Le devoir, 22 novembre 2007, Page(s) complémentaire(s)
APRES LES EXCUSES, LE DELUGE La confession de M~r Ouellet suscite le scepticisme Page A 3 LE DEVOIR Vol.X C V I 11 N " 2 6 G LE JE U I) 1 2 2 N O V E M B R E 2 O O 7 ¦ Un patient sur 1000 se réveille pendant son opération ¦ Un patient sur 10 000 ressen t de la douleur PAULINE GRAVEL Ils sont environ 1820 Canadiens chaque année à rester éveillés pendant leur opération chirurgicale et à en garder un souvenir la plupart du temps nébuleux.Parfois cependant, l’expérience vécue est des plus traumatisantes.Imaginez que vous vous retrouviez sur une table d’opération complètement paralysé, incapable de parler, de lever le petit doigt voire de cligner des yeux, et que vous ressentiez la douleur causée par l’enfoncement du scalpel dans votre chair.L’événement vous hanterait probablement très longtemps, provoquant cauchemars et angoisse, des symptômes typiques d’un syndrome de stress post-traumatique.«Pour des questions d’audience, le film Awake qui sortira sur nos écrans le 30 novembre prochain met en scène un cas de ce genre, qui représente le pire de ce qui I! y a une vingtaine d’années, les anesthésistes ne prêtaient qu’une oreille distraite et même amusée aux témoignages des patients qui vivaient de telles expériences peut se passer lors d’une anesthésie générale», prévient le Dr Pierre Fi set, président de l'Association des anes-thésiologistes du Québec.Les situations où le patient est parfaitement conscient et éprouve des douleurs intenses et prolongées au cours de son opération sont rarissimes, ajoute le Dr Gilles Plourde, du département d’anesthésie de l’Hôpital neurologique de Montréal.«Alors qu’un pa- tient sur 10 OOO affirme avoir ressenti un inconfort, une sensation transitoire de brûlure ou de douleur pas très intense, ils sont encore beaucoup moins nombreux à rapporter une histoire d'horreur, y compris des douleurs vives et soutenues» comme en subira le séduisant Hayden Christensen dans Awake.Selon les diverses études sur ce sujet, un patient sur 1000, voire sur 700, «rapporte après son opération avoir entendu des bouts de conversation ou se souvient d’avoir été touché.Im plupart du temps, le patient aura des souvenirs auditifs, car ce sens est le plus résistant à l’anesthésie», précise le Dr Fïset, anesthésiste à l'Hôpital de Montréal pour enfants, avant d’ajouter que ces épisodes de conscience «peropératoire», comme on les appelle, sont brefs, d’une durée allant de quelques secondes à quelques minutes.VOIR PAGE A 8: PATIENT _______________8 8c + T A X K S = 1 $ Un géant australien propriétaire de l’A-25 Québec refuse de dévoiler le chiffrier et les détails du montage financier du projet autoroutier LOUIS-GILLES FRANCŒUR C* est le gé;uit australien Macquarie Group qui, par le truchement de ses filiales nord-américaines, sera pendant 85 ans le véritable propriétaire de l’autoroute et du pont de l’autoroute 25 (A-25) ainsi que des recettes du péage, a révélé hier à l'Assemblée nationale la ministre des Finances, Monique JérômeF'orget.La ministre Jérôme-Forget a été interrogée par le chef adjoint de l’ADQ, le député Gilles Taillon (Chauveau), qui a requis plusieurs précisions à propos des révélations du Devoir au cours des deux derniers jours en ce qui a trait aux bénéfices controversés de ce premier projet réalisé en mode PPE Le député Taillon voulait notamment savoir qui était le véritable propriétaire du projet — le commanditaire, en jargon juridique —, dont le nom est biffé dans le contrat expurgé déposé à l’Assemblée nationale.Si la ministre Jérôme-Forget a donné le nom du véritable propriétaire du projet, elle a par contre soigneusement évité de répondre à la deuxième demande du porte-parole de l’ADQ, qui voulait obtenir le chiffrier ayant servi à démontrer qu’il en coûterait plus cher aux contribuables québécois si ce projet autoroutier était réalisé par le ministère des Transports dans le cadre d’un appel d’offres auprès des entrepreneurs et gestionnaires québécois.«Pourquoi donc cette culture du secret» dans un projet qui devait créer une nouvelle nonne en matière de transparence?, s’est demandé le porte-parole de l’ADQ.M.Taillon a aussi demandé à voir le «mtmtage financier» complet à la base de ce projet controversé, lequel pourrait d’ailleurs être paralysé si les tribunaux lui imposent une évaluation environnementale complète et publique.D’entrée de jeu, la ministre Jérôme-Forget a affirmé que «Concession A25, c’est très clair, c’est le groupe Macquarie qui finance.Macquarie, M.le président, c’est la plus grosse compagnie financière australienne».Mais si la ministre a précisé l’identité du véritable bailleur de fonds en équité et, en somme, le propriétaire du projet elle n’a pas dit si c’est effectivement le nom de cette société qui a été biffé du contrat officiel.La ministre Jérôme-Forget s’est par ailleurs lancée VOIR PAGE A 8: GÉANT Monique Moniqi Jérôme-F( LE MONDE felfiSï 1 N D K X Annonces.A4 Avis publics .B 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Décès.A4 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 6 Monde.B 5 Mots croisés.B 6 Sports.B 6 Sudoku.A 4 Télévision.B 7 Mulroney s’attire des sarcasmes L’opposition se moque des besoins financiers de Vexpremier ministre HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Les partis d’opposition à Ottawa ont pris un malin plaisir à se moquer de l’ex-premier ministre conservateur Brian Mulroney hier, après que celui-ci a reconnu avoir commis une bêtise en acceptant de l’argent de Karlheinz Schreiber, ajoutant qu’il l’avait fait pour nourrir sa jeune famille.«C’est à monsieur et madame Tout-le-monde d’évaluer ses commentaires, a lancé ironiquement le chef du NED, Jack Layton.C’est un peu bizarre, il me semble, f imagine qu’il y a des gens qui vont se poser des questions sur le montant de la paye du premier ministre et comment c’est vraiment possible.» VOIR PAGE A 8: MULRONEY ¦ La chronique de Michel David, page A 3 REUTERS L’ex-premier ministre Brian Mulroney a reconnu avoir commis une «erreur colossale».Bush mis en cause dans l’affaire Valerie Plame LAURENT LOZANO Washington — Un ancien porte-parole de George W.Bush accuse le président américain d’avoir contribué à propager de fausses informations dans le scandale Valerie Plame, qui touchait au bien-fondé de la guerre en Irak et qui a fortement entamé le crédit de la Maison-Blanche.Dans un livre à paraître, Scott McClellan affirme qu’il a été induit en erreur par M.Bush et d’autres hauts responsables quand il a réfuté en 2003 que deux éminents conseillers de la Maison-Blanche, Karl Rove et Ije-wis «Scooter» Libby, étaient pour quelque chose dans une fuite révélant au grand public l’identité d’un agent de la CIA, ce qui est un crime fédéral aux Etats-Unis.Un porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Fratto, a fermement contesté que M.Bush ait menti à M.McClellan: «Le président n'a jamaisfbumi, et ne fournirait jamais d’injbmatvms inexactes à ses porte-parole» pour qu’ils les répercutent auprès des journalistes, a dit M.Fratto.L’affaire remonte à juillet 2003, quand un ancien ambassadeur, Joseph Wilson, a accusé l’administration George W.Bush VOIR PAGE A 8: BUSH I t I LE DEVOIR, LE JEUDI 22 NOVEMBRE 2007 ACTUALITES GÉANT SUITE DE LA PAGE 1 dans la description des hauts faits de cette multinationale qui se spécialise dans l’acquisition et le développement d’infrastructure^ publiques, tout particulièrement au Canada et aux Etats-Unis.«Ils font le Chicago Skyway, l’Indiana Toll Road, le port de Vancouver, la King Road d'Edmonton, a-t-elle dit Voilà, M.le président, des contrats que finance Macquarie.Ce sont eux qui mettent l'argent dans ce projet [de l’autoroute 25].» Un montage complexe Une recherche auprès du Registraire des entreprises éclaire quelque peu ce montage financier complexe dans lequel, selon le contrat, la Société générale de France agit par ses filiales canadiennes et new-yorkaises comme prêteur de premier et de deuxième rang.La société en commandite Concession A25 a pignon sur rue au 1250, boulevard René-Lévesque, à Montréal.C’est officiellement le promoteur désigné au contrat de PPP, passé à la mi-septembre avec la ministre des Transports, Julie Boulet Mais c’est une autre société, Concession A25 Funding 2 Limited, une société à charte fédérale, qui agit comme «un de ses commandités», selon le contrat dévoilé hier par Le Devoir.Or on apprend au registre des sociétés que Concession A25 Funding 2 Limited n’est pas seulement le commandité mais aussi le «commanditaire», un double rôle plutôt inusité dans la même transactioa Cette société a pour adresse le 100 Wellington Street West à Toronto, soit la même adresse que l’autre «commandité», soit MIP Québec Holding LP -MI P- est l’abréviation de Macquarie Infrastructure Partnership.Le deuxieme commandité, soit MIP Québec Holding, est lui-même une société en commandite commanditée par MIP Québec Holding Trust Son commanditaire est Macquarie Infrastructure Partners Canada LP, une société en commandite.Macquarie Canada dépend du holding australien.La place d'affaires de toutes ces sociétés est la même, à Toronto.Le groupe australien Macquarie possède des actifs évalués à près de 15 milliards de dollars, soit presque la taille d’une société comme Power Corporation.Elle gère par contre des actifs par l’entremise de diverses succursales, dont une aux Bermudes, d’une valeur de 89 milliards, selon le site Internet de Global Tower Partners.Fuite de capitaux Selon le porte-parole de l’ADQ dans ce dossier, les précisions de la ministre Jérôme-Forget sont plutôt «navrantes», car elles démontrent que cet immense projet d’une valeur de plusieurs centaines de millions va inévitablement provoquer une «fuite de capitaux et d’emplois de haut niveau» au profit du holding australien.En lançant un appel d’offres de cette nature, a expliqué Gilles Taillon, Québec exclut du portrait plusieurs firmes d’ingénierie québécoise importantes, par exemple Pomerleau, ou d’autres sociétés locales, et ce, au profit de multinationales.Par contre, a-t-il dit, si Québec avait confié au ministère la gestion du pro- jet pour faire appel a l’expertise d’ici, ces plus petites entreprises auraient pu se regrouper et se qualifier elles aussi, ce qui aurait accru leur expertise et permis de «garderplus d’argent ici».Le porte-parole adéquiste s’est dit «surpris de constater que le PQ n’ait pas suivi ce dossier» hier à l’Assemblée nationale, car il aurait lui-même voulu aller en question supplémentaire après celles de ses collègues de l’opposition.Gilles Taillon entend d’ailleurs prendre contact avec le député péquiste François Legault afin d’examiner la possibilité de lancer un examen en profondeur, en commission parlementaire, de toutes les facettes obscures de ce dossier, y compris les bases de calcul qui permettent à l’agence gouvernementale d’affirmer qu’un projet réalisé en mode PPP est moins cher que s’il était géré par le ministère des Transports, lequel n’en est pas à ses premiers projets d’autoroute.Par ailleurs, il a été impossible d’obtenir les commentaires du porte-parole du PQ dans ce dossier, le député Serge Deslières (Beauhamois).Réaction de l’Agence des PPP Par contre, le président de l’Agence des PPP, Pierre Lefebvre, a réagi par écrit pour défendre les bases de calcul de sa comparaison entre les modes public et privé de réalisation de l’A-25._ Le rapport qui sous-tend cette comparaison, dit-il d’entrée de jeu, «est appuyé par la firme Pricewater-houseCoopers».Cependant, Pierre Lefebvre insiste tout particulièrement sur le taux d’actualisation de 6,5 % retenu par son agence pour calculer la valeur des économies permises par un projet en PPR en dollars d’aujourd'hui.•Un rapport récemment publié par le centre interuniversitaire de recherche CIRANO, reconnu sur la scène internationale, suggère fortement de fixer le taux d’actualisation public pour le Québec à 8 %.Ainsi, le gouvernement est en dessous de celui proposé par CIRANO et foit donc preuve de conservatisme», écrit M.Lefebvre.A son avis, le chercheur et professeur à ITNRS-Urba-nisation Pierre Hamel, qui a contre-expertise l'évaluation de l’agence pour le compte du Devoir, «aura de la difficulté à rallier des chercheurs sérieux quant à sa conclusion que [sic] ce taux devrait se rapprocher de 5 %».Enfin, conclut le président de l’agence gouverne mentale, c’est le ministère des Transports qui a fixé la valeur du projet à 483 millions s’il devait le réaliser lui-même.Et «l’agence ne remet pas en question» ce chiffre, écrit-il.Pierre Lefebvre se dit par ailleurs satisfait de voir le professeur Hamel souligner la pertinence des clauses de partage des profits advenant qu’ils dépassent de 120 % les prévisions inscrites au contrat, des prévisions qui ont par contre été expurgées de la version déposée à l’Assemblée nationale.En Angleterre, que'le Québec se targue de dépasser en matière de transparence, toutes ces informations sont publiques.Le Devoir MULR0NEY BUSH «J’avais sans le savoir propagé de fausses informations» SUITE DE LA PAGE 1 américaine d'avoir menti sur les menées de Saddam Hussein pour se doter d’armes de destruction massive.Le public apprenait quelques jours plus tard, également par la presse, que M.Wilson était le mari de Valerie Plame, agent de la CIA, ce qui suggérait qu'il devait à ses relations personnelles d’avoir pu enquêter sur la question pour cette même CIA en 2002.Le soupçon que la fuite pouvait avoir été organisée par la Maison-Blanche a provoqué un scandale retentissant à un moment où les doutes s’accumulaient contre l’argumentaire employé pour déclarer la guerre quelques mois plus tôt.* A l’époque pourtant, celui qui fut porte-parole de la Maison-Blanche de 2003 à 2006, Scott McClellan, démentait toute implication de Karl Rove, éminence grise de M.Bush, et de «Scooter» Libby, chef de cabinet du vice-pfésident Dick Cheney.«Le plus puissant dirigeant du monde m’a demandé de parler en son nom et de rétablir la crédibilité qu’il avait perdue après qu'aucune arme de destruction massive n 'eut été trouvée en Irak», écrit M.McClellan dans son livre à paraître en avril, selon de courts extraits publiés sur le site de son éditeur, Public Affaire.«Je me suis donc trouvé au pupitre de la salle de presse de la Maison-Blanche sous les feux des projecteurs pendant près de deux semaines et j’ai exonéré publiquement deux des principaux conseillers de la Maison-Blanche: Karl Rove et Scooter Ubby» «U y avait un problème.Ce n’était pas vrai», écrit-il dans cet ouvrage intitulé Ce qui s’est passa au cœur de la Maison-Blanche de Bush et ce qui ne va pas avec Washington.«/avais sans le savoir propagé de fausses informations.Et cinq des plus hauts responsables de l’administration étaient pour quelque chose dans ce que je faisais: Rove, Ubby, le viceprésident, le directeur de cabinet du président [Andrew Card] et le président lui-même», poursuit-il.Depuis lors, l’enquête et un procès ont révélé que l’identité de Mme Plame avait dniilé pour ainsi dire librement entre responsables de la Maison-Blanche et journalistes.Ils ont aussi mis en lumière l’éneigie déployée par l’administration pour discréditer les critiques de la guerre.Mais personne n’a été poursuivi pour la fuite.Seul M.Ubby l’a été dans une enquête connexe pour avoir menti à la justice.D a été condamné en juin à deux ans et demi de prison, deux ans de mise à l’épreuve et 250 000 $ d’amende.Mais M.Bush a décidé en juillet de le gracier partiellement et de lui épargner la prison.Ses adversaires démocrates s’étaient alors déchaînés contre hii.Ils se sont saisis des propos de M.McClellan pour attaquer à nouveau la crédibilité de l'administration.Agence France-Presse SUITE DE LA PAGE 1 Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, avait le même ton sarcastique.«Disons qu’il a un niveau de vie qui est différent du mien!» La sénatrice libérale Céline Hervieux-Payette, lieu-tenante du chef Stéphane Dion au Québec, s’est elle aussi payé la tête de l’ancien premier ministre.«Compte tenu de sa modeste famille et de sa modeste demeure, c’est pour cela qu’il avait besoin de cet argent.Si on visite la demeure de M.Mulroney, elle ressemble un peu à celle de Pauline Marois.» Brian Mulroney semble s’être mis sur le mode «gestion de crise».Son fidèle collaborateur et porte-parole, Luc Lavoie, a accordé au moins deux entrevues à des journalistes mardi pour livrer un seul et même message: accepter 300 000 $ en argent comptant du mystérieux entremetteur Schreiber a été «une erreur colossale».«C’est la chose la plus sotte qu’il ait jamais faite», a déclaré M.Lavoie aux chaînes médiatiques Can West et Sun (propriété de Québécor, dont M.Lavoie est un des vice-présidents).L’ancien premier ministre le regrette, dit-il.Besoin d’argent urgent Toute l’affaire Mulroney-Schreiber trouve son origine dans ces trois fameux paiements de 100 000 $ chacun, effectués dans des hôtels de Montréal et de New York en 1993 et en 1994.À quoi devaient servir ces sommes?Apparemment, le premier ministre sortant avait accepté d’aider l’homme d’affaires dans ses tentatives d’implanter une usine d’équipements militaires et une chaîne de restaurants spécialisés dans les pâtes alimentaires.Et surtout, a fait valoir Luc Lavoie, M.Mulroney avait besoin d’argent M.Lavoie a expliqué que toutes les économies que Brian Mulroney avait pu faire avant 1983, moment de son entrée de plain-pied en politique, s’étaient évaporées par le temps qu’il la quitte, 10 ans plus tard.Son salaire de premier ministre n’était d’aucune façon comparable à celui qu'il touchait lorsqu'il a présidé Iron Ore, a-t-il insisté.«Alors, lorsqu’il a quitté [la politique], il n’avait pas d’argent.Il était optimiste, il allait retourner à son ancien cabinet d’avocats, mais il y a une différence entre être optimiste et toucher un revenu, a dit M.Lavoie.Alors, l’homme était un peu, je ne dirais pas angoissé, mais inquiet à propos de l’avenir.» Il rappelle que M.Mulroney avait, au moment de son départ, de jeunes enfants d’âge scolaire qui «s’attendaient au niveau de vie dont ils avaient joui avant son entrée en politique, ce qu’il leur avait probablement promis».«Alors, lorsqu’il a quitté la vie politique, il a dû aller chercher un gagne-pain.» Certes, le salaire d’un premier ministre et celui de président d’Iron Ore ne sont pas identiques.Mais la différence était-elle si grande?Dans son livre On the Take, la journaliste Stevie Cameron raconte que la compagnie mère d’Iron Ore, Hanna Mining, n’a jamais déclaré pour ses cadres des rémunérations de plus de 400 000 $, bonus compris, entre 1978 et 1983, période où M.Mulroney a présidé Iron Ore.En 1984, le premier ministre du Canada touchait 130 830 $, était logé, nourri et disposait d’une voiture de fonction.Le salaire avait augmenté à 159 300 $ à son départ, en 1993.La question est aussi de savoir pourquoi M.Mulroney n’a pas déclaré immédiatement à Revenu Canada ¦ ce revenu de 300 000 $.Il y a quelques semaines, un intermédiaire avait fait valoir par lettre que, M.Mulroney étant engagé à l’époque dans des procédures légales pour diffamation contre le gouvernement canadien, il avait en quelque sorte oublié de déclarer ce revenu d’appoint.(Une version des faits qui fait fi de la chronologie, M.Mulroney ayant poursuivi Ottawa en 1995, soit presque deux ans après le versement des 300 000 $.) In version des faits a changé.Selon laïc Lavoie, il s’agissait d’une «avance sur honoraires».«On ne paye pas d’impôt sur une avance d’honoraires avant que le travail ait été complété.Cest une zone grise.» En outre, M.Lavoie a dit que cet épisode est survenu après le départ de M.Mulroney de la vie publique.«Ce qu’il a foit à titre de citoyen privé, dans la mesure où c’est légal, ça ne regarde personne» («nobody’sgoddam business»).En 1997, M.Mulroney a touché 2,1 millions de dollars du gouvernement canadien après qu’il l’eut poursuivi pour diffamation.Il reprochait au ministère de la Justice de l’avoir lié à une enquête sur le versement de pots-de-vin lors de la vente d’appareils Airbus à Air Canada.Ottawa ignorait tout à ce moment des 300 000 $ versés par Karlheinz Schreiber, visé par l’enquête Airbus.On sait que le ministère de la Justice a songé en 2006 à essayer de récupérer les 2,1 millions de dollars compte tenu des nouvelles révélations.Genèse d’un paiement Luc Lavoie a raconté de quelle manière s’était organisée la première rencontre entre MM.Mulroney et Schreiber en 1993, pendant laquelle la première tranche de 100 000 $ en liquide a été versée.Fred Doucet, un collaborateur de M.Mulroney, lui a dit que l’homme d’affaires voulait le rencontrer.M.Mulroney vivait alors dans son chalet des Laurentides en attendant que se terminent les rénovations de leur nouvelle maison à Montréal.L’ancien premier ministre était encore député et il a été escorté par la GRC jusqu’au Château Mirabel M.Schreiber lui aurait dit qu’il le payerait 100 000 $ par année.«Puis, raconte M.Lavoie, il a sorti une enveloppe avec 100 000 $etM.Mulroney a dit: “Qu’est-ce que c’est?” R a répondu: “Je veux te payer en liquide."Alors M.Mulroney a posé quelques questions 'Pourquoi veux-tu foire cela en liquide?” Et il a dit ‘Je suis un homme d’affaires international et c’est ainsi que je fonctionne.Je traite toujours en liquide.” Et c’est pour cela que M.Mulroney admet aujourdhui qu’il a commis une erreur colossale, R n ’aurait jamais dû accepter.» Les députés à la Chambre des communes débattront aujourd’hui de la pertinence de convoquer en comité parlementaire M.Schreiber pour qu’il s’explique sur toute cette histoire avant qu’il ne soit expulsé vers l’Allemagne.Le Devoir Commission Bouchard-Taylor Sherbrooke, terre d’accueil STÉPHANE BAILLARGEON La tolérance a une ville: Sherbrooke.La capitale des Cantons de l’Est en a fait la preuve tout au long du forum des citoyens appelé hier soir par la commission Bouchard-Taylor.La ville estrienne est souvent décrite comme un modèle d’ouverture.Elle a reçu environ 5000 immigrants depuis le début de la décennie.Elle a aussi été la première ville fusionnée du Québec, en 2004, à se doter d’une politique d’intégration des nouveaux immigrants.Près de 300 personnes étaient inscrites au forum, un record depuis le début des travaux de la Commission.Les jeunes étaient représentés en surnombre et ils ont fortement et positivement marqué les échanges.«En quoi sommes nous brimés par les accommodements raisonnables, a demandé Gabriel Leboeuf, un étudiant.Ce n’est pas l’identité qui est en péril.J'ai l’impression que l’ouverture fait place à la fermeture.Ce sont les Québécois qui ont besoin de l’immigration.C’est donc aux Québécois que revient la responsabilité de l’intégration.» Des immigrants plus ou moins récents ont carrément demandé à leur société d’accueil de tirer la ligne fermement pour éviter les dérives.«B va falloir que l’espace public soit laïque», a dit un homme d’origine africaine.«Non au kirpan dans les écoles», a dit un jeune d’origine libanaise.Un autre encore a salué l’égalité des hommes et des femmes et le respect des enfants au Québec.Il a affirmé que c’était aux immigrants de s’adapter.«Là ou tu vas, fait ce que tu verras», a résumé Antonio Gracia-Molero.Il y a tout de même eu quelques faux accords dans cette symphonie de la tolérance.Anne Bürgi, du Centre des femmes immigrantes, a déploré la montée de la xénophobie depuis le 11 septembre.Plusieurs néo et anciens-Québécois ont répété que l’intégration passait d’abord et avant tout par la maîtrise du français, la reconnaissance des diplômes et l’accès au travail, toujours difficile.«Nous souhaitons avoir les mêmes chances d’accès à l’emploi, qu’il soit noir, blanc ou jaune», a dit Armel Bendzi, d’origine africaine avant de livrer un appel à la modération à l’endroit de Mario Dumont «qui a attisé les divisions».La salle l’a ovationné.Les audiences se poursuivent aujourd’hui et demain à Sherbrooke.Au total, 24 mémoires et huit témoignages seront entendus.Le maire Jean Perreault sera un des premiers au micro ce matin.Le Devoir PATIENT SUITE DE LA PAGE 1 Trois classes de médicaments sont administrées lors d’une anesthésie générale: des analgésiques (ou narcotiques) qui, en agissant sur les voies de transmission des sensations douloureuses, en diminuent l'intensité; des hypnotiques, qui induisent transitoirement un état d’inconscience; des myorelaxants ou bloquaire neummusculaires, comme les curares, qui bloquent l’activité musculaire et paralysent tous les muscles.«Les myorelaxants qui préviennent les mouvement volontaim sont nécessaires principalement pour induire le relâchement des partis musculaires de l’abdomen ou du thorax qui, autrement, demeureraient tntp rigides pourqu’on y pratique une incisùm».'m
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