Le devoir, 11 septembre 2003, Cahier A
11 SEPTE w w w BRE 2001 < ages A7, B1 et B ledevoir.com LE DEVOIR «Va-t-on permettre le mariage père-fille?» vmm JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Nous demandons aux hommes et aux femmes politiques catholiques, comme à tous les catholiques d’ailleurs, de former leur conscience dans la prière, par la lecture attentive des Écritures et çar l’écoute respectueuse de l'enseignement de l’Église», a indiqué hier M" Jacques Berthelet, éveque de Saint-Jean-Longueuil et président de la CECC.Oui à l’égalité, non à l’uniformité Mariage gai: les évêques réitèrent leur position Pas de proportionnelle au prochain scrutin Les Québécois devront patienter jusqu 'aux élections suivantes KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le gouvernement du Parti libéral n’entend pas mettre en place un mode de représentation proportionnelle lors des prochaines élections générales.Les Québécois devront patienter jusqu’au scrutin suivant Se disant confronté au réalisme politique, le ministre délégué à la Réforme des institutions démocratiques, Jacques Dupuis, refuse d’adopter à toute vapeur des changements aussi profonds.Il maintient toutefois son engagement de présenter au printemps prochain un projet de loi.Le ministre Dupuis a apporté hier ces précisions alors qu’il prenait la parole devant les participants au colloque sur la réforme des institutions démocratiques organisé par l’Institut de recherche en politiques publiques.Mais là où d’aucuns verront un recul compte tenu de ses déclarations de juillet dernier au moment de l’étude des crédits budgétaires, Jacques Dupuis assure qu’il s’agit plutôt d’une mauvaise interprétation médiatique de ses intentions.«Les journaux ont conclu que c’était pour une application lors des prochaines élections.Ce que je dis aujourd’hui, c’est que ce qui m’importe, c’est que les changements soient bien faits, qu’il y ait le plus large consensus possible.On va prendre le temps qu’il faut pour mettre les changements en force avant de faire une élection avec un nouveau mode de scrutin.En tout réalisme, il m’apparaît plus probable qu’on ne pourra pas tenir la prochaine élection avec un nouveau mode de scrutin mais que ce soit le cas pour l’élection suivante», a soutenu aux journalistes M.Dupuis.Or, dans son discours inaugural, le premier ministre Jean Charest a présenté la réforme des institutions démocratiques, y compris la modification du mode de scrutin, comme l’un des grands travaux à réaliser en cours de mandat Quoi qui en soit M.Dupuis assure qui ne faut rien bousculer afin de faire une «application soignée» du changement Pour étayer sa position, ce dernier rappelle que le Directeur général des élections aura besoin d’au moins un an et demi, une fois que le projet de loi sera adopté, pour faire les ajustements qui s’imposent Le ministre s’est fixé comme échéance la fin de 2004 pour l’adoption d’une réforme du mode de scrutin.En juillet 1 affirmait que «le temps des discours est révolu».Hier encore, M.Dupuis affirmait à la centaine de participants au colloque qu’il n’est pas question de faire une vaste consultation populaire avant le dépôt du projet de loi.Le ministre a toutefois commencé à rencontrer des groupes intéressés par le dossier, dont le Mouvement pour une démocratie nouvelle qui a relancé le débat public il y a deux ans.Après le dépôt du projet de loi, qui comportera VOIR PAGE A 8: SCRUTIN JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Modifier la définition du mariage, comme le gouvernement fédéral entend le faire, est une option dangereuse qui pourrait avoir des conséquences insoupçonnées, croit M*' Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal.«Si le mariage devient l’union de deux personnes qui s’aiment, va-t-on permettre le mariage entre un frère et une sœur?Entre un père et sa fille?Entre une mère et son fils?», demande-t-ü.Ces appréhensions peuvent sembler farfelues, mais M*'Turcotte, qui se défend bien de vouloir «charrier», est convaincu qu’«on n'a pas idée des conséquences que cela pourrait avoir dans le futur».Dans un message adressé aux catholiques, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CÈCC) a demandé hier que la définition traditionnelle du VOIR PAGE A 8: MARIAGE Commandites fédérales Paul Coffin est mis en accusation pour 18 fraudes Le président de Communication Coffin risque une peine de dix ans de prison pour chacune des 15 accusations de fraude dépassant 5000 $ BRIAN MYLES LE DEVOIR Le scandale du programme fédéral de commandites a débouché hier sur une première mise en accusation, celle de Paul Coffin, pour 18 fraudes à l’encontre de l'État canadien qui totalisent 1,9 million de dollars.Le président de Communication Coffin se serait lui-même livré aux policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en fin de journée mardi.Il a été libéré sur promesse de comparaître en cour le 18 novembre prochain.À l’issue d'une enquête de 16 mois, la section des délits commerciaux de la GRC (division Québec) a porté 18 accusations contre Coffin pour des fraudes commises entre le 9 juin 1997 et le 9 janvier 2002.Le délit le moins important porte sur une somme de 529 $ que Coffin aurait détournée du gouvernement fédéral dans le cadre d’un contrat de commandite pour l’événement La Clef des champs de Dunham.Le délit le plus important porte sur une somme de 548 000 $ qu’il aurait frauduleusement arrachée du fédéral pour le contrat de commandite des événements Cascar Superse-ries (courses de stock cars) de 1997 à 2001.Communication Coffin a servi d'intermédiaire pour placer des commandites d’Ottawa auprès de plusieurs événements, prenant une commission au passage.Dans le cadre de ces contrats, l’entreprise montréalaise aurait aussi fabriqué de fausses factures dont elle aurait exigé le paiement par, le gouvernement fédéral et aurait surfacturé l’État pour des services rendus à moitié.Paul Coffin risque une peine maximale de dix ans de pénitencier pour chacune des 15 accusations de VOIR PAGE A 8: FRAUDE « Ce qui m’importe, c’est que les changements soient bien faits, qu’il y ait le plus large consensus possible» « Pour le moment, une seule enquête est terminée, mais il y a d’autres enquêtes en cours» Ben Laden refait surface REUTERS Doubaï — À la veille du 11 septembre, al-Jazira a diffusé hier des images montrant Oussama ben Laden et son bras droit, l’Égyptien Ayman al-Zaouahri, ainsi que des enregistrements attribués aux deux hommes les plus recherchés de la planète.L’un de ces documents so-Oussama nores, attribué à Oussama ben La-ben Laden den, loue le «courage» des auteurs des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone.«Quiconque souhaite apprendre la loyauté et llumnêteté VOIR PAGE A 8: BEN LADEN INDEX Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Décès.B6 Économie.B 3 Éditorial___A6 Idées.A 7 Météo.B6 Monde.A 5 Mots croisés.B 6 Sports.B6 Télévision.B 7 rs» Eliminer les tics en gérant mieux ses frustrations Un chercheur québécois met au point une nouvelle thérapie PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Clignements des yeux, raclements de la gorge, grognements, rangements des ongles, grincements de dents, tripotages des doigts, tous ces tics qui handicapent environ 8 % de la population québécoise peuvent disparaître à la suite d’une thérapie psychologique de type cognitivo-comportementale.Un chercheur du Centre de recherche Fernand-Seguin (CRTS) qui a mis au point cette thérapie en a éprouvé l’efficacité avec succès dans le cadre d’une étude scientifique.Autant les tics simples chroniques, comme les soubresauts de la joue, les tressaillements du genou, les haussements d’épaule et les reniflements, que les plus complexes désordres d’habitude, qui consistent par exemple à se tirer les cheveux, à se gratter le visage jusqu’au sang ou à serrer et desserrer les mains inlassablement, voire à proférer des jurons tout en enclenchant un rituel de mouvements répétitifs comme le font les personnes souffrant du syndrome Gilles de la Tourette, provoquent un profond sentiment de détresse chez les personnes qui répètent sans cesse ces comportements bizarres et involontaires.Qu’ils soient complexes, multiples ou simples, ces tics constituent un véritable problème de santé, contrairement aux manies qui ne représentent qu’une fâcheuse tendance — jouer avec un trombone ou taper du doigt, par exemple — sans grandes conséquences sur la qualité de vie.«Les tics sont toujours autodestructeurs», souligne Kieron O’Connor, psychologue-clinicien et chercheur au CRFS affilié à l’hôpital Louis-H.-Lafontaine et l’Université de Montréal.«Les personnes aux prises avec un tic peuvent se tirer les cheveux jusqu’au point de devenir chauves.Elles peuvent grincer des dents jusqu’à en arriver à les user complètement.Elles peuvent se gratter la peau jusqu 'au sang.» Les tics handicapent environ 8 % de la population québécoise VOIR PAGE A 8: TICS I>*cTruR, J’Ai UN T.'C MCPVÉUX , AWwaaaAnT Pour Ifs AuTR£î.'/W « ?* LE DEVOIR, LE JEUDI II SEPTEMBRE 2003 Programmes régionaux intégrés d'information, de suivi médical et d'enseignement MALADIES CHRONIQUES S’attaquer ensemble aux maladies respiratoires et au diabète L'asthme est une maladie chronique qui occasionne chaque année au Québec plus de 760 000 visites chez le médecin, 100 000 visites à l'urgence, 56 000 jours d'hospitalisation, 325 000 journées de travail perdues, 4 000 appels pour des services ambulanciers et près de 150 décès.On estime à plus de 700 000 le nombre de personnes aux prises avec l'asthme.• • • Le programme PRIISME améliore la santé des personnes atteintes de maladies chroniques par un enseignement personnalisé aux patients et par une formation particulière aux professionnels de la santé.PRIISME est un modèle unique de partenariat public-privé dans le réseau de la santé et des services sociaux, cité en exemple dans le rapport de la Commission Clair.Les partenaires, soit du programme PRIISME - santé respiratoire ou PRIISME - diabète, sont : • Les Régies régionales de la santé et des services sociaux • Le Collège des médecins du Québec • La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec • La Fédération des médecins spécialistes du Québec • L'Association des CLSC et des CHSLD du Québec • Les hôpitaux du Québec • L'Ordre professionnel des diététistes du Québec • L'Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec • L'Ordre des pharmaciens du Québec • L'Association pulmonaire du Québec • Le Réseau québécois pour l'enseignement sur l'asthme et des MPOC • Diabète Québec • Acti-Menu • Bayer - Produits diagnostiques • GlaxoSmithKline Inc.Depuis 1999, plus de 9 millions de dollars ont été investis au Québec dans différents projets PRIISME.D'ici 2005, le programme comprendra 35 projets régionaux.• • • PRIISME - asthme et MPOC a formé plus de 2 500 professionnels de la santé (médecins, pharmaciens, infirmières et inhalothérapeutes) dans la gestion optimale de la maladie et rejoint plus de 25 000 patients asthmatiques.\/ PRIISME a contribué à réduire de 30 % à 50 % le nombre de visites à l'urgence et d'hospitalisations, et à diminuer de façon significative fabsentéisme au travail et à l'école.En favorisant la gestion optimale de la maladie et Vutilisation appropriée des médicaments, PRIISME s'inscrit tout à fait dans la poursuite des objectifs et des stratégies relatives aux maladies chroniques du nouveau programme national de santé publique ^ 2003-2012 du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.Une initiative de En ligne www.ccmm.qc.ca/PaulMartin > Renseignements (514) 871-4000, poste 4001 » >BIM*t(s) Membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et de la Jeune Chambre de commerce de Montréal : 60 $ »Non-membres : 90 $ > »Table(s) de 10 Membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et de la Jeune Chambre de commerce de Montréal : 540 $ »Non-membres : 900 S Taxes en sus Présenté p* Richter En attociahon «v»ç •—'"’TELUS EN BREF Le Rwanda proteste (Le Devoir) — Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération du Rwanda a déploré hier, par l’entremise de son consul général à Montréal, la décision prise en début de semaine par la Cour d’appel fédérale dans l’affaire Léon Mugesera.Ce Rwandais vivant dans la région de Québec faisait face à une mesure de renvoi parce qu’on l’accusait d’avoir incité son peuple au génocide des Tutsis en 1992.Mais le juge Robert Décary n’a pas trouvé pertinents les motifs invoqués par le gouvernement pour justifier l’expulsion de l’homme.«Monsieur Léon Muge-sem a été l’un des idéologues du génocide au Rwanda», estime toutefois le gouvernement rwandais.Choquées et stupéfaites par le jugement rendu, les autorités rwandaises qualifient la chose «d’erreur de jugement» qui laisse croire qu’un «génocide en Afrique est un événement sans importance» et espère que le gouvernement fédéral interjettera appel contre ce «jugement inique», conclut le communiqué de presse.De Sherbrooke à Kaboul (PC) — Les quelque 2000 soldats canadiens qui seront déployés en Afghanistan en janvier 2Ô04 suivront un entraînement intensif en milieu urbain, à Sherbrooke, du 1" au 8 décembre.Sherbrooke a été retenue à cause entre autres de sq proximité avec Fort Drum, dans l’Etat de New York, où se tiendra un autre entraînement en novembre, mais aussi en raison de la «similitude du terrain de Sherbrooke avec celui de Kaboul».\ 1 LE DEVOIR.LE JEUDI II SEPTEMBRE 2003 LE DEVOIR POLITIQUE c * (99cL) M i c h e l David ?Sortir du guêpier Il y a six mois, l'avenir de Jean-Marc Fournier semblait bien incertain.Lui-même reconnaissait que sa réélection dans Châteauguay s’an-noqçait problématique.A l'époque, le PQ semblait en voie de réaliser la remontée du siècle.Certains soupçonnaient M.Fournier de souhaiter intérieurement d’être battu dans son comté afin de faire le saut sur la scène fédérale aux côtés de Paul Martin.En 1990, il dirigeait la campagne au leadership de M.Martin au Québec.L’ascenseur avait été un peu long à redescendre, mais si Lucienne Robillard, nettement moins talentueuse, avait pu faire une carrière honorable, quoique discrète, à Ottawa, pourquoi pas lui?On lui prête de très hautes ambitions, mais il y a tout de même des limites à poireauter dans l’opposition.M.Fournier ne souhaitait surtout pas devenir ministre des Affaires municipales.Il se voyait plutôt aux Transports, mais le prolongement de l’autoroute 30 dans son comté risquait de le placer dans une situation embarrassante.C’est plutôt à Pierre Paradis que Jean Charest aurait pu refiler la patate chaude des défusions sans se soucier qu’il se casse la figure, mais il a préféré régler son cas de façon plus expéditive.M.Charest n’a cependant pas fait un mauvais choix.S’il y en avait un autre que M.Paradis qui avait une chance de sortir le gouvernement du guêpier dans lequel il a eu la maladresse de se fourrer, c’était bien Jean-Marc Fournier.Si Louise Harel avait la réputation d’être particulièrement tordue dans ses stratégies, il est sans doute le ministre le plus «ratou-reux» du cabinet actuel.Qu’il ait hérité du dossier municipal n’est finalement pas si étonnant Il y a cependant une grande différence entre les deux.Mme Harel et plus encore Lucien Bouchard étaient animés par une certaine vision de l’avenir, même si on peut la contester.Jean Charest et son ministre ne font que gérer un calendrier politique.À tort ou à raison, M.Charest est convaincu que sa résurrection a commencé au congrès libéral d’octobre 2000, quand il a ouvert la porte aux défusions.Ce n’était peut-être pas très responsable, mais il avait enfin dit quelque chose d’un peu significatif.Jusque-là, les Québécois ne l’écoutaient même plus.Le premier ministre se souvient aussi du prix qu’il a payé pour son virage à 180 degrés au début de la campagne électorale de 1998, quand il a soudainement abandonné le modèle Harris, qui était une sorte de version préliminaire de la «réingénierie» qu’il propose aujourd’hui.Il s’est alors juré qu’on ne l’y reprendrait plus.Ce n’est qu’à la toute dernière minute qu’il a accepté de faire une profession de foi dans les nouvelles villes, lors du débat des chefs.Il est donc illusoire de s’imaginer qu’il puisse reculer, d’autant moins qu’il ne voit sincèrement pas ce qu’il y aurait de si dramatique à démembrer les municipalités regroupées de force par le gouvernement précédent Réclamer le retrait pur et simple du projet de loi 9 est peine perdue: le processus est désormais irréversible.M.Fournier est également convaincu que le plus vite l’affaire sera réglée, le mieux ce sera pour le PLQ, l’important étant de laisser à la poussière le plus de temps possible pour retomber d’ici les prochaines élections.Tous les députés libéraux ne sont pas aussi enthousiastes à l’idée de se lancer dans une affaire aussi hasardeuse, mais il existe un noyau dur qui ne permettrait pas à M.Fournier de se défiler si l’envie lui en prenait.Ce sont les députés anglophones de l’ouest de Montréal, bien sûr, mais également ceux de la rive sud de Montréal et de la région de Québec, qui doivent leur élection aux promesses de défüsion.Pour peu que la loi ne devienne pas une «autoroute des défusions», l’entourage du maire L’Allier demeure cependant confiant de conserver la nouvelle ville de Québec à peu près intacte.En revanche, personne ne se fait d’illusions sur le sort qui attend Longueuil.Avec ses manières de butor, le maire Olivier est d’ailleurs considéré comme un handicap par la plupart de ses collègues opposés aux défusions.À l’hôtel de ville de Montréal, Westmount et Pointe-Claire, dont les associations de citoyens comparaissaient en commission parlementaire hier, sont déjà jugées irrécupérables, mais leur départ ne serait pas la fin du monde.On se soucie encore moins des anciennes municipalités lilliputiennes, comme Baie-d’Urfé ou Senneville.Les vrais enjeux sont plutôt Saipt-Laurent, Dorval ou encore Anjou.À défaut de pouvoir convaincre le gouvernement du bien-fondé des fusions, l’objectif du maire Tremblay est de lui faire comprendre que le coût politique des défusions serait très élevé pour le PLQ et qu’il se trompe en pensant que le plus tôt sera le mieux Actuellement, la question fait peut-être couler beaucoup d’encre, mais tout fonctionne relativement bien.C’est à partir du moment où la nouvelle ville sera démembrée que les vrais problèmes commenceront pour le gouvernement, qui mettra des années à recoller les morceaux sans parler du danger de précipiter Montréal dans une nouvelle crise linguistique.Mercredi, le maire LAllier a évoqué un scénarip auquel M.Fournier n'avait sans doute pas songé.À défaut d’une nouvelle ville «pleine de trous», il réclamera lui aussi un retour à la situation originelle.En revanche, la perspective de la démission de Jean Garon à Lévis n’a pas dû chagriner beaucoup le ministre.Le délai de deux ans que réclame M.Tremblay pour faire la démonstration des mérites de la nouvelle ville est en réalité une porte de sortie qu’il offre au gouvernement D se peut que le maire s’illusionne et que les défusionnistes ne décolèrent pas, mais personne ne pourrait alors reprocher à M.Charest de ne pas avoir fait son possible pour la réussite de la nouvelle ville.De toute manière, au point où ü en est qu’a-t-il à perdre?mdavid@ledevoir.com Les défasionnistes refusent tout compromis Gare à la balkanisation, dit Pierre Bourque ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Les défusionnistes de Westmount et de Pointe-Claire ont prié le gouvernement de ne pas retarder les référendums sur les défusions et de ne pas toucher à la règle de la majorité simple pour en déterminer l’issue.Après les maires qui défendaient les villes nouvelles mardi, le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier, a accueilli, hier, à la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 9 sur les défusions, la présidente de l’arrondissement de Westmount, Karin Marks, ainsi que deux de ses conseillers, Cynthia Lulham et John de Castell.S’est présentée aussi l’Association municipale de Westmount, un regroupement de bénévoles créé en 1908, suivi du Regroupement des citoyens de Pointe-Claire pour la délusion représenté par le président de Pointeclaire, Bill McMurchie.«Si la justice qui est retardée est un déni de justice, alors le retard pour le référendum est un déni de démocratie», a livré Karin Marks.Comme il l’avait fait la veille sur la question du délai de deux ans avant la tenue des référendums, tel que réclamé par le maire de Montréal, Gérald Tremblay, Jean-Marc Fournier est revenu à la charge à plusieurs reprises sur la question de la légitimité démocratique et sur l’application de la règle de 50 % plus un des électeurs inscrits pour les référendums au lieu de la majorité simple des électeurs qui ont exercé leur droit de vote.Cette formule, qui permettrait d’éviter qu’une défù-sion soit décidée par 20 % ou même 10 % des citoyens d’un arrondissement lors d’un référendum, fat rejetée tant par Mme Marks que par son collègue de Pointe-Claire, Bill McMurchie.De même, ils rejettent la suggestion de hausser de 10 % à 25 % des électeurs inscrits le seuil qui permettrait l’enclenchement du processus référendaire de défasion.Ils s’opposent aussi à la réduction de cinq jours à une journée la période de signature du registre.Le ministre a tenu à réitérer que la consultation n’aboutirait pas à un retour aux anciennes villes telles qu’elles étaient soit à un statu quo ante.Tout en se disant pleinement d’accord avec le projet de loi 9 hormis quelques petits points de détail M.McMurchie est venu réclamer qu’une question claire soit posée dans les référendums: êtes-vous pour ou contre la défasion?De proposer en même temps ime proposition de renouvellement des structures de la nouvelle ville ne ferait que nuire à cette clarté.Le ministre comme maire Le chef de l’opposition officieDe à la Ville de Montréal, Pierre Bourque, est venu, hier, proposer que les citoyens ne se prononcent pour la nouvelle ville ou les défrisions qu'à la prochaine élection municipale du 6 novembre 2005.«Invalider le vote de millions de citoyens, vous trouvez ça légitime?C'est ça que vous allez faire», a-t-il lancé à M.Fournier.Rappelant qu’à l’élection de novembre 2001 il avait reçu 64 % des voix des citoyens de l’ancienne ville alors que M.Tremblay avait eu l’appui de la majorité dans les arrondissements issus des anciennes villes fa-sionnées, M.Bourque a souligné que le départ de quelquesuns de ces arrondissements priverait le maire Tremblay de sa légitimité démocratique.«C’est moi qui va avoir le plus de votes, a dit l’ancien maire.La légitimité, c’est le vote, le vote était là pour quatre ans.Il va falloir que vous pensiez à ça, M.le ministre, et c’est vous qui allez devenir le maire de Montréal.» Les ententes touchant la quinzaine de services communs devront être négociées par Québec avec les villes défasionnées: le gouvernement devra gérer la ville par décret.M.Bourque a prédit un univers «kafkaïen» à la suite des défasions.D’ici la prochaine élection, M.Bourque prône le statu quo en ce qui a trait à l’organisation de la ville et à ses structures.Il n’a pas manqué d’écorcher au passage le plan de décentralisation proposé par le maire Tremblay et adopté par le conseil municipal.«C’est un plan de marketing, a dit Pierre Bourque./e vous mets quand même en garde: ce qu’il y a là-dedans, c’est un potentiel énorme de détruire, de balkaniser Montréal.» Hydro-Québec ne pourra pas hausser ses tarifs Le gouvernement accepte la décision de la Régie de l’électricité ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le gouvernement Charest n’usera pas de son pouvoir discrétionnaire pour renverser la décision de la Régie de l’énergie, qui a rejeté lundi la demande d’Hydro-Québec Distribution en vue d’une hausse provisoire de 3 % de ses tarife à compter du 1" octobre.C’est l’assurance qu’a donnée hier le ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Sam Hamad, à l’entrée du conseil des ministres.«C’est une décision d’un tribunal, donc je respecte cette décision», a-t-il dit dans un point de presse.Cette décision de la Régie de l’énergie, «c’est une question de transparence», a soutenu M.Hamad.«C’est une preuve que le débat n’est pas politique maintenant, comme [le] faisait le Parti québécois.Us décidaient [des tarife d’électricité] en fonction des élections.» Le 11 août, en plein été, le gouvernement Charest a adopté un décret en catimini, mettant fin au gel des tarifs d’Hydro-Québec qui avait cours depuis 1998 à la suite d'un engagement du gouvernement Bouchard.Ce gel devait se terminer le 1" avril prochain, selon le pjan stratégique quinquennal déposé par la société d’Etat l'an dernier.C’est en fait la première fois depuis sa création, en 1997, que la Régie de l’énergie a dû statuer sur une de- Cauchon n’appuiera pas Martin PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le minisfre fédéral de la Justice, Martin Cauchon, a dit à Paul Martin qu’il n’appuiera pas sa candidature à la direction du Parti libéral du Canada, un geste de défi à l’endroit de l’homme qui a toutes les chances de devenir son prochain patron.Selon certaines sources, M.Cauchon a décidé de n’appuyer ni M.Martin ni Sheila Copps, et il en a informé M.Martin récemment.Au dire d’un proche du ministre de la Justice, le geste de M.Cauchon se veut l’expression de sa fidélité envers le ministre des Finances, John Manley, plutôt qu’une gifle à l'endroit de M.Martin.M.Manley s’est retiré de la campagne à la direction du PLC depuis deux mois et même lui a accordé son appui à M.Martin.La position prise par M.Cauchon pourrait lui enlever toute chance de siéger au sein d’un fatur cabinet Martin.Mais selon un porte-parole du camp Martin, la position de M.Cauchon n’affectera son sort d’aucune façon.On a longtemps prêté à M.Cauchon l’ambition de devenir leader du parti.Certains pensent qu’il pourrait être tenté de suivre l’exemple de John Turner et de Jean Chrétien, deux premiers ministres libéraux qui ont préparé des campagnes au leadership fructueuses alors qu’ils n’étaient pas députés.«Pour le moment, Martin Cauchon est député d’Ou-tremont et il a l’intention de le demeurer», a fait savoir la source proche de M.Cauchon.Ce dernier est responsable de deux des initiatives les plus controversées du gouvernement Chrétien: la reconnaissance juridique du mariage de couples de même sexe et la décriminalisation de la marijuana Une bonne partie de l'opposition à ces deux projets est venue des partisans les plus fervents de M.Martin.mande de hausse de tarifs présentée par Hydro-Québec Distribution.La société d’Etat avait demandé une hausse provisoire de 3 % qui s’ajoutait à sa demande d’une augmentation supplémentaire de 3 % en avril 2004, pour un total de 6 %.La hausse d’octobre était de nature provisoire pour éviter «le choc tarifaire», avait souligné le p.-d.g.d’Hydro-Québec, André Caillé.HydroQuébec Distribution réclamait un taux de rendement de 10,6 %.La Régie de l’énergie, dans une décision rendue en août, l’a fixé à 9,4 %.Cette filiale d’Hydro-Québec fait face à une perte nette de plus de 400 millions par année.La hausse de 3 % à compter d’octobre devait rapporter 65 millions d’id la fin de l’année.Le hic, c'est que les tarifs d'Hydro-Québec Distribution dépendent de son approvisionnement en électricité, celui-ci étant fourni par sa société sœur, Hydro-Québec Production, une filiale de la société d’Etat qui n’est pas réglementée par la Régie de l’énergie.Le gouvernement précédent a fixé un coût de fourniture «patrimonial» moyen de 2,79 C le kWh, sans tenir compte du taux de rendement sur l’avoir.«[Hydro] Production n’est pas réglementée.C’est un marché libre d’ailleurs, ailleurs, parce que Production fait face à la compétition nord-américaine et c’est dans un autre marché qu’elle travaille.Production n’a aucun lien avec Distribution», a étrangement soutenu M.Hamad.Syndicalisation des éducatrices en milieu familial LaCSN ira devant les tribunaux s’il le faut TOMMY CHOUINARD DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Aucun recours n’est exclu pour protéger le droit à la syndicalisation, assurent les syndicats.Si Québec adopte le projet de loi n" 8.qui assimile les éducatrices en milieu familial à des travailleuses autonomes et leur refrise le droit de se syndiquer, la CSN déposera en effet une plainte contre le gouvernement Charest auprès de l’Organisation internationale du travail et le contestera devant les tribunaux La CSQ juge' de son côté inconstitutionnel le pmjet de loi puisque celuki violerait la liberté d’association protégée par la Charte canadienne des droits et libertés.C’est ce qu’ont annoncé hier les deux centrales syndicales lors de la seconde journée de la commission parlementaire sur le projet de loi n” 8.En dépit des critiques, la ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, entend aller de l’avant et procéder à l’adoption de la legislation.«U s'agit d’un projet de loi qui est profondément injuste.On n’hésitera pas à recourir aux tribunaux.Rien n'est écarté», a lance liier Claudette Carbonneau, présidente de la CSN.«On maintient l'espoir que le projet de loi sem, rejeté.Ce n 'est pas l'image d’un État moderne que d'empfo cher la syndicalisation d'un groupe de femmes», a pour sai part souligné Réjean Parent, président de la CSQ.la CSN souhaite alerter l’Organisation international le du travail puisque le pmjet de loi violerait la conveni tion internationale numéro C-87 sur la liberté syndicale^ qui stipule que «les autorités publiques doivent s’abstenir, de toute intervention de nature à limiter ce droit mt à en, entraver l’exercice légal».Claudette Carbonneau estime) que des poursuites pourraient aussi être entreprise^ contre le gouvernement Charest car son projet de loi vq à l’encontre des chartes québécoise et canadienne deq droits et libertés, ce qui rejoint aussi l’avis de la CSQ.La CSN et la CSQ ont indiqué que le projet de loi contredit également des jugements qui ont statué que les éducatrices en milieu familial devaient pouvoir sq syndiquer.Selon un jugement rendu en mai dernieij par le Tribunal du travail et porté en appel par Québec] les éducatrices ne sont pas des travailleuses auto] nomes mais bien des salariées au sens du Code du Ira] vail, en raison du lien d’emploi avec les centres de Iq petite enfance, et ont ainsi droit à la syndicalisation.| «C’est un projet de loi qui contrevient aux tribunaux! C’est le caractère profondément injuste du projet de.loi, d’autant que leurs conditions de travail et leur rémunération sont désastreuses.Elles n ’ont accès à aucune protection sociale», a affirmé Claudette Carbonneau.«On n’enlève rien à ces travailleuses.Ijsprincipales intéressées revendiquent en grande partie le statut de travailleuse autonome», s’est défendu hier Carole J'héberge.Or les deux centrales syndicales apportent un bémol puisque 12 % des éducatrices, soit un peu plus de 1500 personnes, ont entrepris des démarches d’accréditation syndicale.Le projet de loi n" 8 stipule qu’une éducatrice en milieu familial n’est pas une salariée au sens du Code du travail mais plutôt une prestataire de service (une travailleuse autonome) au sens du Code civil.Selon le projet de loi, le ministre pourra conclure une entente avec «une ou plusieurs associations représentatives» des éducatrices portant sur l’exercice de la garde en milieu familial, entente qui s’appliquera à toutes les éducatrices en milieu familial sans exception.«Le ministre n’a pas l’obligation de négocier de bonne foi.Et rien n’est prévu pour assurer un équilibre dans cette négociation.Plus inquiétant encore, le projet de loi ne précise pas du tout comment le caractère représentatif de ces associations sera déterminé.On pourrait décider un matin qu’une association est représentative et on pourrait appliquer à tout le monde une entente conclue avec elle.On ne permet pas vraiment aux éducatrices de négocier leurs conditions de travail», a affirmé Louise Chabot.Il en cpûterait 193 millions de dollars par année de plus à l’Etat si les éducatrices se syndiquaient.«Le gouvernement dit qu’il n’a pas les moyens, mais il y a des limites, en matière de justice sociale et d’équité, à agir de la sorte», a indiqué Claudette Carbonneau.Profitez de rabais "fin de saison" sur nos Safari Condo 2003 et épargnez 4000$ Disponibles en trois longueurs:16,18 et 20 pieds; et douze modèles au choix! ' ; - www.safancondo.com 'Ü iiu M4 tu bru EET/js J -j //j îj ] J S-sturs LE DEVOIR, LE JEUDI 11 SEPTEMBRE 2003 A 4 • L E S A C T D A L1T £ S • EN BREF 100 000 gens des villes à la campagne (Le Devoir) — Ouvrez les portes des campagnes aux citadins et 100 000 d’entre eux se précipiteront dedans pour voir vaches, cochons et épis de mais sur plant C’est du moins le bilan qu’a dressé hier l’Union des producteurs agricoles (UFA) de la première édition de la Journée portes ouvertes sur les fermes du Québec qui s’est tenue dimanche dernier.Au total, 105 707 gens des villes sont allés à la rencontre des gens des champs dans près de 208 exploitations agricoles de la province.L'événement était également accompagné de la Grande fête des récoltes à Longueuil.«C'est un franc succès», a commenté le président de l’UPA, Laurent Pellerin, depuis Canoin au Mexique, où il participe à la rencontre de l’OMC.«Nous avons largement dépassé nos scénarios les plus optimistes.» L’exercice se voulait un moyen de réconcilier les urbains avec le Québec rural qui les nourrit en laissant parfois beaucoup de questions sur l’innocuité, la standardisation et l’usage de produits chimiques sans réponse.Louise Bertrand à la TELUQ (Le Devoir) — Après une chaude campagne électorale menée ce printemps à la Télé-Université, c’est finalement Louise Bertrand qui prendra la direction de la TELUQ, tel qu’en a décidé hier le conseil des ministres.Mme Bertrand était directrice de l’enseignement et de la recherche de cette composante du réseau de l'Université du Québec.On se rappellera que la course à ce poste de direction a opposé Mme Bertrand à Anne Marrec, qui a quitté le poste de direction générale au cœur du mois d’août dernier.Les deux femmes étaient associées à des visions différentes du projet de rattachement de la TELUQ à l’Université du Québec à Montréal, ce qui a contribué à créer deux camps, Mme Bertrand étant associée aux adeptes du rattachement.Le conseil des ministres présidé par le premier ministre Jean Charest a procédé à cette nomination hier./ Eradication de la marijuana (PC) — Les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont effectué hier des opérations d’éradication du cannabis dans plusieurs régions du Québec.Depuis quelques semaines, des opérations policières ont permis de repérer des dizaines de lieux de plantations disséminés dans des champs de maïs.Les policiers ont réussi à mettre la main sur des milliers de plants de marijuana alors que la période des récoltes bat son plein.Des arrestations ont été effectuées, mais la Sûreté du Québec n’en a pas précisé le nombre.\jà SQ donnera aujourd’hui un bilan complet de ces saisies, qu’elle organise maintenant chaque année lorsque les plants de marijuana parviennent à maturité.La GRC et les corps municipaux participent également à l’opération.Construction controversée d’un incinérateur à la frontière du Québec Le Nouveau-Brunswick agit de façon cavalière, dénonce Thomas Mulcair FABIEN DEGUISE LE DEVOIR L’autorisation accordée mardi par le gouverne-r ment du Nouveau-Brunswick à Bennett Environmental pour la construction de son incinérateur de sols contaminés dans la zone industrielle de Belle-dune préoccupe au plus haut point le ministre de l’Environnement du Québec, Thomas Mulcair, qui voit dans cette décision une «attitude cavalière qui ne tient pas compte de l’esprit de l’entente de coopération sur l’environnement» signée par les deux provinces.«L’annonce faite par le ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick a été reçue comme un éclair dans un ciel bleu», a commenté hier le ministre Mulcair en entrevue au Devoir.«C’est un geste indéchiffrable, extrêmement décevant.Et je n’ai pas manqué d’en informer aujourd’hui [hier] mon homologue néabrunswickoise.» Depuis plusieurs mois, le projet de construction de l’incinérateur de Belledune, au bord de la baie des Chaleurs, se trouve en effet au cœur d’une vive polémique des deux côtés de la baie avec, en toile de fond, la crainte exprimée par les écologistes, les élus locaux et l’ensemble de la population de la Gaspésie, située à quelques encablures à peine des côtes du Nouveau-Brunswick, de voir leur coin de pays crouler sous les F retombées toxiques émises par l’incinérateur de Bennett Environmental L’usine doit recycler chaque année près de 100 000 tonnes de terre contaminée aux hydrocarbures et à la créosote.Cette terre provient en majorité des Etats-Unis, où la législation entourant la décontamination des sols est un brin plus sévère que celle en vigueur au Canada.Malgré les vives protestations de la population — relayées par le chanteur Kevin Parent —, les manifestations et l’intervention en août dernier du ministère de l’Environnement du Québec, qui se disait prêt à travailler de concert avec le Nouveau-Brunswick pour assurer la sécurité et la santé des gens, la ministre de l’Environnement de la province maritime a toutefois préféré faire cavalier seul, accordant mardi le droit à Bennett Environmental de construire son usine de recyclage.Et ce, même ri une nouvelle réunion d’information était prévue dans deux semaines du côté gaspérien pour rassurer les écologistes.«C’est bien là la preuve que nous ne comptons pas beaucoup et que, de nos jours, gouvernements et entreprises privées font leur affaire sans vraiment se soucier du public», a commenté Geneviève St-Hilaire, du groupe de pression Retour à l’expéditeur, opposé à la construction de l’incinérateur.- Thomas Mulcair Thomas Mulcair s’étonne du soudain revirement de situation.«La communication était pourtant très bonne entre nos deux gouvernements, dit-il Nous avons obtenu de Bennett la tenue de deux séances d’information au Québec, nous avons évalué le dossier soumis par la compagnie et même informé le Nouveau-Brunswick des infractions commises par Bennett sur notre territoire.Je suis donc déçu par la tournure des événements.» Pour la ministre néo-brunswickoise de l’Environnement, Brenda Fowlie, le dossier est toutefois clos.Ou presque.«L’évaluation des risques pour la santé humaine [.] ne prévoit aucun effei négatif chronique ou aigu sur la santé en raison des émission de l’installation», a-t-elle soulignée mardi par voie de communiqué tout en précisant que Y «agrément de construction» peut encore être commenté par le public pendant 60 jours.«L’impact négatif sur la santé, c’est peut-être vrai, poursuit M.Mulcair.Mais en 2003, dans le domaine de l’environnement, on ne peut pas faire avancer des dossiers sans tenir compte des préoccupations de la population et encore moins de ses voisins.Ce geste unilatéral ne devrait pas donner les résultats escomptés.Les gens ont des questions à se poser, et la résistance risque d’être attisée.C’est dommage.» Yves Michaud est débouté en Cour d’appel Il accusait le professeur Marc Angenot de l’avoir diffamé BRIAN MYLES LE DEVOIR Ly ancien député Yves Michaud a subi un nouveau ’ revers hier, la Cour d’appel du Québec estimant qu’il n’a subi aucun préjudice lorsque le professeur Marc Angenot a qualifié ses propos d’antisémites sur les ondes de RDI en 2001.Les trois juges ont rejeté l’appel de M.Michaud sans délibéré, affirmant que M.Angenot n’avait formulé aucun commentaire diffamatoire.Invité à l’émission Maisonneuve à l’écoute le 8 février 2001, le professeur en langue et littérature françaises à l’uni-versité McGill avait lancé la phrase suivante: «M.Mi-chaud avait le droit de tenir des propos antisémites.J’ai le droit de les trouver abjects.» L’«affaire Michaud» battait son plein à l’époque.Deux mois auparavant, l’Assemblée nationale avait adopté une motion de blâme unanime contre Yves Michaud.Le «Robin des banques» avait dénoncé publiquement le vote monolithique de la communauté juive contre la souveraineté dans Côte-Saint-Luc lors du référendum de 1995.D avait également qualifié l’organisme B’nai Brith de «phalange extrémiste du sionisme mondial» en plus d’affirmer que «le peuple juif n’est pas le seul au monde à avoir souffert dans l’histoire de l’humanité».La Cour d’appel n’avait pas à se prononcer sur la personnalité dYves Michaud.En droit, qu’il soit antisémite ou pas importe peu.Le tribunal devait simplement se demander si une personne raisonnable aurait pu percevoir M.Michaud comme un antisémite compte tenu de ses déclarations antérieures et du contexte de l’époque.La réponse est oui.Julius Grey, l’avocat de Marc Angenot, a accueilli Yves Michaud sion.«On n’est pas obligé de s’en tenir ata manières de la cour de Versailles lorsqu’on participe au débat public», a plaidé Mc Grey devant le banc formé des juges Jacques Delisle, Louise Mailhot et Pierre J.Dalphond.Le débat public peut se révéler rude et dur.«On a le droit de dire des choses qui dérangent et qui affectent les gens», a dit Julius Grey.Au nom d’Yves Michaud, Me Jacques Marquis avait auparavant formulé une définition plutôt étroite de l’antisémitisme, expliquant que cette tare devait être associée à l’Holocauste et à l’adoption de lois dépossédant les juifs de leurs droits fondamentaux dans l’Allemagne nazie des années 30.Si une telle vue de l’esprit en venait à prendre racine dans la jurisprudence, tout citoyen devrait se prémunir d’un dictionnaire avant de la décision comme une victoire de la liberté d’expres- prendre part à un débat public, a ironisé M' Grey.Vous dépassez la cinquantaine avec incertitude.Vous souhaitez donner un sens à cette étape.Quatre consultations thématiques vous permettant de répondre à vos questions.Louise Noiseux, psychologue (514) 374-7552 M.A.philosophie, éthique, Univ.de Montréal M.A.psychologie sociale et clinique, UQAM Accréditation Institut de Gestalt, Los Angeles ^ % François-Albert Angers 1909-2003 Professeur ('•mérite de IIEC Montréal où.il a œuvré pendant quarante ans, i'ra nçois-Albert Angers est une figure marquante de la société québécoise en raison de ses innombrables réalisa tions en matière d’enseignement et de recherche de même que par son engagement social et politique.1 IEC Montréal lui rendra hommage lors d’une cérémonie commémorative qui aura lieu le mercredi 17 septembre 2003 à 12 h.HEC Montréal Amphithéâtre WM 3000, chemin de la Côte-Ste-Catherine Montréal Entrée libre Pour réservation : (514) 340-6299 H€C MONTRÉAL max sSmim musimax.com if TOUS LES VENDREDIS 19 H SEMAINE DU 15 AU 21 SEPTEMBRE 2003 CS SD GIN0VANNELLI THE LAST DANCE 01 03 MADONNA Hollywood 02 04 ANTOINE GRATTON MONTRÉAL MOTEL 03 05 SIMPLY RED SUNRISE 04 06 BRUCE C0CKBURN OPEN 05 07 PETER GABRIEL GROWING UP FRANKIE J DON'T WANNA TRY 07 09 QRNI REVES DE STAR DANIEL DÔ LA FILLE DTPANEMA MARTIN DESCHAMPS PEACE REGGAE LOVE CÉLINE DION ONE HEART MICHAEL BUBLÉ SWAY CORNEILLE 08 11 09 12 10 13 II 15 12 01 SARAH BRIGHTMAN BEAUTIFUL 13 17 UNCLE (CRACKER AVEC D0BIE GRAY DRIFT AWAY 14 02 STEFIE SHOCK L'AMOUR DANS LE DESERT DELERIUM AVEC JAËL AFTER ALL ROD STEWART THEY CAN'T TAKE THAT AWAY FROM ME 15 18 16 19 17 10 FRANCE D’AMOUR CE QUI ME RESTE DE TOI 18 20 THE EAGLES HOLE IN THE WORLD NATACHA ATLAS QUAND JE FERME LES YEUX Astral Media' (flulo’ 402 -HOMMC Depuis 1.977 Costumes griffés importés d’klk seulement 399* Tissus signés - Cerruti 1881 ¦ Zegna • Marzotto - Zignone, etc.1118, rue Sainte-Catherine Ouest 2’ étage, Montréal • (514) 861-3636 Heures d'ouverture : Lun.au ven.10 h à 18 h .Sam.10 h à 16 h Et puis vint le 11 septembre.L'hypothèse du choc des civilisations remise en question Et puis vin fie n scjitembrc.Sous la direction d*EI-Mostafa Chadli et de Lise Garon lUNEWAt ïn Iraq 2-7637-7994-8 354 pages * 30 $ Cet ouvrage se veut un plaidoyer pour une attitude nuancée et critique, consciente de la complexité du monde et des enjeux contradictoires de la « mondialisation a./ v Pour de plus amples renseignements hP Les Kditions l»UL IQRC l oi.(4111) 656 7Hlf • l éloc .(4111) 656 1105 fW l>ominiqiie.(,iiij»i-as(«'|Hil.ulciv«il.trt \vw\v.uliiv L E M 0 N D E PROCHE-ORIENT Qoreï formera un cabinet « de crise » AGENCE FRANCE-PRESSE Ramallah, Cisjordanie — Le président du Parlement palestinien, Ahmad Qoreï (alias Abou Alaa), a annoncé qu’il accepte sa désignation au poste de premier ministre et qu’il formera ce qu’il a appelé un •gouvernement de crise».•J’ai accepté ma désignation et, à partir d’aujourd’hui, je vais commencer à former un gouvernement de crise pour essayer de sortir de cette situation dangereuse», a dit M.Qoreï en référence au nouveau cycle de violence qui frappe le Proche-Orient Selon des sources parlementaires, il doit présenter dès aujourd’hui ce cabinet à l’approbation du Parlement.Une séance spéciale du Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement) est prévue à cet effet •Abou Alaa va demander aux députés de voter l’investiture de son gouvernement [.].Il s’agit d’un gouvernement de crise car la situation est très grave», a affirmé à l’AFP le député Azmi aLChoueibi.Le nouveau cabinet remplacera, une fois investi par le CLP, le gouvernement démissionnaire de M.Abbas, que le dirigeant Yasser Arafat avait chargé d’expédier les affaires courantes.La sécurité pour priorité Ahmad Qoreï a affirmé samedi que la sécurité sera la première priorité de son •gouvernement de crise».Selon son entourage, les personnalités pressenties pour ce cabinet sont les suivantes: Salam Fayad (Finances et vice-premier ministre), Nabil Chaath (Affaires étrangères), Yasser Abed Rabbo (Information), Maher al-Masri (Economie), Mohammad Dahlane (ministre délégué pour les Affaires de sécurité), Saëb Erakat (Négociations), Nasser Youssef (Intérieur), Naün Aboul Homous (Education) et Kamal al-Charafi (Santé).Enfin, Abdel Razak Yehyah devrait assumer les fonctions de vice-ministre chargé des Affaires de sécurité.La -feuille de route», plan international de paix, •tient toujours», a de son côté déclaré le président américain George W.Bush en appelant les Palestiniens à lutter contre le terrorisme.Au lendemain de deux attentats suicide anti-israéliens revendiqués par le Hamas, Mahmoud al-Zahar — un haut responsable politique de ce mouvement islamiste — a été blesse tandis que son fils aîné et son garde du coips ont été tués dans un raid aérien israélien hier.Peu après ce raid, les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont revendiqué les deux attentats de mardi, affirmant qu’ils étaient la preuve qu’elles pouvaient atteindre leurs cibles •où et quand nous le voulons».Les Brigades ont même menacé de s’attaquer à »des tours» en Israël.Le premier ministre israélien Ariel Sharon a écourté de 24 heures sa visite en Inde et devait réunir aujourd’hui son cabinet de securité pour arrêter sa riposte aux attentats.Violence accrue Sur le terrain, un Palestinien a en outre été blessé hier soir par des tirs d'obus de chars israéliens prés de Khan Younès, dans la bande de Gaza.Selon un porte-parole militaire israélien, le Palestinien tentait de s’infiltrer en territoire israélien à la hauteur du terminal routier de Kissoufim.Deux Palestiniens ont de leur côté été tués et un autre grièvement blessé par balles dans le camp de réfugiés de Balata, à Na-plouse, en Cisjordanie.Une source hospitalière palestinienne a fait état de tirs de soldats mais une source militaire a catégoriquement démenti la présence de l’année hier soir à Balata, estimant qu’il s’agissait d'un règlement de comptes interpalestinien.Ces décès portent à 3476 le nombre de personnes tuées depuis le début de l’intifada, fin septembre 2000, dont 2595 Palestiniens et 818 Israéliens.EN BREF Le «cerveau» de l’attentat de Bail condamné à mort Bali, Indonésie (AP) — La justice indonésienne a condamné à mort le «cerveau» des attentats de Bali, deuxième personne à se voir infliger la peine capitale dans cette affaire.«H a été clairement prouvé qu’Imam Samudra a préparé un acte terroriste et nous le condamnons à la peine de mort», a déclaré le juge Wayan Sugawa.Imam Samudra a hurlé «Dieu est grand!» tandis que plusieurs personnes présentes applaudissaient Les attentats du 12 octobre 2002 à Bali avaient fait 202 morts, des touristes étrangers pour la plupart dont 88 Australiens.Quatre travailleurs humanitaires tués Kaboul (Reuters) — Quatre employés afghans d’une ONG danoise ont été tués dans une embuscade dans le sud-est de l’Afghanistan, ce qui représente la pire attaque menée contre des travailleurs humanitaires ces dernières années.Le Comité danois d’aide aux réfugiés afghans (DA-CAAR) a annoncé hier que quatre de ses employés avaient été tués lundi après-midi alors qu’ils circulaient à bord d’une voiture de l’organisation humanitaire interceptée par neuf hommes armés.Un cinquième membre du personnel de l’organisation a reçu des balles dans les deux jambes et a été laissé pour mort au bord de la route.Selon le rescapé de l’embuscade, des attaquants semblaient habiter la région mais d’autres portaient des turbans noirs et circulaient sur des motos rouges, indiquant qu’il s’agirait de talibans.Trentième anniversaire du coup d’État du général Auguste Pinochet Hommage sans précédent à Salvador Mende AGENCE FRANCE-PRESSE Santiago — L’ex-président chilien Salvador Allende a reçu un hommage officiel sans précédent hier à Santiago, à la veille du trentième anniversaire du coup d’Etat du général Auguste Pinochet, le 11 septembre 1973, jour où Allende choisit le suicide plutôt que de se rendre aux militaires.Une plaque portant son nom a été inaugurée dans le salon Inde-pendencia où Allende, premier président marxiste arrivé au pouvoir par les urnes, se tira une balle dans la tête avec le fusil d’assaut AK-47 que lui avait offert Fidel Castro.La cérémonie était présidée par Ricardo Lagos, deuxième président socialiste de l’histoire du Chili, en présence de la veuve d’Allen-de.Hortensia Bussi, de leurs filles Isabel et Carmen ainsi que du chanteur-compositeur Silvio Rodriguez et de l’ex-président du Nicaragua Daniel Ortega Elle s’est déroulée sans incident mais des carabiniers ont fait exploser un paquet suspect déposé près d’un monument à la mémoire d’Allende, situé en face du palais présidentiel de la Moneda, suscitant un peu de remous dans l’assistance.«Salvador Allende fut un homme politique qui aimait son pays, croyait dans la démocratie, cherchait à promouvoir les changements sociaux et consacrait sa vie aux plus pauvres», a déclaré Isabel Allende, présidente de la Chambre des députés.Le président Lagos ne s’est pas ’ r ^ * Vi; < -% * **4 m€Èi • m.ai ’D ill CARLOS HAKKIA REUTERS Une exposition du Musée Salvador Allende présente les clichés de 700 prisonniers disparus sous le règne de Pinochet.exprimé lors de la présentation de la plaque, portant l’effigie de l’ancien président et la devise «Maîtres de nos propres destins».Au nom du gouvernement, le ministre de l’Intérieur, José Miguel Insulza, a rappelé le «sacrifice clair et conscient» d’Allende le matin du 11 septembre 1973.Peu avant de mourir, Allende avait lancé un dernier message radiodiffusé, entré dans l’histoire: «Je paierai de ma vie la loyauté du peuple [.].D’autres hommes surmonteront cette période sombre et amère où la trahison prétend s’imposer.» Selon le ministre socialiste de l’Intérieur, «Allende aimait la vie mais il avait entrepris un difficile processus révolutionnaire et beaucoup de ses compatriotes, surtout les plus humbles, avaient confian- : fl r ¦ ce en lui et l'accompagnèrent jusqu’au bout».M.Insulza estime que pendant les années de dictature — terminées en 1990 —, les Chiliens «ont pris conscience, jusque dans leur chair, de la valeur immense et irremplaçable de la démocratie, de la tolérance, du pluralisme et de la liberté».Aujourd’hui, les célébrations du 30 anniversaire continueront avec la réouverture d’une porte latérale de la Moneda, fermée depuis 30 ans, et une grande manifestation des partis de gauche.Les partisans de Pinochet, 87 ans, ont prévu de se réunir le soir et espèrent recevoir un message de l’ex-dictateur, qui vit pratiquement confiné entre ses résidences de Santiago et Bucalemu, à 120 kilomètres à l’ouest de la capitale.Résolution des Nations unies sur ITrak Paris et Berlin proposent de dimjnuer le rôle des Etats-Unis REUTERS Nations unies — la France et l’Allemagne ont conjointement proposé hier une série d’amendements au projet américain de résolution des Nations unies visant à obtenir des renforts militaires et de l’argent supplémentaires en Irak.A trois jours d’une réunion samedi à Genève des ministres des Affaires étrangères des pays membres permanents du Conseil de sécurité, Paris et Berlin proposent aux Etats-Unis un accord prévoyant mie reconnaissance de facto du Conseil intérimaire de gouvernement irakien (CIG) mais aussi une diminution du rôle politique américain à Bagdad.la Russie a également présenté ses propres propositions.Rôle élargi de l’ONU Ces trois pays, qui s’étaient opposés à l’intervention militaire américaine en Irak, sont favorables à un rôle élargi de l’ONU afin de superviser le processus politique devant mener à des élections et, à terme, au rétablissement de la souveraineté irakienne.Leurs propositions, si elles étaient acceptées, entraîneraient une exclusion des autorités, d’occupation dirigées par les États-Unis de l’essentiel du processus pojitique, ce que le secrétaire d’État américain Colin Powell et le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, n’accepteront probablement pas.L’amendement franco-allemand ferait du CIG et des ministres irakiens les «dépositaires de la souveraineté irakienne jusqu à ce que le processus débouchant sur un gouvernement élu et pleinement représentatif soit mené à son terme».Français et Allemands insistent également sur la nécessité d’une •participation et d'une supervision internationale efficace» à propos du financement de la reconstruction économique par le truchement d’un fonds de développement sur lequel seraient déposés les revenus tirés du pétrole.la réunion de samedi à Genève a été décidée par le secrétaire g
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