Le devoir, 15 janvier 2005, Cahier A
CHUM MOYEN-ORIENT L’expert Guy Saint-Pierre en vacances à l’étranger Page A 3 ?www .ledevoir.com ?Israël gèle tout contact avec Abbas Page A 7 LE DEVOIR Les marchands d’influences Les lobbyistes n’ont jamais été aussi nombreux ni aussi puissants à Ottawa, tirant les ficelles du pouvoir pour des compagnies milliardaires.Dans les coulisses, on affirme que c’est la tempête parfaite.À aucun autre moment dans l’histoire canadienne les conditions n’ont été aussi favorables à ces marchands d’influences.Incursion dans cet univers fermé.ALEC CASTONGUAY Ottawa — Dans les coulisses du parlement et des ministères fédéraux, une guerre d’une rare ampleur fait rage.D’un côté, les grandes industries que sont l’automobile et le pétrole, ainsi que les compagnies manufacturières.De l’autre, le milieu environnemental et ses alliés dans le monde des affaires.Le temps presse pour les lobbyistes concernés.Le 16 février prochain, le gouvernement rendra public un important plan d’action pour atteindre les objectifs du protocole de Kyoto.Et personne ne veut payer la facture.«C’est exactement ça qui se produit: une guerre entre des lobbys très importants», concède Carol Montreuil, vice-président pour l’est du Canada de l’Institut canadien des produits pétroliers (ICPP).Son organisme, qui représente tous les géants du pétrole (Shell, Imperial OU, Pétro-Canada, etc.) sauf Irving, consacre la majeure partie de ses activités à faire du lobbying d’un bout à l’autre du pays.«Tout le monde tire la couverture de son bord et veut gagner.Je pense que c’est sain pour la démocratie, puisque le gouvernement a en main toutes les informations pour trancher.» Seulement pour l’ICPR plus de 15 lobbyistes s’activent à temps plein dans ce dossier.Et ce nombre pour- rait augmenter dans les prochains jours.«On fonctionne avec des équipes de choc [taskforce], c’est-à-dire qu’on a une petite permanence, mais les compagnies pétrolières nous envoient des renforts pour les gros dossiers.On peut monter jusqu’à 75 personnes sur un enjeu important comme Kyoto.Ensuite, tous ces gens retournent dans leurs compagnies jusqu’au prochain dossier.» En tout, de part et d’autre, plus de 200 lobbyistes sont à pied d’œuvre pour s’assurer que leur entreprise ou leur secteur ne sera pas perdant dans les choix à venir du gouvernement en matière d’environnement Ce type de bataille rangée se répète en alimentation pour les gras trans, que le gouvernement veut éliminer, avec l’industrie pharmaceutique, qui veut réduire les longs délais d’approbation des médicamente; avec les banques, qui veulent pouvoir fusionner; avec le textile et le vêtement qui se battent contre la Chine La SAQ carbure à 92 % de ses objectifs FRANÇOIS DESJARDINS La Société des alcools du Québec (SAQ) a carburé en décembre dernier à 71 % de ses objectifs de ventes mais la performance du réseau, y compris les succursales, les marchés d’alimentation, les dépanneurs et les agences en région éloignée, s’est considérablement dégradée au cours des trois premières semaines de ce mois, selon des données internes obtenues par Le Devoir.Une remontée se serait, toutefois produite par la suite.Les tableaux indiquent que le cumulatif des ventes brutes pour l’année financière en cours, soit 1,9 milliard de dollars, représente 92 % de ce que la SAQ espérait obtenir s’il n’y avait pas eu de grève.Par ailleurs, on y apprend que les succursales ont fonctionné en décembre à 42 % des objectifs même si la grande majorité d’entre elles étaient fermées, la population n’ayant que partiellement entendu l’appel à la solidarité lancé par le Syndicat des employés de magasins et de bureaux (SEMB).Après deux mois d’arrêt de travail et des rumeurs d’affiliation à une grande centrale pour accroître le rapport de force et consolider le fonds de grève, le SEMB, un syndicat indépendant, entend d'ailleurs réunir ses 3800 membres demain pour se «prononcer sur une recommandation de leur conseil général».Bond spectaculaire hors succursales Hors succursales, c’est le réseau «SAQ Agence», ces commerces souvent situés dans les régions faiblement peuplées et qui peuvent vendre les mêmes produits qu’en succursale (voir autre texte VOIR PAGE A 10: SAQ ¦ La SAQ est-elle privatisable ?, à lire en page B 1 VOIR PAGE A 6: INFLUENCES ¦ Les amis lobbyistes de Paul Martin, à lire en page A 6 Le réseau «SAQ Agence» affiche la performance la plus forte: 473% des objectifs en décembre Jacques de Tonnancour, 1917-2005 Décès de Tartiste entomologiste STÉPHANE BAILLARGEON En passant un filet à papillons dans l’existence de Jacques de Tonnancour, artiste et entomologiste, on pourrait attraper: le manifeste artistique concurrent Refus global; une passion dévorante pour l’art en général et Picasso en particulier; une haine non moins féroce des dogmatismes, esthétiques ou autres; deux ou trois toiles importantes de l’art contemporain québécois; une sculpture de la station de métro Saint-Henri; des pinceaux, une palette et des spatules usés par un maître puis abandonnés; un florilège de spécimens de la forêt amazonienne, des coléoptères longicornes, des araignées mygales, les papillons morphos; un beau livre sur la monstrueuse beauté de ce peuple des herbes; le certificat des justes noces auxquelles l’octogénaire VOIR PAGE A 10: TONNANCOUR Jacques de Tonnancour INDEX % Actualités.A2 Annonces.C 8 Avis publics.C 6 Bourse.C2 Carrières.C 5 Décès.C 9 Économie.C 1 Éditorial.B4 Idées.B 5 Monde A 7 Mots croisés C 10 Météo.CIO Perspectives.B 1 Rencontres.D2 Science.B6 Sports.C 10 Raccourci pour la 25 Le premier PPP majeur est déjà ficelé LOUIS-GILLES FRANCŒUR ANTOINE ROBITAILLE Le prolongement de l’autoroute 25, qui relie le pont Louis-H.-La Fontaine au boulevard Métropolitain, et la construction d’un pont suspendu reliant Laval à l’est de la métropole constituent un projet arrêté, ficelé au sein du gouvernement Charest, qui l’annoncera officiellement à la mi-février.Le mandat consistant à faire passer le projet en audiences publiques sera donné par le ministre de l’Environnement, Thomas Mulcair, autour du 28 février, à moins que l’intensité du débat public n’exige de le faire plus tôt Afin de minimiser l’opposition anticipée à ce projet, qui provoquera le plus important flot d’étalement urbain autour de la métropole depuis 25 ans et une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) presque équivalente au défunt projet du Suroît le ministère des Transports utilisera un scénario dit Aefast track devant le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement Le projet référé en audiences publiques servira à déterminer les modalités du premier appel d’offres pour le premier projet majeur de PPP au Québec, d’une valeur d’au moins « L’affaire d’environnement, ça va être en février.On parle d’un mois et demi, à peu près.On travaille avec le BAPE pour l’affaire d’environnement » 350 millions de dollars.Le vrai projet celui que réalisera un éventuel propriétaire privé ou copropriétaire, n’ira pas en audiences à son tour, ce qui pourrait laisser les citoyens sur leur appétit pendant les audiences en ce qui concerne plusieurs facettes dont on veut éviter qu’elles deviennent des enjeux sociaux, environnementaux ou politiques.C’est ce qu’ont affirmé au Devoir au cours des derniers jours plusieurs sources dignes de foi, affirmations en partie confirmées hier dans une entrevue accordée à la radio de Ra-dio-Canada par le député libéral de Mille-Iles, Maurice Clermont.Celui-ci n’hésite pas à mettre son siège en jeu sur cette question: «Pas de pont, pas de Clermont» aux prochaines élections, a-t-il déclaré hier.Selon le député lavallois, les cinq députés de ce territoire, y compris le ministre de l’Environnement, lui-même responsable de l’intégrité et de l’indépendance du processus d'audiences en vertu de son serment d’office, «en ont fait leur priorité numéro un».«Moi, j’ai dit à tout le monde qu’en fin 2006, le pont doit être commencé parce que VOIR PAGE A 10: AUTOROUTE REUTERS Il !! ’ LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2005 A 2 Dix millions de plus pour les écoles privées Les commissions scolaires espèrent profiter elles aussi des largesses de l’État C LAI RAN D R É E CAUCHY S* il y a assez d’argent pour les écoles juives, il devrait y en avoir pour l’éducation publique dans le prochain budget, a lancé le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), André Caron.M.Caron réagissait à la manchette du Devoir de jeudi, qui révélait que le ministre de l’Éducation a accepté de financer à 100 % des écoles juives qui s’associeraient avec des commissions scolaires, et ce, «pour favoriser des échanges culturels».«S’il y a dix millions à mettre là, ça veut dire que la situation financière n'est pas si pire.Pour le prochain budget du mois de mars, les commissions scolaires devraient voir assumer leurs coûts de système et recevoir des budgets pour le développement», a déclaré M.Caron avec ironie, précisant qu’il y a des priorités budgétaires plus importantes.Le président de la FCSQ, qui avait fait une sortie publique à l'automne pour déplorer le financement accru du secteur privé en raison de l'augmentation du nombre d’élèves qui le fréquentent, se promet d’en reparler ultérieurement au ministre, Pierre Reid.M.Caron était visiblement mal à l’aise devant cette nouveDe puisqu’un de ses membres, la commission scolaire Marguerite-Bour-geoys, a signé un tel contrat avec cinq écoles juives, récoltant au passage 10 % de la subvention pour faire transiter l’argent vers ces écoles.«Les 61 commissions scolaires sont autonomes, grandes et vaccinées», a commenté le président de la FCSQ.Il juge néanmoins le moment mal choisi pour une telle décision de la part du ministre.«Peut-être _ que cela n'arrive pas à un moment privilégié dans le calendrier, compte tenu qu'on arrive à la fin de la dérogation sur la confessionnalité dans les écoles [en juillet prochain]», a poursuivi M.Caron, étonné de ne pas avoir été consulté.La présidente de la Fédération des comités de parents du Québec, Diane Miron, partage ses inquiétudes.«Ce n’est peut-être pas le bon “timing''.Ça risque de brouiller les cartes par rapport au dossier de l'enseignement confessionnel dans les écoles», a déclaré Mme Miron hier.Ce n’est pas l’analyse du ministre de l’Éducation, qui a répété hier que son geste n’était pas lié au statut confessionnel des écoles juives et que les échanges culturels entre les commissions scolaires et les écoles juives ne comporteraient en aucun cas des activités religieuses.Interrogé sur les informations voulant que la décision ait été téléguidée par le cabinet du premier ministre, Pierre Reid a répondu qu’elle a été «prise par le gouvernement».«C’est une décision qui q été annoncée par le ministre de l’Education, avec laquelle je suis tout à fait à l’aise», a soutenu le ministre, notant que cela avait fait l’objet de discussions avec des collègues du gouvernement M.Reid a également souligné que le financement n’enlève rien aux écoles publiques puisque les fonds proviennent directement du Conseil du trésor.«Pas un sou n’est enlevé au secteur public pour aller à ce projet», a assuré le ministre quelques minutes après avoir été accueilli par un groupe d’une dizaine de syndiqués de la CSQ.Ceux-ci l’ont apostrophé pour critiquer l’octroi de sommes aux écoles juives privées alors que le réseau public «manque de tout».«L’an passé, le gouvernement a lancé en grande pompe dix millions pour les élèves en difficulté à travers le Québec, et là, tout d’un coup, on en trouve autant pour des écoles juives», a fait valoir la présidente du syndicat de l’enseignement de la Pointe-de-l’île, Marie Marsolais.Au concert de protestations qui a retenti cette semaine est venue s’ajouter hier la voix du président de la FTQ, qui a emboîté le pas à ses homologues de la CSN et la CSQ.Henri Massé a invité le ministre à faire marche arrière et à fermer cette boîte de Pandore.«Tout le monde va se mettre en ligne pour bénéficier des largesses irréfléchies du ministre.C’est de la folie furieuse, et cette situation risque de relancer un débat que nous croyions clos depuis la refonte des commissions scolaires, en 1998», s’est insurgé Henri Massé.Le Devoir 11M \ (I1KSI La beauté intérieure T’as de cadeaux.MAIS LE PLUS BAS PRIX! 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V CLAUDE TURCOTTE Ralph Klein, le premier ministre de l’Alberta, avait sans doute choisi le Québec comme dernière étape de sa tournée au Canada central pour consolider les bons rapports qu’il entretient avec son homologue québécois, Jean Charest, et aussi pour réaffirmer sa conviction profonde que le Québec et l'Alberta sont les provinces les mieux placées pour agir comme leaders dans la défense de la Constitution canadienne.Parlant devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, M.Klein n’a pas manqué de rappeler à Paul Martin sa promesse de respecter les compétences provinciales, ce qu’il n’a pas encore fait, lui suggérant que le temps d’agir était arrivé.En attendant, M.Klein lui a rappelé un dicton al-bertain qui se traduit comme suit «“Gros chapeau, pas de troupeau.’ Vous pouvez vous habiller comme un cow-boy, mais ça ne signifie pas que.vous en êtes un.» A propos de cow-boys, M.Klein a soutenu en conférence de presse qu’il n’a jamais déclaré, lors de son passage avant-hier à Toronto, qu’il faut abattre toutes les vaches nées avant le mois d’août 1997.«Le journaliste qui a écrit cela devrait s’excuser», a-t-il dit.Le premier ministre albertain a plutôt insisté hier sur les dangers minimes qu’une vache folle peut présenter pour la consommation humaine.«On m'a dit qu’il faudrait manger dix milliards de repas de cerveau, de moelle, de ganglions et d’amygdales pour attraper cette maladie», a lancé M.Klein, qui propose la formation d’équipes d’experts internationaux pour bien expliquer toutes les facettes de cette maladie.Hier matin, M.Klein a eu avec M.Charest un bref entretien au cours duquel il a été question des moyens qui pourraient être adoptés pour renforcer le Conseil de la fédération, cet organisme créé à la suggestion du gouvernement québécois.M.Klein en deviendra le président pour un an à compter de l’été prochain.Il a aussi été question de santé lors de cette rencontre.Selon M.Klein, M.Charest donne un appui général à son approche pour une troisième voie dans la santé, sans toutefois prendre d’engagements précis.«Ce qui est bon pour l’Alberta pourrait ne pas l’être pour le Québec», a-t-il simplement ajouté.Devant la Chambre de commerce, le conférencier a consacré tout son exposé à la grande question politique canadienne, aux rapports entre les provinces et le gouvernement central.Voulant peut-être charmer son auditoire, M.Klein a déclaré en anglais (il ne parle pas vraiment l’autre langue officielle canadienne) que le français est largement parlé un peu partout dans sa prorince, que 60 000 Albertains ont le français comme première langue, qu’on y dénombre 180 000 personnes bilingues, trois commissions scolaires françaises et 25 écoles où tout l’enseignement se fait en français ainsi qu’un secrétariat de la langue française, créé par son gouvernement il y a cinq ans.Selon M.Klein, le Québec et l’Alberta ont entre autres en commun une attitude non conformiste, n’ayant pas peur de remettre en question le statu quo.À cet égard, il remercie le gouvernement du Québec d’avoir mis en avant lldée d’un conseil de la fédération, un lieu où les premiers ministres provinciaux peuvent entretenir ensemble des rapports qui dépassent ceux d’un simple club social, comme c’était le cas auparavant M.Klein reconnaît que le Québec a été la première province à défendre vigoureusement la Constitution de 1867 et à demander que le gouvernement fédéral la respecte.«Je ne conteste pas le rôle d’Ottawa dans l’armée ni à Radio-Canada», a précisé M.Klein avant de dresser la liste des compétences exclusives des provinces, établies en 1867: la prise en charge du système de soins de santé; la responsabilité des terres publiques, y compris les forêts, les minéraux, l’eau, le pétrole et le gaz naturel; l’éducation, les municipalités, l’administration de la jus- tice.Ce sont tous des domaines où il est clair qu’Ottawa ne respecte pas toujours les compétences des provinces, a affirmé le premier ministre.L’Alberta est en outre tout à fait d’accord avec Québec pour que les provinces jouent un rôle accru lorsque le gouvernement central négocie des ententes internationales qui affectent les compétences provinciales.Les provinces devraient aussi participer à l’élaboration d’une stratégie intégrée de commerce international.Suivant l’exemple du Québec, qui a des bureaux à l’étranger depuis belle lurette, l’Alberta ouvrira en mars un bureau à Washington pour mieux faire connaître ses préoccupations et ses intérêts auprès du gouvernement américain et même auprès du personnel de l’ambassade canadienne dans cette capitale.Le Devoir Charbonneau à la défense dYves Michaud ROBERT DUTRISAC /"’Y uébec — La Cour supérieure Vy ayant débouté Yves Michaud, le député de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau, reviendra à la charge devant le caucus des députés du Parti québécois dans le but de les convaincre de reconnaître que les parlementaires ont mal agi en condamnant les propos de l’ancien député et diplomate sur les communautés ethniques.En adoptant, le 14 décembre 2000, une motion de blâme à l’encontre de M.Michaud pour les propos qu’il avait tenqs la veille à la Commission des États généraux sur la langue française, «l’Assemblée nationale s’est trompée et a agi de façon inacceptable», estime M.Charbonneau.«Une bonne partie des députés» ne savaient même pas ce qui s’était passé lors de la comparution de M.Michaud à cette commission et le vote sur la motion de blâme a été pris «de façon intempestive», a-t-il rappelé.«Les députés qui agissent en collectivité ont parfois des comportements curieux, surtout quand ils agissent sur le coup de l’émotion.Et ç’a été le cas», a dit M.Charbonneau.«On a fait un procès d’intention pour les mauvaises raisons.» Dans un jugement rendu jeudi, le juge Jean Bouchard a rejeté la requête de M.Michaud qui demandait à la Cour supérieure de déclarer que l’Assemblée nationale n’avait pas le pouvoir constitutionnel d’adopter une motion de blâme à l’encontre d’un citoyen.Même si M.Michaud porte sa cause jusqu’en Cour suprême — il a déjà indiqué qu’il interjettera appel —, «j’ai bien peur que le tribunal va toujours reconnaître l’indépendance de l’Assemblée nationale et son autonomie entière.Mais ce n’est pas parce qu’elle a le pouvoir de le/aire qu’elle devrait le faire et qu’elle ne s’est pas trompée», a fait valoir M.Charbonneau.Le Devoir Du 15 au 29 Janvier* Des prix exceptionnels sur tout le magasin Ouvert les dimanches 10 et 23 La vraie vie commence a l’interieur Montréal 505 avenue du Président Kennedy tel (514) 350 9070 Ottawa 22 York Street m (613) 860 3273 - Tononto 101 Parliament Street tel (416) 366 3273 www.rochfr-bobote.com à ROCHE BOBOIS* y 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2005 A 3 CHUM: l’expert Guy Saint-Pierre en vacances à l’étranger POLITIQUE Une autre accusation de favoritisme Judy Sgro démissionne Joe Volpe prend le ministère de l’Immigration et Lucienne Robillard accepte les Ressources humaines Au centre de nombreuses controverses depuis le mois de septembre, la ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Judy Sgro, n’a eu d’autre choix que de démissionner hier, alors que de nouvelles allégations faisaient la manchette.Résultat: Paul Martin rebrasse ses cartes et modifie son conseil des ministres.ALEC CASTONGUAY Ottawa — La coupe était déjà pleine de scandales et d’allégations de toutes sortes depuis des semaines.et elle a débordé hier.Devant une nouvelle accusation de favoritisme, cette fois venant d'un propriétaire de pizzeria de Toronto, la ministre fédérale de la Citoyenneté et de l’Immigration, Judy Sgro, a dû jeter l’éponge, sachant fort bien que l’opposition réclamerait sa tète une fois de plus.Selon les informations obtenues par Le Devoir, Judy Sgro aurait offert sa démission au premier ministre le 2 janvier dernier, mais celui-ci l’aurait refusée «pour l’instant».Paul Martin, qui en avait plein les bras avec la catastrophe en Asie du Sud-Est, préférait attendre le rapport du commissaire à l’éthique, Bernard Shapiro, qui se penche sur les allégations de favoritisme qui pèsent sur Mme Sgro.La démission de la ministre hier ne change d’ailleurs rien au processus d’enquête, qui doit être complété d’ici deux à quatre semaines, dit-on au bureau de M.Shapiro.Revirement de situation jeudi soir à 17h, alors que Mme Sgro et le bureau du premier ministre apprennent que le Toronto Star s’apprête à publier le lendemain (hier) une nouvelle tranche de controverse sur la ministre.«Elle savait que c’était trop et qu 'elle devait partir.Le bureau du premier ministre était lui aussi d’accord», confie une source libérale.La démission a été annoncée tôt hier matin.Ce départ a forcé Paul Martin à revoir la composition de son conseil des ministres, et ce, quelques heures avant son départ pour une tournée asiatique de 15 jours.Plutôt que d’offrir sa chance à un député d’arriére-banc, le premier ministre a choisi d’aller de l’avant avec un cabinet plus restreint, soit un ministre en moins.Ainsi, c’est Joe Volpe qui remplacera Judy Sgro à l’Immigration, délaissant du même coup le ministère des Ressources humaines.Ce gros portefeuille sera maintenant l’affaire de Lucienne Robillard, qui conserve également son ministère des Affaires intergouvernementales et son chapeau de présidente du Conseil privé.Selon nos informations, Lucienne Robillard était le premier choix de Paul Martin pour s’occuper du délicat ministère de l’Immigration, mais le caucus de l’Ontario, très influent, aurait fait pression pour qu’un député de la province conserve ce poste, puisque Toronto est la ville qui reçoit le plus d’iipmigrants au pays.A propos du départ de Mme Sgro de son cabinet, Paul Martin a dit regretter cette démission et ajouté qu’il gardait confiance en sa Judy Sgro ARCHIVES LE DEVOIR députée.«C’est sa décision [de partir] , a-t-il dit au cours d’un bref point de presse, quelques minutes après l’annonce des nouvelles nominations.Elle voulait avoir la pleine liberté de se défendre contre ces allégations sans fondement et je la comprends.J’ai accepté sa démission à regret.» Nouvelles allégations C’est une nouvelle accusation de favoritisme qui a poussé la ministre à l’extérieur du cabinet.Menacé d’être expulsé du pays, Haijit Singh, d’origine indienne, a déclaré sous serment à la Cour fédérale que l’ex-ministre lui avait promis qu’il resterait au pays s’il travaillait à sa campagne électorale.«Je lui ai expliqué ma situation et elle m’a assuré que, si je l’aidais dans sa campagne électorale, elle m'aiderait à rester au pays», a dé- claré Haijit Singh dans Taffidavit obtenu par le Toronto Star.«Je suis propriétaire d'une pizzeria à Brampton [banlieue de Toronto] et Judy m’a demandé de livrer de la pizza et du pain à l'ail à son local de campagne.Ce que j’ai fait.Elle m 'a aussi demandé de rassembler 15-16 personnes pour l’aider dans sa campagne, ce que j'ai aussi fait», poursuit-ü dans le document.Har-jit Singh a également déclaré que l’ex-ministre a renié sa promesse quelques mois plus tard.Craignant que l’histoire ne s’ébruite, elle aurait tenté de le faire expulser du pays, d’où la procédure judiciaire en cours.Plus tôt cet automne, l’opposition s’était déchaînée à la Chambre des communes quand des allégations de favoritisme ont commencé à circuler dans les médias.Mme Sgro aurait accordé à Alina Balaican, une danseuse d’origine roumaine qui a travaillé bénévolement pour sa campagne électorale, un permis ministériel l’autorisant à rester au pays pour faire sa demande d’immigration.Puis, la ministre et son personnel ont été accusés d’avoir facilité l’entrée de danseuses nues d’origine roumaine au pays à la demande d’un propriétaire de bar de Toronto.La députée libérale a continué de tout nier hier.Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et le chef conservateur, Stephen Haiper, ont soutenu hier que la démission de Judy Sgro montre encore une fois «l’indécision chronique» de Paul Martin.«H aurait dû la mettre à la porte bien avant et ne pas attendre qu’elle démissionne», a soutenu le chef conservateur.Le Devoir KATHLEEN LÉVESQUE Guy Saint-Pierre, l’un des deux experts recrutés par le gouvernement Charest pour apporter un nouvel éclairage d’urgence dans le périlleux dossier de l’implantation du futur CHUM, est à l’étranger depuis près d’une semaine, a appris Le Devoir.Selon des sources bien informées, M.Saint-Pierre a maintenu ses vacances prévues en Floride, loin de la turbulence autour du CHUM, après avoir signé son engagement le contrat de M.Saint-Pierre lui accorde des honoraires de 1100 $ par jour jusqu’à un maximum de 30 800 $ d’ici le 2 février.C’est à cette date que M.Saint-Pierre et son collègue Annand Cou ture devront remettre leur rapport.D’ici là, les deux honunes doivent analyser les deux projets proposés, c'est-à-dire un CHUM soit au centre-ville, soit dims la cour de triage e ce côté, il pourrait toutefois se glisser certains problèmes d’ordre etlüque.Ainsi.M.Saint-Herre devra donner son avis sur l'analyse de SNC-LavaBn.( )r M.Saint-Pierre présidait le conseil d’administration de cette tinm* d'ingénierie alors qu’elle avait évalué le précédent site du tiOOO, rue Saint-Denis.M.Saint-lierre a quitté son poste en mai 2002.soit au même moment où Claude Boland quittait la Société d’implant» tion du CHUM devant le dérapage financier dont a largement bénéficié SNC-Lavalin (des spécialistes étaient payés au-delà des tarifs prévus par le gouvernement).SNC-l-avalin travaille aujourd'hui au côté du recteur de l’UdeM, Robert lacroix, le promoteur du projet d’Outremonl Dans une lettre datée du 21 décembre dernier et destinée à M.Lacroix, dont Le Devoir a obti-uu copie.SNC-Lavalin indique que les conclusions sur l’aspect sécuritaire du site du (KXX), rue Saint-Denis, ne diffèrent pas de celles portant siu la cour de tirage d'Outremont Aussi, MM.Saint-Herre et Coutu re auront entre les mains les analyses de la firme Daniel Arbour et associés, qui travaille avec l’UdeM mais également pour le coiniXe des promoteurs du pourtour de la cour de triage.En fait, l’un et l’autre projets ne font qu’un, comme le dé-montre le document de l’UdeM daté du 28 septembre 2(XM.Le CHUM, les facultés des sciences de la santé et le développement pharmaco-bio-inédkal sont intégrés dans le projet Quant aux intentions des promoteurs, les cartes sont claires.Par ailleurs, si M.Couture semble bénéficier d’une réputation d’intégrité sans taille dans le monde des affaires, M.Saint-Pierre est surtout perçu comme le lien politique dans ce dossier.IsO Devoir Guy Coulombe négociera le nouveau pacte fiscal avec les municipalités JOCELYNE RICHER L> arrivée de Guy Coulombe, r hier, dans le dossier miné de la négociation d’un nouveau pacte fiscal n’a pas assaini le climat de méfiance qui prévaut entre le gouvernement Charest et le monde municipal.M.Coulombe, qui a passé l’année 2004 à tracer le portrait de l’exploitation forestière au Québec, consacrera une bonne partie de 2005 à revoir le partage de responsabilités et de sources de revenus entre Québec et les municipalités.D’ici le 30 juin, il devra produire un rapport et des recommandations quant au contenu du futur pacte fiscal Québec-municipalités 'qui doit entrer en vigueur le 1" janvier 2006.; D’ici là, le nouveau mandataire jdu gouvernement, nommé hier par Québec, entreprendra des «discussions» avec les deux grandes associations municipales et la Ville de Montréal.1 Ces «discussions» s’annoncent corsées, car les attentes du milieu «ont grandes, à la mesure des promesses de décentralisation des pouvoirs et de diversification des sources de revenus maintes lois serinées par le premier ministre Jean Charest et le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier.Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Michel Belzil, s’est demandé, lors d’un entretien téléphonique, pourquoi Québec parle de «discussions» plutôt que de «négociations».Il dit craindre ainsi l’ajout à’«une nouvelle étape» risquant de retarder d’autant le processus et préférerait faire affaire directement avec le niveau politique.Pour améliorer leur situation financière, les municipalités espèrent notamment percevoir des redevances sur l’exploitation forestière et, surtout, gruger un morceau des recettes de la taxe de vente provinciale, ce qui est loin d’être acquis compte tenu de la faible marge de manœuvre du ministre des Finances.«Ne serait-ce qu’un pour cent de la taxe de vente, cela donnerait aux municipalités 1J2 milliard de dollars par année», calcule de son côté le président de TUnion des municipalités du Québec, Michel Tremblay, qui estime injuste de voir les municipalités organiser des activités sociales et culturelles sans espérer «aucun retour» financier.La publication, en décembre, par Québec, du document intitulé Repenser les relations avec les municipalités n’a rien fait pour calmer le jeu.Le document — qui comporte de «nombreux écueils», selon M.Tremblay — constituait en quelque sorte la réplique du gouvernement à l’étude faite l’année précédente par le Conference Board pour le compte de l’UMQ, laquelle étude montrait du doigt les dysfonctions fiscales entre les différents ordres de gouvernement, entraînant un important manque à gagner pour les villes.Pour remplir leurs coffres, le document gouvernemental suggère notamment aux municipalités de se donner une plus grande «marge de manœuvre» financière en multipliant les tarifs.A l’UMQ, cette hypothèse a été reçue comme une hérésie, compte tenu que «le gouvernement veut réduire les impôts, d'une part, et, d’autre part, il nous dit: “Vous autres, vous n’êtes pas brillants, on vous donne la possibilité de taxer davantage!" Le gouvernement parle des deux côtés de la bouche», selon M.Tremblay, qui estime les contribuables bien assez taxés.«S'il n’y a pas d’ouverture pour les revendications des municipalités, ça va aller mal à la shop», disait M.Tremblay, lors d’un entretien téléphonique.Presse canadienne Profitez du solde d inventaire Patrimoine et obtenez des réductions allant de 15 à 40% sur les mobiliers et accessoires sélectionnés.i 3932 Autoroute Laval Ouest (coin Curé-Labelle) Laval (Qc) H7T 2P7 (450) 687-6867 Avant les raz-de-marée du 26 décembre.Alternatives travaillait déjà dans la province d'Aceh, en Indonésie.En appuyant des organisations communautaires locales, nous avons contribué à la réduction de la pauvreté et à la promotion de la paix dans cette région.CONSIDÉRANT LES BESOINS ÉNORMES des populations frappées par les tsunamis et les complexités d'une région déjà affectée par un conflit armé meurtrier, il importe de travailler en étroite collaboration avec des organisations indonésiennes qui comprennent l'ensemble des enjeux sur le terrain.EN APPUYANT ALTERNATIVES ET SES PARTENAIRES INDONÉSIENS, vous vous assurez que votre contribution rejoindra les populations les plus en besoin.Nous nous ferons un devoir de distribuer cette aide d'une façon qui, plutôt que d'exacerber les tensions, contribuera à l'émergence d'une paix durable pour cette région.C'EST L'OCCASION POUR NOUS de faire la différence pour des millions d'enfants, de femmes et d'hommes en Asie du Sud Est.S'il vous plait joignez-vous à Alternatives et faites parvenir votre don dès aujourd'hui.Vbus pouvez aussi faire un don mensuel de 15 $, soit l'équivalent de seulement 504.par jour.* Vous faites partie de la solution.Appelez maintenant, sans frais au : 1.800.982.66.46 Ou faites votre don directement en ligne, en visitant notre site Internet : www.aHematives.oi * Pour cela, vous devez nous retourner le coupon avec vos coordonnées accompagné d'un CHÈQUE où vous aurez inscrit ANNULÉ dessus.Ou nous indiquer les informations nécessaires concernant votre CARTE DE CRÉDIT sur laquelle vous désirez que nous prélevions votre don mensuel.?Oui ! Je désire aider la population indonésienne dans la résolution de ses crises et conflits.Svp utiliser mon don pour venir en aide aux victimes des tsunamis.?Svp faites parvenir mon don, là où c'est le plus nécessaire.Nom : Adresse : Ville : Code postal : Voici mon don de : ?VISA N° de la carte : Date d’expiration : $ Chèque MASTERCARD Alternatives nru ir i in rw/'xn/-tiff, .pour un monde différent ALTERNATIVES 3720, avenue du Parc, bureau 300 Montréal (Québec) H2X 2J1 www.alternatives.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2005 LES ACTUALITES Frank McKenna Frank McKenna nommé ambassadeur aux Etats-Unis Ottawa — L’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick Frank McKenna a été officiellement nommé ambassadeur du Canada aux Etats-Unis par le premier ministre Paul Martin, hier.M.McKenna, un libéral, a dirigé sa province de 1987 à 1997; il s’était remis à la pratique du droit D a été beaucoup sollicité récemment notamment pour se porter candidat libéral aux dernières élections fédérales, une offre qu’il a déclinée.Hier, immédiatement après l’annonce de sa nomination au poste d’ambassadeur, qui était un secret de Polichinelle, M.McKenna a fait baisser les attentes de ceux qui espéraient que les relations canado-améri-caines, quelquefois houleuses, changent carrément de cap avec lui à la barre à l’ambassade de Washington.«Je ne vais pas arriver à Washington et résoudre des vieux dossiers [commerciaux] importants comme ceux du bois d’œuvre et de l’ESB [maladie de la vache folle).Ça n’arrivera sim-plement pas, a affirmé M.McKenna.Il n’y a pas de solutions miracles à ces dossiers.» L’ancien premier ministre provincial, qui entrera en fonction le 1" mars comme diplomate, a par ailleurs minimisé les critiques émises depuis quelque temps au sujet de ses relations d’affaires avec des membres de l’élite washingtonienne, la famille Bush notamment «Je dois dire que, à mon avis, c'est important à Washington d’avoir des liens politiques et d’orienter les politiciens d’une certaine façon.Je dois dire honnêtement que j’ai une relation, dans un sens, avec quelques membres de la famille, mais ce n'est pas une relation extrêmement solide ou extrêmement forte», a dit M.McKenna après un entretien avec le premier ministre Paul Martin, à Ottawa.Celui-ci n’a pu réprimer un sourire lorsqu’on lui a demandé ce qu’il pense des critiques qui dénoncent les liens entre le nouvel ambassadeur et l’administration Bush.«Je pense que c’est certainement un atout, lorsqu’on demande à un ambassadeur d’accepter ses fonctions, qu’il soit dans une position de pouvoir influencer l’administration.S’il connaît des gens, c’est encore mieux.» Les contacts de M.McKenna transcendent les lignes de partis, comprenant aussi bien l’ancien président républicain George Bush père que l’ancien président démocrate Bill Clinton.Hier, à Ottawa, Frank McKenna a aussi abordé la question de ses activités au sein de plusieurs entreprises, lesquelles lui ont valu, également, certaines critiques ces derniers jours.«Je suis membre de beaucoup de conseils d’administration et d’autres activités, mais je dois cesser toutes ces activités avant de commencer à Washington.» Quant à la façon dont il compte effectuer son travail en tant que plus important représentant du Canada à l’étranger, M.McKenna a dit que «les priorités sont de bâtir à partir de la base déjà établie, de créer un climat pour une bonne relation, de continuer à améliorer la relation commerciale et aussi de refléter le Canada unique».«Nous avons des valeurs uniques, nous avons une attitude unique, différente.» Frank McKenna, vu par plusieurs comme un successeur à Paul Martin, remplacera Michael Kergin, un ancien conseiller de Jean Chrétien, qui avait été nommé ambassadeur à Washington en juin 2000.Presse canadienne TSUNAMIS La lutte contre le paludisme commence EDWARD HARRIS Banda Aceh, Indonésie — Des vaporisations d’insecticide ont commencé hier dans les camps de réfugiés de la province indonésienne d’Aceh dans le but d’éviter une épidémie de paludisme qui pourrait faire jusqu’à 100 000 morts.De leur côté, les autorités indonésiennes disent vouloir obtenir une trêve permanente avec les séparatistes de la province, la plus touchée par la catastrophe.Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a annoncé hier qu’il nommerait la semaine prochaine un émissaire spécial chargé de coordonner l’aide aux pays touchés et l’effort de reconstruction.D n’a pas précisé en quoi son rôle différerait de celui du coordonnâtes des secours d’urgence de l'ONU, Jan Egeland.Plus de 157 600 personnes au moins ont péri dans le séisme suivi d’un tsunami qui a touché 11 pays de l’océan Indien le 26 décembre.Les deux tiers d’entre elles se trouvaient dans la province d’Aceh, dans le nord-ouest de Pile indonésienne de Sumatra.Beaucoup des plus de 110 000 victimes d’Aceh ne seront jamais identifiées, a prévenu hier le patron d’Interpol, qui coordonne un effort international d’identification sans précédent.Environ 70 000 d’entre elles ont déjà été inhumées, dont beaucoup dans des fosses communes.Il faudra des mois pour terminer les identifications, a estimé le secrétaire général de l’agence de police internationale, Ronald Koble.L’aide internationale à Aceh reste délicate en raison de la situation de cette province déchirée par un conflit séparatiste depuis 30 ans.En visite dans la capitale de la province, Banda Aceh, le vice-président indonésien Jusuf Kalia a assuré que son gouvernement travaillait à un cessez-le-feu complet avec les séparatistes.Les chefs en exil en Suède ont décrété une trêve unilatérale le jour de la catastrophe et ont appelé ces derniers jours à des pourparlers de paix.Mais malgré ses déclarations sur un cessez-le-feu, le gouvernement indonésien commence à donner des signes de vouloir restreindre de nouveau l’accès à Aceh.Il a demandé ces derniers jours que le personnel humanitaire étranger à Aceh soit accompagné par des escortes militaires.Jakarta a également répété hier que les troupes étrangères devraient avoir quitté Iç pays avant la fin de mars.Les Etats-Unis, qui ont envoyé des milliers d’hommes dans la région, ont dit ne pas avoir reçu d’indication sur une telle date limite.Le numéro deux du Pentagone, le département américain de la Défense, Paul Wolfowitz, devait se rendre jPr S ij J il mm ARKO REUTERS Des rescapés des tsunamis au Sri Lanka nettoient les rues de leur ville.aujourd’hui en Thaïlande pour discuter des efforts d’aide.Il devrait ensuite se rendre dans la province d’Aceh, selon un responsable de l’ambassade américaine à Bangkok.Un autre responsable américain à Washington a précisé qu’en-viron 92 millions de dollars ont été dépensés jusqu’à présent sur les 350 promis par les États-Unis.Côté français, le Jeonne-d'Arc et le Georges-Leygues sont arrivées au large d’Aceh, selon la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie.Le porte-hélicoptères français et sa frégate devaient atteindre dans la soirée Meulaboh, le secteur attribué à l’armée française.Les deux bâtiments, qui emportent deux hélicoptères Puma gros porteurs et quatre hélicoptères plus légers, doivent apporter «d’abord de l’assistance médicale» grâce à «une dizaine d’équipes médicales mobiles».Près de frois semaines après la catastrophe, les organisations humanitaires expliquent que des blessés dans les secteurs les plus isolés n’ont toujours pas été soignés.Non traitées, les blessures s’infectent horriblement, a averti Joel Salinikio, de l’ONG américaine International Rescue Committee, dont une équipe est rentrée hier du village de Paya Seumantok.Par ailleurs, si le spectre du choléra et de la dysenterie s’estompe au fur et à mesure que de l’eau potable est acheminée aux rescapés, la menace du paludisme et de la dengue augmente.De petites unités armées de fusils vaporisant de l’antimoustique ont commencé hier à traiter les camps de réfugiés.Elles prévoyaient de couvrir près de huit camps installés autour de Banda Aceh, la capitale de la province.Mais le gros de l’opération ne commencera pas avant au moins deux jours, des problèmes bureaucratiques ayant bloqué la majeure partie de l’insecticide à Jakarta, selon Mentor Initiative, un organisme de santé public chargé de la lutte contre le paludisme en Indonésie.Au Sri Lanka, plus de 25 000 personnes déplacées par la catastrophe ont quitté les camps de réfugiés au cours des dernières 24 heures, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).Elles partent pour reconstruire leurs villages en ruines et retourner là où elles habitaient pour s’assurer d’ètre reconnues comme les propriétaires, a expliqué Neil Wright un responsable de l’agence onusienne.Associated Press Pour plus tard, c’est maintenant REER Obligations à taux progressif Plus vous investissez tôt et longtemps, plus c’est payant.Capital garanti.525 5,50 1.50 5® (r 7* 8 9e 10® année Les taux annoncés peuvent varier en fonction des conditions du marché la première année pour les nouveaux fonds REER.Si vous désirez rencontrer un agent d’investissement, passez au 2000, av.McGill College, du lundi au vendredi, de 8 h à 17 h, et les samedis de janvier et de février, de 10 h à 16 h.Téléphonez-nous du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis de janvier et de février, de 10 h à 16 h.www.epq.gouv.qc.ca Épargne Placements Québec nn Gil Courtemanche Après la générosité, la transparence LJ émotion est parfois mauvaise conseillère.C’est ainsi que, la semaine dernière, dans ma chronique, j’ai exagéré l’importance historique de la catastrophe humanitaire en Asie.Dans les années 1970, un tremblement de terre en Chine et des inondations au Bangladesh ont fait énormément plus de victimes que les tsunamis du 26 décembre.Je m’en excuse.Je crois que, tout comme des millions de personnes dans le monde occidental, j’ai été emporté par l’élan unique de compassion et de solidarité qui s’est traduit par une générosité individuelle et institutionnelle sans précédent.Comment l’expliquer et surtout quelles leçons en tirer pour l’avenir?La télévision, bien sûr.L’impression d’avoir assisté presque en direct au désastre grâce aux images des survivants, qui ont sorti leurs caméras vidéo, images qui se retrouvèrent rapidement sur le Web ou à la télévision.Dans le passé, on constatait les dégâts une fois l’horreur passée.Rivés à nos télés durant cette période de congé, nous avons vu des enfants emportés par les vagues, des villes en ruine flotter sur les flots rugissants.Nous étions là.Le fait que les premières images de destruction et les décomptes initiaux de victimes nous soient parvenus de Thaïlande et de Phuket en particulier joua un rôle déterminant En ce 26 décembre, des milliers de touristes occidentaux peuplaient ce petit paradis qui est aussi un haut lieu de tourisme sexuel.Très rapidement on apprit au Canada, en Suisse, en Allemagne, en Suède qu’un ami ou une connaissance faisait peut-être partie des victimes.Pour la première fois, des milliers d’Occi-dentaux faisaient partie d’une catastrophe naturelle survenue dans le Sud.Nous étions partie prenante.Cela explique en bonne partie la mobilisation médiatique qui a enclenché le mécanisme de solidarité.D ne s’agit pas ici de déprécier la réaction et la générosité, il s’agit de la comprendre.Ce n’est pas par hasard que c’est beaucoup plus tard que nous parvinrent les images des pays qui furent le plus lourdement touchés par les tsunamis, l’Indonésie et le Sri Lanka.Dans ces deux pays, ce sont des régions éloignées des grands centres qui furent touchées, des zones en proie à des conflits séparatistes où les Occidentaux se font rares.Dans Le Devoir d’hier, Rony Brauman décrivait avec justesse et franchise les dérives qui risquent de se produire, en toute générosité, durant l’action humanitaire.Mauvaise allocation des ressources, délire catastrophique, chevauchement, désorganisation.Ce sont là des réalités que tous les humanitaires connaissent trop bien mais qui font rarement la manchette parce que la reconstruction et l’utilisation des fonds recueillis se font dans le long terme et attirent rarement l’attention des médias.D en est ainsi des promesses d’aide faites en catastrophe par les gouvernements.Par exemple, des centaines de millions promis à la suite du tremblement de terre à Bam, en Iran, quelques pauvres millions ont été effectivement versés.Les promesses des Etats à l’ONU n’ont pas été respectées dans plusieurs cas.Mentionnons la République démocratique du Congo, l’aide à l’Autorité palestinienne ou encore le programme de lutte contre le sida en Afrique.Les médias doivent effectuer un travail plus serré de vérification et de suivi en ce domaine.Le gouvernement canadien pourrait aussi profiter de cette occasion unique pour donner l’exemple et mettre sur pied un système qui permettrait régulièrement de faire le point sur l’aide humanitaire promise et son utilisation.La générosité sans précédent qui s’est exprimée en Occident et qui a vu diverses organisations non gouvernementales recueillir des sommes dont personne n’aurait osé rêver pose un défi exigeant et fournit une occasion historique à ces organismes qui sont un peu les mandataires de notre solidarité collective: celui de la transparence, qui est aussi un moyen de nous associer à leur action.Quoique maladroitement Médecins sans frontières a tracé le chemin en déclarant que l’ONG n’avait plus besoin de dons pour les victimes des tsunamis.Loin de moi la pensée que la Croix-Rouge ou Oxfam, ou encore Médecins du monde, nous dissimulent des choses et que notre générosité s’égare dans les méandres administratifs et bureaucratiques.Mais cette générosité exceptionnelle requiert une information exceptionnelle si on veut que la fibre solidaire ne se tarisse pas.Les ONG ont tout intérêt à informer périodiquement, non seulement leurs membres, mais le public en général des progrès qu’elles font des difficultés qu’elles éprouvent.J’ai parlé de mandataires plus haut, ajoutons que nous sommes aussi les actionnaires de ces organismes et qu’à ce titre nous avons droit à nos rapports semestriels d’activités.La situation politique qui règne en Indonésie et au Sri Lanka pose aussi un problème délicat et complexe pour lequel le devoir de transparence est aussi fondamental.Il s’agit de l'instrumentalisation politique et parfois de la militarisation de l’aide humanitaire.En ce domaine, les ONG marchent souvent sur des œufs, prises qu’elles sont en zone de conflit entre insurgés et autorité centrale, mais la nécessité d’informer demeure impérieuse.Somme toute, la générosité exceptionnelle dont ont fait preuve les Canadiens présente une occasion en or d'associer plus intimement et plus systématiquement les citoyens au monde de la coopération internationale.Alix ONG d’en profiter.EN BREF r Elections retardées Les élections générales à Kanesatake, initialement prévues le 19 février, ont été reportées hier au phis tard à la mi-mars à la demande de Ghislain Picard, le chef régional de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.M.Picard a indiqué par voie de communiqué qu’il avait besoin de phis de temps pour mettre sur pied un groupe d’observateurs indépendants pour le scrutin.La majorité au conseil de bande de Kanesatake, dont fait partie le grand chef James Gabriel, a entérine ce nouveau délai à la condition qu’il ne dépasse pas quatre semaines.Les élections devaient avoir Beu en juillet dernier mais ont été retardées à quelques reprises.- Le Devoir LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET D 1 M A .V C H E 16 JANVIER 2 0 0 5 LES ACTUALITES La sonde Huygens atterrit sur une lune de Saturne MELISSA EDDY Darmstadt, Allemagne — Après un voyage de sept ans et sa séparation de l'orbiteur Cassini à Noël, la sonde européenne Huygens a achevé hier son odyssée spatiale, atterrissant sur le sol de la mystérieuse et glacée Titan, la plus grande lune de Saturne.L'Agence spatiale européenne (ESA) a confirmé que la sonde avait transmis des données collectées dans l’environnement de Titan, qui pourraient aider à mieux comprendre les origines de la vie sur Terre.Les responsables de la mission savent que Huygens a atterri en douceur car elle continuait à transmettre des données bien après s’être posée, comme l’a précisé David Southwood, directeur scientifique de l’ESA «Nous sommes les premiers visiteurs de Titan», a lancé, euphorique, le directeur général de l’ESA, Jean-Jacques Dordain.«Les données scientifiques que nous rassemblons maintenant vont dévoiler les secrets de ce nouveau monde.C’est un succès fantastique pour l’Europe.» La sonde devait notamment envoyer des données sur l’atmosphère de Titan et des images.Entre le début de sa descente sur Titan et les moments qui ont suivi son atterrissage, il était prévu que Huygens transmette des données vers la Terre pendant moins de trois heures.Mais il s’avère qu’elle continuait à émettre après plus de cinq heures hier, à la plus grande joie des responsables de la mission.«C'est beaucoup plus longtemps que nous ne l’avions rêvé», a souligné M.Southwood.La sonde était conçue pour continuer à transmettre pendant au moins trois minutes après son atterrissage, avant que ses batteries ne soient épuisées ou que Cassini, chargé de relayer ses données vers la Terre, ne soit hors de portée.Huygens est entrée dans l’atmosphère de Titan, situé à quelque 1,2 milliard de kilomètres de la Terre, peu après 9h GMT.Au centre de contrôle de LESA à Darmstadt, en Allemagne, les responsables de la mission avaient les larmes aux yeux lorsqu’à été reçu le premier NASAREUTERS La sonde européenne Huygens a commencé à transmettre à la Terre ses premières photos de la principale lune de Saturne.signal radio émis par la sonde, un peu plus d’une heure après le début de sa descente.Huygens s’est séparée de l’orbi-teur américain Cassini le 25 décembre pour se diriger seule vers Titan, première lune autre que celle de la Terre à être explorée par un engin spatial.Baptisée d’après le découvreur de Titan, l’astronome hollandais du XVH'' siècle Christiaan Huygens, la son- de transportait des instruments pour étudier notamment l’atmosphère de l’astre.En sommeil, les systèmes de Huygens se sont remis en route comme prévu avant l’entrée dans l'atmosphère de Titan.La sonde a réalisé l’essentiel de sa mission durant sa descente, d'une durée de deux heures et demie, qui a été ralentie par un premier parachute principal puis par un deuxième plus petit Pendant son plongeon, elle devait étudier la composition de l'atmosphère de Titan, la vitesse des vents, et également prendre des images de la surface.Toutes ces données devaient être transmises à l’orbiteur Cassini, chargé de les relayer vers la Terre.Titan est la seule lune du système solaire à posséder une atmosphère significative.Riche en azote et contenant environ 6 % de méthane, elle serait une fois et demie plus épaisse que celle de la Terre.Alphonse Diaz, administrateur scientifique de la NASA, a expliqué que Titan pourrait offrir des indices sur les conditions dans lesquelles la vie a pu apparaître sur Terre.«Titan est une machine à remonter le temps.Elle nous donnera l’occasion d'étudier les conditions qui ont pu exister sur Terre au départ.Elle a peut-être préservé, en les congelant, de nombreux composés chimiques qui ont ouvert la voie à la vie sur Terre.» Huygens est également dotée d’instruments pour examiner la surface de Titan au moment de l'atterrissage.Les scientifiques ne savent pas exactement quelle est la nature du sol que la sonde a rencontré en se posant à une vitesse de 35 km/h.Une chose est sûre, elle devait se retrouver dans un environnement glacial, où règne une température de -180 degrés.La mission Cassini-Huygens, opération conjointe de la NASA, de 1ESA et de l’agence spatiale italienne, avait été lancée le 15 octobre 1997 pour étudier Saturne, ses anneaux spectaculaires et ses nombreuses lunes.Si, pour Huygens, le voyage arrivait à son terme, Cassini doit encore poursuivre sa mission autour de Saturne pendant quatre ans.Associated Press M Après les Fêtes, retrouvez votre ligne au YMCA.Venez comme vous êtes ! Machines à la fine pointe.^ Aucuns frais initiaux 00 à l'inscription.j__, L'activité physique est l’un des programmes communautaires du YMCA dont la mission est de .donner plus de vie à la vie.J VENEZ DECOUVRIR NOS COURS JUSQU'AU 23 JANVIER 2005 Nom Prénom Adresse TéL Y YMCA Plus de vie à la vie des jeunes, des familles ei de la communauté Un laissez-passer par personne et pour une journée pendant cette période.Accès au vestiaire général.Apportez une carte d identité avec photo et un cadenas.www.ymcamontreal.qc.ca 200, bout René-Lévesque 0.Montréal Tél.: (514) 8454277 YMCA Hochelaga-Maisonneuve 4567, rue Hochelaga Montréal TU.: (514) 255-4651 YMCA Notre-Oame-de-Grâce 4335, avenue Hampton Montréal TéL : (514) 486-7315 YMCA Pointe-St-Charles (sans piscine) 255, avenue Ash Montréal Tél : (514) 9354711 YMCA St-Laurent 1745, bout.Décarie St-Laurent Tél : (514) 747-9801 YMCA West-Island 230, boul.Brunswick Pointe-Claire Tél : (514) 630-9622 YMCA Westmount 4585, rue Sherbrooke 0.Westmount Tél : (514) 931-8046 Québec versera 60 millions aux bibliothèques scolaires C LAIRAN DRÉE CAUCHY uébec a décidé de délier Vy quelque peu les cordons de sa bourse en accordant 60 millions sur trois ans pour renflouer les bibliothèques scolaires, dont les rayons se sont dégarnis après des aimées de sous-tbijineeinent.Le ministre de l’Education, Pierre Reid, a annoncé hier son plan d’action qui permettra d’acquérir en moyenne cinq livres par élève.Il s’agit en fait d’un investissement net de 40 millions d’argent neuf, qui vient s’ajouter aux 20 millions déjà dépensés à cette tin dans les commissions scolaires.D’abord les gars Le plan gouvernemental vise tout particulièrement les garçons, moins enclins à se plonger dans un livre que les filles, ce qui contribuerait à leur plus faible niveau de réussite scolaire, comme le démontrent plusieurs études.«Une attention particulière devra être portée à l'acquisition de livres susceptibles de capter l’intérêt de lecteurs dits récalcitrants, qui ne sont pas portés naturellement à la lecture, dont la majorité sont des garçons», a déclaré le ministre Reid.Ainsi, les bandes dessinées, les textes humoristiques, les livres scientifiques et les journaux seront à l’honneur sur les rayons.Outre l’achat de livres, le plan prévoit aussi l’organisation de deux concours pour «reconnaître des projets qui mettent la lecture en vedette», dont un qui vise spécifiquement les garçons.Un coffre à outils destiné aux parents et aux enseignants sera également conçu pour promouvoir la lecture.Un camp littéraire pour les enseignants et un col- loque sur la lecture chez les jeunes seront aussi organisés.Heureux de cet investissement, le président de la Fédération des commissions scolaires, André Caron, a cependant prévenu le ministre lors de l’annonce de son intention de repasser au guichet dans l’avenir.Il espère obtenir des fonds supplémentaires pour le renouvellement des collections, l’informatisation des bibliothèques et l’embauche de personnel pour les animer.«On va tenter d’aller chercher des sous Pour rehausser le niveau de ressources humaines dans les bibliothèques à l'équipe de travail sur la pérennité des services publics [découlant du Forum des générations!», a précisé M.Caron.Un bémol Saluimt avec un «contentement mitigé» l’investissement, le président de la Centrale des syndicats du Québec, Réjean Parent, abonde dans le sens de son vis-à-vis patronal.«On ne peut mettre des centaines de livres dans les écoles et les abandonner sur le comptoir sans classification.Ou alors, dans trois ans on va être revenus à la case départ», a déclaré M.Parent, qui reconnaît toutefois que le plan constitue un «pas dans la bonne direction».C’est aussi l’expression employée par la porte-parole de la Coalition en faveur des bibliothèques scolaires, Jocelyne Dion.«C'est une prise de conscience de l’importance de la lecture et du rôle que les bibliothèques scolaires ont à jouer dans le développement du goût de la lecture», a affirmé Mme Dion, ajoutant qu’il y a encore «beaucoup de boulot à abattre».I Le Devoir \ Pour retrouver votre Ligne, suivez Le pointiLLé.«pu f Æ m» YMCA Centre-ville 1440, rue Stanley Montrâal Tél : (514) 849-8393 YMCA du Parc 5550, avenue du Parc Montréal Tél.: (514) 271-9622 Le Broadway BS.Reni Lévesqu* Elt * Un site Priviléqié * Des amenagements d’avant-garde * Une architecture classique Disponibles : 1 CHAMBRE 2 CHAMBRES 2 CHAMBRES Penthouse 149 000 189 000 259 000 499 000 www.apploft.com 514-396-6480 PHASE H EN RESERVATION 801 rue Sherbrooke Est PRIX PRÉFÉRENTES / LIVRAISON FM ZOOS STUDIOS / LOFTS / PBVTHOUSES / VUES EXCffTKMHlES ASSEMBLÉE PUBLIQUE SUR LE DÉFICIT LINGUISTIQUE Le gouvernement Charest s’apprête à consacrer des sommes équivalentes pour la construction de DEUX méga-hôpitaux à Montréal, un pour les anglophones et un autre pour les francophones, alors que les anglophones représentent 12 % de la population de la grande région de Montréal.Le club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre) organise une assemblée publique pour faire le point sur le déficit linguistique avec : LORRAINE RAGÉ Le monde de l’éducation FERNAND DAOUST Le monde du travail FRÉDÉRIC LACROIX Le financement des universités et des méga-hôpitaux n d Et la participation chantée de YVES LAMBERT Mercredi, 19 janvier 2005 au Centre social des Cols bleus regroupés de Montréal 9650, rue Papineau, 19 h 00 Entrée : 5 $ Pour infos : SPQ Libre, Tél.: (514) 284-1729, www.SDQlibre.org SOLDES de fin de saison '70 % jusqu’à , Vous trouverez des griffes Allemandes, Canadiennes et Québécoises.La boutique qui possède la renommée de la beauté et du service personnalisé.7mpor/aiion.s /3es ôfusées 2704, boulevard de la Concorde Est, Laval (450) 662-1160 mardi - mercredi K)h è I7h30 léudi • vendredi lOh à ieh samedi lOh à I6h I LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2005 A 6 •LES ACTUALITES- Les industries les plus actives Quelles industries font le phis activement du lobbying et font le plus pression sur le gouvernement'' Difficile de le savoir précisément car ce domaine reste très opaque et peu loquace.Par contre, dans les conversations avec les fonctionnaires, le personnel politique ou les ministres, les mêmes industries reviennent sans cesse lorsqu’on demande lesquelles sont les mieux organisées: celles de la pharmaceutique, de l’automobile, du textile, des mines, de l’aérospatiale, du pétrole, de la santé et des banques reviennent toujours en tête de liste.Les géants qui évoluent dans des domaines liés à la propriété intellectuelle, comme Microsoft, Apple, Intel ou Nortel, sont aussi très actifs.Ces industries et toutes les entreprises qui les composent utilisent deux types de lobbyistes: d’abord, leurs employés à l’interne dédiés à ce champ d’activité, nommé relations gouvernementales — il n’est jamais écrit lobbyiste sur les cartes d’affaires; puis, des firmes de consultants comme Hill and Knowiton, Earnsliffe ou Global Public Affairs pour des dossiers plus complexes ou qui demandent de meilleurs contacts dans la machine politique.«Nous faisons beaucoup de lobbying et nous allons continuer à en faire aussi longtemps que nous n’aurons pas le meilleur environnement possible où évoluer, comme toutes les industries au pays le font», soutient Jacques Lefebvre, de Rx&D, l’association qui fait du lobbying pour les grandes compagnies pharmaceutiques.Ces dernières font toutes leur propre lobbying individuellement, en plus de celui effectué par leur association.Rx&D, qui compte deux employés à temps plein pour faire du lobbying, engage aussi trois firmes de consultants selon les dossiers, dont la très puissante Earnscliffe, près du premier ministre Paul Martin.Comme les autres industries, les sommes que les compagnies pharmaceutiques engloutissent chaque année en lobbying sont considérables.Il est par contre impossible de savoir combien d’argent est consacré à cette activité au pays, puisque rien n’oblige les entreprises à dévoiler leurs chiffres, contrairement ^ux lois en vigueur dans plusieurs Etats américains.Le monde des marchands d'influences est très discret et les entreprises se gardent bien de parler d’argent.«On parle certainement de plusieurs centaines de millions de dollars par année», soutient John Chenier, ancien lobbyiste et éditeur de la publication spécialisée Lobby Monitor, la bible du milieu.Alec Castonguay Le Devoir Les amis lobbyistes de Paul Martin Les liens entre les lobbyistes et le pouvoir n’ont jamais été aussi étroits que sous Paul Martin.Des dizaines de lobbyistes gravitent autour du premier ministre, avec en tête de liste l’influente firme Earnscliffe.ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le 16 décembre dernier, à midi, le restaurant parlementaire, situé au sixième étage de l’édifice principal, était bondé de clients.La session venait de prendre fin et le gratin politique et bureaucratique se voyait une dernière fois avant de reprendre la route pour fêter Noël chacun dans son coin de pays.Au milieu des sénateurs, des députés, des ministres et des fonctionnaires, plusieurs lobbyistes distribuaient poignées de main et sourires.Parmi eux, Dennis Dawson, ami intime du premier ministre Paul Martin, qui a travaillé sans relâche durant 20 ans pour propulser son ami au sommet de la politique canadienne.Après s’être présenté comme candidat libéral dans la région de Québec aux dernières élections fédérales, Dennis Dawson a repris sa place au sein de la firme de lobbying Hill and Knowiton Canada.Ses clients, qui cherchent à tirer profit de ses importants contacts, sont, entre autres, Bell Canada et la compagnie américaine de produits chimiques Afton.Mais Dennis Dawson est loin d’être le seul ami lobbyiste que compte Paul Martin.Plusieurs marchands d’influences l’ont aidé à se hisser au sommet et travaillent aujourd’hui à ses côtés comme proches conseillers, alors que d’autres œuvrent toujours chez des firmes de consultants, notamment chez la très puissante firme Earnscliffe.«Pour accéder à Paul Martin, il faut absolument faire affaire avec un lobbyiste bien branché, on n’a pas le choix.Ce n’était pas comme ça avec Jean Chrétien.Le système est en train de changer avec les libéraux d’affaires, les libéraux plus près des entreprises, comme avec l’équipe de Mar tin», soutient Duff Conacher, coordonnateur de Democracy Watch, un organisme sans but lucratif qui s’est donné pour mission de surveiller le milieu du lobbying et ses relations avec le pouvoir.D'ailleurs, près de 40 lobbyistes JIM YOUNG, ARCHIVES REUTERS Le premier ministre Paul Martin compte de nombreux lobbyistes dans son entourage.Cette photo, prise le 21 novembre 2003, nous le montre en compagnie des membres de son comité de transition apres l’annonce de la démission de Jean Chrétien, dont Michael Robinson (à gauche), président de la firme de lobbying Earnscliffe, ainsi que Dennis Dawson (troisième à gauche), qui travaille au sein de la firme de lobbying Hill and Knowiton Canada.ont travaillé activement pour Paul Martin lors de la dernière campagne électorale.Les rassemblements politiques du premier ministre, ses campagnes de financement et ses dîners privés permettent de croiser un nombre impressionnant de lobbyistes ou d’anciens lobbyistes.L’accès au premier ministre Le bon vieux bouche à oreille reste la méthode la plus utilisée par les compagnies pour choisir une firme de lobbying plutôt qu’une autre.Et les contacts des lobbyistes pèsent lourd dans la balance.«Dans le milieu, ça se sait que telle firme a plus facilement accès au ministère des Finances, une autre au CRTC, une autre au premier ministre.Les compagnies choisissent en fonction de ça aussi», explique Jene-fer Curtis, journaliste pigiste qui travaille depuis deux ans à un livre sur les lobbyistes à Ottawa.Certaines ressortent du lot et peuvent prétendre être efficaces dans plusieurs dossiers et auprès de plusieurs ministères.Des firmes comme Global Public Affairs, GPC International, Tactix, Hill and Knowiton ou Sussex Strategies sont souvent mentionnées comme étant très efficaces.Et évi- demment, l’incontournable firme Earnscliffe.Jamais dans l’histoire du pays une firme de lobbying n’a eu autant accès au bureau du premier ministre que cette dernière.«Tout le monde sait qu’Eamscliffa, c’est Eçrnsdiffe, et qu’elle a ses entrées.A chaque changement de gouvernement, certaines firmes deviennent plus branchées au pouvoir en raison des contacts établis depuis des années.Mais là, ce n’est pas une coïncidence», soutient Carol Montreuil, lobbyiste et vice-président pour l’est du Canada de l'Institut des produits pétroliers (ICPP).Pas une coincidence, en effet La firme Earnscliffe est littéralement née avec \e succès politique de Paul Martin.A l’intérieur de ce qu’on nomme dans le milieu politique fédéral le «board de Paul Martin», c’est-à-dire son équipe de 12 conseillers, plusieurs proviennent de chez Earnscliffe ou y travaillent encore.Ce groupe informel, constitué d’amis du premier ministre, le suit depuis qu’il nourrit des ambitions politiques, soit près de 20 ans.Le «board» est officiellement né en 1990, lorsque Paul Martin s’est lancé dans la course au leadership du Parti libéral du Canada contre Jean Chrétien.Un an auparavant, Earnscliffe voyait le jour.Et marquait le début de la collabo- ration entre Paul Martin et le monde des lobbyistes.Scott Reid, conseiller actuel de Paul Martin au bureau du premier ministre et responsable de ses communications, a fait un séjour chez Earnscliffe.David Her-le, qui a dirigé la campagne électorale de Martin en Ontario au dernier scrutin, est un associé important chez Earnscliffe.Et impossible d’être phis près du pouvoir que Michael Robinson, président d’Eamscliffe.C’est lui qui a dirigé l’équipe de transition de Paul Martin lorsque ce dernier a succédé à Jean Chrétien en 2003.Michael Robinson a donc pu mettre le nez dans tous les documents confidentiels du gouvernement pour pouvoir préparer la passation des pouvoirs, avant de retourner comme si de rien n’était chez Eamsclif-fe.Personne chez Earnscliffe n’a donné suite aux appels du Devoir.Rien d’anormal, puisque cette boîte est extrêmement discrète.Parmi les amis lobbyistes du premier ministre, il faut ajouter Francis Fox, homme d’affaires qui a déjà prêté ses services de marchand d’influences à l’empire Rogers et qui a été le secrétaire de cabinet de Paul Martin jusqu’en septembre dernier, avant de reprendre la route du privé et d’occuper le poste de co- président de la société du Havre, à Montréal Dennis Dawson, lobbyiste pour HiH and Knowiton, fait partie du «board».Terrie O’Leary, elk aussi dans ce groupe sélect et collaboratrice de longue date de Paul Martin, notamment au ministère des Finances, est la compagne de vie de David Herie, lobbyiste chez Earnscliffe.Toutes ces personnes suivent et conseillent Paul Martin depuis de nombreuses années.Le passage de Martin au ministère des Finances et les nombreux contrats remportés par Earnscliffe durant les années 90 a permis à la firme de développer sa compétence et d’asseoir sa réputation d’influence.Earnscliffe est ce qu’on appelle dans le milieu des lobbyistes une «boutique», soit une firme qui prend peu de clients mais qui s’en occupe mieux et les fait payer évidemment plus cher.«Le nombre de clients ne veut pas dire grand-chose, tout dépend des services rendus et de l’influence que chaque firme peut offrir, explique John Chenier, ancien lobbyiste et éditeur de la publication spécialisée Lobby Monitor.Les services d’Eamscliffe coûtent certainement bien plus cher que d’autres.Tout le monde ne peut pas se les payer.» Le Devoir La suite du dossier lundi: ¦ l’éthique et les cadeaux t ¦ Le lobbying canadien aux Etats-Unis INFLUENCES SUITE DE LA PAGE 1 et qui demandent l’aide du gouvernement, etc.Chaque enjeu de société est scruté à la loupe par les compagnies, qui mandatent ensuite des lobbyistes pour influer sur le cours des choses.A chaque décision du gouvernement, les marchands d’influences sont à l’œuvre.Et avec des enjeux de plus en plus complexes, aux ramifications et impacts multiples, rien d’étonnant à ce que le nombre de lobbyistes qui gravitent autour de la colline parlementaire explose.L’univers de ces marchands d’influences est en véritable ébullition depuis quelques années.Ils sont partout à Ottawa et prennent une place considérable dans le processus de décision gouvernemental.En 1997, lorsque la Loi sur l’enregistrement des lobbyistes a été renforcée, ils étaient 1100 à être inscrits.As sont aujourd’hui plus de 1700.Et ce chiffre grossit chaque mois.«C’est actuellement ce que le milieu nomme “la tempête parfaite” [perfect storm], explique John Chenier, lui-même ancien lobbyiste et aujourd’hui éditeur de la publication spécialisée Lobby Monitor, sorte de bible du milieu.Toutes les conditions sont réunies depuis quelques années pour faire exploser le nombre de lobbyistes.Le gouvernement a d’énormes surplus qu’il doit dépenser, ce qui est bon pour les lobbys.L’économie va aussi très bien, donc les compagnies font des profits et peuvent engager des lobbyistes pour surveiller leurs intérêts.L'activité est très intense.» D'ailleurs, les politiciens le ressentent «Cest rendu de la folie!», s’exclame le sénateur Marcel Prud'homme, qui arpente la colline parlementaire depuis 40 ans.Ce dernier a d’abord été député, puis ministre libéral, avant d’être nommé sénateur.«Il y a beaucoup plus de lobbyistes qu’avant, il n'y a aucun doute possible», ajoute-t-il.Jack Layton, chef du NPD, confiait au Devoir qu’il était très sollicité, même s’il représente le plus petit partie à la Chambre des communes.«U y a des lobbyistes partout!», lance-t-il.Même son de cloche au Bloc québécois.«Je pourrais souper avec des lobbyistes deux fais par jour si je voulais, dit Serge Ménard./« n’ai jamais vu une telle activité, même à Québec, quand j’étais ministre.Cest beaucoup plus gros ici.» La profession est effectivement en constante progression, confirme Léo Duguay, lobbyiste pour Hill and Knowiton et président de l’Institut de relations gouvernementales, l’association des lobbyistes à Ottawa.«En 1969, le métier n’existait pas au Canada, mais depuis, ça augmente de façon régulière, dit-il.Cest loin d'être devenu comparable à ce qui se pratique à Washington, mais c’est une activité importante, » Washington et ses 25 000 lobbyistes, au bas mot sont effectivement dans une classe à part (voir texte de lundi prochain).L’arrivée au pouvoir d’un gouvernement minoritaire explique en partie l’insistance des lobbyistes.«Ça demande plus d’effarts pour eux, car un gouvernement minoritaire, c’est le flou total sur l'écran radar, explique John Chenier.C’est moins stable, on est moins certain des projets de loi qui vont aboutir et il y a beaucoup plus de gens à convaincre et à sensibiliser, car tous les partis ont une importance.» Qui influencer?Contrairement à l'idée répandue, la majeure partie du lobbying ne se fait pas auprès des députés ou des ministres, mais bien auprès des fonctionnaires.C'est la machine gouvernementale qui subit les assauts bien avant les élus.«Les députés et les ministres changent, mais les fonctionnaires restent», souligne Jenefer Curtis, une journaliste pigiste qui côtoie des lobbyistes depuis deux ans pour rédiger un livre qui doit paraître dans les prochains mois.«En plus, c’est important d’influencer celui qui fait les recommandations au ministre.» «Cest vrai, 90 % du lobbying se fait auprès des fonctionnaires Quand ça coince en bas ou qu’ils veulent être sûrs de leur coup, les lobbyistes s’attaquent au ministre, mais c’est plus rare», confie un conseiller politique qui œuvrait à Industrie Canada auparavant, soit le ministère k phis sollicité par les lobbys (voir tableau 1).Quand les analyses pour les nouveaux programmes ou les futures lois arrivent au personnel politique, k travail des lobbyistes est déjà presque complété.«On sent l’influence quand ça arrive à nous, c'est visible à la façon dont c’est écrit, dit ce conseiller.Mais en même temps, c’est normal, parce que les enjeux sont souvent complexes et durs à comprendre, alors les fonctionnaires ont eux aussi besoin de renseignements.Cest là que les lobbyistes entrent en action.» Pour s’assurer de garder l’écoute attentive des fonctionnaires, le principe est k même en lobbying que dans les autres domaines: il faut entretenir la confiance.«Il faut toujours être à l’œuvre, pas juste quand un gros dossier approche, sinon il est trop tard.La confiance des gens, ça se travaille à long terme.Cest dur d’enfoncer les portes, alors il faut les garder ouvertes», souligne Jacques Lefebvre, vice-président des affaires publiques chez Rx&D, soit l’association qui représente les puissantes compagnies pharmaceutiques.Ce dernier est enregistré comme lobbyiste à Ottawa, lui qui entre 1997 et 2001 a travaillé pour les ministres Sheila Copps et Don Boudria, avant de faire k saut dans k secteur privé.D’ailleurs, beaucoup de lobbyistes ont déjà été en posfe au gouvernement, soit comme haut fonctionnaire, soit au sein du personnel politique, comme député ou ministre.Par exemple, Lyfe Vanchef, ancien ministre de l’Agriculture sous Jean Chrétien, s’est joint à b firme de lobbying Hül and Knowiton en juillet dernier.Nkofe Hurtubise, anciennement au bureau du premier ministre, a été recrutée par Summa Strategies le mois dernier.Les exemples se comptent par centaines.«Cest sûr qu’on rappelle plus rapidement un ancien ministre ou un ancien haut fonctionnaire, soutient John Chenier.Cest comme dans tous les domaines, les gens font confiance à ceux qu’ils connaissent.Leur expérience vaut de l’or.» Les soupers et lunchs d’affaires se multiplient donc au rythme des intérêts de chaque lobby.Les billets pour le hockey — quand il y en a1 — et k football sont aussi très en demande, tout comme les places pour ks concerts.Selon nos informations, malgré les lois qui encadrent ces petits cadeaux, ks bureaucrates sont loin de s’en priver (voir texte hindi prochain).Par contre, la plupart des lobbys ne fonctionnent pas avec des cadeaux, chacun développant sa propre stratégie.D’ailleurs, mettre de son côté un fonctionnaire ou un élu n’est pas la tâche principale d’un lobbyiste.Selon John Chenier, près de 70 % du travail consiste à donner de l’information aux fonctionnaires lorsque ceux-ci le réclament et à colliger pour son entreprise des données sur ks intentions du gouvernement Un travail de veille, en quelque sorte.«C’est souvent assez plate et fastidieux», dit-il.Le Devoir ¦¦¦ I Firmes Nombre de clients (avril 2004) Quelques clients actuels Capltil Hill Group 84 Aventis, British Airways, Canadian Tire.China Minmetals.Hewlett- Packard, Molson.Oracle.JTI-MacDonald Affaires étranoères et CommercG intsmatinnal ¦ ¦BBaaaaaaaMa R1R i LHc Glolnl Public Attiiis 68 Chevron Texaco, Hershey, Irving, Kraft McCain, Nova Bus.Quaker.Shell.Transconttnental Media Apple.Dell.FedEx, Intel, Motorola, Sony, Corporation Financiire Power • viiuii wv wiiHie*|vivv va vwlillllvlvv llllvl IIQIIUIICII ¦¦ Finança ¦ Bin GPC International 68 rmaiivo m Fnwirnnnamont Canaria ¦ m RA9 ciivii uiinciiicni ududua ¦ — RQQ ¦ OOc Hill & Knowiton Canada 64 Airbus Military.Bennett Environment, Bristol Myer Squibb.Heinz.Compagnies Pharmaceutiques (Rx&D), Comité olympique canadien, Gouvernement du Nunavut West jet ualllo UduaUd ™ DAunnu Panada H vJZ/O um nevenu w3n8Q8 ™ ¦i JOJ CFN Consultants 88 Bombardier Défense, Heroux Devtek.Israel Aircraft Industries.(conseil des ministres et premier minstre) Bureau du conseil privé ¦ Oslar Hnckin A Harcourt 56 Lockheed Martin Aéronautique, Microsoft 3M Alcan AT&T Canada BCE Inc Canwast General Electric nessources Humaines ¦ nVMIII Ot ivflWvUII umwi» ntvuii, ni u ¦ vwimmwb, wl.viurivicti wiwiiru, General Motors.Impérial Tobacco.Nortel.Banque Royale.Time Warner Future Shop, Collège Algonquin, Aluminium Power, Continente! Transport Canada ¦ HMHBM 433 Canadian Coraorata 51 Ressources naturelles ® AnriiMiltiiva Panada ww bbhhh_408 v/aiiauian wui|iuiaiv Consultants Waste Conversion agriculture wanana ¦ r.nncAÜ fin Trfanr ¦ ¦¦hi 372 Sasseï Strategy Group 45 Société d'Alzheimer, AstraZeneca.Molson, RAI International, Suncor Energy, UPS vuiiocii uu iioaur ¦ Travaux nubiles ¦ ¦m367 Cowling Laffeur Hondorson 44 Amazon.ca.Bayer.Boelng.Ville d'Hamilton, JDS Uniphase.Nav n a voua piilfllVa ¦ Patrimoine Canada m _ 355 Canada Astral Media, Compagnies pharmaceutiques (Rx&D), Canadian Pacific, EDS Canada, Labatt, Microsoft, Petro-Carrwa ¦ •iiiwiiiv vuiiuvu ai r~ ' ' ¦' f .1 .— .-I.I.II—.Ml ¦~~t Eamscltfla 44 0 Source: The Federal Lobbyists 2004 (ARC Publications) 200 400 600 800 1000 1 200 | Sources: The Federal Lobbyists 2004 et Industrie Canada k L K DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2 0 0 5 A Le prince étourdi devra se rendre à Auschwitz JEREMY LAURENCE Londres — Le prince Charles, apparemment furieux de la gaffe de son fils cadet Harry, a ordonné à l’intéressé ainsi qu’à son frère ainé, le prince William, de se rendre en visite privée au camp de concentration d'Auschwitz (Pologne) , a écrit hier The Sun.Le tabloïd britannique, qui a révélé cette semaine l’affaire du jeune Harry, rapporte également que le fils aîné de l’héritier du trône d’Angleterre avait assisté à la réception privée au cours de laquelle son jeune frère arborait une vareuse kaki et un brassard frappé de la swastika nazie.Selon le Sun, le fils aîné de Charles et de feu la princesse Diana aurait même aidé Harry, 20 ans, à choisir son costume de nazi pour cette petite sauterie déguisée entre amis.Un porte-parole du prince de Galles a refusé de commenter les informations du Sun, mais dans les cercles proches de la famille royale, on n’excluait pas l’hypothèse de semblable voyage des deux jeunes princes à Auschwitz, mais à titre strictement privé.D’après le journal populaire, ce voyage surviendra dans un proche avenir et se fera en association avec une organisation caritative juive.En revanche, il n’est pas question que William et Harry soient inclus, comme certains l’ont suggéré en guise de repentir, à la délégation officielle britannique qui assistera aux cérémonies, le 27 janvier, du 60e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz.Harry s’est déclaré «désolé» pour le choix de son déguisement mais, dans certains milieux politiques, on estime que des excuses publiques sont indispensables pour dissiper le malaise et le scandale qui éclabousse l’ensemble des Windsor.La presse britannique et internationale tombe, quant à elle, à bras raccourcis sur le jeune prince.«Bouffon du roi!» En Australie, le journal The Australian titre à la une «Heil Harry: le pas de l'oie du prince est yn pas de clerc», tandis qu’aux Etats-Unis, le New York Post traite sans vergogne Harry de «prince nazi».En Allemagne, un quotidien à grand tirage se demande ce qu’en aurait pensé sa mère, surnommée de son vivant «la princesse du peuple» en raison de sa compassion.«J’ai l’estomac tout retourné à l’idée que le troisième dans l’ordre de succession au trône ait arboré une croix gammée dans une réception privée pour faire cool et branché.Tu me donnes envie de ger-ber!», lance l’éditorialiste du journal à l’adresse du jeune homme.En Grande-Bretagne, le très conservateur Daily Mail titre à la une, à l’adresse du jeune homme: •Prends ton courage à deux mains et présente des excuses sans fard!», tandis que le tabloïd The Daily Star\e traite de «bouffon du roi».«Léger» Même le Times, l’ex-journal de ^establishment» désormais propriété du magnat de la presse américano-australien Rupert Murdoch, qualifie le «désolé!» princier de «léger» et estime que le jeune homme est tombé dans les rets A’«un groupe douteux de jeunes gens insouciants qui se contentent semble-t-il de mener une vie de privilégiés vains».En revanche, l’intéressé a reçu un soutien public inattendu au sein même de la famille royale: sa tante, la très sulfureuse duchesse d'York, a estimé que Harry était «un excellent jeune homme».Enfin, le Sun révèle que l’affaire Harry aurait pu prendre une tournure encore plus grave: à l’en croire, le jeune prince a failli revêtir l’uniforme noir des SS, principaux maîtres d’œuvre de la «solution finale» rêvée par Hitler.Reuters Merci Israël gèle tout contact avec Abbas après une attaque du Hamas Immunité JEAN-LUC R E NAU DIE Jérusalem — Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a gelé hier jusqu'à nouvel ordre les contacts avec les Palestiniens après une attaque meurtrière, ruinant les espoirs d'une relance rapide des négociations nés de l’élection de Mahmoud Abbas.Cette décision survient à la veille de la prestation de serment de M.Abbas, élu dimanche à la tête de l’Autorité palestinienne.«Le premier ministre a décidé de geler tous les contacts, à tous les niveaux y compris sécuritaires, tant que les Palestiniens continueront à ne rien faire contre le terrorisme», a annoncé Assaf Shariv, conseiller pour les médias de M.Sharon.Jeudi soir, six Israéliens ont été tués dans un attentat palestinien au point de passage de Kami, entre Israël et la bande de Gaza.L’attaque, qui a fait aussi cinq blessés et coûté la vie à ses trois auteurs, est la plus meurtrière depuis l’élection de M.Abbas.«La période de grâce que nous avions accordée à Mahmoud Abbas est finie et il n'est plus question, pour au moins un bon moment, d’une rencontre entre lui et le premier ministre», a prévenu M.Shariv.Le ministre palestinien chargé des négociations, Saëb Erakat, a critiqué cette décision.«Nous rejetons ce gel des contacts décidé par Israël ainsi que les critiques adressées au président Mahmoud Abbas, alors qu’il n’entrera of ficiellement en fonction que samedi [aujourd’hui]», a affirmé M.Erakat à l’AFP «Le meilleur moyen de relancer le processus de paix n'est pas de geler [les contacts] mais au contraire de les reprendre», a-t-il ajouté.«Carte blanche» Un autre conseiller de M.Sharon, Raanan Gissin, a pour sa part précisé que l’armée israélienne avait «les mains libres pour lancer des opérations car les responsables palestiniens, bien qu’ils disposent de 30 000 hommes armés dans la bande de Gaza, n'ont pas levé le petit doigt pour empêcher les terroristes d’agir et de tuer des Israéliens».La télévision publique a précisé que l’état-major a reçu «carte blanche» pour lancer une «vaste opération» dans la bande de Gaza contre les groupes armés et reprendre les opérations de «liquidations ciblées» contre des Palestiniens impliqués «dans le terrorisme».Israël avait déjà fermé jusqu’à nouvel ordre tous les passages frontaliers entre la bande I KONEN ZVULUN REUTERS Funérailles à Sderot, où vivait une des six victimes israéliennes de l’attaque meurtrière.de Gaza et l'extérieur.«Nous ne permettrons sous aucun prétexte que des Israéliens continuent à être tués et que le retrait de la bande de Gaza [prévu cette année] se fasse sous le feu», a ajouté M.Gissin.Il a précisé que M.Sharon et ses proches collaborateurs avaient transmis ce message à des responsables européens, britanniques, américains, ainsi qu’à M.Erakat M.Sharon avait appelé mardi Mahmoud Abbas pour le féliciter après son élection et tous deux avaient «convenu de se reparler prochainement», avait indiqué le bu- reau du premier ministre.Aucune date n’avait été avancée pour une rencontre entre les deux hommes, mais elle devait avoir lieu dans les prochaines semaines.M.Abbas a condamné l’attaque de Kami en affirmant que «cette opération et celle de l’armée israélienne, qui a tué neuf Palestiniens la semaine dernière, ne contribuent pas au processus de paix».Les Brigades des martyrs d’al-Aqsa, liées au Fatah de M.Abbas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, et les Brigades Salaheddine, branche armée des Comités de résistance populaire, qui regroupent dans la bande de Gaza les principaux, mouvements palestiniens, ont revendiqué l’attaque.Un des dirigeants du Hamas, le principal mouvement islamiste.Hassan Youssef, a affirmé que l’attaque à Kami ne constituait pas «un message» adressé à M.Abbas mais un «acte d’autodéfense contre l’escalade de la violence israélienne et la politique d’assassinats et d’incursions».Agence France-Presse Un projet de loi qui aiderait Chirac Paris — Un sénateur UMP s’apprête à déposer une proposition de loi constitutionnelle visant à permettre à un ancien chef de l’Etat de devenir sénateur à vie et de bénéfider ainsi de l’immunité que confère ce mandat Une telle réforme pourrait bénéficier à Jacques Chirac, mis en cause dans plusieurs procédures, notamment sur le financement du RPR, et susceptible d’être mis en examen s’il décidait de ne pas se représenter ou s’il était battu au scrutin de 2007.Interrogé sur cette information, l’entourage du chef de l'État a tenu hier à souligner que «c'est une proposition parlementaire qui appartient à ses auteurs et à eux seuls» et qu’«o« n'envisage pas que le système prévu par la Constitution de 1958 soit modifié».«Notre tradition démocratique fait qu’il n’y a en France que des parlementaires élus», a-t-on souligné à l’Elysée.Pour Ubération, daté du 14 janvier, «il y a peu de chances» que cette proposition aboutisse car elle «nécessite une révision de la Constitution».Sous le titre La Chiraquie veut protéger son chef quand il quittera l’Elysée, le quotidien explique cependant que le projet aurait été lancé par Valéry Giscard d’Es-taing, mais pour un tout autre motif.Devoir de réserve L’ex-président de 1974 à 1981, membre de droit du Conseil constitutionnel, est en effet soumis de ce fait à un devoir de réserve qui l’empêcherait de s’exprimer, en particulier sur la Constitution européenne, dont il est l’artisan.L’idée aurait donc surgj de faire des anciens chefs de l’État non plus des membres de droit du Conseil constitutionnel mais des sénateurs.Le texte mis au point par Patrice Gélard propose que les anciens présidents de la République deviennent membres de droit et à vie du Sénat et qu’ils puissent ainsi bénéficier de l’immunité prévue par l’article 26 de la Constitution.Reuters Fauteuil inclinable Rég.1 350 $ vendu 675 $ :: SOLDE JUSQU’À 7 O /0 DE RÉDUCTION marchandise en inventaire Canapé-lit Rég.E 995 $ vendu 800 $ Sofa deux morceaux 93" Rég.5 310 $ vendu 2 135 $ ACTUELS DEPUIS 30 ANS Sur rendez-vous (5i4) 335-0705 12435, Joaepb-ÉriouardSarrmon, Montréal Tables de salle à diner, lampes, tables à café, lits, literies, tableaux, carpettes, tables et chaises pour dînette, sofas, divans-lits, fauteuils, etc.si! mim r* te»!#** Relevons le défi partout au Canada Chaque Canadien produit en moyenne cinq tonnes de gaz à effet de serre par année.Chauffer et climatiser nos maisons, conduire, se servir des appareils électriques.presque toutes les activités qui requièrent de l’énergie provenant de combustibles fossiles produisent aussi des gaz à effet de serre (GES).Et ces gaz contribuent aux changements climatiques.Relevons le défi d’une tonne : réduisons notre consommation d’énergie et nos émissions de gaz à effet de serre de 20 %, soit d’une tonne.Tout en économisant de l’argent, nous contribuerons à protéger l’environnement et la qualité de l’air.Demandez votre Guide du défi d’une tonne.Consultez le site changementsclimatiques.gc.ca ou composez le 1 800 O-Canada (1 800 622-6232), ATS 1 800 465-7735.Pierre Lebeali Défi d! line tonne Agissons contre les changements climatiques.Gouvernement Government du Canada of Canada Canada m LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2005 A 8 ?LE MONDE- Pour la première fois depuis 40 ans, Paris se repeuple Paris — La population de Paris s’est stabilisée en 2004 et aurait même légèrement augmenté, après une baisse continue pendant plus de quarante ans, annonce l'In-see dans des chiffres de recensement provisoires transmis cette semaine à la municipalité.En 2004, Paris intra-muros comptait 2 142 000 habitants contre 2 125 000 en 1999, soit un gain de 17 000 habitants (+0,8 %).En 1975, la capitale comptait 2,3 millions d’habitants contre 2,79 millions en 1962.Le maire PS Bertrand Delanoë a donné ces chiffres hier lors de ses vœux à la presse.L’Insee a confirmé à Reuters ce chiffre, obtenu lors du premier recensement annuel de la population française.Un responsable a cependant précisé qu’il faudrait affiner ces données avec les statistiques définitives, qui pourraient varier, selon lui, dans une amplitude d’environ plus ou moins 5000 habitants.Jugeant impossible de préciser pour l’instant le profil sociologique des «nouveaux» Parisiens, il s’est refusé à commenter les causes du phénomène.Des associations s’inquiètent de la très forte augmentation des prix des loyers et de l’immobilier à Paris depuis 1998, qui aurait pour effet de rejeter les classes populaires et moyennes vers la banlieue, au profit des classes les plus favorisées.la légère hausse de la population parisienne coïncide justement avec cette explosion des prix de l’immo- ARCHIVES REUTERS Mais ne vit pas dans la Ville lumière» qui veut büier, marquée par la spéculation et les ventes d’immeubles «à la découpe», contre lesquelles la Ville se dit impuissante.Dans ce cas, les locataires sont priés de choisir entre l’achat de leur logement à prix très élevé ou une résiliation de leur bail Malgré ce phénomène, le maire Bertrand Delanoë estime que la capitale a gagné «nécessairement des jeu nes et des familles».Reuters Les grandes fractures de la mondialisation L’Institut d’études internationales de Montréal vous invite à participer à la troisième de quatre tables rondes sur les changements du monde contemporain.Fracture entre rOcddent et le monde musulman : les conséquences de la politique américaine Le mardi 18 janvier 2005 19 h à 21 h Pavillon Athanase-David - local D-R200 1430, rue Saint-Denis B^Berri-UQAM Uofficier qui jetait les prisonniers à la mer Le premier procès d'un présumé tortionnaire de la junte argentine s'est ouvert à Madrid PAUL HANNA REUTERS Des parents de victimes, dont les «Mères de la place de Mai», ont manifesté hier devant le tribunal.HÉBERT ARMENGAUD C> est le procès le phis attendu depuis des années par toutes les familles de victimes des dictatures latino-américaines des années 70 et 80.Le premier procès d’un offider de la répression en Argentine.Adolfo Scilingo, ex-capitaine de la Marine argentine, ex-tortionnaire présumé, est jugé depuis hier à Madrid pour des cas de tortures et d’assassinats pour lesquels la justice espagnole réclame au total 6626 années de prison (en Espagne, les peines se cumulent et se réduisent ensuite dans les faits à trente ans, peine incompressible).Repenti puis repenti de son repentir Adolfo Scilingo nie tout aujourd’hui, après être passé aux aveux devant le célèbre juge espagnol Baltasar Garzôn, fervent défenseur de la «compétence universelle» des justices nationales dans les cas de crimes contre l’humanité, ce qui l’avait conduit notamment à lancer en 1998 un mandat d’arrêt contre Auguste Pinochet pour tenter d’inculper l’ex-dictateur chilien alors de passage à Londres.Devoir de mémoire Adolfo Scilingo n’est pas Pinochet Il ne fut qu’en seconde ligne de la terrible répression contre l’opposition à la dictature argentine qui a pris le pouvoir en 1976 et qui, jusqu’en 1983, a fait 30 000 morts et «disparus».Il fut cependant le premier, il y a dix ans, et reste le seul jusqu’à présent à raconter le quotidien de la répression, à confirmer ce que dénonçaient depuis des années déjà les défenseurs des droits de l’homme qui se battent pour le devoir de mémoire et de justice.L’entretien accordé au journaliste Horacio Verbitsky dans le journal -argentin Pagina 12 le 3 février 1995 a bouleversé le pays.Le militaire, «détruit par la culpabilité», selon Horacio Verbitsky, y raconte dans le détail comment il a participé à deux «vols de la mort», durant l été 1977, alors qu’il était affecté à TES-MA, l’École de mécanique de la Marine argentine, devenu centre de torture et d’assassinats.Les «vols de la mort» consis- taient à embarquer des opposants ou présumés tels dans des avions de l’aéronavale et des garde-côtes et de les jeter, vivants, à la mer.Pâr paquets.«C’était normal même si aujourd’hui ça paraît aberrant.Quand j’ai reçu l’ordre, je suis allé dans la cave où étaient rassemblés ceux qui allaient faire partie du vol.On leur a dit qu’on allait les tranÿe-rer dans le Sud et qu’avant on allait - donc les vacciner Et on leur a fait un vaccin.Enfin, je veux dire qu’on leur a injecté une dose de sédatif, pour les abrutir C’est comme ça qu’on les endormait.On a chargé ces subversif dans l’avion comme des zombis.La plupart des officiers de la Marine ont fait un vol.Tout le monde y participait à tour de rôle.Une sorte de communion.Un acte suprême que l’on accomplissait pour notre patrie.Les détenus n’avaient pas conscience qu’ils allaient mourir.Après le décollage, le médecin qui était à bord leur faisait une seconde injection, un calmant extrêmement puissant.Ils sombraient dans un sommeil profond.Pendant qu’ils étaient inconscients, on les déshabillait et, quand l’avion se trouvait au large, sur ordre du commandant, on ouvrait la porte et on les jetait nus, un par un.On s’y mettait à deux On les soulevait jusqu’à la porte.Entre 15 et 20 chaque mercredi.Pendant deux ans.» Garzôn l’inculpe AdoKo Scilingo ne risquait rien à l’époque, du moins dans son pays: l’Argentine a voté deux lois d’am-nistie qui exemptent les militaires de toute responsabilité dans la répression (lois annulées en août 2003 par le gouvernement de Nestor Kfrchner).De passage à Madrid en 1997, l’officier accepte même de témoigner devant Baltasar Garzôn, qui a ouvert une instruction à la suite d’une plainte déposée par des syndicats de magistrats de gauche.«La seule façon de faire avancer l’enquête était de m’accuser moi-même: Garzôn m’a alors dit qu’il enquêterait, ce qu’il n’a jamais vraiment fait», dit aujourd’hui Scilingo.Baltasar Garzôn l’inculpe, lui retire son passeport et le place en détention préventive, en mars 2001, quand Tex-militaire retire toutes ses déclarations et se décide à nier en bloc devant le risque d’une lourde condamnation: «Je n’ai jamais participé à ces vols.Il n’y a aucune preuve.Et cette histoire de défense des disparus argentins est devenue un véritable négoce; c’est hallucinant de voir le nombre de gens qui en vivent» Le procès, qui doit durer plus d’un mois durant lequel de nombreux Argentins doivent témoigner par vidéoconférence, a été suspendu dès son ouverture.Adolfo Scilingo, qui ne reconnaît pas «ce tribunal illégal» et affirme être en grève de la faim, a refusé de répondre à la moindre question et même d’entrer dans la salle d’audience: en descendant du fourgon cellulaire, il a dû être porté par des gardes civils espagnols.Pour Carlos Slepoy, l’un des avocats des parties civiles, Scilingo «joue la comédie en espérant une suspension du procès».Les médecins pénitentiaires ont affirmé que Tex-tortionnaire était parfaitement capable de répondre aux questions du tribunal, qui reprendra le procès lundi.Libération Quelles sont les conséquences de la politique étrangère américaine sur les différents pays ou régions musulmans ?Cette politique contribue-t-elle à déstabiliser ou délégitimer les gouvernements face à leur population ?Animateur v> Jean-François Lépine (Radio-Canada - Chaire Raoul-Dandurand en éludes stratégiques et diplomatiques) Louis Balthazar (Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, UQAM) v> Thierry Hentsch (Département de science politique, UQAM) '+ Myrtam Jezéquel (Département des sciences juridiques.UQAM) »» Gilles Kepel (Institut d’Études Politiques, Paris) Entrée libre Renseignements (514) 987-3667 www.ieim.uqam.ca INSTITUT D' É T U D E.S INTERNATIONALES 0EM0NTREAL UQÀM Islam et Occident après le 11 septembre 2001 Conférence de prestige par Gilles Kepel, professeur à l’Institut d’Études Politiques de Paris.Gilles Kepel est l’auteur de nombreux ouvrages dont Jihad (2001) et Fitna, la guerre au cœur de l'islam (2004).Le lundi 17 janvier 2005 17 h 30 à 19 h Pavillon J.-A.DeSève, local DS-R520 320, rue Sainte-Catherine Est Berri UQAM Entrée libre INSTITUT D É.T U o e s INTERNATIONALES DE MONTREAL UQAM Restauration d’horloges antiques et contemporaines HONSiauK • HtaTia » \wm restaurons- tout.sauf les cœurs ùrisésf 4652, boul.Décarie, Montréal 514-484-8332 www.themrfixit.com DEPUIS 1953 L’AGENDA «FCSOLDE ** 50» G0% i|L sur toutes les collections de vêtements automne/hiver doles Pour Elle 277, av.Laurier O.270-6IS4 Centre de Commerce Mondial 844-9125 Pour Lui Centre de Commerce Mondial 281-7999 5107.av, du Parc 277-7558 LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2 0 0 5 A 9 LE MONDE ; Des milliers d’enfants sont devenus orphelins dans l’île.Les suites du tsunami au Sri Lanka Les «Tigres» tamouls sont accusés de recruter des enfants déplacés Rwanda: les tribunaux de villages pourraient juger un million de présumés génocidaires ARTHUR ASI1MWE Kigakli — Un million de Rwandais.soit un huitième de la population du pays, pourraient être poursuivis devant les tribunaux traditionnels, ou gacaca, créés en 2002 pour juger les personnes soupçonnées d’ètre impliquées dans le génocide de 1994.«A partir de l’expérience et des données accumulées dans les premiers procès, nous estimons que le nombre de personnes qui pourraient être jugées par des gacacas dépassera légèrement un million», a déclaré hier à Reuters Domitilla Mukan-taganzwa, secrétaire exécutive de l’administration chargée des gacacas.Quelque 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été tués au Rwanda dans les tueries d’avril à juin 1994.Mukantaganzwa a ajouté que des procès pourraient débuter dans certaines parties du pays le mois prochain et que les autres suivraient en 2006.La tâche qui attend les tribunaux est colossale.Os devront en effet entendre des centaines de milliers de plaintes contre des personnes aujourd’hui en liberté, souvent dans le voisinage des familles dont ils ont tué des membres.Près de onze ans après les massacres, de très nombreux suspects attendent toujours d’être jugés par des tribunaux conventionnels.Quelque 80 000 personnes sont emprisonnées et certains mourraient certainement derrière les barreaux avant que leur cas ne soit jugé par la justice conventionnelle.Ces deux dernières années, des milliers d’autres suspects ont été entendus par 751 tribunaux de village, instruisant des affaires pour es- timer si elles méritaient un examen judiciaire.Fonctionnant sur le principe de la confession et de la repentance, les gareras ont également pour but de favoriser la réconciliation nationale.Faute avouée signifie réduction de peine, selon les règles de ces tribunaux villageois.L’organisation de défense des droits de l’homme Anuustie internationale a estimé que le recours à cette forme de justice risquait de favoriser les jugements «sommaires et arbitraires qui négligent tant les accusés que les survivants du génocide».Les autorités rwandaises conviennent que les gacacas no sont pas pxmfaits mais pavise qu’il n’y a pas de solution de rechange./{outers Colombo — Le Fonds de l’ONU pour l’enfance (UNICEF), informé que les rebelles tamouls du Sri Lanka recrutaient comme soldats des enfants déplacés par les tsunamis du 26 décembre, a recommandé aux insurgés de ne pas «puiser» dans les centres d’accueil.Ted Chaiban, représentant de lUNICEF au Sri Lanka, a déclaré hier à Reuters avoir reçu des informations au sujet de trois enfants recrutés dans l’est de l’île, où les rebelles contrôlent de grandes zones de jungle.Deux d’entre eux ont pu être rendus à leurs familles depuis.Les Tigres de libération de l’Ee-lam tamoul (LITE) ont engagé de nombreux enfants au cours d’un conflit séparatiste de deux décennies suspendu avec plus ou moins de fermeté ces trois dernières années grâce à un cessez-le-feu.«Le recrutement [.] était un problème avant les tsunamis, et c’est un problème qui reste préoccupant», a dit Chaiban.Deux des trois enfants recrutés dans la région orientale d’Am-para — où ont péri le tiers environ des 31 000 victimes sri-lan-kaises des tsunamis — ont retrouvé leurs familles, mais une adolescente de 15 ans hébergée dans un camp de personnes déplacées est toujours portée disparue, a précisé Chaiban.«On l’a vue en discussion avec des cadres des LITE.Elle n'est plus dans le camp, la grand-mère est venue nous signaler l’affaire.Nous allons militer avec force pour sa libération.» Les rebelles nient recruter des enfants et font valoir que beaucoup de jeunes mentent sur leur âge pour rallier leur mouvement Mais depuis 2002, l’Unicef s’emploie à élucider quelque 1400 affaires d’enlèvement présumé d’enfants par des rebelles, dont plus de 400 pour la seule année 2004.Certains de ces enfants n’ont pas plus de dix ans.L’agence onusienne a résolu plus de 1200 autres dos-siers similaires.Reuters Le FBI devra patienter avant d’obtenir son «classeur virtuel» Washington — La police fédérale américaine (FBI) doit patienter pour profiter d’une rénovation approfondie de son système informatique, destinée à décupler ses pouvoirs d’enquête, en raison de problèmes dans la mise au point de la pièce maîtresse de ce projet, a annoncé hier le FBI.•De toute évidence, c’est vrai», a déclaré un porte-parole du FBI, réagissant à la déclaration d’un sénateur, le démocrate Patrick Leahy, indiquant qu’un logiciel de «classeur virtuel» (VCF, virtual case filé), clef de voûte de la réforme informatique, ne serait pas achevé comme prévu en décembre 2004.•C’est un projet énorme, présentant des difficultés majeures [.] Ces choses prennent beaucoup de temps, a expliqué le porte-parole, Paul Bresson, étonné peut pas tout livrer d’un coup à 27 000 employés du FBI, ça se fait petit à petit.» Le retard pris par la modernisation du système informatique FBI est d’autant phis embarrassant que celle-ci est unanimement jugée indispensable en raison des dysfonctionnements constatés dans les enquêtes du FBI, notamment dans la traque de terroristes avant les attentats du 11 septembre 2001.Le Congrès a débloqué plus de un demi-milliard de dollars pour mener à bien ce projet sur quatre ans, dont 170 millions de dollars pour le programme de «classeur virtuel».Le Los Angeles Times a indiqué que le logiciel pour ce «classeur virtuel», développé par la société californienne Science Applications International, était sur le point d’être totalement abandonné.Le FBI attend les résultats d’une expérimentation en cours à La Nouvelle-Orléans, ainsi qu’un rapport commandé à un institut de recherche, pour prendre une décision à ce sujet, a précisé M.Bresson.Agence France-Presse E N BREF (Quinze militaires enlevés en Irak Bagdad — Des assaillants ont tiré hier sur un véhicule transportant des membres de la Garde nationale irakienne à l’ouest de Bagdad, enlevant 15 agents des forces de sécurité et abandonnant l’autocar en flammes, a rapporté un responsable de la Garde nationale.L’attaque s’est produite près de Baghdadi, à quelque 230 km à l’ouest de la capitale irakienne.Selon des témoins, des inconnus ont ouvert le feu — apparemment à l’aide de lance-roquettes — alors que les membres de la Garde nationale faisaient route vers le quartier général local de l’armée américaine.Un responsable de la Garde nationale à Baghdadi, le colonel Hecham, a déclaré que 15 hommes avaient été enlevés.Des témoins ont fait état de victimes.Le colonel Hecham a précisé qu’aucun corps n’avait été trouvé, mais il ne disposait pas d’autres informations.-AP Les États-Unis punissent la Serbie Belgrade — Les États-Unis réduisent leur aide à la Serbie et Monténégro et pourraient prendre des sanctions plus lourdes si Belgrade persiste à défier le Tribunal pénal international de La Haye, a annoncé hier l’ambassadeur américain en Serbie.Le ministre serbe des Affaires étrangères, Vuk Draskovic, a déclaré qu’il n’était pas surpris par les mesures américaines.•Depuis des mois, je mets en garde contre cette éventualité, a-t-il dit.Il est inadmissible que notre Parlement et notre gouvernement fiassent de la totale coopération avec le tribunal de La Haye une priorité nationale et qu ’ensuite les accusés soient protégés.» - Reuters t âT fl Z' ¦ ACADEMIE MICHÈLE-PROVOST inc.Collège privé mixte - fondé en 1957 agréé aux fins de subventions (MEQ) Primaire & Secondaire ^“è8e M s W(J/J $0/1 2e O so* Program^ J «u Primal .y au Second PORTES OUVERTES TOUS LES JEUDIS ENTRE 10HET12H Téléphonez au (514) 934-0596 1517 av.des Pins - Ouest - Montréal (Québec) H3G 1B3 (métro Sherbrooke et autobus 144 ou métro Guy et autobus 165/535) www.academiemicheIeprovost.qc.ca NOUVEAU LOFT >11 Fil* 70 UNITÉS LOFT OU 2 ET 3 CHAMBRES.À proximité du marché Jean-Talon et du métro de Castelnau.Aux portes de la petite Italie DÉJÀ 70% DE VENDU! i wMHHMnn m nsf imFANlUAL f A 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2 0 0 5 ICTUALITES AUTOROUTE SUITE DE LA PAGE 1 les élections vont avoir lieu en 2007, et il n'est pas question qu'on fasse une promesse d’élections encore pour dire qu’on va le bâtir.» Selon le député Clermont, le projet chemine entre ses promoteurs et le Bureau d’audiences publiques sur l’Environnement (BAPE), un organisme obligé en vertu de la loi de demeurer totalement neutre afin d’assumer son mandat L’«affaire d’environnement» «L’affaire d’environnement, a dit le député Clermont ça va être en février.On parie d’un mois et demi, à peu près.On travaille avec le BAPE pour l’affaire d’environnement.» Vérification faite hier auprès de la porte-parole du BAPE, Line Lévesque, aucun contact, aucune réunion, aucune discussion n’ont eu lieu avec le BAPE, le ministère des Transports ou les députés partisans du projet Du moins au niveau des fonctionnaires.Plusieurs ministres seraient déjà acquis au projet y compris celui à qui la loi confie la responsabilité d’évaluer la pertinence du projet: «Je peux vous dire que les cinq députés de Laval [appuient ce projet], dont le ministre de l'Environnement: il reste à Laval et c’est un monsieur qui est député ici depuis 15 ans [dix en réalité].C’est la priorité de M.Mulcair autant que [celle de] Mme [Michelle] Courchesne, la ministre régionale, et des autres députés.C’est notre priorité numéro un.On est tous d’accord que le pont sera construit le plus tôt possible.» Au cabinet de Thomas Mulcair, ces faites et déclarations ont semé une certaine inquiétude hier.On y précisait officieusement que «si le ministre est effectivement pour la construction d’un lien entre Montréal et Laval dans l’est, il n'est pas nécessairement en faveur de ce projet de pont qui est présenté par le ministère des Transports.C’est la même chose pour l’amélioration de la route 175 dans la réserve des luiurentides.Des ministres se disent en javeur du projet, mais le ministre garde ses distances».Le pont en question sera du type suspendu, selon nos informations.Jeudi, l’ingénieur Michel Virlo-geux, qui a conçu l’impressionnant viaduc de Millau, en France, déclarait à l’émission de Marie-France Bazzo, sur les ondes de Radio-Canada, qu’il travaillait à ce projet de pont payant avec ses «amis» de la firme d’ingénieurs CIMA.Le pont devrait avoir une jetée de 1,2 kilomètre alors que l’autoroute payante, qui aura trois voies dans chaque sens, aura une longueur totale de 7,2 kilomètres.I.e projet fait saliver les entrepreneurs laval-lois et de la région d’Anjou, très proches des milieux libéraux.Plusieurs familles libérales, dont certaines grandes figures bien connues de la communauté italienne, ont acheté depuis des années d’immenses terrains à Laval dans l’espoir de voir exploser leur valeur avec la construction d’un pont.En plus de ces spéculateurs, quelques grandes firmes d’ingénierie rêvent de mettre la main sur ce premier PPP d’importance, ce qui exerce au total une énorme pression sur le gouvernement Charest, bien décidé à ne pas contrecarrer ces alliés électoraux qui lui ont permis de mettre en selle cinq députés à Laval notamment Plusieurs enjeux de premier plan se greffent sur ce projet qui pourrait menacer entre autres le ruisseau et la coulée de Montigny, un des derniers milieux aquatiques naturels de l’île de Montréal.La construction de ce pont va provoquer un énorme développement résidentiel du côté lavallois, ce qui va imposer au Trésor une imposante facture en services publics de toute sorte et vider davantage la métropole.Cette intensification de l’étalement urbain, qui suscitera une hausse sensible du bilan énergétique de la région métropolitaine, est d’ailleurs confirmée sur le site Internet du ministère des Transports, où on peut lire qu’«e» l’absence de mesures restrictives d’aménagement du territoire, [ce projet pourra] provoquer un développement urbain accéléré du secteur est de l’île de Laval».Une source au ministère des Transports a indiqué qu’en faisant un PPP de ce projet il est évident que le pont n’accueillera pas une voie pour un éventuel train léger et rapide, voire pour une piste cyclable.«Les partenaires privés vont vouloir une rentabilité immédiate et une voie non payante n’a aucun sens ici», a en substance expliqué cette source.La construction d’un éventuel pont pour desservir cette région avec un train léger et rapide coûtera donc deux fois plus cher, ce qui met fin à ce débat pour une ou deux générations! Du côté du Conseil régional de l’environnement de Montréal, le président Robert Perreault a promis hier de mener une «bataille rangée» contre ce projet de prolongement de l’autoroute 25 et la construction d’un pont vers Laval.A ses dires, de telles infrastructures amèneraient environ 140 000 voitures supplémentaires par jour au centre-ville.«Il faudrait alors oublier les objedijs de la lutte contre les gaz à effet de serre et les efforts de développement des transports en commun dans la région», a ajouté M.Perreault Selon lui, le prolongement de l’autoroute 25 vers le nord aura aussi pour effet de forcer la construction d’une autoroute en tranchée sur la rue Notre-Dame plutôt qu’un boulevard urbain, ce que l’administration Tremblay a, à ce jour, toujours rejeté.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Placo-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) /># Devoir peut, à l’occasion, mettre la liste d’adresses de ses abonnés à la disposition d’organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de et>rrespondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle Le Devoir est publié du lundi au samedi par Ia* IVvotr Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, î* étage, Montréal.(Quebec), HSA 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor World, St-Jean, 800.boulevard Industriel.Saint-Jean-sur-Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.I.’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans I* Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division de Corporation Sun Media., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Üg - JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le syndicat des employés de la SAQ réunira ses membres demain à Laval afin que ceux-ci puissent se «prononcer sur une recommandation de leur conseil général».SUITE DE LA PAGE I en page B 1), qui affiche la plus forte performance.CeUe-ci est graduellement passée de 276 % des objectifs à 473 % au fil des semaines de décembre.Quant aux supermarchés et aux dépanneurs, ils ont terminé le mois à 163 % après avoir atteint un pic de 400 % à la deuxième semaine.Au cours du seul mois de décembre, les ventes dans le réseau d’alimentation se seraient chiffrées à 60 millions de dollars, comparativement à 100 millions pour les succursales toujours ouvertes et gérées par les cadres.Le SEMB, dont les membres sont en grève depuis le 19 novembre, a déjà affirmé que le conflit serait peut-être déjà réglé si la population s’était rabattue sur la bière ou avait carrément cessé d’acheter des vins et spiritueux.Lorsque la SAQ avait affirmé, à la mi-décembre, que l’ensemble de ses activités atteignaient 84 % des objectifs au cours d’une semaine donnée, le SEMB s’était permis d’en douter.Les données internes permettent également de constater qu’en Outaouais, où la population de Gatineau n’a qu’à traverser un pont pour s’approvisionner dans une succursale du Liquor Control Board of Ontario, le «réseau succursales» (sic) ne carburait en décembre qu’à 20 % des objectifs.Au centre-ville de Montréal, ce pourcentage grimpe à 53 % alors que, pour Laval et la Rive-Nord, il se chiffre à 69 %.Mais ce ne sont là que les revenus.En effet, pour savoir si la SAQ est rentable ou non depuis le début de la grève, il faudrait établir combien elle économise en salaires non versés aux grévistes et combien elle paie ses cadres.Cette tâche, du moins pour l’instant, est impossible.Selon le rapport annuel de la société d'État, toutefois, les salaires et avantages sociaux pour la totalité de sa main-d’œuvre pour l’année fiscale 2003-04 s’élevaient à 265 millions, soit un peu plus que les revenus perdus de 220 millions si, pendant toute l’année 2003k>4, elle avait fonctionné à 92 % des objectifs.«Tous les coûts ne sont pas encore évalués», a dit la porte-parole de la SAQ, Linda Bouchard.«Mais nous ne pouvons pas déduire que la situation actuelle nous génère automatiquement des économies.» D a été impossible hier soir de joindre le président du SEMB, Martin Charron.Réunion syndicale demain Après les rumeurs rapportées cette semaine voulant que le SEMB, un syndicat indépendant, lorgne du côté de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) pour s’y affilier, le SEMB réunira ses membres demain à Laval afin que ceux-ci puissent se «prononcer sur une recommandation de leur conseil général».Le bref communiqué du syndicat ne mentionne rien des récentes informations, se limitant à préciser que «le comité exécutif fera le point sur l’état de la situation».Entre-temps, certains employés auraient créé une pétition en faveur d’une ouverture auprès du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP).Selon le bureau des communications du SCFP, des syndiqués de la SAQ à Québec et sur la Rive-Sud ont fait lever des piquets de grève hier afin de récolter des signatures.En quelques heures, au moins 300 signatures auraient été enregistrées.Le syndicat a récemment affirmé qu’il devait réévaluer sa situation financière afin de la «consolider», reconnaissant que certains syndiqués, après deux mois de grève, pourraient éprouver quelques difficultés financières.Le SEMB et la SAQ n’ont pas négocié depuis le blitz du week-end des 18 et 19 décembre et attendent toujours la convocation des conciliateurs du ministère du Travail pour retourner à la table des pourparlers.Rappelons que le conflit ne porte pas sur les salaires mais principalement sur le sort des employés à temps partiel, qui représentent 70 % du syndical.Ceux-ci peuvent actuellement se promener dans de petits groupes de succursales pour accumuler des heures de travail, chose que là SAQ voudrait abolir dans les centres urbains.Le Devoir Le lieutenant-général Rick Hillier devient chef d’état-major de la Défense Ottawa — Les États non viables et en chute, qui deviennent des foyers du terrorisme, constituent désormais la vraie menace contre les intérêts canadiens, estime le nouveau chef d’état-major de la Défense nationale, le lieutenant-général Rick Hillier.M.Hillier, qui a dirigé la mission canadienne en Afghanistan, l’an dernier, a été nommé officiellement à son nouveau poste hier à Ottawa Ce militaire de 49 ans, originaire de Terre-Neuve, entrera en fonction le 4 février.Sa nomination s'accompagne d’une promotion au grade de général.M.Hillier succédera au général Ray Henault, qui quitte la fonction de chef d’état-major de la Défense pour occuper le poste militaire supérieur de l’OTAN en tant que président du comité militaire de cette organisation, à Bruxelles.Le lieutenant-général Hillier a rencontré hier le premier ministre Paul Martin, qui a dit estimer que le nouveau chef d’état-major est l'exemple même de ce que les Canadiens recherchent chez leurs soldats.«U possède une grande expérience, il a une vision globale qui, je le crois, fora vibrer une corde parmi les Canadiens et, de toute évidence, au sein des Forces [armées canadiennes] », a-t-il déclaré.Par le passé, M.Hillier s'est fait Tardent défendeur des intérêts de Tarmée face à la marine et à l’aviation A titre de chef d’état-major, il entend diriger un effort d’ensemble et non pas une équipe dont les différents éléments tentent de travailler de façon indépendante, at-ü affirmé.M.Hillier n’a pas donné de précisions sur la façon dont il entend procéder, faisant remarquer qu’il n’entrera pas en fonction avant trois semaines.11 s'est cependant dit prêt à renoncer à certains moyens s’il ne peut pas se les permettre.L’instabilité constitue la grande menace actuelle et celle des années à venir, a-t-il par ailleurs estimé.«Il me semble que les vraies menaces extérieures auxquelles fait face le Canada sont issues de l’in-en général, et en particulier de celle des non viables et en chute», a déclaré M.Hillier.Presse canadienne TONNANCOUR «Même en faisant une peinture figurative, je me percevais comme un peintre abstrait» SUITE DE LA PAGE 1 convolait il y a quelques années, avec sa compagne, après des décennies de vie commune.L’humain, très humain, derrière ces traces et ces souvenirs est décédé jeudi dans sa résidence montréalaise.D venait de fêter ses 88 ans (le 3 janvier) et souffrait d’un cancer depuis plusieurs années.Descendant d’une famille de la petite noblesse ca-nadienne-française, Jacques Godefroy de Tonnan-cour naît à Montréal en 1917.Très tôt passionné d’entomologie, le jeqne collectionneur de «bibittes» choisit d’entrer à l’École des beaux-arts de Montréal en 1937, histoire d’apprendre à portraiturer ses bestioles.Il quitte l'établissement deux ans plus tard, découragé par son conformisme étouffant Il appartient tout de même à cette génération d’artistes québécois formée autour de la Seconde Guerre mondiale alors que le système des beaux-arts commence à prendre forme au pays, avec l’ouverture de galeries d’art moderne, l’apparition de revues et de maisons d’édition spécialisées, le développement de la critique, etc.C’est le début d’un temps nouveau opposé à Tart traditionnel ou académique que le mouvepient auto-matiste, dirigé par le peintre Paul Émile Bor-duas, va finir par symboliser dans l’historiographie et la mémoire collective.«Fini la tuque et le goupillon!», lance le mythique manifeste Refus global.«Place à la magie, place à la folie!» Jacques de Tonnancour incarne une autre tendance de ce qu’on appelle alors «Tart neuf» ou encore «Tart vivant», celle rattachée au court manifeste concurrent intitulé Prismes d’yeux, dont il est d’ailleurs l’auteur.Publié lui aussi en 1948, sous la tutelle d'un autre géant, Alfred Pellan, le texte défend une perspective esthétique pluraliste, ouverte et antidogmatique.Dès Tinci-pit, les signataires, dont Albert Dumouchel, Léon BeL lefleur et Mimi Parent; annoncent un «mouvement de mouvements, diversifiés par la vie même».Au contraire, le pape Borduas et ses vassaux leur apparaissent aussi bornés qu’intolérants.«L’expérience picturale de chacun, c’est notre profond désir, doit appartenir à la vie et par conséquent devenir inhérente à toute expérience vitale dont elle sera la projection, dit encore Prismes d’yeux.Comment peut-elle autrement atteindre au titre d’universelle?» Les premières toiles du jeune Tonnancour, des paysages, s’arriment plutôt dans une tradition régionale ou nationale, sous l’influence du Groupe des Sept et de Goodridge Roberts.Après un voyage d’artiste au Brésil (194546), sa mécanique expressive, produisant des natures mortes et des portraits, changera de modèle en se tournant vers l’empereur Picasso.Le poids croissant du monumental mentor finira même par étouffer son admirateur au point qu’il arrêtera pratiquement de peindre.Le passage à vide durera de 1950 à 1954.Farouchement indépendant, détestant l’embrigadement esthétique, Tonnancour va lentement trouver et affirmer son style personnel.Il renoue avec le paysage et produit ses œuvres les plus connues dans les Laurentides au cours des années 1960.Ses toiles, épurées et simplifiées, flirtent alors avec l’abstraction.Elles y entreront franchement avec les productions subséquentes, de plus en plus graphiques, expérimentant le collage et la combinaison d'objets trouvés.«Même en faisant une peinture figurative, je me percevais comme un peintre abstrait», expliquera-t-il beaucoup plus tard.On lui doit également plusieurs œuvres intégrées à l’architecture que Ton peut voir au Planétarium, à l’Université de Montréal ainsi qu’à la station de métro Saint-Henri.Pour une de ses toutes dernières commandes, il compose même le décor des cabines d'ascenseurs de l’édifice la Laurentienne à Montréal.Son ouverture d’esprit et sa générosité éclectique le prédisposent aussi, à devenir un pédagogue très apprécié, d’abord à l’École des beaux-arts de Montréal puis à TUQAM.Le professeur Tonnancour a la réputation de stimuler la recherche de cette «expérience vitale» de chacun.Les universités Concordia et McGill lui décernèrent un doctorat honoris causa, Tune en 1986 et l’autre en 1990.L’UQAM marque sa retraite de l’enseignement par une exposition rétrospective de ses œuvres en 1985 et lui décerne un titre honorifique en 1990.Le professeur emeritus n’aime pas pour autant les palabres intellectuelles entourant le monde des créateurs.«Les discoureurs sur l’art ont pris les artistes en main et leur dictent ce qu’ils doivent foire, déclarait-il il y a une dizaine d’années.Pourtant, comme disait le peintre américain Barnett Newman, Testhétique est aux artistes ce que l’ornithologie est aux oiseaux".Les oiseaux n’attendent pas les ornithologues pour savoir quoi et quand répondre!» La leçon vaut aussi pour le rapport des entomologistes aux insectes.Seulement, Tonnancour demeure lui-même une drôle de bestiole dans ce domaine.En 1981, l'artiste annonce qu’il cesse de peindre.Il fait de nombreux voyages dans les Tropiques — il ira trente fois en Amazonie — et se convertit en photographe de nature et particulièrement des insectes.Il tiendra d'ailleurs toujours à se présenter comme un esthète plutôt que comme un savant des archi-ptères, rhynchotes et autres thysanoures.La Chicago Academy of Sciences monte une exposition de ses clichés sous le titre Jungle Surprises en 1987, un travail repris au musée Marsil de Saint-Lambert.L'Insectarium de Montréal expose d'autres œuvres naturalistes quelques années plus tard.Les Insectes, monstres ou splendeur cachés?, un grand album illustré, paraît en 2002 chez Hurfabise HMH.Avant de mourir, l’infatigable amoureux de la gent des arbres et des pelouses avait eu le temps de mettre la touche finale au manuscrit, en anglais, d’un nouvel album, traitant cette fois des insectes des Amériques.Le bel ouvrage intéresse les presses de l’université Oxford.Jacques de Tonnancour laisse dans le deuil trois enfants (Pierre, Luc et Christiane) de même que sa compagne, Joan Esar, qu’il avait épousée il y a quelques années, après trois décennies de vie commune.Le service funéraire sera célébré mardi prochain en l’église Saint-Viateur, dans sa ville natale, en deuil d’un formidable artiste entomologiste.Le Devoir 1
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