Le devoir, 17 février 2005, Cahier A
POLITIQUE Une manifestation étudiante vire à l’émeute au caucus du PLQ Page A 3 î ;y>4r JUSTICE La CSST paie la marijuana d’un accidenté du travail Page A 4 -?w w w .1 e d e v o i r.c o m ?LE DEVOIR V o L.X C V I N " 3 4 ?LE JEUDI 17 FEVRIER 2005 TAXES.I $ Hydro-Québec reconnaît ses torts Caillé annonce un plan d’action pour améliorer la sécurité des installations ROBERT DUTRISAC CLAIRANDRÉE CAUCHY HT roublé» par les images diffusées mardi sur les ^ i.ondes de Radio-Canada, le p.-d.g.d’Hydro-Québec, André Caillé, a annoncé hier un plan d’action poiy accroître la sécurité de ses installations de production et de transport d’électricité.•Les images que j’ai vues étaient inacceptables.[.] On passe en mode opérationnel pour mettre en place les mesures requises pour corriger la situation», a fait valoir M.Caillé, adoptant un ton nettement moins agressif que la veille.D avait alors accusé le journaliste de Radio-Canada de s’être livré à une mise en scène» grâce à la collaboration d’un employé d’Hydro qui l’aurait aidé à pénétrer dans LG-2.Hydro-Québec avait demandé en vain lundi une injonc-L tion pour retarder de trois jours la diffusion du reportage, invoquant la «sécurité nationale».La direction d’Hydro-Québec a reconnu que les mesures de sécurité décrétées dans la foulée du 11 septembre 2001 tardent à être mises en œuvre.«Ç’a pris un temps qui peut sembler long.Dans la plupart des cas, ces mesures sont identifiées et pourraient être mises en œuvre.Je le reconnais si on peut regretter une chose, et je le regrette, c’est les délais», a affirmé le président de la division distribution d’HydroQuébec, Thierry Vandal, notant qu’il y a bel et bien des «failles» dans le système.«Nous sommes en voie — c’est engagé depuis plus d’un an — de passer à un système sous clé avec alarme d’intrusion reliée à des centrales de contrôle.[.] Certaines installations les plus stratégiques étaient également en voie d’être dotées de systèmes de télésurveillance ciblée», a expliqué M.Vandal.Si ces systèmes avaient été mis en place, les images du journaliste Christian Latreille pénétrant dans LG-2 auraient été immédiatement visionnées par un agent de sécurité, qui aurait alors pu intervenir.Hydro a promis d’assurer un gardiennage continu de 40 de ses 57 barrages VOIR PAGE A 8: HYDRO ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux en page A 6 JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Les images que j’ai vues étaient inacceptables.1.] On passe en mode opérationnel pour mettre en place les mesures requises pour corriger la situation», a déclaré hier le p.-d.g.d’Hydro-Québec, André Caillé.Une gifle des enseignants aux artistes La CSQ refuse de signer un protocole d'entente avec l’UDA MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Le président de l’Union des artistes (UDA), Pierre Cura, a essuyé une importante rebuffade hier de la part des membres de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).Alors qu’il s’apprêtait à prononcer devant eux une allocution pour promouvoir un protocole de collaboration entre les deux syndicats, M.Curzi a dû annuler son boniment puisque l’assemblée a refusé de parapher l’entente sur-le-champ.Furieux, le comédien a immédiatement dénoncé l’attitude de certains membres de la CSQ «qui s’essuient les pieds sur les artistes», les accusant de vouloir réduire les membres des groupes culturels à des «victimes» plutôt que de leur tendre la main.C’est un soudain revirement de situation qui a grandement modifié l’humeur du président de l’UDA en cours de journée.Parti Pierre Curzi Ie matin de Montréal pour rejoindre les membres de la CSQ réunis à Québec en conseil général, Pierre Curzi avait d’abord confié au Devoir son enthousiasme devant la signature du protocole d’entente entre la Centrale des syndicats du Québec et l’Union des artistes.Le comédien, dont la venue à Québec était soulignée le matin par la CSQ sur le fil de presse, devait évoquer dans son allocution les conditions socioéconomiques des artistes, «la nécessité de resserrer les liens entre le milieu scolaire et le milieu culturel», VOIR PAGE A 8: UDA INDEX Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Culture.B 7 Décès».B 5 Économie.B 1 Éditorial.A6 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.AS Mots croisés.B 4 Sports.B6 Télévision.B 7 Tout est à recommencer La LNH annule officiellement le calendrier 2004-05 JEAN DION Yen aura pas de facile, raconte la sagesse populaire, et on sait maintenant qu’y en aura pas de difficile non plus parce qu’y en aura pas du tout le match est terminé avant même d’avoir commencé.Hier après-midi à New York, après cinq mois de lock-out, le commissaire de la ligue nationale de hockey Gary Bettman a annoncé l'annulation officielle du calendrier 2004-05, la LNH et l’Association représentant ses joueurs n'ayant pu, en dépit d’un barrage d’offres et de contre-propositions de la onzième heure, combler le fossé qui les séparait «Lorsque je me suis présenté devant vous en septembre J’ai dit que nos équipes ne joueraient pas tant que nos problèmes financiers ne seraient pas réglés.Aujourd’hui, il est de mon triste devoir d’annoncer qu’en l’absence d’une solution, il n'est plus possible d’envisa- ger même une saison abrégée.Je ne peux donc que déclarer formellement que la saison 20044)5 n’aura pas lieu», a déclaré M.Bettman lors d’une conférence de presse, précisant que la décision était irrévocable.«C’est une journée triste et regrettable dont nous aurions tous souhaité qu’elle soit évitée», a-t-il dit ajoutant qu’il se sentait personnellement très mal («terrible») et que les fans et les employés des équipes de la LNH «méritent mieux que ça».Mais sans ce qu’il appelle un «partenariat» entre les proprios et les joueurs, la situation n’aurait fait qu’empirer.A la fin des discussions, les propriétaires proposaient un plafond salarial de 42,5 millions SUS par équipe par année alors que les joueurs offraient un plafond de 49 millions $US.Mais cette différence en apparence VOIR PAGE A 8: LNH Autres informations en page B 6 REUTERS CHUM: l’étude sur la sécurité est jugée déficiente L’analyse de SNC-Jjivalin ne correspond pas aux critères reconnus par le gouvernement KATHLEEN LÉVESQUE SNC-Lavalin a réalisé l’analyse de vulnérabilité du site d’Outremont pour l’implantation du futur CHUM en ayant recours à une méthodologie déficiente qui occulte les conséquences d'accidents ferroviaires avec des matières dangereuses.Trois experts gouvernementaux ont confirmé au Devoir que la façon de faire de la firme d’ingénierie, qui a consisté à calculer les probabilités de risques liés au projet de technopole de la santé et du savoir, ne correspond pas aux critères reconnus par le gouvernement.Au sein de l’administration publique, on privilégie l’approche dite déterministe, soit le relevé des conséquences et l’établissement des moyens pour y faire face.Or la firme SNC-Lavalin s'est attardée aux probabilités, ce qui lui fait dire dans la conclusion de son étude sur Outremont (la seule partie rendue publique à ce jour) que le risque est très faible, soit «une probabilité d’un accident à tous les 8000 ans».Selon cette logique de calcul des probabilités, le déraillement d’un VOIR PAGE A 8: CHUM LE MONDE Liban: les obsèques d’Hariri tournent au rassemblement antisyrien ¦ À lire en page A 5 «Il ne s’agissait pas d’analyses de risques mais d’analyses d’opportunité» Le président du Canadien, Pierre Boivin, reconnaît que la pente à remonter pour retrouver la faveur du public sera abrupte. A 2 LE DEVOIR.LE JEUDI 17 FÉVRIER 2005 LES ACTUALITES Kyoto : Fopposition attend les résultats JEANNE CORRIVEAU ALEC CASTONGUAY Le gouvernement fédéral a traversé péniblement hier la première journée du Canada sous l’enseigne du protocole de Kyoto, subissant les tirs croisés de l’opposition à la Chambre des communes et se faisant rappeler par Québec que la province ne veut pas payer une note plus salée que les autres dans ce dossier.Même l’annonce faite par le premier ministre Paul Martin que Montréal obtiendra la prochaine grande conférence sur les changements climatiques s’est retournée contre Ottawa.Hier matin, Paul Martin et son homologue québécois, Jean Charest, ont confirmé le choix de Montréal comme hôte de la 111' Conférence des parties (COP-11) signataires du protocole de Kyoto, qui se tiendra au Palais des congrès l’automne prochain et devrait réunir plus de 6000 délégués de 160 pays.La conférence de presse qui s’est tenue dans le chic hall d’honneur de l’hôtel de ville de Montréal n’a pas permis d’en apprendre davantage sur la stratégie que le premier ministre Martin compte adopter pour lutter contre le réchauffement climatique.Au terme des discours de circonstance, les deux premiers ministres et le maire Tremblay se sont empressés de quitter les lieux, laissant aux deux ministres de l’Environnement le soin de répondre aux questions des journalistes.Le ministre québécois de l'Environnement, Thomas Mulcair, a juré que le Québec ne fera pas les frais de la mauvaise performance de plusieurs provinces canadiennes en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).•Ije Québec a déjà dépensé énormément pour être dans une situation enviable où on produit la moitié moins de gaz à effet de serre que la moyenne canadienne.Ces efforts du passé consentis par le Québec doivent être reconnus et vont être reconnus dans l’entente que je vais signer avec mon homologue fédéral», a-t-il promis, lui qui a cité les provinces de l’Alberta, de la Saskatchewan et de l’Ontario comme les moins performantes.A ses côtés, Stéphane Dion s’est dit d’accord avec M.Mulcair.Le ministre québécois de l’Environnement en a profité pour vanter le projet de son gouvernement d’aller de l’avant avec le prolongement des autoroutes 30 et 50 qui, dit-il, permettra de réduire le nombre de camions sur l’île de Montréal et, par conséquent, diminuera les émissions de GES.«/ai très hâte de voir les études de M.Mulcair qui vont nous démontrer que l’autoroute 50 va régler quoi que ce soit au niveau de la circulation automobile à Montréal ou du transport par camion», rétorque Steven Guil-beault, porte-parole de Greenpeace-Québec.S’il déplore l’absence de plans de lutte aux deux ordres de gouvernement il se réjouit de la pression qu’exercera sur le Canada la tenue à Montréal de la conférence intema- ___tionale sur les changements climatiques, car «on aura intérêt à montrer à la face de la planète que nous sommes capables de relever ce défi-là», dit-il.Sous les feux de l’opposition De retour à Ottawa pour la période de questions à la Chambre des communes, Paul Martin a vite compris que les partis d’opposition n’allaient pas le féliciter pour l’annonce de la conférence de Montréal.Les conservateurs, le Bloc québécois et le NPD ont plutôt mitraillé de critiques le gouvernement.N’ayant aucune arme pour se défendre, sauf la i maigre excuse qu’un éventuel plan pour atteindre les objectifs de Kyoto sera dévoilé plus tard ce printemps, le gouvernement libéral a dû encaisser les coups.«Depuis 1997, vous avez dépensé près de quatre milliards de dollars pour lutter contre les gaz à effet de serre et il n’y a eu aucun résultat.Combien ça va coûter pour avoir des résultats?», a demandé le chef conservateur, Stephen Harper.Afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de lutter contre les changements climatiques, le gouvernement a effectivement pris des mesures totalisant 3,7 milliards de dollars depuis 1997, dont deux milliards dans le budget de l’an dernier.Or rappelons que l’objectif du Canada est de réduire de 6 %, d’ici 2012, ses émissions de GES par rapport au niveau de 1990, un niveau qu’il dépasse de 20 % aujourd’hui.Aucune réduction n'a été enregistrée depuis 1997 malgré les sonunes investies.Pendant ce temps, au Québec, ce taux est maintenant évalué à 5 % au-dessus de celui de 1990.À un Paul Martin qui se vantait de prendre le leadership mondial de Kyoto avec la conférence de Montréal, le NPD a répliqué que, «si le futur de la planète dépend du leadership du Canada, la planète sera ruinée avant longtemps, parce que ce gouvernement ne fait rien de significatif pour atteindre Kyoto.Une conférence, ce n 'est pas un plan!», a tonné le député Bill Blaürie.Le Bloc aussi attend avec impatience le dévoilement d’un plan concret pour atteindre les objectifs de Kyoto.Le Devoir Mariage gai Le respect de la Charte ou des traditions ?Paul Martin et Stephen Harper confrontent leurs principes, tandis que Gilles Duceppe parle d’amour MANON CORNELLIER Ottawa — Selon Paul Martin, refuser à une minorité un droit fondamental protégé par la Charte exige de se demander où s’arrêtera l’érosion des droits minoritaires.Pour Stephen Harper, le mariage homosexuel n’est pas un droit fondamental, et abandonner la définition traditionnelle du mariage représente au contraire un «assaut contre le multiculturalisme» et un risque pour la liberté de religion.En présentant ces visions diamétralement opposées, les deux chefs ont mis la table hier en vue d’un débat acrimonieux sur le projet de loi portant sur le mariage dvü.«La question fondamentale qui nous intéresse aujourd’hui est de savoir si les droits de tous les Canadiens doivent être respectés.Je crois que oui.[.] Si nous n’avançons pas, nous faisons un pas vers l’arrière.Si nous ne protégeons pas un droit, nous le nions», a déclaré le premier ministre dans le discours le plus éloquent qu’il ait fait sur le sujet jusqu’à présent En cette première journée de débat aux Communes, M.Martin s’est méthodiquement attaqué aux arguments de ses opposants.Il a rappelé, citant la Cour suprême au passage, que la Charte protège la liberté de religion, qu’un référendum sur le mariage homosexuel équivaudrait à soumettre les droits des minorités au diktat de la majorité et que la création d’une union civile pour les gais et lesbiennes, ce que seules les provinces sont habilitées à faire, nierait leur droit à une véritable égalité.M.Martin a longuement expliqué son opposition à tout recours à la clause dérogatoire, le seul mécanisme disponible, a-t-il insisté, pour renverser les décisions des tribunaux inférieurs et maintenir la définition traditionnelle du mariage.«Le débat d’aujourd’hui ne porte pas sur la question de savoir si on devra modifier la définition de mariage, elle a déjà été modifiée, a-t-il dit Le débat se résume à savoir si nous devons passer outre à un droit déjà établi.Le débat se résume à la Charte, à la protection des droits des minorités et à savoir si le gouvernement devrait invoquer la disposition de dérogation.» H a accusé ceux qui prétendent le contraire —- Stephen Harper et son parti, en l’occurrence — «de ne pas être honnêtes avec les Canadiens» mais de faire preuve «de mauvaise foi».Lui-même n’aurait jamais recours à cette clause, a-t-il dit, car «un premier ministre qui se sert des pouvoirs qui lui sont conférés Par sa fonction pour nier explicitement, plutôt que d'affirmer, un droit inscrit dans la Charte lancerait à toutes les minorités le message suivant: elles ne peuvent plus se tourner vers le dirigeant du pays et vers la Constitution pour assurer leur protection, leur sécurité et la garantie de leur liberté».Paul Martin a insisté à chaque détour sur les droits des minorités et le caractère fondamental de la Charte.11 a bien mentionné les gais et les lesbiennes, la lente évolution de leurs droits et le caractère inacceptable de toute discrimination à leur endroit, mais ce n’était pas tant eux qu’il visait que les minorités ethniques auprès desquelles le Parti conservateur, pour des motifs électoralistes avoués, a lancé cet hiver une campagne publicitaire contre les mariages homosexuels.Les conservateurs, eux, n'ont pas oublié à quel point le débat autour de la Charte leur a coûté cher lors de la dernière campagne électorale, d’où la décision du chef de ne pas aborder la question sous cet angle.Il s’est plutôt livré à un long exposé à saveur juridique pour appuyer ses arguments.Son parti veut un compromis qui, sans invoquer la clause déro- Les lignes de force du débat sur le mariage entre conjoints de même sexe ont été tracées hier par le premier ministre Paul Martin, le chef conservateur Stephen Harper et le leader bloquiste Gilles Duceppe.Si le premier ministre a invoqué le respect de la Charte, et M.Harper, celui de la tradition, il aura fallu attendre l’intervention de Gilles Duceppe pour entendre parler d’amour et d’engagement.gatoire, maintiendrait la définition traditionnelle du mariage tout en reconnaissant aux gais et lesbiennes les mêmes droits et responsabilités que ceux dont jouissent les gens mariés.Selon lui, le Parlement a le droit de le faire, malgré ce que prétend M.Martin, car la Cour suprême, en refusant de se prononcer sur la définition traditionnelle du mariage, lui a laissé la voie libre.M.Harper s’insurge contre la volonté des libéraux d’en faire un débat autour de la Charte car, selon lui, l’accès au mariage gai n’est pas un droit fondamental.C’est un choix politique, dit-il, qui démontre, de la part du gouvernement, «une insensibilité impardonnable face à toutes les communautés culturelles» et un «assaut contre le multiculturalisme».Les accusations de malhonnêteté intellectuelle et d’hypocrisie que se sont mutuellement lancées les chefs libéral et conservateur laissent présager des échanges houleux entre les députés des deux partis.Le Bloc québécois et le NPD ne se sont pas laissés PHOTOS JIM YOUNG REUTERS entraîner sur ce terrain.Le chef bloquiste Gilles Duceppe a préféré parler de la signification émotive du mariage et du sentiment de justice qui doit pousser les parlementaires à adopter le projet de loi.Dans un discours profond sur l’évolution des droits, il a évoqué la souffrance des homosexuels confrontés à la discrimination.«L’orientation sexuelle n’est pas un choix; on naît ainsi.Nier cette réalité, c’est dire à certaines personnes qu’elles n’auraient pas dû naître.Je n’accepterai jamais une telle chose.» Et, pour lui, «tant que l’amour entre conjoints de même sexe ne sera pas accepté comme une chose tout à fait normale et acceptable dans nos sociétés, [leur] souffrance perdurera».On ignore quand le premier vote sur le projet de loi surviendra et quand la prochaine journée de débat aura lieu, mais le gouvernement souhaite boucler le processus avant l’été.Le Devoir Négociations dans le secteur public : la CSQ s’impatiente NORMAN D ELISEE Québec — Des actions seront nécessaires pour faire bouger les négociations dans le secteur public.«La partie patronale traîne les pieds», estime la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).Les conventions collectives sont échues depuis 20 mois et la CSQ veut voir le rythme des négociations s’accélérer, affirme un document distribué hier aux membres du conseil général de la centrale syndicale, en réunion à Québec.Malgré tout, le président de la centrale, Réjean Parent, a manifesté un certain optimisme, à l’égard d’une conclusion des négociations avec l’Etat dès ce printemps.M.Parent a évoqué la possibilité d’une entente sur les questions normatives.«C’est réaliste de penser qu’on peut se rapprocher.Théoriquement, il pourrait y avoir règlement sur le normatif, une mise en œuvre d’un règlement sur le normatif, a déclaré hier M.Parent, en marge de la réunion du conseil général.Mais les possibilités de règlement seraient minces s’il fallait s’entendre non seulement sur les clauses normatives (conditions de travail), mais aussi sur les questions financières et sur l’équité salariale, a expliqué le leader syndical.«Si on place le monétaire lourd et l’équité salariale, les possibilités de règlement à court terme sont ténues.H ne faut pas retarder les négociations à la table centrale à cause de l’équité.Il faut séparer les deux dossiers», a répété M.Parent Les dirigeants de la CSQ ont rencontré récemment à huis clos la présidente du Conseil du trésor, la ministre Monique Jérôme-Forget, afin de débattre de l’allure des négociations.M.Parent a rappelé que, pour s’appliquer en sep- tembre prochain, soit au début de l’année scolaire, un règlement doit intervenir en juin au plus fard.Un règlement qui arriverait en septembre ne pourrait s’appliquer qu’à compter de l’année scolaire suivante, c’est-à-dire en septembre 2006.Par ailleurs, on a révélé que le syndicat représentant les employés de la Société des alcools du Québec avait rencontré les dirigeants de la CSQ l’automne dernier afin de s’informer des possibilités de s’affilier.Toutefois, les pourparlers n'ont rien donné car le fonds de grève disponible à la CSQ n’était pas très élevé.«Ils étaient prêts au mariage, mais la dot était faible.Ils voulaient un partenaire riche», a résumé M.Parent Presse canadienne n c/e 6ai£a n f-7/^v % Jusqu’à / U de rabais sur marchandise sélectionnée incluant les chaussures BOUTIQUE AU T Tl I .11 H4 2- T 11, POSTE 11 (.AT HI KIM TT 1)1 I A MONTAT.NI WYYYV l X .ILVYCAN ADAT OM OGILVY enfants Appelez pour être sûr PEER Obligations boursières Rendement selon l’Indice Québec-30MC*.Capital garanti.5 ans 10 an» Sans limite de rendement Rendement maximal de * U BONI DE |% 1 du capital investi, applicable sur les nouveaux fonds REER.www.epq.gouv.qc.ca * Pour connartre les entreprises composant l'Indice Québec-ao* .visitez le www.iq30-iq150.ofg ÊpMrçnt P/ecements Québec n n EN BREF Les «cyberpharmacies» veulent avoir le champ libre Ottawa — La vente de rqédica-ments par Internet aux Etats-Unis ne menace pas l’approvisionnement des Canadiens, a assuré un représentant de cette industrie de vant un comité parlementaire, hier.Les «cyberpharmacies» souhaitent que le Parlement assouplisse la réglementation pour faciliter la vente de médicaments d’ordonnance au sud de la frontière.Selon David MacKay, de la Canadian International Pharmacy Association, les craintes du ministre canadien de la Santé, Ujjal Dosanjh, voulant que le Canada risque de devenir la pharmacie des Etats-Unis ne sont pas fondées.Le marché américain des pharmacies sur Internet est limité, croit-il.«Nous n avons pas l'intention de devenir une pharmacie pour280 millions d'Américains», a-t-il déclaré.- PC LE DEVOIR.LE J £ T I> 1 17 FÉVRIER 2 0 0 5 A 3 POLITIQUE cjpx •moo*'''' Michel David Frappe et court En entendant Jacques Parizeau confier hier matin à Marie-France Bazzo qu’il partait en France pour cinq semaines, j’ai tout de suite su qu’il me fallait demeurer à l’écoute.Le «frappe et court» a toujours fait partie de l’arsenal de M.Parizeau.Mon attente n’a pas été déçue.Quand la question du leadership de Bernard Landry a finalement été abordée, l’ancien premier ministre a laissé tomber.«Ça m'embête beaucoup de voir une génération qui s’accroche.» Bien entendu, M.Parizeau n’a nommé personne, expliquant que ces «débats de personnalités» ne l’intéressent pas, mais la génération à laquelle il pensait n’était certainement pas celle des «Trois Mousquetaires».Un peu plus tôt il s’était appliqué à réfuter le principal argument que fait valoir M.Landry pour justifier qu’il demeure en poste, c’est à-dire l’absence de candidats qui pourraient faire mieux que lui.M.Parizeau a dit ne pas croire à cette théorie du vide, reprenant le mot de Clemenceau selon lequel les cimetières débordent de gens irremplaçables.Venant d’un homme qui a toujours trouvé que ses propres successeurs n’étaient pas à la hauteur, la remarque fait sourire.L’ancien premier ministre ne cesse de répéter que s’il avait su, il ne serait jamais parti.EnVe M.Landry et lui, il est difficile de déterminer qui a la plus haute opinion de lui-même.Se défendant de vouloir jouer les belles-mères, M.Parizeau n’en a pas moins redit combien l’attriste le silence de l’opposition péquiste dans les débats qui agitent l’opinion publique.Là encore, il semble avoir oublié l’époque où il suppliait littéralement les mé-diag de signaler son existence.A quatre mois du congrès national de juin, il n’allait évidemment pas oublier de souligner «le flou, le vague de l’option», qui contraste avec la clarté dont il faisait lui-même preuve quand il était aine commandes.Recommander du même souffle aux militants péquistes de bien se demander s’ils font encore confiance à leur chef suggérait fortement la réponse.On peut être certain que ses propos seront répercutés aux quatre coins du PQ.L’émission était à peine terminée que les «purs et durs» répandaient déjà la bonne nouvelle.Il faut reconnaître que c’était une remarquable «job de bras», qui donnera une nouvelle vigueur au courant anti-Landry.?Cela n’a pas empêché M.Parizeau de se désoler de voir le débat sur le leadership occulter tout le reste.En effet, pendant que les étudiants tentent d’enfoncer les portes du Château Montebello pour protester contre les compressions à l’aide aux étudiants, le PQ nous offre les états d’âme de Jean-Pierre Charbonneau.À l’entendre, la victoire du PQ aux prochaines élections est presque acquise.Selon lui, le principal problème est que M.Landry n’a pas la «capacité de ralliement» requise pour mener le camp du OUI à la victoire lors du prochain référendum.Il faut reconnaître avec le député de Borduas que le gouvernement Charest ne fait actuellement rien qui soit de nature à convaincre la population de lui confier un deuxième mandat Quand le premier ministre en est rendu à dire dans la même phrase que le plan de match demeure le même et qu’il est à revoir 868 priorités, il y a de quoi être perplexe.A deux ans, voire à trois ans des prochaines élections, il est cependant bien tôt pour vendre la peau de l’ours.Les récents sondages sous-estiment certainement le vote libéral.Quelqu’un pense-t-il sérieusement qu’il n’y a plus que 9 % d’électeurs libéraux dans la région de Québec?S’il n’y a pas d’erreur méthodologique, ces chiffres sont vraisemblablement le reflet d’une saute d’humeur conjoncturelle.L’absence de jugement est un mal incurable, mais Jean Charest n’aura pas le choix de se montrer plus prudent durant la deuxième moitié de son mandat, sous peine de provoquer une véritable révolte au sein de son caucus.Même si le PLQ ne pouvait plus gagner, comme semble le croire M.Charbonneau, cela n’empêcherait pas le PQ de perdre.Dans l’art de se tirer dans le pied, il n’a strictement rien à envier aux libéraux.Pour bon nombre d’électeurs, l’incompétence est encore préférable au désordre.?Dans son entrevue à Marie-France Bazzo, M.Parizeau s’est désolé de voir que le PQ n’ait pas réussi à régler son problème avec sa gauche, comme il l’avait lui-même fat avec le défunt NPD Québec.D est vrai qu’à l’automne 1987, le PQ était tombé si bas dans les sondages qu’il semblait menacé de se retrouver au troisième rang, mais il ne risquait rien à renouer avec son passé social-démocrate dans la mesure où personne ne le menaçait sur sa droite.La présence de l’UFP et de l’Option citoyenne va sans doute priver le PQ de voix progressistes dans la région de Montréal, mais le véritable danger est ailleurs.Dans les régions de Québec, de Beauce-Ap-palaches et du Bas-Saint-Laurent, l’ADQ est carrément en voie de le supplanter.D ne s’agit pas de virer à droite mais simplement d’éviter les provocations inutiles.Personne ne nie que l’ancienne présidente de la CSQ, Monique Richard, ait du chien, pour ne pas dire du pitbull.La vice-présidente sortante, Marie Malavoy, était surnommée Sœur Sourire, tandis que Mme Richard a toujours l’air sur le point de sauter sur un terrain de football.Au sein du PQ, ses talents d’animatrice pourraient sans doute faire merveille, mais sa présence ne rassurera en rien ceux qui se tournent vers l’ADQ précisément parce qu’ils voient le PQ comme le fer de lance des syndicats.Tout le monde soupçonne Mme Richard de n’attendre que la démission de Pauline Ma-rois pour s'emparer de son comté de Taillon.Il ne manquerait phis que son ex-vis-à-vis de la CSN, Marc Laviolette, s’en trouve un lui aussi.mdavid@ledevoir.com RICHARD I KKFBVRi:.COLLABORATION SPÉCIALE L’affrontement entre les policiers, les gardes du corps et les étudiants a été particulièrement violent.Les manifestants avaient tenté de pénétrer à l’intérieur du Château Montebello, où Jean Charest avait réuni ses députés et ministres.lIPylf Âv'‘Vr pj .‘ S® Une manifestation étudiante vire à l’émeute chent à expliquer des comportements de ce type-là par- ‘ cequ’ilyaun débat font fausse route.» «L'intimidation n’a aucune espèce d’impact sur notre jugement», a ajouté le premier ministre.Plusieurs députés libéraux reconnaissent que cette décision de réduire de 103 millions les bourses destinées aux étudiants était une erreur.C’est une des questions le plus souvent soulevées par les électeurs qu’ils représentent, notent certains députés.Un peu plus tôt, le ministre de l’Education, Pierre , Reid, avait refusé de dire si le gouvernement reviendra sur cette décision controversée à la faveur du prochain budget.Mais il a indiqué que le gouverne^ ment avait pris l’engagement «de revoir l’ensemble des prêts et bourses et de réinvestir massivement dans le système de prêts et bourses dans le prochain budget».Le ministre des Finances, Yves Séguin, a d’ailleurs signalé à un journaliste qu’il arriverait bien à trouver les sommes nécessaires pour permettre au gouvernement de revenir sur sa décision décriée.Sur le fond des choses, Jean Charest a affirmé que le Québec disposait du régime de prêts et bourses «le plus généreux au monde».Il a rappelé que les frais de scolarité sont gelés et que les étudiants québécois ont un demi-milliard de plus par année dans leurs poches si on les compare aux étudiants ontariens.Les étudiants québécois sont les moins endettés au Canada, si ce n’est pas en Amérique du Nord.Surtout, les étudiants qui poursuivent des études postsecondaires font «le meilleur investissement qu'ils feront dans leur vie», a soutenu le premier ministre.Le Devoir ROBERT DUTRISAC Montebello — Une manifestation réunissant quelque 150 étudiants a tourné à l’émeute hier, alors que ceux-ci menaçaient de pénétrer dans le Château Montebello, où se déroulait le caucus pré» sessionnel des députés libéraux.Pris à contre-pied, les policiers de la Sûreté du Québec et les gardes du corps qui assurent la sécurité des élus ont eu du mal à repousser les manifestants qui ont fracassé une des portes d’entrée de l’hôtel Des bombes de poivre de Cayenne furent utilisées, mais le vent a repoussé les effluves irritantes à l’intérieur de l’établissement, indisposant les forces de l’ordre.Défendant l’entrée, les policiers ont distribué des coups de matraque, blessant légèrement une dizaine de manifestants.Sept étudiants ont été arrêtés.Dix-huit gardes du coips et sept policiers ont subi des blessures mineures.Lancée un peu avant midi, la manifestation a duré près d’une heure, pendant que les députés poursuivaient leur réunion à l’étage de l’hôtel.Scandant «On veut étudier, on ne veut pas s’endetter», les manifestants protestaient contre la compression de 103 millions de dollars effectuée dans le régime de prêts et bourses.En état d’arrestation et menotté, le président de la Fédération étudiante de l’Université de Montréal Pierre-Alain Benoît a expliqué à des journalistes que les étudiants ne cherchaient qu’à s’adresser aux élus.«On ne s'attendait pas à recevoir des coups de matraque.On n’était pas partis pour blesser personne», at-il dit En état d’arrestation également une mineure de 17 ans, étudiante au Cégep de Rouyn, a reçu un coup de matraque à la tempe et a dû être soignée.«On es- »JfT RICHARD LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE Un des manifestants blessés lors de l’affrontement sayait juste d’entrer.Ils donnaient des tapes au début.Après ils m'ont donné un coup», a-t-elle relaté.«C’est des comportements qui sont intolérables», a dit le premier ministre Jean Charest au cours du point de presse qui a suivi la réunion de son caucus, en parlant de la violence des étudiants.«Ceux qui cher- E N Uappui des conservateurs n’est pas acquis Ottawa — Il ne faudrait pas tenir pour acquis l’appui des conservateurs au budget fédéral qui doit être déposé la semaine prochaine.C’est la mise en garde qu’a faite hier, le leader conservateur Stephen Harper, 24 heures après avoir infligé au gouvernement libéral minoritaire sa première défaite parlementaire.Les libéraux, pendant ce temps, accusaient les députés conservateurs d’avoir manqué à leur promesse en votant contre un projet de loi visant à scinder les ministères des Affaires étrangères et du Commerce international.Ce vote n’a pas entraîné la chute du gouvernement minoritaire de Paul Martin.Mais le gouvernement peut être défait en R E F Chambre s’il perd le vote sur le budget, ce qui signifierait de nouvelles élections générales.M.Harper a reconnu hier qu’il n’était pas particulièrement chaud à l’idée d’avoir un second scrutin en un an, mais il a ajouté que les conservateurs étudieraient le contenu du budget et agiraient dans l’intérêt national.Il a dit n’écarter aucune position.Les conservateurs ont déjà affirmé que leur parti votera contre le budget, mais qu’il s’assurera de son adoption en demandant à certains députés de s’absenter lors du vote.Mardi, les conservateurs, dans une volte-face de dernière minute, ont uni leurs voix à ceUes des députés du Bloc québécois et du Nouveau Parti démocratique pour rejeter le projet de loi sur la scission des deux ministères.Les libéraux se sont plaints hier d’avoir été victimes d’une «embuscade», après avoir été amenés à croire que le projet de loi serait adopté facilement - PC B Après plus de 30 ans, CLUB 402 ferme ses portes DÉFINITIVEMENT fin février 2005 2 pour seulement “450$ pour seulement 99$ seulement 275$ pour seulement 50$ 2 pour seulement “250$ Cerruti 1881 — Zegna — Luigu Botto LIQUIDATION TOM piMM IC u>s pnnapaux partenaires intematùmaux ont porté de sérieux coups à al-Qmda et à d'autres organisations terroristes».s'est fébeité M.Goss lors d’une audition devant la commission du Sénat sur k" renseignement «Malgré ces succès, la menace terroriste visant le territoire américain et à l’étmnger persiste», at-U ajouté lors de cette aie dition annuelle sur «les menaces au niveau numdial».Ijc président américain George W.Bush avait assuré début février daps son discours annuel sur l’état de l'Union que les Etats-Unis resteraient «à l’offensive» contre le terrorisme jusqu’à ce que «le combat soit gagné».« Vaincre le terrorisme doit rester un des objectif des services de renseignement.[.] Le réseau terroriste dispersé représentera un des plus sérieux défis pour la sécurité nationale américaine dans les années à venir», a affirmé le directeur de fa centrale de renseignement.Selon lui, la capture du chef d’aJ-Qaïda, Oussama ben laden, et de son numéro deux, Ayman al-Zaouahiri, «ne sera pas suffisante pour éliminer la menace terroriste visant le territoire américain et les intérêts américains à l'étranger».Ije réseau al-Qaïda tente «de trouver des moyens de contourner les mesures de sécurité renforcées aux Etats-Unis pour frapper les Américains sur le territoire américain», a-t-b affirmé.«Il se peut qu'il ne s'agisse que d’une questim de temps avant qu'al-Qaùia ou un autre groupe ne tente d'utiliser des armes chimiques, biologiques, radiologiques ou nucléaires», a-t-ü ajouté.Selon le directeur de la CIA des «gntupes régionaux liés à al-Qaida ou agissant en leur nom propre amtinuent de poser une menace significative».Ces extrémistes islamistes «ont la capacité d’organiser et de mener des opérations», comme Font montré les «attentats à Madrid, réalisés par des extrémistes sunnites locaux», at-b ajouté.«Al-Qaïda n’est qu’une facette de la menace venant d’un mouvement djüuidiste sunnite plus large», at-b affirmé, relevant que l'Irak est devenu «une cause pour les extrémistes».«Les extrémistes islamiques exploitent le conflit irakien pour recruter des djihadistes antiaméricains.Les djihadistes qui survivnmt quitteront l’Irak avec de l’expérience», at-il souligné.La menace visant les États-Unis vient de plusieurs endroits du monde, at-U ajouté.Agence France-Presse L’«indécence» sera sévèrement punie dans les médias américains Washington — Le Congrès américain veut infb-ger jusqu’à 500 (XK) $ d’amende pour chaque émission de radio ou de télévision indécente, confirmant le retour en force du puritanisme un an après l’émoi suscité par le dévoilement fugace du sein de Janet Jackson durant une mi-temps de football.La Chambre des représentants américaine a adopté hier à une écrasante majorité de 389 voix contre 38 une proposition de loi portant de 32 500 $ à 500 000 $ l’amende pouvant être infligée à une station de radio ou de télévision, avec une punition équivalente pour les artistes de variétés coupables.•Les familles doivent savoir que lorsqu’elles regardent la télévision ensemble, elles ne seront pas exposées à des déclarations ou des actes indécents», a expbqué la répubbeaine Shelley Moore Capita.En outre, le texte permettrait au gendarme des ondes, la FCC, de révoquer la bcence d’exploitation d’une station ayant été en infraction trois fois ou plus.Visiblement, les partisans de cette loi ne se sont pas remis de l’affaire Janet Jackson: le Tr février 2004, en pleine mi-temps de la finale hypermédiati-sée du championnat de footbab américain, son partenaire Justin Timberlake avait «par accident» dégrafé en direct le haut du corsage de la chanteuse, ce qu’il avait décrit comme un «incident de garde-robe».Autre cible de ces débats, le chanteur engagé Bono, du groupe U2, qui avait laissé échapper un gros mot en recevant une récompense aux Golden Globes, fl y a deux ans.«C’est la goutte qui fait déborder le vase pour beaucoup de familles américaines», s’est indigné le républicain Todd Akin, estimant qu’«t7 n’y a tout simplement pas d’excuse pour ce genre de grossièreté».«Je suis de plus en plus inquiet du culte de la censure, exercée par les grandes sociétés propriétaires de médias et de plus en plus par le gouvernement», s’est au contraire indigné un élu de l’opposition, l’indépendant Bernard Sanders, dénonçant un «gel insidieux de la liberté d’expression sur les ondes».L’«obscénité» est officiebement bannie des ondes aux États-Unis, et les émissions «indécentes» sont strictement réglementées, notamment interdites d’antenne durant les heures de grande écoute.Depuis un an, la FCC a la main particubèrement lourde pour sanctionner les infractions: ebe a infligé pour presque huit milbons de dobars d’amende en 2004, contre 440 000 $ en 2003, alors que le nombre d’émissions sanctionnées décline, passant dans le mêjne temps de 375 à 314.À fa suite de l’incident Janet Jackson, la FCC avait infligé une amende alors record de 550 000 $, une sévérité justifiée, selon son président Michael Poweb, par l’explosion du nombre de plaintes de consommateurs, qui dépasserait le mflbon en 2004.Ce soudain accès de puritanisme, poussé par des organisations uhraconservatrices de défense de la famille, a provoqué un réflexe d’autocensure parfois surprenant l’hiver dernier, un épisode de fa série télévisée Urgences a été flouté pour éviter de montrer la poitrine d’une vieflle dame.Plus récemment, des dizaines de stations du ré- ; seau ABC ont renoncé à diffuser le film de Spielberg I • Ilfaut sauver le soldat Ryan le 11 novembre en invo-; quant la violence et fa grossièreté des dialogues.Agence France-Presse A 6 LE DEVOIR, LE JEUDI 17 FÉVRIER 2005 D I T 0 R I A L Le mea-culpa d’Hydro-Québec Un reportage de Radio-Canada sur la sécurité à l’intérieur et à l’extérieur des centrales d’Hydro-Québec a semé l’émoi au sein de la société d’État.Avec raison, car les lacunes existant dans le système de sécurité en place sont troublantes.S’ Bernard Descôteaux adressant à un juge lundi soir pour obtenir une injonction interdisant la diffusion de ce reportage, Hydro-Québec a fait valoir, entre autres arguments, que ce document allait «causer un préjudice sérieux et irréparable à son image».Sur ce point, difficile de dire le contraire.L’image de la vénérable dame du boulevard René-Lévesque et de ses dirigeants ressort amochée.Des doutes ont été créés dans l’esprit du public mais aussi du gouvernement, des assureurs et des clients, tout particulièrement des clients américains.La sécurité n’est pas affaire banale, surtout pour une entreprise comme Hydro-Québec.C’est une question dont on ne peut pas minimiser l’importance en se disant que le Québec n’est pas les États-Unis et que, ici, tout le monde est beau, tout le monde est gentil.Sans même évoquer d’éventuels actes terroristes, rappelons que des actes criminels ont déjà été commis contre des installations hydroélectriques.D y a quelques mois, un groupe non identifié s’était attaqué à un pylône d’une ligne de transport dans les Cantons-de-l’Est Cela peut survenir n’importe quand.Relativisions les choses.Un réseau de centrales et de distribution d’électricité de la complexité de celui d’Hydro-Québec sera toujours vulnérable.Cela est vrai de tous les systèmes de services publics.Tout est affaire de degré.Toutefois, force est de s’inquiéter lorsqu’on voit que certaines des installations hydroélectriques parmi les plus importantes du Québec étaient, jusqu’à hier, ouvertes à tout venant.Après avoir tenté mardi soir de mettre en cause la valeur même de ce reportage, le président d’Hydro-Québec, André Caillé, n’a pas eu d’autre choix que de reconnaître hier l’existence d’importantes lacunes.Le système de sécurité de la société d’État s’est révélé défaillant parce qu’incomplet.À LG-2, des caméras étaient bel et bien installées mais pas encore reliées à des systèmes de surveillance, ce qui empêchait toute intervention policière.Comme en toute chose, un système de sécurité ne vaut que ce que vaut son maillon le plus faible.Que l’existence de plusieurs maillons faibles ait été constatée chez Hydro-Québec ne doit pas nous faire conclure à l’absence de toute préoccupation à l’égard de la sécurité dans cette entreprise.D faut toutefois constater que cette préoccupation n’a pas été aussi vive qu’elle aurait dû l’être dans la foulée des attaques terroristes du 11 septembre 2001, qui commandaient un resserrement de la sécurité dans les installations stratégiques de toutes les grandes entreprises.Trois ans et demi se sont tout de même écoulés depuis ces événements.Les failles constatées cette semaine auraient dû être comblées depuis un certain temps déjà.Ne sentant pas l’mgence, on aura probablement fait des compromis, notamment d’ordre budgétaire.Or, comme le soulignait hier le premier ministre Jean Cha-rest, il n’y a pas de compromis possible en matière de sécurité.Faut-il pour autant blâmer la direction d’André Caillé et demander sa démission?Cela s’imposerait si Hydro-Québec était la seule entreprise au Québec et au Canada à ne pas avoir de système de sécurité sans failles, ce qui n’est absolument pas le cas.Rappelons que mardi, la vérificatrice générale du Canada soulignait dans son rapport au Parlement que le gouvernement fédéral néglige la sécurité de ses systèmes informatiques, contre lesquels les cyberattaques se multiplient.Hydro-Québec a fait son mea-culpa.À charge maintenant pour M.Caillé de faire ses devoirs et de nous rendre compte de ses efforts.bdescoteaux@ledevoir.ca La riposte u Moyen-Orient, la situation s’envenime dangereusement.Si le rythme des perturbations qui agitent cette région n’est pas encore celui que l'on prête à la vitesse grand V, il a tout de la précipitation.Trois jours après l'attentat qui a coûté la vie à l’ex-premier ministre libanais ==J Ratic Hariri, le vice-président iranien Reza Aref et le premier ministre syrien Naji al-Otan ont annoncé, au terme d'une rencontre, une alliance des forces de leurs pays pour contrer «les défis et les menaces» dont ils sont l'objet Ce rendez-vous, c’est à souligner, a été fixé après une série de mesures arrêtées notamment par Paris et Washington afin d'obliger la Syrie à respecter son engagement Les mesures?Rappel de l'ambassadeur américain basé à Damas, la capitale syrienne, demande d'une enquête internationale menée par l’ONU pour identifier les auteurs de l’attentat et surtout fin de la tutelle que la Syrie exerce sur le Liban.Ce rappel des troupes, Damas s’était engagé à le sonner en 1991.Voilà pour la Syrie.' Dans le cas de l’Iran, guère une semaine ne passe sans que l’administration Bush demande à l’Iran de montrer patte blanche pour tout ce qui a trait à son programme nucléaire.Lors de sa tournée européenne, la semaine dernière, la secrétaire d’État Condoleezza Rice a haussé le ton en prévenant que si la finalité du programme était la bombe, l’Iran s’exposerait à une réaction ferme.Au passage, on retiendra que selon les plus récentes analyses effectuées, l'Iran serait en mesure de produire sa première bombe d’ici six mois.Cela étant, la riposte articulée conjointement par les autorités iraniennes et syriennes s’explique autant par un dénominateur commun religieux que par l'accord tacite que ces autorités ont passé pour maintenir le Liban sous la coupe de Damas.Le religieux?On sait que l'Iran est le royaume par excellence du chiisme.On sait beaucoup moins que dans la foulée de la guerre civile et l’exil des chrétiens que ce drame avait provoqué, la communauté chiite est devenue la plus importante communauté du Uban.Dans leur imposante Encyclopédie des mondes rebelles, les auteurs de l'article consacré au Liban précisent que le Hezbollah libanais a été placé «sous double contrôle iranien et syrien [.].Un modus vivendi a donc été établi avec l’Iran, qui joue un rôle déterminant dans le fonctionnement du Hezbollah [.].Téhéran utilise le mouvement radical libanais comme relais de son influence auprès des mouvements islamistes.» CQFD: le destin du pays des cèdres se décide à Damas et à.Téhéran.Forte d’une présence militaire imposante (15 000 soldats et 5000 agents de sécurité), la Syrie se permet de prélever sa part sur les activités financières ainsi que sur les droits de douane perçus au port et à l’aéroport de Beyrouth.Quant à Téhéran, son implantation au Liban lui permet de donner libre cours à un prosél>1isme furieux et de partager le pouvoir politique avec la Syrie.Et tout ça au nom d’un dieu.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE £n Vent t>c LETTRES Un Québec sans Wal-Mart, c’est aussi ça, la vie! Malgré la fermeture du Wal-Mart de Jonquiè-re, le Québec ne se videra pas.Nous aurons encore besoin d’acheter du papier hygiénique et des produits d’entretien ménager.C’est ce qu’on appelle le pouvoir d’achat du consommateur.Nous sommes donc responsables de nos actes.J’aurais envie de faire mentir Jean Lapier-re, qui a affirmé que des actions tel un boycottage ne fonctionnent jamais au Québec.Wal-Mart s’est attaquée aux valeurs du Québec.Et c’est en étant unis et en répondant à nos principes qu’on fait bouger les décideurs.On l'a vu récemment dans l’affaire du financement des écoles privées juives.Wal-Mart ne s’est pas gênée pour répondre à ses instincts antisyndicaux, glors pourquoi ne ferions-nous pas de même?A titre d’étudiante endettée et entêtée, je jouerai mon rôle.Ce n'est donc pas une question d’argent, ni pour eux (car le Wal-Mart de Jonquière n’offrait semble-t-il pas le pire rendement), ni pour moi, mais bien une question de principes.Un Québec sans Wal-Mart ou avec des Wal-Mart respectueux, c’est la vie que nous avons le pouvoir de choisir! Emmanuelle Carrier Montréal Une CAA pour nos politiciens Serions-nous en panne de leaders politiques?¦ Parti libéral.Ce parti collectionne les cafouillages et les hésitations chroniques (CHUM), avance d’un pas en avant pour ensuite reculer de trois pas et voit sa philosophie «orientée PPP» glisser insidieusement et dangereusement vers la droite.¦ Parti québécois.Le PQ gaspille son temps dans de longues querelles intestines, à savoir si Bernard Landry devrait rester ou non.En phis, au niveau politique, le PQ n’a rien de substantiel à offrir à la population, si ce n'est le rêve utopique de l’indépendance du Québec.¦ L’Action démocratique du Québec.Je dois avouer que l’ADQ m’avait énormément séduit avec son dernier programme électoral Mais depuis ce temps, force est de constater que le manque de charisme et de leadership de son chef, Mario Dumont, le tout conjugué aux faibles effectifs du parti, a beaucoup affaibli cette formation naissante qui paraissait pourtant prometteuse.Finalement, avec un Jean Charest qui fait dans la valse-hésitation, un Bernard Landry qui s’accroche à la bouée du pouvoir et un Mario Dumont presque effacé dans le coin, où sont nos leaders politiques?Existe-t-il une CAA pour nos politiciens en panne sèche sur la route?Jean Robichaud Trois-Rivières Le bilinguisme au Québec On souhaite encore une fois abaisser l’âge dp l’apprentissage de l’anglais pour nos enfants.A huit ans, comme c’est le cas à l’heure actuelle, ce serait déjà trop vieux.Allons-y alors pour six ans, soit dès la première année du primaire! Si, au moins, il y avait urgence en la matière! Le ministre Pierre Reid croit-il que les francophones du Québec bouderaient l’anglais au point de devoir prendre des mesures draconiennes?Sait-il au moins qu’au dernier recensement, on comptait au Québec 2 143 000 francophones sachant parler l'anglais contre 402 000 anglophones ayant une connaissance du français, pour un rapport de 490 contre 100?S’il y avait recul on pourrait à la rigueur comprendre sa décision.Au contraire, il y a eu progrès entre les deux derniers recensements.Il y a dix ans, on dénombrait 490 francophones qui pouvaient parler l’anglais chaque fois que l’on comptait 100 anglophones en mesure de converser en français (1953 000 contre 398 000).Et qu’en est-il à Montréal, où l’avenir du français se joue?Là encore, l’avantage va aux francophones.En 1996, ils étaient 246 contre 100 à savoir l’anglais; cinq ans plus tard, ce rapport avait augmenté à 260 francophones bilingues pour 100 anglophones également bilingues.Bref, si le bilinguisme au Québec est toujours porté par la majorité francophone (dans le rest of Canada, il est le fait des minorités francophones et acadienne), ne faudrait-il pas investir davantage dans l’apprentissage du français chez les non-francophones, en particulier chez les immigrants arrivés ces derniers mois et qui attendent encore leur première leçon de français?Michel Paillé, démographe Montréal, Kyoto et les générations Le protocole entré en vigueur hier sera des plus difficiles à respecter, et ce sont les générations fritures qui en paieront le prix.Pour 2012, le Canada devrait réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 22 % (6 % de moins que le taux de 1990, qui a augmenté de 20 % depuis).Malheureusement, les gouvernements piétinent et ont déjà annoncé qu’ils allaient recourir aux mesures les plus passives qui leur permettent d’acheter des droits de polluer à d’autres pays moins polluants.C’est comme si Wal-Mart pouvait s’acheter des droits de discriminer auprès d’entreprises socialement responsables et certifiées équitables.Alors que le Canada et le Québec auraient avantage à mettre en avant un plan énergétique visionnaire devant déterminer nos actions, tant sociales qu’environnementales, pour les 50 prochaines années, rien ou si peu n’est proposé par nos politiciens.Ds auraient pu par exemple instaurer des mesures visant la création soutenue de puits de carbone (comme le réaménagement de forêts entières) et l’amélioration des transports en commun, mais il ne semble pas y avoir beaucoup d'innovation et de courage à Québec et à Ottawa par les temps qui courent C’est peut-être comme dans la chanson de Loco Locass, un des groupes musicaux préférés de la plus jeune des quatre générations de notre famille (Rosalie, 17 mois): ce qu'il nous faut c’est nous libérer des libéraux, tant au fédéral qu’au provincial, du moins ceux actuellement au pouvoir.Hélène Adams, Rosalie Beaudet, Michel Blondin et Rock Beaudet Montréal LIBRE OPINION Non, l’école n’est pas secondaire LAURENT GAUTHIER Élève de cinquième secondaire à l’école Sophie-Barat et président de l'Association étudiante de la CSDM CATHERINE H ARE L-B O U R D O N Commissaire du quartier Tétreaultville et présidente du comité pour la réussite des jeunes et des adultes de la CSDM La société québécoise est-elle malade de ses jeunes?Peut-être que si.Il n'y a pas si longtemps, on disait quelle en était folle.Si nous voulons adapter l’école secondaire publique aux aspirations réelles des jeunes et de la société, il faut d’abord cesser de laisser croire qu’elle est secondaire.Comme nos ados, d'ailleurs.Et finir par les écouter.Selon le diagnostic organisationnel de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) diffusé en août dernier, seulement 42 % des élèves obtiennent leur diplôme secondaire en cinq ans et, aux épreuves ministérielles, les élèves de la CSDM affichent un taux de réussite inférieur aux moyennes nationales et régionales.De plus, les élèves de la CSDM sont un reflet de la société montréalaise qui, par exemple, s’enrichit de l'apport des communautés culturelles: à peine 50 % des élèves ont le français comme langue maternelle.Par contre, un grand nombre d'élèves montréalais souffrent de la pauvreté: 42,3 % d’entre eux proviennent d'un milieu à faible revenu, soit plus de 28 000 élèves.A la lecture de ces données, tous les «logues» du monde de l'éducation peuvent bien avancer de savantes hypothèses et proposer des solutions toutes plus créatives les unes que les autres, nous sommes toujours aussi loin de la vraie vie.Pourtant, à Montréal et ailleurs, tout le monde est spéciahste en réussite scolaire, et chacun émet largement son opinion chaque fois qu'une étude est rendue publique, dès que les résultats des épreuves de juin sont connus, lors des inscriptions à l’école, à chaque palmarès ou à chaque annonce ministérielle.Et hop, on sort les chiffres, on prépare des réactions, et le manège recommence.Où est le village?Or on constate plutôt que la réussite scolaire est l’affaire de tout le monde et de personne.«C’est à l’élève de réussir! C’est sa responsabilité.» Sauf qu'un jeune ne peut pas réussir seul, chacun le sait Où est le village?Dès qu’il passe au secondaire, on dirait que l’ado dérange.En fait la plupart du temps, on entend que l’école ne comprend pas les jeunes; que beaucoup de jeunes ne comprennent pas l’école; que les enseignants sont dépassés par la tâche; que les parents sont déboussolés et occupés à «performer»; enfin, que la communauté se désintéresse des jeunes, quand elle n’a pas peur d'eux D'ailleurs, dans sa forme actuelle, l’école des adolescents de 2005 ressemble à s’y méprendre à l’école de leurs parents, technologies de l’information en phis.Pourtant comment les jeunes perçoivent-ils la réussite en 2005?Vaut-il mieux réussir sa vie ou réussir dans la vie?Pourquoi décrochent-ils?L’école répond-elle aux begins des jeunes, à leurs attentes, à leur mode de vie actuel?N’a-t-on qu'un seul modèle de réussite scolaire à leur proposer?Pourquoi l’éducation des adultes est-elle de plus en plus populaire auprès des jeunes de 16 à 18 ans?Pourquoi ne s’inscrivent-ils pas davantage en formation professionnelle?Alors que la CSDM soumet à la population un plan stratégique qui guidera toutes ses actions pour les prochaines années, le comité pour la réussite des jeunes et des adultes doit profiter de ce moment pour offrir aux jeunes une tribune privilégiée où faire connaître leur point de vue.Après tout, c’est leur école! Un débat aura donc lieu le 22 février prochain sur l’école et la réussite, entre des élèves de toutes les écoles secondaires de la CSDM.C’est la première fois que les jeunes sont consultés de la sorte pour qu’on puisse entendre et prendre en compte leurs idées et leurs opinions face à l'école et à la réussite.[.] Nous voulons dire aux jeunes qu’ils ont leur place dans leur école et qu'ils peuvent y réussir.Nous avons un sentiment d'urgence que ne semble visiblement pas partager toute la communauté.Collectivement et individuellement, nous pouvons nous demander si nous partageons et comprenons les difficultés que vivent les jeunes afin de les aider à réussir leurs études.Êtes-vous de ceux qui ne se sentent pas concernés ou de ceux qui, à leur mesure, s’impliquent plus concrètement?A notre avis, l'école publique ouverte à tous, qui appartient à tous, souffre d’un manque criant de solidarité envers les jeunes.Chacun peut se demander s’il peut y faire quelque chose.Que vous ayez ou non un ado à l’école secondaire publique, l'erreur serait de conclure que non. LE DEVOIR.LE JEUDI 17 FÉVRIER 2 0 0 5 DEES SOUVERAINETÉ Sortir du paradigme de la propagande JEAN-PIERRE CHARBONNEAU Député de Borduas, ex-ministre responsable de la réforme des institutions démocratiques et des affaires intergouvemementales canadiennes, ex-président de l'Assemblée nationale du Québec e grand patron du programme des commandites, î'ex-premier ministre fédéral Jean Chrétien, a été très clair devant le juge Gomery: pour aucune raison le gouvernement canadien ne favorisera l’accession démocratique du Québec à la souveraineté.Cela a été la ligne de conduite sous Pierre Elliott Trudeau, cela fut la ligne sous Jean Chrétien, cela est le cas sous Paul Martin et ce sera le cas à l’avenir, quelle que soit la personne qui occupera le trône du monarque élu canadien.D y a eu et il y aura certes des variantes en intensité et en magouilles périphériques mais, pour l’essentiel, le pouvoir fédéral et ses alliés de tout acabit agiront toujours en fonction de l’idée qu’il faut coûte que coûte empêcher le Québec de faire sécession.La fin a justifié et justifiera tous les moyens, y compris les moyens immoraux et illégaux.Seule la force physique ne sera pas utilisée, encore que si les indépendantistes québécois fournissaient le prétexte sur un plateau d’argent pas une seconde d’hésitation ou de tergiversation ne serait perdue.Le Québec serait maintenu de force là où il est Face à cette politique fondamentale du gouvernement canadien, les gouvernements souverainistes du Québec, avant et après les référendums de 1980 et de 1995, ont cherché à faire avancer leur option en utilisant pour l’essentiel la même approche que le camp adverse, c’est-à-dire rallier à leur cause la population québécoise par les moyens de la propagande, de la publicité et des gestes stratégiques de promotion en appui aux actions politiques de persuasion et de prêche de la bonne parole.Dans cet affrontement communicationnel, les tenants de la souveraineté du Québec et du renversement de l’ordre établi ont toujours été et seront toujours perdants.Et même s’ils le voulaient et abandonnaient leurs justes scrupules, jamais ils ne pourront dépenser autant que les fédéralistes et jamais ils ne pourront convaincre ceux-ci, surtout les gens vivant à l’extérieur du Québec, de respecter des règles du jeu qui visent à assurer une compétition juste et équitable.Raison d’Etat oblige.Maintenir l’approche ?Malheureusement, devant cette impitoyable évidence, les dirigeants actuels du Parti québécois et la plupart de leurs alliés continuent de proposer de poursuivre la quête de la souveraineté selon l’approche qui a prévalu jusqu’à ce jour, prétextant que celle-ci n’est pas si mauvaise, après tout, puisqu’elle nous a conduits à 35 000 voix de la victoire.Ainsi, une fois de nouveau à la tête du pouvoir provincial québécois, on nous propose de reprendre le vieil «exercice d’éducation et de formation populaires» en y améliorant et intensifiant les contenus et les processus de promotion, lesquels seront soutenus cette fois par un nouveau budget de l’an 1 et des JIM YOUNG REUTERS Jamais les souverainistes ne pourront dépenser autant que les fédéralistes et jamais il ne pourront convaincre ceux-ci de respecter les règles du jeu, écrit Jean-Pierre Charbonneau.gestes gouverneqientaux plus affirmatifs et plus volontaires face à l’État central et à ses partenaires de la fédération.Je le dis depuis longtemps et je continue de l’affirmer aujourd’hui: cette approche est vouée à coup sûr à l’échec, surtout si on veut obtenir une majorité assez forte pour résister par la suite aux opérations d’intimidation qui seront inévitablement déclenchées.Sur le terrain d’un affrontement de communi- cation, de publicité et de gestes d’éclat, Ottawa aura toujours le dessus à cause de la très grande supériorité de ses moyens.Que faire, alors?Eh bien, il faut sortir du paradigme de la propagande et passer la balle aux citoyens eux-mêmes, bien avant qu'ils ne soient invités à trancher la question par référendum.Un prochain gouvernement souverainiste à Québec devrait utiliser largement les fonds publics, non pas pour faire la promotion de son option mais pour permettre à tous les citoyens de tous les coins du Québec de s'exprimer sur la façon dont ils envisagent l’avenir dans les prochaines décennies, comment ils voient un éventuel passage d’un Québec provincial à un Québec souverain, comment ils conçoivent le contrat social qui doit les lier les uns aux autres et comment ils entrevoient les fondements philosophiques et institutionnels du pays à créer, de la société à mettre en œuvre.la?processus de règlement de la question nationale et de l'accession du Québec au statut de pays doit être non pas un exercice amélioré de «sortir, parler, convaincre» mais plutôt un exercice sans précédent de démocratie participative à l’abri des mécanismes de la hiérarchie sociale qui permettent en général aux experts, aux élites, aux beaux parieurs et aux dirigeants des multiples groupes d’intérêt de monopoliser constamment les exercices de participation publique et de prise de parole citoyenne.L’encadrement de cette vaste discussion de fcunille ne devrait pas être partisan mais neutre, et l’opération devrait pouvoir se dérouler sans constantes interférences politiques et ministérielles, avec un échéancier assez long et des ressources suffisantes.[.] Des paradoxes la parole libre et l’écoute empathique sont fondatrices de la démocratie et, dans le projet visant à faire du Québec un pays, «privilégier une démarche démocratique vers la souveraineté» devrait signifier d’abord et avant tout une vaste opération d'expression et d’écoute plutôt qu’une meilleure opération de promo-tion que par le passé.A ce propos, cette proposition principale de l'exécutif national donne suite à la démarche de réforme des institutions démocratiques que j’ai lancée il y a trois ans.Ainsi, pour la première fois de son histoire, le PQ aurait un programme dont un chapitre spécifique porterait sur la démocratie souhaitable sous le titre «Construire une démocratie de participation».Cependant, il est paradoxal de constater qu'on ne propose pas au préalable une approche de démocratie participative pour réaliser la souveraineté.Les vertus démocratiques ne seront examinées qu'après l’indépendance.Cela est une erreur dramatique.|.] la parole ne nuit pas à l’action; ce qui nuit, c’est de ne pas s’éclairer par celle-ci, disait un vieux philosophe de la Grèce antique.Plusieurs études scientifiques contemporaines le démontrent d’ailleurs.[.] Malgré cela, en haut lieu, on se refuse toujours à prendre le risque de laisser les citoyens s’exprimer librement et longuement sur leurs visions de l’avenir et des changements qui s’imposent.On m’a déjà dit qu’on craignait que les gens ne nous disent pas ce qu’on voudrait entendre.Mieux vaut alors, bien sûr, rester dans les sentiers battus et leur dire comment ils devraient voir et ressentir les choses.A titre de membre du Parti québécois depuis 37 ans et de député depuis 1976 (avec un intermède de cinq ans), je propose que nous abandonnions la voie de la propagande pour emprunter celle de la démocratie véritable, celle qui fait que la vie d’une coDectivité et son avenir se définissent d’abord et avant tout par les membres de celle-ci, celle qui fait que les désirs profonds peuvent émerger avec force et abattre les peurs et les résistances qui bloquent leur réalisation.Des normes journalistiques qui varient Même Scully me donne raison.NORMAND LESTER Journaliste Réplique au texte de Mario Cardinal, «Les dérapages de l’information - L’affaire Lester, une affaire de déontologie ou de politique?», publié le jeudi 10 février2005 .f on cher Mario, j’ai lu avec intérêt les extraits de votre livre publics la semaine dernière dans Le Devoir.À plusieurs reprises durant ma carrière à RadioCanar da, vous avez, en tant qu’ombudsman, enquêté sur des plaintes portant sur mes investigations journalistiques.Si ma mémoire est bonne, vous m’avez toujours donné raison contre les plaignants.Maintenant, vous estimez que j’ai dérogé à mes devoirs journalistiques pour avoir publié un livre, Le Livre noir du Canada anglais, qui n’avait rien à voir avec mes activités professionnelles.J’aimerais soulever quelques points au sujet de questions d’objectivité et de neutralité journalistique.Mais d’abord, je dois vous dire que j’ai été surpris que vous me compariez à Mordecai Richler.Je n’ai certainement pas ses talents littéraires.Je n’ai pas non plus sa mauvaise foi, sa malhonnêteté et sa capacité de dire les pires insanités.Je ne mérite pas, je pense, d'être placé par vous dans la même catégorie que l’homme qui accuse les Patriotes d’antisémitisme alors que Papineau a parrainé la première loi dans l’empire britannique accordant les pleins droits politiques aux juifs.Vous-même, Mario, vous étiez au lancement du Livre noir, et je crois me rappeler que vous m’aviez dit combien vous considériez le livre comme nécessaire alors que vous me demandiez de vous le dédicacer.Les trois livres noirs sont une recension des crimes et des injustices que la majorité anglophone du Canada a fait subir pendant une bonne partie de son histoire aux autochtones, aux francophones, aux Noirs, aux juifs et à tous ceux dans ce pays qui n’avaient pas le bonheur d’être Blancs anglo-saxons et protestants.Personne n’a jamais contesté les faits qui y sont exposés.Appui de Scully Vous donnez raison à Radio-Canada de m'avoir suspendu pour n’avoir pas respecté les normes journalistiques de la société.Pourtant, je n'ai pas adhéré à un parti politique ou pris position en faveur d’une thèse constitutionnelle, j'ai rappelé des r SOURCE CANAL D Normand Lester événements historiques incontestables.Dans cette affaire, le Syndicat des communications de Radio-Canada m’a donné raison, tout comme la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.Même le National Post, l’organe de l'extrême droite antiquébécoise, a écrit que la publication du livre ne justifiait pas ma suspension.J’ai un scoop pour vous.Je le tiens de Robert-Guy ScuDy.Selon un rapport interne de Radio-Canada en sa possession, la CBC-SRC me donnerait raison.Scully l’affirme devant la caméra sur une cassette vidéo de promotion de sa boîte, L’Information essentielle inc., pour une émission spéciale sur les Minutes du Patrimoine.Robert-Guy ScuDy, document à la main, dit, et je cite textueUement «Je mis prendre la défense publique de Normand Lester, mais à ma façon, en révélant des documents internes de la Société Radio-Canada.» Lorsque j’ai contacté Robert-Guy Scully, en 2002, dans le cadre d’une enquête que je faisais à TVA sur les magouiDes entourant le financement de la série Maurice Richard, il m’a proposé le document secret de la SRC à condition que j’aille travailler pour lui.J’ai carrément refusé.Vous qui êtes dans les bonnes grâces de la direction de Radio-Canada pourriez peut-être obtenir une copie de ce document Sa lecture vous donnerait peut-être une nouvelle perspective sur l’affaire Lester.Les normes Si je ne puis dorénavant selon vous, prétendre à l’objectivité journalistique, Radio-Canada peut-elle continuer de le faire?Respecterait-elle en tout temps ses propres normes journaDstiques?En tout cas, le devoir de réserve, de neutralité et d’objectivité pointilleuse des journalistes et animateurs ne s’applique pas de la même façon au réseau français et au réseau anglais de la CBC-SRC.Don Cherry n’est pas exactement l'illustration de la réserve circonspecte.Et que penser du militant écologiste David Suzuki, qui a animé pendant des décennies des émissions sur l’environnement à la CBC?Lorsque, dans les discussions sur ma suspension, le syndicat a soulevé son cas, la direction de l’information a révélé qu’il jouissait d’un statut particulier qui lui permettait de prendre des positions idéologiques.Suzuki jouissait d’une dérogation personnelle aux normes journalistiques de la CBGSRC.D’ailleurs, dans les moments critiques de l’histoire du pays, lors de la crise de la conscription et du référendum de 1995, la SRC-CBC abandonne carrément toute prétention à l’objectivité.La manipulation, l’information en faveur du camp du NON, c’est vous-même qui l’avez constatée dans votre rapport annuel 1995-96, alors que vous étiez ombudsman de Radio-Canada.Rappelez-vous, Mario, vous y dénonciez la partialité du réseau anglais durant la campagne référendaire.La CBC-SRC justifiait publiquement le parti pris du réseau anglais en faisant intervenir dans sa définition d’équité la notion A’«appui populaire».Les jour-nahstes de la CBC auraient ainsi eu le droit de manquer d’objectivité parce que leur parti pris reflétait le consensus du Canada anglais.Qu’avez-vous dit, Mario, à ce sujet en tant qu’om-budsman?Vous avez constaté que la CBC-SRC reniait son propre code d’éthique.Vous écriviez que le manuel des Normes de pratiques journalistiques, «[.) loin d’imposer le consensus populaire comme facteur de choix des événements à couvrir, stipule plutôt que “pendant les campagnes électorales ou référendaires, il faut apporter un soin encore plus grand que de coutume à maintenir l’équilibre dans la couverture des forces politiques en présence”».Vous étiez troublé par le fait que la direction de Radio-Canada justifie dans un rapport public une conception éthique qui bafoue certains des principes les phis fondamentaux du journalisme.«La société n hésite pas à affirmer que “la CBC sert un public anglophone principalement en dehors du Québec.Tous les partis politiques hors du Québec, ainsi que la grande majorité de la population, sont unanimement fédéralistes.Dans la mesure où la CBC représente les opinions de cet auditoire, elle ne s’en tiendra pas à une répartition égale et accordera plus de temps d’entretien au camp fédéraliste”.En clair, cela signifie qu’il n’existe pas de formule unique pour définir la notion d’équilibre dans la couverture du référendum québécois.Les variantes entre les réseaux, notamment entre les réseaux anglophone et francophone, tiennent naturellement à la composition de leurs auditoires respectifs.De telles conclusions peuvent peser lourd dans la pratique journalistique de la société par temps d’orage.» [.] Avec un brin de malice, Mario, vous avez souligné à la direction de la CBGSRC les conséquences de l’application au Québec du concept de l’information fondée sur le «consensus populaire».«S’il fallait considérer comme conforme à la politique journalistique le fait que la SRC-CBC ait marqué “un penchant un peu plus manifeste pour le NON” sous prétexte qu’“elle accordait plus d’attention à l’opinion des citoyens des autres provinces”, la SRC, dont une très grande partie de la clientèle réside au Québec et est francophone, aurait-elle dû accorder 60 % de son temps d’antenne au camp du OUI?Poussons plus loin.Comment devrait-elle couvrir la prochaine élection fédérale, compte tenu du consensus populaire qui se manifeste actuellement au Québec, qui n’accorde que 30 % d’appui au gouvernement Chrétien ?(Cf.résultats du sondage Gallup publiés le 22 février 1996.) Devra-t-elle également tenir compte de la répartition des sièges au Québec depuis la dernière élection fédérale alors que le Parti libéral n’en a obtenu que 19, contre 54 au Bloc québécois?Bien sûr que non.» Je dis: bravo, Mario Cardinal! J’espère que ces citations se trouvent dans votre livre et que votre rapport courageux sur l’engagement de la CBGSRC en faveur du camp du NON aura sa place dans le documentaire sur le référendum de 1995 que la CBGSRC prépare.On me dit qu’eDe vous a confié la rédaction du livre d’accompagnement Si c’est le cas, vous allez être placé, mutatis mutandis, dans la même position que moi avec mon scoop sur le financement des Minutes du Patrimoine.RadioGanada va-t-elle accepter que ses turpitudes soient exposées dans une de ses productions?J’ai hâte de voir.Vous avez bien raison, D ne faut pas toujours croire les journalistes.On verra si on peut se fier aux ombudsmans retraités.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Gérald Dallaire (adjoint au directeur dt l'information).Jeanne Corriveau (affaires municipales).Fabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées).Brian Myles (justice et (ails de société).}em Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet).Isabelle Paré (santé), Louise-Maude Rioux-Soucy (surnuméraire) ; Pauline Gravel (sciences) : Guillaume Bourgault-Cété (surnuméraire/.Antoine Robitaille (surnuméraire), Michel Garneau (cari-caturisU) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques).Martin Dudos.Michele Malenfant et Christine Dumaaet (relecteurs).Renée Léo Guimont et Serge Faquin (relecteurs surnuméraires) Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle Michel Bélair (théâtre et cahier culture), Julie Carpentier pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaus et culturels du week-end).Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard Lamarche (arts visuels et musique), Frédérique Uoyon (surnuméraire) ; é l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information).Dominique Reny (pupitre), Éric Desrosiers.Alec Castonguay, Claude Turcotte, François Desjardins (surnuméraire) ;* l’information internationale Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Ir-vesque, Guy Taille, fer (adjoint au directeur de l’information), Serge Truffaut (éditorialiste) ; è l’information politique Hélène Buretti et Manon Comellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Québec), Kathleen Lévesque ; Marie-Hélène Alarie (serré taire à Us rédaction) ; Marilyse Hamelin.Alexandre Shields (commis) La documentation Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril Jean de Billy, Marlène CAté, Dave Cameron,Yan Hamel.Christiane Legault.Amélie Maltais.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet.Micheline Ruelland, Nadia Sebaï.Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatcher.Philippe Borne.Johanne Brunet Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Donald Filion.Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Unda Thériault (responsable serviee à la clientèle, distribution et tirage), Roxanne Labeüe (coordonnatrice a la promotion et à la sollicitation).Loli Senéchal-Berthiaume.MoniqueLTieureux.Racheüe Leclerc L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy, Germain Haeck (contrdeur), Ghislaine Iafleur Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier, Monique Proteau.Danielle Ross. LE DEVOIR.LE JEUDI 17 FÉVRIER 2005 A 8 ICTUALITES UDA SUITE DE LA PAGE 1 comme le définissait la convocation de presse.Mais un coup de théâtre a fait dévier le programme.•Les membres du conseil général n’ont pas accepté la proposition de l'exécutif de signer le protocole de collaboration», a expliqué la porte-parole de la CSQ, Marjolaine Perreault, en milieu d’après-midi hier.•Les membres veulent plus de détails, et c’est donc reporté à une date ultérieure.» Ulcéré par cet épisode, Pierre Curzi a rappelé Le Devoir en après-midi pour confier son désarroi et sa profonde colère.«Je m’en vais là pour leur parler d'une façon de collaborer, peut-être même de trouver des manières défaire cause commune, et c’est un déni, une véritable gifle que je reçois», a expliqué le comédien, qui accueille le refus des membres du conseil général de signer tout de suite le protocole comme une «manière de s'essuyer les pieds sur les artistes, de nous dire qu’ils ne veulent rien savoir de nous».Le protocole d’entente, dont la signature est donc •reportée», prévoyait notamment que les exécutifs des deux syndicats discutent de «collaborations possibles», qu’ils s’allient dans la défense de la culture et de la langue et qu’ils misent surtout sur des dossiers comme la «place de la culture dans le système scolaire», les journées de la culture ou la défense de Télé-Québec.Les membres présents au conseil général ont refusé de signer ce protocole, jugeant préférable de récolter «plus de détails» et d’en discuter en assemblée avant de le parapher.Le président de l’UDA a rapidement fait le lien entre ce refus inattendu et la décision du Syndicat d’enseignants du primaire et du secondaire d’ajouter à ses moyens de pression un possible boycottage d’activités parascolaires, éducatives et culturelles pour faire progresser la négociation avec Québec.«Ce qu'on nous dit, c’est: “Nous, de l’éducation, on n'en a rien à cirer de votre culture!”», a expliqué Pierre Curzi sous le coup de l’émotion.«Et plutôt que de vouloir changer le rapport entre les enseignants et les artistes, on va faire de nous des victimes.Je ne l’accepte pas.Parce qu’on peut tout pardonner, sauf le mépris.» En matinée hier, le président de la CSQ avait réfuté tout lien entre l’existence du protocole et les moyens de pression décrétés par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) début février.Ceux-ci prévoient de n’inscrire aucune de ces activités para-scolaires au calendrier de la prochaine rentrée scolaire, un moyen de pression déjà utilisé par les enseignants et qui avait fait grand bruit en 2000 et en 2002.«Le protocole n’est pas conditionnel à ce que nous renoncions [aux moyens de pression]», a indiqué hier Réjean Parent.«Pas plus que l’Union des artistes ne doit renoncer à ses moyens de pression.[.]Le protocole, c'est plus une meilleure connaissance respective de nos réalités, un lieu de convergence.On resserre nos rapports, sans conditions», a ajouté le président de la CSQ, qui n'a pas commenté le changement de cap.En 2000, Pierre Curzi avait déjà clairement évoqué «le malaise profond» éprouvé par le regroupement d'artistes «face à certaines des méthodes choisies [par la CSQ] pour faire valoir des droits parfaitement justifiés».Hier matin, le discours était le même, toujours sous le thème d’une quête de solidarité: «Au lieu de boycotter toutes les sorties culturelles, pourquoi les artistes ne feraient-ils pas partie de l’arsenal syndical des enseignants pour dénoncer avec eux les conditions de travail?», demandait le président de l’UDA, qui a interprété cette énième menace de boycottage des activités parascolaires comme la «preuve qu’un protocole est nécessaire, qu’il faut qu’on se parle!».Le revirement de situation, le rejet de la proposition formulée par l’exécutif de la CSQ et surtout la rebuffade subie par M.Curzi au moment où il s’apprêtait à formuler un discours sur la solidarité ont créé un embarras certain dans les instances officielles.«Nous trouvons malheureux que M.Curzi soit choqué de cette situation», a expliqué Mme Perreault, visiblement mal à l’aise.Avec la collaboration de Tommy Chouinard Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, Çr étage, Montréal (Québec), H3A3M9 El Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514) 985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les avis de décès (Le Mémoriel) Au téléphone Par courriel (514)525-1149 info@lememoriel.com Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'onpmisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaite* pas recevoir de correspondance de ces orRanisations.veuillez en avertir notre service à la clientèle.U Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le sièRe social est situé au 2050.rue De Bleury.9 ètaRe, Montréal.(Québec).H3A 3M9.H est imprimé par Imprimerie Québécor World, St-Jean.800.boulevard Industriel.Saint-Jean-sur-Richelieu.division de Imprimeries Québécor Inc.612, me Saint Jacques Ouest.Montréal L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division de Corporation Sun Media.900, boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal; Bibliothèque nationale du Québec.CHUM SUITE DE LA PAGE 1 train transportant des matières dangereuses peut se produire bien avant la fin de cette période; cela peut survenir demain, dans cinq ans ou dans vingt ans.Mais SNC-Lavalin a vraisemblablement écarté cette possibilité.Ainsi, les ingénieurs recommandent que l’hôpital soit construit à environ 100 mètres des voies ferrées qui bordent le site.Ils ajoutent qu’aucun mur de protection n’est requis entre le CHUM et les rails compte tenu du retrait des matières dangereuses explosives.C’est du moins ce que stipulerait l’entente entre le Canadien Pacifique (CP) et l’Université de Montréal, qui n’est pas publique.Selon ce qu’a déjà révélé La Presse, même si le CP a consenti à détourner les explosifs et les gaz comprimés comme le chlore, 88 % des matières dangereuses continueraient à circuler près de l’hôpital, avec le risque d’un déversement de matières dangereuses pouvant s’enflammer et dégager des gaz toxiques.L’analyse de vulnérabilité produite par SNC-Lavalin a été remise au ministère de la Sécurité publique, tout comme les autres études réalisées par les consultants dans ce dossier.La Direction régionale de Montréal, Laval, Lanaudière et Laurentides, partie prenante au dossier du CHUM depuis 2001, a transmis ses commentaires au comité interministériel créé l’automne dernier pour étudier le projet d’Outremont «On ne calcule pas les risques.On commente les analyses par rapport à la méthodologie utilisée et par rapport aux bonnes pratiques dans le monde.On recommande d’ailleurs de travailler sur les conséquences plutôt que, sur les probabilités.[.] Pour la plupart des études qu’on a reçues, il ne s'agissait pas d’analyses de risques mais d’analyses d'opportunité.Et quand on abordait les risques, l'approche utilisée est surtout de type probabiliste», a expliqué au Devoir Marc Lavallée, directeur régional pour la Sécurité publique.M.Lavallée a toutefois refusé de faire des commentaires précis sur l’étude de SNC-Lavalin.In firme d’ingénierie a également refusé d’apporter quelque précision que ce soit à propos de la méthodologie utilisée.On a dirigé Le Devoir vers l’Université de Montréal, qui est le promoteur officiel du site d’Outremont et qui a commandé l’analyse de vulnérabilité à SNC-Lavalin.«La méthodologie fait partie de l’étude et l’étude n’est pas publique pour l’instant», s’est bornée à rappeler Sophie Langlois, porte-parole de l’institution.Chose certaine, SNC-Lavalin ne pouvait ignorer que depuis 2001, il existe un document de travail guidant le gouvernement dans les analyses de risques (Les lignes directrices pour la réalisation des évaluations de conséquences sur la santé des accidents industriels majeurs et leur communication au public), établi par le Bureau des mesures d’urgence de la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal La probabilité en est totalement exclue.Selon le toxicologue Luc Lefebvre, auteur de ce guide gouvernemental, se limiter à un calcul des probabilités d’accidents n’est pas valable: le croisement des conséquences avec les probabilités mène à conclure à un risque relatif.Or il faut établir les scénarios des diverses catastrophes possibles pour s’y préparer et réduire le risque, fait valoir M.Lefebvre.Par exemple, un nuage toxique émanant d’un déversement d’acide nitrique parcourt 1,5 mètre par seconde.Si la zone d’impact se trouve à moins d’un kilomètre du futur CHUM, devra-t-on procéder à l’évacuation de l’hôpital ou au confinement des malades et de tout le personnel?Pour l’instant, aucune réponse n’est donnée à ce type de question, du moins publiquement La commission Mulroney-Johnson a invité M.Lefebvre lors de ses travaux, l’année dernière, afin d’être éclairée sur les étapes, les règles et les paramètres dont les analyses de vulnérabilité devraient être dotées.Hormis cette courte rencontre, la DSP de Montréal n’a pas été mise à contribution dans le délicat dossier du CHUM, tant sous le gouvernement précédent qu’aujourdTiui.L’avis de la DSP de Montréal est toutefois systématiquement sollicité lorsqu’une industrie qui s’implante dans la région pourrait produire des contaminants susceptibles d’atteindre la population.La construction du futur CHUM est un dossier institutionnel pour lequel il n’existe pas de processus d’analyse similaire.Par contre, le gouvernement du Québec a adopté en 2001 la loi 173 sur la sécurité civile afin, justement, de permettre l’évaluation des risques.Mais voilà, la réglementation nécessaire à son application n’a jamais été instaurée.L’étude de SNC-Lavalin est basée sur les travaux que la firme avait elle-même effectués il y a quatre ans à propos de la sécurité du site d’alors, soit le 6000, rue Saint-Denis.Tout comme le site d’Outremont, le 6000, rue Saint-Denis, est traversé par une voie ferrée où transitent des matières dangereuses.Cet élément avait d’ailleurs été retenu par la commis- sion Mulroney-Johnson pour rejeter l’idée de construire le CHUM à cet endroit Un expert en gestion de risques majeurs du ministère de la Sécurité pubüque s’était penché en 2001 sur l’analyse de SNC-Lavalin.Le document dont Le Devoir a obtenu copie, condamne tant la méthodologie, jugée «déficiente», que l’adéquation faite entre les conséquences et les probabilités, ce qui a permis à SNC-Lavalin de juger acceptable la construction d’un hôpital à proximité d’une voie ferrée.•Lorsqu’on connaît les conséquences potentielles d’accidents industriels majeurs pour une zone d’étude [.], la seule justification pour établir une institution hospitalière ou scolaire à l’intérieur de la zone de risques de mortalité (au minimum de 1,7 km selon les données incomplètes présentées par le promoteur), c'est qu’on a une certitude raisonnable que les premiers intervenants vont pouvoir confiner ou évacuer à temps les personnes touchées.Ce qui serait extrêmement improbable (
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