L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 avril 1901, Avril
22e Année Avril 1901 No 8 Revue illustrée de l’école et de la Famille C.- J.MAGNAN - - - - Propriétaire et rédacteur-en-chef DOCUMENTS OFFICIELS RAPPORT DK 1/HONORABLE SURINTENDANT DE 1/INSTRUCTION PUBKIQUE DE TA PROVINCE DE QUEBEC, 1899-1900 (1) ¦ DÉPARTEMENT DE D’INSTRUCTION PUBUIQUE Québec, le 6 février 1901.D ’honorable M.A.Turgeon, ! Secrétaire de la Province, par i?itérim, Québec.Monsieur le Ministre, J’ai l’honneur de vous envoyer mon rapport sur l’état de l’instruction publique dans la province de Québec, pour l’année 1899-1900, en vous priant de bien vouloir le soumettre à la Uégislature.J’ai apporté certaines modifications aux tableaux statistiques qui suivent, de manière à les rendre plus complets.J’ai ajouté une colonne de chiffres pour établir une comparaison toujours intéressante entre l’année qui vient de finir et l’année qui la précède.De premier tableau accuse une diminution de 2,075 élèves dans les écoles élémentaires sous contrôle.Par contre, il y a une augmentation de 7,872 enfants dans les écoles modèles, ce qui indique que le cours modèle est de plus en plus apprécié et suivi.J’ai fait préparer un tableau indiquant le nombre d’enfants de cinq à seize ans que renferme les municipalités scolaires, tel que constaté par le recensement annuel des secrétaires-trésoriers, et en regard, le nombre d’élèves inscrits dans les écoles sous contrôle et les écoles indépendantes subventionnées.Chez les garçons de 7 à 14 ans, âge que l’on pourrait appeler obligatoire, il y a un écart en moins de 5,742 entre le nombre de ceux qui vont à l’école et de ceux qui n’y vont pas, et chez les filles, un écart en moins de 1,061, soit un total de 6,803 enfants de 7 à 14 ans qui apparemment (1) Nous publierons dans la prochaine livraison \ç.€\Tableatix statistiques qui accompagnent le texte de cet intéressant rapport. 450 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ne vont pas à l’école.Je dis apparemment, car il faut tenir compte du fait que les écoles indépendantes non subventionnées ne faisant point rapport à mon département, les statistiques officielles ne peuvent indiquer le nombre d’élèves qui les fréquentent.LE SIECLE PASSE Nous sommes à l’aurore d’un siècle.Il peut être intéressant de jeter les regards sur le siècle qui vient de s’écouler afin de contempler les progrès que le peuple de la province de Québec a réalisés dans le domaine de l’instruction publique.Cette vue d’ensemble ne peut être qu’un résumé très succinct de cette période historique.La confiscation par la couronne d’Angleterre des biens des Jésuites avait clos le i8e siècle, lorsqu’en 1801 le lieutenant-gouverneur sir Robert Shore Milnes invita la législature de la province à faire une dotation de terres pour l’instruction publique.On adopta une loi par laquelle le gouvernement fut autorisé à former une corporation sous le nom d’ “ Institution Royale.” Cependant les dispositions de cette loi restèrent sans effet jusqu’en 1818, mais l’Institution Royale, régulièrement organisée par lettre patente, n’eut que très peu de succès, et les campagnes, entièrement catholiques pour la plupart, se refusèrent à favoriser des écoles dont les maîtres nommés par des personnes inconnues et peu sympathiques aux habitants ne pouvaient jouir de la confiance de ces derniers.Les germes de méfiance semés par l’Institution Royale retardèrent en conséquence la diffusion de l’instruction chez le peuple.Le gouverneur, le comte Dalhousie, tenta de remédier aux mauvais effets de cette législation et conçut le projet, en 1825, d’établir deux institutions royales entièrement séparées, l’une pour les catholiques, l’autre pour les protestants.Mgr Plessis, évêque de Québec, crut opportun de complimenter le gouverneur d’avoir fait préparer un projet ¦de loi à cet effet en priant Son Excellence de voir à ce qu’il devînt loi au plus tôt.En 1826, Mgr Panet, successeur de Mgr Plessis, se montra, comme son prédécesseur, disposé à seconder les vues du gouverneur dans l’établissement d’une organisation scolaire propre à satisfaire les diverses dénominations religieuses.Lord Bathurst, ministre des colonies, consulté par le comte Dalhousie, se déclara opposé à la formation de deux institutions royales séparées, mais admit en même temps l’opportunité de créer deux bureaux d’administration, un catholique et l’autre protestant, avec une seule corporation pour les deux bureaux.Mgr Panet agréa les vues de lord Bathurst et se permit de faire certaines observations sur la formation du bureau catholique, sa composition, son fonctionnement et ses rapports avec l’Institution Royale.L’organisation projetée et les remarques de l’évêque de Québec furent l’objet de la discussion du comité de l’Institution Royale, qui adopta des résolutions que le gouverneur transmit à Mgr Panet.Celui-ci, en réponse, exprima sa surprise de constater que l’Institution Royale voulait revenir sur ses pas et demanda au comte Dalhousie permission de s’en tenir aux termes de sa lettre.L’année suivante, Mgr Panet écrivit à sir James Kempt, administrateur au château St-Louis, pour lui mander que Sa Grandeur serait toujours prête à acèéder aux proposition de 1827.Mais l’affaire en resta là.J’ai appuyé quelque peu sur ce point d’histoire car, un demi-siècle plus tard, en 1875, l’honorable M.de Boucherville, alors premier ministre de la province de Québec, reconnaissait la nécessité d’établir un Conseil de l’Instruction publique composé de deux comités, l’un catholique, l’autre protestant, afin d’assurer davantage à la minorité le contrôle de ses écoles et de contribuer à maintenir l’harmonie entre les croyances religieuses.Si on fait un rapprochement entre l’année 1825 et l’année 1875, l’on peut constater que la majorité catholique dans notre province a toujours voulu agir avec justice àl’é-çard de la minorité protestante, donnant au Haut-Canada d’abord et aux provinces de la Confédération ensuite le plus bel exemple de tolérance religieuse et de respect de la conscience d’autrui.La législature, en 1829, adopta, pour l’encouragement de l’éducation élémentaire, une loi qui fut modifiée successivement en 1831, en 1832 et en 1833, mais cette législa- ^’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 451 tion était imparfaite et le clergé catholique s’émut des perspectives si peu satisfaisantes qu’il entrevoyait pour le développement de l’instruction delà jeunesse.L,e lermai 1836, la loi de la législature qui pourvoyait à l’encouragement de l’instruction élémentaire ayant cessé d’être en vigueur, Mgr Signay, évêque de Québec, écrivit aussitôt une circulaire aux curés pour en appeler à leur zèle, afin de remédier aux inconvénients de la fermeture éventuelle de la plus grande partie des écoles ; il engagea les curés à se prévaloir d’une loi existante, qui permettait aux fabriques d’églises d’employer le quart de leur revenu annuel au soutien d’écoles sous leur direction.En cas d’insuffisance de ces revenus, l’évêque exhortait les diocésains de faire tous les sacrifices que leurs moyens pécuniaires leur permettaient pour seconder les efforts des fabriques.Ees troubles politiques et l’insurrection de 1837-38 étant survenus, l’instruction publique se trouva paralysée et notre province resta malheureusement quelques années sans aucun S)rstème d’écoles primaires.Ceux qui, dans la première partie du siècle, voulurent imposer à la majorité des habitants des écoles qu ’ils ne pouvaient accepter, assumèrent une grave rssponsabilité, car la population était favorable à la diffusion de l’instruction.De 1804 à 1832, furent fondés les collèges classiques deNicolet, de St-Hyacinthe, de Ste-Thérèse, de Ste-Anne-de-la-Pocatière et de l’Assomption.En 1811, l’honorable James McGill avait fait don à Montréal de superbes terrains 3onr y ériger une université qui prit son nom.Georges III, en 1821, octroya unechartre la nouvelle institution, qui fut inaugurée en 1836.Après n’avoir été au début qu’une école de médecine, elle a, depuis un quart de siècle surtout, pris un très grand développement, grâce aux dons généreux d’éminents citoyens, et elle est aujourd’hui regardée ¦comme une des plus importantes universités de l’Amérique.A l’époque de l’union du Haut et du Bas Canada, le parlement voulut s’occuper d’instruction et adopta une nouvelle législation scolaire qui fut très impopulaire.Pour ¦obvier à la répugnance que le peuple avait manifestée pour le prélèvement des impôts, le ministère Draper-Viger, substitua en 1845 Ie système de la contribution volontaire à celui de la cotisation légale ; mais la mesure eut des effets désastreux.Finalement, en 1846, le parlement vota une loi favorable à l’instruction primaire, et l’organisation paroissiale existante fut choisie comme base du régime nouveau.Mon vénéré prédécesseur en office, le Dr J.-B.Meilleur, était alors surintendant de l’éducation.C’est à l’administration Hinks-Morin, en 1852, que remonte la nomination des premiers inspecteurs d’écoles et, la même année, fut fondée à Québec, l’université Laval.Dans cette dernière moitié du dix-neuvième siècle commencèrent à s’accentuer, d’une manière régulière, les progrès de l’éducation.Sir Georges Cartier présenta, en 1854, deux nouvelles lois concernant l’instruction supérieure et l’instruction primaire, et l’année 1857 fut remarquable par la fondation de trois écoles normales, dont une protestante, l’école McGill, à Montréal, et deux catholiques, l’école Laval, à Québec, et l’école Jacques-Cartier, à Montréal.En 1859 eut lieu la nomination d’un Conseil de l’Instruction publique, composé de onze catholiques et de quatre protestants, lequel subsista jusqu’en 1875, alors que la loi en modifia la constitution en le divisant en deux comités autonomes.C’est vers 1843 que les écoles commencèrent à se multiplier sensiblement.A cette date, le nombre en était de 1,298 avec un total de 39,397 élèves.Lorsque le Dr Meilleur résigna en 1854, comme surintendant, pour être remplacé par l’honorable P.-J.-O.Chauveau, la province Ipossédait 2,352 écoles fréquentées par 108,284 enfants.Outre l’augmentation des écoles primaires, on vit sous l’union des Canada, et depuis l’existence de la confédération des provinces, se fonder des maisons de haute éducation ; le collège des Jésuites à Montréal, les collèges de Joliette, des Trois-Rivières, de Lévis, de Rigaud, de Sherbrooke, de Rimouski, de Chicoutimi, de Ste-Marie-de-Monnoir, de Valleyfield, et un second collège des Jésuites à Montréal, celui de Loyola.A cette nomenclature, ajoutons le nom du “ Bishop’s College, ” fondé en 1851 à Lennoxville sous la haute surveillance de l’église anglicane.Cette institution fut érigée en université et son inauguration eut lieu en 1856.Moutréal possède aussi depuis quelques années une succursale de l’université Laval ;qui, par son enseignement élevé et le nombre de ses élèves, promet, comme l’institution mère de Québec, d’exercer une heureuse influence sur la jeunesse du pays. 452 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Une fondation que je ne.saurais passer sous silence et que le Canada doit à la générosité du séminaire de Saint-Sulpice de Montréal, est celle du collège canadien, à Rome dont le supérieur actuel, M.l’abbé Clapin est canadien-français.Par la grande idée qui lui a donné naissance et par ses belles proportions, cette maison marche de pair avec les autres collèges de même genre au centre de la catholicité.A l’arrivé de l’honorable G.Ouimet à la tête du département de l’Instruction publique, en 1875, le nombre des écoles s’élevaient à 4,544 et celui des élèves à 242,735.Vingt ans après, en 1895, à la nomination du surintendant actuel, 295,411 enfants fréquentaient les écoles.' Nous commençons le siècle actuel avec 5-,958 écoles de tous genres, dont 5,608 sous le contrôle des commissaires et des syndics, et 322,761 élèves, dont 273,357 fréquentent les écoles sous contrôle.L’accroissement considérable du nombre des écoles sous contrôle des commissions scolaires et des élèves qui les fréquentent a eu pour effet de faire diminuer considérablement la part de subvention revenant à chacune de ces écoles sur le fonds des écoles publiques voté chaque année par la législature, de même que la part de subvention par élève, comme il est facile de le constater par le tableau suivant.Ce tableau fait connaître en même temps l’augmentation du nombre des écoles sous contrôle et de leurs élèves depuis cinquante ans : ÉCOLES PUBLIQUES SOUS CONTRÔLE.ANNÉES.Nombre d’écoles.Subven-Nombre tions du gouverne-d’élèves.ment.(2) 3 w OJ T3 v- ctf CL u ctf CL « O .°34 Conception.j Collège de l’Assomption 1832 1 30 300 “ de Lévis 1852 1 36 450 “ Bourget (Rigaud) 1850 1 33 290 “ de Ste-Anne-la-Pocatière 1827 1 33 330 “ de Valley field 1893 1 •36 780 Ecole du Patronage (Québec).Frères de St- V incent-de-Paul.1884 1 9 370 Frères de la Charité de St-Vincent-de-Paul 1865 2 ii 270 “ de l’Instruction Chrétienne 1888 G 88 3,000 “ des Ecoles Chrétiennes 1837 50 416 17,000 “ du Sacré-Cœur 1S72 15 95 3,4o8 Petits Frères de Marie, dits Frères Maristes.1865 20 125 3,426 Institut des Clercs de St-Viateur 1847 23 230 5,233 Institut des Frères de St-Gabriel 1888 12 38 1,300 Congrégation de Ste-Croix 1847 12 178 2,795 Communautés de femmes : Sœurs de la Congrégation Notre-Dame 1658 69 716 19,255 “ de Notre-Dame du St-Rosaire 1879 11 27 1,075 “ de Notre-Dame du Perpétuel-Secours.1892 11 24 i,i54 “ de St-Joseph de St-Hyacinthe 1877 9 32 1,074 “ de la Charité de l’Hôtel-Dieu de St- Hyacinthe (Orphelinat).1840 1 20 713 “ de la Charité (Sœurs Grises) 1849 36 245 6,180 “ de Ste-Croix et des Sept-Douleurs 1847 » 15 136 2,538 454 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE NOM DE L’INSTITUTION Date de la fondation Nombre w n o w • rH cd s w a; C o tH a, rt.5 > de professeurs d’élèves- Sœurs de l’Assomption de la Ste-Vierge.“ de la Charité de la Providence.“ Grises de la Croix.“ de l’Hôpital Général de Montréal.“ Servantes du St-Cœur de Marie.“ de la Sagesse.Monastère des Ursulines.Couvent des Saints Noms de Jésus et de Marie.Asile du Bon-Pasteur de Québec.Congrégation des Sœurs de la Présentation de Marie.“ “ “de Ste-Anne.“ de Jésus-Marie.Religieuses de Notre-Dame de la Charité du Bon- Pasteur.Dames du Sacré-Cœur.1872 21 146 3,5oo 1843 20 J 50 5,017 1845 9 59 L957 1694 4 i7 350 1892 3 12 440 1884 2 10 406 1639 4 117 i,376.1843 32 233 6,935 1850 16 135 2,412 1853 20 190 3,574 1850 24 338 5,750 1855 6 78 872 1844 ; : 2 25 300 1842 | 3 150 460 491 4,5i8 108,780 Le nombre de ces maisons d’enseignement joint à celui de toutes nos autres écoles indique que la province est sortie de la période difficile des commencements et qu’elle s’avance d’un pas ferme vers une organisation plus complète de son régime scolaire.Les luttes de la première partie du siècle dernier ont pu retarder les progrès et empêcher la diffusion de l’instruction au sein des campagnes ; mais aujourd’hui, sous le régime de liberté que nous possédons, il est permis d’avoir confiance dans l’avenir.Puisse le XXe siècle voir croître et fleurir dans nos belles et paisibles campagnes et dans nos villes florissantes les principes d’une saine éducation, et contempler à son couchant une nation vertueuse, d’un caractère viril et d’un patriotisme éclairé.EXPOSITION DE PARIS Chargé par le gouvernement de préparer l’exposition scolaire de la Province destinée a faire partie de l’Exposition de Paris en 1900, je constatais, dans mon rapport de 1 an passé, le zèle déployé par nos maisons d’éducation et les commissions scolaires pour participer honorablement à ce grand concours universel, et je formulais l’espoir que notre exposition des travaux d’élèves ne fût pas inférieure à celle des autres provinces du Dominion.Je suis heureux de dire que mon attente n ’a pas été trompée.Au milieu des produits de tous genres que le Canada avait envoyés en France pour faire connaître au monde entier ses ressources agricoles, minières et industrielles, notre exposition scolaire a figure avec avantage et mérité les félicitations d’hommes de marqne dans l’enseignement.Pour un grand nombre de visiteurs, elle a semblé être une surprise, et 1 e jury chargé d examiner les travaux exposés a exprimé hautement sa satisfaction.Aussi, dans la distribution des récompenses, la province a eu l’honneur d’obtenir le grand prix, concurremment avec plusieurs autres pays. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 4.55 Cette haute récompense n’est pas la seule ; des médailles d’or ont été décernées à la commission scolaire catholique et à la commission scolaire protestante de la ville de Montréal, et des médailles d’argent à l’école normale de Québec, aux sœurs de la Congrégation Notre-Dame et aux Frères des Ecoles Chrétiennes.De plus, les clercs de St-Viateur, les Frères de l’Instruction chrétienne, les Frères dti Sacré-Cœur, les Sœurs de la Présentation de Marie, de Sainte-Anne, du Bon-Pasteur (Québec), et de la Charité ont obtenu des mentions honorables.Pour mieux accentuer le succès de notre exposition scolaire, qu’il me soit permis de reproduire quelques passages d’écrits publiés dans des revues pédagogiques de France.M.de Caux, un des éducateurs français très en vue, parlant au long dans l'École française de Paris, de notre organisation scolaire, a fait une appréciation flatteuse de nos livres de classes ; il a surtout remarqué, dit-il, le Livre de lecture de M.Delahaye, professeur de diction à l’école normale Jacques-Cartier, et le Cours canadien d'écriture droite te M.Ahern, professeur à l’école normale Laval.Il a aussi mentionné les quatre tableaux pour l’enseignement des fractions de M.l’inspecteur Lippens, puis, dit-il, “l’incomparable méthode de dessin, ’’ de M.C.-A.Lefebvre, professeur de dessin à l’école normale Laval.M.de Caux, passe en outre en revue les travaux scolaires exposés par les communautés enseignantes de femmes et d’hommes et en fait une très remarquable appréciation.Il termine son bienveillant article par les paroles suivantes: “Je le répète “ en terminant, car c’est là pour moi la note caractéristique de cette belle exposition : “tout en étant dans une note très juste vraiment littéraire, vraiment scientifique, très “ intellectuelle, en un mot, tout en touchant comme il faut le faire aujourd’hui, un peu “à toutes choses, l’enseignement canadien-français me semble plus pratique que le “ nôtre ou, si vous l’aimez mieux, plus près du mouvement général d’idées que les “jeunes filles trouveront dans leurs familles au sortir du pensionnat.On sent que “l’éducation chrétienne a, là-bas, moins à se préoccuper de préserver la jeunesse des “influences extérieures, parce que le milieu familial est beaucoup plus généralement “ qu’il ne l’est ici, hélas! profondément chrétien en même temps que laborieux et “cultivé.Mais on y sent aussi, s’il m’est permis de le dire, une connaissance plus “ vraie de la vie de la famille, et une préparation plus effective à s’y mêler dès le pre-“ mier jour où les jeunes filles reprendront leur place au foyer paternel.Nous aurions ‘ ‘ à gagner sous ce rapport.Un autre éducateur, M.Baudrillard, écrivait dans la Revue pédagogique de Paris “ L’exposition du Canada au Trocadéro est pour un grand nombre de visiteurs une vé-“ ritable révélation.vSon importance, les nombreuses richesses qu’elle manifeste, jus-“ qu’au goût qui a présidé à l’organisation de l’ensemble, tout est de nature à étonner “ le curieux, généralement peu au courant des progrès réalisés par les “ quelques ar-“ pents de neige ” que nous avons perdus au siècle dernier.” Faisant allusion à l’absence d’unité qu’il remarquait entre les expositions scolaires des diverses provinces de la Confédération, l’écrivain ajoute : “ Quant à Québec, elle “ offre un ensemble très complet.Tels états importants de l’Europe sont loin de pré-‘ ‘ senter leur système d’enseignement primaire avec une pareille richesse de documents.’ ’ M.Baudrillard a une page très intéressante sur les travaux exposés par les.commissaires protestants de Montréal.En ce qui concerne le dessin et le calcul en particulier, il s’exprime ainsi : “Un usage fort recommandable qui s.e rencontre à chaque ins-“ tant, c’est l’emploi du dessin comme illustration des devoirs ou encore comme repro-“ duction d’historiettes.Dans cet ordre d’idées, l’exposition des écoles protestantes “ dè Montréal est extrêmement riche.Le tout aboutit à des résultats excellents et l’on “ doit reconnaître qu’il y a beaucoup à prendre dans les méthodes emplojœes pour l’en-“ seignement du dessin dans les écoles dont nous parlons.“ On ne saurait trop louer non plus le soin avec lequel s’enseigne le calcul élémen-“ taire.Tout y est intuitif.Alors que nous visons surtout le calcul écrit, les maîtres de “ Montréal cultivent avec soin le calcul oral et mental.Plus tard le choix des problè-“ mes est heureux.Il s’inspire des besoins de la vie pratique.” Le bienveillant critique rend de plus un éclatant hommage aux conférences pédagogiques dont se servent les inspecteurs d’écoles de notre province dans les réunions annuelles des titulaires de nos écoles et s’exprime comme suit : 456 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE - ‘1 Les organisateurs de l’exposition du Canada ont eu l’heureuse idée de présenter “ un ouvrage renfermant le texte des conférences préparées par le personnel des écoles ‘ ‘ normales et destinées à être lu et commenté par les inspecteurs.A côté des cahiers “ qui montrent ce qu’est l’école d’aujourd’hui, les conférences permettent de prévoir ce “ que sera l’école de demain.Disons de suite qu’elle ne le cédera à celle d’aucun peuple, “ si les conseils donnés sont suivis.“ Ces conférences qui passent en revue les matières du programme sont toutes re-“ marquables, cependant, nous croyons devoir signaler tout particulièrement celles qui “ s’occupent de l’enseignement élémentaire du calcul.A notre connaissance, on n’était “ pas encore entré aussi avant dans le vif du sujet.Il y a là une étude très pénétrante “ des méthodes médiocres, avec discussion des avantages qu’on leur attribue, et un ex-“ posé de ce qui doit être fait, qui est de premier ordre.“ La conférence sur l’enseignement du français contient également d’excellents “conseils.Mais ce que l’ouvrage contient de plus intéressants, c’est une conférence “ sur l’éducation morale.Pour en apprécier l’importance, il faut se souvenir que ces “ conférences sont préparées sous l’inspiration directe du Comité catholique, la plus “ haute autorité scolaire, et que, pour les écoles catholiques de la province de Québec, “ elles ont la valeur qu’aurait en France une circulaire ministérielle.” J’espère que l’on ne trouvera pas trop longues les citations que je viens de faire.Elles ont, je crois, leur importance, car, tout en rendant hommage à plusieurs membres distingués de notre corps enseignant, ces écrits sont la marque, à l’égard de notre province, d’une sympathie dont nous ne saurions trop apprécier l’ampleur et la sincérité.CARTES DE LA PROVINCE L’an passé, à la demande du gouvernement, j’ai distribué dans les écoles 6,ioo cartes de la province de Québec.Le besoin était urgent, car certaines commissions scolaires négligent de donner aux écoles placées sous leur contrôle ce dont les enfants peuvent avoir besoin.Malheureusement, elles ne se préoccupent pas assez de pourvoir les classes d’un bon matériel et quelque unes ne semblent ne pas en comprendre l’importance.Ces cartes ont donc comblé une lacune.Aussi ont-elles été reçues avec plaisir par les autorités scolaires et les parents.Ce qui manque maintenant dans un grand nombre d’écoles, c’est une carte de la Puissance du Canada et j ’espère que le gouvernement voudra bien considérer l’opportunité d’en faire faire une pour qu’elle soit distribuée gratuitement dans nos maisons d’éducation.Cette mesure de progrès compléterait la première.ÉCOLES NORMALES J’ai à constater l’ouverture, pendant l’année scolaire dernière, de la nouvelle école normale de filles, a Montreal, sous la direction de religieuses de la Congrégation de Notre-Dame.\ ingt-huit aspirantes ont été admises sur le nombre de celles qui se sont présentées, et à la fin de l’année quatorze diplômes ont été accordés.Cette école ouverte sous d’heureux auspices est destinée à rendre de précieux services.Placée dans une région aussi populeuse que celle de Montréal, elle était depuis longtemps désirée, et elle ne fera que croître en importance.Déjà, dans sa seconde année, le nombre de ses élèves a presque doublé.A ce propos, je ne saurais recommander dans le moment de mesures plus pressantes pour la diffusion de l’instruction que la fondation d’autres écoles normales de filles pour les catholiques, car les ecoles primaires ne pourront donner la pleine mesure de leur efficacité que quand elles auront, pour les diriger, des personnes qui auront appris à enseigner.J appelle de nouveau l’attention de la Législature sur ce très important sujet.J’ai l’honneur d’être, Monsieur le Ministre, Votre obéissant serviteur, BOUCHER DE LA BRUÈRE, Sîirintendant. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 457 PEDAGOGIE * .ARTHUR BUIES ans l’avant dernière livraison de L*Enseignement Primaire, nous avons mentionné en deux mots la mort d’un de nos anciens collaborateurs, M.Arthur Buies, écrivain de premier ordre, et patriote sincère.Nous venons aujourd’hui, pour la deuxième fois dans cette revue, ajouter au nom de l’illustre défunt, le titre de géographe national.C’est une dette que les éducateurs de la jeunesse canadienne-française désirent payer à celui qui a consacré la dernière partie de sa vie et les meilleures ressources de son talent à faire admirer et aimer la province de Québec, laquelle n’a jamais eu de serviteur plus dévoué que l’auteur renommé de nos monographies canadiennes, depuis que ce dernier est revenu à la pratique de la foi catholique.Nul plus que M.Buies n’a contribué à faire connaître avantageusement le Canada-français à l’étranger, et ses œuvres constituent un véritable monument élevé à la gloire du nom canadien.Notre ami a prouvé au monde entier par ses écrits pleins de verve et de finesse que le génie français n’a nullement dégénéré sur les bords du Saint-Laurent.Nous allons essayer de résumer en quelques lignes l’œuvre gigantesque de notre géographe national.Cette analyse rapide ne rendra certainetnent pas justice au mérite réel qu’ont les livres de Buies, qui fut un écrivain de premier ordre, une personnalité à part dans notre petit monde littéraire.Buies écrivait “ à même son fond ” ; il était original, et son style clair et varié peut être comparé avec avantage à celui des meilleures plumes françaises de notre époque.Quand il écrivait, il disait quelque chose, et ce qu’il disait, il le pensait lui-même.C’est vers 1880 que M.Buies conçut pour la première fois l’idée d’entreprendre une série “ d’études monographiques ”, portant sur chacune des grandes régions de la province de Québec qui offraient un vaste champ à la colonisation et la possibilité pour la race franco-canadienne de se déployer indéfiniment, et de prendre racine de plus en plus dans le sol national.L’espace qu’avait à déblayer le futur monographe était aussi étendu qu’inculte.Il fallait parcourir des contrées entières, encore aux trois quarts couvertes de forêts ou inhabitées ; il fallait parcourirdes lacs, camper, “ portager ” comme 458 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE les trappeurs, s’enfoncer à travers les bois, par des sentiers à peine ébauchés I que les troncs d’arbres abattus et les rochers dérobaient au regard en maints endroits, et se porter ainsi jusqu’aux habitations les plus isolées et les plus reculées, cabanes grossières sous le toit desquelles d’audacieux colons ne craignaient pas de s’établir, à plusieurs milles souvent de tout voisinage humain.Ces explorations, si elles donnèrent à M.Buies beaucoup de fatigues et lui apportèrent quelques tristesses, sans compter une infirmité douloureuse qui le mit dans l’impossibilité de poursuivre ses études sur place, ont néanmoins été pour lui la source de profondes jouissances intellectuelles et de consolations patriotiques, dont ses livres portent à chaque page l’empreinte et l’expression attendrissante en même temps que pittoresque.Les monographies de M.Buies sont des ouvrages aussi littéraires que scientifiques et historiques : elles sont le “poème ” du défricheur.Quiconque ne les a pas lues ne connaît pas la physionomie rudimentaire de nos premiers établissements, ni le caractère imprimé dès l’origine à la colonisation de cette immense province de Québec, plus grande à elle seule que la France entière.Pour entreprendre des travaux de géographie pittoresque comme ceux dont notre auteur a fait une série, il fallait non seulement avoir le goût passionné de la nature vierge, des explorations difficiles dans des contrées presque inaccessibles, mais il fallait encore, et par-dessus tout, être un artiste très délicat et sensible au beau, avoir de l’imagination et un style d’un inépuisable coloris pour pouvoir rendre toutes les impressions reçues, tous les sentiments éprouvés.M.Buies a doté son pays d’œuvres qui, désormais, sont impérissables et qui sont classées aujourd’hui, en France, parmi les ouvrages classiques du genre.L’auteur débuta en 1880 par la monographie du Saguenay et du Lac Saint-Jean, qui créa une profonde impression dans le monde littéraire par l’originalité, la hardiesse des aperçus, la splendem- des descriptions et le coloris éclatant du tableau présenté au lecteur.Mais ce n’était là cependant qu’une ébauche, un premier essai dans le genre, ne faisant pas pressentir ; les nombreux développements, la portée autrement plus grande que l’auteur donnerait a cette même œuvre, dans la troisième édition qui en a été faite en 1897.Nous sommes ici en présence d’un véritable monument national, qui clôt magnifiquement la série de monographies que notre géogfaphe a publiées a différents intervalles depuis 1880.Ces monographies dont nous rappelons simplement les titres, sont, à part le Saguenay et le bassin du Lac Saint-Jean, Li Outaouais Supérieur, paru eu 1889 ; le Portique des Lauren, tides, publie en 1891 ; les Récits de Voyages, le Témiscouata, en 1890 ; La Matapédia, en 1895, sans compter divers rapports et écrits détachés qui 459 ¦ .» - L’KNSEIGNEMENT PRIMAIRE serviront un jour ou l’autre comme matériaux pour des ouvrages plus complets.A partir de 1895, M.Buies dût interrompre ses études monographiques, mais il eut toujours, jusqu’à sa mort, le ferme espoir de pouvoir les recommencer.Nous croyons devoir exprimer le vœu que les œuvres géographiques de Buies, tant dans l’intérêt du gouvernement lui-même, sur lequel rejaillit une partie de l’illustration de l’auteur, que pour l’instruction de la jeunesse canadienne à laquelle sont absolument nécessaires des ouvrages comme ceux que nous avons ci-dessus mentionnés, que ces œuvres, dis-je, soient distribuées dans toutes nos écoles.C’est en honorant la mémoire des écrivains patriotes qu’une nation assure son triomphe ; c’est en reconnaissant le dévouement et la sincérité de ces nobles cœurs qui ne reculent devant aucun sacrifice quand il s’agit de tout un peuple, qu’un pays se grandit aux yeux de ses voisins.L’œuvre de notre géographe national survivra, et la grande et belle tâche qu’il a entreprise dans l’intérêt de la nationalité canadienne-française, qu’il a aimée de toutes les forces de son âme, ne restera pas inachevée, espérons-le.C.-J.MAGNAN. 460 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le dessin à P Ecole normale Lavai Les lecteurs de U Enseignement Primaire savent par les nombreuses reproductions que nous avons publiées au sujet de l’exposition scolaire de la province de Québec à Paris en 1900, combien la méthode de dessin exposée par l’Ecole normale Laval de Québec a été justement prisée.D’abord c’est Mademoiselle Françoise, collaboratrice de La Patrie, qui nous a fait connaître en termes enthousiastes l’admiration sincère des nombreux connaisseurs européens qui ont examiné V Album de dessin de l’Ecole normale Laval.Puis, EEcole française, la Revue Pédagogique, et d’autres publications de Paris dont les noms nous échappent, n’ont pas hésité à déclarer que la méthode du professeur de dessin de l’Ecole normale Laval, M.C.-A.Lefèvre, n’était nullement surpassée par celles qui sont regardées comme les meilleures en Europe même.Un autre témoignage très flatteur pour notre confrère M.Lefèvre et L’Ecole normale Laval, c’est la lettre suivante adressée à l’abbé Th.G.Rouleau par le comte Tolstoï, vice-président de l’Académie impériale des Beaux-Arts de St-Pétersbourg.Voici cette lettre : “ Académie Impériale des Beaux-Arts “ St-Pétersbourg, le 22 octobre ipoo.“ Monsieur le Principal de l’Ecole normale Laval, “ Monsieur, “ L’Académie Impériale des Beaux-Arts de St-Pétersbourg, parmi ses autres fonctions dirige un institut pour la préparation de maîtres de dessin pour les écoles russes.Il lui serait très important d’avoir comme modèle quelques collections de dessins des écoles qui se sont le plus distinguées à l’Exposition Universelle de 1900 à Paris.“ Parmi les écoles dont le système d’enseignement serait intéressant pour l’Académie se trouve l’Ecole normale de Québec.“Je me permets de vous adresser la question si l’Académie pourrait espérer de recevoir contre remboursement la collection de dessin constituant le cours complet de cette école.“ Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus distingués.Comte J.Tolstoï, Vice-Président de l'Académie.M Voilà, certes, ^une appréciation bien propre à nous faire mieux comprendre encore jusqu?à quel point nous devons estimer la méthode de dessin préconisée par M.le professeur Lefèvre.L’orientation que cet éducateur distingué a donné à l’enseignement du dessin au Canada est reconnue en Europe comme la seule vraie.Nous devons donc plus que jamais nous efforcer de suivre les conseils et d’appliquer les principes que M.Lefèvre a donnés et exposes dans E Enseignement Primaire il y a à peine deux ans. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 461 Nos lecteurs trouveront dans ]a présente livraison, dans la partie intitulée Méthodologie, une leçon pratique de dessin par M.Lefèvre lui-même.Nous recommandons ce travail à l’attention de nos confrères.La rédaction à l’école primaire (1) 4È;me exercice Traduire le morceau suivant : EYING Nothing is more criminal, mean or ridiculous, than lying.It is the production of malice, or cowardice, or vanity.; but it generally misses its aim in every one of these views ; for lies are always detected sooner or later.If we advance a malicious lie, in order to affect any man’s fortune or character, we may indeed injure him for some time ; but we shall certainly be the greatest sufferers in the end ; foras soon as we are detected we are blasted for the infamous attempt, and whatever we may say afterwards of that person, however true, passes for calumny.To lie, or to equivocate (which is the same thing) to excuse ourselves for what we have said or done, and to avoid the danger and the shame that we apprehend from it, we discover our fear as well as our falsehood, and only increase, instead of avoiding £5 * the danger and the shame.If we have the misfortune to be in the wrong, there is something noble in frankly owning it, and it is the only way to be forgiven.(Lord Chesterfield.) (Traduction) LE MENSONGE Rien n’est plus criminel, plus bas et plus ridicule que le mensonge.C’est le fruit de la malice, delà lâcheté ou de la vanité.Mais, en général, le mensonge n’atteint pas son but, quel qu’en soit le motif : car, tôt ou tard, il est toujours découvert.Si nous avançons un mensonge malicieux qui attaque un homme dans sa fortune ou son caractère, nous pouvons, il est vrai, lui causer du tort pendant un certain temps ; mais, en définitive, c’est nous qui en souffrirons le plus : cardés qu’on nous aura découverts, on ne manquera pas de flétrir notre conduite criminelle, et quoi que nous puissions dire dans la suite de la personne que nous avons offensée—quand même ce serait la vérité— passera pour une calomnie.Mentir, ou user d’équivoques (ce qui revient au même) pour excuser ce que nous avons dit ou fait, et pour éviter le danger ou la honte qui pourrait en résulter, c’est manifester notre crainte autant que notre perfidie, et rendre notre position pire au lieu de l’améliorer.Si nous avons le malheur d’avoir tort, il y a noblesse à avouer franchement notre erreur ; c’est d’ailleurs le seul moyen de nous faire pardonner.III Dans le troisième degré,les explications du maître devront être plus complètes, et comprendre toutes les règles de la langue, ainsi que l’usage des principales figures de grammaire et de littérature.(1) Résumé d’une conférence donnée sur ce sujet par MM.les Inspecteurs d’écoles sous la direction du Surintendant de l’Instruction publique.— Année 1900-1901. 462 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ce cours comprendra : Explication de proverbes ;—description du village, de la paroisse habitée par les élèves ;—traduction de fables en prose, de morceaux anglais en français ;—résumés d’histoire (surtout de l’histoire sainte et de celle du Canada) ;—biographies de nos personnages les plus importants (dans le genre de celles que nous lisons dans le manuel Grandes Lignes del 'Histoire du Canada) \ —appréciation de morceaux littéraires au triple point de vue de la grammaire, de la forme et des idées.1er exercice Explication du proverbe : Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée Développement Par le mot renommée, il faut entendre ici la réputation.La bonne renommée est le résultat de la bonne conduite et de l’honnêteté persévérante.Celui qui acquiert ainsi une bonne réputation est sur le chemin du bonheur, et même le possède déjà si cette bonne réputation est justifiée par une conscience pure.La bonne réputation concilie à l’homme honnête la sj^mpathie et l’estime de tous, même de ceux qui ne l’ont jamais vu et ne le verront jamais.Elle facilite les rapports qu’il a avec ceux qui l’entourent.On a confiance en lui, et l’on ne suspecte jamais ni sa conduite ni ses actes.Celui qui a une bonne réputation n’a pas d’ennemis.Et pourquoi en aurait-il ?N’a-il pas toujours rendu à chacun ce qui lui était dû?A-t-il trompé quelqu’un ?N’a-t-il pas été constamment fidèle dans ses amitiés ?Sa bonne réputation est là pour le prouver, et, à cause d’elle, chacun, dans son entourage, s’applique à lui rendre la vie douce.Ea ceinture dorée, c’est-à-dire la richesse, ne saurait donner cette paix, ce repos.Elle suscite des envieux et des jaloux, et surtout elle ne peut remplacer une bonne réputation.L’homme riche et vicieux, fût-il dix fois millionnaire, n’effacera jamais avec son argent la tache infamante qui est attachée à son nom et à sa personne.{A suivre) L’enseignement de l’agriculture (1) CHIMIE AGRICOLE On devrait aussi enseigner l’école la signification des termes un peu rares, techniques, que l’on rencontre dans les revues agricoles.Exemples : Q.Qu’est-ce que la cendre ?(Procéder du connu à l’inconnu.) R.C’est de la chaux et de la potasse, du fer, du sel, etc.Q.Qu’est-ce que de la potasse ?R.C’est la force qui se développe dans la lessive.{C'est la potasse qui amollit le blê-d 'Inde lessivé.) Q.Pourquoi arrive-t-il que les pois ne cuisent pas ?R.C’est parce que la terre manque de potasse.{Mettez de la cendre sur le terrain et les pois cuiront.) Q.Qu’est-ce que du phosphate ?R.C est de la chaux et du phosphore comme on en voit sur le bout d’une allumette.la direc- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 463 Q.Qu’est-ce que du plâtre ?R.C’est de la chaux et du souffre.(Sulfate de chaux).Q.Qu’est-ce que le chlorure de soude ?R.C’est du sel commun (de cuisine).Ra chaux, la potasse, l’acide phosphonque, l’azote, le fer et le sel sont les éléments surtout nécessaires à la nourriture des plantes, et conséquemment à la nourriture des animaux.Exemple.— Les animaux qui croissent sur une terre pauvre en chaux ont peu de force et une charpente débile, faible, parce que c’est la chaux qui forme les os et que leur nourriture en est dépourvue comme la terre, etc.Pauvre terre, pauvres plantes, pauvres animaux.On voit que la chimie agricole peut s’expliquer à de jeunes enfants, si on a un langage à la portée de leur intelligence.Ils tireront d’eux-mêmes la conclusion que le bétail doit être nourri et surtout que la terre doit être engraissée, qu’il faut lui rendre ce qui lui manque.Q.Qu’est-ce que les éléments minéraux ?R.C’est la cendre.(Faites brûler 15 îbs de trèfle et vous aurez environ 1 1b de cendres, on voit que le trèfle demande peu à la terre.15 Ibs de tabac enlèveraient 5 à 6 îbs de cendres !) Res éléments minéraux ou les cendres représentent la part que le cultivateur doit rendre à sa terre.Le reste est la part fournie par la Providence.Aide-toi, le ciel t’aidera.Re calcul vaut le travail.Il faut bien faire comprendre aux enfants que l’ignorance est le fruit du péché.Mais le bon Dieu a placé autour de nous toutes les choses qui nous sont nécessaires.Si on ne les connaît pas, si on ne les voit pas, c'est que l’on n’a pas appris à les connaître.R’étude fait donc partie de la grande loi du travail.R’étude porte en .soi sa récompense.LA COMPTABILITÉ AGRICOLE En poussant assez loin Renseignement de l’arithmétique au point de vue agricole, on obtiendra sans peine que les élèves comprennent toute l’importance d’une tenue de livres pour la ferme, et l’on aura contribué à faire disparaître la plus grande faiblesse de notre agriculture.C’est par la comptabilité agricole que le cultivateur se rendra compte des faiblesses de son exploitation.Et s’il a à cœur les intérêts de sa famille, il pourra y remédier.Cette comptabilité doit être simple, mais complète.Ra meilleure méthode est d’ouvrir une page de recettes et de dépenses pour chaque genre d’exploitation : Page de recettes et de dépenses pour ses vaches.“ “ “ pour un champ de blé.“ “ “ pour sa maison.“ “ “ pour ses poules.Page pour les dettes des débiteurs et des créanciers.Rivre de caisse. 464 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il n’est pas strictement nécessaire de faire rapporter ces comptes les uns aux autres* comme en partie double.Mais l’inventaire prouvera suffisamment que les comptes sont bien tenus.On voit aujourd’hui des cultivateurs qui tiennent des livres aussi régulièrement que les bonnes maisons de commerce.C’est souvent le seul frein capable d’enrayer le luxe et autres dépenses inutiles.Le père de famille n’a qu’à ouvrir son livre pour faire comprendre à ses enfants que ce n’est pas son cœur qui refuse, mais bien les circonstances.Quel bel exemple dans une famille ! Il faut parler de tout cela aux enfants dans l’école et les préparer pour la vie.Ils peuvent aussi, avec beaucoup d’intérêt, en vue du bien-être de leurs parents et de leur propre héritage, tenir ces comptes si faciles.Voilà l’école pour la vie, l’école pratique.Graver dans le cœur des enfants ces principes qui feront leur bonheur.(A suivre) 1/enseignement de la tenue des livres Q) [Suite) EXERCICES.Faites préparer une feuille pour le Livre de Caisse, u?ie pour le Livre de Ventes, une p ouï le Journal et plusieurs feuilles pour les Factures.Au moyen des questions suivantes, ou d'autres analogues, faites analyser les opérations suivantes, puis faites inscrire ces opérations sur les feuilles convenables et faites rédiger les factures lorsqu'il y aura lieu.1.—Le nom delà localité, 12 mars 1900.—Commencé le commerce avec: argent, $2800 ; 400 barils de farine à $5.60, $2240 ; $5040.—Dans quels livres faut-il inscrire le 1er article ?Dans la Caisse et dans le Journal.—De quel côté de la Caisse et pour quelle somme?Du côté du débit, $2800.—Dans le Journal que faut-il mettre?Le nom du propriétaire {dans ce cas le notn de l'élève) suivi de Cr {créditeur) et de la somme $5040.Exemple.Le nom de la localité, 12 mars 1900.Atom de l'élève,.Cr ! j Placement : -, Argent - 2800 OO 400 barils farine à $5.60 2240 00 1 5040 Pourquoi créditez-vous le propriétaire ?Parce qu’il a fourni et il n’a rien reçu en retour.2.—13- Vendu à B.Vincent, à crédit, 35 barils de farine à $5.75, $201.25.Dans quels livres faut-il inscrire le 3e article ?Dans le Livre de Ventes et dans le Journal.—Dans le Journal que faut-il écrire ?E.Vincent suivi des lettres Ttr {débiteur), des détails en abrégé, ou, ce qui est encore mieux, l’indication du livre où l’on pourra trouver ces détails, et de la somme de $201.35.Exemple.^ -Rés.umée d’une conférence donnée sur ce sujet par MM.les inspecteurs d’écoles, sous la direction du Surintendant de l’Instruction publique.—Année 1900-1901. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 46 13 E.Vincent Dr L.de V.(1) 201 Pourquoi débitez-vous E.Vincent ?Parce qu’il a reçu et qu’il n’a rien donné en retour au moment même.3_—Î4.Vendu à Th.Nolin, au comptant, 45 barils de farine à $5.65, $254.25.Dans quels livres faut-il inscrire le 3e article ?Dans la Caisse et dans le Livre de ventes.Dans la Caisse, de quel côté ?Du côté du débit.Pourquoi du côté du débit ?Parce que c’est une somme reçue.Que devez-vous donner à Th.Nolin ?Une facture.Rédigez la facture que vous devez donner à Th.Nolin.4.— 14.Acheté de B.Legris, à crédit, 80 barils de farine à $5.25, $420.Dans quels livres faut-il inscrire le 4e article ?Dans le Journal.Que faut-il écrire dans le Journal ?B.Legris, suivi des lettres Cr {créditeur), des détails en abrégé ou d’un renvoi et de la somme.Exemple : 14 B.Legris Cr S.f.1.(2) 420 Pourquoi créditez-vous B.Legris ?Parce qu’il a fourni et qu’il n’a rien reçu en retour.Legris doit-il nous donner quelque chose ?Oui, il doit nous donner une facture.Rédigez la facture que B.Legris doit nous donner.5.15.Venduàjos.Thomas, à crédit, 20 barils de farine à $5.75, $115.Questions analogues à celles du 2e article.Qu’est-ce que nous devons donner à Jos.Thomas ?Une facture.Rédigez la facture que nous devons donner à Jos.Thomas.15 Jos.Thomas Mdses, L.de V.Dr US 6.—16.Acheté de E.Hamel, au comptant, 500 minots d’avoine, à $0.45, $225.Dans quel livre faut-il inscrire le 6e article ?Dans la Caisse.De quel côté de la Caisse ?Du côté du crédit.Pourquoi du côté du crédit ?Parce que c’est une somme payée.Hamel doit-il nous donner quelque chose ?Oui, une facture.Rédigez la facture que Hamel doit nous donner.7.—17.Vendu à Geo.Ross, à crédit, 75 barils de farine à $5.75, $431.25; 100 minots d’avoine à $0.50, $50 ; 481.25.Questions analogues à celles du 2e article.17 Geo.Ross Dr Mdises, L.de V.J * 481 25 ( 1 ) L de V.signifie :—Ifivre de ventes.(2) S.f.I.signifie sa facture Numéro I. 466 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 8.—19.Donné à B.Legris, à compte, $220.Dans quels livres faut-il inscrire le 8e article ?Dans la Caisse et le Journal.De quel côté de la Caisse ?Du côté du crédit.Pourquoi du côté du crédit ?Parce que c’est une somme payée.Que faut-il écrire au Journal ?19 B.Legris Dr - Argent, à compte 220 00 Pourquoi débitez-vous B.Legris?Parce qu’il a reçu sans donner quelque chose en retour au moment même.Qu’est-ce que B.Legris doit vous donner?Un reçu.Rédigez le reçu que B.Legris doit vous donner.9.— 19.Acheté de Geo.Miller, à crédit, 1000 minots d’avoine à $.44^, $445.Questions analogues à celles au sujet du \e article.!9 G.Miller ¦ S.f.2.445 00 10.— 20.Vendu à E.Néel, à crédit, 25 barils de farine à $5.75, $143.75.11.— 20.Vendu à J.Mathieu, à crédit, 100 barils de farine à $5.75, $575.Potir articles 10e et ne, questions analogues à celles au sujet du 2e article.20 E.Néel Dr • '| L.de V.< ( 143 75 J.Mathieu Dr L.de V.575 00 12.- 21.Reçu de E.Vincent, à compte, $175.Dans quels livres faut-il inscrire le 12e article ?Dans la Caisse et le Journal._De quel côté de la Caisse ?Du côté du débit.— Pourquoi du côté du débit?Parce que c’est une somme reçue.— Que faut-il écrire au Journal ?21 «tlej! it Jom E.Vincent Cr Argent, à compte, 175 00 Pourquoi créditez-vous Vincent ?Parce qu’il a donné sans recevoir quelque chose en retour au moment m ême.Qu’est-ce que vous donnez à E.Vincent ?Un reçu_________Ré- digez le reçu que vous devez donner à E.Vincent.13 .—21.Donné à B.Legris, à compte, $75.Questions analogues à celles au sujet du 8e article. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 467 21 ' B.Legris Dr Argent, à compte, 75 14.—22.Vendu à Jos.Thomas, à crédit, 300 minots d’avoine à $.50, $150.; 80 barils de farine à $5-75, $460 ; $610.Questions analogues à celles au sujet du 2e article.22 Tos Thomas Dr L.de V.610 15.—23.Reçu de Geo.Ross, à compte, $231.25.Questions analogues à celles, au sujet du 12e article.23 1 Geo.Ross Cr Argent, à compte, î 231 16 .—23.Donné à Geo.Miller, à compte, $200.Questions atialogues à celles au sujet du 8e article.23 Geo, Miller D*.Argent, à compte, 200 17.—24.Vendu à E.Vincent, 225 minots avoine à $.50, $112.50 ; reçu à compte, $50 ; balance à crédit.— Dans quels livres faut-il inscrire le 17e article ?Dans le Livre de Ventes, la Caisse et le Journal.—Dans la Caisse, de quel côté et quelle somme ?Au débit, $50.—Dans le Journal que faut-il écrire ?E.Vincent L.de V.24 Cr Dr., 112 50 Argent, à compte, 50 Pourquoi débitez-vous E.Vincent pour $112.50 et le créditez-vous pour 50 ?Parce qu’il a reçu pour $112.50 et qu’il a donné en retour $50.18.24.Reçu de Jos.Thomas, à compte, $50.Questions analogues à celles au sujet du 12e article. 468 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 24 ' ; ' Jos.Thomas Cr 1 Argent 50 19.— 26.Donné à B.Degris, à compte, $105.Questions analogues à celles au sujet du 8e article.26 B.Legris Dr •» Argent - 105 20—26.Acheté de Geo.Miller, 100 barils de farine à $5.75, $575 ; donné à compte, $400 ; balance à crédit.Dans quels livres faut-il inscrire cet article ?Dans la Caisse et le Journal.— Dans la Caisse, de quel côté et quelle somme ?Au crédit, $400.— Que faut-il écrire dans le Journal ?26 Geo.Miller S.f.3- Cr nr.575 , Argent, à compte, 400 Pourquoi créditez-vous Geo.Miller pour $575 et le débitez-vous pour $400 ?Parce qu’il a fourni pour $575 et qu’il a reçu $400.21.— 27.Reçu de B.Néel, à compte, $100.Questions analogues à celles au sujet du 12e article.- 27 B.Néel Cr 4 .Argent 100 22* 27.Payé salaire du commis jusqu’au 24 courant, deux semaines, $10.Dans quel livre faut-il inscrire le 22e article ?Dans la Caisse.— Où dans la Caisse et quelle somme?Au crédit, $10.Pourquoi au crédit?Parce que c’est une somme payee.28: Vendu à Gev°- Ross> 800 minots d’avoine à $.50, $400 ; 100barils de farine à $6., $600 ; $1000 ; reçu a compte $700 ; balance à crédit.Questions analogues à celles au sujet du 17e article.—-28- Geo.Ross L.de V.Argent, â compte, Cr Dr 1000 ; 400 I L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 469 24.— 29.Vendu à J.Mathieu,, à crédit, 60 barils de farine à $6.15, $369.Questions analogues à celles au sujet du 2e article.29 J.Mathieu Dr E.de V, 369 25.— 30.Reçu de E.Néel, pour solde de son compte, $43.75.Questions analogues à celles au sujet du 12e article.30 E.Néel Cr Argent, à compte, 43 26-—31.Payé pour papeterie et frais de poste, etc., $6.Questions analogues à celles au sujet du 22e article.27.—31.Donné à B.Eegris, à compte, $8.Questions analogues à celles au sujet du 8e article.-31- B.Eegris Dr Argent, à compte 8 28.—Mdises en magasin 40 barils de farine à $5.75, $230 ; 75 minots d’avoine à $.46, $34-50 ; $264.50.Au bout d’une époque déterminée,—un mois, six mois, un an, etc.,—on fait une liste des Mdises en magasin, avec les prix ; cette liste s’appelle l'inventaireparticulier, L'inventaire particulier est fait dans un cahier spécial.(A suivre.) 470 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE MATHEMATIQUES géométrie usueree “ La géométrie usuelle consiste dans l’application au mesurage des lignes, des surfaces et des volumes, des principes démontrés au moyen de la géométrie théorique élémentaire”.“ Il est incontestable que le mesurage constitue une des applications les plus utiles de l’enseignement de l’arithmétique donné aux élèves de nos écoles primaires.Toute démonstration devient en réalité superflue, si l’on considère le fréquent besoin qu’en ont l’industriel, le cultivateur, Partisan même, quel qu’il soit, et les avantages qu’il leur procure.” “ Nous ne parlerons pas davantage de son utilité éducative qui se confond avec celle de l’enseignement intuitif du dessin, du travail manuel et de l’arithmétique, spécialités dont la connexion avec la géométrie pratique est très étroite, pour ne pas dire nécessaire.” L’étude du mesurage est facile et intéressante pour les enfants si on la fait sans prétention scientifique, si on évite les définitions techniques qui ne définissent rien pour ceux qui ne savent pas, si on montre plus qu’on ne démontre.Les enfants découvrent facilement les rapports des objets qu’ils voient, pour peu qu’on questionne d’une manière intelligente ; ainsi la géométrie, science des formes et de l’étendue, doit avoir l ''observation pour base.“ L’enseignement de ce sujet doit être intuitif, raisonné et pratiqtie.Faute de ces trois caractères, il n’est pas compris par les élèves qui l’oublient promptement, et n’en tirent aucun profit dans la vie usuelle.” “ Il est indispensable de mettre sous leurs yeux et de dessiner au tableau, les corps et les figures géométriques qui doivent faire les sujets des leçons, et de s’en servir, non seulement pour les démonstrations, mais chaque fois que les données des problèmes en rendent l’usage avantageux.” Nous allons indiquer la marche à suivre en donnant la première leçon, puis énumérer les points à traiter dans toutes les leçons subséquentes.Corps.—Etendue.—Dimensions.—Volume.—Surface.—Ligne.—Point.En donnant la première leçon servez-vous d’un parallélipipède rectangulaire, {une boîte, une brique ou un bloc de bois), pour rendre vos explications plus claires ; puis dessinez l’objet au tableau.Prenez pour point de départ le corps de celui-ci et vous arriverez naturellement à l’étendue, aux dimensions et au volume ; du volume vous serez amenés à parler de la surface, de la surface vous vous rendrez à la ligne et de la ligne au point.Corps.—La matière est distribuée en parties distinctes, dont chacune porte le nom de corps.Etendue.—Chaque corps occupe une certaine portion d’espace.La portion d’espace occupée par un corps est Vétendue de ce corps.Dimensions.— En général, l’étendue présente trois dimensions qu’on nomme longueur, largeur et épaisseur.L’épaisseur s’appelle aussi hauteur ou profondeur. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 471 Quelquefois les trois dimensions sont bien tranchées, comme dans une règle, une brique, un mur, un fossé, une pièce de bois équarrie, d’autres fois elles sont confuses et indéterminées, comme dans une pierre brute, une éponge, un tas de sable.Volume.— Quand on considère à la fois les trois dimensions dans un corps, l’étendue prend le nom de volume ou solide, ou de capacité.Surface.—Bien souvent on ne s’occupe que de deux dimensions longueur et largeur, comme dans la superficie d’un champ, d’une cour, d’un plancher ; l’étendue à deux dimensions porte le nom de surface.Ainsi la surface n’a pas d’épaisseur.Il ne faut pas croire que la surface d’un corps forme partie du corps, il n’en est rien, plongez un bloc d’acier dans un vase rempli d’eau, la surface de chaque face de ce bloc ne sera composée ni d’eau ni d’acier, mais de l’espace compris entre l’acier et l’eau.Ligne.— Quelquefois aussi on ne considère qu’une seule dimension, la longueur ; quand il s’agit, par exemple, d’apprécier la distance de deux villes, la hauteur d’un édifice, la profondeur d’un bassin, etc.Cette étendue à une seule dimension se nomme ligne.La ligne peut être définie aussi comme l’endroit où deux surfaces qui ne sont pas dans le même plan se rencontrent.Il ne faut pas croire que la ligne forme partie de la surface.Point.—Enfin l’absence de toute dimension constitue ce qu’on appelle un point ; ainsi l’extrémité d’une ligne, l’intersection de deux lignes sont des points.En résumé, le volume ou solide a trois dimensions, longueur, largeur et épaisseur.Le volume est limité par des surfaces.Les surfaces ont deux dimensions : longueur et largeur.Les surfaces sont limitées par des lignes.Les extrémités des lignes sont des points.(A suivre.} J.AHERN.L’histoire naturelle (Pour VEnseignement Primaire) L’enfant est naturellement curieux : ses incessants pourquoi le prouvent.Il est dommage que nous le rebutions trop souvent en laissant ses questions sans réponse.Si, au sein de la famille comme à l’école, on prenait plus de soin à satisfaire sa curiosité, comme on ouvrirait son intelligence, comme on ornerait sa mémoire ! Or, c’est dans l’observation de la nature que l’enfant se heurte au plus grand nombre de mystères : phénomènes cosmologiques, physiologiques et géologiques, tout frappe sa jeune imagination, tout l’intrigue, l’émeut.N’est-il pas triste de voir que l’on tarde tant à lui donner l’explication, souvent si simple, de ce qui lui semble si mystérieux ! Qu’en résulte-t-il ?Il finit par se familiariser avec tout ce qui d’abord lui paraissait étrange, et 472 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE sachant que l’on ne lui répondra pas, il ne demandera plus d’explications sur rien.f|Ea curiosité est tuée et avec elle meurt le désir de connaître et de s’instruire.Plutôt donc que de laisser dormir cette jeune intelligence, excitons de plus en plus sa curiosité.Et le meilleur moyen d’arriver à ce but, c’est de mettre sous ses yeux, non pas de simples gravures qui, souvent, ne disent rien, mais bien des objets réels.“ Un musée ! ” me dira-t-on.Point du tout.Presque toujours un musée est une pièce où les élèves ont bien rarement accès ; et ces objets réels dont je parle doivent être continuellement sous les yeux des élèves.Est-il donc si difficile d’orner les murs des classes de quelques pièces montées d’oiseaux, de poissons, de petits mammifères et de reptiles les plus caractéristiques et choisis dans notre faune ?Cela coûteiaît-il si cher?Ne pourrait-on pas y suspendre quelques cadres d’insectes, de crustacés, de zoophytes?quelques tableaux de nos plantes les plus utiles, les plus répandues et les plus remarquables?Tout cela, je le répète, pris au sein de notre flore et de notre faune.Les élèves ayant ces objets sous les yeux se familiariseront avec eux, apprendront à les reconnaître, sauront en très peu de temps distinguer un passereau d’un gallinacé, un lépidoptère d’un coléoptère et une graminée d’une légumineuse.Le professeur serait là pour lui expliquer chacun de ces êtres, lui en dire le nom, le rôle dans la création, le mode d’existence, les mœurs, etc.Ce serait un véritable cours d’histoire naturelle sous forme de leçons de choses, bien autrement instructives et intéressantes pour les élèves, j’en ai fait maintes fois l’expérience, que celles qui ont pour objet les boutons de culotte, le mortier, les talons de bottes et bien d’autres ! Une autre chose qui contribuerait énormément à instruire les élèves, à développer l’esprit d’observation si nécessaire au financier comme au littéra-rateur, à lèur faire aimer la belle nature et à les attacher davantage au sol de la patrie, c’est de temps à autre une excursion dans la campagne.Pourquoi, une fois au moins par mois, en mai et juin, en septembre et octobre, les professeurs ne conduiraient-ils pas leurs classes dans les champs comme cela se pratique dans les lycées français ?Serait-ce du temps perdu plus pour nous que pour erfx ?Nos élèves n’en tireraient-ils pas le profit que les petits Français en tirent ?N’est-il pas temps, en un mot, que nos enfants sachent qu’il y a une science qui existe s’appelant l’Histoire naturelle et dont le but est l’étude des êtres au milieu desquels nous vivons, de ces plantes indispensables à la vie, de ces matériaux dont nous ne pourrions nous passer ?On me dira : “ Mais où prendre le temps pour cela ?Notre programme d’étude est tellement chargé, que les dix mois de classes sont à peine suffisants pour le parcourir en entier?” Je répondrai dans mon prochain article.GERMAIN BEAULIEU.Montréal, 12 mars 1901. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 473 METHODOLOGIE Le dessin à P école primaire I QUELQUES NOTES Vos élèves sont-ils capables de représenter à vue un objet réel de formes simples ?Si oui, votre enseignement du dessin est dans la bonne voie ; si non, vous perdez le temps.N’attachez pas plus de prix aux copies, même irréprochables de modèles quelconques— paysages, figures, portraits, machines, monuments, etc.— que vous n’en attacheriez à des copies, même parfaitement calligraphiées, de problèmes d’arithmétique résolus à l’avance.Toutes ces magnifiques copies ne valent pas le moindre petit dessin original d’une simple boite.Je sais que beaucoup de visiteurs et de parents—pourtant bien intentionnés—- jugent une classe de dessin d’autant meilleure qu’ils y voient plus de copies de modèles à effet, grands, coloriés, éblouissants ; hélas ! c’est tant pis pour l’enseignement vrai du dessin.Mais n’importe, sachez résister : une seule approbation compétente doit vous être plus précieuse que cent appréciations incompétentes.Que votre enseignement primaire du dessin tende donc toujours, non pas à faire dessiner des dessins, mais à faire représenter des objets de nature.C’est le meilleur moyen de lui donner la portée éducative et utilitaire qu’il doit avoir.Il y a deux manières de figurer les objets : ou tels qu’ils sont, ou tels que nous les voyons ; la première s’appelle géométrale, la seconde, perspective.Faites d’abord représenter les objets' tels qu'ils sont, c’est-à-dire dans leurs dimensions vraies ou proportionnelles ; puis tels qu'ils paraissent, c’est-à-dire dans leurs dimensions apparentes.Et cela à vue et à main levée.Et s’il s’agit de dessin mécanique, architectural, etc., à l’aide d’instruments, suivez encore la même voie, c’est-à-dire : faites dessiner une porte d’après une porte, une machine d’après une machine, et non pas une porte d’après le dessin d’une porte, une machine d’après le dessin d’une machine.Vous allez peut-être me demander de mieux définir ce qu’il faut entendre par représentation A?” ou '‘'•perspective" d’un objet?La Fig.i ci-contre que L'Enseignement Primaire a fait graver à votre intention va s’en charger.Examinez les dessins épinglés du “ Pot à fleurs ” et de la “ Soucoupe ” : ce sont des représentations perspectives de ces objets.Et les autres figures en sont des représentations géométrales.Jetez maintenant un coup d’œil sur la Fig.2, page 477 : vous voyez des enfants qui,,après avoir tracé à main levée un croquis géométral d'une uporte-barrière", sont en train de mesurer cette “ barrière ” et de reporter ces mesures (cotes) sur leur croquis, comme ils l’ont fait précédemment sur 474 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Fig.i POT A FLEURS C3— s|__-V // - - Perspective Élévation i__________________l.S-JS-5f SOUCOUPE Perspective.1—!I—I—L J—I t l 1 L Ce qu’il faut entendre par “ Croquis géométral coté—élévation, plan et coupe- Et par “ Perspective d’observation ”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 475 les dessins du “ pot à fleurs ” et de la “ soucoupe C’est ainsi qu’il faut s’y prendre pour représenter les objets tels qu'ils sont, ou en d’autres termes, pour faire un croquis coté géométral—élévation, plan et coupe—.Et si, tout à l’heure, vous regardez la Fig.3, page 479, vous admirerez avec moi un professeur digne de ce nom, expliquant à ses élèves la marche à suivre pour représenter les objets tels qu'ils paraissent.N’est-ce pas que, dans certains cas, le dessin est une langue autrement plus compréhensible et concise que beaucoup d’autres ?Il serait superflu, je pense, de vous démontrer l’utilité et la beauté du dessin perspectif : elles sautent aux yeux.Quant au dessin géométral, s’il n’est pas aussi attrayant que le premier, croyez bien qu’on peut en tirer au moins autant de profit, et pour cette raison, tenez-le également en haute estime, et gardez-vous bien de le négliger.Cest le dessin industriel par excellence.“ Mis entre les mains d’ouvriers sachant le lire, il leur donne le moyen de reproduire exactement l’original.Ils le font avec une si grande précision que, si plusieurs d’entre eux doivent exécuter la même pièce, ces exemplaires peuvent être confondus les uns avec les autres.Par là, ce genre de dessin rend les plus grands services à toutes les professions qui ont pour but de construire, de créer des formes ou simplement de multiplier des images.C’est un moyen de communication d’une telle valeur, que rien ne saurait le suppléer.Aucune description n’en donnerait l’équivalent.Présentant à la fois les formes et leurs dimensions, la figuration et sa justification, il est un instrument de travail indispensable et sans égal pour l’architecte, pour l’ingénieur, pour tout artiste industriel ou artisan (1) ”.Entre parenthèses, je ne serais pas Surpris si, dans un temps plus ou moins rapproché, le Bureau central d’examinateurs exigeait des candidats aux brevets de capacité, quelques dessins— d’après objets réels— du genre de ceux reproduits Fig.I.II COMMENT ON ENSEIGNE LE DESSIN EN FRANCE Disons maintenant quelques procédés d’enseignement primaire du dessin que j’ai vu pratiquer en France avec succès, et que j’utilise moi-même couramment.Inutile, n’est-ce pas, de rappeler que l’application d’un procédé n’est qu’un moyen, non une fin, et que le point essentiel dans l’enseignement du dessin, comme d’ailleurs dans tous les autres, c’est, pour le maître, de se bien pénétrer du double but à atteindre : former l’homme dans l’enfant et le mettre en possession d’une connaissance utilisable dans le milieu social auquel il appartiendra.D'abord, n’oublions pas que pour bien dessiner, il faut savoir observer, juger, retenir, afin de représenter avec intelligence, avec exactitude, ce qu’on voit et ce qu’on a vu, et combiner avec goût ce qu’on a imaginé.Par suite, l’enseignement du dessin doit nécessairement commencer par l’éducation usuelle.Et c’est l’observation qui est le fondement de la méthode.(1) E.Guillaume.— Inspecteur général de l'enseignement du dessin en France. 476 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Aussi, toute leçon de dessin débute-t-elle, en France, par des exercices de langage et de leçons de choses, ayant pour but de faire discerner et comparer des formes, des couleurs et des grandeurs.Exemple : tel objet est plus grand, plus petit que tel autre ; celui-ci est rond, celui-là est carré ; ce crayon est bleu, celui-là est rouge, etc., etc.Ce point est au milieu du tableau, celui-ci est à gauche, à droite, au-dessus, au-dessous ; ce côté de la porte, de la fenêtre, est une fois, deux fois plus petit ou plus grand que cet autre côté ; cette étoffe est plus claire, plus foncée que celle-ci, etc., etc.Puis viennent les exercices graphiques.AU COURS PRÉPARATOIRE La maîtresse trace au tableau des lignes droites et des combinaisons de lignes droites.Elle explique minutieusement la marche à suivre, mais évite les définitions.Elle se borne à désigner les lignes par des termes que l’enfant comprend : lignes debout, lignes couchées, lignes penchées, etc.Guidés par elle, les élèves reproduisent tant bien que mal, sur leurs ardoises, les figures du tableau.Ensuite, ils construisent à plat ces mêmes figures à l’aide de lattes, bâtonnets, etc.Plus tard, les dessins du tableau comprennent des lignes droites et courbes ; quelques-uns affectent la forme d’un dallage, et petit à petit, en les traçant, la maîtresse donne les définitions susceptibles d’être comprises par ces jeunes intelligences.Comme précédemment, les enfants reproduisent à plat les dessins à l’aide de bâtonnets, lattes, anneaux, etc.Ensuite, ils dessinent leurs petites*cons-tructions : les plus avancés, sur le papier, les autres, sur l’ardoise.Parfois il y a interversion dans cet exercice : le dessin s’exécute d’abord, la construction après.C’est encore au moyen de bâtonnets, lattes, etc., que la maîtresse fait construire aux plus habiles des figures géométriques très simples, leur fait reconnaître les différents angles, les lignes parallèles, etc.Ou bien on les invite à inventer, en les leur indiquant, des constructions qui peuvent se tenir debout : clôture, maisonnette, etc.Les constructions sont ensuite dessinées à vue par les élèves qui n’en doivent jamais représenter à la fois qu'une des faces (dessin géométral).A ces exercices s’ajoutent des représentations géométrales d’objets usuels très simples et très faciles à se procurer.Enfin, pour habituer l’enfant à l’attention et développer chez lui la mé-moire des formes, de temps à autre on lui demande de reproduire tel ou tel motif observé ou dessiné précédemment.Dans seulement une des écoles que j’ai visitées, le tableau et l’ardoise étaient quadrillés, partout ailleurs, non.Et après ce que j’avais déjà vu et entendu en Belgique, les institutrices françaises n’ont pas eu de peine à me convaincre que cette aide frœbélienne qu’on croyait autrefois indispensable aux tout petits enfants leur était plutôt gênante et dangereuse qu’utile, parce qu’elle paralyse, en l’emmaillottant dans des réseaux, l’esprit d’initiative et d’observation.Quoiqu’il en soit, les dessins dits de revision étaient tous exécutés sut papier libre et sans aucun secours. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 477 Fig.2 Comment on dessine géométralement.M r ! .u* il,-'-—>• —2-^,^ À ^ - ^rûvxSavf au.PHaiQ-a«AV.Ces dessins de revision sont parfois coloriés avec des crayons couleurs primaires, — bleu, jaune, rouge.— Ils sont gardés à l’école pour indiquer à l’inspectrice le travail et les progrès accomplis.Il faut avoir vu ces enfants à l’œuvre pour comprendre l’ardeur et la joie avec lesquelles ils dessinent, comme ils savent déjà distinguer les couleurs, saisir et figurer les différentes dimensions des objets, les rapports de grandeur ou d’ouverture d’angles, etc.: en un mot, comme ils sont intelligemment préparés à aborder l’école primaire. 478 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A l’écolk primaire Comme au cours préparatoire, l’enseignement est collectif et simultané.Par là, on gagne du temps, on s’épargne des peines, et le classement, source féconde d’émulation, devient facile.Dans une même division, tous les élèves dessinent d’après le même modèle.Ce modèle, selon le degré d’avancement des enfants, ou le genre de dessin étudié, est une grande feuille murale coloriée ou un croquis au tableau, ou un très grand solide géométriqne (i) ou un objet usuel, ou un plâtre aux reliefs plus ou moins accusés.Chaque dessin est exécuté dans un temps limité à l’avance.Le maître fait rappeler en quelques mots, par un enfant, ou rappelle lui-même Vobjet de la dernière leçon ; puis, à l’aide du.modèle qu’il place bien en vue, et qu’il commente, expose celui de la leçon actuelle.Il montre que cette leçon est une suite logique de la précédente, un anneau de plus soudé à la chaîne qui, allongée ainsi successivement, atteindra sûrement le but général poursuivi par l’étude du dessin.Puis il fait une revision rapide de ce qu’il est nécessaire que les élèves se rappellent pour en bien profiter : lignes de construction, axes, diagonales, lignes enveloppantes, ligne d’horizon, fil à plomb, horizontales de front, fuyantes au point de vue, etc.Alors vient l’analyse spéciale du modèle par le maître ou un des élèves les plus avancés : (comment on devra procéder, comment commencer surtout, quelle sera la mise en place, quelles seront les erreurs à éviter, les couleurs à employer, etc.).— Voyez Fig.j.Ce n’est qu’après s’être assuré, par des interrogations, que les enfants connaissent bien la marche qu’ils doivent suivre, que le maître les autorise à dessiner, non sans avoir préalablement fixé pour tous la dimension à donner au tracé.Quelques élèves, à tour de rôle, dessinent au tableau.Pendant le travail graphique, l’instituteur circule dans les rangs, rectifiant les attitudes défectueuses, modérant les uns, activant les autres et empêchant chacun de commettre de trop graves erreurs.S’il reconnaît qu’une faute est générale, il fait tout cesser, donne de nouvelles explications au tableau, après quoi les crayons se raniment.La séance terminée, les dessins sont ramassés et classés le plus vite possible.La note de mérite est proclamée sans retard : généralement quelques heures après, afin que la sanction suivant de près l’exécution, l’émulation s’en ressente plus vivement.Telle est une leçon de dessin à l’école primaire de Paris.Elle s’inspire évidemment des principes suivants dont j’emprunte la formule a M.Viollet le Duc pour la résumer : “ Pour que le dessin ait la valeur 11 d’une faculté utile, il faut que l’intelligence ait travaillé avant la main, “ qu’elle ait pris l’habitude de devancer l’exercice mécanique de celle-ci, ‘ qu’elle ait compris avant de faire tracer par l’outil.• (i ) Rien de plus facile à un maître industrieux que de se confectionner, à bon marché, une superbe collection de grands solides géométriques, au moyen de carton blanc mat. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 479 ¦«ÔTO.Fig.3-—Çommerat on dessine perspectivement ï'M/,.'riSA 9>?.ygr^; MM ««g! .VS;.*,- Nassâ-j inmv; ~ j: ST5 r- ¦ ëSËS • 4 ' .-'7-4V.CE- 0 480 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “ C’est donc par un cours oral que l’enseignement du dessin doit com-“ mencer, et on ne mettra le crayon à la main des enfants que quand leur “ cerveau et leurs yeux auront travaillé de concert • C,* -,.' 1 QUELQUES PARTICULARITÉS QUI ONT LEUR IMPORTANCE A la fin de chaque mois, une feuille est distribuée aux élèves, sur un côté de laquelle ils doivent préciser l’objet des leçons données durant le mois,, et reproduire, de l’autre côté, soit de mémoire, soit autrement, un ou plusieurs des motifs exécutés antérieurement.Ces feuilles de révision, ainsi que les autres, sont conservées dans leur ordre de classement, de manière à pouvoir être présentées aux inspecteurs.Elles ne sont rendues aux élèves qu’à la fin de l’année.* Toutes les notes sont reportées sur des registres spéciaux.Quelques-unes, celles des compositions mensuelles et trimestrielles, sont multipliées par des coefficients plus ou moins élevés, suivant l’importanCe que l’on veut leur attribuer, et le classement de fin d’année s’obtient en faisant les totaux de toutes ces notes et en les comparant entre eux.De cette façon, tous les travaux comptent pour les classements de fin d’année, et il en résulte une constance et une intensité de travail considérables.Dans quelques écoles, les élèves sont, à certains moments, organisés en des sortes de jurys et ce sont eux qui donnent les notes, mais en les justifiant, c’est-à-dire en faisant la correction à haute voix, .C’est là un procédé pédagogique excellent : on saisit si vite, chez le voisin, les défauts qu’on ne se soupçonne même pas ! ! Ailleurs, on détache un dessin de chacun des concours dont j’ai parlé plus haut.Ces spécimens sont groupés dans Tordre où ils ont été faits et forment autant de dossiers partiels qu’il y a dë classes.Sur la couverture de chacun de ces dossiers, le professeur rédige une note succincte dans laquelle il résume son enseignement de Tannée et indique ses projets de réforme pour Tannée à venir.Le tout est relié en un album, et c’est ainsi que peu à peu, se constituent dans chaque école, les archives de l’enseignement du dessin.Cette mesure permet aux inspecteurs dont les tournées ont lieu en général, dans le mois de mars, de juger de l’ensemble complet de l’enseignement et de rattacher une année avec la précédente ; autrement, ils ne verraient jamais que les dessins exécutés au début de Tannée, ’et les plus intéressants, ceux de la fin, leur échapperaient.De plus, si le maître vient à changer, son successeur trouve des traces irrécusables de son enseignement, et par cela même, est moins entraîné à bouleverser ce qui se faisait avant lui.* * • Maintenant, mes chers amis, en avant! Et faites en sorte que les personnes réellement compétentes qui, de temps à autre, visiteront votre écoles, y trouvent un enseignement du dessin vraiment digne d’un éducateur.Quant aux autres.CHS-A.LEFÈVRE. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 481 ETUDE SUR 1/ADVERBE, LA PREPOSITION ET LA CONJONCTION {suite) Remarques.—Un certain nombre d’adverbes et de prépositions comme avant, après, pendant, dès, plutôt, etc., entrent dans la composition des locutions conjonctives.Dans la phrase suivante : Je vous aime DEPUIS QUE je vous connais.Nous n’avons pas la préposition depuis et la conjonction QUE, mais la locution conjonctive depuis que qui relie les deux propositions.Il ne faut pas confondre : 1.Parce QUE et par ce que.—Parce que signifie/ar la raison que.Ex.: J’écoute que je veux m’instruire.Par ce que veut dire par la CHOSE que.Ex.: Vous nous charmez/«r ce que vous dites.2.Quoique, Quoi que.—Quoique signifie malgré, bien que.Ex.: Quoique jeunet il est très instruit.Quoi que, signifie quelle que soit la chose.Ex.: Quoi que vous fassiez, faites-le bien.3.Ou, où.— Ou est conjonction quand on peut le remplacer par ou bien : Ex.: Pierre ou Paul viendra.Où est adverbe ou pronom relatif ; il est adverbe s’il n’a pas d’antécédent, et pronom relatif s’il en a un.Ex.: Allez où vous voudrez, (adverbe).Le village où je suis né (pronom relatif).4.Que est conjonction, pronom relatif ou adverbe.QUE conjonction réunit deux propositions.Ex.: Je pense QUE tu as raison.QUE pronom relatif réunit une proposition à un mot.Ex.: La réponse que j'ai reçue est encourageante.QUE adverbe signifie combien.Ex.: Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! 5.Si est adverbe ou conjonction.Si adverbe marque la quantité.Ex.: Vous parlez .«bien que c’est plaisir de vous écouter.Si adverbe sert encore à affirmer fortement lorsqu’il y a contestation.Ex.: Vous ne l’avez pas vu ?—mais si, je l’ai vu.Si conjonction marque la supposition.Ex.: Si vous travaillez bien, vous serez récompensé.Vous me ferez grand plaisir, si vous venez me voir.N.B.-—En terminant cette étude sur les mots invariables, nous conseillons de relire ce que nous avions déjà écrit dans Id Enseignement Primaire 20e annee, No 3, novembre 1898, pages 163 et suivantes.Le texte suivant servira avantageusement pour constater tout ce que nous ayons dit sur l’adverbe, la préposition et la conjonction.Les adverbes sont indiqués par (a), les prépositions par (p), les conjonctions par (c).3— 482 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Prédilection de Rousseau pour la France Notre petit jardin était précisément (a) au (p) haut du (p) faubourg par (?) lequel entraient les troupes, de sorte que (c) je me rassasiais dti (p) plaisir (p) aller les voir passer, et (c) je me passionnais pour (p) le succès de (p) cette guerre comme (c) P (c) il m’eût beaucoup (a) intéressé.Jusque là (a), je ne (a) m’étais pas encore (a) avisé de (p) songer aux (p) affaires publiques, et (?) je me mis à (p) lire les gazettes pour (p) la première fois, mais (c) avec (p) une telle partialité pour (p) la France, que (c) le cœur me battait à (p) ses moindres avantages, et (c) que (c) ses revers m’affligeaient comme (c) s' (c) ils fussent tombés sur (p) moi.Si (c) cette folie «’eût été que (a) passagère, je ne daignerais pas (a) en parler, mais (c) elle s’est tellement (a) enracinée dans {p) mon cœur sans (p) aucune raison que (c) lorsque (c) j’ai fait dans la suite (a), à (p) Paris, l’antidespote et (c) le fier républicain, je sentais, en dépit de (p) moi-même, une prédilection secrète pour (p) cette même nation que je trouvais servile et (c) potir (p) ce gouvernement, que j’affectais de (p) fronder.(J.J.Rousseau.) H.NANSOT.COURS D’ANALYSE 8e Leçon Propositions complétives et propositions coordonnées.— Il ne faut pas confondre les propositions complétives avec les propositions coordonnées, bien qu’elles soient également amenées par une conjonction.I.Les propositions complétives se rapportent à un terme d’une proposition et com* plétent ce terme : Qui vous dit que vous avez tort ?IL Les propositions coordonnées ont la même importance que les propositions auxquelles elles sont rattachées ; elles forment les différentes parties d'un même raisonnement : Petit poisson deviendra grand pourvu que dieu lui prête vie ;• mais le LACHER EN ATTENDANT EST FOLIE, Car DE LE RATTRAPER ON N’EST PAS TROP CERTAIN.Analyse de l’exemple ci-dessus Il 3" a quatre propositions principales coordonnées, rattachées par des conjonctions de coordination et formant un raisonnement.Aucune de ces quatre propositions ne complète un terme d’une autre.1.Petit poisson deviendra grand pourvu que 2.Dieu lui prête vie ; mais 3.le lâcher en attendant est folie car 4.On n'est pas trop certain de le rattraper. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 483 ANALYSE GRAMMATICALE Petit poisson deviendra grand pourvu que Dieu lui prête vie ; mais le lâcher en attendant est folie, car de le rattraper on ne pas est trop certain.Adj.quai., ni.s., quai, poisson.¦ n.c., m.s., sujet de deviendra.v.subst., (pour sera peu à peu) fut.simpl., 3e pers.sing, adj.quai., m.s., attribut te poisson.locution conjonctive unit Dieu prête vie à poisson deviendra grand.n.p., m.s., sujet de prête.pron.pers., 3e pers.sing., compl.ind.de prête (prête à lui), v.trans., 1e conj., subj.prés., 3e pers.sing, n.c., fém.sing , compl.direct, de prête.conjonction unit la proposition suivante aux deux prtcêde7ites.pron.pers., 3e pers.sing., compl.dir.de lâcher.v.trans., le conj., infin.prés., sujet de est.loc.adv.de temps, compl.cire, de lâcher.v subst., ind.prés., 3e pers.sing.11.c., fém.sing., attribut de lâcher.conjonction unit la proposition suivante à la précédente.préposition, fait rapporter rattraper à certain.pron.pers., 3e pers.sing., compl.dir.de rattraper.v.trans., le conj., inf.prés., compl.déterm.de certam.pron.ind., 3e pers.sing., sujet de est.adv.de négation pour ôter l’affirmation.v.subst., ind.prés., 3e pers.du sing.adv.de quantité, compl.cire, de certain.adj.quai,, m., s., attribut de on.(à suivre) H.NANSOT.CE HISTOIRE NATURELLE LE RÈGNE VÉGÉTAL la vil dls plantls.—{Suite) VI.LES FEUILLES Regardez une branche garnie de ses feuilles : vous voyez que les dernières, celles qui sont à l’extrémité de la branche, sont plus petites que les autres ; on voit qu’elles sont plus jeunes.Puis la branche se termine par un gros bourgeon.Le bourgeon est le berceau des feuilles, comme le bouton est le berceau de la fleur.Le bourgeon est formé d’une quantité de feuilles extrêmemement petites, toutes repliées et enroulées les unes sur les autres.Peu à peu ces petites feuilles entr’ouvrent leur enveloppe, se & dégagent et se déplissent.Elles sont alors d’un vert pâle ; mais à mesure qu’elles gran-o| dissent, elles prennent une couleur plus foncée.C’est au printemps que les feuilles naissent en fleurs.Prenons une de ces feuilles, une feuille de mauve par exemple, et regardons-la bien.La surface de dessus est à peu près lisse ; pourtant on y distingue comme un réseau de petits traits légèrement tracés ; sa surface de dessous laisse voir plus facilement, et en saillie, ces sortes de fils, les uns plus gros, les autres plus petits, qui forment le réseau, et qu’on appelle les nervures.La plus grosse nervure est d’ordinaire au milieu de la feuille ; c’est la continuation du pied par lequel la feuille est attachée à la branche. 484 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE « Nervures de la feuille de mauve Le pied et les nervures de la feuille sont comme de petits canaux, de petits tuyaux par où passent les sucs nourriciers de la plante, pour aller de la branche à la feuille car vous savez que la feuille doit être nourrie, aussi bien que la tige et les branches.Comment est la feuille quand elle sort du bourgeon ?A quelle époque de l’année naissent surtout les feuilles ?Qu’appelle-t-on les nervures d’une feuille?A quoi servent ces nervures ?VII.LA SÈVE Vous est-il arrivé quelquefois de mettre du bois vert dans le feu ?Alors vous avez entendu ce bois vert produire comme un petit gémissement, et de l’extrémité du mon ceau de bois vous avez vu sortir un liquide mousseux que la chaleur du feu fait bouillonner, et qui vous brûlerait très fort si vous y mettiez le doigt.Ce liquide est formé des sucs que la plante a pris à la terre par ses racines : c’est ce qu’on appelle la sève.La sève est comme le sang des plantes ; c’est elle qui les nourrit et les fait croître.’ Bt de même que le sang circule au dedans de nous pour porter à chaque partie de notre corps sa part de nourriture, de même la sève circule dans les plantes pour les nourrir.Bile entre par les racines dans l’intérieur de la tige, elle monte dans les branches, pénètre jusqu’aux bourgeons, aux feuilles et aux fleurs, puis elle redescend vers les racines ; et en allant et venant toujours ainsi, elle porte à toutes les parties de la plante la nourriture et la vie.Voilà pourquoi, mes enfants, une plante périt quand on l’arrache.Ses racines ne pouvant plus alors aspirer les sucs de la terre pour^former de la sève, la plante n’est plus nourrie ; elle se fane, et meurt faute de sève, comme nous péririons faute de sang4 Y a-t-il un liquide qui circule dans les végétaux, comme le sang circule dans notre corps ?Comment appelle-t-on ce liquide ?A quoi sert-il ?— Par où passe-t-il ?Pourquoi la plante périt-elle si on l’arrache ?Vous les trouvez belles sans doute, mes enfants, les roses de nos jardins ?Bt plusirrir, \ elles sont touffues, plus vous les trouvez belles.Pourtant, quand nous voudrons exa-üfepéta] miner une rose, ce ne sera pas celles-là que nous choisirons.Nous irons à la campagne, jonvr^ nous chercherons le long des haies ces petites roses simples, frêles et odorantes, qu’on iront,et appelle des églantines, ou des roses sauvages, parce qu’elles croissent sans culture.Une fleur, si simple qu’elle soit, est toujours composée de plusieurs parties ; vous Coot distinguerez facilement les plus apparentes de ces parties : voyons comment on les nomme. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 485 Ce que vous appelez ordinairement la fleur, cette espèce de couronne qui a des cou- eurs si fraîches et parfois si vives, s’appelle la corolle, ha corolle de l’églantine est for- mée de cinq petites feuilles rose-pâle, extrêmement délicates, et presque transparentes.Comment appelle-t-on ces feuilles-là, qui ne sont pas de véritables feuilles ?On les aomme des pétales.Nous disons donc que l’églantine a une corolle composée de cinq pétales.Si vous regardez au-dessous de ces pétales, vous voyez cinq autres petites feuilles vertes, n’ayant aucunement la forme des véritables feuilles qui poussent sur les branches de l’arbuste.Ces cinq petites feuilles sont là comme pour soutenir les pétales.De même que les cinq pétales forment la corolle, ces cinq petites feuilles réunies forment ce qu’on appelle le calice.Dans l’intérieur de la corolle, il y a encore d’autres parties de la fleur, dont nous vous apprendrons le nom plus tard.ÿvv?m?, SM mm »! Stliyi fetill foosan à 11 ait boa st foi aifei' : :'.j QcBM non™' H =| P I^a rose sauvage, ou églantine Cherchez maintenant, sur l’églantier lui-même, vous verrez beaucoup de boutons I qui vont devenir des roses ; les uns sont encore tout petits, d’autres sont prêts à s’ou-1 vrir.Regardez attentivement un de ceux-ci : vous verrez que le bouton est formé par les pétales repliés les uns sur les autres, et que les cinq petites feuilles^ du calice les re-t J couvrent et les abritent.Le bouton va grossir, le calice s’ouvrira, les pétales se déploie-1 ront, et la petite rose des champs sera épanouie dans sa fraîche beauté.I Qu’appelle-t-on la d’une fleur ?a -> I! Comment appelle-t-on les parties qui composent la corolle d une neur .li Qu’est-ce qu’il y a sous les pétales de la rose?t Otfl Que forme l’ensemble de ces petites feuilles ?Quand la rose était eu bouton, où étaient les pétales .Qu’est-ce qui les enveloppait, quand elles étaient encore si tendies • Y a-t-il encore d’autres parties, dans une fleur, que la corolle et le calice . 486 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE CHRONIQUE DU MOIS L’Instruction publique à la Législature.— Au cours de la dernière session de la Législature de Québec, deux projets de loi se rapportant à l’Instruction publique ont été soumis à la Chambre.Le premier projet visait la contribution mensuelle et le second' l’instruction obligatoire.L’honorable M.Turgeon, secrétaire de la province, a fait une l déclaratien très importante lors de la discussion du premier projet.Voici en résumé “ cette déclaration : “Il existe une entente, entre le gouvernement et le Conseil de l’Instruction publique, en vertu de laquelle, à l’avenir, la loi de l’éducation ne sera amendée i qu’après consultation des autorités scolaires.’’ Inutile de dire que cette déclaration du Secrétaire provincial a causé un vif plaisir à tous ceux qui croient que les progrès pédagogiques dans notre province dépendent en grande partie de la bonne entente qui doit nécessairement régner en haut lieu.Quant au second projet, il avait trait à l’instruction obligatoire.Après un intéressant débat, cette mesure a été repoussée à la demande du Secrétaire provincial.A cette occasion, l’honorable M.Turgeon a démontré avec beaucoup d’éloquence que la .province de Québec est à la tête de la Confédération pour la fréquentation moyenne de l’école par ses enfants.Le secrétaire de la province a atissi établi que depuis une vingtaine d’années le chiffre des enfants qui ne fréquentent pas l’école est tombé de trente-six mille à six mille.Et cet immense progrès s’est réalisé sans loi coercitive.En présence d’un tel résultat, ce serait faire injure à la province de Québec que de lui imposer, sans nécessité, une loi qui répugne à la liberté du père de famille.M.Turgeon a j.aussi rappelé avec force que, dans l’intérêt de notre nationalité, la Législature ne devait rien faire qui pût séparer le peuple du clergé.Le surmenage.—Un collaborateur d’une revue pédagogique de Paris écrit : “ Ceux qui crient au surmenage, a dit un jour un plaisant, sont des adorateurs du farniente ”.Au risque d’être rangé parmi les paresseux, je n’hésite pas à dénoncer le travail ridiculement exagéré que certains établissements imposent aux élèves et aux maîtres.Et je mets les points sur les i.Voici une école primaire où il est d’usage de donner chaque soir, comme devoir dans la famille, plusieurs problèmes, plusieurs exercices de français, un exercice d’histoire, de géographieou de sciences.sans compter les leçons.Au total, trois heures de travail ! Et comme les devoirs sont plus ou moins bien choisis, c’est-à-dire plus ou moins à la portée des élèves, il arrive, dans quelques familles, que ce sont les parents qui font la plus grande partie de la besogne imposée à leurs enfants, pour permettre à ceux-ci.d’aller se coucher.“ Dans la même école, les instituteurs-adjoints doivent corriger, chaque soir, tous les cahiers de devoirs de leurs élèves.Tous les cahiers, vous entendez bien, et toutes les fautes doivent être corrigées à l’encre rouge.C’est à croire que le directeur est intéressé dans une fabrique d’encre de couleur.“ Voici maintenant un cours complémentaire pour jeunes filles (il paraît qu’il y en a plusieurs dans le même genre) où les devoirs quotidiens ne peuvent être terminés, par les meilleures élèves, avant onze heures du soir ! “ Voici enfin une école professionnelle où, en dehors des devoirs journaliers, il est donné chaque samedi soir—pour le lendemain—un devoir supplémentaire exigeant plusieurs heures de travail.Ce devoir n’est pas autre chose, en somme, qu’une privation de sortie ou de promenade pour la journée du dimanche.“ Franchement, est-il raisonnable, est-il humain d’imposer de pareilles tâches ! “ Et si ce n’est pas là du surmenage.alors, qu’est-ce donc que le surmenage ?.{L'Ere Nouvelle).ceïs née Cod les MM.les Inspecteurs d’écoles et L’Enseignement Primaire—En parcourant le dernier rapport du Surintendant de l’Instruction publique, nous avons constaté avec un bien vif plaisir combien notre revue est favorablement appréciée par MM.les Inspecteurs d’écoles.Presque à l’unanimité, les courageux pionniers de l’éducation populaire L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 487 veulent bien reconnaître publiquement que L 'Enseig?iement Primaire est devenu un facteur puissant dans l’organisation pédagogique de notre province.Nous les en remercions vivement, et ferons en sorte de toujours mériter la confiance et les éloges de ceux qui composent en quelque sorte l’avant-garde du corps enseignant.La fréquentation scolaire moyenne.—L’Annuaire Statistique du Canada pour l’année 1899, qui a été distribué récemment, indique à la page 543 les chiflres suivants pour la fréquentation mo3renne des écoles publiques, dans les differentes provinces de la Confédération : Ontario.57.16 Québec.70.03 Nouvelle-Ecosse.55-58 Nouveau-Brunswick.59-45 Manitoba.56.63.Colombie Britanique.64.20 Ile du Prince-Edouard.60.05 Les Territoires.50.08 Canada, chiffre de la fréquentation moyenne.59 92 Les Canadiens des Etats-Unis : les écoles, les relations avec la France.— Dans les villes et villages des Etats-Unis où se trouvent des Canadiens, la question la plus grave et la plus délicate est celle de l’enseignement.M.Henry Bargy, dans une étude qu’insère le Temps, de Paris, parle longuement des écoles paroissiales canadiennes-françaises.Que valent ces écoles?M.Bargy n’a rencontré nulle part cette espèce d’indifférence au progrès dont on soupçonne parfois le clergé canadien ; celui-ci, au contraire, a le sens des besoins du temps, il a la bonne volonté d’j" accommoder les programmes ; il s’inspire, sans préjugés, des livres scolaires des Etats-Unis et de France ; notre confrère a remarqué quelquefois un manque d’informations dont une des causes est le surmenage des maîtres et leur absence de loisirs, mais jamais de tendances réactionnaires, jamais aucune défiance des méthodes nouvelles ou des sciences récentes.Ce qui manque le plus, c’est le temps.“ De dessin, les leçons de choses, l’éducation des sens ont peu ou point de place dans les programmes.Sur cinq heures de classe, le catéchisme ne prend qu’une demi-heure par jour, mais il faut mener de front le français et l’anglais ; il faut redresser la langue corrompue des enfants et leur inculquer le sens vrai et l’orthographe juste de chaque mot; leurs parents n’en ont aucune notion, toutes les inscriptions du petit cimetière français ressemblent à celle-ci : “ Esi repose cor de M.P.desede le 11 “ frivrier dans lane 1893.” Le souci qu’ont les maîtres de l’intégrité du français est très touchant ; il y entre comme un respect pieux, presque superstitieux, pour la vieille langue de leurs pères.Un jour que je parlais à l’un d’eux des bulletins de l’Alliance française et de l’intérêt qu ’il prendrait à y suivre les progrès de la langue par le monde : “Je voudrais les lire, me dit-il, pour voir comment on met l’orthographe dans la tête des petits Malgaches.Un culte si scrupuleux de la langue absorbe beaucoup d’heures ; mais il n’y a pas à le regretter ; les Canadiens parleront le français correctement ou cesseront de le parler.” .Les écoles paroissiales ont pour les compléter quelques cours commerciaux qu un petit nombre d’enfants suivent jusqu’à quinze ans ; mais il faut multiplier ces cours, les perfectionner et surtout en faciliter l’accès, par des bourses, aux fils d ouvriers, car les fils de bourgeois préfèrent les collèges classiques de Montréal ou de Quebec.“A côté de l’école commerciale, il faut créer l’école professionnelle ; à Fall-River, les syndicats ouvriers ont organisé des cours de tissage, et j’ai remarqué un nom français parmi ceux des lauréats.Mais à Manchester, il n’y a pas encore d école textile,, pourquoi la colonie canadienne n’en ouvrirait-elle pas une?Celle de Fall-River n a coûté que 1,500 francs d’installation, et 1,000 francs de frais annuels.Les Canadien» ont gardé les qualités de goût et d’adresse de la race ; un apprentissage méthodique leur assurerait des places de choix.” 488 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A travers les rapports de MM.les Inspecteurs d’écoles-—Nous nous proposons, dans les livraisons des mois de mai et juin, de faire connaître les principales suggestions et remarques faites parles Inspecteurs d’écoles dans les derniers rapports que ces messieurs ont adressés au Surintendant de l’Instruction publique.Q&ttç.gerbe pédagogique ne sera pas sans intérêt.Le patriotisme à l’école.— La Patrie du 16 mars dernier contient un excellent article sur ce sujet.Le confrère termine ainsi son étude : “Pourquoi n’aurions-nous pas, nous aussi, nos jours patriotiques, nos jours de souvenir, nos petites fêtes nationales dans les écoles de la province de Québec ?“Pourquoi, chez nous aussi, chaque école n’aurait-elle pas son mât, où l’on arborerait à l’occasion le drapeau tricolore et le drapeau britannique que la jeunesse apprendrait ainsi à aimer davantage et qu’elle saluerait, dans les jours de célébration, des vieux refrains de nos pères.“ Pourquoi n’aurions-nous pas une journée des Souvenirs, un congé du Passé, où dans chaque école de la province, l’instituteur et l’institutrice, à la même heure, prêcheraient aux enfants d’aimer tous ceux qui ont travaillé à sauver notre race au Canada, tous ceux qui ont lutté et se sont sacrifiés pour sauvegarder nos droits et conquérir les libertés politiques dont nous sommes si jaloux, où l’on ferait flotter aux brises, les drapeaux et les chants de notre jeunesse ?“Pourquoi n''aurions-nous pas une journée commune à toutes les provinces où les écoles célébreraient l’amour du pays commun et les aspirations communes ?“ Avec ces fêtes, on attiserait chez notre jeunesse des feux qui ne demandent qu’un souffle pour chauffer.“Imitons les Américains et les Français qui s’appliquent si énergiquement à développer le patriotisme chez les enfants.’’ Les idées ci-dessus exprimées sont faciles à appliquer, car, ne l’oublions pas, l’histoire du Canada est enseignée dans toutes les écoles de la province de Québec.Il ne reste plus, comme le suggère le directeur de La Patrie, qu’à faire l’application, en temps opportun, des enseignements que contiennent nos annales patriotiques.C’est nous qui avons souligné le paragraphe se rapportant à une journée commune à toutes les provinces.Certes, nous sommes en faveur d’un patriotisme commun à toutes les province de la Confédération.Mais aussi longtemps que la plupart des provinces anglaises traiteront les minorités françaises et catholiques avec une injustice criante; aussi longtemps que le vent de l’impérialisme à outrance soufflera avec violence, desséchant ainsi le vrai sentiment aational canadien ; aussi longtemps que les habitants d’Ontario menaceront de conquérir à nouveau la province de Québec; aussi longtemps que l’on rêvera la fusion des races au Canada, et cela, bien entendu au détriment de la race française ; aussi longtemps que les écrivains canadiens-anglais, (comme Sir John Bourinot, par exemple, dans son dernier ouvrage : Canada under British rule,) traiteront presque avec mépris les Canadiens-français et fausseront l’histoire avec un sans-gêne révoltant ; aussi longtemps, disons nous en un mot, que nos concitoyens d’origine anglaise refuseront de traiter les Canadiens-français en véritables sujets britanniques, titre dont ils sont justement fiers, aussi longtemps un patriotisme sincère et commun à toutes les provinces sera chose difficile.Espérons, toutefois, qu’à l’exemple de la province de Québec, les autres provinces du Canada finiront par comprendre que, pour créer un sentiment national commun aux différentes races qui habitent le Canada, il faut commencer par respecter les droits de tous et de chacun et abandonner complètement l’idée de faire perdre au Canada-français son cachet latin et catholique.Je me souviens, voilà notre devise.Elle nous rappelle la douce France et nous dit aussi combien nous devons être loyaux à l’Angleterre de qui nous tenons nos libertés.En trois mots, Honoré Mercier a résumé, naguère, ce que doit être le patriotisme dans la Province de Québec : Loyaux mais français. i58£e§&.P^iiÈPSp^ïSSIgf^^SSÈn I.E JEU DE LA TOUPIE (Gampositien de la fin du XVIIIe siècle, par Saint-Aubin) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 490 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE CATECHISME CHAPITRE DIXIÈME Des effets de la Rédemption 125.Qu’est-ce que la grâce actuelle ?R.La grâce actuelle est un secours passager par lequel Dieu éclaire notre intelligence, et excite notre volonté à éviter le mal et à faire le bien.— La différence entre la grâce actuelle et la grâce habituelle ou sanctifiante, c’est que la grâce actuelle est un don qui ne nous est accordé que pour le moment où nous en avons besoin, tandis que la grâce habituelle ou san'ctifiante est un don qui demeure et dure en notre âme.Une autre différence encore c’est que le péché mortel nous fait perdre la grâce habituelle ou sanctifiante, tandis qu’il ne nous empêche pas de recevoir des grâces actuelles.Ces deux sortes de grâces ont aussi des ressemblances, 1.toutes deux sont des faveurs de Dieu ; 2.toutes deux sont destinées à notre âme ; 3.toutes deux nous aident à nous sanctifier et à nous sauver ; 4.toutes deux nous aident, mais ne nous forcent pas à faire le bien et à éviter le mal ; 5.nous les devons toutes deux aux mérites de Jésus-Christ.La grâce actuelle éclaire notre intelligence, cela signifie qu’elle nous fait comprendre mieux combien le péché est détestable et combien la vertu est belle, aimable et profitable à nos âmes.La grâce actuelle excite notre volonté, etc., cela signifie qu’elle nous donne de bonnes pensées et nous inspire de bons désirs et de bonnes résolutions.126.Q.La grâce est-elle nécessaire au salut ?R.Oui, la grâce est absolument nécessaire, et sans elle nous ne pouvons rien faire pour mériter le ciel.— La grâce habituelle ou sanctifiante et la grâce actuelle nous sont absolument nécessaires pour aller au ciel : La grâce sanctifiante, parce que, lorsque nous ne l’avons plus, nous sommes en état de péché mortel, et qu’un seul péché mortel nous ferme le ciel pour toujours.La grâce actuelle, parce que sans elle nous sommes trop faibles et trop portés au mal pour conserver la grâce sanctifiante ou pour éviter le péché mortel.Dieu ne nous refuse jamais la grâce actuelle quand nous en avons besoin et que nous la lui demandons comme il faut.127.Q.Pouvons-nous résister à la grâce de Dieu ?R.Oui, nous pouvons résister à la grâce de Dieu, et malheureusement nous n^ résistons que trop souvent.— Résister à la grâce, c’est ne pas suivre telle ou telle bonne inspiration que Dieu nous envoie, ne pas profiter de tel bon conseil ou dé tel bon exemple qui nous sont donnés, et autres choses pareilles.128.Q.,»Qu’est-ce que la grâce de persévérance ?R.La grâce de persévérance est un don spécial de Dieu, qui nous maintient ou nous met en état de grâce au moment de la mort.— La grâce de la persévérance n’est pas une troisième sorte de grâce, c’est une grâce actuelle, mais elle a cela de particulier qu’elle nous est donnée à la fin de notre vie pour nous aider à bien mourir.On l’obtient ordinairement par la prière et par la vertu de persévérance qui consiste à continuer toujours nos efforts pour bien servir Dieu : sans nous décourager.Ed.Lasfargues, Prêtre de la Co?ig.des FF.de Saint- Vincent de Paul. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 491 LANGUE FRANÇAISE COURS ÉLÉMENTAIRE GRAMMAIRE PRATIQUE XIX.Nature de l’article.—Vous connaissez déjà le petit mot qu’on met avant les noms, et qu’on appelle Y article.Mais ce que vous ne savez pas, c’est que ce mot : article, signifie petit morceau, petit fragment.L’article, en effet, est une moitié de pronom, un pronom diminué, raccourci (1).Et c’est pour cela qu’il remplit une fonction semblable en quelque sorte à celle du pronom.Voms savez, mes enfants, que lorsqu’on joint à un nom un pronom démonstratif, exemple : “ce livre ”, le pronom précise le livre dont vous parlez.Eh bien, l’article signifie également : celui-ci, cette chose-là ; c’est-à-dire : la personne ou la chose dont nous parlons, et non pas une personne ou une chose quelconque.Donc il détermine les personnes et les choses, à peu près comme le fait le pronom démonstratif.Quand nous disons : la maison, cela ne veut pas dire n’importe quelle maison ; cela veut dire : la maison que voici, la maison dont nous parlons.SI vous dites : “ Donnez-moi une lampe ”, on ira vous chercher la première lampe venue, ou bien on vous demandera: “ Laquelle voulez-vous ?” parce que les mots : une lampe ne déterminent pas la lampe que vous voulez.Mais si vous dites : ” Donnez-moi la lampe ”, il n’y a pas à se tromper.Il y a une lampe que vous désignez entre toutes les autres, et c’est celle-là que vous demandez.L’article la, précise la lampe que vous voulez.De même, si on vous dit : La porte s’ouvre ; on voit un chien paraître sur le seuil.C’est un chien qui paraît ; mais lequel ?Un chien quelconque.Nous ne le connaissons pas ; nous n’avons pas encore parlé de lui.Mais si un instant après on ajoute : ‘‘ Le chieri entre dans la maison.’ Cette fois, ce n’est plus un chien quelconque, c’est le même que nous avons vu paraître sur ie seuil, dont on nous a déjà parlé.L’article le, détermine de quel chien il est particulièrement question.Le lilas est fleuri.Quel lilas ?—Le lilas que nous voyons ou dont nous avons déjà parle, celui que nous connaissons.Puisque l’article démontre à l’esprit une personne ou une chose entre plusieurs autres, il est bien réellement un diminutif du pronom démonstratif.Pour désigner l’article, nous le marquerons d’un petit trait, dirigé dans le meme sens que celui dont nous nous servons pour le pronom, mais moitié plus petit, afin de nous rappeler que l’article est un demi-pronom.Le garçon cueille les cerises.1 1 L’article, comme les adjectifs et les pronoms, a des formes différentes pour désigner le masculin et le féminin, le singulier et le pluriel.Par exemple, on dit au singulier masculin : Le garçon adroit.Le lilas est fleuri.m 1 s et au singulier féminin : La jeune fille chante./' 51 Au pluriel, pour le masculin : Les beaux fruits.m 1 p 492 ' L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE et pour le féminin : Les belles poires.P Vous voj^ez qu’au pluriel l’article est semblable pour les deux genres.QUESTIONNAIRE Que signifie le mot article ?—De quoi est formé l’article ?A quoi sert l’article ?Quelle est la forme de Y article pour le masculin au singulier ?au pluriel ?—pour le féminin au singulier ?au pluriel ?EXERCICE Indiquer les articles, en marquer le genre et le nombre, dans le premier alinéa de l’exercice du paragraphe précédent.En expliquer oralement la fonction.Devoirs d’invention ' I.— 1,’élève remplacera les points par le mot convenable : On fait le pain avec.{la farine).— On fait le beurre avec.{la crème).— On fait le fromage avec.(te/af/).— On fait la chandelle avec.(te rwry).— On fait la bougie avec.(/a cire).— Qn fait les bouchons avec.(te liège).—On fait les paniers avec.{l'osier).— On fait la brique avec.(te terre glaise) — On fait les édredons avec.(te duvet).— On fait les allumettes avec.{du bois, du soufre, du phosphore).— On fait de l’huile avec.{des olives, des noix, de l'œillette).II.— h’élève répondra ensuite aux questions suivantes : Qui fait le pain?R.C'est le boulanger qui fait le pain.Oui fait le beurre ?Qui fait le fromage ?Qui fait les paniers ?Qui fait la brique ?Même exercice : Où fait-on le pain ?Où fait-on le beurre ?Où fait-on la brique ?Réunir en une seule phrase toutes les réponses trouvées.Exemples.— C’est le boulanger qui fait le pain avec la farine, dans le pétrin.C’est la fermière qui fait le beurre avec la crème, dans la laiterie.-^ - IDEES, MOTS, ORTHOGRAPHE DICTÉES I NOS ANIMAUX Nous avons à la maison un chien fidèle, un chat, des poules, un coq, des lapins et des pigeons.Nous avons aussi un cheval noir, une vache, une chèvre, deux brebis et plusieurs petits oiseaux.Exercices.— Relever tous les noms de la dictée en les séparant suivant le genre.— Copie de noms du masculin formant leur féminin par l’addition d’un e muet.Ajouter un déterminatif : le, la ; un, une ; ce, cet, cette : pour en préciser le genre. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 493 il LES FLEURS 0 La rose, la tulipe, le lilas, la renoncule, la violette, le muguet, l’anémone, la pensée, la marguerite sont des fleurs qui s’épanouissent dans notre jardin et qui l’embellissent.Exercices.— Quelles sont les fleurs que vous cultivez dans votre jardin?— Indiquer le genre des noms de la dictée.— Conjuguer le verbe jouer aux temps simples de l’indicatif.nf.«¦ .Orthographe d'usage.— Copie de substantifs terminés par as: lilas, bras, échalas, coutelas, matelas, compas, repas, trépas, plâtras, galetas, taffetas, tas, verglas.III LA CUISINE La ménagère est fière de la bonne tenue de sa cuisine.Les casseroles, bien nettoyées, brillent comme des miroirs ; le seau, la marmite, la boîte à sel, les ustensiles de toutes sortes sont soigneusement rangés ou accrochés au mur ; les torchons et les ser.viettes sèchent sur une corde ; le balai, la pelle, la boîte à ordures sont à leurs places_ Vocabulaire.—Fierté, soin, ordre, propreté, nettoyage.Ranger, déranger, mettre en rang, arranger.Crochet, décrocher.Questions et explications.— Dites ce que vous ferez pour tenir proprement votre cuisine.— -Avec quoi nettoie-t-on les casserolesl—Citez quelques ustensiles de cuisine.— A quoi servent les tor-chons?les serviettes!—Que fait-on avec le balai! En quoi est-il?Exercices.— Souligner quelques noms dans la dictée et demander d’y ajouter un adjectif : une casserole étamée, le miroir brisé, etc.Trouvez dix verbes qui expriment les actions que l’on peut faire dans la cuisine.Récitation LE PETIT AGNEAU Blanc, jeune et beau, Bébé l’agneau, i Tête légère, 2 Malgré sa mère, Voulut quitter La bergerie, 3 Courir, sauter, Dans la prairie, Quand tout à coup Arrive un loup, 4 Et vite, vite, Voilà bébé Qui prend la fuite, Et tout troublé 5 Rentre et se serre Contre sa mère.Berger entend Un cri perçant.6 En diligence, 7 Avec son chien Berger s’élance 1 Sur le vilain.'9 Bébé respire ; Bébé de dire : ‘ ‘ Sage serai ’ ’ Et plus, j’espère, Ne quitterai Ma bonne mère.” Explication des mots.—i Bébé l'agneau : le petit agneau.2 ^ nas les conseils -t Bergerie : étable où le berger enferme les brebis.-4 Loup .quadrup.de carna .Lr qui se nourri ^surtout de .a chair du ,nouto„.-5 \ qui se fait entendre de loin .-7 En diligence : en se dépêchant.-S Le vilain .loup 9 je serai sage.causent de grands malheurs, Aus .r.* Trrv1is ^réserver du danger.Ecoutez toujours “,s^^ jour qu’une mère est le meilleur ami que l’on puisse trouver mi-bas. 494 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COURS MOYEN Récitation l’orphelin Oui, monsieur, mou père est mort ; Mais j’ai douze ans ; je suis fort.Mon père avait du courage : T’en aurai plus que mon âge ; i Car mon frère est au berceau Et faible comme un oiseau, Et je ne veux pas qu’il meure.Oh ! comme ma mère pleure ! Ma mère, ne pleurez pas : Il vous tend ses petits bras ! Allez, je ne suis pas lâche 2 Et je ferai double tâche, Le jour en bon ouvrier, 3 Le soir en bon écolier 4 On apprend tout dans un livre : A bien mourir, à bien vivre.Il faut avoir un cœur fort Pour la vie et pour la mort.Jean Aicard.Explications des mots.—1 Plus que mon âge: c’est-à-dire je serai courageux plus que les enfants de mon âge le sont ordinairement.—2/
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