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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2009-05-06, Collections de BAnQ.

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LA FED E: -REVOIT UNE REPRISE À LA FIN DE 2009 Page B 1 ——-—-?w w vv .I e (I v o i r.c o ni ?LE DEVOIR V 0 1.C N " !) 9 ?LE ME RL RE 1)1 ti MAI 2(H)!) i.i (i $ + i \ \ i s = i.2 r» $ Recherche sur le sida Le départ du Dr Sékaly n’émeut guère le ministre Clement ALEC CASTONGUAY Ottawa—Le ministre fédéral de l’Industrie, de la Science et de la Technologie, Tony Clement, a accueilli avec un haussement d’épaules le départ vers les États-Unis du chercheur de renommée internationale Rafick Pierre Sékaly, qui œuvre dans le domaine du VIH/SIDA Le ministre Tony Clement a dit être «désolé» de cet exode, mais il a soutenu que ce départ médiatisé ne reflète pas la réalité.«Il y a tout le temps des chercheurs qui partent aux Etats-Unis, alors que d’autres quittent les Etats-Unis vers le Canada.Notre gouvernement a fait beaucoup d’investissements dans la recherche contre le sida», a dit le ministre à sa sortie d’un comité parlementaire où le thème de la recherche scientifique a occupé une grande place.Le Dr Sékaly a dit quitter Montréal vers la Floride en partie en raison du manque de soutien dans la recherche scientifique au Canada.Il a mentionné lundi les «coupes fédérales» de plus de 150 millions de dollars dans la recherche en général et a dit espérer que son départ réveille le gouvernement conservateur.Le nouveau projet de Rafick Pierre Sékaly aux États-Unis recevra 100 millions $US, alors que son équipe pouvait compter sur 3 millions par année au CHUM.Il amène avec lui 25 chercheurs de son équipe.Il s’agit du dernier épisode de la saga des compressions fédérales dans la recherche scientifique VOIR PAGE A 10: CLEMENT as§BiSÿi « C’est toujours dommage de voir quelqu’un partir, mais il faut aussi savoir que plusieurs chercheurs canadiens font l’envie du monde entier», dit Tony Clement ¦ Lire aussi l’éditorial de Marie-Andrée Chouinard, page A 8 11» 4:: • c, .WÈ.• ' * I «• i : .A*-s FREDERICK FLORIN AGENCE FRANCE-PRESS Le Fonds international pour la protection des animaux avait installé hier un loup-marin géant devant l’édifice du Parlement européen, à Strasbourg, où les députés ont approuvé par une écrasante majorité le boycottage des produits dérivés du phoque.Phoque : c’est fini en Europe Le Canada envisage de poursuivre TUE devant l’OMC CHRISTIAN RIOUX Paris — Après des années de débats et d’innombrables campagnes médiatiques, le Parlement européen a finalement banni liier le commerce des produits dérivés du phoque sur le territoire des 27 pays membres de l’Union européenne.Alors que le Canada envisageait hier de tramer l’Europe devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la résolution a été adoptée par une écrasante majorité de 550 députés.Seuls 49 élus se sont opposés à cet embargo, qui fait largement consensus dans les opinions publiques européennes.Après des années de débat, «le dossier est clos!» a affirmé Ceza-ry Lewanowicz, attaché de presse au Parlement européen.La réaction a été rapide à la Chambre des communes, où les députés ont adopté une motion afin de tenir un débat d’urgence en soirée pour condamner le vote européen.Son libellé affirme que «la chasse aux phoques est humaine, légitime sur le plan économique» et que la décision du Parlement européen «est mal fondée, incendiaire et contre-productive».Le ministre du Commerce international, Stockwell Day, réclame quant à lui une exemption pour les pays qui, comme le Canada, pratiquent la chasse «sam cruauté».-Sinon, dit-il, le Canada n’hésitera pas à avoir recours à l’OMC.Cela n’empêchera pas tous les produits de cette chasse, jugée «cruelle» par les députés européens, d’être interdits de vente dans une dizaine de mois.Ce boycottage s’applique aux peaux, aux huiles, aux organes, à la viande et aux suppléments alimentaires VOIR PAGE A 10: PHOQUE Le boycottage s’applique aux peaux, aux huiles, aux organes, à la viande et aux suppléments alimentaires ¦ Une décision mal reçue, page A 2 JFK, VIH.KGB! La désinformation a bien survécu à la guerre froide Théorie du complot, désinformation, propagande: l’historien du Musée international de l’espionnage à Washington, Thomas Boghardt, nage en eaux troubles.avec de gros poissons du KGB.BRIAN MYLES LUIS ACOSTA AGENCE FRANCE-PRESSE Des patients montrant les symptômes de la grippe A (HINI) étaient gardés en observation, hier, à l’Institut national des maladies respiratoires de Mexico.GRIPPE A Le Mexique à l’heure des comptes ¦ À lire en page A 5 PAKISTAN Des milliers de civils fuient la vallée de Swat ¦ À lire en page B 7 I N I) E X Actualités .A2 Éditorial A8 — ^ Annonces .B 8 Idées A 9 Avis publies .B 5 Météo B 6 Kl TTTr—¦ i lu n—|,.C\1 Carrières .B 4 Monde B 7 ¦BBSBBBBBBi to Culture B 10 Mots croisés B 5 —p—MM—iK) Décès .B 8 Sudoku A7 mmmmmmm—mmmmmmmmmi t - Économie .B 1 Télévision B 9 N John E Kennedy assassiné par l’extrême droite américaine avec la complicité de la CIA Le sida inventé en laboratoire par le Pentagone comme arme biologique.Deux des plus grands mensonges de l’ère moderne viennent de la même langue sale, le KGB.C’est du moins l’avis d’expert de Thomas Boghardt, un historien du Musée international de l’espionnage à Washington, qui s’est spécialisé dans l’étude des «mesures actives», c’est-à-dire les opérations de désinformation menées par les anciens pays du Bloc de l’Est, l’URSS en VOIR PAGE A 10: DÉSINFORMATION MARTY EEDERHANDLER ARCHIVES AF L’écrivaine Marilyn French photographiée dans son appartement de New York en 1987.Marilyn French Mort d’une écrivaine phare du féminisme amércicain PAUL CAUCHON Le roman Toilettes pour femmes avait parfaitement décrit, en 1977, les nouvelles aspirations des femmes.Son auteure, Marilyn French, est morte samedi à New York d’une crise cardiaque, à l’âge de 79 ans.«Je suis une personne en colère», déclarait-elle en 2007 au journal britannique The Indépendant.Cette colère avait été canalisée dans Toilettes pour femmes, un succès de librairie international, un roman qui avait été vendu à 20 millions d’exemplaires, et traduit en 20 langues.Pour plusieurs, Toilettes pour femmes était considéré comme le plus important succès de librairie féministe, avec U’ Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir.Ce long roman raconte l’histoire de Mira Ward, femme au foyer dans les années 1950 qui, graduellement, divorce, reprend ses études VOIR PAGE A 10: FRENCH ([am proud of you my son) | bum m 2® KAROOQ NAKKM AGENCE FRANCE PRESSE I.a controverse autour de la publieation des caricatures de Mahomet pourrait avoir été chorégraphiée par les services de renseignements russes, selon la thèse de Thomas Boghardt, historien du Musée international de l’espionnage à Washington.I * * V v. L K I) j: V 0 I It .L K M K It (' It E I) I (i M Al 2 II (I !» A 2 ACTUALITÉS Demotion l’a emporté sur la raison Chasseurs, écologistes et politiciens québécois condamnent la décision du Parlement européen Boycottage européen des produits du phoque La décision du Parlement européen de boycotter les produits de la chasse aux phoques et celle d’Ottawa d’en appeler devant l’OMC ont mis en évidence hier non seulement l’existence d’un important fossé politique entre les deux continents, mais aussi le fait qu’un véritable océan culturel sépare les deux rives de l’Atlantique.LOUIS-GILLES FRANCŒL R \ A Québec comme à Terre-Neuve, même si on s’y attendait, les deux provinces ont dénoncé la décision européenne de boycotter les produits de la chasse aux phoques à partir de 2010 et le caractère fallacieux et émotif des arguments justifiant cette décision.Et pour une fois, chasseurs, écologistes, ministres et sénateurs se sont retrouvés sur la même barricade, comptant tous sur Ottawa pour attaquer la décision des députés européens, dont un des leurs, l’ancien joueur des Nordiques Peter Stastny, a lui aussi déclaré que ses collègues du Parlement européen avaient cédé à la pression du test électoral prochain pour ne pas s’aliéner une opinion publique manipulée par le mouvement ani-maliste.Peter Stastny a dit espérer que la Commission européenne, qui doit entériner la décision du Parlement, y apportera les,amendements nécessaires.A Québec, l’Assemblée nationale a condamné la décision européenne par une motion que tous ont appuyée, sauf le député Amir Khadir de Québec solidai- ARCHIVES AFP L’une des nombreuses manifestations des groupes animalistes européens.re, qui s’est abstenu.L’Assemblée nationale a invité le gouvernement canadien à contester devant l’OMC le boycottage décrété par le Parlement européen, ce qui risque de réduire d’environ 30 % les retombées de cette chasse pour les chasseurs de phoques de Terre-Neuve et des Des de la Madeleine.Pour le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’M-mentation, durent Lessard, «il faut que le rationnel retrouve sa place dans le débat.Si ça continue, ils vont nous empêcher de pêcher à la ligne».Quant au député Khadir, il a justifié son refus d’appuyer la mesure en soutenant que l’OMC n’est pas le cadre pour régler un tel affrontement.A son avis, le Canada devrait plutôt inviter rilnion européenne à consommer moins de viande, «la plus grande source de cruauté envers les animaux».Pour le ministre terre-neu-vien des Pêches, Thomas Henderson, «il y a un peu d’hypocrisie» dans ce dossier, car, a-t-il noté, les Européens chassent commercialement chaque an- née 1,2 million de chevreuils, un demi-million de sangliers et des millions de rats musqués.Quant aux chasseurs des îles de la Madeleine, le président de leur association, Denis Longué-pée, a parlé d’un «vote émotionnel» qui ne devrait pas trop affecter le marché du phoque puisque, dit-il, les fourrures pourront toujours transiter par l’Europe vers la Russie et l’Asie.Il affirme par contre qu’il sera impératif de consolider ces marchés afin qu’ils ne suivent pas l’exemple européen.Pour la sénatrice Céline Her-vieux-Payette, qui défend cette chasse traditionnelle dans une logique d’exploitation éthique et durable, elle a rappelé hier que les services juridiques de l’Union européenne ont statué en février que l’article sur lequel s’appuie le règlement adopté hier ne peut pas servir à cette fin, ce qui ouvre la porte à son annulation.De son côté, Christian Simard, coordonnateur de Nature Québec, se disait «pas vraiment surpris du résultat du marketing politique pratiqué en Europe dans ce dossier: les parlementaires européens s’en prennent à une chasse qui se situe en dehors de leur territoire, donc à une chasse sans grands risques politiques pour eux».Nature Québec, l’affilié québécois de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a pris ouvertement la défense de la chasse aux phoques récemment parce que ce groupe environnemental, un des plus importants du Québec, estime que la taille du troupeau, en croissance constante depuis 20 ans — près de six millions de têtes —, • C » >,£1 A 8 EDITORIAL RECHERCHE UNIVERSITAIRE Cratère à l’imiversité Si une image vaut mille mots, ainsi que le veut l’adage, alors le départ fracassant de l'Université de Montréal d’une sommité en science vient peut-être illustrer froidement ce que la recherche canadienne risque de perdre si on l’encarcane.R afick Pierre Sékaly, éminent chercheur en immunologie, part pour un monde de recherche meilleur, à Port St.Lucy, en Floride.Le soleil y est plus chaud qu’à Montréal, certes, mais à l’ombre de ses laboratoires, le chercheur y doublera son enveloppe de recherche.Adieu, Université de Montréal.Cette sortie de piste survient au moment où, sur la scène fédérale, le gouvernement de Stephen Harper est accusé d’indifférence pour ses compressions en recherche, une attitude qui contraste vivement avec les Etats-Unis de Barack Obama, où l’on déploie les milliards plutôt que de multiplier les discours creux.Au Québec, les universités peinent à équilibrer leur budget — l’Université de Montréal fléchit sous le poids d'un déficit cumulé de.153 millions, un véritable frein à son déploiement.La crise économique n’annonce aucune embellie.Dans la cour d’à côté, l’Ontario de Dalton McGuinty a choisi d’investir massivement dans la recherche.Pour éviter d’être doublé sur son propre terrain, ce gouvernement a annoncé hier la création d’un fonds de 100 millions spécifiquement destiné à attirer et à retenir les meilleurs chercheurs en génomique, un autre domaine de pointe.Bien sûr, les stars ne courent pas les couloirs des universités.Mais dans des sphères comme la santé, la concurrence n’est pas une invention de l’esprit.Peut-on blâmer M.Sékaly d’avoir enfin succombé à la sollicitation internationale?Non.L’UdeM, incapable de retenir sa vedette, perd toutefois beaucoup plus qu’une seule personnalité.Le Centre de recherche du CHUM où il travaille se vide avec lui de 25 de ses 40 chercheurs.Un vrai cratère! Combien de membres de cette équipe avaient été formés par le Québec, qui fondait en eux de réels espoirs?Cette saignée illustre le fait que l’exode des cerveaux n’est pas qu’affaire de salaires, ni non plus de langue.Convoité par les meilleurs, le chercheur rêve d’un environnement de recherche idéal, de labos équipés, d’un soutien exemplaire pour l’équipe parfaite, de l’assurance d’une pérennité des fonds, d’une formule «tout inclus» quoi, qu’on ne pouvait plus, ici-bas, garantir.Pendant que cette nouvelle tournât sur fond de commotion, un nouveau conseil fédéral — le Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation — publiait hier un premier rapport sur l’innovation.L’organisme indépendant, censé conseiller le gouvernement Harper, démarre bien mollement sa carrière: même si le contexte est aux compressions, il ne souffle pas un mot de la rareté des ressources, se contentant de dire qu’il est temps de «passer à la vitesse supérieure».Interrogée par les journalistes, la principale de McGill, Heather Munroe-Blum, membre de ce conseil et également à la tête de la Conférence des recteurs du Québec, a indiqué hier que mieux valait ne pas «politiser le débat sur la science et la technologie».Erreur: l’occasion était belle de secouer les puces de ce gouvernement qui, pour «passer à la vitesse supérieure», a besoin de comprendre que d’autres avant lui manifestent un zèle et un empressement que bientôt, il sera simplement impossible d’égaler.machouinard@ledevoir.corn Marie-Andrée Chouinard LE CONFLIT AU PAKISTAN La poudrière epuis une semaine, il ne se passe pas une journée sans que des dizaines de milliers de Pakistanais quittent leur maison, leur village, leur ville de la vallée de Swat.Ils plient bagages pour fuir les diktats islamistes imposés par les talibans et pour échapper au conflit annoncé entre ces derniers et l’armée pakistanaise.Cet exode confirme, comme si besoin était, que l’accord de paix signé en février dernier entre les autorités gouvernementales et des chefs des talibans en ce qui a trait à l’administration de la vallée n’a plus de valeur.Bref, d’une guerre plus ou moins larvée on évolue vers une guerre plus frontale.L’enjeu?Le contrôle du Pakistan.Rien de moins.Annonciateur de lendemains évidemment plus sanglants, le tournant observé ces jours-ci a une double explication.Du côté des talibans, les dirigeants ont affiché leur mépris le plus total pour l’entente, ou plus exactement leur volonté de maintenir le rythme de leur montée en puissance en l’élargissant aux provinces situées à la périphérie de la vallée.De l’autre côté, la colère manifestée par une majorité de Pakistanais à la suite de la diffusion d’une vidéo montrant la flagellation d’une gamine et les pressions du gouvernement sur le véritable centre de pouvoir, l'armée, a eu raison des réserves de cette dernière.A cela, il faut greffer les pressions exercées par Washington.Au cours de la dernière quinzaine du président Barack Obama, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, en passant par le patron dp Conseil national de sécurité et le chef des Etats-majors, chacun a exprimé sa vive inquiétude, que le propos suivant de Clinton résume bien: «Je pense que le gouvernement pakistanais a abdiqué en faveur des talibans et des autres extrémistes.» Toujours est-il que les discussions entre Islamabad et Washington ont fini par mettre entre parenthèses l’obsession première de l’armée: l’Inde.En un mot, jusqu’à tout récemment les gradés pakistanais observaient encore et toujours les plans conçus pour combattre l’ennemi historique et cultivaient une indifférence certaine pour les coups montés par les talibans.D’autant qu’au sein de l’armée, les officiers ont une appréciation différente de la situation.Tout d'abord, ils n’ont aucune empathie pour la lutte que mène le président afghan Hamid Karzaï contre les talibans qu’ils jugent trop indulgent, trop sensible à l’influence indienne.Il est exact qu’entre Kaboul et New Delhi, les relations ont rarement été aussi cordiales qu’actuellement.Peut-être faut-il préciser qu’au sein du gouvernement Karzaï, une majorité de ministres estime que le Pakistan étant une création artificielle en plus d’être un chef-lieu du terrorisme, ce pays n’a pas de raison d’être.Qui plus est, les services secrets pakistanais de l’ISI, qui fut un des principaux acteurs de la création des talibans dans les années 1980, ont la certitude que si Karzaï se maintient au pouvoir une fois les contingents américains et de l’OTAN partis, il renforcera ses liens avec l’Inde pour mieux étouffer le Pakistan.Autant dire que les généraux pakistanais et les patrons du renseignement souhaitent un renversement de Karzaï au profit, naturellement, des talibans.A bien y penser, ce dossier présente de plus en plus les stigmates de la quadrature du cercle.Serge Tri kfaijt LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA US lO JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur arüsüque CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND LETTRES Une chasse aux sorcières, vraiment?La p.-d.g.de la Fédération des chambres de commerce du Québec trouve inadmissibles les attaques contre les FIER.Ce n’est pas parce que le Parti québécois était contre les FIER que cela absout les responsables de dérapages dans ce programme.Des fonds destinés au Saguenay ont été détournés vers la métropole; d’autres ont servi à financer des projets hors Québec.Ce ne sont pas des perceptions, mais bel et bien des faits.Le gouvernement Charest a été ébranlé par ces révélations et surtout le ministre Raymond Bachand.Dans ce dossier, personne n’a attaqué les gens d’affaires, mais plutôt les magouilles orchestrées par des gens proches du pouvoir.Madame Bertrand défend l’indéfendable.Le FIER obtient peut-être 90 % de succès, mais ce n’est pas une raison pour ne pas décrier les 10 % de malversations qui ont eu lieu.La chasse aux sorcières dont parle Mme Bertrand dans sa lettre n’est pas visible.Marc Tremblay Québec, le 5 mai 2009 Un scandale politico-financier Les révélations concernant le dossier des FIER sont troublantes.Les liens entre le PLQ et les entrepreneurs qui ont reçu des millions de dollars en contrats laissent perplexes.Alors que le ministre Bachand se défendait bec et ongles jeudi pour la gestion des FIER, voilà que celui-ci est devenu étrangement calme vendredi matin devant les nouvelles révélations incriminantes.Et il en a été de même pour le président d’investissement Québec.Le gouvernement Charest croyait-il pouvoir se tirer aussi facilement de ces manœuvres bassement partisanes et indignes d’une saine démocratie à l’aube des années 2000?Alors que l’opposition à Québec évoque jour après jour de nouveaux scandales, le gouvernement du Québec doit immédiatement saisir du dossier le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, afin de faire toute la lumière sur cette sordide histoire quant à l’utilisation des fonds publics des FIER.Le gouvernement Charest est responsable de ce monumental cafouillage, qui ressemble de plus en plus à une histoire de magouille politico-financière.Alors que celui-ci cherche à se cacher, le premier ministre, Jean Charest, ne peut continuellement chercher à manipuler l’opinion publique en jouant avec les règles d’éthique qui régissent le comportement des membres de son conseil des ministres.Plus que jamais, le comportement frivole et irrespectueux de ce gouvernement à l’égard de la population frise l’arrogance et le mépris.Simon Bissonnette Québec, le 2 mai 2009 Le formidable optimisme de l’électeur En mélangeant, au sujet de Michael Ignatieff, les savoureuses caricatures de monsieur Garnotte, la chronique de Michel David et l’éditorial de monsieur Jean-Robert Sansfaçon d’hier, ainsi que des informations glanées à gauche et à droite, un portrait de ce chef de parti commence à se préciser pour la simple électrice.Il s’agit d’une sorte de réincarnation de Pierre Elliot Trudeau, un intellectuel à la pensée agile sous le charme duquel plusieurs risquent de tomber et qui parvient aisément à «concilier les contraires» dans l’abstrait.Mais, «c’est une tout autre affaire dans la réalité des faits» et Ignatieff n’a jamais vraiment précisé quels pouvoirs il reconnaîtrait à la nation québécoise.Son discours fait germer une pomme de discorde au sujet du savoir et pour le PLC, nommer à sa tête un professeur d’université ne suffira pas pour «retrouver la virginité perdue» et faire oublier aux Québécois «la vieille clique libérale du Québec, hargneuse et pourrie jusqu’à l’os».Mais le malheur est que l’électeur a besoin de croire et veut voir en d’horribles crapauds son prince charmant, il espère que cette nouvelle apparition ne soit pas un mirage.Il me semble qu’il y aurait mieux à faire de ce formidable optimisme que de continuellement le tromper.France Marcotte Le 5 mai 2009 L’éthique asymétrique Le gouvernement Charest propose maintenant que les ministres soient assujettis à un cadre éthique ajustable selon le cas.Il y a pour ainsi dire une asyrpétrie dans le traitement des hommes d’Etat.Certains seraient portés à penser qu’ici «l’occasion fait le larron» ou encore que «la fin justifie les moyens».Pour ma part, je préfère les mots de Groucho Marx: «Voici mes principes! Si tu ne les aimes pas, j’en ai d’autres!» Laurent Jodoin Le 5 mai 2009 LIBRE OPINION Pub- choc ou panneau porno ?ANNE-MARIE ÉGRÉ Montréal Ce matin-là, la future maman d’un petit garçon et belle-mère d’une préado que je suis avait décidé de partir plus tôt pour pouvoir admirer les arbres bourgeonnants et respirer l’air printanier.Pour me rendre à mon lieu de travail, il me faut traverser le parc Ui Fontaine, à Montréal: j’étais ravie à l’avance de pouvoir profiter de cette renaissance annuelle à travers le discret vert tendre qui se montrait le bout du nez et la folie des vélos qui recommençait.Arrivée au coin des rues du Parc-Lafontaine et Duluth, le sourire aux lèvres, je déchantai: le spectacle verdoyant fut brutalement remplacé par un panneau publicitaire sur le flanc d’une camionnette.Il s’agissait d’une pub d’American Apparel, avec son paradis des jeunes printemps désincarnés.Toutes les techniques de méditation apprises au fil des ans ne m’ont pas permis de retrouver la légèreté de cœur qui m’habitait pourtant ce matin-là.Cette fois, ça allait trop loin: sur la publicité, la jeune personne — une très jeune fille, plus précisément — trônait à quatre pattes, une blouse retroussée au-dessus de ses fesses nues et un vague crochet venant du plafond semblant la retenir.J’ose le dire: l’omniprésence d’une sexualité débridée me fait douter de l’équilibre mental de notre société! Qu’on me comprenne bien: il ne s’agit là ni de puritanisme ni d’un excès de pudeur.Je suis tout à fait prête à accepter une forme de sensualité illustrée dans les médias, bien que je trouve que cela manque trop souvent d’originalité et de nuance.Je crains cependant que l’on ne soit plus capables de faire la distinction entre sensualité, érotisme et pornographie.J’ajouterais qu’on nous soûle presque exclusivement de très, très jeunes filles «subtilement» consentantes à une forme ou une autre d’humiliation.Iji présence d’une sexualité aux allures perverses ne se limite pas aux panneaux publicitaires.Elle est présente dans les kiosques à revues, les vidéos des chanteurs et chanteuses pop, la mode, les émissions télé, les films, les vitrines de magasins et de bars.et j’en passe.Sans oublier le Web, source intarissable des joies de l’humiliation sexuelle! Cette omniprésence du sexe a-t-elle une influence sur le commun des mortels?Dans un tel contexte de banalisation de la sexualité où la femme a malheureusement le mauvais rôle, il est difficile de se rappeler que nous avons encore le choix d’une sensualité ou d’un érotisme qui s’exprime et se satisfait dans un rapport respectueux et égalitaire.Cette personne qui consomme de la porno, et de manière de plus en plus involontaire, comment vit-elle son quotidien?Quel regard jette-t-elle sur sa collègue, une femme politique ou une passante dans la rue?Et comment peut-on protéger notre propre intimité et s’y retrouver dans nos désirs?Ce qui effraie aussi, c’est ce qu’absorbent les enfants, les garçons comme les filles.Qu’apprennent-ils?Grandissent-ils avec l’idée de soumettre leurs petites amies d’un côté ou de s’humilier pour plaire de l’autre?«Faire l’amour» semble être un concept dépassé.Pour en revenir à l’adolescente d’American Apparel qui m’a fait verdir d’horreur, non seulement l’affiche avait des allures de pornographie de bas étage, mais je ne donnais pas 18 ans à cette petite.Souffre-t-on de schizophrénie?D'un côté, c'est la chasse aux loups, les pédophiles, et de l’autre, on excite nos hormones printanières à coups de prépubères! Réagissons! Quand donc le monde de la publicité va-t-il se réveiller?Femmes si présentes dans le monde des médias, où êtes-vous?Et vous, les hommes, j’ose espérer que vous en avez marre d’être dépeints ou interpellés comme des prédateurs tordus et irrespectueux.Qu’est-ce qui nous fait gober et endosser ces abus dans un silence passif? L E l> E V (HR, I.E \\ E H ( H E I) I (i M A I 2 (I 0 «I A !) IDEES Alerte à la grippe A (H1N1) La mise en quarantaine et l’intérêt public LAURENCE M O N N AIS Professeure agrégée au département d’histoire et au Centre d’études de l’Asie de l’Est de l’Université de Montréal et titulaire de la chaire de recherche du Canada sur le pluralisme en santé DAVID OWNBY Professeur titulaire au département d’histoire et directeur du Centre d’études de l’Asie de l’Est de l’Université de Montréal a Chine déteste-t-elle le Canada comme certains journalistes ont voulu nous le faire dire à plusieurs reprises durant la journée d’hier?La mise en quarantaine de 22 étudiants du Centre d’études de l’Asie de l’Est de l’Université de Montréal — ainsi que de cinq autres étudiants québécois — partis pour un séjour linguistique dans la province de Jilin s’inscrit-elle dans des relations sino-canadiennes particulièrement tendues?Non.Oui, bien sûr, à l’heure où les porcs albertains sont interdits d’entrée dans l’Empire du Milieu, on peut légitimement s’interroger.Mais la bonne question est ailleurs: cette mesure est-elle une mesure appropriée, justifiable dans le contexte de la pandémie de grippe qu’on nous annonce depuis déjà quelques jours?Il est difficile de répondre par oui ou par non.Mais la réponse, quelle qu’elle soit, mérite que l’on contextualise la décision qui a été prise.Mesure sanitaire Il faut d’abord rappeler que la quarantaine est une mesure sanitaire, préventive, qui est la seule qui puisse véritablement fonctionner pour lutter contre la diffusion d’un virus comme le A (H1N1).Le virus est nouveau, aucune mesure proprement médicale — on pense en particulier à la vaccination — ne peut y répondre.Du moins pour l’instant.Même s’il s’agit d’une pratique lourdement connotée, historiquement empreinte de rapports de force difficiles, outil répété de contrôle et de discrimination, il faut là encore se départir de réactions «à chaud».En fait, cette décision prise par les autorités de la province de Jilin est une décision parfaitement explicable; une décision qui peut même être considérée comme coipplètement justifiable par ceux qui l’ont prise.Evoquons deux raisons principales à cette légitimité: la première concerne des expériences passées, au premier chef desquelles l’expérience douloureuse du SRAS.De fait, la Chine, comme le Canada d’ailleurs, ont en 2003 dû faire face non seulement à un nombre élevé de morts dans un contexte épidémique et global inattendu; les deux pays ont dû aussi rendre des comptes sur un système de santé et une gestion de ce système qui s’étaient avérés défaillants.La Chine a eu à subir, en outre, et de façon quasi cumulative, les critiques internationales dans sa gestion d’autres problèmes de santé publique graves (grippe aviaire, scandale du lait contaminé).Il n’est donc plus question pour elle de faire mauvaise figure à cet égard; il lui faut montrer plus que de la bonne volonté.Il lui faut agir vite, bien, de façon appuyée et d’abord visible aux yeux du monde.Décision administrative La seconde raison est à imputer cette fois au niveau local, très local, aux autorités provinciales de Jilin, donc aux individus qui ont pris la décision de mettre à l’écart les étudiants — après avoir consulté, débattu probablement pendant plusieurs heures.H s’agit en effet d’une décision administrative, à laquelle ont participé des représentants de l’Etat.Des administrateurs qui doivent, à leur échelle, compter avec leurs concitoyens, prendre des mesures parfois rigoureuses, voire exagérées — rappelons que les étudiants n'ont montré aucun symptôme de la grippe porcine à leur arrivée; aucun d’entre eux n’a déclaré la maladie dans les 48 dernières heures, et pourtant, ils sont toujours isolés et devraient le rester encore plusieurs jours — pour leur plaire et d’abord canaliser la peur de la contagion.Un risque construit et entretenu collectivement, résultat lui aussi de ces expériences passées que l’on a évoquées.En même temps, mettre en quarantaine un petit groupe d’étudiants, si elle est donc une mesure hautement et doublement politique, ne résout absolument rien en matière de santé publique; elle LUI J IN AFP n’est aucunement une barrière efficace à la diffusion du virus A (H1N1).Ces étudiants ne sont pas les seuls à avoir été confinés dans un espace surveillé dans les 72 dernières heures, certes, mais la mise à l’écart ne concerne à l’heure actuelle qu’une infime proportion des étrangers qui entrent sur le sol chinois chaque jour — et c’est sans compter sur la contamination qui pourrait venir des Chinois eux-mêmes, notamment des Chinois qui travaillent à l’hôtel où sont logés les étudiants, qui se promènent sans masque, et qui, on le présume, rencontrent d’autres Chinois ça et là.D est d’ailleurs éloquent de constater que ce n’est pas à l’aéroport de Beijing que ces étudiants ont été interceptés, mais bien quand ils sont arrivés à leur destination finale.Mesure pragmatique Cette quarantaine est une mesure pragmatique dans le sens où elle s’est faite là où elle pouvait se faire sans créer de psychose, tout en répondant à des attentes publiques.De plus, elle ne mobilise pas des ressources humaines, financières et des infrastructures qui ne sont pas forcément disponibles.Aux toutes dernières nouvelles, nos étudiants vont très bien et seront libérés dans cinq jours au lieu de sept; ils profiteraient de leurs vacances forcées sans se plaindre du fait qu’on prenne leur température plusieurs fois par jour.Leur accès à Internet leur permettra sous peu, si ce n’est déjà frit, de proposer leur propre vision de cette mesure d'intérêt public.De l’intérieur.C’est à suivre.Il était une fois une méchante grippe.JOHANNE COLLIN ET DAVID HUGHES Respectivement professeure titulaire et agent de recherche santé et médias au groupe de recherche Méos de la faculté de pharmacie de l'Université de Montréal ir^ -.ans un article de l’édition du samedi 2 et D dimanche 3 mai du Devoir, le journaliste Louis-Gilles Francœur pose la question suivante: «Comment expliquer que nos médias semblent avoir été atteints depuis -une semaine beaucoup plus sévèrement par l’influenza A (PUNI) que la population canadienne [.]?» Nous souhaitons apporter des éléments de réponse complémentaires tirés de la sociologie de la santé et des études des médias.Le Devoir rappelle d’abord qu’il y a une disproportion entre l’importance d’un risque pour la santé et son poids médiatique.[.] En effet, plusieurs études ont relevé de telles disproportions.Par exemple, en 2007 au Québec, le VIH/SIDA occupait 26,69 % de l’espace médiatique consacré aux maladies alors qu’il arrivait au 22' rang des causes morbides de mortalité.En comparaison, les maladies du cœur et cérébrovasculrires, première et troisième causes de mortalité, occupaient seulement 10,80 % du paysage médiatique.Les maladies cardiovasculaires étaient suivies de près par le cancer du sein (8,75 %), qui causait pourtant cinq fois moins de décès qu’elles.Valeur médiatique Ainsi, d’autres critères que la prévalence interviennent lorsqu’il s’agit de sélectionner les phénomènes de santé qui se retrouveront dans les journaux.De nombreuses études des contenus médiatiques ont déterminé les caractéris- tiques que doit posséder un phénomène pour avoir une certaine valeur médiatique.Dans Le Devoir, on pointe le caractère involontaire de l’exposition au risque comme principale caractéristique conférant une valeur médiatique à l’influenza A (H1N1).[.] Nous ajouterions l’imprévisibilité, un facteur sans aucun doute déterminant dans le cas qui nous occupe.Il y a aussi la résonance culturelle de la grippe porcine avec des phénomènes présents dans l’imaginaire collectif et qui se sont avérés catastrophiques.[.] Sensationnalisme Une autre cause de la surmédiatisation de la grippe A (HINI) est quelle se prête bien à une couverture sensationnaliste.[.] Selon le sociologue Clive Seale, auteur d’un livre majeur intitulé Media and Health, les contenus médiatiques sur la santé et la maladie ne servent pas uniquement à informer, mais aussi à expier les angoisses des individus dans les sociétés modernes avancées.Il faut comprendre les contenus médiatiques comme des contes, avec les mêmes éléments, la même structure narrative de base et une fonction cathartique similaire.Ces structures sont constituées d’oppositions qui se succèdent pour générer une tension dramatique et des émotions chez le récepteur, puis un dénouement réconfortant et sécurisant.Pour certains lecteurs, les histoires médiatiques dramatiques procurent du plaisir en répondant au besoin de flirter avec le risque, sans les inconvénients de la prise de risque réelle.r Eléments d’un récit Dans sa forme la plus simple, un conte com- mence par un ordre initial; puis un élément maléfique (l’agent pathogène, la maladie) vient perturber l’équilibre, faisant au passage des victimes (les malades).L’ordre est par la suite rétabli par l’intervention d’un élément bénéfique, souvent magique ou héroïque (le médecin, les médicaments, les vaccins).Chaque article particulier ne peut contenir tous les éléments narratifs fondamentaux.Cependant, le paysage médiatique pris comme un tout réunit l’ensemble des oppositions présentes dans un récit.Le lecteur en présence d’un de ces fragments peut remplir les trous, reconstruire la trame complète à partir du stock de connaissances qui lui vient de la culture médiatique.[.] Le médicament ou le vaccin devient «miraculeux», le chercheur, un «pionnier» et les découvertes, de véritables «révolutions scientifiques».On privilégie les victimes innocentes et vulnérables, dont l’idéal type est l’enfant malade.On met l’accent sur la gravité, l’ampleur (épidémie), l’incompréhensibilité et l’imprévisibilité de la maladie.Plus les contrastes sont importants, plus la tension est forte, plus l’expérience est cathartique ou divertissante.La grippe A (HtNI) possède toutes les qualités requises pour jouer le rôle du «méchant» dans une histoire médiatique de santé.Dans plusieurs de ces histoires, le vaccin joue le rôle du sauveur tant attendu.La production des contenus médiatiques est un processus complexe et multifactoriel.Les événements qui feront la nouvelle ne sont pas nécessairement les plus importants.Involontaire, incontrôlable, imprévisible, potentiellement épidémique, l’influenza A (HINI) a tout pour prendre une place importante dans le paysage médiatique.Partenariat économique Canada-Union européenne Une chance à saisir DENIS SAINT MARTIN Directeur du Centre d’excellence sur l’Union européenne de l’Université de Montréal et l’Université McGill r.e vote fait plus tôt cette semaine par Lie Parlement européen pour la fermeture des marchés de peaux de phoques du Canada risque d’assombrir le sommet Canada-Union euro-==J péenne qui doit prendre place aujourd'hui à Prague.Ce sommet sera l’occasion de lancer le début des négociations d’un accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne (UE).L’Europe est le deuxième partenaire commercial en importance du Canada.En 2008, les échanges de biens et services entre l’UE et le Canada ont dépassé les 112 milliards de dollars canadiens et le montant des investissements s’est élevé à près de 420 milliards.On estime à environ 30 milliards les gains que produirait un partenariat économique plus étroit entre l’UE et le Canada.Le rôle clé du Québec Le gouvernement québécois a joué un rôle de premier plan dans le développement de ce projet de partenariat économique.Le Québec a non seulement utilisé sa position au sein du Conseil de la fédération pour forger des alliances provinciales autour d’un éventuel accord de libre-échange avec l’Europe, mais il a aussi su exploiter sa relation privilégiée avec la France et profiter de la présidence française de l’UE l’automne dernier pour s’assurer que le dossier ne disparaisse pas de l’écran radar européen.Car malgré des échanges commerciaux importants, il reste que dans ce projet, le Québec et le Canada sont des demandeurs pour l’UE.C’est nous qui portons le fardeau de la preuve.Si l’Europe est notre plps important partenaire économique après les Etats-Unis, le Canada de son côté arrive seulement au 1T rang, loin derrière la Russie et la Chine, et au même niveau que l’Inde.Si ces chiffres suggèrent que l’Europe ne partage peut-être pas le même intérêt que le Canada pour une libéralisation plus poussée des échanges, l’échec des négociations multilatérales du cycle de Doha, de même que la volonté actuelle de combattre la montée du sentiment protectionniste, produisent néanmoins un contexte plus favorable à la conclusion d’une entente bilatérale.Une entente nouvelle Ce qui rend particulièrement novatrice l’idée d’un partenariat économique plus étroit entre le Canada et l’UE est que l’Europe n’a encore jamais conclu une entente de ce type avec un pays riche comme le Canada.Presque toutes les ententes de libre-échange de l’UE ont été conclues avec des pays en voie de développement.Si la libéralisation des échanges avec des pays plus pauvres ou avec de^ marchés moins régulés, comme celui des Etats-Unis, fait toujours craindre à l’électorat une forme de «course vers le bas» conduisant inévitablement à l’érosion des protections sociales et environnementales, une entente Canada-UE pourrait ouvrir la voie à une forme nouvelle de partenariat économique.Une forme de libéralisation économique plus sociale, équitable et plus verte.Comme en font foi leurs niveaux de dépenses sociales, le Canada et l'UE partagent des valeurs de solidarité, de redistribution et d’égalité des chances globalement différentes de celles des Etats-Unis.Ils partagent aussi une vision du monde comparable, multipolaire, davantage axée sur le soft power et le recours au droit international plutôt que sur la simple force militaire pour résoudre les conflits.Profiter de notre capacité d’initiative Pour toutes ces raisons, un partenariat économique qui serait plus large que le libre-échange traditionnel, qui envisagerait des collaborations plus poussées quant à l’environnement et aux technologies vertes, de l’éducation, de la recherche scientifique et de la mobilité professionnelle, pourrait être politiquement plus facile à vendre aux électeurs canadiens et européens.La mondialisation a de plus en plus mauvaise presse.Mais avec leurs valeurs communes, le Canada et l’UE ont l’occasion de renverser cette tendance et atténuer les replis protectionnistes et identitaires.En faisant preuve de leadership, ils peuvent relégitimer le commerce mondial en lui donnant un visage «plus humain».Il ne faut cependant pas perdre de temps.Durant la campagne présidentielle américaine, le candidat Obama s’est dit intéressé à l’idée d’un libre-échange avec l'UE.De tels appels sont susceptibles de résonner fortement du côté européen, pressé de reconstruire les rapports transatlantiques fragilisés par l’administration Bush.Si les Américains nous dament le pion auprès de l’UE, nous perdrons notre capacité d’initiative et d’innovation.Nous devrons alors pous adapter à une entente négociée par les Etats-Unis qui risque de nous être moins favorable.L’ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information gf-nf-mlo ot métropolitaine : ( .éraltl Dallaire (adjoint au directeur de l'infiirmation>.Marie-Andrée Cliouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Stéphane ISailInrKeon (général), Clairantlrée Cauchy (éducatitm) Jeanne Corriveatt (affaires municipales) Fabien Degiisc (enHsninmatiunl.Jem Dion (sparts), Umis-Oilles l-fanoeur (emmmnemmt), Pauline Gravel (sdemes), Bilan Myles (justice et ftiits dt société).Inulse-Maude Rioux Som-y (santé), Alexandre Shields (général), llùliitpe Papineau (pupitre> Information |»IMque Michel David (chnmiqueur)’ Hclcne Huzzetli el Alee t astonguay (carrespomtants parlementaires à Ottawa).Antoine Robitaille et Robert Dntrisne (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen lévesque (reporter) ; information eullttrelle Miehel Uélalr (théâtre et cahier Culture)’ Giiillaiitne HouiKanlt-t'hté treporterl, Paul Cauchnn (médias), Frédérique Dnyon (reporter).Caroline Montpetit (limes), Isabelle Paré (reporter).Odile Tremblay (cinema).Paul Pennell (pupitre cahiers spéciaux cl culturels du weekend) lulie Carpentier (pupitre) ¦ information économique Gérard Hérnbé (adjoint an directeur de Vinfirrmation).Francois Desjardins (reparler).Fric Drsroslers (reporter).Claude Turcutlc (reporter), Dominique Reny (pupitre) .information internationale Guy Talllefer (adjoint au directeur de l'information) Serge Truffant (éditorialiste).Claude Icvesque (reporter).Jeint-Plerre tcKault (pupitre international, page éditoriale et rallier fferspretim) : Diane Preruurt (responsable des pages thématiques) ; .Iniques Grenier et laïques Nadeau (photographes) : Michel Garneau (caricaturiste) ' Michéle Malenfant et Christine Duma/.rl (correctrices) ; Benoit Manger /responsable du site Internet).Emilie l ulie-Hnlvin et Vincent Cauchy (commis Internet) ; Amélie Gautlreau (secrétaire ,) la rédaction), lean-Jacques Coulomb.- et Étienne Plamondon-Kmond (commis A la rédaction) DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur).Manon Dermite (Montréal).Olivier Spéciel (Québec), Monique Ithérer (Ottawa).PUHI.IC'ITÉ Julie Chretien (directrice adjointe), Amélie Bessette, Jean de Billy, Jetmifet Boilv Demers, lean Francois Bossé, Manon Boitard Mariènr Côté.Richard Dmiangmnla.Amélie Maltais.Claire Paquet, Flyssa Portier.Chantal Rainville.Isabelle Sanchez.Nadia Sellai (publicitaires).Sylvie Inpnrle.Martine Béruhé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Olivier Zuida (directeur adjoint) Michel Bernatchez.Danielle Canlara, Kirhnrd Des Cormiers.Donald Fillon.Yamiirk Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQFF Yniiiek Martel (administrateur HW,).Hansel Matthews (technicien infitrmatiqur).PROMOTION, DISTRIBUTION FT TIRAGF' Caroline Simard tresponsable seriner A la clientèle).Nancy Beaulieu.Manon Blanchctle, Nathalie Fillon, Marie-Lune Houde-Brlsebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (ronlrAleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Monique Protean, Danielle Ross.> ¦ Cl I i A 10 I K I) E V OIK, l K M E li ( li E I) I (i M Al 2 0 0 ft ACTUALITES CLEMENT « Où est la stratégie de ce gouvernement pour empêcher le départ de nos meilleurs scientifiques?» demande Michael Ignatieff SUITE DE LA PAGE 1 qui agite la communauté des chercheurs depuis des semaines.Les compressions à l’Observatoire du Mont-Mégantic — que le ministre Christian Paradis a promis d’annuler — ont lancé le bal.Une lettre signée par plus de 2000 chercheurs a ensuite été envoyée au premier ministre pour se plaindre des compressions plus importantes, qui oscillent entre 150 et 162 millions de dollars, dans les quatre grands organismes subventionnaires fédéraux (CRSNG, CNRC, CRSH et IRSC).Le Parti libéral a ouvert la période de questions aux Communes sur le cas de Rafïck Pierre Sékaly.«Une sommité mondiale sur le sida quitte l’Université de Montréal pour les États-Unis.Le D Sékaly dit espérer que son départ sonne l’alarme.[.] Où est la stratégie de ce gouvernement pour empêcher le départ de nos meilleurs scientifiques?» a demandé le chef libéral, Michael Ignatieff.En l’absence du premier ministre, en voyage en République tchèque pour le sommet Çanada-Union européenne, c’est le ministre d’Etat à la Science et à la Technologie, Gary Goodyear, qui a donné la réplique.«Le gouvernement conservateur a investi 94 millions de dollars cette année dans la recherche sur le VIH/SIDA.On a également promis 111 millions de dollars à la Fondation Bill et Melinda Gates sur le VIH-SIDA.Et je peux vous dire que les fonds pour ce chercheur n’ont pas été coupés», a dit M.Goodyear.Les députés du Parti libéral ont été particulièrement incisifs dans leurs questions hier.Tout en faisant référence au départ de Rafick Pierre Sékaly, la députée libérale Siobhan Coady a demandé au ministre Tony Clement s’il s’attendait à d’autres départs semblables dans la communauté scientifique, étant donné que le président Obama vient d’annoncer un investissement de 10 milliards de dollars dans la recherche aux États-Unis.«Les États-Unis investissent 2,6 % de leur PIB dans la recherche et le développement, et Obama a annoncé son intention d’amener le financement à 3% du PIB.Au Canada, on dépense 1,9 % de notre PIB dans la recherche.Comment on va faire pour maintenir une position compétitive?» a demandé Siobhan Coady.Tony Clement a soutenu que «plusieurs chercheurs adorent travailler au Canada» et qu’il ne faut pas généraliser un cas isolé.«C’est toujours dommage de voir quelqu’un partir, mais il faut aussi savoir que plusieurs chercheurs canadiens font l’envie du monde entier», a dit le ministre.Selon Tony Clement, penser que le gouvernement conservateur n’encourage pas la science est une «mauvaise impression» qui ne repose sur «aucun fait».«J’ai parcouru le pays, j’ai parlé avec des chercheurs et des dirigeants d’universités.Ils ont tous dit que notre gouvernement faisait un bon travail.Ils nous ont dit de ne pas écouter les oiseaux de malheur qui disent qu’on ne peut pas être parmi les meilleurs au monde», a-t-il dit en comité parlementaire.«Est-ce que plus de 2000 chercheurs ont une mauvaise impression?» a répliqué la libérale Siobhan Coady, en faisant référence à la lettre des scientifiques.«Ce n’est pas la réalité», a répété Tony Clement Le ministre a soutenu que la révision des programmes qui a mené aux compressions de 150 à 162 millions de dollars dans les grands organismes de recherche publics était nécessaire.«Il faut toujours être responsable avec l’argent des contribuables et s’assurer que tout est bien dépensé», a-t-il dit, ajoutant que plusieurs ministères doivent régulièrement revoir leurs dépenses.Tony Clement a soutenu, comme c’est le cas depuis le début des remous dans ce dossier, que le gouvernement s’est engagé à investir 5,1 milliards de dollars sur deux ans dans la science et la recherche.La majeure partie de cette somme est toutefois destinée aux infrastructures des laboratoires, et non pas au fonds de roulement pour la recherche.Un rapport muet sur le débat Un rapport du Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation (CSTl) rendu public hier montre d'ailleurs que le Canada est au milieu du peloton des 30 pays de l’OCDE en matière de recherche et développement Le comité, formé de 18 personnalités du monde de la recherche, demande au gouvernement de redoubler d’ardeur.«Le Canada s'améliore, mais d'autres pays le font plus rapidement que lui.Le Canada se place en milieu de peloton et affiche de solides résultats, mais étant donné l’importance de l’innovation pour notre avenir, ce n'est pas suffisant», a affirmé Howard Alper, président du CSTL Ce comité a le mandat de conseiller le gouvernement.Aucun des quatre membres du comité présents hier à la conférence de presse n’a souhaité commenter le débat sur les investissements du fédéral.Le rapport n’en fait d’ailleurs pas mention.«On ne peut pas se permettre de politiser le débat», a dit Heather Munroe Blum, la principale de l’Université McGill, qui a préféré parler des conditions favorables à la recherche à long terme.Le Devoir PHOQUE SUITE DE LA PAGE 1 (oméga 3).Pour le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, il ne fait pas le moindre doute que la chasse aux phoques est une pratique «répugnante».Le rapporteur britannique, Diana Wallis, a néanmoins admis que cette décision pourrait nuire au développement des communautés inuites.La décision prise hier ne souffre que trois exceptions.La première concerne les chasses traditionnelles des Inuits et autres «populations indigènes» qui pourront vendre certains produits.Mais ce sera à petite échelle puisque la dérogation ne concerne que les «chasses de subsistance», explique Cezary Le-wanowicz.Le Parlement a pris soin d’éviter le mot «autochtone» afin d’exclure les populations, comme celle des Des de la Madeleine, qui jugent que cette chasse fait aussi partie de leur culture.Seront aussi exemptées les chasses aux phoques qui se pratiquent en Suède, en Finlande et en Écosse et qui visent essentiellement à préserver les stocks de poissons.Mais leur produit ne pourra être vendu que localement et de façon non commerciale.La Commission européenne sera chargée d’établir des quotas.Enfin, un individu pourra occasionnellement importer des produits dérivés du phoque pour son usage personnel.Bardot «sur un petit nuage» Les organisations animalistes se sont réjouies de cette victoire qui couronne' 30 ans d’intenses campagnes médiatiques.«C’est une victoire sur la barbarie», selon Christophe Marie de la Fondation Brigitte Bardot L’ancienne vedette de cinéma, qui fut la première d’une longue liste de stars à venir poser sur les glaces de l'estuaire du Saint-Laurent a déclaré à l’As-sociated Press qu’elle était «sur un petit nuage».«Le.vote d’aujourd’hui au Parlement européen marque une victoire historique», a déclaré Mark Glover, directeur britannique d’Humane Society International.Cette décision devrait dit-il «permettre à des millions de phoques d’échapper à un destin horrible».L’organisation a fait circuler à Strasbourg plusieurs sondages indiquant qu’une majorité de Canadiens étaient aussi opposés à cette chasse saisonnière.La décision du Parlement intervient après que neuf États membres, dont les Pays-Bas, l’Allemagne et la Belgique, eurent adopté des résolutions semblables.Le consensus européen a été arraché il y a quelques semaines grâce à un compromis négocié avec la Suède, la Finlande et le Royaume-Uni.DÉSINFORMATION SUITE DE LA PAGE 1 tète, à l’époque pas si lointaine de la guerre froide.A l’heure où les rumeurs les plus folles circulent sur les origines de la grippe A (HINI) ou l’implication des Américains dans les attentats du 11 septembre 2001, les enseignements du Dr Bo-ghardt ont l’effet d’une thérapie par électrochocs.En effet, les stratégiesdéployées jadis par le KGB pour déstabiliser les États-Unis semblent encore populaires, non seulement dans la Russie «libre» de Vladimir Poutine, mais aussi dans les pays du Moyen-Orient, où se répandent comme une traînée de poudre les rumeurs malsaines, sur un fond sinistre d’antisémitisme.Kennedy et sida Détenteur d’un doctorat de l’Université d’Ox-ford, en Angleterre, Boghardt a fait de l’étude historique de la désinformation son gagne-pain.Ses travaux sur les espions allemands à l’œuvre en Grande-Bretagne, lors de la Première Guerre mondiale, lui ont valu un succès d’estime dans les cercles fermés du renseignement secret.Il est parfois appelé à commenter l’actualité à ABC, CNN et à la BBC.Lundi, le Dr Boghardt était l’invité du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), pour une conférence du midi portant sur les opérations de désinformation du Bloc soviétique et les leçons contemporaines qu’on peut en tirer.Selon Boghardt, les théories du complot produisent leur effet quand elles sont disséminées rapidement et à répétition dans l’esprit du public, à propos d’événements à forte charge émotive difficilement vérifiables.L’assassinat de JFK, le 22 novembre 1963 à Dallas, en est le parfait exemple.Dès 1964, l’auteur Joachim Joesten jetait un pavé dans la mare de la conspiration, en publiant un bouquin faisant du tueur solitaire, Lee Harvey Oswald, un agent provocateur de la CIA instrumentalisé par l’extrême droite.«Nous savons aujourd'hui que l’éditeur de Joesten était une façade du KGB et que l’auteur était un agent soviétique», affirme Bod-hardt.Les mensonges fabriqués par le KGB ont la couenne dure.Encore aujourd’hui, une partie importante de la population attribue la mort de Kennedy à un complot.Le cinéaste Oliver Slone n’a-t-il pas carburé à cette mixture de conspiration pour son film,/FK?Avec le sida, c’est le même scénario digne d’un thriller d’Hollywood.Un peu plus de quatre mois après que des chercheurs eurent formellement identifié le VIH, en mars 1983, la machine de propagande russe se remettait en branle.En juillet de la même année, un périodique indien publiait, sous l’influence perfide du KGB, une information selon laquelle le sida était une arme biologique développée en laboratoire à Fort De trick, dans le Maryland, par l’armée américaine.VINCENT KESSLER REUTERS Un bébé phoque en peluche trônait sur le pupitre d’un élu européen, hier, à Strasbourg.L’adoption définitive au prochain conseil des ministres européens ne sera donc qu’une formalité.Réponse discrète à Ottawa Malgré les menaces de recours à l’OMC, la réponse canadienne n’en a pas moins été plutôt discrète hier.Tout au plus, la ministre des Pêches et des Océans, Gail Shea, s’est-elle présentée devant les journalistes quelques minutes en fin de journée pour déplorer que la décision européenne ne soit «pas fondée sur les faits».Ottawa se donne quelques jours pour étudier la situation et pour décider «très prochainement», dit la ministre, s’il portera la cause devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC).Pas question pour l’instant d’adopter des mesures de représailles.«On ne peut pénaliser le reste du pays à cause de ce problème particulier», dit même la ministre.Mme Shea estime que le gouvernement canadien a bien travaillé, même s’ü n’a pas été capable de convaincre les Européens.La sénatrice libérale Céline Hervieux-Payette, qui Fin 1987, 200 périodiques dans 80 pays avaient exploité ce filon.Rien que du vrai Thomas Boghardt n’a rien inventé.Les Soviétiques d’hier et les Russes d’aujourd’hui manient l’art de la désinformation avec une grande dextérité.Selon un major général à la retraite du KGB, Oleg Kalugin, les «mesures actives» sont utilisées pour discréditer les États-Unis et «conquérir l’opinion publique mondiale».Kalugin est «passé à l’Ouest», si cette expression veut encore dire quelque chose, après une longue carrière à l’ambassade de l’URSS à Washington.Il siège au conseil du Musée international de l’espionnage et il contribue aux travaux de Boghardt.L’attirait des services secrets pour les campagnes de désinformation ne s’est pas évanoui avec le démembrement de l’Union soviétique, rappelle Kalugin dans ses conférences.Ira Russie de Poutine, une coterie d’anciens dirigeants du KGB, est anxieuse de regagner son statut de puissance mondiale, et elle n’hésiterait pas à recourir aux campagnes de désinformation pour parvenir à ses fins.L’ancien agent russe Alexandre Litvinenko, mort empoisonné au polonium 210 à Londres en 2006, avait aussi fait état du retour en force des mesures actives dans l’arsenal russe.Avant sa mort, Litvinenko avait notamment accusé les services secrets d’avoir orchestré eux-mêmes une série d’attentats dans les villes russes attribués aux Tchétchènes, en septembre 1999, afin de justifier la deuxième guerre de Tchétchénie.Dans le même ordre d’idées, la controverse autour de la publication des caricatures de Mahomet, dans un journal danois, pourrait avoir été chorégraphiée par les services de renseignements russes, affirme Thomas Boghardt, bien qu’il n’ait aucune preuve à offrir à ce sujet.A l’ère de l’Internet, les rumeurs voyagent plus vite que la grippe A (HINI).Moins de 24 heures après l’éclosion du virus au Mexique, des internautes agités concluaient à la présence d'une «bombe fabriquée en laboratoire».«L’Internet décuple les risques.Tu y poses une bombe, et tu espères qu’elle détonne», résume Boghardt.«Il faut agir vite, il faut contenir la rumeur, à défaut de l’éliminer.Si on ne s’occupe pas de ces rumeurs, quelqu’un d’autre va le faire à notre place», poursuit Boghardt, qui cite en exemple le cas de î’ex-ambassadeur du Canada à Washington, Frank McKenna.Celui-ci n’a pas hésité à critiquer ouvertement les politiciens américains qui laissaient entendre que les auteurs des attentats du 11-Seplembre étaient entrés aux États-Unis à partir du Canada.Son successeur, Michael Wilson, en a fait autant lorsque la nouvelle responsable de la sécurité intérieure, Janet Napoletano, a colporté pareilles faussetés récemment.De source sure, le KGB n’est pas impliqué dans cette controverse.Le Devoir suit ce dossier depuis des années, a été beaucoup plus critique.Selon elle, les députés européens «se sont mêlés de ce qui, ne les regarde pas pour se donner bonne conscience».Évoquant les électeurs européens, elle a affirmé qu’ils «s’étaient fait laver le cerveau».Les libéraux soupçonnent le gouvernement de ne pas vouloir mettre en péril les négociations d’un traité de libre-échange avec l’Europe, qui débutent aujourd'hui même à Prague.«Ix gouvernement Harper est devenu inefficace lorsqu’il s’agit de protéger les emplois liés à la chasse au phoque», a déclaré le député libéral Denis Coderre.L’exemption accordée aux Inuits «ne nous aidera pas quatîd le marché des produits du phoque sera détruit», a affirmé Mary Simon, présidente du Regroupement des Inuits du Canada.Et les cultures humaines.Tous les écologistes européens ne partagent pas le choix de leurs députés.«Les cultures humaines sont aussi importantes que la biodiversité», a dit Des-pina Symons du European Bureau for Conservation and Development, basé à Bruxelles.Selon cette en-vironnementaliste jointe hier à Strasbourg, les Européens n’ont eu droit qu’à une seule version des faits.«Nous, on se base sur les faits, pas sur l’émotion, dit-elle.Les populations de phoques ne sont pas menacées et il y a moyen de les tuer sans cruauté.» Bernard Guimont, président de la compagnie Ta-masu qui commercialise les produits du loup-marin, accompagnait une petite délégation canadienne à Strasbourg.«Les Européens se donnent bonne conscience en permettant la chasse traditionnelle», dit-il.Selon M.Guimont, dont la compagnie mise sur une technique permettant de greffer des valves cardiaques de phoque sur des humains, les autochtones seront doublement affectés par ce nouvel embargo.D’abord, parce que la chasse diminuera.Ensuite, parce que la recrudescence des mammifères fera diminuer les stocks de poisson.Guimont ne met pas trop d’espoir dans le recours à l’OMC, qui prend du temps et ne donne pas toujours des résultats probants, dit-il.D juge les moyens des chasseurs dérisoires à côté de ceux des puissants lobbys animalistes qui courtisent les députés européens depuis des années.«On ne peut pas rivaliser avec eux.» On saura aujourd’hui, alors que s’ouvre le sommet Canada-Union européenne à Prague, si le premier ministre Stephen Harper entend hausser le ton envers les Européens à ce propos.Correspondant du Devoir à Paris Avec la collaboration d’Hélène Buzetti à Ottawa FRENCH SUITE DE LA PAGE 1 universitaires et affirme son indépendance avec son groupe d’amies dans les années 1970.Son livre était tombé «exactement au bon moment», déclarait hier au Los Angeles Times l’éditrice de Feminist Press, Florence Howe, au moment où le mouvement féministe devenait une force majeure en Amérique du Nord et dans plusieurs pays occidentaux à la fin des années 1970.Les critiques officiels avaient été mitigés à l’époque, mais des milliers de femmes s’étaient reconnues dans les personnages de Mme French et dans leur quête de liberté.«Marilyn French a mis des mots sur ce qu’on avait lu précédemment dans La Mystique féminine de Betty Friedman, un essai percutant dont elle a vulgarisé et actualisé le propos, indiquait hier au Devoir la journaliste Ariane Emond, animatrice du magazine féministe La vie en rose dans les années 1980.Elle a démontré à quel point il y avait des traits communs entre toutes les femmes.Son personnage de femme de banlieue, c’étaient les femmes de mon entourage quand j’étais jeune.» Marilyn French soutenait qu'il ne s’agissait pas d’un roman autobiographique, mais plusieurs éléments sont inspirés de son propre parcours.L’écrivaine est née Marilyn Edwards, à New York.Elle s’était mariée à Robert French en 1950, pour en divorcer en 1967, évoquant un mariage profondément malheureux.Elle avait entrepris de nouvelles études à Harvard, où elle avait obtenu un doctorat en littérature au début des années 1970, avec une thèse sur Ulysse de James Joyce.Selon Marilyn French, l’écriture de Toilettes pour femmes avait été marquée par la lecture des écrits de Kate Millett, mais aussi par le viol dont a été victime sa propre fille de 18 ans en 1971, qui a contribué à la radicaliser.Marilyn French avait publié d’autres romans, comme Les Bons Sentiments, tous sur les relations hommes-femmes, et quelques essais, dont La Guerre con tre les femmes en 1992, qui était controversé.«Je n'ai pas aimé quand je l’ai lu, c’était trop noir, expliquait hier Ariane Emond.Mais il m’arrive de me dire que Marilyn French avait vu des choses que je n’étais pas prête à voir: cette haine qu’on peut voir contre les femmes un peu partout sur la planète, par exemple aujourd’hui avec le viol comme arme de guerre».En 1992 les médecins donnaient à Marilyn French à peine quelques mois à vivre, elle qui combattait un cancer de l’œsophage.Contre toute attente elle avait survécu, et elle avait raconté cette bataille épuisante dans le livre A Season in Hell.Un roman posthume sur lequel elle travaillait, The Ijwe Children, doit être publié cet automne.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 É3Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com Irai publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-9853355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 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(tjuébec).ILIA ilMll.Il esi imprime par Imprimerie Mirabel lia .II! m) rue Itraiilt.si Janvier de Mirabel, Oiielire.division de Oiiébéeor Media.«12 me Sainl lamiies.Montreal, qui a relenii peur la réiriull de Québec les services de l imprinicnr riti Jtmriuil dr (Jurbrc, 4,rtO avenue Béclianl.Qticbiv qtii est la propriété de Corporation Sun Media, (il2 rue Saint-Jacques, Montréal - Enregistrement n 0858.Dépi'il légal: Bibliothèque el Archives nationales du Quebec.2007 I I
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