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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2008-11-22, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2008 EDITION rélérama GLOBE »£va eut DAS-s UCHMSÉF Au pays des gens de paroles et des porteurs d’images Les revues demeurent des incubateurs d’idées Ils sont miroirs, comme ils sont paysages.On y écrit sur la création, celle qui se fait dans tous ces domaines que le vocable «art» désigne.Et on écrit aussi pour eux, quand des auteurs y déposent leurs textes.Ce sont les périodiques culturels, dont la société qui les regroupe, la SODEP, la Société de développement des périodiques culturels québécois, fête cette année une trentième année d’existence.Il a fallu attendre les années 1980 pour que l’univers de la publication spécialisée éclate et qu’ainsi s’accumulent en nombre les titres JACQUES GRENIER l,E DEVOIR NORMAND THERIAULT En 1891, ils étaient nombreux ces Londoniens qui se précipitaient aux divers kiosques à journaux pour mettre la main sur le dernier exemplaire de The Strand Magazine.Il faut savoir qu’on trouvait en ces pages, publiées en feuilleton, les aventures d’un détective promis à un grand avenir, soit un certain Sherlock Holmes, un résidant du 221B, Baker Street Ce fait est connu.Ce qu’on sait moins, c’est que, dès les années 1860, au Québec, un magazine nommée Le Foyer canadien connaissait auprès de la population un succès remarquable.Comptant jusqu’à 2413 abonnés en 1864, comme le rapporte Micheline Cambron, une spécialiste de l’histoire littéraire et culturelle du Québec, la publication mettait en pages des textes littéraires, des essais, des critiques et aussi des chroniques et autres textes plus savants.Et il faut savoir que ce périodique s’inscrivait dans ce qui était déjà une tradition, car à Québec, dès 1792, on pouvait trouver à lire Le magazin de Québec, ou, receuil [recueil] utile et amusant de littérature, histoire, politique, etc.etc.particulièrement adapté à l'usage de l’Amérique britannique /par une société de gens de lettres.Et plus tard, il est certain que le fondateur d’un journal bientôt centenaire se disait obligation de vérifier à tout le moins ce qu’une revue osait ailleurs dire, et y réagir, sur ce qui se passât au Québec.Car, face au Devoir fondé en 1910, il y eut ainsi dès 1917 une Action nationale.Et les personnalités qui ont dirigé cette publication, volontairement québécoise, toujours nationaliste et vigoureusement francophone, n’étaient pas des moindres: dans les directions passées n’a-t-on point vu apparaître les noms, entre autres, des Lionel Groulx, André Laurendeau ou François-Albert Angers?Et 91 ans plus tard, cette Action nationale se retrouve toujours en kiosque, une publicité occasionnelle dans Le Devoir faisant toujours état du contenu de la dernière publication.Émergence Les périodiques culturels, ou les revues, ou les magazines, le mot changeant mais décrivant toujours ces objets de papier, ont eu leur heure de gloire au Québec et y ont joué ce rôle d’incubateur d’idées.Ils ont été aussi des acteurs de changement Ainsi, au temps de Cité libre, où sévissaient des Pelletier et des Trudeau d’un autre temps, il y eut pour y répondre un Parti pris que les Godin et les Maheu au départ animaient Mais de telles publications n’ont pas toujours eu la polémique pour premiers propos.Possibles, voulu en 1976 par les poètes Roland Giguère, Gérald Godin, Gilles Hénault et Gaston Miron, comme par les sociologues Gabriel Gagnon et Marcel Rioux, s’était donné une mission, qui demeure encore, de publier des essais et des analyses ainsi que des poèmes et des textes de fiction, comme cela était au temps des premiers magazines.Auparavant Vie des arts, dont une Andrée Paradis fut longtemps l’âme, avait repris ici la formule du magazine de prestige: et ses pages en couleurs rendent encore compte de la création qui se fait dans l’univers québécois des arts plastiques.îir^mracacsEs, a .¦HOTÜP, LE DEVOIR YVES BEAUREGARD Les défis à relever par la SODEP ' SSP PÉRIODIQUES L’heure est au bilan Foisonnement En fait il a fallu attendre les années 1980 pour que l’univers de la publication spécialisée éclate et qu’ainsi s’accumulent en nombre les titres, aux contenus divers par leur centre d’intérêt, mais toujours de plus en plus spécialisés par le propos.Aux revues de cinéma, comme Séquences, à Lettres québécoises, comme à Cap-aux-diamants et à Magazine Gas-pésie qui sont témoins d’histoire, sont venus se greffer Annales d’histoire de l’art.Esse ou Alibis.Elles sont donc maintenant 46, ces revues, à se retrouver regroupées par la SODEP.D’autres, Argument entre autres, publient sans pour autant s’inscrire dans le regroupement Pourtant, ceux qui y sont inscrits, devant les transformations qui affectent la société contemporaine, manifestent le besoin d’une action commune.Car on sait comment l’imprimé doit se confronter aux publications électroniques et vivre avec un lectorat qui a l’œil souvent tourné, quand il lit encore, vers l’écran cathodique.Dans le monde de l’édition, et tous ceux et celles qui y sont passés le savent, il ne suffit pas d’avoir des idées, si bonnes soient-elles: ce sont les lecteurs, par leur nombre, qui déterminent l’avenir et assurent la pérennité.Et rien n’est donné dans une société comme la nôtre quand ladite élite est souvent paresseuse: les statistiques n’établissent-elles pas qu’un tenant d’un doctorat sur deux ne lit jamais un livre, ne fréquente jamais d’autres ouvrages que ceux de son champ de spécialisation?Et, de plus, il est difficile de compter sur certains politiciens pour améliorer la mise: «les Canadiens et les Canadiennes» ne viennent-ils pas de reporter au pouvoir un parti qui se fait fier de dire que la culture n’est pas un investissement?Pourtant qui fréquente les revues se réjouit Car allez les feuilleter et vous découvrirez que les idées, que la création, que les débats, au Québec, non seulement demeurent mais qu’aussi méritent d’être vus, lus et entendus.Le Devoir HISTOIRE ET PATRIMOINE Vf Histoire Québec à Magazine Gaspésie THÉORIES, ESSAIS ET ANALYSES VAction nationale et autres Interméctiatités NUMÉRIQUE Des «livrels» pour iPod Page5 ARTS ET CINÉMA De la He aux Séquences Page8 l .A V, .'MvL m IÜIJ 128 Li PavNaui'N a\sages du cotps fc ~ ’ ‘ ,4T> ,s ’ x s " {h ^ ^ ST J3 K I .ilie.H > « .1 le .tJ«*h -i ms Jeu, une des revues fondatrices de la SODEP, salue ses 30 ans ! Abonnez-vous ! info@revuejeu.org 514 875 2549 www.revuejeu.org ; LE DEVOIR, LES S A M E D I 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 20 0 8 -U SODEP Des mots et des images pour la Francophonie Le véritable défi est «le développement du lectorat» La Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP) fête cette année son trentième anniversaire.Elle regroupe présentement en son sein 46 publications qui traitent de sujets culturels allant de l’art visuel à la musique en passant par la littérature et le cinéma.PIERRE VALLÉE "VT otre corbeille d’offre est plutôt large, souligne ^ I i Yves Beauregard, président de la SODEP et directeur de la revue d’histoire Cap-Aux-Diamants.Certaines des revues sont plus pointues, d’autres sont plus orientées vers le grand public.Nous avons des revues de création littéraire comme des revues qui traitent de disciplines particulières, comme le théâtre ou le patrimoine.C’est très varié.» Fondée en 1978, la SODEP avait au départ pour mandat la défense des droits de ses membres, ce qui est toujours le cas aujourd’hui, mais la situation a évolué.«D’abord, nous sommes beaucoup plus gros qu’au départ.Ensuite, notre mandat s’est transformé pour y inclure le lobbying et la représentation auprès de divers organismes, y compris les organismes subven-tionneurs.De plus, nous offrons à nos membres des services de promotion et de presse ainsi que des outils de gestion.» Par exemple, le SODEP publie chaque année Québec en revues, un répertoire des périodiques culturels, encarté notamment dans Le Devoir, et elle est présente dans les divers Salons du livre au Québec.Des services, selon lui, qui sont essentiels.«Certains de nos membres n’ont même pas de permanence, et ceux qui en ont, cela se résume souvent à une ou deux personnes.Pourtant, nous jouons dans la cour des grands.No~ revues sont en kiosque et cherchent à attirer les abonnés comme le font toutes les publications.La mise en commun nous permet de nous donner des outils que plusieurs de nos membres ne pourraient pas mettre en place seuls.» Financement Outre les revenus tirés des ventes en kiosque et des abonnements, les périodiques culturels québécois peuvent aller chercher du financement auprès de trois organismes subventionneurs, soit le Conseil des arts du Canada, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts et lettres du Québec.«Quant aux revenus publicitaires, ils sont plus difficiles à aller chercher parce qu'ils sont basés sur le tirage, ce qui explique que plusieurs de nos revues ont peu Les périodiques culturels québécois peuvent aller chercher du financement ou pas de publicité.Mais certaines de nos revues à plus grand tirage, c’est le cas de Cap-aux-Diamants, doivent avoir des revenus publicitaires, sinon elles n ’arriveraient pas à boucler leur budget.» De plus, les périodiques culturels québécois, comme l’ensemble des publications canadiennes non quotidiennes, peuvent profiter du Programme d’aide aux publications de Patrimoine Canada, qui vient subventionner les tarifs postaux.«C’est une aide précieuse parce que les coûts postaux sont importants.Mais le problème, pour nous, c'est qu’on subventionne seulement les envois postaux au Canada.Comme nos revues sont majoritairement francophones, notre bassin de lecteurs est donc limité au Québec et aux francophones hors Québec.Mais si on veut prendre de l’expansion, c’est du côté de la Francophonie qu’il faut se tourner, d’autant plus que nos revues sont de calibre international.Mais les coûts postaux font en sorte que ce marché potentiel nous échappe.R faudrait donc subventionner aussi les envois postaux à l’étranger.» auprès de trois organismes subventionneurs Édition électronique La SODEP possède son site Internet, où on peut trouver une description des différents périodiques qui en sont membres.Le site est aussi transactionnel, puisqu'on peut s’abonner en ligne à l’un ou l’autre des périodiques.Mais il s’agit ici d’une toute première incursion dans le domaine des technologies de l’information, puisque la SODEP prévoit déposer un rapport l’an prochain sur l’ensemble du dossier de l’édition électronique et de l’usage des technologies de l’information.«Nous sommes à étudier et à explorer toute cette question.Nous savons aujourd’hui que les jeunes font surtout leurs recherches sur écran.Plusieurs organismes le reconnaissent, comme la Grande Bibliothèque, et par conséquent numérisent leurs contenus.Les journaux ont maintenant des éditions électroniques auxquelles on peut s’abonner.Quelle direction devrions-nous prendre?Est-ce que chacun de nos périodiques devrait avoir sa copie électronique?Ou est-il préférable de créer un site Internet commun où les périodiques pourraient vendre des articles à la pièce?Et que faire avec le patrimoine culturel de nos périodiques dont certains ont cinquante ans d’existence?Devrait-on le numériser et le rendre accessible?Et l’accès devrait-il être gratuit ou payant?» Une fois que ces questions auront reçu une réponse, la SODEP entend mettre en place un plan stratégique dont l’application s’étendra sur trois ans.Lectorat Selon Yves Beauregard, le lecteur typique d’un SOURCE SODEP Yves Beauregard, président de la SODEP périodique culturel est un baby-boomer.«D’une part, il y a beaucoup de baby-boomers qui s’intéressent à la culture.Et ensuite, ce sont des gens qui souvent préfèrent les revues imprimées sur papier.» Le tirage des périodiques culturels varie selon le type de revue, certains plus pointus comptant quelques centaines d’abonnés, d’autres plus grand public en comptant quelque milliers.«Evidemment, nous rejoignons plus de lecteurs que le nombre de nos abonnés, puisqu’une revue n’est pas uniquement lue par l’abonné.De plus, les clients individuels ne sont pas nos seuls clients.Comme nos revues sont des ouvrages de référence, on les trouve dans la plupart des institutions.Les étudiants et les chercheurs les consultent lors de leurs recherches.Même les médias s’en servent lorsqu’ils ont à traiter de certains sujets.» Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas le financement qui est le plus grand défi se posant présentement aux périodiques culturels québécois.«C’est certain qu’on apprécierait d’avoir plus d’argent, mais le véritable défi, c’est le développement des lectorats.C’est l’une des raisons qui expliquent notre intérêt pour l’édition électronique et Internet, puisque cela nous permettrait de rejoindre davantage les jeunes.R faut aussi apprendre à aller chercher nos abonnés et surtout à trouver les moyens de les fidéliser.C’est la raison pour laquelle la SODEP entend prendre davantage de place dans le milieu culturel québécois.On doit augmenter la promotion de nos périodiques, peut-être en mettant en place des promotions par champ d’intérêt ou par public cible.R faut augmenter notre visibilité.» Des défis qu’il entend relever avec enthousiasme.«En cette année du trentième anniversaire, je peux dire que la SODEP et ses membres pètent le feu et sont résolument tournés vers l’avenir.» Collaborateur du Devoir Histoire et patrimoine De l’objectivité du « nous » «Bâtir des ponts entre les spécialistes du patrimoine et le lectorat grand public» Ce «nous» qu’on proclame urbi et orbi s’exprime aussi dans ses moindres ébauches dans les revues de haute tenue que sont Histoire Québec, Continuité, Cap-aux-Diamants et Magazine Gaspésie.Invitation à découvrir ou redécouvrir ces nécessaires périodiques.THIERRY HAROUN T a Gaspésie énergétique» est le thème qui coiffe la ¦ -L/ toute dernière édition du Magazine Gaspésie.«On peut prétendre que la première expMtation de pétrole au Québec — et je dirais même au Canada! — a eu lieu en Gaspésie, étant donné qu'un premier puits de pétrole a été foré à Gaspé en 1860», lance Jean-Marie Fallu, le rédacteur en chef et un historien de renom en Gaspésie, dont plusieurs deslivres ont été recensés dans nos pages.Fondé en 1963 par les abbés Michel Lemoignan et Claude AL lard sous le nom de Revue d’histoire de la Gaspésie et publié alors par la Société historique de la Gaspésie, Magazine Gaspésie est, depuis 1981, publié trois fois l’an par le Musée de la Gaspésie à raison de 3000 exemplaires.Distribuée dans quelque 50 points de vente au Québec, et ainsi à Montréal, Laval et Québec, cette revue — ce «nous péninsulaire» —s’appuie sur un lectorat fidèle de 1500 abonnés.«Et vous savez, chaque fois qu’on lance une édition à l’extérieur de la Gaspésie, comme c’est le cas présentement au Salon du livre de Montréal, on augmente notre abonnement», se réjouit M.Fallu.Continuité Est-il vraiment besoin de présenter la revue Continuité après 25 ans d’existence?Le tout dernier numéro, «Villes et villages d’art et de patrimoine», invite le spécialiste et le dilettante à la découverte de dix initiatives régionales sur le plan du patrimoine.Continuité, c’est ce «nous» qui s’exprime par le bois, la pierre, le paysage et le VOIR PAGE G3: HISTOIRE Quel ice ville muritimu %'•«% ;v-S PEÜKO RUIZ LE DEVOIR Bibliothèque et Archives nationales du Québec rÉm MARIE-ÈVE MAHEU Dans un souci de mieux communiquer, les directeurs de la revue culturelle Spirale et des Cahiers littéraires Contre-jour ont eu l’idée d’organiser les Journées d’étude des revues culturelles du Québec.«Le milieu était prêt à se rencontrer», dit un des protagonistes, Patrick Poirier, lui qui est à la tête de Spirale, une revue proposant un regard critique sur les productions culturelles.L’invitation a été lancée et une vingtaine de revues ont répondu à l’appel.Elles se réuniront les 27 et 28 novembre prochains au Centre d’archives de la Bibliothèque nationale du Québec.Au programme, des présentations et des tables rondes relevant du thème «Cité à comparaître?, la revue face à elle-même», auxquelles est çonvié le grand public.Les gens du milieu se donnent donc pour défi de taire un bilan de la revue culturelle au Québec.Notamment, quels constats peut-on tirer de son foisonnement?Est-ce que le ombre peut être à lui seul garant e la vitalité de la scène culturelle?Ou encore, est-ce que les revues participent à la création d’une scène culturelle commune ou, au contrai- re, travaillent-elles en vase clos?Selon Patrick Poirier, l’enjeu central des Journées d’étude sera de discuter de cette «scène commune des revues culturelles» qui, à son avis, a été négligée à travers les années.S’unir pour mieux rayonner «On est un paquet d’acteurs sur scène, mais on ne se parle pas.Il faut que ça change», soutient M.Poirier.Selon lui, les échanges entre publications sont essentiels.«Si les différents éditeurs ne se lisent pas entre eux, il n’y a pas de débats possibles.» Il ajoute que des échanges existent déjà à petite échelle.«Pour Spirale, ça se fait.Il y a un dialogue avec certaines publications.» Il aimerait toutefois que ce dialogue s’élargisse, d’où l’idée de regrouper des artisans des revues culturelles québécoises durant deux jours.«Réunir une vingtaine de revues et se parler, on n’a jamais l’occasion de faire ça», soutient-il.Il s’agit en effet d’une première à vie.Selon Patrick Poirier, l’événement pourrait avoir des impacts à long terme.«f espère que ça va créer le besoin de se regrouper, d’échanger, de débattre davantage entre nous et de développer des projets communs.» Un désir partagé par Jacques Doyon, directeur de CV ciel variable, un magazine de difftision et d’analyse de la photographie artistique contemporaine.Selon lui, l’action collective est la seule façon de faire rayonner les revues culturelles.«R y a du travail à faire, mais on peut rejoindre un plus grand public que ce qu’on a actuellement.Puisque nous sommes de petits magazines à but non lucratif, ü n’y a pas d’autres solutions que de se faire connaître comme groupe.» Il croit que cet effort devrait passer par une appropriation de la Société de développement des périodiques culturels québécois (SODEP).Cet organisme, dont il est le vice-président depuis peu, représente la quarantaine de revues culturelles.Il aimerait toutefois que l’association, qui fête cette année son 30 anniversaire, renouvelle son image.Il souhaite que la SODEP consacre davantage d’efforts à être plus pré- sente dans l’espace public.Un plan d’action renouvelé est sur la table.Selon Jacques Doyon, l’association devra entre autres faire augmenter le nombre de membres, no tamment en accueillant sous son aile les revues culturelles électro niques.D croit d’ailleurs que, avec l’appui de la SODER les revues gagneraient à s’afficher davantage dans le Web et à être plus présentes dans les festivals et autres lieux publics.«On a des solutions à trouver pour que la présence collective des revues culturelles soit plusforte.» Pour plus de visibilité Le lectorat de ce type de revues est généralement faible, le tirage oscillant entre 500 et 8000 exemplaires.«C’est le grand problème de la revue culturelle au Québec, avoue Patrick Poirier, de Spirale.Elles ne jouissent pas d’une visibilité auprès du public.C’est extrêmement inquiétant.S’il n’y a personne pour nous lire, notre rôle à nous, c’est quoi?» Lise Gagnon, qui a dirigé durant cinq ans Les Cahiers de théâtre Jeu, un trimestriel qui se consacre aux arts de la scène, en rajoute.«Les revues culturelles sont extrêmement importantes et pas assez connues, se désole-t-elle.L’enjeu central, c’est: comment prendre notre place?» Lors des deux jours de réflexion prévus à la fin de novembre, Lise Gagnon animera une table ronde sur les stratégies possibles pour développer le lectorat Aujourd’hui responsable de la promotion et directrice administrative de Jeu, elle s’intéresse à l'utilisation de la Toile comme moyen de promotion.«Les gens sont de plus en plus nombreux à s’informer dans Internet.Est-ce qu’on devrait mettre nos articles dans le Web pour leur donner plus de visibilité?», questionnât-elle.Si Jeu n’a pas encore pris le virage électronique, de son côté, Spirale a déjà tait le saut La revue propose depuis 2007 des émissions de radio dans le Web et quelques articles de son édition en papier.Un autre moyen d'aller chercher davantage de lecteurs, selon Lise Gagnon, est de présenter des animations critiques dans les cégeps et les universités pour se faire connaître./ck le fait depuis quelque temps et voit de bons résultats.La revue organise aussi des kiosques dans des lieux liés aux arts, comme les vestibules des salles de spectacles.«On va vers le public avant qu’il vienne vers nous», dit Mme Gagnon.Elle souligne que le lectorat des revues culturelles n’est pas le grand public, mais des gens du milieu des arts ou qui y sont sensibles.Une récente recherche de l’Institut national de la recherche scientifique établit à 60 000 le nombre de lecteurs potentiels pour ce type de revue.«Bonjour, on est là! Mis à part la question du lectorat, les revues culturelles souhaiteraient aussi une plus grande couverture médiatique.Selon Patrick Poirier, les Journées d’étude seront un moyen de faire parler d’elles.«En se rassemblant, on peut avoir un plus grand impact et une plus grande visibilité.» Il espère d’ailleurs que le groupe accouchera d’un manifeste, sorte de prise de parole commune des revues, pour conclure les deux jours de réflexion.«On va profiter de cet événement pour dire: Bonjour, vaætiq v'-'11 l’TdT'*! ¦ * l'.$1* " des textes accessibles et bien tournés.Vous fouilleriez dans ses archives que vous découvririez un numéro (mars 2000) au titre évocateur «Duplessis et la “grande noirceur”», dans lequel on traite de Refus global, des grandes grèves (Asbestos et Murdo-chville) et de cinéma.Histoire Québec est en quelque sorte ce «nous identitaire».Mme Ouellet note «qu’ily aura toujours des gens qui se laisseront un peu tirer l'oreille, mais dans l’ensemble les gens s’intéressent à l’histoire».Cap-aux-Diamants Enfin, on y est, Cap-aux-Diamants.Au terme d’une lecture d’un de ses numéros, on a cette impression d’en sortir plus intelligent, grâce à la profondeur de ses textes autant qu’à sa démarche pédagogique.La mise en pages est également très soignée.Son nouveau-né s’appelle «Québec 400 ans; une histoire au féminin».A noter, un texte de l’historienne Micheline Dumont sur les religieuses.«Ce dont on est très fier, c’est d’avoir réussi à tenir à bout de bras cette revue pendant si longtemps.Et prochainement, ça fera 25 ans qu'elle existe; on en sera alors à notre 100 numéro, en plus de 10 ou 11 numéros hors série.C’est vraiment un travail gigantesque en histoire du Québec», note son directeur et fondateur, Yves Beauregard.Cap-aux-Diamants, c’est ce «nous héritage».Bonne lecture! Collaborateur du Devoir Tout le champ littéraire québécois et international dans un seul magazine En kiosque et en librairie à travers le Québec « Nuit blanche est un magazine fort instructif.Quand on le lit, on en sort tellement revigoré.Que du beau, que du vrai.» François Bugingo, Sans détour, Première Chaîne de Radio-Canada « Le célèbre magazine québécois Nuit blanche a sa version électronique vous permettant d’accéder du monde entier aux commentaires de livres, aux célèbres rubriques « Écrivains méconnus de XXe siècle »[.] et aux incontournables dossiers thématiques.» Magazine Lire (France) « Quatre numéros par année ; toujours un côté visuel très soigné.Cest fouillé, c'est dense, il y a toujours des thématiques.» Raymond Cloutier, Vous m'en lirez tant, Première Chaîne de Radio-Canada «Il n'est pas facile de faire l'amalgame entre littérature québécoise et littératures étrangères, or, ce défi est vraiment relevé de main de maître depuis 25 ans par Nuit blanche.Regardez-moi cette belle présentation ! » Philippe Laloux, Sans détour, Première Chaîne de Radio-Canada « Le travail de Nuit blanche est un travail artisanal, soigné et profond.» Renaud Longchamps, écrivain m — nuit \b l anche ¦ Nfc OU LIVRE LF.M A G A ?I RUAI fit! ¦fe fcNIEbP MNftC JORIS-KARl huysmans JACQUES SPITZ POUR T< à découdre : IES SANS ITOBIt iBB( aooe F *0 t NOIR (ÉCOSCOi fc.-* À ' Abonnez-vous à Nuit blanche Quatre numéros par année et l'accès gratuit au site littéraire le plus complet au Québec www.nuitblanche.com Oui, je m'abonne pour une période de Q 1 an (4 numéros) : 34 $ l_J 2 ans (8 numéros) : 56 S taxes incluses Nom : .Prénom : .Adresse : .Ville : .Province : .Code postal : .Tel.: .Courriel : .?Chèque à Tordre de Nuit blanche ?Visa ?Master Card ?Facturez-moi N“ de la carte.Date d'expiration : .Envoyez ce coupon à Nuit blanche, 1026, rue Saint-|ean, bureau 403 Québec (Québec) GIR 1R7 Abonnement en ligne : nuitblanche.com / Par téléphone : 418 692-1354 Qu est-ce qu’être québécois ?Monique LaRue Jacques Godbout Michel Morin André Brochu David Dorais Carl Bergeron Mathieu Bélisle Disponible en kiosque et en librairie i ITnconvénient no 35 Aussi dans ce numéro Isabelle Daunais François Ricard Gilles Marcotte Réjean Beaudoin Serge Bouchard www.inconvenient.ca A f LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 NOVEMBRE 2008 (i 4 PERIODIQUES PLURALISMES D’ICI ET D’AILLEURS WÊSr J/m / ) frUlU* ! î3Ü!ljn^1ii»3il InterCulture «km* (hmtcni Ac l'Aiti, 11II JOURNAL01 ( VNADIAN AUI III ANNALES D'HISTOIRE 1)1 l ’ARL CAN Monter *T «?|Uï ***» j Laiton ¦Jtmn fMlif/* UHi*r tlj1u*U kQ»ti>r •*W*i '"‘n -Je y*, - •>*»1 ‘i ¦.ti-j.ii ^ kL if i, -Jiu“, M ‘C-Jiii * 'i .¦ -ai '/'«¦J •>'.1* U MŒBIUS MUSIQUE La revue Les Ecrits publie environ 20 % de contenu étranger provenant de la francophonie Pour la nouvelle Paroles en direct Populaires ! La nouvelle, pourtant un style littéraire assez large, a seulement une revue francophone au Québec qui lui est entièrement dédié.C’est XYZ.Elle a aussi son pendant franco-onta-rien, Virages, qui publie aussi plusieurs textes de Québécois.Ces revues font le bonheur de plusieurs enseignants du secondaire qui s’en servent dans leurs cours.MARTINE LETARTE Nous ne publions que de la nouvelle, de tous les genres, d’auteurs connus et pas connus, sans ligne éditoriale, ni parti pris esthétique, dans le but de permettre au genre littéraire d’avoir son espace de publication régulier», indique d’emblée Nicolas Tremblay, adjoint au directeur de XYZ.D’après lui, c’est probablement cette grande ouverture sur le genre qui explique la longévité de la revue, qui fêtera ses 25 ans l’an prochain.«Les revues très audacieuses, qui ont une ligne éditoriale très pointue ou qui essaient de révolutionner la littérature, s’épuisent souvent assez rapidement.XYZ, sans perdre de vue sa mission première, peut se transformer au fil des ans en même temps que la société, tout en transcendant les effets de mode», croit-il.Marguerite Andersen, éditrice de Virages, n’est pas peu fière non plus des 10 ans d’existence de la revue.«Virages est la seule revue francophone publiée hors Québec qui se consacre à la création de nouvelles.Nous publions beaucoup de nouvelles de Québécois, mais nous essayons de garder un équilibre et de publier aussi plusieurs textes provenant de l’Ontario et d’autres provinces où on retrouve des francophones.Nous publions aussi des textes étrangers.En fait, l’idée est de publier n’importe quelle nouvelle intéressante et de qualité rédigée en français», explique-t-elle.Les deux revues se donnent aussi pour mission de permettre à de jeunes écrivains d’être publiés une première fois.En outre, comme la nouvelle littéraire est au programme scolaire au Québec comme en Ontario, certains enseignants utilisent la revue comme outil pédagogique.«D’ailleurs, nous organisons chaque année un concours de nouvelles et, souvent, nous voyons que des enseignants encouragent leurs élèves à nous envoyer des textes pour tenter leur chance», indique M.Tremblay.«Nous aimerions que les élèves du secondaire soumettent davantage de textes à Virages et qu’encore plus d’enseignants utilisent la revue pendant leurs cours», indique pour sa part Mme Andersen.XYZ est publiée à environ 1300 exemplaires, alors que Virages en diffuse 500.Collaboratrice du Devoir Wmm v, I RAGES À l’heure de la glorification du divertissement plutôt que de l’information, de la facilité plutôt que de l’effort, de la célébrité plutôt que de l’art, la poésie brute, sans artifice, semble, pour bien des gens, appartenir à une autre époque.Or, contre vents et marées, deux revues québécoises se consacrent uniquement à la poésie: Estuaire et Exit.MARTINE LETARTE Les poètes nous définissent en tant que peuple.C’est un peu un acte identitaire que de publier de la poésie, alors c’est très important», affirme Pierre Bastien, éditeur de la revue Exit.Son équipe multiplie les efforts pour rejoindre davantage de gens à chaque numéro, mais M.Bastien remarque qu’il se bat contre des préjugés persistants.«C’est un problème de perception.Les gens croient que la poésie n’est pas une forme d’art accessible.C’est le résultat d’un travail de sape fait par des gens qui manquent de culture.Mais c'est faux! La poésie est accessible et, si ce n’était que de moi, elle serait vendue partout, même à l’épicerie, comme Le Lundi/» On a tous le droit de rêver! N’empêche, Exit est imprimée à 600 exemplaires et Estuaire, à 750.«Ce qui n’est pas mal quand même, considérant que la poésie rejoint un public très ciblé dans un marché aussi petit que celui du Québec, où la poésie a très,peu de visibilité», soutient Jean-Éric Riopel, directeur d’Es-tuaire.Malgré le contexte difficile, Estuaire existe depuis 1976.«Le Québec a donc certainement un public très passionné et très fi- dèle qui s’intéresse à la poésie», affirme M.Riopel.Estuaire, tout comme Exit, publie à la fois des poètes chevronnés et d’autres plus jeunes.«C’est important de publier de jeunes auteurs.Lorsqu’un jeune voit que son poème est publié à côté de celui d’un grand poète, comme Fernand Ouellette, c’est très motivant pour lui», croit Pierre Bastien.«Et évidemment, pour les jeunes, c’est plus facile de se faire publier par un éditeur après être passé par la revue», indiqpe pour sa part Jean-Éric Riopel.Pour les deux publications, l’idée de laboratoire est aussi importante.Parce que, bien sûr, si plusieurs poèmes publiés dans Estuaire ou dans Exit se retrouveront un jour dans un recueil, les deux comités de rédaction laissent beaucoup de place à l’innovation.«Nous voulons que les auteurs n’aient pas peur d’essayer des choses, d’oser», affirme M.Riopel.«C’est intéressant que les poètes testent des choses avec nous, ajoute M.Bastien.En fait, le périodique de poésie se veut vraiment un objet de création.» Collaboratrice du Devoir f eshiai ; i], ; «U ¦ t i i l il ««vu* d« poitlt Dans le microcosme du périodique culturel québécois, deux revues s’inscrivent un peu dans la marge: Solaris, spécialisée dans la nouvelle fantastique et de science-fiction, ainsi qu’/t/j-bis, pour les adeptes de nouvelles policières.Des genres littéraires dits plus populaires qui, même dans le format de nouvelles, attirent bon nombre de lecteurs, dont plusieurs sortent du milieu littéraire pur et dur.MARTINE LETARTE ?est certain que nous avons la chance de nous spécialiser dans des domaines de littérature qui sont dits populaires, mais, tout de même, il fallait trouver nos lecteurs.Parce que, même si le polar est le type de littérature le plus lu dans le monde, la version en nouvelles publiée dans le périodique littéraire est moins courante», explique Jean Pettigrew, qui fait partie de l’équipe de direction littéraire A’Alibis et de Solaris.D’ailleurs, si Alibis a été fondée en 2001, cétait justement parce qu’aucune revue québécoise ne se spécialisait dans le polar.«D’autres revues publiaient à l’occasion de la nouvelle policière, mais elles n’étaient pas spécialisées dans le domaine et n’avaient pas une direction littéraire compétente dans le genre en particulier», explique M.Pettigrew.Solaris a un âge plus vénérable: près de 35 ans.Or toutes deux réussirent à retenir autour de 600 abonnés et ont un tirage qui se situe entre 1200 et 2000 exemplaires.«Il arrive parfois que nous imprimions même à 4000 exemplaires, comme ce fut le cas pour l’édition (/’Alibis qui cmnprenait m court roman de Jean-Jacques Pelletier, dont les droits ont été vendus pour le cinéma», affirme fauteur et passionné de polars.Mais est-ce que ces deux revues publient seulement des écrivains reconnus, comme M.Pelletier, qui a publié plusieurs romans, ou y a-t-il de la place pour les jeunes?«Que ce soit dans le domaine du polar, de la science-fiction ou du fantastique, le Québec peut maintenant compter sur une bonne base d’auteurs de renom et nous publions souvent de leurs nouvelles.Toutefois, nous recevons aussi plusieurs textes de jeunes, surtout pour Solaris, puisque la science-fiction et le fantastique sont très populaires auprès des jeunes.C’est certain que nous en refusons plusieurs, mais il arrive que nous travaillions avec de nouveaux auteurs, lorsque twus voyons un grand potentiel chez eux», affirme l’éditeur.En fait, il est important pour Jean Pettigrew que les périodiques littéraires demeurent un espace de laboratoire pour les auteurs de demain.«Pour apprendre à écrire, il faut écrire.Et généralement, avant de se lancer dans m projet de roman, on doit maîtriser la nouvelle.la revue littéraire doit donc remplir en partie cette mission.» Collaboratrice du Devoir SOLARIS KJ t" fi ALIBIS Société littéraire de Laval accueille des membres de toutes les réglons du Québec mblie leurs textes lans son périodique • recense leurs publications et organise un lancement collectif • fait la promotion sur Internet de leurs activités littéraires • leur verse des cachets lors des événements qu’elle initie les membres de la SLL ont un rabais de 16% à la librairie Raffln de Laval Raff in information, adhésion et abonnement 480.978.7669 • sll@breves.qc.ca .RAVtR*^ t La co zi *1 1 à ! lit.till 11 q/Uic X ratiift NfWtWWSMH INIUH ( MUtWIKWi.'W'IWCr GRANDE REVUE DE L’ART ACTUEL Parution le 5 décembre A 1 É I) I T ION P é r i o (I i q u e s culturels C E C A II I E K SP K c I A L I EST P U B L I É P A H L E I) E V I) I H Responsable NORMA NI) T II É RIA 11 LT ntlicriaultoledevoir.ca 2050, nie de Bleary 9r (ita.ne., Montréal ((fnélicc) USA BMI).Tel.: (514) 985-3333 redaclioii®ledevoir.opm FAIS C E Q 11 E I) 0 1 S ( !¦ K I* K V II I H .LES S A M E I) I 22 E T I) I M A N C II E 2 15 N 0 V E M B H K 2 0 0 K (i 7 PERIODIQUES Culture, littérature et société Une deuxième vie pour les livres « L’espace culturel s’amenuise au Québec comme partout en Occident » Prolonger la durée de vie des livres: voilà la mission principale dont se sentent investies les revues littéraires.Loin d’être un art événementiel comme les spectacles, les expositions ou les performances, la littérature retrouve, à sa juste valeur, son caractère plus intemporel dans les revues.ETIENNE PLAMONDON EMOND T eiournal [quotidien] est lu et jeté», rappelle Colette Lens, directrice et seule employée à temps plein de la revue Entre les lignes, qui se concentre sur le lecteur et la contagion de la lecture.Avec la facture léchée et l’objet final de qualité de sa revue, Colette I^ns croit aider à la pérennité des livres.«Plusieurs personnes ne croyaient pas [en la revue] parce qu’on avait mis beaucoup l’accent sur l’apparence.» Or c'est cette particularité qui pousserait les gens à conserver la revue, à la collectionner et à la consulter de nouveau.«Quand on est lecteur de livres, on aime ça que ça puisse être lu à long terme.» Une redécouverte devient envisageable pour le livre si on permet «aux gens de garder avec eux une référence pour grand public».«Un livre est toujours d’actualité», lance Colette Lens.Elle concède par contre avec désarroi que, en librairie, «un livre, au bout de quatre mois, c’est fini».Le livre tire donc avantage à être traité dans des revues publiées trois ou quatre fois l’an.Entre les lignes cherche à équilibrer sa couverture entre les nouvelles et les anciennes publications.Les dossiers sur des genres littéraires en sont les meilleurs exemples.La rédaction tente d’y «englober d’où ça vient et ce qui vient de paraître».« On fait quelque chose de qualité avec des moyens ridicules », approuve Anne-Marie Guérineau, de Nuit blanche.« Ce sont les abonnés qui font fonctionner la revue.» Lettres d’ici «On peut nous reprocher d’être un peu en retard et je m’en félicite!», déclare de son côté André Vanasse, directeur de Lettres québécoises, une revue qui se consacre exclusivement à la littérature d’ici.Depuis que sa revue est publiée quatre fois par mois, M.Vanasse n’a «jamais cru que c’était nécessaire» d’augmenter la fréquence de publication et croit que la publication tardive, par rapport au lancement des livres, offre la possibilité de «donner une deuxième vie aux livres».A la naissance du projet en 1976, André Vanasse ne croyait pas en la viabilité de Lettres québécoises.11 n’avait pas écrit son article dans les délais, faute de motivation, avant qu’Andrien Thério, ancien directeur de la revue, ne le rappelle à l’ordre.Le voilà maintenant directeur de ladite revue, dont il ne doute plus de la pertinence.La revue littéraire a, selon lui, un «effet modérateur» par rapport aux grands médias, dont la couverture entraîne une «cristallisation autour des auteurs-vedettes».A son avis, Lettres québécoises permet de «donner une vision plus large» de notre littérature.En spirale Véritable ovni dans le paysage des revues culturelles, la revue Spirale fonde aussi une partie de sa raison d’être sur la couverture de l’actualité culturelle, «avec un certain décalage».Patrick Poirier, directeur de la revue, précise que «le regard demeure pertinent».Loin de se cantonner à la littérature, Spirale touche à tous les arts en les inscrivant dans une démarche plus philosophique.Cette revue s’est naturellement beaucoup tournée, au cours des dernières années, vers les essais.«On essaie d’avoir un dialogue avec les oeuvres critiquées», explique M.IPoirier, qui situe la démarche ;|entre la critique journalistique et la critique universitaire.Il ne [parle pas seulement d’une deuxième vie, mais il considère avec «humilité» que les articles !,«donnent une première vie à ces oeuvres», alors que «l’espace culturel s’amenuise au Québec comme partout en Occident».Même conclusion chez Anne-Marie Guérineau, directrice de la revue Nuit blanche, qui couvre, dans une démarche plus accessible, autant la littérature québécoise qu’étrangère.«Ce qu’on nous dit souvent, c’est qu’on est les seuls à parler de ro- mans dont on ne parle pas dans les grands médias.» En plus de mettre sur un pied d’égalité tous les genres littéraires, la revue dédie un espace à un grand écrivain méconnu du XX' siècle dans chacune de ses parutions.Une dynamique de rédaction moins collée à la nouveauté semble aussi, selon Anne-Marie Guérineau, charmer les auteurs en entrevue.«Ils savent que, dans Nuit blanche, on va parler de l’ensemble de leur œuvre.» Pour la jeunesse Une première visibilité est aussi difficile à obtenir pour un livre jeunesse.Daniel Sernine dirige la revue Lurelu, «la seule revue québécoise exclusivement consacrée à la littérature jeunesse» qui s’adresse aux parents, aux libraires et aux bibliothécaires.Selon lui, les rubriques des grands médias s’amourachent surtout de quelques productions étrangères et omettent une riche production québécoise.«On ne veut pas laisser les attachés de presse déterminer le contenu de la revue», ajoute-t-il.Lurelu «vise une quasi-exhaustivité» et son directeur assure que ce sont «80 à 90 % des œuvres admissibles qui [y] sont critiquées».«Si Lurelu n’existait pas, il y a plusieurs de leurs productions [des éditeurs de livres jeunesse] qui passeraient inaperçues.Les éditeurs sont assurés que tous leurs livres seront couverts, ne serait-ce une fois.» Pour les livres jeunesse, qui représentent près du quart des publications au Québec, cet aspect de longévité acquiert davantage d’importance.M.Sernine reconnaît qu’après «90 jours [un livre] est déjà tassé» en librairie.Par contre, comme la production vise des tranches d’âge précises et que les lecteurs potentiels se renouvellent d’année en année, «un livre jeunesse peut vivre 10 ou 15 ans, ce qui est plus rare du côté des livres pour adultes».Lurelu, en tant que «revue de consultation [.] ri non de consommation saisonnière», se considère comme «indispensable» pour que les joyaux de notre littérature jeunesse ne ratent pas une génération de lecteurs.Un agent de promotion en manque tie promotion Daniel Sernine s'amusait des réactions de lecteurs qui venaient le visiter dans ses anciens bureaux, soit l’équivalent de deux chambres à coucher dans lesquelles s’empilaient de six à huit mille livres.lorsqu’il feuillette un produit final très professionnel comme la revue u N NUIT BLANCHE Anne-Marie Guérineau, directrice de la revue Nuit Blanche Lurelu, «le profane ne se rend pas compte de l’équipement restreint et des locaux très très restreints», commente M.Sernine, qui demeure conscient que la survie de la revue tient aux subventions.«Nous n’avons pas le bassin de lecteurs [.] pour faire vivre une revue.» «On fait quelque chose de qualité avec des moyens ridicules», approuve Anne-Marie Guérineau, de Nuit blanche.«Ce sont les abonnés qui font fonctionner la revue.» Elle ne cache pas, de son côté, un intérêt à voir son nombre de publications grimper de quatre à six par année.Cette fréquence permettrait de couvrir une plus large proportion de l'immense production littéraire, mais aussi de donner à Nuit blanche une présence constante sur les rayons.«Le problème dans les kiosques, c’est que, lorsque les 10 exemplaires sont vendjis, ils ne recommandent pas de nouveaux numéros.» «Un des défis des revues, c’est celui de la visibilité», insiste aussi M.Poirier, qui se confronte encore à des lecteurs qui découvrent Spirale alors que la revue existe depuis 29 ans.Il qualifie de «déplorable» le fait que les «grands médias ne soient pas ca- Les lecteurs potentiels se renouvellent d’année en année, « un livre jeunesse peut vivre 10 ou 15 ans, ce qui est plus rare du côté des livres pour adultes » pables de souligner» leurs parutions, alors qu’ils rendent compte des émissions télévisées.A son avis, les revues sont actuellement «condamnées à une petite communauté de lecteurs», alors qu'ri/ y aurait la place [dans les grands médias] pour se pencher sur les revues culturelles».«Les revues sont les mal-aimées de l’édition», s’insurge André Vanasse, qui est aussi directeur littéraire et vice-président des éditions XYZ.Il dit avoir constaté que les subventions accordées aux livres ont augmenté davantage que celles l’information qu’il livre n’en demeure pas moins nécessaire.11 cite le cas de l’acquisition d'XYZ par HMH.Alors que les éditions HMH se distribuent elles-mêmes et que les éditions XYZ étaient distribuées par Dimédia, «les libraires veulent savoir comment ça va se passer».Livre d’ici tente d’informer sur «ce que les autres font et ce qui fonctionne» pour donner un coup de main aux «jeunes qui arrivent dans le métier du livre».Une information plus pratique que passionnée, mais qui peut tout autant, à sa manière, prolonger la vie de certains livres.Collaborateur du Devoir Atelier-conférence sur le cinéma au Québec et sur l'édition d'une revue culturelle Ciné-Bulles de A à Z À l'aide d'éléments visuels, le rédacteur en chef de Ciné-Bulles explique le parcours d'un film québécois, de son financement jusqu'à sa sortie en salles.Il raconte ensuite chacune des étapes de la production de la revue.kM|| m&s i eMÊÊÊmSsSi Pour les étudiants du collégial et du dernier cycle du secondaire Afin de connaître les disponibilités d'Éric Perron et les coûts rattachés à sa venue : 514.252.3021 poste 3413 \ www.cinemasparalleles.qc.ca « Pour susciter l'intérêt, donner de l'information juste et pertinente, transmettre des connaissances et une passion aux élèves, on ne peut pas espérer mieux.» Isabelle Glémaud École La Concorde, Senneterre « Éric Perron brosse avec brio un portrait du cinéma québécois : sa production, sa diffusion et sa réception.Cette dernière constitue un volet intéressant, car la revue Ciné-Bulles y est présentée en détail.Sa conférence regorge d'informations privilégiées qui savent captiver son auditoire.» Jean-François Lacoursière Cégep de Trois-Rivières « M.Perron, communicateur intarissable, à travers une présentation visuelle étoffée, bien structurée, mène un atelier vivant, sondant l'intérêt des étudiants au fil de la rencontre, suscitant ta participation.» Micheline donne Collège de Rosemont, Montréal m Lirê Qiiêb&ç •• Y Spécial 400 é % MARTIN ï* P Pftj.il.1N %»* Uf*.**»** taM Ww» bmt ?.-.S - f irlrtn/ue : Oom raw** » otw» b rénié * «Dotsier: révdHUts mh» Mrun et Iredutttm i l’éiwy,-tiditûrial ; Un.tU-te un tient d niubun ?wma - i SS-'" -M -¦ accordées aux revues.Ces subventions étaient pourtant équivalentes, à une certaine époque.M.Vanasse admet que, «si tu veux sauver l’industrie, tu dois sauver le livre avant», mais il considère que, «maintenant qu’on a injecté» de l’argent dans le livre, «on pourrait s’occuper un peu des revues.Ça fait longtemps qu’elles sont laissées pour compte.» Education et édition Les revues littéraires n’aident pas seulement le milieu du livre par la critique ou la recension des livres publiés.Certaines informent les milieux professionnels rattachés à la propagation de la littérature.Québec français s’adresse en particulier au milieu de l’éducation, auquel il donne, entre autres, des outils pour faciliter l’intégration de la littérature à des fins pédagogiques.Livre d’ici, elle, parle des professions du livre.«Ça ne pourrait pas être fait par un autre média», justifie le rédacteur en chef, Julien Brault.Un article sur le placement des produits sur les tablettes ou sur la vente aux bibliothèques, selon lui, «n’intéresse pas le commun des mortels».Mais ü I V C.IM M 1) l \ I MIMRI l\m SI RII I nmiidi rrtjiportv de corruption.1 1 K premier semcncier «l«« momie I V%M, .*.
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