Le devoir, 21 octobre 2006, Cahier H
LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 OCTOBRE 2 O O 6 LE DEVOIR PROPHETES REBELLES tEPTIEME DITION Un festival pour établir un espace de réconciliation l \ \ I * % m * KUDSI ERGUNER I ne musique née sur les rives du Bosphore Page 5 MOHAMED ARKOUN Le professeur de la Sorbonne et Phistoire oubliée PHOTOS COM LITTÉRATURE Femmes dans le paysage canado-arabe Page 4 ÉROTIQUE HALAL L’érotisme comme terre promise de l’islam Page 6 Venus d’ailleurs Les prophètes devront-ils devenir des rebelles en ce temps où, comme le déclare Dan Bigras, porte-parole de la septième édition du Festival du monde arabe, «le silence est plus dangereux que la colère»?NORMAND THÉRIAULT Joseph Nakhle se déclare heureux d’avoir chois le Québec, et Montréal plus précisément, comme Heu d'exü: •Montréal a un petit quelque chose de spécial qu 'on ne retrouve pas ailleurs.Cest une ville foncièrement ouverte et multiculturelle.Les Montréalais sont très curieux et vivent vraiment l’expérience de la diversité culturelle.Ainsi, nous arrivons à rejoindre un public très varié avec nos événements.» Cet événement le septième d'une même nature, c'est le Festival du monde arabe, dont ü est le directeur générai Différences En ces temps troubles ou une .Amérique craintive vit cette contradiction qui lui tait dénoncer les extrémistes religieux de l'-autre» tout en soutenant les theses des tenants d'une même tendance sur son territoire, il s'impose que s'élèvent des voix qui rappellent comment depuis toujours les destins de l'Occident et de l'Orient sont intrinsèquement imbriques.Philosophie, religion, littérature et art ont des sources communes.Au moment ou on veut taire les différences, ou l'homogénéité est préchee comme une vertu, il est heureux d'insister sur la différence, de trouver espoir dans cette capacité dInvention de l'être humain, qui s’exprime souvent par un retour aux sources lors de l’invention du présent Et l’islam, a ITnstar des autres riviEsations, se laisse découvrir comme un Heu ou le plaisir et la jouissance ont leur place, autant que la connaissance, qui promet a chacun de se réaliser.Différends Terre de conflits, le premier monde qui fut a la fois arabe et musulman, ce Moyen-Orient, a la qualité et le défaut d’être un lieu de passage, étant sis a la jonction de trois continents, l'africain, l’asiatique et l’européen, tout en ayant donné naissance a trois grandes religions, la judaïque, la chrétienne et la musulmane.La, des siedes de conflits sont devenus des millénaires marqués par les luttes de pouvoir et les guerres idéologiques.Ajoutez a cela un passé glorieux.et mettez-y du pétrole, et il devient facile de comprendre que la paix, dans cette région, peut difficilement s'imposer, le territoire étant signale autant par des Heux de bataille que pour le souvenir des grandes inventions ou des grandes découvertes.Pourtant ce que rappellent tous ceux qui de l'islam ont fait un objet d'etudes.c'est qu’en ce beu s’est formulée une pensee originale, a l'égal de l'hellemque dont l'Occident se réclame.Et combien de textes écrits originellement en grec ont dû être traduits de l’arabe avant d'être «découverts».Quant à l’Europe scientifique, comment serait-elle sortie de son Moyen Âge si elle n'avah eu en bordure de Méditerranée des chercheurs, mathématiciens et astronomes pour operer la mesure des choses?.Aujourd'hui, les pays du Croissant sont confrontés a un radicaHsme a caractère religieux, qui a la cote auprès de pouvoirs locaux souvent radicaux ne craignant pas les excès engendrés par les divers totalitarismes.Aussi, la pensée arabe moderne se formule-t-elle dans la langue des pays dits de l'exil.Et ce sont donc des éditeurs, d'abord p» risiens avant d'être aussi montréalais, londoniens ou new yorkais, qui impriment ces ouvrages ou se développe cette pensee contemporaine toujours arabe, non par le fait de la langue d’expression utilisée, mais par la filiation déclarée.Rencontres Montréal se voit donc offrir, le temps d’une double semaine, du 26 octobre au 12 novembre prix bains, une occasion unique de vivre au rythme de cet «autre» que plu sieurs ailleurs craignenL Le Festival du monde arabe est d'abord un temps de fête, il y a la danse, musique et chants, fl y a aussi matière pour l'esprit, des penseurs d'origines diverses offrent de nouvelles pistes de rapprochement entre les êtres et les cultures II y a enfin des rencontres, sur scene et dans les salles, l'Afrique du Nord, tout comme le Moyen-*frient, le Québec ou l’Europe, y voient leurs ressortissants s'exprimer ou se faire entendre Et le theme chapeautant ces journées qui se veulent à la fois festives et réflexives, «Prophètes rebelles», est lui-même un défi.Il prêche a la (ois la gloire du passé et sa dénonciation Il dit aussi qu’il faudra des voix visionnaires pour sortir le monde actuel du bourbier dans lequel les guerres et les conflits d'intérêt Tenfoncent Et tous s’entendent pour déclarer qu'il y a nécessité qu’une porte s'ouvre.Sur la réunification, sur l'e-spoir Le Devoir Espace musique et RCI présentent le spectacle d’ouverture du Festival du Monde arabe de Montréal.Musiques du désert le 26 octobre à 20 h au Spectrum, diffusion le samedi 4 novembre à 20 h sur Espace musique et en rediffusion sur Radio Canada International.Jil Jm/L êm-L i 'I 'n— mm m // // / f 1 £ r // // w i // // ! •LU.// // V I hi // /¦/ *, y -r , H*» ESPACE F MUSIQUE 100,7“ RCI il iMfct RADI° CANADA INTERNATIONAL Pour vous procurer des laissez-passer gratuits, composez le 1866588-FETE.4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 1 ET DI M ANCHE 22 O C T O R .R E 2 O O O Il M0\l)E ARABE Prophètes rebelles Un festival pour établir un espace de réconciliation «Sansfaire la promotion de l’islam ou le défendre, nous voulons montrer qu’il en existe plusieurs facettes» Alors que le monde semble de plus en plus divisé, que la peur de l’autre est de plus en plus tangible, le 7' Festival du monde arabe de Montréal souhaite donner la chance aux différentes cultures de se rencontrer, d’échanger.Un brin provocateur comme à son habitude, le thème de l’événement de cette année, Prophètes rebelles, a justement été choisi pour susciter le débat.Rencontre avec l’homme derrière le festival: Joseph Nakhlé.m % MARTINE LETARTE Lorsqu’il vivait dans son pays natal, le Liban, Joseph Nakhlé portait déjà deux cultures en lui.«Même si je suis chrétien de naissance, fêtais porteur de la culture arabo-musulmane qui m entourait, et de la culture occidentale qui est dominante.A mon arrivée ici, à 24 ans, ma culture arabo-musulmane s'est heurtée au mode de vie occidental.Dans les années 90, la dualité entre les deux cultures s’est aggravée puisque le monde arabe a pratiquement remplacé le bloc de l’Est dans sa dualité avec l'Occident.L’Arabe est devenu l’autre par excellence, je dirais même l'ennemi.Dans ce contexte, il fallait trouver un espace où la réconciliation, l’harmonisation entre les cultures était possible*, dit d’emblée Joseph Nakhlé, fondateur, directeur général et directeur artistique du Festival du monde arabe de Montréal, qui se tiendra du 26 octobre au 12 novembre.Si les années 1990 n’ont pas été tendres pour la communauté arabe, que dire du début des années 2000.«Le 11-Septembre, avec la lutte au terrorisme qui l’a suivi, est venu associer le monde arabe au terrorisme.Les États-Unis se sont acharnés à faire du monde arabe le nouvel ennemi.Cette réalité a renforcé notre volonté de fournir un espace dedie à la déconstruction de tous ces préjugés», renchérit-iL Toutefois, le Festival du inonde arabe n’est pas un événement organisé par des .Arabes pour des Arabes.«Des gens de toutes origines participent à l’organisation et aux activités du festival et c'est ce qui fait sa beauté.Et c’est la possibilité de dialogue qui nous donne cet enthousiasme naif qui nous pousse à nous acharner pour sa survie», ajoute M.Nakhlé.Le monde arabe et le Québec Heureusement, en 1990.c’est à Montréal que Joseph Nakhlé a dé ridé de s’étabUr, car il ne croit pas qu’il aurait pu fonder le festival dans une autre ville.«Montréal a un petit quelque chose de special qu’on ne retrouve pas ailleurs.C’est une ville foncièrement ouverte et multiculturelle.Les Montréalais sont très curieux et vivent vraiment l’expérience de la diversité culturelle.Ainsi, nous arrivons à rejoindre un public très varié avec nos événements», affirme-t-il.Dernièrement, pendant la guerre entre le Hezbollah et Israël, plusieurs médias ont souligné l’appui marqué des Québécois à la communauté libanaise plutôt qu’à la Mohamed Arkoun ' IM OKO KVIZ 11 DliVOIR Dernièrement, pendant la guerre entre le Hezbollah et Israël, plusieurs médias ont souligné l’appui marqué des Québécois à la communauté lilvanaisc, comme ici lors d’une manifestation pro-liltuiuiise A Montréal.communauté israélienne, comme c’était le cas ailleurs au Canada et aux Etats-Unis.Pourtant, malgré l’ouverture de Montreal.M.Nakhlé croit que le Québec en général entretient une relation mitigée avec le monde arabe.«lorsque le Québécois s'identifie à l’Occidental, il ressent une certaine inquiétude devant les Arabes puisqu’il y a une méconnaissance et des préjugés qui persistent.Far contre, lorsque le Québécois s’identifie au Une histoire oblitérée peuple oppnme qui a vécu les horreurs de la colonisation, il ressent une sympathie manifeste pour le monde arabe.C'est ce qui arriw, par exemple, avec les Palestiniens qui sont privés de leurs droits fmlamen-taux par Israel.U peuple québécois cherche fimeièrement la justice par rapport à lui-même, mais ça se prih jette aussi sur les autres peuples, t'est ce qui explique en partie, selon moi, la reaction du (juébec un peu différente de celle du reste du Canada et des États-Unis par rapport aux conflits vécus dans le monde arabe», soutient-il Susciter le dialogue Cette année, le thème du Festival du monde arabe de Montréal est «Prophètes rebelles».«Nous choisissons toujours nos thèmes dans le but de pnrvtHiurr, mais ce n ist pas gratuit.Nous voulons susciter le débat, Le titre île cette annee renvoie d lidee de prophète, mais pas dans ta dimension religieuse du terme.Is prophète existe aussi auprès des rom munautés idéologiques, artistiques, rtc.Nous ni>us intéressons principa lement à l'être humain derrière le prophète, d l’homme qui a la capacité de faire croire en quelque chose», indique M.Nakhlé le festival tente aussi de secouer les différentes cultures a propos des vaknirs qu’elles prêchait.«Surtout d travers son Sillon de la tultu-rr.le festiixil tente de nmtrer l'obscu runtime d'une certaine branche de la pensée arabo-musulmane qui prône un retour d la société mythique de l'islam primaire, en s'inspirant de discou rv et de symboles historiques immuables qui ne simt pilotant que des piinrlles insignifiantes d’une ancienne civilisation qui était aussi ni tùmahste.aussi féconde et aussi uni verselle que la nôtre Husieurs ne se reconnaissent pas dans cet islam imaginaire et nfusi nt irtte appr ohe réductrice.Sans faire la pmmotùm de l’islam ou le défendre, nous nm Ions montrer quil en rxtste plusieurs facettes», explique M.N.ikhle Le directeur général et artis tique tie l'événement promet aussi tie secouer la culture occidentale «Sous atvns le president de la plus grande nation démocratique du monde, supposer servir de modèle, qui ment d son pus et d Ihumanite tout entière pour arriver à ses tins, et Stm p'uple le ramène au pmvoir./V plus, avant la guerre en Imk.nous avons ru des millions de personnes manifester leur opposition, mais maintenant que la guerre a ru lieu et qu'il est devenu évident que ce n était pas une guerre de liberation, le monde t’accepte t V qui s'est pisse d Abou llraib continue de se pisser ailleurs.Guantanamo aisle encore, de meme que les prisons secrètes.Ainsi, les Occidentaux ne peuvent plus ne pis douter de leur nilturr et de leur fidélité aux valeurs fondamentales qu ils prêchent.» C'est en ayant toutes ces réali tés en tête que le comité organisa leur du Festival du monde arabe bâtit sa programmation.Entre autres, cette année, le penseur et IM'otesseur émérite d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne, Moluumxl Arkoun.dont les livres sont interdits dans plusieurs pays .iniltes, )iartkip«re à une table ronde lors de l'ouverture du (estival.«Nous tentons toujours d'inviter des gens qui rompent aver la tradition pour finalement lui redonner vie ilans la modernité.Ainsi, nous voulons amener les gens a regarder les différentes cultures d'un autre ml», conclut M.Nitkhlé Collaboratrice du Devoir La pensée islamique est sous-tendue par diverses forces.Aussi, pour rendre compte de sa complexité, plutôt que de l’explorer par le biais d’une perspective intrinsèquement linéaire, Mohamed Arkoun propose de l’investir à partir d’une islamologie appliquée.Le penseur et professeur émérite d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne est le grand invité de cette 7‘ édition du Festival du monde arabe de Montréal.ESTELLE Z E H LE R Quand il est question de la pensée islamique, une pensée composée des productions des divers pays musulmans, et ce, quelle que soit leur langue (arabe, perse, turque, indonésienne, ourdou etc.), les dérives idéologiques foisonnent.Pour les contrecarrer, Mohamed Atkoun propose de soumettre le fait islamique à une islamologie appliquée, c’est-fedire aux interrogations critiques des sciences de l’homme et de la société à partir de la posture épistémologique du chercheur-penseur — et non du penseur-chercheur.«Cette méthode a des vertus éducatives que j’ai vérifiées depuis plus de 30 ans avec les auditoires les plus divers.Je donne un seul exemple: les usages que les présidents Bush père et fils ainsi que le président F.Mitterrand ont fait du concept de “guerre juste", et ceux que font les islamistes du terme “djihad".Très instructif pour tous et surtout trà efficace pour dépassionner les débats et les maintenir dans le cadre de la pensée réfléchie et libératrice.» Diabolisation mutuelle Deux faits historiques ont structuré les débats contemporains.D s’agit d’une part des luttes nationalistes entreprises contre les dominations coloniales dans les années 1950 et d'autre part de l’immense chantier de construction des Etats, de la nation et des sociétés civiles amorcé à leur terme, soit les indépendances.Ce lourd travail a entraine pour chaque partie, soit l’Occident et lislam.l'élaboration d’un discours identitaire fort afin d'asseoir sa suprématie idéologique aux dépens du second.«Je prends en charge ces deux appellations pour montrer comment les protagonistes des guerres successives conduites depuis 1945 ont transformé ces deux grandes sphères géohistoriques, géoculturelles et géopolitiques en puissants pôles idéologiques qui s'excluent mutuellement à l’aide de représentations imaginaires négatives et diabolisantes.• Si les idéologies s'opposent elles empruntent toutefois le même type de manoeuvre, soit le rejet de l'autre dans une catégorie ennemie, et orientent les échanges sur des voies de traverse artificieDes basées sur l'ignorance des uns sur les autres.Or, ce sont là des replis identitaires qui se rebellent contre toute autocritique sous couvert de -civilisations' et «cultures*.«Le durcissement des npostes nationalistes de l’ensemble irano-turco-arabo-musulman» répond aux desseins de contrôle géopolitique émanant de l’Occident depuis 1945.«L’islamologie appliquée dévoile les manipulations idéologiques dans les deux camps en conflit latent ou chaud en insistant sur I enchevêtrement des causes et des effets et sur les conditionnements dialectiques des évolutions historiques des sociétés concernées.» L'ouvrage Critique de la raison islamique de Mohamed .Arkoun tend précisément a deconstruire cette mythoidéologie de la pensée nationaliste et fondamentaliste.Censure de la pensée critique Cette posture idéologique est nourrie également par le discours occidental qui tend a opposer systématiquement l'islam et la modernité, sans tenir compte du contexte dans lequel la modernité a ete importée.soit celui d’une Europe coloniale.Les conditions socioculturelles et politiques pourtant révélatrices des phénomènes d'adoption ou de rejet à son égard ne sont pas remises en question.En outre, souligne Mohamed Arkoun, «la réforme subversive remettant en cause le magistère doctrinal à la manière de Luther pour le catholicisme ne peut être à l’ordre du jour tant que l’exercice libre de la pensée critique sera censuré, réprimé par les farces d'en haut (les régimes en place) et celles d'en bas (les mouvements islamistes de toutes obédiences) dans tous les contextes dits islamiques d'aujourd’hui.Cela veut dire qu’il y a des cadres sociaux et des chercheurs-penseurs capables de conduire et soutenir ce travail subversif positif, constructif et libérateur: mais la subversion par la terreur arrête et détruit tout; une terreur dont il faut répéter qu elle est une réponse dialectique à la violence structurelle en acte dans le chaos mondial généré par les farces visibles et invisibles depuis 1945».Par-delà les solidarités politiques L’engagement idéologique exigé de chaque citoyen dans les luttes de liberation constitue une difficulté supplémentaire pour l’intellectuel, qui doit adopter une objectivité sans faille.«Une des responsabilités de l’intellectuel critique est de bien distinguer la solidarité historique qu'impose l’appartenance à une patrie, l’engagement politique dans un parti plutôt qu 'un autre, l’élucidation des intérêts spirituels de la religion, le respect inconditionnel des droits de la personne humaine par-delà toutes les obligations qu 'imposent les solidarités politiques et nationales.» Le manque d'attention accordée a la genèse historique des situations vécues par «les sociétés travaillées par le fait islamique» constitue l’une des grandes faiblesses de la production intellectuelle.Pour sa part Mohamed Atkoun poursuit ce combat qui se range sous la bannière de l’humanisme.Nombreux sont ceux qui sont en chemin.•Dans le vacarme actuel des destructions et des tueries terroristes ou "légales”et "justifiées"parla civilisation la plus avancée, je défends avec entêtement et lucidité l’idée que, dans le contexte islamique des grands centres urbains de Bagdad, Ispahan, Kayy (actuelle Téhéran], Damas.Le Caire et Cordoue, des intellectuels ont défendu et essayé de vivre un humanisme attentif a la fais à l’expérience philosophique de la pensée grecque et à l'expérience humaine du divin dans le cadre de la tradition prophétique.» Percevoir le conditionnement idéologique Tenter d'imaginer ce que serait la pensa* islamique vierge de toute entreprise impérialiste pourrait être grisant mais totalement inutile.L'attention doit se porter au contraire sur l’ensemble des processus qui ont mené, sous le joug d'une mytho-idéologie, a la construction de cet imaginaire social monolithique aux dépens des mémoires collectives.Autrement dit, sous pretexte de libération, de nouveaux types d’alienation ont été mis en place par les nouveaux Etats aux mains de «chefs historiques-, de meneurs et de partis uniques, tandis que l'impérialisme occidental délaissait son uniforme de colonialisme; mais seulement pour mieux revêtir de nouveaux atours.«Ce travail de conditionnement idéologique des masses est responsable de la dislocation de lislam en tant qu expérience spirituelle du divin, exigence éthique, cadre de créativité culturelle et éthos collectif émancipateur» Pour renverser ce travail d’obËteiation de l’histoire, tous ses pans doivent être mis en kuniere.dont le fait colonialiste et les politiques impérialistes, et ce.tant des points de vue historique que sociologique, culturel et religieux.D s’agit comme k* souEgne Mohamed Arkoun.d'ouvrir des horizons de sens et d’espérance a nos generations égarées dans les impasses d’une sgixrance institutionnafisee.Collaboratrice du Devoir Lise Thériault Ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles Sous le signe de la diversité Chaque nouvelle édition du Festival du monde arabe nous offre l'occasion de manifester la sensibilité de la société québécoise à l'apport des cultures qui la composent.Au sein de cette diversité grandissante, nous sommes tous conviés à bâtir des ponts, à créer des liens nécessaires à notre compréhension et à notre appréciation mutuelles, bref à rendre la rencontre non seulement possible, mais enrichissante pour tous.Le Festival du monde arabe met à l'affiche des artistes qui expriment à travers leur art toute la beauté et la richesse de la culture arabe.La contribution de ces artistes provenant de nombreuses disciplines est la vibrante expression de la vitalité culturelle des communautés arabes du Québec et de l'extérieur.Bon festival! Québec »" L £ DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 OCTOBRE 2 0 0 6 MONDE ARABE LITTÉRATURE Femmes dans le paysage Des écritures de l’exil incrites dans le territoire nord-américain Leurs noms sont connus.Elles sont devenues des voix établies, dans plus d’un cas, de cette littérature que l’on veut, et nomme, québécoise.Pensez à Farhoud, à Alonzo et à ces autres qui non seulement écrivent, mais sont des acteurs majeurs de la scène culturelle d’ici.L’histoire littéraire les associe toutefois à ce courant qui a pour appellation la littérature canado-arabe.FRÉDÉRIQUE DOYON Si le «je est un autre» de Rimbaud a montré la richesse abyssale de la subjectivité qui prend la plume, le monde d’aujourd’hui invite plutôt à rappeler que l’autre, c'est aussi nous.Une richesse tout aussi insondable dérive de l’altérité qu’inscrit dans notre littérature — canadienne, québécoise — les auteurs issus des communautés culturelles.la littérature arabo-canadienne, en l’occurrence, regorge de femmes auteures aux identités kaléidoscopiques et à la plume affirmée.Elles montrent du coup les multiples visages de la culture arabo-canadienne que l’époque actuelle, sous la menace du terrorisme mondial, tend malheureusement à réduire à l’homme extrémiste, ennemi de l’Occident.«C’est une littérature très riche, note Elizabeth Dahab, professeur de littérature comparée de la California State University, Long Beach, dans un échange de courriels avec Devoir.Elle a vu le jour dans les années 1970; elle a produit dans tous les genres et ce, dans un mode d’écriture qui couvre toutes les gammes, du réalisme au postmodernisme.» La docteure en littérature comparée en sait quelque chose.Elle-même auteure d’oeuvres de fiction et d’essais, née en Egypte, élevée en Grande-Bretagne puis formée et diplômée au Canada (université McGill) et à la Sorbonne, elle a publié Voices in the Desert: An Anthology of Arabic-Canadian Women Writers (Voix du désert anthologie des femmes auteurs arabo-cana-diennes) chez Guernica en 2002.On y retrouve neuf auteures, dont huit sont installées au Québec et écrivent en français, reflet des vagues migratoires de la fin 1960, début 1970 qui ont d’abord déferlé dans la Belle Province, puis surtout en Ontario.«A peu près 15 % de la littérature arabo-ca-nudienne est produite en arabe; 65 % en français et 20 % en anglais», précise Mme Dahab.La plupart d’entre elles (Anne-Marie Alonzo, Mona Latif Ghat-tas, Yolande Gaedah et André,e Dahan) sont originaires de l’Egypte, tandis que Nadia Ghalem et Yamina Mouhoub viennent de l’Algérie et qu’Abla Farhoud et Nadine Ltaif sont nées au Liban, la neuvième, Rubba Nada, habite Toronto et vient de Syrie.Plusieurs ont même des origines culturelles mixtes, proches ou lointaines.Brassage des genres À cette diversité d’origines s’ajoute la pluralité de leur héritage culturel (elles parlent souvent trois langues, l’arabe, le français et l'anglais) et religieux, qui va de l’orthodoxie copte au catholicisme en passant par l'islam.Impossible donc, de les mettre toutes dans le même panier stylistique et thématique afin de présenter une vision unifiée de cette littérature mineure.«Comment caractériser d’emblée ce corpus d'œuvres littéraires?, lance la professeure comme pour s’empêcher de tomber dans le piège de la catégorisation.Celles-ci mettent en représentation l’acte d’écrire, comme le fait toute écriture post-moderne.Elles confondent intentionnellement les genres, les fusionnent et leur prêtent souvent de nouvelles dimensions.Mais [.] ces écrits, loin d’être homogènes, JACQUES GRENIER LE DEVOIR Abla Farhoud est née au Liban.r-; ARCHIVES LE DEVOIR Anne-Marie Alonzo était originaire d'Égypte.présentent une myriade de thèmes, et une grande variété de styles et de questionnements.[.] R semble que ce soit la notion même de genre qui ait subi un brassage.» Elle cite l’exemple d’Anne-Marie Alonzo qui met le mot «fiction» en page de garde de tous ses livres alors que ceux-ci consistent pourtant en une prose poétique éclatée, fragmentée, ne correspondant en rien à ce terme.Ce foisonnement touche en fait l’ensemble du corpus littéraire arabo-canadien, tant d’auteurs que d’auteures, qui compte quelque 240 ouvrages signés par une quarantaine d’écrivains.On n’a qu’à penser au réalisme de Nairn Kattan ou aux micro-romans de Saad Elkhadem, qui ne sont «ni des nouvelles, ni des romans, ni des mémoires, ni des biographies romancées, ni des récits, mais des reconstructions et des déconstructions hybrides d'éléments qui appartiennent à chacun de ces genres.» C’est d’ailleurs l’un des motifs qui ont poussé la professeure à suivre l'idée de son col- lègue Alonzo D’Alfonso d’aborder, dans un premier temps, la seule production féminine.Religion et exil Une fois ce resserrement opéré, un trait général se dégage des écrits proprement féminins: «l’élément religieux y apparaît en force», dit Mme Dahab.Le seul essai de l'anthologie, Veiled Women, Unveiled Fundamentalism (Femmes voilées, fondamentalisme dévoilé) de Yolande Geadah, aborde cette question et le roman Le Fou d’Omar d’Abla Farhoud s’attarde longuement aux rituels d’enterrement.Pour le reste, comme toute littérature minoritaire, ce corpus décrits porte la marque de l’exil.«Le “référent massif’ [terme emprunté à Berrouët-Oriol et Fournier] qui hante cette écriture [.] est celui du pays natal quitté, le pays abandonné ou perdu, qu’il soit réel, lorsqu’il renvoie, de façon encore vivante, à toute une jeunesse, comme c’est le cas pour Nairn Kattan, ou bien fantasmé parce que quitté très jeune, comme c’est le cas pour l’Egypte de Anne-Marie Alonzo», indique Mme Dahab, avant de nuancer «Qui dit exil dit donc tout un cortège de contradictions irrésolues qui constituent les thèmes récurrents qui imbibent ce corpus trilingue d'œuvres: nostalgie, joie; déracinement, enracinement; aliénation, appartenance; quêtes identitaires, dérives; rêve, deuil; errance, dogme; pauvreté, prospérité; le moi et les autres; le proche, le lointain.» Dans l’ensemble, la communauté arabe d’Amérique du Nord compte plus de trois millions d’individus dont à peu près 50 000 résident au Canada.L’émergence d’une littérature qui leur est propre a été facilitée par la politique de pluralisme culturel sanctionnée par le gouvernement fédéral dès 1971, et officialisée en 1988 avec l’Acte du multiculturalisme canadien afin de préserver et cultiver le patrimoine multiethnique de ce pays.Le Devoir Ija pensée islamique et l’Occident Au-delà du choc des civilisations Voltaire, qui ne lisait pas une ligne d’arabe, a aujourd’hui beaucoup d’héritiers F ATI H SARI B AS REUTERS Istanbul et ses mosquées.L’Europe chrétienne, profondément humiliée par la perte de Byzance, a choisi de prendre sa revanche en caricaturant le patrimoine arabe.Qui connaît aujourd’hui la grandeur de l’idéal qui animait les Mutazilites?Qui lit dans l’espace francophone le travail coranique exemplaire de Farid Esack?Qui?À propos des relations entre l’islam et l’Occident.t; E O RUES L E ROUX Quand Samuel Huntington a mis de l’avant, en 1993, la thèse du «choc des civilisations», il ne pouvait prévoir qu’elle contribuerait à généraliser une lecture politique du conflit de l’islam et de l’Occident et quelle servirait tous ceux à qui une simplification grossière de la pensée islamique pouvait apporter des arguments.Cette généralisation a été renforcée par le 11 -Septembre, mais maigre ses exagérations manifestes, elle est toujours en attente de réfutation.La raison en est qu’elle est chaque jour plus utile dans un contexte dmtantilisation de la pensée' islamique et arabe.Qui ne voit en effet l’intérêt de montrer que, de tout temps, l'islam a représenté une doctrine marquée par le relus de la raison, l’appel à l'autorité, l'acceptation de positions inégalitaires et l'incapacité d'accéder à une position critique concernant le texte du Coran?Toutes ces caractéristiques ne sont-elles pis l'exact envers de notre Occident idéalise, riche .igregat de démocratie égalitaire et de critique rationnelle?l'Occident a fourni lui-mème à l’islam le lang.ige pour se perdre: il est inapte à la modernité, il ne saurait être libend.et il a décidé qull en était ;dnsi de toute éternité.Modernité, libéralisme, ces notions ne sauraient en effet définir l'évolution de la pensée islamique au cours de la période où se forment en Occident les idéaux de la raison et de la liberté.Revanche 11 suffit de relire l’article de Y Encyclopédie que Voltaire rédigé sur Mahomet pour comprendre que la thèse de Huntington remonte assez loin: ce n’est pis seulement l’Europe chrétienne, profondément humiliée' pu- la perte de Byzance, qui a choisi de prendre sa revanche en caricaturant le patrimoine araix', c'est aussi l’Europe moderne qui se montre incapable d’autre chose que de mépriser l’irrationalité des penseurs musulmans.Voltaire, qui ne lisait pis une ligne d'arabe mais qui avait sans doute vu.lui aussi, des caricatures du lYo-phète.a aujourd’hui beaucoup d’héritiers, qui font spe cùüite de répandre des stereotypes et qui ne prennent pis une heure pour s'approcher dans l’étude de la vraie tradition de l’islam, le mépris occidental de la pensee islamique s’autorise désormais des derives de lislamis-nx' pour demeurer ignorant.Comme le dit si bien Richard Bulliet, un des rares historiens à avoir voulu contredire Huntington, «les civilisations vouées à l’affrontement ne peuvent pas se chercher un avenir commun» (lui Civilisation islamo-chretienne.Flammarion.1M06).C'est ainsi que l'Occident si' sent justifie d’ignorer l’histoire de la pensee arabe et islamique, et de contourner complètement tout ce qui depuis les origines de l’islam a été et continue d’etre, en dépit de tous les obstacles, la re-cherche de la raison.Temps forts Ce jugement est-il fondé?De toute evidence, non.L’histoire de la p'nsee islamique se divise en gros en quatre p'riodes: la période de formation, qui est celle de li «philosophie» et qui correspond à un riche nxxr veinent d'appropriation et d’interprétation de fa rationalité grecque; la seconde période est ce qu’on appelle l'Age d’or, mi siècle île floraison exceptionnel sur tous fos plans; fa troisiènx' est la période de l’Empire otto-man et la demiere correspond à fa fin du C.üifat.Même si la plupart des contempteurs de fa pensee islamique s'accordent pour reconnaître fa grandeur des ileux premières périodes, ils ne semblent capables de It's étudier qu'à compter du déclin nxxleme.Ce fai- sant, ils oublient deux choses: premièrement, fa pensee occidentale ne serait pas ce quelle est si elle n'avait pas revu l’héritage scientifique et rationnel de l'islam.Qui connaît aujourd'hui la grandeur de l'idéal qui animait les Mutazilites?Des savants aussi competents que Peter Adamson, spécialiste de .ALKindi, ou Dimitri Gutas, un chercheur qui a étudié dans le detail la culture greco-arabe.ont repris cette démonstration encore récemment Mais il faut aussi insister sur un autre fait le déclin nxxleme de fa pensee arabe et sa réappropriation dans des mouvements autoritaires comme le wahhabisme résultent en grande partie du refus occidental duite-grèr l’islam dans son concept de civilisation.Pour des raisons politiques, le judaïsme persecute et prive d’existence pendant des siècles était tout de même digne de figurer dans le ternie sauveur, la «civilisation judeo-ohretienne»: cette idee n'etait possible bien sûr que parce que le judaïsme n’etait plus qu'un témoin anterieur et disparu, mais l’islam.qui appartient pourtant aux religions du livre et qui n’a cesse d’approfondir dans les premières "] périodes de son histoire les liens de la foi et de la raison, n'a jamais été digne de ce rapprochement.Il a été figé irréductiblement dans la position d’un autre inassimilable.Actions Ce blocage a des effets aussi pernicieux que fa thèse du choc des civilisations qu'il sert à renforcer il paralyse tout effort pour voir dans Hslani autre chose qu'une figure méprisable d'irrationalité, alors que l’histoire de cette pensée — qu'on pense à ALFarabi.à Avicenne, à Ibn Tufavi, et à combien d’autres — constitue le fonde ment de notre précieuse modernité.Mais il y a pire, car la diffusion du stéréotype, soutenue helas par les dérives de l'islamisme, fait écran sur tous les efforts des modernistes musulmans.Ils sont nombreux depuis la fin du Califat à chercher.en dépit de circonstances politiques pénibles qui sont beaucoup notre fait apres 1918.une resurgence du rationalisme.Malek Chebel encore récemment (L'Islam et la raison, Perrin, 2005) montrait que ce pro jet rationnel est vivant et si on se donne la peine de lire le portrait qu'en donne Rached Benzine (Les Nouveaux Penseurs de l’islam.Albin Michel.2004).on ne peut qu’admirer maigre ses difficultés les efforts des penseurs contemporains.Ces intellectuels veulent prendre le refais du rationalisme islamique de 1a tradition, mais ils recherchent aussi une vraie modernisation de la pensee.On ne les entend pas assez, chacun le reconnaitra, mais comment esperer qulls viennent a bout de l'obscurantisme islamiste si nous passons notre temps à les en prononcer incapables, au nom d'une lecture de leur histoire qui est fausse ou très partielle?Pour un Mohammed Arkoun.formidable connaisseur de l’humanisme arabe des premiers siècles et de tenseur d'un islam liberal, dont les travaux sont très lus.combien d'autres demeurent dans l'ombre ou nous les cantonnons?Qui lit dans l'espace francophone k> travail coranique exemplaire de Farid Esack (un seul livre traduit.Coran, mode d'emploi.Albin Michel.2004)?N'est-il pas question de prendre très au serieux les avertissements de Abdelhawab Meddeb (La Maladie de l'islam.Seuil 2002), mais en les recevant aussi pour nous-mêmes?Nos universités n'ont-elles pas le devoir de recruter et de former des arabisants ouverts au dialogue et capables de relayer ki en le soutenant l’effort critique d’intellectuels isoles et souvent oppri-mes par des regimes intolérants?Nous ne saurions nous dégager encore longtemps de notre responsabilité envers revolution contemporaine de la pensee islamique: en l’ignorant, autant dans son histoire venerable que dans ses combats actuels, en refusant de discuter avec elle, sous le prétexté voltairien de son dogmatisme, nous ne faisons que reproduire les stereotypes et aider ceux qui y trouvent leur intérêt Membre de l'Académie des lettres du Québec t LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE O t TORRE 2 O O R Il ,) \I0.\DE ARABE Islam Blues Une musique née sur les rives du Bosphore Erguner traduit Vatmosphère des cérémonies soufies dans un la ngage musica l u n iversel De passage en ville pour la septième édition du Festival du monde arabe de Montréal (sa dernière escale remonte à 1971).Kudsi Erguner présentera, accompagné de deux musiciens, sa création Islam Blues.On nous promet un concept semblable au disque compact du même nom, c'est-à-dire chanter et dévoiler des littératures anciennes soufies.STÉPHANE MARTEL Le parcours professionnel d'Erguner est tout à fait remarquable.Musicologue, professeur, auteur, traducteur, conseiller artistique et producteur de disques pour de nombreux labels européens, l'homme âgé de 54 ans est d’abord et avant tout un virtuose du ney (du persan «roseau»), instrument privilégie de la tradition musicale soufie.On raconte que cet instrument ancien représente l’homme sage à travers lequel l'amour divin est exprimé.Au XIII' siècle, le grand maître souli Djalal Ed Din Rumi cultivait une image poétique de l’instrument dans son œuvre.•Écoutez le roseau comme il raconte une histoire», écrivait-il dans un de ses poèmes mystiques.Instrument extrêmement ancien (certains documents stipulent qu’pn jouait du ney 6000 ans avant Jésus-Christ chez les Egyptiens et les Grecs), cette flûte de roseau est devenue symbolique, évoquant par sa sonorité une musique profondément spirituelle.Du ney à Peter Gabriel Compositeur accompli et érudit de musique sacrée, Erguner est l'un des rares musiciens turcs a avoir reçu un enseignement traditionnel initiatique auprès de son propre père, Ulvi Erguner, dernier grand maître du ney et ancien directeur de Radio Istanbul.«Pendant longtemps, la République turque, désirant s’adapter à la culture occidentale, a refusé de perpétuer ses traditions musicales.Les politiciens de l'époque pensaient qu’en interdisant la musique traditionnelle, la population s’adapterait à la musique classique européenne.On n’encourageait donc pas ma génération à apprendre cette musique.Seuls ceux qui sont nés dans une famille jouant cette musique ont eu accès à cette tradition.\bilà pourquoi fai eu la chance d étrr initie à cette musique par mon père», raconte-t-il.Enfant, il croise le chemin de plusieurs grands musiciens et s'initie à ces sonorités particulières, reliefs de siècles de culture musicale.Il participe à de nombreuses reunions de confréries soufies et lorsqu'il amorce sa carrière musicale en 1969, on le retrouve au sein du Istanbul Radio Orchestra.11 collaborera ensuite avec une multitude d'artistes reputes (du cinéaste Peter Brook au musicien de jazz Didier Lockwood en passant par le chorégraphe Maurice Béjart).Cependant, sa collaboration la plus marquante demeure celle avec Peter Gabriel sur la trame sonore de Last Temptation Of Christ.«Quand il m'a téléphone pour m’inviter à travailler avec lui.je ne le connaissais pas.A l'époque, la pop anglo-saxonne ne m intéressait pas le moins du monde.Je suis allé le rencontrer dans son studio et ce fut très agréable: de longues soirées et nuits d’improvisation.Puis je lui ai conseille d’engager d’autres musiciens, comme Nusrat Fatah Ali Khan.Je l’ai initie à ces musiques étrangères.C'était le debut de l’adaptation des musiques traditionnelles du monde vers un format pop plus accessible», explique-t-il.Institut Mevlana Après de nombreuses tournées à travers le globe en compagnie des derviches tourneurs, il s'installe dans la Ville lumière en 1975.Quelques années plus tard (en 1981), il fonde l'Institut Mevlana.association culturelle française où il enseigne la tradition soufie, les œuvres du poète Djalal Ed Din Rumi ainsi que la musique savante selon la tradition originale.«/ai découvert qu’une certaine elite européenne avait une sensibilité musicale plus développée que le milieu de l'élite turque.C’était donc beaucoup plus épanouissant de s’installer à Paris malgré les difficultés inhérentes à l’immigration.Ça m ’a permis de.faire le travail que j'aime depuis une trentaine d'annees, de faire découvrir cette musique non seulement en Europe, mais aussi en Turquie, qui est beaucoup plus sensible maintenant à son héritage musical qu ’au cours des années 70.» Traditionalisme et modernisme Alors que de nombreuses sociétés modernes sou- SOCRl t I M\ Kudsi Erguner est un virtuose du ney (du persan «roseau»), instrument privilégié de la tradition musicale soufie.haitent s’af franchir de leur passe en recherchant a tout prix la nouveauté ou en étant victime de la mon dialisation, Erguner accorde une importimee capitale à la tradition et aux racines musicales rie son itoupie (il a formé divers groupes afin d’interpréter des styles musicaux abandonnes à la suite du motive ment de modernisation).Il propose de remettre en [X’rspective la richesse de la musique savante ottomane et de redonner un souffle nouveau à une tradition vieille rie huit siècles.«Toute évolution est necessaire lorsqu’elle est /dite de manière naturelle.Il doit y avoir des consequences sociales et des échanges culturels avec d’autres popula- tions qhn qu’une tradition évolue Losque tous êtes traditionaliste pur et dur et ferme d'espnt.tous refusez catégoriquement cette évolution, ee qui n’est p%is mon cas.Ce qui me fâchait était que Ton empêchait les Turcs qui appréciaient cette musique de tiwr épanouir leurs goûts.Donc, mon combat n'a jamais etc de garder niante une tradition, mais plutôt de defender une esthétique qu’on ne pouvait pas retrouver au musée».explique-t il dans un elan d'enthousiasme Aventurier et défricheur musical ayant parcouru ties routes non familières, Erguner ne s'est jamais op pose systématiquement au modernisme tdans son au tobiographie, il livre un témoignage sur les conflits entre la modernité et les cultures traditionnelles, notamment celle du soufisme).Favorisant le métissage, il se retrouve à l'origine de rencontres fr uctueuses et de fusions étonnantes avec des musiciens des sphères classique, jazz et blues.«Pans tous les domaines, si Ton doit entretenir un dût logue.les participants doivent avoir quelque chose d dire Et pour y frarventr.cela nécessite un certain bagage culturel, un heritage musical.Il y a des fusions qui se frnt de manière très superficielle car le musicien ne de tient pas son propre heritage Enormément de musiques de fusion produites de nos roiirs s'apparentent au cottage sans âme.I ne fusion doit être une rencontre beaucoup plus profond) I ne ivndueni i entre dis musiciens que je connais et l’impression que j'ai de leur musique.» Grace à ses concerts.Erguner est parvenu à tradui re l'atmosphère des ceremonies souties dans un lait gage musical universel tout en restant près de sa sour ee première, la musique traditionnelle.Son accomplis sèment le plus impiessionnant demeure d'avoir réussi à taire i U couvrir la musique savante ottomane au pu blic occidental et de contribuer à la renaissance du pi trimoine musical et spirituel de son piys natal.Pas question toutefois d'une retraite prématurée pour le maitre du ney.«A chaque instant, on découvre de nouvelles sonorités avec la musique.On ne peut pas dire: ‘re suis satisfait, je m'arrête là".Il faut persévérer et poursuivre son chemin Ihins ee milieu, tout n‘est qu une question de respect, de sensibilité et dout er turr d'espnt Déjà, j’ai l'impression d'avoir accompli pus mal de choses et pourtant je ne me sens pas très vieux.'» t ollaboreiteur du Peinrir La pensée arabe moderne Liaisons occidentales Présenter la pensée arabe moderne est une tâche ardue du fait de l’ampleur de sa production.Walid El Khachab, professeur adjoint au programme arabe du département des langues modernes de l’université Concordia, propose pour ce faire de parcourir trois mouvements présents en son giron.ESTELLE ZEHLER Le chapitre de la pensée arabe appelle d'emblée quelques clarifications.Le qualificatif arabe semble renvoyer de facto à toute production intellectuelle de langue arabe, n’était-ce le fait, comme le souligne Walid El Khachab, que de nombreuses contributions, exil et immigration obligent, ont emprunté la langue de Molière et, dans une moindre mesure, l’anglais, surtout depuis le dernier quart du XX' siècle.D’autre part, de nombreux motifs de confusion régnent et mêlent allègrement la culture arabe et la doctrine religieuse qu’est l’islam.Les quiproquos sont d'autant plus aisés qu’outre les dérapages idéologiques inhérents aux mouvements politico-historiques, il existe des rapports complexes entre ces deux sphères.«L'âge d'or de la civilisation musulmane, au Moyen Age, a connu une production culturelle en arabe très intense.Or, Tislam a instauré certains fondements de la culture arabe qui perdurent toujours, par exemple l’institution du Coran en tant que norme de la perfection de la langue arabe.» Identité et Occident Toute production culturelle est touchée, à divers degrés, par le monde social qui l’entoure.Cette interaction a permis l’émergence de trois mouvements ou thématiques dans la pensée arabe qui coexistent toujours.même si certains se sont estompés sur la scène publique.Quelques préoccupations transcendent cependant leurs particularités, tels la question identitaire et le rapport à l'Occident.«Létre arabe s'effectue dans un cadre de référence cosmopolite couvrant l’humanité pour les uns.et dans un cadre nationaliste arabe ou nationaliste islamiste pour les autres.» L'Occident ne laisse aucun intellectuel arabe indifférent et engendre des attitudes qui s'illustrent par différents schémas: rapport de mimétisme, rapport heurté de lutte et enfin, une perspective phis critique.Walid El Khachab precise: «La premiere tendance, dominante du milieu du XIX au milieu du XX' siècle, consiste à importer les produits culturels de TOcadent et à se concevoir “en continuité avec’ cet Occident.La seconde.culminante au milieu du XX siècle, est marquée par la réflexion sur le rapport à la modernité dans un cadre anti et postcolonial.Quant à la dernière, elle est orientée par la réflexion sur le rapport entre heritage culturel.notamment islamique, et sur la laïcité, le rôle de la religion dans la société, le conflit ou la continuité entre islam et modernité des Lumières occidentales.* Ces differents éléments poussent Walid El Khachab a entrevoir la pensée arabe comme étant l'objet d'une production reactive a Ihegemonie occidentale.-Ceci n ’amoindrit en rien la valeur et la qualité de la pensée arabe contemporaine, puisqu ’il est rare qu 'un penseur puisse apporter un discours radicalement nouveau dans quelque production intellectuelle que ce soit.» Jusqu'aux années 1960, la tendance occidentalisante prédominé.Féminisme, positivisme et existentialisme s’exportent et s'adaptent aux contextes arabes.Ainsi, la romancière libanaise Laila Baalbaki devient le pendant de Simone de Beauvoir, a cause de l’audace avec laquelle elle aborde la vie sexuelle de ses personnages féminins.Zaki Najib Mahmoud.un philosophe égyptien, est perçu comme le binôme d'Auguste Comte, tandis qu'Abdel Rahman Badawi.professeur d'histoire de la philosophie islamique, tente de définir l’existentialisme dans un contexte arabe, à l’instar de Sartre en Europe.Colonialisme, indépendance et mondialisation Le contexte des indépendances donne lieu, à partir du milieu des années 1950, à toute une production qui est confrontée au colonisateur, à l'Occident Certains théoriciens rejoignent alors le nationalisme arabe, tels Albert Memmi et Constantin Zoreik.Les différentes facettes du colonialisme sont disséquées.«Edward Said montre, que l’impérialisme n'est pas seulement militaire, mais symbolique et culturel.Il construit l’autre, l’Orient en tant qu’objet, doté de certaines caractéristiques stéréotypées et negatives, qui légitiment la domination de TOrient par l’impérialisme.» Hassan Hanafi, auteur de XIntroduction à Toccidcntalisme, entend inverser la lunette pour placer l'Occident en tant qu’objet d'étude avec, pour maitre d'œuvre, l'Orient La dépendance intellectuelle des penseurs arabes par rapport à l’Occident est également critiquée par Hisham Sharabi.Cette attitude de confrontation se prolonge aujourd’hui sous l’étiquette de l'anti-mondialisation, «l'autre» étant cette fois personnifié par le capitalisme mondial et l’hégémonie culturelle, militaire et économique des Etats-Unis.Certains intellectuels arabes cherchent à contrebalancer cette menace impérialiste par des alliances.«Par exemple, au début du XX' siècle, beaucoup d'intellectuels égyptiens sont francophones parce qu'ils vivent dans un contexte dominé par le colonialisme britannique et trouvent en la France un soutien par rapport à la politique impériale anglo-britannique.D'ou ce hasard de l'histoire bien significatif qui fait que les premiers écrits sur une théorie du nationalisme arabe l’ont été en français et en France par le penseur libanais Sa/ib Azoun.• D’autres seront marxistes.Renouveau de l’héritage arabo-islamique Pour relever les défis que présentent les sociétés actuelles, certains penseurs ont choisi d'asseoir leur réflexion sur le legs arabo-islamique, soit l'islam ou la production intellectuelle du Moyen Age arabo-islamique.«Ils soutiennent une critique quant à la place de la religion, notamment de Tislam, ou font une relecture apologétique de Tislam: deux tendances qui s'accordent sur l'importance de réfléchir a la modernité a partir d'un héritage autochtone.» Leur approche est cependant dichotomique puisque les uns.dont Tarek El Bishri et Rached Gha-noushi, conservateurs, prônent un retour aux normes moyenâgeuses, tandis que les autres, tels Mohamed Arkoun, Nasr Hamed Abou Zeid.Sadek Jalal al-Azm.en appellent aux textes religieux pour inviter à une réflexion critique et historique.Leur but est d'y souligner l'impact de ITiistou-e.de contredire leur immuabilité.«Ils les présentent comme des textes passibles d’interprétations modernes, capables de soutenir une nouvelle vision adaptée au monde moderne sans être déracinée d’un système de référence symbolique, soit celui de Tislam.» Par ailleurs, sous la houlette de George Tarabishi et de Mohamed .Abed al-Jaberi.certains textes philosophiques remontant a la grande tradition de IbeHern sme arabe sont revisites.La question est de savoir si la reappropriation de cet heritage permettra aux intellectuels arabes de reconstruire leur rapport a la modernité, un rapport libéré des vicissitudes d une importation coloniale.Collaboratrice du Devoir L’être arabe s’effectue dans un cadre de référence cosmopolite CL Jn ternational in edt here Je ôupporter rjle 3*6 ti vai du W«nJe JL, I, j.com wivw.c wn LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 OCTOBRE 2006 il que j’essaie de faire aujourd'hui, c 'est de voir là une culture absolument égale à b nôtre, qui a parfaitement le droit d'exister, ne serait-ce que par- ce qu 'elle est beaucoup plus ancien ne que b nôtre.On parie des extrémistes religieux, mais on en a ici aussi qui sont catholiques, protestants.baptistes ou autres.Iss religions n ’aident pas au rapprochement des peuples, ce qu elles n'ont jamais fait; ça les éloigne, ça met les gens d genoux et ça les fait obéir, c'est cela b religion pour moi, sauf si c'est personnel.» 11 déplore profondément la façon dont cette culture est considérer par les Montréalais et encore da vantage pu’ les habitants de l’ouest du pays et des Etats Unis: «C’est une des raisons de ma participation (ht n'est pas vraiment sensibilisé à cette culture et on est davantage ten té de se protéger: on aime mieux voir ces gens comme potentiellement dan gereux puis en rester là.On ne la connaît pas ici.cette culture.Il faut aller wir les divers événements et le taire par le biais de trucs ar tistiques.On peut toujours se parler, mais les arts '-errent à alkr 500fais plus loin que notre parole.Je suis capable de retenir un bon argument intelligent, ie peux peut-être y refèchir pendant un un s’il est tirs valable, biais si tu me plantes une émotion dans lé t o ur, je vais la retenir pour toute ma vie.» Ft de conclure: *( "est de cette fa çon-td que je comprends les choses et que je les réexplique.Eux autres, iis veulent faire un festival ou on m parler de cette façon-là, alors c 'est bien évident que je vais y aller.» CollalMimlt'ur du Ih-voir ’§• ROLEX Day-Date et Lady-Datejust Or jaune 18 carats, serties de brillants m M S ou 0«ï & *y .or t ® Q ;i £ II Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE-VILLE (514) 866-3876 f » T«*n/CLnc~ En collaboration avec Hydro Québec Z X2 O +-> U O \o ri Festival ‘’"Monde Arabe d‘Montréal 7e édition ESPACE MUSIQUE 100 7 M LK DKVOIR Plus de 60 spectacles et créations uniques w w w.festivalarabe.com ‘T’ MUSIQUE MUSIQUE W07 k MUSIQUE Soufi-Tronic DuOud, Mehdi et Smndj Avec DuOud, une étape est franchie, le ou J de went tendance.Il se drape de boucles électroniques, part à la conquête des clubs et des raves parties, peut-on lire dans Le Monde.Le FMA donne toute sa place à ce duo d’enfer.Une soirée à haute dose de percussions programmées, accolées au beat hypnotique de la techno.Ln concert, DuOud vibre avec son public aux vagabondages orientalo-électroniques du oud, le sultan des instruments.Soufi-Tronic, la musique mystique en mode numérique ! Vendredi 27 octobre à 20h00.l'y %.Théâtre Corona.2490, rue Notre-Dame Ouest.Rés.: Corona 514 9îl 2088 ou Admission 514 790 1245 La Nuit des Aïssawa La confrérie des Aïssawa de Tès et jazz Niyya La fameuse Lila (nuit) des Aïssawa est enfin a notre portée ! Une exceptionnelle rencontre qui réunit la Confrérie des Aïssawa de Fès et le groupe de jazz français Niyya.Ensemble, ils recréent à Montréal un rituel musical nocturne, vieux de 400 ans, de culte de génies et de transe.Deux univers musicaux se complètent naturellement.La densité rythmique soutenue par le chant et les percussions (bendir, tarifa, tabla, tbel et tassa) s’ouvre à l’improvisation du jazz portée par la basse, la batterie et les cuivres.La Nuit des Aïssawa, l’exaltation est.assurée î Samedi 28 octobre à JOhOO.29 $.Théâtre Corona.2490.rue Notre-Dame Ouest.Rés.: Corona 514 951 2088 ou Admission 514-790 1245 Islam blues gr, WfÊÊÊÊ - Cadences bédouines Walid C.harbi et son groupe Un veritable voyage mustco vocal dans l'univers réinvente des bédouins, nomades des deserts et des montagnes.Dans une approche moderniste.Walid QiarN et sa formation recréent les chants de louange, les incantations, ks cadences rituelles des guerriers, k chant solitaire du mehariste en voyage.Cette musique visite pour la premiere fois Montréal, dans un spectack unique qui marie ingénieusement les instruments, ks rythmes et les chants arabes, africains et occidentaux.Cadences bédouines, un monde d’hier, d'aujourd’hui et de demain ! Vendredi 3 novembre à 20h00.29 S.Théâtre Corona.2490.rue Notre-Dame CHiest.Res.: Corona 514-911 2088 ou Admission 514-790 1245 Juste pour mourir De et par Mohsen ll-Gharbi Renvoyé d'AI Qaida, que faire?Un spectack écrit et interprete par Mohsen El-Gharbi.L’artificier du tragicomique a déjà remporté un franc succès à l’édition 2005 du FMA avec sa création Omi Mouna II re\ ient à la charge en rendant dérisoire ce qu’il y a de plus sérieux.Rater un attentat suicide, c’est bien la preuve que le ridicule ne tue pas! El-Charbi confirme, comme Denis de Rougemont, que " le Diable est sardonique et ironique à souhait, mais il ne supporte pas l'humour Juste pour mourir, la ceinture finit par exploser.de rire ! Samedi 4 novembre à 20h00.20 S.Cinquième Salle.Place des Arts.Rés.: 514-842 2112 ou Admission 514-790 1245 ww w.admissiom.com Rythmes El Ferda Le groupe dTI Ferda dirigé par Zaidi Houcine Les grands maîtres d’EI Ferda à Montréal, une première en Amérique du Nord ! Kenadsa et la Saoura furent jadis des cités glorieuses dans le sud algérien.De ce prestigieux passé subsiste un patrimoine artistique extraordinaire: El Ferda.L’auditeur est tantôt bercé par les chants soufis, le medh ou le haouzi, tantôt secoué par la puissance des rythmes africains, A la qualité des interprétations s'ajoute une chorégraphie agrémentée par le jeu de clappes.notamment en fin de spectacle.Réjouissant.! Rythmes El-Ferda, une fusion de cultures millénaires ! Samedi 4 novembre à 20h00.29 $.Théâtre Corona.2490, rue Notre-Dame Ouest.Rés.: ( >>rona 514-931 2088 ou Admission 514-790 1245 Fou et rebelle Dan Bigras et son groupe Le fou qui ne cesse de dénoncer le pourissement du monde devient, sur la scène « très particulière » du FMA.rebelle ! Dan Bigras.le créateur authentique » qui, a l’humain tatoué sur le coeur « , ne guérit pas k blessures de ce monde.Il les dévoilé, les affronte et les chante.Avec une énergie et un courage extrêmes, l'artiste combat le démons de la solitude.De toutes les solitudes Cette rencontre, s’il lui fallait un nom.une phrase, c'en serait une poète: C’est par mes blessures qu'entre la lumière.Fou et rebelle, k feu ne peut que s'élever ! Mercredi 8 novembre à 20h00.15 $.Théâtre Maisonneuve.Place des Arts.Rés.: 514 842 2112 ou Admission 514-790 1245 www.admisstom.com Kudsi Brguneret son ensemble Pour la premii re fois au Canada, le FMA présente le compositeur et érudit de musique sacrée Kudsi Erguner, reconnu internationalement pour avoir transmis la musique mystique, puisée dans les sources traditionnelles orientales, dans un langage contemporain emprunté au jazz et au blues.Accompagné de ses musiciens, Erguner offre au public la dernière version de sa création exceptionnelle Islam Blues.I Ine grande soirée longtemps attendue par les mélomanes et les passionnés des croisements musicaux savamment construits.Islam Blues, du blues 100 V soufi ! Dimanche 29 octobre à 20h00.33 S.Théâtre Corona.2490.rue Notre-Dame Ouest.Res.: Corona 514-911 2088 ou Admission 514-790 1245 Le 100e nom de Dieu Slimane Benaïssaet les Zapartistes Il est généralement admis dans l'Islam qu ' Allah possède 99 noms.Le FMA s’enrichit du talent du dramaturge algérien Slimane Benaissa pour un baptême inédit, celui d'un centième nom qui dote Dieu d'un attribut fort utile pour notre siècle : l'humour.Auteur de Prophètes sans Dieu, Benaissa joue au prophète rebelle dans une œuvre inédite conçue spécialement pour cette 7' edition.Nos témoins spéciaux : les Zapartistes, ces autres professionnels de la dérision, enragent le public, à notre demande, avec des préjugés sur leurs Arabes du Québec.Le J00e nom de Dieu, rire est avant tout divin ! Dimanche 29 octobre à I8h00.20 S.Cinquième Salle.Place des Arts.Rés.: 514 842 2112 ou Admission 514-790 1245 w w w.admissiom.com Le prophète de Cibran Présenté et commenté par lacques l ançuirand Une veillée spécule avec Le Prophète de Khalil Gibran, anime par Jacques l.anguoand, l'écrivain, le journaliste et l'homme de théâtre.Fauteur polyvalent du Faust et les radicaux libres s’adonne au plaisir de la lecture et commente, a l'attention des épris de la culture universelle, le chef d'oeuvre mondialement connu du poète libanais.Le voyage- à travers les maximes de Gibran est harmonieusement cadencé par les chants de Loch Taveh et la musique du groupe Founoun.Le prophète de (Ubran, un prélude a la grâce ! Mercredi I" novembre à JOhOO.20 S.( inquicme- Salle.Place des Arts.Rés.514 ¦''42 2112 ou Admission 514 790 1245 Www.admKsiom.com TRntueenr r P! •'%£»».dît WW mûr Les possédés Un spectacle éblouissant où la transe est à I ' honneur, des mouvements cadencés de l'extase soufie aux convulsions frénétiques du baladi en passant par les expressions les plus contemporaines du sacre danse.Hhan Karahaçak.k danseur turc « splendide et majestueux », comme titrait La Presse suite à sa participation au FMA 2005.Suzanne Miller.Hinda Fssadiqi et L.es Derviches tourneurs d ' Alep ouvrent des dialogues qui se délitent dans des transes insolites.Les possédés, l’élan qui cherche des corps ! - Jeudi et vendredi les 9 et 10 novembre à JOhOO.29 $.39 $ et 59 $.Théâtre- Maisonneuve.Place des Arts.Rés.: 514-842 2112 ou Admission 514-790 1245 www.admissiom.coni Symphonies du Nil Chicago Classical Oriental Ensemble dirigé par Hicham Chami l ne incursion inoubliable dans I ' univers musical d ' un authentique prophète égyptien, pionnier de là worldmusic: Sawed Darweesh 11892-19231.Hissé au rang du mythe après sa mort, il est devenu une icône sy mbolisant la libération de la musique-des harems des pachas et son retour triomphal à son foyer naturel : le peuple.Symphonies du Nil, quand le- renouveau déferle, le mythe rejaillit ! Samedi 11 novembre à JOhOO.29 $, 39 $ et 49 S.Théâtre* Maisonneuve.Place des Arts.Rés.: 514-842 2112 ou Admission 514-790 1245 Virtuoses en liesse Lotfi Bouchnak et son ensemble.Chada Ghanem et Talal Haidar La soirée de clôture du FM A 2006 esc un hommage à la mélodie profonde et au v erbe sublime, une grande rencontre rc unissant le Maghreb et le Moyen-Orient avec le tenor Lotfi Bouchnak.le poète Talal Haidar et la soprano Ghada Ghanem.Un flot de musiques, de voix et de mots offerts par des artistes inspires au puissant charisme qui embrase les foules de Bevrouth à Bagdad et du Caire a Casablanc a.Virtuoses en liesse, des voix au delà des frontières ! D Mtr ortté* “vttfr•“t'.It’ FMA «iNSOcif à Nfiiwc tu Mc dk*nt ki omnshwi est de dA’vfHoppcr •M'S pu «id'îtmme* rducatâi mixicmx a Ms tprtéwts «iéiâM«feé§ au MowivOritïSt Dimanche 12 novembre à JOhOO.29 8.39 S et 59 S Theatre Maisonneuve Place des Arts.Res, : 514 S42 2112 ww w.pda qc.caou Admission 514 790 1245 k 'Ê?&* ‘ k ) PROPHETES REBELLES 9 W» TVS Québec;;:; ÊBon.-m* elle
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