Le devoir, 2 novembre 2005, Cahier A
?www.ledevoir.co m LE DEVOIR GOMEM BLAME CHIÉnEN .Corriveau, Pelletier et Gagliano Wsont écorchés, mais Martin s’en sort CHRIS WATTIE REUTERS PEDRO RUIZ IE 111 VOIR JIM YOUNO KEUTKRS Trois grands responsables du scandale des commandites désignés par la commission Gomery: l’ancien premier ministre Jean Chrétien, son ami Jacques Corriveau et son ancien chef de cabinet, Jean Pelletier.Jacques Corriveau fait partie des dix personnes que le premier ministre Paul Martin a bannies à vie du Parti libéral du Canada hier (voir page A 3).ALEC CASTONGUAY Ottawa — La colline parlementaire fédérale a été foudroyée hier matin par le dépôt fort attendu du rapport Gomery sur le scandale des commandites, tout juste avant qu'un orage de réactions mêlant colère, indignation et ripostes cinglantes ne s’abatte sur Ottawa.Le volumineux rapport met en lumière des «abus», des «irrégularités» et des lois «délibérément» violées dans les plus hautes sphères du gouvernement fédéral, qui ont résulté en un «détournement des deniers publics», notamment au protit du Parti libéral du Canada.Le juge John Gomery met au banc des accusés plusieurs acteurs-clés du gouvernement libéral des dernières années, notamment le trio politique de haut rang composé de l’ancien premier ministre Jean Chrétien, de son chef de cabinet Jean Pelletier, et du ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano.Ces trois acteurs récoltent les blâmes les plus sévères at- tribués par le commissaire à des politiciens et au i>er-sonnel politique.Comme prévu, le premier ministre actuel, Paul Martin, sort blanc comme neige de l’enquête.Ce qui n’est pas le cas de la formation politique qu’il dirige, puisque le Parti libéral du Canada section Québec (PLC-Q) sort «déshonoré» du scandale, selon le juge Gomery, ayant été au cœur d’un système bien organisé de «pots-deoin» sous le contrôle de Jacques Corriveau, un ami intime de Jean Chrétien.Un système de ristournes à même l'argent des contribuables, dans lequel deux anciens président du PLC-Q ont pigé pour financer illégalement les campagnes électorales de 1997 et 2(XX) (voir l’autre texte).Rédigé dans un style typiquement à la Gomery, à la fois clair, direct et incisif, le rapport met en évidence une bureaucratie fédérale qui a plié sous le jxiids écrasant d’une «incontestable ingérence politique» VOIR PAGE A 10: GOMERY PERSPECTIVES En blanc et noir Si on peut faire trois ou quatre élections sur la construction d’une autoroute ou le prolongement d'une ligne de métro, rien n’empêche d’en faire deux sur un scandale, mais la partie ne sera peut-être pas aussi facile que ne l’imaginait le Bloc québécois.Gilles Duceppe ne s’attendait certainement pas à ce que le rapport de la commission Gomery incrimine directement le premier ministre Martin dans le scandale des commandites, mais son insistance à le blanchir est tout de même embêtante.Il s’est contenté de noircir Jean Chrétien.Si seulement le juge lui avait reproché d'avoir été un peu distrait quand le conseil des ministres a jeté les bases du pro-Michel gramme des commandites, en David février 1996.Ou simplement d’avoir lu trop rapidement les documents du Conseil du trésor, dont il était le vice-président et qui «a cessé de jouer son rôle».Même pas.Le juge Gomery est catégorique: «Il y a lieu d’exonérer M.Martin, au même titre que tout autre ministre du caucus québécois, de tout blâme pour imprudence ou négligence.» Certes, les journaux avaient commencé à rapporter des informations passablement troublantes des années avant que le scandale n’éclate au grand jour, mais on ne peut tout de même pas s’attendre d'un ministre des Finances qu’il lise les journaux, n’est-ce pas?VOIR PAGE A 10: B LAN C Martin :: chasse i Gagliano et neuf autres militants • ¦ À lire en page A 3 INDE X Actualités.A 2 Annonces — B 5 Avis publics.B 6 Carrières.B 4 Culture.B 8 Décès.B 5 Economie.B 1 Editorial .A8 Idées_______A9 Météo_______B6 Monde_______A 7 Mots croisés B 5 Sudoku-B 5 Télévision— B 7 Chrétien conteste le rapport en justice L’ancien premier ministre ne s’explique pas que le juge Gomery ait préféré croire Charles Guité plutôt que Jean Pelletier JACQUES NADEAU LE DEVOIR Charles Guité, dont le témoignage a été jugé en bonne partie crédible par John Gomery.BRIAN MYLES Dans la perspective de voir sa place dans l’histoire du Canada compromise à jamais, l’ex-premier ministre Jean Chrétien attaque de front le rapport Gomery en Cour fédérale au motif de sa partialité à son égard.M.Chrétien reproche au commissaire John Gomery d’avoir entretenu un préjugé défavorable à son égard dès le début de ses travaux, en confiant notamment à un ex-chef de cabinet de Brian Mulroney, Bernard Roy, les fonctions de procureur en chef de la commission.Il digère encore moins les commentaires de M.Gomery sur le «mauvais goût de village» dont il avait fait preuve en se dotant de balles de golf arborant sa signature à l’époque où il dirigeait toujours le pays.Les avocats de M.Chrétien présenteront d’ici 30 jours une requête en Cour fédérale afin de faire invalider, en tout ou en partie, les conclusions du com- missaire Gomery.Dans un rapport de plus de 700 pages, le commissaire attribue à Jean Chrétien la responsabilité ultime du gâchis des commandites, bien qu’aucune preuve ne permette de conclure qu’il ait participé de façon directe aux malversations ou qu’il était au courant de cellesci.Comme il l’avait fait lors de son témoignage devant la commission Gomery, M.Chrétien a pris l’entière responsabilité pour «les bons coups et les mauvais coups» réalisés par les libéraux sous sa gouverne.«Il y a eu des erreurs, je l ’admets et je m'en excuse.C’est dommage», a-t-il dit.«J'ai voulu que ce programme soit utilisé pour l’unité nationale», a-t-il ajouté.M.Chrétien rejette catégoriquement le jugement que porte John Gomery sur les agissements de son chef de cabinet, Jean Pelletier.«Le juge Gomery a déterminé que le bureau du premier ministre administrait le programme des VOIR PAGE A 10: CHRÉTIEN ¦ Autres textes en pages A 2, A 3 et A 4 L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon, page A 8 « Il y a eu des erreurs, je l’admets et je m’en excuse.C’est dommage.» Dominique de Villepin arrive à Ottawa Le premier ministre français s’adressera demain à l’Assemblée nationale du Québec CHRISTIAN RIOUX Paris — Au Québec, les passionnés de vélo rêvent depuis longtemps qu’une étape du Tour de France traverse l’Atlantique.Faute de mieux, à partir de ce matin, c'est la course a la succession de Jacques Chirac qui va se transporter au Québec.Le premier ministre français Dominique de Villepin arrive aujourd’hui à Ottawa avec une demi-douzaine de ministres pour une visite de trois jours.Après des entretiens avec le premier ministre Paul Martin et la gouvemeure générale Michaëlle Jean, il passera deux jours au Québec.Jeudi, fl sera le premier chef de gouvernement français a prononcer un discours devant l’As- semblée nationale depuis l’allocution du socialiste Laurent Fabius en 1984.Mais l’homme qui débarque aujourd’hui à Ottawa peut difficilement faire oublier qu’il est aussi l’un des deux candidats non déclarés a la succession du président Chirac (avec le turbulent ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy).Or, par un étrange concours de circonstances, l'un des joueurs clés de cette course, Alain Juppé, se trouve actuellement au Québec, où U enseigne a ITNAP Les deux hommes auront plusieurs fois l'occasion de se croiser et devraient se rencontrer vendredi.Cinq mois après sa nomination à Matignon, Dominique de Villepin ne s'est pas fait prier pour honorer la tradition instaurée par René Lévesque et Raymond Barre des visites annuelles alter- nées des premiers ministres français et québécois.On a connu des premiers ministres moins empressés.H faut dire que sa fibre gaulliste le porte tout naturellement à s’intéresser au Québec.D'autant plus que ce «lyrique aux manettes» (selon les mots de Régis Debray) est depuis quelques années le pourfendeur d'une mondialisation qu’il n'hésite pas a qualifier d’angk>saxonne.Mais il ne faut pas attendre d’impair diplomatique de ce grand technocrate du Quai d'Orsay.Ancien conseiller des ambassades de New Delhi et de Washington, Villepin connaît sur le bout des doigts toutes les subtilités de la politique française de «non-ingérence et non-indifférence» a l’égard du Québec.VOIR PAGE A 10: VILLEPIN OLIVIER LABAN MATZI AFP Le premier ministre français Dominique de Villepin ï LE DEVOIR, LE MERCREDI 2 X O V E M B R E 200 RAPPORT GOMERY Jacques Corriveau : l’homme des pots-de-vin SHAUN BEST REUTERS Jacques Corriveau avait mis sur pied un système de ristournes qui lui profitait ainsi qu’au Parti libéral du Canada, section Québec.TT V » y CONSOMMER Faites un choix éclairé ! AMPOULES FLUOCOMPACTES ET LUMIÈRES DE NOËL À DEL.De brillantes économies! -si ENERGY STAR ÎHiGHtrnptuc» J Efficacité: consomment de 75% à 90% moins d'énergie en moyenne que les ampoules ordinaires Sécurité: dégagent très peu de chaleur.Durabilité: 1 = jusqu'à 10 Surveillez l'événement AMPOULES EFFICACES t hc/ los détaillants de votie région et (HotiUv do K'dik lions T» I ,u ha! d .onpotiloN.Dates et enduits au www hydroquebec coin 'résidentiel Hydro Québec Ami intime de Jean Chrétien, militant libéral dans l’âme et designer d’envergure internationale, Jacques Corriveau devra apprendre à vivre avec un nouveau titre: le père d’un «système de ristournes» au profit du PLC-Q qu’il a érigé grâce à l’argent des commandites.Avec Jean Chrétien, Jean Pelletier et Alfonso Gaglia-no, M.Corriveau est l’un des personnages les phis éclaboussés par le rapport Gomery.La commission d’enquête ne pouvait aborder les sujets faisant l’objet de poursuites civiles ou criminelles en vertu de son mandat Rien ne l’empêchait cependant de mettre au jour des allégations inédites de malversation.C’est le tour de force qu’elle a réussi avec Jacques Corriveau, considéré par M.Gomery comme 4’adeur central d’un dispositif bien huilé de pots-devin qui lui avait permis de s’enrichir personnellement et de donner de l’argent et des avantages au PLC-Q».M.Corriveau pourrait éventuellement être accusé d’avoir usé de son influence auprès de Jean Chrétien pour sécuriser des contrats de commandite au nom des agences, d’avoir corrompu un fonctionnaire et même d’avoir fraudé le Trésor public.Et c’est sans compter le fait qu’il a réalisé des activités de démarchage auprès de Charles Guité sans s’être inscrit au registre national des lobbyistes.Identifié par le juge Gomery comme étant le père du système de ristournes, Jacques Corriveau est banni à vie du Parti libéral Lui et sa firme, Pluri-Design, sont désormais visés par la poursuite civile du gouvernement fédéral, qui est passée de 44 mil lions à 57 millions de dollars dans l’espace de la seule journée d’hier.M.Corriveau ne fait l’objet d’aucune accusation criminelle pour le moment Le premier minisfre Paul Martin a cependant soumis le rapport Gomery à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui mène toujours son enquête ininterrompue sur les commandites.Jacques Corriveau a appris l’existence du programme des commandites dès 1996, alors que les ministres et députés libéraux ont été tenus dans l’ignorance jusqu’en 2001.Il était dans le secret des dieux et il a utilisé cette connaissance intime de l'initiative de visibilité du fédéral à des fins personnelles.Le groupe Polygone/Expour, propriété de Luc Le-may, lui a procuré une occasion en or d’y parvenir.De 1996 à 2002, M.Corriveau a empoché plus de six millions de dollars de Polygone/Expour sur la base d’une facturation absurde dans laquelle les commissions étaient maladroitement dissimulées en honoraires.«Je suis arrivé à la conclusion que M.Corriveau avait exploité sa réputation, son amitié avec le premier ministre et l’influence qu’il pouvait exercer au sein du PLC-Q pour favoriser les intérêts des sociétés de M.Ismay tout autant que les siens et ceux du PLC-Q», affirme le juge Gomery.A cette somme s’ajoutent 425 000 $ en commissions versées par Jean Brault pour les commandites de Polygone/Expour, sur présentation de factures «délibérément fausses et trompeuses».M.Brault a identifié Jacques Corriveau comme l’une des principales figures de proue du PLC-Q ayant exigé de lui des contributions en liquide, en lui faisant miroiter de lucratifs contrats de commandite en retour.Au bas mot, Jacques Corriveau a retourné 210 000 $ en espèces dans les coffres du PLC-Q à la demande de l’ancien directeur général de la formation, Michel Béliveau.Cet organisateur politique de Jean Chrétien, banni à vie du parti lui aussi, avait avoué, au bord des larmes, qu'il s'était tourné vers Jacques Corriveau pour obtenir du liquide lors de la campagne électorale de 1997.«J’ai fortement l’impression que M.Béliveau n’a pas tout dit ce qu 'il savait à la commission.En revanche, il a clairement établi qu'il pouvait s'adresser à M.Corriveau pour obtenir de l'argent et que cet argent reçu en es- [Alfonso] « Gagliano doit accepter une part du blâme pour avoir toléré les méthodes malhonnêtes employées pour financer les activités du PLC-Q» Trois sociétés d’Etat fautives CLAIRANDREE CAUCHY Le juge Gomery corrobore dans son rapport les irrégularités soulevées par la vérificatrice générale dans la gestion des commandites de trois sociétés d’Etat — Via Rail, La Société canadienne des postes (SCP) et la Banque de développement du Canada (BDC) — qui ont permis à des agences de communication d'empocher de généreuses' commissions pour transférer des fonds du gouvernement à ses propres créatures.«Aucun des témoignages recueillis par la commission n’a contredit [les] constatations» de la vérificatrice générale, écrit le juge Gomery.Cette, dernière dénonçait le fait que les trois sociétés d'État ont reçu des commandites pour promouvoir la présence fédérale alors qu’elles sont déjà tenues de le faire, que des agences ont touché des commissions pour servir de «boite aux lettres» et qu'on a contourné la politique selon laquelle toutes les subventions versées aux sociétés d'Etat doivent être approuvées par le Conseil du trésor.Le prentier ntinistre a demandé aux directions de ces sociétés d'Etat de prendre «toutes les mesures administratives» ou d'engager «des poursuites civiles contre les employés, anciens et actuels, qui ont été im-pltques dans cette affaire».le rapport confiiroe que le ministère des Travaux publics a verse une commandite de 521 739 $ à la Société canadienne des postes (SCP) pour la visibilité accordée à un concours philatélique, la somme transitant par Lafleur Communication et Media/IDA Vision.qui ont reçu respectivement 62 609 $ et 15 652 $ pour ce faire.«Il est parfaitement ridicule que le gouvernement ait pu se sentir oblige de subventionner la Société canadienne des postes pour la convaincre de s 'identifier comme institution fédérale (.].Nul n 'ignore l'identite de la Société: elle s'appelle Société 'canadienne' des postes et tous les timbres portent le mot X'anada’».écrit le juge Gomery.Un employé de Lafleur Communication a par ailleurs admis lors de l’enquête que le travail de préparation des maquettes, pour lequel l'agence a reçti 114 740 $ de la SCP, «semble avoir été facturé deux fois», soit à la SCP et au ministère des Travaux publics, ce qu'a cependant contesté son patron, Jean Lafleur.«La question reste en suspens», conclut M.Gomery.Outre le concours philatélique, Lafleur Communication a facturé plus de deux millions d’honoraires à la SCR recense le juge, qui souligne l'ingérence de l'ancien président du conseil d'administration puis pdg de la société, André Ouellet, pour «favoriser ses amis».D'abord suspendu de ses fonctions en février 2004, l'ancien ministre libéral a dû «prendre sa retraite» en août de la même année.«Le fait qu’il n ait pas toujours pris ses décisions, ni exercé son influence dans le meilleur intérêt de la Société [.} illustre le risque des nominations politiques à la tête de sociétés d Etat», mentionne le juge Gomery.Dans le cas de Via Rail, on constate entre autres qu eDe a versé 910 000 $ à la maison de production Llh-formation essentielle, de Robert-Guy Scully, en 1998, pour une série sur Maurice Richard, après une promet se verbale de Charles Guite que 750 000 $ hii seraient payés en contrepartie l'année suivante.Là encore.Lafleur Communication a prélevé 112 500 S simplement pour la «remise d’un chèque» à Via Rail, ce que M.Gw mery qualifie de «détournement inadmissible de fonds publics», d autant plus que Via Rail a émis pour ce faire une «fausse facture» à Lafleur Communication.La Banque de developpiement du Canada (BDC) a quant à elle «camouflé» un paiement de 125 000 $ provenant du progranune des commandites, p>our une autre série télévisée produite par L'Information essentielle.La BDC a aussi versé 74 800 $ à L’Information essentielle pour un livre qui n'a jamais été pra-blié.Le juge Gomery juge cependant «peu probable» qu un tel «dérapage» se reproduise, vu les réforme?appliquées depuis.Le Devoir pèces provenait de sources non déclarées et irrégulières»f fait remarquer M.Gomery.L'étendue du système de ristournes demeure lûà des grands mystères libéraux.M.Gomery montre incapable de cerner la source des paiements de M.Corriveau à partir de la preuve présentée dçT vant lui, faute d’avoir obtenu les relevés de comptes bancaires personnels de Corriveau, qui ont été détruits à jamais.Brault disait vrai .John Gomery a fait du témoignage de Jean Brault la pierre d’assise d’un édifice de vérité dans le cadré de son enquête.«La commission estime que tout ce qu’a déclaré M.Brault est digne de foi.S’il y a eu inexactitudes dans son témoignage, il faut les attribtier à des erreurs involontaires ou à des trous de mémoire.Grâce à la candeur de ses déclarations, la commission a pu analyser dans le détail ses contributions, officielles et irrégulières, et offertes librement ou non; à des personnes agissant à différents titres pour le [PLC-Q].* Sans M.Brault, la commission n’aurait jamais été mise sur la piste du système de pots-de-vin de Jacques Corriveau, dont l'existence a été confirmée par l’ancien directeur général du PLC-Q, Daniel Dezain-de.C’est lors d’un fameux lunch chez Magnan, à l’été 2001, que M.Corriveau a confié à Daniel Dezainde qu’il avait organisé dans le passé un «système de ristournes» à partir des commissions des agences afin de pallier les difficultés financières du parti.M.Corriveau a qualifié de «rocambolesqué et inimaginable» les accusations portées contre lui.Le juge préfère la version de Dezainde, corroborée amplement par celle de Brault et la circulation du capitol entre lès agences de communication et Pluri-Desigii M.Corriveau a contredit son propre témoignage dans le but d’induire la commission en erreur, notamment en indiquant qu’il n’avait versé que des contributions officielles au PLC-Q, alors que la preuve a révélé qu’il avait payé le salaire de quatre employés du parti.Sa crédibilité est réduite à néant Il en va de même pour Benoît Corbeil, prédécesseur de Daniel Dezainde à la direction générale du parti.Témoin «foncièrement menteur», il a voulu protéger son ami Corriveau et rien de ce qu’il a dit ne contient «la moindre parcelle de vérité», tranche M.Gomery.M.Corbeil et M.Béliveau ont tous deutt sollicité de l’argent en liquide et ils reçoivent un blâme sévère pour leur conduite.Idem pour l’organisateur libéral Marc-Yvan Côté, qui a reçu des paiements en liquide de 120 000 $ pour tenter de faire battre le Bloc québécois lors des élections de 1997.Joseph Morselli, qui a pris la relève de M.Corriveau comme argentier occulte du PLC-Q, en percevant des dons en liquide de Jean Brault, est aussi écorché par le rapport.Tous ces collecteurs de fonds «ont agi au mépris des lois régissant les dons aux partis politiques», des fautes pour lesquelles «l’institution qu’est le FLC-Q est forcément responsable».Un seul politicien écope pour les pratiques de financement illégal du Parti libéral, Alfonso Gagliano, qui était le responsable du financement Même si aucune preuve directe ne permet de conclure qu’il était au courant des manigances de Jacques Corriveau, c’est quand même lui qui a charger son ami Morselli de la collecte de fonds parallèle.C’est encore le même Gagliano qui a suggéré à Daniel Dezainde de s’adresser à son chef de cabinet Jean-Marc Bard, en cas de besoins financiers pour le parti.«Malgré ses dénégations, M.Gagliano doit accepter une part du blâme pour avoir toléré les méthodes malhonnêtes employées pour financer les activités du PLC-Q pendant des années, alors qu'il était lieutenant québécois du Parti libéral du Canada», affirme le rapport Le Devoir "t- I 1 i LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 NOVEMBRE 2 0 0 5 A A A», «Ce rapport n'est autre que la chronique déprimante des multiples carences constatées dans la planification déficiente d'un programme [.] une histoire de cupidité, de vénalité et d’inconduite au sein du gouvernement et d’agences de publicité .* - John Les pommes libérales Martin chasse Gagtiano et neuf autres militants Duceppe et Harper souhaitent des élections, mais Layton n’est pas prêt à les aider à défaire les libéraux Paul Martin a essuyé un barrage de questions de l’opposition hier, à la Chambre des communes, à la suite de la publication du premier rapport du juge Gomery.C’était à prévoir, l’aile québécoise du Parti libéral du Canada n’allait pas se laisser éclabousser par le rapport du juge Gomery sur le scandale des commandites sans rouspéter.Elle a donc entrepris de se dissocier des quelques individus nommés dans le rapport qui auraient profité du système de ristournes mis en place.C’était l’œuvre d’un «groupe», clamaient d’ailleurs en chœur hier le premier ministre, Paul Martin, et son lieutenant politique, Jean Lapierre, pour minimiser l’ampleur de la corruption.Pourtant, un système similaire avait déjà été révélé il y a quelques années au sein du PLC.Comme quoi il y a plus que quelques pommes pourries au royaume libéral.Vous souvenez-vous de Pierre Corbeil?En avril 1998, cet employé du PLC a plaidé coupable à quatre chefs d’accusation de trafic d’influence.Il a alors écopé d’une amende de 34 500 $ et de 100 heures de travaux communautaires.M.Corbeil avait communiqué en 1997, soit quelques semaines avant l’élection générale fédérale, avec au moins quatre entreprises québécoises qui étaient sur le point de recevoir une importante subven-tion d’Ottawa provenant du Fonds transitoire pour la création d’emplois.Il leur avait fait croire que leur subvention serait liée au versement d’un généreux don au PLC.Il demandait entre 10 000 $ et 50 000 $.Comptant Cette confusion hautement inacceptable entre l’appareil étatique et la machine partisane du parti au pouvoir a été rendue possible parce qu’un membre de l’équipe du ministre Marcel Massé (Conseil du trésor) avait refilé la liste des futurs récipiendaires de subventions à Pierre Corbeil.Parce qu’il a plaidé coupable, le public n’a jamais pu connaître le fond de l’histoire.Le ministre du Développement des ressources humaines de l’époque dont relevaient les subventions, Pierre Pettigrew, s’était vanté d’avoir lui-même alerté la police.Il n’avait pas précisé qu’il avait au préalable averti de sa démarche l’organisateur en chef au Québec, Alfonso Gagliano, qui a lui-même enjoint à ses troupes de se tenir tranquilles.Ainsi, la GRC n’a jamais pu prendre Pierre Corbeil la main dans le sac.Dans la foulée de cette histoire explosive, le conseiller en éthique, Howard Wilson, avait mené une enquête sur l’ensemble du processus d’attribution des subventions.Son rapport révèle que les manigances de Pierre Corbeil étaient loin de constituer une exception.Lorsqu’une demande de subventions en vertu du Fonds transitoire de création d’emplois était reçue par la fonction publique fédérale, elle était automatiquement acheminée au bureau du lieutenant politique pour le Québec (M.Gagliano), même si ce ministre n’avait rien à voir avec le programme.Le politique avait ainsi droit de vie ou de mort sur ces demandes de subvention., Attaché à cette vérification était un organigramme ilhistiant, d’un côté, l’architecture administrative du programme de subventions et de l’autre, la hiérarchie partisane du Parti libéral.Combien d’autres Pierre Corbeil y a-t-D eu grâce à ce système parallèle hautement politisé?Personne ne le sait.Seules quatre entreprises se sont plaintes des approches de Pierre Corbeil, mais combien d’autres ont payé sans rechigner?La commission Gomery nous a appris qu’il existait «un dispositif bien huilé de pots-de-vin» arrimé au programme des commandites et bénéficiant d’appuis au sein du Parti libéral du Canada section Québec.Le juge aaccordé de la crédibilité au publicitaire Jean Brault — un des plus importants participants au système — et inversement n’a pas cru à l’amnésie de Jacques Corri-veau, le cerveau derrière ce système de ristournes.La commission évalue a 769 497 $ les sommes ayant abouti au PLC par l’entremise de ce système illicite de financement On ignore combien au total Pierre Corbeil, de son côté, aura réussi à récolter quelques semaines avant le déclenchement d’élections.N’empêche que les deux situations sont drôlement similaires.Les libéraux seront tentés de circonscrire les malversations mises en lumière par la commission d’enquête au seul programme des commandites et aux seuls individus nommés dans le rapport.C’est la ligne de défense qu’avait adoptée Jean Chrétien lorsque les questions sur les commandites ont commencé à fuser.Le premier ministre Paul Martin a emboîté le pas hier.«Les individus qui ont été nommés, ce n’est certainement pas le Parti libéral du Canada section Québec.C’est un groupe», a-t-il clamé.Son lieutenant politique, Jean Lapierre, a ajouté qu’il s’agissait d’un fetit» groupe.Mais peut-on vraiment encore parler d’un groupe parallèle lorsqu'il s'agit d’un ministre et organisateur politique au Québec (Alfonso Gagliano), de deux ex-présidents de l'aile québécoise du parti (Michel Béliveau et Benoît Corbeil), d'un responsable du financement du parti dans la province (Joseph Morselli) et même d'un ex-ministre libéral provincial (Marc-Yvan Côté)?Ne s’agit-il pas là du cœur d'une organisation politique?Dans la tète de bien des libéraux, le Canada, c'est le Parti libéral.Le choix d’un logo qui s'apparente à s'y méprendre au drapeau canadien n’est pas innocent La commission Gomery ne nous a-t-eDe pas appris, en rendant publics des procès-verbaux des réunions de cabinet que la consolidation de l'aile québécoise du Parti libéral avait été discutée autour de la table des ministres?Une telle recommandation, écrit le juge, «indique que certains membres du gouvernement de l’époque ne pouvaient pas du tout envisager qu’un autre parti que le PLC puisse jouer un rôle dans la promotion du fédéralisme».La punition des éléments voyous du parti a été toute trouvée.Les individus nommés dans le rapport Gomery qui ont participé au système de financement occulte seront bannis du PLC.Ils ne pourront plus en être membres.Leur participation militante ne sera plus acceptée.pas plus que leurs contributions financières éventuelles.Voila, le parti est purgé, nous disaient hier le premier ministre et son lieutenant «Ceux qui sont impliques ne sont plus là», a insisté Paul Martin On aurait envie d’ajouter jusqu'à ce qu'on en découvre d'autres.Le Devoir HÉLÈNE BLIZZETÏI Ottawa — L’encre du rapport Gomery n’était pas encore sèche que déjà Paul Martin et ses troupes lançaient un processus sans précédent de réhabilitation de leur formation politique.Bannis et poursuivis, les mauvais éléments montrés du doigt par la commission ne viendront plus hanter le Parti libéral du Canada, qui tente maintenant de se faire valoir auprès de l’opinion publique comme celui ayant eu le courage de faire le ménage.Le PLC aura le temps en sa faveur pour faire pénétrer le message.Malgré les conclusions dévastatrices pour les troupes libérales, l’opposition à la Chambre des communes n’est pas prête à renverser le gouvernement.Si le chef Gilles Duceppe et Stephen Harper appellent de leurs vœux à des élections dès cet automne, le chef néo-démocrate Jack Layton tenait un discours ambigu.Il qualifie le gouvernement de «corrompu», mais il entend l’appuyer encore s’il obtient son appui pour arrêter la privatisation du système de santé.«Je ne crois pas que les Canadiens voudraient qu’en quelques heures, alors que le rapport vient tout juste d’être dévoilé, nous prenions une décision quant au déclenchement d’élections hâtives, a déclaré M.Inyton.Par ailleurs, nous avons déjà dit que nous voulions obtenir des résultats de ce Parlement.» La réponse la plus spectaculaire au rapport Gomery réside dans le bannissement du PLC des 10 militants libéraux nommés dans le rapport qui ont pris part au système de ristournes mis en place par Jacques Corri-veau.En conférence de presse, autant Paul Martin que Jean Lapierre ont parlé de ces individus comme d’un «petit groupe» parallèle ne représentant pas l'âme du PLC.Ces personnes ne sont pourtant pas les moindres: l'ex-ministre Alfonso Gagliano et son organisateur Tony Mignacca; l'ex-ministre libéral provincial Marc-Yvan Côté; M.Corriveau lui-même et son successeur au financement du PLC section Québec, Joe Morselli; deux ex-présidents de l’aile québécoise du parti, Michel Béliveau et Benoît Corbeil; des employés du PLC-Québec, Beryl Wajsman et Serge Gosselin; ainsi que l’homme d’affaires Alain Renaud.«Nous avons aujourd’hui de nouveaux employés, de nouveaux organisateurs, de nouveaux dirigeants du parti, a déclaré M.Martin.Ceux qui sont impliqués ne sont plus là.» Le premier ministre s’est lancé dans un long laïus rappelant que c’était lui, un «Québécois» libéral, qui avait mis sur pied la commission Gomery.«J’qi toujours été fier d’être libéral.» A la Chambre des communes, le rapport a occupé presque toute la période de questions.Le chef conservateur Stephen Harper s’est désolé de constater cette fierté de Paul Martin.«Je m'attendais à une certaine honte, mais il n’y a jamais aucune honte au Parti libéral.» Gilles Duceppe a demandé de son côté le déclenchement d’élections.«Ce premier ministre n’a plus l’autorité morale pour gouverner.Je lui lance un défi.Va-t-il déclencher des élections?» Les partis d’opposition disposent de bien peu de moyens pour renverser le gouvernement Leurs journées d'opposition ont été reportées après le 14 novembre.Défaire le gouvernement à ce moment précipiterait le pays en élections.à Noël.MM.Harper et Duceppe ont tous deux dit qu’ils ne feraient pas cela.M.Harper soutient qu’il lui reste encore au moins une carte dans sa manche, mais que, pour l'abattre, Jack Layton devra collaborer.«C’est à M.Layton de prendre l’initiative.» Les libéraux comptent 133 députés à la Chambre des communes, sur une possibilité de 308.Les conservateurs en ont 98, le Bloc en réunit 54 (bientôt 53 avec le départ de Stéphane Bergeron qui tente sa chance au niveau provincial) et le NPD en a 18.Il y a quatre indépendants et un siège vacant Sans l’appui du NPD, le tandem BQ-PC (152) aurait des difficultés à renverser le PLC-NPD (151), puisque les quatre indépendants proviennent des familles libérale ou néo-démocrate.Le PLC rembourse Le système de pots-de-vin «bien huilé», comme le qualifie le juge Gomery, consistait à réclamer, aux agences de publicité récipiendaires de plantureux contrats de commandites, une «commission» qui retournait au Parti libéral.Selon les calculs de la commission, ce système aurait rapporté au Parti libéral 769 497 $ en argent liquide non comptabilisé.Le PLC a décidé d’aller plus loin.Il retournera 1,14 million au trésor public fédéral, une somme qui inclut, explique-t-on au parti, les contributions politiques tout à fait légales versées au PLC par les éléments retors du programme des commandites.Légales, donc, mais salissantes par association.Le parti ne mange pas de ce pain-là.Voici les principales conclusions du juge John Gomery dans son rapport remis hier au Parlement Dans ses propres mots, il a constaté ce qui suit ¦ «la preuve incontestable d’une ingérence politique dans l'administration du programme des commandites», ¦ «un manque de supervision de la part des échelons les plus élevés de la fonction publique, ce qui a permis aux gestionnaires du programme de contourner les Procédures normales des marchés publics et de court-circuiter les voies hiérarchiques»-, ¦ «un voile de secret entourant la gestion du programme de commandites et une absence de transparence dans le processus contractuel»-, ¦ «une réticence, par crainte de représailles, de la quasi-totalité des fonctionnaires à contester la volonté d’un gestionnaire [Chuck Guité] qui court-circuitait les politiques établies et avait accès à des responsables politiques de haut niveau»-, ¦ «une surfacturation flagrante des agences de communication pour les heures travaillées et les biens et Si Alfonso Gagliano fait partie des persona non grata au Parti libéral, c’est que le juge Gomery estime qu’il ne pouvait pas ne pas connaître l’existence d’un tel système de ristournes.En entrevue hier après-midi, le principal intéressé a catégoriquement nié cette allégation.«Je soutiens toujours que je n’ai rien eu à voir avec ces malversations», a-t-il déclaré sur les ondes de la SRC.«Le commissaire Gomery, son idée était faite.Il a choisi la version qui allait dans la même direction.» M.Gagliano ne semblait pas ému outre mesure d'avoir été banni de sa formation politique.«J’ai déjà dit que je ne serais pas membre du Parti libéral tant que Paul Martin est le chef.On est habitué aux mesures intempestives de M.Martin.» D n’est pas le seul à mettre en doute la procédure.L'ex-premier ministre Jean Chrétien, qui a décidé de s’adresser aux journalistes en fin de journée, estime que le parti n’a pas vraiment k* pouvoir de faire un tel geste.«Je n'ai jamais pensé que favais ce pouvoir-la.Si je l’avais eu, je l’aurais utilisé à plusieurs reprises et en particulier à l'endroit de [Jean) iMpherre quand il a fim- services fournis»-, ¦ «un gonflement des commissions, des frais de prth duction et des autres dépenses facturées par les agences de communication et leurs sous-traitants, drmt beaucoup étaient des entreprises reliées»; ¦ «l'utilisation du programme des commandites a des fins autres que l'unité nationale ou la visibilité fédérale, a cause de l'absence d'objectifs, de critères et de lignes directrices»; ¦ «des actions délibérées pour échapper aux dispositions des lois et politiques fédérales, incluant notamment la Loi électorale du Canada, la Loi sur l’enregistrement des lobbyistes, la Loi sur l'accès a l’information et la Loi sur la gestion des finances publiques»; ¦ «un écheveau complexe de transactions financières entre [le ministère des] Travaux publics, des sociétés d’État et des agences de communication, comprenant des pots-de-vin et des contributions illégales à un parti politique, dans le contexte du programme des commandites»; dé le Bloc québécois, n’a-t-il jnj s’empêcher d’ajouter.Je lui aurais défendu de redevenir à perpétuité un fédéraliste, car je ne suis pas sûr qu 'il va rester si ça m mal ici.» D’autres moutons noirs Le processus de distanciation des acteurs du scandale des commandites ne s’est pas arrêté la.le gouvernement a également annoncé qu’il élargissait l’étendue de ses poursuites contre les différents intervenants du programme en vue de recouvrer des fonds.Aux 19 déjà dans la mire d'Ottawa, 12 se sont ajoutés pour des sommes convoitées de 57 millions.Au nombre des personnes ou groupes, on rçtrouve Jacques Corriveau et sa firme Pluridesign, Eric Ire fleur et son entreprise Publicité Dézert, Benoît Renaud, quelques entreprises affiliées au groupe Everest.«A la suite d’un examen des faits, le gouvernement a eu la preuve que ces sous-traitants avaient obtenu des fonds de.manière frauduleuse», a déclaré le ministre des Travaux publics, Scott Prison.Le Devoir ¦ «cinq agences ayant reçu de gros contrats de corn mandites ont acheminé régulièrement de l’argent, sous forme de dons légitimes ou de radeaux non déclarés, a l’occasion d’activités de collecte de fonds politiques au Québec, en s’attendant à recevoir des contrats lucratifs du gouvernement»; ¦ «des agences payant les salaires de personnes qui, a tendes fins utiles, travaillaient pour le Parti libéral» ; ¦ «l’existence d'une culture du “tout m'est dû" chez les responsables politiques et les bureaucrates gérant le programme de commandites»; ¦ -un ensemble d’activités révélant qu’un fonctionnaire à la retraite [Chuck Guité] avait de vastes relations commerciales avec des anciens bénéficiaires de amtrats du programme des commandites»; ¦ «le refus de ministres, des hauts responsables du cabinet du premier ministre et de fonctionnaires d'admettre leur responsabilité pour la mauvaise gestion constatée».Le Devoir Hélène Buzzetti Les conclusions du juge Gomery < s A 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 2 NOVEMBRE 2 0 0 5 * RAPPORT GOMERY * Les acteurs du scandale Le commissaire John Gomery ne ménage pas ses critiques à l’égard des acteurs centraux du scandale des commandites dans son premier rapport Voici huit de ces acteurs, de même que les commentaires dont ils font l’objet avoir toléré les méthodes malhonnêtes employées pour financer les activités du PLC-Q pendant des années», écrit le juge Gomery.Parti libéral du Canada, section Québec Jean Brault Ancien président de Groupaction Marketing Malgré son témoignage «complet et candide» qui est «digne de foi», le fondateur de Groupaction a fait de nombreuses contributions illicites au PLC-Q par appât du gain.«Les contributions non déclarées de Groupaction doivent être dénoncées.M.Brault a tenté d’acheter une influence politique pour permettre à Groupaction d’obtenir davantage de juteux contrats de commandites.Ses motifs étaient répréhensibles.Le comportement des représentants du PI£-Q était tout aussi déplacé et répréhensible», écrit le juge.M.Brault a surfacturé le ministère des Travaux publics à maintes reprises, il fait l'objet de six accusations de fraude et son témoignage pourrait être utilisé contre lui dans les poursuites civiles intentées par le gouvernement.Jacques Cor ri veau Ancien président de MuriDesign La paternité d’un «système de ristournes» au bénéfice du PLC-Q lui revient en totalité.Il a exploité «sa réputation, son amitié avec le premier ministre et l’influence qu’il pouvait exercer au sein du PLC-Q pour favoriser les intérêts des sociétés de [Luc] Ij>may tout autant que les siens et ceux du PLC-Q.[.1 Son témoignage est souvent entré en conflit avec celui des témoins plus crédibles.Son motif est devenu apparent à mesure qu’il témoignait: M.Corriveau était l'acteur central d'un dispositif bien huilé de pots-devin qui lui avait permis de s’enrichir personnellement et de donner de l'argent et des avantages au PLC-Q», conclut le juge.Charles Guité Ancien haut fonctionnaire responsable du programme des commandites (1996-99) Jean Brault S’il dit la vérité quant à l’ingérence de Jean Pelletier dans la gestion du programme de commandites et le choix des agences, il n’a aucune crédibilité lorsqu'il est question de son propre rôle.Sa gestion des dos- Charles Guité siers est catas-trophique.«M.Guité préférait prendre lui-même la plupart des décisions et n’était guère enclin à déléguer ses pouvoirs.Il y avait peu de procédures administratives, de structure et d’organisation.Iss choses se passaient dans un climat de secret, seuls les membres du cercle d’initiés étant infirmes des décisions.» Une fois à la retraite, cet homme «sans scrupules» a touché des «pots-de-vin» de un million de dollars des agences de communication et il n’a certainement pas tout révélé ce qu'il sait, entre autres en raison des accusations de fraude portées contre hii.Alfonso Gagliano Ancien ministre des Travaux publics.1997-2002 (ministère responsable du programme des commandites) et lieutenant politique de Jean Chrétien pour le Québec Alfonso Gagliano, dans ses fonctions à Ottawa, était un ministre «interventionniste qui s’intéressait de très près au programme des commandites rt.jouait un nîle actif dans sa direction», conclut le juge.L'expoliticien a choisi des événements à financer, a régulièrement décidé des montants à accorder, quitte à renverser les décisions de ses fonctionnaires, et a contribué à sélectionner les agences favorables aux libéraux, qui recevaient la manne du gouvernement L’ancien ministre est également montré du doigt dans le cadre de ses fonctions de lieutenant politique pour le Québec.C'est sous son autorité que le système de pots-de-vin élaboré par Jacques Corriveau a été mis en place au profit du Parti liberal du Canada section Québec.«L’ex-ministre doit accepter une part du blâme pour Alfonso Gagliano Les ex-directeurs généraux Benoît Corbeil et Michel Béliveau, l’organisateur Marc-Yvan Côté et le collecteur de fonds occultes Joseph Morselli sont montrés du doigt même s'ils n’ont pas tiré un profit personnel des sommes qui leur sont passées entre les mains.«Ils ont agi au mépris des lois régissant les dons aux partis politiques et ont contribué à entretenir la perception, beaucoup trop répandue, que bon nombre des militants politiques qui participent à Joseph Morselli l’exercice démocratique sont malhonnêtes et suspects.» Le blâme rejaillit aussi sur le parti, qui «est forcément responsable des fautes de ses dirigeants et représentants.Deux directeurs généraux successifs ont directement trempé dans des opérations illégales de financement électoral, et de nombreux travailleurs du parti ont accepté d’être payés en liquide pour leurs services alors qu’ils auraient dû savoir que cela était contraire aux dispositions de la Ij>i électorale du Canada».Ces personnes «se sont déshonorées et ont déshonoré le parti politique», affirme le juge.Jean Pelletier Ancien chef de cabinet du premier ministre Jean Chrétien, 1993-2003 Le bras droit de Jean Chrétien est sévèrement réprimandé dans le rapport Gomery, puisqu’il tirait personnellement plusieurs ficelles de la mécanique des commandites.«Le programme était dirigé à partir du cabinet du premier ministre sous la supervisim directe de M.Pelletier à qui le premier ministre avait spécifiquement confié cette responsabilité.M.Pelletier était donc investi, à toutes fins utiles, du rôle, des fonctions et des responsabilités d’un ministre chargé de mettre en œuvre un programme dans un ministère», écrit le juge Gomery.Or Jean Pelletier a failli à la tâche de manière flagrante, conclut le commissaire.L'ancien chef de cabinet a «court-circuité» la chaîne de commandement en rencontrant directement le fonctionnaire Charles Guité dans le but de choisir les événements à commanditer et les montants alloués.Le juge dit même qu’il est pou probable que le choix des agences de communication favorables aux libéraux n'ait pas été discuté lors de ces rencontres.Il s’agit «d'un empiétement du politique sur la conduite des affaires administratives et [c’est) un dangereux précédent que Ton ne saurait entériner».peut-on lire dans le rapport Jean Chrétien Ancien premier ministre du Canada, 1993-2003 «Comme M.Chrétien avait décidé de diriger le programme depuis le cabinet du premier ministre et de demander à son personnel de s'en occuper, il est redevable de la manière déficiente avec laquelle le programme et les initiatives de commandites ont été mis en œuvre», conclut le juge John Gomery à propos de la responsabilité de l'ancien premier ministre.C'est M.Chrétien qui aurait dû veiller à ce que le programme soit mieux balisé et non pas soumis à l'arbitraire.«M.Chrétien était personnellement responsable de l'action ou de l’inaction de M.Pelletier et des autres membres du personnel de son cabinet.Il a repoussé ou ignoré toutes les suggestions de Mme Bour-gon [la grefnère du Conseil privé, l'équivalent de sa sous-ministre] pimr que les initiatives de commandites et les événements connexes soient mieux dirigés et contrôlés par un ministre ayant de l’expérience», soutient John Gomery.Paul Martin IVemier ministre du Canada et ancien ministre des Finances le- premier ministre Paul Martin aura lu le rapport Gomery avec soulagement et fait donc figure d’exception dans cette liste.Le juge le lave de tout blâme.«Il y a lieu d'exonerer M.Martin, au même titre que tout autre ministre du caucus québécois, de tout blâme pour imprudence ou négligence, étant lUmnc que son rôle à la tète du ministère des Finances ne compre-nait pas la suptrviswn des dépensés du cabinet du premier ministre ou des Travaux publics», écrit le juge.Toutefois, il reste à la tète d'un Parti liberal que le juge Gomery estime s'être «deshonore» en bénéficiant d'un système de pots-de-vin.Maigre tout, le premier ministre s'est dit hier «fier» d'ètre libéral.Charles Guité : le roi des commandites Une poignée d’agences de communication se sont partagées la moitié du budget du programme JIM YOUNG REUTERS Charles Guite était considéré comme un intouchable dans la fonction publique fédérale.BRIAN MYLES Le programme des commandites s’est révélé être «une quasi-invitation à puiser dans la caisse» pour les agences de communication, qui ont capitalisé sur la faiblesse et les carences de la bureaucratie fédérale pour faire fortune.Il faut être deux pour danser le tango, dit l’adage.Aussi John Gomery reconnaît-il dans son rapport que les cinq agences ayant trempé dans le scandale des commandites (Gosselin, Lafleur, Groupaction, Coffin, Everest) n’auraient pas pu empocher des frais de production et honoraires de 147 millions de dollars, soit 44,7 % de l’enveloppe totale consacrée aux commandites de 1996 à 2002, sans la complicité indirecte d’une bureaucratie servile, incapable de déceler et de dénoncer les abus.Charles Guité trônait au sommet de cette pyramide, entouré de subalternes qui n’avaient pas d’expérience dans le placement de commandites.En l’absence de lignes directrices claires, ils se sont fiés aveuglément à Charles Guité, constate le commissaire Gomery.Avec ses entrées privilégiées dans les plus hautes sphères du pouvoir, M.Guité avait atteint un statut d’intouchable au sein de la fonction publique fédérale.«Aux yeux de tout le monde, dans la fonction publique, il appartenait à une catégorie spéciale et il était apparemment dispensé des règles ordinaires de reddition de comptes et de respect des pratiques et procédures normales», écrit M.Gomery.Une seule personne a osé lui tenir tête, soit Allan Cutler, et il a été muté sans ménagement par Guité, sans qu’il ne soit en position d’autorité pour le faire.«Si Ton veut que la loi sur la protection des dénonciateurs ait un sens, il faut qu’elle protège les fonctionnaires contre ce genre de représailles», a dit M.Gomery, un commentaire qui avait les allures d'une douce revanche pour M.CuÜer.«En fait, M.Guité avait acquis auprès des politiciens et des hauts fonctionnaires la réputation de quelqu’un qui était capable de contourner les formalités administratives pour obtenir des résultats rapidement, sans s'arrêter aux restrictions et aux contraintes paperassières qui sont caractéristiques d’une bureaucratie normale mais sont aussi généralement considérées comme nécessaires pour une ges- tion prudente des deniers publics», résume M.Gomery C’est le contexte qui a donné lieu aux abus des publicitaires longuement décriés lors des travaux de la commission.Leurs motivations étaient connues: l’appât du gain.Le but de leurs contributions politiques était clair: décrocher des contrats de commandite.«Feu importe que leurs contributions aient été licites ou illicites, il y avait un lien au moins implicite entre ces contributions et l’idée qu’elles seraient suivies de contrats de commandites.Si la sélection des agences avait été ouverte, transparente et concurrentielle, le public n’aurait certainement pas été aussi convaincu de l’existence de ce lien», estime M.Gomery.Le commissaire détaille chapitre par chapitre les torts et responsabilités des agences dans cette utilisation inappropriée des fonds publics.Le Devoir a retenu quelques éléments pour chaque cas.Jean Lafleur: selon le commissaire, il a préféré «passer pour un imbécile plutôt que de dire la vérité».Passé maître dans la surfacturation, il s’est dégagé des commissions et honoraires pour le simple fait d’avoir ouvert des dossiers.Ses contrats ont fondu lorsqu’il s’est plaint directement à Jean Pelletier, le chef de cabinet de Jean Chrétien, d’une baisse de son volume d’affaires.Selon le commissaire, il reviendra aux tribunaux de juger de sa conduite dans certaines factures peu ou pas justifiées.Gilles-André Gosselin: le plus apolitique des publicitaires.Il a obtenu ses premiers contrats grâce à son amitié avec Charles Guité et il a littéralement perdu la bataille par son entêtement à ne pas vouloir faire de contributions au PLC-Q.Il a envoyé des factures fictives à de nombreuses reprises sans que personne au ministère des Travaux publics ne s’y oppose.Selon le commissaire, il reviendra aux tribunaux de juger de sa conduite dans la gestion de certaines commandites.Everest: Claude Boulay est un ami du premier ministre Paul Martin, mais cette relation ne lui a pas servi pour décrocher des contrats.Aucune trace de facturation abusive n’a été trouvée dans les classeurs de son entreprise.«Boulay et ses associés ont géré leurs activités d’une manière qui est dans le meilleur des cas douteuse et, dans le pire, contraire à l’éthique», affirme M.Gomery.Il cite en exemple les commissions perçues en double par Everest auprès du gouvernement pour acheminer une commandite, et auprès du promoteur qui en était le récipiendaire.Groupaction Qean Brault): il a témoigné avec aplomb et sincérité sur toute la ligne, ce qui ne l’empêche pas d'avoir commis de nombreuses irrégularités par avidité et ambition.H a acheminé plusieurs contributions illégales au PLC-Q qui «doivent être dénoncées».«Brault a tenté d’acheter une influence politique pour permettre à Groupaction d’obtenir davantage de juteux contrats de commandites.Ses motifs étaient répréhensibles.» Paul Coffin: c’est le seul fraudeur reconnu tel dans le lot, puisqu’il a plaidé coupable aux accusations portées contre lui.Même s’il a obtenu très peu de contrats, il s'est distingué par son «appétit».Il touchait des honoraires presque égaux aux commandites qu’il acheminait, grâce au miracle de la surfacturation et des commissions.Le Devoir Le DGE enquêtera sur les 50 000 $ versés au PLQ ROBERT DUTRISAC ANTOINE ROBITAILLE Québec — Le Directeur général des élections (DGE) devra enquêter sur la contribution de 50 000 $ en liquide que Groupaction, selon le rapport Gomery, a versée au Groupe Everest en 1998 et qui était destinée au Parti libéral du Québec.C'est ce qu’a indiqué liier le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques.Benoit Pelletier, au cours d'un point de presse.Le ministre estime que le DGE a le pouvoir de faire enquête sur cette contribution.Si toutefois ce n'est pas le cas.l'Assemblée nationale est autorisée à élargir les pouvoirs d’enquête du DGE, a-t-il souligné.«Nous, on opte pour la transparence, a-t-il dit, ajoutant que «nous avons aussi droit à une présomption de bonne foi».Interrogé hier, le DGE, Marcel Blanche!, n’était pas sûr que son organisme avait ce pouvoir d'enquête car- le délai de prescription de cinq ans était largement dépassé.D a signale aussi qu'il était très difficile de faire la lumière sur un paiement en espèces de cette nature.Dans son rapport, le juge Gomery accorde foi au témoignage du président de Groupaction, Jean Brault, au sujet de cette contribution et ne croit pas la version contradictoire du president du Groupe Everest.Claude Boulay.En novembre 1998, Groupaction a versé au Groupe Everest la somme de 50 000 $, «qui correspond à une contribution politique foite au Parti libéral du Québec à la demande de M.Guite».mais cette transaction échappe au mandat de la commission puisqu'il ne s'agit pas du Parti liberal du Canada, section Quebec, écrit le juge Gomery.Le Groupe Everest fut responsable de toute la publicité électorale du PLQ en 1998.Quand Jean Charest est devenu chef du PLQ en 1998, il était très près du Groupe Everest, une firme de Sherbrooke où oeuvrait un ami de longue date, Jean-Bernard Be lisle.De plus, l’attachée de presse de M.Charest à l'époque, Suzanne Poulin, était l'épouse du dirigeant d’Everest à Sherbrooke.Claude Lacroix.A l’Assemblée nationale, le premier ministre Jean Charest interrogé par la chef de l'opposition officielle, Louise Harel, a réitéré qu’après vérification, le PLQ n'avait rien reçu de ces 50 000 $, signalant que le juge Gomery n'avait pas affirmé que cet argent avait été effectivement versé à son parti.Dans un communiqué diffusé hier, le président du PLQ.Robert Parent, conclut, après «des vérifications rigoureuses» effectuées au printemps dernier, que le parti n'a pas reçu cette somme.L'opposition officielle, appuyée par l'Action démocratique du Québec.a tenté de déposer, hier, une motion sans préavis voulant que l'Assemblée nationale «condamne l’initiative du fédéral visant à influencer la conscience» des Québécois grâce au programme des connnandites.Les liberaux n’ont pas consenti à ce quelle soit déposée.Au cours d'un point de presse, Louise Harel a affirmé qu’il était «inacceptable qu ’il (le premier ministre] ne ressente pas un sentiment d'indignation à Tegard de ce qui est un scandale».Plan B Dans son point de presse, Benoît Pelletier a souligné qu'à ses yeux, le programme des commandites fait partie du plan B du fédéral pour confrer les forces souverainistes.A son avis, ce «plan B est une erreur.Ça ne fait pas la promotion du pays.C’est de penser qu ’avec de l’argent, on peut changer le point de vue de la population au sujet du Canada.Et ce n’est pas ma vision».Le rapport Gomery fait également état de sept contributions faites au Parti québécois par les employés de Groupaction, lesquelles ont été remboursées par l’employeur, en infraction à la loi électonde.Hier matin, le PQ a versé au DGE 21 000 $, le montant total de ces contributions.Mme Harel a indiqué qu'il était impossible pour un parti politique de savoir si la contribution que lui verse un citoyen est ou non remboursée par l’employeur à ce dernier.La publication du rapport Gomery est survenue au moment même où s'ouvrait à Québec la Commission spéciale sur la Loi électorale, qui doit se pencher, entre autres, sur le financement des partis politiques.En avril dernier, M.Pelletier avait demandé au DGE de suivre de près les travaux de la commission Gomery et de faire des recommandations pour amender la Loi électorale, s'il y avait lieu.PLC-PLQ Parmi les 10 personnes bannies à vie du Parti libéral du Canada, trois sont aussi membres en règle du Parti libéral du Québec, a-t-on confirmé au Devoir hier à la permanence du PLQ, tout en refusant de révéler le nom de ces trois personnes.On ignore pour l'instant ce qu’il adviendra de ces membres puisqu'W/ n'y a pas de précédent», a dit la directrice des Communications du PLQ, Isabek le Melançon.Interrogé au sujet de ces membres bannis du PLC, le ministre Pelletier s'est borne à dire qu'il lui fallait d'abord prendre connaissance du rapport Il a exhorté les journalistes à ne pas «foire un lien direct entre tout ce qui est dans le rapport et le Parti libéral du Québec parce que ce serait toutàfoit injuste».Selon les informations disponibles sur le site du Directeur gé- néral des élections du Québec, trois des 10 personnes bannies du PLC par Paul Martin ont aussi contribué au PLQ au cours des dernières années: Joseph Morselli, Beryl Wajsmann et Marc-Yvan Côté.Au PLQ, M.Morselli a donné 3000 $ en 2000,2450 $ en 2001.2050 $ en 2002, 2750 $ en 2003 et 1000 $ en 2004.Fait à noter, en 2002.quatre contributeurs portant le patronyme de Morselli (Joseph, Laura, Rudolph et Yolanda), ont versé en tout 9050 $ au PLQ.Marc-Yvan Côté, pour sa part, a versé, de 2000 à 2004 (années pour lesquelles les données sont disponibles en ligne), la contribution maximale de 3000 $ par année au PLQ.Quant à Beryl Wajsmann, U a versé 2550 $ au PLQ en 2003.La même année, il offrait aussi au PQ une somme de 250 $.Joint hier à Montréal.M.Wajsmann a affirmé qu’il n’était pas membre du PLQ «ni d’aucun autre parti d’ailleurs».Après sa contribution au PQ, en 2003, il avait reçu «une gentille note de M.Landry», a-t-il raconté.Au dire de ce coloré personnage, Paul Martin l'a banni du PLC sans raison puisqu'il n'a été aucunement blâmé dans le rapport Gomery.«Peut-être a-t-il peur de moi?Après tout, j'ai lancé ma campagne à la chefferie», a-t-il répondu, ajoutant qu’il fondera peut-être son «proprr Parti libéral, un Parti radical», et qu’il songeait a passer dans le camp souverainiste.Au reste.M.Wajsmann se demande si cette exclusion du PLC est conforme à la Charte des droits et libertés, notamment le droit d'association.Il pretend avoir consulté l'avocat Julius Grey à ce propos.En définitive, il prétend avoir «pris tout ça comme un compliment.Chaque politicien qui va trop loin, comme Nixon avec sa liste d'ennemis, tombe assez vite.Martin va tomber».Le Devoir t LE DEVOIR, LE MERCREDI N O V E M R R E LES A C T D A LIT E S Le Bloc québécois veut faire la lumière sur les millions d’Ottawa versés à Montréal 2005 JEANNE CORRIVEAU Le Bloc québécois tentera, demain, de faire adopter par le comité des Comptes publics une motion visant à obtenir tous les rapports de vérification internes et externes relatifs à la gestion des fonds fédéraux par le premier comité organisateur des Championnats de sports aquatiques qui ont eu lieu à Montréal 1 été dernier.Cette démarche pourrait mener à la comparution de plusieurs organisateurs de çet événement devant les membres du comité des Comptes publics au début de 2006.Les démarches visant à faire la lumière sur l'utilisation des 16 millions de dollars octroyés par le gouvernement fédéral pour la tenue des championnats devaient être entreprises en février dernier, mais plusieurs événements avaient incité le comité des Comptes publics à reporter son enquête.Rappelons que, en février dernier, le directeur général du comité organisateur Montréal 2005, Yvon DesRochers, s’était enlevé la vie après que la Fédération internationale de natation (FINA) eut décidé de fetirer à Montréal la tenue des compétitions.Le maire Gérald Tremblay avait alors pris en mains le dossier pour rapatrier les jeux et le Bloc ne voulait pas nuire à cette opération de sauvetage.; «C’est une pure coïncidence que ça tombe pendant la dernière semaine de la campagne électorale municipale», aindiqué hier M.Sauvageau, qui rappelle toutefois que Enquête qu’entend mener le comité des Comptes publics ne portera que sur la gestion des fonds fédéraux par les Internationaux du sport de Montréal (ISM), un organisme dirigé par Serge Savard, et non sur le travail du comité organisateur qui a ensuite pris la relève et qu’a piloté Gérald Tremblay.«Je suis convaincu que, dans les rapports de vérification internes, nous allons avoir suffisamment d’éléments pour convoquer des témoins au comité des Comptes publics, mais je veux d’abord voir les documents», a précisé M.Sauvageau, qui ajoute que le Bloc avait d’autres priorités au cours des derniers mois et que, de toute façon, le calendrier des travaux du comité des Comptes publics ne permettait pas l’audition des témoignages avant 2006.L’avis de motion, déposé hier par Benoît Sauvageau, devrait recevoir l’appui des membres du Parti conservateur et du NPD qui, avec le Bloc, sont majoritaires au sein du comité des Comptes publics, face aux cinq libé raux qui y siègent Le député bloquiste souhaite que le gouvernement remette les documents au comité le 30 novembre prochain, au plus tard.Le Devoir Deux nouveaux jours de grève à PUdeM MARIE-ANDREE CHOUINARD Mécontents des dernières offres de la direction, les professeurs de l’Université de Montréal (UdeM) font monter la pression d’un cran en décrétant la grève aujourd’hui et demain.L'intervention d'un conciliateur pour résoudre le différend opposant l’université à son syndicat de professeurs a permis de rehausser la proposition salariale de la direction, sans toutefois combler les demandes des employés.Lors d’une rencontre spéciale lundi midi, les 55 délégués du Syndicat général des professeurs de l’Université de .Montréal (SGPUM) ont rejeté à l'iinanimite une proposition de hausse de 3,6 % des salaires pour 200566.L’exécutif syndical a aussitôt décidé d’utiliser les journées 2 et 3 de sa banque de six jours de grève: les professeurs brandiront donc les pancartes plutôt que les notes de cours aujourd’hui et demain.«Le travail du conciliateur a permis des avancées, mais l’offre de la direction n 'est pas suffisante», a indi- que hier Louis Dumont président du SGPUM.Les professeurs ont commence le jeu de la négociation en revendiquant 3,9 % d’augmentation en plus d'un rattrapage de 7,6 % pour rejoindre la médiane des plus grandes universités de recherche canadiennes.In direction a riposte en allongeant 2 % de hausse, plus 80 % de ce que le secteur public pourrait récolter de l'actuelle négociation.Rapprochement Les séances de travail de la semaine dernière, en présence d'un médiateur, ont permis de rapprocher les deux parties: alors que le syndicat consent maintenant à un étalement du rattrapage salarial exige, la direction a avancé de son côté 3,1 % de hausse pour cette année, à laquelle elle ajoute 0,5 % pour le rattrapage.«Malgré des rapprochements, il faut constater que nous ne nous entendons pas sur la valeur du rattrapage», explique Jean-Mare Charron, vice-recteur adjoint aux ressources humaines.L'université fixe l'écart entre lUdeM et les grandes universités de recherche à 2,7 %, mais les profs, eux.ont établi l’objectif à 7.5 %.«L’enveloppe financière des universités québécoises n’est pas la même que celle des établissements canadiens.il faut bien comprendre cet element du contexte», note M.Charron, dont l’offre va de pair avec «les finances de l’université».L’offre de l’I deM a fait bondir le syndicat.«Nous avons etc conciliants en acceptant le principe d’un étalement pour éviter d'étouffer les finances de l'université, et la direction ne propose rien pour soutenir cette avenue», denonce M.Dumont.1rs professeurs, qui ont déjà utilise une journée de grève en octobre, boudent les salles de classe aujourd’hui et demain, «pour montrer à l’université Iqu'ils sont] sérieux», précise le président du syndicat.«Nous voyons mal comment on peut marier une demarche de conciliation avec des journées de grève», a répliqué M.Charron, les deux parties sont encore disposées à travailler de nouveau avec le médiateur.Le Devoir Du renfort en cardiologie, en néphrologie et en néonatalogie Québec accorde un rôle accru aux infirmières praticiennes spécialisées LOUISE-MA U DE RIOUX SOUCY Une nouvelle pierre a été posée hier sur le grand chantier de la réorganisation des soins au Québec avec l'adoption de règlements accordant im rôle accru aux infirmières praticiennes spécialisées.Voilà une bonne nouvelle sur papier, qui, dans la réalité, a toutefois encore bien du mal à séduire assez de candidates.Annoncée hier par le ministre de la Santé, Philippe Couillard, à l’occasion du congrès de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OlIQ), l’initiative permettra de donner son envol au programme destiné à autoriser des infirmières praticiennes à accomplir des actes médicaux autrefois réservés aux médecins dans trois domaines: cardiologie, néonata-logje et néphrologie.A l’origine, le ministre Philippe Couillard avait espéré au moins 75 finissantes pour démarrer le projet alors qu’elle^ ne seront qu'une vingtaine à graduer cette année.A l’Ordre, on s'inquiète de cette tiédeur attribuée en grande partie à la pauvreté du programme d’«intéressement», qui gagnerait à être bonifié, note sa présidente, Gyslaine Desrosiers.«Les personnes qui laissent leur milieu de travail, qui sont des bachelières, doivent s’inscrire à la maîtrise, mais le programme d’intéressement” ne leur donne que 30 000 $ la deuxième année et rien la première.Ça crée forcément un certain frein.» Celle-ci note également que le contrat d’engagement de deux ans à un établissement, exigé pour obtenir ladite bourse, n’est pas de nature à favoriser les candidatures.«Ça va prendre des mesures incitatives suffisantes pour que les gens aillent étudier et des incitatifs financiers pour que les établissements les engagent», estime Gyslaine Desrosiers.En dépit de ces bémols, l’annonce d’un règlement a FKliRAN l'I KKiaiKS RIUITKRS Les infirmières praticiennes pourront accomplir certains actes médicaux autrefois réservés aux médecins été chaudement saluée par l’Ordre hier.Même si les rè glements seront effectifs dès le 24 novembre 2005, il faudra toutefois attendre l’été pour que les premières infirmières praticiennes spécialisées fassent leur entrée dans le réseau.D'ailleurs, l’examen de passage qui leur est destiné est encore sur les tables à dessin de l'( )rdre et du Collège des médecins du Québec.Selon Mme Desrosiers, rien ne presse, le ministre Couillard ayant été très clair sia un jxiint, celui de don ner la priorité à l’introduction des infirmières de première ligne.«R faut réussir le virage première ligne avant de s'éparpiller à tout crin», croit la présidente de l’OIlQ.Les premières infirmières praticiennes spécialisées exerceront d’abord dans des centres désignés parle ministre Couillard, soit à l’Hôtel Dieu du Centre hospitalier universitaire de Québec, à l’hôpital laval, a l'Institut de cardiologie de Montréal, à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM).leur arrivée devrait permettre au réseau de la santé de soufller un |X'ii.la praticienne aura en effet des privilèges cliniques qui permettront, à terme, de réduire l’attente et d'afliner le suivi.«On vise beaucoup la réduction des complications qui ont des coûts énormes pour le système de santé et un impact direct sur la qualité de vie des patients», conclut Mme Desrosiers.Le Devoir Rencontre poésie Robert Dickson Lise Gaboury-Diallo Fredric Gary Comeau Hélène Harbec Michel A.Thérien MERCREDI 2 NOVEMBRE 19 H LIBRAIRIE L'ÉCUME DES JOURS 125, RUE ST-VIATEUR OUEST (514) 278-4523 ENTRÉE LIBRE ^RÉCF www.recf.ca 14 éditeurs sous une même bannière Université d'Ottawa S'y retrouver dans le dédale de la biologie Le professeur Mads Kaern, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biologie des systèmes, joint la physique et le génie à la médecine et la biologie afin d’étudier les réseaux géniques qui régularisent les cellules vivantes.Cette combinaison de technologies interdisciplinaires transformera les sciences biologiques et médicales et aidera à faire avancer les connaissances dans divers domaines clés de la médecine, dont la recherche sur les cellules souches et l'étude des maladies humaines.Découvrez-en davantage au www.recherche.uOttawa.ca Zl J ^ J •' T jGCN* • V-3 u Ottawa L’Université canadienne Canada’s university AU CŒUR DE LA DÉCOUVERTE DEPUIS 1848.L’Université d’Ottawa est, depuis 1848, un foyer d'innovation ou de grandes idées naissent.Grâce à nos programmes d’enseignement au diapason des enjeux nationaux et mondiaux, nos diplômés se retrouvent parmi les chefs de file du Canada, dans une grande diversité de disciplines et de professions.Nous sommes convaincus de l’importance de l’éducation et du leadership a l’égard de notre prospérité future et de notre cohésion sociale.Trois grands concours pour les jeunes Eri ce moment, sur le site Internet de l'Université de Sherbrooke, des prix irrésistibles à gagner! P7n université df; K4 SHERBROOKE Creuse jes liuéftSi mathématiques Concours d'énigmes et de problèmes à résoudre, pour les jeunes du secondaire ou du collégial, entre 14 et 19 ans J frrt \'vLn l’fiUi L’i Concours de rédaction scientifique pour les jeunes du secondaire ou du collégial, entre 14 et 17 ans Tous les détails à : www.USherbrooke.ca/jeveux/concours/ LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 NOVEMBRE 2005 A 6 ~ ?LES ACTUALITÉS- Les révélations sur le passé de l’ancien premier ministre Harel refuse de condamner ou d’excuser Lévesque RÉMI NADEAU /''V uébec — La chef intérimai-Vy re du Parti québécois, Louise Harel, ne conteste pas les révélations sur le passé trouble de René Lévesque, précisant qu’elle ne cherchera pas a l’excuser ni à l’accabler.Commentant pour la première fois la publication du controversé dernier tome de la biographie de l’ex-premier ministre, Mme Harel reconnaissait hier que M.Lévesque a eu ses moments de faiblesse.Elle indique toutefois que l’épisode de violence conjugale relaté fait référence à un moment particulier qui, selon elle, ne corres- pond pas a la relation quil entretenait avec Corinne Côté-Lévesque.«Mme Corinne Côté-Lévesque n’a jamais répudié René Lévesque.C'était un moment particulier, là.Il ne faut pas imaginer que c’était une situation généralisée», a dit Mme Harel.La députée d’Hochelaga-Mai-sonneuve, qui faisait partie du conseil des ministres de M.Lévesque au début des années 1980, affirme qu’elle ne savait pas qu’il avait pu lever la main sur sa conjointe.Mme Harel estime que, sans doute accablé par ce qu’il considérait être son échec, René Lévesque a eu des moments de faiblesse.Elle indique qu’il n’était pas parfait, mais qu’il était un homme public d’exception, qui a pratiqué la politique de façon passionnée, intégré et sincère.La chef intérimaire, accompagnée de plusieurs députés pé-quistes, a déposé hier matin des fleurs au pied de la statue de René Lévesque, sur la colline parlementaire, à Québec, pour souligner l’anniversaire de son décès.M.Lévesque est mort à Montréal le 1" novembre 1987, il y a 18 ans aujourd’hui même.La publication du dernier tome de la biographie rédigée par Pierre Godin, L’Homme brisé, a suscité beaucoup de réactions.Presse canadienne E N BREF Les Canadiens plus généreux Plus de Canadiens et de Québécois ont fait des dons de charité en 2004 et leurs dons ont été plus élevés que l’année précédente, indique Statistique Canada dans son plus récent relevé.Les Québécois versent toutefois les dons les moins élevés au pays.Plus précisément, au Canada, 5 781250 donateurs ont offert 6 922 616 000 $ en dons de charité en 2004.Il s’agit d’une hausse de 3,5 % du nombre de donateurs et d’une augmentation de 6,3 % du montant total des dons entre 2003 et 2004.Le don médian était de 230 $ au pays.De façon générale, 25 % des contribuables ont déclaré de tels dons de bienfaisance.Au Québec, ce sont 1 286 750 contribuables qui ont fait un don de charité pour une somme globale de 680 272 000 $.Cette fois, le changement est moins marqué qu’au Canada, puisqu’il s’agit d’une augmentation de 1,7 % du nombre de donateurs et d’une hausse de 1 % du montant total des dons entre 2003 et 2004.Au Québec, le don médian atteignait alors 120 $, la province la moins généreuse à ce chapitre, et de loin.A titre d’exemple, le don médian atteignait 290 $ en Ontario, 280 !> au Nouveau-Brunswick, 290 $ en Colombie-Britannique et 280 $ dans la riche Alberta.Invité à expliquer ce phénomène, Anne Ste-Marie, responsable des communications à Amnistie internationale section du Canada francophone, souligne que «traditionnellement, au Québec, les gens ont tendance à offrir de leur temps comme bénévole plutôt que de donner des montants d’argent».Souvent aussi, les gens préfèrent écrire des lettres d’appui, de protestation, ou signer des pétitions, une forme d’action sociale.«Il y a beaucoup de personnes qui sont très actives au sein d’Amnistie sans qu’elles contribuent financièrement», souligne-t-elle.- PC L’UNESCO et la bioéthique Alors qu’ils adoptaient la convention internationale sur la diversité culturelle à l’UNPiSCO à la mi-octobre, les 197 pays membres de l’Organisation des Nations unies entérinaient aussi la déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme.Cette déclaration qui a été élaborée sous la supervision de la Québécoise Michèle Jean, présidente du Comité international de bioéthique (CIB) de rUNESCO, traite des questions éthiques d’ordre social, juridique et environnemental soulevées par l’évolution de la médecine, des sciences de ki vie et des technologies associées, comme le précisait Le.Devoir le 19 août dernier dans l’article «L’UNESCO replace l’humain devant la science».I Vernier pas vers la définition d’une convention, cette déclaration répond à un besoin de plus en plus pressant à mesure que se multiplient, souvent sans cadre régulateur, les projets de recherche scientifique et d’expérimentations réalisés dans divers pays du monde, l’importation et l'exportation d’embryons et de cellules souches embryonnaires, d’organes, de tissus, voire de cellules, ainsi que h circulation transfrontalière d’échantillons d’ADN et de données génétiques.Le texte qui a été ratifié le 19 octobre dernier fournit un ensemble de principes et de procédures qui pourront inspirer les Etats pour la mise en place de leurs propres politiques, lois et codes d'éthique.- Le Devoir ¦ ¦ Sécurité publique et Public Safety and Emergency ¦ m ¦ Protection civile Canada Preparedness Canada Centre national de prévention du crime SOLLICITATION DE PROJETS Du financement est disponible pour des initiatives nationales qui adoptent la prévention du crime par le développement social (PCDS) comme principale approche pour cibler les facteurs de risque qui contribuent à la criminalité et à la victimisation, particulièrement chez les femmes, les enfants et les jeunes à risque ou les Autochtones.Ces initiatives devront être menées en partenariat avec des organisations d’autres provinces ou territoires.Le financement est disponible dans le cadre : • du Fonds d’action en prévention du crime, qui vise la création d’outils et de ressources, favorise l’intervention en prévention de la criminalité et encourage les partenariats intersectoriels; et • du Fonds pour la recherche et le développement des connaissances, qui appuie le développement et l’évaluation de modèles de prévention de la criminalité dans la collectivité, la recherche en prévention de la criminalité, ainsi que les activités de développement des connaissances.L'original de la proposition de projet doit être posté au plus tard le 9 décembre 2005, à l’adresse suivante (le cachet de la poste faisant foi) : À L’ATTENTION DE : Sollicitation de projets Centre national de prévention du crime 222, rue Queen, pièce 1252 Ottawa (Ontario) K1A0P8 Pour plus d’information sur les programmes de financement, l’admissibilité, les lignes directrices et les formulaires de demande, veuillez visiter www.securitepublique.gc.ca/cnpc ou appeler au 1 877 302-6272.Pour les projets se déroulant uniquement au Québec, veuillez appeler au 1 877 324-1190.Canada Course à la direction du Parti québécois André Boisclair constitue une bombe à retardement pour le PQ Jean Ouimet refuse de banaliser Vaveu du favori de la course sur sa consommation de cocaïne JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jean Ouimet appréhende les conséquences pour le Parti québécois de l’élection d’André Boisclair à la tête du parti.KATHLEEN LÉVESQUE L> élection d’André Boisclair à 1 la tête du Parti québécois pourrait bien avoir des allures de bombe à retardement Sa consommation de cocaïne et son manque de jugement pourraient en effet revenir hanter le PQ au moment de tenir un référendum sur la souveraineté, croit Jean Ouimet candidat à la direction péquiste.M.Ouimet s’étonne que la situation soit banalisée dans la population, chez les péquistes et par André Boisclair lui-même.Pourtant le risque que le PQ se retrouve face à un problème si M.Boisclair en devient le chef est clair, selon lui.«C’est sûr, c’est un acte criminel.Il y a également un problème de jugement.C’est là-dessus qu ’il faut se questionner: le prochain chef devra faire preuve de bon jugement parce qu’on aura à traverser des périodes qui ne seront pas toujours faciles.Quand on veut s’engager sur la voie de la souveraineté, on a besoin de quelqu'un qui a un bon jugement.Et je ne suis pas sûr que M.Boisclair a le jugement qu’il faut pour prendre les bonnes décisions compte tenu de ses expériences.Et en plus, il ne veut pas en parler», a affirmé hier Jean Ouimet lors d’une rencontre éditoriale avec Le Devoir.M.Ouimet constate que son adversaire bénéficie de l’appui de «la machine» du parti et que «certains médias fédéralistes ont peut-être intérêt à promouvoir la candidature de Boisclair pour mieux le varloper une fois qu’il sera chef du Parti québécois».S’agit-il d’une bombe à retardement?lui a demandé Le Devoir.«J’ai ce sentiment-là.Pour avoir entendu plusieurs rumeurs sur André Boisclair, je remarque qu’il ne semble pas avoir un cheminement par rapport à ces erreurs-là.[.] Si je m’en vais en montagne avec un chef d’expédition qui banalise les choses comme ça, j’ai des craintes: est-ce qu ’on a le bon leader pour se rendre jusqu’en haut?», a indiqué M.Ouimet Ce dernier est le seul adversaire de M.Boisclair à critiquer ouvertement et si durement le comportement de celui qui apparaît comme le meneur dans la course au leadership.Les autres aspirants chefs ont été plutôt si- lencieux sur la question, parlant du droit à l’erreur.Aussitôt qu’ils ont osé se montrer quelque peu critiques, la popularité de M.Boisclair a grimpé, comme tendent à le démontrer les sondages réalisés auprès du grand public.Jean Ouimet est un peu inquiet pour les suites du 15 novembre, d'autant plus qu'André Boisclair, dit-il, n’est pas un politicien «à l’écoute».Selon lui, le PQ aurait tout intérêt à briser le cercle étroit qui entoure traditionnellement le chef et qui l’isole du même coup.Jean Ouimet a d’ailleurs fait campagne depuis juin dernier notamment sur le concept de direction collégiale.Il souhaiterait que le prochain chef péquiste partage avec des représentants ayant des points de vue différents la gestion du parti.«Si on veut éviter que le parti continue de manger ses chefs comme on l’observe depuis vingt ans, il faudrait peut-être avoir un chef qui a un peu plus d’écoute pour les différents courants», a mentionné M.Ouimet Au lendemain du vote du 15 novembre, M.Ouimet souhaite que le PQ plonge dans un débat sur un contrat social.De plus, il ne rejette pas l’idée de mettre sur pied un club politique sur le développement durable et entend bien briguer les suffrages lors des prochaines élections générales, question d’implanter «une nouvelle culture politique au PQ».Le Devoir # ASSEMBLEE HATIONALE QUÉBEC.CONSULTATION GÉNÉRALE PROJET DE LOI N- 125, LOI MODIFIANT LA LOI SUR LA PROTECTION DE LA JEUNESSE ET D'AUTRES DISPOSITIONS LÉGISLATIVES La Commission des affaires sociales est chargée de tenir des auditions publiques à compter du 24 janvier 2006 dans le cadre d'une consultation générale sur le projet de loi n' 125, Loi modifiant la Loi sur la protectiondo la Jeunesse et d'autres dispositions législatives.Toute personne ou organisme qui désire exprimer son opinion sur ce sujet doit soumettre un mémoire au Secrétariat des commissions au plus tard le 9 décembre 2005 La Commission choisira, parmi les personnes et les organismes qui auront fait parvenir un mémoire, ceux qu elle entendra Les mémoires doivent être transmis en 25 exemplaires de format lettre.Us doivent être accompagnés d'autant d'exemplaires d’un résumé de leur contenu.Les personnes et les organismes qui désirent que leur mémoire soit transmis à la Tribune de la presse doivent en faire parvenir 20 exemplaires supplémentaires.Vous êtes également invités à transmettre par courriel le fichier de votre mémoire Toutefois, cela ne vous dispense pas de produire une version papier de celui-ci Les mémoires, la correspondance et les demandes de renseignements doivent être adressés à Mme Denise Lamontagne, avocate, secrétaire de la Commission des affaires sociales.Édifice Pamphile-Le May.1035, rue des Parlementaires, y étage' Québec (Québec), G1A IA3.Téléphone , (418) 643-2722 Télécopieur .(418) 643-0248 Courriel : casiAassnat qc.ca /- Tout ce que vous voulez savoir sur * L’ENERGIE ÉOLIENNE Z* COLLOQUE SUR L'ÉNERGIE ÉOLIENNE • • o'xôt Mardi 3 novembre 2005 Centre Mont-Royal V 1 DANS LE MONDE AU CANADA AU QUÉBEC Un programme de b milliards $ au Québec ! TOUT LES DÉTAILS SUR LE SITE www.oqper.com Information : (514) 383*0228 ou de l'extérieur ; 1 866 90-AQPER * LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 .NOVEMBRE 2 0 0 5 A 7 LE MONDE La « grande coalition » allemande est menacée NOAH BARKIN Berlin — La crise au sein du Parti sociaklémocrate (SPD) et la défection du président de l'Union sodale-chrétienne (CSU), Edmund Stoiber.ont semé le doute hier sur la formation d'un gouvernement de •grande coalition» en Allemagne.De sources proches de la CSU, alliée bavaroise de l'Union démo-crate-chrétienne (CDU), on a déclaré que Stoiber avait renoncé à devenir ministre de l’Economie dans le gouvernement d'Angela MericeL Le président de la CSU aurait pris cette décision après que Franz Müntefe-ring a annoncé qu’il renonçait à conserver la présidence du SPD.Mis en minorité dans son parti, Müntefering a fait part hier de sa volonté de participer au gouverne-thent Merkel, au sein duquel il est censé exercer les fonctions de mi- Entre deux feux 7 KUCH ^ MARCOS BRINDICCI REUTERS UN HOMME D AFFAIRES argentin s’est retrouvé pris en souricière hier entre des policiers et des émeutiers qui ont protesté contre le retard dans le service à Haedo, en banlieue de Buenos Aires, en mettant le feu à des trains et à la station ferroviaire.Une cinquantaine de personnes ont été blessées.nistre du Travail et de vice-chancelier.Il avait auparavant émis des doutes sur cette participation, ce qui avait poussé Stoiber, qualifiant le président du SPD de •pierre angulaire» du futur exécutif, à remettre en question sa propre présence au gouvernement La démission de ces deux poids lourds de la classe politique allemande rende incertaine la formation d'une •grande coalition», seule alliance majoritaire susceptible d'être formée après les résultats serrés des élections législatives de septembre.«Nous souhaitons mener ces négociations à une conclusion positive, mais personne ne peut exclure leur échec», a affirmé Wolfgang Bosba-ch, numéro deux du groupe parlementaire CDU-CSU.Reuters Génocides : la partie n’est pas gagnée CLAUDE LÉVESQUE Les leçons tirées du génocide au Rwanda, que la communauté internationale n’a pas su prévenir en 1994, empêcheront-elles un tel drame de se reproduire?Sans fournir ime réponse définitive à la question, le major Brent Beardsley, coauteur avec le général Roméo Dallaire du livre fai serré Ut main du diable: la faillite de l’humanité au Rwanda, note certains pro grès accomplis depuis onze ans, mais sa liste des manquements au devoir de protection au Rwanda donne à penser que la partie n’est pas encore gagnée.En 1994, la communauté internationale est restée passive, faute d'une volonté d’agir et d'une bonne connaissan-ce de ce qui se tramait au Rwanda J Actuellement, la pro {:ction des populations u Darfour, où 200 000 personnes ont perdu la jie et deux millions d’autres ont été dépla-Éées.est uniquement as- ^ée par des troupes de nion africaine, mal équipées et disposant d’un mandat faible.*' Dans un discours prononcé lors â'une conférence intitulée Le Cana-Va et la crise du Darfour, hier à l’uni-versite Concordia le major Beard-sley a noté, comme élément positif.Que les Nations unies ont produit fin 2001, un rapport intitulé La Responsabilité de protéger, qui renforce |es dispositions de la convention sur le génocide de 1947.Ce rapport a ète entériné lors du récent sommet (Je l’ONU.D'autre part, les forces jrmées de plusieurs pays ont commencé à se transformer, ce qui les fend selon lui «mieux préparées» pour intervenir efficacement lorsqu'un conflit risque de dégénérer fn génocide, a-t-il observé.• Le major Beardsley, qui était l'adjoint du général Dallaire a Kigali, a également souligné que le Canada a appuyé la création d'une commission d’enquête onusienne au Darfour.enquête à laquelle des Canadiens ont participé.Une spécialiste ontarienne des Piquétes criminelles participait à la conférence, hier.Debbie Bodkin a relaté quelques-uns des nombreux témoignages qu’elle a entendus sur des tueries et des viols commis par des milices arabes au Darfour, province de l’ouest du Soudan peuplée surtout de Noirs.Mais Mme Bodkin a indiqué que la mission d’enquête était constamment surveillée par des fonctionnaires soudanais, dans le but apparent d’avertir les génocidaires avant son passage dans certaines régions.En réponse à une question de l’auditoire, elle a d'autre part admis que les conclusions de l’enquête ont pu être influencées par des considérations politiques.En janvier 2005, la commission a conclu que des crimes graves avaient été commis au Darfour par des agents gouvernementaux et des miliciens, mais qu’il n’y avait pas lieu de parler de génocide.Le major Beardsley a martelé le fait que la tragédie du Rwanda a pu se produire parce que la volonté de la communauté internationale n’était pas au rendez-vous.En conséquence, plutôt que d’investir quelques centaines de millions de dollars à titre préventif, le monde a été obligé, après coup, de dépenser des milliards en aide humanitaire, dans une région déstabilisée.Parmi les raisons expliquant ce manque de volonté, le militaire a mentionné la méconnaissance des sociétés africaines.E a notamment relevé l’absence d’intérêt pour le Rwanda de la part des médias, jusqu’à ce qu’on apprenne que 800 000 personnes y avaient été tuées.En réponse à une question posée apres son allocution, D a avancé que la question raciale n’est pas étrangère à ce manque d’intérêt.-Dans notre monde, les Noirs, et particulièrement les Noirs d’Afrique, ne comptent pas», un constat qui n’est pas très encourageant pour la suite des choses.Pour les médias, on le sait une crise en chasse une autre.L’an dernier, alors que la presse s’intéressait aux victime du tsunami en Asie, •des gens m'ont dit croire qu 'il n’y avait plus de problème au Darfour, parce qu’ils n ’en entendaient plus parler», a relaté le major Beardsley.Le Devoir Au Darfour, 200 000 personnes sont mortes et deux millions ont été déplacées Cinquième nuit de violence en banlieue de Paris Villepin foule les plates-bandes de Sarkozy Paris — Après cinq nuits d’émeute consécutives en Seine-Saint-Denis, Dominique de Villepin a lancé un appel au calme hier soir, reprenant la main sur un dossier où Nicolas Sarkozy a suscité l’hostilité à gauche mais aussi au sein même du gouvernement De nouvelles violences se sont produites dans la nuit de lundi à hier dans la banlieue nord de Paris, en particulier à Clichy-sous-Bois, après la mort accidentelle par électrocution, jeudi, de deux adolescents.La police a fait état de 68 véhicules incendiés au total en une seule nuit dans cette banlieue difficile à forte population d’immigrants, marquée par une contagion des échauffourées à d’autres communes.Dans la nuit à Clichy-sous-Bois, qui en était à sa cinquième nuit de violences consécutive, 19 feux de véhicules et autant de feux sur la voie publique ont été recensés.Des incidents ont eu lieu dans les localités de Mont-fermeil, Sevran, Aulnay-sous-Bois, Bondy, Tremblay-en-Fran-ce et Neuilly-sur-Marne, où se trouvent des «cités sensibles» Le premier ministre Dominique de Villepin a reçu hier à leur demande à Matignon, en compagnie du ministre de l’Intérieur, les familles des trois victimes des incidents survenus à Clichy-sous-Bois jeudi.E a «insisté sur la nécessité d'un retour au calme et du rétablissement de l'ordre public, dont les forces de police ont la responsabilité».Villepin a exprimé «son soutien» aux forces de l’ordre «dans cette tâche difficile» mais aussi «marqué sa volonté d’éviter toute incompréhension susceptible de conduire à de nouveaux affrontements».Dimanche, la mosquée de Clichy-sous-Bois avait été la cible d’un tir de grenade lacrymogène.Nicolas Sarkozy a reconnu lundi que cette arme était «en dotation des compagnies d'intervention qui étaient sur place.(.] ce qui ne veut pas dire que c'est un tir fait par un policier».La communauté musulmane s’est dite ulcérée par cet incident et les proches des jeunes décédés jeudi ont décidé de boycotter une rencontre avec le ministre de l’Intérieur lundi.lundi soir, les violences se sont étendues à d’autres villes de Sei-ne-gaint-Denis.A l’issue de la réunion de Matignon, hier, il a été convenu qu’une réunion se tiendrait hier soir au ministère de l’Intérieur, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, «afin d’ouvrir le dialogue dans un esprit de respect mutuel pour apporter des solutions concrètes aux difficultés rencontrées à Clichy-sous-Bois».Le ministre de l’Intérieur, qui continue de prôner la fermeté dans les quartiers sensibles, était apparu isolé au sein du gouvernement face au feu nourri des critiques de fa gauche.Un proche du premier ministre, Azouz Begag, ministre de la promotion de l’égalité des chances, a même contesté la méthode de son collègue de l’Intérieur, qui se laisse à ses yeux «déborder par une sémantique guerrière imprécise».Fin juin.Nicolas Sarkozy avait déjà suscité la polémique en aftir niant son intention de «nettoyer au Karcher» la cité des 4000 à La Courneuve, également en Seine Saint-Denis.Dominique de Villepin n’avait alors pas condamné ces propos mais s’était démarqué en douceur de la méthode de son rival désigne d;uis la perspective de la pré sidentielle de 2007.Agence France-Bresse et Reuters Rapport de l’inspecteur général américain La corruption compromet la reconstruction de l’Irak ERIC LESER «La création d’une structure anticorruption efficace au sein du gouvernement irakien est essentielle au succès à long terme de la démocratie», affirme Stuart Bowen, inspecteur général pour la reconstruction de l’Irak.M.Bowen a remis le 30 octobre son septième rapport trimestriel au Congrès américain.Le document de 110 pages est accablant Les seuls détournements de carburants se chiffrent chaque année à plus de deux milliards.Le bureau d’audit irakien estime que près de 1,27 milliard a été dilapidé en commissions occultes entre juin 2004 et février 2005 dans le cadre de 90 contrats attribués à des «fournisseurs favorisés».Le 10 octobre, le gouvernement irakien a lancé des mandats d’arrêt contre cinq anciens ministres et 22 membres du ministère de la Défense pour corruption.M.Bowen a été nommé en novembre 2003 par le Congrès afin de contrôler l’utilisation de l’argent du contribuable américain.L’inspecteur, qui dispose de 20 comptables et de 10 enquêteurs en Irak, a débusqué de nombreux cas de fraudes impliquant des citoyens américains, des membres du gouvernement irakien et des entreprises locales et étrangères.Il dispose, selon le rapport, d’un •nombre considérable de preuves» mais ne précise pas si des procédures judiciaires sont ou seront engagées.Selon le classement annuel de Transparency International, publié le 18 octobre, l’Irak est le pays le plus corrompu du Moyen-Orient.Mais le département de la Défense ne se donne pas toujours les moyens de la combattre.Le service du Pentagone spécialisé dans les enquêtes sur les surfacturations et les détournements de fondfe a quitté l’Irak a l’automne 2004.E n’a, en fait, pas contrôlé une bonne partie des 142 milliards dépensés par le Pentagone depuis le début de la guerre.Des sommes utilisées pour le fonctionnement de l’armée américaine qui n’ont rien à voir avec celles consacrées à la reconstruction.Officiellement, d’autres agences fédérales, notamment le Trésor, surveillent les dépenses du département de la Défense.Mais, selon les experts, elles n’ont ni les moyens ni les possibilités d’enquête du Pentagone et surtout ne rendent pas publiques leurs conclusions.Sur les projets de reconstruction mêmes, l’inspecteur général .Stuart Bowen indique que 1887 des 2784 projets lancés ont été menés à bien et que 897 sont en cours de réalisation.Mais, tandis que 93 % des 30 milliards attribués à la reconstruction ont déjà été dépensés, M.Bowen avertit que les coûts élevés de sécurité et de l’entretien des infrastructures existantes contraignent les Etats-Unis à revoir à la baisse leurs ambitions initiales.Pénurie de technic iens L’administration avait promis de «ramener les réseaux d’électricité, de distribution d’eau, de pipelines et les équipements de santé à leurs niveaux d’avant la guerre et même au-delà, mais la dure réalité est différente».Hus de 25 % des fonds dépensés ont été consacrés à la sécurité, qui pourtant continue a se dégrader.Plus de 25 000 gardes privés étrangers seraient aujourd’hui employés en Irak.Mais cela n’empêche pas le nombre de travailleurs étrangers tués d’augmenter rapidement et leur recrutement de devenir de plus en plus difficile.Près de 300 sont morts depuis 12 mois contre 120 entre mars 2003 et septembre 2004.M.Bowen relève aussi que la production pétrolière reste à un bas niveau, que les exportations de brut sont perturbées par les sabotages de l’insurrection, que les pénuries de carburants demeurent habituelles.Une étude du GAO (Government Accountability Office), l’organisme d’enquête du Les détournements de carburants se chiffrent chaque année à plus de deux milliards Violence au Zanzibar Le président est réélu, l’opposition clame victoire Zanzibar — Le président sortant de Zanzibar, Amani Abeid Karume, a été déclaré vainqueur hier de l’élection présidentielle, mais son rival, Seif Shariff Hamad, a proclamé son propre succès et promis des manifestations.Cette situation fait craindre de nouvelles violences dans l’archipel tanzanien.Depuis l’élection de dimanche dernier, des accrochages quotidiens opposant la police a des partisans du chef de l’opposition Seif Shariff Hamad ont fait au moins 33 blessés, dont deux par baDes.Les partisans du Front civique uni (CUF, le principal parti d’opposition) proclament depuis dimanche la victoire de leur chef, déjà candidat a la présidence en 1995 et 2K»n •Je» egli*e, Mari#-Andrée Chouinard {éducatum) Josée Boileau (idiUmalute, responsable de la pa^e Idées).Brian Myle» 'justice et faits de société).Clairandree Cauchy [Général).Jean Dion.Louis-Gilles F ran cœur (environnement).Benoit Munger [responsable du site Internet).Laurence Clavel.Jean-Guillaume [Jument (commis Internet) Isabelle Paré (santé).Louise Maude RkwxSoucy (surnuméraire) Pauline Gravel (sciences) ¦ Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Precourt (responsable des pages thématiques) Martin Duclos.Michele Malenfant et Christine Dumazet (relecteurs).Renée Léo Guimont et Serge Paqutn (relecteurs surnuméraires) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau photographes) : à l'information culturelle Michel Belair [théâtre et cahier Ca/farr).Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett 'pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end) Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma) Bernard I^amarche 'arts visuels et musique1 Frederique Doyon (surnuméraire) : à l'information économique Gérard Bérube [adjoint au directeur de l’information).Dominique Reny (pupitre).Philippe Papineau (surnuméraire).Éric Desrosiers.Claude Turcotte.François Desjardins (surnuméraire); à l’information internationale Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale * Claude Levesque.Guy Taiîlefer (adjoint au directeur de I tnformatvmi.Serge Truffaut (éditorialiste} ; à l’information politique Helen» Buzetti.Manon CornHBer et Aleç CaHtonguay (cf/rrespondanh pariementaires d Ottawa).Antoine Robitailie et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Québec).Kathleen Lévesque Marie-Helene Alarie (secrétaire a la rédaction) : Marilyse Hamelin.Alexandre Shields (commue loi documentation Gilles Paré (directeur) .Manon [Jerome, Serge Implante (Québec).Rachel Roche-fort (Ottawa) LA PUBUClrt ET LE MARKETING Jacqueline Avril.Jean de Biïïy, Jean-François Bosse Marlene Côte, Dave Cameron.Van Hamel Christiane Legauh, Amélie Malta te, Jacques A Nadeau, Claire Paquet, Mkbeline Rueiland, Nadia Sebai Mélisande Simard (publie itatret).Laurence ThériauH directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérube (secrétaire) LA PRODl'CTION Christian Goulet (directeur de preductum Michel Bematchez.Johanne Brunet Danielle Can tara.Richard De* Cormiers.Donald Fil ion.Yannick Morin, Nathalie Zemaitis Olivier Zukia INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Linda Thenauh (responsable service a la clientele distribution et tirage) Alexandre Gaudretu (coordonnateur a la promotion et a la sollicitation).Monique L’Heureux.Rachelle Leclerc, Caroline Simard L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (rrsbonsable des services comptables).Céfine Furov.Ghislaine Lafleur.Claudette Befcveau (adjointe administrative>.Claudine Chevrier.Monioue Proteau.Danielle Ross ! \ A 10 LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 NOVEMBRE 2005 ACTUALITES te N B R te F Une certification pour les agences de publicité ?Dans la foulée de l’enquête du juge John Gomery, un programme de certification des agences de publicité devrait être mis en place, suggère l’Association des agences de publicité du Québec (AAPQ).«Cela permettrait aux firmes de respecter des normes communes, notamment sur les méthodes de rémunération, de facturation», fait valoir le président de l'Association, Yves Saint-Amand.L’Association a aussi proposé que le gouvernement fédéral se dote d’un comité permanent de discussion où siégeraient des représentants de l’industrie.L’organisme, qui regroupe 75 % des publicitaires du Québec, dont étaient membres Groupaction et Everest jusqu’en 2002, croit que les mécanismes qu’il propose vont «dans le sens de favoriser la créativité et l’innovation plutôt que la partisanerie politique dans l’attribution des contrats de publicité par le gouvernement».Dans son rapport le juge Gomery affirme que les «pratiques commerciales plus que douteuses et contraires à l’éthique» ont «causé un tort considérable non seulement au Trésor public mais aussi à la réputation du secteur des communications et de la publicité».L’AAPQ se réjouit de voir ainsi reconnu dans le rapport le tort causé à l’ensemble de l’industrie qu’il représente: «Cela a laissé une impression que le quotidien était fait de ce genre de magouille, et ce n’est pas le cas.[.] Cela démontre bien que c’est le lot d'un certain nombre d’individus», fait valoir M.Saint-Amand.- Le Devoir BLANC SUITE DE LA PAGE 1 Le juge Gomery a constaté que Jean Chrétien, Jean Pelletier et Alfonso Gagliano ont décidé de cacher aux autres membres du cabinet l’information concernant le programme des commandites, «du moins dans toute la mesure du possible», mais les Québécois auront beaucoup de mal à croire que le tout-puissant ministre des Finances n’était au courant de rien.Tous ces ministres qui sillonnaient le Québec et participaient à des cocktails de financement ne se doutaient de rien?La question est de savoir dans quelle mesure l’indignation résistera aux rigueurs de l’hiver.?L’image de M.Martin s’est sans doute améliorée au cours des derniers mois, mais il a en face de lui l’homme politique le plus populaire de l'heure au Québec.Tous ne liront pas les 1400 pages du rapport Gomery.Les électeurs se fieront à l’interprétation qui leur semblera la plus crédible et cela dépendra largement de celui qui la défendra.Entre Gilles Du-ceppe et Jean Lapierre, qui croiront-ils, selon vous?Personne ne pleurera sur le sort d'Alfonso Gagliano ou de Jacques Corriveau, mais l’expulsion de ceux que M.lapierre a encore ramenés hier à «un petit groupe d'individus» sans scrupules ne convaincra pas grand-monde que le Parti libéral a réellement éliminé la gangrène.Quand on connaît la très grande indulgence dont le commissaire à l'éthique du gouvernement fédéral a fût preuve dans le passé, la rédaction d’un nouveau code de déontologie en laissera plus d’un sceptique.Au-delà de la mauvaise gestion du programme des commandites et des malversations qu’il a occasionnées, le peu de respect des règles démocratiques dont témoigne une pareille orgie de dépenses de propagande demeure une réalité.Le juge Gomery a plutôt déploré son utilisation à des fins autres que l’unité nationale ou la visibilité fédérale.En dehors du Québec, bien peu de gens ont reproché au gouvernement Chrétien la création de ce programme.Si la menace d'un autre référendum se précise, on exigera simplement que la propagande soit correctement gérée.Bien des Québécois n'oublieront pas non plus que les petites combines des libéraux ont eu pour effet de les présenter comme les brebis galeuses de la fédération, pour qui la politique est synonyme de corruption, ce que le reste du pays ne demandait qu’à croire.?Le contenu du rapport et les suites que M.Martin a décidé de lui donner ne contribueront en rien à rétablir la paix au sein de la famille libérale.Le premier ministre s’est bien gardé d'en remettre en conférence de presse: le blâme adressé à son prédécesseur est déjà suffisamment lourd.Hier, en conférence de presse, M.Chrétien semblait prêt à déclencher une nouvelle guerre civile.L’expulsion des brebis galeuses laissera également des traces.L’ancien directeur général du FIX', Michel Béliveau, est un véritable ami de Jean Chrétien, qui n’en sera que plus amer.Autre victime de La purge ordonnée par M.Martin, Marc-Yvan Côté n était pas dims les bonnes grâces du gouvernement Charest, mais on lui prêtait l’intention de reprendre du service à l’occasion .d’un changement de chef.Il lui sera désormais interdit de jouer un rôle le moindrement visible.Il y a une certaine justice à voir les suites du réfé rendura de 1995 rattraper M.Chrétien.Jacques Parizeau a payé très cher sa malheureuse déclaration sur l’argent et les votes ethniques.11 a été profondément blessé de l’opprobre qu’elle lui a valu.Le vainqueur s’en tire toujours mieux, mais M.Chrétien ne méritait pas son impunité.ni titi vida Iode voir, coin Rectificatifs le metteur en scène du texte inédit de Marie-Claire Blais qui sera présenté sous peu par le Théâtre de l’Eskabel est Jacques Crète et non Jacques Plante comme nous l'avons malencontreusement indiqué dans nos pages hier.Une autre erreur s’est glissée dans notre édition du samedi 29 octobre: Nicolas Basque a conçu la musique de la pièce iMisscz-moi vivre jusqu 'à demain, de la chorégraphe Hinda Essa-diqi, et non Sebastien Basque tel que nous l’avons écrit.Nous nous en excusons.LE DEVOIR www.ledevoir.com les bureaux du Devoir sont situés au 2050.rue De Bleury, 9* étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Us sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 GOMERY SUITE DE LA PAGE 1 dans la gestion du programme des commandites.Un programme qui a coûté au trésor public 332 millions de dollars de 1994 à 2003, dont près de la moitié, soit 148 millions, ont été engloutis en frais de production et commissions versées aux agences de communication.La presque totalité de cette somme a été empochée par des firmes soigneusement choisies pour leur sympathie libérale affichée.Le juge Gomery affirme qu’un «voile de secret» entourait le programme et qu’une culture du «tout m’est dû» régnait chez les responsables, tant politiques que fonctionnaires, ce qui a provoqué et accéléré la descente aux enfers jusqu’au scandale aujourd’hui bien connu.Le sommet de la pyramide politique est mis à l’index par le juge, qui blâme fortement Jean Chrétien et son chef de cabinet, Jean Pelletier, tout comme Alfonso Gagliano, qui est le seul député ou ex-député également réprimandé pour les activités «malhonnêtes» du système de pots-de-vin politique mis en place par Jacques Corriveau au profit du PLC-Q.Alfonso Gagliano était alors le lieutenant politique de Jean Chrétien au Québec et l’organisateur en chef dans la province.Toutefois, le juge blanchit le premier ministre actuel et son cabinet «U y a lieu d’exonérer M.Martin, au même titre que tout autre ministre du caucus québécois, de tout blâme pour imprudence ou négligence, étant donné que son rôle à la tête du ministère des Finances ne comprenait pas la supervision des dépenses du cabinet du premier ministre ou du ministère des Travaux publics, écrit le juge.Les ministres ne sont pas responsables de ce qu’ils ne savent pas, des actions et décisions du cabinet du premier ministre ou de leurs collègues, ni de l’administration des ministères autres que les leurs.» Chrétien et Pelletier Le rapport est toutefois loin de passer l’éponge sur le comportement du trio politique Chrétien-Pelletier-Gagliano.Tout commence lors de la réunion extraordinaire du cabinet tenue les 1" et 2 février 1996, alors que la décision est prise de renforcer la visibilité du Canada au Québec et de solidifier le Parti libéral du Canada dans la province.Un mélange des genres entre la politique partisane et le gouvernement, qui est d’ailleurs dénoncé par le juge Gomery dans son rapport À cette occasion, «le premier ministre Chrétien a délégué à Jean Pelletier la responsabilité de mettre sur pied un programme de commandites.M.Pelletier a lancé ce programme et l’a personnellement dirigé», écrit John Gomery.La faute revient donc en partie à M.Chrétien d’avoir choisi de gérer ce programme directement de son bureau.«Il est redevable de la manière déficiente avec laquelle le programme et les initiatives de commandites ont été mis en œuvre, soutient le juge.[.] Comme il est directement responsable des erreurs de M.Pelletier, il lui revient une partie du blâme pour la mauvaise gestion qui a suivi.» Dans le cas de M.Pelletier, son manque de vigilance et son laxisme demeurent impardonnables, selon le juge Gomery.«Lancer ce programme sans qu’il soit encadré de règles, de lignes directrices et de critères, et sans en garantir la surveillance efficace parla fonction publique, revenait à ouvrir la porte aux erreurs, à la négligence et aux abus», soutient le juge.Selon lui, «M.Pelletier n’a pas pris les précautions les plus élémentaires contre les risques de mauvaise gestion».Le juge accrédite la thèse de l’ingérence politique, affirmant que M.Pelletier rencontrait régulièrement le fonctionnaire chargé du programme des commandites, Charles Guité, dans le but de dénicher les événements à financer, d’attribuer des montants arbitraires et même de discuter des agences de communication retenues pour gérer les contrats.Jean Pelletier a toujours nié avoir parlé du choix des agences avec Charles Guité, mais le juge ne l’a pas cru.«Le choix des agences était un dossier sur lequel il apportait ses “suggestions”à M.Guité, de même qu’il lui donnait des conseils sur d’autres aspects du programme de commandites», soutient John Gomery.MM.Chrétien et Pelletier ont toujours soutenu que l’unité nationale justifiait ce programme et que les irrégularités étaient malheureuses, sans toutefois discréditer tout le concept des commandites et de la visibilité.Le juge n’a pas mordu.«Les bonnes intentions n’excusent pas un dérapage d’une telle ampleur.Le premier ministre et son chef de cabinet se sont arrogé la direction d’un programme quasiment secret de dépenses discrétionnaires Pour des bénéficiaires triés sur le volet, en disant qu’ils croyaient de bonne foi que ces subventions renforceraient Tunité canadienne.[.] Leur postulat était naïf, imprudent et totalement injustifié», tranche le juge.Les deux hommes n’étaient toutefois pas au courant des pratiques «malhonnêtes» de Jacques Corriveau.Le cas Gagliano L’ex-ministre des Travaux publics, Alfonso Gaglia- no, passe également au banc des accusés.«En dépit de toutes les dénégations de M.Gagliano, la preuve démontre de façon écrasante qu’il était un gestionnaire interventionniste qui s’intéressait de très près au programme de commandites et jouait un rôle actif dans sa direction», conclut le juge.Le ministre approuvait les événements et leur financement et discutait des agences pro-libérales à retenir, quitte à renverser certaines décisions de ses fonctionnaires.M.Gagliano a toujours soutenu qu’il ne faisait que des «suggestions» à ses fonctionnaires, un argument que John Gomery n’a pas retenu.«L’idée que MM.Pelletier et Gagliano pouvaient fournir des avis politiques sans influencer fortement la prise de décisions est un non-sens qui fait fi d’une réalité évidente: aux yeux d’un subalterne, l’avis du chef de cabinet du premier ministre ou d’un ministre est un ordre», souligne le juge.L’ancien ministre est aussi le seul élu à porter une partie des réprimandes concernant le système de pots-de-vin qui sévissait au sein du PLC-Q.«Malgré les protestations de M.Gagliano, l’ex-ministre doit accepter une partie du blâme pour avoir toléré les méthodes malhonnêtes employées pour financer les activités du PLC-Q pendant des années, alors qu’il était lieutenant québécois du Parti libéral du Canada», soutient le juge.Dans son allocution d’une vingtaine de minutes prononcée hier après le dépôt de son rapport au Parlement, le juge Gomery a soutenu que c’était «la conclusion de la première partie d’un voyage long et ardu en quête de certains faits».«Beaucoup m’ont demandé si j’avais imaginé l’ampleur, la difficulté et l’importance de l’entreprise à laquelle je m’attelais.Bien sûr que non», a-t-il déclaré.Dans son rapport, il souligne l’importance de la commission qu’il a présidée durant près d’un an et demi.«Les résultats de l’enquête montrent à quel point se trompaient ceux qui pensaient que celle-ci serait une perte de temps et d’argent», écrit-il.Il a refusé de répondre aux questions des journalistes, soutenant que son rapport de 1000 pages «suffisait» amplement Le rapport sur les faits du scandale étant maintenant derrière lui, le juge Gomery continue de rédiger son deuxième rapport cette fois sur ses recommandations pour éviter qu’un autre scandale du même type ne se reproduise.Ce document qui doit déclencher le compte à rebours de 30 jours avant le lancement des élections — si le gouvernement n’est pas défait avant — est attendu le 1" février prochain.Le Devoir CHRETIEN SUITE DE LA PAGE 1 commandites.Il n’y a pas de preuve devant lui pour appuyer cette affirmation.Le juge Gomery s’est simplement trompé.Tant pour cette constatation que pour beaucoup d’autres», a dit M.Chrétien lors d’une conférence de presse fort courue par les médias.Selon le commissaire Gomery, M.Pelletier s’ingérait dans le choix des agences et le montant des contrats qui leur étaient attribués.Son rôle, ses fonctions et ses responsabilités étaient semblables à celles d’un ministre chargé de mettre en œuvre un programme, de telle sorte que le ministre des Travaux publics et son sous-ministre étaient «dans l’impossibilité de s’acquitter.de leurs fonctions puisqu’ils étaient exclus de toute participation aux décisions et n'exerçaient aucun contrôle sur Guité», a conclu M.Gomery.M.Chrétien lance rien de moins qu’une attaque en règle contre la crédibilité de la commission Gomery avec sa nouvelle requête en Cour fédérale.Ses avocats, tout comme ceux de Jean Pelletier (Guy Pratte) et Alfonso Gagliano (Pierre Fournier), sont furieux que le rapport accorde autant de crédibilité à Charles Guité, qualifié pourtant d’homme «sans scrupules» dans le document.Comme n’importe quel juge de procès civil ou criminel, M.Gomery a choisi de croire des portions du témoignage de M.Guité et d’en rejeter d’autres.Selon le commissaire, Guité dit vrai lorsqu’il af- firme que le cabinet du premier ministre contrôlait presque toutes les dimensions du programme des commandites.Il se méfie cependant du fonctionnaire lorsqu’il est question de sa retraite dorée, de ses liens avec les agences de communication qui lui ont consenti des contrats de plus de un million de dollars sans aucun service en retour.«Le juge Gomery est libre de croire Chuck Guité.Personnellement, je crois Jean Pelletier, un homme qui a dévoué sa vie au service de sa ville, de sa province, de son pays», a lancé M.Chrétien.M.Chrétien a repris à son compte les remarques formulées par le procureur général du gouvernement, Sylvain Lussier, lors de sa plaidoirie finale, à savoir qu’il n’y avait «pas de preuve d’implication politique inappropriée» de sa part.Tout comme l’ensemble des Canadiens, il s’est dit «profondément perturbé» par les stratagèmes et l’avidité déployés par les publicitaires et certains militants du Parti libéral.«Des gens sans scrupules ont trouvé un moyen d’utiliser un programme, dont le but, je le croyais à l’époque et je le crois encore, était nécessaire et légitime, pour se remplir les poches.Ils ont détourné une cause noble et exploité une crise d’unité nationale pour leur bénéfice personnel et ont placé leur avidité personnelle devant l’intérêt public de manière que nul n’aurait pu imaginer.» Autre requête possible Les prochains jours seront déterminants dans la bataille opposant le juge Gomery au clan Chrétien.Il est en effet probable qu’Alfonso Gagliano et Jean Pelletier saisissent aussi la Cour fédérale de leurs récriminations.Pierre Fournier, l’avocat de M.Gagliano, déplore notamment que le commissaire ait modifié les règles du contre-interrogatoire à l’avantage de Charles Guité, en ne permettant pas que celui-ci soit interrogé sur ses déclarations antérieures — et contradictoires — devant le comité des Comptes publics de la Chambre des communes.Le cas échéant, le commissaire aurait pu se faire un portrait radicalement différent de Guité et de la crédibilité à lui accorder.«Je ne suis pas du tout heureux que le commissaire ait trouvé M.Guité plus crédible que mon client.Je trouve ça injuste.U le traite comme s’il n’a aucune crédibilité à certains égards, et à d’autres égards, il le croit», a déclaré M'Fournier.Guy Pratte, l’avocat de Jean Pelletier, nourrit la même insatisfaction.Les déclarations contradictoires de Charles Guité pèsent trop lourd dans le rapport Gomery pour que l’exercice soit jugé crédible.«Je suis surpris et déçu des blâmes retenus contre M.Pelletier, qui ne s’appuient sur aucune preuve», a-t-il dit Ni M.Gagliano ni M.Pelletier n’ont précisé leurs intentions quant à la possibilité d’attaquer le rapport devant la Cour fédérale.M.Chrétien menaçait pour sa part depuis des mois de contester l’impartialité du commissaire Gomery.Mais, après des discussions avec les procureurs fédéraux, il avait consenti à observer une trêve le printemps dernier, jusqu’à la publication du premier rapport Les procureurs du gouvernement avaient reconnu du coup à l’ex-premier ministre la possibilité de soulever à nouveau ses arguments quant à la partialité du juge Gomery au moment qu’il estimerait opportun.L’opposition avait alors crié à la conclusion d’une entente secrète entre les clans Martin et Chrétien ayant pour effet de miner la crédibilité de la commission d’enquête.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 A Pairs, on s'attend à une visite classique ponctuée de quelques discours bien sentis, de la signature d'un accord commercial et de l’annonce d'une contribution de la France au 400 anniversaire de la fondation de Québec en 2008 (plus tôt cette semaine, Le Soleil annonçait que Paris referait la place de l'Amérique française sur la Grande Allée).11 faut dire que ce nostalgique de la «grandeur française» essaie aujourd’hui de montrer aux Français qu'il sait faire autre chose que des discours devant le Conseil de sécurité de l'ONU.Bref, qu’il n’est pas «le monsieur dans le jauteuil Louis XV» dont parlait l'épouse du président, Bernadette Chirac.Depuis sa nomination à Matignon, ce fils de grand bourgeois a appris à s'intéresser à des sujets comme le chômage, la misère des banlieues et les déficits budgetaires.Pendant que l’économie française stagne avec un taux de chômage autour de 10 %, Dominique de Villepin vient peut-être chercher au Canada et au Quebec le secret d'une croissance soutenue.Même s’il en a fait sa priorité, il ne se trouve pas beaucoup d'observateurs pour croire que les mesures qu’il a récemment décrétées suffiront à relancer l'emploi.La morosité économique et politique est telle présentement en France que l’ancien président Valéry Giscard d'Estaing n’hésite pas à parler d'un «pays paume».Dominique de Villepin s'intéressera probablement aussi à la façon dont le Canada et le Québec ont commence à reformer leur appareil d'État sans déclencher de guerre civile.La semaine dernière.Villepin lançait une énième réforme de la fonction publique VILLEPIN française.Ses propositions sont loin d'avoir enthousiasmé les experts.L’un d’eux, Patrick Artus, du Cercle des économistes, opposait d'ailleurs à la réforme Villepin celles qui, au Canada et en Suède, ont réduit le nombre de fonctionnaires de 10 à 15 % sans hausse du chômage.Dominique de Villepin n'aura guère le temps d'oublier la course à la succession de Jacques Chirac puisqu'il doit rencontrer pendant une heure son ancien patron du ministère des Affaires étrangères, Alain Juppé, condamné dans son pays à un an d’inéligibilité et 14 mois de prison avec sursis pour une affaire d’emplois fictifs.Plus les rumeurs de son retour se font insistantes, phis Juppé est en train de devenir un acteur de cette course.La semaine dernière, l’ancien premier ministre Edouard Balladur a déclaré qu'il serait «normal et légitime» qu'Alain Juppé reprenne la place qu’il occupait dans la vie politique.«Incontestablement, nous avons besoin de lui et il nous manque», s'est empressé d'ajouter Nicolas Sarkozy.On ne pouvait pas imaginer invitation plus ouverte à rejoindre le camp Sarkozy.Villepin et Juppé ont beau avoir été les deux plus proches collaborateurs de Jacques Chirac, il y a longtemps qu'ils ne partagent plus la complicité de cette époque.Il y a six mois, Juppé a plaidé pour la nomination de Nicolas Sarkozy à Matignon à la place de Dominique de Villepin.«Vous ne pouvez pas le nommer à Matignon.U n'aura jamais le soutien de l'Assemblée.disait-il.Dans la situation de crise dans laquelle nous sommes, on aura la France dans la rue en quelques mois.• Le scenario catastrophe ne s'est pas produit mais Villepin a aussitôt évincé deux proches de Juppé de son conseil des ministres (Xavier Darcos et Éric Woer-th).Comme par hasard, sur son blogue, Alain Juppé affirme que «plus qu’une inflexion, c’est un changement profond qui s’impose» en France.Les mots ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux de Nicolas Sarkozy, qui réclame des réformes radicales.Face à lui, le premier ministre se propose comme le gardien du «modèle français».Convaincu que les Français sont allergiques à tout libéralisme, il espère pousser Nicolas Sarkozy vers la droite comme a fait Jacques Chirac avec Édouard Balladur en 1995.La chute d’un des deux candidats ouvrirait une porte toute grande à Alain Juppé.En attendant, Dominique de Villepin dit vouloir réformer la France sans rompre avec son modèle étatiste qui remonte à Napoléon.Villepin a d’ailleurs toujours admiré l’empereur, auquel il a consacré un livre qui raconte ses 100 derniers jours.Dans la même tradition, Villepin gouverne par décrets et n'a pas pris le risque de soumettre ses principales réformes à l'Assemblée nationale, dont la majorité soutient Sarkozy.Avec Georges Pompidou et Raymond Barre, il fait partie des premiers ministres de la Cinquième République à n’avoir jamais subi l’épreuve des urnes.Nicolas Sarkozy aime dire au contraire que «ceux qui ont le droit de parler au nom de la France, ce sont ceux qui ont affronté une fois dans leur vie le suffrage universel».Respectivement à 51 % et 48 % dans les sondages de popularité, Sarkozy et Villepin ont encore une bonne année et demie pour se crêper le chignon.Collaborateur du Devoir Comment nous joindre ?514-985-3333 514-9853360 redaction@ledevoir.com La rédaction Au telephone Par télécopieur Par courrier La publicité Au telephone 514-9853399 Par télécopieur 514-9853390 Extérieur de Montréal (sans frais! 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphoné 514-9853344 Par télécopieur 514-9853340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-9853322 Par télécopieur 514-9853340 Les abonnements Au téléphone 514-9853355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-9855967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-8004657559 L'agenda culturel .Au téléphone 514-9853346 Par télécopieur 514-9853390 U Dmtér peut, à Focemon, mettre U liste d'adresses de ses ah tunes à la dtapcnÉtkw tfouMÉpÉca» reconnues dont la cause, les produits »xi les services peuvent intéresser «vs lecteurs.Si vous ne «sxiharter pas recevoir de orimestxindanee de ces orgamsaDon*.veuffler en avertir m
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