Le devoir, 5 mars 2005, Cahier G
LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MARS 2 0 0 5 LE DEVOIR Femmes JOURNÉE INTERNATIONALE .i.DIANE LAVALLÉE Le Conseil du statut de la femme et le débat sur l’égalité sociale Page 2 CAROLE THÉBERGE La condition féminine sous F angle de «la continuité et [de] l’ouverture» PageS Revendications planétaires DESMOND BOYUVN REUTERS Femmes transportant du ciment servant à la construction d’un trottoir à Bombay.w**i >> K BÊËâ^r é /J *ÆP Si Jean Charest pouvait déclarer cette semaine aux meneurs de la contestation étudiante qu’il n’y avait point motif à se plaindre, car «au.Québec, on a les étudiant qui sont probablement les mieux traités au monde», que trouvera-t-il à dire aux femmes qui prendront d’assaut le 8 mars prochain l’Assemblée nationale: que tout va pour le mieux dans la Belle Province et qu’pn pourrait donc parler d’autre chose?A voir en effet le sort imposé à toutes celles qui jour après jour se retrouvent enfermées dans toutes ces «usines de misère», du Mexique à l'Asie du Sud-Est, ou à d’autres qui en Afrique doivent échapper à l’exploitation que leur imposent «leurs» hommes, à regarder ce qui attend en cette ère «néo-Bush» les femmes américaines qui se disent «responsables de leurs corps» et parlent d’avortement possible, qu'ont donc à se «plaindre» les femmes québécoises?Difficile équité Il en est toutefois plus d’une pour mettre sur la table quelques statistiques économiques.«En 2000, rappelle ainsi Diane Lâvallée, du Conseil du statut de la femme, le revenu total moyen des femmes correspondait à 64,3 % de celui des hommes, selon les données du recensement de 2001.En outre, 61,5 % d’entre elles avaient obtenu un revenu moyen inférieur à 20000 $, ce qui avait été le cas de 40,3 % des hommes cette année-là.• Il en est d’autres pour dire que le dossier de l’équité salariale, pourtant ici ouvert par une loi dûment votée, a pris beaucoup de retard, et qu’une entourloupette pour le régler (qui consiste à fondre dans une même enveloppe augmentation de salaire et rattrapage salarial) est inacceptable: «Les femmes, déclare à ce sujet lise Simard, conseillère en équité au Syndicat canadien de la fonction publique, ont droit à l'équité salariale, qui vient corriger une erreur du passé.C’est une correction à apporter entre le salaire des femmes et celui des hommes; on va la faire juste une fois, alors que la négociation revient régulièrement à l'ordre du jour.» KHAM REUTERS > .J** Manufacture de textile au Cambodge.Et ce ne sont là que quelques-unes des affirmations qui seront répétées ce jour-là, en cette Journée internationale des femmes.Car leurs de mandes vont plus loin, notamment par le dépôt d’une nouvelle charte des femmes.«Pour la question de l’égalité, nous aborderons la problématique du rôle de l’État; pour ce qui est de la liberté, nous parlerons des droits des femmes migrantes, informe la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin.En ce qui à trait à la solidarité, nous discuterons de la question de ta lutte contre la pauvreté; pour la valeur de justice, nous parierons du milieu de travail; et pour la questùm de la paix, nous traiterons dans notre revendication de la violence faite aux femmes.» , Tour de terre Une fois de plus, les femmes montent à l’assaut.Pas seulement au Québec, mais sur toute la planète.Comme cela avait été le cas lors de la Marche des femmes de l’an 2000, quand le mouvement d’inspiration québécoise avait mené à la manifestation en face du siège des Nations unies à New York.En 2005, c’est du Brésil qu'une action de même nature débutera en ce mardi de la semaine prochaine.Cette marche de 2005, après avoir fait escale dans 51 autres pays, arrivera le 17 octobre au Burkina Faso pour un bilan qui sera effectué en une autre journée, soulignant elle aussi une autre situation inéquitable: la pauvreté, qu’aucune «mondialisation» gérée par une Organisation mondiale du commerce et une Banque mondiale n’a réussi encore à faire diminuer de façon notable.Ce sera donc le 7 mai prochain que sera ajouté le motif québécois dans la «courtepointe de la solidarité».Assemblée tout au long du relais mondial, cette courtepointe traduira en images la Charte mondiale des femmes pour l’humanité dans toute sa diversité.Car, il faut bien l’admettre, si un mot comme «féminisme» est maintenant moins entendu, cela ne veut pas dire que les femmes ont pour autant baissé les bras.Qu’il ait été ainsi impensable de prêcher il y a 30 ans pour une action commune, où hommes et femmes s’associent, comme le veut le Conseil du statut de la femme, cela indique plutôt que des gains ont été effectués, du congé parental au réseau des garderies, pour ne citer que les résultats atteints dans un seul secteur.Il faut toutefois demander plus.À cet égard, un salaire égal à travail égal est un minimum.Après, il sera temps de s’inquiéter de la représentation féminine dans les divers cercles du pouvoir.Normand Thèriault INTERNATIONAL Droits et discrimination Page 2 ÉQUITÉ De la CSN à la FDQ Page 4 CULTURE Anne Claire Poirier Page 5 FÉDÉRATION Charte Marche mondiale Page 7 Charia et justice Page 6 Littérature Page 8 v L t DEVOIR, LE SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MARS 2 0 0 5 (.1 JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES Conseil du statut de la femme De Fégalité de droit à l’égalité de fait Devant les craintes que soulève l’avis sur l’égalité des sexes du Conseil du statut de la femme (CSF), Diane Lavallée, présidente de l’organisme, expose de long en large les analyses qu’il comporte et défend les approches qui y sont proposées.CLAIRE HARVEY En février 2004, la ministre Mi-cheUe Courchesne, à l’époque responsable du Secrétariat à la Condition féminine et chargée de l'application de la Loi du Conseil du statut de la femme, confiait à ce dernier le mandat de définir un concept de l’égalité le plus large possible duquel il devait s’inspirer pour proposer les orientations et les axes d’intervention d’une politique gouvernementale.Intitulé Vers un nouveau contrat social pour l'égalité entre les femmes et les hommes, cet avis a fait l’objet d’une commission parlementaire en janvier, dont les travaux devraient reprendre au printemps.Il devrait être suivi d’une politique gouvernementale sur l’égalité à l’automne 2005.Diane Lavallée explique que cet avis a permis de dresser le bilan des avancées des femmes depuis les 30 dernières années.«Au cours de cette période, le gouvernement a mené plusieurs actions qui ont favorisé l’égalité», dit-elle, en donnant pour exemple l’adoption de la Charte des droits et libertés de la per-sonne, de la I ui sur le patrimoine et de la D)i sur l'équité salariale.«Grâce au mouvement des femmes et au féminisme d'Etat, nous avons obtenu des gains dont bénéficie aujourd’hui l’ensemble de la population du Québec», poursuit-elle.Malgré ces gains, l’analyse du CSF démontre que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est toujours pas atteinte.Selon Mme In vallée, plusieurs facteurs sont à l’origine de ce phénomène.«Iss responsabilités additionnelles ties femmes ont des conséquences importantes.Faute de mesures de conciliation travailfumille, la maternité est encore un facteur qui ralentit leur carrière.Sans compter que ce sont souvent les femmes qui s’occupent des parents âgés.» Ix; résultat?Sur le plan économique, les écarts entre les femmes et les hommes sont encore considérables.«Ainsi, en 2000, le revenu total moyen des femmes correspondait à 64,3 % de celui des hommes, seUm les données du recensement de 2001.En outre, 61,5 % d’entre elles avaient obtenu un revenu moyen inférieur à 20 000 $, ce qui avait été le cas de 40,3 % des hommes cette an-née-là», note-t-elle.Far ailleurs, plusieurs femmes sont victimes de violence, «un fléau social dont les répercussions sur les victimes sont exponentielles», dit Mme Invallée.Enfin, si les femmes sont plus nombreuses qu’autrefois dans les lieux de pouvoir, il leur reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre la parité.Une stratégie en trois volets Pour favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes, le CSF' propose au gouvernement d’emprunter trois avenues.En premier lieu, l’organisme recommande d’utiliser l’approche spécifique, qui consiste à intervenir en faveur des femmes.Le concours «Chapeau, les filles!» (visant à favoriser la diversification professionnelles des étudiantes) fait partie des interventions de ce type.«L'approche spécifique demeure primordiale pour prévenir les inégalités ou les corriger», insiste-t-elle, mentionnant que des groupes féministes ont cm à tort que le CSF la minimisait au profit des deux autres.Le CSF invite également le gouvernement à utiliser davantage l’approche transversale.Cela consiste à procéder à une analyse différenciée des politiques selon les sexes avant leur adoption, afin de prévoir les effets distincts qu’elles auront sur les femmes et les hommes, et à en tenir compte.«Certaines lois peuvent paraître très neutres, mais introduire un biais sexiste important, observe la présidente.Cela a été notamment le cas du virage ambulatoire, dont le fardeau a été assumé surtout par les femmes, ou encore de la création des Conférences régionales des élus (CRE), qui a entraîné une diminution de la participation des femmes dans les instances régionales.» SOURCE CSF Diane Lavallée Enfin, le CSF suggère l’approche sociétale, une avenue accordant un rôle accru aux acteurs sociaux et aux hommes dans le combat des inégalités affectant les femmes (elle a d’ailleurs fait couley beaucoup d’encre).«Même si l’État a un rôle important à jouer, il ne peut à lui seul parvenir à changer les mentalités, d’où l’importance de mobiliser les organisations auxquelles l’État transfère des responsabilités, affirme Mme Ixivallée.De même, il faut considérer davantage les hommes comme nos alliés dans cette cause-là.» La présidente explique ici qu’on pourrait notamment intervenir davantage auprès des garçons et des filles pour prévenir la violence.Un combat sur plusieurs fronts En plus de combiner ces trois approches, le CSF recommande sept orientations pour corriger les inégalités entre les sexes.L’organisme conseille de lutter contre les stéréotypes sexistes et de faire la promotion de valeurs et de comportements égalitaires.Il faut également promouvoir l’égalité économique entre les femmes et les hommes.Pour ce faire, on pourrait notamment encourager la diversification professionnelle et soutenir l’insertion en emploi.En matière de travail, le gouvernement et les acteurs sociaux doivent s’engager à promouvoir un meilleur partage des responsabilités entre les conjoints.Le CSF pense id à fa mise en place de congés paren-taux suffisamment incitatifs pour que les hommes soient intéressés à s’en prévaloir.«L'État doit aussi adopter une politique familiale dans laquelle se retrouve une préoccupation majeure pour la conciliation travail-famille», signale la présidente.En ce qui a trait a la santé, le gouvernement doit miser sur l’approche intégrée pour s’assurer que les services tiennent compte des besoins différents des femmes et des hommes.L’organisme croit que la socialisation différente des femmes et des hommes les amène à adopter des comportements distincts à l’égard de leur santé et de celle de leurs proches.De plus, le Conseil rappelle qu’il faut éliminer toute violence, entre autres la violence conjugale, les agressions sexuelles et les abus contre les personnes aînées.Il recommande également de lutter contre l’exploitation sexuelle, les recherches indiquant que les prostituées subissent beaucoup de violence.Par ailleurs, la présidente du CSF pense qu’il faut viser la participation tant des femmes que des hommes dans la sphère pqlitique, et insiste sur le rôle que l’Etat doit jouer en matière d’égalité.«En vue de responsabiliser davantage les élus autour de l’enjeu de l’égalité, cette question devrait faire l’objet d’un suivi quinquennal dans le cadre d’une commission parlementaire», expose Mme Lavallée.Enfin, l’organisme recommande la création d’une Table de partenaires de l’égalité réunissant, entre autres, des représentants du gouvernement, des syndicats, des regroupements régionaux, municipaux, du milieu des affaires et de celui de la santé.Et qu’en est-il de l’avenir du CSF (la rumeur voulant qu’il disparaisse et que le Secrétariat à la condition féminine cède sa place à un Conseil de l’égalité)?En réponse à cette question, Mme Lavallée se veut optimiste.«B y aura toujours un organisme qui aura pour rôle de conseiller le gouvernement, qui documentera la question de l'inégalité et fera des représentations en commission parlementaire.» Voilà autant d’orientations qui, selon la présidente du CSF, devraient favoriser le passage de l’égalité de droit à l’égalité de fiait INTERNATIONAL Perte de droits «La mondialisation a mis un peu les femmes à son service» En 1981, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) brisait l’ostracisme qui reléguait les droits des femmes au rang de questions de société subsidiaires.Depuis, de nombreux programmes d’action, issus notamment des conférences de Vienne, du Caire et de Beijing, sont venus soutenir cette introduction au chapitre des droits de la personne.De nombreux dossiers restent cependant en souffrance.ESTELLE ZEHLER La bataille pour la reconnaissance des droits des femmes s’est appuyée sur divers instruments.Si certains appartiennent intrinsèquement à la sphère juridique, telle la CEDEF ratifiée par le Canada en décembre 1981, d’autres se rattachent plus au domaine du politique.On peut citer à ce titre les Conférences mondiales de l’ONU pour la femme, dont ceDe de Beijing en 1995, qui a bénéficié d’une forte médiatisation.«Les années 1990 s’avèrent une décennie extrêmement prolifique du point de vue de l'adoption de programmes d’action», confirme Lucie Lamarche, professeure au département des sciences juridiques de la faculté de science politique et de droit de l’UQAM.Cet ancrage dans les textes et cette visibilité accrue lui permettent également d’affirmer «On ne se sert plus des droits des femmes en agapes au droit international des droits de la personne.» L’empnmt et l’intégration d’un vocabulaire spécifique, par exemple la «dimension de genre», témoignent également de cette évolution.Des informations ventilées par sexe soutiennent dorénavant le travail et les analyses des Nations unies, soit une prise en compte des «sexospécificités» [sic].Mettre fin à la violence Les bases de la construction visant l’égalité entre les hommes et les femmes grâce à un accès égal et une opportunité égale à la vie politique et publique ainsi qu’à l’éducation, la santé et l’emploi ont donc été établies par la CEDEE «Je pense, indique Lucie Lamarche, que le dossier qui a le plus progressé depuis, c’est-à-dire dont on peut mesurer les incidences dans les actions privilégiées par les États, dans le comportement de l’aide internationale, dans le vocabulaire et les décisions des instances onusiennes ou autres institutions, c'est définitivement le dossier des violences faites aux femmes.» Si les programmes d’action sont plus fragiles du fiait qu’ils relèvent du politique et non du droit conventionnel, leur contribution n’est pas moins vitale.Ainsi, la reconnaissance de la violence faite aux femmes comme étant une violation fondamentale des droits humains a été initiée dans la déclaration finale du programme d’action de la conférence de Vienne.De nettes avancées ont aussi été relevées dans le registre des questions liées à l’état civil, la nationalité, le droit au passeport et fa migration.Enfin, l’importante mobilisation des années 1990 a permis également l’affirmation du droit des femmes à la santé reproductive.Il existe toutefois un revers à la médaille lié, entre autres, à l’âge de certains instruments, aux présupposés qui leur sont contemporains, à leur isolement et à l’indépendance de leur modus vivendi, qui fait table rase des forces extérieures.«Un effort constant doit être entrepris pour forcer la réintégration de la CEDÉF dans la famille des grands instruments des droits de la personne.Ce défi ne fait pourtant pas sens” [re-sic] du point de vue conceptuel, parce que tous les traités sont interdépendants les uns par rapport aux autres.» Quant à la con- VOIR PAGE G 3: DROITS Fédération des travailleurs et travailleuses du Ouébet FTO www.ftq.qc.ca LaFTQ, le plus grand regroupement de travailleuses syndiquées au Québec, travaille au quotidien en appui aux luttes des femmes La FTQ, une vraie force JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES 8 MARS 2005 Diversification des choi VERS UNE ÉGALITÉ ation oc EXEMPLAIRE pour Briller parmi les meilleurs oience liliales i sociali Famille, Aînés et Condition féminine Québec LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DI M ANCHE 6 M A R S O O 5 (i 3 JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES DROITS Une entrevue avec Carole Théberge « Une réflexion masculine est sur le point de se féminiser» SUITE DE LA PAGE G 2 férence de Beijing, qui baignait dans une atmosphère d économie libérale, un présupposé économique la sous-tendait Ce raccourci se résumait à une équation fort simple: prospérité pour tous - prospérité pour les femmes.«H faut continuellement remettre le lien d’interdépendance au devant de la scène», réaffirme Lucie Larnarche.Le poids de la «gouvernance» globale Du point de vue économique, le bât continue à blesser profondément La lutte contre la pauvreté et les postulats économiques dans lesquels évoluent les droits des femmes sont à réexaminer.«La situation est difficile car les instruments des droits de la personne, y compris des droits des femmes, dont la Chartre des droits de l’homme, la CEDEF, ne contiennent pas de prescriptions économiques particulières destinées aux Etats.» La structuration de la logique globale est si puissante qu'elle tend à balayer le libre arbitre des Etats souverains quant au choix de leurs partenaires commerciaux ou autres.«La mondialisation a mis un peu les femmes à son service.Elles sont frappées de plein fouet.» La tension Nord-Sud s’intensifie lourdement et les femmes en payent le prix fort II suffit d’évoquer l’accès difficile aux ressources de base, les conditions régnant dans les maquiladoras (ateliers de confection) des zones franches, et les conséquences de la croissance du travail manufacturier.«On reste pantois devant la régression au XX' siècle.C’est le retour de Germinal dans une société postmoderne.» Journées de travail de 18 heures, santé sacrifiée, atteintes à la dignité sont le lot de trop nombreuses femmes, et ce, pour un écu dérisoire visant à améliorer le sort de leurs familles.Les droits économiques et sociaux sont encore hermétiques à la «sexospécificité».Toutefois, certains travaux de l’Organisation internationale du travail s’orientent dans cette voie en instaurant des indicateurs de vigilance pour scruter le travail partiel et le travail domestique, par exemple.Par-delà les Etats souverains, on essaie tout de même de dessiner un nouveau chemin pour concilier les droits des femmes et l’économie mondialisée.Cette échelle supranationale comporte cependant dqs écueils à surveiller, dont le désengagement des Etats-nations.«S’il est intéressant d’imaginer de nouveaux lieux de “gouvernance’’globale, il n’en demeure pas moins que les droits des personnes sont destinés à bonifier la vie dans un rapport de proximité au bénéficiaire de ces droits.» Une réhabilitation de la capacité souveraine des Etats-nations est à entreprendre.L'Etat demeure l’entité à laquelle incombe au premier chef la responsabilité de la mise en œuvre des droits.Le danger américain D’autres nuages se profilent également à l’horizon de notre univers postmoderne.«Ilya des réali- LET1C1A LOZANO REUTERS Femmes dans une fabrique de cigares au Pérou.tés récentes qui nous inquiètent beaucoup.L’une d’elles, et non la moindre, c’est bien sûr la nouvelle politique américaine à l’égard de l'aide humanitaire.» Cette orientation porte atteinte aux droits des femmes à la santé reproductive.En effet, le rétablissement du «Global Gag Rule» par le président G.W.Bush impose à nouveau des restrictions au financement américain des programmes de planification familiale.Dès lors que sont uniquement évoqués, au titre des services disponibles aux femmes, l'avortement et les techniques contraceptives, les organisations non gouvernementales perdent la possibilité d’obtenir ce financement Cependant, à l’aune du chemin parcouru, Lucie Lamarche reste positive: «Une réflexion masculine est sur le point de se féminiser.» Cette intégration s'effectuera probablement en accéléré, les femmes ayant désormais pris place dans l’espace international, contrairement à ce qui se passait au XIX siècle.Deux priorités urgentes se distinguent parmi les actions à entreprendre.La première, question de dignité humaine et de sécurité, réside dans l’amélioration du sort des femmes en situation de conflit ou en sortie de conflit.Errance, viol, déplacement, leurs droits les plus élémentaires sont bafoués.La seconde tient à fa défense des droits économiques et sociaux des femmes.On ne peut les abandonner aux diktats abstraits d’une économie globale et de sa prospérité.Les responsabilités locales doivent être réactivées et renforcées.Continuité et ouverture La discrimination systémique à Végard des femmes est «inacceptable» Le récent remaniement ministériel a ramené la condition féminine à l’avant-scène, aux côtés de la famille et des aînés.Nouvelle ministre en titre, Carole Théberge.se dit «ravie» de cette situation et promet une action menée sous le signe de «la continuité et [de] l’ouverture».GUYLAINE BOUCHER Comme beaucoup d’autres ministres du gouvernement libéral la députée de Lévis, Carole Théberge, prend les rênes d’un minister re engagé dans des questionnements majeurs.L’équation est particulièrement vraie en matière de condition féminine.La commission parlementaire amorcée en janvier dernier autour du document V Ws un nouveau contrat social pour l'égalité entre les femmes et les hommes a de fait soulevé les passions de nombreux groupes de femmes.Inquiètes de voir minimiser l’impact de la discrimination faite aux femmes, plusieurs se sont effective ment dites perplexes quant à la noir veDe ouverture manifestée à l’égard des hommes et des difficultés qu'ils vivent décrochage scolaire et suicide notamment La volonté du goi> vernement de miser sur une politique sociétale, axée sur l’égalité, a, de la même manière, soulevé les craintes des représentantes de groupes de femmes.Beaucoup redoutent de voir les actions spécifiques menées pour les femmes réduites à leur plus simple expression.Se voulant rassurante, la nouvelle ministre prône l’écoute et l’ouverture.«Il est impossible d'aborder la question de la condition féminine en 2005 comme nous le faisions dans les années 1970.Beaucoup trop de choses ont changé.Il faut en tenir compte.On ne peut pas décider d’orientations qui influenceront toutes les sphères de nos vies sans entendre et prendre en considération tous les points de vue.Il faut écouter ce que chaque groupe a à dire et se montrer ouverts.Être ouverts tout en favorisant la continuité.» Pas de revirement subit à attendre de ce changement de garde, donc, à commencer par la commission parlementaire qui suivra son cours comme prevu.«Nous avons evùiemment dû suspendre temporairement et reporter de quelques semaines les travaux entourant la commissûm parlementaire, mais ils se poursuivront.C’est fmdamental.Nous voulons savoir ce que pensent les groupes des idées mises de l’avant», explique Carole Théberge à ce sujet.Potentiel d’amélioration Prudente quant aux actions immédiates à entreprendre, la ministre reconnaît toutefois qu'une nouvelle politique est nécessaire.«Beaucoup de choses ont été faites depuis les 30 ou 40 dernières années pour faire progresser la condition des femmes, mais il y a un potentiel d’amélioration à plusieurs niveaux U y a, par exemple, encore de la discrimination systémique à l’égard des femmes Cest inacceptable et il faut faire en sorte que ça change.Jusqu’où faut-il aller?Comment faut-il agir?Cest encore à voir.Im commission parlementaire devrait nous permettre de déterminer des pistes d’action intéressantes » Dans la foulée des réformes entreprises par sa prédécesseur, Carole Théberge n’exclut pas non plus l’élargissement du mandat du Conseil du statut de la femme.«Dès mon entrée en fonction, j’ai tenu à rassurer les gens Le Conseil du statut de la femme et le Secrétariat à la condition féminine ont des missions différentes et complémentaires.Nous avons besoin autant de l’expertise de l'un que de l’autre.Il n’est donc pas question de les abolir.Quant à savoir si le mandat du Conseil pourrait être élargi pour s’étendre à la notion d’égalité entre les hommes et les femmes, c'est possible.Nous verrons ce qui ressort de la commission parie- ARCH1YKS U! DEVOIR Carole Théberge mentaire.» los travaux parlementaires entourant la question devraient reprendre en avril prochain.La politique et les modifications législatives découlant de la consultation ne se concrétiseront toutefois pas avant l'automne 2005 afin, explique la ministre, «de compiler les commentaires préparés avec soin par les groupes entendus et de peser le pour et le contre».Rappelons que le document à l’étude a été produit pu fa Conseil du statut de la femme à la demande de l'ex-ministre responsable du dossier, Michelle Courchesne.Il propose sept pistes d’action, toutes orientées sir l'égalité entre It's sexes.11 devrait mener à l'élaboration d’une politique destinée à prendre fa nTais du docte ment Un avenir à partager, qui a guidé l’action gouvernementale en nue tière de condition feminine au cours des dix dernières aimées.L'axe privilégié est celui d’une politique transversale qui mettrait à contribution l'ensemble des intervenants du gouvernement, et ce, jx-u importe leur secteur d’activité.Une approche exigeante mais nécessaire, du point de vue de la ministre.«La question de.l’égalité entre les hommes et les femmes touche tout le monde.Nous n avons donc pas le choix de travailler de fiiçm transversale.Cest évidemment très exigeant, mais nous sommes là d'abord et avant tout pour les citoyens et pour bien les servir, c'est la seule manière d’agir» ABONNEZ-VOUS À la GAZETTE DES FEMMES ou OFFREZ UN ABONNEMENT-CADEAU POUR SEULEMENT 1,60$ LE NUMÉRO e Çaze i sm à*»»*»»—F 3 ANS - 15 NUMÉROS POUR 24 $ TAXES INCLUSES ET RECEVEZ LA PRIME DE VOTRE CHOIX • LE GUIDE POUR LES 35 ANS OU PLUS PUBLIÉ PAR COMMUNICATION-QUÉBEC OU • LE OUIDE PRATIQUE DE LA VIE À DEUX PUBUÉ PAR LES ÉDITIONS PROTÉGEZ-VOUS (QUANTITÉ LIMITÉE) DES FEMMES Tout sur In condition des femmes d'ici et d'aille ?Nouvel abonnement ?Renouvellement ?Abonnement-cadeau ?14$ taxes incluses - 3 ans - 15 numéros + ma prime au choix: ?Guide SS ont ou plut ?IO S taxes inclues - I an - 5 numéros ?Guide pratique de la vie à deux Vite Province Code postal Coumei ?J’offre un abonnement-cadeau de ?3 ans ?I an à: Vüle Province Code postal Téléphone ( ) ?J'inclus mon paiement ?Chèque Q Master Carü ?Visa N* I I I I I I I I I I J I LJ E*R .Sne: F ?H Q Signiturt: POURVOUS ABONNER > PAR INTERNET - www.gmzettedasfMmnM.com > PAR TÉLÉPHONE .1 «07-5514 > ou rMounm te coupon wee votre panmanc * l’ordre de: U GAZETTE DES FEMMES » PAR TÉLÉCOPIEUR: (514) 721-9252 Service aux abonnement! C.P.11001, succursale Anjou Anjou (Québec) HIK4H2 KMnxkTrSAIOTWMll NMreOTVQ lOOS'TO» CdO» O** prind ffe II )0 M” MB ** _V I QUÉBÉCOIS www.bloc()uebecois.org Le Bloc Québécois rend hommage aux femmes qui contribuent chaque jour au développement du Québec.Nos gestes quotidiens doivent exprimer l’égalité entre les femmes et les hommes.Ainsi le Bloc Québécois profite de la Journée internationale des femmes pour renouveler son engagement à défendre et à promouvoir les intérêts des femmes québécoises.
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