Le devoir, 17 août 2007, Cahier A
DÉCÈS DE MAX ROACH, UN DES DERNIERS GRANDS DU JAZZ PAGE B 2 » -?www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR Vol.X C V 111 NM85 ?LE VENDREDI 17 AOÛT 2007 88c + T A X E S = 1$ Bouée de sauvetage pour éviter la crise Les institutions financières s’entendent pour régler les problèmes de liquidités FRANÇOIS DESJARDINS Une poignée d’institutions financières, dont la Caisse de dépôt, le Mouvement Desjardins, la Banque Nationale et Deutsche Bank, ont mis en avant hier un effort concerté sans précédent visant à régler les problèmes de liquidités qui pèsent sur le marché canadien depuis quelques jours.Au moment même où se réunissaient ces acteurs, Bay Street en avait plein les bras: un trou de 200 points dès l’ouverture qui, au fil des heures, est devenu 400, 500, puis près de 600 points.La chute a soulevé l’enthousiasme chez les acheteurs d’aubaines, une demande si forte qu’elle a permis à la Bourse de Toronto de remonter la pente pour limiter ses pertes à 200 points, en baisse de 1,5 %.Wall Street a elle aussi connu une journée mouvementée mais a terminé la séance au point neutre.Parmi les grands joueurs qui se sont réunis hier à Montréal figuraient aussi l’Office d’investissement des régimes de pension du secteur public (fédéral), ABN AMRO, UBS, Barclays Capital, HSBC et Merrill Lynch.Ils souhaitaient dissiper la crise de confiance qui secoue un créneau particulier, celui du papier commercial adossé à des créances.En gros, il s’agit d’un titre qui s’appuie sur des créances telles que des hypothèques, des locations de voitures, des dettes de cartes de crédit et des prêts VOIR PAGE A 10: CRISE ¦ Autres informations en page A 7 Le Pérou sous le choc r-x » •r r^v i ^ LETTRES -+- Non au projet Rabaska La région, près de Québec, comprenant llle d’Orléans avec en face la rive sud du fleuve Saint-Laurent, est beaucoup plus que le lieu des gens qui ont la chance d’y demeurer.Elle représente une contrée exceptionnelle qui appartient à toute notre nation.Il y a donc obligation de protéger ses habitants contre tout abus et de la préserver de toute nuisance environnementale susceptible de la dégrader.Quand un consortium majoritairement étranger essaie d’y forcer l’implantation d’une industrie reconnue mondialement comme hautement dangereuse, et travaille à déloger les résidants de leur propriété, le refus ne doit pas venir uniquement de la population directement menacée.Un cri d’indignation doit surgir autant des élus qui nous gouvernent que de tout Québécois encore attaché aux valeurs de la nation.Hans Brandi Sainte-Pétronille, le 16 août 2007 De l’espoir Dans une entrevue à Antoine RobitaBle dans Le Devoir, Mario Dumont a dit appuyer l’idée présentée par la chef du Parti québécois Pauline Marois d’obtenir tous les pouvoirs en matière d’immigration.D a aussi dit à propos de la commission Bouchard-Taylor «J’ose dire sans exagérer que cette commission pourrait jeter les prémisses d’une constitution québécoise.» Enfin, dans La Presse, on apprend que deux citoyens de HérouxvïQe, MM.André Drouin et Bernard Thompson, présenteront un mémoire à la commission sur les accommodements dits raisonnables.M.Thompson vient de publier un livre sur «l’affaire HérouxviDe».«Comment se juM que ce soient des avocats et des juges qui gouvernent?», sinterroge-t-iL Selon kd, la question ne se réglera pas tant que les lois québécoises seront assujetties à la Charte des droits et libertés et à la Cour suprême.On prône quoi dais ce temps-là?, demande M.Thompson.«On pense un peu comme Bouchard, répond-î Je ne serais pas surpris que les accommodements aient un impact énorme sur la question de l’indépendance.» Enfin, Gérard Bouchard a dit que «dans tout le débat sur les accommodements raisonnables, les Québécois de souche se comportent avec les minorités issues de l’immigration comme s’ils formaient eux-mêmes une minorité sur leur propre territoire».Selon lui, on est devant «une majorité qui craint ses minorités» et donc, ajouterai-je, une majorité qui ne se comporte pas comme une véritable majorité, conséquence, selon moi, de la Charte de Trudeau, du multiculturalisme et de sa situation minoritaire dans le Canada.Vous aurez remarqué, enfin, que Pauline Marois a eu une réaction de souverainiste devant le problème de l’intégration des immigrants et qu’elle a forcé Mario Dumont à se comporter en pratique et concrètement comme un véritable autonomiste.Mis tous ensemble, ces éléments de l’actualité politique donnent de l’espoir et sont porteurs d’un avenir fort positif pour le Québec.Robert Barberis Longueuil, le 15 août 2007 Promesses tenues ou brisées?«Le monde ne s’est pas réuni à New York en 2000, à Doha en 2001, à Johannesburg et à Monterey en 2002, à Gleneagles et à New York en 2005 et à Heiligendamm en 2007pour formuler, refbrmu-ler et réaffirmer des promesses, que nous puissions ensuite briser.» C’est ce que soutenait Gordon Brown, premier ministre du Royaume-Uni dans son discours aux Nations unies en juillet 2007.Comment peut-il en être autrement?Du même souffle, je tiens à souhaiter la bienvenue à Mme Bev Oda, la nouvelle ministre de la Coopération internationale, qui peut si elle en a la volonté bien sûr, changer les choses pour les plus pauvres de la Terre, et ce, dès son entrée en poste.Au total, le rida, le paludisme et la tuberculose font près de six millions de victimes chaque année, principalement dans les pays les phis pauvres du monde dont ceux d’Afrique subsaharienne, où les systèmes de santé et la pauvreté alimentent les épidémies.Ces maladies associées de très près à la pauvreté extrême contribuent à peipétuer une souffrance monstrueuse et à miner tout espoir de s’en sortir pour des familles entières.Bonne nouvelle: nous disposons d’un mécanis- me pour enrayer ce désastre—le Fonds mondial de lutte contre le paludisme, le sida, et la tuberculose qui, au fil des ans, à tait ses preuves.Le Canada doit faire sa part pour réaliser les promesses faites au début du millénaire et peut le faire en contribuant au Fonds mondial D s’agit dès maintenant que la nouvelle ministre choisisse son camp.Sera-t-elle de celui qui tient les promesses faites au nom du Canada et les finance adéquatement, ou de celui qui tout simplement les brise?A vous de choisir, chère madame! Yvon Dupuis Gatineau, le 15 août 2007 Pour améliorer la sécurité routière J’ai un principe très facile d’application, d’une efficacité qui fera peur aux manufacturiers de grosses cylindrées, aux pétrolières et aux fous dangereux de la vitesse.De phis en plus, le système GPS sera un équipement standard dans les voitures.Déjà présentement, toutes les voitures récentes ont un ordinateur de bord qui a accès à plein de données, entre autres la vitesse de la voiture.Nos politiciens devraient imposer aux manufacturiers d’automobiles d’avoir dans les fichiers cartographiques du GPS les limites de vitesse de toutes les routes; l’ordinateur de bord de l’auto aurait accès à cette information et ferait ainsi savoir au conducteur qull dépasse la limite de vitesse permise.Le système aurait alors beaucoup de possibilités, comme celle de faire retentir une alarme en coupant le système audio et, après un certain temps, d’enregistrer l’infraction dans l’ordinateur de bord afin que la police puisse ensuite le consulter et sanctionner rinfractioa Très facile à réaliser, cela ne nécessite qu’un peu de programmation et aucun équipement nouveau.Ce système sauverait des centaines de vies au Québec et permettrait des économies d’essence moyennes par conducteur de 600 $, soit des milliards de dollars épargnés au Canada par année.(Référence: l’émission de RadioCanada Les Années lumière du 24 juin 2007.) Elio Gaudreault Lebel-sur-Quévillon, le 11 août 2007 LIBRE OPINION -?- Expliquez-moi, madame la ministre.NATALIE BACON Enseignante au primaire à l'école Plein Soleil de Sherbrooke Je m’apprête à entamer ma 15' année scolaire comme enseignante au primaire.Depuis l'annonce faite en juin par la ministre de l’Education, Michelle Courchesne, d’imposer le retour au bulletin chiffré uniformisé pour l’ensemble du Québec, je me questionne sur la faisabilité de cette directive.Je me rappelle l’époque où je «chiffrais» les apprentissages de mes élèves.Quand j’ai commencé à enseigner, pendant les années 1990, le programme était prescrit dans de volumineux documents ministériels («guides bleus»).Ces derniers préconisaient une approche par objectifs, judicieusement gradués afin de permettre à l’enfant d’apprendre, voire mémoriser des savoirs qu’il serait en mesure de répéter au besoin.Dans ce contexte, il allait de soi d’évaluer ces savoirs en y associant des notes en pourcentages: un nombre X de bonnes réponses, un pourcentage, une moyenne de groupe et le tour était joué.L'enseignement était alors conçu comme une technique de dévoilement des savoirs par un enseignant-technicien qui n’avait qu’à suivre des manuels approuvés par le ministère, à transmettre la matière aux élèves qui cumulaient les connaissances les unes à la suite des autres.Les résultats chiffrés en pourcentages se mariaient parfaitement avec cette conception de l’enseignement En 2001, la réforme, aussi maladroitement fut-elle annoncée, puis imposée dans le milieu scolaire, visait essentiellement à faire en sorte que les savoirs soient non seulement transmis, mais également construits par les élèves fie fameux socio-constructivisme).Ce nouveau programme de formation de l’école québécoise, étant formulé en termes de compétences, vise à développer la construction de savoirs.Le tout vise à placer les élèves dans des contextes réels et signifiants d’apprentissage afin qu'ils puissent intégrer de nouveaux savoirs plutôt que de simplement les additionner, sans faire de liens entre eux.Les élèves ne sont alors plus perçus comme des «vases à remplir», mais plutôt comme des apprenants actifs dans leurs démarches d’apprentissage.Au point de vue pédagogique, la conception de l’enseignant-technirien des années 1990 devait faire place au professionnel de l’enseignement, celui-ci étant apte à déployer un jugement professionnel relativement au développement des compétences de ses élèves.Comment est-il possible à ce moment pour nous, enseignants, de mettre en application un programme formulé par compétences tout en notant les élèves comme s’il s’agissait de simple transmission de connaissances «chiffrables»?Malheureusement, le programme de formation de l’école québécoise a été imposé aux enseignants sans qu’ils soient officiellement consultés, ni formés adéquatement Étant donné cette carence sur le plan de la formation des enseignants, ces derniers ont tenté d’«appli-quer» la réforme comme bon leur semblait, interprétant de diverses façons la lourde terminologie des programmes.Plusieurs enseignants en sont même venus à penser que la transmission de connaissances n’avait plus sa place Hans la salle de classe! D est pourtant clair que, sans savoirs, il ne peut y avoir de développement de compétences.De toute cette malencontreuse situation résulte un manque d’uniformité dans l’enseignement ainsi que dans l’évaluation, des insatisfactions justifiées chez les parents qui n’ont plus de points de repère, d’où le retour à des éléments connus de tous: les chiffres! Depuis toqjours, les chiffres ont su créer une illusion d’objectivité.Les chiffres sécurisent et renforcent les élèves qui réussissent bien, c’est tout naturel.En cette rentrée 2007, je me retrouve dans un cul-de-sac en matière d’évaluation.Je dois évaluer mes élèves de manière traditionnelle, quantitative, mais le programme que m’impose le ministère est complètement formulé de façon qualitative.Comment pourrais-je dire à un enfant de sept ans qu’il «lit à 53 %» en novembre prochain? LE DEVOIR, LE VENDREDI 17 AOUT 2007 A 9 DEES ¥ wê r W ¦ ) r « Les nouveaux arrivants ont en général dix ans de moins que le Québécois moyen.» Impact économique de l’immigration ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pour un débat éclairé BENOÎT DUBREUIL Docteur en philosophie, Université libre de Bruxelles n peut remercier Mario Dumont d’avoir lancé, probablement involontairement, le débat sur la capacité d’accueil de la société québécoise en matière d’immigration.Le concept de capacité d’accueil n’est pas inutile; il ne suppose bien entendu aucune xénophobie, mais demeure néanmoins ambigu.Déterminer la capacité d’accueil de notre société dépend des bénéfices que nous considérons tirer de l’im- migration, mais aussi des coûts que nous lui imputons.Considérant le halo idéologique qui entoure le débat, sans oublier les préférences divergentes observées au sein des différentes classes sociales, on peut douter que le débat se fasse sereinement Il serait donc souhaitable que les spécialistes interviennent dans le débat pour clarifier la pertinence des arguments utilisés par les différents partis.Cela pourrait commencer par l’argument démographique, utilisé à tort et à travers sans jamais aucun chiffre à l’appui, selon lequel l’immigration permet de combattre le vieillissement et de rajeunir la population québécoise.Si l’on en croit le démographe Jacques Henripin (Le Devoir, 13 août), l'utilité de l’immigration pour contrer le vieillissement de la population est marginale.Il faudrait doubler les seuils d’immigration actuels pour atteindre des résultats significatifs, alors qu’une hausse même légère de la natalité aurait un impact considérable.Je propose un calcul simple pour nous en convaincre: les nouveaux arrivants ont en général dix ans de moins que le Québécois moyen.Or, comme nous accueillons annuellement 0,6 % de notre population totale, il faudra attendre environ 15 ans pour réduire l'âge moyen des Québécois.d'un an.Peut-on parler d’un outil efficace contre le vieillissement L’argument selon lequel l’immigration pourrait contrer le dépeuplement des régions laisse lui aussi songeur.Toutes les initiatives prises en ce sens depuis 15 ans ont échoué.Cela n’est pourtant pas étonnant partout en Occident l’immigration est un phénomène urbain.Pourquoi en irait-il autrement ici?La seule raison pour laquelle le nombre d’immigrants s’installant en région augmente dans les statistiques officielles, c’est que l’agglomération montréalaise empiète de plus en plus sur le territoire de la Montérégie, de Laval, des Laurentides et de Lanaudière.Il ne faut pas confondre étalement urbain et régionalisation de l’immigration.Il serait également souhaitable que les économistes interviennent davantage pour clarifier les termes du débat Jean-Robert Sansfaçon soutenait récemment (Le Devoir, 14 août) que, grâce à une immigration trois fois plus élevée que la moyenne américaine et sans aucune commune mesure à l’échelle de l’Occident l’Ontario avait affiché une croissance économique largement supérieure à celle du Québec depuis 30 ans.C’est aussi convaincant que de dire que l’Inde est plus riche que le Danemark.Cela est strictement vrai, mais ne nous dit rien sur le niveau de vie dans les deux pays (cela ne change rien non plus au fait qu’une grande majorité de Québécois aimerait mieux vivre au Danemark plutôt qu’en Inde).Comme l’a montré Jean-François Usée à plusieurs reprises, la croissance supérieure de l’Ontario s’explique d’abord par une croissance démographique supérieure.Il y a plus de monde, donc, l’économie est plus grosse.C’est le contraire qui serait étonnant si votre population augmente de 10 % grâce à l’immigration et que votre économie ne croît pas dans la même proportion, alors votre niveau de vie baisse.Cela ne nous dit strictement rien cependant quant à l’impact de l’immigration sur le niveau de vie.Or, c’est lui, faut-il le rappeler, qui nous intéresse vraiment A ce titre, je ne me souviens pas avoir vu d’étude économique affirmant sans nuance que l’impact de l’immigration sur le niveau de vie était positif et en attendant que l’on nous en donne une démonstration convaincante — c’est-à-dire avec des chiffres —, mieux vaut considé- rer avec la plupart des économistes que cet impact est marginal.Un dernier point, plus sensible, est évidemment celui de l’impact de l’immigration sur la «cohésion sociale».On sait que l’incidence de la pauvreté chez les immigrants est deux fois supérieure à ce qu’elle est dans la population en général et que les minorités visibles sont deux fois plus touchées par le chômage.Ces résultats ne semblent pas dépendre de notre système de protection sociale particulier puisque tous les pays industrialisés — autant la Suède, la Belgique que les Etats-Unis — sont confrontés à des résultats semblables.Qui plus est, la ghettoïsation a atteint un stade inquiétant dans le domaine résidentiel, où se multiplient les enclaves ethniques, et dans le domaine scolaire, où 60 % des enfants issus de l’immigration fréquentent des écoles à majorité immigrante.A cela s’ajoute bien sûr la question linguistique, loin d’être réglée alors qu’un immigrant sur deux arrivé au cours des 25 dernières années utilise toujours l’anglais dans ses interactions publiques.Le problème est, bien entendu, que les Québécois ne sont pas tous également sensibles aux inégalités et aux risques de fragmentation sociale.Les membres des classes plus élevées et plus instruites manifestant généralement une insensibilité d’autant plus forte qu’ils ont la possibilité — résidentielle, scolaire, professionnelle et linguistique — de se protéger des risques associés à l’échec de l'intégration.Alors que le gouvernement Charest songe à augmenter le nombre d’immigrants de 30 % au cours des trois prochaines années, il est urgent de mener le débat sur notre capacité d’accueil, mais il faut espérer qu’il se fasse d’une manière informée quant aux conséquences démographiques, économiques, sociales et linguistiques de l’immigration.Il doit aussi se faire dans le respect des préférences de chacun, c’est-àdire en n’oubliant pas que certaines personnes sont plus sensibles que d’autres aux inégalités et à la fragmentation sociale.Réplique à Jacques Henripin Un système qui enrichit les choix familiaux CAMIL BOUCHARD Député de Vachon et porte-parole du Parti québécois en matière de famille ans l’édition du Devoir du 13 août dernier, le démographe Jacques Henripin est cité à l’effet que, selon lui, «[le système de services de garde à tarifs réduits] est d’une injustice absolument navrante pour celles et ceux qui privilégient d’autre façons d’éle- ver leurs jeunes enfants», ajoutant que «ce n’est pas à l’État de décider du mode d’éducation des enfants».Cette vue des choses, largement diffusée par l’Action démocratique du Québec, gomme un passé pas si lointain où les femmes étaient forcées de rester à la maison.Contrairement à ce que l’ADQ et ses partisans prétendent, l’introduction des services de garde à tarifs réduits a largement enrichi les choix familiaux sur la façon d’élever les enfants.Ces services de haute qualité ont permis à des milliers de femmes d’accéder au marché du travail, plus que dans n’importe quelle juridiction canadienne.Le changement a non seulement été important pour le bien-être des femmes, pour leur statut social et pour leur autonomie, mais a aussi permis à de très nombreuses familles d’améliorer leur sort financier.En permettent aux femmes de s’insérer dans le marché du travail, la création du réseau des services de garde à tarifs réduits a nettement contribué à améliorer les conditions économiques des familles associées à la décision d’avoir des enfants.Confier son enfant à des services de garde de haute qualité ne signifie pas que les parents abdiquent leurs responsabilités d’élever leur enfant Au contraire, les études montrent clairement que les enfants demeurent attachés bien davantage à leurs parents qu’à leur éducatrice lorsqu’ils fréquentent la garderie, ce qui illustre la place prépondérante que continuent d’occuper ces parents dans la vie de leurs enfants.La création des services de garde poursuit un objectif d’égalité des chances pour tous les enfants du Québec.Les Québécois ont répondu avec enthousiasme à cet objectif de donner accès à un environnement stimulant dès leur plus jeune âge à tous les enfants du Québec, et non seulement aux enfants des parents les mieux nantis.L’inquiétude que M.Henripin manifeste à l’égard de notre capacité à subvenir aux besoins d’une population vieillissante est légitime.La participation de ces enfants au milieu du travail et leur accès à des emplois mieux rémunérés parce qu’ils auront connu plus de succès à l’école fait partie de la solution.Il faut par ailleurs rappeler que c’est le gouverne- ment du Parti québécois qui a fait adopter en 2001 la Loi sur les congés parentaux, lesquels offrent les conditions de soutien à la maternité et à la parentalité les plus généreuses en Amérique du Nord.Les modifications récentes au régime des allocations pour enfants viennent compléter ces efforts que les Québécois ont appuyés pour aider nos jeunes familles.Lorsque Pauline Marois était ministre de la Famille, le Parti québécois a manifestement bien interprété les besoins des familles du Québec.Mais il reste encore beaucoup à faire, notamment en matière d’aménagement du temps pour la famille et aussi en matière de revenu.Or, ce n’est certes pas en ignorant les pas extrêmement importants qui ont été faits que nous ferons avancer la cause de la natalité au Québec.Ce n’est pas non plus en appauvrissant les femmes et en affaiblissant nos services de garde, comme le propose l’ADQ, que nous allons y arriver.Nous travaillons très fort au Parti québécois à préparer des positions qui répondront encore mieux aux besoins des familles québécoises.Mais nous devons le faire en respectant l’égalité des femmes et des hommes, en privilégiant une égalité des chances pour tous nos enfants et en améliorant la qualité de vie de nos familles.Équité pourl’UQAM! BERNARD ÉLIE Professeur au département des sciences économiques de l'UQAM Membre du conseil d'administration de 1995 à 2001 éjà largement sous-financée, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) doit subir, en plus, les conséquences des mésaventures immobilières de l’ancienne direction.Ces «égarements» ont entraîné ou entraîneront des pertes énormes, mais personne ne peut vraiment les évaluer avec exactitude.Une somme qui viendra hypothéquer le budget annuel de l’établissement, déjà très insuffisant Vouloir faire payer ces «dépassements» à partir de ce budget dit de fonctionnement (ce qui semble le scénario envisagé), c’est condamner l’université à sa perte.Le budget de fonctionnement annuel d’une université, budget qui doit être séparé du budget d’investissement est consacré en très grande partie au versement des salaires.Ce qui est normal, les universités transmettant et produisant du savoir.Vouloir rembourser les découverts dans les investissements immobiliers à partir du budget de fonctionnement, déjà en déficit, sera catastrophique.Ce qui fait la force et la réputation d’une université, c’est la qualité de ses employés, de ses chargés de cours et de ses professeurs.En moins de 40 ans d’existence, l’UQAM compte maintenant plus de 45 000 étudiants et détient une place enviable dans la recherche, une remarquable réussite.Qui dit mieux?Consacrer une importante partie du budget de fonctionnement annuel au remboursement du gouffre immobilier, c’est donc réduire le personnel et les salaires, c’est couper chez les artisans de ce succès.Déjà, l’embauche de nouveaux professeurs a été gelée.L’UQAM est l’université québécoise qui compte le plus d’étudiants par professeur.Réduire encore le nombre de professeurs, c’est s’attaquer à la substance même d’un établissement d’enseignement et de recherche.Les 45 000 étudiants et les 5000 membres du personnel de l’UQAM ont-ils à payer pour les incompétences des autres?Nous ne parlons pas ici uniquement de l'ancienne direction.lis cadres du siège social de l’Université du Québec (d’ailleurs à quoi sert ce siège?) et les hauts fonctionnaires du ministère de l’Education étaient-ils tous allés à la chasse aux papillons pendant plus de deux ans?Les établissements financiers ont-ils accordé des prêts énormes à l’UQAM uniquement sur la garantie des beaux yeux d’un employé, même s’il avait le titre de directeur des investissements?Soyons sérieux: comment ne pas conclure ici à des manquements graves aux plus élémentaires règles de gouvernance par ces «grands» gestionnaires?Ces inconduites doivent-elles être assumées par les plus faibles, par ies plus crédules, comme dans les grands scandales du monde financier de ces dernières années?De plus, comment croire à la responsabilité d’un seul homme, le recteur «démissionné»?En toute équité, il faut séparer le budget de fonctionnement de celui des investissements et permettre ainsi à l’UQAM de poursuivre sa mission, sans avoir à subir une hypothèque très lourde et trop injuste.Que les débordements immobiliers, qui ne sont pas le propre de la seule UQAM, soient assumés par les autorités de tutelle.Ces dernières ont erré et n’ont pas pris leurs responsabilités.La direction intérimaire est dans une situation extrêmement difficile.Comment nous résoudre à assister au déclin de l'UQAM?Le gouvernement du Québec doit sauvegarder, dans des conditions viables, une institution qui a contribué énormément au développement du Québec et dont le Québec a encore un grand besoin.te JACQUES GRENIER l.E DEVOIR Construction de l’îlot Voyageur de l’UQAM r Ecrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les anadyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, ijous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction &ledevoir.corn) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d'indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallairc (adjoint au directeur de l iuformatiou), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Degliae; Marie-Andrée Chouinard (iditorialislt, respousahle de la page Idées) Brian Myles justice et faits de société), Clairandrée Cauchy (Général)- Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet), Emilie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) laurence Clavel (pupitre), Jean-Guillaume Dumont.Philippe Papineau (pupitre) LouiseMaude Rioux Soucy fSratéJ; Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garncau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages tkématiqua) ; Martin Dudos, Michèle Malenbnt et CMsttne Dumaaet (mlrrtntrhJacmKsGnmkTetJacqursNadoau Iphotographes).b CMinnatinn cidturrfle Michel Brl»r {théâtre rtmhur Culture Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpctit (livres), Odile Tremblay frinému)Isabelle Paré (culture): A l'information économique Gérard Bérubé (ad/oint ou directeur de rinfermattau) Dominique Reny (pupitre), Éric Desrosiers.Claude Turcotte, François Desjardins: à l'information internationale : Jean-Pierre legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque.Guy Taillefer (adjoint au directeur de (ïipbrawfém), Serge Truffaut (éditorialiste).A l'information politique : Héléne Ruortti e Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction): Marii-Pler Frappier, Émilie Parent Bouchard (commis i la redaction) La documentation : Gilles Paré (dirrrleur' Manon Derome, Patrick Cossette (Québec), Monique Bhérer (Ollawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette.Jean de Billy, Jean-François Bossé, Dave Cameron, Marlène Côté, Christiane legault, Amélie Maltais.Claire Paquet, Martine Riopelle, Isabelle Sanchei Nadia Sebal, Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Sylvie Laporte, Marline Bérubé Secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (direclenr de production), Michel Bernatchei, Johanne Brunet, Danielle Cintara, Richard Des Cormiers, Donald Filion.Yannk-k Morin Nathalie Zemaitis, Olivier 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incompréhensibles, montrant des graphiques en couleurs et faisant des présentations PowerPoint Et à accorder des entrevues de surcroît Candide, le retraité avoue s’amuser de ce «petit cirque».«Je me sens un peu comme un bouffon.Si je suis ici, c’est uniquement à cause de ce gentleman-là», dit-ü, tout sourire, en pointant l’homme assis à côté de lui.Ce «gentleman», c’est le chercheur australien Dick Manchester, codirecteur de la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO), une sommité mondiale dans la recherche sur le pulsar.Séduit par l’histoire de Charles Schisler, Q a aussitôt invité ce dernier à venir partager son expérience inédite.Le chercheur avait été contacté par cet ancien sergent de l’armée américaine pour la première fois il y a deux mois.Le site où était situé le radar secret en Alaska avait été fermé, ce qui, du coup, rendait publique l’information qui y était rattachée.Quelques courriels phis tard, les doutes ont fait place à une certitude dans l’esprit du scientifique: M.Schisler a fort probablement été le premier au monde à avoir observé une étoile à neutrons appelé pulsar (contraction de «pulsation» et de «star»), ce petit astre peu brillant qui émet de brefs signaux électromagnétiques.Du missile balistique au pulsar Par un beau matin de l’été 1967, Charles Schisler était à son poste d’observation en Alaska pour surveiller une possible attaque d’un missile soviétique lorsque son écran a enregistré une sorte de pulsation qui venait d’un objet céleste.Intrigué, il a pris en note le jour et l’heure exacte à laquelle il avait enregistré ces données.Le lendemain, mû par la curiosité, il a constaté que le même signal étrange se reproduisait, mais quatre minutes plus tôt que la veille.Même scénario le jour suivant les signaux se manifestaient quatre minutes plus tôt.«Je n’avais jamais entendu parler de radioastronomie.Je ne savais pas trop ce que c’était et si ce que je notais avait une signification particulière.Parfois on perçoit des signaux qui sont dus à l’interférence», explique-t-il, avec le ton d’un conteur d’histoires.«Mais j’étais à 99 % sûr que je captais les signaux de quelque chose qui était vraiment loin dans le cosmos.» Pour lui, il n’était pas question d’intelligence extraterrestre.«J’avais la certitude que c'était un phénomène naturel.Mais c’était tellement loin.Je me disais que je n’avais aucune chance d'entrer en contact avec la source», dit-il, encore excité 40 ans après sa découverte.Fasciné, il s’était rendu à la bibliothèque de l’Université d’Alaska pour en savoir plus.Son pulsar venait de la nébuleuse du Crabe, et il s’est avéré avec le tenjps l’un des plus célèbres.A peine quelques mois plus tard, les observations de Jocelyn Bell Burnell et de son professeur à l’Université de Cambridge, Antony Hewish, étaient révélées au grand jour avant de faire l’objet d’un article dans la revue Nature, «fêtais pas mal sûr que leurs résultats avaient à voir avec ce que j’avais observé, favais trouvé neuf ou dix [pulsars] depuis.Je les avais donc précédés, mais je ne pouvais le dire à personne.Surtout pas à mes supérieurs.Ma mission était de surveiller le ciel pour prévenir les attaques de balistique et pas de regarder les étoiles, précise M.Schisler./étais de toute façon peut-être un peu trop rêveur.» Eh 1974, le premier prix Nobel de physique pour un sujet du domaine de l’astronomie était remis à Antony Hewish pour sa découverte du pulsar.L’absence de mention pour son étudiante Jocelyn Bell Burnell, qui avait fait les premières observations, avait soulevé une petite controverse à l’époque.M.Schisler a-t-il à son tour l’impression d’avoir raté sa chance?«Oh non!», lance-t-il dans un grand éclat de rire en levant les yeux au del «Jocelyn et Antony sont les vrais héros de cette aventure.» Use rappelle avoir déjà rencontré brièvement Antony Hewish au début des années 1980.Cette fois, au congrès de l’université McGill, il s’est contenté de le saluer.«Je ne vais quand même pas lui réclamer le crédit du pulsar», insiste-t-il avec humilité.N’empêche, selon Dick Manchester, l’ancien militaire à la retraite a néanmoins le mérite d’avoir poussé phis loin sa recherche.«Charles est allé plus loin et a finale-ment découvert, avant tout le monde, le premier pulsar, qui n’était pas le même qu’avaient observé les deux chercheurs de Cambridge, explique-t-il.Evidemment, beaucoup de choses auxquelles il n’a pas participé se sont passées en 40 ans Mais son histoire demeure intéressante.» En attendant, Charles Schisler sera introduit ce soir pour la première fois à toute une communauté d’astro-physiciens réunis à Montréal Reste à savoir à sa petite histoire aura l’effet d’une bombe ou passera, dans l’horizon de la science, aussi vite qu’une étoile filante.Le Devoir Des jeux vidéo traduits en français Des personnages de jeux vidéo comme Lara Croft et Super Mario devront peaufiner leur français, en vertu d’une initiative conjointe du gouvernement et de l’industrie pour augmenter le nombre de jeux offerts dans la langue de Molière.Le gouvernement du Québec et l'Entertainment Software Association of Canada sont sur le point de conclure une entente qui verra tous les jeux vendus au Québec être traduits en fiançais, selon ce qu’a appris la Presse canadienne.«L’entente sera annoncée très bientôt», a dit Nathalie Géli-nas, une porte-parole de la ministre de la Culture et des Communications, Christine Saint-Pierre.Mme Gélinas a refusé de fournir plus de détails concernant l’entente, mais une source au fait des négociations a révélé que les distributeurs de jeux vidéo auront la responsabilité de les offrir en français.- PC CRISE LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 É Place-des-Arts Ds sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 SUITE DE LA PAGE 1 commerciaux.D’une durée de vie qui varie généralement d’un à trois mois, ils trouvent preneur auprès des investisseurs institutionnels.Par exemple, les fonds de marchés monétaires, qui génèrent des rendements faibles mais sont perçus comme sécuritaires, en contiennent tous.Or le problème est le suivant la crise de confiance que vivent les marchés financiers depuis une semaine fait en sorte que certains émetteurs non bancaires, comme la firme torontoise Coventree, éprouvent depuis quelques jouis des difficultés à vendre ce papier commerdaL L’ensemble du marché du papier commercial au Canada frise les 120 milliards, dont les deux tiers sont occupés par les grandes institutions.Cette tranche n’est pas touchée par la crise.L’autre tiers, soit 40 milliards, est le territoire des firmes non bancaires comme Coventree.Depuis lundi, celle-ci a vu son action plonger de 70 %, passant de 12,98 $ à 3,70 $.Les acteurs financiers qui se sont réunis—sous l’œil de la firme de notation de crédit DBRS — ont donc convenu de transformer le papier commercial en obligations à terme à taux variable, avec des dates d’échéance liées à la date d’expiration des actifs sousjacents.Essentiellement, un moratoire et une restructuration de secours qui protongeront l’échéance des titres.La genèse de cette crise de confiance vient du secteur hypothécaire américain, en particulier le créneau des hy-potihèques à risque.Au fil des ans, ces hypothèques ont été regroupées par les jxéteurs puis refifes à des investisseurs sous forme de produits financiers sophistiqués.Or le taux de défaillance dont souffrent les hypothèques à risque a grimpé à 20 %, se soldant par la faillite d’au moins 50 prêteurs.D’abord limitées au monde hypothécaire, les inquiétudes se sont répandues parmi les investisseurs et s’attaquent maintenant à l’ensemble du marché du créditLa principale intéressée, Coventree, a diffusé un communiqué dans lequel elle accueille très favorablement l’entente et en analyse le contenu.Elle venait de concéder, quelques heures auparavant, que les besoins en liquidités de son papier commercial atteignent 1,6 milliard depuis hindi «Cestbon, le marché est en train de régler son problème lui-même», a dit Christian Godin, viceprésident à la firme de placement Montrusco Bolton.Le problème en question en est un de liquidités, de confiance envers le système, a-t-il ajouté.«Ce n’est pas lié aux actif sousjacents, qui sont de bonne qualité.En fait, c’est un signal nous indiquant qu’on arrive peut-être à un point de saturation dans la création de produits comme ça, a dit M.Godin.Il y en aura encore, mais les gens seront plus conscients qu’il y a des limites à redistribuer le risque.» D’autres ont insisté sur le caractère temporaire des mesures de sauvegarde.Selon un des économistes de Merrill Lynch, David Wolf, l’entente est louable, mais le ciel est toujours nuageux.«La crise n’est pas terminée, mais cette entente permet aux marchés de s’éloigner du gouffre pour le moment, ou du moins jusqu’à ce que la crise se pointe ailleurs dans le monde.» Cette crise, selon M.Wolf est déjà en tr^in de s’agiter dans le créneau du papier commercial aux Etats-Unis, un marché dix fois phis gros quid, soit 1200 milliards $US.La taille du marché américain pourrait toutefois rendre difficile un effort concerté comme celui qu’on vient de voir au Canada, où le nombre d’acteurs est plus petit et peut plus facilement être rassemblé autour d’une fable.D’ailleurs, le phis grand prêteur américain.Countrywide Financial, est passé aux aveux hier.La crise de confiance fait en sorte que la firme a beaucoup de difficulté à obtenir du financement à court terme.Résultat elle a dû avoir recours à la totalité de sa ligne de crédit bancaire de 11,5 milliards $US.La veille, Merrill Lynch avait écrit une note dans laquelle elle évoquait carrément une possibilité de faillite de Countrywide.Les banques approuvent La majorité des grandes banques ont diffusé hier un communiqué pour saluer le geste des acteurs réunis à Montréal et elles soutiennent les efforts visant à régler les problèmes de manière «ordonnée».Certaines, même, ont tenu à signaler qu’elles sont peu ou pas affectées.«Comme nous l’avons déjà dit, l’exposition de RBC à ce marché n’est pas très importante, a écrit la Banque Royale.RBC continue d’assurer un soutien secondaire actif à ses propres programmes de papier commercial adossé à des créances parrainé par RBC, qui n’ont pas connu de problèmes de liquidité.» Et en ce qui concerne ses fonds de marchés monétaires, ils fonctionnent normalement, a-t-elle ajouté.La Banque du Canada, habituellement discrète, a elle aussi pris la plume pour signaler la mesure.L’entente d’hier matin, a-t-elle déclaré, «donne l’occasion aux parties intéressées de régler les nombreuses questions complexes que soulève le marché du papier commercial adossé à des actifs».Selon elle, «ces initiatives devraient contribuer au bon fonctionnement des marchés financiers au pays».Le ministre des Finances, Jim Flaherty, s’est lui aussi montré «satisfait» des mesures annoncées.«Je suis conscient que des pressions distinctes s’exercent dans le marché des instruments de ce type dont les promoteurs ne sont pas des banques.Il est dans l’intérêt de toutes les parties que les promoteurs, les fournisseurs de liquidités (y compris les grandes banques internationales) et les investisseurs (y compris les grandes caisses de retraite) participent de manière constructive» pour assurer le bon fonctionnement des marchés.M.Flaherty, tout comme la direction de la Banque du Canada, avec laquelle il est en étroite communication, a également apprécié le fait que l’entente donnera le temps de bien analyser les titres et tout ce qui les entoure.Le Devoir PEROU SUITE DE LA PAGE 1 Nombre d’habitants ont dû passer la nuit dehors dans des villes qui ont subi des dégâts étendus.Le séisme a fissuré des chaussées d’autoroute et mis hors d’usage des câbles électriques et des lignes téléphoniques.«La première impression de l’équipe est que les dégâts sont graves, surtout en ce qui concerne les habitations», a déclaré Giorgio Ferrario, représentant de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour l’Amérique du Sud.Des vagues provoquées par le séisme au large de la baie de Paracas ont partiellement inondé la région, provoquant des dégâts matériels selon les pêcheurs.Hier, les sauveteurs dégageaient les décombres dans les villes à la recherche de survivants, et se rendaient aussi dans des villages isolés de la côte.Et les secouristes tentaient de gagner Ica tant bien que mal car plusieurs tronçons de la Panaméricaine, grande route côtière, sont devenus impraticables, et des bandits agressent les voyageurs en difficulté, ont rapporté des stations de radio.Le ministre péruvien de la Santé, Carlos Vallejos, qui parcourait hier la zone sinistrée, a exprimé la «difficulté» du plan de secours mis en œuvre après le séisme.«Rien qu’à Pisco, on a retrouvé 200 victimes», a indiqué le ministre, évoquant le chiffre de 69 victimes dans des villes voisines.Deux avions militaires ont acheminé au petit matin plus de 50 tonnes de couvertures, de médicaments et de vivres.Alors que l’hiver austral est rude sur la côte péruvienne, les sinistrés, qui ont perdu leurs maisons d’adobe — de la terre séchée maintenue par des claies de joncs —, manquent cruellement de tentes et de vêtements chauds, indiquent les pompiers sur place.«J’étais avec mes enfants quand le mouvement a commencé, et puis les murs se sont effondrés.Ma maison est détruite», a déclaré Milagros Meneses, 35 ans, dans la ville de Canete, au sud de Lima.«L’hôpital m’a donné une tente pour que les enfants y dorment.» A Lima, des employés de bureau sont sortis dans les rues précipitamment lorsque de grands immeubles ont tremblé à deux reprises pendant une vingtaine de secondes.Des coupures de courant se sont produites aux mêmes moments.Un tsunami de faible envergure a été détecté, mais il ne constituait pas de menace sérieuse et l’alerte a été levée rapidement Le président péruvien, Alan Garcia, a présenté ses condoléances aux familles des victimes et a déclaré que son pays avait échappé de peu à un désastre.«Heureusement, cela n’a pas provoqué de catastrophe avec un nombre immense de victimes», a-t-il dit Dans la capitale, les réseaux de téléphonie mobile ont été interrompus.Le ministère de la Santé a proclamé un état de catastrophe naturelle et le trafic était perturbé à l’aéroport international.«Je jouais au football quand le séisme s’est produit et j’ai dû retourner rapidement à mon bureau car je suis responsable de la sécurité.Maintenant, je vais m'occuper de ma famille», a dit Juan Francisco Acevedo, 29 ans, qui travaille dans une entreprise de télécommuni- cation.«Les gens se serraient dans leurs bras et pleuraient de peur dans les rues», a rapporté une autre habitante de Lima, Cristyane Marusiak.Dans un premier temps, l’Institut de surveillance géologique américain (USGS) avait annoncé que deux tremblements de terre distincts étaient en cause.Les géologues américains ont par la suite évoqué une seule secousse, dont l’épicentre se situait à 145 km au sud-est de Lima, à une profondeur de 40 km.Neuf répliques ont suivi avec des magnitudes oscillant entre 4 et 6.Selon l’institut américain, il y a en moyenne seulement un séisme de magnitude 8 ou plus par an.Ce séisme au Pérou est cependant le second de l’année 2007: le précédent avait frappé les îles Salomon en avril, avec une magnitude de 8,1, tuant 54 personnes.En 1970, le Pérou avait été frappé par l’un des séismes les plus meurtriers de l’histoire: 50 000 personnes avaient péri dans l’ensevelissement de la ville de Yungay, au nord de Lima, sous des tonnes de glace et de boue.Le précédent séisme important, qui s’était produit en 2001 dans la région d’Arequipa, avait tué 75 personnes et détruit 25 000 habitations.Un pays à haut risque sismique Le séisme meurtrier n’a pas surpris les scientifiques car il s’agit d’un phénomène récurrent dans ce pays situé à la frontière de deux plaques tectoniques.Ce tremblement de terre s’est en effet produit dans la «Ceinture de feu», une zone de plaques qui entoure l’océan Pacifique et où se sont produits les 13 plus importants séismes depuis 1900.Le long de la côte ouest de l’Amérique latine, les plaques Nazca et sud-américaine convergent et créent une zone de subduction, c’est-à-dire qu’une plaque «plonge» sous une autre lorsqu’elles se rencontrent et s’entrechoquent, ce qui engendre des tremblements de terre.«C’est une région très active, une des plus actives du monde», a déclaré Pascal Bernard, sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris.Le 3 octobre 1974 et le 12 novembre 1996 s’étaient produits deux tremblements de terre, de magnitude 7,6 et 7,7 respectivement, dont les épeentres se situaient dans la même zone géographique que celui de mercredi.La secousse étant proche d’une zone côtière, le risque d’un tsunami avait également été envisagé par les autorités péruviennes.«On considère qu’il y a un risque de tsunami à partir d’une magnitude 7,9 ou 8.Mais des raz-de-marée sont provoqués avec des magnitudes beaucoup plus basses parfois.L’alerte a donc été déclenchée à bon escient même s’il ne s’est rien passé», justifie M.Bernard.Du fait de son importance, la secousse sismique de mercredi pourrait également affecter les plaques tectoniques environnantes et engendrer d’autres tremblements de terre.«Un grand séisme comme celui du Pérou peut perturber les plaques voisines.On peut donc s’attendre à des répliques.Selon les statistiques, on pourrait y avoir plusieurs séismes de magnitude 6 durant ces prochains mois», précise M.Bernard.Agence France-Presse et Reuters Pour une aide canadienne au Pérou Les représentants du Pérou au Québec appellent les gouvernements fédéral et provincial à prêter assistance à la population éprouvée par un puissant séisme dans les régions d’ica, de Pisco et de Lima, la capitale.En entrevue téléphonique, la ministre québécoise des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, a dit être bouleversée par cette «catastrophe hors du commun», mais elle n’était pas en mesure, hier, de préciser quelle forme pourrait prendre l’aide que le gouvernement Charest offrira aux Péruviens.Selon elle, «l’heure est à la compassion».Mme Gagnon-Tremblay a tout de même indiqué que son ministère disposait de certains fonds qui pourraient être débloqués.Les porte-parole du ministère fédéral des Affaires étrangères n’ont pas retourné les appels logés.Les deux gouvernements tentent de vérifier si des Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 3650305 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 514-985-3399 514-985-3390 Québécois ou d’autres Canadiens ont été victimes du séisme.Alors que les morts se comptent par centaines, le consulat général du Pérou à Montréal a lancé une campagne pour recueillir les dons de la communauté péruvienne et de l’ensemble de la population.Le consul adjoint, Miguel Gamarra, a précisé qu’un compte spécial avait été ouvert à cette fin.Mme Gagnon-Tremblay a invité les Québécois à se montrer généreux.Quelque 18 000 Péruviens habitent le Québec, la vaste majorité à Montréal.M.Gamarra attend une réaction concrète du Canada et du Québec.Il note que «les différents pays sont en train d’organiser l’aide humanitaire», et se dit convaincu qu’au Québec, «la réaction sera très positive» et que les Péruviens pourront compter sur leurs amis dans ces moments difficiles.Presse canadienne Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@tedevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 BOUCHARD SUITE DE LA PAGE 1 pour le Québec.Et il s’adresse un reproche: «Je n’ai jamais contribué à bâtir cet argumentaire.» Ainsi, dans le grand public — les «gens qui ne sont pas des intellectuels mais qui regardent les nouvelles à TVA ou à TQS, dans le meilleur des cas au téléjournal» —, comment arriveront-ils, Charles Taylor et lui, à «déconstruire» les discours fréquents, qu’il présente ainsi: «C’est bien plus simple quand on est tous pareils.Il est alors plus facile de prendre des décisions car les débats sont plus rapides, les gens partageant les mêmes codes.» Littérature Dans l’autre camp, celui des chercheurs qui tentent de mesurer les effets de la diversité, il y a une littérature qui se développe depuis quelques années, à laquelle le sociologue Robert Putnam vient d’apporter une contribution importante avec son article «E Pluri-bus Ununr Diversity and Community in the Twenty-First Century» (publié dans la revue Scandinavian Political Studies).Ceux-là croient démontrer que la diversité nuit, par exemple, à la solidarité, au moins dans un premier temps.Avec de bonnes politiques publiques, les choses peuvent être corrigées à moyen et à long terme, estime M.Putnam.Mais M.Bouchard se montre plutôt critique envers ce dernier.Il note dans un premier temps que plusieurs chercheurs ont démontré que les indicateurs de solidarité ou de «capital social» de Putnam étaient sans doute dépassés.Les composantes de la vie et des liens communautaires se sont transformées.Il faudrait mesurer autre chose pour découvrir un autre capital social.Deuxièmement, Putnam met «peut-être sur le compte de la diversité ce qui doit être imputé aux pathologies,de la société américaine».Putnam n’a étudié que les Etats-Unis.«S'il travaillait sur le cas de Montréal» avec les indicateurs choisis, sans doute que les résultats seraient différents, argue M.Bouchard.Malgré la grande diversité de la métropole, les statistiques sur la santé sont bonnes, la ville est «remarquablement sécuritaire» et la démocratie ne «s’y porte pas trop mal», soutient-iL Au Canada anglais, fait remarquer M.Bouchard, il y a des auteurs, comme Keith Banting et Wlü Kymlic-ka, qui cherchent à répondre, avec force données, aux arguments comme ceux développés par Putnam.(Notamment dans Multiculturalism and the Welfare State: Recognition and Redistribution in Contemporary Democracies, Oxford University Press, 2006.) Le Devoir Ottawa veut éliminer les gras trans Ottawa — La Ville d’Ottawa reprend sa guerre contre les gras trans.Le conseil municipal s’apprête à adopter un projet visant à éliminer leur présence au sein des établissements et des programmes qu’elle finance.Si le projet de règlement est approuvé, la Ville ne renouvellera plus à compter du 1er janvier 2008 ses contrats à terme avec les fournisseurs d’aliments et les traiteurs qui refusent d’offrir des produits sans gras trans.La Ville fait ainsi volte-face, puisqu’elle avait décidé dans un premier temps de ne pas intervenir dans cette croisade alimentaire.Mais le projet proposé par le conseiller Alex Cullen au Comité des services communautaires et de protection d’Ottawa est moins strict qu’à l’origine et devra obtenir l’appui de la majorité du conseil à la séance du 29 août Le projet de règlement d’Ottawa couvre ses cantines, ses machines distributrices et ses cafétérias dans les arénas, dans les piscines et les parc municipaux, ainsi que dans les établissements de soins de jour et les maisons de soins de longue durée financés par la municipalité.«Dès le début de 2008, tous les contrats prenant fin ne seront renouvelés que si les fournisseurs sont en mesure d’offrir des produits sans gras trans.» - PC Les abonnements Au téléphone 514-9853355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-9855967 Par cournel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-9853346 Par télécopieur 514-9853390 au samedi par Le Devoir Inc.dont le slèj autorisée à employer TT T.i ixfil , .ZZZX ", ™*>nnuei aom ia cause, les proauiis ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.SI vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces oriranisaiionH vphIII»», —n—T,— - î^rmïilnn?™lil!L,Urf2050irln(Qutfwc).H3A3M9.Il pst imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, divisiim de Imprimeries Quebecor ’ne 612 rue Saîm lBrn ^n™^ U" C.ïnitè£ U £l"™re»1 Publi* du t h diffuser les informations publiées dam h l)rmr.I» Orvoir est distribué par Messaifi-ni-s Dynamiques, division du t.roupe Québécor Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication - Enregistrement n-0858 népéi iégai Blbliothéoue^t Ar hTv ' Pre5,e tanadifnn''e"1 lundi A
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