Le devoir, 11 décembre 2004, Cahier E
DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET L E Un party plutôt raté.Page E 3 D E < E M R R E D I M A X l H E O O I DE VISU Michel Goulet, artiste collectionneur Page E 6 llpjpPi ^Taiao-j^ 3T^uj n| |auan aq Il IRA 1-ABRIK r''1rWj £ % l.ms l Lorganis.ition ih' L'Xpt'MlUMl = 'O Compléments d’objets ISABELLE PORTER Vous savez, pour l’écrivain, les textes naissent souvent d’une image ou d’un objet et toute l’histoire se greffe autour.J'ai remarqué en lisant les textes des autres que chaque fois l’objet déclenche m imaginaire.Pour un écrivain, ce n’est pas quelque chose de complètement étranger», remarquait monsieur G, l’écrivain Jean-Claude Germain, avant de nous entretenir de son grille-pain à douze places et du texte qui y est associé.«Ce grille-pain avait une connotation face à l’histoire parce qu’il avait servi à l’Assemblée législative.Il a évoqué pour moi toute l’époque d’Alexandre Taschereau.Vous savez, ce n’est pas Duplessis qui a inventé la corruption, c’est vraiment Taschereau! Duplessis s’est contenté, disons, de la raffiner.Lorsqu’on voit un toaster comme ça, on pense immédiatement a la richesse, alors que les grosses familles, elles, n’avaient pas de toaster parce que c’était trop cher Je trouvais qu’il y avait un rapport à faire entre cette époque terrible et l’Assemblée et ses députés qui avaient un gros toaster.» Mariages parfaits et contre-emplois Les 26 auteurs de ce drôle d’abécédaire ont chacun consacré à leur objet un texte d’une vingtaine de lignes.Les œuvres ont été retranscrites sur de grands panneaux transparents, derrière lesquels on peut voir les objets en question.Meubles, jouets, décorations, métiers d’art, la plupart des objets renvoient à la vie quotidienne du Québec d’antan.Certains auteurs déjà abonnés à l’évocation de notre passé paraissaient tout désignés pour se prêter à l’exercice.Demander à une Arlette Cousture de s’inspirer d’un vieux couvre-lit de 1850 ou à un Claude Jasmin, des vertus d’un jukebox de la fin des années 1940 relevait presque de la tautologie.Mais l’alphabet n’est pas toujours ac- CO CM objets en quête d’auteurs donne lieu à de belles trouvailles au Musée de la civilisation Le Musée de la civilisation a eu la bonne idée de faire appel à des écrivains pour mettre en valeur ses collections.Prisonniers de la première lettre de leur nom, les auteurs ont été associés à un objet duquel ils se sont inspirés pour pondre un texte.François Avard a hérité d’une armoire, Josée Blanchette, des bottes Wellington, et on a même trouvé un auteur pour aller avec le beau xylophone du Sénégal.commodant et on ne pouvait pas confier l’oiseau naturalisé empaillé à Pierre Morency.L’auteure Francine OpeÙette estimait quand même être bien tombée: «Étant donné que je suis pilote, j’ai toujours été fascinée par les oiseaux et celui-là, le paradisier, il est magnifique.Quand on m’a proposé ça, je l’ai tout de suite traité comme un personnage.[.] J’ai voyagé dans le temps, dans l’imaginaire des humains qui pensaient que c’était un oiseau qui n'avait pas de pattes, qui était tout le temps dans le ciel.» Plusieurs auteurs ont usé de cette approche prêtant vie à une horloge ou encore à un uniforme de zouave pontifical.D’autres, comme Arlette Cousture, se sont plu à imaginer les artisans derrière les objets.Tous les styles y passent, de la fiction au texte d’humeur en passant par le succulent poème de dix pieds de Guy Fournier à la manière de Voltaire, sur l’un des objets les plus saugrenus de l’ensemble: un fauteuil percé de style Louis XIII.«Je ne voyais pas trop à qui d’autre je pouvais confier un fauteuil percé», nous disait la coordonnatrice du projet, Cécile Ouellet, risiblement fière du résultat «Qu’avons-nou$ fait, mon Dieu!pour qu’aujourd’hui / A trôner seuls nous en soyons réduits, / Nous soulageant dans d’étroits cagibis / Comme si chier était un vil délit?», commence l’écrivain qui, risiblement, s’intéresse non seulement aux recettes mais à toutes leô étapes de la digestion.A côté de ces mariages parfaits, la coordonnatrice s’est quand même permis certains contre-emplois: «Pour François Avard, je voulais créer un contraste avec Les Bougon, je ne voulais pas lui donner un objet ridicule.» D’où cette armoire avec laquelle le principal intéressé ne savait pas trop quoi faire.De la lettre A, l’auteur a plutôt saisi l’autodérision.«J’ai voulu exprimer dans le texte ce que je vivais personnellement.J’étais dans une espèce de tourbillon qui faisait que je passais de l’ombre à la lumière, que soudain, à cause des Bougon, je devenais notoire, et le Musée de la civilisation, au lieu d’appeler Gilles Archambault ou Nelly Arcand — quoi qu’ils l’ont peut-être fait, mais je ne le sais pas —, m’ont demandé à moi défaire ce texte-là.Ça parte de ce que j’ai ressenti par rapport à la jobine d’écrire un texte plutôt que de l’objet en tant que.tel.» À la recherche d’un monsieur X et d’une madame U Les caprices de l’alphabet ont également donné Beu à de belles trouvailles.On s’en doute, certaines lettres ont été plus difficiles à traiter que d’autres.Dans le cas du X, le musée avait bien dans ses caisses un beau xylophone traditionnel, mais pour ce qui était de trouver un auteur québécois dont la lettre commence ainsi.Ce serait donc un X de l’anonymat «On avait pensé à Réjean D charme, évidemment, mais ça n’a Pas été possible.Il ne voulait pas l’écrire; il disait qu’il n’en était pas capable.Alors, VOIR PAGE E 2 : OBJETS Les caprices de l’alphabet ont donné lieu à de belles trouvailles v-,• ¦ • r,Toms ^ DES DISQUES ¦pourH PARTAG '^émotion.LE PÂTRE SUR LE ROCHER BACH : PSAUME 51 et CANTATE 82 Karina Gauvin • Daniel Taylor Les Violons du Roy Bernard Labadie SUZIE LEBLANC MY LOVE IS UKE A RED RED ROSE Chansons de Robert Bums Meredith Hall U Nef PUER NATUS EST Concerto Palatine Studio de musique ancienne de Montréal • Christopher Jackson Meyerbeer • Schubert • Lachner Aline Kutan André Moisan • Louise Andrée Baril La Mer jolie Chants d'Acadie atmaclassique.com E 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DECEMBRE 2 0 0-1 Culture OBJETS JAZZ ET BLUES SUITE DE LA PAGE E 1 je me suis tournée vers Bori et il a accepté tout de suite; mms avons été enchantés de son texte.* A la recherche d’un ou d’une U pour aller avec l’urne, on est allé relancer Barbara Ulrich, muse et conjointe du regretté Gilles Groulx et héroïne de l’emblématique Un chat dans le sac.«Je n’ai aucune reconnaissance ctmme auteure, alors je suis d’autant plus touchée d'être parmi ces écrivains*, nous disait cette femme pour qui l’écriture n’était auparavant qu’un exercice privé.Qui sait?Cette première expérience pourrait ouvrir la porte à toutes sortes de choses.«Depuis, j’ai sorti un carnet et j’ai commencé à écrire et on va voir ce qui arrive», a-t-elle ensuite murmuré.On pourrait poursuivre et vous parler du nécessaire à pique-nique, de l’objet qui va avec Kokis ou de ce qu’a trouvé Michel Tremblay dans un tableau représentant la place Royale.Pour le savoir, il faudra vous rendre sur place ou consulter le bel ouvrage conçu à partir de l’exposition.26 OBJETS EN QUÊTE D’AUTEURS Jusqu’au 2 janvier 2006 Au Musee de la civilisation 85, rue Dalhousie, Québec Le retour du fantôme Bill Wyman HJ RA IABRIE/MUSEE DE LA CIVILISATION J comme juke-box comme Jasmin, XX' siècle.SERGE TRUFFAUT La petite histoire du jour est toute contenue dans ce temps qui ne fait rien à l’affaire: quand on est bon, on est bon.Surtout lorsqu’on met son talent au service de l’amusement Au service de ce plaisir qui a ceci de tout simple qu’il est dénué de prétention.Rien de tel que d’entendre des musiciens effeuiller des notes pour eux d’abord, pour nous ensuite.Aujourd’hui, on va vous conter le périple d’un groupe qui a décidé de se faire hara-kiri.Qu’on ne se fasse pas de mouron: ce ne fut pas sanglant Bien au contraire.Ils ont mis un terme à leur aventure pour une raison honorable.Voilà: le succès rencontré en Europe allant grandissant ils étaient devant le dilemme suivant ou bien nous poursuivons et nous sommes obligés de jouer dans les salles immenses, voire dans les stades, ou bien nous arrêtons et ainsi, nous ne tuons pas les savoureux souvenirs récoltés au cours de notre existence d’une dizaine d’années.Les Rhythm & Kings sont morts! Vive les Rhythm & Kings.Because restent les disques et les DVD.Racontons.Un noyau de gentlemans Il était une fois une bande de quinquagénaires qui avaient fait fortune soit avec les Rolling Stones, les Beatles, Procol H arum, Cream, les Blues Flames, Led Zeppelin, les Big Town Playboys, soit en accompagnant Stéphane Grappelli, soit parce qu’on s’appelait Eric Clapton.De cette liste, on doit retenir un nom-Bill Wyman! Tout commence avec lui et son complice guitariste, Terry Taylor, et tout se termine avec eux.Deux ou trois ans après avoir signifié aux Rolling Stones que le temps de sa retraite n’était plus à l’horizon mais dans sa tête, Wyman a eu envie de rigoler avec ses grands amis musiciens.Au passage, on confiera qu’il n’était en rien lymphatique ou inactif.Entre le livre de photos qu’il a consacrées à un de ses amis, le peintre Marc Chagall, et sa passion pour l’archéologie, les cases de temps de l’impassible bassiste des Stones s* ft -1 Dans l’ordre habituel: Bill Wyman, Georj Mark Knopfler et Mike Sanchez.Photo tin Castor astral.SOURCE CASTOR ASTRAL je Fame, Peter Frampton, Albert Lee, Martin Taylor, e de Bill Wyman, Steady Rollin'man, aux Editions du étaient passablement occupées.Mais bon, comme il en restait un peu, de temps évidemment, Wyman a formé un noyau de gentlemans.Lui, Taylor à la guitare, Graham Broad à la batterie, Géorgie Fame à l’orgue et au chant, Albert Lee à la guitare également et Gary Brooker au piano et au chant lui aussi.Ce dernier, au cas où on l’aurait oublié, était et demeure le pivot de Procol Harum.Ils ont pris d’assaut un studio.Puis, comme ils sont tous des instrumentistes aguerris, ils se sont retrouvés, au bout d’une semaine de travail, avec une cinquantaine de morceaux sur ruban.On répète: cinquante morceaux! Imaginez, en moins de deux ou de quatre, vous disposez de quoi faire pratiquement cinq compacts.Sur certains morceaux, Eric Clapton est venu imprimer ses attachements sonores.Sur d’autres, Martin Taylor, l’ancien complice de Stéphane Grappelli, bat le tempo des gitans.Sur d’autres encore, Albert Lee tra- présente mmmmmmtm LE NOUVEAU LOCATAIRE Mme .la pièce Ceremonials, n rendez-vous avec le sacre t le profane en cette période lel'Aventt.) Un show pour as jeunes et les ex-IBunes, nais crisse que çaiouepas m'mj%nchetteL£DEVOIH | «Une expérience à vivre » J.Oespins «C'est bien meilleur le matin» CBFFM 1 « Cérémonials is just the sort of ital, one-of-a-kind creabon iat makes our citysFrench- iitguage theatre scene such a ,em^TmGAZEm | .Loin d'être réconfortante la pièce, savamment structurée est audacieuse et provoque les consciences.» s ^ | « Cérémonials contetue une vive expérience théâtrale qui asse par les sens et va droit 'uv9",re " A.Giguére ICI | de Eugène Ionesco dans une mise en scène de Pascale Tremblay avec Reynald Bouchard, Jacinthe Tremblay, Lilie Bergeron, Antoine Bertrand, Charles Maheux et Pascale Tremblay Avec Lou Babin.Manon Bernard, uuitiaume itioumard.i-rancis uucnarmi Jaques Duouay, Justin Laramee, Genevieve Laroche, Ghislaine Leroux.IsabeUeBiquelon Luc Prou».Jonasz Slovanski et Jean Turcotte .Francis Ducharme.îttéàfrv SSPACf GO 4•l90, bout.Satne-UnirnM SSSo'n'ÏJflufeS I 1-800-361-4595 I Artistîs concepteurs I Dôoo^crslJriesdrecfonaflsÉque:LûusHi±r/Musqué orignaÉKjto | toœssciBKLa(J5rtLavenft#B/Éciarages:Vtetfii^ Du 30 novembre au 18 décembre 2004 Du mardi au samedi à 20 heures au Théâtre PROSPERO 1371, rue Ontario Est, Montréal (514) 526-6582 «Avec £e môMxeéu IocaUUv U T>9*6U Supac ttMdtyvomA Me ( tfaeuioi i éom mtitUaei mm itmaU} - î* ¦ ; tefiipSiSS» " MMm .¦ rV-* " « , ' Tn!v^ ¦ - ; ¦ ;v- .Cette année, l’accrochage de l’exposition des étudiants en arts visuels de l’UQAM se démarque.Le dépouillement ambiant qui règne en règle générale dans les temples blancs été respecté, ce qui valorise les œuvres.JM OUI-S liRKNIKR U- DKVOIK de la culture visuelle a Plages de blanc et autres exercices PARAMETRE Exposition des étudiants de l’école des arts visuels et médiatiques de l’UQAM Galerie de Ï’UQAM 1400, rue Berri, angle Sainte-Catherine Est, salle J-R120 Jusqu’au 18 décembre BERNARD LAMARCHE Tentons cette année, si vous le voulez bien, de raviver en ces pages une tradition qui remonte à des temps immémoriaux.Jadis, bien avant qu’il n’y ait plus que six clubs dans la Ligue nationale de hockey, comme dirait sans doute le collègue Jean Dion, Le Devoir se faisait un honneur de couvrir systématiquement l’exposition des étudiants de l’UQAM en arts plastiques.Comme d’autres traditions, celle-ci s’est étiolée.Elle tente une sorte de retour cette année.C’est pourquoi nous sommes allé du côté de la galerie de l’université du Quartier latin pour voir ce qui se tramait dans la cour des étudiants dont on saura s’ils seront un jour les artistes de demain.La galerie présente donc une vingtaine d’œuvres estudiantines, dont nous ne pouvons rendre compte en totalité ici, choisies par un jury composé d’enseignants et de membres de la communauté artistique de Montréal.Comme chaque année, cette exposition vient couronner les travaux d’automne des étudiants et comme le communiqué le présente, elle «témoigne du professionnalisme auquel ils aspirent».Des prix seront remis, dont les bourses d’excellence de la Fondation McAbbie — décernées selon une approche disciplinaire un brin discutable en notre ère d’interdisciplinarité, soit en sculpture, en peinture et en estampe —, la bourse Hubert-Rousseau et le prix d’excellence Discreet Au strict chapitre du professionnalisme, cet accrochage se démarque.Le dépouillement am- biant qui règne en règle générale dans les temples blancs de la culture visuelle a été respecté.En cela, une tendance forte se cristallise.On se souvient encore du temps où les expositions d’étudiants étaient de généreuses vitrines dans lesquelles les œuvres se contestaient des places chèrement gagnées, d'où un relatif effet de foutoir.En élaguant à ce point, exagérément serait-on tenté de dire, on gagne un contexte susceptible de valoriser des œuvres qui toutes ne savent pas encore soutenir le regard très longtemps, et on perd un esprit festif de bon aloi dans ce genre d’événement.Les deux approches ont leurs bons et leurs mauvais côtés.De la bédé Cette crème de la crème, disons qu’elle a de fortes tendances à puiser dans l’univers de la bande dessinée fantastique ou de science-fiction, à un point tel qu’on a l’impression que Bilal a fait de nombreux petits sur le tard.Plusieurs des œuvres — elles sont essentiellement bidimensionnelles, une surprise — se rapprochent en esprit du graphisme de Ip bédé, de son imagerie glauque.Etienne Jubinville y touche avec sa Séduction acrobatique et Mathieu Gagnon l’aborde avec Ruine technologique, où l’idée de déclin est plutôt bien rendue.En ce sens, faut-il se surprendre que le thème de la ruine, un genre dont les règles classiques proviennent du XVIIe siècle, revient en force en ces temps aussi troubles?L’exercice a-t-il été imposé dans les ateliers?Reste que le thème est tenace: outre Gagnon, Pierre Durette, en estampe, l’aborde avec Dégénérescence et Andrée-Julie Tardif, avec YourNew World of Tomorrow, est aussi sensible à ce type de préoccupation.Flirtant elle aussi avec des atmosphères peu rassurantes, Isabelle Champagne aborde l’univers des motels sur un mode cinématographique.Un personnage est traqué dans un univers d’attente où il est confronté à lui-mème par le truchement de l’ap- APPEL DE DOSSIERS 2006 ARTISTES EN ARTS VISUELS yesi/f CENTRE DE CRÉATIVITÉ Au Gesù-Centre de créativité, les expositions sont regroupées en trois volets : en solo, événements Art sacré et Rencontres inter-culturelles.LE DOSSIER présenté doit inclure : projet d’exposition ; texte sur la démarche ; curriculum vitæ ; revue de presse ; 10 diapositives (date, techniques et dimensions) ; fiche technique qui décrit l'installation ou l’accrochage, ainsi que l’éclairage non conventionnel ; une enveloppe pré-adressée.DATE limite de réception : 18 février 2005 Adresse : Comité de sélection - Arts visuels, Gesù - Centre de créativité, 1200, rue de Bleury, Montréal (Québec) H3B 3J3 Pour information : (514) 861-4378, Ivon Bellavance pareil photo et des miroirs de la chambre.Ailleurs, avec une imagerie plutôt actuelle, Véronique Chartrand oppose une image très «lounge» quelle applique sur un fond tramé d’un motif, une femme à un poste de travail — une machine à coudre?— introduisant par un moyen détourné ce qui peut être vu comme un commentaire politique.Aussi, le commentaire critique est à l’œuvre chez Catherine Girard-Bond, avec ses lutteurs exécutant de drôles de rituels autour d’objets quotidiens, notamment une râpe à fromage.Dans une œuvre, Espace velour, qui exhibe volontairement un aspect de bricole, Alexis Lepage utilise l’icône de la navette spatiale.L’engin spatial est découpé de façon assez brute dans le bois, est fiché sur une surface de velour rem-bourée, alors que des bouts de papier découpés et épinglés tiennent le rôle des étoiles.Dessous, un chronomètre numérique (bricolé, il va sans dire) affiche une seule seconde au cadran, suggérant que quelque chose est sur le point de se produire.Cette crème de la crème a de fortes tendances à puiser dans l’univers de la bande dessinée fantastique ou de science-fiction DES ŒUVRES DE 500$ ET MOINS DU 16 DÉCEMBRE AU 22 JANVIER Christiane Amsley Ludmila Armata Michèle Assal Yves Boucher Sylvain Bouthillette Paul Bureau Mario Côté Suzanne Dubuc Clint Griffin Nathalie Grimard Michelle Héon Harlan Johnson Paul Lacroix Tim Yau Lau Louise Masson Marisa Portolese Marcel Saint-Pierre Marc Séguin José Suarez Londono Juan Pablo Villalpando Galerie Troî Points 372.rue Ste-Catherme Ouest, espace 520.Montréal (Quebec) Canada H3B 1A2 Tel 514.866 8008 Téléc .SU 866 1288 j aumontÇgalerietroispoints.qc ca Site Internet.www.galerietroispoints qc.ca On pourra dire que Hugo Bergeron n’a pas peur du vide, avec son tableau à tendance néoplasti-cienne.et néopsychçdé-lique.A ses côtés, Emilie Forget a eu un bel éclair avec une série d’autoportraits très naïfs de facture, auxquels sont associés des descriptifs de traits caractériels semblables à ceux des dictionnaires de prénoms.Et la manière, en sculpture et en film d’animation, qu'a Jonathan Villeneuve, avec sa Station, de se moquer de la culture Ikea est plutôt savoureuse, surtout que le bout de film qui accompagne les schémas de montage et la caisse est intrigant.De rares exemples de sculpture rythment l'exposition.De Mathieu Fraser-Dagenais, Enclave combine la forme d’une rampe de lancement avec l’idée d’un toit vert, avec son motif floral, très décoratif, reproduit par transfert photographique.Ma- rie-Andrée Houde se joue des boîtes lumineuses que l’on croise en général dans les galeries.Une sculpture sonore de Mathieu Croteau-Gauthier, avec un silencieux de voiture, attendait toujours sa trame sonore bruitis-te lors de notre passage plus tôt cette semaine.Par ailleurs, les boîtes munies de petits orifices, de Marie-Andrée Houde, appellent l’œil, qui se frotte à une petite histoire photographique dans un appartement vide, puis le titre nous dit comment se comporter: P.S.N’oublie pas d’éteindre avant de quitter.Un interrupteur nous attend au bout de la visite.Deux œuvres jouent avec le motif de la grille: Recyclage, de Stéphane Dionne, en vidéo, montre des boîtes de carton organisées selon ce motif géométrique, dans lesquelles des gens habitent.Ni pièce n'est pas sans faire penser aux immeubles-pigeonniers dans lesquels on entasse les gens.Dans un esprit autrement moins déjanté, La Cathédrale Notre-Dame de Rouen en hiver, avec ses références à l’histoire de la peinture, pour le moins étonne.Sans vouloir être désagréable, di- sons qu’une peinture hard-edge dont les lignes peintes, recoupant différents modules, ne sont pas alignées a tout pour faire sourire.Pas certain que la rigueur soit exactement au rendez-vous ici, malgré les prétentions évidentes de l’œuvre.Aussi, les photographies de performance d’Anne-Marie Ouel-let sont plus que bien.Avec son Abrisac-à-dos, l’artiste s’est promenée dans la rue, à Nice, et elle tire d'une petite boîte qu’elle porte sur son dos, comme un mouchoir, un drap blanc qui finit par l’envelop-per entièrement et la transformer.Finalement, on ne voudrait surtout pas se mêler des affaires du jury qui distribuera les prix, mais le tableau de Simon Bilodeau, L’arc en ciel n'existe pas, explore les possibilités du noir et du blanc avec doigté.De réelles tensions existent dans ce tableau bien composé, avec cette idée que des ombres paraissent émerger de l’arrière-plan, poussant sur les plages de blanc, alors qu’à certains endroits le blanc ne semble pas vouloir céder de terrain.Un bon coup.Le Devoir LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DECEMBRE 2 0 0 4 Culture VITRINE DU DISQUE Chantons tous son avènement Mon beau coffret, roi des cadeaux (1) THE CHRISTMAS COLLECTION Frank Sinatra Reprise (Warner) Feu Frank chantait Noël comme il chantait n’importe quoi d’autre: un martini à la main et la cravate dénouée.Relaxe, baby] Hus précisément, on le constate à l’écoute de cette collection de rengaines saisonnières, 01’ Blue Eyes chante Noël comme si Noël était une femme — «a broad», dans son langage de séducteur malpoli —, en tombeur débonnaire et vocalis-te génial qu’il était, à la fois détaché et intense, familial et roublard, authentique et superficiel.De fait, trop occupé à faire la fête à Vegas avec les «broads» et les copains du Rat Pack, Sinatra enregistra peu de chansons pour le temps des Fêtes: outre son seul et unique album de Noël, le très ordinaire Twelve Songs Of Christmas paru à sa propre enseigne en 1964, il y a seulement ses contributions au disque-carte de Noël The Sinatra Family Wish You A Merry Christmas (des quatuors avec la progéniture, gravés à la sauvette en 1969) et des extraits d’émissions de télé (dont un duo gospel, Go Tell It On The Mountain, avec Bing Crosby).S’il n’y a rien là-dedans d’essentiel, au contraire d’Elvis qui prenait les hymnes religieux de Noël très au sérieux, et si l’on se serait passé du «nouvel» accompagnement d’orchestre autour de la piste de voix de Frank dans Silent Night, l’expérience d’un Noël avec Sinatra et chez les Sinatra ne manque pas de piquant: par moments, on se croirait chez les Sopranos.Sylvain Cormier CHŒURS EN FÊTE, VOLUME 2 Les chorales du Québec interprètent les grands airs de Noël Chorales diverses Disques Double (Sélect) Tel Alan Lomax, l’admirable ethnomusicologue de l’étiquette Folkways du Smithsonian, qui alla dans les villages de l’Amérique profonde durant la première moitié du XX' siècle pour enregistrer les bluesmans et les jug bands, le producteur Pierre Tremblay a CHOEURS * * » * ^flj, Tk * sillonné le Québec avec son petit studio portatif et il a fait le tour des chorales locales.Il faut dire qu’au Québec, les chorales, c’est tout un monde, très communautaire, très rassembleur, mais quelque peu souterrain par rapport à l’industrie du disque mont-réalocentriste: la riche idée de Tremblay a été d’aller sur le terrain et d’échantillonner leur vaste répertoire de chansons sacrées et séculaires.On en est au deuxième volume, qui contient 15 chansons interprétées par autant de chorales, et on sent que ce n’est pas fini.Le résultat est loin d’être amateur: qu’il s’agisse de l’Ensemble vocal Coda de Thetford Mines ou du Chœur des grands bois de LTs-let-Sud, les voix sont justes et les contrepoints harmoniques souvent très subtils.Impressionnant S.C.CLASSIQUE LE PÂTRE SUR LE ROCHER Mélodies pour soprano, clarinette et piano de Schubert, Meyerbeer, Lachner, Cornelius, Sobeck et Spohr.Aline Kutan (soprano), André Moisan (clarinette), Louise-André Baril (piano).Atma ACD 2 2320.Au début on tique: ce vibrato très serré, cette franchise de ton ne sont pas si habituels dans le monde du lied allemand, qui soigne les demi-teintes et une expression recherchée.Les doutes durent au plus 30 secondes: Aline Kutan, avec sa simplicité, avec sa vont agile et idéalement placée, a réussi un grand disque de lieder.Simplicité ne veut pas dire simplisme ou naïveté: Aline Kutan vit et respire cette musique à travers un parcours qu’elle aborde comme une promenade musicale roborative.Dire qu’on est aux antipodes du style d’Elisabeth Schwarzkopf (ouf et merci!) est, j’espere, assez parlant.Il est ici question de cimes, de nature, de rochers, d'enfant Jésus, d’oiseaux et de gazelles.On le sent parfaitement, car le bonheur des trois protagonistes du disque est aussi fusionne! que communicatif.11 faut ajouter à cela le programme, érudit, plaisant, qui agrégé autour de l’œuvre connue de Schubert des compositions rares et belles appartenant à la même sphère esthétique.Voici donc, pour Noël, un disque qui émeut et rend heureux, en nous apportant une brise d’air pur.fl est à classer, avec le Bach/Pergolese de Labadie (Atma) et le CD de l’Ensemble Masques (Analekta) dans le trio de tête des grandes parutions québécoises de l’automne.Christophe Huss STEPHEN KOVACEVICH PLAYS BEETHOVEN Orchestre symphonique de la BBC, Orchestre symphonique de Londres, direction: Colin Davis.Philips 6 CD 475 6319.Puisqu’on en est à parler de cadeaux et de Fêtes, il faut braquer tous les projecteurs possibles sur ce coffret Les Concertos pour piano de Beethoven de Stephen Ko-vacevich et Colin Davis enregistrés en 1970 et en 1971 n'ont jamais vraiment quitté le catalogue.C’est peut-être leur seul tort car ils n’ont pas eu l’occasion, ainsi, de se façonner une légende et de se faire désirer.Or, chaque fois que l’on y retourne, c'est un choc, foudroyant Voilà des gravures essentielles, en ce qu’elles vont (comme le cycle des sonates réenregistré pour EMI par Kovacevich) à l’essence, aux racines, de la musique de Beethoven: cette confrontation, cette friction, mais aussi cette fusion entre puissance et réflexion, exaltation et tendresse.Kovacevich traduit en sons, avec une franchise rare et une palette de toucher quasiment infinie, ce large éventail de sentiments, que ce soit dans les concertos, les Variations Diabelli, les Bagatelles ou les quelques sonates (n“ 5,8,17, 18, 28, 30, 31, 32); Colin Davis, dans les concertos, déploie une vigueur rare.Qu’on se le dise une iommqge adunM Le Plus Grand Concert du Nouvel An! \t> DELTA L’Orchestre Strauss de Montréal Karl Sollak, chef (Vienne) Thomas Sigwald, ténor (Vienne) • Aga Mikolaj, soprano (Varsovie) Danseurs de Les Grands Ballets Canadiens de Montréal A Salle Wilfrid-Pelletier Samedi, 1 janvier, 2005 Place des Arts 14h30 Place des Arts: 514-842-2112 « Admission: 514-790-1245 ¦ wwft.pdarts.com | Inlormation 1.800.545.7807 » wwvt.salutetovienna.com 1 Presentee by Attila Glati Concert Productions Inc Venue, piogram and dale subject to change without notice 2S SWAROVSKI têt ESPACE V MUSIQUE K>Û7“ i Série Radio-concerts Polaris Soleil de minuit lundi 31 janvier 20 h Paul Kunigis et Jeszcze Raz lundi 13 décembre, 20 h Peu de formations peuvent se réclamer de la musique du monde d une manière plus authentique que Paul Kunigis et Jeszcze Raz Musique klezmer, tzigane, polonaise, arabe, blues et jazz se marient dans un tourbillon d'émotions.Une véritable explosion musicale que vous n'oublierez pas de sitôt! Salle pierre-mercure CENTRE PIERRE-PfLADEAU 300 De Maisonneuve Est, Montréal Métro Berri-UQAM www.centrepierrepeladeau.com billetterie: $14 987.6919 MUSIQUE toa» partenatra institutionnal UQÀM LE DEVOIR Québec! CanadS Montréal Les Cordes romantiques Souvenir de Florence lundi 21 février 20 h Measha Brueggergosman Le retour de la lauréate lundi 25 avril 20 h fois pour toutes: ce legs beethové-nien est fondamental.C.H.BLUES UNFORGIVABLE BLACKNESS Wynton Marsalis Blue Note/EMI D y a une trentaine d’années de cela, Miles Davis avait consacré au boxeur Jack Johnson un album tout électrique.Wynton Marsalis vient d’y faire écho.Ce grand défenseur du swing a composé la bande sonore d’un documentaire réalisé par un fameux artiste de la pellicule: Ken Burns.A ce dernier nous devons des films remarquables sur la guerre de Sécession, sur le baseball et sur le jazz.On se souviendra d’ailleurs que, pour la série consacrée aux artisans de la note bleue, Ken Burns s’était acoquiné avec Marsalis pour mieux retracer et illustrer l’histoire de Louis Armstrong à Charles Mingus en passant évidemment par Duke Ellington.On rappelle cela parce que la production proposée aujourd’hui est empreinte d’un souci historique passablement appuyé.Dire que le champion Johnson fut un contemporain de Louis Armstrong et de King Oliver, c’est annoncer les couleurs musicales choisies par Marsalis.Mais encore?C’est joyeux parfois, lancinant d’autres fois, passionné, dynamique.C’est du grand blues! Savoureux de bout en bout Serge Truffaut DIPLO Florida (Big Dada) Inclassable, surprenant, envoûtant et tellement rafraîchissant dans l’univers electro du moment, Florida du DJ Diplo réussi là où beaucoup (trop) par les temps qui courent échouent en se démarquant de la masse avec une texture sonore unique induite par des màchines.D’aucun oserait donc facilement qualifier la chose de coup de cœur.Avec raison d’ailleurs constate-t-on dès les premières lignes musicales d’une bien drôle de comptine introduisant cette œuvre bigarrée aux douces ondulations trip hop, downbeat et illbient.Pas de doute, avec le temps, Diplo, l’homme qui avec Low Budget forme le duo électro Holletro-nix — placé au 9e rang des 10 meilleurs album en 2003 par le New York Time pour Never Scared — semble donc comme le bon vin toujours s'améliorer.Et il poursuit aujourd’hui en solo sa construction d'un monde électronique où l'étrange, le rythmé, le glacial, le chaud et le délicieusement narcotique cohabitent.au plus grand bonheur des amateurs de musique décloisonnée.Le résultat, lui, se savoure à grandes ou petites doses, tantôt subjugué par la précision chirurgicale des assemblages, tantôt concentré pour saisir les subtilités et les voix de Marina Topley Bird, de PEAC.E des Freestyle ou encore de Vybz Cartel.Urbaine (sans doute), contemporaine (assurément) et nullement commerciale, cette promenade en Floride laisse donc béat, tout comme a pu le faire plus tôt cette année le Voice From the Dust Bowl du duo britannique Fragile State qui semblent avoir beaucoup d'affinité avec ce Diplo.Fabien Deglise |llm mm •V Le bonheur est dans le boîtier DVD.Plus que jamais cette saison, ici comme ailleurs, les artistes de variétés offrent à qui les aime de quoi s’occuper.Des heures et des heures durant.Le format permettant de rendre justice aux œuvres les plus monumentales et aux événements les plus colossaux, on ne se gêne pas: anthologies, rétrospectives, intégrales, tout devient disponible.Reste à choisir.SYLVAIN CORMIER VOLUME 1: LES ANNÉES 60-70 Yvon Deschamps Cent détours / GSI Musique (Sélect) Tabarnouche! Pas de farces, c'est du vol.Chez Archambault, on peut se procurer l’objet pour 28,99 $ plus les taxes.Moi, j'appelle ça de l’exploitation.L’exploitation de l’homme par l'homme.Ou le contraire.C’est le boss dans le monologue Les unions, quossa donne?qui serait fier d’être content Pensez, pour ce prix-là (le prix de trois ou quatre magazines.), on obtient trois DVD d’Yvon Deschamps, soit presque 17 heures de matériel, à savoir: tous les monologues en audio (même ceux qui n’étaient pas sur vinyle), des tas d’extraits d’émissions de télé (glanés jusque chez les Anglais, y compris un passage au Dinah Shore Show), des captations de spectacles au grand complet, des entrevues de fond retrouvées dans les archives de Radio-Can et d’ailleurs, des pubs, des téléthéâtres, des séquences de longs métrages, une bio extraordinairement détaillée, une «banque de photographies» presque aussi monumentale que celle du musée McCord, etc.Songez aux mois de recherche nécessaires pour dénicher tout ça Mesurez le soin fou apporté à tous les niveaux de la production: conception du menu, infographie, tout est au poil, la lisibilité est maximale et la navigation plus qu’aisée.Imaginez ce qu’il a fallu d’efforts pour rassembler les 75 chanteurs, chanteuses et humoristes qui interprètent l’une ou l’autre des versions d'Aimons-nous, l’hymne national du p’tit grand gars de Saint-Henri.Mettons que ça revient pas cher l’heure.Autant tondre le gazon pour une ‘tite bière tablette.C’est dire la générosité de l’honune (et des gens qui l’entourent): Yvon Deschamps s’est donné corps et âme toute sa vie, et voilà qu’il se donne encore.Le prix est populaire et ce n’est pas pour rien: l’œuvre aussi est populaire, au sens noble.Et l’héritage, dont ce coffret exceptionnellement riche n’est que partie d’un plus grand tout (on prévoit quatre autres volumes), est pareillement destiné au plus grand nombre.Admirable parti pris, qu’il s’agit d’encourager il faudra en écouler, des exemplaires, pour que Deschamps et GSI Musique fassent leurs frais.Et s’attaquent au coffret suivant.Indispensable itou.Des réserves?J'en ai.Une.Toutes ces émissions dans lesquelles Yvon jouait des petits rôles (Courrier du Roy, D’Iberbille, Ouragans, etc.), je les voudrais autrement qu’en extraits: en entier, rien de moins.Mais bon, il aurait fallu un disque de plus.Et le prix aurait été moins populaire.Chipotage du gars qui se plaint le ventre plein.Franchement, ce coffret déborde, comme les coffres aux trésors dans les histoires de pirate.Sauf qu’à la place des bijoux, c’est d’humanité que celui-ci est rempli.DIANE DUFRESNE VOUS FAIT UNE SCÈNE COFFRET COLLECTION Diane Dufresne Imavision Les ch ralies Ch A PF.LLF N OT RF l)A M F DI Bo N S F C O LRs 4 AU 19 DÉCEMBRE 2004 - VlEUX-M ONTRÉAL Concerts gratuits Samedis et dimanches du 4 au 19 décembre à 13H30 et !5h.Retrouvez l'esprit et le sens profond de la fête de Noël au rythme de chants sacrés, traditionnels et populaires.Musée Marguerite-Bourgeoys Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours 400, rue Saint-Paul Est Vieux-Montréal (514) 282-8670 #221 www.margucrite-bourgeoys.corn Métro Champ-dc-Mars EN LIBERTE CONDITIONNELLE Diane Dufresne Présence (Dep) De la même façon qu’il a fallu, pour que le coffret Deschamps soit digne de Deschamps, un directeur artistique qui soit d’abord un fan indéfectible et exigeant (Patrice Duchesne, en l’occurrence), c’est à Richard Langevin et à nul autre que l’on doit l’exemplaire de qualité de ce premier de deux coffrets rassemblant l’essentiel du fonds d’archives sur filrr] et vidéo de Diane Dufresne.A la fois l’époux et le fan ultime, mais aussi un créateur d’art visuel, Langevin a idéalement pu porter sur l'œuvre de la chanteuse un regard tout aussi passionné qu’intime, se mettant à la place du spectateur comme de sa bien-aimée.Aurait-on obtenu autrement ces commentaires en voix hors champ de la diva sur ses spectacles?Probablement pas: la Dufresne n’est pas de celles qui se repassent les films de ses heures glorieuses, à la Norma Desmond dans Sunset Boulevard.Ala demande de son Richard, d’accord: question de confiance.Ainsi a-t-on droit à deux expériences de visionnement complémentaires, également fascinantes: les spectacles tels que captés (de Tiens-toé ben j’arrive à Top secret), transférés en numérique de la plus attentive manière possible, et les mêmes spectacles tels que revus et revécus — de l’intérieur, pourrait-on dire — par l’artiste.On a Diane Dufresne s’étonnant de crier autant, on a Diane Dufresne, réagissant en 2004 à ses réponses d’entrevues de 1975, bref, on a Diane Dufresne par elle-même.Précieux fragments d’autobiographie.Langevin avouait en entrevue qu’il aurait mis le double de matériel sur les disques, mais qu’Imavision l’a freiné, rentabilité minimale oblige: on a privilégié les spectacles, livrés intégralement, et on a bien fait, mais j’aurais bien pris, moi aussi, encore plus de ces trouvailles fabuleuses qui émaillent le coffret, tel ce Michel Louvain présentant la Diane sage de 1970 à Zoom en liberté, ou encore ce reportage à’Appelez-moi Lise sur la première à l’Olympia en 1973, avec le Tout-Paris, de Francis Blanche à Régine, se pressant à l’entrée et s’agglutinant dans la loge.De la place, il y en avait encore sur les DVD.Oui, ç’aurait coûté plus cher.Redisons-le: le fan, à qui ce coffret est destiné, veut-il moins que tout?Notons par ailleurs la parution en DVD du plus récent spectacle de Diane Dufresne, En liberté conditionnelle.Concurrence inopportune, à mon sens: on aurait pu attendre un peu.Le spectacle n’est pas moins exceptionnel, peut-être le plus touchant d’une diva volontairement descendue de son piédestal.Le document contient une chanson inédite (la très belle Mille et une nuits), ainsi que l’indispensable commentaire hors champ.fr Concert Intime à la Galerie d’art d’Outremont, 41 av.Saint-Just.Outremont.Renseignements : 514-495-7419 Villt de Montréal Québec ! Québec™" MATTHIEU FORTIN, PIANISTE Au programme 2" année ée Pèlerinage en Italie de Franz Liszt LE MERCREDI 15 DÉCEMBRE 2004 A 19 H 30 Billets disponibles à la billetterie du Théâtre Outremont, information 495-9944 achat téléphonique exclusivement via Ttcketpro: 514 908.9090 LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET D I M A A t HE 12 D E C E M R R E 2 O O I y3—r i de ttene-jar Setle Canada (Quebec 2004.80 min.(G) r presence * & 'ea*safo?: saDeie uffitanc 9 de france Cas» 1 n miï a îi \j m nu e x Centris HORAIRES S14 847 2206 WWW.EX-CENTtlS.COM CINÉMA Ces films qu’on attend Droit au cœur eux seances exceptionnelles au dernier Festival des films du monde, une vague promesse de diffusion en salle, puis plus rien.Que se passe-t-il donc avec Sarabande?Produit pour la télévision suédoise, le dernier long métrage d’Ingmar Bergman, revisitant trente ans plus tard le couple de Scènes de la vie conjugale, fait pourtant l’envie de nos télédiffuseurs, en l’occurrence Télé-Québec et Artv.Mais la distribution de ce film s’avère d’une extrême complexité.D’une part, le distributeur américain Sony Pictures Classics détient pour l’Amérique du Nord les droits de la version originale avec sous-titres anglais.Arte-Strasbourg, représenté au Québec par la maison de distribution DPI, détient pour sa part les droits mondiaux de la version originale avec sous-titres français, ainsi que ceux de la version française.Pas étonnant quand on sait que le chef-d’œuvre de Bergman sera diffusé sur ses ondes, vendredi soir prochain, dans tout l’Hexagone (deux jours plus tôt, soit le 15 décembre, Sarabande prend l’affiche en salle à Paris).Le hic dans cette affaire, c’est que Arte ne possède pas les droits-image du film pour l’Amérique du Nord, lesquels sont la propriété de Sony Pictures Classics.Si bien qu’il faudra au télédiffuseur négocier l’achat de la version avec un vendeur, l’achat de l’image avec un autre.Une situation qui survient parfois en Amérique du Nord, où les frontières sont perméables et où le Québec, comme l,e Canada, est considéré par les Etats-Unis comme un territoire domestique.Mais bon sang, quel puzzle! Denise Prézeau, de DPI, tente d’en rapiécer les morceaux.Selon elle, pour comprendre le problème et sortir de la nébuleuse, il faut remonter à la source.«Ç’a été très mal négocié dès le dépa rt, dit-elle.Les gens de la télévision suédoise ont été pris de court par la demande suivant la diffusion du film sur leurs ondes.» Et pour cause: un Bergman majeur, c’était inespéré.Tellement qu’un distributeur américain s’est levé, .ce qui n’est pas peu dire.Ainsi, Sony Pictures Classics prévoit sortir Sarabande en juillet 2005, après quoi un sous-distributeur, sans doute Mongrel Media, de Toronto, prendra le relais pour le Canada.Ce qui ne règle pas le problème de Denise Prézeau, encore moins celui de Jacynthe Brisebois, d’Artv, et de Daniel Lajeunesse, de Télé-Qué- •Martin Bilodeau V % du cinéma indépendant www.lerezo.org présente AUCE AU PAYS DES GROS NB de Nicole Giguère précédé de ADOPT A FRENCH CANADIAN gagnant du Festival Documenteur LE LUND113 DÉCEMBRE • Montréal au Centre St-Pierre LE MARD114 DÉCEMBRE • Rouyn-Noranda au Cabaret de la dernière chance • Mont-Laurier au Café Saint-Charles • Pierreville au Vieux-Théâtre • St-Hyacinthe au Zaricot Café LE MERCRED115 DCEMBRE • Jonquière au Café-Théâtre Côté-Cour • Val-Morin au Théâtre du marais • Champlain au Café Foin Fou • Montreal à La Gitana LE SAMED118 DÉCEMBRE • Montréal à l’Utopik INFORMATIONS : WWW.LEREZO S**- le: Dnuin 2 Telefilm Canada bec, qui aimeraient offrir ce film — produit pour la television, rap-pelons-le — à leurs téléspectateurs.Il faut, après tout, «aller dans le sens de l’objectif de Bergman», soutient Denise Prézeau, pas très chaude à l’idée d’une exploitation en salle du film.Autre prime inattendue: la présidente de DPI détient également les droits télévisuels pour le Canada du making n/de Sarabande.Dans sa version originale suédoise.sous-titrée en anglais.Un autre puzzle à compléter, mais qui le sera, comme le précédent Ce qu’il ne faudra pas oublier, assis devant notre téléviseur, dans quelques mois, c’est toute la sueur qui a coulé pour qu’on obtienne ce privilège.Le moment venu, j’essaierai de vous le rappeler.?Parlant de films au destin insolite, on ignore encore le sort nord-américain réservé à 2046, le dernier film du Hong-Kongais Wong Kar-wai.Sorti cet automne en Asie et en Europe (la Belgique le verra dès mercredi), le grand mélo, mi sci-fi, mi-tango, du réalisateur de Happy Together et de Chunking Express attendrait toujours sur les tablettes que son distributeur américain, en l’occurrence Buena Vista Pictures, annonce une date de sortie.Projeté en première mondiale au dernier Festival de Cannes, où il a créé l’événement sans toutefois séduire le jury, le film a été retouché maintes et maintes fois depuis par son réalisateur, un insatisfait chronique.Au Québec, les Films Séville sont en pourparlers afin d’obtenir les droits pour la version française.Une offre est sur la table, à prendre ou à laisser, selon son directeur Pierre Brousseau, qui adore ce film mais reconnaît qu’il n’a pas le même potentiel commercial que le précédent.A suivre.ZELARY Realisation: Ondrej Trojan.See nario: Petr Jarchosky, d’après une nouvelle de Kvita Legaova.Avec Anna Geisleroya.Cyôrgy Cserhalmi Jaroslava Adamova, Miroslav Donutil.Image: Asen Sopov.Montage: Vladimir Barak.Musique: Petr Ostrouchov.République tchèque, 150 min.Version originale avec sous-titres anglais.ANDRÉ LAVOIE Sur papier,Zelary, du cinéaste tchèque Ondrej Trojan, comporte tous les ingrédients susceptibles d’attiser, et très vite, notre méfiance: un sujet école (l'ombre des nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale), une durée excessive (plus de deux heures) et une héroïne courageuse (belle comme si elle était sortie d’un tableau de peintre impressionniste).Que le filin ait pu se faufiler panni les finalistes pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2004 donne une idée assez juste du caractère plus ou moins novateur de l’entreprise.Trojan n’a pas su, ou voulu, contourner tous les clichés propres à ces histoires où le bruit des bottes et des balles n'arrive pas à les étouffer, mais ceci n’altère jamais notre plaisir de spectateur, confondu par la tendresse qui se dégage de ce récit à la fois intime et épique.Et même si Zelary, avec sa galerie de personnages typés et de situations purement mélodramatiques, pourrait très bien être saucissonné en épisodes pour la télévision, on perdrait alors le bonheur de se perdre dans ces paysages majestueux de la campagne tchèque.Là où Eliska (Anna Geisleroya) croit qu’elle mourra, non pas de la tyrannie des nazis, mais tou) simplement d’ennui.Etudiante en médecine et engagée dans un mouvement de résistance à Prague, elle est contrainte de fuir dans un petit village reculé dans les montagnes, Zelary, après l’arrestation de son amant, un médecin participant aussi à la lutte antinazie.Son sauveur, Joza (Cyôrgy Cserhalmi), elle le connaît déjà, Zelary, d’Ondrej Trojan, raconte bûcheron.ayant donné de son sang pour lui éviter une mort certaine.Ce campagnard, qui n’a guère la classe des gens qu’Eliska fréquente, accepte de la cacher.Pour éviter que la Gestapo soit trop curieuse à son égard, elle doit épouser cet homme qu’elle juge de toute sa hauteur urbaine.Après le choc passé à l'idée de devoir vivre dans une maison d’un autre siècle — le XIX'.— et de côtoyer les habitants des environs qui la jugent d’abord avec méfiance, la relation du couple prendra peu à peu une tournure inattendue.Bien que le contraste entre ville et campagne ne soit guère étoffé, ce qui nous empêche d’éprouver une réelle sympathie devant les deuils que doit assumer l’héroïne, le cinéaste observe intelligemment, patiemment, l’évolution d’une union improbable entre une bourgeoise et un bûcheron.Rebutée par son odeur, outrée devant ses manières, catastrophée devant la mentalité de victime de certaines SOURCI-: SONY pictures t i Assies l’évolution d’une union improbable entre une bourgeoise et un femmes qui acceptent dans le silence la violence de leur mari, Eliska apprend peu à peu à transformer son entourage.et à se transformer elle-même au contact de ces gens simples, fiers, et plus ingénieux quelle ne le croit.Cette tranche d’histoire, de guerre mais surtout d’amour, ne saurait être plus captivante, et empreinte de vérité — l’incident est d’ailleurs tiré d’un fait divers —, tant la mise en scène épouse le rythme des saisons, rendant, sur la durée, ce récit beaucoup plus crédible.Et si les personnages secondaires qui en- tourent le couple dépassent rarement leur statut de caricature, ils affichent tout de même une humanité dont les malheurs, et Dieu sait quïls soi il nombreux, finissent par nous atteindre droit au cœur.Mais ils ne nous touchent jamais autiuit que ceux vécus par ce formidable duo d’acteurs que sont Anna Geisleroya et Cyôrgy Cserhalmi.Elle d’une beauté gracieuse, lui capable de concilier rudesse et candeur, l’espace d’un seul regard, ils contribuent largement à transcender l’académisme dont Zelary ixuirrait très souvent souffrir.LE DEVOIR '¥ \ ' en collaboration avec «AIL EUROPE SOL^BEC TOURS INC.Ni G Pu réalisateur de HERO et du producteur de TIGRE ET DRAGON _ «SUBLIME, MAGNIFIQUE FT “ J REMPLI D ACTION!" ÆÆÊk .Æ «ÀCOUPER LE SOUFFLE fWàflMf&Wm PALPITANT, MAGNIFIQUE V0US DEVEZ VOIR CE ET IM!« W LE SECRET DES " » 2® POIGNARDS LdP| VOLANTS JH m ¦' ** j % Un film de Zhans Ÿittwti i Ziyi ZHAJ&C ?Takeshi KANEE^HIRO www.houseofflyingdciggersfnovie.com Andy LAÜ A L’AFFICHE EN EXCLUSIVITÉ DÉS LE 17 DÉCEMBRE «ffSKii.iQÜMmBâ urniiTl | M 2 jours à Agropoli 2 jours à Sorrento 2 jours à Maiori 1 jour à Rome Hôtel Mare Hôtel Mediterraneo Résidence Panoramic Hôtel Bled WWW.SOLBECTOURS.COM WWW.SWISS.COM/CANADA LE DEVOIR Retournez à : Concoure Côte Ntialôtam.2050, rue de Bleury.?étage.Montréal (Québec) H3A 3S1 Le frage aura lieu le 21 décembre 2004 à ldi.Faites-nous camnr les coupons de gaiticipatnn avant le 20 OécemOre 2004 à 17030 Le concours s adosse aux personnes de 18 ans et plis.Un seul coupon par enveloope Les reproductions èiectranigues ne seront pas acceptées Les conditions et rêgieriients du concouis sont disponiOles a la récepoon du Derà Valeur de 3180 S t Nom :.Adresse :.App.:.Ville:.Code postal :.Courriel.Téléphone : (rés.).(but).Abonnéfe) : oui ?non ?Question : nommez deux villes de la côte Amalfitaine : .www.solbectours.com NORD D’ITALIE.SORRENTO ET ROME Circuits 16 jours, 25 repas, à partir de 3097$ SICILE ET SORRENTO Circuits 16 jours, 26 repas, à partir de 2717$ MALTE ET SICILE Circuits 16 jours, 28 repas, à partir de 2960$ SORRENTO.(St-Agnello) 15 jours, 28 repas, à partir de 2167$ AGROPOLI (Golfe de Salerm 16 jours, 28 repas, à partir de2002$ LA CÔTE AMALFITAINE oo :_ x < QC*7ÿ 23 jours, à partir de 1857$ SWISS I Swiss Internatiunal Air Lines Avifttu hïJsrgMPit'î, transferts, représentant sur plate, réunion d'iiifonnatipn.visite d'orientation à pied, activités fatxIlaiiveSiJStïs prix svnl j»r persvnnf, un PUUDatitin Double el toute.les taxes sunt Incluse».Entièrement en français.www.solbectours.com F^rmis du Québec I 0338 K 10 LE DEVOIR, LES A M E D I il ET DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 0 0 4 • ^ 1 il om o illuiiiuj La réalisation d’un grand rêve Pour Tahani Racked, Soraida, une femme de Palestine marque aussi la fin d’une époque I,a cinéaste Tahani Rached souhaitait depuis longtemps réaliser un documentaire sur la Palestine; elle y est enfin parvenue.Au terme toutefois de son séjour à l’Office national du film du Canada, où son poste, ainsi que celui de dix autres cinéastes maison, a été coupé l’année dernière.MARTIN BILODEAU L* ONF sera désormais une r maison de services.Soit Rached, quant à elle, reste au service de ses désirs et de ses envies de voyages, qui l’ont jusqu’ici menée de Montréal (Médecins de cœur.Urgence! Deuxième souffle) au Proche-Orient (Beyrouth, à défaut d'être mort Quatre femmes d’Égypte), d’Hochelaga-Maison-neuve (Au chic Resta pop) à Outremont (À travers chants), traînant aux basques de personnages bagarreurs et rassembleurs, à travers lesquels elle extériorise ses joies, ses duels intérieurs et ses colères.Il y a convergence de toutes ces pulsions dans Soraida, une femme de Palestine.la cinéaste nous fait pénétrer dans le quotidien d’une mère de Ramallah, femme lucide, qui combat la répression en refusant de s’avouer vaincue, et qui par son discours et son amour redonne un élan aux femmes de son entourage.«Je n'en pouvais plus de voir les Palestiniens se faire bombarder sans rien faire», me confiait-elle lors de notre entretien cette semaine à Ex-Centris, où son film prend l’affiche vendredi prochain.N’attendez pas d’elle un regard misérabiliste, ou de son «héroïne» un accablement défaitiste.«Soraida est victime de la guerre et de l’oppression, mais elle n’a pas l’attitude d’une victime.Elle s’interroge sur ce qui lui arrive et, en tant que Palestinienne, sur ce qui arrive à son peuple.J’ai été bouleversée de voir que, depuis la place qu’elle occupe dans le monde d’aujourd’hui, elle se pose toutes ces questions.» La cinéaste d’origine égyptienne, établie au Québec depuis 1966, a introduit incognito sa petite équipe à Ramallah (dont son fidèle directeur-photo Jacques Leduc), faisant suivre les sept ou huit valises d’équipement par la voiture diplomatique du consulat canadien.À l'origine, le film devait s'inscrire dans une série intitulée Les Femmes et la Guerre.La série n’a pas vu le jour, mais Soraida, une femme de Palestine a vu la lumière.Les jndividus avant tout On reconnaît dans ce film tendre et passionné, qui nous fait pendant quelques minutes croiser le chemin du défunt Arafat, l’approche frontale de Tahani Rached, sa façon de transformer son personnage, par intermittences, en narrateur suppléant Ainsi, Soraida ne fait pas que s’adresser à la caméra de la cinéaste.Assise à la table de la cuisine, ou sur la terrasse, elle nourrit et entretient un dialogue avec d'autres femmes, dont Rached récolte la sève.«Lorsque je commence à faire un film, le sujet et les personnages me prennent par la main.J’ai fiait ma recherche et je sais où je m'en vais, mais à un moment donné il me faut lâcher prise afin qu eux me prennent, m’emmènent, me bouleversent, me remettent en question.Il ne faut pas enfermer les personnages dans le film, mais au contraire les laisser libres pour voir jusqu’où ils peuvent m'emmener», déclare celle qui, justement avec ce film, voulait illustrer l’enfermement physique et psychologique des personnes vivant dans les territoires occupés.La peur, l’intimidation, les couvre-feu, les fusillades sont au cœur de son film ponctué de pleurs, mais aussi de rires.Ce qui, vu d’ici, peut paraître surprenant Pas pour Tahani Rached: «Dans mes films, ça rit, et pourtant, dans la vie, je ne suis pas une comique, et je n’ai pas un grand sens de l’humour.Le rire permet de respirer et de réécouter autrement.» L’humour, aurait-elle pu ajouter, est la politesse du désespoir, dont on ressent toute la profondeur à la vue et à l’écoute de cette femme formidable, charismatique, dont La cinéaste d’origine égyptienne Tahani Rached, établie au Québec depuis 1966, a introduit incognito sa petite équipe à Ramallah pour tourner son documentaire Soraida, une femme de Palestine.¦ "• JACQUES GRENIER LE DEVOIR ¦-m.Rached avait entendu parler bien avant de la rencontrer.L’idée de faire un film en Palestine la turlupinait depuis longtemps.Mais quiconque connaît son cinéma sait que chacun de ses documentaires repose sur des personnages forts et fédérateurs.Sans eux, il n'y a pas de film.«Quand on fait le voyage à travers l'expérience d'une personne, on bouge, on apprend à travers l'expérience d’un individu auquel on peut s'attacher.Ce sont les individus qui m’intéressent, avant tout.» A 57 ans, Tahani Rached a encore plusieurs projets de films dans sa manche.Mais la liberté dont elle rêve pour les réaliser ne se trouve pas nécessairement dans celle que l’ONF vient de lui donner en la renvoyant à une vie de pigiste.«Pendant les 25 dernières années, j’ai eu le privilège d’œuvrer dans une boite où.pour tourner un film, on rencontrait un minimum d’obstacles.Il n’y avait pas de télévision pour imposer ses règles, j’étais relativement libre de mon contenu, de ma ligne éditoriale, de la longueur.Je ne veux pas dire que l’ONF était un paradis, mais c'était un lieu privilégié.» Son projet immédiat: se réinstaller dans une «autre sorte de vie», qu’elle compte partager entre Montréal et son Caire natal.Déjà, la dynamique équipe des Studios Masr, situés en banlieue de la métropole égyptienne, l’ont invitée à venir travailler avec eux.Après 38 ans d’exil, elle songe sérieusement à accepter.Un projet sur les enfants de la rue la tente énormément, mais à la condition qu’elle retrouve une petite fille qu’elle avait aperçue au Caire, installée en dessous d'un lampadaire, qui vendait des chewing-gums en faisant •ses devoirs et ses leçons.«J’aimerais parler à cette petite personne, l’interroger sur sa vision du monde.» A tout de suite, donc.La COMÉDIE du Temps des Fêtes ! Roy Dupuis Anémone Lucie Laurier Michel Muller Luck Mervil C’EST nîoi l’autre fflaaiawa: * "oc T* «f.* A L’AFFICHE PARTOUT LE 24 DÉCEMBRE 2004 www.equ ino xefi lms.com EQUINOXE J.TT'LJEx—: Entre deux chaises, mais non sans charme OCEAN’S TWELVE De Steven Soderbergh.Avec Brad Pitt, George Clooney, Julia Roberts, Matt Damon, Catherine Zeta-Jones, Andy Garcia Scénario: George Nolfi.Image: Chris Conner, Steven Soderbergh.Moptage: Stephen Mirrio-ne.États-Unis, 2004, environ 120 minutes.MARTIN BILODEAU Steven Soderbergh n’a jamais caché son indisposition vis-à-vis d’Ocean’s Eleven, son onzième long métrage, sorti en 2001.Le fait que ce palpitant remake d’un vieux «screwball» du Rat Pack constituait (et constitue toujours) son plus grand succès commercial à ce jour n'est certainement pas étranger à ce malaise faustien, que le cinéaste a immédiatement soigné avec Full Frontal et Solaris, deux opus résolument plus personnels.Pour ce qui est à’Ocean’s Eleven, le réalisateur, qui s'est fait connaître avec Sex, Lies and Videotape, avait promis de corriger le tir dans Ocean’s Twelve.Voilà qui est fait, quoique l’auteur risque d’être le seul à tirer grande satisfaction de cette vengeance sur le film de commande.Pour tout dire, le meilleur d'Ocean’s Twelve réside dans ses héros formidablement décalés, hérités de la première mouture, ainsi que dans la chimie qui opère entre eux.Pour le reste, ces retrouvailles de Danny Ocean (George Clooney), Rusty Ryan (Brad Pitt) et de leur neuf potes n’ont que l’apparence du momentum espéré.Faut-il blâmer la prémisse faible et les développements mous du scénario de George Nolfi (Timeline)?Ou encore la mise en scène de Soderbergh façon Dogme 95, privilégiant la caméra à l’épaule, les flous artistiques et la lumière du jour.Entre Ocean’s Eleven, boudé par lui, et Full Frontal, boudé par nous, Steven Soderbergh semble nous demander, avec Ocean’s Twelve, de choisir notre camp.Bien qu’entre deux chaises, son film n’est pas sans charme, loin s’en faut.Il y manque toutefois l’élan, la vigueur et l’impertinence du précédent A plus forte raison que le prétexte dra-maturgique invoqué pour provoquer ces retrouvailles de cambrioleurs n'est pas très crédible, ni très porteur, sur le plan du suspense.Trois ans après avoir dérobé 160 millions de dollars dans les coffres du Bellagio de Las Vegas, ARCHIVES LE DEVOIR Julia Roberts dans Ocean’s Twelve.la bande de Danny Ocean, débusquée par le propriétaire en colère dudit casino (Andy Garcia), se voit forcée par celui-ci à rembourser la somme dans les quinze jours, en échange de leurs vies sauves.Parce que leur magot a fondu, il leur faut se remettre en selle, en Europe cette fois, où entre Amsterdam et la Toscane ils vont croiser le fer avec une enquêteuse de l’Interpol (Catherine Zeta-Jones) qui désire leur mettre la main au collet et un «gentleman cambrioleur» (Vincent Cas-sel) qui convoite le même œuf F'abergé qu’eux.Si les dialogues ne manquent pas de piquant, l’intrigue manque singulièrement de ressorts.Si bien qu’on regarde ce divertissement «songé» avec un détachement qui, par moments, frôle l’ennui.Certes, quelques moments forts, comme cette scène où la bande réquisitionne Tess (Julia Roberts), conjointe de Danny, afin qu’elle se fasse passer pour.Juüa Roberts, n’est pas piquée des vers.Autres instants magiques: le tête-à-tête entre Linus (Matt Damon, toujours excellent) et sa mère, ainsi que celui entre Isabel (Zeta-Jones, formidable) et son père.Mais ces pics dans l’électrocardiogramme du film sont relativement espacés, d’autant que le monteur Steven Mirrione, un habitué du cinéma de Soderbergh (Trafic, Erin Brockovich), doit composer avec des longueurs, des parenthèses et des digressions plus décoratives que nécessaire.Steven Soderbergh aurait voulu prouver qu’un film tourné avec un souci de légèreté peut s’avérer plus lourd qu’un autre tourné dans la contrainte qu’il ne s’y serait pas mieux pris.?«.il se dégage de l’univers de Kusturica une telle joie de vivre et une telle frénésie qu'on serait bête de s'en priver.» - Maxime Deniers, Le Journal de Montréal « .Kusturica fait du Kusturica, mais cette fois encore, c’est du bon.» - Aleksi K.Lepage, La Presse PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE! Christa! films présente SÉLECTION OFFICIELLE FESTIVAL DE CANNES dra*- -.(Venùon origlhale avec sous-titres français) ‘iiiiiÜ VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS EX-CENTRIS n4.s47.22M VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS S CINÉMAS AMC - ._ FORUM 22 ?I ¦ I
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