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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-08-16, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 AO Ü T 2 0 0 8 CINEMA Truffe, le nouveau film de Kim Nguyen 11 ^ Page E 8 LITTERATURE Roberto Bolano, le testament du Mal Page E 5 CULTURE ET LIVRES LIVRES La planète Web n’est pas pour demain CAROLINE MONTPETIT Mondialisation, démocratisation de l’autoroute de l’information, bibliothèque numérique mondiale pour tenir la planète au bout des ongles, par l’entremise d’Internet et d’un écran d’ordinateur.C’est ce qu’on promet pour aujourd’hui ou demain, le refrain qu’on entend partout.Pourtant, l'accès universel à l’information libre et gratuite est loin d’être une réalité du présent.Dans les faits, seulement 16 à 18 % de la population de la planète a présentement accès à Internet, comme le précisait cette semaine Hervé Fischer, au Congrès mondial des bibliothèques et de l’information, à Québec.«Nous sommes loin des promesses du sommet mondiùl de la Société de l’information, qui s’est tenu à Genève en 2003 [.) et qui nous prédisait que d’ici 2015 la moitié de la population mondiale accéderait à Internet», disait-il.En fait, l'Afrique ne fait pas vraiment partie de l’autoroute de l’information, lançait Juliano Kabam-ba, de la Central University of Technology, de Free State, en Afrique du Sud, conférencier invité au congrès de Québec, où plusieurs experts se sont penchés sur la question.«U y a beaucoup d’euphorie à propos de la technologie de l’information et des communications et à propos de la différence qu’elle entraîne dans l'ordre mondial», disait-il cette semaine, ironiquement, mais on est loin de la coupe aux lèvres.Un simple coup d’œil aux statistiques concernant l’usage d’Internet remet en effet les choses en perspective.En Afrique subsaharienne, dit M.Kabamba, on trouvait en 2004 un usager d’Internet pour chaque groupe de 250 à 400 personnes.En comparaison, la moyenne mondiale était d’un internaute sur quinze personnes et les moyennes américaine et européenne, d’un internaute sur deux personnes.Au même moment, en fait, il y avait autant d’internautes dans la ville de New York que dans l’Afrique tout entière! Par ailleurs, poursuit M.Kabamba, l’usage d’Internet en Afrique est encore très largement limité aux régions urbaines.En région rurale, où 70 % de la population africaine lutte pour avoir accès à l’éducation et aux soins de santé, un simple journal est un luxe et Internet est un rêve lointain, dit-il.En plus d’être souvent hors de prix, l’autoroute de l'information pose des problèmes de pertinence aux populations africaines.«On y trouve très peu d'information de contenu local qui pourrait s 'appliquer aux conditions matérielles des populations rurales et pauvres de l’Afrique», dit-il.En fait, une bonne partie du contenu disponible sur Internet est en anglais, même si, selon Hervé Fischer, cette proportion diminue progressivement au profit d’autres langues, comme le chinois ou l’espagnol, et ne devrait pas atteindre plus de 33 % aujourd'hui.Or, on le sait, l’Afrique est Tune des régions du monde où le taux d’analphabétisme est très élevé, atteignant 41 % en Afrique sub-saharienne, où 40 millions d’enfants ne fréquentent pas l’école.En général d'ailleurs, ajoute-t-il, l'apprentissage précoce en anglais, pour les enfants des populations locales, ne favorise pas une meilleure performance scolaire dans les années à venir.L’accès aux seules technologies de l'information ne résoudra pas à lui seul, conclut-il, les problèmes criants de sous-développement que traverse l’Afrique.Loin de là De nombreux projets Il ne faut toutefois pas baisser les bras pour autant Et les projets visant à approvisionner les pays en développement en information numérique abondent VOIR PAGE E 2: AFRIQUE SOURCE FILMS SÉVILLE Dans Ce qu’il faut pour vivre de Benoît Pilon, Tivii (joué par Natar Ungalaaq) se voit transplanté dans un sanatorium de Québec, en pleine Grande Noirceur.Festival des films du monde L’exil d’un Inuit dans l’œil du cinéaste Benoît Pilon Le beau film dp Québécois Benoît Pilon, Ce qu’il faut pour vivre, sur un Inuit tuberculeux en exil à Québec, atterrira en compétition au FFM le 27 août avant de prendre l’affiche en salle le 5 septembre.En amont du Festival des films du monde qui démarre le 21 août, le cinéaste s’est confié au Devoir, ainsi que le scénariste Bernard Émond.ODILE TREMBLAY La neige et le froid âpre de la toundra deviennent dans son film un paradis perdu par rapport aux codes insolites du Sud.Choc culturel, filiation, transmission du savoir et de la communication qui font revivre, détresse de l’homme seul dans un environnement inconnu.Ces thèmes s’entrelacent dans l’œuvre émouvante, qui explore un épisode occulté de notre petite histoire.Au début des années 50, lors d’une épidémie de tuberculose en plein Grand Nord, plusieurs malades inuits furent transférés dans des sanatoriums du Sud, coupés de leurs racines et de leurs proches, en total désarroi.Qu’il s’agisse d’un premier long métrage de fiction pour l’auteur des documentaires Roger Toupin, épicier variété et Rosaire et la Petite-Nation, cela intrigue déjà.Ajoutez un scénario signé Bernard Émond (le cinéaste de La Neuvaine et de Contre toute espérance), puis la présence du charismatique acteur inuit Natar Ungalaaq , coup de cœur des cinéphiles dans Atanarjuat de Zacharias Kunuk.Alors, il suscite son poids d’attentes, le très beau Ce qu ’il faut pour vivre de Benoit Pilon.Le cinéaste voit d’ailleurs le FFM comme une excellente tribune pour le cinéma québécois.C’est au Festival du film étudiant canadien, en marge du Festival des films du monde, que sa première œuvre, La rivière rit, avait été primée.«Et puis, le FFM a traversé tellement de tempêtes.Ça donne envie de l’appuyer.» Ici, Tivii (Natar Ungalaaq) se voit transplanté dans un sanatorium de Québec, en pleine Grande Noirceur.Entre racisme et hu- manité, désespoir et dignité retrouvée, le héros ressuscitera grâce à l’appui de Kaki, un jeune Inuit qui parle l’inuktitut et le français.Le héros pourra lui transmettre ses valeurs et créer des ponts., Bernard Émond, d’abord anthropologue, a travaillé dans le Grand Nord durant plusieurs années, œuvrant en formation audiovisuelle auprès des communautés inuites.Ce scénario, il en a écrit la première version en 1990 avec sa sensibilité au milieu, s^ns désirer le tourner lui-même.«A l’époque, je commençais à tourner des documentaires et ne songeais pas à réaliser de la fiction.Durant mes années dans le Grand Nord, j’ai découvert que l'épisode de la tuberculose avait marqué les mémoires.Près d'un quart des Inuits furent hospitalisés au cours des années 50, généralement regroupés.Mais dans les archives de l'hôpital du Sacré-Cœur à Montréal, j’ai découvert que l’un d'entre eux s’était retrouvé seul au milieu des Blancs et qu’il avait fugué avant d'être rattrapé.Alors, j’ai eu envie d’imaginer la suite en montrant que la culture vit et qu'un individu isolé est presque mort.Les passages les plus forts du film sont les récits inuits que j’avais empruntés à la tradition orale.» Défi de taille Quand la productrice d’É-mond, Bernadette Payeur, a approché Benoît Pilon pour lui offrir les commandes du film, il a sauté dans le train.«Cet univers me touchait, précise le cinéaste.Il est collé à l’esprit de mes documentaires.Je partage l’amour d'É-mond pour le passage des saisons et des personnages seuls contre le monde, à une période charnière de leur vie.» Son défi était de taille, avec la moitié des dialogues en inukti-tut, les aléas d’une production d’époque, le va-et-vient entre le Grand Nord et la ville de Quê- te scénariste Bernard Émond, d’abord anthropologue, a travaillé dans le Grand Nord durant plusieurs années, œuvrant en formation audiovisuelle auprès des communautés inuites bec.C’est l’ancien Collège de Bellevue qui a servi de cadre au sanatorium.Le scénario avait été écrit en français, puis traduit en anglais et en inuktitut.Sur le plateau, Pilon communiquait en anglais avec Natar et, traduction aidant, il finissait par saisir jusqu’aux intonations des dia- «• t JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Rien n’est blanc ou noir, explique le cinéaste Benoît Pilon.Dans mon film, le racisme est là.On sent le poids de la religion, mais également l’envie d’aider cet homme coupé de son univers.» logues en inuktitut.Que valsent les langues! Noyau du film: l’acteur Natar Ungalaaq.«Il m'avait ébloui dans Atanarjuat, explique le cinéaste, et je n’imaginais pas tourner sans lui.Allez faire un film dans un sanatorium avec un Inuit qui veut mourir.Il fallait que le spectateur s'attache au personnage, que l’acteur soit puissant.D’ailleurs, Natar a impressionné tout le plateau par son charisme, son talent, sa force tranquille.Il était ravi de travailler hors de chez lui.Ça le changeait et il s’amusait avec toute l’équipe.Moi, j’avais l’impression de me retrouver devant un grand acteur asiatique, comme dans les films de Kurosawa.» Ce qu’il faut pour vivre a hérité aussi d’une bonpe distribution générale, avec Éveline Gélinas en infirmière sensible, Guy Thauvette, Denis Bernard, Louise Marleau en bonne sœur, Luc Proulx, Antoine Bertrand, Vipcent-Guillaume Otis, etc.Émond et après lui Pilon ont évité le piège du manichéisme avec de méchants Blancs et de bons Inuits.«Rien n ’est blanc ou noir, précise le cinéaste.Dans mon film, le racisme est là.On sent le poids de la religion, mais également l’envie d'aider cet homme coupé de son univers.Son désir de vivre revient lorsqu'il peut transmettre sa culture à un enfant, communiquer à travers lui avec ceux qui l’entourent.» Bénard Pilon se sent rempli de reconnaissance envers Natar Ungalaaq, qui a accepté de rester six semaines supplémentaires en préproduction pour aider le jeune acteur Paul-André Brasseur (père québécois, mère inuite) à apprendre l’inuktitut.«Sa mère ne lui avait pas enseigné sa langue, toutefois familière à ses oreilles, mais elle le guida au début du projet.Puis Natar l'a sérieusement épaulé.J’ai choisi Paul-André parce VOIR PAGE E 2: PILON LU DEVOIR.LES SAMEDI I tî ET DIMANCHE 17 AOUT 2 0 0 8 K 2 CDLTURE Andouille à abattre Odile Odile Tremblay Osons un doute.Et si Stephen Harper n’avait pas pris la peine d'assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin moins pour des motifs politiques que pour ne pas être obligé de se farcir un spectacle au complet.Au-delà des visées électoralistes du premier ministre canadien, qui courtise la droite et ses préjugés, ce pays devient carrément victime du tempérament de l’homme au sommet, un homme que la culture fait littéralement bâiller.11 suffit parfois d’une carence de la sensibilité, d’une atonie de cette faculté merveilleuse de capter le frémissement de l’art, son émotion, sa fragilité, sa grandeur, pour provoque^ les plus terribles dérapages.Lorsqu’un chef d’Etat est ainsi lobotomisé, malheur à son peuple! On peut tout reprocher à Stephen Harper.Absolument tout.Sauf de manquer de suite dans les idées.Sa politique culturelle apparaît aussi cohérente qu’implacable! Contrôler le contenu des œuvres, éradiquer les têtes trop marginales, inféoder l’art aux visions du parti, comme, sous d’autres horizons, aux heures triomphantes du réalisme socialiste ou du maccarthysme, étouffer les voix fragiles de la relève et de l’expérimentation, empêcher la transmission du savoir, couper les routes de dif- fusion.L’infâme projet de loi C-10, destiné a filtrer pour des causes morales les films susceptibles de recevoir des crédits d’impôt, avait préparé le terrain.Retour a la censure, mais aussi haro sur la culture en général, si ce n’est à des fins de propagande et de divertissement.En quelques jours, son parti a aboli sept programmes de soutien aux arts, qui touchent autant le rayonnement de nos créations que la formation, la recherche, la conservation.Alouette! A l’unisson, le milieu culturel, horrifié, a réclamé des commentaires de la ministre du Patrimoine Josée Verner.Mais quand elle a finalement pris la parole, c’était pour servir un discours de langue de bois.Aucune ministre du Patrimoine, aussi éteinte soit-elle, ne peut en son for intérieur approuver la dislocation des structures culturelles sous sa gouverne, et on a peine à avaler ses arguties.Les directives passent par-dessus la tête d’une ministre de paille, que son chef brûle politiquement comme chair à canon.La seule porte de sortie honorable pour cette marionnette impuissante serait la démission, qu’elle ne semble pas près de donner hélas! C’est Harper qu’il faut viser et abattre.Les autres ne sont que des valets.Les protestations du milieu artistique à l’égard des suppressions de programmes d’Ottawa se révèlent particulièrement virulentes au Québec.Et pour cause.Nous voici les premières victimes des coupes à blanc.la rogne contre le Québec ne serait pas étrangère à certaines de ces compressions sauvages, de fait.Jean-Paul Picard, le responsable du secteur des arts de la performance chez le bientôt aboli Pro-mArt, qui chapeaute la promotion des artistes canadiens à l’étranger, confiait cette semaine au Globe and Mail que le programme était de toute façon déséquilibré, parce que les fonds avaient surtout été versés à des créateurs du Québec.Il a raison, remarquez.Les œuvres québécoises circulent plus que les autres hors du pays.Les artistes des provinces anglophones brillent trop fréquemment par leur absence.Mais peut-on reprocher à notre culture sa vitalité?Après tout, ces programmes sont ouverts à tous.Sauf que la jalousie.Sauf que la hargne anti-Québec surgissent en fond de scène.Théâtre, danse, cinéma, etc.Le Québec mène le bal dans tant de secteurs culturels.par sa vitalité, certes, aussi parce que, moins inféodé à la culture américaine que le ROC — barrière de la langue oblige —, il peut s’épanouir dans la différence.Alors oui, nous voici frappés de plein fouet.Cette culture proprette, gentillette et nord-américaine, chère au cœur du premier ministre, n’a rien à cirer des fantaisies d’une société qu’il avoue pourtant distincte.Et la culture, là-dedans?L’art en marche traîne toujours, collées à la semelle de ses souliers, des poussières de sa vie de bohème.Pas présentables, trop bruyants et affublés de noms qui choquent le bourgeois, ces artistes hirsutes et avant-gardistes que les conservateurs veulent broyer mais qui expriment l’âme des peuples.Au poteau! Josée Verner assure vouloir offrir une solution de remplacement au programme Routes commerciales, qui est passé sous le couperet, mais ça semble bien peu.Lçs compressions touchent tant de volets culturels.A donner le vertige.Toronto se révèle durement touché aussi, faut pas croire, tout comme Vancouver et les grands centres culturels du pays.Le Canada urbain, sophis- tiqué, créatif, est la cible des attaques.Ce gouvernement n’a pas à cœur d’élever l’esprit de ses électeurs, mais de l’abrutir en courtisant les couches réactionnaires qu’il veut garder bornées, à l’image du chef.Cet avatar de Bush, cette honte nationale! Sauf qu’au moment où la mondialisation fait valser les cultures de partout, nos artistes doivent s’affirmer, s’exporter davantage qu’autrefois, histoire de planter leurs pions sur l’échiquier international.Tous ces fonds d’aide auraient dû être augmentés, alors que.Même pas un ovni, Stephen Harper.Collé plus que les autres, toutefois, à un air du temps vicié, soufflé aux quatre vents de nos sociétés, qui privilégie les prétendus intérêts collectifs à la pensée et à la création individuelles.Partout, l’époque est au divertissement, non à l’expérimentation qui tâtonne dans la brume avant de trouver sa lumière, au consensus plutôt qu’à la rébellion.Non, les conservateurs ne sont pas des ovnis, juste un terrible signal d’alarme, juste les pires fossoyeurs culturels engendrés sous la feuille d’érable.Nous sommes en partie responsables de cet ignoble gouvernement qui muselle la culture et nous déshonore par sa politique internationale.L’homme et son parti minoritaire furent démocratiquement élus.Si Stéphane Dion constitue la seule solution de rechange véritable au règne des conservateurs, appuyons-le donc, quelles que soient nos réactions épidermiques à son égard.Chassons Harper, lequel ne demande pas mieux qu’un déclenchement d’élections à l’automne.On se débrouillera avec son successeur après coup.Tout plutôt que cette dangereuse andouille! Le Devoir AFRIQUE Vers une bibliothèque scolaire numérique pour les enfants de niveaux primaire et secondaire du Tiers-Monde SUITE DE LA PAGE E 1 C’est le cas par exemple de La Fondation pour une bibliothèque globale, Lancée à Montréal au printemps dernier, qui s’applique à mettre à la disposition dé populations du Tiers-Monde ime bibliothèque scolaire numérique pour les enfants de niveaux primaire et secondaire.Grâce à des ordinateurs portables, provenant du projet One Lap Top per Child et distribués sous l'égide de la Fondation PauLGérin-Lajoie grâce au financement du ministère des Relations internationales du Québec, 160 appareils ont ainsi récemment fait leur chemin jusqu’à Haiti.Ce sont les fameux ordinateurs peu coûteux (ils se vendent en ce moment 680 $) qui fonctionnent sans l’aide de l’électricité.En région éloignée, ils ne fournissent cependant pas l’accès à Internet et doivent être chargés des contenus qu'ils diffusent En plus de rapatrier un contenu universel francophone libre de droits, la Fondation tente d’obtenir Li permission de reproduire différentes œuvres d’auteurs vivants pour les mettre en ligne.Ijes jeunes bénéficiaires de ces services sont aussi invités à participer eux-mêmes à l’élaboration des contenus.Par exemple, dans le cadre d’un des programmes dont la bibliothèque fait la promotion, des enfants sont invités à demander aux aînés des récits, des histoires et des contes, qu’ils transcrivent en les accompagnant de dessins pour les mettre en ligne, numérisant ainsi ce qui taisait autrefois partie de la tradition orale.L’écrivain malien Amadou Hampâté Bà ne disait-il pas qu’en Afrique, un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui bride?"Nous uMh* conduit un projet-pilote en /L iti, explique Daniel Caissy, président de la Fondation.Toute la première phase du projet a été consacrée à l'appropriation de la technologie par les élèves.La deuxième phase porte sur la bibliothèque scolaire.» Les 160 ordinateurs distribués en Haiti l’étaient dans un ratio d'environ un ordinateur pour deux élèves.Et un autre projet de la Fondation devrait aussi voir le jour au Burkina Faso et au Bénin, grâce auquel les élèves devraient avoir accès à un ordinateur par classe, dans dix écoles de chacun des deux pays.Parallèlement à la fondation pour une bibliothèque globale, le projet Aluka tenait également un stand au salon des exposants du Congrès mondial des bibliothèques et de l’information.«Aluka» est un mot dérivé du zoulou qui signifie «tisser».Le projet vise à diffuser une information de haut niveau, dans toutes les disciplines scolaires, à propos de l’Afrique, et il la fournit gratuitement aux pays en voie de développement Le portail du Regroupement francophone des bibliothèques nationales numériques, lancé par Bibliothèque et Archives nationales du Québec et annoncé cette semaine au congrès, compte un important volet de développement Nord-Sud.Ces utitiatives sont tout à fait remarquables, mais la route est longue avant l’avènement d’une véritable autoroute universelle de l'information.Lors d’une aufre conférence présentée au congrès, Rosaline Njile Ép Njike, responsable du centre de documentation et d’archives du bureau sous-régional de l’UNESCO en Afrique centrale, dénonçait l’effet dévastateur sur les communications de climats politiques instables en Rri publique centrafricaine, par exemple, ou encore au Tchad, où Internet est pratiquement inexistant.Par ailleurs, au Cameroun ou au Gabon, par exemple, des efforts sont faits pour faciliter l’établissement d’un réseau de communications, même si les obstacles à sa réalisation demeurent nombreux.Si l’on veut continuer à parler de réseau universel d’information, il faudra donc changer la carte informatique du monde qui, comme le souligne Hervé Fischer, est pratiquement calquée sur celle de l’accès à l’électricité.11 faut donc notamment trouver des sources alternatives de courant pour accéder aux populations éloignées des grands cenhes.«La fracture numérique se réduit beaucoup plus vite que l’analphabétisme, dit M.Fischer.Mais elle demeure et demeurera définitivement considérable.» Car la révolution informatique, si elle est bien présente dans les pays développés, n’a pas encore révolutionné le monde, et l’équité sociale à grands coups de souris est un rêve qui est encore très loin de s'approcher de la réalité.La vraie planète Web n’est pas pour demain.Le Devoir De qui s’agit-il ?Cet été, Le Devoir vous a proposé chaque samedi une énigme qui mettait à l’épreuve vos connaissances de la vie de quelques grands auteurs disparus.Il s’agissait de deviner l’identité de chacun à partir d’indices laissés par Éric Dupont La réponse du dernier jeu publié samedi dernier était Agatha Christie.REVUE HIVER-PRINTEMPS- 2 0 0 8 possibk VOLUME 32.NUMÉRO 1- Quand.l'automne dernier, nous avons commencé à penser à ce numéro, la situation de Possibles était si précaire qu'il y avait de fortes chances que ce soit le dernier Nous avons alors demandé à nos amis et amies de se joindre à nous.non pas pour vilipender les organismes subventionnaires qui.sous de fallacieux prétextes, avaient cessé de nous soutenir, mais plutôt pour tenter d'éclairer d'un point de vue progressiste, sans langue de bois, les possibles d'un avenir éloigné incertain.C'était pour nous la meilleure façon de transformer en utopies réalisables nos inquiétudes et nos déceptions.Encadré en ouverture par un très beau texte de Madeleine Gagnon.« Œuvre de vie » et.en conclusion par une réflexion profonde du poète philosophe Marc Chabot.« L'avenir est trop loin», ce numéro comporte trois sections.Nous explorons d'abord les problèmes existant dans divers secteurs de la société québécoise et les réponses qu'y apportent certains mouvements sociaux.Une deuxième section, consacrée à ta politique, nous parte de l'aliénation technique, du nationalisme, de la droite et de ta gauche, de l'engagement étudiant et du socialisme municipal.Une dernière partie regroupe les témoignages d'écrivains, d'artistes et de quelques membres du comité de rédaction Tbut compte fait, ce numéro un peu spécial propose de multiples façons de faire émerger, d'une identité québécoise menacée, de nouvelles solidarités inspirées par une manière différente de voir le monde et d’habiter ta terre.Abonnement.iNom_______________________ I ! Adressa__________________ jvi.______________________ I 'Prennes _________________¦ I I Occupation i O-xu Ms» > * it I (M ¦ r ¦ a I impla a CE NUMlRO ; U S CE NUMERO PAR U POSTE US fcboinimtn! isdividuil : IS t AbtMnmM d« uatnn 401 SboHmtM iaititiliobiitl 401 Revue Possibles 5070.rue d» t«n*ud#rt Monlréêl.Quétwc H2J 3R1 L’avenir.GABRIEL GAGNON Œuvre de vie MADELEINE GAGNON LA SOCIÉTÉ Être «de gauche», eda a-t-il un sens dans les débats sur l'école québécoise?AMINE TEHAMI L’avenir du réseau de la santé et des services sociaux passe par de petites unités JACQUES FOURNIER La forêt publique et la gauche JULIE HAGAN Rester à U maison JEAN-FRANÇOIS LEPAGE En cas de pluie.la révolution aura lieu à l'intérieur NADINE JAMMAL Le mouvement vert québécois hier, aujourd'hui et demain JEAN-GUY VAILLANCOURT Les syndicats peuvent ils être écologistes ?PIERRE AVIGNON et VÉRONIQUE BROUILLETTE IY>ur un avenir en forme de solidarité intergénérationnellc MONA-JOSÉE GAGNON LA POLITIQUE Réflexion sur les enements actuel* du nationalisme québécois RAPHAËL CANET U montée de L droite: une guerre de position FRANÇOIS CYR st PIERRE BEAUDET Mario Ihummt, la droite de U droite FRANCE THÉORET Y a-t-il une place pour l'expression politique de la gauche au Québec?PASCALE DUFOUR at DENIS SAINT-MARTIN Une nouvelle gauche municipale?Pas de printemps en vue MARCEL SEVIGNY Réveillons le réveillon ! MATHIEU BONIN.MYLÊNE CRÊTE at CLAUDIA VILLENEUVE TÉMOIGNAGES Le Québec comme un jardin Possibles jardins?MONIQUE PARISEAU Frankenstein ou L'immigrant au long cours LOUIS HAMELIN Les lieux sauvages DOMINGO CISNEROS Armand VailUncourt et la conscientisation massive MARILYNE CHEVRIER Alex Lan Gagé JEAN-MARC FONTAN Passer U main?RAYMONDE SAVARD Les jeunes.ce n est plus nous ANDRÉ THIBAULT Pu d'avenir sans utopie GABRIEL GAGNON L AVENIR EST TROP LOIN MARC CHABOT m PLANET NEWS LTD / AFP Agatha Christie (1890-1976) PILON Le cinéaste rêve d'une diffusion de Ce qu’il faut pour vivre en territoire inuit SUITE DE LA PAGE E 1 qu'il ne cabotinait pas, possédait une intériorité et développa d’entrée de jeu une très bonne relation avec Natar» Ce dernier a aussi dirigé Denis Bernard (en missionnaire au grand cœur) pour ses dialogues en inuktitut, qu'il lui a d’abord livrés au ralenti, syllabe par syllabe, afin qu’il se les mette en bouche.Facture classique Plusieurs scènes sont tournées à Iqaluit, dans le Nunavut.«Avec mon directeur photo Michel La Veaux, on a donné des tonalités differentes aux deux univers: chaleur pour les paysages du Grand Nord et filtration plus froide à Québec.Quand le héros reprend vie.ces contrastes s'atténuent.» D'cinéaste affirme avoir voulu offrir au film une esthétique assez classique, sacrifiant les scènes de facture onirique (avec phoques, ours, etc.) présentes au scénario.Pilon les jugeait trop onéreuses, estimant par ailleurs qu’elles étaient difficiles à réaliser pour un cinéaste non inuit.«Je voulais mettre le film au service de l’histoire plutôt que de rechercher de beaux effets cinématographiques.» Benoît Pilon a mis sa patte ici et là au scénario, ajoutant une scène qui témoigne du choc de l'arrache ment humanisant certains personnages secondaires, etc.Son expérience de documenta-riste Ta servi en fiction.«Elle m’a apporté le souri de la vérité, du petit détail éloquent, l'envie de tirer parti des incidents de parcours, des états d'âme des comédiens.» Le cinéaste, qui travaille à un autre projet de fiction sur un scénario personnel, rêve d’une diffusion de Ce qu’il fqut pour vivre en territoire inuit.«A tout le moins, il sera certainement présenté un jour à Iqaluit.Oui, je vais veiller à ce qu’il monte au Nord.» Le Devoir E N BREF 5e anniversaire de la mort de Roland Giguère Il y a cinq ans cette semaine disparaissait le poète et peintre Roland Giguère.Son éditeur, L’Hexagone, promet une activité commémorative pour le poète cet automne.En attendant, le Jardin des poètes de Cécile Cloutier ajoute une stèle à son parcours pour rappeler la mémoire de l’auteur de L’Age de la parole.- Le Devoir Penguin reprend les livres de Steinbeck L’éditeur Penguin a gagné la deuxième tranche d’une bataille juridique pour les droits de l’œuvre de John Steinbeck.En 2006, un juge avait accordé les droits de l’œuvre à son fils et à sa petite-fiDe.Un jugement vient de renverser cette décision en faveur de Penguin.Une dizaine d’œuvres, dont Les Raisins de la colères et Des souris et des hommes.continueront donc d’être publiées par Penguin.Prix Nobel de littérature, John Steinbeck est décédé en 1968.- Le Devoir n i LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 R ET DI M A X ( HE 17 A O I T 2 O O S CULTURE DANSE Perspectives catalanes Destinations danse, le nouvel événement annuel de l’Agora, présente quatre chorégraphes issues du berceau de la danse contemporaine espagnole L1LI MARIN Depuis la sortie du dernier Woody Allen, Vicky Cristina Barcelona, la capitale de la Catalogne passionne la planète cinéma.Et avec le minifestival qui se tiendra dans les salles de la rue Cherrier du 20 au 30 août, la ville marquée par l’architecte Gaudi devrait aussi piquer ici la curiosité des amateurs de nouvelle danse.La directrice artistique de l’Agora de la danse, Francine Bernier, ,a sélectionné quatre spectacles: Solo por placer, d'Angels Margarit, Bach, de Maria Munoz, Mi madré y yo, de Sonia Gômez, puis Volu-men II de Sofia Asencio et Tomàs Aragay.Selon Maria Munoz, qui célébrera l’année prochaine les 20 ans de sa compagnie Mal Pelo, il s’agit de quatre perspectives totalement différentes sur la danse catalane en pleine ébullition, qui ont toutefois en commun d’être le fait de femmes à la fois chorégraphes et interprètes.«Nous sommes issues de contextes culturels différents dans notre propre pays», explique Maria Munoz.Autodidacte, elle a beaucoup voyagé, et a même étqdié le théâtre japonais kabuki.Elle a aussi appris d’Àngels Margarit, qui fait partie de la première génération de danseurs contemporains espagnols sortis de l’Institut del Teatre de Barcelone à la fin des années 1970.La danse a, à cette époque, pris le relais du théâtre indépendant, très politique, qui s’est développé à Barcelone en réaction au régime franquiste, pendant que florissait le théâtre commercial à Madrid, maintenant le centre cinématographique du pays.Barcelone est devenue un carrefour de création chorégraphique tel que Sofia Asencio et son partenaire, qui ont commencé à garnir leur feuille de route il y a à peine cinq ans, ont senti le besoin de s'établir en zone rurale pour travailler calmement.Quant à l’autre invitée de Destinations danse, Sonia Gômez, elle se produit, à 34 ans, aussi loin qu’à Rio.Elle arrive ici avec une autofiction chorégraphique à laquelle participe sa mère de 70 ans.Le deuxième spectacle qu’amène Maria Munoz à Montréal (elle est venue à Tangente en 1990) a été présenté à Beyrouth et à Damas, où il a fait grande impression «parce que le public de là-bas n ’est pas habitué à voir sur scène une femme habillée comme un homme, qui ne raconte même pas une histoire».Toute de noir vêtue sur fond blanc, elle explore les couches mélodiques des préludes et des fugues de Bach, interprétés par Glenn Gould.Cependant ce n’est pas représentatif du travail de Mal Pelo, prévient Maria Munoz, qui a beaucoup collaboré avec des écrivains au cours des trois dernières années.Elle a également intégré la vidéo à ses œuvres, quelle qualifie d’oniriques.Peut-on y déceler une quelconque influence du flamenco?«Dans la qualité de la présence», répond Maria Munoz.À son avis, cette danse typiquement espagnole, qui ne s’enseigne pourtant pas dans les écoles de danse classique ou contemporaine, demeure une référence très forte pour ses compatriotes.Elle rejette toutefois la façon dont le flamenco polarise les sexes.Et au sens du drame andalou, elle privilégie une approche surréaliste, fruit des techniques qu’elle a apprises un peu partout Collaboratrice du Devoir i SOURCK AGORA OE I.A DANSE Bach, de Maria Munoz.Toute de noir vêtue sur fond blanc, elle explore les couches mélodiques des préludes et des fugues de Bach, interprétés par Glenn Gould.MUSIQUE CLASSIQUE La Chef Académie de la BBC, télé-réalité culturelle ?Mardi dernier, la BBC diffusait sur sa seconde chaîne la première émission d'un nouveau genre, Maestro.Neuf célébrités britanniques se mesurent devant les caméras pour devenir.chef d’orchestre! Farce ou occasion pour la musique classique?CHRISTOPHE HUSS /'A uoi que disent les cri-tiques, j'espère qu’ils ne vont pas appeler cela un reality show», disait cette semaine la comédienne de séries télévisées et stand up comic Sue Perkins, candidate de Maestro, au quotidien The Guardian.Il est pourtant difficile de trouver une autre dénomination.Maestro est simplement une déclinaison «culturelle» mettant en commun deux branches de la télé-réalité: l’exposition de célébrités dans des situations inédites et le «radio-crochet télévisuel», genre Star Academy ou Canadian Idol.Dans un premier temps, le genre s’est développé autour de l’observation d’anonymes en quête de notoriété éphémère enfermés dans une boîte (Loft Story en français, Big Brother dans sa version originale).Le principe de base reposait sur le choix de gens «ordinaires».Pour pallier l’essoufflement de la formule, un «développement» du genre fut de mettre en scène des gens «connus».On a vu dans divers pays des Big Brother, des Survivor ou des émissions se déroulant à la ferme, avec des «célébrités», le plus souvent des has been auxquels manquait la lumière des projecteurs.Quoi qu’en dise Sue Perkins, Maestro est un dérivé des reality shows qui s’inscrit bel et bien dans cet univers.Le principe Huit personnalités de la Grande-Bretagne — Goldie, breakdan-cer et DJ; le bassiste du groupe Blur, Alex James; l’actrice Jane Asher; la lectrice de nouvelles Katie Derham; le journaliste et reporter Peter Snow (un Bernard Derome de là-bas); David Soul, le Hutch de Starsky et Hutch', l’actrice Sue Perkins et le comédien de la télévision Bradley Walsh — concourent pour devenir maestro.Comme pour tout «télé-crochet» qui se respecte, chaque semaine l’un d’entre eux est éliminé et les votes du public par SMS font tinter les caisses de la chaîne de télévision.Le sparring-partner est le BBC Concert Orchestra, formé de musiciens des plus sérieux mais spécialisé dans la musique légère, les œuvres populaires et les concerts familiaux.Le trophée est un concert télévisé dans la série BBC Proms in the Parks et, évidemment (ne soyons pas naïfs), les retombées des ventes de disques.Car la grande astuce des émissions du type Canadian Idol ou Star Académie, par rapport au pionnier Big Brother, c’est la diversification et l’augmentation des revenus de produits dérivés (spectacles, disques, etc.).Pour revenir à Maestro, chaque candidat a un mentor attitré, un vrai professionnel, qui lui apprend les rudiments du métier et le coache pendant sa préparation.Le jury de quatre membres est présidé par Roger Norrington, chef devenu sir, qui s’est fait une réputation en devenant l’apôtre et l’ayatollah d’une théorie fumeuse et erronée prônant l’abolition du vibrato dans l’exécution des œuvres orchestrales jusqu’à Mahler y compris.À en juger par les moments clés de la première émission, accessibles sur YouTube, sir Roger a bien compris la game.Au sympathique DJ Goldie, qui fait strictement n’importe quoi, il déclare «vous êtes un chef né»! 11 faut une intervention de son collègue juré Dominic Seldis, contrebassiste de l’Orchestre de la BBC, pour que quelqu’un signale que le breakdancer «a la pire technique de tous les concurrents».Et, croyez m’en, au vu du reste des candidats, ce n’est pas un compliment.Ce principe vous est bien familier: sur Radio Canada, Le Match des étoiles procède exactement du même principe, sauf qu’ici le canevas est celui des émissions du type «Idol».Scénarisation du réel Les cotes d’écoute de la première émission de Maestro, 1,7 million de spectateurs autour de 22h, avec une audience en croissance (ce qui prouve que les «zap-peurs» ont été accrochés), sont très encourageantes.Elles dépassent même celles des nouvelles télévisées News at Ten, de la chaîne privée rrv.Le concept de Maestro, inconcevable il y a seulement un an, n’aurait pas émergé dans la victoire-surprise de Paul Potts à l’émission Britain’s Got Talent, sur ITV en 2007.Le vendeur de téléphones cellulaires mal attifé avait éructé avec un panache venu d’ailleurs l’air Nessun Dorma de Turandot de Puccini.Le buzz agencé autour de l’émission fit ensuite croire au bon peuple (celui visé par le marketing des produits dérivés) que ce timide rondouillel était un grand ténor.Bocelli a vendu des millions de disques comme cela.Pourquoi pas Paul Potts?Et le marketing a marché.Une fois démontré qu’on peut s’en mettre plein les poches avec du classique.Maestro devenait une suite logique.Au vu des extraits de la première émission, la farce est encore plus grosse.Car l’autre stigmate des reality shows est la scénarisation d’une fausse réalité.11 faut voir (c’est sur YouTube, recherchez «BBC Maestro») le BBC Concert Orchestra lyncher musicalement en direct le présentateur Peter Snow (qui arbore, certes, une tête de serial killer en colère) et jouer magnifiquement pour Goldie (qui tient le rôle du grand chauve sympa), malgré ses divagations gestuelles, pour se rendre compte qu’on fait ici d’abord de l’entertainment et que les clients qui feront des cotes d’écoute ont déjà été repérés par les tireurs de ficelles.Une chance pour la musique classique?Parmi les choses insidieuses véhiculées par Maestro, il y a cette idée fausse que tout cela peut s’improviser, que «tout le monde peut le faire» et qu’en temps normal un orchestre réagirait de cette manière et avec le sourire à une usurpation manifeste.Aurait-on idée de faire un camp «Devenez champion olympique en neuf semaines»?C’est évidemment impossible: il y a des chronomètres pour juger; c’est bien trop concret et vrai.Les effets favorables sont néanmoins évidents: un public qui n’irait pas vers la musique classique peut enfin y être exposé et.Il sera facile de fracasser des records pour le classique à la télévision avec le concert du vainqueur, et de vendre ses disques par la suite du Rhode Island JAZZ ET BLUES Amitiés SERGE TRUFFAUT Au printemps dernier, le guitariste Duke Robillard proposait un nouvel album enregistré entre deux shows de Tom Waits, qu’il accompagna lors de sa tournée 2007.La galette en question s'intitulait A Swingin’ Session, et comme les précédentes elle avait été publiée par l'excellente étiquette canadienne Stony Plain.Ces jours-ci, le saxophoniste ténor Scott Hamilton nous livre Across the Tracks, édité comme toujours par Concord.On dit «comme toujours» parce que cela fait 33 ans que ce souffleur reconnaissable dès la première ou, à la rigueur, la deuxième note enregistre pour ce label californien.Mentionnons, évidemment en aparté, que la longévité de cette fidélité à Concord constitue un record.Mais cela est tout à fait secondaire.Tout naturellement, on doit se demander quel lien existe entre la session joyeuse de Robillard et cel- SCOTT HAMILTON a » K11 : N1 —¦ -•* M.->,*.*.f * >4 t ACROSS THE ‘ TRACKS le baptisée «En dehors de la traque» de Hamilton.Avant tout, soulignons que le lien en question n’est pas ténu.Qu’il n’est pas non plus platement contractuel ou strictement financier.On donne sa langue au minou?C’est très bien, ça Entre.Entre le guitariste franco-américain du Rhode Island, qui a remis au goût du jour les tempos des swing bands qui font danser avant de produire un album de John Hammond qui précéda sa participation au Time Out of Mind de Bob Dylan, elle antérieure au soutien apporté à Tom Waits, et le saxophoniste qui s’est posé en mémorialiste des sonorités d’outretombe, celles de Ben Webster, de Don Byas, de Coleman Hawkins, de Lester Young et d’autres vieux de la vieille aujourd’hui clochards célestes, il y a d'abord, il y a avant tout, un fort sentiment., d’amitié! Vieux de 40 ans.Cette complicité est le sujet de la dernière production signée Hamilton.Elle a été enregistrée, il n’est pas vain de le préciser, par le vénérable et très respecté Rudy Van Gelder.Bon, au cas où on ne le saurait pas, soulignons que la présence de Van Gelder est un gage de qualité sonore.Lui dans la cabine, on sait que le son sera clair comme du cristal.Toujours est-il que, pour raconter leur histoire, Hamilton et Robillard ont fait appel à de fines, de très fines lames: Chuck Riggs est à la batterie, Gene Ludwig à l’orgue et l’immense Doug James au saxophone baryton.Le programme est à l’image de ceux que Sonny Stitt, ou Johnny Griffin, ou Eddie Lockjaw Davies appréciaient décliner lorsqu’un organiste et un guitariste étaient de la partie.En clair, ils interprètent des classiques composés par Duke Ellington, Fats Waller, Buddy Johnson, Lucky Millinder, Leo Pariter, Buddy Johnson, Sonny Stitt ainsi qu’Eubie Blake, l’ancêtre.Le résultat est à la hauteur du programme sur papier.Hamilton et ses copains étant des musiciens hors pair, des musiciens maîtrisant leur art à la perfection, ils s’approprient les morceaux écrits par des tiers avec un naturel qui force l’admiration.Chose certaine, cet Across the Tracks est joyeux, frais, sensuel, convaincant swing jusqu'au bout des ongles.Remarquable! Le Devoir peut-être, y prendre goût.Comme le bassiste de Blur, Alex James — qui se demande si «le rock’n’roll, qui a 50 ans, n’a pas déjà tout dit» —, le déclare au quotidien The Independent «Il y a un préjugé erroné qui considère que le classique, c’est pour les vieux.Le classique a besoin d’une nouvelle stratégie de mise en marché» (rebranding, en terme de marketing et en langue originale).Le concept fait mouche, comme on le voit à travers les cotes d’écoute et sur des forums de discussion avec des commentaires du genre: «Malgré ma faible tolérance à la musique classique, j’ai vraiment apprécié Maestro.» Il sera facile de fracasser des records pour le classique à la télévision avec le concert du vainqueur, et de vendre ses disques par la suite.Il reste que, pour augmenter le bassin de mélomanes, il faut réaliser un tour de magie dont depuis cinquante ans personne n’a trouvé le secret: comment faire écouter Karajan aux auditeurs de Mantovani, comment amener les fans de Bocelli à découvrir Juan Diego Florez, comment faire en sorte que les admirateurs de Paul Potts achètent des billets pour voir le Met au cinéma?Le bénéfice à long terme de Maestro ne peut passer que par là.Quant au vainqueur de cette mascarade, au vu de la piètre concurrence anglaise, il pourrait être couronné à l’unanimité dès aujourd’hui: c’est Ixuiis de Funès dirigeant la Marche hongroise de Berlioz dans la séquence d'ouverture de La Grande Vadrouille! Le Devoir Hydro K Québec Le Festival International du DU 21 JUIN AU 31 AOÛT 2008 (Tous les concerts sont présentés à 20 h 30 à moins d’avis contraire) INTERNATIONAL Vendredi, 22 août Les Concerts Jazz Industrielle Alliance TIGER OKOSHI, trompette LORRAINE DESMARAIS, piano MICHEL DONATO, contrebasse CAMIL BÉLISLE, batterie Solrto industrielle Hi: AlUANCE Samedi, 30 août Les Concerts Jazz Industrielle Alliance DENZAL SINCLAIRE, en trio IMDUSTIttKUf ALLIANCE AUMMKI n IHMCIi WUMCtUl SK LES BRUNO *111D* CASINO Dimanche 24 AOÛT CHRISTINE TASSAN et LES IMPOSTEURES Jazz Manouche Dimanche 31 AOÛT PHILIPPE AMYOT, uiobn YVES BOUCHARD, çjuitcxre JEAN-PHILIPPE ARSENAULT, contrebasse Brise classique l 888-DFORGET (336-7438) www.domaineforget.com i»i Québec rscs cscs iîîï âvJkwcJ E 1 «•fMpB vi ' * - "** ' ’**"* ' .‘ ’ '' ' ~ -• .v,V-î-'' ¦¦ zeêàisSL Isabelle Hayeur et Chih-Chien Wang : avant, après et autres instants ISABELLE HAYEUR + CHIH-CHIEN WANG Galerie PierreFrançois Ouellette art contemporain, 372, rue Sainte-Catherine Ouest, jusqu’au 23 août.JÉKAME DELGADO Elle, elle fait dans la tradition du paysage panoramique, avec des constructions photographiques à couper le souffle.Lui, c’est davantage dans la lignée de la nature morte qu’il travaille, avec des objets, souvent des aliments, en gros plan.Autre différence notable: l’absence de la figure humaine chez elle, alors que dans ses photos à lui, on en retrouve régulièrement.Isabelle Hayeur et Chih-Chien Wang abordent l’image de manière distincte.Les voilà pourtant réunis par leur galeriste, Pierre-François Ouellette.Et celui-ci insiste: ce ne sont pas deux solos, mais bien une seule et même expo.A les voir ainsi rapprochés, on pourrait les croire complémentaires.Aux larges plans en plein air d’Hayeur, regards distants et presque objectifs, Wang propose une approche intimiste et subjective, quelque part autobiographique.En réalité, c’est plus que ça.Derrière ces apparentes différences, les deux univers reposent sur une même idée, sur l’observation du temps et des traces que celui-ci laisse.Sur l’environnement d’une part, sur les choses d’une autre.Au bout, c’est la même attention envers cette inéluctable réalité qu’est l’écoulement du temps.C’est du moins le constat qui saute aux yeux dès l’entrée dans la galerie.Les œuvres des deux artistes respirent à ce point le même air qu’il apparaît très naturel de les voir ainsi exposées, presque entremêlées.D’autant plus lorsque l’une d’elles, Snow M+ountain, n’affiche pas ostensiblement la signature de son auteur.Cette rare incursion de Chih-Chien Wang dans le genre paysage prend en effet l’allure d’un des mirages auxquels nous a habi- tués Isabelle Hayeur.Avec sa teinte sablonneuse, cette montagne de neige a davantage l’apparence d’une vallée dans un dépotoir.Et pourtant non, c’est bien de la neige, quelque part au printemps, si l’on se fie au gazon bien vert du premier plan.Chih-Chien Wang et Isabelle Hayeur font leur première apparition chez Pierre-François Ouellette.Recrutés au début de l’année, alors qu’ils s’étaient retrouvés sans galeriste à la mort de Thérèse Dion fin 2007, les deux sont aussi de la Triennale québécoise, toujours en cours au Musée d’art contemporain.L’expo en galerie permet de donner un plus large aperçu de leur travail.Isabelle Hayeur ne présente pourtant que deux œuvres, étonnamment anciennes, si on peut les qualifier ainsi.Les Routes de sel - Lagune et Les Routes de sel -Oued, de 2003, fonctionnent d’ailleurs comme diptyque.A moins que ce ne soit comme un troublant miroir révélant plus d’un trait caché, tel qu’elles sont exposées ici, face à face.Grâce à une route sinueuse, unique par son tracé se perdant à l’horizon, on reconnaît, dans ces deux photos, le même paysage en campagne, à quelques nuances près.Dans l’une d’elles, ce sont deux plans d'eau qui bordent une péninsule et sa série de maisonnettes.Dans l’autre, on se retrouve devant une zone prise avec une désertification prononcée: l’étendue d’eau a disparu et seuls deux bâtiments semblent avoir subsisté au climat Mais est-ce vraiment de ça qu'il s’agit?D’un avant et d’un après?De cet avant et de cet après?Et si c’était le contraire: une zone sauvage, aride, devenue «habitable» après le détournement, l’aménagement d’un cours d’eau?Troublantes questions que lance, comme à son habitude, Isabelle Hayeur, cherchant autant à nous déstabiliser, en jouant sur la véracité de l’image, qu’à nous placer devant l’inquiétante transformation de l’environnement.A chacun ses réponses: ces Routes de sel peuvent donc être interprétées de manières opposées.Un avant, un après?On peut déceler chez Chih-Chien Wang que cette double issue narrative n’est pas au cœur de ses œuvres, tellement lui semble happé par le présent Ses photos, mais aussi sa vidéo, telle Time Measurement # 3, # 4, # 5, projection sur trois écrans, fixent le quotidien, dans sa plus tendre banalité.Le temps qui passe Poète de l’image, l’artiste natif de Taïwan est capable de donner des sens inattendus aux objets qu’il observe.«Le photographe découpe l’espace et saisit, ici et là, une des multiples permutations qui deviendront image», écrivait François Dion, dans Spirale (juillet 2007).À l’instar de sa consœur Hayeur, il lie forme et fond, faisant écho, par exemple dans ses aliments en évolution (une aubergine, du riz, des haricots), à la technologie numérique (manipulation de l’image).Le nouveau corpus qu’il présente ici, presque blanc d’un bout à l’autre (excepté cette jambe rougeâtre qui vient briser la cohérence de l’ensemble), vogue entre opacité et transparence.Ac- cumulation de poussière qui finit par recouvrir la neige d’une part, les pelures d’haricot qui tombent sur un tissu comme une broderie d’autre part.Le temps qui passe, il existe mille manières de l’observer.La vidéo tripartite Time Measurement, qui impose son rythme et ses murmures, montre du moins trois versions du même instant, du même Chih-Chien Wang.Collaborateur du Devoir IfV-X.SOURCE PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN Tissue #5, Topped With Tofu on a Pillow, 2008, de Chih-Chien Wang EXPOSITIONS Los Angeles en ses miroirs CLAUDINE MU LA K I) Cet été, deux grands musées de Los Angeles proposent des expositions rétrospectives étonnantes, qui reflètent la ville elle-même et réfléchissent aux représentations artistiques quelle a générées, de la photographie à l’architecture.Au milieu de ses jardins botaniques rafraîchissants, le musée Huntington de Pasadena présente This Side of Paradise: Body and iMndscape in L A.Photographs («De ce côté du paradis: corps et paysages dans les photographies de LA»), une histoire et une réflexion sur les représentations du corps et du décor dans la ville californienne (jusqu'au 15 septembre).«La naissance de Los Angeles et l’avènement de l'art photographique coïncident, remarque Jennifer Watts, conservateur de l’exposition.Im photographie de LA.s’est définie elle-même en fonction du climat, du paysage, de la diversité de la population et de la croissance urbaine.Nous montrons les moments glorieux, mais aussi les promesses déçues du grand rêve américain, et toutes les nuances intermédiaires.» Parmi les 2(X) photographies in- Musée D’ART DE JOLI ETTE G8 Jean-Paul Lemieux l.i Période classique, 1950-W75 Françoise Sullivan Les Saisons Sullivan 25 mai - 31 août 2tX)8 î É t é 11 mu - 31 août 2U)8 Tacita Dean Oswaldo Macià Luis Jacob Pernschnimi Calumny • Surrounded in leurs < Something Going on Above my Head A Dance tor Those of Us I Whose Hearts Haw | liiroed hi Ice • Album III * 25 mai - 31 août 2iX)8 11 mu - 24 août 21XW 25 mai - 24 août 2(X)8 145, rue Wilfrid-Cofbeil Joliette (Québec) CANADA (450) 756-0311 Muet» o >»?pt jolutti www musee.jOllette.org Ll2îZjKDDfli êfï Mardi au dimanche.12 h é 17 h (fttgjmsünj .JL.« .?lânauïnëre telligemment mises en scène par des architectes de Santa Monica, Kevin Daly et Chris Genik, on apprécie la première photo de Los Angeles (des champs et quelques maisons éparses), prise en 1862.Et les images d’auteurs comme Imogen Cunningham, Edward Weston, Ansel Adams, Herb Ritts, Edward Ruscha ou Dennis Hopper côtoient des photos d’inconnus, telle l’image dynamique des membres du Hollywood Negro Ballet dansant sur la plage en 1953 (le livre-catalogue est disponible auî( Editions Merrell).A la mi-juillet, on se bousculait au musée Hammer, dans le quartier de Westwood, à la première de l'exposition Between Heaven and Earth, the Architecture of John Lautner («Entre ciel et terre, l’architecture de, John Lautner», catalogue aux Editions Riz-zoli).Conçue par l’historien d'art Nicholas Olsberg et l'architecte Frank Escher, cette rétrospective, prévue jusqu'au 12 octobre, présente pour la première fois l’œuvre de cet architecte moderniste original qui a travaillé avec Frank Lloyd Wright et, dès les années 1940, a construit quelques-uns de ses chefs-d'œuvre aériens à Los Angeles, dont, en 1960, la fameuse Chemosphere House, une soucoupe volante reposant sur un seul pilier, devenue l’une des images ironiques de la ville.Un mélange judicieux de photographies, de plans, de maquettes et de films des réalisations marquantes de Lautner, projetés en boucle sur les murs, réussit à animer le travail de ce visionnaire.Le Monde L’œuvre obsessionnelle de Miroslav Tichy MICHEL HELLMAN Dans son village on le prenait pour un fou, un clochard excentrique, voire dangereux.Aujourd’hui, alors qu’il va bientôt fêter ses 82 ans, c’est une vedette et les plus grands musées du monde se disputent ses œuvres.Le parcours du photographe tchèque Miroslav Tichy ressemble à un conte de fées.Une exposition au Centre Pompidou propose actuellement un aperçu fascinant de la démarche et du travail de cet artiste inclassable.Depuis le début du romantisme, l’histoire de l’art est ponctuée de ces «grandes figures solitaires» qui œuvrent à contre-courant des tendances artistiques officielles, faisant fi des critiques ou de la misère et mus par le seul besoin de créer.Le public apprécie leurs qualités «authentiques», qui contrastent avec les artifices que l’on peut retrouver dans l'art contemporain «institutionnalisé».Le personnage de Miroslav Tichy est indissociable de cette image de l’antiartis-te, et cela explique en partie son succès.Son approche de la photographie est réellement singulière.Né en 1926 en Moravie, enfant unique d'une famille modeste, il s’intéresse très tôt à la peinture et décide de s'inscrire à l’école des beaux-arts de Prague.Mais en 1948, alors que les communistes prennent le pouvoir, il abandonne ses études et retourne dans son village natal.Il commence à s’isoler, à se replier sur lui-même, et délaisse la peinture au profit de la photographie.Il construit ses propres appareils, lentilles et ob- i -ri T: ÎS5 F4 , ; 11.r-f.Ijjj* 1 ^ +*J • 1 il ’ 1 .s 4.h 1 1 SOURCE CENTRE POMPIDOU.MUSEE NATIONAL D'ART MODERNE Sans titre, épreuve gélatino-argentique, de Miroslav Tichy jectifs, à l'aide de matériaux de récupération: sparadraps, bouts de plastique, boîtes de conserve et cartons à chaussures (on découvre quelques exemples de ces étonnants bricolages dans l’exposition), et installe une chambre noire rudimentaire.Avec ce matériel de fortune, il parcourt chaque jour le parc, la piscine, la gare et la place principale de son village en prenant chaque fois des douzaines de clichés.Il photographie surtout des femmes, furtivement, à leur insu, parfois sans même regarder dans l'objectif.Son comportement et son aspect marginal attirent l’attention des autorités, et il sera arrêté et interné à plusieurs reprises dans un asile psychiatrique.Ce n’est qu’à la fin des années 90 qu’il est «découvert» par un ancien voisin.Celui-ci rédige un ar- ticle à son sujet dans un magazine consacré à «l’art brut».Un certain intérêt se manifeste alors dans quelques cercles restreints, mais la consécration n'arrive réellement qu’en 2004, quand le grand commissaire Harald Szeemann décide de présenter des œuvres de Tichy lors de la biennale de Séville.Le public découvre alors pour la première fois le travail de l’artiste.L’exposition du Centre Pompidou rassemble une centaine de ses photographies: ce sont des œuvres très intimes qui témoignent toutes d’une même obsession du corps de la femme: objet de désir, tour à tour convoité et sublimé.Les clichés sont flous, surexposés, parfois très abîmés.Tichy soumettait ses œuvres à une étape de «postproduction» rude en les jetant par la fenêtre, les laissant prendre la pluie et la poussière, ou se faire ronger par les rats.D les retouchait soigneusement par la suite, les encadrait avec du carton ou du papier journal.Ces défauts en font leur charme, leur confèrent un caractère unique.Malgré ses méthodes d'amateur, ce voyeur discret possède un sens de l’observation tout à fait original, marqué par une attention particulière au détail, une influence picturale classique et une approche surréaliste du sujet II se dégage de ses «modèles» un érotisme suggéré, jamais vulgaire.Collaborateur du Devoir MIROSLAV TICHY Jusqu’au 22 septembre Centre Pompidou, à Paris http://wwui cnac-gp.fr/ HISTOIRE ET NATURE - Montebello Dimanche 17 août : COMPLET 'eaux L'EXPOSITION DU 400r - LE LOUVRE A QUÉBEC Samedi 23 août : COMPLET Mardi 21 octobre : réservez maintenant! 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