Le devoir, 7 décembre 2002, Cahier A
PERSPECTIVES r ECONOMIE Montréal, marqué au fer rouge par la pauvreté Page B 1 Vers une hausse d’impôts dès 2003?Page C 1 ?w w w .led e v oir.e o ni ?LE DEVOIR La banlieue de Sydney brûle RKllTEHS MUNI d’un masque à gaz, ce résidant de la banlieue nord de Sydney, en Australie, jette un regard en direction d’un hélicoptère qui participe aux vastes - opérations de lutte contre les incendies près de son domicile, La région de Sydney est toujours le théâtre de violents incendies qui ont fait deux morts et détruit 19 habitations depuis mercredi, en plus de ravager 70 OOO hectares.Les pompiers australiens ne peuvent espérer de répit au cours des prochains jours puisque 80 feux de broussailles ont été recensés dans l’État de la Nouvelle-Galles-du-Sud.Plusieurs de ces feux auraient été allumés par des mégots de cigarettes jetés par négligence, croient les autorités, mais on soupçonne un jeune homme de 18 ans, arrêté plus tôt cette semaine, d’avoir allumé un de ces feux.Santé : Ottawa déjà prêt à lâcher du lest HÉLÈNE Bl'ZZKTTl LE DEVOIR Toronto— gouvernement fédéral aurait il déjà planté les clous dans le cercueil du rapport Ro-manow sur l’avenir des soins de santé?Au sortir d’une rencontre fédérale-provinciale des ministres de la Santé, hier à Toronto, Ottawa semblait bien moins intransigeant à propos de l'imposition de conditions aux provinces en échange d'un réinvestissement dans le système de soins de santé.La ministre fédérale Anne Mclxdlan a laissé entendre qu’une liste nationale de priorités pourrait être rédigée et que les provinces seraient libres de choisir celles auxquelles elles voudraient travailler en échange du financement d’Ottawa.«Je respecte le fait que chacune des provinces est rendue à une étape différente et qu’elles pourraient très bien choisir, parmi une liste de priorités acceptées par les provinces, les territoires et le fédéral, de livrer à leurs citoyens un accès à des soins de qualité et de se montrer imputables pour cette livraison de services.» Tout le contentieux depuis le dépôt du rapport Ro-manow sur l’avenir des soins de santé se résume à la VOIR PAO E A 10: SANTÉ École vétérinaire : la bataille se durcit Yvan Loubier est expulsé des Communes pour avoir traité Lyle Vancliefde menteur PAULINE GRAVEL LE DEVOIR La bataille engagée pour que le gouvernement fédéral accorde à la faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe le financement qui éviterait à celle-ci de perdre une importante accréditation nord-américaine s’est durcie hier.Le député bloquiste de Saint-Hyacinthe-Bagot, Yvan Loubier, a même été expulsé de la Chambre des communes après avoir traité le ministre de l’Agriculture, Lyle Vanclief, de «menteur» dans ce dossier.A deux jours de la date butoir du 9 décembre où la faculté de l’Université de Montréal doit faire rapport à l’Association américaine de médecine vétérinaire (AVMA) de l’avancement des travaux de modernisation exigés pour recouvrer son accréditation complète — qui lui a été retirée en 1999 en raison de l'exiguïté de ses installations —, Lyle Vanclief n’a toujours pas obtempéré aux demandes pressantes de l’école et ne semble pas prêt à y répondre dans l’immédiat Visiblement peu sensible aux pressions du BQ et de la faculté, le ministre Van-x clief a carrément nié l'imminence de l’expiration du délai imposé par /l’AVMA «Le 9 décembre est VOIR PAGE A 10: * I ÉCOLE _ INDEX Actualités.A 2 Annonces.C 8 Avis publics.C 6 Bourse.C 2 Carrières.C 4 Économie.Cl Éditorial .B 4 Éducation.B 6 Idées.B 5 Monde.A 8 Mots croisés.C 8 Météo.C 6 Perspectives B 1 Sports.C 10 Entre la honte et la révolte La communauté attikamek de Wemotaci se relève d'une série d'agressions sexuelles et de quatre suicides attribués aux actes d'un père oblat Les Attikameks de Wemotaci, à 120 kilomètres au nord-ouest de In Tuque, se relèvent d’un nouveau drame.Un père oblat, Raynald Couture, aurait agressé neuf enfants de 1982 à 1997 avant que la communauté ne lui montre enfin la porte.Quatre de ses présumées victimes se sont suicidées.Sa mise en accusation, cet automne, n’a pas effacé l’amertume de la communauté.Le Devoir s’est rendu sur place cet automne.BRIAN MYLES LE DEVOIR Wemotaci — L’église de la réserve, une bâtisse de tôle ondulée brunâtre qui se confondrait avec un garage municipal si ce n’était de son modeste clocher, est fermée à clef.Le nouveau curé ne vient qu’à l’occasion en ces terres hostiles, à deux heures de route de la Tuque.Jadis considérés comme les envoyés de Dieu, les prêtres sont aujourd’hui perçus comme des abuseurs de conscience par une partie de la communauté.Une partie, mais pas toute.la religion divise les 1400 Attikameks de Wemotaci, coincés sur les berges de la rivière Saint-Maurice entre le souvenir du joug catholique et un rêve de prospérité.Les aînés s'accrochent à la bonne parole, mais pas leurs enfants.Tout comme le chef Marcel Boivin, ces derniers ont atteint la cinquantaine, et les bondieuseries ne les aveuglent plus.«Il y a une grande méfiance à l'endroit de la religion», dit-il.Les œuvres du père Couture ne sont pas étrangères à «l'auto-excommunication» — c’est l’expression du chef Boivin —.pratiquée par une minorité influente d’Attikameks.Agé de 69 ans, le père oblat à la VOIR PAGE A 2: HONTE ¦ Retrouver ses racines pour guérir son âme, page A 2 BRIAN MYLES LE IJEVOIR Koctca est l’illustration même du fossé qui sépare les anciens des modernes à Wemotaci.Les plus vieux s’appellent David, Nicole ou Jacques, des prénoms chrétiens.Mais le jeune fils du chef Marcel Boivin et de Mary Coon (à l’arrière-plan) a hérité d’un prénom attikamek, une mode de plus en plus courante.Le renard compte les poules Les rapports des exploitants faussent le bilan forestier, selon les gestionnaires gouvernementaux % L O U I S - G I L LES F R A N C (E II K LE DEVOIR Le ministère des Ressources naturelles (MRN) est au courant depuis le 30 mai dernier des graves faiblesses qui minent son système de collecte de données sur l’état des forêts en raison des pratiques frauduleuses de nombreuses entreprises et de la complicité de certains ingénieurs forestiers, qui vont des mauvais inventaires jusqu’à la «manipulation de données».C’est ce que confirme un rapport confidentiel du ministère dont Ix Devoir a obtenu copie.Ce rapport a été produit par un sous-comité interne du MRN, qui a fait une tournée provinciale sur les méthodes de vérification des coupes partielles, ou «traitements commerciaux».Ce type de récolte doit se faire selon des regies très strictes qui dictent de laisser sur place les meilleurs géniteurs afin d’assurer une relève rapide et optimale du couvert forestier.Cette première coupe commerciale est préparée par des ingénieurs forestiers qui, VOIR PAGE A 10: FORÊT I I I CIOLfl I j vulmahe J lunftAnjtl ?1b éditeur www.edvfb.com La cause du Québec Un témoignage éloquent de la pensée et de l’action politiques de Bernard Landry 778313000696 LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 DÉCEMBRE 2002 A 2 HONTE LES ACTUALITES SUITE DE LA PAGE 1 retraite fait face à neuf accusations d’agressions sexuelles, d’attentats à la pudeur et d’attouchements sexuels sur des garçons d’âge mineur au moment des faits.Arrêté en juin puis relâché, son enquête préliminaire aura lieu le 18 février prochain au Palais de justice de la Tuque.Neuf victimes présumées et quatre suicides que les Attikameks attribuent directement aux actes du père Couture.Jeanne (nom fictif) ne se remettra jamais de la mort de ses deux frères, qui se sont enlevé la vie à neuf ans d’intervalle, en 1992 et en 2001.Le premier a ravalé son mal à l’âme jusqu’à sa mort, dans la jeune vingtaine.-Il n'en a jamais parlé, mais on pouvait sentir qu'il souffrait.Il n’était pas capable de rester en place.Il avait l'air de fuir de quelque chose», se souvient-elle.Le deuxième s’est confié à quelques personnes, mais il n'a jamais pu se raccrocher à la vie.«La religum, c'était tellement fort, à l’époque.On ne pouvait rien dire sur les curés, les parents ne voulaient pas le croire», affirme Jeanne.Ix‘s ravages imputés au père Couture ont précipité le déclin de la ferveur religieuse sur la réserve de Wemotaci.M.Couture a même justifié son départ, en 1997, par cette perte de foi chrétienne.Plus personne ne vient a la messe, il n’y a plus rien à faire ici, avait-il lancé dans son dernier sermon.Des membres importants de la communauté avaient commencé à confronter, à talonner le père Couture vers le milieu des années 80.Tous les petits privilèges qu’il accordait aux enfants — il les laissait conduire son quatre-roues et son camion — ont fini par semer le doute.Mais entre les premiers soupçons et le départ du prêtre, 12 ans se sont écoulés.Douze ans de frustrations pour Mary Coon, coordonnatrice des programmes de santé.Dotée d’une sagesse rudement acquise, elle avait établi un lien entre la surconsommation de drogues et d’alcool chez les adolescents et l’attitude de franche camaraderie du père Coulure au cours de leur enfance.-Nous avons rejoint la plupart des jeunes dans des colloques sur la violence ou les agressions sexuelles.Et les jeunes abusés se pariaient déjà entre eux», dit-elle.Le mur du silence a commencé à se lézarder lorsqu’ils ont atteint l’âge de la maturité.Neuf victimes connues, mais peut-être une vingtaine au total.Mme Coon voit dans les gestes désespérés de certains jeunes, rattrapés in extremis la corde autour du cou, l’expression d’un «mal à l'âme» qui les dévore en silence encore aujourd’hui.Les 2(X) maisons de la réserve ne gardent aucun secret.la honte des présumées victimes, la crainte du jugement des pairs et l’inébranlable foi des aînés contribuent à leur refoulement Raynald Couture bénéficiait de l’appui inconditionnel des anciens de la communauté.L’ouvrier de Dieu s'était fondu dans la réserve de Wemotaci en bâtissant des maisons et en partageant les préoccupations quotidiennes des habitants.Cinq ans après son exode forcé, des aînés conservaient toujours sa photo accrochée au mur de la maison.11 a fallu que le nom du père Couture se retrouve dans les journaux, au moment de sa mise en accusation, pour qu’ils la déchirent enfin.Une bombe à retardement Malheureusement, le suicide est un phénomène répandu à Wemotaci.Seulement cette année, quatre vies ont été fauchées sur la réserve.Trois jeunes hommes de 20,21 et 28 ans, et une adolescente de 18 ans.Onze personnes se sont suicidées de 1992 à 2001.le plus vieux était âgé de 33 ans.La plus jeune avait 12 ans.le» taux de suicide de la nation attika-mek, répartie sur les réserves de Wemotaci, Mana-wan et Opitciwan, est de trois à cinq fois plus élevé qu’ailleurs au Québec- et au Canada, selon les conclusions du coroner Jean-Pierre Blais.A Wemotaci, chaque fois qu'un homme se suicide, il plonge la communauté dans l’angoisse.«Tu te dis: c'était peut-être à cause des abus», résume Jeanne.Et dans ce village tricoté serré de 1400 âmes, il suffit d’un seul suicide pour déclencher une réaction en chaîne.L’été 2001 a été marqué par trois suicides, en juin, juillet et août.«Quand Hyena deux consécutifs, on se demande c'est qui, le prochain.Ça provoque un vide intérieur», explique David Boivin.lit communauté a même dû se doter d’un programme de «postvention» (intervention après les faits) afin d’endiguer cet effet domino et d’un programme de prévention des agressions en miljeu scolaire.L'inceste tait sa part de ravages.A l’âge de quatre ans.David Boivin a perdu son père dans un incendie.Une mort bête: le village ne disposait p;>s d’un camion-citerne à l’époque.11 a passé son enfance à «chercher un père»\ à la place, il a trouvé un pédophile.Vers 1 age de dix ans, il a subi des agressions sexuelles aux mains d'un membre de sa propre nation.«J'ai refoulé.refoulé.C’était comme oublié.On a trop mal et on a honte, (fuand tu es victime d’un abus sexuel, tu te sens sale», dit-il.David s’est «lavé» dans l’alcool, les vapeurs d’essence et autres drogues dès l'âge de 13 ans.jusqu’au jour où il a dénoncé son agresseur.Un verdict de culpabilité a même été rendu contre le prédateur, mais David refuse d’entrer dans les détails.Ce geste a fait boule de neige.David compte dans son cercle d’amis proches l’une des présumées victimes de M.Couture.Inspiré par David, A.C.a trouvé le courage de dénoncer le père oblat à la police de Wemotaci.«Il [A.C.] était à la dérive.Il a même essayé plusieurs fris de se suicider, affirme le chef Marcel Boivin.Mais il en parlait ouvertement à des gens, il disait que ça lui frisait du bien.» Les jeunes ont crevé l’abcès mais ne l’ont pas éliminé.«C’est comme une bombe à retardement dans chaque personne.la communauté commence à prendre conscience de notre mal, on commence à en parler Mais m a encore du chemin à frire», estime David Boivin.In religion?Pas pour David et les moins de 21 ans, qui représentent la moitié de la population de Wemotaci.L'église sert encore lors des funérailles des anciens mais rarement pour les baptêmes.Comme David, la plupart des adultes ont hérité de noms chrétiens — Gilles, üniise, Nicole.Mais ils donnent à leurs enfants des prénoms attikameks, symbole puissant d'un retour aux sources.Le petit dernier de David et sa copine, Melissa, se nomme Cikon («printemps»).Les anciens leur demandent souvent à quand le baptême?Ils ne ré pondent pas et poursuivent leur route.Le chef Marcel Boivin fm mmi Hl ÉlP BRIAN MYLES LE DEVOIR Vue du village de Wemotaci, 1400 âmes, à bord de la camionnette du chef Marcel Boivin.Attaquées par les moisissures, les anciennes maisons de bois rond sont remplacées par des neuves.Le problème est récurrent dans toutes les communautés autochtones du pays puisque ces bâtiments avaient été érigés à moins d’un pied du sol.Retrouver ses racines pour guérir son âme ?/ Des décennies d’acculturation par l’Eglise et l’Etat ont conduit la communauté de Wemotaci au fond de l’abîme BRIAN MYLES LE DEVOIR BRIAN MYLES LE DEVOIR Wemotaci — Ira soif de sobriété de Mary Coon lui est venue un lendemain de veille, il y a une douzaine d’années, lorsqu'elle a posé des yeux mi-clos sur son salon bondé de corps inertes et de bouteilles vides, parmi lesquels dormaient ses enfants.En soulevant ses petits bouts de chou pour les serrer contre elle, elle a aperçu une tache sous leurs petits corps.Une tache de propreté sur un plancher noir de souillures.Alcool, drogue, négligence parentale.Ira coordonnatrice des programmes de santé à Wemotaci a connu toutes les étapes du cycle d’autodestruction si caractéristique des peuples autochtones.Y compris la «maladie du garde-manger».Dans le foyer reconstitué du chef Marcel Boivin, 54 ans, et de Mary Coon, 49 ans, il ne manquait jamais de rien.Un frigo toujours plein, des enfants bien vêtus.«Ça nous sécurisait, parce qu’on en avait manqué dans notre enfance», dit M.Boivin.Il ne manquait de rien, sauf d’amour.Marcel Boivin, un Attikamek, et Mary Coon.une Crie, ont subi la même déchirure.Vers l’âge de sept et neuf ans, ils ont pris le train «avec le bétail» pour aller séjourner dans les pensionnats catholiques dix mois par année.Tous les enfants pleuraient le premier soir, se souvient M.Boivin.Et dans la réserve dépossédée de Wemotaci, tous les chiens hurlaient à la mort parce qu’ils ne trouvaient plus les petits de l’homme.Les tentatives d’assimilation par le clergé et l'État sont bien documentées, «un lavage de cerveau» dont les autochtones ne sont pas encore revenus.«Nous avons eu des enfants de pensionnaires.On lésa seulement nourris, mais on ne les a pas instruits, on ne leur a pas donné d'affection», constate Mary Coon.Drogue, alcool, inceste, violence conjugale.«On a réalisé, il y a une dizaine d'années, que la source de tous nos problèmes venait de là, dit Marcel Boivin, le chef du conseil de bande.On n'était pas capables de donner de l'affection à nos enfants parce qu’on n'en avait pas eu.» Boum démographique L’isolement et le développement anémique ont des proportions démesurées à Wemotaci.L’homme a marché sur la Dîne avant que les habitants du village ne puissent obtenir des maisons, en 1972.Le chef se souvient encore de l'exultation qui est entrée dans les chaumières en même temps que la sédentarisation.«Les aînés disaient: "On s’en va nus-pieds à la toilette.» Même si Internet entre peu à peu dans la foyers, la télévision par satellite y règne sans partage.La réserve compte une patinoire intérieure, mais elle n’est pas fonctionnelle.11 manque 500 (XX) $ pour acheter le compresseur qui permettrait de maintenir la surface glacée à longueur d'année.Le terrain de baseball, situé derrière le dépanneur-station-service Wemogaz, ressemble davantage à un champ de boue qu'à une fart' de jeu.Avec ses trois vidéopokers et son comptoir de poulet frit surgelé, le Wemogaz est d’ailleurs l’un des seuls points de rassemblement sur la réserve.Ce décor incolore et sans vie traduit mal l’ébullition sociale qui secoue Wemotaci.Le taux de croissance démographique frôle les 6 %.Sept habitants sur dix n’ont pas encore 30 ans.L’école primaire, agrandie en 1998, est déjà trop petite pour accueillir les 305 élèves, qui apprennent exclusivement l’attika-mek de la première à la sixième année.Les ressources spécialisées sont insuffisantes pour gérer le cas des enfants aux prises avec des troubles de comportement, des retards de développement ou le syndrome de l’alcoolisme fætal.L’éducation, la santé, la police et le logement relèvent du conseil de bande, doté d’un budget annuel de 13 millions de dollars.Ce conseil, déficitaire de 1,3 million, est le principal employeur de la réserve, qui affiche un faux de chômage de 54 % l’été et de 70 à 80 % l’hiver.Le conseil est déterminé à jouer un rôle de «moteur économique» pour la communauté.Une en- 4# tente signée avec Hydro-Québec pour la construction de deux barrages sur le Saint-Maurice devrait rapporter 8,5 millions d’ici 2008, en plus de créer 70 emplois.Le conseil exploite également une scierie par le truchement d’une société en commandite et s’est porté acquéreur d’une pourvoirie.L’essor s’accompagne d’un éveil, ou plutôt d’une réconciliation avec le passé.Avec l’aide d’Ottawa, le Conseil de la nation attikamek (Wemotaci, Manawan et Opitciwan) a instauré en 1999 un projet-pilote de un demi-million de dollars pour traiter le syndrome du pensionnat.La thérapie est indissociable du retour aux sources.Donnez un peu de tabac à Charles Coocoo, il soignera vos meurtrissures dans les tentes de sudation.Il croit au pouvoir de guérison des rites ancestraux.avec lesquels renoue une partie de la communauté.Tous les dimanches, le chef Boivin et son entourage organisent un souper de groupe dans le capotowan, une grande tente recouverte de branches de sapin.Ils ont repris la cérémonie des premiers pas, qui rappelle à chaque membre de la communauté sa responsabilité dans l’éducation d’un enfant.Ces activités en apparence anodines étaient interdites sur la réserve depuis le début du XX’ siècle.Même le tambour était réduit au silence.Il n'est revenu qu’en 1990, à la faveur d’une visite des Ojibwés.Des fanés, frappés en plein cœur par les rythmes traditionnels, en avaient les larmes aux yeux.Ils n’avaient pas entendu pareille musique de puis l’âge de cinq ans.Impressionnés par l’authenticité des Ojibwés, David Boivin et une poignée de jeunes se sont tout de suite mis à jouer du tambour, d’abord en frappant sur des chaudières renversées (l'instrument était introuvable sur la réserve).Très vite, David a cofondé les Wèmon-tashee Singers, un groupe qui s’est produit dans BRIAN MYLES LE DEVOIR La relève pousse fort à Wemotaci.L’école primaire compte 305 élèves, y compris ces deux jeunes filles.Agrandie en 1998, l’école est déjà trop petite dans cette communauté en forte croissance.La moitié du village a moins de 21 ans.l'Ouest canadien, aux Etats-Unis et même en Europe.avec de vrais tambours, cette fois.«Ça m’a permis de me retrouver comme Attikamek.Ma communauté, c'était pas des vrais Indiens, c’était plus des buveurs.» Lointain malheur Charles Coocoo a étudié ce phénomène d’acculturation encore bien présent jusqu’à retrouver «la bombe sociale» qui a tout déclenché, en 1889.Il s’agit d’un livre de prières «à l’usage des sauvages du Saint-Maurice», rédigé par un père oblat, Jean-Pierre Guéguen: une plaquette noire écrite dans un attikamek approximatif mais convaincant.Sous forme de questions-réponses, Dieu lui-même ordonne aux «sauvages» de renoncer par amour pour lui à tous leurs chants, leurs traditions, leurs plantes médicinales, leurs rituels de transmission déjà connaissance.«Tout, tout, tout», lance M.Coocoo.A l'évidence, les ancêtres ont répondu à l'appel de Dieu.Charles Coocoo cherche toujours à comprendre pourquoi.Il ne cache pas sa rage à l’endroit de «ces supposés saints hommes qui ont abusé de la confiance des gens pour réaliser leurs méfaits, ces pédophiles que nos anciens adoraient».Au cours de ses recherches.Charles Coocoo a interviewé des aînés dont les parents avaient eux-mêmes été témoins du premier contact avec les oblats.vers 1840.«Nos ancêtres ont subi la même chose que nos jeunes, conclut M.Coocoo.Il inent de loin, notre malheur» Si les Attikameks ne peuvent pas effacer le passé, ils tentent au moins d’écrire l’avenir dans leurs propres mots.La fille de Mary Coon, Melissa, revient d'une «thérapie de toutte» qui lui a ouvert les yeux sur les souffrances de sa mère, les racines de son absence émotive.Elle a trouvé la force de lui pardonner.La grand-mère peut enfin faire des gestes inédits: elle cajole et embrasse sans cesse ses petits-enfants.Sa plus grande fierté?«Us ne m’ont jamais vue saoule.» * L K 1> E V 0 1 R .LES S A M E I) I E T I» I M A N (HE > I) E i ( M H I! E • 0 0 2 A ;> 630-A RUE c'/'^ijoute rie Gambard Vente et service technique START.MONTREAL.CtNTRH VniE • TÉL' S66-.Mi'o LE DEVOIR ACTUALITES ! COURANT ALTERNATIF avec Bernard Derome Des idees plein la tète DIMANCHE 13h «£, E l E M H K E 2 O tl A î» -* LE DEVOIR *- LE MONDE Une incursion israélienne fait dix morts dans la bande de Gaza L opération visait le mouvement islamiste Hamas REUTERS Tl Des dizaines de milliers de personnes ont assisté aux funérailles des dix Palestiniens tués.MD AL AL MOUGHRABI REUTERS Boureij — Dix Palestiniens, dont le gardien et un instituteur d'une école gérée par les Nations unies, sont morts lors de la fusillade déclenchée par l’incursion des soldats israéliens, ont rapporté des témoins et des responsables medicaux palestiniens.Le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a qualifié hier de «massacre» la mort de dix Palestiniens tués lors d’une incursion de soldats israéliens, appuyés par des hélicoptères et des chars, dans le camp de réfugiés de Boureij (bande de Gaza).«C’est du terrorisme israélien contre nos enfants, nos femmes et nos lieux saints depuis Rafah [dans le sud de la bande de Gaza] jusqu à Jé-nine [en Cisjordanie].Ce qu’ils font quotidiennement n’est-il pas du terrorisme?», a-t-il déclaré à son QG de Ramallah, en Cisjordanie.L’armée israélienne affirme s’être heurtée à une violente résistance lors de l’opération, qui a duré trois heures.Tsahal a expliqué qu’eUe visait à traquer des activistes palestiniens responsables d’attentats contre ses soldats dans la bande de Gaza.Mais à New York, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a appelé Israël à «s’abstenir d’un recours excessif et disproportionné à la force meurtrière dans les zones [peuplées] de civils».A Bruxelles, Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne.a fait une mise en garde semblable.Selon lui, ces méthodes ne peuvent que provoquer «des pertes en vies innocentes», comme ce fut le cas hier, selon lui, et alimenter «le cycle de la violence».Dans un communique diffuse par la chaîne de télévision al-Manar appartenant au Hezbollah et émettant de Beyrouth, le mouvement islamique Hamas a annonce que six des morts, dont une femme, étaient des militants du Hamas.Des Palestiniens habitant le camp ont fait savoir qu'au moins trois personnes avaient été tuées par un missile tiré par un hélicoptè re de combat.Deux policiers pales tiniens sont morts en défendant le camp, ont poursuivi ces témoins Appels à la vengeance Le bilan de l’incursion ainsi que le moment choisi, la fête religieuse de l’Aïd el Fitr marquant la fin du mois sacré de jeûne du ramadan, ont suscité la colère des Palestiniens et pourraient aviver les tensions dans la région.Des dizaines de milliers de personnes ont assisté aux funérailles des dix Palestiniens tués.Le transport des corps à travers les ruelles du camp a été accompagné aux cris de «vengeance» par le cortège, dont certains membres avaient le visage masqué.Plus tard hier, des soldats israéliens ont abattu un activiste du Dji-had islamique lors d’un échange de coups de feu pendant un raid dans un village proche de Jénine, en Cisjordanie, a-t-on appris de source médicale.Ia1 premier ministre Ariel Sharon a déclaré jeudi que le réseau al-Qaïda d’Oussama ben laden était présent dans des secteurs sous contrôle palestinien de la bande de Gaza ainsi qu’au Liban.Mais l’incursion ne semble pas liée à ces allégations, démenties par les autori- tés palestiniennes et libanaises.Interrogée sur les raisons qui ont poussé l’armée à mener cette opération le jour d'une fête religieuse musulmane, Sharon Feingold, porte-parole de Tsahal, a déclaré: «Nous les traquons [les militants] dès que nous avons des renseignements.Ils ne respectent pas nos jours fériés.» Le commandant de l’armée israélienne pour la bande de Gaza, le brigadier Yisrael Ziv, a expliqué que- ries soldats avaient pénc'tre dans le camp de Boureij pour faire sauter une maison appartenant à un activiste et arrêter trois de ses subordonnés, appartenant à une cellule responsable d'attentats à la bombe-contre de-s e'hars israeTie-ns.Des témoins palestiniens aftir ment que de-s soldats israe-liens ap puyes par environ 25 chars e-t plusieurs hélicoptères sont arrivés sous couvert de la nuit e-t ont enive-rt le feu.Un e>bus tire par un char a frôle une maisem, e-t des e-elats de-bombe ont blesse- cinq personne-s, a-t-e>n appris de- source médicale.Tsahal a fait e-xplose-r une maison appartenant à un militant palesti nie-n, ont rapporte des témoins.L’armée a identifié ce militant e'omme e-tant Kyman Chichniyah, selon le-s Palestiniens un me-mbre de-s Comités de- resistanev populaire, re-unissant de-s ae'tiviste-s laïque-s e-t religieux.Selon Tsahal, Chich niyah, qui e-tait revhe-rche |>ar Israël, dirigeait ht cellule responsable- détruis attaques perpétrées cette année contre* des chars israéliens, t rois hommes avaient trouvé la mort (buts ex-s o|x-ratie>ns.Un médecin officiant dtuts un hôpital proche de Boureij a deedare que le-s dix Pale-stinie-ns tues étaie-nt àge-s d’une vingtaine ou d’une- trentaine d’années.1 )e- source medicale, on précise que 12 Palestiniens ont en outre été blessés.Au moins 1703 Palestiniens et (it)8 IsraeTie-ns ont été tués depuis le début de la deuxième intifada, e-n septembre 2(XX).Une nouvelle crise se profile au Venezuela Aujourd’hui encore, Chavez accuse ses opposants d’être des «putschistes» JEAN-HÉBERT ARMENGAUD LIBÉRATION Pour la quatrième fois en un an, le très contesté président vénézuélien, le populiste de gauche Hugo Chavez, affronte une grève générale très politique, destinée à obtenir sa démission.Le bras de fer entre les grévistes et le gouvernement autour de la puissante industrie pétrolière menace de plonger le pays, quatrième exportateur mondial, dans une nouvelle crise, neuf rjiois après la tentative de coup d’Etat qui avait écarté Hugo Chavez du pouvoir durant 48 heures.A l’époque, c’est un premier bras de fer autour de l’entreprise pétrolière publique PDVSA (Petroleos de Venezuela) qui avait indirectement conduit au putsch, quand le président vénézuélien avait voulu imposer ses hommes à la direction de la holding.Une grève du secteur, qui s’était généralisée, puis de violentes manifestations qui avaient fait 16 morts à Caracas avaient conduit au coup d’Etat.Aujourd’hui encore, Hugo Chavez accuse ses opposants d’être des «putschistes»: les grévistes «sont les mêmes que ceux qui sont responsables du coup d'Etat du 11 avril, ils ont un plan pour en finir avec le gouvernement légitime par n’importe quel moyen».Les organisateurs, autour de la coalition d’opposition Coordi-nadora Democratica, de la fédération patronale Fedecamaras et de la principale centrale syndicale du pays, la Confédération des travailleurs vénézuéliens, s’en défendent et assurent ne vouloir qu’une sortie pacifique, dans les urnes, de la crise politique qui secoue le pays.En matière de putsch, Hugo Chavez sait de quoi il parle.L’ex-lieutenant-colonel des parachutistes, est lui-même l’auteur du coup d’Etat manqué du 4 février 1992 contre le président Carlos Andrés Perez.Il surfe alors sur la vague de mécontentement social, les inégalités, le fossé croissant entre les classes populaires et les partis politiques traditionnels, la corruption galopante — trois ans plus tôt des émeutes à Caracas ont fait au moins 300 morts.Le soir du 4 février, avant sa reddition, Chavez prévient dans un message télévisé: «D’autres occasions se présenteront.» D fera deux ans de prison, avant de se lancer en politique par des voies moins radicales.D est élu à une large majorité (56 %) en 1998, puis réélu (60 %) deux ans plus tard après avoir fait adopter sa nouvelle Constitution «bolivarien-ne», en référence au libertador.Sur les ruines de l’ancien système, dominé depuis 40 ans par les deux partis traditionnels, les sociaux-démocrates d’AD et les démocrates-chrétiens du Copei, le parachutiste est au faîte de sa popularité, promet de partager enfin la rente pétrolière et d’en finir avec les inégalités.Très vite, son style, d’inspiration messianique et nationaliste, proche du caudillisme, dérange.Brandissant sa Constitution à tout bout de discours, il cite en vrac Jésus-Christ, Mao, Bolivar, Fidel Castro, source d’admiration.Il compare les trappes américaines en Afghanistan à l’attentat contre les Twin Towers, envoie une lettre de soutien au terroriste «Carlos» — le Vénézuélien Illich Ramirez, emprisonné en France.Visionnaire ou caudillo?Ne supportant pas la moindre critique contre sa «révolution», il se met à dos nombre de ses alliés politiques de la première heure, puis, tour à tour, de nombreux secteurs de la société, les syndicats, l’Eglise — «une tumeur» — les médias — «terroristes».Chez Hugo Chavez, l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez a vu deux hommes opposés: «À l’un, une chance s’offrait de sauver son pays.L’autre était en revanche un illusionniste qui pourrait passer à l’histoire comme un despote de plus.» Visionnaire ou caudillo |x> tentiel?Quoi qu’il en soit, Hugo Chavez esl surtout parvenu à diviser profondément son pays, où l’impasse semble totale.S’il a perdu l’appui des classes moyennes, le président vénézuélien garde ses soutiens dans une bonne partie des classes populaires, et les manifestations qu’il convoque dans les rues de Caracas ne mobilisent pas moins de gens que celle de l’opposition.«Chavistes» et «anticha-vistes» tentent, malgré la crise, d’ébaucher un dialogue par l’intermédiaire de César Gaviria, le secrétaire génçral de l’OEA, l’Organisation des Etats américains.Une négociation qui n’a rien donné ces dernières semaines.L’opposition, après avoir réuni plus de 1,5 million de signatures contre Chavez, continue à réclamer un référendum sur son départ dès le début de l’année.U-régime ne serait prêt à l’accepter qu’en août 2003, à mi-mandat.L’UNICEF lance un appel en faveur de l’Éthiopie RKl EK RS Addis Abeba 1 a sivlu-ix-sse eu Ethiopie risque de s’aggraver et.à moins d’une aide urgente, de dégénérer en une crise semblable à celle de 1984, qui avait fait un million de morts, mais le pays n’est pas pour l’instant à propre ment parler trappe par la famine, a déclare hier le Fonds des Nations unies pour l’enfance.«Si des mesures d’urgence,ne sont pas prises, la sécheresse en Ethiopie pourrait déboucher sur une crise égalé à celle de Ilki4-S5».a declare lors d’une conference de presse Carol Bellamy, directrice générale de [’UNICEF.A l’issue d’une tournee dans la region des Alai's, au nord-est d’Ad dis-Abeba.elle a invite le gouvernement éthiopien à prendre la tète des efforts pour sauver la population et à procéder avec moins de bureaucratie à la distribution de l’aide alimentaire.Il a rapporté que, dans une région majoritairement pastorale, elle avait vu nombre d’animaux morts et qui* les canaux d’irrigation étaient totalement secs.«le gouvernement doit prendre la tête des efforts pour tenter d’améliorer la situation en creusant des puits, en diversifiant les cultures et en créant un système sanitaire», a esti mé Bellamy, «le gouvernement doit être moins bureaucratique et agir plus vite — mais la communauté des donateurs doit aussi être ouverte à un processus d’assistance.» L’Ethiopie reproche au monde extérieur de ne pas lui fournir une aide alimentaire d'urgence suffi saute.Des mouvements humanitaires estiment que 14 millions de personnes risquent de souffrir de IxTiuries alimentaires graves en raison de ([absence dq pluies cette année en Ethiopie.I .'Erythrée- voisine a demandé de l'aide pour ses 1,4 million d’habitants menacés de famine.sur une |K>pulation totale de 3,3 millions de personnes.Bellamy a regretté que la réaction à de telles situations n’intervienne souvent que lorsqu’il commence à y avoir mort d’homme.«Lorsque les gens commencent à mourir, cela veut dire que l’on est arrivé à un niveau critique qui aurait dû être prévenu.J’espère que cette fitis la communauté des donateurs répondra sans délai pour éviter que la crise éclate», a-t-elle dit.Refusant de voir clans le sida un facteur jouant un rôle important dans la pénurie alimentaire, la directrice générale de l’UNICEF a néanmoins estimé que la pandémie avait pu affecter l’agriculture éthiopienne.la guerre de 1!XJ8-2(XX) entre l'Ethiopie et l’Erythrée a aussi aggravé les choses, a-t-elie ajouté.Faculté de l'éducation permanente l.o faculté il'nohicr Cet hiver, étudiez l'anglais.CONVERSATION » English Conversation Niveaux débutant, intermédiaire et avancé.Plusieurs possibilités d horaires : le matin, le soir ou le samedi.Aussi offert au Campus Vu,le de Laval et au Campus Longueltl RÉDACTION « Writing Workshop Les mardis du 21 janvier au 22 avril, de 19 h à 22 h 15 • Scientific and Technical Writing Les mardis du 21 janvier au 22 avril, de 19 h à 22 h 15 LECTURE * Reading Les mardis du 21 janvier au 22 avril, de 19 h à 22 h 15 AFFAIRES « Business Writing Les samedis du 25 janvier au 12 avril, de 9 h à 13 h ¦ Business English : Oral Communication Les jeudis du 23 janvier au 24 avril, de 19 h à 22 h 15 Aussi offert au Campus Ville de Lavai.» Test cto < lasscin
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