Le devoir, 20 novembre 1999, Cahier D
LE DEVOIR.LES SAME DI 20 ET l)| M A N l' Il E 2 1 X 0 V E M R R E I 9 9 9 ?LE DEVOIR ?Lettres québécoises Page D 3 Essais québécois Page D 4 Le Feuilleton Page D 5 ?Autour de Miron Page D 7 Littérature jeunesse Page D 10 Littérature française Page D 20 Gilles Ma rcotte L CARREFOURS La nature en allée Un siècle s’achève, parait-il.Un millénaire aussi.Je ne puis pas ne pas le savoir, puisqu'on ne cesse de m’en rebattre les oreilles, mais je ne sais quoi penser, quoi dire d’un millénaire, c'est trop gros.Quand le nouveau siècle commencera-t-il?Certains, les plus nombreux, ceux qui aiment les dates bien nettes, avec beaucoup de zéros, parlent du 1" janvier 2000.Quelques autres protestent: il faudrait attendre le 1er janvier 200L Je propose que l’on retienne l’une et l’autre dates.On se trouverait ainsi à libérer toute une année, qui n’appartiendrait à personne, qui échapperait au temps même, une année complètement vide.Ça ferait du bien, une année vide.Des vacances.Nous en aurions, me semble-t-il, nous les affolés de l’histoire, du progrès ou de la nostalgie, ça revient au même, le plus grand besoin.Mais encore, qu’est-ce qu’un siècle?Ce n'est certes pas une période de cent ans, bornée en amont par deux zéros et en aval par deux neuf.Le siècle de Louis XIV déborde le cüx-septième, celui des Lumières n’est pas strictement compris entre 1700 et 1800, Pliilippe Muray a pu parler d’un Dix-neuvième siècle à travers les âges (c’est le titre d’un essai de grand vol, un des plus étonnants des dernières décennies), et enfin, plus près de nous, il faut bien dire que le XX' siècle, en littérature québécoise, n’a pas commencé en 1900 mais quelques mois plus tôt, à la parution des Poésies d’Emile Nelligan.Un siècle, pour tout dire, c’est une fiction, une idée, une liistoire inventée de toutes pièces à partir de quelques événements ou quelques tendances.Deux livres, parus récemment en format de poche, m’indiquent une piste.Le premier est d'Yves Bonnefoy, qui est pour moi un des grands écrivains de ce temps, plus convaincant encore dans sa prose que dans sa poésie, une prose ample et souple mais toute remplie de surprises, et dans laquelle je me plonge régulièrement pour me guérir les oreilles et l'intelligence des cacophonies ambiantes.Dans ce livre d'essais, qu’il intitule Le Nuage rouge (d’après le titre d'un tableau de Mondrian), Bonnefoy parle surtout de peinture, comme il l’a fait dans plusieurs ouvrages précédents.D ne pose pas au critique, au spécialiste, bien que son information soit considérable et précise.Il est celui qui pense la peinture, ou qui pense à partir de la peinture.Et qu’il parle de Bellini, de Mantegna, de Giacometti ou de Chirico, un thème se retrouve toujours sous sa plume, celui, apparu à la Renaissance mais de plus en plus accusé depuis lors, d’une cassure entre le monde de la présence et notre monde à nous, privé de référence, livré au divers.Un des signes les plus éloquents de ce passage — particulièrement observable dans le siècle qui s'achève — est la disparition de la nature, et plus expressément de la nature habitée, du monde rural.«Il est vrai, écrit-il, qu'un monde prend fin, sous nos yeux, qui nous parait encore sans altenuitive possible.Je marche dans les dernières campagnes, mais je vois que de toutes parts les chemins qui suivaient les pentes, ne les contredisant qu’en les comprenant, appropriant le sol à notre besoin, le faisant parler dans nos jambes, fermenter dans notre fatigue, se faire en nous le vin de l’évidence, la profondeur d’où vient la lumière, disparaissent l'un après l’autre, sous l’asphalte.Et les maisons, pendant des millénaires si vraies, l’émanation du sol elles aussi, l’avènement de la terre, les voilà soit hideusement fardées soit détruites.» Nostalgie, trop facile nostalgie?Nous sommes peut-être moins sensibles à une telle disparition, nous les Québécois récents, qui au fond n'avons jamais beaucoup aimé la campagne, malgré l’idéologie dite agriculturiste qui nous vouait, il y a un demi-siècle encore, à la vie rurale.Mais oui, nous sommes bien emportés par la même VOIR PAGE D 2: NATURE rv r m* zr ¦ JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Pillant à tour de bras, je me suis vu retomber dans les sillons de ma calligra- phie à moi» Danièle Rochon, Fraîcheur ancienne ou les demoiselles au bord de la Seine (détail), 1995 Un homme sous influence Robert Lalonde L’idée a pris son envol avec Anton Tchekov, dont on montait alors La Mouette, à Montréal.Fasciné, tourmenté, voire obsédé par le dramaturge, Robert Lalonde, qui jouait Shakespeare au théâtre, s’est plongé dans l’univers du Russe, s’est laissé habiter par lui, et a écrit L’amour est une région bien intéressante, une nouvelle fidèle à Tchekov, toute en dialogues et en coups de théâtre, tragique et impitoyable.Ce fut le premier d’une série de textes qui devaient former Nouvelles d’amis très chers, son plus récent livre, qui vient tout juste de paraître chez Boréal.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Puis, tel un médium évoquant les morts, le romancier a imploré les esprits de lui rendre visite.Tour à tour, les âmes de Jean Giono, de Colette, de Francis Scott Fitzgerald, de Gabriel Garcia Marquez, de Gabrielle Roy, de Michel Tremblay et d'autres écrivains se sont présen- tées, prêtant à l’écrivain un bout de leur histoire, de leur style, montant ensemble un autre épisode de cette grande saga, cette «entreprise collective» qu’est la littérature.Agités ou contemplatifs, espiègles ou déchirés, les écrivains, morts et vivants, ont pris corps dans les personnages d’un médecin de campagne, d’un homosexuel vieillissant, de deux frères un jour d’orage, d'une écrivaine meurtrie et d’une correspondante admirative.d'un amoureux amnésique.Bien sûr, on s’étonne que certains de ces personnages parlent jouai, mi-surgis de l’imaginaire de Lalonde, mi-inspirés des œuvres des écrivains évoqués.Bien sûr, il y a du Lalonde sous leurs traits, puisque «pillant à tour de bras, je me suis vu retomber dans les sillons de ma calligraphie à moi», écrit-il en quatrième de couverture.Pourtant, Guy de Maupassant ou Michel Tremblay se manifestent en chair et en os, prenant forme et vie dans le livre, discutant ou rigolant, avec leurs drames et leur talent.Ailleurs, c’est à travers des correspondances enflammées que Francis Scott Fitzgerald et Anton Tchekov se révèlent.De leur côté, les Gabriel Garcia Marquez ou Jean Giono, les Colette et Flannery O’Connor ne prononcent pas leur nom, guidant doucement la main de Lalonde quand il VOIR PAGE D 2: LALONDE 2000 Tout ce le\l(\s onlièrumonl inédils nr comprendre le Québec d’aujourd’hui Réti •ospective du XX' siècle québécois Ri \i l)i norm n, P\( i • \m»i Listeu .( 1ili.es M «mm: tt Je\n-J\cqi i ¦> Sim \m> Un panorama complet, illustré et chiffré Une rétrospective des événements marquants Une analyse des grandes tendances sociales, démographiques, culturelles et économiques Un survol de l'actualité dans toutes les régions du Québec Un dossier spécial sur l'évolution de la famille, du couple et du mode de vie des Québécois Le point sur deux débats de l'année : le modèle québécois et l'identité québécoise Stand 928 mÊÊÊBmmMÈiÊBamÊÊÊiBmÊmÊÊammÊÊÊÊÊÊÊaummÊaÊÊÊKÊaÊ I- K I) E V OIK.LES S A M E l> I '1 O E T |) | M .v \ ( || E 21 \ O V E M B B E I it !) !! I) 2 Livres ^VA NATURE Un monde privé de la promesse de permanence que représente la terre SUITE I)E LA PAGE 1) 1 évolution, nos campagnes se vident ou se détériorent, et nous devenons des touristes sur notre propre sol, confrontés à la même perte (ou au même changement) non seulement d’un mode de vie, mais d’une signification majeure de la civilisation.Marshall McLuhan nous avait bien dit, il y a quelques années, que tout était désormais urbanisé, malgré quelques apparences.Nous avons à penser, à vivre un monde privé de la promesse de permanence que représente la terre.Dans L'Amour des trois sœurs Piale, Richard Millet nous parle de la même évolution, mais à la façon du ARCHIVES 1.K DEVOIR Yves Bonnefoy romancier, favorable aux ambiguïtés, aux contradictions plutôt qu’aux leçons claires.La réalité campagnarde, qu’il revêt d’une écriture somptueuse, n’est pas séduisante en elle-même, et la force du roman tient, justement, à ce contraste entre l’écriture, la forme, et une réalité qui semble se refuser à l’idéalisation.La famille Piale, sur la terre qu’elle travaille au profit d’un richard anobli, vit dans une pauvreté proche de la misère, et qui n’est pas seulement matérielle.Elle n'a pour richesse que ce nom de Piale, un peu étrange, contre lequel on se serre pour avoir un peu chaud, pour avoir l’impression d’exister.Le langage même lui échappe, prisonnière d’un patois qui est en voie d’extinction; ce n'est pas sans raison que les parents sont de grands silencieux.Les Piale, écrit Millet, savaient obscurément «que la partie était déjà perdue, oui, qu’ils étaient en train de descendre dans une nuit inconnue, avec leur cortège de bêtes, de souvenirs, de coutumes, de légendes, avec le peu de gloire d’une langue qui ne s'écrivait pas, que les plus jeunes ne parlaient déjà plus et qui ne retiendrait rien, ni visage, ni corps, ni geste, pas même le souvenir de ses propres vocables».L’aînée, elle, fera le passage, elle deviendra institutrice et se prendra de passion pour cette langue française qui est la langue de tous.Elle échangera «la langue des bois contre celle de la République», et c’est une belle, une grande passion qui l’entraînera ainsi à des années-lumière de son obscure enfance.Mais Richard Millet n’est pas l’homme des lendemains qui chantent, et il laisse entendre que la civilisation nouvelle SOURCE ro i.Richard Millet n’est peut-être pas plus assurée de la permanence que l’ancienne.Il pratique lui-même avec une grande virtuosité cette langue de la République, mais la virtuosité n’est-elle pas justement un signe du soir, une surenchère pour combattre la crainte d’une défection?Yves Bonnefoy et Richard Millet parlent d’une fin — et ce discours de la fin est bien un des discours majeurs du siècle qui s’achève —, mais il s’agit bien, n'est-ce pas, d’une fin proprement interminable, où ce qui se perd ne cesse de se retrouver sous des formes nouvelles.L’humanité en a vu d’autres.Quand elle a inventé la roue, par exemple.Ça n'a pas été facile.IALONDE La rébellion n’a cessé de l’inspirer SUITE DE LA PAGE l) 1 écrit, silencieusement tapis derrière des histoires qui leur ressemblent, livrant comme un chuchotis d’influence.«Ce sont des aveux d’intimité, je ne crois pas que ce soient des aveux d'identification», dit Lalonde, de ces «amis», les écrivains qui lui sont chers et qui l’ont influencé toute sa vie.Ces auteurs, ce sont des maîtres qu’il a choisis alors qu’il était adolescent et qu’il devait passer de longues heures en retenue à l’école d’Oka, où le métis est né, partagé entre les communautés blanche et amérindienne.C’est au coins de ces retenues qu’il a commencé à écrire, dit-il, noircissant les caltiers de phrases écrites «sous l’influence» de ses idoles de l’époque.Depuis, la rébellion n’a cessé de l’inspirer.Au cœur du bruit «L’écriture, pour moi, est associée à la délinquance, dit-il.Pour écrire, il .faut que je sois en déséquilibre», explique celui qui dit ne pas écrire dans le silence ni dans le recueillement, mais plutôt entre les pages bruyantes de la vie.Robert Lalonde écrit dans les cafés, dans les loges des théâtres où il joue, de préférence quand il n’a pas le temps, quand il est attendu ailleurs.Il se laisse étonner par son propre texte, qui prend souvent mie direction différente de celle qu’il avait envisagée au début, ltistoire de garder intact son propre intérêt.«Il n'y a pas un de mes livres auxquels je m’attendais», dit-il.Il écrit parce que la vie passe trop vite pour la laisser filer, pour quelle dure un petit peu plus longtemps, accrochée au hasard, suspendue entre les lignes régulières d’un livre ou d'un cahier.«Quand j'étais au collège, j'écrivais mes textes et je faisais mon plan après», confesse-t-il.Robert Lalonde écrit tous les jours, depuis déjà trente ans, sur ce qu’il observe, sent, hume, entend.C’est que GROUPE :ÇV;C?— ôanttau — & JpÀILMÀIR, - -ü du 11 au 17 nov.1 ROMAN Q.1 M.Tremblay Leméac 2 CUISINE Le guide du vin 2000 2 Michel Phaneuf Homme 3 FINANCE Votre vie ou votre argent?136 Domiguez & Al Logiques 4 HISTOIRE 100 ans d'actualité 1900-2000 2 Collectif La Presse 5 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous 9 106 I.Nazare-Aga Homme 6 JEUNESSE Harry Potter et la chambre des secrets 9 27 J.- K.Rowling Gallimard 7 ROMAN Q.Gros mots 4 Réfean Duchame Gallimard 8 ROMAN Stupeur et tremblements * 12 Amélie Nothomb A.Michel 9 NUTRITION Une assiette gourmande pour un cœur en santé 2 Collectif Institut de Cardiologie 10 ROMAN Je m'en vais (Prix Goncourt 1999) 9 5 Jean Echenoz Minuit 11 SPIRITU.L'art du bonheur 9 35 Dalaï-Lama R.Laffont 12 BIOGRAPH.2 Lise Payette Libre exprès.13 ROMAN Q.La petite fille qui aimait trop les allumettes 9 55 Gaétan Soucy Boréal 14 I POLAR Le dernier coyote 9 3 M.Connelly Seuil 15 ROMAN Autobiographie d'un amour 7 Alexandre Jardin Gallimard 16 LOISIR Le guide de l'auto 2000 7 Duval/ Duquette Homme L7 JEUNESSE Harry Potter et la chambre des secrets 9 27 J.- K.Rowling Gallimard «j JEUNESSE Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban 2 J.- K.Rowling Gallimard 19 JEUNESSE Une bien curieuse factrice 7 D.Demers Q.- Amérique 20 .ROMAN Q.Les émois d'un marchand de café 6 Y.Beauchemin Q.-Amérique JEUNESSE 10 Henriette Major Fides 22 | ROMAN Q.Légendes.le long du St-Laurent 3 André Croteau Henri Rivard 23 _ .-, ESSAI 2 Dr.Patenaude CL-Amérique 24 ' POLAR La loi du plus faible 3 John Grisham R.Laffont 25 PSYCHO.Le harcèlement moral 55 M.- F.Hirigoyen Fidion 26, PSYCHO.1 J.Monbourquefe Novalis 27 j BD.Largo Winch - Et mourir 9 FnroqTV.Hamme Dupuis 28 : JEUNESSE Devine combien je t'aime 9 168 McBratney 1Jeram Eccéb dos bets 2S- ESSAI L'Etat du monde 2000 5 Collectif Boréal 30 CUISINE Sushi 9 5 Ryuichi Yoshii Soline 31.ESSAI Q.Un siècle à Montréal 3 Collectif Trécarré 32 MATERNITÉ L'alimentation durant la grossesse 2 LaurendeeiYCoutu Homme 33 ROMAN Un parfum de cèdre 9 7 A.-M.Macdonald Flammarion Q.34 CUISINE Les sélections du sommelier, Éd.2000 3 F.Chartier Libre Exprès.35 PSYCHO.Le courage d'étre soi 26 J.Salomé Ed.du Relié 36 BD.9 Tome / Janry Dupuis 37 POLITIQUE La mondialisation de la pauvreté 9 93 M-Chossudovsky Écosodété 38 BD Géronimo l'apache n°26 3 Charlier Dargaud 39 CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires 9 261 Daniel Pinard Boréal 40 ESSAI Q.1 Serge Chapleau Boréal 41 ROMAN j La maladie de Sachs 9 42 M.Winckler POL 42 MÉDECINE Un vétérinaire en colère 9 5 Charles Danten VLB 43 PHOTOGRA 20 Marie-M.Robin Chêne 44.NUTRITION 4 groupes sanguins, 4 régimes 7 Rotor J.D'Adamo Ed.du Roseau 45 ROMAN Q.j Lettres à mademoiselle Brochu 9 3 M.-O.Moutier Effet Pourpre Eaux Édition augmentée de 4 nouvelles inédites Monique Durand Eaux ' r.'-•v îuMmÈÊË •'•A-'vr ’ 1 - v r ' ; W ' *• T - : > ' r le Seront à Plumes 24,95$ - 140 pages Le Serpent à Plumes «Un style impeccable, à la poésie à fleur de mots, (.) où chaque texte se déroule harmonieusement dans une tension croissante qui nous laisse pantelant.» Le Devoir «En quelques pages, des destins basculent, emportés comme par le «vertige d'eau» d'une rivière en crue.» Le Monde «Dix nouvelles aquatiques : eau de mer, de rivières ou de fleuves, ou l'eau des pleurs.(.) Eaux douces, eaux tumultueuses » Libération Prix du Gouverneur Général 1999 LA DANSE JUIVE Lise Tremblay Nos plus sincères félicitations ÏJP Coups (Je cœur Ronaud-Bray HH 1 ère semaine sur notre liste NOMBRE DK SEMAINES DEPUIS Ll l R PARUTION couvrez notre nouvelle succursale au coeur du Till age 1155, rue Ste-Catherine Est (angle Wolfe) Montréal H2L 2G8 (514)527-4477 ___________________^BEAUDRYII •• Ln roman très réussi.» Marie-France Bazzo, Indicatif présent SRC ¦¦ ht Dame juive est un de ces romans qui vous fascinent et vous dérangent profondément.[.] On ne peut quitter ce très grand roman, il reste en nous avec ses incroyables mais, pourtant, si familiers déplacements, ainsi cette boite à souliers remplie de morts.Une profondeur étonnante, une beauté impitoyable.• Nicole Hotidc.Lubie « [.] parmi les meilleurs romans publiés cette année au Québec.• Robert Lévesque, Midi-Culture, SRC • Lise Tremblay possède une écriture vraiment impressionnante [.] J’ai beaucoup apprécié.[File] écrit de mieux en mieux».Monik Richard, lu Vient proie.(KM Rien n'est moins excitant que les romans de Lise Tremblay, lit pourtant, on n’abandonne aucun de ces romans avant de les avoir goûtés jusqu’au dernier mot.sans doute parce qu’ils distillent cette petite musique qui tient d’on ne sait quoi, peut-être du talent, tout simplement.Reginald Martel, Lt Presse ¦¦ I-.] Voilà une écrivaine qui écrit le doigt sur la plaie, là où la vie.ça nous fait mal.lean Fugère.le Journal de Montréal LEMÉAC SOURCE I E BORNAT Danièle Rochon, Fraîcheur ancienne ou les demoiselles au bord de là Seine (détail), 1995 l’homme a une oreille qui recueille tout.« Quand j’étais petit, les gens disaient toujours: “Ne parlez pas devant Robert”», se souvient-il en riant de sa précoce réputation de conteur.En lui, il y a un contemplatif et un acteur, un taciturne et un agité, celui-là qui écrit et qui, jeune homme, se faisait un peu d’argent en travaillant l’été au parc Paul-Sauvé d’Oka, oit il apprenait à lire la nature, et celui-ci qui joue la comédie, qui a choisi très tôt le métier de comédien parce que cela lui permettait de «mentir vrai».Jeune, Lalonde a en effet choisi le métier d’acteur parce qu’il lui permettait de dire, à travers les mots de Molière et de Giraudoux, ce qui lui aurait valu d’être renvoyé du collège s’il l’avait dit lui-même.Plus tard, ce sont ses propres mots d’écrivain qui sont devenus publics, et il avoue aujourd’hui qu’il lui serait désormais presque impossible de cesser d’écrire.Et il y a aussi le grand sensible, l’observateur aigu du monde, le récolteur de vie qui consigne, inlassablement, le produit de sa quête quotidienne, sur de grands feuillets couverts d’une écriture aérée et qu’il traîne avec lui en tous lieux.Celui qui peut écrire tout un roman à partir d’un bout de conversation attrapé au hasard dans la rue et qui marche en équilibriste habile et désillusionné sur la corde raide des émotions et de la réflexion.Le promeneur attentif Le jour de notre entretien, Robert Lalonde avait suivi avec un vif intérêt les propos échangés par deux handicapés devant la tour de Radio-Canada.Tous deux voulaient mourir, mais, disaient-ils, ils se sentaient constamment sous surveillance.Par la suite, il a observé la chute des feuilles dans le parc, où il est allé se promener «pour [se] réincarner un peu parce ç«[‘il se sentait] machinal».Dans l’autobus, Robert Lalonde écoute, épie les conversations, observe.Récemment, il a surpris cette conversation entre deux frères liés par le destin tout en souffrant du lien, de «l'intimité incroyable et très douloureuse» qui les définissait.«Les gens disent et montrent plus de choses qu’on ne le croit», dit-il.En ce moment, il concocte une pièce mettant en scène Gustave Flaubert, dont il savoure chaque mot, à une époque qui étouffe sous la rectitude politique.En amont de l’écriture, il y a la lecture, la bibliothèque.«C’est la république des lettres qui est en moi», dit-il.Car Robert Lalonde aime lire tout aussi bien qu’écrire.«Un style, ou uné façon décrire, cela ne se trouve pas sans lire, dit-il.Paradoxalement, cela peu) vouloir dire que, momentanément, oh peut être dans les traces de quelqu'un* Ces Nouvelles d'amis très chers vient lient d'ailleurs à la suite du Monde sur le flanc de la truite et du Vacarmcur, qù l'écrivain faisait résonner, en prenant appui sur sa propre sensibilité, les mots d’autres écrivains.i Au moment de notre rencontra Robert Lalonde s’apprêtait à partit' pour Rome, où il représente le Que» bec dims un jury qui s’intéresse aux livres écrits dans l’une ou l'autre des langues latines.Parrainant l’écrivaine québécoise Marie-Claire Blais, il s’est prononcé sur différents ouvrages en français, mais aussi en roumain, en espagnol, en portugais.Quand il lit, Robert Lalonde se dit investi en quelque sorte du don des langues, et il compte bien s'efforcer de lire plusieurs des ouvrages soumis dims leur langue d’origine.En riant, il évoque la Pentecôte, au cours de laquelle les apôtres ont reçu le don des langues, leur donnant la force et les aptitudes nécessaires pour répandre la bonne nouvelle.Où trouver l’équilibre entre ces personnalités à la fois si contrastées et si fortes?Entre le tranquille et le nerveux, l’écrivain et l’acteur?Peu pressé de choisir, Robert Lalonde préfère donner libre cours à l’un puis à l’autre, en reconnaissant que lçs personnalités de l’écrivain et de l'acteur ont parfois quelques conflits d'horaire.Ce qui est heureux.La dispàtfL tion des conflits correspond en effet ',à une mort clinique, dit-il.En vieillissant Robert Lalonde croit mieux cotri-prendre son père, un brin fataliste Vouloir cesser de souffrir, croit-il, revient à se condamner à la mort.Des Amérindiens, il reconnaît avoir hérité une vision empreinte de tolérance, légèrement animiste, qui né cherche pas à changer les choses'à tout prix.Cependant, celui qui écrit (frit un geste social et humain.Les éçd-vains vivent en chacun de nous, donc aussi bien les écouter, dit-il.Ne tTfr-vaillent-ils pas tous ensemble ab mieux-être de l'humanité?NOUVELLES D’AMIS TRÈS CHERS Robert Lalonde Le Boréal Montréal, 1999,162 pages www.renaud-bray.com v t te/n Stanké LE DEVOIR.LE S S A M EDI 2 O E T I) I M A X (' HE 2 1 X O V E M B R E 1 H O I) 1) 3 ~ Livres -*¦ Romans québécois Le scandale de Dieu Le Maître de jeu est un récit magistral, qui fourmille d’aperçus brillants, de forts paradoxes qui sont bien plus que des boutades LE MAITRE DE JEU Sergio Kokis .XYZ, collection >• Romanichels» Montréal.1999,260 pages Quel luxe ce serait de pouvoir, jeune encore, disposer de tout son temps pour profiter de toutes les aventures ou, plus modestement, goûter chaque heure qui passe.C’est dans cette situation idéale que se trouve Ivan Serov, le narrateur principal du roman de Sergio Kokis.A la fin de ses études supérieures en théologie — il est sans doute de confession protestante, puisqu’il devait l’enseigner à la prestigieuse université de Cambridge —, Serov renonce subitement à sa perspective de carrière pour cause de scepticisme aigu.11 se rend compte qu’il n’a «jamais tout à fait cru aux bondieuseries», que ses recherches n’avaient été qu’un jeu intellectuel au plaisir éphémère.Grâce à un héritage, ce jeune homme dont l’esprit est nourri de textes anciens peut se permettre de vivre en dilettante.11 s’adonne alors à la compassion en devenant le confident d’un réfugié politique latino-américain, Tia-go Cruz, un activiste politique qui a connu la prison et la torture et qui a survécu miraculeusement à d’effroyables sévices.Cruz, dans l’espoir de retrouver un sens à sa vie.demande à Ivan de l’écouter et d’être le chroniqueur de son passé.Mais les temps libres d’Ivan Serov vont être occupés encore davantage lorsque débarque dans sa vie un mystérieux inconnu qui se dit son ami.Cet homme joyeux, plein d’aménité, qui dit s’appeler Lucien, semble tout savoir d’Ivan, y compris ses pensées les plus secrètes.Qui est-il, au juste?Pourrait-il s’agir de son double, comme le soupçonne brièvement le jeune théologien éberlué?Serait-il en train de vivre la même expérience que Go-liadkine, ce personnage d’un roman de Dostoïevski?Cet étranger qui a «l'air de vouloir le tenir captif d’un malentendu» serait-il quelque fantôme, voire le démon?Lucien met vite fin à toutes ces spéculations: il n’est pas Lucifer, mais bien Dieu en personne.le grand architecte, le «maître de jeu» qui en propose un, tout simple, à Serov: celui-ci l’hébergera, et ils s’adonneront, pour le pur plaisir de débattre, à une joute verbale au cours de longs entretiens nocturnes.Ivan Serov occupe donc ses journées à s'entretenir avec le réfugié Tiago et ses nuits, avec le Dieu Lucien.Il va de l’un à l’autre, de celui qui ne peut plus rien, que l’Histoire a broyé et oublié, au Tout-Puissant qui, s’ennuyant dans son éternité, s’incarne parfois dans le monde qu’il a créé pour s’y divertir.L'exilé politique n’est plus qu’un corps meurtri dont le cerveau est peuplé de cauchemars: il n’est même plus sur d'exister encore.Lucien, à l’inverse, est à son aise partout et à toutes les époques; au fil des siècles, on lui a prêté tant d’identités et de pouvoirs qu’il peut s’offrir le luxe suprême d’en refuser, le loisir divin de choisir ceux qui lui conviennent.Ivan éprouve parfois de l’agacement à écouter le récit de Tiago, qu’il tente d’inciter à la colère et éventuellement à la vengeance contre son bourreau.En revanche, il est plutôt fasciné par Lucien, qui se révèle un Dieu plein de verve mordante et qui s’adonne avec jubilation à une relecture carnavalesque des Ecritures; il redistribue allègrement les torts et les mérites et n’épargne aucune tradition, judaïque ou chrétienne: Dieu le Père serait un gros farceur et le Jahvé des juifs, un «dictateur ultranationaliste et névrotique».Robert C II a r t r a n d L’AMOUR MALLARMÉ '¦Aïv Mia: roman 24,95 $ 4/7rix Robert-Cliche El ceq l> U I* R ! M I r R K O M A N 1QÇQ QUÉBEC LOISIRS « Peuplé de personnages attachants et fort agréable à lire.» Reginald Martel, La Presse « Une écriture personnelle savoureuse et immensément colorée.» Pierrette Roy, La Tribune Il CROUPI \ 111 IM AS» nrilKAUKF G ) / vlb éditeur www.edvlb.com (/(’ ¦/(/./(// j'uüir.e (< /ta.)j/o/c , NU .n'iut.U' O"0' in V>n»P"cr- H me ù'" ,,c" «tmcwv .•iuistnws'" 'meiwit-o' rrfip0® ! UnWbrïOB 1 «fen*** „ Lise Payette a du nouveau pour vous ! Texte dramatique ; Roui k Racine LE CŒUR DE MATTINGLY r.Une longue déclaration d’amour dite par une femme, sous l’œil fou 132 pages • 17,95 $ d un homme cjui n’ a rien d’autre à donner à celle qu’il ne sait plus aimer qu’un cœur de meurtrier.2 -s* Boréal AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Stand 529 ^ Boréal fi Qui m’aime me lise www.editionsboreal.qc.ca L’ombre du grand Russe Dieu, la victime et l’intellectuel forment un trio de personnages où on sera évidemment tenté de voir une trinité moderne, d’autant que Le Maître de jeu ne se cache pas d'être un roman d’idées, le récit d’une quête spirituelle et de débats moraux comme le sont les romans de Dostoïevski auxquels se réfèrent Lucien et Ivan à plusieurs reprises.Le roman de Sergio Kokis fait plus particulièrement écho au chef-d’œuvre de l’écrivain russe, Les Frères Karamazov.Et ce n’est pas pure coïncidence si Tiago a été emprisonné pour délits politiques, comme Dostoïevski en son temps et Sergio Kokis lui-même, dans son Brésil natal.Dans ce roman où il ne se passe presque rien, tant chacun est occupé à penser, sinon des échanges d’idées, des confrontations de points de vue; où le théologien réfléchit et écoute, tour à tour, Dieu qui disserte et le réfugié politique qui se souvient, défilent des dizaines de figures, saluées ou moquées selon les parti pris de Lucien: celles de Thérèse d'Âvila, de Luther, de Montaigne, de Hegel, d'Einstein, de Jean-Paul Sartre, dans un vaste remue-ménage historico-philosophique, mené sur le ton parfois badin d’une conversation de pur divertissement.Mais Le Maître de jeu n’est pas pour autant un livre à thèse ou un essai déguisé.Lucien-Dieu, qui ne s’y trompe pas, incite Ivan à le prendre comme un livre qu’il serait en train de lire: «Je t’offre la position du lecteur et je fournis des bribes du livre que tu liras.» D’ailleurs, les humains eux-mêmes ne seraient «qu’unefiction dont les règles sont établies d’avance».Quant aux notes d’Ivan sur le passé de Tiago, elles deviendront peut-être un livre, encore que le chroniqueur constate qu’il ne peut rendre la douleur, la cruauté qu’a subies Tiago: comme le soulignait un personnage d’Errances, un roman de Kokis paru en 1996, «le réel est indicible lorsqu’il m samedi 20 nov.de 13 h à 16 h dimanche 21 nov.del3hàl6h éé En politique comme au théâtre, l’important est de ne pas rater sa sortie.99 m, SOURCE XYZ ÉDITEUR Le Maître de jeu de Sergio Kokis ne se cache pas d’être un roman d’idées, le récit d’une quête spirituelle et de débats moraux.dépasse un certain seuil d’intensité».C’est ainsi que Le Maitre de jeu apparaît comme un livre sur le livre, une Bible remise en chantier, scandaleuse parfois, une fable morale à la mesure de l’époque actuelle, où on fait une grande consommation de dieux divers et où, comme le dit Ivan, les grands inquisiteurs «sont à Rome et à Washington, dans tous les sièges d’entreprises et du pouvoir» maintenus par un dieu cynique dont Us font l’affaire.Tiago est la victime quasi absolue, sacrifiée inutilement à la raison d'Etat devenue furieuse, comme des milliers d’autres un peu partout dans le monde, et notamment en Amérique latine: on pense au plan Condor, cette monstrueuse conspiration des régimes mi- litaires, dont les rouages vont peut-être être révélés incessamment.Tiago est un simple humain, un Clirist anonyme renié par ses proches, un martyr insignifiant qu’on privera même de la dernière dignité à laquelle il aurait pu s’accrocher: la faculté du pardon, puisqu’une amnistie generale vient d’ètre proclamée dans son pays.Tout ce qu’il a subi est dès lors nié.Cela n’a pas existé.Quant à Lucien, ce superbe personnage en qui Ivan voit «un amalgame du Dieu du catéchisme et de Casanova», il n’a que faire de la bonté ou de la méchanceté, qui sont des inventions humaines.Il lui suffit d'avoir réglé le début du grand jeu de l’univers — il raconte le big-bang en vrai connaisseur —: depuis, il Lusse ses créatures aller leur chemin, libres, ou en tout cas responsables de leurs œuvres de génie comme de leurs pires actes de bassesse.Il déboulonne les statues qu’on lui a érigées et ne s’incarne que pour le di-vertiss ‘ ' parfois à des pla.-Uo Mais c’est surtout un Dieu sain, un père qui lance ses enfants dans la rie (iprès leur avoir offert un bon départ A eux de se débrouiller par la suite et qu'ils cessent de geindre ou de se réclamer de Lui pour cautionner leurs actes ou — pire — donner un sens à leur existence! Le Maitre de jeu est un récit magistral.qui fourmille d’aperçus brillants, de forts paradoxes qui sont bien plus que des boutades.C'est un divertissement tragicomique de très haute tenue qui recèle une charge scandaleuse.Sur fond de débats millénaires sur le bien et le mal, la liberté et la prédestination, c’est mie réflexion ouverte sur le monde actuel, où se pose avec une acuité remarquable la question du pouvoir.rchartraiicKS videotron.ca Rober Racine LE CŒUR DE MATTINGLY Le 3Cvolet de son aLitobiographie Des Femmes d’honneur Une vie engagée 1976-2000 K ^ L E I) E V OIR, L E S S A M EDI 2 0 E T I) 1 M A X (Ml E 2 I X 0 V E M B I! E ! !l !) ! D 1 -*• Livres Essais québécois Sacrée religion! PETIT TRAITÉ DE LA VRAIE RELIGION A l’usage de ceux et celles qui souhaitent comprendre un peu mieux le XXIe siècle Guy Ménard Éditions Liber Montréal, 1999,234 pages Original, mené avec fougue, festif et éclairant mais flirtant avec un relativisme un peu béat, ce Petit traité de la vraie religion m’a réjoui et inquiété tout à la fois.D'abord les fleurs, nombreuses.Professeur non pas de théologie mais de sciences religieuses, Guy Ménard n’inscrit pas ses travaux dans une démarche confessionnelle.Quand il affirme, par exemple, que «les vieilles catégories de la religion demeurent au contraire parmi les plus fécondes pour comprendre le monde dans lequel nous vivons», il faut saisir qu’il s'agit pour lui d’explorer «une dimension fondamentale et constitutive de l’être humain» dans une perspective anthropologique.La nuance est de taille et donne à ce projet toute sa saveur et son originalité.Ainsi, à partir d’une conception très large du phénomène religieux qui englobe mais ne se limite pas à ses formes anciennes et traditionnelles, Ménard entend réfuter la thèse selon laquelle la sécularisation et le désenchantement du monde qui ont marqué les sociétés occidentales modernes auraient entraîné un effacement de la religion.Il nous propose plutôt d’emprunter «la théorie des déplacements du sacré» en guise d’hypothèse heuristique: «Selon cette théorie, l'expérience du sacré ne disparaît pas forcément avec les avancées du processus de sécularisation (des institutions et de la culture); elle a simplement tendance à se déplacer vers d’autres “objets” et dans des sphères de l’existence différentes des institutions religieuses où elle se vivait traditionnellement.» La «vraie religion» du titre est donc à entendre au sens très englobant des «rapports que les humains entretiennent avec le sacré», des rapports que Ménard appréhende d’abord comme expérience phénoménologique et ensuite dans une dynamique socioculturelle.Dire l’indicible Définir le sacré n’est pas chose simple et notre guide s'y emploie avec une compétence toujours soucieuse de clarté.Expérience plus ou moins floue d’une présence à la fois fascinante et terrifiante par sa puissance, l’irruption du sacré (hiérophanie, selon le tenue de Mircea Eliade) vient troubler l’expérience profane en échappant à «l’évidence des faits».Mis en contact avec le «tout autre» (les tables de la Loi biblique, mais aussi bien le veau d’or et la bouteille de Coke du film Les dieux sont tombés sur la tête), l’homme, être de langage, se retrouve aux prises avec la difficulté de dire l’indicible, d’où son recours au registre symbolique du langage qui débouche sur le mythe.Destinés à dire le sacré, à communiquer l’incommunicable, les mythes ont des visées, encore selon Eliade, à la fois archéologiques et eschatologiques.Ménard en reconstitue la typologie (pourvoyeurs de raisons de vivre, récits des origines, situés dans un temps différent du temps de la vie, mettant en scène des acteurs hors du commun et fournissant une direction à l’action) et rappelle que leur fonction (fournir des réponses aux «pourquoi») n’a rien perdu de sa pertinence, même à notre époque techno-scientifique.En guise d’exemples récents opérant selon cette logique, il mentionne la puissance d’évocation du mythe américain et la déclaration solennelle rédigée par Vigneault et Laberge pendant la campagne référendaire de 1995.Participant eux aussi de cette «gestion du sacré» propre à la fonction anthropologique de la religion, les rites (dans leurs formes multiples: expiation, pénitence, sacrifice, de passage) Louis Cor ne II ie r SOULIÈRES ^ r ÉDITEUR ILS N’ATTENDENT QUE VOUS ! Alain M.Bergeron Jean Bernèche Paule Brière Pierre Desrochers Pierre Filion Gérald Gagnon Daniel Laverdure Robert Soulières Gilles Tibo Jean-Louis Trudel Mouvements PIERRE CRÉPEAU Kami mémoires d'une bergère teutonne | Roman 15,00$ Éditions David d'AmériQue «À bien y penser, les familles mixtes ont un certain avantage: la promiscuité masculine développe chez nous, les filles, une nécessaire agressivité en nous apprenant à nous battre, dès le plus jeune âge, contre la domination des mâles.» Regroupement des éditeurs canadiens-français Wi ;V(| apparaissent connue des événements nécessaires à la réactualisation des mythes qui, sans ces rappels, resteraient lettre morte.Voilà pour l’aspect phénoménologique, intelligemment et agréablement mis à jour par Ménard.La seconde piste explorée par ce Petit traité tente de saisir cette même expérience, mais cette fois-ci dans une perspective socioculturelle.Sous cet angle, il importe d’abord de poser le rapport dialectique qui unit le sacré au profane: «On voit dès lors que si elles s’opposent, en un sens, ces deux sphères — celle du sacré et celle du profane — sont également indissociables.On vit du sacré mais dans le profane.Et tel est précisément, pourrait-on dire, le rôle de la religion comme gestionnaire de la circulation entre ces deux sphères.» Or ce rôle n’est pas une sinécure.Puissance vivifiante, le sacré, laissé incontrôlé, risque d'empiéter sur le versant profane de la vie qui s’accommode mal de cette énergie débridée, d'où la nécessité des interdits qui pèsent sur le sacré (sur le sexe, sur la mort, sur le contact avec les objets du culte) et les manifestations de transgression qui s’ensuivent inévitablement: «La transgression affirme donc tout à la fois la nécessité habituelle du respect de l’interdit (sans quoi il n'y aurait simplement pas de vie humaine possible) et la nécessité de son dépassement périodique (sans quoi la vie humaine s’étiolerait dans une usure mortifère).» Le cas de la fête, à ce titre, est éclairant.Ménard en parle comme d’une expérience religieuse transgressive dont le but est d’aller «chercher, à travers l’excès et la dépense, un surplus d’énergie ou de sens pour continuer à vivre», un exercice périlleux qui perdrait son sens et sa fonction à se généraliser puisque cela reviendrait «à dissoudre la dialectique même du sacré et du profane».Un rôle régulateur La distinction entre sacré domestique et sacré sauvage trouve là toute son importance.Le premier, dont l’intentionnalité est bien définie, revivifie: le second, privé de fins (Ménard avance l’exemple de la défonce dans la drogue), mortifie.Conclusion logique: «Vraisemblablement inévitables en période d'anomie, les dérapages sauvages du sacré confirment eux aussi, à leur manière, non seulement Inutilité sociale” de la religion mais plus encore sa nécessité anthropologique dans l’aventure de l’espèce humaine.» Ce qui amène Ménard, à juste titre, à reconnaître le rôle capital des institutions (de types très divers) dans la bonne gestion du religieux.Là où, à mon avis, les propos de Ménard exigent d’être reçus avec plus de circonspection, c'est lorsqu’il aborde le phénomène religieux ainsi défini dans ses manifestations dites postmodernes.Après avoir présenté le concept de postmodernité en empruntant aux thèses de Lyotard et de Lipovetsky telles que relues par Yves Boisvert (fins des grands mythes, des grands récits, hédonisme, éclectisme, indices d’un réenchantement du monde), Ménard en tire des conclusions par trop corn- Guy Ménard petit traité de la vraie religion ¦ l ut sa vie, encore que celle-ci soit à bie î des égards digne d'un roman.Sous 11 forme d’un rapport de police, précis e t détaillé, le texte de Bouchardeau es t tout aussi passionnant que l’existenc ; qu’il évoque.-j Lui qui voulait composer assez librement se voit comprimé entre son besoin d’argent et l’impossibilité de trouver le temps nécessaire pour faire ce qu’il voudrait, fi fait cinquante-six métiers.Professeur privé, copiste, lecteur et correcteur d’épreuves, transcripteur ou orches- trateur.Homme de grande intégrité, il se fait des amitiés et s’attire un grand respect.Mais il y a le problème amoureux.Notamment sa femme, ou plutôt sa belle-famille, voire plus spécifiquement sa belle-mère.Ce sont des personnes «nerveusement fragiles» et Joël Des Rosiers pour son recueil de poésie Vétiver publié aux Éditions Triptyque Ville de Montréal Félicitations au de MonUjj^jj| lauréat ma Prix < du livre msmsammt*.Séances de signature au Salon du Livre de Montréal 7 999 « Stand 64 7 PAULINE JULIEN.LA VIE À MORT Louise Desjardins JARDIN ET PRAIRIE Alison Lee Stray HOTEL BRISTOL, LA MUSIQUE, LA NEW-YORK, N.Y.RECHERCHE ET Michel Tremblay LA VIE Jean-Jacques Nattiez LA CONJURATION DES BÂTARDS Francine Noël ON A RAISON DE FAIRE LE CAMÉLÉON Jean-Marie Poupart ADIKIA Roumanes •• Pour tous ceux qui s'intéressent à la chanson Québécoise, à i histoire récente du Québec et à Pauline Julien.c’est un MUST! Un livre passionnant!» Sylvain Houdc Jamais sam mon livre.SPC Sera présente le vendredi 19 novembre de 1 Sh à 16li, de 18h à 19b et de 20h à 21 h, le samedi 20 novembre de 15h à 17h et de 20lt à 21 h, le dimanche 21 novembre de 14h à 15li A I occasion du décès de sa grand-mère, une jeune femme lait le deuil de son enfance.Un récit tout en nuances sur l'exil linguistique et çulturcl.Sera présente le samedi 20 novembre de 15h à 16h, le dimanche 21 novembre de 13h à 14h Lt longue lettre-confession de Jean-Marc, écrivain, à son ami psychanalyste séjournant à Paris.Sera présent le vendredi 19 novembre de 15h à 17h et de 19h à 21 h, le samedi 20 novembre de 14h a 16h et de 19h à 21 h, le dimanche 21 novembre de 14h a I 7h et de 19hà21h »Un livre savant a mettre entre toutes les mains.» I rançois Tnusignani, / c /hrnir p En nomination pour le prix Opus du livre de l'année sur la musique Sera présent le vendredi 20 novembre de 16h à 17h, le dimanche 21 novembre de 16h à 17h LEMÉAC ¦¦Vous attendiez le grand roman de cette fut de siècle?Ne cherchez plus : après sept ans tic silence, la romancière à succès Francine Noel [77.J lance une œuvre forte, magnifique, bouleversante.» Raymond Bertin, Voir Montréal Sera présente le vendredi 19 novembre de I5h à 16lt et de 19h a 20, le samedi 20 novembre de 14h à 15h et de 20h à 21 h, le dimanche 21 novembre de 13h à 14h "(.) je n’ai jamais lu un roman québécois qui ratisse aussi large dans le dictionnaire et qui vous raconte une histoire toute simple : un type doué qui tue un-écrivain.Fascinant.Magnifique.» Robert Lévesque, Un dimanche h lu radio, SUC Sera présent le samedi 20, novembre de 16lt à I 7h, le dimanche 21 novembre de 19h à 20li I luit miniatures en prose qui invitent à pénétrer dans l’atelier du peintre pour mieux voir les liens qui s'instaurent entre le peintre et son modèle.Sera pr.ésent le samedi 20 novembre de 17h à I8h et de 20h à 21 h au Salon du Livre de Montréal VENEZ RENCONTRER NOS AUTEURS Bamboté, Roch Banville, Audrey Benoît, Anne Bergeron, Isabelle Bergeron, Claudine Bertrand, Guy Bertrand, Louise Blanchard, Emile Boudreau, Luc Chartrand, Michel Chartrand, Carole Clément, Raymond Cloutier, André Dalcourt, Lise Demers, Patrice Desbiens, Yvon Deschamps, Sylvie Dion, Georges Dor, Jasmine Dubé, Michel Duchesne, Andrée Dufresne, Fernand Foisy, Jacques Fournier, Louis Fournier, Michel Garneau, Marie-Louise Gay, Alain Gagnon, François-Marc Gagnon, Pierre Gobeil, Claude Jasmin, Robert Lahaise, Jean-Sébastien Larouche, Johanne Laurier, Denys Lessard, Raymond Lévesque, Paul Marchand, Marcel Pepin, Martine Pratte, Pascal-Andrée Rheault, Jean-Pierre Rogel, Fabienne Roitel et le collectif TREIZE de l’École nationale de l’humour: Bruno Blanchet, Pascal Blanchet, Alain Chaperon, Philippe Daoust, André Ducharme, Frédéric Gagné, Bruno Landry, Jean-François Léger, François Parenteau, Daniel Thibault, Martin Thibaudeau, Pierre-Michel Tremblay DANS LE GRAND ENSEMBLE DE PROLOGUE LE I) E V 0 I K ¦ LES SAMEDI 20 K T 1) 1 M A ,\ THE 21 X 0 V K M B R E I !) !) !) -«• Livres **- I) Les photographies de Nicolas Bo^yier D' Robert Patenaude u r e Q(4.M( AMCWQW Demers Une histoire d’amour et d’amitié à rebrousse-poil, un roman qui glane et fouille sans complaisance la condition humaine.¦¦ LANCTOT EDITEUR Le livre qui fait la nouvelle! ‘"/ma, LA VOIX DI CARLA Elise Turcotte Ail International Holidays Texts in English • Deutsch • Français Saturday 5AMSTAC SAMCO» Fè\t NtUcnjir du Qv#bf< Sunday SONNTAC DIMANCHE Week 25 Un inquiétant voyageur Mu.Donald Byrd.48th Street.New York City 1960 DANS LA VAPEUR BLANCHE DU SOLEIL Nicolas Bouvier Editions Zoé Genève, 1999,206 pages GILLES ARCHAMBAULT Disparu l’an passé, ce Genevois issu de la bourgeoisie qu’était Nicolas Bouvier pratiquait le voyage comme certains écrivains écrivent.Entendez par là qu’il partait à l’aventure dans les régions les plus éloignées et que ses errances étaient en même temps des remises en question de l’être fragile qu’il était.Dans la vapeur blanche du soleil est constitué de photographies et de documents iconographiques appartenant à l’auteur que viennent ponctuer des extraits de ses livres et quelques inédits.Je ne sais rien de la valeur des clichés que renferme l’ouvrage que j’ai devant moi.Ils me paraissent admirables de simplicité.Bouvier savait capter la nudité d’un paysage, la pureté des visages.Qu’il soit au Japon, en Iran ou à Ceylan, il photographie la vie dans ce quelle a de plus dérangeant, c’est-à-dire son déroulement même.«On voyage, dit-il dans L’Usage du monde, pour que les choses surviennent et changent; sans quoi on resterait chez soi.» A l’occasion d’un voyage en Iran: «Moi qui croyais vivre frugalement, j’avais l’impression que mon bonnet miteux, ma veste râpée, mes bottes beuglaient l’aisance et le ventre plein.» Que cherchait Bouvier dans ses expéditions, sinon une vision du bonheur?«Ces éclats de perfection, de fusion, de félicité totale, nous ne pouvons les vivre qu’en courant alternatif, alors que la Création, malgré son absurdité démente et sa férocité, en offre des exemples en courant continu.» On comprendra que j’ai adoré ce florilège savant composé de phrases d’une simplicité admirable que viennent illustrer des photos qu’aurait prises un voyageur étonné, déboussolé, d’une discrète impudeur.«On ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore.» Bouvier raconte avec amusement, dans Carnet de voyage, une conversation avec un Hindou: «Qu'est-ce que vous savez faire?», lui demande l’homme.Bouvier répond Venez rencontrer Robert Patenaude au Salon du livre de Montréal (stand 812) Samedi le 20 novembre de 14 h à 16 h Dimanche le 21 novembre de 14 h à 16 h qu’il écrit.«Quoi?Et vous ne savez rien faire d’autre?» Que répondre?«J’étais moi-même honteux», conclut le voyageur.Trois mois avant sa mort.Bouvier écrit un poème bouleversant intitulé Morte saison.«Désormais c'est dans un autre ailleurs / qui ne dit pas son nom / dans d’autres souffles et d’autres laines / qu'il te faudra / plus léger que boule de chardon / disparaître en silence / en retrouvant le vent des routes.» Il n’y a pas que les vies qui sont singulières.QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerlque.com « C’est un récit sur ce qui se passe à l’urgence.C’est passionnant à lire.C’est comme un épisode de « ER ».Vraiment, on voit à quel point c’est difficile de travailler dans le concret à l’urgence.C’est très intéressant.» Maxime-Olivier Moutier, Jamais sans mon livre, SRC A “fi « C’est écrit comme un roman.On vit les évènements avec Robert Patenaude, on attend sans cesse la suite, le dénouement , de chacun de ces cas , vécus.» Pierre Maisonneuve,1 Maisonneuve à l'écoute, RDI L’année jazz JAZZ SEEN William Claxton 2000 Taschen Calendar SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR A u début des années 60, Thelo-/Anious Monk se rend à San Francisco.11 est là pour honorer, comme on dit, un engagement au Jazz Workshop.D joue du piano, Johnny Griffin joue du •saxo.Un autre joue de la contrebasse.-Un dernier joue de la batterie.Un cin-; quième homme est présent.Il ne joue ; d’aucun instrument.Enfin, oui! Il jongle avec un appareil photo.Son nom: William Claxton.Aujourd’hui, Claxton est considéré comme le meilleur photographe de :.Pour s’en convaincre, il suffit de egarder les 365 clichés choisis par la ison d’édition Taschen pour compo-r le calendrier de l’an prochain.C’est banal à dire, mais Claxton a été et dq-eure le témoin de l'histoire du jazz.A preuve, cette photo de Monk.Il est là, assis derrière une table et non son piano.Devant lui, il y a un verre de champagne.Son regard est direct.Alors, c’est forcé, on pense à ce morceau très New Orleans qui s’intitule Champagne Charlie.Ces photos suggèrent plein de ces télescopages qui sont le sel de la vie.Pour deux jours du mois de janvier, les concepteurs de ce calendrier ont choisi deux photos de Lena Hor- ne.La, splendide Lena est dans sa loge.A ses côtés, il y a Billy Stray-horn, l’éminence grise de Duke Ellington.Il y a donc deux photos et un même sujet.Un sujet qui n’est pas Lena mais bien l’angoisse de Horne avant ou après avoir chanté.Habitué qu'on est au sourire de cette grande chanteuse, on a été estomaqué de voir jusqu’à quel point elle était, au fond, une angoissée.On pense également à cette photo de John Coltrane.Une photo qu’on osera qualifier de très appropriée.Le lieu?Le musée Guggenheim.Coltrane est saisi de profil.Derrière lui, une toile de style expressionniste.Mettons qu’elle est signée Jackson Pollock.Coltrane regarde ailleurs.Probablement un autre tableau.Reste qu’il se confond tellement à l’œuvre expressionniste qu’on se dit: ce cliché, c’est la traduction en une image de A Love Supreme.11 y a aussi ces photos pleines de personnes attachantes.Pleines de personnes qu’on ne connaît pas.On pense à cette photo de Jim Robinson et Alcide Drapeau, prise en 1960 sur un trottoir de La Nouvelle Orléans.On voit donc ces deux vieux, très vieux.Ces vieux qui, vraisemblablement, ont connu Alphonse Picou, Papa Celestin, Louis Armstrong et tous ces musiciens qui ont encanaillé la musique.Et on se dit: elle a quelque chose de justement anthropologique, la photo en question.Surtout, surtout, on s’est arrêté à ce qu’on appelle le cool jazz.Car s’il y a une période que Claxton a patiemment documentée, c’est bien celle-là.Notre photographe fut en effet le responsable du graphisme de l’étiquette Pacific Jazz.Ce faisant, il a côtoyé quotidiennement les Gerry Mulligan, Art Pepper, Chet Baker, Jimmy Rowles, Bud Shank, Bob Cooper et tous les autres.Les voir tous avec leurs chemises fleuries et leurs lunettes de soleil qu’ils gardent constamment, on comprend mieux que ce qui manque aujourd’hui, c’est cet espèce de détachement propre ou inhérent au cool jazz.Au fond, c’est simple: dans ce calendrier, tout y est Dans la vapeur blanche du soleil AMANTS Charles Foran Traduit de Tan fiais par Dominique Issenhuth Séances de signature au Salon du Livre de Montréal 1999 » Stand 64 7 H P.turc Montreal et Pékin, les amours d'un jeune Canadien, de père anglophone et de mère francophone, se loin et se défont.Sera présent le samedi 20 novembre de 15h à I6h et de 19h à 20h TSUBAKI Aki Shimazaki "Excellent roman! [.] Un livre remarquable, lrès sobre! On va vite à l'essentiel.[.] Un tout petit roman plein de ferveur !» Robert Lévesque, Midi-Ciilnnr, SRC Sera présente le samedi 20 novembre de I3h à I4h, le dimanche 21 novembre de 19h à 20b LA DANSE JUIVE Lise Tremblay «[.] parmi les meilleurs romans publiés cette année au Québec.» Robert Lévesque, Midi-Culture SRC Sera présente le vendredi 19 novembre de 20h à 21 h, le samedi 20 novembre de 13lt à 14H, le dimanche 21 novembre de 13h à 14h «[.) un livre reposant comme une petite pluie fraiebe l'été à la campagne.• Gilles Toupin.La Presse Sera présente le samedi 20 novembre de 14h à lSh LEMEAC L’EVANGILE CHRONIQUE SELON SABB1THA D’UNE David Homel SORCIÈRE DE Traduit de tan fiais par VENT Dm", 11 oiiqtitn Antonine Maillet NOIRS DESIRS Stanley Péan •• [.| une lecture que je conseille pour son originalité, sa dérision et cette éternelle question qui revient sans cesse: comment changer le monde?» Danielle Laurin, Madame au foyer Sera présent le vendredi 19 novembre de 15h à I6h et de I9h à 20h, le samedi 20 novembre de 14h à 15h, de 16b à I7h et de 19h à 20h, le dimanche 21 novembre de 16h à 17h «[.] un roman qui tient en baleine et qui se lit d’une seule traite.» Sophie Doucet, Femme Plus Sera présente le samedi 20 novembre de 19h à 2011, le dimanche 21 novembre de 1 Sh à 16h it.Sept nouvelles aux accents fantastiques qui évoquent des amours troubles, des phénomènes étranges, des parties qui tournent mal.Sera présent le vendredi 19 novembre de 16h à 17h, le dimanche 21 novembre de 20h à 21h EDITIONS DU NOROIT Jacques Brault TRANSFIGURATION LAURÉAT, TRADUCTION PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL 1999 k V blOlK.U t JACqilt» HUAUIT Transfiguration D 14 L E 1) E VOIR.L E S S A M EDI 20 ET I) 1 M A N CUE 21 N 0 V E M B R E 1 0 0 0 -^ Livres Histoire littéraire Suspense À l’essentiel Balzac, son temps, la postérité HONORÉ DE BALZAC, MÉMOIRE DE LA CRITIQUE Préface et notices de Stéphane Vachon Presses de l’Université de Paris-Sorbonne Paris, 1999,560 pages JEAN CHARTIER LE DEVOIR Stéphane Vachon vient de publier un très beau livre sur Balzac, où il étudie la critique faite sur Balzac, de son vivant et pendant tout le XK0 siècle jusqu’au début du XXr, soit jusqu’à Proust.Mémoire de la critique est un examen minutieux en forme d’anthologie de la réception de l’œuvre de Balzac; il parait à la plus prestigieuse des adresses, au 18, rue de la Sorbon-ne, à l’ombre de l'université.En guise de préface, et sous le titre «Balzac, écrivain reparaissant», le balzacien réputé, professeur à l’Université de Montréal, met en parallèle l’accueil que reçut Balzac de son vivant et le changement de per-ceptionqui se produisit dès le jour de ses funérailles.Pour ce faire, Stéphane Vachon a dépouillé nombre de publications littéraires au XIX' siècle et sûrement une bonne centaine de journaux.D’emblée, il précise: «Compte rendu à parution, conférence, discours, dédicace, étude critique, feuilleton, lettre pri- vée, méditation, monologue dramatique, oraison funèbre, notes, notice encyclopédique, pastiche, préface, poème, récit, sonnet, stances.Etonnamment divers, ces régimes d’écriture, ces voix et ces visions sont entrés ici en raison de leur expérience commune: l’épreuve redoutable selon certains, de ce que, après Honoré de Balzac, nul ne peut écrire sans se situer par rapport à lui.» Car la perception qu’on avait de Balzac a changé dès le jour de sa mort.Vachon a recours à cette formule pour illustrer le phénomène: «En se penchant sur la tombe de Balzac, la littérature tout entière a tourné $ur elle-même.» A l’appui de son propos, il cite le Rimbaud des Illuminations: «Dans un grenier où je fus enfermé à douze ans j’ai connu le monde, j’ai illustré la comédie humaine.» Mais voici «le premier culte» de Balzac: «Très tôt, sous le Second Empire, s’organisèrent des foyers d'admiration et de ferveur balzaciennes.» Toutefois, ceux-ci n’allaient pas réussir à imposer leur idole, et la bataille fit rage du vivant de l’auteur de La Comédie humaine.Pourtant, les plus grands écrivains avaient reconnu la grandeur de Balzac, comme le rappelle Vachon: «Quoi qu’il en soit, les incarnations dramatiques de Balzac, sa construction en personnage balzacien, son héroïsation précèdent sa mort.Baudelaire, par exemple, avait hissé Balzac au rang de héros du mon- de moderne, à la fin du Salon de 1846: “Car les héros de L’Iliade ne vont qu'à votre cheville, ô Vautrin, ô Rastignac, ô Birotteau, — et vous, ô Fontanarès, qui n’avez pas osé raconter au public vos douleurs sous le frac funèbre et convulsionné que nous endossons tous; et vous, ô Honoré de Balzac, le plus héroïque, le plus singulier, le plus romantique et le plus poétique parmi tous les personnages que vous avez tirés de votre sein!’’» Le 21 août 1850, sur la tombe du romancier, écrit Stéphane Vachon, «Victor Hugo lançait cette idée, comme un pavé dans une mare: “À son insu, qu'il le veuille ou non, qu’il y consente ou non, l'auteur de cette œuvre immense et étrange est de la forte race des écrivains révolutionnaires.”» Henry James écrivait pour sa part: «Balzac, notre maître à tous»: Barbey d’Aurevilly de le corriger: «le grand maître».Zola allait ajouter «le chef incontesté de notre école».Et Jules Vallès de renchérir «Mais un jour Balzac arriva.Balzac est le premier qui ait poétisé, romantisé et dramatisé l'argent.» Pour leur part, les Goncourt écrivent dans leur Journal: «Le roman depuis Balzac n'a rien de commun avec ce que nos pères entendaient par ce roman.» Bien sûr, Flaubert résista.En digne rival, dès 1851, il annonça à Louise Collet, sa correspondante, qu’il n’allait pas se mettre à «faire du Balzac chateaubrianisé».Plusieurs sa-luts au maître, donc, mais aussi de la rivalité.Pour l’anecdote, Stéphane Vachon raconte qu’Alexandre Dumas avait suggéré que la Société des gens de lettres érige une statue à Balzac.Mais sa veuve, Mme Hanska, devenue entre-temps Eve de Balzac, n’accorda pas l’autorisation nécessaire.Dès lors, la tombe de Balzac demeura mal entretenue, voire laissée à l’abandon.Il fallut attendre la mort de Mme Hanska pour que la Société des gens de lettres, sous l’impulsion de Zola, passe la commande d’une statue à Rodin.Celui-ci acheva la sculpture au printemps 1898, mais la statue souleva un tel tollé quelle ne fut pas inaugurée du vivant de Rodin mais en 1939, à l’angle des boulevards Montparnasse et Raspail, par le sculpteur Aristide Maillol.Cela, 89 années après sa mort.\1 c m o i r e de la critique Honorét de Le samedi 20 novembre Verbal lisons ! William Swift Danielle Laurin 12 h - Remise du prix Québec/Wallonie-Bruxelles du Livre de Jeunesse Le Salon présente Confidences d écrivain - Gilles Archambault reçoit : 11 h - Noëlle Châtelet 13 h - Jean Rouaud 15 h - Jean Bédard 17 h - Didier van Cauwelaert Tables rondes 12 h - Langage de la dérision sociale, animé par William Swift avec François Boucq, Jean-Paul Eid et Serge Chapleau.15 h - L’écriture comme lieu d’exploration des liens familiaux.Danielle Laurin reçoit Aude, Neil Bissoondath, Alexandre Jardin, Jean Rouaud et Geneviève Robitaille.Les Jeunes journalistes en herbe reçoivent : 10 h 30 - Zep 11 h - Marie-Danielle Croteau 14 h - Élisabeth Vonarburg 1 5 h - Marc Favreau Demain matin (10 h 30) L'heure du conte en pyjama - présenté par h ff L t s Arts S du Mourier S .et à ne pas manquer, Le Carrefour de la BD EXPOSITIONS • Hommage aux artisans de l’édition • La nuit à lire debout • Reliure d’art La Tranchefile • Prix Genève - Montréal - Rue des lecteurs • Prix littéraires - Salon de lecture Loto-Québec • Quelques coins de lecture - Anne Dandurand • Une histoire de la bande dessinée en France • La bande dessinée en France aujourd'hui • Prix Gilles-Corbeil Programme complet au Salon du livre de Montréal et sur le site Internet.Heures d'ouverture Jeudi 1 7 h à 22 h - Vendredi 9 h à 22 h Samedi et dimanche 10 h à 22 h Lundi 9 h à 22 h - Mardi 9 h à 18 h Adultes : 6 $ Étudiants, aînés et membres de la FADOQ : 3 $ (taxes incluses) http://www.slm.qc.ca Monopolisons la place ! fl Hpilon btnivre Montré Ai Du 18 au 23 novembre 1999 Place Bonaventure 'Al r AN Canada O loto-québec roman Ml J Le hamburger qui tue TOXINE Robin Cook Traduit de l’américain par Dominique Peters Albin Michel Paris, 1999,380 pages MARIE CLAUDE MIRANDETTE Comme bon nombre de spécialistes du thriller médical, Robin Cook est un ancien chirurgien qui a, depuis belle lurette, troqué le scalpel pour la plume.Toxine est son 19'' titre de ce genre particulier dans lequel il a su, au fil des années, s’imposer comme l’une des grandes vedettes.Invasion, Contagion, Cure fatale et Risque mortel ne sont que quelques-uns des titres les plus populaires de cet écrivain aux innombrables best-sellers.Ceux qui ont déjà fréquenté Cook savent que les intrigues de cet auteur sont de facture on ne peut plus traditionnelle.Soit, mais cela ne veut pas dire qu’elles soient pour autant totalement dénuées de qualités.Car Cook a le sens du drame; il sait habilement tisser une intrigue et créer l’atmosphère et la tension propices à la progression du suspense.Et une fois encore, il relève avec succès le défi dans ce nouveau roman dominé par un récit linéaire, simple mais efficace, qui ferait un bien beau scénario de film hollywoodien.Vendredi 16 janvier le docteur Kim Reggis, célèbre chirurgien du cœur, emmène sa petite-fille Becky au chic restaurant minute Onion Ring pour y déguster une spécialité toute américaine: un hamburger-frites.Samedi 17 janvier, Becky doit être hospitalisée à la suite d’une intoxication alimentaire due à un colibacille contenu dans le bœuf haché mangé la veille.Intoxication qui lui sera fatale.Au delà de la simple intoxication, le bon docteur Reggis flaire la magouille et se lance corps et âme dans une longue et difficile enquête afin de découvrir les vrais responsables de la mort de sa petite Becky.Aidé de son ex-épouse, Tracy, et d’une jeune inspectrice idéaliste du ministère de l’Agriculture (qui y laissera la vie, évidemment!), Kim Reggis découvre qu’il se passe de bien vilaines choses au pays de l’oncle Sam.Toxine met en scène une énième sordide histoire de corruption et de lobbying où les ripoux noyautent les structures fondamentales de la société américaine, des petits hommes d’affaires aux grandes industries, en passant par le gouvernement.Et que dire de la bactérie meurtrière, qui apparaît dans l’un des plus beaux fleurons de la gastronomie américaine.Un petit cola avec ça?Heureusement que le bon docteur Reggis est là pour défendre la veuve et l’orphelin! A lire lors de votre prochain long déplacement en train ou en avion car, malgré tous les défauts que l’on peut reprocher à de tels romans fast-food, ils n’en forment pas moins d'agréables divertissements.PIERRE LÉON Les Éditions l’Interligne Mouvements d’AmériQue « Napoléon, lui, du haut de son observatoire, sentait frémir ses narines gourmandes.Passant sa râpeuse langue rouge sur ses babines roses, il referma les_yeux, la tête appesantie d'un lourd rêve de rognons.» « Une bonne humeur et un plaisir évident (.) un accent d'authenticité.» Robert Chartrand Le Devoir M^ Regroupement des éditeurs m m.canadiens-français Ô Canada NORTHERN LIGHTS, LIGHTHOUSES OF CANADA David Baird Lynx Images Toronto, 1999,246 pages Les livres sur les phares restent une chose rare sur un patrimoine qui disparaît C’est pourquoi cette histoire des phares du Canada doit être reçue avec le plus grand intérêt.Originaire des Maritimes, l’auteur a un faible pour les phares de Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, mais il présente des images remarquables des phares de la côte du Pacifique, en Colombie-Britannique.Les deux premiers phares du Saint-Laurent étaient français.Ils ont été construits à Plaisance, sur la côte sud de Terre-Neuve, et à Louis-bourg, à l’île du Cap-Breton.Ces phares ont été détruits.De nos jours, les trois plus vieux phares se trouvent en Nouvelle-Ecosse.Puis vient le phare de l’île Verte, le plus vieux du Saint-Laurent, une merveille! Il date de 1809.David Baird a considéré les milliers de phares du Canada et a jeté son dévolu sur 200 d’entre eux.Dans le Saint-Laurent, il en a choisi une vingtaine, mais au moment où paraît le livre cinq d’entre eux sont déjà abandonnés.Parfois, il en est réduit à montrer les structures iri& talliques qui éclairent les navires dd Saint-Laurent.Jean Chartier David Baird a jeté son ¦un dévolu H sur 200 „ -)b d entre > ru eux n ACADIENNITÉS La Poésie acadienne Gérald Leblanc et Claude Beausoleil Les Éditions Perce-Neige -Les Écrits des Forges Moncton et Trois-Rivières, 1999,214 pages Grâce à des voix aussi différentes que celles de Dyane Léger, Herméné-gilde Chiasson et Serge Patrice Thibodeau, la poésie acadienne ne cesse d’approfondir son rayonnement.Cette nouvelle anthologie, que propose Gérald Leblanc et Claude Beausoleil, vient faire le point sur des formes d’écriture ainsi que le tracé d’une mémoire collective.Parcours globalisant, le choix de textes met en évidence un chemin pluriel qui imprègne cette image d'un «centre éclaté».De Cri de Terre (1972) de Raymond Guy Leblanc aux Routes (1997) de Frédéric Gary Comeau, on accumule ces quêtes qui se retrouvent parmi des lieux transitoires.Point de départ opportun, ce panorama réactualise une première version d’un travail entamé en 1988.La Poésie acadienne demeure un livre de contrastes littéraires et d’échos sensibles.David Cantin LE ROYAL 22e RÉGIMENT, 1914-1999 Serge Bernier Art global Montréal, 1999,455 pages IaI Pour écrire l’histoire du célèbre régiment à l’occasion de ses 85 qnj; d’existence, l’historien militaire Serge Bernier évoque le contexte de l’avant-guerre.D’entrée de jeu, il écrit: «IA colonies de l'Empire britannique n ont qu’une voix en affaires étrangères, celte de Londres.Le 4 août 1914, lorsque l'Angleterre déclare la guerre, le Canà-da est automatiquement entraîné dans son sillage.» Du côté militaire, la mobilisatiofi débute dès le 1" août 1914.Vite, là Loi de la Milice est sanctionnée pour envoyer un contingent.Avec ses 3000 soldats, l’armée professionnelle était fort réduite si on la comparé aux 65 000 soldats qu’elle compte de nos jours; étrangement, la milice comptait alors 55 000 hommes, soit le même nombre qu’aujourd’hui.L’auteur écrit: «Durant la période 1867-1914 transparaît un manque d’intérêt plus ou moins marqué, de la part des politiciens canadiens, pour la chose militaire.» Il ajoute: «La langue française et, par extension, les franeq-phones sont pour ainsi dire absents du système de défense canadien.» Sam Hughes était le ministre conservateur responsable de la Défense et de la Milice en 1914.L’hoiû-me avait fait la guerre des Boers ejn Afrique du Sud, ce qui avait entraîn(é un mouvement de forte opposition au Québec.Il renonça aux plans de mobilisation mettant l’accent sur le recrutement de volontaires et envoya les recrues à Valcartier, dafls un grand camp d’instruction qu’il créa pour l’occasion.Il créa aussi un bataillon formé d’émigrants des îles Britanniques, le Princess Patricia’s Canadian Light Infantry.Pour leur part, les Canadiens français étaient éparpillés dans les bataillons britanniques.C’est dans ce contexte que Georges Minier créa un régiment distinct pértir les Canadiens français.L’historién en suit les méandres au fil du sièoÙ.Jean Chartier î I) 15 LE DEVOIR.LES SA M EDI 2 O ET I) 1 M A N C II E 21 X O V E M B R E 1 9 R R Livres HISTOIRE Deux figures de l’exil JOURNAL DE VOYAGE EN EUROPE LouiirHippolyte LaFontaine I Texte présenté par Georges Aubin Les caliiers du Septentrion h .Québec, 1999,154 pages SOUVENIRS D’UN PATRIOTE I EXILÉ EN AUSTRALIE Hyppolite Lanctôt Introduction par John Hare et Renée Landry I .:i ; Les caliiers du Septentrion 1 Québec, 1999,220 pages |j J KAN CHARTIER LE DEVOIR Louis-Hippolyte Ménard, dit LaFontaine du nom de sa mère, Fontaine, est né à Boucherville en 1807.Fils de menuisier, il a fréquenté le Collège de Montréal jusqu’à la fin des belles-lettres.Après un stage chez un avocat, il à passé l’examen du Barreau et est devenu député de Terrebonne à 22 ans.Il allait accéder au poste de premier ministre du Canada dans une période trouble, en 1848.Ce leader naturel insista pour transférer la capitale du Canada de Kingston à Montréal, mais le Parlement de Montréal fut incendié par les tories après qu’il eut fait adopter une loi d’indemnisation pour les victimes des insurrections de 1837 et 1838.Lui-même fut attaqué par les loyalistes en armes, à son domicile, et il est sorti démoli de cette crise décisive où Montréal a tout perdu.En 1852, désa-büsé, l'homme se retira.On lira avec intérêt cejournal de voyage eu Europe, rédigé pendant l’exil forcé de six mois, à partir de décembre 1837.LaFontaine partit pour éviter l’emprisonnement connue tous les députés canadiens, par opposition à ceux qu’on appelait les British Americans.Pourtant, LaFontaine n’avait pas pris les armes, nourrissant une grande prudence quant à la direction (les insurgés.Ce diplômé du Collège de Montréal, surnommé la «grosse tête» par ses collègues, gravita dans le sillage de Papineau et attaqua le gouverneur Aylmer.Il participa aux réunions de la librairie Fabre, rue Saint-Vincent, avec Papineau, O’Callaghan, Rodier, Çharles-Ovide Perrault et George Etienne Cartier.Georges Aubin le présente ainsi: «LaFontaine, jusqu’en novembre 1837, est un fier bagarreur, un fervent papi-neauiste, un juriste éclairé et perspicace.Qu'en sera-t-il ensuite?» Ce député est im réaliste.En quittant Londres, il écrit, le 25 mars 1838: «Je suis convaincu que le peuple américain souhaite ardemment l'indépendance des colonies du Nord, de tout pouvoir européen.Mais, à moins que le gouvernement même des États-Unis n'intervienne ouvertement, au risque certain d’une guerre avec l'Angleterre, les mouvements qui paraissent avoir lieu dans la partie supérieure du Haut-Canada deviendront entièrement inutiles.Et il est évident que les deux gouvernements éviteront, autant que possible, de s’engager dans une guerre.» Le chemin de l’exil Même s’il s’est tenu loin des Fils I .! « •il > •.! I M| .1 e •ill» «Af.1 r;i ’ i Cet imperceptible mouv sa XYZ.La revue de la nouvelle Recevez en prime Cet imperceptible mouvement de Aude (valeur 14 $) avec un abonnement d’un an à XYZ.La revue de la nouvelle Xbonnement ! AN / 4 NUMÉROS 20 $ Lauréats du Concours de nouvelles de la SRC Thème du numéro 60 : L’an 2000 NOM ADRESSE VILLE CODE POSTAL TÉL.CI-JOINT : ?CHÈQUE ?MASTERCARD ?VISA EXP.___L DATE- NO SIGNATURE RETOURNER À: XYZ.La revue de la nouvelle 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone: 514.525.21.70 • Télécopieur : 514.525.75.37 Courriel: xyzed@mlink.net de la liberté, LaFontaine a dû s’exiler.En raison de sa distanciation par rapport aux insurgés en armes, il a pu se rendre à Londres, de New York, pour assister au discussions sur la politique coloniale à la Chambre des communes.LaFontaine avait traversé le fleuve en canot, louvoyé à Saint-Michel-de-Bellechasse pour se rendre à Sainte-Marie-de-Beauce et prendre le chemin du Maine.Il longea la rivière Kennebec pour atteindre Augusta et New York.C’est là qu’il passa le jour de l’An 1838, avec Papineau et le leader des insurgés irlandais de Montréal, O’Callaghan.Le jour de son départ pour l’Angleterre, LaFontaine apprit l'arrestation de son ami, le député de Deux-Montagnes, Jean-Joseph Girouard.Dans la métropole coloniale, il établit des relations avec Henry Chapman, l’éditeur du Montreal Daily Advertiser, qui le présenta à l’oncle de lord Durham, au secrétaire de celui-ci, et qui l’amena aussi à la Chambre des communes.Ainsi LaFontaine fit-il ses classes sur le Colonial Office et se rapprocha-t-il de l’opposition réformiste.Sur le point d’être arrêté, il partit pour la France où il séjourna aussi deux mois, y fréquentant l’Assemblée nationale.Il écrivit: «Puisque les mœurs font les lois, on ne peut s'empêcher d’obser- ver que, sous ce rapport, la France est éminemment démocratique, tandis que l’Angleterre, considérée sous le même point de vue, est essentiellement aristocratique.» A son retour, LaFontaine goûta néanmoins à la prison du 4 novembre au 13 décembre 1838, au Pied-du-Cou-rant.11 fut ostracisé comme tous les députés de langue française.Les documents de l’histoire Le manuscrit de LaFontaine, conservé à la bibliothèque du Séminaire de Québec jusqu’à son transfert au musée de l’Amérique française, a été repéré par Le Septentrion, qui le publie à la suite des Lettres de Siméon Marches-seault à sa femme et des Souvenirs de jeunesse d’Amédée Papineau.Georges Aubin présente ainsi son neuvième journal de Patriote.En même temps, John Hare et Renée Landry lancent le journal d’Hyp-polite Lanctôt, l’un des 58 Patriotes envoyés en Australie les fers aux pieds.L’arrière-arrière-petite-fille de Lanctôt présente le notaire de 22 ans, qui a dirigé une colonne de Patriotes à la bataille d’Odeltown, sur la frontière américaine.Durant son procès, le notaire de Saint-Rémi allégua l’illégalité de ce procès, invoquant l’acte d'Irlande de 1798.Prix littéraire du Gouverneur général du Conseil des Arts du Canada 1999 Stéphane Jorisch LAURÉAT LITTÉRATURE DE JEUNESSE - ILLUSTRATIONS pour l’album Charlotte et l'île du Destin Une histoire de Stéphane Jorisch racontée par Olivier Lasser.Stéphane Jorisch sera au Salon du livre de Montréal, le samedi 20 novembre, de 17h à 18h, au stand Les 400 coups (# 209).Il sera également présent, à quelques reprises, au stand du Conseil des Arts du Canada (# 715).Les 4oo coups B GÉRALD LEBLANC CLAUDE BEAUSOLEIL La Poésie acadienne Poésie 19,-95$ Les Éditions Perce-Neige d'AmériQue M o u v e m e « nous emporterons dans la langue les mots ramassés en chemin nous poserons les mots d’ici sur tout ce Que nous toucherons y compris ce Que nous transformerons avec l'entêtement de parler partout » Regroupement des éditeurs canadiens-françals Condamné à mort, puis expédié au bout du monde, U passa cinq aimées au camp, après un an à la prison de Montréal: vers la tin de sa vie, avant de mourir, il décrit à ses enfants la marche de l’insurrection, son arrestation, son procès et son exil.La lecture des Souvenirs de Lanctôt permet de prendre la mesure des visée des Patriotes sur toute la rive sud du Saint-Laurent, à l’ouest de la rivière Richelieu.Le notaire Cardinal de Chà-teauguay, le notaire Deeoigne de Saint-Philippe, le notaire Duquette de Saint-Édouard, le notaire Huot de Napiervü-le, le notaire De Lorimier à Beauhar-nois participent tous à cette insurrection avec les frères Sanguinet, seigneurs de La Prairie.Au moment de la retraite de Lanctôt avec 800 hommes, près de Lacolle, Col-borne fonce avec 3200 soldats britanniques et 1200 loyalistes écossais du Haut-Canada pour les écraser.lA»uis-Uippol>lc l .t l oiitamc Journal de voyage en Iîuropc 1K17-1KJH It tU l’iv |».ir (tcorin DU 1IPTINTIION vCb anciens ©uébcc &)'¦ c v.'Circuits Pour Noël, offrez.la joie de lire ! Meubles anciens du Québec Quatre siècles de création LE PETIT ROBERT ors NOMS PROPRES Circuits pittoresques du Québec Robert #2 (noms propres) Avec Atlas géopolitique et culturel Collection Taschen complète en magasin SI|||HMII .•i livinliLmi'ul.' Stupeur et tremblements Éd.Albin Michel Meubles peints du Canada Sushi I français (1700 - 1840) Éd.Soline ®Hë yUOlXT : * 3000 iTSSSè m Québec 2000 Éd.Fides LE PETIT ROBERT Agendas et calendriers Taschen 2000 (plusieurs modèles en inventaire) Robert #1 (noms communs) 100 comptines Avec CD.Éd.Fides Mezzanine Métro Berri-UQAM 505, rue Sainte-Catherine Est, Montréal ¦ | (514) 845-5243 Ouvert le dimanche de 12 h à 17 h.S Pnx en vigueur jusqu'au 31 décembre 1999 ou jusqu'à épuisement des stocks. D 16 LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET I) 1 M ANCHE 21 N 0 V E M B R E I !) i) i) -«r LIVRES - Essais Le judaïsme et la sexualité Une somme remarquable qui mêle politique, histoire et religion ^ v -rf mm -, ÉROS JUIF Essai par David Biale Traduit de l’anglais par Isabelle Rozenbaumas Actes Sud, collection «Hébraïca» Arles, 1997,409 pages NAÏ M KATTAN De Magnus Hirschfeld à Sigmund Freud, les savants juifs furent ceux qui ont le plus sérieusement étudié la sexualité.A l’exception de celle des juifs eux-mêmes.Après le remarquable ouvrage de Daniel Boyarin, Carnal Judaism (non encore traduit en français), où l’auteur examine la sexualité à l’époque talmudique, voici David Biale, qui traite le sujet à travers toute l’histoire du peuple juif.Professeur au Centre d’études juives à l’Université de Berkeley, historien, l’auteur ne se contente pas d’exposer les principes et les codes.D entreprend de mettre en lumière les complexités, les contradictions et les tensions entre préceptes et comportements.D commence, comme il se doit, par la Bible et y relève les divers cas de mariage?mixtes.Ainsi, Moïse a épousé une Ethiopienne et Joseph, la fille d’un prêtre égyptien.Ruth, dont descend le roi David, était une Moabite.La fécondité était alors la préoccupation prédominante et, à condition qu’il passe par la pureté du mariage, le sexe n’était point rejeté.La monogamie est la métaphore de l’amour exclusif qu’exige le monothéisme.Comme le désir échappe au contrôle, le Talmud, qui fournit une codification de la Loi orale, abonde en règles.Ainsi, le sexe est libre dans le jardin d’Eden comme il le sera dans le monde messianique, le monde à venir.En attendant, pour en préserver le caractère sacré, il importe de ne le faire servir qu’à la procréation.D’où la tentation de l’ascétisme, lequel est cependant rejeté, car, en mettant un frein à la fécondité, ce mode de vie menace la continuité du peuple.Des zones d’influence Biale observe que les juifs ne vivaient pas dans une unité monoli- thique, qu’ils étaient influencés par les croyances et les pratiques des peuples voisins.Déjà, après l’exil babylonien, voici vingt-cinq siècles, on pouvait constater que la tradition babylonienne mettait l’accent sur les bienfaits du mariage, alors que les juifs demeurés en Palestine insistaient sur l’utilité du mariage qui permettait la procréation tout en préservant de la tentation sexuelle.A partir du Moyen Age et dans les siècles qui ont suivi la période talmudique, des tendances contradictoires ont surgi.La sexualité était affirmée en Europe du Nord, alors qu’en Méditerranée l’influence grecque poussait les élites juives vers l’ascétisme, rejeté, au demeurant, par les rabbins.Les cabalistes mystiques étaient eux-mêmes déchirés entre l’ascétisme, qu’ils s’imposaient, et l’érotisme, qu’ils rattachaient au divin.Parmi les juifs d’Europe, ceux qui, comme les askénazes, étaient adeptes du mysticisme étaient tiraillés entre l’hostilité envers le monde matériel et une théologie qui ne rejetait point l’érotisme.Tout au long de la période médiévale, l’autorité rabbinique d’Europe chercha à imposer des codes à une culture populaire qui lui échappait.Dans le milieu séfarade d’Espagne, le clivage était encore plus marqué entre les élites et les couches populaires.Comment concilier le mariage, mis au service de la procréation, avec les attraits d’une spiritualité qui imposait le plaisir sexuel?Fuyant les comportements de leur entourage, les cabalistes sublimaient la sexualité par l’utilisation de métaphores théologiques.Pour sa part, le grand philosophe Maimonide s’appuyait sur la rationalité philosophique grecque pour affirmer que la loi biblique, la torah, était assez puissante pour contrôler et restreindre les passions.A partir du XVIL siècle, influencés par le piétisme chrétien, les juifs de l’Europe du Nord ont retrouvé la veine ascétique des cabalistes.Biale décrit les péripéties du hassidisme de l’Europe de l’Est en tant que continuité d’une célébration métaphorique du désir et un comportement quotidien proche de l’ascétisme.Par ailleurs, gouvernées par la tradition patriarcale, les familles pratiquaient le mariage obligatoire des jeunes adolescents.Il arrivait qu’à ses 13 ans, on célébrât, en même temps, la bar mitsvah et le mariage du jeune garçon.Les jeunes époux vivaient alors au sein de la famille de la jeune fille, souvent plus jeune que le garçon.Ces mariages aboutissaient fréquemment à un échec.Au XIX' siècle, le mouvement des lumières en Europe se répercuta dans le monde juif.Sous le nom de haskahah, ce courant en appelle à l’émancipation du joug familial et au rejet d’une interprétation rigoureuse de la Loi.Ce mouvement fait face à un dilemme: accepter de vivre parmi les non-juifs et ne pas subir la menace de disparaître.L’émancipation s’inscrivait cependant dans le cadre d’une société bourgeoise traditionnelle qui, même quand elle n’était pas ouvertement antisémite, n’acceptait pas les juifs en son sein.Alors que, dans les écrits autobiographiques signalés par l’auteur, les juifs se considéraient comme érotiquement inadéquats (hommes ascétiques et femmes froides), nombre de non-juifs leur reprochaient d’avoir un penchant trop accusé pour le sexe.Le sexe politique Mouvement nationaliste, le sionisme prônait le retour des juifs à la terre ancestrale.Une fois entrés chez eux, croyait-on, hommes et femmes seraient libérés de leurs complexes, vivraient en harmonie avec leurs corps.Bref, la liberté nationale irait de pair avec la liberté sexuelle.Or, à examiner de près les règles d’un des mouvements les plus libéraux du sionisme, la Jeune Garde (Hachomer hatsaïr), on s’aperçoit qu’il n’en est rien.Une nouvelle forme de contrôle et de sublimation du sexe fut trouvée: le travail et les épousailles avec la terre.Dans ces communautés agricoles que sont les kibboutz, l’érotisme est neutralisé par la collectivité.La femme devient la sœur de l’homme et tous deux sont engagés dans une entreprise de réhabilitation de leur rapport avec la terre.Il n’est donc pas question d’amour individuel et le sexe est réservé à l’hygiène et à la procréation.Biale puise ses exemples dans les écrits: romans, récits et poésie.Dans le chapitre consacré à l’Amérique, il cite les ouvrages de Bellow, de Roth, du Canadien Richler et s’attarde sur les films de Woody Allen.On y voit un juif aux prises avec ses complexes, ses difficultés d’expression érotique.L’homme voit en la juive, la «jap» (Jewish American Princess), une femme froide, calculatrice et vulgaire.Elle sera réhabilitée, en quelque sorte, par les féministes, telle la poétesse lesbienne Adrienne Rich et, surtout, par Erica Jong qui exacerbe l’appétit sexuel de la femme juive et souligne l’attrait qu’exerce sur elle le mâle non-juif, affranchi des complexes du juif.L’auteur reconnaît, sans l’expliquer, qu’il ne se penche nullement sur les juifs séfarades, que ce soit dans leurs pays d’origine ou en Israël, où les séfarades constituent la majorité de la population.Pour lui, la question posée aux juifs tout au long de leur histoire refait aujourd’hui surface: «Les juifs peuvent-ils ou non trouver la satisfaction sexuelle entre eux et se perpétuer biologiquement.Bref, comment réconcilier plaisir et procréation, ces deux pôles querelleurs de la dialectique historique?» Dans sa reconstitution historique, Biale a tenté d’observer le présent à la lumière du passé.Il a évité de considérer la sexualité juive comme libératrice ou répressive.Il en a fait état dans ses tensions et ses contradictions.De cette recherche, riche, qui puise à diverses langues, a résulté un ouvrage précieux, sans prêche et sans message, dont les constatations peuvent sans doute s’appliquer à d’autres groupes et à d’autres cultures.Le dimanche 21 novembre lisons-, ous! I Francine Moreau Suzanne Giguère * 10 h 30 llxvxll,lj présente L'Heure du Conte en pyjama, animé par Lucie Papineau - Papaye le panda, Monsieur Flo -Les contes plein la bûche et Carole Tremblay -Cruelle Cruellina.Confidences d’écrivain - Gilles Archambault reçoit : 11 h - Gaétan Soucy 13 h - Neil Bissoondath 15 h 30 - Jean-Marie Poupart 17 h - Élisabeth Vonarburg Tables rondes 14 h - L'enfance inépuisable, Francine Moreau reçoit Jean Rouaud, Jean Bédard, Gaétan Soucy, Émile Ollivier et Robert Lalonde.16 h - Autour du monde.Animé par Suzanne Giguère avec Marie-Danielle Croteau, Pierre Samson, Ahmadou Kourouma, Gilles Gougeon et Christiane Duchesne.Les Jeunes journalistes en herbe reçoivent : 10 h 30 - Chrystine Brouillet 11 h - Alexandre Jardin À ne pas manquer, Le Carrefour de la BD .et c'est pas fini, le Salon est ouvert jusqu'à mardi ! L f s A r i s Q du Maurier $OD!£: EXPOSITIONS • Hommage aux artisans de l'édition • La nuit à lire debout • Reliure d'art La Tranchefile • Prix Genève - Montréal - Rue des lecteurs • Prix littéraires - Salon de lecture Loto-Québec • Quelques coins de lecture - Anne Dandurand • Une histoire de la bande dessinée en France • La bande dessinée en France aujourd'hui • Prix Gilles-Corbeil Programme complet au Salon du livre de Montréal et sur le site Internet.Heures d'ouverture Jeudi 1 7 h à 22 h - Vendredi 9 h à 22 h Samedi et dimanche 10 h à 22 h Lundi 9 h à 22 h - Mardi 9 h à 18 h Adultes : 6 $ Étudiants, aînés et membres de la FADOQ : 3 $ (taxes incluses) http://www.slm.qc.ca Monopolisons la place A 'ALCAN Canada $ $ Mr,.qutbec M o u r e ni d'AmériQue PRIX DU GOUVERNEUR GENERAL Félicitations à Herménégilde Chiasson et lean Marc Dalpé, lauréats des Prix litéraires du Gouverneur général en poésie et en théâtre Des honneurs oui rejaillissent sur l'ensemble du Regroupement des éditeurs canadiens français et une belle façon de souligner notre 10e anniversaire.M^ Regroupement des éditeur w canadiens-français *Oçt IPC1 Le A théâtre Pour l’horaire complet, consultez U: DEVOIR Histoire Un trésor de livres anciens LA BIBLIOTHÈQUE SAINT-SULPICE 1910-1931 Jean-Claude Lassonde Ministère des Affaires culturelles Québec, 1999,400 pages JEAN CHARTIER LE DEVOIR Rappelons les faits: en 1911, les messieurs de Saint-Sulpice construisent à leurs frais la bibliothèque Saint-Sulpice, première bibliothèque universitaire de langue française! à Montréal.Celle-ci succéda au Cabinet de lecture du Séminaire Saint-SulpiCe, créé vers 1880 sur le site de la Banque Nationale, place d’Armes, devant ce qui était autrefois le séminaire des Sulpiciens.Les anciens seigneurs de Montréal firent alors venir de France, par bateau, 50 000 livres pour garnir If s rayons de l’établissement.Petite précision, pour l’anecdote: parti de l’éx-métropole en 1914, pendant la Grande Guerre, le navire dut éviter les sous-marins allemands.Son arrivée dans le port de Mônt-réal eut pour effet de doubler le nombre des livres disponibles dans la première bibliothèque de l’Université de Montréal, les diverses facultés étant alors disséminées dans le Quartier latin depuis 1880.La bibliothèque Saint-Sulpice prenait la relève de l’Institut canadien et de l’Institut de lecture.A cette époque, précise le bibliothécaire de la Bibliothèque nationale, l’université McGill comptait 18 bibliothèques.Récemment, 10 000 livres anciehs de la bibliothèque Saint-Sulpice ont été déménagés dans le bâtiment annexe de la rue Holt, une ancienne itpi-ne de cigares, depuis rénovée, située près de la rue des Carrières, à detix pas du chemin de fer du Mile End.On trouve là des milliers de cartjes géographiques, dont quelques centaines de cartes anciennes cédées par les Sulpiciens à la Bibliothèque nationale.Pour sa part, le catalogue de la BN, dont le fonds fut constitué à même la bibliothèque Saint-Sulpice cédée en 1976, dresse l’inventaire de tous les livres anciens des Sulpiciens.t 1 Les écrits de Champlain Rue Holt, on trouvera ainsi quatre éditions originales des livres: (le Champlain, deux originaux du Hifre de Lafittau, deux éditions anciennes du père Carlevoix et sept du barpn Lahontan, des trésors des XVIFet XVIII' siècles conservés, il va sans dire, dans une pièce spéciale, à température contrôlée.Document fort rare également, on trouvera, dans l’édition originale de 1769, les ouvrages de John Knox, écrivain de George II embarqué sur le vaisseau du général Wolfe au moment de la guerre de la Conquête afin d’en raconter les faits d’armes au roi.Le conservateur de la Bibliothèque nationale, Jean-Claude Làs-sonde, précise que seul le Séminaire de Québec possède un fonds plus important en ce qui concerne lès livres anciens qui remontent à; la Nouvelle-France.Néanmoins, on trouvera à la Bibliothèque nationale, en éditibn d’origine, deux ou trois mille ouvrages sur la Nouvelle-France.Ajoutons que Pierre Lépine, directeur de la division des collections spéciales logées dans l’édifice de la rue Holf, a publié un catalogue des cartes anciennes, dont la plupart furent acquises au cours des vingt dernières années.L’inventaire des livres anciens de l’annexe de la rue Holt, des livres du XDC siècle de la Bibliothèque nationale, rue Saint-Denis, et ceux dé la bibliothèque conservés par les Sulpiciens à la seigneurie de la rue Notre-Dame révèle que les Sulpiciens ont gardé tout les volumes de l’enfer et les livres religieux des XVir et XVIir siècles entre les murs de leur gentilhommerie, dont les premières pierres ont été posées en 1691.Cependant, l’édifice de la rue Holt conserve les livres les plus précieux sur la Nouvelle-France.La Bibliothèque nationale, fondée par les Sulpiciens, enrichit actuellement son catalogue Internet avec l’introduction de 7000 cartes postales anciennes sur les villes et jes villages du Québec ainsi que des cartes géographiques anciennes.Ce travail de numérisation se poursuit depuis 18 mois.À vrai dire, certains documents anciens étaient déjà disponibles depuis quelques années sous cette forme nouvelle; le processus se poursuit maintenant à un rythme accéléré.Au jugé de ce travail de numérisation, il est permis de penser que les historiens devront revoir leur façon de présenter l’histoire de l’Amérique française, et que paraîtront bientôt de nouveaux livres abondamment illustrés, grâce à ces nombreux documents originaux rendus enfin accessibles.L’édifice dé la rue Holt conserve lés livres les I I plus n n précieux sur la Nouvelle-France I ) t 1 L E DEVOIR.I.E S S A M E 1> I 1 t) K T I) I M A \ C HE 1 I X 0 V E M B B K I !l !» !* -«- Livres -»- I , Lalerrière * > h TYPO Geneviève R< ibit.iille (’he/, moi roman.142 iv.1" S STAND PROLOGUE Michd-H.Clément Phéë Bpnheur Jacques Dcsfossés Tous les tyrans porn la moustache roman, 2' I p., 22 > ESSAIS L’amour De la séparation à Vaillance LA SÉPARATION D’AMOUR Shmuel Trigano , Éditions Arléa Paris, 1998,246 pages N AÏ M KATTAN Philosophe, historien de la pensée politique et religieuse, Shmuel Trigano s’est depuis 20 ans consacré ' a l’analyse de la pensée juive traditionnelle à la lumière de l’actualité sociale, politique et scientifique.Ses outages, où il allie originalité et pénétration, ont suscité plusieurs débats, ainsi que des polémiques.Son plus récent livre, La Séparation 'd’amour, marque un vira-ge.Dans cette réflexion, il u’est nulle part question ‘ de religion et, a fortiori, de | judaïsme.Cependant, cet-| te démarche parallèle ne : “ contredit pas la précédente.Le propos est on ne peut plus ambitieux: expliquer par l’amour le rap-.port de l’homme au réel, ’ au monde, au soi et à au-1 trui et suggérer, sinon poser, les fondements d’une éthique.: Trigano rend compte de jrois pôles de la vie humai-j lié: le soi, le monde et au-; frui.Il s’emploie à les expli-! " qùer par rapport à mie idée supérieure, pour ne pas dire un idéal, en affirmant que l’amour, qui gouverne et conduit les gestes et les ) choix de l’homme, culmine et aboutit à «l’un».L’auteur -h’élabore pas une pensée et encore moins une théorie sur ce qu’il appelle «l’un», tenue auquel il aurait conféré jadis im sens nettement plus religieux.Pour atteindre l’autrui, il importe que le soi se libère de l’égocentrisme et de la volonté de possession, car pos-' sèder l’autre c’est le réduire à l’état «Dans Tamour, l’indifférencié prend visage, l’un s’appelle d’un nom spécifique, le monde anonyme se singularise et fait entendre l’écho de l’un, de l’unique!» ¦ : La Séparation d’amour Shmuel Trigano ONfc fcVHIQÜt tvA; l'ANch : i m il i i m m mm mm im 11 ii rien d’objet, le chosifier.Tout mouvement du soi se déroule dans le monde.Afin que celui-ci ne devienne pas une simple extériorité, ce qui le condamnerait à la solitude, il est nécessaire de tenir compte de l’humanité du monde et, au besoin, de lTiumaniser.Sortir de soi La solitude est une épreuve de l’amour, un éveil du soi, lancé à la recherche de l’aimé inconnu.Or la ren-1 contre avec ce dernier commence par la tentation d’une fusion, ce qui nierait le soi de l’aimé, appelé à la même démarche que l’amant, c’est-à-dire à sortir du soi et à traverser librement le monde pour rencontrer l’autre.C’est ce que Trigano appelle la séparation, qui est la condition pour établir une alliance, au-delà de toute fusion.Autrement dit, les amants se retrouvent à partir de leur séparation.Avant d’atteindre l’un, les amants font l’expérience de l’éthique qui se déroule dans le vide et s’effectue dans les divers aspects de la morale, ici ramenés à six.Selon Trigano, ce sont la fraternité, la communauté, l’égalité, l’amour propre, la contemplation et la communion.«Dans l’amour, dit Trigano, l’indifférencié prend visage, l’un s'appelle d’un nom spécifique, le monde anonyme se singularise et fait entendre l’écho de l’un, de l’unique!» Ainsi, il n’est pas question dans ce livre d’un simple rapport entre deux individus, car le lien avec autrui est un rapport au monde et une atteinte de l’un.Quand on parle de l’amour comme une expérience vécue, l’aventure de deux personnes, on est amené à recourir au singulier, ce qui explique la présence depuis des siècles à travers la diversité des cultures, d’un nombre incalculable de poèmes et de romans dont le thème est l’amour.Il existe, certes, d’autres amours, celui de Dieu et celui du prochain; mais on se trouve là dans l’univers religieux, spirituel.Pour cet essai, Trigano a voulu ne donner aucun exemple historique ou romanesque, et pas davantage analyser les instincts et les pulsions, fl se situe au seuil de la théorie et invite le lecteur, pour le suivre, à puiser dans sa propre intériorité et à parcourir un chemin jalonné de signaux temporaires.La Séparation d’amour abonde en riches notations, nullement définitives, par lesquelles l’auteur amorce une réflexion, parfois en forme de préliminaires, et qu’il se promet bien de poursuivre.Ûfinptyque tilt) "’T’ IW'i- wvw.generaiiim uct ïtiptv I.ynn DUitnoml Le passe sous nos pas l.um Diamond l.e passe sous nos pas roman.16b p .18 S Il était une fois une ville est un romon profus, démesuré, incandescent, voluptueux.André Roy, Fugues C'est un livre que j'oi dévoré.Françoise Careil, Cent titres Il était une fois une ville séduit par la beauté éblouissante de cette écriture au ton toujours juste, qui renvoie à la grande tradition du réalisme magique sud-américain., , , .Stanley Pean, Le Libraire C'est un superbe objet littéraire, finement ouvragé.Robert Chartrand, Le Devoir Des images saisissantes, hallucinantes, délirantes.Suzanne Giguère, Un dimanche à la radio LES HERBES ROUGES / ROMAN Triptyque wwuuenerauonnci mpn IV! d rdc» bi.-»
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