Le devoir, 22 mars 2008, Cahier F
LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2008 LITTERATURE M Un deuxième roman de Rafaële Germain Page F 3 L’option de Gilbert Paquette Page F 8 La température grimpe dans le monde de la bédé FABIEN D E G LI S E ^ éditeur français Jacques Glénat avait vu juste.En planifiant l’ouverture à Montréal d’une succursale québécoise de sa célèbre maison d’édition de bande dessinée, l’homme disait vouloir s’installer dans ce «centre de créativité très important» qu’est le Québec et justifiât même en mai 2006, dans les pages du Devoir, sa décision par une formule qui pourrait très bien entrer dans un phylactère: «La température commence à monter, et c’est sûr, un éditeur se doit de chercher les façons d’en profiter.» Deux ans plus tard, la prophétie du marchand de bulles tend effectivement à se réaliser: la température a bel et bien grimpé dans l’univers de la bande dessinée au Québec, où Glénat Québec — c’est le nom de ladite succursale — se prépare à lancer à la fin de cet été ses deux premières prises: L’Astronaute, avec Jean-Philippe Morin au crayon et Mario Malouin au scénario, ainsi que Jésus au pays des Soviets de Serge Caron, une drôle de bibitte.Chercheur en photonique, il fût de la bédé en dilettante depuis plusieurs années.Parallèlement le jeune éditeur — jeune sur ces terres nord-améri- caines du moins — a donné cette semaine le coup d’envoi de son premier concours visant à dénicher de nouveaux talents locaux.L’appel de la planche originale a été lancé en vue de la publication en novembre prochain d’un album coDectif qui va réunir les six vainqueurs.Et contribuer du coup à l’effervescence d’un milieu, celui du IL art qui partout dans la province semble assez bien se porter merci.«L’âge d’or de la bédé au Québec commence maintenant», lance avec assurance le libraire François Mayeux, un spécialiste de l’histoire en case, propriétaire de Planète BD, une nouvelle librairie spécialisée de Montréal.«La bédé ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourdhui.Et il n’y a aucune raison que cela régresse dans le futur.» L’homme, qui a monté dans les dernières années le département de bande dessinée d’un célèbre libraire du nord de Montréal et qui préside également à la destinée des prix Bédélys — prix qui honore chaque année le art, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs —, est sans doute à prendre au sérieux.Surtout que la pandémie annoncée repose désormais sur des chiffres qui lui donnent raison.Des chiffres?Soutenu par des lecteurs toujours plus nombreux, puisés désormais dans toutes les strates de la population, le marché de la bédé s’enjballe depuis le début du siècle.A preuve: en 2000, les éditeurs franco-belges et même « La bédé ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourd’hui» québécois ont déversé sur le marché francophone du récit en images près de 1100 nouveautés, soit le double de ce qu’il était permis de croiser dans les bacs des libraires pendant les années 80.Pause souvenir: à cette époque, les Boule et Bill, Achille Talon, Gaston Lagaffe, Astérix, Tintin et les créatures de Milo Manara, avec leur délicieuse plastique, donnaient le ton.Or, l’an dernier, c’est pas moins de 3500 nouveaux titres qui ont tait leur appa-rition (4500 si l’on tient compte des rééditions).Soit pour le plaisir du calcul, 67 nouveautés, en couleur ou en noir et blanc, avec couverture cartonnée ou pas, chaque semaine.Ou plus de neuf par jour.Dans des proportions variables, parfois confidentielles, tous ces titres ont atterri chez les libraires du Québec.Le tout pour un poids économique toutefois que les principaux distributeurs de bouquins de la province ont refusé de quantifier, prétextant une incapacité technique à le taire.Des auteurs d’ici «Nous confirmons par contre la croissance, a indiqué Paule Bolduc, porte-parole d’Hachette Canada.Dans les dernières années, le marché de la bédé, a connu effectivement une explosion, et la multiplication des bé-déistes québécois y est certainement VOIR PAGE F 2: BÉDÉ l '- '.T, : - .T ' D’amour, de haine et d’amitié FABIEN DEGLISE C) est peut-être l’époque qui veut ça Dans la même semaine, l’univers de la bande dessinée a décidé de glorifier le mauvais traitement de ses héros.Comment?Avec l’arrivée du troisième volume des Nombrils (Dupuis), la série ultra-populaire du duo québécois Delaf et Dubuc, dont la francophonie se délecte, mais aussi l’apparition de Burquette (Les 400 coups), une première création remarquée du jeune auteur Francis Desharnais, un p’tit gars de Mani-waki.Et malgré la nature du propos, l’amateur de bulles risque tout de même, devant autant de fourberie, d’en redemander.Attendu depuis plusieurs mois, le tome 3 des Nombrils vient une fois de plus confirmer l’emprise néfaste de Vicky et de Jenny sur la pauvre Karine, la grande échalote bonne poire imaginée par Maryse Dubuc et Marc Delafontaine dans leur maison de Cookshire-Eaton, près de Sherbrooke.Pour le bonheur des milliers de jeunes lec- Tu es fovt'e fripée/ ——' .EDITIONS 400 COUPS Dessin de Francis Desharnais teurs français, belges, suisses et québécois qui s’arrachent désor-mais les aventures de ce trio infer-nal d’étudiantes prisonnières de la superficialité et de la naïveté.À ce jour, 120 000 exemplaires des Nombrils ont été vendus sur la planète — section langue de Molière.Dont 30 000 uniquement au Québec, ce qui peut facilement être qualifié de déferlante dans un marché où un succès en bande dessinée commence à être considéré comme tel après.500 exemplaires vendus.Soit 60 fois moins.Les chiffres sont étourdissants.Mais ils n’empêchent pas Mme Dubuc, la femme derrière le scénario, de garder la tête froide devant le succès.«En étant ici [au Québec], il est plus facile pour nous d’avoir du recul par rapport à ce que vivent Les Nombrils en Europe [où, par la force du nombre, la popularité de la série est encore plus retentissante], dit-elle.Mais nous sommes très contents de ce qui nous arrive.Cette série nous donne la chance de vivre de notre art.Et c’est déjà beaucoup.» Avec en toile de fond l’histoire de deux collégiennes, clones de Britney Spears, perfides et fourbes, se battant pour l’amour d’un étrange motard casqué et l’amitié malsaine d’une bécasse, l'affaire n’était pas jouée d'avance.Et pourtant «Avec ces aventures, Delaf et Dubuc arrivent très bien à capter la culture urbaine», lance Midam — Michel Ledent de VOIR PAGE E 2: HÉROS ; 7\^." ‘ .T “ ' — A quoi servent , , , é .V.?L ^ S ' ,.' ^ 1* * I ^ # es epidemie mm Antoine Volodine >*,* 'Vv* I) ^- L__t LUj o.i/ t La librairie Afire vous invite à une SOIRÉE DE POÉSIE avec Jean-Marc Desgenl, Bertrand Laverdure, Thierry Dimanche et Isabelle Gaudet-Labine.rt.mi w___________^____I _________l____15 Alire, Librairie indépendante agréée | 450.479.8211 1 Place Longueuil SO U RC K DUPUIS Illustration de Libon pour Jacques le petit lézard géant cRccornic;' * ^ voyez Ht R fAiTCCMi- Tf uU > A IL SCMïTE DOUE CCRAtSoNuTANT SA CÇMAÛcwC EAr MA&lC’ x- sL ME Ult MANlîUi Aü£ USÛWLÉSül isi ü! O * '•¦TA Vi.V lüHi SP&fJiiifÉ wmm g» BÉDÉ Bonjour la police ! FABIEN DEGLISE Dy abord, il y a le cadre: un commissaire divisionnaire bourru, alcoolique et irascible avec un jugement douteux affublé d’un faire-valoir, petit pas très beau mais sympathique et avec un sex-appeal impressionnant Et puis il y a le reste: une croisière, deux chiens qui copiaient une île éloignée, la princesse Kriemehild du Danemark, un mort, un suspect du cannibalisme et de la bêtise, beaucoup de bêtise, sous toutes ses formes et tellement concentrée qu’elle en devient charmante.Ludique à souhait, la première enquête du commissaire Crémèr— Bruno Crémèr, c’est son nom — donne le ton de cette nouvelle série imaginée par David Vandenneulen et Daniel Casanave en empruntant le chemin de l’absurde, de la méchanceté gratuite et de la maladresse affirmée avec prétention.Un cocktail explosif brassé par un commissaire divisionnaire détestable dans toute sa crétinerie mais que sa fascination pour l’ineptie rend au final attachant Crémèr et le maillon Jaible de Sumatra (Dargaud) ne réinvente pas la roue de ce type de récit décalé où l’humour noir domine.Mais il alimente avantageusement cette branche de la bédé, très prisée des pourfendeurs de consensus, avec un esprit qui n’est pas sans rappeler celui des Innommables de Yan et Conrad, une autre série-culte des années 90 qui a fait sa marque avec des dialogues grinçants cherchant volontairement et gratuitement à sortir du politiquement correct Cette rectitude, pas question donc de la croiser au fil de cette croisière qui s’amuse, au cours de laquelle le héros et son Sganarelle vont être amenés à explorer, en chœur, leurs propres limites.L’un en tombant sous l’emprise d’une belle et grande aristocrate en chaleur.L’autre en plongeant dans une odyssée de l’espèce ridicule pour conduire une enquête qui l’est tout autant Le Devoir CRÉMÈR ET LE MAILLON FAIBLE DE SUMATRA Vandermeulen et Casanave Dargaud Paris, 2008,56 pages à Ai.-A'-;,,' y! SOIIRCK liAltOAIII) Illustration de Vandermeulen et Casanave pour Crémèr et le maillon faible de Sumatra i 1 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET D I M A N C HE 2 S M A RS 2 O O R ESSAIS De Rome à la Commune Une histoire politique de la liberté AGENCE FRANCE-PRESSE Vue générale du parc de l’Artillerie de la butte Monttnartre, le 18 mars 1871, jour du début de l’insurrection de la Commune de Paris.GEORGES LEROUX La plèbe n’a jamais eu bonne réputation.Toute l’éducation européenne en fit le synonyme de l’inculture et de la grossièreté, reprenant le jugement des Romains tel qu’on le retrouve chez Cicéron.Pourtant la plèbe désignait l’ensemble des citoyens, regroupés dans un corps distinct de celui de l’élite patricienne, et aucunement une sorte de sousclasse sociale méprisable.L’histoire enseigne que les plébéiens eurent beaucoup de mal à se dégager de leur condition: exclus des collèges religieux de la République et du Sénat, il leur était interdit de se marier avec des patriciens.Mais nous savons qu’ils parvinrent à obtenir un statut politique en dépit de cet héritage accablant et leur histoire est celle d’un combat dont le thème traverse une partie importante de la philosophie politique moderne.C’est cette histoire que retrace, de Rome à la Commune de Paris, Martin Brçaugh dans un livre dense et passionnant A lire ce récit, on voit que la plèbe est moins le nom d’un groupe social historique que d’une expérience qui ne cesse de se reproduire et dont on peut repérer les formes dans toute la modernité.Cette expérience est soutenue de l’intérieur par le refus de la domination politique et un intense désir de liberté, qui inspira à Machiavel toute sa doctrine des humeurs et des corps politiques.L’énigme de la «servitude volontaire», qui se trouve au cœur de la pensée de La Boétie, est au moins aussi insistante que celle de la revendication de liberté, et dans ce livre elles se trouvent toutes deux placées en vis-à-vis.L’approche de Martin Breaugh se nourrit d’abord de l’histoire, et son travail permet de revoir toute l'expérience plébéienne, de ses origines romaines à la période révolutionnaire.Mais elle se développe surtout dans une riche proximité de pensée avec des philosophes qui, comme Jacques Rancière ou Claude Lefort, n’ont cessé de réfléchir sur ses conditions de possibilité.Le point de départ romain permet en effet de structurer cette histoire de la liberté politique à compter de son projet d’émancipation: elle annonce toujours déjà le désir révolutionnaire, qui s’exprimera ensuite dans les conseils et les mouvements communalistes.Dans sa première partie, l’auteur brosse un panorama historique très riche, destiné à mettre en relief les traits essentiels de la plèbe dans ses principales manifestations.La République romaine, la révolte des Ciompi à Florence, le carnaval de Ro- mans, la révolte de Masaniello à Naples, ces exemples reproduisent une scène où ne cesse de surgir la question de l’origine de la division sociale.Ils illustrent également la capacité politique du grand nombre et son irréductible désir de liberté.Cette genèse historique du principe plébéien demeurerait assez limitée si elle n’était relevée, avec beaucoup de rigueur, par une histoire de sa reprise philosophique chez des penseurs qui.de Machiavel et Vico à Foucault et Rancière, en ont assumé les prémisses.On lira ici des pages très neuves sur Ballanche, qui fait figure de relais méconnu de cette tradition.Déçu par l’approche de Foucault, l’auteur se montre plus proche de Rancière, dont la pensée présente dans toute sa complexité le pro- cessus de la subjectivation politique.C’est en effet par ses revendications égalitaires que la plèbe «institue un espace commun où peut se réaliser la vérification de l’égalité».Ainsi se réalise le passage de l’animal travailleur au sujet politique.Sans-culottes, jacobins, communards La seconde partie de l’ouvrage nous plonge dans les tumultes de la Révolution française, et de là nous conduit à la formation de la classe ouvrière en Angleterre et à la Commune de Paris en 1871.Voici, mise en scène brillamment, une vaste dramaturgie philosophique d’où va sortir la démocratie moderne, son espace dynamique.Les luttes des sans-culottes, les pratiques d’insurrection, le bruit et la fu- reur des Enragés, les jacobins anglais, les clubs agités de la Commune, tous se meuvent ici comme les acteurs enthousiastes d'une expérience de liberté en gestation.L’auteur nous en restitue les revendications sur cet horizon d’émancipation qui fait de tous des plébéiens.Dans sa troisième partie, Breaugh montre l’importance de cette expérience pour la compréhension de toutes les maladies de la liberté, la principale étant le totalitarisme.Sa méditation sur le lien humain le conduit à interroger chacune des trois scènes modernes qu’il étudie à la lumière des acquis de la tradition communaliste.Le recours à la fraternité comme appel à l’unité et à l’indivision permet, par exemple, de lire autrement Rousseau et d’en percevoir les ambiguïtés.Un désir fusionnel pourrait reconduire à la servitude, et c’est ce que l’expérience anglaise conduit à refuser: loin de rechercher l’unanimité, les jacobins anglais privilégient «le lien de la division», seul susceptible de maintenir la liberté et la pluralité.Les communards, quant à eux, ont fait le choix de l’association et ouvrent le chemin de la résistance civile.Ce beau livre contribue à réactiver les traces de l’expérience plébéienne, mise à mal au XXe siècle par la domination totalitaire et l’archipel disciplinaire décrit par Michel Foucault.Les concepts de masse, de peuple, de prolétariat ont certes reflué, et avec eux beaucoup des luttes d’émancipation du siècle dernier, mais les traces plébéiennes insistent et ce sont elles peut-être que nous retrouvons dans la pensée de la multitude reprise de Hobbes et de Spinoza par Michael Hardt et Toni Negri.En nous livrant cette riche histoire, Martin Breaugh nous rend sensibles aux périls des formes nouvelles de la domination et aux exigences contemporaines de la liberté.On ne peut que se réjouir de voir ce livre publié dans la prestigieuse collection «Critique de la politique», une première pour un auteur québécois.Collaborateur du Devoir L’EXPÉRIENCE PLÉBÉIENNE Une histoire discontinue DE LA LIBERTÉ POLITIQUE Martin Breaugh Payot «Critique de la politique» Paris, 2007,405 pages HISTOIRE ESSAIS ÉTRANGERS Faits divers d’autrefois LOUIS CORNELL! ER Le 18 mars dernier, rendant compte d’une invasion de domicile survenue la veille à Montréal, Le Journal de Montréal citait une victime.«On n’est plus en sécurité chez nous», déplorait-elle.Le 15 juin 1835, dans La Minerve, un journaliste observait que «chaque jour les journaux nous signalent de nouveaux crimes et, si cela continue, personne ne sera en sûreté dans son domicile».Cette mise en parallèle de deux faits divers semblables s’étant produits à presque 175 ans de distance résume l’esprit de Plus ça change, plus c'est pareil, le plus récent essai à caractère historique de l’ethnologue et muséologue Guy Giguère.Ce dernier, en effet, a relu tous les numéros publiés par le journal La Minerve entre 1826 et 1856 pour illustrer que «rien n’est vraiment nouveau sous le soleil lorsqu’il s’agit du comportement des humains».L’avalanche de faits divers que nous réservent quotidiennement nos grands médias peut nous amener à croire que les mœurs se sont dégradées et en inciter plusieurs à idéaliser un bon vieux temps où la pratique des vertus était généralisée.La lecture de l’essai de Guy Giguère, qui fait suite à trois ouvrages semblables, nous oblige à relativiser ce point de vue.Nos ancêtres, malheureusement, ne brillaient pas toujours par l’exemplarité de leurs comportements.Une relecture des pages de La Minerve nous apprend ainsi que certains d’entre eux s’enivraient sans ménagement, même le dimanche, battaient leur femme à mort et fraudaient leurs prochains à Iq manière d’un Vincent Lacroix.A Montréal, des bandes de voyous s’attaquaient à la police ou pratiquaient le nudisme (en 1830!), alors que la prostitution et l’itinérance étaient omniprésentes.Les trottoirs.déjà Des citoyens, déjà, se plaignaient de l’état pitoyable des trottoirs et bien sûr, de la langue française.Ils devaient supporter chauffards, enragés du volant (de la bride, en fait), chiens dangereux et ponts qui s’effondrent En 1828, La Minerve déplorait un hiver trop doux.En 1836, c’était au tour d’un printemps trop froid et neigeux de faire des siennes.«Les anciens se rappellent, notait un journaliste, d’une année où, vers le 25 mars, toutes les terres étaient ensemencées.» Ah, les anciens! En 1849, un été trop chaud faisait la manchette.Alors, vraiment rien de nouveau sous le soleil?Pas tout à fait A partir de milieu du XDC siècle, par exemple, «l’opinion publique commençait à privilégier l’emprisonnement à vie pour les auteurs de crimes très violents, plutôt que la peine de mort».Une autre remarque de Giguère, enfin, fait plaisir.«La qualité de l’écriture journalistique d’aujourd’hui, constate-t-il, s'avère grandement supérieure à celle des journalistes du XIX siècle.» Comme à l’époque, toutefois, il se trouve encore des gens pour la dénigrer.au nom d’un paradis perdu.On devrait imposer ce sympathique et instructif ouvrage, basé sur des faits et très joliment édité, aux nostalgiques en tous genres qui nous les chauffent avec leurs états d'âme sur le beau et doux passé.Collaborateur du Devoir PLUS ÇA CHANGE, PLUS C’EST PAREIL Guy Giguère Michel Brûlé Montréal, 2008,312 pages Les livres qui ne Va' s0\ circulent pas àeU'eï meurent 1'tcnmt 707 fl 713 MONJ-ROm fSI ©ftONÏ-RO/Al, 514-523-6389 Dans le ventre de Naples Un roman-enquête percutant sur la mafia napolitaine CHRISTIAN DESMEULES Les images ont fait le tour du monde: amoncellements d’ordures, sacs éventrés, barricades, poubelles incendiées.Les détritus menacent d’étouffer Naples, l’une des plus belles villes du monde.Depuis le début de «l’état d'urgen-ce-poubelle» décrété en 1994, la situation n'avait jamais été aussi critique qu’en ce début d’année 2008, où plus de 100 000 tonnes d’ordures se sont accumulées dans toute la Campanie.Or les enquêtes judiciaires ont largement démontré qu’à Naples et dans sa province, sur dix-huit entreprises spécialisées dans la collecte des déchets, quinze sont directement liées à la Camorra — la mafia napolitaine —, synonyme d’extorsion, de contrebande, de trafic d’armes et de drogue, d’affaires licites et illicites.Dioxines, radioactivité, puanteur, sang.Dans tous les cas, il ne s’agit que de la partie visible d’un cancer profond qui ronge toute cette région dominée par le Vésuve, ainsi qu’une grande partie de l’Italie.Roberto Saviano, 28 ans, journaliste indépendant et collaborateur de l’Observatoire sur la Camorra et l’illégalité, un expert de la question lui-même originaire de Naples, le lieu d’Europe qui connaît le plus grand nombre de morts par assassinat — 3600 homicides depuis les trente dernières années seulement —, ne pouvait plus se taire.Gomorra, le livre qu’il a tiré de son ras-le-bol, à mi-chemin entre le roman et l’essai, un récit-enquête à la façon de Truman Capote, est devenu un phénomène littéraire l’année dernière en Italie, atteignant des ventes de plus de 700 000 exemplaires.Hollywood s’intéresse à lui, mais Roberto Saviano est devenu un homme à abattre et vit aujourd’hui dans la clandestinité, à Rome, et bénéficie en permanence d’une protection policière spéciale.Le Système, comme on l’appelle, puisque «le mot camorra n’existe pas, c’est un mot de flics», ce sont des chiffres d’affaires astronomiques — rien qu’avec le trafic de drogue, l'un des clans les plus puissants générerait 500 000 euros par jour.Ce sont une sanglante et interminable guerre des clans, vien iÿ.i librairie »- bistr Olivieri Au cœur de la santé organisée par le Bureau international des droits des enfants (IBCR) et la Fondation pour la pédiatrie sociale du Dr Julien.Jeudi 27 mars 2008 à 19 h 00 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges RSVP: 514 739-3639 Bistro : 514 739-3303 LES IMPACTS À LONG TERME DE LA NÉGLIGENCE INFANTILE [ Causerie avec le Dr.NICOLAS STEINMETZ Le décrochage scolaire, la prolifération des gangs de rue, l’analphabétisme des adultes et de nombreux autres problèmes puisent leur racine dans le non-respect du droit à l'éducation, le droit à un milieu familial harmonieux et le besoin de protection des enfants.Le Dr Steinmetz est médecin spécialiste au Département de santé publique et à l’agence de développement de santé et de sen/ices sociaux.Il est également directeur général de la Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale et professeur à McGill.d’innombrables collusions avec le pouvoir, des toxicomanes qu’on utilise comme cobayes.Des gamins de 14 ans en Vespa, mitraillette à la main.La participation de plus en plus active des femmes dans les activités criminelles.Le rayonnement tentaculaire — et de plus en plus international — de cette organisation mafieuse qui semble impossible à circonscrire.Mais surtout, Roberto Saviano souligne le lourd silence d’une population prise en otage par un «système» qui la dépasse et qui pourtant se fonde sur elle, victime de la misère et de la pauvreté.A Naples et dans sa grande banlieue, écrit Saviano, «il n’est pas une seconde où le métier de vivre ne ressemble à h prison à perpétuité, une peine qu’on accomplit en menant une existence sauvage, immuable, rapide et violente».L’enfant du pays y crie sa rage lentement mûrie: «Après avoir vu des dizaines de cadavres, souillés par leur propre sang mêlé à la saleté, dégageant des odeurs nauséabondes, observés avec détachement professionnel ou curiosité, contournés comme des déchets dangereux ou entourés de hurlements nerveux, je n’ai retiré qu’une seule certitude, une idée si primaire qu’elle frôle l’idiotie: la mort est dégueulasse.» Observations directes, témoignages de première main, relevés d’écoutes téléphoniques, comptes rendus de procès, immersion prolongée.l’auteur de Gomorra nous montre par-dessus tout quel terrifiant instrument de pouvoir — politique et économique — forme aujourd'hui la mafia napolitaine.Collaborateur du Devoir GOMORRA Dans l’empire de IA Camorra Roberto Saviano Traduit de l’italien par Vincent Raynaud Gallimard Paris, 2007,360 pages éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Cahiers de recherche sociologique n° 45 La théorie de la régulation revisitée cahier* de RECHERCHE SOCIOLOGIQUE D nn regard désenehanté lai ihéitri* •le In n'guhith»! collaborateurs Frédérick-Guillaume Dufour, Jean-Marc Fontan, Marc-André Gagnon, Corinne Gendron, Juan-Luis Klein, Éric Pincault, Richard Poulin, Pascal Ughetto .% I LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2 0 0 8 F 8 ESSAIS ESSAIS QUÉBÉCOIS L’option de Gilbert Paquette ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Gilbert Paquette lors de la dernière course à la direction du Parti québécois Louis Cornellier Il y a quelque chose de tristement surréaliste dans l’impasse constitutionnelle qui perdure au Québec.En additionnant, en effet, les appuis à la souveraineté et ceux à un important renouvellement du fédéralisme, on obtient un résultat situé autour de 65 %.Malgré cela, c’est l’autre option, c’est-à-dire le statu quo, qui prévaut.Cela, évidemment, ne peut qu’engendrer une forme de lassitude quant à cet enjeu pourtant fondamental aux yeux d’une majorité.Militant péquiste de longue date, ex-ministre de la Science et de la Technologie dans le gouvernement Lévesque et actuel vice-président des Intellectuels pour la souveraineté, Gilbert Paquette veut en finir avec cette inertie qui affaiblit le Québec.Pour ce faire, il propose, dans La Nécessaire Alliance, une démarche qui rallierait les souverainistes et les autonomistes, c’est-à-dire une forte majorité d’électeurs.Audacieuse, sa stratégie fait appel, dans une certaine mesure, au sens du compromis des souverainistes, mais elle interpelle surtout, au fond, ceux qui se réclament de l’autonomisme.Pour l’heure, donc, c’est l’impasse.Souverainistes (Parti québécois et Québec solidaire) et autonomistes (ADQ et certains péquistes) s’entendent au moins sur une chose fondamentale: la nécessité d’un rapatriement de pouvoirs au Québec.Dans le cas des premiers, il s’agit de tous les pouvoirs.Quant aux seconds, si on se fie au programme de l’ADQ, ils parlent de «relations d’égal à égal avec Ottawa», de définir le Québec comme «Etat autonome du Québec» et proposent l’adoption d’une constitution et d’une citoyenneté québécoises, tout en appelant à l’établissement d’un véritable équilibre fiscal et à un important transfert de pouvoirs.Sur ces bases, Paquette suggère de «favoriser une convergence sur le plan national».Le PQ, dans cette démarche, continuerait à défendre l’option souverainiste et l’ADQ, son programme autonomiste.Tous deux, cela étant, s’engageraient à participer à une consultation populaire, au moment d’élections ou plus tard, dans laquelle trois options seraient proposées à la population: l’accession du Québec à la souveraineté, le rapatriement au Québec d’une liste de pouvoirs et le statu quo constitutionnel.«Selon l’option qui recueillerait la majorité des suffrages, ajoute Paquette, le gouvernement du Québec, quel qu’il soit, s'engagerait, fort de l’appui populaire et de certains partis d’opposition, dans une négociation avec le gouvernement fédéral sur une base de rapatriement ou de souveraineté.» L'avantage d’une telle démarche, selon son concepteur, serait de permettre d’additionner les votes souverainistes et autonomistes au lieu de les diviser.Ce que Paquette omet de prendre en compte, toutefois, c’est que cette conclusion n’aurait de légitimité que dans la mesure où l’option autonomiste remporterait la mise et serait suivie de l’option souverainiste, dégageant ainsi une majorité en faveur d’un changement constitutionnel.On peut présumer, en effet qu’aucune des trois options n'obtiendrait une majorité absolue.Si la souveraineté obtient plus de 50 % des votes exprimés, le problème est réglé.Même chose pour l’option du statu quo.Ces résultats, toutefois, dans l’état actuel des choses, sont peu probables.Aussi, il convient d’examiner les autres possibilités.Les deux plus plausibles sont les suivantes.La souveraineté récolte 40 %, l’autonomie, 30 % et le statu quo, 30 %.Dans ces conditions, il est peu probable que les autonomistes mous rejoignent les rangs souverainistes, et l’option Paquette tombe à l’eau.Imaginons un autre résultat 30 % pour la souveraineté, 30 % pour l’autonomie et 40 % pour le statu quo.Les deux premières options ont beau, en s’additionnant, récolter une majorité, c’est tout de même la dernière qui obtient, en elle-même, le plus de suffrages, et l’option Paquette n’est plus légitime.Victoire de l’autonomie Pour fonctionner, donc, la stratégie de Paquette doit reposer sur une victoire de l’autonomie, accompagnée d’une bonne performance de la souveraineté.Ce résultat, d’ailleurs, et c’est ce qui rend la proposition intéressante, est le plus probable.Une fois celui-ci confirmé, il s’agirait, pour un gouvernement péquiste ou adéquiste, de négocier un rapatriement des pouvoirs avec Ottawa, avec obligation de résultat à la clé (un rapatriement réussi ou la squveraineté).En cas de succès, on se retrouve avec «l’Etat autonome du Québec», fort d’un statut particulier dans la fédération.Paquette, qui reste souverainiste, coimnente cette possibilité en deux temps: premièrement, il doute fortement qu'elle puisse aboutir et, deuxièmement, il affirme que, même si elle aboutit, le Québec, tôt ou tard, ira plus loin.En recevant cette conclusion, plusieurs crieront à l’astuce souverainiste.Je ne partage pas ce jugement.Si, par hypothèse prudente, 35 % des Québécois sont autonomistes et 30 %, souverainistes, cela signifie que les deux tiers d’entre eux souhaitent plus de pouvoirs pour le Québec.Il est donc logique et légitime qu’ils s’allient pour les obtenir.En cas d’échec (fort probable), la clé de la solution appar- tient aux autonomistes.Le sont-ils vraiment ou usent-ils de ce terme uniquement par stratégie?Pour eux, le rapatriement de pouvoirs au Québec est-il nécessaire ou simplement préférable?En toute cohérence, d’authentiques autonomistes, devant un refus d’Ottawa, devraient se résoudre, une fois pour toutes, à la souveraineté.Mais les adéquistes appartiennent-ils à cette catégorie?Pour certains d’entre eux, c’est sûrement le cas, mais au sujet des insaisissables leaders de ce parti, la question se pose.A eux, donc, d’y répondre, sans détour.Si la concrétisation de leur option s’avère impossible, auront-ils le courage d’aller de l’avant avec la souveraineté ou abdiqueront-ils en se rabattant sur l’espoir d’accéder à la gouverne du déclin provincial?Si elle peut paraître fastidieuse et un peu compliquée, l’alliance proposée par Gilbert Paquette a le mérite de relancer un débat nécessaire, sur des bases originales, qui permettent aux acteurs concernés de ne pas trahir leurs convictions respectives et de respecter la démocratie.Dernière chance au fédéralisme?Couteau sur la gorge?Sortie de secours?Pédagogie active de la souveraineté?Elle est un peu tout ça, mais de manière actuelle et volontaire.Gilbert Paquette, on le sait depuis sa candidature à la course à la direction du Parti québécois en 2005, n’est pas un homme charismatique et flamboyant.A son image, son essai ne brille pas par son charme, mais par un contenu qui invite à la réflexion et, peut-être, à l’action.louisco@sympatico.ca LA NÉCESSAIRE ALLIANCE Gilbert Paquette Les Intouchables Montréal, 2008,152 pages L’horreur humaine Le bouleversant journal d’Hélène Berr, jeune juive parisienne morte en 1945 au camp de Bergen-Belsen l AUSCHWITZ MUSEUM / REUTERS Le camp d’Auschwitz, en janvier 1945.Hélène Berr y fut détenue avant d’être transférée à Bergen-Belsen.CHRISTIAN DESMEULES • Elle a 21 ans en 1942, au moment où commence ce journal dont les pages parviennent aujourd’hui jusqu’à nous.Quand elle n’est pas occupée à scruter son âme, à lire Keats, Conrad ou Roger Martin du Gard, elle travaille un concerto de Beethoven au violon, assiste à des concerts, fréquente ses amis, prépare une agrégation d’anglais à la Sorbonne.Hélène Berr mord à la vie comme dans un fruit inépuisable.Issue d’une famille juive et bourgeoise de vieille souche française, cette «jeune fille rangée» mène une existence qui, même depuis les dé buts de la guerre, semble portée davantage par les enthousiasmes artistiques et les émois du cœur que par la sombre réalité de l’Occupation.«Je n’ai jamais pu m’habituer à ce que les choses agréables aient une fin», écrit-elle après un autre séjour enchanté à la campagne, non loin de Paris.Et la vie lui était agréable, la jeune femme croyait au bonheur.Mais elle savait aussi, sans le savoir, que la barbarie et la beauté de l’existence peuvent cohabiter dans un seul et même instant.Peu à peu, une autre réalité, celle de «l’horrible engrenage», viendra la rattraper.Tragique lucidité C’est ainsi qu’au fil des pages de ce journal, les épisodes d’émerveillement succèdent aux cauchemars.La rencontre d’un «garçon aux yeux verts» dont elle tombe amoureuse balaie l’inquiétude des premiers jours qui suivent l'obligation faite aux Juifs de porter l’étoile jaune.Malgré tout, «la vie continue à être étrangement sordide et étrangement belle».Des gamins qui la montrent du doigt dans la rue {«Hein?Tas vu?Juif») et l’arrestation temporaire de son père la bouleversent.Certains gestes de solidarité la consolent.L’équilibre est précaire, mais pourtant il existe.Il s’inscrit là, sous nos yeux, presque en temps réel.La même lucidité, à la fois tragique et gonflee de candeur, qui animait les pages du journal dTtty llil-lesum illumine ces pages arrachées au néant Faut-il partir ou rester, s'interroge Hélène Berr?Combattre bec et ongles ce nouveau cancer ou montrer plutôt la vraie couleur de son courage en se sacrifiant comme on nous le demande?Elle hésite longuement se torture, mais choisit l’abnégation, qui est parfois aussi, quoi qu’on en pense, une autre forme que peut prendre le courage.Ce qui n’empêche pas la résistance, comme le prouve son travail de secrétaire au sein d’une association clandestine d’aicfe aux orphelins dé la guerre.A ses contemporains et aux lecteurs d’aujourd’hui: «Se rendront-ils compte du mérite (je le dis sans honte, parce que j’ai conscience exactement de ce que je suis), du mérite qu ’il y aura eu à conserver un jugement impartial et une douceur de cœur à travers ce cauchemar?Je crois que nous sommes un peu plus pm de la vertu que beaucoup d'autres.» Peu à peu, le journal devient ainsi le témoin privilégié d’une formidable accélération du temps.La peur de devenir folle, l’incompréhension, la fureur.Au fil des pages et des rafles, l'inquiétude dévore la jeune femme et la conscience du malheur imminent l’emporte bientôt sur tout le reste.Un document exceptionnel «Je sais pourquoi j’écris ce journal, je sais que je veux qu’on le donne à Jean si je ne suis pas là lorsqu'il reviendra, Je ne veux pas disparaître sans qu'il sache tout ce que j’ai pensé pendant son absence.» Composé de 262 feuillets couverts à l’encre et au crayon, couverts d’une écriture qui se décompose au fil des semaines, le journal a été légué à une nièce d'Hélène Berr par Jean Morawiec-ki, le fiancé à qui il était d’abord destiné, parti rejoindre la France libre, via l’Espagne, dès novembre 1942.En 2002, ce document exceptionnel a été déposé au Mémorial de la Shoah, à Paris.«Elle a pressenti le caractère fatal de sa démarche», écrit Patrick Modiano, qui signe la préface de ces pages brûlantes d’Hélène Berr, en qui il devine peut-être un peu de l’héroïne évaporée de sa Dora Brader.Conséquence: «Il faudrait donc que j’écrive pour pouvoir plus tard montrer aux hommes ce qu ’a été cette époque.» Voilà qui est fait Prêtée sans surprise avec son père et sa mère le 8 mars 1944, elle est déportée le jour de ses 23 ans vers Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, où elle meurt en avril 1945 — quelques jours avant la libération du camp par les Anglais, probablement victime des mauvais traitements et de l’épidémie de typhus qui y sévissait.En date du 15 février 1944, comme un point d’orgue, son journal intime s’interrompt sur cette exclamation empruntée à Conrad citant Shakespeare: «Horror! Horror! IJorror!» Que faut-il ajouter à cela?A l’émotion qu’on éprouve à voir une conscience morte rompre les rangs de l’anonymat après toutes ces années?Une horreur, peut-être, que le cœur ne peut concevoir ni le langage exprimer.Collaborateur du Devoir JOURNAL, 1942-1944 Hélène Berr Préface de Patrick Modiano Tallandier Paris, 2008,304 pages Les librairies indépendantes du Québec Les conseils de vos libraires indépendants D8EDIQ Dredio Marie-Chantale Garlépy, Marchand de feuilles, 144 p., 18,95$ Une ville, un bombardement.Evaïa, 20 ans, perd tout dans l'explosion d'une bombe.Elle rencontre alors Dredio, 10 ans, tout aussi seul qu'elle.Main dans la main, ils tenteront, au fi! des rencontres, de se reconstruire, de refaire confiance aux autres et aussi à la vie.Un livre sur l'entraide, la solidarité et l'amitié.Touchant et émouvant! Una Lessard, Librairie Les Bouquinistes, Chicoutimi La Petite Morte Paulette Chevrier, Du Cram, 308 p., 19,95$ Le village de Saint-Edmond vit des heures d'angoisse en cette année 1946.Cinquante après, Délia, petite fille de 12 ans à l’époque, raconte les événements qui ont bouleversé son enfance et changé sa vie à jamais.La narratrice nous enveloppe de petits détails qui font rêver et, en même temps, nous replongent dans l'obscurité de ces années de répression religieuse.Le lecteur se sentira inquiet et révolté! Mireille Leclerc, Librairie Saint-Jean, Victoriaville Pour une viüe qui marche Marie Demers, Écosoclété, 288 p., 28$ Pour une ville qui marche ne s'adresse pas uniquement aux gens qui marchent et habitent en ville.Il est également destiné aux personnes issues de tous les milieux sociaux.Cet essai ratisse large, et c'est probablement sa plus grande réussite.Ça, et son optimisme pragmatique: tout n'est pas perdu d'avance.Les solutions proposées sont réalistes et facilement applicables.Il n'y a aucune raison de ne pas lire ce livre essentiel.Pierre-Luc Landry, Librairie Jaugeais, Sillery Vivre Charles Jacques, Du Mécène, coll.Les mots sensibles, 176 p., 20$ Véritable tour de force d'un jeune auteur handicapé, ce recueil de textes, empreint de simplicité, de sincérité et de sensualité, est à la fois poésie et témoignage.C'est une ode à l’espoir au-delà de la différence et un constat de la révolte engendrée par celle-ci; rien ne peut freiner le besoin des mots malgré l'absence de l'usage de la parole.Harold Gilbert, Librairie Sélect, Saint-Georges IWWiÜr lAiin l IMv-l f ; Jrim€ 17 heures, Scotty's Square Robin Kowalc/yk, Du Cram, 208 p., 19,95$ Londres, 1950.Trois hommes montent à bord du mystérieux autobus 31.Où mènera-t-il ses passagers?Leurs natures respectives, jusqu'alors refoulées, vont se déchaîner.Voici un récit métaphorique, à la fois captivant et déroutant, que propose Robin Kowalayk, jeune auteur de Carignan.Ce roman d’une profondeur et d'un style inattendus, enrichi par son souci du détail, fera frissonner le lecteur à chaque détour du sinistre autobus.Anne-Marie Bélanger, Librairie Larico, Chambly Une présentation des librairies indépendantes suivantes : I l B )« AIVIK •CA F (¦ Librairie St-Jean Librairie Vaugeois LIBWAfftlE j^cirico.-v.«.«.** n»f4 SÂiWM * : /'éiiflunr UiiMitWy, Qo*bM J,U.m T*t (4W, (iWMltl Les librairies indépendantes du Québec (les L1Q) publient: Visages de la biographie le libraire Bimestriel littéraire gratuit et www.lclibrairc.org Portail du livre au Québec Ils dévoilent les rouages du métier Max Gallo Pierre Assouline Micheline Lachance Georges-Hébert Gemiain Y a-t-ll trop de biographies?Enquête auprès ries libraires Succès DE L’HEURE ET 20 IDÉES UCTURE Portrait d'éditeur Planète rebelle Libraire d'un jour Denys Arcaml l+l Patrimoine CHnariion Cnnnrtlan Hftrttaga v i
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.