Le devoir, 29 janvier 2007, Cahier A
OLYMEL: UN SURSIS POUR VALLÉE-JONCTION PAGE A 3 -?www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR V o L .X C V 1 I 1 N ' 1 7 ?LE LUNDI 29 JANVIER 2007 88c + TAXES = 1$ manque selon le ministère ROBERT DUTRISAC Québec — Il manque de l’argent en santé mentale, et le gouvernement devra investir davantage pour appliquer son plan d’action 2005-2010.Mais la solution à la piètre accessibilité aux services passe avant tout par un transfert d’une partie des ressources des deuxième et troisième lignes vers la première ligne, et de Montréal et Québec vers les autres régions, soutient-on au mi-nistère.Malgré La moitié des psychiatres du Québec travaillent à Montréal, qui ne compte pourtant que le quart de la population québécoise Annonces.B 4 Avis publics.B 6 Décès.B 4 Météo.B 5 Mots croisés.B 5 Sudoku.B 4 Télévision.B 7 Irak : la mort aux portes de Vécole l’opposition des psychiatres qui s’élèvent contre ce «démantèlement» de leurs équipes.«On suffit mal à la demande, c'est tout à fait vrai.Et une partie de cette incapacité de suffire à la demande découle du fait qu’il n’y a pas de première ligne.C’est l’œuf ou la poule», a souligné le directeur de la santé mentale du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), le Dr André Delorme, au cours d’un entretien avec Le Devoir.C’est en 2005 que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a dévoilé le plan d’action en santé mentale qui prévoit le renforcement de la première ligne par un transfert du tiers des ressources — psychologues, travailleurs sociaux, infirmières spécialisées, etc.— épaulant les psychiatres et les pédopsychiatres de la deuxième et troisième lignes.Dans les faits, ce n’est qu’en 2007 que ce virage doit s’effectuer.Il a déjà commencé à Québec et doit se faire à l’automne à Montréal.Or les psychiatres s’insurgent, invoquant le manque actuel de ressources des deuxième et troisième lignes.On accuse le ministre de vouloir déshabiller Pierre pour habiller Paul.Le manque de ressources est réel et frappe surtout la pédopsychiatrie.Selon les calculs du ministère, le gouvernement devrait consacrer 115 $ par habitant pour appliquer son plan d’action de façon optimale.VOIR PAGE A 8: SANTÉ INDEX WISAN SAM! AGENCE FRANCE-PRESSE Cette jeune Irakienne enjambe une mare de sang à l’entrée de son école, où cinq fillettes sont mortes lors d’une attaque au mortier, à Bagdad.Le pays a connu une énième journée d’horreur hier, alors que plus de 250 insurgés auraient été tués dans de violents combats avec les forces irakiennes soutenues par l’aviation américaine, au nord de la ville sainte chiite de Najaf, dans le centre de l’Irak.Les autorités sont sur le pied de guerre pour éviter tout attentat lors des cérémonies chiites d’Achoura qui attirent à Kerbala des centaines de milliers de pèlerins venus commémorer la mort de l’imam Hussein en 680.250 «insurgés» auraient été tués dans des combats à Najaf CLAUDE LEVESQUE Irak a connu hier une nouvelle flambée de vio-' lence, au lendemaip d’une série de manifestations antiguerre aux Etats-Unis et à la veille de l’Achoura, un des temps forts du calendrier chiite.Le principal affrontement rapporté hier a opposé les forces de sécurité irakiennes, appuyées par l'aviation américaine, à des combattants dans la région de Najaf, au sud de Bagdad, alors que des centaines de milliers de pèlerins affluaient vers une autre ville sainte chiite, Kerbala.Selon des sources militaires irakiennes, ces combats se seraient soldés par la mort d'au moins 250 «insurgés» La chute d’un hélicoptère participant à ces opérations a coûté la vie à deux militaires américains, selon l’armée qui n’a pas précisé si l’appareil était tombé à la suite d’un accident ou d’un tir.La veille, sept autres militaires américains avaient perdu la vie dans trois incidents différents.Ces décès portent à plus de 3080 le nombre des soldats américains tués en Irak depuis le début de la guerre en mars 2003, selon un décompte de l’Associated Press.La confusion régnait hier sur l’identité des insur- Un million et demi de pèlerins chiites seraient arrivés hier à Kerbala gés à l’œuvre dans la région de Najaf, dont le nombre pourrait atteindre le millier.Le gouverneur de la province, Assad Abou Gilel, a déclaré que les forces irakiennes avaient affronté un groupe de sunnites comprenant des combattants étrangers, ajoutant que les autorités avaient déjoué un complot visant à tuer des dignitaires chiites, dont l’ayatollah Sistani, selon le réseau CNN.En fin d’après-midi, des rumeurs circulaient en effet selon lesquelles certains activistes tentaient de gagner Kerbala, à une soixantaine de kilomètres au nord de Najaf.De sources proches d'un parti chiite, on a plutôt affirmé que des sunnites et des chiites, fidèles à un imam nommé Ahmed Hassani al-Yemeni, qui se prétend le représentant du Mahdi, r«imam caché» dont les chiites souhaitent le retour sur terre, figuraient parmi les combattants.Selon une source municipale, jusqu’à un miltion et demi de pèlerins chiites seraient arrivés hier à Kerbala pour célébrer jusqu’à ce soir, sous la protection de quelque 11000 soldats et policiers, la fête de l’Achoura.Celled commémore le martyre de l’Imam Hussein, petit-fils de Mahomet lors de la bataille de Kerbala au VH' siècle.VOIR PAGE A 8: IRAK Layton prêt à appuyer le budget Harper Le NPD a déjà commencé les discussions avec les conservateurs ALEC CASTONGUAY Ottawa—A l’heure où les députés fédéraux reprennent le che min d’Ottawa aujourd’hui pour une nouvelle session parlementaire, le chef du NPD, Jack Layton, se dit prêt à appuyer le gouvernement Harper pour quH survive au vote de confiance sur le budget, qui aura lieu ce printemps, «s’ü procure des résultats concrets pour les citoyens».Les discussions avec les conservateurs ont d’ailleurs déjà commencé et vont s’intensifier au cours des prochaines semaines, a affirmé Jack Layton lors d’une entrevue avec Le Devoir.Depuis la défection du député libéral Wajid Khan vers les conservateurs, le NPD se retrouve avec une balance du pouvoir claire et nette, pouvant donc assurer la sur- CHRIS WATTIE REUTERS Le chef du NPD, Jack Layton vie du gouvernement Harper.Et Jack Layton entend en profiter, comme il l’avait fait en 2005, lorsqu’il avait contraint les libéraux de Paul Martin à modifier leur budget.«La balance du pouvoir nous VOIR PAGE A 8: LAYTON Un scrutin au printemps serait inutile, selon Harper, page A 2 L’ENTREVUE La fascination du mensonge et de la perfidie Le dramaturge et cinéaste Neil LaBute jette un regard violent sur ses contemporains Véritable phénomène américain, Neil LaBute navigue avec aisance entre Hollywood, New York et les petits théâtres de Dublin.On lui doit des films comme In the Company of Men, Prix des réalisateurs au Festival de Sundance en 1997, et Nurse Betty, Palme d’or du scénario en 2000.À Québec, le metteur en scène Frédéric Dubois monte présentement The Shape of Things, La Forme des choses dans sa version québécoise traduite par Paul Lefebvre.PATRICK CAUX J y aime la traîtrise, / le mensonge», déclare le dramaturge Neil LaBute, joint par Le Devoir à l’aéroport de Chicago où il attendait un vol pour Londres.«Chaque jour, je tente de trouver des malentendus entre des personnages.En fait, je cherche à créer des conflits pour écrire deux heures d’action juteuse.Je comprends la capacité qu ’ont les gens à être bons ou mauvais.«Ce n’est pas une question de morale, c’est plutôt une affaire de tension dramatique.C’est franchement plus VOIR PAGE A 8: LABUTE Neil LaBute IVAN KYNCL ««*•••• • MO • ( • « *•••• • •••• wr V • «Mit, •• *«».• •••••H» • OOMH'i • ••••#•» **•!! HOMIER-ROY 5 LJ Aujourd’hui à 8h45 I I Le nouveau roman de l’auteur de La vie, la vie, Stéphane Bourguignon Réalisation: Louiso-Renéo Bessette ill'95,1 PREMIERE CHAINE www.radio-canada.ca/bienmeilleur 4 778313000641 LE DEVOIR, LE LUNDI 29 JANVIER 2007 A 2 LES ACTUALITES Un scrutin au printemps serait inutile, selon Harper Des élections précipitées ne conduiraient qu’à un autre gouvernement minoritaire ISABELLE RODRIGUE Ottawa — Avec le budget au centre de ses priorités en cette rentrée parlementaire, le premier ministre Stephen Harper met en garde les partis d’opposition de ne pas précipiter la tenue d’une élection de façon «irresponsable», allant jusqu’à prédire qu’une élection ce printemps ne «ferait qu’élire un autre gouvernement minoritaire» à Ottawa.C’est effectivement sur fond de rumeurs d’élection que les députés fédéraux reprennent les travaux à la Chambre des communes, aujourd’hui.L’environnement et le règlement du déséquilibre fiscal domineront les débats, jusqu’au dépôt du budget vers la fin du mois de février ou en mars.C’est ce budget qui fera la pluie ou le beau temps sur la scène politique fédérale.Pour survivre, le gouvernement Harper doit absolument convaincre au moins un parti d’opposition de l’appuyer, à défaut de quoi des élections seraient inévitables, puisque le vote sur le budget est une question de confiance.Mais, déjà, les partis d’opposition, les libéraux en tête, laissent planer la possibilité de s’opposer à ce deuxième budget Harper.De l’avis du premier ministre, il s’agit là d’un flagrant manque de respect envers les électeurs.«Les partis d’opposition se doivent d’expliquer comment, deux mois avant même de voir le budget, ils parlent de le défaire, a fàit valoir le premier ministre en entrevue à la Presse canadienne, la semaine dernière.Ne devraient-ils pas, en tout respect de la population, attendre de voir le budget et ensuite se prononcer?«N’ont-ils pas la responsabilité d’expliquer au public canadien pourquoi il devrait y avoir une élection, ce que serait la justification d’une élection, d’autant plus que le résultat serait, au bout du compte, d’élire un autre gouvernement minoritaire», a poursuivi le premier ministre, qui tenait ces propos après avoir souligné qu’il ne se préoccupait pas vraiment des sondages sur la popularité de son gouvernement M.Harper est catégorique et répète, depuis des semaines, qu’il ne souhaite pas d’élection cette année.Reste à savoir si les chefs des trois partis d’opposition sont du même avis.Bien que la fièvre électorale semble avoir baissé d’un cran récemment il ne suffit que d’un désaccord important pour changer la donne, dans une situation de gouvernement minoritaire.Les sondages montrent que les conservateurs et les libéraux sont q égalité, une tendance qui ne semble pas fléchir.A gauche du spectre politique, le Nouveau Parti démocratique (NPD) peine à conserver ses appuis, qui fuient vers les libéraux ou en faveur du Parti vert.Au Québec, le Bloc québécois semble maintenir ses acquis.L’environnement au centre des discussions Les difficultés des conservateurs à convaincre les électeurs de leur faire confiance sont plus importantes au Québec, dans la grande région de Toronto, et dans les grands centres urbains.Pour faire des gains dans ces secteurs, les conservateurs misent beaucoup sur leur «nouvelle» priorité, l’environnement Mais ils ne sont pas seuls sur ce terrain qu’ils avaient délaissé l’an dernier, un terrain déjà largement occupé par les trois partis d’opposition.«On a tous les outils à notre disposition pour faire une campagne énergique et faire la démonstration que le discours environnemental, tant du gouvernement Harper que de M.[Stéphane] Dion, n’est ni plus ni moins que de la poudre aux yeux et qu’il vise au fond à aller chercher des votes», déclarait la semaine dernière le député Bernard Bigras, du Bloc.Les députés des quatre partis s’affronteront sur la question des changements climatiques dès aujourd'hui, lors de la première séance du comité parlementaire sur le projet de loi des conservateurs sur la qualité de l’air.Jusqu’à présent le NPD mène la charge et exige des amendements précis pour s’attaquer dès maintenant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.Autres priorités Les conservateurs mettront l’accent sur l’environnement, mais aussi sur l’énergie et l’économie, ont-ils laissé entendre en marge du caucus, la semaine dernière.Ils n’oublieront pas leurs autres priorités, comme l'adoption des projets de loi en matière de justice criminelle et leurs promesses de réforme démocratique.Et c’est sans compter les baisses d'impôt, la réforme de la formule de la péréquation et le règlement du déséquilibre fiscal, qui devraient tous se retrouver dans le prochain budget Les partis d’opposition essaieront pour leur part de donner le ton et d’imposer d’autres débats.Les libéraux ont ciblé quatre priorités, dont la mission en Afghanistan.«L’important, c’est que les Canadiens sachent comment on dirige la mission [en Afghanistan], où l’argent est dépensé, si nos troupes sont en sécurité et si nous avons des critères pour mesurer nos succès et nos progrès», disait le chef adjoint des libéraux, Michael Ignatieff, la semaine dernière, pour expliquer ce que les libéraux tenteraient d’accomplir.Le Bloc ciblera surtout le déséquilibre fiscal et la question environnementale.Presse canadienne Des pédalos qui glissent - "T;.A JACQUES GRENIER LE DEVOIR LA FETE des neiges de Montréal, qui célèbre cette année son 25' anniversaire, a décidé de repenser l’utilisation du pédalo, pour en faire une version hivernale pour toute la famille.Hier, au parc Jean-Drapeau, les parents poussaient l’embarcation tandis que les enfants devenaient des pilotes de course sur une piste enneigée.La Fête des neiges, qui débutait samedi, se poursuit jusqu ’au 11 février avec une myriade d’activités au menu.Yves Bolduc est choisi candidat pour le PLQ dans Lac-Saint-Jean Québec — Un médecin et coroner du Saguenay, Yves Bolduc, sera candidat pour le Parti libéral du Québec (PLQ) aux prochaines élections.Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a présenté hier le candidat du PLQ pour la circonscription du Lac-Saint-Jean, une forteresse péquiste.Médecin omnipraticien depuis 1981, M.Bolduc est coroner depuis 1985 et directeur des services professionnels au Centre de santé et services sociaux Lac-Saint-Jean-Est depuis 1994.Président de l’Association des Conseils des médecins, dentistes et pharmaciens du Québec depuis 2002, il est également président du comité régional de bioéthique du Saguenay-Lac-Saint-Jean.Le PLQ ne dispose actuellement que de EN BREF deux députés dans la région du Sa-guenay-I nc-Saint-Jean et la circonscription de Lac-Saint-Jean.La circonscription est actuellement représentée par le député péquiste Stéphan Tremblay qui a annoncé son départ-PC L’épouse du maire de Mirabel sera candidate libérale Mirabel — Ritha Cossette, épouse du maire de Mirabel et ancien candidat de l’Action démocratique, Hubert Meilleur, représentera le Parti libéral du Québec dans la circonscription de Mirabel lors des prochaines élections générales.Mme Cossette, dont l’assemblée d'investiture s’est tenue hier à Saint-Be-noît-de-Mirabel, est professeure de philosophie.Elle tentera de ravir la circonscription de Mirabel au Parti québécois.La dépu- tée actuelle, Denise Beaudoin, a été élue en 2003.- PC Le CTC réclame de vrais gains Ottawa — Le plus grand regroupa ment de centrales syndicales au pays, le Congrès du Travail du Canada (CTC), espère que le gouvernement fédéral se préoccupera plus des questions touchant les travailleurs en 2007.Au cours d’une entrevue, diffusée hier sur les ondes de MTR le porte-parole du CTC, Jean Wolff a dit que les syndicats voulaient convaincre la classe politique que le temps de «se concentrer sur les préoccupations des travailleurs et de leur famille» était venu.Le CTC réclame par exemple du gouverne ment fédéral qu’il oblige les cadres supérieurs des entreprises à payer de l’impôt sur 100 % de leurs gains en capital tandis que les salariés ne seraient imposés que sur la moitié de leur revenu.- PC & Jetta TDI ou à essence, seulement 2,9 % à rachat.Une offre aussi puissante et économique que nos moteurs.(Mi % ** La Jetta.Nul besoin d'y goûter financièrement pour goûter aux plaisirs de conduire.Gavez-vous de route avec le célèbre TDIMD qui offre une autonomie allant jusqu'à 1000 km1 avec un seul plein.Ou mordez agressivement dans le bitume avec un moteur à essence 2,5 L ou 2,0 L turbo.Sans compter la panoplie de petites attentions prêtes à prendre la route : dispositif antipatinage, sièges avant chauffants, rétroviseurs extérieurs chauffants, toit ouvrant et vitres électriques, pour ne nommer que celles-là.La table est mise, n'attendez plus pour en faire l'essai.Jetta TDI' Taux de 2,9 % 4 ans /80 000 km+t Garantie limitée du véhicule neuf Visitez vwca ou appelez au 1 888 ROULE VW pour plus de détails.« « L E DEVOIR.LE LUNDI 29 JANVIER 2007 ACTUALITES A 3 VALLÉE-JONCTION Chantal Hébert L’anglais de Dion, le français de Baird ans le passé, personne n’a jamais accusé Stéphane Dion de manquer d’aplomb.Au contraire, son inébranlable assurance a parfois fait partie des traits moins attachants de sa personnalité politique.Voilà pourtant qu’en l’écoutant énoncer sa position sur l’Afghanistan la semaine dernière, mon collègue du Calgary Herald, Don Martin, a trouvé le nouveau chef libéral aussi peu convaincant que confus.Ce sentiment ne s'est pas retrouvé dans les comptes rendus des médias francophones.Et pour cause.Ce n’est pas tant la position libérale sur l’Afghanistan qui est incertaine que la maîtrise de l’anglais de Stéphane Dion qui est approximative.?On peut se réjouir de ce que le bilinguisme ait fait suffisamment de chemin pour qu’on ne puisse plus présumer qu’un francophone sera automatiquement plus bilingue que son équivalent anglophone.C’est ainsi que M.Dion — seul francophone de souche sur les rangs de la succession de Paul Martin — n’était pas le plus bilingue des candidats en lice.La palme revenait plutôt à Michael Ignatieff et Bob Rae.Le fait est cependant qu’aujourd’hui, le PLC a un chef qui est moins à l’aise en anglais que son équivalent souverainiste Gilles Duceppe et moins performant dans sa langue seconde que Stephen Harper ne l’est en fiançais.Dans le meilleur des cas, l’obligation de maîtriser une langue seconde a tendance à clarifier le propos d’un individu.L’absence de vocabulaire est pour quelque chose dans le style direct des interventions en fiançais du premier ministre.Mais Stephen Harper a trouvé un style qui lui permet de faire passer ses idées sans s’enfarger dans une syntaxe qu’il ne maîtrise pas toujours.Le fait que le chef conservateur ait tendance à voir le monde en noir et blanc constitue à cet égard un atout Stéphane Dion n’en est pas là.Quand il improvise en anglais, son propos s’égare souvent dans des méandres linguistiques plus ou moins utiles.Plus sa pensée est complexe, plus elle devient difficile à suivre.À défaut de trouver le mot juste, le chef libéral retombe parfois dans des approximations qui donnent des allures simplistes à des idées qui sont d’autre part très nettes en français.Le même travers, en fiançais, avait contribué à renforcer l’impression de confusion qui se dégageait de Paul Martin.Le style ampoulé de l’ex-premier ministre avait également eu pour effet de donner une grosse longueur d’avance à Gilles Duceppe à l’occasion des débats des chefs en fiançais des deux dernières campagnes électorales.Ce ne sera manifestement pas le cas maintenant que Stéphane Dion est sur les rangs.En anglais par contre, il va devoir mettre les bouchées doubles d’ici à la prochaine campagne pour ne pas se faire manger tout rond, d’autant qu’il a affaire à un adversaire conservateur qui compense son absence de charisme en ne parlant pas pour ne rien dire.Dans l’état actuel de son anglais, le chef libéral pourrait avoir de la difficulté à tirer son épingle du jeu des débats.Ces jours-ci, M.Dion dispose d’un évident capital de sympathie.Mais il doit encore le traduire en votes.Sa victoire au leadership va à contre-courant d’un sentiment répandu au sein de l’électorat canadien, à savoir qu’il ne serait pas plus mal de passer un tour ou deux avant de revoir un premier ministre issu du Québec au pouvoir.Le public anglophone est notoirement indulgent en matière linguistique.Les électeurs de l’extérieur du Québec ont bien moins tenu rigueur à Jean Chrétien de la qualité exécrable de son anglais que les Québécois de celle — médiocre — de son français.Au fil de six années de présence presque hebdomadaire à la télévision anglaise de Radio-Canada, personne ne m’a jamais reproché mes nombreuses défaillances en anglais.Cela dit, les difficultés en français de Paul Martin ont considérablement nui à son message au Québec, et le mêmç travers pourrait jouer de mauvais tours à M.Dion.A preuve, l’impression de contre-performance qui s’est dégagée de certaines de ses interventions en anglais la semaine dernière.Au début de la campagne au leadership libéral, plusieurs commentateurs francophones avaient constaté que leurs collègues anglophones ne remarquaient pas les bonnes prestations de Stéphane Dion, notamment parce qu’il était à son summum en français.?Certains s’étonneront de ce qu’après une décennie en politique fédérale, le chef libéral ne soit pas plus à l’aise en anglais.Mais au fil des années, Stéphane Dion a passé davantage de temps sur les barricades québécoises que dans les tranchées canadiennes.Comme ministre aux Affaires intergouvernementales, c’est à ce titre qu’il a croisé le fer aux Communes avec le Bloc québécois.Dans ses fonctions subséquentes à l’Environnement, on ne peut pas dire qu’il ait eu à subir de très longs interrogatoires de la part de l’opposition conservatrice.Comme chacun sait, l’intérêt de Stephen Harper pour tout ce qui est vert est récent En fait cet intérêt a coïncidé avec l’arrivée à la tête du PLC de Stéphane Dion.Ce n’est pas un accident si, au début de l’année, le premier ministre confiait l’environnement à un de ses ministres les plus bilingues et les plus agressifs.A compter d’aujourd’hui, John Baird — un ancien membre des gouvernements de Mike Harris — est en mission commandée pour déboulonner le piédestal vert du chef libéral.En Chambre, c’est David McGuinty — frère du premier ministre ontarien du même nom — qui va lui donner la réplique pour l’opposition libérale.Signe des temps, ces deux frères ennemis ontariens sont plus bilingues que leurs chefs respectifs! chebertfcthestar.ca Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.Les syndiqués ont 48 heures pour accepter la nouvelle offre d’Olymel Si elle est rejetée, l’offre sera retirée et l’usine fermera ses portes ALEXANDRE SHIELDS L* usine d’Olymel de Vallée-Jonction, en Beau-r ce, a reçu hier un sursis de 48 heures, le temps que les employés se prononcent sur une version «bonifiée et réaménagée» de l’offre patronale, qui comprend des baisses de salaires moins élevées et étalées sur une plus longue période.Les travailleurs ont jusqu’à demain après-midi pour se prononcer sur cette nouvelle proposition.Si elle est rejetée, elle sera retirée et l’usine fermera ses portes, point à la ligne.Cette nouvelle offre comporte plusieurs aménagements, de sorte qu’elle permettrait de réduire l’impact sur le revenu net des employés.Auparavant, les concessions demandées équivalaient à une réduction d’environ 140 $ du salaire hebdomadaire.La direction propose désormais de ramener «jusqu’à 50 $» par semaine l’impact sur la paye nette des employés des concessions demandées.«Il s’agit d’une proposition finale qui représente le maximum de ce qu’Olymel peut consentir pour poursuivre ses opérations dans des conditions viables, sauver tous les emplois, faire face à la crise qui frappe l’industrie porcine et mettre fin à un historique de pertes de plus de 50 millions de dollars au cours des trois dernières années seulement dans cette usine», a fait valoir hier le président-directeur général d’Olymel, Réjean Nadeau.Il a aussi évoqué brièvement l’idée de développer davantage les installations de Vallée-Jonction pour répondre à la demande internationale.«Ces propositions permettront à nos travailleurs de Vallée-Jonction de demeurer les mieux rémunérés de l’ensemble de l’industrie nord-américaine», a également déclaré M.Nadeau.Selon les chiffrés dévoilés par la direction, le coût horaire global payé par Olymel, qui est présentement de 28,43 $, passerait ainsi à 22,38 $.Le p.-d.g.d’Olymel a du même coup affirmé que «la moyenne de l'industrie nord-américaine se situe à 19,64 $».Dans le cadre de la médiation, l’entreprise aurait aussi accepté de réduire la durée de la convention collective de dix à sept ans, selon les informations disponibles hier.«La proposition d’Olymel permet de réunir les JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lucien Bouchard, négociateur et porte-parole ossier de Vallée-Joi d’Olymel dans le dossier ( Jonction conditions nécessaires à l’atteinte des objectifs d’Olymel de réduction de ses coûts, assurant ainsi la poursuite des activités à l’usine de Vallée-Jonction [.].Nous reconnaissons que nous demandons un effort important aux travailleurs, mais c’est la seule façon de sauver les emplois, de s’inscrire dans la durée et de demeurer compétitifs dans un marché où la concurrence est féroce», a expliqué par la suite l’ancien premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, qui est négociateur et porte-parole d’Olymel dans ce dossier.Règlement sur le fumier solide Réaction syndicale Le président du syndicat des travailleurs d’Olymel de Vallée-Jonction, Gino Provencher, s'est toutefois dit déçu que les pourparlers avec la direction n’aient pas permis d’en arriver à une entente de principe.Par conséquent, il a indiqué hier que les travailleurs seraient appelés à se prononcer, au scrutin secret, sur la nouvelle proposition de l’employeur lors d’une assemblée générale qui se tiendra demain en début d’après-midi.Il a d’ailleurs jugé cette offre décevante.«Malgré quelques modifications, la deuxième offre globale reste loin de nos attentes», a-t-il déploré hier, se refusant à tout autre commentaire.Cette offre est justement valable jusqu’à demain 16 h, point final.«Les employés font donc face à un choix clair: soit accepter les conditions de sauvetage de l’usine, soit les rejeter et décider ainsi de sa fermeture définitive», a prévenu Réjean Nadeau.Il a expliqué que l’entreprise devait rendre des comptes à ses clients japonais, qui ne tolèrent pas qu’on entretienne indéfiniment un flou sur la surrie de l’usine.Avant les rebondissements d’hier, la direction de l’entreprise demandait aux employés des réductions salariales hebdomadaires de l’ordre de 30 %.Les employés de l’usine d’Olymel de Vallée-Jonction avaient voté à 99 % contre ces concessions.Ils avaient ainsi envoyé un message on ne peut plus clair à la direction: ils refusaient de devoir porter tout le poids des pertes financières de l’entreprise dans un contexte où même les offres patronales ne contenaient aucune promesse de survie de l’entreprise.Olymel affirme avoir enregistré une perte de 13,6 millions en 2006 à cette usine de Vallée-Jonction, et des pertes de 50 millions depuis trois ans.Dans le cas où l’on annoncerait la fermeture, Olymel déplacerait certaines activités de transformation de porc frais à Red Deer, en Alberta.Jeudi dernier, les producteurs de porcs du Québec, par la voie de leur fédération et de l’Union des producteurs agricoles, ont d’ailleurs fait savoir que l’absence d’une entente chez Olymel constituait une menace pour l’avenir de toute la filière porcine au Québec.Le Devoir Claude Béchard rencontrera cette semaine le préfet de la MRC de Kamouraska LOUIS-GILLES FRANCOEUR Le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Claude Béchard, rencontrera cette semaine le préfet de la MRC de Kamouraska et d’autres dirigeants du monde municipal qui ont ouvert une véritable crise politique avec Québec en adoptant un règlement qui obligera les futurs établissements porcins à opérer sur fumier solide.La ministre des Affaires sociales, Nathalie Normandeau, a désavoué le projet de règlement de la MRC de Ka- mouraska même s’il avait fait l’objet d’un large consensus social et qu’on ne lui connaît comme adversaire que le lobby agricole, qui n’est d’ailleurs pas homogène, car plusieurs agriculteurs ont appuyé le projet de règlement La production sur fumier solide est très marginale au Québec.On ne connaît qu’un établissement important qui l’utilise, situé à Saint-Jean-de-Matha.La tendance dans l’industrie agricole est plutôt à la gestion liquide, car, faute d’intervention musclée et à temps de l’Environnement, il y a deux ou trois ans, la production bovine et laitière est en train de passer des fumiers solides à une gestion liquide, ce qui multiplie de façon importante les quantités de déjections à épandre.Le ministre Béchard a déclaré hier au Devoir, en marge d’une conférence de presse à Montréal, qu’il espérait parvenir à dégager avec les élus locaux une solution acceptable sur le plan environnemental et qui soit susceptible d’être acceptée par sa collègue Normandeau.Lorsque la MRC de Nicolet a adopté l’an dernier un règlement de zonage plus exigeant que les normes provinciales pour protéger les bandes riveraines de ses principaux cours d’eau, le ministre Béchard est intervenu avec succès en plaidant pour le relèvement des normes de protection, ce que sa collègue Normandeau a fini par accepter.Depuis que la décision de la ministre Normandeau est connue, l’affaire a soulevé une véritable tempête politique le long du golfe.Le projet de règlement bloqué par la ministre a été appuyé depuis par une série de groupes environnementaux et sociaux, y compris des groupes et organismes de la Côte-Nord de la région de Charlevoix.Le Devoir François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.POUR TROUVER UNE SOLUTION
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