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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 2007-06-27, Collections de BAnQ.

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?www.ledevoir.com ECONOMIE La crise immobilière fait peur aux marchés IRAK l ii républicain influent met à mal la politique de Rush Page B 1 LE DEVOIR Vol.X C V I 1 1 N " 1 4 2 LE MERCREDI 27 JUIN 2007 8 8c + T A X E s = 1 $ Choix contesté à la présidence de la Commission de l’équité salariale Groupes de femmes et syndicats considèrent Louise Marchand trop près du milieu patronal ROBERT DUTRISAC Québec — La nomination par le gouvernement Cha-rest de Me Louise Marchand, proche des milieux patronaux, à titre de présidente de la Commission de l’équité salariale (CES) est loin de faire l’imanimité.Alors que les associations patronales se réjouissent de la nomination de Mme Marchand, jusqu’à tout récemment membre de la CES, la Fédération des femmes du Québec (FFQ), le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT) et les organisations syndicales ont déploré ce choix.Avant de se joindre à la CES, en 2004, Mme Marchand a été vice-présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) de 2001 à 2003 et directrice des relations de travail au Conseil du patronat du Québec (CPQ) de 1998 à 2001.En 2006, Mme Marchand avait pris le parti du gouvernement en exprimant sa dissidence dans un rapport de la CES.Ce rapport rejetait la proposition d’étalement du règlement de l’équité salariale que le Conseil du trésor avait formulée.Mme Marchand, qui occupe son nouveau poste depuis vendredi, a refusé de parler au Devoir hier.«Etant donné ses antécédents, Louise Marchand ne possède pas l’objectivité et la neutralité requises pour occuper cette fonction», font valoir dans un communiqué les organisations syndicales comme la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ).«Les dés sont pipés d’avance, alors comment s’y prendra-t-elle pour serrer la vis aux associations patronales et aux entreprises récalcitrantes?Comment s’assurer qu’il n’y aura pas de recul pour les femmes avec ses prises de position antérieures?» La FFQ et le CIAFT se sont dits «extrêmement déçus» de cette nomination.Selon le président de la CSQ, Réjean Parent le gouvernement a rejeté du revers de la main les candidates jugées «plus neutres» que lui avaient suggérées les syndicats et les groupes de femmes, telles Hélène Lee-Gosselin, de l’Université Laval, Marie-Thérèse Chicha, de l’Université de Montréal, ou encore Me Marie Rinfret, qui, elle, vient d’être nommée membre de la CES.VOIR PAGE A 8: ÉQUITÉ Le gouvernement provoque «une levée de boucliers» au lieu de «faire un effort pour essayer de concilier les intérêts des groupes» L___: REUTERS AFGHANISTAN L’opium a généré un chiffre d’affaires de 2,3 milliards $US en 2006 ¦ À lire en page A 5 INDEX -4 Actualités.A3 Annonces.C4 Avis publics.C 5 Carrières.B 4 Culture.C 8 Décès.C 4 Économie.C 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.:.C 6 Monde.B 1 Mots croisés.C 6 Sudoku.C 5 Télévision.C 7 JACQUES NADEAU LE DEVOIR La directrice des soins infirmiers de l’hôpital du Sacré-Cœur, Johanne Salvail (à droite), s’explique devant des infirmières excédées par le manque de personnel.i?Sr m hïW Des infirmières aux abois Au Sacré-Cœur, la pénurie éle personnel devient intenable LOUISE MAUDE RIOUX SOUCY Les vacances d’été sont à peine commencées que la pénurie frappe déjà fort à l’hôpital du SacréGœur de Montréal Hier, les infirmières affiliées à la CSN étaient de retour pour une quatrième fois devant le conseil d’administration de l’établissement situé sur le boulevard Gouin.Mais cette fois, elles n’étaient pas seules.Des in-tensivistes et des urgentologues étaient aussi à leurs côtés pour dénoncer à l’unisson une situation qui, à leurs yeux, met à mal la qualité des soins donnés dans cet hôpital affilié à LUniversité de Montréal Cette sortie publique n’a pas du tout phi à la direction de l’hôpital, qui a riposté en fin d’après-midi en organisant une conférence de presse impromptue sur le bitume du stationnement de l’hôpital, trois heures avant le conseil d’administration.Se disant «très consciente» de la pénurie qui sévit dans la région montréalaise, la directrice des soins infirmiers, Johanne Salvail, a âprement défendu le plan de réorganisation des soins mis en place par la direction pour «contrer et minimiser l’impact de la pénurie», notamment par l’embauche de plusieurs infirmières auxiliaires.Sur le terrain toutefois, il semble que les fruits de la réorganisation se font toujours attendre, alors que l’hôpital continue à traîner un déficit de 125 infirmières.Hier, il a été impossible de tâter le pouls du personnel les journalistes n’étant pas admis dans l’établissement qui, pour l’occasion, était gardé par des agents de sécurité refoulant ces derniers dans le stationnement Pour la présidente du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardiorespiratoires, il est toutefois clair que ces efforts ne sont pas suffisants.«Nos infirmières sont épuisées et les vacances d’été commencent à peine.Nous voulons un plan d’action, nous voulons des solutions concrètes.Toutes les unités sont derrière nous et nous appuient», a affirmé LiseTherrien.VOIR PAGE A 8: INFIRMIÈRES Le droit à l’image La liste L’art et l'information avant les «états d’âme» des prétendants de Bell rétrécit Telus annonce Deux victoires judiciaires du photographe français François-Marie Banier pourraient relancer le débat au Québec son retrait dans un communiqué laconique FRANÇOIS DESJARDINS Des tribunaux français viennent de rendre des jugements où le droit artistique et le droit à l’information l’emportent sur le droit à l’image.Ces exemples pourraient-ils ramener l’art et le journalisme québécois à la barre?Probablement pas, puisque «le Québec aime trop la censure», répond un spécialiste.STÉPHANE BAILLARGEON Et de deux! Le célèbre photographe français François-Marie Banier vient de remporter coup sur coup non pas un mais deux procès importants dans le domaine du droit à l’image.Avant-hier à Paris, le Tribunal de grande instance a affirmé que des photos de deux femmes croquées dans les rues de Paris, reproduites dans l’ouvrage Perdre la tête (Gallimard, 2005), ne portaient pas atteinte à leur dignité.Les deux plaignantes — l’une placée sous curatelle, l’autre sous tutelle judiciaire — réclamaient plus de 40 000 $ pour avoir été tournées «en dérision, voire en ridicule».VOIR PAGE A 8: ART FRANÇOIS-MARIE BANIER Ce portrait de femme a valu au célèbre photographe français François-Marie Banier un procès qu’il a remporté en mai dernier.U .La vente aux enchères a perdu un joueur.La liste des acquéreurs potentiels de Bell Canada est subitement passée de quatre à trois hier après que son concurrent Telus, qui jusqu’à jeudi évoquait avec grande fébrilité l’idée d’un mariage, se fut désisté par l’entremise d’un communiqué aussi bref que mystérieux.L’hypothèse d’un regroupement Telus-Bell, critiquée pour ses conséquences à saveur monopolistique mais perçue comme logique par certains analystes, n’ira pas plus Caisse loin parce que «les lacunes du processus de soumission pour le ra- de dépôt et chat de BCE [la société mère de Bell] ont empêché Telus de dépo- Onex SC ser son offre», a dit la compagnie de Vancouver.retirent d’un Le marché a mal réagi.Alors ^ qu’une surenchère a générale- consortium ment pour effet de faire grimper le cours d’une action, le retrait d’urj participant hier a logiquement provoqué le contraire.À la Bourse de Toronto, le titre de BCE a déboulé de 3 %, à 39,49 $, ce qui repré^ sente tout de même une valeur boursière de 31,8 milliards.Celui de Telus a grimpé de 03 \ à 62,19 $.Après avoir d’abord refusé de s’intéresser à Bell, Telus avait soudainement changé d’idée la semaine dernière.L’ancien monopole affirmait qu’une éventuelle fusion avec Bell lui donnerait le poids nécessaire pour s’afficher comme chef de file mondial en téléphonie cellulaire.De plus, puisque Bell est convoitée par d’autres groupes, qui comprennent des investisseurs américains, Telus ajoutait que son projet constituait une «solution entièrement canadienne».BCE, en voie de changer de nom pour Bell Canada après avoir vendu tous ses actifs non essentiels au fil des ans, s’est récemment mise aux enchères sous la pression des actionnaires mécontents de voir l’action végéter autour de 32 $ malgré une restructuration inajeure.La compagnie est très rentable mais fait face VOIR PAGE A 8: BELL % A 8 LE DEVOIR, LE MERCREDI 27 JUIN 2007 JL.QUALITES ART SÜITE DE LA PAGE 1 La cour a noté la suppression des photos litigieuses dans des éditions ultérieures de l’album, souligné «l’intérêt artistique et sociologique» de 1 ouvrage mais aussi et surtout conclu qu’«e« l’absence de toute atteinte à la dignité humaine, il convient de privilégier la liberté d’expression artistique sur le droit à l’image des personnes — même particulièrement vulnérables — que le photographe entend précisément défendre».Le 9 mai dernier, une autre plaignante, une attachée de presse, croquée sur un banc, un cellulaire à l’oreille, son chien en laisse, avait déjà été déboutée pour les mêmes motife.«Seule la publication contraire à la dignité la personne ou revêtant pour elle des conséquences d’une gravité particulière est de nature à constituer une atteinte au droit à l’image susceptible de réparation», avait cette foisià tranché le jugement de grande instance.En clair, les tribunaux d’un des pays les plus sévères en matière de protection du droit à l’image viennent de reconnaître la supériorité de l’art ou de l’information sur «les états d’âme ou les arrière-pensées pécuniaires», comme le résume la dernière édition de Paris-Match, qui s’y connaît.Cette décision fait également réfléchir de ce côté-ci de l’Atlantique Nord, en ce pays, où le droit à l’image n’est plus ce qu’il était depuis une décennie, la Cour suprême du Canada ayant donné raison à Pascale Claude Aubry en 1998.Une photo de la jeune femme de 17 ans, prise rue Sainte-Catherine, avait été publiée dans la revue Vice-Versa sans son consentement.Maintenant, les médias cachent systématiquement le visage des badauds et les photographes documentaires privilégient les images dépeuplées.«Je trouve les décisions françaises extraordinaires», commente Gilbert Duclos, auteur de la fameuse photo de Mme Aubry, interviewé hier par Le Devoir.«Ces jugements vont peut-être susciter des réactions critiques ici et relancer les débats.» Pierre Trudel, de la faculté de droit de l’UdeM, trouve aussi matière à se réjouir, sans toutefois pavoiser.«Les tribunaux français semblent très fortement divisés sur la question du droit à l’image et envoient des décisions contradictoires», dit le professeur, titulaire du Centre de recherche en droit public.«Certains protègent ce droit et s’avèrent très exigeants sur la démonstration de l’intérêt public.D’autres, comme dans ces décisions récentes, témoignent plus d’une tendance qui attache davantage de poids à la liberté de création et d’expression, du moins quand les images ne portent pas atteinte à la dignité des personnes.On assiste peut-être à un retour à l’équilibre ou à la raison.» Pessimisme Ici, par contre, les contraintes perdurent.Dans l’affaire Duclos, la Cour suprême avait balayé du revers de la main l’argument artistique en faisant valoir, en une courte ligne, que l’artiste n’a qu’à exercer son art en respectant le droit à l’image des autres.«C’était faire bon marché, quant à moi, de la liberté artistique, commente le spécialiste.Maintenant, il y a un raisonnement de la cour parisienne qui pourrait éventuellement inspirer nos tribunaux.» Le professeur Trudel le dit sans franchement trop y croire.En tout cas, il nuance vite son propre jugement sur une note beaucoup plus sombre.«Je suis assez pessimiste.Au Québec, même la communauté journalistique a applaudi à la censure.Au cours des dernières années, on a vu plusieurs décisions très censurantes pour les médias.Les gens se sont plus énervés avec la décision concernant CHOI-FM, qui mettait fin à des abus grotesques de la station de radio, alors que l’affaire Duclos et surtout l’affaire Néron n’ont pas suscité d’inquiétude.» En juillet 2004, la Cour suprême du Canada, confirmant des jugements de la Cour d'appel, condamnait la Société Radio-Canada et la Chambre des notaires à verser à M.Néron un dédommagement global d’environ deux millions de dollars (capital et intérêts compris) pour avoir sali sa réputation et ruiné sa carrière, huit ans plus tôt.Un reportage télé était notamment en cause.«On [la cour) a repris le reproche que l’ombudsman avait fait au journaliste sur une base déontologique.On peut convenir qu’un reportage est déséquilibré sur ce plan, mais de là à dire qu’il s’agit d’une faute civile, il y a une marge que la Cour suprême a franchie allègrement.D’après moi, c’est extrêmement dangereux: n’importe qui estimant avoir été mal traité par les médias pourrait avoir un fondement pour une poursuite.» Le professeur Trudel s’étonne que ces cas de «censure» n’aient pas suscité davantage de réactions.Il déplore la servitude volontaire, l’autocensure médiatique ou artistique qui ont découlé de ce qu’il nomme \’«effet réfrigérant» des décisions de justice.Il rattache finalement cet à-plat-ventris-me québécois à un héritage duplessiste.«En cas de doute, on se tait, dit-il.En tout cas, je suis étonné de comparer notre situation à celle de la France, encore une fois, où les médias ont récemment été très combatifs dans le cas [de la poursuite contre] Charlie Hebdo.» L’hebdomadaire satirique et politique était poursuivi pour avoir publié les caricatures dites de Mahomet.Il a été blanchi.Gilbert Duclos note que le Québec est devenu un des endroits d’Occident où les contraintes d’image pèsent le plus.«Le travail hors studio est devenu extrêmement contraignant.Dans les rues de New York, tu peux filmer comme tu veux, qui tu veux, ou presque.Ici, tu ne peux pas sortir ton appareil en ville si tu penses reproduire les photos.» Son collègue François-Marie Banier a aussi parlé de la vie des villes en commentant les jugements prononcés en faveur de son art.«Quand on descend dans la rue, on appartient plus au regard des autres qu'à soi-même, a dit le photographe.C'est bien pour cela qu’on s'habille correctement, qu’on se maquille et qu’on s’interdit certains comportements.Donner droit aux demandes de [ces femmes qui m’ont poursuivi] aurait empêché le travail de milliers d’artistes.» Le Devoir INFIRMIERES SUITE DE LA PAGE 1 Depuis plusieurs mois, toutes les infirmières sont tenues de faire des heures supplémentaires, au moins une ou deux fois par semaine chacune, sinon davantage, a dénoncé le syndicat Pas un jour ne passe non plus sans que des unités aient à fonctionner avec une à quatre, sinon cinq infirmières en moins.Dans ces unités, fl arrive même que des infirmières puissent avoir à prendre soin de deux fois plus de patients que d’ordinaire.«Quand tu dois prendre soin de 18 patients au lieu de nerf, il est évident qu’il y a des choses que tu ne peux plus humainement faire», & déploré Mme Therrien.Selon son syndicat de telles conditions ont des répercussions directes sur la clientèle, qui n’est pas dupe des difficultés que vivent les infirmières.«On invite les gens à dénoncer ce genre de situation, mais ils n’osent pas parce qu’ils ne veulent pas nuire à celui ou à celle qui a quand même fait tout son possible pour l’aider.» À l’urgence par exemple, un patient atteint d'une phlébite à une jambe a quitté les lieux après deux heures et quart d’attente sans avoir été traité ni même avoir rencontré personne, le seul infirmier disponible étant mobilisé par des polytraumatisés.Plus inquiétant encore, il semble que la pouponnière ait été fermée temporairement au cours des dernières semaines parce qu’on ne trouvait personne pour com- bler le quart de travail de soir.Cette décision inhabituelle a forcé la relocalisation des bébés instables à la saBe d’accouchement, déjà pourtant passablement occupée.Hier, la directrice des soins infirmiers affirmait ne pas avoir été mise au courant de cette décision qui devrait faire l’objet d’une enquête.Cette dernière a aussi contesté les doléances des infirmières en ce qui concerne le recours aux heures supplémentaires.Alors que les infirmières se plaignent d’un recours presque «systémique», Johanne SaWail affirme qu’il s’agit plutôt d’un dernier recours.Selon elle, l’hôpital préfère faire appel aux agences privées, une tendance qui n’a cessé d’augmenter ces derniers mois.«Au total, les heures supplémentaires obligatoires représentent moins de 1 % des heures supplémentaires'effectuées dans tout l’hôpital» , a argué Mme SalvaiL Mais ce calcul ne rend pas du tout compte des efforts qui sont demandés quotidiennement aux infirmières sur une base volontaire, a aussitôt rétorqué la présidente de leur syndicat «Le recours aux heures supplémentaires est devenu tellement généralisé que fai des gens qui viennent dans mon bureau tous les jours pour réclamer qu’on fasse quelque chose; f en ai même qui viennent en larmes tellement ils sont à bout.» Le moral n’est d'ailleurs pas très bon dans les unités de soins, où les professionnels sont de phis en plus nombreux à songer à démissionner, selon elle.Le recrutement est encore plus difficile.Dans la dernière année, 193 infirmières ont été embauchées.Techniquement cela aurait dû suffire amplement à combler les 28 départs à la retraite.Mais au bout du compte, l’hôpital a finalement essuyé 171 départs, plusieurs infirmières ayant aussi choisi de poursuivre leur carrière ailleurs.Au total, le compte s’est donc arrêté à 22 infirmières de plus cette année.La direction convient que c’est très peu, mais efle fait valoir que son établissement est en compétition avec tous les établissements québécois, ce qui rend la rétention du personnel extrêmement difficile.Le syndicat croit plutôt qu’il faut miser sur un meilleur climat de travail et sur un meilleur encadrement de la relève.Pourvu, bien sûr, que celle-ci montre de l’intérêt pour la profession.«Quandpersonne n’est volontaire, on prend la plus jeune, puis le lendemain, c’est une autre personne et une autre.Mais le lourde chacune vient vite quand on est à moins cinq infirmières dans une unité.[.] Si les conditions continuent à se dégrader comme ça, il est clair que la relève ne viendra tout simplement plus», craint Mme Therrien.Ce n’est pas la première fois que les infirmières prennent la peine d’interpeller le conseil d’administration sur la pénurie.Les syndiquées s’étaient présentées une première fois en février, puis elles sont revenues en mars et en mai.Elles étaient de retour hier soir dans l’amphithéâtre Emilie-Gamelin, plus inquiètes que jamais, en compagnie d’intensivistes et d’urgentologues qui avaient eux aussi sonné l’alarme, les premiers en mai, les seconds en février.Le Devoir Soyez les bienvenues! , JACQUES NADEAU LE DEVOIR LE QUEBEC compte 200 nouveaux citoyens officiels depuis hier.Une cérémonie symbolique organisée par le gouvernement a permis de leur souhaiter la bienvenue en bonne et due forme.Habitant Montréal et l’Outaouais, ils ont reçu une copie de la Charte des droits et libertés de la personne, un livre sur la langue française et un certificat de bienvenue signé par le premier ministre et présenté par la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James.La cérémonie visait à souligner «l’apport bénéfique de l’immigration à l’essor du Québec».EQUITE SUITE DE LA PAGE 1 «Ça reflète une incapacité de la part de ce gouvemement-tà de concerter les parties», juge Réjean Parent Le gouvernement provoque «une levée de boucliers» au lieu de «faire un effort pour essayer de concilier les intérêts des groupes».En annonçant les nominations à la CES la semaine dernière, le ministre du Travail, David Whissefl, a signalé que la nomination de Mme Marchand était accompagnée de celle de Marie Rinfret une ancienne directrice des affaires juridiques de la CES, et de la confirmation selon laquelle Carol Robertson, issue du milieu syndical, demeure membre de la CES.Ces trois femmes viennent de milieux différents, a fait valoir M.Whissefl, qui voit dans ce fait «w« gage de succès et d’équilibre».Au cabinet du ministre, on a soutenu hier que le gouvernement en nommant Louise Marchand, ne cherchait pas à forcer la CES à se montrer plus conciliante envers les entreprises qui éprouvent des difficultés ou qui sont réticentes à respecter l'équité salariale.En annonçant début juin, son départ après un mandat de cinq ans, l’ex-présidente de la CES, Rosette Côté, avait exprimé sa ‘grande inquiétude» devant l’attitude des associations patronales.Elle avait dit craindre un «retour en arrière».«On sait de plus en plus que la grande entreprise voudrait bien tasser la Loi [sur l’équité salariale]», a avancé M.Parent Le patronat ne cherche pas à obtenir l'abolition de cette loi, a assuré la présidente de la FCCQ, Françoise Bertrand.Les chambres de commerce veulent cependant «un changement dans la gouverne» de la CES.«Est
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