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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2007-07-24, Collections de BAnQ.

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ACTUALITÉS Le Canada rétablit son aide financière au gouvernement palestinien Page A 3 www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR Vol.XCVIIIN-164 ?LE MARDI 24 JUILLET 2007 88c ?T A X E S « 1$ PICTURE ARTS-AFP Un jeune sur trois a été exposé à du matériel pornographique non sollicité dans Internet Un sur 25 s’est carrément fait demander une photographie.Pornographie non désirée Un jeune internaute sur sept a reçu une offre d’ordre sexuel LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Pendant que les jeunes naviguent dans le cyberespace, disséminant çà et là des photos et des informations personnelles sur leurs pages personnelles, les prédateurs sexuels, eux, traquent le moindre détail.Leur but?Cibler les proies potentielles et tâter le terrain par le biais de propositions non sollicitées.En tout, un jeune internaute sur sept aurait reçu des offres sexuelles sur le Web et un sur 25 s’est carrément fait demander des photos de lui dans le plus simple appareil ou dans une position mimant des jeux sexuels, montre une étude publiée dans le dernier Journal of Adolescent Health par le Centre de recherche sur les crimes contre les enfants de l’Université du New Hampshire.Principalement actifs dans les clavardoirs (chat rooms) et sur les messageries instantanées, les prédateurs sexuels utilisent des techniques de phis en plus sophistiquées pour parvenir à leurs fins, explique l’au- teure principale de cette étude, la psychologue Kimberly Mitchell «De nos Jours, les enfants sont plus au courant des dangers qui les guettent dans Internet.Ils savent qu’ils peuvent tomber sur des adultes dont les intentions sont mauvaises.Le problème, c’est que les prédateurs ont aussi adopté leur discours.Les jeunes cherchent à en savoir plus sur le sexe tout en cherchant la romance et l’amour, et c’est souvent ce que ces gens leur font miroiter.» Les agresseurs sont en effet de très fins observateurs, confirme Chad Harms, chercheur à l’école de journalisme de l’Université de ITowa.«Lorsqu’un agresseur interagit avec une victime potentielle, il porte une grande attention à ce qu’elle lui confie et prend en compte toutes les informations qui lui sont données.» Une fois rassemblées, ces informations lui permettent d’adapter son discours aux besoins de sa victime afin de mieux saisir ses moments de vulnérabilité.Menée auprès de 1500 jeunes Américains âgés de 10 à 17 ans, cette étude a permis de mettre en lumière deux groupes de jeunes qui s’avèrent particulière- ment vulnérables, soit ceux qui ont déjà été agressés auparavant et ceux qui sont en confht ouvert avec leurs parents.«Ces jeunes sont souvent isolés, déprimés.Ils n’ont pas toujours un bon appui parental et je crois que les pédophiles savent tirer partie de cela, du moins c’est ce que nos données suggèrent», explique Mme Mitchell en entrevue téléphonique depuis son bureau situé sur le campus de son université, à Durham.D’autant que les agresseurs prennent souvent la peine d’établir des liens suffisamment étroits pour que le jeune se sente en confiance, poursuit la psychologue.«D’autres recherches menées au centre nous ont montré que, bien souvent, de telles demandes proviennent de personnes qui entretiennent une relation significative avec l’enfant, ce qui rend la délation très difficile.» Sans oublier le fait que, sous les traits de l’agresseur, se cachent bien souvent d’autres adolescents (43 %) ou de jeunes adultes (30 %) n’ayant pas dépassé VOIR PAGE A 8: PORNOGRAPHIE Algues bleues: de mal en pis Le nombre de lacs et rivières touchés dépasse le cap des 70 ALEXANDRE SHIELDS Ly épidémie d’algues bleues-vertes qui frappe le Québec ne cesse de prendre de l’ampleur, alors qu’on a atteint hier le chiffre de 71 plans d’eau torn chés, soit le même nombre que le total des cas recensés à la fin de l’été 2006.C’est donc dire que 2007 détiendra assurément un triste record en la matière.Uniquement hier, six lacs ont été ajoutés à la liste de surveillance dressée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP).Le problème prend à ce point de l’ampleur, joui4 après jour, que la Fédération québécoise des municipalités presse maintenant le premier ministre Jean Charest de s’engager de pied ferme dans la lutte contre les cyanobactéries.Le président de la Fédération, Bernard Généreux, estime que Québec doit absolument dépasser l’étape des initiatives volontaires pour imposer des mesures plus sévères afin de freiner la propagation galopante des algues bleues.Selon lui, la sensibilisation des riverains est loin d’être suffisante.L’urgence d’agir est d’autant plus évidente, selon M.Généreux, que 80 % des Québécoises tirent leur eau de sources de surface et que, dans ce domaine, les problèmes qu’on connaît pourraient avoir des conséquences désastreuses sur l’approvisionnement de la province.Malgré cet appel pressant, pas question pour le gouvernement d’y aller de mesures coercitives.On préfère encore miser sur la sensibilisation et l’éducation pour inciter les citoyens à changer leurs comportements.«Le coercitif, je n’y crois pas», a laissé tomber hier Marc Simoneau, analyste en milieux aquatiques au MDDEP.VOIR PAGE A 8: ALGUES La sensibilisation des riverains est loin d’être suffisante, aux yeux de laFQM Précipitations abondantes: l’activité humaine mise en cause Ly activité humaine est responsable en bonne partie des changements dans les tendances des précipitations de pluie et de neige, indiquent des chercheurs d’Environnement Canada dans une étude qu’ils ont réalisée et qui sera publiée cette semaine dans la revue Nature.C’est la première fois que ce lien est établi.Les précipitations ont augmenté de 10 pour cent dans les régions nordiques au cours du XXe siècle, mentionne l’étude.Dans l’ouest de l’Angleterre, des dizaines de milliers de foyers sont privés d’eau potable ou d’électricité, en raison des pires inondations qu’a connues le pays depuis 60 ans.¦ À lire en page A 2 LEON NEAL AGENCE FRANCE-PRESSE Des cygnes empruntent une rue d’Evesham, en Grande-Bretagne, l’une des localités touchées par les inondations des derniers jours.INDEX N a Annonces.B 4 Avis publics.B 5 Culture.B 8 Décès.B4 Économie.B 1 Éditorial.A6 Idées.A 7 Météo.B 6 Monde.A 5 Mots croisés.B 6 Sudoku.B 5 Télévision.B 7 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le Rwandais Amédée Kamota se trouve à Montréal pour apprendre les rudiments de la vidéo.Il retournera tourner des images sur la réalité de son pays.L’arbre de la colère Le procès de jeunes Noirs ravive les tensions raciales en Louisiane En Louisiane, des lycéens noirs voulaient s’asseoir sous un arbre réservé aux Blancs: trois cordes de pendu ont été suspendues aux branches.Après plusieurs bagarres dans la petite ville de Jena, seule s’impose la justice des Blancs Des images qui dénoncent Des militants des droits de Vhomme à Décote de la vidéo Venus des quatre coins du globe, trente militants des droits de l’homme sont à Montréal du 15 au 27 juillet pour apprendre les rudiments de la caméra et du montage vidéo.Le but?Retourner dans leur pays respectif et tourner des images illustrant les causes qu’ils défendent Parce qu’il faut parfois le voir pour le croire.LISA-MARI E GERVAIS Amédée Kamota, un avocat militant au sein d’une organisation de défense des droits des autochtones, n’avait jamais touché à une caméra dans son Rwanda natal.Pourtant, s’il avait pu, il en aurait tourné, des films d’horreur.À commencer par les conditions de vie difficiles des Batwas, ces Pygmées chasseurscueiDeurs confinés aux derniers lambeaux de la forêt rwandaise.Dépossédés de leurs terres, ils vivent désormais sur des territoires proclamés réserves nationales, dans des maisons faites d’herbes et de brindilles séchées.«On a fait plusieurs enquêtes et écrit des rapports pour essayer de sensibiliser le gouvernement à la discrimination dont ils sont victimes.Ce qui manque, ce sont des images pour la montrer», VOIR PAGE A 8: IMAGES ANNICK COJEAN est une histoire du vieux Sud.Une histoire tragique, hantée par des dé-I mons surgis d’un autre temps.Une y histoire en noir et blanc.A l’ombre d’un vieil arbre, splendide et harmonieux, déployant généreusement ses branches, déjeunaient depuis des décennies les élèves blancs du lycée de Jena, petite ville de 3000 habitants nichée au fin fond de la Louisiane et dont la population est blanche à 85 %.Cette organisation ancestrale de la cour de l’école, qui reléguait les élèves noirs à la périphérie, aurait pu perdurer si un jeune garçon noir, à la rentrée scolaire de 2006, n’avait osé poser publiquement la sulfureuse question: «Pouvons-nous, nous aussi, nous asseoir sous le feuillage?» La réponse de la direction tilt très claire: «Asseyez-vous où bon vous semble!» Et sous le regard courroucé d’élèves blancs une poignée de jeunes Noirs se glissèrent à l’ombré du vieil arbre.Le lendemain matin, 1" septembre 2006, trois cordes à nœud coulant pendaient à une branche de l’arbre.Deux cordes noires entourant une corde peinte en or les couleurs de l’école.Les élèves noirs furent horrifiés, leurs parents mortifiés.«Pas besoin d’être historien pour comprendre le message!, dit VOIR PAGE A 8: LOUISIANE l LE DEVOIR.LE MARDI 24 JUILLET 20 0 7 A 2 LES ACTUALITES Précipitations abondantes : une preuve de l’influence humaine DENNIS BUECKERT Ottawa — Une étude du ministère fédéral de l’Environnement a détecté la première preuve directè de l’influence humaine sur les changements dans les tendances des précipitations de pluie et de neige, et notamment une hausse significative des précipitations au Canada.L’étude, qui paraît dans la revue scientifique Nature, constate que les précipitations se sont accrues de 10 % dans les régions nordiques au cours du XX' siècle — un changement qui ne peut être expliqué par la variabilité naturelle ou par des éruptions volcaniques.La seule explication possible de tels changements réside dans l’activité humaine, indique l’étude dirigée conjointement par Francis Zwiers et Xuebin Zhang, d’Environnement Canada.«Ce sont d’assez gros changements [survenus] au cours de la majeure partie du siècle, et nous pouvons dire, à partir de notre étude, qu’une partie substantielle de ces changement est attribuable à l’influence humaine», a déclaré M.Zwiers en entrevue.L’étude confirme la fiabilité des modèles informatiques utilisés pour étudier le climat Elle montre que les changements réels sont conformes aux change ments prévus par ordinateur.Mais ils se produisent plus rapidement que prévu.«Les changements observés, qui sont plus importants que les changements estimés à partir des simulations, ont peut-être déjà des effets significatifs sur les écosystèmes, l’agriculture et la santé humaine», mentionne le rapport.Presque tous les modèles informatiques prédisent que le réchauffement mondial entraînera une augmentation des précipitations le long de l’équateur et que davantage d’humidité sera transportée vers les pôles, ce qui se traduira par de plus fortes précipitations aux latitudes plus nordiques.S’il est difficile de s’adapter au réchauffement climatique, l'adaptation aux changements des précipitations représente un défi encore plus grand, parce que ces changements auront une incidence accrue sur l’approvisionnement alimentaire et sur les mouvements des populations.Ce portrait est rendu encore plus complexe par des facteurs saisonniers et géographiques et par les éruptions volcaniques, des éléments qui compliquent énormément les efforts déployés pour déterminer les tendances climatiques causées par l’activité humaine.Les résultats de l’étude viennent s’ajouter à une série d’autres indications que le climat change, à cause des concentrations accrues de gaz à effet de serre relâchés dans l’atmosphère, principalement par l’utilisation de combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et le gaz naturel.Presse canadienne » ^ v" ' JACQUESURENIER LE DEVOIR Un cycliste bataille contre la pluie à Montréal.Les précipitations se sont accrues de 10 % dans les régions nordiques au cours du XX'' siècle — un changement qui ne peut être expliqué par la variabilité naturelle ou par des éruptions volcaniques.STEPHEN HIRD REUTERS Lne vue aérienne du Gloucestershire, où 70 000 maisons ont été privées d’eau potable et où plus de 40 000 habitations de la région ont été privées de courant tôt hier, après la fermeture d’une centrale électrique.ir':* La Grande-Bretagne connaît ses pires inondations depuis 60 ans STEPHEN HIRD NIGEL HUNT Gloucester, Angleterre — Le premier ministre britannique, Gordon Brown, s’est engagé hier à débloquer des fonds supplémentaires pour faire face aux plus graves inondations qu’a connues la Grande-Bretagne depuis près de 60 ans, alors que le niveau des eaux continue de monter.«Notre priorité est la sécurité et la protection de nos concitoyens», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse tenue au 10, Downing Street Il a indiqué qu’une aide financière serait accordée aux personnes touchées par les inondations qui happent le sud de l’Angleterre, conséquence de plusieurs journées de pluies torrentielles.«Nousjdisons aussi tout ce que nous pouvons pour nous assurer que les protections contre de nouvelles inondations soient en place», a ajouté le premier ministre, qui a concédé que la Grande-Bretagne devait améliorer ses infrastructures pour faire face à de telles catastrophes.«Comme tout pays industrialisé, nous nous retrouvons confrontés à certains des enjeux relatifs au réchauffement climatique», a-t-il estimé.l^e gouvernement a annoncé qu’il allait porter de 600 millions de livres sterling, aujourd’hui, à 800 millions, en 2011, le budget consacré au dispositif de protection contre les inondations.Brown a rejeté les critiques formulées contre le gouvernement et les administrations publiques, accusés de ne pas avoir su anticiper ces inondations.Quelques semaines plus tôt de fortes pluies avaient déjà fait plusieurs victimes et provoqué des inondations dans des villes du nord de l’Angleterre.«Je pense que les services de secours ont fait du bon travail», a déclaré Brown.Le pic n’est pas encore atteint Le premier ministre s’était auparavant rendu dans le comté de Gloucestershire, où 70 000 maisons ont été privées d’eau potable, et ce nombre pourrait atteindre 140 000 dans les prochains jours.Plus de 40 000 habitations de la région ont été privées de courant tôt hier, après la fermeture d’une centrale électrique.Le bilan des inondations pourrait atteindre deux milliards de livres sterling, selon les assureurs, qui viendront s’ajouter aux 1,5 milliard de dommages qu’ont causés les inondations de juin.Neuf alertes aux inondations ont été maintenues.De nombreux endroits du Worcestershire, du Gloucestershire et du Warwickshire, dans le sud de l’Angleterre, sont toujours sous les eaux, et les autorités ont dit que le niveau de l’eau dans les rivières continuait de monter.Dans certaines villes, les voitures et les camions ont été abandonnés, les rues s’étant transformées en cours d’eau.A bord de canots, les services de secours ont distribué des bouteilles d’eau aux personnes coincées dans leurs maisons et ont évacué enfants et personnes âgées.Plus de 2000 personnes ont passé la nuit de dimanche à hier dans des refuges et la Royal Air Force ainsi que les hélicoptères des gardecôtes ont été appelés en renfort en fin de semaine pour hélitreuiller des centaines de personnes piégées pot les eaux.D s’agit de l’une des plus importantes opérations de sauvetage menées en temps de paix en Grande-Bretagne.«J’ai le regret de dire que je ne pense pas que nous ayons encore atteint le pic», a déclaré John Harman, de l’Agence de l'environnement, sur les ondes de la BBC.«Toute cette eau que nous avons vue [.] se trouve maintenant dans le système fluvial.Bien que la pluie ait un peu diminué [.], c’est l’eau dans les rivières qui représente désormais une menace», a-t-il ajouté.Récoltes menacées Ce début d’été pluvieux en Grande-Bretagne commence à affecter les récoltes et pourrait provoquer des pénuries de produits agricoles.«Cest un désastre total.La production de lait est en chute libre et c'est dû au temps», estime Tim Brigstocke, consultant en bétail «Le lait va devenir une denrée rare dans les prochains mois.Nous nous dirigeons tout droit vers d’immenses problèmes.» La plupart des vaches ont passé leur été à l’intérieur, ce qui a obligé les exploitants à utiliser leurs maigres ressources de fourrage.Le prix de l’alimentation du bétail devrait fortement augmenter avec l’envolée des prix des céréales.Par ailleurs, les cultures d’orge et de colza, qui sont mûres pour être récoltées, sont menacées.Le maïs, dont la moisson ne doit pas commencer avant le mois prochain, est pour l’instant épargné.«Plus de 70 % de l’orge et du colza sont prêts à être moissonnés, mais on ne peut s’y mettre.Il y a peu d’espoir de pouvoir moissonner cette semaine», explique Brigstocke.Selon Philip Hudson, conseiller en horticulture auprès de la Fédération nationale des agriculteurs de la Grande-Bretagne, les cultures de légumes sont également menacées.«Le temps humide a causé des dommages aux cultures de pommes de terre, de laitues et de légumes, il y a des champs sous les eaux au moment présent», explique-t-fl.«Ce n’est pas seulement la moisson qui pose problème.Les exploitants ont également des difficultés pour planter, donc les conséquences ne portent pas seulement sur la période actuelle, mais à plus long terme également», poursuit-il.Reuters Soupir de soulagement au Réseau canadien de l’environnement Ottawa a annoncé le renouvellement du financement annuel de l’organisme ALEXANDRE SHIELDS Les 800 groupes écologistes membres du Réseau canadien de l’environnement (RCEN) peuvent pousser un soupir de soulagement puisque le gouvernement canadien a finalement annoncé qu’il renouvelait son financement annuel de 800 000 $ accordé à l’organisme.Jusqu’à la semaine dernière, l’avenir du Réseau était pourtant des plus incertains.En effet il obtient normalement son budget de fonctionnement annuel sur la base d’un exercice financier allant d’avril à mars.Or, depuis le 1" avril, aucun financement n’était rentré et rien n’indiquait que des fonds étaient sur le point d’être débloqués.La situation était à ce point critique que Steven Ri-son, le président du conseil d’administration de l’orga- nisme, avait avisé les membres du personnel que leurs emplois étaient menacés.Peu connu, parce qu’il est apolitique et ne prend pas position, le RCEN joue cependant un rôle crucial pour des centaines de groupes écologistes, surtout les plus petits, qui n’ont pas assez d’argent pour faire du réseautage et financer leurs communications.Le Réseau organise aussi des consultations pour le gouvernement fédéral, et il a été mis à contribution à plusieurs reprises pour constituer ce qu’on appelle des groupes de consultation multilatéraux, réunissant des écologistes, des gens de l’industrie et d’autres pour débattre de divers dossiers.Les principaux intéressés se sont évidemment réjouis de voir que le Réseau était sauvé d’une mort imminente.«Avec l’impact grandissant du réchauffement climatique sur tous les aspects de nos vies et les crises environnementales permanentes qui menacent nos forêts, nos océans et la pêche, nous allons avoir besoin d’une action collective sans précédent pour relever ces défis, a expliqué Bruce Cox, directeur général de Greenpeace Canada.Plus que jamais, nous avons besoin du RCEN pour rassembler les Canadiens afin qu’ils partagent leur savoir, leur expérience et leurs solutions.» Stephen Hazell, directeur général du Sierra Club du Canada, a pour sa part insisté sur les gains obtenus au fil des années grâce au Réseau.«Le RCEN a contribué au développement de politiques sur les émissions atmosphériques et le smog, la pollution de l’eau, la disparition des habitats et la planification et l’évaluation environnementales», a-t-il fait valoir.Le Devoir Chaque semaine, des films et des artistes qui ont traversé le temps : Geneviève Bujold, Gabriel Arcand, Gilles Carie, Monique Mercure.ONF, UN SURVOL CE SOIR : CLAUDE JUTRA LES MARDIS 20h en bref Entente énergétique Victpria—Le Canada a signé, avec les Etats-Unis et le Mexique, une entente sur l’énergie prévoyant la mise en application d’initiatives concertées en faveur d’une consommation énergétique plus propre et plus efficace.A Victoria (Colombie-Britanniquç), où il recevait la ministre de l’Energie du Mexique, Georgina Kesçel, et le ministre de l’Energie des Etats-Unis, Samuel Bodman, le ministre fédéral des Ressources naturelles, Gary Lunn, a indiqué hier que cette entente contribuerait à établir une partie du programme du sommet auquel prendront part les dirigeants des trois pays, le mois prochain, à Montebello, en Outaouais.L’accord a été présenté comme la toute première entente tripartite signée par le Canada, le Mexique et les Etats-Unis en matière de sciences et de technologies de l’énergie.D constitue un cadre de travail pour stimuler llnno-vation dans ce secteur au sein des trois pays.-/IC * LE DEVOIR.LE MARDI 24 JUILLET 2007 ACTUALITES Ottawa reprend son aide financière au gouvernement palestinien Le Canada emboîte ainsi le pas aux États-Unis et à l’Union européenne KARINE FORTIN Ottawa — Après avoir tergiversé pendant des semaines, le Canada a finalement annoncé hier la reprise de son aide financière accordée au gouvernement palestinien, suspendue en mars 2006 après la victoire du mouvement islamiste Hamas aux élections législatives.Le Canada emboîte ainsi le pas aux Etats-Unis et à l’Union européenne, qui ont tous deux recommencé à soutenir les autorités palestiniennes en juin dernier, après la formation d’un gouvernement d’urgence dirigé par l’économiste Salam Fayyad.Ce cabinet, formé de modérés proches du président Mahmoud Abbas, exclut le Hamas.Dans les faits, le mouvement extrémiste continue toutefois à régner en maître sur la bande de Gaza, un territoire de 380 kilomètres carrés abritant environ 1,4 million de personnes.Dans un communiqué, le gouvernement Harper a précisé qu’il verserait immédiatement huit millions de dollars aux autorités palestiniennes par l’entremise du mécanisme international temporaire approuvé par le Quartette sur le Proche-Orient, qui corqprend les Nations unies, l’Union européenne, les États-Unis et la Russie.Cette aide servira notamment à soutenir les efforts d’amélioration de la sécurité ainsi que le développement démocratique, économique et social des territoires palestiniens.«Nous reconnaissons les difficultés fondamentales auxquelles sont confrontés le président Abbas et le premier ministre Fayyad dans des domaines comme la gouvernance et la primauté du droit, et nous espérons que l’appui du Canada contribuera à la mise en œuvre de réformes bien nécessaires», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay.En conférence téléphonique, le ministre a précisé que les huit millions ne constituaient qu’un premier pas et que le Canada tenterait de déterminer d’autres moyens d’aider le nouveau gouvernement Aide humanitaire En plus de son soutien à l’Autorité palestinienne, Ottawa versera un million de dollars au Comité international de la Croix-Rouge, qui offre de l’aide non alimentaire aux civils palestiniens.Contrairement à l’aide politique, l’aide humanitaire canadienne aux territoires n’a jamais cessé.D’après la ministre responsable de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), Josée Ver- CHR1S WATTIE REUTERS Le ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay.ner, le fédéral a versé 30 millions aux Palestiniens au cours de la dernière année financière, par l’entremise de l’ONU et d’organisations non gouvernementales.En 2005, l’aide canadienne aux habitants des territoires s’était chiffrée à quelque 25 millions, dont 7,3 millions avaient été remis directement au gouvernement local La reprise du soutien financier à l’Autorité palestinienne ne constitue pas une surprise.Les spécialistes du Proche-Orient et les partis d’opposition s’attendaient d’ailleurs à ce que la nouvelle soit annoncée il y a dix jours, lors de la visite du roi de Jordanie, Abdallah II, à Ottawa.Libéraux et bloquistes ont tous deux salué l’annonce faite hier, tout en soulignant qu’elle survenait bien tard.«Je me demande vraiment pourquoi il leur a fallu autant de temps.Même George W.Bush a foitplus vite», a commenté le porte-parole libéral sur les affaires étrangères, Ujjal Dosanjh.Pour son homologue bloquiste, Francine Lalonde, le montant est bien faible, mais il constitue «un geste, un signe» de bonne volonté.Le Nouveau Parti démocratique est moins convaincu.L’ancienne leader du parti, Alexa McDonough, estime que l’aide annoncée hier arrive «trop tard» pour être vraiment utile.«Il est difficile de ne pas être en colère contre les conservateurs, qui ont coupé les vivres à un gouvernement palestinien que plusieurs considéraient comme légitime», a-t-elle souligné.«Maintenant que c'est le chaos, que Gaza et la Cisjordanie sont séparées, le gouvernement commence à parler de démocratie et de sécurité.Cest un peu malhonnête.» Presse canadienne Jocelyn Coulon critiqué par le B’nai Brith 1 de sa candidature.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jocelyn Coulon sera candidat libéral poire l’élection partielle dans Outremont.Il est ici photographié en compagnie du chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, lors de l’annonce GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Sitôt nommé, sitôt critiqué.L’organisme B’nai Brith demande au chef libéral Stéphane Dion de congédier Jocelyn Coulon, le candidat qu’il vient de choisir pour l’élection partielle dans Outremont On lui reproche notamment des «préjugés anti-Israël».Dans un communiqué émis en fin de journée vendredi, jour de l’intronisation de M.Coulon, le B’nai Brith écrit que l’analyste et chroniqueur a Élit preuve, au cours des dernières années, d’une «attitude hostile envers Israël».Selon l’organisme, «ses discours antiaméricains et ses appels demandant la fin de l’isolement d’un gouvernement contrôlé par le Hamas [.] devraient lui interdire d’être le candidat du Parti libéral».«M.Coulon a émis plusieurs opinions qui vont à l’encontre de la politique de son parti», indique au Devoir Moïse Moghrabi, conseiller juridique de B’nai Brith Canada - région du Québec.«Il ne voit pas de problème à ce qu’on discute avec le Hamas, une organisation criminelle.Ensuite, il affirme que l’Iran ne représente pas une menace pour l’Occident, tout comme il a écrit que la menace terroriste islamiste était insignifiante.Ce n’est pas acceptable pour nous.» M.Moghrabi estime que Jocelyn Coulon ne pourrait pas «être ministre de la Défense d’un prochain gouvernement.Ses idées ne sont pas conformes à la politique traditionnelle canadienne.» Interprétation exagérée Mais cette opinion n’est pas partagée par l’ensemble de la communauté juive.Le comité Québec-Israël trouve en effet exagérée l’interprétation du B’nai Brith et il estime que M.Coulon a tout à fait le droit d’être candidat libéral dans Outremont.«C’est vrai qu’il a une position sévère envers la question du Moyen-Orient et sur la politique d’Israël, mentionne Philippe Eïharra, directeur des relations publiques.Mais nous connaissons bien M.Coulon, ainsi que la position du PLC sur le Moyen-Orient: nous présumons qu’il défendra maintenant cette position.» Le principal intéressé s’est montré surpris de la sortie du B’nai Brith.«J’ai toujours dit que je suis un ami d’Israël, mais un ami critique.Israël est la seule démocratie de cette région, c’est notre alliée.Ce qui ne m’empêche pas d’avoir une position critique sur plusieurs de leurs politiques.» M.Coulon rejette toute accusation d’être «anti-israélien, antiaméricain ou pro-Hamas: je ne vois absolument pas où ils vont chercher ça».Par rapport au Hamas, l’ancien chercheur mentionne qu’il y a une différence entre maintenir une ligne de communication obligée pour venir en aide à plus d’un million de personnes coincées à Gaza, et «entretenir des relations [officielles] avec le Hamas, ce qui est hors de question».«On ne peut pas sortir une ligne à gauche et à droite d’un texte.Si on veut me juger, il fout le foire sur la totalité de ce que fai écrit», dit Jocelyn Coulon, qui reconnaît que sa pensée a pu évoluer au fil du temps.«Quand je chronique, j’ai un ton de chroniqueur.Là, je suis candidat et je suis très confortable avec la position de mon parti.C’est celle que je défends et que je vais défendre, [.] parce qu’elle est en accord avec ma philosophie de paix et de sécurité.» La population juive comptant pour environ 15 % de la population d’Outremont, le B’nai Brith a indi- qué hier qu’il distribuerait des copies de certaines chroniques de M.Coulon qu’il juge controversées, «pour que les électeurs comprennent».M.Coulon affirme de son côté qu’il a déjà commencé à tisser des liens avec la communauté et il se dit convaincu que les gens comprendront le sens exact de ses positions.Le Devoir E N Ministère fraudé Ottawa—Un ex-fonctionnaire de la Défense nationale a plaidé coupable à une série d’accusations liées à une fraude par laquelle des dizaines de millions de dollars ont été soutirés au gouvernement fédéral.Pàul Champagne faisait face à un total de sept accusations, dont celles de fraude, d’abus de confiance et de blanchiment d’argent II était responsable d'un contrat de haute technologie conclu avec le ministère de la Défense nationale, mais il avait été congédié en 2003 BREF après que des irrégularités eurent fait surface dans la facturation concernant le géant de l'informatique Hewlett Packard.Le gouvernement fédéral avait versé 159 millions à Hewlett Packard pour la gestion des services d’entretien des équipements informatiques de la Défense, mais l’entreprise a affirmé que le ministère lui avait enjoint de faire faire le travail par un groupe de sous-traitants parce qull s’agissait de tâches secrètes.En mai 2004, Hewlett Packard avait remboursé 145 millions au gouvernement fédéral.- PC Par un collectif d’auteurs Sous Is direction do Marcel D’AMBOISE Sm ¦pH» H coiiMtion ! LE PIUOÏ Français laiait fl'anaipBtwnMi Prétecondaire à 5e secondaire 17,75 $ chacun Formation générale des adultes L’armée canadienne peine à recruter autochtones, femmes et minorités visibles STEVE RENNIE Toronto — Les Forces armées canadiennes perdent du terrain dans leurs efforts pour recruter davantage de femmes, de membres des minorités visibles et d’autochtones dans leurs rangs.Le plan d’équité en matière d’emploi de l’armée, obtenu grâce à la Loi sur l’accès à l’information, révèle que peu de catégories de postes au sein des froupes s’approchent d’une représentation «acceptable» des femmes, des membres des minorités visibles, des autochtones et des personnes handicapées.Les dernières données fournies par les forces canadiennes révèlent que l’écart s’est en fait élargi.En juin 2007, il manquait plus de 11 200 personnes pour que soient atteints les objectifs du plan d’équité en matière de représentation des groupes désignés, alors qu’en janvier 2006 le déficit était d’un peu plus de 10 000 personnes.Les écarts les plus importants entre les taux de représentation réel et attendu sont observés chez les femmes et les membres de minorités visibles.Les Forces armées ne recrutent pas activement les personnes handicapées, en raison du principe selon lequel ceux qui portent l’uniforme doivent pouvoir être déployés pour les besoins opérationnels généraux.La lieutenante-colonelle Diana Herrington, responsable des droits de la personne et de la diversité au sein de l’armée, a reconnu que celle-ci n’a pas atteint ses objectifs en matière de représentation.«Nous avons du chemin à foire, sans aucun doute [.].L’écart est élevé.Nous l’admettons», a-t-elle déclaré.Pour la lieutenantecolonelle Herrington, une explication possible de l'échec de l’armée à atteindre ses objectifs tient à ce que les groupes minoritaires visibles vivent généralement dans de grands centres urbains, loin des régions rurales qui constituent la base traditionnelle du recrutement de l’armée.Une autre théorie, selon elle, est que certains proviennent de pays aux prises avec la guerre, où les militaires sont perçus comme corrompus.Mais, selon Christian Leu-precht, professeur de science politique au Collège militaire royal à Kingston (Ontario), ce ne sont que les symptômes et non la véritable cause du problème.Malgré une décision d’un tribunal des droits de la personne, en 1989, qui donnait à l’armée 10 ans pour ouvrir ses rangs et toutes ses fonctions aux femmes, les Forces armées ne font pas suffisamment d’efforts pour attirer de nouvelles recrues issues des groupes minoritaires, dit-ü.Presse canadienne -T.lr S ° ROLEX OYSTER PERPETUAL DATEJUST ACIET ET OR JAUNE MBILhi 'mmSam' Gàmbard Vente et service technique HO-A AUF.CATHCART, CtNTRE.VILLE MONTRtAl (S 14) 866 3876 LE DEVOIR.LE MARDI 2 4 JUILLET 2007 LES ACTUALITES Le procès Mimyaneza sous haute surveillance BRIAN MYLES Quarante-quatre paires d’yeux sont rivées sur le procès de Désiré Munyaneza, qui engendre un engouement unique dans les annales judiciaires.Les audiences font en effet l’objet d’un suivi minutieux de la part du Groupe de réflexion en droit pénal .international et humanitaire (GREPIH), rattaché à 1UQ AM.Depuis l’ouverture de ce procès d’une importance historique, le 26 mars, le GREPIH a dépêché des observateurs tous les jours pour recueillir de l’information sur l’affaire.Un total de 44 personnes ont été formées pour c,e «projet de monitoring» du GREPIH, auxquelles s’ajoute une équipe de 12 traducteurs (anglais et français) et ISrecherchistes.Le GRÉP1H se propose de jouer le rôle «d'observatoire neutre académique» du procès Munyaneza.L’homme de 40 ans est confronté à sept accusations, deux génocide, deux de crimes contre l’humanité et trois de crimes de guerre, pour son implication présumée dans le génocide commis au Rwanda à l’été 1994.Il s’agit d’un premier cas d’application de la loi canadienne sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, rappelle Caroline Wajter, directrice exécutive du GREPIH.«On donne de l’information sur la façon dont la justice canadienne met en œuvre le principe de la compétence universelle, et comment se fait l’interaction entre le droit pénal international et le droit pénal canadien», explique-t-elle.Les informations sont consignees dans le site Internet du GREPIH, où elles ont été consultées par 1461 internautes en date du 15 juillet.La communauté juridique internationale de même que les Rwandais sont très intéressés par le procès de M.Munyaneza, affirme Mme Walter, Dès l’automne prochain, le GREPIH compte offrir en outre des résumés factuels (neutres et objectifs) des témoignages livras à ce jour.Par principe, le GREPIH attendra le prononcé du verdict avant de formuler des commentaires critiques sur le déroulement du procès.Ce qui n’est pas pour demain.Les témoignages Dix Rwandais sont venus à Montréal pour témoigner contre l’accusé depuis le début du procès.Munyaneza, un Hutu, a violé et tué des Tutsis sous leurs yeux dans la région de Butare, ont-ils indiqué.Quatorze autres témoins qui étaient dans l’impossibilité de venir au Canada ont également été questionnés dans le cadre d’une commission rogatoire menée au Rwanda, l’hiver dernier.Plus de 2000 pages de témoignages de cette commission rogatoire ont été divulguées à la fin juin.Ces notes révèlent entre autres que Munyaneza aurait participé à une tuerie de masse de 500 Tutsis qui avaient trouvé refuge dans une église catholique.Le procès reprendra cet automne avec le témoignage du sénateur Roméo Dallaire, commandant de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda, d’un enquêteur en droits de l’homme de l’ONU qui a séjourné au Rwanda de 1994 à 1997 et d’un médecin de l’organisation Médecins sans frontières qui a dû quitter le pays quelques jours après le début du génocide, en avril 1994.Ensuite, ce sera à la défense de présenter sa preuve.L’avocat de M.Mimyaneza, Richard Perras, a déjà indiqué qu’il comptait mener lui aussi une commission rogatoire en Belgique, au Rwanda et au Kenya, si bien que le procès est susceptible de se poursuivre en 2008.Le Devoir AGENCE FRANCE-PRESSE Le général de Gaulle a livré le 24 juillet 1967, il y a donc 40 ans aujourd’hui, son fameux discours improvisé du balcon de l’hôtel de ville de Montréal.La SSJB se souvient avec Labrecque du « Vive le Québec libre » BRIAN MYLES Le 40 anniversaire du «Vive le Québec libre!» du général Charles de Gaulle passe inaperçu dans la classe politique, mais il sera souligné par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM).La SSJBM organise ce soir une projection du court métrage de Jean-Claude Labrecque intitulé La Visite du général de Gaulle au Québec.Marcel Masse, minisfre délégué à l’accueil des chefs d’Etat lors d’Expo 67, au sein du gouvernement de Daniel Johnson père, animera la discussion.«Cette déclaration fut un révélateur.Il y avait déjà au Québec, avant De Gaulle, un mouvement indépendantiste qui se développait depuis plusieurs années, mais en même temps ses adhérents n’étaient pas tout à fait sûrs d’eux- mêmes», explique le président de la SSJBM, Jean Dorion.Âgé de 24 ans à l’époque, ce jeune militant du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) «n’a pas pu dormir de la nuit» après que le général De Gaulle eut lancé «Vive le Québec libre!» «De Gaulle a non seulement donné une caution au Québec sur la scène internationale, il a donné confiance au mouvement indépendantiste dans la validité de sa cause», estime M.Dorion.En juin dernier, la SSJBM a tenu un déjeuner-causerie sur la visite du général De Gaulle, auquel ont assisté un peu moins d’une centaine de personnes.M.Dorion s’attend à une assistance comparable pour la projection du court métrage de Labrecque.C’est sa caméra qui avait capté la déclaration du chef de l’État fran- çais.Ce film, considéré comme l’un des plus beaux fleurons du cinéma direct, relate l’arrivée du général à Québec, son parcours triomphal sur le Chemin du Roy et l’accueil délirant que lui réservent de 15 000 à 20 000 personnes devant l’hôtel de Ville, où il livra son fameux discours improvisé le 24 juillet 1967.«Ce qui m’a le plus frappé, c’est la traversée de Montréal en fin d’après-midi et la descente sur la rue Saint-Denis, se sourient Marcel Masse.On sentait cette espèce de fierté s’affirmer, nous les Canadiens français, ce qu'on avait pas eu beaucoup l’occasion de faire.Il y avait un cri du cœur, un défoulement palpables.» M.Masse attribue à De Gaulle l’essor du Québec sur la scène internationale.«C’est un événement qui a fait connaître le Québec sur le plan international et qui a assuré que la relation entre la France et le Québec se fasse en toute connaissance de cause.[.] L’oxygène nécessaire à notre survie nous vient en partie de cette relation avec la France», dit-il.L’initiative de la SSJBM offre un bel espace de réflexion, estime enfin M.Masse, qui fût minisfre provincial sous Daniel Johnson et Jean-Jacques Bertrand et ministre fédéral sous Brian Mulroney.Hormis quelques groupes souverainistes, personne ne fête le 40 anniversaire de «Vive le Québec libre!» aujourd’hui.Le gouvernement du Québec, la Ville de Montréal, les autorités diplomatiques françaises et le Parti québécois n’ont prévu aucune activité officielle.Le Devoir CONCOURS —N.rnirnmmmm :'V;Vï -f ; en collaboration avec SOL#BEC TOURS INC.SWISS 1 International ¦ ¦ '.-V-w.«GAGNER^, CAMPANIE EXCLUSIVITÉ SOL^BEC rivière-des-prairies- POINTE-AUX-TREMBLES Le CRE-M veut que Montréal bloque le projet de mairie en milieu humide Parcs (MDDEP) étudiera ensuite la demande d’obtention d’un certificat d’autorisation pour réaliser des travaux dans un milieu humide.L’arrondissement promet des compensations pour les dommages causés à ce milieu et assure que l’aménagement qu’il fera du parc René-Masson (présentement un boisé semi-sauvage) sera bénéfique pour l'environnement «Ce parc est un milieu naturel, un boisé de très grande qualité, évalue toutefois Coralie Deny.L’habitat faunique est intéressant.» Le CRE-M estime que ce dossier place Montréal «en pleine contradiction» avec ses politiques.«La Ville a adopté une Politique de protection et de mise en valeur des milieux naturels et une Politique de l’arbre [en décembre 2004], Elle vise à atteindre 6 % d’aires protégées en milieu terrestre.Ce n’est pas en coupant qu’on va l’atteindre.» Le CRE-M se dit favorable à la construction de la mai rie et de la maison de la culture, mais ailleurs, fias dans le parc.«Il y a 300hectares de terrains vacants résidentiels et institutionnels dans l'arrondissement», dit Mme Deny.Le bureau du maire de l’arrondissement Cosmo Ma-ciocia, réplique «qu’on n’ira pas faire une maison de la culture ou une mairie en pleine zone industrielle.Le site choisi créera un pôle culturel et sportif dans RDP, et c’est pourquoi on l’a choisi», selon Martin Dumont Les citoyens de l’arrondissement pourront s’enquérir des détaüs du projet ce soir, lors d’une séance d’information spéciale.Par la suite, l’arrondissement ou-vnra un registre où les contestataires auront l’occasion de signifier leur désaccord, ce qui pourrait forcer 1 abandon du projet ou la tenue d’un référendum.GUILLAUME B O U RG A ULT-C ÔTÉ Le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-M) estime que l’arrondissement de Ririère-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles (RDP-PAT) n’a aucune raison d’aller planter sa future mairie d’arrondissement au beau milieu d'un parc et d’un milieu humide.L’organisme a ainsi demandé hier à la Ville de Montréal de bloquer la réalisation de ce projet «Cesf aberrant de vouloir prendre un espace-parc pour construire des bureaux, affirme Coralie Deny, porteparo-le du CRE-M.Les espaces verts sont déjà rares dans l’est de la ville, où le secteur immobilier est en pleine expansion.Ce n'est certainement pas le temps d’en sacrifier un, alors qu’il y a d’autres endroits disponibles.» Interpellé par cette histoire révélée il y a deux semaines par Le Devoir, le CRE-M a convoqué la presse, hier matin, sur le site visé — le parc René-Masson, à l’angle du boulevard Gouin et de la 48 Avenue.L’organisme a alors lancé un appel à Helen Fotopulos, responsable des parcs et des espaces verts à la Ville, pour qu’elle protège intégralement le parc René-Masson.Mme Fotopulos doit rencontrer le CRE-M aujourd’hui: elle a refusé de commenter le dossier hier.La proposition de l’arrondissement de RDP-PAT de construire sa mairie d’arrondissement et une maison de la culture dans le parc René-Masson impliquerait que 25 % de ce parc (qui coppte 10 hectares, comme le parc Laurier) soit dézoné.Une s’agirait plus d’un «gmnd espace vert ou parc riverain», mais d’un «secteur résidentiel».La ViHe votera à la fin août sur la demande de changement de zonage.S le vote est positif, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Le Devoir Hôtel Sonia + + + + Le voyage inclut : 6 nuits d’hébergement, vol aller-retour Mtl/Rome, location de voiture 6 jours.Non inclus : frais de service et taxes d’aéroport.Voyage basé sur la disponibilité des départs selon les brochures d’été 2007 et hiver 2008.Valeur de 4100$.WWW.SOLBECTOURS.COM Voir forfait long» séjours personnes de 1S ars d plus Un seul coupon par erndofii» Les reproductions ctectronidues ne sept pas acceptées.Les conditions et reglements du concours sont dlspoatiles à la réception du Devoir.Adresse:.App.:.Ville:.Code postal :.Courriel:.Téléphone : (rés.).(bur.).Question : Dana Quelle province de ta Campanie se trouve le Sotte de Satané?.Ahonnéte) : Oui J Non J Coter si vous ne désirez pas itovo» de soltat^ Equiterre plaide pour la révision de la mission du MAPAQ BRIGITTE SAINT-PIERRE r Equiterre plaide pour une vision nourricière plutôt qu’industrielle du système alimentaire et, partant, pour la révision de la mission du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Àli-mentation du Québec (MAPAQ).C’est notamment ce que l’organisme préconise dans le mémoire qu’il a déposé le 21 juin à la Commission sur l'avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ), qu’il présentera le 5 septembre lors des audiences nationales de la CAAAQ à Montréal et qui a fait l’objet d’un communiqué de presse publié hier.«Il faut orienter les règles du jeu du système alimentaire de façon à nous nourrir prioritairement et à exclure les aliments de la logique de “conquête des marchés”», a affirmé hier le coordonnateur du program-ipe Agriculturé écologique chez Équiterre, Frédéric Paré, par voie de communiqué.L’organisme prône la «souveraineté alimentaire».Ce concept englobe l’objectif d’un approvisionnement alimentaire au Québec fourni par le territoire québécois ainsi que la capacité du «peuple québécois, via son gouvernement, à décider de ses lois et de ses règlements en agriculture et en alimentation pour, par exemple, protéger la production agricole du Québec du dumping et de l'importation», a indiqué M.Paré au Devoir.Équiterre propose la création d’un indice de sécurité alimentaire national, qui mesurerait principalement le degré d’autosuffisance national, la durabilité écologique du système .alimentaire, l’accessibilité économique des aliments et le savoir-faire culinaire.L’organisme préconise l’adoption d’une réglementation québécoise sur l’identification de l’origine des aliments vendus au Québec, permettant d’assurer leur traçabilité du champ aux commerces.• Il recommande de faciliter l’accès à la terre pour la relève agricole, ainsi que d’étudier la faisabilité d’assurer un niveau d’approvisionnement minimum en produits locaux dans les grandes chaînes d’alimentation.D prône également l’adoption d’une politique nationale d’alimentation institutionnelle qui soit «clairement tournée vers les produits locaux du Québec et préférablement biologiques».Le Devoir LE DEVOIR.LE MARDI 24 JUILLET 2007 A 5 LE MONDE Le premier ministre turc réélu Les défis d’Erdogan Erdogan devra faire preuve d’une grande prudence politique Ankara — Si RecepTayyip Erdogan était fondé de savourer hier le triomphe électoral incontestable de son parti, l’AKP, qui conserve la majorité absolue au parlement turc avec près de 47 % des suffrages, de sérieux et pressants défis attendent le premier ministre islamoconservateur.En premier lieu, il devra faire élire un candidat consensuel à la présidence de la République, où la coalition des partis laïques du parlement sortant, encouragée par la puissante armée turque, a empêché cette année l'élection du ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gül, jugé trop proche des islamistes.Erdogan a déclaré hier, lors d’une conférence de presse, qu’il ah lait discuter avec Gül de cette question de la candidature de l’AKP à la présidence, ajoutant que, selon lui, la controverse pourrait être, réglée sans tension.Le ministre d’Etat Be-sir Atalay, membre de l’AKP, a déclaré que Gül était, selon lui, le meilleur candidat à présenter à la magistrature suprême.Il faudra ensuite juguler la violence séparatiste kurde qui amène les nationalistes de gauche comme de droite, qui disposent respectivement de 112 et 71 sièges sur les 550 que compte le parlement, à réclamer que l’armée aille éradiquer les bases arrière de la guérilla du PKK en territoire irakien.En troisième lieu, Erdogan devra poursuivre son parcours du combattant pour amener la Turquie à satisfaire aux critères appliqués par l’Union européenne pour son adhésion, à contre-courant des pressions en sens inverse qu’exercent les nationalistes des deux bords, dont l’hostilité à l’Europe se développe.La reconduction dans un fauteuil d'Erdogan au terme d’une législature complète — cas de figure inédit en Turquie — est pour lui une victoire personnelle et un revers pour les partis laïques ainsi que pour le tout-puissant état-major de l’armée, qui dénonce l’AKP comme une machipe de guerre contre la laïcité de l’Etat L’armée, qui se veut la gardienne sourcilleuse de cet héritage ké-maliste, avait fait en sorte de dissuader Erdogan de se présenter à la présidence de la République, en remplacement d’Ahmed Necdet Sezer, un laïc farouche dont le mandat a expiré cette année.Pas de carte blanche Après l’échec de son bras droit Gül, dû à des manœuvres d’obstruction au sein du parlement sor- La reconduction d’Erdogan est un revers pour les partis laïques ainsi que pour l’état-major de l’armée OMIT BEKTA REUTERS Recep Tayyip Erdogan tant fa question va encore se poser sous peu, mais peut-être sous une forme différente, l’AKP ayant réussi à capter une partie libérale de l’électorat qui n’affiche aucun islamisme agressif.«Le danger immédiat, c’est de ne pas parvenir à un accord sur la présidence» au sein du nouveau parlement, auquel revient le çhoix du futur chef de l’Etat, souligne Erdal Saglam, éditorialiste au grand quotidien Hurriyet.En dépit de son pourcentage de voix accru, l’AKP dispose d’un moindre nombre de sièges dans le nouveau parlement (450 sur 550), suffisamment pour former seul un gouvernement, mais pas pour considérer qu’il a carte blanche pour remettre ep cause fa séparation de l’Etat et de fa religion.L’AKP, qui aime à se comparer à une version islamique des démocrates-chrétiens allemands, devrait en fait se recentrer encore sur l’échiquier politique en raison de l’électorat qu’il y a conquis, ce qui laisse entrevoir un compromis sur fa présidence.Parce qu’il sonne comme un camouflet pour la toute-puissante armée turque, le triomphe électoral de l’AKP impose à Erdogan une obligation de prudence politique accrue.Soupçonné de vouloir ipsidieu-sement réislamiser un Etat qui cantonne fa religion à fa sphère privée, Erdogan, dont fa femme porte le foulard, devra également y réfléchir à deux fois avant de remettre en cause, comme on lui en prête l’intention en dépit de ses démentis, l’interdiction du voile à l’université et dans les administrations.Reuters Infirmières bulgare Les tractations avec Tripoli se prolongent Tripoli — Les tractations pour trouver une issue à l’affaire des infirmières et du médecin bulgares, accusés depuis huit ans d’avoir inoculé le sida à des enfants libyens, se prolongeaient hier soir, Sofia dénonçant de «nouvelles conditions inacceptables» avancées par Tripoli.«La Libye ne contribue pas à la normalisation de ses relations avec l’Union européenne en posant de nouvelles conditions» qui sont «trop ambitieuses et certaines même inacceptables», a déclaré le ministre bulgare des Affaires étrangères, Ivaïlo Kalfine.Il a refusé de donner des détails sur les demandes libyennes, tandis qu’à Tripoli le silence régnait sur les pourparlers en cours entre des responsables du ministère libyen des Affaires étrangères, 1a Fondation Kadhafi, qui a mené les négo- ciations avec les familles, et la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferre-ro-Waldner.L’arrivée en Libye de cette dernière, hier, ainsi que celle de l’épouse du président français Nicolas Sarkozy, Cécilia, avaient pourtant fait naître l’espoir d’un règlement rapide de l’affaire des cinq infirmières et du médecin d’origine palestinienne.Selon une source diplomatique à Tripoli, 1a Libye a réclamé une normalisation complète de ses relations avec les pays de l’UE ainsi que des garanties pour le traitement des enfants libyens atteints du sida.La Libye exige en prime «la réalisation de projets en Libye», dont une autoroute qui traverserait son territoire de sa frontière avec 1a Tunisie à celle avec l’Egypte.-AFP Pakistan : les combats se poursuivent dans le nord-ouest L’armée américaine a offert un soutien aérien aux militaires pakistanais Au moins 35 combattants islamistes et deux soldats ont été tués depuis dimanche soir dans de violents combats survenus dans les zones tribales du nord-ouest du Pakistan, près de la frontière afghane, a annoncé hier l’armée pakistanaise.Au moins 30 «rebelles» sont morts lors de différents affrontements dans le district du Waziris-tan du Nord depuis dimanche soir, a précisé le général Waheed Arshad, porte-parole de l’armée.Cinq autres ont été tués hier soir dans le même district, dans des combats qui ont éclaté à un poste de contrôle de l’armée, a-t-il ajouté, précisant que ces affrontements étaient toujours en cours dans fa soirée.Depuis dimanche soir, deux soldats ont été tués et 12 blessés, a-t-il poursuivi, sans plus de précision.L’armée et la police pakistanaises affrontent régulièrement, dans les zones tribales, des combattants islamistes réputés proches des talibans afghans.Les Etats-Unis et le pouvoir à Kaboul accusent régulièrement le Pakistan d’avoir laissé, dans ces zones, les talibans afghans et al-Qaida reconstituer leurs forces, avec le soutien des intégristes pakistanais.Le ton monte Et le Pakistan connaît une vague sans précédent d’attentats, qui ont tué plus de 200 personnes en dix jours, après que les islamistes, soutenus par al-Qaida, ont juré de venger fa centaine de leurs militants qui ont péri dans le siège puis l’assaut de fa Mosquée rouge d’Islamabad, les 10 et 11 juillet Le ton est mpnté ces derniers jours entre les Etats-Unis et le Pakistan, un de leurs «alliés-clé» dans leur «guerre contre le terrorisme», différents responsables à Washington estimant même publiquement, mais sans en apporter de preuves, qu’Oussama Ben Laden se trouverait dans les zones tribales pakistanaises.Le président américain, George W.Bush, a lui-même refusé d’exclure d’éventuelles frappes aériennes américaines ciblées dans ces zones.Des menaces Responsables et dangereuses», a rétorqué Islamabad, rappelant que ses troupes se chargeaient elles-même de combattre les «terroristes» et payaient un lourd tribut pour cela.Et, hier, des responsables du Pentagone ont indiqué que l’armée américaine a offert un soutien aérien et des «tirs de soutien» aux opérations militaires pakistanaises contre al-Qaida, même si des propositions similaires par le passé ont été refusées.Rien de nouveau Le chef d’état-major interarmées américain, le général Peter Pace, a évoqué vendredi cette offre d’assistance militaire américaine au Pakistan lors d’une rencontre à Schweinfurt (Allemagne) avec des familles de soldats américains.Les propos du général ont été révélés d’abord par un correspondant de CNN voyageant avec lui.Des responsables du Pentagone les ont confirmés hier, mais ils ont précisé que l’offre d’assistance n’était pas nouvelle.Selon un de ces responsables parlant sous le couvert de l’anonymat, le général Pace a également évoqué une assistance en matière de renseignement mais il a écarté l’envoi de soldats américains.Le chef d’état-major interarmées a également insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une offre nouvelle et que, par le passé, les Pakistanais ont refusé l’assistance américaine, a précisé le responsable du Pentagone.Toutefois, fa révélation de cette offre intervient au moment où 1a pression que Washington exerce sur le président pakistanais Pervez Moucharraf s’est accrue pour qu’il agisse militairement contre les sanctuaires d’al-Qaïda dans les zones tribales situées le long de fa frontière avec l’Afghanistan.Fran Townsend, la conseillère de la Maison-Blanche à la sécurité intérieure, a refusé dimanche d’écarter ridée d’une opération militaire américaine contre al-Qaïda dans les zones tribales pakistanaises.Agence France-Presse & sisapcf Q ll -UMl - D Fiïm: Z-BÉ0 m 4J2SÎ01 m SB 820011 I SB 82001*3 Uf-tïH»1"1] "flNq-ga £h: HV® ïïiCH^-elISS www.antiwar.or.kr Des manifestants ont réclamé la libération des otages, hier, à Séoul.L’otage allemand est vivant JO YONG-HAK REUTERS Les talibans accordent un nouveau sursis aux otages sud-coréens Les talibans ont accordé hier un nouveau sursis de 24 heures pour les 23 otages sud-coréens afin de pouvoir négocier avec une délégation sud-coréenne, exigeant par ailleurs un échange de prisonniers pour fa libération de l’otage allemand, «toujours vivant».L’ultimatum pour les 23 évangélistes sud-coréens, dont une majorité de femmes, enlevés jeudi dans 1a province de Ghazni (140 km au sud de Kaboul) a été repoussé à aujourd’hui, a déclaré Youssouf Ahmadi, porte-parole des rebelles.«Nous demandons à Kaboul de nous mettre en contact direct avec la délégation sud Al&UÊS lit»#, A Ev Clpù V , / V IÇlkC*./ Mo |t»nj m ¦ ¦¦ .Le béchardisme La politique du ministre des Ressources naturelles du Québec, Claude Béchard, est difficile à suivre, fl a émis des menaces de nouvelles réglementations, que la plupart ont jugé irréalisables et naïves, contre les pétrolières à la suite des hausses abusives du prix du litre d’essence et il annonce une semaine plus tard qu’il donnera phis de marge de manoeuvre aux papetières.De cette façon, le ministre libéral désire simplifier les exigences administratives qui pourraient faire économiser à cette industrie 50 millions par année sur la coupe de bois.La situation forestière au Québec est déplorable en raison du laisser-aller des dernières décennies, cependant on atténue les mesures de contrôle de l’exploitation de la forêt On ne peut être crédible en menaçant un secteur industriel mais en relâchant la réglementation sur un autre.Les entraves bureaucratiques, concernant surtout le mesurage et les inventaires, seront allégées.Les vérifications sur le terrain seront biannuelles, plutôt qu'annuelles.Dans le but d’accélérer la production et donc la vente de la matière ligneuse, il déclare aussi que le gouvernement va désormais faire confiance aux ingépieurs forestiers privés, au détriment de ceux de l’Etat Comment peut-on atténuer les restrictions dans Urndustrie forestière et surtout faire confiance à ces entreprises après les nombreux cas de non-respect des normes d’exploitation?D'un coté, on réduit le territoire disponible à l’exploitation, mais de l’autre, on donne plus de liberté aux entreprises.On peut évoquer la crise que traversent les papetières au Québec, mais ce n’est pas une raison de lâcher les rênes et donner carte blanche aux entreprises.Le futur du patrimoine québécois est en jeu ici.L’inconsistance en matière de gestion des ressources naturelles a maintenant un nom: le béchardisme.Jinuny St-Gelais Saint-Jérôme, le 22 juillet 2007 Salut mon général La fièvre courait depuis la veille sur le Chemin du Roy.Le général parlait d’atmosphère de libération, d’affranchissement, de progrès, de LETTRES —-?- modernité de ces Français canadiens et de ce devoir de la France de renouer des liens étroits avec le Québec.Mon père m’avait entraîné sous le balcon de l’hôtel de ville pour entendre ce libérateur de la France.Ce fut un moment euphorique et grandiose.Ce «Vive le Québec libre» dévoilait au reste du monde notre état de colonisés bien portants et le rêve chez plusieurs d'entre nous de prendre en mains notre destin.J’avais 15 ans.Issus d’une famille de gens en affaires depuis trois générations, nous savions à la maison qu’il vaut mieux être roi dans un petit royaume que valet dans un grand, d’où mon grand étonnement d’adolescent de voir que tant de mes compatriotes s’interrogent sur la pertinence de passer de minorité (canadienne) à majorité (québécoise)! La puissance évocatrice des paroles prononcées par le général devant la face du monde nous a galvanisés.Ces paroles exprimaient nos rêves, notre idéal, notre espoir, la fin possible qu’une domination économique, politique, intellectuelle, et surtout elles exprimaient la reconnaissance de notre savoir-faire.Par suite de nos tergiversations, le pourrissement s’est installé dans les discussions et le débat a glissé, inexorablement vers des considérations financières et matérialistes.La véritable liberté n’est-elle pas celle d’agir en toute connaissance de cause, plutôt qu’être le résultat d’un quelconque arrivisme financier?L’esprit des choses n’est plus: la matière est partout Les jours ayant suivi son discours fracassant De Gaulle déclara: «Tout ce qui grouille, grenouille ou scribouille, cela n’a aucune importance!» Malheureusement nous devons constater qu’il n’en est rien puisque les manipulateurs d’opinion publique n’ont jamais été si présents.Lorsque j’ai le goût de me saouler le dedans de pathétique, je réécoute le discours de l’hôtel de ville et me dis qu’un jour viendra, qui n’est pas venu, où je mordrai qui m’aura mordu.André Véronneau Le 23 juillet 2007 Le temps n’est pas venu.Je salue l’article de Brian Myles publié samedi au sujet du fameux soir du 24 juillet 1967.Savez-vous ce qu’a dit Jean Lesage le lendemain?11 a laissé échapper cette phrase révélatrice de son état d’esprit: «Ce n’est pas le temps pour le Québec d’être souverain.» Et, selon Mme Ma-rois, ce n’est pas près de venir.Réjean Martin Trois-Rivières, le 22 juillet 2007 Gregory Charles en français.why not1! Gregory! Gregory! Gregory! Allons, entonnez tous en chœur avec moi: Gregory! Non mais, quelle vague de sympathie il engendre sur son passage, ce gars-là.Que dis-je, cet artiste est un véritable ouragan.Tout ce quil touche se transforme en succès.C’est un excellent musicien et un véritable per-Jbrmer.11 performe sans cesse! Avec ses chorales, il performe.Devant son piano, il performe.Dans ses entrevues à la télé, il performe encore et il épate la galerie.Avec son premier album à titre d’auteur-compositeur — mais écrit en anglais — il a encore performé.Près de 100 000 exemplaires envolés dans les sillons de son ouragan, en une seule semaine.On l’a vu partout! Lors de son passage à Tout le monde en parle et malgré le «bitcha-ge» de Guy A, il s’en est sorti avec tact et maîtrise de soi.Un vrai «winner», quoi! Bien que j’adore le personnage et son cheminement je me fais ici un peu l’avocat du diable.Pourquoi donc un premier album en anglais à titre d’auteur-compositeur au Québec?Je l’ai vu en concert intime à la télévision et il en a poussé une en français fort bien écrite et touchante avec ça.Je sais qu’il aime la chanson francophone dans le tréfonds de lui-même.Alors, je voudrais lui proposer de se donner une seconde chance et de nous livrer prochainement un album écrit en français exclusivement Nous l’avons vu grandir devant nos yeux à la télé française du Québec.On l’a pris dans nos bras en français et l’avons bercé.Le Québec l’a fait grandir parmi nous.Alors, en reconnaissance de cause, Gregory, je vous demande de nous rendre un peu de nous dans votre prochain opus.En attendant je vais continuer à m’étonner de votre grand talent de musicien.Yvan Giguère Saguenay, le 19 juillet 2007 L I B R E 0 P I N I 0 N -4- La tentative d’hégémonie américaine au Moyen-Orient HODA ASMAR Historienne Réponse à la libre opinion du consul général d’Israël, «La tentative iranienne d'exercer une hégémonie régionale au Moyen-Orient».Le 20 juillet dans les colonnes du Devoir, M.Attali, consul général d’Israël à Montréal, pose la question suivante: «Quel est le point commun entre les nombreuses turbulences que traverse le Moyen-Orient actuellement, qu'il s’agisse de la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, de la lutte pour le pouvoir du Hezbollah au Liban, de l'agitation qui secoue l’Irak ou de l'acquisition prochaine de l’arme nucléaire par une dictature radicale?La réponse est T,Iran.» En réalité, cette réponse serait plutôt: les Etats-Unis.Lorsqu’on connaît les projets américains de «nouveau Moyen-Orient», agiter la «menace iranienne» constitue une stratégie de diversion qui ne résiste pas à l’examen des faits.Premièrement l'Iran n’est pas responsable de l’attaque américaine en Irak.Rappelons que, après la Révolution islamique de 1979, celle-ci risquant de se répandre à l’Irak, Saddam Hussein avait lancé une guerre sanglante contre le nouveau régime iranien.La guerre Iran-Irak, qui a duré huit ans (1980-1988) et a fait environ un million de mprts, a été soutenue par les puissances occidentales, États-Unis en tète, qui armaient sans vergogne le régime dictatorial d’un Sad- dam qu’ils anéantiront un peu plus tard.Que le régime iranien, en tant que voisin, joue un rôle dans la guerre en Irak est une évidence, mais dire que «l’agitation» (qualifier 650 000 morts irakiens «d’agitation» est quelque peu troublant) vient de l’Iran ajoute la désinformation à l’euphémisme.Rappelons encore une fois que ce sont les États-Unis de Georges Bush avec leurs alliés qui ont attaqué l’Irak sous le prétexte de la présence menaçante d’armes de destruction massive (qui n’existaient pas, faut-il également le rappeler?).Deuxièmement, les conflits qui secouept la Palestine actuellement sont, là encore, liés aux États-Unis (et bien évidemment à Israël).Lors d’élections reconnues comme démocratiques par la communauté internationale en janvier 2006, le Hamas a obtenu la majorité des suffrages dans les territoires palestiniens toujours occupés par Israël.Ouvertement, les États-Unis ont fait savoir qu’ils ne reconnaîtraient que le Fatah (le parti minoritaire) et qu’ils continueraient à le soutenir (comme ils avaient financé sa campagne électorale).Et si de nombreux Palestiniens ont voté pour le Hamas, c’est également pour exprimer leur opposition à cette ingérence impérialiste étrangère (étant donné leur histoire, les Palestiniens peuvent difficilement voter pour un parti soutenu par les Américains.).Troisièmement, le Hezbollah.Là encore, le consul d’Israël réécrit l’histoire: «L’agression du Hezbollah contre Israël en 2006 a provoqué un affrontement majeur.Sans l’appui logistique et idéologique de l’Iran, jamais le Hezbollah n’aurait osé cette confrontation vou- lue par Téhéran.» Monsieur Iç consul ignore-t-il que son propre premier ministre, Éhoud Olmert, a reconnu publiquement que la guerre, déclenchée par Israël, était planifiée depuis des mois?Devant une commission d’enquête officielle, M.Olmert a affirmé que sa décision de riposter à l’enlèvement de soldats par une vaste opération militaire a été prise dès mars 2006, quatre mois avant que n’éclate la guerre au Liban (Haaretz, 8 mars 2007).Alors que les Libanais commémoraient ce 12 juillet le premier anniversaire du début de cette attaque israélienne qui a fait plus de 1100 morts civils (dont un tiers d’enfants) côté libanais, alors qu’Israël poursuit des exactions quotidiennes en Palestine et continue à construire un mur de la honte au mépris de toutes les résolutions internationales, accuser l’Iran d’être l’instigateur d’une «agression» contre Israël est un peu fort! En outre, le consul d’Israël accuse le Hezbollah de vouloir «prendre le contrôle du Liban».En réalité, les élus du Hezbollah (parti politique légitime au Liban, qui participe aux élections) se sont retirés du gouvernement pour réclamer davantage de représentativité.Depuis la fin 2006, ils n’ont donc plus aucun portefeuille ministériel et ont rejoint l’opposition (composée d’une dizaine de partis) qui réclame (pacifiquement) des changements politiques.La coalition restée au pouvoir, soutenue là encore par les États-Unis et les puissances occidentales, continue donc de diriger le pays.Dans les faits, bien que le Hezbollah soit en partie financé par l’Iran, affirmer qu’il tente de «prendre le contrôle (lu Liban» est totalement infondé (il n’y a eu ni coup d’État ni agression interne qui puisse être attribuée au Hezbollah dans cette bataille politique).Il est évident que l’Iran joue un rôle majeur dans la politique au Moyen-Orient C’est un grand pays, une puissance régionale et en effet un régime contestable pour de nombreux aspects de ses politiques intérieures et extérieures.Néanmoins, les puissances qui sont responsables, dans les faits, de déstabiliser la région sont les États-Unis et Israël (guerres contre l’Irak et l’Afghanistan, attaques militaires contre le Liban et occupation des territoires palestiniens).En outre, yenant de représentants politiques israéliens dont l’État a mis en place une politique d’apartheid, qui ne se cache plus de posséder l’arme nucléaire, qui est accusé de crimes de guerre par de nombreuses enquêtes au Liban comme en Palestine et qui viole plus de 70 résolutions onusiennes, ces accusations contre «l’axe du mal iranien» font grincer des dents.Le soutien inconditionnel des Etats-Unis à Israël n’est un secret pour personne, et les visées américaines au Moyen-Orient non plus.Ces discours de diabolisation de l’Iran sont particulièrement dangereux car ils préparent le terrain à une friture attaque contre ce pays, attaque dont les conséquences cette fois ne seront pas régionales mais bien mondiales.Le fait que les néoconservateurs américains ne semblent pas exclure une guerre contre l'Iran, que le régime israélien pourrait encourager, constitue la réelle menace qui pèse aujourd'hui sur le Moyen-Orient LE DEVOIR, LE MARDI 24 JUILLET 2 0 07 A 7 IDÉES IT ., ., , MICHAELA REHLE REUTERS Llneouple partage le plaisir de découvrir a vélo un joli paysage.Si le bien-être est une notion collective, sociale, le bonheur reste une notion individuelle et relève de la personne concernée.Le bonheur d’une personne résulte de ses actions, de ses attitudes, et non d’éléments extérieurs.^ - « .; * -".T lilîfllÿî N ’ i) fj' i .: i 1 ,¦ Z" f i* ’ésmrn.( * f Va-t-on mesurer notre bonheur?Il ne faudrait pas confondre satisfaction et bonheur GABRIEL RACLE Ottawa e prime abord, la question peut paraître singulière, voire incongrue.Mais, à la suite des déclarations de certains statisticiens, elle n’est peut-être pas si utopique que cela, du moins pour certains aspects.En effet, ceux-ci se préoccupent de plus en plus d’une notion jusqu’alors négligée, celle apparemment étrange du «bonheur national brut» ou BNB, en référence au produit intérieur brut ou PIB dont, dès les années soixante, Robert Kennedy avait dit qu’il «mesure à peu près tout sauf ce qui rend la vie digne d’être vécue».La question a pris une nouvelle actualité avec la réunion à Istanbul, du 27 au 30 juin dernier, d’une conférence réunissant quelque 1000 statisticiens et économistes autour du thème «Comment mesurer le progrès et le favoriser» (voir, dans Le Devoir du 4 juillet, l’article «Trouver la mesure du bien-être»).«Le produit intérieur brut ne fait pas le bonheur», de déclarer le chef statisticien de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a organisé ce forum avec la Commission européenne, la Banque mondiale, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Conférence islamique.Et le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, de déclarer lors de l’ouverture: «Si nous sommes d’accord que le progrès recouvre de nombreux éléments, nous devons aussi reconnaître que sa mesure ne peut se réduire au PIB par tête.» Voilà donc que le PIB, cet instrument universel qui sert au calcul de l’activité économique d’un pays depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, ne répond plus aux besoins des économies modernes.Comme l’a expliqué Anat Itay, professeur à l’Université de Jérusalem: «Il ne prend pas en compte ce qui est produit en dehors du marché, il n’est pas conçu pour mesurer le bien-être et il fait fi des dégâts faits à l’environnement.» Un nouveau terme apparaît donc, mais en fait il a commencé à prendre place dans les années 70, celui de «bien-être» ou de «qualité de vie».Et le Prix Nobel d’économie 2002, Robert Kahneman, a le premier proposé l’idée d’une évaluation «du bien-être national».Une floraison de nouveaux indicateurs sont alors apparus pour mesurer la santé, l’éducation et le développement humain.Ils sont très utilisés par des organisations internationales comme le PNUD et la Banque mondiale, pour rendre compte des progrès des pays en développement.Pour le directeur du PNUD, «le PIB ne peut plus être l’alpha et l’oméga des politiques publiques; parallèlement au PIB, nous accordons donc une place essentielle aux indicateurs de santé et d’éducation».La Banque mondiale fait de même en privilégiant les indicateurs de développement du millénaire, qui visent à réduire la pauvreté, l’analphabétisme et la mortalité infantile d’ici 2015.Mais, pour certains, cette diversification des mesures, visant à combler les lacunes du PIB, est encore insuffisante.«La pierre angulaire du progrès, c’est le bonheur.À la fin du XVIII' siècle, on ne parlait que de cela.Ce n’est que tout récemment qu’on recommence à y réfléchir.Nous devons être capables de mesurer réellement l’effet des politiques gouvernementales sur la vie des gens.» C’est un influent professeur de la London School of Economies qui tient de tels propos, et, dans la foulée, s’est développée une «économie du bonheur», dont un des représentants les plus célèbres est le professeur Ruut Veenhoven, de Rotterdam, aux Pays-Bas, qui dirige \e Journal of Happiness Studies et qui a mis au point l’indice du BNB ou «bonheur national brut», qu’il a calculé pour 95 pays.The New Economies Foundation, une organisation britannique indépendante, a lancé de son côté «The Happy Planet Index», un indice novateur qui mesure l’efficacité avec laquelle les pays assurent à leurs citoyens une vie longue et heureuse.D’après cette mesure, le Vanuatu, un petit pays du Pacifique, arrive au premier rang, alors que le Çanada occupe le 111' rang, la France, le 120, et les Etats-Unis, le 150.Mais, d’après la carte du bonheur établie par des chercheurs de l’Université de Leicester en Angleterre, le Danemark vient en tête de liste devant la Suisse, le Canada se trouve à la 10 place, les Etats-Unis, à la 23e, le Vanuatu, à la 24' et la France, à la 62'.Ces divergences entre les classements indiquent que des mesures différentes ont servi de base à l’établissement des listes ou des cartes.Qu’est-ce que le bonheur?Car, finalement, la question est de savoir ce que l’on mesure ou veut mesurer.Pour Adrian White, de l’Université de Leicester, auteur de l’indice de la satisfaction de vie, cette satisfaction équivaut au bonheur.En va-t-il bien ainsi?Dès 1972, le roi du Bhoutan, un petit royaume de l’Hi-malaya, a fait de la croissance du «bonheur national brut» sa priorité, avant la croissance du PIB.Avec 1321 $ par tête et par an, ce pays de classe à la 6e place sur l’échelle de Leicester.Mais, à Istanbul, lorsque le ministre de l’Intérieur et des Affaires culturelles du Bhoutan a expliqué la façon dont était calculé le «bonheur national brut» du pays, il a énoncé neuf critères, dont la stabilité macroéconomique, l’éducation, l’emploi, etc., comme dans les autres pays.En fait, explique Enrico Giovannini, statisticien en chef de l’OCDE: «Il n’est pas possible d’inventer un indicateur synthétique, une sorte de PIB “bonheur’’.On ne peut pas agréger l’économie, l’environnement et la psychologie.En revanche, on peut mettre au point des indicateurs complémentaires qui, à côté des indicateurs économiques, mesurent les droits de l’homme ou la qualité de la gouvernance.» Il s’agit donc plutôt de mieux mesurer la qualité de vie, le progrès apporté par les politiques gouvernementales et la satisfaction qui en résulte, ou, de manière plus restrictive et inverse, «non la façon dont les gens jugent les politiques gouvernementales, mais les effets que celles-ci ont vraiment sur eux» (Richard Layard, London School of Economies).Dans l’un et l’autre cas, me-sure-t-on le bonheur?Pour le savoir, il faudrait répondre à une question-clé: qu’est-ce que le bonheur?Des philosophes se sont évidemment posé la question.Pour Aristote, le bonheur consiste, entre autres, à «se conformer à la raison».Pour Sénèque, il s’agit de savoir se contenter de ce que l’on a.Pour Bernard de Fontenelle, le «bonheur, c’est d’être bien avec soi» (Traité du bonheur).Ce qui nous laisse entrevoir l’aspect psychologique personnel du bonheur.«Le bonheur est le sous-produit de vos sentiments positifs, quels qu’ils soient.La joie, le rire, le plaisir, l’enthousiasme, l’excitation, la passion, sont quelques-uns des sentiments qui produisent du bonheur», de résumer Richard Thibodeau, dans Bonheur, amour et santé.On pourrait citer plusieurs psychologues (Reich, Young, Maslow) qui expliquent que le bonheur est un sentiment personnel et subjectif.Et cette citation psycho-philosophique anonyme semble faire le point sur cette question: «Le bonheur est u n état de joie intérieure différente de la simple satisfaction des besoins.En définitive, le bonheur est un état d’esprit qu’il ne faut pas confondre avec la satisfaction des besoins.De nos jours, les gens croient trouver le bonheur à l’extérieur d’eux-mêmes; ils feraient mieux le chercher à l’intérieur.» Selon cette ligne de pensée, il ne faudrait donc pas confondre satisfaction et bonheur.Le bien-être, qui consiste à être bien, peut être assuré dans une société par tout un ensemble de facteurs externes à une personne: un environnement sain, une éducation accessible et solide, des emplois disponibles, des services de santé adéquats, un cadre social ouvert tolérant et non discriminatoire, la stabilité politique, la croissance économique, une véritable démocratie, la liberté d’expression, de religion, etc.La liste peut être longue et l’on conçoit qu’il soit possible de raffiner des indicateurs qui donnent une idée plus précise du bien-être que la société apporte aux citoyens qui s’y trouvent Avec de tels indicateurs, l’action politique des gouver-.nements peut s’organiser en vue d’assurer un mieux-être à ses citoyens.Il peut en découler la satisfaction et le bien-être des citoyens de ce pays, mesurés par des enquêtes ou par les effets que les mesures prises apportent à leur environnement Mais il n’en résulte pas forcément le bonheur des citoyens.Car, si le bien-être est une notion collective, sociale, le bonheur reste une notion individuelle et relève de la personne concernée.Le bonheur d’une personne résulte de ses actions, de ses attitudes, et non d’éléments extérieurs.«H ne dépend pas des conditions externes, mais plutôt de la façon dont elles sont interprétées», comme le fait remarquer Mihaly Csikszentmi-halyi dans Vivre.La psychologie du bonheur (Robert Laffont).«Un événement favorable ne rend pas nécessairement heureux et un événement défavorable ne rend pas nécessairement malheureux.C’est la façon d’interpréter ces événements qui compte.» On sait aussi que le bonheur résulte, pour nombre de personnes ou de groupes, de leur orientation vers des données subtiles, immatérielles, comme la religion, soit pour compenser un déficit matériel, soit par insatisfaction de possessions matérielles.On n’a pas encore analysé la contribution du mysticisme ou plus simplement d’une religion au bonheur et l’on voit mal quels indicateurs pourraient être utilisés dans ce but Les économistes savent désormais apprécier les conséquences des politiques menées par les gouvernants.Le nouvel indice canadien, qui va inclure sept domaines (niveau de vie, emploi du temps, santé, environnement, éducation, vie communautaire, engagement civique), aidera, faut-il espérer, les gouvernements à améliorer le bien-être de la population canadienne.Mais, on s’en doute, les statisticiens ne sauraient mesurer ce sentiment personnel qu’esf notre bonheur.Les coopératives de santé : une option gagnante BERNARD GÉLINAS Médecin à la Coopérative de santé d’Aylmer il oin de vouloir alimenter une polémique à Lia suite des articles de Marie-Joëlle Brassard («La clinique coopérative de santé ne rime pas avec privatisation», Le Devoir, 8 juin dernier) et de Jacques Fournier i1» - («Les coopératives de santé — Une manière d’augmenter les revenus des médecins?».Le Devoir, 12 juin dernier), je me dois d’intervenir pour clarifier certaines vues exprimées sur les coopératives de santé.L’option coopérative pour l’organisation des cliniques médicales de quartier est une option gagnante pour les communautés et les médecins.D ne faut pas confondre «privatisation» et «communautarisation» des services de santé.La vie même d’une coopérative découle d’une dynamique de gagnant-gagnant, où chaque partie y trouve son avantage sans se sentir exploitée ni asservie.Pour un médecin, il est préférable d’être partenaire de sa communauté que d’être mercenaire d’une pharmacie ou d’un centre commercial! Pour une communauté, il est préférable d’être partie prenante à l’organisation de ses.services médicaux de proximité plutôt que de se résigner au simple rôle de consommateur de services dont la nature et la disponibilité sont dictées par l’intérêt des actionnaires d’un centre commercial ou d’une chaîne de pharmacies.La coopérative de santé n’est pas un modèle standard conçu en officine ministérielle; c’est un habit taillé sur mesure en fonction des besoins de chaque communauté.La diversité des problématiques nous pousse à en finir avec un modèle d’organisation unique pour aller vers une plus grande autonomie des communautés dans la formulation de projets et de modes de fonctionnement adaptés aux besoins de chaque milieu.Par ce moyen, les citoyens reprennent un contrôle dans l’organisation et la gouverne locale de leurs services de santé.11 est temps que les «besoins du milieu» reprennent leur place à côté des «visions ministérielles».Une communauté isolée Bien sûr, le partenariat entre les médedns et la communauté ne fait pas disparaître les contraintes actuelles du système.Une communauté isolée comme Saint-Thècle ne pouvait se permettre d’avoir un médecin résident puisqu’il n’y produirait pas assez de revenus pour gagner sa vie, faute d’activité suffisante.Un médecin de l’extérieur, en visite à temps partiel, nV gagnerait même pas assez pour payer ses fiais de bureau et de déplacement Cependant pour les gens de ce village, il est moins onéreux d’assumer les coûts d’organisation de leur propre clinique locale que de se déplacer à Trois-Rivières ou à Québec chaque fois qu’un citoyen a besoin de services médicaux.C’est ainsi quils ont réussi à obtenir des services médicaux de proximité.Leur partenariat méde-dncommunauté s’est révélé être une solution «gagnant-gagnant» et le coût pour la communauté est moindre que ce qu’il en coûtait pour aller consulter à l’extérieur.Chacune des coopératives de santé actuelles est un modèle unique d’adaptation aux circonstances du milieu qui permet d’en arriver à l’amélioration du sort de chacun.On est loin de la rigidité des solutions mur-àmur dictées par les normes bureaucratiques ministérielles.D faudra bien en finir un jour avec cette maladie de l'asphyxie normative qui étrangle nos services de santé! Chacun, dans son village et sa ville, doit se reconnaître une responsabilité envers sa communauté et te maintien de services de santé accessibles à tous.L’Etat reconnaît de plus en plus ouvertement qu’il n’y parvient plus et que son système provoquera l’effondrement de ses ressources financières.L’établissement d’un dialogue entre les communautés et leurs médecins pourrait permettre d’assurer la survie des quelque 840 cliniques médicales de quartier qui résistent encore à l’assaut des forces du marché responsables de la disparition du tiers des cliniques depuis l’an 2000.La possession de ce patrimoine de cliniques de quartier à l’abri de la cupidité commerciale et de la convoitise du marché ainsi que son développement par les communautés, en fonction de leurs besoins, sont un gage de la pertinence de l’approche coopérative dans le développement des services médicaux de première ligne.Il faut faire confiance à nos communautés, lesquelles ont bien réussi jusqu’à maintenant à trouver leur solution «gagnant-gagnant».Ecrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.Voilà donc que le PIB ne répond plus aux besoins des économies modernes Par ce moyen, les citoyens reprennent un contrôle dans l’organisation et la gouverne locale de leurs services de santé L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’Information générale et métropolitaine : Gérait) Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales).Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (iditorialiste responsable de la Paie Idée,) Brian Myles Oust,ce et fads de socUté), Cla.randré-e Cauchy (Généra/).Jean Dion.Louis-GillesF rancœur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet).Emilie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) Laurence ClavelÜmMtre) Jean-Guillaume Dumont Philiooe Paoineau «nseMaude Roux Sont* (Santé); Pauline Gravel (sconces) : Michel Garneau (cancatunste) ; Diane Précourt (nsponsable des pops thématiques) ; Martin Duclos, Michéle Malenfant et Christine Dumaaet (rtecteuO; Jaques Gœnier et Jacques Nadeau Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahier, spéciaux et culturels du mek-cud), Stéphane BaiHargeon (reporter), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay /riaéma/Isabelle Paré (culture); h l’information économique Gérard Dérobé (adjoint ou directe de iZ^rmaUon) Dominique Reny (pupitre), Eric Desrosiers.Claude Turcotte François Des|ardins; à 1 information internationale : Jean-Herre legault (pupitre international et page éditoriale).Claude Lévesque.Guy Taiilefer (adjoint au directeur de l'information).Serge Truffaut (édifonator) ¦ à l’information ~.lu£Tiil!TnT"™i Alec Castonguay (correspondants parlementaires d Ottawa).Antoine Rob,taille et Robert Dutrijac (correspondants parlementaires d Québec).Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire d la rédaction); Marit-Pier Frappier, Emilie Parent Bouchard (commis d la rédaction) La doeumentS.TGilies lEré Manon Derome, Patrick Cosset.e (Québec) Monique Bhérer (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette.Jean de Billy, Jean-François Bossé.Dave Cameron, Marlène Côté Christiane Legault.Amélie MaTaf., ClSrepTaurt M.XÎwoMilelT.bdÎeWh^ Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thénault (directrice ad/omtc), Sylvie Laporte.Martine Bérubé Secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchez, Johanne Brunet Danielle Cantara Richard Des Cormiers n!?°a m'nn Wnnlra MnITn Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (r^amWr).PROMOTION, DISTRIBITION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service d la clientèle).Nancy Beaulieu.Manon Blanchette, Nathalie Filio'n, Kle b^ Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier.Monique Protcau, Danielle Ross W K ' 1 ACTUALITES PORNOGRAPHIE «Nous croyons que les chiffres sont beaucoup plus élevés, car les jeunes sont peu enclins à dénoncer ouvertement ce genre d'abus» SUITE DE LA PAGE 1 les 25 ans et qui sont, en quelque sorte, idéalisés par leurs jeunes victimes.* Parmi les 300 jeunes qui ont fait l’objet d’abus directs en ligne, 45 % ont dit s’être fait demander des photos d'eux.La moitié des demandes spécifiaient que ces photos devaient être de nature sexuelle.Que cette demande ait été accordée ou non, pas moins de 15 % ont reçu en retour des photos du demandeur dans une position compromettante ou explicite.Tous ces chiffres ne lèvent toutefois le voile que sur une petite partie du phénomène, de l’aveu même de Mme Mitchell.«Nous croyons que les chiffres sont beaucoup plus élevés, car les jeunes sont peu enclins à dénoncer ouvertement ce genre d’abus.En fait, seuls 12 % des jeunes ont osé contacter la police pour dénoncer une sollicitation non désirée, alors qu’il s’agit pourtant d'actes de nature criminelle.» Heureusement, le vent semble en voie de tourner, en partie parce que les gestionnaires sont de plus en plus enclins à frire leur part La semaine dernière, par exemple, le portail communautaire MySpace, qui rassemble les pages personnelles de milliers de membres, a pour la première fois accepté de collaborer à une enquête qui a permis d’arrêter sept pédophiles hébergés chez lui.Plus près de chez nous, un homme de Charlesbourg a été arrêté la semaine dernière pour avoir sollicité les faveurs d'une adolescente de 15 ans par le biais d’un site de clavardage.Mais il en faudra plus pour que le nombre de sollicitations non désirées diminue et que le harcèlement cesse, croit la psychologue.«Nous devons être plus créatifs.Pour l’instant, l’essentiel de nos messages est destiné aux parents, mais certains enfants n’ont pas ce soutien parental et ce sont ceux-là qui tombent le plus facilement dans les pièges qu’on leur tend.» Même là où les parents veillent au grain, les abus persistent, malgré l’usage croissant des filtres informatiques pour bloquer l’accès aux indésirables (55 % des foyers en avaient en 2005, contre 33 % en 2000).A preuve, pendant cette même période, l’exposition non sollicitée à de la pornographie a grimpé de 25 % à 34 %.Les jeunês doivent aussi apprendre à mesurer l’impact de telles demandes et à se montrer très prudents, même avec les gens qu’ils apprécient, croit la chercheuse.«Il faut qu’ils comprennent que tout ce qui va sur le Web restera sur le Web pour la vie.Et ce n 'est pas parce qu’on envoie une photo à un ami qu’on est l’abri.Bien souvent, ce sont eux qui ouvrent le bal.» Selon Mme Mitchell, il faudrait interpeller directement les jeunes en allant les chercher là où ils sont: dans les salles de classe, les clubs sportifs ou de loisirs et même les cabinets de médecin.«On ne peut pas dire: "N’allez pas dans Internet" ou “N’allez pas dans tel site”, car ils vont y aller quand même.Il faut plutôt les outiller pour qu’ils puissent reconnaître les agresseurs.Ils doivent aussi apprendre à dénoncer.» La chercheuse croit d’ailleurs que les ressources mises à la disposition du public devraient faire l'objet de campagnes plus soutenues, au premier chef le site mis en ligne par le National Center for Missing and Exploited Children américain, CybeiTipLine, qui permet de dénoncer tous les abus commis en ligne.Basé aux Etats-Unis, cet organisme a des antennes en Australie, au Royaume-Uni et même au Canada, par le biais du portail Cyberaide.ca, largement inspiré de son cousin américain.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 «Les gens espèrent toujours que le ministère de l’Environnement va sortir le gros règlement et va l’imposera tout le monde», at-ü poursuivi.Or, «on ne peut pas toujours sortir le bâton et faire des menaces pour dire aux gens : "Si vous ne respectez pas la réglementation, on va vous mettre à l’amende”», juge-t-iL Pas question de mettre éventuellement en place un système de contraventions.«Une amende de 500 $ pour quelqu’un qui coupe des arbres, co veut dire quoi si la maison en vaut un demi-million?,& demandé M.Simoneau.Dans certains cas, les amendes ne sont pas suffisantes pour que ce soit dissuasif.» Le porte-parole du MDDEP a tenu à souligner que l’implantation de mesures juridiques strictes ne réglerait pas le problème à court terme.«C’est sûr que si demain matin on avait une grosse police qui faisait le tour de tous les lacs et qui vérifiait chaque fasse septique et qui ordonnait de mettre des arbres partout, oui, peut-être qu’à terme ça changerait les choses, croit-il.Mais même si tout le monde le faisait en même temps, il faudrait calculer plusieurs années avant qu’il y ait un impact.Ce qui est rendu dans le lac, ce qui a été transporté là depuis 15 ou 20 ans ne va pas disparaître du lac.» Il a ainsi tenu à rappeler que la situation que connaît actuellement le Québec est le fruit d’années de négligence.«Dans la plupart des cas, la présence humaine se traduit trop souvent par le déboisement, l’envahissement des rives, la mise en place de pelouse et la fertilisation de tout ça», a expliqué l’analyste du ministère.On a donc transporté beaucoup de matière fertilisante dans nos cours d'eau.» Selon lui, la pression sur les lacs de villégiature est encore plus grande depuis que plusieurs personnes, qui utilisaient auparavant leur résidence riveraine comme chalet, en font maintenant leur résidence principa- SUITE DE LA PAGE 1 souligne M.Kamota, chargé du programme des droits de l’homme de la Communauté des autochtones rwandais (CAURWA).Sélectionné par Wtfress, un organisme de défense des droits de la personne fondé par le musicien Peter Gabriel, le militant diplômé de la faculté de droit de l’Université de Kigali n’a pas hésité une seconde à participer à ce stage, qui prendra fin vendredi Dernier né des projets de ce petit organisme basé à New York, le Video Advocacy Institute (VAI) dispense aux différents participants une formation accélérée sur l’utilisation de la vidéo comme moyen de protection des droits de la personne et de changement sodaL En plus des ateliers vidéo donnés à une dizaine d’ONG de partout dans le monde, dans le cadre d’un projet triennal, près de 800 personnes reçoivent chaque année des formations d’un jour offertes par Witness.D’une durée de deux semaines, le programme du VAI se situe entre les deux.«On n’a par contre très peu de candidatures du Moyen-Orient, l’une des régions du monde où c’est sans doute le plus difficile de filmer», constate Jenni Wolfson, la directrice adjointe de Witness.En raison du nombre limité des places, une sélection simposait «On essaie de privilégier les organismes qui ont moins de visibilité et qui travaillent sur des sujets dont on entend peu parler», explique Mme Wolfson.Les organismes admissibles doivent être bien organisés et avoir présenté un plan d’action qui démontre l’utilité et la nécessité de l'intégration de la vidéo.«On se demande toujours: “Est-ce que la vidéo va faire une différence, est
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