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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-12-11, Collections de BAnQ.

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Rimbaud et ses manuscrits Page F 3 Au pays de Falardeau Page F 7 0 Robert Capa, aux premières loges de Thistoire PAUL CAUCHON Une somme: c’est véritablement ce que propose Robert Capa - La collection, ouvrage d’abord paru en 2001 et réimprimé cet automne en édition brochée.L'affaire est impressionnante: en 570 pages, on présente très exactement 937 photos puisées à même le matériel laissé par Robert Capa à sa mort.La sélection a été effectuée par le frère de Capa, Cornell Capa, également photographe pour Life, et par son biographe, Richard Whelan.Mais au delà des statistiques, c’est à une formidable tranche d’histoire que nous sommes conviés.Célébré en son temps comme le plus grand photographe de guerre du monde, Capa a En temps mières loges de guerre, de l’histoire.Pour son tout a n’était pas premier repor- tage photogra-j _ , phique, publié du genre a dans un maga- zine allemand se cacher au en 1932.il sa- vait déjà capter Hilton ^es moments marquants: ce reportage montrait des photos rares de Léon Trotski en train d’expliquer la révolution russe à des étudiants à Co penhague.Juif hongrois à la vie agitée, joueur et séducteur qifIngrid Bergman voulait épouser, son courage physique est indéniable.En temps de guerre, il n’était pas du genre à se cacher au Hilton.On le retrouve partout lors de l’élection du Front populaire en France, en 1936, à suivre les manifestations de rue, à suivre les soldats républicains en pleine guerre civile espagnole, en Chine en 1938 à saisir îchang Kar chek en plein conseil de guerre et évidemment sur différents fronts de la Seconde Guerre mondiale, dont les quelques photos historiques réalisées en plein débarquement de Normandie le 6 juin 1944, alors que Capa est dans une péniche pendant que les soldats s'écroulent autour de lui.Capa a également livré un témoignage photographique de première main sur la progression des Alliés jusqu’à Paris dans les semaines suivantes et sur les derniers bombardements en Allemagne.Quelques mois plus tard, il était en URSS pour immortaliser les effets encore visibles de la guerre.VOIR PAGE F 2 : CAPA lodolphe Duçuax f COLL.FAMILLE GRAVEL L’enfant au camion Le grand Robert illustré Les Pistes du cheval indompté de Raymond Plante retrace la vie tumultueuse et pleine | de Robert Gravel | Huit ans et des poussières après la mort de Robert Gravel, un livre truffé de dessins et d’aquarelles, d’images et de mots qu’on ne lui connaissait pas tente de tracer le portrait de ce «cheval indompté» qu’était le comédien-dramaturge-metteur en scène.Voyage au pays de la démesure.RAtu&t COU.A.-M.LAPLANTE t* COLL RAYMOND PLANTE! LEVIS MARTIN F>*nnat V1 At * 11 S- t* po Cotmwture rigkte «wee- j*quo*tt Ht» Je .tOU tHuonicknit couleur tSItN 2-*M7-Som>-7 M2 • WM S MIC H KL BÊLAI R P hysiquement, déjà, le grand Robert Gravel avait quelque chose d’un monument.Squelettique à l’époque du collège, il est devenu, avec les années, un homme imposant, les épaules larges, les mains énormes.Il était souvent chaleureux lorsqu’on le rencontrait par hasard, le grand Bob, mais souvent sur la défensive aussi: du haut de ses six pieds trois pouces et demi, il pouvait alors être glacial en vous regardant d’un air indiciblement baveux.Mais ce n’est que lorsqu’il est disparu d’un coup sec, à la mi-août 1996, qu’on s’est vraiment rendu compte de l’espace absolument énorme qu’il occupait Partout, trop.D était partout Gravel.A la télé, bien sûr, où, après avoir joué dans une douzaine de séries pour enfants, il est devenu le «gonebitch» de L’Hérita- _ ge, le politicien retors de Kol Marilyn puis le principal d’école de Virginie.Au (Jr.théâtre aussi — et surtout! —, avec la LNI, qu’il inventa un soir de brosse avec Yvon Leduc, et avec le NTE, qu’il fonda avec Jean-Pierre Konfard après l’éclatement du Théâtre expérimental de Montréal (TEM).On l’a beaucoup vu sur les grandes scènes, mais c’est d’abord là, au NTE, qu’il a le plus joué tout en signant des dizaines de spectacles, à la mise; en scène ou à la conception.J’oubliais les écrans de cinéma, où il est moins dominant, confiné la plupart du temps — ô cruelle ironie — à des rôles de flic ou de gardien de sécurité.Tout cela sans parler de ses activités d’écrivain.Parce qu’il a finalement beaucoup écrit, le grand Bob.De nombreuses pièces de théâtre qu’il signa en collectif, avec Jean-Pierre Ronfard, Alexis Martin et d’autres.Sa trilogie pour le théâtre: La Tragédie de touchait à tout, ou presque PHOTO: PIERRE BRAULT l'homme (Desrochers le milliardaire, L’homme qui n’avait plus d'ami.Il n’y a plus rien).Et Thérèse, Torn et Simon, en versions Prodrome et Intégrale.Gravel tenait aussi des carnets.Des tas de carnets de toutes les tailles et de toutes les couleurs.Avec des titres et des projets différents.Ils ert sont remplis de notes sur le théâtre mais aussi yel sur la vie en général: le comédien réfléchissait par écrit sur la discipline de l’acteur ou la mise en scène, il notait ses rencontres, ses projets.Partout (huis son livre, Raymond Plante nous fait découvrir des dessins de remarquables têtes de cheval, des croquis de scéno ou de personnages disséminés à travers les pages en petits et moyens formats.Des aquarelles, aussi.Et des dessins en couleurs d’oiseaux ou de plantes, presque tous tracés a la campagne, dans sa maison, sur un rang derrière Saint-Gabriel-de-Brandon, son refuge.Il y vivait — pas assez, ce n’était qu’un pied-à-terre — avec celle qu’il appelait sa "femme» et ses amis qui passaient à la maison, l’été surtout.C’est là qu’il est tombé sec en ramenant sa grosse main sur sa poitrine, vers 21h, le 12 août 1996, foudroyé par une crise cardiaque.VOIR PAGE F 2 : GRAVEL Rodolphe Du&uay Pour une mysfique du paysage rfV] La» Éditions PUL-IQRC pôg m Hit) p,Mie mm ynr Tttfe.(4I«) 65WJK» ©l.uciv Ik-l.inRL-r'puI iilnvnl.i/o put A / LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 2004 BEAUX LIVRES EN APARTÉ Le beau livre de Bill Clinton ?A New Yoric, dans un petit bar du Lower East Side, l’ami Abraham apparaît tout sourire.Juif orthodoxe pétri d’études rabbiniques durant toute sa jeunesse, Abraham a pris ses distances d’avec sa communauté il y a trois ans afin d’assouvir une passion du monde qui comprend, entre autres choses, les charmes de la jolie Polonaise assise à côté de lui, mannequin à ses heures dans cette ville du mouvement perpétuel.Sa tuque enfoncée jusqu’aux yeux, à l’intérieur comme à l'extérieur, Abraham visite encore à l’occasion Montréal, où son oncle possède une entreprise de vêtements, rue Chabanel.Pour vivre dans la juriKle new-yorkaise, il s’est fait libraire, dans l’espoir toutefois de d^ nicher bientôt un travail de journaliste, comme plusieurs de ses amis parisiens qui fréquentent le bar.la librairie où il œuvre a reçu cet après-midi la visite impromptue de Bill Clinton.«Il vient souvent à la librairie, mais c’est la première fins que j’entre vraiment en contact avec lui.» Abraham attendait en quelque sorte que le charisme de l’ancien président se matérialise d’abord et avant tout dans une poignée de main virile.«Isa poignée de main est toute molle: j’ai été déçu.Mais c'est quand même un président qui lit.Il n’a rien à voir avec Bush.» Abraham travaille chez Argosy, un prestigieux libraire de Manhattan qui fait commerce de livres rares ou épuisés, de cartes géographiques et d’autographes depuis 1925.Tous les passionnés reçoivent leur catalogue ou, à tout le moins, savent qu'ils peuvent trouver là ce qu’on ne trouve pas ailleurs.O Jean-François Nadeau Qu’est-ce que Clinton acheté chez Argosy?Ce jour-là du moins, comme cadeau de Noël pour sa femme, un vieil album historique illustré consacré aux origines de New York.Un «beau livre» avant la lettre pour sa sénatri-ce, un de ces ouvrages patiemment montés puis imprimés aux Etats-Unis plutôt qu’en Chine ou en Thaïlande, comme c’est le cas de nos jours pour la plupart des albums du genre.L’ancien président est aussi monté à l’étage acquérir des autographes d’hommes qui, à leur époque respective, du haut de leurs privilèges et de leurs fonctions, appartiennent le plus souvent à une classe sociale que la famille Clinton continue à la fois de défendre et de symboliser.Lorsque William «Bill» Jefferson Clinton a quitté la librairie, il avait sous le bras pour près de 5000 $ en livres et en documents.Et son jeune libraire Abraham était plus convaincu que jamais qu’un président qui lit sait forcément faire les choses différemment des autres.Mais en est-on bien sûr?, Dans Le Grand Bond en arrière (Editions Fayard), qui s’applique, comme son sous-titre l’exprime, à «comprendre comment l’ordre libéral s’est imposé au monde», le vigoureux essayiste Serge Halimi explique que Clinton, comme président, laissa se creuser le fossé des inégalités sociales et se montra plus empressé auprès de firmes telles Waleter Street Goldman & Sachs, dirigée autrefois par son ministre des Finances, qu’envers la situation des travailleurs.C’est lui qui démantela, rappelle Halimi, la garantie fédérale d’aide à l’enfance en CORINNE CHEVARIER Les Recoins inquiets du corps « c’est l’oasis des hiboux le refuge des mystères la couture des plaies » LES HERBES ROUGES / POÉSIE Le Noroît David Solway POÈMES CHOISIS 1963-2003 Traduction de Yves Gosselin Lauréat du Prix de la Ville de Montréal pour Franklin's passage DAVID SOLWAV içô^-roo^ Poèmes réunis pour la première fois en français www.lenoroit.com péril prescrite par le Social Security Act de 1935, tout comme la plupart des mesures sociales d’aide aux pauvres qui ne passaient pas par le rêve du «marché» autonome des hommes d’affaires.En 1992, alors que sa campagne électorale était en difficulté, Clinton regagnait les faveurs de l’électorat américain en prenant congé pour aller signer l’acte de condamnation à mort d’un faible d’esprit noir.Quatre ans plus tard, alors qu’il défendait «la logique inexorable de la mondialisation», on apprenait que l’homme monnayait ses rencontres à la Maison-Blanche avec des personnalités.A sa retraite, il demandait 50 millions de dollars, soit plus de mille fois le revenu annuel moyen, pour devenir animateur à la télévision.Clinton, conclut Halimi, appartient à cette génération d’hommes passés du col Mao au Club Rotary, c’est-à-dire d’une gauche étatique sans cesse en évolution vers la droite, à l’exemple de Tony Blair, de François Mitterrand et même des nouveaux «socialistes» suédois.Même sU était sans doute moins dangereux pour l’humanité que son successeur, Bill Clinton n’en pratiquait pas moins, tel un Mozart, une politique elle aussi bien à droite, en accord avec l’idéologie étatique dominante.Or, comme l’ami Abraham, nos voisins semblent croire qu’il importe, pour être loyaux envers leur pays, de soutenir forcément l’un ou l’autre des partis en place, même s’ils défendent des thèses similaires qui s’attaquent au bien-être du peuple.Ils oublient, comme le soulignait Mark Twain dans un de ses romans, qu’il existe des périodes dans l’histoire humaine où la loyauté envers sa patrie nécessite la critique active des actions du gouvernement D’ailleurs, la Déclaration d’indépendance américaine elle-même affirme que les citoyens ont le devoir patriotique de montrer du doigt un gouvernement qui attaque ses droits à la vie, à la liberté et au bonheur.Lire, évidemment ne devrait jamais empêcher d’agir.jfnadeauCaledevoir.com SUITE DE LA PAGE F I Robert Gravel touchait à tout ou presque, en poursuivant au moins quatre, sinon cinq carrières en parallèle, et il buvait comme un trou.Et Q était malade.Très malade: des troubles pulmonaires, l’asthme, une fatigue constante.Ce qui ne l’empêchait pas de vivre cinq ou six vies en même temps.A coups de petits détails, mais quand même avec beaucoup de retenue et de pudeur, Robert Plante réussit à nous faire saisir dans son livre la démesure qu’était la vie de son ami Gravel Jouer dans la cour Dès l’amorce de sa carrière au TNM — tout de suite après La Roulotte, il a débuté dans le Faut jeter la vieille! monté par Buissonneauh —, puis en tournée avec les Jeunes Comédiens du TNM, il a rencontré Jean-Herre Ronfard.comme Saül sur le chemin de Damas, auraient pris plaisir à préciser certains pères du collège Sainte-Croix où je l’ai retrouvé après être passé, moi aussi, par l’école Sainte-Louise-de-Ma-rillac.Il tenait tête, le grand Bob, je peux en témoigner de plusieurs façons, mais il venait de rencontrer quelqu’un qui prenait au moins autant de place que lui.On sent bien sûr dans le livre de Raymond Plante toute l’influence que ces deux hommes ont eue l’un sur l’autre.Ronfard-Gravel, c’était un peu la fusion nucléaire.Leurs audaces, leur façon de tout risquer, leur «corpus commun», comme on GRAVEL dit dans les universités, tout cela est absolument hénaurme.Mais il n’y a pas que cela dans le livre qu’on nous propose ici.Les Pistes du cheval indompté nous permettent de rencontrer un Gravel que la majorité des gens ne connaissaient pas.Comme si on y sentait autant son haleine que sa pulsion créatrice.Cela se fait par petites touches, un détail à la fois, presque maladroitement parfois; c’est un ami qui trace le portrait Plante adopte l'échelle chronologique en partant d’une image centrale autour de laquelle son livre viendra se décliner celle de la cour, derrière la rue d’Iberville, où Robert Gravel lança les premiers grands jeux de sa vie.La vie est une grande coifr, sur le bord d’une ruelle.Dans la cour, quand le temps est au beau, on peut ramasser tous les ticuls du coin et organiser un après-midi de drapeau, de cachette, de cow-boys ou de ballon-chasseur.On peut tout faire dans une cour quand tout le monde embarque.Quand tout le monde veut jouer.Plante nous montre comment tout part de là: Robert Gravel a toujours organisé les jeux dans sa cour.C’est un flash de biographe absolument extraordinaire.Et en plus, ça ressemble au grand Bob comme deux gouttes d’eau.C’était encore vrai, du moins, du temps de Sainte-Louise-de-Marillac et de Sainte-Croix, où Gravel est tombé sur une gang de chums plutôt extraordinaires — je peux le dire, nous n'avions pas les mêmes — qu’il va fréquenter toute sa vie (pas tous, mais plusieurs).Au milieu du tour-bülon qu'était sa vie professionnelle, il va toujours trouver le temps d’organiser des rencontres avec ses vieux chums de college.Pour le plaisir d'être ensemble.Pour faire les fous, sérieusement Mais la cour de Robert Gravel est une grande cour remplie de fous plus sérieusement atteints les uns que les autres; elle en viendra à prendre les proportions démesurées de sa propre vie.Le grand Bob a joué dans sa cour jusqu’à la fin, multipliant les projets, toujours prêt à s’impliquer ou à se remettre en question.Don Quichotte.Ti-cul démesuré.Ceux qui doutent encore de la dimension quasi homérique de la carrière de Robert Gravel pourront consulter à la fin du livre une série d’annexes simples à consulter qui couvrent la quasi-totalité des fronts sur lesquels il a combattu.11 faudra prendre une grande respiration.Et une grosse bière, peut-être, en guise de dernier salut au grand Bob.Le Devoir ROBERT GRAVEL Les pistes du cheval INDOMPTÉ Raymond Plante Avec la collaboration d’Yvon Leduc Les 400 Coups Montréal, 2004,304 pages CAPA SUITE DE LA PAGE F 1 Mais cet ouvrage nous montre aussi un autre aspect de Capa, qui savait choisir des moments légers comme sujets, enfants, badauds sur des terrasses, fêtes populaires, et qui a également fréquenté quelques grands de ce monde comme Picasso, Hemingway ou John Stejnbeck pour les montrer dans des moments inédits.Etre aux premières loges de l’histoire témoigne d’un sens journalistique certain, mais encore faut-il faire de bonnes photos.Celles de Capa, avec un cadrage clair et une grande capacité à saisir le mouvement ou l’instant d’abandon, vont toujours à l’essentiel.Personnage flamboyant, Robert Capa a connu une mort tout aussi spectaculaire et tragique.En 1954, en pleine guerre d’Indochine, alors qu’il avait à peine 40 ans et qu’il accompagnait une patrouille française en train de ratisser le terrain à la recherche de mines, il quitte la piste pour chercher un meilleur angle de prise de vue.Il met le pied sur une mine et meurt sur le coup, caméra à la main.Sa dernière photo, celle qui clôt le livre, a été prise quelques secondes auparavant Le Devoir ROBERT CAPA - LA COLLECTION Richard Whelan Phaidon Paris, 2004,572 pages ton! OwNIMIftV- MEMOIRE D'UNE AMNESIQUE MÉMOIRE JNE AMNÉSIQUE Jan J.Dominique Roman 217 p.» 19,95$ S J* •S* 2tfi] MOMO ET LOULOU Mena Latif-Ghattas et Louise Desjardins 149 p.• 16, 95$ mmimutAun UN QUÉBEC EN MAL D'ENFANTS LA MÉDICALISATION DE LA MATERNITÉ, 1910-1970 Denyse Baillargeon 376 p.• 29, 95 $ • illustré i > I YC«< Koussea u YVETTE ROUSSEAU LA RÉUSSITE D'UNE VIE Huguette O'Neil Biographie 456 p.• 29, 95 $ • illustré DES PAS SUR L'OMBRE TÉMOIGNAGES D'INTERVENANTES EN MAISONS D'HÉBERGEMENT Textes recueillis par Diane Trépanière 189 p.• 29, 95 $ • illustré En vente chez votre libraire les éditionpiu remue-ménage LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d’art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.éditions Liber INRS Chaire Fernand-Dumont Éthique publique, vol.6, n° 2 Les enjeux éthiques de la gestion de Vinformation collaborateurs Michel C.Auger Jacques Berleur Yves Boisvert Christian Boudreau Nicole Boulianne Herbert Burhert Paul-André Cotneau Alain Duhamel Bernard Duva! 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pratique avec un plaisir malin.Or ce jeu n’a pas le même sens partout.Au Québec, où les signes de l’identité culturelle sont frappés d’une instabilité chronique, les vagabondages intertextuels sont particulte rement lourds de sens, car ils trahissent un dilemme jamais résolu entre le vieux fantasme de fondation et la très postmoderne ouverture à '•l'Autre».C'est du moins la thèse d'André Lamontagne, professer! à l’université de ColombieBritannique, qui propose l'une des premières synthèses solides sur le roman québécois de 1970 à aujourd’hui L’ouvrage qu’il vient de publier, Le Roman québécois contemporain.Les voix sous les mots, analyse de façon détaillée les intertextes dans sept romans majeurs ou typiques de cette période: LAmélanchier de Jacques Perron, Don Quichotte de la démanche de Victor-Lévy Beaulieu, Maryse de Francine Noël, La Québécoite de Régine Robin, Comment faire l'amour avec un Nègre sans se fatiguer de Dany Laferrière, Im Rage de Louis Hamelin et Im Tournée d’automne de Jacques Poulin.Plusieurs de ces analyses ont déjà paru ailleurs, dans des revues savantes, mais leur regroupement fait nettement apparaître la cohérence de l’interrogation.La démonstration est convaincante et permet de lire de près ces sept romans tout en dégageant une inteiprétation plus générale.L’intertextualité pratiquée à doses massives n’est pas le seul trait qui caractérise récriture de ces sept auteurs, mais c’est assurément un de ses signes les plus évidents, les plus intrigants aussi.Alors que le romancier moderne voulait faire du neuf à tout prix et cherchait à inventer de nouvelles formes d'écriture, le romancier contemporain semble reprendre des formes déjà là, comme on reprise un vieux bas troué.Cela donne une chaussette pleine de couleurs différentes, avec quelques fils qui dépassent çà et là et qui indiquent au lecteur qu'il s’agit de matériaux recyclés.C’est de la littérature made in literature».Au fur et à mesure qu’on lit le commentaire nuancé d'André Lamontagne, on voit donc se dérouler les bobines de til provenant de toutes les cultures et de toutes les époques, de jadis à aujourd’hui: la Bible, le Coran, les mythes grecs, un peu de littérature française, beaucoup de littérature américaine ou internationale et, plus encore, de la littérature québécoise.Celle-ci a un statut à part dans la démonstration.C’est qu’au Québec le poids du récit de fondation est tel qu'ü continue de se faire sentir même à l’ère postmoderne, qui se définit plutôt par le métissage des références culturelles, l’effritement des repères symboliques ou tout simplement la dispersion du sens.La littérature québécoise, explique André I amontagne, «est surdéterminée par la question identitaire».C’est là pour lui un fait majeur, souvent écarté par ceux qui s’intéressent au phénomène dlnter-textualite sous un angle strictement formel.Sa propre lecture des romans retenus illustre d’ailleurs involontairement sa thèse puisqu'elle qualifie de façon très positive le fait que les romanciers quebe I cois citent désormais des romans d'ici, et pas seulement des romans français.D y revient tout au long de | son étude.Dans le chapitre consacre à Maryse, par exemple, Andre Lamontagne insiste sur l'émancipation «du roman québécois, qui jusque-là ne jurait que par sa \ filiation française, trop peu convaincu de son existence \ pour se citer et se donner comme objet de representation, trop honteux de son américanite pour l'afficher».On peut se demander toutefois en quoi cette emancipation a réellement servi le roman québécois, en quoi les sept romans étudiés sont meilleurs (ou moins «honteux de leur américanite») que, disons, ceux de Ringuet de Ga-brielle Roy, d’Anne Hébert ou de Réjean Ducharme.La question en soulève une autre, plus générale, sur finté-rêt proprement romanesque de l’intertextualité.Au-delà du fait que celle-ci fournit pas mal de travail à la critique savante, qu’advient-il du roman lui-même?Les conclusions très optimistes d'André Lamontagne, à la fin de chacun des chapitres comme à la fin du livre, ne permettent pas vraiment de répondre à une telle question.L’intertextualité semble être a priori une valeur, mais une videur plus politique ou éthique que littéraire, les sept romans présentent tous, selon lui, «la nécessité d'assumer l'héritage québécois et sa part d’américanité».On disait cependant la même chose vers 1960, c’est-à-dire à une époque où la littérature québécoise était étroitement harnachée à un projet politique.Cela dit, l’optimisme est aussi ce qui pennet à André Lamontagne de lire cette littérature de façon généreuse, non pas en fonction de ce qu’elle n'est plus, comme on le fait très souvent en évoquant de manière nostalgique la grandeur littéraire de naguère, mais en fonction de ce quelle est réellement devenue.Signalons aussi, pour ceux que l’étude du roman contemporain intéresse, la parution d’un collectfl, sous la direction de René Audet et Andrée Mercier, intitulé La Narrativité contemporaine au Québec.La littérature et ses enjeux narratifs.Composé d’une dizaine de chapitres écrits par autant de spécialistes, cet ouvrage n’a pas la cohérence ni la profondeur de l’étude d’André Lamontagne.Mais on y trouve un portrait contrasté de la littérature actuelle et quelques indications théoriques sur la question de la «narrativité».Il y manque toutefois un index des auteurs et des œuvres cités, lequel aurait fait apparaître que la plupart de ces œuvres dites exemplaires, qui font partie de notre monde et qui sont censées nous aider à le comprendre, nous ne les connaissons bien souvent pas du tout.Il est grand temps que la critique s’emploie à nous les présenter.LE ROMAN QUÉBÉCOIS CONTEMPORAIN Les voix sous les mots André Lamontagne Fïdes, coll.«Nouvelles études québécoises» Montréal, 2004,283 pages r Le mal-né Seize études sur la poésie québécoise Pierre Chatillon Pour redécouvrir la poésie à travers l’imaginaire de seize poètes québécois, leur époque et leurs valeurs.2004, 248 pages, ISBN 2-7605-1300-9, 25$ La poésie est un art, mais c'est aussi le miroir d'une société JMfjp Presses de l'Université du Québec Les grands diffuseurs ^ de la connaissance .l /J EîSF7” V*^ Québec SS APPROCHES DE IA BIOGRAPHIE AU QUÉBEC UN ON VO CN fiurt KiMff 0#* »tî« 2-2X43 F.xceptionnelleinent Mardi 14 décembre Maison de la culture Notre-Daine-de-tîrâee 3755.rue Botrel, Montréal (514)X72-2257 Annuaire économique et géopolitique mondial 24e édition Une analyse approfondie des grandes tendances planétaires Un bilan de l’année pour les 226 États et territoires de la planète Les enjeux politiques et économiques à l'aube du IIP millénaire 672 pages • 29,95 $ En collaboration avec x, n a mn LE DEVOIR SSE Boréal www.editionsborealqc.ca CHRISTINE ROUSSEAU Elle «révolutionna son époque au point de la faire changer de siècle» et «démoda la mode».De son village des Cévennes à la maison de la rue Cambon, c’est le parcours exceptionnel d’une créatrice de génie que décrit Ed-monde Charles-Roux.Le 5 février 1954, après quatorze ans d’absence, Chanel (1883-1971) fait son grand retour 31, rue Cambon.dans «une atmosphère de cour d’assises».Parmi les journalistes, venus, pour la plupart, sanctionner la liaison de la créatrice avec un officier al-lemand, se trouve Edmonde Charles-Roux, l’envoyée de Vogue.Si elle insiste aujourd’hui sur les arriere-pensées politiques qui menèrent à une véritable «exécution» de la presse ce jour-là, la biographe de Chanel admet que la collection présentée par la styliste était «ratée, pauvrette, mesquine».«Coco reconnaissait qu'elle avait perdu la main.Le soir même, elle s’est remise au travail, en déchirant tout.» — mue comme toujours par «un solide appétit de vengeance» (Paul Morand) à l’égard des hommes et de Dior en particulier, qui, avec le «new look», avait remis au goût du jour taille fine, guêpière et corset.Toutes choses que Chanel haïssait.Un an plus tard, la deuxième collection marque sa reconquête.Et le début d’une amitié entre l’artisane, comme elle aimait à se définir, et Edmonde Charles-Roux.«Malgré tous nos désaccords, c’était une femme entière, peu aimée, qui avait un fort besoin d’échanges.Au fond, je lui ai servi à cela, pour peu que je lui aie servi à quelque chose, car c’est plutôt elle qui m’a beaucoup appris.» Après Paul Morand, Louise de Vilmorin ou Michel Déon, la journaliste est sollicitée par Chanel pour rédiger ses mémoires.Mais comme ses prédécesseurs, elle décline la proposition, sachant que Chanel avait l’art de travestir son passé.Pourtant, deux ans avant sa mort, Charles-Roux entame des recherches; elles aboutiront, en 1974, h L’Irrégulière (Grasset), qui demeure la biographie de référence.Au cours de son enquête, elle met la main sur une multitude de photos auxquelles s’ajoutent celles que Doisneau réalise à Chanel (Cévennes), d’où est issue la branche paternelle de Coco.Frustrée de ne pouvoir les montrer dans sa biographie, elle réalise peu après Le Temps Changl (1979, Le Chêne/Grasset).Profitant de sa réédition — le livre était épuisé depuis un an —, Edmonde Charles-Roux a remanié tout son texte, intégré de nombreux documents inédits et «amélioré le standing en offrant tous les grands maîtres de la photo féminine de mode: Horst, Penn, Ave-don.».Plus qu’une réédition donc, ou qu'un simple album richement illustré, ce nouveau Temps Chanel constitue un formidable voyage dans le siècle intimement mêlé au roman d’une vie étincelante et sombre, marquée par une ascension fulgurante, une réussite sans précédent, et aussi par les deuils, l’exil et la solitude.Pour appréhender le génie créateur de cette femme qui «révolutionna son époque au point de la faire changer de siècle», qui SOURCE LA MARTÏNIÈRE/GRASSET Chanel en 1931, photographiée dans Match.«démoda la mode», la défaisant de ce «trop de tout» qui l'alourdissait et emprisonnait les femmes dans des carcans esthétiques, c’est à l’enfance cévenole — sur laquelle elle demeura farouchement silencieuse — qu’il faut remonter, comme l’explique Edmonde Charles-Roux.«Quand elle débute, elle découvre une mode qui est en train d’évoluer.Poiret a supprimé le corset.Elle va alors apporter trois choses fantastiques: une ligne fluide et peu marquée à la taille, le noir et le rejef de toute affriolance.» A ces «innovations majeures» vont s’ajouter la mode sport quelle invente, l’utilisation du jersey ainsi que le port du pantalon pour les femmes.«Et tout cela, Chanel le tient de son esprit paysan, qui, pour moi, est l’essence même de son immense talent.» Un esprit paysan qui fait son miel de tout.De l'armoire de ses amants où elle puise idées et acçessoires: le jodhpur du temps d’Etienne Balsan, le canotier et le sweater de Boy Capel avec lequel elle réalise les premiers pyjamas de plage.Et aussi de l'influence russe du grand-duc Dimitri, puis anglaise, avec le duc de Westminster.et encore celle de ses nombreuses amitiés avec le Tout-Paris artistique et littéraire.Une grande mécène «Je ne suis pas sortie parce que j’avais besoin de faire la mode, confia-t-elle à Morand, j'ai fait la mode justement parce que je sortais, parce que j’ai vécu la vie du siècle.» Derrière ce pragmatisme qui la voit se lier avec Cocteau, pour lequel elle fera notamment les costumes d’Orphée, de Diaghilev (pour Le Train bleu), Stravinski, qu’elle hébergea un temps.se dissimulait une incroyable mécène.«Sur ce terrain, confie Edmonde Charles-Roux, elle damait le pion à son amie Misia Sert.Elle a aidé Reverdy, qui fut son amant, Max Jacob et bien d’autres.Chez Gallimard, on parlait des “chèques de la Grande Mademoiselle”.Elle fut très généreuse, beaucoup plus qu’on ne l’a dit et qu’on ne le saura.» On pourrait écouter sans fin Edmonde Charles-Roux évoquant Gabrielle Dorziat, Carya-this ou encore Paul Morand, ami et confident, avec lequel Chanel partagea les heures sombres de l’exil, après celles, glorieuses, des années folles dont ils exprimèrent chacun la modernité.C’est à celle-ci que ce livre somptueux rend hommage.Le Monde LE TEMPS CHANEL Edmonde Charles-Roux La Martinière/Grasset Paris, 2004,384 pages «J’ai fait la mode justement parce que je sortais, parce que j’ai vécu la vie du siècle » L'espoir de naître à une authentique liberté intérieure « Lire Alice Miller ajoutera beaucoup de profondeur et une vérité qui éclaire de tous ses feux.» Carole Vallières Le Devoir « Un de ces petits bouquins qui me fait l'effet d’une bombe.[.] L’étude la plus lucide sur la maltraitance des enfants.[.] J'ai été très touché par cet ouvrage.» Jacques Languirand Radio-Canada, Par quatre chemins « Ça va très loin.[.] Une interprétation très forte.» Jean Fugère Radio-Canada, Pourquoi pas dimanche ^ ALICE MILLER Notre corps ne ment jamais NOTRE CORPS NE MENT JAMAIS Alice Miller Éditions Flammarion Flammarion t T £ DEVOIR.LES SAM E D 1 I E T I) I M A \ ( Il E BEAl'X LIVRES ESSAIS QUÉBÉCOIS Falardeau en guerre ue Pierre Falardeau soit un homme de comiction est une chose entendue.Avec lui.pas de demi-mesure.Sa ligne de pensee est claire et ceux qui ne la suivent pas sont ses ennemis.*L indépendance, affirme-t-il encore dans ces entretiens politiques publiés sous le titre de Québec libre!, est bien plus importante que le socialisme dont je me fous complètement tant que l'indépendance n’est pas faite.» Il qualifiera, par exemple, Françoise David de «Claude Ryan de gauche» parce quelle tergiverse sur la question Inutile de préciser que, dans sa logique, ce n’est pas là un compliment.Dans un texte rédigé au moment de la mort de Ryan, il traitait l’ancien chef libéral de «pourriture».Le ton falardien, on en conviendra, peut choquer, mais le combat que mène le cinéaste n'en reste pas moins légitime.Contre ceux qui répètent que l'indépendance du Québec est un projet dépassé qui n’intéresse plus les Québécois, Falardeau a raison de prétendre que ce combat n'a rien perdu de son actualité et que l’oppression «subtile» que le «néocolonialisme» canadien fait subir au Québec mérite d’être dénoncée et combattue.Une certaine ambiguïté Le problème, parce que problème il y a, n’est pas là.11 est plutôt, d’abord, dans une certaine ambiguïté volontairement entretenue par Falardeau au sujet de la nature de la lutte à laquelle il nous convie.Par exemple, il affirme: «Même si c’est une lutte démocratique, c’est une guerre quand même!» A la limite, une phrase semblable peut toujours passer.Cependant, plus loin, il ajoute: «Moi, je considère qu’il faut continuer à jouer le jeu de la démocratie pour augmenter notre légitimité face à l’opinion mondiale mais, en même temps, au moins être conscient qu’un moment donné ü va peut-être falloir passer à une autre phase en plus de la lutte démocratique.[.] Continuer la lutte démo- li i s Corn elher cratique mais sc preparer à tout.» Tout, qu'est-ce a dire au juste?La tradition politique du Quebec, sauf exceptions dont les consequences n'ont pas ete particuliérement réjouissantes ni constructives, ne saurait justifier des attitudes et des actions qui s'écartent de l'idéal démocratique.Les dérapages.à cet egard, des adversaires du projet indépendantiste ne devraient pas mener ceux qui le portent à justifier le sophisme de la double faute, mais ils devraient plutôt servir à convaincre ceux qui restent réfractaires à ce projet de sa pleine légitimité.Moralement et stratégiquement, tout autre attitude serait répréhensible, voire suicidaire.Falardeau la qualifie d’angélisme politique, mais, en ce qui concerne le Québec, je n’en vois pas d’autres possibles.Les cris de guerre risquent bien plus de faire reculer la cause que de la faire avancer.Le cinéaste, qui dit aimer les Québécois, devrait comprendre cette caractéristique de leur psychologie politique qui n’a rien de méprisable.«faimerais parfois, écrit-il, trouver un ton plus rassembleur, mais la passion pour mon pays m’aveugle.» C’est lui qui l’affirme et on ne le contredira pas là-dessus.Que penser, par exemple, d’un tel cri du cœur au sujet de ses adversaires: «Bien oui je les hais! Je les hais pour vrai! Pour les tuer! C’est comme quand on nous reproche dhaïr les Anglais.Il faudrait les aimer en plus?!» Ne serait-il pas moins malsain de se contenter de s’y opposer, à coups d’arguments et de gestes politiques, dans une logique démocratique?«Ce n’est pas une mauvaise idée», répond encore un Falardeau mi-sérieux à des jeunes qui lui demandent s’ils devraient mettre des bombes.Une véritable éducation politique ne serait-elle pas plus efficace que ce cabotinage de boutefeu qui nuit à la lutte politique en la détournant vers une révolte immature potentiellement dangereuse?Que penser, enfin, de cette autre affirmation douteuse: «Au premier referendum, je me rappelle qu il y a eu plein de hauts cris parce qu 'un comité du non avait reçu une brique dans sa vitrine.Hey! On mène une lutte de liberation nationale et il y a eu une seule brique de lancee?.Càlisse! Comptez-vous chanceux .Comment ça se fuit que ça n ’a pas tout brûlé?» S’il fallait que tous les porte-parole souverainistes s'expriment ainsi, le mouvement n'obtiendrait jamais l’appui populaire dont il jouit actuellement.«Le nationalisme, c’est la guerre», ne cessent de repeter les adversaires de tous les projets d indépendance nationale.Faut-il leur donner raison en encourageant les excites de MLNQ de Raymond Villeneuve sous prétexte qu’eux, au moins, descendent dans la me?Convaincre F'alardeau est nettement plus convaincant quand il traite de son propre éveil à la cause indépendantiste par l’entremise des actions et des textes produits par les leaders du RIN dans les années 1960, quand il explique sa démarche d’artiste engagé ou quand il rend hommage à ses inspirateurs (Fanon, Memmi, Neruda, Orwell, Miron, Gilles Grouk et Pierre Perrault) que quand il joue les guérilleros impatients d’en découdre lors de la lutte finale avec les «Blokes».En démocratie, fût-elle imparfaite, convaincre ses compatriotes de la pertinence d’une idée, ce que les indépendantistes se sont acharnés à faire depuis plus de quarante ans avec un évident quoique relatif succès, vaut toujours mieux que fourbir ses armes de pauvre dans un sous-sol obscur.L’intervieweur Pierre-Luc Bégin présente Falardeau comme «un des intellectuels les plus fondamentaux de l’histoire récente du Québec».Pour être à la hauteur d’un tel compliment, le cinéaste, à l’heure de publier des livres, devrait cesser de se contenter du jeu un peu paresseux de l’entretien et se mettre réellement à l’ouvrage.L’épreuve de l’écriture lui permettrait de mieux soupeser ses arguments, de les mettre réellement à - X vV \ U \ Ann-Marie MacDonald Le Vol du CORBEAU ANN-MARIE Macdonald auteur vcm VAtiHww céme « Un monde fascinant d’où l’on a peine à s’arracher.» Danielle Laurin, Uactualité & : - l/v 'SSIlîll «u m- li i ; WP Son premier roman Un parfum de cèdre a été couronné par plusieurs prix, sélectionné par le Oprah Book Club et s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires.Flammarion jour et d’éviter les dérapages verbaux.Le style du pamphlétaire n’y perdrait rien au change et son propos y gagnerait en rigueur et en force de conviction.Menés par un intervieweur complaisant, plutôt mal organises et mis en page (les échanges se pro sentent tout d’un bloc, sans division en sections, les autres parties du livre ne sont pas annoncées dans une table des matières et le texte fourmille de mauvaises coupures de mots en fin de ligne), ces entretiens ne trahissent pas le militant enflamme et brouillon, mais ils restent en deçà de ce qu’on serait en droit de s'attendre de la part de l'intellectuel populaire, une denrée rare dans nos contrées qui appelle une responsabilité à l'avenant.louisc orne lliera iHirroinfo.net QUÉBEC LIBRE! Entretiens politiques avec Pierre Falardeau PierrtQnc Begin Les Editions du Québécois Québec, 2004,212 pages JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pierre lalardeau est-il vraiment «un des intellectuels les plus fondamentaux de l'histoire récente du Québec"?Parchemin Publications __^ Un livre /-"x £ | K2 Eüll v^UCDeC eu ci »in cadeau que l'on déballe des jours et des jours.coffre! C Collection aux limites de la mémoire Par Monts et par Vaux Collection coin» de pay» OR!) o4 9M «h Histoire du vleux-montréal A trawn Bon palnmoln.Agenda aux limites de la mémoire Quartiers ouvriers d'autrefois 1850 - 1950 Une histoire de l'art du Québec La collection la plus complète d'art québecoli de» origines à no» jours Oa Vinci CODE PRIX ORD 49.95J Da Vinci code Édition illustrée Charles le téméraire Yves Beauchemln m Ensemble, c'est tout Anna Gavalda Le visuel définitions Rivières Québec PRIX ORD 59 951 PRIX ORD Rivières du Québec Ve&SBItminttfriGirî a-iu Miyuki TANOBE Robert Bernier Les Compositeurs, grande musique à la portée de tous Claudio Rlclgnuolo LL PLI II ROBERT DES NOMS PROPRES .Petit Rober : des noms propres dernière édition PRIX ORD.: 74.951 I Ail AS GLOPOtmoU a f I i ruttii U PE m ROBERT h KofMU or Imn PAmiMi Lady Cartier Micheline Lachanca Le Petit Larousse Illustré 2005 0?-Wf PRIX ORD 72 951 Petit Robert de la langue française dernière édition le Parchemin i Quartier Latin .Métro Berri-UQÀM, 505 Sainte-Catherine Est, Montréal | (514) 845-5243 librairie@parchemin.ca Librairie agréée par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec «' m A Efcs-vetis ?rinconvénient no 19 www.inconvenient.ca ri ÜüjI d il JJj m ü ii jjj éfU ¦ deux essais de Milan Kundera et François Ricard et la nouvelle chronique de Serge Bouchard î ' i LE DEVOIR.LE A M E D I il ET DIMANCHE 12 D E C E M B O 1 F 8 BEAUX LIVRES Grandeur nature FRÉDÉRIQUE DOYON La nature est un temple ou de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles; L’homme y passe d travers des forêts de symboles / Qui l'observent avec des regards familiers.» Ces mots de Baudelaire illustrent bien Nature, ouvrage fraîchement paru aux Editions du Chêne.La citation est d’ailleurs rapportée dans ses.pages, ainsi que d’autres, tirées de l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, de celle de Marguerite Yourcenar ou des Pensées de Pascal.Ces phrases célèbres accompagnent certaines des très belles photographies qui composent le livre illustrant la fascination que la nature exerce sur l’être humain.Depuis le succès de La terre vue du ciel, on semble se complaire à multiplier les ouvrages magnifiant la nature qui nous environne.Leur nombre croît à peu près au rythme où les humains désertent la campagne pour habiter le béton des villes.Urbains, gorgez-vous d’images sublimes de la nature tout en vous confinant aux quatre murs bétonnés de vos vies, semble-t-on nous lancer de manière toute subliminale.N’empêche, Oliviers Grünewald, photographe, et Bernadette Gilbertas, géologue et journaliste, n’en sont pas à leurs premières armes en matière de pé- riples photojournalistiques.Depuis vingt ans, ils parcourent la planete en quête de paysages, | d’autant plus subjuguants que la nature les rééditent infatigablement depuis des millions d’années.En 2000, les auteurs li- | vraient notamment Images de la Création.Et le World Press Photo les a plus j d’une fois récompensés.Ils réunissent ici ! les clichés les plus j spectaculaires de leurs | pérégrinations.Des jeunes tortues luth de la Guyane française aux aurores bo- j réales des hémisphères nord et sud en passant par les dunes pétrifiées aux mille nuances de grès d’une réserve naturelle de l’Utah et les forêts humides du Queensland australien, ces joyaux de la terre s’étalent dans toute leur splendeur sur des pages grand format.Le travail de la lumière est particulièrement saisissant.Pour ne pas nuire à la contemplation, les explications liées à chaque photo sont réunies dans des sections spécifiques du livre.Des textes succincts et instructifs ponctuent l'ouvrage, retraçant l’histoire des relations entre l’homme et son environnement NATURE Olivier Grünewald et fjernadelte Gilbertas Editions du Chêne Paris, 2004,227 pages Le livre illustre la fascination que la nature exerce sur l’être humain NOTHO C'EST moi: « ./V l'affirme, je le proclame : c'est mi roman formidable! » R.I lomier-Roy.Radio-Canada Un excellent era.» Monique Roy, Châtelaim « Son meilleur livre.» Le Point Albin Michel Voyage dans un herbier L’Herbier du inonde Cinq siecies d aventures et de passions botaniques W au Muséum national d’histoire naturelle OCLASTE CAROLINE MONTPETIT Le jardin eçt le lieu de tous les miracles.A travers les âges, on en a tiré les médecines calmant les maux du corps humain.On y a fait pousser fruits et légumes, sans parler des herbes et des épices et leurs corteges d’arômes sophistiqués.Vaste mémoire du jardin du monde, le Museum national d’histoire naturelle de Paris tient ainsi des herbiers, qui témoignent des grandes expéditions tenues à la recherche des herbes les plus rares de par le monde.Ce sont les pages de ces herbiers qu’ouvre L’Herbier du monde, beau livre paru dans la collection «L’iconoclaste» des Editions du Muséum Comme le mentionne en rabat de couverture une citation de Bernard de Fontenelle, poète et philosophe, «la botanique n’est pas une science sédentaire et paresseuse qui se puisse acquérir dam l’ombre d’un cabinet, comme la géométrie ou l'histoire.Elle veut que l’on coure les montagnes et les forêts, que l’on gravisse des roches escarpées, que l’on s’expose au bord des précipices».Sur la carte des grandes expéditions qu’ont menées les botanistes qui ont enrichi les collections du musée, on retrouve celle de Monod, qui a arpenté la Mauritanie et le Tibesti, celle d’Incarville, en Chipe, celle de Joseph de Jussieu, en Equateur et au Pérou, ou encore celle de Chevalier, en Indochine.C’est en 1640 que le Jardin royal des plantes médicinales voit le jour au faubourg Saint-Victor, à Paris.D remplaçait alors celui de Montpellier, qui avait été créé en 1593 mais qui n’était plus à la mesure, selon Guy Labrosse, le médecin ordinaire du roi, *du rayonnement acquis par la botamrue française».Des le XVIf siècle, le thé, le café et plus tard le chocolat font leur entree a la cour de France.Ce siecle verra également se déployer la passion des couleurs.Alors que les Européens importent de rouges tissus de l’Inde, tes Turcs rougissent aisément te coton grâce à un mélange de garance, de graisses et dhuiles rances, d’urine, d’excréments, de sang de mouton et de bœuf.Mais c’est en 1700 que commence le premier voyage de Joseph de Toumefort en direction du Levant L’explorateur en verra de toutes les couleurs et rapportera 1356 plantes inédites et 25 genres nouveaux.Trente ans plus tard, c’est au tour de Joseph de Jussieu de découvrir, au Pérou, deux plantes qui feront parler d’eDes longtemps, te quinquina, qui traite te paludisme, et la coca.Autour de 1740, le père d’Incarville séjourne pour sa part en Chine, où tes Chinois lui apprendront à travailler la soie, te coton, et à fabriquer des feux d’artifice.Toujours au XVIIIe siecle, Pierre Poivre, prêtre défroqué, mène la guerre des épices en Inde.L’usage de l’herbier comme outil pédagogique est développé en France à la fin du XIX' siècle, bien qu’il soit contesté par quelques maîtres qui le considèrent comme une perte de temps.Certains passionnés ne s’y laisseront pas prendre pour autant Ainsi, le célèbre Théodore Monod n’en finira plus d’arpenter le désert pour y cueillir les plantes rares.Il donnera même son nom à une plante jusque-là inconnue, la Monty dellia flexnosa.Ses explorations en feront cependant un interdit de séjour au Tibesti, et il perdra la trace de cette plante.Malgré de nom- breux voyages pour la retrouver, passé l’âge de 93 ans, Monod demeurera bredouille.Il passera de flambeau aux jeunes botanistes», nous dit l’ouvrage: «Cueillez-la, mais avec précaution, car qui cueille une fleur dérange une étoile.» Le Devoir L’HERBIER DU MONDE Sous la direction de Philippe Morat, Gérard Aymomin et Jean-Claude Jolinon Les Éditions du Museum, coll.«L’iconoclaste» Paris, 2004,243 pages LITTÉRATURE JEUNESSE Le monde, sa beauté, ses problèmes CAROLE TREMBLAY Totalement en phase avec la signature visuelle du célèbre magazine français Géo, ce magnifique ouvrage présente plus d’une quarantaine de photos plus spectaculaires les unes que les autres.Lac violet d’Aus- tralie, coulées de lave hawaïennes, invasion de criquets au Sénégal, on pousse un «oh!» ou un «ah!» chaque fois qu’on tourne une page.Si on n’apprend pas grand-chose sur les mœurs et coutumes des habitants, on fait au moins le plein d’émerveillement devant la beauté et l’incroyable diversité des paysages terrestres.Un court texte situe et parfois explique le phénomène naturel qui a donné lieu à l’image présentée, une image qui vaut, avouons-le, amplement ses mille mots.INCROYABLE PLANÈTE ! Des photos extraordinaires ET DES INFORMATIONS ÉTONNANTES.Éditions Play-Bac/Géo jeunesse, 96 pages.Espèce d’encyclopédie de l’actualité, cet ouvrage très documenté tente d’expliquer aux 12 ans et plus les enjeux complexes du monde d’aujourd’hui.En première partie, un «journal» de l’année retrace les événements qui ont marqué 2004.Puis, 74 articles viennent présenter différents problèmes et dossiers d’actualité, que ce soit sur le plan politique ou sur les plans économique, scientifique ou culturel.Finalement, un atlas trace un bref état du monde, continent par continent C’est très bien fait.Seul hic, c’est parfois un peu trop franco-eu-ropéen.Le jeune d’ici risque de se sentir moins concerné, surtout s’il lui prend l’idée de chercher (en vain) les mots «Québec» ou «Canada» dans l’index.ZOOM 2005, LE MONDE D’AUJOURD’HUI EXPUQUÉ AUX JEUNES L’Agence d’infographie WAG Luigi Di Girolamo, Michèle Marin Hachette jeunesse, 259 pages.Chaque .année, à l’occasion des Fêtes, les Editions Griind publient l’intégrale d’une œuvre classique de la littérature jeunesse.Cette année, ce sont les frères Grimm qui ont l’honneur de cette collection à la fois luxueuse et abordable.On peut y découvrir ou y redécouvrir une cinquantaine de contes directement inspirés de la tradition orale allemande, le tout est évidemment, abondamment illustré.Après avoir relu Hamel et Gretel et Les Musiciem de la ville de Brème, tes petits exégètes en herbe pourront s’amuser à comparer les versions germaniques du Petit Chaperon rouge, de Cendrillon ou du Petit Poucet avec celles de Charles Perrault parues dans la même collection il y a quelques années.LES CONTES DE GRIMM Texte intégral, illustré par Adolf Born Griind, 544 pages.; mmm Ames corps Textes choisis 1981-2003 « Je n'aurais pas pu passer sous silence ce recueil de textes choisis publiés entre 1981 et 2003 [ ] qui comprend à mon sens les plus belles créations de la romancière et essayiste canadienne.» > Claudia Larochelle, Le Journal de Montréal (5141524-5558 iemeac@lefneac.com Mihai Mangiutea) ^ArnoÎtE La revue de l'année 2004 en cadeau ! Avertissement T •" v «â Des caricatures propres.à 2004 Ce recueil de plus de 125 caricatures éditoriales parues dans Le Devoir n'ayant profité d'aucune « commandite » du gouvernement libéral du Canada (ni d'aucun autre parti politique, d'ailleurs), il est garanti propre.à l'année 2004.'-A ^ % 'J-» ;- 1* jêàrT U /AiA.Mk iiÉà „ ! Des caricatures propres.à 2004 Éditions du Concassé 104 pages • 17,95 $ Diffusion : Fides r-rC - En vente dans toutes les bonnes librairies LE DEVOIR.LES SAMEDI l ET D I M A N C H E 1 2 D E C E M B R E ) O \ BEAUX LIVRES Trappeur d’images -s' ERIC TRAVERS GAMMA Les habitants du Grand Nord se nourrissent volontiers de perdrix, dont la chair est tendre et savoureuse.LOUIS-GILLES FRAXCŒL R L* histoire du film que raconte r ce livre a débuté alors que Nicolas Yanier, un aventurier et un explorateur des contrées nordiques qui se double d'un communicateur de premier plan, tentait de traverser les Rocheuses avec un attelage de chiens dans une traversée du Grand Nord canadien, une aventure qui n'avait pas été vécue depuis plus d'une génération.Comme les anciennes pistes battues par les trappeurs, lesquels de tançaient leurs chiens en raquettes pour leur faire une piste raffermie, n'existaient plus.Vanier avait fait appel à différents collaborateurs pour lui ouvrir un chemin en moto-neiges.Par ce jour d'intense blizzard, les motoneigistes s’étaient soit perdus, soit enlisés dans des ravins, ce qui faisait que les chiens les rattrapaient souvent.Vanier était précédé ce jour-là par deux personnes, Bruce, un Métis, et Norman, un trappeur plutôt aventurier qui avait une bonne tête.Cette nuit-là, alors que le blizzard allait immobiliser momentanément l’équipe au complet, Norman avait décidé de foncer chercher de l’essence à un point de ravitaillement pré-établi.I.a température atteignait -50 ° C, ce qui rendait les machines très gourmandes.Mais l’intensité du blizzard était telle que le trappeur a du se trouver un abri au même moment où Vanier et ses chiens, qui remontaient vers l’équipe de motoneigistes, cherchaient la même chose.C’est alors que Vanier aperçut un vieux camp de trappeur abandonné aux grizzlis.Il venait à peine d’y arriver que voilà la moto- neige de Nonnan qui se pointe au même endroit Incapables de dormir dans ce camp où le vent était chez lui depuis plus d’une génération, le musher (conducteur de trai-neau à chiens) impénitent et le trappeur ont passé fa nuit à parler de fa vie recluse de ce dernier, de son amour des bêtes, de sa vie sauvage en nature avec sa compagne indienne.C’est devant l’intensité du personnage que Vanier, à qui l’on doit huit livres et trois films — L'Enfant des neiges, L’Odyssée blanche et Le Voyageur du froid —, a eu l'idée de tourner un film, le Dernier Trappeur, pour raconter non seulement l'histoire de ce trappeur mais aussi les valeurs inébranlables, mécon- nues, voire boudées sinon dépréciées par les citadins d'aujourdîmi.trop souvent anti-chasse ou antitrappe, par méconnaissance.Cette nuit-là, les deux hommes ont scellé la complicité qui devait faire naître le film et le livre: -Tant de choses à montrer au travers d'un homme emblématique sachant y vivre dans le plus beau et le plus parfait des équilibres.Un homme ayant sa place dans la nature, celle qui lui revient et qui lui donne une âme.Un gardien qui sait le mal qu’on lui fait.Montrer la beauté pour donner envie de la protéger.La beauté et la profondeur d'un regard d'un homme qui sait que sa sagesse provient de cette relation si étroite avec la nature», écrit Vanier dans la préface.Et le livre — je n'ai pas vu le film! — s'ouvre sur ces paysages à couper le souffle où Nonnan, sa compagne, leurs deux chevaux et leurs chiens ont vécu, reculant phis profondément en forêt devant le » progrès-.sous la forme de compagnies tbrestières qui font fa peau à cette nature pour des citadins inconscients qui vont par 1a suite se déculpabiliser en dénonçant la trappe et la chasse comme des activités contre nature! Le livre fait saisi- avec une étonnante limpidité l'intimite du lien avec cette nature qui fait une place à l’humain comme prédateur, respectueux de ces équilibrés, et aussi comme responsable de ces mêmes équilibrés qu’il maintient par des interventions judicieuses sans lesquelles, d'ailleurs, il périrait en les épuisant Les aventures et les images époustouflantes se succèdent dans ce livre, alors que Norman ira à la rencontre du doyen des trappeurs de sa region, qu’il s’enfoncera sous la glace avec ses chiens avant d’être sauvé in extremis par eux, et plein d’autres aventures, comme la rencontre plutôt impressionnante avec un grizzly, la pêche, les cavalcades avec les chiens, etc.De quoi faire rêver enfants et grandes personnes qui ont manqué tout ça faute d'avoir appris à vivre la nature, l’aviron, la ligne à pêche et la carabine à la main.Le Devoir LE DERNIER TRAPPEUR Nicolas et Diane Vanier Photos: Eric Travers Editions du Chêne, 256 pages Lumière et beauté CH Kl STI AN DESMEULES ! T'A elphinium, ancolie, myosotis des bois ou datura, il suffit de fixer l’une ou l’autre de ces fleurs sur papier glacé durant quelques secondes pour que des sons se fassent entendre, pour que ressuscitent des parfums.Gardons ¦ encore un peu 1a pose, et fa neige se mettra à fondre autour de nous.Louise Tanguay, qui photographie depuis plus de 30 ans, nous offre, avec ce magnifique Flora, son seçond livre solo après Na-tura (Ed.de l’Homme, 2003).Ses photographies ont illustré le livre que signe Alexander Re-ford sur les Jardins de Métis.Elle a également réalisé, chez Fides, le volet visuel d’une série de cinq guides sur les plus beaux jardins publics du Québec.Originaire de Hearst, dans le nord de l’Ontario, elle exerce son métier dans l’Outaouais.«Pourquoi aller par monts et par vaux pour photographier de grands paysages alors que des univers en- tiers nichent au creux d’une fleur ou dans le recoin secret d’une feuille?», demande-t-elle dans son introduction.Toutes réalisées en lumière naturelle (sans flash) et pour fa plupart au moyen de techniques de macrophotographie, les photographies de Flora nous plongent au plus près du monde végétal, là où 1a beauté devient poésie.1m fragilité suspendue des étamines qui contrastent avec l'azur indescriptible des pétales du pavot bleu.La lumière du matin irradiant 1a rosée sur des pétales d’as- ter.Des sagittaires qui pointent leurs feuilles vers le ciel.Une «tal-le» de sabots de la vierge à l’air surpris.L’explosion concertée des tulipes.Flora est une ode aux formes parfaites et à l’inimitable beauté de 1a nature.Un livre qui fait du bien.FU) RA Photographies de Louise Tanguay Editions de l’Homme Montréal, 2004,224 pages Documents XYZ Daniel Castillo Durante Prix Victor-Barbeau de l’Académie des lettres du Québec 1995 pour Du stéréotype à la littérature Prix Le Droit 1999 pour Les foires du Pacifique La notion de dépouille recouvre ici les différentes logiques d’assimilation et de rejet sous-jacentes aux représentations d’autrui en Occident; cela s’explique par le paradoxe d’une civilisation soi-disant «démocratique » qui se vante de défendre l’expression individuelle tout en adhérant à un discours médiatique dont le martèlement de clichés à longueur de journée sature l’espace de communication.oe CAL.TÉ«iTt Daniel Castillo Durante Les dépouilles de r altérité essai 216 p.• 25 $ it* XYZ éditeur, 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) HzL 3Z1 Téléphone : (514) 525.21.70 * Télécopieur : (514) 525-75-37 Courriel: info@xyzedit.qc.ca • www.xyzedit.qc.ca Triptyq ue www.rnptyq ue.qc.ca triptyquei®editiont riptyque.com Tél.: (514) 597-1666 Interdit d’ennuyer A V Photo: Pascal Lysaughi Françink ALI-ARI) Claude Jasmin Interdit d’ennuyer entretiens, 189 p., 20 $ «Le beau spectacle de deux paroles libres qui ne craignent pas de se brusquer mutuellement.» I xuiLs Cornellier, Le Devoir s’abonner 514.598.8457 www.revueliberte.ca S SINE L’excès de chocolat ODILE TREMBLAY En cent recettes gourmandes.Stéphane Glacier, qui se qualifie lui-même pompeusement de «meilleur (>uvrier de France», nous invite à un tour d’horizon des desserts au chocolat dans la noble matière qu'est fa pâtisserie.Le temps des Fêtes étant par essence propice à tous les excès exquis à partir de pâte de cacao, ces desserts affriolants trouveront leurs meilleures babines devant les tables du Réveillon.«Le chocolat, matière magique, est décline ici dans de délicieuses recettes.les unes classiques, les autres originales.Toutes vous invitent à vous lancer dans la réalisation de ces gourmandises pour régaler tous les gourmands qui vous entourent», prévient l'auteur.Vous avez l’embarras du choix, la?crémeux au chocolat blanc et aux fruits rouges, par exemple: appétissante coupe à base de biscuits, de crème, de confitures de fruits, de copeaux de chocolat et de framboises en garniture.Ça 1 virait vraiment pas mal.Très Noël: la crème au chocolat au lait et pain d’épice.Très nouvelle cuisine: le millefeuille filo, où la pâte au chocolat s’insère entre les croustillants avec un cap de feuille de menthe saupoudré de sucre glacé.Nul ne rechignera non plus devant la poire fondante au chocolat sur son sablé à la cannelle, avec ganache, pâte à la cannelle, poire et sablé unis pour le meilleur.Entre choux, tartes, truffes, beignets, bricks, brochettes, fondues.gâteaux et autres plaisirs, le chocolat se savoure ici sous plusieurs formes qui n'attendent que les doigts du cuisinier pour passer le test du palais.Le Devoir CHOCOLAT, JE CRAQUE Stéphane Glacier Photos: Jean-liic Syren et Valérie Walter Sous la direction de Stéphane Glacier Editions Dormonval Dans.2004,167 p;iges SOI Kl I DORMONVAI /SAiaVKKATlON 1 a' millefeuille filo au chocolat.Qm ,w Jésus?M "QUEL ROMAN I Iconoclaste, féroce.Le plus audacieux et le plus réfléchi de ses livres.Total respect." Lire "C'est vraiment un des romans qui m'a le plus troublé, beaucoup plus que le Da Vinci Code.C'est un roman que vous ne lâcherez pas!" René Homier-Roy, Radio-Canada Doer „\AN Cauwelaert L’ÉVANGILE DE JIMMY ^Ubin Michel m m?-w -m «w »w 0 t F 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 DÉCEMBRE 2004 ÎAUX LIVRES ODILE TREMBLAY Le monde des insectes, longtemps demeuré ésotérique et vaguement repoussant, résumé aux dards douloureux de certains de ses membres ou aux maladies que d’autres véhiculent, ont repris du lustre.Vedettes du film Microcosmos, ils possèdent leurs temples, les in-sectariums, à maints endroits de la planète, tout d’abord à Montréal, berceau du genre.Désormais, seule la mauvaise foi permet d’ignorer que la plupart des insectes sont inoffensifs, voire indispensables au cycle organique.Et il faut être aveugle pour refuser de reconnaître leur exceptionnelle beauté.De toute façon, le nombre justifie à lui seul l’intérêt aujourd’hui suscité par cette étrange faune cornue ou ailée.«Avec près d’un million d’espèces recensées, les insectes représentent plus de la moitié des êtres vivants connus, soit environ 80 % des espèces animales! explique l’auteur.Ils sont vingt fois plus diversifiés que les vertébrés alors qu’il en reste probablement plusieurs millions à découvrir» Apparus il y a près de 400 millions d'années, se modifiant au gré de l’écosystème, adoptant des moyens de protection ingé- Indispensables insectes nieux, se camouflant à qui mieux mieux, les insectes se révèlent les champions de l’évolution toutes catégories.•Présenter un nouveau livre consacré aux insectes, qui ne soit ni un guide ni une succession de belles images, tel est le défi qu’ont relevé les auteurs Pour cela, ils ont choisi de nous révéler l’extraordinaire diversité du monde des insectes par un autre biais, inhabituel pour des animaux de taille si modeste: le portrait.» Place donc aux stars de ce livre: les insectes eux-mêmes présentés selon leur famille, avec photos spectaculaires à l’appui.Les odonates, par exemple, comptent parmi les insectes ailés les plus primitifs du monde.Dans leurs rangs volette la gracieuse libellule, dont les géants ancêtres pouvaient atteindre 700 mm d’envergure, mais dont le design si délicat n’a guère évolué depuis les temps préhistoriques.Ces photos d’insectes, aux proportions agrandies, leur confèrent parfois l’apparence de guerriers redoutables, surtout lorsqu’ils arborent lances, cornes et armures, tels les Goliaths ou les Longi-cornes.Ces armes sont utilisées lors des combats entre rivaux et lors de l’accouplement pour maintenir la femelle.Les Ténébrions, de livrée souvent sombre et caparaçonnée, fréquentent les milieux obscurs, parfois désertiques, alors que les espèces les plus colorées, comme les hannetons, se nourrissent en général de pollen, de fruits et de pétales de fleurs.Tout est question d’environnement dans l’apparence d'un insecte.Ainsi, les phasmes-brindilles au corps allongé imitent une branchette et le limbe ner-vuré d’une feuille.Bien malin sera le prédateur capable de les découvrir sous leurs habits de camouflage.Bien sûr, c’est dans la famille des lépidoptères ou papillons, seuls insectes dotés d’ailes couvertes d’écailles, que les plus beaux spécimens se retrouvent: papillons de nuit aux ocelles évoquant les yeux des hiboux pour effrayer les prédateurs, grands monarques décoratifs, ou morphos bleus d'Amérique centrale.Le photographe a capté fréquemment des détails plutôt que le corps entier de l’insecte: œil en facettes de mouche ou d’abeille, tête et naissance des ailes du phasme-feuille de Java, etc.Les textures mêmes des duvets écailleux, des mandibules puissantes, de la jolie tête verte de la cantharide, dite mouche espagnole, aphrodisiaque ou mortelle selon qu’on la broie en poudre à petite ou haute dose, appellent la caresse ou le geste d’autoprotection.Les insectes nous sont livrés en photos presque à notre échelle.Assez pour qu’on entretienne avec les habitants de ce superbe ouvrage un rapport intime forgé de peur, d’adiruration ou de curiosité, avec le mythe d’Icare qui entretient en sourdine notre vieux rêve de voler.Le Devoir PORTRAITS DTNSECTES Texte: Claire Villemant Photos et texte: Philippe Blanchot Le Seuil Paris, 2004,238 pages Ces photos d’insectes, aux proportions agrandies, leur confèrent parfois l’apparence de guerriers redoutables PHILIPPE BLANCHOT/SEUIL Lucane, Malaisie.I BIOGRAPHIE Et lui, et lui, et lui SYLVAIN CORMIER Cela s’intitule Dutronc, la bio.Ni plus, ni moins.Notez: le titre de cette nouvelle biographie de Jacques Dutronc n’est pas l’écho d'un titre de chanson célèbre de Jacques Dutronc, au contraire de cette recension, déclination du tube Et moi, et moi, et moi qui lança le chanteur en 1966.Ce n’est pas non plus une expression du parolier Jacques Lanz-mann à jamais associée à Jacques Dutronc, telle «Crac! Boum! Huuuue!», dérisoire exclamation finale de la chanson Les Play-boys, qui chapeauta la bio signée André Chomier et Jean-Charles Lemeu-nier en 1993.Avec Dutronc, la bio, on comprend: la bio.Au sens d’ouvrage définitif.C’est voulu.Quand Michel Leydier rencontra le Jacquot à l’occasion de la promo du disque Madame l'existence en mars 2003, il n’avait pas d’autre intention, constate-t-on à la lecture du texte de ladite rencontre, reconstituée au début du livre: «J’ai depuis longtemps envie d’écrire un livre sur vous, dit Ley-der à Dutronc.Un autre.Le livre qui n'a pas encore été fait, une sorte de bouquin de référence.[.] Une vraie bio autorisée, quoi.Officielle.».lancer de la ligne à pêche, vous pensez bien.Contre toute attente, Dutronc accepta.Mieux, il invita carrément Leydier à s’installer dans un bungalow adjacent à la maison du couple Dutronc-Hardy, sur les hauteurs de San Francesco, comté de Monticello, en Cor- © THOMAS DUTRONC/SEUII.Retour triomphal de Dutronc en 1992 au Casino de Paris.se.Dutronc ne proposait rien de moins que l’accès total: pourquoi ne pas écrire le bouquin sur place?Dont acte.Leydier raconte ça comme il met en contexte chacune de ses rencontres avec les parents, amis et collaborateurs de Dutronc, de la même façon qu’il ne cache rien de son point de vue de fan: «C’est là, en juillet 1966, que Jacques Dutronc fait irruption dans ma vie, via les grandes ondes s’entend, et c’est dans cette rencontre virtuelle que réside une des explications de ce livre».Belle transparence: on sait tout des motivations de l'auteur, on sait qui Leyder a rencontré, qui a refusé de se prêter à l’entrevue (Lanzmann, principale- Des livres dans le bas de Noël Mm3» ! ’4 * ¦ .tm*- * Les )afdi s df Métis t es EDITIONS DE 1 L’HOMME I ' www edhormnc.com i«\ie li» n-j.ment), et aucune citation ne semble sortir de nulle part, tellement Leydier prend soin de distinguer les conversations auxquelles il assiste des extraits de revue de presse.Le tout sans lourdeur dans l’écriture: la clarté n’enlève rien au style, vif et coloré, et la bio se lit à la fois comme une enquête dans un polar (c’est l’habituelle spécialité de Leydier), comme le témoignage d’un fan qui n’en revient pas de sa chance et comme le compte rendu détaillé d’un an et demi d’intense boulot On en ressort avec la certitude de connaître Dutronc d'aussi près qu’il est humainement possible de le connaître, c’est-à-dire pas tellement plus qu’avant.Sachez que le gaillard est très exactement le même sur scène, sur les plateaux et chez lui.Au sortir du lit il n’apparaît que derrière ses lunettes fumées, cigare au bec.Cabotin, insaisissable, exaspérant, charmant chiant séduisant insolent et attachant, con et brillant, il l’est en tous lieux et en toutes circonstances.Çà et là, un éclair de sincérité bouleverse.Dutronc et son personnage, comprend-on, ne font qu’un.Et, curieusement, c’est quand il prend la peau d'autrui au cinéma qu’il se révèle le plus.Pour le Dutronc du quotidien, Leydier ne peut qu’observer les comportements, noter les bêtises, railleries et bons mots, et puis sonder l’entourage pour la traduction: Dutronc ne se livre pas, ou alors seulement en code.Entre indices et fausses pistes, bio factuelle et anecdotes, Leydier décode du mieux qu’il peut.Pas moyen de faire autrement: Dutronc est déroutant par nature.Par pudeur et timidité, conclut-on.Heureusement que Françoise Hardy, la chanteuse, l’épouse, la mère de Thomas, et peut-être surtout la meilleure amie de son mari, est un livre ouvert «Je crois, me dit Françoise, que nous avons l’un comme l’autre un fond extrêmement solitaire, sauvage, un problème similaire d’affirmation, et qu’au fil des années nous nous sommes, sans le savoir, apprivoisés l’un l’autre.[.] Malgré ce que je dis, il ne faut pas croire que tout est rose, tout le temps.J’ai régulièrement envie de le tuer et c’est sûrement réciproque».Elle a dit «sûrement», par déduction: même Françoise ne sait pas ce qu’il y a dans la tête de son Jacques.On saura gré à Leydier de ne pas avoir joué aux devinettes.Une bio n’est définitive que lorsqu’on a tout fait pour aller au fond des choses en sachant que le fond des choses nous échappe toujours.Tourner autour de la vérité n’est pas moins passionnant DUTRONC, LA BIO Michel leydier Le Seuil Paris, 2004,336 pages Ouragan sur le bayou ' chère Louisiane ROMAN 354 pages Éditions U Grande Marée Disponible chez tous les bons libraires Tempête tropicale.Sur fond de jazz et de zydeco, la sociologue Hélène Simard, s'éprend de David LeBlanc, un chanteur et pêcheur cadjin.une écri turc langoureuse, sensuelle et descriptive qui colle limât et à l'ambiance qu'on retrouve en Louisiane.Glgutre, VWr, 14 octobre 2004 «Surtout à cause du parler «cadjin».Un récit haleureux, qui fait revivre ce mystérieux pays de marécages.Gérald LcHarn .La Presse, 5 décembre 2004 www.lilimaxime.com http://recf.ca galerie NOEL GUYOMARC'H BIJOUX D'ART Exposition : Œuvres récentes de 35 artistes-joailliers 137 Laurier Ouest Montréal, Québec H2T 2N6 (514) 840-9362 ’ OutbcL 22 ganoelg@yahoo.com Nouvelle édition des Arts traditionnels des Amérindiens Les Éditions Hurtubise HMH ont décidé de rééditer le livre Les Arts traditionnels des Amérindiens, signé Michel Noël et Jean Chaumely, en y ajoutant un chapitre sur la gastronomie.Le livre offre une introduction au mode de vie traditionnel et à l’art amérindien.On y trouve quelques anecdotes et légendes, notamment celle qui veut que les Amérindiens aient appris à faire des raquettes en regardant les perdrix marcher sur la neige.La nouvelle édition compte tout un chapitre intitulé L’esprit de la cuisine.On y cite un extrait des Relations des jésuites.Une petite porte d’entrée sur une culture largement ignorée de par le monde.Le Devoir ARTS TRADITIONNELS DES AMÉRINDIENS Michel Noël et Jean Chaumely Hurtubise HMH Montréal, 2004,195 pages Odile Tremblay Odile Tremblay se trouve cette semaine au Maroc à l’occasion du festival du film de Marrakech.Sa chronique sera de retour la semaine prochaine.Succombez eu charme d'une belle crèche • Cadeaux • Décorations de Noël • Cartes • Livres • Musique DESMARAIS ^ROB (TAILLE 60, rue Notre-Dame Ouest Montréal, Qc: H2Y 1S6 (514) 845-3194 I.WÎM l lurt IM in flfft'Ul.LVONLL THOl 11 LOT Bi ce n « L’histoire est aussi simple et tranchante qu'une tragédie grecque.[.) Souvent, on entend aux nouvelles qu'un jeune étudiant a été tué en pleine rue En mettant un visage, mieux encore une vie.sur une information d'ordinaire aussi sèche.Trouillot nous fait comprendre la gravité de I instant II écrit comme ces gosses tuent, sans état d'âme Et, comme eux, il atteint, a chaque coup sa cible notre cœur » > Dany Laterrière (514) 524-55S8 iemeac@>lemeac corn Québe, !
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