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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2002-07-27, Collections de BAnQ.

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L E En partance: Pays-Bas Page D 3 DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 JUILLET 20 0 2 ¦IV y't#3l Jï DE VISU Fossoyeurs d’ombres vivantes Page D 6 ?Le devoir ?Tant de livres à lire.Tant d’écrivains à découvrir, à re-connaître, à fréquenter.Et ces auteurs célèbres que tout le monde semble avoir lus! Comment s’y repérer?Chaque samedi au cours de l’été, le cahier Livres fait le portrait d’un romancier de réputation internationale et de son univers, en prenant appui sur son plus récent titre.Neuf rendez-vous, neuf écrivains.Autant de compagnons d’un été.3 *B B •i «En réalité, les lecteurs s'amusent trop en lisant mes livres: personnellement, j’aimerais qu’ils rient moins et réfléchissent plus.» Andrea Camilleri Montalbano, je suis JOHANNE JARRY Né à Porto Empedocle (Agrigente, Italie) en 1925, Andrea Camilleri est une star littéraire en Italie, plus particulièrement dans sa Sicile natale, où se déroulent, dans un Vigàta fictif, tous ses romans.Bien avant de devenir ro-mancier, Camilleri a enseigné la mise en scène et présenté son travail de dramaturge sur plusieurs scènes italiennes, ühomme a scé-narisé plusieurs séries policières, ce qui profite de toute évidence à l’écriture de ses romans.Cette activité romanesque, il s’y consacre tardivement, soit à la fin des années 70, et ce n’est qu’au début des années 90 qu’il sera lu par un plus large public.Ses romans monopolisent les premières places des listes des best-sellers, surtout depuis la parution de La Forme de l’eau, son premier roman policier à mettre en scène le commissaire Montalbano.Le nom de ce fameux personnage fait écho à celui d’un écrivain bien connu des amateurs de polars: Manuel Vazquez Montalban.Les deux écrivains se connaissent et s’estiment, et leurs personnages se croisent surtout au lit, quand Montalbano, avant de s’endormir, tourne les pages d’une enquête louche confiée au détective Pepe Carvalho.Autre similitude entre les deux auteurs: ils mènent deux œuvres distinctes de front, l’une de forme plus classique (historique dans le cas de Camilleri), l’autre d’un genre jugé moins noble: le polar.Mais chez Camilleri, tout comme chez Montalban, polar ou pas, le style est présent.Celui de Camilleri, on n’en saurait pas grand-chose s’il n’y avait pas aussi œuvre de traducteur.Serge Quadruppani, son principal traducteur et lui aussi écrivain, se fait un devoir de rendre les trois niveaux de langue qui coexistent dans les romans de Camilleri, soit l’italien classique, le sicilien pur et Titalo-sicilien, de façon à ce que le lecteur français accède à cette langue très typée.Elle caractérise même certains personnages, le plus coloré étant Catarella, l’inimitable standardiste du commissariat de Vigatà.Voyons comment il peut retransmettre un message au commissaire: «Trois fois, il tili-fona le dottori Lacté, celui avec le esse au fond! Y veut vous parier en pirsonne pirsonnellement! Il dit qu’une chose très urgente d’urgence c’est!» Une veine historique Camilleri est sensible à l’histoire, et plus particulièrement à celle de la Sicile à la fin du XIX' siècle.L’auteur confie à Fabio G^mbaro {L’Italie par ses écrivains.Editions Liana Levi) qu’il doit tout à son aîné, Leonardo Sciascia, de qui il a «appris la curiosité vis-à-vis de l’histoire et sa façon de se projeter dans le présent».La Disparition de Judas, récemment paru chez Métai-lié, est une sorte d’hommage à son maître puisque le roman est inventé à partir d’un court extrait d’À chacun son dû de Leonardo Sciascia.Dans ce texte, le comptable Antonio Pato disparaît dans la trappe qui s’ouvre sous ses pieds pendant la représentation de la pièce Funérailles, ce qui est conforme à ce que son rôle exige.Mais qu’on ne le revoie plus après, ce n’était pas prévu.Camilleri écrit la suite de l’histoire de Sciascia dans La Disparition de Judas.L’enquête pour retrouver le disparu est confiée à deux services de police rivaux, ce qui va drôlement compliquer les affaires et multiplier la production de rapports officiels.On se promène d’un service à l’autre, de lettres en déclarations, et on se demande comment ils font pour s’y retrouver dans ces labyrinthes hiérarchisés.Et le comptable, dans tout ça?Oh, on finit par le retrouver.Cet intérêt pour l’histoire se matérialise autrement dans une biographie que Camilieri consacre à Luigi Pirandello, Biographie de l’en- fant échangé, publiée récemment chez Flammarion.Camilleri a plusieurs raisons de s’intéresser à celui qui a écrit Six personnages en quête d’auteur, les plus évidentes?Ils sont tous deux dramaturges et nés dans le même village.Il s’agit donc du regard que pose un écrivain sur la vie d’un homme dont il fréquente l’œuvre (plusieurs extraits sont intégrés au texte de Camilleri) et les mêmes lieux depuis longtemps.Cette familiarité donne parfois une allure échevelée au texte, mais comme le précise Camilleri, c’est «la transcription d’un récit oral que j’ai fait de la vie de Ijeigi Pirandello, abordée d’un point de vue limité et entièrement personnel».Montalbano, qui es-tu?Qu’on se le dise: les histoires de Camilleri, sans Salvo Montalbano, ce n’est pas le même plaisir de lecture.Plaisir qu’on doit en partie au personnage du commissaire de police à Vigàta.Ce mélancolique quinquagénaire vit à Marinella, à quelques kilomètres du village, et se délecte le plus souvent possible des bons petits plats que lui mitonne la fidèle Adelina.Ses amis sont ceux avec lesquels il forme une équipe: Fazio et Mimi.Ce dernier, au désespoir de Montalbano (voir L’Excursion à Tindari), est sur le point de se marier.Se marier.Montalbano y pense parfois, il se dit même que c’est le mariage qu’il vit avec Uvia, même si leurs vies se déroulent dans des villes séparées: lui à Vigàta, elle à Boccadasse, faubourg de Gênes.Uvia, à qui il téléphone la nuit parce que, le jour, il oublie qu’elle existe, voudrait bien un enfant de Salvo avant d’être trop vieille et une vie de tous les jours avec l’homme qu’elle aime.Car s’aimer, il semble clair qu’ils le font depuis longtemps.Alors, qu’est-ce qui retient Salvo?Ah, on finira bien par le savoir un de ces jours.Autres signes distinctifs: Montalbano ne sait pas siffler, sauf en VOIR PAGE D 2: CAMILLERI lieux de mémoire Julien Gracq : une voûte sur l’océan Quels sont les lieux privilégiés d’un écrivain?La pièce où il écrit?le paysage où il rêve?les mots qu’il aligne?Chaque samedi au cours de l’été, notre collaboratrice Guylaine Mas-soutre, forte de ses lectures et de sa visite des lieux, explore le paysage naturel et imaginaire d’un écrivain.C’est à l’historien Pierre Nora que cette série a voulu emprunter son titre, histoire de lui donner le crédit d’une heureuse formule, comme il se doit, mais aussi pour rappeler que littérature et mémoire sont intimement liées.Cette semaine, les lieux de Julien Gracq.GUYLAINE MASSOUTRE Aujourd’hui, 27 juillet 2002, Julien Gracq fête ses 92 ans.À Saint-Florent-le-Vieil, en ce pays des Mauges aux confins de l’Anjou et de la Bretagne, l’écrivain, jadis professeur parisien, a pris sa retraite.La région est un vivier d’histoire.Le château de conte de fées de la Renaissance, le donjon en ruine — là est né Du Bellay, là Gilles de Rais .—, le bocage peint de gris-vert, le chemin de traverse ui serpente dans un méandre e l’eau dormante, tout invite à baguenauder.Une route glisse le long du coteau de Saint-Florent, laisse la tour de perception de la gabelle sur «l’or blanc» — le sel — et grimpe sur le pont, ancré dans l’île Batailleuse.Sur la corniche se dressent l’abbatiale fortifiée et l’église, que ravive un épisode douloureux de l’histoire française: la guerre des Chouans.Les chemins des hommes sont agités.Seul, le chemin de halage invite à rêver d’alliance, celle de la terre et de l’eau.Au 3 de la rue du Grenier à sel, tout près de la Loire, Gracq a réintégré la maison paternelle, une grande demeure altière, achetée lorsqu’il avait dix ans.En face se trouve le logis modeste où il est né.«On n'habite vraiment que la maison qu’on bâtit soi-même, on ne se loge durablement que dans ce qui a poussé en conformité avec votre forme empreinte.[.] une civilisation de bernard-l'hermite est sans avenir», écrit-il dans A«/o«r des sept col- lines, un de ses derniers livres.La maison à quatre niveaux paraît endormie.Nul signe de vie, sinon le jeu d’un volet de fer, déplié ou replié à l’une ou l’autre fenêtre de la terrasse.La grille est ouverte sur un jardin en friche.Dans la maison silencieuse où il vit seul, l’homme discret préserve le secret de sa vitalité.Art de vivre ou lucidité, il veille sur un trésor de mots: il tient loin de la vie médiatique ses souvenirs et ses savoirs.Rendez-vous aux deux mille pages de sa prose élective dans In Pléiade.Clé de voûte Dès la publication de son premier roman.Au château d’Argol, en 1936, André Breton reconnaît en ce géographe historien la fulgurance de sa prose, qui illumine VOIR PAGE D 2: GRACQ JEAN-PAUL DEK1SS LIBRAIRIE CORTI i mM Julien Gracq t I K I) K V OIK.I.K S S A M EDI 27 E T I) I M A N C HE 28 J II I I.L E T 2 0 0 2 I) 2 -«-Livres LIVRES PRATIQUES Le jardinage, un défi constant RENÉE ROWAN DJ année en année, la même question s’impose : comment améliorer l’apparence de son jardin, quel nouveau légume ajouter à son potager?Pourquoi ceci, pourquoi pas cela?Quelles sont les nouvelles vedettes de l’heure?Le jardinage est un défi constant et, pour vous aider à le relever, voici quelques titres d’ouvrages nouvellement parus.JARDINIER DU DIMANCHE Philippe Asseray avec la collaboration de Martine Rigaudie hi Maison rustique, Flammarion Paris (France), 2002,128 pages Cet ouvrage est destiné aux néophytes qui ne peuvent consacrer que quelques heures chaque week-end à leur jardin.Un pari possible, affirme l’auteur, qui considère le jardinage comme une activité de détente, une source de plaisir, tout en étant respectueuse de l’environnement naturel.Iæ but visé: apporter solutions et conseils pour faciliter la tâche du jardinier amateur.A la toute fin de cet album cartonné et abondamment illustré, on trouve une série de trucs pratiques et tout simples pour arriver à de bons résultats: ainsi, faucher en permanence le persil et la ciboulette pour stimuler le départ de nouvelles pousses; utiliser de l’eau de Javel pour débarrasser les plants de poireau victimes de parasites; enterrer des récipients verticaux à bord lisse et remplis à moitié de bière — de préférence sans alcool — pour éliminer les limaces.elles en raffolent! Ce ne sont là que quelques-unes de ses bonnes idées.LE JARDINAGE ÉCOLOGIQUE Yves Gagnon Les Edition Colloïdales Saint-Didace (Québec), réimpression 269 pages Un livre sans prétention mais fort utile pour qui veut s’adonner au jardinage écologique.Le terme écologique sert ici à qualifier un mode de culture.Ecrit dans une langue simple, accessible à tous, notamment aux débutants, ce guide s’adresse à ceux et celles qui désirent cultiver fruits et légumes en harmonie avec l’environnement.Cultiver écologiquement, c’est dire non merci à la pétrochimie et à son emprise sur la production alimentaire: la fertilisation repose ici sur le recyclage des matières organiques, sur le recours à la rotation des cultures et au compagnonnage.«Une pratique agricole respectueuse du milieu et de la vie du sol assure la fertilité de la terre», estime l’auteur, qui enseigne l’agriculture et l’horticulture écologiques dans des commissions scolaires et signe des chroniques horticoles dans divers périodiques.Le baromètre du livre au Quebec du 17 au 23 juillet 2002 1 Roman Qc BONBONS ASSORTIS AP M.TREMBLAY jeméac/Actes Sud 5 2 Biograph.Qc L'ALLIANCE DE LA BREBIS G.LAVALLÉE JCL 14 3 Roman Qc LES QUATRE SAISONS DE VIOLETTA C.BROUILLET Denoêl 6 4 Polar MYSTIC RIVER ¥ D.LEHANE Rivages 15 5 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN ¥ A.BRASHARES Gallimard 7 6 Essais LA RAGE ET L'ORGUEIL 0, FALLACI Plon 4 7 lictionnaire LE PETIT LAROUSSE ILLUSTRÉ 2003 COLLECTIF Larousse 4 8 Polar TOI QUE J'AIMAIS TANT ¥ M.HIGGINS-CLARK Albin Michel 9 9 ioman Qc OUF! ¥ D.BOMBARDIER Albin Michel 11 10 îoman LE PIANISTE ¥ W.SZPILMAN Robert Laffont 75 11 Biograp.Qc QUE FREUD ME PARDONNE ! J.VOYER Libre Expression 15 12 Roman Qc UN PARFUM DE CÈDRE ¥ A.-M.MACDONALD Flammarion Qc 90 13 toman LA CROIX DE FEU, T.5 - l,e partie D.GABALD0N Libre Expression 8 14 Roman LA QUATRIÈME MAIN J.IRVING Seuil 13 15 Cuisine BARBECUE ¥ S, RAICHLEN L’Homme 14 16 Roman JE L'AIMAIS ¥ A.GAVALDA Dilettante 20 17 Roman LE LIT D'ALIÉNOR M, CALMEL X0 éd 22 18 Roman LE BAISER D, STEEL Pr.de la Cité 10 19 Roman ÉLOGE DES FEMMES MÛRES ¥ S.VIZINCZEY du Rocher 65 20 Roman Qc LE GOÛT DU BONHEUR, T 1.2 & 3 ¥ M.LABERGE Boréal 85 21 Roman QUELQU'UN D'AUTRE ¥ T.BENACQUISTA Gallimard 25 22 Polar PARS VITE ET REVIENS TARD ¥ F.VARGAS Viviane Hamy 34 23 B.O.ALBUM SPIROU n° 264 COLLECTIF Dupuis 4 24 Polar WONDERLAND AVENUE ¥ M, CONNELLY Seuil 13 25 Sexualité PULL SEXUEL J.ROBERT l'Homme 20 26 Roman BAUDOLINO ¥ U ECO Grasset 19 27 Roman LES ENFANTS DE LA TERRE, T.5 - Les refuges de pierre J.M, AUEL Pr.de la Cité 13 28 Guide Qc GtTES ET AUBERGES DU PASSANT AU QUÉBEC 2002 COLLECTIF Ulysse 22 29 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT E.TOLLE Ariane 96 30 Essais Qc LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS N,LESTER Intouchables 36 31 Roman OU ES-TU ?M,LÉVY Robert Laffont 37 32 Roman MADEMOISELLE LIBERTE A, JARDIN Gallimard 26 33 Roman Qc VOYAGE AU PORTUGAL AVEC UN ALLEMAND ¥ L.GAUTHIER Fides 15 34 Spiritualité METTRE EN PRATIQUE LE POUVOIR DU MOMENT PRESENT E TOLLE Ariane 14 35 Nutrition BON POIDS, BON CŒUR ¥ MONIXjNAC/DUMtSm Flammarion Qc 10 36 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE » ¥ J.SPENCER Michel Lafon 84 37 Beaux livres LA TERRE VUE DU CIEL ¥ Y ARTHUSBERTRAND de La Martmière 141 38 Roman LE LIVRE DES ILLUSIONS ¥ P.AUSTER lemeac/ActesSud 10 39 Essais NEXT ¥ A BARICC0 Albin Michel 11 40 Roman Qc MIST0UK G, BOUCHARD Boréal 11 41 Roman ROUGE BRÉSIL ¥ J.-C.RUFIN Gallimard 48 42 Arts 365 JOURS POUR LA TERRE Y ARTHUS-BERTRAND de La Martmière 36 43 Roman Qc LE CŒUR EST UN MUSCLE INVOLONTAIRE ¥ M,PROULX Boréal 15 44 Santé GUÉRIR SANS GUERRE ¥ J.LED0UX Flammarion Qc 125 45 Spiritualité LE GRAND LIVRE DU FENG SHUI ¥ G HALE Mamse 61 V Coup de Cœur RB Nouvelle entrée Nbre de Minimes depuis ptrutkm T Plus de lOOO Coups de Cœur, ^ pour mieux choisir.succursales SUITE DE LA PAGE D 1 le réel où son regard se pose.Le catégorique Breton, peu enclin à vanter l’art romanesque, lit chez Gracq un surréalisme qui, sans rien devoir aux éclats de l’écriture automatique, séduit par l’ensorcellement du rêve éveillé.Sa langue sinueuse, obsessive et précise fascine, aussi dense que les vertes eaux marneuses de la Loire et aussi frissonnante que ses petits affluents.Les affinités électives de Gracq sont posées.Fait prisonnier en juin 1940 et interné en Silésie, il commence Un beau ténébreux, qui sera publié en 1945.A Caen, démobilisé, il compose Le Roi pêcheur, son goût pour la légende bretonne, dont le chef-d’œuvre absolu demeure pur lui Parsifal, se poursuit, quoique transposé, dans son merveilleux Rivage des Syrtes, de 1951.Rien ne l’émeut autant que la visite d’un rêve, sur le gris océan mental.Il l’explique: «Il est de la nature de ceux — très rares pour moi — qui remuent et brassent dans leur masse les eaux profondes, libèrent et ramènent vers la surface des réserves totalement enfouies d'extase, de sensualité, de ravissement.» Maintes pages doivent au tropisme du rêve leur ton incomparable; on dirait des arches de lumière, posées comme un rideau ouvert sur l’océan.En 1946, il a livré un remarquable essai sur Breton.Puis, dans Préférences, Lettrines, En lisant en écrivant, il s’adonne à l'écriture fragmentée, avec l’instinct du dénicheur de trouvailles; il y marie la verve et l’humour d'un analyste perspicace.Livrant les confidences sans lyrisme de ses humeurs critiques, il signe ainsi des chroniques saturées de souvenirs.Cet infatigable lecteur a l'audace opiniâtre des découvreurs, solitaire jamais las de soumettre ses préférences littéraires à l'épreuve du monde.Mais le plus enchanteur revient aux promenades littéraires.En évoquant les bords de l’Evre, dans Les Eaux étroites ou dans Lettrines 2, il se déplace en écrivant, croquant d'un trait d’artiste ce que le guide donnerait à savoir.Il libère, ce faisant, un collier de perles, autant de noms dont il donne des pages à relire: Nerval et Poe, les préférés, Chateaubriand, admirable, ou Proust, dont il n’est pas si friand.Nulle part n’apparaît avec autant de limpidité le passage oblique du lieu à l’œuvre.Une promenade en chaland, cette navigation toute de lenteur et de guet, vous baigne dans le clapotis de l’eau qui se referme et le concert d’une multitude d’oiseaux cachés.Peut-être apercevrez-vous la poule d’eau qui fait claquer ses ailes, mais ce qui saute, derrière vous, est-ce une carpe, un crapet ou un crapaud?L’anguille, le brochet et le sandre, ce délicieux poisson blanc, se traînent, indolents compagnons de l’ombre, au fond des miroirs que noircit le reflet des saules et des joncs.Du chemin de ronde qui ceinture Saint-Florent, on suit la capricieuse Loire de ses livres, ses îles herbues et ses canaux afférents, les étangs brumeux et les bancs sablonneux, les champs de bataille attestés depuis les invasions normandes.On fait face au duché de Bretagne, jadis ennemi du royaume de France.La Loire les relie, tandis que la terre leur oppose l’univers aquatique complexe des marais et des roselières.Le SUITE DE LA PAGE I) 1 rêve, et il fume, puisque c’est interdit partout.Ijes films porno l’endorment et il ne verrouille ni portes ni fenêtres avant de se coucher.Parfois, une belle femme attend qu’il rentre chez lui.mais c’est toujours à Livia que Montalbano pense en s’éveillant (nous sommes dans un roman, après tout).Du côté des polars Bien qu'il soit parmi les auteurs les plus lus en Italie, Camilleri trouve qu’on ne le prend pas suffisamment au sérieux.«En réalité, les lecteurs s’amusent trop en lisant mes livres: personnellement (pir-sonnellement?), j'aimerais qu'ils rient moins et réfléchissent plus.» Qu'il se rassure: on rit (et même parfois à gorge déployée), mais on «pinse» aussi en lisant ses romans! Dans L'Excursion à Tindari, le plus récent roman, paru dans la série des Montalbano, seul un Sicilien aguerri peut comprendre ce que signifie la disparition d’un vieux couple sans intérêt Pour tirer au clair cette histoire bien compliquée, presque diplomatique dans la mesure où la mafia est concernée, pas besoin de gros muscles.Montalbano opte pour la méditation.Il se réfugie dans l’arbre aux oliviers (où il s’endort souvent) ou marche le long du môle dans le port de Vigàta.Et si on ne veut pas être à la traîne, il faut bien qu’on «pinse» de son côté.Et puis, une fois que tout est éclairci, Montalbano se remet à penser à Uvia.St* marier ou pas?GRACQ SOURCE MAGAZINE LITTÉRAIRE lllii i Æ S Julien Gracq, jadis professeur parisien, a aujourd’hui pris sa retraite dans un de ses paysages familiers.ciel changeant suspend sa course.La pulsion vagabonde Peut-on imaginer décor plus naturel au Rivage des Syrtes?Il faut aller sur place: la lointaine contrée imaginaire, dominée par la séré-nissime Venise, y trouve un singulier modèle.La fiction en parallèle y joue plus d’un tour, pleine d’astuces et de clins d'œil, si bien que la sensibilité d’un Hugo, d’un Stendhal, d’un Turner, d’un Flaubert ou d’un Bazin, pourtant passée par là, apporte moins au paysage du marcheur que le décor romanesque de Gracq.Quel est le plus étrange?La fertilité exceptionnelle des sites historiques dans l’imaginaire ou l’étonnante féerie que distillent les émotions littéraires tenaces?La douceur du petit Uré, chère à un autre poète, à quelques kilomètres, opère-t-elle un charme?Ou, simplement, le mystère des lieux vient-il de la charge d’histoire et de légendes?Ici, histoire et roman, mémoire et fiction se rejoignent et s’imprègnent mutuellement de résonances: «R n’y a pas d’autre monde que le nôtre, écrit Gracq.La littérature n’échappe pas à cette loi.Elle est un angle, un point de vue, un regard par lequel le voir.» La plume subtile tient à des sens ultra affinés.Dans Un balcon en forêt (1958), situé durant la guerre de 1940 dans les Ardennes, il part d’une phrase lue dans un roman d’Aragon.Quelques mots ont suffi à éveiller un souvenir, celui d’un lieu magnétique où le mystère lève à son tour des acteurs fantômes.Le roman naît.Mystère, attente, dispo- nibilité, la mémoire revit un état de fièvre.La rêverie gracquienne véhicule ainsi une mobilité mentale et la communique.Ceci lait, cette dépense vitale s’éteint-elle d’elle-même, un peu indifférente à la nécessité de dénouer l’histoire.Pin effet, pour Gracq, écrire un roman n’est pas un but en soi.Ce qui l’intéresse, c’est la tension réversible entre la réalité et la fiction.Par exemple, dans La Forme d’une ville, c’est la ville blanche de Nantes qui se lève, ou des fragments de paysage dans les Carnets du grand chemin.Et puis, au-delà de Saint-Florent, s’étend le domaine de La Presqu’île.En 1976, il publie ce récit d’une virée songeuse en auto, qui part de Savenay et gagne l’océan Atlantique, la pointe de Pen-Bé, devenue Pen Run, pique sur Piriac (Kergrit) et finit à Gué-rande, à la porte du marais breton de la Grande Brière (le Marais Gât).Comme dans Le Rivage des Syrtes, un homme erre et trompe son attente d’une femme, figure inspiratrice mais absente d’un paysage ouvert comme une chambre vide.Le tracé ne comporte nul piège, sauf la dramatisation qui s'opère en moins de 40 km.Est-ce le déplacement, le rythme des pensées en route, la contagion de la presqu’île qui livrent le désir à la pulsion qui l’épuise?L’émotion de Simon, qui anticipe sa rencontre avec une fée, s’écoule dans un vocabulaire seq-soriel et physique du voyage.A son terme, une déception s’installe; la béance du vide succède à la disponibilité du départ La traversée gracquienne met le cap sur une psyché et l’explore.Dans un sûr abandon au langage, elle décrit l’élan, l’enchantement enthousiaste, l’intuition du mystère et la pulsion vagabonde, «la succession brusquée des ombres et des lumières intérieures».Le bonheur de l’écriture est lié à un état précaire, l’espoir d’amour qui fait agir Simon, jusqu’à ce que le sortilège cesse.Au final, ce moi émotif et mobile s’effondre: rien ne le ramène aussi fennement à la terre que la brûlure des mots.Le passage d'une constellation s’éteint sur le néant Quel espace donner à un tel climat saturé de géographie?Une forme de «diorama incohérent et syncopé», dit Gracq.Son Graal explose en fragments littéraires.Le roman simulacre devient la quête d’une quête, désir d’amour transformé en images du pays réel.Ainsi, les sources du moi livreront lumière ou sang, selon la courbe de l’histoire.Fragile beauté, que reste-t-il du plaisir, après telle lecture, éblouissante, comme le fut celle, pour Gracq, du Domaine d’Amheim?Ce livre d’Edgar Poe à relire, une promenade littéraire qui en parle?Pour le passeur, c’est quelque chose d’unique à écrire.Tout éveil glisse en écriture.lu voie est libre.A Saint-Florent-le-Vieil, le paysage se plie à cette métaphore.Qui dit encore qu’il n’y a pas de pays de rêve?¦ Tous les ouvrages de Julien Çracq sont disponibles aux Editions Corti.¦ Lecture complémentaire: Le Déjeuner des bords de Diire, récit, Philippe Le Guillou, Mercure de France, Paris, 2002,92 pages.CAMILLERI Trop faciles, les histoires de Camilleri?Pour certains, oui.L’écrivain règle ses comptes avec ses détracteurs dans la nouvelle intitulée La Démission de Montalbano, qui donne son titre au recueil.Un vieux dégueulasse a abusé d'une minotte de neuf ans et lui a fracassé le crâne après.Montalbano n’arrive pas à faire avouer le coupable.C’est Mimi qui finit par avoir raison du vieux.Mais comment?Oh, il lui a fait une petite incision au rasoir juste là où ça pisse.Montalbano, un peu vexé, rentre chez lui.Pendant qu’on réfléchit (quand même, la méthode du rasoir, ça ne ressemble pas du tout à Mimi), Montalbano est témoin de l’enlèvement d’une femme.Il retrouve la voiture des agresseurs, se gare sans bruit, rampe jusqu’à la maison.Deux hommes cuisinent.Très louche, pense le commissaire.Couvert par le vacarme de la friture, il grimpe les escaliers.La femme est en morceaux.Impossible de décrire ce qu’il en reste sans avoir envie de vomir, comme le fait d’ailleurs Montalbano une fois sorti de la maison.Après, il verse de l’essence sur le seuil de la demeure.Ensuite, il prend son pistolet dans le coffre à gants, puis il marche vers la cabine téléphonique (oui, c’est un miracle, elle fonctionne), compose un numéro, attend.Dans la nuit romaine, un septuagénaire qui tapait à la machine est interrompu.— «Allô?Qui est à l'appareil?— Montalbano je suis.Qu'est
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