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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Le devoir, 2003-03-26, Collections de BAnQ.

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?w w w e d e v o i r .c o m ?LE DEVOIR V i - X (' I V N " 6 T» L E M E R (' R E D I 2 (i M A R S 2 0 0 A PETER ANDREWS REUTERS ¥ 0Æ mm Un soldat du deuxième bataillon de l’armée américaine, qui a pris position au sud de Karbala, en Irak, s’essuie le visage pour enlever la pellicule de sable qui s’y est formée.Une tempête de sable a ralenti hier la progression des troupes anglo-américaines vers Bagdad.Les faucons albertains La province de Ralph Klein n’a jamais paru si loin du Québec.HÉLÈNE BUZZETT1 DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Si le Québec se démarque par ses énormes manifestations pacifistes, une autre province canadienne M figure d’exception à propos de la guerre en Irak l’Alberta.Les sondages l’ont encore démontré au cours du week-end: c’est dans la province de Ralph Klein que l’opinion publique est la plus favorable à l’intervention militaire.LÂlliance canadienne s’en fait le porte-voix, elle qui, à la Chambre des communes, dénonce farouchement la position canadienne.Ce qui expliquerait cette différence?Une amitié plus étroite avec les Etats-Unis, que des échanges économiques réguliers viennent alimenter.et si près des Etats-Unis Le sondage Ipsos-Reid mené à la fin de la semaine dernière tend à le démontrer: 49 % des Albertains croient que le Canada devrait participer à la guerre en Irak, contre 30 % pour la moyenne canadienne et 16 % au Québec.Seulement 41 % des Albertains pensent que Jean Chrétien a bien manœuvré dans ce ballet diplomatique tandis que la moyenne canadienne s’établit à 66 %.M.Chrétien atteint des sommets de popularité au Québec, avec 80 % d’approbation! La firme Ekos confirme la même tendance.Dans son sondage mené à la même période, une légère majorité d’Albertains (55 %) approuve la décision canadienne de ne pas participer à la guerre tandis que la moyenne nationale est de 71 % (84 % au Québec).La firme Ekos fait un lien entre la baisse de popularité de l’Alliance canadienne et sa position proguerre.Le parti de Stephen Harper, qui avait flirté avec les 30 % pendant la dermère campagne électorale fédérale, croupit maintenant en quatrième place dans les sondages, avec 10,3 % des intentions de vote.«Leur position de faucons américanophiles ne recueille pas beaucoup d’appuis en dehors des châteaux forts alliancistes, écrit la firme dans son rapport de sondage.De plus en plus, l'Alberta et l’Alliance canadienne apparaissent profondément déconnectées des Canadiens ordinaires.» VOIR PAGE A 8: FAUCONS ___________8 7 o ?T A X K S - 1 $ Bagdad attend Passant ¦ Début de soulèvement à Bassora ?Le sable enraye la machine de guerre GUY TAILLEFEK LE DEVOIR Ralenties par une puissante tempête de sable, les forces américaines préparaient hier, au sixième jour de la guerre d’Irak, l’assaut terrestre de Bagdad, toujours soumis à d’intenses bombardements, alors qu’un soulèvement populaire, appuyé i>ar l'artillerie lourde alliée, éclatait apparemment dans la ville de Bassorah contre le régime Donald de Saddam Hussein.Depuis Washington, où le pré- Rumsfeld sident George W.Bush a demandé au Congrès une rallonge de ne sait pas près de 75 milliards de dollars au budget de la guerre, le secrétaire combien d'Etat Donald Rumsfeld a affirmé , ne plus savoir ni combien de de temps temps la guerre durera ni coin- .bien elle coûtera.Dimanche der- guerre nier, les forces alliées prévoyaient durera ni se trouver hier aux portes de uu 111 Bagdad : trois jours plus tard, combien elles se trouveraient à environ 70 kilomètres de la capitale.elle coûtera Sur le terrain, les alliés ont crié victoire dans le port d’Oum Qasr, seul débouché irakien sur la mer, désormais sous «le contrôle total» des forces de la coalition anglo-américaine après cinq jours de combats.Non sans |R'ine, quelque 4(XK) Marines sont également parvenus à franchir l’Euphrate à la hauteur de Nasiriya, verrou crucial vers Bagdad, lit progression des soldats a de bout en bout été accompagnée de combats à l’arme automatique, à la mitrailleuse, au lance-grenade antichar et au mortier.VOIR PAGE A 8: BAGDAD PERSPECTIVES La girouette Il est assez pathétique de voir Mario Dumont virevolter comme une girouette pour sauver son parti du naufrage.L’automne dernier, pour séduire les fédéralistes, il avait renié le programme constitutionnel qui lui tenait lieu de Bible depuis douze ans, c’est-à-dire le rapport Allaire.Afin de donner plus d’éclat à sa nouvelle profession de foi envers le Canada, il avait choisi la tribune du Canadian Club de Toronto.Cette fois-ci, il ne s’agit plus d'attirer les électeurs fédéralistes, mais plutôt de retenir ceux qui avaient quitté le PLQ au profit de l’ADQ et qui y retournent maintenant pour barrer la route au PQ.M.Dumont a donc renchéri smses déclarations de Toronto.Il n’est plus question d’un simple moratoire sur la tenue d’un nouveau référendum, peu importe son objet mais bien d’une renonciation à vie.Il est assez paradoxal de voir l’ADQ faire du remboursement de la dette l'élément central de sa plateforme électorale, soi-disant pour ne pas hypothéquer l’avenir de la prochaine génération, et entendre son chef dire qu’il préfère refiler le dossier constitutionnel à ses enfants.VOIR PAGE A 8: GIROUETTE Michel David * ?ELECTIONS ItPI ¦ Le PQ offre 200 millions aux universités, page A 3 ¦ Le plan Charest contre le déséquilibre fiscal, page A 2 ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux, page A 6 INDEX Actualités.A2 Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Bourse.B4 Carrières.B 5 Culture.B 8 Économie.B 3 Éditorial.A6 Idées.A 7 Météo.B 6 Guerre.B 1 Mots croisés .B 6 Sports.B6 Télévision.B 7 «Avec ou contre nous ?» Miss USA et Internet relaient maintenant le «néomaccarthysme» aux Etats-Unis REUTERS Miss USA 2003, Susie Castillo, de Lawrence, au Massachusetts.Les participantes du concours de beauté étaient conscientes du danger qui existe à prendre position sur la question de la guerre contre l'Irak.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR La guerre en Irak n’à pas empêché la tenue du concours Miss USA 2003, lundi $oir à San Antonio, au Texas, l’Etat de George W.Bush.Rendue à l’ultime et cruciale étape de la période des questions, Nicole O’Brian, la candidate -locale», s’est fait demander ce qu’elle pensait des célébrités qui se prononcent contre la guerre.«Je ne pense pas que ce soit bon pour elles d’être contre le président et la guerre», a franchement répondu Miss O’Brian.Tout est là Des stars critiquent; d'autres critiquent les critiques.Et il n'y a plus rien d’innocent, comme l'a bien montré la 75' cérémonie de remise des Oscars.Dans une situation aussi grave, tout devient matière et prétexte à camper une position: maintenir la cérémonie; porter le noir du deuil; arborer la colombe de la solidarité; glisser une référence à la paix dans son discours de présentation ou de remerciements.Le documentariste Michael Moore a volé la vedette dimanche avec sa critique à coups de marteau contre la politique et la légitimité du président Bush.Mais celui-là fait son beurre à gauche et n’a donc rien à perdre en continuant le tir groupé sur ces cibles.Ce n'est pas le cas de toutes les vedettes des milieux culturels, dont les déclarations semblent de plus en plus scrutées à la loupe à la lumière d’une grille d’analyse manichéenne les situant soit du côté ami, soit du côté ennemi.«Vous êtes avec nous ou vous êtes avec les terroristes», déclarait le président Bush après le 11 septembre 2001.VOIR PAGE A 8: NOUS Lire aussi en pages A 6, B 1 et B 2 H L’éditorial de Serge Truffaut: Les émois de la rue arabe ¦ Un pays à reconstruire.vite « CNN n’est plus seule Villepin justifie l’autorisation de survol de la France ¦ Bunkers: Saddam Hussein pourrait se terrer pendant des mois BQ BIBLIOTHÈQUE QUÉBÉCOISE Daniel Gagnon La fille à marier La matière dense et compacte de la vie n8 pages • * * « LE DEVOIR, LE MERCREDI 26 MARS 2 0 0 3 A 5 LES ACTUALITES Déficit actuariel des régimes de retraite des employés Manon Cornellier ?Pendant ce temps, à Ottawa Dès le déclenchement des élections québécoises, la question a surgi: comment la campagne pourrait-elle recevoir toute l’attention souhaitée une fois la guerre déclenchée en Irak?On y est depuis une semaine et l’effet est palpable.La couverture électorale va de l’avant, ce qui est essentiel pour que les électeurs puissent faire leur choix le 14 avril, mais l’information sur la course se retrouve reléguée au second plan, loin derrière la guerre.Pis encore, pour les candidats, bien des citoyens ont la tête ailleurs.1 je cœur, en somme, n’y est plus.Ce pourrait être pire.Pour s’en convaincre, il suffît d’observer l’indifférence dans laquelle sont tombées les pampagnes au leadership conservatrice et libérale.Elire un chef est un enjeu moins crucial pour l’ensemble de la société que le choix d’un gouvernement, mais les conséquences du désintérêt des médias n’en sont pas moins importantes pour les premiers intéressés et, éventuellement, les électeurs.Les effets pourraient même être dramatiques pour le Parti conservateur, qui doit choisir le successeur de Joe Clark la première fin de semaine de juin.Le PC, qui a bien besoin de publicité, avait choisi le printemps 2003 afin de ne pas se faire voler la manchette par d’autres partis.la guerre s’est chargée de faire oublier cette course.Le choix des délégués conservateurs a commencé; cependant, si ce n’était du site Internet du parti, on n’en saurait rien.Hier, Peter MacKay avait l’appui de 215 des 490 délégués élus, soit 44 % d’entre eux.Le militant antilibre-échange David Orchard le talonne avec 142 délégués (29 %).Le seul candidat québécois, le député André Bachand, n’a fait élire que huit délégués (1,6%).Les membres se présentent et se démènent aux assemblées, mais avec le sentiment de vivre en vase clos.Le dernier débat des candidats au leadership, dimanche à Montréal, n’a pas eu droit à une seule ligne dans la quasi-totalité des journaux.La campagne qui devait faire revivre leur parti a carrément pris le chemin des oubliettes et a peu de chances d’en ressortir.Chez les libéraux, la guerre vient brouiller les cartes de ceux qui espéraient donner un peu de fil à retordre à Paid Martin.Ses adversaires Sheila Copps et John Manley sont en effet privés de la tribune médiatique qu’ils auraient été en droit d’attendre en d’autres circonstances.John Manley a bien droit à une visibilité occasionnelle en tant que ministre responsable des relations cana-do-américaines en matière de sécurité, mais cela a un revers.Parce qu’il doit se concentrer sur ses responsabilités ministérielles, il ne peut donc pas vraiment mener campagne et doit remettre son entrée officielle dans la course à une date indéterminée, acculé à voir augmenter le retard qu’il a pris sur le terrain.John Manley devait plonger la semaine dernière, au retour d’une semaine de vacances.O a plutôt confirmé sa candidature à la sauvette, à la porte des Commîmes, quelques minutes à peine avant l’annonce du refus canadien de se joindre aux forces américaines et britanniques en Irak.Il aurait voulu passer inaperçu qu’il n’aurait pas pu choisir meilleure journée.Pour Sheila Copps, le résultat n’est pas entièrement négatif.Sa campagne sur le terrain continue avec les rencontres avec les militants et les groupes minoritaires quelle veut représenter.Elle peut se concentrer sur ce travail sans craindre de passer inaperçue car elle sait que les projecteurs ne se sont pas éteints au profit d’un autre candidat.Paul Martin doit rire dans sa barbe.La controverse autour de la Canada Steamship lines est déjà de l'histoire ancienne.Toute la pression exercée sur lui pour qu’il dévoile ses orientations politiques s’est pour l’instant estompée.Bien en selle, il peut rester discret sans essuyer les reproches qu’il commençait à récolter depuis quelque temps.Au bout du compte, cependant, c’est la transparence qui en souffre.Contrairement aux conservateurs, les libéraux ont encore plusieurs mois devant eux avant le congrès au leadership de novembre prochain, mais les membres doivent avoir adhéré au parti d’ici le 20 juin pour participer au choix des délégués à la mi-septembre.La guerre risque de perturber ce recrutement, ce qui aurait un effet de dominos sur le reste de la course.Le gouvernement Chrétien, de son côté, a vu les sursauts de rébellion des députés perdre de leur intérêt.L’opposition au registre des armes à feu a fait quelques étincelles, mais certains députés avouaient la semaine dernière qu’ils seraient malvenus, en ces temps troublés, de voter contre leur gouvernement.La guerre a mis beaucoup de choses en perspective sans pour autant, fort heureusement, tout paralyser.Les débats, jugés fondamentaux il y a encore quelques mois, se poursuivent.Dans l’arène ékvtora-le.Au sein des partis.Au Parlement.À Ottawa, les discussions sur la reconnaissance des unions entre conjoints de même sexe, la nouvelle loi sur la sécurité publique, l’encadrement des nouvelles techniques de reproduction, le projet de carte d'identité, les problèmes du système d’immigration et la réforme du financement des partis politiques occupent toujours la Chambre, les députés fédéraux continuent de se réunir en comité, à tenir des audiences et à produire des rapports.Et, malgré le contexte, experts, citoyens et groupes de pression comparaissent et soumettent des mémoires.L’exercice démocratique suit donc son cours sur tous les fronts.Mais dans l’ombre et sans cette visibilité si nécessaire à sa vigueur et à sa richesse.On peut seulement espérer que cela ne dure pas: en effet, il ne faudrait lias que le débat public devienne lui aussi victime de cette guerre unilatérale.Montréal contractera un emprunt record de 1,6 milliard JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Montréal a obtenu le feu vert du conseil municipal hier pour emprunter 1,6 milliard de dollars afin de rembourser le lourd déficit actuariel des régimes de retraite de ses employés.Mais les membres de l’opposition à l’hôtel de ville ont dû se faire longuement prier avant de se rallier à la proposition de l’administration de Gérald Tremblay, qui procédera ainsi à l’emprui# le plus important de l’histoire de la Ville de Montréal.Le maire Tremblay était pressé de réaliser cette opération financière qui, dit-il, contribuera à réduire la charge fiscale des contribuables de l’ancienne Ville de Montréal.Compte tenu de la fluctuation des marchés, il importe, pour l’administration, de procéder rapidement.«Depuis hier, les taux d’intérêt ont augmenté de cinq points de base.Dans une semaine ou deux, il sera trop tard», a-t-il fait valoir hier lors de la séance du conseil municipal.Le maire avait déjà évoqué ce projet d’emprunt qui permettra de rembourser la totalité du déficit actuariel initial des régimes de retraite des employés municipaux, évalué à 1,75 milliard, un boulet pour l’ancienne administration municipale.Lors du dévoilement du contrat de ville conclu avec le gouvernement du Québec, en janvier dernier, l’admimstration avait annoncé qu’elle céderait l’île Notre-Dame au gouvernement en échange d’un chèque de 240 millions afin d’effacer une partie de ce déficit actuariel.Elle avait également fait savoir qu’elle entendait procéder à un emprunt important pour refinancer le reste de la dette.L’objectif de la Ville est d’obtenir un taux d’intérêt sur l’emprunt plus avantageux que les 6,75 % actuellement consentis.Ces manœuvres permettront aux ex-Montréalais de réaliser des économies de 1,2 milliard d’ici 2045, estime l’administration.Retarder cette décision pourrait faire augmenter les taxes des contribuables de l’ex-Ville de Montréal de 6 C par 100 $ d’évaluation, a précisé hier Frank Zampino, président du comité exécutif.«Si on ne fait rien, les contributions annuelles au budget pour payer le déficit actuariel ne suffiront même pas à payer les intérêts.Ce déficit, qui est aujour- î 7 Gérald Tremblay JACQUES NADEAU I.E DEVOIR d’hui de 1,75 milliard, va augmenter à 1,9 milliard jusqu'en 2011 parce qu’on ne paiera pas assez d’intérêts pour rembourser le déficit», a-t-il expliqué.Les membres de l’opposition ont mis beaucoup de temps à se laisser convaincre, protestant haut et fort au sujet des données minimalistes fournies par l’administration.«Le document est si mince qu’on voit presque à travers», a ironisé François Purcell, conseiller de Saint-Edouard et membre de Vision Montréal, en brandissant le document relatif à cet emprunt un dossier qui ne compte que sept pages.«On n’est pas capables de savoir si c’est un bon “deal”à cause du manque d'information», a déploré le chef de l’opposition, Martin Lemay, qui a demandé que le vote soit reporté.La proposition, rejetée par la majorité des élus, a fait bondir le maire Tremblay, qui a accusé l’opposition d’être irresponsable.«Je suis surpris de voir que l’opposition veut taxer davantage les résidants de l’ancienne Ville de Montréal», a lancé Gérald Tremblay sur un ton de reproche.La distribution d'un document plus détaillé et les explications fournies par le directeur du Service des finances, Jacques Marleau, ont finalement fait fléchir l’opposition, qui a donné son aval à l’adoption du règlement d’emprunt.«Théoriquement, je crois que sur 40 ans, les contribuables de l’ancienne Ville de Montréal peuvent espérer sauver des sous.C’est la raison pour laquelle nous nous sommes ralliés à l’administration», a reconnu Martin Lemay après la tenue du vote.L’approbation de l’opposition comportait toutefois plusieurs bémols.Martin Lemay estime que l’administration a manqué de transparence dans ce dossier et qu’elle aurait dû mettre des données plus complètes à la disposition des élus.Il a d’ailleurs déploré que le rapport favorable d’un comité d’experts n’ait pas pu être consulté par les conseillers et s’est étonné que la Ville ait fait appel à des experts bénévoles pour la conseiller en cette matière.Avant de procéder à ce règlement d'emprunt, la Ville devra ouvrir un registre à l’hôtel de ville pour permettre aux citoyens opposés à cette opération financière de se manifester.Si un peu plus de 15 000 d’entre eux signent ce registre entre le 7 et le 14 avril, le dossier pourrait être soumis à un référendum.Même si elle n’est pas convaincue que les Montréalais se précipiteront pour réclamer un référendum, l’opposition aurait voulu qu’un tel registre soit ouvert dans tous les arrondissements de l’ancienne ville afin de faciliter la participation des citoyens.L’opération devra également obtenir l'aval du ministre des Affaires municipales et des syndicats.Et si le taux d’intérêt obtenu n’est pas avantageux, la Ville devra suspendre son projet «Si on n 'a pas l’assurance d’emprunter à moins de 6,75 %, on oublie tout ça pour l’instant.Mais rien ne nous empêchera, dans six mois, s’il y a un revirement, de procéder à ce montage financier», a conclu Frank Zampino.KANESATAKE Les policiers mohawks ont reçu une lettre de renvoi BRIAN MYLES LE DEVOIR La disparition du service de police est imminente à Kanesatake: le 17 mars, les policiers mohawks ont en effet reçu une lettre de congédiement dont Le Devoir a obtenu copie.Dans ce préavis de licenciement en bonne et due forme, la direction du personnel remercie les agents pour leurs «années de dur labeur» et leur «dévouement» tout en les informant que leurs services ne seront plus requis en raison de l’expiration, lundi prochain, de l'entente sur la police mohawk.Steven Bonspille s’occupait du dossier de la justice et de la sécurité publique au sein du conseil de bande de Kanesatake, mais le grand chef James Gabriel lui a retiré cette responsabilité le 18 mars, soit le lendemain de l’envoi du préavis de licenciement.James Gabriel prétend que seul M.Bonspille a pu autoriser l’envoi d'une telle lettre.«Vous avez placé votre désir d’être reconnu chef négociateur mohawk devant la sécurité de la communauté et vous avez utilisé l'expiration de l’entente comme un outil de chantage», accuse M.Gabriel dans une deuxième lettre obtenue par Le Devoir.Le conseil est divisé à trois contre trois depuis la mort du conseiller Crawford Gabriel, en octobre 2002.la faction dirigée par le grand chef James Gabriel souhaite prolonger d'une année l'entente sur la police mohawk.L'autre faction, représentée par le chef (l’équivalent d’un conseiller) Steven Bonspille, s'y oppose.Selon M.Bonspille, le sort des aînés, l’éducation et le logement sont aussi importants, sinon plus, que la police, et ils devraient faire l’objet d’im débat de fond à la table de négociations avec le ministère fédéral des Affaires indiennes.Dans une lettre du 10 mars adressée au négociateur en chef des Affaires indiennes, Eric Maldoff, M.Bonspille accuse Ottawa d'interférence et de mauvaise foi.«La communauté commence finalement à faire confiance à la police mohawk de Kanesatake et nos officiers font du bon travail.Si tout cela prend fin le 1T avril 2003, le blâme retombera sur vos épaules», écrit M.Bonspille en sa qualité de «chef négociateur mohawk».Or la communauté mohawk de Kanesatake n’a plus de chef négociateur depuis la mort de M.Gabriel.M.BonspUle prétend que Crawford Gabriel lui a transféré ses responsabilités avant de rendre l’ânie; James Gabriel affirme que le poste est vacant, une position partagée par le fédéral.Fait à souligner, le renouvellement de l'entente de police relève du Solliciteur général, qui se plaint de «l’absence d’un interlocuteur valable» à Kanesatake, et non pas du ntinistère des Affaires indiennes.Un policier mohawk de Kanesatake qui a requis l'anonymat a par ailleurs réfuté les allégations de M.Bonspille selon lesquelles le problème de drogue s’est résorbé au sein de la communauté.«Le problème de drogue est hors de contrôle», a-t-il dit.Encore récemment, ce policier a intercepté deux individus ne vivant pas à Kanesatake avec 39 livres de marijuana en leur possession.Selon cet agent, la police mohawk se montrait «très active et agressive» contre le trafic de drogue à l’époque où Larry Ross en était le chef Mais elle a effectué «zéro descente» depuis le remplacement de M.Ross par George Martin, qui reçoit l’assentiment de Steven Bonspille.Ottawa verse 59 millions de plus au registre des armes à feu PRESSE CANADIENNE Ottawa — Tout en reconnaissant qu’il n’a pas entièrement repris le contrôle des dépenses du coûteux registre des armes à feu, le gouvernement Chrétien a approuvé hier l’octroi de 59 million additionnels à ce programme controversé.C’est la première fois qu’Ottawa accorde de nouveaux crédits au registre depuis que la vérificatrice générale Sheila Fraser a fait état, en décembre dernier.de dépassements astronomiques de coûts.Jusqu’ici, le programme a coûté au moins 700 millions aux contribuables alors que le gouvernement avait promis une facture de seulement deux millions lors de son lancement, en 1995.En décembre, les libéraux avaient dû retirer une motion visant à injecter 72 millions de plus dans le re- gistre des annes, ne disposant pas, à ce moment, de l’appui nécessaire au sein du caucus.Hier, le gouvernement a réussi à faire adopter des crédits additionnels de 59 millions, même en reconnaissant qu'il ne maîtrise toujours pas la situation.«Oui, il y a eu des problèmes en ce qui a trait aux dépenses», a reconnu le solliciteur général Wayne Easter, qui sera responsable du progranune à compter du 1" avril, en remplacement du ministre de la Justice.Martin Cauchon.«Mais notre intention est de juguler les dépenses et de gérer ce programme de manière efficace», a ajouté M.Easter sans vouloir donner plus de détails.L'octroi, approuvé par deux votes de 173 pour et 75 contre ainsi que de 173 pour et 76 contre, vaut pour l'année financière se terminant le 31 mars.Il faudra 113 millions de plus pour l’année qui vient.Irak: la position d’Ottawa « agace » Washington D'APRÈS LA PC ET L’AFP Toronto— L’ambassadeur amériçain à Ottawa, Paul Cellucci, a affirmé que les Etats-Unis sont agacés et déçus que le Canada refuse de se joindre à leur coalition en guerre contre l’Irak.Hier devant l’Economie Club, M.Cellucci a dit que son pays serait prêt à faire face à toute menace à la sécurité du Canada et que la position d’Ottawa amène plusieurs de ses compatriotes à se demander pourquoi «le Canada ne nous appuie pas».Selon l’ambassadeur, cette question litigieuse a causé «un à-coup dans nos relations [.] Nous sommes déçus et beaucoup de monde à Washington est agacé que le Canada ne nous appuie pas pleinement».A cause de cette guerre, les liens étroits entre les deux pays ont été remis en question mais, a-t-il ajouté, pour des raisons économiques, «il est important que nous continuions à collaborer».Le diplomate a par ailleurs critiqué la manière dont le gouvernement Chrétien a réagi à de récents propos du ministre fédéral Herb Dhaliwal et à ceux de Ralph Klein, premier ministre de l’Alberta.«Quand M.Klein exprime un appui bien senti aux Etats-Unis, le gouvernement canadien le rabroue vivement, raconte M.Celluci.Quand M.Dhaliwal a des propos totalement déplacés sur le président, [le gouvernement] l’ignore complètement.Alors il y a peut-être là place à l’amélioration.» Relevant les remarques de l’ambassadeur, l’opposition de droite à la Chambre des communes d’Ottawa a aussitôt critiqué les «pirouettes» du gouvernement sur l’Irak et «ses remarques antiaméricaines».Nullement décontenancé, Jean Chrétien a répliqué que le refus de son gouvernement de participer à la guerre prouvait «aux Canadiens et au monde entier que le Canada est un pays indépendant, capable de prendre ses propres décisions».Ovationné par ses députés, le premier ministre a ensuite essuyé les tirs de la gauche, qui a vu dans le discours de l’ambassadeur des Etats-Unis «la preuve évidente de la complicité du Canada dans la guerre de Bush», comme l’a affirmé Alexa McDonough, du NPD.Auparavant, l’ambassadeur américain avait en effet trouvé «ironique» que le Canada, malgré son refus de participer à la guerre, allait par «sa présence dans le Golfe indirectement contribuer davantage à cette guerre contre l'Irak que la plupart des 46 pays qui nous soutiennent complètement».Rappelant que le premier ministre avait lui-même qualifié la guerre contre l’Irak «d'injustifiée», le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a souligné «l’incohérence» de la position défendue par M.Chrétien.«On ne fait pas la guerre, mais nos soldats la font», a-t-il martelé.Le gouvernement, qui avait précédemment catégoriquement nié que des militaires canadiens se trouvaient en Irak, a nuancé sa position hier, M.Chrétien reconnaissant qu’ils «peuvent être en Irak» mais qu’ils ne «sont pas engagés dans aucun combat».uqam.ca/forum FORUM DES CYCLES SUPÉRIEURS, DE LA RECHERCHE ET DE LA CRÉATION DU 24 AU 28 MARS 2003 Développez vos compétences Venez rencontrer nos professeurs, chercheurs et étudiants actifs en recherche fondamentale ou appliquée et en création.Formation continue, programmes courts, DESS, maîtrise et doctorat, soutien financier et séjours à l’étranger sont autant de thématiques abordées lors de cette semaine.> Faites plus amples connaissances UQÀM LE D E V O 1 K .LE MERCREDI 2 (i M A R S 2 « 0 ;i A 8 LE DEVOIR ACTUALITES BAGDAD FAUCONS SUITE DE LA PAGE 1 Selon un correspondant de presse, plus de 100 cadavres d'irakiens, dont il était impossible de déterminer s'il s’agissait de soldats ou de civils, étaient visibles sur la route allant vers Bagdad, à la sortie nord de Nasiriya, quç les Marines venaient d’emprunter.A Bassora, ville du sud de l'Irak à majorité chiite, un début de soulèvement populaire aurait commencé hier soir contre le président irakien Saddam Hussein, a indiqué la chaîne britannique d’informations en continu Sky News, quoique les informations demeuraient confuses.Ce soulèvement, confirmé par le principal mouvement de l’opposition chiite irakienne.dont le siège est à Téhéran (AS-RID.aurait poussé les alliés à lancer une grande offensive sur la ville, utilisant de l'artillerie lourde, selon l’envoyé spécial de la chaîne.Les forces britanniques et américaines disent avoir détruit trois mortiers des troupes irakiennes qui tiraient sur la population.«Il y a eu un soulèvement populaire au nord de Bassora.Nous avons vu de grandes foules dans les rues.Les Irakiens leur tirent dessus avec de l’artillerie.Ça va être un carnage», a déclaré un officier britannique non identifié.Près de un millier de militaires irakiens se sont repliés dans la ville avec-leur matériel alors que les 1,2 million d’habitants sont menacés d'une grave crise humanitaire en raison des coupures d’eau et des combats.Sur les ondes de la télévision qatariote al-Jazi-ra, dont le correspondant sur place a d’ailleurs affirmé n'avoir vu «aucun acte de révolte», le ministre irakien de l’Information, Mohammad Said al-Sali-haf, a démenti l’existence du soulèvement.En 1991, Bassora avait été le théâtre d’importants soulèvements populaires que le régime de Bagdad avait noyés dans le sang.La marche sur Bagdad La tempête de sable a bloqué la progression de centaines de chars et de véhicules des Marines à la sortie de Nasiriya (350 kilomètres au sud-est de Bagdad) et interrompu les opérations de Iq 101p division aéroportée américaine.A Bagdad, la périphérie de la capitale était soumise la nuit dernière à de violents bombardements aériens «concentrés sur des cibles clés du régime», ont répété les alliés, alors que la tempête recouvrait la capitale d’un épais brouillard limitant la visibilité à quelques dizaines de mètres.Les troupes anglo-américaines se trouveraient maintenant à moins de 70 kilomètres de Bagdad et se heurteraient à la division Madina de la Garde républicaine, troupe d’élite de Saddam Hussein.Toutefois, des experts doutaient hier d'une entrée imminente des forces américano-britanniques dans la capitale irakienne.«Je ne suis pas sûr que les Américains aient envie d’entrer rapidement dans Bagdad.L’objectif serait plutôt d’encercler Bagdad, de faire en sorte que les poches de Bassora au sud et de Mossoul au nord soient nettoyées et, ensuite, d’aller sur Bagdad en espérant que, d'ici là, le pouvoir irakien se soit effondré», juge François Dagu-zan, maître de recherches à la Fédération pour la recherche stratégique (F'RS) à Paris.Plusieurs centaines de soldats des forces spéciales pourraient être déjà présents dans Bagdad.Ce sont eux qui s'emparent des voies d’accès et les déminent, repèrent les défenses antiaé- riennes irakiennes, recherchent d’éventuels sites d'armes de destruction massive et balisent les zones de largage des parachutistes.Ce sont egalement eux qui désignent les cibles aux bombardiers lors des frappes aeriennes.Le Pentagone a affirmé qu'à l’est d’An-Najaf, dans le centre du pays, des militaires américains, équipés de blindés, avaient tue entre 150 et 500 Irakiens lors de combats.Dans le nord de l’Irak, les forces américaines ont bombardé pendant toute la journée et de manière intensive la ville pétrolière de Kirkouk, possible indication de l'ouverture prochaine d’un second front.Sur le plan diplomatique, le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé de tenir aujourd’hui une réunion publique d'urgence sur la situation en Irak, à la demande de la ligue arabe et du mouvement des non-alignés.Plus près du début que de la fin Malgré les «progrès» que disaient enregistrer les alliés dans leur marche sur la capitale, on se demande de plus en plus,combien de temps durera le conflit.A la tempête de sable se jouxtent les difficultés militaires liées aux «poches de résistance irakienne» que la propagande des Britanniques et des Américains s’efforce toujours de minimiser.«Evidemment que nous rencontrons quelques problèmes», a déclaré le secrétaire d’Etat Colin Powell à une télévision française.Contrairement au discours que tenait la Maison-Blanche il y a seulement une semaine, M.Rumsfeld a dit estimer que les forces américaines étaient «beaucoup plus près du début que de la fin» de la guerre.«Plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois, nous ne savons pas» combien de temps le conflit va durer, a-t-il encore indiqué.La guerre est une chose «complexe et imprévisible».Il croit néanmoins que les alliés font des progrès, affirmant hier en tenir pour preuve les 3500 prisonniers de guerre irakiens qu’ils ont faits jusqu’à maintenant Le plus dur est à venir pour les troupes anglo-américaines engagées sur le terrain, a de son côté reconnu le chef d’état-major interarmées américain, Richard Myers.«Les combats les plus durs nous attendent», a avoué le général dans une entrevue à la chaîne de télévision ABC.«Nous savions que ce serait une bataille très dure», mais «le plan se déroule à peu près comme nous le pensions», a encore estimé le général Myers.Il a noté que les mauvaises conditions atmosphériques «n’arrêteront pas» l’opération «Liberté de l’Irak».En conférence de presse à Londres, le premier ministre britannique Tony Blair, qui se trouve aujourd’hui et de- Bagdad (AP) — Une série d’explosions ainsi que le bruit d’avions volant à basse altitude ont été entendus à Bagdad, tôt ce matin, provoquant l’interruption des programmes de la télévision par satellite irakienne.Les autorités américaines ont annoncé que des avions de la coalition américano-britannique avaient frappé la télévision d'Etat irakienne.On pouvait voir de la fumée s’échap pant dans les airs près du ministère de l’Information et du bâtiment de la télévision irakienne.main aux Etats-Unis pour rencontrer son ami George Bush et le secrétaire i général des Nations unies Kofi Annan, a dresse un tableau quasi idyllique de la situation militaire (où les pertes britanniques — LS morts — sont déjà égales à celles enregistrées pendant la première guerre du Golfe, en 1991), affirmant que «jusqu'ici, nous avons progresse exactement comme nous l’avions prévu».Il a en outre promis aux Irakiens que, «cette/bis, nous ne [les] laisserons pas tomber.On les a laissés tomber par le passé, alors qu ’ils pensaient que les/brees de la coalition allaient chasser Saddam», a-t-il poursuivi en référence à la première guerre du Golfe.Le président George W.Bush avait déjà prévenu que la guerre pourrait être «plus longue et plus ditficile».Plus coûteuse, aussi.La Maison-Blanche a officiellement demandé hier au Congrès d’approuver de nouveaux crédits, de 74,7 milliards $US, pour financer la guerre contre l’Irak, lutter contre le terrorisme aux États-Unis et reconstruire l'Irak.Selon des documents présentés par le Pentagone, 30,3 milliards vont être consacrés à l'envoi et à l’entretien des troupes dans divers pays de la région, 13,1 milliards pour «la phase majeure du conflit», 12 milliards pour la transition d’après-guerre et 7,2 milliards pour les coûts ultérieurs liés à la reconstitution des armements utilisés pendant le conflit.Cependant, selon ces sources, au bout du compte, ce sont les ressources pétrolières de l'Irak qui paieront la reconstruction du pays.Le président Bush a souligné que «la fourniture d'une assistance et d’autres moyens de financement pour l’Irak est importante pour la sécurité nationale des Etats-Unis».Face aux forces anglo-américaines, le président irakien Saddam Hussein a appelé les combattants du corps paramilitaire des Fedayin de Saddam, dirigé par son fils aîné Oudaï, à frapper les forces américano-britanniques partout en Irak.Selon un bilan du ministère irakien de l'Information, les bombardements anglo-américains contre Bagdad et d’autres villes ont fait 1 morts et 95 blessés parmi les civils depuis lundi soir.Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal, a annoncé que son pays avait proposé à Washington et à Bagdad un plan de paix pour un règlement du conflit armé ep Irak.En réponse, le département d’Etat américain a affirmé ne «pas être au courant» tandis que Bagdad a démenti avoir reçu une proposition de paix de l’Arabie Saoudite.Avec l’Agence France-Presse, Le Monde et Associated Press les programmes de la chaîne par satellite, qui diffuse 24 heures sur 24 à l’extérieur du pays, ont été brusquement interrompus vers 4h30 locales.La chaîne de télévision intérieure ne diffusait pas à cette heure-là.Au Pentagone, une porte-parole de l’armée américaine a précisé que des avions de la coalition alliée ont frappé le bâtiment de la télévision d’Etat irakienne.Les estimations des dégâts sont encore incomplets, a-t-elle dit à l’Associated Press, sous couvert de l'anonymat.SUITE DE LA PAGE 1 Comment expliquer tout cela?«La dé.c'est l’idéologie politique», répond Christian Boucher, sondeur chez Ekos.«éVu.r qui sont ce qu’on appelle des 'small-c conservatives" (les tenants des idées conservatrices] sont damntage tm .faveur de la position américaine.Et on sait que l’Alberta est la region la plus conscnatrice au pays.Et c'est particulièmnent le cas du bastion de la région de Red Deer.» Peter McCormick, professeur de science politique à l’université Lethbridge, un établisseriient situé en Alberta, tout près de la frontière américaine, croit que la réalité est beaucoup plus complexe et qu'il faut regarder du côté de l’industrie pétrolière et gazière pour l’expliquer en partie.M.McCormick fait valoir que beaucoup d’entreprises albertaines de ce secteur appartiennent à des intérêts américains, du moins en partie.Dans tous les cas, la production sert à nourrir le marché américain, la-s relations avec les États-Unis sont donc constantes et directes.«Im position de l’Alberta, c'est que les Amérieains devaient investir parce que les banques du Canada central ne voulaient pas prêter d’argent pour dét
de

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