Le devoir, 24 janvier 2008, Cahier B
LE DEVOIR.LE J E l D I 24 JANVIER 2 0 0 8 LE CANADIEN CULTURE Montréal n’est pas alarmé par .$ÊtC~' Danse; Plaisir son dossier contre Brodeur ^ et déplaisir Page B 6_______________ page r 8 ECONOMIE î PERSPECTIVES Une Fed paniquée Au lendemain de la baisse-surprise de 75 points de base du taux directeur de la banque centrale américaine, analystes et éditorialistes accusaient la Fed d’avoir paniqué.On lui reproche d’avoir cédé aux pressions du marché boursier et de s’être soumise au diktat de la spéculation.Avant de poursuivre plus à fond sur cette voie de la critique, ces observateurs devraient se rappeler que le président de la Fed s’est notamment passionné pour les mécanismes économiques de la Dépression des années 1930.La Réserve fédérale a surpris par son action sur les taux d’intérêt à une semaine de la réunion officielle de son comité monétaire.Cette réduction éclair de 75 points de base du taux cible à un jour a été perçu comme étant un geste de panique par les éditorialistes du Financial Times, du Wall Street Journal et de The Economist.Avant d’accuser la Fed de jouer un jeu dangereux en se lançant ainsi au secours des marchés, il faudrait retenir que cette intervention-surprise est survenue au lendemain de l’annonce d’un plan de stimulation fiscale peut convaincant.Avec des Bourses déjà très nerveuses et effrayées par le mot récession, il faut se demander quelle aurait été l’ampleur des dégâts sur ces marchés régis essentiellement par les peurs et les émotions si la Réserve fédérale était demeu-Gérard rée silencieuse.Bérubé D lui fallait porter un coup afin, justement d'éviter que la panique ne s’empare des marchés et qu’un effet domino ne soit déclenché.Cette lecture a été faite par un président de la Réserve fédérale féru de macro-économie et de politiques monétaires, qui s’est passionné pour les mécanismes économiques de la Dépression des années 1930.Il disait «Comprendre la dépression est le Saint-Graal de la macro-économie», peut-on lire dans une dépêche de l’Agence France-Presse.Les éditorialistes se sont défoulés hier.Pour eux, le message envoyé mardi donnait l’impression que la Fed avait paniqué.Qu’elle avait succombé aux pressions du marché boursier.Qu’elle n’hésite pas à baisser ses taux uniquement pour sauver banquiers et courtiers.Que les institutions financières et les investisseurs hasardeux peuvent multiplier les imprudences et les comportements frivoles en toute impunité, les pots cassés par leur insouciance spéculative ou leur soif du rendement sans égard au risque étant à tout coup réparés par la Fed.Cette impression n’est pas sans fondement.Le prédécesseur de Ben Bernanke à la tête de la Fed, Alan Greenspan, ne disait-il pas que les marchés financiers étaient condamnés à évoluer de crise en crise et que l’action de la Fed se limitait, finalement, à panser les plaies et à endiguer la contagion?Au-delà de cette vision, réelle mais réductrice, il faut placer le geste de la Fed de lundi dans son contexte.Dans un environnement dominé par une çhute sans précédent des valeurs immobilières aux Etats-Unis, qui vient fragiliser la santé financière des grandes institutions financières, déjà enlisées dans cette crise du crédit hypothécaire à haut risque.Dans un environnement composé d’institutions financières devenues soudainement frileuses, provoquant un resserrement des conditions de crédit alors que l’activité économique tend à ralentir.Si le scénario de récession, raillé il y a deux mois, est devenu dominant, la Fed ne pouvait se permettre d’ajouter une autre contrainte sous forme d’une correction boursière sévère ou d’une faillite d’une grande institution financière.Surtout que, du côté fiscal, la réaction au plan de relance annoncé par la Maison-Blanche a été plutôt froide.Ces critiques, toutes légitimes soient-elles, ne devraient pas oublier que, contrairement aux autres banques centrales, la Fed n’a pas pour mission le seul maintien de la stabilité des prix.Qu’elle est l’une des rares banques centrales à ne pas s’être dotée de cible inflationniste et que la stimulation de la croissance économique fait partie de son mandat Une autre dénonciation est venue de cette culture du crédit facile et peu cher engendrée par la politique monétaire de la Fed, et qui provoque de sérieuses distorsions dans le marché.D’ailleurs, on a maintes fois accusé la politique monétaire menée par Greenspan d’être à l’origine de cette bulle immobilière.Certes, la faiblesse du loyer de l’argent et l’abondance du crédit a eu pour effet de soutenir la consommatiori et de pousser nombre d’épargnants vers l’investissement boursier malgré leur aversion élevée au risque.Mais cet univers favorable à l’emprunt ne peut tout expliquer.Il faut reconnaître que cet environnement du crédit facile et bon marché n’était pas que l’apanage des Etats-Unis.Que les autres économies ont également bénéficié d’une telle conjoncture accommodante sans tomber dans les excès observés au sud de la frontière.Pensons à ces ménages américains qui avaient pris l’habitude de transformer leur maison en guichet automatique et d’emprunter sur la plus-value de leur propriété pour financer leur consommation.Ou encore à ces institutions financières américaines en soif de rendement digne de ce nom qui ont par des voies de contournement exotiques, ouvert toutes grandes les portes du crédit hypothécaire à des personnes ne pouvant, en définitive, se permettre l’aventure immobilière.Cela étant, à quand l’éclatement de la prochaine bulle?MAUR1C10 LIMA AGENCE FRANCE-PRESSE À New York, après cinq séances consécutives de baisse, l’indice Dow Jones a regagné 2,5 %.Bourses mondiales Wall Street bondit, l’Europe plonge La BCE écarte une baisse de taux en zone euro New York — Wall Street a signé un net rebond en fin de séance hier, tout comme les places asiatiques, mais les Bourses européennes ont elles nettement replongé, encaissant mal les déclarations du président de la BCE qui a exclu une baisse de faux rapide dans la zone euro.Pour sa part la Bourse de Toronto a fini par se redresser, hier, et le S&P/TSX a gardé un gain modeste de 16,50 points à 12 657,38.L’indice, qui perdait un moment plus de 3(X) points, a suivi le mouvement haussier de New York où, là aussi, la séance a évolué en montagnes russes.À New York, après cinq séances consécutives de baisse, l’indice Dow Jones a regagné 2,5 %, le Nasdaq 1,1 % et le SP 500 2,1 %.Après avoir de nouveau plongé initialement, «on est arrivé à un point où le marché réalise qu’il y a de bonnes affaires» d’investissements, après les ventes excessives des dernières séances, a affirmé Peter Car-dillo, analyste d’Avalon Partners.L’optimisme avait en revanche de nouveau disparu sur les Bourses européennes, qui ont clôturé en forte baisse.Paris a perdu 4,3 %, Francfort 4,9 % et Londres 2,3 %.L’Eurostoxx, qui regroupe 50 valeurs européennes, a cédé 4,7%.In baisse de l’indice vedette DAX de Francfort a passé un seuil psychologique important en atteignant 20,2 % depuis le début de l’année — presque autant que ce qu’il avait gagné au cours de toute l’année 2007.Selon Werner Bader, stratège actions de la banque régionale LBBW, Francfort est plus touchée que d’autres places du fait de la VOIR PAGE B 4: BOURSES ÉOLIENNE Les Allemands veulent profiter de la manne ¦e JOEL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Signe de l’inquiétude ambiante, plusieurs intervenants ont pris soin de souligner qu’ils ne prévoyaient pas une récession d’ampleur mondiale.Forum de Davos La crise financière gâche la fête Le pessimisme a dominé les premiers débats de Télite économique et politique mondiale PHILIPPE ONILLON Davos, Suisse — La crise financière et la crainte d'une forte récession aux Etats-Unis ont sérieusement assombri l’atmosphère hier à Davos, en Suisse, au premier jour du Forum économique mondial, réunion annuelle de l'élite économique et politique mondiale.Tandis que les marchés boursiers européens et américains rechutaient, le pessimisme a dominé les premiers débats parmi les quelque 2500 grands patrons et dirigeants politiques conviés dans cette petite ville de montagne.«Il va y avoir une grave récession aux États-Unis, un ralentissement dans les pays émergents et un fort ralentissement en Europe», a déclaré l’économiste Nouriel Roubini lors du traditionnel débat d'ouverture sur l’état de l’économie mondiale.Certains intervenants ont tenté d'instiller un peu de confiance, assurant que la Chine et d’autres économies émergentes aideront la planète à amortir le choc.Mais cette théorie du «découplage» entre les Etats-Unis et les pays du sud a été âprement débattue.In fête annuelle du gotha des affaires et de la politique a en outre été gâchée par une série d'annulations.VOIR PAGE B 4; DAVOS CLAUDE TURCOTTE Les Allemands s’amènent au Québec pour trouver des partenaires stratégiques et des fournisseurs dans le domaine de l’énergie éolienne.Il y a ici un boom éolien qui s’annonce et auquel ils veulent participer, utilisant aussi celui-ci comme une base pour partir à la conquête des marchés cain.Ils sont convaincus que l’expertise technologique qu’ils ont développée depuis 10 ans dans leur pays est leur meilleur argument de vente.Dans le cadre d’un déjeuner-causerie organisé par la Chambre canadienne allemande de l’industrie et du commerce réunissant 200 participants — représentant surtout des entreprises, des institutions financières et des municipalités du Québec, mais aussi quelques-unes d’autres provinces —, les dirigeants de trois entreprises allemandes ont fait part de leur intention très claire de participer à l'essor de l’énergie éolienne sur ce continent en s’appuyant sur l'élan donné au Québec.Matthias Schubert, membre du conseil de direction de Repower, troisième manufacturier de turbines multi-mégawatt en importance en Allemagne et ayant participé déjà à 1700 projets éoliens un peu partout en Europe, mais aussi en Asie et en Australie, soutient que le Canada se situe au sixième ou septième rang des marchés potentiels d’énergie éolienne dans le monde et que, dans les trois prochaines années, on pourrait y voir des projets de 1000 MW par année.Pour sa part le gouvernement québécois exige un contenu local de 60 %.Une firme allemande doit donc VOIR PAGE B 4: ÉOLIENNE Charest à Davos: Harper doit appuyer le projet de libre-échange Canada-Union européenne ¦ À lire en page B 3 Les Allemands croient que l’expertise technologique qu’ils ont développée depuis 10 ans est leur meilleur argument de vente ?> I LE DEVOIR LE JEUDI 24 JANVIER 2 0 0 8 B 2 LE MARCHE BOURSIER feBcwC&ü K Aüvalute Soft ?' klCW Mng o « AccrïttÇ'ViO ! *Œ Avatiy A ï ACfA«tn Vol U Acuity Smaa A Aûallis Inc AWrac Mcty J 6f Aûoa/ Pete il »¦», ACDt'e/ Tecn o ADSInc A M7 AGfMgtBMV 231 AoncTugie Ml 57 ÎB AA' 11130 lOSO *5» 6 890 56» 52» 1530 1 530 11300 lioojj 1550 08» 3540 0105 il.wev Morse GrevWoh Grevstarc peter 1525 g ’ H mm 49.^» l»i» 8454’ 3* 220 15» 08» 38» 0105 r ’» 1 J» 05» 05» 3100 2 9» 06» 0 590 13200 126» 10» 0 920 2® 2S1 MM ,• : -258» 258» 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canadiens.Les lettres a et h ditlérencient les catégories d'actions ordinaires sans droit de vote.1= action ordinaire sans droit de vote ou à droit de vote subalterne; p ou 0= actions assujetties à des règlements spéciaux pr= actions pnvilégiées: r= actions privilégiées dont le dernier dividende n'a pas encore été versé: u= unité de capital-action; v= dividende variable; wt ou n- bon de | souscription (warrant); z= lot brisé.Les cotes Toronto New York TSX Dow Jones 12 657,38 12 270,17 Dollar Or 1 $ canadien à New York 97,69 6 us 882,50$ us Les devises Voici la valeur des devises étrangères exprimée en dollars canadiens Afrique du Sud (rand) Arabie Saoudite (riyal) Argentine (peso) Australie (dollar) Bahamas (dollar) Bartade (dollar) Bermudes (dollar) Brésil (real) Caraïbes (dollar) Chili (peso) Chine (renminbi) Colombie (peso) Corée (won) Costa Rica (colon) Égypte (livre) Etats-Unis (dollar) Europe (euro) Haïti (gourde) Hong Kong (dollar) Unnnrin / i « c r- t © © c = I î ! f 1559.63 1479.68 -xv+ 1399.74 \.+Y-.1319.79 • _T-IQ.3o V 1239.84 -.J — \ 1159.89 \ 1079 95 J ] ooooo r* r~ t' oc © © c © s I * t T CfNIRf 0 «NAim fl Dt SUIVI Ot UNO ICE pUf BEC k.Une initiative du Département de finance de l'Université de Sherbrooke et de l’IRÉC.Indice ¦ Québec f) (16 h 10) www.indicequebec.org » t t LE DEVOIR.LE JEUDI 24 JANVIER 2 0 0 8 CONOMIE B 3 Détenteurs d’obligations insatisfaits BCE croit que les poursuites sont sans fondements libre échange Canada-Union européenne ROSS MAROWITS Les détenteurs d’obligations insatisfaits de la vente du géant des télécommunications BCE, au coût de 52 milliards, se sont aventurés en terrain incertain avec leurs poursuites contre cette transaction, a affirmé hier l’un des avocats de la société, Ken Thomson, en Cour supérieure du Québec.«Les accusations d’oppression lancées par les détenteurs d’obligations sont absolument sans fondement», a déclaré M.Thomson au juge Joël Silcoff, au palais de justice de Montréal.Les détenteurs d’obligations, qui estiment injuste pour eux la vente de la maison mère de Bell Canada, soutiennent qu’ils perdront de l’argent en vertu des termes de la prise de contrôle de BCE par un consortium dirigé par le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario (Teachers), alors que les actionnaires en tireront des bénéfices.Les détenteurs d’obligations avancent qu’ils subiront des «pertes significatives» puisque les débentures de BCE ont perdu des centaines de millions de dollars en terme de valeur sur le marché depuis qu’ont commencé à circuler des bruits relatifs à la fermeture du capital de l’entreprise.Dans le cadre de leurs plaidoyers finaux en cour, hier, les avocats de BCE ont affirmé que les poursuites intentées par les détenteurs d’obligations reposaient sur un tissu de faussetés et de preuves incorrectes ou trompeuses au sujet de la transaction.M.Thomson a indiqué que les plaignants avaient tort de nier que la principale responsabilité du conseil d’administration Les avocats de BCE était de maximiser la valeur pour l’ac-de BCE tionnaire.«La réalité tou- te simple est pue les admi-affirment nistrateurs et la direction ont fait de leur mieux que les dans les circonstances les plus difficiles», a-t-il décla-poursuites réaujugeSilcofl renouent
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