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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2006-06-03, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI i ET DIMANCHE 4 J V I X 2 0 0 6 LITTÉRATURE Sébastien Chabot et son terrain de jeu Page F 3 Vadeboncœur et Thistoire renversée Page F 6 MIKHAIL KMMKNTIKV AFP L’écrivain espagnol Enrique Vila-Matas sur les traces effacées de Robert Walser CHRISTIAN DESMEULES Où va la littérature?Vers quels abîmes penche-t-elle?Comment un art dont on a déjà mille fois prédit la mort envisage-t-il aujourd'hui l'avenir?Dans Le Livre à venir, un essai paru en 1959, l’écrivain français Maurice Blanchot proposait quant à lui une réponse à la fois étonnante et facile à cette question perpétuelle: *La littérature va vers elle-même, vers son essence qui est la disparition.» Toujours prêt à prendre un écrivain au pied de la lettre, à débusquer l'anecdote ou à faire un peu de distance au moyen d’une intuition, l'écrivain espagnol Enrique Vila-Matas se sert de cette provocation de Blanchot — et du Sfr anniversaire de la mort de Robert Walser — pour plonger pne fois encore au coeur de «l'espace littéraire».Ecrivain pour écrivains, a-t-on souvent dit à son sujet «malade de littérature- sans rémission.Vila-Matas est fascine depuis longtemps par les écrivains sans oeuvre, les muets, les timides ou les fous.Avec ses livres qui semblent toujours un peu à cheval entre le roman et l'essai, tenant a la fois du récit biographique plus ou moins fidele et de Fau-tofiction ironique, il érige le commentaire au rang de genre en sol Bardeby et compagnie.Le Mal de Montano.Abrégé d'histoire de littérature portative (Christian Bourgois.2002,2003 et 1990) témoignent de sa solide fixation paralittéraire.Ses fores sont issus d'autres livres, ce sont «de divagations constantes, heureuses et distraites- — des investigations romanesques.Il a compris, comme quelques autres avant lui, qu’écrire sur le rien était encore écrire, en dépit de l’implacable mise en garde de La Bruyere: -Tout est dit, et l’on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes et qui pensent • Remarquez que Lautréamont a dit exactement le contraire.Dans ce débat apparemment sans fin, Vila-Matas.on l’aura compris, a choisi son camp.Malades de littérature Mais pourquoi cette fascination de Vila-Matas pour les écrivains?-Ils sont, d’ordinaire, angoissés et très intelligents, et si ce n’est pas le cas, ils font tout pour le paraître-, nous exp>lique-t-il.Enrique Vila-Matas est aussi angoissé, très intelligent et peut-être un peu fou lui-méme.Et si ce n’est pas le cas, il fait tout pour le paraître.Et Robert Walser dans tout ça?D est «fc prince discret des écrivains qui ont du charme-, s’il faut en croire son nouveau double littéraire, le D Pa-savento.Sorte de héros moral Walser incarne à foi tout seul, d’une certaine maniéré, ce destin évanouissant de la littérature Ecrivain et poete suisse de langue allemande (1878-1956), Fauteur de La Promenade et de L'Institut Benjamenta est devenu mythique à force de s'effacer.En 1933, après avoir déjà largement publié et suscité l’admiration d’écrivains comme Musil et Kafka, il entre a l’asile psychiatrique dUerisau.Vila-Matas est fasciné depuis longtemps par les écrivains en Suisse, et ne publiera plus rien jusqu'à sa mort, survenue le soir de Noël 1956 au cours d’une promenade solitaire.On Fa retrouvé étendu sur le dos, dans la neige, la main droite sur la poitrine, -fai à l'asile la paix dont j’ai besoin, ra-contait-t-il a Cari Seelig, l’un de ses rares visiteurs a Hérisau.Que les jeunes fassent du bruit maintenant.Ce qu'il me faut, c'est disparaître en retenant le menns possible l'attention - Et comme cesser de publier ne suffit généralement pas a assurer la parfaite disparition d’un écrivain, cinquante ans apres sa mort, l’ombre de Robert Walser flotte encore autour de nous.Stratégie du renoncement Un beau jour, comme d’autres se mettent a incarner Napoléon en exil a sans œuvre Sainte-Héiène, le narrateur de Vila-Matas décide de se prendre pour Robert Walser.Notre homme est pourtant un écrivain catalan bien connu dans son pays, traduit et publié en France chez Christian Bourgois — tout comme Vila-Matas Mais il envisage son retrait de la littérature, veut se débarrasser de son étouffante identité d’écrivain — en proposant du coup sa propre version de la -crise du sujet moderne-, U prend le maquis.Comme Walser.il écrit des -microgrammes- — de longs textes à l’écriture microscopique rédigés sur de petits bouts de papier —, comme foi il cherche a se faire interner a Herisau.Au fil de sa -stratégie du renoncement-, caché dans un hôtel de la rue Vaneau a Paris ou dans une pension de Naples, Pasavento trouve le moyen d'entretenir ses lecteurs de Fartualité ainsi que de ses propres lubies.Tantôt ce sont deux journalistes français séquestrés en Irak, Emmanuel Bove {-le plus grand des auteurs français méconnus-, selon Beckett), qui cultivait, a l’instar de Walser, une certaine esthétique de la discrétion.Tantôt encore c’est la mort de l’écrivain Miquel Bauçà, -Salinger catalan-, des allusions directes à J.D.Salinger et a Thomas Pytrefom, à Thelonious Monk ou a Glenn Gould (tous passés maîtres dans l’art de la disparition progressive), des scènes du film L'Avventura d’Antonioni.Tout lui est prétexte à commentaire.Fin somme, il nous rappelle, a la suite de Kafka, que la posture morale fondamentak- de l'écrivain sera peut-être toujours d’être a l’écart — une vérité que les récents «déboires» de Peter Handke, que cela plaise as partie de ces écrivains américains pour qui le Canada peut avantageusement être réduit à une fabrique de vents et de bliz zards.Qu’on suive, par exemple, son petit couple de randonneurs héroïnomanes lancé sur la piste d'un totem haïda dans les épaisses forêts côtières de fa Colombie-Britannique, et., qui rencontre-t-on ‘ ‘ au détour d’une phrase?*]oe Sa-kic, l’avant-centre de l’équipe des Avalanches».Et dans une autre nouvelle, ceci, de tout aussi inattendu: «Cela lui rappela soudain qu'il y avait autrefois un certain nombre de Canadiens jhançtiis, des séparatistes r* combinaisons branchées, qui racontaient aux filles que c’étaient eux qui avaient posé des" bombes dans les boites d lettres de Montréal.Cétait un boniment fffi-cace.» Bien informé, Mcguane.Ailleurs, il nous rappelle que le gé- ' néral Wolfe «aurait préféré avoir composé rÉlégie écrite tians un cimetière de campagne’plutôt que de conquérir le Québec».Nous aussi.Farce que du train où c’est parti, nous allons bientôt céder les droits sur notre mémoire collective à des intérêts américains.le clou du livre est à mon avis une nouvelle longue d’environ 80; pages, à La manière dr's novellas de ' ’ Harrison, si on veut, mais dont la perfection narrative, la qualité presque épique et la finesse de construction hissent l'auteur au niveau du vieux l'api lui-même et de personne d’autre.Titre: Le Réfugié.Quelque part entre Cuba et Key West, le fantôme rêveur du Grand Pêcheur Blanc (de peau, sinon de conscience, et encore.) et Li postérité du Vieil Homme, revendiquée ici avec un aplomb impres-skmuant, se conjuguent entre del, mer, îles et vocabulaire de la navigation pour donner cette histoire de rédemption d’une beauté stup«S liante.Avec, à Li clef, des considérations étonnantes sur l’esclavage, qui font de Thomas Mcguane un homme de son époque, doublé d’un écrivain dont l’intelligence, à l’image du Gulf Stream, est chaude et profonde.Collaborateur du Devoir EN DÉROUTE Thomas Mcguane Traduit de l’anglais pir Marc Amfrcvillc Christian Bourgois éditeur, Paris, 2006,318 liages Mcguane et Harrison sont deux complices dans l’art de déconner comme dans celui de faire se croiser les chemins de l’aventure et de l’écriture TERRES D’AMÉRIQUE Albin Michel « l de histoire d’amour, de violence et de mort qui vous liante littéralement.Isabel Allcmlc Lecture publique de Joseph Boyden avec ( harlcs Bender pour la version française Grande Bibliothèque, salle Y1450 475.de Maisonneuve Est, Montréal le 7 juin à I7h00 Dans le cadre du festival Présence autochtone Rfeuttata dM wntM : Du 23 au 29 irai 2006 Boyd ET Dan Brown (X Lattès) Lf CUUOUTW John Gnsham (Robert Laffont) Dan Brown (JC Lattes i Chrystwe BrouNft (Courte échelle) LA POfuT DU MLEMCf Fred Petterm (Planere HebeBei ^ TBKAAttf 1 3 J HAAITT rOTTEA IT II J K Fiowtang (Gaftmartf) PALMARÈS LIVRES ARCHAMBAULT™! C*5 QUEBECOR MEDIA MCtmouraurT Dan Brown (X Uttès) UE KTOUR N nWKSSEM OC t Henntng Mankell (Seuil) OUVRAGE GÉNÉRAL MUMES OHMtS JotéMo Michaud (Utxe eupreieion) li CVCU Of NUÇMt Pierre Morency nranwjjminental) LO.L KAUrt: MENUS fT.I Oiantai tacrolr (La semaine) KIMNOU fl «Ml MCEVUtZ Pierre Morency (Transcontinental) | 0(1 EST CNAMJET U MANDE EXPO Martin Handtord IGrünrt) i AUMCNTt C0NTNE LI CANCEH Hictiard Béliveau ffrétarré) WtlHUPfM Samia Stwrlf [XU I MA ME tlMEOEUMCNUU Alain Oui», mt parallèle*) LIVRE DE POCHE Oan Brown (Pocket) Bryan Pam, Ontaucfiajteti Ll 1: MANN ! R LotteVJ -L Tnoo ICaetarman) NOUVEAUTÉ ANGLOPHONE Car*» Buu Zaton gjwe de pocto) ENIfMNU CVtT TOUT ! Am Cïrtide Un M I O Gr»temandie (BorWl Stéphane Oompnrre lùufbec AmAnijue, Hemng Menkei (Seudi Mcpoaranuinti uan Brown tAndior) üen Brown rSwrvn A SchueteO üen Brown (Si Martin i Preea) Ue AAee* ffarr» Straw) Mt • r Mh Ka-ar- M Oan Brown tAndur STATE 0E HAt Miohaat CndAon fBertüëÿ) «r GNdwl Mmi LMof* (/•M iwan Uœn (New American utrrary) l«ÿwrd Ctfwn (McOWWnfl % Stowvt) Grwwn (DU) LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 JUIN 2006 F 6 -Essais Vadeboncœur et Phistoire renversée PANCHO L’essayiste Pierre Vadeboncœur revient à la charge avec LfInjustice en armes.MICHEL LA PIERRE Le 24 avril dernier, dans The New Yorker, l’écrivain britannique Martin Amis entrait, pour les besoins d’une nouvelle, dans la peau de Mohammed Aüa, l’artisan de la tragédie du 11 septembre 2001.Le terroriste aurait été un musulman apostat qui n’aurait pas cru au paradis mais à la réalité absolue et maternelle de la mort Voilà une interprétation très audacieuse, très occidentale et surtout très empathique que fait un Anglo-Saxon des songes présumés du plus célèbre des terroristes musulmans.La nouvelle d’Amis indiquerait-elle la naissance prochaine du sentiment universel, laïque et apolitique de l’omniprésence inéluctable de la mort violente dans un monde où les rivalités politiques, culturelles et religieuses paraissent de plus en plus inextinguibles?En tout cas, elle pourrait illustrer une très belle idée de Pierre Vadeboncœur «Ce n’est plus nous qui voguerons vers l’avenir.C’est l’avenir qui s’avancera vers nous, en sens contraire du temps.Comme dans Macbeth, la forêt sera en marche.La dynamique de l’histoire se renversera.» Pour aboutir à cette affirmation surprenante, sagace et poétique, Vadeboncœur a consacré un troisième essai à la critique de l’impérialisme américain en soulignant, cette fojs, que la guerre menée par les Etats-Unis en Afghanistan et en Irak a multiplié d’une manière faramineuse, méthodique et technologique l’horreur qui était jusque-là le propre du terrorisme, cette arme des pauvres, cette violence aveugle et hasardeuse.Comme les essais précédents, L’Injustice en armes constitue un recueil d’articles.Vadeboncœur a d’abord publié ces textes sim l’injustice américaine dans Le Couac et quelques autres périodiques québécois.Pour expliquer le renversement historique effarant qu’il appréhende, il signale qu’une guerre contre le terrorisme est une guerre contre l'invisible.Les terroristes n’affrontent jamais l’armée directement, donc l’armée est condamnée à exercer une terreur gratuite et à encoura- .ger ainsi les terroristes.C’est ce : principe qui permet à l’essayiste québécois de soutenir que, dans la guerre que Bush se targue de livrer contre le terrorisme, il n’y a «ni vainqueurs, ni vaincus, mais seulement des victimes».Vadeboncœur tient à préciser qu’en Irak ces victimes, qui se chiffrent à 100 000, sont essentiellement des civils irakiens.Il rappelle qu’il faut ajouter à cela le très grand nombre d’enfants morts à cause du blocus économique imposé à l’Irak durant plusieurs années.Que «la course à l’absurdité» entreprise par la Maison-Blanche risque de conduire l’humanité au désastre, c’est l’idée qui hante Vadeboncœur.Lorsqu'on sait que Bush a envisagé d’opposer le veto présidentiel à la loi américaine contre la torture, comment pour-rait-on reprocher une angoisse in- ¦, justifiée à un solide dialecticien qui, malgré les progrès de l’altermondialisme, voit s’avancer vers , lui l’avenir de la terreur?Collaborateur du Devoir L’INJUSTICE EN ARMES Pierre Vadeboncœur ,,, Lux Montréal, 2006,144 pages LITTÉRATURE DE VOYAGE HISTOIRE Voyage en Iran CHRISTIAN DESMEULES Depuis quelques mois, l’Iran semble être dans la mire de l’Occident.Mais qui connaît réellement ce pays?Qui ose vraiment aller y voir par soi-même?Loin des manichéismes programmés et des provocations faciles d’un pouvoir iranien en décomposition, Passeport pour l’Iran est le récit d’un voyage au pays des mollahs réalisé au cours de l’hiver 2003.Un voyage à rebours qui se lit comme un roman.En parfaite émule d’Ella Maillart, grande voyageuse et écrivaine suisse, la jeune Québécoise Marie-Eve Martel a compris que c’est au prix du voyage en solitaire qu’il est possible de rencontrer vraiment l’étranger.«H n'y a rien de plus excitant que de partir, sac au dos et a pur léger, à la découverte du monde, sans itinéraire fixe ni contrainte de temps.» Fascinée par l’Iran dès les pre miers instants qui suivent sa descente d'avion, preuve selon elle qu’il est possible d'éprouver un véritable coup de foudre pour un pays — ses habitants, son paysage, sa culture —, c'est aussi le récit de cette rencontre -amoureu- se» que livre Tauteure de 26 ans.Déclarations d’amour, multiples demandes en mariage, rencontres de guides spontanés qui sont souvent honorés de faire découvrir leur pays à une Oçcidentale: le parcours de Marie-Eve Martel est le récit d’un enchantement Entre l’anecdote et le journal de bord, le récit se veut aussi une plongée intime au cœur de la société iranienne, avec ses paradoxes, ses gouffres et tout ce que le regard myope de l’actualité ne nous fait pas soupçonner.Au final, la perte de son passeport par les autorités iraniennes, au cours d'une banale demande de prolongation de visa, la plongera dans une petite épopée digne des Douze travaux d’Astérix.Avec humour, sensibilité et courage, Marie-Eve Martel nous fait partager une partie de la magie qui a accompagné ce voyage dont visiblement elle n’a jamais voulu revenir.Collaborateur du Devoir PASSEPORT POUR LTRAN Marie-Éve Martel Lanctôt éditeur Montréal, 2(X)6,274 pages Gallo le républicain LOUIS CORNELL1ER La France, entend-on de plus en plus souvent à gauche comme à droite et en France même, ne va pas bien.Son modèle social, a par exemple décrété Nicolas Baverez, une sorte d’Alain Dubuc français, serait vétuste, inefficace et incapable de s’ouvrir à la modernité, c'est-à-dire au néolibéralisme.D’autres, nombreux, s’en prennent à son passé et à sa tradition au nom d'un communautarisme révisionniste, la France, disent-ils, a torturé, massacré, colonist' et pratiqué l’esclavagisme.Aujourd’hui encore, ajoutent-ils quand les banlieues éclatent, elle révèle sa face sombre de nation r" méprise les minorités au nom faux universalisme républicain.Son passe catholique, d’ailleurs, témoigne en sa défaveur.Romancier, biographe et essayiste.Max Gallo n’en peut plus de ce discours autoculpabilisant Selon lui, «les pédagogues du renoncement» qui le professent trahissent la grande mémoire française' et mènent le pays à sa perte.Dans Fier d'itre français, un pamphlet rédige dans l’urgence, celui qui se définit comme un «républicain patriote» dénonce la complaisance de ses compatriotes à l’égard d’un certain islam qui foule aux pieds les principes républicains, des partisans d’un communautarisme qui «'jettent ITiistoirv de France au profit de «leur histoire en France» et des faux modernes qui prônent la fuite en avant européenne à tout prix au nom de l’ouverture.•La France, écrit-il, manque de patriotisme» et selon lui, «on ne soignera pas le “mal.français’ en se bornant ri rvctwrir à des nfitrmes nécessaires — temps et cimtrat de travail, lutte pour l'emploi, etc.—, mais en affirmant que cette nation est digne d’être aimée, qu’on doit être fier d'être français».Le patriotisme et la gratitude à l'égard de l'histoire de France (malgré ses égarements) sont des valeurs trop importantes pour qu'on les salisse et ce faisant pour qu'on laisse le monopole de leur défense à une extrême droite lepeniste qui les discrédite en prétendant tes préserver.Giscard, Mitterrand et tes contempteurs de «l’idéologie française» a la BHL se font ici boxer par im Gallo scandalisé par leurs turpitudes et leur mauvaise foi.*Le dunx, écrit-il, n 'est pas entre nation chauvine et tgihste et humanité fraternelle.entre prinlégiés et multi-tudes, mais entre natùm citoyenne, RépuNùiue, et repliement ethnique, petites tribus xemphobes.» Fier d'être français n'est pas vraiment un grand livre, mais à l’heure où, partout en Ocddent la référence nationale subit les assauts d'un communautarisme relativiste et révisionniste, il livre un beau plaidoyer en faveur d'un sain et nécessaire patriotisme, garant de notre rapport à TuniverseL Collaborateur du Devoir FIER D'ÊTRE FRANÇAIS Max GaDo Fayard Paris, 2006.144 pages « L’usage politique du religieux ROBERT COMEAU Comment expliquer que le phénomène religieux soit devenu, depuis une trentaine d’années, une préoccupation omniprésente dans le monde?C’est ce que se demande l’économiste et historien du monde arabe Georges Corm.Durant les aimées 1960 et 1970, la décolonisation, les luttes sociales et nationales et les idées frogressistes étaient au cœur de actualité.Corm examine comment le phénomène religieux s’est rapidement emparé des préoccupations du monde.Il considère que le grand tournant historique s'est produit vers 1979, au moment où La révolution islamique en Iran s’en est pris à tous les symboles de la modernité.On a assisté à l’invasion de l’Afghanistan par l’armée soviétique, à la fin de l’ère maoïste en Chine, à la prise de conscience des massacres des communistes au Cambodge et à la fin du modèle socialiste.Au même moment, l'historien français François Furet publiait sa réflexion critique sur la Révolution française, remettant en cause son rôle progressiste dans l’histoire.Les nouveaux philosophes triomphaient en France, remettant en question eux aussi te patrimoine révolutionnaire français.On a assisté à une véritable révision de l’histoire.La Révolution française' et La philosophie des Lumières du XVIII' siècle sont rendues responsables du totalitarisme du XX’ siècle! L’historien allemand Ernst Nolte renchérit en affirmant que le nazisme n’aurait été qu’une simple réaction à la menace du totalitarisme soviétique.Conn dénonce cette pensée contre-révolutionnaire postnioder-ne qui est devenue l’objet d’un nouveau consensus: «Le succès des entreprises de révision de l'histoire conduites par des intellectuels comme François Furet, Francis Fukuyama ou Samuel Huntington, largement relayés par les médias iLminants, va omtribuer à donner chair à ce mruveau consensus qui tente d'imposer une visum unilatérale du monde d’où est exclus tout sens critique.» L'effondrement des idéologies Laïques, consacré par la disparition du marxisme et du socialisme dans te dernier tiers du XX' siède, a ouvert la porte au religieux.L’Islam politique Il n'y a pas que la renaissance évangéliste chrétienne.Aux Etats-Unis comme en Europe, toute une littérature fleurit sur l'Islam politique.L’inquiétant Gilles Kepel publiait même en 1992 La Revanche de l'Heu.Corm poursuit son analyse' de la crise fondamentaliste de l’Islam et dénonce te défertement d'ouvrages occidentaux sur l'islam.te plus souvent alarmistes.t La globalisation qui a produit un «multiculturalisme complexe tout aussi attirant que repoussant» a affecté les démocraties et causé une crise de légitimité du pouvoir politique.Devant la crise d’autorité causée par l’effondrement de la tradition, on a recours au religieux.Le nouveau «prêt-à-pensep> présente le conflit majeur au XXI' siècle comme celui opposant un monde judéo-chrétien libéral et tolérant au monde de l’islam, retardataire, autoritaire et violent En ayant largement recours à l’histoire, l’auteur répond aux thèses révisionnistes de Furet depuis Penser la Révolution française (1978) jusqu’à son dernier ouvrage, Le Passé d’une illusion (1995), en démontrant que «l’irruption du religieux dans le champ politique ne s’explique pas par une résurrection des identités religieuses que les Lumières auraient gommées».D revient sur les épisodes de violences collectives dans l’histoire européenne qui furent justifiés par le recours au religieux, depuis l’Inquisition jusqu'aux guerres des religions du XVF siècle.Il démontre le lien entre ce recours au religieux et le déploiement de ce néoconservatisme idéologique qui est vu par certains comme «le nouvel humanisme du XXL siècle qui réinstitue les valeurs per- dues de l’autorité et delà tradition».Corm croit plutôt que les nouveaux conservateurs s’efforcent de combler un vide devant l’effondrement des philosophies de l’histoire du monde moderne et cette double crise religieuse et politique dans les sociétés monothéistes.Dans son analyse du malaise identitaire, il signale comment le déclin des nationalismes européens a créé un «besoin de racines».Marxisme et nationalisme ont disparu en même temps, laissant un vide de représentations peu banal dans l’histoire européenne.Ce néoconservatisme solliciterait le retour du religieux «pour légitimer le nouvel ordre géopolitique progressivement mis en place depuis l’effondrement de la bipolarité Est-Ouest».Celui qui a déjà publié plusieurs ouvrages sur te monde arabe, dont Le Proche-Orient éclaté, poursuit ici son analyse de la crise fondamentaliste de l’Islam.Les dangers Dans son bilan des convulsions monothéistes, il conclut que «le recours au religieux n'est nullement une voie plus sûre pour assurer l’autorité et la garantie de l’ordre social».Il plaide en faveur d’une «dédramatisation des représentations des problèmes géopolitiques du monde».D faut cesser de «fabriquer des nationalismes civilisationnels» et d’utiliser te terme «Occident», dont les Etats-Unis s’affirment le défenseur devant le danger externe de l'Islam.L'islam est une religion à carac- tère universel: il est absurde de ¦ rechercher dans le Coran les raisons du terrorisme.Ce bavardage sur l’islam, dit-il, empêche la prise de conscience des vrais problèmes, qui sont profanes, comme .ly.les occupations militaires ou la colonisation en Palestine.Il préconise une réhabilitation , du patrimoine des Lumières et la , mise en œuvre des principes républicains à l’échelle internationale pour contrer le fondamentalis- ; me religieux.Il recommande une réhabifitation de l’Etat et, plutôt ; que le multiculturalisme, il affir- ; ; me que «le cosmopolitisme serait '¦ une bien meilleure valeur à pro- ‘ ; mouvoir en Europe, les immigrés i | arrivant en Europe continentale .devant se conformer au respect des \} valeurs et normes des sociétés d’ac- \.cueil (ceux préférant une société .; multiculturelle allant plutôt au Ca- ! nada ou aux États-Unis)».Voila un f ouvrage important pour com- ; ; { prendre l’usage politique du reli- ; ; { gieux et résister à Tinstrumentali- , t sation de la religion.• f < fe Collaborateur du Devoir ! S 4 » 4*1* t ; j LA QUESTION RELIGIEUSE AU XXIE SIÈCLE Géopolitique et crise DE LA POSTMODERNITÉ Georges Corm La Découverte, «Cahiers libres» ; ; Paris, 2006,215 pages L’économiste et historien du monde Georges Corm (à droite).On le voit ici signer un accord avec Joseph Deiss.ministre suisse des .Affaires étrangères en 2000.M.Corm était alors ministre des Finances du Liban.1 I * • * 4 • • 4 * < r * • r m___ A Pour Corm, le tournant majeur s’est passé en 1979, avec la révolution iranienne LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 JUIN 2006 Essais Quel système de santé en héritage ?Louis Cornellier ous souhaitons tous, évidemment, que le système de santé québécois soit efficace, accueillant et accessible à tous.Nous n'avons pas de raison de croire que le docteur Yves Lamontagne, président du Collège des médecins du Québec, ne partage pas ce beau projet Comment expliquer, alors, le malaise que suscite trop souvent la lecture de son plus récent essai, intitulé Et si le système de santé vous appartenait?D’abord, ce titre est trompeur et tendancieux.Le système de santé, justement, nous appartient précisément parce qu’il relève de la gestion publique.Aussi, laisser entendre qu’il pourrait enfin nous appartenir s’il faisait place à plus de financement privé — ce que suggère le D'Lamontagne — est une aberration qui ne peut s’expliquer que par la présence d’un biais idéologique.Déjà, donc, un malaise s’installe, qui ne nous quittera plus vraiment même si tout n’est pas de la même eau dans cet essai.Le D'Lamontagne, reconnaissons-le, fait preuve d’un certain courage quand il critique la formation actuelle des médecins et les attitudes qu’elle engendre sur le plan de la pratique.«Les médecins, écrit-il, deviendront-ils de plus en plus des techniciens de la santé ou resteront-ils de vrais professionnels pour qui la relation thérapeutique est importante?» Tout en remettant en question la prédominance des résultats scolaires dans la sélection des candidats aux études en médecine, Yves Lamontagne déplore aussi que les sciences humaines soient dévalorisées dans la formation médicale: «fl en découle que la jeune génération de médecins a une excellente formation en sciences, mais son niveau de culture générale et son sens critique sont beaucoup plus faibles.» Partisan d’un engagement social plus soutenu des médecins — encore que la définition qu’il donne de cet engagement reste tendancieuse quand elle insiste sur le fait que les médecins doivent privilégier «leurs relations avec le monde des affaires, qui aurait pu inspirer leur leadership et les assurer de partenaires sérieux et crédibles dans la défense des intérêts de la population» —, le Dr Lamontagne rappelle que les quatre caractéristiques qui font un bon médecin — prendre son temps avec les patients, démontrer de la sympathie, donner des explications et adapter sa personnalité à la clientèle — sont loin d’être toujours respectées.La médecine, écrit-il, n’est pas qu’une science ou une technologie: elle est aussi un art et en ce sens, «la tâche de recoller les morceaux du malade est sûrement le prochain pas essentiel à faire dans le progrès de l’exercice de la médecine».Les plaidoyers qu’il livre en faveur de la réhabilitation du médecin de famille et de la pratique de l’interdisciplinarité s’inscrivent aussi dans cette logique humaniste plutôt que technosdentifique.Voilà, donc, ce qui résume les aspects réjouissants de cet ouvrage.Quand le docteur, toutefois, se lance dans des considérations socioéconomiques sur le fi- La solution du D' Yves Lamontagne au problème de financement du système de santé est une plus grande place faite au privé, une démarche qui serait accompagnée d’une diminution des impôts.nancement du système, l’humanisme prend vite le bord pour laisser place aux idées reçues de certains casse-pied qui tentent de faire passer leur idéologie particulière pour de la lucidité.«Le mensonge, écrit-il par exemple, c’est que le système de santé est un service public, que chacun a une chance égale d’y accéder et qu’il est subventionné par les contribuables» S’il est vrai que cette affirmation ne se confirme pas parfaitement dans la réalité (on sait, notamment qu’environ 30 % des dépenses de santé relèvent du privé et que les amis des médecins ont quelques passe-droits), il n’en reste pas moins qu’elle correspond à peu près à la situation actuelle et qu’elle résume, surtout, le souhait de la population.Il faudrait donc, se dit-on, travailler à la rendre le plus effective possible.Le Dr Lamontagne, lui, tire une autre conclusion: puisque cette affirmation ne correspond pas tout à fait au réel actuel, changeons de projet Le réalisme, dès lors, ne se définit plus comme l’adhésion à un idéal réalisable, mais comme la soumission de l’idéal à une réalité circonstancielle qu’on érige en fatalité.«Quand on pense petit, écrit le docteur, on reste petit.» Cette formule, qu’il réserve à ses adversaires, ne s’est jamais si bien appliquée qu’à sa propre pensée.«Dorénavant, affirme-t-il, aucun gouvernement au monde ne pourra assumer seul les services de santé offerts à sa population.» Démonstration, s.v.p.?11 n’y en aura pas.C’est ça qui est ça, faut-il croire.Le cœur du douteux raisonnement qui suit est tellement cousu de fil blanc qu’on se demande comment il parvient à duper tant de monde.D faut injecter de l’argent dans le système, dit-il.Comment?Tout est là.Pour désamorcer quelques critiques, il commence par souligner qu’il convient de remettre en question certains abris fiscaux et règles de report d’impôt Tous, ou presque, seront d’accord.11 ajoute que l’on pourrait mieux jouer la carte des médicaments génériques.Encore là, ça va bien.Il suggère d’instaurer une caisse d’assurance-santé.11 s’agit là d’une piste intéressante, mais à discuter.La suite, toutefois, déraille.Oui au ticket modérateur, avance-t-il.Récemment à l’émission La Part des choses (RDI), l’urgentologue Paul Lévesque, de la Coalition îles médecins pour la justice sociale, a eu beau rappeler au D' Lamontagne qu’il s’agissait là d’une fausse solution comportant plein d’effets pervers (notamment les reports de consultation qui entraînent des coûts encore plus importants), ce dernier n’en démord pas.Lucide?Non.Idéologue.Mais surtout, surtout, la solution du I)' Lamontagne au problème de financement du système de santé est bien sûr, une plus grande place faite au privé, une démarche accompagnée, tenez-vous bien, d’une diminution des impôts! C’eçfi ma foi, assez fort de café! On coupe les vivres à l’Etat, on décrète ensuite qu’il n’a plus les moyens de financer la santé et on fait appel au privé comme sauveur.On ne devrait pas parler, ici, de logique économique, mais de stratégie néolibérale.Si certaines personnes ont assez d’argent ixmr si* ))ayer individuellement des soins de santé, c’est donc qu’elles seraient capables, quoi qu'on en dise, de payer plus d’impôts pour contribuer à l’amélioration collective du système.L’évidence est tellement grosse qu’on se demande comment il se fût qu'un discours comme celui dYves Lamontagne et consorts passe encore pour crédible.La même remarque, d’ailleurs, s’applique à cette vieille scie néolibérale selon laquelle le privé' fonctionnerait avec une «bureaucratie réduite».1 );ms les systèmes complexes, cela n’est jamais le cas, et l'exemple am«S ricain, à ce titre', est révélateur.Yves Lamontagne affirme qu’il ni' veut jkis laisser à ses enfants «un héritage qu’ils n’ et votre abonnement (q&l’éabonrïeme sera gratûir^> ; PUL - IQRC Bulletin d'abonnement Remplir et retourner à üSÉDmorrs few ir> îiTr.utKmuwc^.earnbiaaKaMn msat shuuhb et.nuann ?Oui,/abonne wt(e) de mes ami(t) » miQJiine 6Knr te üjrw « je béndfcie de Toffre if
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