Le devoir, 4 juin 2004, Cahier A
ECONOMIE La hausse des stocks américains calme le marché pétrolier Page A 7 WEEK-END Des effluves du Peace and Love Page B 1 LE DEVOIR V o l .X C V X ° 1 2 4 ?LE VENDREDI 1 JUIN 2004 8 7 0 + TAXES la Démission du directeur de la CIA Emu, George Tenet dit partir pour des raisons familiales PASCAL BAROLLIER \\T ashington — Le directeur de la CIA, George Te-V V net, a démissionné hier après des mois de critiques pour n’avoir pas su éviter les attentats du 11 septembre 2001, puis pour des informations erronées sur des armes de destruction massive en Irak qui avaient fondé l’attaque américaine.C’est George W.Bush lui-même, dans le jardin de la Maison-Blanche, qui a annoncé la démission du patron du renseignement, juste avant de s’envoler pour l’Europe, une décision qui a surpris, d’autant qu’il n’en avait pas dit mot durant une conférence de presse quelques minutes plus tôt avec le premier ministre australien, John Howard.Une fois dans l’avion, M.Bush a fait savoir, par l’intermédiaire de son porte-parole Scott McClellan, qu’Û «n’a pas réclamé que Tenet démissionne» et qu’il n’avait pas été averti de son intention avant la veille, mercredi.«H m’a dit qu’il démissionnait pour des misons personnelles; je lui ai dit que j’étais désolé de le voir partir II a fait du superbe tmvail au nom du peuple américain.J’ai accepté sa démission», a dit sobrement M.Bush avant de partir pour l’Italie puis la France, pour commémorer la libération de l’Europe en 1944.M.Bush a souligné les qualités du patron de la CIA, âgé de 51 ans, survivant de la précédente administration, nommé à son poste par le président Bill Clinton en 1997.Il quittera ses fonctions à la ntijuiBet, remplacé temporairement par le numéro deux, John McLaughlin.«George Tenet est le genre de jbnctionnaire avec lequel on aime travailler.B est fort, il est résolu.H a servi son pays comme directeur [de la CIA] pendant sept ans, il a été un dirigeant fort et capable à l’agence, il a été un responsable fort dans la guerre contre le terrorisme.Et je le regrettemi», a dit M.Bush.Réaction de Kerry A cinq mois de l’élection présidentielle où M.Bush brigue un second mandat, son adversaire démocrate John Kerry a déclaré hier quW y a eu des échecs importants dans le renseignement et [que] l’administration doit accepter la responsabilité de ces échecs».«C’est du béton», aurait déclaré Tenet à Colin Powell au sujet des informations attestant de la présence d’armes de destruction massive en Irak VOIR PAGE A 10: CIA Cinq milliards pour les garderies ÈîisLv m-1 JACQUES NADEAU LE DEVOIR «L’expérience du Québec est un véritable phare», a déclaré hier Paul Martin." ' ¦ Le PLC entend créer 250 000 nouvelles places au Canada ¦ Le Québec empocherait 20 % de l’enveloppe KATHLEEN LÉVESQUE TOMMY CHOUINARD Le chef libéral Paul Martin propose de créer un programme national de service de garde calqué sur le réseau québécois des garderies à 7 $.Un gouvernement libéral y contribuerait cinq milliards de dollars en cinq ans afin de créer 250 000 nouvelles places dans l’ensemble du Canada.Le Québec empocherait 20 % de l’enveloppe.Il s’agit là d’un des principaux éléments de la plateforme du PLC que le premier ministre Paul Martin a dévoilée hier dans sa ville natale de Windsor, en Ontario.Pour marquer l’importance de cet engagement et souligner que «l’expérience du Québec est un véritable phare», M.Martin a fait un saut en tin d’après-midi dans une garderie privée de l’est de Montréal.Le programme électoral libéral, intitulé Aller droit devant, détaille les engagements, qui totalisent 27 milliards sur une période de cinq ans.Le document d’une soixantaine de pages propose une série de mesures qui s’inscrivent dans les grands thèmes chers à Paul Martin: la place du Canada dans le monde, renforcer les fondations sociales et bâtir une économie forte.Le gouvernement du Québec s’est réjoui de l’engagement de Paul Martin puisque ce dernier a donné l’assurance que les fonds seraient versés sans aucune condition.«C’est un progrès pour le Québec», a lancé à l’Assemblée nationale le prentier ministre Jean Charesi Le ministre de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, a cependant noté que Québec pourra utiliser comme il le jugera bon les fonds du nouveau programme VOIR PAGE A 10: GARDERIES ¦ Les informations électorales en page A 2 ¦ L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon en page A 8 Après les églises, les couvents et les monastères L’absence de protection des cinquante «ensembles conventuels» de Vile de Montréal inquiète STÉPHANE BAILLARGEON Montréal, la ville au cent clochers, est aussi la cité des cinquante couvents et monastères.Comme les lieux de culte, ce patrimoine religieux, dont certains sites exceptionnels datant de la Nouvelle-France, pose un énorme problème patrimonial et financier aux différents ordres de gouvernement qui demeurent pour l’instant sur leurs positions attentistes.Un rapport d’experts, commandé notamment par la Ville et le ministère de la Culture, datant de dé- tcembre 2002, établit que sur la cinquantaine d’ensembles conventuels «près d’une trentaine se détachent comme des incontournables du l patrimoine des communautés religieuses de l’île de Montréal».De ce lot d’«i»co«-tournables», une quinzaine sont jugés «exceptionnels» tandis que la VOIR PAGE A 10: COUVENTS ¦ L’éditorial de Josée Boileau en page A 8 INDEX •*4 « Annonces_____A4 Avis publics.B 4 Cinéma.B 3 Décès.„.A4 Éditorial.AS Idées .A 9 Météo.-.B 2 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Nature.B 7 Resta.B 5 Sports.B 7 Télévision.B 2 Week-end.B1 Mademoiselle Thatcher 15 minutes de gloire médiatique ont fait de Sabine Hérold, 23 ans, l’égérie de la droite européenne POLITIQUE Charest attise la colère des défusioimistes ¦ À lire en page A 3 ¦*488^ JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Nous sommes déjà allés dans des regroupements de gauche pour nous rendre compte que les jeunes posaient les mêmes questions que nous.Mais ils n’arrivent pas aux mêmes réponses parce qu’ils n’ont pas la culture économique qutil faut», dit Sabine Hérold.FABIEN DEGLISE Les Français la surnomment la «Jeanne d’Arc des libéraux».Les Britanniques, eux, l’ont affublée affectueusement du sobriquet de «Mademoiselle Thatcher».À presque 23 ans, Sabine Hérold préfère plutôt le qualificatif de «Li-Ii», pour libéral-libertaire.«Libertaire, dit-elle, au sens français du terme: qui prône la liberté individuelle».sans pour autant sombrer dans l’anarcho-capitalisme.Avec sa gueule d’étudiante chic, la jeune femme a depuis un an le venj dans les voiles, se baladant, entre deux cours à l’Ecole des hautes études commerciales de Paris où elle étudie actuellement, en France, en Angleterre et depuis hier à Montréal, pour y faire la promotion, à l’invitation de l’Institut économique de Montréal, du «Ce n’est pas néolibéralisme.Prouvant du , même coup que les luttes contre parce qu on ja mondialisation n’intéressent est jeune P38 toujours les jeunes de sa gé-, nération dont plusieurs, comme qu on doit elle, ne s’extasient pas devant être à côté une tasse de café équitable, préférant plutôt rêver de réfor-de la réahté» me de l’appareil gouvernemental, de reforme des programmes sociaux, de disparition de la «mafia syndicale» et de l’entrée du secteur privé dans plusieurs pans de la société.Rien de moins.«Ce n’est pas parce qu’on est jeune qu'on doit être à côté de la réalité», lance-t-elle assise dans un confortable fauteuil imitation Louis XIII de l’Hôtel Intercontinental de Montréal tout en déroulant le foulard de soie autour de son cou.Pas de doute.La militante de la libre entreprise et de la privatisation des soins de santé a le teint crème, les yeux fatigués par un vol transatlantique qui l’a conduite pour deux jours seulement dans la métropole, mais aussi beaucoup d’assurance.Surtout depuis VOIR PAGE A 10: THATCHER La face cachée du pouvoir Elizabeth Abbott Une histoire DES MAÎTRESSES 624 RACES • 29 ‘Ai -4 \ ? LE DEVOIR.LE VENDREDI 4 JUIN 2004 A 2 ELECTIONS 2004 OUEST A Norman Spector Publicité distincte l’occasion de la deuxième semaine de campagne électorale, le Globe and Mail a publié un sondage Ipsos-Reid qui indiquait que le Parti libéral était en chute libre à l’extérieur du Québec, que le Parti conservateur montait partout au Canada, alors que le NPD restait stable à un taux deux fois plus élevé qu’il ne l’était en 2000.Des résultats qui ont forcé les partis politiques à réajuster leur tir en conséquence.Paul Martin s’est finalement décidé à faire son mea-culpa concernant le scandale des commandites, en partie du moins.Stephen Harper a pour sa part dévoilé la mise en place de son équipe de transition — une erreur tactique monumentale qui fera en sorte que les médias s’adresseront maintenant à lui à titre de premier ministre potentiel.Le chef du NPD, Jack Lay-ton, y est allé d’une déclaration étonnante, arguant que nous sommes tous responsables de l’existence des sans-abri.La Colombie-Britannique a reçu une attention particulière.Jack Layton, qui réussit à attirer l’attention du public même lorsqu'il n’attribue pas à Paul Martin le décès de sans-abri torontois, a visité Victoria et Vancouver.M.Martin a également fait un saut de notre côté des Rocheuses, bien qu’il soit demeuré discret Ce n’était d’ailleurs pas une coïncidence si leurs chemins se sont croisés en Colombie-Britannique.Mardi, Ipsos-Reid a signalé que les néo-démocrates avaient l’appui de 14 % des gens de cette province — un appui égal à celui de l’Alberta.Tout le monde a su que c’était une erreur, car il y a véritablement une lutte à trois en Colombie-Britannique.Fait qui a été confirmé un jour plus tard, dans un sondage Léger qui plaçait le NPD à 30 % des voix.Ce qui explique peut-être l’autre attention particulière que nous avons reçue ici et qui a pris la forme d’une publicité télé conçue spécifiquement pour nous.La publicité comprenait trois anciens néo-démocrates, des «poids lourds» dans le parti, qui y expliquaient pourquoi ils s’étaient ralliés aux libéraux.Je dirai simplement que deux de ces trois individus avaient des visages très connus et influents.Autre événement important dans la province, les libéraux ont décidé de laisser tomber un autre transfuge, Keith Martin, le député allianciste sortant de la circonscription d’Esquimalt, Juan de Fuca.Aujourd’hui, Keith Martin est candidat libéral après avoir conclu en janvier que Stephen Harper était trop conservateur à son goût, cela même si Preston Manning et Stockwell Day l’étaient juste assez.Sa décision était sans doute reliée aux sondages qui, à cette époque, démontraient que les libéraux, avec l’aide de transfùges comme, lui et l’ancien député conservateur de la Nouvelle-Ecosse Scott Brison, pouvaient espérer gagner 250 sièges.M.Brison a été nommé secrétaire parlementaire du premier ministre et le camp de M.Martin l’a employé pour faire appel aux conservateurs en Ontario et dans les provinces de l’Atlantique.Ici, dans l’Ouest canadien, la campagne libérale essaie plutôt d’attirer des électeurs néo-démocrates et Keith Martin est donc de peu d’intérêt pour eux.D’ailleurs, il est l’un des défenseurs d’un système de santé à deux vitesses, bien qu’il le cache en disant qu’il soutient *«» système privé parallèle».À mon émission télé Vi Voices, M.Martin prétendait cette semaine que, quand quelqu’un paie pour le rem-placepient d’une hanche dans une clinique privée ou aux États-Unis, cela permet l’ouverture d’une place dans le système public pour les moins fortunés.C’est vrai.Mais il prône ainsi un système dans lequel les médecins seraient dédommagés à la fois par le gouvernement et par les patients, ce qui aurait pour résultat de réduire les pressions politiques sur les gouvernements pour qu’ils révisent le système de santé.Dans ce cas, les moins fortunés n’avanceraient pas dans la queue, mais reculeraient On comprend alors pourquoi ils préfèrent conserver un système public universel.JV ai également interviewé le candidat néo-démocrate Randall Garrison.Celui-ci n’a pas défendu la position de son parti, qui milite contre toute privatisation en santé.Par exemple, il a dit qu’il ne fermerait Eas les cliniques privées d’avortement parce que mrs paiements sont publiquement assurés.Même lorsqu’on a précisé que la clinique Morgentaler au Nouveau-Brunswick exige de l’argent comptant du patient M.Garrison a indiqué qu’il ne la fermerait pas pour autant Cependant tout comme le gouvernement du NPD au Manitoba, il essaierait de l’intégrer au système public.Ce qui prouve que même les néo-démocrates en Colombie-Britannique peuvent en venir à émettre des propositions raisonnables.Norman Spector est chroniqueur politique au Globe and Mail ¦ mm JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le chef bloquiste Gilles Duceppe 'a accompagné de jeunes électeurs chez le président des élections, question d’encourager les gens à exercer leur devoir de citoyen.Bloquistes et libéraux partagent les mêmes valeurs, selon Graham CLAIRANDRÉE CAUCHY Le Parti libéral et le Bloc québécois sont sur la même longueur d’onde sur plusieurs éléments de la politique étrangère canadienne, estime le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, qui réagissait au discours prononcé hier par le chef souverainiste.Lors d’une conférence organisée par le Conseil des relations internationales de Montréal, Gilles Duceppe a rappelé son opposition à une intervention militaire en Irak et plaidé pour un accroissement de l’aide internationale, qui a diminué au cours du règne libéral.Il a aussi privilégié un rôle de maintien de la paix pour les membres des forces armées.Estimant que ces positions concordent avec celles du gouvernement canadien, le ministre des Affaires étrangères Bill Graham a dit croire que ces valeurs sont mieux défendues «dans un Canada fort et uni que par deux pays indépendants l'un de l’autre.» En attendant que le Québec siège au concert des nations, le chef du Bloc québécois croit que la présence d’une forte délégation bloquiste à Ottawa est d’autant plus importante qu’un grand nombre de sujets relevant des provinces, tels la santé, l’éducation ou les affaires urbaines, sont abordés dans les forums internationaux auxquels n’ont accès que les gouvernements des Etats souverains.«Avec toute l’énergie dont il est capable, le Bloc québécois exigera que le gouvernement canadien associe formellement le Québec à toutes les négociations internationales portant sur des sujets qui relèvent des compétences constitutionnelles du Québec», a-t-il déclaré, revendiquant du même souffle une place pour le Québec à l’UNESCO.«Le Québec a des choses à dire au monde, et nous sommes nombreux à penser qu’il est toujours préférable de les dire soi-même, y compris quand nous pensons comme nos amis.» Précisant que le Québec est systématiquement invité à se joindre aux délégations canadiennes, le ministre Graham a exclu la participation formelle du Québec aux débats de l’UNESCO.«Si on veut deux drapeaux sur la délégation, c’est une chose.Mais la question n’est pas là.Est-ce que la voix québécoise est représentée?Dans beaucoup de cas où les intérêts du Québec sont en jeu, ils sont représentés au sein des délégations», a observé M.Graham.Si les positions des deux partis se rejoignent parfois, les pommes de discorde sont nombreuses quant JIM YOUNG.ARCHIVES REUTERS Bill Graham à l’attitude à adopter face aux voisins du Sud.Gilles Duceppe a enjoint hier le premier ministre à refaser toute participation au projet de bouclier antimissiles piloté par les États-Unis.«Cela nous entraînerait dans une néfaste logique d’escalade.[.] C’est une nouvelle course aux armements.» «Nous savons pertinemment que les Américains vont faire un bouclier anti-missile.On ne peut les empêcher de le faire.Il faut au moins négocier avec eux», a répliqué M.Graham Le Bloc s’inquiète de voir le Canada aligner ses politiques sur celles de l’Oncle Sam, notamment avec la mise en place récente d’un ministère canadien de la Sécurité publique, basé sur le modèle américain.À la fin de son discours, Gilles Duceppe a dû répondre à un membre de l’auditoire qui s’inquiétait de voir des nationalistes se réjouir de la perspective d’un gouvernement minoritaire conservateur et envisager de «s’acoquiner avec un parti dont la pensée sur le plan social, environnemental et international est aux antipodes de celle du bloc».Fidèle à sa ligne, M.Duceppe a répété que pour lui, en tant que chef de la formation politique, il était hors de question de s’acoquiner avec qui que ce soit et qu’il sollicitait un mandat fort pour défendre les intérêts du Québec.Le Devoir Les propos de Lapierre insultent des groupes de femmes Vote libre sur l’avortement avec Harper Hamilton, Ontario—Les efforts de Stephen Harper, chef du Parti conservateur du Canada, visant à se présenter comme modéré en matière de politique sociale ont de nouveau fait l’objet de critiques, hier, alors qu’il a révélé qu’il autoriserait un vote Kbre sur l’avortement si un député présentait un projet de foi sur la question.M.Harper a déjà affirmé qu’un gouvernement dirigé par lui-même ne déposerait pas de projet de loi sur l’avortement question susceptible de provoquer des étincelles.D n’avait toutefois fait aucun commentaire quant à la possibilité qu’un tel projet de foi soit présenté en douce, sous la forme d’un projet de foi privé.«De manière générale, je poursuivrais la pratique permettant la présentation de votes libres sur tous les projets de loi émanant de députés», a déclaré M.Harper lors d’une conférence de presse en Ontario.«Je ne verrais les choses autrement que si quelque chose (.] avait un lien direct avec nos engagements électoraux Dans un tel cas défiguré, j'insisterais pour que nous observions la position du parti», a-t-il ajouté.Presse canadienne JOCELYNE RICHER ET MARTIN OUELLET Québec — Les propos du candidat libéral Jean La-pierre sur le drame de Polytechnique et le contrôle des armes à feu ont soulevé hier la grogne des femmes, qui y voient une récupération partisane d’un drame humain.En campagne à Victoriaville, mercredi, le lieutenant politique au Québec du premier ministre Paul Martin a évoqué la tuerie de l’École polytechnique de Montréal, survenue le 6 décembre 1989, pour dénoncer l’intention du chef conservateur Stephen Harper d’abolir le registre des armes à feu.«Un parti qui dit finite contrôle des armes à jeu, est-ce que ça veut dire que nos filles de Polytechnique sont mortes en vain?», s’est questionné M.Lapierre, fors d’un point de presse à Victoriaville, dans les Bas-Francs.Une telle récupération politique du massacre de 14 jeunes femmes par le psychopathe misogyne Marc Lépine répugne à la présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Michèle Asselin.«Ce n est tout simplement pas éthique.On ne saurait se référer au drame de Polytechnique à des fins électo-ralistes, partisanes.Ma réaction est courte, mais lapidaire.Ce n'est pas éthique, ce n’est pas acceptable», selon Mme Asselin, qui dit juger «surprenant» qu’une personnalité publique comme M.Lapierre se livre à de telles manœuvres.La ministre responsable du dossier de la condition feminine ne cache pas avoir éprouvé die aussi un malaise en prenant connaissance des propos de M.Lapierre.«Chose certaine, il est regrettable qu'on associe un événement comme celui de Polytechnique à un enjeu électoral», a dit la ministre Michèle Courchesne, hier.Les groupes féministes sont favorables au contrôle des armes à feu mais estiment que la fin ne justifie pas tous les moyens.Quel que soit le parti porté au pouvoir le 28 juin, la FFQ entend lutter bec et ongles pour le maintien du contrôle des armes à feu, mais il n’est pas question pour elle d’utiliser la tuerie à d’autres fins que pour la prévention de la violence faite aux femmes, a souligné Mme Asselin.S’il croit que Jean Lapierre a employé une formule malheureuse, le Collectif masculin contre le sexisme estime que, sur le fond, le candidat libéral n’a pas tort de s’inquiéter des intentions du Parti conservateur.«Je n’aurais pas utilisé cette formule, mais on a une responsabilité collective pour faire en sorte que moins de femmes se fissent tuer par des hommes», a commenté le porte-parole du Collectif, Martin Dufresne.Selon lui, la position des conservateurs risque de saper des années de travail de la part des femmes «pour contrôler les armes à jeu qui sont aux mains des hommes».Directement concernée, la Fondation du 6 décembre s’en est tenue hier à rappeler sa prise de position en faveur d’un contrôle strict des armes à feu et à dénoncer le programme du Parti conservateur à ce chapitre.«Les victimes de violence par arme à feu souhaitent prévenir les tragédies.Pour ce faire, un contrôle strict des armes est essentiel.M.Harper semble prit à se débarrasser d’un tel contrôle.Les conservateurs semblent oublier le coût élevé que plusieurs d’entre nous ont dû payer pour un contrôle des armes inadéquat», a déclaré la présidente de la fondation, Sylvie Haviernick.Presse canadienne EN BREF Il était un petit navire.Windsor, Ontario — Hollywood n’aurait pas pu faire mieux et les caméramans de la télé n’en croyaient pas leurs yeux A peine Paul Martin arrivait41 au Centre de congrès de sa ville natale pour sa conférence de presse, hier, que son passé le rattrapait aussi sur la rivière Detroit Les grandes baies vitrées de l’édifice, qui offrent une vue spectaculaire sur la rivière et la viDe de Detroit ont permis aux caméramans de capter l’image d’un bateau de la Canada Steamship Lines (CSL) venu saluer son ancien propriétaire.M.Martin, président et directeur général de CSL pendant de nombreuses années, a dû se départir de sa compagnie l’an dernier pour éviter toute apparence de conflit d’intérêts.CSL est désormais la propriété des fils de Paul Martin.- PC Paul Martin Menace de poursuite contre André Bachand Une menace de poursuite judiciaire plane au-dessus de la tête de l’exdéputé conservateur André Bar chand, qui ne se représente pas dans le comté de Richmond-Arthabaska.Son co-organisateur pour la campagne au leadership pour parvenir à la tête de l’ancien Parti progressiste-conservateur il y a deux ans, Rick Peterson, lui réclame 40 000 $.«Il était chez moi, à Vancouver, quelques jours avant de se lancer dans la course, a-t-il expliqué au Devoir.R avait besoin de 35 000 $ pour déposer sa candidature et de 5000 $ pour les premières semaines.Je lui ai donc prêté l’argent parce que je croyais en lui.Mais là, il ne veut pas me rembourser cette somme et ne fait aucun effort pour lever des fonds.La poursuite est prête, il me reste à la déposer.» Rick Peterson jure que son intention n’est pas d’affecter la crédibilité d’André Bachand, qui vient d’appuyer la candidate libérale de son ancienne circonscription.Chantal Bernier, l’adjointe exécutive de M.Bachand, est persuadée du contraire.«Qu’il la dépose, sa poursuite, et on va régler ça en cour, dit-elle.Ça fait six mois qu’il nous menace avec ça et il ne fait toujours rien.R était le responsable des finances pour la course au leadership de M.Bachand, c’était à lui de trouver cette somme.C’est juste pour salir sa réputation en pleine campagne électorale.Ça ne nous inquiète pas du tout.» - Le Devoir Question d’interprétation S le premier ministre Jean Charest a révélé en début de semaine qu’il voterait non fors du référendum du 20 juin prochain sur la défusion de Westmount, il se montre moins loquace pour ce qui est du scrutin fédéral du 28 juin.Le candidat conservateur dans West-mount, Robert Gervais, affirme toutefois avoir l’appui du célèbre résidant de sa circonscription.M.Gervais n’était pas peu fier mardi soir, lors de l’ouverture du comité électoral de son collègue d’Ou-tremont, André Rousseau, d’affirmer au Devoir que M.Charest le soutenait Pour ce nouveau venu en politique, cet appui est d’autant plus important que M.Charest a été le chef du Parti conservateur avant sa fusion avec l’Alliance canadienne, «fêtais au coin de la rue Sherbrooke pour rencontrer des citoyens et, tout à coup, une fourgonnette s’est arrêtée.Jean Charest est descendu et m’a assuré de son appui», a raconté Robert Gervais.Le lendemain, le candidat conservateur apportait toutefois des nuances.«Je crois que je l’ai convaincu, mais il ne va pas m’appuyer publiquement», a-t-il souligné.Au cabinet du premier ministre, on a confirmé que M.Charest avait rencontré M.Gervais au cours de la fin de semaine dernière.M.Charest a salué M.Gervais, dont il connaît le père.«Mais il ne faudrait pas voir là un appui à M.Gervais», a spécifié l’attachée de presse du premier ministre, MarieClau-de Champoux Robert Gervais fait face à la ministre libérale Lucienne Robillard.- Le Devoir Jean Charest Non merci, dit Dumont Québec — Le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, n’entend ni se joindre à un éventuel gouvernement conservateur ni faire le saut en politique fédérale sous la bannière de quelque parti que ce soit C’est en ces termes que le cabinet du chef adéquiste a réagi à un article publié hier par La Presse dans lequel un candidat conservateur albertain, Jason Kenney, exprime le souhait que son chef Stephen Harper offre un poste de ministre à Mario Dumont si son parti remporte les prochaines élections sans gagner un siège au Québec.«Mario Dumont est flatté par cette proposition, mais il n’est pas intéressé», a affirmé l’attaché de presse du chef adéquiste, Jean-Nicolas Gagné.D a précisé qu’aucune offre n’avait encore été faite à Mario Dumont Et si le Parti conservateur l’approchait il rejetterait toute proposition.«R n’est pas intéressé à se lancer en politique fédérale», a ajouté M.Gagné.Le plus récent contact que Mario Dumont a eu avec Stephen Harper remonte à la victoire de celui-ci lors de la course au leadership du Parti conservateur.«Cétait pour le féliciter», a noté Jean-Nicolas Gagné.L’attaché de presse a cependant reconnu que plusieurs adéquistes militent au sein du Parti conservateur et qu’«il y a des affinités» entre l’ADQ et ce parti.«Mais on n’est pas une succursale», s’est-il empressé d’ajouter.- Le Devoir Un problème venu du Sud Winnipeg — Les problèmes du Çanada avec les armes à feu ont pour origine les Etats-Unis et un gouvernement néodémocrate ferait pression sur les Américains pour qu’il y ait un meilleur contrôle sur leur territoire et moins de problèmes id, a affirmé hier le chef du NPD, Jack Layton.«Nous nous concentrons sur la démonstration de plus en plus appuyée que les armes illégales en provenance des Etats-Unis constituent le plus gros problème, a dit M.Layton aux journalistes.Nous proposons de traverser la frontière jusqu aux États-Unis et de faire du lobby pour que les lois sur le contrôle des armes à feu aux Etats-Unis soient renforcées.»-PC LE DEVOIR.LE VENDREDI 4 JUIN 2 0 0 4 A 3 ACTDALITES Manon Cornellier Une bonne affaire, vraiment?Pour la présentation de son programme électoral, hier, le chef libéral Paid Martin avait revêtu les habits qui le distinguaient lorsqu’il était à la tête du ministère des Finances.Le document respirait la crédibilité, l’extrême prudence financière et la concentration des efforts.Comme aux Finances, il s’est donné une énorme marge de manœuvre pour faire face aux pires imprévus.Ainsi, il prévoit que les surplus financeront toutes ses promesses de 28,3 milliards sur cinq ans.D lui restera encore 15 milliards sur cinq ans en réserve pour éventualités et 12 milliards en réallocation de fonds.On peut dire qu’il ne promet pas de faire des folies.En fait, si on a un reproche à lui faire, c’est encore une fois d’utiliser sa richesse pour s’immiscer dans les affaires des provinces.Des 28,3 milliards de dépenses promises sur cinq ans, 19,5 milliards sont destinés à la santé, aux villes et aux garderies, trois domaines de compétence provinciale exclusive.On aurait voulu faire une démonstration du déséquilibre fiscal qu’on n’aurait pas fait mieux.Comme le disent les provinces, l’argent est à Ottawa et les besoins financiers, chez elles.Si ces dernières avaient directement accès aux fonds promis, c’est-à-dire à travers un meilleur partage de l’assiette fiscale entre Ottawa et les provinces, elles n’auraient pas besoin d’attendre la générosité de M.Martin pour effectuer les améliorations souhaitées dans les trois domaines visés.Le chef libéral reconnaît que les provinces ont des difficultés financières et dit vouloir en parler avec elles, mais lui qui propose de céder aux villes une portion de la taxe fédérale sur l’essence évite soigneusement d’évoquer une solution similaire pour les provinces, qu’il s’agisse d’un transfert de points d’impôt ou d’une portion de la TPS.Certains diront que la grande différence entre M.Martin et ses prédécesseurs se trouve dans la manière.Paul Martin promet effectivement d’adopter une approche plus coopérative et l’a redit hier.D parlait encore de collaborer, de discuter, de négocier et surtout de s'entendre avec les provinces.Mais encore une fois, les libéraux définissent à l’avance les paramètres qui devront guider leurs partenaires.Ensuite, l'objectif de faire d’Ottawa un partenaire à part entière dans des domaines de compétence provinciale demeure, tout comme celui d’en arriver, dans ces mêmes domaines, à des objectifs communs et uniformes à l’échelle du pays.?Dans le cas des garderies, le programme libéral offre le Québec en exemple.Les principes qu’on veut voir respecter en échange des fonds fédéraux sont copiés sur le modèle québécois.Québec n’aurait, par conséquent, aucun changement à apporter à son programme pour recevoir l’argent d’Ottawa qui serait versé, insiste-t-on, sans condition et en bloc, à travers les transferts sociaux existants.On ne doute pas de la générosité des intentions de M.Martin, surtout quand on voit l’état déplorable des services de garde à l’extérieur du Québec.Le Québec compte à lui seul plus de places en garderies accréditées que toutes les autres provinces réunies, y compris le riche Ontario.M.Martin veut vraiment les inciter à se mettre à la tâche et, pour cette raison, les laissera libres d'investir ou non.Il exigera par contre, en échange des fonds fédéraux, l’adoption d’une loi intégrant les principes proposés et la mise sur pied de services accrédités à but non lucratif Il y a de la souplesse et une volonté manifeste d’éviter un accrochage avec Québec, mais ça ne rend pas le procédé moins préoccupant Ce n’est pas parce que les principes sont acceptables que le mécams-me pour les imposer l’est Les principes de qualité, d’universalité, d’accessibilité et d’appui au développement de l’enfant coïncident avec ceux de Québec, mais en les coulant dans le béton, on retire à Québec le pouvoir de les changer, à moins d’être prêt à en subir les conséquences financières.L’histoire des principes canadiens en matière de santé est éclairant à cet égard.Ces derniers ont été inscrits dans une loi au début des années 1980 afin justement de donner au fédéral le pouvoir de pénaliser les provinces qui en dévieraient.Ottawa s’est donné par la même occasion le pouvoir unilatéral de les interpréter.En plus de se transformer en vache sacrée, ces principes se sont transformés rapidement en carcan.Cela ne veut pas dire que ces principes ne sont pas valables, au contraire, mais en écartant les provinces de leur interprétation, elles qui sont responsables de leur application et de la gestion des services, Ottawa s’est imposé comme le gendarme d’un système dont il n’assume pas la responsabilité.M.Martin s’est engagé à clarifier cette question d’interprétation et d’adopter un mécanisme formel de règlement des différends, mais il a fallu des années de protestations provinciales pour en arriver là.Faudra-t-il développer les mêmes outils dans le domaine des garderies?On peut se dempider si, pour le Québec, le jeu en vaut la chandelle.À lui seul le gouvernement québécois dépense autant par année que le ferait le fédéral à l’échelle du pays, selon le plan libéral (cinq milliards sur cinq ans).Comme les sommes seront partagées en respectant le poids démographique de chaque province, on peut assumer que le Québec recevra en moyenne 200 millions par année, bien que les modalités de versement restent à négocier.Ce n’est quand même pas le Pérou, car Ottawa économise environ 200 millions par année au Québec en crédit d’impôt pour frais de garde.Un grand nombre de parents québécois paient moins cher qu’ailleurs pour les services de garde et n’ont donc pas droit à ce crédit Comme c’est le gouvernement du Québec qui, dans les faits, assume la facture à travers son réseau public de garderies à 7 $, n demande depuis des années qu'Ottawa lui retourne les économies réalisées.Ottawa a toujours refusé.mcomellief&ledevoir.com Les technologistes s’inquiètent des PPP Charest attise la colère des défusionnistes En déclarant qu’il voterait non au référendum, le premier ministre a perdu des alliés ANTOINE ROBITAILLE > est comme si l’on se faisait violer dans iambu-^ lance par celui qui était venu nous sauver», lance Ginette Durocher, porte-parole du comité du «Oui» de Saint-Bruno.C’est ainsi que cette dernière, principale leader des défusionnistes de la Rive-Sud, illustre le sentiment de ses militants à l’égard du Parti libéral du Québec.L’annonce, par Jean Charest, en début de semaine, qu’il voterait non à la défusion dans sa ville de West-mount, a éveillé une colère inouïe dans les milieux défusionnistes.La goutte qui a fait déborder le vase.•Bien sûr, il a le droit de voter comme il le veut», précisent certains, comme Réjean Simard, ancien maire de la ville de La Baie au Saguenay, où il n’y a pas eu assez de signatures dans le registre pour justifier un référendum.•Mais moi, à sa place, je me serais abstenu», disent plusieurs autres, comme Francine Gad-bois, porte-parole défusionniste de Boucherville.•Des ennemis, il en a déjà pas mal, fait-elle remarquer.A sa place, je me serais tu.Un vote c’est secret.» Ed Janiszewski, maire défusionniste de Dollard-des-Ormeaux, raconte avoir expédié une lettre à Jean Charest pour lui faire savoir qu’il ne voterait plus jamais pour lui.•H n’a pas vraiment rempli sa promesse.Il nous a rendu la vie tellement difficile.On travaille comme des chiens nuit et jour pour obtenir notre 35 %, le 20 juin.» Notons que la seconde période de révision de là liste électorale se termine demain.Leur colère, explique Réjean Simard, sera comme un •boomerang», une sorte de •bombe qui va leur péter dans la face au moment où ils s'y attendront le moins».Peter Trent, ancien maire de Westmount, affirme, en parlant de Jean Charest •C’est très malhabile de nous avoir traités aussi mal.Je suis un libéral.Mais je ne suis pas très content de mon parti.» Dans le camp des défusionnistes, on dit que le slogan sera dorénavant ‘Je me souviendrai des défusions partielles».Ginette Durocher affirme que des gens n oublieront pas qu’ils ont tout fait pour que ça ne fonctionne pas alors qu'on les a fait élire.Ça va faire très mal au Parti libéral», déclarë-t-elle en rappelant qu’elle a voté libéral en 2003.La défusionniste dit avoir en main une lettre signée par Jean Charest promettant de permettre de vraies défusions.Or, entre cette lettre et la loi 9, «i/y a tout un monde», affirme-t-elle.Autre parti?Francine Gadbois, de Boucherville, prétend qu’il sera plus difficile que jamais de faire un choix aux élections provinciales entre les libéraux, qui «* ont cessé de nous mettre des bâtons dans les roues» et les fusionnistes du PQ, et ceux de l’ADQ.Dans l’ouest de l^e de Montréal, certains évoquent la nécessité d’un nouveau parti politique provincial.Ed Janiszewski n'y va pas de main morte: •Actuellement, entre les péquistes et les libéraux, c’est comme si on avait le choix entre le cancer ou la maladie du coeur» D écarte l’idée d’un nouveau Parti Égalité et lance: •Pourquoi pas un Parti conservateur au provincial?» L’élu de Dollard-des-Ormeaux (DDO) croit à la nécessité de modifier la loi 9 et prétend que les villes de l’Ouest de l’île qui défusionneront •travailleront ensemble».Création d’une West Island City?•Non, répond M Janiszewski, on plaide pour l’efficacité de petites entités, ce serait illogique d’en créer une plus grosse.» 11 fait cependant remarquer que pour contrebalancer le pouvoir du maire de Montréal, qui présidera l’agglomération, tout comme pour réclamer de nouveaux pouvoirs de Québec, les villes de l’ouest de l’île devront s’unir d’une façon ou d’une autre.Le Devoir GUILLAUME B O U R G AU LT-C ÔTÉ L* instauration d’un partenariat public-privé (PPP) r pour réaliser les analyses de laboratoire constituerait une grave erreur pour le Québec, craint IA* sodation professionnelle des technologistes médicaux (APTMQ), qui appelle le gouvernement à ne pas céder au «chant des sirènes» du lobby privé.Selon l'association, la gestion du réseau par le public a fait ses preuves.Le coût des analyses par habitant serait ainsi annuellement de 61 $ au Québec, contre 116 $ en Colombie-Britannique et 90 $ en Ontario.La moyenne canadienne est de 77 $.•La raison principale de cet écart, c’est qu’au Québec, le réseau est géré par le public, tandis qu ’ailleurs, on a des PPP», analyse la présidente de l’APTMQ, Francine Genest.Cette dernière convoquait la presse, hier, à Montréal, pour exprimer les inquiétudes de l’association par rapport aux informations filtrant du processus de réorganisation du programme de biologie médicale.Bien qu’il n'y ait pas encore de preuve tangible que le gouvernement Charest s’apprête à faire plus de place aux laboratoires privés, Mme Genest préfère «prévenir plutôt que guérir».Son association a été mise au courant des activités d’un comité mis sur pied par le Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) et le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), auquel le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) collabore, et qui •étudie sérieusement la possibilité d’ouvrir grande la porte à la privatisation totale ou partielle des services de laboratoire qui desserviront les nouveaux hôpitaux du CHUM et du CUSM.» Francine Genest craint que le gouvernement ne cède à la •vague de fond des PPP» et offre au privé les tests en laboratoire les plus communs et les plus payants, ceux de glycémie et de cholestérol sanguin, par exemple.•Considérant ce qui se passe ailleurs au Canada, on ne s’explique pas l’intérêt actuel du gouvernement pour le secteur privé», dit Francine Genest.Elle rappelle qu’en Colombie-Britannique, l’arrivée des PPP a fait exploser les coûts, notamment parce que le volume des analyses avait grandement augmenté.Le Devoir Appendicite aigüe : trois patients sur quatre attendent trop longtemps ISABELLE PARÉ Une étude révèle que 75% des patients qui ont souffert d’appendicite aiguë entre 1993 et 1999 à Montréal n’ont pas été opérés à l’intérieur des délais médicalement recommandés, soit moins de six heures après leur arrivée à l’urgence.Cette étude, pilotée par le Dr Pierre Tousignant, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de MontréalCentre, visait à vérifier à les transformations faites dans le réseau de la santé à Montréal entre 1993 et 1998 avaient eu un impact sur les taux de péritonite, une condition qui peut être mortelle et qui découle d’une appendicite aiguë qu’on tarde à traiter.Si les chercheurs concluent que le faux de péritonite est resté relativement stable à Montréal pendant toutes ces années, malgré les soubresauts qu’a vécus le réseau, ils ont constaté que 75 % des patients n’ont pu avoir accès à la salle d’opération à l’intérieur des délais suggérés par les normes cliniques.En fait, les trois quarts des patients qui ont été admis à l’uigence en raison d’une appendicite aiguë dans 14 hôpitaux de la métropole ont attendu plus de six Congrès mondial contre la peine de mort GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Pendant quelques jours à l’automne, Montréal deviendra la «capitale internationale des droits humains», en accueillant le 2' Congrès mondial contre la peine de mort Un grand rassemblement qui permettra notamment aux organisateurs de demander au Canada d’interdire l’extradition de prévenus qui encourent la peine de mort dans leur pays d’origine.Le congrès devait initialement se tenir aux Etats-Unis.Mais un manque de soutien financier local a forcé l’organisateur Michel Taube, fondateur d’En-semble contre la peine de mort, à déplacer le lieu du pow-wow.Un mal pour un bien, disait cette semaine le militant français.«On aime bien l’idée d’un pays abolitionniste bordé par un pays qui ne l’est pas.La politique américaine de condamnation est un symbole très fort sur le plan mondial, un grand paradoxe pour une démocratie.Réunir des abolitionnistes de partout aux portes de ce pays et délivrer un message puissant peut avoir un impact», estime celui qui croit que «la question de la peine de mort a maintenant une consonance internationale, après avoir longtemps été une affaire nationale.» Aussi, Michel Taube mise sur l’implication des nombreuses communautés étrangères établies à Montréal pour donner de l’écho aux revendications.«J’aimerais voir des Chinois, des Saoudiens, des Cubains participer à la grande marche organisée».L’auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad, présent hier lors de l’annonce officielle, promet d’être aux premières lignes, «choqué et heurté» qu’il est par la reprise des exécutions chez lui, au Liban.L’une des revendications principales des congressistes sera d’inciter plusieurs pays à ratifier le Protocole n” 2 du Pacte des droits civils et politiques de l’ONU, qui interdit la peine de mort Actuellement plus de 70 pays appliquent toujours la peine de mort dans le monde.La Chine est celui qui s’en sert le plus.Le premier congrès mondial s’est tenu à Strasbourg, en juin 2001, et a mené à la création de la Journée mondiale contre la peine de mort célébrée pour la première fois le 10 octobre 2003.Le Devoir heures pour être opérés.Le délai moyen a même atteint 12 heures pour ces patients.Or, dans les cas d'appendicite aiguë, il est reconnu que les délais de traitement augmentent le risque de développer une péritonite, une infection grave de la paroi abdominale.•Notre étude ne permet pas de dire que les transformations dans le réseau ont entraîné plus de péritonites, car les taux sont restés stables.Mais elle a mis en exergue un réel problème d’accès aux salles d’opération, caries délais observés pour que les patients y aient accès étaient trop longs et dépassaient les normes cliniques acceptées», explique le Dr Tousignant Les conclusions de l’étude, qui ont été soumises aux 14 hôpitaux participants, ne permettent pas de dire que plus de patients ont souffert des suites de ces péritonites ou sont décédés de cette maladie.Mais compte tenu des délais observés, les chercheurs affirment que le «système en est rendu à ne pouvoir répondre rapidement qu'aux cas les plus urgents».En effet seuls les patients qui arrivaient en salle d’urgence présentant déjà une condition grave associée à la péritonite ont été traités dans des délais rapides.L’étude s’étant échelonnée de 1993 à 1999, il est impossible de dire si cette situation persiste aujourd’hui ou s’est aggravée.Les taux de péritonite, qui indiquent la proportion d’appendicites mal soignées, sont souvent utilisés comme un indicateur de l’efficacité des services de santé par les chercheurs.Dans ce cas-ci, on n’a pu établir que les bouleversements vécus dans les hôpitaux à Montréal au cours des années 1990 ont provoqué une hausse des taux de péritonite, comme cela fut observé dans d’autres pays.Selon la littérature médicale, la proportion d’appendicites aiguës dégénérant en péritonites oscille entre 17 et 19 %.Après avoir passé en revue des milliers de dossiers médicaux, les chercheurs ont observé un taux moyen d’appendidte avec péritonite d’un peu plus de 20 % à Montréal, mais qui fluctue considérablement d’un hôpital à l’autre, allant de 9,5 % à plus de 34 %.L’étude constate de fréquentes erreurs de codificar tion dans les dossiers médicaux, mais qui n’expliqueraient pas, à elles seules, les fortes variations observées dans les taux entre hôpitaux Le Devoir AUSTRIAN « Airlines > bJilWjUilUjUl SIERRA LEONE VENEZUELA Le tribunal spécial entend ses premiers accusés LAUREN GELFAND Freetown — Le tribunal spécial pour la Sierra Leone, chaîné de juger les principaux responsables des atrocités commises durant la guerre civile qui a fait jusqu’à 200 000 morts, a ouvert la première audience de son histoire hier à Freetown, plus de deux ans après sa création.Le procès s’est ouvert en présence des trois premiers accusés, d’anciens chefs des milices pro-gou-vernementales de chasseurs traditionnels Kamajor, dont l’ex-ministre Sam Hinga Norman, vêtu d’un grand boubou blanc et arborant un air détendu, presque moqueur.Fier et sûr de lui, il a créé la smprise dans l’après-midi en annonçant qu’il renvoyait ses avocats pour assurer seul sa défense.En réponse à cette annonce, quelques heures seulement après le début du procès, le juge Benjamin Itoe a ajourné les audiences jusqu’au mardi 8 juin.Hinga Norman, Moinina Fofana et Allieu Konde-wa sont encore considérés par de nombreux Sierra-Léonais comme des héros nationaux pour leur lutte sans merci contre les rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) qui ont déclenché le conflit en 1991 et leur engagement aux côtés du président élu Ahmad Tejan Kabbah, toujours en fonction après sa réélection.Ds doivent pourtant répondre de huit chefs d’accusation, dont ceux de crimes de guerre et contre l’humanité.«La loi a été rétablie en Sierra Leone, et elle se tient aux côtés de tous les Sierra-Léonais contre ceux qui ont cherché à les détruire.Les fantômes de milliers de morts assassinés sont parmi nous, ils réclament un procès juste et équitable pour faire savoir au monde ce qui s’est passé ici, en Sierra Leone», a lancé le procureur David Crane.Uopposition aura son référendum contre Hugo Chavez JORGE SILVA REUTERS Un supporter du président Chavez au cours d’une manifestation hier, à Caracas.* ^ Caracas — Le Conseil national électoral (CNE) du Venezuela a annoncé hier que l’opposition avait réuni suffisamment de signatures pour qu’un référendum puisse être convoqué début août contre le président Hugo Chavez.Le référendum susceptible de révoquer le mandat du président Chavez aura lieu normalement le 8 août, compte tenu des délais prévus par le CNE pour son organisation.Jorge Rodriguez, l'un des dirigeants du CNE, a précisé lors d’une conférence de presse que l’opposition avait rassemblé 2 451 821 signatures valides, soit un peu plus que les 2 436 083 considérées comme nécessaires pour déclencher la procédure du référendum.M.Rodriguez a estimé que même si les chiffres sur le nombre de signatures sont préliminaires, «il est probable que cette tendance se maintiendra».Sujet à caution La Constitution «bolivarienne», proposée par M.Chavez lui-même et approuvée en décembre 1999, per- met de convoquer un référendum ré-vocatoire à la mi-mandat si au moins 20 % des 12 millions d’électeurs le demandent, soit un peu plus de 2,43 millions de personnes.L’opposition avait recueilli début décembre plus de trois millions de signatures mais le CNE avait estimé en mars que plus d’un million étaient sujettes à caution.Pendant trois jours.jusqu'à dimanche dernier, un processus de vérification a été organisé par le CNE.Il suffisait de 555 215 signatures certifiées pour que le référendum puisse avoir lieu.L’opposition avait affirmé que plus de 700 000 signatures avaient été confirmées, ce que démentaient les milieux gouvernementaux qui parlaient d’un échec de l'opposition.Pour gagner le référendum du 8 août, l’opposition devra obtenir au moins le même nombre de voix que celles rassemblées par M.Chavez lors de son élection en 2000 (3 757 763), à la condition qu’il y ait 25 % de participation, soit trois millions de votants.L’annonce de la tenue du référendum s’est produite à l’issue d’une journée de violences à Caracas au cours de laquelle des partisans présumés de M.Chavez ont attaqué les sièges du journal El Nacional et de la chaîne de télévision Radio Caracas Television (RCTV), à coups de pierres, et mis le feu à des pneus, à des camions et à une moto de la police.Agence France-Presse IRAK Sistani soutient l’exécutif du bout des lèvres Agence France-Presse \ «V | * '-J * BEN CURTIS REUTERS Sam Hinga Norman, accusé de crime de guerre en Sierra Leone, a prêté serment devant la cour internationale.EN BREF Qui était l’informateur de Chalabi?Washington — Les autorités américaines cherchent qui a pu transmettre au responsable irakien Ahmad Chalabi le§ informations ultra-secrètes dont disposaient les Etats-Unis sur l’Iran, qu’il aurait ensuite fait passer à Téhéran.La conseillère présidentielle à la sécurité nationale Condoleezza Rice a indiqué, lors d’auditions pariementaires à huis clos, que la police fédérale (FBI) cherchait à savoir qui avait transmis ces informations au chef du Congrès national irakien (CNT), selon le Washington Post d’hier.Mme Rice a confirmé qu’Ahmad Chalabi, un ancien protégé du Pentagone et du vice-président Dick Cheney, était fortement soup çonné d’avoir fait savoir au régime iranien que les Américains avaient percé les codes chiffrés de ses transmissions.Le New York Times a indiqué de son côté que le FBI avait commencé à soumettre des civils travaillant au Pentagone et ayant accès aux codes iraniens à des tests au détecteur de mensonge.-AFP Tiananmen : opposants sous haute surveillance Pékin — Le gouvernement chinois a placé les opposants sous haute surveillance pour le 15r anniversaire du massacre de Tiananmen, tandis que les appels à la libération des dissidents se sont multipliés à l’étranger et que les leaders du mouvement de 1989 se réunissaient à Washington.«Je suis surveillée 24 heures sur 24.Une voiture est garée devant chez moi.Les policiers sont bien sûr en civil.Ils sont jeunes dans la vingtaine, et Impolis», raconte à l’AFP Ding 21m, «mère de Tiananmen» qui a perdu son fils dans la nuit du 3 au 4 juin Q y a 15 ans et a entrepris de dresser la liste des victimes, jamais publiée par le gouvernement Sebn des estimations effectuées sur la base de témoignages, des centaines, voire phis d’un millier de personnes sont mortes lors de l’intervention de l’armée contre la population civile de la capitale chinoise.-AFP Bagdad — Le grand ayatollah Ali Sistani a ap porté hier un soutien prudent au nouvel exécutif irakien lui demandant d’agir pour rétablir la sécurité, alors que des obus de mortier se sont abattus près de l’ambassade d’Italie à Bagdad, faisant des victimes.L’ayatollah Sistani «affiche son espoir» que ce gouvernement intérimaire «désigné, sans légitimité électorale, et ne représentant pas toutes les catégories de la société irakienne et les forces politiques [.] puisse faire la preuve qu’il est efficace et honnête», indique un communiqué publié par le bureau du prestigieux dignitaire chiite à Naja! Le nouvel exécutif a été mis en place mardi à la suite de tractations entre la coalition, le Conseil de gouvernement aujourd’hui dissous et l’émissaire de l’ONU Lakhdar Brahimi.AH Sistani a fixé quatre tâches à ce gouvernement ¦ agir pour obtenir des Nations unies une décision rétablissant la souveraineté complète au peuple irakien; ¦ assurer la sécurité dans tout le pays; ¦ offrir des services pubHcs aux citoyens; ¦ et préparer sérieusement les élections générales en maintenant la date décidée pour le début de 2005.Le nouveau premier ministre lyad Allaoui a reçu de son côté la direction du comité ministériel chargé de la sécurité nationale, au moment où les discus- sions se poursuivent à l’ONU sur la formulation d’une résolution sur les modalités du transfert de souveraineté.Deux morts et des blessés À Bagdad, deux Irakiens ont été tués et plusieurs autres blessés dans la chute d’obus de mortier près de l’ambassade d’Italie, un pays dont le gouvernement a soutenu la guerre en Irak, selon des sources poUcière et médicale.«Cinq obus de mortier sont tombés dans les environs de l’ambassade d’Italie, dont un sur un restaurant, à une dizaine de mètres [de la chancellerie] tuant deux Irakiens et en blessant trois autres», a indiqué la poüce.A Koufà (centre), cinq Irakiens ont été tués et neuf autres blessés lors d’affrontements entre miliciens du chef chiite radical Moqtada Sadr et des soldats américains, a indiqué une source hospitaüère.La coaHtion a fait état, de son côté, A'«un nombre conséquent d’assaillants» tués par les GFs.Selon elle, les combats ont débuté lorsque des troupes américaines ont voulu effectuer une fouille dans une école d’où des müiciens auraient tiré des obus de mortier.«Alors qu’ils approchaient de l’école, les soldats ont essuyé des tirs de mortier, de RPG et d’armes légères.Ils ont répliqué», a indiqué le communiqué.Cette ville située à 170 km au sud de Bagdad est le théâtre d'affrontements quotidiens en dépit d’une trêve censée être en vigueur depuis jeudi de la se- T' ie dernière.Baaqouba, un poUcier et un garde du corps de la fille de l’adjoint du gouverneur de cette ville située au nord-est de Bagdad ont été tués par des tirs d'inconnus, a indiqué à l’AFP un autre garde du corps.D’autre part, des témoins ont affinné avoir trouvé un officier de sécurité du gouvernorat gisant mort dans une rue du centre-ville.Un médecin de l’hôpital de Baaqouba, Kaissar Mohammar, a indiqué qu’un cadavre avait été emmené à l’hôpital «une balle dans la tête».A Béni Saad (20 km au sud de Baaqouba), un poUcier a été blessé par des tirs alors qu’il se trouvait à un poste de contrôle tenu par le Corps de la défense civile irakienne (ICDC, auxiliaire de l’armée) et la police.A Kirkouk (nord), un traducteur irakien travaillant pour la coalition dirigée par les États-Unis est mort brûlé dans sa voiture, mercredi soir après une attaque contre la principale base miHtaire américaine dans cette ville pétroUère, a indiqué hier la pohce.Dans cette même ville, le rédacteur en chef de trois hebdomadaires a été tué lorsque des assaillants ont lancé une grenade sur sa voiture, selon la poüce.Agence France-Presse La RDC accuse le Rwanda d’«agression» ISRAËL Le compromis sur Gaza s’estompe Sharon menace de limoger deux ministres CHARLY WEGMAN T érusalem — Le premier ministre israéüen Ariel J Sharon a convoqué pour ce matin deux ministres d’extrême droite pour les limoger, après l’échec des efforts en vue d’un compromis qui devait permettre au cabinet de voter dimanche le plan de retrait de Gaza, selon les médias israéüens.Avigdor Lieberman (Transports) et Benny Eilon CTourisme) doivent se rendre aujourd’hui à la présidence du Conseil à Jérusalem où M.Sharon devrait en principe leur remettre les lettres de limogeage.Cellesci seraient effectives 48 heures plus tard, ce qui permettrait à M.Sharon de remplacer ces deux ministres par des personnaütés lui assurant une majorité au cabinet lors des discussions sur son plan de retrait de la bande de Gaza dimanche.Mais selon la télévision publique, les deux ministres ont indiqué qu’ils ne répondraient pas à la convocation de M.Sharon, ce qui contraindrait ce dernier à leur transmettre les lettres de limogeage par courrier et retarderait leur remplacement Quoi qu’il en soit, ces deux ministres ne seraient pas autorisés à participer à la séance du gouvernement dimanche, et ce dernier pourrait se prononcer sur le plan de retrait Pour l’heure, 11 ministres approuvent ce plan, contre 12 qui s’y opposent Vains efforts La ministre en charge de l’intégration des immigrants, Tzippi livni, s’est évertuée hier à formuler un compromis sur ce plan susceptible d’être voté par le cabinet tout en préservant l’unité du Likoud (parti de M.Sharon) et la coaHtion gouvernementale.Mais ses efforts visant à ralHer à ce compromis les ministres «durs» du likoud, Benjamin Nétanyahou (Finances), Sylyan Shalom (Affaires étrangères) et Limor Livnat (Éducation), n’étaient pas couronnés de succès hier soir.En vertu de ce compromis, le cabinet devait adopter le plan de retrait échelonné de M.Sharon, qui prévoit l’évacuation des 21 colonies de la bande de Gaza et de quatre autres isolées en Cisjordanie.Selon cette formule, le cabinet aurait cependant été appelé à voter à nouveau pour l’évacuation effective des colonies, qui nécessite des préparatifs de plusieurs mois.Faute de compromis sur ce plan, le Likoud et la coaHtion gouvernementale de M.Sharon étaient condamnés à une très grave crise.Agence France-Presse Bukavu — La République démocratique du Congo (RDC) a accusé le Rwanda A'«agression», ce qu’a démenti KigaH, après la prise de Bukavu (est de la RDC) par des soldats dissidents congolais, alors que de violentes manifestations anti-ONU se sont multipüées hier en RDC.La tension pourrait toutefois retomber après l’engagement pris auprès de l’ONU par le chef des soldats dissidents, le général Laurent Nkunda, qui a annoncé le retrait de ses hommes de Bukavu à partir d’hier après-midi — ce qui s’est confirmé, de source onusienne.Mercredi soir, le président congolais Joseph Kabila avait décrété une «mobilisation générale», affirmant que la prise de Bukavu constituait «clairement une agression parles troupes rwandaises».Le gouvernement rwandais a rejeté ces accusations hier, affirmant que KigaH «n’a pas été impliqué, ni de près ni de loin» dans la prise mercredi de la viDe de Bukavu, à la frontière entre le Rwanda et la RDC.Les accusations de Kinshasa, le démenti de KigaH et la question etnnique de la communauté banyamu-lenge, ces Tutsis congolais d’origine rwandaise que les dissidents affirment vouloir protéger, rappellent étrangement le début des rébelHons en RDC en 1996 et 1998, qui avaient été activement soutenues par le Rwanda Agence France-Presse choix comme ça, j’en ai jamais vu St-Basile-le-Grand St-Jean-sur-Richelieu 267, boul.Laurier 126, rue Jacques-Cartier Nord 450.653.1556 450.346.1090 1 800.363.9408 1 800.363.1090 ETHIER MAISON Le plus grand choix de meubles au pays \ 4 f LE DEVOIR LE VENDREDI 4 J l' I N 2 0 0 4 A 6 LE MARCHE BOURSIER Autre T 7343 Aberdm 1699» Aberdeen 19407 AbtoxC 113543» Accord Fin 3320 Acdsys 44400 Acetex 2931» AD Opt 55» Adastra Unrls5415W AOBSyso 247» Adeptrono AOfSrf 6725 205» Adherexo 1830» Adnano 200» AOSIncA 24» Advarrtxo 165975 AeconGr 195067 AetemaZenterl 49251 Alun Mmtng O 1131 AFMo 3» AfnOreo 375» AgfBF 135131 AgrecoE 1361» Agncorea 36 Agncnrtd 1253» Agrium AIC Diver 590444 41» AIC Global A 65» AlCGIobilPr 10» Ainsworth 13455 Air Canif 100» AN Canada 1957433 400» Akrta Af 1480 Alarmfo 5525 Alcan 1152288 AicanCp 14» Alcan Ep 39» Alcatel c 2142 AlgomaSt 121240 Allant 77987 AbarrtZp 6» Alimenta A 2» Alimenta B f 292320 Ail Ab A 7» Ail AÜ B» 128027 Allbanca 9» AUbencAp 718 Alliance Spit 53» AUstrma 727 AHstrmb 2349» Aimaden 115» AitaRex Medea 99000 Altemato 737» Amerigo Res o483» Arnica m 1833 Amiscol 4722 AMR Tech 122» Arrives 5594 Andra WAf 12829 Angwtec 121275 AnorMed 36560 Anthony o 13252 Antrim eue I 1176» Anvil Mining o 61» Apollo Gld 75131 Aquest Energy 44985 A/borA 62» Artadvo 110» Asbestos 3» Ashton 311» Asian 4510» Aspen go 40» 1 Astral Af 36257 Astral 0f 16» Atco3p 651 Atcolf 12421 ATI tech 749277 Atlantis Sy 285» Atlas E 54388 Atnao 680» ATS Auto 18320 AurRes 236293 Aurado En o 1905» Aurtzono 245» Avcorpl 171» AxcanP 49366 AxiaNeto 50535 B Split II 59» B Split lip B2BTr 3226 10 BakBone 1400» Ballard 103M1 Band ore o 125» Barclays Incom 77» Barickgld 1517049 Barrick 1» BCEEmer 936759 KEEmergis Sul 58830 BCE IS MM BCEIZ 792 BCE Inc 957864 Bee Incc 53» 44.090 43.090 44.000 -0.900 M70 8,750 8.000 -O.OM 9.090 9.570 9.600 0.000 11,250 9.900 9.900 *0200 1.450 1,360 1 350 -0.140 6.100 6,000 6.000 -0.300 4.960 4.900 4 960 40.060 1.700 1,650 1 650 -0.050 0,260 0.260 0260 40.005 0.460 0.460 0 460 -0,010 0,500 0 400 0,500 -0 050 0,590 0,570 0.570 0.000 0,400 0.370 0,400 0,000 1,790 1,750 1,750 -0.020 0,170 0.140 0,140 -0 035 6.960 6.940 6.950 0.000 10.940 10,700 10,780 -0.140 0.285 0286 0,285 40.010 1.550 1,550 1,560 40,050 0,500 0 490 0.490 -0.040 18,670 18 260 18.460 -0.040 18.550 18.120 18,120 -0,430 0.000 0.000 0,000 0,000 8,050 7.960 8 050 40.090 18210 17,910 18.130 40.150 0,330 0,330 0,330 0.000 1200 1,100 1,200 40.060 0,350 0,340 0,340 -0.010 24,850 24,550 24 850 40,100 3,750 3,700 3,750 40,150 8,990 8,750 8,750 -0,150 74,400 71,500 74,480 43,480 74,900 73,280 74,000 42,190 2,150 2,050 2,150 *0,170 0,360 0.320 0,360 40,040 0,050 0,045 0.045 0,000 1,850 1,720 1.720 -0,130 3.200 3,200 3,200 -0,150 6,740 6,520 6,520 *0,120 1,900 1,860 1,900 -0,100 9.200 9,120 9,150 -0,090 7,760 7,500 7,530 -0,230 1,100 0,970 0.970 *0,030 1,350 1,300 1,320 -0,030 5.000 4,800 5.000 *0,200 1.950 1,840 1,840 -0,100 2,850 2,750 2,850 -0,050 6200 18.000 17,000 18,000 *1.000 2,070 2,010 2.070 -0.020 5.950 5,950 5,950 *0,460 1,420 1,360 1,360 -0,040 0,135 0,125 0,125 0,000 0,330 0,325 0,325 -0,015 29.000 28,570 28,570 -0,730 28,770 28,750 28,770 -0,230 27,450 27,430 27,450 -0,250 0.490 0,410 0,450 *0,030 2,790 2,700 2,750 -0,010 0,360 0,355 0,360 *0,010 12,320 12,050 12,200 -0,090 6,500 6,300 8,340 -0,110 0,205 0,190 0,195 -0,005 1,550 1,470 1 480 -0,070 0,570 0,550 0.550 -0,010 26,980 26,570 26,920 *0,350 0,580 0,570 0,570 -0,010 8,100 8,020 8,100 *0.250 18,540 18,530 18,530 -0,020 0,000 0,000 0,000 0,000 2,050 1,860 1,960 *0.060 13,200 12,980 12,980 -0,340 0,300 0,280 0,300 *0,025 5,030 4,760 5,030 *0,230 5800 26,200 26,150 26,150 *0,050 1800 15,900 15,900 15,900 0,000 4460 12.490 12,000 12,490 *0,460 1765 26,000 25,900 26,000 *0,050 2460 26,200 26,200 26,200 *0,450 1644 4,230 4,220 4,230 *0,010 200 26,520 26,520 26,520 0,000 877449 3,750 3,560 3,570 -0,160 39535 18,250 17,920 18,240 *0.490 2596 27,000 26,650 27,000 *0,250 1500 25,230 25,230 25 230 *0,020 14650 2.200 2,120 2,150-0,070 8518 3,500 3.370 3,380 -0,120 1000 1,600 1,600 1,600 0,000 86700 2,390 2,320 2,340 -0,030 235796 24,150 23,830 23,910 -0,130 114000 0,610 0,500 0,510 -0,110 Bk Montreal 1499236 53,500 53,100 53,270 *0,030 BkMtl3p 1000 25,710 25.710 25,710+0,010 BkmtlbS 9525 25.200 25,010 25,050 +0,040 Bkmdb4 36 0,000 0,000 0,000 0,000 BkMtlbe 23320 26,540 26,450 26.540 +0,080 BkNS 3291030 34,500 34,020 34.470 +0,240 8k N S12 P 5760 25,200 25,050 25,100 -0,120 BCSAAp Bcxpra Bex spilt a Bellc17p Belle 19p Bell C InH Bell NorGB Berna Gl o BennetE Big 8 a 8*0 8 Ap Bioreira Bioms M Bioniche BirimAo Blizzard Energ 39800 BlkRock 103600 Bmbdr2p Bmbdr3p» Bm0dr4p BMTCAf BNNSplp BNNSpp Bohden BoüvaiGo Bombdt A 99992 Bombdr B114048109 200 36900 1,330 1,290 1,300 *0,030 7,430 7,100 7,110 -0.280 1783 21,480 21,050 21,480 +0,420 8795 20,700 20,100 20,600 +0,490 8255 22,860 22,650 22,850 *0,250 13550 11,000 10,750 10,900 +0,190 9500 24,900 24.880 24,900 -0,100 1640 26,260 26,250 26,250 0,000 4,550 4.550 4,550 0,000 1,330 1.290 1.290 -0,040 4,790 4.500 4,700 *0,240 4,770 4.470 4,720 *0,250 Boommgo 18700 2,100 2,000 2 020 -0,080 BorelxIA 143376 4,800 4,850 4,800 0 000 78840 1,460 1,410 1,460 -0,040 1292 38.000 37,900 37,940 -0,060 600 22.750 22,700 22,700 +0,050 500 22,950 22,900 22,950 0,000 1650 23,500 23,300 23,500 0,000 200 23,050 23,050 23,050 *0,050 4449 27,190 26,800 27,190 *0,330 3700 26,200 25,900 26,000 -0,200 2325 25,990 25,760 25,77.0 -0,230 5400 23,400 23,120 23,120 -0,280 3628 23,400 23,400 23,400 +0,280 800 25,250 25,000 25,250 0,000 600 25,750 25,750 25,750 0,000 304842 35,910 34,900 35,140 0,000 7425 26,500 26,500 26,500 0,000 3025 26,510 26.400 26,410 -0,280 800 0,520 0,520 0.520 *0,010 186967 0,470 0.455 0.470 *0,020 Bridn.Co 17500 0,970 0,940 0,970 +0.020 BrikBrwo 29100 1.360 1,250 1 300 0 000 69 0,000 0,000 0,000 0,000 500 14,500 14,500 14,500 -0,050 Brampton Equit 3300 12,600 12,600 12,600 +0,030 Brampton EqtÉ13100 10,350 10,250 10,250 -0,050 Brool eMPpt 12700 25,300 25,100 25,100 -0,150 Brookfldf 1783 26,000 25,950 26.000 *0,050 Brookfldh 2400 24,900 24,900 24,900 -0,1)50 Brookfldj 6025 23,400 23.380 23,380 +0.110 BrooWWP 36674 40.290 39.780 40,100 -0.350 BUILDOG -EGY A1538001.180 1.090 1,150 +0,050 Burlington 500 47,150 47,150 47,150 +0,240 BurmbE 17100 1,090 1,050 1.050 -0,010 Bumtsnd 57000 0,280 0,260 0,260 -0,025 Bus 05004 2750 11,500 11,500 11.500 *0.100 BWTech 22848 35.840 35.800 35,840 +0,040 BorUxl Bowvaly BPOPpty BPOPtyG BPOPtyM Brassera Brassarc BrascanIO Brascanll Brascan 12 Brascan2 Brascan 4 Brascan 8 Brascan 9 Brascan a Brascn8,30 Brascn8.35 Brazil D Breakwtr Ko o BrkAuto BrmptnAI C hydro 28846 C Superior o 134364 CUMB 10482 Q1ENGYO 2962 Cable Sitl 99650 GM 788294 Gatader o 31500 Cattdonu 79450 CaJtncWeüS 2206 CManMi 8648 CiJMet 565 CKMet BI 87000 Camtxor 773768 Cvflbirwc 1400 Cameco 258924 Camp Res 24000 Can Breed 905 CwMep 3405 Canadian Gold 27284 Canarco 419680 Cancoro 5000 Cantor 157885 Cvgane 1600 Carecoo 52165 Cameo Resourci 2400 CanWKBuMln 18000 CamreKGf 137156 Camustnv 100 Cap Gamy 4340 Cardwno 335425 Cascades i 114538 Cast Res o 678800 Cavil En 757035 C8kn • S;ms tr.iis: l-.N7“ simulation.decisionplus.com INDICES QUEBEC 3 juin 2004 Fermeture Variance journalière Variation journalière (%) Variation depuis le 1er janvier IQ-30 1026,63 2,30 0,22% -1,62% IQ-150 1078,09 1,40 0,13% 1,68% | ' ' ] IQ-30 1150.00 1100.00 1050.00 1000.00 950.00 900.00 850.00 800.00 i î 111111 n ‘¦WÊLw CfcNÏK Une initiative du Département ^ 1 Sherbrooke et de ITRÉC.ftvdfc» - Québwc g (16 k OO) 4 r www.la30-HiH0.ora y, LE DEVOIR.LE VENDREDI A JUIN 2004 A 7 CONOMIE La hausse des stocks américains calme le marché pétrolier L’OPEP confirme l’augmentation attendue de sa production JAMAL SAID! REUTERS Le ministre de l’Énergie du Koweït, Ahmed al-Fahd, échange avec les journalistes à son arrivée à la réunion de l’OPEP.Le cartel a annoncé que son plafond de production serait relevé.New York — Les prix du pétrole ont terminé la séance en baisse hier après une nette hausse des stocks américains et l’augmentation de la production annoncée par l'OPEP qui ont calmé les nerfe à vif du marché.Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le prix du baril de brut de référence a clôturé sur une baisse de 68 CUS, à 39,28 $US, après être tombé tout près de la barre des 38 $US plus tôt En deux jours, le prjx du baril a perdu plus de 3 $US.A Londres, le baril de Brent a fini en baisse de 46 CUS, à 36,40 $US.•Je pense que les cours se sont repris sur des achats de couverture et sur la crainte que les prix étaient Peut-être tombés trop vite», a commenté Jim Stiü, analyste de Refco, pour expliquer le chemin regagné par le brut en fin de séance.Le département américain de l’Énergie a fait état hier dans son rapport hebdomadaire d’une hausse de 1,3 million de barils (Mb) des stocks d’essence la semaine dernière, tandis que l'Institut américain du pétrole a rapporté un bond de 2,8 Mb.Ces chiffres ont dépassé les prévisions des analystes et rassuré un marché redoutant une pénurie d'essence cet été aux Etats-Unis, pic annuel de la demande en raison des départs en vacances en voiture.En outre, d’après le rapport du département, les stocks de brut ont augmenté de 2,8 Mb la semaine dernière.Le ministère a par ailleurs relevé que les importations de brut se sont élevées à 10,7 millions de barils par jour (mbj) en moyenne la semaine dernière, soit la deuxième plus forte importation hebdomadaire jamais connue.•Nous avons eu des importations records, une Jbrte hausse des stocks de brut, et nous avons probablement assez d’essence pour finir la saison», a jugé Mike Fitzpatrick, analyste de Fîmat.Décision attendue La réaction du marché à la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) d’augmenter sa production de 2,5 mbj au 1" août a pour sa part reçu un accueil mitigé.Le cartel a annoncé que son plafond de production hors Irak serait relevé à 25,5 mbj à partir du 1" juillet et à 26 mbj à partir du 1" août, contre 23,5 mbj actuellement.Certains, comme Bill O'Grady, pensent que cette décision •était déjà anticipée et qu'elle a même déçu les attentes du marché».Mercredi, le prix du baril de brut avait notamment plongé de plus de 2 $US grâce aux propos rassurants martelés par les représentants de l’OPEP, sur l’annonce probable d’une hausse de la production hier.M.Fitzpatrick a souligné que les investisseurs avaient été rassurés par le fait que l’OPEP «a déclaré qu elle allait apprmHsionner le marché à hauteur de ses besoins».•Le marché réalise finalement que l'Arabie Saoudite est déterminée à .faire tomber les prix» du pétrole, renchérit Fadel Gheit, de Oppenheimer Fund.•L’Arabie veut aussi montrer au monde que ses installations sont sûres», a-t-il conclu, en référence à l'attentat de ce week-end dans un ville pétrolière du royaume saoudien qui a fait 22 morts, dont quatre Occidentaux.Agence France-Presse r Bois d’œuvre : les Etats-Unis réduisent leurs sanctions de moitié EN BREF Van Houtte double son bénéfice ÉRIC DESROSIERS Les États-Unis ont annoncé la réduction de moitié de leurs sanctions commerciales contre le bois d’œuvre canadien.La révision à la baisse de 27,2 % à 13,2 % du total de droits compensatoires et antidumping imposés aux exportations canadiennes par le département du Commerce américain n’entrera cependant pas en vigueur avant qu’elle ne soit confirmée par une décision finale qui viendra au plus tôt en décembre.Le ministre canadien du Commerce international, Jim Peter-son, ne s’en est pas moins félicité de cette décision.•Cela montre bien que les droits imposés à l’industrie canadienne étaient excessifs.a-t-il déclaré par voie de communiqué.Je me réjouis de cette décision, mais je ne serai satisfait que lorsque tous ces droits injustes auront été levés et l’argent remboursé à notre industrie.» Chargé du dossier, le ministre du Développement économique et régional, Michel Audet, a préféré retenir jusqu’à aujourd’hui ses commentaires.Son homologue de la Colombie-Britannique, Mike de Jong, s’est montré plus loquace.«Nous avions dit, dès le départ, que notre position irait en se renforçant et on le voit aujourd’hui», a commenté le ministre des Forêts de la première province exportatrice de bois d’œuvre au pays, devant le Québec.La nouvelle a également été bien reçue par les porte-parole de l’industrie québécoise.•C’est une surprise, une surprise agréable», a confié Marc Boutin, directeur Commerce international au Conseil de l’industrie forestière du Québec.Stratégies d’exportation Ce dernier a attribué la décision américaine aux stratégies d’exportation déployées par les entreprises canadiennes en réaction aux sanctions, ainsi qu’aux succès répétés du Canada devant les tribunaux internationaux.•Victoire après victoire, la situation devient de plus en plus embarrassante pour les États-Unis aux yeux du reste du monde.» •Ça nous enlève de la pression.Ça devrait nous permettre de ne pas nous sentir obligés de nous précipiter et d’accepter des réformes intensives» de la politique forestière québécoise, a-t-il ajouté en cette veUle de reprise des négociations bilatérales entre les provinces canadiennes et Washington en vue d’un règlement politique du conflit Tous ne se sont toutefois pas montrés aussi enthousiastes.11 est plus que probable, en effet que le lobby américain du bois d’œuvre en appelle de la décision d’hier, a réagi Cari Grenier, du Conseil du libre-échange pour le bois d’œuvre dont les membres comptent,pour 40 % des exportations aux États-Unis.Ce dernier préfère encore compter sur la poursuite de la contestation entreprise devant les tribunaux de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l’Accord de libre-échange nord- américain (ALENA).Un jugement important doit d'ailleurs être rendu bientôt dans ce dernier forum en ce qui a trait au degré de menace que fait réellement peser le bois canadien sur les États-Unis.Le Cana da devrait gagner une fois de plus.•Ce sera une victoire sur toute la ligne.Elle sera évidemment contestée, mais d'ici au début de l'année prochaine, on devrait l’avoir emportée complàement.» Les producteurs canadiens ont été taxés de deux milliards depuis le début de l'imposition des sanctions américaines le 22 mai 2002.Au Québec, au moins 3000 emplois ont été perdus durant ce temps.Le Devoir Avec la Presse canadienne Le bénéfice de Van Houtte au quatrième trimestre s’est établi à 6,5 millions, ou 30 C par action, deux fois plus que les profits de 3,4 millions, ou 16 C par action, réalisés à la période correspondante l’an dernier.Les ventes ont atteint 85,8 millions, en hausse par rapport aux 77,6 millions réalisés au dernier trimestre 2003.Pour l'exercice 2004, le bénéfice de Van Houtte s’est établi à 18,6 millions, ou 87 é par action, comparativement à 14,7 millions, ou 68 C par action, l’aimée précédente.Le chiffre d’affaires de la compagnie a progressé de 3,7 %, passant de 237,9 millions à 328,4 millions.-PC Les bénéfices augmentent Ottawa—Statistique Canada rap portait hier que les bénéfices des entreprises ont augmenté de 6 % au premier trimestri' 2004.Selon l'organisme gouvernemental, huit hausses enregistrées au cours des neuf derniers trimestres ont porté les bénéfices d’exploitation à un niveau record de 47,4 milliards.Les branches non financières ont enregistré une hausse de 6,4 % de leurs bénéfices alors que les sociétés manufacturières ont gagné 13,5 % et celles de pétrole et de gaz, 18,2 %.Les sociétés de transport et d’entreposage ont perdu du terrain au cours du trimestre, leurs bénéfices ayant chuté de 113 % pour se situer à 2,1 milliards.Les industries financières ont enregistré une progression de 5 % de leurs bénéfices d’ex-ploüation.Les intermédiaires de dépôt, principalement les banques, ont enregistré la hausse la plus importante, soit de 153 %• Les entreprises d’extraction de pétrole et de gaz ont tiré profit de la hausse des prix du pétrole brut au premier trimestre, leurs bénéfices d’exploitation ayant fait un bond de 183 % pour se situer à 43 milliards.- PC ALEX GRIMM REUTERS Jean-Claude Trichet, président de la BCE.Statu quo à la BCE Pour le douzième mois consécu-tif, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé hier de laisser ses principaux taux directeurs inchangés, gardant une approche attentiste face aux incertitudes sur les perspectives de croissance et l’impact de la flambée des prix du pétrole.Le taux de refinancement reste ainsi à 2 %, son niveau depuis la baisse d’un demi-point décidée en juin 2003.-AP Bérard chez Uniforêt Uniforêt a annoncé la nomination d’André Bérard à titre de président du conseil, en remplacement de Michel Perron.M.Bérard a été président du conseil de la Banque nationale de 1990 à mars 2004.D a été président et chef de la direction de l’institution de 1990 à mai 2002.- Le Devoir Wheaton River: Cœur d’Alene Mines bonifie son offre Toronto — La compagnie minière américaine Cœur d’Alene Mines Corporation bonifie son offre d’achat non sollicitée de l’aurifère Wheaton River Minerais, de Vancouver, qui, elle, mène plutôt un projet de fitsion de ses activités avec une autre aurifère canadienne, lamgold, de Toronto.Hier, Cœur d’Alene a offert 285 millions, ou 50 é par action de plus pour acquérir Wheaton River, portant son offre à près de 2,8 milliards.L’offre de Cœur d’Alene est conditionnelle au rejet par les actionnaires de Wheaton River ou de lamgold du projet de fusion entre leurs deux entreprises ou de la résiliation de l’entente qui les lie.Les actionnaires de Wheaton River et de lamgold doivent se prononcer sur le projet de fusion le 8 juin.La direction de Wheaton River n’avait pas réagi hier après-midi à la nouvelle offre de Cœur d’Alene, mais avait rejeté lundi son offre initiale — déposée la semaine dernière —, disant que la transaction avec lamgold demeurait la meilleure option pour ses actionnaires.lamgold fait aussi l’objet d’une offre d’achat non sollicitée de 1,2 milliard de la part d’une autre société américaine, Golden Star Resources, basée à Denver.lamgold a réagi de la même façon que Wheaton et a rejeté cette offre d'achat Golden Star a fait appel à un tribunal de l’Ontario pour tenter de faire casser le projet de fusion Weaton River-Iamgold.Presse canadienne EN BREF Pépin à la Royale Ce qui devait être réglé hier matin ne l’était toujours pas.La Banque Royale poursuit la vérification des opérations informatiques, les procédures devant s’étendre au week-end.Mercredi, la Royale indiquait que le solde des comptes, à la suite de certaines transactions comme des dépôts, retraits et paiements, devrait apparaître correctement dès le lendemain.•Nous tenons à assurer tous les clients que leur argent est en sûreté.Nous en sommes à compléter la vérification des transactions menées entre le 31 mai et le 2 juin», a déclaré un vice-président, Rod Pennycook.La vérifica- tion des opérations se poursuivait toujours, la Banque prévoyant désormais que ces transactions seront comptabilisées aux comptes des clients aujourd’hui.Les opérations d’hier seront, quant à elles, portées aux comptes des clients ce week-end.Le traitement des données a subi un pépin lors d’une mise à jour de routine de la programmation d’un des systèmes informatiques, de sorte que plusieurs transactions, faites le 31 mai et le 1" juin, n’ont pas été reflétées sur le relevé de solde des clients affectés.La Royale assure qu’elle va couvrir les éventuels frais de service et de découvert qui auraient été causés par ce pépin informatique.- Le Devoir Bell ne désespère pas d’empêcher la fusion entre MTS et Allstream Lentreprise manitobaine prévoit compléter sa transaction aujourd'hui GÉRARD BÉRUBÉ Bell Canada n’entend pas lâcher prise.Déboutée dans sa requête d’injonction visant à empêcher la fusion de MTS avec Allstream, le numéro un de la téléphonie au Canada poursuit ses démarches devant le tribunal tout en misant sur une décision à venir du Bureau de la concurrence.Dans l’intervalle, et pendant que Bell calcule les dommages-intérêts, MTS va de l'avant L’entreprise manitobaine prévoit de compléter aujourd’hui cette transaction devant donner naissance à un troisième géant national des télécommunications.Mercredi, le juge Peter Cumming de la Cour supé^ rieure de l’Ontario a rejeté la demande d’injonction interlocutoire déposée par Bell.À ses yeux, l’entreprise montréalaise n’a pas su faire la démonstration que cette fusion entre Manitoba Telecom Services (MTS) et l’ex-AT&T Canada lui causait des torts irréparables.Bell Canada demandait au tribunal ontarien cette injonction qui •empêcherait MTS d’enfreindre les conditions des ententes d’alliance stratégique conclues entre les deux entreprises».Bell, qui retient une participation de 22 % dans MTS, soutient que, dans son offre de 1,7 milliard visant l’acquisition d’Allstream, l’entreprise manitobaine •n’a pas tenu compte des droits que ces ententes confèrent à Bell».Tout en reconnaissant cet argumentaire, le juge a plutôt statué qu’il existait probablement d’autres moyens, comme des compensations, pour résoudre ce conflit L’étape suivante Réjouie par cette décision, MTS a aussitôt précisé qu’elle entendait compléter la transaction aujourd’hui.Ûoffre publique amicale déposée le 18 mars dernier doit donner naissance à une entreprise coiffant un chiffre d’affaires de deux milliards et devenant le troisième joueur national dans les télécommunications, derrière BCE (société mère de Bell Canada) etTehis.Bell Canada passera donc «à l’étape suivante afin de faire valoir son droit dans le dossier MTS, y compris la revendication d’une injonction permanente et d’importants dommages-intérêts [.] Bell est toujours d’avis que MTS, en allant de l’avant avec l’achat d’Allstream, enfreindra les droits que les diverses ententes en place entre les deux entreprises confirent à Bell.Ces droits représentent une valeur importante pour les actionnaires» de BCE, peut-on lire dans le communiqué diffusé en réaction à la décision de la cour ontarienne.Dans l’attente d’un procès qu’elle souhaite imminent Bell s’en remet également à l’étude de la transaction par le Bureau de la concurrence.L’entreprise a rappelé que rie mois dernier, le Bureau de la concurrence a fait savoir qu’il tiendra compte de l’importante participation de BCE dans MTS, ainsi que des nombreuses ententes commerciales avec MTS, dans son évaluation du degré de concurrence et des conséquences de la transaction [.] Cela implique que le Bureau de la concurrence considérera Bell et MTS comme une même entité dans l’évaluation de la transaction.» Une fois complétée l’acquisition d’Allstream, MTS disposera d’un réseau national composé de fibre optique et d’une position de force à l'échelle canadienne, capable de rivaliser avec BCE et Telus, notamment auprès de la clientèle d’affaires.•Allstream occupe actuellement une part de 11 % du marché des télécommunications d’affaires au Canada.Elle occupe le deuxième rang dans tous les marchés où elle est présente», avait résumé Bill Fraser, président et chef de la direction de MTS.L’ex-AT&T Canada a émergé de la faillite en avril 2003.Cette restructuration lui a permis d’effacer une dette de 4,7 milliards et de sortir du giron du géant américain AT&T.Elle affiche un actif de 1,1 milliard et dégage des revenus annuels de 1,5 milliard, contre 820 millions pour MTS.Le Devoir Alliance Atlantis présente ses résultats avec deux mois de retard Toronto — Après deux mois de retard pour la publication de ses résultats du quatrième trimestre, Alliance Atlantis Communications a finalement fait part hier d’une perte nette de 151,7 millions pour les trois derniers mois de 2003, attribuable à des charges comptables de 321 millions liées à l’abandon de ses activités de production de films.L’impact de ces charges sur les résultats du quatrième trimestre a été amoindri par un gain résultant de la transformation en fiducie de revenus de la division de distribution de films.Alliance Atlantis a conservé une participation de 51 % dans cette division.La perte nette de 151,7 millions se compare à une perte de 26 millions au quatrième trimestre de l’exercice précédent La direction d’Alliance Atlantis a plusieurs fois reporté la publication de ses résultats pour la fin de l’exercice 2003, qui devaient au départ être divulgués au début du mois d’avril.Ce retard, causé par des difficultés comptables liées à l’abandon des activités de production de films ainsi qu’à la modification des dates de l'exercice financier (qui prend maintenant fin le 31 décembre plutôt que le 31 mars), a incité la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario à décréter une interdiction de transactions sur le titre de l’entreprise pour les membres de la haute direction d’Alliance.Cette interdiction doit être levée aujourd’hui.En 2004 Alliance Atlantis a également divulgué ses résultats pour le premier trimestre 2004, qui a donné lieu à une perte de deux millions, comparativement à une perte de 12,5 millions pour la période correspondante de l’année dernière.Le président du conseil et chef de la direction d’Alliance Atlan- tis, Michael MacMillan, a indiqué aux analystes que l’abandon des activités de production de films et la création d’une fiducie de revenus pour les activités de distribution marquaient l’achèvement du processus de transformation de l’entreprise, qui veut maintenant mettre l’accent sur la diffusion.Alliance possède notamment 12 chaînes spécialisées de télévision.Presse canadienne > I LE DEVOIR.LE VENDREDI 4 JUIN 2004 ÉDITORIAL Le Canada Martin Des quatre plateformes électorales présentées par le Parti libéral du Canada en dix ans, Aller droit devant publiée hier est celle qui trace avec le plus de simplicité, mais combien de cynisme, le profil de la fédération projeté par ce parti.Le pays dont rêvaient Pierre-E.Trudeau et Jean Chrétien, voilà que Paul Martin voudrait le réaliser en douce grâce à l’énorme capacité fiscale dont dispose Ottawa.P Jean-Robert Sansfaçon ierre Trudeau imaginait pour le Canada un gouvernement central fort, doté de tous les instruments sociaux et économiques susceptibles de donner naissance à une nation multiculturelle, mais unitaire et unifiée d’un océan à l’autre.Un pays où les mangeurs de hot dogs verraient leurs droits collectifs soumis au respect d’une charte des droits individuels incluse dans une constitution à peu près impossible à modifier.En voulant corriger l’affront pour permettre au Québec d’adhérer à cette constitution en lui reconnaissant un statut minimal de société distincte, le conservateur Brian Mulroney s’est heurté à l’opposition organisée des héritiers de Pierre Trudeau, dont Jean Chrétien, ce mal-aimé qui deviendra premier ministre à son tour quelques années plus tard.Tout au long de ses dix années à r" ¦‘•fl, 1 la tête du pays, M.Chrétien marchera avec obsti-I M nation sur les traces de son mentor, mais la conjoncture économique désastreuse et une nouvelle flambée du nationalisme québécois retarderont d’une décennie le moment de poursuivre ce grand projet de Canada.Un Canada dans lequel Ottawa assumerait le leadership dans tous les secteurs stratégiques, de l’éducation à la sécurité du revenu en passant par le commerce et les municipalités, comme l’avait suggéré la Commission Macdonald sur l’unité économique, en 1985, laquelle commission avait en revanche eu le mérite de reconnaître pour le Québec la possibilité d’exercer un droit de veto et, au besoin, de se retirer de tout programme national qui ne répondrait pas à ses besoins.Après être sorti de la crise des finances publiques et avoir fait taire temporairement les nationalistes Québécois, vers la fin de sa carrière, Jean Chrétien s’est remis à la tâche de doter le pays d’un gouvernement central fort, maître d’œuvre des politiques qui définiraient la «nation canadienne».D’abord de façon timide par la création de fonds spéciaux dédiés, puis par l’introduction progressive de normes nationales en santé.Chrétien parti, voilà que c’est au tour de Paul Martin de poursuivre le travail.Sobre et sans surprise, la plateforme électorale qu’il a présentée hier constitue pourtant l’ébauche d’un plan plus ambitieux qui consacre le rôle déterminant du gouvernement central dans la fédération.À l’exception de la défense et de l’environnement, tous les engagements du PLQ convergent vers un renforcement du pouvoir central selon une conception du Canada qui place le Québec — comme les autres provinces — au rang de simples exécutants du grand projet «national».À l’ère Martin, il est devenu inutile de parler de société distincte ou de constitution: il suffit de sortir le carnet de chèques! Ainsi, des 26 milliards promis d’ici 2009,20 iront à des «programmes nationaux» qui relèvent pourtant de la compétence des provinces.Et la beauté de la chose, c’est qu’en s’engageant à dépenser autant, on élimine tous les excédents budgétaires prévisibles et du coup, les revendications des provinces en matière de déséquilibre fiscal.Plus que jamais, le Parti libéral canadien est en train de sculpter pour des décennies ce Canada rêvé par Pierre Trudeau: un Canada centralisé, bâti sur le modèle des grands États unitaires où les décisions stratégiques sont prises au centre et leur mise en œuvre confiée aux régions.Est-ce pour en arriver là que nous nous sommes tant débattus depuis trente ans?jrsansfacon@ledevoir.ca Sauver leur âme harité bien ordonnée commence par soi-même, dit le proverbe.Cela s’applique même aux plus saints d’entre nous.Comment résister à ces offres incontournables que font miroiter les promoteurs immobiliers?Le quidam n"y arrive pas, les communautés religieuses non plus.On voit donc les Carmélites prêtes à transformer leur oasis montréalais en condos de luxe et les Dominicains de Québec prêts à céder une partie de leur cloître pour, là aussi, loger les riches.Ailleurs, c’est la Trappe d’Oka qui attend le plus offrant; ou la vaste propriété des Franciscains dans Lanaudière qui, de camp de vacances abordable pour les enfants, deviendra sous peu.un terrain de golf! Si les communautés sont devenues des actionnaires responsables — s'élevant contre le Suroît, plaidant pour le commerce équitable —, elles n’ont pas encore élargi le concept pour l’appliquer à leur propre patrimoine.Va toujours pour exiger d’un promoteur la préservation d’une façade, de pierres, d’un jardin.Mais sauver la vocation, l’âme d’un bâtiment, ma foi, voilà qui ne rapporte guère! Là comme ailleurs, il faut donc recourir au seul acteur capable de s’élever au-dessus des intérêts particuliers: l’État.Or celui-ci se traîne honteusement les pieds dans ce dossier, voyant par le petit bout de la lorgnette, avec les sommes dérisoires qui viennent avec, ce qui devrait relever d’une obsession nationale.Ainsi, depuis 2001, une entente permet à la population de se prononcer sur la conversion d’un lieu de culte.Mais cette entente a été prévue pour cinq ans, uniquement à Montréal, uniquement pour des églises et uniquement si elles sont d’intérêt patrimonia (tant pis pour celles de modeste tenue).En trois ans, aucune consultation publique n’a été organisée.Quant aux couvents, cloîtres, monastères, comme le révèle aujourd’hui Le Devoir, le ministère de la Culture et la Ville de Montréal disposent depuis deux ans d’un formidable document dont ils ne font rien.Celui-ci indique avec précision les lieux à sauvegarder, comme la maison de mère d’Youville, dont l’histoire se confond à celle de Montréal, et le Carmel, un des «trésors de l'étude».Comment dès lors peut-on laisser vendre un tel joyau sans que les autorités publiques ne lèvent le petit doigt?On comprendra le besoin d’aigent des religieux mais il faut aussi dire que de tels lieux appartiennent à l’ensemble des Québécois.Notre vie collective — spirituelle, sociale, éducative, artistique — s’est arrimée totalement aux communautés religieuses dans les temps pré-étatiques.Elles ne peuvent aujourd’hui vendre la maison sans rendre des comptes alors que le besoin existe de saDes de spectacles, de bibliothèques, de mausolées, de centres pour personnes âgées.«L'Europe a ses châteaux, nous avons des églises», disait en 2001 la ministre de la Culture, Diane Lemieux Le mot était joli, mais faux Ce que nos édifices religieux portent, ce n’est pas la mémoire de l’élite, c’est celle du peuple.D’où l’indécence de les voir devenir les joujoux des nantis.jboileau@ledevoir.ca Josée Boileau LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE MARto Du/vnonT AAiWiSTRÊ DAwÇ un CAëiN/fT HApPfi* ?oê» A ütf VÊRÇomnAûÎCJ Merci à Radio-Canada Je voudrais remercier la Société Radio-Canada.Sans ses émissions culturelles radiophoniques, je ne serais pas l’écrivain que je suis.C’est à Radio-Canada que j’ai découvert la littérature québécoise (on disait canadienne française) dont les textes remarquables quYves Thériault écrivait pour les dimanches soirs des Nouveautés dramatiques.C’est cette même radio qui m’a ouvert les yeux à la politique grâce à la diffusion des réunions de l’Institut canadien.Et je en parie pas de ce qu’offrait RadioCollège.Le premier texte que j’ai «publié» fat à RadioCanada.J’avais 19 ans.Plus tard, j’ai pu collaborer à des émissions parlées sur la littérature (avec Gilles Archambault et Réginal Martel) et entendre mes textes réalisés par des professionnels de la mise en ondes (dont le poète Jean-Guy Pilon), joués par des comédiens de grand talent Radio-Canada m’a permis d’imaginer.Je n’étais pas le seul écrivain, loin de là, à produire des textes de création pour Radio-Canada, dont certains ont été à l’origine des livres qui font désormais partie de notre patrimoine national Radio-Canada a deux antennes radiophoniques.L’une de grande écoute, avec des collaborateurs remarquables qui rendent compte de la vie et de la cité.L’autre aurait pu être consacrée à la pensée, à la recherche scientifique, à la création dans tous les domaines, aux arts.La société a préféré la facilité en choisissant de diffuser exclusivement de la musique, tâche à laquelle se consacrent déjà pourtant CBCII et Radio classique (99,5).Dommage.Mes petits enfants ne me croiront pas quand je leur dirai l’importance qu’a eue la radio de Radio-Canada en littérature québécoise, à l’époque ou ses responsables n’avaient pas peur des mots.Jacques Godbout Lettre à André Caillé, président d’Hydro-Québec M.Caillé, Je vous envoie cette lettre car je veux vous parler du projet du Suroît Je suis totalement contre ce projet et j’ai décidé de créer un mouvement composé entièrement d’enfants pour que ceux-ci puissent s’exprimer contre ce projet par l’intermédiaire de ma pétition.Pourquoi des enfants?La raison est très simple: ce sont les gens de ma génération et moi qui allons le plus subir les effets de cette pollution.Comme nous ne voulons pas vivre dans un environnement pollué, nous vous manifestons notre désaccord à la réalisation de la filière thermique.J’ai rassemblé plusieurs écoles à travers la province et celles-ci ont adhéré à mon mouvement très rapidement Je dispose aussi de l’appui des comités de mon école.Le mouvement est ainsi peu négligeable.Il est écrit dans le document Demande d’avis sur la sécurité énergétique des Québécois à l’égard des approvisionnements électriques et la contribution du projet du Suroît (R-3526-2004) écrit par Hydro Québec Production, que le Suroît va rejeter dans l’air 2,25 millions de tonnes de C02.D est aussi mentionné que 42 % de ces gaz n’auront même pas servi à faire de l’électricité.Cela est, malgré vos discours, une trop grande quantité de pollution.Je suis sûr que vous pouvez trouver d’autres solutions tout aussi rentables que le Suroit mais non polluantes.Je vous donne un petit exemple: quelques parcs éoliens qui sont relativement rapides à construire produisent de l'électricité à court terme pour compléter la production hydraulique actuelle jusqu’à ce que des centrales solaires soient achevées et prêtes à prendre la relève à long terme.Pour conclure, nous voulons que le Québec ne s’engage d’aucune façon dans la filière thermique.Car cette pollution, c’est nous qui allons en subir les effets, pas vous.Rappelez-vous que vous êtes responsable de l’environnement des générations fatures.Frédérick B rousseau Gauthier, 12 ans École Nouvelle Querbes Montréal, 28 mai 2004 LETTRES -?- Du sport en anglais À la suite de la décision de Radio-Canada de ne plus présenter le hockey le samedi soir, les Québécois qui ne sont pas abonnés à RDS (près de 40 % de la population) sont maintenant devenus des citoyens de seconde zone par rapport aux Canadiens anglais.Désormais, nous devrons écouter le hockey en anglais et regarder les Maple Leafe de Toronto, de la même façon que nous en sommes déjà réduits à regarder le baseball en anglais (pour y voir les Blue Jays de Toronto) et le football en anglais (pour y voir les Argonauts de Toronto).De plus, suite à cette décision de Radio-Canada, le club de hockey Canadien de Montréal subira une baisse de ses revenus publicitaires, en raison de la baisse appréhendée des cotes d'écoute, alors que CBC continue à contribuer directement aux revenus des équipes sportives de Toronto et des autres villes canadiennes.Claude Provost St-Bruno, QC Appel lancé aux candidats et aux chefs de parti Tous les partis politiques nous font part de promesses pour l’amélioration de notre système de santé.Peut-on parler d’améliorer nos conditions de santé sans parler de la qualité de notre environnement?On en parle peu et d'une façon très timide et les engagements concrets en la matière sont pratiquement inexistants des programmes des différents partis.C’est pourquoi nous exigeons que les chefs de chacun des partis rendent publics par l’intermédiaire des médias écrits et parlés leurs engagements concrets en matière de protection de l'environnement D en va de la santé de nos citoyens et citoyennes d’aujourd'hui et de demain; il en va aussi de la santé des gens hors de nos propres frontières qui sont affectés par notre propre pollution de l'environnement Concrètement nous voulons connaître de la part de chacun des partis: ¦ Comment ils envisagent le respect de nos engagements envers le protocole de Kyoto; ¦ Leurs engagements à soumettre des lois relatives à la protection de l'eau, de l'intégrité des semences, de l’air (véhicules polluants, gestion des déchets, émanations polluantes des usines) ¦ Leurs politiques relativement aux énergies propres; ¦ Le type de leadership du Canada dans le domaine de la protection et du respect de l'environnement De telles informations nous sont nécessaires pour un vote éclairé et responsable le 28 juin prochain.Jean-Pierre Joly Président des agents et agentes de pastorale (prêtre et laïques) de la région de Sainte-Thérèse, Blainville et Boisbriand Regardons vers l’avenir Je suis un jeune Montréalais qui a grandi à Westmount et je voudrais aujourd’hui demander aux défasionnitses de revoir leur position et aux gens sympathiques à la cause de la de ville de se manifester, l’ère de la globalisation, la compétition est à son comble, et les villes n’y échappent pas.L’Assemblée nationale du Québec avait bien compris cela, lorsqu’elle décida, en toute légitimité, de fusionner les municipalités de Montréal.[.] Montréal ne peut se permettre de manquer le bateau: la mode est aux grandes villes dynamiques, non aux villes embourbées dans des querelles interminables.De toute évidence, plusieurs Montréalais ont été frustrés de voir disparaître des entités municipales auxquelles ils tenaient On sent de la crainte, de l'insécurité, voire de la peur de voir disparaître un certain confort qui leur était garanti dans le statu quo de l’ex-Communauté urbaine de Montréal Cependant il faut passer pardessus ces préoccupations ponctuelles pour penser à un projet d’avenir une grande viDe unie et forte.Je crois que le maire Tremblay a très bien compris cette nécessité tout en comprenant les préoccupations des citoyens des ex-municipalités comme Westmount il faut une ville unie et à la fois décentralisée pour permettre à Montréal de s’épanouir en ce début de XXIe siècle.Je demande donc, au nom de tous les jeunes qui auront à se bâtir une vie dans cette merveilleuse ville qu’est Montréal, que l’on nous laisse la chance de pouvoir, nous aussi rêver.D y a 40 ans, on a rêvé de métro, d’Exposition universelle, de Jeux olympiques, d’autoroutes, de Place des Arts, etc.Chers défusionnistes, quefles que soient vos motivations, s’il vous plait ^hypothéquez pas l’avenir de millions de gens en rejetant le projet d’union de Montréal.D faut -.croire en notre avenir qui n’est toujours pas assuré.Montréal ne reviendra pas à ce qu’elle était avant, il faut maintenant regarder en avant pour redonner à Montréal l’éclat qu’elle avait quand mes parents avaient mon âge.Francis Brassard-Lecours Montréal, le 25 mai 2004 L’horreur en direct Depuis quelques temps, tous les soirs, je suis pétrifiée devant ma télé.Comment rester insensible devant ces images insoutenables d’un père qui hurle de douleur en transportant le corps ensanglanté de son fils tué par des missiles tombés du ciel?Ou devant celles d’un jeune homme innocent décapité de sang froid, en direct, par des terroristes encagoulés?Je ne peux m’empêcher d’imaginer comment je réagirais, moi, si un membre de ma famille se faisait tout à coup exploser la tête sous mes yeux.Est-ce que je pourrais jamais crier assez fort?Ces cris, aujourd’hui je les entends très bien.Ce ne sont pas les miens, ce sont ceux des autres.Ds viennent de pays lointains, relayés par des journalistes, photographes et caméramans extrêmement compétents.Grâce au village global, j’ai maintenant l’infâme privilège de voir et d’entendre la détresse humaine chaque soir du fond de mon fauteuil moelleux tandis que mon enfant dort paisiblement à l’étage.Mais ça ne m’intéresse pas.Je ne veux pas voir ça Ça me donne la chair de poule alors je préfère regarder ailleurs.C’est comme quand j’aperçois une grosse coquerelle dans ma cuisine.J’ai comme un spasme de dégoût et je dois me fermer les yeux pour l’écraser du bout du pied.Le soir, quand j’écoute les nouvelles, c’est pareil.Je me ferme les yeux, je me bouche les oreilles et je zappe vite vite vite.Après, quand je vais me coucher, je m’efforce de chasser de ma tête le peu que j’ai vu en le remplaçant par le souvenir du visage rayonnant de ma petite fille au moment où, pour la première fois, elle s’est tenue debout ! Mais, c’est peine perdue car dès mon réveil oh! surprise, qu’est-ce que j’aperçois entre mon café équitable et mes gaufres multigrains sans sucre, sans pesticide, sans gras trans et sans OGM?L’image même que j’essaie d’oublier.Et pour être bien sûr que je ne passerai pas à côté de l’essentiel l’image a été mise sur «pause» à cet instant précis où l’horreur a atteint son paroxysme.Ce qui s’est déroulé en quelques secondes la veille à l’autre bout du monde, moi j’ai tout le loisir le contempler tranquillement, pixel par pixel, avant de commencer ma journée.Mais je ne veux pas le voir.Je regarde les autres titres à la une en jetant quelques petits regards furtifs sur la photo que je ne veux pas voir, puis je tourne vite la page.Ouf! J’ai des frissons dans le dos rien qu’à y penser.«Oublie ça, Caro, que je me dis, ne laisse pas une simple photo, d’aussi bonne qualité soit-elle, gâcher ta journée !».Mais je ne peux pas l’oublier.Elle me hante.Quand j’arrive au resta le midi, elle est sur toutes les tables.Où que je pose les yeux, je la vois.Et tout ce que je vois c’est un père hurlant de douleur, portant le corps ensanglanté de son fils.Je regarde bien et je ne vois que les yeux douloureux de ce père et ceux, éteints, de son fils.Alors je pleure.Puis, inévitablement je me dis que je ne peux pas rester les bras croisés.D faut que je fasse quelque chose.Je veux me lever de mon fauteuil me tenir debout et faire quelque chose.Je suis révoltée, je veux agir.Quelqu’un peut-il me dire ce que je peux faire?Quelqu’un peut-il me dire comment faire pour tuer l’enfer?Caroline Drouin Le 20 mai 2004 L « ¦¦¦¦¦¦¦ LE DEVOIR.LE VENDREDI 4 JUIN 2 0 0 4 A 9 DEES Quelle communauté politique pour Montréal?PIERRE HAMEL Département de sociologie, Université de Montréal BERNARD JOUVE Département de géographie, Université du Québec à Montréal ais que diable allait-il donc faire dans cette galère?» Filant la comparaison avec Les Fourberies de Scapin, on s’interrogera encore longtemps sur les raisons qui ont poussé le gouvernement péquiste à fusionner les municipalités des principales villes au Québec.11 est vrai que, par comparaison avec les tendances à l’œuvre à l’échelle internationale, la solution des fusions municipales apparaît anachronique (à l’exception notable de l’Ontario).Les dernières vagues de fusion municipale ont eu lieu dans les années 1970.Depuis, il n’a plus été question de réformer de manière aussi autoritaire la carte administrative et politique des métropoles.Une semaine après la fin de la période de signature des registres visant à lancer le processus référendaire, les résultats obtenus par les tenants des «démembrements» laissent pantois plus d’un observateur.On savait l’hostilité d’une large partie du corps électoral à l’endroit de la loi 170 sur les fusions.On mesurait mal pourtant l’importance de la mobilisation.A la veille du lancement de la campagne «antidémembrement», nombreux sont les analystes et les responsables politiques à évoquer les risques de tensions linguistiques qui vont, de npuveau, travailler les relations entre communautés.A ces tensions linguistiques s’ajoute un clivage socioéconomique, de classe sociale aurait-on dit voici encore quelques années quand la vulgate marxiste n’était pas si déconsidérée.Pourtant, c’est bien de cela aussi qu’il s’agit Importance politique négligée L’une des principales critiques que l’on peut adresser à la loi 170 est d’avoir cru que l’on peut dans une démocratie libérale en ce début de XXIe siècle, agir de façon aussi bureaucratique dès lors que l’on touche à la définition du bien commun.En l’occurrence, le désaveu de ce type de démarche est patent Au slogan somme toute bancal «une île, une ville» (comme si le fait d’habiter une île conduisait «naturellement» les habitants à partager une même identité collective: demandez donc aux Ecossais ce qu’ils en pensent), les tenants des défusions opposent «une île, des communautés».Entendons-nous.Il ne s’agit pas ici de cautionner et de justifier les prises de position des défusion-nistes.Nous souhaitons davantage insister sur un élément qui n’a pas été jusqu’à présent mis en avant l’importance politique, au sens le plus noble du terme, de la scène municipale.Dans nos démocraties occidentales, la fonction du politique est d’agréger les individus et les groupes sur une base territoriale (cela peut être un Etafi une province, une municipalité) en faisant un usage «modéré» de la coercition.Même si on a trop souvent tendance à les déconsidérer, les partis et formations politiques ont un rôle majeur à jouer dans ce processus d’agrégation, en grande partie parce qu’ils proposent, en théorie, au corps électoral des projets de société qui traduisent selon des termes différents ce qu’il convient d’entendre par JACQUES GRENIER LE DEVOIR Il y a fort à parier que le «démembrement» de Montréal ne constituera pas la catastrophe annoncée que plusieurs prédisent.«faire société» ou encore «vivre ensemble».Or force est de constater qu’aucun projet de société d’envergure n’a été formulé à l’occasion des fusions et des dernières élections municipales, si ce n’est un ensemble de discours lénifiants vantant la diversité ethno-linguistique de Montréal, la nécessité de bâtir un avenir collectif transcendant les clivages communautaires.Certains pourront évoquer que la scène municipale est, au Québec, très mal positionnée pour générer ce type de projet de société.Comment les institutions municipales considérées comme des «créatures» de la province, soumises à son bon vouloir, avec si peu de ressources budgétaires, pourraient-elles être autre chose que de simples espaces de gestion des affaires courantes dont la raison d’être est uniquement de produire des services de proximité aux citoyens et, si possible, au moindre coût5 L’expérience du RCM Concevoir le palier municipal dans une métropole comme Montréal en tant qu’espace politique alternatif ne relève-t-il pas de l’utopie?Pas nécessairement si l’on se réfère à l’histoire de la scène politique montréalaise, plus précisément à la période au cours de laquelle le RCM est parvenu à construire un projet de ville plus moderne, plus juste, plus démocratique.Prenant appui sur des mouvements urbains très bien ancrés dans les communautés, aussi bien francophone qu’anglophone, cette formation avait construit son accession au pouvoir sur un projet politique que l’on peut aisément qualifier de progressiste et d’inclusif.Ni Québécois ni Canadien mais Montréalais avant tout telle pouvait être la définition de l’identité politique du RCM.[.] La culture politique de l’ancienne ville de Montréal ne s’est pas construite en un jour, par loi provinciale.Elle découle en bonne partie d’affrontements âpres et Aucun projet de société d’envergure n’a été formulé à l’occasion des fusions et des dernières élections municipales de luttes populaires contre une administration populiste et rétrograde incarnée par le maire Drapeau.Dans ce contexte, les acteurs sociaux ont choisi de mettre entre parenthèses le débat sur la question nationale.En contrepartie, ceux qui se mobilisaient autour des enjeux urbains et municipaux choisissaient d’élaborer un projet social progressiste qui mettait l’accent sur des exigences de redistribution.Pàr rapport à cette époque, les fusions et la dernière campagne municipale ont centré les débats sur un argumentaire financier, voire comptable, sur deux types de leadership incarnés par des élus aux personnalités opposées et sur la nécessaire adaptation des institutions municipales à la compétition que se livrent les grandes agglomérations en Amérique du Nord.Il n’y avait pas là de quoi susciter l’adhésion débordante de la société civile, surtout de ses éléments les plus progressistes que l’on tente maintenant de mobiliser pour «sauver» la nouvelle ville.D’ailleurs, la diversité ethnolinguistique et le pluralisme culturel sur ïïle n’ont jamais été traités comme un enjeu.On les a plutôt abordés sous l’angle d’une «ressource» qu’il fallait considérer comme un «avantage comparatif» à utiliser dans le marketing territorial de la ville.La loi 9, on le sait déjà, ne va pas satisfaire les défusionnistes.D’aucuns y verront une stratégie «étapiste».Cependant il y a fort à parier que le «démembrement» de Montréal ne constituera pas la catastrophe annoncée que plusieurs prédisent Pour autant les problèmes et défis majeurs auxquels sont confrontés les habitants de la métropole ne se dissiperont pas par magie.En d’autres termes, le débat sur le «démembrement» en cache un autre qui nous apparaît beaucoup plus crucial: celui de l'avenir de la métropole comme ville-région, y compris les ressources et les énergies que chacun est prêt ou non, à consentir et à partager.Le Québec entre la France et les États-Unis ANNE LEGARÉ Professeure au département de science politique de l'Université du Québec à Montréal et auteure de Le Québec, otage de ses,alliés.Les relations du Québec avec la France et les États-Unis (VLB, 2003).ouise Beaudoin, dans un article du Devoir du 11 mai, souhaite remettre les choses en place en ce qui concerne la politique du dernier gouvernement souverainiste à l’endroit de la France.Cette ouverture à un débat incomplet jusqu’à maintenant me paraît souhaitable et je me réjouis qu’elle y consente.Le but de ce débat n’est pas de mettre en cause le travail de Louise Beaudoin.Bien au contraire.Dans l’ouvrage Le Québec, otage de ses alliés.Les relations du Québec avec la France et les États-Unis, je souligne en juste part la «détermination» de l’ancienne ministre dans les dossiers qui concernent la relation du Québec avec la France.D ne s’agit donc pas id d’attribuer des satisfedt au travail parfois salutaire de l'antienne ministre au sein d’un gouvernement qui a semblé ambivalent, sinon divisé entre la logique d’une option américaine quasi exclusive et la nécessité d’un contrepoids traduit dans une option française et européenne forte.Cet enjeu est à la fois sociaL culturel et politique.Dans ce contexte, ne faudrait-il pas profiter de la situation dans laquelle l’alternance politique met les Québécois pour tenter de comprendre et faire comprendre pourquoi, en tout premier lieu, nos intérêts seraient de tel côté plutôt que de tel autre.Cela, en approfondissant une question qui n’est jamais totalement tranchée ni totalement claire, celle très complexe de l’identité du Québec, une communauté francophone en perpétuelle transformation, traversée par la diversité de ses composantes et par les effets du pouvoir de son voisin américain.[.] Ambivalence Les efforts de Louise Beaudoin et l’amitié que nous porte la France n’ont-ils pas été contrés à maintes occasions, au corns des dix dernières années, par les intérêts partagés entre la France et le MAL LANGSDON REUTERS Jacques Chirac a chaleureusement accueilli Jean Charest lors de sa première visite officielle en France, en mai.Canada?Comment expliquer le sentiment d’ambivalence à l’endroit de la France qui s’est fortement manifesté dans les milieux intellectuels québécois?La société québécoise n’est-elle pas concernée par la relative indifférence affichée par les étudiants à l’endroit des universités françaises?Quel est l’impact sur l’identité québécoise des contraintes externes qui pèsent sur la politique internationale du Québec (subordination à la politique étrangère du Canada, solidarité indispensable dans l’alliance avec les États-Unis et avec le Canada sur les questions de sécurité, extension de plus en plus large du libre-échange, importance du marché américain pour nos exportations, etc.)?Quelles sont les positions de fond de nos gouvernements à ce sujet?Le besoin de définir une politique internationale frisant contrepoids aux tendances continentales est-il partagé collectivement?Comment une telle politique pourrait-elle être expliquée aux Québécois?Quel poids doit-on donner aux liens francoquébécoi?par rapport à ceux que nous chérissons avec les États-Unis?Le mouvemept entraîné par les échanges commerciaux avec les Etats-Unis peuvent-ils tenir lieu de seul déterminant d’une vision des intérêts du Québec à long terme?Les citoyens ont-ils les outils nécessaires pour interpréter ou décoder en «termes identitaires» les nombreuses déclarations favorables à une plus gran de intégration continentale en même temps que la volonté d’affirmation nationale ou étatique?[.] Louise Beaudoin rappelle que l’option française n’a pas fait l’unanimité au sein du gouvernement souverainiste et que l’on doit quand même à son action d’avoir actualisé une «vraie politique» à l’égard de la France.[.] Je fais état dans Le Québec, otage de ses alliés des contradictions internes du document produit par le gouvernement du Parti québécois et adopté par l’Assemblée nationale appelé Plan stratégique 2001-2004.Les liens avec la France y sont mesurés à «la place que la France occupera par rapport à d’autres partenaires européens» (p.228).N’est-on pas justifié de penser que l’ambiguïté d’une telle déclaration est le signe d’un refus de prendre parti face à des points de vue qui divisent également les Québécois par rapport aux questions identitaires?Peut-on sérieusement se contenter de louer les efforts d’une action indéniablement productive mais qui demeure partielle?Agir davantage sur les représentations que se font les citoyens québécois, telle devrait être la priorité des deux partenaires impliqués dans une politique franco-québécoise tournée vers la promotion de la diversité culturelle.Qu’on me comprenne bien: l’enjeu n’est plus de penser le Québec comme à l’ère de la survivance ni d'ériger la France en modèle ou en lieu de mémoire empreint de nostalgie.D s’agit de dynamiser un débat pour que les relations internationales du Québec soient à moyen terme un outil de renforcement d’une identité spécifique.À cette fin, je propose deux moyens.Le premier consiste à solliciter des acteurs politiques qu’ils mettent au service des citoyens une véritable politique de communication en matière de relations internationales.Le second moyen est de s’affranchir de toute réserve face au débat public afin de permettre à chacun de mieux saisir les tenants et les aboutissants de certains choix dont les conséquences concernent chacun.Louise Beaudoin n’aurait rien à perdre dans ce débat Le pouvoir des images PATRICIA-ANNE DE VR1ENDT Département d'histoire, Université Laval e comprends bien qu'on ne doive pas surestimer l’influence à long terme des scandales sur le sentiment politique d’une collectivité — bien que, il me semble, l’accumulation de scandales peut effectivement finir par changer la donne, surtout si un leader politique se présente avec la faveur populaire et qu’il sait raviver la mémoire des scandales pour instituer un changement.Ce n’est pas vraiment le scandale lui-même qui est significatif.Comme Jocelyn Létourneau le dit lui-même dans son article «Méprises sur un scandale» paru dans Le Devoir du 12 mai dernier, c’est une évidence que, depuis 30 ans, le gouvernement fédéral cherche à miner le mouvement souverainiste.J'ajouterais: c’est même compréhensible dans la mesure où la politique est un rapport de force, un jeu de pouvoir.Ce sont les moyens employés dans la mise en œuvre du programme en laveur de l'imité nationale que je trouve révélateurs de notre époque et qui peuvent effectivement avoir un effet sournois à long terme sur la mémoire d’une collectivité.Le programme des conunandites est avant tout un prograimne de marketing politique: une vaste entreprise afin de «vendre» une idée politique.Il s’agit de quelque chose de très simple et de banal en fait: tapisser l’horizon visuel de drapeaux, de mots «Canada», par exemple.Ainsi, le mot et le symbole se retrouvent dans notre champ visuel quand on va dans un festival, quand on regarde la télé, quand on ouvre une revue.Je crois que ce serait se mentir à soi-même que de prétendre, dans notre société de consommation où l’on achète des marques (Naomi Klein nous l’a bien montré avec son instructif No Logo), que de telles entreprises de visibilité ont un effet complètement nul sur les esprits.Tout cela est presque de l’ordre du truisme.Mais il y a plus.Il y a la réalité du pouvoir.L’«effet marketing» ne serait pas si dommageable — pour autant qu’on veuille se fenner les yeux sur ce qu’une telle pratique révèle d’appauvrissement de la chose politique — si les moyens étaient les mêmes pour tous les partis.Si tous les partis avaient le même pouvoir d'achat de l’espace visuel.Ce n’est évidemment pas le cas.Et c’est cela qui est pernicieux.Alors que le plus riche parti peut se payer une extraordinaire campagne de publicité, le plus pauvre se voit réduit à user de son intelligence pour convaincre, pour ramer contre le courant publicitaire.En plus de se voir confiné dans une attitude qu’il est malheureusement facile de juger rétrograde, ses arguments n’ont que rarement la faveur des médias qui, comme on sait, sont eux aussi engagés, peut-être bien malgré eux, dans une logique de vente où la nouveauté de l’heure et le scandale vendent plus que les arguments politiques qu’on dit connaître déjà et qu’on ne veut donc pas avoir à réentendre.La question ici n’est pas de débattre de l'état de la démocratie — question intéressante s’il en est! — ou de la pauvreté de l’esprit critique de la population en général — hormis les membres d’une certaine intelligentsia, qui ne sont pas légion par rapport à l’ensemble de la population.La question précise, il me semble, et sur laquelle je ne partage pas l’opinion de M.Létourneau, est la suivante: est-ce que «quelques centaines de millions de dollars peuvent acheter l’idéal politique d’une collectivité ou suffisent à détourner celled de son ambition historique»?Je crois qu’il ne faut pas, qu’on ne peut pas, alors même que des études scientifiques portant sur l’imaginaire, sur la mémoire, sur tout ce que révèlent les symboles collectifs de notre appartenance identitaire, minimiser «l’effet marketing» — étalé sur plusieurs années, ne l’oublions pas —, c'est-à-dire l’effet de la publicité nationale sur le sentiment d’appartenance qu’on veut ainsi artificiellement créer.Même s’il s’est étalé sur plusieurs années, le programme des commandites n’a probablement pas duré assez longtemps pour changer significativement le vote des Québécois.Mais il me semble qu’on doit tout de même porter quelque attention à ce qu’il révèle de nouveau quant à la manière dont se concrétisent les rapports de force politiques, de même qu’à la façon dont, en privilégiant «l’approche marketing», on mise sur le martèlement des images et des symboles plutôt que sur l’argumentation démocratique.fl m '"t, parti propre & r au Québec ^ n .1 i*-.» JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’«effet marketing» ne serait pas si dommageable si les moyens étaient les mêmes ., pour tous les partis.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Génüd Dallaire (adjoint an directeur de l’information), Jeanne Corriveau (affaires municipales).Fabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et /dits de sociité) Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoit Munger (responsable du site Internet), Jean-Pierre Legault (pupitre édita, idées, perspectives et sports), Isabelle Paré (santé)-, Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques)-, M Du I ' NI* bêle Niai niant et Chl - - * «¦» -* t—»—¦-% «- .___’__- * » - - — - - — «» « »- ¦ - ^ ^ ._« .& _ _ _—¦ «j - —__ __n _ .m æ: ~l DaImS* /-« f f.f-—_é : 1 IJ _ « n.4 / A.¦ ¦¦¦ aJ^Xm*»***.Daul C an^Kon Caroline Montpeüt f livra).Odile Trembli Serge Truflaut (éditorialiste); A l’infomu Mal^T^^eTA^NAdeau'ciabepàquerMichelineRÜëiïând.Nadia Sebii (tmWciUim), Ijnireme Thériault (dmclrict adjointt).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Berube (sfrrHairr) LA PRODUCTION Daniel Bazinet (rapomahU dt la production).Nathalie Zemaitia, Michel Bernatrhez, Philippe Borne Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard De» Cormiers, Donald Rlion.Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.Linda Theriault ImptmiaUe itrvict d la clmtilt.distribution ci lirait), Gisèle Lenard, (coordonnatrice à la promotion et i la sollicitation).MoniqueL'Heureux.Lise Lachapelle.Rachelte Leclerc L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Celine Furoy.Germain Haeck (contrtteur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau fad/oinU administrative).Claudine Chevrier.Chantal Rochon, Danielle Ross IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur générât) A 10 LE DEVOIR.LE VENDREDI 4 JUIN 2004 ACTUALITES CIA «Il a été poussé dehors et transformé en houe émissaire» SUITE DE LA PAGE 1 Au cours d’une réunion avec les employés de la CIA, M.Tenet a expliqué que des raisons familiales avaient motivé sa démission avant de préciser que c’était 4a décision la plus difficile» qu’il avait eu à prendre.Très ému, effaçant à plusieurs reprises une larme au coin de l'oeil, M.Tenet a rendu hommage à M.Bush, qui «a montré la plus grande attention pour nos officiers» et «a été une source de soutien constant» dans les missions de la CIA «en passant du temps avec nous presque chaque jour».Le feu des critiques a enflé depuis le début de Tannée contre le patron de la CIA, d’abord durant de longues auditions au Congrès consacrées aux attentats du 11 septembre 2001 et pour l’échec des services de renseignement à travailler conjointement avec le FBI (police fédérale) pour les prévenir.Dans le même temps, l’absence d’armes de destruction massive en Irak a contribué à placer M.Tenet sur un siège éjectable.Leur existence supposée, validée par la CIA, avait été présentée aux Nations unies par le secrétaire d’Etat Colin Powell, justifiant l’attaque px>ur déloger Saddam Hussein.«C’est du béton», aurait déclaré M.Tenet à M.Powell au sujet des informations attestant de la présence de ces armes en Irak, selon le journaliste du Washington Post Bob Woodward, qui n’a pas été démenti.M.Powell a récemment affirmé que la CIA, qui avait fourni un dossier à charge contre Bagdad, avait été trompée «délibérément» sur les armes de destruction massive en Irak.En mai, lors d’auditions sur les attentats du 11 sep>-tembre, M.Tenet avait fait l’humble autocritique des services de renseignement, parlant de faiblesses systémiques et d’absence de communications.Plus largement, il estimait qu’il faudrait aux Etats-Unis environ cinq ans pour reconstituer un appareil de renseignement performant.Le patron de la CIA n’a pas échappé aux éclaboussures du scandale de la torture des prisonniers irakiens par des soldats américains, parfois assistés de membres des services de renseignement.Les méthodes seraient notamment importées de prisons en Afghanistan et de la base de Guantanamo à Cuba, où sont gardés au secret des membres présumés du réseau terroriste al-Qaida.Pour l’ancien patron de la CIA (1977-1981), Stans-field Turner, la démission de M.Tenet survient à la demande de la Maison-Blanche.«Il a été poussé dehors et transformé en bouc émissaire», a-t-il déclaré sur CNN en estimant que M.Tenet «n’aurait pas lâché le président Bush en pleine élection si on ne lui avait pas demandé de le faire».Agence France-Presse Précision: Le «love-in» qui aura lieu à Westmount le 19 juin est bien anti-défusionniste et non «défusionniste», comme nous l’affirmions par erreur dans notre édition d’hier.D aurait fallu lire: «Quant à Dominic Turgeon, l’organisateur du grand “love-in” anti-défusionniste [.], il invite Jean Charest à se joindre à la foule.» Nos excuses à M.Turgeon, dont l’activité vise à contrer la défusion de Westmount et dont l’adresse est westmountstaywithus@hotmail.com.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, & étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514)985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514)985-3346 Par télécopieur (514)985-3390 La publicité Au téléphone (514)985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les avis de décès (Le Mémoriel) Au téléphone (514) 525-1149 Par courriel info@lememoriel.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514)985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Parcourriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir peut, à l’occasion, mettre U liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.i» Devoir est publié du hindi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9* étage, Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel.Saint-Jean-sur-Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.Ijival.Envoi de publication — Enregistrement n' 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.< < Crise de confiance de la population à l’égard de la justice TOMMY CHOUINARD Devant ce qu’il considère comme une «crise de confiance* des citoyens à Tégard du sy^ème judiciaire, le ministre de la Justice, Jacques Dupuis, invite les procureurs de la Couronne, les avocats de pratique privée et même les juges à s’adresser davantage aux médias et à «démystifier» le système de justice.«Cest fini de se cacher derrière les micros et ne pas parier.R faut parler», aizœéle ministre au cours d’un discours qu’il a prononcé hier dans le cadre du congrès annuel du Barreau du Québec.Selon lui, les acteurs du système judiciaire doivent «avoir le courage de changer».«H y a effectivement une crise de confiance à l'égard de l'administration de la justice.Ce n’est pas un drame, car il y a des moyens pour que la population retrouve confiance dans son système de justice», a-t-il affirmé lors d’un point de presse.Ainsi, il invite les procureurs, les avocats et les juges à s’exprimer davantage, tout en respectant les règles de droit ou le devoir de réserve.«Il ne faut pas que les acteurs de la justice craignent d’aller, quand ils le peuvent, expliquer comment ça se passe et pourquoi ça se passe de cette façon-là», a-t-il dit Le ministre a cependant précisé que, parfois, les acteurs du système judiciaire ne peuvent répondre aux questions, puisqu’ils risquent d’affecter des litiges qui se trouvent devant les tribunaux «Mais ce qu'on peut démystifier, il faut le faire [.] Il y a de la théorie qui peut être expliquée à la population pour qu'elle puisse suivre le processus judiciaire», a-t-il dit, faisant principalement référence aux causes de nature criminelle qui attirent davantage l’attention des médias.«Les juges à l’occasion, tout en respectant la règle de droit et à l’intérieur de leur devoir de réserve, pourraient mieux expliquer ce qui doit être expliqué», a ajouté le ministre.D a donné en exemple l’ancien juge en chef Pierre Michaud, qui n’hésitait pas à accorder des entrevues aux médias.«Cela avait apporté de l’oxygène dans le système.J’encourage ce genre d’initiatives», a-t-il souligné.Le Devoir GARDERIES SUITE DE LA PAGE 1 les fonds ne serviraient pas à financer le développement du réseau de services de garde, rappelant que l’atteinte de l’objectif de 200 000 places est déjà assurée d’ici 2006.«On ne peut pas réinvestir dans les services de garde.Il n’y a pas d’étiquette sur cet argent-là et ce n’est pas notre intention de mettre des étiquettes dessus aujourd’hui», a-t-il dit La ministre fédérale du Développement social, Liza Frulla, a confirmé que le versement fait au Québec par l’entremise du transfert pour les programmes sociaux pouvait être utilisé comme le jugera bon le gouvernement Charest.Concrètement, pour le Québec, l’engagement du PLC équivaudrait à une enveloppe de un milliard pour cinq ans dont la répartition annuelle resterait à être négociée avec le gouvernement Il n’est toutefois pas question pour Québec de rétablir les frais de garde à 5 $ par jour grâce à l’arrivée de nouveaux fonds provenant d’Ottawa, ni d’améliorer l’état des services de garde.Selon le ministre Bé-chard, les sommes pourraient plutôt servir «à toutes sortes de choses qui aident directement ou indirectement les familles», comme des baisses d’impôt ou encore des investissements dans le réseau de la santé.Le plan libéral pour les garderies vise d’abord à appuyer les familles et à donner aux enfants un bon départ avant leur entrée à l’école, a expliqué M.Martin, qui a présenté pendant plus d’une heure son programme aux journalistes.«Le Canada n’a pas fait suffisamment [.] et cela doit changer», a fait valoir le chef libéral.Ce n’est pas la première fois que le Parti libéral du Canada promet d’investir pour créer un programme national de garderies.Le programme électoral de 1988 comportait cette promesse.Jean Chrétien l’avait répétée lors de la campagne électorale de 1993, qui l’avait porté au pouvoir, et avait renouvelé la promesse lors des élections de 1997.Même le gouvernement conservateur de Brian Mulroney avait promis la même chose, au milieu des années 1980.Paul Martin clame que cette fois-ci est la bonne et qu’il respectera son engagement La grande différence réside, selon lui, dans le fait qu’un gouvernement libéral n’exigerait pas, comme il l’avait fait au milieu des années 1990, que les provinces versent une somme équivalente à leur investissement.Les finances des provinces et du fédéral sont aussi dans une meilleure posture pour concrétiser les sommes promises, ajoute-t-il.«On dit qu'on aimerait bien que les provinces investissent en même temps que nous, mais ce n’est pas nécessaire.On est prêt à mettre l’argent sur la table», a martelé M.Martin, qui ajoute qu’il n’a pas non plus l’intention de dicter la marche à suivre aux provinces.Les gouvernements provinciaux seront responsables de mettre sur pied leur propre réseau, qui de vra respecter quatre critères: qualité, universalité, accessibilité et développement Pour le chef du Bloc québécois, Gilles Ducep-pe, qui était à Montréal, le Parti libéral applique encore «la même vieille recette».«R arrive avec des standards nationaux.Chaque fois qu’il y a des normes nationales, on retrouve des attaches quelque part quand on négocie.On parle d’apprentissage, de la petite enfance», a commenté M.Du-ceppe.Quant aux autres éléments de la plateforme libérale, M.Duceppe a affirmé que les libéraux copiaient certaines idées de son parti.Quant au chef du Parti conservateur, Stephen Harper, qui a fait campagne pour une quatrième journée de suite en Ontario, ü a rejeté l’idée d’un tel programme pancanadien.Il a souligné que son parti proposait plutôt une aide directe aux familles.Au delà de l’engagement concernant les garderies, le programme électoral comprend également les plans pour la santé, pour les aînés et pour les villes dévoilés au cours des derniers jours.S’ajoute aussi la production d’énergie éolienne pour laquelle le chef libéral veut faire du Canada un leader mondial.M.Martin propose de quadrupler les objectifs du programme existant pour les faire passer de 1000 à 4000 mégawatts.Pour ce qui est de l’influence du Canada dans le monde, Paul Martin veut ajouter 5000 soldats aux effectifs de l’armée afin de créer une nouvelle brigade de maintien de la paix.Il propose également de hausser de 3000 les effectifs de la réserve des forces canadiennes afin d’augmenter la capacité de réponse aux crises nationales et aux déploiements internationaux La facture totale des propositions libérales atteindrait environ 27 milliards, selon l’évaluation fournie dans les documents.Le Devoir Avec la collaboration de Clairandrée Cauchy et delà Presse canadienne THATCHER SUITE DE LA PAGE 1 que l’association dont elle est la porte-parole, liberté chérie, a réussi dernièrement en France un grand coup d’éclat: l’organisation d'une manifestation de droite qui a réuni près de 30 000 personnes dans les rues de Paris, venues dénoncer le blocage des transports en commun par des syndicats opposés à une réforme du gouvernement sur le régime des retraites.Avec un mot d’ordre simple: non au blocage, oui à la réforme gouvernementale, un franc-parler visiblement naturel et un petit chandail à bretelles bleu poudre, l’étudiante à l’époque à l’Institut d’études politiques de Paris (IEP) — une école un brin élitiste — a séduit en dénonçant la «prise en otage de la société» par des «syndicats ne dépassant pas 20 % à des élections professionnelles désertées par les salariés.En France, la syndicalisation n’est en effet pas obligatoire.Et les 15 minutes de gloire médiatique découlant de ce mouvement de foule ont fait le reste.Dans les jours qui suivent, Sabine Hérold est élevée au rang d’égérie de la droite européenne.Les émissions de télévision branchées sur les tendances, comme celle de Thierry Ardisson, se la disputent.L’aile droite américaine s’y intéresse par le biais d’Internet Et le très conservateur Daily Telegraph de Conrad Black en Grande-Bretagne l’invite même à rencontrer à Londres, entre deux entrevues pour le quotidien, son idole.Margaret Thatcher.Emportée par le courant (néolibéral), cette fille d’enseignants originaire de Taissy, près de Reims, en Champagne, semble malgré tout garder le contrôle, même si plusieurs de ses détracteurs l’accusent d'avoir été récupérée par un mouvement en mal d’images jeunes, dynamiques et sexy pour faire passer ses messages.«Ce n’est pas parce qu'on est une femme qu’on est forcément débile et manipulée, lance-t-elle avec un regard frondeur.Nous sommes conscients de ce que nous faisons.Notre association existe depuis trois ans et aujourd’hui nous incarnons la figure montante du libéralisme en France avec une volonté d’action et de réflexion.Si nous sommes toujours là, c’est que nos idées intéressent.• Et les idées, liberté chérie n’a pas l'air d’en manquer pour conjuguer développement social, économique et politique au temps des 1500 jeunes qui y ont adhéré.Les positions du mouvement, à l’image de cette génération du copier-coller, sont iconoclastes: pour le mariage gai, pour la libéralisation des drogues douces, pour la mondialisation «qui permet le développement des pays du Tiers-Monde», (fit-elle, contre les barrières douanières «qui nuisent au développement des pays du Tiers-Monde», pour Tétiqüetage obligatoire des organismes génétiquement modifiés (OGM), «Pour laisser le libre choix aux consommateurs», contre les manifestations anti-OGM «qui mettent des freins à la recherche scientifique», pour la guerre en “i Irak.«Nous avions la chance de nous débarrasser d’un tyran, il fallait le faire», souligne celle qui, contrairement à une grande majorité de Français, est loin de cultiver Tantiaméricanisme et apprécie à ses heures le travail de George W.Bush.Elle est loin par contre d’apprécier les problèmes vécus dans les systèmes de santé, le grand nombre de fonctionnaires pris dans une «culture de médiocrité plutôt qu’une culture d’excellence» ou encore les programmes sociaux des Etats paternalistes qui, dit-elle, déresponsabifisent les citoyens.Elle est également sensible aux listes d’attente dans les hôpitaux du Québec, dont parlent parfois les médias français, tout comme aux urgences qui débordent ici, signes évidents, selon l’activiste néolibérale, de la «faillite de l’État».«ü faut réformer, lance Sabine Hérold.Ça ne peut plus continuer comme ça.Le modèle actuel n’est plus viable.lia été conçu par une génération — les baby-boomers — qui a très bien vécu.Mais les risques d’explosions sont là, car nous n’avons plus les moyens de financer tous ces programmes de santé, de retraite ou d’aide sociale.» Le constat a le mérite d’être clair.Les mots, eux, sont percutants: «La génération des babyboomers s’accroche aujourd’hui à ces privilèges et le plus amusant, c’est qu’elle le fait en parlant de bien commun, poursuit-elle.Mais le bien commun dont elle parie, c’est son bien à elle.On ne peut plus l’accepter.Cette génération est à l’origine de la dette et du déficit français Elle parle de protéger l’environnement aussi pour nos enfants et petits-enfants.Mais un enfant français qui naît aujourd’hui a déjà, grâce à elle, une dette de 15 000 euros [25 000 $] sur la tête.Cest ça, le bien commun?» La solution à ces maux d’Etat contemporains, dont les tonafités sont connues de ce côté de l'Atlantique, coule de source et se résume, pour la nouvelle incarnation du néolibéralisme européen, en un mot privatisation.«Aujourd’hui en France, un salarié sur quatre travaille dans la fonction publique, dit-elle, pour accomplir une tâche que bien souvent il fiait mal.Si une entreprise privée s’en chargeait, elle aurait l’obligation d’offrir un bon service pour que le client revienne.Ça rendrait la chose plus efficace.» À côté d’une Lalou Desperrier-Roux jeune alter-mondialiste récemment arrêtée et détenue au Mexique pour activisme, Sabine Hérold tranche sans aucun doute avec son antisyndicalisme latent — très de son temps!—tout comme ses rêves de partenariats public-privé (PPF), Même si, croit la jeune Française, tout la rapproche finalement des gens de sa génération qui pourfendent les inégalités sociales et mondiales.«Nous sommes déjà allés dans des regroupements de gauche pour nous rendre compte que les jeunes posaient les mêmes questions que nous Mais ils n’arrivent pas aux mêmes réponses parce qu’ils n’ont pas la culture économique qu’il faut», résume-t-elle crânement Le Devoir I COUVENTS SUITE DE LA PAGE 1 valeur d’une dizaine d’autres est décrite comme «élevée», selon le document dont Le Devoirs obtenu copie.Les experts recommandent «une protection adéquate des immeubles dotés d’une valeur exceptionnelle et correspondant aux communautés fondées sous le Régime français, voire aux origines de Montréal».Le texte exprime par exemple sa «grande surprise» en constatant que même la maison de mère Marguerite d’Youville, rue Saint-Rerre, un lieu fondamental pour Montréal, ne bénéficie toujours pas d’un «statut d’importance».Parmi les autres lieux de mémoire laissés sans protection légale adéquate se retrouve l’Hôtel-Dieu — la maison des religieuses hospitalière de Saint-Joseph présente à Montréal depuis 1659 —, T'imposant édifice des sœurs des Saints-Nomsde-Jésuset-de-Marie, dressé sur le flanc sudouest du Mont-Royal à Outremont et le non moins impressionnant couvent des sœurs de Sainte-Anne dans l’arrondissement de Lachine.«Cest un immense casse-tête», dit en entrevue l’historienne Hélène Bourque, qui a dirigé l’équipe à l’origine du rapport intitulé Synthèse historique et évaluation patrimoniale des ensembles conventuels de Montréal.«Le problème de l’avenir des églises a retenu davantage l’attention et est plus médiatisé.Les ensembles conventuels connaissent pourtant les mêmes difficultés avec le vieillissement des membres et l’absence de relève dans les communautés religieuses.» L’actualité immédiate confirme l'ampleur des défis.L'université Concordia vient d’annoncer l’achat de l’immense couvent des Sœurs-Grises, au centre-ville de Montréal.Ce joyau, dont la chapelle est classée «monument historique» par Québec, a failli être remplacé par des tours à bureau dans les années 1970.Le Devoir révélait samedi dernier la proposition de vente du monastère des Carmélites, sur le Plateau-Mont-Royal, y compris l’immense jardin.Un promoteur veut y installer des condos.Mme Bourque et son équipe ont analysé le couvent pendant leur enquête réalisée il y a deux ans.Il ont attribué une valeur élevée au site datant de la fin du XDC siècle.«C’est un lieu unique qui n’a pas reçu la cote exceptionnelle tout simplement parce qu’il n’est pas assez ancien», explique la spécialiste.Dans ce cas, le rapport recommande également une protection adéquate».Le monastère se retrouve ainsi dans le même souci de conservation que le Centre d’étude théologique des Dominicains ou la maison mère des sœurs de Sainte-Anne, à Lachine, «en regard principalement des œuvres d’architecture qu’ils représentent et de leur excellent état d’intégrité architecturale: de véritables coups de cœur du patrimoine religieux des communautés».N’empêche, Québec demande encore du temps pour réagir dans ce dossier comme dans les 49 autres cas de l’étude.«Dans le cas du monastère [des Carmélites], le ministère a demandé de creuser les informations», dit Isabelle Melançon, porte-parole du ministère de la Culture et des Communications du Québec, qui a refusé de transmettre elle-même le rapport au Devoir.«Le site semble détenir une valeur exceptionnelle, mais il faut poursuivre les analyses pour savoir si ce lieu doit être protégé.» Mme Bourque, elle, souligne que son étude s’inscrit en continuité avec d’autres inventaires, comme les trois tomes de L’architecture des ensembles conventuels montréalais, produits en 1980 pour le ministère des Affaires culturelles.«Cependant, disons que la documentation sur ce sujet si pointu, soit la problématique des communautés religieuses significatives de Montréal et le potentiel patrimonial associé, n’abonde pas et qu’une grande synthèse historique appliquée au patrimoine religieux montréalais reste à publier, ajoute l’historienne.Toutefois, les nombreux ouvrages disponibles sur l’histoire du Québec, l’histoire de l’Église catholique au Québec, l’histoire de Montréal, celle des communautés et du diocèse montréalais ainsi que les inventaires précédents des ensembles conventuels représentent une documentation abondante qui permet de faire les recoupements nécessaires.» Le reste de l’ancienne Priest Ridden province, ce Tibet catholique décrit par Paul Claudel, se retrouve dans la même situation: les inventaires existent ou se poursuivent, tandis que les décisions se font attendre.Le Québec n’a toujours pas adopté de politique du Patrimoine, malgré un grand chantier préparatoire ouvert par une commission au début de la décennie.La Ville avance plus rondement sur ce terrain.La nouvelle politique municipale du patrimoine devrait être déposée d’ici la fin de Tannée et la nouvelle administration a déjà créé un Conseil du patrimoine.Francine Sénécal, responsable de la Culture au bureau exécutif, précise que les analyses en cours devraient permettre d’accoucher d’ici quelques mois d’une liste hiérarchisée des trésors patrimoniaux de Montréal.«Mais si la Ville s’active, elle n’a pas beaucoup de moyens», ajoute Mme Sénécal.Théberge désavoue l’enquête sur la qualité des garderies JOCELYNE RICHER Québec — Avant même d’être rendue publique, la vaste enquête menée sur la qualité des services de garde par l’Institut de la statistique du Québec, au coût de trois millions de dollars, semble vouée à prendre le chemin d’une tablette.La ministre déléguée à la Famille, Carole Théberge, a déclaré hier, en Chambre, qu’il aurait mieux valu utiliser cette somme pour multiplier le nombre de places en garderies.«Beaucoup d’argent [a été] investi [dans cette enquête], qui aurait pu être investi au développement de places», a dit la ministre, en réponse aux questions du député péquiste de Jofiette, Jonathan Valois, qui a obtenu une cope de l’enquête, «Grandir en qualité», et Ta déposée en Chambre cette semaine.L’enquête de 600 pages avait été commandée par le gouvernement de Bernard Landry.Elle a été menée entre avril et juin 2003 auprès de 900 services de garde à travers le Québec.Au total, une vingtaine de chercheurs et autant d’observatrices sur le terrain ont mis près de trois ans à la réaliser.La ministre a pris ses distances de l’enquête, en faisant valoir que celle-ci reflétait la situation prévalant sous l'administration précédente.«Cette étude-là, c’est le résultat du travail de son gouvernement Ce n'est pas nous Nous, depuis un an, on travaille à améliorer la qualité», a (fit la ministre, qui a reporté à une date indéterminée la publication de la recherche, censée être rendue publique mercredi dernier.Presse canadienne t
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.