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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2008-02-09, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 E E V R I E R 2 0 0 S LITTÉRATURE Margaret Laurence rééditée Page F 3 LITTÉRATURE Cormac McCarthy vu par Hamelin Page F 4 mm ISP! JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Vadeboncœur, moderne irréductible .MICHEL LA PIERRE En présentant, sous le titre Une tradition d’emportement, une anthologie des écrits les plus anciens de Pierre Vadeboncœur, né dans l’île de Montréal en 1920, Yvan Lamonde et Jonathan Livernois avouent avoir dû se lancer dans «un long plaidoyer auprès de l’auteur pour lui faire voir — parfois à son corps défendant — l’intérêt littéraire et historique de ses textes».Ils avaient raison d’être tenaces.Les écrits choisis (1945-1965) témoignent éloquemment de la continuité de l’œuvre de Vadeboncœur.Ils donnent même la clé nécessaire à la compréhension de la démarche globale de l’intellectuel.Qu’en 1961 un syndicaliste associât la libération sociale du Québec à l'éclosion de notre peinture abstraite, cela pouvait paraître saugrenu, même aux yeux des gens de gauche.En publiant dans Cité libre l’article «Borduas, ou la minute de vérité de notre histoire», Vadeboncœur étonnait, d'autant plus qu’il affirmait à propos du peintre, qui, par le manifeste Refus global, avait rompu avec notre passé catholique: «Il avait quelque chose d’un saint.» Faire de Borduas un saint laïque pour opposer la liberté créatrice exprimée dans ses toiles à l'hypocrisie des prédicateurs qui, selon l’article, commandent d’adorer Dieu «en Lui mentant», semblait incongru.Pourtant, c’était la meilleure manière de montrer que la révolution picturale des automatistes, encore plus éclatante chez Riopelle que chez Borduas, devançait par sa modernité notre littérature et n'attaquait pas le phénomène spirituel en soi.L’influence souterraine de Borduas libé- rait, souvent à leur insu, les plus éveillés des intellectuels canadiens-français, d’un moralisme stérile et d’une religiosité terre à terre, mesquine, plus paysanne que chrétienne.C’était un bouleversement Sinueuse, nuancée, insistante, admirable, la prose de Vadeboncœur évoquait par des détours notre aliénation collective pour mieux en percer le mystère.Elle déchiffrait l’humiliation, l’étouffement et la solitude d’un drôle de peuple occidental: un gamin au corps robuste mais à l’âme rachitique., Vadeboncœur faisait de Paul-Emile Borduas, cet agnostique affranchi du passé, l’antithèse de Lionel Groulx, ce croyant passéiste.Dans une société qu’écrasait un catholicisme étriqué, on pouvait croire que le syndicaliste aurait considéré, devant l’omniprésence du spirituel, le peintre d’avant-garde comme le champion de la matière vivante.Contre toute attente, Vadeboncœur soutenait que Borduas faisait jaillir de l'esprit, et non de la chair, l’indispensable révolution collective.Unité du peuple Son livre La Ligne du risque (1963), qui renfermait l'article capital publié l’année précédente dans la revue Situations, résumait ainsi sa pensée: «Personne, ou presque, n’avait été assez spirituel pour tenter enfin une véritable expérience.Borduas s’en est remis complètement à l’esprit.H a tout joué.Le Canada français moderne commence avec lui» Pour l’écrivain, ce peintre avait, dans notre société, fait reculer l’obscurantisme qui risquait de s’assimiler au matérialisme américain le plus vulgaire.Il fallait que Vadeboncœur crût profondément à l’unité organique du peuple pour penser qu’un art aussi élitiste que la peinture abstraite pouvait déterminer l’avenir national.Dans LAutorité du peuple, publiée en 1965, le syndicaliste montre que, grâce à Borduas, la liberté créatrice est passée du domaine de la peinture à celui des idées.«Mon socialisme, par exemple, ne cesse, écrit-il, de s’approfondir et de gagner en autonomie; il est devenu pour moi générateur de pensées.Je dirais la même chose de mon indépendantisme, beaucoup plus récent.» Loin de découler de la doctrine nationaliste de Grouk, l’indépendantisme de Vadeboncœur était «d’essence révolutionnaire».D surgissait du socialisme et de l’expérience syndicale, comme d’un tableau abstrait mais bien réel.L’écrivain rappellera l’événement déclencheur, survenu à Baie-Comeau en 1960: «[.] le spectacle de milliers d’ouvriers prisonniers du capital étranger comme de syndicats étrangers, et cherchant violemment à se libérer.» En 1978, dans Les Deux Royaumes, Vadeboncœur, horrifié par la superficialité d’une nouvelle culture occidentale qui refuse l’enracinement, avoue qu’il se trompait jadis en estimant qu’il devaii à la suite de Borduas, «être quitte envers le passé».Désenchanté, il donne l’impression de laisser une œuvre affaiblie par le reniement De moderne, il serait devenu antimoderne.En fait, la lecture des écrits anciens révèle que la modernité préconisée par Vadeboncœur, comme une tradition à inventer, répondait déjà aux exigences qu’à partir de 1978 l’essayiste formulera.Il rejetait non seulement notre passé folklorique, mais aussi un certain culte états-unien de la superficialité.Le penseur ne croyait pas en vain que le socialisme et la libération nationale rappelaient la pérennité et la profondeur des œuvres d’art Collaborateur du Devoir UNE TRADITION D’EMPORTEMENT ÉCRITS (1945-1965) Pierre Vadeboncœur PUL Québec, 2007,182 pages Grâce à Borduas, la liberté créatrice est passée du domaine de la peinture à celui des idées «Mon socialisme, par exemple, ne cesse de s’approfondir et de gagner en autonomie» * I.K I) E V O i H , LE S S A M E l> I 9 ET Ü I M A X < H E MJ FÉVRIER 2 0 I) 8 F 2 LIVRES LETTRES FRANCOPHONES Un dimanche avec Patrick Chamoiseau LISE GAUVIN Si les enfants s’ennuient le dimanche, les écrivains, eux, en profitent pour laisser tomber les masques et s’adonner à l’Ecrire, activité qui consiste, selon le narrateur du dernier roman de Patrick Chamoiseau, à plonger dans «le monde et ses incertitudes» et à connaître cette «ivresse inquiète» et ce «décentrement maximal» qui permet de s’abandonner à des ego imaginaires et multiformes.Car il n’est pas facile de trouver son identité «sous l’œil fixe d'un dimanche», alors que le monde soudain bascule dans l’inédit et entrevoit les impossibles à venir.Saint-John Perse lui-même «fut un vaste dimanche dans la décadence des planteurs antillais».Ce dimanche-là, pourtant, l’écrivain est interrompu dans ses tâches coutumières par l’appel d’un ami, responsable d’une association créée pour accueillir des enfants en difficulté, qui s’adresse à lui, l’éducateur, pour lui demander de venir au secours d'une fillette «insolite» réfugiée sous des ruines et refusant d’en sortir.Et l’éducateur de se retrouver avec l’enfant dans ce lieu clos, en fait un ancien cachot qui lui rappelle le destin d'une esclave du temps des plantations, surnommée l’Oubliée.Ainsi s’élabore, à travers le récit raconté à la fillette, une évocation des temps anciens doublée d’une méditation sur l’écriture et d’un questionnement identitaire.Patrick Chamoiseau, rencontré à Cayenne à l’occasion du jury du prix Carbet 2007, me confie le projet à l’origine du roman: «Ma première préoccupation, c’était de comprendre ce qui peut se produire lorsqu’un être humain est plongé dans le déshumain.Jusqu’où l’humain peut disparaître et par quel processus il commence à réélaborer de l’humain.J’avais aussi été frappé, lorsque j’avais lu Une journée d'Yvan Denissovitch de Soljénitsyne et Si c’est un homme de Primo Levi, de percevoir l’horreur des camps d’extermination nazis.Or l'équivalent n’existait pas encore pour les plantations esclavagistes américaines.On a toujours eu tendance à dire que l’habitation esclavagiste n’était pas un camp d’extermination et c’est vrai.Le maître esclavagiste ayant acheté ses esclaves, il avait tout intérêt à les préserver.Je voulais montrer que le déshumain y était installé et que, dès qu’un être humain est traité moins bien qu’un animal et comme une chose ou comme du bétail, la souffrance est totale, immédiate et illimitée.J’ai essayé, à partir de ces idées, d’approcher la réalité esclavagiste et surtout d’approcher ce que j'appellerais la formation de l’agencement identitaire.C’est ça, le thème du roman.L’esclavage, c’est un motif du roman.Le thème profond, c’est: “Qu'est-ce qu’une identité?" L'esclave se retrouve forcé d’élaborer un agencement identitaire individuel et intime très singulier, très souple, très particulier, presque secret.R est obligé de se retrouver dans une sorte de tête-à-tête avec un intérieur profond [.] Cet esclavagisme-là oblige à des formations, à des agencements identi- E N BREF 3e Salon du livre de Sudbury Le Salon du livre du Grand Sudbury tiendra la troisième édition de son grand Festival du livre et de la lecture du jeudi 8 mai au dimanche 11 mai.On y attend plus de 70 écrivains et artistes,dont Zachary Richard, les McDades et Andréa Lindsay, lx- slogan du Salon de cette année est «Grand ciel bleu par ici», titre d’un ouvrage du regretté poète Robert Dickson.C’est la metteure en scène Brigitte Haentjens qui sera la présidente d'honneur de cette troisième édition du festival.- Le Devoir Deuxième Salon du livre jeunesse de Longueuil Le Salon du livre jeimesse de Longueuil tiendra sa deuxième édition cette année du 13 au 17 février prochain.Ce salon se tient en marge de la Fête du livre et de la lecture de Longueuil, qui tient par ailleurs ses activités du 30 janvier au 17 février dans les bibliothèques publiques de la ville.C'est Gilles Gauthier, auteur connu de littérature jeunesse, qui sera le porte-parole de cette fête, qui célèbre son dixième anniversaire cette année, la revue Lurelu y recevra notamment le prix Ray- mond-Plante.On peut obtenir plus d’information sur cet événement au http://fetedulivre.csmv.qc.ca.-Le.Devoir Salon du livre de l’Outaouais Le prochain Salon du livre de l'Outaouais, qui se tiendra du 28 février au 2 mars au Palais des congrès de Gatineau, aura pour thème l'évasion.La présidence d’honneur de ce 29° SLO a été confiée à l’écrivain, critique et animateur de radio Stanley Péan, alors que l’écrivaine Anne Ro-bilkird (Iss Chevaliers d’émeraude, Editions de Mortagne) agira à titre d’invitée thématique.Les autres invités d'honneur sont Claire Boulé pour la catégorie poésie, Stéphane Dompierre pour la littérature grand public ainsi que notre collaboratrice Carole Tremblay pour la littérature jeunesse.Georges Lafontaine représentera les écrivains de l’Ou-taouais et Daniel Marchildon, ceux de l’Ontario français.Le SLO accueillera aussi l’auteur français pour la jeunesse Xavier-laurent Petit et le poète suisse Alexandre Voisard.Les activités thématiques transporteront les visiteurs du SLO dans l’univers des épices, de la bonne chère, des vins, de la musique, de la littérature fantastique et des voyages.- Le Devoir Série de la Place des Arts LerStudiô Littéraire^ Un, espace, peur Us nufo m Lundi 18 février 2008 • 19 h 30 À la Cinquième Salle de la Place des Arts L'amour sous toutes ses formes Lu par Céline Bonnier Céline Bonnier, cette comédienne qui n’en fait jamais qu’à sa tète et qui part sans cesse à l’aventure, en exploratrice que rien n’effarouche, a demandé à quelques écrivains québécois de choisir pour elle un texte vibrant et sensuel.Prête à tout, elle s’engage à donner voix aux désirs les plus fous de ces écrivains qu’elle chérit.Bruno Hébert • Robert Lalonde • Jacques Languirand • Gaétan Soucy • Guillaume Vigneault • et d’autres encore Coproduction Les Capteurs de mots Place des Art* Québec n Entrée : 15 $* Étudiants : 10 ** •Taxes comprises 514 842.2112 lnplacedeserts.com taires d’une grande modernité, dans ce sens que l’individu doit se recomposer un système, un appareillage symbolique qui n’est valable que pour lui-même.Il le fait dans la solitude.Parce que tous les esclaves n’ont qu’une idée, c’est survivre.[.] C'est d'une grande modernité parce que la problématique identitaire contemporaine oblige les individus à élaborer des agencements identitaires qui sont individuels.Nous sommes désormais seuls.Nous sommes des sociétés d’individus.On n’a plus les pesanteurs communautaires, on n’a plus les définitions communautaires.» Affinités littéraires Tout au long du roman, alors que la jeune personne enfermée sous les ruines se reconstruit peu à peu au fil de l’histoire qu’on lui raconte, le/e se dédouble en plusieurs personnages, parmi lesquels l’éducateur, l’écrivain ou le Marqueur de paroles déjà présents dans les romans précédents.Une nouvelle figure fait également son apparition explicite dans le récit, celle du lecteur, dont les commentaires tissent un réseau d’affinités littéraires, au premier plan desquelles se trouve Faulkner, Perse et Glissant.«Je pense que la littérature contemporaine, précise le romancier, ne peut pas ne pas être une littérature des littératures.Un roman s’inscrit dans une histoire littéraire.Lorsque j’écris, immédiatement il y a toute une bibliothèque qui vient et c’est le lecteur qui est avec moi.Il a f/' i if 'ê ¦ i,.’ ' J MARC LECHELARD AFP L’auteur antillais Patrick Chamoiseau toujours été là, mais c’est la première fois que j’ai essayé d’identifier son fonctionnement, ses apports, ses refus, ses précautions.» À propos de la présence du créole, beaucoup plus discrète dans ce roman, Chamoiseau constate que «les portes sont déjà ouvertes en matière de présence du créole» et qu’««7 y a tout de même une créolisation plus profonde de son texte».Quand je lui demande ce que peut la littérature, il répond que ses pouvoirs sont réels, car ils peuvent changer l’imaginaire d’un individu comme celui d’une société.Et de citer l’exemple du Cahier d’un retour au pays natal de Césaire, qui a modifié en profondeur la perception que les Noirs avaient d’eux-mèmes.Celui qui se qualifie de guerrier de l’imaginaire parle de la nécessité de fonder un «nouvel épique» capable de transcender les genres littéraires, de les mélanger, de les associer, de les dépasser.Un «épique» apte à rendre compte de la nécessité de résister à toute forme de domination tout en pensant le monde à partir d’une mise en relation de la totalité des peuples et des cultures, cette Totalité-monde mise en avant par Edouard Glissant Patrick Chamoiseau, actuellement occupé à écrire une «odyssée», n’a pas fini d’étonner son lecteur par une mise en perspective toujours renouvelée de la scène de l’écriture telle quelle s’élabore à tous les niveaux du texte.Collaboratrice du Devoir UN DIMANCHE AU CACHOT Patrick Chamoiseau Gallimard Paris, 2007,325 pages LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Rassurez-vous tout seuls CHRISTIAN DESMEULES Contes?Rassurants?.Treize contes rassurants, le titre qui coiffe le premier recueil de nouvelles de Marc Provencher, prend évidemment le contre-pied de son propos.Jugez-en plutôt par vous-mêmes.Ici, un discret club social organise un loisir pour le moins singulier: surveiller les ondes radio pour arriver le plus tôt possible sur les lieux de crimes ou d’accidents afin d’y prendre des photos, comme de simples badauds parfaitement anonymes, qu’ils font ensuite circuler entre eux (Scanners).Loisir ou perversion?On imagine bien entendu le pire.On n’est pas le moins du monde rassuré.Et on est presque chez J.G.Ballard — l’auteur de Crash, roman adapté au cinéma par David Cronenberg.Là, un imprévisible voyage de lave-auto qu’une petite fille s'apprête à faire avec son papa (Vers le lave-auto), ou un programme inédit et radical «d’aide à l’obésité» (Le Régime).Car le citoyen qui fait osciller la balance au-dessus des cent kilos fatidiques, c’est bien connu, coûte beaucoup plus cher en soins de santé que les autres.Une incursion de poids dans une sorte d’Etat policier qui-vous-veut-du-bien, où les fumeurs (ce qu’il en reste), les enragés du volant et les caféinomanes font eux aussi l’objet d’une attention toute spéciale.Dans La Moyenne, un couple moyen en tout, parfaite incarnation statistique de monsieur et madame Tout-le-monde, est submergé d’appels téléphoniques: enquêtes, questionnaires, études de marché, sondages d’opinion.Victimes impuissantes d’une société cauchemardesque où «tout citoyen est tenu par la loi de répondre aux sondages téléphoniques».Courtes et ciselées, souvent bricolées de manière très fine, à la limite du fantastique, les histoires inquiétantes de Marc Provencher font mouche.L’auteur, qui avait déjà fait sa marque au milieu des années 80 dans le registre des histoires courtes et de la science-fiction, n’a visiblement pas perdu la main malgré ce long silence littéraire.Mais qui a envie d’être rassuré?Fait-on de la bonne littérature rien qu'avec de bons sentiments?On a sa petite idée là-dessus, mais Marc Provencher, lui, connaît bien la réponse.Et c'est avec un malin plaisir qu’il tord le cou aux discours moralisateurs et qu’il tire la langue à tous ceux qui ont peur de mourir — qui sont souvent les mêmes qui ont peur de vivre.Collaborateur du Devoir TREIZE CONTES RASSURANTS Marc Provencher Leméac Montréal, 2007,92 pages Le trésor de la poésie française La première Anthologie de la poésie française de Jean Ori-zet, lui-même poète, est parue en 1988.C’est done dire qu’entre elle et la deuxième édition parue chez Larousse à la fin de 2007, vingt ans ont passé.Vingt ans pendant lesquels «la poésie française a poursuivi son chemin sans grands bouleversements, mais avec des évolutions significatives: retour au lyrisme, à la poésie orale, scandée ou chantée, apparition d’une nouvelle modernité, multiplication des “lieux” de poésie».Orizet entend faire connaître la richesse de la poésie française, sans prétendre en renouveler l’interprétation.Sa présentation est donc traditionnelle, c’est-à-dire chronologique, axée sur les grands courants littéraires et fondée sur le présupposé que les conjonctures sociopolitiques déterminent les formes de la création poétique.Il a cependant tenu, à juste titre, à redonner leur importance à deux périodes trop méconnues, le Moyen Âge et l’âge baroque.On lui saura également gré de faire une large place à la poésie contemporaine, dont les créateurs nous sont peu connus.Le Québec Dans son prologue, Jean Orizet souligne l’essor des poésies francophones qui, dit-il avec un patriotisme délicieusement suranné, redonnent vigueur «à notre belle langue de France».Le Québec n’est pas en reste.Bien qu'il soit toujours plaisant de voir les Français s’enfarger lorsqu’ils parlent de nous, Tanthologiste ne commet pas ici de gros impairs.Quelques observations éton- nantes ou amusantes, tout au plus.Ainsi, l’œuvre d’Eudore Evanturel constituerait une «divine surprise {.] au sein de la poésie française tout entière», et les vers de Paul Chamberland ne seraient que «folies verbales et dégoulinantes».Le jugement le plus surprenant porte sur Saint-Denys-Garneau, apparenté aux.beatniks! «A cet égard, tout hirsute qu’il puisse paraître, il est le précurseur des laissés-pour-compte des grands espaces» .Hirsute?Le Devoir BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC vous invite à assister à la conférence m i.»-4 \,,t Xj à l'Auditorium de la Grande Bibliothèque le mercredi 13 février à 19 h www.banq.qc.ca Entrée libre Bern UQAM 514 8,'3 "00 *v- f Les lectures d’Anne Hébert prononcée par Nathalie Watteyne.professeure de littérature à l'Université de Sherbrooke, responsable du Groupe de recherche sur l'œuvre d'Anne Hébert Bibliothèque et Archives nationales Québec nn 4 F H LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 FEVRIER 2 0 0 8 LITERATURE Plus de chair que de pierre Danielle Laurin m % Elle était une célébrité de son vivant Elle est morte en 2007, à l’âge de 60 ans.Encore aujourd’hui, Margaret Laurence compte ¦garet Laurem 5 Üi DH PI Te Te M parmi les plus grands écrivains canadiens.Quoi, vous ne la connaissez pas?Vous ne l’avez jamais lue?Vous n’êtes pas seuls.«]e ne connaissais pas Margaret Laurence lorsqu'on m'a invitée à lire L’Ange de pierre», confie d'emblée la romancière québécoise Marie Hélène Poitras, dans la préface dudit roman, considère comme le chef-d’œuvre de l’écrivaine anglophone.Incroyable quand même, note la lauréate du prix Anne-Hébert 2003 pour Soudain le Minotaure: «Avec Alice Munro et Margaret Atwood, Laurence forme une sorte de triumvirat d’écrivaines majeures, tout comme, chez nous, les Marie-Claire Blais, Anne Hébert et Gabriel-le Roy: Des écrivaines d’abord universelles, ensuite québécoises ou canadiennes, la crème.» Le problème?Cela tait plus de 25 ans que l’œuvre de Laurence est pratiquement introuvable en français.La bonne nouvelle?La maison d’édition Alto, en collaboration avec Nota Bene au Québec et Gallimard en France, a décidé de rééditer, en version française, d'ici 2010, cinq de ses livres.Il s’agit de cinq romans, qui constituent ce qu’il est convenu d’appeler le cycle de Manawaka.Où l’auteure, orpheline de mère à quatre ans et de père à neuf ans, mère de deux enfants, divorcée, a transposé librement des pans de sa vie.Mais dans un lieu imaginaire, inspiré par sa ville natale, Neepaw;i, au Manitoba.Margaret Laurence a vécu en Somalie, au Ghana et, pendant une grande partie de sa vie, en Angleterre.Elle a terminé sa vie à Lakefiled, Ontario.Mais pour elle, la maison de son enfance est demeurée jusqu’à la fin «celle que, plus que toute autre, [elle] transporte avec [elle]».C’est le cycle de Manawaka, considéré par plusieurs comme «le plus important cycle romanesque canadien», qui lui a valu une réputation internationale.Le premier roman de la série, LAnge de pierre, le premier à être n> édité en français ces joursci, a paru en 1964.Margaret Laurence avait alors 38 ans.Ce qui ne l’a pas empêchée d’endosser, dans son roman, la peau d’une vieille femme de 90 ans.Un exploit Un exploit aussi parce que cette vieille-là, qui à l’aube de sa mort fait le bilan de sa vie ratée, est tout le contraire d’une héroïne sympathique.Amère, aigrie, acariâtre comme ce n’est pas permis, la bonne femme.D’une implacable dureté.En apparence.Ce qui fait qu’on s’attache à cette vieille chipie?Son ton.Son autodérision.Sa grande vulnérabilité sous le vernis.Sa grande solitude.Sa détresse.Et son désir de mourir dans la dignité.Elle se sait condamnée, ses forces ne cessent de diminuer.Mais elle s’accroche, s’entête, refuse de quitter SOURCE CBC Margaret Laurence en 1980 sa maison, où son fils et sa belle-fille partagent son quotidien.Même si, elle en convient «Je suis impossible.Qui pourrait me supporter?Pas étonnant qu ils veuillent se débarrasser de moi.» Indépendante et fière, elle ira jusqu’à s’enfuir dans un endroit désaffecté, loin de la civilisation, pour éviter d’être placée en institution.Mais ses forces lui manqueront.Tandis qu’on la suit au présent dans ses pérégrinations, elle plonge dans son passé.Sa mère morte à la naissance, son frère tant aimé disparu trop tôt son père autoritaire qui finira par la déshériter à cause d’un mariage honni.Sa vie d’épouse et de mère déçues, ensuite, dans une ferme infertile au milieu de nulle part.Toutes ces années qu’elle a passées à espérer que la situation s’améliore, à attendre que quelque chose se passe.«Je ne savais même pas ce que fattendais, sauf que pavais le sentiment que quelque chose devait arriver — que la vie ne pouvait pas se réduire à ça.» À quoi se résume la vie, une fois qu’on l’a traversée, qu’on arrive au bout?Qu'attendre de la mort quand Dieu est absent?Quelle image les autres garderont-ils de nous?Est-il trop fan! pour ouvrir son âme, ses ailes, se délester de cette pierre qui pèse, là à la place du cœur?Qu’est-ce qu'un être humain, finalement?Au-delà des rôles qu’on est appelé à jouer, comment exister, pour qui?Ainsi, la vieille, parlant de son mari, mort, dont elle s’était séparée: «Maintenant que j'y pense, il fut la seule personne à m'avoir toujours considérée comme un être humain à part entière, et non pas seulement comme une fille, une sœur, une mère ou même une épouse.» Bouleversant récit que celui-là.Mais sans que l’on tombe jamais dans la mièvrerie.Des images fortes, incisives.Un refus de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin aux diktats sociaux et moraux, y compris pour ce qui touche à la sexualité.Ajoutez à cela des descriptions détaillées.Que le lecteur pressé trouvera peut-être trop abondantes mais qui peignent avec une remarquable netteté les lieux, les gens.Les sensations, les sentiments contradictoires aussi.«Pour ces descriptions inoubliables, jamais statiques, qui sonnent vrai, écrit Marie Hélène Poitras.pour l'humour irrésistible du personnage, pour cette langue alerte et imagée, somptueuse, pour l'empathie que Dm se surprend à éprouver envers cette Tatie Danielle canadienne, pimr sa lucidité malgré l'amertume et parce que ce livre vieillit bien: pour toutes ces raisons, je me suis abîmée dans ce roman (beaucoup plus fait de chair que de pierre) avec km-heur et étonnement.» A vous, maintenant d'en faire autant Collaboratrice du Devoir L’ANGE DE PIERRE Margaret Laurence Traduit de l’anglais par Sophie Bastide-Foltz Alto/Nota Bene Québec, 2007,448 pages En librairie le 12 février Cela £ait plus de 25 ans que l’œuvre de Laurence est pratiquement introuvable en français ROMAN QUÉBÉCOIS Un crime dont l’arme est un roman SUZANNE GIGUÈRE Plagiat et littérature.Le sujet indispose car il remet en cause le statut quasiment sacralisé de l’écrivain.Pourtant, le plagiat littéraire est aussi vieux que l’édition.Sans remonter aux copiâtes de l’Antiquité et du Moyen Âge, Hélène Maurel-Indart rappelle dans un essai passionnant (Du plagiat, P.U.F.) que, en 1830 déjà, la «contrefaçon» faisait fureur.Usurpation d’identité, appropriation créatrice, besoin viscéral de gloire, prix à payer pour arriver à ses fins: ces éléments constituent la trame de Gloriole à vendre, prix révisé, le premier roman de Rachel Laverdure.Voleur de mots D’abord, l’odeur, puis un crépitement et les flammes.La maison est en feu.Affolement.Sauver sa peau, ce à quoi pense immédiatement Bastien Comtois.Mais auparavant, il lui faut récupérer un porte-document.Il accède au bureau en un éclair, serre la serviette en cuir contre lui, saute par la fenêtre, roule sur le gazon, se relève à peine étourdi.Après cette ouverture enlevée, nous retrouvons Bastien à l’hôtel, crayon à la main.Il commence à écrire son journal.Au fil des jours, il consigne sa vie professionnelle qui ne l’enchante pas (il est agent d'immeubles), ses souvenirs d’enfance, son amitié avec un vieil accordéoniste, la maladie d’Alzheimer de sa grand-mère paternelle, ses relations avec les femmes empreintes de liberté — un maître-mot chez lui —, la manière dont il a trouvé le fameux manuscrit rescapé de l’incendie, trois cents feuilles jaunies d’un roman écrit par son père décédé.Il raconte comment il se l’est approprié OLIVIER BEAULNE Rachel Laverdure M0m avec l’intention d’en récolter les honneurs, les ruses, les mensonges déployés, comment il a préparé son entourage à son grand projet d’écriture romanesque et son angoisse d’être démasqué après la publication.«Toute mon ambition, au fond, se résumait à devenir quelqu’un [.] Pouvait-on m’en faire reproche?» Le roman publié reçoit tous les honneurs.Un sentiment triomphant et euphorique l’assaille.Mais peu à peu les situations anxiogènes se multiplient.Usurpateur rime peut-être avec auteur, encore faut-il pouvoir tenir son rôle jusqu’au bout.Hanté par ce fantôme étouffant, le romancier, par procuration, cherche à se détacher de ses obligations, à se délivrer des faux-semblants et de la duperie dans laquelle il s’enlise.Usurpation d’identité, mystification littéraire, la romancière tenait là une idée originale.Mais quelque chose ne fonctionne pas.On ne croit pas à cette histoire JBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Littérature Philosophie Sciences humaines Livres d'art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Bibliothèque de la Pléiade Service de presse BD, livres jeunesse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DEPLAÇONS PARTOUT AU QUEBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.de plagiat et au développement de la pathologie (anxiété phobique) que cet acte déclenche chez son personnage.Comme si l’émotion ne passait pas et que le récit sonnait faux.«On peut tenter de transmettre notre émerveillement, de décrire sa nature, mais il est vain de croire que le message porte.» Cette réflexion sur Tin-communicabilité de l’émotion artistique glissée dans le récit est-elle fortuite?Lucidité ou autodérision de Tauteure?Écriture fluide La romancière réussit toutefois à ventiler son «récit de papier» avec des scènes fortes et émouvantes, comme celle où Bastien rend visite à sa grand-mère paternelle atteinte d'alzheimer.Au fil de leur conversation, il a la délicatesse de la ramener sur le terrain de son passé lointain, lui permettant ainsi de retrouver ses aptitudes et sa dignité.Il y a aussi le vieil accordéoniste aux airs mélancoliques auquel s’attache le narrateur.Il est passionnant avec ses histoires de nuages polaires aux chatoiements irisés qu’il a vus dans TAntarctique, son intérêt pour les manuscrits de la mer Morte et ce qu’ils nous révèlent de l’origine des religions occidentales et du Moyen-Orient ancien.Il nous met Teau à la bouche avec son persicot, un alcool fait à partir de noyaux de pêches écrasés.Avec une écriture fluide, une fraîcheur dans le ton, des personnages attachants, une passion des livres et du cinéma qui transparaît, Gloriole à vendre, prix révisé vaut le détour.On aurait simplement souhaité que le crime dont l’arme est un roman soit parfait Pour cela, il aurait fallu que la romancière croie à l’histoire qu’elle raconte.Qu’elle nous amène tout au plus à une réflexion stimulante sur l’imposture littéraire.Collaborateur du Devoir GLORIOLE À VENDRE, PRIX RÉVISÉ Rachel Laverdure Editions Sémaphore Montréal, 2008,184 pages 7 -5 Musiques.Une encyclopédie pour le XXIe siècle, Volume 5 Sous la direction de Jean-Jacques Nattiez Fidèle à l'esprit universel des encyclopédiste du XVIIIe stède.œ cinquième volume propose des essais originaux éclectiques, à contre-courant des idées reçues Une secousse dans Hunt vers de la musicologie wa des séries déssais articulant érudition et hauteur de vue sans négliger le plaisir de la lecture - Philippe Vendrix [Xapôson (514) 524-5558 lemeac@lemeac.com ARCHAMBAULT “l Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES .Résultats des ventes: du 29 janvier au 4 février 2008 ROMAN SMS REM NI PERSONNE Marte Laberge (Boréal) B NOBLESSE DÉCHIRÉE T.1 : PARFUM.Jennifer Ahern (Libre Expression) B RAPT DE NUIT Patricia J.MacDonald (Albin Michel) GOD SAVE LES FRANÇAISES Stephen Clarke (Nil) VANDAL LOVE OU PERDUS EN.D.Y.Béchard (Québec Amérique) LE REFUGE DE L’MGE Nora Roberts (Michel Lafon) SURTOUT ITY ALLEZ PAS Antoine Filissladis (Stanké) MILLE MOTS D’AMOUR T.4 Collectif (Impatients) PfiuMEURDEJUHrH Use Tremblay (Boréal) MILLE SOLEILS SPLENDIDES Khaled Hosseini (Belfond) JEUNESSE HÉSITATION Stephenie Meyer (Hachette Jeunesse) HARRY POTTER ET LES RELIQUES.J.K.Rowling (Gallimard) U JOURNAL D'AURÉLIE LAFLAMMET, 4 India Desjardins (Intouchables) VI FUNESTE DESTIN T.1 : NÉS SOUS UNE.Lemony Snicket (Héritage) CHRONIQUES DE SPDERWICKl 1 Tooy 01 Tertlnl (Héritage) LE SECRET DU COURAGE Geronimo Stilton (Albin Michel) R| A U CROISÉE DES MONDES Pullman (Gallimard) y » j LÉONIS T.10 : L'iLE DES 0UBUÉS Mario Francis (Intouchables) Vi 1 LEON» DES FKLES 2008 Dominique Alice Rouyer (Fleurus) AU-DELA DE L'UNIVERS T.B Alexandra larochelle (Trécarré) OUVRAGE GÉNÉRAL AimCANCEB: PRÉVENIR ET LUTTER.David Servan-ÿhrelber (Robert Laffont) U SECRET Rhonda Byrne (Un Monde Différent) LE GfUMO LIVRE DE U MU0TEUSE Collectif (Broquet) NW MISSION ANTARCTIQUE KJ Jean Lemire (La Presse) PASTA CT CETERA À LA DI STASW Josée DI Stasio (Flammarion Québec) LES LAVKSUEUR : LEUR VÉRITABLE.Yves Lavigueur (Saint-Martin) E REZUTO, L’ASCENSION ET U CHUTE.Lee Lamothe (Au Carré) GUÉRIR LE STRESS, L’ANXIÉTÉ ET.David Servan-Schreiber (Pocket) LE MEJUBK DE SOI Guy Coroeau (De l’Homme) MEILLEURES RECETTES A LA.Donna-Marie Pye (Guy Saint-Jean) ANGLOPHONE ANEW EARTH Eckhart Toile (New American L'ibraiy) EAT, PRAY, LOVE Elizabeth Gilbert (Penguin Books) THE OVERLOOK Michael Connelly (Vision) D DUMA KEY Stephen King (Scribner) THE APPEAL John Grisham (Doubleday) THE INNOCENT MAN John Grisham (Dell) ATONEMENT lanMc£wan(Seal) THE PILLARS DF THE EARTH Ken Follet! (New American Library) THE KITE RUNNER Khaled Hosseini (Doubleday) NEXT Michael Crichton (Harper Collins) Escapades à NEW-YORK 3VGC Kent NcTQJIID du 7 au 9 mars 2008 Pour information : 514.380.3113 ou 1.877 371.2323 ou consultez www archambault.ca/escapades 4 I.K DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 FÉVRIER 2 0 0 8 F 4 LITTERATURE Le bout de la route © DEREK SHAPTON Cormac McCarthy a remporté le prix Pulitzer pour La Route Louis Hamelin La fiction est devenue l’ennemie à abattre.On la traque à pleines pages dans Le journal de Montréal.Plus moyen d’écrire un roman dont l’héroïne baise tout ce qui bouge, de faire un film sur le suicide sans voir aussitôt rappliquer les psys, confesseurs publics et autres troupes de choc de la «vraie vie».L’imparable Franco Nuovo, vraiment très fort mardi matin, est allé jusqu’à comparer la saga des Lavigueur aux procès de Nuremberg! A mesure que la représentation s’insinuait dans tous les interstices de l’existence, que les caméras recouvraient tranquillement l’univers comme une ârmée de microbes et que chacun devenait capable de se taire son petit cinéma pour tous, s’abolissait la distance entre le monde et la médiatisation du réel.Cette «épaisseur de la représentation^ dont parlait Michel Foucault possède aujourd’hui la minceur d’une feuille de papier.la confusion est totale, comme le prouve la pitoyable affaire lavigueur.Mais au fond, Séraphin et Donalda avaient déjà le même problème.Illusionné par sa propre subjectivité, le spectateur veut voir de la réalité partout.Alors que c’est le contraire: l’humain n'est jamais rien de plus que la somme de ses fictions.Personnage très peu médiatisé, l’écrivain Cormac McCarthy a accepté, en 2006, de rencontrer nulle autre que la confidente des lettrés, Oprah Winfrey elle-même, pour la sortie américaine de son dixième roman, h paraît que la grande prêtresse n’a rien pu en tirer d’autre que trois ou quatre phrases d'une exemplaire banalité.Jimagine qu’elle a dû lui demander Et est-ce que, hum, cette histoire vous est déjà vraiment arrivée?(Le livre raconte Ja vie quotidienne après une apocalypse nucléaire aux Etats-Unis.) Le non-événement que fut cette entrevue a eu le mérite, semble-t-il, de détourner l’attention du public vers le véritable événement le roman.Deux millions d’exemplaires vendus, un prix Pulitzer et une traduction française de très haut niveau plus tard, vous en avez sûrement entendu parler.J’ai pour ma part été intrigué (j’ai même un peu tiqué) quand j’ai entendu Robert Lévesque annoncer, sur les ondes de RadioCanada, que l'humanité liseuse dans cent ans lirait encore Im Route.Comment me disais-je, ce diable d’homme peut-il se montrer si certain des passe-temps des habitants de la Terre dans un siècle, surtout si le roman de McCarthy devait un jour, Dieu nous vienne en aide, s’avérer prophétique?«La ville était en grande partie incendiée.Aucun signe de vie.Des voitures sous un agglomérat de cendre dans la rue, toute chose recouverte de cendre et de poussière.Des empreintes fossiles dans la boue séchée.Dans une entrée un cadavre desséché qui n’était plus que du cuir.Grimaçant comme pour insulter le jour.Lhomme tira l’enfant contre lui.Rappelle-toi que les choses que tu te mets dans la tête y sont pour toujours, dit-il.» Sacré Robert Lévesque! Il avait bien sûr raison.Le livre de McCarthy est une de ces choses qu’on se met dans la tête et qui y demeurent pour toujours.Comme Le Vieil Homme et la mer, La Reddition de Breda au Prado et le vol en piqué d’un faucon pèlerin au-dessus du canyon de CheDy.Et si, dans cent ans, on lit encore La Route de Cormac McCarthy, ce sera sans doute parce que ce bouquin, qui malgré sa haute tenue littéraire se dévore en une longue soirée comme le dernier des polars, est aussi un testament celui de notre civilisation, dont nous suivons pendant 245 pages la flamme vacillante au-dessus d’une société de consommation dont les formes évoluées ont été balayées et qui se voit désormais réduite à son avidité primordiale: prédation, viande, sang, survie.Bienvenue dans la jungle nouvelle, le western de l’avenir.C’est Papa Hem revisité par Mad Max.Je n’avais pas beaucoup aimé Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme (quel titre bancal!).Tant mieux si les frères Coen en ont tiré un grand film, mais le roman était mal écrit Alourdi, entre autres, par ces mêmes tics de langage qui, quelque part au milieu d’un combat de chiens mexicains, m’avait fait tomber des mains le deuxième tome de la «trilogie des confins».Dans Non, ce pays., l’abus systématique de la préposition «et» frôlait l’autocaricature.Sorti des presses à peine quatre mois plus tard, La Route nous ramène plutôt aux chefs-d'œuvre d’avant.De si jolis chevaux et la tardive reconnaissance d’un public élargi: Suttree et Méridien de sang.Même écriture hallucinée, aux obsédantes descriptions de paysages minéraux et de deux désertés, que dans l’expédition apocalyptique menée par le Juge au Mexique, et qui faisait de Méridien de sang une expérience de lecture tout autant qu’un autre chapitre du grand mythe américain.Mais id, la catastrophe que semblaient annoncer les anges vengeurs des œuvres précédentes (le Juge, Chigurh.) a bel et bien eu lieu.Et La Route commence en fait là où se terminait l’inoubliable préambule de Suttree (que devrait lire quiconque serait porté à douter de l’existence de traces de baroque dans la littérature états-unienne): «Seules les formes les plus primitives survivent.» Dans La Route, une certaine flamboyance de l’expression se marie à la plus grande économie de moyens stylistiques.Ne me demandez pas comment il fait mais c’est comme ça: sécheresse des dialogues, métaphores époustouflantes, psychologie minimaliste, et l’émotion qui lentement nait de l’accumulation de scènes à vous prendre aux tripes et chavirer le cœur, comme si le meilleur de la littérature de ce pays s’était soudain concentré en une vision aussi puissante qu’exempte de tout compromis.L y a du génie dans cette idée de remplacer le chariot bâché de tous les espoirs par un caddie de supermarché dans lequel un père et son fils poussent et tirent à travers le pays de George Bush les maigres avoirs rescapés d’un «home of the brave» dévasté par dix mille 11-Septembre.Désormais, c’est tout le monde qui est un clodo, tout le monde qui attend GodoL Et au cœur de cette catastrophe enfin totale, la beauté insoutenable des images qui voient parfois le jour, comme un jeu poursuivi en songe, et des gestes qui surnagent comme les chevaux ailés du rêve, plus forts même que l’oubli du désir, que le désir d’oubli.«Il avait confectionné des brosses avec deux vieux balais qu’il avait trouvés et les avait fixés au caddie avec du fil defer pour écarter les branches de la route devant les roues et il installa le petit dans le panier en haut du caddie.Il se mit debout sur la barre arrière comme un meneur de chiens de traîneau et ils dévalaient comme ça les descentes, guidant le caddie avec leurs corps dans les virages à la façon des pilotes de bob.Le petit riait.» On a parlé de Beckett Pourtant, rien n’est absurde dans ce grand livre.D y a une flamme à transmettre, un dieu à chercher dans ce monde réduit en cendres.Et ça semblera peut-être une fixation, mais moi, c’est plutôt le couple formé par Santiago, le vieux pêcheur d’espadon, et le gamin cubain qui lui donnait un coup de main que j’ai eu l’impression de revoir tout du long.Ces êtres dé faits, mais jamais vaincus.Dans l’amour ou la solidarité, la force de l’union opposée à la vaste indifférence du monde.Lu par des millions de personnes, ce roman pourrait même changer la littérature, nous faire revenir de la cruauté gratuite, massacreuse en série.Dans la lutte pour la vie.Notre condition est là, en phrases d’éclairs.«[.] ils tournaient autour de la terre aussi absurdement que des insectes agglutinés sur le bord d’un compotier.» Homo quebecquensis, quidam, procure-toi ce livre.Verse-toi un verre de vin, allume un feu.Lâche Tout le monde en parie et Les Lavigueur pour un soir.hamelinld@sympatico.ca LA ROUTE Cormac McCarthy Traduit de l’américain par François Hirsch Editions de l’Olivier Paris, 2008,245 pages POÉSIE QUÉBÉCOISE Profondeur de Renaud Longchamps LA PETITE CHRONIQUE Penser tout haut HUGUES CORRIVEAU Le poète est parfois véhément, tonitruant et passionné jusqu’à ses coups de gueule et sa grande franchise.Le poète est lucide, féroce devant ce qu’il juge bête.Il fait une œuvre à la mesure de cette rigueur morale qui le porte, et les livres donnent à penser le monde, proposent une vision souvent éclairée des malheurs qui le nourrissent, des sources d’où proviennent les violences et les concupiscences, la pulsion de mort qui fouit sous la vie comme une gangrène * qui lamine le bonheur jusqu’à l’étouffement.Renaud Longchamps achève, avec ce huitième tome, la rétrospective de son œuvre aux Editions Trois-Pistoles.L’événement devrait être considérable, il passera peut-être inaperçu pour d’obscures raisons, dont l’une tient sans doute à la relative difficulté intrinsèque de cette œuvre exigeante.N’empêche, qui s’y engage ne peut être que porté par cette marrée de sens, parce que nous ne sommqs pas ici en présence de recueils qui accumulent, comme parfois chez d’autres, de façon assez floue et sans urgence, les images.Pas de cela chez Long-champs, mais bien une pensée en marche, une volonté de dire des choses sur ce qui fait la vie, sur ses origines, les textes se donnant comme des coups de sonde archéologiques, des coups de pioche pour que du sol on voit sourdre la chair à vif des ères géologiques qui ont présidé à la métamorphose humaine.Communions réunit les Fiches anthropologiques de Caïn (1998), Silences et quelques éclats (2000) et enfin Pays (2002).Le premier titre inaugure ce que j’appellerais l’accession vers une paix relative chez le poète, non pas réconciliation, mais consentement à une part de tendresse qui pourrait s’exercer contre l’aberration: «je te souffle à l'oreille qu’il suffit de l'amour / pour combler le vide sidéral / entre nos lèvres».^ Mais d’une même voue il dira: «O mon frère / le paradis ne prendra jamais racine.» Longchamps est tout entier dans ce qui pourrait apparaître parfois comme des contradictions, alors qu’il faut saisir au plus près de ces fulgurances la vigueur d’une recherche quelque peu totalisante.On pourrait croire que les Silences, dans le recueil du même nom, seraient une renonciation, alors que j’y vois plutôt une certaine sagesse du poète à se mettre à l’écoute d’une intériorité ontologique ressurgie du fond des âges: «Tu viens et je suis déjà EXPLORER LA MÉMOIRE ET L'HISTOIRE Le* fLet ÀÂsX Fondés en 1936 Sommaire Numéro 61 Si.v tWv \ QUÉBEC VILLE D HISTOIRE 1608-2008 La Ville de Québec et le défi de la capitale (1841-1865) • Gilles Gallichan Le rôle de la musique dans la tradition des fêtes commémoratives à Québec entre 1859 et 1959 • Marte-Thérèse Lefebvre Les Fêtes de Champlain lors du 350*' anniversaire de Québec A propos de la reconstitution des costumes • Jocelyne Mathieu Faucher de Saint Maurice, pionnier de l'archéologie historique au Québec • Marcel Moussette Kebhek.Uepishtikueiau ou Québec histoire des origines • Denys Delâge Québec 1759 chroniques d'une ville assiégée (1* partie de 1628 A 1711) • Bernard Andrés Itinéraire de quatre pionnières de la vie culturelle b Québec après 1945 (Françoise La Rochelle-Roy.Simone Bussières, Georgette Lacroix.Monique Duval) • Fernand Harvey- Sociologie de la ville de Québec • Simon Langlois André Laurendeau en Europe (1935-1937) la recherche d'un nouvel ordre • Yvan Lamonde Abonnement annuel 35 $ (un numéro par année) (anciens numéros également disponibles) Les Éditions La Liberté 236l) Chemin Sainte-Foy Québec (Québec) GlV 4H2 Téléphone et télécopieur : (418) 658-3763 Courriel : libcrte^tnediom.qcca Pour les sommaires des volumes 1 (1936) à 61 (2007), consulter le site internet de la Société des Dix : www.unitcs.uqam.ca/Dtx en ta chair / aux bons soins du soleil / précaire / si près de la durée relative de l’ardeur / si près de ton regard».Cet autre qui est là, présence inattendue, soutien, va occuper l’avant-scène dans Pays, recueil lyrique chez ce poète de la vigilance.La Beauce prend des allures d’ultime refuge, l’ode a des envolées qu’on croirait dignes de DesRochers.«La terre penche / et verse l’eau géologique pour l’humanité / qui s’étrange / dans la vallée aux mille profondeurs.» En ce lieu se rencontre la vie, rurale et grassement opulente.Mais ne nous y trompons pas: ce coin de pays contient bien à lui seul toute terre habitable.?Contrairement à ce que nous disions dans le panorama de la poésie pour l’hiver et le printemps 2008, il faut noter que le recueil de Nicole Brossard intitulé D’aube et de civilisation ne paraîtra pas dans la collection «Rétrospectives» à L’Hexagone, mais bien dans la collection «Typo».Collaborateur du Devoir COMMUNIONS Tome 8 des œuvres complètes, contenant Fiches anthropologiques de Caïn, Silences et quelques éclats, suivi de Pays Renaud Longchamps Editions Trois-Pistoles, Trois-Pistoles, 2007,176 pages Gilles A rchambault Autant j’aime marcher, autant j’aime qu’on me parle de littérature.Deux livres récents satisfont à ce goût.L’un parle de promenade, l'autre d’écriture.Le Promeneur à Paris au XVIII' siècle a beau être le fruit de recherches universitaires poussées, il n’en est pas moins un essai captivant sur le plaisir de la déambulation.S’inspirant de lectures littéraires et d’ordre plus sociologique, Laurent Turcot — il est professeur à l’Université Laval et à l’Université du Québec à Trois-Rivières — nous apprend des tas de choses que nous ignorions sur les conditions de la marche dans la capitale.Comme le rappelle Ariette Farge dans la préface de l’ouvrage, Jean-Jacques Rousseau a donné le ton, qui écrivait: «Il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit.» De Rousseau il est évidemment question dans ce livre.Mais aussi de Restif de la Bretonne, de Louis-Sébastien Mercier.Walter Benjamin est aussi évoqué.Mais il s’agit surtout d’une passionnante évocation des circonstances qui ont permis l’éclosion d’une pratique favorable soit à l’introspection, soit au commerce d’une certaine forme de sociabilité.À aucun moment sent-on la présence de quelque lourdeur.Au contraire, une légèreté certaine du propos, une sorte d'allégresse.De Michel Chaillou, on connaît surtout Domestique chez Montaigne.Des livres pour savoir I Vanoiis Dan* l e fantasme d’Escanaba NS Editions Nota bette Dans la culture, l'espace naît.Non pas seulement comme un signe variable que l'on pourrait apprendre et désapprendre au rythme de nos voyages et de nos rencontres individuelles, mais comme le fondement même d’une sorte d’itinérance que nous préservons coûte que coûte et qui structure notre insertion dans les collectivités incertaines avec lesquelles nous choisissons de faire corps.C'est en vertu de cette itinérance que certaines cultures minorisées conçoivent leur espace particulier, comme si, coupées de la permanence institutionnelle, ces cultures en projet ne pouvaient compter que sur le déploiement d'un territoire imaginaire.Au milieu du XIx* 1 siècle et ensuite sur plus d'un siècle de mouvance migratoire un peu partout sur ce continent, le fantasme d’Escanaba a permis la fracture de l’exiguïté québécoise À même le grand risque de l'itinérance s’est alors dessinée la pleine appartenance du Québec à l’américanité au sens fort.Etats NM Iw 21,95 $ 184 pages François Fare est pmfesseur titulaire et directeur du département d'études françaises S I Université de Waterloo.Se* recherche* portent sur (es littératures minoritaires ei diaspnrales au Canada et ailleurs en Amérique.SOURCE FAYARD Michel Chaillou paru chez Gallimard en 1983.LÉ-coute intérieure nous présente neuf entretiens de l’auteur avec Jean Vé-drines, lui-même romancier.Pour goûter vraiment la lecture — c’est mon cas — de ces propos sur l’art d’écrire, il faut supporter les redites, les poses d’écrivain.Non que Michel Chaillou soit plus fat qu’un autre.Mais comment, étant écrivain, parler de soi sans céder même légèrement à la tentation de faire la roue?Ce qui sauve notre auteur, c’est qu’en livrant en quelque sorte son autobiographie, il se donne plutôt rarement le beau rôle.Le récit qu’il fait de son enfance retient à coup sûr.On est loin d’une complaisance dans les bons sentiments.Au contraire, les détails sont pertinents et sont de nature à faire revivre de façon vivante les années envolées.«Le présent est toujours barbare, c’est le passé qui civilise», pense Michel Chaillou.Expliquant le titre du livre, il dit: «L'écoute inté- rieure, c’est entendre, quand on écrit, le bruit que font les mots en tombant sur la page.Mais c’est aussi le bruit du monde qui s’éternise, quand le sens de ce qui s’échange a disparu dans le brouhaha et la rumeur, tel un nuage verbal dont il faut ressusciter les éclairs, la voix tonnante.» On a fait grand cas dans nos gazettes, d’avance vendues à un américanisme de pacotille, à un article du Time célébrant la faillite de la culture française.«Le best-seller, croit Chaillou, exploite le lieu commun, reste un livre du sujet, il n’en sort pas.S’il pouvait même se passer de l’alphabet, être écrit sans mots, écrit sans mots, ce serait encore mieux! Surtout pas de style, car le public s’en effarouche!» On ne participe pas à neuf entre-tiens à bâtons rompus sur l’art d’écrire sans se laisser aller à des redites.H y en a plusieurs dans ce recueil.Mais pourquoi s’en formaliser?L’important n'est-il pas d’accompagner un auteur dans ses interrogations les plus intimes?Pourquoi Michel Chaillou écrit-il?«Quand fécris, fai le sentiment intérieur du livre que j’ignore encore.En réalité, j’écris ce que je ne peux pas dire, car, si je le disais, je ne pourrais plus écrire.» Collaborateur du Devoir LE PROMENEUR À PARIS AU XVIIP SIÈCLE Laurent Turcot Le Promeneur Paris.2007,427 pages L’ÉCOUTE INTÉRIEURE Michel Chaillou Fayard Paris, 2007,419 pages Passez au salon nous rencontrer ! Salon du livre jeunesse de Longueuil 3 au 17 février 2008 îheoTre de la ville Mercredi et jeudi de Vendredi c cm LonauGuii Som.et dim.ci Féücftcrtions à la revue Lurelu, lauréate du prix Raymond-Plante 20081 Alite, Librairie indépendante agréée Place Longueuil | 450.679.8211 1 c y jf.'1 s LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 FÉVRIER 2 0 0 8 F r> LITTERATURE La fabrication des classiques Anouilh entre dans La Pléiade, dans une édition dirigée par le Montréalais Bernard Beugnot GUYLAINE MASSOUTRE Né à Bordeaux en 1910 et mort à Lausanne en 1987, Anouilh entre dans La Pléiade.Spécialiste de l’édition raisonnée et sans faille, le professeur montréalais Bernard Beugnot, qui avait édité Francis Ponge dans la même collection en 2002, donne à lire une œuvre ample et controversée.La fantaisie d’Anouilh touche les sujets sérieux dont elle traite.Légèreté, insouciance ou grâce?Comme l’humour, ce ton spirituel se laisse mal circonscrire.L’ironie, c’est pire.Et le corpus théâtral, dans La Pléiade, suscite des intérêts fluctuants: Cocteau, Genet, Sartre, édités depuis 2002; Ionesco et Sarraute, dans les années 90; Giraudoux et d’autres dramaturges monumentaux, Montherlant et Claudel.Qu’on reprenne la mesure d’Anouilh.L’essentiel est là, sélectionné, annoté, situé et relu.Pièces de boulevard ou théâtre d’avant-garde?Ses cinq décennies de production en proposent l’éventail.L’homme faisait mine de ne pas se prendre au sérieux, de revendiquer le divertissement.Mais en 1978, il écrivait encore Œdipe ou Le Roi boiteux.Une plume acérée C’est dans son matériau réactif aux événements du monde, comme toute œuvre mûre, qu’il faudra ressaisir ce qui fut pensé en fonction de la scène.Quand Claude Roy le distingue entre tous, Anouilh n'a que 27 ans.Dans le tout-Paris, ce phénomène devient rapidement inséparable des Copeau, Baty, Dullin, Jouvet et Pitoëff, des Barrault et Renaud qui ont voué leur intelligence théâtrale aux textes scéniques.Beugnot, relisant l’ensemble, y a vu intacts sa désinvolture tendre et ses dialogues cruels qui ravissaient les grands acteurs.Dans ce «lieu polyvalent, un genre carrefour entre la littérature — ou le texte —, la scène et la société», écrit le professeur, LITTÉRATUR ce théâtre rejoint Pirandello, Cocteau, Giraudoux, Ionesco, Vitrac, par sa poésie et ses affinités.Et Anouilh admirait non le moindre de sa génération, Beckett.Mais contrairement à Beckett, résistant notoire, les ennuis d’Anouilh ont commencé à la Libération.Des prises de position équivoques, ou simplement hostiles aux excès de l’épuration, après Antigone, l’ont acculé à l’impossible réconciliation avec son temps.Il a préféré s’en éloigner, réservant son mordant.Une personnalité complexe et féconde Grâce aux archives, dont une grande partie se trouve à Yale, Beugnot rend justice à Anouilh, révolté en habit d’Arlequin.Son succès tient à quarante-sept pièces montées, sur soixante-dix écrites.Cette édition en compte trente-quatre, les plus représentatives, le double de ce qu’Anouilh espérait conserver.Saynètes et pièces, dûment corrigées en fonction des répétitions, y sont assorties de programmes, d’entretiens et de témoignages.Loin des feux de la rampe, l’édition savante restitue l'esprit collectif qui a entretenu leur succès.«Je me sens tout près d’un théâtre poétique et artificiel, avec cependant des vestons, des chapeaux melon et les apparences du réalisme», écrivait Anouilh à Pitoeff.Le texte était-il facile et improvisé?Qu’on relise Un voyageur sans bagage, Eurydice.Ce n’est pas en surface que se tient la structure portante de cet édifice.La rigueur de Beugnot, son travail colossal, permet d’aller à l’essentiel.Ce qui plaît au-delà, dans le chantier littéraire, c’est qu’il invite à pousser la curiosité vers cette intelligence féroce.Si les metteurs en scène et les acteurs, premiers lecteurs d’Anouilh, ont saisi ce que Claude Roy nommait son «ironie clairvoyante et aiguë», cette édition la retrouve et la libère d’une lecture partisane.Reste à savoir si la pureté d’Anouilh rejoindra son ÉTRANGÈRE SOURCE INTERNATIONAL PORTRAIT GALLERY Jean Anouih (1910-1987) sens tragique.Que son écriture soit exempte du discours fatras des avocats, il l’a voulu.Que certains caractères aient vieilli, sans doute.Ses pirouettes ne masqueront pas le rôle, tenu dans les coulisses de la société, qu’un tel regard alerte et sans pitié a joué dans la vie intellectuelle parisienne.EN B Virtuose et scandaleux Anouilh ne craignait pas le fracas.C’était un pessimiste.Alors que sa vie offrait peu de prise à la notoriété, une réputation d’homme hautain l’a précédé.En fait, il a été plutôt discret.«Quinze années d’apothéose et la consécration assurée par un public fidèle», écrit Beugnot, chez qui on devine la prédilection pour le moraliste, sous le brio verbal.Qu’on en juge par cette déclaration de 1978: «Je crois que ce qui ressort de mon théâtre et de tout, c’est des égocentrismes qui s’opposent.» Il a vanté le classicisme, Y «instant de théâtre, secret du vrai auteur et du vrai metteur en scène — où, de la rencontre en apparence fortuite d’une idée, d’un geste exact et d'une intonation Juste, la vérité de l’homme va surgir».Etonnant?Il eçt joué en Angleterre, en Allemagne, en Italie.Aux Etats-Unis, on vante sa légèreté.Les lectures se contredisent, apanage des textes qui soutiennent la controverse.Beugnot restitue donc un écrivain paradoxal: «Notre seul avantage, extrait-il d’un programme de 1970, c’est de savoir jouer avec ces apparences, ces mensonges répétés, ces incertitudes et ces désordres.On ne souffre pas moins — mais notre art étant l'organisation ultérieure de la souffrance lui enlève peut-être une part de son venin.» Et encore, cet Anouilh, en bref: «Le théâtre c’est la vie comme elle est» ou en pirouette: «C’est très difficile et très amusant, le théâtre!» Collaboratrice du Devoir THÉÂTRE Jean Anouilh Edition établie, présentée et annotée par Bernard Beugnot La Pléiade, N RF Gallimard Paris, 2007 Vol.1:1438 pages; vol.Il: 1560 pages R E F Nouvelles d’exil et sables mouvants CHRISTIAN DESMEULES David Albahari, écrivain serbe installé en Alberta depuis 1994, est passé maître dans le brouillage des repères — identitaires, physiques, géographiques.Dans Hitler à Chicago, recueil d’une quinzaine de «nouvelles canadiennes» qu’il nous offre aujourd’hui, ce sentiment d’incertitude semble être la norme.Ce septième titre, traduit en français par David Albahari, nous offre une série de narrateurs légèrement névrosés qui pourraient assez bien caractériser, il est vrai, la plupart des œuvres de l’écrivain serbe.Celles qui du moins s’inscrivent sous le thème de l’exil — comme c’est ici le cas.> Des cauchemars récurrents, beaucoup de doutes, de la solitude à la puissance 10, un sentiment de décalage impossible à chasser, une lente et irrémédiable dissolution de l’âme dans une ville posée, entre plaines et montagnes, exactement «sur le fil de l’indifférence»: David Albahari a un faible, c’est l’évidence, pour les sables mouvants.Ainsi, dès les premières lignes, un homme rêve à Lolita, le personnage de Nabokov, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette: «Comme je prononçais son nom dans mon sommeil, ma langue s’est docilement levée et abaissée en trois sauts magiques.» Et pas seulement sa langue, prend-il le soin d’ajouter, juste avant de reconnaître, au fond, sa parfaite incertitude à propos de cette nuit de sommeil agitée.Dans Hitler à Chicago, le narrateur nous raconte une conversation avec une vieille femme qui lui raconte quelle a un jour passé toute une nuit à.discuter avec l'écrivain Isaac Bashevis Singer et à inspirer l’une de ses histoires.Dans L’Autre Langue, Zoran, immigrant serbe devenu obsédé par une femme qui lui enseigne au centre d’aide aux nouveaux immigrants qu’il fréquente à Cal- gary, se dissout lentement «Que je marche ou reste immobile, que je sois couché ou assis, que mes yeux soient ouverts ou fermés —je me sens toujours ainsi: comme si des parties de moi-même essayaient de fuir un centre qui, de par la nature des choses, devrait les tenir réunies.» Une approche poétique et sensible de la condition de l’immigrant qui se permet aussi à l’occasion quelques clins d’œil appuyés à la réalité des Amérindiens — fantômes désœuvrés et sans repères.Deux sorts qui, à certains égards, semblent se confondre sous la plume très fine d’Albahari.Collaborateur du Devoir HITLER À CHICAGO Nouvelles canadiennes David Albahari Traduit du serbe par Gojko Lukiç Les Allusifs Montréal, 2008,212 pages CATÉGORIE ROMAN QUÉBÉCOIS Parfum de poussière Les carnets de Douglas Un taxi la nuit Tarquimpol Léon, Coco et Mulligan U LlMtOi UMM2G08 À 19HÛQ LION D’OR (HH.EU! 3NIAEI0 HUHOHIEÉAI} ENTRÉE GRATUITE RNAUÇTEÇ Parfum ijt: pcnissicw Us cames 4e DougU* Un low la ouït ¦ I P* ' HH CATEGORIE ROMAN HORS QUÉBEC À l'abri de rien Le dernier Le' rapport de frère Brodeck Olivier Adam Cartographie des nuages La Voleuse de livres mAi ( &¦ Ographie nuages ] /• ./*’ hnei m CATHERINE TRUDEAU, PORTE-PAROLE ET ANIMATRICE DE LA SOIRÉE WWW.PRIXDESLIBRAIRES.QC.CA '* 1*1 Québec ! "MNtiKsrrt ut sut KHROOM- I.É DF Vl HR Des poèmes sur le thème du Québec et de la francophonie Vous avez jusqu’au 29 février pour envoyer vos poèmes portant Sur le thème «Le Québec et la francophonie» au concours international de poésie organisé par le réseau de services linguistiques et de formation en français Ecri-tout.On sait que la Ville de Québec sera, en 2008, l’hôtesse du 12' Sommet de la Francophonie, réunissant des représentants de 55 pays, et ce concours est organisé à cette occasion.Différents prix seront remis.On peut trouver des formulaires d’inscription au concours à l’adresse www.concoursecritout.com.- Le Devoir les librairies indépendantes du Québec Les conseils de vos libraires indépendants Des marelles au fond des yeux Marie-Claude Denys, Vents d’Ouest, coll.Azimuts.144 p., 18,95$ Marie-Claude Denys signe ici un premier roman empreint, on le devine, de l’attachement qu’elle éprouve envers ces adolescents en détresse auprès de qui elle intervient.Loin d'être pathétique, ce récit se veut plutôt le reflet de l’intensité des questionnements vécus par plusieurs jeunes et de tout l’amour qui se cache derrière les tentatives de compréhension des parents.France Martin, Librairie René Martin, Mette 12 mois sans intérêt.Journal d'une dépression Catherine Lepage, Mécanique générale, 96 p., 24,95$ C'est avec imagination et justesse que Catherine Lepage nous dresse le portrait de sa dépression.Le texte est concis et imaginatif (déjà, le titre donne le ton), en plus d’être fort bien appuyé par un dessin tout aussi éloquent.Une réussite qui vaut bien des livres de psycho! ÎVes Guillet, Librairie Le Fureteur, Saint Lambert Le Coeur et autres mélancolies Denise Desautels, Apogée, 96 p., 25,95$ Ce livre est le journal de création qu'a tenu la grande poète lors de sa résidence à la Maison de la poésie de Rennes.Elle nous livre avec générosité et sensibilité tout ce qui nourrit l'imaginaire de l'artiste.Le lecteur est aussi convié à un voyage intérieur sur les traces du père décédé trop tôt.A la fois universel et très intime, ce récit fait vibrer en nous autant l’émotion que l'esprit.Du grand art.Manon Trépanier, Librairie Mire, Longueuil Mission Antarctique Jean Lemire, La Presse, 160 p., 39,95$ Mission Antarctique relate comment en 430 jours, treize membres d'un équipage ont traversé la nuit polaire afin de mesurer les impacts du réchauffement de notre planète.Un voyage au cœur d'un continent au cœur de soi, qui vous révèle la fragilité de l'Homme et la vulnérabilité de notre terre.L'Antarctique, inaccessible?Photos magnifiques! Sonia Pelletier, Librairie Alpha, Gaspé 12 MOIS 1 5 A N J Lili Klondike (tome 1) Mylène Gilbert-Dumas, VLB éditeur, 384 p„ 27,95$ Ce roman situé à la fin du XIX' siècle raconte la ruée vers l'or au Klondike, période pendant laquelle plusieurs Québécois et Québécoises sont partis chercher fortune.Lilianne et Rosalie quittent leur famille.Elle sont sans le sou èt entreprennent chacune à leur façon ce périple rempli d’embûches, l’auteure nous fait découvrir comment ces jeunes femmes indépendantes et solides étaient capables de faire face à tant de difficultés pour parvenir à leurs fins.Linda Gabriele Bergeron, Librairie Larico, Chambly Une présentation des librairies indépendantes suivantes : MARTiN ràlire t W Arvuco- URETEUR LI8RAWIE RENÉ MARTIN (NC *»C« LIBRAIRIE “(3' Les librairies indépendantes du Québec (les 1.IQ) publient: \e libraire Bimestriel littéraire gratuit et www.lelibrairc.org Portail du livre au Québec Il était une fois.la science Use Tremblay Michel Lessard Dominique Demers Horacio Castellanos Moya Raw! Hage Bryan Perm Kathy Reichs Lucy Hawking Edouard Launet Libraire d'un jour André Brassard 1 y F G LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 FÉVRIER 2008 LIVRES LITTÉRATURE POUR ADOLESCENTS Bertrand Gauthier et ses carnets d’un réfugié poétique L’auteur a choisi d’avoir recours à divers types d’écriture, du haïku au poème lyrique, du slam au courriel ANNE MICHAUD Connu comme éditeur jeunesse, plus connu encore comme auteur, Bertrand Gauthier avait désormais envie d’écrire pour les ados.D souhaitait leur offrir une histoire qui leur parlerait d’eux-mêmes, tout en s’éloignant des stéréotypes habituels.Donc, pas de langage crypté, du genre de celui des échanges par MSN; pas de sexualité explicite à la manière des vidéoclips; pas de problème de drogue, de décrochage scolaire ou d’anorexie.Il imaginait plutôt une histoire centrée autour d’un personnage romantique, intelligent, politiquement éveiDé et relativement bien dans sa peau.Un ado normal, quoi! C’est ainsi qu’est né Volcano, alias Maxime-Olivier Belhumeur-Du-charme, un adolescent qui se définit comme étant «trop jeune pour avoir le droit de vote, mais assez vieux pour me trafiquer quelques fausses cartes.trop jeune pour me procurer une bière désaltérante au dépanneur du coin; mais assez vieux pour ache- ter de la drogue dans n ’importe quelle cour d'école.trop jeune pour faire l’amour chaque fois que je le désire; mais assez vieux pour frissonner de tout mon être à la pensée d’effleurer un seul cheveu de l’exquise Florence de mes rêves.» Dans Les Carnets d’un réfugié poétique, Volcano raconte son amour aussi profond que platonique pour la Florence de ses rêves, sa révolte contre la société de consommation, représentée par son publicitaire de père, et son amour teinté de méfiance pour sa mère, psychothérapeute et toujours prête à sonder les ténèbres de l’inconscient de son fiston.Pour se démarquer des autres romans pour ados, Bertrand Gauthier a choisi d’avoir recours à divers types d’écriture, du haiku au poème lyrique, du slam au courriel, en passant par la diatribe enflammée et la narration plus traditionnelle.«C’est un roman que j’ai écrit par blocs, fai commencé par les poèmes à Florence, puis j’ai eu l’idée d’inclure ces poèmes dans des courriels, mais des courriels qui ne se rendront jamais à destination puisqu’ils sont dotés d’adresses imaginaires.Et ces poèmes, je les ai voulus les plus lyriques et les plus romantiques possibles, pour faire contraste avec notre société, où les jeunes sont confrontés quotidiennement à l’hyper-sexualisation.L’autre aspect principal que je voulais aborder était celui de la révolte et de l’utopie qui sont associées à l’adolescence.Pour cet aspect-là, j’ai été influencé par Grand Corps Malade, le slameur français, et j’ai adopté la forme du rap.Ensuite est venue l’idée de donner la parole à Florence, et d’opposer la perception idéalisée de Volcano à sa propre perception d’elle-même, en présentant des extraits de son journal intime.Enfin, les haïkus sont venus pour marquer le passage des saisons.J’ai passé au moins trois ans à travailler sur ce texte-là et j’en ai fait neuf versions avant d’arriver à bâtir des liens entre les différentes parties et à créer une montée dramatique tout en donnant de la fluidité à l’en- semble.Il faut savoir être patient: il y a tellement de nouveaux livres aujourd’hui que, si on n’arrive pas avec quelque chose d’original, ça ne sert à rien d’ajouter simplement un livre aux autres.» Quelques ados, rencontrés par Bertrand Gauthier dans des écoles et les salons du livre, ont fait connaissance avec Volcano et ses Carnets avant leur arrivée sur les tablettes des librairies cette semaine.Les commentaires ont été si positifs que l’auteur commence déjà à penser à une suite.Elle devrait prendre une forme tout à fait différente de celle des Carnets.Cent fois sur le métier.Collaboratrice du Devoir LES CARNETS D’UN RÉFUGIÉ POÉTIQUE Texte de Bertrand Gauthier, illustrations de Gérard Frischeteau Québec Amérique, col «Titan +» Montréal, 2008,200 pages (14 ans et plus) O MARTINE DOYON Bertrand Gauthier LITTÉRATURE JEUNESSE Beauté, liberté, égalité ?CAROLE TREMBLAY Pretties est la suite attendue d’Uglies, le premier titre de la trilogie futuriste de l’auteur américain Scott Westerfeld (qui, forte de son succès, s'est, semble-t-il, muée en «quadralogie» après coup.).Dans le premier tome, on était propulsé dans un futur où la beauté parfaite est devenue une norme.Le monde s’y sépare en deux.Avant la grande opération qui les rendra «Pretties», les êtres humains sont des «Uglies», des êtres normaux, donc, avec tous les défauts que cela comporte, qui vivent entre eux dans un quartier qui leur est réservé.Après l’opération qui leur donne insouciance et beauté, ils emménagent à New Pretty Town, où ils peuvent consacrer leur belle jeunesse à faire la fête, dans une frivolité non seulement tolérée mais encouragée par les autorités.Comme toute jeune fille de quinze ans, la jeune Tally Youngblood n’aspirait qu’à ce monde de rêve, où les doutes et les remises en question sont exclus.Dans le premier épisode, elle se retrouve entraînée, un peu malgré elle, dans une aventure qui va bouleverser sa conception même de l’existence.Elle découvre un monde de rebelles qui se cachent hors les murs de la cité, qui lui font prendre lentement conscience de la manipulation, psychique et physique, dont sont victimes autant les «Uglies» que les «Pretties».Mais, même si Tally croit choisir la voie, plus difficile, du naturel et du libre arbitre, elle n’en est pas moins manipulée à son insu par les «Spécial Circumstances».Cette police secrète d’une dangereuse efficacité l’a piégée.Sans le vouloir, la jeune fille agit comme mouchard et trahit les rebelles qu’elle avait appris à apprécier et qu’elle avait décidé de rejoindre.Ce premier roman au rythme trépidant, plein d’action et de rebondissements, intégrait habilement une réflexion sur les diktats de la beauté et la liberté de penser.Le deuxième tome est à l’avenant Il est même encore plus palpitant.On y retrouve Tally, après l’opération qui l’a transformée en «Pretty».Elle est maintenant d’une beauté parfaite et une grande partie de ses souvenirs ont été effacés.Son souhait le plus cher consiste à se faire accepter des «Crims», un groupe de jeunes très populaire qui s’amuse à commettre des délits mineurs pour le seul plaisir d’être «intense».(Une expression dont l’auteur abuse pour parodier le jargon branché des jeunes Pretties.) Mais, malgré l’opération, et même si tout à New Pretty Town est mis en place pour assurer son plaisir, Tally ne peut s’empêcher de ressentir un sentiment de malaise.Quand un des rebelles s’infiltre chez les Pretties pour lui remettre une lettre qu’elle a elle-même rédigée avant son opération, tout bascule.Les souvenirs refluent et Tally se rend compte du cruel choix qui s’offre à elle: une vie tranquille et parfaite, imposée par les autorités, ou la liberté d’être elle-même dans un monde incertain.La rencontre du beau Zane, leader des «Crims», va l’aider à prendre sa décision et à foncer, tête baissée, dans l’aventure de la liberté.Evidemment, avec Scott Westerfeld aux commandes, rien n’est simple.La jeune fille accumule les embûches et sa décision est maintes fois remise en question, ouvrant, aux lecteurs de nombreuses pistes de réflexion.Le récit dense et complexe aborde, entre autres, la facilité avec laquelle les jeunes peuvent être entraînés dans des sectes, s'avance sur le délicat terrain de ce qui doit être ou non contrôlé dans cette part sombre et irrépressible de l’humain qu’est la violence, l’envie et la soif du pouvoir.Il pose, sans y répondre, des questions fondamentales.Est-ce que la souffrance et la laideur du monde constituent le prix à payer pour être libre?Est-ce que la beauté et la paix sociale méritent qu’on leur sacrifie notre différence?Aux lecteurs d’y réfléchir, en attendant la suite, Specials, qui paraîtra à la fin de mars.BÉDÉ SOURCE DARGAUD Illustration de Juszezak pour La Chute d’un trader Règlement de comptes Un voyage étonnant dans le monde de la finance FABIEN DEGLISE Allez savoir! Jerôme Kerviel, le courtier impliqué dans cette incroyable fraude de 7,2 milliards de dollars touchant la Société Générale en France, aurait-il été inspiré par une bande dessinée?Ou pis, serait-il l’inspiration d’une bande dessinée?C’est en tout cas la drôle d’impression qui persiste, par les temps qui courent après la lecture de Dantès (Dargaud), dont le premier tome arrive finalement à point dans la chaleur de l’actualité économique internationale.Intitulé La Chute d’un trader, ce thriller offre en effet un voyage étonnant au cœur d’une énorme fraude dans le monde de la finance et du boursicotage.Et Romanichels plus Collaboratrice du Devoir trois poètes queiKVois PRETTIES Scott Werterfeld Pocket jeunesse Paiis, 2007,385 pages Émile Nelligan, Hector de Saint-Denys Garneau, Anne Hébert Trois poètes québécois, c’est le best of de trois grands poètes et une merveilleuse introduction à leur œuvre.Trois livres en un seul aulines Trois poetes québécois L'impact des préjugés sur l'intégration poésie, 336 p., 13 $ dossier d’accompagnement par Marie-Thérèse Bataïn Romanichels Pierre Gariépy Lomer Odyssée Lomer Odyssée, c’est une virée dans les bas-fonds d’un port crasseux où loge une pute usée jusqu’à la moelle mais que son jeune amant persiste à aimer comme une nubile.Il est son Roméo.Elle est sa luliette édentée.roman, 120 p., 20 $ 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Quebec) H2L 3Z1 \ 1 ^ Téléphone: 514.52s.21.70* Télécopieur : 514-5257S-37 ccHteiir Courriel : info@xyzedit.qc.ca * www.xyzedit.qc.ca forcément, les coïncidences sont pour le moins troublantes.Le quotidien d’un trader-vedette Signée Boisserie, Guillaume (au traitement de texte) et Juszezak (à l’encre de Chine), cette série à vocation populaire, qui se range très bien près des Largo Winch par exemple, une autre série grand public de la même maison d’édition, nous plonge dans le quotidien d’Alexandre, la trentaine en perspective, trader-vedette de la Banque générale de crédit et d’investissement (BGCI), une institution, s’entend.Les dents longues et les cheveux dans le vent, l’animal se voit confier par son patron la direction d’une équipe de jeunes loups lâchés sur le MATIF, le marché à terme des matières premières de la Bourse de Paris.Un lieu prestigieux où circulent les milliards et où, naturellement, les ambitions peuvent parfois mal s’exprimer.Dans cet univers de la haute finance, les sourires sont blancs — comme la poudre qui va dans le nez — et les soirées dans les clubs privés sont chaudes.com- me les femmes, blondes et plantureuses, qui elles sont attirées par le pouvoir.Quant aux comptes bancaires, ils sont parfois parallèles et pratiques pour dissimuler à ses patrons des transactions étranges dont on pourrait un jour profiter.«Déjà vu», comme disent les Roumains.Un dessin agréable mais consensuel Avec un découpage tantôt classique, tantôt télévisuel, des intrigues prévisibles et un dessin agréable mais franchement consensuel, le trio d’auteurs livre ici une balade sans grande ambition dans les coulisses du Palais Brongniart, épicentre du marché français.Avec pour toile de fond le souvenir d’une fraude sans doute gigantesque, un homme d'affaires mystérieux — Chistopher Dantès, c’est son nom — et un absent dans un gala (point de départ de cette histoire) qui devrait sans doute faire son apparition dans une suite à paraître au cours des prochains mois et qui, malgré tout, donne déjà envie d’être lue.Racoleur, vous avez dit?Le Devoir avec Bergman Fleury Conseiller en éducation et en relations interculturelles Conseiller à la Commission Bouchard-Taylor « une écriture sans prétention et fort convaincante » s i anu y IT.an Pieire-léon lolondp Un toHi Iq nuit Lundi le 18 février 19 h Librairie Paulines (Librairie, salle de conférences, café-resto) 2661 Masson (2e), Montréal, Qc Contribution volontaire.Renseignements: 514-849-3585 A A & Z sa Les éditions du Septentrion félicitent Pierre-Léon Lalonde finaliste au Prix des libraires du Québec 2008.R: Cdrnf’ts.hamac.qr.ca S LE DEVOIR.LES SA M EDI 9 ET DIMANCHE 10 FÉVRIER 2 0 OS K 7 LIVRES De poile-con à pélican : l’histoire inattendue des noms d’oiseaux Henriette Walter récidive dans un nouvel ouvrage ISABELLE PARE intarissable alchimiste des ' langues remet ça La géniale et inspirée Henriette Walter, auteure du pavé LAventure des langues en Occident (1994), continue de fouiller les dédales de la langue française, pour retrouver cette fois l’origine insoupçonnée des noms donnés aux oiseaux.Un récit léger, mais tout aussi surprenant que ces précédentes incursions dans l’histoire des langues.Le lacis complexe de l’histoire des langues indo-européennes n’a plus de mystère pour Walter.L’émérite professeure de linguistique et vulgarisatrice née l’a démontré dans ses nombreux autres ouvrages, qui sont de véritables plongeons au cœur des mutations subies par le français au cours des siècles.Dans La Mystérieuse Histoire du nom des oiseaux, Walter s’aventure cette fois du côté des volatiles avec son complice et coauteur Pierre Avenas, prouvant une fois de plus que, même en ce domaine, il y a fort à dire.Sur un ton léger qui convient au propos, la détective du verbe s’amuse à décortiquer tant les noms des oiseaux de tout acabit que les expressions fleuries que ces bêtes à plumes ont inspirées à nos ancêtres.Fidèle à son habitude, elle nous surprend à tout coup, par exemple en nous éclairant sur l’origine de l’expression «fier comme un pou», qui n’a rien à voir avec le parasite qui affectionne les têtes chevelues.Le pou en question, issu du latin pullus, est plutôt le mot ancien pour désigner le coq.Bref, voilà une autre façon de dire «fier comme un coq».On se basant à la fois sur les travaux de Buffon et de Linné, deux ornithologues qui ont jeté les bases de la classification des espèces d’oiseaux au XVII' siècle, Walter remonte le fil du temps.Si on est moins surpris d’apprendre que le mot latin pour désigner l’oiseau, avis, ait donné naissance aux mots «oie», «oi- Henriette Walter, spécialiste des langues seau» et «avion», on se surprend de certaines déformations.Notamment celle de «pied-de-grue», qui est à l’origine de «pedigree».Comment* Parce qu’on appelait autrefois pied-de-grue les arbres généalogiques, en raison des fourches formées par les branches.Adopté par l’anglais, le mot est devenu «pedigree» et désigne tout document attestant de l’origine de quelque chose.Panni les 262 noms d’oiseaux répertoriés, certains sont plus évidents que d’autres.On n’aurait pas deviné que «faucon» provenait du latin falco, qui désigne une faux (référence aux serres), ou que «butor» émanait du latin butio.qui veut dire buffle, en référence au drôle de meuglement émis par cet oiseau des marais.L’aigle «balbuzard» se réfère quant à lui à l’anglais bald buzzard, alors que «édredon» est issu de l’islandais eidder dun, qui veut dire plume d’eider.Plus rigolo, on apprend que «gazette», qui désigne aujourd’hui un journal, vient du mot italien gazetta, ou petite pie.Pas parce qu’il est associé à des bavardages, mais parce qu’il fallait débourser une pièce arborant une petite pie pour acquérir la première gazette créée à Venise en 1600.Plus drôle encore, on découvre que la convenance masque parfois l’origine de certains noms, dont celui de la rue du Pélican à Paris.Les pélicans ne nichent pas à Paris, on s’en doute, mais les putes, si.Le mot «pélican» provient du grivois «poile-con», nom donné aux femmes qui pratiquaient, en 1265, le plus vieux mé- JACQUES GRENIER LE DEVOIR tier du monde dans cette rue.Quant au mot «cocu», il vient tout droit de «coucou», un oiseau aux mœurs légères qui affectionne le nid d’autres oiseaux pour y pondre ses propres œufs.Au fil des 400 pages de son livre, la prêtresse des mots et son comparse multiplient les surprises, les découvertes cocasses, prouvant un fois de plus que l’histoire des langues est un vaste terrain de jeu dont certains recoins demeurent inexplorés.Le Devoir LA MYSTÉRIEUSE HISTOIRE DU NOM DES OISEAUX Henriette Walter et Pierre Avenas Robert Laffont Paris, 2Q08,375 pages PHOTOGRAPHIE L’image et la légende CLAIRE GUILLOT En rééditant la monographie de Lisette Model (1901-1983), l’éditeur Aperture fait renaître un livre mythique, depuis longtemps épuisé.La photographe, née en Autriche et installée à New York, est devenue célèbre dès les années 1930, mais elle laisse peu de publications: cet ouvrage, sorti quatre ans avant sa mort, en 1979, est le premier que cette figure influente mais discrète ait accepté de publier.On retrouve le très grand format et la maquette d’origine, élégante et très efficace — elle avait été dessinée par le directeur du magazine Harper’s Bazaar, Marvin Israel, pour lequel Model a longtemps travaillé.Le livre présente une cinquantaine de grandes images contrastées, aux ombres denses.Trente ans après, elles n’ont rien perdu de leur force.Dès la couverture, l’icône de Lisette Model s’impose: une baigneuse obèse qui s’ébat sans gène, avec sensualité et bonheur, sur le sable de Coney Island en 1942.Franchise et lucidité ont toujours caractérisé l’œil de la photographe, qu’elle montre les riches vieillards desséchés de la promenade des An- glais à Nice ou les pauvres hères dormant dans la rue à New Yoïk.Ici, ces portraits alternent avec des vues plus mélancoliques ou abstraites: jeux de reflets et de jambes à New York, photos de voyage ou statues énigmatiques.Dans les clubs de jazz, les bars interlopes ou les cirques, Lisette Model jette un regard cru et pénétrant sur les individus, cadrés au plus près, sans moquer ni embellir.Une leçon qu’elle transmettra à ses élèves de la New York School of Research, où elle fut un professeur influent: plusieurs images font d’ailleurs écho à celles de Diane Arbus, sa plus célèbre étudiante et amie.Parmi les autres redécouvertes bienvenues, un joli livre au titre de matricule, NYJCDB62.Ce nom de code se rapporte à un reportage de l’Anglais David Bailey, le photographe de mode emblématique des «swinging sixties», qui inspira Antonioni pour son film Blow up.En 1962, le jeune homme, né dans les milieux populaires de Londres, est envoyé à New York par le Vogue britannique.Lorsqu’il débarque à l'aéroport avec le mannequin Jean Shrimpton, sa compagne, il décoiffe le monde de la mode.Contrairement aux usages de l’époque, David Bailey travaille sans assistant, sans coiffeur, sans maquilleur.Délaissant les studios et les éclairages sophistiqués, il œuvre dans la rue, et à toute vitesse.Au final, ses photos ont une fraîcheur et une vitalité qui détonént avec les publications de l’époque.Aux neuf images du reportage initial, parues dans Vogue en noir et blanc et en couleur, le livre mêle quelques vues de New York de la même période.Page après page, Jean Shrimpton, avec son minois enfantin, trimballe son ours en peluche dans les lieux les plus inattendus: cabines téléphoniques, fêtes foraines, cimetières.La modernité fait irruption dans le cadre sous la forme de publicités, d’affiches ou de distributeurs de boisson qui font descendre la mode de son univers éthéré.La maquette élégante, l’impression soignée et les grandes pages blanches veulent faire oublier l’origine commerciale du travail, en insistant sur le côté artistique.Et de fait ces images simples et délicates, traversées par la jolie silhouette de Jean Shrimpton, tiennent la page.Dernière retrouvaille à signaler, l’un des plus beaux reportages du photographe américain Bruce Davidson est publié dans Circus.En 1958, peu après avoir intégré l'agence Magnum, le photographe se lie d'amitié avec un nain rencontré dans un cirque.Ses images sobres, en noir et blanc, le suivent dans sa vie quotidienne: sous le chapiteau et en ville, il est exposé sans relâche aux regards, qu’ils soient moqueurs ou curieux.Bruce Davidson donne à ce personnage une épaisseur tragique, dont la tristesse et la solitude marquent durablement la rétine.Le Monde LISETTE MODEL Aperture New York, 2007,112 pages NYJCDB62 David Bailey Steidl New York, 2007,48 pages CIRCUS Bruce Davidson Steidl New York, 2007,88 pages u mn ai wssagi: Bibliothèque et Archives nationales du Québec vous donne rendez-vous aux idis litterair Rencontre avec l’auteur de théâtre Michel Marc Bouchard animée par Aline Apostolska Michel Marc Bouchard, comédien, dramaturge, auteur notamment des Feluettes (1987) et des Muses orphelines (1988), deux pièces jouées à travers le monde.Les Midis littéraires de la Grande Bibliothèque, une série de conversations avec des écrivains d'ici et d’ailleurs.à l'Auditorium de la Grande Bibliothèque e jeudi février 2008 le 12 h 30 à 14 h 475, boul.De Maisonneuve Est, Montréal Métro Berri-UQAM Renseignements : 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Entrée libre www.banq.qc.ca Bibliothèque et Archives nationales Québec llll VANDAL LOVE OU PERDUS EN AMÉRIQUE TRADUIT DE L'ANGLAIS PAR SYLVIE NICOLAS D.Y Béchard V:- D.Y.BÉCHARD VANDAL LOVE 041 PERDUS EN AMÉRIQUE Commonwealth Writers' Prize 2007 pour le meilleur premier roman, voilà une grande histoire qui a déjà placé son auteur au sommet du palmarès des écrivains de sa génération.« [.] un magnifique récit multigénérationel reposant sur la quête identitaire des francophones en Amérique.» - Jade Bérubé, La Presse « C'est vaste, inspiré, lyrique au possible.C'est un livre en feu.» - Danielle Laurin, Site Internet de Radio-Canada CECI EST MON CORPS Jean-François Beauchemin il Jéîir)*Fum*,tits Bc-duchwnm Cçci om mon corps wSWM uuWK Kotncipt Dans ce roman qui célèbre presque à chaque page la beauté tragique du monde, Jean-François Beauchemin porte sur un plan universel et mythique le drame tout personnel dont il témoignait dans La Fabrication de l'aube, Prix des libraires 2007.« Dans ce roman finement écrit, Jean-François Beauchemin s'approprie si bien le personnage de Jésus qu'on croirait entendre le narrateur de La Fabrication de l'aube au crépuscule de sa vie, l'expérience douloureuse de la crucifixion (ou du coma), loin derrière, mais fondatrice de sa pensée.» - Chantal Guy, La Presse « En retirant à Jésus sa divinité, l'auteur lui redonne toute son humanité, son universalité.» - Danielle Laurin, Le Devoir PELADEAU UNE HISTOIRE DE VENGEANCE, D’ARGENT ET DE JOURNAUX Julien Brault ü Dix ans après la mort de Pierre Péladeau, une première biographie non autorisée est enfin publiée.Elle nous entraîne au-delà de la marque laissée par l'homme d'affaires dans l'imaginaire collectif et nous fait vivre la fulgurante ascension d'un être des plus singuliers, aussi invivable que visionnaire.« Un livre bien documenté, sans complaisance et sans hargne ! Fort instructif ! » - Jean-Pierre Coailier, Radio Classique Montréal, Grands Titres de l'économie « Il faut le lire pour savoir ce qu'il faut faire et ne pas faire en affaires.» - Pierre Maisonneuve, Radio-Canada, Christiane Charette QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com 1 LF.DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 FÉVRIER 2 0 0 8 ESSAIS L’éthique, la morale et le bonheur Louis Cornellier umment bel et bien vivre?» Telle est la question au cœur de L’Œuvre de soi, un essai de l’éthicien Pierre Fortin qui s’inscrit dans l’actuel renouveau de la philosophie comme sagesse et art de vivre.Pour y répondre, le professeur retraité de l’Université du Québec à Rimouski nous propose d’abord un détour par les œuvres de Qohélet, Epicure et Camus.Le premier, dont les paroles de sagesse sont consignées dans l’Ancien Testament, insiste sur l’énigme de l’existence, sur le mystère de Dieu qu’il faut accepter avec circonspection et sur le bonheur possible malgré la souffrance et le mal.Le second, dont la pensée est souvent interprétée à tort comme un éloge du plaisir débridé, explique brillamment que les dieux et la mort ne sont pas à craindre, qu’il faut «apprendre à se suffire à soi-même» et que le vrai bonheur est accessible à celui qui sait se contenter de peu.Le troisième, ayant constaté le «malentendu entre l’homme et le monde qui l’entoure», expérimente l’absurde, mais le transcende aussitôt en une révolte solidaire, pleinement terrestre, soucieuse de mesure et guidée par un désir de justice, nécessaire au bonheur.Sur ces bases, Fortin se livre ensuite à des méditations sur l’éthique conçue comme «œuvre de soi».Dans la foulée de Nietzsche qui affirmait que «par la morale l'individu est instruit à être fonction du troupeau», il réduit la morale à un univers de normes et de règles déterminées par la dualité bien/mal et lui oppose l’éthique comme «création personnelle» et «liberté créatrice».L’éthique, en d’autres termes, viendrait substituer «l’élaboration d’un art de vivre» à la «pression exercée par la morale»-, elle surpasserait la morale en étant issue d’une recherche sur les fondements de cette dernière, qui en permettrait une appropriation subjective.«La morale, écrit Fortin, sécrète la norme, la règle; l’éthique, quant à elle, s’articule à la valeur.» Pour être intéressants et assez bien menés malgré de multiples redites, ces propos n’en sont pas moins contestables.Ils font bien peu de cas, en effet du caractère universel de la morale telle que conçue dans une perspective kantienne.Ils réduisent donc la morale au statut d’instance extérieure pour mieux valoriser une éthique qui aurait la vertu, elle, de ne pas être imposée mais créée, dans un processus libre et subjectif d’appropriation philosophique.La morale qui vaut pourtant répond elle aussi à ce critère, tout en restant attachée — et c’est ce qui la distingue d’une éthique «artiste» — à celui de son universalisation.C’est ce qui la rend certainement aussi nécessaire qu’une éthique individuelle du bien vivre.Le bonheur en couple Comment bien vivre en couple, se demande, pour sa part, Yvon Dallaire, un psychologue et sexologue québécois qui fait son entrée dans la collection à grande distribution «Le livre de poche» avec un essai intitulé Qui sont ces couples heureux?.Si elle permettra peut-être à tout un chacun d’être mieux outillé pour réussir une aventure humaine qui L’éthique comme « création personnelle » et « liberté créatrice » comporte plusieurs écueils — de 15 à 20 % seulement des couples seraient véritablement heureux —, la lecture de cet ouvrage offre aussi au critique l’occasion d'évaluer l’état de santé intellectuelle de la psycho-pop à la québécoise.Devenu populaire, il y a quelques années, grâce à de multiples participations aux émissions télévisées animées par Claire Lamarche, Yvon Dallaire appartient à l’élite des praticiens de la psycho-pop.Ses ouvrages de vulgarisation ne sont pas exempts des travers du genre (métaphores faciles, stéréotypes sexuels et messages redondants), mais ils dépassent le mode «guide de recettes psy» et donnent souvent à réfléchir.Qui sont ces couples heureux?relève, en ce sens, de la bonne psycho-pop.Dallaire y intègre quelques éléments de sociologie—l’augmentation de l’espérance de vie, la baisse de la pratique religieuse et l’émancipation des femmes, rappelle-t-il, doivent être prises en compte dans une analyse de la fragilité contemporaine des couples — et n’entonne pas le refrain gnangnan de la pensée positive.Il explique, en gros, que la vie de couple n’est une sinécure pour personhe, qu’il faut savoir naviguer, dans ce contexte, entre le désir de fusion et le désir d’autonomie et que la recherche d’une «juste distance» entre les partenaires est la base du bonheur conjugal.Là où Dallaire surprend, cependant, c’est quand, dans un chapitre sur les «mythes, illusions et fausses croyances sur le couple», il critique avec beaucoup d’à-propos l’un des plus détestables clichés de la psychopop, et j’ai nommé la toute-puissance de la communication.«Se pourrait-il, suggère-t-il, qu’il y ait quelque chose d’incommunicable entre deux personnes, à plus forte raison entre un homme et une femme?Se pourrait-il que la communication, loin d’être la clé de l’amour, puisse parfais être l'une des principales sources de mésentente?» Pour que le désir de connaître, qui est à la source de l’intimité, persiste, le mystère est nécessaire.Tout se dire risque de le tuer.Dallaire va même jusqu’à affirmer, dans un élan de sagesse, que «les couples heureux ne cherchent pas à résoudre leurs conflits par la communication parce qu’ils ont appris que la majorité des conflits de couple est insoluble».C’est bon à savoir.Quand il parle, cependant de «science conjugale» et quand il évdque les différences héréditaires entre les hommes et les femmes pour justifier des niaiseries comme «le cerveau de l’homme est moins bien équipé [que celui de la femme] pour la communication», Dallaire adhère à une «psychologie différentielle des sexes» qui nous ramène à un darwinisme sauvage décevant Se pourrait-il, a-t-on alors envie de s’écrier, que le bonheur des couples n’ait rien à voir avec la science à la sauce psy et accessoirement que mon attirance pour ma femme ne tienne pas à de vulgaires phéromones?louiscofasympatico.ca L’ŒUVRE DE SOI Pierre Fortin Presses de l’Université du Québec Québec, 2007,132 pages QUI SONT CES COUPLES HEUREUX?Surmonter les crises ET LES CONFLITS DU COUPLE Yvon Dallaire Avec la collaboration de Catherine Solano Préface de Jacques Salomé Le livre de poche Paris, 2007,320 pages HISTOIRE La mystérieuse affaire Babin ANNE MICHAUD 25 juin 1866.Le village de Buc-kingham, dans TOutaouais, est en émoi.On a trouvé sur la rivière du Lièvre le corps décomposé d’une femme inconnue.Qui plus est, il apparaît que cette femme était infirme et qu’elle n’aurait pas pu se rendre seule à la rivière.Il ne s’agirait donc pas d’un suicide mais plutôt d’un meurtre.L’affaire se corse encore plus lorsque le coips est identifié comme étant celui de Marie Aglaé Babin, la sœur du pasteur anglican Jérémie Babin! Accusé du meurtre de sa sœur, Jérémie Babin se défend en accusant à son tour un dénommé Moïse Ledoux, résidant à Ottawa ou dans les parages, à qui il aurait confié sa sœur en hébergement.La défense semble cousue de fil blanc, mais les preuves amenées par la Couronne contre Babin demeurent circonstancielles et celui-ci est finalement acquitté, au terme d’un procès retentissant.L’affaire Babin demeure donc non résolue.Près de 140 ans plus tard, en effectuant des recherches sur un tout autre sujet, l'historien gati-nois Raymond Ouimet tombe par hasard sur une lettre écrite par Jérémie Babin.Il n’en faut pas plus pour éveiller son intérêt et le pousser à entreprendre sa propre enquête.D’un document à l'autre, il reconstitue les tenants et les aboutissants de cette affaire, qui constitue à ce jour l’une des grandes énigmes judiciaires canadiennes.Ses recherches le conduisent même jusqu’aux Etats-Unis, où il retrouve la trace de Moïse Ledoux, que la police d’Ottawa avait cherché en vain au moment du procès.Raymond Ouimet se questionne aussi sur les influences politiques qui auraient pu jouer un rôle déterminant dans l’issue de l’enquête et du procès: en effet, l’épouse de Jérémie Babin, Elisabeth, est la cousine de John Joseph Caldwell Abbott, député d’Ar-genteuil, ancien «solliciteur général» et futur premier ministre du Canada! Il n’est pas tendre non plus envers la police d'Ottawa; «Quant à la police d’Ottawa, écrit-il, elle était d’une incompétence criante et composée d’effectifs plus musclés qu’instruits.» Au bout du compte, Raymond Ouimet accumule suffisamment de preuves pour terminer son livre par une accusation claire et formelle.Qui a donc tué la pauvre Marie Aglaé Babin en la jetant dans la rivière du Lièvre au printemps 1866?Il faut lire le livre de Raymond Ouimet pour enfin connaître la solution de cette énigme judiciaire.Collaboratrice du Devoir LA MYSTÉRIEUSE AFFAIRE BABIN UNE ÉNIGME ENFIN RÉSOLUE , Raymond Ouimet Ecrits des Hautes-Terres, coll.«Outaouais» Montpellier, 2007,184 pages RECUEIL La pensée de Raymond Lévesque Un testament trop souvent pétri de contradictions Critique du travail à Fère du management La Révolution du travail.De l’artisan au manager (liber, 2008), de la sociologue Rolande Pinard, est une œuvre très ambitieuse consacrée au sens moderne du travail.Elle retrace l’évolution socialo-historique du travail, d’abord conçu comme une libération de la servitude féodale pour devenir plus tard une simple marchandise à l’ère industrielle et être ensuite considéré comme un outil politique grâce à la constitution d’un mouvement ouvrier.Elle montre surtout que, au XXe siècle, l'avènement du corporatisme managérial confirme la victoire systématique de l’organisation capitaliste (à laquelle aurait même contribué le syndicalisme d'entreprise) et la fin de l'illusion du travail comme libération.«Peut-on, demande Pinard, continuer de parler de travail émancipateur quand le seul sens qu’il conserve pour le travailleur est celui d’une activité empirique identifiée à un processus technico-gestionnaire à l’intérieur d’une organisation?» Pour «sauvegarder notre aptitude à la liberté contre la servitude gestionnaire», elle nous propose donc de renouer, sous une forme nouvelle à inventer, avec l’esprit du mouvement ouvrier qui a su, naguère, non par le travail mais par une «action intersubjective», participer à la transformation du «sens du politique».Le Devoir Kasparov et sa vision de la société Garry Kasparov, né en 1963, fut un champion d’échecs dès l’âge de 13 ans.Il est sacré plus jeune champion du monde à 22 ans.Militant politique, réformiste convaincu, il présente dans cet es- sai, ponctué de tirades qui tiennent parfois du guide de motivation, sa conception de la vie et de la société.La vie est une partie d'échecs est publié chez Jean-Claude Lattès, au moment où le personnage apparaît comme une des figures d’opposition les plus malmenées par l’univers politique de Vladimir Poutine.- Le Devoir LOUIS CORNELLIER Raymond Lévesque a séduit le Québec, il y a plusieurs années, à titre de fantaisiste engagé.Comiques, ses chansonnettes et ses monologues véhiculaient aussi une sagesse populaire et contestataire.Lévesque faisait sourire, mais il cherchait du même coup à éveiller les consciences à la nécessité de Fin-dépendance du Québec et au rejet de l’injustice sociale, tout en chantant la fraternité humaine.En publiant L’Amérique est un mensonge, un recueil de textes du père de Bozo-les-culottes préparé par l’écrivain Sylvain Rivière, les Editions du Québécois ont voulu saluer cette œuvre sans équivalent au Québec.Présenté comme «le testament poético-politique de Raymond Lévesque», cet ouvrage contient les grandeurs et misères dime création marquée au sceau du populisme.L'art de Lévesque est ouvertement naïf, toujours sincère, souvent touchant, mais parfois maladroit.Peut-on en parler, à la manière de ses éditeurs, comme d'une «pensée»?Peut-être, mais il faut alors parler d'une pensée torturée, équivoque, plus forte de ses coups de gueule que de sa cohérence.De façon constante, Lévesque dénonce l'argent, le commerce, la guerre et les fausses valeurs en général, mais sa critique en reste à un mode réflexe, fidèle à la manière du prolétaire bourru.Bien sùr, se dit-on, mais encore?Dans les sections «Témoignage» qui ouvrent chacun des chapitres du livre, Lévesque balance des opinions qui se contredisent radicalement.11 affirme, par exemple, que «la souveraineté ne [lui] inspire plus confiance», avant d'ajouter, quelques pages plus loin, que «Imiépcndance.c’est toujours pertinent» (précisons, pour éviter les malentendus, que lévesque ne fait pas de distinction entre les tenues souveraineté et indépendance).Sans cesse, il dénoncé «l’Etat», qui ne serait qu'un men- Raymond Lévesque, artiste engagé JACQUES GRENIER LE DEVOIR songe.Chantre de la révolte contre l’injustice dans plusieurs de ses textes, il finit néanmoins par se référer au Christ pour frire l'éloge de la soumission! Justifiée à certains égards, sa critique du syndicalisme, quant à elle, finit par rejoindre le discours du patronat quand elle attribue aiL\ syndiqués la responsabilité des fermetures d’usines, notamment llron Ore.On veut bien qu’un artiste ait droit à la saine contradiction, mais ici, par moments, on nage dans la confusion.Aigri, Lévesque accepte mal que ses textes récents n'aient pas trouvé preneur chez les éditeurs et dans les médias.Il attribue ces refus à de la censure.Ne faut-il pas plutôt y voir un souci.de la part de ceux qui ont formulé ces refus, de protéger l’auteur contre ses propres dérapages?Il ne s’agirait pas, alors, de censure, mais bien de délicatesse, aussi paternaliste soit-elle.D y a, au cœur de l’œuvre de Raymond Lévesque, un drame qui tient au déchirement de la conscience de son auteur.Philanthrope, le père de Quand les hommes vivront d’amour veut le meilleur pour ses semblables.Déçu par leur comporte ment trop souvent guerrier et pré dateur, il se transfonne toutefois en misanthrope hargneux et sans boussole idéologique.Ce chagrin moral est ce qui donne de la valeur à cette œuvre, mais c'est aussi, malheureusement.ce qui lui fait parfois perdre les pédales.Collaborateur du Devoir L'AMÉRIQUE EST UN MENSONGE Raymond lévesque Textes recueillis et réunis par Sylvain Rivière Les Editions du Québécois Quebec, 2007,400 pages (Jjfivieri librairie «bistr(fri Redécouvrez, Montreal à travers ses créateurs et ses bâtisseurs_ LECTURE OLIVIERI - LE NOROÎT Robyn Sarah (lira en anglais) Le tamis des jours traduit de l'anglais par Marie Frankland (lira en français) Louis-Jean Thibault Reculez falaise Normand Génois Le même souffle Dimanche 10 février à 15 heures 5219.Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges 514.739.3639 Brunch au bistro : 739-3303 H* lé A* fftéijee» Orner DeSerres S 4 É N É fï A t UÔ Ms Orner DeSerres Hélène DeSerres L’auteur nous fait revivre, grâce à un album richement illustré, l'histoire des trois générations qui se sont succédé à la tête de ce commerce et témoigne de l'évolution socioéconomique de Montréal.En librairie le 12 février Peintres juifs de Montréal Esther Trépanier Riche de plus de 200 reproductions d'œuvres datant des années 1930 et 1940, cet ouvrage analyse la contribution d'une quinzaine d'artistes juifs de Montréal au développement de l'art moderne avant l'abstraction.roi LES EDmONS DE üa U HOMME Une compagnie de Québécor Media www.edhomme.com t *
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