Le devoir, 15 juin 2009, Cahier A
Ignatieff renonce à des élections cet été ALEC CASTONGUAY Ottawa — Après trois jours de réflexion, le chef libéra], Michael Ignatieff, a décidé de ne pas déclencher d’élections cet été.D annoncera aujourd’hui que son parti appuiera, à contrecœur, le gouvernement Harper lors du vote de confiance sur les crédits budgétaires cette semaine, a appris Le Devoir de sources sûres.Plusieurs députés, surtout du caucus ontarien, souhaitaient pourtant que Michael Ignatieff renverse le gouvernement cette semaine, même si cela devait entraîner des élections générales le 27 juillet prochain, soit en pleines vacances de la construc- tion.Le Parti conservateur connaît certaines difficultés en Ontario, où la crise économique frappe le plus fort au pays.L’anden chef libéral, Jean Chrétien, conseillait aussi à Michael Ignatieff de déclencher les hostilités dès maintenant De passage au Nouveau-Brunswick samedi, M.Chrétien a dit que le pays avait besoin d’un nouveau gouvernement «Je pense qu’à ce moment-ci, le Canada serait mieux avec m gouvernement différent.Alors, si le peuple a la chance de se prononcer, que VOIR PAGE A 8: IGNATIEFF ¦ La chronique de Manon Cornellier, page A 3 -—?w ww.ledevoir.co m ?— LE DEVOIR V 0 l.C N 0 1 3 2 ?L E LUNDI 15 .1 U I N 2 O 0 9 1,10$ + T x E s = 1,25$ CANADA L’écart de poids diminue entre les bébés garçons et filles Des agents chimiques sont en cause, selon une étude LOUIS-GILLES FRANCŒUR Des chercheurs des universités de Montréal et McGill et de l’Agence de santé publique du Canada ont établi dans une étude publiée ce matin que la différence historique de poids entre les bébés garçons et filles a diminué sensiblement au Canada entre 1981 et 2003, un phénomène qu’ils attribuent aux effets antiandrogéniques des perturbateurs endocriniens de plus en plus omniprésents dans l’environnement de tous les jours.Le constat des trois chercheurs, qui publient leurs conclusions ce matin dans Epidemiology, la revue de la Société internationale d’épidémiologie, est d’autant plus impressionnant qu’il est le résultat d’une compilation des poids mesurés à la naissance de plus de cinq millions de bébés canadiens depuis 23 ans.Cette étude est signée par le Dr Guy Van Vliet, un médecin de Sainte-Justine rattaché à l’Université de Montréal, par le D' Shiliang Liu, de l’Agence de santé publique du Canada et par le Dr Michael S.Kramer, du département de pédiatrie et d’épidémiologie de l’Université McGill.Leur étude, publiée sur Internet depuis ce matin, démontre que, depuis 1981, l’écart de poids entre les bébés garçons et filles a diminué, passant de 141 grammes en 1981 à 129 grammes en 2003.La diminution de l’écart historique, qui a toujours joué en faveur des bébés mâles, s’estompe progressivement même si le poids moyen des bébés, garçons ou filles, augmente sans cesse parce que les mères VOIR PAGE A 8: BÉBÉS BRAS DE FER IRANIEN 'M '-'-/U m-f* - ASSOCIATED PRESS BRANDISSANT des matraques, des policiers pourchassaient hier des partisans du candidat défait Mir Hossein Moussavi près de l'université de Téhéran.Au moment où plusieurs journalistes étrangers étaient priés de quitter le territoire iranien, les altercations entre des opposants au président réélu Mahmoud Ahmadinejad et les forces de l’ordre se poursuivaient.Si la contestation de l’élection de vendredi dernier et la réaction de la police n’ont pour l’instant pas pris une forme très violente, la nervosité est palpable.Nos informations et la chronique de François Brousseau en pages A 2 et B1.BAZ RATBER REUTERS ISRAËL Nétanyahou dit oui à un État palestinien, mais à ses conditions ¦ À lire en page B 1 INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 6 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B 4 Économie .A 5 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.B 1 Mots croisés.B 5 Religions.B 6 Sudoku.B 4 Télévision.B 7 L’ENTREVUE Développement durable Un animal surdoué de raison Après avoir beaucoup réfléchi sur Fart, la fiction et la culture, le philosophe Jean-Marie Schaeffer rejette la thèse de l’exception humaine STÉPHANE BAILLARGEON Au fond, qu'est-ce qu’un être humain?Quel est le fondement de l’exception humaine?Est-elle tout entière concentrée dans la capacité de créer, de vivre dans ce monde imaginaire dont les rêves, la fiction et les arts sont faits?«Guernica de Picasso ne peut pas être peint par un grand singe ou un oiseau, mais ce que fait un oiseau ou un singe peut aussi difficilement être fait par un humain, répond le philosophe Jean-Marie Schaeffer.Dire qu’il n’y a pas d’exception humaine ne veut pas dire qu’il n’y a pas de spécificité de part et d’autre des espèces.Ce qui est en cause, c’est la croyance que ces particularités permettent découper tout lien entre les différentes formes de vie.Evidemment, l’homme se particularise par sa capacité exponentielle d’accumulation culturelle rendue possible par le langage.De même, certaines espèces savent voler, mais pas la nôtre.On peut penser la différence JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le philosophe Jean-Marie Schaeffer sans la penser comme une exception ontologique.» Luxembourgeois d’origine, Jean-Marie Schaeffer VOIR PAGE A 8: SCHAEFFER Des élèves ont changé le quotidien de leur village Les neuf finissants d’une école primaire de Pohénégamook ont appris bien plus que le français, les mathématiques et autres matières de base cette année.La petite école s’est investie dans le développement durable, et c’est le quotidien de tout un petit village qui s’est mis à changer.C LAIRAN D RÉ E CAUCHY La petite école primaire Saint-Joseph à Pohénégamook vibre au diapason des principes de développement durable des Etablissements verts Brundtland (EVB), apprenant aux élèves qu’ils peuvent concrètement améliorer l'environnement et la qualité de vie des gens qui l’entourent.En plus du compost et du recyclage traditionnel, l’école a mis sur pied une VOIR PAGE A 8: VILLAGE , ^ .1=3 f\ "PRESENCE ^AUTOCHTONE du 11 au 21 Juin à Montréal 2009 L Horaire complet eur ü nativelynx.qc.ca Canada Québec SS Montréal £ I LOTO ouCncc teie-Quet* Toits les êtres vivants sur Terre incement et spectacle des nouvelles chansons de Mike O’Cleary, auteur compositeur interprète innu de Mashteulatsh Mercredi 17 juin à 21 h Au Petit Campus 57, ru* Prince-Arthur Est Les portes ouvrent à 20 h.Entrée 12$ t8!5: M LE DEVOIR ™ WÊ^ Œcirtevwtio "f*1 rmati»n), Marie-Ancirér Chouinarcl (éditorialiste, responsable de la pape hiers), Strphanr Hmllnwonn (général), ClnirnndrcV Ctturhy (éducation), Iran ne c'orriveau (affaires municipales) rabien Degltse (consommation), Jrar Dion (sports).InuisUilles Kranovur (envinmnmumt), Pauline Gravel (sciences).Brian Mylos (justice et,faits de société), I nuist-Maiiiii' RloiixSomy (santé).Alnutndrr Shields (général), lliiliiipo l’apim-rai (pupitre) : information noHtJqm- Michel David (chronioueui, Hélene Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires d Ottawa), Antoine.Robitallle et Robert Dulrisac (correspondants ¦ - J '¦ ‘ ’ ' .•• .-iilturrlh' : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Paul Cauchon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cohiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) r de l'information).¦ François Desjardins (reporter).Frie Desrosiers (re|x»rtor).Claude Turcc**- '*".' *'—1“l—” ' u~ ' • *’ * - * .information économique ; Gérard Bérubé (adjoint au directeur ue < iryrjrmanony.rrançom uesjarains (reporter), une uesrosiers (repor Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Ivévesque freporter;, Jean-Pierre Legault (pupitre international, pane éditoriale et cahier Perspectives) -Diane rite (reporter), Dominique Rony (pupitre) ; information Internationale : Guy Taillofer (adjoint au directeur de l'information), Yécourt (responsable des pages thématiques) ; Jaeques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Carneau (caricaturiste) ; Micheh’ Malentant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger (responsable du site Internet), Emilie Folie-Boivin et Vincent Cauchy (commis Internet) ; Amélie Gnudreau (secrétaire à la rédaction)-, Jean-Jacques Coulomb.- et Etienne Plamondon-1 inond (commis à la rédaction)' DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Olivier Spéciel (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).PUBLICITE Julie Chrétien (directrice adjointe).Amélie Bessette, Jean de Billy, Jennifer Boily-Demers.lean-Krançois Bossé Manon Boilard Marlène Côté.Richard Douangmala, Amélie Maltais, Claire Paquet, Elyssa Portier, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sobaï (publicitaires), Sylvie Importe.Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint) Michel Bernatchez.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fillon, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Ynnlck Martel (administrateur Web).Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISIKIBITION ET' TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette.Nathalie Fillon, Marie-Lune Houdo-Briscbois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRAT ION Stéphane Roger (contrôleur).OVw.i Bilyakova (responsable di s services comptables > Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Euroy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier, Monique Protean, Danielle Ross.ic mm m MEILLEUR ORIGINAL DISPONIBLE A 8 1.K E V 0 I It 1.E LUNDI I .1 U I N 2 (I (I 0 ACTUALITÉS VILLAGE SUITE DE LA PAGE I minicollecte de piles usagées, de vieilles lunettes, de goupilles de canettes, de cartouches d’encre d’imprimantes et d’attaches de sacs de pain, au profit d’organismes à but non lucratif.«Les piles vont à l'écocentre, les lunettes vont à Optométristes sans frontières pour être réutilisées dans d’autres pays.Les goupilles, c’est pour la fibrose kystique, les cartouches d'encre vont pour la Fondation Mira, les attaches à pain, c’est pour la fondation d’un hôpital pour enfants», explique fièrement un des membres du comité EVB, François, 11 ans.Le concept développé dans l’école d’une centaine d’élèves du quartier Saint-Eleuthère de Pohéné-gamook a pris de l’ampleur, et des minicollectes se tiennent maintenant dans toutes les écoles de la MRC du Témiscouata ainsi que dans les bureaux municipaux.On envisage aussi d’emboîter le pas à Rivière-du-Loup, en Gaspésie et en Abitibi.«J’ai dit aux enfants qu’ils pouvaient être fiers, parce que notre projet circule dans toute la province de Québec», explique l’âme du comité EVB, l’enseignante Sylvie Saint-Pierre.En plus de sa tâche d’enseignante en maternelle, elle accompagne le comité EVB, formé des neuf élèves de sixième année.«Les enfants, ce sont de vrais bulldozers.Aussitôt qu’on leur parle d’action, ils accourent avec des idées», explique-t-elle avec émotion.Si les élèves de sixième année sont particulièrement engagés, tous sont néanmoins mis à contribution dans la petite école, jusqu’aux petits de maternelle.Tous les après-midi, les bouts de chou de cinq ans partent, leur seau à la main, faire la tournée des classes pour récolter les matières compos-tables.«Si des enfants de notre âge et des maternelles sont capables de recycler et de faire du compost, des personnes seules chez elles sont capables de le faire.Les gens du village voient que nous qui sommes jeunes, on s'implique, alors ils s’impliquent eux aussi», explique Kim.Une réelle collaboration s’est installée au fil du temps entre les enfants et les gens du village.Des fermières du coin comptent d’ailleurs sur les sacs de pain ramassés par les élèves pour tisser des catalogues à l’ancienne, troquant des fibres de coton pour le plastique.Du pouvoir aux enfants Un des gros projets de l’année, c’est la vente de noix de lavage dans le village.Des coquilles de noix, importées d’Inde, peuvent être utilisées pour faire une lessive beaucoup plus écologique.«Ça aide pour qu’il y ait moins d’algues bleues dans le lac», précise Zacharie, également âgé de 11 ans.Grâce à un commanditaire, des coques ont été données à toutes les familles de l’école et d'autres ont été vendues dans le village, dans des sacs cousus par les élèves.«L’enfant revient avec du pouvoir à la maison, il rapporte à ses parents quelque chose de concret pour protéger notre lac», résume Mme Saint-Herre.L’action du comité EVB déborde rapidement sur la vie quotidienne du village.Ainsi, les élèves de sixième année ont préparé une affiche, qu’ils ont tous signée, invitant les citoyens du village à rapporter leurs vieux médicaments à la pharmacie, plutôt que de voir ces produits périmés dispersés dans la nature.L’école Saint-Joseph ne limite pas son action à l’environnement On y suit les quatre axes des Etablissements verts BrundÜand, soit la démocratie, la solidarité, le pacifisme et l’écologie.Chaque année, les écoles accréditées EVB doivent réaliser au moins une activité dans chacun des axes.Au chapitre de la solidarité, les enfants du comité ont cette année confectionné des cartes de Saint-Valentin pour les aînés du village qui vivent dans l’isolement.Ce courrier du cœur original en a touché plusieurs.«Une vieille dame a envoyé une carte pour remercier les élèves d’avoir pensé à elle.Elle a écrit que cela lui donnait “du courage”.On l’a lue à tous les élèves, c’était touchant», raconte Mme Saint-Pierre.Comme chaque fin d’année, elle a un petit pincement au cœur quand arrivent les vacances et que ses protégés prennent le chemin de la grande école.«J’espère toujours qu'ils s’en vont au secondaire avec les mêmes idées», confie l’enseignante.Une chose est certaine, le village et les familles se trouvent déjà un peu transformés par l’action de EVB.«On est rendus avec un bac à compost chez nous.On fait attention et on trie ce qui va dans le compost, le recyclage et à la poubelle», illustre Justine.Kim ajoute: «Ce n’est pas parce qu’on n’est pas dans un comité EVB au secondaire que ça va nous empêcher de continuer.» Fondé en 1992, par la Centrale de l’Enseignement du Québec (aujourd'hui Centrale fies syndicats du Québec), le mouvement des Etablissements verts BrundÜand compte aujourd’hui plus 500 membres accrédités au Québec, parmi lesquels on trouve non seulement des écoles primaires et secondaires, mais aussi des centres de la petite enfance et des cégeps.Le Devoir Rectificatif Dans son édition du mardi 9 juin, dans la section Culture, Le Devoir a intitulé par erreur Placements Québec un programme d’incitation au mécénat privé du ministère de la Culture.Il s’agit plutôt de Placements Culture.Par ailleurs, le président du Conseil québécois des arts et des lettres du Québec (CALQ) s’appelle Yvan Gauthier et non André Gauthier, comme il était écrit.LE DEVOIR www.ledevoir.com I>es bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Ü3 Placo-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h3() à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 IGNATIEFF SUITE DE LA PAGE 1 le peuple se prononce», a-t-il dit, alors qu’il participait à un événement partisan en compagnie du député Dominic Leblanc.Selon l’ancien premier ministre, le PLC n’aurait pas été sanctionné par les électeurs, même si la date des élections aurait été la plus estivale de l’histoire.«Vous savez, les dates des élections, on en parie avant l’élection.Quand l’élection est commencée, on n’en parle plus, on parle de l’élection».Mais Michael Ignatieff est arrivé à une conclusion différente.D a consulté ses conseillers dans les derniers jours et a jugé que des élections en plein été seraient contraires à l’intérêt du pays.Selon nos informations, M.Ignatieff estime que les électeurs seront plus à l’écoute des enjeux cet automne, ou encore l’hiver prochain, plutôt qu’en plein été.De plus, l’argent pour lancer les chantiers d’infrastructures commence à peine à arriver sur le terrain, de sorte que déclencher des élections ne ferait que retarder l’approbation des projets et nuire à l’économie du pays, ont conclu les stratèges libéraux.Le Parti libéral du Canada va donc appuyer le gouvernement Harper lors des votes de confiance qui se dérouleront cette semaine aux Communes.Michael Ignatieff va faire valoir aujourd’hui que c’est la chose «responsable» à faire dans les circonstances.Malgré cet appui, le chef libéral n’approuve toutefois pas la gestion de l’économie du gouvernement Harper et il entend l’exprimer aujourd’hui.M.Ignatieff estime que les fonds pour les infrastructures ne sont pas livrés assez rapidement, que certains sec- ANDY CLARK REUTERS Michael Ignatieff en pique-nique à Vancouver-Ouest la semaine dernière.L’été du chef du PLC ne sera pas électoral.leurs sont laissés pour compte par le gouvernement (notamment la forêt) et que l’assurance-emploi a besoin d’être réformée pour répondre à la crise.Le Bloc inflexible Jeudi, le Bloc québécois et le NPD avaient laissé au Parti libéral tout le fardeau de maintenir le gouvernement en place.Dès le dévoilement du rap- port d’étape sur la mise en œuvre du budget, les deux formations avaient rapidement annoncé vouloir voter contre les crédits budgétaires, qui mettent automatiquement en jeu la confiance de la Chambre envers le gouvernement, puisqu’il s’agit de mesures financières.Encore hier, lors d’une entrevue avec La Presse canadienne, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a soutenu qu’il défendait les intérêts du Québec en votant contre les crédits budgétaires, même si cela aurait pour conséquence de déclencher des élections cet été.M.Duceppe a affirmé que la véritable question n’est pas de savoir si des élections sont nécessaires, mais plutôt de déterminer si la proposition des conservateurs est satisfaisante pour le Québec.Or, le peu de soutien accordé au secteur forestier, ainsi que le maintien du délai de carence de deux semaines pour l’assurance-emploi rendent impossible pour le Bloc québécois d’appuyer le budget conservateur, a dit M.Duceppe.Vendredi, interrogés par des journalistes à la sortie de la Chambre des communes, des députés du Bloc québécois et du NPD étaient toutefois incapables de dire quel serait le taux de participation à des élections le 27 juijlet, tel que cela est souhaité par les deux partis.A micro fermé, des députés Confiaient que cela pourrait être un désastre pour la santé démocratique du pays.Lors des dernières élections fédérales, en octobre, à peine 59 % des électeurs ont exercé leur droit de vote.Malgré la décision de Michael Ignatieff les libéraux fédéraux du Québec continuent de se préparer à des élections, afin d’être prêts cet automne.Plus de 30 circonscriptions seront prêtes à agir dès juillet Le Devoir BEBES SUITE DE LA PAGE 1 sont plus fortes et plus lourdes que dans le passé.Cette étude a été inspirée par une autre du EK Van VTiet, qu’il réalisait à la fin de la dernière décennie.Il avait noté qu’une maladie rare provoquait des réactions des modulateurs endocriniens, qui entraînaient une réaction antiandrogénique chez les poupons, neutralisant l’action des hormones à l’origine du poids plus important en moyenne des fœtus mâles.C’est de là, raconte ce chercheur, qu’est venue l’hypothèse que des perturbateurs endocriniens de sources extérieures, mais omniprésents dans le corps des mères, pouvaient avoir le même effet de réduction de poids sur les fœtus, ce que l’étude du poids de cinq millions de bébés canadiens a permis de confirmer.Selon le rapport des trois chercheurs, plusieurs perturbateurs endocriniens peuvent s’avérer toxiques, tout particulièrement durant la croissance du fœtus.Les recherches ont démontré que ces agents chimiques, dont on relève la présence chez la quasi-totalité des personnes en Amérique du Nord, peuvent provoquer notamment des malformations congénitales et agir de différentes manières sur le développement des bébés.Le Dr Van Vliet estime que le bisphénol A et les phtalates sont probablement en cause, mais la liste ne s’arrête pas là Les constats des trois chercheurs canadiens sont d’autant plus importants qu’ils sont publiés une se maine après le symposium de la Société d’endocrinologie aux Etats-Unis.Fait sans précédent, cette société médicale a, pour la première fois de son his- toire, lancé un appel public aux autorités réglementaires de partout dans le monde pour qu’elles amorcent le contrôle des perturbateurs endocrimens.Après avoir publié un bilan des connaissances sur ces produits de synthèse, la société médicale a déclaré que «ces molécules chimiques qui se confondent avec des hormones se retrouvent dans des plastiques, des pesticides et d’autres produits» courants.Ils posent, à son avis, «un problème significatif de santé publique, causant possiblement de l’infertilité, des cancers et des malformations».La société d’endocrinologie affirme qu’à/y a des indices importants voulant que ces produits chimiques interfèrent dans le système hormonal et qu’il en résulte de sérieux problèmes de santé».Le Dr Robert Carey, président de la Société d’endocrinologie, a déclaré à la suite de ce symposium qu’il avait été jugé opportun d’émettre une telle mise en garde publique, même si cela n’avait jamais été fait dans le passé, «parce que ces produits chimiques affectent tout le monde».Le rapport publié par cet organisme établit en effet que 93 % des citoyens des Etats-Unis affichaient des traces de bisphénol A (BPA) dans leur corps, ce qui rend nécessaire, a ajouté le médeciij, d’appliquer le principe de précaution.Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration a décidé au début du mois de revoir l’évaluation qu’elle a faite du BPA sous l’administration Bush.Elle doit annoncer ses conclusions dans quelques semaines.Même le Conseil de l’industrie chimique des Etats-Unis a, applaudi à cette décision.Ailleurs aux Etats-Unis, la bataille s’élargit contre le BPA Par exemple, le Sénat de la Californie a voté le 2 juin une interdiction d’utilisation de BPA dans les biberons en plastique pour bébé, dans les contenants à café et dans les contenants à nourriture.Le projet de loi doit être ratifié par l’Assemblée de cet Etat avant de devenir loi.Devant l’ampleur du débat, plusieurs grands producteurs de boissons gazeuses comme Coca-Cola se défendent de mettre des produits dangereux sur le marché alors que l’on accuse leurs produits d’être particulièrement aptes à détacher des parois des bouteilles de plastique des molécules de BPA Coke invoque les études de Santé Canada pour dire qu’un humain ne pourra jamais durant toute sa vie ingurgiter assez de BPA pour en ressentir des effets.Mais le problème vient du fait que l’on en ingurgiterait de plusieurs autres sources.Depuis le 18 avril 2008, Santé Canada a classé le bisphénol A dans les substances dangereuses.On retrouve le BPA dans des gourdes de plastique rigide, dans les enduits à l’intérieur des contenants en métal de conserves, dans les canettes de lait maternisé liquide, dans les biberons et verres pour enfants, dans les grosses bouteilles de 18 litres pour refroidisseurs d’eau, dans plusieurs scellants dentaires et amalgames composites appelés «plombages blancs» et dans des ustensiles de cuisine.Quant aux phtalates, que l’on retrouve essentiellement eux aussi dans des formulations de plastiques comme des bouteilles d’eau et plusieurs types de PVC, ils sont aussi utilisés comme agents fixateurs dans des cosmétiques pour en augmenter le pouvoir de pénétration ou pour empêcher les vernis à ongles de s’écailler.On les retrouve aussi dans des revêtements de murs et de planchers, dans des isolants pour câbles et fils souples, dans des jouets pour enfants et des emballages alimentaires.Le Devoir SCHAEFFER SUITE DE LA PAGE 1 a été un homme-pont dès le berceau, un lien tout naturel entre deux grandes traditions culturelles, l’allemande et la française.Il fait carrière à Paris depuis plusieurs décennies, à l’École des hautes études en sciences sociales et au Centre national de recherche scientifique.Pense-à-tout, esprit éclectique hyperactif, Jean-Marie Schaeffer demeure un des rares intellectuels francophones à pouvoir prétendre proposer sinon une sorte de grand theory unificatrice, comme disent les anglos, du moins une production ratissant très large, du naturel au culturel.Le plus étonnant, le plus sympathique aussi, c’est qu’il est arrivé à ces auteurs en multipliant les études autour de sujets sur la philosophie esthétique, l’histoire de l’art, la fiction, la photographie et les sciences du langage.«Je ne sais pas si j’ai une ambition aussi grande, corrige le professeur, rencontré au moment de son passage au Québec comme invité de l’UQTR.Ma production diversifiée me semble plutôt la conséquence d'une curiosité qui a de la difficulté à se cantonner dans m seul secteur.Les faits, quand on les examine par une petite lucarne, on n’en voit qu’un petit bout.Moi, depuis le début, je suis intéressé par le fait de replacer les phénomènes étudiés dans l’unité des faits humains, sociaux et culturels.Dans cette perspective, la grand theory devient une conséquence d’une visée plus empiriste que théorique.En plus, pour moi, les éléments théoriques ne constituent que des hypothèses qui doivent être confrontées au concret.En elle-même, la théorie n’offre qu’une grille, un outil pour mieux comprendre d pénétrer les modes.» La fonction de Fart La conjonction des différentes perspectives finit irai- produire un plan d’ensemble autour de la spécificité humaine, et rien de moins.Un de ses derniers livres s’intitule La Fin de l’exception humaine (Gallimard), mais ce sujet lui-même traverse toute la production du professeur Schaeffer.«Au départ, je m’intéressais à l’art d, en réfléchissant sur l’art d la littérature d aux manières de nous représenter, peu à peu, j’en suis venu à dévebpper cette ques- tion de la spécificité humaine.En même temps, on pourrait observer que je reprends ainsi une vieille question de la métaphysique concernant le statut de la culture humaine.Je me suis concentré sur les arts parce que c’est traditionnellement ce qui apparaît comme le domaine culturel par excellence.Dès le début, j’ai remis en question le rôle que l’on faisait jouer aux arts par rapport à l’idée que l’on se faisait de l’humanité, de.ses possibilités.C’est cette idée que l’art nous élève au-dessus du quotidien, de la finitude, de tout ce qui semble manqué par rapport aux idéaux, f ai voulu comprendre ce qui nous pousse à accorder de l’importance à certaines valeurs, d maintenant aux valeurs esthétiques.» La fonction de l’art change selon les sociétés, les groupes, les individus.Ce que montre Esthétique du romantisme (1983) ou L’Art de l’âge moderne (1992), c’est que cette façon de voir les choses, qui nous semble normale et naturelle, s’avère en fait une vision historique et même une création assez récente.En réaction aux Lumières, la pensée occidentale à travers les philosophes (de Kant à Heidegger), les poètes (Novalis ou Hôlder-lin) et les artistes eux-mêmes (de Gauguin à Male-vitch) affirme que l’art est un savoir extatique révélant des vérités transcendantes.L’art est même carrément sacralisé.On n’a qu’à se rappeler l’autoglorification des artistes québécois au moment de la crise des compressions budgétaires fédérales en culture pour prouver la persistance et la force de cette tradition percevant l’artiste comme le plus humain des humains.«Nous sommes l'âme de la nation», ont alors répété en chœur les plus choyés de l’Union.La tradition cartésienne L’art est un absolu de substitution, selon une plus jolie formule.Ce qui n’en fait pas pour autant une sorte de religion des modernes, sécularisés, affranchis de la religion.Pour Schaeffer, l’art n’est pas une excroissance pervertie du sacré, même dans une ère postchrétienne.«Le christianisme insiste sur l’idée que l’homme est un être à part dans la création.Il est à l’image de Dieu, tout en étant voué à la finitude.Seulement, il ne faut pas négliger nos sources grecques ni oublier que le dualisme ontologique, la séparation entre le corps et l’esprit, le matériel et le spirituel, est quasiment universel.Il n’y a rien de typiquement chrétien là-dedans.» Par contre, l’Occident se démarque en posant que ce dualisme ne vaut que pour l'être humain.La tradition cartésienne fait des animaux des instruments de chair, des corps d’os et de muscles.Ici, la vache est encore, et même de plus en plus, une usine à produire du lait, du veau et de la viande.En Inde, elle est sacrée.«Descartes est le père de l’idée que l’homme est un individu absolument autonome et que tous les êtres vivants ne sont que machines.U rompt avec la pensée chrétienne, plus différenciée, capable en même temps de célébrer l’ensemble de la création.La rupture épistémologique a eu un effet très bénéfique sur les sciences mtu-relles.Elle a aussi laissé un lourd héritage quand ces mêmes sciences ont investi l’être humain, par la biologie ou la neurobgie par exemple: le dualisme cartésien a bloqué b possibilité de bien compmidre b continuité Ibnt l’homme à l’animal, et finalement au monde.» La pensée environnementaliste La pensée et l’idéologie environnementalistes proposent une nouvelle rupture en rapprochant à nouveau l’humain de l’ensemble de la création.Les écrits de Jean-Marie Schaeffer, en phase avec cet esprit du temps, proposent-ils finalement une sorte de caution philosophique aux positions écologiques?«Effectivement, on ne pense jamais tout seul, répond le philosophe en s’amusant du rapprochement Je m’inscris sans doute dans un cadre plus vaste.Par contre, je ne m'intéresse pas à une certaine idéobgie.Je me concentre maintenant sur les rapports entre les savoirs bblogiques, ceux des sciences soaales, et au rôle que peut jouer la philosophie pour comprendre ces liens.Cet aspect théorique est indépendant des aspects politiques.» Vraiment?La biologie pense bien l’humain dans une longue évolution et sur un continuum naturel.Le philosophe réplique que l’on peut admettre une continuité entre l’homme et les autres êtres vivants et tout de même décréter une guerre de tous contre tous.Et le comptoir des viandes de l’épicerie rappelle bien qui triomphe.«Je suis traditùmnel de ce point de vue.Pour moi, il n’y a pas de lien nécessaire entre b savoir et les valeurs.Les visions scientifiques n’ont pas pour but de guider b viehumaine.Cestcequi rend b vie difficile.» Le Devoir Comment nous joindre ?I>a rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel \jà publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (sans frais) 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 514-985-3399 514-985-3390 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone Par télécopieur Par courriel Les abonnements 514-985-3344 514-985-3340 avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement 514-985-3322 514-985-3340 Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 Au téléphone Par télécopieur L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514-9853346 514-9853390 /* Devoir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés ;i la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent au samedi par Ix* Devoir Inc.dont le siège social est situé au L’lifio.rue De Hleury.fr étage, Montréal.(Québec), II3A 11 est imprime par Imprimerie Mirabel l'imprimerie du Journal de Québec, 4.rt(l avenue Mechard, Québec t|ui est la propriété de Corporation Sun Média, (ilü rue Saint Jacques, Montréal Knregistreme Intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Is Devoir est publié du lundi Inc., 12 «00 rue Brault.St Janvier de Mirabel, Québec, division de Québécor Média, 612 rue Saint-Jacques, Montreal, qui a retenu pour la région de Québec les services de nt n” 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007 MEIllEUR ORIGINAL DISPONIBLE
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.