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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2009-01-21, Collections de BAnQ.

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président Obama a choisi de faire son premier voyage à l’étranger.«Les États-Unis restent le plus important allié, le plus grand ami et le principal partenaire commercial du Canada.Je me réjouis donc à la perspective de collaborer avec le président Obama et son administration dans la poursuite de cette relation spéciale», a poursuivi le premier ministre conservateur du Canada.Libéraux et bloquistes Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a aussi félicité le nouveau président américain, évoquant également un moment marquant de l’histoire.«Sous son gouvernement, le Canada peut espérer un resserrement mutuellement bénéfique de ses liens avec les États-Unis », écrit-il dans sa déclaration, transmise aux médias.M.Ignatieff se dit «enthousiaste à l’idée d'un dialogue et d’un échange d’idées constructifs, qui non seulement nous aideront à sortir de cette période difficile, mais prépareront nos deux pays aux défis qui les attendent, ici et partout dans le monde».De son côté, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a salué cette ère de renouveau qui s’amorce.«C’est une nouvelle ère avec des défis énormes et des espoirs immenses», a-t-il dit.Pour le moment, le Bloc attend d’en connaître davantage sur les politiques du président Obama.«M.Obama aura à préciser ses politiques dans les jours qui viennent.C’est resté de grandes orientations très peu précises durant toute la campagne.C’est ça la réalité: porteur d’un message d’espoir immense, mais quant aux politiques très précises, on n’en sait pas trop.» M.Duceppe s’attend néanmoins à plusieurs changements de cap.«Je pense qu’il y aura sûrement une rupture avec l’idéologie des "Chicago boys”, au niveau de l’économie.C’était celle et c’est celle, toujours, de Stephen Harper aussi d’une plus grande intervention, de un.De deux, je pense qu’il y a une plus grande sensibilité à toute la question de l’environnement.De trois, une plus grande ouverture, je pense, en matière d’affaires étrangères, non pas le dogmatisme qui a animé M.Bush entre les bons et les méchants», a opiné M.Duceppe.En matière économique, M.Duceppe ne semble pas croire que le Canada ait à craindre une réouverture de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui a bénéficié à l’économie canadienne.«Au niveau de l’économie, il faudra voir comment iront les discussions, parce que les démocrates sont plus protectionnistes, habituellement, que les républicains.M.Obama a rectifié le tir, en cours de campagne, en disant qu’il n’était pas question de rouvrir 1’ALENA», a rappelé M.Duceppe.La Dresse Canadienne Petites phrases pour un grand jour Voici quelques propos recueillis dans la foule venue en masse hier pour assister à la cérémonie d’investiture du 44l président des Etats-Unis, Barack Obama, à Washington: ¦ Renata King, 46 ans, de Houston (Texas): «Ma mère n’aurait jamais imaginé vivre cela.Je suis ici pour tous les sols qu’elle a lavés et cirés, je suis ici pour elle, pour chaque fois qu’on l’a traitée de négresse.» ¦ Marion Jones, une Noire de 60 ans qui n’en croit pas ses yeux en regardant la cérémonie d’investiture retransmise sur écran géant à Chicago (Illinois), où elle vit: «Je me sens bénie d’être là, d’être en vie pour voir cela.J'ai participé à des marches de protestation, je suis allée en prison, j’ai été arrosée par des lances à incendie et mordue par des chiens uniquement pour avoir le droit de voter.» ¦ Fred Phillips, un psychologue de 62 ans, de Washington: «C’est une occasion historique, une pierre blanche dans l'histoire des relations raciales de ce pays.Les espoirs de mes ancêtres, leurs efforts et leurs prières ont été récompensés.» ¦ Don, 50 ans, un républicain venu de Phoenix (Arizona): «On ressent un sentiment d’unité.C’est euphorisant.» ¦ Denzel Washington, acteur hollywoodien: «Je suis heureux, j’ai froid, je fais la fête.» ¦ Jason Chang, de New York: «Où est le réchauffement climatique quand on a besoin de lui?» alors que les températures étaient de -6 degrés dans la capitale à Taube (-13 degrés en tenant compte du vent) et sont restées sous le point de congélation tout au long de la journée.¦ Francis Coates, 67 ans, de Washington, interrogé sur la première chose que doit faire Obama: «Fermer Guantânamo.C’est une honte pour le pays, cela va à l’encontre de tout ce que nous défendons.» Agence France-Presse Le monde célèbre l’investiture d’Obama Du Kenya à l’Afghanistan ou l’Europe, l’arrivée du nouveau président à la Maison-Blanche a été soulignée Kogelo — Des festivités ont eu lieu hier à travers le monde pour l’investiture de Barack Obama, de Kogelo, le village kényan du père du nouveau président, à la base américaine de Camp Phoenix, en Afghanistan, en passant par Beidin ou Madrid.A Kogelo, village natal du père défunt de Barack Obama, plus de 3000 personnes ont célébré l’événement en chantant et en dansant.Les yeux rivés sur un des deux écrans géants flanqués de banderoles qui proclamaient «Félicitations, notre fils, notre espoir», Josephine Awuor, 30 ans, a déclaré que l’élection de M.Obama à la tête de la première puissance mondiale avait changé sa vie.De nombreux Kényans avaient afflué de toute la région du lac Victoria, dans l’ouest du Kenya, revêtus de leurs plus beaux habits.Des festivités se déroulaient depuis déjà quatre jours à Kogelo, rebaptisé «capitale locale du monde», et devaient s’achever tard dans la nuit.Des touristes étrangers s’étaient joints aux festivités.«C’est un jour très, très spécial pour moi», déclarait Clyde Partin, 64 ans, un retraité de l’Ohio.«J’assiste à l’Histoire, ici même à Kogelo.Dieu m’a béni d’être ici.» L’investiture, diffusée par les chaînes de télévision kényanes, a donné lieu à de multiples initiatives, notamment à Nairobi, où était programmée une comédie musicale sur la vie d’Obama.Quelque 2000 personnes, réunies devant un écran géant à l’université de Nairobi, ont crié leur joie lors de la prestation de serment.Les discothèques n’étaient pas en reste: certaines organisaient leur «nuit de l’investiture».A Berlin, des milliers d'Allemands et d’Américains ont assisté à une fête organisée par Democrats Abroad, association des militants du Parti démocrate américain à l’étranger.Dorothea Kieffel, une secrétaire de direction allemande âgée de 46 ans, a déclaré espérer qu’Obama ferait revivre les valeurs américaines qu’elle admire.«Sous Bush, toute la foi que nous avions en l’Amérique a été piétinée et trahie, mais ce soir je me sens de nouveau pleine d’espoir», a-t-elle dit.A Madrid, près de 650 personnes se sont rassemblées dans un grand hôtel pour suivre (investiture, et des dizaines d’autres qui ne pouvaient pénétrer dans la salle ont écouté son discours à l’entrée.Chaque fois que Barack Obama apparaissait, les participants applaudissaient à tout rompre.Lorsqu’il est officiellement devenu président, la foule s’est mise à hurler, à applaudir et à agiter des drapeaux américains.Les plus jeunes s’embrassaient ou levaient le poing en l’air en signe de victoire.«Je suis venu assister à ce moment historique», a déclaré Sebastian Ingram, un Africain-Américain de 44 ans originaire de (Alabama et résidant en Espagne depuis deux ans.Des rassemblements ont aussi eu lieu dans plusieurs villes de France.Quelque 200 personnes se sont réunies à la mairie d’Argenteuil, dans la banlieue de Paris, pour assister à la retransmission sur écran géant de l’investiture, saluée par une salve d'applaudissements et des cris de joie.Certains ont même fondu en larmes.Un «Obama Day» avec débats, pop corn, hot dogs et écrans géants a eu lieu à Schiltigheim, en Alsace, où 200 personnes ont fêté l’événement.A Camp Phoenix, base militaire des environs de Kaboul, les soldats américains ont salué par des acclamations et des applaudissements l’investiture de leur nouveau commandant en chef.«C’est un moment de fierté pour nous», a déclaré le général Steven Huber, commandant de la base.«Voir un homme noir devenir commandant en chef.Certains pensaient que cela n’arriverait jamais», a dit le sergent Mike Byrd, lui-même afro-américain.«Maintenant, c’est arrivé et cela apporte beaucoup de joie, le début de l’espoir.» Des retransmissions étaient aussi organisées dans d’autres bases américaines en Afghanistan.En Irak également, l'emotion était grande parmi les militaires américains.A Camp Liberty, une base proche de Bagdad, ils étaient des centaines, massés dans le réfectoire, à regarder la cérémonie.Shawn et Caria Bruce se tenaient la main et des larmes coulaient sur les joues de ce couple africain-américain, tous deux sergents en Irak.«J’ai consacré toute ma vie à mon pays que j’adore, et là, je suis tellement heureux de voir un Africain-Américain devenir président des États-Unis», a déclaré Shawn Bruce.Toujours en Irak, des descendants d’esclaves africains, les «révoltés noirs» du port de Basso-rah, dans le sud, ont distribué gâteaux et bonbons pour fêter l’investiture de Barack Obama.«Des larmes de bonheur coulent des yeux des Noirs d’Irak», a déclaré Jalal Diab, 43 ans, descendant des esclaves originaires de l’Afrique de Test qui se révoltèrent au 9‘ siècle contre le pouvoir des Abbassides.Agence France-Presse « Voir un homme noir devenir commandant en chef.Certains pensaient que cela n’arriverait jamais » Américains et étrangers placent en Obama espoir et fortes attentes Les défis à relever sont nombreux et énormes et le président aura fort à faire pour combler les espoirs jason min mum*Ks Barack Obama prêtant serment hier.' Vv w Washington — Mettre un terme à la crise économique, rétablir l’autorité du pays dans le monde: des Américains, rqais aussi des étrangers, formulaient hier aux Etats-Unis de fortes attentes envers Barack Obama, sans se faille d’illusions sur l’immensité de la tâche.A Washington, David Cole explique espérer du premier président noir des Etats-Unis qu’il unisse la nation, répare le système économique, développe les technologies vertes et assure la sécurité du pays.Mais il reconnaît qu’un tel changement «ne va pas s’effectuer du jour au lendemain».«C’est une occasion formidable, mais il se retrouve face à une tâche énorme», poursuit M.Cole.«Nous devons le laisser souffler un peu.Il ne peut pas marcher sur les eaux.Ca,va prendre du temps.» A New York, Roy Byrd compare la journée, d’hier à une «fête d’anniversaire des États-Unis».Comme un millier de personnes, ce sexagénaire a bravé le froid glacial pour assister à la retransmission de la cérémonie d’investiture sur un écran géant placé sur le campus de l’Université de Columbia.«Regardez dans la foule [à Washington]: tous ces visages différents.Ce n’est pas seulement magnifique, cela illustre la notion de rassembler des personnes [d’origines] diverses.Avec Obama, c’est quelque chose auquel nous pouvons croire», dit-il.«Pour lui, le plus dur va être de transformer cette euphorie en action», prévient M.Byrd.«Ce que je veux qu’il répare, c'est le système éducatif», lance Nefertete Davis, une étudiante en droit de 23 ans venue spécialement de Floride à Washington pour l'occasion, accompagnée de sa mère Ophelia.Cette dernière, 62 ans, veut quant à elle que le nouveau président réfprme le système de santé.Egalement arrivé de Floride, Joe Marques brandit avec des amis une bannière «Cubains pour Obama».Le nouveau locataire de la Mai- son-Blanche, dit-il, «va changer l’état des choses avec Cuba», sous embargo américain depuis près d’un demi-siècle à la suite de la révolution castriste.«C’est ce que nous voulons, nous voulons du changement à Cuba, de la démocratie à Cuba, Obama peut vraiment faire la différence avec Cuba, pas comme Bush», assure ce jeune homme de 25 ans.Des étrangers présents au milieu des millions d’Américains fêtant leur nouveau président faisaient écho à la liesse et à l’espoir suscités par M.Obama.«Nous espérons de meilleures choses pour Obama et le monde, de meilleures relations.Il peut être un vrai dirigeant», avance Jacqueline Stoff, une étudiante française de 21 ans, en expliquant avoir retardé son retour dans son pays pour assister à l’investiture.«Demain, je rentrerai chez moi heureuse et pleine d’espoir», poursuit-elle.Mêmes espérances chez Juan Guerrero, un Equatorien lui aussi présent à Washington, et qui veut croire que M.Obama va réussir à faire cesser la crise économique mondiale, tout en promouvant les relations avec la communauté internationale.«Je lui demanderais de réparer l’économie, mais de ne pas oublier les affaires étrangères», insiste-t-il.«Je pense que si vous vous entendez bien avec vos voisins, l’économie se rétablira.» Pedro Guttierez, un avocat mexicain de , 33 ans, lui aussi parmi la foule du Mail, l’immense esplanade du centre de Washington, dit s’être senti obligé de participer à un «jour historique».Mais interrogé sur ce qu’il attend d’Obama, * il répond prudemment: «beaucoup, peut-être ' trop».Agence France-Presse ?« Nous devons le laisser souffler un peu.Il ne peut pas marcher sur les eaux.Ca va prendre du temps.» I f I) K VOIR M E R ACTUALITES Droits humains Troublantes coïncidences Québec accusé de mener une consultation bidon ALEXANDRE SHIELDS Plus d’une dizaine d’organismes qui participaient hier à la consultation organisée par le ministère des Relations internationales du Québec en prévision de l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sont partis en claquant la porte.Ils affirment que l’exercice était tout simplement «inutile», notamment parce qu’il est survenu trop tard pour être pris en compte.«Les représentants gouvernementaux tenaient la consultation seulement pour entendre les groupes, et non pour répondre de leurs obligations en matière de droits de la personne, a par la suite expliqué la présidente de la ligue des droits et libertés, Nicole Fillion.Une vraie consultation devrait impliquer un dialogue où les représentants gouvernementaux sont mandatés pour rendre des comptes quant à l’application des droits de la personne.» Ladite consultation était organisée dans le cadre du nouvel Examen périodique universel auquel sont soumis les 192 pays membres des Nations unies.Le Canada, lui, comparaîtra devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU le 3 février prochain pour y répondre de ses réalisations en matière de droits de la personne.Le Québec a donc fourni à Ottawa «des éléments» qui ont été intégrés dans le rapport fédéral.Le document canadien devait toutefois être envoyé au plus tard à la fin de novembre.Le gouvernement québécois a bien envoyé certaines informations, a-t-on dit hier au ministère des Relations internationales, mais la tenue de deux élections au cours de l’automne a rendu toute consultation des organismes sociaux impossible.On dit d’ailleurs vouloir améliorer les façons de faire à l’avenir.Les groupes qui ont claqué la porte hier, parmi lesquels on trouve Amnistie internationale Canada, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, le Réseau Solidarité Itiné- rance du Québec et le Front commun des personnes assistées sociales du Québec, rejettent cette justification.Mme Fil-lion a d’ailleurs rappelé que le Canada savait depuis septembre 2007 qu’il allait être soumis à un examen en février de cette année.A Québec, on a toutefois dit être au courant seulement depuis août 2008.A Ottawa, on a bien tenu des rencontres, mais il n’a pas été possible d’obtenir de précisions à ce sujet hier.Chose certaine, les organisations estiment qu’elles ne répondaient nullement à ce que souhaitait le Conseil des droits?de l’homme, à savoir que les Etats devaient «procéder à des consultations de grande envergure au niveau national avec toutes les parties prenantes» pour rassembler les renseignements compris dans leur rapport Elles souhaitent donc la mise en place d’un «mécanisme réel de consultation permettant d'améliorer l’application des droits de la personne au pays».Les groupes exigent en outre que le Canada et le Québec «s’engagent clairement à agir en fonction des différentes recommandations formulées depuis plusieurs années par les différents comités de surveillance de l’ONU».Le Canada, a par exemple rappelé Nicole Fillion, n’a pas signé la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.Et dans un rapport datant d’octobre 2005, le Comité des droits de l’homme de l’ONU le blâmait pour son inaction en matière de discrimination envers les femmes autochtones et les détenues, mais aussi pour les répercussions négatives sur les femmes des compressions à l’aide sociale et aux programmes sociaux.Il reste aussi au Québec à «assurer que les droits économiques et sociaux soient intégrés dans la Charte québécoise, mais en leur accordant la primauté sur les autres lois québécoises», a souligné Mme Fillion.Le Devoir EN BREF Beurre d’arachide contaminé Après les fromages et les charcuteries, c’est désormais au tour du beurre d’arachide biologique de se retrouver dans la mire de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).Hier, l’organisme fédéral a mis en garde la population contre la présence possible de la bactérie Salmonella, à l’origine de toxi-infections alimentaires, dans plusieurs aliments à bas,e d’arachides, produits aux Etats-Unis et distribués au Canada.Le beurre d’arachide bio de marque Nature’s Path (avec date de péremption: 01OCT09), les biscuits bio aux brisures de chocolat (date: 2009SE07) et la barre tendre Builder’s (date: 2009JU20/2009AU20) de marque Clif Bar sont entre autres touchés par ce rappel volontaire d’aliments dont les détails ont été diffusés hier sur le site de l’agence (www.inspection.gc.ca).-Le Devoir Ottawa enquête sur la crise de h Listeria Le premier ministre, Stephen Harper, a annoncé hier la nomination de Sheila Weatherill, une spécialiste en santé publique de l’Alberta, à titre d’enquêtrice indépendante chargée d’examiner les causes de l’éclosion de la bactérie Listeria monocytogenes, survenue l’été dernier, dans des viandes d’une usine de la compagnie Aliments Maple Leaf.Sans plus de détails sur cette enquête, le bureau du premier ministre a insisté toutefois sur la compétence de Mme Weatherill pour faire l’autopsie de cette crise sanitaire importante qui a causé la mort d’une vingtaine de personnes au pays, en plus d’engendrer des pertes de 40 millions de dollars au géant canadien de l’alimentation transformée.- Le Devoir Nous avons fait le grand saut ! i % rie nouvelle firme de propriété intellectuelle est née! BEN0IT&C0TE •non et f rance Cote O., Btiroau 210, Montréal, Qc H ) 658-4844 - www.benolt-cote.com 07- 10-02 : le FBI interroge Khadr; 08- 10-02 : Arar est expulsé en Syrie COLIN PERKEL Guantanamo Bay, Cuba — Omar Khadr a identifié le Canadien Maher Arar à partir d’une photpgraphie la veille du jour où les Etats-Unis l’ont expulsé en Syrie, où il a été torturé, selon un agent du FBI qui témoignait mardi — une succession d’événements qualifiée, avec dérision, A'«étonmnte coïncidence» par l’avocat d’Omar Khadr.Dans une déclaration qui contrastait avec le témoignage qu’il a livré la veille, l’agent Robert Fuller a dit à l’audience préliminaire d’Omar Khadr, accusé de crimes de guerre à Guantanamo Bay, que le jeune Canadien n’a pas pu identifier immédiatement Maher Arar lorsqu’on lui a présenté une photographie de l’ingénieur en logiciels d’Ottawa, mais qu’il a dit que son vi- sage lui paraissait familier.Contre-interrogé, l’agent Fuller a ajouté qu’il avait donné à Omar Khadr quelques minutes pour réfléchir à la photo et sur l’endroit où il aurait pu apercevoir l’homme sur la photo.Après quelques instants, Omar Khadr a identifié Maher Arar.L’agent Fuller a questionné le jeune Khadr, qui venait d’avoir 16 ans, à cinq reprises en octobre à la prison américaine de Ba-gram, en Afghanistan, où l’adolescent blessé a été emmené à la suite de combats, en juillet 2002.L’unique objectif de l’entrevue du 7 octobre — le premier des cinq interrogatoires — était de vérifier si Omar Khadr pouvait en fait identifier Maher Arar.Omar Khadr, qui est né à Toronto, a déclaré à ceux qui l’interrogeaient qu’il n’avait jamais vu M.Arar au Canada, mais qu’il l’avait aperçu à plusieurs reprises dans un repaire d’Al-Qaïda à Kaboul, et peut-être aussi dans un camp d’entraînement à l’extérieur de la capitale afghane.Le refuge était dirigé par un militant connu d’Al-Qaïda, Abu Musab al-Siri, un Syrien considéré comme un important stratège d'Al-Qaïda.M.Fuller a soutenu qu’il ignorait, à ce moment, que Maher Arar avait été détenu à New York deux semaines plus tôt, et qu’il qe savait pas non plus que les Etats-Unis avaient remis M.Arar à la Syrie le 8 octobre, plutôt que de le renvoyer au Canada, comme l’aurait exigé la procédure normale.L’agent du FBI a assuré qu’il ne savait pas si les informations qu’il avait récoltées auprès de Khadr avaient joué un rôle dans l’extradition de Maher Arar en Syrie.Sur un ton sarcastique, le lieutenant-commandant Bill Kuebler, qui défend Omar Khadr devant la commission militaire américaine, a qualifié d’«étonnante coïncidence» l’extradition de M.Arar en Syrie 24 heures après l’interrogatoire.M.Arar a toujours nié s’être rendu en Afghanistan.Une commission d’enquête a finalement conclu qu’il n’avait aucun lien avec des terroristes, et le gouvernement fédéral lui a versé une indemnité de 10,5 millions $.Kerry Pither, ancienne porte-parole de M.Arar, a déclaré hier que les tactiques du FBI étaient «immorales» et «franchement désespérées», et que le témoignage du FBI visait à «induire en erreur» Maher Arar et à lui nuire.La Presse canadienne Les droits et obligations des conjoints de fait après une séparation Une bataille de riches au profit des plus pauvres L’avocate de madame inscrit la cause de sa cliente dans un débat social plus large BRIAN MYLES La popularité grandissante des unions libres au Québec fait en sorte que de plus en plus de conjoints se retrouvent pratiquement à la rue après une rupture, une situation décriée hier par Anne-France Goldwater, l’avocate d’une dame qui réclame plus de 50 millions de son ex-conjoint «Ce n’est pas de cette dame qu’il est question, mais de la masse des conjoints de fait qui se trouvent dans une situation tout à fait particulière, sans protection», a fait valoir Me Goldwater hier à la juge de la Cour supérieure Carole Hallée.En effet, le tiers des couples vivent en union de fait au Québec, et près des deux tiers des enfants naissent en dehors des liens du mariage.En région, la proportion des enfants nés d’une union libre grimpe même à 85 %, selon les expertises commandées par M' Goldwater dans cette cause.«On est en train d’accorder de moins en moins de protection à de plus en plus de femmes qui sont mères déplus en plus d’enfants au fil des années», a déploré Mp Goldwater lors d’un bref point de presse.«C’est devenu tellement commun pour le commun des mortels de s’unir sans passer par la formalité du mariage que ça devient un non-sens de dire qu’une personne est rebelle en exerçant le choix de ne pas se marier», a-t-elle ajouté en cour.Selon Me Goldwater, l’adage juridique du XVIL siècle du juriste français Antoine Loysel, selon lequel «boire, manger et coucher ensemble, c’est le mariage il me semble», devrait prévaloir dans le Québec d’aujourd’hui.Le témoignage de la requérante, une mère de trois enfants séparée depuis 2002, s’est terminé hier matin, et le litige entre pleinement dans la phase des arguments constitutionnels.En vertu du Code civil, les conjoints de fait ne peuvent réclamer une aide alimentaire ou un partage du patrimoine familial lors d’une séparation.Pour les conjoints dûment mariés, c’est tout à fait l’inverse.Si la requérante ob- tient gain de cause, les conjoints de fait qui ont vécu ensemble plus de trois ans (sans enfant) ou plus d’un an (avec un enfant né de leur union) seraient traités sur un pied d’égalité avec les conjoints mariés lors de la séparation.La femme dont il est question reçoit une pension de 35 000 $ nets par mois pour l’éducation des enfants.Son ex-conjoint lui a fourni une résidence de 2,4 millions de dollars avec du personnel (cuisinier, chauffeur, deux nourrices et un tuteur pour les enfants), mais il ne lui a pas donné un sou de sa fortune lors de leur séparation, après sept ans de vie commune dans un indicible luxe.La dame a indiqué en contre-interrogatoire que le montant de 50 millions réclamé à son exconjoint ne constitue qu’une partie bien modeste de sa fortune.Quant à l’aide alimentaire mensuelle de 56 000 $ nets qu’elle exige pour elle-même (en sus de la pension), il s’agirait d’une somme équivalant à ses dépenses mensuelles lorsqu’elle était en couple.La dame a éprouvé du mal à justifier le montant.Elle a par ailleurs confirmé qu’elle avait aussi demandé un hélicoptère à son ex-conjoint.Selon Mc Goldwater, il ne faut pas perdre de vue que les retombées de la cause pourraient bénéficier à toutes les mères de famille monoparentale qui peinent à joindre les deux bouts après la dissolution d’une union de fait.Celles-ci n’auraient pas les moyens de mener une telle bataille, qui coûte plus d’un million (les frais juridiques de madame sont assumés par son ami, l’homme d’affaires Hebert Black).«On a huit avocats contre nous.Quelle femme va être capable de financer un tel débat?Une cause comme celle-là au Québec arrive une fois dans la vie, parce que c’est une chance de dire au gouvernement du Québec que c’est un scandale [de ne pas accorder de droits aux conjoints de fait]», lance M' Goldwater.Le Devoir Les cégeps ont relevé le défi de la réforme AMÉLIE DAOUST-BOISVERT Les cégeps doivent se rapprocher davantage des milieux de travail et des universités, selon la Commission d’évaluation de l’enseignement collégial, qui rendait public hier son rapport.En conférence de presse, la présidente de la commission, Nicole Lafleur, a conclu que les cégeps ont dans l’ensemble, relevé le défi de la réforme.Ainsi, les cégeps devront mieux ajuster leurs programmes de formation pour s'assurer que les étudiants sont mieux préparés à poursuivre leurs études et à répondre aux besoins de leur futur employeur, selon la commission, qui a dressé une évaluation des programmes mis en place avec la réforme du niveau collégial.Cette réforme met l’accent sur l’apprentissage de compétences, et non de connaissances comme auparavant Réagissant à cette annonce, les syndicats des différents professionnels œuvrant au collégial (la Centrale des syndicats du Québec, la Fédération du personnel professionnel des collèges, la Fédération des enseignantes et enseignants du cégep et la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur) ont exprimé leur scepticisme devant ces conclusions.Ils jugent que ce sont plutôt les milieux de travail qui s’intéressent trop peu aux cégeps.«C’est peut-être plus aux milieux de travail de changer leur attitude, de même qu’aux universités qui montrent un intérêt insuffisant à l’égard des collèges», ont dit les présidents de ces syndicats par voie de communiqué.Ils attribuent également la réussite de la réforme au collégial à l'engagement du personnel dans un «contexte difficile de manque de ressources et de coupes budgétaires qu’il faudra corriger si on ne veut pas mettre en péril la nouvelle approche pédagogique».Les auteurs du rapport demeurent cependant très vagues sur le type d’améliorations à apporter aux programmes existants.Le processus d’évaluation des nouveaux programmes a été mené auprès d’une soixantaine de cégeps, publics et privés, au cours des quatre dernières années.Le Devoir Avec La Presse canadienne EN BREF Rendez l’argent! Québec — Henri-Paul Rousseau doit rembourser la généreuse indemnité qu’il a touchée après avoir démissionné de son poste de président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a fait valoir hier le député Amir Khadir.Le seul représentant de Québec solidaire à l'Assemblée nationale s’insurge contre la prime de «fin d’emploi» de 378 650 $ empochée par M.Rousseau lorsqu’il a quitté la Caisse, l’été dernier, pour accepter de nouvelles fonctions chez Power Corporation.M.Kliadir juge non seulement le montant versé démesuré, mais aussi tout à fait injustifié compte tenu de l’héritage laissé par M.Rousseau après six ans à la tète de la Caisse de dépôt.«H a très mal agi.Quelles que soient ses compétences, il s’est laissé embobiner par le mirage des papiers commerciaux», a dénoncé, en entrevue à la Presse Canadienne, le député de Mercier au sujet des 13 milliards de dollars de PCAA détenus par la Caisse de dépôt.- La Presse canadienne Duceppe croit que la coalition est encore solide KATHLEEN LÉVESQUE \ A moins d’une semaine de la reprise des travaux à la Chambre des communes, la coalition politique entre libéraux et néodémocrates, appuyée par le Bloc québécois, est toujours aussi soüde, estime le chef bloquiste, Gilles Duceppe.Du coup, M.Duceppe croit que le discours de son homologue libéral, Michael Ignatieff, n’a pas fléchi.C’est ce qu’a déclaré hier le chef du Bloc québécois en marge du caucus de son parti qui se déroule à Montréal, en vue de la rentrée parlementaire.«L’état des choses est le même qu’il était quand on s’est laissés», a-t-il lancé.Quant aux déclarations du leader libéral en début de semaine qui pouvaient laisser croire que le PLC pourrait appuyer le budget que le ministre Jim Flaherty déposera mardi prochain, Gilles Duceppe croit, au contraire, que Michael Ignatieff maintient le cap.«Je pense qu’il a dit qu’il regarderait le budget à la lumière des propositions de la coalition.Moi aussi.Qu’il le commenterait une fois qu’il l’aura vu.Ça me semble logique.[.] Parlons de faits.Moi, je ne suis pas sur les sensations», a affirmé M.Duceppe.Selon ce dernier, M.Ignatieff n’a pas baissé les attentes par rapport au budget des conservateurs, d’autant qu’il continue de brandir les demandes de la coalition en matière de soutien de l’économie.Un plan d’aide au secteur manufacturier, le rétablissement des programmes de soutien à la culture, la bonification du régime d’assurance-emploi, l’aide aux travailleurs âgés, l’application de l’accord de Kyoto demeurent des éléments qui dirigent les décisions des trois partis d’opposition.Pour ce qui est de la baisse d’impôt proposée par Stephen Harper, M.Duceppe n’en voit pas l’utilité, sinon de favoriser les bien nantis et les grandes entreprises comme les pétrolières.Gilles Duceppe prévoit avoir des discussions avec ses vis-à-vis libéral et néodémocrate dans les prochains jours.Dans l’immédiat, les députés du Bloc, réunis jusqu’à aujourd’hui en caucus présessionnel, doivent discuter de stratégie.«On regardera les différents scénarios possibles [.] Il faut préparer toutes les éventualités», a souligné M.Duceppe.Selon lui, tous les scénarios sont envisagés, de l’adoption du budget Flaherty à son rejet qui pourrait entraîner le déclenchement d’élections générales ou l’installation de la coalition gouvernementale.S’il devait y avoir un nouveau scrutin, le Bloc se dit prêt à se lancer dans la bataille.Le Devoir ? LE DEVOIR, LE MERCREDI 21 JANVIER 2 O O 0 ACTUALITES Le défi afghan Il y aura un an demain, le groupe de travail sur l’Afghanistan, présidé par l’ancien ministre libéral John Manley, remettait son rapport au gouvernement Harper.Il recommandait la poursuite de la mission militaire dans la province de Kandahar jusqu’à une date indéterminée, à la condition cependant que les alliés du Canada offrent des renforts.Ce rapport a ouvert la voie à une résolution de compromis, inspirée par les libéraux, et à un vote l’hiver dernier en faveur de la prolongation de la mission jusqu’à la fin de 2011.N’eût été cette décision et celle des Américains d’envoyer des soldats appuyer les Canadiens, la mission aurait pris fin le mois prochain.L’échéance de décembre 2011 est-elle pour autant définitive?L’arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche laisse planer un doute à cet égard.Comme il l’a encore indiqué hier dans son discours d’investiture, il veut quitter l’Irak «de façon responsable» pour «forger une paix durement gagnée en Afghanistan».Le nouveau président l’a maintes fois répété.Une fois hors d’Irak, il veut concentrer les troupes américaines en Afghanistan, car ce front représente à ses yeux le cœur de la lutte contre le terrorisme.Il souhaite cependant que cela s’accompagne d'un renforcement de l’OTAN, qui dirige la mission afghane, et d’une contribution accrue de ses membres aux «opérations de sécurité collective».Certains craignent que cela se traduise par des pressions nouvelles sur le Canada pour qu’il prolonge au-delà de décembre 2011 une mission qui a déjà coûté la vie à un diplomate et à 107 militaires.Derek Burney, un des auteurs du rapport Manley, ne partage pas cette inquiétude.Lupdi, à Ottawa, il notait que les Etats-Unis reconnaissent que le Canada a déjà fait plus que sa part.De plus, le Canada pourrait en faire davantage sans remettre en question le retrait de ses troupes.Pour user de l’influence gagnée au cours des dernières années, il devra cependant faire preuve d’imagination.?Après que le rapport Man-ley eut critiqué le manque de transparence du gouvernement Harper, ce dernier a levé un peu plus le voile sur les efforts humanitaires actuels du Canada.Il s’est cependant montré beaucoup moins loquace sur un possible plan de retrait.Aucun débat n’a encore eu lieu à ce sujet.Le même brouillard entoure ses intentions diplomatiques.L’arrivée d’Obama pourrait donc forcer Ottawa à clarifier ses intentions à moyen terme à l’égard de l'Afghanistan.S’il tient à respecter l’échéance de 2011, il devra dire comment il entend procéder à son retrait.Et s’il veut continuer à être un joueur dans ce pays, il devra indiquer ce qu’il compte faire sur les plans humanitaire, politique et diplomatique.En d’autres mots, comment il prévoit soutenir les Américains et les Afghans autrement que par les armes.La décision de Barack Obama de nommer un envoyé spécial auprès de l’Afghanistan et des pays voisins, en particulier le Pakistan, offre une occasion, croit Derek Burney.Tout comme l’inquiétude de Washington devant la fragilité du gouvernement Karzaï.Le Canada peut offrir son aide, dit l’ancien ambassadeur, pour soutenir l’initiative diplomatique américaine et renforcer le gouvernement afghan.?Lors de sa comparution devant le comité sénatorial chargé de confirmer sa nomina-tio,n au poste de secrétaire d’Etat, Hillary Clinton a fait mention du Canada.Le président Obama a confirmé qu’il ferait son premier voyage officiel à Ottawa.En un mot, le Canada a évité de faire la queue pour se faire entendre.Le premier ministre Harper se réjouissait encore hier «à la perspective de collaborer avec le président Obama et son administration dans la poursuite de cette relation spéciale» entre le Canada et les Etats-Unis.Mais si M.Harper veut avoir l’oreille des Etats-Unis lorsqu’il évoquera ses préoccupations en matière d’environnement, d’énergie, de relations commerciales ou encore en ce qui a trait à la congestion à la frontière, il devra manifester une ouverture équivalente à l’endroit d’Obama et de ses priorités.L’une d’elles est l’Afghanistan.Et si le premier ministre ne veut pas se faire souffler la réponse, il devra avoir la sienne.Une première rencontre entre chefs de gouvernement sert à jeter les bases d’une relation constructive.Ce n’est pas l’occasion de sortir sa liste de vieux différends ou d’exiger des réponses rapides.Mais la question de l’Afghanistan reviendra vite sur le tapis puisque le sommet annuel de l’OTAN est prévu pour avril.Si le Canada ne veut pas être simplement figurant d’un spectacle pour lequel il a déjà lourdement payé, il doit faire preuve d’esprit d’initiative et avancer des idées qui se font toujours attendre.mcornellier@ledevoir.com Manon CORNELLIER Le défi du Canada: vendre le pétrole de l’Alberta à Obama, dit Prentice Le ministre de l’Environnement tient des propos incompatibles avec son rôle, disent des environnementalistes NICKY LOI! REUTERS MICHAEL OLIVEIRA Toronto — Le jour même où le nouveau président américain Barack Obama parlait de harnacher la puissance solaire et éolienne pour alimenter en énergie les véhicules et les industries, le Canada annonçait qu’il cherchera à conclure un accord bilatéral avec la nouvelle administration à Washington afin de coordonner les plans environnementaux des deux pays et fournir aux Etats-Unis le pétrole dont le pays a besoin.Il faut démontrer aux Américains que la solution à leurs préoccupations énergétiques se trouve au Canada, dans les sables bitumineux de l’Alberta, a soutenu hier le ministre fédéral de l’Environnement, Jim Prentice, qui est aussi responsable des oléoducs.Un tel accord bilatéral pourrait prévoir de nouvelles règles, comme un mécanisme commun d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre (GES), des normes plus sévères et des objectifs de développement de sources d’énergie propre, a dit le ministre.S’exprimant à l’occasion d’une réunion du Conseil canadien des chefs d’entreprise, M.Prentice a ajouté que le Canada, même s’il joue déjà un rôle important, est en mesure de jouer un rôle accru dans l’approvisionnement de l’Amérique du Nord en énergie.Le ministre a assuré son auditoire que l’accord potentiel ne nui- rait pas aux entreprises pétrolières canadiennes.Des observateurs se demandent comment le député de Calgary peut représenter équitablement les intérêts de l’environnement et des oléoducs, simultanément.«Ce que nous avons vu du présent gouvernement nous laisse croire que la promotion d’énergie polluante est l’un de ses principaux objectifs en politique étrangère», a commenté Stephen Hazell, directeur du Sierra Club Canada.M.Prentice est «l’exact opposé d’un ministre de l’Environnement», a-t-il ajouté.L’organisme de défense de l’environnement est l’un des sept groupes qui ont envoyé une lettre à Barack Obama, il y a une semaine, pour lui demander de rester fidèle à sa campagne contre le pétrole «sale» et d’accueillir avec scepticisme les préten-tions des promoteurs des sources albertaines d’énergie.Lundi, l’ambassadeur du Canada aux Etats-Unis, Michael Wilson, avait déclaré qu’un des plus grands défis d’Ottawa serait de convaincre la nouvelle administration à Washington que le Canada est capable de produire du pétrole issu de procédés moins polluants.Hier, le ministre Prentice a défendu les sables bitumineux de l’Alberta en indiquant que les Américains, comme les Canadiens, constateront que cette source d’énergie sera importante dans l’avenir.La Presse canadienne Jim Prentice Le président américain a eu vent de l’industrie éolienne québécoise ISABELLE PORTER Québec — Le président du manufacturier québécois d’éoliennes AAER, Dave Gagnon, a pu passer une demi-heure vendredi en compagnie du président Obama, lors d’une rencontre sur les énergies renouvelables en Ohio.Basée à Bromont, en Estrie, AAER se spécialise dans la fabrication de turbines éoliennes.Fondée en 2000, cette entreprise cotée à la Bourse de croissance TSX compte une centaine d’employés.«J’ai vécu une expérience formidable.J’étais le seul Canadien autour de la table.C’était gratifiant», a déclaré M.Gagnon au Devoir deux jours après la rencontre.La rencontre s’est déroulée vendredi dans le cadre d’une visite de l’usine Cardinal Fastener de Bedford Heights, une compa- gnie manufacturière perçue par l’équipe Obama comme emblématique du développement de l’industrie verte aux Etats-Unis.Dans le passé, cette entreprise fournissait des pièces pour des compagnies comme John Deere et Caterpillar.Mais, confrontée au ralentissement, Cardinal Fastener s’est réorientée avec succès vers la fourniture de pièces pour les manufacturiers de turbines éoliennes.Elle vend notamment des boulons à la québécoise AAER.«Obama veut montrer qu’il est possible pour une entreprise traditionnelle de se reconvertir dam des secteurs renouvelables.\.)John Grabner, le président de Cardinal, a parlé de nous à son équipe.Cela leur a beaucoup plu parce que nous sommes la seule organisation en Amérique du Nord à fabriquer ces nacelles ici.Les autres entreprises les font venir d’Europe.» M.Gagnon et la poignée de p-d.g.d'entreprises éoliennes invités ont passé une demi-heure avec le président élu Obama avant son allocution sur le American Recovery and Reinvestment Plan, un plan de 54 milliards de dollars visant à doubler la production d’énergies alternatives et à créer un demi-million d’emplois dans ce secteur.«Les échanges ont été cordiaux.M.Obama nous a expliqué pourquoi les énergies renouvelables étaient si importantes, selon lui, pour relancer l’économie américaine.Pour nous, c’est une excellente nouvelle.Nous avons un positionnement très intéressant avec deux filiales aux Etats-Unis et des clients comme l’armée américaine.» Lorsque Le Devoir lui a demandé si le président Obama correspondait à l’image qu’il s’en faisait auparavant, il a ré- pondu par l’affirmative.«Il est comme je l’imaginais.C’est un homme avec beaucoup d’énergie et une vision.J’ai senti qu’il avait des idées arrêtées et très claires sur ce qu 'il voulait faire.Il veut en faire une industrie forte en Amérique du Nord et pour nous, c’est très positif.» Paradoxalement, M.Gagnon n’a jamais eu l’occasion d’avoir de tels échanges avec nos dirigeants politiques.«Je n’ai jamais rencontré M.Harper; sinon j’ai rencontré M.Charest en mars 2003, lors d’une rencontre Québec-Bavière puisque notre compagnie avait annoncé des transferts technologiques avec l’Allemagne.Mais disons que je n’ai jamais pu m’entretenir avec M.Charest comme je l’ai fait avec M.Obama.C'est quand même assez ironique!» Le Devoir EN BREF Ottawa — La toute première gouverneure générale noire du Canada, Michaëlle Jean, a salué à sa façon à Rideau Hall l’arrivée du premier président afro-américain à la Maison-Blanche.C’est en compagnie d’une centaine de jeunes, invités dans sa résidence officielle pour l’occasion, que Mme Jean a choisi de regarder la cérémonie d’investiture de Barack Obama, un événement qu’elle a décrit comme «une vague d’espoir qui [.] atteint en plein cœur».Elle a accueilli les étudiants par un discours insistant sur la «signification symbolique» de ce changement de garde à Washington et sur le désir d’assister à la naissance d’un monde plus juste.«C’est une nouvelle page de l’histoire des civilisations qui s’écrit sous nos yeux et qui répond aux vœux de tant de jeunes, de femmes et d’hommes, de tous les horizons et de toutes les allégeances, de voir notre monde devenir plus juste et plus humain», a lancé Mme Jean.«Nous nous réjouissons de l'accueillir bientôt au Canada, dans le cadre de son pnv mier voyage officiel», a-t-elle conclu.- La Presse canadienne O O rN > (V (N TO ^0\R AUTRE/V,f
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