Le devoir, 28 décembre 2002, Cahier A
CINÉMA Le top 10 de nos critiques Page E 5 TCHÉTCHÉNIE Deux kamikazes foncent sur le siège du gouvernement prorusse Page A 7 ?w w w.lede voir.c om ?LE DEVOIR V o L .X C I I I .V “ 2 !) r» ?I.E S S A M EDI 2 8 E T 1) I M A X ( Il E 2 !) I) E ( E M B H E 2 O O 2 Montréal, une mégacité dans le brouillard Le principe selon lequel l’union fait la force ne s’est pas appliqué avec un égal bonheur dans toutes les municipalités fusionnées ¦ Il y a près d’un an, un vent de fusions balayait le Québec, donnant naissance à cinq grandes villes: Montréal, Longueuil, Québec, Gatineau et Saguenay.La réforme municipale était devenue nécessaire, affirmait le gouvernement du Québec, si on voulait assurer le développement durable et rendre l’appareil municipal plus efficace.Mais le principe selon lequel l’union fait la force ne s’est pas appliqué avec un égal bonheur dans toutes les municipalités concernées.Aujourd’hui, dans la première partie d’une série de six textes sur ce sujet, Le Devoir se penche sur le cas de Montréal, dont la population a doublé au lendemain des fusions.Dure année d’apprentissage pour les élus de la nouvelle Ville de Montréal.Aux prises avec de nouvelles règles du jeu et obligés d’apprivoiser les principes d’administration d’une ville tout à coup devenue imposante, ils ont trébuché à plusieurs reprises.Douze mois ont passé depuis la réforme, mais le mariage entre les ex-municipalités de banlieue et l’ancienne ville de Montréal demeure toujours fragile.La tâche de l’administration du maire Gérald Tremblay était immense: réussir à «bâtir ensemble une nouvelle ville» alors que la blessure qu'avaient infligée les JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR fusions aux ex-banlieues n’était toujours pas cicatrisée.C'est d’ailleurs l’héritage des banlieues réfractaires qui a fait le plus mal à l’administration au début de l’année.La série de scandales portant sur les surplus de plusieurs municipalités versés à des organismes sans but lucratif, l’achat de l’Ile-Dorval par Peter Yeomans (membre du nouveau comité exécutif) et ses voisins, de même que l’arrestation des conseillers municipaux René Dussault et Irving Grundman, accusés d’avoir accepté un pot-de-vin, ont forcé le nouveau maire à passer en mode de gestion de crise.Il a Mu que la tempête s’apaise pour permettre aux élus de se consacrer à l’administration de leur nouvel- VOIR PAGE A 6: MONTRÉAL le ville.Comme il l'avait promis en campagne électorale, Gérald Tremblay a tenu le Sommet de Montréal en juin dernier, désireux d’ébaucher les plans de la nouvelle ville avec l’aide de ses «partenaires».Le partage des pouvoirs Après 12 mois, Jean-François Léonard, professeur de science politique à l’UQAM, juge qu’il est encore trop tôt pour faire le bilan des frisions municipales.«Les cendres ne sont pas encore tombées.|.] On ne peut que constater des choses, pas tirer des conclusions.C’est un processus en mouvement qui, à mon avis, va se poursuivre jusqu’à la prochaine élection.» Il faudra Les fusions municipales ont-elles tenu leurs promesses?, page A 6 2002 EN REVUE L’année de toutes les tentations Tentations guerrières des Etats-Unis en Irak, tentations scandaleuses à Ottawa, tentations de changement à Québec: 2002 passçra à l’histoire comme une année de transition.Les Etats-Unis ont tenté de faire de Saddam Hussein leur bouc émissaire un an après les attentats du 11 septembre 2001.Sous la pression des scandales, Jean Chrétien a scellé son destin en annonçant sa retraite pour.2004.La montée fulgurante de Mario Dumont dans les sondages a pris tout le monde de court et ébranlé libéraux et péquistes.¦ Cahier B «««.-t ri l?m»»* ,».• t.i.o INDEX Actualités.A 2 Idées.B 5 Annonces.C 5 Météo.C 8 Avis publics .C 5 Monde.A 7 Bourse.C 2 Mots croisés.C 5 Carrières.C 3 Perspectives.B 1 Économie.Cl Science.B 6 Éditorial .B 4 Sports.C 8 LANDRY VOIR PAGE A 8 Bernard Landry au Devoir « Peuple, debout ! » A moins que Jean Chrétien n’injecte sans condition de nouveaux fonds en santé, les Québécois seront appelés à vivre un «moment historique» ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Alors là, j’ai envie de crier: peuple, debout!» Bernard Landry termine l’entrevue accordée au Devoir en cette fin d’année avec une référence à Minuit, chrétiens et à ce «peuple à genoux» qui attend sa «délivrance» avant de se relever.L’allusion est amusante.Mais le premier ministre est on ne peut plus sérieux.Les Québécois seront appelés à vivre un «moment historique» l’an prochain à moins que le premier ministre Jean Chrétien ne consente à injecter de nouveaux fonds en santé sans imposer de ___I ,!>.“>$ > T a x K s 2 .2 A $ Ève provoque un tollé planétaire Bush et Chirac en tête, la communauté internationale dénonce le clonage humain AGENCE FRANCE-PRESSE, R EUT ERS ET ASSOCIATED PRESS Hollywood, Floride — Brigitte Boisselier, membre de la secte des raéliens, a annoncé hier publiquement la venue au monde le 21» décembre d'«Eve», premier bébé conçu, selon elle, par la technique du clonage, déclenchant une cascade de réactions négatives à travers le monde.Le bébé est une petite fille de 3,1 kilos qui «est venue au monde jeudi à 1 Ih55», a déclaré cette Française, chimiste de formation, dans une conférence de presse à Hollywood, au nord de Miami, en Floride, sans préciser le lieu de naissance.Elle s'est contentée d’indiquer que les parents sont un couple d’Américains.Nadine Gary, porte-parole de Clonaid, a déclaré que je bébé est né à l’extérieur des Etats-Unis.Mme Boisselier a affirmé que la preuve de cette première scientifique ne serait pas disponible avant une dizaine de jours.«Jm mère a 31 ans.C’est elle qui a été clonée et c’est elle qui a porté le bébé clone», a précisé la présidente de Clonaid, société spécialisée dans le clonage humain çt basée à Las Vegas (Nevada).«Eve» — le surnom que lui a donné l'équipe de Mme Boisselier — rentrera chez elle «dans trois jours».«Elle se porte bien.Pille est en bonne santé», a-t-elle dit.«Nous avons utilisé l'ovule de la mère et l’ac-couchement s’est passé par césarienne», a-t-elle précisé.Cette annoncé a immédiatement suscité les doutes de la communauté scientifique et aussi une vague de réprobation parmi les dirigeants politiques.Le président américain George W.Bush a indiqué qu’il allait presser le Congrès de voter un projet de Ia1 bébé est une petite fille de 3,1 kilos.«La mère a 31 ans.C’est elle qui a été clonée et c’est elle qui a porté le bébé clone.» VOIR PAGE A 8: CLONE ¦ Autres informations en page A 3 Étudier ou travailler?Avec la retraite des baby-boomers, la main-d’œuvre se raréfie et les jeunes s’interrogent C LAI RANORÉE CAUCHY LE DEVOIR Dy ici 2005, c’est pas moins de 600 (XX) emplois qui se libéreront à travers le Québec, en raison des nombreux départs à la retraite et de la bonne performance de l’économie.Dans les I^urentides, 50 700 emplois seront à pourvoir, essentiellement par des diplômés du secteur professionnel ou technique.Déjà, avec un taux de chômage de 6,5 %, ce que la ministre des Finances considère comme le plein emploi, le recrutement de la main-d’œuvre est parfois difficile et la tentation d’embaucher les jeunes avant qu’ils aient leur diplôme en poche est grande.La situation qui prévaut dans la région pourrait être révélatrice des problèmes que le Québec est susceptible de rencontrer dans sa marche vers le plein emploi.VOIR PAGE A 8: EMPLOIS ÉCONOMIE 2002, l’année des grands chantiers pour la SGF ¦ À lire en page C 1 » 91107343 LE DEVOIR.LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 DÉCEMBRE 2002 A 2 LES ACTUALITES Réforme des institutions démocratiques Le PQ s’engage dans une réflexion interne BILAN La CSN se dresse devant l’ADQ KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le Parti québécois ne fera le débat sur la réforme des institutions démocratiques qu’après la tenue des états généraux sur la question, soit lors de son congrès d’orientation de mars.«C’est vrai qu’on n’a pas déposé de mémoire à la commission parlementaire et à la commission Béland, mais on va beaucoup participer au débat en s’engageant dans une réflexion à l’interne», a affirmé hier Luc Trottier, directeur des communications au Parti québécois.M.Trottier réagissait à l’article publié la veille dans Le Devoir sur le fait que le PQ «n’a pas cru bon» de donner son point de vue sur la démarche engagée par le ministre responsable de la réforme des institutions démocratiques, Jean-Pierre Charbonneau.Pour ce dernier, il n’y a aucune incohérence à débattre de la question deux semaines après que les états généraux ont eu lieu.Si le PQ souhaite influencer la population, «il est aussi là pour se laisser influencer parla société civile», estime-t-il.«Un parti qui veut être à l'écoute des citoyens va devoir se brancher sur l’exercice des états généraux», ajoute M.Charbonneau.Pour le ministre responsable, il est trop tôt pour dire que le PQ se détourne de la «révolution démo- Jean-Pierre Charbonneau cratique» qu’il souhaite mettre en place.Le moment de vérité sera le congrès d’orientation.«Je ne serai rassuré qu'à l'issue des états généraux et du congrès d'orientation.Je vois bien qu’il y a des résistances même au Parti québécois.Tout le monde n’est pas au même diapason.Moi, mon camp est clair, c’est celui du changement.Je n’ai pas envie de sortir du congrès d’orientation comme étant le parti du statu quo qui propose le mode de scrutin britannique et le système parlementaire d’origine britannique», affirme Jean-Pierre Charbonneau.Quant au fait que le Parti libéral et l’Action démocratique ait jugé important de faire valoir leur opinion principalement sur la réforme du mode de scrutin, M.Charbonneau souligne que, sur ce point, «le Parti québécois avait un rattrapage à faire».«Le PQ avait ajourné ce débat-là jusqu’à après la souveraineté.[.] C’est clair que le Parti québécois, par rapport à l'ADQ ou même aux libéraux, avait un retard: le mode de scrutin, on n’en parlait plus depuis des années», rappelle-t-il.M.Charbonneau souligne toutefois que les deux partis adverses, qui ont été desservis par le mode de scrutin lors des élections de 1998, n’ont rien fait pour que la question soit mise en avant; aucune question n’a été soulevée en Chambre et le caucus libéral a refusé de rencontrer les membres de la commission Béland, par exemple.TOMMY CHOUINARD LE DEVOIR La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, envisage la création d’une vaste coalition de centrales syndicales et de groupes communautaires afin de dénoncer les propositions de l’Action démocratique du Québec (ADQ) et d’empêcher une victoire du parti de Mario Dumont aux prochaines élections provinciales.La CSN pourrait même proposer un vote stratégique à ses membres lors du scrutin, ce qui constituerait une toute nouvelle orientation pour ce syndicat.«Tous ce champ est ouvert.Je pense qu’il y a lieu de bien mesurer les changements qui sont proposés par l’ADQ parce que les risques sont extrêmement importants pour la société québécoise.L’ADQ présente un programme radicalement à droite, en rupture totale avec nos valeurs collectives», a affirmé hier Claudette Carbonneau lors d’une conférence de presse où elle a dressé un bilan de l'année 2002 à la CSN, une année de «grand cru» pour les luttes syndicales, au cours de laquelle 1100 travailleurs ont été en grève ou en SERVICE À LA CLIENTÈLE - LE DEVOIR HORAIRE DU TEMPS DES FÊTES Lundi, 30 décembre: 7h30 à 17h30 Mardi, 31 décembre: 7h30 à 12h00 *** Mercredi, 1er janvier: Fermé Jeudi, 2 janvier: Fermé Vendredi, 3 janvier: 7h30 à 16h30 *** Pour être effectives le 3 janvier, les demandes d'arrêts temporaires de livraison par camelot doivent nous parvenir au plus tard le 31 décembre avant IDhOO.LE DEVOIR DIRECTEMENT DE L'IMPORTATEUR 'jm c E l E M B R E 2 O O 2 A A Gambard LE DEVOIR Vente et service technique de Rolex *0-A Rl'E CATHCART MONTRÉAL CHXTRE VILLE • TEL 866-«'6 ACTUALITES LE CLONAGE avec Bernard Derome Des idées plein la tête DIMANCHE 13h #100 rjm msn» 11 HISTORIQUE La surenchère scientifique sur le clonage Ils sont trois en lice dans la course au clone: Raël, Severino Antinori et Panos Zavos «Aujourd’hui, c’est mon jour!», premier bébé clone.DAVID FRIEDMAN REUTERS a lancé hier en conférence de presse Brigitte Boisselier lors de l’annonce de la naissance du Portrait de Brigitte Boisselier, présidente de la société de clonage humain Clonaid Celle par qui passe le frisson LIBERATION La dernière fois quelle est apparue en public, lors d’une audition au Sénat américain en mars 2001, elle était sur la défensive et ses longs cheveux étaient noirs.Hier, lors de la conférence de presse qu’elle donnait dans un hôtel d’Hollywood en Floride, elle rayon-nait, et ses cheveux étaient orange et blanc.Brigitte Boisselier, directrice scientifique de Clonaid, annonçait entre deux rires d’un bonheur visible, la naissance du premier clone humain: «AujourdTtui, c’est mon jour!», commence-t-elle de sa voix d’aéroport, devant un parterre de journalistes extrêmement sceptiques, et pour cause.Clonaid est liée à la secte des raé-liens, qui affirme que le monde a été créé par des extra-terrestres.«Le premier bébé clone est né.Elle est née hier, à llh 55 du matin.dans le pays dans lequel elle est née.» Boisselier ne donne pas le nom de l’enfant proposant «Eve».Elle concède quelques détails: les parents sont Américains.L’enfant est le clone de sa mère, sa jumelle identique.Elle a été conçue à partir d’une cellule de la peau, suivant un procédé similaire à celui de la brebis Dolly.Sa mère a déjà eu une fille d’un premier mariage, mais son second mari est stérile.Promesse Boisselier ne fournit aucune preuve, promettant de laisser traveller une commission de scientifique sélectionnée par un journaliste pigiste de télévision, Michael Guillen.Ce dernier passe au micro et affirme gauchement à ses confères qu’il a posé à Clonaid deux conditions: travailler sans contrainte, pouvoir choisir des scientifiques indépendants.La salle veut lui poser des questions, il s'enfuit: «Ce n’est pas ma conférence de presse.» Boisselier promet la preuve attendue pour dans «huit à neuf jours», ,et elle espère que les parents d’«Eve» finiront par présenter leur enfant au public.L’effet Brigitte Boisselier est une autre fois réussi.Portrait d’une femme mystérieuse Avant de rejoindre les raéliens, Brigitte Boisselier, 46 ans, n’avait rien d’une apprentie sorcière.Jusqu’en juillet 1997, celle qui vient d’annoncer la naissance d’un premier clone humain était cadre supérieur chez Air Liquide, responsable des ventes de gaz pour la ré-gion lyonnaise.Propulsée «évêque» de la secte, directrice scientifique puis p.-d.g.de la société Clonaid, on la voit désormais partout sur les sites raéliens, posant près d’un microscope.Brigitte Boisselier est une vraie chimiste.Originaire de Haute-Marne, elle a fait ses études scientifiques à l’Université de Dijon, où elle a obtenu un doctorat en chimie analytique en 1985.«Elle est partie à Houston faire un postdoctorat, et à son retour, elle a été engagée par Air Liquide», raconte un ancien collègue.Sa spécialité était donc le gaz et «toutes les méthodes permettant de séparer les mélanges gazeux».Elle va passer dix ans au Centre de recherche d’Air Liquide, à Loges en Josas, dans les Yvelines, tout en collaborant aux travaux du laboratoire d’ingénierie moléculaire pour la séparation des gaz (IM-SAG) de l’Université de Dijon.Elle y cosigne plusieurs brevets.Et son mari d’alors suit le même parcours.«Ses recherches n 'avaient absolument aucune application biologique ou biomédicale», relève un des chercheurs de l’Université de Dijon.On appréciait alors sa
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