le lecteur non-spécialiste.» Bernard Lamarche, Le Devoir Illustrations en couleur s 460 pages - 34,95$ Les Mayas et Cancün LUCIE DUFRESNE Les touristes qui débarquent à Cancün ignorent le plus souvent que les Mayas habitent encore la région.Lucie Dufresne, qui les étudie depuis 20 ans, raconte ici leur histoire et leurs misères mais aussi leurs espoirs et leur intégration à la société Sk Vv' l.cth mette et scs fronticrcs 348 pages • 34,95 $ L'ethnicité et ses frontières DANIELLE JUTEAU Dans le système-monde actuel, l’ethnicité et les groupes ethniques sont fondés sur un rapport inégal.Danielle Juteau apporte une réflexion stimulante sur cette Coll.Trajectoires sociales, 230 pages • 25,95 5 LE LOUP DE GOUTTIERE 347 rue Saint-Paul • Québec • Tél.(41 8) 694-2224 •A Distribution Fides Stand 928 i 1 maintenant en li, D 24 L E 1) E VOIR.L E S S A M EDI 13 E T 1) I M A N C II E I I N O V E M R R E I !) !> 0 W L I V R E S SALON DU LfVRE DE MONTRÉAL BANDES DESSINÉES PLAISIRS D’ÉCRIVAIN Russie rouge, masses de gris Refusé pendant deux ans par les éditeurs avant d’être couronné de nombreux prix, Ibicus de Pascal Rabaté est un chef-d’œuvre qui fait revivre les bouleversements de la Révolution russe.DENIS LORD Ly histoire commence par une mé-i prise, alors qu’en 1993 Rabaté achète Ibicus aux puces, croyant qu’il s’agit d’un roman de Léon Tolstoï.Il y a maldonne, l’auteur se prénomme Alexis et tout rapport avec le prosateur de Guerre et paix n’est quliomo-nymie.Quelques mois plus tard, en mal de lecture, Rabaté dévore le bouquin en une nuit et décide au matin même de l’adapter.Ibicus, c’est le crâne parlant qui, par la bouche d’une bohémienne, a prédit au comptable Siméon Nevzo-rof que, lorsque le monde s’écroulerait, il vivrait des aventures extraordinaires et deviendrait riche.Heureux hasard, les premiers souffles de la révolution d’octobre déferlent sur la Russie: mutineries, désordres et pénuries.Siméon fait fortune en volant un antiquaire anglais qui rachetait à bas prix les biens d’aristocrates fuyant le communisme.Dans le second tome, paru il y a peu, la débandade des Blancs est bien amorcée; après s’être fait escroquer en acquérant une villa occupée par des soldats allemands et entourée de paysans revanchards, l’opportuniste Siméon côtoie la famine et la mort mais sa bonne fortune ne le quitte jamais.Tolstoï Voilà pour l’histoire d'Ibicusv Mais Alexis Tolstoï, lui, qui est-il?«À l’origine, de dire Pascal Rabaté, c’était un Russe blanc qui s’était exilé en France en 1919 et où, après avoir fait de la propagande pour le régime tsariste, il finit par fonder Les Jalons de la Grande Réconciliation nationale avec une partie de l’intelligentsia exilée.» Tolstoï (1883-1945) retourne ensuite en Russie et monte en grade, devenant député, «écrivain-égérie de Staline» et président de l’Union des écrivains.«En France, il passe pour un stalinien, un écrivain thuriféraire du régime, mais en fait, il n’était pas plus bol- chevique que moi, il a simplement profité du système.» D’ailleurs, au yeux de Rabaté, Ibicus est davantage un portrait de la médiocrité qu’un livre de propagande.Est-ce autodérision, ce singulier personnage s’est lui-même représenté dans son roman, revenant au pays dans une charrette avec des portraits de Bakounine et de Kropotki-ne pour amadouer le commissaire du poste frontière.«Tolstoï était incroyablement connu de son vivant; il a écrit plusieurs autres romans, de la SF entre autres, et il est l’auteur du premier scénario d’anticipation de l’histoire du cinéma russe.Rapide et incisif, il avait ce que j’appelle une écriture blanche, c'est-à-dire qu’il ne tournait pas autour du pot, n’était pas racoleur.» Synchronisme La découverte de ce roman se révéla un merveilleux coup du sort pour Rabaté qui, après avoir été influencé par Alexis, Buzelli et Follet, a étudié la gravure sur bois et le cinéma aux Beaux-Arts.«J’avais l’impression d’être dans un cul-de-sac, de faire quelque chose de trop classique.Le trop réaliste m’ennuie, pourquoi pas du roman-photo, tant qu’à y être?J’ai alors découvert Ibicus, qui se prêtait bien à du dessin expressionniste, aux déformations.» On est frappé de plein fouet par l’immense beauté d’Ibicus, par ses lavis laiteux qui rendent bien (enfin, on l’imagine) la Russie déliquescente d’alors.Les perspectives, les cadrages, les gueules mornes féroces ou ahuries, tout est au quart de poil, d’une extraordinaire puissance d’évocation.L’artiste, lui, est cependant plus critique envers son travail.«Le premier tome est trop esthétisant, tape-à-l’œil; à la limite, ça fait aquarelle de bord de Loire.Le second est plus brut et épuré, j’ai travaillé en masses de gris pour que ça ressemble à la pellicule de cinéma des années 20.» RABATÉ "AD’APRfiS UE ROMAN D’ALEXIS TOLSTOI VENTS D'OUI Pour réaliser cette œuvre dont le quatrième et dernier tome sortira en 2001, Rabaté s’est littéralement imprégné de culture russe.Il a compulsé beaucoup d’ouvrages sur l’art décoratif, la révolution et les constructivistes, lu énormément de littérature russe: Boulgakov, Isaac Babel, Pasternak, Maïakovski, Akhmatova, etc.Une quinzaine de planches sous le bras, Rabaté fait donc le tour des éditeurs.On trouve son œuvre décalée, «bizarre graphiquement», on lui demande des modifications auxquelles il se refuse.«J’ai mis deux ans avant de décider un éditeur.Curieusement, le jour où j’ai signé avec Vents d’Ouest, les autres se sont tous réveillés et m’ont recontacté.Il faut dire qu‘entre-temps j'avais remporté un prix avec Un ver dans le fruit.Si personne n’en voulait, je mettais la bande dessinée de côté.» Curieusement aussi, six mois après la signature de son contrat, L’Esprit des Péninsules rééditait Ibicus-, le tirage précédent datait de.1926.Pascal Rabaté, qui sera au Salon du livre de Montréal, vient également de publier chez Amok, sur un scénario de Angelo Zamparutti, Un temps de Toussaint.lord@courriel.qc.ca Au delà du mythe MAUPITI, RÉCIT D’UNE DISCRÈTE PARENTE DE TAHITI , Claude Ener Les Éditions du Pacifique Collection «Carnets d’Océanie» 1995,310 pages MARIE DANIELLE CROTEAU Escale oblige, c’est en Polynésie française que j’ai déniché mon livre coup de cœur Maupiti, de Claude Ener.Publiée en 1969 chez Arthaud, cette chronique a été reprise en 1995 par les Éditions du Pacifique, dans la collection «Carnets d’Océanie».Terre de légende, la Polynésie a inspiré une importante production littéraire depuis que les premiers popaas (étrangers) y ont abordé.Les auteurs de ces ouvrages, des récits de voyage pour la plupart, ont célébré et perpétué le mythe polynésien: des archipels de rêve baignés par l’eau claire des lagons, l’odeur du tiaré portée par le souffle doux de l’alizé, des femmes à la beauté étourdissante.Si ce décor existe vraiment, et encore, il a aussi son envers.Claude Ener y pénètre, le temps d’une escale à Maupiti, une toute petite île située au nord-ouest de Tahiti, au delà de Bora-Bora.Et c’est à travers les yeux d’un voyageur silencieux que le lecteur découvre le quotidien de Pile, son présent, son passé et son avenir.Les personnages dont il est question, ce voyageur les aperçoit d’abord sur le pont de la Manuia, la goélette qui l’amène de Raïatea à Maupiti.Il y a la vieille Maïré qui, dans ses bagages, transporte — comme dans tous ses voyages — la robe blanche avec laquelle elle sera ensevelie.Il y a Téura qui, de retour dans l’île après deux ans d’absence, se jette à l’eau avant l’arrivée à quai parce que «c’est plus près de chez lui» et qu’il veut surprendre Amiria, la fille qu’il aime.La veille encore, Amiria tressait un chapeau en rêvant «avec inquiétude et tristesse à Térua dont elle était sans nouvelles depuis trois Manuïa».Il y a Ashuma, le petit Chinois, qui transporte, dans deux caisses, un groupe électrogène et un appareil à projection.«Les films qu'il projetait étaient démodés, rayés, piqués et il lui arrivait, par distraction, d’intervenir l'ordre des bobines.Mais, pour le public de Maupiti, qui en était presque à la découverte du cinéma, les images animées possédaient encore une magie propre, indépendante de l’histoire qu'elles pouvaient raconter.» Sur le point de la Manuïa, l’étranger remarque aussi un homme vêtu d’un ensemble de satin vert et rose, longs cheveux bouclés, voix grêle.C’est le «Mahu» de Maupiti, un homme qui; : dès son enfance, manifeste une sensibilité féminine, et qui a sa place dans la société polynésienne aussi bien actuelle que traditionnelle.De nos jours encore, la vie de plusieurs fles est rythmée par le passage de la goélette.A son arrivée, toutes les activités courantes sont interrompues et la population ouvre une parenthèse de célébrations qui ne se referme qu’au départ du bateau.Si la vision du voyageur de Maupiti se restreignait à ce seul intermède, elle ignorerait la réalité profonde de l’île: la peur, encore vivace, des tupapau (revenants).Les rivalités entre familles, entre villages, entre ües.Les déchirements dus à l’arrivée massive de capitaux et de fonctionnaires français pour le Centre d’expérimentation du Pacifique et qui ont entraîné un profond déséquilibre social.Et puis ce sentiment de «honte» si répandu chez les Polynésiens, et si difficile à comprendre.Simple en apparence, complexe en réalité, la population de Maupiti est extrêmement attachante et le lecteur est reconnaissant à Claude Ener de lui en donner des nouvelles dans sa postface de 1994.Sans doute, comme Û le souligne, les choses ont-elles beaucoup changé à Maupiti ces dernières années.L’avion, l’électricité, un grand quai en béton: tout ceci a modifié son aspect extérieur.11 n’en reste pas moins qu’«d travers le bruit, indéfiniment répété de la houle de haute mer entourant lïle de sa couronne sonore, indifférente aux humeurs changeantes des humains, telle qu’en elle-même, Maupiti, la petite île du bout du monde, demeure».V OUS ENVISAGEZ DES RÉNOVATIONS?VENEZ RENCONTRER LES EXPERTS DE LA SCHL! Nous vous invitons à discuter avec Yves Mondoux.animateur de l'émission Complètement Marteau, et Jacqueline Meunier, expert-conseil de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).Venez partager votre enthousiasme.Parlez-leur de vos projets, ils seront heureux de répondre à vos questions! Ils seront au Salon du livre de Montréal, au kiosque 19, le vendredi 19 novembre de I8h30 à 20h30 et le dimanche 21 novembre de I4h30 à 16h30.^jgjfNOVAIION I >I l.A MAISON SAINI P SL Profitez-en pour assister au lancement officiel du nouveau livre Rénovation de la maison saine.«Ce guide est indispensable car il est le premier sur le marché à offrir des conseils complets pour rénover de façon saine, pièce par pièce, en prenant soin de votre santé et de votre confort.» Yves Mondoux.Pour commander nos publications ou pour toute information 1-800-668-2642 www.cmhc-schl.gc.ca SCHLlfrCMHC AU COEUR DE L’HABITATION Canada POUR AVOIR L’HEURE JUSTE À L’AUBE DU NOUVEAU MILLÉNAIRE Le seul annuaire économique et p* § %* .*1eH jjZZ jp| Jmiuair&éPonomique ¦* géoD^ïifùâymondial S MT" 4«J 'CD “L 4 géopolitique mondial l’état du monde En collaboration avec • trace le bilan de l’année pour les 225 pays du monde • offre des analyses thématiques sur les tendances planétaires actuelles • la meilleure source d’information pour comprendre le monde d’aujourd’hui 11 hHïill! CKAC730 iaj l/ijvuiii nmfloim 678 pages • 27,95 $ http://www.editionsboreal.qc.ca Boréal Qui m’aimé inc Hcc.e Bosco, Nairn Kattan, Michel Noël, Laurent Chabin, Christi; e Marie-Célie-Agnant, Maryse Rouy, Claudie Stanké, Karmen svert, Jean-Louis Roy, Angèle Delaunois, Mi attan, Claudie Stanké, 1,Nicole M.-Boisvert, Michel Noël, Renée Jo Angèle Delaunois, Marie-lane Duchesne, Maryse Rc HURTUBISE Francine Pelletier, M; rent Chabin, Christiane E e, Karmen Prud'homme, Jean-Louis Roy, Renée Jo] osco, Jean-Louis Roy, Frf Marie-Andrée Boucher, m, Renée Joyal, Laurent , Monique Bosco, Karmen Prud'homme, Johanne Barrette, PelJ Céï Rc n, e E at t Les Éditions Hurtubise HMH, vos passions au cœur de nos publications! aïm Ni my ! r que m Kattan, Michel Noël, Laurent Chabin, Christiane Duchesne, e, Maryse Rouy, Claudie Stanké, Nairn Kattan, Josée Ouimet, ., Renée Joyal, Marys* er, Angele Delaunois; Téléphones: (514) 523-1523 • 1-800-361-1664 Salon du livre de Montréal (stand877) ~i rn_Dzvl 1 4“ r\-\ v-î Al -i /-n-7 I i * I.E I) K V (I I K I.K S S A M K 1) 3 K T I) I M A N ( Il K I N 0 V K M H R E I !) il il l V R K S -«* SALON DU LIVRE DE MONTREAL L’autobiographie comme issue En longeant le fleuve HKNIS LORD L’ASCENSION DU HAUT MAL Tome 4 David B.L’Association Paris, 1999,52 pages Magnétisme, zen macrobiotique, homéopathie, bouddhisme tibé-t;iin et j’en passe, les parents de Jean-Christophe, deux enseignants, tentent tout ce qu’ils peuvent pour le guérir de l'épilepsie.Son frère Pierre-François, qui est ici le narrateur et qui se rebaptise lui-même David, craint à son tour d’être atteint du haut mal.Dessinateur invétéré obsédé par les récits de guerre (Gengis Khan et Tamerlan sont un temps ses héros), il possède un imaginaire fécond qui s’enrichit de surcroît de la fascination de ses parents pour l’ésotérisme.Avec L’Ascension du haut mal, qui compte à ce jour plus de 200 pages, David B.développe le genre autobiographique de manière fort captivante, jouant sur le décalage dans la représentation de la réalité entre les vignettes narratives et les cases qui s’y juxtaposent.A son récit, où alternent différentes époques, se greffent des fragments de lectures, des extraits d’œuvres de jeunesse et des épisodes de la vie de ses proches.Les plans manquent quelque peu de profondeur de champ, ce qui leur confère une certaine naïveté, mais il y a beaucoup de travail sur les textures.Morbide et pourtant si vivant.SALADE NIÇOISE Baudoin L’Association Paris, 1999,256 pages L Les neuf récits présentés dans ce fort bel album célèbrent chacun un site de Nice, ville natale d’Edmond Baudoin: la Villa des Anges et la Promenade des Anglais, le port et les Ponchettes.La mer, ses départs et ses arrivées, n’est jamais très loin des personnages qui se croisent dans ces lieux; marins alcoolos, filous, jazzmen sur le retour et femmes envoûtantes en constituent la faune pour ainsi dire parallèle sur laquelle Baudoin, se mettant lui-même en scène, porte un regard où prédomine la tendresse.et c’est sans parler des Martiens de son enfance, déjà rencontrés dans Piero, publié l’an dernier au Seuil! C’est fou cç que cet homme peut faire avec du noir et un pinceau, passant sans hèurts d’une représentation relativement réaliste à des délires expressionnistes.La part graphique de l’oeuvre est au bas mot sublime.» LES AVENTURES DE JÉRÔME MOUCHEROT: J’ASSURE François Boucq Casterman Bruxelles, 1999,56 pages : Des relations entre l’assurance-vie et les nouvelles théories du chaos; du rapport entre les nains de jardin et l’utilisation de la musicothérapie pour vaincre la stérilité des plants de tomates; de la problématique du remplacement des pièces d’origine chez les rhinocéros en voie d’extinction: récit par récit, album par album, Boucq continue, avec la série «Les aventures de Jérôme Moucherot», l’édification d’un univers où l’idée que la société est une jungle passe de la métaphore à la concrétion.Doté d’un imaginaire particulièrement riche qui n’est pas sans parenté avec celui de Fred, l’auteur des Dents du recoin, d’un simple mot commun extirpé du quotidien de son vendeur d’assurances, catapulte le lecteur dans une dimension où l’absurde rejoint la critique sociale.C’est délirant et le dessin est très précis, mais, allez savoir pourquoi, comme le petit cannibale de la page 13, je reste un peu sur ma faim.LES FABULEUSES DÉRIVES DE LA SANTA SARD INI LA Jano L’Écho des Savanes/Albin Michel Paris, 1999,52 pages Si un Walt Disney punk s’envoyait un pétard derrière les neurones avec un Barberousse plus porté sur l’abus que l’arquebuse, le bilan ressemblerait vraisemblablement à ce carnet de voyages où le capitaine Alvares et son équipage de pirates zoomor-phiques et déjantés écument davantage les plages pour le festin que pour le butin.En une série de courtes histoires, Jano (Gasoline et la Planète rouge, Panante) tourne en dérision la conquête du Nouveau Monde par les puissances européennes au XVr siècle, écorche l’image si lisse de cette épopée.Les scénarios ressassent toujours un peu cette image de fêtards nihilistes et chicaniers, toujours en quête d’un coup à tirer; c’est cohérent, fouillé, mais un peu redondant.Sinon, la part graphique de l’œuvre est pure jouissance: un mariage de coloris magnifiques, trait vivace, mise en pages réfléchie et gueules plus vraies que nature.lord@courriel.qc.ca LA COTE-DE-BEAUPRE ET L’ÎLE D’ORLÉANS Serge Lapibert et Eugen Kedl Éditions GID Québec, 1999,272 pages CLÉMENT TRIIDEL LE DEVOIR Qui se souvient des importants chantiers maritimes qu’accueillirent diverses anses de File d’Orléans?Le chantier de Charles Wood par exemple; en juillet 1824, on y lançait le Columbus — la cérémonie avait attiré 5000 personnes — et, l’année suivante, le Baron of Renfrew, d’un gabarit impressionnant pour l’époque (plus de 5000 tonneaux).Cette région qui a donné tant de pilotes et produit tant de goélettes est chantée aujourd’hui pour son charme bucolique qu’un Félix Leclerc avait su évoquer dans Le Fou de Hie.Mais le poète sut également polémiquer en chanson lorsqu’il crut en danger la beauté et l’équilibre de «son» île qui, craignait-il, se transformerait en «dépotoir».J’ai feuilleté avec intérêt cet album de la collection «Les belles régions du Québec».La Côte-de-Beaupré et l’île d’Orléans fait une très large part au sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré ainsi qu’à divers sites religieux qui laissèrent leur marque dans cette région, la quatrième que les éditions GID illustrent, après la Gaspésie, la Côte-Nord et le Cœur-du-Québec.Le premier autochtone à devenir évêque en Nouvelle-France fut Louis-Philippe Mariau-chau d’Esgly (huitième évêque de Québec; il se fit inhumer à Saint-Pierre (île d’Orléans), qu’il aimait tant, et ce n’est qu’en 1969 que ses restes furent transférés à la Basilique de Québec.Le jésuite Chaumont, auteur d’une grammaire huronne et fondateur de la mission Notre-Dame de Lorette, fut derrière l’initiative d’un camp de réfugiés pour Hurons pourchassé^, qui dura cinq ans, sur les terres d’Élénore de Grandmaison, une insulaire qui survécut à quatre maris et eut dix enfants.Par de courtes notices biographiques, l’historien Serge Lambert parvient à nous intéresser tant au monde des affaires qu’à la vie artistique (le peintre Horatio Walker, le sculpteur Louis Jobin, le ténor Richard Verreau, etc.) ou politique de ce coin du Québec qui fut longtemps représenté par Louis-Alexandre Taschereau.Des étrangers comme le «Yankee» Thoreau ou le Scandinave Pehr Kalm surent découvrir le côté attachant des habitants d’une région qu’ils eurent plaisir à parcourir.C’est avant tout pour la qualité des photos d’Eugen Kedl que vaut un tel album, ainsi que pour l’apport de l’anthropologue Jean-Claude Dupont — par quelque 25 courtes légendes illustrées de dessins naïfs, nous entrons dans un monde de chasse-galerie, de loups-garous, de mécréants plus ou moins repentants, légendes qui devaient aider à animer les soirées familiales.Amusante, l’anecdote sur le bras de saint Clément, une relique qui provoqua la zizanie entre deux paroisses voisines! Par sa facture même, cet album de luxe aux trois préfaces (qui dit mieux?) ne peut prétendre qu’à une entrée en matière sur la région ciblée.Certains des villages évoqués furent ce que l’on appelait des «concessions» longtemps privées d’électricité (Saint-Achillée, par exemple).Les chutes La-rose, dans le parc du mont Sainte-Anne, n’ont pas toujours été facilement accessibles et j’ai souvenir d’une battue organisée dans cette aire pour retrouver un aumônier scout égaré! On a raison de vanter le charme du tour de l’île ou de randonnées près des beaux prés.«Une charmante flânerie» en somme, comme le précisent ses concepteurs?Oui, mais on y glisse aussi des repères sur la patiente action de femmes fortes, telle Charlotte-Françoise Juchereau de Saint-Denis (1660-1732), qui devint femme d’affaires prospère et acquit le titre de comtesse de Saint-Laurent après avoir acheté File d’Orléans en 1702! Venez les rencontrer au Stand Gallimard du Salon du livre de Montréal F Alexandre Jardin auteur de Autobiographie d'un amour Le samedi 20 novembre de llhOO à 12h30 Le dimanche 21 novembre de 12h00 à 13h30 Ollivier Émile auteur de Mille eaux Le samedi 20 novembre de 15H30 à 16h30 Le dimanche 21 novembre de 15h30 à 16h30 Arlette Lauterbach 298 recettes de Le Livre de cuisine de la Série Noire Patrick Raynal (directeur de la collection Série Noire) auteur de Nice 42e rue, Folio policier Le vendredi 19 novembre de 18h00 à 19h00 Le samedi 20 novembre de 14h30 à 15h30 Le dimanche 21 novembre de 14h30 à 15h30 GALLIMARD Pierre desjardin Daniel Gagnon 0 Les Intouchables Cajetan larochelle SOCRATE SAGE ET GUERRIER 0 LES INTOUCHABLES ntlD flOLLIflufR tlflDI ^TOUCHABLES PIERRE DESJARDINS DANIEL GAGNON CAJETAN LAROCHELLE Jeudi 1 8 nov.SÉANCES DE SIGNATURE: 1 7h à 1 9h • Samedi 20 i ov.- 1 1 h à 1 3h HEIDI HOLLINGER Jeudi 18 - 19h à 21 h Vendredi 19 -15h à 17h et 20h à 22h Samedi 20 -15h à 17h et 20h à 22h Dimanche 21 -15h à 17h et 20h à 22h Lundi 22 - 19h à 21 h Mardi 23 - 20h à 22h LESWNTOUCHABLES AU SALON DU LIVRE DE MONTREAL *18-23 NOV.i [.E I) E V DIR.LES S A M EDI I H E T D I M A X C HE II X 0 V E M B R E I !l H I) W' L l V RE S ^ SALON DU LIVRE DE MONTREAL Le poète comme improvisateur PATRICE DESBIENS ET LES MOYENS DU BORD Disque produit et réalisé par René Lussier Ambiances Magnétiques Montréal, 1999 ROULEAUX DE PRINTEMPS Patrice Desbiens Prise de parole Sudbury, 1999,96 pages IA MARCHE DE L’AVEUGLE SANS SON CHIEN Normand de Bellefeuille Québec Amérique, colL «Mains libres» Montréal, 1999,116 pages DAVID CANTIN Il y a des poètes qu'on préfère entendre plutôt que lire.D’autres imprègnent le vers d'une voL\ rugueuse et physique.On imagine mal la poésie de Patrice Desbiens et celle de Normand de Bellefeuille cohabiter au sein d'une même chronique.Pourtant, ces trajets se croisent dans une approche très musicale du poème.L'un récite ses textes sur disque, avec une joyeuse bande d’improvisateurs.L'autre brise le vers afin d’en multiplier les sens.Rythmes, bruits et douleurs se rejoignent vers un souffle imprévu.Il me semble que la meilleure façon d’apprécier la poésie de Patrice Desbiens est de l'entendre réciter.Cette voix lourde et traînante va de pair avec l’humour dramatique, aux accents loufoques, du Franco-Ontarien.Avec l’aide du talentueux René Lus- Normand de Bellefeuille La Marche de l’aveugle sans son chien r ÿ Jïïjro ' ?un Ht>«T i sier et trois autres musiciens, l’auteur de Poèmes anglais s’abandonne à un projet de lectures et d’improvisations des plus réussis.Sous le titre de Patrice Desbiens et les moyens du bord, ce disque représente, en quelque sorte, une brève anthologie de poèmes qui va de L’espace qui reste (Prise de parole, 1979) à Un pépin de pomme sur un poêle à bois (Prise de parole, 1995).En premier lieu, il faut saluer l'excellent travail des Jean Dero-nte, René Lussier, Pierre Tanguay et Guillaume Dostaler.Avec la rigueur qu'on lui connait, Lussier a su rester derrière les mots du poète, tout en imposant un univers sonore adéquat Les improvisations se mêlent aux bruits, pour rejoindre le phrasé de Desbiens.Le choix de poèmes reste judicieux et apporte une cohérence à l'ensemble.Du poème long à la strophe minimale.(819) 566-0344 atg Jeannine de La Fontaine, Luc Lapointe, Michel Bégin ¦¦ Une JT _ .conscie 238 pages 21.95 $ Venez rencontrer nos auteurs au Salon du Livre de Montréal à la place ADL kiosque ft N 14 Une conscience qui guérit «.La psyché se structure en fonction des générations précédentes.En plus d'être les héritiers de l'évolution humaine, nous profitons de tous les apprentissages de nos porents et nous portons leurs conflits non résolus relégués dans l'inconscient.Comme eux, nous nous buterons aux conflits qui échappent à la conscience.Devant l'impasse, la souffrance semble seule avoir le pouvoir de nous rappeler à la Vie.Elle nous demande d'oller voir, de comprendre et de résoudre les obstacles qui nous empêchent de réaliser notre plein potentiel, notre être.Ce travail est très exigeant, voire décourageant pour certains.C'est pourquoi nous proposons des outils, une démarche qui, nous l'espérons, aideront le lecteur à trouver se propre clé au processus de guérison.» Hervé Gagnon HERVE GAGNON DIVERTIR ET INSTRUIRE LES MUSÉES OE MONTRÉAL AU XIXe SlÊClt 239 pages 24.95 $ .r r»r.II «4.I~ .1 Germaine Normand, auteure de FONDER FOYER EN NOUVELLE-FRANCE, a reconstitué pour vous le monde des pionniers du xvue siècle, à travers l’histoire de la famille Normand, (samedi de 13 à 15 h) Enfin, LE REGARD INFINI de Pierre Morency, Luc-Antoine Couturier et Jean Provencher, c'est le monde merveilleux des parcs et jardins de Québec vu par un poète, un photographe et un historien, (samedi de 15 à 17 h et dimanche de 13 à 15 h) langue issue du latin, mais on oublie souvent qu'il s'est enrichi au cours de sa longue histoire d’apports venus des quatre coins du monde: apports celtiques, germaniques et grecs, mais aussi arabes, néerlandais ou italiens, et encore espagnols, anglais, amérindiens, africains persans, turcs, japonais.Car les mots, rappelle la linguiste, ont fait souvent des voyages au long cours avant de s’implanter en français.Un index complet permet d’utiliser cet ouvrage de grande qualité comme un dictionnaire.GUIDE DU FRANÇAIS CORRECT Jacques Capelovici l'Archipel Paris, 1992,288 pages JACQUES CAPELOVICI GUIDE DU FRANÇAIS CORRECT iifcjji».dil ftculti*» et cbauxMHrapo dk» ta tatnioc franvnipc Au de la langue de Moliere nom i i m m TION RATIE Mehran Ebrahimi DEM V \ par l'exemple — IQ DES LECTEURS CURIEUX, DES LIVRES INTELLIGENTS Viviane Janouin-Benanti Jean-Paul Lafrance et Danielle Verville La réingémene de la vente par le télémarketing de conquête 208 pages 24,95 $ Marcel J.-B.Tardif Un cri d’appel à la révision permanente des processus de vente dans l’entreprise 208 pages 29.95 $ IQ ISABELLE QUENTIN EDITEUR Diffusion Somabec (450)467-8565 1 800 361-8118 http://iqe.qc.ca www.tremplin.pao.qc.ca » & Lawrence J-E Poole et Suzy Ethier LawHiHv J E Pool» «•< Soxy Ethivr Le quatrième paradigme.quand l'âme agit XPRESSION ET NOUVELLES TECHNOLOGIES Sous li dvrcrioo tk V< bHf tVê«is ce temps inouï du comique extrême et du sérieux vrai, ou du vrai sérieux à la façon des enfants, de certains enfants qui jouent très sérieusement, qui savent qu’ils jouent et qui oublient que c’est un jeu», écrit Yann Andréa, qui poursuit son soliloque: «Et vous dites: Duras, c’est l’écriture.» Cette voix ajoute encore: «je suis un sujet en or».Ces mots ont du poids: Yann Andréa vous connaît par cœur.Ce livre étonnant est un étrange chapitre qui s’ajoute à l’œuvre qu’on croyait close.Revenante dans ce testament littéraire rédigé par un alter ego, imbibé de Duras comme une éponge, elle est l’héroïne qui joue les apparitions, comme le capitaine et sa femme sur le bac de Quillebeuf, qui traverse la Seine, dans Emily L.S’il n’y avait pas tous ces livres marqués par la présence de Yann Andréa, on pourrait prendre Cet amour-là à la légère.Mais pour des milliers de lecteurs, partout dans le monde, Yann est un peu plus que le premier lecteur.Bien sûr, Yann Andréa n’écrit pas un nouveau Duras.Pas plus qu’il ne met en question son identité d’écrivaine.Mais l’ouvrage, biographique et autobiographique, est singulier: «Je tape comme un fou une longue lettre.Chaque matin, une lettre à celle qui est nommée ainsi: M.D.Je donne à lire à Maren Sell.Elle me dit de continuer.» Ni pastiche ni commentaire, il évoque sous forme de dialogue imaginaire et de souvenirs cet amour-là, «désormais sans votre cotps puisque vous êtes morte», avec la simplicité et les évidences durassiennes.POLAR Dans la grande tradition britannique UN RIRE DANS LA NUIT Thomas Dresden Traduit de l’anglais par François Tétreau L’Archipel, collection «Les Maîtres du suspense» Paris, 1999,342 pages MARIE CLAUDE MIRANDETTE Les amateurs de polars, les vrais, les consomment par dizaines, voire par centaines.Ça tombe bien car les éditeurs les publient à pleines pelletées afin de répondre à l’insatiable appétit des lecteurs.Dans cette marée de titres se retrouvent pêle-mêle, quelques classiques incontournables, quelques nouveautés d’auteurs fanés qui ont connu, à une époque depuis longtemps révolue, leur heure de gloire.Puis quelques nouveaux venus pour qui la critique ne tarit pas d’éloges.Et de temps en temps, un titre qui, sans tambour ni trompette, fait son petit bonhomme de chemin et finit par se démarquer du lot par ses qualités intrinsèques.C’est le cas à’Un rire dans la nuit, suspense sorti au printemps dernier et dont presque personne n’a parlé.Pourtant, s’il est un titre qui aurait dû se tailler une place de choix au palmarès des lec.tures estivales, c’est bien celui-là.À première vue pourtant, il ne paie pas de mine, ce roman.En fait, à la lecture du synopsis de la jaquette, on se dit: encore une variation sur le thème, éculé s’il en est de Jack l’Eventreur! Et on en commence la lecture sans grande conviction, blasé d’avance face à cette énième suite de la célébrissime affaire.Mais dès qu’on tourne les premières pages, on est pris par le rythme de son ingénieuse intrigue et, rapidement le plaisir pointe son museau et le suspense s’installe.Curieux, on veut savoir qui est derrière cette série de meurtres fascinants et répugnants.Mais comme pour tous les bons polars, on ne veut surtout pas voir arriver le tristement incontournable mot/îw.Un rire dans la nuit met en scène une enquête de Jack Abbeline, commissaire à Scotland Yard.Dans la nuit du 31 août 1994, le quartier de Whitechapel est le théâtre du meurtre crapuleux d’une call-girl pas tout à fait de la première fraîcheur, Rhoda Abbeline.La victime est en fait la mère du commissaire, l’ex-mère, on serait tenté de dire, car Jack et Rhoda avaient coupé les ponts depuis belle lurette.Après avoir été mis sur la touche à cause de ses liens avec la victime, l’ineffable Abbeline est rapidement rappelé et chargé de l’enquête.Avec ce meurtre, c’est toute l’histoire de la famille qui resurgit et vient hanter le commissaire.Car chez les Abbeline, la profession de flic est de l’ordre de l’hérédité; en 1888, c’est grand-papa qui avait été chargé d’enquêter sur les crimes de celui qui fit son entrée dans les annales de Scotland Yard sous le nom de Jack the Riper.Rapidement, le meurtrier est identifié comme un dangereux psychopathe s’inspirant de l’Éventreur pour commettre ses méfaits.Force est de constater qu’il est un joueur habile.Et surtout que son génie vient de sa capacité à défier le corps policier en lui donnant d’avance des pistes précises quant à ses prochaines actions.Malgré tous ces indices, l’assassinat de Rhoda est suivi de celui d’Anne Chapman, tuée sur Hanbury Street dans la nuit du 7 septembre.Et trois semaines plus tard, d’un double meurtre sanglant sur Berner Street.Au détail près, le meurtrier reprend la piste de l’Éventreur.et déjoue, chaque fois, la police.Dans cette nouvelle enquête du commissaire Abbeline, Dresden tisse avec habileté une intrigue toute en finesse où le lecteur découvre, çn alternance, l’histoire de Jack l’Éven-treur — à travers une série de documents d’archives et d’extraits de journaux de 1888 — et une enquête actuelle qui, rapidement, prend un ton très personnel.En bon historien, Dresden réussit à trouver un équilibre parfait entre sa source d’inspiration et le récit original qu’il livre ici.Il dépeint avec un réalisme troublant les quartiers malfamés de Londres, peuplés de petites gens et de malfrats de tout acabit.L’atmosphère glauque et sordide de ce récit rappelle les meilleurs épisodes de la série de la BBC, Prime Suspect, d’ailleurs écrite par la talentueuse Lynda Laplante.Et la personnalité de Jack Abbeline, commissaire intègre déchiré par son passé, qui s’investie corps et âme dans une enquête qui le touche droit au cœur, n’est pas sans évoquer, à plus d’un égard, celle de l’inspecteur Tennison, campée au petit écran par l’inoubliable Helen Mirren.Plus un roman qu’une enquête, Un rire dans la nuit est une histoire psychologique troublante, un drame social on ne peut plus contemporain.Les personnages ont une densité et une profondeur psychologiques rarement atteintes dans les romans policiers.Et sur ces 342 pages, pas une seule ligne de trop, pas un seul instant de répit Dans la grande tradition britannique, un pur délice.Vraiment! Confucius «$\ Ct \ÀtÇ>I Oô6 puM\é, ÇA w’txldt |?A$.» Édition à compte d’auteur Tremplin/pao Tremplin/pao, maison d’édition à compte d’auteur, souhaite mettre l’édition à votre portée, pour le plaisir de voir vos écrits se matérialiser en un vrai livre.À offrir en cadeau pour les proches, ou simple aventure avec le milieu des libraires, Tremplin/pao fera de votre oeuvre littéraire un livre, une réalité.0 (450) 651-5284 Tremplin / pao éditent des ouvrages littéraires en petite et moyenne quantité, pour mieux comprendre l'édition à compte d'auteur venez visiter notre site web.1 oiiions Ml( 1111 UINIIN.SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL STAND-371 to romand & l.o dull, la souri* LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DI M A N C 11 E I l X O V E M DRE I !) !) il I) 29 w' Livres ^ SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL BIOGRAPHIE L’énigme Gurdjieff GURDJIEFF Anatomie d’un mythe Biographie James Moore Traduit dç l'anglais par Zéno Bianu Editions du Seuil Paris, 1999,462 pages DAVID CANTIN On a beaucoup écrit à propos de Georges Ivanovitch Gurdjieff.Ses extravagances, son pouvoir de séduction, ses impostures, sa persévérance et le sérieux de sa quête spirituelle, «l’homme aux mille facettes».On connaît déjà l’importance des témoignages de J.G.Bennett, Louis Pauwels ou Fritz Peters.Désormais, à l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, James Moore se risque à une première biographie complète afin de confronter «vérité mythique» et «vérité historique».On a souvent dit que Gurdjieff était l'un des maîtres spirituels les plus énigmatiques de ce siècle.Membre du Royal Asiatic Society et lié aux groupes Gurdjieff depuis 1956, Moore s’appuie sur une documentation des plus vastes pour mieux comprendre l’individu derrière le mythe.Avant de critiquer ce travail colossal, revenons brièvement sur les grandes lignes de ce parcours mystérieux.Parcours mouvementé Malgré de nombreuses controverses autour d’une date de naissance précise, on parle ici de 1866 dans le quartier grec cappadocéen d’Alexan-dropol, sur le côté russe de la frontière russo-turque.Dès l’enfance, Gurdjieff reçoit une éducation scientifique et religieuse approfondie.C’est l’époque des rencontres déterminantes, de l’influence morale du diacre Bogatchevsky et des liens amicaux avec Pogossian et Yelov.Sous l’apprentissage Spartiate d’un père des plus attentifs, il frôlera la mort pour une première fois alors qu’il commence à s’intéresser à certains phénomènes paranormaux.Peu à peu, au cours de l’adolescence, il ressent ce besoin de découvrir le sens de la vie humaine et organique.En quête d’un savoir ancien, il entreprend des pérégrinations mouvementées à la recherche de l’absolu.On découvre sa passion pour l’enseignement des derviches mevlevis et bektashis, lors d’une vie de nomade en proie aux civilisations énigmatiques.En 1895, il fonde à Alexandropol un groupe hétérogène de «Chercheurs de vérité», qui s’in- téresse de près à la connaissance traditionnelle et ésotérique.C’est autour de ce cercle qu’il met à l’épreuve le germe d’une expérience spirituelle qui se fonde sur cette «pure vibration».Cette démarche qui consiste à «se concentrer tout entier sur un singulier “quelque chose” — qui, dans les sciences physiques, peut être interprété comme une vibration; dans la musique, comme un ton ou une tonalité; et chez l’homme, comme un état psychique, une énergie ou une forme d’attention».Il est pratiquement impossible d’entrer dans les détails de cette intuition qui imposera, chez Gurdjieff, le besoin de trouver une logique unitaire, une synthèse stupéfiante, éclairant la dimension paranormale et la vie organique.Cette voie vers le sens caché de l’existence humaine, Gurdjieff ne le vit pas sans sa part de contradictions.James Moore explique bien comment ce maître pouvait également être perçu comme un homme d’affaires, un escroc ou un agent secret.C’est ce qui rend le personnage si fascinant, puisque certaines périodes de l’aventure Gurdjieff restent à ce jour encore nébuleuses.On découvre aussi ici ses premières rencontres avec des élèves influents comme l’écrivain Ouspensky ou Thomas de Hartmann.On met en évidence l’attachement familial, la fondation en 1912 de l’Institut pour le développement harmonique de l’homme, ses séjours déterminants en Angleterre ou l’attention de la presse parisienne lors de représentations d’exercices rythmiques et de danses çacrées au Théâtre des Champs-Elysées en 1923.Suivra l’accident de voiture presque fatal, la re- Littérature française Retour au pays natal COMME LA TRACE DE L’OISEAU DANS L’AIR Elector Bianciotti Editions Grasset Paris, 1999,234 pages N AÏ M KATTAN Né en Argentine, Hector Bianciotti a changé de pays et de langue.Aujourd’hui, il est un écrivain français, membre de l’Académie française.Le chemin qu’il a parcouru est cependant plus long qu’il n’y parait.Fils d’immigrants italiens — tout comme le tiers de la population argentine —, l’adulte a voulu un jour retrouver en Italie le village natal de ses parents.Avant d’adopter le français comme langue d’écriture, Bianciotti publia aussi plusieurs romans en espagnol.• Dans ses précédents ouvrages: Ce que la nuit raconte au jour et Le Pas si lent de l’amour, Bianciotti a fait le récit de son départ de l’Argentine, de sa vie en Italie puis en France.Dans Comme la trace de l’oiseau dans l’air, il raconte son retour au pays natal, en Argentine, dans la ferme où il a vu le jour.Il décrit ses retrouvailles avec ses frères, ses sœurs et quelques-uns de ses amis.Parti pauvre, inconnu, il revient • couvert de prix et d’honneurs.Il est accueilli en enfant prodigue, célébré, honoré comme une fierté nationale.Or Bianciotti a quitté l’Argentine en colère, pour avoir souffert du climat politique du pays mais surtout de l’hostilité de son père.Son retour est une tentative de réconciliation.Il s’interroge: a-t-il été injuste envers son pays et sa famille?Il comprend que, tout en se dressant contre son père, il a hérité de son tempérament, et cela même s’il n’a pas suivi ses traces.Pour les membres de sa famille, Bianciotti est un homme célèbre, un enfant qui a grandi et dont ils souhaitent partager la renommée: «Et je les laisse se méprendre à mon propos, pour ne pas leur voler leur bonheur: comment leur expliquer que le sentiment de la solitude, le caractère de la vie, de nous tous, la peur renouvelée sans cesse, sont moi-même, ce que je suis — et que les abeilles de la littérature ne sont pas seulement friandes de fleurs.» Sans qu’ils le sachent, sans qu’ils en soient conscients, il leur échappe.Non qu’il soit fuyant, mais «le “je" ne dit rien de lui, il n’est que ce qu’il est pour les autres, une perpétuelle imitation de lui-même.Sous les apparences, pourtant, la certitude que quelque chose en nous ne changera jamais, quelque chose que l’on peut projeter dans l’avenir tant que le désir brûle».Au fur et à mesure qu’on avance dans le livre, on se pose de nouveau la question.Qu’était allé chercher Bianciotti en Argentine?Son père est mort, mais il ne veut pas faire la paix pour autant: «Non, je ne tiens pas à me réconcilier avec mon père.Ni avec mon pays.» Alors quoi?Est-il revenu pour s’assurer que son départ demeure sans retour, que la rupture avec sa famille soit définitive, lui qui a connu une deuxième naissance, acquis une nouvelle langue, un nouveau pays où il est reconnu et honoré.Mais la renommée ne fait pas oublier la solitude, qui peut être ressentie plus vivement, plus douloureusement dans le pays de sa naissance.Bianciotti n’aime pas le mot «identité», qui selon lui ne se définit ni par la terre ni par la langue maternelle.Seule lui appartient la culture qu’il a choisie.Quand il parle de ses frères et de ses sœurs, il s’attarde longuement aux traits du visage, au détail des vêtements.Il les décrit sans émotion, avec détachement, et le lecteur saisit mal leur personnalité.Tel un visiteur, Bianciotti se promène dans son pays d’origine et n’est ému ni par les villes ni par la campagne.Le paysage lui rappelle des moments douloureux de l'enfance.L’attention dont il est entouré, l’hommage qu’on lui rend le remuent, mais il ne se sent lié que de façon très lointaine à cette foule d’admirateurs attirés par sa renommée, sans qu’ils se reconnaissent dans ce qu’il a écrit Les pages les plus émouvantes du livre sont celles où Bianciotti décrit la mort de Borges.Comme lui, ce grand écrivain était un homme de toutes les cultures, de tous les pays.Argentin, certes, mais romancier et poète solitaire.Bianciotti l’a accompagné et suivi pendant de longues années à travers ses livres, sans jamais lui envoyer les siens.Tous deux sont des écrivains sans frontières.Borges a tout lu dans plusieurs langues.D est cependant demeuré bibliothécaire national à Buenos Aires et a consacré des pages mémorables au tango, aimé de tout Argentin.Bianciotti, lui aussi adepte de l’universel, a traversé les frontières, et de retour à l’intérieur de celles de son enfance, il s’est assuré qu’il en était libéré, qu’aucune nostalgie ne le ramenait à sa terre ou à sa famille.L’autre univers dont il a fait sa demeure n’est pas une négation de celui qu’il a laissé derrière, mais une porte qui s’ouvre sur toutes les cultures et toutes les langues.LES ÉDITIONS DE LA PLEINE LUNE imm& imitent à venir rencontrer Jérôme ÉLIE, Louise GAUDETTE, Madeleine OUELLETTE-MICHALSKA, Dominique BLONDEAU, Daniel GRENIER, Marie-Danielle CROTEAU, Jeanne-Mance DELISLE.L'HOMME QUI MISAIT PLUS LOURD NU QU'HABILLE OuUiïnt MKMAiSKA LES SEPT NUITS DE LAURA Amenda 'des DOMMQUt SIONDIAU ECLATS DE FEMMES TOUTE ATTENTE au Sedan du livre de "Montréal STAND 949, sous le chapiteau PROLOGUE traite aux États-Unis, puis son retour à Paris où il acceptera de créer un nouveau groupe qu’il animera jusqu’à sa mort en 1949.À travers un bon nombre d’écrits et des élèves dévoués, il demeure difficile de mesurer l’impact extraordinaire de cet homme plutôt insaisissable, son influence sur bon nombre d’écrivains, de Katherine Mansfield à René Dau-mal.En ce sens, James Moore contribue à édifier une des meilleures introductions au personnage à et son enseignement.Cette biographie demeure un excellent point de départ pour quiconque tente de s’introduire à l’intérieur du mythe.Toutefois, ce livre n’apporte presque aucun nouveau détail à l’énigme Gurdjieff.En disciple fidèle et respectueux, Moore hésite à prendre des risques véritables ou à critiquer plus ouvertement certaines zones obscures chez l’auteur des Récits de Belzébuth à son petit-fils.Sans juger cet homme beaucoup trop complexe, il aurait été intéressant de découvrir de nouvelles parenthèses.Malgré ces réserves, Gurdjieff de James Moore invite à un parcours tumultueux de ce pédagogue spirituel tout à fait unique.TOP MODELS Les coulisses de la gloire lan Halperin Les coulisses pe la gloire lan Halperin Derrière la beauté, l’argent et la gloire, il y a aussi l’alcool, la drogue et la prostitution.LE GOÛT DES MANGUES Geneviève Angers Sauvetage intime d'une fille perdue.Lionel Noël Une policière tente d’empêcher l’assassinat du prmier ministre du Québec à la veille d’un troisième référendum Un nouvel éditeur est né.Diffusion: Édipresse - (514) 273-6141 Littérature L'Abandon Denise Riendeau Une fillette de neuf ans lutte, pendant trois dures années, sans jamais perdre espoir en ses capacités intérieures.Un phénomène apportera le baume final sur cette période d’horreur.On répondra à ses doutes en lui confirmant: «qu’elle n’avatt rien révé».Tout cela a bel et bien existé au temps de l’orphelinat.O T—1 CN l'ato i e et) MM Ut ikti E a l*>rautLle *)n iu«>rU Le chasseur de vent Laurent Dubé L’auteur a réuni les tableaux qui se bousculaient dans sa tête depuis plus de quarante ans.Dans cette gerbe de contes, de fables et de fariboles, on retrouve à la fois l’écho de son Bas-du-Fleuve natal, la sagesse du juge et le charme de l’île d’Orléans dont il est adoptif.La Pyramide des morts Simone Bussières Âgée de 80 ans, Judith Boucher, sentant sa fin prochaine, se remémore les drames vécus par les êtres qu’elle a connus, aimés ou haïs, sans se rendre compte que cela la conduira à une confession qui lui rappellera son propre drame, sa propre cruauté.L’histoire sous toutes ses facettes MAnntam Saint l'mrc Saint-Castin baron Irançais chef amérindien 1052-1707 loi Is-JU'IHI MKOTin: Les Armes à feu en Nouvelle-France Russel Bouchard Avec l’arrivée des Européens, les armes à feu deviennent omniprésentes en Amérique.Chaque citoyen, qu’il soit soldat, marchand, coureur des bols, simple domestique ou Amérindien, a dû faire face à cet outil de mort et de survie.Les armes dépassent le niveau de simple objet d’utilité pour devenir un véritable phénomène de civilisation.Saint-Castin Marjolaine Saint-Pierre Baron français, chef amérindien, figure légendaire, Jean-Vincent d’Abbadie de Saint-Castin répond aux critères qui fascinent à toutes les époques : aventures, intrigues, drames, amours et réussite financière.Il y a des Indiens, des pirates et des contrebandiers, le chef Madockawando et sa fille qui devient baronne, des expéditions en raquettes et des batailles, des prisonniers et des rançons.Louis-Joseph Morel de La Durantaye Jean-Paul Morel de La Durantaye En 1723, Louis-Joseph Morel de La Durantaye achète la seigneurie de Kamouraska.À sa mort, en 1756, il l’a toujours en sa possession.L’auteur relate des événements de la vie privée et publique du seigneur, tout en tenant compte du contexte socio-économique des soixante dernières années du régime français.minuit».minchims KT lUtfKALA 111 CA.STIIH IIS URS1 I INI S DE QUÉBEC Les Ursulines de Québec 1639-1953 Dom Guy-Marie Oury o.s.b.L’année 1999 marque le 400* anniversaire de la naissance, à Tours (France), de Marie Guyart de l’Incarnation et le 360* anniversaire du monastère qu’elle a fondé à Québec.En 1639, trois Ursulines arrivaient de France pour s’établir aux frontières de la civilisation européenne.Leur petit monastère s’est transformé en maison d’éducation pour les filles des colons français.Pelleteries, manchons et chapeaux de castors Bernard Allaire Introduites en Europe par les explorateurs, les pêcheurs de morue, les chasseurs de baleines ainsi que par quelques traiteurs audacieux, les fourrures d’origine nord-américaine pénètrent graduellement sur le marché français au cours du XVI* siècle.C’est de cette époque méconnue que traite le présent ouvrage et plus précisément des trente dernières années de ce siècle.Les Québécoises et le barreau Gilles Gallichan Les célébrations du 150* anniversaire du barreau seraient incomplètes sans le rappel des hauts faits historiques qui ont mené les femmes à la pratique du droit.Il a fallu quelque vingt-cinq années de revendications et d’efforts soutenus de la part des pionnières mais, aussi, d’éminents juristes et hommes politiques pour permettre aux femmes l’accès au prétoire.Les Cahiers du Septentrion •'IIHIIHI Une capitale éphémère Gaston Deschênes (dir.) Journal de voyage en Europe 1837-1838 Souvenirs d'un patriote exilé en Australie louis-HIppolyte la Fontaine HypolHe Lanctôt Venez rencontrer nos auteurs au stand 10788 VENDREDI 19 DIMANCHE 21 16hà 17h Jean-Paul Moral de La Durantaye 12h i 13h Denise Riendeau 17hà18h Denise Riendeau 13h i 14h Georges Aubin 14h à lSh Laurent Dubé SAMEDI 20 lSh à 16h Russel Bouchard 13 h i 14h Jean-Paul Morel de La Durantaye 16h à 18h Denis Vaugeols 14h à lSh Russel Bouchard 18hà 20h Jacques Lacourslère 15hà18h Denis Vaugeols 16h i 17h Qaiton Deschinet LUNDI 22 17hà 19h Jacques Lacourslère 15h i lBh Qeorges Aubin 19h i 20h Denise Riendeau 16hà 17h Pierre Valcour 20hà 21h Laurent Dubé 17h à 19h Jacques Lacourslère Septentri N www.septentiion.qc.ca V î f t Guv Perreault suivi île Mark*'(‘biie Corbcii Tess dans la tête de William Marie-CUflVrheil Tess ilansmete tie William récit 93 p.16 S ZERO ZERO François Han£y Zéro-Zéro roman, Hi5 p„ Its $ r \v\v\v.gencration.net mptv Tel.et téléc.: (50) 59”-1666 Lynn Dfaunorkl Le passé sous nos pas I.ynn Diamond Le passé sous nos pas roman.166 n„ IS $ («Cfioirtr KohifjiUc Geneviève Robitaille Chez moi roman.142 p.1" $ 6 ‘si**** Personne n’existe Dans son essai à saveur de pamphlet intitulé Malaise dans la littérature, paru en 1993 chez l’éditeur Champ Vallon, Alain Nadaud se penche sur les conditions de l’exercice littéraire depuis 1968.Que sont devenues les avant-gardes littéraires, à l’heure de la commercialisation grandissante des valeurs culturelles?La littérature peut-elle jouer un rôle politique, alors que, confinée à une position de retrait, vouée à l’exploration de l’intime, elle demeure sans écho, dans un réel sourd à se laisser influencer par ses dénonciations et attaché au contraire à tout faire pour la voir disparaître?Face à la cohorte d’auteurs en mal de succès, il faut bien dire que les pamphlétaires œuvrant à contre-courant du carriérisme se font rares aujourd’hui.Or Alain Nadaud est la courtoisie même.Derrière sa virulente énergie, parente des thèses de La Société du spectacle de Guy Debord, une cause se dessine.Elle voit un nouveau jour dans son dernier roman, Une aventure sentimentale (Verticales, 1999), une longue lettre au ton des classiques, adressée par un écrivain du XVIL siècle à une dame éclairée, dans laquelle il s’explique sur sa vocation littéraire et s’excuse de sa passion exclusive.Alain Nadaud se défend d’être son personnage, un témoin de la Fronde, en 1648.«U s'agit d'un rapport passionnel avec cette activité insaisissable.Elle ne se laisse pas posséder, ni au début ni à la fin.Un écrivain ne sait pas ce qu’il va écrire.Dans l’écriture, un rapport amoureux s’instaure, qui a tous les ingrédients de la passion: l’amour, la jalousie, la haine, le ressentiment, la déception.» Cette figure de la littérature comme amante apparaît sous des formes détournées, comme la muse ou l’inspiration, chez beaucoup d’auteurs.Nadaud la convoque plus directement, développant une allégorie au cours de laquelle l’auteur, sous le couvert de sa civilité, règle avec elle quelques comptes tout en lui déposant l’hommage de ses plus belles galanteries.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le langage de Nadaud contourne les choses, comme l’esprit baroque s’attachait à dévoiler les apparences sans trahir le dieu caché qui les Le commerce des livres Ce livre délicieux met ainsi en présence des êtres de pur langage, sans substance, qui cherchent à se déprendre des pactes tacitement passés avec une voluptueuse solitude, tandis que rien ne les dispose à renoncer au goût de vivre en société.«Si on mettait vraiment le doigt sur ce qui fait écrire, le goût d'écrire cesserait peut-être.Le ressort en est caché.D’où la méfiance de bien des auteurs envers la psychanalyse.On écrit de la fiction pour parvenir, par des voies détournées, à ce qui est inaccessible.» Cet engagement dans l’inconnu a des conséquences parfois douloureuses.L’acte d’écrire peut même décevoir.«Dans l’écriture, un rapport amoureux s’instaure, qui a tous les ingrédients de la passion» habite.«Ce rapport avec un être qui n'existe pas a un aspect mortifère.Le risque d’enfermement que prend tout écrivain peut entraîner sa propre mort.Cette passion exclusive a coupé du monde des êtres comme Proust, enfermé dans sa chambre, ou Balzac.L'engagement en littérature génère ainsi sa contradiction.» Singulière entreprise! Pour Nadaud, l’écriture de fiction prend sa source dans l’enfance, au delà de laquelle il est impossible de remonter.D’ailleurs, son premier livre, en 1980, s’intitule La Tache aveugle.Depuis, ce lieu obscur des origines suit sa plume, qui code et crypte naturellement ce qu’el-le dit.La Fronde cache à peine Mai 68, tout en revêtant le tableau d’iûstoi-re récente non pas des habits neufs de l’empereur, mais de traits d’esprits qui divertissent, raillent et explorent avec détachement ou sur le mode acerbe les avancées et les régressions de l’Histoire.Le langage de Nadaud contourne les choses, comme l’esprit baroque CAMIL1EN ROY La première pluie Les Éditions Perce-Neige Roman 18,955 d'Amérioue s’attachait à dévoiler les apparences sans trahir le dieu caché qui les habite.«De livre en livre, la fiction pose la même question sur la nature des origines, tout en se livrant à une activité vaine, qui peut ne pas trouver d’éditeur ni de lecteurs.La littérature tient à un fil.Écrire est un mouvement asymptotique qui nous rapproche du centre obscur sans jamais l'atteindre.» On comprend que l’essai qui voudrait répondre à la question «pourquoi écrivez-vous?» se heurterait chez lui à un mur.Mais, dans la fiction, ces résistances perdent de leur virulence.Comme dans le rêve, les interdits entrent en sommeil et libèrent des données personnelles.La fiction comme rapport à soi Écrire sur le XVII' siècle est ainsi la meilleure façon de parler de soi.Changeant ce qu’il appelle, soudain réveillé et combatif, «l’angle d'attaque» en substituant le pays, l’histoire ou le contexte à ce qui lui est immédiat, Nadaud devient incisif.Un de ses recueils de nouvelles a même porté en bandeau, sous la mention de l’éditeur, «la nouvelle, c’est la guérilla»: «La nouvelle m’a permis de faire des incursions par surprise dans l’inconscient et d’en rapporter des éléments de réponse qui, bout à bout, forment des histoires.» A ce travail s’ajoutent des éléments de beauté qui démarquent la littérature d’une enquête ou d’une construction psychanalytique.L’écriture de chaque phrase sublime les éléments biographiques, si bien que l’activité devient artistique.Dans cette liberté gagnée, Nadaud pose des questions contemporaines.«La première version de L’Aventure sentimentale se passait en mai 1968.Or il se trouve que ma première phrase m'est venue dans une langue qui n’était pas contemporaine.Toute la suite a coulé de la même veine.Cette langue venait de mes lectures, de La Princesse de Clèves, probablement.J’ai intériorisé cette voix des premiers paragraphes.» On imagine la surprise pour l’auteur qui ne se connaissait pas , U d „ , WL1 Les editions LIndépendante B P 49148, 7275, rue Sherbrooke Est Montreal (Quebec] H1N 3TG Diffusion Téléphoné : (514) 493 8443 Edipresse Télécopieur : (514) 493 9120 wwu gener.itioii.net triply Tel.et téléc.: (51-t) Sh'-loon JgS Tript\ que Entrevue avec Alain Nadaud Les chassés-croisés de l’écriture Ruben Giroux Le miroir des mots Frédéric Duval, avocat a entièrement consacré sa vie aux outres jusqu'au jour où le malheur le rattrape.Un homme comme lui peut-il y foire face et comment ?180 pages • 19.99 S En librairie en octobre Une mort brève No man's time «.Fendoctrkieur interrompit son slogan, marqua un temps d'arrêt — On nous prie d’annoncer, dit-il d’une voix légèrement altérée, une étonnante nouvelle : la Terre a cessé de tourner ce matin à six heures.» 1DQ pages • 18,99 S En hbrairis en octobre w Livres SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Pour l’auteur, la création prend sa source dans l’enfance, au delà de laquelle il est impossible de remonter « Dehors, il faisait nuit.En regardant les lumières de la ville s'éloigner derrière moi.j'eus cette impression étrange d'y oublier oueloue chose.Plus nous prenions de la vitesse plus ce vide grandissait.» une seconde personnalité de Madame de La Fayette.«J’ai réfléchi qu’elle est à la naissance du roman français.De plus, le XVIT est le siècle des passions abstraites.Cette langue n’est pas au service d’autre chose: elle a sa logique propre.» Au théâtre de la parole, où l’intelligence des Beaux-Esprits ruse avec inj géniosité en se moquant de l’usure du temps, l’écrivain part à la conquête de celle qu’il aime, allégoriquement parlant: «Quant à cette passion, si exclusive et désespérée, on ne peut la nourrir, une fois qu’on en a tâté, que par to| don de soi qui ne laisse de latitude à nulle autre entreprise», écrit-il mieux qu’il ne saurait le dire.«Dans la force de l’âge, on a la force d’écrire quelque chose de dérangeant, commente-t-il.Lé don d’écrire est donné à tant de monde, même à des écrivains qu'on mépriséJ qu’on se croit choisi par elle pour continuer.Si bien qu’en pense que, se donnant au plus offrant et au plus audfo deux, elle poursuit ses propres fins, (rit elle se défend des menaces qui la mettent en péril.» Écrire sous la dictée de la littérature Alain Nadaud est attaché culturel de la France à Québec depuis cet automne.Cet ancien directeur de la rédaction à la revue Quai Voltaire, disparue comme les éditions du même nom après le suicide de son directeur général, s’est penché, avec des écrivains comme Pierre Michon, Claude Louis-Combet, Catherine Lépront, Richard Millet, François Bon, Bernard Pingot, entre autres, sur les questions de l’engagement, du succès et dè l’échec littéraires ou de l’illisibilité.Ces écrivains interrogent le rapport à l’autre en toute conscience de leur activité.«Le siècle classique a domestiqué l’écriture.Le XX' siècle la serre dans l’étau marchand où prévaut la rentabilité.La littérature est menacée.Sa logique de survie ne correspond pas nécessairement avec les intérêts des divers écrivains qui la composent.» Conyme au temps de la Fronde, qui a vu l’Etat centralisateur remettre de l’ordre parmi les aristocrates rebelles, comme l’écriture romanesque des Méditations de Descartes est finalement avalée par la Raison, explique Nadaud, les révoltes de Mai 68 ont al ain nadaud cajjes i» « • été matées par les règles de l’Etÿt marchand.L’écriture contemporaiâë en porte les marques.L’écriture courtise donc toujours le pouvoir quija tord, pour trouver sa maison.«Bornés écrivait que nous ne sommes que lés personnages d’une fiction.Quand cettf fiction s’arrête, nous mourons.» Et ce combat en forme de peau de chagrin, souvent marqué par la déception, fait en définitive le parcours d’une vip d'écrivain.UNE AVENTURE SENTIMENTALE Alain Nadaud Verticales Paris, 1999,176 pages _ No man's time j Nouvelles Janine Idrac Regroupement des éditeurs canadiens-français Robert Giroux Le miroir des mots poésie, 5S p., 15 > Une mort brève Roman Maryvonne Griat GUYLAINE MASSOUTRE ^Triptyque Ain 59^-1666 www.generation.net tripty Michd-E.Clémem Phée Bonheur Michel E.-Clément Phée bonheur roman.281 p., 22 S Jacques Dcsfosscs Tous les tyrans portent la moustache Jacques Desfossés Tous les tyrans porte» la-moustache roman, 2” 1 n., 22 > Go» IVoejuk Personne n existe La mort des mouches La mort des mouches poésie, 85 p., 15 $ i L E 1) E V (MB, L E S S A M EDI 1 3 ET D I M A N C II E 11 N 0 V E M B R E I !> 9 !l w' Livres SALON DU LIVRE DE MONTREAL LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Ces regards qui traversent une ville LE REGARD INFINI Pierre Morency Avec la collaboration de Jean Provencher Photograpliies de Luc-Antoine Couturier Éditions MultiMonde et Commission de la capitale nationale Québec, 1999,126 pages / l • DAVID CANTIN Comment évoquer certains endroits d’une ville fascinante sans se perdre dans les lieux communs ou les images prévisibles?En se laissant envahir par sa propre errance amoureuse?C’est le défi qu’ont su relever Pierre Morency, Jean Provencher et le photographe Luc-Antoine Couturier dans Le Regard infini.Œuvre tout en finesse, ce livre d’art sur les parcs, places et jardins publics de Québec trouve «un ordre analogue à l'ordre même de la ville».Un parcours où chacun se complète pour mieux pénétrer le mystère d’un espace insaisissable.De manière indirecte, l’ouvrage peut se voir comme l’autre versant du Québec de roc et de pierre de Luc Nop-pen et Lucie K.Morrisset, paru l’an dernier aux éditions MultiMonde.Sous les apparences d’une randonnée à travers le Québec, Le Regard infini suscite la rencontre de deux approches contraires: celle plus poétique et rêveuse de Morency et celle plus historique et concrète de Provencher.Loin de s'opposer, ces trajets s’entrecroisent au point où ils se relancent sans cesse l’un face à l'autre.Au départ, Morency imagine un livre où l'on peut se «promener; (.) suivre des itinéraires sans autre but que celui de faire des découvertes [afin de) noter les différentes couleurs de Québec».Comme dans Lanière des oiseaux ou L'Œil américain, il observe le monde de l’intérieur pour mieux en faire ressortir les différentes textures.Ainsi, l’écrivain aime se perdre dans «la lumière de l'instant», curieux et attentif aux moindres rumeurs de la nature la plus secrète.De la terrasse Dufferin au domaine Maizerets, cette visite guidée arrive à se confondre à la quête urbaine d’un territoire feuillu.A l’image du reflet de la ville qu’il habite depuis fort longtemps, Pierre Mq-rency retourne à sa propre histoire.À travers son apprentissage et ses souvenirs d’étudiant, il capte les détails des terrains magnifiques de la Vieille Capitale qui le fascine sans cesse.Le promeneur distrait Tout commence dans l’âge incertain d’un arbre, la chaleur des feuilles en automne, un monument légendaire en retrait ou les fleurs qui se bousculent dans le vent.Il se laisse imprégner par le voyage immobile du promeneur qui s’arrête en lui-même.Ces détours semblent s’entamer «à l'ombre de la porte Saint-Jean», où le murmure discret d’Arthur Buies et ses chroniques éloignées annoncent le pas.Ce lien s’ouvre sur un véritable échange amoureux entre un individu et la beauté historique, si particulière, de Québec.Après des arrêts rapides sur la «plate-forme» de la terrasse Dufferin et le parc de l’Artillerie, l’art de Morency s’enfonce, de manière décisive, dans La place d’Armes à Québec les profondeurs du parc du Bois-de-Coulonge.C’est à partir de cette zone fugace que le poète entend «la première musique de la terre [.] le fleuve couler vers l'aval de Québec ou remonter vers l’amont des grands ponts».Il ne s’agit pas de décrire avec précision ces sentiers sauvages, mais plutôt de faire entendre «la simple joie» d’être à l’intérieur de ce bois touffu.Entre les variétés d’arbres et de fleurs, de vivre dans la solitude qu’inspire un endroit propice.Puis, sans trop s’y attendre, d’évoquer la présence éphémère d’un auteur qui marche dans les pas qui nous guident.Ce recours mène à un dialogue entre l’instant et le passé de la ville, une sorte d’évocation théâtrale des sites connus.Dans un chapitre intitulé «Voyage à partir d’une fontaine», Morency s’inspire d’un cadran solaire pour revoir la fuite dans le temps des plaines d’Abraham.Il y retrace les passages et les batailles au milieu de ce «toit du monde», tout en échappant aux anecdotes connues.Il circule dans la liberté qui s’impose, afin de mieux se perdre à travers le vertige de ses rêveries.Dans «Le milieu du centre», où il est question des jardins Jeanne-d’Arc et des Gouverneurs suivis de la place de l’Assemblée-Nationale et de la place d’Armes, c’est le profil de la statue de François-Xavier Garneau qui oriente ses multiples déplacements.C’est de cette hauteur que parle Morency, avec l’agilité de l’oiseau inépuisable d’une branche à l’autre.Une présence humaine qui désire rester à l’arrière-plan, discrète dans le bruit silencieux de sa parole.Un regard enfoui derrière le paysage somptueux, sensible aux strophes de Rimbaud, de Baudelaire, de Dhôtel et de combien d’autres.Près de la rue Taché, un cheval s’abreuvant à la fontaine conduit au drame de Nietzsche à Turin.Ou encore, le souvenir d’une visite chez le poète Alain Grandbois étonne par sa justesse im- STEFAN PSENAK Les Éditions du Nordir 15,00$ Al o u v e m e d’Amérioue K T J c%tap| ' I deh°UeË « La lune éclairait un peu la cuisine.En fait d’où j’étais , je pouvais clairement voir la petite.Elle était toute recroQuevillée, comme si elle avait été dans le ventre de sa mère, le sais pas si elle rêvait, mais à voir son sourire, si elle rêvait, c’était à Queloue chose de bien beau.» Regroupement des éditeurs canadiens-français prévisible.Ces quelques parenthèses apportent un poids d’existence au livre, une quête intime qui ne semble jamais déplacée.Bien sûr, on pourrait revenir longuement sur certaines incursions au parc Cartier-Brébeuf, à la place Royale ou au cimetière St.Matthew.Toutefois, il vaut mieux suivre les mots de Morency avec ses accents et ses rythmes qui entourent Québec.Sans doute ce «regard infini» ne serait pas LUC-ANTOINE COUTURIER le même sans l’apport indispensable de Jean Provencher.En fin de chaque chapitre, les encadrés historiques deviennent un relais essentiel.Ils donnent des renseignements précis et relancent l’inspiration lumineuse du poète.Quant aux photographies de Luc-Antoine Couturier, elles portent une signature authentique.Voilà donc un ouvrage précieux et original qui dépasse les limites de la ville qu’il décrit.Notabene Venez rencontrer nos auteurs au SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL COUTS MAIN BASSE SUR L’ÉDUCATION GILLES GAGNÉ ' Jean-François Blain et Gaétan Breton Auteurs de Les mauvais coûts d'Hydro-Québec Jeudi 18 novembre à 17 h Samedi 20 novembre à 19 h Dimanche 21 novembre à 14 h.Gilles Gagné et certains des coauteurs de Main basse sur l'éducation : Micheline Cambron, Daniel Dagenais, Gaëtan Daoust, Michel Freitag.Jean Gould, Jean Larose et Jean Pichette .Vendredi 19 novembre à 19 h 30 F r; m m e s 1> F R F \ I: A T K A V A I l.Denis Saint-Jacques, Chantal Savoie, deux des coauteurs de Femmes de rêve au travail Vendredi 19 novembre à 17 h , Marcel Jean et David Naylor Auteurs d’Entretiens sur l'art .Samedi 20 novembre à 14 h Esther Trépanier Auteure de Peinture et modernité au Québec.1919-1939 Samedi 20 novembre à 15 h , Daniel Chartier Auteur du Guide de culture et de littérature québécoises i Samedi 20 novembre à I6h00 Espace Gallimard Stand 563 CARTE BLANCHE Lamberto Tassinari UTOPIES PAR LE HUBLOT Un regard métèque - donc forcément autre - posé sur la cité, l’art, mais aussi la mémoire (et donc l’oubli).L’héritage, plus actuel que jamais, du plus célèbre porte-parole de la transculture au Québec.160 pages, 18,95$ Signature LE VENDREDI 19 NOVEMBRE DE l8H À 19H , 1 «MU MO 1ÜMNARI UTOPIES par lu lyihlol I \ MOI ( Ml Vitomir Ahtik LA MOUCHE Vitomir Ahtik, sociologue et musicien, signe un premier roman où se débattent, vaille que vaille, des personnages dans une atmosphère de fin de siècle.128 pages, 16,95$ Signature le dimanche 21 novembre de 15H À i6h André Patry CES PIERRES QUI NOUS PARLENT André Patry jette un regard original et unique sur quelques-uns des minéraux de sa collection.64 pages, 10,95$ Signature le vendredi 19 novembre de i8h à 19H pierres qui me Luce Gauthier PROPOS D'UNE PHYSICIENNE SUR LA SITUATION DE LA FEMME DE SCIENCE Pourquoi les femmes de science ont-elles été et sont-elles toujours si peu nombreuses ?66 pages, 9,95$ Signature le samedi 20 novembre de i6h à 17H Gertrude Giroux JÉSUS - L'HOMME AVANT L'ÉGLISE Préface d’André Myre Une bibliste fait découvrir le Jésus de l'histoire, si différent du Christ de la tradition chrétienne.294 pages, 24,95$ GERTRUDE GIROUX ]ESUS L'homme avant l'Église LA BEAUTE PURE EN MOUVEMENJ.Jacques Benjamin LA BEAUTÉ PURE EN MOUVEMENT Le premier demi-siècle des danseurs des Crands Ballets Canadiens Le quotidien des danseuses et des danseurs des GBC.Leurs triomphes, leur travail, leurs tournées.Abondamment illustré, 172 pages, 19,95$ Signature le vendredi 19 novembre de 13H À14H Yvon Langlois ESCALES Yvon Langlois nous livre ses errances avec les mots d'un poète, d'un artiste, pour notre plus grand bonheur.128 pages, 19,95$ Signature le lundi 22 novembre de i8h à 19H F.s c a 1.F.s MHMAGERIE E N TA LE psychQ’ipifftRfilc Louis-Charles Lavoie L'IMAGERIE MENTALE Intégration psycho-spirituelle Pour l'auteur, l'approche spirituelle et la psychothérapie sont complémentaires et susceptibles de s'enrichir mutuellement.C'est dans cet esprit qu'il a entrepris sa recherche sur le potentiel intégrateur de l'imagerie mentale.256 pages, 27,95$ Josette Wecsu ESL WORKSHOP 1 Cahier d'exercice d'anglais langue seconde Grammaire, conversation et activités pour les niveaux débutant intermédiaire et avancé.146 pages, 24,95$ ¦MB - NMMM - ammbuj Denise Lamarche, c.n.d.CONNAIS-TU MARGUERITE BOURGEOYS?Illustré par Caroline Merola Un album-jeu, abondamment illustré, qui raconte aux petits la vie de Marguerite Bourgeoys.Comprend 43 autocollants couleurs, 9,95$ Signature le dimanche 21 novembre de 13H À 14H DISTRIBUTION FIDES • VENEZ NOUS VOIR AU STAND 928 ( onnaiti'tu (urêucritc DouifRAV?i 9794 *ïf‘lï If-’SANSFRIF Des nou v Rendez-vous au Salon du livre de Montréal, stand 709 Les 1000 meilleurs sites en français de la planète Bruno Guglielminetti - 21,95 $ L’agenda de l’internaute Bruno Guglielminetti - 14,95 $ Pour jeunes internautes seulement Corinne De Vallly -18,95 $ Le Web des vedettes Corinne DeVailly- 18,95 $ simplifié Marc Blanchet - 24,95 $
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