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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 2004-05-10, Collections de BAnQ.

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HOCKEY ATHÈNES 2004 Pour des Jeux «éthiques» Page A 2 ?www.ledevoir.com ?Le Canada est de nouveau champion du monde Page B 5 LE DEVOIR Les rebelles tchétchènes portent un dur coup à Poutine Le président Kadirov est tué dans un attentat commis au stade de Grozny D’APRÈS LIBÉRATION ET REUTERS Moscou — Le jour, le lieu et la personne: tout concorde pour faire de l’attentat commis hier à Grozny un coup particulièrement cinglant pour la politique tchétchène de Vladimir Poutine.Akhmad Kadirov, 52 ans, le président de la Tchétchénie mis en place par Moscou, a été tué hier, alors qu’il assistait au traditionnel défilé des forces militaires russes pour commémorer la victoire de l’URSS sur l’Allemagne nazie.La date est particulièrement symbolique, tant ce défilé du 9 mai tient au cœur des Russes.Mais le plus choquant est que, malgré les énormes déploiements de militaires et de policiers en Tchétchénie, des «terroristes» aient réussi à placer plusieurs explosifs au centre du stade Dynamo de Grozny, la capitale tchétchène, où Akhmad Kadirov assistait à la cérémonie entouré de toute une brochette de dignitaires russes.VOIR PAGE A 8: REBELLES L’ENTREVUE Défusions et illusions démocratiques Henry Milner voit dans le discours défusionniste une bonne part de mythe «Retrouver la démocratie de proximité»: tel est l’argument préféré, et peut-être le plus fort, des défusionnistes.Or, c’est en grande partie un mythe, dit Henry Milner, président de la Société québécoise de science politique.Il croit par ailleurs que l’actuel débat peut avoir des vertus démocratiques.Entretien.Akhmad Kadirov ANTOINE ROBITAILLE LE DEVOIR La démocratie locale, de proximité, «fa possibilité de connaître personnellement les élus», de pouvoir les informer d’un problème, en les croisant dans la rue: combien de fois a-t-on entendu les défusionnistes comme Peter Trent, ancien maire de Westmount et porte-parole de l'Association des élus pour la défo-sion, user de cet argument pour convaincre leurs concitoyens de l’absolue nécessité de retrouver de «petites villes»?Et, du coup, de refuser la «megacity» bureaucratique, impersonnelle, froide, «où on est tous des numéros».Small is Beautiful, clament-ils.Jamais à court de parallèles percutants, Anthony Housefather, élu défusionniste de Hampstead, a même, dans un débat récent, comparé la ville de Montréal à un «régime communiste im»fan5faéfe»! Trent, lui, a parlé de «vüle obèse».Selon Henry Milner, président de la Société québécoise de science politique, il y a une bonne part de mythe dans ce discours: «C’est une illusion de croire que l’on peut recréer une sorte de village empreint de vie communautaire spontanée, où tout le monde se connaît, dans un contexte urbain comme llle de Montréal.» VOIR PAGE A 8: MILNER INDEX Idée»________A7 Météo.B5 Monde.A 5 Mot» croisés.B 5 Religions.B6 Sparts_______B4 Télévision.B 6 Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès_______B5 Économie .B1 Éditorial .A6 PASCAL RATTHÉ LE DEVOIR Henry Milner Torture: un premier inculpé est traduit en cour martiale L’armée américaine semble vouloir jeter les bases légales des autres jugements à venir uljitjp .m ,.o m .t ' 'x "y 4M Vvÿy ^ CRACOVIE juana Les personnes trouvées avec cette quantité de marijuana sur eux auraient reçu une contravention semblable à celles émises pour les infractions au code de la route, dont le montant varie de 100 $ à 500 $.L’opposition conservatrice, qui a combattu le projet de loi, a confirmé que les libéraux avaient contribué à tuer le projet de loi en le traitant délibérément avec négligence.A plusieurs reprises, elle a été déplacée à la fin de la liste des projets de loi devant être débattus, ralentissant sa progression vers la Chambre des communes.«Ils ne souhaitent pas s’engager dans le débat sur les drogues, car ça leur ferait perdre des votes au cours de la prochaine élection», a dit le député conservateur Randy White, porte-parole de l’opposition en matière de législation sur la drogue.Le projet de loi attend sa troisième lecture aux Communes — le vote final qui lui permettrait d’être soumis à la Chambre.Même si ce vote était tenu la semaine prochaine, il ne pourrait pas être adopté au Sénat en une semaine.Le Parlement siégera la semaine prochaine, mais une suspension des travaux est prévue pour la semaine suivante — au cours de laquelle il est estimé que M.Martin pourrait déclencher les élections, de façon à ce que le vote se tienne le 28 juin.Conduisez une aubaine ! Conduisez Uptown Volvo renouvelle sa flotte de voitures de courtoisie 4 « 4 Nous offrons maintenant 20 Volvo S40 2001 pour aussi peu que 19999s Taux de financement débutent à 0,8 %.Kilométrage en dessous de 60 000 km.UPTOWN VOLVO Département d’occasion certifié Volvo 737-4321 www.uptownvolvo.com Pour plus de renseignement et un essai routier, visitez notre département de voitures d’occasion certifiée aujourd'hui.?LES ACTUALITÉS ?Election présidentielle très disputée aujourd’hui aux Philippines La présidente sortante Gloria Macapagal Arroyo est opposée à quatre autres candidats TINI TRAN ASSOCIATED PRESS Manille, Philippines — Élection présidentielle très disputée aujourd’hui aux Philippines: la présidente sortante Gloria Macapagal Arroyo est opposée à quatre autres candidats, dont le principal, Fernando Poe Jr., est un acteur de films d’action, sans expérience politique mais immensément populaire dans ce pays très pauvre, où quatre habitants sur 10 vivent avec moins d’un dollar par jour.Quelque 43 millions d’électeurs sont appelés à désigner leur président mais aussi leur vice-président, les membres de la Chambre des représentants, la moitié des 24 sièges du Sénat et environ 17 000 postes municipaux Ce scrutin s’est résumé à un affrontement entre Mme Arroyo, 57 ans, arrivée au pouvoir en janvier 2001 après l’éviction du pouvoir de son prédécesseur Joseph Estrada, et M.Poe, dit «FPJ» ou encore «Da King», 64 ans, véritable pilier de l’industrie cinématographique philippine avec 250 rôles dans des films de série B et cinq récompenses de meilleur acteur dans son pays.Selon les derniers sondages, Mme Arroyo, qui bénéficie en tant que présidente sortante d’une formidable machine politique, devance M.Poe dans les intentions de vote, mais les enquêtes d’opinion montrent aussi qu’une grande partie des électeurs n’ont pas encore arrêté leur chobc Les trois autres candidats sont le sénateur Panfilo Lacson, ancien chef de la police nationale, Eddie Villanueva, un évangéliste chrétien, et.Raul Roco, ancien secrétaire à l’Éducation.Le président est élu pour un mandat de six ans.CLARO CORTES IV REUTERS La présidente sortante, Gloria Macapagal Arroyo, serre la main de son principal adversaire à la présidentielle d’aujourd’hui, l’acteur Fernando Poe Jr., au cours d’un service religieux célébré hier à Manille.Réduire la pauvreté Les cinq aspirants à la présidence se sont tous engagés à réduire la pauvreté rampante dont souffre ce pays de 84 millions d’habitants et à combattre la corruption, la criminalité et le terrorisme.La présidente sortante, professeur d’économie formée aux États-Unis, s’est aliéné l’aile gauche de ses partisans en se présentant comme l’un des alliés les plus sûrs de Washington en Asie et en affichant un soutien indéfectible à la guerre menée par les Américains en Irak.Mme Arroyo, qui avait été élue vice-présidente lors des élections de 1998, avait été propulsée à la tête de l’État en janvier 2001 lorsque le président en titre, Joseph Estrada, accusé de corruption massive, avait été contraint de quitter le pouvoir à la suite de manifestations populaires.Son principal adversaire, Fernando Poe Jr., a abandonné les études au stade du lycée et ne jouit d’aucune expérience politique, ce qui ne manque pas d’inquiéter les milieux d’affaires alors que ses partisans considèrent cette inexpérien- ce comme un avantage dans une classe politique parfois perçue comme corrompue.L’opposition l’a choisi comme candidat surtout en raison de sa grande popularité.Il s’est engagé, s’il est élu, à être un dirigeant indépendant et à se servir de sa célébrité pour rétablir la confiance de la population.Pour ce scrutin, les 114 000 membres des forces armées et un nombre équivalent de policiers ont été placés en état d’alerte par crainte d’un possible attentat de la rébellion musulmane.Des paramilitaires colombiens accusés de préparer un putsch au Venezuela AGENCE FRANCE-PRESSE Caracas — Cinquante-six paramilitaires colombiens, accusés par les autorités du Venezuela de préparer un coup d’État contre le président Hugo Chavez, ont été arrêtés hier dans la banlieue de Caracas, a annoncé la police.Dans son programme radiotélévisé dominical Allô président, M.Chavez a affirmé que parmi les personnes arrêtées figurait «un important chef paramilitaire colombien», sans toutefois le nommer.Leur interpellation est «un coup porté à la contre-révolution, au terrorisme et qui préserve la paix civile», a déclaré le président, ancien militaire putschiste arrivé au pouvoir par les urnes en 1999 et accusé par l’opposition de vouloir imposer au Venezuela un régime inspiré par Cuba.Les paramilitaires arrêtés font partie d’un groupe de 130 personnes âgées de 20 à 25 ans, qui se trouvait dans une propriété à Sabaneta de Baruta, au sud-est de Caracas, où il s’entraînait depuis plus d’un mois, a déclaré le chef des services vénézuéliens du renseignement Miguel Rodriguez Torres à la chaîne de télévision publique Venezolana de Television (VTV).La propriété où se trouvaient les paramilitaires colombiens appartient à un Vénézuélien d’origine cubaine, Robert Alonso, membre des groupes les plus radicaux de l’opposition vénézuélienne.Ceux qui ont réussi à prendre la fuite «sont des paramilitaires colombiens préparés pour la guerre», a souligné M.Rodriguez.«Leur intention était de s’organiser avec les gens de la place AUamira [lieu de rassemblement d’anciens militaires opposés à Hugo Chayez, qui avaient participé au coup d’État manqué d’avril 2002] pour faire un coup d’État», a-t-il poursuivi, et leur objectif était de «prendre d’assaut une institution militaire».Selon un des paramilitaires arrêtés, interrogé par VTV, le groupe devait occuper un fort militaire mercredi à Caracas, préambule à une invasion depuis la Colombie.«C’était une action de 3000 à 4000 hommes pour occuper le Venezuela», a dit ce paramilitaire détenu, montré par la télévision le visage couvert fi a indiqué que l’entraînement était assuré par d’anciens militaires vénézuéliens et des membres de groupes anficas-tristes basés à Miami (États-Unis) ayant des liens avec les groupes paramilitaires d’extrême droite de Colombie.Référendum Ces arrestations interviennent alors que le Venezuela se prépare à vivre du 27 au 31 mai la dernière étape avant l’organisation d’un référendum réclamé par l’opposition pour chasser du pouvoir le président Hugo Chavez.Pour que ce scrutin populaire soit organisé, au moins 2,43 millions de signatures de citoyens sont nécessaires.Le Conseil national électoral (CNE) a estimé que sur un total de plus de trois millions de signatures présentées par les adversaires de M.Chavez, 1,8 million étaient valables mais que plus d’un million devaient être examinées avant d’être validées car, selon l’organisme électoral, elles spnt douteuses.Si un référendum sur le maintien au pouvoir de M.Chavez ou son départ est convoqué par le CNE, il sera organisé le 8 août Latimer blâme la Cour suprême PRESSE CANADIENNE Ottawa — Robert Latimer estime que la Cour suprême du Canada a «inventé» des traitements médicaux en rendant sa sentence contre lui en 2001.Ce fermier de la Saskatchewan qui a déjà passé trois ans en prison pour le meurtre de sa fille gravement handicapée exige des explications de la plus haute cour du pays, mais il n’a aucunement l’intention, dit-fl, de demander la démence.I < > I < > cii h m < Résultats Tirage du 2004-05-07 QêlâM 1Z35 3Z4£ Complémentaire: (23) Ventes totales : 19 1 40 900 $ Prochain gros lot : 2 500 000 $ 649 Tirage du 2004-05-08 M QZ24 ^43 44 Complémentaire: (23) W Tirage du 2004-05-08 Q& 14 23 31 3Z 33 Complémentaire: (18) Tirage du 2004-05-07 LOT 100 000$ NUMÉRO 509171 GAGNANTS LOTS 7/7 2 2 722 514,90$ 6/7+ 1 349 067,20$ 6/7 130 2 349,50$ 5/7 7 500 145,40$ 4/7 157 966 10,00$ 3/7+ 149 235 10,00$ 3/7 1 308 949 Participation gratuite GAGNANTS LOTS 6/6 0 2 000 000,00$ 5/6+ 8 60 043,50$ 5/6 201 1 911,80$ 4/6 11 833 62,20 $ 3/6 221 868 10,00$ Ventes totales: 12 046 671 $ Prochain gros lot (appr ): 5 000 000 $ GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00$ 5/6+ 0 50 000,00$ 5/6 11 500,00$ 4/6 979 50,00$ 3/6 18 871 5,00$ Ventes totales: 581 356.00 $ Egtra Tirage du 2004-05-08 NUMÉRO LOT 527786 100 000$ Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette liste et la liste offretetie de L-Q, cette dernière a priorité Roue de Fortune, Chez vouai Diffusée à TQS, du lundi au mercredi à 18 h 26 et le jeudi a 19 h 30.M.Latimer n’en revient toujours pas que sept juges de la Cour suprême aient conclu à l’unanimité qu’il avait d’autres solutions médicales que le meurtre de sa fille par compassion.«S'ils sont si fiers de leur jugement, alors pourquoi ne fournissent-ils pas d’explication?», a-t-il demandé lors d’une rare interview accordée de sa cellule au péniten- cier à sécurité minimum William Head, en ColombieBritannique.La Cour suprême a jugé en 2001 que Latimer devra rester un minimum de dix ans de prison pour meurtre au deuxième degré.Dans son jugement, la Cour suprême évoquait, mais sans rien préciser, une médication «plus efficace» que Latimer aurait pu utiliser pour aider Tracy.Ce numéro est une obligation : Les nouvelles Obligations d’épargne du Québec sont arrivées! Émission en vente jusqu’au V'juin Téléphonez-nous du lundi au vsndrsdi, da 8 h i 20 h, •t Iss samedis da mai, ds 10H à 16h.Visitez le www.epq.aouv.qc.ee Québec EJ U ara irtisR il LE DEVOIR.LE LUNDI 10 MAI 2004 A 5 LE DEVOIR LE MONDE Attentat et accrochages meurtriers à Bagdad AGENCE FRANCE-PRESSE Bagdad — Les violences en Irak ont particulièrement touché Bagdad hier où 35 Irakiens au total ont été tués, dont 28 au cours d’accrochages entre miliciens chiites avec les forces de la coalition, et sept dans un attentat sur un marché alors que la tension restait vive dans plusieurs villes du pays.Dix-neuf miliciens chiites et neuf autres Irakiens ont été tués dans divers accrochages avec les militaires américains à Bagdad, où im attentat à la bombe a coûté la vie à sept personnes et en a blessé huit «H y a eu à peu près quatre accrochages à Bagdad aujourd’hui», entre GI et miliciens du chef chiite radical Moqtada Sadr, a déclaré à la presse le général Kimmiti.Les accrochages entre militaires américains et miliciens se sont concentrés à Sadr City, bas- tion de Moqtada Sadr dans l’est de la capitale.Ils ont éclaté ah lendemain de l’arrestation d’un adjoint du chef chiite.Moqtada Sadr, recherché «mort ou vif» par la coalition, est retranché dans la ville sainte de Najaf au sud de Bagdad.Une explosion due vraisemblablement à une bombe s'est produite hier à l’extérieur d’un hôtel à Bagdad, faisant six ou sept blessés britanniques, a annoncé le ministère des Affaires étrangères à Londres.De fortes explosions ont été entendues dans la nuit d’hier à aujourd’hui à Bagdad, alors que des avions de combat américains semblaient survoler la ville, ont rapporté des témoins, sans qu’il soit possible de déterminer la provenance des détonations.Un officier de police irakien chargé des enquêtes criminelles à Baaqouba est décédé à l'hôpital après avoir été blessé hier par un inconnu, a annoncé la police de cette ville du nord de l’Irak.Dans le sud du pays, la tension restait vive à Basso ra, dont le gouverneur Wael Abdel Latif a décrété l’interdiction du port d’armes et la formation d'une unité spéciale de la police pour faire face aux milices.Après de violents affrontements la veille, trois soldats britanniques ont été blessés hier dans cette ville par le jet d'un engin explosif contre leur véhicule.Un convoi britannique a essuyé des tirs et une bombe a explosé saqs faire de victime.A Amara, dans le sud-est, des tirs de miliciens chiites ont déclenché avant l’aube une riposte britannique, qui a fait quatre morts et un blessé parmi les civils, selon une source hospitalière.Un porte-parole militaire britannique, interrogé par l’AFP, n’a cependant fait état que d’échanges de tirs sporadiques pendant la nuit.A Koufa, quatre Irakiens ont été tués et 12, dont quatre enfants, ont été blessés dans de nouveaux combats hier entre des soldats américains et des miliciens de Moqtada Sadr, selon des sources hospitalière.A Kerbala, deux miliciens chiites ont été tués et deux civils blessés dans des échanges de tirs qui ont duré trois heures hier avec des soldats de la coalition, selon une source hospitalière.Le représentant de Moqtada Sadr à Nasiriya a été libéré hier après avoir été détenu pendant deux jours par les soldats italiens dans cette ville du sud de l’Irak, a annoncé un responsable irakien.Un oléoduc alimentant le terminal de Khor Al-Amaya, dans le sud de l’Irak, était en en feu hier et des sapeurs-pompiers ont indiqué que la conduite avait été sabotée.Sharon annule son voyage à Washington Le premier ministre israélien veut préparer une nouvelle mouture de son plan unilatéral de retrait de la bande de Gaza REUTERS ET AGENCE FRANCE-PRESSE Jérusalem — Ariel Sharon, politiquement affaibli par le rejet de son plan de désengagement par les militants du Likoud, a annulé une visite à Washington prévue la semaine prochaine, a annoncé hier son cabinet De source politique, on affirme que le premier ministre israélien soumettra dans trois semaines à son gouvernement une nouvelle mouture de son plan unilatéral de retrait de la bande de Gaza.«Le premier ministre a décidé de ne pas aller à Washington.H mènera des consultations ici en Israël au sujet du plan de désengagement», a fait savoir son cabinet Sharon devait prononcer un discours le 17 mai devant l’Ameri-can Israël Public Affairs Commit- tee, un lobby proisraélien, et probablement rencontrer le président George Bush.Certains font valoir que cette visite n’intervenait pas au meilleur moment compte tenu de l’émoi dans le monde arabe provoqué par le scandale des sévices infligés par des militaires américains à des prisonniers irakiens et en raison de l’avenir incertain du plan de désengagement de Gaza, qui avait pourtant reçu le soutien public de Bush.«H me faudra trois semaines pou reprendre le plan et le présenter au gouvernement», a dit Sharon, selon des membres de son cabinet Le premier ministre a par la suite eu des entretiens avec son plus important rival au sein du Likoud, le ministre des Finances Benjamin Nétanyahou, qui a soutenu du bout des lèvres le plan de retrait Selon Radio Israel, Nétanyahou a dit à Sharon que les résultats des référendums organisés au sein du Likoud étaient contraignants pour tous les membres du parti, y compris le Premier ministre.Mais ce dernier s’est engagé à poursuivre sur la voie d’un plan de désengagement, sans préciser s’il comptait coller à la version initiale ou la remodeler plus profondément Pour Sharon, ce plan doit permettre de tourner la page à trois années de violence.Ses détrac-teurs au sein du Likoud estiment qu’évacuer équivaudrait à donner «une prime au terrorisme».Sur le terrain, les forces israéliennes ont abattu hier deux Palestiniens déguisés en femmes qui avaient ouvert le feu sur des colons lors d’une cérémonie à la mémoire d’une mère et de ses quatre enfants tués la semaine dernière dans la bande de Gaza, a-t-on ap- pris de sources proches des services de sécurité.Des images de télévision tournées au moment de l’attaque, revendiquée par le Jihad islamique, montrent les colons se ruant à couvert sous le feu de leurs agresseurs.Aucun blessé n’est à déplorer.Les deux hommes ont été tués par les soldats affectés à la protection de l’implantation.Un seul a été retrouvé, selon un porte-parole de Tsahal.Les faits se sont déroulés sur la portion de route menant à la colonie de Goush Katif où l’Israélienne et ses quatre enfants ont été tués dimanche.Leur mort avait contribué au rejet du plan de retrait unilatéral des im-pkntations de la bande de Gaza que le premier ministre Sharon soumettait le même jour aux militants du likoud, sa propre formation.PO: le sommet de Tunis demandera à Bush de respecter ses engagements MONA SALEM AGENCE FRANCE-PRESSE Le Caire,— Le sommet des chefs d’Etat arabes de Tunis demandera au président américain George W.Bush de respecter se,s engagements en faveur d’un «Etat palestinien viable», selon un projet de résolution approuvé hier par les ministres arabes des Affaires étrangères au Caire.Le sommet, dont la tenue les 22 et 23 mai dans la capitale tunisienne a été confirmée par le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, devrait par ailleurs condamner l’assassinat de dirigeants palestiniens par Israël et se déclarer prêt à participer à tout effort de lutte contre le terrorisme, selon un autre projet de résolution approuvé dimanche.Le projet sur le conflit israélo-palestinien passe sous silence la date de 2005, qui avait auparavant été avancée par l’administration américaine pour la création d’un Etat palestinien.Le président Bush avait déclaré au quotidien égyptien Al-Ahrqm publié samedi que cette date n’était phis «réaliste».«Les dirigeants arabes demandent au président George W.Bush de respecter les engagements découlant de sa vision de l’édification d’un État palestinien viable, aux côtés dlsraâ, et de considérer que tout ce qui concerne le statut final [des territoires occupés par Israël] jêra l'objet de négociations entre les deux parties», selon ce texte.Le projet se féüdte de la lettre de garanties adressée par le président Bush au roi Abdallah II de Jordanie, dans laquelle il indique que la solution du problème .des frontières définitives du futur Etat palestinien futur et celui du retour des réfugiés palestiniens de 1948 devraient faire l’objet dô négociations bilatérales is-raélopatostiniennes.L Le soutien sans réserves apporté L’initiative de paix avec Israël est «une position stratégique arabe immuable» par M.Bush à la mi-avril au plan de séparation unilatéral d’avec les Palestiniens présenté par le premier ministre israélien Ariel Sharon, et sa remise en question du droit au retour des réfugiés palestiniens de 1948 avaient suscité un profond choc dans l’opinion arabe.Dans une déclaration à l’issue de la seconde journée des travaux, M.Moussa a affirmé que l’initiative de paix avec Israël adoptée lors du sommet arabe de Beyrouth en 2002 est «une position stratégique arabe immuable».Cette initiative propose notamment l’établissement de relations normales entre les pays arabes et Israël, à condition que l’État hébreu se retire des territoires arabes qu’il occupe depuis 1967, y compris Jérusalem-est Dans le second projet de résolution, «les dirigeants arabes condamnent les opérations militaires israéliennes dans les territoires palestiniens et arabes, ainsi que Les opérations visant les civils sans distinction et celles visant les dirigeants palestiniens, de nature à générer violence et contre-violence».Les ministres arabes devaient en outre fermement condamner les sévices infligés à des détenus en Irak, proposer une «troïka» arabe, formée de la Tunisie, de Bahreïn et de l’Algérie, pour assurer le suivi de la situation dans ce pays, dans le cadre des Nations unies, à l’issue du transfert de pouvoir prévu le 30 juin des forces d’occupation aux Irakiens.Le prochain sommet remplacera celui qui devait se dérouler fin mars à Tunis et dont la Tunisie avait brutalement interrompu la préparation en invoquant une décision «souveraine» et de profondes divergences entre les participants, notamment sur les réformes démocratiques qui doivent être conduites dans les pays arabes.Des Cubains et des femmes U m T 'A.RAFAEL PEREZ REUTERS UNE TRENTAINE d’épouses, de mères ou de filles de dissidents cubains emprisonnés ont manifesté hier à La Havane pour réclamer leur libération.Cette manifestation, d’une ampleur certes limitée, est inhabituelle à Cuba où les rassemblements se terminent souvent par des arrestations et des emprisonnements.Ces femmes se sont retrouvées à la sortie d’une messe dans le quartier de Miramar et ont manifesté le long de la Cinquième avenue avant de se regrouper dans un parc.Elles ont lu à haute voix les noms de 336 détenus présentés comme des prisonniers politiques, dont les 75 dissidents condamnés l’an passé à des peines moyennes de 19 ans de prison.Le gouvernement communiste de Cuba affirme qu’il n’existe aucun détenu politique sur l’üe, et qualifie de «mercenaires» à la solde des États-Unis les prisonniers dont ces femmes réclamaient la libération.EN BREF Deux expatriés sont assassinés à Kaboul Kaboul (AFP) — Deux expatriés, dont un Suisse, ont été tués à coups de pierres et leurs corps retrouvés hier dans un jardin public de Kaboul mais le mystère demeure sur leurs identités précises comme sur leurs professions.«Nous ne savons pas qui les a tués.Us ont été tués à coups de pierres.Leurs corps ont été retrouvés sur place hier matin», a déclaré un porte-parole du ministère afghan de l’Intérieur, Lit-fula MashaL L’un était porteur d’un passeport de nationalité suisse, l’autre n’avait pas de document d’identité sur lui Pologne: bavure policière à Lodz Varsovie (Reuters) — La police polonaise a expliqué hier avoir tiré par erreur des balles réelles au beu de balles en caoutchouc pour mettre fin à une bagarre à Lodz, ce qui a provoqué la mort d’une personne, plusieurs autres ayant été blessées.Plusieurs hauts responsables de la police ont démissionné et la municipalité de Lodz, dans le centre de la Pologne, a annoncé trois jours de deuil après ces incidents.Outre la mort d’un étudiant de 19 ans, quelque 70 personnes ont été blessées et la police a procédé à 19 arrestations.Le maire de la ville, Jerzy KropiwnickL a affirmé que les responsables seraient jugés et punis.Paris et Londres se rapprochent sous le signe de l’Europe REUTERS Paris — La France et la Grande-Bretagne ont marqué hier leur «Entente cordiale» retrouvée en plaidant d’une même voix pour l’adoption d’une Constitution européenne en juin et la «préservation» du lien transatlantique, malgré les déchirures irakiennes.«Ensemble, la France et le Royaume-Uni contribuent à faire de l’Europe un acteur responsable et respecté de la politique internationale, même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur les moyens de parvenir à nos objectifs communs», a déclaré Jean-Pierre Raffarin en recevant à Matignon son homologue britannique Tony Blair.Dans le cadre du centenair e de l’Entente cordiale (8 avril 1904), Paris et Londres avaient choisi de célébrer ensemble la Journée de l'Europe en conviant 600 jeunes à débattre des grands enjeux européens dans la capitale française.Hier matin, Jacques Chirac et Tony Blair ont répondu durant une heure trente à l’Élysée aux questions de 400 étudiants britanniques et français.Jean-Pierre Raffarin les a ensuite rejoints pour un déjeuner de travail qui a porté essentiellement sur la Constitution européenne, l’Irak et le conflit israélo-palestinien.«In France, today Europe day is a British day», a lancé Jean-Pierre Raffarin en anglais.(«Aujourd'hui en France, la Journée de l’Europe est une journée britannique»).Le premier ministre français, comme Jacques Chirac hier matin, ont ainsi appuyé Tony Blair dans sa décision risquée d’organiser un référendum sur la Constitution européenne dans un pays où l’euroscepticisme domine.•Je n’imagine pas que la Grande-Bretagne puisse durablement donner une priorité à sa vocation de “grand large", elle devra forcément comprendre que l’essentiel de ses intérêts se trouve dans le grand ensemble européen», a dit le président français lors du débat «Je suis optimiste.Tony Blair est très convaincant», a dit le président, dans un unisson franco-britannique tranchant avec les tensions récentes.Tony Blair a expliqué que «le moment est venu d’ouvrir un grand débàt en Grande-Bretagne sur l’Europe» et qu’il est temps «que le peuple britannique comprenne qu’il y va de l’intérêt national de la Grande-Bretagne d’être au centre de l’Europe».Lors d’une interview sur ICI en compagnie de JeairHerre Raffarin, Tony Blair s’est montré confiant sur l'issue du referendum.•Je pense que si nous obtenons un bon système [institutionnel] — je crois que ce sera le cas — les Britanniques décideront au bout du compte que leur avenir est en Europe».a-t-il jugé.«On ne peut envisager la sortie du Royaume-Uni de l’Europe», a renchéri le premier ministre français.Ce «bon système» au service d’une Europe à 25, Jacques Chirac et Tony Blair souhaitent qu’ils soit adopté lors du Conseil européen des 17 et 18 juin.«Cest essentiel, parce que si nous n ’arrivons pas à un accord, nous risquons d’avoir une Europe paralysée», a dit le président français.Renforcer le lien transatlantique Prompt à encourager Tony Blair sur la voie du référendum, Jacques Chirac n'a dit mot sur une telle éventualité en France, alors qu’enfle la polémique sur ce sujet au sein de la majorité à l’approche des élections européennes du 13 juin.Le numéro deux du gouverné-ment, Nicolas Sarkozy, et Alain Juppé se sont prononcés hier pour un référendum lors du conseil national de ITJMP L’Élysée a réptiqué que Jacques Chirac trancherait «le moment venu» sur le mode de ratification de la Constitution et Jean-Pierre Raffarin ;) souligné sur LCI que le chef de l’État était souverain en la matière.Pour bien marquer qu’une page nouvelle s’ouvrait dans les relations francobritanniques après les dissensions sur l’Irak, Jacques Chirac et Tony Blair ont prôné «un lien fort» entre l’Europe et les lùats-Unis.«Tout ce qui aujourd’hui peut mettre en cause maladroitement le lien transatlantique et sa solidité — qui suppose d’ailleurs le respect mutuel, ce qui n’est pas toufmn le cas — est dangereux pour l’avenir à la fins de l’Europe et des États-Unis», a estimé le président français.«Quelles que soient les divergences au sein de l’Europe ou entre l’Europe et les États-Unis, la chose la plus stupide à faire serait de négliger nos nombreux intérêts communs», a ajouté Tony Blair, soulignant que l’Europe n’était «ni un rival, ni un vassal» des États-Unis.L’Élysée a fait savoir à l’issue du déjeuner de travail que Français et Anglais entendaient désormais travailler «en bonne coopération», à l’Onu et au niveau bilatéral, pour favoriser le transfert de souveraineté au peuple irakien.Le Tchad exhorte Khartoum à s’opposer aux raids transfrontaliers ASSOCIATED PRESS ET REUTERS N> Djamena — Les autorités tchadiennes ont accusé hier les milices arabes soutenues par le Soudan d’avoir mené de nouvelles incursions sur leur territoire, menaçant Khartoum de repré sailles en cas de poursuite de ces opérations.Plusieurs centaines de miliciens arabes soudanais auraient attaqué un village tchadien mercredi entraînant des combats avec l’armée tchadienne qui ont fait plus de 60 morts, a annoncé hier le ministre tchadien de la Défense Emmanuel Nadingar.«Le gouvernement soudanais doit respecter l’accord et retenir les janjawid», a dit Emmanuel Nadingar.«Nous considérons cela comme une agression contre notre peuple et cela nous accorde le droit de le protéger ainsi que notre territoire.» Par ailleurs, Khartoum a annoncé hier le président soudanais Omar el-Bachir avait ordonné à une commission d'enquêter sur la situation des droits de l’Homme dans le Darfour, où l’organisation Human Rights Watch a dénoncé une campagne de «nettoyage ethnique» des milices arabes contre les paysans africains.L'attaque contre le village tchadien de Djanga, la pire signalée par les autorités tchadiennes, risque de provoquer des tensions entre le Soudan et le Tchad, qui conduit les efforts de médiation pour mettre un terme aux combats qui se déroulent depuis 15 mois dans le Darfour, dans l’ouest soudanais.Les janjawid montés sur des dromadaires ont tués six civils lors de leur attaque sur Djanga, à 25 km à l’ouest de la frontière soudanaise.Les soldats tchadiens ont ensuite repoussé les miliciens, tuant 60 d’entre eux, selon M.Nadingar.Un soldat tchadien est mort et sept autres ont été blessés, a-t-il ajouté.Vendredi, le ministère français des Affaires étrangères s’était dit «préoccupé» par les informations faisant état d’une poursuite de l’activité des milices armées au Darfour et au Tchad voisin, malgré l’accord de cessez-le-feu conclu le 8 avril après des négociations à N’Djamena.Les janjawid sont accusés dje perpétrer avec le soutien du régime soudanais des atrocités contré les tribus noires du Darfour, région frontabère du Tchad.Le gouvernement a démenti soutenir les milices arabes.Au Soudan, l’agence officielle ja annoncé hier que le président Omar el-Bachir avait ordonné à une commission d’enquêter sur b situation des droits de l’Hommie dans le Darfour.Vendredi, l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch avait rendu po-bbc un rapport accusant le réginte de Khartoum et les milices arabes de mener dans le Darfour une sanglante campagne de «nettoyage ethnique» — ponctuée de bombardè-ments, massacres et viols — quia déjà fait des milliers de morts ét chassé de chez eux plus d’un million de personnes.Khartoum avait démenti ces accusations.\ LE DEVOIR, LE LUNDI 10 MAI 2004 ÉDITORIAL Le fossé de trois milliards C’est à l’unanimité que l’Assemblée nationale a adopté, jeudi dernier, une résolution appuyant le gouvernement dans ses efforts pour réclamer d’Ottawa le transfert des revenus de la TPS aux provinces.Évidemment, personne ne s’attend à ce que le gouvernement de Paul Martin acquiesce à la demande.Pourtant, voilà une façon raisonnable de permettre aux provinces de faire face aux responsabilités qui leur sont confiées par la Constitution canadienne.elon la plus récente étude produite par le Conference Board à la demande des dix premiers ministres provinciaux du pays, les provinces verront leur déficit budgétaire annuel grimper de quatre milliards cette année à 11 milliards dans 15 ans si rien ne change.Pendant ce temps, à Ottawa, les excédents budgétaires du gouvernement fédéral suivraient une pente inverse et passeraient de 10,5 milliards à la fin de la présente année à 78 milliards la quinzième année.Évidemment, cela ne se produira pas puisque Ottawa trouvera chaque année le moyen de dépenser cet argent selon son bon vouloir.On ne connaît pas ses plans précis, mais on sait d’ores et déjà que le remboursement de la dette fera partie des priorités d’un gouvernement libéral, qu’une fraction des excédents ira au financement des programmes réguliers (défense et sécurité nationale, affaires autochtones, assurance-emploi, etc.), mais qu’avec le reste, Ottawa voudra imposer son autorité dans des champs de compétence provinciale jugés rentables pour son image.En fait, depuis la fin de la lutte contre le déficit, Ottawa cherche désespérément un rôle à jouer au sein d’une fédération dont la plupart des secteurs porteurs sont de compétence provinciale, telles la santé, l’éducation et les affaires urbaines.Mais voilà, ce sont aussi les secteurs qui connaissent la plus forte croissance en termes de besoins financiers.Toujours selon les travaux du Conference Board, les revenus des provinces devraient croître à peu près au même rythme que ceux d’Ottawa au cours des prochaines années.C’est donc parce que, contrairement à Ottawa, leurs dépenses augmenteront plus rapidement que leurs revenus que les provinces doivent s’attendre à faire face à des déficits de plus en phis imposants.Ce n’était pas la première fois, jeudi dernier, que les membres de l’Assemblée nationale du Québec adoptaient une résolution unanime demandant à Ottawa de corriger le déficit fiscal avec les provinces.Ce n’était pas la première fois non plus qu’il était question de rapatriement de la TPS par les provinces comme moyen de corriger l’écart On se rappellera que cette solution était celle de la Commission sur le déséquilibre fiscal présidée par l’actuel ministre des Finances, Yves Séguin.Pour être plus précis, la commission suggérait aux provinces de renoncer aux milliards qui leur sont transférés annuellement au titre du Transfert canadien en santé et programmes sociaux (TCSPS) en échange des recettes de la TPS dont le montant est plus élevé.Selon les calculs, la différence atteindrait entre deux et trois milliards au profit des provinces.De plus, malgré les fluctuations causées par les soubresauts de l’économie, celleaci seraient assurées de voir leurs recettes suivre une tendance ascendante dans le temps, proche de celle du PIB.En réaction à une autre résolution de l’Assemblée nationale adoptée en mars dernier, le premier ministre Paul Martin a réitéré par écrit son intention de discuter du financement de la santé avec les provinces, mais il a refusé de s’engager plus avant Si les provinces veulent plus d’argent elles peuvent toujours augmenter leurs impôts, at-il répété comme l’avait fait Jean Chrétien avant lui.Pourtant ce sont ces deux mêmes hommes qui, lors de la campagne électorale de 1993, avaient soulevé l’hypothèse d’un transfert de la TPS aux provinces comme moyen de financer les soins de santé, ce M.Séguin n’a pas manqué de rappeler aux membres de l’Assemblée nationale.Cela dit si le ministre des Finances est sérieux lorsqu’il parle de déséquilibre fiscal, il lui faudra d’abord convaincre son chef Jean Cha-rest de l’importance de l’enjeu.Pour le moment M.Charest se dit d’accord, mais on ne peut certainement pas dire qu’il manifeste beaucoup de passion à l’idée de mener une lutte sans merci avec Ottawa sur la question.Une fois le premier ministre bien en selle derrière son ministre des Finances, il faudra aussi rallier les premiers ministres des neuf autres provinces à la cause; les libéraux du Québec ont toujours affirmé être beaucoup mieux placés pour réussir cette tâche.Car sans un tel front commun des provinces, aussi bien attendre un prochain référendum sur la souveraineté pour régler ce problème de déséquilibre avec Ottawa.jrsansfacortâ’Jedevoir.ca Jean-Robert Sansfaçon ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-préeidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE ^ J'Ai TAiT Teitf iîi mtw phoTo dans t NoS P|RSonS/ j fluCUfS MtSüRfS PodRRîowS-nous PRfwDRC fiu€ ÇA n£ SC ÜCPRoDulSC v PLUS?> mM-ï» | ToRTdPC IgAfc.- Comment dois-je expliquer la politique à mes enfants?Je me sens insultée! Coqiment le premier ministre et son ministre de l’Éducation peuvent-ils autant augmenter la portion de prêt de l’aide financière?Une hausse de 72 %, je trouve cela scandaleux fi me reste deux ans d’études universitaires et du coup, on m’annonce que je serai endettée de jxesque 4000 $ de plus que les 10 000 $ déjà prévus.14 000 $ au total pour trois ans et demi d’études, je trouve que c’est lourd.Aberrations du gouvernement provincial au pouvoir La presque totalité des mesures annoncées prendront effet en 2005, mais les hausses de tarifs (ex frais de garderie, augmentation des tarifs d’Hydro-Québec) et la réforme pour les prêts étudiants, c’est pour maintenant Ce que je trouve scandaleux, c’est qu’on nous fait payer plus tout de suite en nous faisant miroiter l’espoir d’avoir peut-être un jour quelques miettes qui nous reviennent dans les poches! Foutaise! Je n'y crois plus vraiment Les gens de la politique qui dirigent le pays et la province devraient être des exemples et des modèles.Actuellement comment dois-je expliquer la politique à mes enfants?Un milieu où il est permis de mentir, de se faire élire sous des allégations mensongères, un endroit où on accepte ceux qui ne respectent pas leurs promesses.Un milieu où mensonge, pouvoir et argent dominent et cohabitent Je suis dégoûtée.Je ne me sens pas du tout représentée par ceux qui nous dirigent j’ai constamment le sentiment qu’ils veulent nous enlever ce qu’on a ou ce qu’on aurait pu avoir.Quelle déception! Ce n’est certainement pas en dirigeant de cette façon là que le taux de natalité va augmenter au Québec et au Canada.Ariane Robitaille 25 ans, mère de deux enfants Étudiante à l’École de Service social de l’Université de Montréal Montréal, le 2 mai 2004 LETTRES -?—¦— Pourquoi pas une agence de suivi des coûts de projets?Réforme de l’État québécois: pourquoi pas une agence de suivi des coûts de projets?La présidente du Conseil du trésor du Québec, Monique Jérôme-Forget propose un partenariat public-privé pour assumer le partage du risque.De quel risque s’agit-il?Du risque que ça coûte plus cher que prévu, comme pour le métro de Laval et pour la Gaspésia?Je crois que la ministre fait fausse route.Pour contrôler les coûts, il faut investir, investir en main-d’œuvre expérimentée dans le suivi et dans le contrôle des coûts, comme le faisait la Société d’énergie de la Baie-James (SEBJ) pour les grands travaux hydroélectriques à la Baie-James.JY ai travaillé pendant trois ans pour Janin, une compagnie privée qui, elle, a presque fait faillite dix ans plus tard parce qu’elle a été incapable de se faire rembourser des dépassements de coûts pourtant justifiés, mais aussi parce qu’elle n’a pas su suivre et contrôler ses propres coûts à temps.Le privé n’est pas toujours une référence! Puisque c’est l’État qui commande les grands travaux comme le métro, c’est à lui de prendre les moyens de vérifier que ça se fasse dans les temps et dans le budget prévus.Si on avait fait un tel investissement dans des procédés de contrôle de coûts, pour le métro ou pour la Gaspésia, on aurait peut-être économisé des dizaines, sinpn des centaines de millions.Partout où l’Etat investit, il devrait être présent pour suivre le déroulement des travaux, pour comprendre le climat de travail et être ensuite en mesure d’intervenir, à temps! S’il y avait une agence gouvernementale à créer, ce devrait bien être une agence de suivi des coûts de projets.Et ce serait une agence profitable! Quelquefois, ça coûte plus cher parce qu’on en demande plus, ou parce que le devis initial n’avait pas tout prévu.Dans ce cas, on pourrait difficilement réaliser les travaux au coût original prévu, mais, au moins, on saurait pourquoi.Et alors, il faudrait être juste avec l’entrepreneur qui réalise les travaux.Ça n’a pas toujours été le cas, (fans le passé.Aujourd’hui, l’État commande des travaux (métro de Laval) ou investit dans des projets (Gaspésia) où personne ne surveille ses intérêts (ceux de l’État.et les nôtres!).Pas surprenant que la faillite attende au détour.André Kahlé, ingénieur Brassard, le 5 mai 2004 De dangereux barbares ignorants Le comportement des forces américaines, comme en témoignent les images de tortures subies par des prisonniers irakiens ou afghans et qui ont entraîné la mort de 25 d’entre eux, est tout à fait abject On ne peut que difficilement croire qu’il s’agisse de comportements isolés, compte tenu du mépris affiché par les Américains pour toutes les règles et conventions en cas de conflit Pour l’heure, on ne parie que de blâmes et de «retour à la vie civile» pour les fautifs.L’ignorance des réalités internationales, l’arrogance du puissant le respect ému des armes à feu érigées en valeur constitutionnelle et le fanatisme religieux des Américains contrastent de façon tragique avec les véritables valeurs de paix, de liberté et de démocratie.Par ailleurs, il faut s’attrister de la perte de ces jeunes militaires, tous dans la fleur de l’âge, qui ont cru honnêtement défendre ces valeurs alors qu’en fait ils sont morts pour les intérêts économiques des multinationales américaines.Quand va-t-on dire à leurs parents et au peuple américain qu’ils ont été bernés et que leurs enfants sont morts strictement pour rien?Quand les Américains vont-ils finir par se rendre compte que leurs politiciens, leurs dirigeants militaires et leurs multinationales ne sont que de dangereux barbares ignorants?André Senécal Gatineau, 5 mai 2004 LIBRE OPINION -+- L’intégration des personnes immigrantes ne se limite pas à l’apprentissage de la langue Lettre à madame Michelle Courchesne, ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration RÉJEAN PARENT Président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) C) est avec une stupéfaction mêlée d’indignation que nous apprenions l’imposante compression financière de 21 % (34 mifiions de dollars) subie par le ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration.Cette décision prise au nom de l’équilibre budgétaire des finances publiques vient briser un autre équilibre tout aussi important dans la société québécoise, celui de l’intégration des personnes immigrantes à la société d’accueil.Malgré les efforts considérables apportés pour augmenter le niveau de l’immigration francophone, 37,5 % des personnes immigrantes arrivées au Québec entre 1998 et 2002 ne connaissaient ni le français ni l’anglais.La proportion de celles qui ne connaissent pas le français s’élève à 55 %.Vous avez répété à plusieurs reprises: «Je veux redonner à ce ministère sa mission essentielle, qui n’est pas le soutien social, mais l’accueil et l'intégration.» Croyez-vous soutenir l’intégration en diminuant les allocations de formation à des cours de français, les faisant passer de 150 $ à 30 $?Croyez-vous soutenir l’intégration en abolissant l’allocation allouée aux étudiants à temps partiel et le remboursement des frais de transport pour suivre les cours dans les centres où il y a des systèmes de transport en commun (autrement dit, dans les centres urbains à forte concentration d’immigration)?Vous défendez les choix de votre gouvernement en indiquant que les personnes immigrantes seront admissibles à la prime de travail annoncée dans le plan de lutte contre la pauvreté.Vous proposez aux personnes immigrantes d’effectuer une demande d’aide sociale si elles ont épuisé toutes les ressources financières dont elles disposaient au moment d’arriver au Québec.Depuis des mois, le chef du gouvernement, M.Charest, répète sur toutes les tribunes que le Québec compte sur l’immigration pour atténuer les pénuries appréhendées de main-d’œuvre qualifiée.Que leur offrez-vous pour faciliter leur intégration à fa société québécoise francophone?Une ^francisation fonctionnelle», celle qui doit les rendre aptes le plus rapidement possible au marché du travail.La connaissance de la langue que vous leur proposez est celle exigée en fonction des besoins de l’entreprise.Est-ce cela la stratégie d’intégration à la société d’accueil du Parti libéral du Québec?Faut-il rappeler que, l’intégration des personnes immigrantes ne se limite pas à l’apprentissage de la langue, mais intègre aussi la culture, l’environnement québécois, bref, l’apprentissage des codes et des valeurs qui fondent cette société.Limiter l'intégration à la seule acquisition des notions linguistiques nécessaires à une insertion réussie sur le marché du travail nous semble réducteur et contraire aux objectifs d’intégration et d’ouverture sur le monde.Vous interpellez les entreprises pour qu’elles s’engagent davantage dans l’intégration linguistique de leur personnel.Selon l’Office de la langue française, les entreprises à fort taux d’utilisation de la technologie ont tendance à se franciser moins rapidement que celles qui en font une utilisation moyenne, et ces dernières moins que celles à faible utilisation.Par ailleurs, les entreprises vouées à l’exportation ou encore sous-traitantes d’entreprises américaines font face à des difficultés supplémentaires devant les exigences de leurs clients ou de leurs fournisseurs.«O» observe que des entreprises ne réalisent pas pleinement le processus de francisation parce qu 'elles sont tributaires des technologies de l'in- formation qui assurent le contrôle de la gestion des stocks ou delà gestion des ventes à distance, de la réalisation des transactions financières à partir ou vers d’autres pays [c’est le cas du secteur financier] .* La francisation des entreprises deviendra encore plus difficile dans fe contexte des changements apportés au Règlement sur la détermination de la masse salariale (loi du 1 %).Cette loi avait pour objectif d’améliorer la formation de la main-d’œuvre, de répondre aux besoins des travailleuses et des travailleurs, notamment par des cours de français.Au cours des six années de son application graduelle, cette loi, malgré les irritants soulevés, a eu des effets structurants, notamment fa consolidation du comité d’adaptation de la main-d’œuvre pour les personnes immigrantes, facilitant ainsi leur intégration et leur maintien en emploi.Aujourd’hui l’avenir de ce comité est compromis.Votre gouvernement rêve que le Québec forille parmi les meilleurs».Mais ces compressions à l’intégration des personnes immigrantes en> ; pêcheront ces dernières d’avoir accès aux mêmes chances que les autres.Privées du droit d’apprendre le français, limitées dans leur com-'' munication avec la majorité, vous les condamnez à l’exclusion.Certes, elles seront employables, mais à quel prix?La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) rêve d’un autre Québec que celui que vous proposez.Nous avons toujours soutenu que la ’ politique québécoise d’immigration devait s’inscrire dans un projet collectif engageant et englobant celui de développer au Québec une société originale, pluriethnique et de langue française, démocratique, laïque et ouverte sur le monde.C’est pourquoi, Madame la Ministre, nous vous demandons de surseoir aux compressions annoncées et de maintenir le niveau des allocations aux personnes immigrantes étudiant le français. LE DEVOIR.LE LUNDI 10 MAI 2004 IDEES 72* congrès de l’ACFAS à l’UQAM Comment mettre la science au cœur des Montréalais ?MICHEL JÉBRAK Professeur, Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère.Vice-doyen, Faculté des sciences de l’UQAM.Président du Comité scientifique, 72 congrès de l'Acfas Dans le cadre du congrès de l’ACFAS 2004 qui se tient cette semaine à l’Université du Québec à Montréal, des dizaines de chercheurs de tous horizons feront part des résultats de leurs plus récentes recherches.Au cours des prochains jours, nous publierons dans cette page quelques textes rédigés à notre demande par certains des chercheurs invités.a science a été longtemps porteuse de l’espérance de l’humanité: le dévoilement du monde ne pouvait conduire qu’au bien-être, l’avenir radieux passait par le progrès, l’optimisme était au rendez-vous.Mais la science a perdu une grande partie de son autorité morale depuis le milieu du XX' siècle: après Auschwitz et Hiroshima, après Bo-phal et Tchernobyl, comment voir la science et la technique comme bienfaitrices de l’humanité?Au contraire, la science est parfois devenue porteuse d’insécurité collective.Le découpage des disciplines en multiples spécialités conduit à des savoirs de moins en moins lisibles, difficile à comprendre même pour les savants entre eux: c’est le savoir en miettes! Ainsi, au moment où on l’utilise le plus, la science paraît à la fois moins lisible et moins crédible.Cette baisse de la valeur morale de la recherche a des incidences sur le statut du chercheur, passant de la figure de référence à celui d’un technicien manipulé, parfois manipulateur.Ce déclin moral s’accompagne d’une baisse sensible des vocations.Alors que les gouvernements ont réaffirmé au cours de ces dernières années leur volonté de propulser le Canada et le Québec au rang des premières nations scientifiques dans le monde, on voit baisser la fréquentation des étudiants dans les domaines scientifiques.Bien que Montréal soit l’une grandes villes universitaires d’Amérique du Nord, la proportion de diplômés au baccalauréat y est faible (20 %), en particulier en science.L’attrait des jeunes vers la science passe par le développement de la culture scientifique et technique.Il s’agit d’un domaine où le Québec a un important retard, surtout si on le compare à l’Eu-__rope ou aux Etats-Unis: il n’y a pas de médiathèque scientifique à Montréal, les musées de sciences y manquent cruellement de fonds.Le désengagement du gouvernement fédéral fait mal; et, alors que le gouvernement du Québec consacre environ 11 milliards par année à l’éducation, il ne dépense que 5 millions dans la culture scientifique, moins qu’une goutte d’eau! (Conseil de la science et de la technologie, rapport de conjoncture 2004).Les programmes actuels finan- ARCHIVES LE DEVOIR Michel Jébrak cent des projets ponctuels, sans éléments structurants, sans développer les synergies entre les nombreux organismes existants.Le Québec ne pourra se maintenir longtemps dans la Société des Savoirs s’il ne développe pas mieux sa culture scientifique.Après la formation qui même au premier emploi, il faudra que chacun puisse suivre l’évolution des technologies tout au long de la vie.Le temps de la formation et le temps de profession seront de plus en plus partagés.Ainsi, les universités verront leur rôle se modifier, et eÜes devront s’investir dans le développement de la culture scientifique, de concert avec les musées, les associations, les organismes de loisirs et les médias.Du fait de leur tradition critique, elles devront également participer aux débats sur le rôle des sciences, et former un public averti et conscient, capable d’utiliser la technologie tout en en mesurant les impacts.En se rapprochant de leur milieu, les universités permettront aux chercheurs de mieux se situer comme des acteurs sociaux.La culture scientifique est donc une façon d’échanger dans les deux sens, entre les créateurs de science dans les universités, et les utilisateurs dans le public.Les deux y ont à gagner! C’est dans cet esprit que l’UQAM construit actuellement son projet «Coeur des Sciences», au sein du Complexe des sciences de l’Université, au Nord de la Place des Arts.Il a pour mission de développer la culture scientifique: percevoir et démythifier ce qu’est la science, comprendre comment elle se construit, quels en sont ses impératifs, ses limites, et être capable d’en discuter les enjeux.Il devrait attirer le public et en particulier les jeunes, en complémentarité avec les autres institutions scientifiques de Montréal.Il constituera un lieu d’échange entre les scientifiques en action et les publics étudiants et adultes.Dès 2006, il offrira une médiathèque, un centre de conférences, une agora, et des espaces d’exposition.Une de ses caractéristiques originales sera d’y associer les arts et les sciences.On considère souvent l’art et la science comme des pôles opposés, comme des activités incompatibles; on est toujours surpris d’apprendre que tel physicien nucléaire joue du violon, que tel chimiste écrit des vers, ou qu'un peintre s'inspire de cartes géologiques! En réalité, l’art et la science partagent plusieurs valeurs essentielles, telle que la créativité et la recherche de l’esthétique.Dès l’antiquité, les Grecs avec Pythagore cherchaient à harmoniser les sciences et les arts autour de la musique.Au début du XX' siècle, Poincaré affirmait que le scientifique étudiait le monde principalement parce qu’il est beau.La recherche de la beauté des formes, de l'harmonie des processus, de l’élégance d’une solution mathématique, illustrent la convergence des approches des artistes et des scientifiques, même si ces derniers s’en défendent souvent.Depuis un quart de siècle, le développement de l’informatique a accéléré ces échanges: ainsi, nos capacités de représentation de l’imaginaire scientifique ont été complètement bouleversées et ont modifié la nature même des contenus.De leur côté, les artistes sont fortement influencés par les progrès technologiques, tant au niveau des objets à représenter que de la technique artistique.La peinture devient technologique, et même bionique, la littérature profite du traitement de texte, une nouvelle musique émerge de l’ordinateur, les œuvres sont de plus en plus virtuelles et éphémères.On a donc un mouvement symétrique: les arts deviennent des médias de communication de la science, tandis que les artistes s’inspirent très tôt des techniques issues des développements scientifiques.Cette convergence offre une occasion unique de réhumaniser la science, de ré-introduire le sensible, peut être même d’y reconstruire du sens.Un rapprochement des arts et sciences mettra ainsi en lumière leurs valeurs communes, provoquera des questionnements et approfondira les significations.On pourra ainsi tenter de réunir l’affectif et l’intellect, l’imaginaire et le réel, le personnel et l’impersonnel.Le «Cœur des Sciences» sera un lieu où le mariage des disciplines permettra de reconstruire une vision moins fragmentée et plus lisible du monde en faisant co-exister le complexe et l’harmonie dans un équilibre dynamique.Le démembrement nuira au développement de nos arrondissements Plus rien ne justifie les craintes d’hier GEORGES BOSSÉ Maire de l’Arrondissement de Verdun Membre du comité exécutif de la Ville de Montréal es discussions entourant le démembrement de la Ville de Montréal ont un air de déjà vu.Ceux et celles qui multiplient les apparitions sur les tribunes pour encourager un retour en arrière, reprennent des arguments du passé qui n’ont plus rien à voir avec la réalité actuelle.J’étais de ceux qui, à l’automne 2000, se sont opposés au caractère «forcé» des fusions et, pour comprendre la position que je défends aujourd’hui à Montréal, il est essentiel de se rappeler les raisons qui ont soulevé mon inquiétude et ma réticence, il y plus de deux ans.D’abord, il faut préciser que j’ai toujours été convaincu qu’il fallait contribuer à résoudre les nombreux problèmes auxquels la métropole était confrontée depuis plusieurs années.Les difficultés étaient d’ailleurs suffisamment sérieuses pour que Montréal soit i ecalée à répétition à la queue du palmar ;s des plus grandes villes du monde.Leurs effets négatifs commençaient à nuire à l’essor de la région métropolitaine et empêchaient une réflexion consensuelle et globale sur ses perspectives d’avenir.Il apparaissait donc inadmissible de conserver un modèle qui hypothéquait le développement de Montréal, encourageait une vaine rivalité entre villes voisines et empêchait la répartition équitable de la richesse collective.Avec plusieurs collègues de l’époque, j’ai d’ailleurs présenté d’autres pistes de solutions que les fusions «forcées» au gouvernement du Québec qui a néanmoins préféré maintenir une ligne plus musclée en S [posant le regroupement de toutes les villes sur e de Montréal.Dans un tel contexte, il y avait deux possibilités: assurer une présence forte et influente à Montréal afin de pouvoir tirer le maximum de bénéfices de la situation ou me retirer en abandonnant mon arrondissement aux risques de devenir une co- En offrant la possibilité de démembrer Montréal, Jean-Marc Fournier, ne fait pas de cadeau à ceux qui souhaitent faire marche arrière quille vide.D faut se rappeler qu’à l’époque, le danger de la centralisation guettait Montréal.Plus encore, je craignais, comme beaucoup d’autres, que les problèmes qui grugeaient la santé de la métropole n’en viennent à contaminer nos banlieues.Le choix était évident, aussi bien pour moi que pour de nombreux élus des anciennes villes de banlieue.Ensemble, nous avons donc créé un nouveau parti qui garantirait la décentralisation et les services de proximité.Nul autre parti politique que le nôtre dans l’histoire municipale n’aura contribué à changer les modèles et les façons de faire de manière aussi rapide et efficace.Le défi était grand puisqu’il s’agissait de proposer un fonctionnement qui favorisait le plein essor de Montréal tout en offrant aux arrondissements la latitude nécessaire qui leur permettrait de réaliser leur projet de société locale.Avec la nouvelle Charte, les services de proximité sont décentralisés et nous avons des pouvoirs importants, notamment en matière budgétaire, d’emprunt pt d’embauche.Il est évident que Verdun a tout avantage à continuer de prospérer au sein d’une Ville qui lui laisse l’entière liberté de décider de son avenir plutôt que de vivoter dans un conseil d’agglomération qui aura un droit de regard décisionnel sur ses grands projets.Il ne faut pas se leurrer.En offrant la possibilité de démembrer Montréal, monsieur Jean-Marc Fournier, ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, ne fait pas de cadeau aux arrondissements qui souhaitent faire marche arrière.Il est catégorique : les anciennes villes ne retrouveront jamais leurs pouvoirs originaux.Pis encore, elles devront laisser au conseil d’agglomération le soin de gérer une grande partie de leur budget.Pour Verdun, cela signifie que nous n’exercerons pas de contrôle sur 55 % de nos taxes.Les élus municipaux qui vous représentent actuellement à Verdun sont tous membres d’un parti qui prend les décisions quant à la façon dont sera géré votre argent JACQUES GRENIER LE DEVOIR Il y a eu une grande évolution entre la perception que nous aidons tous de Montréal avant la fusion et celle que nous bâtissons ensemble depuis plus deux ans.Plus rien ne justifie les craintes d’hier.De larges pouvoirs sont dévolus aux arrondissements, dorénavant dirigés par un maire d’arrondissement élu au suffrage universel.J’estime que nous avons trouvé des solutions très acceptables aux inquiétudes exprimées par la population lors des fusions forcées.Les citoyens sont d’ores et déjà assurés d’un bel avenir au sein de l’arrondissement Verdun.La conception du rôle de l’État qui est ici proposée est pour le moins restrictive Michel Ven ne ?L’État Wal-Mart Dans les années 1980, on avait associé les volontés de réforme du gouvernement Bourassa à l’État Provigo (qui remplaçait l’Etat providence).Aujourd'hui, l’image qui me vient en tête pour qualifier le projet de «modernisation» (ou «réingénierie») présenté mercredi par M ,r Monique Jérôme-Forget.est celle de l’État Wal-Mart.Comme pour le champion du commerce de détail, le gouvernement du Québec propos»1 un Etat axé sur le «service» au citoyen, et ce, «au meilleur prix chaque jour».La vision qui surgit entrç les lignes des documents disponibles est celle d’un État platement fonctionnel, une sorte d’entreprise de services publics qui ne véhiculerait aucun projet politique, social, culturel ou même économique.Le gouvernement veut •recentrer l’État sur ses missions essentielles*.Cette affirmation est lourde de sens.Quelle est, en effet, «l’essence» du rôle de l'Etat?D est important, à ce stade-ci, de bien saisir la signification du projet proposé.La vision soumise par le gouvernement libéral n’est pas neutre.Les objectifs fixés par le plan de modernisation sont éclairants à cet égard.Ils sont explicites: améliorer la prestation de services; à moindre coût; en obtenant des gains d’efficacité au sein de l'administration publique.Subsidjairement, comme une conséquence de ce plan, un Etat •plus mince et plus agile», dit le document, devrait, selon le gouvernement actuel, favoriser un accroissement de la prospérité individuelle et collective des Québécois.Les premières mesures proposées vont également dans ce sens: création de Services Québec; gouvernement en ligne; centre de services administratifs; partenariats privés-publics; création d’agences; réseaux locaux de services de santé; fusion d’Em-ploi-Québec avec la sécurité du revenu; remplacement d’organismes conseils dans le secteur de la santé et des services sociaux par une «banque d’experts» appelés au besoin.Le «sens» du projet se trouve dans cette liste de priorités.Personne n’est contre une bureaucratie efficace et tout le monde appuie la lutte contre le gaspillage de fonds publics.Mais la conception du rôle de l’Etat qui est ici proposée est pour le moins restrictive.Que reste-il du rôle de l’État dans le développement culturel, le développement social, le développe^ ment économique du pays, le développement des compétences des citoyens?Que fait-on de son rôle de garant des processus démocratiques, de la sécurité et de la justice?En réalité, le gouvernement est fidèle aux préceptes idéologiques qui l’inspirent et renvoient à la responsabilité individuelle et aux lois du marché pour gouverner l’évolution de la société.Les autres partis politiques ont-ils une autre vision à proposer?Notre drame se situe peut-être là, dans l’absence de contre-proposition emballante.On a dit abondamment que la montagne avait accouché d’une souris.Cette lecture est sans doute celle que souhaitait le gouvernement.La simultanéité du séjour du premier ministre Jean Cha-rest en France avec la présentation du plan Jérôme-Forget, qu’elle fût délibérée ou pas, renforçait cette impression que les mesures annoncées n’avaient pas autant d’importance qu’on l’eût cru.M.Charest faisait en quelque sorte la démonstration qu’il s’intéressait aux affaires étrangères autant sinon plus qu’à la réorganisation proposée par sa ministre.D’autres éléments contribuaient à minimiser l’étendue de la transformation proposée.la présidente du Conseil du trésor a parlé de discernement, d’écoute, de persévérance, de pédagogie.Elle a reconnu qu’il faudrait de la patience, procéder à des consultations et «ne pas jeter le bébé avec l'eau de la baignoire».En 1998, M.Charest voulait qu’on en finisse avec la Révolution tranquille, sa ministre disait mercredi que les Québécois avaient raison d’être fiers de cet héritage, mais pour mieux nous inviter à en prendre nos distances.Ên effet, M™ Jérôme-Forget soutient que, depuis les années 1960, l’État fut «l’épine dorsale» du développement du Québec et qu’il est temps de remettre cette réalité en question.Or cette réalité, il y a longtemps qu’elle n’eçt plus.Le Québec ne s’est pas développé que par l’État.Le gouvernement néglige le rôle de Québec Inc, la contribution des groupes communautaires dans le développement social, l’impact des mouvements coopératifs dans l’habitation, les services financiers autant que dans la production forestière ou agricole, la renaissance de l’économie sociale, l’impact des mouvements environnementaux, la découverte par les Québécois des marchés boursiers.M.Charest et son gouvernement ne proposent pas une démolition en règle de l’État II habille son projet d’intentions louables, que, personne ne peut contester.Il relègue toutefois l’État à une fonction instrumentale qui donne l’impression, par la platitude du plan de «modernisation» proposé, d’évacuer la dimension politique de son action.Ce faisant, c’est pourtant une visiop politique très précise non seulement du rôle de l’État mais du fonctionnement d’une société qu’il impose à ses commettants.Michel Venue est directeur général de l’Institut du Nouveau Monde.Il s’exprime ., ici à titre personnel miche).venne@inm.qc.ca L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à F information générale et métropolitaine : O raid D allai re (adjoint au directeur
de

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