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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-09-20, Collections de BAnQ.

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Charest frustré par Ottawa et Sarkozy Le président de la France ratera le point d’orgue du Sommet de la Francophonie à Québec ANTOINE ROBITAILLE CHRISTIAN RIOUX Québec — Ottawa s’apprête à reporter le bref Sommet Canada-Union européenne prévu pour le 17 octobre, au cours duquel les négociations sur le libre-échange entre les deux entités devraient être lancées, a appris Le Devoir.Ce sommet devait constituer le moment fort de l’automne européen de Jean Charest, qu’il évoque dans tous ses discours depuis un an.Autre accroc au scénario du premier ministre: Nicolas Sarkozy fera en partie faux-bond au premier ministre québécois, à l’occasion du Sommet de la Francophonie (17,18,19 octobre), a aussi appris Le Devoir.Le président français quittera en effet ses homologues avant la fin du Sommet, le samedi 18 octobre.Le Sommet Canada-Union européenne devait se tenir le 17 octobre, jour d’arrivée de M.Sarkozy, lequel est aussi, jusqu’au 31 décembre, président de ÜJnion européenne.Mais en raison de la proximité des élections fédérales, qui se tiendront trois jours plus tôt, la tenue de ce sommet sera reportée à une date ultérieure, a confirmé hier au Devoir une source très au courant du dossier.Puisque le gouvernement fédéral est en campagne électorale, il n’a tout simplement pas eu le temps de se préparer pour cette importante réunion, a-t-on expliqué.VOIR PAGE A 12: CHAREST ?www.ledevoir.co ni LE DEVOIR X C I X N ° 2 I 4 LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 S E P T E M B R E 2 0 0 8 2,44$ + T A K s REUSSIR SA VIE 4AL." .-uJtu .Pour 65 % des Québécois, vivre à deux n’est plus une condition au bonheur WiW'”1 Ij: 1 assit La comédienne Pascale Bussières et son sompagnon, le producteur et JACQUES NADEAU LE DEVOIR comédien David Clermont-Béïque, figurent sûrement parmi les 35 % de Québécois qui croient encore au couple.Toute la semaine, l’équipe du Devoirvous a présenté une synthèse d’observations recueillies sur sept volets d’un même thème: qu’est-ce qu’une vie réussie?Pour le savoir, la firme Léger Marketing a sondé les Québécois dans une enquête nationale révélatrice de bien des changements de société.Nous terminons cette grande série par un regard sur le couple réussi, conclusion logique d’un sondage qui nous a appris samedi dernier que la vie amoureuse et familiale était, et de loin, ce que les Québécois considèrent le plus important dans leur vie.PIERRE CAYOUETTE On s’étudie trois semaines, on s’aime trois mois, on se dispute trois ans, on se tolère 30 ans, et les enfants recommencent.» C’est par cet aphorisme impudent que le philosophe et historien français Hippolyte Taine décrivait le couple, au milieu du XK' siècle.Plus de 150 ans plus tard, il lui faudrait sans doute rajuster sa formule.On s’étudie, on s’aime, on se dispute et on se tolère désormais beaucoup moins longtemps.Et, surtout, il est moins certain que les enfants recommencent.Le couple n’a plus la cote.Du moins, la majorité ne le perçoit plus comme une condition essentielle au bonheur.Même s’ils accordent une importance prépondérante à la vie amoureuse et familiale, plus de 65 % des Québécois, soit 71 % des femmes et 59 % des hommes, ne croient pas qu’il soit important d’être en couple pour réussir sa vie.La psychiatre et psychanalyste française Marie1 France Hirigoyen ne s’étonne guère des résultats du sondage Léger Marketing-Le Devoir à ce propos.«Voilà qui correspond tout à fait à ce que j’observe, en France comme chez vous.Une majorité de femmes ne jugent pas la vie de couple indispensable à leur réussite.» Connue pour ses travaux de pionnière dans le domaine du harcèlement moral, la célèbre psychologue se penche justement sur les mutations des rapports hommes-femmes dans Les Nouvelles Solitudes (La Découverte), son plus récent ouvrage.«Parce qu'elles ont obtenu, du moins en théorie, l'autonomie financière et sexuelle, les femmes éprou vent moins le besoin de cette sécurité matérielle qu’apporte le couple.Un nombre VOIR PAGE A 12: COUPLE Des contradictions à la pelle Qu’est-ce qu’un couple réussi ?> À lire en pages A 6 et A 7 AGENCE FRANCE-PRESSE ÉCONOMIE Wall Street finit en fanfare De l’asphyxie à l’euphorie ¦ À lire en pages B 1, B 7 et C 1 1 N D K X co ^.i- Actualités A 5 Idées C 5 Annonces B 10 Monde A 9 Avis publics.B 8 Mots croisés.B 8 ss.Ti'i jis:1.:,;,, im Q ' feM—BBBHBiro -1 - ¦ Abb——J5 R- Carrières B 6 Perspectives.C 1 Décès B 10 Rencontres.I) 2 Économie B1 Sports Bit Éditorial C 4 Sudoku B10 N.Entre l’euphorie et l’indifférence L’effet Chantal Petitclerc est énorme.mais passager JACQUES NADEAU LE DEVOIR Chantal Petitclerc revient des Jeux paralympiques de Pékin avec cinq médailles d’or.I h FABIEN DEGLISE Elle revient au pays avec cinq médailles d’or et son sens de l’humour.Pour Chantal Petitclerc, les Jeux olympiques de cet été à Pékin n’auront été finalement qu’une phase préparatoire aux Jeux paralympiques qui viennent de se conclure, «Même dans le cadre olympique, et d’où elle est revenue hier plus que victorieuse.La répétition générale, en somme, avant les choses sérieuses.«C’est ce que les gens disaient pour rigoler au village paralympique», a-t-elle lancée lors d’un point de presse tenu à l’aéroport de Montréal-Trudeau tout en expliquant que les mesures contre la pollution prises en août dernier pour la grande messe de l’olympisme, mais également un mercure plus clément à Pékin en septembre, ont fait en sorte que les les gens qui ont des problèmes de mobilité ne sont pas traités comme tout le monde» VOIR PAGE A 12: PETICLERC -oise Deroy-Pineau le de l’Incarnation d'atfaifes, mystiqt* BIBLIOTHÈQUE QUÉBÉCOISE wm* Femme d’affaires, mère de la Nouvelle-France : une histoire passionnante! 336 pages* 12,95 s www.livres-bq.com * t A 2 LE DEVOIR, LES SA M E D I 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2 0 0 8 ELECTIONS FEDERALES YouTube Surréaliste ou hyperréaliste ?Rivard, Brière et Rousseau diffusent une vidéo en soutien à la lutte contre les coupes fédérales dans la culture PAUL CAUCHON Des artistes ont décidé de répliquer par l’humour aux compressions du gouvernement conservateur, avec une vidéo qui faisait tout un tabac hier sur Internet Intitulé Culture en péril, la vidéo de trois minutes met en vedette Michel Rivard, Stéphane Rousseau et Benoît Brière.Filmé de façon très professionnelle, il met en scène Michel Rivard qui se présente devant des fonctionnaires pour obtenir de l’aide pour un petit festival de chansons.Les deux principaux fonctionnaires, interprétés par Benoît Brière et Stéphane Rousseau, anglophones, ne comprennent rien de ce que Rivard tente de leur expliquer, ou comprennent de travers en mélangeant les mots.Par exemple, ils croient entendre le mot «fuck» lorsque Rivard leur chante Le Phoque en Alaska.L’incompréhension est telle que Rivard voit sa subvention refusée.Le propos est très mordant.Mise en ligne jeudi soir, la vidéo avait été vue plus de 38 000 fois hier en fin d’après-midi sur YouTube, et elle circulait à toute vitesse sur différents blogues.Un des artisans de la vidéo, qui YOUTUBE La vidéo peut-être vue sur YouTube sous «Culture en péril».n’apparaît pas à l’écran, a expliqué au Devoir qu’une vingtaine de personnes avaient travaillé sur le projet, bénévolement et en assumant elles-mêmes les dépenses.Aucun parti politique n’y a contribué, soutient-il.C’est pourquoi la vidéo n’est pas diffusée à la télévision comme message politique officiel.Les artistes impliqués veulent plutôt le mettre à la disposition de toute la communauté, sur Internet, et ils refusent les entrevues officielles, en soutenant qu’il s’agit d’une «œuvre collective».La vidéo se termine par la phrase suivante: «Chaque dollar investit dans l’industrie culturelle rapporte 11 fois plus en bénéfices directs ou indirects.Source: le Conference Board du Canada.» 11 existe également une version longue de huit minutes de la vidéo, qui n’était pas sur YouTube hier, et qui sera peut-être présentée lors du spectacle gratuit de plusieurs artistes, prévu ce mardi au Club Soda de Montréal, pour protester contre les coupures dans le secteur culturel.Par ailleurs, d’autres artistes préparent actuellement une série de vidéos pour soutenir FINIS, l’école de formation qui s’est vue retirer une partie importante de sa subvention à la suite des compressions.La vidéo peut être consultée sur YouTube sous le sujet «Culture en péril».Le Devoir « Chaque doUar investit dans l’industrie culturelle rapporte 11 fois plus en bénéfices directs ou indirects.Source: le Conference Board du Canada.» Vaudreuil Harper donne un coup de pouce à Michael Fortier ALEC CASTONGUAY Stephen Haper a terminé hier une tournée de deux jours au Québec où il a fait un arrêt à Fam-ham, puis à Vaudreuil, dans la circonscription de son ministre non élu, Michael Fortier.Ce dernier tente de ravir la circonscription à la bloquiste Méli Faille.La lutte s’annonce serrée dans cette banlieue à l’ouest de File de Montréal.En milieu de journée hier, près de 350 militants conservateurs — majoritairement des personnes âgées — s’étaient déplacés à File Perrot pour venir entendre Stephen Harper, ce qui a semblé le surprendre.«Qui a dit qu’il n’y avait pas de militants conservateurs dans la région de Montréal!?! a-t-il lancé sous un tonnerre d’applaudissements.Les choses changent et c’est une bonne chose pour Montréal.[.] C’est important que Montréal soit présent à la table du conseil des ministres.Montréal mérite plus que des gérants d’estrade et des prophètes de malheur.» M.Harper a de nouveau soutenu que son parti avait réglé le déséquilibre fiscal, même si le gouvernement du Québec, Jean Charest en tête, affirme le contraire.Dans son discours, Stephen POUR ÉPARGNER, VOUS ÊTES À LA BONNE PLACE.LE NOM LE DIT: EPARG N E ëdflÉk.IHMH Hi Mi a— M m WÊËÊMMM .aMüHfc to LA BELLE VIE Découvrez nos produits d’épargne et de retraite: Obligations à taux progressif • Obligations à taux fixe • Obligations à escompte • Obligations Sécuri+ • Obligations boursières • Obligations d’épargne • Épargne Flexi-Plus • Plan Épargne Périodique 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gouvernement conservateur, même minoritaire, entre en collision frontale avec les intérêts de nos membres et de la population», a expliqué Renaud Plante, porte-parole.L’AFPC a décidé d’appuyer le Bloc québécois dans plusieurs régions du Québec.Toucher à Radio-Canada?Le Parti conservateur a-t-il l’intention de couper dans les budgets de Radio-Canada et de là CBC une fois au pouvoir?Ce sujet controversé qui revient périodiquement hanter le PC a étç soulevé par nul autre le directeur des opérations politiques et organisateur en chef du Parti conservateur, Doug Finley.Dans une lettre qu’il a envoyée; le 9 septembre dernier à des membres et militants du PC pour recueillir des fonds, Doug Finley écrit «La SRC/CBC coûte 1,1 milliard de dollars par année.Est-ce une bonne manière de dépenser l’argent des contribuables?» M.Finley pose des questions sur différent sujets dans sa lettre, avant d'affirmer à la fin du document que toutes les réponses seront transmises au premier ministre pour élaborer les politiques du parti.En 2004, Stephen Harper avait eu des mots très durs envers Radio-Canada et son pendant anglophone, la CBC.Interrogé sur le sujet hier lors de son passage à Farn-ham, le chef conservateur n’a pas semblé au courant de la lettre de son principal organisateur.D a demandé de répéter la question pour finalement lancer une réponse floue.«En tant que premier ministre, j’appuie les budgets de mon gouvernement», a-t-il dit Le PC n’a pas touché aux budgets de la CBC/Radio-Canada depuis qu’il a pris le pouvoir, en 2006.Il n’a pas été possible d’en savoir davantage puisqu’il est interdit de demander des précisions au premier ministre lors de son point de presse quotidien.Les journalistes sont strictement régis (10 à 12 questions en tout, pas plus) et n’ont pas droit à des sous-questions.Le NPD a émis un communiqué en milieu de journée hier pour tenter d’en savoir plus.«Harper a-t-il l’intention de réduire ou d’éliminer le budget de Radio-Canada?Son directeur de campagne ad-il distribué ce document par erreur?» a demandé Jack Layton.L’organisme Friends of Canadian Broadcasting, qui défend le mandat de la CBC, a mis la lettre de M.Finley sur son site Internet et demande lui aussi des comptes au Parti conservateur.«Si M.Harper pense que Radio-Canada/CBC est une dépense inutile, a-t-il l’intention de couper les budgets s’il est élu majoritaire?» demande le porte-parole de l’organisme sans but lucratif, lan Morrisson.Le Devoir en bref «Yo» Gourd contre Duceppe Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, aura un adversaire pour le moins coloré lors du scrutin du 14 octobre puisque l’inimitable François «Yo» Gourd sera lui aussi candidat dans la circonscription de Lau-rier-Ste-Marie.Il portera bien sûr les couleurs du Parti neorhino, • une formation qui se réclame autant de Karl Marx que de John Lennon.Surtout, M.Gourd réitère son intention d’abolir l’imposant budget militaire afin de financer massivement la culture, l’éducation et la santé.Armé de son slogan explosif «Un raisin de plus dans la campagne», il affirme en , outre vouloir mettre un terme aux évasions fiscales si coûteuses à .l’économie canadienne.—Le Devoir a I- E l> E V 0 I R .LES SAMEDI 20 ET I) I M A X C HE 21 S E P T E M B R E ELECTIONS FEDERALES Listériose : au tour des employés du ministre de réclamer sa démission CHRIST1NNE MUSCHI REUTERS HELENE BUZZETTI Québec — Après les politiciens, les fonctionnaires.Les syndicats représentants les employés de la fonction publique fédérale sont sortis de leur réserve politique habituelle pour demander à leur tour la démission du ministre conservateur de l’Agriculture, Gerry Ritz.Pour la présidente de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), Michèle Demers, les blagues de mauvais goût de M.Ritz ne constituent que la proverbiale «goutte d’eau qui a fait déborder le vase».Le problème est plus profond.«Depuis le début de la crise de la listériose, celle du fromage et la crise en matière d’inspection des aliments, on demande que le gouvernement prenne la situation au sérieux.En vain», dit Mme Demers en entrevue avec Le Devoir.L’IPFPC représente 1800 scientifiques et autres professionnels.Il tente depuis quelques semaines déjà d’attirer l’attention sur les changements que le gouvernement conservateur entend apporter au régime d’inspection des aliments.Une ébauche de plan, prévoyant le transfert de la responsa- bilité des inspections au secteur privé, a fait l'objet d’une fuite dans les médias, et le ministre Ritz avait déclaré à l’époque qu’il s’agissait au mieux d'une hypothèse.E a été démontré par la suite que l’usine de Maple Leaf d’où provenait la bactérie Usteria était déjà soumise à ce nouveau régime.«Le ministre Ritz a été d’une non-réceptivité sur tous les messages d'alerte que nous avons lancés», croit Mme Demers.Mme Demers va plus loin et dit tout haut ce qui se chuchote dans les corridors à Ottawa depuis l’élection du Parti conservateur en janvier 2006.«Il y a une certaine fatigue.H n’y a pas de relation de grande confiance entre le gouvernement et la jonction publique.H y a un mu-selage, un contrôle si serré de l’information: c’est malsain parce que c’est exagéré.» Ce qui explique la sortie exceptionneDe du syndicat E est extrêmement rare que des fonctionnaires réclament la démission d’un ministre.qui est après tout leur employeur.Pourtant, un autre syndicat a fait de même jeudi soir: TAEiance de la fonction pu-blique du Canada (AFPC).Sa vice-présidente, Patty Ducharme, a déclaré que le ministre «a perdu la confiance des inspecteurs de l'Agence canadienne d’inspection des ali- ments et des autres qui travaillent à cette Agence.Il doit démissionner.Gerry Ritz doit démissionner immédiatement».Au cours d’un appel conférence qui se voulait privé, M.Ritz s’était inquiété du tord que la crise de la üstériose causait à son gouverne-menL «C’est comme se faire charcuter», a-t-il blagué.Un compte-rendu de cette conversation a été fourni à un journaliste et M.Ritz a dû s’excuser.La tempête poHtique ne s’est pas calmée pour autant.Des familles de personnes décédées de la listériose se sont dites outrées par ces commentaires.Le chef conservateur, Stephen Harper, qui complétait sa tournée du Québec hier, a dit comprendre leur réaction, mais a continué de défendre son ministre.«]e reconnais que les commentaires ont dû être difficiles à entendre.C’était déplacé.M.Ritz ne voulait pas faire ce commentaire publiquement.» Mais les journalistes ont insisté: selon ce compte-rendu, M.Ritz paraissait plus préoccupé par l’image du gouvernement que la crise en soi.N’est-ce pas là le véritable problème?«Nous étions inquiets de la crise d’abord, s’est défendu M.Harper.Mais c’est impossible de séparer l’aspect communication de la crise.M.Ritz a été disponible tous les fours pour répondre aux questions.» D's chefs de partis d’opposition ont tapé sur leur adversaire avec délectation pour une troisième journée.«Voici un ministre qui pense qu’il est approprié de désinformer les Canadiens à propos de la sécurité alimentaire pendant la pire éclosion de listériose», a lancé le libéral Stéphane Dion.«Voici un ministre qui pense qu’il est approprié de faire des blagues à propos de gens qui meurent de la listériose.» Son leader adjoint, Michael Ignatieff, a ajouté que cet épisode démontrait le danger d’avoir un premier ministre qui contrôle tout «Ils ont un gars, nous avons une équipe.[.] R [Stephen Harper] n’a personne sur qui compter et Gerry Ritz l’a laissé tomber lamentablement.» Quant au néo-démocrate Jack Layton, il a déclaré: «Stephen Harper vous a laissé tomber, vous et votre famille.» Une ancienne députée conservatrice devenue commentatrice, Val Meredith, a aussi déclaré que M.Ritz devait démissionner.Avec la collaboration d’Alec Castonguay Le Devoir Avec La presse canadienne Harper accuse Dion de dépenser sans compter Le chef libéral dévoile le volet agriculture de son Tournant vert HELENE BUZZETTI Québec — Alors qu’il dévoilait un programme d’aide aux agnculteurs de 1,2 milliard de dollars sur quatre ans, le chef libéral Stéphane Dion a dû se défendre hier de faire des promesses trop coûteuses à l’électorat M.Dion a multiplié les grosses annonces au cours de la dernière semaine: 900 millions pour une assurance-médicaments, 800 millions pour l’immigration, 70 milliards sur 10 ans pour les infrastructures.Hier, il a annoncé un autre volet de son Tournant vert, celui portant sur l’agriculture.Ainsi, M.Dion promet l’instauration d’un crédit d’impôt, d’une valeur de 400 mülions, pour les exploitants qui réduiront leurs émissions de gaz à effet de serre.Il mettra sur pied un Fonds pour les fermes écologiques de 250 millions afin d’aider les agriculteurs à se procurer des technologies plus propres, et un autre de 564 mil-Eons $ pour encourager ceux qui conçoivent des projets devant dynamiser leur région.Le chef conservateur, Stephen Harper, persiste à accuser son adversaire d’utiliser la pensée magique.Il répète sur toutes les tribunes qu’un gouvernement libéral ramènera la TPS de 5 % à 7 % et annulera la prestation mensuelle de 100 $ pour les parents d’enfants d’âge préscolaire afin de boucler son budget.M.Dion a beau nier ces allégations chaque fois qu’il en a l’occasion, M.Harper ne change pas de discours.Il soutient en outre qu’un gouvernement libéral renouera avec les déficits, même si Stéphane Dion s’est engagé à ne «jamais» le faire.«Stéphane Dion n’est pas prêt à gérer l’économie du pays.On voit sa gestion des finances du Parti libéral, qui a des difficultés.Les gens doivent se demander s’ils veulent d’un chef comme ça pour gérer le pays en temps d’incertitude économique.» «Nous n’augmente-rôns pas les impôts, nous ne couperons pas dans les programmes», a répliqué M.Dion hier en ajoutant que son équipe, dont une partie était en poste lorsque le déficit fédéral a été éliminé dans les années 1990, ne l’aurait pas laissé faire.«Tout ceci a été pensé avec une grande prudence fiscale et vous le verrez lorsque nous dévoilerons notre programme électoral, sous peu», a ajouté M.Dion.Layton et Duceppe Quant au chef du NPD, Jack Layton, il s’est engagé hier à poster un inspecteur alimentaire à chaque usine de transformation de la viande du pays, mais il a été bien en peine de dire combien de telles usines le Canada comptait.Il veut aussi interdire le départ à la retraite des inspecteurs déjà en poste.Quant à Stephen Harper, il continue d’égrainer son chapelet de petites promesses ciblées.Hier, il s’est engagé à bonifier le Régime d’épargne enregistrée invalidité (REEI).Afin de donner un coup de pouce aux aidants naturels, il permettra aux couples dont un des deux conjoints ne travaille pas à temps plein pour s’occuper d’une per- sonne ayant une invaEdité à fragmenter leur revenu aux fins du calcul d'impôt.Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, était pour sa part de passage à Rimouski pour aider son candidat Claude Guimond, qui affronte la députée indépendante sortante — et ex-bloquiste — Louise Thibault.Il a admis que la lutte au Québec contre le Parti conservateur était «chaude».Le Devoir EN BREF Le NPD vert jusqu’au toit Pour bien marquer son engagement en faveur de l’environnement, le Nouveau parti démocratique aura un toit vert à son siège social d’Ottawa.C’est 9 000 pieds carrés de terre et de plantes qui seront instaEés sur l’édifice.Le chef néodémocrate Jack Layton espère ainsi sensibiliser la population aux avantages environnementaux et économiques des toits verts.Si les toits d’Ottawa étaient verts, cela permettrait d’abaisser la température jusqu’à 2 degrés Celcius et améliorer la qualité de l'air.Ce projet pourrait servir de modèle, croit M.Layton.- Le Devoir INSTALLATION GRATUITE /n «Store?Fabriqué au Québec BOIS ouP.V.C.sur mesure • Stores horizontaux • Stores verticaux Opaque ou solaire • Toiles à rouleau • Stores romains • Panneaux coulissants Décoration CLAUDE BOUCHARD SERVICE À DOMICILE Québec 418 654-8677 Montréal 514 231-8677 2362, Beaubien E.Mti 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qu’à celle de Paul Martin en 2004, ou qu’à la sienne en 2006.Depuis le début de la campagne, tous les sondages vont dans le sens d’une victoire conservatrice le 14 octobre.L’écart entre les conservateurs et leurs plus proches rivaux est quantitatif et qualitatif.Contrairement au PLC, absent de grands pans de l’Ouest canadien et du Québec hors-Montréal, le Parti conservateur est,dans la course dans toutes les régions du Canada.A moins d’un revirement majeur, la tendance favorise la réélection d’un gouvernement conservateur.Ce revirement est d’autant plus improbable qu’une analyse réalisée par la firme EKOS révélait cette semaine que le Parti conservateur est celui qui peut le plus compter sur la loyauté de ses partisans le jour du scrutin.En effet, 84 % de ceux qui ont voté pour Stephen Harper en 2006 persistent et signent L’adhésion au PLC, à 62 %, est la plus basse des cinq principales formations.?Comme en 1997 et 2000, on assiste à une bataille d’opposition qui avantage le gouvernement sortant en divisant les votes contre lui.D’ici le scrutin, cette course a davantage de chances de garder les observateurs et les stratèges en haleine que la bataille pour le pouvoir.Même sur un tableau sur lequel ils ont un avantage naturel, les libéraux sont sur la défensive.L’adoption cette semaine d’une stratégie destinée à mettre agressivement de l’avant l’équipe libérale s’inscrit dans la dynamique de la bataille de l’opposition plutôt que dans celle d’un corps à corps avec les conservateurs pour le pouvoir.Les rôles de premier plan occupés par Bob Rae et Michael Ignatieff ces derniers jours ont encore malmené l’image de chef de Stéphane Dion.L’entrée canon dans la campagne libérale de Bob Rae mardi a coïncidé avec une chute spectaculaire (16 points) de l’indice de compétence de son chef.Le sondeur Nik Nanos ne pouvait trouver d’autre événement que Rentrée en scène de l’ancien premier ministre ontarien pour expliquer cette fluctuation à la baisse.Les Rae, Ignatieff et autres ne se dépensent pas sur les tribunes pour aider Stéphane Dion à prendre le pouvoir autant que pour s’assurer que son poste de chef de l’opposition vaudra encore la peine d’être convoité le 15 octobre au matin.Car c’est bien la supériorité de la marque libérale par rapport à celles des tiers partis plutôt que les mérites d’un éventuel gouvernement Dion que l’on vend aux électeurs.Selon les libéraux qui s’activent sur le terrain en Ontano, le nouveau souffle de la campagne aura au moins permis de ralentir et/ou de freiner l’exode de leurs appuis.De façon prévisible au Québec, où le fonds de commerce libéral est moins attrayant, les résultats sont plus mitigés.Pour la première fois, un parti important au Québec a placé le NPD dans sa mire la semaine dernière.A tout prendre, les stratèges néo-démocrates se sont plutôt réjouis de voir apparaître des affiches du Bloc qui font l’équation entre un vote néo-démocrate et un appui à Stephen Harper dans la circonscription de Jeanne-Le Ber.En envoyant le message qu’il prend le NPD au sérieux au Québec, le Bloc aide Jack Layton à convaincre les Ontariens de le prendre davantage au sérieux.Il en a bien besoin.Car une autre similitude avec les campagnes de Jean Chrétien, c’est le malaise qui résulte sur, le terrain de la division du vote d’opposition.À Toronto, l’idée néo-démocrate de mener bataille contre des libéraux pour compter des points contre Stephen Harper et vice-versa inspire beaucoup de réserves.Cette semaine, des militants néo-démocrates avouaient manquer de cœur à l'ouvrage à l’idée de se dépenser pour abattre des députés libéraux.Les stratèges néo-démocrates ont également eu une mauvaise surprise en voyant le Parti vert accéder aux ligues majeures de la couverture médiatique et des débats télévisés depuis le début de la campagne.Dans la circonscription torontoise de Davenport visitée cette semaine par la tournée néo-démocrate, par exemple, le candidat de Jack Layton Peter Ferreira est passé à mille votes de rafler le siège aux libéraux aux élections provinciales de l’an dernier.Le Parti vert avait remporté 3000 voix.Mais personne ne peut vraiment dire si le vote vert a aidé le NPD à se rapprocher de la victoire ou s’il a scié son élan.?Au Québec, les libéraux et le Bloc québécois, deux partis qui ont dominé le paysage fédéral au cours des 15 dernières années, sont sujets à l’effritement à gauche comme à droite.L’érosion de leurs appuis pourrait faire la différence entre un balayage conservateur et un résultat qui s’approche davantage du statu quo le 14 octobre.Ailleurs au Canada, la division par trois du vote d’op position et la montée des verts sont en voie d’avoir raison de tous les calculs conventionnels.Tout le monde convient que le soir du vote, les urnes seront de véritables boîtes à surprise dont le contenu pourrait surprendre l’opposition et réjouir les conservateurs.Chantal Hébert est chroniqueuse politique au Toronto Star Une analyse de la firme Influence L’environnement pèse lourd dans la couverture de presse LOUIS-GILLES FRANCŒUR Selon une analyse de la firme Influence, l’environnement domine pour la première fois une campagne électorale au Canada avec près de 25 % de toute la couverture médiatique, devant l'économie et les plus classiques controverses.C’est probablement pourquoi le chef des conservateurs, Stephen Harper, systématiquement pris à partie pour la faiblesse de son programme environnemental, refuse de participer au débat que CBC a accepté de diffuser sur les enjeux environnementaux dans le cadre (['Extreme Debate.Ce débat sera retransmis le 8 octobre, soit un peu moins d’une semaine avant l’élection.Plusieurs grands groupes écologistes, dont Nature Canada, le Sierra Club, Equiterre, l’Institut Pembina et Ecojustice poussent pour une participation des chefs en personne afin de faire apparaître les enjeux par les maîtres du jeu dans chaque parti.Mais jusqu’ici, Stephen Harper a décliné et Jack Layton, du NPD, a refusé sous prétexte qu’il participera au match seulement s’il peut défier son vis-à-vis conservateur, ce qu’il avait initialement fait pour contrer la participation d’Elisabeth May, la chef des verts, au débat des chefs en anglais et en français.Mais du côté francophone, aucun débat sur les enjeux environnementaux n’est en vue pour le moment, même sans les chefs, car la seule confrontation qui se préparait avec LCN a été annulée en raison précisément du refus des chefs d’y participer, une exigence de la chaîne télévisée.Il ne semble pas que LCN veuille piloter l’idée d’un débat sur l’environnement sans les chefs, sur lequel la CBC s’est rabattue.Plusieurs sondages, dont celui d’Ekos du 7 septembre, indiquent qu’une forte majorité de Canadiens (71 %) pensent que les chefs doivent participer à un débat télévisé sur l’environnement en raison de l’importance de cet enjeu dans la campagne en cours.Le fait que l’environnement ait dominé le débat électoral durant les 10 premiers jours de la campagne est en grande partie attribuable à la proposition du Parti libéral d’intégrer le Canada et ses grands émetteurs de gaz à effet de serre dans la phase 2 du protocole de Kyoto et d’intégrer les autres secteurs de l’économie dans la bataille du climat par une taxe sur le carbone.Ce plan, connu sous le nom de Tournant vert, a été attaqué d'autant plus facilement et souvent de façon très démagogique, parce qu’il contient une taxe, pourtant fiscalement neutre.Selon Influence, les problèmes d’environnement ont mobilisé 23,3 % de la couverture médiatique entre le 7 et le 17 septembre, contre 19,4 % pour les controverses plus classiques, 17,8 % pour l’économie, 10,4 % pour la politique étrangère, 8,1 % pour les sondages et 5,5 % pour la santé.Il est intéressant d’analyser par ailleurs la ventilation de la part de 23 % consacrée aux sujets environnementaux.On y apprend que le Tournant vert de Stéphane Dion a obtenu 12 % de la couverture, suivi par sa taxe sur le carbone, avec 10,5 %.Les libéraux et leur Tournant vert ont systématiquement évité d’évoquer le protocole de Kyoto malgré la faveur importante dont il bénéficie dans l’opinion canadienne, et en particulier au Québec.Cette stratégie a fortement contribué à réduire le pourcentage de la couverture médiatique consacrée à ce sujet, soit un maigre 2,3 %, alors que les changements climatiques eux-mêmes, pourtant à la base de tout ce débat, n’obtenaient que 6,2 % de l’attention médiatique.Le Devoir ^V'estit dans ASSOCIATION DE L'ALUMINIUM DU CANADA ALCOA A1PU=TT= RloHnto Alcan Avec trois centres de recherche hautement spécialisés et un grand nombre de chercheurs dans les universités, le Québec fait figure de leader à l'échelle mondiale. LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2 0 0 R ACTUALITES A 5 91,3 filub ctJûimlle / Gare-hôtel Viger L’art de consulter sans le dire Aucun opposant au projet n’a signé le registre de la municipalité parce que personne n’était au courant de son ouverture JEANNE CORRIVEAU Le promoteur du projet immobilier de la gare-hôtel Viger n’aura plus à s’embarrasser de la contestation citoyenne.L’ouverture d’un registre par la Ville de Montréal a été faite avec une telle discrétion cet été que les voisins n’en ont jamais eu connaissance.Résultat le registre n’a recueilli aucune signature et le projet pourra aller de l’avant sans que les voisins ne puissent plus s’y opposer.La Ville de Montréal avait fait paraître un avis public le 21 août dernier dans les quotidiens Le Devoir et The Gazette afin d’informer les citoyens opposés au projet immobilier qu’un registre était ouvert pour demander la tenue d’un référendum.Or, ceux-ci n’ont jamais vu ces deux annonces.Le délai de huit jours écoulé, leurs chances de contester le projet se sont envolées.Selon les informations fournies par la ville-centre, aucun avis n’aurait été publié dans les journaux locaux de l’arrondissement de Ville-Marie.Chez les citoyens, la déception était grande, d’autant plus que leur pouvoir de contestation s’était effrité considérablement après que le gouvernement du Québec eut modifié la Charte de la Ville, au mois de juin dernier, une manœuvre qu’ils qualifient d’«aberration.» Rappelons que plus tôt cette année, le promoteur Viger DMC International avait fait des démarches auprès des autorités gouvernementales et municipales dans l’espoir de se soustraire au processus référendaire qui permet aux citoyens de zones contiguës de contester le projet II aurait voulu que la procédure entourant Tou-verture d’un registre et la tenue d’un référendum soit éliminée.Le gouvernement du Québec a plutôt décidé d’apporter un amendement à la Charte de la Ville afin d’étendre à tout l’arrondissement historique du Vieux-Montréal la consultation sur les grands projets situés dans ce territoire.Ces nouvelles règles du jeu diluaient du même coup le pouvoir des voisins de la gare-hôtel Viger de s’opposer au projet.Mobiliser autant de citoyens devenait impossible pour les contestataires.L’administration n’a pas agi en catimini dans ce dossier, s’est défendu le maire Gérald Tremblay hier.«Ç'a été publié dans les journaux.On ne l’a pas fait en plein milieu de l’été, on l’a fait au mois d’août pour que le plus grand nombre de personnes soient informées du projet», a-t-il soutenu.«C'est facile de dire, après le fait, que les citoyens n’ont pas été informés, a-t-il ajouté.Ç'a été publié par les voies normales.Comme personne ne s’est présenté pour signer le registre, on tient pour acquis que la très grande majorité des personnes veulent que ce projet se réalise, dans le respect des consultations qui ont été menées [par l’Office de consultation publique de Montréal].» Le projet de Viger DMC International représente un investissement de 450 millions de dollars et comportera quatre tours.Le promoteur prévoit aménager un hôtel et des condos assortis d’espaces commerciaux.Le 10 septembre dernier, le comité exécutif de la Ville a entériné le projet Celui-ci devra toutefois franchir d’autres étapes avant de se concrétiser.Comme le projet se trouve en partie dans l'arrondissement historique du Vieux-Montréal, le ministère de la Culture devra donner son approbation.Le Comité consultatif d’urbanisme et du comité d’architecture devront également donner leur accord au projet Le Devoir Le 6000, Saint-Denis aura une vocation mixte JEANNE CORRIVEAU Ceux qui rêvaient encore de voir le CHUM s’installer au 6000, rue Saint-Denis, devront en faire leur deuil de façon définitive puisque la Ville de Montréal a d’autres projets pour ce site.Un tout nouveau quartier comportant quelque 1500 unités d’habitation, des commerces et des bureaux devrait y voir le jour au cours des prochaines années.Montréal fera appel à trois équipes multidisciplinaires pour réfléchir à l’aménagement du vaste terrain de 11,5 hectares bordé par les rues Saint-Denis et de Bel-lechasse, et la voie ferrée du Canadien Pacifique, à deux pas de la station de métro Rosemont A l’occasion d’une rencontre avec des représentants du milieu des affaires et de groupes communautaire, hier matin, le maire de l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, André Lavallée, a indiqué que l’intention de l’adminis- tration municipale était d’aménager un «quartier vert» à vocation résidentielle s’apparentant au secteur d’Angus avec des unités d’habitation, des bureaux, des commerces de proximité et des services communautaires.Une partie du site est occupée à l’heure actuelle par les garages de la Société de transport de Montréal (STM), qui est propriétaire de 40 % du terrain.Un autre 40 % de la superficie appartient à des propriétaires privés, et la Ville détient 20 % du terrain.La Ville a entrepris d’élaborer un programme particulier d’urbanisme (PPU) et les trois équipes multidisciplinaires qu’elle entend recruter auront pour mandat de lui faire différentes propositions d’aménagement «C’est un exercice d'idéation qui permettra d’alimenter la consultation publique», a indiqué M.Lavallée.De son côté, la STM envisage plusieurs hypothèses dans le cadre de ce réaménagement du quadrilatère.Elle pourrait enfouir ses garages en sous-sol ou même s’installer ailleurs, a indiqué hier le conseiller Marvin Rotrand, membre du conseil d’administration de la STM.Cette dernière option pourrait lui coûter 130 millions de dollars, a-t-il toutefois précisé.L’adoption du PPU et la consultation publique sont prévues pour le printemps prochain.Les travaux devraient commencer en 2010.«C’est un projet qui va se faire par phases, sans bousculer personne», a soutenu M.Lavallée.Le gouvernement, à une autre époque, avait songé à implanter le CHUM à cet endroit et le zonage avait été modifié en conséquence.«A l’heure actuelle, c’est zoné hôpital.Mais on tient pour acquis qu’une décision a été prise par le gouvernement et que le site est disponible», a commenté André Lavallée.Le Devoir EN BREF La controverse continue Une nouvelle étude parue plus tôt cette semaine dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) affirme que le bisphénol A (BPA), ce composé chimique utilisé dans la fabrication d’emballages alimentaires et de bouteilles en plastique, y compris des biberons, est lié à un risque accru de maladies cardiaques, de diabète de type 2 et d’anomalies hépatiques.Selon cette étude effectuée par le Dr David Melzer, de la faculté de médecine Peninsula à Exeter en Grande-Bretagne, entre 2003 et 2004 sur 1455 Etats-Uniens âgés de 18 à 74 ans, des niveaux élevés de BPA dans les urines augmenteraient en moyenne de 39 % le risque de souffrir d’un de ces trois problèmes de santé.Cette étude n’apporte pas une preuve irrétu-table des dangers que semble présenter le BPA, a souligné le Dr Hugh S.Taylor de l’école de médecine de l’université Yale au Connecticut sur le site Internet du magazine U.S.News & World Report.«Le BPA n'est coupable que par association.Plus de cas de dia- bète et de maladies cardiaques ont été relevés parmi les individus présentant des niveaux élevés de BPA dans leurs urines, mais ces personnes qui consomment beaucoup d’aliments et boissons emballés dans du plastique n ’ont probablement pas un régime alimentaire des plus sains et c'est peut-être la raison pour laquelle elles souffrent de diabète et de maladies cardiovasculaires.» Les résultats de cette nouvelle étude n’ont pas ébranlé l’agence améri- caine de réglementation des médicaments et des produits alimentaires (Food and Drug Administration) qui a réitéré hier, devant un groupe d’experts indépendants, les conclusions de son rapport préliminaire selon lequel les niveaux de BPA présents dans les boissons et les aliments ne présentaient aucun risque pour la santé des nourrissons et des enfants.La controverse continue.-Le Devoir Vous avez des droits nous pouvons vous aider Yves Ménard Avocat Vieux-Montréal 514.861.0469 Conférence Échange au profit du Centre St-Pierre • Quel Mrttagi Ih dlrigsants tfimtrepriw* espèrent-ils laisser à leurs successeurs?e (M tops les jevnea (eiders enèialteril-lsreoeeolr des généraOens ipè Iss prtcèdein si gn’iM'Ili emle il'acciinpllr ?Dm générations s» prononcent sur le sujet Participe?au dialogue passkmné entre Claude Béland.président du Mouvement Desjardins (1987 à 2000) et Joëlle Charpentier, MBA, CRHA, conseillère en développement organisationnel ! Formule vins et fmmages Mercredi l'octobre 2008 i 18 h au Cuntfc SI Pierre, 1212, rue Panel Mnnttêal tptéstfvtnettoBoMtf) BMtKIty Billet en vente au coût de 50$ 514.524.3561 poste 284 oujlurgenn@centreslpierre.org ari^j CR clianlé ClspcnlWe sur Crrrnlu A*# Mimim mt le foi* iss leirtw si'iumtoCimsi-nm, wrému i MMfrqagui eOapeoMÜ par mssiiiirs CMe SSM et Mlclxii Malstto CWA iMü» rèi MaUtto et Associés Inc Des braves , , CHRIS WATTIE REUTERS LA GOUVERNEURE GENERALE du Canada, Michaëlle Jean, a remis hier l’Étoile du Courage à l’étudiant James Santos pour son intervention lors des événements tragiques au Collège Dawson.Mme Jean a également décoré les agents Alain Diallo, Marco Barcarolo et Denis Côté de Médailles de la bravoure.Ces trois policiers ont été les premiers répondants lors de la fusillade survenue le 13 septembre 2006.En remettant ses décorations, à Rideau Hall, Michaëlle Jean a rappelé que la bravoure n’avait rien à voir avec la force physique et que les gestes qui ont été posés étaient une source d’inspiration, En tout, une Étoile du Courage et 46 Médailles de la bravoure ont été remises par la gouvemeure générale.Ces deux décorations soulignent les actes accomplis dans des circonstances périlleuses ou encore des actes de courage dans des circonstances dangereuses.lit ' ÿ ¦p Au-delà de la performance m mûné Les portes jamais fermées, le cœur toujours ouvert, la relation maître-élève jalousement préservée : voilà le secret du Saint-Nom-de-Marie qui, génération après génération, forme celles qui demain feront une différence dans leur milieu.Forte de son expérience, l’institution a su s’adapter à notre société pluraliste.Si l’ajout d’un pavillon ultramoderne s’inscrit dans cette évolution, l’enseignement de très haut niveau et la transmission de valeurs humanistes demeurent les préoccupations principales des éducateurs.Pas étonnant que les filles du Saint-Nom-de-Marie regardent l’avenir avec confiance ! Elles auront les compétences de leur audace et la force intérieure pour relever le défi de leur choix.Portes ouvertes Dimanche 5 octobre, de 13 h 30 à 16 h 30 Examens d’admission Samedi 18 et dimanche 19 octobre, de 9 h à 12 h iMUfll Pensionnat Saint-Nom-De-Marie Édouard- Montpetit 628, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Outremont (Québec) H2V 2C5 Téléphone: S14.73S.5261 'Télécopieur: 514.735.5266 • www.psnm.qc.ca Cours secondaire complet pour jeunes filles.Externat et pensionnat.Profils : Éducation internationale et Vie et monde.Partenaire académique de l’École supérieure de ballet contemporain.Partenaire de l’École de musique Vinccnt-d’lmiy. LE l) E V U I K .LES SAMEDI 2 0 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2 0 0 8 LE DEVOIR.LES SA M EDI 2 0 E T D I M A N CUE 21 SEP T E M B R E 2 0 0 8 A (» «On en arrive toujours à se montrer au naturel.C’est le moment de la désillusion.Plusieurs couples volent en éclats à ce moment.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR MSgÆ- A EUSSIR SA VIE Julie Jodoin, Laurent Madore et la petite Clémence Qu’est-ce qu’un couple réussi ct Pour une majorité de Québécois, la réussite d’un couple repose sur les affinités psychologiques Vie de couple : des contradictions à la pelle PIERRE CAYOUETTE Plusieurs données du volet «une vie de couple réussie» du sondage Léger Marketing-/^ Devoir mettent en lumière d’apparentes contradictions.La plus flagrante?Pour plus de 68 % des Québécois, dont 74 % des femmes, la «vie amoureuse et familiale» demeure ce à quoi ils accordent le plus d’importance dans la vie.Or, parallèlement, 65 % des Québécois ne croient pas que la vie de couple soit indispensable à la réussite d’une vie.C’est comme si les Québécois établissaient une distinction claire entre «vie familiale et amoureuse» et «vie de couple».Après tout, le mariage a longtemps été, rappelle la psychiatre et psychanalyste française Marie-France Hirigoyen, un contrat alliant deux familles afin d’assurer la descendance et la répartition du patrimoine, sans obligation de lien amoureux.«Aujourd’hui, ce n’est plus le mariage qui est l’institution, mais l’amour; les sentiments sont ¦ • p».a.iiiajte:» : ’ ¦¦ «wSx'V-".•.•* .•?J’’ -V " désormais au centre de la relation.L’amour est devenu la condition indispensable à la vie commune.Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, qu’il soit devenu beaucoup plus difficile qu autrefois de réussir sa vie de couple: l’exigence d’amour « On demande au changement de se faire à vitesse grand V.Il se fait déjà en accéléré.» fragilise le couple, car si la relation n’est bâtie que sur des sentiments, il est difficile qu’elle tienne dans la durée.Il faudrait qu’elle soit toujours belle et magique, ce qui est rare.Du coup, si ça se dégrade, c’est souvent la rupture.» Dans son essai Amours (Fayard) paru l’an dernier, l’intellectuel français Jacques Attali rappelle, après avoir retracé l’histoire des relations hommes-femmes, que le couple constitue, somme toute, un accident de l’Histoire.«Presque partout, au- jourd’hui encore sur une large partie du globe, le mariage monogame n’est pas une histoire d’amour.Il est l’union de deux familles pour protéger des terres ou pour les réunir, et les époux n’ont pas leur mot à dire», soutient-il.Par ailleurs, parmi les apparentes contradictions révélées par le volet «une vie de couple réussie» du sondage Léger Marketing-Lc Devoir, il y a cette dichotomie entre le discours égalitaire des Québécois et la pratique.Ainsi, aux yeux de 19 % des hommes, la carrière de la femme constitue le principal obstacle empêchant les couples d’avoir les enfants qu’ils désirent.Ce n’est pas rien! «Le message féministe est passé, il n’y a pas de doute.Mais un écart subsiste toujours entre le discours égalitaire et la réalité, note la sociologue québécoise Hélène Belleau.On demande au changement de se faire à vitesse grand V.Il se fait déjà en accéléré.C’est fou le progrès qui s’est fait depuis trois générations.» Tout n’est pas parfait pour autant.Ix- sondage léger Marketing-Lc Devoir révèle par exemple que plus de la moitié des femmes, soit 51 %, estiment en faire plus que leur conjoint dans le partage des tâches ménagères.Si 55 % des hommes affirment que le partage est équitable, un autre 36 % reconnaît tout de même que leur conjointe en fait plus.D’autres contradictions?Quatre Québécois sur dix (36 % des hommes, 43 % des femmes) voient d;ms «le manque d’argent» le principal obstacle empêchant les couples d’avoir les enfants qu’ils désirent.Or, quand on leur demande ce à quoi ils accordent le plus d’importance dans la vie, ces mêmes Québécois ne choisissent le travail que dans une proportion de 6 %.N’y a-t-il pas meilleur moyen d'accumuler de l'argent que de travailler?Collaboration spéciale LA RÉPARTITION DES TÂCHES MÉNAGÈRES Dans votre couple, comment se fait le partage des tâches ménagères comme la préparation des repas, la vaisselle, le ménage et les devoirs des enfants?Base: personnes en couple Également entre les conjoints Vous en faites plus Votre conjoint(e) en fait plus Je ne sais pas / refus de répondre Sondage Léger Marketing / Lé Devoir HOMME FEMME (n=388) (n=380) 55% 47% 8% 51 % 36% 2% 1 % 1 % Pour 64 % des Québécois, révèle le sondage Léger Marketing-Le Devoir, la réussite d’un couple repose d’abord sur les affinités psychologiques des conjoints.L’épanouissement des enfants (14 %), les affinités sexuelles (8 %) et la réussite professionnelle du couple (2 %) ne pèsent de toute évidence que bien peu dans la balance.PIERRE CAYOUETTE La psychanalyste et auteure française Marie-France Hirigoyen est formelle: «Im sexualité, ce n’est pas ce qui tient le couple.Les affinités psychologiques ont une importance capitale.On le voit sur les divers sites de rencontres dans Internet.On demande de plus en plus de profils psychologiques.» Qu’est-ce qu’une vie de couple réussie?«C’est peut-être une vie où les conjoints arrivent à traverser des moments difficiles, tout en restant ensemble.A condition, bien sûr, que ces “moments difficiles” soient reconnus, puis résolus», répond François Lefebvre.Un couple réussi, poursuit-il, «c’est quand l’autre peut exister comme autre».Dans son essai Couple en crise.De la désillusion à la découverte (Fides), ce psychologue et psychanalyste explique que, ce qui mène à l’échec, c’est lorsque les conjoints se cantonnent dans une hannonie factice, qu’ils se conforment à l’idéal de l’autre et renoncent à être eux-mêmes.11 puise dans un chef-d’œuvre de la littérature pour étayer son propos.«Le personnage de Solal dans le roman Belle du Seigneur, d’Albert Cohen, est inévitablement déçu par les femmes qu’il rencontre.Ce sous-secrétaire des Nations unies, qui a une liaison passionnée avec l’épouse d’un fonctionnaire travaillant sous ses ordres, cherche à étirer la période dorée du début avec ses maîtresses.D’où ses échecs amoureux répétés.» Avec le quotidien, la digue finit par céder.«On en arrive toujours à se montrer au naturel.C’est le moment de la désillusion.Plusieurs couples volent en éclats à ce moment.C’est pourtant à ce moment précis que naît la véritable rencontre.C’est à partir de ce moment qu’on peut commence à bâtir quelque chose de solide», explique f'rançois Lefebvre.Imparfait et complexe «Un couple réussi, c’est un L’IMPORTANCE DE LA VIE DE COUPLE POUR RÉUSSIR SA VIE Selon vous, est-il important d’être en couple pour réussir sa vie?Oui Non Je ne sais pas ! refus de répondre TOTAL HOMME FEMME (n=1005) (n=485) (n=520) 32% 39% 26% 65% 59% 71 % 2% 2% 2% Sondago Léger Marketing / Lo Devoir couple qui accepte d’être imparfait à ses heures, renchérit Julie Jodoin, travailleuse autonome, mariée et mère d’une fillette d’un an.C’est un savant mélange d’amour, de complicité, de respect, de communication, de fidélité.Il faut avoir des projets communs, des rêves, l’impression diffuse que ça va de soi entre nous.» Un couple réussi, au fond, c’est peut-être un couple qui, conune ce- lui que forment la comédienne Pascale Bussières et le réa lisateur David Clermont-Béïque, prend le temps de réfléchir au volet «une vie de couple réussie» du sondage Léger Marketing-Le Devoir pour finalement conclure qu’un tel exercice ne peut rendre compte de toute la complexité des rapports humains et nous le faire savoir par courriel.«Sans vouloir dénigrer l’intérêt d’un tel sondage, prétendre pouvoir dessiner, disséquer les fondements de la vie affective en six lignes nous paraît limitatif, puis- qu’on réalité toutes ces choses (les affinités psychologiques dés conjoints, l’épanouissement des enfants, les affinités sexuelles dès conjoints, la réussite professionnelle) se répondent et se complètent.La vie amoureuse n’est-elle pas justement une recherche constante d’équilibre entre toutes ces sphères, dans le geste d’aller vers l’autre, simultanément à celui de reconnaître son inévitable solitude!» écrivent-ils.Ça se termine par une citation de Gustavo Adolfo Becquer: «La solitude est très belle.quand on a près de soi quelqu’un à qui le dire.» Et c’est signé Pascale et David.Collaboration spéciale « Il faut avoir des projets communs, des rêves, l’impression diffuse que ça va de soi entre nous » LES OBSTACLES AUX ENFANTS Ü Selon vous, quels sont les principaux obstacles P qui empêchent les couples d’avoir les enfants qu’ils désirent?TOTAL HOMME FEMME (n=1005) (n=485) (n=520) Le manque d’argent 40% 35% 43% Les horaires de travail des conjoints 24% 25% 24% La carrière de la femme 16% 19% 12% La non-participation des hommes aux tâches ménagères 2% 2% 3% Le manque de places en garderie 1 % 0% 2% Autre 12% 13% 10% Je ne sais pas / refus de répondre 2% 5% 5% itirt-ufrfrffn.'i.rtfrmimilfci: - •ht .yffcilijt «ySarapaFfo),'d»£$ 'i MHBÊKBÊÊtÊ Les te^éers •*,i*vspirfc*4 à inspirer les ^v\4res.QiéAnct j'^i s va ^vve des en4An4s n'^v La santé, l’agriculture : quel avenir au Québec?Un échange avec tes auteurs de deux importants rapports > Claude Castonguay Président, Groupe de travail sur le financement du système de santé (Groupe Castonguay) > Pascale Tremblay Commissaire, Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroatimentaire québécois (Commission Pronovost) Le samedi 27 septembre 2008 de 9h à 14 h au complexe des sciences Pierre-Oansereau de l'UQAM, 200 rue Sherbrooke Ouest Inscription obligatoire par Internet à www.inm.qc.ca ou par téléphone à 514 934-5999, poste 0 Gratuit pour les membres de l’INM, 25 $ pour tes non-membres, incluant le repas du midi.Le débat est suivi par l’Assemblée générale annuelle de ITNM.INSTITUT DU NOUVEAU MONDE A 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2 0 0 8 E MONDE L’affaire du lait frelaté prend de l’ampleur REUTERS Des fonctionnaires ont jeté hier le contenu de nombreuses boîtes de lait en poudre, à Shenzhen.y CHRIS BUCKLEY Pékin — Près de 10%des échantillons prélevés dans les usines des trois principales sociétés laitières chinoises sont contaminés à la mélamine, révèle une enquête gouvernementale rendue publique hier.La première alerte a été donnée en mai dernier lorsqu’un bébé est mort après avoir développé des calculs rénaux liés à sa consommation de lait en poudre frelaté.Depuis, trois autres nourrissons ont trouvé la mort pour les mêmes raisons.Les autorités estiment que près de 6244 bébés sont désormais affectés, 158 d’entre eux se trouvant dans un état grave.L’extension de ce phénomène vers le lait classique laisse craindre une catastrophe sanitaire à la population chinoise, déjà paniquée depuis que les autorités et le groupe Sanlu, premier fabricant de lait en poudre, ont révélé la semaine dernière que des centaines de nourrissons étaient victimes de problèmes rénaux pour avoir bu du lait contaminé.L’enquête gouvernementale a révélé la contamination de près d’un dixième des échantillons de lait et de yaourts à boire prélevés dans les deux plus grosses sociétés laitières du pays, Inner Mongolia Yüi Industrial Group, un des sponsors des Jeux de Pékin, et Mengniu Dairy.La présence de cette substance toxique a également été décelée dans les produits du groupe Bright Au chapitre des réactions, l’Union européenne a réclamé des autorités chinoises un compte rendu exhaustif de la crise du lait frelaté.«Notre priorité est de garantir l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement européenne», a dit Robert Madelin, directeur général de la santé et de la protection du consommateur de la Commission européenne.LUE, a-t-il ajouté, n’importe pas de Chine de lait en poudre pour nourrisson et aucun cas d’intoxication liée à la consommation de produits laitiers importés de Chine n’a été signalé parmi les États membres.Les autorités de Singapour ont interdit hier l’importation de tout produit laitier venant de Chine.La plus grande chaîne internationale de cafés, Starbucks, a annoncé que près de 300 de ses établissements chinois avaient utilisé du lait provenant de la société Mengniu, précisant toutefois n’avoir reçu aucune plainte de la part de ses clients ou de ses employés.La direction de Yili de même que celle de Mengniu ont présenté leurs excuses aux consommateurs et aux investisseurs et ont promis de rappeler les produits en cause.Selon le directeur général de Mengniu, les produits contaminés proviendraient d’un «nombre extrêmement restreint de fournisseurs».«Quiconque aura à démissionner en Chine démissionnera, quiconque aura une responsabilité légale à assumer l’assumera», a cependant ajouté Yao Tong-shan qui s’exprimait devant les médias de Hong Kong, où la compagnie laitière est cotée en Bourse.La mélamine est une résine utilisée par certaines entreprises agroalimentaires afin d’augmenter artificiellement le niveau de protéines contenues dans un aliment Dans le cas du lait elle permet de masquer la pratique consistant à le couper avec de l’eau.À faible dose, cette substance n’est pas considérée comme toxique mais elle peut provoquer des calculs rénaux, voire déclencher un blocage des fonctions rénales.Selon les autorités chinoises, un adulte devrait consommer deux litres de lait frelaté par jour pour en ressentir des effets sur sa santé.Mais cette affaire, qui vient s’ajouter à une longue liste de cas d’aliments frelatés, place de nouveau des produits «mode in China» sur la sellette.Depuis le début de l’affaire, 18 personnes ont été arrêtées, dont douze pour la seule journée de jeudi.Guan Anping, ancien haut fonctionnaire spécialisé dans les questions commerciales aujourd’hui avocat, estime toutefois que des arrestations et des contrôles sanitaires ne suffiront pas résoudre le problème.«Des fermiers produisant du lait sont à la merci de véritables voyous, des potentats locaux qui contrôlent les prix et parviennent à ajouter toutes sortes de produits dans le lait pour augmenter leurs bénéfices», dit-il.Reuters FREAL AVEC PATRICE ROY ET Radio-Canada.ca/tjmontreal » i i « TÉLÉVISION ”1___ AmmAtifTH fimfiuVHÀHON m uni E N B R E F Fichier: Paris refait ses devoirs Paris — Le gouvernement français a mis au point hier une nou-veUe version du projet d’un superfichier de police controversé, en retirant notamment les références à la santé ou la sexualité, sans toutefois faire taire les opposants à ; cette base de données qui deman- -dent son retrait Le ministère de l’Intérieur devait transmettre hier soir le projet de nouveau décret à la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), qui avait émis des réserves sur le fichier «Edvige», institué par décret le 1er juillet Le président français Nicolas Sarkozy avait été contraint de reculer face au tollé suscité par ce fichier nourri de données privées de centaines de milliers d’individus, jugé liberticide par l’opposition et les défenseurs de droits de l’homme.—AFP Raid contre une famille «terroriste» en Irak Bagdad — Sept Irakiens, quatre insurgés présumés et trois femmes, ont été tués hier lors d’un raid des forces américaines contre ATQaïda en Irak dans la localité d’Adwar, à 115 kilomètres au nord de Bagdad, a annoncé l’armée américaine.Les autorités irakiennes et des témoins ont donné une version différente de l’attaque, affirmant que les victimes étaient tous des civils membres d’une famille pauvre chassée de Bagdad par les violences interconfessionnelles.Durant l’opération, des soldats américains ont cerné une maison et appelé ses occupants à se rendre, mais ont ouvert le feu après qu’un homme armé soit apparu à la porte, selon l’armée américaine.Ils ont alors tué le principal suspect considéré comme le chef présumé d’un réseau impliqué dans des attentats.Les trois autres insurgés présumés et les trois femmes ont été tués dans une frappe aérienne, précise l’armée, qui ajoute qu’un enfant extrait des décombres a été emmené sur une base américaine pour recevoir des soins.-Associated Press Un condamné innocenté par un test ADN Dallas — Un magistrat de Dallas, au Texas (sud des États-Unis) s’est prononcé hier pour la remise en liberté d’un homme condamné en 1982 pour un viol et récemment innocenté par un test ADN.Johnnie Earl Lindsey, 56 ans, avait été condamné pour le viol en 1981 d’une femme à Dallas.Il a toujours protesté de son innocence et fourni des preuves attestant de sa présence sur son lieu de travail au moment des faits.11 avait pourtant été incarcéré et condamné, à la suite d’une erreur d’identification d’un témoin, selon son avocate, Michelle Moore.- AP La France nie tout «marchandage» avec Béchir Nations unies — La France a démenti hier tout «marchandage» avec le président soudanais Omar el-Béchir afin que ce dernier échappe aux poursuites de la Cour pénale internationale (CPI) en l’échange notamment d’un accord de paix au Darfour, comme le laisse entendre Le Monde daté d’aujourd’hui.L’ambassadeur de France à l’ONU, Jean-Maurice Ripert a déclaré à la presse «qu’il n’y a aucune négociation, aucun marchandage avec le gouvernement du Soudan».- Associated Press Chavez chasse Human Rights Watch Caracas — Le président Hugo Chavez a expulsé hier du Venezuela une délégation de Human Rights Watch, cette organisation de défense des droits de la personne lui ayant reproché la veille d’avoir fait reader la démocratie depuis qull est arrivé au pouvoir, en 1999.Voici une semaine, déjà, le chef de l’État vénézuélien avait expulsé l’ambassadeur des Efats-Upis à Caracas.Jeudi, la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, a estimé que le Venezuela était devenu une autocratie.Les deux membres de la délégation de HRW, José Miguel Ywanco et Daniel Wilkinson, ont tenu jeudi une conférence de presse au Venezuela, dans le cadre de leur brève visite, pour rendre compte de l’état des droits de l’homme dans ce pays.Os ont notamment pointé du doigt les attaques contre la liberté d’expression au Venezuela - Reuters LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2 0 0 K A 1 1 LE MONDE L’OTAN se défend d’avoir provoqué le conflit en Géorgie Londres — L’OTAN a démenti avoir provoqué le conflit russo-géorgien, comme l'en a accusé le président russe Dmitri Medvedev, après une réunion informelle de l’Alliance atlantique hier à Londres en partie consacrée à la crise dans le Caucase.Le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a exprimé la «pleine solidarité» de l’Alliance à la Géorgie.Ce minisommet, qui avait débuté jeudi soir par un dîner des 26 ministres de la Défense, dont l’Américain Robert Gates, était le premier du genre depuis la guerre entre la Russie et la Géorgie en août En marge de la réunion, M.Gates et son homologue tchèque, Vlasta Parkanova, ont signé l’accord militaire SOFA (Status of Force Agreement), qui autorise le déploiement de soldats américains sur le sol tchèque dans le cadre de l’extension du bouclier antimissile américain.Interrogé sur les propos de M.Medvedev accusant l’OTAN d’avoir «provoqué» le conflit, James Appathurai, le porte-parole de M.Scheffer, a déclaré à l’AFP: «Ce que je peux dire, c’est qu’il n’y a rien de provocateur dans le fait de soutenir le développement démocratique de la Géorgie, ni dans le fait de l'aider à atteindre ses aspirations à se rapprocher de l’Alliance atlantique».«Qu’a décidé l’OTAN?Qu’a-t-elle garanti?Elle n'a fait que provoquer le conflit, c’est tout», avait auparavant lancé M.Medvedev, cité par les agences russes.Il n’avait pas précisé comment l’OTAN avait selon lui, provoqué ce conflit.In Russie critique vivement le rapprochement entre la Géorgie, ex-république soviétique, et l’Alliance atlantique, à laquelle Tbilissi souhaite adhérer.L’OTAN avait entrouvert la porte à une adhésion à terme de la Géorgie et de l’Ukraine lors du sommet de Bucarest en avril dernier.Les ministres de la Défense de l’OTAN, réunis à Lancaster House, devaient initialement se concentrer sur la modernisation des structures militaires de l’organisation.Mais les conséquences militaires du nouveau climat de confrontation avec la Russie ont accaparé les discussions.Hier matin, le premier ministre britannique Gordon Brown a reçu à Downing Street son homologue géorgien Lado Gourguénidzé.«Nous avons pu lui dire que nous soutenons totalement l’intégrité territoriale de la Géorgie, a déclaré M.Brown.Nous apporterons à la Géorgie un soutien financier et économique, et nous appelons les autres pays à faire de même.» Dans un entretien avec la chaîne Sky News, M.Brown a estimé qu’intégrer la Géorgie et l’Ukraine à l’Otan était la «bonne chose à faire».Jeudi, MM.Scheffer et Gates s’étaient tous deux montrés plutôt conciliants à l’égard de Moscou.«Nous ne pouvons pas trouver une solution si nous cherchons simplement à punir la Russie», avait prévenu M.Scheffer, qui veut ménager la Russie tout en laissant la porte grande ouverte à une adhésion de la Géorgie à l’OTAN.M.Gates avait lui estimé que l’OTAN devait «agir avec prudence car il y a clairement des divergences d’opinion au sein de l’Alliance sur la manière de répondre», citant notamment les Pays baltes et de l’Europe de l’Est Par ailleurs, le président George W.Bush évoquera le conflit russo-géorgien dans son discours devant l’ONU mardi, disant qu’une «invasion» comme celle de la Géorgie est une pratique du passé et exhortant la Russie à tenir ses engagements sur le retrait de ses troupes, a dit la Maison-Blanche hier.Dans son discours devant l’assemblée générale des Nations unies, M.Bush délivrera un triple message, a dit son conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley, à des journalistes.Il assurera la Géorgie de la poursuite du soutien américain, et «il appellera les autres pays à soutenir de la même manière la Géorgie», a dit M.Hadley.Il soulignera «l’importance que la Russie se conforme aux garanties que ses dirigeants ont données en son nom», en particulier celui de ramener ses troupes sur les lignes d’avant le début du conflit en août, a-t-il dit Et «il sera très important de rassurer tous les pays du monde qui regardent, et de leur dire qu’envahir un État voisin ne fait pas partie des règles régissant le monde pour le XXI' siècle», a-t-il dit.«Comme le président l’a dit, ce genre de pratique appartient au passé, et la communauté internationale doit parler d’une seule voix sur ce point», a-t-il dit Agence frdance-Presse Pyongyang remet en service son réacteur nuclaire JACK KIM Séoul — La Corée du Nord a annoncé hier avoir entamé des travaux de remise en service de son réacteur nucléaire de Yongbyon et dit qu’elle, ne souhaitait pas être retirée de la liste noire des Etats accusés par Washington de soutenir le terrorisme.Le régime de Pyongyang a parallèlement démenti les rumeurs qui courent sur l’état de santé de son dirigeant, Kim Jong-il, absent Ja semaine dernière des cérémonies marquant le 60e anniversaire de sa fondation.D’après des responsables américains et sud-coréens, qui spéculent sur sa succession, Km, qui est âgé de 66 ans, pourrait être gravement malade.«C’est de la mauvaise foi de la part de personnes mal intentionnées qui veulent du mal à notre pays», a affirmé hier Hyon Hak-bong, un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, avant une réunion à Panmunjon avec une délégation sud-coréenne.Les rumeurs sur la santé de Kim interviennent alors que la République populaire démocratique semble prendre ses distances avec l’accord de dénucléarisation conclu avec les puissances régionales (outre la Corée du Sud, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Russie).Coup de bluff À Panmunjon, Hyon Hak-bong a déclaré que son pays était prêt à remettre en service le réacteur de Yongbyon qui produit du plutonium militaire.Cité par l’agence centrale de presse nord-coréenne KCNA un portesparole du ministère des Affaires étrangères a précisé que les travaux étaient en cours.La centrale avait été arrêtée en novembre dernier, conformément à l’accord de dénucléarisation.Mais des rumeurs faisant état d’un possible redémarrage des activités circulent depuis le début du mois.De même, la Corée du Nord a affirmé qu’elle ne souhaitait pas êtpe retirée de la liste noire des pays accusés par les Etats-Unis de soutenir le terrorisme — «pas plus qu’elle ne s’attend à l’être», a précisé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères cité par KCNA Ce retrait devait inciter Pyongyang à poursuivre sur la voie de la désactivation de ses programmes nucléaires.AHN YOUNG-JOON REUTERS Des diplomates des deux corées se snt rencontrés hier.Pour le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Yu Myung-hwan, il est difficile de faire la part des choses entre l'éventuelle volonté de Pyongyang de reprendre ses activités nucléaires et un possible coup de bluff pour faire pression sur les négociations internationales.Des analystes estiment que les Nord-Coréens pourraient être tentés de faire pression sur George Bush, qui ne dispose plus que d’une poignée de mois pour obtenir un succès sur ce dossier.As pourraient aussi vouloir jouer la montre et attendre l’entrée en fonction de son successeur à la Maison-Blanche dans l’espoir de lui arracher un accord plus favorable.Reuters Crise économique La lassitude guette les pays donateurs AMÉLIE BOTTOLLIER Bruxelles-Malgré la crise économique, les pays riches doivent vaincre leur «lassitude» d’aider les pauvres de la planète, sans quoi la pauvreté ne sera pas réduite de moitié comme espérée d’ici 2015, ont plaidé des économistes européens avant un sommet de l’ONU sur le développement «On est en pleine lassitude de l’aide dans les pays développés», a déclaré hier François Bourguignon, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, en présentant à Bruxelles un rapport réalisé par une équipe d’économistes européens qu’il a dirigée.«Il est clair que dans beaucoup de pays, les gens doutent beaucoup de l’efficacité de l’aide, ont le sentiment d’avoir déjà trop donné dans le passé», a-t-il continué.L’aide publique au développement avait beaucoup augmenté après l’approbation par l’ONU en 2000 des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement, qui visent notamment la réduction de la pauvreté de moitié d’ici 2015 par rapport à 1990, le recul des grandes pandémies et de la mortalité infantile.Mais après un record en 2005, et malgré les promesses, l’aide des 22 pays riches du Comité d’aide au dé veloppement de l’OCDE a baissé en 2006 et 2007, retombant à 103,7 milliards de dollars (0,28 % du Revenu national brut).11 manque donc quelque «35 milliards de dollars par an» pour respecter les promesses internatio- nales, note le rapport commandé D E P OIS par la Commission européenne et quelques Etats membres de l’UE.Ses auteurs, qui insistent aussi sur la nécessité pour les pays pauvres de mettre en place les politiques adé quates, font ainsi une recommandation principale: «la communauté des donateurs doit respecter ses promesses, sur le volume de l’aide et l’amélioration de sa distribution».«Si rien ne change», on prévoit «que la plupart des pays en développement n 'atteindront pas la plupart des objectifs du millénaire», particulière-c; ripn «O ment en Afrique sub-sa-hanenne, a souligne M.change, les Bourguignon.D souligne les bénéfices apportés «Objectifs du Par L'idc déjà déboursée: «120 millions de personnes millénaire» sont sorties de la pauvreté entre 2000 et 2005,2 mü-ne seront lions de vies ont été sauvées .grâce à la baisse de la mor- pas atteints faà'té infantile, 30 millions d’enfants supplémentaires sont allés à l’école.» S’il reconnaît «qu’avec la situation budgétaire qui n’est pas favorable» en raison du ralentissement économique, les pays riches sont encore plus sceptiques, M.Bourguignon n’accepte pas pour autant que cela serve d’excuse.«La tourmente économique mondiale va ralentir les progrès sur certains de nos objectifs, mais à mon avis [.] s’attaquer aux Objectifs est une partie essentielle de notre réponse aux défis de la mondialisation et du ralentissement économique, pas une partie du problème», a renchéri Anthony Smith, qui représentait le gouvernement britannique pour la pré sentation du rapport.Agence France-Presse En affaires, les chiffres parlent d'eux-mêmes.Samuel Girardin Président, Point d'Orgue Client de la téléphonie par câble 782* d'économies en 16 mois1 MAINTENANT jusqu'à 4 lignes LIGNE AFFAIRES à partir de 7495S fcHT /mois" INSTALLATION GRATUITE2 Le meilleur taux de satisfaction comparé à la concurrence** Chez Vidéotron, vos affaires sont toujours prioritaires.• Service à la clientèle exclusif aux gens d’affaires.• Soutien technique accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.• Un seul point de contact pour tous vos services.Faites comme des milliers de PME du Québec: passez à Vidéotron service Affaires sans rien changer à vos habitudes! 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sondage léger Marketing réalisé en avril 2008.1 Calcul établi en comparant pour des services équivalents, la facture de Vidéotron service Affaires à celle de l'ancien fournisseur de services en télécommunications de ce client à compter de la date initiale de son abonnement jusqu'à ce lour.Le montant des économies, le cas échéant peut varier significativement d'un client à l'autre.Vidéotron ne peut garantir la réalisation d'économies pour tous les nouveaux clients.1 l'installation est gratuite pour les nouveaux clients qui s abonnent à la téléphonie par câble Affaires et est applicable à un engagement minimum de 24 mois à la ligne de base.Des frais de 99,95 $ seront facturés dans le cas d'une installation avec un engagement de 12 mois.i » A 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 2 1 SEPTEMBRE 2008 ACTUALITES REUTERS Jean Charest et Nicolas Sarkozy à Paris, en juillet 2007.— CHAREST SUITE DE LA PAGE 1 Par exemple, «le ministre qui porte le ballon à Ottawa», Michael Fortier, avait prévu au moins deux missions en Europe pour «préparer le terrain», mais elles ont été annulées en raison des élections.«On voit mal comment le gouvernement fédéral pourrait être prêt pour un tel sommet», a-t-on diL Les élections ont lieu le 14 octobre.On ignore si, le lendemain, M.Harper et son ministre Fortier seront encore en poste.Dans «le meilleur scénario», ils le seront et pourraient «peut-être» se rendre à Paris avant le 31 décembre afin de discuter libre-échange Canada-UE avec M.Sarkozy.De son côté, Jean Charest a fait du libre-échange Canada Europe la pierre d’assise de son «nouvel espace économique» avec un projet d’entente France-Québec sur la reconnaissance mutuelle des acquis et des compétences.Il a effectué plusieurs missions en Europe afin de convaincre l’Union de s’engager dans une telle démarche, mais la Commission européenne a d’importantes réticences.Il a toujours dit compter sur la présidence européenne de Nicolas Sarkozy.Hier, en marge de la réunion de son caucus à Vic-toriaville, M.Charest a martelé que le sommet du 17 octobre aurait lieu.Il a même soutenu, à propos du lancement des négociations entre l’UE et le Canada, que «le bébé se présente assez bien» tout en ajoutant «ce n’est pas encore fait».«Si on continue à persévérer jusqu'à la date de la rencontre, on a de très bonne chances de lancer les négociations qui seront globales», a-t-il dit.Quand Le Devoir a évoqué les rumeurs de report du Sommet auprès de son entourage, un de ses conseillers a répondu d'un ton sec «pour nous, le sommet a lieu», tout en ajoutant «bien sûr, ce n’est pas nous qui prenons la décision».Au reste, à moins d’un mois de sa tenue, la confusion règne au sujet de cette rencontre.Où aurait-elle lieu?Montréal, Québec.Ottawa?Il fut impossible hier de le savoir.Plusieurs ont évoqué la métropole, alors que d’autres signalaient la complexité de véhiculer M.Sarkozy de l’aéroport au centre-ville, puis du centre-ville à l’aéroport, d’où il décollerait pour Québec, où il doit s’adresser à l’Assemblée nationale en après-midi avant d’assister, le soir, à l’ouverture du sommet francophone.Il est par ailleurs toujours prévu que Nicolas Sarkozy et Jean Charest se rencontrent afin de signer une entente sur la mobilité de la main d’œuvre entre le Québec et la France.Les nombreuses critiques formulées à l’endroit du gouvernement Harper par Jean Charest et ses ministres ces derniers jours ont-ils miné l’appui que lui apportait jusque-là Ottawa?M.Charest refusait de le croire, hier «Je m'attends qu’avec tout le travail qui a été fait, ce dossier-là avance.Je pense que les gens sont amplement capables de faire la part des choses», a-t-il répondu.Francophonie Par ailleurs, si l’agenda du président fiançais n’est pas modifié prochainement, celui-ci doit quitter Québec le samedi 18 octobre et ratera donc une importante session du Sommet de la Francophonie.Le dimanche matin, les 55 chefs d'Etat et de gouvernements doivent examiner la place de la langue française dans le monde.Plusieurs rapports seront soumis afin d’évaluer la manière dont les pays membres assument leurs responsabilités à cet égard.Fait exceptionnel, le président sera aussi absent lors du rapport de synthèse qui rendra compte des travaux des chefs d’Etat II s’agit d’une première dans l’histoire des sommets puisque, traditionnellement, le président français est toujours présent avec les représentants du pays Jiôte lors de la conférence de presse finale.L’Elysée a refusé de confirmer la nouvelle qui circule pourtant depuis déjà quelques semaines à Québec et à Paris dans les milieux concernés.Selon plusieurs sources, l’entourage de M.Sarkozy n'aurait guère laissé d’espoir que le président revienne sur sa décision.On invoque évidemment les «lourdes respon- sabilités» de ce dernier.La ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, croisée hier à Victoriaville, au caucus des députés libéraux, a admis qu’il était «extrêmement difficile» de fixer un horaire pour ces trois journées puisque M.«Sarkozy est tellement pris».Celui-ci doit notamment participer à un sommet avec les pays asiatiques à Pékin, lequel ne commence toutefois que le 24 octobre.PETITCLERC SUITE DE LA PAGE 1 athlètes paralympiques «ont eu les meilleurs conditions [pour se faire la compétition]», a-t-elle ajouté avec le sourire pétillant qu’on lui connaît Imaginer le monde à roues, avec membres artificiels ou sans la vue du mouvement paralympique, mieux traité que celui des olympiques, a effectivement de quoi faire rire.Un rire qui peut parfois devenir jaune, chez ceux qui, à longueur d’année, se battent pour le droit des handicapés.«La performance de Chantal Petitclerc à Pékin est exceptionnelle, c'est vrai», a commenté hier André Leclerc, président de l’organisme Kéroul qui milite pour un Québec plus accessible aux personnes à mobilité réduite.«Elle a travaillé fort pour en arriver là et pour démontrer que même dans un fauteuil roulant, on peut se surpasser.Mais en même temps, elle ramène de Pékin la preuve que même dans le cadre olympique, les gens qui ont des problèmes de mobilité ne sont finalement pas traités comme tout le monde.Et ça, c’est dommage.» Le problème d’équité est selon lui, flagrant Le 19 août dernier, en remportant une médaille d’argent au tremplin de 3 m, le plongeur québécois a aussi reçu du Comité olympique canadien une bourse de 15 0C)0 $, pour services rendus.Eric Lamaze, médaillé d’or et d’argent en sport équestre a touché 35 000 $ pour les mêmes motife.Quant au nageur Ryan Cochrane, sa troisième place au 1500 m libre lui a rapporté 10 000 $,soit7 $dumètre.Glorifiée de cinq médailles d’or venant toutes avec des records mondiaux, Chantal Petitclerc, elle, ne va rien recevoir du Comité paralympique canadien.L’organisme n’a aucunement l'intention dans les prochains jours de récompenser financièrement les 50 athlètes handicapés qui reviennent en ce moment victorieux de la capitale chinoise.Dans l’univers des non-handicapés, l’exploit olympique de Petitclerc a une valeur de.100 000 $.Sous les feux de la rampe hier dans un aérogare de Montréal, l’athlète québécoise qui, en Chine est devenue la première au monde dans sa catégorie à parcourir le 200 m en moins de 28 secondes — à 27,52 s pour être précis — s’est voulue philosophe.«La réalité, c'est que le comité paralympique n’a pas les mêmes budgets que le comité olympique», a-t-elle indiqué.Et d'ajouter «Ça fait 20 ans que je fais du sport paralympique.Si favais fait ça pour de l’argent,/aurais arrêté depuis longtemps.» L’univers des handicapés ne se s’en serait jamais remis, lui qui depuis des années se réjouit des nombreux exploite de Chantal Petitclerc sur la scène sportive.En cinq participations à des Jeux paralympiques, depuis Barcelone en 1992, l’athlète originaire de Saint-Marc-desGarriérés, handicapée depuis l’âge de 13 après qu’une porté de grange lui soit tombée dessus, a décroché 21 médailles, dont 14 d’or.«Chacune de ses victoires, comme celles des autres athlètes paralympiques, est un événement porteur», lance Diane Hourde, de l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec, où Chantal Petitclerc a déjà séjourné.«Pour les personnes en réadaptation, cela devient une source d’inspiration.On l'a d’ailleurs bien vu en installant cette année dans m couloir une télévision qui diffusait en continu les Jeux paralympiques de Pékin et devant laquelle il y avait souvent des attroupements.» Symbole d’une réadaptation réussie, Chantal Petitclerc, en attirant les projecteurs sur elle, vient également sensibiliser la population et les politiciens à l'importance de l’égalité entre les personnes handicapées et celles qui ne le sont pas, croit André Leclerc.«C’est vrai, ça fait avancer notre cause, dit-il, et nous en avons vraiment besoin.» La toute est longue.EDe est aussi pavée à longueur d’année de l’indifférence des pouvoirs publics et de la population en général qui (peinent à trouver de l’intérêt dans toutes les questions liées à l’accessibilité», poursuit le président de Kéroul «Pourtant, nous devrions de plus en plus nous en préoccuper en raison du vieillissement de la population» et pas seulement, selon lui, pendant les 12 jours des Jeux paralympiques et les 48 heures de gloire de l’athlète montréalaise.«Parce qu’après, nous savons tous ce qu’il va se passer nous allons retomber, avec notre cause, dans l’oubli» Le Devoir Le Devoir ¦'V /¦- WttfSm : ¦ 1 i ¦ Ying CHEN UN ENFANT À MA PORTE roman Cette chose révoltante, fascinante, insaisissable: * la vie.'•m 160 pages • 19,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca COUPLE SUITE DE LA PAGE 1 croissant d’entre elles refusent de sacrifier leur indépendance pour le confort de la vie à deux», a soutenu l’essayiste, en entrevue au Devoir.lœs temps changent, insiste-t-elle.«Ll y a 20 ans à peine, il eut été impensable d’avoir un président de la République divorcé, comme Nicolas Sarkozy.Ou encore une ministre de la Justice, Rachida Dati, enceinte sans conjoint connu.» Aux yeux de Marie-France Hi-rigoyen, «le couple apparaît de plus en plus comme un handicap pour une femme, une entrave à sa réussite professionnelle et à son épanouissement social».En revanche, le couple est beaucoup plus utile à l’homme dans sa vie professionnelle, précise-t-elle.D’ailleurs, une plus grande proportion d’hommes (39 %) que de femmes (26 %) juge important d’être en couple pour réussir sa vie.Hélène Belleau, sociologue, professeure à 1TNRS-Culture, Société et Urbanisation à Montréal, se spécialise dans les questions liées à la famille.Elle s’inscrit en faux contre la tentation de conclure, à la lumière de notre enquête, que le couple n’a pas d’avenir.«Je vous rappelle la première réponse du sondage Léger Marketbig-he Devoir: la vie amoureuse et familiale est ce à quoi les Québécois accordent le plus d’importance, dans une proportion de 68 % (62 % des hommes et 74 % des femmes).Les loisirs, les passions personnelles, le travail et l’argent viennent bien après.Si cela n'avait pas été le cas, j’aurais dit qu 'ily a quelque chose de problématique.Il faut mettre cette donnée en parallèle avec les autres», estime-t-elle.Mais pourquoi alors une majorité de Québécois ne croient pas à l’importance du couple pour réussir leur vie?«C’est comme si les gens se disaient: “faute de vie conjugale ou familiale, je peux aussi avoir une vie très stimulante, très riche, en partie grâce à une vie professionnelle satisfaisante.”Il reste que, dans toutes les études, la famille demeure toujours en tête des valeurs des Québécois, loin avant le travail.Le travail n 'est plus le lieu où l'on s’épanouit.» Cela çlit, le travail et la famille s’imbriquent l’un dans l’autre.À preuve, note Hélène Belleau, plusieurs études démontrent que les hommes qui vivent en couple avec famille et enfante réussissent mieux au point de vue professionnel que les hommes célibataires.Psychologue et psychanalyste au Centre de consultation Saint-Laurent à Montréal, où il accompagne des adultes qui se présentent seuls ou en couples en thérapie, François Lefebvre se montre aussi très perplexe devant certaines réponses des Québécois au sondage Léger Marketing-/^ Devoir.«Je me demande s’il n’y a pas quelque chose de défensif dans cette attitude.Je suis renversé de lire que 65 % des répondants ne considèrent pas comme important de vivre en couple pour réussir leur vie.Peut-être qu’on cherche à minimiser ses propres échecs amoureux ou ses difficultés à vivre à deux.» Tout en se gardant de porter un jugement, il voit dans le sondage l’expression d’un nouveau confor-ntisme social.«La nouvelle morale, la nouvelle norme, c’est de se séparer dès qu’il y a des tiraillements dans un couple.D’ailleurs, plus de la moitié des unions se terminent par une séparation.Les valeurs ambiantes nous dictent qu’on doit pouvoir être heureux seul.Des notions comme la dépendance affective sont maintenant vues comme des tares.» La variable économique,n’est pas non plus à négliger, ajoute le psychologue.A peine 20 % des personnes ayant un revenu inférieur à 20 000$ jugent la vie de couple essentielle au bonheur.Chez les personnes dont le revenu annuel s’élève à plus de 80 000 $, cette proportion grimpe à 45 %.«Dans la hiérarchie des besoins, vivre en couple ne vient pas en premier.Il faut d’abord avoir un emploi et avoir de quoi mangeri.» Seuls, mais pas isolés Chose certaine, à défaut d’être choisie, la vie de célibataire semble de mieux en mieux assumée.Envi-' ron 900 000 Québécois vivent seuls.Ils représentent environ 30 % des ménages, selon l’Institut de la statistique du Québec.Line Desjardins, la jeune cinquantaine, conseillère dans une grande entreprise de technologies de l’information, jure avoir trouvé le bonheur dans sa vie de célibataire.«Je regarde autour de moi et je vois plusieurs femmes pour qui le quotidien avec un homme ajoute une série de contraintes à une vie déjà très occupée.Quand on a réglé des conflits toute la journée au bureau, on a peut-être moins envie, le soir venu, de faire face aux conflits que suppose la vie de couple.Moi, je n’ai plus envie de négocier quand je rentre à la maison.Je n 'ai Pas envie d’imposer mes choix ou qu’une autre personne m’impose les siens», dit-elle.Elle n’aurait jamais tenu pareil discours à 25 ou 30 ans, confesse-t-elle, du temps où elle cherchait l’âme sœur.«Avec les années, plus je développais mon autonomie professionnelle, moins je ressentais le besoin de vivre en couple.Pour bien des femmes de mon milieu, il n’est plus nécessaire de vivre à deux pour satisfaire ses besoins matériels.» Quand on ne vit pas en couple, poursuit-elle, on se construit d’autres groupes d’appartenance, en fonction de nos affinités culturelles ou sportives.«Je ne suis pas seule.Je connais des gens en couple qui vivent la solitude à deux.Je ne suis pas isolée.L’amitié prend une importance plus grande.» Selon la psychiatre Marie-France Hirigoyen, de plus en plus de gens alterneront dans une même vie, entre des périodes de vie en couple, des périodes de solitude, des périodes d’amours vécues à distance, d’autres périodes de solitude, et ainsi de suite.«La solitude peut être source de plénitude.Souvent, la femme ne vivra pas en couple, mais elle aura un compagnon, pour le cœur et pour le corps.Si elle se met en couple, cette union sera moins fusiomelle, souvent plus éphémère.» Ces mutations ne sonnent pas pour autant la fin du couple traditionnel.«Le désir de vivre en couple est toujours là.Même chez les enfants de baby-boomers qui ont vécu les échecs de leurs parents, j’observe ce désir.Les jeunes veulent s’engager, fonder une famille, avoir des enfants», affirme François Lefebvre.Mais les temps actuels sont difficiles.«Il y a un vacuum autour du couple.On demande aux jeunes de se lancer dans cette aventure sans qu’il y ait de support social.Le couple est souvent laissé à lui-même.Pas étonnant qu’il s’écroule aux premiers tiraillements.Non seulement la famille n’a pas beaucoup de support — qu’on pense au manque de places en garderie —, mais elle n’a plus toujours bonne réputation et elle est malheureusement beaucoup associée, ces années-ci, à la droite religieuse.» L’envie d’enfants Parents d’une fillette d’un an, Laurent Madore, 31 ans, et Julie Jodoin, 29 ans, forment un couple stable et mènent une rie qu’ils jugent heureuse, surtout depuis qu’ils ont emménagé il y a quelques mois dans leur première maison, à Repentigny.Ils se reconnaissent dans bien des réponses de l’enquête du Devoir, mais pas dans cette idée voulant que la rie de couple ne soit pas indispensable à une rie réussie.«Autour de nous, j’observe au contraire un retour à des valeurs traditionnelles.Nos amis dans la jeune trentaine vivent en couple, ont fondé ou entendent fonder une famille.Les célibataires que nous connaissons le sont à défaut d’avoir trouvé le bon conjoint», dit Julie Jodoin.Laurent Madore venait tout juste de perdre son emploi lorsque Julie et lui se sont mariés et ont décidé que le temps était venu d’avoir un enfant Les regards inquiets de leurs parente et amis ne pouvaient en rien les en dissuader.«À l’Université Concordia, un professeur m’avait dit.“Si tu attends d’avoir les conditions économiques parfaites, tu n’auras jamais d’enfant.” Cette phrase ne me quitte plus depuis», raconte-t-iL Pour lui et sa conjointe, dit-il, les valeurs du couple et de l’engagement passent bien avant les valeurs matérielles.«C’est sûr qu’on est d’une génération qui voudrait tout obtenir tout de suite, le confort matériel, les voyages et tout.Mais je suis prête à attendre.Ce qui me rend heureuse avant tout, c’est la vie de famille», renchérit sa douce moitié.Selon l’enquête Léger Marketing-Le Devoir, quatre personnes sur dix (36 % des hommes et 43 % des femmes) affirment que le manque d’argent est le principal obstacle empêchant les couples d’avoir des enfante qu’ils désirent Pour 25 % des Québécois, ce sont plutôt les horaires de travail des conjoints qui constituent le principal obstacle empêchant tes couples d’avoir des enfante.«L’aspect financier n 'a jamais freiné notre désir d’avoir des enfants.Mais il serait quand même faux de prétendre que les questions d’argent ne sont pas importantes.Nous venons d’acheter une maison, j’ai quitté un emploi stable pour devenir travailleur autonome et on a la responsabilité d'un enfant à qui on veut donner tout ce qu’il y a de mieux.Mais si elle est importante, la question financière ne sera jamais décisive», explique Julie Jodoin.Diplômée de l’École des hautes études commerciales, elle a 1e désir de s’accomplir dans sa carrière, mais jamais, jure-t-elle, elle ne le fera au détriment de sa famille.«Je ne veux pas scandaliser les générations de féministes qui m’ont précédée et tenir un discours rétrograde.Mais je cherche avant tout le bon équilibre travail-fomille.Je veux profiter pleinement de ma vie de famille, de ma vie de couple.Il n’est pas question que je fréquente Ies5à7 pour foire du réseautage», renchérit-elle.Son mari, aussi diplômé en administration, partage entièrement cette vision des choses.«Tant pis si je dois supporter les regards un brin sarcastiques de mes collègues quand je quitte le bureau pour aller à un rendez-vous avec ma fille chez le pédiatre: j’ai l’âme en paix», dit-il en souriant Le Devoir Collaboration spéciale LE DEVOIR" www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 É3 Placides-Arts Ils sont ouverte du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par 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