Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (3)

Références

Le devoir, 2006-10-19, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
HARPER CHASSE UN DE SES DÉPUTÉS Des libéraux souhaitent la chute du gouvernement au prochain budget Page A 3 w w w .1 e d e \ o i r.e o m ?LE DEVOIR V o L .X C Y 1 I X ’ 2 3 7 ?LE J E r D 1 1 }* Ü (' T U B H E 2 0 0 ti Conservation égale emplois viables Ce n’est pas en continuant le pillage des dernières années qu’on parviendra à sauver la foresterie, affirme Desjardins LOUIS-GILLES FRANCŒUK A/T oi, j’ai été élevé avec des forestiers.Je me suis ^iVJL battu avec L’Erreur boréale pas seulement pour sauver des arbres mais pour sauver les communautés forestières et l’industrie, pour tenter d’arrêter à temps une dévastation encore pire de la ressource forestière.» C’est en ces termes que le poète-chansonnier Richard Desjardins, aussi vice-président de l’Action boréale, a répliqué hier lors d’un entretien accordé au Devoir à Jean-Pierre Blackburn, ministre fédéral du Travail et responsable en titre de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.H y a quelques « Les forestières j°urs- Ie ministre Blackburn .avait dit déplorer que les tra- sont capitalistes vailleurs forestiers québécois quand elles n’aient pas pu bénéficier d’un 4 chantre aussi engagé que Des- font de l’argent jardins a pu l’ètre, à son avis, pour les forêts québécoises.En sonnant l’alarme avec L’Erreur boréale et en s’engageant, avec l’Action boréale, dans la designation d’aires protégées, a expliqué Richard Desjardins, le Québec «a pu appliquer les freins avant qu’on se ramasse avec une ressource totalement dévastée par la courte vue de certains et les intérêts des grands industriels, comme ç'a été le cas avec la morue».Se battre pour une foresterie viable de quelque point de vue que ce soit a-t-il dit c’est se battre pour protéger les emplois que l’état actuel de la forêt québécoise permet encore de sauver.Et ce n’est pas en continuant le «pillage» des dernières années, au prétexte de maintenir à tout prix le niveau de récolte et de profit contre toute logique de préservation du capital forestier, a ajouté M.Desjardins, qu’on et socialistes quand elles sont dans le trou » VOIR PAGE A 8: CONSERVATION Washington veut interdire l’espace à ses ennemis Page H 5 KATHLEEN LÉVESQUE Alors que Québec prône la réduction de l’offre de jeu, le nouveau gestionnaire privé des hippodromes, la société Attractions hippiques, vient de créer un programme de fidélisation de sa clientèle.Appelé PariPlus, ce programme permet aux parieurs d’accumuler des points afii) de pouvoir jouer davantage.Etabli sur le modek* des cartes de récompenses ou de primes comme Air Miles ou HBC, le programme Parillus sera officiellement lancé le 3 novembre.Mais déjà, depuis la semaine derniere, Attractions hippiques ainsi que la Société nationale du cheval de VOIR PAGE A 8 PRIMES 1 X D E X .Annonces____B 6 Météo___________B 5 Avis pubbcs B 4 Monde________B 5 ; Culture.B 8 Mots croisés B 5 ; Décès_______B6 Politique A3 .Économie B 1 Sports______________B 6 Éditorial____A6 Sudoku________B4 Idées .A 7 Télévision ___B 7 JACOCFS MADEAC U DRvorv Pour chaque dollar parié sur les courses, le détenteur de la carte PariPlus obtient un point S 8 as la barre des 2,.r> millions.lx's artistes du Québec ont davantage bénéficié de cette aide, tout simplement parce que leurs productions s'avèrent plus en demande hors frontière.Certaines années, en danse contcin|>orniitc par exemple, les compagnies montréalaises raflaient jusqu'à 80 % des subventions.D- Quèlxt paier a donc davantage que les autres provinces pour l'abandon du volet culturel de la diplomatie canadienne.Ixt compagnie Dynamo Théâtre (ait déjà les Irais de ces compressions, en plus de subir les Ir Quélioc paiera davantage que les autres provinces pour l'abandon du volet culturel de la diplomatie canadienne VOIR PAGE A s ARTISTES Des primes pour les gros parieurs Québec prône la réduction de l'offre de jeu; les hippodromes l'encouragent Vers un « Napster » de la généalogie La recherche de ses origines a le ven t en poupe sur Internet FRÉDÉRIQUE 1)0 VON A lors que les sites d'échange de documenta généalo JLm.giques se rnultipfoiil Liais I riis, le milieu que bécois de la quête des ai « Vires s'apprête a développer son propre "Napster" de la généalogie.la Belle lW vince n’a toutefois rien a envier aux voisins améric ains Chercher sa filiation constitue l’autre sport national des Québé cois.la Fédération québécoise des soc iétés de* généalogie rira peaute 55 associations qui regroupent quelque 35 000 membres.Ce chiffre peut facilement tripler si on compte les adeptes non officiels et les membres d’autres fédérations connexes, comme celles des 170 associations de families soudx-s dont le salon annuel se déroulait le week-end dernier a laval •Dam U milieu, 'm pense qu'il y a pim de 100 000 adeptes de la généalogie, dont au moins 10 000 sont VOIR PAGE A H GÉNÉALOGIE « I,’avantage du (Québec , c’est que nos archives sont complètes » Les airs de Dompierre Du lundi au vendredi llh30 -ât ESPACE '13' MUSIQUE 100,7 ê é 778313000672 Faire rayonner le talent et l'expertise d'ici nous permet d'être Alcoa.v fl* ' k -•* LE DEVOIR.LE JEUDI 1D OCTOBRE 2006 POLITIQUE A A Turner est chassé du caucus conservateur Le député n’hésitait pas à critiquer les politiques de son gouvernement Le gouvernement minoritaire de Stephen Harper est de plus en plus fragile.Les troupes conservatrices doivent maintenant composer avec un député en moins, qui a été expulse du caucus hier, mais également avec un nouveau sondage dévastateur qui place les conservateurs et les libéraux au coude à coude pour la première fois depuis janvier.Gonflés à bloc, certains députés libéraux ne se gênent plus pour réclamer la chute du gouvernement dès le prochain budget fédéral.ALEC CASTONQUAY Ottawa — La journée a été passablement agitee pour les membres du caucus conservateur hier.Très tôt, les députés et sénateurs du PC ont dû se prononcer sur le renvoi d’un de leurs collègues ontariens, Garth Turner, l'un des électrons libres notoires du parti.Ce sont ses collègues du caucus ontarien qui ont sonne la charge.Après un mois de discussions, il a été décidé hier de le mettre à la porte.La motion a donc rebondi quelques heures phis tard sur le plancher du caucus national, qui reunit à huis clos tous les deputes et sénateurs conservateurs du pays.Après un "bref débat», selon des témoins, le caucus a décidé à runanimité d'entériner la proposition des élus ontariens.Garth Turner siégera donc désormais comme indépendant Rahim Jaffer, le président du caucus national, a expliqué que Garth Turner avait «formulé des attaques personnelles» contre ses collègues et le premier ministre sur son blogue Internet (www.garth.ca).De plus, le député de la circonscription de Halton a «éventé à quelques reprises des secrets du caucus», ce qui empêchait les autres élus de parler librement lors des réunions.«Hy a eu beaucoup de plaintes, a affirmé Rahim Jaffer.[.] Ce n’est pas un incident en particulier qui a provoqué ces événements, mais une série de gestes et de paroles depuis qu’il a été élu.» Il s’est dit lui-même surpris de constater b volonté de ses collègues ontariens hier matin, mais a ajouté qull Mail «respecter la démocratie du caucus».Le premier ministre Stephen Harper n était pas présent au moment du vote, mais il était «au courant» de b reflexion du caucus ontarien, selon Gordon Brown, le president de ce caucus.M.Harper appuie «entièrement» b décision des deputes et des sénateurs, a soutenu son attache de presse.Dimitri Soudas.En conference de presse.Garth Turner a dit que son renvoi n'avait rien à voir avec un bris de la confidentialité du caucus, ni avec des attaques personnelles.«Allez voir mon blogue et jugez-en vous-mêmes.tout est là», a-t-il lance.«On n 'a d’ailleurs pas discuté de ça au caucus ontarien ce matin.Im seule raison, ce sont mes opinions sur certaines politiques».at-il dit, avant d'ajouter.«Est-ce que je me suis approché de la ligne à ne pas franchir (dans mes opinions]?Oui.Mais je pense que les Canadiens doivent comprendre ce qui se passe et mentent un depute qui dit ce qu il pense.• Garth Turner s’est dit «surpris» et «frustre» de b décision.H se sent «abandonne» par les hautes instances du parti, qui ne lui ont pas expliqué ce qui s'est passé.«Je n’ai jamais rien dit qui n etait pas public.[.] Je suis inquiet de voir que toutes les voix consenatrices ne sont pas bien reçues.» Il ira parler à ses électeurs avant de décider de son avenir.Il n'exclut pas un éventuel retour au sein du caucus ou même de passer à un autre parti, comme le Parti vert, lui qui aime bien la nouvelle chef, Elizabeth May.«On verra ».a-t-il dit.Garth Turner est reconnu sur b colline parlementaire connue un député qui n’a pas peur de nager à contre-courant.Fortement opposé à la droite religieuse, il a récemment fustigé l'idee de protéger dans une loi le droit des communautés religieuses de parler contre l'homosexualité.11 a également plaidé CHRIS WAtTU KU l lKS Garth Turner siégera comme indépendant.avec force pour un plan vert efficace, «avec des dents».Garth Turner avait aussi critique b venue du transfuge liberal David Emerson.11 a été élu à Ottawa pour la première fois en 1988, avant d'être détait en 1993.Il a été reélu en janvier dernier.Hier, sur le blogue de M.Turner, les commentaires d'appuis étaient abondants, tout comme les mots de ceux qui qualifient ce départ de «bon débarras».Les conservateurs perdent donc un élu aux Cone mimes et tombent à 124 députés, les libéraux, de leur côte, ont 102 élus, alors que le Bloc québécois peut compter sur 50 députés, Le NPD ferme la marche avec 29 élus.Deux députés indépendants siègent à b Chambre des communes et un comte est vacant (celui du bloquiste Benoit Sauvageau).Dans les faits, les trois p;irtis d'opposition doivent encore se mettre d'accord pour pouvoir espérer renverser le gouvernement, mais la situation est plus corsée que jamais, noUmunent si le NPD veut appuyer une mesure gouvernementale.Le chiffre magique de 155 votes est alors plus difficile à atteindre.Conservateurs et libéraux A égalité l e caucus conservateur a aussi dû faire tace à une première mauvaise nouvelle du côte des sondages hier, .dois qu'un coup de sonde de Strategie Counsel réalise pour h' compte du GhPe and Mail et de C1Y place les deux partis à égalité.1 es liberaux et les conservateurs recueillent eu effet 32 % îles intentions de vote, suivis du NPD avec 17 Y et du Parti vert avec 9 4- lois des dernières elections, le IV a récolté 36 % d’appuis, contre 30 % pool le PI a’ C’est au Quebec que la chute des conservateurs est le plus marquée, avec une baisse de 15 % depuis mai, le IV récolte actuellement 16 % d'appuis, alors que les liberaux repassent en deuxième place, avec 25 V l e Bits domine toujours avec 44 4>.1 e coup de sonde révèle aussi que c'est le candidat liberal Bob Kae qui aurait le plus de chances de battre Stephen Harper lors du prochain scrutin, le sondage a été mené auprès de KXX) personnes du 12 au 15 octobre.Sa marge d'erreur est de 3,1 %, 19 lois sur 20.Pour le Quebec, l'échantillon est de 247 re pondants, avix- une marge d'erreur de 6,3 V Ce soudage a fouette les troupes liberales, qui esti ment que le vent tout ne.«faut pas partir en peur, mais, effectivement, il y a une tendance, la lune de miel est terminer, a soutenu Denis Coderre.|.| Moi.je souhaite Ides élections au printemps!, l’our moi c'est clair, il faut voter contre le budget On va avoir un chef, on doit aller en election.» le lieutenant de Stephen llan>ei au Québec, la wrrnee C.union, a dit ne pis être inquiet.«I n sondage, c'est un instantané hirsque viendra le temps des elections.on im discuter de rois realisations avec les (Juebé cois.» Stn collègue, Michael Fortier, a quant a lui sou tenu qu’il était temps de «mieux communiquer» avis les citoyens 11 a ensuite tourné los talons et est sorti du parlement sans expliquer comment ni piurquoi.tree la collaborât ion d'Hélène Hiizzotti Le Devoir La place des communautés culturelles Le PQ échoue dans sa tentative de refaire son image CLA1RANDRÉE CAUCHY opération destinée à redres- i ser l'image du Parti québécois, entachée par les démissions de Dominique Ollivier et d'Isabelle Beaulieu de l’exécutif national ainsi que par leurs critiques à propos de b pbee réservée à d'éventuels candidats issus de l’immigration, a fait chou blanc auprès de plusieurs membres issus des communautés culturelles.Selon les informations obtenues par Le Devoir de diverses sources, la permanence du PQ a fait circuler b semaine dernière un projet de lettre ouverte à plusieurs membres issus de groupes ethno-culturels afin de répliquer à Mmes ODivier et Beaulieu.Or aucun des membres sollicités du Groupe d’action politique des Québécois issus de l'immigration du PQ n'a accepté de signer cette lettre, jugeant qu’une discussion s'imposait au sein du parti quant à b place réservée aux néo-Québécois.Lundi dernier, le groupe a d'ailleurs demandé à rencontrer André Bois-clair afin de discuter de cette question.La controverse risquait par ailleurs d'émerger hier lors d'une réunion de l’exécutif national portant sur le contexte politique et deventueDes élections.Dans b lettre destinée à répliquer aux démissionnaires, on souligne b présence de plusieurs Québécois issus de l’immigration au sein des instances du PQ.•Toutes les instances du Parti québécois, y compris l'exécutif national.travaillent à la présence des membres issus de l’immigration et à recruter des candidats représentatif de la diversité québécoise.[.] Jamais le Parti québécois n a été aussi représentatif de la diversité québécoise», peut-on lire dans b lettre envoyée aux salles de rédaction b semaine dernière.Cette lettre ne comporte que cinq signatures, et aucun membre du Groupe d'action politique des Québécois issus de Hmmigration ne Ta paraphée.«C'est très ordinaire comme lettre.(.] C’est fait pour tenter de calmer le jeu.fai senti que cela dépassait un peu les bornes, c’était très propagandiste Je ne pense pas que cela reflète la réalité.Il ne faut pas tenter de cacher les choses», a expliqué un des membres du comité.Eric QuiDere.qui demeure neanmoins confiant que des réajustements pourront être faits avant les élections.La responsable du groupe d'action politique.Kerlande Mibel, a pour sa part refuse de commenter publiquement cette lettre ouverte ainsi que les démarches entreprises par son comité pour rencontrer le chef du PQ.Le face-à-face sur la crise de l’industrie forestière se poursuit Charest accuse Boisclair d’immaturité Le chef péquiste aurait rendu publiques des informations obtenues sous le sceau de la confidentialité ARCHIVES LE DEVOIR Dominique Ollivier Au Parti québécois, on nie que cette lettre émane de la permanence et que celle-ci l'ait fait circuler parmi les membres.D s'agirait plutôt, selon le responsable des communications, Daniel Bus-sières, d’une «initiative de quelques membres du PQ issus de l’immigration».«Le PQ va continuer à tra- \ vailler de la même façon qu’il a \ travaillé ces dernières années '' avec les communautés culturelles.Je ne vois aucun problème à l’heure actuelle et, pour moi, l’épisode Dominique Ollivier est clos», a déclare M.Bussières.Cette épisode bisse néanmoins un goût amer dans b bouche de certains militants.Candidat du Bloc québécois dans Bourassa aux dernières élections fédérales, Appraham Niziblian estime que le débat a des allures de guerre de clans.Invité l'an dernier par André Boisclair à prendre contact pour discuter de son engagement au sein du PQ, il a vu ses appels demeurer sans réponse au cours des derniers mois.«On m a dit que j’étais trop associé à Dominique Ollivier.( .] Je ne comprends pas la réaction de paranoïa», a explique le militant souverainiste.Militant dans Groulx depuis neuf ans, Alexandre Gousse, d’origine haïtienne, a quant a lui renoncé à se porter candidat lorsqu'il a constate qu’il n'aurait pas l’appui de la machine du parti.«Les gens de l’exécutif local étaient emballés, mais André Boisclair n ’était pas emballé.On m 'a fait comprendre qu on voulait placer une vedette», a expliqué l’homme de 43 ans, qui a déjà travaille comme attaché politique.En 1995, Jacques Parizeau lui avait d'ailleurs confié le mandat de convaincre des membres des communautés culturelles d'appuyer le OUI.«Cest le Bloc qui a pris le relais de ça.[„] Le non-poli-tisé venu d'ailleurs ne se reconnaîtra pas dans les troupes du PQ».a laissé tomber M.Gousse.Le Devoir ROBERT DUTRISAC uébec — le premier ministre Vv Jean Charest a reproche hier à Andre Boisclair son «immaturité» pour avoir révélé le contenu d’une conversation confidentielle que le chef de l’opposition officielle a eue avec le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand.Alors qu'André Boisclair revenait sur le sujet de l’heure — b crise forestière— lors de b période de questions, M.Charest a signalé qu’il avait demandé a son ministre charge d’élaborer le plan d'urgence visant à pallier cette crise de communiquer avec M.Boisclair afin de l'informer de certains déments du dossier.«Je constate qu 'il traite justement ce geste avec beaucoup d’immaturité malgré ses 16 ans à l’Assemblée nationale-, a déploré M.Charest qui a dit avoir agi «par courtoisie» et parce quU a «a cœur les intérêts supérieurs du Québec».Il arrive qu'un gouvernement livre à l'opposition officielle de rinfor mation sous le sceau de b confidentialité pour une meilleure conduite des débats.C'est ce que le ministre Bachand pensait faire en commune quant avec M.Boisclair.( )r, à ses premiers pas à titre de chef de l'opposition officielle à l’Assemblée nationale, mardi, M.Boisclair a révélé que M.Bachand hii avait confie que le plan d'urgence serait dévoilé «dimanche ou lundi» de cette semaine.Selon certaines informations, M.Bachand a communiqué avec M.Boisclair parce que le gouvernement s'inquiétait de la reaction des Américains devant toute baisse du coût de b fibre de bois au Québec, baisse dont le chef péquiste se faisait l’ardent promoteur, calquant sa posé tion sur celle du p.-d.g.du Conseil de l’industrie forestière du Québec, Guy Chevrette, Au gouvernement, on critique MM, Boisclair et Che vrette pour avoir alerté les Améri cains, qui ont multiplie les pressions sur le gouvernement depuis.Hier à l'Assemblée nationale, tout en notant que d'autres pertes d’emplois avaient été annoncées hier dans le secteur forestier — 525 emplois ont etc supprimes, notamment par Abitibi-Consol à Beaupré —, André Boisclair a de nouveau té clame fa tenue d’un sommet sm le secteur forestier pour «mettre le monde alentour d’une même table, avoir une btmne discussion dr fumülr pour qu on ait un plan de match, une nsum» A cela, M.Charest a rapjxde que b commission Coulomb- a visi té 17 villes, revu 303 mémoires et accueilli 1800 participants en 2003.Hier matin, b ministre de l’Emploi et de b Solidarité, Michelle Courchesne, a exprimé sa décep tion à l’endroit du programme fédéral annoncé mardi pir le gouvernement Harper et destiné aux tra vaiUeurs de 55 a 64 ans mis a pied notamment dans le secteur forestier Ce programme, qui accorde 19 millions au Québec en deux ans, aidera les travailleurs a se n ¦placer ( >r, se Ion Mme Courchesne, ce inugram me «n ’est pas près de la réalité» et ne s a|>pliqoe pis a ki région métropoti laine, aux prises avec des licenciements dans le domaine du textile, la ministre souhaite aussi un programme de soutien du revenu.( >n ne sait pis si c’est son passa ge subsequent au conseil des ministres qui a modifié bipprecialion de Mme Courchesne, mais à l’As semblée nationale, ki ministre trouvait finalement le programme fédéral «valable».A Ottawa, Iawrence Cannon, lieutenant québécois de Stephen Harper, a rabroue Mme Coun hes-ne, soulignant que le gouverne mont du Quélier avait été consulté et qu'il n'était pis question (U- modi tier ce programme Si le Québec rugr que re n'est pas assez, rh bien, (juchée devra développer son propre programme-, a laissé tomber M Cannon./a- Devoir E N Arar récompensé à Washington Washington — La célèbre comédienne Vanessa Redgrave a qualifié le Canadien Maher Arar d'homme courageux, hier, a Washington, avant de lui décerner un prix en matière de droits de b personne, récompense qui] n’a pas osé accepter en personne parce qui ignorait s’il pouvait entrer sans crainte aux Etats-Unis.M.Arar s’est effondré en larmes durant un discours de BREF remerciement filmé sur vidéo au Cercle national des journalistes du Canada, alors qu’il a parlé des mauvais traitements subis [x*ndant les 10 mois passé-s en Syrie, pour b plupart dans une «fosse» dégoûtante.Mme Redgrave a affirmé que le moment était venu pour les Américains de retirer le nom de M.Arar de leur liste desurveillance et de mener leur propre enquête sur les raisons ayant motivé sa détention en tant que présumé terroriste a New York, en 2002, puis son expulsion en Syrie.-/Y' Yosh TAGUCHI, Ml LE ZEN EN ACTION ZEN IN MM ?bf> pgget -13.501 chacun OUtnlU, ll*e 514-842-3481 Ull CIHKUROIfN RtVtlE II PRI10I0PNIE DE U VIE a maton niviatt mt un rmioaom Let pr« tont indejuAf tout iHurn rte mnMtt.mran La Grande Vente nationale Série f ,„ Certifiée BMW.d» eonduftr».”’ Du 16 au 20 octobre 2006 Voilà votre chance de mettre la main sur la voiture de vos rêves.bone Certifié® 1,9' Du tune* 16 octobre su vendredi 20 octobre, cher le» concssmonnaire* BMW participant», le» ^Mvcuie» BMW de la Séné CertiMe* tont offerts a prv tpéctau* et 4 de» taux de ftnancarnent au*» be» que 1,9%.He laosœ pa» paster ta chance déconomaet au volant d’une BMW Tout la» détail* chez votre conca»»ionnatra BMW ou sur bmw.ca «laftadtVin* remet Se»C«nlliK»*idv lu ' £ jcrirv- vr -yj-r-r* -rvrrwj» « », * »./' txtr.«m« Mt «rm trw m'irtmm rnm*'-*eo vmvnk Lut Ma * VwTjonert «am -»* v S/« wv.ms w- vr- M ¦••rit» Mtiwvr.-tu f*AA U, a»»»» »>* tcarr» -rnten ymui /.U » ptrm *zmxm m m»-k crxnrt*)» rru* Ca» c*» » »t» »M r-viiv v -ju rt» ~»r*» »• Vancraiani *1M an*** «aaaw.Ho* 9*n* m IvaM ta< Mar St v igewadtaeraMr» tmae"—leva a»BWe.ca.la/f./Ah Car m et -t»t 1 LE DEVOIR.LE I E I' I) I 19 O C T O B K E 2 0 0 6 A 4 LES ACTUALITES «Hé! Taxi! Au coin de René-Lévesque et de Robert-Bourassa, svp! » Lutte contre le crime organisé autochtone au Québec Coups de filet suivis d’un coup de chapeau LAssociation internationale des chefs de police récompense le travail de VUMECO-A Montréal changera le nom de Vavenue du Parc et de la rue De Bleury pour rendre hommage à Vancien premier ministre du Québec ALEXANDRE SHIELDS Le comité exécutif de la Ville de Montréal a choisi hier de rendre hommage à l’ancien premier ministre Robert Bourassa en renommant à son nom l’actuelle avenue du Parc et la rue De Bleury, entre l’avenue Viger et la rue Jean-Talon.Ironie de l’histoire, on retrouvera donc bientôt une intersection René-Lévesque et Robert-Bourassa à Montréal.Pour le maire Gérald Tremblay, le choix s’avère des plus symboliques.«L'avenue du Parc est une avenue prestigieuse de Montréal, surtout après les travaux qui ont été effectués lia démolition de l'échangeur des Pins].C’est une rue en plein cœur de la ville, bordée par deux comtés importants dans la vie de Robert Bourassa, soit les comtés de Mercier et d'Outremont, où il a siégé et a vécu», a-t-il expliqué hier au Devoir.Celui qui a été ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie dans le gouvernement de Robert Bourassa y voit aussi un «clin d'œil à deux grands premiers ministres».L'avenue Robert-Bourassa croisera en effet le boulevard René-Lévesque au centre-ville de Montréal.Cette avenue se terminera près de la Caisse de dépôt et placement du Québec, soit à la place Jean-Paul-Riopelle.Selon M.Tremblay, tous ces aspects permettent de «reconnaître l'importante contribution économique, politique et sociale de M.Bourassa».Ii) recommandation du comité exécutif doit encore recevoir l’aval du conseil de ville, le 30 octobre prochain, mais aussi du conseil d’agglomération.Elle devra finalement être approuvée par la Commission de toponymie du Québec.M.Tremblay croit que les nouveaux panneaux portant le nom de Robert Bou- rassa feront leur apparition d’ici environ un an.Le choix du boulevard Saint-Joseph avait lui aussi été envisagé, mais ü a été écarté en raison de l’importance historique de l’origine de son nom.Cette artère a en effet été nommée ainsi en l’honneur de la congrégation des Hospitalières de Saint-Joseph, qui avaient notamment aidé Jeanne Mance dans son travail avec des malades.Le maire a dit hier avoir communiqué avec la veuve de l’ancien premier ministre, Andrée Bourassa, pour lui expliquer le choix du comité exécutif.Celle-ci avait semble-t-il une préférence pour le boulevard Saint-Joseph, qui traverse le quartier où M.Bourassa a vécu son enfance.Fait à noter, l’avenue du Parc se nomme ainsi parce qu’elle longe une partie du parc du Mont-Royal.Pour sa part, la rue De Bleury a été nommée vers 1815 à la mémoire de la fille unique de Jean-Clément de Sabrevois, sieur de Bleury, lieutenant de l'armée française à l’époque de la Conquête.A son ouverture, elle traversait une terre léguée par le sieur de Bleury à sa fille.Le changement toponymique exigera la révision d’environ 2000 adresses commerciales et 4000 adresses résidentielles.«Ce n'est pas plus que lorsqu'on a changé le nom du boulevard Dorchester pour René-Mvesque», a expliqué M.Tremblay.La Ville ne compte toutefois pas changer le nom de la station de métro Parc.mémoire de l'ancien premier ministre du Québec est déjà honorée sur l’île de Montréal.Une bibliothèque et un district Robert-Bourassa existent déjà dans l’arrondissement d’OutremonL Le Devoir Au même moment où la polémique éclatait sur les dépenses de sécurité à Kanesatake, l’escouade mixte chargée d’enquêter sur le crime organisé de souche autochtone, sous la direction de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), remportait un prestigieux prix international pour la qualité de son travail.L’Unité mixte d’enquête sur le crime organisé autochtone (UMECO-A) a devancé 122 organisations policières à travers le monde pour récolter ce prix de l’Association internationale des chefs de police, qui récompense chaque année les programmes de police innovateurs.UUMECOA a été lancée dans la foulée de la fameuse crise de janvier 2004, qui a précipité la chute de l’ex-grand chef James Gabriel à la suite d'une opération bâ-I clée des «Peacekeepers» contre des éléments criminels de Kanesatake.L’UMECO-A compte dans ses rangs huit agents de la GRC, quatre de la Sûreté du Québec (SQ) et dix policiers autochtones.Depuis sa création en 2005, l’escouade a mené trois opérations d’envergure à Kanesatake, à Kitigan Zibi (près de Ma-niwaki) et à Kativik (Grand Nord), permettant l’arrestation d’une centaine de personnes pour trafic de drogue, gangstérisme et blànchiment d’argent.L’une de ces opérations a frappé de plein fouet la famille «la plus forte» et «la mieux organisée» de Kanesatake, rappelle le sergent d’état-major de la GRC Michel Picard, responsable de l’UMECO-A.Il s’agit du clan de Sharon Simon, qui aurait entretenu des liens étroits avec les Hells Angels de Montréal, de Sherbrooke et de Trois-Rivières.L’enquête a révélé que Mme Simon et ses présumés complices pouvaient exporter vers les Etats-Unis 45 kilos de cannabis toutes les semaines.le procès des 36 membres présumés du réseau devrait avoir lieu en 2007.Le crime organisé n'est pas aussi présent à Kane-satake que la population veut bien le croire, affirme Michel Picard.«Il ne faudrait quand même pas exagérer.Oui.il y a du crime organisé à Kanesatake, comme dans toutes les communautés autochtones au Québec.Par contre, c’est un petit pourcentage de la population qui est impliqué dans les activités criminelles», dit-il.Dans le monde interiope, l’heure est à la coopération: la mafia italienne, le gang de l'Ouest, les motards et les gangs de rue collaborent de phis en plus entre eux pour les opérations d’envergure.Les autochtones n’échappent pas à cette logique.L’UMECO-A a observé la multiplication des alliances entre les criminels issus des Premieres Nations et les familles traditionnelles du crime organisé.«De temps à autre, on voit des mélanges.On s'aperçoit que les autochtones québécois, le gang de l’Ouest et la mafia font des affaires ensemble», explique M.Pkard.Les réserves situées en region éloignée, peu visitées par les policiers, sont prisées par les bandits de tout acabit Elles sont notamment utilisées pour la culture de marijuana et le transport de drogue par avion.Les policiers autochtones ne sont pas outillés pour lutter contre ces groupes criminels.Leur expérience se limite souvent à la patrouille.Au sein de l’UME-COA, ils reçoivent une formation plus poussée.L’un des principaux défis consiste à les faire passer d’une culture orale à une culture écrite dans la cueillette des renseignements.«Les policiers autochtones faisaient trà peu de collecte d’information, c’était du verbal», explique M.Picard.Ils apprennent maintenant à conserver l’information sur un support numérique et à la partager, ce qui constitue le socle fondateur de toute enquête en matière de crime organisé.Le Devoir Le monde rural insiste pour que la politique de la ruralité demeure nationale Des millions dépensés pour la sécurité à Kanesatake Paul Martin dit qu’il ignorait tout ANTOINE KOBITAILLE Québec — Le titre de la prochaine politique de la ruralité pourrait ne pas contenir le qualificatif «nationale», ce qui inquiète les acteurs du monde rural.C’est ce qu’on apprend dans la dernière livraison de la revue La Terre de chez nous.La politique de 90 millions de dollars avait été définie pour cinq ans en 2002.Le ministère des Affaires municipales est en train d’en préparer la deuxième mouture et le gouvernement compte s’en servir comme d’un outil clé de séduction des régions.Deux journées de discussions ont été organisées la semaine dernière pour recueillir les commentaires de 130 représentants du monde rural.Joint hier, le président de l’organisme Solidarité rurale et ancien président de l’Union des producteurs agricoles, Jacques Proulx, a fait l’éloge de cette politique d;uis laquelle Québec a investi 60 millions jusqu’à maintenant Ce qui, a-t-il soutenu, «a généré au-delà de 415 millions, soit au-delà de 7 $ pour chaque dollar dépensé».M.Proulx réclame maintenant un investissement de 2(X) millions en cinq ans.11 participait hier aux premiers États généraux de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, à Québec.Unanime 11 a expliqué au Devoir que les représentants du monde rural ont unanimement réclamé le maintien de l'épithète «nationale» dans la désignation de cette politique.«Ce n’est pas du chichi», a expliqué M.Proulx, car ce mot confère «davantage de crédibilité et de légitimité à une politique» et empêche que celle-ci ne devienne éventuellement «un simple volet d’autres grandes politiques», a-t-il fait valoir.En entrevue avec La Terre de chez nous, le président de l’Union des producteurs agricoles, Laurent Pellerin, est allé dans le même sens: «Il ne faut pas avoir honte d’appeler ça '’national".Cela vient de l’Assemblée “nationale”, après tout.Je trouve que le mot confère une certaine autorité.» Interrogée hier dans un couloir du parlement, la ministre Nathalie Normandeau a reconnu que «plusieurs, effectivement, s’inquiètent de cela».A son cabinet cette semaine, on avait affirmé que «le gouvernement précédent était fort sur le national» pour justifier le retrait du mot dans tous les documents préparatoires de cette politique.Cherchant à «rassurer» les représentants du monde rural, la ministre Normandeau s’est réjouie du fait qu «au-delà de la sémantique», tout le monde s'entend pour que cette politique «transcende l'ensemble des organismes et des ministères du gouvernement».Elle croit qu’on pourrait éventuellement trouver un «autre terme» pour qualifier la politique mais que «national» n’est pas encore exclu.•loi principe, le document devrait être prêt quelque part en décembre pour une mise en œuvre le 1 avril 2007», a-t-elle promis.Il pourra contenir des pistes d’action inédites en «agriculture de proximité» et en «nouvelle foresterie».Aussi, on cherchera à doter toutes les régions de moyens de communication modernes: Internet haute vitesse et téléphonie cellulaire fonctionnelle partout.Cependant, la ministre n’a pas voulu commenter la demande de 200 millions de Solidarité rurale.Le Devoir HÉLÈNE B11ZZETT1 Ottawa — Paul Martin, celui qui était premier ministre du Canada au moment où a sévi la crise policière à Kanesatake, affirme aujourd’hui qu’il ne savait pas que des millions de dollars fédéraux étaient saupoudrés sur la collectivité mohawke et probablement détournés.«Non, je ne l’étais pas (au courant].Ceci étant dit, c’est clair que l’imputabilité et la transparence, c’est trà important», a déclaré Paul Martin, hier soir à sa sortie de la Chambre des communes.On voit très peu M.Martin sur hi colline parlementaire depuis sa défaite.la crise de janvier 2004 a éclaté après que le chef James Gabriel eut mis sur pied sa propre police pour reprendre le contrôle de sa communauté.C’est Ottawa qui avait accordé la somme initiale de 900 000 $ pour démarrer ce projet au corps défendant du gouvernement de Québec.Paul Martin était premier ministre, Andy Scott, ministre des Affaires indiennes.Ottawa aura versé un total de neuf millions de dollars pendant cette crise.Québec aura épongé une facture de 25 millions pour les services supplémentaires de la Sûreté du Québec.Un rapport de vérification réclamé ce printemps par le ministère fédéral de la Sécurité publique a révélé que ces sommes ont été utilisées à d'étranges fins, sans aucune vérification apparente.Une copie de la version préliminaire révèle de graves abus financiers.On y apprend par exemple que quatre voitures d’occasion ont été achetées en Nouvelle-Écosse par le conseil de bande: trois d'entre elles au prix officiel de 0 $ et une autre pour 42 000 $.Seul ce dernier véhicule a été immatriculé conune véhicule de police, laissant penser que son prix a été artificielle- CHRIS WATTIE REUTERS "% Paul Martin ment gonflé pour camoufler celui des autres, qui ont été «donnés» à des particuliers.Paul Martin a été avare de commentaires hier soir.«R y a des mesures de contrôle, a-t-il affirmé.Le problème, c'est que si.On va savoir tous les détails.S’il y a des choses [auxquelles il faut] remédier, on va y remédier.» Il savourait plutôt sa victoire en tant que simple député.Son projet de loi privé — exigeant que l’accord de Kelowna, signé juste avant les élections et accordant 5,1 milliards de dollars sur cinq ans aux Premières Nations, soit respecté — venait d’ètre accepté par une majorité de députés.Le gouvernement de Stephen Harper n'a pas honoré cet engagement libéral.Le gouvernement conservateur entend faire du gâchis de Kanesatake un débat partisan.Le ministre Stockwell Day a même laissé entendre qu’une enquête criminelle était considérée.Le Devoir Pour ne nen manquer, les Québécois ont développé le meilleur réflexe.Maintenant diffuse en direct, sur lcn.canoe.com Ql EN DIRECT LE DEVOIR.LE J E 1* D 1 19 OCTOBRE 2 O O ti A 5 JACQUES GRENIER LE DEVOIR ADM travaüle avec Smuckers afin de préserver l’enseigne Farine Five Roses.De l’espoir pour l’enseigne Farine Five Roses FRÉDÉRIQUE DOYON Petite lueur d’espoir dans le dossier du néon Farine Five Roses qui surplombe l’entrée sud de Montréal.L’organisme de défense du patrimoine Héritage Montréal a reçu l’assurance de la compagnie ADM (Archer Daniels Midland), propriétaire de l’enseigne, de pousser à la roue, de concert avec Smuckers, le nouveau propriétaire des droits liés à la marque Five Roses, afin de préserver le néon.«/vous allons travailler avec les nouveaux propriétaires afin de préserver renseigne», indique la lettre d'ADM dont Le Devoir a eu écho.«Les efforts [visant à] préserver des artefacts qui incarnent l’histoire de notre société doivent être encouragés.Nous sommes heureux, dans ce contexte, d’apporter notre aide.» Du côté de Smuckers, on se fait toutefois plus prudent.«Il n'y a pas de nouveau développement à ce point-ci», a indiqué Tena Neer, porte-parole de cette entreprise qui possède aussi les farines Robin Hood.«Nous sommes encore à l’étape de l'évaluation du dossier.» En août dernier, Le Devoir révélait l’intention d’ADM de démanteler l’enseigne lumineuse Farine Five Roses, éteinte depuis plusieurs jours, dans la foulée de la vente de la marque Five Roses (sans les installations) à la firme ; Smuckers.Cette annonce avait declenche une onde de choc parmi les défenseurs du patrimoine j urbain, si bien que, deux jours ; plus tard, ADM décidait conjointement avec Smuckers de rallumer l’enseigne pour quelques mois avant de décider de son sort.Cette décision, précisait alors le communiqué émis par Smuckers, «fi'f»dra[it] compte de } l’état de détérioration actuel et des problèmes de sécurité qui peuvent en découler».Propriété d’ADM depuis 1992, la meunerie Ogilvie, qui a lancé la fameuse farine Five Roses (d’abord connue sous le nom de farine Ogilvie), a largement contribue à la richesse industrielle de Montréal.Etablie au nord de l'écluse Saint-Gabriel, près du canal de Lachine, en 1837, puis sur son site actuel de la rue Mill, près du silo n 5, à partir de 1886, la minoterie a hissé une première enseigne lumineuse sur le toit de son édifice en 1948.Le néon Farine Ogilvie Flour est devenu, en 1954, Farine Five Roses Flour, auquel on a retranché le mot ! «Flour» après la Revolution tranquille.Il clignote sur Montréal depuis lors.Le Devoir LES i "S C É G E V S La morosité n’empêche pas d’innover MARIE-ANDREE CHOU1NARD Malgré l’absence de ressources financières et un recent contexte à saveur de «morosité».les trois quarts des collèges du Quebec affirment avoir pkinge dans l'innovation, modifiant leurs manières de faire surtout pour favoriser la réussite des etudiants.Voilà ce que révélé une enquête dévoilée hier dans le cadre du congrès annuel de la Federation des cegeps, portant précisément sur l'innovation.«Maigre une certaine morosité ambiante et l’absence de ressources, les collèges ont opte pour le changement», a commenté hier le president de la Federation, Gaétan Boucher.«Plutôt que d'attendre un salut venu de Quebec, les collèges ont redéploye leurs manières de,faire.» Des 34 collèges qui ont répondu à un questionnaire sur l’art d'innover, près de la moitié ont pointe des changements realises dans le but d'ameliorer la réussite des etudiants.Alors que les dernières années ont laisse poindre quelques face à face entre' les trois ordres d’enseignement (primaire-secondaire, collegial et universitaire).l’enquête dévoile aussi un grand nombre de rapprochements: ainsi.40 % des innovations revelees nécessitent un lien entre les collèges et les commissions scolaires ou les universités.C’est ainsi que le Cégep de U-vis-Lauzon.en partenariat avec l’I’niversite Laval, offre un certiti-çat universitaire en biotechnologie.A Chicoutimi, l’université, k' cégep et l’hôpital s’allient pour créer un campus en sciences de la santé.SS 85 % des répondants ont affir me avoir croisé un obstacle sur leur route — notamment d’ordre financier —, 60 % estiment toutefois avoir atteint l’objectif de depart, alors que 20 % confient l’avoir «partiellement atteint».Pour un cegep en region tel le Cegep de la Gaspesie et des fies, c’était «innover ou mounr», comme Ta indique hier son directeur général, Roland Auger.«Nous atims plusieurs records à notre actif a-t-il indique lors d’une discussion plenière.Lu population la plus vieille, la plus pauvre, le taux de decroritage le plus fine t)n n’a pas le choix: .face à autant de menaces.il faut bi’uger rapidement.> Fin phi s de s'.dlier avec k' Cegep de Matane.un concurrent direct, ce collège a mise s»u k* créneau eo-Ben de la region et y a lie son programme de technokvgie (k- maintenance industrielle, «rattachant la munmtc ties activités d'apprentissage oiu installations cohcnnes».«l\ins le cas des cegeps en region, la nécessite d'in noter est très monte, notamment à cause de la perte de riientèle», a ajoute Gaëtan Boucher le président de la Federation a ajouté en outre que l’un des freins persistants au changement de- meurait «malheureusement la réfraction syndicale».«C'est encore une difficulté significative, et c’est pour cela que nous allons devoir nous asseoir et faire une réflexion collective», a-t-il indique lYesent ,ui congrès hk-r, k' présr dent de la Federation du persoiuiel professionnel des eoUèges (Fl'lV c'Sti).Bernard Berube, s’est offusqué de constater que l’enquête far sait «ti de l'apport du personnel d'un collège pour innover».«Un pro/et hmetionne lorsqu'il part d'en bas et est porte par le milieu, et mene fus qu 'en haut», at il affirmé.M.Hêru be s’est indigné d'une donnée de l'enquête sekm laqueBe «les acteurs à l onginc ties innovations» sont ma johlairement la direction ou le per sonnel cadre qxHir 65 % des répore d.uits).contre 27 % pour k" personne) enseignant.27 % (xnir k* ixtsoiv nel irotessionncl et 6 % pour k*s représentants étudiants.Le Dviroir Le nombre d’infirmières augmente mais la pénurie perdure GUILLAUME BOURGAU LT CÔTÉ On est encore loin des chiffres nécessaires pour regler l’actuelle pénurie de main-d’œuvre infirmière, mais le Québec a vu l’effectif de son corps infirmier augmenter de 9 % durant les cinq dernières années.Et par rapport au reste du Canada, celui-ci se révèle plus jeune et plus masculin qu’ailleurs au pays.L’Institut canadien d’information sur la santé (1CIS) a dévoilé hier une étude indiquant l’état des effectifs du reseau infirmier au Canada Le nombre absolu d’infirmières ou infirmiers offideüement reconnus a augmenté de 2 % entre 2(X)4 et 2005, indique-t-on.L’âge moyen de cette main-d’œuvre est à la hausse (44,7 ans), alors que le groupe d’âge des 50-54 ans constitue le cœur des effectifs.En 1994, l’âge moyen était de 41 ans.Li Fédéra- tion canadienne des syndicats d’infirmières et d’infirmiers (135 (XX) membres au pays) s’est dite inquiété hier de ce constat de vieillissement généralisé.An Quebec, la situation est légèrement différente.Si l’augmentation de l’effectif est similaire (1,5 % entre 2(X)4 et 2005, ce qui tait un total de 83 159 infirmiers ou infirmières reconnus—comprenant les auxiliaires), on note par contre des différences dans la répartition de celui-ci.Ainsi, il y a plus d’hommes infirmiers ki qu’ailknirs (9 % contre 5,6 %), et une plus grande pro|x>r-tion du corps infirmier a moins de 35 ans (24 % au Québec, 20 % ailleurs au Canada — la moyenne d’âge au Québec est de 43,5 ans).Au final It's Québécois ont accès en moyenne à 1060 infirmière-s ou infirmiers par tranche de 1(X) 000 habitants, alors que la moyenne nationale est de 1004.«On a toujours eu plus dhommes ici qu 'au Canada, remarque Mkhè-k' Boisclair.vice-preskiente tk- lu Fédération des infirmiers et infirmières du Quelxv (ElIQ) C’Vsf une dtmnec historique.I\ir nmtrr, ce sont beaucoup les départs massifs à la rr traite et le non-contingcntcmcnt des programmes deformation dans les années 90 qui expliquent pourquoi c’est un peu plus jeune présentement » Selon Mme Boisclair, les chiffres publiés hier doivent être interprétés avec précaution.«C'est encourageant de voir que Us effcctifi augmentent, mais c'est nettement insuffisant pour combler la pénurie que l'on vit», dit-elle.Selon la F11Q, qui compile en ce moment de nouvelles données sur ce sujet, il manque environ 17(H) infirmières dans le réseau actuellement.«A partir de 2008 et du départ a Ut rr traite des babyboomers, ça va exploser», ajoute Mme Boisclair LICIS a pour Li première luis dé voilé la répartition des infirmières pu re^ou partout au pays.C’est la région de Quebec qui s’en tire le mieux dans la province, nvtv 1326 inllnuières pour HH) (HH) habitants.À l’inverse, la région de la Baie-James et toute la couronne de Montréal ont deux lois moins d'infirmières Iniquités?Miehèk' Bois-cLtir .tpx'llc kl aussi à la imulence.«Iss chiffres nous montrent ee que nous avons, pas ce dont nous aurions besoin La pénurie ne se vit pas île la menu façon partout Même à Québec a un taux très ricic.il y a une pénurie là-bas.Tandis qu ailleurs, les cltfincs sont plus bas mais Ui deman de est moins.firrte aussi.» les Lubies taux observés à laval, dims lanau-dière, dans les Laurentides et en Montérégie (entre 590 et txt8 inlir mières) s'expliquent pu" ailknirs du (;ùt de la proidinhé de Montréal, qui ollre des services pour l'ensemble de la région.Le Devoir Réal BERTRAND CÉLÉBRITÉS collection DionrapHiouB ROBERT ROURASSA 64 pages -10,95 $ Dans un aooei h sas concitovens : nous gouvernerons ensemoie une société prospéré.„ lideç inc________ En vante oint toutes les Moraines 514-843-5991 Les prix sont indiques sous réserve de modifications U-K Elle n'en fait * qu a sa télé.r Nouveauté 12 h 30 et 22 h BAZZOtv telequebec.tv Une série produite pour que ça ne se produise plus.Victimes Abus sexuels, incompétence médicale, erreur judiciaire, harcèlement médiatique.Les histoires vraies de vies bouleversées à jamais.jeudi 21 h CANAL canald.com Une chaîne Astral Medio 6386 LE DEVOIR.LE J E I' D I 19 OCTOBRE 2 0 0 6 EDITORIAL Quasi automatique Le ministre Vie Toews n’a pas tort de dire que son nouveau projet de loi sur les délinquants dangereux est différent de ce que font les États américains qui, de manière automatique, emprisonnent sans limite de temps des criminels après trois condamnations pour des infractions plus ou moins graves.En théorie, le projet de M.Toews est moins radical.Mais dans les faits, l’automatisme ne sera pas très loin.LE DEVOIR FONDE P AK HENRI BQURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAL LIEU, LOUIS LAPIERRE.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE SotSClAtR ^M5 L Josée Boileau es partis d’opposition ont déjà indiqué qu’ils n’appuieront pas le projet de loi du mimstre Toews à propos des délinquants dangereux parce que celui-ci, en remettant le fardeau de la preuve sur le dos de la défense, va à l’encontre de notre tradition juridique.Compte tenu de l’avalanche de projets de loi issus du ministère fédéral de la Justice, ils ne devraient toutefois pas avoir à se prononcer, la machine d'examen législatif ayant déjà du mal a suivre la boulimie judiciaire de M.Toews.Par contre, cette idée consistant à déclarer délinquant dangereux tout individu reconnu coupable de trois crimes graves, à moins que celui-ci démontre qu’il ne répond pas à cette définition, faisait partie du programme électoral conservateur.Le projet de loi servira donc de munitions lors de la prochaine campagne électorale, alors que les troupes de Stephen Harper chercheront à devenir majoritaires.D’où l’importance de comprendre ce qui est sur la table.Déjà, les commentateurs ont exposé qu’aux États-Unis, la mesure n’a pas eu d’impact sur le taux de criminalité et a au contraire mené à des injustices.On a aussi expliqué que si, comme le dit le ministre, notre Code criminel prévoit le renversement du fardeau de la preuve en certaines circonstances, ces cas sont limités à des situations précédant le procès.Ici, l’enjeu est plus fondamental: peut-on affubler un individu d’une étiquette aux lourdes conséquences (dans les faits, un emprisonnement à perpétuité) et le laisser se débrouiller pour s’en débarrasser?La tâche est déraisonnable.M.Toews répète que le processus n'est pas automatique puisque la Couronne devra d’abord déposer une demande de déclaration de délinquant dangereux.Et le juge garde la responsabilité de trancher la question.Én fait, comme le révélait Le Devoir hier, il sera difficile pour les procureurs de la Couronne d’éviter le dépôt d’une telle demande.Le gouvernement conservateur a en effet prévu dans son projet de loi que dès qu’un individu ayant déjà deux crimes graves à son actif sera déclaré coupable d’un troisième, le procureur sera obligé de dire devant le tribunal, avant que la peine ne soit prononcée, s’il réclame ou non le statut de délinquant dangereux à son encontre.Sur le site Internet du ministère, on précise qu’on veut de cette façon «accroître la vigilance des procureurs», une façon pour le fédéral de rappeler à l’ordre des avocats sur lesquels il n’a pas autorité, l’administration de la justice relevant des provinces.En coulisses, le ministère reconnaît clairement qu’il s'agit de faire pression sur les procureurs en les plaçant dans la mire du public.Et comme ce ne sera pas eux qui se taperont le boulot de bâtir la preuve — considérable dans ce genre de dossier —, la tentation sera forte de suivre la voie balisée par l’idéologie conservatrice.Par ailleurs, la marge de manœuvre des tribunaux sera limitée elle aussi.En effet, un juge peut actuellement refuser d’entendre une demande de déclaration de délinquant dangereux.Si le projet de loi était adopté, il serait au contraire tenu d’enclencher le processus.Ce ne sont pas les faits mais la méfiance envers notre système de justice qui guide le gouvernement.Et tout ça pour que la base conservatrice de l’Ouest applaudisse.jboileau@ledevoir.ca La métamorphose histoire du jour tient de l’étrange.Ex-secrétaire d'Etat de Bush père, James Baker en est le principal protagoniste.Il y a quelques mois, Bush fils l'a appelé à la rescousse afin de le sortir du guêpier irakien.Pour ce faire, on a créé une commission bipartisane, dont il _________ est le coprésident.Après des mois d’analyse et quelques arrêts à Bagdad et dans les environs.Baker a dévoilé une de ses conclusions.Attention: elle est un tantinet brutale.Ce vétéran de la scène politique suggère que l'administration Bush amorce rien de moins qu’un pas de deux avec le poids lourd de l'«axe du mal».C’est-à-dire l'Iran.11 propose également que Bush tils fasse un clin d'œil, appuyé il va sans dire, en direction du garnement de la famille proche-orientale, soit la Syrie.Dans la foulée de cette confidence formulée lors d'un entretien télévisé.Baker a lancé des piques en direction, toujours, de i: l’administration.1rs voici.En résumé et en substance, l’ami de Bush père — qui.avec l’autre grand ami de l'ancien président et ex-patron du Conseil national de sécurité.Brent Scowcroft.s’etait opposé à la guerre en Irak — a dit ceci: «Lorsque jetais le patron de la diplomatie, je n’ai jamais hésité à parler à l’ennemi.À preuve, je suis allé 15.fois en Syrie.» Et il a insisté sur les vertus de la discussion en stipulant qu’elles ne sont en rien une preuve d'apaisement, voire de faiblesse, comme le clament à cor et à cri les néoconservateurs et leur mauvais génie en chef, soit le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld.11 n'est d’ailleurs pas innocent de noter que l'intervention de Baker fait suite à une attaque en règle menée par certains hauts grades contre Rumsfeld.Lors d'une revente audience de la Serge Truffaut Commission des affaires étrangères, les membres démocrates ainsi que les républicains, conscients que l’enlisement en Irak, si on croit les derniers sondages, risquait de leur coûter la majorité dont ils disposent au Congrès, ont pris soin d’inviter des généraux qui ont commande des troupes en Irak mais qui sont aujourd'hui à la retraite.Autrement dit.ils sont libérés de leur devoir de reserve.Et qu'ont dit ces braves soldats?Que Rumsfeld est «un incompétent en matière stratégique, opérationnelle et tactique», soit en tout.Qu'il est si arrogant qu'il a déchiré «douze années de préparatifs et de plans» en plus «de ne pas tenir compte du risque d'insurrection».Qu’il aurait mieux valu «maintenir notre effort principal en .-{/ghanistan».Qu’en agissant comme il l'a fait.Rumsfeld a encourage l essor «du fondamentalisme islamiste».En un mot.Rumsfeld a écope d’un zéro pointé.la’s faits reprochés par les grades à Rumsfeld et au commander in chief sont graves, très graves.Les remontrances de Baker, même si elles sont plus policées, en sont l’écho, vite repris par le président de l'Irak.Jalal Talabani.Pas plus tard qu'hier, il a suggéré l’ouverture de discussions avec l'Iran chiite et une Syrie dominée par les sunnites.Evidemment il ne faut pas s’attendre à ce que le président Bush fasse sienne la proposition iconoclaste de Baker avant la tenue des elections de mi-mandat, prévues debut novembre.Après, il n’aura pas d’autre choix que de modifier le cours que lui.Rumsfeld et le vice-président Dick Cheney ont imprime sur le cours de l’histoire de l’Irak.Le choix de Bush?Docteur Jekyll ou Mister Hyde.«UTeuttoef Çu -TeNtutf ” O — MAHio «Ti?€ VÀT£ ço* Vv/aonT C7 Une «pitoune» dans l’œil du ministre lettre à Jean-Pierre Blackburn, ministre fédéral du Travail Je crois sincèrement que vous faites preuve de malhonnêteté intellectueUe ou que vous êtes totalement ignorant de la véritable situation sur le terrain lorsque vous tirez à boulets rouges sur les écologistes pour les déboires que connaît actuellement l’industrie forestière.Les vrais coupables, ce sont les entreprises forestières elles-mêmes, qui, avec la complicité de nos gouvernements, tant provinciaux que fédéral, ont dilapidé et surexploité nos forêts depuis des décennies.Dans un tel contexte, il n'est nullement surprenant de voir que les coupeurs à blanc doivent maintenant se rendre aux confins de la forêt boréale pour obtenir leur matière ligneuse puisque les forêts plus au sud ne parviennent plus à suivre le rythme effréné de leurs scies mécaniques.Allez voir, M.le ministre, la grosseur des billes de bois qui entrent dans les moulins à scie et dans les usines de pâte et papier ces temps-ci.Leur taille a diminué de près de 50 % sur une pe-riode d'environ 25 ans.Je me demande comment vous pouvez voir la paille dims l’œil des écologistes avec une «pitoune» de quatre à cinq pouces de diamètre' dans le vôtre! Pierre Gaudette lai val.le 16 octobre 2(X>6 La crise de l’industrie forestière Elle nous frappe de plein fouet et n’a jamais atteint une telle ampleur.In foresterie québécoise est à la croisée des chemins.Aurait-il pu en être autrement?Après plus de trois décennies de pillage de la ressource, de laxisme gouvernemental à cet égard et de gestion irresponsable de la part des entreprises forestières, la guillotine était inevitable.Et l’État québécois n’est pas l’unique responsable de cette débâcle, comme semble (indiquer l'industrie.L’économie moderne étant ce qu'elle est la gestion prévoyante et à long terme de l’entreprise a cédé le pas à la myopie des marchés fr LETTRES -+- nanders.In gestion à courte vue dés entreprises forestières et le gaspillage de leurs revenus en dividendes, versés à des actionnaires qui, la plupart du temps, n’ont nullement partidpé à l’essor de l’entreprise, ont grandement contribué à cette crise.N’aurait-il pas été préférable d’investir intelligemment ces revenus afin d’assurer l’avenir de l’industrie forestière québécoise?Radio-Canada rapportait récemment (exemple d’une scierie sur la Côte-Nord, près de Sacré-Cœur.Ce n’est pas le dividende qui y prime mais les emplois.La compagnie investit dans la modernisation et la diversification de ses activités.Elle est assez prévoyante pour aller jusqu’à payer (aménagement de ses propres chemins forestiers sans quêter constamment auprès des gouvernements.Les actionnaires de cette scierie sont des coopératives regroupant plusieurs membres de la communauté locale.Voilà un bel exemple de gestion responsable.Ça fait changement du pleurnichage habituel du secteur privé, qui quémande l’État d'une main et le varlope de (autre.Marc Beaudoin Val-d’Or, le 14 octobre 2006 Bravo pour le Nobel lü nomination du nouveau lYix Nobel de la paix en la personne du fondateur de la Gra-meen Bank, ou «banque des pauvres», a de quoi réjouir toutes les personnes qui, comme moi.œuvrent au développement dans les pays sous-développés.Le système de microfinancement que nous utilisons ici au Togo est directement influencé par le système des banques Grameen.Nous croyons que ce système de nticrofinancement, de plus en plus répandu dans les pat’s sous-deve loppés.permet de lancer de véritables petites entreprises comme des commerces itinérants ou autres.Il permet ainsi aux femmes entreprenantes de se donner de nouveaux horizons, d'envoyer leurs enfants à (école et d'améliorer le niveau de vie de leur fcuniHe.Le Comité Nobel a compris que la stabilité et la paix d’un pat’s commencent par (amelioration des conditions de vie et que cela demeure patent dims les pays sous-développés.Je crois que cette nomination peut aisément faire (unanimité chez tous ceux qui croient au développement des pays pauvres car la paix se nourrit du développement et de (amélioration des conditions de vie.Marc Gothrich Coopérant canadien au Togo Atakpamé, le 13 octobre 2006 Changement d’opinion La déclaration de Michael Ignatieff, candidat à la direction du Parti libéral du Canada à l’emisr faon Tout le monde en parie selon laquelle le bombardement de la ville de Cana au Liban par les Israéliens constitue un crime de guerre a choqué phis d’un Québécois car cette déclaration contredit celle qu’il avait faite pendant le conflit, par laquelle il donnait son appui à Israël.Ce changement d’opinion nous indique que M.Ignatieff a compris quil pourra avoir phis d’appuis parmi les membres de son parti s’il est contre Israël que s'il est pour.L’opportunisme de M.Ignatieff nous démontre qu’il est dangereux de faire confiance à un politicien de cette envergure.Julia Coriat Le 15 octobre 2006 Réduction du stationnement Une patiente a rendez-vous avec un médecin spécialiste dans un hôpital situé sur le mont Royal.Même avec près de trois quarts d’heure d’avance pour ce rendez-vous, que faire lorsqu'un employé du stationnement de cet hôpital en bloque (entrée pour informer les gens qu’il ny a phis de place?Tourner en rond sur la montagne en espérant que quelqu'un partira?Se garer à im endroit interdit?Demander à (employé où se trouve le stationnement payant le plus proche?J’ai tourné en rond pendant une heure et les trois solutions se sont avérées inutiles.Per-sonne n’est parti, les endroits où il était interdit de se stationner étaient pleins et (employé m’a répondu qu’il ne savait pas où un autre stationnement pouvait se trouver.Résultat un retour à la maison sans avoir vu le médecin spécialiste et un nouveau rendez-vous fixé dans un mois.Je trouve cela inadmissible, et vous?Malheureusement il ne s’agit pas de fiction mais bien de la réalité, vécue le jeudi 5 octobre 2006.[.] Claudine Christin Pierrefonds, le 13 octobre 2006 Réforme scolaire MARIE C 1.AIDE G Al T H 1 E R Enseignante en.français au secondaire Je Usais samedi dernier dans les pages du Devoir (article intitulé «Le problème de la réforme est dans sa m(se en œuvre».D’accord, mais pourquoi?A mon avis, le manque de rigueur théorique de plusieurs enseignants en fonction ainsi que les exigences peu élevées des programmes de fonnation des maîtres font partie du problème.les principaux intéresses consacrent trop peu de temps à fa lecture, à (analyse et à fa coniprt» hension des documents de references énonçant les lignes directrices du renouveau pedagogique.Plusieurs etudiants universitaires et de nombreux enseignants ne font tout simplement pas leurs devoirs.Résultat: leur incomprehension des principes fondamentaux de fa reforme se reflète ou se reflétera tôt ou tard sur fa qualité de leur enseignement.Les syndicats brandissent haut et fort les piètres résultats obtenus par les enfants de la reforme, notanunent en français, et se servent des conclusions d'un rapport préliminaire pour tenter de tuer l'oiseau dans l'œuf.Pourquoi une telle détermination à vouloir faire marche arrière?Pourquoi encore refuser que les membres qu'ils représentent remettent en question leurs façons de faire?Depuis les balbutiements de fa réforme, phr LIBRE OPINION -4.- : si on renouvelait sieurs intervenants du milieu scolaire évoquent le manque de séances de fonnation pour les aider à mettre en place, de façon efficace, les modifications proposées par le MEQ (aujourd’hui le MEUS).Pourtant, le ministère publie sur son site officiel des documents de reference detaiDes et offrent, par l'entrentise de spécialistes, des ateliers de fonnation dans les differentes commissions scolaires ainsi que dans les établisse» ments de la Federation des écoles privées du Québec.Ce n'est peut-être pas toujours suffisant.mais les ressources sont fa et demeurent, ironiquement peu exploitées.Au colloque de (Association francophone internationale des directeurs d'etablissements scolaires (AFIDES), Paul Inchauspé a souligne le fait que fa reforme tend à «libérer l'espace professionnel des enseignants pour qu 'ils ne soient plus de simples applieateurs de programmes».Cette nouvelle liberté me semble très stimulante mais exige toutefois une comprehension des tenants et aboutissants du renouveau pedagogique.Pour mériter une telle responsabilité, les enseignants doivent prendre le temps, maigre la lourdeur de fa tâche, de réfléchir à fa pertinence des stratégies a utiliser dans leur classe afin de favoriser le développement des competences de leurs eleves sans faire (erreur d'eva-cuer systématiquement les connaissances de base, qui demeurent essentielles à fa maîtrise de ces dernières.notre discours ?Je suis enseignante en français au secondaire et j’explore.Évidemment, à (occasion, je connais des ratés, mais je refuse (immobilisme.Bien qu’ensevelie sous les corrections, je me fais un devoir et une fierte d’experimenter les nouvelles strategies proposées.Par conséquent.je me pose des questions à propos du bien-fonde du toile médiatique suscité par la réforme, car je ne comprends toujours pas en quoi (enseignement par competences, qui favorise les situations d’apprentissage intégrées et contextualisées, contribuerait à la diminution des résultats des élèves alors qu’il rise justement a creer des situations d'apprentissage authentiques et significatives.Et si b reforme n’etait pas fa principale cause des résultats décevants des eleves québécois?Pourrait-on admettre que le manque de curiosité et de rigueur des enfants et des adolescents reflète celui de la société en general?Pourrait-on admettre que le manque d’encadrement de certains parents et le peu de soutien qu’offrent les programmations télévisuelles et radiophoniques.en présentant des contenus très peu stimulants.pesent lourd dans 1a balance?Pourrait-on admettre que les longues heures passées a cbvarder sur Internet abrutissent la generation de demain?Un cadre pedagogique ne peut insuffler a lui seul le désir d'apprendre.Ce doit étire un effort concerte mais, surtout un défi de société. LE DEVOIR.t t T O R R E 2 O O (> A 7 Forêts : laissez la responsabilité à ceux qui en vivent ! O v-’ % •V JACQl’KS C.RKNU R U DEVOIR ERIC ALVAREZ Doctorant à la faculté de foresterie et geomatique de l'Université Laval u’ont en commun la forêt de l'Aigle et la forêt Montmorency, deux exemples de «succès» en aménagement forestier?Chaque jour, un forestier (une forestière dans le cas de la forêt Montmorency) se lève en étant conscient que son emploi et celui de dizaines d’autres personnes dépendent de son bon jugement.Ce sont des personnes qui ont les deux pieds dans la forêt et qui ont à rendre des comptes.C'est ce qu'on appelle de lunputabDite ou de la responsabilisation.Ce sont des exemples en forêt publique, mais on pourrait dire la même chose de la grande majorité des propriétés privées, qu’elles soient détenues par un particulier ou par une compagnie.La responsabilisation change notre rapport à la forêt Au Québec, les responsables de la forêt ce sont le Manuel d’aménagement et les Normes d’intervention.Tant que vous les respectez, de même que le rendement soutenu, vous avez la sainte trinité forestière avec vous.Vous pouvez aller en paix.Même si vous faites de bêtises, elles vous seront pardonnées car vous aurez suivi les règles.Le problème, c'est que ça ne favorise ni la réflexion ni l’imagination.Favoriser l’adaptation Prenons l’exemple du rendement soutenu.Quelle est son utilité contre un dollar élevé, une hausse du coût du pétrole, une baisse de la demande pour des produits clés et un conflit commercial?Pas grand-chose! C’est un concept utile mais qui a le défaut de mettre nos neurones à zéro en nous donnant une fausse assurance.S les aménagistes et les transformateurs avaient été dans une situation où ils auraient constamment dû prévoir et s’adapter, je suis sûr qu’on aurait des modèles d’amenagement et d’inventivité au Québec.Qu’on y pense un instant comment être sûr que le produit pour lequel on fait pousser un arbre aujourd'hui existera toujours au moment de sa récolte, dans 70 ou 100 ans?Peut-être que dans 50 ans nous aurons un substitut du papier?Le sujet est tellement complexe qull faudrait laisser plus de place à l’imagination et moins à l’ordinateur.Le plus ironique, c’est qu’on a commandé un rapport pour mettre encore plus d’accent sur le rendement soutenu et qu’il semble être devenu une véritable bible! On a même créé le poste de chef du rendement soutenu! Le développement durable, ce ne signifie tout de même pas la même chose que de produire le même produit dans des quantités analogues pour l’éternité! Responsabilité retirée Il y a plus de 30 ans, le gouvernement retirait aux pa-petières la responsabilité de la récolte et de l’aménagement des forêts publiques (les concessions forestières sont officiellement abolies depuis 1986) .Une des principales raisons était alors que le gouvernement considérait que les compagnies ne récoltaient que les deux tiers de la possibilité forestière et qu’elles ne maximi- JEAN-LOUIS ROY Président de Droits et Démocratie omplémentaires, deux passions politiques animaient Robert Bourassa: 4’intérêt supérieur du Québec» et «l'évolution de l’histoire», l'intérêt du Québec dans l'évolution de l’histoire.Délégué du Québec à Paris et à la Francophonie (1986-90) et secrétaire général de l'Agence de la francophonie (1990-98), j’ai été un témoin privilégié de sa maîtrise de la politique internationale, de son intérêt pour «l’interaction entre le Québec et la situation internationale» et de l’usage qu'il en faisait pour illustrer le destin historique du Québec, «seul État français en Amérique du Nord».Durant ces années, j'ai assisté à un grand nombre des rencontres de Robert Bourassa avec les leaders fiançais, européens et francophones.Avec François Mitterrand, les entretiens se prolongeaient au-delà du temps convenu et les déjeuners, d’un point de vue intellectuel et politique, étaient animés et d'une hauteur politique passionnante.Avec Jacques Chirac, une liberté de ton et d'appréciation des dossiers et des personnages politiques n’excluant personne.Avec Fabius.Barre et Delors, de vastes tours d’horizon de l'économie mondiale ou se mêlaient les questions immédiates et celles cherchant à éclaircir les temps à venir.Avec Michel Ro card, un dialogue prolongeant la polémiqué célèbre qui les avait opposés et liés.Sa fascination la plus manifeste, me semble-t-il.était pour Mitterrand, le surrivant de la FV République, l’adversaire du général de Gaulle, le magicien du retour apres les pires épreuves, le fédérateur des forces qui s’épuisaient avant lui a changer la rie.Pour Bourassa, le chef socialiste incarnait la France en eDe-mème ainsi que la France levier de l’Europe par nécessité et intérêt supérieur.Entre les deux hommes, un plaisir manifeste dans l'analyse des faits de l'histoire accomplie, actuelle et future.De la part de Mitterrand, une estime certaine pour M.le premier ministre, M.Bourassa.comme il désignait le premier ministre du Quebec.Avec les leaders africains, le premier ministre était plus sélectif.Pour certains, dont le maréchal Mobutu.son jugement était définitif et plus que critique.Un même intérêt pour l’économie le liait a Hou-phouët-Boigny.qui! admirait, et la politique le rapprochait d'Abdou Diout dont la carrière le fascinait Les analyses serrées et truculentes d'Omar Bongo saient donc pas les retombées économiques en région.Compte tenu de ce qui se passe aujourd'hui, elles avaient peut-être raison en clamant qu’elles étaient au maximum de la possibilité.Les compagnies n’avaient pas les outils d’aujourd’hui et ce n’était peut-être pas le modèle d’aménagement idéal.Toutefois, elles avaient un point en commun avec les forêts dont nous parlions ci-dessus.Se sentant propriétaires, elles se sentaient responsables et voyaient à très long tenue.D’ailleurs, si on comparait l'aménagement des forêts privées des compagnies forestières avec ce qu’elles font en forêt publique, on verrait bien la différence entre être le fait d’responsable et celui de suivre des regies.Sans structure qui favorise la responsabilisation et la vision intégrée, peut-on vraiment espérer répondre a un défi comme l’aménagement écosystémique (quand on se sera entendu sur la définition)?la photo-interprétation des peuplements forestiers est faite à Québec.Les inventaires sont faits par des consultants, la calcul de la possibilité forestière est effectué par le chef forestier et les plans d’aménagement par les compagnies.Il y a donc des responsables à chaque étape mais aucun responsable de l’ensemble, et encore sur l’évolution de l'Afrique et ses liens au monde intéressaient Robert Bourassa.Spécificité du Québec Direct, politique, prospectif, le premier ministre plaçait au cours de ses multiples rencontres «la spécificité du Québec comme unique Etat “français” en Amérique du Nord».Il expliquait longuement ses politiques linguistiques, culturelles, économiques et énergétiques.En toute occasion, il référait au besoin de souveraineté culturelle du Québec et à son rôle personnel dans le rétablissement du statut de la langue française, deux siècles après qu’elle eut perdu son statut de langue officielle.Ses interlocuteurs ne manquaient pas de l’interroger sur les rapports du Québec avec le Canada.Sans jamais dissimuler son choix pour le modèle fédéral, Robert Bourassa marquait a la fois les acquis et les frustrations découlant du fédéralisme canadien, les rigueurs excessives et les souplesses du système ainsi que son désir de l’infléchir.A ses interlocuteurs butant sur les enjeux de la construction européenne ou de la création des communautés économiques africaines, ses propos portant sur les exigences de l’intégration économique et ses liens avec l'intégration politique étaient d'un grand intérêt.Au-delà du système canadien, Bourassa offrait une radiographie de la zone de libre-échange nord-américain, du système politique et des politiques de l'Ame-rique.Il aimait dresser des parallèles avec des episodes de l’histoire contemporaine, puisant dans sa connaissance approfondie, notamment de l'évolution politique des Etats européens.A cette maîtrise de l’histoire s'ajoutait une connaissance encyclopédique de l'évolution économique des uns et des autres, dont il usait avec un plaisir manifeste.L’Europe et la Francophonie Le premier ministre avait une troisième passion politique, la construction de l’Europe, «l une des plus grandes réussites de l'humanité avec l’intégration des peuples européens».Jean Monet était «son idole politique» et il avouait avoir été influencé, des les années 60, par l’intégration européenne.Il avait de celle-ci une connaissance technique et politique remar quable.«On ne peut pas vous coller sur l’Europe», lui a dit Mitterrand un jour.En toute circonstance.Robert Bourassa dressait des parallèles nuances entre le système européen en évolution et son option profonde, raisonnée et define the en faveur du fédéralisme canadien.moins de responsables -coDos» aux forêts aménagées.Commandes politiques La responsabilisation manque terriblement dans le modèle d'amenagement d'aujourd’hui, le système est plus sensible aux commandes politiques qu'aux gens qui aiment et qui virent de la forêt Et, comme depuis longtemps, l’aménagement forestier au Québec ressemble à un bateau a voile sans gouvernail (le Parti québécois n’a pis de leçons à donner!): en effet, quand il y a une tempête, il suit le vent.Ces dernières années, le vent allait dans le sens de laisser toute lii place aux gens qui aiment fa forêt mais qui n'en vivent pas.Aujourd’hui, il est a aider les tra vailleurs, les grands oublies des médias ces dernières années.On peut bien investir un milliard de dollars en argent public' dans toutes sortes do formes d’aide, Luit que les fondements resteront les mêmes, tant que l'aménagement ne sera pas fait principalement par et pour les gens qui vivent de fa forêt et tant qu’il n'y aura lias plus de forestiers qui auront la responsabilité d’un territoire, on fera mieux de garder de l’argent en reserve en vue de la prochaine crise*.En toute circonstance, il plaçait le Québec dans son histoire propre et celle-ci dans une histoire plus vaste, celle des grands courants géopolitiques qui changeaient la marche du monde.Sa compréhension et sa contribution a la Francophonie s’inscrivaient dans cette analyse où se fécondaient réciproquement les intérêts du Québec, son rayonnement international et l’évolution de l’histoire.D’où son insistance pour marquer, des le premier sommet (1986), tout le territoire du Québec et pour exercer une coprésidence avec le Canada, «puissance invitante», a l’occasion du Sommet de Québec (1987).Il avait de la Francophonie une vision stratégique singulière, souhaitant notamment qu'elle s'investisse dans le développement économique, cette évidence.H fera en ce sens des propositions d’envergure après consultation avec Jacques Delors.Certaines seront suivies d’effets.D’autres seront enterrées sous les éloges des puissances.Démarches inédites A sa maniéré sobre et toujours politique, Robert Bourassa proposait parfois des demarches inédites et symboliques a l’occasion de ses voyages a l'étranger rencontre a Paris en 1986 avec Boutros Boutros-Ghali, alors candidat a la fonction de secrétaire général des Nations unies; rencontre avec Léopold Sen-ghor a quelques jours du Sommet de Dakar (1989); dépôt d'une gerbe de fleurs sur la tombe de Jean Monet au Panthéon juste avant un déjeuner avec François Mitterrand; son choix aussi «non négorwble» de tenir le Sommet de la Francophonie a l'Assemblée nationale du Québec face a un gouverneriK-nt fédéral hostile à cette idée*.FInfin, hors toute catégorie, son dialogue avec Jacques Chirac a propos de «la nécessaire hauteur» de la délégation française aux funérailles de René Lévesque.Au sujet de ce dernier, il a mis fin un jour a un début de polémiqué s’agissant de la nature de !'a< cueil que fa Delegation générale du Québec a Paris devait réserver a l'ancien premier ministre.J’ai alors note ses mots; «Faites tout ce que txm avez prévu, recevez le comme vous me recevez quand je vais à Pans • Robert Bourassa avait une très haute idée de la continuité de l’histoire du Cfiiebec et de vin interar tion avec les evolutions historiques d'ensemble II pensait certes la politique du Québec par rapport a ses intérêts et ses besoins spécifiques, mais il la pen sait sans jamais perdre de vue un horizon politique plus large, celui du Québec dans le monde.Norman Spcctor N’importe quoi ! lusieurs observateurs anglophones ont conclu à une autre gaffe après qu’on leur eut raptxrrie les commentaires de Michael Ignatiet t, qui s'est prononcé sur les crimes île guerre israéliens sur les ondes de Radio-Canada.Je pense qu’ils ont tort.Pour paraphrase! fa définition un peu cynique de Michael Kinsley, ancien rédacteur de fa revue Slate, une gaffe survient lorsqu'un politicien dit ce qu’il croit vraiment a un journaliste.l.a remarque de M Ignatiett cachait-elle une forme d'antisionisme, comme le premier ministre Stephen Harper l’a allégué vjn peu plus tard en semaine?A mon avis, ce sont fa des balivernes partisanes de la pu t de M.Harper.Ce que nous avons entendu de 1a part de M.Ignatiett est la chose* la plus éloignée d'une gaffe, c’est-à-dire un politicien liât tant bassement son auditoire en disant ce qu'il veut entendre, et rien d'autre la déclaration grossière de M.Ignatiet t cet etc, selon laquelle le bombardement israélien sur Cana ne l'a «pas empêche de dormir'», a donné des munitions à ses adversaires dans la course ,i la diivetion du Parti liberal du Canada (FIX').Ce qui a tnuisfomiè eette declaration en gaffe, c’est l'explication spontanée, pourtant éloquente, d’un exis rt qui avait longuement réfléchi à une question difficile .( a nu était franchement inevitable.C'est la nature de la guerre en cours |.|.Quand on en est rendu la, ça démontré bien qu ’on est aux prises arec une guerre plutôt sale, et ça ne m ’empêche pas de dormir.» Cep-ndant.une deuxieme gaffe est quasi ini|His sibk* dans la vie |xilitiqne parce qu’un |x>hticien a normalement tout le lenips necessaire pour consulter les habiles conseillers a son service, grassement payés pour trouver la bonne façon d'echappT à n’im pirte quel désastre Pour sa première galle, Michael Ignatiett a reconnu qu'il avait commis une «erreur».11 aurait pu répéter ce libelle piur se sortir sain et sauf de son entretien aviv Guy A.lepage.Au lieu de faire cela, il a déclaré* qu'lsrael était coupable d’un crime de guerre tout en gardant le silence à propos des actes du Hezbollah.A titre de "professeur en droits de l'homme», M Ignutieff aurait dû savnii qu'Amnesty International a conclu après la guerre qu'en raison de la nature des armes utilisées par le Hezbollah contre les villes et les villages israéliens ainsi que des rap ports faisant état de son intention de viser des ci vils, il esi clair que eette organisation a violé les lois de la guerre Fn tant que -professeur en lois de la guerre», il aurait egalement dû savoir que l’ancienne juge de la Cour suprême du Canada, laniise Ar hour aujourd’hui a la tête du Haul Commissariat des droits de l'homme de l'ONl I - .a recommandé qu'une enquête soit menée sur les morts de civils, tant au Uban qu’en Israël, Malheureuscim ut, en rejetant les arguments du Canada et de plusieurs autres |»ays.le Conseil sur les droits de la ixTsoime de l'( INI ! a décidé, à l'instar de M.Ignatieff, de cibler uniquement les actions d'Israël.Sur quoi Amnesty International a critiqué le Conseil pour avoii -ignoré 1rs violations d’une partie au conflit».Avant son entietien a Radio l anada, M Igna tieff avait peut-être constaté que le premier ministre Harper avait reçu des éloges quasi unanimes dans les médias de langue anglaise pour avoir bloqué une resolution anti israélienne au Sommet de la Francophonie mais qu’il avait été vivement critiqué au Québec Peut-être M.Ignatieff avait il également eonsulte son organisateur en chef au Québec, le député de Bourassa, Denis Coderre, qui, cet été, avait passé sous silence le rôle du Hezbollah, cl qui, sur les ondes de Radio-Can a da.avait expliqué que «eert »’a(vait| rien à voir avec le Hezbollah I/* commentaire de M.Ignatieff sur les «rnmes de guerre» faisait jiartie d'une plus grande entrevue qui a été 1res bien a< i ucillie pal les observateurs au Qué bec.Un chroniqueur a écrit qu'il avait «gagné son pari» tandis qu'une autre concluait que «l’étonnant» M.Ignatieff avait sûrement marqué des jxiints auprès des électeurs.Ni l'un ni l'autre n’ont été choqués par son commentaire a propos d'Israël et son silence au sujet des actions du Hezbollah, Apres avoir passe- la majorité de sa < arrière a l’extérieur du Canada, M Ignatieff a peut-être jx-nsê qu'un politicien jx-ut dire une chose en français et une autre en anglais, comme c'était le cas autrefois, et qu'il aurait plus de < liâmes fa prochaine fois! Mais les ( anadiens savent maintenant qu'il est prêt a dire réimporte quoi pour plaire a son auditoire, que ce soit sur le Proche-Orient ou la reconnaissance du Québec comme nation dans la Constitution cana dienne, comme il est en train de le faire ces jours-ci a l'extérieur du Quels-» Norman SjH'cUtr est chnmiqueur au (rlohe antl Mail.nspertorV/.globea ndmo il ea Ecrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondais - smrwmmtratrt è l'information economique Gerard Berube irnd/annt an iirtcUmf if Vinfarmmtùm), Dominique Ken?(Jmfttr pe Paptueav par: e-* Marv* P.-epeG M:,- ÈtoeUarel ‘**4.* V-»/» Meî *«,n4e v- *¦*¦ uynüf > de joueurs pathologiques.Le Devoir CONSERVATION «A écouter les compagnies, les commissaires auraient été, du début à la fin de leurs travaux, sous l'influence de Richard Desjardins: j’aurais contaminé toute la commission, service de recherche et consultants compris.C’est fort comme analyse!» SUITE DE LA PAGE 1 parviendra a sauver la foresterie viable que le Québec doit soutenir.«Ce que veulent les trois grandes compagnies du secteur forestier, a expliqué le poète-chansonnier, c’est que le public finance la fermeture des forêts qui restent parce que le piètre état de la ressource, dont elles sont responsables, incite les banques a ne plus vouloir les financer.C’est pourquoi elles réclament maintenant que l’Etat paye pour les chemins forestiers, par exemple.Ces compagnies-là sont capitalistes quand elles font de l’argent et socialistes quand elles smt dans le trou.» Richard Desjardins a d’ailleurs affirmé que le bilan de l’exploitation forestière des dernières années est probablement «pire que ce que la commission Cou-lombe en a dit».La commission Coulombe avait recommandé à Québec de réduire de 20 % le calcul de la possibilité forestière, c’est-à-dire le potentiel de la forêt québécoise évalué sur plusieurs générations.C’est l’ampleur de ce potentiel qui détermine le niveau des coupes aujourd’hui.Mais la réduction des allocations octroyées aux exploitants forestiers à la suite de la recommandation de la commission Coulombe est inférieure à la réduction de 20 %: la réduction des allocations s’est plutôt limitée entre 10 et 15 % selon les régions.Et, a ajouté le vice-président de l’Action boréale, c’est lors de cette année dite de vaches maigres que les compagnies ont atteint le record de coupes de tous les temps au Québec, soit 33 millions de mètres cubes, en allant récolter, en plus des allocations, le bois touché par les feux de forêt Richard Desjardins a ajouté, citant des sources généralement fiables, que «si le rapport du Forestier en chef n’est pas édulcoré en raison de la proximité des élections, on risque de devoir retrancher un autre 20 % à la recommandation de la commission Colombe».Cela porterait à près de 40 % la réduction du poten- tiel a long terme des forêts québécoises, ce qui se traduirait par d’inévitables réductions des allocations trop généreuses des dernières années.Cette information, avancée par Richard Desjardins, recoupe d’autres sources du Devoir, qui affirment qu’on se dirigerait vers une réduction globale «se situant entre 30 et 35 % de l’ancien calcul de la possibilité forestière» ou du potentiel à long terme de nos forêts.Selon ces sources, les industriels de la forêt ont été mis au courant de ce chiffre peu après le dépôt du rapport Coulombe, ce qui expliquerait le fait qu’ils aient rapidement cessé de dénoncer sa recommandation de 20 %, qui leur était somme toute plus favorable que les vrais chiffres.Les données confidentielles qui ont circulé au sommet de l’industrie provenaient des études réalisées par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune pendant les travaux de la commission.Les délais de réalisation de cette étude, finalement remise au Forestier en chef après sa nomination, ont fait en sorte que ce rapport du ministère n’a pas été remis à la commission, qui aurait peut-être pu réviser à la baisse de façon encore plus sévère son évaluation du potentiel forestier à long terme.Richard Desjardins estime que plusieurs facteurs peuvent expliquer que près de la moitié des scieries du Québec ferment à l’heure actuelle.«Mais ce n’est certainement pas à cause des écologistes, a-t-il dit, qui n’ont pas fait perdre un seul emploi en forêt en comparaison des décisions prises par les compagnies elles-mêmes.Les compagnies essaient de viser la commission Coulombe et ses recommandations à travers les écologistes plutôt que les conclusions d’une commission d’enquête, dont ils peuvent difficilement contester la rigueur.A les écouter, les commissaires auraient été, du début à la fin de leurs travaux, sous l’influence de Richard Desjardins: j’aurais contaminé toute la commission, service de recherche et consultants compris.C’est fort comme analyse!» «Le vrai problème de la forêt québécoise dans le mo- ment, a renchéri M.Desjardins, le premier en importance, c’est que le bois est trop petit et que les compagnies doivent aller le chercher trop loin.C'est sûr que ça fait remonter le prix de la fibre.Mais c’est eux autres qui ont créé le problème en surexploitant les forêts plus au sud.Si elles avaient pu ramasser tout le bois du Québec en une seule année avec une seule machine, elles l’auraient fait.Cest leur logique.Au cours des dernières années, elles ont augmenté de 45 % la valeur de leur production au Québec tout en réduisant de moitié les emplois en raison de l’informatisation des tâches et d'une plus grande mécanisation des opérations.Ce n 'est pas les écologistes qui ont fait ça.» Pour le vice-président de l’Action boréale, il faut examiner à fond les raisons qui font en sorte que la moitié des scieries arrivent à s’en sortir malgré les rationalisations des trois grandes compagnies, malgré le taux de change peu favorable et l’état du marché du bois d’œuvre aux Etats-Unis.•Je pense que plusieurs des scieries indépendantes qui survivent le font grâce au fait qu’elles ont investi dans des activités qui génèrent une valeur ajoutée, par exemple dans la fabrication de poutres ou d’autres produits finis qui conservent leur valeur, a commenté Richard Desjardins.Faire des 2X4 ou de la pâte à papier avec le bois, c’est une affaire dépassée.Le Brésil et d’autres pays d’Asie entrent dans ce marché avec des produits beaucoup moins chers.Il fout travailler du côté des valeurs ajoutées.» «Les propos d’un Jean-Pierre Blackburn, ça ne me dérange fois beaucoup et, à la limite, ça ne mérite pas de réplique», a conclu le poète-chansonnier engagé.«Même dans sa gang, y a des ministres qui l’ont rabroué, Blackburn, il fiait partie des négationnistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui continuent de penser que le rapport Coulombe, c’est peut-être nous autres qui l’avons écrit.Je ne pense pas que M.Colombe et son équipe apprécient qu on dise qu’ils ont pu être manipulés.C’est pas le genre!» Le Devoir GENEALOGIE Planter son arbre généalogique donne un sens; c'est une autre façon de trouver sa place dans l'univers.SUITE DE LA PAGE 1 actifs quotidiennement, indique Jean-Pierre Pepin, de l’Institut Drouin.La généalogie, c’est une passion.» Autre signe de cette passion répandue, il y a une dizaine de jours était inaugurée en Normandie la Maison de l’émigration française en Canada, institution partiellement financée par Ottawa.«La clientèle généalogiste compte pour 80 % de la fréquentation de nos salles de consultations — les centre d'archives de la BAnQ», indique Normand Charbonneau, directeur du Centre d’archives de Montréal et des archives privées judiciaires et civiles, donc responsable de la généalogie à la Direction générale des archives.C'est un univers très bien structuré, un milieu associatif dynamique, une passion insondable pour leur sujet de prédilection.» Pourquoi ce «véritable phénomène sociologique», selon les termes du sociologue Fernand Harvey, semble-t-il plus marqué au Québec?«Ça fait contrepoids à la dislocation des familles et à la société très individualiste», estime Hélène Lamarche, rédactrice en chef de la revue Mémoires publiée par la Société généalogique canadienne-française (SGCF).Planter son arbre généalogique donne un sens; c’est une autre façon de trouver sa place dans l’univers.Dynamisme et popularité de la généalogie s'expliquent peut-être aussi par l’abondance des documents de référence.«L’avantage du Québec, c’est que nos archives sont complètes, depuis l'arrivée des Français en Nouvelle-France, rapporte M.Charbon-neau.Grâce entre autres au Code civil, un système fondé sur le document.Le système des registres d’état civil et le système religieux des paroisses se sont croisés pour donner une double tenue de registres.» Internet, voie royale Le véritable boom de la généalogie remonte aux années 60-70.«Ça fait partie de tout le renouveau culturel des années 60 et c’est aussi lié au mouvement nationaliste», explique Mme Lamarche.Mais l’avènement d’Internet a facilité les recherches dans ce domaine.Depuis une dizaine d’années, les sociétés de généalogie multiplient les outils en ligne (programme de recherche en démographie historique de l'Université de Montréal, catalogue de l'Institut Drouin, Fichier Loiselle, etc.).Ces outils s’affinent au point où la publication papier est reléguée aux oubliettes.«Ce « ’est plus pensable de foire ça en livres», affirme M.Pepin, de l'Institut Drouin, qui produit le plus de documents numérisés.Lors d'un récent colloque, on avançait même que toute nouvelle production de documents, désormais, «passerait obligatoirement par Internet», dit-il.Lui-même vient tout juste de mettre en ligne plus de sept millions de pages des registres numérisés de l’état civil, qui pennettent de remonter le fil de ses origines sans quitter la maison, moyen-nant un abonnement annuel de 300 $.Cet accès aux documents numérisés favorise l'augmentation du nombre de généalogistes et leur rajeunissement.Si bien que les sites de généalogie.selon le maître généalogiste agréé, seraient les plus nombreux et les plus consultés après les sites de pornographie.La nouveauté, chez nos voisins américains, consiste à offrir aux abonnés de ces sites un lieu d'échange de documents et d'informations entre membres d’une même grande famille.Gratuitement ou, dans le cas d’Ancestry.com (qui compterait plus de 5000 abonnés québécois), moyennant des frais allant de 60 $US par mois à 155 SUS par année, les internautes peuvent ainsi afficher des photographies, des lettres, des arbres généalogiques, etc.Bref, on déterre maintenant nos ancêtres morts pour mieux fraterniser avec les vivants.«Ça n ’existe pas encore ici, mais la généalogie québécoise s’en va vers ça», indique M.Charbonneau.Ce système d’échange répond à un désir fondamental lié à la quête généalogique: garder vivante la petite histoire familiale, microcosme de la grande histoire d’une société.Quête d’idenüté, la généalogie est aussi «un pont vers l’histoire», explique M.Charbonneau.«La généalogie, c’est le tronc de l’arbre, mais il y a aussi les feuilles.Savoir qui vivait, à quelle date, c’est bien, mais savoir les tenants et aboutissants de leur vie, c’est encore plus intéressant.Chacune des histoires de famille est une microfiistoire de la société.» Dans une conférence livrée pour la SGCF l’an dernier, le sociologue Fernand Harvey voyait dans cette pratique une forme de transmission de la culture.La généalogie se butera toutefois à des défis de taille avec la multiplication des familles recomposées, de l’adoption internationale et le fait que les enfants ne portent plus nécessairement le nom du père.«R y a aussi les nouvelles règles qui régissent les renseignements personnels; c'est sûr que ça va compliquer les choses», reconnaît M.Charbonneau.Quoi de mieux pour fouetter l’ardeur déjà grande des généalogistes en herbe! Le Devoir ARTISTES SUIT E D E L A I* A G E 1 contrecoups des tergiversations administratives du M AF.La troupe vient de commencer, en Alaska, une tournée mû totalisera 35 représentations dans huit Flats américains.File a déposé une demande d'aide au ministère avant le 1 août, réclamant 36 (XX) $ sur un budget total de tournée de 182 (XX) $.L» troupe a pris la route sans avoir obtenu de réponse de la part des lonetionnaires et avec un déficit appréhendé totalisait 11) % de l'enveloppe, «Nous avons prépare cette tournée pendant plus de deux ans et les contrats M>nt signes depuis des mois: nous ne pouvions donc pas reculer», a dit au Devoir Pierre le-clerc, directeur de Dynamo Théâtre.«Ce serait vraiment odieux, y compris pour l’image du Canada à l’étmn-ger.i?i ne pas respecter nos engagements.» En même temps que le Dynamo, une douzaine d’autres compagnies québécoises de theatre avaient déposé des do mandes d’aide a l'exportation de Fuis productions.1 a petite troupe de cirque Les Sept Doigts de la main pâtit aussi de la decision d’Ottawa, la très grande majorité de ses spectacles est offerte à l’etranger.Traces, la dernière creation, sera à la Ibhu de Montreal la semaine prochaine après une série de quelque 70 representations, surtout en Europe.Pour une nouvelle tournee dans trois villes françaises eet hiver, les eirqueux ne recevront pas les quelque 12 000 S reclames d’Ottawa sur un budget de 100 (XX) $, «Sous errons de /'emploi, nous représentons le Canada à Tetmngerct nous coûtons tris peu cher», a commente N.tssib Fl Husseini, directeur general de la compagnie montréalaise, «l ïnnstisscmcnt me semble excellent, même d'un strict point de rue eamomique.» L’effet sera encore plus néfaste à moyen terme.Les compagnies pourraient tout simplement annuler des tournées, les contributions étatiques, aussi faibles soit-elles, servant souvent de levier pour les montages financiers.Un petit trou peut venir à bout d’un grand navire.«lx retrait complet du M\E mettra nos activités en péril», a affirmé Félix Martel, directeur général de la Compagnie Marie Chouinard.Environ 90 % des repns sedations de la troupe de danse sont offertes à l’extérieur du pays.Lan dernier, la contribution du MAE a représenté 16 % du total des enveloppes gouvernementales de l’entreprise artistique.«Li danse ne sufot pas la barrière de la langue, a poursuivi le directeur.Nous développons de nouveaux marches en Asie, en Europe de TEst.Mais nous risquons de frapper un mur tris bientôt.» «Pourquoi?» «Euh.» Affaires étrangères et Commerce international Canada ont ampute leur Fonds pour la diplomatie publique (FTP) dans le cadre des compressions de plus d’un milliard imposées aux dépenses gouvernementales par le Conseil du trésor F mois dernier, la diplomatie publique (ou «ouverte») consiste à «parier d'une nrix cohérente et influente à tous ceux qui ont de Tinfiuen-ce dans une société, et pas seulement au gomernement», selon les documents ministériels.Elle comprend les demarches faites par Fs artistes mais aussi celles des enseignants, des chercheurs et des spécialistes.Au total, 3,8 millions de dollars ont été retranchés de ce fonds pour l'année budgetaire en cours et huit autres millions tomberont en 21X17-08.à compter du 1* mars.Bon an, mal an.jusqu’au moment des compressions, F budget annuel du FPP s'élevait à 25 millions.Il comprend le programme de Relations culturelles internationales, dont le budget avoisine les 4,7 millions par année et dont environ la moitié allait traditionnellement à l’appui aux tournees.Les.sommes en jeu pour les artistes demeurent donc minimes.Le budget total du ministère oscille autour de 1,5 milliard par année.Les fonctionnaires ne peuvent pas encore préciser dans le détail quelles fonctions seront affectées, n n'est même pas possible de savoir pourquoi le FPP est particulièrement visé.«Le mandat du gouvernement est lie réviser tous les programmes, a commente André Le-may, porte-parole du MAE.La decision concernant le programme de b diplomatie publique découle de là.Le detail de la mise à exécution viendra plus tard» Outre la diplomatie ouverte, un seul autre programme est affecté, qui dispose d’une enveloppe de 1,3 milhon pour la promotion des jeunes entrepreneurs.Le reste des mesures de restriction touchera differents volets administratifs.Fs «activités à Tétran-ger» des diplomates étant comprimées de 14 millions et la «consolidation des missions» écopant d’une réduction de 4,25 milhons.Le MAE annonce aussi la fin d’une enveloppe spéciale consacrée aux négociations sur le bois d’œuvre à cause, évidemment de la récente entente conclue avec Fs Etats-Unis.A linstar d'autres organismes et de la plupart des compagnies artistiques consultées au cours des derniers jours.F Conseil québécois du théâtre (CQT> a écrit au ministre des Affaires étrangères.Peter MacKay, pour dénoncer cette décision.Dans sa Fttre datee du 29 septembre.F CQT rappeDe qu’il réclamait au contraire une augmentation de l'aide aux relations culturelles intema-tionaFs «pour nfomdrr plus efficacement» et «s'adapter aux nouvelles tensions du manhe international».Pour la clientèle dbF, cette décision sembF difficile à justifier du point de vue de l’efficacité.«Nous faisons des miracles avec le peu d'argent disponible», a expliqué Raymonde GazaiHe, directrice générale du CQT et signataire de la Fttre au MAE.«Nous pouvons très facilement démontrer la rentabilité de ce programme à tous points de vue, aussi bien économique que diplomatique.» D’où la question sur toutes Fs lèvres des artistes québécois depuis quelques jours: pourquoi sabrer dans ce petit programme efficace et aux grandes conséquences dans un milieu souvent en manque de financement’ Le porte-parole d’un organisme des arts de la scène a émis l'hypothèse selon laquelle le gouvernement conservateur voudrait clouer F bec aux «autres voix» du Canada à l’étranger pour ainsi refermer la «diplomatie ouverte».Un autre a parle d’une «méconnaissance totale des conservateurs de la réalité artistique québécoise», beaucoup plus tournée vers l’étranger.«Je ne comprends pas cette décision, a pour sa part déclaré Pierre Leclerc, du Théâtre Dynamo.Les sommes en jeu sont tellement ridicules qu’il ne peut s’agir que d'une decision idéologique.» Les directeurs de compagnie interroges ont finalement souligne que Fs ambassades canadiennes ne se gênent pas pour redamer leur lot de billets et inviter des personnalités étrangères aux premFres de leurs spectacles en tournee.«Dans les prochains mois, nous allons recevoir les diplomates même si Ottawa ne contribue plus à nos tournées-, a dit l’un d’eux désolé de cette situation paradoxaF.«Nous avons songé à les interdire des salles, mais nous ne le fierons pas.Ce serait bête et mesquin de les priver de beauté.» Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situes au 2050.rue De Bleury, A etage.Montreal (Quebec), H3A3M9 53 Place-des-Arts Us sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?I-a rédaction Au telephone 514-9653333 l'ai télécopieur 514-9853360 t'ar courrier redaetioniîledevoir.eom La publicité Au telephone 514-9853399 Par televopieur 514-9853390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au telephone 514-9853344 Par télécopieur 514-9853340 Par courrier avisdev mxr U cm distribue pat Message ne.» IVrmrwqurs.dn-twoct du è-rnupe Qurfcvwr lac, 900.tvuk-wd Sant-MartB Ouest.Ln».Eimu de pubbcubor — fou tfutretnmt n CRR.CVpAt ley* RjNktthrcjur aataonalr du Quebec
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.