Le devoir, 3 février 2007, Cahier F
LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 FÉVRIER 2 0 0 7 ESSAI Petite leçon de démographie Page F 5 LITTERATURE Le nouveau Stéphane Bourguignon Page F 3 I «tipfer Wto^r0^tteâ‘-U'U’Sl et" , deVRu^e \etn« rr»ra^e Pas besoin d’être Elvis Gratton pour admirer la culture américaine, la grande comme la grosse, celle des excellentes productions de l’industrie du divertissement comme celle des artistes de pointe.Ce pays compte plus de Prix Nobel que tout autre et donne encore le la dans d’innombrables disciplines artistiques.Dans son ouvrage pionnier De la culture en Amérique, le sociologue français Frédéric Martel trace le portrait global du système culturel américain, un monde efficace et méconnu où le ministère de la Culture n’est nulle part mais la vie culturelle, partout.object du ,^ott\ture\aïfnCal Aèvnc STÉPHANE BAILLARGEON La vente de plaques d’immatriculation de voitures rapporte environ quatre millions de dollars à la Tennessee Arts Commission, soit environ la moitié de son budget total annuel.Chaque fois que le propriétaire d’un gros VUS ou d’une petite voiture hybride, s’il s’en trouve, décide de personnaliser son véhicule à l’aide d’un des 90 modèles de «vanity plates» à l’effigie des universités ou des corps d’armée, il ajoute environ q,uatre-vingt belles piastres aux frais courants d’immatriculation et fait tinter la grosse caisse de la petite agence culturelle.San Francisco a trouvé un autre moyen pour financer les arts par les «chars».La «taxe touristique» de 14 % s’applique à toute location de voiture et aux nuitées à l’hôtel.La mécanique fiscale, qui n’affecte pas ou si peu les résidants de la ville californienne, rapporte plus de 200 millions de dollars, bon an, mal an, dont 7 % sont réservés aux quelque 225 institutions culturelles de la ville.Le secteur privé américain n’est pas en reste avec une vingtaine de milliards de dons annuels aux arts et à la culture.La manne représente quarante fois le budget du ministère de la Culture et des Communications du Québec et cinq fois le budget du ministère de la Culture de la France (voir le tableau comparatif en page 2).Les quelque 4000 universités et collèges des États-Unis en rajoutent encore.Ds forment les publics de demain, irriguent artistiquement des régions entières avec leurs 700 musées, 110 maisons d’édition et 3500 bibliothèques, dont 65 possèdent plus de 2,5 millions de volumes chacune et 2300 Performing Arts Centers.L’American Repertory Theatre, rattaché à l’université Harvard, jouit d’un budget de neuf millions de dollars, supérieur d’un bon tiers à celui du TNM, notre petit théâtre national.Le Kran-nert Center, lui aussi situé sur le campus de la prestigieuse université, présente 150 spectacles par an et emploie 87 personnes à temps plein.Le vaste réseau post-secondaire américain s’avère d'ailleurs le premier employeur des deux millions d’artistes recensés par le ministère du Travail américain.Vojlà donc comment se finance la culture aux États-Unis.Par les mille et un moyens d’un système global et complexe, efficace et généreux, qu’expose avec maestria le sociologue Frédéric Martel dans son ouvrage pionnier De la culture en Amérique, arrivé ces joursci dans les librairies québécoises.Qu’est-ce qu’on dit?Thank you, sir.Un anti-BHL Ancien attaché culturel de France à Boston, spécialiste de la question homosexuelle en France et du théâtre américain contemporain, journaliste (personne n’est,parfait), il a passé quatre ans à sillonner les États-Unis, parcourant 200 000 kilomètres, réalisant 700 entrevues dans 110 villes, ratissant les centres de documentation pour finalement y dénicher 434 documents d’archives inédits.L’an dernier, Bernard-Henry Lévy a prétendu refaire le voyage de Tocqueville et accouché d’un prétentieux American Vertigo bourré de clichés; cette fois, son compatriote emprunte son titre au grand maître du XIXe siècle, mais pour finalement poncer les poncifs, lancer un monumental parpaing dans la mare aux idées faibles ou fausses et défricher analytiquement de grands espaces, y compris pour les Américains eux-mêmes.«J’ai voulu apporter une explication, non pas favorable ou critique, mais tout simplement objective du système culturel américain», dit le chercheur, joint tard, un soir cette semaine, à Paris.Le prologue de l’ouvrage résume parfaitement cette perspective panoramique en disant que ce livre serait profondément différent s’il ne s’appuyait à chaque page sur une expérience vécue sur le terrain et par une connaissance en situation de ce dont il parle.«En France, nous avons globalement — et moi aussi d’ailleurs — une vision négative des États-Unis à cause de l’impérialisme américain.J’ai essayé de comprendre cette influence au lieu de développer des thèses antiaméricaines.J'ai cherché à comprendre le fonctionnement et l’organisation de la culture dans ce pays.J’ai voulu expliquer la puissance de ses industries culturelles et la force de ses productions élitistes, y compris les critiques de cette société par les Américains eux-mêmes, celles de Noam Chomsky à Michael Moore.» Dès les premières pages, le fin connaisseur français se positionne à l’angle de Broadway et VOIR PAGE F 2: CULTURE f f LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 FÉVRIER 2007 F 2 .LIVRES \ ÏÏŒMMBÊËÊÊ^ États-Unis 300 millions France 63 millions Québec 7,6 millions budget public 30 à 60 milliards soit 100 à 200 S/habitant 17,7 milliards soit 280 $/habitant 2,3 milliards soit 305 {/habitant "Budget prive 19,2 milliards soit 64 S/habitant 0,3 milliard soit 4,7 $/habitant 0,06 milliard soit 8 {/habitant Bibliothèques 320 000 soit une par 2500 habitants 4300 soit une par 14 500 habitants 1100 soit une par 6900 habitants Musees 17500 soit un par 17100 habitants 1200 soit un par 51 500 habitants 420 soit un par 18100 habitants Salles de cinéma 38 800 soit une par 7700 habitants 5300 soit une par 11 700 habitants 855 soit une par 8800 habitants Théâtres lyriques 96 soit un par 3,1 millions d’habitants 15 soit un par 4,2 millions d’habitants 4 soit un par 1,9 million d’habitants Orchestrés 350 soit un par 850 000 habitants 117 soit un par 540 000 habitants 22 soit un par 345 000 habitants Compagnies de danse 250 soit une par 1,2 million d’habitants 203 soit une par 0,3 million d’habitants 18 soit une par 0,4 million d’habitants Compagnies de théâtre 1275 soit une par 235 000 habitants 632 soit une par 100 000 habitants 59 soit une par 155 000 habitants Méfiez-vous tout de même des comparaisons STEPHANE BAILLARGEON Comparaison n’est pas raison.Mais comparer des statistiques culturelles frise la folie.«La comparaison n’a aucun sens», tranche tout simplement le Français Frédéric Martel, docteur en sociologie et auteur du livre-monument De la culture en Amérique (Gallimard), dans lequel il décortique la politique et l’économie culturelles des Etats-Unis.«J’ai pensé comparer les situations dans le premier projet du livre, H y a six ans.Très vite, j’ai compris la futilité de l’exercice.On ne peut pas comparer la France et les États-Unis, qui font dixsept fois mon pays en superficie et cinq fois par le nombre d’habitants.On ne peut pas non plus comparer la France à ce pays très décentralisé, peuplé d’innombrables minorités.La comparaison est donc impossible scientifiquement, mais peut-être acceptable journalistique ment.» [.'Observatoire de la culture et des communica-tiorls du Québec OCCQ) a fourni les données demandées en joignant grosso modo le même avertissement.«Les comparaisons internationales demeurent parfois possibles et même valables, par exemple pour les fréquentations et les habitudes culturelles, commente Benoît Allaire, conseiller principal en recherche de l’OCCQ.Mais il faut toujours demeurer prudents et s’assurer de travailler avec des données comparables.» Il faut toujours demeurer prudents quand on compare l’incomparable Des nuances himalayennes doivent donc être apportées au tableau présenté ci-haut, constitué par Le Devoir pour oseç comparer l’incomparable, soit les situations aux Etats-Unis, en France et au Québec.Prenons le cas des musées.Des 420 institutions recensées au Québec, une toute petite poignée peut se confronter aux meilleurs musées français ou américains.Et encore.Sauf le Centre canadien d’architecture, aucun n’a de collection universelle assez importante pour rivaliser avec les grands dépositaires de la mémoire de l’humanité.En plus, parmi les 420 établissements, on n’en compte qu’un quart accrédités par Québec, le reste étant composés de lieux mineurs.De même, il faudrait regarderie détail des collections des bibliothèques pour juger de cet ensemble.L’état du réseau québécois est proverbialement lamentable, même à l’échelle canadienne, et ce, malgré l’ajout récent de la Grande Bibliothèque.Rapprocher les enveloppes de subventions publiques ne s’avère pas plus simple.Au Québec, le chiffre cité comprend le poids lourd des industries de l’écran (télé et cinéma).Ce n’est certainement pas le cas aux Etats-Unis, où le réseau public PBS compte pour des prunes.Le Devoir UN RECIT BOULEVERSANT Dans ce vibrant témoignage, ÉDITH FOURNIER nous confie son cheminement aux côtés de son conjoint Michel Moreau, cinéaste de métier, atteint des maladies d'Alzheimer et de Parkinson.Histoire d'amour et de métamorphose, ce livre s'adresse à ceux qui cherchent à nourrir leur réflexion dans l'étrange parcours auprès de tout grand malade.LES EDITIONS DE L’HOMME * QUEBECOR MEDIA www.edhomme.com Le Kîbfévrier Edith Fournier Prtfacc dr Charles |u|wt fai commencé mon éternité Survivre au déclin de l'autre au Théâtre de QUAT SOUS Réservations (514) 289-1709 Supplémentaire le lundi 19 février à 20 h FRANÇOISE FAUCHER ET LOUISE LAPARÉ Adaptation et mise en lecture de MARIE-LOUISE LEBLANC CULTURE SUITE DE LA PAGE F 1 de la 46r Avenue, au milieu de Time Square, et il décrit tout ce qui se trouve à sa portée: les comédies musicales présentées par une quarantaine de théâtres et les innombrables salles de cinéma; les sièges sociaux de conglomérats comme Time Warner; les studios des grandes chaînes de télé, CNN, ABC, Fox et MTV; mais aussi le Department of Cultural Affairs (DCA), le bureau municipal qui distribue plus de 150 millions par année à des institutions de la Grosse Pomme comme Carnegie Hall ou le Metropolitan Museum; le Center for Advances Digital Application; le siège du magazine New Yorker, le MoMA tout neuf dans son écrin d’un milliard; le Lincoln Center où se produisent le New York Philharmonie, le NY City Ballet et le Metropolitan Opera.Il en reste, et des meilleurs, mais bon, le polaroïd panoramique fait image: cette ville regorge de haute culture et de créations populaires.Et l’Amérique compte bien d’autres métropoles, même si Marie Twain les résumait à trois; NY, San Francisco et Cincinnati pour tout le reste.Une formule-choc résume la grande conclusion de la brique: si le ministère de la Culture n’est nulle part la vie culturelle est partout.L’enquête sur ce pays-continent se divise en deux temps.Une première partie, sur la politique de la culture, retrace les tentatives et les échecs successifs pour encadrer politiquement le soutien aux arts, des relations pompeuses de Kennedy avec l’avant-garde jusqu’aux récentes «cultural wars», notamment autour des œuvres sulfureuses de Robert Mappelthorpe, présentées par des institutions subventionnées., La seconde partie s’intéresse à «la société de la culture», structurée par un large secteur sans but lucratif, soutenue par d’innombrables fondations ri- chissimes, animée par les différentes communautés de la mosaïque.«Il n’y a pas de pilote dans l’avion, écrit Frédéric Martel.Il n’y a pas d'autorité, ni d’acteur central.Pas de régulation.Il y a mieux: des milliers d’acteurs indépendants et reliés les uns aux autres, isolés, empreints d’une solitude douce amère qui les pousse à agir pour le bien commun et à se réunir au-tçur de valeurs de l’Amérique.Égoïstes et philanthropiques: tel est le miracle de l’humanisme civique culturel.» Ni américanophobe, ni américanolâtre En fait, une des grandes surprises de l’enquête provient de l’exposition du financement mixte de ce système culturel, avec une robinetterie complexe et discrète.Le National Endowment for the Art (NEA) ne distribue que 150 millions de dollars par année, comme le Conseil des arts du Canada.Seulement, autour de cette structure maigrelette, des centaines de ministères, d’agences et de bureaux du fédéral, des cinquante Etats et des milliers de villes ou de comtés versent des subventions à coups de dizaines de milliards chaque année.Pour le néolibéralisme total, on repassera.«La politique directe ne joue pas un très grand rôle, dit le spécialiste.La culture vit davantage par la philanthropie ou dans les universités.Je fais l'hypothèse que la société civile soutient le système.» Ni américanophobe, ni américanolâtre, M.Martel demeure tout de même critique par rapport à ce pays adorable et détestable.11 expose par exemple les tentatives de censure autour des «cultural wars», le déclin de l’éducation culturelle, la marginalisation des communautés culturelles ou les déserts artistiques que demeurent les banlieues.«Ce n’est pas vrai que la culture est partout, comme le dit ma formule, en fait une belle trouvaille de mon éditeur.» Il poussera beaucoup plus loin la critique avec son prochain ouvrage sur les industries du divertissement et l’impérialisme culturel américain.Tous les samedis matins, sur France Culture, il anime une émission intitulée Masse critique, un «magazine sur les industries culturelles» disponible en podcast L’auteur expose ses attaches sans cachotteries (www.frederic-martel.com).Frédéric Martel appartient à la gauche rocar-dienne dite «réaliste» ou «pragmatique» et il se sent profondément attaché à l’idée de la diversité culturelle.Il propose d’ailleurs son livre comme un outil de combat, et cet argument ne pourra que réjouir les défenseurs québécois et canadiens de la Convention sur la diversité culturelle qu’adoptera officiellement l’UNESCO cette année.«J’appartiens à la gauche social-démocrate, confie en conclusion Frédéjic Martel.Pour lutter contre les États-Unis, il faut commencer par comprendre les raisons de leur influence, avec Broadway, Hollywood ou Disney, mais aussi en danse contemporaine, en littérature, dans les universités du monde, les quartiers gais ou les quartiers d’immigrants, dans lesquels les jeunes écoutent du rap.L’exercice révèle que ce système repose sur un très fort soutien du secteur public, ne serait-ce que par les universités.Ce constat fournit un argument de poids aux défenseurs de la diversité culturelle devant l’OMC ou à l’UNESCO.C’est une arme subtile et plus moderne que les anathèmes lancés aux méchants commerçants de la culture.Il faut maintenant changer de stratégie et dire aux Américains: vous devez nous laisser protéger et subventionner notre culture puisque vous le faites aussi.» Le Devoir COSMO CONDINA « mff/M éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérarure Cahiers de recherche sociologique n° 43 La vente de soi Du management à la prostitution cahiers tic RI f lIEKCIIF SOC; 101.00 IQLit La vente de soi ) du niuiiHgemenl | A In )tr»NlitMliuii j collaborateurs Chris Bruckert, Jean-Michel Chaumont, Jean Danet, Eugène Enriquez, Véronique Guienne, Anne-Chantal Hardy-Dubernet, Laurie Kirouac, Danilo Martuccelli, Ruwen Ogien, Colette Patent, Gabriella Parodi, Anne-Laure Wibrin © Place des Arts I Studio-théâtre Le» Studio littéraire.Un, es Mice, pour les mois COMPLET ¦bUévrârHJÜf 13 février 2007 Lettres d'amour, A.R.Gumey Lu par Françoise Faucher et Gérard Poirier Lui; c’est Thomas Anderson Ladd.Elle, c’est Alexandra Gardner.Ils se rencontrent sur les bancs de l’école primaire où Ils débutent, sans le savoir, une incroyable histoire d’amour qui leur collera à la peau toute la vie durant, Unn TARIFS Entré.: IB !• Étudiants ; 101* BILLETTERIE (BU) 842-2112 11 888 842-2112 www.pda.qc.ca * Taxas inclusas Une production Les Capteurs ^-j^de mots en collaboration avec © Ptaoad—Art» V T E ^ ^ 1 -1.x.1 ^ m is i iii ii V' il ij * r t v n 1 l n LITTERATURE Où vis-je ?Où vais-je Danielle Laurin Stéphane Bourguignon revient à ses premières amours: le roman.Et pas n importe comment! En changeant de ton complètement.En changeant de cap, aussi.Direction: les Etats-Unis.Un petit village perdu, au fin fond de l’Idaho.Avec, en toile de fond, George Bush, la guerre en Irak, la montée de la droite, l’emprise de la religion.À l’avant-plan: le mensonge, la trahison.Et cette question: la fin justifie-t-elle les moyens?Attention.Pas à proprement parler politique, le quatrième roman de Bourguignon.Pas non plus moralisateur à tout crin.Porteur d’une réflexion sur l’éthique, certes.Mais on est loin de la condamnation pure et dure, de la dénonciation hargneuse.Bref, l’auteur montre plutôt que de juger.Il ne nous dit pas comment penser.En bon romancier.Tout tient aux personnages, dans Sonde ton cœur, Laurie Rivers.Et il y en a beaucoup.Trop?Au début, on est un peu étourdi.Comme dans un documentaire vérité où la caméra passerait d’une personne à l’autre, sans nous laisser le temps d’apprivoiser qui que ce soit Patience, ça viendra.On voit tout de suite le décor, par contre, le contexte: quelques habitations, des fermes, deux ou trois commerces, le tout très modeste.Et on est happé par la nature gigantesque, par la rivière, surtout, omniprésente, menaçante.On apprend d’emblée'que là, trois ans auparavant, le corps d'une jeune fille a été retrouvé.Une suicidée.Une autre.Sans tout dévoiler, disons tout de suite que le livre se terminera comme il a commencé.Tragiquement L’augmentation des suicides n’est qu’un aspect de la dure réalité sociale que doit affronter cette petite bourgade du Midwest américain.Il y a l’obésité aussi, en particulier chez les jeunes.Même si on parle là d’un fléau national.Autre problème: l’éducation.Pour pallier le manque d’écoles dans la région, une institutrice de 26 ans a créé une classe multi-âges qui regroupe des élèves de 12 à 16 ans.Laurie Rivers, c’est son nom.C’est le personnage pivot de l’histoire.Autour d’elle tourne un mari quelle n’est pas certaine d’aimer et, dans le lointain, figure une mère qu’elle déteste absolument.Mais cela, on ne l’apprendra qu’au compte-gouttes.On ne comprendra que peu à peu le trouble qui habite la jeune enseignante, le passé traumatisant qu’elle tente d’oublier.Toute dévouée à sa tâche, Laurie mise sur l’entraide et la solidarité dans sa classe.Si bien que, lorsque débarque une jeune Alice obèse, elle prend sur elle de l’aider à maigrir, avec la complicité de ses élèves.Petit train va loin: elle finira par mettre sur pied un programme innovateur d’amaigrissement, qui aura des retombées jusqu’à Washington.Alice, de son côté, verra sa propre vie transformée.Et au fur et à mesure qu’elle reprendra possession de son corps, de nouvelles questions se poseront à elle.Des questions auxquelles elle aura peine à répondre.Du genre: «Qu’est-ce qui appartenait à la jeune fille obèse du fait de son obésité — et disparaissait lentement — et qu’est
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