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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-06-21, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 \ ET DIMANCHE 22 .III N 2 O O A CINÉMA Dans l’œil du cyclone Page E 3 LITTÉRATURE En mille miettes de Jean Charlebois Page E 7 LE DEVOIR Joe Zawinul Syndicate LES FAITS Medeski Martin {Wood i mm* SERGE TRUFFAUT A comme Allen Geri.Dans l’histoire du jazz il y a eu, grosso modo il va sans dire, deux tendances et non écoles.Celle qui, à l’image du capitaine Monk, rêvait de jouer et dormir en même temps et celle des caméléons, soit ces instrumentistes à l’aise dans tous les formats et qui mettent les autres en confiance.Cette filière qui est aussi celle de la politesse a eu d’ardents défenseurs: Tommy Flanagan, Hank Jones, Jimmy Rowles et Wynton Kelly.Geri Allen est leur héritière.Son jeu est aussi adroit que celui de Flanagan défilant les lignes mélodiques de Body And Soul.En solo au Monument-National.B comme Bang Billy.D a ceci de rare qu’il a transformé son instrument en instrument du devant et non de l’arrière.Son instrument?Le violon.Entre ses doigts, ce dernier n’est jamais cantonné au décor.D y a autre chose, quelque chose de si grave qu’elle relève du traumatisme et des cauchemars qui inévitablement s’ensuivent La guerre.Celle du Vietnam.A la faveur de son dernier album, il a fait une espèce de catharsis pour gommer les faits du sang.Paru sur étiquette Justin Tune, l’album en question a été baptisé Vietnam The Aftermath.Au Gesù.C comme chanteuses.Le succès énorme de Diana KraH d’abord et Nora Jones ensuite a convaincu plus d’une compagnie d’endisquer des chanteuses.Cette année c’est l’avalanche.Karrin Allyson, Sarah Jane Morris, Molly Johnson, Carmen Lundy, Lizz Wright.Mais bon! S’il fallait retenir un nom et un seul, ce serait celui de.Sheila Jordan! Les ficelles du métier elle les maîtrise d’autant plus que certaines d’entre elles sont d’elle.Qui plus est elle sera accompagnée par le pianiste Steve Khun.D comme Duke.Lequel?Duke Jordan, Duke Ro-billard?Non! Ellington.Edward Kennedy Ellington, l’homme du Love You Madly est au programme.Celui de la Cinémathèque québécoise qui propose une affiche beaucoup plus relevée que l’an dernier.Outre Ellington, des «docucus», comme disent les agités du bocal médiatique, consacrés à Ben Webster, Oscar Peterson et Art Pepper seront présentés.E comme Elements.Ceux de Steve Coleman.11 en possède cinq, d’éléments.Mais au delà.S le Dieu Ja- nus était la figure du jazz, alors l’une de ses faces serait celle de Wynton Marsalis, l’autre celle de Steve Coleman.Les deux scrutent des horizons contraires.Marsalis celui du passé, Coleman celui de l’avenir.Avec John Zorn, Steve Coleman est la figure de proue du droit devant Au Gesù.F comme fidèles.Le sacré sera aussi de la partie.Il y aura celui modulé par les voix des Blind Boys of Alabama et celui ciselé par le piano de Cyrus Chestnut.A l’instar de Mahalia Jackson, ces artistes ne rigolent pas avec le sacré, avec le Gospel.Les premiers se pro duiront au Spectrum, le second en solitaire au Monument-National.G comme Guilbeault.C’est au contrebassiste Normand Guilbeault que reviendra l’honneur, amplement mérité, de conclure la quatrième édition du Off Festival de jazz.Flanqué notamment du saxophoniste Jean Derome, Guilbeault va décliner les chefs-d’œuvre du géant du génie du jazz, du Falstaff de la note bleue, soit Charles Mingus.Au Lion d’Or.VOIR PAGE E 2: JAZZ R w «P Les manuscrits de la mer Morte à Montréal Les rnanuscrits de la mer Morte et le judaïsme • Lawrence H.Schiffman Traduction et mise à our par Jean Duhaime léutnti M krkiflm,, l€s MANusctrrt Df U M» MOWt ET LE JUDAÏSME LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUIN 2 0 0 3 E 2 Culture JAZZ Une première à la série Imitation SUITE DE LA PAGE E 1 H comme Holmstrom.Rick de son prénom est une fine lame du blues californien.Pendant six ans, il a profilé de souples rythmes pour le bénéfice de Rod Piazza avant de décider de faire cavalier seul.Avec sa coupe à la Elvis et ses chemises fleuries, Holmstrom.Il est un digne et fier représentant de la tendance full-cool, comme disent les jeunesses, du blues né dans les environs de Los Angeles.A l’extérieur et au Spectrum.I comme Ibrahim.Abdullah Ibrahim alias Dollar Brand est le croisement de Duke Ellington et Thelonious Monk.En fait, lorsqu’on sait que ce dernier reconnaissant en Ellington sa principale influence sur le plan stylistique on peut avancer que l’esthétique d’Abdullah Ibrahim c’est celle d’Ellington coulée dans les couleurs de l’Afrique du Sud.Dollar Brand n’est jamais décevant.Au Spectrum.J comme dans DJ.Que la jeunesse soit rassurée des «dits-jais», il y en a à la pelle.K comme Konitz.Puisque ce dernier sera le sujet la semaine prochaine, on passe à la suivante.L comme Lil’ Ed.Le doux dingue du blues de Chicago est de retour.Lil’ Ed And The Blues Imperials, dont on dira jamais assez qu’ils sont les signataires du «blues du carwash» et du «biscuit Oreo», ont une immense qualité: ils sont meilleurs sur scène que sur disque.Ils sont comme ça parce qu’ils sont enthousiastes, pleins d’énergie, et sans prétention.leur but?Semer du plaisir.V, SOURCE FESTIVAL DE JAZZ Le saxophoniste montréalais Yannick Rieu.M comme Murray.Évidemment! Mais bon comme on en reparlera.N comme No Name Jazz Sextette.I x“ groupe qui monte, le groupe notamment de l’étonnant saxophoniste Alexandre Côté jouera au Off-Festival et au FIJM où c’est gratuit.Au Off, ce sextette occupera la scène du Lion d’Or.Au FIJM, il jouera gratis.O comme dans Out of Town, la neuvième pièce du dernier album du trompettiste Roy Hargrove.Au début, il collait à l’école de Marsalis, de tous ces musiciens qui lisent et relisent les beautés de Art Blakey, Hank Mobley etc.Puis, ce fut latin-cubain-salsa-mambo.Aujourd’hui, c’est Hargrove qui s’est encanaillé avec d’immenses musi- «Une comédie COLOREE et RAFRAÎCHISSANTE!» - Caroline St-Pierre, LE MÉTRO ^ \ J :«n»i ÉMILE SAUDREAULT scSimo(MiSAUMEAUlïiSIEVEGALLUCQO mlHHIT OAM&LOUS «hwMIEEAMI | www.mamboitaliano.ca | ^ À L'AFFICHE CONSULTEZ LES QUIDES HORAIRES DES CINÉMAS FESTIVAL P ORFORD 300 MUSICIENS.30 PAYS PLUS DE 200 CHEFS D ŒUVRE.Direction artistique : Agnès Grossmann PROGRAMMATION ÉTÉ 2003 27 JUIN Quatuor Alcan et André Laplante 28 JUIN Récital Tsuyoshi Tsutsumi 4 JUILLET Les chambristes d’Orford 5 JUILLET Baroque à l'Abbaye St-Benoit 9 JUILLET Soliloques 11 JUILLET '""““¦K"'.1 Récital Anton Kuerti 18 JUILLET Bach baroque à Magog 19 JUILLET Quatuor Arthur-Leblanc et Janos Starker 25 JUILLET Quatuor Leipzig et Karl Leister 26 JUILLET Beaux-Arts Trio Ï8ÏK.1»r août Daniel Taylor et Karina Gauvin 2 AOÛT Les Vents d’Orford 8 AOÛT Les Cuivres Jazzés 9 8.10 AOÛT Ensemble Clément Janequin MSKSLc 15 & 17 AOÛT ^ La Cenerentola kiL) 16 AOÛT I Juilliard Quartet CENTRE P ARTS ORFORD Une destination culturelle incontournable, au coeur des boisés d’Orford.Programmation complète, tarifs et abonnement www.arts-or1ord.org 3165, chemin du Parc, Orford • 1 888 310 3665 • (819) 843-9871 ciens de studio, les Cornell Dupree, Bobby Sparks et consorts.Bref, c’est une question de curiosité.Au Spectrum.P comme poésie.Une fois encore, le Off-Festival propose l’alliance des mots et des sons.Il y aura notamment la rencontre entre le pianiste Denis Badeault et François Gourd, ainsi que les haïkus de Michel Dubeau.Au lion d’Or.Q comme quartet.Naturellement! Plus précisément on pense à celui du saxophoniste Wayne Shorter.Après les morts de Miles Davis, Dizzy Gillespie, Stan Getz, Dexter Gordon, Zoot Sims, Chet Baker, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Count Basie, John Lewis, Tommy Flanagan.tous des artistes qui se sont produits au Festival, mettons que Shorter est un des rares a représenter une certaine idée du jazz.Celle de la distinction dans tous les sens du mot.Au Théâtre Maisonneuve.R comme Robillard.Yes! Trois fois yes! Guitariste fantastique parce que très adroit, Duke Robillard accompagnera le plus que vétéran Jay McShann.Au cas où on l’aurait oublié Robillard c’est le Roomful of Blues, c’est un passage chez les Fabulous Thunder-birds, c’est le Time Out of Mind de Bob Dylan, c’est le Blues For Modem Man, et c'est surtout ce soutien sans faille qu’il a apporté à Monsieur McShann, le dernier des Blue Devils de Kansas-City.Au Spectrum.S comme Sclavis.Le saxophoniste et clarinettiste Louis Sclavis qui a signé il y a peu un splendide album sur étiquette ECM pour accompagner la musique d’un film muet réalisé par Charles Vanel se produira au Off en compagnie du contrebassiste Bruno Chevillon et du batteur Pierre Tanguay.Au Lion d’or.T comme dans trio.Lequel?Celui de Kenny Werner, celui de Yannick Rieu, celui de.Celui de Jean Beaudet.Bonté divine! Quand donc va-t-on réaliser et convenir que Jean Beaudet est un musicien hors pair.Un pianis- te dynamique, nerveux, un pianiste toujours convaincant qui jouera au Lion d’Or côté Off et au Gesù côté FIJM.U comme dans le u avec tréma du pianiste Joachim Khün.Sa venue est vraiment une grande nouvelle.Ce vétéran des scènes européennes, ce fier improvisateur, cet homme qui maîtrise tant l’instrument que jamais il n’est pris au dépourvu va donc traverser l’Atlantique.On le répète c’est une grande nouvelle.En solo au Monument-national.V comme Vaughan.Évidemment! En haut, tout en haut, il y a la coiffe à la Élvis.En bas, tout en bas, il y a les bottes en peau de serpent.Entre les deux, une guitare si écaillée que notre homme est plus enclin au rythme qu’au solo.Peu, très peu de musiciens possèdent l’art du rythme comme Jimmie Vaughan.Au Metropolis.w comme.Weider! C'est peut-être personnel, mais lorsqu’on a appris que le guitariste de The Band allait débarquer dans les environs, y’avait de la joie.Car les disques qu’il signe lorsqu’il n’est pas en studio avec ses acolytes du Band sont remarquables de simplicité.Weider est un terre-à-terre.Il en faut toujours des terriens, de ceux qui déshabillent les notes.Au Spectrum.AV comme Wilco.Ce groupe est peut-être bien le digne héritier de.The Band.Comme les musiciens de The Band, ceux de Wilco sont attachés à ces musiques que l’on qualifie de roots.Blues, folk country, rock sont mélangés pour donner un résultat presque aussi séduisant que ceux de The Band.Au Metropolis.X comme il n’y en a pas on fait un W bis.Or donc.Y comme dans Yannick Rieu.Le saxophoniste montréalais se produira à trois reprises.Il y aura son Special Project, son trio et son.quartet! Z comme dans Zoot Suit.Qui le portera cette année?ROBERTO MASOTT?Jack DeJohnette a roulé du tambour avec les Miles Davis, Keith Jarrett, John Coltrane et autres Thelonius Monk.Un batteur nommé Jack DeJohnette BRIAN MYLES LE DEVOIR Même après 24 ans de prolifique existence, le Festival international de jazz de Montréal trouve encore le moyen de réaliser des premières, cette fois-ci en confiant la série Invitation à un batteur, Jack DeJohnette, une légende vivante dont les meilleurs albums remontent à la présidence de Ronald Reagan.Ce dur constat n’enlève rien au talent de DeJohnette, qui a roulé du tambour avec les Miles Davis, Keith Jarrett, John Coltrane et autres Thelonius Monk au fil d’une carrière s’étirant sur près de quatre décennies.Le premier concert, jeudi prochain, réunira DeJohnette avec ses vieux potes, le pianiste Herbie Hancock et le bassiste Dave Holland.Ht'ti "CCI Donit.ir +saunais i Q; TERRES EN VUES ( 4•••» ) LAND InSIGHTS M 10 au 22 juin lynx.qc.ca www C/5 & 'P < p Prix Teueikan Creation Tu es, je suis .L'invention des Jivaros Yves de Peretti, France The Bow and the Lyre Priscilla Barrak Ermel, Brazil prix Rigoberta Menchü Communauté Si le temps le permet Elisapie Isaac, Canada The Spirit of Annie Mae Catherine Martin, Canada Prix Séquences Meilleur docu Tu es, je suis .L’invention des Yves de Peretti, France Médaille Dr Bernard Chagnan Assimwi Accomplissement exceptionnel ° Max “One Onti Gros-Louis Catherine Martin The spirit of Annie Mae Elisapie Isaac Si le temps le permet m v p.’ ' Nix es.je suis .^L'invention __ ^Mjgs jjyarcs Entre mémoire et avenir, les territoires de l'amitié sont sans frontières KnuMÇ Momnéai RBPSrïi; Au menu?Pure improvisation.«Ce sont de bons vieux amis, vous savez: Nous arrivons toujours avec quelque chose de nouveau lorsque nous jouons ensemble», lance DeJohnette en entrevue.La complicité entre les trois hommes remonte à loin, très loin.Avec Holland, DeJohnette a notai», ment participé à la confection de cette pièce d’anthologie du jazz écla; té qu’est le Bitches Brew de Mile J Davis.D s’agit là du seul concert pii rement jazz, les trois autres dansanï joyeusement avec les musiques du monde qui, rétrécissement des parts du marché du jazz obligentj attirent de plus en plus d’adeptes.• Le vendredi, DeJohnette se pro* duira avec Foday Musa Suso, uij griot originaire de la Gambie passé maître de la kora, cet instrumenl archaïque à 21 cordes.Fodaj Musa Suso est un traditionaliste moderne disposant de son site In! ternet (www.fmsuso.com) et d’un^ enviable réputation international^ l’ayant mené jusque sur la scène du Carnegie Hall et du Lincold Center Orchestra, à New Yorkv Jack DeJohnette a joué avec lui à quelques reprises depuis un an et il s’apprête à enregistrer un album avec lui.«C’est à la fois du jazz et de la world music.Je ne saurais y accoler une étiquette», explique DeJohnette.«H y a beaucoup de “groove”, beaucoup d’improvisation.» Le batteur et percussionniste de 60 ans appartient à une époque, un univers où il n’existe pas de frontières entre les styles.Élevé dans le blues de Chicago — sa mère a écrit et vendu le Stormy Monday Blues qui a collé à la peau de T-Bone Walker — Jack DeJohnette a surtout évolué en jazz.Mais, pour lui, le blues et le jazz obéissent au principe des vases communicants.«Je ne vois pas de séparation.Le blues et le jazz sont intégrés, au même titre que le gospel.Je ne fais pas de séparation, j'ai grandi en écoutant toutes sortes de musiques.» Le samedi, DeJohnette poursuit dans son exploration des musiques du monde si populaires dans l’univers métissé et mercantile du jazz moderne, en compagnie du clarinettiste Don Byron, du guitariste Jerome Harris, du claviéris-te Edsel Gomez et des maîtres ès percussions Luisito Quintero et Giovanni Hidalgo, Les sonorités de l’Afrique de l’ouest de la veille seront balayées par le vent chaud du continent latino.Jack DeJohnette tenninera enfin la première portion de la série Invitation, au Monument-National, en duo avec Bobby McFerrin.«C’est encore de l’improvisation.Nous inventons de la musique en temps réel.» La deuxième moitié de la série, du 2 au 5 juillet, sera consacrée à Lee Konitz, dont s'emparera un ancestral collègue.D’ici là, Jack DeJohnette aura déjà remballé caisse claire et cymbales pour gagner l’Europe et ses mille et uns festivals.Comme tous ses collègues.DeJohnette met les bouchées doubles en cette prolifique saison estivale.Il célébrera les 20 ans du trio qu'il a formé avec Keith Jarrett et Gary Peacock par une série de sept concerts en France et en It» lie.En août il jouera au Japon avei le bassiste Christian McBride ef Herbie Hancock pour revenir en| suite à New York, au sein du KeitB Jarrett trio.Tous les détails { wwwjackdejoh nette, corn.DeJohnette s’estime chanceux d£ travailler autant en dépit du rétréci^ sement de la scène jazz, sous l’e combiné des attaques du 11 sep tenibre 2001 et de la crise écono mique mondiale.«Je réussis quan même à voyager beaucoup», dit-fl.Il n’a pas encore tout dit sur < escale à Montréal Le batteur et | cussionniste maîtrise également 14 piano, et il se réserve le droil^’e»| jouer, «peut-être».Tout est question d’humeur et d'atmosphère en jazz. LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET D I M A \ ( Il E 2 2 I I I \ 2 O O A K P |p rinomfl 1 1 (J || Mil e x Ce n t r i s K UllvlllU LAGENDA horaires S14 847 2206 www.ex-centris.com CINÉMA Dans l’œil du cyclone Traudl Junge, la secrétaire privée dWtler de 1942 à 1945, brise le silence pour évoquer sa vie auprès du Führer BUND SPOT - HITLER’S SECRETARY Réal: Andre Heller et Othmar Schmiderer.Image: Othmar Schmiderer.v.o.allemande avec s-L anglais.*• ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Caméra fixe, séries d’interviews sur vidéos.Blind Spot-Hitler’s Secretary d’André Heller et Othmar Schmiderer est un document qui n’appartient pas au monde du cinéma mais à celui de {Histoire.Et quel document passionnant! Pour la première fois de sa vie, Traudl Junge, la secrétaire privée d’Hitler de 1942 à 1945, brise le silence pour évoquer sa vie auprès du Führer.L’écrivaine Melissa Müller et le cinéaste André Heller l’ont persuadée de l’importance capitale de son témoignage, d’autant plus qu’elle était dans le bunker d’Hitler au moment de la chute du Troisième Reich, qu’il lui a dicté son testament et qu’elle a vécu ses derniers moments avant son suicide et celui d’Eva Braun.Dix heures de matériel sont ici condensées en 90 minutes.Elle était entrée au service d’Hitler à 22 ans et mourut d’un cancer en 2002 à André Heller Dans la tête d’Andy Goldsworthy Thomas Riedelsheimer capture les gestes des mains mais aussi la quête de l'esprit de l'artiste écossais RIVERS AND TIDES -ANDY GOLDSWORTHY WORKING WITH TIME.Real, et caméra: Thomas Riedelsheimer.Musique: Fred Frith.Documentaire.En v.o.anglaise.Au Cinéma du l’arc jusqu’au 3 juillet.O D I I.E LE T K E M B LAY DEVOIR PHOTOS MONGRKL MKOIA «Je sentais que je pouvais pardonner à la jeune folle que j’avais été», dira Traudl Junge.81 ans, quelques heures après la première du film Blind Spot au festival de Berlin et quelques jours après la publication de ses propres mémoires.Comme si elle n’avait pu survivre à sa propre confession.«Je sentais que je pouvais pardonner à la jeune folle que j’avais été», dira-t-elle.On est capüvé jusqu'au vertige par cette dame au demeurant très digne, à la mémoire sans faille.Au delà de l’intérêt historique de ces entretiens, c’est l’aveuglement de celle qui fut une jeune femme naïve qui frappe.Elle admirait son maître, comme un grand nombre d’Allemands de l’époque d’ailleurs, et refusait de découvrir les pans sombres (et quels pans sombres! de ses politiques et de sa personnalité).Traudl Junge vivait en vase clos auprès d’Hitler.Son propre père avait fait défection et elle avait transféré sur le dictateur le manque de figure et d’autorité paternelle.C’est le danger de ne pas penser par soi-même qui apparaît en filigrane, de laisser un autre réfléchir à sa place.Les camps d’exterminations, les persécutions des Juifs, elle en entendait à peine parler par Hitler.Elle ne voyait pas non plus les villes en guerre, vécut longtemps dans le nid d’aigle bavarois du Führer, voyageait dans son train particulier aux vitres blindées.Le récit de ce monde hors du monde, alors qu’à l’extérieur tout s’écroulait, paraît aujourd’hui surréaliste.Plus surréaliste encore les derniers jours du Troisième Reich, alors qu’Hitler préparait son suicide, que tout le monde autour avait des capsules de cyanure en poche.On croirait entendre un récit contemporain, tant sa mémoire est bonne et ressuscite les détails.Un autre témoignage sur quelqu’un qui se cache derrière son T- [ WBWM ¦ ¦¦¦» ' ¦’ ¦;w7 - ¦ ¦* - ¦ ¦ , ancienne ignorance de l’horreur?, vous demanderez-vous.Oui, mais venu d’une femme qui vivait dans l’œil du cyclone, ce qui rend ses mots plus terrifiants encore.Car l’esprit humain est en cause.Oui, il est plus facile et confortable de ne pas trop penser.Voilà où ça peut mener.Rivers and Tides est un des plus beaux documentaires sur l'art qu'il m’ait été donné de voir.Un tilin d’une grande poésie servi par une caméra admirable et la musique inspirée de Fred Frith.11 est surtout porte par son merveilleux sqjet: l’œuvre vivante et fluide de l'Ecossais Andy Goldsworthy, qui travaille avec des éléments naturels, les pierres, les feuilles, les glaçons pour les laisser suivre souvent le courant des rivières et des marées.U nature est omniprésente ici, en Ecosse comme ailleurs.L'art éphémère, dont on suit le cours comme une méditation sur les transformations de la vie, vit dans sa noblesse.Ici, une guirlande de feuilles prend son sens en étant entraînée par la rivière, une sculpture de glaçons en fondant, un tumulus de pierre en se retrouvant balayé par la marée.Parfois Andy Goldsworthy ne parvient pas à me- ner son œuvre fragile à terme.Les echoes participent à une étude ar-chitecturale îles forces et faiblesses de ses matériaux naturels.Ijos iray-sages ne sont pas un décor mais un élément capital des créations.La caméra de Thomas Riedelsheimer passe d’ailleurs de l'œuvre en construction à l'akène de pissenlit qui glisse sur l’eau, tir.mt [virti des éclairages qui varient selon l'heure du jour, de la vache et mouton qui passent.11 a passé un an à suivre (joldsworthy, capture les gestes de ses mains mais aussi la quête de son esprit.I artiste lui-même est fascinant.11 commente son projet créatif qui le relie au mouvement de l'eau, dit aimer offrir ses œuvres à la nature en La hiissant tout transformer à travers ses cycles.Avec Hivers and Tides, on a l’impression que sa démarche est de l'art pur, que la Ix^au-te réside dans cet abandon entre des bras plus vastes que le socle sur lequel repose une sculpture.II va sans dire que le luind art trouve un second souffle dans la photographie que Goldsworthy utilise comme témoin et comme œuvre en soi.Le cinéma aussi, tel ce Rivers and Tides si sensible et envoûtant, permet à ces ouvrages fragiles d'atteindre un public plus large qui médite à son tour, ou se laisse simplement habiter par la beauté en mouvement captée pour lui.4e EDITION 2003 26 JUIN - 6 JUILLET LION D'OR QUAI DES BRUMES LE VA-ET-VIENT FOCACCIA ESTi DE/ Montréal locassINVIVO !::QBHQ^pt;ScE’1-866-344^ A ne pas manquer La soirée d’ouverture du 26 juin au Lion d'Or «J'aime les nuits de Montréal» avec les précurseurs: Paul «Booqie» Gaudet, Leroy Mason, Tony Romandint, Paul Lafortune, Skip Bey, Collin Begin, Maurice Garceau, Richard Ring, Pierre Leduc, Richard Procençal et Michel Donato.À synthoniser Les émissions spéciales de CISM FM 89,3 Du 25 juin au 6 juillet, de 10 heures à midi.Entrevues avec les artistes invités, i # f « —- musiques, calendrier./ «ioo % JAZZ » www.freeset.ca/loco www.LOEFfestivaldejazz.com Québec SK I HWYmfi.mm m» LA USTE NE FÊTÉES 5AAJS »*«**£*- Ai CUjU t* mamzz '¦«.if J‘»$H * TÏUÏ En petite partout \ T LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 .1 t 1 X 2 0 0 3 Culture N É M A En transit en Afrique Un regard de radiographe EN ATTENDANT LE BONHEUR Kéal.et scéa: Abderrahmane Sis-sako.Avec Khatra ( )uJd Abdel Ka-der, MaataOuld Mohame Abeid, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed, Nana Diakité, Falimetou MintAlïmeda, Makanfinjt Dabo.Imaite: Jacques Bessuk i oummiinN in » \wn\ ^ B^^^/.9+6+/3++://:^^^A LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET D l M A .\ < H E .MIN 2 O O ;i m Sojveau» enreflistrements • Album disponible maintenant deiss9fli Crise des festivals COMPILATION DE 18 TITRES MARQUANTS DE SA CARRIÈRE SYLVAIN LELIEVRE l.K HA S BKAl MKHKR Iniluanl Prht mattn el Qu'rsf or qu'on a finit de nos rêves ?Le Festival des Films du Monde reçoit des boulets de partout.Ça va tellement mal pour sa pomme, à presse rabattue, à malheurs combinés, on serait tenté de le plaindre, si ses ennuis ne puisaient leur source dans une administration corrodée, une direction rigide et immuable.Rien ne va plus pour lui à l’heure où la donne change pour le financement des grands festivals.Subventions publiques en virements de caps, commandites menacées.Seules les manifestations aux reins solides, à la vocation bien dessinée pourront traverser à peu prés indemnes pareilles zones de turbulence.Tel n’est pas son cas.On l’aura compris.Aujourd'hui, en mal de liquidités, en crise de crédibilité, le FFM, qui n’en est pas à un orage près, paraît plus mal en point que jamais.En mai, sa désaffiliation de la FIAPH (Fédération internationale des associations de producteurs de films), club sélect pour rendez-vous marquants de cinéma, a ébranle son édifice, déjà fragile.Un tas de festivals compétitifs ne sont pas membres de la FIAPH, remarquez, mais la rupture brutale fait mauvais effet.Ici, comme à l’étranger, ça jacasse, ça casse du sucre.Les vieux contentieux ressortent des tiroirs.Le FFM a essuyé le blâme de l’association parce qu’il reculait ses dates en empiétant trop sur celles de Toronto et de Venise.D’où la partie de bras de fer.La bonne nouvelle c’est que FFM n’aura plus à défrayer sa cotisation à l’association, alors que son bas de laine est troué.La mauvaise englobe tout le reste: une réputation sérieusement entachée, des pots aux roses dévoilés.Serge Losique s’était tellement vanté, édition après édition, de diriger le seul festival de catégo- Odile Tremblay rie A en Amérique.On esquisse un sourire de l’entendre taxer désormais la FLAPH de quantité négligeable.Son A, il l’exhibait comme une médaille d’honneur et comme une clé pour mieux ouvrir les coffres des institutions, lorsqu’elles lui reclamaient trop de comptes.Soudain, on apprend que le fameux A n’avait jamais existe.Tiens donc! Ni A ni B ni C.fi y a les festivals membres de la FIAPH et les non-membres.Pure création de Serge Losique, coup publicitaire repris d'une edition à l’autre, que cette première lettre de l’alphabet brandie fière pette.Comment le milieu ne se sentirait-il pas manipulé par une telle fabulation?Ajoutez au tableau les fantomatiques Fondation et Groupe conseil, lies au festival, le scandale des dettes jamais remboursées à des lauréats de prix de l’an dernier.Cette année, le FFM veut multiplier les sections compétitives assorties de prix et de bourses.Fort bien, mais les commanditaires manquent à l’appel et des gagnants devront peut-être se contenter en 2003 de simples trophées.Prix et bourses avaient ete annoncés avant même que les commanditaires ne soient trouves.Omissions, coups de bluff.Une pluie d’eau trouble! Pour tout finir, les travaux de rénovation de son chef-lieu, le cinéma Impérial, traînent la patte et on doute qu’il soit prêt à temps pour le festival.Si le FFM a en partie creusé sa tombe, son principal concurrent, frappe par le sort, n’en mène guère plus large.Le festival de Toronto a beau constituer un success-story, voilà que la main de Dieu ou celle du diable s’en mêlent pour l’accabler.En 2(X)1.le drame du 11 septembre a transpercé l’écran de ses projections.Personne n’avait le cœur au cinema et l’édition a roulé à ride dans la débandade générale.Cette fois, sa direction doit gérer la crise du SRAS.I n festival de cette envergure ne se bâtit pas en un jour.Or la ville affiche un statut de véritable pestiférée.L’épidémie fait fiiir les visiteurs, accable l’industrie locale.La progranunation du rendez-vous ne pe.ut qu’en pâtir, même si la crise se résorbe cet été.A moins de trois mois de l’événement, les contrats se boudent.Qui veut envoyer ses films et ses stars dans une ville sous le sceau de la peur?Reste à voir aussi comment la communauté des af faires torontoise, fidèle alliée du Festival, parviendra à se relever du cataclysme SRAS qui la saigne si fort.Elle pourrait retirer dans l’avenir une partie de ses billes, trop mal en point pour jouer plus longtemps les mécènes de cinéma.Et comment passer sous silence les déboires d’Air Canada, grand commanditaire du FFM et du rendez-vous de Toronto?Ses fonds sont déjà engagés pour l’année courante, mais les contrats viennent de tomber à échéance.En 2004, les largesses d’un transporteur aerien en restructuration, voire en chute libre, atteindront sans doute la forte somme de zéro dollar.Par-dessus le pompon.Téléfilm, qui se nourrit de feuilles d’érable, est en train de modifier les critères de financement les grands festivals, rêvant de n’attribuer bientôt ses subventions qu’en fonction du contenu canadien.Toronto et Montreal possèdent d’importants volets nationaux.mais leur vocation cinématographique est avant tout planétaire.Si ces étroites et dangereuses orientations fédérales se concrétisent, l'identité même des événements de cinéma risque d’être menacée.Oui.les tuiles du FFM tombent à mauvais moment.Au Québec aussi, la nouvelle politique du cinéma et l’interprétation qu'en fera la ministre de la Culture.Line Beauchamp, vont transformer les critères d'aide aux festivals du côté de la recurrence et îles conditions posées.Les batailles, des jeux de coulisses, une quête d’argent frénétique entre les joueurs des rendez-vous de films à l'heure où l'assiette au beurre se rétrécit, deviendront féroces.Gageons que les éléments faibles et ternis seront les premiers af-fectés par tant de remous.Au-delà du sort personnel du FFM, une question lancinante surgit: qui financera bientôt les festivals de films internationaux?Et lesquels?¦ Cette chronique est la dernière avant mes va-cances.Je disparais cinq semaines, dont deux en Espagne.Au plaisir de vous retrouver.otrembUiyià'ledet'oir.com V I T K I D 1 S Q U Les Byrds autrement qu’à vol d’oiseau BYRD PARTS 2 Artistes divers Raven (EMI) Le sous-titre de l'album se lit ainsi: «More Oddities, Curios, Rarities & Essentials by members of the Byrds, alone and together -1962-1986».Du côté j’en-ai-mar-re-des-sixties de la planète rock, ça se traduirait en fonds de tiroirs, pour ne pas dire en raclures de patates.De mon œil, c’est Noël.C’est dire.Voici, de nulle part sortis, quelque 28 enregistrements qui ont à voir avec les Byrds et qui s’ajoutent comme autant de prolongements inespérés à tout ce que j’ai déjà d’eux.N’avais-je pas assez du çoffret de 1990, des rééditions généreusement augmentées des albums originaux, de toutes les tribulations en solo ou au sein d’autres groupes des Roger Mc-Guinn, David Crosby, Gram Parsons et compagnie?Assez de quoi, je vous prie?Pourrais-je jamais avoir assez de refrains en entrelacs d’harmonies à trois voix?Assez de guitare Ricken-backer 12-cordes qui fait jingle-jangle?Assez de folk-rock et de Country-rock?Not me, sir.Envoyez la bonne soupe.Au premier titre, You Movin ’, je m’extasie.Ce sont les Byrds avant qu’ils ne soient les Byrds, en 1964, alors que McGuinn, Crosby et Gene Clark sont The Jet Set et se prennent pour les Beatles qu’ils viennent d’aller voir dans A Hard Day’s Night, même que McGuinn s’est procuré une Rickenbacker 12-cordes pareille à celle qu’utilise George Harrison dans le film.La chanson est moitié Beatles moitié Byrds, naïve et prometteuse.Plus loin sur le disque, il y a des démos de Crosby seul, enregistrés juste avant que Mr.Tambourine Man n’explose à la face du monde.L’une des chansons est Get Together, celle-là même que populariseront les Younbloods deux ans plus tard.Une autre est signée Crosby et s’intitule Brotherhood Of The Blues: on y reconnaît l’air de Triad, merveille de 1967.Découvrir sa forme première, cette mélodie totalement hors normes en 1965, est pur ravissement.Plus loin encore, après de drôles de plagiats surf à la Beach Boys commis par McGuinn en 1963, il y a des inédites de Gene Clark, dont la plus belle, If 1 Hang Around, est jouée avec Chip Douglas des Turtles.Sombre Gene Clark.Regretté Gene Clark: son beau timbre grave est ici intact.Suivent deux titres créés par le même Clark en 1967 pour un groupe folk-rock oublié, The Rose Garden (la version originale de Je vais à Londres, immortelle de Renée Martel, est leur unique succès).Suivent encore des titres étonnants, offrandes du Byrd deuxième époque Gram Parsons à l’acteur Peter Fonda, au folk-roc-keur Johnny Rivers.Tout ça semble décousu et disparate mais ne Test pas: on est presque toujours à Los Angeles et aux alentours, et les voix des Byrds s’entendent même quand ce ne sont pas eux qui chantent.Je continue?Surprise, on a déterré la bande sonore d’une émission de télé pas comme les autres intitulée Earl Scruggs, His Family And Friends, et parmi les friends étaient les Byrds, reprenant You Ain ’t Gain ’ Nowhere de Dylan.Belle version country-hippie.Autre trouvaille, une captation de spectacle en 1977 au Bottom Line de New York ramène Gene Clark aux côtés de Roger McGuinn, le temps d’un Knockin On Heaven's Door tellement byrdsien qu’on ne croirait jamais que Clark a quitté le groupe dès 1966.Fonds de tiroirs, ça?Puits sans fond, oui.Les Byrds ont existé en maintes, maintes configurations, et les ramifications sont infinies, Dieu merci.Il y aura un Byrd Parts 3, assurément, et il vaudra aussi l’achat pour quiconque porte au cœur le folk-rock et le coun-try-rock et les voix miraculeusement mariées.Ce qui me fait penser qu’il existe un Byrd Parts 1 et qu’il me le faut.Approfondir, il y a toujours à approfondir chez les meilleurs artistes.Sylvain Cormier CHANSON LE PLUS BEAU VOYAGE DE MES CHANSONS DE 1959 À1972 Claude Gauthier GSI Musique (Sélect) La photo noir et blanc du recto de la pochette est splendide.Claude Gauthier y est le beau jeune homme qu'il était à la fin des années 1950, très collégien dans l’allure, chandail par-dessus la chemise dont n’émerge que le mince col.Il a sa sèche à la main.En surimpression, le nom de l’artiste et le titre de la compilation s’imposent au regard: Le plus beau voyage de mes chansons - de 1959 à 1972.Et, en tout petits caractères dans le coin supérieur droit, on lit aussi: «Collection Vol.1».Vous en déduisez quoi, vous, de ce qui est montré ainsi?Moi, j’ai déballé Talbum en croyant y trouver les versions originales des immortelles du chansonnier.Et j’ai été déçu.Ce sont des refontes, on le constate à la première écoute.Joliment refaites, avec des cordes et de délicates percussions, mais indéniablement refaites.Fausse représentation?Non, au verso, je Tai découvert ensuite, c’est écrit en caractères à peine moins petits dans le même coin supérieur droit: «Nouveaux enregistrements - Automne 2002».C’est mentionné.Mention légalement inattaquable, faut-il préciser.Mais manœuvre moralement discutable.Ce n’est pas comme le récent Lumières de Louise Forestier, où Series SAQ Les classiques de chambre Tous les concerts sont à 20h Samedi 21 SOIRÉE SCHUBERT St.Lawrence Quartet Ignat Solzhenitsyn, piano Mardi 24 PÂTISSERIE FRANÇAISE/ CRÈME ANGLAISE (Célébration de la St-Jean-Baptiste) Ravel, Saint-Saëns, Vaughan Williams Jeudi 26 SOIRÉE JUDÉO-NEW-YORKAISE Bernstein, Gershwin Samedi 28 BELLA ITALIA Vivaldi "Les Quatre saisons" Dimanche 22, 14h Chalet du Mont-Royal CONCERT FAMILIAL Safari Animalus Musicalus Poulenc Babar l'éléphant et Saint-Saëns Carnaval des Animaux ~ (Apportez /Yf , y ji ’ vos animaux f -e pr en peluche!) 'j j fc'f 7 — 28 JT-JIJNL 2003 • CHalet du JVTout—Royal Billets et infb (514) 489-3444 festivalmontreal(a3rideotroti.ca www.festivalmoiitreal.org jfrjPQj U Xk “*—¦**• -OkLCAr/ *r Touche B LE DEVOIH .SAQ — - ®hr (SuHrttr Ville de Mor La Scena Musicale Québec S! Hydro VJV Québec la chanteuse reprend nombre de scs plus belles chansons: la photo au recto est récente, et le titre ne suggère absolument pas une compilation.On comprend d’emblée qu’il s’agit, sinon du neuf, au moins du rafraîchi, et Ton reçoit les titres anciens de ce point de vue.TouJ indique le rappel au présent.A l’opposé, la facture du Gauthier est clairement celle d’une compilation: la photo, l’époque circonscrite entre 1959 et 1972, tout s’offre au premier coup d’œil comme la restitution telle quelle de l’œuvre.Leurre légalement inattaquable que je considère quand même foncièrement répréhensible.D’autant que ce «plus beau voyage», on pouvait déjà le faire avec le volume de Québec Love -La Collection consacré à Gauthier, disque paru chez Gamma «et VENDRed** CHAMBERJâXZ a.a.J.m Mnnt-R< & JEAN* Vendredi 2T Ranee Lee Group Ranee Lee uroup , Première damedeiaud^ü' au début des années 1990.On y obtenait 21 titres originaux au lieu des onze reprises, et le livret y était autrement consistant.Plus grave, l’écoute des deux disques révèle l’essentiel manque à gagner du plus récent, à savoir que la ferveur de la mouture première de l’hymne Le Plus Beau voyage, portée par l’instrumentation très pop-rock de 1972, s’est considérablement émoussée en 31 ans: la relecture ne porte plus rien que de la tendresse.Triste réduction.Même si je comprends que Claude Gauthier mérite de faire quelques honnêtes sous neufs à partir de ses créations, je rage de penser que bien des gens posséderont cette version sereine au lieu de l’emportée.Refaire, c’est quand même toujours un peu dénaturer.S.C.Le t r-liv-u X; ! INTERNATIONAL du Domaine Forget 21 juin au 24 août 2003 Tous les concerts sont à 20h30 à moins d'une mention spéciale.Les concerts identifiés a Radio-Canada seront enregistrés et retransmis dans le cadre de l'émission Concerts d'été H.5CHELLENBERGER ,, .Exceptionnellement à 19 h 30 Anton Kuerti, piano 26$ Soirée des Bâtisseurs Hommage aux Partenaires Les cinq dernières sonates de BEETHOVEN Une soirée de démesure, une expérience intense et mémoraltle ! in 26J L'Ensemble à Vents du Dorriaine Forget Direction : Hansjôrg Schellenberger Solistes : Pascale Giguère, violon, Jacques Drouin, piano Des oeuvres d'envergure à la mesure des interprètes! Soirée des Bâtisseurs Hommage à Françoys Bernier L'Orchestre symphonique de Québec Direction ; Yoav Talmi Soliste : Susan Platts, mezzo-soprano LES BRUNCH ES-MUSIQUI TOUS LES DIMANCHES DE llh A Hh fiun «Si ça vous jazz» Denis Poliquin et Marc Bélanger, quitares t ait lof Virginie Hamel, voix, Vincent Gagnon, piar et Renaud Paquet, contrebasse Coût ?26,75$ Adultes 12,75$ 6 à 12 ans Gratuit Moins de 6 ans Taws et services Inclus BU ITTTERIE ET ABONNI MEN T (418) 452-3535 ou 1-888-DFORGET ( 336-7438) www.domaineforget.com L'ABONNEMENT AU FESTIVAL ADMISSION 10 billets de concert au choix dans la programmation régulière du Festival pour seulement 225 S (taxes incluses), et bien plus encore.Vous n'y trouverez que des avantages, renseignez-vous Adultes : 26$ ou 32$ Aînés (60 ans et plus) : 24$ Étudiants : 16 $ Enfants jusqu'à 12 ans gratuit Les taxes sont incluses dans les prix.il Billetech ¦» livre - métiers d’art - œuvres numériques interactives - cinéma et production tél< — disque et art - œuvres numériques _ Les Prix Sodec d’excellence à l’exportation Pour reconnaître les entreprises qui rendent possible l’envol des œuvres culturelles québécoises Cinq prix prestigieux, cinq bourses de 10 000 $ Consultez le www.sodec.gouv.qc.ca PlASTipO-td t» B-~-ÿUTO - aaATtov-TesanbTJjanp najAnœ - jrv.p gjsrtÿn - a.rA:| - Société de développement des entreprises culturelles PA2T£$ UOT10T /~\ é I U Ea Québec a es LE DEVOIR.LES A M E I) I 2 1 ET DI M A S (HE 22 J li I \ 2 O O .i E 6 ?LE DEVOIR - Petit manuel en chair et en os de sculpture moderne LE CORPS TRANSFORMÉ - THE BODY TRANSFORMED La Cité de l’énergie 1882, rue Cascade Shawinigan Jusqu’au 5 octobre BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Shawinigan — Un petit manuel destiné à comprendre la sculpture moderne.L’exposition Le Corps transformé, inaugurée cette semaine par le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) dans un nouveau pavillon de la Cité de l’énergie, à Shawinigan, peut être vue de cette manière.Rodin, Degas, Picasso, Matisse, ou encore, plus près de nous dans le temps, Calder, plusieurs des noms qui ont marqué l’histoire de l’art et plus particulière ment l’histoire de la sculpture sont réunis sur ce site époustouflant Dans deux des cathédrales modernes de se site industriel, Pierre Théberge, actuel directeur du MBAC, a donné rendez-vous à ces bonzes de l’histoire, en plus de donner également la parole à des représentants, et non les moindres, de l’art contemporain: Betty Goodwin, Geneviève Ca-dieux, Janett Cardiff, tous des noms défendus dans le passé par l’institution nationale, mais aussi d’autres comme Bill Viola et Louise Bourgeois, dont les Montréalais connaissent les œuvres grâce au travail du Musée d’art contemporain.Ces deux derniers présentent des œuvres majeures: de voir ici celle de Bourgeois — une immense araignée de fer de plus de 10 mètres de haut — est GALERIE BERNARD Artistes de la galerie Nouvelles œuvres Été 2003 5986 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) (514) 277-0770 "il m 2 II co xi x: 3l'vhi-2$3 ^0$^ CQ Partenaires: Conseil des arts et des lettres du Québec Patrimoine Canada Emploi Québec Corpoiation de développement culturel de Trois-Rivières Banque Nationale du Canada La Société Loto Québec Atelier Presse Papiei Le Nouvelliste tout simplement inespéré.Deux bâtiments totalisant 2300 mètres carrés à Shawinigan reçoivent ces œuvres de grand prestige.Il s’agit d’édifices immenses, sans colonnes obstruant la vue.Vingt-sept pieds séparent le plancher des poutres et le faîte du plafond est 16 pieds plus haut.Le tout est éclairé naturellement par des fenêtres, de chaque côté.C’est la Cité de l’énergie qui a eu l’idée de contacter le MBAC pour ajouter à sa programmation un volet en arts visuels.L’exposition Le Corps transformé - The Body Transformed comprend plus de quinze œuvres de la collection du MBAC.Ces œuvres sont entourées par d’autres œuvres empruntées à plusieurs musées nord-américains et européens, comme le Musée d’art moderne de New York, le Hirsh-horn de Washington, le Musée Ro- la Galerie d'art Stewart Hall 176, Bord du Lac, Pointe-Claire mSlmm du 22 juin au 24 août 2003 CÉLÉBRATION D’EXCELLENCE 1963-2003 La Galerie célèbre son 40 anniversaire en présentant une sélection d’oeuvres de la collection permanente de l'arrondissement de Pointe-Claire Vernissage: le mercredi 25 juin, à I9h Info: (514) 630-1254 din à Paris et le Musée d’art contemporain de Montréal, pour ne nommer que ceux-là.Mais, avant d’arriver à cette immense sculpture intitulée Maman (l’inquiétante bestiole à huit pattes est enceinte), le spectateur croisera L’Age d’airain, 1876-1901, de Rodin (pas moins de six œuvres sont sur place), puis la fameuse Tête de femme (Fernande), 1909, de Picasso, ou encore la Petite danseuse de quatorze ans, 1878-1881, de Degas, en plus de quatre autres sculptures signées par lui.Avant même de gagner ces jalons de l’histoire, le visiteur rencontrera une tête d’enfant boursouflée, surdimensionnée, de l’artiste britannique Ron Mueck, qui avait fait parlé de lui en présentant sa sculpture dans l’exposition controversée Sensation, en 1997.Hyper réaliste, ce visage sculpté de plus de deux mètres de haut est à la fois humain, donc attachant, et effrayant, comme une apparition surnaturelle.Cette masse de chair résonne avec celle de l’œuvre de Geneviève Cadieux, tout au fond, 80 mètres plus loin.Un classique de la collection du MBAM, l’œuvre montre une immense cicatrice, insituable sur le corps, dans laquelle le spectateur est pour ainsi dire avalé.Entre les deux, la presque totale suppression de couleur frappe.La teinte du bronze patiné, celle du Cortège de William Kentridge (Afrique du sud) ou de la relecture de la Marie Madeleine de Kiki Smith, lie ces sculptures lourdement chargées, d’un point de vue émotif du moins, et souvent plongées dans le pathos.La parenthèse de chair dans un univers assombri par le choix de matériau est un des bons coups d’accrochage de cette présentation.Tout comme le choix de l'emplacement du George Segal, Femme marchant sous un échafaudage, disposé sous les conduits d'aération, comme menacé par eux.Par ailleurs, autre belle astuce de présentation, en fin de par- Pour l’été : art, culture et courts voyages! 12 juillet - art lyrique en Lanaudière date limite de reservation : T7 juin 19 juillet - théâtre en Mauricie Le songe d'une nuit d’été 27 juillet - peinture de genre Musée des beaux-arts d’Ottawa jf Les, 1 beaux détours CIRCUITS CULTURELS Nouveau numéro à compter du 21 juin : (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont JACK ABRAHAM Rencontre fortuite (détail), 1989, de George Segal.cours, les environnements de Janet Cardiff et de Bill Viola s’opposent, le premier très aérien, le second, angoissant et sombre.Les 40 haut-parleurs du motet repris par Cardiff diffusent la musique de Thomas Tallis (XVL siècle), alors que la bande vidéo de Viola, enfouie dans le noir, diffuse deux images d’un plan d’eau, images qui se condensent dans une troi- sième.Hypnotique, l'œuvre est secouée par un plongeur, qui n’en finit plus de refaire surface.On se noie avec lui (sans parler des effets de réflexions de la lumière à travers ce jeu d’écrans).Pour une première exposition dans ce nouveau centre, la barre est haut placée.Le musée s’est engagé à générer pour ce lieu des expositions pour cinq ans.GALERIE BERNARD Artistes de la galerie Nouvelles œuvres Été 2003 3986 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) (514) 877-0770 HHHH _ GALERIE GORA art contemporain international DU 24 JUIN AU 12 IUILLET MIKE WOODCOCK Vernissage le mercredi 25 juin de lyh à 19b 460, rue Ste-Catherine O., suite 305 Montréal Qc H3B 1A7 mardi a samedi, rah - 17b www.gallerygora.com Tél: (514) 879-9694 Fax; (514) 879-0164 f DEVOIR ITTERATUKE Chez soi, le bout du monde CATHERINE MORENCY En marge des parutions courantes émergeait récemment «Les petits villages», une coDection éphémère dont la mission consiste a allier poésie et déplacements, tout en partageant l’affection de maisons comme L’Oie de cravan et Fata Morgana pour une forme éditoriale insolite.Ce sont deux micro-recueils que nous propose, pour lancer le bal le poète Bertrand Laverdure.De modestes écrins — une vingtaine de pages chacun — dans lesquels des auteurs sont invités à rendre l'essence de leur incursion dans un village québécois ayant résisté à l’hégémonie centralisatrice qui assaille l'Amérique du Nord depuis plus d’un quart de siècle.Seule condition à respecter s’intégrer, pour un court laps de temps, à un milieu peuplé par moins de 400 habitants.Le reste de l’aventure est laissé à la discrétion de l’écrivain.Instigateur du projet Laverdure signe le premier titre d’une collection qui ne devrait en compter que quelques-uns.Parachevant un travail de portraitiste entrepris dans son recueil La Maison, L'Homme au stylo gel est le récit d’une «expérience qui a eu lieu entre le 8 et le 11 septembre 2002, su r les berges du fiord du Saguenay, dans le village de Sain-te-Rose-du-Nord, anciennement dénommé la-Descente-des-femmes.» Au fil du périple, le stylo s’est transformé en pinceau, mutation dont s’accommode volontiers celui qui rendra les traits de la cité minuscule à travers ceux de ses habitants.«Forestiers et voyageurs / le sang à la loupe / haché de balais de sorcières./ La sourde passion d’un homme pieux/ et toutes les raconteries / dont se sont abreuvés Buies, Gill, Perron./ Tout ici a été dessiné parla littérature, /et ses ailes de buse, ses crocs de lynx/ses profondeurs de lamarques du Groenland, / ses colibris, ses champignons en coupe, /ses animaux de toutes sortes et ces bardeaux / taillés à la main./ L’engouement du curé Simard a quelques racines, ici, dispersées / parmi l’arsenal effrayant de la nature experte.» Qui a lu le plus récent recueil de Laverdure (Audioguide, Noroît) connaît son goût du paradoxe, qui revient frayer avec chacun des courts poèmes de L’Homme au stylo gel, ravitaillant le vers en associations souvent saugrenues mais jamais banales.«Télévision et capteurs de rêve./Dans un bureau exigu, / deux ordinateurs./ Nous écrivons à Robert Giroux, / Sophie et Raymond, à Léon Guy aussi./ Valcartier n’est pas loin ;/les moeurs amérindiennes pigeonnent; / l’attrait des sapinages s’agite./ Nous sommes au cœur de la nature, tout près de cette sauvagerie prudente/qui met au monde la ruse./ Le sourire difficile fait penser/à ces murs d’eau qui cognent / sur les miroirs de faille: / érosion lente du mondain / pendant la course des jours.» Intitulé Le Deuxième Étage, cet instantané révèle l’alchimie dans laquelle s’unissent souvent, au fil du voyage, l’anodin et le pittoresque.Aussi, il ne faudra pas chercher dans ce «petit village» quelque impression folklorique d’un Québec mythique; la mission de l’auteur est ailleurs.Dans le désir de voir émerger du paysage un poème, certes, mais peut-être davantage dans un mécanisme qui fait de l'écriture une entreprise d’archeologie mentale: le texte livré comme engram-me, dans un mouvement à la fois spirituel et domestique.Auteur de Dans le blanc et de Papillons réfractaires (prix Emil^Nelli-gan), Jean-Eric Riopel assume la paternité de la deuxième parution.Pour écrire Taxi dancer, il a remonté le fleuve de Sept-îles jusqu’à Blanc-Sablon, pour échoir à Harrington Harbour puis à Chevery, les deux phares de son périple.SU partage avec Laverdure une certaine volonté de répondre à «Tappel du large», Riopel préférera les hauteurs nordiques aux voies maritimes et civilisées du Saguenay.A bord du Nordik Express, il ne mettra que quelques heures à trouver un nouvel équilibre, quittant la ville et les trop rares postures dans lesquelles l’urbanité confine souvent le poète.«La mer alors se contemple raffermie par le mystère de son immensité.Chaque reflet sculpte une myriade de doutes sur les vagues et possibles présences animales à décrypter.Des écailles de tortues, sous le soleil, réinventent les combinaisons multi-pliables de l’univers.Il n’y a plus rien avant.J’ai complètement décroché de la terre ferme.» Forme voisine du keepsake — non illustré toutefois, sinon par un graphisme inédit —, le recueil agence des bribes de récits tantôt autobiographiques, tantôt historiques aux expressions poétiques les plus libres, vers et prose servant tous deux à exalter la mince part d'Amérique qu’il resterait à inventer.«Chevery est une dedans la côte/ délimitée par deux rivières, à la Croix et/ Nétagamiou — rivière qui passe sous terre —, / entre lesquelles coule / 4 kilomètres d’asphalte / un tronçon de 138/ qui attend l’hiver/pour se jeter dans la route blanche /des festivals en motoneiges / de Seven-Islands à Blanc-Sablon./ L’été, tout n’est que sphaigne et toundra./ Végétation miniature / plaquebière et mousse à caribou./ life are in a picturesque country/ without postcards » Ressassant tour à tour des histoires «vraies» et les visions oniriques que lui inspirent la mer et ses îles, Riopel se laisse submerger par une imagerie qui puise à même les règnes animal, végétal et amoureux; en résulte un usage vif et neuf de la langue, tout empreint d'un ludisme romantique dépouillé de fous clichés.A l'image de sa facture, artisanale et modeste, cette nouvelle collection n’en véhicule pas moins une idée précise de ce que l’on pourrait gagner à abolir le tourisme (du moins, comme on l’entend aujourd’hui).Genre de guide d’évasion plutôt que de voyage, ces deux «Petits Villages» pactisent avec l’émerveillement devant le prosaïque, la fin des idéaux bucoliques et une conception désacralisante de la poésie.Hors de son atelier, tout d’un coup, l’auteur perd quelques arrogances.L’HOMME AU STYLO GEL Bertrand Laverdure TAXI DANCER Jean-Éric Riopel «Les petits villages» Montréal, 2003 MAJU£ bAimi-M LES AMES SŒURS Q U É B É C Paix dans les brisements THIERRY BISSONNETTE Le graphisme, le titre et le concept de l'ouvrage éveillent quelques soupçons chez son futur lecteur.C'est qu'on se méfie des recueils-kaleidoscopes, des agrégats hétéroclites rassemblant des textes de divers genres, où la dis-conthmite gêne souvent davantage quelle ne stimule.Avec En mille miettes pourtant.Jean Char-lebois relève avec assez de succès le défi de la mosaïque.D'abord connu comme poète, l’homme est un touche-à-tout de l'écriture, un rédacteur polymorphe prêtant sa plume autant à des musées, à des cinéastes qu’à diverses entreprises.Dés 1972, il fait paraître plusieurs plaquettes aux Éditions du Noroît, alors naissantes, s’illustrant par ses jeux de mots et son ironie, de même que par un mélange de tendresse et de farfelu dont on trouve peu d'exemples dans la littérature québécoise.Entre autres choses, Char-lebois produira le premier roman-photo poétique, inclus dans le recueil Hanches neige.Au milieu des années 90 alors qu’il passe à l'Hexagone, son écriture prend un tournant plus spirituel et il concentre ses facultés sur une expression de l’amour à la fois sensuelle et angélique.Ceci culminera dans le roman L’oiselière, publié en 1998, une grande réussite explicitement inspirée de Christian Bobin.Chambres de femmes, sorte de suite du roman, convaincra beaucoup moins, faute d’un semblable équilibre entre le lyrisme et le récit.Malgré tout, Charlebois fait preuve d’un style indéniablement chaleureux, à cent mille lieues de la tentative romanesque de son cousin Robert, dont il a d’ailleurs signé plusieurs chansons.Venant après un livre illustré en collaboration avec Marc-Antoine Nadeau, En mille miettes est le deuxième livre de Jean Charlebois chez Lanctôt.On y retrouve «proses décantées, chroniques presque non fictives, poésies chroniques, fiction pulpeuse, correspondance fantasmatique, reportages sans frontières, mo- Jean Charlebois nologue précontraint», de même qu'mi « feuilleton feuilleté » dont les courts épisodes sont parsemés au long du livre et qui donne un premier fil conducteur au recueil Unité disparate Contrairement à certains livres publiés par Charlebois dans la dernière décennie, En mille miettes étonne par la souplesse de son réseau, par une unité disparate qui rappeüe sa première période, l'ironie en moins.Cette synthèse des diverses approches empruntées au cours de ses trente années d'écriture n'est pas parfaite, mais les temps faibles bénéficient d’un effet d'ensemble plutôt entraînant.Un des temps forts est certainement la partie intitulée Nom, prénom et domicile, où l’auteur effectue mie autobiographie éclair, chaque année, depuis sa naissance en 1945, étant ramenée à deux paragraphes, l'un descriptif l’autre poétique.Évitant le narcissisme, ce récit hachuré dé montre de quel talent d’ellipse Charlebois est capable, tout en offrant un commentaire sur sa propre démarche: «Nos mots sont de nous, nous sommes de nos mots à nous.Us 3nde er! Les bases du golf féminin Mike Adams TJ.Tomasi et Kathryn Maloney ISBN 2-268-04081-X ' 160 p • Illustrations couleur 34,95 $ Le golf junior Mike Adams et TJ.Tomasi ISBN 2-268-04363-0 144 p.• Illustrations couleur 29,95 $ LES BASES DU SENIOR^ Les bases^ du golf senior Mike Adams, TJ.Tomasi et Kathryn Maloney ISBN 2 268 04250-2 f 160 p.• Illustrations couleur nous disent méthodiquement que nous ne sommes qu’en un lieu.» La partie Minuit, l’heure du crime reprend le cantique aux femmes de sa vie qui meublait Chambres de femmes, dont un extrait est d’ailleurs repris.Ici, comme plus loin dans Aire de jeu et d;ms d’autres textes, on se demande si quelques coupures n'auraient pas augmenté l’impact du livre, un peu volumineux pour sa densité.Prolixe, Charlebois s’ouvre le cœur si large que l’identité du livre en est parfois fragilisée.On peut, de toute façon, s’en servir comme d’un buffet et déguster les morceaux qui nous attirent le plus, que ce soit les beaux poèmes à nom l.OUISh 1 MU ANC d’oiseaux de Silences et chants ou cris, ou encore le feuilleton, qui constitue presque à lui seul un pe lit recueil de nouvelles.Avec En mille miettes, Charlebois parvient paradoxalement à se rapiécer, d’une manière laissant espérer d’autres alliages composites.En se contraignant à un pou plus de concision, peut-être pourrait-il sur-prendre au même degré que l’on fait des recueils tels Fopèmes, Hanches neige ou lui mour, l'amor.EN MILLE MIETTES Jean Charlebois Lanctôt Éditeur Montréal, 2(X)3,295 (age's Palmarès Le baromètre du livre au Québec 1 ?1 Psychologie GUERIR V SERVAN-SCHREI8ER Robert Laffont 9 2 Jeunesse A BRASHARTS Oallimaid 1 3 Essais MAL DE (ERRE V H REEVES Seuil 7 4 Biographie H R.CLINTON Fayard 1 5 Roman ONZE MINUTES V P COELHO Anne Carrière 5 6 BO.32 DECEMBRE » E.BILAL Humanoïdes 2 7 Roman LE DICTATEUR ET LE HAMAC 0.PENNAC Gallimard 4 8 B.D LE PETI1SPIR0U t.11 Tu ne s'ras lamais grand ! TOME/JANRY Dupuis 2 9 Essais QUI A TUE DANIEL PEARL ?B-H LtVY Grasset 5 10 Polai UNE SECONDE CHANCE M.HIGGINS-CLARK Alhm Michel 5 11 Roman L'IGNORANCE ?M KUNDERA Gallimard 18 12 Roman UNE ADORATION N HUSTON teméac/Actes Sud 4 13 Actualité É.LAURENT Plon 1 14 Roman D STEEL Pr de la Cité 1 15 Roman SEPT JOURS POUR UNE ETERNITE M.LEVY Robert Lallont 17 16 Jeunesse QUATRE FILLES El UN IEAN T A BRASHARES Gallimard 51 17 Psychologie QUI A PIQUE MON FROMAGE f V J SPENCER Michel talon 128 18 Roman Qc TOUTlA-BAS A C0IJSTIJRE Libre Expression 11 19 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRESENI Vf E TOLLE Ariane 140 20 Cuisine BARBECUE ¥ RACHl£N/SCHNBD£R L'Homme 60 21 Roman Cto NOUVELLES D'AUTRES MERES ¥ S.MYRE.Mviiterri de feuilles 9 22 Faune Qc LES OISEAUX ET L'AMOUR ¥ 1.LEVEIUE L'Homme 9 23 Pratique Qc LEÇONS DE CHARME D.PARENT Libre Expression 6 24 Polat DARLING LILLY M CONNELLY Seuil 6 25! Actualité LA GUERRE DES BUSH ¥ E.LAURENT Plon 19 26 loisirs Qc LES MORDUS N" 3 M HANNEQUART Rudel Médias 5 27 Biograph.Qc LE CLAN HILTON R.FR0SI Logiques 4 28 Biographie CESARIMPERATOR ¥ M GALL0 XOéd.5 29 Spiritualité DIEU •' ¥ A JACQUARD Stock 16 30 Rom an TOUT CE QUE J'AIMAIS ¥ S HUSTVEDI leméac 13 31 Roman Qc LIFE OT PI ¥ ¦ Booker Prize 2002 Y MARTEL Vintage Canada 33 32 Polat A PEREZ-REVERTE Seuil 2 33 Polar GONE.BAB7, GONE ?D LEHANE Rivages 7 34 1D' E BILAL Humanoïdes 243 35 Roman Qc C P0NT8RIAND les Intouchables 6 36 Beau-livre Qc LA GASPÉSIE ¥ LARAMEE/AUCLAIR L'Homme 6 37 Polar MYSTIC RIVER ¥ D LEHANE Rivages 60 38 Polar LES HOMMES DE PAILLE ¥ M MARSHALL Michel Lafon 5 39 Roman Qc LES FILS DE LA CORDONNIERE P GILL vlb éditeur 9 40 Biographie H.R.CLINTON SimoniShuster 1 41 Loisirs Qc LES MORDUS N" 1 ¥ M HANNEQUART Rudel Médias 14 42 Polar L'HERITAGE J GRISHAM Robert Laffont 13 43 Biograph Qc CARDWEU AJUSTER Trait d'IJmon 1 44 Psycho Qc DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P MORENCY Iranscontinental 32 45 Roman Qc LA MAISON DES REGRETS D M0NETTE Logiques 17 r : Coup de Cœur RB ¦¦¦¦ Nouvelle entrée HU» d» unwnet fepw* purufiwt J Plus de LOGO Coups de Cœur, pour mieux choisir.24 succursales au Québec www.renaud-bray.com de nos clients ont aimé 1/ les qu’ils ont achetés./O Avant de partir en vacances, pensez-y LE DEVOIR.LES A M E D I 2 1 ET D I M A X LUE 2 2 J l' I X 2 O O :i E 8 Littérature ROMAN FRANÇAIS Pascale Roze et l’inavouable LITTÉRATURE SUD - AMÉRICAINE Miroirs déformants JOHANNE JARRY Parle-moi.murmure le roman de Pascale Roze, comme une invite à le lire.Ce titre un brin autoritaire pourrait faire hésiter le lecteur.Pourquoi préférer ce livre-là à tant d’autres dont les titres sont moins impératifs?On le voit qui tente de passer son chemin, et qui franchit presque le seuil.Prends ce livre, lecteur, prends-le et laisse remuer ton cœur par cette histoire d’enfance muselée.Elles sont sœurs, et seules.Frida Dormant, très élégante cinquantenaire, enseigne depuis longtemps dans un lycée d'Issy-les-Moulineaux.Ixs fenêtres de son appartement donnent sur la Seine.Perla Dormant, moins soucieuse de sa personne, habite une maison à la campagne.L’une vit pour ses élèves et l’autre, pour sa maison et son jardin.L’histoire du roman de Pascale Roze commence quand Frida file sur la nationale 7, en route vers Corvol, au secours d’une Perla catastrophée d’apprendre que son mari ruiné veut vendre la maison de campagne.Sa maison de Corvol.La perspective de perdre la maison ébranle leur échafaudage familial.Pendant une soirée et une nuit arrosées d’alcool, les sœurs tentent de se parler pour vrai, de sortir du silence auquel les condamne, depuis l'enfance, un père qui les a violentées.Elles ne peuvent partager leurs blessures, jadis camouflées par de gros collants, ni entre elles ni avec les autres.En parler pourrait réactiver une souffrance qu’elles n’ont plus la force d’affronter.«[.] ceux qui ont eu un brillant César comme père, maître en art d'écrasage, ceux-là, ils se taisent, comme se taisent Perla et Frida.Et pour ceux-là les mots peuvent être très dangereux, excessivement dangereux.» Pour survivre à ce pouvoir destructeur, Perla a «choisi le monde des choses»', personne, pas même ses trois fils, ne la comble (et ne l’atteint) autant que la maison et le jardin de Corvol.Quant à Frida, sa passion pour la linguistique et la littérature ainsi que le soin qu'elle porte à son apparence lui permettent de défier le destin qu’on voulait lui imposer: n’être rien.Pendant un temps, il y a eu PATRICK SW IRC Pascale Roze a reçu le prix Concourt en 1996 pour son premier roman, Le Chasseur zéro.des hommes dans la vie de ces femmes.Perla se souvient de son premier dîner avec Nicolas.«Je sentais mourir le passé.Je le foulais aux pieds.Je dansais dessus pendant qu’on bavardait, je dansais des claquettes.Rien n’a jamais été plus fort que ce dîner.Ça me remue encore, tu vois.» Assises au coin du feu, elles se souviennent de tant de choses, mais elles ne sont pas dupes: elles tairont jusqu’à la mort l’horreur tapie en elles.Elles la contiennent si bien que leur retenue pourrait presque cacher aux yeux du lecteur la lourdeur de leur cœur.Voilà où réside la beauté et la finesse du style de l’auteure, qui suggère par touches légères au lieu d’étaler.À l’aube, Frida reprend la route; la maison est sauvée.Mais cette longue veille a éprouvé les sœurs Dormant.Vont-elles se revoir?La fin de ce très beau roman ne le dit pas mais donne envie de lire impérativement les quatre livres précédents de Pascale Roze, à commencer par le premier.Le Chasseur zéro, prix Concourt en 1996.PARLE-MOI Pascale Roze Éditions Albin Michel Paris, 2003,138 pages Lire plus, lire mieux, lire.N y Le magazine québécois sur les littératures écrites ou traduites en français EXCLUSIVITE INTERNET « Littérature jeunesse » : par L.Laplante et des commentaires de lecture www.nuitbianche.com Au sommaire du numéro 91 Deux entrevues : Claire Martin par R.Bourneuf et Alain Nadaud par A.Datin.Des articles : Pascal Quignard par L.Margantin ; De l'Histoire comme révélateur par B.Beaulieu ; Quand le vampirisme s'interroge par L.Laplante ; « Idées à découdre » par P.Mouterde ; « Ecrivains méconnus du XXe siècle » : Jean Forton par B.Curatolo et « Le livre jamais lu » par Claire Martin.En librairie le 20 juin 2003 offrez-vous un abonnement 4 numéros pour 20$ (prix courant 25,30$) .Prénom : .Nom : .Adresse : .Ville : .Code postal : .Tél.:.Courriel : .?Ci-joint mon paiement par chèque Q Par carte de crédit Visa n° : .Date d’expiration : .Envoyez votre chèque à l’ordre de Nuit blanche, 1026, rue Saint-Jean, bureau 40J, Québec (Québec), GIR 1R7 Tel: (418) 692-1884 Télécop.: (418) 692-1355 Courrier électronique : nuitblanche@nuiblanche.com CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Il aimait jouer sur les paradoxes, faisait de ses œuvres un véritable labyrinthe.La Sœur d’Eloïsa, une nouvelle jusqu’alors inédite en français de Jorge Luis Borges, qu’il a écrite en collaboration avec Luisa Mercedes Levinson, vient d’être traduite et commentée par Christian Garcin, aux éditions Verdier.Publiée pour la première fois en espagnol en 1955, cette nouvelle a donc été écrite par un Borges qui commençait à souffrir de la cécité.Elle décrit le regard d’un homme vieilli sur l’amour de sa jeunesse, qui regarde son ancienne flamme à travers les valeurs qui l’animent désormais: pouvoir, autorité, argent Sans être aussi dense, aussi foisonnante que les nouvelles que l’on retrouve par exemple dans le recueil Fictions, publié onze ans plus tôt, la prose de Borges continue ici d’exploiter le double-sens, l’allusion, le jeu sur lïdentité.Dans la postface de la nouvelle, Christian Garcin, grand spécialiste de Borges, met le lecteur en garde contre la tentation de faire une lecture schématique de cette nouvelle.Citant Gracq, il écrit «Prenons garde à ne pas être de ceux qui, croyant disposer d’une clef, n’ont de cesse qu’ils aient disposé l’œuvre en forme de serrure.» Reste que chez Borges, on trouve toujours d’autres mots cachés sous les mots, d’autres images cachées sous les images.«Ce n’est qu’un jeu bien sûr.Mais on peut se poser la question de savoir si, au bout du compte, il ne faudrait pas relire tout Borges en ne se préoccupant que du sens second des mots», écrit encore Garcin.Ce printemps aura par ailleurs été l’occasion de rendre hommage à l’écrivain argentin décédé en 1986.Divers ouvrages lui sont en effet consacrés, en commençant par Chez Borges, signé Albert Man- guel.Paru chez Actes-Sud-Leméac, le petit ouvrage rappelle les heures passées par Manguel a Buenos Aires, auprès d’un Borges devenu aveugle, dictant a ses compagnons les phrases des poèmes qu’il était en train d’écrire, et réclamant aussi qu’on lui fasse la lecture.«Son univers était entièrement verbal: musique, couleurs et formes n’y entraient guère», écrit Manguel au sujet de Borges.Manguel reprend également deux themes chers à Borges, le miroir et le labyrinthe, qu’il décrit comme ses «cauchemars».«Les miroirs le terrifiaient car il soupçonnait qu’ils refléteraient un jour un visage qui ne serait pas le sien ou, pire, pas de visage du tout.» Or, le regard transformé que porte le narrateur de La sœur d’Eloisa sur son amour passé n’indique-t-il pas à quel point il a changé, à quel point est disparue la pureté d’autrefois?Le labyrinthe, pour sa part, ajoute Manguel, inspirait à Borges «la crainte d’une maison sans portes au centre de laquelle l’attendrait un monstre».Voila autant de cauchemars que l’écriture aura invoqués sans relâche comme pour les dompter.Autant d’obsessions qui font le tissu, le vocabulaire, la force inaltérable des grands écrivains.LA SŒUR D’ELOISA Jorge Luis Borges et Luisa Mercedes Levinson Traduit Par Christian Garcin Verdier, Otra Memoria Paris, 2003,65 pages CHEZ BORGES , Alberto Manguel Actes-Sud-Leméac, 2003,93 pages * ROMAN AMÉRICAIN Pendant l’amour JOHANNE JARRY \ A quoi pensç-t-on quand on fait l’amour?A notre partenaire, entre autres, oui.Mais pas uniquement.Dans le roman Extase de Susan Minot, d’ancien amants se retrouvent au lit, le temps d’un après-midi.Se retrouvent?Justement pas.Sans le savoir, chacun dérive dans ses pensées.Pour Kay, c’est l’extase; cet amour qu’elle a longtemps combattu, elle s’y abandonne pour de bon en s’appliquant à envoyer son amant au septième ciel, et advienne que pourra.«Elle se détend, laisse aller toutes ses vieilles angoisses.C’est évident, le pire est maintenant derrière eux.Elle en est sûre.Elle a la sensation qu’il se passe quelque chose d’étrange : toute l’horreur du passé est en train de s’évaporer.» Benjamin raisonne tout autrement.«Il regarde Kay.Elle est tout entière à sa tâche, appliquée et méthodique.Lui se sent étrangement distant.Ce sentiment aigu qu'il avait à une époque d’être en parfaite harmonie avec elle, il n’arrive pas à le retrouver.» Et puis sa rupture avec Vanessa, avec qui il a vécu dix ans, le taraude; il comprend qu’il doit la reconquérir, mettre une croix définitive sur sa relation avec Kay.Susan Minot va à l’encontre de l’idée reçue qui dit que faire l’amour favorise la proximité.Le rapprochement entre Kay et Benjamin n’est qu’apparent; leurs cogitations le confirment avec éloquence.Toutefois, cet homme coincé entre deux femmes et cette amoureuse prête à tout pardonner font trop écho aux clichés véhiculés par les magazines féminins pour proposer une réflexion vraiment singulière sur l’indéniable complexité du lien amoureux.Qu’éprouvera Kay quand elle apprendra que son élan amoureux ne sera pas encouragé?Que dira Benjamin en croyant franchir pour la dernière fois (?) le seuil de la maison?Le lecteur devra l’imaginer puisque Susan Minot a préféré quitter la chambre avant que l’acte ne soit entièrement consommé.i EXTASE Susan Minot Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claude Demanuelli Paris, Éditions Gallimard, 2003 160 pages j LITTÉRATURE MEXICAINE Sergio Pitol, à la russe >i CHRISTIAN DESMEULES Un écrivain mexicain écrit sur la Russie, c’est-àdire là où on ne l’attend pas.Nous offrant du coup un livre étonnant d’érudition et d’humanité qui ouvre sur des portes inconnues.Car au-delà de quelques rassurantes figures qui bercent souvent nos certitudes, on connaît trop peu la littérature mexicaine.Et l’écriture de Pitol est à la fois très mexicaine tout en demeurant à distance des grands questionnements sur l’identité nationale, les meurtrissures de l’histoire.Né en 1933 à Puebla, au Mexique, Sergio Pitol s’est vu remettre en 1999 le prix Juan Rulfo pour l’ensemble de son œuvre, l’une des distinctions littéraires les plus importantes du monde hispanophone.Diplomate de carrière, il a été attaché culturel en Yougoslavie, en Pologne, en France, en Hongrie et en Union soviétique, vivant en témoin privilégié au cœur même de l’un des changements les plus importants du monde moderne.Une existence tout entière construite autour de «l’art de la fugue», qui donne à son œuvre (encore peu traduire en français) une tonalité singulière.A l’origine de ce Voyage, il y a le poids de la «scandaleuse» dette de Sergio Pitol envers Prague — de 1983 à 1988, il a été ambassadeur du Mexique en Tchécoslova-quie.Compulsant carnets, journaux, cahiers de l’époque, Pitol n’y déniche pas la moindre trace de Prague, ville adorée, intimidante, impossible à saisir.A la place, il a plutôt retrouvé des notes prises lors d’un séjour en Union soviétique en 1986, où il s’était rendu à l’invitation de l’Union des écrivains de Géorgie.Ce seront de courts récits autobiographiques, des fragments de son journal (du 19 mai au 3 juin 1986), des réflexions sur l’art et sur la littérature, sur la situation politique, des récits de rêves («Nulle part ailleurs je n ’ai eu autant de rêves qu'en Russie»), des pèlerinages littéraires — de merveilleuses pages sur Marina Tsvetaïeva.Étonnant Voyage que celui-là.«On croit qu’on va foire un voyage, écrit Nicolas Bouvier, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.» Le voyage de Pitol est plein de surprises, de rencontres, de souvenirs, d’ouverture, de figures excentriques.Il est à lui seul un hommage à la formidable vitalité de la culture russe en pleine perestroïka.Sur Moscou, par exemple: «La ville est vivante, de partout on l’entend respirer.Au moment où j’écris, il dotty avoir des milliers de Moscovites en conflit ouvert, qui discutent, se mettent d’accord, voudraient s’assassiner mutuellement.» V Embûches, contrariétés, suspicion, ses hôtes russés le divertissent, le tourneboulent, lui «suggèrent» d’annuler son voyage en Géorgie.Pitol en sera quitte pour un solide mal de tête et il atterrira finalement à Tbilissi, «cité andalouse enclavée dans le Caucase», au milieu de poètes débraillés, de vieillards magnifiques, d’enfants fous.«Ce premier jour en Géorgie fut équivalent en intensité à un trimestre de ma vie habituelle.» Tbilissi, c’est aussi et peut-être surtout l’épisode extraordinaire des latrines publiques en Géorgie, véritable élément déclencheur de littérature.Nous voici en plein creuset de la création, aux premières loges de la vertigineuse accélération de finvention.Tout se met en place: les rencontres, les visions, les souvenirs et les rêves se mélangent et se recomposent «Aujourd'hui, pendant la journée, j’ai vu des coins splendides de Tbilissi, je suis sorti de la ville, j’ai vu des prodiges, j’ai parié avec des gens intéressants, j'ai mangé des plais délicieux, bu des vins obscurs comme des songes, et rêvé des visions d’ébriété.» Pourtant l’écrivain n’a plus qu’une idée: retourner au plus vite à Prague pour se mettre au travail.Ce roman qui surgit tout à coup sous nos yeux ahuris de lecteurs, c’est Domar la divina garda (1988), élément d’un triptyque qui s’intitule El Carnaval.Un petit livre labyrinthique et excitant, qui nous donne à voir l’abîme de tous les possibles.C’est à cela que nous convie Sergio Pitol au cours de ce voyage, amenant avec lui les lecteurs dans le sillage du mouvement perpétuel qui se confond, depuis toujours, avec sa propre vie.LE VOYAGE Sergio Pitol Traduit de l’espagnol (Mexique) par Les Allusifs, 2003,184 pages R I C A I N E Paul Auster critique la politique de radministration Bush ASSOCIATED PRESS Madrid — L’écrivain américain Paul Auster a descendu en flammes, le lundi 16 juin, le gouvernement de son pays, jugeant sa politique «stupide», mais a fait part de sa confiance dans la fin prochaine de ce qu’il a qualifie de dérive vers l’extrème-droite.«A long terme, je ne pense pas que la population américaine va rester endormie comme elle Test actuellement».a déclaré l’écrivain lors d’une lecture à la fondation culturelle Circule de Bellas Artes de Madrid.«Je pense qu'à la fin, elle va se réveiller».Paul Auster a critiqué l’action de Washington sur des questions allant de la politique étrangère à la guerre en Irak, en passant par l’éducation et l’environnement.«La politique que nous subissons actuellement de la part de l’administration Bush semble tellement stupide, tellement contre-productive pour la société en bonne santé à laquelle la plupart des Américains aspirent, qu ’il viendra un moment où cela deviendra intolérable et où la droite perdra le pouvoir», a également estimé l’écrivain new-yorkais.L’auteur des romans Smoke et Lulu On The Bridge, ensuite adaptés au cinéma, a rappelé qu’il avait traduit des poemes français au début de sa carrière et a regretté le manque d’intérêt actuel pour les langues et la littérature étrangères aux États-Unis. DEVOIR.LES SAMEDI 1 J L 1 N O O L E ET DIMANCHE E î) PSYCHOLOGIE Traduire le rêve, interpréter le rêve L’INTERPRÉTATION DU RÊVE Œiyres complètes.Psychanalyse, tome IY Sigmund Freud Traduit par Janine Altounian.Pierre Cotet, René Lainé, Alain Rauzv et François Robert PUF Paris, 2003,757 pages MARIE CLAIRE LANCTÔT BÉLANGER Les hommes ont toujours considéré le rêve comme un objet à comprendre, à interpréter, porteur d’une vérité sur l’avenir, indicateur de décision, lié à l'univers des forces obscures.Puis Freud, au tournant du XX' siècle, donne au rêve un nouveau statut et change radicalement l’angle du regard sur celui-ci.En analysant ses propres rêves, il publie Traumdeutung ou L’Interprétation des rêves.Le rêve devient alors le miroir obscur d’une vérité issue de la vie intérieure: l’enfance, le passé, l’univers des désirs, les lieux de conflits s’y manifestent déguisés, déformés.De plus, avec son étrange caractère hallucinatoire, le rêve devient un outil pour comprendre les autres manifestations psychiques, rejetons de l’in-conscient, dont le sens échappe à la conscience.Ainsi s’élabore la i ¦«science nouvelle» de la psychanalyse qui va bouleverser la conception de l’homme.Le rêve, cette pensée de la nuit, déroute par ses images, ses émois, son secret.Quand il est réussi, le rêve est gardien du sommeil tout comme le sommeil permet au rêveur de rêver.Parfois, au réveil, le trouble persiste: qui n’a pas traîné avec lui des lambeaux d’un rêve qui : continue de taire énigme et de chercher son interprétation, son apaise-ment?Qui n’a pas cherché à retrouver le sommeil pour reprendre son rêve et répéter ainsi le plaisir éprouvé?Les images et les mots du rêve forment un rébus que le rêveur cherche à déchiffrer.Ce qui surgit dans le nocturne s’est allié, selon les règles du «travail de rêve», à des éléments plus anciens, infantiles, refoulés, Ce travail de transformation emprunte la rhétorique de l’inconscient pour parvenir à méduser la censure et à se faufiler jusqu’au réveil.Tout en réussissant, ce faisant, à figurer et à satisfaire un souhait jusqu’alors interdit Compromis entre les tensions, les désirs et les conflits, le rêve, sous sa forme d’inquiétante étrangeté, montre la pérennité de l’origine au cœur de l’humain.Le rêve est une création singulière.Il appartient au rêveur: «J’ai seul la clef de cette parade sauvage», disait Rimbaud.Bien que, parfois, le rêveur refuse de se reconnaître dans ce sombre miroir.Ou regarde avec effroi ce qui émerge ainsi du puits noir de son inconscient l’inacceptable jadis refoulé revient chercher, sous une forme méconnaissable, la satisfaction refusée.Au plaisir de rêver s’ajoute celui de raconter son rêve.Et de tenter de le comprendre.Souvent le rêve s'efface, s'effiloche et s’oublie.L'écran du rêve se déchiré, ne retient pas les traces.Dans la cure, le rêveur offre au psychanalyste cet objet privilégié, support des associations, révélateur des zones d'ombre interne: «L’interprétation des rêves, c’est la voie royale de l'inconscient», écrivait Freud.La traduction Un siècle après la publication de la Traumdeutung (1899-1900), après la traduction française la plus courante (celle de Meyerson date de 1926 et fut revue en 1967 par De nise Berger) qui a fait le bonheur de tant de lecteurs, avec sa reliure verte et son petit coffret la grande équipe des traducteurs français réunie sous la direction de Jean La-planche offre une nouvelle traduction.L’Interprétation des rêves devient L’Interprétation du rêve.Les traducteurs s’expliquent au début de l’imposant volume beige: «C’est le rêve en général qui est l’objet de l’interprétation, comme formation psychique à part entière.» Cette nouvelle traduction, très différente de l’ancienne, soulève beaucoup de débats.Depuis 1989, l’équipe des traducteurs a attaqué 11 livres; elle campe ses priorités du côté de la langue de Freud et non du côté de celle des lecteurs.Ni l’esthétique ni le littéraire ne sont recherchés; la fluidité ou l’accessibilité cèdent le pas à la cohérence et à l’unification des termes.Cela donne parfois des phrases rocailleuses, provoque des difficultés de lecture.Certains parlent d’une traduction trop fidèle, trop savante.D’autres en vantent la rigueur, la fidélité à Freud dans la création d’un «français freudien».Des néologismes tentent de s’imposer; le temps dira si «significativité», «désaide», «fanstasier» ou «processus animiques» dureront.Cette nouvelle traduction intègre et présente les divers ajouts que Freud apporta sans cesse à son premier texte.Les index sont sauvegardés.L’éclat du rêve est préservé.Pour les nostalgiques des formules consacrées, ce tome IV des œuvres complètes attaque plus que les autres le mot «désir»; le rêve n’est plus l’accomplissement d’un désir mais l’accomplissement d’un «souhait», wunsch se traduisant au plus près de «souhait», qui est préféré au «vœu» jadis proposé par Lacan.Qu’il s’agisse d’un rêve ou de ces textes quasi sacrés, il y aura, pour toute interprétation et toute traduction, tout déplacement et tout transfert d’une langue à l’autre, des restes, des distorsions, des pertes.C’est sous le signe de la «liberté de pensée» que Freud terminait son avertissement à la première édition de la Traumdeutung.La prestigieuse équipe des traducteurs des PUF restera-t-elle sensible à cette liberté de pensée essentielle autant à la lecture, à la compréhension des textes qu’au travail de la cure?SOURCE INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY I* Sigmund Freud Culture et télé pour ne rien manquer L’AGENDA Groulx en détail Au centre d'une foule de polémiques depuis plusieurs années, la pensée de Lionel Groulx nous est devenue, croit-on, familière.Pourtant, constate le politologue Frederic Boily.«cela est toutejbis trompeur.car s'il [Groulx] a bien été objet de controverses, les analyses “sérieuses” sur le plan analytique et théorique, c’est-à-dire celles reposant sur une lecture serrée, rigoureuse et critique de ses écrits, ne sont pas légion».Aussi, après Gerard Bouchard qui, il y a quelques mois, entendait justement combler cette lacune avec Les Deux Chanoines, une étude sous-titrée «Contradiction et ambivalence dans la pensée de Lionel Groulx», Frédéric Boily entreprend lui aussi une investigation savante de la pensée du chanoine dont l’intention, exempte de souci polémique, est de cerner «l'originalité et la place de son nationalisme par rapport aux grands courants nationalistes des XLX et XX' siècles».Nécessaire et sajutaire initiative, me disais-je, jusqu’à ce que je constate que l'ouvrage, une thèse de doctorat remaniée, était parrainé, d’une certaine manière, par Max Nemni, qui fut directeur du projet original.L’affaire, tout à coup, devenait plus inquiétante.Line thèse sur Groulx dirigée par l’ancien directeur de Cité libre dernière mouture, c’est-à-dire dans sa version ultrafédéraliste, pouvait-elle être autre chose qu'une critique partisane camouflée en travail scientifique?A la lecture de l’ouvrage, toutefois, mon appréhension s’est rapidement transformée en une stimulante expérience intellectuelle.Analyse profonde et détaillée de la pensée du chanoine-intellectuel, La Pensée nationaliste de Lionel Groulx s’impose, en effet, conune une étude puissante et rigoureuse qui enrichit de fort belle façon notre connaissance du sujet Il faut constate d’abord Boily, reconnaître l’importance de Groulx dans l’histoire intellectuelle québécoise.Reconnu comme un «intellectuel phare» en son temps, le chanoine a été salué, plus tard, autant par des nationalises (Ferretfi, Miron, Falardeau, Ethier-Blais et René Lévesque) que par des fédéralistes (Claude Ryan et Léon Dion).Sans se définir comme groulxistes (à l’exception d’Ethier-Blais), ces intellectuels, de droite ou de gauche, ont reconnu en Groulx «une sorte d’éclaireur».Mais sait-on, au juste, au nom de quelle conception de la nation s'agitait avec autant d’urgence le petit chanoine?Conception organiciste de la nation L’intérêt du travail de Boily tient à ce qu’il étudie la pensée de Groulx dans un contexte à la fois canadien-français et occidental.Partisan, selon lui, d’une conception organiciste de la nation qui s’apparente à celle du philosophe allemand Herder et selon laquelle «la nation est considérée non pas comme le résultat d’une agrégation d’individus, mais plutôt à la manière d’une entité organique similaire à un individu», Groulx considère donc l’être collectif, la nation, comme «le véritable acteur de l’histoire», et de cette vision découle son nationalisme intégral.Pour Groulx, «il existe un principe de vie, logé au plus profond de la psyché de chaque peuple, qui survit à travers les âges» et qui s’exprime dans toutes les dimensions de Louis Cornellier ?l’existence nationale.La langue, par exemple, ne saurait être réduite au statut d'instrument alors quelle consume plutôt X«expression d’une âme ou d’une culture française».Il en va de même, d’ailleurs, de tous les critères culturels, et parfois biologiques, qui définissent la nation: aspect paysan, pureté des origines, catholicisme, etc.Pour rendre toute sa singularité à cette «nouvelle race» dont il entend assurer la survie, Groulx se voit donc dans l’obligation de dépasser les seuls critères biologiques qui feraient de la nation canadienne-française une transposition de la nation française.Ainsi, selon lui, explique Boily, «la race s'est modifiée au contact d’un nouvel environnement physique [et] la confrontation avec Tautre" a amené les Canadiens français à prendre conscience de leur caractère distinct en tant qu’entité nationale».Le nationalisme organiciste de Groulx se répercute aussi sur sa conception des rapports entre les actions catholique et nationale qui, selon lui, doivent former un tout.Convaincu que «la diversité des peuples est voulue par Dieu», Groulx affinnera qu’il est nationaliste «non point quoique prêtre, mais parce que prêtre, parce que [son] nationalisme débouche sur le spirituel».Et pour concilier l'universalisme catholique et le particularisme nationaliste, il se servira «de l'idée de péché originel pour avancer qu’au fond la bonne entente politique est impossible puisque la fraternité humaine est, depuis le péché originel, révolue».Sens national La psychologie nationale, pour Groulx, a été traumatisée par les deux conquêtes subies par le Canada français: ceUe de 1760, poursuivie en 1867, et la conquête «américaine» (l’invasion du capitalisme industriel) qui bat son plein au début du XX' siècle.Toute sa pensée politique découle de cette conscience d’un sens national profondément affecté qu’il s’agit, pour lui, de relever.Aussi, rejetant «l’idée de l’autonomie de la sphère politique par rapport à la sphère spirituelle et, surtout, par rapport à Vidée de nation», il plaide en faveur d’une solution «métapolitique» qui consiste à «entreprendre une guerre des idées, ou une bataille culturelle, avant de s’emparer de la gouverne politique et du pouvoir».A l’élite, il attribue donc le rôle de «créer le sens national», mais, précise Boily, non pas dans le but d’enseigner aux Canadiens français à penser; il s’agit plutôt d’imposer une direction à suivre.Sa conception de l’éducation, selon Boily, relèverait de la même intention, conforme à la vision organiciste: «Ainsi, la conception de l’éducation de Groulx ne s’inscrit pas, pour reprendre les distinctions exposées plus haut, dans une perspective kantienne visant à renforcer l'autonomie intellectuelle et morale des individus.Elle s’inscrit, au contraire, comme chez Fichte, dans un proces- Caroline Merola .Marie-Célie Agnant Barroux Claudine Vivier Les 4op c o i} p s MïmëMX* t SjgffV Ïâiïssâ JERRY DONA 11 I K DEVOIR L’ancien maire de Montréal Jean Drapeau et le chanoine Lionel Groulx au début des années 60.sus où il s’agit d’intégrer les individus à la nation, de souligner leur dépendance à l’endroit de celle-ci.» On sent poindre dans cette dernière formule, et quoique en dise l'essayiste, une critique assez sévère de la vision groulxiste.Comment, en effet, laisse-t-il entendre, ne pas s’alarmer devant une telle entreprise éducative qui relève, au fond, de la propagande?L’affaire, pourtant, n’est pas si évidente.Ne pourrait-on pas voir dans cette a|> pnx'he, plutôt qu’une invitation à la propagande scolaire, les prémices, sûrement maladroites, d'une pédagogie de la décolonisation?Le même malaise à l’égard de la prétendue objectivité de l’essayiste est ressenti à la lecture du dernier chapitre qui s’attache à montrer la continuité de la pensée de Groulx dans l’œuvre de certains penseurs plus actuels.Ainsi, selon Boily, la conception organiciste de la nation du chanoine se retrouverait, sans ses aspects catholiques, antidémocratiques et antisémites, dans l’œuvre des historiens de l’École de Montréal, chez Fernand Dumont, chez Serge Cantin et même, à certains égards, chez Charles Taylor.La thèse, c’est évident, se défend, mais elle est ici soumise à un traitement un peu court et insidieusement dépréciatif.Quand Boily écrit, par exemple, que, selon Fré-gault, «le Canada français n’est pas un territoire au sein duquel se regroupe une population, mais un “être complet” distinct de ceux qui l’entourent», on remarque chez lui une volonté mal assumée de jugement de valeur.la remarque s’applique aussi à la démonstration de Boily selon laquelle la conception fonctionnelle groulxiste de l’histoire se retrouverait chez Dumont, Cantin et Gérard Bouchard: «Dans le contexte de la sécularisation de la société québécoise, bien des historiens en sont venus à croire que l’histoire devait maintenant remplir le rôle joué jadis par la religion, c’est-à-dire d’être un puissant ciment de cohésion communautaire et national.» Encore là, la thèse est certainement pertinente, mais quand Boily ajoute que «ce faisant, le rôle critique de l’historien ne cède-t-il pas la place à sa ‘fonction identitaire”» siuis pour autant répondre à sa question, suggérant ainsi une réserve qu’il laisse en plan, il use d’un procédé allusif qui dérange.Ce sont là, toutefois, des points de détail qui n’annoncent que de passionnantes discussions à venir et qui n’entachent pas vraiment Im Fensée nationaliste de Lionel Groulx, un ouvrage admirable, dense et original qui contient les bases d’un débat potentiellement très sain sur la figure de Groulx, sur son influence, sur la nature du nationalisme québécois d'hier et d’au-jourdhui et sur la fonction de l’historien.C’est énorme.louiscornellier (aparroinfo.net IA PENSÉE NATIONALISTE DE LIONEL GROULX Frédéric Body Septentrion Sillery, 2003,234 pages « La librairie, w , [frantic librairie Marche du Livre *BB- $C0UP0N'RABAK I coupon par client valide jusqu'au 30 sept.2003 Applicable sur tout achat de 20} au prix régulier En face de Place Dupuis 801 de Maisonneuve Est, Mtf (angle St-Mubert) ____ (514) 284-4350 ¦¦¦ 9 BERRI-UQAM LIBER LABORATOIRE D’ÉTHIQUE PUBLIQUE ÉNAP-CHAIRE FERNAND-DUMONT (iNRS) Éthique publique, vol.5, n" 1 Éthique et allocation des ressources en santé Éthique et allocation des ressources en santé t COLLABORATEURS François Blais, Pierre Boitte, Claude Castonguay, Ryoa Chung, Jean-Philippe Cobbaut, Conseil de la santé et du bien-être, André-Pierre Contandriopoulos, Jean-Yves Donnay, Pierre-Gerlier Forest, Jean-lxtuis Genard, Joseph Heath, Mira Johri, Geoffrey Kelley, Gérald Larose, Pascale Lehoux, David Levine, Michèle Marchand Judith Maxwell, Steven Resell, Jocelyne Saint-Arnaud, André Vézina, Daniel M.Weinstock t LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 .1 C I \ 2 0 0 3 Livres Entrevue avec Chrystine Brouillet La vie comme un roman SOPHIE POULIOT M aud Graham est de retour.Dans Indésirables, l’enquêteuse aura à résoudre un autre meurtre sordide — ne le sont-ils pas tous?— ayant lieu, cette fois, dans le milieu scolaire.On retrouve dans ce livre beaucoup de ce qu’aime Chrystine Brouillet D’abord, c’est un roman policier.Ensuite, on y parle des enfants, de cuisine, de magie et des divers plaisirs de la vie, allant d’un manteau chaud et douillet au cœur de l'hiver à l’affection prodiguée par un chat qui gratifie l’être cher de ses ronronnements.La prolifique auteure, qui connaît un JACQUES GRENIER LE DEVOIR Chrystine Brouillet croit que les oeuvres de fiction, rejoignant un lectorat beaucoup plus large que les essais spécialisés, peuvent être un excellent véhicule pour sensibiliser le public à divers problèmes.succès indéniable tant auprès des adultes qu’auprès des enfants (puisqu’elle écrit aussi des livres à leur intention), aime toutes ces choses car, plus globalement, elle aime la vie.•Je crois qu’il y a deux sortes d’écrivains: les écrivains du malheur, qui écrivent pour exorciser leur mal, et ceux du bonheur.Moi, je me trouve dans la deuxième catégorie.» Et l’auteure de parler ensuite, avec une joie palpable, de la fleur de gardénia qui a éclôt le matin de l’entrevue, de la nouvelle recette, un rôti de porc à la rhubarbe, qu’elle expérimentera le soir venu, de son plant de tomates dont elle caresse les feuilles chaque matin.«J’ai l’immense chance d’être capable d’apprécier les petits bonheurs de la vie.Si bien que les grands bonheurs me font un peu peur.Par exemple, je ne suis pas du tout de l’avis de ceux qui prétendent que les premiers mois d’un amour sont les plus beaux.Ce sont des mois d’angoisse!» Car la dame, si heureuse soit-elle, n’est pas exempte de craintes, notamment quant à son écriture.«J’écris toujours dans le doute», confie-t-elle.Comment savoir soi-même si ce que l’on écrit saura séduire les lecteurs, même si le miracle s’est déjà produit plusieurs fois auparavant?«Il faut avoir une certaine dose de prétention, tout de même, pour croire suffisamment en la qualité de son travail pour le proposer am éditeurs puis au public.» Disons plutôt de la confiance en soi.Et l’origine de cette confiance qui permet à l’écrivaine de braver son propre doute, Chrystine Brouillet n’en fait pas un mystère: «Je me suis toujours sentie aimée.Dans une vie, ça fait toute la différence.» C’est d’ailleurs ce qui fait défaut à deux des protagonistes d'indésirables et ce qui les poussera à la violence, envers les autres comme envers eux-mêmes.Criminels en herbe Maud Graham sera cette fois confrontée à de bien jeunes criminels, Pascal et Betty.Le premier est la tête de turc de l’école entière.On se moque de lui, on lui vole ses lunchs et certains vont même jusqu’à le violenter sans pitié.Betty, quant à elle, est une adolescente rondelette à l’heure de la minceur à tout prix et du sex-appeal à tout âge.Qui plus est, elle est laissée à elle-même, dans sa luxueuse résidence de la rue Saint-Louis, ses parents étant trop occupés, soit par leurs affaires, soit par leur égocentrisme.Betty sera la victime idéale de Marsolais, nouveau collègue de Graham souhaitant éliminer sa femme, qu’il n’a épousée que pour hériter de ses millions.Celui-ci séduira la jeune fille, lui faisant croire qu’ils ne pourront vivre leur amour au grand jour qu’une fois que l’épouse aura été extraite du tableau.Toutefois, la jeune fille, certes ensorcelée par le bellâtre mais pas assez bête pour se risquer elle-même à commettre un meurtre, tentera de fai- La bourse Yves-Thériault à Serge Lamothe (Le Devoir) — la bourse Yves-Thériault a été décernée cette semaine à Serge Lamothe pour son œuvre Le Fiince de Miguaslut, pièce en un acte «mettant en scène deux personnes confrontées à l'imminence de leur disparition».Cette bourse de 5000 $ prévoit la conception radiophonique de l’œuvre à la radio de RadkvCanada.Le tout sera diffusé à Detnne qui vient nous voir en novembre 2003.Serge Lamothe a déjà publié trois romans, des nouvelles et de la poésie.Subventions du Conseil des arts de Montréal (Le Devoir) — Le Conseil des arts de Montréal à accordé cette semaine 6 940109 $ en subventions, répartis entre 228 organismes artistiques.Le conseil a dit avoir ajouté 26 organismes de sa liste de subventionnaires et avoir légèrement augmenté les budgets de 65 autres.Chercher le vent à l’écran (Le Devoir) — Le deuxième roman de Guillaume Vigneault, Chercher le vent, devrait être porté au grand écran.La Maison Zone 3 en f a acheté les droits de ce road-story, publié chez Boréal.Vigneault agira comme conseiller à la réalisation.XYZ Des livres pour savoir Vous êtes cordialement invités au lancement du livre La rhétorique épistolaire de Rabelais RA B HLA / S H K I I I I I ' et tnxmtrtm, atmoruteri loot cliqua de Claude La Charité ce jeudi 26 juin à 18 heures à la Librairie Gallimard 3700.bout.Saint-Laurent à Montréal Bon été à tous nos lecteurs lotions Nota bene Documents Au XIX* siècle, il y eut le procès Riel.Il y eut aussi le procès Guibord, en quatre épisodes ( 1869-1875), et que sa veuve finit par gagner, à Londres, alors quelle était décédée.M8’ Bourget, mécontent, se promenant dans le cimetière de la Côte-des-Neiges, dans une réflexion profonde où perce la vengeance, imagine Guibord en enfer, se reprochant même d’être né.Guibord a subi toutes les foudres de l’Église et, pourtant, les membres de l’Institut canadien n’avaient pas été excommuniés, dixit Bourget dans un mémoire envoyé à Rome et daté du 27 avril 1869.Pourquoi donc refusait-il d’enterrer Guibord, membre de l’Institut, dans le cimetière béni ?Vous comprendrez pourquoi en lisant ce livre.AOftIKN JOSEPH GUIBORD Adrien Thério Joseph Guibord Victime expiatoire de l’évêque Bourget essai 272 p„ 24,95$ XYZ éditeur, 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) HaL 3Z1 Téléphone : (514) 52s.21.70 • Télécopieur : (514) 525.75.37 Courriel : info@xyzedit.qc.ca ; www.xyzedit.qc.ca re faire le sale boulot par Pascal.Elle convaincra ce dernier de tuer l'épouse de Marsolais, laquelle est, en l’occurrence, une de leurs professeurs et certainement pas la plus populaire d’entre eux, en lui proposant, dans la même veine, de conclure l’opération par un pacte de suicide auquel elle n’a évidemment pas l’intention de donner suite, contrairement à son compagnon.Comme dans les autres romans policiers signés Chrystine Brouillet, autour de l’enquête, il y a la vie, la société, les enfants.Si Soins intensifs traitait du syndrome de Munchausen par procuration, et C’est pour mieux t’aimer mon enfant abordait le drame de l’inceste, Indésirables s'attaque au taxage et au harcèlement en milieu scolaire.L’auteure se souvient encore de ses camarades de classe qui se faisaient terroriser pour une raison ou une autre.Et lorsqu’elle visite les écoles, il y a toujours certains étudiants qui n’osent pas poser de questions, qui gardent les yeux baissés.Et que dire du taux de suicide qu’affiche le Québec chez ses jeunes citoyens.«R n’est pas normal que, dans notre société dite évoluée, il y ait tant d’enfants qui aient envie de s’enlever la vie.On ne doit pas minimiser ce type d’incidents en se disant que ce sont simplement des chicanes d’enfants, car être maltraité par les autres élèves, que ce soit verbalement ou physiquement, cela a des répercussions majeures sur toute la vie de l’individu.» Pour se renseigner adéquatement sur ce qu’on appelle maintenant le bullying, Chrystine Brouillet est allée dans les écoles et a laissé son adresse aux jeunes.Parmi les nombreuses lettres reçues, trois témoignaient du rejet d’un élève provoqué par le fait qu’il porte des lunettes, crime hautement répréhensible s’il en est.Pourquoi Chrystine Brouillet tient-elle tant à intégrer des réflexions sociales dans ses romans policiers?D’abord, parce qu’elle croit que les œuvres de fiction, rejoignant un lectorat beaucoup plus large que les essais spécialisés, peuvent être un excellent véhicule pour sensibiliser le public à divers problèmes.«Quand quelqu’un me dit qu’un de mes romans l’a aidé à voir une réalité avec un ceil différent, cela m'apporte une grande fierté.» Ensuite, parce que, selon elle, le roman policier est le témoin par excellence de son époque.«Quand je fais des recherches afin de situer l’action d’un Comment soi-meme si ce que l’on écrit séduire les lecteurs, même si le miracle s’est déjà produit plusieurs fois auparavant?de mes livres dans une autre époque, je me réfère tout d’abord aux romans policiers rédigés au cours de cette période.Us sont faits du sang et de la sueur du peuple, ils sont très humains; on y sent battre le pouls de la société, on constate quels étaient les peurs et les types de violences qui caractérisaient l’époque.» De quoi ne plus jamais voir le roman policier de la même façon.En quatrième de couverture, on pourra lire (car Indésirables sera en librairie dès le 25 juin) que Maud Graham n’est pas l’alter ego de l’auteure, mais plutôt sa copine — enfant, déjà, confesse l’au-teure, elle avait toutes sortes d’amis imaginaires —, dont elle approuve et désapprouve certains comportements.Pourtant, Graham et Brouillet ont au moins un point en commun, en plus d’aimer la cuisine raffinée: elles sont féministes.«Que Maud Graham soit féministe est extrêmement important pour moi.Quand j’ai commencé à écrire des romans policiers, je l’ai fait un peu parce que je n'en pouvais plus de ne trouver, dans ce type d’écrit, que des femmes stéréotypées: des blondes évaporées, des noires méchantes et des rousses sensuelles.Maud Graham est une vraie femme.» Une vraie femme que Maude Guérin a campée avec tant de réalisme, dans le film Le Collectionneur, de Jean Baudin, que non seulement les lecteurs penseront inévitablement à elle en lisant Indésirables, mais en outre l’auteure elle-même prête désormais, dans son for intérieur, le physique de la comédienne à son héroïne.«Je n’ai même pas à me poser la question, Maud est Mande.» Féministe, épicurienne et écrivaine prolifique, Chrystine Brouillet, avec sa voix flûtée et sa faculté d’émerveillement remarquable, ne charme pas que par ses livres.Elle soutient d’ailleurs que si l’écriture est un acte de séduction, la plupart des gestes que l’on fàit quotidiennement comme la cuisine par exemple, le sont aussi.On peut d’ailleurs la voir s’extasier, se délecter et séduire à l’émission matinale L’Été c’est péché, diffusée sur les ondes de Radio-Canada.Après tout, on n'a qu’une vie à vivre, aussi bien y prendre du plaisir.INDÉSIRABLES Chrystine Brouillet La Courte Échelle Montréal, 2003 Une Adorati Marie Labrecque, Voir ' Venez rencontrer Nancy Huston le samedi 28 juin, à la librairie Renaud-Bray, à l'occasion d'une lecture suivie d une séance de dédicaces.Samedi 28 juin, de 16h à 18h LIBRAIRIE RENAUD-BRAY SUCCURSALE CHAMPIGNY 4380, rue St-Denis.Montréal Tél.: (514) 844-2587
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