Le devoir, 6 août 2005, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR.LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE AGIT 2005 A 8 ICTUALITES LANDRY ECRAN Pierre Lapointe au théâtre Maisonneuve SUITE DE LA PAGE I proche.H y a pensé sérieusement, il a beaucoup réfléchi devant l’amorce de mouvement.Des gens lui avaient dit que Richard Legendre et André Boisclair pourraient se retirer de la course s’il revenait, mais ce n’est poste cas; Boisclair sera là, Legendre aussi.R y a eu des voix connues pour lui dire de ne pas revenir ça ne fait pas grand-monde en soutien.Moi, je pense que c'était mort dès le début.» •Sa décision [de juin] était réfléchie», exprime un autre colkborateur, qui estime toutefois •normal» que des gens aient tenté de le faire revenir.•Mais la course est partie maintenant, il y a une douzaine d’équipes sur le terrain et personne n’a annoncé qu’il allait se retirer s’il se présentait.Cest une affaire réglée depuis le congrès.» Cette semaine, en déposant sa candidature officielle, André Boisclair avait déclaré que c’était dans un rôle de conseiller qu’il voyait bien Bernard Landry dans les prochains mois.•J’ai le goût de faire appel au savoir d’un Bernard Landry, d’un Jacques Parizeau, d’un Lucien Bouchard, de tous ceux et celles qui ont animé avec force le mouvement souverainiste.» Dans une dynamique de lutte partagée, rien n’indique que Bernard Landry n’aurait pas subi une défaite tors du vote de novembre.•R ne pouvait se permettre de finir sa carrière comme ça.Cest trop risqué, et inutile», dit un militant Dès les premiers jours ayant suivi le vote de confiance du 5 juin, où Bernard Landry avait choisi de démissionner après avoir récolté un peu plus de 76 % des appuis, un mouvement diffus s’était fait entendre pour tenter de le convaincre de revenir — par la course à la chefferie — aux commandes du parti.Un site Internet à été mis sur pied (quelque 4500 personnes ont signé là une pétition en faveur de son retour), des lettres d’opinion favorables ont été publiées.Selon ces partisans, M.Landry était le seul apte à guider le PQ en ces temps de souveraineté populaire.D’autres, tout en reconnaissant les qualités du chef, lui ont enjoint de ne pas écouter ces appels et d’assumer sa décision.Sauf que Bernard Landry n’a jamais fermé la porte complètement à un retour, disant •réfléchir», •observer» et •écouter» ce qui se disait, par «respect» notamment pour ceux qui toi demandaient de revenir.Cette ambiguité n’a pas fait l’affaire de plusieurs sympathisants, qui ont exprimé publiquement leur malaise devant une situation d’attente qui empêchait la course à la chefferie de réellement prendre son envol, avec l’ombre du «grand vizir» en arrière-plan.Mais, selon Andrée Corriveau, il n’y avait pas d’urgence ou de pression pour une décision rapide.«Ce n’est pas Landry qui veut revenir c’est Landry qui se fait solliciter pour revenir.C’est une grosse différence», dit-elle.Le suspense, maintenant, tire à sa fin.A ce jour, seuls Louis Bernard, André Boisclair et Richard Legendre ont rempli la première condition pour devenir candidat officiel, soit recueillir au moins 1000 signatures dans 40 circonscriptions.Pauline Ma-rois devrait compléter cette étape sous peu.D y a huit autres candidats sur les rangs, généralement peu _.connus.Les mises en candidature se terminent le 15 septembre, et les membres éliront leur nouveau chef à l’occasion d’un scrutin téléphonique dont les résultats seront connus le 15 novembre, soit 29 ans jour pour jour après l’historique victoire péquiste de 1976.Le Devoir Sudoku 3 4 6 8 2 3 7 2 5 J 1 6 7 9 5 3 6 2 4 I4 2 6 3 6 1 8 7 5 0026 Solution du domlar numéro Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque botte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule lois dans une ligne, dans une colonne et dans une botte 3x3.Infoeiee-mordiis.com www.lee-mordus.com 4 8 6 2 7 5 3 9 1 9 2 1 3 8 4 6 5 7 7 5 3 1 6 9 4 2 8 8 7 5 4 9 3 1 6 2 6 9 2 7 5 1 8 4 3 3 4 8 2 6 9 7 = 1 3 7 6 4 2 5 8 9 2 4 9 5 8 7 3 6 5 6 8 9 3 7 2 1 4 0025 LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 !§! Place-des-Arts Ds sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à ITh.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.Iedevoir.com Comment nous joindre?Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514)985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800463-7559 (sans frais) Li Devoir peut, à l’occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition tf organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la cfemele.Le Devoir t*L publié du Hindi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury.Jetage.Montréal, (Québec).H3A3M9 D est imprimé par Imprimerie Québécor World.St-Jean.800.boulevard Industriel.SaÉnt-jeaivsur Richebeu.division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et i diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devotr est distribué par Messageries Dynamiques, division de Corporation Sun Media.900.boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0656.Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 télé s'aventurent en terre cinématographique, soit Également les acteurs et artistes de la scène sont de plus en pbs nombreux a passer de l’autre côté de la caméra.Patrick Huard tournera bientôt Les Trois Petits Cochons.Sur nos écrans à l’automne, on verra L’Audition de Luc Heard et Saint-Martyr-des-Damnés de Robin Aubert Le chanteur Dan Bigras tourne La Rage de l’ange.L’humoriste Michel Barrette coscénarise avec Martine Page Route 55.Longtemps, le petit écran, si populaire, a fourni aux cinéastes un terrain de travail, d'ailleurs intéressant et fiable, alors que le cinéma demeurait une sorte de luxe.Notre télé a profité des allers-retours de François Bouvier.Jean Beaudin, Charles Binamé et de nombreux autres.Les créateurs allaient du cinéma à la télé.L’inverse était moins vrai.Mais.entre l’an 2000 et aujourd’hui, la part de marché des films québécois a sauté dç 4,5 % à 15,4 %.Et ça grimpe toujours.Alors qu’aux Etats-Unis le cinéma se retrouve en panne de souffle tandis que les séries télé apportent un vent d’originalité, au Québec, le septième art maison remplit les salles et les gens de la télé y accourent D ne se tourne pas davantage de longs métrages au Québec qu’avant (entre 20 et 25 par année), mais le secteur est envahi par de nouveaux visages, tandis que les cinéastes chevronnés rongent leur frein.•Tout le monde veut faire du cinéma parce que c’est glamour, que la visibilité est grande et que le public suit, affirme la productrice de Cinémaginaire, Denise Robert Mais seuls les créateurs de talent vont survivre dans cet univers-là.Le cinérqa est un médium qui possède ses règles propres.Aux Etats-Unis, les secteurs sont plus étanches que chez nous.Ici, on mélange tout.En même temps, un certain décloisonnement peut être bénéfique.Une analyse de la situation est sans doute prématurée.Dans quelques années, on y verra plus clair» Chose certaine, bien des distributeurs et des producteurs de cinéma, Alliance Atlantis Vivafilm et Christal par exemple, courtisent eux-mêmes les créateurs de la télé, désirant mettre le vedettariat du petit écran au service du grand.Denise Robert précise qu’elle a demandé à Luc Dionne, le scénariste des séries Omerta et Bunker, de prendre les commandes du film Aurore parce qu'elle croyait en lui.•Comme scénariste, il m’avait communiqué son enthousiasme face au projet.Cest pourquoi je l’ai choisi.» De ce vent venu de la télé, l’esthétique des films s’en ressent Certains d’entre eux ont des allures de miniséries.effet pervers du phénomène.11 faut dire qu’après des années de gloire, la télé bat quelque peu de l’aile.La prolifération des chaînes a arraché des ressources publicitaires aux chaînes traditionnelles, à bien que l’argent dévolu aux séries s’est fait plus rare.La téléréalité occupe un espace jadis réservé à la fiction.Plusieurs séries demeurent en place saison après saison, réduisant le terrain créatif des nouveautés.Par ailleurs, certaines clientèles, les jeunes hommes par exemple, boudent leur televiseur au profit d'Internet et des jeux videos.•La télé a atteint un plafond, constate Joëlle Levie.Le long métrage devient une solution d'avenir pour les metiers de l'audiovisuel.Avant, chez nous, c'était le contraire.» Au Québec, en 1998-1999.la SRC rejoignait un auditoire de 18,8 %.Six ans plus tard, il a baissé à 15,4 %.Même dégringolade à TVA Le 31,2 %de la fin de la décennie 90 est tombé à 28,7 % en 2004-2005.TQS et TOé-Québec ont conquis des spectateurs nouveaux, mais l’ensemble des chaînes francophones a essuyé une perte sèche de 2 % de la part de marché.De son côté, l'auditoire des chaînes spécialisées a bondi de 16,1 % à 30,9 %.Le panorama télévisuel est cul par dessus tète.La maison de production Claude Héroux communication, consacrée depuis 1984 aux productions télé, (les Lance et compte, entre autres) se tourne en partie vers le cinéma.«Quand mon père [le cinéaste Claude Héroux] a fondé la boite, la télévision était plus sûre que le cinéma, explique Caroline Héroux, qui a pris sa succession en 2000.Aujourd'hui, il ne faut plus mettre tous nos œuf dans le même panier.Le cinéma manche fort, j’ai une passion pour cet art-là, (dors nous avons plusieurs projets de longs métrages en chantier» N’empêche.Passer de la télé au cinéma peut être une expérience traumatisante.Fabienne Larouche, productrice et auteure de Virginie, Fortier, etc., n’a guère apprécié la façon dont son scénario.The Cornerstone, sur la vie du criminel Lucien Rivard Stone, a été refusé en première lecture par Téléfilm.«Cest le milieu du cinéma qui m'avait sollicitée, précise-t-elle.Mais tout est plqs long dans cet univers-là avec les sub-ventionneurs d’Etat.A la télé, on possède une plus grande marge de manœuvre.Si je produis Les Bougons pour le cinéma, j'essaierai de trouver d’autres sources de financement que les enveloppes des institutions.» Jean-François Mercier, coscénariste avec François Havard des populaires Bougons, ne court pas à toute vitesse se jeter dans les bras du cinéma.Porter ces antihéros au grand écran, il veut bien.L’idée du long métrage Bougons est trouvée.Reste à écrire le scénario et lui et son partenaire ont besoin de souffler.Ils prendront l’inspiration quand elle passera.«Les gens estiment qu'il y a une sorte de hiérarchie dans les arts et que le cinéma est au dessus de la télé.Mais moi, je ne m’occupe pas de ça», dit-il.Tous n’ont pas son détachement La télé envahit tellement notre cinéma que les populaires séries du petit écran y cherchent un second souffle.Séraphin et Dans une galaxie près de chez vous ont pavé la voie aux émissions devenues films.D'autres se préparent à suivre: Grande Ourse, Les Bougons.D est question d’adapter Fortier.Denise Robert s’en inquiète: «Il y a peu de fonds disponibles au cinéma.Il me semble qu’on devrait être capable de tourner des histoires originales.» EDe a quand même produit Awrere.Le Devoir Du génie, rien de moins SYLVAIN CORMIER Pierre Lapointe a du génie.On peut le dire, il le stot.Là où ça devient intéressant, c'est qu’il en use.A bon escient.Et à satiété.Econome du cibou-lot, il n’est pas.Hier, au premier de ses deux soirs à guichets fermés au Théâtre Maisonneuve de la PdA, Lapointe proposait rien de moins que la troisième relecture de son répertoire en moins d'un an.Relectures radicalement diftérentes.Celle d’hier se voulait «pépiphonique».Néologisme à la lapointe.J’en comprenais qu’il s'agissait de l'approche musicale, mariage inédit d’un orchestre de chambre (violons, violoncelle, contrebasse, clavecin) à des bidouillages électroniques et des bruitages.J'en constatais que les chansons, ainsi habillées, resplendissaient: on en oubliait les arrangements d’origine.C'est très fort, ça- avec d’autres, on ne veut pas que les chansons dévient de leur mouture enregistrée.Avec Lapointe, non seulement on veut, mais on espère l’impossible, à savoir que ce soit plus beau encore, et ce l’est.Plus fort encore, ce spectacle était comme chacun de ses spectacles pimenté de chansons neuves —Au 27-100 rue des portances, Im prophétie pépiphonique, etc.—, toutes réussies.Le temps de s’étonner de l’arrangement, la mélodie ravissait.Et par-dessus tout ca, on s’amusait.Car ce gars-là est un drôle.Il faut l’être pour s'amener avec un orchestre affifé comme dans la scène de maison close dans Le Plaisir de Max Ophuls: crinolines, voilettes, redingotes et hauts-de-forme.Lequel orchestre avait à jouer des partitions qui n'auraient pas déparu la cour de louis XIV, façon Lully.I.«pointe, lui, faisait dandy XIX' pour le haut du corps, et jeunç homme de son temps pour les pan Jalons et bottes.A cheval sur plusieurs siècles, quoi.A l’image de son spectacle.Tout ça serait sans intérêt si ses mélodies n’étaient pas si belles, sa voix si soyeuse.Tout serait vain si le gaillard n’était pas si attachant: sous sa veste ironique, Lapointe est d’une rare candeur.Et s’il a l’ego sainement démesuré, il sait partager sa lumière: hier, ô surprises, il a chanté la craquante Tu ne peux rien faire avec Albin de la Simone (son alter ego français) et, après un délire inénarrable à propos de Céline Dion et René Angélil, la tendre Maman^ en compagnie de Mara Tremblay.Duos réussis.À Pierre Lapointe, décidément, tout réussit.Et ça ne fait que commencer.Collaborateur du Devoir PIÉTONS SUITE DE LA PAGE 1 de la vague «développement durable» ou réel phénomène?Seul le temps le dira, le plan n’ayant pas encore beaucoup vécu.Les plus optimistes se réjouissent Mais il suffit de se comparer pour.se désoler.•H y a peut-être un retour du balancier, reconnaît Raphael Fishier, professeur d’urbanisme à l’université McGill.D rite l’exemple de la restructuration à l’angle des avenues des Pins et du Parc.La Ville a mis en branle un processus de planification pour l’extension du réseau dépistés cyclables.Et un des grands soucis du plan est de soutenir les transports en commun, dont les utilisateurs sont souvent aussi piétons.» •By a un semblant de tournant, préfère dire Michel Barcelo, de l’école d’urbanisme de l’Université, de Montréal.Cest vrai, admet-il, que, pour une première fois, le plan d’urbanisme parle du piéton avec plus de force.Mais ce plan est une série de vœux pieux que la Ville donne aux arrondissements en disant faites quelque chose.Mais s’ils ne font rien.On ne sait pas trop encore comment va s’arrimer le plan de la Ville à celui des arrondissements.» Le plan d’urbanisme dont Montréal s’est doté à la fin de l’année 2003 est pourtant sans équivoque: le piéton doit être considéré dans l’aménagement urbain.«[La Ville] affirme l’importance de la place du piéton dans la ville et compte valoriser les déplacements à pied par l'aménagement du domaine public», peut-on lire dans le document dont l’un des objectifs porte spécifiquement sur ces questions.Les chapitres des arrondissements qui se greffent au plan global viennent souvent renforcer cet objectif Un exemple?Au cœur de la ville, l’arrondissement de Ville-Marie, où plus de la moitié des résidants se déplacent à pied ou à vélo, prévoit notamment «accorder une place prioritaire au piéton lots de la conception et de l’aménagement du domaine public».Les termes •sécurité des piétons» reviennent également souvent dans le discours des élus au moment d’annoncer les projets d’aménagement récents, qui sont nombreux: à l’instar de la rue Laurier, la rue Bernard se pare elle aussi de larges trottoirs garnis de bacs à fleurs; le boulevard Saint-Laurent connaîtra le même sort dès l’automne pour un investissement de 11,4 millions de dollars; sans compter le récent tiffing du Quartier international, qui se prolongera sur la rue McGÎIL Normand Parisien, de Transport 2000, salue ces efforts pour dompter la voiture et apaiser la circulation, mais ces exemples sont plus symboliques qu’autre chose selon toi.«B y a encore des anomalies à Montréal qu’il faudrait corriger avant même de prévoir augmenter la place du piéton dans la ville.» Il pointe les feux de circulation, qui ne sont pas tous dotés de fenêtres jx>ur les piétons, et les clignotants prioritaires pour les virages au début du cycle des feux de circulation.«Les piétons sont encore réprimés dans leurs déplacements, note-t-fl.L'automobile a encore souvent préséance.» Il déplore enfin surtout que le plan d’urbanisme ne s’articule pas autour d’un plan de transports.Un tel plan, le premier du genre, est actuellement à l’étape de la consultation publique et devrait voir le jour en mai prochain.Même regard sombre de Pierre Morepcy, médecin et spériatiste de la sécurité piétone à la Direction de la santé publique de Montréal «B y a des gains particuliers, mais pas d’aménagement d’ensemble et fort pour contrer l'accroissement de la place de l’automobile en ville.Les objectif à leur égard [énoncés dans le plan d’urbanisme] sont en contradiction avec d’autres objectif, comme ceux d’optimiser le stationnement, la fluidité automobile et le transport des marchandises Concrètement, fa veut dire le statu quo.» D se moque un peu de la timidité des aménagements favorisant les piétons (ajouter 75 an de largeur aux trottoirs du boulevard Saint-Laurent) par rapport à ceux, titanesques, destinés aux voitures (400 million pour le pont de (autoroute 25) et du fait qu’on justifie ceux-ci par ceux-là.Pourtant si le nombre de déplacements en voiture s’est encore accru entre 1998 et 2003, l’Enquête Origine-Destination, du ministère des Transports, note pour la première fois que l’augmentation de l’usage des transports collectifs (7,8 %) dépasse celle de l’usage de l’auto (4,7 %).Piétonisation versus woonerf Divers projets de piétonisation témoignent depuis quelques années d’un engouement pour ce type d’organisation urbaine.L’arrondissement de Ville-Marie entend «créer de nouveaux liens piétonniers protégés entre certains projets immobiliers et le réseau de transport collectif.En 2002 naissait ! «avenue verte», un regroupement de réridants de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal souhaitant piétoniser l’avenue du Mont-Royal et toi donner une ligne de transports en commun efficace, tel un tramway.L’arrondissement de Rosemont-Petite-Patrie annonçait pour sa part la piétonisation du marché Jean-Talon pour les week-ends de l’été.L’enthousiasme des résidants et la bonne volonté de certains élus se butent toutefois à des résistances coriaces.Dans le cas du marché Jean-Talon, après des mois de démarches auxquelles ont pris part des urbanistes, des représentants des commerçants et des résidants et les autorités locales et policières, la Corporation de gestion des marchés publics de Montréal a finalement bloqué l’application du plan de piétonisation.Quant à l’avenue verte, ses défenseurs n’ont toujours pas obtenu les audiences publiques qu’ils réclamaient sur le projet,'malgré les 20 000 signatures favorables récoltées.Si le chapitre de (arrondissement semble porter la marque de cette lutte, son premier objectif consistant à «garantir un sentiment de confort chez les piétons», Une s’engage pas concrètement à apaiser la circulation, estime Owen Rose, architecte qui défend le projet Le futur Quartier des spectacles comportera de nouvelles aires piétones?D s’agit là, comme dans bien d'autres cas, d’une piétonisation commerciale, qui permet surtout aux commerçants de vendre leurs produits, d’après M.Parisien, qui regrette que la considération piétonne soit souvent subordonnée à d’autres objectifs — esthétiques, commerciaux, etc.•C’est intégré dans certains projets, mais il n’y a pas vraiment de politique publique de piétonisation.By a un manque de leadership politique à ce niveau.» Certains voient d’ailleurs dais cette tendance la résurgence d’une pratique d’aménagement dépassée ou peu adaptée à la réalité urbaine nord-américaine.Après tout la piétonisation de la rue Prince-Arthur remonte aux années 60 et la tradition remonte à loin ai Europe.«D ne faut pas aller trop loin non plus; très peu de rues à Montréal se prêtent à [la piétonisation intégrale]», prévient M.Fishier, ajoutant que des conditions s’imposent pour qu’un projet de transformation soit réussi.Le professeur dte l’exemple de la rue Dutotii, accessible aux automobiles mais où les piétons se sentent plus à l’aise parce que la circulation est ralentie, les trottoirs élargis.«Cest un principe qu’on applique beaucoup en Europe, notamment chez les Néerlandais dans les quartiers résidentiels.Bs transforment une rue en ce qu'ils appellent un woonerf, ce qui veut dire "cour résidentielle’.On refait la rue de manière à ce qu'il n’y ait plus cette distinction entre rue et trottoir, la voiture doit circuler lentement, üyades arbres, des bacs à fleurs, etc.» Même les nouveaux quartiers des banlieues, ces no man’s land pour les piétons parce que souvent dépourvus de trottoirs, commencent à penser aux piétons.«B y a des municipalités qui suggèrent aux promoteurs de prévoir des sentiers de raccourcis entre les résidences et artères principales pour les piétons», souligne M.Fishier.Le contraste qui désole Dépouillez l’urbain de tous ses attributs et que reste-t-il?Un piéton.enfin, pour bien des villes outreatlantiques, où l’aménagement urbain est d’abord dicté par le piéton, les transports actifs (vélo, par exemple), les transports en commun et, en tout dernier lieu, par la voiture.Le monde à l’envers.ou à l’endroit?•Lorsqu’on fait un plan de gestion des déplacements s’intégrant vraiment à un plan d'urbanisme qui suit cette grille-là, on arrive à des aménagements complètement différents», note Jérôme Vaillancourt, de l’organisme Vivre en ville.À Strasbourg, notamment, ce privilège guide tant le plan d’urbanisme que le plan de transport.On pense la ville autrement.«Avec le tramway, il y a une recrudescence des espaces piétonni-sés qui deviennent la norme.» Comme toujours capables du meilleur et du pire, Ips Américains ont redoublé d’efforts dans certains Etats pour céder au piéton la place qui toi revient S les Texans se targuent encore d’utiliser leur voiture pour le moindre déplacement, il y a une culture émergente en faveur des piétons dans des villes comme Philadelphie, où des panneaux indiquent le temps de marche nécessaire pour se rendre d’un endroit à un autre; comme Boston, dont les lieux historiques sont parcourus par la freedom trail, libre de toute circulation; et Bolder au Colorado et Portland en Oregon, dont les centres-villes sont largement piétonisés.•B y a eu une percée considérable au niveau des investissements fédéraux qui touchent les transports en commun et les infrastructures» aux Etats-Unis, note M.Pari-rien.Des sept millions injectés en 1990, la cagnotte des transports publics américains est passée à 222 millions au tournant du présent siècle.«Ce n'est pas seulement dans le discours, mais en pratique aussi: on investit dans le renouvellement des infrastructures.» Reste que le portrait américain global n’est guère reluisant Lç Time Magazine rapportait récemment que c’est aux Etats-Unis qu’on se déplace le moins à pied et à bicyclette.Entre 1977 et 1995, ces modes de déplacement -actifs» ont chuté de 40 %, même ri le quart des trajets de référence couvraient un kilomètre et moins.Plus près de chez nous, Toronto dispose d’une charte des piétons, guidée par six principes: l’accessibilité, l’équité, la santé et le bien-être, la responsabilité environnementale, la sécurité publique et person-nelle, ainsi que la cohésion et la vitalité communau- ¦ taires associées à la marche.Adoptée en 2002, elle a toutefois surtout une importance symbolique.Mais même chez nous, à Québec, ça marche déjà beaucoup mieux.Lengouement pour un aménagement humain, donc piéton, s’est accentué depuis qpe la rue 1 Saint-Jean a été fermée à la circulation le soir.Étonnam-1 ment, contiairement à ce qu’on pense, notre capitale pro- ! vindale a un «taux de densité plus élevé que bien des villes françaises parce oue, sur un seul grand corridor [de la Haute-Ville], on a les deux ptos grands pôles d’emploi de la région plus une université, plus six cégeps», explique M.Vaillancourt, qui revient d’ailleurs d’un voyage en Europe.De quoi modifier les perceptions.Bien qu’il reste beaucoup de rattrapage à faire — à commencer par la mise à niveau du réseau des transports en commun — et que les mesures incitatives à la revalorisation du piéton commencent à peine à se déployer, Montréal demeure incontestablement une ville de piétons comparativement à d’autres villes américaines.«On s’y déplace beaucoup à pied parce qu'il y a la densité nécessaire, üyades quartiers résidentiels avoisinant le centre-ville, fait valoir M.Fishier.On est avec Toronto la ville qui a la plus grande utilisation des transports en commun, dont les usagers sont aussi, souvent, des piétons.» Si Dinu Bumbaru, d’Héritage Montréal, rêve du jour où (on songera à autre chose qu’à des trottoirs en béton qui se lézardent après un hiver, B se fait plutôt optimiste kâ aussi •Cest bien qu’on pose enfin la question [de (aménagement urbain] à partir de son chaînon le plus fiable» Qui sait, les dentiers concernés par la bétonneiation intégrale des grands centres urbains seront peutètre les premiers, unjour, à imposer leur marche sur la ville.Le Devoir LE DEVOIR.LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE A OUT 2 O O 5 A 8 ACTUALITES LANDRY ECRAN Pierre Lapointe au théâtre Maisonneuve SUITE DE LA PAGE 1 proche.By a pensé sérieusement, il a beaucoup réfléchi devant l'amorce de mouvement.Des gens lui avaient dit que Richard Legendre et André Boisclair pourraient se retirer de la course s’il revenait, mais ce n’est pas le cas; Boisclair sera là, Legendre aussi.By a eu des voix connues pour lui dire de ne pas revenir ça ne fiait pas grand-monde en soutien.Moi, je pense que c'était mort dès le début.» *Sa décision [de juin] était réfléchie», exprime un autre collaborateur, qui estime toutefois «normal» que des gens aient tenté de le faire revenir.«Mais la course est partie maintenant, il y a une douzaine d'équipes sur le terrain et personne n’a annoncé qu’il aUait se retirer s’il se présentait.Cest une affaire réglée depuis le congrès.» Cette semaine, en déposant sa candidature officielle, André Boisclair avait déclaré que c'était dans un rôle de conseiller qu’il voyait bien Bernard Landry dans les prochains mois.«J’ai le goût de faire appel au savoir d’un Bernard Landry, d’un Jacques Parizeau, d’un Lucien Bouchard, de tous ceux et celles qui ont animé avec force le mouvement souverainiste.» Dans une dynamique de lutte partagée, rien n'indique que Bernard Landry n’aurait pas subi une défaite lors du vote de novembre.«B ne pouvait se permettre de finir sa carrière comme ça.Cest trop risqué, et inutile», eût un militant Dès les premiers jours ayant suivi le vote de confiance du 5 juin, où Bernard Landry avait choisi de démissionner après avoir récolté un peu plus de 76 % des appuis, un mouvement diffus s’était fait entendre pour tenter de le convaincre de revenir — par la course à la chefferie — aux commandes du parti.Un site Internet à été mis sur pied (quelque 4500 personnes ont signé là une pétition en faveur de son retour), des lettres d’opinion favorables ont été publiées.Selon ces partisans, M.Landry était le seul apte à guider le PQ en ces temps de souveraineté populaire.D’autres, tout en reconnaissant les qualités du chef, lui ont enjoint de ne pas écouter ces appels et d’assumer sa décision.Sauf que Bernard Landry n’a jamais fermé la porte complètement à un retour, disant «réfléchir», «observer» et «écouter» ce qui se disait par «respect» notamment pour ceux qui lui demandaient de revenir.Cette ambiguïté n’a pas fait l’affaire de plusieurs sympathisants, qui ont exprimé publiquement leur malaise devant une situation d’attente qui empêchait la course à la chefferie de réellement prendre son envol, avec l’ombre du «grand vizir» en arrière-plan.Mais, selon Andrée Corriveau, il n’y avait pas d’urgence ou de pression pour une décision rapide.«Ce n’est pas Landry qui veut revenir c'est Landry qui se fiait solliciter pour revenir.Cest une grosse différence», dit-elle.Le puspense, maintenant tire à sa fin.A ce jour, seuls Louis Bernard, André Boisclair et Richard Legendre ont rempli la première condition pour devenir candidat officieL soit recueillir au moins 1000 signatures dans 40 circonscriptions.Pauline Ma-rois devrait compléter cette étape sous peu.Il y a huit autres candidats sur les rangs, généralement peu _ connus.Les mises en candidature se terminent le 15 septembre, et les membres éliront leur nouveau chef à l’occasion d’un scrutin téléphonique dont les résultats seront connus le 15 novembre, soit 29 ans jour pour jour après l’historique victoire péquiste de 1976.Le Devoir Sudoku 3 4 6 8 2 3 7 i rv> en 1 6 7 9 5 3 6 .i 4 j 2 : 4 2 6 3 6 1 8 7 1 5 0026 Solution du domtor numéro Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne el chaque boite 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiflres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boite 3x3.lnfofflM-mordus.com www.lM-mordue.com 4 8 6 2 7 5 3 9 1 9 2 1 3 8 4 6 5 7 7 5 3 1 6 9 4 2 8 8 7 5 4 9 3 i 6 2 6 9 2 7 L5h 8 4 3 3 1 < 8 2 6 9 7 5 i 3 7 6 4 2 5 8 9 2 4 9 5 1 8 7 3 6 5 6 8 9 3 7 2 1 4 0025 LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514)985-3355 du hindi au vendredi de 7h30 à 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