Le devoir, 29 octobre 2005, Cahier F
LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2 0 0 5 L'art de trafiquer l’histoire Page F 8 DE VISU Aux frontières du récit Page F 9 LE DEVOIR o La descente r j de René Lévesque « Il était cassé.Je pense que René est 'W mort une première fois après la nuit des longs couteaux.» Corinne Côté f HéWï*'' ÆiàmsMSr.-Æ s».IX¦¦ -' > r ¦H ’mm Wê wMl Wim*.JLm* m Éil m i JULES RICHER Il est difficile de refermer les pages du dernier tome de la biographie de René Lévesque par Pierre Godin sans être chamboulé.L’Homme brisé, le René Lévesque de la période finale de sa vie, c’est aussi un peu beaucoup le Québec de cette époque.Les années 80 ont, en effet, été ponctuées d’événements qui continuent encore à nous hanter, dont l’un des plus marquants est sans doute la mort subite du fondateur du PQ le 1" novembre 1987, à l’âge de 65 ans.Le journaliste Pierre Godin met ainsi un terme à un colossal travail d’une décennie de recherche, d’entrevues et de rédaction qui offre le panorama le g s complet de la vie et de la carrière de ce géant du ' siècle.Le dernier tome est à l’image des trois premiers: complet précis et incontournable.•En le regardant à la télé, ce fameux soir de défaite [référendaire, le 20 mai 1980], elle avait compris que le fil venait de se casser, qu’il ne serait plus le leader vibrant d’espoir et d’énergie qu elle avait connu.- C’est Tune des premières citations que Pierre Godin pré- sente dans son ouvrage: celle d’une proche collaboratrice de M.Lévesque dans les années 60 qui décrit ce quelle a constaté ce soir-là.A partir de ce moment, la carrière de René Lévesque ne sera que pente descendante, broyée par une chaine ininterrompue de moments difficiles: contestation violente des militants péquistes (qui culminera avec le «renérendum»), -nuit des longs couteaux», rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne.affrontement majeur avec les syndicats de la fonction publique (qui a eu des effets jusqu'au référendum de 1995), tensions douloureuses avec Ottawa au sujet de la représentation du Québec à l'étranger, trahison de Claude Morin (l’agent double de la GRC), dépression, problèmes d'alcool et, finalement.un départ disgracieux poussé dans les reins qu’il fut par ses militants et ses ministres.La liste des avanies est longue et impressionnante.Peu d’hommes politiques ont eu a affronter de telles tempêtes.En fart, M.Lévesque n’y aura tout simplement pas survécu.D a porté le Québec sur ses épaules et, finalement il a perdu la bataille Victime des événements, a la merci de l’ambiguïté des Québécois, M.Lévesque a aussi été l’artisan de son propre malheur.Bien sûr, il a été isolé et trahi par les premiers ministres des autres provinces lors de la 'nuit des longs couteaux», mais il a aussi commis des erreurs tactiques et stratégiques importantes lors de ses séances de négociation.Comme celle de s’entourer d’une équipe pas suffisamment solide: un des trois ministres qui l'accompagnaient celui de la Justice, Marc-André Bédard, ne parlait pas anglais — ce qui limite les tractations de couloir — et un autre, Claude Charron, est beaucoup trop inexpérimenté pour faire face à la musique.Son autre accompagnateur était.Claude Morin.Au bout du compte, le résultat de cet échec est dévastateur pour M.Lévesque.Dans son ouvrage, Pierre Godin cite l'épouse du premier ministre, Corinne Côté (morte tout récemment), qui dit ceci: «// était cassé.Je pense que René est mort une première fois après la nuit des longs couteaux - La partie la plus troublante du livre est celle qui traite de l’épisode dépressif sérieux qu'a vécu M.Lévesque en 1985.Tout commence par un voyage a la Barbade en janvier destiné a lui permettre de rechar- ger ses batteries.M.Lévesque perd complètement la carte: il devient violent envers Corinne Côté, agressif avec son entourage, fait preuve d’un comportement incohérent.Ses gardes du corps, des hommes de bonne stature, peinent à le contrôler.On décide de le renvoyer a Québec.La, les choses se gâtent Son entourage veut Ihospitaliser: il refuse.In coupe déborde quand, dans un moment de rage incontrôlée, il empoigne son chef de cabinet Louis Bernard — celui-là même qui brigue actuellement la direction du PQ — par les épaules et le plaque contre le mur.Ses gardes du corps doivent le maîtriser et M.Iévesque est aussitôt hospitalisé.Dans ses mémoires, M.lévesque prétendra quH n’a alors vécu qu’un épisode de fatigue.Le jugement de Pierre Godin, alimenté par les médecins qui! a consultés, est tout autre: •le premier ministre a fait une dépression sévère, caractérisée entre autres par des dérives qui sont autant de symptômes d’un épisode maniaque-.Au PQ et chez ses députés et ministres, on décide alors que le «p'tit qui fume» a fait son temps.On va VOIR PAGE F 2: LÉVESQUE f F 2 LE DEVOIR.LE SAMEDI 29 ET DI M A X LUE 30 OCTOBRE 2 0 0 5 Luises Wii LEVESQUE EN APARTE SUITE DE LA PAGE F 1 lui indiquer la porte avec une brutalité dont seul le PQ a le secret avec ses chefs.«Il a 62 ans, et quoi qu’il fasse ou qu'il dise, on tire sur lui.Les orthodoxes ne lui pardonnent pas le “beau risque” et donnent à chacun de ses gestes une coloration conforme a leur analyse.[.] Quant aux révisionnistes, ils veulent Pierre Marc Johnson, un point c'est tout.Tout ce qui pourrait hâter la sortie du “vieux” est le bienvenu.» La fronde s’organise et les ministres en grand nombre laissent courir la rumeur (reprise par les médias) qu’ils sont prêts à démissionner en bloc.Sous la pression, M.I>évesque continue à perdre la boule: il devient paranoïaque, épie les conversations aux portes de ses bureaux.Il met fin à son calvaire le 20 juin 1985 en annonçant sa démission à 23h, alors que les téléjournaux sont terminés et que les éditions des quotidiens sont presque bouclées.Faire rêver Pour les Québécois, le moment du décès de René Lévesque ressemble à celui que les Américains ont vécu lors de l’assassinat de John F.Kennedy: tous se souviennent de ce qu’ils faisaient alors.Après son départ de la politique, la tête remplie de projets, M.Ixvesque s’apprête à amorcer une nouvelle étape de son existence.Cependant, il n’ira pas très loin; une crise cardiaque le terrasse rapidement, trop usé qu’il était par sa vie.Ses funérailles seront nationales; tous défileront devant son cercueil, même Pierre Trudeau, celui qui lui a fait subir les échecs les plus amers.Il consentira à dire de lui qu’il a «joué un grand rôle dans notre histoire».Tous avec Rockefeller René Lévesque vers la fin de sa vie.Pour Pierre Godin, «la grande force de René Uvesque, c’est aussi d’avoir fait rêver les Québécois à un avenir meilleur.Il leur a appris à faire de grandes choses (.] Ce qui est une condition pour faire de grandes choses.» L’accouchement, cependant, a eu lieu dans la douleur.Le Devoir ARCHIVES LE DEVOIR RENE LEVESQUE, L’HOMME BRISÉ Pierre Godin Les Editions du Boréal Montréal, 2005,604 pages Disponible en librairie à compter de lundi O *¦1 Yvo Place de» Arts Le Studio littéraire «“o» 2005-2006 Jean-François Nadeau Près de New York, à trente minutes du cœur de Manhattan, la richissime famille Rockefeller possède une ferme modèle appelée Stone Barns.Les quelque 80 hectares doucereux de cet endroit unique n’arrivent pas à faire oublier que chaque mètre de verdure finement peigné vaut une fortune.Ces jours-ci, Stone Barns accepte les réservations pour l’achat de dindes aux têtes heureuses auxquelles on tordra bientôt le cou pour célébrer une Thanksgiving biologique.En attendant, contre quelques dollars, il est aussi possible de rendre visite aux volatiles dodus.Au restaurant de la ferme, Blue Hill, les tables sont réservées des semaines à l’avance.Le dimanche, le Blue Hill accueille un public fortuné et de stricte obédience bio.Tout ce beau monde arrive dans de gros véhicules afin de partager le chic repas dominical préparé par la chef Nancy Oakes, spécialement venue de San Francisco à cette fin.Le couvert de base est disponible à 125 $ par personne, auquel il faut ajouter, bien sûr, les vins bio qu’un sommelier présente savamment, à la pièce.Stone Barns n’accueille en somme que des visiteurs issus de la riche bourgeoisie new-yorkaise.Ces gens sont prêts à dépenser beaucoup afin de manger mieux puisque notre époque leur commande, pour être heureux, de pratiquer une gourmandise d’un genre nouveau.De la même façon qu’ils prenaient plaisir hier à payer pour du foie gras ou des cigares, ces gens-là payent aujourd’hui pour se donner l’illusion de vivre mieux dans un monde devenu tout à fait malade à force de supporter leurs outrances.Mais le bio, naturellement, ne se laisse servir qu’aux gros.Comme le montre Joseph Heath et Andrew Potter dans Révolte consommée, un essai consacré au «mythe de la contre-culture», tout de la contre-culture, y compris le bio, a fini par nourrir le système censé être combattu.Heath et Potter n’évoquent pas l’exemple du joujou campagnard des Rockefeller, mais ils citent en revanche bien des cas similaires de dérives où les riches, en quelque sorte, continuent de manger de la contre-culture tandis que les chantres de celle-ci arrivent à peine à vivre à force de mâchouiller leurs seules illusions.novembre 2005 La Dernière Fugue de Suzanne Jacob Son oeuvre foisonnante et polymorphe, a emprunté toutes les voies et toutes les voix.Sous des dehors légers, elle soulève de très profondes questions sur la violence sur la pensée et la liberté.'Vï .^ * JoMSlLlesi 4- * * Spécial abouuement 15 % par personne 6 spectacles pour seulement 75 $ 10$ étudiants .Horaire complet www pria qc.ca TRECARRÉ «.‘«S» Billetterie (514) 842-2112 I 866 M2 2112 wwwpda.qc.ca Un* Drodmtion Les Capteurs de mots LE SIÈCLE DE JEANNE k ROMAN 408 PAGES 27,95 $ LE SIECLE DE JEANNE « C est très beau.Grave et passionné, le plus souvent ; parfois emporté par une joyeuse fantaisie.>> Crimes horticoles Gilles Marcotte, L actualité «Tout, absolument tout est à Heur de peau dans ce roman.C'est lyrique, tragique.Et vrai.» Un titre accrocheur un livre accrocheur qui nous reste dans le cœur > Chantal Jews Danielle Laurin, Le Soleil Boreal # www.editionsboreal.qc.ca Geneviève Thibault À première vue.on pourrait croire que ce livre est essentiellement le fruit d’une culture musicale et cinématographique badigeonnée de quelques références philosophiques plus commodes que profondes.Or il n’en est rien.Si on fait exception d’une insistance un peu trop forte des auteurs à prendre implicitement des artistes tel Kurt Cobain pour des penseurs, leur essai mérite, très certainement, la meilleure attention tant il se montre vigoureux dans la critique de certaines perspectives de gauche depuis quarante ans.Il est rare en effet qu’un livre d'ici, un vrai livre, en arrive à constituer, de page en page, l’écheveau d’une critique aussi dense qu’habile.«Les perçages et les tatouages, les vêtements, la musique, tout cela n’a aucune importance du point de vue du système capitaliste», expliquent les auteurs.D’ailleurs, chez nombre de faux rebelles — la plupart des hippies en étaient, croient les auteurs —, «le rejet de la société de masse ne vous oblige pas à rejeter le capitalisme de consommation».En fait, tout dans ces phénomènes de mode concourt à renforcer le capitalisme dans la mesure où ils créent de nouveaux besoins de consommation effrénés.Depuis quarante ans, supposent les auteurs, notre système économique s’est donc nourri de toutes les transgressions qui étaient en principe censées le combattre.«Tout est bon dans le poulet».commenterait sûrement avec un fin sourire quelqu’un comme Jacques Parizeau.Faut-il pour autant plaider le retour d'un monde gris où seule l'identité collective compterait?L’uniforme est-il si souhaitable à l’école, comme le plaident les auteurs?Nos sociétés ont-elles besoin de plus de contraintes sociales, comme le souhaitent ces auteurs publiés à l’enseigne du Trécarré, une maison du groupe Québécor?Pour eux, chose certaine, un «désordre excessif fait peser sur notre société une menace beaucoup plus grave qu’un excès d’ordre».Inutile «de redouter autant le fascisme», croient-ils, puisque «notre société a besoin d’une augmentation, et non d’une réduction du nombre de lois».Pas sûr.Mais chose certaine, notre société a bien besoin de lire un livre pareil.?Cette semaine, l’important rachat du groupe So-gides par Québécor World s’est doublé d'un accord conclu en France avec Editis Holding pour la distribution en Europe de toutes les maisons d’édition du groupe Québécor.Editis Holding est un géant de l’édition dirigé par le baron Ernest-Antoine Seillières, l’ancien patron des industriels français.Constituée à partir de la dépouille de Vivendi Universal, cette enseigne éditoriale de monsieur le baron n’est en fait qu’une petite partie de Wendel Investissement.En plus de maisons d’édition, Wendel a racheté ces trois dernières années les actifs du spécialiste en matériel électrique Legrand de même que Bureau Veritas, une vaste entreprise de certification et d’évaluation.Quel rapport entretient tout cela avec les livres?En fait, la question est plutôt de savoir aujourd’hui quel rapport les livres entretiennent avec l’argent.Peut-être que tout est bon dans le poulet, là-aussi?Sauf en privé, peu d’écrivains ont exprimé leurs sentiments au sujet de l’achat du groupe Sogides par le géant Québécor.Un des très rares à l’avoir fait est Claude Jasmin.Dans La Presse, la semaine dernière, ce sympathique et incorrigible brouillon avance une thèse débraillée dont lui seul a le secret pour expliquer le peu de réaction engendré par cette transaction.Selon lui.tout se résume et se conclut par ceci: «Peu de gens lisent nos livres.» Une «machine» telle Québécor, dans un contexte semblable, ne fait donc que mettre en place «tout simplement une meilleure organisation des machines à remplir des étagères».A l’en croire, tout apparaît simple puisque rien ne change tellement.Il ne s’agit, au fond, que d’envisager l'affaire selon une question de «machine».Mais s'il n’y avait que de telles machines industrielles, Jasmin aurait-il publié depuis 1960, année où il a remporté le prix du Cercle du livre de France, plus de cinquante livres?jfnadea a(q ledevoir.com Le Conseil de la souveraineté et Les Editions Trois-Pistoles vous invitent au lancement du livre-document consacré au référendum de 1995 Le pays en mots dits et à la soirée-spectacle qui suivra - À la fots et intime O-mes horticoles est une mervoiUe de Kiodite et de fraîcheur qm s applique à déchiffrer Térugme des origines du désir Le bonheur dune eentune sensuelle et aflusrve sV conjugue à un mtaçjuwe dune fécondité poétique stupéfiante - t5l 4) 524-5558 lemeac^lefneac com Le dimanche 30 octobre 2005 au Métropolis 59.Sainte-Cathenne Est, Montréal À compter de 17 h.Après ie lancement, en compagnie d'une flopée d'invites, assistez au spectacle de Cabaret, puis au Bal du Pays qu'animera avec entrain et folie François Grimai Gourd.a s / LE DEVOIR, LES SA M E 1) I 2 M ET D 1 M ANCHE 3 O O C T O B R E 2 O O 5 * > LITTERATURE ~ Le cœur plein de tumulte Suzanne Giguère LJ! ambiguïté sexuelle, la dualité identitaire font régulièrement retour dans l’œuvre de Robert Lalonde.Pour la première fois, le romancier aborde de manière frontale ce qui a fait souche et donné naissance à son œuvre: une douleur longtemps étouffée et tenue captive, le secret d’un amour incestueux.La part manquante de cette œuvre forte de dix-huit livres (romans, carnets, poésie, théâtre) depuis vingt-cinq ans.Que vais-je devenir jusqu’à ce que je meure n’a de cesse de circonscrire cette blessure d’enfance, de lentement venir l’occuper, de la transfigurer dans une fiction romanesque qui a pour cadre la vie de collège d'un adolescent de treize ans.La petite musique Lalonde, insistante, tendre, ineffaçable, prend possession lentement mais sûrement du lecteur.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Robert Lalonde Enfermement L'univers clos d'un collège québécois au début des années 1960.Le narrateur, le cœur plein de tumulte, plonge dans des rêveries infinies pour échapper à la vie revêche et contrariée du pensionnat E s’envole vers la baie de son enfance, qui sent 4'eau, la sève, le jonc, la framboise d’automne».L’adolescent se roule en boule sous les trois grands pins qui se dressent devant.Le lecteur devine derrière chaque phrase du livre que le héros doit à la nature sa predisposition au rêve éveille.Retour en classe.Le jeune élève s'ennuie profondément.De temps à autre, il s’ébroue, se secoue.«J’attrape un mot lâché par le professeur, une image dans mon manuel dhistoire, des simagrées sur le tableau noir, un assourdissant accord d’orgue et je tente, avec ça, de revenir dans la classe, à la chapelle, avec les autres.» Son désespoir va et vient.«L'adolescence est bête et elle est inconsolable.Elle veut mettre le feu à tout, y compris à elle-même.» Il rage à l’idée d’être entraîné dans le destin étriqué de ses parents, de voir comme eux ses rêves brisés.Son désir d’échapper au conformisme social est absolu.Quand, après la mort de Duplessis, il lit dans les journaux: «Maîtres chez nous! A bas les vieux partis! Fini le temps des moutons!», il ne croit pas aux changements annoncés.Les hommes de pouvoir restent menaçants, et le mensonge, si convenu.«Les réformateurs foulent nos rêves à chaque enjambée, afin que coûte que coûte soit maintenu l’ordre ancien, déguisé en monde nouveau.» La recherche d’identité personnelle et la quête d’identité culturelle québécoise s'exposent sur une même page.Au collège, les jours se rattachent les uns aux autres sans événement particulier et finissent par se ressembler.Heureusement, il y a les camarades avec qui il partage de «courtes joies»: les empoignades féroces dans le foin, les fous rires, la connivence, «l'amitié qui réchauffe».L'air soudain devient plus léger.En même temps, leur présence réveille des «ten- PALMARÈS LIVRES ARCHAMBAULT "?® QUEBECOR MEDIA Résultats des ventes :: Du 11 au 17 octobre 2005 OUVRAGE GÉNÉRAL HARRY POTTER ET LE PRINCE DE.J.K.Rowling (Gallimard) NOIR DESTIN QUE LE MIEN Massoud Al Racnid (Leméaci MEURTRES À LA CARTE Kattiy Reichs (Robert Laffont) IME BELLE MORT Gil Courtemanche (Boréal) | AVANT LE GEL Henning Mankell (Seuil) | ANGES ET DÉMONS Dan Brown (JC Lattes) I PASSEUR DE L'iLE D’ENTRÉE Fernand Patry (Libre Expression) | VOUS REVOIR Ware Lévy (Robert Laftonti LE ROMAN DES JARDIN Alexandre Jardin (Grasset) LES CERFS-VOLANTS DE KABOUL Khaled Hosseini (Belfond) ASTÉRIX T.S3 LE CIEL LIN TOMBE.R.Goscinny / A.Uderzo (Hachette) RECETTES DE JANETTE I Janette Bertrand (Libre Expression) INDE, SUR U ROUTE DES JEUNES.Collectif (Sylvain Harvey) UL VIE EN ROSE Collectif (Remue-Ménage) ALIMENTS CONTRE LE CANCER Richard Béliveau (Trécarré) LE GUIDE DE L’AUTO 2006 Collectif (Trécarré) 100 SUDOKU Wayne Gould (First) SUDOKU Sylvain Landry (Homme) PETIT LIVRE DU SUDOKU Peter Smden (Hors-Coliection) J.Béliveau / A G.Turowetz (Hurtubise HMH) kai i i ^ DA VINCI CODE Dan Brown (Pockeb BMS TON THÉ FORT, TU VAS PISSER.Fred Petlenn (Sarrazme) rSICEiNTVRAI Marc Lévy (Pocket) UN PETIT PAS POUR L’HOMME Stéphane Dompierre (Québec Aménguei IM INMANCHE i LA PBCME A KKAU GH Courtemanche (Boreal HARRY POTTER ET LTMDRE DU PHÉNB J K.Rowtmg IGaHtmard) A BREATH OF SNOW AND ASHES Diana Gabaldon (Doubleday Canada) UNEXPECTED BLESSINGS Barbara Taylor Bradford (St Martin's Press: TWISTED I Jonathan Kederman (Baltantme: 1 Paulo Coefho (Livre de poche) MSTMREBEPI Wm Martel (XTZ) LES PUBIS BE LA TERRE Ken FoAet (Livre de poche) François Avarb (MouehaWes) ECHOES I Danielle Steel (Ded) KMFE OF DREAMS Robert Jordan (Tor) Jamea Patteraon (Warner Books] STAR NANS: LARTIHNTN CF EVN.James Lucent (Bairantme Jane Austen (Penguin) Richard Price (Deit) SHOPAMUC 6 SSTER Soph* Kineela (De*) dresses malaisées», renvoie le narrateur à la blessure originelle, au désir farouche de son père, à son regard chagrin: «Il promène ses mains sur moi.ça soulage et en même temps ça fait mal.Ça console, ça étourdit, ça remet au monde, et puis ça tue.» La vision brouillée par l’émotion, l’adolescent cherche a se detacher de ce passé attaché à lui.Comment avancer dans sa propre histoire, se libérer du poids amer «des vérités difficiles à dire», de la part d'ombre timidement exposée au grand jour?Nelson, son meilleur ami, dont le frère est mort noyé, lui porte secours: «Quoi qu'on dise, quoi qu'on .fasse, on se console pas.Il faut pas se consoler.On construit du solide avec le chagrin, quand on lui survit (.] On se console pas, on invente [.] on invente une suite, on travaille.» Imaginaire sensitif l'n gros livre.La Flore lauren-tienne, vient à la rescousse de l'etudiant désœuvré.11 passe des heures dans ce livre, apprend par cœur les noms merveilleux des plantes.11 s'en inspire pour écrire ses premiers poèmes dans les marges de ses manuels et sur de petits papiers carrés qu’il enfouit au fond de ses poches.Le lecteur lit entre les lignes les signes annonciateurs d'une écriture naissante, d’un sauvetage par la littérature.La decouverte de la musique de Jean-Sébastien Bach le rend patient, confiant, «presque consolé: elle m avait empêché de m endormir, de mourir peut-être».Le cœur soumis mais non résigné, le narrateur se remet à désirer, à espérer, à attendre.Roman Un roman qui trace un portrait sans pitié des excès qui secouent nos voisins du Sud.Un livre choc Choquant aussi.Bertrand Gervais Les failles de r Amérique roman • 448 p„ 27 $ MARCEL LABINE Le Pas gagné ' «Plus que jamais radical et vivant vous demeurez à l’écart de toute avidité» BENOIT JUTRAS L’Étang noir «Les oiseaux n’existent pas» LES HERBES ROUGES / POÉSIE Le désir «d'une seconde naissance» pousse, irrépressible.Sa voix se fait précipitée: «On ne naissait pas le jour où l'on venait au monde.On naissait le jour où l’on s’adoptait soi-mème [.) Il me fallait m’estimer, avec mes manquements, mes défaillances.• Pour l’adolescent en révolte, le mouvement vers la clarté, la vie, l’affirmation de soi, s’amorce.La volonté de ne plus se sentir sur le qui-vive triomphe.S’inspirant d’un vers («Que vais-je devenir jusqu'à ce que je meure?») écrit en novembre 1860 par Victor Hugo durant ses années d’exil et de solitude .aux îles de Jersey et de Guernesey, Robert Lalonde compose une délicate, une touchante, une subtile approche de cette période si ballottée et si vacillante que représente l’adolescence, avec ses doutes et ses fulgurances, où rien n’est certain, rien n’est assuré.Outre le travail de la langue, soulignons les trouvailles stylistiques.un talent à parsemer le texte de métaphores poétiques et sensuelles et surtout un imaginaire terriblement sensitif.Loin de parachever l’œuvre de l’écrivain.Que vais-je devenir jusqu 'à ce que je meure?relance la lecture de ses précédents romans.Collaboratrice du Devoir Ql’E VAIS-JE DEVENIR JUSQU’À CE QUE JE MEURE?Robert Lüonde Boréal Montréal.2005,160 [xtges LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d’art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonhcurdoccasion@bellnel.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR LACHAT DH BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.Robert MXWSKiï} [QUE VAIS-JE DEVENIR) Lyaw JUSQU’A Cl OUF |i MEURE ?; ROMAN 160 PAGES 19,95 $ QUE VAIS-JE DEVENIR lUSQU’À CE QUE JE MEURE?Si Robert Lalonde ouvre un peu les portes du collège de son adolescence, c’est pour ouvrir grand celles de la zone fragile qui sépare l’enfance de l’âge adulte [.].Il signe l’un de ses meilleurs titres, qui remue le lecteur dans les profondeurs de ce qu’il est.Tristan Malavoy-Racine, Voir Boréal www.editionsboreal.qc.ca t A F 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2 0 0 3 Littéraidre-1 LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Parler de soi GUYLAINE MASSOUTRE On n’espérait plus retrouver Agota Kristof, la romancière hongroise, née en 1935 et installée en Suisse, auteure d’une extraordinaire trilogie, Le Grand Cahier (1986), Im Preuve (1989) et Le Troisième Mensonge (1991).Bonheur: la revoici dans un texte personnel qui la rend tout entière à son ton unique.Ce bref et intense récit s’intitule L’Analphabète.En contrepoint de l’exceptionnelle concision de Kristof, une autre lecture: celle de Michèle Gazier, née en 1946, qui publie Mont-Perdu, une histoire très élaborée et pittoresque.Elle s’y inspire de ses origines espagnoles, marquées par la dictature franquiste, la guerre civile et la fuite en France qui s’ensuivit.Ton, rythme, aisance et fluidité: tout oppose ces personnalités, ces langues françaises défendues par Le Seuil, le traitement des faits.Rien de plus différent que ces deux livres, mais un but unique les relie pourtant: la vérité, rien que la vérité, promis juré.Comment raconter la vie, livrer ce moi, cet éternel étrange, fonction de ce qui est arrivé et qui échappe?Et quels mots feront revenir la chose alors que l'une se dit «analphabète" et l’autre issue de «Mont-Perdu»?Guerre froide L’Analphabète est époustouflant.Combien de pages jetées, de bavardages éliminés, dq confidences censurées, pour un tel petit bijou?A l’image des objets perdus, des liens défaits, des lieux quittés, des êtres disparus, l’univers de Kristof est bâti sur le minimum et l’essentiel, avec rigueur et netteté.Désolation.La guerre, la pauvreté, Lénine.La famille séparée par l’arrestation du père, la mère emballe de la mort-aux-rats.Voyez l’internat, à 14 ans: «C’est quelque chose entre la caserne et le couvent, entre l’orphelinat et la maison de correction.» Chagrin, tristesse, ennui, faim, entre autres maux.Le manque de confort, de livres, de souliers, est-ce notable?Le pire, les travaux forcés qu'une nation boycotte?Le russe, la géographie, l’histoire, la littérature soviétiques laminent les Hongrois: «Une génération d’ignorants sort des écoles.» 1956.Invasion de la Hongrie: 30 (XK) morts.Les poches alourdies de quelques dictionnaires et de biberons, la jeune Kristof se sauve en Suisse.Avec son bébé de quatre mois et une dizaine de personnes, elle traverse la forêt austro-hongroise, sans adieu aux familles.Le défi est immense — certains se suicideront —, et il dure près de Zurich, avec une nouvelle langue, le français, langue d’exil et d’écriture.Malgré l’usine, malgré l’incapacité de lire en français pendant cinq ans, Kristof entretient sa flamme: «Quelle aurait été ma vie si je n’avais pas quitté mon pays?Plus dure, plus pauvre, je pense, mais aussi moins solitaire, moins déchirée, heureuse peut-être.Ce dont je suis sûre, c'est que j’aurais écrit, n'importe où, dans n’importe quelle langue.» Exceptionnelle, intimidante: une grande dame.Des sources hybrides Les confidences de Mont-Perdu, de Gazier, n’ont jamais été aussi amplement fouillées.Nimbé de réalisme fictif, le «retour à l’innocence», comme dit le narrateur, «contraint et consentant», s'abandonne à la vraisemblance romanesque au motif idéologique précis.Tout est là, dans le retour en Espagne.L’observation des villes, alliée à la mémoire, dicte le roman.Mont-Perdu, c’est le château en ruines de toute identité.L’écriture voudrait posséder le plaisir et l’effroi, la perte de ce qu’on a quitté, de ceux qu’on a laissés.Romancer, pour Gazier, paraît d’abord combler un silence obsédant.Si le vide crée un mirage enviable, le flou cache bien quelque chose?Volonté d’être et de s’appartenir, le monologue romanesque est un filet à papillons, poursuivant de manière erratique la petite aile vacillante des bonheurs passés.Dans Mont-Perdu, il y a dépense, échauffement du sang et prises délicates, fragiles battements de vie.Raconter, on le comprend ensuite, justifie une vie de doutes, d'effacements, de certitudes mal relayées par le présent.Les changements de narrateur et la fluctuation du point de vue — au lieu du vieux principe structurel, celui de l’unité de l’art — maintiennent l’ambiguïté, non des choix et des luttes mais des gains et des pertes.Erreur au-delà des Pyrénées?La vérité en deçà apparaît bien évasive, tout au plus échappée romanesque aux lourds héritages haineux.Grâce à ce roman, on connaît mieux les émigrés de gauche qui ont quitté, de rage ou par survie, le territoire arraché dans la terreur par le Caudillo.I^eur Espagne constitue un fond trouble d’aversions et de saveurs, une patrie intérieure honteuse, impossible à actualiser comme à pacifier.Ils possèdent un trésor humain et culturel que d’autres continuent à nier.La nostalgie, cruelle morsure, résiste donc à l’arbitraire.Est-ce la raison pour laquelle l’histoire de ces personnages attachants manque parfois de lumière?Non pas celle des êtres, encore que tant de frontaliers hésiteront, à la deuxième génération des émigrés, à savoir où leur cœur bat.Quelque chose résiste aux séductions et aux persuasions: la liberté travaille des pans de complexité.Et si les possibilités narratives forçaient les conventions du roman?L’ANALPHABETE Agota Kristof Editions Zoé CarougœGenève, 2005,57 pages MONT-PERDU Michèle Gazier Seuil Paris, 2005,222 pages Docteur Kinsey et Mister Prok Louis Hamelin Je me trouvais à Joliette à un congrès de Chevaliers de Colomb et m’étais réfugié dans un café lorsque Dominique Cornellier, le frère du chroniqueur dont vous pouvez contempler, ailleurs dans ces pages, la sagace physionomie, m’est tombé dessus à la fin de l’après-midi.Lunettes noires et sourire de crooner des années 50.«As-tu lu le dernier T.C.Boyle?», qu’il me lance.Puis il éclate d’un rire sardonique.Pas pour me vanter, que je lui réponds du tac au tac, mais je suis justement en train de.Domdom et sa blonde sont des fans du vieux T.C.Ils me par-lent d'America, chef-d’œuvre steinbeckien à les entendre.Je leur rétorque que 25 histoires d’amour ne m’a pas du tout impressionné.J’aime bien discuter le bout de gras autour d’un verre avec un des Cornellier.Quelle famille! On ne s’ennuie pas une seconde avec eux.N’empêche que Boyle écrit comme un pied.Un écrivain comme lui a besoin d’avoir tout un sujet entre les mains pour arriver à mériter mon attention.Ce qui est le cas du Cercle des initiés.Boyle a écrit une sorte de roman historique.En effet, tout comme la génération du Refus global, au Québec, préparait le terrain à la Révolution tranquille, la révolution sexuelle des années 60 est sans doute impensable sans cette véritable bombe scientifique, avec dommages collatéraux du côté de la morale, que fut la parution du célébrissime rapport Kinsey.Prok (pour «professeur Kinsey») sera le premier à appliquer au domaine de la sexualité humaine, royaume par excellence du tabou et du préjugé, les critères d’objectivité et les méthodes jusque-là réservés aux insectes et aux crocodiles, entre autres.Le Kinsey que réanime la Une nouvelle maison d’édition québécoise voit le jour : Christian ‘JeuÜïette, éditeur C— 'C Mikado R SAVITRI |j] j B ¦H 1 — Andrée Gagné Mikado Préfacé par André Carpentier 18,9?$ ^ collection OÉ1SME Sri Aurobindo Savitri Traduit par Guy Lafond 45,95 $ w l'hn.'.ium ^ ffc iél'ftudktte éditeur Lancement officiel mardi 8 novembre 2005 à 18 h OO à la librairie 6330, rue St-Hubert, Montréal -entrée libre - vin, prix de présence- êC L’Académie des lettres du Québec Au service de la culture depuis 1944 23e Colloque des écrivains Qu 'en est-il des intellectuels aujourd'hui?Le vendredi 4 novembre 2005 Centre de Montréal des Archives nationales du Québec 539.rue Viger est.Métro Berri-UQÀM ou Champ de Mars 9h30 Accueil et animation : Claude Lévesque.vice-président de l’Académie 9h35 Mot d’introduction : Georges Leroux, membre de l’Académie, président d'honneur du colloque 9H45 Exposé inaugural : Eric Méchoulan.philosophe, écrivain 10h35 Commentaire : Patrick Poirier, éditeur, écrivain llhOO Conférence : Yvon Rivard, écrivain Mh45 Commentaire : Marie-Andrée Lamontagne.éditrice, écrivaine 12h30 Déjeuner 14H30 Table ronde 1 Catherine Mavrikakis, écrivaine Jean-Pierre Lorange.philosophe, écrivain Ginette Michaud, écrivaine I6hl5 Table ronde 11 Naïm Kattan.écrivain, directeur de la revue Les Écrits Pierre Ouellet, écrivain Paul Chamberland, écrivain 17H30 Mot de la fin : Georges Leroux, membre de l’Académie, président d’honneur du colloque ENTRÉE LIBRE Colloque soutenu par le Conseil des arts du Canada, le Conseil des arts et des lettres du Québec et le Conseil des arts de Montréal.www.academiedt'sIvttrvsduquetHx-.ca Ecrire pour Etudes françaises, de 1965 à 2005.La revue a 40 ans (jRvieri librairie ?bistrq En ce 40e anniversaire, nous voulons explorer la mémoire de la revue, pour comprendre son évolution et, peut-être, à imaginer pour elle de nouveaux projets.Nous voulons surtout rendre hommage à ceux qui en ont assuré la continuité.Causerie avec des anciens directeurs de la revue Études françaises Université de Montréal OLIVIERI Au cœur de la littérature Laurent Mailhot Robert Melançon Ginette Michaud Lise Gauvin Animatrice : Lucie Bourassa, directrice actuelle Entree libre 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges RSVP : 739-3639 Mercredi 2 novembre.19 heures éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature La Chair et le Souffle Revue internationale de théologie et de spiritualité n°l Présence du spirituel, croissance en humanité Chair et 11 Souffle lYrst'i*'»' «lu sturtlueL •roiviiMWT t‘»i htimanitt' £ ~ collaborateurs Lytta Basset Francine Carrillo Élaine Champagne Pierre-Luigi Dubied Michel-Maxime Egger Claire Godin Raymond Lemieux Jean-François Malherbe Félix Moser Jean Zumstein SVMSTRsnV ne SHERBROOKE HHTrïTFT .HI H! K a plume du romancier s’indigne d’une telle hypocrisie: «Nous connaissons mieux les mœurs sexuelles de la mouche de Hesse, la cécidomiye, que celles de notre propre espèce!» De fait, on apprend dans ce livre que le mystérieux docteur Kinsey est d’abord un zoologiste, grand spécialiste universitaire d’une minuscule créature appelée cynips (si minuscule d’ailleurs que je n’arrive pas à la retrouver dans mon exemplaire de l’ouvrage et suis obligé de me fier à ma mémoire.).Tout commence à l’université de l’Indiana, au cœur de l’Amérique normale, par un «cours de physiologie du mariage» qui sert dans les faits de couverture au redoutable étalage de pornographie que proposent les diapositives du bon maître face à des gradins bondés de jeunes gens aux joues soudain brillantes (pas difficile de tirer les étudiants du lit, ces matins-là.).La grande aventure de l’enquête Kinsey, technique romanesque oblige, sera vécue de l’intérieur grâce à un de ces étudiants rouges d’émoi et le cœur emballé qui, traîné dans cet ancêtre de cours de sexo par une fille dotée d’un physique de cheftaine des meneuses de claque de l’équipe locale, va se laisser aspirer dans la fascinante orbite du docteur Prok et du groupe de recherche que ce dernier vient de mettre sur pied et qui s’apprête à bouleverser l’histoire des mœurs occidentales.La bête noire L’hypothèse qui fonde tout le travail de Kinsey est la suivante: il n’y a pas de sexualité anormale.Comme en linguistique, c’est l’usage qui crée la norme.Le reste est statistiques.Première question: dans l’Amérique d’Eisenho-wer, est-il permis de jeter ce regard véritablement objectif sur la bête noire de toujours des puritains?Kinsey sera d’abord démo-nisé par la communauté universitaire, connaîtra la gloire avec son fameux rapport sur la sexualité des hommes (un best-seller) et sera de nouveau démonisé lorsqu’il commettra l’impardonnable sacrilège d’appliquer ses techniques d’investigation impies à la fidèle ménagère américaine.Seconde question (et c’est là que ça devient intéressant): quels sont les quatre étapes de la méthode scientifique?Observation, formulation d’une hypothèse, expérimentation, et une autre que j’oublie.La quête de Kinsey sera d’abord descriptive.Au moyen d’innombrables entrevues confidentielles, ses acolytes et lui violeront en douce le secret des chambres a coucher états-uniennes.Mais — et c’est là pour moi, qui ne me suis pas tapé les biographies auxquelles a puisé le romancier, une surprise — Kinsey et les jeunes gens de son équipe vont aussi, sacrifiant pour ainsi dire leurs vies personnelles sur l’autel de la science, généreusement verser dans l’expérimentation.Quels joyeux lurons! Affranchi des conventions, Kinsey se fout à poil à la première occasion.Bisexualité et échangisme tiennent à la fois du fantasme réalisé et de la technique d’investigation.Et ceux qui, comme moi, croyaient les années 50, ici comme là-bas, profondément enfouies sous des couches et des couches de pesante routine conjugale en éprouveront une sorte de choc, équivalent à celui naguère ressenti lorsqu'on découvrit que le frère Marie-Vic-torin écrivait des lettres suggestives à ses bonnes amies.On trouve dans ce livre des moments forts, comme la première fois que John Milk (!), le narrateur, se fait emprunter sa femme, ou la rencontre de ce véritable champion toutes catégories qui, sexagénaire, se masturbe en moyenne quatre fois par jour et, hommes, femmes, enfants, ne fait aucune différence.Occasion, donc, pour Boyle d’aborder un problème moral complexe et de poser la question qui nous ramène sans cesse à l’éternel Science sans conscience de Rabelais.Si l’interprétation scientifique de la réalité suffisait à faire notre bonheur et à assurer notre développement que faire alors des abuseurs de chanteuses préadolescentes et autres bonhommes Sept-Heures de l’actualité?.C’est donc là une riche matière, mais d’une lecture parfois lassante.Parce que, je le répète, Boyle écrit assez souvent n’importe comment, donnant l’impression, ici et là, de diluer son propos dans l’insignifiance et un agaçant bavardage.Mais peut-être que s’il paie la prochaine tournée de marteaux (tout ce que je sais, c’est qu'il y a de la crème de menthe), frère Cornellier va finir par me convaincre du contraire.LE CERCLE DES INITIÉS T.C.Boyle Traduit de l’américain par Bernard Turle Grasset Paris, 2005,503 pages ECHOS Colloque de traduction littéraire Les associations de traducteurs littéraires des deux côtés de la frontière se réunissent pour la première fois depuis 1986 à l’occasion d’un colloque, du 2 au 5 novembre, à l’hôtel Omni Mont-Royal.Les tables rondes et les ateliers, qui se tiendront en fiançais ou en anglais, porteront notamment sur le monde de l’édition au Canada et au Québec, sur la tra- duction de la littérature latino-qméricaine au Canada et aux Etats-Unis, sur l’influence de la littérature américaine sur la littérature québécoise par le biais de la traduction, sur la traduction cinématographique et sur les activités du Centre international de fraduction littéraire de Banff.Invitées spéciales du colloque, les écrivaines et traductrices Antonine Maillet et Chava Rosenfarb livreront chacune une conférence.Le colloque est ouvert au public.Les billets so ront vendus à la porte au coût de 85 $ ou 30 $ par jour au tarif régulier et de 40 $ ou 15 $ par jour pour les étudiants.- Le Devoir r I I I ! I I I I I I I I I I I I I I I I I I h Agenda littéraire Novembre 2005 UtNTEO t nion des écrivaines et des écrivains québécois TOURNÉE DES MOTS EN QUARTIERS LECTURE-CONCERT inspirée par MONTRÉAL avec les écrivains Dominique Demers et Guillaume Vigneault et à la guitare Richard Fortier Entrée gratuite.MERCREDI 2 NOVEMBRE.19 h 30 Salle d activités de la bibliothèque de Saint-Léonard 8420.boul.Lacondaire.Saint-Léonard JEUDI 3 NOVEMBRE.19 h 30 Bibliothèque Pointe-Claire Salle Multimédia 100.rue Douglas Shand.Pointe-Claire JEUDI 24 NOVEMBRE, 19 h 30 DES MOTS ET DES SONS LES MYSTÈRES AU CACHEMIRE LECTURE-CONCERT inspirée par L'INDE avec l ecrivain Mario Bolduc et le musicien Uwe Neumann Maison des écrivains, 3492.avenue Laval.Montréal Ü2 Sherbrooke Entree gratuite Reservation obligatoire Renseignements et réservations au (514) 849-8540 www.uneq.qc.ca TONSfX OfS MT* Ct> .notrmAi "*qù«* .Jean Fugère.Radi&CàtMdü tbOrtfitoi pas üinu « L écriture vive allant â l'essentiel de même que les dialogues incisifs et grinçants nous rappellent que Michael Delisle est l'un des meilleurs écrivains de sa génération *» > Suzanne Giguere, Le ühvoii (514)524-5558 lemeac@lemeac.com A Triptyque www.r r 1 ptyq tic, qc.ta triptyque^ed iuontnptyquc.com Tel.: (514) 597-1666 Marié.Hn tnt Pon ras mort de Mignonne et autres histoires nouvelles, 171 p., 19$ Maru Hélène Poitras nous apporte la confirmation d un (aient que I on devinait bien réel, parfaitement balancé entre la sensibilité, l’invention et la profondeur Christian I )esincuk*s.h Oewur Fulvio Cacria LA COÏNCIDENCE Mark Ih lcrv Pruirj* if LA MORT DE MIGNONNE ';> Fl I vio Cacua la coïncidente roman.133 p., I‘f i «lai coincidence est un thriller ftry-chnlupqur qui nom lient m haleine tout au lon/r de la lecture et nous fait reflet htr sur l'impossibilité de fuir sa drinnrr * Kannc Hujoiij I v-.i-iiljis, ImptUI < nmpus LE DEVOIR.LES SAMEDI F U t 0 El DI M A X C HE HO OCTOBRE 2 O O S -«•Livres ¦»- ROMAN HISTORIQUE Le feu des revendications Dans Les Demoiselles aux allumettes, Marie-Paule Villeneuve fait renaître le vieux Hull avec ses paroisses, ses rues, ses boutiques et surtout ses habitants ANNE MICHAUD Elle s’appelle Victoria, non pas en hommage à la reine mais plutôt en l’honneur de la seule pompe à la disposition des pompiers lors du grand incendie de Hull de 1900.Pourtant, cette Victoria est plutôt du genre à allumer les feux qu’à les éteindre! Engagée comme allumettière à la compagnie Eddy Match dans cet entre-deux-guerres où la société est en pleine ébullition, la jeune fille va participer à la naissance du syndicalisme féminin.te Demoiselles aux allumettes de MariePaule Ville neuve (VLB) est un roman historique de la même trempe que L’Enfant cigarier paru en 1999.À nouveau l’auteure s’intéresse aux conditions de vie des ouvriers, à leurs revendications et à la manière dont les mouvements ouvriers ont lancé les grands changements sociaux du XX siècle.Bien que Victoria soit un personnage fictif, tout comme l’était Jos dans L’Enfant cigarier, c’est un moment du passé bien réel que fait revivre Marie-Paule Villeneuve.Tout ce qu’elle raconte a fait l’objet d’une recherche minutieuse.Sous sa plume, le vieux Hull renaît avec ses paroisses, ses rues, ses boutiques et surtout ses habitants, dont plusieurs gont employés pir la compagnie d’Ezra Butler Eddy.A l’époque, la Eddy Match fournissait en allu- mettes tout le Canada et une partie des États-Unis: 120 millions d’allumettes par jour! Les bâtonnets, enduits de phosphore et de soufre, défilaient a une cadence folle devant les allumettières qui devaient les empaqueter, avec le risque constant de voir le feu naître sous leurs doigts.Des voix s’élèvent alors pour dénoncer les conditions de travail déplorables des allumettieres.Celle de Donalda Charron, contremaîtresse à la Eddy Match, a particulièrement touché Marie-Paule Villeneuve; elle s’en est inspirée pour créer le personnage de Victoria mais n’a pas voulu en faire son personnage principal, de manière à conserver toute sa latitude de romancière.Cette latitude lui permet d’ailleurs de faire vivre à Victoria une histoire d’amour pas très catholique puisque c’est avec un curé que la fougueuse jeune fille découvre les joies de la chair! Pour suivre son bien-aimé, Victoria décide d’aller travailler dans les manufactures de coton du Massachusetts, ce qui permet à l’auteure de dresser un portrait comparatif des conditions de vie ouvrière au Québec et dans le nord des États-Unis.l e destin de Victoria l’emmènera aussi à rencontrer la grande syndicaliste Elizabeth Gurley Hynn et à s’émouvoir sur le sort des activistes Sacco et Vanzetti, qui croupissent en prison.Elle fera même un séjour dans un hôpital psychiatrique américain où les autorités du clergé espèrent quelle oubliera son amant et l’enfant né de leur amour.Revendication Pour Marie-Paule Villeneuve, les mouvements ouvriers et le syndicalisme sont au cœur de toute évolution sociale et c’est cette thèse que ses romans cherchent à illustrer.Quoiqu’eUes soient intéressantes, les péripéties de la fougueuse Victoria sont donc secondaires par rapport au contexte social dans lequel elles se déroulent Les revendications des ouvrières, leurs luttes pour obtenir de meilleures conditions de travail, le rôle du clergé dans le mouvement syndical et le paternalisme dont on entourait les mouvements syndicaux féminins sont décrits en détail dans Les Demoiselles aux allumettes.Au risque parfois d’alourdir le déroulement du roman, comme c’est le cas lorsqu’on aborde les différences entre les «unions catholiques» et les «unions internationales».Mais peut-on vraiment reprocher à un roman historique d’être trop fidèle à l’histoire?Non, et surtout pas quand on y raconte la vie d’un groupe d’ouvrières qui en eurent un jour assez de se faire traiter comme de vulgaires allumettes usagées.Collaboratrice du Devoir Marie-Paule Villeneuve 1 ' ctemoiselles 'allumettes rib éditt LES DEMOISELLES AUX .ALLUMETTES Marie-Paule Villeneuve VLB éditeur Montréal, 2005,432 pages BEAU LIVRE Un petit sourire de l’Inde Amours interdites MARTINE LETARTE Catastrophes, pauvreté, conflits religieux: c’est généralement lorsqu’un drame affecte ses habi-tiuits que l’Inde fait les manchettes.Pour changer la donne, la journaliste Karina Marceau et le photo-graphe Victor Diaz Lamich nous présentent des gens tout sourire dans leur livre Inde, sur la route des jeunes musiciens du monde.«Dinde n’est pas misérable.Il y a des problèmes là-bas, mais on en a ici aussi», affirme Karina Marceau au Devoir.Avec une équipe de tournage, elle s’est rendue l’an dernier dans le village de Kalkeri, en Inde, pour réaliser un documentaire sur l’école de musique fondée par l’organisme québécois Jeunes musiciens du monde.Dans ce pays où 60 millions d’enfants n’ont pas accès à l’éducation, quelque R0 Indiens âgés de- 3 à 19 ans profitent actuellement, grâce à cette initiative, d’une formation scolaire et musicale reconnue par le gouverne^ ment indien s;uis avoir à débourser JL .sw la des » un sou.L’organisme offre également im toit, des vêtements et de la nourriture à ses élèves.De retour au pays, la journaliste a été chavirée par les photogra-pliies prises par Victor Diaz Lamich lors de leur périple.les images ont abouti sur le bureau de l’éditeur Sylvain Harvey, à Québec.«Comme nous ne voulions pas faire iM L’Académie des lettres du Québec dévoile les finalistes de ses trois prix pour 2005 PRIX ALAIN-GRANBOIS (POÉSIE) Michel Leclerc, Le livre de l'échoppe.Editions du Noroît.Robert Melunçon.Le paradis des apparences.Éditions du Noroît.Bahman Sadighi.Semences, syllabes, Éditions du Noroît.Julie Stanton, Requiem pour rêves assassinés.Éditions les Heures bleues.Nathalie Stephens, L'injure, Éditions de l’Hexagone.Le jury est présidé par Mme Suzanne Jacob et réunit MM.André Brochu et Jean Royer.PRIX RINGUET (ROMAN) Emilie Andrewes, Les mouches pauvres d'Esope, XYZ Éditeur.Martine Desjardins.L'élu du hasard.Éditions Leméac.Pierre Yergeau, Les amours perdues.Éditions L’Instant même.Le jury est présidé par M.Reginald Martel et réunit Mme Madeleine Ouellette-Michalska et M.Louis Caron.PRIX VICTOR-BARBEAU (ESSAI) Martine Beaulne.Le Passeur d ames : Genèse et métaphysique d'une écriture scénique.Éditions Leméac.Frédérique Bernier.Les essais de Jacques Brault : De seuils en effacements.Editions Fides Paul Chamberland, l ne politique de la douleur : Pour résister à notre anéantissement.VLB Éditeur.Le jury est présidé par M.Claude Lévesque et réunit Mme Lise Gauvin et M.Georges Leroux.Les noms des lauréats seront révéles, en même temps que celui du récipiendaire de la médaille annuelle de l’Académie des lettres du Québec, lors d’une soirée le 8 novembre prochain.1 Academie des lettres du Quebee est soutenue dans son fonctionnement par le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des ans de Montréal et le Conseil des arts du Canada a sn a .aeadeiniedeslettresduquebec.cn des sous sur le dos d’un organisme à but non lucratif nous avons décidé de leur remettre nos profits», soutient Mme Marceau.Une fâche ardue Karina Marceau a dû ramer fort pour compléter, en quatre mois, l’écriture de scs textes.Dans la première partie du livre, la journaliste vulgarise avec style les grandes réalités indiennes.Habituée à travailler rapidement l’ancienne journaliste de TVA avait prévu prendre deux ou trois jours pour l’écriture de chaque petit texte expliquant un aspect de la société.«J’ai réalisé que, lorsqu’il est question de l’Inde, ça ne marche pas comme ça! Les différents éléments de la société sont complexes et interreliés.lorsque j'ai fait lire mon premier jet à la spécialiste des questions indiennes à l’Université Laval, Marcelle Saindon, elle m 'a conseillé de retourner au travail.J’ai vraiment eu besoin d’aide pour arriver à terminer mes textes», confie Mme Marceau.Au total, trois experts ont révisé ses écrits.Si elle demeure quelque peu surprise de l’intérêt que le public et les médias portent à son livre.Karina Marceau croit comprendre qu’il vient combler un ride.«On en a assez de n ’entendre parier que de choses qui vont mal.Je crois que les gens ont besoin de sentir qu’ils prennent part à la construction de quelque chose plutôt qu 'à sa déconstructüm.» Collaboratrice du Devoir MARIE LABRECQUE Les femmes ont beau rester jeunes et actives de plus en plus longtemps, les relations entre des femmes d’âge mûr et de jeunes hommes relèvent toujours du tabou.Certes, certaines stars hollywoodiennes exhibent désormais avec orgueil leurs juvéniles amants, mais ce type de rapport demeure l’exception plutôt qu’une règle socialement acceptée.Elle-même octogénaire, réfractaire au conformisme, la grande auteure Doris Lessing ajoute à cette situation potentiellement choquante un élément quasi incestueux dans son bref roman te Grands-mères.Depuis la petite école, Roz et Ul sont les meilleures amies du monde.Deux beautés blondes qui grandissent dans un «monde bleu» mer, sans nuages.La championne de natation et la metteure en scène font un double mariage, habitent Tune en face de l’autre et accouchent toutes deux d’un petit garçon à quelques jours d’intervalle.Une vie parfaite et synchronisée.«Les choses suivaient leur petit bonhomme de chemin, tout ce qui n'était pas tel que cela aurait dû être était soigneusement dissimulé.» Mais voilà que Roz refuse de déménager pour suivre son mari dans une autre ville.Harold se sent exclu devant le lien très fort tissé entre les deux femmes: «Ce n’est pas avec moi que tu es en couple.» LU se retrouvera seule à son tour quand son époux mourra dans un accident maison Monbourquefte SOIRÉE-BÉNÉFICE I Jean Monbourquette La Maison Monbourquette et les éditions Novalis vous invitent à une conférence de Jean Monbourquette Aimer, perdre et grandir : guérir de ses deuils Le mercredi 2 novembre 2005 à 19h00 À l égtise Saint-Pierre Gaver 2000, boulevard Saint-Joseph Est (coin Delorimier) Montréal Prix d’entrée 20$ Billets en vente sur place Pour réserver vos billets : Maison Monbourquette (514) 523-3596 1 888 423-3596 Le temps passe: les garçons deviennent de «jeunes dieux», et les mamans, des quadragénaires encore appétissantes.«Ces deux femmes superbes, de nouveau réunies comme si les hommes n’étaient jamais entrés dans leur équation, allaient et venaient avec, à leurs côtés, les deux beaux adolescents [.], inséparables comme l’avaient été leurs mères au même âge.» Comment cette ur imposer leur point de vue.Le gouvernement du Canada, par exemple, a même contribué à l’industrie du sexe en aidant au recrutement de femmes à l’étranger pour combler une pénurie de danseuses nues.Un féminisme bien compris, c’est-à-dire non pas puritain mais progressiste, ne saurait pourtant tolérer une industrie qui attente à la dignité des femmes.Soulignons enfin que, à la même enseigne et dans le même petit format éminenunent agréable, parait aussi un ouvrage intitulé Des tribunaux islamiques au Canada?, qui dénonce énergiquement ce projet.Comme l’écrit Fatima Houda-Pepin, députée libérale de La Pinière au Québec: «L’application de la charia au Canada participe de cette même LesconseilSdevoS libraires indépendants NOIR DESTIN QUE LE MIEN Massoud Al-Rachid.Leméac, 14,95$ L’écriture incisive et décapante de ce roman est à l’image de son créateur : irrésistiblement réjouissante! Brigitte Moreau librairie Monet (Montréal) LA SAGA DU GRAND CORBEAU LA $ACA DU GRAND COR&EAU Sharon Stewart, Boréal, coll.Boréal inter, 13,95$ Bâtir un roman autour d’un corbeau et de son clan n’est sûrement pas une chose facile.Sharon Stewart rend ce sujet des plus intéressants p>ur les jeunes.Une lecture touchante et vraiment passionnante ! Mette Demers librairie Clément Morin (Trois-Rivières) L’EVOCATION Martine Desjardins, Leméac, 19,95$ L’auteure nous amène chez la seigneuresse d’Armagh en Bellechasse, au début du XIX' siècle, dans un univers clos où le sel est au centre de vie quotidienne.et de la mort.Le mystère s’éclaire au fil des ellipses remontant jusqu’à la Conquête, dans une écriture élégante.Yves Guillet librairie Le Fureteur (Saint-Lambert) LES MOTS DE MON PERE Louise Portai, Hurtubise HMH, 21,95$ Voici un livre d’une grande générosité qui célèbre la vie dans toute sa splendeur et sa complexité à travers une remarquable relation père-fille.Éric Simard librairie Pantoute (Québec) LTLE AUX MONSTRES Caroline Merola.La Courte Échelle, 15,95$ Le talent de Merola n’est plus à prouver ' À la fin de cet album tête-bèche, il faut le retourner pour connaître la suite du voyage de Loli, parti à la découverte d'une île mystérieuse peuplée de bêtes étranges.Un livre intelligent où l’éblouissant fait vivre l’imaginaire! Sophie Lapointe librairie Les Bouquinistes (Chicoutimi) JM '¦* 0 le libraire Bimestriel de librairies indépendantes GRATUIT nov.-déc.2005 Maintenant disponible ^Uegoût du \ !n Avec f aide de Patrimoine Canada Canada Une réalisation des librairies indépendantes : MORIN Jtefc, MWt PANTOUTE URETEUR strategie qui vise d isoler la communauté musulmane afin de la soumettre à une vision archaïque de l’islam.une visùm dont les islamistes sont à la fris les ideologues, les propagandistes.les financiers et Us operateurs.» Ce collectif s’oppose d'ailleurs à texts les tribunaux d'arbitrage religieux, de quelque confession qu'ils soient 11 y a, comme on dit, des symboles d Intolérance à l'endroit desquels il faut se montrer intolérant LA SEXUALISATION PRÉCOCE DES FILLES Pierrette Bouchard.Natasha Bouchard et Isabelle Boily PR0STITIT10N -PERSPECTIVES FÉMINISTES Elaine Audet DES TRIBUNAUX ISLAMIQUES AU CANADA?Vida Antirmokri, Homa Arjo-mand, Elaine Audet, Micheline Carrier, Fatima Houda-Pepin Publiés aux Editions Sisyphe Montréal, 2tX)5, respectivement 88,128 et 102 pages LOI 1S CORNELLIER Entre 2000 et 2004, sur les ondes de Radio Energie.Christian Té-treault a livré quotidiennement un billet sur le sport.Quelques reprises regroupe plus d’une centaine de oes commentaires auxquels s'ajoutent quelque quarante courriels d'auditeurs témoignant de leurs expériences sportives.Modeste, Tétreault reconnaît qu’il n'a rien d'un Guy lai leur de fa plume: «Voyez-mus, je suis un scrip-tcur, pas un écrivain.Il m'arrive de me prendre pour un écrivain, mais im a tous des problèmes perssmnels à regler.et je me le pardonne.Depuis 30 ans.je n écris pas pour être lu.mais pour être entendu.» Pas de grand style, donc, mais une passion du sport contagieuse.Très courts, les billets de Quelques reprises traitent beaucoup de sport professionnel (hockey, baseball, football, boxe, golf, tennis et quelques autres), mais aussi de sport amateur et des plaisirs du sport tout court.C'est d'ailleurs quand il délaisse les moments forts du sport commercial que Tétreault est à son meilleur.Sur Hicham El Guer-rouj, par exemple, maître mondial du 1500 m course: «Iss vrais surhommes n’ont pas de bâton, ni de gant, de ballon, de patins, de SOUKVK I BS «XI cours Christian Tétreault volant, de vélo.Ils sont tout nus et ils courent » Quelques billets bien sentis lui servent aussi à dénoncer l’attitude de certains parents fous qui écrasent leurs enfants sportifs sous la pression.Souvent Heur bleue et rarement transcendant, l’ouvrage île Tétreault plaira neanmoins aux passionnés en manque de littérature sportive, une denrée rare au Québec.Collaborateur du Devoir QUELQUES REPRISES Christian Tétreault les 400 coups Montréal, 2005,232 jviges Les Éditions du Noroît Nouveautés de l'automne 2005 www.lanorolt.com ORIGINE UE-S MERIDIENS Paul Bcbmgn Paul Bélanger Origine des méridiens Antonio D'Alfonso Un homme de trop Découvrez nos nouveautés POÉSIE du Canada français Géomancie l a/1 * V, f9® |pf PARCOURS Herménégilde Chiasson Éditions Perce-Neige GÉOMANCIE Gérald Leblanc Éditions L'Interligne, coll.8CF J'ÉCRIS A REBOURS Michel A.Thérien Éditions David Pairie* Deshicns désâme DÉSÂMÉ Patrice Oesbiens Éditions Prise de parole f^RÉÇF www.recf.ca 14 têileurs ious un* mém* bannie* LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2005 F 8 -«"Essais^- HISTOIRE L’art de trafiquer l’histoire ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC A QUEBEC.PHOTO LIVERNOIS.P560.S2, P300370-S64.Les restes de M*' François de Laval en 1878.Découverts l’année précédente dans le sous-sol de la basilique de Québec, les ossements furent soigneusement nettoyés par les sœurs pour leur exposition publique.¦A- V&âte ss* ¦ ¦S’-aS MICHELINE LACHANCE Tout a commencé par la découverte, ma foi un peu macabre, d’un corps céleste, celui de M“r François de In val, premier évéque catholique d’Amérique du Nord.En nettoyant le sous-sol de la basilique de Québec, deux ouvriers ont trouvé ses restes égarés depuis sa mort, en 1708.La réapparition de son cercueil, en 1877, sera l’occasion d’un nouvel enterrement public, suivi de l’érection d’une statue à sa mémoire.Presque au même moment, une polémique baptisée «querelle des antiquaires» a ranimé, cette fois, le souvenir de Samuel de Champlain, fondateur de Québec, mort en 1635.A défaut de savoir où se cachait son tombeau — à ce jour, l’énigme demeure entière —, la Ville lui a offert un monument inauguré en grande pompe en 1898.Dix ans plus tard, tout le monde s'attendait à ce que Champlain soit le héros des fêtes soulignant le tricentenaire de la fondation de Québec.Et à ce que M”'1'lu val, dont on célébrait la même année le bicentenaire de la mort, partage avec lui le devant de la scène.Or, les choses se sont passées tout autrement, nous dit l’historien Ronald Rudin, qui a revisité les somptueuses reconstitutions historiques de 1908.Professeur d’histoire à l’université Concordia, Rudin a déclenché une controverse en 1995, avec son livre Faire de l’histoire au Québec (Septentrion).Il montrait du doigt les «révisionnistes», ces historiens québécois à qui il reprochait de se draper dans l’objectivité scientifique pour évacuer les questions concernant l’identi- té nationale et religieuse et se concentrer sur les enjeux sociaux et économiques.Une façon, selon lui, d'occulter les aspects négatifs du passé.Cette fois, sa démarche est moins périlleuse.Il a voulu démontrer que les moments cruciaux de l’histoire d’une nation peuvent être interprétés de plusieurs façons.A preuve, le sens qu’ont voulu donner aux commémorations de 1908 les dirigeants de langues française et anglaise, laïcs ou religieux qui, ça saute aux yeux, poursuivaient des objectifs fort différents.A deux ans des fêtes du 400' anniversaire de Québec, et au moment où les préparatifs vont bon train, le sujet ne manque pas d’à propos.L’agenda caché L’intérêt du livre de Rudin tient au fait qu’il décortique ces célébrations comme on démonte les mécanismes d’une horloge de manière à en comprendre les rouages.En plus de dévoiler l'agenda caché des organisateurs, l’auteur scrute les rivalités du clergé ultramontain et les mesquineries des hommes politiques.Rien ici n’est laissé au hasard.Même la façon dont les sœurs ont nettoyé les os de M“' de Laval, pour les rendre moins répugnants, nous est contée.Pour impressionnant que soit le résultat, l’effet de surprise est raté, du moins en ce qui concerne le chapitre relatant le tricentenaire de Québec, en 1908.Et pour cause! Dans son excellent ouvrage paru quatre ans plus tôt, L’Histoire-spectacle, H.V.Nelles nous avait déjà révélé comment, du projet initial de célébrer la mémoire de Champlain et l’anniversaire de Québec, on était passé à des fêtes marquant la naissance du Canada.Une naissance qui, aux yeux du gouverneur Earl Grey, remontait à la bataille des Plaines d’Abraham.In reconstitution qui s’est tenue alors sur les champs de bataille, là où le sort du Canada s’est joué en 1759, a eu pour héros non pas Champlain et Laval, mais Wolfe et Montcalm, qui incarnaient les deux nations anglaise et française.Comme Nelles avant lui, Rudin montre que le gouverneur, le maire et les évêques ont réécrit le passé à des fins politiques.Leur version de l’histoire est truf- fée d’inexactitudes.Quant au prince de Galles, venu exprès de Londres, il en a profité pour vanter le gouvernement britannique, «à qui l’on doit un pays où catholiques et protestants sont sur un pied de parfaite égalité».Les chapitres consacrés à M*' de Laval présentent l’évêque comme un symbole.Squs son épiscopat, l’Eglise et l’Etat travaillaient de concert pour défendre une identité canadienne-française distincte.Mais pas n’importe laquelle.M8' Louis-Na-zaire Bégin n’a-t-il pas jugé bon de présenter la Conquête comme «providentielle», car elle a permis aux Canadiens d’échapper à la France révolutionnaire?Dommage que l’ouvrage de Rudin ne nous apprenne pas ce que la population a retenu du message qu’on a voulu faire passer.Dire qu’ils étaient 200 000 dans les rues de la ville.Des Canadiens français, pour la plupart, qu’on avait encouragé à agiter des drapeaux anglais pour honorer «notre pays d’adoption», le tricolore qui rappelle «notre pays d’origine» et le drapeau américain qui représente une nation «qui donne du travail et du pain à un million de nos frères».L’HISTOIRE DANS LES RUES DE QUÉBEC La célébration de Champlain et de M“ de Laval, 1878-1908 Ronald Rudin Presses de l’Université Laval, Québec, 2005,297 pages CHRONIQUES HISTOIRE Drôle d’époque Comprendre le siècle des images A JEAN-ROBERT SANSFAÇON Denise Bombardier a touché à tout dans sa carrière médiatique: romancière à succès, animatrice à la radio et à la télévision, journaliste sur les ondes et à l’écrit, productrice et, depuis quelques années, commentatrice à la radio, à la télévision et au Devoir.Chez certains, ses chroniques du samedi provoquent la réflexion et l’admiration, chez d’autres, le mépris et l’urticaire.On lui reproche son côté mère supérieure ou on la félicite pour ses sorties à la Jeanne d’Arc, un crucifix en guise d’épée ou l’inverse, toujours prête à partir en guerre tant pour la protection des valeurs que pour ces petits riens élevés au rang de symptômes des grands maux de cette société.Sans complaisance, publié ce mois-ci chez VLB éditeur, est un Le sacré réapproprié ht oc tobre au 14 décembre 2005 Conferomes i Mnaaeiü ——————— ^ Un questionnement sans cesse renomete sir M denvwhe de den\ peintre'» qui ont marqué notre époque ( onféttncier iMlIi’lMaklil historien d art et spéculisto dos rapports entre la rotigro» et l urt moderne Hmrrtfi »’iH'ii mtirr l»h • IBS - * m VINCI \T \ \\ GOGH Su lutte d être de son (mips ti rrfùjieux llmmfi ?deu mhrt' 19 h - W\ \UR! \ S.H ARRIS 1^ la ihsiHii ertc tie te peintre uwodu'n membre ttu (irvu/v tU^s Sept « m e- O \positions I a recherche au niveau des , or rieurs et de la matière premiere.Wee à I uttr.Ktion \ors un inhni plus grand que soi saractérise les oeuvres des quatre artistes présentes 19 iHtwbrr ou M lUtembr, ¦ I ntn-e libre Gl\\\l HIREILA Il ivtorr ne! tu aurait tu naît I « couleur du sacre CIIRINIINI MARCH WD Dr t our et du Mru Spiritualité oncretiste catr RICIIARDhW SHIDIIAM IRWGOIS M MHII II Ifntrr druv ciruv (•fcrvlnsain, -émutu» le Dm» yesu(è.',f,v,,'» " Jf* 1200 tu» d* Emuy Montrtot (1*4*0 PlK» JW vu; WtottfKte; E VISU Les frontières du récit MICHEL HELLMAN LG exposition Raconte-’ moi, présentée au Musée national des .beaux-arts du Que- ' bec, nous invite à nous pencher sur le thème du «ré-cit», tel qu’il apparaît dans l'art contemporain.11 s'agit, selon la commissaire Marie Fraser, de voir comment Y «éclatement des frontières du récit», amené par les nouveaux procédés artistiques, «bouleverse nos horizons et habitudes de perception» tout en créant «des narrations plus complexes et plus ouvertes».C'est un sujet riche et large, mais difficile à définir.En effet, de près ou de loin, toutes les œuvres d’art racontent une histoire.Comment établir un critère de sélection?L'exposition commence dans une salle sombre au premier étage, avec une installation audio et vidéo de Janet Cardiff et de George Bures Miller intitulée The Berlin Files.Une œuvre efficace qui vient donner le ton au reste de l’exposition.Dans cette pièce, le son ambiant occupe une place très importante.Douze haut-parleurs sont placés autour de la salle.Lorsqu'on s'installe au milieu de la pièce et qu'on se laisse transporter par l'atmosphère de l'œuvre, on est impressionne par la -presence physique» du son tandis qu'un film se déroule d'une manière très rythmée, avec une intrigue, du suspense.Le son tient ici une place primordiale dans la narration.On peut même aller phis loin en affirmant qu'il donne un sens à l'histoire.Ainsi, dans cette œuvre, contrairement au cinéma -traditionnel», ce sont les images sur l’écran qui viennent accompagner la trame sonore et non le contraire.La suite du parcours continue à l'étage supérieur, dans une grande pièce où les autres œuvres ont été rassemblées.On y trouve un important éventail d'artistes provenant de divers pays.Les pièces exposées sont essentiellement des installations vidéo, mais il y a également des sculptures, des photographies et des peintures.La présentation est particulière: les nombreuses cloisons qui divisent la salle donnent l'impression que Ton pénètre dans un labyrinthe.Le design AVEC L'AIMABI K AU lOKISAl lON 1>I N AH I IS11 s m JA I UtlMNUAUCUSlINI' UAU I KY.NEW YORK The Berlin Files, 2003, installation vidéo et audio de Janet Cardiff et George Bures Miller.AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE LA GALERIE RENÉ BLOUIN Mon ombre, 2001, film super 16 de Pascal Grandmaison.est signe par Anne Cormier, de l’Atelier Big City de Montréal.Anne Cormier a bien su exploiter ici un espace tout de même restreint afin de présenter le plus grand nombre d’œuvres possible et sans que celles-ci empiètent trop les unes sur les autres.Malheureusement comme c’est souvent le cas dans ce genre d’exposition qui présente de nombreuses œuvres vidéo, il est difficile de se laisser véritablement imprégner par les installations dans cette pièce, comme on pouvait en comparaison le faire avec The Berlin Files, qui jouissait d'une salle distincte.Ici, la musique et les sons ambiants provenant des autres pièces agissent constamment comme mi bruit de fond gênant L'œuvre Seven Minutes Before de l'artiste Melik Oha-nian, par exemple, présentée derrière une longue cloison au tout de la salle, écrase les installations avoisinantes par sa taille (il s'agit de sept projections vidéo, présentées sur sept écrans) et sa présence so- Jusqu’au 30 octobre MARC • ANTOINE NADEAU à la GAO-495-7419 Claude Simard Jack Pierson Pierre Oorion Roberto Juarez Jimmy De Sana Sylvie Bouchard Geneviève Cadieux David Nelson Evergon 19 octobre * 20 novembre PROJEXMTJ mercredi - dimanche 12h à18h (514)282-8123 (51 4)2 82-91 30 MUSÉE RÉGIONAL DE RIMOUSKI O eti- te table et deux chaises, la sensation de l’attente, du temps susix-n-du.1rs ix’tiles projections diapositives de Francis Alÿs.cuti «fragmentent» une histoire, possèdent également un grand pouvoir expressif, malgré leur aspect modeste.Le contraste entre ix's différentes formes d’expression artistique donne au parcours un as|>ect intéressant.Chaque œuvre raconte à sa manière son histoire; il s'agit pour nous de la déchiffrer.In sélection esl intéressante, mais le sujet aurait pu, peut-être, être mieux cerné.Collaborateur du Devoir RACONTE MOI 1 )u 6 octobre au î) avril 2(XXi Musée national des beaux-arts du (Juébtx- l’arc des Champs-de-Bataille, Québec MUSEE DES BEAUX-ARTS DU CANADA wmmwxMï CHRISTOPHER PRATT JUSQU’AU 8 JANVIER 2006 Un survol - en une soixantaine de peintures grand format saisissantes - de la production des vingt dernières années de l’un des plus importants artistes contemporains canadiens 1991, London Liu*, compagnie a F* vie, © f.hristOpHer Pfdit TRÉSORS DE NOTRE COLLECTION DESSINS BRITANNIQUES FOLK, METAL, POP ET ROCK Jusqu'en janvier 2006 Jusqu'au 20 novembre 2005 K evi DVD, MBA (6T3) 990-T985 1-800-319-ARTS 380, promenade Sussex, Ottawa Pour plus d'information et pour vous abonner â notre Cyberbulletin, visitez musee.beaux-arts ca/T2S Heures d'ouverture mercredi - dimanche lOh - 17 h jeudi 10 h - 20 h I^IJrolt OTTAWA^/ m/.K tirnttonal Galtory o* C»n»dJ du Canada f anadS / t ï» • A fc f ANNivfPsaav F * r F 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2005 ÜE \ISC L’empreinte du «trappeur supérieur» MICHEL HELLMAN Le pape du surréalisme, André Breton, avait surnommé Jean-Paul Riopelle *le trappeur supérieur».Selon Breton, Riopelle savait poser «des pièges pour les pièges» afin d’atteindre un «haut degré de liberté».C’est un surnom poétique — quoique légèrement condescendant (Riopelle avait du mal à se départir de cette image de r«homme des bois» canadien accolée par l’intelligentsia européenne de son époque) — qui résume parfaitement la complexité de l’œuvre de cet artiste.En effet, tout au long de sa carrière, Riopelle n’a jamais voulu se laisser «piéger» par les catégorisations artistiques ou les attentes du public, même si cela lui a valu des critiques sévères, allant même jusqu’à dévaluer considérablement son travail sur le marché de l’art.Il est resté avant tout un artiste farouchement indépendant, qui a constamment cherché à renouveler sa démarche créatrice pour affirmer sa liberté.L’exposition Impressions sans fin, présentée au Musée national des beaux-arts du Québec, propose de faire découvrir une facette largement méconnue du travail de cet astucieux «trappeur»: ses estampes.Riopelle est essentiellement connu pour ses tableaux grand format, mais il a aussi produit au cours de sa longue carrière, une abondance de gravures diverses.L’exposition nous donne donc l’occasion de découvrir un aspect fascinant de sa production, demeuré trop longtemps dans l’ombre.Le parcours, organisé par le commissaire Bernard Lamarche, également critique d’art au Devoir, rassemble près de 160 épreuves s'étalant de la fin des années 60 jusqu’aux années 90.La plupart des œuvres présentées appartiennent à la collection du MNBAQ (qui possède, il faut le souligner, la plus importante collection publique d'œuvres de Riopelle).L’exposition occupe deux salles et suit une présentation sobre et aérée.Les œuvres ne sont pas organisées selon un ordre chronologique mais plutôt thématique.On passe ainsi des premières expé- 24^ üJ- st» fi t?n t1 © SUCCESSION JEAN-P.AU.RIOPELLE / SODRAC (MONTREAL).2005 / COLLECTION DU MUSEE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUEBEC grands tableaux de l’artiste.Avec les séries Feuilles et Jutes de 1967, par exemple, il nous montre comment Riopelle «exploite de nouvelles possibilités» en pressant des objets sur le papier pour en conserver la trace.C’est une technique qui renvoie bien évidemment à l’œuvre Hommage à Rosa Luxemburg, que l’on peut voir dans les salles de la collection permanente du musée.En effet, dans ce tableau magistral, composé de vastes panneaux de papier marouflé, s’accumulent des traits, des taches, mais aussi des empreintes et des contours (notamment d’oies sauvages).D’ailleurs, comme nous le montre la sélection de gravures de 1968 intitulée Le Bestiaire, le motif animalier (qui tient un rôle très important chez Riopelle) que l’on retrouve sur cette grande toile puise également ses origines dans les expériences de la gravure.Cette série qui marque le retour de Riopelle à la figuration présente des animaux divers: hippocampes, éléphants, sangliers, tortues, etc.Elle préfigure également la série des Hiboux, qui sera un des motifs favoris de l’artiste, et qu’il reprendra souvent par la suite.Mais ce qui est particulièrement intéressant de découvrir dans cette exposition, c'est la manière de travailler singulière de Riopelle.En effet, l’artiste ne considérait jamais ses résultats comme définitifs et il réutilisait constamment certains états de ses gravures antérieures comme matériaux pour ses nouvelles œuvres.On reconnaît ici la trace du «trappeur supérieur» qui voyait dans cette technique une manière de renouveler son approche tout en remettant constamment en circulation sa propre imagerie.Le grand tableau Sans titre de 1967 illustre bien cet aspect.Il s'agit d’un collage de près de cinq mètres, conçu pour occuper l’arche du deuxième étage du musée, constitué de plusieurs segments d’estampes.Réutilisés de cette manière, ces segments créent une œuvre totalement différente.En gardant sa spontanéité et sa fraîcheur, Riopelle a vu dans la gravure un moyen de donner libre cours à sa créativité et d'exploiter toutes les différentes possibilités de ce moyen d'expression.L’exposition est la preuve qu’il nous reste encore beaucoup à découvrir sur cet artiste que l'on pense connaître mais que l'on ne cerne, finalement, jamais totalement Collaborateur du Devoir RIOPELLE.IMPRESSIONS SANS FIN Du 20 octobre au 8 janvier 2006 Musée national des beaux-arts du Québec Parc des Champs-De-Bataille, Québec ^; V.» >, -N>I y1 , -, o © SUCCESSION JEAN-PAUL RIOPELLE / SODRAC (MONTREAL) 2005 Hibou V, 1970, lithographie de Jean-Paul Riopelle.Le Cheval, 1967, eau-forte de Jean-Paul Riopelle.riences de 1967 à la période de [’«affranchissement», dans les grandes lithographies des années 70.Le commissaire cherche à créer un parallèle entre la production des gravures et celle des Salle DU 300E ANNIVERSAIRE du Château Ramezay 1705 - 2005 Un événement majeur qui s’inscrit dans une tradition remontant à 1898 Vos ancêtres ont-ils fait partie du prestigieux contingent de participants des grands bals dont le Musée du Château Ramezay fut hôte au cours du dernier siècle?Pour le savoir, visitez le u >u ni>.chateaurameza y.qc.ca Entrez dans l’histoire en assistant au bal historique du 10 novembre prochain Pour de plus amples renseignements: Musée du Château Rameziiy 280, rue Notre-Dame Est, Vieux-Montréal (514) 86) 1-3 "08 Cet événement est rendu possible grâce au soutien financier de la Ville de Montreal, dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal.CONST h.Di S AUTS .1 MONTREAL h Montréal^ Québec î Québec tîtl -J I Estampes originales 22 oct.27 nov.c* 49, rue Saint-Pierre, Québec 418-694-1303 la Galerie d'art Stewart Hall 176, Bord du Lac, Pointe-Claire 29 octobre au 27 novembre 2005 LA NOUVELLE COLLECTION 2006 DU SERVICE DE PRÊT ET DE VENTE DESSINS - PEINTURES-PHOTOGRAPHIES -ESTAMPES-TECHNIQUES MIXTES Vernissage le dimanche 30 octobre à 14h Info: (514) 630-1254 Cortex / Corps-textes Huguette larochelle et Lise-Hélène Larin Jusqu’au 6 novembre Ground 498, de Lise-Hélène Larin Commissaire : Françoise Le Gris.Heures d’ouverture Du mardi au dimanche, de 13 h à 17 h.Le vendredi, de 9 h à 12 h et de 13 h à 20 h.Visite-atelier pour la famille Le dimanche 6 novembre à 13 h 30.Achat de billet requis (450) 667-2040 MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395.boulevard de la Concorde Ouest Renseignements : (450) 662-4440 www.ville.lavaLqc.ca ____________________________I sensations urbaines sv.iiia.iA'iti.-ianrrtiffTOirrirrimrraii une exposition présentée actuellement au CCA Odeurs et bruits, éclairages, températures et climats, déchets et graffitis.Réinterprétant les qualités latentes de la ville, cette exposition propose une nouvelle approche « sensorielle » de l'urbanisme.conférences ressentir la ville en collaboration avec l'Université Concordia sous la direction de David Howes Entrée libre Jeudi 3 novembre, 19 h : Ughting Urban Spectacle: Electric Interventions in Everyday Life' Mark Sussman, artiste et professeur en théâtre Cette série se poursuivra les 17, 24 novembre et B décembre.causerie dans les salles Samedi 29 octobre, 11 h Mirko Zardini, commissaire de Sensations urbaines et nouveau directeur du CCA pour plus de détails : www.cca.qc.ca/programmes CCA Centre Canadien d'Architecture 1920, rue fcaile, Montréal 514 939 7026 ga-H***** Ouvert du mercredi au dimanche.10 h à 17 h; le jeudi, 10 h à 21 h Entree libre le jeudi, de 17 h 30 à 21 h *En anglais avec traduction simultanée n a' Hydro Qutbec lourerc: * Group» final* >rr îhf thurttr
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