Le devoir, 2 juillet 2003, Cahier B
LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 J C I L L E T 2 0 0 3 m.à JAZZ Par la grâce de Billy Bang et de son groupe, le violon a servi, pour un soir seulement au Gésù, à chasser les démons plutôt qu’à les attirer.Page XX ECONOMIE 23,5 millions $US d’indemnités pour Jean-Marie Messier DANIEL ACKER REUTERS Un tribunal arbitral new-yorkais a accordé vendredi plus de 23,5 millions $US d’indemnités à Jean-Marie Messier, l’ancien p.-d.g.de Vivendi.Celui-ci avait été forcé de quitter après avoir mené une politique d’acquisitions en chaîne qui a mené l’entreprise au bord de la faillite.Vivendi fera tout pour faire casser le contrat de son ex-p.-d.g.Bauxite: Cambior s’associe au Guyana La minière québécoise reprend les activités de Linden Mining Enterprise ASSOCIATED PRESS Georgetown — La minière québécoise Cambior procédera à des centaines de mises à pied parmi le personnel de Linden Mining Enterprise, un exploitant de bauxite en difficulté du Guyana, dont elle reprend les activités en partenariat avec le gouvernement du pays.C’est ce qu’a affirmé le premier ministre du Guyana, Samuel Hinds, en annonçant la transaction lundi.Il a précisé que Cambior remercierait les 1100 employés ,de l’entreprise en leur versant des indemnisations.Eventuellement, à mesure que les activités de Linden Mining Enterprise redeviendront rentables, Cambior pourrait réembaucher un peu moins de la moitié des employés mis à pied.L’Union des travailleurs de la bauxite avait VOIR PAGE B 2: MINE Boeing prouve qu’il a encore du muscle dans l’aviation civile Le géant américain décroche deux importantes commandes au Japon et aux Etats-Unis CHRISTOPHE VOGT AGENCE FRANCE-PRESSE New York — Boeing, le numéro un mondial de l’aéronautique et de la défense, a prouvé qu’il avait encore de la ressource dans l’aviation civile en obtenant coup sur coup deux importantes commandes au Japon et aux Etats-Unis, décrochées face à son seul grand rival, l’européen Airbus.Néanmoins, des analystes ont mis un bémol à la bonne nouvelle en soulignant que la situation du transport aérien restait préoccupante et que l’industrie aéronautique n’était pas sortie d’affaire.100 Boeing Hier, la compagnie aérienne américaine à bas prix AiiTran a annoncé la commande de 100 Boeing 737, dont 50 options, ainsi que celle de 10 Boeing 717.Cette commande est évaluée entre quatre et six milliards $US au prix catalogue, mais la crise actuelle et la concurrence ont certainement permis à AiiTran d’obtenir une importante ristourne.AiiTran achètera directement une partie des avions et le restant sera acheté par GECAS, une filiale de General Electric, qui les relouera ensuite à la compagnie aérienne.Boeing avait un avantage face à l’offre d’Airbus.AiiTran est déjà entièrement équipée avec ses appareils, et une flotte homogène permet aux transporteurs de faire d’importantes économies en frais de maintenance et en formation du personnel.Airbus avait profité du même avantage avec JetBlue, autre compagnie américaine à bas tarifs, qui avait passé commande fin avril de 65 A-320 et pris 50 options.La commande d’ANA lundi est sans doute plus VOIR PAGE B 2: BOEING Notre collaborateur Claude Chiasson est en vacances.Sa chronique vous reviendra le 2 août.ASSOCIATED PRESS Paris — Le conseil d’administration de Vivendi Universal (VU) a confirmé hier que le groupe allait examiner «tous les moyens de droit à sa disposition, tant en France qu’aux États-Unis, pour faire annuler le contrat dit de cessation d'activité de [Jean-Marie] Messier».La direction de VU avait annoncé la veille son intention de contester la décision prise vendredi dernier par un tribunal arbitral new-yorkais, qui a accordé plus de 23,5 millions $US d’indemnités à l'ancien p.-d.g.du groupe.Celui-ci avait été forcé de quitter après avoir mené une politique d’acquisitions en chaîne qui a mené l’entreprise au bord de la faillite.VU a fait valoir devant le tribunal d'arbitrage qu'elle n’avait pas à dédommager M.Messier puisqu’il était parti de lui-mème et parce que la prime de départ n'a pas été approuvée par le conseil d’administration.Évaluation des offres d’achat Par ailleurs, lors de sa rencontre hier, le conseil de Vivendi Universal a procédé à une évaluation des offres d’achat de ses activités américaines du secteur du divertissement (Vivendi Universal Entertainment), notamment ses studios de cinéma d’Hollywood, ses parcs thématiques et ses réseaux câblés, USAetSci-Fi.Selon des sources proches du conseil de VU, la liste des acheteurs potentiels a été réduite de sut à cinq.Le magnat du pétrole, Marvin Davis, qui a déjà possédé les studios Fox, aurait été rayé de la liste.Resteraient en lice Liberty Media, NBC, Metro- Goldwyn-Mayer et Viacom, de même qu’un groupe d’investisseurs mené par Edgar Bronfman Jr — qui a suspendu, avec son père (Edgar Bronfman), sa participation au conseil de VU en raison de sa participation à une des offres d’achat Vivendi avait acquis les studios Universal il y a quelques années des Bronfman en achetant leur empire Seagram.Les activités de distillerie montréalaise avaient été revendues par la suite par Vivendi, qui avait gardé Universal.Selon une source qui a tenu à garder l’anonymat Universal Music, une des plus importantes compagnies de disques au monde, n’aurait pas été l’objet des négociations entre le conseil de VU et des acheteurs potentiels.La vente des activités du secteur du divertissement de Vivendi Universal fait partie de l’effort de redressement entrepris par le successeur de Jean-Marie Messier, Jean-René Fourtou.Celui-ci entend faire en sorte que VU se concentre, à terme, sur ses activités du secteqr de la téléphonie sans fil.Déjà, la division Edition du groupe, ses activités Internet et des œuvres d’art ont été vendues pour réduire sa dette et redresser sa situation financière.En mars, Vivendi Universal a rapporté une perte nette de 25,6 milliards $US pour son exercice 2002, la perte la plus impor-tante de l’histoire corporative de la France.À l’époque du dévoilement des résultats financiers, M.Fourtou avait indiqué que des pourparlers avaient lieu avec des acheteurs potentiels intéressés aux activités de divertissement du groupe.Les pilotes acceptent les concessions Au tour des créanciers Air Canada doit alléger son fardeau de 13 milliards en dettes et baux de location REUTERS PRESSE CANADIENNE En obtenant l’accord de ses pilotes en fin de semaine, Air Canada a remporté une victoire, mais la lutte pour sa survie est loin d’être terminée, puisqu’il lui faut maintenant réussir un tour de force tout aussi important dans les prochaines semaines auprès de ses créanciers et locateurs d’avions pour alléger son énorme fardeau financier de 13 milliards en dettes et baux de location.«L’échéancier est agressif mais nous devons agir rapidement» a déclaré un porte-parole de la compagnie.Celle-ci doit notamment s’entendre avec ses créanciers avant le 31 juillet, négocier avec les locateurs de ses appareils qui n’ont pas été payés depuis le 1" avril, convertir en actions des milliards de dollars d’obligations et présenter un plan pour attirer de nouveaux capitaux et acheter de plus petits appareils.Air Canada va tenter de convaincre ses locateurs d’avions de réduire de moitié ses frais de location annuels de 1,4 milliard.Le transporteur a accru la pression en suspendant ses paiements de location depuis le 1" avril et en promettant de les reprendre seulement après avoir obtenu un meilleur prix.Il veut ensuite convertir des dettes non garanties de 4,3 milliards en nouvelles actions dans l’entreprise restructurée, effaçant du même coup presque toute valeur dans les actions actuelles, lesquelles continueront d’être transigées, principalement soutenues par les spéculateurs, prévoient des analystes.Air Canada cherchera à mobiliser 1,35 milliard pour l’aider à financer ses activités une fois qu’il ne sera plus sous la protection de la cour.En attendant, il aura recours au financement intérimaire de 700 millions consenti par General Electric Capital Canada, en plus de compter sur des avances de fonds provenant de la Banque CIBC et d’American Express à titre de partenaires dans son programme de fidélisation Aéroplan.Et puis, pour compléter le virage, Air Canada voudra larguer les plus gros appareils de sa flotte et obtenir un financement de quatre milliards pour acquérir 105 avions régionaux qui sont plus économiques et offrent une plus grande flexibilité d’utilisation.Entente avec les pilotes Une bonne nouvelle, toutefois: malgré d’importantes craintes soulevées ces dernières semaines face à l’issue de leur vote, les pilotes d’Air Canada ont approuvé lundi dans une forte proportion de 87 % l’entente récemment conclue avec leur employeur dans le cadre du plan de restructuration majeur.Avec cette dernière ratification, Air Canada obtient l’aval de tous ses groupes d’employés pour de nouvelles conditions de travail et réussit ainsi à obtenir le montant annuel de 1,1 milliard de dollars en concessions de leur part pour la réalisation de son redressement financier.Les concessions accordées par l’Association des pilotes, laqueüe représente les 3300 pilotes de l’exploitation principale du transporteur, s’élèvent à 250 millions, soit le tiers environ des économies de main-d’œuvre totales que la compagnie demandait Au total, 317 pilotes perdront leur emploi au cours des six prochains mois dans le cadre de la nouvelle convention de travail qui est d’une durée de six ans; les autres verront leur salaire réduit de 15 %.Le syndicat indique dans un communiqué que 88 % de ses membres ont participé au vote qui s’est terminé lundi.«La ratification de cet accord et le fort taux de participation au vote démontrent que, collectivement, nos membres sont conscients de la gravité de la situation à laquelle fait face Air Canada et qu'ils souhaitent faire le nécessaire pour remettre la société sur la voie de la rentabilité», a déclaré par voie de communiqué le capitaine Don Johnson, président de l’Association des pilotes d’Air Canada En entrevue, le capitaine Johnson a souligné que l'appui des pilotes a été plus fort que prévu, compte tenu de l’ampleur du mécontentement manifesté par plusieurs d’entre eux à propos de la récente décision arbitrale sur la question de l'ancienneté, qui favorise les anciens pilotes de Canadian Airlines au détriment des pilotes à l’emploi d’Air Canada au moment de la fusion.Air Canada a acquis les lignes aériennes Canadien international au début de l’année 2000 et, VOIR PAGE B 2: AIR CANADA 1 LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 JUILLET 2 0 0 3 ECONOMIE BOEING Certains analystes minimisent la portée de ce type de commandes pour le géant de Chicago REUTERS L’appui des pilotes a été plus fort que prévu, compte tenu de l’ampleur du mécontentement manifesté par plusieurs d’entre eux à propos de la récente décision arbitrale sur la question de l’ancienneté, qui favorise les anciens pilotes de Canadian Airlines au détriment des pilotes à l’emploi d’Air Canada au moment de la fusion.AIR CANADA SUITE DE LA PAGE B 1 depuis, la question des listes d’ancienneté divise les pilotes regroupés au sein du même syndicat.«Nous avons été inondés de courriels de gens bouleversés et fâchés.Alors nous avons essayé très fort de séparer les deux dossiers [liste d’ancienneté et nouvelle convention collective], a déclaré M.Johnson.La décision arbitrale litigieuse doit être revue par le Conseil canadien des relations industrielles, qui s’est engagé vendredi à la revoir partiellement.De plus, Air Canada a conclu lundi des ententes de principe avec les syndicats de ses employés en poste aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.Ces ententes se traduiront par des réductions de coûts d’environ 33,8 millions.Les quatre syndicats présents chez Air Canada Jazz ont aussi ratifié les nouvelles ententes, conclues avec la compagnie visant à réduire les coûts et à augmenter la productivité au cours de l’actuel processus de restructuration chez le principal transporteur du pays.Les réductions consenties sont de 93 millions annuellement et atteignent 110 millions en incluant tous les autres groupes d’employés.«Je rends hommage aux employés d’Air Canada et d’Air Canada Jazz et je les remercie d’avoir pris cette mesure décisive à la lumière des conditions de marché les plus diffi- ciles que notre industrie ait jamais connues», a déclaré Robert Milton, président et chef de la direction.«La ratification des ententes est un point tournant qui vise à montrer aux autres parties prenantes que les employés d'Air Canada sont prêts à se battre pour l’avenir de la société», a-t-il ajouté.Lourdement affecté par le ralentissement dans l’industrie aérienne mondiale, surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001 et par un ralentissement dû au SRAS ces derniers mois dans son marché national et celui de l’Asie, Air Canada a perdu quelque cinq millions par jour en mai et s’attend à en perdre autant en juin.SUITE DE LA PAGE B 1 significative.AU Nippon Airways, la deuxième compagnie aérienne du Japon, a commandé 45 Boeing 737 de nouveUe génération qui remplaceront en partie ses Airbus A-320.EUe avait annoncé dès avril sa préférence pour l’américain.Ce sont deux jolis coups pour un constructeur aéronautique dont une récente étude universitaire prédisait qu’il abandonnerait complètement l’aviation civile dans la décennie au profit de la défense, qui a le vent en poupe.Pour autant, certains analystes minimisent la portée de ce type de commandes pour le géant de Chicago et les investisseurs n’ont pas été enthousiasmés par l’annonce.L’action Boeing abandonnait 0,50 %, à 34,15 $US, hier en fin de matinée à WaU Street Ainsi Cai von Rumohr, analyste de SG Cowen, souligne qu’il ne suffit pas de vendre des appareils.«Il nous faut regarder le contexte général, qui reste très difficile.Cela aide, mais le trafic aérien reste en baisse, a-t-il déclaré.Cette commande va donner un coup de pouce, mais la question n’est pas de savoir quel sera le nombre total de livraisons mais aussi quels appareils sont livrés et où l’entreprise est rentable», a-t-il souligné.Christopher Mecray, analyste de Deutsche Bank North America, juge que cela permettra «d’étayer le carnet de commandes du 747 [un gros porteur plus lucratif], qui a été pl: tôt faible depuis le début de l’année».Mais cela ne l’a pas empêché de recommander la vente du titre Boeing.«Une embellie dans les commandes pourrait encore prendre deux ans et les centaines d’appareils actuellement en stockage vont encore ralentir le retour» de la reprise, a-t-il souligné.Boeing doit aussi prouver qu’il a fait le bon pari sur l’avenir en renonçant à développer un nouveau très gros porteur qui ferait concurrence à l’A-380 d’Airbus et qu’il pourra mener à bien son programme Dreamliner, un avion superéconomique, après l’échec cuisant de son projet de Sonic Cruiser.Ce projet d’appareil, qui devait transporter des passagers à des vitesses proches de celle du son, a été purement et simplement abandonné après un grand battage médiatique, faute de compagnies aériennes intéressées.IVUNE Cambior a la responsabilité de l'exploitation minière, de la mise en marché et de la vente de la production de Linden SUITE DE LA PAGE B 1 demandé à ce que les employés remerciés soient indemnisés.Le syndicat émettra des commentaires sur les mises à pied plus tard cette semaine.Dans le cadre de l’entente de coentreprise avec le gouvernement, Cambior a la responsabilité de l’exploitation minière, de la mise en marché et de la vente de la production de Linden, une entreprise basée à 110 km au sud de la capitale, Georgetown.Le premier ministre Hinds a affirme que Cambior testera de rendre plus rentable la principale société d’Etat du secteur de la bauxite, le principal minerai de l’aluminium.Dans les années 1970, la bauxite était la source première de devises de l’ancienne colonie britannique, mais a été surpassée depuis par le sucre, l’or et le riz.Aujourd’hui, la production de bauxite, à cause de la faiblesse des prix sur les marchés internationaux, ne représente plus que le quart de ce qu’elle était dans les années 1970.La coentreprise qui reprendra les activités de Linden reste encore à créer, a précisé le premier ministre Hinds, mais Cambior prendrait le contrôle dans l’intervalle.«La progression [du dossier] promet des opérations rentables, remodelées et pleines de succès à Linmine», a indiqué le chef dp gouvernement.Toutefois, l’opposition à Georgetown, le Congrès national du peuple, a critiqué l’initiative en disant ne pas avoir été consultée durant les négociations, pas plus que les autres partis.«Toutes les décisions ont été prises par le gouvernement et imposées à la direction et aux employés de Linmine avec peu ou aucune considération pour la dislocation sociale et économique sévère qui a frappé et qui frappera la communauté locale», a déploré le parti.Cambior est une entreprise connue au Guyana; elle y possède une des plus importantes mines d’or (Ornai Gold Mines) de l’Amérique du Sud.Outre cette coentreprise dans le secteur de la bauxite et sa mine d’or au Guyana, Cambior, basée à Longueuil, exploite entre autres les mines Doyon et Mouska, à l’est de Rouyn-Noranda, ainsi que les mines Géant Dormant et Niobec — détenue à 50 % par Mazarin — dans le Nord-Ouest québécois.Cambior mène aussi un projet de mine à ciel ouvert (Rosebel) de 95 millions de dollars au Surinam, un pays voisin du Guyana.DEVOIR Présent sur toutes les scènes culturelles Abonnements : (514) 985-3355 1 800 463-7559 V i t LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 JUILLET 2 O O 3 li ;î LE DEVOIR ECONOMIE MARCHÉS BOURSIERS Wall Street choisit de voir le verre à moitié plein Malgré des statistiques décevantes, le Dow Jones termine en légère hausse REUTERS New York — Les marchés américains ont terminé en hausse hier au terme d’une séance indécise, les investisseurs décidant finalement de considérer le côté positif des dernières statistiques économiques pour poursuivre leur avancée.L’indice Dow Jones a gagné 0,62 %, ou 55,51 points, pour terminer au-dessus de 9000 points, à 9040,95 points, tandis que l’indice élargi Standard & Poor's 500, qui sert de référence aux gérants de fonds, avançait de 7,81 points, ou 0,8 %, à 982,31.Le composé du Nasdaq prenait pour sa part 1,06 %, ou 17,26 points, à 1640,06 points.Les marchés d’actions américains ont fortement remonté depuis la mi-mars en anticipation d’une reprise économique au second semestre de l’année.Mais de nombreux observateurs craignent que les résultats des sociétés et les statistiques économiques ne soient pas à la hauteur de ce qui a été anticipé pour justifier — et donc maintenir — l’avancée boursière de ces trois derniers mois et demi.Indicateur industriel D’où la nervosité des marchés.Elle s’est illustrée hier par une baisse initiale après la publication de l’indicateur industriel de l’Institute for Supply Management (ISM), jugé décevant puis par un rebond après une relecture de la statistique par les investisseurs.L’indice ISM des directeurs d’achat américains s’est établi en juin à 49,8, en légère hausse par rapport au chiffre de 49,4 du mois de mai, mais très en retrait par rapport aux prévisions de Wall Street.Les économistes tablaient sur un indice à 51, ayant repassé la barrière des 50 qui sépare la récession de la croissance.Cela fait plus de deux ans que le secteur manufacturier, qui représente environ un sixième de l’économie américaine, se trouve en récession.Mais les investisseurs ont ensuite examiné les bons côtés de la statistique, comme ir.hausse des prises de commandes et de la production et la baisse des stocks.d’indicateur ISM dans le fond n’était pas si mauvais que cela», a dit Jeff Kleintop de sa société PNC Advisors.«En fait, c’étaient seulement les stocks qui l'ont tiré à la baisse, mais des stocks bas sont, d’une certaine manière, une bonne chose.» Cette statistique pouvait vraiment être lue dans les deux sens.«L’indice ISM est autour des 50 depuis un bon bout de temps et on s'inquiète qu’il ne s’améliore pas.Il est inhabituel, compte tenu de la longueur de la période de baisse des taux que nous avons eue, de constater un retard de la reprise pour une période aussi longue», a commenté Owen Fitzpatrick, responsable actions chez Deutsche Bank Private Banking avant le rebond du marché en fin de journée.Les taux (^’intérêt sont en baisse depuis deux ans et demi aux Etats-Unis.Ils ont été ramenés de 6,5 % à 1 % au cours de cette période.Une autre nouvelle décevante avait été annoncée en début de séance, ce qui explique les prises de bénéfices du début de la matinée: le recul de 1,7 % des dépenses de construction au mois de mai, leur plus forte baisse depuis un an, alors que les économistes tablaient en moyenne sur une hausse de 0,4 %.Les investisseurs ont ensuite mis à profit la baisse du matin pour se porter sur certaines valeurs à meilleur coût Fête du Canada À Toronto, les marchés étaient fermés en raison de la fête nationale du Canada.MIKK SKCïAK REUTERS Au terme d’une séance indécise, le Dow Jones a gagné 0,62 %, ou 55,51 points, pour terminer A 9040,95 points, tandis que l’indice élargi Standard & Poor’s 500 avançait de 7,81 points, A 982,31.EN BREF Construction américaine Washington (AP) — Les données sur l’état du secteur manufacturier et celui de la construction aux Etats-Unis n’ont rien pour rassurer.Selon les chiffres du département du Commerce, la valeur des projets de construction en cours au mois de mai était de 869,8 milliards $US (données ajustées sur une base annuelle), soit 1,7 % de moins qu’en avril.Cette baisse est par ailleurs de la même ampleur que celle enregistrée un an auparavant Quant au montant de 869,8 milliards $US, il est le plus bas des six derniers mois.Les analystes prévoyaient une augmentation de 0,3 % des dépenses dans,le secteur de la construction aux États-Unis en mai.11 septembre 2001 : une compagnie d’assurances doit être liquidée ASSOCIATED PRESS Philadelphie — Une compagnie d’assurances américaine qui doit 140 millions $US à American Airlines pour les conséquences des attentats du 11 septembre 2001 sera mise en liquidation.La somme d’argent que doit la compagnie, dont le siège se trouve à Philadelphie, entre dans le cadre d’une réserve de 4,5 milliards $US établie par les assureurs pour répondre aux demandes émises après deux attentats (World Trade Center et Pentagone) le 11 septembre 2001 et un accident (dans le Queens, à New York) deux mois plus tard, dans lesquels étaient impliqués trois appareils d’Ame-rican Airlines.Les réassureurs La compagnie aérienne et d’autres assurés de Legion Insurance pourront directement recevoir des versements de réassureurs, comme Uoyds '4 Londres, plutôt qu’attendre de l’Etat de Pennsylvanie qu’il réunisse les fonds au cours de la liquidation, selon la décision prise la semaine dernière par la juge Hannah Mary Leavitt.Legion Insurance assurait également aux États-Unis des municipalités et des établissements scolaires, qui vont devoir trouver d'autres moyens d’être couverts.Le groupe Legion Insurance employait quelque 500 personnes à Philadelphie et Milwaukee.Relais d’affaires relais & CHATEAUX.LA FINE FLEUR UES MAITRES HÔTELIERS SAINTE-ADELE LAURENT IDE S 4______________________________ HÔTEL L’EAU À LA BOUCHE Chambres magnifiques et salles de réunion confortables dans un cadre exceptionnel à Sainte-Adèle, Restaurant couronne *Table d’Or du Québec en 1998* et * America’s Top Table 1998 numéro 1 au Québec par Gourmet Magazine*, fine cuisine régionale et carte des vins élaborée, toutes les activitécs à proximité.www.Ieaualabouche.com 450-229-2991 Pour annoncer, contactez Jean de BUly au (514) 985-3322 ou 1-800-363-0305 jdebUly^Dledevoir.cotn ABONNE ou MEMBRE ?LE DEYftlfe m Privilèges abonnés • Votre journal à votre porte tous les matins.• Journal intégral sur le Web dès 23h la veille.• Accès à l’intégralité du journal.• Plus de 235 000 textes archivés.Devenez membre de LE DrcyWfcjm gratuitement I • Participez aux forums de discussion.• DE PLUS, recevez par courriel la liste des articles de vos journalistes, vos sujets et vos dossiers préférés.www.ledevoir.com LE DEVOIR, LE MERCREDI 2 JUILLET 2 003 ECONOMIE Analyses boursières biaisées Une plainte contre Merrill Lynch est rejetée AGENCE FRANCE-PRESSE New York — Un juge fédéral a rejeté les plaintes en action collective déposées contre la banque américaine Merrill Lynch qui accusaient celle-ci d’avoir publié des analyses boursières biaisées, a-t-on appris hier de source judiciaire.Le juge fédéral Milton Pollack a estimé que les plaignants — les investisseurs des firmes 24/7 Real Media et Interliant — n’avaient pas réussi à établir le lien de causalité entre leurs pertes en Bourse et les notes de recherches de la banque.M.Pollack a également indiqué que les plaignants n’avaient pas réussi à prouver que l’ex-analyste star de Merrill Lynch, Henry Blodget, qui était personnellement mis en cause par ces plaintes, a publié des notes de recherche malhonnêtes.Ed Haber, l’un des avocats des plaignants, a déclaré qu’il était déçu par la décision du juge.«Nous pensons avec tout le respect qui est dû que [cette décision] est mauvaise pour toute une série de raisons», a-t-il affirmé, en précisant qu’il pensait faire appel.À l’inverse, une porte-parole de Merrill Lynch a déclaré hier que son groupe était «satisfait de la décision du juge et du fait qu’il ait bien reçu nos arguments».Une importante victoire Cette décision représente une victoire pour les grandes firmes de Wall Street, et va certainement influencer de façon importante l’issue de la vingtaine de plaintes similaires qui sont en train d’être examinées par les tribunaux.«Nous pensons que les accusations d’analyses boursières biaisées relèvent plus de la théorie de la conspiration que d’accusations intelligentes fondées sur des faits», a commenté David Trône, analyste de Prudential Financial dans une note de recherche en réaction à cette décision.Le rejet de ces plaintes intervient deux mois après la finalisation de l’accord à l’amiable définitif conclu par les grandes firmes de Wall Street avec la justice américaine et les autorités boursières, qui les accusaient d’avoir trompé des milliers de petits investisseurs en publiant des analyses boursières faussées afin de s’attirer de juteux contrats.Une dizaine des grandes banques et maisons de courtage ont ainsi accepté de verser collectivement près de 1,4 milliard $US et de réformer leurs méthodes de travail.Merrill Lynch a versé 200 millions $US dans le cadre de cet accord.Alcan complète l’acquisition de l’américaine Baltek La transaction requiert une somme de 35 millions $US PRESSE CANADIENNE Alcan a complété l’acquisition, pour 35 millions $US, de Baltek Corporation, un fabricant de matériaux structurels légers pour les industries du transport et de l’aérospatiale.«Cela fait suite à l’approbation de l’entente par les actionnaires [de Baltek]», précise Alcan dans un communiqué diffusé hier.La société changera de nom pour celui d’Alcan Baltek et fera partie de l’imité d’exploitation Alcan Composites.Baltek, qui est basée à Northvale, au New Jersey, fabrique des matériaux composés à base de balsa, un bois léger, qui sont utilisés dans les marchés de l’industrie navale, du transport en commun, de l’énergie éolienne et de l’aérospatiale.L’entreprise, qualifiée par Alcan de premier fournisseur mondial de matériaux d’âme structurels à base de balsa, a des activités dans plusieurs pays, notamment en Équateur, où elle s’approvisionne en balsa depuis plusieurs décennies.Baltek est le distributeur américain d’Alcan Composites depuis huit ans.Avec cette acquisition, le secteur des composites d’Alcan comprend maintenant neuf entreprises, dont le chiffre d’affaires s’élève à 410 millions $US et qui regroupent 2100 employés en Europe, en Amérique du Nord et du Sud et en Asie du Sud-Est Baisse des prix de l’acier Novamerican Steel enregistre une baisse de 62,7 % de ses profits PRESSE CANADIENNE En raison de conditions de marché difficiles, notamment de pressions à la baisse sur les prix, le fabricant de produits d’acier Novamerican n’a pu dégager qu’un bénéfice net de 1,88 million $US à son deuxième trimestre terminé le 31 mai dernier.Le bénéfice net de l’entreprise montréalaise s’élevait à 5,01 millions $US pour la période correspondante de l’an dernier, donc une baisse de 62,7 %.Novamerican fait toutefois remarquer qu’il s’agit de son vingt-deuxième trimestre rentable consécutif Pour le deuxième trimestre, les ventes de Nova-.merican ont été en hausse de 9,1 %, passant de 119,35 millions $US au deuxième trimestre 2002 à 130,24 millions $US cette année.Pour le semestre terminé le 31 mai, les ventes de Novamerican ont augmenté de 12 %, alors que son bénéfice net a chuté de 46,6 %.«Le deuxième trimestre a été difficile alors que les pressions à la baisse sur les prix ont affecté les marges bénéficiaires», indique l’entreprise dans un communiqué diffusé hier.«Le nombre de tonnes transformées a augmenté de 5,3 % par suite d’une demande relativement forte dans le marché de l’automobile, alors que le nombre de tonnes vendues a baissé de 4,9 % [.] par suite de l’absence d'achats de protection par la clientèle, qui a caractérisé les premiers six mois de 2002.» Plusieurs clients ont réduit leurs stocks au minimum dans un contexte de faible demande, précise Novamerican, qui prévoit des hausses de prix pour le troisième trimestre.Des diminutions de production dans certaines aciéries devraient par ailleurs «contribuer à un meilleur équilibre de l’équation offre/demande», ajoute l’entreprise.«La demande aux Etats-Unis s’améliore et la société prévoit que les taux d’intérêt parmi les plus bas enregistrés, les baisses d’impôt récentes et une devise américaine plus faible contribueront à l’incidence positive sur l’ensemble de l’industrie manufacturière.» Novamerican Steel a son siège à Montreal et compte 13 usines au Canada et onze aux Etats-Unis.L’entreprise transforme et distribue des produits d’acier au carbone, d’acier inoxydable et d’aluminium, notamment des tubes d’acier au carbone destinés aux marchés de la construction et de l’automobile.Droits de douane : Washington étend son système de préférences généralisées AGENCE FRANCE-PRESSE ashington — Les États-Unis VV ont décidé d’étendre leur système de la préférence généralisée (SPG/GSP) à une gamme plus large de produits pour les plus de 140 pays en développement bénéficiaires, a annoncé hier le bureau du représentant pour le Commerce américain, Robert Zoellick L’extension du système concernera les importations aux États-Unis, libres de tous droits de douanes, en provenance des pays en développement et émergents pour un montant total de près de 900 millions $US, selon le communiqué.Selon l’administration américaine, cette initiative vise à «promouvoir de nouvelles opportunités commerciales pour les pays en développement et ainsi à encourager la croissance économique».L’annonce de l’extension du système intervient à l’issue du passage en revue annuel du programme et à la demande spécifique de l’Argentine, des Philippines et de la Turquie.Ces trois pays ont ainsi obtenu des bénéfices supplémentaires sous ce régime spécial d’une valeur de plus de 96 millions $US pour l’Argentine, de 30 millions $US pour les Philippines et de 140 millions $US pour la Turquie.EN BREF Vente de Worldspan Chicago (Reuters) —Trois des quatre premières compagnies aériennes américaines ont annoncé hier avoir finalisé la vente, pour un milliard $US environ, de la société de réservations Worldspan.Delta Air Lines, Northwest Airlines et American Airlines, filiale d’AMR, avaient annoncé en mars la cession de Worldspan, un système de réservation informatisé utilisé par les agences de voyages, à Travel Transaction Processing, une société formée par deux fonds d’investissement, Citigroup Venture Capital Equity et Teacher’s Merchant Bank.Le groupe a expliqué que cette somme permettrait de consolider ses assises financières, mais pas d’éviter le plan de restructuration qui implique une baisse de coûts annuels de quatre milliards $US.Téléphone: 985-3322 Télécopieur: 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel: petitesannonces@ledevoir.com AVIS DE DECES REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES IMMOBILIER RÉSIDENTIEL 100 • 150 Achat-vente-échange 160» 199 Location IMMOBILIER COMMERCIAL 200 • 250 Achat-vente-échange 251 • 299 Location MARCHANDISES OFFRES D'EMPLOI PROPOSITIONS D'AFIAIRES ET DE SERVICES VÉHICULES cZj'W// était dix ans après le fameux show, à Verdun.On ne refera pas le coup de la nostalgie, mais reste que les deux derniers concerts de la bande à Eddie Yed-der, Pearl Jam, avaient été éteints lors des deux dernières virées de 1998 et de 2(XX).En fait.Pearl Jam est im groupe qui a vieilli prématurément.Au Centre IM.dimanche, c’est donc avec une grande assurance qu'ils ont pris le plancher.Pearl Jam, accompagné d’un papy à T«organ» — celui-là avec ses longs cheveux gris était plus vigoureux que le reste de la bande —, a été expéditif , cette fois-ci.Non pas que les seuls survivants du grunge aient tourné ça court, car il ont joué durant plus de deux heures et demie.Ils se sont fait expéditifs, comme dans vigoureux et explosifs.Vedder, qui possède une des voix les plus impressionnantes de l’industrie, avec son timbre grave et sa couleur que plusieurs par la suite ont tenté d'imiter, était dans une forme splendide.Mike McCready, à la guitare, semblait avoir la fougue des grands jours, alors que le batteur Matt Cameron a finalement compris qu’il n’était plus dans Sound-garden et qu’il ne servait à rien de saturer l'espace sonore: la confiture a recommencé à prendre.Comble, le Centre Bell était encore baigné de lumière lorsque le quintette a entamé la méditative «Long Road», alors que, graduelle ment, la noirceur s’est emparée de l’amphithéâtre.La foule était déjà debout, chose rare pour ce genre de concert elle ne s’est jamais assise.Puis, dès les premiers accords de Go, la foule déjà séduite a été mise dans la petite poche arrière du groupe de Seattle.Rapide, leste, Pearl Jam semblait terriblement à l’aise.Plus que lors de ses deux derniers concerts.C’est que Pearl Jam, le groupe de toutes les causes, gauchiste au premier plan des débats, a traversé quelques crises depuis sa naissance.Attaques contre Tic-ketmaster, relations tendues du leader avec la notion de vedettariat, la mort d'une poignée de fans lors d’un festival, Pearl Jam avait pris de l’âge avant terme.À l’aube de la quarantaine, les membres du groupe ont enfin retrouvé l’aplomb des débuts.Pour ce faire, ils sont revenus à la base, avec un rock garoché, un peu garage, performant dans le plus simple appareil, sans pyrotechnie, sans vidéo, sans écran, de sorte que les fans, perchés derrière la scène, pouvaient suivre ce qui se tramait sur scè- ne.Vedder, plus économe de son corps, ne l'était pas de la voix.Même les récentes pièces de Riot Act, le dernier album en titre, étaient parfaitement bien connues d'un public (étonnanunent) jeune.«Save You» et «Ghost» ont animé la foule, là.on était vraiment surpris, n’ayant aucune idée de comment l’album avait accroché les fans.Nous, on avait décroché quelque peu.Au bout de la cinquième pièce, Vedder ne pouvait même pas placer un mot.la foule en liesse j n’allait pas le lui pennettre.Mais ; c’est «Even Flow», du mythique album Ten (1991), qui allait faire perdre tout contenance à la foule.«Off He Goes», pourtant moins musclée, n’allait lias cal- ; .mer les cris.«1 Am Mine» a aussi été livrée avec une conviction dont , on ne savait plus le groupe capable.; Au moment de «Wlü-shlist», le seul artifice .de mise en scène de la soirée, une immense boule de miroir semblait rappeler combien Neil Young, que le groupe avait croisé lors de l’enregistrement de l'album Mirrorball de ce dernier (1995), avait eu une grande influence sur le groupe en route vers No Code et la suite de sa carrière.Anti-Bush notoire, Vedder s’est servi de l’histoire récente de l'alpiniste en détresse qui s’est coupé f l’avant-bras afin de survivre à ses blessures pour lancer à la foule r que Bush devrait se couper la tête , pour sauver le monde.La foule l'a tj passablement mieux accueilli que « lors du concert du l"1 avril dernier à Denver, où Vedder avait empalé „ sur son pied de micro un masque à l’effigie du contesté président des États-Unis.Après «Elderly Woman Behind „ A Counter In A Small Town» et «Jeremy», «Black», «Reai-viewmirror» * entre autres, dans un premier rap- ¦, pel du tonnerre, le deuxième rap- ,j, pel a été lancé par «Arc», une éton- , liante performance vocale, sans ,« instruments, de «Riot Act», accumulant les couches de voix que Vedder échantillonnait sur place.) Avec l’écho de l’aréna, la pièce gagnait une dimension mystique jamais reniée par le groupe.La timide mais attachante «Soon Forget» ouvrait le second rappel, qui allait offrir six autres morceaux, dont une reprise de «Driven to Tears» des Police.«Betterman», «Alive» terminaient une soirée généreuse.Il a fallu que Vedder rappelle à l’ordre ses comparses Ament et McCready, pressés de quitter.Il voulait en rajouter, ça aura été «Fuckin’ Up», de Neil Young, à la toute fin.Finalement, la générosité aura probablement été celle de Vedder lui-même.Ça augure bien ! pour l’avenir.À mille homes de l'ordinaire.La grande virée Ce soir 20 h Suivez Geneviève Borne lors de son escapade touristique et culturelle en Gaspésie et au Festival en chanson de Petite-Vallée.Avec, entre autres, Pierre Flynn.Ça change de fa ti Télé-Québec telequebec.tv ARCHÉOLOGIE Découverte d’une ancienne civilisation en Amazonie occidentale À l’aube de la quarantaine, les membres du groupe ont enfin retrouvé l’aplomb des débuts ?A LA TELEVISION- Cinéma / L EXPERT EN SINISTRES (3) avec Elias Koteas.Arslnée Khanjian Cinéma / LA CAGE AUX FOLLES (4) avec Michel Serrault.Uqo Toqnazzl L’ïle de Gildor / Lise Ce soir journal Dion, Pierre Bourque Cinéma / UE MONDE À L'ENVERS (5) Pub Place Melrose (23:03) Le TVA Sucré Michel Jasmin.Sucré Génération 60 / 1960 Le TVA Salé avec Eva Marie Saint, Richard Kile; (0:03) Salé 1 8 heures Les Francs-tireurs / La Grande Cinéma / SÉRIE NOIRE (2) La Grande Virée Voyage Seconde Chance / ^Faux Pas Ramdam Macaroni Pierre-Claude Nolin Virée avec Patrick Dewaere.Marie Trintignant grandeur.tout garni Cinéma / INVASION Partis Cinéma / SUR LA ROUTE D'OZONA (5) Le Grand Les Mecs Flash / K.Parent Partis Le Journal pour l'été Journal avec Robert Forster, Kevin Pollack Comiques pour l’été (17:00) L'Tle de glace Le Monde Téléjournal Jrnl RDI Les Snowbirds .à l'écoute .à l'écoute .Actions Le Monde Euronews Envoyé spécial / À vos mouchoirs Journal JL’He bd o / Urban Trad Cascadeurs Double JE Partis pour Conver.Jrnl FR2 pyramide .d'en haut Chiffres.Cinéma / LES FOUS DE BASSAN (4) Technopolis / La Ville Le Goût du monde Biographies Contact Animal Oui, je.Pour la vie! Décore ta.[Métamor.L'art d'être parent Jeux de société Coup de coeur Copines.vedette Vidéo Clips Salut M Net Dollaracllp : attaquent Vidéo Clips A*M M Nef Le Groulx Luxe Infoplus Top5-.Muslcog raphle .France Salut les amoureux! Musicographie Révélations d Hollywood Max Musique Dawson Buffy.Déchique.jEd, Edd.TT Planète.[Grlm & Evil Simpson PorCitô Les Griffin Bébés Simpson Golf May Les hommes forts.Sports 30 Tennis / Wimbledon Sport Sharks.Sports 30 Cinéma / L ENFER DES HOMMES (S) Guerres Légendes du hockey Les Têtes brûlées Histoire de l’URSS L'Histoire à la une Cinéma / LA BANQUil :RE (4) avec Romy Schneider | Palettes Cinéma Les Feux de la rampe Ben Harper Bill Frisell Sydney.Agents doubles Les Condamnées Coroner Da Vinci Brigade des mers L'Oeil du crime Sydney Fox l'aventuriére .Nerdz Pleins Gaz Cour à.montre» d'acier .cinéma Star Trek Paranormal .nerdz Sliders Économie Entreprises Le Monde des affair es Entre l'arbre et l’école ressources humaines L’économie des.Golfs d Id I Pilot Guides Ubebeur Ujourhée.E ntrada Bain de soleil .de Grèce Panorama Vivre é 2 | Volt Cinéma / VENT DE GALERNE (5) Vivre à 2 Fourmis.Gold National The National Country Witness / To Kill.(2/2) Road Again the fifth estate CSC News: Canada Now Open (0:05) CTV News News jiTalk Daily My Wife.Access H.Juniors Law & Order News News Sports E.T.(0:05) at Concordia That 70s.Train 48 Jazz Festival .National News Studio 2 The View from Here Studio 2 .(23:05) Imprint in Deep Planet.CG Kids G.Shrinks .C/'A i',) | Pub (O Of,, News The Dating Experiment Will.My Wife.IG.Lopez The Drew Carey Show Dharma .ABC News News Late Show (23:38) Minisérie / Perfect Murder, Perfect Town (2/2) 60 Minutes M News .(23 35) ¦ .(23:50) Jeopardy Wheel of.Fame Law & Order NBC News News That 70s .Justice Ellmldate That 70s .j .Juniors Jamie Kennedy That 70s Seinfeld Paradise Hotel Seinfeld Drew Carey BBC World News Charlie Rose Ken Burns American.Home Business.West Point The Newshour Railway Adventure» / Australia John Wayne: The Quiet The Newshour BBC News | Night.Bus.My Wife.I .Junïors eTatk Daily [jeopardy CTV News Law A Order Biography Third Watch Biography American Justice American Justice City Confidential TremblayjGzowskl,.Law & Order NYPD Blue I Road to Avonlea Cinéma7 A GIRL IS A GIRL (4) avec A.Mclntyry Tablo Videos Guinness .| Dally Planet Daily Planet Disaster Detect Ives Wild Discovery .Greatest Mysteries Records.Great Train Stories Courtroom 12 O’clock High The Sexual Century China Beach History's Courtroom National CBC News | Health.Antiques Roadshow Close up '03 with.The National BBC News | Bus News Curb you ME nth u slasm Cold Squad Doc / Pins and Needles This Hour Junkyard Flldes Mat) I in i Extreme Machines.Zoo Diaries (Dogs Jobs .of Forensic Science Rides Junkyard Wars Hometime Extra .Homes___________ Boxing / Gattl Ward My Family \ .to of.) Extra Animal Miracles .Homes Ï .Wheels Jobs like Stewart - Terron Mlllett Sportacentre TSN Profile I Boxing / Breaker .[Big Wolf TAddam's .YTV V l»n ¦Irllil ï ms i n my i»*! mi NEWS WORLD C T V ( Mont AR TV sf nus .CANAL Z ~C7 SAVOIR VMAK IV l ABC NBC AAE TFO ii i iTiii jml.' 'Ai CANAUX snc TQS Classification des films: (1) Chef-d’ceuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bnn — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable NOS CHOIX CE SOIR Paul Cauchon BILL FRISELL Un spectacle donné en 2002 par ce guitariste audacieux qui improvise à partir de sonorités jazz et rock.Artv, IHh LE GOÛT DU MONDE Documentaire sur l'Inde du Nord.Cana! D, 19h PORTRAITS D’ARTISTES Portrait de Ben Harper, qui est fort apprécié du public québécois et qui se produit cette semaine au Festival de jazz de Montréal.Artv, 19h SÉRIE NOIRE Un véritable polar avec Patrick Dewaere et Marie Trintignant.Télé-Québec, 21 h L’EXPERT EN SINISTRES Version française de The Ajuster, un excellent film de Atom Egoyan.Radio-Canada, 22h90 B 8 LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 JUILLET 2003 -?LE DEVOIR ?- NOS CHOIX Dave Holland au Théâtre Maisonneuve Jazzstory au FUM Exit, le papy Yannick Rieu Le saxophoniste montréalais entame ce soir une série de quatre concerts au Festival de jazz avec l’exécution de son «Non-acoustic Project», avec la complicité du claviériste Daniel Thouin.U s’agit d’un spectacle exploratoire envoûtant, à la limite du jazz avec son recours au synthétiseur et à l’échantillonnage, mais respectueux du genre dans la mesure où Rieu et son quintette se laissent porter par la force de l’improvisation.C’est gratuit et ça promet Scène Groove, 22h Brian Myles The Jolly Boys Ils jouaient le mento, leur irrésistible musique, avant que le reggae s’appelle reggae, avant même que le calypso s’appelle calypso.C’est dire que ces «p’tits vieux monsieurs», pour reprendre l’expression affectueuse du program-mateur-en-chef des scènes extérieures Laurent Saulnier, sont véritablement les derniers survivants de la race fondatrice des musiques syncopées provenant de la Jamaïque.Dignes de respect, donc.Scène GM Ste-Catheri-ne/Jeanne-Mance, à21het23h.Sylvain Cormier BRIAN MYLES LE DEVOIR Avec sa barbe grise bien rangée et son crâne aussi défriché qu’une forêt boréale, Dave Holland ressemble à s’y méprendre à un vieux papy croulant tout juste bon pour un spectacle crâneur à la Place des arts.Détrompez-vous.L’ensemble Dave Holland grosse quincaillerie — traduction libre de Dave Holland Big Band — a livré hier au Théâtre Maisonneuve une des meilleures prestations de la 24' édition du Festival de jazz.Ils se sont regroupés à 13, Holland à la contrebasse, Steve Nelson au vibraphone et au marimba, Billy Kilson à la batterie, sans oublier la section des cuivres avec quatre saxophonistes, trois trombonistes et trois trompettistes, pour accoucher d’un concert vif et rajeunissant dont le seul défaut résidait dans l’exécution ré- pétitive de solos n’en finissant plus de s’éterniser.Côté rythme, groove ou tempo, le «big band» de Dave Holland s’est montré bien au-delà des attentes du public.Côté arrangements, disons que la présence d’un Duke Ellington à la barre pour diriger le trafic sonore généré par l’imposante section des cuivres n’aurait pas nui à la cohésion d'ensemble.Dave Holland a adopté le style de l’homme effacé.Derrière sa contrebasse, il a fait le pari d’introduire d’abord et d’accompagner ensuite ses musiciens.Que faisait le quinquagénaire hier soir?Du pur «drum’n bass» comme il ne s’en fait même plus dans les nuits noires de la série «dj», avec la complicité d’un Billy Kilson radieux du début à la fin.Tant de modestie n’est pas sans causer des effets secondaires nuisibles.Les plus talentueux solistes du «band», Chris Potter au saxophone ténor, Antonio Hart au saxo alto et Robin Eubanks au trombone, ont pris une place individuelle très prononcée au détriment de l’ensemble.Deux morceaux s’imposent comme des exceptions confirmant la règle.D’abord sur Last minute man, saxophones et trompettes se sont retrouvés au cœur d’un dialogue de groupe inédit, d’une puissance musicale nettement supérieure à une enfilade de solos successifs.Ensuite, sur A time remembered, où le groupe a trouvé la force d’encadrer l’excellent solo d’Antonio Hart au saxo alto.Coïncidence, il s’agit de deux compositions inédites du groupe, qui feront partie d’un album à paraître sous peu.Il faut savoir que le Dave Holland Big Band est une création toute récente dans le monde du jazz, né à Montréal il y a trois ans à peine lors de la série Invitation consacrée à Holland.Il revient à ce faux papy et à son véritable «big band» le mérite d’avoir expurgé la Place des arts de ses vibrations rabougries pour y avoir injecté une puissante dose de vitalité.Dave Holland a adopté le style de l’homme effacé Daniel Lanois - Neko Case / Wilco Question de distance Billy Bang au Gesù TSH1 Un chef, un vrai SYLVAIN CORMIER Le FIJM bat son plein.FIJM?Quel FUM?J’y suis depuis le commencement et n’ai toujours pas franchi un seul point d’entrée du site.Peut-être d’avez-vous constaté: on peut passer tout le Festival international de jazz de Montréal à s’offrir des spectacles sans mettre le bout de la verrue qu’on a au bout du nez dans le périmètre.C’est mon cas.Pour la verrue.Pour le festival extra-mu-ros aussi.En vérité, je vis mon FUM en périphérie du FUM, assistant à des spectacles tout aussi périphériques.Par là, j’ai la curieuse impression d’être doublement en dehors.Tout près, mais en même temps loin.Très, très, loin.Je passe en effet mon temps au Metropolis, à voir les artistes qui ont le moins à voir avec le jazz dans la programmation du FUM.Dimanche, j’y étais au royaume du country alternatif avec la chanteuse Neko Case et le groupe Wilco.Lundi, j’y retrouvais Daniel Lanois, ses guitares malpropres et sa pedal steel à l’âme pure.Ça, le FUM?Un mini-festival d’Americana, oui.Le FUM a le dos large et ses programmateurs en profitent pour programmer leurs chouchous.Ça tombe bien, ce sont aussi les miens.Trois fois le bonheur garanti sur facture, alors?Non.Une fois sur trois, hélas.Rien n’est garanti en ce monde cruel.C’est la faute à Wilco, groupe de trippeux trop brillants qui trip-pent tellement tout seuls dans leur bulle qu’être sur scène ou pas, c’est pareil.Et c’est aussi la faute au public de Wilco, majoritairement des collégiens anglos qui, éternelles grandes gueules, font leur habituel boucan jusqu’à l’arrivée de leur groupe: se sont-ils seulement aperçus qu’ils enterraient les ballades arrache-cœur, les valses tendres et les terribles histoires de «suicide on the 405» de Neko Case?Fallait-il qu’elle ait la plainte déchirante, la Loretta Lynn putative, pour qu’elle perce envers et contre tout la méchante rumeur: comme autant de bouteilles lancées à la mer nous parvenaient Pretty Girls, Look For Me (Hi Be Around), et surtout ses reprises relevées de Dylan (Buckets Ôf Rain, belle oubliée du grandissime Blood On The Tracks) et Jo Stafford (You Belong To Me, succès de 1952).Pas démontée, Neko Case aura fait patienter les mal élevés une grosse heure, na.Certains, à la fin, se taisaient.Triomphalement accueillie, la bande à Jeff Tweedy s’est appliquée à reproduire les complexes arrangements des chansons de l’indescriptible et insaisissable nouvel album Yankee Hotel Fox-trot: cela ressemblait par moments à du Grateful Dead première époque, rapport aux séquences instrumentales qui partaient dans toutes les directions et s’allongeaient à l’infini, mais aussi à du XTC et autres héritiers pop de Brian Wilson, rapport aux habiles jeux d’harmonies de voix.Je ne suis cependant pas du tout certain qu’il s’agissait d’un spectacle: Wilco jouait pour ainsi dire en circuit fermé, sans le moindre égard à l’auditoire, pourtant gagné d’avance.De fait, on ne se demandait pas ce que Wilco faisait dans un festival de jazz, mais ce que Wilco faisait là tout court Daniel Lanois chez lui Le lendemain au même endroit — garni de tables et de chaises manière Spectrum , faut-il préciser —, Daniel Lanois donnait au contraire la très forte impression d’être très exactement là où il voulait être.A savoir: parmi les siens.Avec ses chansons, ses musiciens et le public, en prise directe.Et ce n’était pas les ennuis vécus plus tôt le même jour au passage des douanes canadiennes — instruments retenus, remplacés in extremis par ceux des Respectables et de Rick Haworth — qui allaient l’empêcher de partager le meilleur de lui-même.Lanois, comprenait-on plus fortement que jamais en cette salle trop grande, est totalement dédié à l’abolition de la distance entre son cœur et celui qu’il cherche à toucher.Tout chez lui est stricte vérité: ce qu’il dit, la manière dont il chante, la manière dont il mène ses solos.Tout artifice, tout enjolivement, tout ce qui peut se placer entre un artiste et un auditoire est éliminé: Lanois ne produit que des sons bruts, ne chante que des mots non affinés.Lundi, malgré la climatisation un peu excessive du lieu, chaque note, chaque mot produisait le surcroît de chaleur humaine souhaité.Lanois en était extrêmement heureux et cela se sentait: après avoir donné la presque totalité du récent album Shine (dont les pures beautés que sont Transmitter et J] Leaves LA, jouées au pedal steel), ainsi que l’intégrale de son répertoire francophone (incluant l’exquise Pour ton sourire), le natif de Gatineau ne voulait plus partir.Une seule bonne raison l’arracha momentanément à la scène: un autre auditoire attendait déjà dehors pour le spectacle de 21h.BRIAN MYLES LE DEVOIR Hanté par l’expérience de la guerre du Viêtnam jusque dans son sommeil, poursuivi par des idées morbides et destructrices, prisonnier de l’alcool et des drogues, le violoniste Billy Bang végétait de son propre aveu jusqu’à ce que son producteur, Jean-Pierre Leduc (Justin Time), lui suggère de replonger dans la jungle assassine de ses 19 ans poqr en tirer un album.A l’invitation de Leduc, le violoniste Billy Bang est redevenu le sergent William Walker, un gamin de 19 ans arraché d’Harlem pour être parachuté dans une guerre complètement injustifiée aux yeux de l’histoire.Le violoniste est ressorti de cette introspection dans la mangrove consumée au napalm avec un enregistrement libérateur, Vietnam: The Aftermath.Billy Bang et son groupe ont interprété cet album, lundi soir au Gesù, lors d’un concert d’une rare sensibilité, où les élans de détresse des premières mesures ont cédé le pas, petit à petit, à des envolées de «phunk» jazz salvatrices.Instrument chéri du «yâble» dans la tradition catholique, le violon a servi, pour un soir seulement, à chasser les démons au lieu de les attirer.11 a imité les accents et intonations du sud-est asiatique, accompagné en ce sens par des coups de cymbales ponctuels, un effet caractéristique dans la musique de l'Extrême-Orient Identifié à l’avant-garde du jazz moderne.Billy Bang ne sombre pas dans le même gouffre exploratoire que la plupart de ses contemporains, qui se préoccu- pent beaucoup trop de la forme au détriment de l’orchestration.Il n’est pas affecté par cette culture individualiste conduisant des musiciens talentueux à sacrifier le jeu d’ensemble au nom du solo.Billy Bang est un chef, un vrai.Avec Ted Daniel à la trompette, John Hicks au piano, Curtis Lundy à la contrebasse, Hamiet Bluiett au saxophone baryton (en remplacement de Frank Lowe) et Michael Carvin à la batterie.Bang fait partie d’un groupe, un vrai.Le public a donc pu se délecter d’un jeu d’ensemble, caractérisé par des sorties bien encadrées des solistes, sauf exceptions.Vers la fin, Michael Carvin s’est lancé dans un solo de drum oscillant entre la retenue et l’explosion rythmique, à la limite de la transe.Pivot de la formation, le «special 4th class* Michael Carvin s’est laissé gagner par The Aftermath.Tout comme Bang, il a survécu à l’épreuve du Viêtnam.Idem pour Ted Daniel.Trois vétérans du Viêtnam, et même quatre en incluant Lowe, absent pour cause de grave maladie.Bang a d’ailleurs dédié le concert au saxophoniste.L’Association pour la musique indépendante a accordé cette année le prix du meilleur album à Vietnam: The Aftermath.Un choix à la fois logique et émotif.Choix logique en raison de l’orchestration et de la versatilité du projet.Sur disque comme sur scène, il existe deux mondes entre la déchirure d’une pièce comme Moments for the killed in action missing in action et l'exubérance de Saigon Phunk.Choix émotif parce que Billy Bang et ses vétérans ont réussi, grâce à la musique, à se réconcilier avec leur passé.Art dramatique BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Place à la fiction, ce soir, au Musée d’art contemporain.Jazzstory débarque de Toronto pour livrer son jazz assez percutant, très porté sur les atmosphères, trafiquant des histoires truculentes.Le nom même de la formation le dit, elle se remue entre un goût marqué pour les histoires que la musique raconte, en même temps qu’elle annonce ses couleurs: l’histoire du jazz ne sera pas à loin.«Je suis content que tu le mentionnes, commente Tim Postgate, qui a signé sur le seul album du groupe la presque totalité des compositions.Le nom joue surtout avec l’histoire [history].Mais le mot histoire [story] y est également.Une forme de narration est toujours présente dans le jazz».Et les histoires de Jazzstory proposent des tensions intéressantes: Postage mélange le rock et les improvisations dissonantes surtout connues en Europe.Le groupe a commencé en tant que projet de recherche.Louis Armstrong, Miles Davis, Thele-nious Monk, Booker Little, Charlie Parker et Duke Ellington en sont à la source.«On voulait explorer la musique de jazzmen qui sont aussi des compositeurs.C’est une part du jazz qui m’intéresse, dans la mesure où je suis aussi un compositeur.» Au fil du temps, explique Postgate, le plaisir de jouer ensemble est devenu tel que les références du départ se sont effacées graduellement Jazzstory est formé de quatre musiciens qui, individuellement, accumulent les éloges.Postgate n’a jamais paru aussi à l’aise qu’avec ses actuels comparses.Le très occupé Rob Clutton est un de ceux qui a le plus joué sur la scène canadienne.D a joué avec Don Byron, Joe Lovano et Kenny Wheeler et étudié avec Ken Vander-mark à Chicago.«Il est dans la même ligue que Normand Guil-bault», soutient Postgate.La trompette est tenue par Lina Allemano, qui a aussi joué avec Byron, Lovano et Wheeler.Plusieurs la considèrent comme l’une des musiciennes les plus prometteuses de la scène canadienne, fis sont rejoints par le batteur Jean Martin, qui lui aussi jouit d’une belle réputation (son album Get Together Weather, en 1999, a connu un beau succès critique).Ensemble, ils performent un post-bop articulé par des silences judicieux et des mélodies accrocheuses, malgré le caractère imprévisible de leur musique.Ils ont enregistré un album éponyme lors d’une résidence au Top O the Senator de Toronto, entre les 9 et 11 mars 2001 (le disque a été lancé sur l’étiquette de Postgate, Gujldwood Records).Ethéré et proche du cinéma, cette musique adore les mélodies, entre abstraction et figuration, si l’on ose dire.Postgate donne comme exemple la peinture du toron-tois David Urban: il faut dire que la discussion a beaucoup traîné du côté des arts visuels.Le plus drôle, affirme le musicien, c’est que tous les membres de Jazzstory sont des amateurs d’art visuels, fis seront servis, puisqu’ils jouent au musée: «C’est un de mes musées préférés au Canada.De jouer dans un musée d’art contemporain est fascinant: j’ai toujours dit qu’on regardait l’histoire vers l’avant.» Petit dimanche, gros lundi BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Disons que, dimanche, la fin de journée a été plus ardue que prévu.D faut dire que l’excellente Barbara Brown, samedi soir, a retenu sur place la presque majorité de la salle comble de Ramasutra.Sa house a faut l’effet d’un aimant alors on a connu aussi les joies des petites heures du matin.Notre patience était moins à point dimanche à minuit pour Laurent de Wilde, qui s’est produit devant trois ou quatre poignées de gens.Drum’n bass entendue, saupoudrage de cuivres, sono bizarrement compressée, bref c’était peut-être notre faute, mais le nu jazz de De Wdde n’a pas adhéré sur nous.De retour lundi, un bref passage au Musée d’art contemporain de Montréal pour le Avram Fefer Trio a confirmé que le musicien aimait osciller entre des passages sensuels, classiques et d’autres déjan- tés.Avec un brin d’humour, le monsieur a détendu l’atmosphère en jouant du bec de son saxo comme d’un gazou.Inspiré et inventif Tout juste avant, on est probablement un des rares a être sorti déçu du tour de chant et de guitare de Daniel Lanois.11 manie bien la six-cordes comme pas un, le natif de Gatineau, mais il se terre dans d’horizontales recherches de textures qui craignent la tension.Et les chœurs, démultipliés, faisaient penser à la chorale du coin.L’an dernier au Spectrum, c’était mieux.En finale, au Club Soda, Ursula Rucker a brandi le couteau de sa diatribe sociale aiguisé à la meule du réalisme cru.Sorte de Lauren Hill plus underground, Rucker s’est transformée en grande prêtresse «soûl».Elle touche la cible, la grande dame de Philadelphie, sans laisser de répit.Du spoken word terriblem,ent poignant, mais aussi épuisant A petites doses.8 ail 12 juillet MUSIQUE S tête Ml'KH r FESTIVAL D’ORGUE 2003 Faculté de musique, Université McGill 0(91 8 juillet, 20h - Salle Redpath John Grew et Patrick Wedd Musique du XX’ siècle et Nicolas de Grigny ¦9 juillet, 20h - Église de l’Immaculée-Conception James David Christie Le XVIII' siècle en Allemagne du Nord 10 juillet, 20h - Salle Redpath Christopher Stembridge, orgue et clavecin .da cantare e sonare.11 juillet.20h - Église St-Jean-Baptiste Marie-Claire Alain, Widor et la famille Alain Bach 12 juillet, 15h - Abbaye St-Benoît-du-Lac Bernard Lagacé Admission : 15$ / 10$ (étudiants et aînés) Renseignements : (514) 398-5145 • l»s ttrganlsmts membres du COKHlMàtCOISMU Conseil québécois de le musique MIÎSIOITE sont Identifiés per le logo suivent : V Pour annoncer dans ce calendrier, communiquez avec Jacques Nadeau au 514.985.3454 U0FF FESTIVAL DE t JAZZ de Montréal Ce soir, mercredi 2 juillet : 5 concerts • 4 salles 17h30 TrloLML.20h30 Montréal Jazz Big Band 0) 2ih30 Ivanhoe Jolicoeur quartette 22h30 Montréal Jazz Big Band (2).23h30 Trio Nathalie Renault Quai des brumes.Entrée libre Lion d'Or.24$ (billet de soirée) Le Va-et-Vient.10$ Lion d'Or.(utilisez le billet de 20h30) Focaccia.8$ Demain: Journal de saWe [iks] (film) • Rodéoscopique • les Riens du tout: Mots d'Algérie • Vince • Générations • Julieiam« Particioez aux concours Quotidiens www.boniourmontreal.com « Svntonisez CISM 89.3 FM de lOhOO à midi Æ Billetteries • L’OBLIQUE 5)4 4991323 » BILLjJ,IE-R4'E-"ARTICULÉE 1-866'844-j www.LOFFfestivaldeiazz.com QutoecSS LKlKMiilt IIHilMl '«kl Ü.T» té 9L1 1 tAUSTE ?STODAM 1 muZZc ©NWf**
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