Le devoir, 13 novembre 2004, Cahier F
P I M A N CUE 2 0 0 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET X 0 V E M B R E ROMAN Entrevue avec Jean-Paul Dubois, Prix Femina Page Fil ESSAI Nancy Huston et les philosophes du désespoir Page F 19 © ¦m 4.¦- • ^ •• / Pour grandir, pour évoluer, pour souligner Pim-portance culturelle que doivent avoir chez nous les salons du livre.Le Devoir vous propose cette semaine un grand cahier de 36 pages Robert Blondin ou la radio S.O.S.vu par Stanley Péan Page 5 Un nouveau départ de Gilles Archambault Page 6 Jorge Semprun vu par Louis Hamel in Page 10 Le nouveau Jamaica Kincaid Page 12 Entrevue avec Jean-Philippe de Tonnac Page 21 Zachary Richard ou l’héritage français Page 29 PHOTO: JACQUES GRENIER LE DEVOIR Appétit de la lecture Au moment où Montréal s’affaire en vue d’être sacré par l’UNESCO capitale mondiale du livre en 2005-06, son salon du livre annuel, deuxième en importance dans le monde francophone, décide de se consacrer tout entier à la cuisine.Après tout, nous disait-on lors de la conférence de presse de l’événement, ce sont ces livres-là qui, depuis toujours, apparaissent comme les plus lus.A-t-on seulement besoin qu’un salon du livre soutienne les activités culinaires alors que la télé le fait si bien — et presque exclusivement il faut le dire — depuis quarante ans?Sœur Berthe, sœur Angèle et tous nos autres saints du fourneau ont grandi d’abord et avant tout, rappelons-le, comme des fleurs cathodiques plutôt que comme des fleurs de papier.Du reste, a-t-on besoin d’un salon devenu four à cuisson utilitariste pour vraiment encourager à lire et pour contribuer à réduire les inégalités culturelles toujours si criantes dans notre société?La cuisine peut bien sûr aider à mieux nous comprendre.Il serait ainsi fort instructif d’envisager la société québécoise, d’un point de vue sociologique, à travers ses livres de recettes, ceux du moins qui y ont été le mieux accueillis, justement grâce à cette médiation télévisuelle.À travers ces ouvrages, on tirerait beaucoup d’enseignements sur notre système de valeurs dominant, sur les hiérarchies sociales en place, en un mot sur les rapports sociaux eux-mêmes.Dans les vieilles éditions de VEncyclopédie de Jehanne Benoît — ou peut-être est-ce dans Cuisine raisonnée —, on voit rite que la cuisson d’un bon rôti, les dimanches, garantit à la ménagère les joies d’une famille unie.La «ménagère avertie», précise-t-on par ailleurs, se doit de manifester sa compétence sociale par sa capacité de demander à son boucher des morceaux de viande «par leur nom».En somme, comme nous le rappellent ces témoins en papier de nos cuisines d’hier, les chaudrons relevaient d’abord de la femme, pour les plaisirs de l’homme, en fonction du main- tien de valeurs familiales et sociales stéréotypées.Or une analyse du discours et de la présentation des livres de la cuisine d’aujourd’hui révélerait certainement aussi son poids de faits sociaux, pas forcément plus progressistes sous d’autres aspects.Dans la même veine, on peut tout naturellement se demander ce qu’indique sur notre société le fait que son plus important salon du livre catalyse ainsi cette année toute son attention sur le seul univers des cuisines plutôt que sur la nécessité urgente de créer un appétit véritable pour la lecture.Dans nos pages, l’ex-éditeur Alain Stanké signale justement cette semaine qu’au Québec, les problèmes de l’analphabétisme, de la pauvreté des bibliothèques publiques et scolaires, sans compter le taux de retour et de destruction effarant des livres neufs, manifestent un terrible problème social auquel il faut réagir avec vigueur, au plus vite.Dès le plus jeune âge, c’est dans la cuisine, sur la table commune, que l’enfant apprend d’ordinaire à tracer les lettres de l’alphabet, à décoder peu à peu les syllabes, puis à lire des mots et à constituer avec eux des phrases.Armé de vieux mots, il sent vite la possibilité de ponctuer des phrases nouvelles.La cuisine peut ainsi bien vite conduire à tout, à condition de commencer par en sortir.On y revient alors, armé d’un savoir sur le monde, mais avec en tête les repas de Gargantua, les descriptions festives d’Alexandre Dumas, les gourmandises de Colette, la bonhomie de Marie Calumet, et bien d’autres instruments qui nous situent ailleurs que dans un espace trop étroit.Pour grandir, pour évoluer, pour souligner l’importance culturelle que doivent avoir chez nous les salons du livre, Le Devoir offre cette semaine deux imposants cahiers spéciaux qui présentent un panorama de quelques-uns des livres récents ainsi que de l’actualité littéraire.Jean-François Nadeau SERGE BOUCHARD Récits de Mathieu Mestokosho chasseur innu 200 payes ¦ 25,95$ Retrouvez Sarge Bouchard au Salon du livre de Montréal * Stand Boréal N° 512 Samedi 20 > de 1S h i li h • dimanche 21 > de 14 h à 1$ h RÉMI SAVARD La Forêt vive Récits fondateurs du peuple innu 224pages- 25.95$ Boréal I www «tmmutiofrtlut n I LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE I T NOVEMBRE 2 0 0 4 F 2 SALON DU LIVRE Le Prix des collégiens est en marche w SK - JT m * JACQUES GRENIER LE DEVOIR CETTE SEMAINE, un premier jury s’est réuni dans une salle de réunion du Devoir afin de déterminer quels seront les ouvrages en lice cette année pour le Prix littéraire des collégiens 2005.Les noms des cinq finalistes seront dévoilés à l’Agora du Salon du livre de Montréal le vendredi 19 novembre à llhl5.Suzanne Giguère, critique pour le cahier Livres, Caroline Montpetit, journaliste littéraire, Stanley Péan, écrivain et animateur de Radio-Canada, Gilles Dupuis, professeur à l’Université de Montréal, et Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles du Devoir constituaient cette année ce jury de sélection.Dans quelques mois, à l’occasion du Salon du livre de Québec, un jury composé cette fois d’étudiants venus de plus de trente établissements collégiaux du Québec déterminera seul le grand gagnant.Ce prix annuel, doté d'une bourse importante, assure en plus à son lauréat un jeune lectorat aux quatre coins du Québec.L’an passé, les collégiens avaient couronné l'écrivain Ook Chung pour ses Contes Butô, un livre publié chez Boréal.On peut consulter le site Internet du prix à l’adresse suivante: www.prixlitterairedescollegiens.ca.d or ouveaute Reflets îeraUnv canadienne-l rancaiso La butte à Pétard En 1755, pour échapper à la déportation, plusieurs familles acadiennes de la butte à Pétard, maintenant Saint-Joseph-de-Memramcook, au Nouveau Brunswick, se réfugient dans les bois à l'arrivée des troupes anglaises.L'aide précieuse du Mi’kmaq Kitpou les aidera à survivre, mais ne parviendra pas toujours à soulager leurs peines.Texte de Diane Carmel Léger Illustrations de Michel Léger 120 pages 9,95$ ISBN 2-922203-70-0 butte à ’Pétard.AS Bouton d'or Acadie 204C-236, rue St-Georges, Moncton (N.-B.) E1C1W1 Téléphone : 506.382.1367 Télécopieur : 506.8547577 Courriel : boutonor@nb.sympatico.ca /V http://recf.ca Ils n’ont aucune chance pour le Concourt mais ils vous donnent 1001 bonnes raisons de fêter.Venez les rencontrer au Salon du livre de Montréal.France Lefebvre (rédactrice en chef de ta bannière Coup de pouce) Vendredi 19 novembre del6h30àl8h Samedi 20 novembre de 14 h à 15 h 30 Coup pôvce meilleures recettes pout polîtes et grandes occasions Jean Aubry Vendredi 19 novembre de 18 h à 20 h Samedi 20 novembre de 14 h à 15 h 30 Dimanche 21 novembre de 12 h à 13 h 30 Stand nn 357 Transcontinental Le livre libre a son salon En marge du Salon du livre de Montréal se tiendra la première édition du Salon du livre libre, du 18 au 22 novembre, au café Utopik, situé a l’angle des rues Sainte-Catherine et Berri.Les livres libres comptent les ouvrages du domaine public, dont les droits d’auteur ont expiré après 50 ans de circulation, et ceux en licence libre, dont la distribution ou la reproduction ne requiert aucune autorisation.«Ça s’inscrit dans un mouvement général s’opposant à la culture du droit d’auteur», explique Lila Roussel, membre du groupe des cogitateurs-agitateurs qui organise l’événement Pendant à la machine de l’édition, «modèle unidirectionnel de consommation passive», le livre libre permet la diffusion des œuvres à l’extérieur des canaux contrôlés par l’Etat ou le secteur privé.L’esprit qui préside à cette culture rappelle la liberté d’appropriation et de transformation des contenus culturels dans laquelle s enracinait la tradition orale.Tables rondes, discussions avec des philosophes, des sociologues, des informaticiens (car cette culture s’enracine dans l’informatique libre) sont au programme de ces journées, à l’occasion desquelles on débattra des effets de la concentration des médias, de l’état des lois sur le droit d’auteur et des abus des éditeurs, notamment en matière de droits de reproduction.Des ordinateurs seront également à la disposition du public afin de naviguer dans la collection d’œuvres du domaine public disponibles sur Internet Des graveurs lui permettront même de repartir avec une sélection maison.Le Devoir E N Ursula Mathis-Moser honorée fa Fondation Lionel-Groulx décerne le prix Jean Ethier-Blais de critique littéraire à Ursula Mathis-Moser pour son ouvrage Dany Laferrière - La dérive américaine (VLB, 2003).La récompense, accompagnée d’une bourse de 3000 $, sera remise à la lauréate le 20 novembre au stand VLB éditeur du Salon du livre de Montréal.Le jury a souligné l’actualité du traitement des thèmes de la migrance, de l’intertextualité et de l’autofiction ainsi que le riche apport de la culture littéraire et universitaire de Tauteure, professeur de philologie romane à l’université d’Inns-bruck où elle dirige le Centre d’études canadiennes.François Ricard, Pierre Nepveu, Jacqueç Michon et Michel Biron ont déjà reçu le prix Jean Ethier-Blais, du nom d’un ex-critique littéraire du Devoir, prix qui existe depuis 1997.- Le Devoir Le Saguenay a sa «nuitte» À l’image des nuits de la poésie qui ont fait vibrer Montréal dans le passé, Jonquière célèbre le 26 novembre prochain sa «nuitte» de la poésie au Saguenay, avec la présence confirmée d’une cinquantaine de poètes.Cette soirée sera présentée par Les Poèmes animés et se déroulera au café-théâtre Côté- B R E F cour de Jonquière.Cette «nuitte» de poésie devrait débuter à 21h le 26 novembre et se terminer à 6h le lendemain matin.La liste des invités compte des poètes venant de plusieurs coins du Québec et même un de Yellowknife; plusieurs sont liés à différentes revues de poésie et webzines.De Rouyn-No-randa, on retrouvera notamment Louis Hamelin et Michel 2C Côté, du Bic, Hugo Dufort, du site www.veriamer.ca, de Québec, entre autres, André Marceau du Tremplin d’actualisation poétique (TAP).De Trois-Rivières, on attend Francis Arsenault et Sébastien Dulude, de Baie-Saint-Paul, Patrick Brisebois, de Montréal, notamment, Richard Gingras, animateur de la revue Steak haché, et Pat Gagnon, de la revue Résolu.De Yellowknife, Batiste W, Foisy sera du nombre.C’est sans parler de la brochette, fort garnie, de poètes de la région du Sague-nay-Lac-Saint-Jean qui seront au rendez-vous.Parmi ceux-là, on retrouve entre autres Yvon Leblond, Nicolas Carpentier, Jean-Pierre Dallaire et Diane-Jocelyne Côté.La «nuitte» sera animée par Pierre De-mers, Jonas et Selwynn.- Le Devoir Rectificatif La critique du roman d’Andréa A.Michaud publiée la semaine dans nos pages était l’œuvre de Suzanne Giguère.les rencoritrer sur le stanc) 18 h à 19 h Samedi 20 > 15 h à 16 h Dimanche 21 > 16 h à 17 h Roman • 234 pages • 19,95 $ Le Retour d’Afrique «Véritable entomologiste des sentiments, Francine D’Amour orchestre avec une grande maîtrise d’écriture son nouveau roman.» Suzanne Giguère, Le Devoir Retrouvez Francine D’Amour au Salon du livre de Montréal Vendredi 19 > 19 h à 20 h Samedi 20 > 16 h à 17 h Roman • 136 pages • 17,95 > Tequila bang bang «J’ai adoré l’écriture bien rythmée de cette femme.L’histoire finie, on se sent orphelin, on en veut encore.» Chantal Jolis, Indicatif présent Radio-Canada stand N° 512 www.editionsboreal.qc.ca I LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET D I M A X C H E 14 X O V E M B R E 2 0 0 4 F 4 SALON DU LIVRE Déboires t aux Editions du Seuil iacques Binsztok, un éditeur du Seuil, responsable du pôle uil Images, a «fait part de sa décision de démissionner», se disant en désaccord avec les «récentes évolutions» de la maison depuis son rachat par le groupe La Martinière en janvier, a annoncé Le Seuil.M.Binsztok s'est dit «sceptique sur la synergie» entre I>e Seuil et la Martinière: «Plus le temps passe, moins je suis convaincu de la justesse du choix qui a été fuit.» Ce départ s’ajoute aux déboires connus par Le Seuil depuis son rachat par la Martinière.En juin, la maison d’édition a dû taire face au départ de Claude Cherki, président depuis 1989, accusé d’avoir spéculé sur des titres de sa société rachetés a bas prix a d'anciens salariés.Dans le .domaine de la distribution, les Editions Odile Jacob, commercialisées par Le Seuil, ont annoncé en septembre leur décision de rejoindre Gallimard après les dysfonctionnements créés par la fusion des systèmes de diffusion et de distribution du Seuil et de La Martinière.Le Monde EDITIONS HURTUBISE HMH RofeelifMTremblay pour L'écrivain imaginaire Finaliste Prix Gouverneur Général catégorie: Essais et études htf L'écrivain imaginaire Essai sur te roman québécois >9601995 UosfliiHî I reiul>R»v c La terre bleue avec des étoiles Fruit d’une longue recherche, bien documenté, La Femme de Berlin est un roman qui se lit d’une traite.» ?1/2 Norbert Spehner La Presse le 10 octobre 2004 La femme de Berlin Je Pauline Vincent 336 pages - 24,95 $ Venez rencontrer Pauline Vincent stand - #617 s Uxcl Expression Jeu.19 h à 20 h 30 Ven.19 h à 20 h 30 Sam.12 h à 14 h 30 Dim.14 h à 16 h ÜUtBtCOR MEDIA Suzanne Giguère athalie Loignon écrit des histoires bouleversantes où se fondent les joies, les peines et les mélancolies de l’enfance.La Corde à danser est son premier roman pour adultes.Âgée de vingt-sept ans, elle n’en est cependant pas à ses premieres armes.À ce jour, elle a publié quatre romans jeunesse, dont Christophe au grand cœur, pour lequel elle a reçu le prix Henriette-Major du premier roman (2000) et le prix Alvine-Bélisle des bibliothécaires.Dans la livraison de novembre du journal Le Libraire, la romancière dit que l’enfance est le lieu des plus grands déchirements.Tendre et émouvant, La Corde à danser restitue avec justesse le bruissement incertain des sentiments de l’enfance et s’attarde, l’air de rien, sur les imperceptibles frémissements d’une fillette, témoin de la solitude de sa mère.Des baisers soufflés dans le vide Par l’entremise d’un récit fragmenté, d’un langage poétique et d’images fortes, nous entrons dans la tête de la narratrice, âgée de trois à sept ans, selon les chapitres.Nous découvrons ses pensées secrètes, ses rêves balbutiés, son désarroi devant sa mère, inconsolable depuis le départ de son compagnon.«Il avait besoin d’être seul».L’enfant se raconte les faits du présent et du passé, comme ce souvenir de l’unique visite de son père au printemps, qu’elle ressasse sans arrêt, dans l’espoir que le bonheur resurgisse.«Sur le bout des orteils elle grandit.Son doigt timide atteint le bord du large bol froid.A l’école, elle apprend à écrire, aime les points sur les i aussi ronds que la terre.» Elle s’invente des histoires, joue à la maman: «Dring, dring, oh! De la visite! Blanche la poupée entre et s’assoit sur le lit».Elle enfile la robe de mariée de sa mère et ses lourds bijoux.La voilà princesse.Le soir, quand elle ne parvient pas à s’endormir, elle retrouve son père plus grand, plus vrai que sur les photographies regardées avec sa grand-mère dans l’album de famille.Petit à petit, les couleurs reviennent: «Les courses folles sur les épaules de papa», les poussées sur la balançoire et les cascades de rire — «les mains de papa s'ouvraient, se refermaient doucement».Le récit s’enroule autour des paroles de l’enfant.Du rêve, nous revenons au réel, aux scènes de la vie quotidienne.Le peroxyde coule sur les bobos tout neufs; la nuit, quand «par la dentelle des fenêtres entrent des bouts de lune qui penche», l’enfant s’éloigne de sa chambre en retenant son souffle.Dans la grange, sa main plonge dans le foin qui pique, atteint la boîte de carton et sort une boule de poil endormie.«Elle place les chatons en rang comme à l’école, du plus sage au plus grand.» L’école.De nouveau.C’est l’heure de la récréation.Les filles dansent à la corde.Les garçons s’approchent encerclent la narratrice et la poussent dans une flaque d’eau: «Tu n’as même pas de papa, tu es laide, ta mère est folle».L’eau monte dans ses yeux fermés.Bousculée à l’école comme dans sa famille, elle voit son anniversaire tourner au fiasco.Le cœur lourd à cause de l’absence de son père, elle espère que sa mère lui «souffle des baisers».Une voix cassée lui répond: «Une maman ne peut pas être parfaite, avoir chaque jour de l’amour plein les bras.Si tu savais comme l’amour manque, comme il me manque toujours.» La fillette tourne une mèche de cheveux, murmure dans sa tète: «Maman voudrait que le ciel s’effondre, que la terre soit bleue avec des étoiles pour flotter».Nathalie Loignon Des images plein la tête Le récit avance d’incidents en soubresauts intérieurs.La narratrice, à l’esprit vif, nous fait sourire, exprime ses colères et ses peurs, échappe parfois une plainte.Dans la scène où sa mère coupe l’arbre auquel la balançoire est accrochée, l’enfant se fâche: «Des mots méchants, sa poupée qu’elle traîne par les cheveux.La tête qui cogne sur les marches, un, deux, trois, jusqu’à quinze.» À la ferme, elle est bouleversée quand elle voit pour la première fois une vache tuée sous ses yeux: «Ses poings cachés dans les poches de sa robe écrasent les fraises mélangées aux cailloux».Du début à la fin de sa vie, on apprend à mieux nager comme à crier qu’on se noie, lance la jeune narratrice à la fin de ce roman d’apprentissage.Après avoir abordé des sujets délicats comme la mort et les handicaps physiques dans ses précédents romans, Nathalie Loignon s’aventure, avec Im Corde à danser, dans une nouvelle recherche autour de la mémoire et de l’identité féminine.Dans les aveux de la mère et de la grand-mère, mais aussi dans les silences de la fillette, dans les mains qui se tiennent et se serrent la force des liens entre les De quoi nt-on tellement dans ce recueil ?De la mort, surtout, même si on ne meurt pas nécessairement dans chacune des histoires présentées ici Mais quand on meurt, c’est allègrement.8 i « B ~ ',4 .François Barcelo Rire noir Rht noir nouvelles 240 p.• 24 $ ¦^*4 «*, œuvre de Serena, de paru-’ (ion irrégulière mais fidèle aux Editions de Minuit, se tient dans un clair-obscur.Pourtant, entre les onze ans qui ont passé depuis Lendemain de fête, Serena n’a pas creusé l’oubli.Il y a bien eu Plus rien dire sans toi, en 2002: les titres en disent long sur la tentation du silence et de l’effacement qui plane sur cette écriture.L’Acrobate a précisément cette absence pour sujet.Le narrateur doit sans doute beaucoup aux traits du signataire; fuyant, gauche, obsédé de bars et de conquêtes illusoires — des femmes maigres, ternes et malheureuses, qu’il appelle «les fié- vreuses» — il avoue, dans une langue personnelle, émotive et languissante, les errements d’une vie de bohème, annihilée par diverses formes de honte, de renoncement à soi et d’abandon nocturne.L’ouvrage a une allure fluide et un ton délicat En contrepoint de la déprime, le personnage net et lumineux d’une acrobate vient illuminer la grisaille et secouer les résistances du bougon.L’écriture pos sède une harmonie de blues; on y ressent aisément les conditions d’un silence pesant sur Serena L’ACROBATE Jacques Serena Editions de Minuit Paris, 2004,125 pages Marc Prescott L'année du Big-Mac : une pièce américaine L'année du Big-Mac de Marc Prescott, l’un des plus grands succès populaires de l’Ecole nationale de théâtre à Montréal, est maintenant disponible dans la collection Rouge des Éditions du Blé en format livre de poche.Dans le monde hallucinant de Marc Prescott, surtout durant l’année des présidentielles américaines, c’est à se demander s’il y a vraiment une différence entre le délire et la réalité.Théâtre, 120 pages, les Editions du Blé, Coll.Rouge ISBN 2-921347-82-2 11,95 $ http://ble.info.ca Tir BLÉ http://recf.ci Reflets de la littérature canadienne-française ^^ouveauté Hédi Bouraoui Illuminations autistes : pensées-éclairs Illustrations originales de Micheline Montgomery < Naoutel, le narrateur-poète de cet ouvrage, est un jeune autiste a la recherche d'un langage qui lui soit propre, l 'auteur se tait ici tout ensemble son auditeur attentif et le porte-parole intègre de cette quête.* lOri pages, 6 ill.pleine page cou!., tiRi r, coll.Athéna 12 S Il I ( MINAI IONS ti JIM fs http://recf.ca 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 14 X O V E M B R E SA 1.0.V HT LIVRE L’espace et la liberté Premières nouvelles spirituelles et hors du temps de David Dorais CHRISTIAN DESMEULES Ce sont cinq nouvelles au parfum légèrement suranné, un peu hors du temps, à l’image de la vie quotidienne dans un monastère — que ce soit dans le monde d’hier ou celui d'aujourd’hui Moines curieux et candides, moines souvent irréfléchis et humains, terriblement humains, ecartelés entre leurs désirs et leurs idéaux spirituels, frappes au hasard par les flèches de l’amour de Dieu ou de la femme.Une première œuvre aboutie qui frappe par sa maîtrise et son unité, autant que par le choix de sa thématique et de sa forme.Dans La Folle du logis, un jeune moine troque la règle de saint Benoît pour les enseignements d'Ovide et son Art d'aimer.Amoureux instantané d’une bourgeoise imaginée et inaccessible, il s'essaie d’abord à séduire la servante: «Tandis que la femme l’épongeait consciencieusement, le novice s’encourageait en secret à oser quelque manœuvre.C’est au moment où elle le coucha sur le sol et s'assit sur lui en retirant sa robe qu 'il se résolut à lui baiser la main.Il se félicita de son impétuosité.» L’humour subtil et ludique de Dorais se déploie ainsi un peu partout au fil de ces nouvelles «monacales», chacune d’entre elles arrivant au lecteur teintée d’un demi-sourire.Les Météores nous montre un autre moine qui souffre de l'insupportable règle du silence et de la monotonie de son existence de reclus.Tromp)ant son ennui sur son piton rocheux en compagnie de Pétrarque et de Boccace, enfiévré par les commentaires lumineux griffonnés dans les marges des livres par un mystérieux prédécesseur, amoureux perdu d’une jeune et belle inconnue à l’innocence improbable, le jeune moine finira par limiter ses enthousiasmes.Un conte sur le pouvoir subversif ou libérateur de la lecture, au milieu d’une «colonnade cyclopéenne peuplée de créatures pitoyables comme lui».Ailleurs (De la véritable nature de Tété), la com- plexité et la beauté de la nature font rêver un moi-nillon à une immense partition musicale cosmique, «unique, inouïe, inconcevable».Dans le silence de son existence monacale, il arrive à se ménager des es-paces de liberté inédits: «Plus que tout, le craquement de sa chaise était le signe de cette liberté, de cette detente parfaite.Il savait comment bouger pour la faire geindre comme un violon ou éclater comme du bois vert dans le feu.R était pan enu à la transformer en un instrument qu ïl se plaisait à faire chanter dans la solitude.» Plus loin encore (L'Entrelacs de roses), c’est à un éloge définitif du sommeil que nous convie Dorais, au cours d’une rencontre nocturne entre un voyageur insomniaque et le jeune moine zélé qui l’accueiÊe.«.Aboutissement de la fournée et sa partie la plus noble», le sommeil est absolue volupté pour l’un, tandis que l’autre essaie de le combattre par le mouvement perpétuel Né à Quebec en 1975 d’une mère vietnamienne et d’un père québécois, la courte biographie de David Dorais nous apprend aussi qu’il a lui-mème fait une année de noviciat dans un monastère en France.Il prépare également une thèse sur la poésie érotique de la Renaissance.Il y a ainsi un peu de tout cela dans cette première œuvre: un clin d’œil à l’art du fabliau, une allusion rabelaisienne, une pincée de conte zen.Contemplatifs à la recherche du sens de la beauté, prisonniers d’un monde trop vaste ou de leurs propres limites, les moines de David Dorais ont la bure incertaine et des questions sans réponses.Ils sont en mouvement et cherchent à savoir quel espace occuper au milieu de la liberté sans limites de l’homme.LES CINQ SAISONS DU MOINE David Dorais L’Instant même Québec, 2004,156 pages Les Éditions du Noroît au Salon du livre de Montréal STAND 539 Venez rencontrer les auteurs : Monique Deland, Denise Desautels, Hélène Dorion, Louise Dupré, Yves Gosselin, Bertrand Laverdure, Michel Leclerc, Nadine Ltaif, Robert Melançon, Pierre Ouellet, Jean Royer, Bahman Sadighi, David Solway et Martin Thibault Découvrez leurs livres.Et d'autres nouveautés de l'année 2004.www.Ienarait.com VISIONS VOLEES La femme et le pantin CHRISTIAN DESMECLES Dans le petit jargon universitaire, il arrive que l’on parle d'une course au rectorat comme d’une «rat race».Pour un plus gros fromage au bout d’un labyrinthe du pouvoir universitaire, des hommes et des femmes peuvent se révéler vils et voraces.On pourrait s’amuser à en dépeindre les intrigues et les alliances volatiles, les grimaces et les coups bas.C'est ce contexte qui donne son sujet et sa couleur au second roman de Jean-Pierre Charland, déjà auteur de livres pour la jeunesse et d’un roman historique intitulé Un viol sans importance (Septentrion, 1998).Portrait féroce du petit monde universitaire en forme de thriller, avec meurtre et maître-chanteur, La Souris et le Rat est traversé de professeurs post-soixante-huitards revenus de tout, et surtout de leur flirt avec la dialectique marxiste.Des hommes et des femmes qui «confondaient engagement politique et délire paranoïaque, et apprenaient le français dans les œuvres de Léandre Bergeron».Léopold Poulin, professeur d'histoire et vice-doyen à la faculté des études supérieures d'une université montréalaise, est un quinquagénaire ambitieux.paresseux et plutôt libidineux — ce qui n'arrange rien.Il porte la barbe en collier, conduit une Volvo, habite Outremont.Les trois heures de présence obligatoire à son séminaire hebdomadaire l’assomment Dans la course au vice-recto-rat qui s’en vient, Poulin voudrait contrer la candidature de Nicole Leclerc, vice-doyenne à la faculté des arts et des sciences.Une ancienne marxiste féministe.mariée depuis vingt-cinq ans à un universitaire homosexuel, qui prend bon an, mal an de plus en plus de poids au sein de la nomenklatura universitaire.Prêt à tout pour discréditer son adversaire, Poulin a l’idée d'exhumer quelques-uns des articles qu’elle avait écrits a l’époque de son militantisme le plus dur.«Toutes ses idées de gauche, ce n'était que cela, une stratégie de survie pour gérer le profond sentiment qu 'elle avait de ne pas être à sa place, que ce soit comme collégienne, étudiante universitaire ou jeune professeure.» Au même moment, l’une de ses étudiantes (jeune, jolie, brillante et impitoyable) s'en tiehe de lui.Suivront quelques «séances particulières» — «une forme de discrimination positive envers les folies files», avoue candidement le Don Juan du campus.Mal est pris qui croyait prendre, car la belle Hélène essaiera de le pieger en le mouillant jusqu'au cou dans une histoire de pornographie juvénile en en transmettant les preuves à Nicole Leclerc.La machination dérapera jusqu'à tourner complètement au désastre.Jean-Pierre Charland possède un talent plutôt convaincant, de même qu’une connaissance intime de l’univers qu'il nous décrit, étant lui-mème professeur et vice-doyen à la faculté des sciences de l'éducation de l’Université de Montréal.lx‘ cynisme y est parfaitement dosé, la caricature juste, l’humour discret.Im Souris et le Rat est un roman «de genre» réussi.LA SOliRIS ET LE RAT Petite histoire UNIVERSITAIRE Jean-Pierre Charland Vents d’Ouest Gatineau, 2004,248 pages Uf& Y L'mslüut même NOUVELLES ROMANS ESSAIS I’ii riu Mon cm \ OFRNtfR AUTOMNE LU : Tmii.i Oi i ivii h Roman - 288 pages - 22,95 $ Visions volées « Visions volées n’est pas un roman facile, c’est un grand roman.^ Reginald Martel, La Presse "v Roman -214 pages • 21,95 $ Dernier automne «Touchant aux larmes, et pourtant magnifique, frémissant [.], Dernier automne est aussi une réflexion sur la mort et sur l'humilité à laquelle elle nous contraint.****>> Marie-Claude Fortin, La Presse Roman ¦ 256 pages • 22,50 $ La Brûlerie Un roman envoûtant qui trace une géographie mythique de l’errance OtAhtoONiœt DAV!i#j Une femme ; .S’ENVA i Diane-Monique Daviau Une femme s'en va Roman, 228 pages, 24,95 $ ISBN 2-89502-205-4 Venez rencontrer les auteurs du Boréal au 27e Salon du livre de Montréal du 18 au 22 novembre 2004 VENDREDI 19 NOVEMBRE •17 h à 18 h Marie-Blanche Tahon Vers l'indifférence des sexes Micheline Dumont et Andrée Dufour Brève histoire des institutnces»au Quebec • 18 h à 19 h Louis Lefebvre, Table rase Katerine Caron, Vous devez être heureuse • 19 h à 20 h Gérard Bouchard, La Pensée impuissante Robert Lalonde, lotékha' SAMEDI 20 NOVEMBRE • 13 h a 14 h Sheila Copps, La Batailleuse •13 h 30 à 15 h Marie Laberge.Le Goût du bonheur Serge Chapleau.L'Année Chapleau 2004 • 15 h à 16 h Serge Bouchard, Béats de Mathieu Mestokosho, chasseur innu Robert Lalonde, lotékha' • 16 h à 17 h France Théoret, Les apparatchiks vont à la"mer Noire Rachel Leclerc, Visions volées • 17 H à 18 h Sheila Copps.La Batailleuse DIMANCHE 21 NOVEMBRE • 13 h à 14 h Gérard Bouchard, La Pensée impuissante • 13 h 30 à 15 h Serge Chapleau.L’Année Chapleau 2004 • 14 h à 15 h Serge Bouchard.Béats de Mathieu Mestokosho, chasseur innu • 15 ha 16h Renée tAaheu, Arthur LeBlanc Hélène Monette, //y a quelqu'un ?•16 h à 17 h Katerine Caron, Vous devez être heureuse • 16 h à 17 h 30 Marie Laberge, Le Goût du bonheur Retrouvez Rachel Leclerc au Salon du livre de Montréal Samedi 20 > 16 h à 17 h Retrouvez Pierre Manette au Salon du livre de Montréal Vendredi 19 > 17 h à 18 h Samedi 20 > 17 h à 18 h stand N° 512 www.editionsboreal.qc.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2 0 0 4 F 8 SALON DU LIVRE POÉSIE Errances parmi les ombres DAVID CANTIN \ Ami-chemin entre le poème en prose, l’essai autobiographique, le journal intime et le carnet d’écrivain, Fossés d'amour & d’insomnies, de Michaël La Chance, assume de maniéré fort pertinente ses nombreuses contradictions.Comment mettre en mots l’émerveillement, la douleur, la passion, ainsi que les rencontres déterminantes d’une vie sans se perdre en chemin?Après l’étonnante aventure de pensée du Carnet du Bombyx (l’Hexagone, 2000), La Chance entreprend désormais une quête, aussi implacable que périlleuse, au bout de sa propre exténuation.Au départ, il y a ces deux phrases inaugurales qui se lisent tel un mot d’ordre: «Chaque regard est un éclair qui traverse la nuit.Une nuit par éclair et un éclair par nuit.» Tout est dit, bien que tout reste à dire.Au fil des lieux, de Montmartre au Plateau Mont-Royal, sans oublier les arrêts à Long Beach ou à Manhattan, un être tente de décrire les émotions qui le traversent.Au-delà d’une discussion sur la peinture avec Francis Bacon ou d'un souvenir particulièrement tragique dès le jeune âge, ces textes en prose cherchent à traverser les apparences afin de mieux reconnaître les liens significatifs d’une I existence toujours en mouve- Michael Lachance ment.Une tension philosophique émerge de cette parole qui se laisse guider par ses nuances, tout comme ses images fonda- SOURCE L’HEXAGONE Danielle Fournier ÉDITIONS HURTUBISE HMH Nos auteurs sont au Salon du livre de Montréal Dominique Garand Vendredi 19 novembre : de 19 h à !0 h A s'vr Mythes» réalités l’histoire iu Qin *1 Marcel Trudel Samedi 20 novembre : de 15 h 30 à 16 h 30 #§§ Maurliio Gatti Samedi 20 novembre : de 15 h 30 à 16 h 30 Dimanche 21 novembre : de 15 h à 16 h www.hurtubisehmh.com trices.«On ne parle que dans les mots des autres, à repétrir le matériau de tous les malentendus et de tous les lieux communs — alors comment surprendre dans la pâte des mots un argile qui n’est pas recuit, sinon friable?» A travers plusieurs registres (de la confidence narrative aux constats lapidaires), le rythme de cette voix étonne par sa substance proprement musicale.A chaque détour, un motif (de la femme aimée au personnage énigmatique que représente l’homme-luciole) vient relancer cette déroute en territoire connu.On reconnaît, bien sûr, l’exigence du penseur derrière ces proses qui tentent de rattraper le cycle du temps.De plus, l’architecture du livre s’ancre dans des lieux où le réel foisonne sans relâche.En guise de complément visuel, une trame photographique accompagne cette descente dans le creux du langage et de la présence au monde.Fossé d'amour & d’insomnies, de Michaël La Chance, donne à entendre une parole qui mesure avec justesse l’errance secrète dans l’inavouable.L’an dernier, Danielle Fournier était lauréate du prestigieux prix Alain-Grandbois grâce à un très beau livre qui a pour titre Poèmes perdus en Hongrie (VLB éditeur, 2002).Du coup, cette récompense littéraire venait saluer un travail d’écriture, assez discret, qui s'étend sur plus d’une vingtaine d’années.Avec II n’y a rien d’intact dans ma chair, Fournier sonde toujours le thème de la blessure ainsi que du doute amoureux.Plus que jamais dans ce recueil, récriture atteint une force d’évocation libératrice.Dans ces JACQUES GRENIER LE DEVOIR proses elliptiques, une femme tente de déchiffrer les trapes d’une rupture étouffante.A la lecture, on sent une violence, une perte de conscience, de même qu’une secousse qui résonnent toujours de l'intérieur: «A la terre, aux arbres et aux langues; je cherche / la vérité des marais salants / un rêve sans phrases dans lequel aucune voix ne / se plie: j’arpente des moments interminables / personne.Je nous attends.Ici.Nous / ce goût dans la bouche tiède; le sang séché derrière / les images / le mouvement vers la nuit et, désormais, l’absence / du corps.» Au fil de ces blocs de mots, des trahisons anciennes surgissent comme si l’écriture était elle aussi un piège.Par ailleurs, on découvre chez Fournier un ton lucide qui ne cesse de se préciser d’un livre à l’autre.De nouveau, l’écrivaine scrute l’excès et le drame dans le but de vaincre les pires souffrances du cœur.Il n’y a rien d’intact dans ma chair ne recule devant rien pour dire la honte, mais aussi la sensualité d’une promesse à venir.Plus que jamais, on en déduit que ce «nous est un je de femme qui parle seule».FOSSÉS D’AMOUR & D’INSOMNIES Michaël La Chance Trait d’union Montréal, 2004,203 pages IL NT A RIEN D’INTACT DANS MA CHAIR Danielle Fournier L’Hexagone, coll.«La voie des poètes» Montréal, 2004,96 pages Turbulences et tribulations FRANÇOIS TETREAU Malgré un titre teinté d’autodérision, Fernand Durepos adopte un registre assez élégiaque pour son sixième recueil, Mourir m’arrive.Divisé en trois parties bien réfléchies — Les Grands Espaces, Hostellerie des Turbulences et La Navigation du sang comme pure pratique du silence — le livre traite strictement de l’amour, de la femme et de la poésie.Après une période «insoutenable», au cours de laquelle le poète a perdu la voie droite et son «jumeau manquant», il retourne vers elle pour renouer avec son verbe.Il y a un avant, un présent et un demain, marqués ici par la conjugaison des temps et les parties, où les tu et toi, «chandail de jeunesse», deviennent progressivement des nous et se fondent dans le même.Il reste que ce retour au calme ne va pas sans angoisse.En butte aux inquiétudes, le poète redoute un nouvel égarement ou un rejet, après quoi il ne serait plus que de mourir encore mais — qui sait?— pour de bon cette fois-ci.La poésie de Durepos, râblée, tendue, matoise parfois, tourmentée par l’innommable, aspire avec véhémence à une paix, une quiétude, que l’auteur assimile au silence.Le mot revient à plusieurs reprises, comme une expression salutaire et une délivrance.Rien de ridicule, cependant, ni de larmoyant.Partout le corps est présent et le poète semble prêt à payer de sa personne, s’il faut, du moment qu’il peut s’abandonner à l'autre et «refaire silence / ensemble».On nous signale que les vers de Durepos se sont beaucoup décantés depuis dix ans.Quoi qu’il en soit, dans son plus récent recueil, concis et structuré, il se borne à l’essentiel et il s’y tient Bien que toute comparaison soit ici hors de propos, le ton du troisième recueil de Thierry Dimanche est nettement plus tonitruant.Abrupt ce recueil débute par une série de secousses telluriques, un entrechoquement de plaques et de glaciers, avec coulées de glaise et bouquets d'astéroïdes à la clef.C’est un recommencement du monde et une festive dislocation du langage.D’emblée, on sait à qui l'auteur s’adresse et les convives abondent «À ceux qui songent à la désintégration», «à ceux qui usent leurs chances / sans motif/», «à ceux qui tribulent sec».Avec ce recueü.Dimanche livre le premier volet de ses Encycliques désaxées, qui ressemble à un vaste laboratoire ouvert aux quatre vents.Loin des langueurs fin de siècle, on passe de plain-pied dans l’ère du grand chambardement, après la chute des tours de Babel.Sans douter de rien, l’auteur slalome à l'aise et touche à tout, depuis les bréviaires impudiques jusqu’aux traités de mycologie.Des ramas d’images et de concepts se heurtent en pagaille, que le poète ordonne, en procédant à une classification en cinq parties.Mais, qu’à cela ne tienne, l’ensemble dérape encore et on comprend vite que le vociférateur se réjouit de toutes ces glissades.La plasticité du verbe, sa quérulence aussi, donne aux vocables leur pleine mesure, c’est-à-dire que, d’entrée de jeu, l’arc est si fort bandé que le mot retenu troue sa cible, laissant le lecteur pantois, au bord de l’abysse.S’il s’agit d’un triptyque, ce qui n’est précisé nulle part, la première phase des Encycliques rappelle une descente aux tréfonds, impression accentuée par la dernière partie, un décompte en 24 chants, au bout duquel l’orage se dissipe.Comme il possède les moyens de ses intentions, il faut que T.Dimanche trouve et prenne le temps d’effectuer la remontée vers la lumière.En tout cas, pour l’instant, et comme disait le Florentin, voilà cinq «jattes du meilleur lait».MOURIR M’ARRIVE Fernand Durepos À CEUX QUI SONT DANS LA TRIBULATION Thierry Dimanche L’Hexagone, coll.«L’Appel des mots» Montréal, 2004,68 et 144 pages Fernand Durepos SOURCE L'HEXAGONE Séances de signature au Salon du livre de Montréal vmm im GROUPE PROLOGUE - STAND 959 O les écrits la doyenne des reuues litléraires au Duédec Fondée en 1954 par Jean-Louis Gagnon, la revue Les écrits - connue auparavant sous le titre Écrits du Canada français - publie des textes inédits de nombreux écrivains du Québec et de la francophonie.Hélène Cixous Louise Dupré Meddeb Gilles Marcotte Werner Lambersy Roland Bourneuf Marcel Trudel Michel Lemaire Saint-John Kauss •DUT 2004 .En v.nt» dant toutn las librairies • La numéro : 10 S.ABONNEMENT D’UN AN (TROIS NUMÉROS)^ c Résidents du Canada 25 $ c Institutions 35 $ ?Résidents de l'étranger 35 $ NOM ADRESSE VILLE TÉLÉPHONE CODE POSTAL COURRIEL Ci-iomt un chèque à l'ordre de Les tents.K retourner à l'adrejse suivante : tes écrits Case postale 87 Succursale Place du Parc Montréal (Québec) H2X 4A3 Téléphone : (5MI 499-2836 • Télécopieur : (514) 499-9954 Icsecrits^mtemet.uqam.ca 149 LE DEVOIR.LES SAM EDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2 0 0 4 • SALON DU LIVRE • ROMAN QUÉBÉCOIS POÉSIE L’espionne à talons hauts LOUISE-MAUDE RIOUX SO UC Y Fondé en décembre 1941 dans le plus grand secret, le Camp X est rapidement devenu la pierre angulaire des services d’espionnage britanniques en sol américain pendant la Seconde Guerre mondiale.Planté dans le décor bucolique d’une ferme de Whitby, en Ontario, le complexe de formation paramilitaire rêvé par le premier ministre britannique Winston Churchill a vu défiler des agents spéciaux canadiens, yougoslaves, italiens, hongrois, roumains, chinois et japonais.Un cadre rêvé pour l’héroïne du dernier roman de la Québécoise Pauline Vincent, La Femme de Berlin.Lydia von Ems est ca-nadienne d’origine, mais allemande d’adoption.En 1939, elle se voit forcée de quitter Berlin pour donner naissance a un enfant illégitime.A Montréal, où elle a trouvé refuge avec sa mère, la réputation de son beau-père et de son demi-frère Karl, qui sont tous deux membres de l'Abwehr, le service de renseignements de l'armée allemande, les rattrape le jour de Noël.Les deux femmes sont placées en garde à vue par l’armée canadienne, qui les accuse d’être à la solde du III' Reich.Très tôt, il apparaît que les deux femmes ne constituent aucun danger.Pourtant, Lydia fera les frais de nombreux interrogatoires pendant plus d’un an.C’est parce que le chef des renseignements britanniques au Canada, Bob Rowland, a Lydia dans sa mire.La sachant polyglotte et frondeuse, il veut en faire une espionne, mais aussi peut-être son amante, l’auteure ajoutant là une pointe de romantisme qui s’avère aussi puérile que maladroite.Envoyée au Camp X, la femme du monde s’avère, contre toute attente, une élève surdouée, ouvrant ainsi le roman à des horizons prometteurs.Le poing d’acier Baptisée du nom de code improbable d’Émeraude, l’agente à talons hauts se verra envoyée en Guyane britannique pour sa première mission d’importance: démanteler un réseau d’agents nazis qui veulent empêcher le transport de bauxite vers les usines québécoises d’Arvida.Pendant ce temps, Karl von Ems débarque en Amérique avec pour mission de détruire ladite aluminerie, qui tourne jour et nuit.Le conflit mondial s’efface alors pour faire place à celui qui déchire la famille von Ems, écartelée entre deux camps aux antipodes.Si le procédé s'avère riche au départ, il finit toutefois par engendrer un décevant manichéisme que la prose de Pauline Vincent, trop souvent ampoulée, n’a pas su éviter.Détour réussi dans la guerre secrète qu’a livrée le Canada à l’Allemagne nazie, La Femme de Berlin a su tirer des fils qui ont été peu explorés jusqu’ici, présentant le Camp X sous un jour qui rend justice à la vision de Churchill, qui y avait vu «le poing d’acier gui donnerait le coup ultime aux forces de l’Axe».Idem pour le passage forcé de Lydia par la Guyane britannique à laquelle elle se plie avec autant d’élégance que d’adresse.Tous ces bons coups n'arrivent toutefois pas à racheter complètement la propension de l’auteure à réifier tous ses personnages principaux.Forçant leurs traits jusqu’à parfois frôler la caricature, Pauline Vincent les a ainsi privés d’une humanité qui n’aurait pu que réussir à ce roman, au demeurant fort distrayant à défaut d’être brillant.Le Devoir LA FEMME DE BERLIN Pauline Vincent Libre expression Outremont, 2004,331 pages Pauline Vincent Bric, vrac, broc THIERRY BISSON NETTE «Te suis de ces écrivains qu’on J dit difficiles, voire illisibles.Ce n 'est Pas être en si mauvaise compagnie».songeait Christian Pri-gent dans Une erreur de la nature.Nul doute que cette exigeante société comprend André Gervais et Bertrand La verdure, eux qui récidivent en mettant à l’épreuve notre construction du sens.Quand je parle d’elle de Gervais n'est pas sans évoquer EEe était belle comme une idée de N.de Belle-feuille.S'agit-il de l'écriture, d'une femme, de l’œuvre de Niépce mentionnée dans le recueil?Qu'importe, suggère Gervais, «j'adore diras-tu aussi les relations inégalés / et les difficultés de la langue française».Exégète de Gerald Godin et de Duchamp, l'auteur puise chez eux des lignes de force pour ses instalMons où l’expérimentation n’exclut pas une visée sociale, harangueuse.Liant des poèmes écrits depuis 1989, ce livre tient du collage et de l'équation, chassécroisé de références à lire en jouant de la batterie ou en tapotant sur la table: «Voir voire lire / l’ire de ton œuvre recouverte / de légèreté tout aigulière d’écarité [.].» Par endroits, on croit lire un vieux numéro des Herbes rouges (où Gervais débuta en 1974 avec Trop plein pollen).Ailleurs, on apprécie les vertus toniques de cette folie verbale: «Construction savante, la beauté / qui est une pulsion / qui trouve et retrouve de / l’esprit allé / avec le corps cette relation / ce travail acharnée de la peau / à la poésie et inversement.» Même ambivalence autour de néologismes qui sonnent parfois juste («dévouvoiement», «enchevaitri-se»), d’autres fois tombent à plat («invitrouvable», «laboramoire»), la vivacité sémantique laissant place à des moments plus désincarnés.Devant cela, une question tend l’arc du recueil: «Comment poser le plus bel arrangement — afin d'en être, afin d'en disposer?» Moins géométrique.Laverdure déplacé aussi les erijeux du langage et fuit la communication express.Dans Rires, septième recueil «tout le sardonique est là.en (articules flottantes».«Pentecôte rapide qui ne donne rien parce qu elle perd tout».Sature de lectures, le poète souille les phrases sous fonne de vapeur, de précipites, tel un «rire gras, allègre et fraternel», parfois jaune, dont les sections disent l'évolution.' «Comedie», «Tragi-comédie».«Tragédie».«Télerv-man».La derision amusée se mue ainsi en un sourire plus contraint, voire en un rictus cynique, puis en dépit nerveux, le poème même perdant son nom: «Nous nous replions / nous cherchons à quitter le péhomme pendant que vous le lisez/je reprends le collier, retourne au robinet et goûte à un peu plus de paroles pour effrayer mes connivences.» Parmi ces échos déçus, le sujet oscille entre un je timide et un nous effervescent d’où l’imbrication de nombreuses citations, à pertinence inégale.L’oreille aiguë et le verbe sûr, Laverdure semble cependant souffrir d’une surconscience linguistique qui lui interdit l’enracinement existentiel.Parvenu à la pointe de ses manipulations textuelles, peut-être en dira-t-il plus sur lui, abstraction faite de l’inter,textualité et du cynisme ambiant A moins que l’ironie ne demeure la voie royale d'un accès négatif au monde et que l’identité s’aboUsse encore en de tragiques rigolades.QUAND JE PARLE D’ELLE André Gervais Québec Amérique Montréal, 2004,104 pages RIRES Bertrand Laverdure Le Noroît Montréal, 2004,83 pages ÉDITIONS HURTUBISE HMH Nos auteurs sont au Salon du livre de Montréal «.Les Nouvelles escapades de Jean O’Neil, dans un style tendre et souriant qui sifflote le monde en ayant l’air de rien, ravissent.» Louis Comellier, Le Devoir, 25 septembre 2004.Les nouvelles escapades de Jean O’Neil 128 pages - 16,95 $ stand #617 Sam.12 h à 14 h 30 libre fBqjnessm 1 9 QUEBECOR MEDIA * ' ' Roseline Tremblay Dimanche 21 novembre : de 15 h à 16 h LŸcrivdin imaginaire 'ut R 'Cirw.dutfîtft'üjft .dÉÈtâl'i Michel Bock Dimanche 21 novembre : de 15 hi 16 h et I iiÊTiini www.hurtubisehmh.com F 9 A côté de Rimbaud THIERRY BISSONNETTE C* est une bouche de foudroyé qui a chante cela, l’innocence des premiers jours du monde puis le très lourd fardeau puis les ténèbres à venir, qui a hurle dans le vide, dans un jour étemel, sous les entrailles de la terre.Une bouche qui .fat chantée.Une âme qui .fat huriee.Et de manière très pure a rejailli l'or du temps sur tous les livres.st>us tous les pas.ramenant aux /ours simples, à plus de simplicité tant d’orgueilleuses littératures.» Pour Joël Vernet, auteur de ces lignes, tout comme pour la plupart des poètes contemporains, Arthur Rimbaud demeure une aube et un tennent, une invitation sans cesse renouvelée à saisir le Nouveau.Vernet fait partie de cette poignée d’écrivains à qui la petite maison La passe du vent a demandé de créer un hommage littéraire à l’occasion des «cent cinquante ans» de Rimbaud.En guise de prétexte supplémentaire, le poème en prose Aube ouvre la voie à des textes de diverses natures, allant du fragment autobiographique à la dictee de l’inconscient.«J’ai embrassé l'aube d'été», dit Rimbaud dans son lumineux poe-me.Et chacun des auteurs semble avoir entendu différemment cette phrase qui donne son titre au collectif, alors que, dans leur introduction, Michel Kneubühler et Thierry Renard prennent soin de mentionner les dangers d’un tel ouvrage.Gangrenée par les clichés, l’image du poète, autant que ses écrits les plus célébrés.Il fallait donc s’armer d’une certaine insouciance pour retrouver l’ener-gie clairvoyante des Illuminations.Forcément inégal, ce trajet polyphonique comporte suffisamment d’étincelles pour faire revivre un tant soit peu son objet.C’est le cas de l’analyse intuitive de Jacques Ancet, attentif aux jeux sonores du poème rimbaldien, ou encore de Magali Turquin, dont les proses et les vers soulignent l’exigence de «partir» avec Rimbaud sans pourtant l imiter.Les Québécois Jean Charlebois et Geneviève Letarte ne sont pas en reste non plus, avec deux des plus originales contributions.«Comme un animal, il marchait à pas lents dans les sentiers spongieux.Ses pensées s'ouvraient comme des fleurs au matin», dit Letarte, dans une fort belle prose qui en révèle davantage que les vers adjacents.Quant à Charlebois, on «connaîtra dans AEIQU son obsession éluardienne pour un amour aussi charnel qu’innocent: «lorsque je dis je j'accepte en retour d'être tutoyé en d’innombrables situations d'éternité / Les mots à plusieurs consonnes telles des béquilles / sont de petits voiliers d'enfants de nous qui essaiment.» «J’AI EMBRASSÉ L’AUBE D’ÉTÉ», SUR LES PAS D’ARTHUR RIMBAUD Collectif La passe* du vent Vénissieux, 2tXM, 215 pages APRES 10 ANS DE SILENCE, LE RETOUR DE MARTIN GRAY 1 LS HOMMES mm ; | ivvSfe, \ , iy me chaque um U (tfctr H1ST0RI0W Ot t'fPOPtf Bti CAOUTCHOUC RAID MOREAU auteur du best-seiler LA DAME DE MANAOS Martin Gray et Gérald Moreau vous attendent au Salon du livre de Montréal, stand 380 Samedi 20 novembre -14 h à 16 h ’ Dimanche 21 novembre -14 h à 16 h EDITIONS DU ROCHER Uoiiimimicalioiis Jo \nn < li;im|>;igii ! Ü» uvv?>'i i AI Venez rencontrer Denyse Beaugrand-Champagne stand #617 Ven.19 h à 20 h 30 Sam.14 h 30 à 16 h Dim.12 h à 14 h Ltet Expression QUEBECOR MEDIA L | Les Éditions du Vermillon au Salon du livre de Montréal Stand du RÉCEF, n 158 TABLE RONDE • Salon du livre de Montréa Parlons bonheur - Un art de vivre Samedi 20 novembre 2004, de 16 h à 16 h 45 Carrefour du Salon Parlons bonheur.Est-ce un but, un résultat, un ingrédient essentiel de l’art de vivre?Discussion à bâtons rompus à partir de citations toujours stimulantes.Participants Marguerite Andersen (Prise de parole) François Barcelo (XTZ.) Laurent Laplante (Anne Skier) Élisabeth I bnarburg (Vests d’Ovest) Animation Jean-François Somain (Vermillon) La table ronde sera suivie d’une réception à saveurs régionales au stand du Vermillon.Relations de presse Nicole Durand (514 736-2473) nicole.durand@sympatico.ca Reflets de kjL littérature canadienne-française VMM VTIOVS • Salon du li\ rc de Monlréal Dessin en direct (pour enfants) Jeudi 18 novembre (10 h 30 - 10 h 55), Carrefour du Salon Lundi 22 novembre (12 h 45 - 13 h 10), Agora Les bédéistes Karine Church, Christ Oliver et Sirkowsky feront chacun un dessin en direct de leur personnage relativement à la gastronomie.Les dessins seront offerts au public.Animation Lysette Brochu Les ingrédients magiques d'un conte (enfants six ans et +) Samedi 20 novembre (14hOO-14h45), Salle n” 4, mezzanine sud L’auteure Sylvie Tessier met à la disposition des enfants trois objets représentant un personnage, le lieu de l’action et la clé de l’énigme.À l’aide de ces objets, chaque enfant dessinera son histoire.Il sera à la fois illustrateur et écrivain ! Les enfants qui le désirent pourront raconter leur histoire aux autres participants.Relations de presse Nicole Durand (514 736-2473) nicole.durand@sympatico.ca /v Regroupement des éditeurs canadiens français Les Éditions du Vermillon (613) 241-4032 • leseditionsduvennillon(/îrogers.com http://recf.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2004 K ;u SALON 01' LIVRE Et on tuera tous les Métis Une impressionnante biographie de Louis Riel, créée par Chester Brown, l’auteur du Playboy Le chef métis Louis Riel.ARCHIVES LE DEVOIR DENIS LORD Les luttes menées par Louis Riel pour faire respecter les droits des Metis au Manitoba et en Saskatchewan, sa mise à prix, ses exils aux Etats-Unis, ses internements en psychiatrie et finalement sa pendaison en 1885 confèrent à l’homme une aura mythique propre à susciter l'inspiration.En 1996, les Editions des Plaines publiaient Louis Riel, le père du Manitoba, de Zoran et Toufik.L'an dernier, Christian Quesnel signait L'Exovedat au Vermillon.Et voilà Chester Brown, surtout connu dans la francophonie pour les autobiographiques Le Playboy et Je ne t’ai jamais aimé.L'édition française de son Louis Riel - L'Insurgé coïncide avec la création, par le gouvernement canadien, d’une chaire de recherche sur l'identité métis au Collège universitaire de Saint-Boniface.Dans sa biographie de Riel, Brown dit s'être surtout intéressé à la relation antagoniste que le leader métis entretenait avec le gouvernement canadien.S’il prend partie et dénonce la perfidie et le quasi-génocide perpétrés par le premier ministre MacDonald, il avoue qu’il n'aurait pas aimé vivre dans un pays dirigé par Riel.Parce qu'il était légèrement à la droite de M‘ Bourget?Le leader nous est présenté comme un être faillible, en proie aux doutes, aux crises de mysticisme.Dans ce contexte, le charisme de Riel demeure un mystère que Brown n'explique pas.Sa subjectivité assumée prend un singulier éclairage dans les 22 dernières pages, consacrées à des annotations.Dans cette sorte de «making of*, de récit parallèle, Brown fait le tri de ses sources et explique comment il a sacrifié certains faits au profit de la dimension dramatique, créative.L’Insurgé est d'un intérêt inégal, en raison notamment d'un statisme occasionnel dans les scènes, d’ellipses curieuses.L’œuvre n'en est pas moins généreuse, puissante et inspirée, peut-être même incontournable en matière de bande dessinée et de document historique, le moindre de ses mérites est de donner le goût d'en apprendre davantage sur la destinée des Metis.Et on goûtera fort l'élégance du dessin de Brown, en noir et blanc, jouant des lignes claires et des hachures dans une mise en scène dépouillée.denislord.aendirect.qc.ca LOUIS RIEL-L’INSURGÉ Chester Brown Adaptation graphique de Piero Macola Casterman, collection «Ecritures» Paris, 2004,278 pages SOURCE CAS IL RM AN Retour à l’amère patrie Munoz et Sampayo revisitent l’Argentine péroniste DENIS LORD r Etranges artistes.La part la plus connue de l’œuvre de Munoz et Sampayo, la série Alack Sinner, se situe aux Etats-Unis, un pays où ils n’ont pour ainsi dire jamais mis les pieds.L’Argentine, d’où ils se sont exilés pour l’Europe, chacun de son côté, il y a plus de 30 ans, n’apparaît que dans Sudor Sudaca (Sueur de métèques), paru chez Futuropolis en 1986 et réédité chez Frémok sous le titre Automne et printemps.Rarissime retour en Argentine, donc.1944.Un groupe d’Allemands quittent le pays avec leurs biens.Mais une caisse se perd durant le transport.Son contenu sera recherché pendant quelques décennies, car dans cette fameuse caisse se trouve le reçu d’une fortune volée aux juifs d’Europe et déposée par les nazis dans une banque suisse.Le reçu est caché dans un livre de Stefan Zweig, Schachnovelle.Vingt ans plus tard, le libraire Huergo, juif germanophile et passionné d’échecs, devra céder ce livre et bien d’autres à son partenaire d’affaires, Sansegundo, un petit affairiste sans scrupule.Art et politique Comme dans Jeu de lumières.le scénariste Carlos Sampayo met en scène les thèmes de l’art et de la politique.Ici, c’est la littérature à l’époque du régime péroniste, qui sera renversé par une junte militaire.C’est l’époque aussi où le Mossad kidnappe Adolf Eichmann en Argentine.Mais, alors que Jeu de lumières procédait d'une investigation tangible et que les rapports entre les personnages étaient bien développés, Le Livre, atmosphérique, tout en demi-teintes, ne semble qu’effleurer son contenu.Sampayo, dirait-on, se cantonne aujourd’hui dans l’esquisse.Son approche, elliptique, énigmatique, est ici la même que dans son Fats Waller, dessiné par Igort.Le lecteur reste sur sa faim tant le récit demeure cérébral.Même la tentative de suicide de Huergo suscite peu d’émotions.Connaître Le Livre et son auteur apporte des pistes de réflexion pour cheminer vers le cœur caché de l’œuvre.Zweig était un juif autrichien qui s’exila au Brésil, où il mit fin à ses jours en 1942.Schachnovelle, la dernière œuvre qu’il écrivit, fut pu- Carlos Sampayo met en scène les thèmes de l’art et de la politique bliée en 1943.C’est d’ailleurs le numéro de la page où est caché le reçu.Schachnovelle fut traduit en français par Le Joueur d’échecs.Dans la nouvelle, le personnage principal tente d’échapper aux tortures des nazis en se réfugiant dans le monde du jeu d’échecs, qui devient aussi une métaphore des rapports de force dans la société.Toutes proportions gardées, Huergo vit une situation analogue.Les échecs lui tiennent lieu de moyen d’évasion, de remède à son impuissance.Le Livre ne se livre donc pas aisément.Même en sachant cela, on peut éprouver de la nostalgie pour la puissance émotionnelle des albums précédents de Sampayo.Reste le dessin de Munoz, expressionniste, éclatant et éclaté, toujours en évolution.Si, dans Le Livre, son travail au pinceau s’oriente vers le tachisme, cette approche graphique côtoie d'autres styles développés ailleurs dans son œuvre.En BD, peu d’artistes assument une telle liberté.Si Le Livre suscite la perplexité des sentiments partagés, on n’en souhaite pas moins la réédition des œuvres complètes de ces très grands auteurs, notamment Jeu de lumières et L’Europe en flammes.Le tandem, à tout le moins, traduit en plusieurs langues, mérite certainement mieux que les extraits de presse insipides reproduits en quatrième de couverture.LE LIVRE Munoz et Sampayo Casterman, collection «Romans» 2004,88 pages denislordfaendirect.qc.ca William St>Hilaire L’Agenda de la femme ^ très tresv très occupée! L'Agenda de la femme très, très, occupé.2005 William St-Hilaire 160 pages - 16,95$ Dans la vie trépidante de la femme très, très, très occupée, une seule véritable résolution s’impose cette année : apprendre ou réapprendre à en faire moins! Venez rencontrer William St-Hilaire stand #823 Ven.19 h à 20 h 30 Sam.13 h à 15 h Les Éditions LOGIQUES Jean Monbourquette et Isabelle D'Aspremont Demander PARDON san* s’humilier Difficile de demander pardon ! Ciel ouvrage explore les diverses façons de demander pardon et en montre les effets libérateurs.Tri ¦ 60 pages Claude Ryan l.e testament d un homme qui a voulu que sa vie soit à la hauteur de ses valeurs.Un document d'une valeur exceptionnelle ! 200 pages — 24,95 $ Mon testament spirituel Normand PROVENCHF.R Normand Provencher Croire a quoi ?Croire en qui ?la modernité interpelle rudement la foi chrétiennt L'auteur aborde ici les grandes questions auxquelles tout croyant est confronté.64 pages www.novalis.ca Stand 158 SALON DU LIVRE DE MONTREAL Séances de signature VOIX SAVANTES Avwm urmiAïuHm LUI TURF I HAN< OHIOM N Littérature et culture francophones de Colombie-Britannique ( ItlDMRir RtUTANNKJUt (.•tuus cuiiurvfc sous lu direction dt Guy Ihirier Jacqueline Vuwanathan Graiia Merler L interculturcl et l’économie a 1 œuvre Les marges de la mondialisation LTNTF.HCUirURKL ET L'Ét ONOMÜ \ L'ŒUVRE sous la direction de Daniel Castillo Durante Patrick Imbert t >w mtitRr* c ven.16h à 18h sam.18h à 19h dim.14h à 16h lîWi ÉVKt.YNl VOLOENG HORS COLLECTION souri iért* île mots Evelyne Voldeng sourcière de mots rüé Xm w sous la dim hou de Famine Chicoim ven.19h à 21 h sam.14hàl5h - 19hà20h dim.11 h à 12h - 13hàl4h tBwS .JL SiOn Br Convcruttton poétique VOIX RETROUVEES C«ms|jww»'«» in» aif B«Jr*s*»r n An Ma; Di-#! Conversation poétique Correspondance littéraire entre Harry Bernard et Alfred 1 JeskoiliiTs Edition préparée jmr Mieheline ’Iremb/a) Guy Gaudreau Lditmo pripëttf fur \lntulhit ’ frrnMaf fl IfUy Cfumbmu ] Monographies VOIX DIDACTIQUES AUTEURS r' Raymond ;• J ^ Plante Raymond Plante Claire U Brun jeu.18h à 19h dim.13h à 14h ’ ^ ru r, de la littérature canadienne-! dienne-française 1k Les Éditions 9tei h David http://recf.ca www3.sympattco.ca/ed.david/ [ F 32 LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2 0 0 4 SALON DU LIVRE Lothar Baier (1942-2004) CHRISTIAN DESMEULES La dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou», écrit l’écrivain suédois Stig Da-german dans son essai-testament Le 10 juillet 2004, à Montréal, l’écrivain allemand Lothar Baier choisissait de s’enlever la vie.Le mardi 9 novembre dernier, à Montréal, le Goethe-Institut organisait une soirée-hommage à la mémoire de Lothar Baier.Près d’une centaine d’amis, de collaborateurs très proches et de lecteurs orphelins s’étaient réunis dans la petite salle de l’institut culturel allemand, le temps d'un hommage teinté de sensibilité et d’intelligence.A l’image de cette •île en mal de mer» (Eva), homme au regard avide, perspicace et rempli d’humanité, dont le sourire iro-niqpe illuminait la parole généreuse.Ecrivain, essayiste, traducteur (Paul Nizan, Sartre, Breton, Simenon) et critique de langue allemande, Lothar Baier était né à Karlsruhe, en Allemagne, en 1942.Après des études de lettres, de philosophie et de sociologie, il s’était imposé comme critique littéraire et spécialiste de la France.L’Entreprise France (1989), Un Allemand né de la dernière guerre (1985), Le Délai (1992), À la croisée des langues - Du métissage culturel d’Est en Ouest (1997) ainsi que Pas le temps! - Traité sur l’accélération (2002) forment l’essentiel de son œuvre traduite en français.Ces dernières années, il avait régulièrement collaboré au Devoir.Pour ce représentant de la •génération des fils», issus de l’immédiat après-guerre, devenir écrivain constituait une véritable décision politique.Une manière de combattre le passé et l’étouffement de l’héritage historique brillant de l’Allemagne, d’apaiser la blessure profonde du nazisme.Une lutte perdue, SOURCE GOETHE INSTITUT Lothar Baier dans ces jeunes années.sans doute, avalée désormais sans détour par le désenchantement et les difficultés personnelles.Professeur invité dans de nombreuses universités étrangères — dont le Centre canadien d’études allemandes et européennes de l’Université de Montréal et le département de littérature comparée —, il était l’un des intellectuels allemands contemporains les plus célèbres en France.La plupart des grands journaux (dont Le Monde, Libération et L’Humanité) de l’Hexagone ont d'ailleurs signalé sa disparition.Lothar Baier partageait depuis plusieurs années son temps entre Francfort-sur-le-Main et Montréal, avant de choisir de s’y installer en permanence depuis deux ans.«J’ai appris ici que la langue est péris- sable», avouait l'écrivain dans une entrevue accordée a la radio de Radio-Canada.Ceux qui l’ont connu se rappellent ses imitations de l’accent québécois, son émerveillement à entendre parler yiddish dans les rues d’Outremont ou du Mile-End.Philippe Despoix, directeur du Centre canadien d’études allemandes et européennes de l’Université de Montréal (CCEAE), a rappelé son important rôle de passeur entre les cultures germaniques et francophones, sa finesse d’observation, l’irrespect qui caractérisait son approche critique, ses analyses toujours mesurées.•Je suis étranger, mais on dirait que je ne viens pas d’ailleurs», avouait un jour Lothar Baier à l'éditeur Pierre Filion.Cet intérêt pour la culture québécoise l’avait ainsi amené à diriger, avec le directeur littéraire de Leméac, la toute première anthologie de la littérature québécoise en allemand, Anders schreibendes Amerika - Eine Anthologie der Literatur aus Québec (1945-2000).Curieux de •l’autre écriture d'Amérique», Lothar Baier avait en quelque sorte choisi Montréal autant qu’il avait été choisi par la ville et par les gens qui la font Amis de Lothar Baier, les écrivains David Homel et Régine Robin ont également témoigné au cours de cette soirée pleine d'émotion de leur admiration ainsi que de leur profonde affection pour cet homme hors du commun.«Mais la matière est rétive, l’autochtone méfiant et le climat d’une rudesse inattendue», peut-on lire en quatrième de couverture de son très beau récit Le Délai, histoire en grande partie autobiographique d’un intellectuel de gauche quittant l’Allemagne pour s’installer dans un coin perdu de l’Ardèche afin d’y restaurer une ferme en ruine.Nous restent aujourd’hui de lui des paroles, des écrits, quelques souvenirs.Les ruines magnifiques d’une existence entièrement consacrée à «brûler des questions», comme l’écrivait Artaud.Impressions de Saint-Henri LOTHAR BAIER En 1992, lorsque j’étais professeur invité dans l’une des quatre universités de Montréal, je tombai amoureux de cette ville multiculturelle le long du Saint-Laurent Au cours des années qui suivirent, je connus plusieurs quartiers, premièrement le quartier aisé d’Outremont, ensuite le quartier un peu moins aisé de Mile End, habité en partie par des juifs hassidiques.Plus tard, toujours dans ce quartier, j’habitai avec une traductrice cana-dienne-anglaise, ce qui me fit voir ce quartier, en raison de la langue, d’un tout autre œil.Je déménageai ensuite au centre-ville, dans un immeuble tenu par des Chinois, où je faisais partie d'une minorité de blancs, ce qui se vit bien un jour, tôt le matin, lorsque le système d’alarme se déclencha et fit en sorte que tous les habitants de la maison se retrouvèrent dans la rue.Depuis l’automne 200.3, j’habite Saint-Henri, un quartier situé au sud-ouest, qui offre ime toute autre vision de la ville.Ce quartier, qui abrite des sans-emploi, bénéficiaires d’aide sociale, immigrants peu nantis d’Haiti, d’Afrique noire, de pays asiatiques et d’Amérique latine, compte parmi les plus pauvres de cette ville de deux millions et demi d’habitants.Bien que, avec ses 25 000 résidants, il corresponde à une petite ville, Saint-Henri, qui est situé à deux pas du centre-ville et de ses gratte-ciel, n’est pas épargné par les problèmes liés aux grandes villes, tels que le trafic et la consommation de drogues ainsi que la prostitution qui y en découle.Le Saint-Henri d’aujourd’hui ne ressemble en rien au plus grand quartier industriel canadien qu’il a déjà été.La construction d’un canal contournant les rapides qui rendaient impossible la navigation dota Saint-Henri et les quartiers avoisinants d’une artère animée.Comme le commerce des fourrures jouait encore un rôle important à l’époque, de nombreuses tanneries s’établirent le long de ce «Canal de Lachine», ainsi appelé parce qu’il se jette dans le fleuve Saint-Laurent, en amont des rapides, à la hauteur de la ville de Lachine, futur lieu de naissance de Saul Bellow.Plus tard, des raffineries de sucre, des manu-factures, des usines œuvrant dans l’industrie textile et de nombreuses entreprises s’y établirent aussi.Situé au pied de la colline de Westmount, qui est habitée par l’élite anglophone de la ville, Saint-Henri était également appelé «Smokey Valley» en raison de ses cheminées fumantes.Les riches propriétaires de villas sur la colline respiraient de l’air considérablement plus pur que les ouvriers entassés, en contrebas, dans des appartements de prolétaires.Uère de Berliner et RCA Grâce à Emile Berliner, un immigrant juif originaire de Hanovre, Saint-Henri devint, à partir de 1900, Les riches propriétaires de villas sur la colline respiraient de l’air [.] plus pur que les ouvriers entassés en contrebas Reflets de la littérature canadienne française .tuveaute le cœur de l’industrie du gramophone et du disque, qui connaissait à l’époque une crpissance fulgurante.Expulsé des Etats-Unis en raison d’un étrange jugement de la cour, l’inventeur du disque et du gramophone choisit de s’installer à Saint-Henri parce que ce quartier était traversé par la première voie ferrée de File, la «Montreal-Lachine-Railroad».La cheminée de sa nouvelle usine fut rapidement ornée, comme des photos de l’époque le montrent, de la marque de commerce de Berliner, His Master’s Voice, avec le chien Nipper écoutant la voix de son maître dans le pavillon.Les frères de Berliner restés en Allemagne fondèrent de leur côté la Deutsche Grammophon-Gesellschaft.Peu de temps avant sa mort, en 1929, Emil Berliner vendit son entreprise et ses studios d’enregistrement, ses brevets et ses droits, y compris ceux sur Nipper, à l’entreprise américaine de radiophonie RCA (Radio Corporation of America), qui était alors en pleine expansion.A son apogée, l’entreprise RCA employait 5000 personnes.L’imposant bâtiment en béton armé existe toujours, à trois rues de mon appartement mais aujourd'hui il n’abrite que quelques bureaux, des lofts et de nombreuses salles d’entreposage.La production, elle, a cessé.Il n’existe plus d’industries importantes dans la Smokey Valley et l’air y est devenu plus pur.Le tracé de la Montreal-Lachine-Railroad a été converti en piste cyclable.Le Canal de Lachine, devenu superflu après l’ouverture de la Voie maritime du Saint-Laurent et trop étroit pour les navires sillonnant les hautes mers, sert aujourd'hui de voie navigable pour les bateaux de plaisance.Le long de ses rives, les usines abandonnées ont été reconverties en condominiums de luxe, munis souvent d’un quai pour yachts.Au royaume du Dollarama La partie de Saint-Henri que j’habite, celle située au nord de l’autoroute menant à l’aéroport, est sur le plan social, à des années-lumière des marinas des nouveaux riches.Le magasin le plus fréquenté ici est le Dollarama, où tous les articles coûtent un dollar, qu’il s’agisse d’un paquet contenant duc crayons ou deux verres à whisky.Les prêteurs sur gage y trouvent leur clientèle.Dans les bars miteux, des chômeurs sirotent une bière pendant des heures.Pourtant en plus des institutions catholiques comme la Paul-François Sylvestre 69, rue de la Luxure illustrations originales de Christian Quesnel L'auteur excelle dans l'art d'intégrer l’histoire au quotidien de la communauté franco-ontarienne dans ses personnages.Il célèbre la difference dans la f ierté.» Louis Bélanger, Liaison, à propos de .%sc ou une .k/o/cm encc singulière, Grit, toll.La its torontois 200 pages, 12 il!, pleine page coul, CRU-', hors collection 22 S Reçroupcmeot d« éditeurs t raoad»fnsft«nç»H l’état du monde Lv jpifo fipw • a ma Siw l ¦ Annuaire économique et géopolitique mondial 24e édition Une analyse approfondie des grandes tendances planétaires Un bilan de l’année pour les 226 États et territoires de la planète Les enjeux politiques et économiques à l’aube du III* millénaire 672 pages • 29,95 $ En collaboration avec nm LE DEVOIR SE Stand L ) 8 PAUL-FRANÇOIS SYLVESTRE 69, rue de la Luxure SALON DU LIVRE DE MONTREAL Art, argent, arrangement Le mécénat d’Etat http://recf.ca ¦ Boréal www.editionsboreal qc ta par Robert Yergeau La face cachée de l'histoire littéraire du Québec depuis les années soixante révélée dans un essai percutant.632 pages - 25$ Reflets de la littérature canadienne-française Séances de signature vend.19b à 20h — Lancement 20h sam.13h à 14h — 15h à 16h jlk Les Éditions a David www3.sympatico.ca/ed.david/ Société Saint-Vincent de Paul, qui offre des objets et vêtements usagés comme l’Armée du salut, le quartier Saint-Henri abrite un Club optimiste et une société historique, qui organise des conférences et des exportions.Cette société est située dans la caserne de pompiers, qui est fréquemment solicitée, car les immeubles à logements bâtis selon le principe nord-américain du balloon frame risquent de s’enflammer au moindre court-circuit En face de la caserne de pompiers, dont la tour constitue la véritable marque de commerce du quartier, depuis que la cathédrale de Saint-Henri a été rasée pour faire place à une polyvalente, se trouve l’entrée de la station de métro construite dans les années sobeante [sic].Chaque fois que j’emprunte l’escalier roulant pour me diriger dans les profondeurs de la terre, je suis envahi par un sentiment d’émerveillement.Il me semble qu’on ait voulu reconstruire, en bas, une partie de la cathédrale qu’on avait détruite en haut.Des arches en béton alignées en hauteur au-dessus du quai confèrent à cet endroit une atmosphère de quasi-sublimité, en plus de donner une impression de lumière et d’étendue.Les murs en béton sont revêtus de petites pierres multicolores et l’éclairage bien conçu par l’architecte de la station crée une ambiance presque chaleureuse.Quel contraste avec la mélancolie des stations de métro ou de train de banlieue, à Francfort, Berlin ou ailleurs! A chaque départ ou arrivée, je me dis que, pour une fois, VOIR PAGE F 33: SAINT-HENRI (Jp vieri üf I i b r a i r i e ?b i s t r o nHn "VÎgY, v-.L Lecture Olivieri -Le Noroît André Romus Toi terriblement Jean Royer Au seuil de linesperable Martin Thibault Un radeau de papier Bahman Sadighi Semences, syllabes Dimanche 14 novembre à 15 h 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges 739-3639 LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 NOVEMBRE 2004 F ;u - SALON DU LIVRE * SAINT-HENRI SOURCE GOETHE INSTITUT B^ier habitait Saint-Henri depuis Tautomne 2003.*«» V* * fli © SUITE DE LA PAGE F 32 peut-être sous l’effet social-démocrate de lepoque, on a voulu offrir, tout particulièrement au Saint-Henri des pauvres, un ouvrage d'une telle splendeur.Une statue installée bien en vue dans une grande niche veut rappeler au bon souvenir des jeunes et des immigrants, la clientèle principale des transports en commun.que Jacques Cartier a découvert le Canada Si ce sont les contrastes de toutes sortes qui font la différence entre une ville et un village ou une petite ville, alors je vis sans aucun doute dans une ville.Lorsque je regarde la ruelle derrière les maisons, où des vêtements sèchent sur les cordes à linge et où, par beau temps, on mange sur les balcons et les terrasses, je me sens parfois comme transposé par miracle dans un village du sud de la France ou de l’Italie.Il suffit par contre de marcher cinquante mètres devant la maison et de regarder vers le centre-ville, à l’est, pour constater que les gratte-ciel des banques et autres commerces me rappellent que je me trouve dans une ville de deux millions et demi d'habitants dotée d'un port qui, comme dans d’autres grandes villes, doit sa vitalité à la circulation de l’argent et des biens.La vie de l’œil Tous ceux qui ont déjà passé un certain temps à Paris ou New York et ont regardé et entendu ce qui s’y passait ont appris à connaître et à craindre l’attitude blasée et réservée caractéristique de ces deux villes.Les Parisiens savent tout de tout, même quand ils n'ont aucune idée de quoi ils parlent.La caractéristique des New-Yorkais me semble être, hormis leur légendaire attitude blasée typique de la côte est, une méfiance généralisée qui risque de se transformer en paranoïa depuis les attentats du 11 septembre 2001.Les habitants enjoi- gnent aux visiteurs de ne pas regarder les passants dans les yeux, car cela pourrait éventuellement leur coûter la vie.Si presque tout le monde à Manhattan marche avec un baladeur, ce n’est pas, à ce qu’on m’a dit, parce que tous ces gens ne peuvent se passer de leur CD préféré, mais plutôt pour signifier aux autres qu’ils ne veu-lent parler à personne.A Montréal, bien qu’une quantité inestimable de personnes se croisent dans la rue ou dans les transports en commun, il est pos- sible de regarder les passants ou ses voisins dans l’autobus droit dans les yeux, comme dans une petite ville.Cela se traduit souvent en guise de réponse, par un regard amical, voire par un petit flirt oculaire.Pourquoi est-ce ainsi?Comme Montréal est officieusement une ville bilingue, ses habitants s’adonnent au jeu quotidien de deviner, dans l’éventualité où la situation se présenterait, dans quelle langue l’autre souhaiterait être abordé.Ce qui mène à la situation paradoxale où se crée, dans cette grande ville, un semblant de proximité typique aux petites villes, dans lesquelles il est tout à fait possible de regarder des passants ou des voisins en plein visage et même d’écouter leurs conversations sans se faire rappeler à l’ordre pour autant Qui sont les vrais Montréalais, comparativement aux Parisiens?Sont-ils francophones ou anglophones?Personne ne le sait avec exactitude.Et, ne serait-ce que pour cette raison, il ne peut y avoir ici d'équivalent de l'attitude blasee et réservée des Parisiens ou des New-Yorkais, ce qui facilite grandement la vie des nouveaux arrivants connue moi.Ainsi, je ne sais pas si Françoise, la francophone, qui travaille dans la laverie que je fréquente, est une Montréalaise plus authentique que Nancy, une blanche anglophone, et Shew, une noire également anglophone.Malgré tout cela, je me lasse parfois de la vie infernale de la ville et je suis heureux de pouvoir m’asseoir sur mon balcon dans Saint-Henri et de ne plus devoir rien voir et entendre.Je pense alors avec bonheur à la dernière phrase de Tristes tropiques, de Claude Lévi-Strauss, qui parle du «trésor le plus important dans la vie.qui consiste, entre autres, à sentir le parfum d'un lilas, qui en sait plus que tous nos livres, et à entreprendre avec patience, sérieux et dans le pardon mutuel un dialogue avec un chat».Et effectivement un chat monte parfois dans l'escalier, derrière la maison, jusqu’à mon balcon.Conune je ne peux lui demander de comprendre l’allemand, je lui parle en français montréalais, ce qu’il semble apprécier, car il ronronne doucement * Extrait d’un texte paru initialement le 4 juin 2004 dans la revue autrichienne Wespennest sous le titre ^Impressions d’un contemporain migrateur.Titre et sous-titres sont ici de la rédaction du Devoir.LES AUTEURS DE TROIS-PISTOLES SE METTENT À TABLE AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Victor-Lévy Beaulieu Claude Jasmin Nicole Brossard Renaud Longchamps Pierre Dubuc Ü 1 Ginette Pelland Guy Fournier Martin Pouliot JEUDI 18 novembre VICTOR-LÉVY BEAULIEU De Race de monde au Bleu du ciel 19 h à 21 h MICHEL X COTE Peau de tambour 19 h à 21 h DANIEL GAGNON Maman Burger 19 h à 21 h VENDREDI 19 novembre VICTOR-ÏÉVhf BEAULIEU Oe Race de monde au Bleu du ciel 14 h à 16 h/19 h à 21 h NICOLE BROSSARD L'horizon du fragment 20 h à 21 h MICHEL X CÔTÉ Peau de tambour 20 h à 21 h PIERRE DUBUC L'autre histoire de l’indépendance 16 h à 17 h DANIEL GAGNON Maman Burger 19 h à 20 h CLAUDE JASMIN Rachel au pays de l'orignal qui pleure 19 h à 20 h GINETTE PELLAND Écrire dans un pays colonisé 14 h à 15 h SAMEDI 20 novembre VICTOR-LÉVY BEAULIEU De Race de monde au Bleu du ciel 14 h à 16 h/19 h à 21 h NICOLE BROSSARD L’horizon du fragment 13 h à 14 h/20 h à 21 h MICHEL X CÔTÉ Peau de tambour 12 h à 13 h PIERRE DEMERS À l’ombre de sainte Anne 14 h à 16 h PIERRE DUBUC L’autre histoire de l’indépendance 13 h à 14 h GUY FOURNIER Le plus vieux métier du monde 15 h à 16 h DANIEL GAGNON Maman Burger 12 h à 13 h CLAUDE JASMIN Rachel au pays de l’orignal qui pleure 14 h à 16 h / 20 h à 21 h RENAUD LONGCHAMPS Décimations 19 h à 20 h MARTIN POULIOT Open House 16 h à 17 h DENIS SAMSON Les territoires de T ombre 16 h à 17 h DIMANCHE 21 novembre NICOLE BROSSARD L’horizon du fragment 13 h à 14 h PIERRE DEMERS À l’ombre de sainte Anne 11 hà13h PIERRE DUBUC L’autre histoire de l’indépendance 15 h à 16 h GUY FOURNIER Le plus vieux métier du monde 15 h à 16 h DANIEL GAGNON Maman Burger 14 h à 15 h CLAUDE JASMIN Rachel au pays de l'orignal qui pleure 14 h à 16 h RENAUD LONGCHAMPS Décimations 11 hà13h o MARTIN POULIOT Open House 11 h à 13 h DENIS SAMSON Les territoires de l 'ombre 11 hà13h EDITIONS TROIS PISTOLES STAND 280 Daniel Gagnon N’OUBLIEZ PAS ! Le samedi 20 novembre, sur la place dite de l'Agora du Salon du livre de Montréal, ne manquez pas la lecture-performance, à 20 h, des poètes suivants: Renaud Longchamps • Denis Samson • Pierre Demers • Martin Pouliot • Michel X Côté Le tout animé par Victor-Lévy Beaulieu.0ites-le à vos amis et pourquoi pas aussi à vos ennemis si vous en avez.CH Ry STINE BROUILLET Marie LaFlamme (3 tomes) Vendredi 18 h à 19 h Samedi 16 h à 17 h JOSÉE DI STASIO et la photographe Louise Savoie À la di Stasio Samedi 13 h à 15 h Dimanche 15 h à 17 h ANN-MARIE Macdonald Le Vol du corbeau Samedi 15 h à 17 h Dimanche 13 h à 15 h HENRI DORION ET NATHALIE ROy L'Art de vivre au Québec Samedi 14 h à 16 h Dimanche 12 h à 14 h ILÉANA DOCUN I Autruche Céleste.cinq ans plus tard Vendredi 16 h à 18 h Dimanche 14 h à 16 h Tnriïÿ nn# liifev- NICOLE GRATTON Les Secrets de la vitalité Vendredi 19 h à 21 h Samedi 19 h à 21 h Dimanche 11 h à 13 h BARBARA VICTOR Shahidas, les femmes kamikazes de Palestine Samedi 17 h à 18 h 2 Flammarion 1 F M LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET D I M A X C H E 14 NOVEMBRE 2 0 0 4 SALON DU LIVRE LITTÉRATURE JEUNESSE La guerre ?No sir.CAROLE TREMBLAY 9uand le coquelicot fleurit au revers des manteaux, les mts savent que l'Halloween est finie et que Noël s'en vient.La plupart d’entre eux ignorent que l'épinglette rouge sang est là pour rappeler a notre mémoire les victimes de la Première Guerre mondiale.L’auteur britannique Michael Morpurgo, lui, s’en souvient.Et après avoir lu son dernier roman.Soldat Peaceful, il est permis de croire que le lecteur ne puisse plus l'oublier lui non plus.Tommo n’a que 17 ans lorsqu’il s’engage dans l’armée pour suivre Charlie, son frère ainé, auquel il voue une admiration sans bornes.Il n’est guère plus âgé lorsque son héros est condamné à mort pour avoir refusé d’obéir à l’ordre suicidaire du sergent Hanley, un homme injuste et colérique.Li nuit précédant l’exécution, Tommo refuse de dormir.Il veille, en pensée, avec Charlie, consacrant ces dernières et précieuses minutes à faire le bilan des peines et des bonheurs qu’il a partagés avec ce frère tant aimé.Il se remémore chaque épisode de sa vie, de son enfance heureuse à la ferme jusqu’à l'an- goisse sans fond des tranchées.Il songe à son père, mort accidentellement, à sa mère, juste et aimante, et à Big Joe, leur jeune frère un peu lent.Il repense à la douce Molly, dont ils étaient tous deux amoureux.Tandis que le compte a rebours s’égrène inexorablement sur la montre que lui a donnée Charlie, Tommo dépoussière ses souvenirs et refait, pas à pas, le chemin qui les a menés jusqu’à cette tragédie.Quand le jour se lève, Tommo est alors prêt à faire ses adieux à cet immense pan de sa vie, plus déterminé que jamais à vivre pour tenir toutes les promesses qu’il lui a faites.Soldat Peaceful n’est pas qu'un livre sur l’absurdité et l'horreur de la guerre, c’est aussi un délicieux portrait d’époque, une touchante saga familiale et, surtout, une bouleversante hjstoire d’amour entre deux frères.A travers ce récit chargé d’émotions, dont l’écriture, tout en finesse, fait vibrer nos cordes les plus sensibles, Michael Morpurgo rend hommage non seulement à tous ceux qui sont morts au combat mais aussi aux 290 Britanniques et aux 600 Français injustement fusillés par les leurs parce qu’ils avaient refusé d’obéir.Gallimard réédite aussi cet automne, du même auteur.Cheval de guerre, biographie d’un cheval qui raconte sa propre expérience du front.Moins marquant que l’exceptionnel Soldat Peaceful, ce roman, illustré par François Place, offre tout de même un regard sensible, lucide et original sur une humanité capable du meilleur comme du pire.SOLDAT PEACEFUL Michael Morpurgo Gallimard jeunesse Paris, 2004,191 pages CHEVAL DE GUERRE Michael Morpurgo Gallimard jeunesse Paris, 2004,186 pages j I Les Éditions du Vermillon «r au Salon du livre de Montréal Stand du RÉCEF, n ISS ou veau tes ÉCRITURE ERANCO-ONT ARIENNE 2003 I«r«|Mr« ElamaMi ll«U ItooraoBl Sous la direction de Jacques Flamand Pt I lÉDI Bot IUOI I 460 p.35 $ J\ Regroupement des éditeurs canadiens français Mémoire des villages engloutis l,ssai Nicole V.ClIAMI’KAl MÉMOIRE DUS VUIACFS ENGJOL ITS Reflets de la littérature canadienne-française U- "I ÏÏMBSÊÊÊ WmmmsBÊBm nPürfTl Mireille Messier Illustré par M aiu; Keelan-Bishop 100 p.IO$ Ce pays qui est le mien Roman Ce pays *fs (li‘ lu o1 Elisée Reclus L'Évolution, lo révolution et l'idéal anarchique Introduction de John Cloik 224 pages 17,95$ Frederick Douglass Mémoires d'un esclave Traduit de l'anglais par Normand Baillargeon et Chantal Santerre 208 pages 19,95$ ' ufc : ’ Noam Chomsky Un monde complètement surréel Deuxième édition, revue et corrigée 88 pages 8,95$ LUX www.luxediteur.com Salon du livre de Montréal - kiosque T50 EN BREF SOURCE TÉLÉ-QUEBEC Guy Fournier Gastronomie et art de vivre au programme Le Salon du livre a lait de la gastronomie et de l’art de vivre son theme de cette année.D compte, parmi ses invites d’honneur, l’auteur et producteur Guy Fournier, qui profitera de l’occasion pour lancer le deuxième tome à'Un homme au fourneau, sa collection de recettes agrementee d’anecdotes et de trucs.Avec lui.côte gastronomes, on trouvera égalé ment le Belge Jacques Mercier, autre tète comme du petit écran, mais en Europe cette fois, qui a signé un bçau livre sur le chocolat belge et À la table des grands chefs de Belgique.Le jeudi 18 novembre, de 16hl5 à lfih3ü.Guy Fournier fera ses confidences d’écrivain à Gilles Archambault 11 participera egalement à une table ronde intimlee «L'art du goût» avec- Jacques Mercier et (ieneviè» ve Skotte, animée par Laurent la-plante Rappelons enfin que les demonstrations culinaires et les ateliers devraient se succéder au Carrefour SAQ du Salon du livre de Montréal S'y succéderont les presentations sur les arts de la cuisine, des bienfaits du gras Omega3 à fart de dresser la table pour recevoir.- If Devoir Yvon Roy Roxanne Paradis & Le livre perdu ‘ 'Sr r.M pOtifr’ & fc Nck!^y Au Carreleur SAQ jeudi le 18 novembre j 12 h .10 À l’Agen Samedi le 20 novembre j B h 45 www.5ouriibouquint.coin R Dimanche le 21 nov.Entre 14h00 et IShOO Yvon Roy Stand 964 Prologue Vendredi le 19 nov.Entre 16 h 00 et I7h00 et entre 19 h 00 et 20h00 Smyes et vetam Soupe de mots Des mots en provenance de chefs de toute la Francophonie, réunis par ordre alphabétique dans le Dlcliornutlre du dévelojypenieut durable Bol de survie Pour les pigistes et ceux qui leur ressemblent, Vive la fdge!.concocté par le chef prolifique Ludovic Hirtzmann Potage à l'ancienne Savoureux et coloré,/.es mémoires d'enfance, de Raymond Martineau, servi par le chef traditionnel, Jean Provencher • « Un mets substantiel Du Big Bang au Village planétaire, longuement mijoté (14 milliards d’années.) et finement assaisonné pour le rendre facilement digestible, par Jacques Robert et Pierre Matton Un plat en croûte Les porteurs de lumière, de Jean-Louis Fleury, dans lequel l’électrification et le développement du Québec ont cuit ensemble Un assemblage génial des découvertes de l ’humanité qui met Peau à la bouche, Explorer l’histoire des sciences et des techniques, par le chef-maître,MarcelThouin Salddes Salade de plantes du Nunavik soigneusement et patiemment préparée pendant plus de 20 ans par Marcel Blondeau,avec l’aide de Claude Roy,Alain Guerrier et l lnstitut culturel Avataq, servie dans l Allas des plantes des villages du Nunavik Salade Desjardins apprêtée par René Croteau et fortement vinaigrée pour conserver notre Patrimoine coopératif défiguré et dénaturé VENEZ VOIR NOTRE MENU COMPLET: Chez MultiMondes Stand 113 Mail Dimedia Salle à manger du livre de Montréal du 18 au 21 novembre 2004 Plusieurs de nos chefs seront sur place! MENU EDITIONS MULTIMONDES Demh Cinquante-deux desserts santé La sauté au dessert, concoctés par le très maigre pâtissier Didier
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